déc
18

UN-HOMME-EST-MORTCommençons par une curiosité, une bande dessinée de Kris et Etienne Davodeau éditée par Futuropolis, UN HOMME EST MORT. Rien à voir avec le film de Jacques Deray. Il s’agit de la reconstitution du tournage d’un film militant de René Vautier réagissant à chaud à la demande de la CGT sur la mort d’un responsable syndical très populaire, Edouard Mazé, tué à Brest le 17 avril 1950 lors d’une manifestation réprimée à coups de mousquetons. Cette manifestation faisait suite à des semaines de débrayage, des journées d’union nationale pour la paix en Indochine. Il y eut 14 grévistes blessés, 12 plus légèrement mais aussi 24 gendarmes et 9 CRS. Vautier filme les réactions, l’enterrement dans des conditions de bricolage insensé. Son équipement est tellement précaire qu’il ne peut pas enregistrer le son et donc va utiliser un poème d’Eluard comme commentaire. Le film projeté dans les réunions syndicales, en plein air, partout ou l’on peut prendre un drap. On le montre même à Eluard. Quand le magnéto casse, Vautier ou un camarade récitent le poème. Jusqu’à ce que le film tombe en loque. Personne n’ayant pensé à faire de copie, il rejoint le purgatoire des œuvres disparues. Kris et Etienne Davodeau nous donnent  l’occasion enfin de le découvrir, en images et de rêver sur ce que furent ces moments de lutte.

ENCORE HENRI CALEF

LES CHOUANS d’Henri Calef qui est sorti en dvd, mérite d’être vu. Comme très souvent chez Calef, les séquences d’ouverture sont fortes, originales, avec de vrais partis pris esthétiques dans le choix des extérieurs, des éclairages, la dramaturgie des cadres qui renforcent l’âpreté, la noirceur du propos. Sans oublier l’utilisation de la profondeur de champ, le recours constant, plutôt rare à l’époque, à des plans très larges avec des amorces dramatiques qui confèrent une force réelle aux premières séquences. Je n’ai qu’un lointain souvenir du roman de Balzac dont Spaak et Calef inversent, parait-il, le sens. Ils se réfèrent, se nourrissent de la période qu’ils viennent de vivre et la guerre civile qu’ils évoquent fait penser aux affrontements entre les résistants et les miliciens. On est du côté de JERICHO. Mais ils parviennent à garder une certaine complexité, évitent les équivalences faciles et les règlements de compte.

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déc
09

QUEBEC

Histoire de rappeler CONGORAMA, les documentaires de Pierre Perrault et LES BONS DEBARRAS de Francis Mankiewicz.

GAZ BAR BLUESEt GAZ BAR BLUES écrit et réalisé par Louis Bélanger, moins percutant que POST MORTEM, confirme le talent d’un réalisateur que l’on s’obstine à ignorer en France. Cette chronique douce amère de la vie d’une petite station service, extrêmement bien jouée, abonde en détails touchants, cocasses ou pittoresques : le fils cadet, fasciné par la destruction du mur de Berlin qu’il regarde à la télévision, se rend en Allemagne pour photographier l’événement. Là, écoeuré par l’exploitation commerciale de l’événement, l’esprit de lucre qui règne en maître, il veut créer une association pour la Reconstruction du Mur et se fait expulser. Détail amusant, le film se passe à Québec mais fut tourné à Montréal

AUSTRALIE

UN PETIT SALUT A ROLF DE HEER

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déc
09

POSSESSEDSous le titre de Archive Collection, la Warner a sorti en zone 1  un certain nombre de titres inédits ou rares dont beaucoup avaient même disparu des catalogues vidéos. Étrangement, beaucoup sont des productions MGM comme le remarquable POSSESSED, l’une des réussites majeures de l’excellent Clarence Brown et le premier film réunissant Gable et Crawford. Le film contient plusieurs séquences anthologiques notamment durant l’ouverture du film : le dialogue entre Wallace Ford et Joan Crawford durant une sortie d’usine est filmée en un seul plan, un travelling arrière rapide à la grue. Tout le sujet est mis sur la table en quelques secondes. Puis Crawford, restée seule, s’arrête devant la symbolique voie de chemin de fer qui partageait toute ville américaine en deux mondes socio-économiques : le « bon » et le « mauvais » côté de la voie. Un train de luxe va faire défiler devant elle toute une série de scènes de la vie des riches, succession de cadres constitués par les fenêtres des compartiments à l’intérieur du cadre du film. Même dans les scènes attendues, Brown fait preuve d’une élégance, d’une invention remarquable.

La collection comprend d’autres Brown que j’aime beaucoup moins comme  IDIOT’S DELIGHT et THE HUMAN COMEDY d’après Saroyan qu’adorait Melville.

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