déc
09

QUEBEC

Histoire de rappeler CONGORAMA, les documentaires de Pierre Perrault et LES BONS DEBARRAS de Francis Mankiewicz.

GAZ BAR BLUESEt GAZ BAR BLUES écrit et réalisé par Louis Bélanger, moins percutant que POST MORTEM, confirme le talent d’un réalisateur que l’on s’obstine à ignorer en France. Cette chronique douce amère de la vie d’une petite station service, extrêmement bien jouée, abonde en détails touchants, cocasses ou pittoresques : le fils cadet, fasciné par la destruction du mur de Berlin qu’il regarde à la télévision, se rend en Allemagne pour photographier l’événement. Là, écoeuré par l’exploitation commerciale de l’événement, l’esprit de lucre qui règne en maître, il veut créer une association pour la Reconstruction du Mur et se fait expulser. Détail amusant, le film se passe à Québec mais fut tourné à Montréal

AUSTRALIE

UN PETIT SALUT A ROLF DE HEER

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déc
09

POSSESSEDSous le titre de Archive Collection, la Warner a sorti en zone 1  un certain nombre de titres inédits ou rares dont beaucoup avaient même disparu des catalogues vidéos. Étrangement, beaucoup sont des productions MGM comme le remarquable POSSESSED, l’une des réussites majeures de l’excellent Clarence Brown et le premier film réunissant Gable et Crawford. Le film contient plusieurs séquences anthologiques notamment durant l’ouverture du film : le dialogue entre Wallace Ford et Joan Crawford durant une sortie d’usine est filmée en un seul plan, un travelling arrière rapide à la grue. Tout le sujet est mis sur la table en quelques secondes. Puis Crawford, restée seule, s’arrête devant la symbolique voie de chemin de fer qui partageait toute ville américaine en deux mondes socio-économiques : le « bon » et le « mauvais » côté de la voie. Un train de luxe va faire défiler devant elle toute une série de scènes de la vie des riches, succession de cadres constitués par les fenêtres des compartiments à l’intérieur du cadre du film. Même dans les scènes attendues, Brown fait preuve d’une élégance, d’une invention remarquable.

La collection comprend d’autres Brown que j’aime beaucoup moins comme  IDIOT’S DELIGHT et THE HUMAN COMEDY d’après Saroyan qu’adorait Melville.

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nov
16

JE-SUIS-UN-EVADEOn doit à Mervyn Le Roy un classique du cinéma qui mérite, 55 ans après, de rester un classique, JE SUIS UN ÉVADÉ. La force de dénonciation (des Bagnes dans le Sud) reste intacte et la dernière scène, la dernière phrase de dialogue est une des plus belles de l’histoire du cinéma américain. On demande à Paul Muni comment il gagne sa vie et il répond, en disparaissant dans la nuit : « Je vole ». Fuller adorait ce moment. Mais Le Roy a signé des oeuvres toutes aussi fortes et qui sont moins connues, THEY WONT FORGET sur le lynchage et THREE ON A MATCH qui, en un peu plus d’une heure, raconte les destinées de 3 amies durant la dépression avec une extraordinaire âpreté. Au passage Le Roy viole pratiquement tous les articles du Code Hays sur l’adultère, la drogue, l’alcoolisme, les rapports sexuels. Mention spéciale pour la formidable Ann  Dvorak.

forbidden_hollywoodokOn trouve THREE ON A MATCH dans le second volume de FORBIDDEN HOLLYWOOD (sous-titres français), coffret indispensable consacré aux films « Pré Code », c’est-à-dire tourné durant les quelques années de flottement, de liberté avant l’imposition stricte du Code édicté des années avant mais tourné par les Studios. On y découvre la version intégrale du stupéfiant et féministe BABY FACE d’Alfred E Green dont les 10 premières minutes piétinent tous les interdits de la Censure avec Barbara Stanwyck, l’actrice la plus emblématique de cette époque. Elle est toute aussi magnifique (et très déshabillée) dans NIGHT NURSE très excitant drame social de Wellman. Dans un de ses premiers rôles, Clark Gable fait une entrée spectaculaire et l’on n’oublie pas la manière dont il assomme Stanwyck. La série de malversations qu’évoque le film – enfants qu’on affame, alcoolisme, médecin piétinant le code de déontologie, mère abandonnant ses enfants – est résolue non par la police mais la pègre dans une fin incroyablement elliptique. À découvrir aussi le très excitant FEMALE avec Ruth Chatterton de Michael Curtiz : ce portrait d’une femme de pouvoir qui domine son personnel, dévore les hommes après les avoir abreuvé de vodka (« l’alcool que Catherine II donnait à ses soldats pour leur donner du courage » dit le maître d’hôtel)  et considère qu’un canari est plus important qu’un mari, surprend par son audace. Même si le retournement final renverse in extremis la vapeur. Le découpage de Curtiz est sidérant, tout comme les magnifiques décors et la rapidité avec laquelle ils sont filmés. La majeure partie des scènes de séduction sont ponctuées par une version orchestrale de Shangaï Lil.

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