Des lectures, l’Italie de Comencini et le cinéma de Basil Dearden

3 novembre 2020 par - DVD

L’IDIOT DU PALAIS est un court et brillant récit de Bruno Deniel-Laurent, au ton incisif, qui autopsie la vie d’un palais princier possédé et habité par une famille saoudienne vue par un jeune homme dont le principal travail consiste à gérer le départ et le retour des cinq voitures que doit  emprunter soit la princesse, soit le prince (qui semblent ne jamais habiter ensemble). Le ton est caustique, acerbe mais jamais condescendant. Au contraire, l’auteur relate avec un détachement empreint de compassion, toutes ces nationalités qui se croisent et sont impitoyablement exploitées (les Africaines dans l’enfer des lingeries et des machines à laver, les Serbes à la sécurité, les Philippines autour de la princesse, les Indiens dans les cuisines, les Soudanais à l’intendance), les libertés prises avec le droit du travail (et les droits de l’homme !), l’esclavagisme rampant, mais aussi les sordides collisions entre ce monde et les esclaves sexuelles de la Porte de la Chapelle. Et tout ceci se passe à Paris.

J’ai adoré le film de Paul Grimault, LA BERGÈRE ET LE RAMONEUR que je n’ai peut-être jamais signalé, ce qui est dommage. Grimault était un grand ami de Prévert (auteur du scénario de LA BERGÈRE) mais aussi d’Aurenche qui écrivit beaucoup de ses courts-métrages et tourna des films publicitaires où, parfois, il jouait (on en voit un dans COUP DE TORCHON).  Je vais me précipiter pour lire de Sébastien Roffat « La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault et Jacques Prévert : chronique d’un désastre annoncé » (juin 2020, Éditions L’ Harmattan) qui raconte avec force détails la genèse, le déroulement artistique, financier et juridique de ce premier film d’animation français où on se rend compte que tout n’a pas été dit, loin de là et que l’histoire et les médias n’ont donné raison qu’aux auteurs en occultant la vérité en écartant la parole du producteur André Sarrut. Voulant me faire une idée, je vais l’acheter.

Je voudrais signaler la revue AMERICA co-dirigée par Francois Busnel qui raconte l’Amérique du point de vue des écrivains, ce qui nous vaut des textes passionnants sur la situation politique actuelle. Je viens d’acheter les  derniers numéros. Groupez vous pour acheter ces revues, les faire acheter par les médiathèques, les bibliothèques et ne pas les laisser dépérir ou disparaître comme LE DÉBAT dont il faut posséder le dernier numéro et rendre hommage à Marcel Gauchet et Pierre Nora.

Je voudrais revenir sur MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES abordé dans mon billet précédent après avoir revu le film et découvert les passionnants bonus de Françoise Navailh où l’on apprend que le film qui avait été traité avec beaucoup de hauteur, de mépris par la bureaucratie de l’époque fit 84 millions de spectateurs la première année. Il fut accueilli avec une grande hostilité en France. Il faut dire comme le rappelle cette spécialiste du cinéma russe qu’il avait remporté l’Oscar du meilleur film étranger, battant LE DERNIER MÉTRO, l’une des grandes réussites de Truffaut que j’avais revu avec beaucoup de plaisir quelques jours avant.
Je n’avais pas assez vanté les acteurs de MOSCOU, à commencer par l’héroïne, comédienne de théâtre et par ailleurs l’épouse du réalisateur Vladimir Menshov : Vera Alentova que son mari choisit parce que les autres comédiennes pressenties avaient toutes refusé. Dans le rôle de Gocha, Aleksei Batalov est inoubliable et cela dès sa première apparition dans un train de banlieue où il déboule en portant un samovar. Françoise Navailh analyse très finement ce personnage d’ajusteur, réfutant les accusations de machisme et le replaçant dans les contexte des rapports hommes-femmes de l’époque. Elle montre qu’il est généreux, attentionné, courtois, tout le contraire de l’homme russe qui ne songe qu’à se réfugier derrière sa mère et à refuser de se sentir coupable. Le premier amant de l’héroïne, ce caméraman travaillant à la télévision, qui l’engrosse et refuse de reconnaître l’enfant, est un bon exemple de cette muflerie arrogante, paraît-il si répandue.

FILMS ITALIENS

Il est enfin possible de voir en Blu-ray chez Rimini ce chef d’œuvre qu’est LA GRANDE PAGAILLE de Luigi Comencini qu’adorait Jean-Pierre Melville. Une comédie sarcastique truffée de plans, d’interruptions tragiques, noires, violentes : la séquence où l’on découvre que le camion de Sordi transporte de la farine est inoubliable. Il se déroule dans ce trou noir de l’histoire italienne (très bien analysé dans les bonus) entre la démission de Mussolini et son rétablissement comme une marionnette des Allemands, dans un moment où tout le monde se bat contre tout le monde. Lors d’un voyage homérique, pendant de l’Odyssée, un officier conservateur, culotte de peau, va perdre peu à peu tous ses hommes, traverser des situations absurdes ou pénibles, être témoin d’actes égoïstes mais aussi de gestes de solidarité et d’entraide et va évoluer vers un peu d’humanité. Film complexe, épique, d’une folle invention scénaristique (toujours Age et Scarpelli ainsi que Sonego) et visuelle avec une des interprétations les plus géniales, dieu sait s’il y en a, d’Alberto Sordi. Le film est à ranger à coté de la GRANDE GUERRE, DES CAMARADES, D’UNE VIE DIFFICILE parmi les chefs d’œuvre historiques du cinéma italien. Je reviendrai sur ce film indispensable.

J’ai suivi la recommandation de DIXON STEELE et ai acheté LES FEMMES DES AUTRES de Damiano Damini qui est une étonnante surprise, une œuvre complexe, personnelle. Ces déambulations nocturnes de plusieurs maris en goguette à la recherche de conquêtes féminines sont filmées sans complaisance. On assiste à un festival de mensonges, de faux semblants, de forfanteries, voire de goujateries traitées sans condescendance ni apitoiement où tout à coup surgissent à l’improviste des moments touchants, tendres. Nulle exaltation dans cette série d’échecs, de faux pas, de revirements, de déception. Rien de misogyne dans cette description même si parfois on craint que le propos déplaise aux adeptes de MeToo. Et d’ailleurs, le film tout à coup se resserre autour de la recherche d’une ancienne amoureuse d’un des héros, qui a disparu après un séjour en prison, et devient noir, accusateur, impitoyable. Cette rencontre est déchirante et donne la vraie morale de ce film passionnant et unique dans l’œuvre de Damiani.

LE MÉDECIN DE LA MUTUELLE de Luigi Zampa sorti dans l’excellente collection Make my day de Jean-Baptiste Thoret est une comédie décapante, ironique et sceptique. Encore un personnage idéal pour Sordi. Zampa dissèque les dérives d’une médecine où seule compte le nombre de malades qui se sont affiliés à la mutuelle et sur le carnet d’un docteur, qu’on les soigne ou pas. Mille bravos pour le bonus qui analyse remarquablement ce qui fait l’originalité de Zampa. C’est érudit, clair et très précis quant aux implications sociales et politiques. En attendant ANGELINA et peut-être LA BELLE ROMAINE ?

L’ÉVADÉ DU BAGNE de Riccardo, certainement l’un de ses chefs d’œuvres est annoncé également dans la collection Make My day. Je brûle d’envie de revoir le début si spectaculaire (les évasions de Valjean), la déchéance de Fantine (et le sublime travelling en carriole) arrière évoquant un bref moment de bonheur, les scènes avec Cosette qui laissaient passer une émotion que Freda a réprimé par la suite. Il avait gardé des passages du livre que l’on coupe habituellement, notamment ce mensonge de la mère supérieure qui protège Valjean et Cosette.

Revu avec un vrai plaisir COLORADO de Sergio Sollima, un des meilleurs westerns italiens qui bénéficie d’une superbe partition d’Ennio Morricone. Le scénario s’inspire d’un sujet de Solinas (MONSIEUR KLEIN, ETAT DE SIÈGE) et se veut ouvertement politique. C’est la revanche des prolétaires contre les puissances d’argent. Sollima possédait un vrai talent, une vraie sensibilité, ici comme dans LE DERNIER FACE À FACE. Il est bon qu’on revienne sur Sollima dont j’avais été l’attaché de presse (tout comme Damiano Damiani mais ce dernier est l’un des rares cinéastes italiens qui ne parlait pas français) et dont j’avais aimé LA CITÉ DE LA VIOLENCE avec Bronson.

Je viens de découvrir un film qui m’a enchanté, ému et qui devrait passionner les adeptes du blog malgré quelques scories ou défauts dont certains inévitables (ressemblance entre des acteurs et des personnages célèbres). Il s’agit de CELLULOID traduit en français par REMAKE ROME VILLE OUVERTE, titre idiot et contre-sens absolu. Il s’agit d’un film de fiction sur les aléas insensés du tournage de ROME VILLE OUVERTE avec les rapports passionnés et orageux entre Rossellini et son volcanique scénariste Sergio Amidei. J’ai appris plein de choses notamment sur la manière dont ce film avait été si honteusement traité en Italien non seulement par les financiers (la description du producteur Amato est irrésistible), les distributeurs mais aussi par la critique italienne qui ne s’en est pas vanté. En fait, il avait été sauvé par la sortie à New York et à Paris. C’est un film de Carlo Lizzani que j’ai voulu voir après avoir découvert ACHTUNG BANDITI, l’une de ses premières réalisations, peut être le meilleur film de partisans jamais tourné à la mise en scène ample, généreuse. L’absence de héros central, la multitude de personnages n’a d’équivalent, à l’époque, que JERICHO de Calef que je recommande chaque fois qu’il est possible.

FILMS ANGLAIS

LA FERME DES ANIMAUX (Malavida) de Halas et Batchelor est une adaptation qui a gardé toute son actualité de la fable satirique et politique de George Orwell. L’animation et le graphisme ont parfois un peu vieilli mais l’essentiel du message de l’écrivain, son autopsie des errances du régime communiste sont préservés.

Sortie chez Doriane de THE BROWNING VERSION d’Anthony Asquith d’après Terence Rattigan (la pièce fut montée par Didier Bezace) dont j’ai dit plusieurs fois ici tout le bien qu’il fallait en penser. Interprétation inoubliable de Michael Redgrave. On doit aussi à Terence Rattigan les scénarios du MUR DU SON, l’un des David Lean les plus secrets et les plus touchants qui vient de ressortir dans la collection Make My Day de Jean-Baptiste Thoret et du ROCHER DE BRIGHTON de Roy Boulting.

Au Festival Lumière, j’avais revu avec un immense plaisir LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ, un des chefs d’œuvres de Lean et la copie restaurée mentionne bien les noms de Carl Foreman et Michael Wilson comme scénaristes (ils étaient sur la liste noire et l’Oscar fut décerné à Pierre Boulle qui ne parlait pas anglais, ce qui provoqua une polémique). Mais selon Brownlow, Lean participa énormément au scénario. Ce film est une des études les plus percutantes, les plus justes, les moins dogmatiques de la collaboration et je ne regrette qu’une seule réplique : le « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? » du colonel Nicholson dans la dernière séquence.

Tamasa vient de sortir toute une série de films passionnants : POOL OF LONDON (LES TRAFIQUANTS DE DUNBAR) de Basil Dearden, loué plusieurs fois ici même. En dehors de la spectaculaire poursuite finale, on peut découvrir une des premières intrigues amoureuses interraciales du cinéma anglais, audace incroyable pour l’époque. Elle est forte et pudique. Dearden s’attaquera à nouveau au problème racial dans SAPHIRE (OPERATION SCOTLAND YARD) s’en prenant aussi bien au racisme imprégnant toutes les classes de la société anglaise, moyenne (la famille de l’amoureux de Saphire), populaire (les délinquants trainant dans la rue, les loueuses de chambre ou d’appartement,), la police mais aussi la communauté noire, soit qu’elle nie le problème ou veuille le combattre avec les mêmes armes. Le scénario abuse un peu, vers la toute fin des fausses pistes et des retournements à la Mary Higgins Clark mais certaines séquences possèdent une force incontestable.

Toujours chez Tamasa, L’HOMME DE BERLIN qui a ses défenseurs. Je l’avais revu il y a quelques années et n’avais pas été convaincu, le scénario de Harry Kurnitz me paraissant nettement moins original et incisif que celui de Graham Greene pour LE TROISIÈME HOMME. Toute la première partie reste intrigante et James Mason possède une force incontestable. Mais le personnage de Claire Bloom est mal écrit, ce qui dilue le propos.

THE BLUE LAMP, toujours de Basil Dearden, a vieilli durant son premier tiers, notamment tout ce qui tourne autour du personnage de Jack Warner. La vision de la police semble un peu trop apologétique mais le ton se durcit par la suite et l’on est touché par la pudeur, la sobriété si retenue de plusieurs séquences (un jeune policier  doit faire part de la mort d’un de ses collègues à sa femme qui est aussi sa logeuse) qui contrastent avec les éclats de violence, notamment du truand névrosé que joue Dirk Bogarde, par le choix brillant de certains extérieures (l’étang où une petite fille qui ne sait dire que non a trouvé un révolver), l’intelligence du dialogue (l’interrogatoire de cette petite fille). Le dialogue additionnel est écrit par Alexander Mackendrick.

Et enfin un policier qui devient culte, PAYROLL de Sidney Hayers avec Françoise Prévost que je vais revoir le plus vite possible et surtout ICE COLD IN ALEX (LE DESERT DE LA PEUR), un excellent film de guerre de Jack Lee Thompson.

Et j’ai été ébloui par BRÈVE RENCONTRE (CARLOTTA), premier film vraiment personnel de David Lean qui témoigne tout au long d’une maîtrise qui n’a pas pris une ride. Visuellement, le film reste impressionnant et sa splendeur visuelle ne vient jamais contrarier la sobriété sèche, délicate du ton mais la fait ressortir sans l’exhiber. Le romantisme est là, sous-jacent, servi par une interprétation d’une rare profondeur. A noter que ce film  fut aussi bien assassiné par les Cahiers (haine du cinéma anglais) que par Positif parce que sacrifiant à la morale bourgeoise (les amants se séparent, piétinant l’amour fou) tout comme LE VOLEUR DE BICYCLETTE (on se souvient de la tirade contre ces films misérabilistes ou les petits garçons font pipi contre les murs) a été totalement réhabilité de même que le concerto numéro 2 de Rachmaninov qu’il utilise comme leitmotiv et qui était la cible favorite des critiques musicaux. Rachmaninov et Lean, même combat.

MADELEINE, malgré des vertus évidentes (le choix de Glasgow et plusieurs séquences très fortes, dont le début), reste moins satisfaisant. On est un peu frustré devant ce que l’on peu considérer comme une absence de parti pris par défaut. Il faut dire que cette impression est renforcée par le jeu d’Ann Todd, actrice assez ingrate, beaucoup moins rayonnante que l’interprète de BRÈVE RENCONTRE. Reste ce décor très bien exploité, filmé de cette chambre en sous-sol qui donne sous la rue et communique avec une petite ruelle. Ce lieu à lui seul symbolise les rapports de classe, leur imperméabilité ce qui donne une force incroyable au moment où Ivan Desny fracasse le soupirail.

Commentaires (274)

 

  1. Ballantrae dit :

    Quant à La ferme des animaux je le trouve très beau et pas si daté dans son animation. Les Anglais avaient tenté courageusement de proposer une alternative aux studios Disney et leurs choix ( Gulliver dans les 40′ ou Orwell ici) étaient non seulement plus « adultes » globalement mais aussi très fidèles au materiau d’origine.
    Les Tchèques sont assez geniaux dans ces années là. En DVD il faut voir Les vieilles légendes tchèques de Trnka.

  2. D DUMONTEIL dit :

    On dérive de plus en plus de l’éditorial ; alors je vais dire deux mots sur « the man between » (l’homme de Berlin)
    Le couple Mason/Bloom fonctionne bien malgré les trous du scénario;l’atmosphère claustrophobe du Berlin de l’époque du mur est bien rendue (j’ai eu la chance(?) de connaitre ce Berlin-là ,pas à l’époque du film bien sûr);le dénouement évoque celui de « odd man out » (huit heures de sursis )où on retrouve l’influence du « réalisme poétique  » de Carné et la rédemption dans le sacrifice .
    je regrette que Kneff disparaisse à mi-parcours.
    L’usage de musique d’opéra pour rehausser certaines scènes a depuis été reprise.(voir Godfather III)
    ce:
    (Et quel comique de lire l’affiche qui annonce: terreur!vice! violence! rien ne l’arrête! »)

  3. yves rouxel dit :

    C’est parce que le projet d’adapter »A la recherche du temps perdu »de Marcel Proust fut reporté,une nouvelle fois,que Joseph Losey partirt en Italie en vacances.C’est là bas qu’on lui envoya le scénario de »Monsieur Klein »,initialement écrit par Franco Solinas.Alain Delon voulait tourner ce film.Alors Joseph Losey se mit au travail,pendant un mois,en discutant quoitidiennement avec Solinas.Et indépendamment de l’histoire elle mème,ce qui lui importait,avec cette téalisation,c’est de donner au public ce qu’il a appelé »une fable en guise d’avertissement ».Mais Joseph Losey a souvent insisté sur le fait que son film ne devait pas ètre regardé seulement dans le contexte de l’époque et que ces stades ou l’on parque des gens sont,malheureusement,d’une constante actualité.Souvenons nous du Chili!Attention aussi à la bureaucratie .Lorsqu’elle est en marche,dit Losey, »tout le problème est de savoir si voyus ètes devant ou si vous ètes derrière ». »Mr Klein »est un film constamment à double niveau,à la fois reflexion sur le thème de l’indifference,recherche de la vérité psychologique et morale.Alain Delon,qui retrouvait Losey quatre ans après « L’assassinat de Trotsky »,se révèle remarquable.Pour ceux qui en doutaient…

  4. Scasso Claude dit :

    Je comprends votre engouement pour LA GRANDE PAGAILLE que ‘ai totalement redécouvert avec beaucoup d’émotion. La scène finale, qui raccorde presque directement avec LA BATAILLE DE NAPLES de Nanni Loy (que je recommande vivement) est l’une des très rares fois où le personnage de Sordi évolue vers l’héroïsme, alors que d’habitude il reste au mieux le même pleutre et affairiste, au pire il « involue » totalement (comme dans l’unique BOURGEOIS TOUT PETIT, PETIT, qui mériterait une sortie DVD en France).

    Mais l’objet de ce message est surtout pour attirer votre attention sur un film rare de Luigi Zampa, ANNI DIFFICILI, qui a été restauré en Italie et qui est disponible dans un excellent double DVD avec sous-titres français en import. Double DVD car il inclus la version originale italienne et la version allemande amputée de séquences jugées gênantes outre-Rhin dans l’immédiate après-guerre.
    Sorti en 1948, c’est le plus vif témoignage à chaud que je connaisse sur les compromissions de ces pauvres gens italiens qui se sont enrôlés parmi les fascistes sans conviction, juste pour survivre, et qui l’ont payé à la Libération, tandis que les véritables fascistes, eux, retournaient leurs vestes et conservaient leur poste. Touchant, humain, souvent drôle, le film renvoyait une image sans fard au public de l’époque sur sa propre condition, à cheval entre un néo-réalisme qui n’existe pas encore et une comédie à l’italienne qui pointe faiblement. Les séquences où les notables de gauche se réunissent clandestinement chez le pharmacien pour critiquer une guerre et des dirigeants qu’ils n’oseront jamais mettre à bas est une des rares charges italienne contre le parti communiste. Cela a failli coûter une interdiction au film, allant jusqu’à créer la polémique au sein du Parlement, avant qu’il ne soit finalement sélectionné à Venise et qu’il rencontre un grand succès populaire.
    En France, il n’existait qu’un dvd d’une mauvaise copie chez LCJ. Je vous conseille donc le DVD sous-titré. Et pourquoi pas une projection de la copie restaurée au Festival Lumière.

  5. Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier

    J’ai acquis et vu THE BROWNING VERSION à la suite de votre dernière livraison. Un grand merci pour cette vision passionnante. La prestation de Michael Redgrave, son travail sur sa voix notamment, est éblouissante. Cela m’a donné envie d’explorer plus avant le travail de Rattigan (j’avais vu il y a longtemps la version de David Mamet de THE WINSLOW BOY, dont je n’ai plus aucun souvenir).

    Pour revenir à BROWNING VERSION, je repense souvent au discours de Redgrave à la fin du film – fin dont je crois qu’elle n’était pas dans la pièce et que Rattigan l’a écrite spécifiquement pour le film. Je la trouve très équivoque. Crocker-Harris a-t-il raison de présenter des excuses ? Sort-il en meilleure posture de cette autoflagellation ? Les applaudissements de l’assistance sont-ils pour lui ou contre lui ? Je n’arrive pas à me faire un avis.

    Avez-vous vu le remake de Mike Figgis ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Pierre
      Non je ne l’ai pas vu. On doit à Rattigan plusieurs scénarios très intéressants comme LE MUR DU SON, THE BRIGHTON ROCK. C’était parait il un travailliste assez à gauche. Je n’ai jamais vu un film de Litvak tiré d’une de ses pièces

      • MB dit :

        BROWNING VERSION/le film de Figgis est excellent , il ressemble un peu à un double en couleurs de l’original mais les acteurs sont si différents que voir les deux ne gêne pas la vision ni pour l’un ni pour l’autre.

    • DUMONTEIL dit :

      C’est une bon succès d’ Albert Finney ;elle comprend aussi l’assemblée et l’ovation finale ,non présentes dans la pièce de Rattigan mais que ce dernier avait inclus dans le scénario de la version noir et blanc

      • MB dit :

        « Crocker-Harris a-t-il raison de présenter des excuses ? Sort-il en meilleure posture de cette autoflagellation ?  »

        j’avais ressenti que oui mais seulement auprès des élèves, c’est ambigü dans la mesure où on peut estimer que le corps des responsables (proviseur et autres) applaudissent à contre-coeur, contrariés qu’un professeur avoue ses faiblesses mais heureux de le voir quitter l’école, voyant cette confession comme une faute par rapport au statut prestigieux du professeur dans ce type d’écoles, alors que les élèves applaudissent sincèrement découvrant enfin un de ces profs a priori hors de toute critique avouer des faiblesses.
        Je vois le proviseur désolé intérieurement que Crocker-Harris remette en question ce statut …
        maintenant il faudrait que je le revoie car après un bout d’années on fait d’un film ce que l’on veut!

        Cette histoire m’a paru justement se promener en constante tension entre les points de vue des individus mais aussi entre les points de vue changeants du même individu: rarement vu un film dans lequel le cocufieur du mari trompé se trouve pétri de sympathie pour celui-ci, on dirait le versant grave d’une comédie de boulevard.
        et l’épouse du professeur n’est-elle qu’une chipie? Je ressens les longues années de vie de couple qui ont fini par instiller en elle l’envie ou même le besoin de l’adultère, par déception et dépit croissant, par admiration contrariée.

        J’ai vu le Figgis bien avant le Asquith et franchement la version récente inspirait déjà tout celà.
        et je me demande ce que devient la pièce sans cette conclusion admirable.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          La version théâtrale qu’en avait donnée Didier Bezace était remarquable

        • MB dit :

          à Bertrand, alors j’aurais dû la voir car ce discours me semble si essentiel.

        • DD dit :

          Martin

          Techniquement ,il est difficile de jouer l ‘assemblée finale sur scène .
          Voici comment se termine la pièce :
          (au téléphone)
          ANDREW: (….)oh,au fait monsieur le proviseur ,j’ai changé d’avis pour la cérémonie de la distribution des prix .J’ai l’intention de parler après,au lieu d’avant Fletcher,comme c’est mon droit ;oui,je comprends parfaitement mais maintenant je vois les choses d’une autre manière ….Je sais ,mais j’ai tendance à penser que parfois une discours qui tombe à plat peut créer un effet surprenant . Au Revoir .(Il raccroche et va s’asseoir à table)Allons ma chère, il ne faut pas laisser notre dîner refroidir

          Millie s’assoit lentement et commence à servir.

          RIDEAU

          (je n’ai pas le texte français,excusez cette traduction maladroite)

  6. yves rouxel dit :

    A tort,je pense on à trop vite cataloguer l’acteur bondissant Tom Cruise dans la catégorie des « poids lourds »d’Hollywood.L’homme au fil de sa carrière débutant au début des années 80 avec Sean Penn,Nicolas Cage et d’autres a toujours su apporter un plus en immissant une palette de sa vie d’enfant et d’adolescent qui à vu partir trop tot son père du foyer familial,puis son rève était de faire une carrière sportive dans la lutte gréco-romaine.Suite à un accident à la cuisse le jeune Tom poussa la porte d’un bureau de casting et fut engagé dans un film de Franco zeffirelli »Un amour infini »ou il tient un tout petit role.Grace à sa gueule d’ange on lui proposa « Risky bizness »qui le révela comme un voyou,une espèce de rebelle mal dans sa peau.Je ne passerais pas en revue ici toute sa filmographie chez Tony Scott,Rob Reiner mais revenir sur une oeuvre qui lui tient à coeur. »Magnolia »de Paul thomas Anderson marqua un virage dans sa carrière ou il incarne un gars pris dans la spirale du travail et à qui on va annoncer la maladie de son père campé par James Coburn(un de ses acteurs préférés des 7 mercenaires).Il y a ici la relation entre un père que l’acteur n’a pas connu dans sa vie car il fut élever par sa mère et ses deux soeurs.Puis on retrouve un acteur avec qui la symbiose s’est transmise rapidement en la personne de Philip seymour hoffman,acteur-caméleon qui avait un potentiel de dramaturgie,une présence grace à sa puissance de jeu et à sa carrure imposante.Dimanche prochain la chaine arte nous proposera un documentaire sur Thomas Cruise Mapother avec ses cotés sombres,ses amitiés manquées et ses histoires d’amours en suspens.Son rève avec son ami James Cameron est de tourner dans l’espace car Tom à toujours eu la tète en l’air , sur terre ses personnages court du début à la fin .Mais peut-on aller contre le temps qui passe et l’age qui creuse chaque jour notre visage et laisse des sillons qui prouvent que les chemins traçés nous permettent de prendre du recul face à l’existence?

    • DUMONTEIL dit :

      Il a bon goût car il a refait (en moins bien) « ouvre les yeux » et permis « les autres »

      • yves rouxel dit :

        A Dumonteil.C’est lui qui a co-produit « Les autres »!!Quand au Kubrick il y a quantités de détails lorsque le personnage du Docteur Hatford déambulle dans les rues de la ville et s’arrète devant un cinéma.Je vais le revoir afin d’analyser la dernier opus de SK.

    • MB dit :

      « la maladie de son père campé par James Coburn » non Jason Robards Jr, son tout dernier film.

      tenez bon vous allez avoir d’autres réactions que celle-ci.

      « Mais peut-on aller contre le temps qui passe et l’age qui creuse chaque jour notre visage et laisse des sillons qui prouvent que les chemins traçés nous permettent de prendre du recul face à l’existence? »

      mais bien sûr qu’on peut! Une Margarita double et hop! c’est reparti!

      • Denis Fargeat dit :

        Dans un monde parallèle, où les bars-restaurants sont restés ouverts…
        « – Oh salut Yves! ça faisait longtemps… qu’est-ce que tu prends?
        – De l’âge…
        -….?
        – Ouais, je me vois dans ta glace, là, ça déprime… les rides, tout ça…
        -Ah…
        – … j’ai un copain, y me dit, contre les rides, un double Margarita, et hop!…
        -Ok ça marche!
        Et peu après Yves se prit en pleine figure une pizza Margarita, droit venue du micro-ondes, heureusement à peine dégelée.
        Il faut toujours faire attention A QUI on dit les choses.

        • MB dit :

          « Il faut toujours faire attention A QUI on dit les choses. »
          mais je pense que Yves est conscient de ça

        • yves rouxel dit :

          A denis.Vous avez manqué votre vocation de scénariste .L’histoire est interessante mais les personnages manquent de relief et d’épaisseur!!!

      • yves rouxel dit :

        J’ai écrit ces quelques lignes après avoir descendu la caisse de 12 bouteilles de gaillac primeur.Mon clavier a dérapé sur ton corps animal comme chantait Hubert félix thiéfaine (le seul interprète avec Saez qui me remonte un peu le moral).concernant les pizzas ma préference va vers les pates américaines(épaisses mais quelle saveurs).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Les pates américaines, vous êtes fous. Elles sont presque toutes dégueulasses. La vraie pizza doit avoir une pate fine, craquante et celles de Naples bénéficiant d’une eau exceptionnelles. C’est l’apothéose de la junk food avec des colorants et des saveurs artificielles

      • yves rouxel dit :

        Ah celà me fait plaisir,c’est la preuve irréfutable que vous lisez bien les commentaires que j’envois.

    • Pascal MINETTE dit :

      Tom Cruise, il me perd dès qu’il sourit.
      Mais dans LA GUERRE DES MONDES ou WALKYRIE ça va.

  7. yves rouxel dit :

    « This is England »réalisé par Shawn Meadows est une oeuvre qui va droit au but sans fioriture.Shawn à 12 ans et vit avec sa mère au nord de l’Angleterre.Son père vient d’étre tuer aux Malouines guerre insensée décider par miss Maggie ,la fameuse dame de fer qui régna en maitre dans une Grande bretagne à bout de souffle.Un jour sur son chemin de retour de l’école il tombe sur une bande de jeunes désoeuvrés en manque de repaires et de reconnaissances familiales.Rapidement il va se joindre à ce groupe de cranes rasés qui pronent une Angleterre blanche sans étranger sur le sol.On est litteralement surpris une fois de plus par le jeu de ces comédiens qui viennent d’un atelier de théatre.C’est là que Shane Meadows à puiser dans ce vivier impressionnant depuis son premier court métrage.Quand Combo sort de prison les choses changent et vont s’acceler ^pour tous les protagonistes.Il n’est plus question de réunions et de blabla mais d’actions contre la communauté Pakistanaise qui participe à l’économie de ce pays en ouvrant des épiceries de quartier.Tout s’enchaine à une vitesse vertigineuse,Shane est aspirer dans la spirale de la violence,du sang et de la mort.Le reste est à découvrir dans cette chronique sociale qui dépeint encore une fois une triste réalité.Regardez les bonus car on y voit la préparation avec le casting,les essais des apprentis comédiens et des commentaires du réalisateur qui explique les doutes de cette jeunesse sacrifier sur l’autel d’un nationalisme voire un patriotisme.

  8. MB dit :

    « Petite demande : serait-il possible de rétablir l’affichage des derniers commentaires? On peut rater sans le savoir de belles contributions… et tant que j’y suis ( puisqu’on ne sait même pas si Noël il y aura) ce serait merveilleux que cet affichage renvoie directement au commentaire pointé….  »

    j’ai demandé à Bertrand mais il est pas tombé sur mon message je crois!

    • Alexandre Angel dit :

      A MB
      Oui, et puis même du point de vue du fil de discussion en cours (c’est à dire qui suit directement la dernière chronique), on ne repère plus tout de suite à quel endroit se trouve un foyer de discussions, d’échange, « où est-ce que ça se passe ». Ces « derniers commentaires » affichés conféraient au forum un côté « gazette », une espèce d’actualité/actualisation de ce qui était discuté.
      Or, la disparition de cet affichage casse une certaine dynamique, je trouve.
      Et puis comme vous le rappelez, encore une fois, un commentaire fait sur une ancienne chronique n’a aucune chance (ou infime) d’être relayé.
      N’y-a-il rien à faire ?

    • Gaëtan S dit :

      Idem pour moi ?!
      J’ai des commentaires qui sont passés à la trappe…
      Bugs ou modération drastique ?

  9. yves rouxel dit :

    Loin de la version de Tony Richardson avec Mick Jaegger en 70,et plus proche du film réalisé par Gregor Jordan en 2003 avec dans le role-titre Heath Ledger, »Le gang Kelly »est un western qui dépoussière le genre et remet les pendules à l’heure.Justin Kurzel nous montre une Australie colonisée par les Britanniques et les dégats qui en découlent.On va suivre la vie,d’un jeune blanc qui va devenir au long des années un rebelle,un espèce de Robin des bois,as de la gachette qui semerra sur son passage pas mal de cadavres.Oeuvre à la fois onirique empreint d’une belle photographie,la prouesse du film vient en partie de la performance de George macKay qui endosse ce personnage ambigue devenu ennemi numero 1,Ned va incarner la revanche des exploités contre les puissants avec son gang.Sur sa route il croisera un braqueur anarchiste et alcoolique campé par un Russel Crowe méconnaissable mais aussi deux policiers implacables qui le poursuivront jusqu’a la fin.Le dvd et le br sortirons dans les bacs normallement le 5 décembre prochain,sinon on peut retrouver cette oeuvre en vod sur la plupard des plateformes.Kurzel est un réalisateur à suivre et nous prouve que le cinéma indépendant Australien est toujours vivace.

  10. Don Malcolm dit :

    Dear Bertrand,

    Greetings from the USA, which has (hopefully) begun its retreat from a disastrous four-year dalliance with authoritarian populism (we wait out the noisy death rattles). I’m very happy to see new French issues of those early Lean films: many of his pre-epic efforts are hidden gems. I do agree with you that Ann Todd is often exceedingly remote, but might not that be what Lean found interesting? (After all, he married her after their first film and remained fascinated with her even as she made him utterly miserable!) I would like to put in a boost for THE PASSIONATE FRIENDS (a darker companion piece to BRIEF ENCOUNTER), which is the film where Lean met Todd as he took it over for another director, and then swiftly made it his own.

    Claude Rains has a superb character arc in this film, with a poignant revelation of the emotions he has suppressed, and the film plays out as a « noir melodrama » with an incredibly tense final scene in the London Underground once the very unusual « love triangle » story has played out. The brittleness that Todd brings to her character–leavened by an uncharacteristic vulnerability that is lurking underneath it–works extremely well in this film; perhaps Lean thought that this was what he was getting for a wife…but it seems clear he was projecting Todd to actually possess the character traits of the role she was playing–which was definitely NOT the case!

    One other question: is not MADELEINE a reworking of the 19th century incident that is presented in Pierre Chenal’s 1938 L’AFFAIRE LAFARGE? Marcelle Chantal has a far more satisfying « range of gaze » than Todd, as many of her other performances (AU NOM DE LA LOI, CHERI, etc.) display; but L’AFFAIRE LAFARGE–which might be the first « period noir »–seems to be lost in the ether (neither Chateau nor Lobster have dug it up)…might it be worth a bit of your valuable time to track it down?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Don Malcolm
      You are right. I have been looking for l’affaire lafarge for years. It was shown twice by Brion

      • MB dit :

        à Bertrand: et bien sûr Dumonteil l’a vu! (IMDB)

        Faudrait-il bientôt établir un cycle de la femme qui empoisonne son mari ou son amant? Parce que la liste commence à s’allonger!

        L’empoisonnement est un type d’assassinat curieux qui se marie très bien à l’idée de la vengeance qui doit se déguster à petits feux!

        • Denis Fargeat dit :

          … et Hitchcock qui rêvait de tourner « Premeditation » de Francis Iles, avec Alec Guiness( j’aurais bien vu Laughton pour ma part, dans le rôle de ce mari falot et empoisonneur…)

      • DIDIER DUMONTEIL dit :

        Je vais écrire en français puisque DON peut lire mon comment imdb

        « l »affaire LAFARGE » est ,pour mon argent ,le meilleur rôle de Marcelle Chantal et aussi le meilleur film de CHENAL après « la foire aux chimères ».
        Construit avec des flashbacks ,montrant différents points de vue ,un travail d’historien , Chenal laisse planer un certain doute sur la culpabilité de l’héroïne.
        Outre Chantal ,il faut citer Pierre RENOIR en mari brutal et alcoolique et madame SYLVIE en belle-mère aussi haineuse et abusive que Germaine Kerjean dans « voici le temps des assassins » :sa chasse aux rats est anthologique.

        • D DUMONTEIL dit :

          « MADELEINE » a bien été inspiré par le film de Chenal ,très apprécié de Lean, dixit mon collègue britannique d’imdb ,Writer’s Reign ;je le trouve froid,statique ,le courant ne passe guère entre Ivan Desny et Anne Todd -qui plombait « the paradine case » qui n’en avait pas besoin-;Todd réussit à faire passer un peu d’ambigüité dans les dernières séquences cependant.

          Les deux films ne se passent pas dans le même milieu ;le Chenal est autrement passionnant

  11. Damien D. dit :

    Dans la collection de THORET est paru LE MOMENT DE VÉRITÉ de Francesco Rosi. Totale hésitation car le thème de la tauromachie me fait gerber. Si Bertrand ou quelqu’un l’aurait vu ici et me le conseillerait toutefois : que vaut-il ? Merci pour vos avis car supporter le monde de la corrida pendant 1h30 il faut que ce soit convaincant (même réalisé par Rosi)…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      Je déteste la corrida

      • Damien D. dit :

        Merci Bertrand tout est dit : je vais donc blacklister ce titre donc…

        • Pascal MINETTE dit :

          Oui mais pourquoi a-t-il voulu aussi illustrer le prélude de Carmen par des images abjectes de corrida ?
          Faire des films anti-corrida, oui, je donnerais du fric pour ça (oui enfin bon, si j’en trouve).
          Infliger cette abjection comme angle d’approche pour Carmen condamne le film. N’importe qui aurait trouvé quelque chose d’intelligent , de judicieux. Carmen ne parle pas de ça.

        • Pierre dit :

          A Damien D

          Ah désolé, mais cela soulève une vraie question philosophique ! Est-ce qu’il faut rejeter le film d’office, parce que le sujet en serait a priori déplaisant ?

          NB : je dis « serait » parce qu’a titre personnel, la corrida ne suscite chez moi aucune réprobation particulière. Sans rien y connaître, je dirais plutôt que ça doit être d’un ennui profond, mais en dehors de cela ça m’est complètement égal.

          Bref : il y a le sujet et il y a le regard du metteur en scène. Ce sont deux choses différentes. Peut-être Rosi traite-t-il dans son film, d’une manière ou d’une autre, du problème moral qui vous anime ? On en peut pas savoir si on ne l’a pas vu. Le cinéma a ceci d’extraordinaire qu’il peut nous amener à nous intéresser à des sujets auxquels on aurait jamais pensé avant sous cet angle. Réprouver les gangsters n’empêche pas d’aimer Goodfellas.

          Il me semble que quelqu’un a dit que tous les films doivent être présumés innocents.

          Personnellement, je n’ai pas vu le film de Rosi dont vous parlez, mais je préconiserais donc plutôt, si vous vous interrogez, que vous le regardiez – et surtout pas que vous le blacklistiez !

        • yves rouxel dit :

          Il y a eut assez de films « blacklister »,le terme est un peu fort.Le sujet peut heurter les ames sensibles mais on peut aussi apprécier l’oeuvre cinématographique qui est une vision personnelle de Rosi.

        • Damien D. dit :

          Non Pierre peut-être le verrai-je ou tenterai-je de le voir un jour « par hasard », mais j’aurai beaucoup de mal a l’acheter (qui serait une démarche personnelle qui vu le sujet ne passe pas). Je ne pense pas que le film soit subtil sur la corrida et Pascal a raison de citer CARMEN qui m’avait aussi peu convaincu dès l’introduction… Revoyons plutôt MAIN BASSE SUR LA VILLE ou SALVATORE GIULIANO.

      • MB dit :

        « A Damien D
        Je déteste la corrida »

        bravo! ça fait plaisir à lire!

        • yves rouxel dit :

          Beaucoup de personnes détestent le gavage des canards et des oies ,mais n’oublient pas pour les fètes de fin d’année d’acheter en masse de blocs de foie gras et autres agappes???

      • MB dit :

        à Pierre: tout en prônant l’éclectisme, je ne suis pas éclectique. La corrida est une saloperie qui devrait être inderdite ici depuis longtemps d’où je n’irais voir aucun film dans lequel elle tient une place importante, alors bien sûr certains films peuvent utiliser la corrida comme expression chez certains personnages de certains traits de caractère partie prenante de l’intrigue. Certains pourraient la dénoncer.
        Même là, je serais méfiant étant déjà convaincu.
        C’est être un peu borné? Tant pis pour moi. J’étais déjà gêné à entendre Boetticher louer ce spectacle (dans un bonus), orné de tout un arsenal de décorum (ça va de la tenue du torero, vulgaire et m’as-tu-vu, à la musique plan-plan, en passant par cette codification de comportements imposée aux participants) tout ce strass dressé soigneusement pour masquer ce qu’il y a d’immoral: le sang et la souffrance (le taureau a sa chance? mon oeil! et de toute façon: et alors? que ça soit sa chance ou pas, il n’a rien choisi). Tout ce décorum me fait penser à la décoration intérieure coûteuse de l’appartement d’un gangster fortuné (vous savez avec les chiottes en or massif!).
        « Réprouver les gangsters n’empêche pas d’aimer Goodfellas. » bien sûr, mais connaissant Scorsese on sait à l’avance que là,
        la distance de vision sociale est évidente (et elle l’est: le dernier tiers montre bien ces gangsters comme des minables qui se foutent du fameux « code d’honneur » et se retrouvent pour le héros, dans un pavillon de banlieue minable à l’opposé de leur passé de rois de la ville), on va pas voir un film avec Jason Stratham. De plus les gangsters sont des humains et les spectateurs aussi, par contre pas beaucoup de taureaux dans les spectateurs de corrida. La seule corrida que j’aime au cinéma c’est celle de SEÑOR DROOPY. Là, le taureau a vraiment sa chance. Une autre fois, je vous parlerai des films qui ont pour cadre les fermes de gavage des oies…

        • Pascal MINETTE dit :

          A MB : Allez donc au delà et cherchez des films qui dénoncent les génocides quotidiens d’animaux de toutes familles que pratique notre monde. Mais force est de constater que bouffer tous les jours des tonnes de veaux, de petits oiseaux ou d’ agneaux n’est pas considéré comme ignoble, même par les artistes.

        • MB dit :

          à Pascal: certes,
          je suis d’accord que les sévices de corrida sont une goutte d’eau à côté de ceux de certains abattoirs ou exploitation de foie gras.
          mais je suis omnivore, donc non seulement pas éclectique en goût de cinéma mais en plus en contradiction avec moi-même.

    • Alexandre Angel dit :

      A Damien,
      Je ne l’ai vu qu’une fois. Je pense que c’est pas mal. Comme vous dîtes, c’est Rosi et je crois que les films les plus discutables de Rosi sont ceux de la dernière ligne droite (pas au sens politique bien sûr!), disons à partir de CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE.
      Et dans la collection Thoret, je serais tenté.

      Cela dit, je suis pas très corrida non plus…

    • yves rouxel dit :

      A damien d.Ce film est sorti l’an dernier.Je ne suis pas un « aficionado »des corridas,pourtant j’habite une région ou il y a malheureusement beaucoup d’adeptes à cette boucherie.L’oeuvre en revanche vaut le détour et nous décrit l’envers du décor de ces marionnettes dans leurs habits de lumière.Le héros était lui mème un toréador réputé en Espagne,il est mort encorné par un taureau il me semble bien.La curiosité c’est de savoir que Rosi s’est carrément éloigné des oeuvres à thèse politique en réalisant en Espagne ce film.

      • DUMONTEIL dit :

        Yves a raison ; c’est une peinture intéressante de l’Espagne franquiste engluée dans la religion :le film commence et s’achève par la procession des pénitents encagoulés de la semaine sainte;avant la boucherie, le torero prie la Vierge Marie.
        Comme chantait Ferrat : »il faut parfois choisir :la faim ..Ou le taureau » à moins qu’on ait une voix d’or comme Joselito Jimenez dont les films étaient le visage aimable réac d’une dictature.
        La séquence qui m’a le plus impressionné est le retour de Miguel chez lui dans sa voiture qui fonce au milieu des champs où la traction animale est toujours présente.
        On n’a pas besoin d’aimer la corrida pour s’intéresser à ce film;je suis végétarien d’ailleurs.

        • yves rouxel dit :

          A Dumonteil.Merci pour votre soutien car je tiens plus sur mes jambes entre le beaujolais et le gaillac nouveau,je suis sur les rotules.Sachez que l’enfant chanteur Joselito à fuit l’Espagne après la mort de Franco et est venu se réfugier à Toulouse ou il coulen des jours heureux.Recemment il a refusé un ouvrage qui racontait sa vie de star à paillettes ou il a cotoyer quantités de toréadors et picadors.Bonne journée à tous.

        • Gilles dit :

          Joselito Jimenez ne vit pas à Toulouse Yves, il est viticulteur dans le sud de l’Espagne après avoir été trafiquant d’armes en Angola.

  12. yves rouxel dit :

    « L’enfer des anges »de Christian-jacque est à classer avec « Les dispaus de saint gil »et « L’assassinat du père Noel »parmi les chef d’oeuvre du cinéaste.On retrouve Pierre Very au scénario ainsi que la troupe des mèmes enfants qui sont d’un naturel déconcertant.Mais la prouesse du film vient de la mise en scène qui nous brosse un tableau noir de l’enfance rejetée par le monde des adultes.Enfants abandonnés sur le bord des routes,enfants battus ou à qui on demande d’aller voler des lames de rasoir pour les revendre à la sauvette.Jean Tissier est un personnage abject qui profite de la naiveté de ces petites tètes blondes afin de gagner quelques francs.Blier tient le comptoir de ce bistrot minable ou se cotoient des voleurs de tout poils.L’oeuvre suinte et transpire la misère a chaque plans.Pourtant derrière cette triste réalité on ressent une profonde solidarité et d’entraide et démontre encore une fois que le rapport de force fait toujours la difference et remet toujours les pendules à l’heure.Le film devait ouvrir la première édition du festival de Cannes en septembre 39,jusqu’a la déclaration de la seconde guerre.Il fut présenté en 46 etb eut un certain succès.Remercions encore une fois pathé-gaumont pour cette restauration remarquable qui doit figurer dans chaque dvdèthe.Il me reste à visionner les bonus.

  13. Catherine dit :

    A Bertrand Tavernier

    Existerait-t-il un infime soupçon de chance pour que votre film Que la fête commence ! soit un jour (prochain) édité en blu-ray ??
    Et puis pourriez-vous me préciser, si vous vous en souvenez, de quel recueil de Jacques Audiberti est extraite la phrase en exergue du film:
     » Mais tout cet amour que je donnerai, où le prendrai-je ?  »

    Merci.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Catherine
      Ils en parlent à Studio Canal. Je crois que c’est tiré du Mal Court

      • ballantrae dit :

        Autres desiderata de réédition de qualité(même DVD!):
        – La passion Béatrice qui devient une arlésienne
        – Laissez passer épuisé depuis trop longtemps

        • yves rouxel dit :

          A ballantrae.J’ai trouver en Espagne une copie du film »La passion béatrice »sous titrée en catalan quand à « Laisser passer »il figure dans le coffret paru il y a une dizaine d’années.

  14. Gilles dit :

    BREVE RENCONTRE, premier film vraiment personnel de Lean. Ses deux films précédents étaient cependant d’une grande rigueur visuelle, mieux que des exercices de style, on peut voir avec le recul qu’ils avaient l’assurance de ces films à venir. Les cahiers de l’époque détestaient à peu près tout ce qui n’était pas américain, et je pense qu’ils ont eu des problèmes avec Lean jusqu’à son dernier film. On sait pourquoi aujourd’hui mais chut. Quand on relit ce que P. Kael écrit sur LA FILLE DE RYAN, on prend la température du problème causé par ce cinéaste conservateur dont on ne pouvait ignorer le génie, en France et outre atlantique. Dans l’impasse, on s’échappait par la mauvaise foi.

    ICE COLD ALEX est peut-être un film qui a attiré l’attention d’Hollywood par l’itinéraire du personnage. Le thème de la deuxième chance. John Mills sosie de son metteur en scène, lequel devait avoir un homonyme aux Etats-Unis. Possible inspiration d’Un taxi pour Tobrouk et Play Dirty.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      Eh oui, Leconte a fait plusieurs films épatants, très personnels, sans pédanterie de LA FILLE SUR LE PONT à TANDEM, RIDICULE, LE MARI DE LA COIFFEUSE. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, quelqu’un d’ouvert, de sensible même si je trouve qu’il se perdait parfois dans une frénésie de projets, enchainant trop vite les films, les mises en scène de pièce, les bande dessinées. Et je regrette les UNE CHANCE SUR DEUX et quelques autres titres inutiles. Mais MONSIEUR HIRE continue a me passionner et je trouve plein de qualités à CONFIDENCES TROP INTIMES et surtout à L’HOMME DU TRAIN.Et j’oublie un film passé inaperçu qui avait des qualités délicates, modestes, touchantes avec une ex miss météo de Canal. Ses meilleurs films, souvent insolites, à l’écart des modes, me font penser aux réussites de Michel Deville. Il était haï comme Miller et Deville par la squadra qui distribue des cartes et cette haine avait quelque choses d’absurde, voire même d’immonde dans son systématisme

      • Ballantrae dit :

        Tout à fait d’accord Bertrand.
        J’ai une vraie fascination envers Monsieur Hire et Le mari de la coiffeuse , deux films si singuliers et personnels. Tout y est remarquable de l’interprétation ( Blanc dans le premier Rochefort dans le second) au récit, de la photographie à la BO.
        Ils étaient atypiques lorsqu’ ils sortirent et restent mystérieusement envoûtants.
        J’ai vu que Monsieur Hire ressortait en br en copie restaurée et je me réjouis de le revoir.
        Certes Leconte a pu s’eparpiller mais ses réussites sont remarquables.
        Je n’ai jamais revu La veuve de St Pierre et me demande s’il tient le coup.

        • Denis Fargeat dit :

          Dans mr Hire, m’a marqué surtout l’utilisation de la musique (quatuor avec piano en sol mineur de Brahms). Musique dans le champ et hors-champ, étrange, qui est le refuge de l’étrange et indéchiffrable mr Hire. J’ai découvert ce quatuor de Brahms plus tard, et ai été surpris de constater que ce n’était qu’un épisode du dernier mouvement. Ce n’est pas si courant, Leconte ici n’a pas gâché Brahms,, lui a apporté un éclairage particulier ( il y a d’innombrables exemples d’utilisations de musiques préexistantes, mais j’ai le sentiment que ce qui se joue ici est unique…)

      • michèle dit :

        Oh combien d’accord sur « la squadra qui distribue les cartes » !

      • Ballantrae dit :

        Ridicule est un film que j’aime beaucoup aussi ainsi je le revois régulièrement. Le scénario est brillant et les choix de mise en scène de P Leconte sont très pertinents. Et quel casting!
        Est il vrai que ce projet, Bertrand, vous avait été proposé?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a ballante
          Absolument pas. J’aurais sauté sur l’occasion. J’ai même appelé Patrice pour savoir qui était ce Waterhouse qui signait le scénario

        • ballantrae dit :

          On m’a communiqué une information erronée donc.
          Sacré scénario que ce Ridicule car il a su tirer une matière cinématographique d’un matériau aussi abstrait que le mot d’esprit.
          Je crois que Waterhouse n’a pas conçu de scenarii depuis longtemps.Qu’est il devenu?
          Un film serait à faire à partir des Mémoires de Saint Simon même si La mort de Louis XIV d’ A Serra a su exploiter la partie concernant la mort du roi.
          Autre sujet que je rêverais de voir sur grand écran : le lien entre Fénelon et son élève le Dauphin via Les aventures de Télémaque. Il y aurait une matière passionnante dans la circulation entre le récit très riche et les parallèles avec l’éducation du futur roi (qui ne le deviendra jamais).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A ballantrae
          Je crois que la maladie l’a frappé. Il avait réalisé un ou deux films ?

        • Denis Fargeat dit :

          … désolé de vous l’apprendre, Remi Waterhouse est décédé en 2O14, pas bien vieux…( 58 ans). Je n’ai jamais vu « Mille millièmes » avec Daroussin, en revanche son premier, « Je règle mon pas sur le pas de mon père » était une jolie comédie, véhicule pour Jean Yanne et Guillaume Canet, mais un peu plus que cela. Une partie de la criTique avait fait la fine bouche, et j’en avais voulu à une parTie de la criTique. Surtout quand j’ai appris le décès de Waterhouse, qui avait certainement encore beaucoup à offrir.

        • ballantrae dit :

          Je ne savais pas qu’il était mort en 2014, fauché par la maladie.
          Il avait effectivement réalisé deux films Je règle mon pas sur le pas de mon père (beau duo Canet/J Yanne qui évoquait un peu l’univers du premier long d’Audiard Regarde les hommes tomber avec son duo d’escrocs) que j’avais bien aimé mais j’ai un peu oublié son deuxième film Mille millièmes (avec J P Daroussin entre autres) qui a pour sujet une histoire de colocation. un vague souvenir plutôt bon mais il me faudrait revoir les deux pour ne pas dire de vagues généralités.
          Apparemment, le marché conçu avec la boîte de production était que le scénario de Ridicule soit réalisé par un autre et que s’ensuivrait la production du premier long moins cher dans la foulée.Marché qui fut respecté donc.
          En faisant une petite recherche, j’ai découvert aussi que R Waterhouse était le petit fils de Brunius!

        • Denis Fargeat dit :

          A Ballantrae,
          on a fait la même réponse…. je n’avais pas osé mentionner « Regarde les hommes tomber » et j’y avais songé aussi, pourtant ce n’est pas vraiment le même genre… mais c’est un peu, c’est vrai , une autre face du même rôle pour Jean Yanne ( une histoire de filiation malade.)
          Dans le même ordre de gémellité, ce qui dans « Ridicule » peut faire penser à l’univers de Bertrand, est peut-être la belle partition d’Antoine Duhamel… ( En passant, Leconte travaille souvent de belle façon avec ses compositeurs, belle brochette!)

      • Laurent Scof dit :

        Entièrement d’accord avec vous. Pour le film de Leconte, vous parlez sans doute de ‘Voir la mer’ avec Pauline Lefèvre, Nicolas Giraud et Clément Sibony.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a parent Scof
          Exact

        • yves rouxel dit :

          J’avais raté ce film de Patrice Leconte lors de sa sortie en salles(une semaine à peine sur Toulouse).Donc je me suis rabattu sur le dvd et « Voir la mer »est une oeuvre légère et tendre.On suit un groupe d’adolescents qui vont se retrouver sur la cote atlantique,apprendre à se connaitre,se parler,d’échanger dans une société ou on a de plus en plus de mal à se confier.Je le conseille à tous afin de respirer un bon bol d’air vivifiant.

        • Denis Fargeat dit :

          A tous
          Vous souvenez vous, au tournant des années 2000 je crois, d’une polémique autour de la critique de cinéma? Deux camps, les cinéastes d’un côté, les critiques de l’autre… Patrice Leconte s’était retrouvé en première ligne, pour défendre ce qu’on pourrait appeler avec le recul une certaine liberté de création. Peu après, il s’était vu confier une chronique sur France Inter – j’avais perçu l’offre comme une forme de dédommagement. En tous cas Leconte s’était montré excellent dans l’exercice, retrouvant peut-être un esprit, une rapidité de réaction qu’il exerçait à ses débuts, au journal « Pilote ». Il s’y montrait peut-être ( hypothèse) tel qu’il se rêvait d’être : comme un dessinateur qui se tourne, faute de virtuosité, vers d’autres moyens d’expression. Car, je trouve, il y avait bien dans ses chroniques ( et peut-être dans ses films) un art du croquis, de la caractérisation, du détail insolite parfois, juste toujours.

      • Gilles dit :

        A B. Tavernier

        Les avis sont très partagés sur Leconte. Je ne suis pas le seul à penser qu’il a surtout essayé… de faire du Chabrol sans Chabrol, du Blier sans Blier, du Duvivier sans Duvivier, dans ce remake aussi inutile qu’agaçant. Il a même fait du Leconte sans Leconte dans Mon meilleur ami ou La guerre des miss. RIDICULE, c’est Chatiliez qui devait le faire, et il l’aurait fait à peu près comme ça. L’HOMME DU TRAIN, non là vraiment vous charriez. Tout est grossièrement fabriqué, les dialogues sonnent faux, Johnny joue mal, Rochefort tourne à vide. Mais je comprends que votre position soit délicate quand il s’agit de vos amis. C’est gênant d’en dire du mal parce qu’il est sympathique.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Leconte a une manière très spéciale de tourner. Le fait qu’il cadre ses films leur donne un style très différent de Chatillez et pour moi TANDEM, LA FILLE SUR LE PONT, LEMARI DE LA COIFFEUSE et bien d’autres, nne m’évoquent pas d’autres metteurs en scène. Et je suis devenu ami avec lui parce que j’aimais ses films et que j’ai été content de partager un César avec lui

        • ballantrae dit :

          L’homme du train ne m’avait pas passionné à cause de Johnny qui ne m’a jamais semblé acteur. Malgré l’immense J Rochefort!
          Même chez Johnny To c’est assez improbable.
          Godard avait su en faire une sorte de modèle bressonien pas complètement conscient de ce qu’il faisait. Stevenin avait su en faire une apparition un peu magique dans Mischka mais franchement Johnny acteur bof, bof…
          Après je dois avouer que je ne suis pas non plus un fan du chanteur alors…

        • michèle dit :

          Je crois surtout que Leconte, qui est capable de tourner Les Bronzés (avec quel succès !) ou Le parfum d’Yvonne d’après Modiano, manque un peu de confiance en lui-même. Dans la deuxième partie de l’émission (en avant-première sur « A la demande »), il revient souvent sur ses hésitations sur les tournages, hésitations sur la place de la caméra ou la façon d’aborder une scène. Personnellement je trouve que ce doute est beaucoup plus productif que la suffisance d’un réalisateur « dictateur frustré » (dixit Almodovar !). Manque de confiance, d’ailleurs l’autobiographie de Patrice Leconte s’intitule : « Je suis un imposteur » !
          N’empêche que, d’accord avec Bertrand : Tandem ou Le mari de la coiffeuse sont des oeuvres bien à part !

        • Gilles dit :

          A Michèle

          Spectateur moyen qui n’apprécie pas les films par le filtre de l’intellect, je ressens. Je ressens que des réalisateurs comme Leconte, ou peut-être aussi Wargnier, fabriquent des films sans réelle nécessité autre que professionnelle. Simplement parce qu’ils sont dans le métier et qu’il faut bien bosser. Rien à voir avec des Verneuil qui faisaient des films comme on construit un pont de chemin de fer, et qui ne concevaient pas le cinéma autrement. Ces metteurs en scène génération années 80 impliqués à leur dépens dans une perspective auteuriste, se sont conformés à une norme qui les dépassait. Ils sont très bons dans des films de pur divertissement, mais leur manque de sincérité saute aux yeux dès qu’ils veulent montrer qu’ils en ont dans le coffre du cinéma d’auteur. Alors Leconte, sans m’obstiner à lui régler son compte, c’est un peu comme si Jean Boyer était né vingt ans plus tard. Il n’assume pas d’être un amuseur public, il veut à la fois Les Cahiers et Première. A trop vouloir être reconnu par Michel Ciment, il a fini par ne plus savoir faire ce pour quoi il est fait : Une chance sur deux ou la suite des Bronzés…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Qu’est ce qui vous donne le moindre droit, la moindre légitimité pour écrire cela. J’ai vu Patrice déguster des refus, subir des coups de déprime terribles. Dernièrement trois fois le Simenon qu’il voulait adapter s’est fait rétorquer et son moral était au plus bas. Pourquoi à ‘leur dépens ». Quelle arrogance méprisante dans ces termes : aller du côté de Pilote et d’un type de BD, puis s’aiguiller vers TANDEM, MONSIEUR HIRE, LE MARI DE LA COIFFEUSE me parait une trajectoire logique, entrecoupée de pauses, de films de détente. C’est un type qui a une immense pudeur et qui cache cela derrière une désinvolture, une légèreté. Peut être aussi dans ses films où il prend des distances. Il n’étale pas son coeur, ses organes sur la table mais je l’ai vu se battre pied à pied. De plus quelqu’un qui claironne « je n’apprécie pas les films par le filtre de l’intellect » me parait suspect. Dans cette simple phrase vous utilisez trois filtres. Le « moi, je suis un con, un boudin » est forcément un mensonge disait Truffaut. Leconte c’est aussi quelqu’un qui a besoin de tourner, qui veut être sur un plateau comme Chabrol, Decoin et plein d’autres. Mais d’emblée, il y a un type d’histoire qui l’a aimanté et il y a plein de genres qu’il n’a pas essayé d’aborder

        • michèle dit :

          à Gilles,

          « Alors Leconte, sans m’obstiner à lui régler son compte … »

          Qu’est-ce que ce serait si tel était le cas ! Pourquoi tant de haine ?
          On sait bien que, passé un minimum technique que l’on est en droit d’exiger, la critique n’est plus qu’une question de goût, forcément subjectif. Les attaques systématiques et haineuses sont parfaitement vaines.
          « Des réalisateurs fabriquent des films sans réelle nécessité autre que professionnelle » . Mais ce n’est déjà pas si mal d’être un professionnel.
          Et nous voici en train d’évoquer Jean Boyer (dont Le passe-muraille n’est pas si mauvais, d’ailleurs), insulte suprême. Patrice Leconte ne mérite pas cela, il s’ était inquiété, à une époque, de la violence disproportionnée de la critique envers les artistes qui n’ont pas « la carte ». Il évoque cet épisode dans l’émission et préfère ne plus répondre aux attaques. Sage décision !

        • MB dit :

          à Bertrand et Michèle et ben comme ça je serais pas le seul à douter de la clarté (pour en rester là) de Gilles, bravo pour ces mises au point, le plus rigolo c’est « sans m’obstiner à lui régler son compte » et le coup du « filtre de l’intellect » est pas mal non plus, une trouvaille!

        • yves rouxel dit :

          A Gilles.Vous n’étes pas tendre avec Leconte.Puis je pense que Bertrand n’est pas dans l’intimité et la vie privée de cinéaste tel Leconte ou Brizé et bien d’autres.La série des bronzés surtout les deux premiers sont ancrés dans une période charnière(la fin des années 70 et le début des 80’s)car ils correspondaient à l’époque,un humour léger mais pas méchant.Le troisième n’était à mon avis necessaire à la filmographie de Leconte.Revoyez « Les wc étaient fermés de l’interieur »ce n’est pas si mal pour un premier film avec un Jean Rochefort intenable et capricieux sur le tournage.

        • MB dit :

          à Bertrand supprimez ma réponse à Michèle et vous si vous y pensez, tout a été dit après tout!

        • yves rouxel dit :

          A Gilles.Je reconnais humblement mes égarements,voire mes longueurs de textes qui dérangent,mais vous ,vous n’arretez pas d’attaquer Bertrand pour ceci ou celà.Vous ètes le poil à gratter de ce blog ,on dirait que vous gargarisez tout seul dans votre petite tour d’ivoire.Moi je signe de mon nom et de mon prénom ,je n’ai jamais pris de pseudonyme débile,histoire de cacher mon identité.Merde il y a longtemps que je voulais le dire.Là c’est fait.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Se gargariser tout seul n’est pas un délit. Je vois mal comment on peut le faire à deux

        • Gilles dit :

          A B. Tavernier

          Ce qui me donne le droit de juger Leconte ? Avoir payé pour aller voir ses films me semble le plus légitime. D’accord « sincérité » est sûrement impropre. On peut être sincère sans avoir le moindre talent. Votre position est décalée par rapport à la notre. Vous connaissez, ou avez connu la plupart des gens dont on parle. Je comprends tout à fait que votre coeur influence vos avis, sur Leconte autant que sur Deray ou Giovanni, que j’ai parfaitement le droit d’aimer ou de détester depuis ma position de simple spectateur. J’émets l’avis de celui qui consomme le plat, dans l’ignorance de ce qui s’est passé en cuisine.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Oh vous pouvez juger ses films tant que vous voulez.En vous mettant le doigt dans l’oeil aussi souvent que la moyenne des gens. Mais là vous lui pretiez des intentions qui ne reposent sur rien. Vous jugiez à priori de ce qui poussait un cuisinier dont vous ne connaissez rien à vous présenter tel ou tel plat. En lui prêtant un opportunisme, un je m’en foutisme. Et connaitre Leconte de m’a pas empêché de critiquer certains films, de lui reprocher certains sujets. Quant à Giovanni ses premiers romans, ses participation à des films majeurs du TROU à CLASSE TOUS RISQUES où son rôle est loin d’être négligeable plus deux ou trois oeuvres personnelles malgré leurs manques comme LA LOI DU SURVIVANT, DERNIER DOMICILE CONNU me touchent en dehors de l’amitié que toujours eu pour l’homme. Mais vous avez parfaitement le droit de mépriser ces oeuvres et de les détester. Moi j’éprouve du respect pour quelqu’un qui a déjà signé cela.Ce qui compte dans une carrière, c’est ce qui a été réussi. On est tous différent

        • Gilles dit :

          A Michèle

          Non, j’évoquais Jean Boyer, dont j’aime plus d’un film, parce qu’il n’est jamais venu à personne l’idée de le mettre au-dessus de son cinéma. Sans doute sous-côté à son époque, on serait dans l’extrême opposé aujourd’hui. Je suis souvent plongé dans les vieilles revues de cinéma entre les pages desquelles on lisait des critiques que vous pourriez qualifier de haineuses, par tentation de pointer la haine partout où il n’y a pas consensus. La nécrologie de Bourvil dans Cinéma 70 est absolument ahurissante. On se demande s’ils parlent d’un des plus grands comédiens français ou d’un clebs passé sous une voiture. Avaient-il le droit ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Vous avez raison pour Boyer qui malheureusement a baissé les bras dans la fin de sa carrière, ce dont se désolaient des gens qui l’aimaient bien comme Suzy Delair. Il avait perdu toute exigence ce qui n’était pas le cas dans PRENDS LA ROUTE, NOUS IRONS A PARIS et autres.Leur désinvolture, leur manque de prétentions ne camouflaient pas un manque d’exigence

        • Gilles dit :

          A Yves Roule ma poule

          « je n’ai jamais pris de pseudonyme débile »
          Ce n’est pas très gentil pour M.B et Ballantrae dont les capacités d’analyse équivalent celles du maître des lieux, m’amenant à les soupçonner d’être, sinon des professionnels (au moins de l’analyse) et si ce n’est pas le cas, chapeau. Indépendamment de l’animosité que l’un des deux exprime à mon encontre. Trait de personnalité sans doute, ce qui me rappelle une réaction de Dario Moreno adressée à Alain Cuny « Je regrette que vous ne m’aimiez pas, parce que moi je vous admire beaucoup. »

        • BM dit :

          « Moi je signe de mon nom et de mon prénom ,je n’ai jamais pris de pseudonyme débile,histoire de cacher mon identité. »
          Honteux et convaincu par cette intervention, je signe désormais de mon vrai nom.

    • Gaëtan S dit :

      À Bertrand et par extension à Gilles ( ainsi qu’à tous les grands passionnés qui partagent ce blog) ,
      Je viens de visionner « Ice cold in Alex ».
      Même si je suis loin d’avoir vu toute sa filmographie, je n’aurais jamais imaginé Jack Lee Thompson capable de faire un film aussi captivant !
      Mes chaleureux remerciements pour cette découverte.
      ( ) Effectivement, on ne peut s’empêcher de songer au génial Play Dirty ainsi qu à « l Audiardesque » Un taxi pour Tobrouk.
      Moins bâclé, Commandos/ l’enfer de la guerre de Crispino aurait pu faire partie de cette même veine.

  15. Gaëtan S dit :

    Mea Culpa Bertrand !
    Vu que le débat tourne autour du western italien, vu que je suis un inconditionnel de Morricone (mais cela je pense que vous l’avez déjà deviné :), j’ai la fâcheuse tendance à maladroitement omettre d’autres très grands compositeurs qui s’apprécient simplement par le plaisir de l’oreille sans pour autant qu’il y ai l’image. Comme je n’écoute pour ainsi dire que de la musique de films, très régulièrement je savoure d’ailleurs les uns et les autres.
    À votre liste, sans hésiter, il y a possibilité d’en ajouter bon nombre: de Roubaix, Mancini, Schifrin, Barry, Hisaishi, ETC,…
    Lorsque vous citez Philippe Sarde, je songe par exemple à sa sublime BO pour « Le choc » qui sauve in-extremis le film du naufrage. Celle-ci illustre parfaitement son existence seule.
    Les exemples sont légions, je le reconnais.

    À Pascal Minette au sujet de « Il était une fois dans l’Ouest ».
    (Ensuite je m’arrêterai là dans mes interventions sur le sujet).
    Histoire de bien capter l’attention du spectateur, Leone avait demandé à Morricone une introduction orchestrale comme il en a le secret. Au grand étonnement du réalisateur, le maestro lui refuse. Très agacé, très contrarié, Leone insiste avec beaucoup d’acharnement. Son compositeur « attitré » lui tient tête. En lui recommandant au contraire d’amplifier les bruits autour des 3 vilains qui attendent Bronson. Selon ses arguments, afin de donner encore plus d’impact et d’intérêt à cette scène d’attente.
    N’oublions jamais que Leone insistait toujours sur ce qu’il appelait le « tempo ». Le temps qui s’écoule dans chacune de ses œuvres devait correspondre de bout en bout. À l’exception du « Colosse de Rhodes », primordiale raison pour laquelle le temps est volontairement étiré dans tous ses films.
    En définitive, comme nous le savons, Leone n’obtient pas satisfaction sur ce coup là. Le montage s’effectue.
    À la fin, il va trouver son ami, et il lui dit: « J’ai compris. Tu viens là de me signer ta plus belle partition ! »
    N’est ce pas là le plus beau témoignage de reconnaissance entre ces 2 hommes définitivement complémentaires ?!
    PS: Quand vous citez « le retour de Ringo », ne confondez-vous pas avec « Un pistolet pour Ringo » tourné la même année par le même réalisateur mais qui est nettement inférieur ?

    • Pascal MINETTE dit :

      A Gaetan : Je parle bien du RETOUR DE RINGO, un des rares spagetti que je connaisse et qui m’avait agréablement surpris : le thème de Morricone, la recherche esthétique, le scénario venu d’Homère…
      Le truc, c’est que je me suis demandé si l’aspect comique était toujours volontaire , et si cette ambiguïté même ne faisait pas partie du produit …

    • Pascal MINETTE dit :

      A Gaetan : Et merci pour cette anecdote sur IL ETAIT UNE FOIS. Ces histoires de compositeurs soufflant des idées géniales aux réalisateurs me sidèrent.

  16. yves rouxel dit :

    C’est en se souvenant du role de Cora qu’incarne Christine Boisson dans »Exterieur nuit »de Jacques Bral que Didier Pain a écrit les paroles de la chanson »Joe le taxi »pour sa nièce Vanessa Paradis.Pourtant l’oeuvre de Bral reste un cas à part grace à une stylisation singulière.Il filme les scènes de nuit ou les personnages déambullent entre le crépuscule et l’aube sans but,sans attache,sans amours mais avec une espèce d’espoir dans la nonchalance.La voix-off qui ponctue « Exterieur nuit »apporte un plus qui donne à ce film une sorte de grace intemporelle,auquel on reste attacher.Je vais revoir »Polar »avec Jean françois Balmer qui est aussi dans la mème veine teinté de noir et désabusé par la vie.Ici on est proche de l’univers de Goodis avec également des marginaux qui errent dans la ville la nuit sans raison,histoire d’échapper peut ètre à la réalité du quotidien .

  17. michèle dit :

    Quel bonheur que la première partie de cette émission sur Ciné émotion, permettant le dialogue entre (trois de ?)nos meilleurs réalisateurs : Blier, Leconte et, bien sûr, Bertrand Tavernier !
    Vivement la suite mercredi prochain !
    Blier, Leconte, Tavernier, trois vies de cinéma à 19h30 sur Ciné émotion et en replay sur Canal à la demande.

    • yves rouxel dit :

      A michèle.Comment se fait il que depuis tant d’années aucun réalisateur n’ai eut l’envie ou le courage de faire ce genre d’entretiens?Croiser Claude Sautet au coté de Chabrol et de Rohmer ou bien mème Godard et Truffaut s’invectivant avec Jean marie Straub ou Luc Moulet!C’est dommage que cette série ne soit pas diffusé sur une chaine dite »publique »car beaucoup d’entre nous auraient voulu partager ces moments intenses de cinéphilie.Pourriez vous nous en dire plus ma chère michèle svp?

    • Gilles dit :

      A Michèle

      Leconte ? De nos meilleurs réalisateurs ? Certes il est encore vivant. Serge Korber aussi, à quelques kms de chez moi.

      • michèle dit :

        à Gilles,

        Tandem, Le mari de la coiffeuse, L’homme du train !

        Voir aussi la réponse de Bertrand.

        à Yves Rouxel,

        Il s’agit d’une discussion entre ces trois réalisateurs. Au départ, ils commentent des affirmations d’autres réalisateurs (Lynch, Allen, Chaplin, etc…) et en viennent à évoquer leur propre travail : écriture, difficultés de financement, rapports parfois difficiles (ou pas !) avec les acteurs, etc… C’est passionnant, parfois émouvant (Leconte raconte le tournage de son premier film avec Rochefort qui lui a tellement compliqué la vie qu’il était à deux doigts d’arrêter le tournage. Les choses se sont arrangées puisque ses meilleurs films bénéficient de la présence de Rochefort. Blier raconte ses rapports difficiles avec Coluche, Bertrand avec Bernard-Pierre Donnadieu, etc …)

      • MB dit :

        et Korber a quand même fait UN IDIOT A PARIS

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et URSULE ET GRELU que l’on peut enfin voir sur le site de Films TV. C’est un ovni et on a du mal comprendre que quiconque ait pu penser que cela pouvait remporter du succès. Le scénario et dialogue sont de Michel Cournot et les péripéties sont extravagantes

        • Denis Fargeat dit :

          … sans vouloir faire une rétrospective Korber, il y a aussi ces deux De Funès de l’extrême, « L’homme orchestre » et « Sur un arbre perché » : dans l’un Funès danse, dans l’autre il trépigne en faisant le moins de secousses possible, parce que comme dit le titre… en lisant la filmo, je vois 4 court-métrages avec Roger Riffard, ce qui intrigue ( je me demande ce que ça peut être, des films avec l’immortel auteur de « Timoléon le jardinier »). Dernier film, « Les Bidochon » avec Anémone et JF Stévenin….
          Réussie ou pas, peu importe, se dessine la filmographie de quelqu’un qui a voulu tenter des choses jamais vues, souvent très réussies plastiquement… l’intérêt serait au moins d’avoir chaque fois poussé une idée à fond, ce qui est pour le moins, utile…

        • MB dit :

          à Bertrand mais je garde un bon souvenir de UN IDIOT, tandis que URSULE je sais pas, le film s’est fait sacquer il y a peu ici… à tort?
          Jean Lefebvre était un acteur formidable qui s’est fait kidnapper par la mécanique de la comédie française et forcé à jouer l’abruti. « On avait envie de lui jeter des objets à la figure » disait une actrice (A Dupeirey je crois).
          Galabru disait « Je peux prendre trois douches par jour, on dira toujours « il fait sale » ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Jean Lefèvre était un bon acteur dans ses rôles secondaires mais dès qu’il est devenu vedette (après un Idiot), il est devenu insupportable, dictatorial. Il n’apprenait pas son texte et faisait coller partout des aide mémoires. Au théâtre, il lui arrivait d’ajouter des monologues, de raconter ses derniers repas, laissant les autres comédiens en plan. Il m’avait longuement expliqué qu’il avait joué dans un film poétique de Serge Penard TENDREMENT VACHE en scope (je l’ai vu. Il est persuadé que sa vache est la réincarnation de sa femme et veut dormir avec elle) et que l’establishment avait boudé et s’était moqué de cette oeuvre. Il suintait le ressentiment et l’envie. Le contraire de Galabru

        • yves rouxel dit :

          A MB.Serge Korber à également sous le nom de « John Thomas »signé quelques films pornographique durant les années 70.On y retrouve un acteur dont on connait bien la voix puisqu’il double depuis 35 ans Harrison Ford et d’autres acteurs.C’est Richard Darbois qui est franco-québécois dont le père fut l’égal de Louis de funès chez nos cousins du Québec.Il va falloir attendre pour voir « Aline »réalisée par Valerie Lemercier (espèce de biopic qui ressemble à Céline Dion).

        • Gilles dit :

          Et les deux ovnis avec De Funès auquel le temps a donné de la plus value, sans en faire pour autant des films extraordinaires.

        • Pascal MINETTE dit :

          Sur Jean LEFEBVRE, je pense qu’il aurait pu essayer le drame; mais il fait penser à ces bons chanteurs à qui il a manqué de bonnes chansons pour devenir des stars.
          D’ailleurs, combien d’acteurs extraordinaires qui n’ont pas eu la chance d’être mis sur le circuit;
          combien d’acteurs supérieurs aux professionnels connus qui n’auront jamais eu conscience d’être dotés de ce don ?

        • MB dit :

          à Bertrand
          Lefebvre ah ben ça j’en tombe des nues, cruelle désillusion.

        • ballantrae dit :

          Tout cela est un peu oubliable tout de même…j’ignorais que Korber avait réalisé des pornos. Quel éclectisme!
          Quant à Lefebvre bon acteur…peut-être pas trop mal dans qqs rôles secondaires mais bon c’est un peu comme Paul Preboist, il n’y a pas de quoi s’emballer franchement.
          Il doit être possible de parler de perspectives plus passionnantes car on écume là les fonds de tiroir du tiroir du fond, non?
          Ah, non dans le tiroir du dessous il y a Max Pecas,Philippe Clair et Aldo Maccione.

        • MB dit :

          eh oh ne vous moquez pas de Aldo Maccione hein? ce type est un génie.

        • D DUMONTEIL dit :

          Le premier film de Korber « le dix-septième ciel » aka « un garçon une fille  » n’est pas sans charme ,grâce à Trintignant et Marie Dubois.
          J’ai dit ce que je pensais d' »Ursule et Grelut ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A D DUMONTEIL
          Je ne retrouve pas celui sur ursule et relu

        • D DUMONTEIL dit :

          A BT

          Nous avons parlé de « ursule et grelut » dans le chapitre  » en Italie avec ZAMPA…… »

  18. Aigle Bleu dit :

    Avis!!!!: Merci une fois de plus pour nous diffuser Lundi 16 novembre en fin de soiree a 0h 25: Broken Butterfly, de Maurice Tourneur.

    • Damien D. dit :

      Merci pour l’info (et merci arte) ! Je l’avais loupé l’an dernier au festival Lumière le dernier samedi pour cause de train a prendre et de grève de la sncf… Comme quoi tout vient à point !

  19. yves rouxel dit :

    « Comment je suis arrivé à Hollywood?Eh bien par le train »dixit John Ford qui ne manquait pas d’humour,il le prouva à maintes reprises dans plusieurs de ses films.Un groupe d’universitaire a décidé d’étudier la forte dimension humoristique de l’oeuvre de John Ford dans un ouvrage collectif qui vient de paraitre aux éditions Passages à 22 euros.Il y a un chapitre fort interessant qui étudie très sérieusement »l’alcool dans l’oeuvre Fordienne ».L’absorption d’alcool participe de cette volonté de rendre vivants les individus qui incarnent les grands principes de la conception et de la vie d’un pays à travers des situations et des actions.Pour l’auteur de l’article Philippe Ortoli: »l’alcool chez Ford n’est nullement une récréation octroyée à certains,mais bel et bien un cheminement logique vers la tentation de la régression,voire de l’anéantissement ».Un autre auteur de ce livre collectif s’interroge ainsi: »Ford,anarchiste et s’identifiant aux désherités?ou bien « Ford passéiste et nostalgique des sociétés traditionnelles et hierarchisées »?Citons enfin le travail remarquable de Cécile Gornet à qui l’on doit déjà un ouvrage sur Ford.Elle met en avant le coté désinvolte et délirant concernant la comédie « Steamboat round the bend (1935)qui est au départ une trame tragique qui se déroule sur un bateau à vapeur le long du Mississipi.Puis le film coule vers des scènes loufoques et échevelées.Sachez que cet ouvrage collectif « Fantaisies de John Ford »est dirigé par Fréderic Cavé et Damien Keller qui font un parallèle instructif et dissèque de façon concise « L’homme tranquille ».En effet rappelez vous en pleine bagarre,Ford interompt la scène et nous montre un vieillard malade dans son lit qui se demande d’ou vient ce bruit.il se lève ,appuyé sur sa canne et rejoint la bagarre.Allez je vous laisse car tout ceci m’a donner soif!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves rouxel
      STEAMBOAT, Un film avec Will Rogers ne pouvait pas être complètement tragique. Et Rogers poussait à l’improvisation

    • Pascal MINETTE dit :

      A YVES : C’est vrai , qu’est-ce qu’il y a comme ivrognes dans les films de Ford ! Même le comédien shakespearien de MY DARLING prend le temps de se rincer le corgnolon.
      Et ce n’est pas souvent une dénonciation , plutôt un ressort comique.
      Je pense hélas que c’est aussi un clin d’oeil autobiographique !

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Pascal Minette
        Le comédien shakespearien fait beaucoup plus que se rincer la gueule. Il met en danger son propre spectacle et ce n’est plus un ressort comique. L’alcool devient alors un adversaire dont on doit triompher : les docteurs ivres qui doivent néanmoins opérer. L’ivrognerie peut être source de rigolade, de rapprochements mais aussi de moments tragiques

        • Pascal MINETTE dit :

          Pour l’acteur shakespearien , il est en danger quelle que soit la façon dont son spectacle va tourner. Ce qu’il y a de comique dans le fait de le voir biberonner, c’est qu’on devine qu’il doit en avoir l’habitude.
          Et ça ne gomme pas son côté tragique.
          Bon, MY DARLING rigole de toute façon moins des pochtrons , Doc Holliday usant de la bouteille pour accélérer sa fin.

  20. yves rouxel dit :

    Qui se lançera sur ce blog en rendant un hommage vibrant à un cinéaste engagé loin de tout enjeu commercial,en la personne de Fernando Solanas?Il est le réalisateur de »Tango »oeuvre hommage à Carlos Gardel avec Marie Laforet et Philippe Léotard mais aussi de cet immense documentaire « L’heure des brasiers »primé en 68 qui en trois volets évoque ces veine ouvertesde l’Amerique latine chères à Galeano sous la houlette du Che,d’Aimé Cesaire,de Frantz Fanon et de Juan Peron.Solanas fait partie lui aussi de la longue liste emporté par le covid 19.Découvrez son oeuvre unique et empreinte de libertés ,d’engagements et d’humanisme.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves rouxel
      J’ai écrit un texte pour la SACD. Et dans ce blog, j’avais défendu :
      Toujours chez Blaq Out, le magnifique coffret consacré à Fernando Solanas, cinéaste engagé qui fut contraint de s’exiler (j’ai pu l’aider à cette époque à tourner deux films en France qui sont très forts et émouvants, TANGOS OU L’EXIL DE GARDEL et LE SUD). Devenu député, puis sénateur, il continue à se battre et à tourner des documentaires ultra-critiques dont le dernier LE GRAIN ET L’IVRAIE dénonce le saccage alimentaire exécuté par le pouvoir en Argentine. Solanas montre en quoi la soumission à la mono-culture (le soja) provoque le chômage, affecte l’éducation, la culture et place tout un pays sous le contrôle des multinationales comme Monsanto. Dans son immense fresque, L’HEURE DES BRASIERS, le côté très péroniste doit surprendre et paraître discutable mais la passion que dégage le film, la force du montage, restent intactes même si le message doit être discuté.

      • yves rouxel dit :

        Merci mon cher Bertrand d’avoir apporter un éclairage sur cet homme dont la vie fut un combat.Fuir son pays dans les conditions qu’il à vécut a été un arrache coeur mais il avait toujours cette force qu’il animait.Je vais me rabattre sur ce coffret.

  21. Gaëtan S. dit :

    Cher Bertrand,

    Si toutefois vous me permettez de vous aborder de cette manière ?

    Lors de l’une de vos interventions durant cette année, vous avez évoqué l’achat mais plus encore le plaisir à l’écoute du coffret cd sur Morricone par Stéphane Lerouge.
    C’est vrai qu’il reprend de nombreuses partitions des plus intéressantes du Maestro. Remarquable travail sélectif au vu de l’ampleur que représente la production de ce désormais regretté compositeur !

    Aujourd’hui, c’est de Sollima et de western européen dont il est question dans l’un de vos billets.
    Cela me touche beaucoup car j’ai longtemps cru que vous détestiez ce genre. C’est plutôt rare d’en trouver des traces sur votre blog, avouons-le. Ce n’est pas une critique, c’est un constat. J’avoue aujourd’hui, à tort.
    Alors en mon nom, et aux noms de toute une « communauté » de fans, jeunes et beaucoup moins jeunes, je vous remercie d’y faire référence ou hommage, comme vous préférez. Et d’une certaine manière, même si c’est dans une moindre mesure, de « réhabiliter » ce genre qui contient davantage de pépites que la plupart ne s’imaginent.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gaetan S
      Un livre sur Leone a été publié dans la collection que je dirige avec Thierry Fremaux et nous avons montré pas mal de westerns italiens choisis par Tarentino. Il y en a que j’ai toujours défendu (les Damiani et Sollima) mais il y en a aussi beaucoup qui ont très mal vieilli à force d surenchère dans la violence et le cynisme

      • Gaëtan S dit :

        Effectivement, durant les 3 premières années du Festival Lumière certains spectateurs tel que moi ont eu le plaisir de (re)découvrir sur grand écran certains westerns transalpins.
        Personnellement, j’aurais aimé davantage de titres. Surtout que ceux présentés (Léoniens et autres) faisaient presque salle comble !
        Cet intérêt du grand public prouve qu’il y a encore une large (?) demande quelques 60 ans après pour ce genre tellement décrié, pour ne pas dire massacré, par la plupart des critiques de l’époque.
        Dans tous les cas, que l’on aime ou non le western européen, personne ne peut nier qu’il y aura eu un avant et un après.
        Pour rebondir sur l’intervention de MB, je ne rentrerai pas dans le débat comparatif avec Budd Boetticher lequel en trio avec Randolph Scott et Burt Kennedy ont réalisés 4 chefs-d’oeuvre (presque) au-dessus de toutes autres productions américaines et/ ou européennes.
        Pour revenir à ces dernières, et pour répondre à votre question, même si cynisme et violence sont effectivement largement plus présents chez les italo-espagnols, je citerai volontiers les suivants:
        Corbucci avec « Le grand Silence », « Le Mercenaire », « Companeros ».
        Valerii avec (l’inévitable !) « Mon nom est personne », « Texas », « Le dernier jour de la colère ».
        Petroni: « La mort était au rendez-vous », « Tepepa ».
        Fulci: « Le temps du massacre ».
        Capitani: « Chacun pour soi ».
        Tessari: « Le retour de Ringo ».
        J’ajouterais, même si je sais qu’il est très loin de faire l’unanimité, « Keoma » de Castellari.
        Et pour me faire plaisir ainsi qu’à Tarantino, « El Desperado » de Rossetti et « Johnny Yuma » de Guerrieri.
        À noter qu’en 1963, il y a eu des westerns pré-Leone remarquables comme par exemple « les 3 implacables » de Romero marchent.
        Ici, c’est une parenthèse principalement à l’attention de Bertrand. Chez Sollima, « le dernier face à face » dépasse de loin les 2 autres.
        Quant à Damiani, si vous le voulez bien, nous ne retiendrons que « El Chuncho ». « Un génie, deux associés, une cloche » est un énorme plantage. Leone a reconnu s’être trompé de réalisateur sur ce coup là.
        Toujours à votre attention, j’en profite au passage pour vous remercier infiniment pour vos « Voyage à travers le cinéma français ». J’ai pris bonnes notes de ceux qui m’attirent le plus à découvrir. Et à chaque fois, c’est du bonheur !

        • MB dit :

          à Gaëtan S je sauve LA MORT ETAIT AU RENDEZ-VOUS, ce qui est peu, LE DERNIER JOUR DE LA COLERE pour la musique géniale de Riz Ortolani (mais n’ai-je pas lu que c’était de Morricone en fait?). Je suis désolé d’avoir cité les mêmes Corbucci que vous mais pour l’appréciation contraire! Il faut que je revoie LE TEMPS DU MASSACRE et voie les deux suivants que vous citez ensuite.

        • yves rouxel dit :

          A gaetan.Désolé par un temps gris il est impossible pour moi de revoir un ouest terne(decidemment je me suis retenue).Je garde un bon souvenir de »El chuncho »avec un Klaus Kinsky complètement dingue dans son personnage de névrotique.Il est à noter également que les trois cow boys qui attendent le train dans « Il était une fois dans l’ouest »sont assez barré.L’un se craque les doigts à quinze reprises,l’autre joue avec une mouche et son revolver tandis que le dernier reste planter sous une gouttière et écoute l’eau tomber dans son chapeau.Puis cette musique stridente et répétitive d’une girouette qui tourne à 10 ans quand j’ai vu le film à Montauban avec mon père m’a laisser un souvenir cauchemardesque.Bien plus tard j’ai revu ce chef d’oeuvre de Morricone qui est pour moi une réference dans le genre.Connaissez vous ce western assez drole interprété que par des nains?Le film est une curiosité car l’univers du western maintenant que j’y repense on ne voit pas beaucoup de nains et encore moins de personnes handicapés!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          a yves rouxel
          l’oscar des transitions rudes, vous l’avez. L’irruption d’un western de Sam Newfield dans l’univers de Leone relève de la plus stupéfiante fantasmagorie. Ce western bâclé perdait tout intérêt vu qu’il n’y avait que des nains. On perdait le sens des proportions et eux, devenaient juste des cow boys qui passaient sous les portes. D’autre part quand le western est devenu adulte les auteurs ont introduits des personnages d’infirmes, de malades et des gens de petites tailles. Cela dit, je ne pense pas qu’ils figuraient parmi les premiers colons. La vie était trop rude et le climat incertain

        • Ballantrae dit :

          Yves ce film est archi nul, à peine une curiosité drôle( 5 mn disons). Aucun intérêt: certains films gagnent à rester inconnus.
          Si vous faites une fixette sur les films joués par des nains (re)voyez Les nains aussi ont commencé petits de W Herzog, au moins c’est un bon film perturbant certes mais à voir.

        • Damien D. dit :

          C’est d’autant plus rude Yves que vous décrivez des films dont on se demande même si vous les avez revus ou même vus ! Klaus Kinski n’a en effet jamais joué dans EL CHUNCHO, c’est Gian Maria Volonte. Kinski c’est dans LE GRAND SILENCE après être apparu dans le deuxième volet de la trilogie du dollar de Leone (et on peut le voir dans quelques autres westerns italiens pas trop mal comme ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE)… Bref passons : le passage de Leone au nanar de Newfield est d’une plus grande rudesse en effet…

      • Catherine dit :

        A Damien D.

        Bien sûr que Klaus Kinski est dans EL CHUNCHO, il joue le frère mystique révolutionnaire de Gian Maria, et nous offre une prestation extraordinaire.

        • yves rouxel dit :

          A Catherine.Merci de venir à mon secours sans agréssivité.J’écris quelquefois des « bourdes »mais là j’étais sur,sur Klaus Kinski dans »El chuncho ».

        • Damien D. dit :

          A Catherine : merci pour la rectification ! Alors pour le coup mea culpa vis à vis d’Yves : c’est à mois de revoir le film vu il y a 10 ans… Je n’avais plus du tout le souvenir de Kinski dans ce film…

    • MB dit :

      à Gaetan S
      j’ai vu des dizaines de westerns italiens entre 15 et 20 ans, fin 60 début 70 les cinémas sénégalais de l’intérieur du pays ne montraient pas de Hawks ni Ford ni Wellman, on voyait ce qu’on pouvait, j’ai vu LE DOLLAR TROUE, LA COLLINE DES BOTTES, DJANGO, RINGO, SARTANA (SI TON BRAS GAUCHE TE GENE COUPE-LE devenu … COPULE dans le journal), LES 4 DE L AVE MARIA, LE TEMPS DU MASSACRE, JOHNNY COLT, COMPANEROS et que sais-je. Ils nous faisaient rire à l’époque ou ils nous endormaient, c’était mauvais. Je peux sauver quelques moments de ci de là (les foulards rouges dans DJANGO), les deux premiers Leone sont couci-couça le troisième ça va mieux mais les thuriféraires du western italien ne sont pas convaincants. On voit THE TALL T de Boeticcher et tous ces films sont balayés.

      Si vous avez des pépites à nous signaler, n’hésitez pas surtout! Il y en a.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        J’ai revu TALL T et LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE et on respire normalement dans ces films qui ne sont pas des transpositions parodiques d’autres films. Et si les excès plus ou moins parodiques, le coté « à nous, on ne nous la fait pas », vieillissait moins bien que ce que l’on dénonçait comme de l’académisme : Wyler, Zinneman. Cela m’a donné envie de revoir UN HOMME POUR L’ETERNITÉ

        • Pierre dit :

          A BT

          Oui, la parodie vieillit plus vite que son sujet, il n’y a aucun doute. Mais le western italien n’est pas intrinsèquement parodique. Dans toute la première partie des années 60, il y a plutôt des films qui utilisent les sujets et formes du western américain, mais pas pour les tourner en ridicule.

          C’est à la fin des années 60 que le western italien a commencé à tourner à la parodie (mais de lui-même autant que du western hollywoodien d’ailleurs), avec quelques pépites qui surnagent (Keoma, voire Mannaja).

        • Pascal MINETTE dit :

          Le problème, c’est qu’on ne sait pas toujours jauger la frontière entre parodique et ridicule dans certains films.
          C’est l’impression que j’ai eue pour LE RETOUR DE RINGO, par exemple, qu’on soupçonne parfois de comique involontaire.

        • MB dit :

          « ce n’est ni plus ni moins important que de savoir que Yordan n’a pas signé le scénario de LA CHEVAUCHEE DES BANNIS!  »

          n’a pas ECRIT!!! (il l’a signé en effet)

      • Gaëtan S dit :

        Ne soyez pas désolé d’avoir des goûts à l’opposé des miens. C’est parfaitement votre droit.
        J’ignore où vous avez lu ou entendu que ce serait Morricone qui aurait signé la partition de « Le dernier jour de la colère » ? À l’oreille, selon moi, il n’y a aucun doute possible. C’est Riz Ortolani qui en est l’auteur.
        Pour l’anecdote, j’ai entendu dernièrement quelque chose d’ interpellant. Pour « Saludos Hombre », ce serait également Morricone qui aurait écrit la BO. Mais pour une question juridique, il n’aurait pas pu la signer. Raison pour laquelle ce serait le nom de son assistant Bruno Nicolaï qui apparaîtrait.
        Connaîtrons-nous un jour la vérité ? Et puis, est-ce si important après toutes ces années ?
        Sujet à « Sans mobile apparent », « La cité de la violence » et « Revolver ».
        Ils ont tous un point commun qui n’est vraiment pas négligeable : la présence du Maestro Morricone au générique !
        3 films n’ayant rien d’exceptionnels (mais qui ne sont absolument pas des navets non plus!) qui bénéficient chacun d’une partition absolument magnifique, d’une pure beauté chacune. Qui déjà par cette seule magie, les met en avant. Si çà ce n’est pas du grand art ?!

        • MB dit :

          « Connaîtrons-nous un jour la vérité ? Et puis, est-ce si important après toutes ces années ? »

          ce n’est ni plus ni moins important que de savoir que Yordan n’a pas signé le scénario de LA CHEVAUCHEE DES BANNIS! oui c’est important après toutes ces années puisque c’est de l’histoire du cinéma!
          C’est comme quand vous mentionnez:
          « Pour « Saludos Hombre », ce serait également Morricone qui aurait écrit la BO. Mais pour une question juridique, il n’aurait pas pu la signer. Raison pour laquelle ce serait le nom de son assistant Bruno Nicolaï qui apparaîtrait. »
          au fait, quand je dis que je suis désolé ne le prenez pas trop sérieusement!

    • yves rouxel dit :

      A damien d.Attendez qu’est ce que vous écrivez comme ineptie.Gian maria Volonte tient le role principal dans »El chuncho »de Damiano Damiani mais Klaus Kinsky est au générique ainsi que Lou Castel(un des acteurs favoris de Quentin Tarantino).Le confinement ne vous arrange pas!!!

      • Bertrand Tavernier dit :

        A yves rouxel
        Arrêtez d’être agressif. Vous commettez souvent des bourdes aussi. Un peu d’indulgence

      • MB dit :

        « Lou Castel(un des acteurs favoris de Quentin Tarantino) »
        à Rouxel
        il n’a pas joué chez Tarantino ou vous voulez dire qu’il l’aime bien en tant que cinéphile?

        • yves rouxel dit :

          A MB.Non Lou Castel n’a jamais joué chez Tarantino.C’est un acteur qu’il a souvent vu dans des westerns italien des années 60 et 70,il incarnait souvent des brutes qui se faisait descendre rapidement.

        • Gaëtan S dit :

          Lou Castel a joué exactement dans 3 westerns italiens. Et à ma connaissance il ne meurt que dans un des trois.
          Si j’ai bon souvenir, c’est le film « les poings dans les poches » qui a lancé sa carrière en Italie.

        • Pascal MINETTE dit :

          A Yves : De toute façon, vous serez d’accord avec moi : Lou Castel n’a jamais été aussi bon qu’à l’époque où il travaillait avec Lucette Sahuquet.

      • Damien D. dit :

        A Y. Rouxel : j’ai reconnu l’erreur auprès de Catherine un peu plus haut. Kinski m’était sorti de la tête depuis ma vision du film. J’ai été trop vite à répondre : cela ne vous arrive jamais bien entendu…

        • yves rouxel dit :

          A Damien d.Je ne sors plus mes griffes car le parquet de ma salle de projection est dans un état lamentable.La mémoire souvent nous joue des tours.Tenez hier soir j’ai découvert un film fantastique réalisé par Freddie Francis et tirée d’une histoire vraie. »Le docteur et les assassins »est fort prenant pour son aspect gothique grace à une photographie particulière puis la présence d’acteurs qui tiennent la rampe(Timothy Dalton,Jonathan Pryce,Julian Sands et mème Patrick Stewart avec des cheveux).Ce film m’a fait penser au récuperateur de cadavres qui racontait comment on assassinait à la sortie des tavernes des gens imbibés et on les vendait à un docteur fou.

  22. yves rouxel dit :

    Documentaire choc réalisé par Alice Diop »La permanence »est un film necessaire pour tous ceux qui ont des préjugés sur des femmes et des hommes qui viennent en France afin d’etre soignés.Ils ont fuient leurs pays en guerre,ils ont la faim et la violence et se retrouvent pendant des mois voire des années en transit dans des foyers ou des hotels bas de gamme.Images prenantes ou l’un deux raconte ses angoisses,son manque de sommeil,son desespoir de vie ou un retour au pays est impossible.Cet homme à perdu,femme,enfants,père et mère lors de l’explosion d’une bombe dans la maison familiale située au sud de Gaza.La plupard des intervenants viennent d’Afrique,du Pakistan,d’Afghanistan et mème de pays de l’espace schengen:Espagne ou Italie.C’est le devoir des soignants,medecins,psychologues,infirmières de tendrent la main et d’écouter des personnes qui ont tout perdu dans l’indifference génerale ou chaque jour qui passe est un veritable combat afin de prendre rendez-vous dans les services des prefectures qui manquent cruellement de personnel et de moyens financier.Alice Diop n’intervient à aucun moment,elle filme les émotions,les pleurs,les doutes et la peur sans prendre partie mais avec une grande humanité.L’essentiel est dit et nous laisse dans une reflexion que nous devons avoir pour tous ces gens qu’il ne faut plus rejeter.

  23. MB dit :

    à Bertrand
    gardez-vous l’idée d’adapter la nouvelle de Russell Banks, « Oiseaux des Neiges »?

  24. Ballantrae dit :

    Je suis par ailleurs très heureux Bertrand que vous mentionnez plus haut 2 films d’animation, mode d’expression que je prise particulièrement et que trop de cinéphiles oublient.
    Le Grimault qui est magnifique possède une histoire incroyable qui est un peu celle d’une occasion manquée pour le cinema français des décennies durant. Si Grimault avait eu le budget nécessaire, si le cinéaste avait pu faire ds les 50 le film dont il rêvait nous aurions connu une réplique française aux studios Disney.
    Dans le roi et l’oiseau restent 42 mn sur les 63 de la version producteur.
    Grimault n’a effectivement à son compte que 2 longs créés au forceps mais quel génie créatif!
    Il a eu 2 disciples qui ont perpétué son ambition d’une grande animation française:
    – l’un est reconnu c’est JF Laguionie auteur des somptueux Le tableau, L’île de Black Mor, Louise en hiver, Le château des singes ( et aussi le méconnu Gwen)
    -l’autre est injustement oublié: Jacques Colombat auteur de cm audacieux ( comme le génial Calaveras) et d’un unique long Robinson et compagnie tiré de Robinson Crusoe avec un Robinson qui ressemble furieusement à…Michel Simon!
    Je conseille à ceux qui voudraient connaître mieux l’animation deux sommes indispensables signées Xavier Kawa Topor et Philippe Moins: Le cinéma d’animation en 100 films et Stop motion ( tous 2 chez Capricci avec de superbes illustrations).
    L’animation a aussi désormais sa revue: Blink blank. Très complète, à la fois rétrospective et prospective, claire et précise elle est précieuse pour qui veut découvrir ce domaine incroyablement stimulant ou parfaire ses connaissances.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A ballante
      Le livre sur LA BERGÈRE parait il contredit quelque peu la version des faits rapportée par Grimault. Il faut donc le lire

  25. Catherine dit :

    Bonjour Mr Tavernier,

    A propos du PONT DE LA RIVIERE KWAÏ, vous dites:

     » Ce film est une des études les plus percutantes, les plus justes, les moins dogmatiques de la collaboration et je ne regrette qu’une seule réplique : le « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? » du colonel Nicholson dans la dernière séquence. »

    Et je ne vous suis pas du tout dans cette analyse car le colonel Nicholson est un homme orgueilleux et surtout dément, qui veut prouver la supériorité supposée(technique en l’occurrence)des britanniques, mais n’est pas conscient de collaborer avec l’ennemi, même si évidement construire le pont est un acte de collaboration.

    Le  » What have I done ?  » final et non superfétatoire nous signale qu’il est retombé sur terre; il y a deux camps pour analyser sa chute sur le détonateur lorsqu’il est touché par la balle, consciemment ou inconsciemment, je préfère la deuxième option.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Catherine
      Je pense qu’on pouvait l’exprimer sans le souligner par cette phrase. Guinness le pouvait

    • Pascal MINETTE dit :

      C’est comme Gabin disant « merci » à l’évêque Myriel dans Les Misérables, comme si le regard du comédien ne suffisait pas à exprimer la reconnaissance.
      Et d’autant que ce mot n’est pas non plus dans Hugo.
      On multiplierait les exemples du répertoire où on a grassement payé un dialoguiste pour écrire des trucs à la portée d’un gosse de quatre ans.

      • Catherine dit :

        A P.Minette

        Et bien je dois certainement avoir quatre ans d’âge mental car cette phrase associée au geste de soulever sa casquette avec un regard désemparé m’a permis de vraiment appréhender le fait que le Col. Nicholson était passé dans une autre phase psychologique.
        J’avoue que je n’ai pas vérifié si ce « What have I done ? » est en bon français dans le texte de LA PLANETE DES SINGES de Pierre Boule.
        Par contre je trouve redondante et inutile la réplique finale de Joe E. Brown : »Nobody’s perfect ! » [SOME LIKE IT HOT], alors que le fait que Jack Lemmon retire sa perruque est suffisamment explicatif.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Catherine
          Vous auriez été une terrible dialoguiste. La réplique de Brown est parfaite car elle témoigne par l’absurde de refus de constater son aveuglement

        • DUMONTEIL dit :

          Les dernières répliques sont parfois mémorables: celle de « now,voyager » de IRVING RAPPER (une femme cherche son destin)
          « don’t let’s ask for the moon;we have the stars « 

        • Pascal MINETTE dit :

          A Catherine:
          Dans le cas du nobody’s perfect, on ne peut pas se passer que ce soit dit. Imaginez comme ça tomberait à plat !
          Pour le « qu’est-ce que j’ai fait? », le fait de dire ce que le regard a su faire comprendre affaiblit la scène.
          Sinon, je pense que vous citez LA PLANETE DES SINGES par erreur.

        • Catherine dit :

          It was a joke monsieur Tavernier, it was a joke !!
          Ma façon à moi de répondre par l’absurde à P.Minette dont je trouve la réponse exagérément cultivée pour une si petite phrase.
          Sinon, ne vous inquiétez point, je n’ai aucune intention de devenir dialoguiste, ha ha …
          Et pour bien préciser les choses: j’adore le film de Wilder et sans cette fameuse réplique, le final n’aurait aucun(non)sens.
          Bonne soirée à vous.

          Catherine

        • Pierre dit :

          A BT

          Je me rappelle que cette séquence sur la phrase de Guinness avait déjà donné lieu à des échanges voici quelques mois et je ne veux pas faire de redite.

          Mais j’ai toujours du mal à envisager KWAI comme un film sur « la collaboration ». Nul doute que vous soyez mieux informé que moi sur le sujet, mais cet angle ne m’est pas naturel. Ceci dit, j’ai toujours pensé que c’était un film plus difficile à comprendre qu’il n’y paraissait.

          Pour ma part, j’y ai toujours vu l’expression d’un rapport de force entre deux « écoles », la nippone et l’anglaise, qui sont en réalité très proches. Chacun pousse le courage, l’abnégation et le rapport de force jusqu’à l’absurde. Oshima déclinera ces mêmes thèmes plus tard, en y ajoutant l’élément érotique.

          Bien sur, la logique du personnage de Guinness le conduit à travailler pour l’ennemi, mais il n’est pas, dans mon esprit, un « collaborateur » au sens ou le mot est communément utilisé. Il est d’abord prisonnier, ce qui change tout de même la donne. Mais peut-être ma vision est-elle trop terre à terre et suis-je passé à côté d’une allégorie ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Mais là, sans vous en rendre compte, vous reproduisez naïvement le point de vue de Nicholson qui croit que de prouver la supériorité de l’Angleterre en fait un acte patriotique alors que ce qu’il fait aboutit à aider l’ennemi à se renforcer. Ce qui est la définition de la collaboration. Sans Nicholson, les japonais n’auraient jamais terminé leur pont à temps, la résistance passive aurait tout fait échouer. Or c’est cette résistance que casse l’officier anglais pour prouver la supériorité britannique. Pour monter qu’il est plus fort qu’eux, il aide à construire un pont qui va causer des pertes énormes à l’armée alliée. Si ce n’est pas de la collaboration…. Celle de Laval s’abritait derrière la résistance au communiste. Celle de Nicholson est nationaliste

        • Edward dit :

          A B.T. :
          Ce qui veut sans doute dire Pierre – et je le rejoins – c’est qu’il considère qu’un collaborateur est quelqu’un qui soit adopte le point du vue de l’ennemi soit le sert afin d’en tirer profit et Nicholson n’est ni l’un ni l’autre. Il n’a pas conscience d’aider l’ennemi. Il veut seulement lui prouver sa supériorité. Avantager l’ennemi sans le vouloir consciemment par un comportement idiot n’est pas collaborer à mon sens. Vous choisissez comme critère le résultat; je penche plutôt pour le critère de la volonté conscience de servir les intérêts de l’ennemi.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Mais vous décrivez une vraie forme de collaboration, celle de l’idiot utile dont vont se servir à profusion les régimes communistes, voire nazis. Parmi les premiers collaborateurs, il y avait des gens qui croyaient servir la paix, ou éviter le pire (Laval à ses débuts). Et les régimes communistes vont fabriquer plein d’idiots utiles qui ne paraissent jamais entrevoir quelles sont les conséquences de leurs actions, de leur appui et qu’on peut utiliser en paraissant leur donner un beau rôle

  26. yves rouxel dit :

    J’ai enfin vu la version italienne des »Miserables »réalisée par Riccardo Freda en deux parties distinctes.Dès l’ouverture du film on est époustouflé par le mouvement des cameras lors de la fuite de Jean Valjean du bagne de Toulon.Les poursuites à chevaux des gendarmes et la reprise du fuyard qui passera 18 ans sous les barreaux pour avoir volé une miche de pain pour ses neveux qui crevaient de faim.Gino Cervi est magnétique du début à la fin,on sent chez lui une force interieure face à l’injustice,la faim,la pauvreté qui va émailler ses rencontres avec les Thénardier,la vengeance de Javert qui est un ètre sans coeur,les voyous de la rue qui sont prèt à tuer pour rien,puis le peuple qui se réveillera et mettra en branle les barricades,la mort de Gavroche.Revenons sur Javert car on ne comprends pas vraiment il s’obsède à arreter Jean Valjean qui à purger sa peine et ne doit plus rien à personne.On aperçoit dans trois plans le jeune Marcello Mastroianni,tout d’abord dans l’imprimerie puis ensuite dans la séquence explosive des barricades.Bien sur l’oeuvre est honnète malgré le peu de budget car les décors des rues sont en carton-pate mais n’enlève rien à l’intrigue,à la tension de ce film admirable.Je tiens à remercier encore une fois JBT et les studios canal et la société qui à restaurée cette oeuvre incontournable qu’il faut acheter afin de soutenir la filière des éditeurs de dvd.On va en reparler ici mème dans les jours qui viennent.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves rouxel
      Honnête, admirable, le spectre est large. Le budget du film fut conséquent pour l’époque. C’est quand même la LUX. Freda ne les retrouvera pas souvent par la suite. Mais il faut dire aussi qu’il ne pense qu’à tourner le plus vite possible, à gagner du temps et malgré son brio incroyable va perdre et de son punch et de ses exigences dans ses films français et la plupart de ceux qui suivent

      • yves rouxel dit :

        A bertrand tavernier.Effectivement c’était la Lux qui produisait.J’ai omis de signaler le romanesque de l’oeuvre,il y a un coté feuilletonnesque cher à Louis Feuillade ou mème a l’immense Mélies.Pourquoi Freda à t-il segmenter son film car la première version sortie en France en 1952 était plus courte de 10 minutes?Bonne journée à vous.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A YVES ROUXEL
          CE N’ÉTAIT PAS FREDA MAIS LE DISTRIBUTEUR FRANÇAIS OU LE PRODUCTEUR ITALIEN QUI POUVAIT ÉCOURTER UNE VERSION POUR DES MARCHÉS ÉTRANGERS

      • MB dit :

        ouais c’est pas trop mal comme film, un chef d’oeuvre.

        • DUMONTEIL dit :

          MARTIN

          vous êtes un as de l’oxymore!

        • MB dit :

          à Dumonteil
          « oxymore »? je n’ai pas trouvé dans le Robert, en tout cas j’ai imité Rouxel plus haut.

        • DUMONTEIL dit :

          A MARTIN

          je m’en doutais un peu ;d’ailleurs le terme d’oxymore ne convient pas vraiment car si les termes se contredisent ,ils ne produisent pas grand chose sinon l’absurdité (voulue) du propos .

          Avez- vous vu « they won’t forget » ? Ainsi que le film précédent « five star final » (les deux de Ml Roy)?;les scènes finales de Marion Marshall et de Gloria Dickson se font écho ,à six ans de distance ,n’est-il pas vrai?

        • MB dit :

          à Dumonteil
          figurez-vous que mon enregistrement de THEY WON’T FORGET s’est interrompu au bout d’1h1/2 à cause d’une panne de ma box, hors de moi j’ai commandé le Warner Archive et eu la réponse que désolé mais le disque est abîmé on peut pas vous l’envoyer (mon oeil, stock faux plutôt), fou de rage je l’ai recommandé ailleurs et trouvé les sstitres sur le net. Non mais!
          Je répondrai à votre question quand j’aurai revu le film et revu mon dvd de FIVE STAR FINAL. Et pour « oxymore »?

        • DUMONTEIL dit :

          il suffit de taper « oxymore »et il en pleut;des termes contradictoires pour produire des effets divers : »un silence assourdissant  »
          et ici « Un chef d’oeuvre pas mal « 

    • MB dit :

      en ce qui concerne L EVADE DU BAGNE qui se réfère au roman les Misérables, les grands sites de vente donnent une durée de 92′ ce qui est absurde, j’imagine que ce bray contient les deux parties: CHASSE A L HOMME (92′) et TEMPETE SUR PARIS (99′) le descriptif aurait-il été fourni par l’éditeur? curieux.
      et merci Lourcelles pour les durées!

      • yves rouxel dit :

        Oui mon cher mb,le combo contient les 2 dvd et les 2 br mais pas de livret explicatif ,ni photographies de tournage.Juste un bonus de JBT très court et toujours aussi rapide dans le débit.En revanche je n’ai pas encore vu l’entretien avec Riccardo Freda.Ah oui tant que j’y suis,je signale à tous la sortie chez pathé gaumont dans des copies restaurées et rafraichit de deux bons films: »L’enfer des anges »de Christian-jaque puis une découverte rare avec Jean paul Belmondo »Par un beau matin d’été »qui date du début des années 60.C’est la quatrième réalisation de Jacques Deray.

  27. Antonello dit :

    Bonjour Mr Tavernier,

    Je vous lis depuis des lustres et vous dois de belles découvertes cinéma ou en littérature, et J’admire également vos films que je ne lasse pas de revoir.

    J’ai apprécié également Moscou ne croit pas aux larmes, je le trouve excellent, émouvant et réaliste, j’avais l’impression de voir un film italien en Union Soviétique.

    Le Comencini est effectivement un chef d’œuvre, évocation concrète du bordel sans nom que fut la période entre la chute de Mussolini, l’armistIce et, appelons un chat un chat, la guerre civile qui s’ensuivit.
    Pour la femme des autres, vous m’intriguez, il va falloir que je le revoie, j’avais trouvé le film moyen et confus pourtant le potentiel était énorme, j’en entendais beaucoup d’ou la relative déception. J’ai le blu ray, je vais me le reprogrammer ce week-end.
    Le médecin de la mutuelle est hilarant et malheureusement bien réaliste. Étant français d’origine italienne, je confirme le fonctionnement du système de santé italien. J’ai dû voir l’année dernière un rhumatologue en urgence à Rome pour une PR, j’avais droit à un prix réduit de 20 % en cas de paiement sans facture ! Beau numéro de Sordi.
    Je connais the browning version, je possède le dvd Carlotta, une belle réussite, à revoir également.
    Brève rencontre est un chef d’oeuvre, un film très émouvant.
    J’ai revu lors du 1er confinement le pont de la rivière kwai suite à un avis positif de votre part lors d’un précédent post, un chef d’oeuvre pour un sujet délicat qu’est la collaboration.
    J’avais prévu de voir Payroll’ pool of london et the blue lamp, je vais essayer de les acheter sur le site de Tamasa si les finances le veulent bien.

    En tout cas, c’est un grand plaisir de lire vos billets et aussi les commentaires qui suivent.
    Merci beaucoup.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Antonello
      Merci de vos remerciements

    • yves rouxel dit :

      A Antonello.Merci pour votre réaction au dernier billet de Bertrand.Je vous conseillerais deux films qui n’ont rien en commun sauf peut ètre l’émotion et l’amour au sens large. »Anomalisa »est signé par Charlie Kaufman,cinéaste indépendant americain à qui l’on doit « Dans la peau de John Malkovitch »ou l’immense »Eternal sunshine »réalisé par son ami Michael Gondry.On va suivre la vie de Michael Stone un homme marié qui va à Cinnecinati pour un conference.Durant la soirée dans l’hotel cossu ou il est descendu il va faire des rencontres qui vont changer son existence de père modèle.La prouesse de l’oeuvre vient que le film est en images de synthèse prenant comme modèle des vrais acteurs.Travail titanesque qui a durer plus de trois ans et la réussite est au rendez-vous.On revient en France avec « A perdre la raison »vu à sa sortie en 2013 et réalisé par Joachim Lafosse.Chronique sociale d’une jeune femme qui va tomber amoureuse de Mounir jeune Marocain adopté par un medecin.Emilie Dequenne et Tahar Rahim forme ce couple qui désire des enfants car ils s’aiment fortement.Sauf qu’ils vivent tous les six chez le docteur Penget(immense et trop rare Niels Arestrup).Le climat devient de plus en plus irrespirable et oppressant et Murielle commence à s’enfermer sur elle mème.Stop j’arrete ici car le scénario de cette oeuvre est imparable et la mise en scène implacable.En bonus on peut découvrir deux court de Joachim Lafosse à l’univers réaliste et fort.

      • Antonello dit :

        C’est noté merci Yves.

        Vu aujourd’hui le destin est au tournant de Richard Quine, belle réussite, scénario solide, analyse remarquable des personnages et un sujet qui doit parler à tous car en filigrane de l’intrigue policière on trouve des considérations humanistes, le respect des différences. J’ai bien aimé l’évolution du personnage de Barbara qui de femme fatale sans scrupules change complètement de registre par la suite. A méditer, je suis peut être idéaliste.

        • yves rouxel dit :

          a antonello.Sans égocentrisme aucun ,je me prétends plutot « Lucidéaliste »c’est un mot que j’ai inventer.Gardons les pieds sur terre tout en ayant toujours le nez en l’air,puis réver!!!

  28. kiemavel dit :

    C’est anecdotique mais l’acteur noir de Pool of London, Earl Cameron est décédé en juillet à l’âge de 102 ans !
    Ce Dearden est l’un des indispensables du film noir anglais.

    Vraiment apprécié la nouvelle mise en avant des films criminels anglais édités par Tamasa.

    Puisque vous citez le formidable Ice Cold in Alex, même Thompson, plutôt à ses débuts, a réalisé quelques bons films qu’on peut rattacher au genre : The Yellow Balloon, Yield to the Night (Peine capitale) ou Tiger Bay (Les yeux du témoin)

    Et bien d’autres films peu visibles chez nous valent la peine. Par exemple : Chase a Crooked Shadow (L’homme à démasquer) avec Richard Todd, ou pour rester sur cet acteur, le film hitchcockien : Venetian Bird (Enquête à Venise) de Ralph Thomas, Intent to Kill (Tueurs à gages) de Cardiff ou encore Never let Go de Guillermin, avec un très inquiétant Peter Sellers. La liste des bons ou grands films criminels anglais non édités en France est longue …

    • Bertrand Tavernier dit :

      A kiemavel
      J’ai loué plusieurs des titres que vous citez notamment le Guillermin et j’ai plusieurs fois vanté Dearden et aussi des Jack Lee Thompson comme YIELD TO THE NIGHT. Des disciples méticuleux et bornés appliquaient des ukases prononcées avec légèreté et ignorance par Truffaut qui avait banni le cinéma britannique pour défendre Hitchcock, le seul à sauver. C’&était louable de défendre à cette époque Hitch et c’était faire preuve de lucidité. Pas besoin de la faire payer en exterminant les autres cinéastes. Il faut dire aussi que le cinéma britannique avait chuté dans les années 50. L’enthousiasme né lors des années de guerre s’estompait et Hamer, Manckendrick Cavalcanti avaient tourné des chefs d’oeuvre dans cette décennie

      • DUMONTEIL dit :

        des Jack Lee Thompson comme YIELD TO THE NIGHT.

        Cette description de la section des condamnés à mort en fait le « nous sommes tous des assassins » ou le « I want to live » anglais .et le meilleur rôle de Diana Dors,-qui l’a reconnu comme son préféré- dont la métamorphose de fille glamour en femme désespérée ,constamment aux aguets ,ne supportant pas la lumière qu’on lui impose même la nuit d’où le titre original ( =abandon à la nuit);le titre français est « peine capitale « ,on peut le voir à la demande sur canal sat ,chaine ciné+

        Une réponse que je n’ai jamais faite à M.TAVERNIER (depuis 2018!j’ai relu hier!)
        Paulin a bien réalisé « les filles du Rhône  » ;c’est son meilleur film ,dans lequel il n’y a pas vraiment de personnage principal ;la vedette est la Camargue filmée en décors naturels.Il mérite un DVD;sorti seulement en cassette ,épuisé.

        • yves rouxel dit :

          A dumonteil.Signalons au passage que Jean paul Paulin fut décoré de la fameuse « francisque »sous Vichy et eut quelques soucis à la liberation.

        • DUMONTEIL dit :

          A YR

          Ils ne pouvaient faire moins ; »la nuit merveilleuse » ,relecture provençale de la nativité ,était dit-on le film préféré du Maréchal
          qui l’avait commandité « pour venir en aide aux Français en difficulté « (Tulard)

      • Ballantrae dit :

        Oui il faut tordre le cou aux anathèmes prononcés à l’endroit du cinéma anglais selon une rhétorique pas spécialement maline.
        David Lean que les jeunes générations ont perdu de vue est un immense cinéaste que ce soit pour des films intimistes tels que Brève rencontre ou des fresques connues ( Le pont de la rivière Kwai, Lawrence d’Arabie) ou méconnues ( La fille de Ryan que j’adore).
        Ce qui est beau est sa justesse diversifiée: pas d’effets de signature voyants mais une ampleur, un va et vient naturel entre l’infime et le grandiose, un sens musical du montage .
        Son influence est immense notamment sur des cinéastes tels que Spielberg qui a trouvé dans ce modèle la force de diversifier sa manière au milieu des années 80 ( Color purple, Empire du soleil…et plus tard pléthore de films historiques).
        Je ne sais si je vous avais raconté cette anecdote il y a 2 ans: j’avais appris avec joie que le dispositif Collège au cinema diffusait Oliver Twist. Manque de bol: un prof d’histoire est parti mener campagne contre la diffusion du film le taxant d’antisémitisme avec procédure à l’appui… Et voilà pour une possible redécouverte d’un classique remarquable.
        Vous aviez aussi vanté à juste titre Bertrand Le mur du son qui est vraiment magnifique, net et sobre avec des effets très naturels. La dimension immersive inspirera L’étoffe des héros.
        Dès Ceux qui servent en mer ( co réalisé par N Coward) l’ampleur et la justesse de Lean sont en place.
        Juste avant Brève rencontre il me semblerait injuste d’oublier Heureux mortels qui réussit à transcender son unité de lieu ( l’histoire d’une famille à travers sa maison qui voit se succéder petites histoires et grande Histoire). Utilisation très soignée de la couleur à la manière d’aquarelles ou d’illustrations de revues ce qui renforce l’émotion vibrante de ces petits riens qui font toute une vie.
        Je pense que Terence Davies a vu et aimé ce film quand je songe notamment à Distant voices still lives.

        • SugarKane dit :

          Comme le souligne Ballantrae et certains j’avais une appréciation réductrice du cinéma de David Lean. Puis j’ai vu Oliver Twist et dès les premières images j’ai été happé. Cette vision déchirante de cette femme souffrante et traversant la lande rythmée seulement par le bruit de la pluie est d’une puissance visuelle incroyable. Pas de musique, pas de dialogues, uniquement des images superbement agencées. La splendeur des décors comme de la photographie nous plongent dans une atmosphère étrange et expressionniste, propre à la férocité de la société victorienne et l’interprétation géniale des acteurs, Alec Guinness en tête est
          magnifique. Le fait de ne pas projeter le film en invoquant l’antisémitisme de Dickens ou de Lean comme excuse me semble un peu curieux de la part d’un enseignant.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SugarKane
          D’autant que Lean était quaker et opposé à toute discrimination raciale. Le personnage de Fagin figure dans Dickens qui subit le même genre d’attaque venant de gens qui s’appuient sur un personnage pour en faire un cas général et Dickens prit soin dans le MAGASIN D’ANTIQUITÉS d’écrire un personnage de juifs très chaleureux et sympathique. Et comme le note Chesterton, plus mièvre et moins passionnant que Fagin

        • Alexandre Angel dit :

          Je trouve qu’il y a également des résurgences d’HEUREUX MORTELS dans HOPE AND GLORY, de John Boorman.

      • MB dit :

        THOMPSON tous les films de J.L.T. cités ont étés commentés par vous Bertrand dans d’autres pages, c’est comme ça que je les ai découverts, je voudrais insister sur WOMAN IN A DRESSING GOWN à la hauteur de ICE COLD (LE DESERT DE LA PEUR bray Elephant) et même au-dessus (prodigieuse Yvonne Mitchell) dans un genre bien différent (l’infidèlité conjuguale), ah pardon, Kiemavel en cite d’autres que je m’en vais fureter à leur sujet illico.

  29. MB dit :

    Content de vous lire parler de Sollima mais je ne vous suis pas tout à fait sur COLORADO/LA RESA DEI CONTI, qui souffre quand même beaucoup de facilités de scénario dûes au petit budget (la scène avec le taureau est un peu pénible en longueur), on retrouve les mêmes défauts avec SALUDOS HOMBRE/CORRI UOMO CORRI et LE DERNIER FACE A FACE, il y a plus d’intentions théoriques que réalisées, mais pas mal de bons moments. Par contre SS réussit totalement VIOLENT CITY, où l’on sent qu’un plus gros budget (et pas que pour payer Bronson!) est bénéfique. Belles dix premières minutes, minutieuse séquence de la course automobile, tout celà sans paroles… Je voudrais revoir REVOLVER (avec des st absents de l’édition US Blue Underground et version anglaise pour un film qui se déroule en Italie et France), VIOLENT CITY chez le même éditeur, la v anglaise est plus adéquate mais les st anglais uniquement n’apparaissent que sur un lecteur sur pc (pas sur un lecteur de salon) et pour malentendants, phénomène qu’on retrouve sur certains dvds américains. Qu’il est difficile de voir ces films dans de bonnes conditions jusqu’à ce qu’un éditeur comme Carlotta ou WSide s’en saisisse! J’avais vu REVOLVER passer un jour sur une chaîne de la tnt en version française, ce qui convenait mieux. J’avais vu IL CORSARO NERO sur Arte et trouvé catastrophique. Il a tourné jusqu’en 93: BERLIN 39 mais pas vu, ni ses films d’espionnage des années 60 (AGENTE 3S3…).

    • Pascal MINETTE dit :

      Moi, quand j’ai vu COLORADO, je me méfiais tellement que je me suis finalement étonné de ne pas décrocher.
      Il y a des trouvailles par ci par là, d’astucieuses ficelles comme la scène où Cuchillo demande à la jeune fille de le rejoindre dans l’eau , asseyant l’idée de sa culpabilité dans l’esprit du spectateur.
      Sinon, il y a aussi du temps perdu, comme vous le dites, et la chanson hurlée de Morricone confine au pénible, je trouve.

      • MB dit :

        « Il y a des trouvailles par ci par là, d’astucieuses ficelles comme la scène où Cuchillo demande à la jeune fille de le rejoindre dans l’eau , asseyant l’idée de sa culpabilité dans l’esprit du spectateur.
        tout à fait c’est bien vu de la part de SS (ciel! ces initiales)
        MAIS la scène du taureau franchement… et dans son ensemble le film n’est pas tout à fait réussi. On sent que le petit budget bloque pas mal de choses, dés le scénario, la scène du début où Van Cleef coince les trois bandits est bâclée: il leur parle en leur tournant le dos, du coup le spectateur devine tout.

        • Pascal MINETTE dit :

          Oui mais le budget n’est pas vraiment une excuse, n’est-ce pas ?
          Dès le générique, ça partait mal pour moi, entre cette laborieuse esthétique psychédélisante et les hurlement de la chanteuse…

    • Gilles dit :

      Oreste de Fornari dans son livre consacré à Leone paru chez Gremese reproduit ce que Leone pensait de COLORADO : Un bon scénario de Sergio Donati qui a accouché d’un navet. Sauf votre respect (bis) vous confondez sujet et traitement. La musique de Morricone est sur-exploitée, comme dans tous les westerns nanardeux non Léoniens. Violent city est un autre navet, et je crains, cher monsieur, que vous ne soyez en train de tomber dans le piège tendu par des critiques comme J. B. Thoret, consistant à brouiller les cartes lorsqu’ils promeuvent des navets emballés dans des éditions prestiges destinées à les faire passer pour des films importants. Ses commentaires de la collection Make my day me laissent complètement sur le cul.

      • MB dit :

        ne craignez rien
        « Violent city est un autre navet, et je crains, cher monsieur, que vous ne soyez en train de tomber dans le piège tendu par des critiques comme J. B. Thoret, consistant à brouiller les cartes lorsqu’ils promeuvent des navets emballés dans des éditions prestiges destinées à les faire passer pour des films importants. »
        c’est souvent vrai (SANS MOBILE APPARENT, LE FLINGUEUR, FOLLE A TUER, CANICULE, LA ROUTE DE SALINA, l’épouvantable KNIGHTRIDERS). VIOLENT CITY n’est pas sorti dans cette collection sinon on pouvait le voir en payant le prix fort comme pour tous les autres titres de cette collection fumiste.
        Un bon nombre de titres de cette collection sont des bijoux en verre emballés dans des écrins pour diamants en effet, et Thoret n’est pas fiable comme commentateur, rien que le nom débile de cette collection, que je ne répète pas ici, est grotesque et m’as-tu-vu, et donc bien trouvé par les publicitaires de Studio Canal.
        en plus cette collec perpétue la tradition française et nulle du « combo », concept stupide qui n’existe que chez nous.
        enfin VIOLENT CITY (que vous avez vu) est un bon film.
        pourvu que ce ne soit pas eux qui le sortent ici.

        • Pascal MINETTE dit :

          A MB : De quoi, de quoi ? SANS MOBILE APPARENT un navet ?

        • Pierre dit :

          A MB

          Je ne vous comprends pas trop dans votre verve anti-« make my day ». Vous citez SANS MOBILE APPARENT comme un navet ? Désolé mais je ne comprends pas. Que le film vous plaise ou pas, ça n’a rien, mais alors rien, d’un navet. De mon point de vue, c’est un film qui méritait tout à fait de ressortir dans une bonne édition – et les commentaires de Thoret me semblent pertinents et intéressants.

          De la même manière, ressortir LE TROU, LE MUR DU SON ou SIX FEMMES POUR L’ASSASIN me parait très estimable ! Enfin, la distribution en combo est peut-être critiquable, mais elle n’est en rien l’exclusivité de cette collection (je ne compte pas le nombre de blurays en zone 1 qui existent sous cette forme). Vous ne seriez pas un peu excessif sur ce coup là ?

        • Ballantrae dit :

          La collection Make my day me semble tout de même receler de vraies trésors.
          J’ai enfin pu acquérir le chef d’oeuvre de Fleischer Mandingo mais aussi un objet aussi surprenant que Winter kills.
          Je viens de commander le totalement inclassable The wicker man qui avait été ( pachydermiquement) pompé par Ari Aster dans le très vain et très prétentieux Midsommar.
          L’hypothèse de la collection est de revisiter les 70′ surtout de manière à en éclairer les héros oubliés auteurs de films mal distribués ou négligés.
          Comme dans toute exploration des à côtés de la grande Histoire JB Thoret peut se montrer excessivement enthousiaste mais je le trouve pertinent et doté d’un vrai ton, loin d’une version aseptisée de l’exercice critique.
          Il est sûr que Canicule n’est pas très bon voire sacrément mauvais: le côté Bidochon de la famille paysanne rencontre assez maladroitement la classe de Lee Marvin. Et il y avait qqs raccords honteux.

        • MB dit :

          « Vous ne seriez pas un peu excessif sur ce coup là ? »

          si bien sûr mais je reproche pas à Make my… d’éditer des bons films (ce qu’ils ont fait) mais d’en avoir édité des mauvais dans des écrins encombrants et surtout excessifs par rapport à la qualité du film (ils sont pas les seuls, voir Artus). Je veux bien revoir SANS MOBILE APPARENT mais il m’avait ennuyé la 1ère fois alors…
          Vous êtes sûr qu’il y a des combos en z1? J’en ai vu en z2 anglaises et j’avais oublié mais aux USA pas vu.
          Je croyais que ça avait été créé pour inciter les gens au bray pour lequel il y a une résistance ici, les Français continuent à préférer les dvds paraît-il.
          C’est surtout que ces visuels de Make my me paraissent moches, voilà pour mon côté excessif, ça compte aussi.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il a ses têtes depuis toujours, des opinions très tranchées. Trop parfois. Non, L’EVADÉ DU BAGNE n’est pas la meilleure adaptation des MISÉRABLES. Une des meilleures avec celle de Raymond Bernard. Celle de Freda possède un élan prodigieux et nous comble avec un feu d’artifice de moments somptueux, plans à contre jour, expressionnistes, mouvements de grues, utilisation prodigieuse de la topographie mais recourt aussi à des péripéties conventionnelles, surajoutées, sorties du catalogue des mélodrames et, de plus, traités trop sommairement. Cela l’amène à défendre de bons films, à éditer des titres qui restaient dans l’ombre notamment chez les cinéaste italiens Mais à s’égarer dans des causes perdues d’avance

        • MB dit :

          à Bertrand/LES MISERABLES
          mais avez-vous vu ces versions égyptiennes de Kamal Selim (45), une autre de Atef Salem en 67, une indienne, une japonaise avec Sessue Hayakawa! (tout ça pêché fraîchement chez Lourcelles et Sadoul). Je parie que le fieffé Dumonteil les a quasi tous vues!
          >>> une indienne aussi!

          je compte sur l’agréable JBT pour nous faire découvrir un de ces films et FAIRE MON JOUR!
          (avec des visuels à humains, si possible).

      • MB dit :

        tiens! LE FLINGUEUR (et son visuel pondu par un styliste de 12 ans étourdi par le Nutella) n’est pas dans la collec « fais mon jour »! ça aurait pu.

        • Damien D. dit :

          Bon et puis va falloir arrêter avec tous ces films avec Bronson : l’éditeur ESC s’y met aussi. De tous ses films vus des années 70-80 strictement aucun ne m’a accroché…

          Par contre je vous trouve très injuste avec Thoret : ses goûts peuvent être contestables comme dans toute subjectivité mais on ne peut lui retirer sa réelle passion communicative et rien que cela donne du peps à une collection de dvd/blu Ray.

        • MB dit :

          à Damien D

          je sais que j’ai été excessif, j’ai mélangé JBT et la présentation plus sélection (en partie) de cette collec Make my night.

        • MB dit :

          à Damien D: les mauvais Bronson sont du côté Winner pour la plupart, sinon je revois avec plaisir LE BAGARREUR, L EVADE, MR MAJESTYK, C EST ARRIVE ENTRE MIDI ET 3 HEURES, TELEFON, RAID SUR ENTEBBE, VIOLENT CITY (le soi-disant navet avec COLORADO) un peu moins ADIEU L AMI, tout dépent du réalisateur lui il joue toujours pareil (c’est plus de l’underplaying c’est du minéralisme).
          On le voit sans pistolet à portée de main dans THE INDIAN RUNNER de Sean Penn, ça fait tout drôle.

        • yves rouxel dit :

          A MB.Je vous conseille dans le mème ton,réalisé par Neil Jordan »A vif »ou Jody Foster campe une justicière qui va se venger.Film assez surprenant de la part d’un tel cinéaste??

      • yves rouxel dit :

        A Gilles.Pas d’accord avec vous concernant les bonus signés par JBT.Ce ne sont pas des coffrets prestige comme vous l’écrivrez mais des oeuvres rares ou certaines inédites qui sont restaurés sons et images.Quels sont vos arguments contre Jean baptiste Thoret qui est quelqu’un qui est curieux de nature et apporte sa pierre blanche au 7ème art?

        • Gilles dit :

          Je n’ai rien contre Thoret, il est brillant et cette collection comporte des films valables et rares. Il participe d’ailleurs aux suppléments de LA DERNIERE FANFARE, à voir obligatoirement en cette période aussi passionnante qu’hilarante.
          Ne perdons pas de vue que Leone considérait tous les westerns italiens sans exception comme le produit des enfants débiles dont on lui attribuait la paternité. Si on relit à la hausse, pourquoi pas, les Sollima et Corbucci, alors il faut revoir le classement d’autres westerns américains comme BANDOLERO, SOMETHING BIG ou THE LAST HARD MEN pour ne citer que le haut du panier de la filmo de McLaglen, et d’autres westerns mésestimés sans doute. La relecture du western européen n’est peut-être qu’un effet de mode. A voir sur la durée. Hawks, Walsh et Ford c’est gravé dans le marbre quoi qu’il arrive.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Gilles
          J’ai essayé de revoir plusieurs McLaglen que j’ai trouvés désespérants de mollesse

        • MB dit :

          à Gilles
          en effet 90% des westerns italiens sont à la hauteur des 90% de films signés Mac Laglen, c’est à dire sans intérêt. Pour McLaglen je monterais à 99%. Mais inutile de descendre COLORADO pour autant.

          à Gaëtan S: je suis désolé (attention ironie encore) de vous dire que de tous les films que vous citez et que j’ai vus (une bonne dizaine), rien n’est à sauver sauf des moments de ci de là. J’ai cru tomber dans les pommes en entendant dans le bonus du DERNIER FACE A FACE la personne nous dire qu’il était étreint d’émotion à revoir la dernière scène (je n’en retiens que le plan fameux du colt planté dans le sable, de là à pleurer…). On dirait que les amateurs n’ont aucun point de comparaison, et je ne parle pas que de westerns américains, mais de films de toute époque de tout pays. J’avais cité THE TALL T parce que c’est mon western préféré. Comme disait Truffaut qui n’a pas dit QUE des outrances: « Il y a des critiques de cinéma qui n’ont jamais vu un film de Murnau », est-ce le cas des amateurs de westerns italiens? Ce n’est pas d’aimer Murnau c’est de voir ses films au moins une fois, d’ailleurs je remplacerais par Bergman, chacun voit. Ceci dit, je vois que vous aimez le cinéma français classique, ce qui me rassure.
          Trintignant cité par BT a raison sur LE GRAND SILENCE.
          Par contre, qqn ici (je crois Pierre) a aimé LE TEMPS DU MASSACRE…

        • Damien D. dit :

          A MB quand vous dites « On dirait que les amateurs n’ont aucun point de comparaison, et je ne parle pas que de westerns américains, mais de films de toute époque de tout pays » : c’est peut-être ça aussi le problème vouloir tout comparer. Comparer un film d’Antonioni avec un film de Dino Risi (pour rester dans le cinéma italien) c’est assez vain. De même que comparer un Boetticher avec un western italien ne fait pas avancer non plus (c’est le genre « western » certes mais cela n’a selon moi pas grand chose de commun).
          Le retour de manivelle c’est lorsque les américains ont voulu faire des westerns avec comme modèle les italiens… Cela a donné au western américain des années 70 des défauts (scénarios bâclés, utilisation du zoom, effets sanguinolents) et certains avantages (la poussière, la boue, les mines hirsutes etc.) renforçant paradoxalement une certaine crédibilité (on le voit dans LA HORDE SAUVAGE, MC CABE ou DOC HOLIDAY…) au détriment du charme des westerns américains des années 40 à début 60… Historiquement au moins le western italien n’est donc pas à négliger.

        • MB dit :

          à Damien D, il faut quand même des points de comparaison ou si vous préférez des références: si vous ne voyez que des films de Luc Besson, ils seront les meilleurs du monde. Je ne dis que celà: les thuriféraires du western italien me donnent l’impression de ne pas avoir d’autres références, pas simplement de westerns américains mais d’autres films de toute époque et de tout genre. L’éventail dramatique du western italien est réduit: un magot à gagner, une vengeance à assouvir, pas de sentiment amoureux, pas de conflit de génération, pas de parents ni d’enfants pour le héros qui semble être né d’un caillou dans le désert, pas de présence de la mort: on tue ça oui, mais on n’enterre jamais les cadavres survenus dans les batailles, le poids du travail de la pénibilité est absent, le mauvais temps n’existe pas, les chevaux semblent pouvoir galoper pendant des kms sans se fatiguer, tout celà réduit considérablement les possibilités dramatiques, le travail des scénaristes et son résultat gratifiant pour le spectateur. Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi les réussites sont si rares avec le poids du patrimoine du cinéma italien mi années 60 quand ces 1ers westerns arrivent, ça aurait dû influencer. La seule avancée c’est avec les musiques et génériques, parfois fabuleux (cf IL MERCENARIO, SALUDOS HOMBRE qui reprend la chanson de COMPANEROS). L’évolution originale du personnage de Volonté dans DERNIER FACE A FACE est une exception (Sollima encore).

        • Pierre dit :

          A MB
          Sur le western italien

          Oui, je plaide coupable (bravo et merci de vous en souvenir) : j’ADORE le temps du massacre.
          En dépit de la citation de Truffaut, il y a une chose que je conteste dans votre raisonnement : parce que j’aime Fulci, je devrais être obligé de vous rassurer sur le fait que j’ai vu Murnau.

          Ca, ça n’est pas normal. Non, évidemment, tout ne se vaut pas. Fulci, ça n’est pas Bertolucci, tout le monde est d’accord. Mais à l’inverse, on a le droit d’aimer Fulci sans avoir à montrer « pattes blanches ». Ce n’est pas une maladie mentale. A vous suivre : seuls les plus érudits auraient le droit d’aimer BONNES FUNERAILLES AMIS SARTANA PAIERA ou L’EXECUTEUR DEFIE L’EMPIRE DU KUNGFU. Mais non : tout le monde a le droit, est légitime à les aimer et peut en parler. Dire « j’ai aimé » ne suffit pas pour former un avis critique, nous sommes d’accords aussi. Mais on peut tout de même accepter des gouts différents sans y opposer un esprit de chapelle. On transige là-dessus ?

          Par ailleurs : j’ai vu des proportions significatives des filmographies de Murnau, Bergman et Godard. Je peux donc avouer en toute liberté (attention : coming out) qu’à devoir choisir ce soir entre FRAYEURS de Fulci et PRENOM CARMEN, je choisis le premier. Et de très, très loin !

        • Gaëtan S dit :

          Comme vous adorez « Le temps du massacre » , je vous signale qu’il va sortir en BR le 26 de ce mois chez un éditeur allemand ( on peut voir le visuel sur Amazon).
          Par contre, pour les sous-titres français, c’est pas gagné.
          ( ) : j’ai essayé de vous en parler plus tôt. Seulement il semblerait que toutes les interventions ne passent pas ?!

        • MB dit :

          à Pierre
          évidemment si vous prenez Godard comme référence, on doit transiger: bon sérieux, je dis seulement qu’il faut avoir vu un peu de toute sorte et de tout genre et de toute époque. Le coup de Murnau c’était pour citer Truffaut qui aimait bien l’outrance qui aide à la pédagogie. Alors je peux transformer pour pas me faire traiter de snob cinéphile méprisant en « Voyons de tout! » et ajouter que certains films si on s’y cantonne sans aller voir ailleurs, risque de nous les faire surestimer. Et rappeler que j’aime COLORADO malgré ses moments faibles. Il faut des chocs dans notre esprit, le choc des FRAISES SAUVAGES et de SALUDOS HOMBRE ça élargit la vue, si on ne voit que le dernier ben, ça frappe moins.
          Je regarde toujours avec des yeux ronds inquiets pour leur santé mentale les gens qui disent: « j’aime pas les westerns » ou « j’aime pas documentaires » ou « j’aime pas les films où les mecs portent des pantalons trop larges ».

        • Damien D. dit :

          Dans la suite de mon cycle western, parlant de MCLaglen, j’ai vu deux des productions Batjac avec Wayne réalisées à 10 ans d’écart : GRAND MCLINTOCK (1963) et LES CORDES DE LA POTENCE (1973). Le premier est une pochade totalement insupportable et le deuxième un western banal où l’on peut sauver la relation de Wayne avec ses deux jeunes gamins ayant volé un butin… McLaglen semble à chaque fois s’être laissé porter par ses acteurs prestigieux bâclant sa mise en scène et délaissant toute ambition. Le gunfight du début des CORDES DE LA POTENCE singeait une certaine violence influencée par LA HORDE SAUVAGE et donc par le western italien… Il faut que je vois BANDOLERO qui est peut-être son meilleur film ? Dans une filmo qui au fur et à mesure apparaît effectivement très impersonnelle comme vous le rappelez justement dans 50 ANS…

        • Pascal MINETTE dit :

          A Damien sur Mc Laglen:
          Vous ne parlez pas de SHENANDOAH où il y a deux ou trois étincelles à sauver, dont cette minute d’or où le petit esclave comprend qu’il est libre, ce simple plan sur un chemin qui, moi, me bouleverse.
          LES CORDES DE LA POTENCE n’est pas non plus le pire Mc Laglen; deux ou trois choses à sauver aussi dont cette scène où Wayne donne une leçon de politesse et de tolérance à son fils , qui refuse de saluer une femme indienne.
          Et moi j’aime quand même la scène d’entrée dans la neige et la nuit.
          La présence de Neville Brand donne aussi un peu de cachet.
          Enfin, on ne résiste pas au côté comique de Wayne, quand il parle à ses fils.

      • Damien D. dit :

        COLORADO un navet : qu’est ce qu’il ne faut pas lire quand même. Je tairai certains titres qui méritent 10 fois plus ce genre d’assertion à l’emporte pièce…

        • Gaëtan S dit :

          Loin de moi l’idée de vouloir jouer les avocats du diable alors que vous semblez défendre certains westerns transalpins.
          Si, dans « Quien Sabe/ El Chuncho », Klaus Kinski a joué aux côtés de Gian Maria Volonté une sorte de prêtre un peu dingo qui donne l’absolution à ses adversaires en leur balançant des bombes. À ma connaissance, seul western « toléré » par Leone. Ce qui expliquerait pourquoi il a choisi, en tant que producteur, Damiani pour la pseudo-suite de « Mon nom est Personne ».
          C’est amusant que vous évoquiez « Et le vent apporta la violence » de Margheriti. Seul rôle positif de Kinski dans l’ensemble du western transalpin. J’ai d’ailleurs failli l’ajouter à ma liste ci-avant.

      • Gaëtan S dit :

        Lorsque l’on questionnait Sergio Leone au sujet de ses collègues et de la « ruée vers l’or » qui s’en est suivie avec le succès phénoménal de ses westerns, il n’était vraiment pas tendre avec ceux-ci.
        Oui il a descendu « Colorado », tout comme « le Grand Silence » et quantité d’autres. Pour ne pas dire (presque) tous.
        Oui, il a toujours été au moins un cran au-dessus. Est-ce là une « bonne » raison pour dévaloriser le travail souvent honorable de ses confrères et pour la plupart « amis » ?
        Même si je suis un ardent défenseur du genre, à commencer par ceux du « maître » en la matière, je trouve personnellement que parfois il allait (beaucoup) trop loin dans ses propos.
        N’oublions jamais que ces réalisateurs ou artisans ne disposaient absolument pas de son budget, ni de son aura. Ni ajouteront certains, de son génie. Là, c’est un autre débat dans lequel je refuse de m’engouffrer.
        Sur les quelques 500 westerns européens réalisés sur disons 20 ans, il y a au moins un bon dixième à sauver. Ce point de vue n’engage que moi.
        De toute façon, et nous l’observons encore ici, il y aura toujours les « pro » et les « anti ». Finalement dans l’art, quel qu’il soit, tout n’est qu’une question d’approche et de sensibilité.
        Quant à l’apport de Morricone, indiscutablement non négligeable, à l’évidence il a donné une plus value à l’oeuvre (western ou autres). J’oserais même m’aventurer à affirmer que certains films ne seraient pas ce qu’ils sont sans lui. Et à l’observation, j’ajouterais cette remarque valable pour tous les genres dans lesquels il a brillé. Sauf,justement, peut-être le western. Tant l’harmonie entre image et musique sont complémentaires et en adéquation.
        Il est l’un des rares compositeurs dont sa musique s’écoute toute seule, comme çà par pur bonheur. Pourquoi pensez-vous ?
        Comme il s’en explique dans le dernier ouvrage qu’il lui est consacré, il souhaitait que sa création aille au delà des images. En cela, je pense qu’il s’est retiré en ayant parfaitement réussi son coup.
        J’ajouterais à l’intention de Pascal Minette:
        La musique de Morricone n’est pas hurlée sur « Colorado ». C’est ce que j’appellerais « une note d’intention » pour signifier au spectateur, préparez-vous à entrer dans le vif du sujet. Une cavalcade impitoyable vous attend! Impossible dans un espace tel que celui-ci de vous traduire les paroles écrites par Audrey Staunton Nohra et chantées par Christy. Si vous disposez du coffret illustré sur ce blog, prenez le temps de les lire. Elles sont reprises à la fin du livret d’accompagnement. Pour moi, elles sont d’une parfaite justesse avec le contenu du sujet. Cela s’appelle de l’accroche. Ficelle utilisée dans bon nombre de films dits « d’action ». Excellent exemple au hasard (ce qui n’est nullement une comparaison, je tiens à le souligner) John Williams avec l’introduction tonitruante des « Star Wars ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gaetant S
          Je dois ajouter que Trintignant à Lyon m’a dit qu’il détestait LE GRAND SILENCE. Il trouvait que c’était un scénario inepte, vulgaire, grossier et n’avait accepté que par ce que jouant un muet, il n’avait pas de texte à apprendre. Dans le western italien, le doublage, l’absence de son direct n’arrangent rien. Cela nous donne ces bandes son mollassonnes où l’on pense que c’est le compositeurs qui va sauver la mise. Quelques réalisateurs luttaient contre cet aplatissement du son : Lattuada dans le magnifique les ADOLESCENTES, nous fait entendre les bruits causés par des barrières, des poteaux que longe une voiture. En attendant que Rosi impose le son direct

        • Pascal MINETTE dit :

          Gaétan, Votre note d’intention, bof.
          Hurler une chanson pour annoncer de la violence ?
          Un peu primaire, non, comme projet ?
          Vous imaginez comme il aurait fallu s’égosiller au début d’IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ?
          Or, le film commence par un interminable SILENCE !!
          J’ajoute que c’est bien la première musique de Morricone qui me déçoit; j’ai plus qu’une vénération pour lui.

        • MB dit :

          « Il est l’un des rares compositeurs dont sa musique s’écoute toute seule, comme çà par pur bonheur.  »
          pas d’accord, je dispose de dizaines de bande-son musicales que j’ai chipé sur les dvds et je les écoute de temps en temps sans qu’elles soient forcément signées « Morricone », je ne vois pas pourquoi il aurait cette particularité. oui c’est un grand compositeur, parmi d’autres grands.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Gaetan S
          Exact parce que Jaubert, Kosma, Delerue, Sarde, Hermann,Nino Rota, Jerry Goldsmith, Waxman, Steiner (même si ces derniers travaillaient souvent dans des conditions différentes), c’est tout aussi fort

        • Damien D. dit :

          En ce qui concerne le son : le western italien est l’un des rares exemple où l’on peut privilégier la VF à la version italienne (cette dernière est le plus souvent bien plus outrée que la version française). Et pour ces films au casting international rappelons qu’il n’existe aucune véritable version originale. Paradoxalement dans certains giallo de Mario Bava ou Argento la plupart des acteurs y parlaient anglais donc la VO se rapprochant le plus du jeu des acteurs serait en version anglaise !

          Pour revenir au western italien je trouve que c’est totalement vain de le comparer au western américain : c’est un genre en soir avec ses codes qui lui sont propres. D’ailleurs les plus mauvais westerns italiens que j’ai pu voir sont ceux qui tentaient de s’approcher du western américain et cela ne collait pas.
          Je suis d’accord avec Gaëtan quand il dit « Sur les quelques 500 westerns européens réalisés sur disons 20 ans, il y a au moins un bon dixième à sauver. »
          On ne peut en effet pas tout jeter (en ne gardant que des Sollima, Damiani ou Corbucci) sous prétexte que Leone a dénigré ses autres confrères… Et personnellement j’en ai vu plus de 10 qui valent le coup d’œil. après c’est un genre populaire sans nulle autre ambition que de divertir : si l’on y cherche que des chefs d’œuvres ce sera difficile ! Mais le western italien regorge de pépites comme SENTENCE DE MORT (seul western de Mario Lanfranchi) qui regorge de scènes et de personnages curieux : un héros ne buvant au sallon que du lait, Tomas Milian en albinos obsédé par l’or…Lanfranchi qui pour le coup avait un profil d’intellectuel passionné de théâtre et d’Opéra et qui est venu au western un peu par hasard… Il faut donc chercher et creuser ce genre comme on peut le faire dans la série B américaine pour y trouver de petites pépites certes modestes mais très très loin de nanars…

          Par ailleurs Sur LE GRAND SILENCE, je trouve que Trintignant s’est mis en danger avec ce personnage de sourd-muet et cela en fait aussi l’originalité. Qu’il n’ait pas aimé le rôle ne change finalement pas grand chose au ressenti sur le film (que ce soit positif ou négatif d’ailleurs). Y a t-il de bons films dans lesquels un acteur n’a pas aimé son rôle : sans doute quelques-uns ?

        • MB dit :

          à Damien
          « Mais le western italien regorge de pépites comme SENTENCE DE MORT »

          merci du tuyau je viens de le commander!
          Tomas Milian albinos, damn!

        • Gaëtan S dit :

          À MB,
          Si certaines « curiosités » dans le western européen vous attirent tel « Sentence de mort », Je me permets alors de vous recommander d’autres titres :
          – Requiescant ( en français, « Tue et fais ta prière ») . Pour l’anecdote, seul western dans lequel apparaît Pier Paolo Pasolini. Dans la version intégrale, il fait un superbe éloge, véritable hymne sur la liberté contre l’oppression de toute sorte.
          – Tire encore si tu peux. Encore un avec Thomas Milian dont c’est un sommet de « grand-guignolesque » ! Questi le responsable de cet OVNI s ‘est malhonnêtement servi de ce genre pour faire passer ses traumatismes subi pendant la guerre.
          À chacun sa thérapie me direz-vous !
          – Condenados a vivir. (Pas de traduction française officielle car non distribué chez nous). Considéré à l’époque comme LE western le plus hyper violent de tous les temps. Pour ma part, c’est le seul que je sauverais de l ensemble des titres cités ici. En effet, son traitement de la plus grande âpreté, sans aucune complaisance, fait de lui un objet unique à découvrir.
          Enfin, pour les inconditionnels de Lou Castel, je signale également une extravagance qui s’appelle Matalo ! Pseudo remake d’un autre western qui celui-là, est de qualité  » Dieu ne paie pas le samedi ». D’accord, le titre est complètement grotesque !

        • Pascal MINETTE dit :

          A MB : Je crois que ce n’est pas bon signe pour elle qu’une musique de film ne puisse pas s’écouter sans les images.
          De plus, quand la musique est mauvaise, les images ne peuvent plus rien pour elle. La musique des CHEYENNES, par exemple, ne vaut pas plus avec le film que sans.
          Je me souviens de Vladimir Kosma invité par France Musique. Le producteur commente le petit concert en disant qu’on sent bien le côté cinématographique.
          – Mais je n’écris pas de la musique cinématographique ! J’écris de la musique tout court.

        • Damien D. dit :

          A MB vous verrez donc sur le dvd de SENTENCE DE MORT l’interview de Lanfranchi (93 ans cette année !) qui parle de son film en bonus. Il y est mentionné aussi son intention de s’approcher de certains codes du film noir en utilisant également une musique jazzy (à contre courant de la mode de copier avec plus ou moins de bonheur les codes « moriconniens »…). Le film a malheureusement été charcuté à l’époque pour sa diffusion en France pour atteindre moins d’1h30 avec donc quelques trous non intententionnels dans la narration (une plaie pour ces westerns transalpins dont on sacrifiait 15 à 30 minutes parfois pour les passer en double programme !). C’est donc semble t’il la seule copie disponible pour ce curieux petit film.
          On notera d’ailleurs dans le coffret blu ray de COLORADO signalée par Bertrand qu’il y a les deux versions : la version française amputée et la version longue originale italienne, ce qui est une gageure intéressante.

        • MB dit :

          à Damien D
          SENTENCE DE MORT j’ai acheté celui-là:
          https://is.gd/gMZ0iX

          et pas trouvé celui-là:
          https://is.gd/7ngmei

          ma foi on verra, ils sont donnés tous deux durée de 1h30 sur Dvdfr, mais ces descriptifs ne sont pas fiables.

        • Gaëtan S dit :

          Sujet à Sentence de mort, il s’agit exactement du même film avec sur le suivant une nouvelle présentation soi-disant plus attractive que la première. Le master reste le même, rien n’a changé. Ni même les bonus si mes souvenirs sont bons.

        • Damien D. dit :

          A MB c’est le même éditeur mais avec nouvelle jaquette donc a priori même copie (j’ai aussi celle avec le visuel que vous avez commandé)…

        • MB dit :

          à Gaëtan S

          merci pour les conseils que je note dans mes tablettes!

          et merci à Damien, je n’ai pas loupé une copie qui serait plus complète, comme ça.

  30. yves rouxel dit :

    Lu dans télérama de cette semaine sous la plume alerte de Michel Bezbakh un bon article sur trois réalisateurs français majeurs de ces 50 dernieres années. »Blier,Leconte,et Tavernier »est un documentaire en 2 parties diffusé sur la chaine ciné+émotion dès ce soir mercredi à 19h30.Le réalisateur Chad Chenouga à qui l’on doit « De toutes mes forces »en 2017,trace un portrait de ces 3 cinéastes incontournables.On en sera plus après le visionnage.

  31. Pierre dit :

    Je tiens BREVE RENCONTRE pour un des plus beaux films du monde, les plus émouvants. C’est un film universel, dont toute la qualité est qu’il évoque des personnes censément « banales », en qui chacun ne peut que se reconnaître. Notamment, je suis à chaque fois ému par le personnage du mari, qui acquiert une profondeur insoupçonnée dans les toutes dernières secondes. C’est un film si juste. Pour ma part, j’aurais aimé que Lean poursuive dans cette veine intimiste.

    Merci de rappeler les réactions des critiques à l’époque – c’est effarant lorsqu’on y pense. Mais heureusement, Billy Wilder avait vu et aimé le film, dont une des séquences l’inspira pour imaginer THE APARTMENT. L’inspiration prend parfois des chemins inattendus !

    Je voudrais seulement signaler que le film existe en bluray anglais également, pour un prix modique, avec des bonus de qualité. Mais sans doute l’édition Carlotta est-elle également bonne.

    • MB dit :

      BREVE RENCONTRE l’adresse du mari à sa femme à la fin: « merci de me revenir » a un double sens très émouvant. Ca va du banal « merci de sortir de ta petite rêverie » à « merci de renoncer à cet amour » car pour ceci ça n’est pas folie de juger que le mari sent que sa femme a été tentée par l’infidèlité. Le couple n’est pas jeune, se connaît bien, et le personnage de Celia Johnson n’est pas celui de l’épouse rouée aux aventures et en possédant tous les trucs de dissimulation, mensonges, concussion, perversion, meurtres et autres petites taquineries.

    • Pascal MINETTE dit :

      J’ai vu BREVE RENCONTRE quand il est passé à la télé, il y a bien longtemps. IL n’y avait pas une chance pour que le teenager abrutissime que j’étais (et que je suis resté) s’y intéresse : une romance, une héroïne pas bien gironde, un héros de la haute, une histoire pour bonne femme, genre Madame Bovary, beurk !
      Je n’ai pourtant pas pu lâcher.
      La photo, Rachmaninov, ce mélange de simplicité et de profondeur ? En tout cas, quelque chose qui tient du magique.
      Je suis d’accord sur le personnage du mari, qui, non seulement n’est pas antipathique, mais ne cesse de nous bouleverser, au point qu’on se demande si ce n’est pas lui le personnage principal.
      Pour le revoir aujourd’hui, je pense que Rachmaninov , qu’on connaît tellement, gâcherait un peu…
      Pardon pour cette pénible évocation égocentrique mais que celui qui l’a lue jusque ici soit loué pour sa parfaite abnégation.

    • Julia-Nicole dit :

      A Pierre et Bertrand
      Vous m’épatez vraiment à propos de BRÈVE RENCONTRE, et j’ai du mal à vous comprendre. Il y a bien longtemps, j’ai moi aussi aimé ce film, mais les nouvelles visions ont été rudes. Je le trouve vieillot au possible, et c’est pourtant un terme que j’évite d’employer concernant le cinéma, mais désolé, je n’en vois pas d’autre. Autant Borzage, Sirk, ou Stahl sont des maîtres du mélodrame, dont les œuvres se bonifient avec l’âge, autant ce film ne passe plus du tout la rampe. Mais chacun a le droit de l’apprécier.
      Quant au 2ème concerto de Rachmaninov, je le préfère, fugitivement, dans SEPT ANS DE RÉFLEXION, ou, plus longuement, dans le superbe PARTIR REVENIR de Lelouch, où c’est presque un personnage du film à part entière.

      • Ballantrae dit :

        Non là je tombe de ma chaise.
        Vous minimisez l’utilisation de Rachmaninov chez Lean où c’est précis, dosé et le préférez chez Lelouch pour Partir revenir avec une lourdeur certaine. C’est lointain dans ma mémoire mais s’est enkyste comme une expérience pénible.
        Je m’etais infligé cette purge à sa sortie et m’etais bien juré de ne plus aller voir un Lelouch en salle. J’avais fait une exception pour Itinéraire d’un enfant gâté qui pour le coup utilise très bien Brel.
        Lean sait doser ses instruments et notamment la musique ce qui justement lui permet souvent de ne pas être daté à défaut d’être un Hérault autoproclamé d’une modernité claironnante.

        • Damien D. dit :

          Je ne rajouterai rien sur BREVE RENCONTRE qui est un chef d’oeuvre à mes yeux… Curieusement il m’amène souvent à repenser à cet autre film tourné outre atlantique : THE BIGAMIST de Lupino, très bon film recité par Bertrand il y a peu et dont on avait déjà parlé il y a plusieurs années dans les commentaires de ce blog…

          Cher ballantrae, il y a du vrai mais vous êtes peut-être un peu injuste avec Lelouch. Moi qui ne suit pas un grand fan et loin de là (j’adorai plus jeune son L’AVENTURE C’EST L’AVENTURE), il y en quelques uns qui mérite un visionnage hormis son célèbre ITINERAIRE : son PARTIR REVENIR est ainsi une de ses « sagas » qui tient le mieux le coup contrairement à d’autres qui sont effectivement indigestes à revoir aujourd’hui. Revoyez aussi ses premiers films L’AMOUR AVEC DES SI, UNE FILLE ET DES FUSILS ou encore LA BONNE ANNEE (rien que pour Ventura), les plaisants SMIC SMAC SMOC, LES BONS ET LES MECHANTS… Et pourquoi pas revoir LE VOYOU qui ne m’avait pas transcendé à sa première vision mais que Tarantino avait plébiscité au festival Lumière. Je m’arrête là, les autres films que j’ai vu ne m’ayant jamais touchés. Très curieusement pas encore vu sa palme d’or UN HOMME ET UNE FEMME ni ses suites mais je garde cela pour plus tard…

      • Pierre dit :

        A Julia Nicole

        Ah mais moi j’ai été frappé au contraire par la modernité du film, son aspect universel. Il y a des images là-dedans qui sont pour moi éternelles : ce couple attablé ou chacun est abattu avant les adieux, le train qui passe et cet instant ou l’héroïne contemple le gouffre, les promenades nocturnes, la voie off qui ajoute toute une dimension à l’histoire. Vous trouvez ça vieillot ??

        Je ne dirai pas de mal de Lelouch, dont j’aime certains films (LES UNS ET LES AUTRES : je marche à chaque fois), mais le prendre comme exemple pour dézinguer BRIEF ENCOUNTER, ça ne me serait pas venu à l’esprit ! C’est toute la richesse du blog.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Il faut éviter de s’appuyer sur un film pour en détruire un autre

        • Julia-Nicole dit :

          A Pierre
          Je me suis sans doute mal exprimée.
          Je ne me sers pas du film de Lelouch pour descendre celui de Lean, absolument pas. Ce serait effectivement stupide. C’est seulement le concerto de Rachmaninov qui m’a fait penser à PARTIR REVENIR, qui est un film que j’adore, comme presque toute l’oeuvre de Lelouch.
          Le film de Lean m’ennuie beaucoup, mais il est trop lointain dans mon souvenir pour que je puisse argumenter (certains diront que je n’avais qu’à pas en parler, ils ont peut-être raison).
          J’ajoute que j’aime énormément LAWRENCE D’ARABIE, et que LE DOCTEUR JIVAGO est à mon avis une grande réussite également.

      • Denis Fargeat dit :

        … j’ajouterai avec un certain mauvais esprit un épisode vu hier, de la série « Inside n°9 », conçue par les sales gosses brittons Steve Pemberton et Reece Sheersmith. Chose rare, on entend presqu’intégralement le 1er mouvement du concerto. Chez mr Arte, en ce moment.
        Petite demande : serait-il possible de rétablir l’affichage des derniers commentaires? On peut rater sans le savoir de belles contributions… et tant que j’y suis ( puisqu’on ne sait même pas si Noël il y aura) ce serait merveilleux que cet affichage renvoie directement au commentaire pointé…. Merci et bon keep going a tutti.

    • Gaëtan S dit :

      Petite info au passage.
      « Le temps du massacre » débarque en BR dans une édition allemande (s-t fr ?):
      https://www.amazon.de/exec/obidos/ASIN/B08FP9XH1K/

  32. Samuel dit :

    Merci pour ce billet, mais dommage que vous ne vous soyez pas relu une dernière fois avant de le publier !

    – Damiani orthographié « Damini » la première fois
    – Le nom de Freda est omis (« L’évadé du Bagne de Riccardo »)
    – Parenthèses mal placées : « la déchéance de Fantine (et le sublime travelling en carriole) arrière évoquant un bref moment de bonheur »

    Enfin, êtes-vous sûr qu’il faille regretter « Le Débat » ? Cette revue avait sombré dernièrement dans le conservatisme rance, loin d’autres publications plus stimulantes. Mais bon, vu que vous parlez dédaigneusement des « adeptes de MeToo » (formule étrange), c’est à se demander si vous n’avez basculé dans le camp des « On ne peut plus rien dire ! » (formule très discutable, celle-là).

  33. Damien D. dit :

    Merci cher Bertrand pour cette belle fournée qui nous soutiendra durant ce deuxième confinement qui voit encore une fois la fermeture des cinémas…

    Petit rectificatif : LE MÉDECIN DE LA MUTUELLE est sorti chez Tamasa et non dans la collection Make my day de Thoret…
    Je signale d’ailleurs la sortie en blu ray chez Tamasa de deux Lattuada dont on dit le plus grand bien : GUENDALINA et LES ADOLESCENTES. Achetés il y a quelques jours pour ma part…
    Il faut acheter chez ces petits éditeurs indépendants en cette période et je note le Zampa pour un futur achat.

    • yves rouxel dit :

      A damien d.On achète des livres,des cd ou des dvd selon nos moyens personnel.Dans un post précedent Bertrand mettait l’accent sur le fait de demander aux médiathèques et bibliothèques d’acquérir ces objets de culture qui sont indispensables afin d’assouvir nos connaissances et notre savoir.Bon actuellement celà tombe mal pour plusieurs semaines avec la fermeture des lieux culturels.Je défends la filière des petits libraires mais sachez que pas de bouquinistes ou de libraires vendent via internet,il ne faut pas dézinguer l’outil informatique et les sites de vente d’occasion.

      • Damien D. dit :

        Personne ne dit le contraire : j’ai acheté les deux Tamasa chez eux sur le net donc ne créez pas un débat là où il n’y en a pas…

  34. yves rouxel dit :

    Comme d’habitude Bertrand vous nous épatez en plein confinement grace à cette nouvelle fournée de livres,de films à voir ou revoir.J’ai déjà écrit ici mème sur »La grande pagaille »qui est une bonne surprise quand à « Colorado »je suis content que vous évoquer ce film de Sollima.Lee van cleef est d’une grande justesse dans son personnage droit dans ses bottes puis la partition de Morricone apporte aussi une tension à ce western sauce-tomate(comme disait Eddy mitchell).J’ai revu « L’heritier »de Philippe Labro qui reste malgré la mollesse du scénario un film à redécouvrir.On sent l’attachement de Labro pour la culture et l’histoire des usa.Le mur de la salle de rédaction du journal »Globe »est recouvert d’affiches de portraits d’acteurs(Marylin,Bogart,Hoffman et Redford)mais aussi Angela Davis ou Mao.il est dommage que Lanzman complexifie le scénario entre le personnage du père de Belmondo et le monde politique(Le PCI est cité)le pouvoir qui pense injustement que le fils Cordel a des ambitions politiques et veut régler des comptes.La belle Carla Gravina apporte une note légère et embellit cette oeuvre qui se détache des roles de policier ou de guignolo que Bébel à endosser pendant trop longtemps à mon gout.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves roule
      La GRANDE PAGAILLE une bonne surprise ? Mais Comencini avait déjà tourné des tas de films passionnants, mémorables, bouleversants. Pourquoi cette condescendance ?

      • DUMONTEIL dit :

        à BT

        Sans doute dire qu’un film de Comencini est une bonne surprise sous-entend que ce qu’il produit est généralement médiocre.
        Mais les grands Comencini que je vais pas citer,on l’a fait souvent , ne se situent-ils pas APRES « la grande pagaille « ??c’est votre plus-que-parfait qui me gêne !

        Les « pane amore ….. » sont de gentilles comédies ; »la bella di Roma » a ses moments comiques ; « Heidi » …hum!vos gamins aimeront ;mais de ceux que j’ai vus, seul « la finestra sul Luna Park » laisse présager les chefs-d’oeuvre à venir.

        à Yves
        « l’héritier  » mélange sans finesse le pouvoir des médias, l’industrie et les problèmes sociaux ,la seconde guerre mondiale et les camps de concentration ,le Vatican,les faschos, un terrible secret de famille et un désagréable côté macho (scène dans le train avec Gravina)
        Est-il possible de croire que ce Largo Winch de pacotille a passé 10 ans outre-Atlantique?
        La description faite par Dessailly(dans cette galère!) se résume ainsi : »Cordell est plus grand que l’écran . »
        Il ne suffit pas de tapisser les murs d’affiches de légendes américaines pour faire illusion ;dans « le clan des siciliens « ,Verneuil avait plus de savoir-faire yankee que lui,et sans le prétendre.

        A tous :redisons -le encore une fois :
        « Jericho  » doit être considéré comme un classique et le travail de réhabilitation de BT dans son « voyage » était juste et nécessaire

        « the browning version » j’ai déjà signalé que la pièce de Rattigan ne comprend pas le morceau de bravoure, le discours final!Et comme le scénario a été écrit par l’auteur , il était logique qu’il terminât sur un point d’orgue ce magnifique film (signalons outre Redgrave ,les grandes pointures anglaises :Jean kent , Nigel Patrick ,Wilfrid Hyde -White…)

        Il faut que je le dise : »la bergère et le ramoneur  » était un des films favoris de mon fils quand il était petit :il a dû le voir 30 fois ou plus!du coup,je le connais par coeur aussi!

      • DUMONTEIL dit :

        Correctif : c’est en fait la version remaniée, »le roi et l’oiseau « , qui était son film de prédilection;dsl
        une énorme influence (revendiquée)sur « le tombeau des lucioles « 

      • DIDIER DUMONTEIL dit :

        Correctif : c’est en fait la version remaniée, »le roi et l’oiseau « , qui était son film de prédilection;dsl
        une énorme influence (revendiquée)sur « le tombeau des lucioles

        • Alexandre Angel dit :

          A Dumonteil,
          Oui, j’avoue d’ailleurs n’avoir jamais trop su, ou ne m’être jamais vraiment renseigné (c’est surtout ça!) sur ce qui différencie LA BERGERE ET LE RAMONEUR du ROI ET L’OISEAU, que je connais bien.
          Avez-vous vu le petit film de Jacques Demy, sur Paul Grimault : LA TABLE TOURNANTE ?

          …et bonjour à tous!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Ou l’on voit des films publicitaires tournés par Jean Aurenche

        • Denis Fargeat dit :

          Entretiens gouleyants de Paul Grimault ici https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/saison-24-08-2020-27-06-2021?p=5
          (… le lien direct ne marche toujours pas….)
          …mais il manque ici la version des faits par André Sarrut ; le livre conseillé semble indispensable. N’empêche, écouter Grimault est un régal – ne manquez pas l’anecdote de la cinémathèque cachée dans les piles Hydra….

      • yves rouxel dit :

        A BT.Pourquoi vous ne répondez pas au commentaire de Samuel?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Parce que j’ai mille choses à faire, des livres à écrire, des PV de Ca à analyser pour voter certaines mesures à la SACD.
          Parce que parfois le correcteur automatique a rajouté une faute. J’ai oublié un a à Damiani et pensais que tout le monde dans le petit cercle des amateurs de films italiens que l’évadé du bagne est de lui.
          Oui le Débat devenait moins combattif mais certains numéros restaient passionnants

        • MB dit :

          à Bertrand: vous êtes un calme, bibi j’aurais pèté les plombs!

        • Pierre dit :

          On peut aussi ajouter que le message de Samuel est parfaitement débile.

        • Ballantrae dit :

          Franchement il n’est pas grave que notre hôte qui nous gratifie de réactions rapides au milieu de ses occupations orthographie mal ceci, oublie tel nom là. La n’est pas l’essentiel.
          Ce n’est pas une dictée et cela peut arriver à tous.
          Mais attention Rouxel je n’ai pas dit que c’était open bar pour en faire partout et carrément malmener syntaxe et sens comme vous le faisiez d’autres fois ( mais pas trop ces temps-ci bravo!).

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