Lectures de rentrée et séries TV

3 octobre 2017 par - DVD

LIVRES
Précipitez-vous sur le KONG de Michel Le Bris, évocation passionnante de la vie de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack à qui l’on doit KING KONG et les CHASSES DU COMTE ZAROFF, mais aussi deux extraordinaires documentaires muets qu’on trouve encore en DVD à des prix parfois hélas prohibitifs, GRASS et CHANG. Le premier est tout à fait fascinant. Il s’agit peut-être du plus grand documentaire muet, égal sinon supérieur à NANOOK. On a l’impression, justifiée quand on lit les pages formidables que lui consacre Le Bris, d’assister à la naissance d’un film, qui s’invente au jour le jour. Ce qui a été le cas. Schoedsack et Cooper étaient partis à trois, avec Marguerite Harrison, une espionne américaine, deux fois capturée par les Russes, deux fois sauvée. Ils sont confrontés à l’exode d’une tribu de 50 000 personnes qui franchissent des fleuves, gravissent une montagne de 3300 mètres, pieds nus dans la neige. On n’a jamais filmé avec la même intensité ce qu’était un exode. Et la musique qui accompagne ce film muet est magnifique. On apprend dans le livre que les deux plans où l’on voit les deux auteurs du film ont été rajoutés à la fin du montage, à la demande de Jesse Lasky et filmés en studio.
Et ce n’est qu’une petite partie de leur vie qui commence durant la première guerre mondiale, dans l’aviation (l’appareil de Cooper s’écrase et il a les mains brûlées), se poursuit en Pologne quand Cooper s’engage dans l’aviation polonaise en 1920 pour combattre les Russes tandis que son copain, rencontré sur un quai de gare à Vienne, travaille pour la Croix Rouge, assiste au massacre perpétré par les Turcs à Smyrne. Cooper sera fait prisonnier par les Russes, s’évadera. Après l’odyssée de GRASS, il entreprendront au Siam un film plus écrit, CHANG (la charge des éléphants bluffera les plus blasés).
Puis entre des centaines d’autres aventures, ce sera le combat pour imposer KING KONG qui est davantage le projet de Cooper tandis que ZAROFF est intégralement tourné par Schoedsack, l’un filmant la nuit, l’autre le jour. Cooper sera aussi un des fondateurs de la Pan Am, il dirigera dans des difficultés inouïes pendant un moment la RKO avant de s’associer avec Ford dans Argosy… Bonne lecture.

Autre ouvrage passionnant, PARIS ANECDOTE par Alexandre Privat d’Anglemont sur tous les petits métiers de Paris, de la fabrique de pipes culottées au Professeur d’Oiseaux ou au récupérateur de pains rassis et d’autres plus ou moins ragoutants (il y a de ces récupérations de nourriture qui entraîne des ragouts inouïs). C’est un régal, un enchantement.

  

Si vous n’avez pas encore dévoré tous les Sylvain Tesson, à commencer par DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE, plongez-vous dans SUR LES CHEMINS NOIRS qui est consacré à la France qu’il parcourt après être tombé d’un toit et s’être fracassé le corps. Chemin faisant, en reconstituant son corps brisé, il se lance dans des tirades vengeresses contre la destruction de la Nature et le soi-disant aménagement du territoire qui provoque des logorrhées technocratiques au français abscons. Revigorant.

Parmi des dizaines d’autres titres qui m’ont ravi, je m’arrêterai sur le passionnant, jubilatoire, LONESOME DOVE de Larry McMurtry (Gallmeister) où l’on passe du fou rire (il y a des échanges gondolants) à l’émotion, qui grandit dans le deuxième tome, ou encore à la stupéfaction : cette rencontre en plein désert avec un vieil homme qui transporte des ossements de bison dans une brouette et est incapable de formuler deux phrases cohérentes. C’est une des peintures les plus fortes de l’Ouest, du Texas. Et je vais déguster la série TV avec Tommy Lee Jones et Robert Duvall, formidable distribution.

  

Merveilleux moment passé avec Boulgakov et le ROMAN DE MONSIEUR DE MOLIÈRE, chronique émouvante, passionnante, riche en détails qu’on a envie de croire authentiques. Il nous fait vraiment sentir le génie de Molière. Il faut absolument lire aussi LA JEUNE GARDE et bien sur LE MAÎTRE ET MARGUERITE.

    

METS LE FEU ET TIRE-TOI (Gallmeister) de James McBride est autant un pamphlet politique revigorant qu’une biographie de James Brown. Vous croyez connaître son histoire ? Eh bien vous aurez de sacrées surprises. Et vous découvrirez aussi l’Amérique.

Le dernier Russell Banks, VOYAGER est absolument magnifique. C’est une méditation tendre, passionnée sur les voyages, ses différents mariages, les pays qu’il découvre en même temps que l’histoire du monde.

J’ai une ou deux fois parlé de Larry Fondation, auteur noir essentiel. Cet éducateur de rue écrit le plus souvent des textes courts, décapants. Lisez SUR LES NERFS et tous les autres parus avant. Comme l’écrit encoredunoir.com à propos de EFFETS INDÉSIRABLES : « Commençons par nous réjouir que quelqu’un ait eu la riche idée de continuer à éditer en France les écrits de Larry Fondation après que Fayard a cessé de le faire. Sans surprise, ce sont les audacieuses éditions Tusitala qui ont choisi de le faire et on ne peut que les en remercier.
Ceux qui connaissent déjà Larry Fondation ne seront pas dépaysés ; quant aux autres ils prendront le délicieux risque de se faire secouer par un auteur singulier. Comme à son habitude, Fondation balance des fragments de vies – et de mort – à la face du lecteur dans de courtes nouvelles qui vont de quelques lignes à quatre ou cinq pages.
Dans les quartiers de Los Angeles que sillonne Larry Fondation se croisent SDF, femmes et hommes célibataires à la recherche de compagnie ou de sexe, drogués, travailleurs pauvres, petits bourgeois libéraux, déséquilibrés, voleurs à la petite semaine ou retraités. Ils sont blancs, latinos ou noirs et sont en quelque sorte l’âme de la ville même si on ne les voit pas.
Tour à tour violentes, désespérées, durement ironiques et bien souvent très émouvantes, ces trajectoires heurtées ou interrompues forment des flashs qui s’impriment autant dans le cerveau que sur les rétines tant l’écriture de Larry Fondation, malgré une apparence trompeuse d’économie de moyens est évocatrice.
Témoin et poète, Fondation donne une voix à ceux que l’on n’entend généralement pas et prend irrémédiablement aux tripes. Autant dire qu’il ne faut pas passer à côté de ses écrits.»

Finalement, je me suis plongé dans LE RÉVEIL DE LA SORCIÈRE ROUGE de Garland Roark (Phébus), sans doute publié grâce à Michel Le Bris, puisque j’aimais tellement ce film qu’on doit pouvoir trouver en zone 1. Le livre est touffu, rempli de chausse-trapes. Il est raconté – comme le film – par le second, Sam Rosen. Cette histoire de vengeance et de naufrage avec des huîtres tueuses a inspiré le scénariste Harry Brown (DU HAUT DES CIEUX LES ÉTOILES) mais aussi les scripts de KISS TOMORROW GOODBYE et THE SNIPER (ce dernier dans un des coffrets des films noirs Columbia).

  

Et pour terminer rien ne vaut un petit retour à Balzac et au sublime ILLUSIONS PERDUES. Les chapitres sur Angoulême, sur la presse (Balzac était un ennemi de la liberté de la presse qu’il jugeait corrompue et sans morale ; « Le journal tient pour vrai tout ce qui est probable. Nous partons de là », fait-il dire à l’un des plumitifs de son livre, Etienne Lousteau), les intrigues de salon décrites avec un œil d’aigle, le rangent dans les trois ou quatre plus grands romans français.

SÉRIES

Avec beaucoup de retard, je me suis attaqué à la première saison du BUREAU DES LÉGENDES et cela vaut le coup. On est très vite captivé par les aventures de Malotru qui chemin faisant touchent à de nombreux sujets très sensibles, ignorés par le cinéma (La Syrie, l’Iran). Le scénario entremêle plusieurs intrigues avec brio, fait parler chacun dans sa langue ou en anglais (savoureux moment que celui où un Syrien et un Russe se lamentent de devoir se parler en anglais, cette langue qui les fait chier) et la distribution est époustouflante et d’une extraordinaire justesse. On ne sait qui louer en premier de Mathieu Kassovitz à Jean-Pierre Daroussin en passant par Florence Loiret-Caille ou Léa Drucker. Sara Giraudeau m’a subjugué. Mais tous les rôles secondaires sont superbement distribués et crédibles.

Tout aussi remarquable 3 X MANON de Jean-Xavier de Lestrade à qui l’on devait les sensationnels STAIRCASE (SOUPÇONS), UN COUPABLE IDÉAL (les avez-vous vus ?) et PARCOURS MEURTRIERS sur l’affaire Courjault où Alix Poisson était inoubliable. Je n’ai pas vu LA DISPARITION. Comme l’écrit Télérama : « Vraie fiction gorgée de réel, 3 X MANON relate les trois étapes d’une reconstruction-métamorphose, dont les principaux acteurs seront un éducateur pragmatique, une prof de français solaire et une intendante maternelle. C’est le choix des scénaristes de n’avoir réservé à la psy du centre qu’un rôle accessoire, même si c’est elle qui, en une réplique, donnera à Manon les clés de la prison mentale où elle et sa mère se sont enfermées. Dans 3 × MANON, la reconquête de soi passe d’abord par celle du langage, et les deux plus belles scènes de la fiction sont des batailles de mots. Si l’on y croit jusqu’au bout, c’est en grande partie grâce aux comédiens, formidables, Alix Poisson et Yannick Choirat en tête chez les adultes, et, du côté des ados, la stupéfiante Alba Gaïa Bellugi. »
En effet Alba Gaïa Bellugi est absolument splendide de justesse, d’acuité dès ses premières empoignades avec Marina Foïs et de Lestrade s’en prend à un thème fort : l’amour maternel qui broie, étouffe et qui finalement est le contraire de l’amour. Cher Rouxel, vous qui critiquez l’absence des sujets sociaux dans les films télévisés, voyez cette série et aussi MANON 20 ANS qui est tout aussi exceptionnel.

BIG LITTLE LIES est également une spectaculaire réussite qu’on doit au flair, à l’intelligence, de Nicole Kidman qui repérant un livre de Liane Moriarty, achète les droits, s’associe avec Reese Whiterspoon et les deux actrices au lieu d’aller voir un studio, prennent en main la production, financent un scénario écrit par David Kelley. Reese Whiterspoon contacte Jean-Marc Vallée (DALLAS BUYERS CLUB) avec qui elle a tourné WILD et son chef opérateur. La série sera distribuée par HBO et le résultat est formidable avec une interprétation phénoménale de Kidman dans un personnage complexe, tourmenté. Une femme forte, intelligente qui subit périodiquement des violences terribles, une jalousie effroyable de la part de son mari qui pourtant l’aime. On a rarement évoqué si subtilement le problème des violences domestiques. Reese Whiterspoon joue, elle, une mère de famille épuisante à force d’énergie, de volubilité qui se mêle de la vie de toute la communauté et s’oppose violemment à Laura Dern – épatante elle aussi, l’avez-vous vue dans l’excellent RECOUNT de Jay Roach ? -, autre femme de tête. Tous ces portraits féminins sont écrits de manière subtile, y compris la Camilla jouée par Shailene Woodley (qu’on avait vue dans THE DESCENDANTS).

DOCUMENTAIRE
Je ne sais pas si une chaîne publique française osera un jour montrer ENQUÊTE AU PARADIS (Prix Panorama du Jury Œcuménique à Berlin, Fipa d’Or du documentaire de création, Prix Télérama du meilleur documentaire) de Merzak Allouache, l’auteur du REPENTI et d’OMAR GATLATO. Ce documentaire passionnant (un poil long dans le dernier quart) fait parfois froid dans le dos. Le cinéaste confronte des citoyens ordinaires, des jeunes dans un café internet, des femmes, des intellectuels dont Kamel Daoud si aigu, si perçant, si ignoblement maltraité par un petit groupe d’universitaires dont une lectrice du Monde démontait le manque de connaissances, de titres et l’affiliations à des groupes suspects, à un prêche prononcé par un imam radical sur une des 1700 chaines religieuses existant en Algérie. Le résultat passionnant, contradictoire, révèle un racisme endémique, une ignorance radicale chez nombre de témoins. Pas tous.

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Commentaires (63)

 

  1. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous
    Pour rester dans le littéraire consacré au Septième Art, tout d »abord merci à Bertrand Tavernier de signaler KONG de Michel Le Bris, que je ne manquerai pas de me procurer le mois prochain, l’auteur faisant l’honneur de sa présence à une foire du livre dans ma ville.
    Je voulais vous signaler aussi le JACQUES TOURNEUR sorti il y a quelques jours chez Capricci. Un ouvrage collectif édité en continuité à l’hommage rendu au cinéaste lors du Festival de Locarno en août dernier.
    Des reprises d’entretiens des années 60 (à Patrick BRION notamment mais aussi bien d’autres, Paris dans des revues de cinéma) où TOURNEUR parle – je cite en vrac – de sa conception de la mie en scène, de ses rapports avec Val LEWTON, de son opinion sur le procédé CinémaScope (qu’il aimait), des circonstances de sa participation à certains films comme par exemple LA BATAILLE DE MARATHON en 1959.
    Dans son propos il est parfois sévère (lucide ?) avec certains de ses films.
    Beaucoup de ses réflexions sont pour moi une découverte et le bouquin complète bien à mon goût le DIRECTED BY JT de J. MANLAY (Rouge Profond) et le superbe ouvrage de Michael Henry WILSON (Centre Pompidou).
    Chaque genre, chaque film réalisé par l’auteur de CAT PEOPLE est finement analysé par divers auteurs, de ses films français des annees 30 à ses débuts a Hollywood comme réalisateur de seconde équipe et ses courts-métrages.
    Chaque chapitre commence par des propos de JT relatifs aux films abordés. La seule mauvaise idée de l’éditeur est de les avoir imprimés en noir sur un fond gris assez soutenu. A ne pas essayer de lire dans une semi obscurité, ou alors muni d’une bonne loupe.
    Le travail de TOURNEUR à la télévision est aussi traité.
    Bref, un livre captivant que je termine de lire en ce moment, et qui m’apporte des éclairages supplémentaires sur ce cinéaste que j’admire.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Il y avait en premier le numéro de PRESENCE DU CINEMA

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : Oui c’est vrai. Je n’ai pas cité toutes les sources de ces extraits d’entretiens.
        A ce propos, j’ai lu avec intérêt (pages 108 et 109 du livre) l’analyse par Fernando Ganzo de la scène de WICHITA (la mort de l’enfant et la réaction de Wyatt Earp vis à vis de la mère de celui-ci quand elle descend l’escalier) qui me gênait et dont j’avais fait part ici même il y a quelques mois. Et je dois avouer que ce point de vue m’a séduit et aider à mieux comprendre les intentions de Tourneur. Comme quoi aucun avis reste figé.

  2. JulesXR52 dit :

    Voilà ce qu’on peut lire dans le site :

    « Laura et Mauranne : Bertrand et Nicolas vont-ils payer ?

    Laura et Mauranne seraient encore vivantes si Nicolas Sarkozy, sous l’influence de Bertrand Tavernier, n’avait pas aboli l’expulsion des délinquants et criminels étrangers.

    Ils peuvent plaider la fatalité, les circonstances imprévisibles, mais ça ne tient pas : de quelque manière qu’on retourne la question, préférer afficher sa belle âme en faveur d’étrangers plutôt que de se soucier de la sécurité de ses concitoyens est une trahison, une saloperie.

    J’espère qu’un jour, toutes les dettes se paieront. »

    On ne saurait mieux dire…

    • Bertrand Tavernier dit :

      Rassurez vous, Jules de mon coeur, Nicolas sous l’influence de Buisson avait ensuite rétabli la Double peine. Durant son abolition passagère (vous pouvez associer Valery Giscard d’Estaing et Christine Boutin), il n’y a eu aucun crime commis. Et à ma connaissance mais je pense que vous êtes un super expert, ce n’étaient pas des double peine

      • stag dit :

        Bertrand j’imagine un Rochefort stoïque, immobile, vous regarder avec un de ses petits sourires finement orné de sa moustache, et vous lâcher une réplique de TANDEM « c’est des cons je te dis ».

        Je regarde votre Horloger diffusé ce soir, je reconnais plein de coins, comme si Rochefort me guidait, je n’avais jamais relevé que vous aviez filmé sur cette petite île du parc. Merci de nous partager vos passions ici. Vous êtes le seul cinéaste à le faire.

      • Yves Rouxel dit :

        Cher Bertrand.J’espère que vous allez ignorer ce genre de propos qui ne concerne en rien le blog consacré au cinéma.Monsieur le moderateur essayez de filtrer ces diatribes qui ne font que salir le 7ème art.Que pensez vous Bertrand de l’affaire Weinstein à Hollywood,infos ou intox?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel

          Ses pratiques étaient abjectes. Le New York Times avait refusé de publier un article en 2004. Et maintenant qu’ils est moins fort tout le monde l’attaque

        • Michael Rawls dit :

          A messieurs Rouxel et Tavernier:

          I believe that Mr. Weinstein is probably guilty but I think the number of players piling atop him has something to do with the withdrawal of droit de seigneur attendant upon his suspension and subsequent firing. People kept their mouths shut because of fear of loss of advertising (the NYT) or fear of losing a plum part in one of those Easy Listening Miramax transatlantic excuses for an art house film and not because they risked being strung up with some co-resistant with a sign hung ’round their necks reading WE ARE DEAD BECAUSE WE SHOT AT GERMAN SOLDIERS. As for the delayed reactions (well, they had to wait for their wet fingers to dry to determine the wind direction) of such American politicos as Clinton and Obama, I am reminded of an exchange from CASABLANCA:
          Renault (French Prefect of Police): I am shocked,shocked to find that gambling is going on here!
          Croupier (at Rick’s Cafe Americain): Your winnings, sir.

          Or your contributions.

    • Catherine dit :

      Monsieur XR52, c’est marrant comme je vous imagine en train de consulter d’anciens numéros de Rivarol, lorsque vous avez du temps libre, dans votre sous-sol aménagé en abri anti-bougnoules (et accessoirement anti-nucléaire, car on ne sait jamais)…
      C’est très cliché, certes, mais vous êtes un archétype et vous le méritez.

    • ballantrae dit :

      Mais quel est encore ce pseudo à la con? Jules XR52 (cela fait L52, comprenne qui pourra…).
      Je pense que les justiciers dans l’âme ont d’autres tâches à viser que nous ennuyer avec leurs rodomontades!

  3. Yves Rouxel dit :

    Il arrive souvent que l’actualité sociale rejoigne la fiction télévisuelle ou cinématographique.Tout d’abord je voulais revenir sur ce fait survenu la semaine dernière à Paris ou un employé d’un magasin s’est donner la mort.Le lendemain matin le directeur décide normallement d’ouvrir l’enseigne.L’ensemble s’est mis en grève en souvenir de cet homme qui à été mis à bout des horaires décalés avec à la clé un salaire de misère.Depuis 6 salariés ont démissionné de ce magasin Monoprix.Revenons au tv-film de Louis Julien Petit diffusé l’an dernier sur Arte. »Carole Matthieu »est une œuvre choc tenu de bout en bout par Isabelle Adjani qui incarne une medecin du travail au sein d’une société qui emploit des téléconseillers qui vendent des fenètres ou des douches par téléphone.Le manager est derrière chacun au milieu du plateau et pousse à la vente des individus qui mettent pas assez d’eux mèmes.Quotidiennement elle reçoit des ètres au bord de la depression,du burn-out et du suicide.L’un d’eux Patrick à été muter dans un autre service car il enchainer des arrêts maladie et la direction ne pouvait le licencier.C’est le système de la carotte ou le meilleur vendeur du mois se voit offrir un petit diamant qu’on lui perçe dans le lobe de l’oreille.Ah cette sacré réussite sociale ou les individus sont broyés dans la machine si ils ne tiennent pas le rythme.Carole se débat tant bien que mal face à une DRH implacable aux ordres de la direction parisienne(formidable Corinne Masiero qui est à contre emploi de son role du capitaine Marleau sur France 3).Suite à un rebondissement une enquète est diligentée par la police mais je ne révelerais rien sur le fin mot de cette chronique sociale qui mérite une vision du plus grand nombre.Dans un autre genre j’ai vu un documentaire sur le projet d’Alejandro Jodorovsky »Dune »co-produit par Michel Seydoux avec un casting détonnant.Dali devait incarner l’empereur,Mick Jaegger le prince,Amanda Lear la princesse.Tiré de l’œuvre de Moebius le projet fut refusé par Hollywood trop frileux par rapport à la personnalité du cinéaste mexicain.Enfin quand on voit le résultat de David Lynch,c’est dommage.Cette semaine je vais m’attarder sur le réalisateur Haitien Raoul Peck qui à signer plusieurs documentaires sur l’Afrique dont un sur Patrice Mumumba.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Et des fictions pour la télé dont je crois avoir parlé, sur l’affaire villemin et la promotion de l’ENA

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Et au moins une autre fiction pour le cinéma, L’HOMME SUR LES QUAIS, de 1993, que j’avais bien aimé à l’époque mais que je n’ai pas revu depuis.

    • Alexandre Angel dit :

      A Yves Rouxel,
      Concernant DUNE, je crois savoir que Denis Villeneuve serait pressenti ou sur les « starting blocks ».

      • MB dit :

        à A Angel: et de deux!

        (pardon)

      • Yves Rouxel dit :

        Visuellement « Blade runner 2019″est une réussite mais sur le plan scénaristique il y à quelque chose qui cloche.Finalement on se demande si l’oeuvre de Ridley Scott méritait une suite malgré la présence de l’agent Deckard(Harrison Ford)qui apparait au bout de deux heures.On est loin de l’ambiance,des noirceurs et de la mélancolie des »répliquants »,le seul point interessant est la musique d’Hanz Zimmer qui relève un peu le film.Donc Villeneuve serait sur le point de reprendre le flambeau du projet de Jodorovsky.Pourquoi pas la suite de »Shining »avec le jeune Danny et sa mère Wendy?

  4. ballantrae dit :

    Sinon je fais lire régulièrement avec succès le Boulgakov sur Molière parallèlement à la lecture des pièces et ne peux donc qu’abonder dans votre sens: c’est vif, élégant, humain et fourmillant de détails réels ou simplement vrais.

  5. ballantrae dit :

    La série Lonesome dove est passionnante, très bien joué et narrée annonce les deux réussites cinéma de Tommy Lee Jones: netteté du trait, pauses amusantes et/ou baroques (qu’on devine potentiellement réalistes), sens de l’espace et du cadre, bonne utilisation de la musique et excellente direction d’acteurs.De quoi regretter que s’éloigne la perspective d’une adaptation de Méridien de sang.
    Je n’ai pas lu les romans mais vais le faire sans tarder, après Kong.

  6. ballantrae dit :

    Quant à Balzac, oui bien sûr il faut toujours revenir vers lui, essayer de lire toute la Comédie humaine ( ce que je n’ai toujours pas achevé!) ou les textes autres.
    Illusions perdues et sa « suite » Splendeurs et misères des courtisanes sont mes deux Balzac préférés.J’aime beaucoup Rubempré mais aussi le rôle joué par Vautrin, vrai condensé de la dimension romanesque (feuilletonnesque) que prisait ce vrai/faux réaliste.Et bien sûr David Séchard, image merveilleuse de l’amitié telle qu’on peut la rêver et la rencontrer dans ces cadeaux que la vie peut réserver.
    La vie de l’imprimerie à Angoulême, les petits salons provinciaux sont un régal qui réussit à monter en puissance lors de l’arrivée à Paris où tout s’enchaîne de manière tourbillonnante ( la scène de l’opéra où le hiatus social explose, le journalisme, le milieu de l’édition, etc…) avant l’amertume terrifiante des derniers chapitres.
    Balzac ou la générosité absolue de la description aussi…je n’ai jamais compris qu’on puisse s’ennuyer en lisant ces pages là qui permettent d’arpenter un lieu, de comprendre un microcosme, un métier.Le lieu y est aussi un temps car on croit voir défiler l’évolution d’une bâtisse, d’une entreprise, des us et coutumes d’un travail.
    Dans ce domaine, seuls Hugo, Zola, Giono et Gracq me semblent avoir atteint un tel degré de perfection, Proust étant un peu à part, hors normes.
    Rivette a conçu de belles adaptations de Balzac ( La belle noiseuse me semble très abouti mais comme « caché »/ Ne touchez pas la hâche est plus frontalement une adaptation et me semble tout aussi riche) et je trouve dommage que les cinéastes ne se soient pas plus penché sur son oeuvre.
    Le colonel Chabert était décevant, passée la séquence initiale.Il y aurait de quoi faire avec Goriot, Le lys dans la vallée, Feraggus, etc…

    • Henri Patta dit :

      a Ballantrae.
      Il y a un « VAUTRIN » joue par michel Simon dans les annees 40 qui n ‘est pas un chef-d ‘oeuvre mais pas mal du tout.
      Desole , je n ‘arrive pas a retrouver le realisateur. Ca me reviendra.
      J ‘ai le souvenir d ‘un telefilm du PERE GORIOT avec aznavour mais un peu decevant de memoire lointaine.

      • ballantrae dit :

        Aznavour y était bien mais le téléfilm était plutôt pesant, empli de moments trop littéraux, sans idées de cinéma.
        Zola et Hugo ont été mieux servis par le cinéma que Balzac.Ruiz a tenté une Maison de Nuncingen pas tout à fait aboutie, dommage qu’il n’ait fait avec les Treize ce qu’il a magnifié dans Les mystères de Lisbonne.

      • Antoine dit :

        Il s’agit de Pierre Billon.

      • MB dit :

        Il y avait un CURE DE TOURS de Gabriel Axel avec Carmet et Bouquet que j’avais adoré.

  7. ballantrae dit :

    Le livre de Le Bris me semble assez passionnant et cet écrivain singulier mérite d’être plus connu
    Schoedsack et Cooper sont vraiment des cinéastes surprenants et talentueux par delà King Kong et Zaroff-ou plutôt en deça puisque il faut découvrir d’eux effectivement Grass défendu ci dessous mais aussi Chang avec son aspect semi documentaire ou le film d’aventures exotique Quatre plumes blanches (qui a connu d’autres versions ultérieures moins probantes).
    On parle beaucoup du bouquin de Haenel en ce moment où apparaît Cimino: croyez moi, cela ne vaut pas le détour comme souvent avec cet écrivain!
    Je vous crois sur parole, Bertrand, pour ce Le Bris et vous en reparlerai dès que lu.Son travail sur Stevenson est remarquable, ses propres récits aventureux aussi.
    Notons qu’il a failli concevoir un film d’A Resnais baigné dans les légendes bretonnes.

  8. MB dit :

    Puis-je conseiller à tous quand le commentaire qu’on veut déposer n’a pas un lien direct avec qqch d’une page créée par Bertrand, d’aller le déposer sur la page la + récente, actuellement « Lectures de rentrée et séries tv » parce que si on dépose tous sur des pages précédentes comme James Whale et Universal, ça devient le b… faut s’y retrouver après. Bon ben moi je dis ça j’ai rien dit, hein?

  9. Damien D. dit :

    Sur Schoedsack et Cooper on est étonné qu’après KING KONG ils n’aient pas confirmé leurs talents dans le cinéma comme vous le mentionniez dans 50 ans. Il faut dire que c’était des aventuriers et que leurs intérêts étaient variés. La réalisation constituant pour eux sans doute une expérience à un moment donné. Car finalement c’est le succès de KONG qui les a incité à faire deux suites en 1933 et 1949. Leur Dr CYCLOPS révèle aussi de leur intérêt pour le genre aventure fantastique. Plus étonnant, leur péplum de 1935 fait un peu « tâche » dans leur filmographie (une commande pour la RKO ?)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      Le livre formidable de LeBris montre bien qu’ils ont été comme cramés par leurs deux créations. Cooper ne veut plus réaliser. Il a tout exprimé dans son film. Dr CYCLOPS et POMPEI sont deux films de Schoedsack seul, Cooper produisant vaguement le second quand il était à la RKO mais sans s’y mêler et Schoedsack va avoir les yeux abimés durant la guerre de 39/45

      • Damien D. dit :

        Je vais me procurer le livre de Le Bris qui semble en effet passionnant sur ce duo de réalisateurs ! Oui CYCLOPS c’est Shoedsack seul : plus mineur mais avec des effets spéciaux et une utilisation de la couleur sympas.

    • Julia-Nicole dit :

      Ce livre sur Schoedsack et Cooper semble effectivement passionnant. J’ai une vénération sans bornes pour KING KONG, qui est probablement le film que j’ai vu le plus souvent, et qui garde intact son pouvoir de fascination. C’est l’une de ces œuvres rares qui témoignent, à mon sens, du génie humain, comme, par exemple, le TRISTAN ET ISOLDE de Wagner. LES CHASSES DU COMTE ZAROFF est aussi un véritable chef-d’œuvre.
      Dans un autre genre, il faut absolument lire la biographie de Maurice Tourneur signée Eric Bonnefille: MAURICE TOURNEUR, UNE VIE AU LONG COURS, parue récemment aux éditions L’Harmattan. Non seulement cet ouvrage ne fait pas doublon avec celui de Christine Leteux sorti il y a 2 ans, mais il le complète utilement en étudiant de façon plus approfondie, par exemple, la période française, ou en apportant de nouvelles informations tout à fait étonnantes sur la vie de ce grand cinéaste que l’on commence à redécouvrir. Ce livre y contribue brillamment.

      • Mathieu dit :

        A Julia-Nicole:
        Eric Bonnefille est aussi l’auteur d’un livre (en deux volumes) sur Duviviver (JULIEN DUVIVIER, LE MAL AIMANT DU CINEMA FRANCAIS, également chez L’Harmattan) que j’ai trouvé très intéressant, très fouillé, très informé, avec notamment une grande place consacrée à l’accueil critique de chaque film.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Je dois avouer que je me fous de beaucoup d’avis critiques qui très souvent trahissent les manques de leurs auteurs. Je trouve qu’on doit garder les deux ou trois qui disent des choses vraiment intéressantes pour ou contre MAIS SURTOUT ce qui compte c’est l’avis de l’auteur MAINTENANT et non pas celui de critique de 1943, sauf s’il est pertinent ou totalement erroné. Je me battais avec certains livres que publiait l’Institut avant les Actes Sud où il y avait 90% de textes critiques anciens et deux lignes de commentaire actuel

        • MB dit :

          parfois les textes critiques historiques révèlent l’aveuglément dû à la proximité temporelle, à l’influence de l’actualité: le critique qui a une longueur d’avance sur le public peut s’enorgueillir ainsi d’être sûr de son avis et d’avoir un goût sûr en réagissant rapidement, surtout dans la critique de rejet. Et parfois non. Beaucoup de critiques de l’actualité cherchent à surprendre le lecteur en rejetant un film qui a le malheur d’avoir une bonne réputation à l’avance, et il y a la jalousie du cinéaste raté, ça existe! Tarantino a été gâté par la majorité de la critique il sera donc injustement descendu par l’élite qui ne s’en laisse pas compter.
          Mais Bertrand je suis friand des critiques de l’époque du film ancien, c’est très instructif historiquement.

        • Julia-Nicole dit :

          A Bertrand Tavernier
          D’accord avec MB. Je trouve très instructif d’apprendre comment un film a été accueilli à sa sortie, et de comparer avec la réputation qu’il a ou non acquise avec le temps. Concernant JULIEN DUVIVIER – LE MAL AIMANT DU CINEMA FRANCAIS, l’auteur, après avoir analysé en détail chaque film et argumenté très précisément ce qu’il en pense, ne recopie pas des pages de critiques, mais effectue une synthèse des réactions suscitées lors de sa présentation, en citant quelques extraits significatifs. Il est tout à fait étonnant de découvrir, par exemple, que LA BELLE EQUIPE a été assez mal reçu en 1936, ou que VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS avait été défendu par Truffaut (mais oui!) ou Astruc.
          C’est la même démarche qui a été adoptée dans MAURICE TOURNEUR – UNE VIE AU LONG COURS. Ceci dit, il faut relativiser. La partie consacrée aux critiques (autres que l’auteur) représente peut-être 10% du bouquin.

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Comme MB je m’intéresse à l’accueil critique d’un point de vue historique et sociologique, du point de vue du rapport du cinéaste et de son œuvre avec son époque, et j’attends peu d’ éclaircissements sur l’œuvre elle même (même chose pour la littérature, c’est intéressant de savoir ce qu’ont pensé de leurs œuvres les contemporains de Rousseau, Stendhal ou Baudelaire, même -et parfois surtout si- leur jugement nous parait aujourd’hui erroné).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          D’accord si les citations éclairent l’époque et le film mais souvent j’ai lu des extraits on voit que Paris presse trouvait que les acteurs jouent bien et autre opinions dont on se fout. La défense de VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS (et POT BOUILLE) par Truffaut est célèbre

        • Yves Rouxel dit :

          A Tous.Je vous signale au passage la sortie prochaine de deux coffrets indispensable.Un ou l’on retrouve 8 films de Clouzot dont »l’enfer »qui fut inachevé puis celui sur Duvivier.Des cadeaux à offrir avant la « ruée »de Noel ou à s’offrir tout court.Gaumont sort aussi plusieurs dvd notamment un film de Léonide Moguy un réalisateur que j’affectionne beaucoup.On y reviendra en détail,j’oubliais chez Carlotta et sydonis une flopée de films noir et de western avec nos chers intervenants:Patrick Brion,Yves Boisset François Guérif puis un peit nouveau qui parle bien de cinéma,c’est Bertrand Tavernier.

  10. Cecil Faux dit :

    Bonjour à tous,

    Merci beaucoup de parler de « Recomptage » de Jay Roach, une satire ébouriffante, virulente, de la politique américaine au moment de l’élection truquée de G.W.Bush. Laura Dern y joue avec une autodérision et un courage impressionnants…

    Il y a quelque temps, M. Tavernier avait parlé de « The Big Short – Le Casse du siècle » d’Adam McKay, le meilleur film de fiction (avec « Eviction ») sur la crise financière, avec des explications pédagogiques sarcastiques et très rigoureuses (les métaphores de la cuisine du poisson pour expliquer certains produits financiers, je ne m’en suis toujours pas remis).

    Ces deux cinéastes sont très surprenants… enfin, ils me surprennent, moi : après plein de comédies superfines (hum), ils se mettent à réaliser des films historiques et politiques très ambitieux : outre ceux cités, l’un sur Dalton Trumbo et Lyndon Johnson (« All the Way »), l’autre à venir sur Dick Cheney (« Backseat »). Leurs films politiques restent des comédies satiriques et c’est superbe et original dans le cinéma américain contemporain.

    Merci encore de parler de Jean-Xavier de Lestrade, dont tous les films que j’ai vus sont exceptionnels de dignité, de sérieux, de profondeur, d’humanité. Je viens de voir « Parcours meurtrier d’une mère ordinaire » (le boîtier du DVD ajoute un sous-titre, « L’Affaire Courjault », qui n’est pas du tout dans le film, sans doute pour donner une idée du sujet). Fabuleux et exactement ce que j’aime au cinéma : montrer, parler des êtres autant qu’on peut, et montrer qu’il y a un point où on ne sait pas et le mettre en évidence, fermement et modestement. Véronique Courjault a une personnalité clivée (ce n’est pas un secret) et tout le travail sur les reflets dans le box réservée aux accusés le traduit visuellement de manière infiniment variée, changeante et surprenante : parfois on voit le visage sur le reflet, parfois seulement le reflet, parfois deux reflets identiques séparés de quelques centimètres… Lestrade interroge les acteurs du drame et des psychologues et reconstitue des moments du procès avec des acteurs. C’est absolument haletant. Alix Poisson serre le coeur avec sa petite voix déchirée.

    • Alexandre Angel dit :

      J’aimerais bien voir ce RECOUNT et c’est vrai qu’il y a quelque chose à suivre avec Jay Roach qui m’avait surpris avec son TRUMBO (alors que récemment, je ne suis pas allé au bout du premier AUSTIN POWERS).

    • MB dit :

      à Cecil Faux: je vais voir le + vite possible les films dont vous parlez avec tant de clarté, précision et conviction! C’est exactement ce que je cherche ici merci beaucoup.
      En ce qui concerne Reese Witherspoon, elle m’avait épaté dans un autre film politique (même s’il s’agit d’élections de délégué de « high school »), c’est ELECTION de A Payne (encore un conseil de Bertrand), et dans le film de Mulligan MAN ON THE MOON.

      • MB dit :

        … et je vois que Jay Roach prépare une série sur l’élection présidentielle.

        • Cecil Faux dit :

          Merci pour mon bug sur Julianne Moore… Je vais aussi le prendre à ma médiathèque. Donnez-nous des nouvelles de « The Big Short » !

        • MB dit :

          J’espère qu’on a pas la même médiathèque! Enfin j’irai dés l’ouverture pour être sûr de le choper en 1er!

        • Cecil Faux dit :

          Merci MB, eh bien on doit habiter la même ville et vous m’avez grillé… ou alors je n’ai juste pas de chance…

        • MB dit :

          A Cecil Faux: THE BIG SHORT: alors je dois dire que si le film est vraiment très bien fait (ce qui veut un peu tout dire), je n’ai pas réussi à suivre! Je dois pas être doué de l’intellect pour les films « financiers », je ne sais toujours pas ce que c’est un CDO, un CDO syntéthique, un « swap »… L’explication pédagogique à la table de jeu m’a échappée. J’avais rien pigé au LOUP DE WALL STREET et m’étais retrouvé comme un ballot au générique de fin. Ce soir GAME CHANGE, je crois que ce sera plus limpide.
          Pour revenir à la finance, avez-vous vu BOILER ROOM de Ben Younger dans le monde des courtiers, celui-ci j’avais réussi à accrocher, très bons acteurs comme dans BIG SHORT où Steve Carell est très impressionnant.

        • Cecil Faux dit :

          Vous me donnez envie pour « Game Change », veuillez le rapporter au plus vite, je vous prie(non ça va, je suis déjà au max d’emprunts…) Bref, oui je m’attendais à une charge (comme sur le personnage de Laura Dern dans « Recomptage ») mais c’est bien aussi s’il arrive à nuancer…

          Pour les produits dérivés, si ça vous tente, essayez cette vidéo pas mal du tout : https://www.youtube.com/watch?v=caztBry5m_4

          « Le Loup de Wall Street » : un peu vague sur les arnaques dans mon souvenir. Très divertissant, super drôle, mais c’est une vision par le petit bout de la lorgnette : on y voit la folie et la cupidité des hommes mais c’est tout un système qui est pourri (banques, agences de notation, courtiers, politiques de dérégulation – merci Clinton, politiques monétaires…).

          J’aime beaucoup le film « Arbitrage » de Nicholas Jarecki, un drame psychologique sur un banquier escroc aussi mais avec des relations humaines fortes et très bien interprété (de toute façon, dès qu’il y a Brit Marling…)

          Je retenterai « Les Initiés », je crois que j’avais craqué devant l’acteur principal (Ribisi) qui a toujours l’air d’avoir 16 ans et demi…

      • Cecil Faux dit :

        Merci, MB ! Les films de Payne et de Mulligan ont l’air très bien, en effet. Jay Roach a aussi fait « Game Change » sur Sarah Palin (Meryl Streep, quelques années avant de jouer Margaret Thatcher), que je n’ai pas vu. Le personnage est moins important mais j’espère le film aussi agressif…

        • MB dit :

          GAME CHANGE: oui j’ai vu ça à ma médiathèque, je vais le prendre demain. Et THE BIG SHORT aussi. C’est Julianne Moore qui joue la Palin merci encore.

        • MB dit :

          à Cecil Faux: GAME CHANGE est une réussite. Les Américains sont souvent très bons quand ils cherchent à raconter l’historique, pour le travestir ou le reproduire. Ici, c’est la tradition Lumet ou Frankenheimer ou Schaffner (THE BEST MAN), Sarah Palin peut nous sembler éloignée désormais mais ce saut en arrière nous fait voir un peu d’où sort Trump. A l’époque les conseillers de Mac Cain n’avaient pas pris soin, trop pressés, d’examiner la culture historico-politique de Palin et s’apercevaient avec horreur après l’avoir choisie qu’elle ne savait pas qu’il y avait deux Corées (d’où, la guerre des USA en Corée dans les 50 lui était inconnue), qu’elle croyait que la reine d’Angleterre était le chef du gouvernement britannique et 39-45… Trump aurait pu sortir la même bourde et ça aurait rejoint le gros sac de bourdes trumpiennes qui font rire les comiques, sans plus. La performance de Julianne Moore me semble moins importante meme si réelle , que celà: une espèce de rappel de quel chapeau sort Trump mais fait penser que celui qui suivra dans cette catégorie sera pire. Et avant ça il y avait Ross Perrott, à chaque fois ça monte d’un cran. Et je trouve honnête que le scénario ne charge pas Palin et la montre réellement aimante de sa famille, et même touchante. Le portrait est contrasté.

  11. Mathieu dit :

    A Bertrand:
    A propos de GRASS, le magnifique documentaire de Cooper et Schoedsack (que j’ai vu grâce aux DVD des Films du Paradoxe, reprenant l’édition Milestone), il ne s’agit pas à proprement parler d’un exode, mais de la transhumance annuelle des nomades Bakhtiaris vers leurs pâturages d’été.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MATHIEU
      Mais cela donne l’impression de ce qu’est un exode

      • Mathieu dit :

        A Bertrand :
        Je viens de revoir GRASS, absolument fascinant de bout en bout. De fait Cooper induit (bien inutilement selon moi) par les intertitres la fiction d’une migration décidée par le chef vers une terre promise, un pays inconnu, alors que ce que les images nous montrent, notamment lors des grandioses séquences de la traversée du fleuve Karun puis de celle des montagnes enneigées, c’est justement la formidable expérience dont font preuve les Bakhtiaris sur ce chemin qu’ils entreprennent chaque année vers leurs pâturages. Cette expérience, cette adaptation à leur habitat est pour moi plus fascinante et émouvante que la fiction d’un exode vers une terre promise. Contrairement à trop de musiques récentes composées pour des films muets, celle du DVD est très belle, et adaptée, anatolienne en Anatolie, arabe en Arabie, iranienne en Iran…

        • MB dit :

          à Mathieu: c’est magnifique mais dommage que l’on ne comprenne pas qu’il s’agit d’une migration annuelle et non d’un exode unique. D’ailleurs, en tant que migration saisonnière, c’est encore plus incroyable, comme exploit. Je vais découvrir CHANG.

  12. Sullivan dit :

    A Bertrand : Ce qui est bien avec LE BUREAU DES LEGENDES, c’est que la série évolue avec bonheur. J’ai trouvé les deuxième et surtout troisième saison, encore meilleures. Outre Kassovitz « Malotru », il faut noter les délicieuses prestations de Daroussin « Socrate », Sara Giraudeau « Phénomène », Florence Loiret-Caille ou bien encore Jonathan Zaccaï et un poilant Gilles « Moule à gaufres » Cohen, entre autres. Le Capitaine Haddock aurait certainement abondé dans mon sens…
    Quant au « roman » de Le Bris, vous m’avez donné envie de lire lors de votre passage dans Le Cercle de l’ami Augustin Trapenard où vous parliez de FAUTE D’AMOUR.

    • stag dit :

      A Bertrand et Sullivan, je me fais une joie de découvrir cette « série », je pense garder en moi longtemps un souvenir ému de Sarah Giraudeau chanter si subtilement Dabadie (« aimer ») devant son père, c’était je crois aux Molières, mais je ne suis pas sûr.

    • Damien D. dit :

      LE BUREAU DES LEGENDES : une magnifique série au casting impeccable et aux thèmes incroyablement contemporains. Les saisons 2 et 3 sont effectivement encore plus prenantes malgré peut-être une ou deux scènes moins crédibles dans la saison 2…
      Une des meilleures séries découvertes ces dernières années (avec TRUE DETECTIVE qu’il faut que vous découvriez aussi Bertrand !)

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Damien D
        Mais je l’ai vu et pensais en avoir parlé.

      • ballantrae dit :

        A ce propos, la saison 2 de True detective très décriée mérite aussi le détour.
        Question séries, le gros choc récent me semble avant tout la saison 3 de Twin Peaks, toute en sinuosités incroyables, en ruptures de ton brusques, en idées de mise en scène fulgurantes.

    • ballantrae dit :

      J’ai manqué cette émission et ai très envie de découvrir Faute d’amour car Zviaguintsev est un grand cinéaste qui ne me semble jamais avoir déçu au fil de ses 5 longs.
      On parle souvent de Tarkovski à son propos mais peut-être n’est ce pas la bonne référence comme le disait un classikien: on peut aussi songer à Kieslowski pour l’acuité du regard, la netteté du trait.

      • Yves Rouxel dit :

        J’ai raté »Faute d’amour »son nouveau film sorti le mois dernier.Y à t-il un blogueur sur la toile qui à vu ce film?

        • Damien D. dit :

          Très bon film FAUTE D’AMOUR, d’une maîtrise totale même si le propos y est très dur (une société russe en voie de déshumanisation galopante). Je n’en dirai pas plus pour ceux qui ne l’ont pas vu.

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