Jan
11

DEUX WESTERNS DE GEORGE SHERMAN 

Commençons par THE LAST OF THE FAST GUNS de George Sherman que je viens de revoir enfin. Je l’avais découvert à Lyon en 1957 ou 58 dans un cinéma de quartier, rue de la République, en VF et j’avais été tellement impressionné que je l’avais revu deux fois. Dans la copie achetée à Loving the Classics (site discutable, inégal mais ici la copie scope est correcte ), j’ai retrouvé les qualités qui m’avaient séduites quand je l’avais vu en VF à l’époque.

Dès l’ouverture, on sent que c’est un film auquel tient vraiment Sherman qui veut se démarquer des clichés du genre, imposer un ton, un style à part : le premier plan montre un cavalier qui s’éloigne de dos pendant que la caméra avance doucement vers ce qui se révèle une tombe fraîchement creusée. On coupe sur une rue de village où entre, toujours de dos, en plan large, le même cavalier. Plan rapproché sur un révolver appartenant à un homme qu’un travelling arrière nous montre assis sur une chaise. Un homme fait évacuer la rue en voyant le cavalier au fond. Plan sur des gens qui rentrent. Le type assis se lève pendant que le cavalier descend de cheval et s’approche de lui. On reste dans des plans très larges. On coupe brutalement sur la tombe pendant qu’on entend un coup de feu off.

Très beau début d’un film original, méditatif, très bien dialogué par David P. Harmon  qui écrivit déjà pour Sherman REPRISAL, que j’avais aimé. « Le problème, c’est qu’il y a des gens qui confondent la simplicité et l’ignorance », dit un vieux Mexicain en abattant un tueur gringo. « Marche là-bas ou meurs ici. »

– « Pourquoi es-tu si nerveux ? »
« On vient de réaliser que le soleil est en train de se coucher. »
Ce dernier échange  oppose un homme qui héberge des pistoleros qui le rudoient (parmi eux, Johnny Ringo  – THE GUNFIGHTER – et d’autres aussi célèbres).

Le film se transforme peu à peu en une fable sur la violence et la manière d’y échapper. Les extérieurs sont majestueux et Sherman utilise de nombreux cadrages inventifs, recherchés, se servant d’amorces (arbres, rochers, ruines), de perspectives brisées, de plongées. Deux cavaliers rentrent dans le champ en contreplongée.  Il y a plus de plans syncopés que d’habitude. La photo qui semble fort belle est d’Alex Philips et le scénario tient plus du film noir que du western. Dans une des premières scènes, Jock Mahoney demande à Carl Benton Reid combien il lui donne de temps pour trouver son frère. Reid fait tomber une couverture et lui montre ses jambes paralysées : « Je suis mort de là à là », dit il en touchant ses jambes jusqu’à ses cuisses. « Vous avez de là (il touche le bas du ventre) à là (il montre son coeur) ». A découvrir absolument.

BLACK BART, en revanche, est très mineur. Les décors, les paysages (sauf ceux de la dernière attaque) sont routiniers, filmés sans grand lyrisme. Tous les personnages sont standards, écrits à la chaîne. Et l’histoire n’est pas palpitante : le bandit masqué qui attaque les diligences est un personnage épuisé. Heureusement qu’Yvonne de Carlo lui fait remarquer, réplique délicieuse, que « cela doit être difficile la vie sociale avec ce costume ». Sherman, et c’est son principal apport, garde un ton détendu, laconique, ironique, « tongue in cheek », un rythme soutenu pour faire passer des péripéties conventionnelles.

Il y a surtout des dialogues savoureux qui portent la marque de William Bowers (PITFALL, CRY DANGER, MÊME LES ASSASSINS TREMBLENT) et qui sont filmés sans effet, ce qui est plutôt une qualité et surtout, sans que les acteurs paraissent y faire attention. Ils disent ces répliques sans jouer leur cocasserie…. Aucun des personnages ne semble se prendre au sérieux et on est assez surpris que le film se termine mal, avec la mort des deux héros comme dans BUTCH CASSIDY.

Un détail marrant, entre cent : pour sauver ses copains de la pendaison, le troisième larron fait… exploser l’arbre, scène inédite (« pas d’arbre, pas de pendaison »). Et j’aime que BLACK BART, qui n’a jamais dans la réalité rencontré Lola Montès (j’ai même lu que c’était un esclave noir qui est devenu hors-la-loi à 50 ans avec un sac de farine sur la tête), dise à Lola : « Le problème avec ma profession, c’est que je n’ai pas beaucoup de temps à moi. »

Quelques répliques. Lola Montès : « Le plus grand homme du monde est très petit dans un cimetière. » Ou : « Il y a déjà tellement d’incertitudes dans un mariage sans avoir à se demander à quel arbre va être pendu votre mari. »
« Est ce que cela ne ferait pas trop de monde pour une lune de miel ? Toi, moi et un groupe de lyncheurs ? »
« Mr et Mrs Black Bart, cela ne fait pas trop durable »
« Mais au moins, ca ne fait pas terne. »

DEUX FILMS RARES DE JOHN H. AUER

Toujours sur Loving the Classics où mon ami Coursodon a trouvé une bonne copie de DRIVE A CROOKED ROAD de Quine, écrit par Blake Edwards et Quine, j’ai vu dans une très mauvaise copie, THE DEVIL PAYS OFF de John Auer qui dure 52 minutes (l’original dure 70 minutes et la coupe est visible). Le scénario est limite misérable, bien qu’il mélange les tons et aille vite avec une bonne introduction de la fausse épouse du héros (une histoire d’espionnage dont le chef est J. Edward Bromberg, assez marrant dans ce rôle, digne d’un  serial). Le traître est confondu par la réapparition fantomatique d’un capitaine de navire qu’il croyait mort et qu’il voit par la fenêtre. On se croirait dans THE NAVIGATOR.

Cela dit, l’ouverture du film est fort belle plastiquement : rues envahies par le brouillard, lampadaires, une porte qui s’ouvre dans le lointain et délimite un carré de lumière. Les flics pénètrent dans un asile la nuit et la camera les accompagne du bureau du gardien à l’intérieur en un seul plan (qui passe à travers des cloisons). On est même déçu quand Auer enchaine sur un travelling subjectif montrant les dormeurs qui paraît plus banal. Il y aura tout le long des recherches visuelles (quand les flics emmènent la personne qu’ils ont trouvée dans l’asile, le champ reste vide ; brusquement, apparaît très près de la caméra le visage ravagé d’un clochard, puis d’un deuxième et un troisième, filmé au grand angle, plan grinçant et expressionniste ; on entre dans des pièces obscures, une lampe éclaire un fond de plan, des ombres zèbrent le plafond).

On reconnait la patte de John Alton et cela fait passer des dialogues parfois convenus, sauf les premiers moments de marivaudages avec Osa Massen qui est fort bonne et pimente son personnage d’épouse insatisfaite. Le film fut nommé aux Oscars pour le son (!!!). Dur de le juger. A signaler que Dave Kehr a écrit dans FILM COMMENT un très bon article sur John H. Auer dont les films demeurent hélas invisibles, la Paramount refusant de commercialiser le catalogue REPUBLIC qu’ils ont acheté. Auer, écrit Kehr, était à la Republic, ce que John Farrow était à la Paramount.

Revoir  dans une meilleure copie ANGEL ON THE AMAZON (TAM-TAM SUR L’AMAZONE), autre John H. Auer, a rafraîchi, revivifié de très anciens souvenirs. Nous avions projeté ce film en VF au Nickel Odéon en 63/64 et je ne l’avais revu. Cela dit ce que nous écrivions dans 50 ANS (je le comparais déjà à John Farrow) est assez juste mais devrait être développé et précisé. C’est vrai que toutes les séquences de jungle sont tournées avec un vrai sens du suspense, de la progression dramatique, des recherches formelles évidentes, souvent élégantes. Nous mentionnions la menace que font peser des chasseurs de têtes invisibles dont la présence n’est marquée que par leurs tambours et des bruits dans les feuillages. Tout ce que l’on verra, c’est un membre de l’expédition surgir de la forêt et tomber avec une flèche dans le dos.

Mais il faudrait ajouter les deux scènes d’attaque de la panthère filmées avec invention (outre les mouvements qui lient panthère et acteurs, il y a une brusque plongée presque subjective qui décuple la menace), une tension absente de la plupart des films de jungle. L’avion pris dans la tornade est une autre réussite et dans la poursuite en voiture, deux plans en plongée (dans l’un, on voit toute la ville derrière les véhicules) donnent à la séquence un côté fatidique qui convient au romantisme exacerbé de cette histoire écrite par Lawrence Kimble, le Jonathan Latimer d’Auer, d’après un sujet du très talentueux Earl Felton. Côté fatidique que résument deux répliques de Mr Ridgeway (Brian Aherne) : « Ma fille est morte et vous êtes amoureux de ma femme » et « En trouvant la fontaine de Jouvence, elle a perdu la sérénité de la vieillesse » (Est-ce une évocation anticipatrice des vieux jours que passeront Vera Ralston et Herbert Yates ?).

L’explication que donne le docteur à la fin (« Il est arrivé qu’on vieillisse d’un seul coup à la suite d’un choc. Là, c’est le contraire. ») est assez pittoresque et a permis que certains amateurs comparent le film aux HORIZONS PERDUS de Capra, ce qui semble tiré par les cheveux. C’est vrai que la deuxième partie paraît un peu plus statique, mais j’ai été surpris par la brusque intrusion de trois flashes back dont le premier arrive après 50 minutes de film. Et dans le dernier tiers, il y a des figures stylistiques intéressantes, des enchaînements de plans et de scènes, mouvement d’appareil inattendu, brusque apparition dans un miroir de la personne qui va dénouer le drame et qui se trouve derrière une baie vitrée. C’est vrai que l’interprétation de George Brent laisse à désirer mais Brian Aherne n’est pas mal et Constance Bennett  qui commente  et explique les coups de théâtre, s’en tire bien.

QUANTEZ

QUANTEZ d’Harry Keller a d’évidentes qualités surtout pendant les 35 premières minutes. Une assez belle utilisation du Scope, des plans d’ensemble, un Fred MacMurray plus rugueux que d’habitude (sa diction est différente, il parle un peu comme Tommy Lee Jones, non ?), fort bon et dont on sent qu’il trimballe un passé de violence. John Larch  dont c’est un des meilleurs rôles, est violent, imprévisible, bêtement combinard, horriblement machiste. Bonne idée que de distribuer John Gavin en hors-la-loi. Dorothy Malone, très sexy avec sa chemise bleue légèrement déboutonnée (pas assez, et on regrette que certains personnages lui fassent enfiler une veste), est le meilleur personnage du film, une fille paumée qui suit un homme qui la maltraite, tente de séduire tous les autres pour s’en sortir : « Ne mendie pas », lui dit MacMurray. Elle a comme toujours tendance à surjouer les réactions et indiquer tous les sentiments (et opportune les répliques) mais comme Keller filme souvent en plans larges (et longs) ce défaut est moins gênant ici et son impact sexuel n’est pas amoindri.

Peu à peu cependant, le scénario  souscrit à des conventions théâtrales : l’arrivée inopinée d’un nouvel arrivant empêche un carnage, les Indiens qui les encerclent semblent attendre patiemment que tous les personnages règlent leurs problèmes. Les voir casse d’ailleurs la tension dramatique. Pour les scènes de nuit, les raccords en studio ajoutent un vernis inutile qui casse la tension même si Keller réussit une bagarre dans une mare plutôt efficace. Et le fait de voir Sydney Chaplin discuter avec les Indiens me semble une erreur dramatique. Le scénario parfois astucieux est de Wright Campbell qui travailla plusieurs fois avec Corman (LE MASQUE DE LA MORT ROUGE, SECRET INVASION, MACHINE GUN KELLY) et le film a des parentés avec FIVE GUNS WEST. La résolution m’a semblé plus convenue, même si la fin de MacMurray est traitée très sobrement. On peut surtout se demander comment les survivants, qui sont au fond d’un ravin, vont s’en sortir.

LIVRES PRÉCIEUX

Signalons aussi quelques livres précieux que l’on trouve encore sur AMAZON.
G.I. JOE d’Ernie Pyle, le correspondant de guerre qui est le héros de l’admirable STORY OF G.I. JOE de William Wellman. Il faut absolument lire ces chroniques à hauteur d’homme, bouleversantes, riches, insolites. Il existe encore quelques exemplaires de l’édition de 1944/45 qui porte sur la couverture « L’édition américaine de cet ouvrage n’est mise en circulation dans certains pays que jusqu’au jour où (les) publications, suspendues par des pays de l’Axe, pourront reprendre leurs cours normal. » Il s’agit d’une édition qui condense en français deux ouvrages de Pyle.
Dans la même collection, on peut aussi trouver, avec la même mention, UNE PROMENADE AU SOLEIL, le remarquable roman de Harry Brown qui fut adapté par Lewis Milestone.
Toujours de Harry Brown mais en anglais, THE STARS IN THEIR COURSES, roman épique, méditatif, lyrique qui ne fut pas hélas adapté par Hawks dans EL DORADO qui ne garda rien du roman.

     

Déjà une réaction de Nicolas Saada, le réalisateur d’ESPION(S) et coscénariste de NUIT BLANCHE, polar personnel et bourré d’énergie de Frédéric Jardin :
« THE DEVIL PAYS OFF, c’est épatant, plein d’idées, bien mené, drôle, avec des petites touches à la Hitchcock. John Auer est à classer du côté des bons réalisateurs de genre… On a envie d’en voir plus. As-tu vu GANGWAY FOR TOMORROW ?
Amitiés. »

Lire la suite »
Déc
20

Sur un rythme trépidant, BEAST OF THE CITY contrairement aux productions Warner, épouse le point de vue de la police (on a même droit à un texte de Herbert Hoover). Bien mis en scène par le mystérieux Charles Brabin, réalisateur anglais né à Liverpool (dont nous ne connaissons que le MASQUE D’OR avec Boris Karloff en Fu Manchu et Myrna Loy,  délicieuse et assez déshabillée, dans le rôle de sa fille sadique), décrit les efforts d’un policier irlandais intègre (Walter Huston) pour nettoyer une ville. Il se heurte la corruption des élus, la mollesse de ses chefs, aux procédés d’intimidation des gangsters qui utilisent toutes les ressources de la loi pour mieux la paralyser. Dialogue incisif de John Lee Mahin d’après un scénario de WR Burnett, truffé de détails qui sonnent justes et qui disparaitront après la mise en place du Code : la radio de la police signale une femme nue au coin de Elm et Berry, on parle d’exhibitionnisme indécent, la tête d’un cadavre s’est faite exploser et la voiture du coroner est rebaptisée le wagon à viande. Dans les interrogatoires, les premiers plans dans le commissariat, le dialogue rapide, cynique, réaliste fait un peu oublier la thèse qu’on a rapprochée de DIRTY HARRY qu’on retrouve dans plusieurs films des années 30 (OKay America de Tay Garnett, voire Gabriel over the White house) qui demande que des policiers, des justiciers prennent la justice en main.

BUTCH AND SUNDANCE, THE EARLY DAYS : tout ce que l’on dit sur les raisons de se méfier est valable et l’on y pense tout le temps. Cela dit le film est truffé de qualités : photos et extérieurs splendides, décors (un casino, un bureau de directeur, une banque, une rue surplombée d’une affiche vantant un produit which makes adults and kids become pigs) insolites, pittoresques et réjouissants : la palme revient à cet étrange centre commercial entièrement blanc, entouré d’inscriptions religieuses, dont une gravée sur la montagne). Il y a de nombreux gags, des moments vraiment drôles et attachants mais l’intérêt s’émousse. Aucune tension ne semble relier ces scènes qui sont épisodiques comme on dit là-bas. Certaines sont mauvaises : un long et pénible moment avec des skis est censé remplacer la bicyclette. Plantage.

Lire la suite »
Déc
12

Sur Amazone.it comme me l’ont signalé plusieurs internautes, on peut acheter des films formidables dont beaucoup hélas ne sont pas sous-titrés. Ce n’est pas grave pour TRENO POPOLARE de Raffaelo Matarazzo, le propos est tellement clair, les personnages si bien dessinés que tout est facilement compréhensible. Il s’agit d’évoquer ces premiers trains de vacances destinés à faire découvrir les plages, la mer, aux classes populaires, initiative mussolienne comparable aux trains de plaisir que mit sur pied le Front populaire. Peu ou pas d’intrigue, de multiples personnages avec leurs peines, leurs joies. Une des premières musiques de Nino Rota. En bonus plusieurs documentaires de Matarazzo évoquant les travaux menés par Mussolini pour assécher les marais (Eclipse vient de regrouper pour Criterion, dans un coffret, plusieurs des mélodrames de Matarazzo dont le PECHÉ D’UNE MÈRE, mélodrames le plus souvent joués par Amedeo Nazzari et Yvonne Sanson et analysés avec lyrisme par Jacques Lourcelles. Je vais me ruer sur ce coffret pourvu de sous-titres anglais, n’ayant que des cassettes usées).

Dans la même veine se situe DIMANCHE D’AOUT de Luciano Emmer, cinéaste méconnu. Même principe : une œuvre chorale avec une myriade de personnages issus cette fois de milieux très différents (il y a des riches, des nobles, des pauvres, des religieuses), brassés avec un vrai brio, un sens de la vie collective, une vivacité visuelle. Mais l’absence de sous-titres m’a gêné, le dialogue étant plus important, plus vital que dans TRENO POPOLARE.

I NOSTRI SOGNI est je crois le premier Cottafavi et là le dvd a des sous-titres français. C’est une comédie douce-amère où le génial de Sica, dans un personnage proche de ceux qu’il incarna chez Camerini, essaie à coup d’arnaques, de bluff, de manger à sa faim sinon de survivre. Il ment, séduit, invente des remèdes miracles sous l’œil de son complice de plus en plus désabusé (leur couple est une merveille). Le ton est délicat, léger, élégant.

De Sica est encore plus génial en pickpocket, chef d’une famille d’escrocs et de voleur dans laquelle tombe le malheureux Marcello Mastroianni dans DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE d’Alessandro Blasetti, comédie extrêmement drôle. Surtout à partir du moment où entre De Sica avec ses mille et une manières de piquer une valise. Il faut le voir, aidé par la très jeune et super sexy Sophia Loren, sa fille qui surclasse parfois le père, retourner dans un commissariat des témoins, des accusateurs pendant qu’elle tourmente, séduit, vampe, vole le pauvre Marcello. Les scènes dans l’appartement avec toute la famille (dont la grand-mère qui lève le coude) sont absolument désopilantes.

Lire la suite »
21 / 40«...10...1920212223...3040...»