nov
16

JE-SUIS-UN-EVADEOn doit à Mervyn Le Roy un classique du cinéma qui mérite, 55 ans après, de rester un classique, JE SUIS UN ÉVADÉ. La force de dénonciation (des Bagnes dans le Sud) reste intacte et la dernière scène, la dernière phrase de dialogue est une des plus belles de l’histoire du cinéma américain. On demande à Paul Muni comment il gagne sa vie et il répond, en disparaissant dans la nuit : « Je vole ». Fuller adorait ce moment. Mais Le Roy a signé des oeuvres toutes aussi fortes et qui sont moins connues, THEY WONT FORGET sur le lynchage et THREE ON A MATCH qui, en un peu plus d’une heure, raconte les destinées de 3 amies durant la dépression avec une extraordinaire âpreté. Au passage Le Roy viole pratiquement tous les articles du Code Hays sur l’adultère, la drogue, l’alcoolisme, les rapports sexuels. Mention spéciale pour la formidable Ann  Dvorak.

forbidden_hollywoodokOn trouve THREE ON A MATCH dans le second volume de FORBIDDEN HOLLYWOOD (sous-titres français), coffret indispensable consacré aux films « Pré Code », c’est-à-dire tourné durant les quelques années de flottement, de liberté avant l’imposition stricte du Code édicté des années avant mais tourné par les Studios. On y découvre la version intégrale du stupéfiant et féministe BABY FACE d’Alfred E Green dont les 10 premières minutes piétinent tous les interdits de la Censure avec Barbara Stanwyck, l’actrice la plus emblématique de cette époque. Elle est toute aussi magnifique (et très déshabillée) dans NIGHT NURSE très excitant drame social de Wellman. Dans un de ses premiers rôles, Clark Gable fait une entrée spectaculaire et l’on n’oublie pas la manière dont il assomme Stanwyck. La série de malversations qu’évoque le film – enfants qu’on affame, alcoolisme, médecin piétinant le code de déontologie, mère abandonnant ses enfants – est résolue non par la police mais la pègre dans une fin incroyablement elliptique. À découvrir aussi le très excitant FEMALE avec Ruth Chatterton de Michael Curtiz : ce portrait d’une femme de pouvoir qui domine son personnel, dévore les hommes après les avoir abreuvé de vodka (« l’alcool que Catherine II donnait à ses soldats pour leur donner du courage » dit le maître d’hôtel)  et considère qu’un canari est plus important qu’un mari, surprend par son audace. Même si le retournement final renverse in extremis la vapeur. Le découpage de Curtiz est sidérant, tout comme les magnifiques décors et la rapidité avec laquelle ils sont filmés. La majeure partie des scènes de séduction sont ponctuées par une version orchestrale de Shangaï Lil.

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nov
03

Bertrand Tavernier ne pourra malheureusement pas répondre à vos nombreux commentaires avant plusieurs semaines. A très bientôt.

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oct
14

Une flopée de westerns vient de sortir tant en France qu’aux USA, à des prix très abordables.

L HOMME-DE-NULLE-PART

A tout seigneur, tout honneur, commençons par L’HOMME DE NULLE PART (JUBAL) de Delmer Daves qui coécrit le scénario. Ce premier volet d’une trilogie avec Glenn Ford est une transposition d’Othello dans les paysages somptueux de Jackson Hole où Rod Steiger joue (voire surjoue) Iago. J’ai revu le dvd américain et j’ai été très sensible à la grande variété des paysages, à la manière magistrale dont Daves les intègre à l’action, aux émotions des personnages. Il y filme pour la première fois l’émouvante Felicia Farr. Charles Bronson y est aussi spectaculaire que dans L’AIGLE SOLITAIRE. A découvrir.

LA-MISSION-DU-COMMANDANT-LE

A découvrir également LA MISSION DU COMMANDANT LEX d’André de Toth que j’aime davantage à chaque vision. Ce western d’espionnage est superbement dirigé (regardez la scène du tribunal) et donne à Cooper des moments anthologiques.

LA-DERNIERE-CHASSE

LA DERNIERE CHASSE m’a passablement déçu (alors que j’ai été transporté par une nouvelle vision de DEADLINE USA, hélas inédit en dvd) malgré les audaces scénaristiques, les bonnes intentions. J’avais gardé un bon souvenir de ce western écologique, de ce plaidoyer contre le massacre des bisons que Brooks rapprochait du massacre des Indiens. Mais le scénario m’a paru assez lourd et démonstratif et surtout on a l’impression que le film n’est pas monté comme il a été tourné. Il y a des raccords très étranges qui brouillent toute progression dans l’espace, des rapports de plans lourds et maladroits, défauts que l’on ne sent jamais dans ELMER GANTRY ou LES PROFESSIONNELS. Subsistent de belles séquences comme cette bagarre de saloon ni euphorique ni libératrice, désolée plutôt avec ce beau plan de Stewart Granger ivre, un cigare à la bouche, un tesson de bouteille à la main qui fit délirer Jacques Rivette au Studio Parnasse.

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