Tout aussi passionnant The Staircase (2004 – Soupçons) de Jean-Xavier de Lestrade, formidable autopsie d’un procès criminel se déroulant en Caroline du Nord et du système judiciaire américain. En partant d’un fait divers, Jean-Xavier de Lestrade met en valeur le rôle de l’argent, analyse les différences entre le Nord et le Sud, le monde rural et intellectuel, l’univers de Bush et celui de Kerry.
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Toujours aux Editions Montparnasse, Le Décalogue (1989) de Krzysztof Kieslowski vient de sortir dans un beau coffret de 4 DVD (avec en compléments des analyses et le court-métrage Le Guichet), ainsi qu’un coffret consacré à Robert Kramer avec notamment Route One Usa (1989).
Dans la célèbre collection bleue, plusieurs classiques de la RKO : je recommanderai particulièrement Assassin sans Visage (1949 – Follow me Quietly ) de Richard Fleischer, policier modeste sur un sujet d’Anthony Mann qui contient deux ou trois scènes inoubliables (les rapports entre le policier et le mannequin, portrait robot du serial killer). On peut y voir l’ébauche des futurs chefs d’œuvres que sont La Fille sur la Balançoire (1955), et L’étrangleur de Rillington Place (1971).
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Crossfire (1947 – Feux Croisés) de Dmytryk d’après un roman de Richard Brooks mérite d’être revu. Le meurtre à caractère homophobe du livre devient un crime antisémite, sujet plus « abordable » à l’époque que l’homosexualité (et plus proche des convictions politiques du producteur Adrian Scott et du scénariste John Paxton qui furent des victimes de la liste noire). Robert Ryan y est une fois de plus exceptionnel et la photographie de J. Roy Hunt, souvent inspirée, est un des points forts du film comme dans d’autres Dmytryk de l’époque.
Deux autres films très intéressants de Dmytryk, tous deux tournés en Angleterre alors qu’il était sur la liste noire, et avant qu’il dénonce ses anciens amis (après avoir purgé sa peine de prison de un an) : Christ In Concrete ou également intitulé Give us this Day (1949 – Donnez nous Aujourd’hui), écrit par Ben Barzman sur les maçons italiens dans l’Amérique de l’entre deux guerre. Œuvre forte, émouvante, avec une fin inoubliable, c’est l’un des meilleurs films sociaux tournés par un cinéaste américain. Sa conviction, son énergie le rendent toujours actuel. Dans un autre registre, Obsession (1949 – également produit par Nat Bronsten) est un curieux film noir écrit par Alec Coppel (scénariste de Vertigo) d’après son roman où l’on voit un mari jaloux kidnapper l’amant de sa femme, le garder prisonnier pour le dissoudre dans l’acide. Robert Newton distille chaque réplique avec une suavité sarcastique, ego maniaque. Loin d’être une victime, sa femme jouée par Sally Gray se révèle un adversaire de taille. La dernière scène, surprenante, bafoue les règles du happy end et trahit une certaine misogynie dans son écriture. Musique de Nino Rota.
Toujours aux Editions Montparnasse, L’Ile des Morts (1945) de Mark Robson n’atteint pas la force de Bedlam (1946) ou l’originalité de La Septième Victime (1943), mais la dernière demi-heure, que saluait James Agee, provoque un véritable effroi.
Signalons également le très divertissant Pavillon Noir (1945) de Frank Borzage (dont les chefs-d’œuvre muets sont hélas inédits) film de pirates qui permet à Walter Slezak de faire l’une des compositions les plus pittoresques, les plus réjouissantes de sa carrière en vice-roi corrompu, paresseux, froussard, menteur. Il faut le voir répliquer à un traître qui s’étonne de recevoir 2000 doublons au lieu de 10 000 : « j’avais dit 10 mais je pensais 2 » (dialogues d’Herman Mankiewicz et George Worthing Yates). Signalons que beaucoup de plans de ce film se retrouvent dans le décevant Barbe Noire le Pirate (1952) de Walsh.
Mais Pavillon Noir ne s’élève pas au niveau de la sublime Flibustière des Antilles (1951) de Jacques Tourneur, que grâce à Carlotta (http://www.carlottafilms.com/) on peut enfin voir en version originale dans un beau transfert. Ce qui fut un des films de chevet du Nickel Odéon et des néo macmahonniens, conserve au fil des ans son éclat, son incroyable raffinement visuel, son élégance formelle.
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Toujours chez Carlotta, le coffret Billy Wilder composé de deux films relativement rares : Uniformes et Jupons Courts (1942 – The Major and the Minor) qui est très amusant – Ginger Rogers y est étourdissante – et Les 5 Secrets du Désert (1943 – Five Graves to Cairo).
Quittons les USA pour signaler cinq coffrets consacrés à des metteurs en scène extrêmement importants :
Celui consacré par MK2 à Lucian Pintilie, cinéaste majeur qui mérite un vrai hommage. J’ai pu voir au Festival de Telluride son dernier opus, un moyen-métrage, Tertium non Datur (2005), extraordinairement drôle et original, une fable totalement absurde et cinglante sur le nationalisme où des soldats roumains et allemands chantent du Trenet et dissertent sur la valeur d’un timbre, durant un repas en Ukraine. J’espère que ce résumé vous donnera envie de découvrir Le Chêne (1992), Un Eté Inoubliable (1994), Trop Tard (1996), Terminus Paradis (1998). Voilà un auteur à qui la SACD devrait rendre hommage.

Toujours chez MK2, deux films de Shohei Imamura qui gagna deux fois la Palme d’Or à Cannes, La Vengeance est à Moi (1998) et Eijanaika (1980). Le premier est peut-être le chef d’œuvre de Imamura et comme le dit Jacques Lourcelles, « l’un des rares films que l’on puisse qualifier de Faulknerien ». Il y a bien sûr tout un appareil critique auquel a collaboré Hubert Niogret.

Troisième coffret, chez Wild Side celui-là, sur Mikio Naruse, cinéaste aussi important que Ozu et Mizoguchi. Précipitez vous pour découvrir Le Repas (1951) et Nuages d’Eté (1958), deux chefs-d’œuvre absolus, deux chroniques familiales et conjugales dépouillées, retenues, bouleversantes ainsi que Nuages Flottants (1955) un peu moins abouti mais très émouvant.
Dans les beaux coffrets consacrés à Jacques Doillon, je recommande tout particulièrement Le Petit Criminel (1990), Ponette (1996), Le Jeune Werther (1993), La Vie de Famille (1985), La Drôlesse (1979). Chacun de ses films est présenté par MK2 dans de belles copies avec le maximum de soins et d’excellents bonus.
Bach films (http://www.bachfilms.com/) auxquels on doit la sortie de The Intruder (1962), le film le plus ambitieux de Roger Corman sur un « instigateur de haine » (joué par William Shatner de Star Trek) qui vient prêcher, distiller le racisme dans une petite ville du Sud, a sorti un certain nombre de films soviétiques. Je n’ai pas pu vérifier les copies (celle de The Intruder est bonne). Le cinéma soviétique étant abandonné par le dvd, il est bon de signaler les titres les plus importants, les grands classiques du cinéma :
Arsenal (1928) d’Alexandre Dovjenko (Accompagné du bonus Le Petit Fruit de l’Amour qui est le premier film de Dovjenko, un burlesque de 15 minutes – 1926).
Le Bonheur (1932) de Medvedkine (accompagné du bonus La Demoiselle et le Voyou de Vladimir Maïakovski – 31mm – 1918).
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La Jeune Fille au Carton à Chapeau (1927) merveilleux film du grand Boris Barnet. La Nouvelle Babylone (1929) de Kozintsev & Trauberg (film dédié à la Commune de Paris) sans, je crois, la musique de Shostakovitch.
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Yvan le Terrible I (1944) et Yvan Le Terrible II (1958) de S. Eisenstein.
Et dans les titres moins connus, le spectaculaire : La Bataille de Berlin – Le Dernier Assaut de Yuri Ozerov (5ème volet du film Libération – 1979).
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Je cite pour mémoire Alexandre Nevsky (1938) de S. Eisenstein que je n’aime guère, que j’ai toujours trouvé ennuyeux et guindé, très inférieur au Cuirassé Potemkine (1925).
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Sortie de nombreux westerns, certains assez méconnus comme The Bravados (1958) d’Henry King qui mérite d’être réhabilité pour l’audace, l’originalité de son sujet (un homme croyant venger une injustice, va tuer des innocents), la force lyrique de la mise en scène, la splendide photographie de Leon Shamroy. Le retournement final mêle amertume et compassion. D’autres qui furent très célèbres puis oubliés comme L’Etrange Incident (1943) cette autopsie d’un lynchage, de William Wellman, belle adaptation du roman de Van Tilburg Clark que le cinéaste imposa à Zanuck. En relisant ce livre, je me suis aperçu que les dialogues décapants et originaux de la première scène, que j’attribuais au scénariste Lamar Trotti, ont été repris par Wellman mot pour mot dans le roman.
Autre western qui fut très célèbre et qui changea l’idéologie du genre, La Flèche Brisée (1950) de Delmer Daves, premier western ouvertement pro indien. Certes il y avait eu des précurseurs au temps du muet : en 1920, Le Dernier des Mohicans de Maurice Tourneur et Clarence Brown, dans les années 30 : Massacre d’Alan Crossland, (inédit en Dvd) ou 40 : l’excellent Massacre de Fort Apache de John Ford qui vient enfin de sortir dans une bonne version collector aux Editions Montparnasse. Mais La Flèche Brisée connut un retentissement plus durable. Comme l’écrit Jacques Lourcelles : « C’est le plus important des films ayant contribué à ce que soit reconsidéré, avec respect et dignité, le traitement du problème indien. Qu’une telle œuvre émane de Delmer Daves est aussi naturel que logique. Les mérites du film sont en effet la résultante de la profonde honnêteté morale de l’auteur et de sa connaissance intime du sujet. Le lyrisme de Daves et son immense talent plastique expriment concrètement la dualité du sujet traité ; ce qui aurait pu être (le bonheur parfait des deux héros ayant franchi tous les obstacles s’opposant à leur union) et ce qui a réellement été (l’extrême fragilité et la destruction de ce bonheur) ». Rappelons que le scénario fut écrit par Albert Maltz, (qui avait travaillé en 1945 avec Daves sur le magnifique Pride of the Marines et en 1943 sur Destination Tokyo, plus terne) adaptant la première partie du beau roman de Elliott Arnold. Mis sur la liste noire, il se dissimula derrière Michael Blankfort qui signe le film.
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Autre redécouverte majeure, celle du Jardin du Diable (1954 – Garden of Evil), l’une des grandes réussites d’Henry Hathaway. On redécouvre l’œuvre de ce cinéaste que l’on traitait très superficiellement, malgré l’admiration que lui témoignait Jacques Becker. Ses films noirs sont considérés comme des classiques, notamment Niagara (1953 – beau scénario de Charles Brackett) où son regard, son découpage est d’une acuité sèche souvent digne de Lang (la mort de Marilyn Monroe), l’excellent Appelez Nord 777 (1948 – la photographie de Joe MacDonald devrait être étudiée à la FEMIS,) où le réalisme de façade (celui du scénario) est subtilement récupéré par une mise en scène qui réintroduit le romanesque. Le Carrefour de la Mort (1947) tient remarquablement le coup. Widmark dont c’est le premier rôle et qui fut découvert et imposé par Hathaway est toujours aussi époustouflant et James Agee qui ne s’y était pas trompé, soulignait son style « dur, froid et clair ». Trois adjectifs qui décrivent parfaitement le style du metteur en scène. On ne peut oublier son petit ricanement sadique. Tout aussi remarquable, L’Impasse Tragique (1946 – The Dark Corner) au dialogue époustouflant (« je déteste l’aube. On dirait que l’herbe a passé toute la nuit dehors ») et qui réorchestre avec retenue et élégance tous les grands thèmes du film noir.
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Ses westerns méritent qu’on s’y attarde, surtout La Fureur des Hommes (1958 – Manhunt), hélas inédit en Dvd, et ce Jardin du Diable, très bien écrit par le talentueux Frank Fenton à qui l’on doit les dialogues très inventifs de La Cité de la Peur (1948) de Sidney Lanfield (aux Editions Montparnasse) et des deux premiers tiers de Fini de Rire (1951 – His Kind of Woman, trouvable en VHS et dans un coffret américain Film Noir Vol.3) et le script de deux films proche du Hathaway, La Rivière sans Retour (1954) de Preminger et Au Pays de la Peur (1952) de Andrew Marton.
Les ambitions morales de Jardin du Diable sont évidentes. Elles sont sensibles dans l’écriture du personnage féminin, très éloignés des archétypes habituels, que joue Susan Hayward, dans les signes et symboles qui ponctuent le trajet des personnages. Elles n’étonneront que ceux qui ignorent que Faulkner dédia un de ses romans, Paraboles, à son ami Henry Hathaway qui lui avait suggéré le sujet du livre. Quant à son sens de l’espace, il est sidérant. Sans frime ni recherche d’effets. Peu de mouvements d’appareil mais un découpage acéré qui communique un sentiment d’oppression à des extérieurs très bien choisis : la chapelle, la mine abandonnée, l’arbre où tombe Cameron Mitchell. Comme toujours les moments de violence sont d’une brutalité inattendue, soutenue par la magnifique musique de Bernard Hermann.
En revanche, je reste toujours réticent devant Le Dernier Train de Gun Hill (1959) de John Sturges que je n’avais pas aimé lors de sa sortie. Le film ne se bonifie pas avec l’âge. Le scénario de James Poe m’est apparu encore plus empesé, statique, inerte que dans mon souvenir, les personnages sont encore plus schématiques. Ils sont définis une fois pour toutes dès leur première scène. Poe n’ajoute aucune couleur, aucune ambiguïté et John Sturges ne parvient pas à animer ces marionnettes.
On est très loin de la réussite absolue de La Colline des Potences (1959 – qui n’est pas sorti en zone 1) l’un des chefs d’œuvres de Delmer Daves avec 3h10 pour Yuma (1957) et La Dernière Caravane (1956 – The Last Wagon) qui vient de sortir aux USA. Il retrouve avec ce film, le scénariste de Yuma, Halsted Welles qui avec le très talentueux Wendell Mayes (Autopsie d’un Meurtre, Tempête à Washington, Go Tell the Spartans) adapte une longue et belle nouvelle de Dorothy Johnson. Il en résulte un western ténébreux, histoire de rédemption et de possession, dont le romantisme, le lyrisme évoquent certains romans noirs anglais du XIXème siècle. Les magnifiques mouvements de grue qu’il affectionne tant et qui n’ont aucune valeur stratégique (contrairement à Mann) lui servent à dilater les émotions, à les intégrer au paysage, à faire communier le spectateur avec ce dernier. « Révolutionnaire plus tranquille qu’Aldrich ou Mann mais non moins obstiné, Daves malmène les genres autant qu’un Ray ou un Fregonese, pulvérise le manichéisme traditionnel et, à travers le désordre formel que sa nature bouillonnante et féconde sème un peu partout, renouvelle profondément le cinéma hollywoodien » (Jacques Lourcelles).
On peut noter que ce western magistral, l’un des grands rôles de Gary Cooper et le meilleur de Maria Schell, reprend en inversant les rapports hommes femmes, la figure de la maison refuge, du lieu matriciel qui va provoquer une seconde naissance, qui était au cœur des Passagers de la Nuit (1947).
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Je viens de revoir aussi La Veuve Couderc qui tient superbement le coup et reste l’une des grandes réussites de Pierre Granier-Deferre avec Le Chat (1971), Le Train (1973), Une Etrange Affaire (1981). Et accessoirement deux des plus beaux rôles de Signoret et Delon. Un jour on rendra justice à Granier.
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Tous les spectateurs qui ont adoré, à juste titre, The Secret Life of Words (2005) d’Isabelle Coixet et son court dans Paris je t’aime (2006 – l’un des meilleurs avec celui de Bruno Podalydès, de Walter Salles et surtout celui d’Olivier Assayas et d’Alexander Payne, le seul qui traite le sujet) doivent se ruer sur Ma Vie sans Moi (2003) avec la sublime Sarah Pauley qui est presque aussi réussi.
Idem pour les amateurs de Je ne suis pas là pour être aimé (2005) de Stéphane Brizé qui découvriront avec plaisir sa réalisation précédente : Le Bleu des Villes (1999).
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Dans un autre registre, je voudrais souligner les qualités des Mauvais Joueurs (2005) premier film très prometteur de Frédéric Balekdjian, extrêmement bien joué par Pascal Elbé, Isaac Sharry et Simon Abkarian et qui explore un milieu, un monde rarement abordé par le cinéma français : ce no man’s land où les asiatiques côtoient le monde du Sentier, les arnaques, voire les pratiques criminelles, le monde des fringues et des fast-foods. On revoit avec plaisir Linh-Dan Pham (De Battre mon Cœur s’est Arrêté – 2005).
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Chez Kino (

Autre nouveauté chez Kino : 



Dans la catégorie curiosité, on peut voir avec plaisir 





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I Walk the Line
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Je regrettais la dernière fois que la seule version de 



J’ai revu récemment cette réussite exemplaire qu’est la 


Le premier et remarquable film de
Tout aussi jubilatoire est 

