Le cinéma de Dorothy Arzner

20 décembre 2016 par - DVD

DOROTHY ARZNER

Pour beaucoup l’hommage à Lumière consacré à Dorothy Arzner fut une révélation. Pour moi aussi, qui n’avais vu que DANCE GIRL, DANCE sur le monde du « burlesque » qui m’avait paru timide et conventionnel. Une tirade revendicatrice de Maureen O’Hara avait permis au mouvement féministe de s’emparer du film et de le surestimer. On est à des lieues de GRAIG’S WIFE, MERRILY WE GO TO HELL, ANYBODY’S WOMAN ou WORKING GIRLS.
Malheureusement, c’est l’un de ses seuls titres qui est disponible en DVD avec le banal et languissant CHRISTOPHER STRONG, pourtant écrit par sa scénariste de prédilection, Zoe Akins, que rachète partiellement l’interprétation lumineuse, élégante et totalement maitrisée  de Katharine Hepburn  dont ce n’est que le second film et celle touchante de Helen Chandler.

merrilywegoMERRILY WE GO TO HELL que l’on trouve soit dans un coffret consacré aux films Universal pre-Code soit séparément, compte en revanche parmi les meilleures réussites de Dorothy Arzner qui, comme l’écrit Antoine Royer, dans DVDClassik « aura été l’une des plus remarquables marginalités issues du giron des studios hollywoodiens durant les années 20 : en premier lieu, c’était une femme, et probablement la première réalisatrice à avoir obtenu une place de cette envergure à Hollywood. Plus encore, c’était une lesbienne, qui portait des pantalons et assumait ses amours, notamment avec la danseuse et chorégraphe Marion Morgan, dont elle partagea la vie pendant des décennies où cela ne se faisait pas encore. Et la plupart des films de Dorothy Arzner, sans pour autant être des pamphlets revendicatifs, portent ainsi en eux quelque chose de cette identité singulière, tant dans les thèmes abordés (notamment autour de la condition féminine, avec des personnages qui décident de prendre en main la direction de leur existence plutôt que de subir la pression de l’ordre social) que dans la manière de les appréhender. »
Je discuterai simplement et très légèrement « l’identité singulière » car aucun des films d’Arzner ne trahit vraiment ses préférences sexuelles (elle-même les vivait discrètement comme le rappelait Philippe Garnier) contrairement à ce que ressassent les universitaires américains. Même s’il lui arrive de dénoncer des conduites phallocratiques dans les couples, comme dans un certain nombre de mélodrames (BACK STREET de Stahl). De même que Cukor faisait attention à dissimuler son homosexualité dans ses films. On peut en effet noter l’attention que porte Arzner à ses personnages féminins – ici Sylvia Sidney qui a rarement été plus belle, plus délicate et ailleurs la sidérante Ruth Chatterton  sans oublier Rosalind Russell extraordinaire dans CRAIG’S WIFE : attention aux visages, aux costumes, aux cadrages. Mais dans MERRILY WE GO TO HELL (c’est le toast qui ponctue chaque libation de Jeremy Corbett), Fredric March est exceptionnel, tout comme John Boles dans CRAIG’S WIFE, voire Clive Brooks et surtout Paul Lukas dans ANYBODY’S WOMAN, ce qui contredisait un peu l’assertion de Garnier selon laquelle, elle sacrifiait parfois les personnages masculins.
Il y a un thème qui court à travers tous ses films : les couples mal assortis ou dysfonctionnels pour des différences de classe, de milieu, de caractère. Parfois les protagonistes surmontent ces différences, après bien des souffrances comme dans ce film, parfois non comme dans CRAIG’S WIFE. Toujours Antoine Royer : «  MERRILY WE GO TO HELL (1932) est un film admirable, à de nombreux points de vue. Stimulant, troublant, émouvant, léger tout en étant empreint de gravité et de subversion, le film témoigne d’une excellence de production assez généralisée qu’il convient de souligner ici. Avec le recul conféré par quelques décennies de mélodrames plus ou moins honnêtes autour de l’alcoolisme – et parmi eux, de bien rares chefs-d’œuvre – on pourrait trouver le déroulé du film un peu attendu, somme toute prévisible. Quatre contre-arguments, au moins, invitent à modérer le constat critique. Premièrement : avant 1932, la figure de l’alcoolique n’avait que rarement été traitée en tant que telle au cinéma, si ce n’est pour donner l’occasion de scènes d’ivresse comique et/ou bagarreuse, et des ressorts dramaturgiques qui peuvent aujourd’hui paraître obligés ne l’étaient pas forcément, loin de là, à l’époque. Deuxièmement – et pour revenir à cet admirable titre – : certes, le couple central va être mis à mal par la dépendance à l’alcool de Jerry, et ce qui est attendu survient… mais peut-on finalement reprocher à un film de se tenir au programme annoncé sur son affiche ? Troisièmement, le scénario d’un film ne se limite pas, loin de là, au déroulé de son intrigue, et le film contient suffisamment de singularités périphériques, dans son approche de son sujet ou dans le traitement de ses personnages secondaires, pour attiser la curiosité. Et enfin, quatrièmement : il ne faudrait pas confondre le moyen et la fin, et MERRILY WE GO TO HELL n’est en réalité pas tant un film sur l’alcoolisme qu’une œuvre sur les obsessions individuelles et les pulsions destructrices qu’il engendre souvent. »
Le ton oscille entre la cocasserie et la gravité, la légèreté et le drame et l’action avance comme  suspendue dans un nuage d’alcool, ce qui dramatise les chutes et les faux pas. Corbett va se remettre à boire sous l’influence de son ancienne petite amie qui l’avait pourtant maltraité :« Pourquoi me considères tu avec cette dévotion ? », lui demande-t-elle quand ils se retrouvent, « celle qu’on accorderait à un boa constrictor ». « C’est vrai, j’étais jeune et égocentrique » – «  Et maintenant ? » – « Maintenant, je suis jeune et égocentrique ». Et il va entraîner provisoirement sa femme dans sa chute. Il y a des parenthèses surprenantes : la recherche d’un baryton occupe pendant quelques scènes les déambulations d’un trio de fêtards dont March (« il n’est ni baryton ni gentleman », dit il après avoir testé un barman vocaliste et après qu’un autre barman ait répondu « je n’autorise pas les barytons ici ») et tout à coup une réplique poignante, quand Sylvia Sidney qui vient elle aussi de boire, déclare : « Je vous donne l’état sacré du mariage moderne : on vit seul, dans des lits jumeaux avec trois Alka Seltzer le matin. » Remarquable dialogue, brillant, moderne et rapide d’Edwin Justus Mayer (March découvrant que Sidney est la fille de Prentice, le roi de la conserve : « Ah, celui qui met des objets dans une boîte que moi j’ouvre pour les en retirer »). Arzner parvient à contourner tous les clichés, nous faisant sentir la muflerie de March mais aussi sa fragilité, la souffrance. Elle maitrise tous les changements de ton avec une grâce infinie.

anybodyswomanANYBODY’S WOMAN (1930) est dans la même veine et débute par un moment anthologique. Clive Brook surprend par la fenêtre  dans une chambre voisine, deux chorus girls dont l’une joue de l’ukulele. C’est Ruth Chatterton qui est absolument inoubliable. Ils vont se marier. Toujours un de ces couples mal assortis qui peuplent les films d’Arzner avec tous les incidents que cela entraine : les gaffes de la jeune femme, ses manières plébéiennes, l’arrogance des amis du marié, imbus des privilèges de leur caste. Mais avec l’aide de la scénariste Zoe Akins (qui adapte une histoire de Gouverneur Morris, l’auteur pulp de EAST OF JAVA), Arzner triomphe de tous les pièges et réussit à constamment nous surprendre. Tous les personnages à commencer par celui que joue si délicatement Paul Lukas, révèlent des facettes inattendues, une couleur qu’on n’avait pas repéré, une surprenante véracité (notamment celui que joue Lukas qui prend tout le monde à contre pied) et le scénario évite tous les stéréotypes. La Pansy de Ruth Chatterton est une fille naturelle, décente, loyale qui reconnaît ses erreurs et refuse qu’elles la plombent. Elle peut aussi être rude quand il le faut, n’hésitant pas à gifler un soupirant trop insistant, ce qui se retourne contre elle. Le scénario est ponctué par des intertitres : un Mois Après, le Lendemain, comme un film muet mais ce qui paraît ailleurs une béquille, devient ici une manière dynamique de raconter l’histoire, faisant saliver le spectateur. D’autant qu’Arzner utilise admirablement l’espace (les personnages coincés dans des chambres proches ou de très grandes pièces) et le son : un ventilateur permet de réverbérer des conversations et de les faire entendre à une autre personne, astuce digne du Dumas des TROIS MOUSQUETAIRES avec la fameuse cheminée.

WORKING GIRLS (1931) ne se situe pas au même niveau en partie à cause du matériau de base, une pièce de Vera Caspary  se déroulant à l’origine dans une chambre d’hôtel de femmes, avec une distribution entièrement féminine. Zoe Akins rajouta donc les personnages d’hommes et tous les extérieurs. Et surtout, avec la réalisatrice, elle noie l’intrigue sous une foule détails, de personnages, de notations si bien que la trame a moins d’importance que l’atmosphère. Parmi les « working girls » (c’est à dire plus ou moins des prostituées dans l’argot de l’époque, l’équivalent des « travailleuses » chères au Milieu français) du titre, figurent deux sœurs et là Arzner va montrer peu à peu que celle qui paraît flirter le plus est en fait la plus posée, la plus pragmatique. Et Dorothy Hall est d’ailleurs assez convaincante alors que le jeu de Judith Wood se révèle assez exaspérant et forcé. Autre faiblesse, Charles Buddy Rogers distribué ici à contre emploi (il est frivole, égoïste, oublieux de toutes ses promesses), ce qui ne dynamise pas son talent. Heureusement la mise en scène d’Azner, son attention à de petits détails surmontent les faiblesses du sujet et de l’interprétation.. Elle dynamise par ses plans, ses cadrages des moments où pourtant rien ne paraît se passer qu’elle soigne particulièrement, souligne la caractère prolétarien de certains personnages, réussit plusieurs séquences de montage et dirige remarquable Paul Lukas, personnage complexe et touchant. Les premières séquences se déroulant dans l’hôtel ont suscité des exégèses soulignant leur côté lesbien qui nous semble pourtant indéchiffrable. Certes, on voit une fille cligner de l’œil vers une copine mais cela paraît  davantage un gag qu’une tentative de séduction. Et quant aux filles qui dansent ensemble, on en voit beaucoup dans les films de la Dépression, voire plus tard, quand leurs copains ou maris étaient de mauvais danseurs, sans que cela trahisse la moindre influence homosexuelle. Ce film passionnant fut malheureusement un échec commercial.

CRAIG’S WIFE (1936)
craigswifePour Edward Chodorov qui produisit le film et déclare avoir travaillé au scénario, c’est la dernière réussite de Dorothy Arzner et sans doute son chef d’œuvre. L’Histoire semble lui donner raison. Inspiré d’une pièce de George Kelly, l’oncle de Grace, qui reçut le prix Pulitzer, le scénario est crédité à Mary McCall qui accomplit (sous la supervision ou avec l’aide de Chodorov ?) un travail remarquable, supprimant les digressions de la pièce, ses longueurs, réduisant les trois actes à 71 minutes. Bien sur, on peut penser que vu le laps de temps (identique dans la pièce) l’évolution du mari et sa soudaine lucidité sont un peu précipitées mais John Boles et la mise en scène parviennent à faire accepter la convention. Le couple dysfonctionnel qu’il forme avec Rosalind Russel (le choix de l’actrice est revendiqué par Chodorov mais sa direction, rigoureuse, tendue, semble être le fait de la réalisatrice), femme parfaite, ménagère perfectionniste qui aime davantage sa maison que son mari ou le monde extérieur, est l’un des plus forts, des plus originaux de toute l’œuvre d’Arzner qui en compte pourtant pas mal. Elle est froide, calculatrice, obsédée plus par les apparences, par ce que vont dire les gens que par les ennuis judiciaires qui peuvent tomber sur son mari. Sa recherche de l’indépendance à tout prix, sa volonté d’autonomie la conduisent à nier le monde extérieur, à ne privilégier que sa maison : elle se montre d’une incroyable dureté envers une de ses plus fidèles domestiques (Jane Darwell), coupable d’avoir invité quelqu’un à la cuisine ; elle méprise sa voisine qui lui amène sans cesse des roses (délicieuse Billie Burke), ment de manière éhontée à sa jeune nièce à qui elle déclare que le « mariage est le seul moyen d’acquérir sa liberté ». Et peu à peu va se retrouver seule, abandonnée par tous. Rosalind Russel sait combiner la froideur et la fausse gentillesse qu’elle exhibe pour la galerie et qui sont les deux faces de la même pièce. Elle arrache son interprétation sans jamais avoir l’air de juger son personnage, de le commenter et l’on sent qu’elle est non pas un monstre mais le produit parfait d’une société. Arzner transforme sa maison avec l’aide d’un de ses amis, le décorateur d’intérieur William Haines qui remplaça Stephen Goosson qu’elle avait renvoyé, en une sorte de mausolée, un tombeau pour sa propre gloire qui finit par devenir suffoquant. Elle joue sur les verticales pour augmenter ce sentiment d’oppression et le moment où Boles fracasse le vase qu’elle essuie et repositionne constamment, résonne comme un sacrilège libérateur. Il l’avoue avec une certaine jubilation, conquérant ainsi sa liberté.
harrietrcraigHARRIET CRAIG, le remake qu’en fit Vincent Sherman, est vraiment intéressant pendant plus de la première moitié, surtout par rapport à ce que l’on a appris de Crawford par la suite, ses obsessions, sa maniaquerie, son coté tyrannique avec ses proches. Le film incorpore certains de ses traits et ce, alors que Crawford avait une histoire d’amour avec Vincent Sherman qui dura 3 ans. Est-ce que ceci explique cela, est-ce que Sherman qui disait que les Noël chez Crawford était une torture ne les a pas ajoutés dans le script ? Le fait que Crawford les ait acceptés, connaissant le voile qui dissimulait sa conduite avec  ses enfants et ses proches, laisse rêveur. Masochisme, sentiment d’invulnérabilité ? Cela renforce l’intérêt du film, filmé avec une vrai fluidité et un sens certain de la direction d’acteur. Le dernier tiers trahit son origine théâtrale et les coups de théâtre sont assénés sans subtilité malgré l’interprétation très convaincante de Wendell Corey. Le film est plus long que le Arzner, plus psychologie et Crawford paraît plus ambitieuse dans ce qu’elle recherche et plus perverse avec son mari.

Autres films vus à Lumière

BUTCH CASSIDY ET LE KID tient très bien le coup même si un des passages ultra-célèbres grâce à la chanson de Bacharach prend des airs de vidéo clip. J’ai été très sensible au scénario et surtout au remarquable dialogue de William Goldman (avec cette brusque irruption d’un type qui veut placer la bicyclette au milieu du recrutement d’une milice) auquel George Roy Hill contribua et aussi à la manière dont ce dernier passe dans sa réalisation de la comédie, de la désinvolture à la gravité. Il y a deux monologues extrêmement touchants de Katharine Ross, notamment le dernier quand ils vont se séparer qui s’enchaine sur une ellipse très émouvante. Roy Hill a très souvent raconté l’histoire de types instables, pas très mûrs, inadaptés psychologiquement (pensez à THE WORLD OF HENRY ORIENT). Tarantino disait à Lyon que dans tous ses films, il y a un affabulateur et un idéaliste. Ce qui n’est pas faux.

  damedanslauto  lbjones  butch cassify

Dans le programme préparé par Quentin TARENTINO, j’ai pu enfin voir LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES ET UN FUSIL de Litvak qui est plaisant et bien mené (Samantha Eggar est fort bonne de même que Fresson) et comme le dit Tarantino « hip et cool ». Mais comme beaucoup d’adaptations de Japrisot, le récit et le suspense sont tellement alambiqués qu’ils réclament 25 minutes d’explications.

THE LIBERATION OF L.B. JONES (ON N’ACHÈTE PAS LE SILENCE) tient très bien le coup et nous étions injustes dans 50 ANS avec ce film. Nous allions jusqu’à mettre en doute, erreur inexcusable et ne s’appuyant sur rien, les convictions personnelles de Wyler. Or on apprend dans FIVE CAME BACK de Mark Harris que Wyler avait demandé à Capra de réaliser le film sur les soldats noirs. Capra l’envoya dans le Sud avec un scénariste noir Carleton Moss et là, Wyler fut horrifié par tout ce qu’il découvrit : un racisme omniprésent, violent, y compris à l’intérieur de l’armée qui l’empêchait de travailler avec son co-auteur : ils ne pouvaient pas être ensemble dans les restaurants, les hôtels, les trains. Ecœuré, Wyler abandonna le projet en déclarant qu’il haïssait le Sud. Et cette violence, on la sent tout au long de THE LIBERATION OF L.B. JONES. Ce que nous qualifions de cynique est en fait une lucidité qui refuse les compromis et l’ordre établi. Et le jeune avocat qui quitte le pays est la réincarnation de Wyler, touche profondément personnelle. Le projet, évidemment, a bénéficié du succès de IN THE HEAT OF THE NIGHT, mais il n’en a pas la roublardise (inconsciente ?). Nulle réconciliation, nulle main tendue entre les Noirs et les Blancs à la fin, qui mettait tellement en colère James Baldwin. Seul bémol, Wyler se livre à tout un montage de plans cut, ultra rapides, sur le visage d’une jeune noire, concession inutile à l’air du temps qui jure par son pseudo modernisme. Belle musique d’Elmer Bernstein.

LECTURES

francoisdassiseSAINT FRANÇOIS D’ASSISE (Éditions Le Bruit du Temps du Temps) est une magnifique et revigorante biographie écrite par l’immense GK Chesterton (dans tous les sens du termes, il mesurait 1 mètre 96 et était un colosse). Bien qu’il se soit converti au catholicisme, Chesterton n’est pas un auteur paralysé par les dévotions. Comme l’écrit Anne Weber dans sa belle préface et qui parle de l’éblouissement que l’on ressent à la lecture : « nul besoin pour cela d’être soi-même catholique orthodoxe comme Chesterton, ni même catholique tout court, ni même croyant. Du moment qu’on est un être humain, comment ne pas être ébloui face au merveilleux personnage que l’on découvre et qui ressemble si peu à l’idée qu’on se fait communément d’un saint, ni d’ailleurs à rien de ce qu’on a jamais connu. On suppose qu’on va avoir affaire à quelque ascète sinistre et l’on se retrouve face au plus joyeux des hommes. » Chesterton trace le portrait d’un François qui a d’abord voulu s’illustrer à la guerre avant que la maladie le terrasse, un homme profondément démocratique, voire révolutionnaire et l’on y apprend une foule de détails savoureux, cocasses ou bouleversants. « Toute l’explication de Saint François, écrit-il, c’est qu’il était certes ascétique et qu’il n’était certes pas sombre… Il se jeta dans le jeûne et les vigiles aussi furieusement qu’il s’était jeté dans la bataille. Il avait fait faire à son coursier volte-face complète mais il n’y avait ni arrêt ni ralentissement dans la foudroyante impétuosité de sa charge. Elle ne présentait rien de négatif ; ce n’était ni un régime ni une simplification stoïque de la vie. » On admirera au passage l’écriture de Chesterton que vénérait Borges. J’ai été fasciné par les rapports entre le monde des troubadours, voire des jongleurs et François.
De Chesterton, il faut absolument lire UN NOMMÉ JEUDI, cette fable sarcastique, LES ENQUÊTES DU PÈRE BROWN et si vous le trouvez d’occasion, son prodigieux essai sur Dickens dont certaines pages constituent le plus beau texte jamais écrit sur John Ford. Je vais aussi commander chez le même éditeur sa vie de Robert Browning.

Je me suis replongé avec délices dans certains livres d’Albert Cossery, ce romancier égyptien qui écrivait en français et en anglais : LES HOMMES OUBLIÉS DE DIEU fut préfacé  par Henry Miller. Il faut absolument découvrir LES FAINÉANTS DE LA VALLÉE FERTILE, LA VIOLENCE ET LA DÉRAISON, MENDIANTS ET ORGUEILLEUX.

albertcossery  isabelleeberhardt

Petite promo familiale, ma fille Tiffany vient d’écrire une belle biographie sur Isabelle Eberhardt, UN DESTIN DANS L’ISLAM (Tallandier). C’est passionnant, touchant et très actuel. Quel destin.

Bouquins a eu la fort bonne idée de réunir en deux volumes les chroniques d’Alexandre Vialatte parues dans La Montagne au temps béni où les journaux s’offraient de vrais et grands écrivains. C’est un éblouissant festival, sublimement écrit, jubilatoire. Du bonheur à chaque ligne. En l’ouvrant au hasard, je suis tombé sur ce que Vialatte écrivait sur BONJOUR TRISTESSE. C’est splendide. Il trace un portrait si élégant, si profond de Sagan, si drôle où il a déjà tout senti, tout compris. Voilà un bon remède face aux tonnes de langue de bois qui se déversent.

vialatte2  borntorun

L’autobiographie de Bruce Springsteen BORN TO RUN (Albin Michel) est un livre émouvant, un vrai portrait de l’Amérique populaire, ouvrière, pauvre (il y a des pages formidables sur la manière dont il vivait). Il parle avec honnêteté de ses crises de dépression, des doutes qui le ravagent : un an et demi pour mixer THE RIVER. Les rapports ambigus, douloureux avec son père, son évocation chaleureuse de sa mère, ses luttes pour conquérir sa liberté, la description de la disparition du saxophoniste Clarence constituent des pages bouleversantes comme tout ce qu’il écrit sur Elvis, Dylan, Pete Seeger. Du coup je me suis replongé dans certains de ses albums, NEBRASKA qui fut méconnu, BORN IN THE USA qui lui valut des félicitations de Reagan, THE SEEGER SESSION, THE GHOST OF TOM JOAD inspiré par LES RAISINS DE LA COLÈRE et Woody Guthrie.

Dans ma collection western, chez Actes Sud, je signale la parution de CIEL ROUGE, un roman de Luke Short, auteur totalement ignoré en France, où il introduit avec brio les principes du roman noir dans le western. Robert Wise en tira un fort bon film, nocturne, à peine gâché par de mauvaises transparences et que rachetaient Mitchum, déjà génial, et une scène de bagarre incroyablement violente. Sans oublier la sublime photo noir et blanc de Nicholas Musuracca. Luke Short participa au scénario, ce qui explique la fidélité du film au roman. Une partie des qualités que MB trouve fort justement dans TON HEURE A SONNÉ, viennent du livre de Short, CORONER CREEK, même si le scénario de Kenneth Gamet le simplifie quelque peu. Toutes les scènes de violence sadique proviennent du roman.

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L’ÉTRANGE INCIDENT (the Ox Bow Incident) de Van Tilburg Clark est un admirable roman, profond, âpre, fort. A lire d’urgence. Voilà un immense écrivain qui influença des dizaines d’auteurs. Il s’agit sans doute du premier livre de fiction sur le lynchage.

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THE COLOR LINE est une riche exposition au Musée du Quai Branly et aussi un très beau triple CD sorti par Frémaux & associés : chansons de travail, de protestation, blues urbains ou campagnards, Come Sunday d’Ellington.

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Lisez aussi LA SILICOLONISATION DU MONDE, un essai qui fait parfois froid dans le dos. Eric Sadin est l’un des rares intellectuels à penser la numérisation de notre monde. Voilà 10 ans maintenant qu’il interroge d’un point de vue philosophique l’impact du numérique sur nos sociétés. Cette fois-ci il parle de « silicolonisation » du monde, contraction de deux mots : la Silicon Valley, lieu mythique du développement du numérique aux Etats Unis, et colonisation tant la réussite industrielle de ces produits colonise le monde selon lui. Cet essai est une charge contre les Facebook, Apple et autres Amazon qui contrôlent subrepticement nos vies pour en tirer des services via les applications et générer des profits à une échelle jamais atteinte auparavant.

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Commentaires (381)

 

    • Denis Fargeat dit :

      A Marc Salomon
      Merci pour le renvoi… les bras me tombent de tant de bêtise. On n’en finit jamais de savoir si les artistes ont un sexe ou non, ça rappelle le bon temps où on décidait gravement de celui des anges. Avec ça, un petit climat de chasse aux sorcières, ou aux sorciers je ne sais plus… c’est un fait, les réalisatrices n’encombrent pas les dictionnaires, il serait donc bon de voir leurs films au lieu de faire proliférer sur leur dos des polémiques stériles… en tous cas voilà ce pauvre Philippe Garnier rhabillé pour l’hiver. Vivement le printemps!…

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Denis Fargeat
        Vous avez raison, c’est un texte d’une bêtise confondante qui piétine les réalités historiques et les volontés des cinéastes. Ni Arzner ni Cukor ne voulait que leurs gouts sexuels transparaisse dans les films, le choix des acteurs des sujets. Cukor était véhément là dessus. Non par peur, car sa vie privée était connue de tous et ses fetes défrayaient la chronique. Whale qui étalait tout autant ses préférences se dissimulait moins dans certaines oeuvres, encore que…En tant que créateur, ils ne pensaient que la vie privée devait se refléter dans les oeuvres. Alors, on peut lire certains plans d’arzier, une manière d’illuminer un personnage féminin mais toujours de manière oblique et en retrait. Petite note : quand Garnier écrit son premier article (sur lequel il est revenu et qu’il a amendé dans ses interventions à Lyon) personne en France et surtout pas l’auteur de l’article ne s’intéresse à Arzner
        Il y a d’ailleurs un truc plus scandaleux : la cinémathèque a du faire des hommages à TOUS LES CINÉASTES BORGNES DE HOLLYWOOD : Walsh, Lang, De Toth, Tex Avery, Ford. Cela dénote une incroyable préférence par rapport aux réalisatrices borgnes et aux réalisatrices. 100% pour les borgnes, 20% pour les femmes. Et rien pour les aveugles

  1. Denis Fargeat dit :

    Entendant à la radio  » Les berceaux » de Fauré, je me faisais la réflexion que cette musique, connue sans être rebattue, m’était très familière ; et que celà était sans doute dû au fait que Fauré était resté, sans être vraiment oublié, un musicien pour musiciens… son esprit aurait donc infusé dans la chanson , la musique de film *, et c’est ainsi que, de proustienne façon, on se trouve ému par ce qu’on reconnaît de l’esprit du compositeur.
    Je me suis dit que ces « Berceaux » étaient un peu comme une maison de famille qu’on retrouve dans son souvenir, dont on ouvre les volets en arrivant, un soir d’été… et l’image m’a bien sûr conduit au « Dimanche à la campagne » de Bertrand, nourri précisément par la musique de Fauré. Fauré serait-il donc LE musicien de cet état d’esprit là?
    Pardon pour la rêverie, hors-sujet des sujets abordés, mais j’avais envie de partager l’image.
    * Barbara, Souchon/Voulzy, Philippe Sarde… beaucoup je crois ont été à des titres et degrés divers les vecteurs de quelque chose de Fauré. Mais c’est discutable, c’est un peu de l’homéopathie musicale…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Denis Fargeat
      Mais c’est très bien ce que vous dites

    • MinettePascal dit :

      A Denis :Sans prendre trop de risques, Ravel doit un petit quelque chose à Fauré, non ?

      • Denis Fargeat dit :

        A Minette Pascal : Ah, certainement, mais surtout pour faire du Ravel. Ce qui m’intéresse là, c’est moins de relever les influences que de voir ce qui reste inchangé de l’esprit d’un compositeur ; ou comment tracer des molécules de Fauré, identifiables à tel ou tel endroit…… et puis Fauré serait le nom d’un certain climat, en demi-teinte, que je retrouve dans la musique de Sarde pour « Hôtel des Amériques » , et la chanson de Souchon-Voulzy pour « Le zèbre » de Jean Poiret (pour donner 2 exemples.) C’est bien sûr très subjectif, et bien sûr plus explicite dans le cas du « Dimanche à la campagne ». Mais chut, pour s’épanouir cette musique doit vivre un peu cachée…

  2. Serge M dit :

    La maison de Stanley Kubrick dans le Périgord est en vente. Curieux que Frederic Raphael qui habite la même région ne parle pas de cette proximité dans DEUX ANS AVEC KUBRICK.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Serge M
      Elle est peut être postérieure au livre. C’est la maison de sa femme

      • ballantrae dit :

        Je confirme que cette maison située à Domme n’a été acquise que tardivement par Christiane Kubrick qui a maintenant 85 ans et ne pourra certainement pas effectuer les allers retours France/GB aussi fréquemment qu’avant.

      • stag dit :

        A Bertrand,
        Belle inspiration Bertrand, je m’imaginais mal Kubrick sortir de sa propriété anglaise et après vérification Christiane Kubrick avait acheté ce bien en 2006.

        • Serge M dit :

          Ca confirme donc que Kubrick n’a jamais dépassé un rayon de 50 Kms autour de chez lui en plus de 30 ans. Pour des raisons qui ne seront jamais éclaircies. Une deuxième équipe s’est sans doute chargé de filmer les extérieurs de l’Overlook aux Etats-Unis. Les intérieurs c’est que du studio en Angleterre non ? J’ai la flemme de vérifier. Frederic Raphael raconte que Cruise et Kidman étaient venus chez lui en atterrissant sur sa pelouse. Ahurissant !

  3. Yves Rouxel dit :

    Si il y à un film à voir cette semaine,c’est bien »Chez nous » de Lucas Belvaux.Le réalisateur met les pendules à l’heure et nous ouvre les yeux à travers l’histoire de cette jeune infermière du Nord de la France qui va ètre recruter par un medecin d’un parti populiste d’extreme droite.Il est agréable de voir André Dussollier dans ce genre de personnage ambigue et complexe,ça lui change des comédies alimentaires avec José Garcia.Comme je l’ai lu ici ou là les personnages du film ne sont pas caricaturer du tout.Catherine Jacob qui incarne la leader de ce bloc identitaire est le clone parfait de Marine le pen,Guillaume Gouix dans celui d’un ancien membre d’un groupe de petites frappes qui avoue avoir mis le feu à des voitures en banlieue afin d’accuser des arabes ou amener des valises plein d’argent au Luxembourg est crédible.Puis il y à le père retraité,un ancien mineur communiste qui apprendra que sa fille va se présenter aux municipales et qui n’en croit pas ses oreilles.Lucas Belvaux pointe aussi les erreurs du PS et des communistes après 81 avec la montée en flèche du chomage,la création par Rocard du RMI,l’explosion des banlieux face à la discrimanation à l’embauche de personnes vivant dans les cités,le manque de moyens sur l’éducation,la santé,l’accompagnement des jeunes qui lachent les études pour la rue et les trafics en tous genres.Bon le point faible du film c’est le manque de moyens financier lors de la séquence du meeting entre autre.Sinon c’est une chronique fidèle à la réalité sociale de notre pays.

  4. Yves Rouxel dit :

    Hier en revoyant »La poursuite infernale »de John Ford je me suis dit que s’était un des meilleurs westerns du genre.En effet sur l’aspect technique et le positionnement des caméras lors de la scène dans le saloon entre Fonda et Mature,Ford utilise le champ-contre-champ de façon lumineuse.On sent que chaque plans est travaillé minitieusement avec un savoir-faire personnel et singulier.La scène ou Fonda va se recueullir sur la tombe de son jeune frère abbatu au début du film est saisisante et emplit d’émotions.Ford ne manquait pas d’humour car la séquence ou un acteur vient déclamer Shakespeare dans le saloon est mémorable.Enfin le point fort est le duel final avec un découpage impressionnant tourné au cordeau,sans temps mort,ou tous les personnages ont l’air de sortir du cadre et apportent un détail dans leurs comportements.Dans le bonus il faut voir la version définitive avec des scènes inédites coupés au montage final.En revanche la VF est excécrable.Tout d’abord Tombstone devient Tombeau puis les prénoms des personnages à été francisés de façon ridicule.Victor Mature se prénomme Jean,ça tient pas la route.

    • MinettePascal dit :

      Sur « My darling », la scène de l’acteur shakespearien va au delà de la touche d’humour. Elle donne une profondeur incroyable au personnage de Mature, reflet exact de l’esprit de la tirade d’Hamlet. Ce n’est pas mettre du Shakespeare pour redorer le blason du genre, comme le font d’autres n’ayant pas peur du cheveu sur la soupe, c’est complétement à propos. Shakespeare et Ford fusionnant ! Unique.
      Il faut relire cette tirade d’Hamlet. Quel bijou de sens, d’ambiguïté, de matière à penser. Et cette batterie de métaphores filées qui ravale nos pourtant chers Corneille et Racine au rang d’écrivaillons de mansarde.
      On avait débattu sur les deux héros du film. lls se complètent, bien sûr, et Fonda nous fait fonde…fondre ; mais Mature, il est quand même aux petits oignons. Le chouchou de papy, reconnaissons-le, que Shakespeare hausse à un niveau d’intérêt inaccessible au personnage d’ Earp.
      A mon humble, méprisable et foulable aux pieds avis, bien sûr.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MinettePascal
        Exact mais arrêtez de d’insulter, de disqualifier des auteurs de génie pour en célébrer un autre. Une tirade sublime ne ravale jamais des dramaturges comme Corneille (dont dix chefs d’oeuvres ont été longtemps sous estimés) et Racine au rang d’écrivaillon. Surtout que leurs recherches sur le sens, la musique des vers sont très différentes. C’est le type même d’argument dont se servait Voltaire et autres pour disqualifier Shakespeare. JE N’ACCEPTE PAS QU’ON DÉZINGUE EN DEUX ADJECTIFS DEUX ECRIVAINS SUBLIMES POUR EN GLORIFIER UN AUTRE. ON N’ÉLÈVE PAS DE MONUMENTS SUR DES CADAVRES

        • MinettePascal dit :

          Mr Tavernier, je ne dézingue ni l’un ni l’autre, rassurez-vous, et d’abord parce que je les aime tous les deux. Bien sûr que la poésie anglaise ne repose pas exactement sur les mêmes procédés que la versification française de cette époque. Mais il faut reconnaître à Shakespeare une richesse qui n ‘a pas d’équivalent. Il y a du Shakespeare dans l’écriture de Hugo, jusque dans le cinéma qui reprend sa recette de mélange comédie-tragédie. Je ne sais pas si Corneille a eu autant d’influence !
          Ceci dit, HORACE est une sorte de western, vu sous l’angle de ses « ingrédients »…
          Ecrivaillon, c’était pour exprimer un contraste, c’est tout.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinnettePascal
          Ecrivaillon est méprisant. Il suffit de dire ce que vous dites de Shakespeare en comparant ce dernier avec ses contemporains , Marlowe, Webster, Ford. Les classiques préconisaient un ordre qui a donné des oeuvres admirables, même si l’on sent Corneille un peu étouffé mais PHEDRE, CINNA, POLYEUCTE n’ont pas d’équivalents

        • Alexandre Angel dit :

          Je me permets de signaler que des pages extraordinaires ont été écrites sur l’art tragique des Grecs à Ibsen par le philosophe-esthète George Steiner dans un de ses premiers essais (si ce n’est le premier) : LA MORT DE LA TRAGEDIE. C’est un livre de chevet. On le trouve dans l’anthologie que consacre Quarto Gallimard à Steiner. C’est l’échange mettant en vis-à-vis Shakespeare, Corneille et Racine qui m’incite à citer et conseiller cet ouvrage capital. Steiner insiste notamment sur le fait que, contrairement aux arrangements que la langue shakespearienne rend possibles, ces derniers n’existent pas pour les vers de Racine qui sont, affirme Steiner, impossibles à traduire.

        • MB dit :

          à A Angel: j’ai commandé le bouquin de Steiner, ça me changera des livres de cinéma.

      • MB dit :

        à M Pascal: « Sur « My darling », la scène de l’acteur shakespearien va au delà de la touche d’humour. (…) Shakespeare et Ford fusionnant ! Unique. »
        Je suis bien d’accord, je n’ai jamais trouvé cette scène comique, elle fusionne avec Will S.. C’est d’ailleurs Fonda (ou Mature?) qui ne comprend rien en disant à la fin « Shakespeare n’était pas fait pour les bistrots ni les ivrognes ». mais c’est une scène dramatique et émouvante.

        • MinettePascal dit :

          A MB : Si on me demandait un top 5 des scènes de western que je préfère, je mettrais sûrement en number one Mature récitant Hamlet comme si c’était lui qui l’avait écrite. Mais j’hésiterais avec Andy Devine demandant à Vera Miles si elle veut aller se promener du côté du désert au début de Liberty Valance.
          Quelle serait la vôtre ?

        • RASTELL dit :

          Il y a un cinéaste qui est beaucoup plus shakespearien à mon sens que ne l’a été John Ford et c’est évidemment Orson Welles. Et non pas seulement parce qu’il aurait réalisé au cinéma quelques-unes des meilleures adaptations qui existent à ce jour de quelques immortels chefs-d’œuvre du grand dramaturge. Si l’on peut a priori considérer le personnage que joue Victor Mature dans « My Darling » comme éminemment shakespearien, ce qui justifierait a priori qu’il puisse déclamer – et non pas Fonda – presque jusqu’au bout le célèbre monologue d’Hamlet, c’est pourtant le personnage joué par Henry Fonda, Wyatt Earp, qui me semble typiquement plus fordien, plus caractéristique du génie du grand metteur en scène et qui ne doit pas grand-chose en définitive au génie shakespearien. Son volontarisme typiquement américain, sans être démonstratif comme peuvent l’être par exemple celui de nombre de héros dans le cinéma classique hollywoodien (pensons par exemple à ceux si peu shakespeariens, c’est-à-dire peu propices à se laisser gagner par les affres du doute ou de l’indécision chez Howard Hawks) en fait une figure éminemment représentative du génie de John Ford qui est un génie bien évidemment épique et non pas dramatique. Fonda, et c’est ce qui devait tellement plaire à Ford, exprime dans le moindre de ses actes, son étonnante démarche et surtout sur son visage un volontarisme mesuré, qui n’est aucunement agressif, têtu même, mais qui n’en existe pas moins, celui-là même bien sûr qu’on a vu au préalable chez Tom Joad dans « The Grapes of Wrath » et qu’on retrouvera dans son extraordinaire interprétation de Custer ou si l’on veut du Lieutenant-Colonel Thursday dans « Fort Apache » et surtout dans « The Fugitive » l’un des films les plus injustement sous-estimés du réalisateur. L’arrivée à Tombstone de Wyatt Earp et de ses frères qui est une scène beaucoup plus typique du génie de Ford que ne l’est selon moi la scène de la tirade d’Hamlet et dans laquelle comme on sait il cherche à se faire raser, mais qui n’y parvient pas en raison de l’absence d’autorité réelle de la ville, incapable de mettre sous les verrous un seul indien aviné, est là pour nous rappeler à quel héros croit ou veut croire le cinéaste et donc à quel type individu il veut tout simplement faire confiance. Il y a une pierre angulaire qui chez Ford doit être constamment recherchée pour que tienne l’édifice communautaire et sans laquelle rien ne va plus. Pas de société donc sans individu et sans individu de préférence sacrifié même pour la légende comme nous l’aura appris et presque seul en son temps John Ford et notamment dans cet incomparable chef-d’œuvre qu’est bien évidemment « The Man Who Shot Liberty Valance ». Ce ne sont pas les noirs démons qui peuvent assaillir l’âme humaine qui intéressent de préférence John Ford et qui caractérisent bien sûr tant de héros shakespeariens ou contemporains, et qui convenaient tout à fait à l’univers au noir et blanc si contrasté du génial réalisateur de « The Touch of Evil ». Wyatt Earp écoute bien le monologue déclamé par Doc Hollyday dans cette scène de « My Darling » mais comme s’il ne se sentait pas vraiment concerné. Ce n’est pas Hamlet que joue ou veut jouer Wyatt Earp, lui qui ne cherche pas à prendre à son propre piège la tête du roi ou si l’on préfère la raison dernière de toute autorité comme dans la pièce de Shakespeare. John Ford est bien trop un auteur épique pour ne pas savoir que pour se faire raser sans souci ici-bas il vaut mieux ne pas trop déclamer « To Be or not to Be » ou alors à la seule manière bien entendu … d’Ernst Lubitsch.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Rastell
          Magnifique texte. Ford ne se prétendait jamais Shakespearien. Son auteur de référence c’était Dickens. Walsh au contraire pouvait vous citer des tirades de Shakespeare

        • MB dit :

          à M Pascal: Erreur: c’est l’acteur (Alan Mowbray)lui-même qui dit: « Shakespeare n’était pas destiné aux saloons, ni aux piliers de saloon. ». C’est pardonnable, il a eu tellement peur.

        • MB dit :

          à Rastell: durant le monologue, Fonda observe Mature réciter et son regard est un regard d’incompréhension, sourcils froncés, il ne comprend pas ce qui se passe et reste parfaitement étranger au texte, son boulot c’est d’amener Mr Thorndyke au théâtre un point c’est tout.

        • MB dit :

          à MP: je crois que c’est l’adresse de RG Armstrong à Don Murray à la fin de LA FUREUR DES HOMMES: « Longtemps après que nous serons morts, toi et moi, ils raconteront cette histoire, ils la raconteront de dix façons différentes. une chose dont je voudrais qu’on se souvienne: je t’ai laissé la vie parce que tu as sauvé celle de mon dernier fils. Si tu m’accordes ça, ça m’est bien égal de partir en enfer pour tout le reste! »
          et Don Murray de répondre: « Je vous l’accorde de bon coeur, Mr Boyd, et je suis sûr que vous irez! ». Magnifique!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et Shakespearien. Du grand Wendell Mayes

        • MinettePascal dit :

          A Rastell : Oui mais personne n’a dit que Ford était exclusivement shakespearien. Mais ce n’est pas non plus un aspect secondaire : les récurrentes scènes de cimetière ( presqu’un fantôme dans le YELLOW RIBBON ) , l’importance des scènes comiques destinées à souligner le drame (il y a des scènes vraiment tordantes dans Shakespeare), les galeries de personnages très différents, la vision de l’homme, du destin…
          Pour les différences entre le langage de Shakespeare et celui de Corneille ou Racine, il y a tellement à dire, il faudrait parler de la préciosité en France, par exemple…
          Je disais que Corneille avait eu moins d’influence. A y réfléchir, on n’est pas loin de lui dans les scènes d’intérieur des péplums, non ?
          Sinon, vous dites que la scène de la tirade d’Hamlet n’est pas typique du génie de Ford. Pour moi, c’est le contraire. J’ai du mal à imaginer quelqu’un d’autre avoir cette idée.

        • MinettePascal dit :

          A MB : Oui, Grandville Thorndyke ou quelque chose comme ça ?
          Lui aussi est frappé au coin du génie de Ford, à la fois comique et tragique. Et une sorte de double de Doc, poète à la dérive…

        • MB dit :

          à Bertrand: à propos de Shakespeare et Walsh, je trouve que dans GENTLEMAN JIM, Flynn récite du Will S avec humour, désinvolture, vulgarisation, sans aucune obséquiosité et que là aussi il y a fusion dans le sens où on sent une vraie admiration. Jim lance aux autres qqch comme « Hey listen he’s OK this guy Shakespeare! ».
          à Rastell: je voudrais préciser que même si Ford est loin de Shakespeare, admettons, la scène de la taverne exprime une vraie admiration ou au moins un respect littéraire pour Will. par contre je ne sens pas l’épique chez Ford, je veux dire si je prends l’épique comme la résonance d’une génération ou d’un peuple. LA PRISONNIERE est-il un film épique? Historique et témoignage d’une époque avec photo de la dualité puritanisme-racisme chez le colon américain, oui. Le rappel au peuple à la fin deS RAISINS DE LA COLERE par Jane Darwell n’est-il pas plus de Steinbeck (je sais pas je ne l’ai pas lu). J’avance à petits pas car certains me diront que l’épique est autre chose.

        • MB dit :

          à Bertrand: LA FUREUR DES HOMMES: vous faites bien de rappeler Wendell Mayes
          et moi j’ai oublié un passage je suis furieux (en tant qu’homme): « aucune ne me favorisera » à savoir:
          « Longtemps après que nous serons morts, toi et moi, ils raconteront cette histoire, ils la raconteront de dix façons différentes et aucune ne me favorisera. une chose dont je voudrais qu’on se souvienne: je t’ai laissé la vie parce que tu as sauvé celle de mon dernier fils. Si tu m’accordes ça, ça m’est bien égal de partir en enfer pour tout le reste! »
          et Don Murray de répondre: « Je vous l’accorde de bon coeur, Mr Boyd, et je suis sûr que vous irez! ».
          la vache ça c’est envoyé!

        • stag dit :

          A Rastell, Bien d’accord avec beaucoup de ce que vous dites. Si Ford devait être rapproché d’un écrivain ce serait plutôt Steinbeck non ?
          Dans MY DARLING CLEMENTINE la scène de Shakespaere tranche avec le reste, c’est son intérêt, elle est comme une pause au milieu de tensions, l’oppposition de style est aussi dans les rôles, Fonda et Cathy Down en opposition avec les volcaniques et sanguins Mature et Darnell. Bien des éléments se retrouvent dans les autres versions de cette histoire de règlement de compte
          Je ne sais pas si finalement le personnage qui a le plus d’épaisseur et le plus de romanesque n’est pas Doc Holliday, et que finalement on tricote toujours une histoire d’amour autour d’EARP pour lui donner plus de relief. Je ne parle pas ici du talent de Fonda, immense, et vraiment pour ceux qui ne l’auraient pas déjà vu, voyez sur youtube la remise du LIFE ACHIEVEMENT AWARD de l’AFI à Henry Fonda. Immense acteur, et homme aussi brillant qu’attachant.

          Finalement, EARP vengeant son frère dans un règlement de compte final c’est aussi un peu ce qu’on voit dans bien d’autres western, et dans Rio Bravo Wayne est déjà bien remonté après avoir perdu son ami, le légendaire révérend Bond des SEARCHERS.

          Rien que du classique dans les grandes lignes alors ce qui fait à mes yeux que MY DARLING sort un peu du lot, notamment donc des autres films dont pour certains il est un remake, c’est cette histoire de sensibilité, quand on déclame du Shakespaere, quand Cathy Down apparait à l’écran, quand EARP met un peu longtemps à l’inviter à danser. Tout cela tranche avec la violence, ou même simplement avec le moment ou EARP, et c’est là aussi dans d’autres versions, dans un accès de galanterie, pousse Darnell dans l’abreuvoir.

          Cette histoire de sensibilité, marquée, c’est de Ford je crois (?) comme certains plans qui pour le coup sont vraiment forts et, je trouve, originaux dans le western.

          Le casting est également une réjouissance infinie, et un atout d’importance, parce que fonda, plus frêle et moins « racé » physiquement, que Wayne, a fait, un peu comme Stewart je trouve, une carrière immense grâce à son jeu nuancé et subtil, sensible et fort cependant.
          MY DARLING est pour Mature ce que LE JUGE est pour Galabru. J’aime beaucoup également l’interprétation de DOC que fait Cesar Romero dans FRONTIER MARSHAL. Je sais que Bertrand vous n’aimez pas cette version mais j’aime également ce qu’a retranscrit du personnage Kirk Douglas.

          Darnell est splendide et très efficace dans son personnage de tempérement et Cathy Down justifie bien le titre du film. Il y a des morts partout, même Brennan est énervé, mais elle est là, un ange passe, comme pendant Shakespaere.

          A part cette petite cavalcade je voulais dire que je trouve que Pierre Brasseur est peut-être celui des immenses comédiens français le moins connu et reconnu du grand public. En revoyant les GRANDES FAMILLES tantôt je m’en suis fait la réflexion, peu d’acteurs pouvaient tenir la dragée haute à Gabin dans leur niveau de jeu, et même si c’est un peu dans les personnages la première scène qu’ils ont a deux vaut pour beaucoup d’autres moments dialogués par Audiard.

        • MinettePascal dit :

          A Rastell : Pardon pour l’huile sur le feu mais que le génie de Ford soit plus épique que dramatique, il faudrait quand même un mot d’ explication

        • MinettePascal dit :

          A Stag : Bien d’accord sur ce que vous dites sur Mature mais je ne dirais pas que sa tirade d’Hamlet n’est qu’une « pause » . Pour moi, c’est un sommet ; sans elle, Doc Holliday ne serait qu’antipathique et banal.

        • MB dit :

          à MP: oui mais quand vous commencez par « pardon pour l’huile sur le feu », on se dit que vous jetez de l’huile sur le feu.
          Or, il n’en est rien bien sûr.

        • MB dit :

          à Bertrand: pour les anglicistes (du dimanche) maniaques je voudrais faire un dernier bout d’analyse sur l’échange final de LA FUREUR DES HOMMES, c’est que en anglais il y a des tournures peu habituelles: Armstrong dit « They’ll be telling this story », pour pourquoi pas « They’ll tell… », une forme je crois impropre, puis « Just one thing I’d like to be remembered » plutôt que « I’d like they remember » au passif c’est curieux: « une chose dont j’aimerais qu’elle soit souvenue ou rappelée (dans l’esprit des gens)??? le verbe dans les deux langues n’est jamais utilisé au passif, ça met l’accent sur l’objet de son discours énoncé ensuite, ça ressemble à une licence poétique. Enfin « I don’t much mind » alors qu’on dirait « I don’t mind much » je crois. Sans doute W Mayes a-t’il daté ses paroles dans le XIXème siècle (ce qui est bien la période du western) pour retrouver la langue de ces temps-là et le manque de culture d’un homme, même riche, de cette époque. Mais le « remember » au passif, c’est de la poésie, c’est aussi ce qui fait la grandeur et la résonance collective et de tous les temps de l’adresse finale de Hunter Boyd dans LA FUREUR DES HOMMES!

        • ballantrae dit :

          Ford cinéaste shakespearien?
          J’ai quelques doutes car il me semble très américain et d’un tempérament élégiaque qui le feront aller vers Thoreau par exemple (cf Young M Lincoln) .
          Mais il est aussi un cinéaste dramatique avec la nuance communautaire qu’on peut trouver chez des écrivains tels que Steinbeck ou dans la veine engagée des réalistes tels que Upton Sinclair.
          Sans oublier toute cette littérature désormais accessible via Actes Sud et notre cher Bertrand qui serait l’équivalence livresque des tableaux de Frédéric Remington.Il me semble clair que Ford a aussi un tempérament épique en voyant la dynamique de ses chevauchées, son obsession du lien réel/légende.
          Autre influence notable quand on considère Steamboat round the bend, Judge Priest, Doctor Bull: Mark Twain.Immense écrivain à la faconde incroyable je retrouve chez lui la fausse nonchalance/vraie profondeur qui est peut-être aussi la principale caractéristique de Ford.

        • stag dit :

          A Minette Pascal,
          Oui c’est une pause aussi belle que l’est Cathy Downs !

        • MinettePascal dit :

          A Stag : ça oui,Cathy Downs et son minois de poupée; mais Linda Darnel n’est pas mal non plus, « hot » même, n’ayons pas peur des mots !

      • Alexandre Angel dit :

        A MinettePascal
        On en a déjà parlé mais je ne me remets pas (dans le sens positif de l’expression)de la fabuleuse idée de distribution qui consiste à faire cohabiter Mature et Fonda. Ils sont si différents, si peu assortis, issus d’univers si dissemblables que les voir les deux dans le même plan est une source de joie indicible, à tout le moins dans ce chef d’œuvre car on ne sent jamais le « coup », la concoction programmatique. L’un est un dadais taciturne qui sent le chèvrefeuille, l’autre une brute cultivée. Et ça marche! Et d’ailleurs, je ne suis pas sûr d’avoir vu Victor Mature aussi bon que dans MY DARLING CLEMENTINE.

        • MinettePascal dit :

          A AAngel : Moi non plus mais je n’ai pas vu tous ses films. Il est là, le génie de Ford, aussi.
          Dire que c’est un génie « épique » ne me parle pas. Quand on fait des westerns, on voudrait ne pas être épique qu’on aurait un mal fou. Serait génial quelqu’un qui ferait un western non épique, au contraire, non ? puisque western et épopée sont presque synonymes.
          Que son génie soit « dramatique » non plus car ce mot a plusieurs sens : rapport avec le théâtre ou simplement anti-comique ? Mais j’ai posé la question à Rassel…

        • Yves Rouxel dit :

          A Alexandre Angel.Effectivement Victor Mature était un acteur assez mutique dans tous les personnages qu’il à incarner.Cette forme d’interiorité dégager une force et une puissance du personnage.Ce que j’apprécit le plus chez les acteurs c’est l’expressivité des visages,des gestes et arriver à rentrer dans la peau d’un personnage,c’est la fameuse méthode crée par Lee Strasberg au théatre.Voir les compositions de Brando,Dean et meme De Niro ou Pacino.

        • RASTELL dit :

          A MinettePascal
          John Ford est et reste pour moi un cinéaste épique parce que ce qui l’intréresse, et l’un des rares à ma connaissance dans le cinéma classique américain, si l’on excepte bien entendu David W. Griffith, – sans qui sans doute le cinéma non seulement américain mais le cinéma tout court ne serait pas ce qu’il est, c’est l’Histoire et en l’occurrence l’histoire américaine. L’histoire a existé au cinéma comme elle n’a peut-être jamais existé dans aucun art et c’est John Ford qui fut sans nul doute son plus grand poète et donc son meilleur interprète, son meilleur – j’ose l’écrire – « historien ». John Ford est au cinéma ce que Virgile et Homère mais aussi Shakespeare sont à la littérature. Connaissez-vous dans tout le cinéma ou même dans n’importe quel autre art figuratif un début aussi puissamment évocateur que l’est celui de « The Searchers » ? Le cinéaste avec si peu d’images et une force de suggestion incomparable en filmant de si loin la silhouette de ce cavalier qui se détache à peine de l’horizon ne nous dit-il pas tout ce qu’il nous faut pour comprendre déjà l’histoire qu’il va nous raconter, le sujet même de son film ? Ce cavalier de retour chez lui qui semble revenir de si loin est filmé par Ford comme un vaincu, un « sacrifié » et un vaincu dans une guerre qui restera toujours en arrière-plan durant tout le film et qui n’est autre que cette guerre civile américaine, la guerre de Sécession, peut-être le vrai et seul sujet du si beau film de John Ford. Ethan Edwards le sudiste vaincu aura lui aussi son compte à régler et non pas seulement avec Scar le chef apache mais aussi avec une histoire qui en a fait définitivement un vaincu, ce qu’il se refuse comme on sait à accepter. Ethan Edwards est de ceux qui ne se rendent pas comme John Ford. « The Searchers » doit être vu selon moi comme la plus belle chanson de geste épique de toute l’histoire du cinéma et tous cinémas confondus. Une histoire, celle de l’Amérique avant tout mais qui est aussi notre histoire à nous occidentaux. Cette histoire frôle certes constamment la légende, c’est-à-dire ce que nous aimerions tellement qu’elle soit mais qu’elle n’est pas, qu’elle n’est résolument pas. C’est cette histoire officielle, celle en définitive de nos manuels d’histoire d’hier ou d’aujourd’hui que John Ford traitera comme on sait si magistralement dans « The Man Who Shot Liberty Valance » comme Orson Welles aura traité de la politique US – et pas seulement US on s’en rend mieux compte aujourd’hui – dans son indépassable « Citizen Kane » et pour en révéler la vérité, la sombre et amère sinon désespérante vérité, celle-là même qui ne sera jamais publiée, celle-là même que vous ne trouverez dans aucun journal et de quelque couleur politique qu’il soit. Le cinéma et en l’occurrence celui de John Ford aura su résister à la tentation d’écrire quelque légende que ce soit, fût-elle celle de la glorieuse Amérique, – cette légende dont il savait qu’elle n’existe en définitive que pour justifier toutes les injustices, toutes les servitudes.

        • MinettePascal dit :

          A Rastel: Pourquoi « épique » plus que « dramatique » ? Voulez-vous dire que Ford est plus génial comme évocateur de l’Histoire que comme raconteur d histoires, comme conteur ? Mais épique ne veut pas dire « historique » !
          Vous citez le début des SEARCHERS, c’est surtout un génie narratif, pas tant que ça une évocation historique; sinon, tous les westerns seraient géniaux; plus tard dans le film d’accord avec le problème indien…
          Dans les SEarchers, je vois le génie de Ford partout, mais surtout dans la manière de raconter; tiens, quand Jorgensen s’empresse de chausser ses lorgnons pour écouter sa fille lire la lettre de Martin P.
          Bref, pas sûr de vous avoir compris.
          A MB : Oui, comme quand qqun vous dit: » Mais prends-le bien ! »
          c’est encore pire après…

        • stag dit :

          Ce que vous dites Rastell sur le rôle d’historien de Ford, et plus largement de bien des cinéastes, est très vrai.

          Et au delà de l’importance universelle de Ford dans l’art humain – indéniablement – simplement par le fait de restituer une époque ; et Ford avait connu bien des témoins importants ou anonymes du 19ème siècle, dont le fameux Wyatt Earp ; ou de tout simplement restituer fidèlement leur époque. Ce qui donne au delà de l’épique ou du caractère universel que vous décrivez très bien, à tout le moins une très belle restitution qui permet à n’importe quel film de Grangier – pour schématiser au delà de Ford – d’offrir l’image de la france et des français tels qu’ils étaient alors. C’est la petite histoire la gueule des routes des années 50, les attraits des demoiselles, les aménagements intérieurs ou la difficulté domestique, mais c’est aussi l’histoire.

          Et ce même si tout le monde ne parle pas comme Audiard, n’a pas la beauté de Vera Miles, ou la carrure de Wayne.

  5. MB dit :

    Excellente émission (du 21 janvier) de Mauvais Genres sur FCulture (à Sullivan: pas de gros mots!) sur les deux Kurosawa sortis en salle par Carlotta et en Br par WildSide, YOJIMBO et SANJURO. JP Dionnet en pleine forme et en pleine érudition.
    https://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/la-voie-du-sabre-yojimbo-et-sanjuro-dakira-kurosawa

    • ballantrae dit :

      Merci pour le lien, je l’ai manquée et aie envie de revoir ces deux chefs d’oeuvre sur grand écran.
      Kurosawa est immense et il faut noter que cette seconde salve panache grands films reconnus ( Chien enragé, Barberousse, Vivre) et oeuvres moins mises en avant (Ce merveilleux dimanche,La forteresse cachée) pour le plus grand profit de nouvelles générations cinéphiles.
      Reparler de Kurosawa me ramène vers ma cinéphilie adolescente dans les années 80 et je prends conscience de la chance extrême que nous avions de pouvoir attendre le prochain Kurosawa ( Ran avait été une date importante de mes 15 ans), le prochain Fellini , les nouveaux Bergman, Huston ou Kubrick.
      Antonioni, Bresson offraient Identification d’une femme et L’argent et nous les « rattrapions » à l’occasion d’une rétrospective dans un ciné art et essai ou à la Cinémathèque de Toulouse aux sièges bien inconfortables.
      On allait voir un Chabrol, un Rohmer, un Rosi, un Angelopoulos sans nous rendre compte de la richesse de l’offre intergénérationnelle.
      Le cinéma continue à s’écrire au présent fort heureusement mais quand je constate que Elle de Verhoeven fait office d’épatant coup de force d’un cinéaste mûr, il me semble qu’il y a déperdition quand on songe aux derniers feux intitulés The dead,Prizzi’s honor, Intervista, Et vogue le navire,Fanny et Alexandre, Sarabande, En présence d’un clown, Full metal jacket,Eyes wide shut…
      Je ne suis pas sûr que nous mesurions notre chance alors.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Ballantrae
        Mais à l’époque il y avait plein de cinéastes qui étaient préférés à Kurosawa. Que certains écrasaient au nom de Mizoguchi, habitude très française et Naruse était ignoré

        • antoine dit :

          Dans les grands Kurosawa méconnus j’ajouterais bien « entre le ciel et l’enfer » avec ce huis clos extraordinaire de pres de 45mn au debut dans l’appartement de l’industriel et cette fin magnifique rencontre avec le coupable , pour comprendre ???

        • ballantrae dit :

          Quelle découverte que Naruse aussi! Je crois que Le grondement de la montagne est actuellement repris: que les blogueurs qui ne connaissent pas s’y précipitent toutes affaires cessantes.

      • Alexandre Angel dit :

        A Ballantrae
        « quand on songe aux derniers feux intitulés The dead,Prizzi’s honor, Intervista, Et vogue le navire,Fanny et Alexandre, Sarabande, En présence d’un clown, Full metal jacket,Eyes wide shut…
        Je ne suis pas sûr que nous mesurions notre chance alors. »

        Si, si…

        • ballantrae dit :

          Je voulais dire que nous savions bien que nous voyions les derniers feux de ces immenses cinéastes mais sans mesurer peut-être qu’ils habitaient l’histoire du cinéma depuis la grande époque: Fellini avait tutoyé le Néoréalisme avant de s’en affranchir, Huston avait incarné les grands genres hollywoodiens, Kubrick/Kurosawa/Bergman/S Ray étaient ces cinéastes singuliers, maîtres d’une oeuvre toujours mouvante et imprévisible, etc…
          Le cinéma est toujours passionnant et je pense que de nouvelles figures viennent toujours animer le paysage mais je sens tout de même comme un dépeuplement tout d’abord parce que ces dernières années ont été terribles en matière de pertes:Resnais,Lumet, Cimino, Kiarostami, Chabrol,Rohmer, Sautet, Rosi, Angelopoulos, Corneau, Miller, Antonioni…et le cas De Oliveira, figure du cinéaste immortel , le dernier qui ait connu le muet!
          Me frappe aussi le gâchis provoqué par les difficultés de financement rencontrées par des cinéastes chevronnés comme A Resnais.Quelle honte de ne pas croire dans le potentiel de ses divers projets avortés et je dirais de même pour ce qu’a pu affronter un Cimino tout cabochard qu’il soit.
          La durée de vie d’un film a rendu la sortie complexe et incroyablement cruelle: le sort en est jeté après la séance de 14h voire parfois par anticipation selon des pronostics idiots!
          L’an passé Suite armoricaine de P Breton ou Evolution de L Hadzihalilovic ont été très peu diffusés.Plus symptômatique encore: Malick est difficile à voir ( j’ai dû faire 110 kms pour voir Knight of cups et ne sais comment je verrai Voyage of time), Scorsese le devient avec Silence ( enfin il va arriver dans le 24 début mars!) , une splendeur telle que Qqs minutes après minuit de J A Bayona était persona non grata dès le premier soir de la sortie nationale à cause de ses premiers chiffres (heureusement notre salle l’a diffusé…et a essuyé un bide injuste: 5 spectateurs lors de la séance où je l’ai vu avec ma femme et mon gamin).

        • Alexandre Angel dit :

          A Ballantrae
          Vous évoquez de grands souvenirs : j’étais un poil trop jeune (18 ans) pour avoir ressenti l’appartenance de Bergman à l’Histoire du cinéma lorsque je découvrais à sa sortie FANNY ET ALEXANDRE, qui m’éblouit pourtant. En revanche, j’éprouvais et le sentiment des derniers feux, et celui de l’appartenance prestigieuse, en fréquentant assidument les derniers Fellini, Huston puis Kurosawa (pour ce dernier, c’était allé jusqu’en 1996 et la sortie en retard de trois ans de MADDADAYO).Je me souviens qu’entre 1986 (sortie de GINGER ET FRED) et 1991 (sortie de RHAPSODIE EN AOUT), je me suis senti à diverses reprises mesurer la chance que j’avais. EYES WIDE SHUT, il est vrai, m’avait procuré ce sentiment, moins du fait de l’âge du réalisateur (qui, de mon point de vue, nous a quitté brutalement, suffisamment jeune qu’il était)que de celui de l’émerveillement de voir revenir, encore une fois, le cinéaste le plus monstrueusement perfectionniste de l’histoire. Quant à Oliveira, je ne lui serais jamais assez reconnaissant pour avoir fait perdurer le sentiment que nous décrivons bien au-delà de ce qu’il était permis d’espérer : GEBO ET L’OMBRE est sorti en 2012 et l’auteur avait 104 ans.

        • ballantrae dit :

          Je n’ai pu voir Fanny et Alexandre lors de sa sortie car j’avais 13 ans mais peu après découvris Bergman sur le petit écran grâce à Cl J Philippe: Les communiants, Le silence, Les fraises sauvages, A travers le miroir, Le 7ème sceau…
          Du coup, je tentai l’aventure de Après la répétition et d’une reprise de Fanny et Alexandre et vécus un moment fort quasi conjointement à ma découverte des deux derniers Tarkovski Nostalghia puis Le sacrifice.Quelle époque!!!

  6. stag dit :

    Devant LES GENS SANS IMPORTANCE hier au soir, d’Henri Verneuil, en entendant Mondy narrer une partie de pêche et se faire moucher par Gabin, j’ai cru entendre du Audiard et c’était en fait François Boyer. J’ai mis pause le temps de faire passer un fou rire de contentement.

    Mondy dit à peu près « tiens ici j’ai fait une pêche au gardon ». Gabin lui répond « t’en as pris ? ». Mondy répond « non ». Et Gabin lui assène « alors comment tu sais que c’était une pêche au gardon ».

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stag
      Verneuil (et aussi Aurenche ou Sautet) avait une grande estime pour Francois Boyer et Verneuil le créditait d’une des meilleures scènes d’UN SINGE EN HIVER. Il avait travaillé sur JEUX INTERDITS et écrivit plusieurs excellents scénarios

      • stag dit :

        A Bertrand,
        Merci à vous pour cette réponse, je découvre sans arrêt de nouvelles choses, de nouveaux personnages, artisans précieux du septième art.

    • Denis Fargeat dit :

      On a l’impression que ces dialoguistes écrivaient vraiment pour les acteurs, en s’inspirant de leur parler… une verve nourrie par les interprètes. Je crois que Bertrand en a parlé, notamment dans le « Voyage »… ça rappelle le travail de Boris Bergman ou Jacques Duvall avec Bashung ou d’autres : un univers personnel , mais mis au service de celui qui portera cette parole, avec ses propres mots.

  7. MB dit :

    à Bertrand: savez-vous si la version de FUREUR APACHE qui va sortir chez Universal le 15 mars est réellement plus complète que celle qu’on connaît?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      C’est ultra compliqué parce qu’il y a deux montages officiels : la version Aldrich et la Version Lancaster qui ont chacun des scènes en plus et en moins. Il faudra que je retrouve mes notes pour déterminer ce qui manque dans l’une et l’autre. Je crois que la mort d’un des éclaireurs est visible chez Aldrich et pas chez Lancaster (ce qui rend le retour peu compréhensible) de même que l’évasion de la réserve. Je vais regarder

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      VOILA CE QUE J’AI TROUVÉ. Il y a deux versions officielles, celle de Lancaster et celle d’Aldrich qui ont toutes deux des scènes en plus et en moins

      There are two versions of this film, Robert Aldrich’s print (RA) and Burt Lancaster’s (BL) print. There are many subtle differences between the two although the overall running times are similar and most of the changes involve alterations of shots or lines of dialog within scenes. In the UK the Lancaster version was released on VHS and the Aldrich version on DVD (same as the US version) The major differences versions are: (a) The Aldrich version has an opening scene (before the credits) showing Ulzana leaving the reservation. This is missing from the Lancaster print. (b) The BL version deletes almost all shots of Burt Lancaster’s Indian woman – played by Aimee Eccles (c) The BL version has a scene showing the two troopers pursuing the wounded Indian, The off-screen Indian kills one of them with rifle fire and the survivor rides away. This is missing from the RA print therefore creating more ambiguity as to what actually happened when the survivor returns. (d) The scene in which the rape victim plunges herself in the river is longer in the RA version and she refers to herself trying to « wash it off ». In the BL version, the scene is abridged to suggest only suicide.
      The DVD version released in Brazil in 2003 by Universal runs only 99 minutes. Burt Lancaster’s Indian wife appears merely in the window watching him when he departs.
      Aldrich’s version runs 103 minutes and was the version released in the USA. Burt Lancaster prepared a different version (102 minutes) for European release, deleting some scenes, restoring others from the cutting room floor, rescoring some of the music. This version was released in the UK, though the British censor made some cuts to it. These are largely restored to the video release, apart from some horsefalls (totalling 45 seconds). The version show several times by BBC television is Aldrich’s version, with the horsefalls restored, but some censor cuts made by the BBC themselves.
      For the original cinema release cuts were made to edit some violent scenes, including the shots of Willy Rukeyser’s mutilated body and the scene where the Indians throw the trooper’s severed heart to each other, and these were restored to later releases. The UK DVD (and previous VHS) were cut by the BBFC to remove various horse falls. The cuts are very noticeable and render some scenes nonsensical. They are as follows:
      when the Indians shoot the horse of the trooper rescuing the boy

      two horse falls removed when Burt Lancaster uses a rifle to bring down two Indians, including Ulzana’s son

      The subsequent return of fire in which Lancaster’s horse is brought down

      At the end, when the Indians attack the wagon party, they direct two horses into a small canyon and bring them down with a rope stretched across the trail. The German R2 DVD (identical to the UK DVD in terms of content including an English language soundtrack) is uncut and includes all the horse falls.

      • MB dit :

        à Bertrand: merci pour la recherche! Il n’y a plus qu’à attendre le br-dvd pour voir ce qu’ils ont concocté ou réuni de ci ou là! thanks again!

      • Angelillo dit :

        « The UK DVD (and previous VHS) were cut by the BBFC to remove various horse falls. The cuts are very noticeable and render some scenes nonsensical. »

        Précision : cette décision de la part de la Grande-Bretagne de couper les chutes de chevaux non dressés, ne concerne pas uniquement ULZANA’S RAID mais de très nombreux autres films comme THE WIND AND THE LION et CONAN THE BARBARIAN (Milius), RAMBO III (MacDonald), HEAVEN’S GATE (Cimino), etc. Ces coupes s’appliquent dès que les chutes de chevaux sont provoquées, le plus souvent à l’aide d’un câble attaché aux antérieurs de l’animal que le « cascadeur » tire violemment lors de la suspension du galop, empêchant au cheval de redéployer ses jambes, lequel s’écrase la tête – et les cervicales ! – la première sur le sol. Le film tristement emblématique d’un tel procédé, THE CHARGE OF THE LIGHT BRIGADE (Curtiz), n’est d’ailleurs toujours pas distribué en Grande-Bretagne en DVD, et on ne le trouve sur les sites de vente en ligne anglais que dans son édition Warner française.
        J’ai le souvenir que le cascadeur équestre Mario Luraschi avait tenté par le passé d’imposer, en vain, une interdiction similaire visant à exclure, dans les films distribués en France, des plans de chutes de chevaux non dressés.

        • Alexandre Angel dit :

          Puisque l’on parle de THE WIND AND THE LION plus haut, on y trouve effectivement d’impressionnantes cascades de chevaux, apparemment obtenues d’une manière dégueulasse (pour HEAVEN’S GATE, je savais).

      • Mathieu dit :

        J’en conclus que la version du précédent DVD Universal France est celle de Lancaster, car ses rapports avec sa femme indienne sont réduits si je me souviens bien à un plan de celle ci regardant Lancaster à travers une fenêtre, et j’avais senti à la vision du film que quelque chose manquait en apprenant beaucoup plus avant dans le film qu’il était marié à une indienne, alors que rien ne l’indique au début.
        Sur Amazon on parle de version « intégrale » à propos du nouveau BR Universal, Universal qui propose dans la foulée un BR du SURVIVANT DES MONTS LOINTAINS (NIGHT PASSAGE) de James Neilson avec James Stewart. On aurait préféré une édition BR des westerns de Mann avec Stewart (trois pour Universal: WINCHESTER 73, BEND OF THE RIVER et THE FAR COUNTRY)…

        • MB dit :

          à Mathieu: Le Neilson en br ça m’a fait sursauter aussi, franchement le nombre de navets qui ont droit au br+dvd + boîtier rutilant ça me dépasse on devrait leur donner des conseils à Universal et autres.

        • MB dit :

          à Mathieu: les trois Mann-Stewart (les 3 avec Borden Chase) que vous avez cités sont les meilleurs à mon goût, BEND OF THE RIVER est le plus pur ce qui veut tout dire. Il faudrait que je revoie L APPAT. Je trouve que MAN FROM LARAMIE est gêné par le scope, pourtant Mann a fait des grands films en scope?! ou pas… Il semble que le scope, là, gêne à la concentration sur l’action mais je suis sûr que d’autres ne seront pas d’accord!

        • MinettePascal dit :

          La femme indienne, vue de manière fugitive, discrète, effacée est , quand on y pense, une image récurrente dans les westerns. Dans LES CORDES DE LA POTENCE (US marshal Cahill), Wayne donne une leçon de politesse à son fils qui refuse de la saluer.

  8. MB dit :

    Découvert récemment un plaisir coupable dans le sens où le film est en général considéré comme un nanar patriotique à la noix, et je m’attendais à le découvrir en me tapant sur les cuisses entre dégoût et rigolade, un peu comme on voit en cachette LE JUSTICIER DANS LA VILLE N°6 ou L EPOUVANTABLE CROCODILE N°5: L AUBE ROUGE (1984) de John MIlius m’a bien emballé et la dose de patriotisme a été bien surestimée dans cette histoire d’invasion des USA par les Russes et les Cubains. Milius est très adroit à introduire des plans de nature nostalgiques rythmés par les saisons çà et là (et donc le temps qui passe) et le film est plus un film d’aventures bien découpé et qui tient la route. Je suis en désaccord avec 50 ANS car pour moi la personnalité de Milius transparaît AUSSI dans le point de vue cosmique (les saisons, la nature) soutenu tout du long (même si c’est assez classique ou déjà vu dans le cinéma US, parfois il vaut mieux un traditionnalisme bien mené qu’un renouveau bâclé et prétentieux!). Au lieu de verser dans la gloriole pré-trumpienne (gasp! je le ferai plus), Milius montre plus la pression sur le petit groupe perdu dans la montagne. Les facilités consistent en ce que les Russes n’ont pas beaucoup de velléités pour partir dans cette montagne anéhantir les maquisards (certes ce n’est pas si facile mais ils n’essaient même pas) et que ceux-ci sont vite formés à manier des armes et à tuer. Mais le spectateur devrait pardonner ces invraisemblances car il n’a pas droit non plus aux crises de colère des envahisseurs qui ne paraissent pas si contrariés que ça de perdre tant d’hommes par le fait d’un groupe d’ados formés à la guerre par John Wayne et Chuck Norris.
    Quand je pense qu’il y a plein de films plus importants et que je défends un film perdu dans les limbes, naïf et guerrier (ça doit être à cause des plans de nature et du cycle des saisons).
    Le dvd MGM de 2000 n’est pas anamophorsé mieux vaut une édition plus récente (celle de 2006 ou le br de 2013).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Je ne l’ai pas revu et dans mon souvenir le film était assez poussif et dirigé comme un film de scénariste. Mais il faut tout vérifier et ce que Miliys a tourné dans ROME incite à revoir certains films

      • MB dit :

        à Bertrand: oui, franchement c’est pas poussif mais bon… étais-je en de bonnes dispositions grâce à la bouteille de scotch à portée de main? (dangers du film at ôme).

        • Edward dit :

          Ne ranger pas la bouteille si vous regardez son THE WIND AND THE LION qui pourrait être tellement supérieur à ce qu’il est car tant le décor que les diverses idées présentes dans le scénario permettaient d’en faire quelque chose de réussi (Brian Keith en Roosevelt est jubilatoire, pour le reste …). Il me fait aussi un peu penser à MARCH OR DIE de Dick Richards, de la même époque, qui se passe aussi au Maroc, prometteur par le propos et quasi caricatural dans la réalisation.

        • Alexandre Angel dit :

          A Edward
          Pas d’accord du tout sur THE WIND AND THE LION qui est un film d’aventures super brillant et spectaculaire, avec une partition de Jerry Goldsmith à se damner. Rien à voir avec le Dick Richards, qui est beaucoup plus anonyme, sans vrai scénario. Celui du John Milius est vraiment astucieux, ironisant (à la manière de Richard Lester à la même époque)un peu sur tout le monde, brocardant l’arrogance occidentale autant que les archaïsmes du monde arabe en ce début explosif du XXème siècle (1904 très exactement)mais surtout, il est mis en images avec une réelle maestria, digne des surdoués du Nouvel Hollywood dont Milius a l’âge de faire partie (une petite trentaine d’années au moment du tournage), qui rend l’ensemble excitant, dynamique et même, par endroits, jubilatoire.
          Pour moi le meilleur Milius sachant que je n’ai toujours pas vu THE BIG WEDNESDAY.

        • MB dit :

          à Edward: Je n’ai jamais osé découvrir THE WIND AND THE LION… UN jour je me déciderai après une demie bouteille.

        • MB dit :

          à A Angel: OK je me décide pour THE WIND, même à jeun. Il m’a semblé que Ballantrae en a parlé récemment assez sévèrement. La réussite de RED DAWN (qui plus j’y pense, est loin des films patriotiques sous-basiques type « pow » RETOUR VERS L ENFER etc.) me pousse à découvrir Milius: CONAN LE BARBARE le 1 est défendu par Olivier Père et Ballantrae encore lui, et ne mériterait pas son titre pastiche injuste « Connard le Barbant ». DILLINGER était foutraque et rigolo avec Warren Oates en 1er rôle parfait: il faut le voir téléphoner au flic qui le poursuit! (taux de canardage important: 571 morts minimum, 1ère séquence non violente avec un vieux pompiste têtu, très rigolote), meilleur que le Dillinger de M Mann, trop long et blablateur (PUBLIC ENEMIES). BIG WEDNESDAY serait loupé selon 50 ANS dommage.
          Pour ROME j’ai du mal avec les Romains de l’antiquité qui parlent anglais, ça me bloque, et je sais que je loupe quelquechose (ça me fait penser aux Portuguais de SILENCE qui parlent anglais aussi , ai-je raison que ça me gêne? peut-être)…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il y a des fulgurances scénaristiques chez Milius mais parfois le metteur en scène ne suit pas. Il s’est contenté d’illustrer le roman complexe et noir de Schoendoerffer l’ADIEU AU ROI Big Wenesday a de très beaux moments mais le propos est un peu étiré. ROME est passionnant mais il a surtout tourné le premier épisode qui donne le ton général et écrit les autres. C’est un personnage énorme et foutraque, reac par provocation et ana par vocation

        • MB dit :

          à Bertrand: d’accord. Il y a son dernier « vrai » film, LE VOL DE L INTRUDER qui est très mal noté chez Maltin (mais c’est Maltin, ils passent complètement à côté de certains films parfois).

        • Alexandre Angel dit :

          A Edward,
          Toujours sur THE WIND AND THE LION, veuillez excuser mon brutal « rien à voir » avec MARCH OR DIE. Si, il y a un rapport tout de même : l’aventure à l’ancienne, le désert, le monde arabe, les batailles. Mais le film de Dick Richards est un « à la manière de » (film de légionnaires) soigné (photo de John Alcott si je ne m’abuse)mais superficiel. Un film du Samedi soir (et Dieu sait que j’ai plein de tendresse pour cette notion)comme on en fait plus mais très conventionnel. Si je puis me permettre un parallèle, c’est comme si vous compariez le JAWS de Spielberg à ORCA, de Michael Anderson (quoique j’aime bien ORCA grâce à Ennio Morricone).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          En effet, il n’y a aucune rapport entre les deux oeuvres, un euro pudding typique des productions Lew Grade et un film nettement plus personnel que l’on aime ou pas. Il y a des rapports avec Fuller dans le Milius, des répliques à l’emporte pièce et des tirades hautes en couleur de Teddt Roosevelt.
          On est très loin de Dorothy Arzner et des films sélectionnés dans le blog

        • MB dit :

          à Bertrand: « On est très loin de Dorothy Arzner et des films sélectionnés dans le blog »
          oui Bertrand mais je n’ai pu voir aucun film de Arzner en dvd, ils n’ont pas de ss titres. Le Wyler dont vous parlez n’est pas ss titré non plus, dans ces conditions il est difficile de les apprécier, ces films sauf à attendre un passage en cinémathèque ou festival.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a MB
          Il y a un hommage à Arzner à la Cinémathèque. Et on avait passé plusieurs films à Lyon

      • Alexandre Angel dit :

        Oui, le blogueur s’éparpille et on aura pas été très disciplinés sur cette dernière chronique. C’est aussi que notre réactivité à ce qui est sélectionné dans telle ou telle chronique n’est pas toujours aisée. C’est une affaire, je crois (en ce qui me concerne en tous cas), de défaut de proximité et d’accès immédiat. Je me régale de ce que je lis ici sur Dorothy Arzner mais ne connaissant pas, il me faut découvrir les films dont l’accessibilité me paraît (peut-être à tort)moins évidente que lorsqu’il s’agit de films dont les éditions sont facilement repérables et faciles à acquérir (d’autant que les chaines du câble en diffusent pas mal sur le lot, sur la durée). Quant aux livres que vous conseillez : il faut les acquérir…et les lire! C’est du boulot, Bertrand, du boulot!!!
        En tous cas, remerciements encore et encore pour vos addictives chroniques..

        • MB dit :

          à Bertrand: j’avais répondu sur Arzner heureux de la découverte, mais pas de cinémathèque dans mon patelin, ni de festival cinoche. Sans avoir vu un film, je ne suis pas motivé pour en discuter.
          au fait euh… « J’essaierai de donner le maximum de renseignements.  » dites-vous là-haut.
          Pourriez-vous indiquer quand il y a des st et de quelle langue?
          Un internaute m’a confirmé qu’il n’y avait aucun ss titre sur le Wyler.
          Ceci dit ne vous privez pas de parler de films inaccessibles au moment où vous en parlez, ça nous intéresse quand même et ça peut donner des idées à des éditeurs ou des responsables de festivals ou autre!

        • Bertrand Tavernier dit :

          hélas pas de sous titre sur MERRILY WE GO TO HELL. Ce sont des sorties surprises et j’espère que des éditions françaises sont prévues

        • Henripatta dit :

          A Alexandre Angel.
          Tout a fait d ‘accord avec vous. Encore faut-il pouvoir acceder aux DVD proposes et quand en plus ils ne sont pas sous-titres…..

        • Mathieu dit :

          Sur Dorothy Arzner, en attendant de pouvoir voir ses films sous-titrés, on peut lire le mince mais intéressant chapitre que lui consacre Antoine Sire dans son copieux et érudit HOLLYWOOD-LA CITE DES FEMMES chez Actes Sud-Institut Lumière.

      • Edward dit :

        Sean Connery en rebelle berbère avec un accent improbable, il faut avoir l’attitude décontractée du samedi soir pour le trouver crédible (dans ce genre d’emploi « exotique », j’avais trouvé Laurence Olivier supérieur dans Khartoum). Les combats à l’épée entre un homme à pieds et un autre à cheval ne sont pas non plus crédibles (l’homme à pieds aurait commencé par abattre ou mutiler le cheval, etc). Je répète que j’y trouve des idées intéressantes mais mal ou insuffisamment exploitées (l’attitude des Européens ou des autorités locales, par exemple).

  9. MB dit :

    à Sullivan: malgré vos lacunes graves en culture musicale connaissez-vous la musique de Toshirô Mayuzumi? Je revoyais récemment REFLETS DANS UN OEIL D OR et je fus fasciné plus qu’avant par cette musique étrange qui semble éloigner le film de la croûte terrestre pour en faire un film produit par des extra-terrestres (le 2ème plan du film sur Robert Forster marchant sur le chemin de l’écurie est carrément un plan de SF, le réalisme est d’ailleurs mis à l’écart du fil principal, cette caserne paraît bien décalée de la vraisemblance). Huston lui a demandé aussi la musique de LA BIBLE. C’est exactement le genre de musique que j’eus détesté si je l’avais découverte seule, c’est comme pour 2001 (voir l’exemple donné par Philippe Hersant), donc je me dis que j’ai des ornières pour avoir besoin du film pour mener à la musique. Hersant a raison, de quelle humilité je fais preuve hein? Bon je vais essayer de trouver du Mayuzumi à la médiathèque, il est loin de n’avoir composé que pour le cinéma par ailleurs. Et ne me sortez pas la biographie critique détaillée de Mayuzumi hein? quoique… pourquoi pas!

    • MB dit :

      suite Mayuzumi: rien à ma médiathèque, j’ai trouvé sinon un cd avec Mandala Symphonie, Bugaku, Symphonic mood et Rumba rhapsody.
      (pour le ciné il a composé aussi pour Ozu et Imamura).
      Autre exemple de découverte musicale par le film: le formidable film de Kornél Mundruczó, WHITE GOD (FEHER ISTEN) véritable révélation pour moi, qui en plus me fait découvrir les Rhapsodies Hongroise n°2 de Liszt! (il était temps).

    • Sullivan dit :

      A MB : Bien-sûr que je connais Toshirô Mayuzumi. Je suis d’ailleurs l’auteur d’une biographie sur Toshirô Mayuzumi.

      • MB dit :

        à Sullivan: je ne suis pas surpris. et les Rhapsodies Hongroises écoutez ça un peu, c’est pas mal du tout vous savez? Un certain je sais plus… Ludwig Von… non pas celui-là…

        (ça y est, j’ai encore oublié le smiley 2ème degré à l’attention de certains…)

  10. Yves Rouxel dit :

    Fidèle à Positif depuis longtemps je voulais réagir fortement concernant la critique du 4ème long métrage de la cinéaste Andréa Arnold »American honey »qui à obtenu le prix spécial du jury à Cannes.Il écrit que le film est longuet et le ton assez monocorde dans la durée.Au contraire ce film est une radiographie juste et réaliste de la jeunesse perdue et qui à jamais cru au fameux rève américain.On voit suivre Star(prénom choisi par sa mère en référence aux étoiles de la mort)femme de 18 ans à peine qui quitte sa famille suite à la rencontre de Jake.Là commence un road movie direction Kansas City,c’est dans cette ville cossue qu’elle va intégrer une équipe de jeune vendeurs qui essaient de vendre des abonnements à des magazines en tous genres.Krystal,guère plus agée gère l’entreprise et récupère une commission de 25% sur les gains quotidiens afin de payer hébergement et nourriture.Dans le gros van qui les trimballent on fume,on boit pas mal mal puis on écoute des musiques actuelles.Les barrières sexuelles n’ont pas de limites:hétéros,homos ou bi-sexuel partagent leurs fins de journée avec des défis pour les vendeurs qui n’ont rien gagné.L’attrait du film vient de scènes fortes notamment quand Star est prise en stop par trois cow boys texans qui lui propose bières et viande grillée.Ils lui font gouter du mezcal qui est un alcool mexicain fort alcoolisé.Elle leur propose un deal.Finir la bouteille et avaler le ver blanc qui massère dans l’alcool contre des abonnements à des revues.Elle s’exécute puis un élément va contrarier la situation.Tout bascule rapidement grace au retour de Jake(Excellent Shia Le Beouf,seul acteur professionnel du film).Krystal et sa bande d’allumés tatoués et perçés de partout quitte la ville afin de prospecter près d’une ville pétrolifère.Evidemment il y à de l’argent à gagner.La aussi la jeune Star va avoir une aventure avec un ouvrier dans son pick-up.En fond sonore on entend Bruce Springsteen chantait »Dream baby dream »,ils reprennent la chanson dans une ambiance mélancolique et douce.Vraiment une belle réussite pour cette américaine pur sucre.A allez voir dare-dare.

    • ballantrae dit :

      Le Hurlevent d’A Arnold était magnifique et il faut prendre la critique avec prudence.Même si le sujet ne m’inspire pas, j’irai y jeter un oeil;
      Même notre cher Positif qui s’est bien moins trompé que d’autres n’est pas infaillible…et nul ne l’est!
      Ces derniers mois, j’aurais donné plus d’importance que dans leurs colonnes à quelques films: La mort de Louis XIV, Patterson, The neon demon, Nocturama entre autres…
      A l’inverse, notons qu’ils ont su déceler l’importance souvent contre une tendance générale de films tels que Une vie, Premier contact ou Louise en hiver ( cette splendeur de JF Laguionie a eu bien peu d’échos à mon sens, couronnant une année où l’animation francophone brillait de mille feux: La tortue rouge, La jeune fille sans mains, Ma vie de courgette).

      • Damien D. dit :

        A ballantrae, parfois les critiques de Positif sont en effet contestables (les marottes de la revue que sont Clint Eastwood ou Tim Burton par exemple) mais cela participe de choix qui font vivre le débat et la discussion.
        Sur NOCTURAMA ça va au-delà de « pas mis en avant » par Positif, puisque la revue le descend en règle et le qualifie d' »irresponsable » ! Sur le fond il n’est pas loin de l’être même s’il dit quelque chose sur notre société. Par contre formellement, j’ai trouvé Bonnello assez inspiré. Par ailleurs j’ai pensé assez curieusement au DAWN OF THE DEAD (1978) de Romero dans l’utilisation de ce grand magasin en fin de film.

        Oui ils auraient pu mettre un peu plus en avant certains films que vous citez justement mais on peut vraiment rendre grâce à Positif d’avoir défendu et parlé d’UNE VIE sur pas moins de deux numéros qui reste pour moi un des meilleurs si ce n’est le meilleur film français que j’ai pu voir en 2016…

        • ballantrae dit :

          Tout cela est bien évidemment subjectif mais je m’autorise justement parce que je suis un vieux positiviste à ne pas être systématiquement d’accord avec ma revue préférée: je prise plus qu’elle Wes Anderson et moins qu’elle les frères Dardenne, plus qu’elle Under the skin et moins qu’elle La vie d’Adèle, plus qu’elle Le loup de Wall Street et moins qu’elle Edgar.J, etc…
          Je ne pense pas que Bonnello fasse un film inconséquent ou publicitaire mais participe d’un formalisme qui permet de donner écho à une forme de déphasage des jeunes terroriste en herbe vis à vis du monde comme de leurs actes.Ces gamins sont totalement irresponsables ce qui ne veut pas dire que le film l’est.
          C’est d’abord un apologue sur la période bizarre que nous vivons et non une approche réaliste.
          A l’inverse de Positif Elle de Verhoeven me semble une arnaque de première, peut-être la « vessie d’or 2016 »! Et Verhoeven parvient à rendre la reine Isabelle ,encore géniale dans Back home, assez prévisible et peu crédible…ce qui est un contre exploit quand on dispose d’une telle comédienne.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Je vous sévère pour ELLE qui est leVerhoeven que je préfère avec SHOWGIRLS et je trouve Isabelle excellente, passant d’un registre à l’autre, de la patronne garce et méprisante à la victime plus ou moins consentante

        • MB dit :

          à Ballantrae: ma parole vous voulez absolument que je vous tombe dessus en polémique interminable moi qui m’étais promis de faire (un peu) copain-copain avec vous?!?!?!?!?!!! (après POLISSE, SPRING BREAKERS maintenant ELLE!) je vous ai trouvé plus subtil « La vessie d’or » vous êtes gonflé. ELLE est un grand film intelligent et certes pervers mais en ce qu’il joue avec les perversions cachées du spectateur (comme Hitch), ce jeu-là est pervers pas son objet. Verhoeven a toujours fait ça mais avec l’âge il le fait désormais avec moins de forfanterie à faire sonner le tiroir-caisse et plus de légèreté. Bien sûr 50% du film sont dûs au génie de Isabelle Huppert (oui, génie c’est un génie). La plus grande des acteurs et actrices du monde y est au-dessus de tout, ne jouant jamais de son charme de vedette (comme Deneuve tiens), se moquant de son âge, capable comme une anguille de passer à travers tous les rôles en les retournant comme des gants. Verhoeven a bien raison de dire qu’il a été épaté par elle, et je crois en sa sincèrité pas de la promo. J’espère que les vedettes américaines qui ont refusé le rôle avant elle ont pris une leçon, les USA ne méritaient pas ce film qui se tord et échappe à tout: ben, un film adulte, quoi. Ah, Huppert parlant à son chat: l’aime-t’elle ou ne l’aime-t’elle pas son matou? Le spectateur ne le saura jamais, elle ne livre pas elle donne un peu de clarté et un peu de mystère comme dans la vie. Merci miss Huppert d’avoir aidé Verhoeven sur le chemin de la maturité fine et légère, pour lui il était temps on l’avait perdu, ah Isabelle, votre main, Madame je vous prie…

          bon c’est bon vous regrettez maintenant, hein? n’y revenez pas!

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          N’aimez-vous pas ses films hollandais?

        • MB dit :

          à Bertrand: par contre pour SHOWGIRLS je vous suis pas du tout. A revoir?

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          Oui, à revoir pour SHOWGIRLS. C’est un film étonnant, une véritable fresque de l’obscénité comme l’est LE LOUP DE WALL STREET dans un autre registre. Et un portrait de femme rebelle intéressant (par une actrice qui dégage bien, je trouve. Il y a quelque chose de prodigieux dans ce film, une énergie, une frontalité insolente, avec de beaux moments (l' »attentat » contre une danseuse en plein spectacle qui évoque De Palma, mais en mieux fait encore..).

        • MB dit :

          à AA: revoyons! revoyons SHOWGIRLS! Je me souviens pour les films hollandais du QUATRIEME HOMME, au scénario policier très bien écrit et de TURKISH DELICES que j’ai complètement oublié sauf le plan d’un grand malade dans un lit qui respire la joie de vivre en agitant les bras furieusement!

        • MB dit :

          Sur la couv’ du BR de ELLE, le visage de Huppert a été complètement ravalé pour la rajeunir. Ridicule. Lamentable. Elle a 63 ans! et alors? On ne l’a pas rajeunie dans le film alors? De plus je suis sûr que l’attitude de crainte qu’elle a sur l’image n’appartient pas au film, c’est un dessin numérique ou je ne sais pas comment ça s’appele. Quels cons…

        • ballantrae dit :

          Parlons en de Showgirls que je ne déteste ni aime mais qui me semble marrant: la manière dont on a porté aux nues cet automne ce film me semble un brin délirante au vu des superlatifs utilisés.On en a fait un équivalent tout de même du All about Eve? Paulot joue sur la libido du spectateur, le fait peut-être réfléchir mais pas bien longtemps et on a droit à un de ces films bien voyeurs (mauis pourquoi pas?) qu’on travestit sous des dehors « moraux » …mais cela fait certainement partie du projet.
          J’aimais chez le Verhoeven hollandais sa capacité à choquer sans calculs et aime moins son absorption de l’ironie comme donnée de discours critique : film méta/ film 1er degré imbriqués l’un dans l’autre…de l’or en barre pour l’exégèse!
          Elle ne m’a pas convaincu or j’étais prêt à l’aimer malgré Djian que je considère comme un assez médiocre écrivain: retour aux affaires de Paulo après le très réussi et pervers Blackbook, la grande Isabelle en reine, une atmosphère chabrolienne annoncée par mon cher Michel Ciment.
          Que nenni, un film long , vite éventé, suscitant le rire facilement ( l’histoire du « fils » du crétin qui sert de fils à l’héroine me semble sorti d’un Mocky y compris dans la mise en scène) jamais choquant, jamais troublant si ce n’est théoriquement.
          Et puis ce côté terne de la mise ns cène qui ne décolle que rarement ( les volets refermés, le prologue in medias res)!
          Non, je n’aime vraiment pas…
          Sinon, je tiens à signaler deux réussites bien plus réelles à mon sens même si ce sont des premires films:
          -Diamant noir d’A Harari, film mystérieux et plastiqument superbe récompensé par le prix Deray
          -Compte tes blessures de Morgan Simon suspense oedipien épuré, direct comme une belle série B et magnifiquement joué

        • MB dit :

          à Ballantrae*VErhoeven: « Paulot joue sur la libido du spectateur, le fait peut-être réfléchir mais pas bien longtemps et on a droit à un de ces films bien voyeurs (mais pourquoi pas?) qu’on travestit sous des dehors « moraux » …mais cela fait certainement partie du projet. »

          tout ça c’est vrai et fait totalement partie du projet c’est sûr, et ce mécanisme est toujours à l’oeuvre dans ELLE. Mais j’ai fini de faire de la morale à propos de ce procédé, je le trouve présent chez Hitchcock (reproche de ceux qui n’aiment pas Hitch) et un procédé n’est plus à mes yeux autre chose qu’une figure de style, comme un outil à la mise en scène. Tout est question de niveau disons de qualité: je ne reproche pas la nudité féminine qu’on peut voir dans un polar il y a une façon suffisante et courtoise de la montrer (tout en nous émoustillant, admettons-le!) . En vieillissant je ne fais plus de morale à ce point (ce qui nous a divisés sur SPRING BREAKERS), l’immoralité c’est le mythique snuff-film (a-t’il existé?) ou les reportages de M6 sur la prostitution. La brutalité érotique ou de violence chez Verhoeven fait toujours partie de la mécanique de son film. Le film autour de ce genre de scènes tient-il debout? Si oui, basta. Je ne suis pas d’accord avec Coursodon-Tavernier (désolé mais je fais pas exprès c’est la série, Bertrand!) qui disent que la poursuite de voitures de BULLITT détruit le film autour. Je revois le film de temps à autre et je n’ai jamais constaté celà: après la poursuite je reste dans le bain du film.
          Je pense que vous êtes un moraliste (ce qui est bien) mais peut-être un moraliste un peu excessif? « No hard feeling », comme disait mon copain Colorado.
          à Bertand: je viens de revoir TO LIVE AND DIE IN LA de Friedkin et je ne suis pas d’accord non plus! je vous disais c’est la série hi hi. Et je ne mentionne pas PRIME CUT/CARNAGE que je viens de revoir aussi arrêtons là!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il y a une différence de niveau entre Hitchcock et verhoeven…Quant à des divergences de vues, je pense qu’elles sont utiles et nécessaires. Je continue à trouver que la poursuite de BULLIT est étirée, dilatée pour la rendre hyper spectaculaire, elle est « inflated » et cela deviendra la plaie récurrente de nombreux films. PRIME CUT ne me convainc toujours pas et je trouve le scénario faible. Quant au Friedkin, j’y trouve davantage de qualités mais le scénario me parait toujours aussi boiteux, répétitif et à partir d’un moment le film s’étiole. Je sais que ce n’est pas l’avis général mais peu importe. Je trouve friedkin surcot par rapport à Lumet, Frankenheimer

        • MB dit :

          à Ballantrae: excellent ça, « la Vessie d’Or 2016 », faudrait créer le prix hi hi.

          (non on serait jamais d’accord sur le lauréat)

        • MinettePascal dit :

          Sur BULLIT : Moi aussi je tiens le coup pendant la poursuite et je pense que c’est parce que c’est le dernier film de Steve McQueen. On ne se lasse pas de le voir vivre.

        • MB dit :

          à Bertrand: d’accord sur les divergences de vue! aussi sur les différences de niveau entre Hitch et PV, c’est juste le même noyau. Il faudrait revenir sur LE Friedkin TO LIVE AND DIE IN L.A., mais ça ne l’amènerait jamais au niveau de UN APRES-MIDI DE CHIEN, le film m’a juste fasciné dans le creusage du sillon de l’obstination qui va droit dans le mur (le héros est quasi fou) et le film se tient tt du long mais bon… c’est toujours pas UN APRES-MIDI ou un Frankenheimer bien choisi.

        • MB dit :

          à M Pascal: le dernier? vous vouliez dire le dernier bon film?

          En tt cas l’idée était de dire que la poursuite de voitures déséquilibrait le film, pas qu’elle n’était pas réussie. Et le coup d’utiliser les rues en buttes de San Francisco était supebe formellement.
          De tous ces films que ne veux pas non plus surestimer cités ci-dessus avec mini controverse avec BT, c’est d’ailleurs je le reconnais la forme qui frappe plus qu’une façon de voir la vie qui est le minimum qu’on demande à un film (même sans grande ambition).

        • MinettePascal dit :

          A MB : Merci pour la rectification. Je croyais Bullit à la toute fin de sa carrière. 1968 , deux ans seulement après EL DODO..EL RARA…v’voyez ce que je veux dire !
          Parmi les vrais derniers, j’ai bien aimé le climat de JUNIOR BONNER : la fin d’un monde, d’une carrière, d’une vie…

        • ballantrae dit :

          To live and die in LA continue à m’impressionner malgré ses moments de flottement narratif car cela lui donne une forme de fragilité réaliste qui évite un côté programmatique: c’est un récit fait à hauteur d’antihéros obsessionnel et pour le coup irresponsable dont les pulsions prennent corps dans le montage haletant, la magnifique photo surréelle du chef op de Wenders R Muller, la BO de Wang Chung (là j’avoue elle a pris un coup de vieux).
          Le film est soudainement troué par des sautes d’humeur narratives( la poursuite en auto avec sa bande son fabuleuse fiate de rythmes répétitif, de sons directs) avec des fils connexes, des pauses contemplatives ( Masters qui brûle ses tableaux, le flic qui fait ses sauts à l’élastique) tout aussi surprenantes que les choix opérés sur L’exorciste, Sorcerer, Rampage ou Cruising.
          Une singularité que je persiste à affilier à Fuller et Aldrich.

        • ballantrae dit :

          A MB, je reproche moins des questions de morale à Verhoeven que le fait de m’avoir laissé totalement intact: pas de trouble vénéneux similaire par exemple à ce que Lynch magnifiait dans Blue velvet dans la scène hallucinante où Frank malmène Dorothy devant le héros héberlué.
          Elle,c’est du voyeurisme ronronnant à consommer un dimanche soir, histoire de s’encanailler avant une bonne camomille.Les images de Verhoeven se sont normalisées sans les aplats de couleur qui faisaient tâche, sans le goût pour les compositions baroques qui salissaient l’écran , sans ce sens de la matière débordante qu’on retrouve y compris dans des blagues de SF hardcore comme Robocop et Straship troopers ( que j’aime bien sans en faire des objets de vénération).
          Bon cinéaste, il l’est assurément mais il a comme perdu la main en venant en France comme auparavant ce fut le cas pour De Palma, M Hellman ou…Fuller.
          Voyant Elle , j’ai repensé à celui-ci qui avait fait chez nous Les voleurs de la nuit puis Street of no return (produit par J Bral je crois en coprod avec le Portugal).C’était bien qu’il continue à filmer mais la réussite n’était pas au RDV malgré qqs petits éclats.
          Je suis donc surpris de ces réactions enthousiastes…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Les Fuller, très médiocres, et les De Palma pauvres sont moins dominés ou contrôlés que ELLE. On avait affaire à des cinéastes essoufflés, qui se parodiaient

        • MB dit :

          à Ballantrae: TO LIVE AND DIE reste fascinant par le sillon creusé à fond du flic obsessionnel qui va droit dans le mur quitte à faire des conneries. Cette variation de UNE ETOilE EST NEE montre la gangrène instillée chez le héros (Richard Chance) passer par contagion naturelle dés la mort de Chance chez son co-équipier (John Vukovich), scandalisé et apeuré par les méthodes de celui-ci et qui lorsqu’il disparaît se retrouve investi de toute la corruption morale, le dynamisme suicidaire, le refus de se scandaliser d’une entorse aux règles, de s’apeurer de tel ou tel danger judiciaire qui habitaient le dernier, qu’il admirait. A la fin Vukovich annexe l’indic et maîtresse de Chance pour lui dire « tu travailles pour moi maintenant » ce qui interdit à la jeune femme de partir vivre ailleurs comme elle le voulait. Vukovich à l’enterrement de Chance pourrait prendre le micro et dire « Hello everybody, this is Mr John Chance ».
          Ce n’est pas culotté de retrouver le thème de UNE ETOILE dans le Friedkin, il est présent dans tout le cinéma américain, de ci de là, parfois au détour de l’intrigue, ou en germe ou suggéré rapidement. C’est le 3ème remake du film de Wellman (donc déjà quatre A STAR IS BORN depuis 1937) que Bradley Cooper va sortir bientôt avec lui-même et Lady Gaga!
          Mais au bout du compte, comment peut-on dire que TO LIVE, ce film qui retient l’attention fait plus que celà? (après une soirée très arrosée, oui). La coquille n’est pas vide mais elle est pas très remplie, illustrer une façon nihiliste de voir la vie ressemble fort à l’absence d’une quelconque façon de voir la vie. Comme disait BT, il faut se rappeler Lumet ou Frankenheimer avant de s’emballer sur Friedkin (quoique KILLER JOE…).

        • ballantrae dit :

          A vrai dire, Bertrand, le dernier Verhoeven me fait aussi l’effet d’une parodie de Verhoeven à force de clins d’oeil qui font qu’on ne croit pas une seconde à ce qui se déroule.
          Le violeur est joué par un acteur -dont je ne révélerai pas le nom- qui n’est pas à la hauteur et surjoue à chaque seconde: quelles indications lui ont donc été données???On dirait qu’il joue dans un autre film avec même une pénible impression de cinéma bis voire de film de Mocky.
          I Huppert n’est pas mauvaise car cela lui est impossible… mais elle est très prévisible dans le programme qui lui est assigné, organisé comme un festival de ses possibles sans qu’aucun ne soit pleinement creusé.
          Je me suis même demandé s’il n’y avait pas eu un problème de langue pour expliquer tous ces malentendus qui passent pour une multiplicité d’audaces.Mais il semblerait que non…
          Pour ce qui est de Friedkin, je persiste à aimer nombre de ses films ce qui ne m’empêche pas d’aimer ceux de Lumet et de Frankenheimer.
          To live and die n’est pas creux mais au contraire parfois presque trop plein d’audaces, d’intentions, de micro récits allusifs.
          L’un des polars américains majeurs des 80′ avec Prince of NY, L’année du dragon,Scarface, Thief ou Blood simple tout simplement.

        • Damien D. dit :

          Un ballantrae en grande forme ! Moi qui avait loupé ELLE de Verhoeven, je l’ai acheté en blu ray et me réjouissait de le découvrir suivant l’avis de Positif qui en avait fait sa couverture et un article principal (critique d’autant plus bonne qu’ils mettaient même en balance le Verhoeven américain qu’ils n’avaient pas défendu à l’époque). Je me ferai donc un avis prochainement.
          Je rejoins assez justement l’avis de Bertrand sur Friedkin qui comme De Palma, sont pour moi des réalisateurs surestimés (même si on peut leur reconnaître une certaine inspiration et surtout de multiples influences dans leurs premiers films).
          Si je vous suis sur PRINCE OF NEW YORK de Lumet, citer dans les polars majeurs des 80’s (période il faut l’avouer assez pauvre dans le genre aux Etats-Unis) L’ANNEE DU DRAGON ou SCRAFACE, hum là j’ai plus de mal… Tout en reconnaissant il est vrai leur influence et pour le pire parfois : on l’a vu sur SCARFACE, film par exemple devenu culte (certes à son corps défendant) chez certains de nos délinquants contemporains…

        • MB dit :

          à Damien D: pour ELLE, ne vous laissez pas trop influencer par Ballantrae -y compris en pleine forme!- avant de le voir!
          Il me semble que les meilleurs polars US des 80 affichent une baisse par rapport à ceux des 70 comme le cinéma US en général.
          Ce n’est pas par acharnement personnel mais c’est bien simple: les films cités par Ballantrae à savoir « Prince of NY, L’année du dragon,Scarface, Thief ou Blood simple » me paraissent tous surfaits, creux et relevant plus d’une certaine putasserie copain-copain avec le spectateur (BLOOD SIMPLE). Que retirer de PRINCE OF NY à part une poursuite dans un terrain vague la nuit alors que passe le métro aérien au fond? mais je n’ai pas revu THIEF (dont je ne me souviens que des rues luisantes de nuit et d’après-pluie dûes à l’arrosage d’icelles voulu par Mann avant de tourner: révélation pour moi). L ANNEE DU DRAGON s’écroule comme une pièce montée écoeurante, avec des sursauts (la fuite des deux tueuses du night-club) comme ceux du serpent coupé en deux! J’en suis désolé je préfère aimer les films… Dois-je citer les chefs d’oeuvre du polar US des 70?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Attention aux généralisations. Il me semble que THIEF tient le coup et que BLOOD SIMPLE se laisse voir même si FARGO est très supérieur. D’accord sur l’ANNÉE DU DRAGON mais je suis sur qu’on peut trouver quelques autres titres

        • Damien D. dit :

          D’accord avec Bertrand sur BLOOD SIMPLE : sorte de brouillon de FARGO mais pour un premier film les frères Coen s’en sortaient très bien.
          Sur les (bons) polars des années 80, un ou deux titres encore mais je sèche ensuite assez vite : WITNESS de Peter Weir ou SANGLANTES CONFESSIONS de Grosbard par exemple… Je n’ai pas encore vu par exemple THE KILLER de John Woo : que vaut-il ? Pour le reste on est encore chez du De Palma moyen comme LES INCORRUPTIBLES (bon ça se laisse voir une fois pour le casting…) ou les séquelles de L’INSPECTEUR HARRY : bref rien de bien mémorable.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Voila des titres formidables : TRUE CONFESSION et surtout STRAIGHT TIME de Ullu Grosbard

        • Damien D. dit :

          Errata, THE KILLER ce n’est pas encore la période américaine de Woo. (mais ça n’empêchera pas les avis !)

        • MB dit :

          à Bertrand: je disais que je devais revoir THIEF. Mais vous dites vous-même que ces films « se laissent voir », un grand film à côté c’est plus que juste se laisser voir. Il n’y a pas à attendre tel ou tel clou de l’action ou morceau de bravoure, le film est bien du début à la fin!

        • ballantrae dit :

          La liste n’était pas exhaustive en matière de polars 80′:Sanglantes confessions est effectivement très bien (avec un côté Ellroy avant l’heure) mais on doit aussi revoir Manhunter de M Mann malgré quelques effets de signature qui font clip ou encore un film âpre tel que Street smart de J Schwatzberg.
          Witness n’est pas mal, parfois sensible, d’autres fois plus convenu.
          De Palma reste un bel auteur de polars par delà Scarface avec Pulsions, Blow out (versant suspense hitchcokien), Les incorruptibles (versant nostalgie).
          Les 50′, 60′, 70′ sont plus riches en grands films mais les 80′ ne sont pas à jeter intégralement.
          Les 90′ vont renouer plus nettement avec ce genre via Tarantino, Mann, Ferrara et surtout Scorsese qui brillera de mille feux avec Casino et Goodfellas.

        • Alexandre Angel dit :

          Dans les polars US des années 80 importants, il y a AT CLOSE RANGE, véritable et heureux accident dans la carrière de James Foley (film que je revois toujours avec la même fascination). Et CUTTER’S WAY, d’Ivan Passer.
          N’oublions pas LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS vu par Bob Rafelson : c’est quand même pas mal. Et RUNNING ON EMPTY, de Lumet? Non c’est pas un polar….Plus mineures, on trouve des productions Cannon stimulantes comme 52 PICK UP, de Frankenheimer ou STREET SMART, de Schatzberg.

        • Alexandre Angel dit :

          ..et histoire de pinailler : STRAIGHT TIME, c’est encore les années 70, hi hi

        • MB dit :

          à Damien D et Bertrand: d’accord ces SANGLANTES CONFESSIONS/TRUE CONFESSION + WITNESS et surtout le grand STRAIGHT TIME/LE RECIDIVISTE me rabattent le caquet sur ma tentative éhontée d’établir une supériorité des polars des années 70 sur les 80. Bon ça reste vrai en nombre mais LE RECIDIVISTE vaut DOG DAY AFTERNOON. Quant à BLOOD SIMPLE, revoyez-le bien et vous verrez vite les ficelles! (ou non?).

        • MB dit :

          à Damien D: THE KILLER ou LE SAMOURAI 2 vaut surtout grâce au travail du dresseur des colombes, voyez plutôt HARD BOILED (si ce n’est déjà fait), là on touche au sommet sur le sommet sur le…

      • Yves Rouxel dit :

        A Ballentrae.Pas d’accord avec vous sur »Nocturama »de Bertrand Bonnelo qui manque d’ambition dans la mise en scène.On dirait un clip pour des marques de vêtements.Puis surtout on ne connait pas du tout les motivations de ces jeunes individus qui s’enferment dans un magasin luxueux parisien tout une nuit.J’avais aimé ses précédents films comme: »L’appolonide »qui est d’une grande sensualité au niveau des images et le réalisateur nous décrit de façon formelle les distorsions de l’ame humaine et la perversité des ètres en souffrance.Je n’ai pas vu le film avec Jean pierre Léaud sur la mort de Louis XV.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          De Louis XIV cher Rouxel. Passez d’argent pour aller jusqu’à 15 et ce n’est pas réalisé par Bonello

    • ballantrae dit :

      Juste un petit correctif: Andrea Arnold est Britannique et non « Américaine pur sucre » ce qui ne l’empêche pas comme nombre de ses confrères ( Hitchcock, Lean, Boorman, Roeg, Scott, Mac Kendrick et j’en passe) de transformer l’essai aux USA.
      En parlant de cinéma britannique, que ceux qui n’ont jamais vu Comrades de Bil Douglas se précipitent sur Arte + 7 pour le découvrir. A noter un billet élogieux d’Olivier Père sur le film toujours sur son blog à suivre.
      Tiens , un billet Grande Bretagne de plus ne serait pas de refus!
      Je serais vraiment heureux Bertrand de vous lire plus longuement sur Bill Douglas justement, son lien avec d’autres cinéastes britanniques mais aussi sur Watkins avec lequel il me semble partager bon nombre de préoccupations et dans un autre genre TDavies.
      Je n’ai pu voir le dernier film de celui-ci (il y aura rattrapage DVD) Sunset song l’an passé et il devrait y avoir sous peu sortie de son film sur la poétesse Emily Dickinson.
      Pour un pays dénoncé petitement par Truffaut et JLG comme antithétique avec l’idée même de cinéma, rappelons aussi que la GB constitue une terre d’accueil riche pour des auteurs en exil ( politique, créatif ) durable ou provisoire ou simplement en quête d’autres sujets: Duvivier, Antonioni, Kubrick, Skolimovski, Polanski…et B Tavernier avec le superbe Mort en direct tourné à Glasgow.
      Sans oublier Truffaut (Farenheit 451) et JLG ( Sympathy for the devil)!

      • Damien D. dit :

        Et évidemment Losey dont la GB lui permit de continuer sa carrière et d’y faire de très bons films.

      • Mathieu dit :

        à Ballantrae:
        Ajoutons à la liste de ceux qui ont trouvé refuge en Grande Bretagne Lotte Reiniger, réalisatrice de merveilleux films d’animation (dvds Carlotta ou BFI). Mais il y en a tant d’autres: Emeric Pressburger, les frères Korda…
        Et conseillons à tous ceux qui ont aimé COMRADES (et mêmes aux autres) de voir si ce n’est déjà fait la trilogie MY CHILDHOOD-MY AINFOLK-MY WAY HOME du même Bill Douglas, bouleversant chef-d’oeuvre (en dvd chez UFO et en Blu-Ray BFI, avec ST anglais- très peu de dialogues mais en dialecte écossais).

      • Yves Rouxel dit :

        Americaine pur sucre était un référence à son dernier film « American honey ».C’est une chanson interprétée lors d’une scène dans le camion.

  11. MinettePascal dit :

    A Mr Tavernier : France Musique, c’était l’endroit idéal pour défendre la musique de film. Cette radio est quasiment la seule que j’écoute mais il reste un peu de boulot au sujet de la reconnaissance des compositeurs pour le cinéma. Vous avez bien fait de dire qu’une bonne partition s’écoute aussi bien sans images. ça m’a rappelé le jour où ils avaient invité Kosma jr et qu’un producteur avait commenté une performance en direct en disant qu’ on sentait bien le côté cinématographique ». Kosma avait répondu qu’il n’écrivait jamais rien pour faire cinématographique.
    Je ne voudrais pas rallumer une polémique avec les adorateurs de la musique contemporaine au sens de musique « classique » de nos siècles, mais je reste persuadé que la postérité mettra la musique de film du 20ème siècle au-dessus de la « classique ». Williams, Goldsmith, Tiomkin et leurs foisonnantes partitions sont-ils musicalement inférieurs ? Ne sont-ils que des élèves ratés de Pierre Boulez ? Enlevez les images d’Alamo ou du « train sifflera » et vous avez l’équivalent d’une symphonie de Tchaïkovsky avec une idée musicale nouvelle par mesure . Je me dis souvent que si Mozart entendait la musique de film, il serait tenté de brûler toute son oeuvre. A tort, bien sûr !!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Minette Pascal
      Oui à tort

      • MinettePascal dit :

        Qu’on ne se méprenne pas, Mozart est un des mes dieux.Et je n’en ai pas beaucoup…
        A dimanche, donc, sur France Musique !

      • Yves Rouxel dit :

        A tous n’oubliez pas l’excellente émission consacrée aux bandes originales de films diffusée tous les mercredis de 19 à 21 heures sur FIP,la seule radio du groupe Radio France encore audible pour les oreilles.Les programmateurs font un travail remarquable.Pourvu que celà dure car le service public vacille complétement.On peut se rabattre sur les radios associatives et locales sinon Radio Nova et Oui FM.

        • Sullivan dit :

          Comme vous y allez cher Rouxel sur FIP « la seule radio du groupe Radio France encore audible » … Et MP, pourquoi ce besoin de cloisonnement et de hiérarchisation ? Vous savez, il faut toujours se méfier de ses à priori quand on s’attaque à l’art. Souvent, il y a rejet par méconnaissance. Je vous assure que dans le domaine de la création musicale (ce qu’on appelle « musique contemporaine », mais c’est une terme bien réducteur. On devrait dire « les » musiques contemporaines), il y a des chefs-d’oeuvre qui réconcilient la tête et le coeur, l’intellect et l’émotion. Ecoutez par exemple le 1er trio (pour violon, violoncelle et accordéon) de Cavana ou bien encore les 12 mélodies acousmatiques de Denis Dufour (cette oeuvre me fait penser aux propos de Bertrand hier matin sur la musique de Jaubert pour L’Atalante, qui intègre des bruits de tous les jours à sa composition), ou bien encore les oeuvre de Francesco Filidei, véritable orfèvre (je pense à son « Concertino d’autumno » (sur l’album « Forse » chez Empreintes Digitales) merveille mêlant stylisation extrême et impact émotionnel), je pense aussi à Jérôme Combier et son « Dawlight », une oeuvre de 20 minutes qui utilise le chant katadjak des femmes inuit (chant de gorge traditionnel qui prend sa source dans la surventilation héritée des chamanes) dans une partition qui est en elle-même un véritable film. Ecoutez aussi la Belle au bois dormant (titré en allemand « Das Dornröschen ») de Brice Pauset, c’est d’une richesse ! Et le sous-texte de cette oeuvre est même très drôle (en substance Pauset raconte qu’en tant que personne très pragmatique il imagine en creux ce que le conte de Grimm ne dit pas : que le prince était hautement asthmatique. Du coup, quand ce dernier découvre sa belle depuis cent ans endormie, il lui faut déblayer des couches et des couches de poussière. Il a une crise. Il meurt. fin de l’histoire !). Je pourrais vous parler de Reich et de chefs-d’oeuvres complètement entêtant comme « Music for 18 Musicians » (surtout la dernière version enregistrée chez Harmonia Mundi), « Different Trains », les concertos pour violon et orchestre de Glass, celui de John Adams d’une beauté à couper le souffle. Il y tellement de compositeurs, d’oeuvres, d’univers qui peuvent dans ce cadre de musique novatrice (je ne parle même pas d’avant-garde, car souvent celle-ci est bien conservatrice au final) vous émouvoir, que je ne peux pas vous laisser dire des choses comme ça, à l’emporte-pièce. C’est comme dire « Je n’aime pas Bob Dylan ». Quand on écoute « Hurricane » comment ne pas être emporté ? Enfin bref, vous avez lancé des appâts, j’ai eu envie d’y mordre. Miam !

        • Sullivan dit :

          Pour ceux que ça intéresse, la musique de « La Fille du Diable » (Decoin, 1946) signée Henri Dutilleux, et composée dans sa première veine très accessible, a été enregistrée chez BIS par L’Orchestre des Pays de la Loire dirigé par Pascal Rophé (l’album est paru le 22 janvier 2016, le jour-même du centenaire Dutilleux). On trouve sur ce disque d’autres très belles musiques telles que « Le Loup » (Musique de ballet que le regretté Georges Prêtre avait beaucoup défendue) ou les trois sonnets de Jean Cassou chantés par le baryton Vincent Le Texier, sans oublier la musique de scène pour Les Hauts de Hurlevent intitulée « Trois tableaux symphoniques ». Toute la musique présente sur ce disque est des plus accessibles dans ce sens où c’est du Dutilleux première manière. J’aime beaucoup personnellement, mais ses grandes oeuvres sont venues après (Les Métaboles, Le Double, Timbres Espace Mouvement, Tout un monde lointain, L’Arbre des Songes…) : http://bis.se/label/bis/henri-dutilleux-le-loup (On trouve l’album sur tous les sites de vente en France).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Sullivan
          Merci de ces renseignements
          de PHILIPPE HERSANT cette belle continuation
          Oui, Bertrand, quelques lignes un peu en vitesse, entre deux pages d’orchestre (pas pour un film, mais pour le prochain concours de chefs d’orchestre de Besançon !)
          Oui, les « classiques » du 20ème siècle ont énormément influencé la musique de film ! Faux Boléro de Ravel dans Rashomon de Kurosawa, Bartok et Stravinsky (notamment le Mandarin merveilleux et le Sacre du Printemps), pillés un peu partout, tout comme Rachmaninov, Nino Rota qui lorgne vers les Pins de Rome de Respighi ou l’Opéra de 4 sous de Weill dans la Dolce Vita, etc… – et puis en effet, il y a les musiciens « savants » Korngold, et aussi Prokofiev (Alexandre Newski, Ivan le terrible) ou Toru Takemitsu (Ran de Kurosawa) qui ont signé quelques-unes des plus belles partitions de film jamais écrites. Comment se fait-il que ces musiques soient parfaitement « digérées » par le grand public lorsqu’elles sont entendues dans un film, alors qu’en concert ou à la radio, elles font faire la grimace à beaucoup de gens ? J’ai fait remarquer au fils d’une amie qui « déteste la musique contemporaine », que parmi les musiques de 2001 de Kubrick, qu’il adore, il y en a une de Ligeti (le Requiem) – et que par conséquent, il était fan d’une partition « contemporaine » sans même le savoir ! Mais l’oreille est très paresseuse, je crois, plus que l’oeil…
          Ce qui est sûr, c’est que ce drôle de dénominatif (musique contemporaine) cache une véritable nébuleuse de musiques extrêmement différentes. Quoi de commun entre Répons de Boulez et le De Profundis d’Arvo Pärt ? Absolument rien, sinon d’avoir été écrits tous les deux en même temps (au début des années 80)… Jamais dans l’histoire de la musique, il n’y a eu une telle liberté et une telle variété de langages, et je trouve ça très excitant ! Je suis bien content d’être un musicien né au XXème siècle !

        • Henripatta dit :

          Je pense que pour le profane , musique contemporaine = Pierre Boulez . Ce dernier a ete un veritable repoussoir pendant des decennies . Je me souviens de reportages lors de mon enfance , puis mon adolescence et encore plus tard ;ou ce monsieur tres satisfait de lui , nous faisait entendre ses oeuvres. Toute une jeunesse a ete traumatisee par ces  » bruits ». Pardon aux fans de Boulez si il y en a mais je dis ce que je ressents.

        • MinettePascal dit :

          A Sullivan : mordez, mordez mais relisez ce que je dis. Je ne dis pas que la musique classique contemporaine est mauvaise, je dis qu’il n’ y a pas de raisons de la mettre au-dessus de la musique de film. En vertu de quels critères le ferait-on ?
          Vos aurez beau dire, sur France Musique on n’emploiera pas les mêmes mots pour parler de Boulez, Dutilleux ou Sapin que pour parler de John Williams, Delerue et les autres. Ils ont des mérites différents et n’ont pas à être hiérarchisés. A côté de cela, ce n’est pas plus un crime de ne pas aimer certaines compositions contemporaines que de ne pas apprécier la musique de film, à mon avis. Ce qui est dommage, c’est d’avoir les oreilles fermées à l’une ou à l’autre.
          Delerue avouait ne pas aimer le contemporain. J’imagine qu’il a essayé et avec des esgourdes de pro ! Doit-on le blâmer ?
          Je ne vous parle pas de mes goûts personnels parce qu’un petit fripon par là va encore dire que tout le monde s’en fout !

        • MB dit :

           » FIP,la seule radio du groupe Radio France encore audible  »
          et Mauvais Genres sur FCul, L’invité du matin sur FM, les émissions de Meyer sur FCul c’est quoi?
          merci pour l’érudition, Sullivan, je note je note…

        • Sullivan dit :

          Cher Minette Pascal, je vous ai très bien lu au contraire. Vous dites « Je ne voudrais pas rallumer une polémique avec les adorateurs de la musique contemporaine au sens de musique « classique » de nos siècles, mais je reste persuadé que la postérité mettra la musique de film du 20ème siècle au-dessus de la « classique» ». Si on vous prend au mot, vous dites que la musique de film est supérieure à la musique classique et dans la foulée à la musique contemporaine (l’expression « adorateurs de la musique contemporaine » n’est pas sans condescendance) ou tout du moins que la postérité fera que. Vous êtes peut-être devin.
          Encore une fois, d’où vient la musique de film ? Pour faire court (mais alors très court hein) la musique hollywoodienne vient d’une grande majorité de compositeurs européens dits de musique savante exilés parce-qu’ils étaient juifs, Korngold en tout premier lieu. Il y a bien eu Waxman ou Rozsa qui étaient déjà compositeurs de musiques de films en Europe… mais influencés bien-sûr par les compositeurs classiques, notamment les viennois ou les français. Rachmaninov à lui seul est à l’origine de tant d’harmonies et de styles mélodiques copiées des milliers de fois dans des milliers de films. La musique de film est un genre certes mais un genre qui doit à tous les autres, les musiques classiques, contemporaines, le jazz, les musiques ethniques et j’en passe… et ce n’est pas l’amoindrir que de dire cela.
          Maintenant, pour reprendre certains de vos propos… Une idée musicale par mesure dans les scores d’Alamo et High Noon ? Arrêtez votre char MP. Et réécoutez Tchaikovsky. Mince, quand-même… Et vous faites bien de parler de Boulez qui en ce qui me concerne risque de rester dans la mémoire des générations futures beaucoup plus pour son activité de chef d’orchestre (et quel !) et ses enregistrements (plus de 100 disques répartis chez Erato, DG, Sony…) ainsi que pour le créateur d’institution qu’il fut (l’IRCAM, L’Ensemble InterContemporain, la Philharmonie de Paris…) que pour sa musique. Il a régné sans partage sur ce qu’on pouvait appeler l’avant-garde. Et de par son pouvoir immense, a usé d’un droit de vie ou de mort sur tel ou tel courant musical et donc sur tel ou tel compositeur. Beaucoup ont souffert et n’ont pu exister à cause de lui. Pourtant il fut un homme très charmant, un grand pédagogue mais un tyran également. Et c’est peut-être de cette époque, où écouter le vaste monde de la musique contemporaine n’était pas chose aisée, ou facile, que date l’idée que s’était fait Delerue du « Contemporain » comme vous dites. Car s’il vivait aujourd’hui, je suis persuadé qu’il changerait d’avis. Ecoutez les musiques d’Anders Hillborg, de Rautavaara, de Philippe Hersant, de Jukka Tiensuu, de Richard Dubugnon, de Ligeti, écoutez les spectraux, les acousmaticiens et tous les autres, en passant par des créateurs fous comme John Zorn ou Zappa. Et dans le domaine de la musique de film, écoutez par exemple le score de Mica Levi pour le chef-d’oeuvre SF Under the Skin : une partition de musique contemporaine extraordinaire !

        • Bertrand Tavernier dit :

          Sullivan vous êtes un chef

        • Yves Rouxel dit :

          Je me rends compte au fil des semaines et des mois que certains internautes ne lisent pas ou on un manque de concentration.Concernant l’émission de FIP,je me suis planté.Elle est programmée tous les mercredi de 20 à 22 heures.Cette semaine met l’accent aussi sur les musiques classique qui enrobent les films depuis tant d’années.

        • MB dit :

          à Sullivan: alors là, moi je dis « Respect! » et ne rougissez pas, hein?!

        • Alexandre Angel dit :

          Juste un message à Sullivan..
          Intéressez-vous un peu à la musique, mon vieux. Y a pas que le cinéma dans la vie! Non mais vraiment..

        • MinettePascal dit :

          A Sullivan : Moi qui ne voulais pas rallumer de polémique !
          Non, vous ne m’avez pas lu, Sullivan, puisque je ne dis pas que la musique de film est supérieure à la musique « classique » contemporaine, mais qu’elle ne lui est pas inférieure, et que la postérité préfèrera peut-être se souvenir d’elle.
          A quel moment ai-je dit que la musique de film n’avait pas d’influences ? Ce serait idiot, quelle musique n’en a pas ? Debussy peut-être, d’accord mais la musique de Mozart est influencée ainsi que…quasiment tous les autres, y compris les compositeurs dits « contemporains ». ça n’enlève rien au génie de Mozart, j’espère ? Et même si parmi ses influences, il y a des danses de village que des paysans inconnus ont créées ?
          Vous me demandez de réécouter Tchaïkovski, et bien je vous invite à réécouter Tiomkin : vous en entendrez bel et bien des idées et pas une mesure qui ressemble à du remplissage. Tiomkin a beau connaître ses classiques, sa musique , c’est du Tiomkin et pis c’est tout, qu’on reconnaît tout de suite et qu’on ne saurait imiter très facilement.
          John Williams, malgré ses influences, ne peut guère être comparé à quelqu’un d’autre; j’imagine les dégâts si quelqu’un essayait de le copier.
          Et puis je vous rappelle que je ne parle pas de mes goûts personnels. Je réagis simplement à la condescendance toujours de mise quand il s’agit de musique de film.
          Votre catalogue d’oeuvres contemporaines tape à côté puisque je n’ai jamais dit que j’avais horreur de cette musique. En tant qu’auditeur quotidien de France Musique, j’en entends tous les jours et tous les jours je découvre de petites merveilles. Vous prêchez donc un convaincu, même si ma culture de cette époque est encore perfectible !
          Pour ce qui est de Boulez, ma phrase était assez claire, je crois. Humainement, je n’aimais pas le ton qu’il prenait dans ses master-classes de direction. Peut-être jugeait-il opportun de casser l’orgueil de certains élèves mais ça flinguait bien le climat général.
          Voilà, cette fois j’arrête mon char.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Tiomkin lui même remercia Borodine pour la chanson de HIGH NOON et Rimsky Korsakov pour un autre film

        • MinettePascal dit :

          Oui, Mr Tavernier, mais comme à peu près tous les compositeurs, qu’ils soient « classique » ou « de film » le feraient si on les interrogeait là-dessus. Mozart et Beethoven remercieraient Haydn, Bach ou Haendel ; Wagner remercierait sûrement Weber, Mendelsshonn ou Schumann, quelques italiens et Berlioz ; allez demander ses influences à ce vieux Tchaïkovsky, il ne rechignera pas et ça ne lui enlèvera pas son titre de génie.
          Bizet s’est excusé d’avoir quasiment pompé le thème d’un compositeur espagnol pour son air de Carmen « l’amour est enfant… »
          Il y a de quoi faire une thèse. Mais High Noon ou Carmen, ce n’est malgré tout ni du Borodine, ni autre chose que du génial Bizet. ( bon, et puis la chanson dans High Noon ( irrésistible bien sûr) n’est pas ce qu’il y a de plus musicalement intéressant. C’est la qualité des infinies variations de ce thème dans tout le reste de la partition qui est de haute volée !)
          Il faudrait demander aux orchestres de Hollywood de parler de ça. De vrais musiciens qui, j’en donne ma main à couper, ont dû entrer en transes en déchiffrant puis en jouant par exemple….High Noon ou Alamo.
          ça ne veut pas dire que la musique n’est jamais plagiée purement et simplement, bien sûr…
          Et c’est vrai dans les autres arts. Bourvil pouvait remercier Fernandel, Paulus ou Ouvrard ?
          J’imagine (en fait j’en suis même sûr) que les réalisateurs de films ont quelqu’un à remercier et ont parfois carrément chipé une idée ou deux ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Ce b’est pas pour vous dénigrer bien au contraire mais la musique de certains de ces compositeurs talentueux est souvent pléonastique et surtout il y en a beaucoup trop. Ce n’était souvent pas de leur faute, ils devaient obéir au studio. J’en avais discuté avec Tiomkin qui l’admettait. Lui, je le trouvais souvent lourd, pesant, surinant les effets, écrasant des scènes intimes sous des déluges orchestraux et j’ai sous estimé certaines de ses compositions et ai redécouvert plusieurs films. Maurice Jaubert, avait écrit là dessus un texte formidable et il déclarait qu’une musique de film pouvait être connue pour une très petite formation (l(ATALANTE, 14 JUILLET), ce qui me parait une conception plus excitante et plus moderne.
          Accessoirement Bourvil et fernandez se détestaient comme le prouve l’exposition de Martigue sur la Cuisine au beurre

        • Sullivan dit :

          A Bertrand : je n’avais pas lu le mot de Philippe Hersant avant d’inviter les blogueurs à découvrir sa merveilleuse musique, mais ça me fait bien plaisir de le lire ici ! Et oui, les musiques au XXème siècle sont d’une richesse inédite et jamais dans l’histoire nous n’avons eu accès à pour ainsi dire, quasiment tout. Un mot à Philippe : je suis très nostalgique de son émission « Mémoires d’Orchestre » diffusée il y a plus de vingt ans tous les samedis matin (si je ne me trompe pas) sur France Musique. Il proposait à l’antenne des merveilles tirées des archives de l’INA : des concerts du National ou de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Munch, Martinon, (Inghelbrecht peut-être ?) et j’en passe… Aujourd’hui, ce n’est même plus possible d’imaginer une telle émission, faute de moyens et de personnes. Et comme pour le cinéma, dont on dit que chaque jour, des dizaines de films muets ou parlants se perdent à tout jamais car non numérisés, non protégés, et bien chaque jour, des dizaines de concerts merveilleux, témoins de leur époque, de leur contemporanéité, se meurent sur les rayonnages. C’est triste de voir la culture se déliter de cette manière. Mais c’est bien là le triste reflet des politiques menées à gauche comme à droite…
          Et oui : l’oreille est plus paresseuse que l’oeil, en témoigne le simple fait qu’on peut trouver des oeuvres de Soulage, Mondrian, Pollock (je n’y vais pas fort vous serez d’accord) chez des personnes qui considèrent encore Le Sacre du Printemps comme musique contemporaine difficile d’accès alors que la création date du 29 mai 1913…

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Puisqu’on prend le cas Tiomkin, c’est évidemment selon les films ; je disais moi-même que je n’aimais pas ce qu’il avait fait dans RED RIVER ( oui, oui, je sais, tout le monde s’en balance ) mais la discussion coinçait particulièrement sur HIGH NOON : la musique qui couvre toute la fin est peut-être pléonastique mais quand même :
          Comme je le disais, ce chatoiement de variations sur le thème de la chanson, variations harmoniques, mélodiques, rythmiques et toujours habitées d’intentions expressives. Mais Tiomkin ne s’en tient pas là, il enjolive encore la guirlande par d’autres couleurs (le thème de Me Ramirez) ou ce leitmotiv de la fuite du temps, cet ostinato d’horloge qui nous travaille les nerfs depuis le début. Bref, fait-il regretter, sur High Noon ou sur Alamo, que Tiomkin ait été pléonastique ?
          ça fait quand même pas mal de qualités pour une séquence de fight presqu’interminable réservée aux moins intellectuels des spectateurs.
          Je ne vais convaincre personne mais ce n’est pas grave; au contraire, ça m’a donné envie d’aller le réécouter ( sans les pétarades s’entend).

        • MinettePascal dit :

          Mr Tavernier : Au sujet de Bourvil, si j’ai parlé de Fernandel, c’est qu’une biographie du premier cite le second comme une source d’inspiration de Bourvil, un de ses modèles. Mais ça devait être à ses débuts.

        • Sullivan dit :

          A MB : en copiant le style du censeur fou Alexandre Angel, je me dois de dénoncer votre message, celui où vous défendez les programmes de France Culture en utilisant par deux fois la compression « FCul ». Vous avez dit un gros mot. C’est mal. Mais que fait le modérateur ?
          Et à AA, oui, vous avez raison mon vieux, je vais me mettre à la musique, je suis trop monomaniaque moi. Merci de votre humour à tous les deux, qui me ravit bien souvent sur ce blog.
          Et pour finir, à Minette Pascal : No Hard Feelings.
          Ah oui, et à Bertrand : le chef, c’est vous.

        • Mathieu dit :

          à propos de Takemitsu compositeur pour le cinéma: il a composé des tas de musiques de films avant RAN (cf. sa fiche sur Wikipédia), en particulier pour Kobayashi (HARA KIRI, mais pas que) et Teshigahara (LE TRAQUENARD, film très réussi et très intrigant qui arrive à mêler politique et fantastique).
          à propos de Dutilleux compositeur pour le cinéma: il y a aussi la musique de L’AMOUR D’UNE FEMME, le dernier film de Grémillon, mais le film lui même m’a beaucoup déçu.

        • Mathieu dit :

          à Minette Pascal:
          Wagner était beaucoup trop antisémite pour reconnaitre la moindre dette envers Mendelssohn qu’il méprisait. Il a écrit un essai: « Le Judaïsme dans la musique » où il s’en prend entre autres à Mendelssohn. Moi les musiques des films du Hollywood des années 30-40-50, quand je les remarque, c’est plutôt de façon négative, à quelques exceptions près (Bernard Herrmann entre autres, Elmer Bernstein parfois). Je ne pense pas que les Tiomkin, Waxman, Steiner, Newman et consorts étaient si talentueux que ça, et de toutes façons les méthodes stakhanovistes des studios ne leur permettaient pas de développer leur art, il n’y a qu’a regarder les filmographies de Steiner ou Newman (Alfred) sur Wikipédia. Ceci dit récemment et pour la première fois, une musique de Steiner a attiré positivement mon attention, en regardant (et écoutant) JEZEBEL de Wyler.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Là vous attigez, Steiner a été souvent inspiré dans ses thèmes au moins (ceux de GONE WITH THE WIND, BAND OF ANGELS, DISTANT DRUMS). Sa partition pour KING KONG est interessante. Bien sur il inonde de musique et on leur demandait parfois l’équivalent en un mois de deux ou trois symphonies d’où remplissages, orchestrateurs (è ou ! sur GONE) mais quand même on devine le talent

        • Mathieu dit :

          à Sullivan:
          Boulez charmant ? Je crois qu’il était surtout politique, et que dans les dernières années le rapport de force avait évolué, c’est-à-dire que sa dictature n’était plus totale et qu’il devait faire avec, mais sa nature intolérante reprenait assez vite le dessus. Il a réussi à dire du mal de la plupart des compositeurs vivants ou morts. On trouve plusieurs de ses déclarations dans le très amusant « Dictionnaire superflu de la musique classique » de Pierre Brévignon et Olivier Philipponat, plein d’anecdotes drôles et révélatrices. Boulez n’est pas le seul musicien à balancer des vacheries sur ses collègues. Juste une citation tirée du dictionnaire en question, cette déclaration du célèbre chef anglais Thomas Beecham : « Je n’ai jamais dirigé du Stockhausen, mais j’ai déjà marché dedans. »

        • MB dit :

          à A Angel: oui oui euh… Sullivan il fait un peu son intéressant avec ses avalanches de savoir, hein? Pis faudrait vérifier ce qu’il raconte aussi, hein? bon. Pis louer Boulez comme il le fait sans citer les influences de Garcimore et Vangelis Papathanassiou, qui l’ont quand même bien servi?! Hein? Bon sans blague. j’en reste là ça vaut mieux.

        • MinettePascal dit :

          A Mathieu : Bon, Wagner ne l’aurait peut-être pas avoué par antisémitisme, mais c’est une influence de fait dont les meilleurs témoins sont les partitions.
          Vous y allez fort sur les compositeurs américains « pas si talentueux que ça » et ce malheureux Steiner en particulier. Dans le genre « trop c’est trop », d’accord parfois sur la PRISONNIERE mais pour la plus grande partie du film…
          Et puis ( en dehors des titres avancés par notre hôte) il y a ce film avec Glenn Ford, le SOUFFLE DE LA VIOLENCE, je crois. Franchement, comment ne pas passer en état de conscience modifiée, comment ne pas léviter , comment ne pas entrer en religion devant le générique ?…
          Bref, ils n’ont peut-être pas tout réussi mais pour le reste…Pardon d’en arriver à des lieux communs mais sans de vrais et talentueux compositeurs, je ne suis pas sûr que le cinéma aurait tout emporté sur son passage.
          A Sullivan ( Gilbert ?) : No hard feelings of course, mais quand vous avez quelques minutes, allongez-vous dans l’obscurité et envoyez le dernier quart d’heure de High Noon ou Alamo ( sans les bruits du film bien sûr). Si vous avez des oreilles normalement constituées, vous devriez entrer en transes assez vite.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          C’est vrai que la musique d’ALAMO colle formidablement à l’esprit du film. Tiomkin m’a dit que c’est Wayne qui avait soufflé les paroles de la chanson GREEN LEAVES OF SUMMER

        • MinettePascal dit :

          A Mathieu : Votre citation de Thomas Beecham, quelle poilade ! Même si ce n’est vraiment pas gentil.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          ..et puis restons mesuré sur Garcimore : c’est tout de même Denise Fabre qui lui a mis les pieds à l’étrier. Sans elle, les souris Tac et Tac Tac végéteraient encore sous les combles surchauffés d’un vieil hôtel madrilène.

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand Tavernier
          Ce que vous reprochez à Dimitri Tiomkin, je le reprocherais aussi à Maurice Jarre dont bien des scores envahissent l’image d’une manière proliférante, écrasante, pour reprendre votre formule, en un fourmillement de notes un peu trop axées sur la même tonalité. Je lui reproche souvent de faire une musique qui s’agite beaucoup sans m’emmener bien loin. Pourtant, parfois, lorsqu’il sort de ses récurrences, il peut me surprendre (la musique de MANDINGO).
          Mais peut-être que je le méconnais..

        • stag dit :

          A Minette Pascal, je suis d’accord avec vous sur l’apport énorme de la musique au cinéma, mais si la musique et les compositeurs ont aidés, parfois fortement, a sublimer un film, à amplifier la force d’une scène ou sa dramaturgie, je crois vraiment que le cinéma rend bien ce qu’il prend et que si les compositeurs classiques obtiennent ainsi une énième vie, une popularité auprès d’un plus large public, bien des compositeurs plus « modernes » ont vu leur travail également sublimé par l’oeuvre d’un cinéaste, et leurs notoriété exitée comme une pucelle la veille d’un bal de promo.

          Je pense évidemment à Ligeti (s’agissant des compositeurs « modernes ») mais aussi tant d’autres. Tous sont artistes, le septième art fait union d’arts bien différents, peut-être est-ce du fait de m’attarder un peu sur les courbes d’actrices que j’ai toujours apprécié le travail sur les costumes ; à lire et entendre Bertrand j’ai mesuré combien sont nombreux les artistes qui oeuvrent notamment sur la photo, et combien leur apport et leur talent pèsent sur le rendu final d’un long métrage ; également les décorateurs, et bien d’autres, dont un art qu’on ne cite que rarement, l’art « naturel » qui fît don à Ford de ses plus beaux plans à monument valley.

          Mais enfin, après cette envolée d’arguments, je dois bien reconnaître que beaucoup de films ne rendent pas aux compositeurs de leur BO la qualité de leur travail.

      • stag dit :

        A tous puisque je ne sais à qui répondre, en espérant ne pas produire de fausses notes.
        Votre échange est tout ce que j’aime ici, savant mélange d’avis, de savoir et d’expérience. Et si tous les avis allaient dans le même sens où serait l’intérêt ?

        Revu hier LE JUGE ET L’ASSASSIN, je me régale toujours autant, j’aimerais savoir d’où vient le dialogue lorsque Galabru dit à la bonne soeur « de toutes façons vous n’avez que ça à faire ». Plusieurs fois dans le film Bouvier « arbore » ces répliques qui lui collent si bien à la peau et distancent le personnage d’une furie impulsive tout en symbolisant ses pathologies. Etait-ce écrit à trois, Aurenche, Bost, et vous même ?
        Plus que je vois ce film, et plus je sais combien fort logiquement on parlera toujours du plus grand rôle de Michel Galabru, plus je ressens le fait que Philippe Noiret est lui aussi vraiment dans un jeu parfois jubilatoire et au sommet de son art.

        Pour justifier un peu cette intervention, je salue à propos le travail de Sarde, discret et efficace.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A STAG
          La réplique est de moi ou d’Aurenche. Pas Bost qui est mort, hélas, avant qu’on réécrive ce scénario. Certaines des répliques et des lettres de Bouvier viennent du dossier de l’Instruction. Quant à la musique de Philippe sarde, elle a été enregistrée au trois quart avant le tournage

        • Denis Fargeat dit :

          Pardon, l’onglet répondre n’apparaissait que chez Stag… donc merci à vous , des mois que je dois voir « Le juge… », vous me décidez à ne plus remettre à trop tard.
          Je voulais renchérir sur la question des petites formations : je repensais aux premières musiques de Jarre pour Franju, très fines et efficaces avec peu de musiciens – et plein d’inventions, comme ce carillon d’horloge placé dans un piano, pour « La tête contre les murs »… A mon sens, Jarre a démoli sa propre musique des « Yeux sans visage » lorsqu’il la réenregistra avec un grand orchestre ( disque « Jarre at Abbey road », de mémoire.)

        • MinettePascal dit :

          A Stag : Le JUGE est toujours en chemin dans l’esprit d’un spectateur. On est forcé de comprendre quelque chose et on gamberge longtemps sans obtenir de réponse. Moi, j’aime ces deux personnages (Galabru et Noiret) parce qu’ils réussissent en même temps à être très loin et très proches de nous.

        • ballantrae dit :

          Il faut à tout prix essayer de voir le docu sur Ph Sarde sur Ciné+ classic que j’ai signalé déjà: c’ est un homme et un musicien passionnant.
          Très, très belles explications de Sullivan sur la musique et il me semble assez idiot de fourrer dans un vaste sac intitulé musique contemporaine juste avant de jeter le tout à la poubelle des musiciens aussi divers que Varèse, Boulez, Tavener, Part, Glass, Ligetti, Xenakis…comme à toute époque, on peut avoir ses accointances et ses rejets! Il est possible au XIX ème s de goûter Schubert sans pour autant aimer Wagner, au XVIII ème s de nettement préférer Mozart à Rameau, etc…
          Quant à la musique de films de sensibilité dite contemporaine, oui bien sûr qu’elle est importante et riche qu’elle soit originale ( par exemple Mica Levi a effectivement conçu une BO géniale pour Under the skin mais on ne saurait oublier le travail passionnant d’un Clint Mansell notamment pour Requiem for a dream, celui de John Cale sur St Cyr, de Johnny Greenwood sur thre will be blood…) ou justement empruntée au meilleur de la musique contemporaine (Kubrick et Malick notamment en sont les héraults).
          Phil Glass que j’aime beaucoup est indifféremment concepteur de ce que l’on a résumé comme musique « répétitive » (ce qui est un concept un peut court), de BO parmi les plus subtiles ( les films de G Reggio,Mishima de Schrader, Kundun de Scorsese, The hours de S Daldry…), de BO pour des films muets (Dracula de T Browning) ou en hommage à un film (son opéra à partir de La belle et la bête est absolument génial).Ce qui montre que les classifications clivantes sont limitées.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Tout compositeur a été pendant un moment « contemporain »

      • MinettePascal dit :

        A Mr Tavernier : Wayne parolier, incroyable, il ne faudra pas l’oublier quand vous ferez votre thèse sur les réalisateurs créateurs de chansons. Cela m’a rappelé la jolie mélodie de l’Alamo de Disney dont les paroles sont de Davy Crockett en personne…
        Sur Tiomkin qu’on accuse tant de lourdeur, il faut aussi réécouter la scène entre Crockett et Travis dans la cuisine de la cantina, alors qu’à côté, tout le monde est bourré et fait n’importe quoi. Tiomkin contraste avec une finesse inouïe et déploie une autre dimension. Les deux personnages que tout oppose paraissent si proches tout à coup. Une minute forte, prenante et magique pour moi.

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Avez-vous vous-même contribué à une chanson, à la ballade du JUGE ou l’ hymne ouvrier de la fin ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Non mais j’ai écrit les deux chansons dans COUP DE TORCHON

    • Denis Fargeat dit :

      Belle discussion, belles contributions, même si comme souvent les désaccords viennent de ce qu’on ne prend pas toujours le temps de préciser de quoi on parle exactement… on est au fond d’accord, mais pas sur la même chose!
      Juste une petite remarque ; la question des emprunts , des pastiches, des plagiats est au fond de peu d’importance ; je crois que ce qui compte, et qui est passionnant à observer, c’est la circulation des idées musicales. Personne n’est étanche et tout a une fonction ; on voit bien les emprunts de diverses natures que la musique de film a pu faire à la musique de concert…ça marche dans l’autre sens, quand Prokofiev, Poulenc ( Cavalcade d’amour devient La cheminée du roi René), Korngold ou Honegger refondent leurs pièces à partir des commandes des cinéastes. Ces compositeurs sont entrés de leur vivant dans le grand répertoire, étaient donc légitimes à le faire… Morricone ou Vladimir Cosma malgré leur succès n’ont pas le même statut, on peut se demander où se situe la frontière… Le dédain affiché pour la musique de film sous-entendrait que la substance en est moindre, ce n’est bien sûr pas le cas… c’est encore un problème d’étiquette, c’est ce qui fait que l’auditeur est amené à se priver de belles choses. Et ça marche dans les deux sens! L’amateur de musique classique ne peut goûter, disons Misraki ; et l’exemple du Lux Eterna de Ligeti est très parlant…
      En bref, comme souvent, il faudrait laisser parler les cuistres – ils n’ont pas besoin de nous pour émettre leurs avis de chef de rayon – et ne pas les laisser nous diviser. Cultivons nos jardins, remplis de belles plantes musicales ou filmiques.

      • Sullivan dit :

        A Denis Fargeat : Entièrement d’accord avec vous. Et je vais même aller plus loin. Bach se pillait lui-même très copieusement. Idem pour Haendel. Bach transcrivait Vivaldi etc… Stravinsky a repris Pergolese. Enfin, bien-sûr qu’il y a des emprunts et que chaque époque est l’héritière de tout ce qui lui a précédé. L’essentiel tout-de-même est de séparer le bon grain de l’ivraie. Dans les musiques classiques et contemporaines (comme en jazz, en variété etc) il y a de la bonne musique et de la mauvaise. Et c’est très exactement la même chose pour musique de film. Nous devrions dire LES musiques de film. Il y en a des bonnes, même des chefs-d’oeuvre (Goldsmith à lui seul a révolutionné tellement l’approche de métier de compositeur de musiques de film) et des mauvaises.

      • MinettePascal dit :

        Je ne sais pas pourquoi mais votre « dédain » me rappelle Claude François sans cesse provoqué et roulé dans la boue par des « cuistres » lui reprochant de faire de la musique « facile » et commerciale. A chaque fois, il perdait son calme et ne savait que répondre.
        Il aurait pu leur faire définir « facile », par exemple. Facile à écouter ou facile à écrire ? S’il s’agit d’écouter, cela voudrait-il dire que la bonne musique doit absolument poser des problèmes, être inécoutable et fuie par tout le monde ? C’est évidemment absurde. La musique n’est pas faite pour être fuie !
        Si c’était « facile à écrire », il suffisait de demander aux cuistres d’en faire une rapide démonstration, de s’asseoir là tout de suite et de pondre un tube.
        Je parlais de la musique accompagnant les scènes de HIGH NOON. Un mot de la chanson, peut-être ? Inspirée de Borodine, à l’harmonie plutôt basique, à la mélodie proche du simpliste…où est le talent là-dedans me direz-vous ?
        Et ben ne nous gênons pas, taillons notre crayon et sans trop se casser la nénette (car on n’a pas que ça à faire) , griffonnons un truc qui fera le tour du monde !

        • Denis Fargeat dit :

          L’exemple de Claude François est intéressant : voilà un chanteur qui, durant une bonne partie de sa carrière , chanta des textes ultra désespérés avec un sourire inamovible (sourire vocal également), avec paillettes et clodettes… perso, pas très client mais il a marqué son époque.
          C’est vrai que la fabrication des « Tubes » est une affaire compliquée, et infiniment mystérieuse… je crois que l’expression est de Boris Vian, et que la question a dû le tarauder lorsqu’il était directeur artistique chez Philips/Fontana. Pourquoi « High noon » a-t-il marché, jusqu’à être repris par Richard Anthony ? C’est aussi une affaire de marketing je crois ; Bernard Herrmann aurait été viré de « Torn curtain » parce qu’il refusait d’écrire une chanson pour Julie Andrews, lui d’ordinaire si conciliant (!)… Ô combien de chanteurs, et combien de rengaines, qui sont partis pour des renommées incertaines? Je n’arrive pas à me souvenir de la chanson de « L’homme qui rit » de Paul Leni, et pourtant elle aurait dû porter le succès de ce film, en plein basculement muet/parlant…Je crois que la question du succès d’une musique est une affaire compliquée, même si sa qualité propre est une condition importante… il faut rencontrer le public… pour ce qui nous occupe, disons que le génie d’une musique serait sa capacité à nous rappeler l’essence du film qu’il accompagne – ou bien qui l’accompagne. Et la chanson en serait la version ultraportable, le petit truc fédérateur qui en renferme l’esprit.
          Comme dans « La Boum ». ( Aha.)

        • Bertrand Tavernier dit :

          ADenis Fargeat
          Il entre dans le succès, disait Prévert, une immense part de malentendus.
          Et donc dans l’échec aussi

        • Denis Fargeat dit :

          Je pensais aussi, pour aller dans votre sens ( la chanson, la mélodie apparemment simple, évidente et pourtant essentielle) comme disait à peu près Chepluki , le célèbre penseur inconnu: le génie, ce n’est pas d’être original, c’est de créer un poncif.
          Pour autant, ne reprochons pas à Pierre Boulez de n’avoir pas écrit de chanson pour Michel Delpech ( ils ont dû en discuter, puisqu’ils étaient dans le même wagon en partance pour l’au-delà…)

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand Tavernier
          Merci pour la citation ; j’y vois la mélancolie du créateur navré d’être aimé pour de mauvaises raisons…

        • MinettePascal dit :

          Je crois avoir lu ( allez, j’en suis sûr) que Ravel avait de l’admiration pour Vincent Scotto, reconnaissant être incapable de rivaliser avec cette faculté de tout emporter avec trois notes et deux accords.

        • MinettePascal dit :

          A Denis Fargeat : Boulez et Delpech dans le même train pour l’au-delà . Lequel est en première classe ? On aurait le jugement de dieu !

        • Denis Fargeat dit :

          A Minette Pascal
          …aïe, vous me posez une colle, pas d’info sur la tarification supraterrestre ( peut-être à chercher dans les versions de Liliom, je vais voir…)
          sinon il y a la voiture-bar…
          Pis de toutes façons, Dieu est (géographiquement du moins) au-dessus de tout ça, et je n’ai pas non plus d’info sur sa playlist… pas pu hacker son phone… Heaven can wait.
          Un peu plus sérieusement, j’aimais bien l’idée de deux personnages apparemment opposés, partant la même semaine, et de leurs entretiens dégagés de toute considération de pouvoir ou de valeur supposée. J’ai lu quelque part que, résidant à Hollywood, Michel Legrand un peu malheureux se consolait en jouant à 2 pianos avec Lalo Schifrin ou Elmer Bernstein (en tous cas des gens de cette qualité-là)… le paradis doit ressembler à ça, mais on le trouve parfois sur terre … et notamment sur ce blog, même si parfois on s’y étrille… gentiment.

      • Mathieu dit :

        à Denis Fargeat:
        « La cheminée du Roi René » c’est pas de Poulenc, mais de Darius Milhaud.

  12. Denis Fargeat dit :

    Vu un joli petit film, « L’apprenti salaud » de Michel Deville. un réalisateur que je connais peu – vague souvenir du « Paltoquet », très formaliste ; je retrouve un peu ça dans « l’apprenti », mais avec une nonchalance qui rimerait avec vacances… vacances que s’octroie Robert Lamoureux, avec Christine Dejoux. Un film léger et grave, qui sert/ est très bien servi par son couple de comédiens. Le générique dit « écrit et réalisé par Michel Deville », mais les répliques de R Lamoureux ressemblent aux monologues de celui-ci… en tous cas, beau cinéma, très tenu, avec une belle utilisation de la musique de Bizet. Donne envie de se plonger dans le coffret Gaumont, on ne parle pas si souvent de ce cinéaste…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Denis Fargeat
      Entièrement d’accord

    • ballantrae dit :

      Michel Deville est honteusement oublié ces dernières années alors qu’il a des films plus que « charmants », de beaux films d’une diversité assez remarquable.
      Qu’ils aient un parfum de soufre ( Eaux profondes, Péril en la demeure), de printemps ( Benjamin ou les mémoires d’un puceau, La petite bande)…qu’ils nous emmènent dans un voyage kafkaien ( Dossier 51 l’un de ses opus les plus remarquables), une plongée en plein Romantisme ( Raphael ou le débauché) ou une promenade mutine ( La lectrice) Deville ravit l’oeil et l’oreille car son souci formel se réinvente constamment.

    • MB dit :

      L APPRENTI SALAUD doit beaucoup au charme fou de Christine Dejoux, ses multiples toilettes et coiffures, et ses mines. C’est rare de voir une comédie avec une fin si amère. Et d’accord surtout pour EAUX PROFONDES et LE DOSSIER 51 (Françoise Lugagne épatante), mais pas LA PETITE BANDE.

  13. Angelillo dit :

    À Bertrand,
    Le 2 février, Thierry Frémaux nous fait l’amitié de venir présenter KAGEMUSHA de Kurosawa. Si ce n’est déjà fait ou s’il la connaît déjà, pourriez-vous lui rappeler l’anecdote de la projection de ce film au Festival de Cannes 1980 ? Cette anecdote concerne l’adaptation des sous-titres français, adaptation qui enthousiasma au plus haut point de nombreux spectateurs francophones car elle avait été faite par un médiéviste. Cette copie cannoise, unique, disparut des écrans le lendemain de cette projection et si mes souvenirs sont bons, je crois même que vous êtes toujours à la recherche de cette copie historique…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Angellilo
      Exact et les tournures étaient formidablement savoureuses. Les médecins s’appelaient des Hires (Allez me quérir un hire), on ne parlait que de palefroi, de dextre et tout à coup un personnage lançait : « Allons grimper la courtisane ». Ce sous titre fut culte

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Avez vous vu »Lumière »réalisé par Thierry Frémaux?Peu d’articles dans la presse ou à la radio,ce qui est dommage car il rend un bel hommage aux célèbres frères Lyonnais à travers plus de 600 films.BRAVO A LUI.

        • Marc Salomon dit :

          Thierry Frémaux était dans l’émission de Laurent Ruquier (ONPC) récemment pour présenter ce DVD

        • Damien D. dit :

          Cher Rouxel, non seulement Bertrand l’a vu mais il intervient dans le coffret dvd ou blu ray du film, disponible depuis l’an dernier !
          http://video.fnac.com/a8082983/Lumiere-Blu-ray-Blu-Ray?omnsearchpos=2

          C’est un tout cas un film magnifique et Thierry Frémaux nous décrit ces œuvres des frères Lumière avec éclairage et sensibilité. On attendrait presque un second volume (si c’est possible pour l’Institut Lumière ?)

        • Yves Rouxel dit :

          il sera sur Toulouse,jeudi 2 février pour présenter son film »Lumière »puis se rendra à la cinémathèque pour une soirée consacré à l’immense Kurozawa.A vos tablettes si vous passez par la ville rose.

    • MB dit :

      dans quelle BD de Gotlib un Japonais en costume traditionnel du théâtre Nô lançait une réplique constituée d’une seule syllabe impérieuse, traduite par « Léon, un petit blanc sec pour moi! ».

      D’autre part je crois avoir vu dans un film de samouraïs un personnage grogner qqs syllabes brèves « traduites » par « Ce bougre commence à me faire flipper! ». l’ai-je rêvé? et c’était le film d’origine, pas un truc du style « Le grand détournement » de Hazanavicius.

      • Alexandre Angel dit :

        La BD, c’est un RUBRIQUE-A-BRAC..ça y est, j’ai les yeux humides..

        • MinettePascal dit :

          Pareil.
          Vous souvenez-vous de « Guignol » ?
          Deux pages de je ne sais plus quel volume qui ne me donnaient pas envie et que je passais toujours.
          Quand je m’y suis enfin mis, je ne suis pas allé au bout dans la foulée. Le bouquin m’est tombé des mains et je me suis roulé par terre pendant un bon quart d’heure…

        • MB dit :

          Je savais qu’il y avait des Gotlibiens ici!
          reste ine piss Marcel

        • Alexandre Angel dit :

          A MinettePascal
          Ben non, je vais consulter car je les ai précieusement gardés. Qu’est ce que je pouvais me poiler avec RUBRIQUE-A-BRAQUE.

        • Alexandre Angel dit :

          A MinettePascal
          Ça y est : j’ai lu « Guignol ». Marrant, je l’avais toujours dédaigné aussi. Un de mes grands souvenirs, c’est l’éducation de Tarzan par le gorille, qui perd un peu patience en disant : « Relax, Let’s garde the sang-froid ».. Bon, j’arrête parce que ça va finir en hors-sujet gigantesque cette histoire!

        • MB dit :

          Un chef d’oeuvre c’est la « Fourmi et le Tamanoir »: après des siècles d’oppression, la fourmi a décidé de résister au tamanoir: suit une suite de gags muets dans lesquels la fourmi se venge et martyrise son ancestral agresseur le tamanoir sur le modèle des duels chat-chien ou souris-chat de Tex Avery! bien entendu le tamanoir se retrouve avec la trompe nouée en joli noeud pap’s!
          Et les exposés du professeur Burp? seigneur…
          on était incapable de lire ça en position assise, on se retrouvait liquéfiés étendus à terre dans une flaque de rires, honteux!

        • MinettePascal dit :

          A MB et AA : Oui, on va finir par toutes les citer mais il y a aussi des citations cinématographiques ( les choses de la vie, Michel Bouquet me souviens-je) et des parodies ( Sergio Leone…) chez le grand Marcel.
          Et pis ya aussi les « études » : raconter une blague, les dessinateurs de BD…sans parler des enquêtes policières où Goscinny (Michel Bouquet ?) est toujours le coupable…
          Bon, j’ai compris, moi aussi je vais les rechercher.

        • MinettePascal dit :

          Aux Gotlibmaniaques : Et ce seul dessin de François Mauriac en train de taper à la machine ? Avec son regard de Gai-Luron battu, et sa figure en forme d’avalanche, il tape : » Rascal ! Bloods and guts ! » accompagné d’une légende du genre : » Pour arrondir ses fins de mois, François Mauriac écrit des scénarios de BD ».

        • Henripatta dit :

          A Minette Pascal.
          Je me souviens question cinema , de la parodie en quelques pages du samourai.hilarant et surtout tres pointu.
          Gottlieb fait prendre a son heros une douche avec son imper et son chapeau.
          Il faut dire que la credibilite de la garde a vue de Delon dans le film est proche du neant. Toujours impeccable et avec son imper et son chapeau gardes pendant l ‘audition durant des heures.
          Gottlieb savait pointer la ou ca fait mal.

        • Denis Fargeat dit :

          … et pour raccrocher le hors sujet au sujet, un bel hommage rigolard à Truffaut… http://www.philo5.com/Rire/Gotlib-EnfantSauvage.htm
          Et ce film dont Gotlib co-signa le scénario, « Les vécés étaient fermés de l’intérieur », que j’aime bien, surtout présenté par Leconte et son acolyte. Touchant commentaire du réalisateur, belle intervention de Jean Rochefort, c’est un DVD que je garde précieusement.
          (Le film n’a pas une super réputation, mais il a ses qualités, une belle atmosphère étrange, et du beau monde : Rochefort, Coluche, Dubillard, Paul Misraki pour la musique et Bruno Nuytten pour la photo, gotferdoume!)

        • ballantrae dit :

          Ah! comme il m’a fait rire M Gottlieb avec ses Rubriques à brac et ses Dingodossiers.Sa manière de parler de S Leone était irrésistible mais Newton aussi était un héros formidable.

  14. ballantrae dit :

    J’avais beaucoup aimé Whiplash que vous n’aviez guère goûté Bertrand pour diverses raisons notamment musicales mais rein ne m’avait préparé à cette réussite de tous les instants que signifie La la Land, certainement la plus belle réponse à ceux qui actaient la mort de la comédie musicale depuis des lustres.
    On a vu de belles tentatives des deux côtés de l’Atlantique ( je songe à Tout le monde dit I love you, Jeanne et le garçon formidable, Dancer in the dark et ce jusqu’à la fin euphorisante de Jersey boys) mais rien n’atteignait cet équilibre miraculeux entre flamboyance et intime, entre nostalgie et modernité, entre joie et mélancolie …disons depuis NY NY de Scorsese avec le film partage bon nombre de préoccupations.
    La manière dont la musique s’immisce dans le flux narratif a le bon goût de ne pas verser dans le répétitif et D Chazelle invente toujours de nouvelles solutions narratives, visuelles et sonores.
    Mention spéciale au musicien Justin Hurwitz qui a conçu une BO somptueuse qu’il sera difficile d’oublier.
    Tout se passe comme si D Chazelle venait combler un manque celui d’un genre qui le temps d’une projection ôte une part de la lourdeur d’un quotidien assez préoccupant sans pour autant verser dans la niaiserie.
    Je pense qu’on a eu tort d’enterrer les genres ou de nous dire qu’on ne pouvait plus avoir droit droit qu’à des versions métacinématographiques,désabusées , cyniques, parodiques de ceux -ci tels le western, le film noir ou le musical.
    L’an passé The revenant opérait un salutaire retour vers cette foi pour le western après que d’autres l’aient fait pour le fantastique.

    • Yves Rouxel dit :

      La scène qui débute le film est flamboyante d’ingéniosité et une véritable prouesse technique.Damien Chazelle est doué car au delà des séquences dansés et chantés il y à un contenu sur la vie artistique aux USA.Il ne suffit pas d’avoir un beau physique et du talent pour réussir.Je pense que Chazelle dans ce film parle de son experience à Hollywood,mais la roue à bien tourner pour lui.Tant mieux j’attends la suite avec comme projet une biographie consacré à Neil Amstrong(Ryan Goosling incarnera le célèbre astronaute).

      • ballantrae dit :

        La la land offre bien plus que son ouverture il est vrai fabuleuse:tout le film reste sur cette ligne qui revivifie l’idée d’hommage référentiel que ces oit dans ses moments intimes ou plus flamboyants.
        Je n’ai pas vu beaucoup de sorties de 2017 mais c’est assurément mon premier coup de coeur de l’année en attendant le diptyque de P Larrain, leScorsese, Loving, etc…

  15. stag dit :

    A Bertrand,

    J’ai vu hier LES CHASSEURS DE SCALPS que longtemps j’avais négligé, avant de m’apercevoir en début de semaine qu’il était réalisé par Sidney Pollack dont j’aime vraiment beaucoup certains films, PROPRIETE INTERDITE ou JEREMIAH JOHNSON notamment.

    J’ai trouvé ce western, comme Jeremiah d’ailleurs, très atypique. Une manière de traiter l’esclavage sous un angle original pour le moins, les indiens, les hors-la-loi, de vastes domaines en ne suivant tout du long qu’à la loupe un homme qui veut reprendre son bien. Des moments d’humour bien sentis. Cet esclave érudit, malin, opportuniste et culotté m’a vraiment ravi. Le rôle de Shelley Winter également. Et Lancaster très bon.

    Avez-vous croisé Sidney Pollack et pu converser de sa vision du western ? Que pensez-vous de ce film ?
    J’ai le sentiment qu’on reconnait dans le western un grand réalisateur à la façon qu’il a non pas d’interpréter le genre mais de se l’approprier.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stag
      Je connaissais réessayer bien Pollack et l’ai vu à Paris, à Cannes, à Los Angeles et dans l’Utah. C’était un homme exquis et civilisé. Je le voyais souvent avec David Rayfiel et j’ai travaillé sur la sortie de ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX. Je lui ai rendu visite dans les dernières semaines. Il était conscient d’avoir fait trop de concessions sur THE INTERPRETER et voulait revenir à des films plus radicaux. Son documentaire est émouvant et personnel

      • ballantrae dit :

        Parlez-vous du docu sur F Gehry? Oui , c’est un très bon film certainement autant portrait qu’autoportrait sur une certaine conception de la vie et de la création.
        De belles pages sont consacrées à Pollack dans l’ouvrage de P Berthoumieu Hollywood moderne le temps des voyants et je conseille à tous d’ailleurs de lire ces pages riches, parfois étonnantes ( je ne suis pas sûr d’adhérer par exemple à sa vision de Star wars, saga qui lui semble plastiquement somptueuse mais qui parfois me frappe par un décorum un brin lourd )d’une plume précieuse de Positif.

    • MinettePascal dit :

      A Stag : J’adore aussi JEREMIAH et j’avais été un peu déçu d’entendre Pollack dire qu’il avait voulu faire plus qu’un western. J’aurais vraiment préféré qu’il revendique ce genre et qu’il le défende !

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Minette Pascal
        Ce qu’il voulait dire c’est qu’il ne voulait pas faire un film de genre, obéissant à des règles

    • Damien D. dit :

      A Stag, contrairement à vous je n’ai guère goûté LES CHASSEURS DE SCALPS justement à cause de ces tons d’humour que j’ai trouvé bien lourdingues et qui gâchent selon moi le propos du film (ça m’a fait pensé à un de ces western spaghetti de fin de période aux tons comiques). Le western humoristique n’est à ma décharge pas vraiment ma tasse de thé (j’avais eu du mal aussi avec LA DIABLESSE EN COLLANT ROSE de Cukor ou FOUR FOR TEXAS d’Aldrich…). C’est donc pour moi un Pollack mineur très loin de JEREMIAH JOHNSON. Ajoutons à cela pour les éventuels amateurs que la copie du film édité en dvd par Mgm est absolument exécrable…

  16. Yves Rouxel dit :

    Gregory Tchoukrai cinéaste russe n’a ja mais été évoquer ici pourtant il à permit avec Guérassimov ou Tartowski »la déstalinisation »du cinéma soviétique dès les années 50.Je vous conseille vivement deux oeuvres fortes et impressionnantes pour ces images. »Ciel pur »et »Le 41ème »films qui reviennent sur la seconde guerre mondiale.Il faut savoir qu’a l’époque de Staline il était interdit de montrer à l’écran le mélange les classes entre les ouvriers ou paysans avec des soldats qui tombaient amoureux de femmes issues du prolétariat et des classes exploités. »Le 41ème »suit une compagnie dans l’Oural avec une femme soldat qui est un véritable garçon manqué.Ils vont tomber sur des Kazacks qui seront dépouillés de leurs chameaux(un kazack sans chameau est un homme mort).La musique ampoulée apporte une force supplémentaire à ce film .Puis je voulais revenir sur une feuilleton tv diffusé en 1980 sur FR3 et tiré de l’oeuvre immense d’Eugène Sue qui fut un dandy qui dilapida la fortune de sa famille et qui dut écrire »Les Mystères de Paris ».La mise en scène d’André Michel est académique et conventionnelle,formaté pour le petit écran.Les comédiens il est dommage ne sont pas à la hauteur du scénario et n’apportent pas assez de réalisme.Pourtant sur le fond le réalisateur nous dépeint un Paris sombre avec prostitués,voyous et nobles bourgeois échappés de la grande Allemagne.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Tchoukrai n’est guère évoqué car les bons DVD russes sont aussi rares que du vrai saumon non trafiqué et non bourré de médicaments. C’était un homme chaleureux et drôle mais certains de ses films me paraissaient académiques, pas CIEL PUR. Il faudrait comparer son 41 ème à la version précédente, de Protozanov si je ne me trompe

  17. MB dit :

    Je viens de revoir REFLETS DANS UN OEIL D OR et n’avais jamais remarqué les moments de comédie dans ce film (vous en parlez d’ailleurs dans l’entretien avec Huston au début cf Amis Américains): les grimaces de Liz Taylor lorsque Robert Forster lui dit qu’il ne boit jamais d’alcool: « Quoi? Jamais une goutte? », plus subtil la confession de Brando à la fin que Brian Keith et Taylor écoutent patiemment en se demandant s’il a pas pété un plomb. Brian Keith, acteur au physique effacé malgré la carrure, joue les crétins avec un sérieux magistral, et Brando! Par contre je pige que dalle à cette histoire de reflets dans un oeil, d’abord l’oeil de qui et pourquoi en or? Pour moi c’est du martien. Peu importe, les panos du dernier plan à part ça, avec le rappel de la phrase du roman de McCullers sont d’une violence stupéfiante, contrastant avec les plans fixes : dans l’entretien avec Noguera, vous lui demandez « Pourquoi ces panos? » et Huston répond « pour montrer que tout s’arrêtait »: voilà un cinéaste qui ne fait que des plans fixes et quand il veut montrer que tout s’arrête, il bouge sa caméra continuellement! Génial! La version « dorée », magnifique, est bien celle voulue par Huston?
    J’ai trouvé ce film à prix vil, il comprend le BR et DVD couleurs, et le fameux DVD « doré » (mieux aurait valu un BR de la « dorée »)+ un petit livret signé Michel Ciment qui nous apprend que le dir photo est Oswald Morris (9 films avec Huston) et non celui cité au générique.
    Un jour vous nous livrerez qqs anecdotes que Robert Forster vous a livrées sur le tournage? ou se trouvent elles publiées déjà?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Il avait adoré le film, en avait bavé avec le cheval et je ne sais plus ce qu’il m’avait dit quant au moment où il est face à Elizabeth Taylor nue

  18. MB dit :

    Laurence Rossignol proteste contre le fait que les prochains Césars, cérémonie grotesque, soient dirigés par Polanski car celà participe de la culture du viol, après Eva Joly qui ne voyait aucun problème il y a qqs années, à ce que Polanski soit extradé aux USA pour y être jugé. Ah, les défenseuses-seurs de la morale, c’est redoutable.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Je hais ces extrémistes qui n’ont pas vu le documentaire qui fait le point sur l’affaire et où s’expriment le procureur (qui revient sur ses accusations) qui parle d’un procès manipulé par le juge et la victime qui demande qu’on cesse les poursuites. Polanski a payé : l’exil, la fin d’une carrière américaine, l’obligation d’éviter des pays et des lieux. Et il avait accepté le marché du Juge, sauf que ce dernier voulait le posséder pour se faire un nom et viser une carrière politique. La justice n’ait rien à voir là dedans

      • MB dit :

        à Bertrand: je suis très déçu par la mère Rossignol qui bénéficiait de ma part d’un petit capital sympathie et par ces moralistes sûrs d’être du bon côté et qui comme vous dites ne savent pas tout (et s’en foutent d’en savoir plus). Il s’agit de se donner une image, c’est infect.
        (l’affaire est classée sans suite aux USA, le juge ne reviendra pas dessus).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je ne sais pas si l’affaire est classée. Le procureur a abandonné les poursuites mais on peut en nommer un autre et un autre juge

        • MB dit :

          à Bertrand: ah bon, un nouveau procureur peut être nommé? J’en étais resté au refus de laisser ouvert le dossier aux USA. Et avec cette nouvelle présidence…

      • Henripatta dit :

        A MB et Bertrand Tavernier.
        Desole mais je suis revolte par vos ecrits et insinuations.
        Polanski a bel et bien viole une gamine de 13 ans.
        Pour ceux qui en doute lisez cette semaine l ‘interview de la victime dans le nouvel obs.
        Elle explique avec des mots crus que oui le viol a eut lieu et qu ‘elle ne s ‘est jamais remise de cet acte et de ses suites. D ‘ ou le « pardon  » afin d ‘essayer (vainement ) d ‘oublier.
        Pardon dont les thuriferaires de saint polanski ont des lors utilise comme pare-feu.
        Il est regretable que comme a l ‘habitude un « artiste » soit defendu , de par son statut, par ses semblables ou ses groupies.
        Un salaud est un salaud artiste ou pas.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Henripatta
          Je considère qu’il a payé un prix assez lourd entre l’exil, l’abandon d’une carrière et une vie sous surveillance. Vous trouverez toujours des gens pour trouver que cela n’est pas assez. J’en ai rencontré pour Giovanni et je revois Sautet disant que la peine de prison, l’année passée dans le quartier des condamnés à mort effaçait tout. Hugo a écrit un livre là dessus qui était prémonitoire. Le procès de Polanski était truqué : on n’a jamais inculpé ni même interrogé la mère et il avait accepté de purger sa peine (voyez le documentaire). Il ne s’agit pas de le sanctifier bien au contraire mais on peut constater qu’il y a une immense différence entre ce que l’on veut faire payer à Polonsky et aux responsables de Fox News, voire à certains hommes politiques américains qui s’en sont tirés avec des arrangements financiers. Est ce que l’on accepte le pardon d’une victime ou non ? Je n’ai guère d’affection pour les Javert même quand c’est sous un déguisement féministe
          Voici une contribution de Michael Rawls : in the last three days and neither has gone through. Maybe you could inform your readers that the judge in RP’s case had remarked to his mates at his tennis club that he was  » going to get that little motherfucker » and that he also called the prosecuting attorneys into his office to give them advice on how to successfully effect this getting. I understand that Mr. Polanski would want to spare himself and Cesar officials further embarrassment by resigning but I also know that an appetite grows upon being fed, and that moralism gorged will metastasize and will one day demand that Oscars be withdrawn from John Huston and William Holden for having committed vehicular manslaughter. The internet has become an extremely useful tool for the mobs of GUNSMOKE (« Hang ‘im! ») and FRANKENSTEIN (« Burn the castle! Kill the monster! »). Avez un beau jour, Michel

        • Pierre dit :

          Tout cela répond à des effets de publicité que veulent se donner diverses personnalités et associations, sur le dos de la célébrité de Polanski. Il n’y a aucune raison ni logique à ce que cette affaire revienne maintenant.
          Des voix se sont-elles élevées quand Polanski a obtenu le cesar du meilleur réalisateur pour « la venus à la fourrure » ? Ou à chaque fois qu’il a été célébré ? Non.

          Cette pression médiatique concentrée sur une personne, comme cela, c’est insupportable. Ca ne vaut pas seulement pour Polanski mais aussi pour toute personne qui a eu à en souffrir. L’instinct commande de ne jamais se situer avec la meute, en toutes circonstances. Même quand la personne accusée est coupable de ce qu’on lui reproche. Et j’ajouterais : en particulier dans ce cas-là.

          Polanski a toujours plaidé coupable dans cette histoire ; il n’y a aucun commentaire à faire ; dans un monde idéal, cela ne devrait regarder personne. On aimerait que les gens cessent de vouloir se faire une vertu à bon compte sur le dos de Polanski. Il a – c’est évident – commis il y a 40 ans un acte très grave. Mais il n’est pas QUE cela. Il est aussi un des plus grands réalisateurs que l’on connaisse. L’académie des Cesars était dans son rôle en voulant le reconnaitre. Dans cette pseudo-affaire, la seule personne qui a montré de la classe, en refusant un honneur pour n’embarrasser personne, c’est lui.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Et il n’est plus le même homme. Est ce que quelqu’un ici a lu LES MISERABLES et les pages ou Hugo, dépassant le cas de Valjean, dénonce sur qui exploitent le crime pour leur ego personnel. On poursuivait encore en 1988 Dexter Gordon pour un délit lié à la drogue commis en 1961 et il a été arrêté

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.C’est un fait Roman Polanski à été condamner et à payer une forte amende mais sur le fond le viol d’une mineure est pour moi passible d’une peine de prison ferme.Je ne fais de distinction entre un réalisateur de films,un peintre en batiment ou même un prètre.L’acte est odieux et inhumain.Ma fille Marie qui à 14 ans à été violée à deux reprises par un collégien plus agé qu’elle.La plainte est en cours,car la justice en France est longue par manque de personnel mais je ne peux pas laisser passer cette agression.Depuis 1 an et demi ma fille consulte une pédo-psychiatre afin de se reconstruire intérieurement.Elle est marquée dans sa vie de jeune fille et de future femme.Pour moi il n’y à pas deux poids,deux mesures,ni de pardon ou de compassion.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Oui mais il avait accepté la peine. C’est quand il a compris qu’en fait le juge voulait se payer un nom célèbre qu’il est parti. Voyez le documentaire qui répond à ces questions. Il ne s’agit pas d’excuser un viol mais de regarder comment une justice biaisée voulait se servir de l’affaire

        • MB dit :

          à Pierre et Bertrand: vos réponses me dispensent de polémiquer avec Henripatta dont je trouve le message accusateur assez provocateur (« saint Polanski », « les groupies »), nos « inddinuations ».
          Je voudrais isoler ceci: « Polanski a toujours plaidé coupable dans cette histoire ; il n’y a aucun commentaire à faire ; dans un monde idéal, cela ne devrait regarder personne. On aimerait que les gens cessent de vouloir se faire une vertu à bon compte sur le dos de Polanski.  » (Pierre).
          Les signataires de la pétition (40.000 personnes!…) crient victoire? mais ils demandaient que les Césars reviennent sur leur décision ce qui ne s’est pas passé! C’est Polanski qui est parti! elle est où leur victoire?

      • ballantrae dit :

        Pour en revenir au cinéma, je viens de voir un très beau docu sur Ph Sarde sur Canalsat et Polanski y occupe une belle part.J’y ai appris notamment que Coppola a eu le culot de proposer à Polanski un remontage pour « rendre viable » sa sortie: Ph Sarde a bien sûr conseillé à Polanski de ne pas céder et de se rappeler qu’il avait plus d’expérience que Coppola.Les BO du Locataire et de Tess sont vraiment fabuleuses.
        Plein d’anecdotes sur Sautet, Doillon,Téchiné, Lautner sur vos films Bertrand bien sûr.
        Etonnante et culottée cette capacité à « reprendre » notamment sur Le fantôme de Milburn qui emprunte son thème avec variations idoine au Chat de P Granier Deferre.Doillon dit d’ailleurs en rigolant qu’il est un peu « voyou » avec cette manie de reprendre.
        J’avais vu peu d’entretiens avec Ph Sarde mais cet homme est passionnant, généreux et vibrant.Un allié aussi nécessaire que le scénariste ou le monteur.

        • ballantrae dit :

          Je parlais plus haut de la sortie de Tess car Berri aux abois essayait de trouver des solutions financières.Quel film fabuleux pourtant!
          Sarde parle aussi de l’échec de Pirates ce qui renvoie à un autre sujet évoqué sur ce billet:apparemment le bateau mal conçu ne pouvait aller en mer.Je l’ai peut-être su mais avais oublié l’anecdote.Effectivement le film avait un côté statique assez plombant.

    • ballantrae dit :

      Franchement, ils commencent à nous pomper l’air :le refrain entendu après The ghostwriter recommencent comme si Polanski devait à tout prix être lynché pour une affaire qui n’est pas des plus claires quand on mesure les enjeux de carrière que cela représentait pour celui qui voulait se le payer!

      • Yves Rouxel dit :

        Sans etre péssimiste de nature,que peut-on attendre du nouveau président Trump avec Hollywood puis tous les acteurs qui ont balançés lors des Golden globes?Quand à Polanski on ne peut pas l’accablé jusqu’à sa mort avec une histoire qui date de 1977.Les juges étatuniens sont tellement étranges que l’on peut s’attendre à une réouverture du dossier sur cette sombre histoire.

    • stag dit :

      Sans porter de jugement sur quoi que ce soit les décisionnaires aux césars ne pouvaient-ils prévoir les aboiements qui allaient inévitablement retentir et remettre une pièce dans le moulin ? Rien de tout cela n’est profitable à Polanski, l’artiste, à qui l’on voulait rendre hommage se faisant ?

      Tout cela est regrettable mais était tellement prévisible.

  19. MB dit :

    En ce moment, Arte a invité Nanarland à nous parler nanar avec une série documentaire à voir sur le site:
    http://cinema.arte.tv/fr/dossier/lart-du-nanar
    Il y a aussi 4 films à voir en streaming, des 4 je n’ai vu que LA MOMIE AZTEQUE CONTRE LE ROBOT, parfaitement ennuyeux.
    Ca me rappele que j’avais gardé en favori un extrait de FLIC OU NINJA que tt le monde connaît sans doute déjà mais je ne résiste pas au plaisir de le faire connaître à ceux pour qui les mots « Je vais t’expliquer l’ingéniosité de ce plan » ne dit rien du tout, c’est là, et suivez bien les paroles surtout, c’est complexe (l’image est pourrave mais c’est pas grave):
    https://www.youtube.com/watch?v=S8HO1UmvanE

  20. stag dit :

    Nous avions parlé il y a peu d’ANNE OF THE INDIES (LA FLIBUSTIERE DES ANTILLES) de Jacques Tourneur avec Jean Peters dans un rôle inspiré par la vie d’Anne Bonny.
    Naviguant depuis quelques semaines dans le genre « Pirates, Corsaires et autres grands noms de la marine Royale d’angleterre », j’ai vu et apprécié hier THE SPANISH MAIN (PAVILLON NOIR chez RKO) avec Maureen O’Hara, Walter Slezak et Binnie Barnes dans le rôle… D’anne Bonny (ortographié Bonney dans le film mais il s’agit bien du même personnage « historique »).

    Plusieurs similitudes avec le rôle tenu par Jean Peters, dans les déconvenues sentimentales notamment, je vous laisse découvrir.
    Pour le reste c’est un scénario très classique pour le genre, un pirate qui prend un navire, sur lequel se trouve une belle donzelle, ainsi de suite…

    Le genre est moins fourni, qualitativement aussi, que le Western, moins de « grands » réalisateurs s’y sont attardés, Walsh, Tourneur, Curtiz, mais pas mal de bons films d’aventures entre piraterie, marine britannique et romanesque.

    Dans certains films les navires sont souvent des maquettes qu’on peut penser atteintes par des jets de lance pierre ou pétards sur les scènes de combats, sur certains plans. Le très bon CAPITAINE BLOOD est pas mal dans le genre. Cette histoire de bateau, qui sont plus gros qu’une dilligence, c’est probablement la plus grande difficulté technique à laquelle se sont confrontées les productions.

    Quelques grands titres que j’ai été ravi de découvrir, BILLY BUDD, H.M.S DEFIANT dans la veine de Captain Horatio Hornblower de Walsh, et plus dans la piraterie ANNE OF THE INDIES ou THE SPANISH MAIN (qui montre des plans intéressants de l’ile de la tortue dans ses intérieurs buccoliques), THE CRIMSON PIRATE, CAPTAIN KIDD avec Laughton et Scott, BLACK SWAN de King, les deux très bons Curtiz avec Flynn, CAPTAIN BLOOD et THE SEA HAWKS (un petit bijou avec une Flora Robson exceptionnelle dans le rôle de la reine et la très jolie Brenda Marshall). On est pas loin dans tout ça de trouver un bon résumé dans l’opus de Polanski qui réuni un peu tous les clichés du genre, fort bien réalisé et avec, ce coup-ci, un beau vrai grand navire !
    Un dernier, original et collector pour son casting, de Butler THE PRINCESS AND THE PIRATE avec avec bob Hope mais surtout virginia Mayo, victor McLaglen et Walter Brennan !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stag
      Dans votre liste, il y a des rogatons comme CAPTAIN KIDD et THE SEA HAWK est très au-dessus du lot et le Tourneur nettement plus inspiré que le Borzage. Beaucoup de ces films recyclent les mêmes stock shots. BILLY BUDD, ce procès antimilitariste sur le devoir dans la lignée de Walsh ???. J’avais trouvé le Polanski inerte et totalement vide.
      Et vous oubliez le chef d’oeuvre ultime, le meilleur film maritime, MASTER AND COMMANDER de Peter Weir

      • MB dit :

        oui pour MASTER AND COMMANDER et hélas pour PIRATES de Polanski, complètement loupé, et pourtant on s’attendait avec Walter Matthau à bien mieux. Finalement le Tourneur est l’un des meilleurs sur un ton plus discret, moins flamboyant en décalage. Mais n’oublions pas le chef d’oeuvre absolu, de Siodmak LE CORSAIRE ROUGE, comédie dont les visées parodiques (on y voit l’invention du sous-marin!) semblent le dater bien plus tard dans les 60 alors qu’il date de 1952. Lancaster et son pote Nick Cravat font feu de tout bois et se permettent même le travestissement. Lancaster avec du rouge à lèvres! unique!

      • Alexandre Angel dit :

        Enorme frustration et auto-flagellation incessante pour ne pas avoir vu MASTER AND COMMANDER en salle à sa sortie (je l’avais snobé). Effectivement le seul film d’aventure maritime  » à costumes » aussi précis et documenté que LES PASSAGERS DU VENT, de Bourgeon. La grande classe (et ces combats navals!!).

      • ballantrae dit :

        Oui Pirates était déjà décevant, statique, pas très drôle ni doté du souffle de l’aventure en 1986…j’ai tenté de le revoir il y a quelques années et c’était pire encore que lors de sa découverte!
        En revanche, Master and commander est un vrai chef d’oeuvre fort dramatiquement, d’un réalisme parfois halluciné ( la première attaque de l’Acheron, la tempête) parfois délicat ( l’épisode des Galapagos, tout ce qui est lié aux recherches du médecin, le jeu des hierarchies dans les divers espaces que suppose la vie à bord).
        Quant aux rapports entre personnages, quelle élégance d’écriture que ce soit pour le lien entre médecin et capitaine ( l’utilisation des moments de musique est géniale et me rappelle Rio bravo mais un Rio Bravo avec duo pour cordes au lieu de l’harmonica et de la guitare) entre jeunes mousses, entre l’équipage et le jeune officier qui porterait malheur.
        Pas un chef d’oeuvre du film de pirates mais un chef d’oeuvre tout court, peut-être le plus beau film de P Weir.

      • P. SEGALEN dit :

        Cherchez l’intrus:

        Pas de pirates chez DE TOTH, mais le concernant cette jolie trouvaille: « Elle permit à des petits artisans comme de Toth, Selander, Peckinpah de signer leurs moins mauvais films. » Elle, c’est la modestie de Randolph Scott et ce jugement se trouve dans une notule le concernant signée…B.T.! (in Le Western – 10/18 édition 1966).
        Sans rancune. Nous vous apprécions aussi parce que vous savez revoir vos jugements.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PSegalen
          J’avais oublié cette connerie typique de l’époque. D’autant qu’on avait passé plusieurs de Toth au Nickel. Il est vrai aussi que c’est plus tard que j’ai pu avoir accès à des films de De Toth (PITFALL, NONE SHALL ESCAPE, RAMROD, PLAY DIRTY) qui ont modifié mon point de vue. Comme l’a écrit Godard parfois un film vous oblige à reconsidérer les oeuvres antérieures.

        • ballantrae dit :

          Au moins Bertrand sait dire qu’il a changé d’avis comme l’atteste la structure par sédimentations de 50 ans!
          Il est logique que le regard évolue à la lumière de films méconnus ou d’une évolution de carrière:je n’aimais que très peu Wong Kar Wai jusqu’à In the mood for love, même chose pour Haneke avant Le ruban blanc ou G Stevens avant d’en découvrir plus de films.
          P Berthoumieu dit très bien dans Positif qui lui consacre un beau dossier que parfois on peut être influencé par un paysage critique sans même s’en rendre compte.Cf réflexe anti cinéma anglais, anti Duvivier (auquel j’ai prêté le flanc mea culpa)etc, etc…
          On trouve la même chose en littérature: quand j’étais en fac , il était de bon ton de ne pas prêter attention à Hugo ou Zola ( un prof très snob allait jusqu’à les décréter illisibles lui qui ne jurait que par Klossowski ,Blanchot, etc…c’est fou!).
          Echapper à certaines (im)postures critiques doit être l’un des buts du cinéphile un minimum ouvert.
          M Ciment, pourtant l’un des critiques les plus éclairés qui m’ait été donné de croiser, dans son bloc notes de février défend « l’originalité » de E Neuhoff qui me semble relever le plus souvent de ce snobisme exaspérant.Animé par une forme de ressentiment incessant matiné d’ironie à la petite semaine, il argumente peu que ce soit dans l’amour ou le rejet.Les deux cas d’école récents le concernant portaient sur Une vie de S Brizé qu’il dézinguait à la grosse Bertha sous prétexte d’ennui et de manque de fidélité à Maupassant ( j’y vois en fait une jalousie masquée car il a essayé d’adapter comme scénariste Les âmes fortes pour Ruiz et a abouti , se vautrant comme une otarie bourrée, à une oeuvre plate et bien sage,ce qui est un comble pour le génie baroque de ce cinéaste qui a fait un bien mauvais film à partir d’un roman génial) et les louanges pas très honnêtes envers le dernier Loach ( Neuhoff en tant qu’écrivain et critique au figaro est un héritier très droitier des Hussards:que peut-il trouver chez Loach si ce n’est une sorte d’exotisme de la pauvreté en des temps libéraux qui l’amuse le temps d’une séance?)
          Je trouve plus troublante la manière dont les Cahiers découvrent en 2017 comme si de rien n’était R Fleischer ( très beau coffret Carlotta qui permet de revoir non seulement L’étrangleur de rillington Place et Les flics ne dorment pas la nuit, deux grands films antithétiques mai aussi une oeuvre plus oubliée Terreur aveugle que je trouve assez terrifiante par moments) ou le giallo.
          Même refrain que pour Malick que les Cahiers ont soudainement encensé pour Tree of life puis réenterré très vite.
          La critique est un exercice bien curieux parfois…

      • stag dit :

        A Bertrand,

        J’aime beaucoup beaucoup le miracle permanent Charles Laughton et sa très bonne incarnation du crapuleux capitaine Kidd ! Si j’ajoute la présence au casting de Carradine et Scott, quelques scènes originales, ça m’aide sans doute à considérer ce film au delà de ses faiblesses, dont la très mauvaise copie Bach films que je possède.

        • Yves Rouxel dit :

          A Stag.Revoyez la première version de « l’ile du docteur Moreau »qui est la plus fidèle au roman de Wells.Les films de Don Taylor ou celui avec Brando sont d’une médiocrité inégalée.

        • stag dit :

          A Yves Rouxel,

          Je vais me procurer ce film que je n’ai jamais vu, merci.

        • Yves Rouxel dit :

          A Stag.Le dvd sort aujourd’hui dans une version restaurée dans la collection »Cinémasterclassic »présentée par le génial et atypique Jean pierre Dionnet.

  21. MB dit :

    Cette réplique entendue dans la série L HERITAGE EMPOISONNE de Arte (dans la bande-annonce): « Tu sais, y’a qu’un pas du courage à la connerie! ». Excellent, eh eh!!!

  22. Yves Rouxel dit :

    Chroniqué récemment par Bertrand »Les mutinés de l’Elseneur »de Pierre Chenal est un film noir qui est remarquable grace à la présence de Robert Le Vigan dans un role de « faux malade »qui connait les lois maritimes et qui va défendre les marins de ce bateau qui doit se rendre en Australie.Chenal à travers toutes ses œuvres décrit les personnages qui sont tous tourmentés ou en proie à une espèce de folie interieure.Marcel Aymé apporte aux dialogues un coté percutant et fort.En tout cas une bonne surprise.

  23. Yves Rouxel dit :

    A Henri Patta à qui je souhaite tous mes vœux et le remercit de me défendre face à MB qui joue les moralistes de pacotille en prétendant tout savoir sur tout.Ce n’est pas mon cas coté grammaire,je le concède humblement.Je vais vous conseillé »Minuit quai de Bercy »de Christian Stengel sorti chez René château vidéo.Film sombre qui décrit de façon concise la vie un peu légère d’une concierge plantureuse en 1952 à Paris.Le casting sauve la mise en scène grace à la présence d’Eric von Stroheim toujours si brillant dans son jeu et les dialogues sont percutant de malice.Suite au meurtre de Mado,l’inspecteur Brénot va ètre seconder par une jeune femme qui à travaillé jadis dans la police.Il y à un corbeau qui envoit des lettres aux locataires de l’immeuble ainsi qu’à la police.En tous cas le film n’est pas si mauvais que je le pensais.

  24. Yves Rouxel dit :

    En ces temps agités par des « futurs présidentiables »qui s’en donnent à cœur joie,je vous propose de découvrir un film sous forme d’archives de l’Institut national de l’audiovisuel qui revient sur le parcours de François Mitterrand,l’homme qui à réussit à rouler dans la farine le Parti communiste avec à sa tète Waldeck Rocher,Georges Marchais et l’ensemble du bureau politique en 1972,lors de la signature du programme commun.En effet après l’échec électoral aux législatives de 78,le PCF s’est démarqué de façon radicale de la ligne de conduite imposé par Mitterrand.Mais le plus interessant dans la personnalité de l’homme est la subtilité et la ruse d’éviter de répondre aux questions de Duhamel ou d’Elkabach(qui étaient déjà là en 78).Durant cette période giscardienne la télévision proposait des débats ou les comptes se reglés sur les plateaux en direct.Une séquence forte est celle ou René Andrieu journaliste de »L’humanité »et membre du PCF à réussit à destabiliser le candidat Mitterrand sur son passé pendant la guerre en Indochine ou le conflit en Algérie,car à l’époque Mitterrand était déjà ministre et à eu des déclarations colonialistes sur la position de La France à l’étranger.Dans l’émission »Zoom »interrogée par une femme,il est interessant d’analyser le comportement de l’homme assis à droite sur le canapé,à sa gauche on trouve son fils Gilbert puis sa femme est assise sur un fauteuil voltaire à la droite de la pièce.Danielle Mitterrand restera discrète sur sa vie et n’a jamais envisager d’etre la femme d’un président de la république.Coté humour on voit surgir un teckel très attaché à Danielle et qui peut etre méchant quand on l’embète.Le fils Gilbert durant l’entretien ne prononcera aucun mots à part quelques caresses au chien.Puis la force de ce documentaire est que les images extraites d’archives ne trahissent aucunement la maladie de l’homme dès 1980.On s’aperçoit nettement que le teint est blanc,les traits sont tirés et le maquillage est visible afin de cacher la maladie.Entre les deux mandats Mitterrand à fait de la chimiothérapie(perte de cheveux,traces sur le visage et les mains…).Concernant la stratégie politique et la réalité de l’époque,là je suis entièrement d’accord avec lui quand il déclare que le PCF qui était le premier parti de France n’était pas prêt à gouverner et tout ceci arranger bien l’URSS.En effet outre la France le Parti communiste en Italie était une force populaire,ceci explique pourquoi l’eurocommunisme n’a jamais été mis en pratique car l’URSS ne voulait pas déstabiliser l’Europe et les USA pour des questions d’intérêts économiques et culturels.La cerise sur le gateau est sans nul doute l’émission »7 sur 7″animée par la belle Anne Sinclair.Ici l’homme au début de l’émission est dans ses petits souliers et n’est pas si nerveux par rapport aux émissions »Cartes sur table »ou »L’heure de vérité »ou on le voit constamment chausser ses lunettes,se tordre les mains tout en restant raide tel un sphinx sur son fauteuil.Evidemment dèrrière l’homme politique,qui fut maire,député,ministres et secretaire d’état se cachait un individu qui aimait fortement les femmes.

  25. Patrice Alègre dit :

    Yves Rouxel, merde, replongez-vous dans un manuel de grammaire pour assimiler les règles d’accord une bonne fois pour toute !

    • Patrice Alègre dit :

      Pour toutes… merde, moi aussi 🙂

      • Bertrand Tavernier dit :

        a Patrice allègre
        Peut être qu’il y entre de la dyslexie …

        • MB dit :

          c’est un mélange de dislexie, de je-m’en-foutisme, d’anarchie révolutionnaire anti-ordre bourgeois, et d’amour du cinéma faut faire avec.
          et une goutte de paresse pagnolienne?

        • MB dit :

          et c’est bien « dYslexie » désolé.

    • Henripatta dit :

      Yves Rouxel est une mine d ‘infos sur le cinema. Sa grammaire est comprehensible et cela me suffit.

    • Yves Rouxel dit :

      Messieurs les censeurs de l’ordre bourgeois,j’écris selon mes humeurs avec plein de défauts que j’assume et des qualités que je réserve à mes amis.Prendre comme pseudonyme Patrice Alègre est d’une fantaisie lumineuse.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Je vous aime nbeaucoup mais attention aux assertions tapageuses et fausses : l’orthographe n’a rien à voir avec l’ordre bourgeois. Il a été préconisé par de nombreux écrivains prolétariens de Vallès à Navel comme un des moyens pour la classe ouvrière de s’élever, de contrôler la langue, d’en apprendre les beautés

        • MB dit :

          à Bertrand: c’est moi qui ai fait cette assimilation orthographe-ordre bourgeois. Je plaisantais. C’est comme la paresse pagnolienne.
          à Rouxel: je ne sais pas en quoi je vous ai attaqué, j’ai parlé d’amour du cinéma à votre propos. Vous êtes complètement à côté de la plaque vous comprenez tout de travers, et je n’ai rien mais alors absolument rien contre vous! ce qui doit vous contrarier d’ailleurs! et puis si vous comprenez pas tant pis. Vous devez aimer avoir des ennemis espèce de parano ça suffit je ne vous répondrai plus vous m’emm…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Halte à cette polémique sans cause et sans objet. MB ne nous impose pas plus son savoir que Rouxel ses goûts. Halte à ces pertes de temps et d’énergie. Les sensibilités peuvent s’entrechoquer sans déclencher un incendie de forets, juste des étincelles d’intelligence et de lucidité

        • MB dit :

          à Bertrand: vous me rappelez la fin de BIG BUSINESS je crois que je vais en écraser une, snif… merci en tout cas pour cet accès de défense en ma faveur, en effet j’ai jamais cru imposer quoi que ce fût. Basta retour au cinoche… LIGHTS! SOUND! ACTION! et toute cette sorte de choses par ma barbe!

        • Alexandre Angel dit :

          Oui Yves, je n’ai du tout trouvé le message de MB mal disposé vis-à-vis de vous. Il a un côté fourre-tout qui montre plutôt de la sympathie. Relisez-le à tête reposée.
          Et excellente année à tous le monde!

        • Alexandre Angel dit :

          « à tout le monde » : c’est mon tour!

        • MB dit :

          à Alexandre: merci pour cet appui et bonne année! et tiens j’ai reçu BACCARA aujourd’hui ce qui m’a fait penser à vous car (avec Bertrand ofkourss) vous m’avez poussé dans le dos à découvrir les films de Yves Mirande: CAFE DE PARIS et DERRIERE LA FACADE, peut-être meilleur! Quels crétins ces deux flics, ils me font penser aux héros de BD de Charlie Schlingo qui froncent les sourcils et se grattent la tête pour résoudre des mystères que le lecteur a résolu cinq minutes plus tôt! Et dans DERRIERE LA FACADE, Gaby Morlay est sublime (« Je ne sais pas… je ne sais pas… »).
          Mais quand reverrons-nous L HABIT VERT de Richebé?

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Je ne suis pas ici pour créer la polémique mais de quel droit vous jugé les gens sans les connaitre.Et puis épargné moi votre langage outracié,vous me rappelé le verbiage poujadiste employés par des défenseurs de la NATION FRANCAISE.D’autre part pour fermer cette parenthèse j’ai plus d’ami(e)s que d’ennemis,malheureusement il y à des ètres humains qui me donne la nausée!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          La vous exagérez un peu, il n’y a rien de poujadiste dans les termes de MB. Cessons d’utiliser des termes qui ne sont pas adéquats. Le premier acte révolutionnaire disait orwell, c’est de dire que deux plus deux font quatre. Le reste suivra. Il faudrait apprendre à écrire en évitant les adjectifs

        • MB dit :

          à Bertrand: je vous remercie par ces mots de m’interdire une envolée lyrico enflammée polémique de plus! et je médite cette histoire d’écrire sans adjectif, ça doit être contraignant mais excitant intellectuellement.
          à Ballantrae: le dossier n’est-il pas clos? Est-il utile de tirer une conclusion sur ces misérables évènements?
          quand je pense que je dois parler de Rodrigo Garcia et que je perds mon temps à des sottises!

        • MB dit :

          BACCARA de Mirande est moins drôle et brillant que CAFE DE PARIS et DERRIERE LA FACADE mais Mirande est fascinant dans sa façon dont il nous propose un certain nombre de clichés pour les contredire un par un. Il y a un personnage de femme entretenue glacial et antipathique qui se révèle fragile et humaine, un rentier professionnel (Jules Berry) converti dans le jeu et les paris qui se révèle ancien poilu de la guerre de 14 qui, dégoûté par le sort que le pays a réservé à ses soldats, retourne l' »immoralité » de son mode de vie contre celle de l’état vis à vis de ses anciens combattants… des « amis » de Berry chaleureux et amicaux qui se détournent de lui dés qu’il se retrouve en délicatesse avec la justice. Généralement, l’ambiance de comédie se teinte de tragique avec l’évocation de la guerre et l’incroyable brutalité d’une charge morale sûre de son droit qui veut condamner le personnage de la femme vénale et entretenue en tenant à lui faire rendre gorge de sa liaison avec le banquier véreux sans qu’on puisse prouver sa complicité concrète, peut-être plus parce qu’elle n’est pas française.
          Génie de Berry: capable de convaincre sans s’appuyer sur la moindre réplique, comme dans un simple plan où il reste muet en écoutant son copain (Lucien Baroux) chanter et jouer de la guitare dans un moment tt à fait inattendu! Une autre fois, il bredouille lui, le roi de la réplique ciselée qui frappe au coeur, bredouille avec un chapelet d’onomatopées ou de « eh » ou de « ah » sans arriver à une phrase complète parce qu’il est ému par les paroles encore, de son pote qui veut le réconforter. C’était une complicité d’aigrefins et devient en fin de film une amitié touchante de camarades de tranchée. Mirande nous aura mené en douceur du burlesque attendu au tragique et au drame humain (mais on se doutait bien du changement de registre car dans la 1ère partie, le burlesque n’était pas toujours très franc du collier). Et nôtre Berry, quel génie aussi pour jouer avec une cigarette allumée rarement fumée, qui virevolte, danse comme un bourdon affolé, ponctue un début de phrase abandonné pour passer à un autre! Je vais commander SEPT HOMMES… UNE FEMME dés ce message clos! Vive Mirande, nouvelle découverte grâce au DVDBLOG!

      • ballantrae dit :

        Le blog me semble d’abord utile pour échanger sur le cinéma et autres sujets plus ou moins annexes…mais pas pour s’envoyer des noms d’oiseaux ou régler des comptes qui plus est avec des cinéphiles qui ne se connaissent pas physiquement.
        Trop de sites, blogs tombent dans le piège de la personnalisation et des affects trop marqués: en venant ici nous nous faisons plaisir, glanons des idées de films ou livres à (re)découvrir, apprenons des tas d’informations, sommes obligés parfois de revoir nos préjugés.
        Que cela demeure ainsi car c’est le but de Bertrand en créant ce blog qui est une chance à ma connaissance unique de rencontre cinéphile comme tout ce qu’entreprend notre cher hôte.
        Cessons donc ces coups de gueule et reparlons ciné.
        Hier nous avons eu la chance de recevoir la cinéaste Lucile Hadzihalilovic à Ribérac qui non seulement a accompagné ses deux films Innocence et Evolution , deux oeuvres étranges, poétiques et belles qui sont des apologues aux frontières du fantastique (juste en deça, juste au delà) mais aussi en carte blanche L’esprit de ruche de Victor Erice qui est toujours une splendeur absolue…peut-être la splendeur plastique la plus vibrante et sensible du cinéma des 70′ avec les deux premiers Malick.
        Comme souvent, revoir un film sur grand écran même si on croit le connaître en révèle mieux encore les beautés.Ensuite échanger à plusieurs autour de ces émotions qu’on arrive plus ou moins à traduire en mots sur le moment est toujours un moment précieux surtout quand cela est guidé par l’oeil averti d’un cinéaste, d’un technicien ou d’un critique (s’il est honnête, rigoureux et au fait de sa matière comme M Ciment l’an passé).
        Pour en revenir au point de départ, ce blog est pour moi comme un prolongement écrit de ces moments qui rendent la cinéphilie plus collective, chaleureuse et enrichissante.

        • richpryor dit :

          Ah, les taquineries rigolotes de MB qui provoquent les réponses outrées de Rouxel, qui arrête alors complètement de conjuguer ses verbes au temps approprié. Aussi classique sur ce blog que les débats interminables sur El Dorado, les digressions passionnées de Minette Pascal sur John Ford et les interventions salvatrices de ballantrae, notre maitre à tous. Merci à tous de vos contributions.

        • MinettePascal dit :

          Il faut si peu pour transformer un blog de discussion en ring de boxe !
          Et si nous faisions exception ?
          Ne soyons pas d’accord ! ne nous comprenons pas, mais pas du tout ! Disputons, opposons, râlons, que diable !….mais poliment, par pitié. Un nom d’oiseau ? Ouvrons dignement la cage et laissons-le s’envoler !

        • Henripatta dit :

          Merci Ballantrae de remettre les choses en place. Oublions nos petits egos pour revenir a la substantifique moelle de ce blog: l ‘amour du cinema.
          A ce sujet durant ces fetes de fin d ‘annee je me suis fait un petit festival personnel du film noir Americain.
          – les tueurs
          – Assurance sur la mort
          – boulevard du crepuscule
          – pour toi j ‘ai tue
          – l ‘ultime razzia
          – le grand sommeil
          – quand la ville dort
          – la femme au portrait
          – l ‘invraisemblable verite
          – le voyage de la peur
          – Le masque de Dimitrios
          Un bonheur total. Une sentation de plenitude . C ‘est aussi ca le cinema.
          Ne me demandait pas quel est mon prefere je serais bien en peine de choisir l ‘elu.
          En revanche pour moi LA femme fatale est Barbara standwyck.
          Son regard mi ange mi demon son sourire idoine sa classe eternelle me font fondre a chaque fois.
          Bonne annee cinephilique.

        • Yves Rouxel dit :

          A Ballantrae.Effectivement je vais cessé de polémiquer car ce blog nous permet d’échanger notre passion pour le 7ème art et de redécouvrir d’anciens films oubliés de certains.A tous je conseille vivement »Le divan de Staline »la 3ème réalisation de l’actrice Fanny ardant qui nous entraine en 1950 au fin fond de la Russie tenue d’une main de fer par Staline.Malgré l’aspect théatral et intimiste de la mise en scène,l’oeuvre vaut le détour par la présence de Depardieu qui compose un tyran attachant.Sa maitresse et assistante campée par Emmanuelle Seigner est tout en légereté quand elle lui demande de s’allongé sur le divan de Freud et de lui raconter ses rèves.Constamment tout le long du film on entend des cris aux abords de ce château cossu.Est ce des cris humains de femmes qui gémissent ou des cris de renards qui ont faim?Les lumières tamisés des plans extérieurs sont d’une beauté remarquable,on sent la végétation,la tempète qui gronde,les arbres qui se plient et les feuilles qui crissent.La bande musicale est d’une grande sobriété et en totale adéquation avec la visualité lumineuse et intense.Du grand art et un film réussit qui mérite d’etre vu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          La notion de tyran attachant répond bien à celle de nazi idéaliste (rapport de la CIA sur barbie) et de talibans modérés. On vit une époque moderne

        • MB dit :

          à richpryor: the whole pleasure is ours, thanks!

          (pas sûr de la justesse grammaticale mais tant pis…)

  26. Yves Rouxel dit :

    Co-production entre l’Italie,l’Espagne et l’Allemagne »Le carnaval des truands »réalisé par Giulanno Montaldo en 67 est un film de casse assez audacieux sur le choix du casting.En effet on retrouve Edward G Robinson qui incarne »le cerveau »ancien professeur à la retraite qui retrouve en Italie son copain d’enfance Adolpho Celli(habitué aux roles de méchants)Janet Leigh est le seul personnage féminin qui aura un role determinant dans le casse puis Robert Hoffman acteur autrichien qui est un play boy français,Riccardo Cucciola figure italienne connue qui retournera pour Montaldo dans »Sacco et Vanzetti »en 71 puis Georges Rigaud le seul acteur français qui débuta sa carrière en 31 chez René Clair.Enfin j’oubliais une gueule auquel on ne passe pas à coté,en la personne de Klaus Kinski qui est un allemand pervers et sadique.Sur le plan de l’intrigue meme le film tient la route mais il y à malheureusement trop de longueurs entre Hoffman et J.Leigh,on ne croit pas une seconde à cette histoire d’amour entre un beau français et la secretaire de la banque qui détient les clés du coffre.Saluons la partition musicale du grand Morricone dont Agnes Michaux l’écrivain nous donne ses impressions dans le supplément.Je ne connais pas le film avec Cassavetes et Falk du meme réalisateur!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Mais Montaldo a fait plusieurs films intéressants, L’HOMME AUX LUNETTES D’OR et je crois SACCO ET VANZETTI

      • MB dit :

        à Bertrand: il s’agit des LUNETTES D OR avec Noiret. pas vu.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Relisé moi ,j’évoque « Sacco et Vanzetti » dans le post précedent.Dans la foulée je me suis revu une perle que Melville ou Scorsese ont du analyser plusieurs fois est »Baby boy Frankie »d »Allen Baron,cinéaste obscur qui à bifurquer vers la tv(Droles de dames,Cagney et Lacey…).Tourné avec un budget dérisoire et de la pellicule récuperer sur un film avec Errol Flynn à Cuba,c’est un polar incontournable et d’une grande audace de la part de Baron.Dans le bonus il revient trente ans après sur les lieux de tournage à New-York avec un pincement au cœur quand il reconnait l’appartement ou il habita avec sa mère dans les années 50.Je ne savais pas que c’était l’acteur Lionel Stander(blacklisté)qui assura pour 500 dollars la narration de ce tueur à gages qui doit éliminer un ponte pendant les fètes de Noel.A travers la narration on se pose la question si ce n’est pas la conscience du personnage qui s’exprime à haute voix.On sent bien au fil du scénario que plusieurs images ont été tournés dans la rue en cameras cachés.Baron explique quand l’équipe à été arreter et amener au commisariat car les policiers pensaient qu’ils étaient filmés.

      • Alexandre MILHAT dit :

        Autre titre de Giuliano Montaldo à redécouvrir avec profit (autant, sinon davantage encore, que « Sacco et Vanzetti ») : « À l’aube du cinquième jour » (« Dio è con noi »/ »Gott mit uns » [1969]), drame de guerre poignant et d’une rare acuité, interprété avec force justesse par Franco Nero, Richard Johnson, Helmuth Schneider, ainsi qu’un surprenant Bud Spencer, dans un rôle secondaire pétri d’humanité.
        Inspiré de faits douloureusement authentiques, le film raconte comment deux déserteurs allemands (capturés sans résistance par les forces canadiennes et enfermés avec d’autres prisonniers nazis, regroupés autour d’un officier fanatique) furent exécutés au matin du 13 mai 1945 par leurs « camarades » de détention, auxquels les Canadiens avaient consenti, pour ce faire, à fournir armes et balles…
        Une œuvre de révolte, saine et profondément lucide, où Montaldo renvoie dos à dos chacun des camps en présence, attribuant à l’un comme à l’autre la même part de jusqu’au-boutisme criminel et d’aveuglement imbécile.
        Émouvante partition d’Ennio Morricone (l’une de ses plus belles également), qui rend plus bouleversante encore cette chronique de la bêtise humaine. Certains se souviennent peut-être de la douce mélopée du maestro, qui connut un regain de postérité en accompagnant les images animées par Jean-Michel Folon, lors du générique d’ouverture de l’émission littéraire « Italiques », diffusée sur la deuxième chaîne de l’ORTF entre 1971 et 1974…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Milhat
          Vous me donnez diablement envie de découvrir ce film. Il existe en DVD ?

        • MB dit :

          oui oui je crois que le thème de Morricone a servi aussi à une émission de radio sur la musique de films…

        • Sullivan dit :

          Le film existe en DVD dans la collection « Les Maîtres italiens » chez SNC (Collection orange). Et je suis d’accord avec Alexandre Milhat. Je considère le film comme le meilleur de Montaldo. La musique de Morricone a servi de générique à l’émission « Ronde de Nuit » sur France Musique durant plusieurs années.

        • MB dit :

          à Sullivan: j’ai honte… mais cette musique n’était pas dans les numéros plus récents? et par quoi Olivier Le Borgne l’a-t’il remplacée au fait?

        • MB dit :

           » et par quoi Olivier Le Borgne l’a-t’il remplacée au fait? »
          Je veux dire par quoi a-t’il remplacé son émission Ronde de Nuit?

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.La musique du film »A l’aube du 5ème jour »à servit pour l’ouverture et la fermeture des programmes en 1976 avec un superbe déssin animé signé Folon.Quand au dvd,Bertrand il est sorti chez SNC la filiale de M6.

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.La musique du film »A l’aube du 5ème jour »à servit pour l’ouverture et la fermeture des programmes en 1976 avec un superbe déssin animé signé Folon.Quand au dvd,Bertrand il est sorti chez SNC la filiale de M6.C’était sur Antenne 2.

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: oui oui mais je parlais d’une émission sur la musique de films. En fait j’ai eu la réponse de Olivier Le Borgne de France Musique, c’était son émission RONDE DE NUIT, « effacée » par la nouvelle direction:
          « En fait, le jingle de Ronde de Nuit à sa création en septembre 2006, était également une musique de Morricone (Mon nom est personne : Theme. pour le film de Tonino Valerii). Je l’ai gardé deux saisons et en octobre 2008 je suis passé à « A l’aube du 5ème jour »: Lontano (Extrait de la B.O. du film de Giuliano Montaldo « Dio e con noi » / Italie / 1969 / Titre pour la France: « A l’aube du 5ème jour »). Et je l’ai gardé durant 8 ans jusqu’à la fin de Ronde de Nuit.

          (…) je suis désormais un des trois programmateurs musicaux de nos sept webradios, qui ont l’air de bien marcher, alors… Géronimo !!

          Bien à vous et mes meilleurs voeux pour 2017; »
          ce qui me donne l’occase de dire que les web radios de F Musique c’est très bien, une excellente façon de découvrir des trucs nouveaux (pour moi):
          https://www.francemusique.fr/
          en général, je clique sur « la jazz »!
          on peut s’amuser à tenter de deviner de qui est la voix qui fait le jingle entre les morceaux de musique!
          (un acteur bien connu de Bertrand)
          et merci Olivier (j’ai rien dévoilé de trop hein?)

        • Bertrand Tavernier dit :

          a MB
          Et ruez vous sur l’ESPRIT PUBLIC qui va disparaitre fin mai. Ils auront eu la peau de Philippe Meyer qui avait eu le malheur de fixer des objectifs pour Radio France

        • MB dit :

          à Bertrand: et une de moins ça rend triste… Pour L’Esprit Public, je signale l’émission Lincoln au cinéma du 1er janvier dernier, qu’on peut toujours écouter bien sûr:
          https://www.franceculture.fr/emissions/lesprit-public/abraham-lincoln-au-cinema
          beaucoup d’autres émissions sur Obama et Trump…

        • Olivier Le Borgne dit :

          Cher « MB », merci d’avoir parlé des webradios sur ce blog qui garde toute sa tenue et continue de monter en puissance dans la qualité des échanges après presque douze ans d’existence !
          Non, vous n’en avez pas trop dit, ce n’est pas un secret d’état. Sans dire son nom -je pense que ceux qui auront jeté une oreille à nos petites France Musique auront repéré de qui il s’agit- je peux donner un indice. Il s’agit d’un acteur qui a joué dans quatre longs-métrages de Bertrand Tavernier. Quant à la voix féminine qui intervient également dans le cadre des jingles siglant nos webradios, il s’agit de celle de Sarah Nemtanu, 1ère violon de l’Orchestre National de France.
          Il est vrai que les temps sont durs, mais Radio France continue tout-de-même sa mission de service public et d’être une mine de réjouissances, ne serait-ce qu’au niveau des formations orchestrales (sans oublier le choeur et la maîtrise), qu’il faut absolument venir écouter dans une des deux meilleures acoustiques de Paris : l’Auditorium maison.

  27. Denis Fargeat dit :

    Heureuse année à tous les magnifiques hôtes de ce blog !
    Sous le sapin, le volume 2 de la fabuleuse réédition de « Midi-minuit fantastique », revue portée par la passion pour le genre et ce que tout le cinéma pouvait en receler … presque pas étonné de rencontrer dans ces pages Bertrand Tavernier, dans un court mais passionnant entretien avec Terence Fisher, parlant de son métier avec passion et lucidité. Entretien mené, déjà, avec toute l’érudition, l’intelligence et l’amour du cinéma qui nous réunit autour de Bertrand. Merci !

    • Damien D. dit :

      Personnellement ayant déjà la collection de la revue originale j’attends juste le volume 4 qui clôturera la série et comprendra le numéro 25 jamais diffusé. On s’étonne de la disparition de la revue : sans doute absorbée par les revues d’actualités du film fantastique que furent Mad Movies et l’écran fantastique (revues que je ne lis jamais, le cinéma fantastique étant désormais relayé depuis des décennies au second plan derrière les films d’horreurs abjects et/ou indigestes) et puis Eric Losfeld a sans doute privilégié sa revue de cinéma principale qu’était Positif…
      Il y a bien eu tentative de renouveler le genre dans les années 90 avec feu la bonne revue « fantastyka » plus dédiée à ce cinéma de genre et patrimonial mais qui elle aussi disparaîtra au bout de 24 numéros…

      • MB dit :

        à Damien D: les albums de réédition de MMF contiennent moult inédits et rescannages ou reprises en hq des photos d’origine, ce qui à mon avis fait qu’ils ne doublent pas avec mes numéros originaux (dans un état piteux, bien que respectables).

      • Denis Fargeat dit :

        Les premiers numéros de l’Ecran Fantastique étaient fort bons, riches d’images jamais vues, et de belles contributions de François Rivière, Francis Lacassin , rejoints par Roland Lacourbe ou Hervé Dumont… Mad movies était marrant , et JP Putters en a tiré un miel rigolard avec ses Craignos Monsters, guide de survie au Nanarland… ensuite, plutôt d’accord…
        Jetez quand même un oeil à la réédition de MMF, qui est un fort bel objet, enrichi de photos rares.

        • ballantrae dit :

          Oui Mad movies tout comme L’écran fantastique ne sont pas à jeter intégralement même s’il est vrai que l’horreur pure à coups de photos aux SFX sanguinolents y a la part belle ( je dois à Mad movies ou L’écran l’un de mes traumas d’ado en découvrant une image issue de l’ignoble Cannibal holocaust avec une émasculation bien dégueulasse).
          Ceci dit , Romero, Tobe Hooper ou Wes Craven ont pu faire de bons films avec lesdits moments horrifiques.
          Une autre revue dévolue au ciné de genre refait son apparition dans un ouvrage /rétrospective, c’est Starfix qui fut LA générationnelle de l’ado que j’étais.
          Découverte en même temps que les Cahiers quand j’avais 14 ans vers 1985, elle me permettait de découvrir Verhoeven, Gilliam ou Friedkin et affirmait un ton comme une exigence analytique de qualité.
          Positif n’est apparu dans mon champ de vision que plus tard car il était alors mal diffusé et ce fut une autre révélation!
          MMF était déjà une revue historique que j’ai découverte chez les bouquinistes et qui m’a permis de découvrir notamment les films de la Hammer, Bava et aussi qqs gros nanars.Après, je dois avouer que cela me fait marrer un moment mais préfère leurs analyses sérieuses.

        • Damien D. dit :

          Pas de rachat des intégrales Midi Minuit pour moi : je ne me vois pas tout racheter pour des photos en HD et quelques articles supplémentaires (ou alors il faut que je revende ma collection de numéros originaux !).
          J’ai eu l’occasion de récupérer d’occasion une série de numéros de Mad Movies sur une période intéressante : 2003-2006 je crois. C’était une sorte d’âge d’or du cinéma fantastique espagnol et donc je les garde car les articles concernant les films en question sont plus poussés et bien analysés.
          Contrairement à ballantrae, je n’ai pas démarré par la lecture des Cahiers mais par Positif à la fac. Je dois dire que pour moi la lecture des Cahiers n’est pas motivante (le contenu je ne dis pas à la rigueur mais la maquette me donne l’impression d’un news magazine indigeste et freine chez moi toute envie de lecture) : Positif a au contraire l’intelligence et l’ouverture du propos allié à une présentation de revue d’art : un must (bravo à Actes Sud qui a permis le passage à la couleur soit dit en passant !).
          Allez, comme Michel Ciment le fait parfois, relancer la guéguerre Cahiers/ Positif est plutôt sympathique à l’heure de la fadeur critique et de l’uniformisation des idées!

  28. Yves Rouxel dit :

    Aussi long que « Guerre et paix », »Siberiade »est une fresque monumentale réalisé par Andron Kontchalovski en 1978.Du début du siècle jusqu’au années 70,on va suivre deux familles qui se déchirent et sont séparés par un fleuve.D’un coté une famille composé d’un père bucheron qui parle aux arbres puis de l’autre des paysans qui ne meurent pas de faim.Tout les sépare pourtant au fil des évenements(la guerre,la faim,la misère)les deux clans vont se retrouver dans l’allégresse et la joie de vivre aux sons des guitares et des violons qui pleurent les morts.L’ame slave s’affiche à travers des personnages durs qui ne plient jamais les genoux et vivent les épreuves de la vie à coup de bouteilles de vodka.L’oeuvre découpé en quatre parties est agrémenté d’archives de l’armée soviétique et d’images de propagande au culte de Staline.Coté technique les conditions de tournage ont été terribles autant pour les comédiens que pour les techniciens qui ont du affronter le froid siberien.Le gouvernement de Brejnev à donner carte blanche sur le plan budget à Kontchalovski.Le résultat est gigantesque sur le plan visuel avec une bande sonore à couper le souffle.Il est dommage que ce réalisateur à quitter son pays d’origine pour aller tourner des films commerciaux sans importance.En dehors de »Runaway train »sur un scénario de Kurozawa,on peut mettre le reste de coté.

    • ballantrae dit :

      Pas d’accord, comme je l’ai déjà dit dans un message précédent car Le bonheur d’Assia, Les quatre nuits du facteur, Riaba sont aussi de très beaux films tout comme Maria’s lovers.
      Sibériade montre une direction qu’aurait pu prendre son cinéma et elle n’est pas sans liens avec celle que choisit Mikhalkov dans ses derniers films ( Soleil trompeur, Le barbier de Sibérie…apparemment les suites de Soleil trompeur qui ne sont pas sorties sont associées à des soupçons de collusion étroite avec le pouvoir actuel et donc de détournements de fonds destinés à l’ensemble de la production russe mais je n’ai pas suivi ces affaires de près) qui ne sont pas ses meilleurs car on peut préférer sa veine tchekhovienne ( Partition, Les yeux noirs,cinq soirées, etc…).
      Toujours est-il que les deux frères ont un vrai talent malgré des films parfois liés à une forme d’adhésion trop entière à des systèmes qui nivellent la création ( Hollywood pour l’un, la Russie de Poutine pour l’autre).
      Mais je crois qu’il faut revisiter encore et toujours les cinématographies de l’Est qui n’ont pas fini de nous éblouir aussi au présent comme l’ont confirmé récemment Le fils de Saul du Hongrois L Nemes ou Difficile d’être un dieu du Russe Guerman (son dernier film au long cours).

      • Yves Rouxel dit :

        A Ballantrae.Les films de Kontchalovski que vous citer sont anterieur à son départ d’URSS pour les USA!!!

        • ballantrae dit :

          Non, Riaba et Les quatres nuits ont été conçus après son retour en Russie.
          Seuls Assia et Sibériade parmi les films cités ont été faits en URSS.

      • Marc Salomon dit :

        A Ballantree :

        Concernant Kontchalovski il s’agit des NUITS BLANCHES DU FACTEUR et non des QUATRE NUITS… qui elles, comme chacun sait, sont “d’un rêveur” !

        Ceci étant dit, à quand en DVD, deux de ses premiers films : LE PREMIER MAITRE et UN NID DE GENTILSHOMMES ?…

        • ballantrae dit :

          Mille excuses, Marc!Bien sûr le facteur a des nuits blanches non quantifiées au contraire du rêveur de Bresson ( comme j’aimerais le revoir celui-là et si possible en copie restaurée tout comme Une femme douce).
          J’ai enfin découvert ce Manchester by the sea dont tout le monde parle et à l’évidence c’est plutôt beau, sobre, bien écrit.Un mélodrame « sec » comme a su les faire aussi Clint avec Madison county bridge.
          Pas du côté des flamboyances sirkiennes donc mais plutôt vers la netteté d’un J Stahl pour aller vite.
          Ce C Affleck confirme ses qualités de composition après Gerry et L’assassinat de Jesse James par le lâche R Ford et bien sûr The killer inside me de M Winterbottom.
          La topographie est étonnante avec ses paysages hivernaux en bord de mer et me faisait penser parfois à un film comme Leviathan.

    • stag dit :

      A Yves Rouxel,

      De Kontchalowski, qu’avez-vous pensé de RUNAWAY TRAIN ?

      J’ai trouvé quelques scènes vraiment fortes de sens, comme le monologue de meny dans le train lorsqu’il fait la leçon a eric Roberts avant d’avouer n’en être pas capable lui même.

      J’ai jamais vu John Voight mauvais mais dans ce film il est sublime.

      • Henripatta dit :

        Runaway est vraiment un tres bon film avec quelques tres belles scenes. Et il est totalement oublie.

      • Yves Rouxel dit :

        Pour vous répondre,je pense effectivement qu’il y à une veritable tension dans la trame du scénario avec des scènes fortes et bien menés.Ce film qui est un classique du genre m’a rappeler « Le dernier train de Busan »sortie l’an dernier mais qui roule sur le terrain des morts-vivants qui redevenues à la mode avec « Walking dead » entre autres.

      • ballantrae dit :

        C’est amusant que vous en reparliez car je l’ai revu il ya une dizaine de jours sur canalsat et en ai pensé leplus grand bien alors que j’avais bien aimé, sans plus , lors de sa sortie.
        Une mise en scène plutôt serrée et des compositions de plans parfois proches d’une sorte de fantastique qui tutoie le mythe.
        Ce Manny est un sacré beau personnage de taulard considéré comme un « seigneur » par ses semblables et comme l’antéchrist par son geolier et son duo avec E Roberts fait des étincelles.
        Un film dur mais dont on devine l’essence métaphysique initiale certainement inhérente au scénario de Kurosawa qu’on aurait rêvé devoir aux commandes d’un tel film mais Konchalovski s’en tire plus que bien!

  29. maxou37 dit :

    On vient de m’offrir l’énorme ouvrage de Patrick Brion « Encyclopédie du western » aux éditions Télémaque (+ de 800 pages) : je me régale à découvrir ou à redécouvrir des dizaines de westerns bien oubliés aujourd’hui. Mais, même si le côté anecdotique des commentaires peut sembler superficiels, je dois bien avouer que je lis cet ouvrage avec plaisir (j’aime bien l’aspect chronologique) qui permet de se rendre compte de l’évolution du genre et de leurs auteurs. Monsieur Tavernier, je voudrais connaître votre avis sachant que vous intervenez régulièrement Patrick Brion et vous-même sur les bonus de westerns de Sidonis. Et je vous souhaite en avance de très belles fêtes de fin d’année. Cordialement.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Maxou37

      Vous avez dit l’essentiel : l’amour de Patrick brion pour le cinéma, son goût pour le western, son refus des clans qui lui font admirer des films ignorés, son ouverture d’esprit même si on peut le blaguer sur son adoration de la MGM. C’est magnifique

    • MB dit :

      à maxou37: en effet la profondeur du commentaire critique n’a jamais été le fort de Brion mais quelle largeur de vue. Il remarque plein de détails à côté desquels beaucoup passent, il est plus dans la description mais pour décrire, il faut voir les détails.
      et le CDM reprendra le 8 janvier.

      • Edward dit :

        à MB. Je préfère quelqu’un qui privilégie la communication du plaisir qu’il a eu d’avoir vu tel film que celui qui préfère mettre en avant le manque d’originalité de la mise en scène, du scénario ou du jeu. Patrick Brion relève également ces manques mais les fait passer au second plan par rapport au plaisir de la vision. C’est aussi pour ça que j’apprécie l’attitude de BT qui quand il trouve un western trop faible à son goût chez Sidonis choisit de ne pas le commenter plutôt que de le démolir (même si, parfois …). Il suffit de voir sur la jaquette qu’il ne le présente pas pour savoir qu’on ne verra pas un chef-d’oeuvre et le message est passé.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Une ou deux fois, le manque de temps ou mon emploi du temps ont joué. Par exemple pour LA CHARGE DES TUNIQUES BLEUES qui est un film passionnant avec de curieux défauts. J’attends de voir le Blue Ray mais jusqu’à présent, j’ai toujours trouvé la photo de William melon plus routinière, moins inventive que celle des autres chefs opérateurs de Mann. Il me donne l’impression d’un technicien de studio qui n’est pas tout à fait à la hauteur des ambitions visuelles du cinéaste

        • MB dit :

          à Edward: oui oui on a l’habitude des jocrisses du type du rond-de-cuir que je citais récemment à propos de LA FILLE DE BREST tout réjouis d’avoir un film à déglinguer. Ils vous diront qu’ils font l’actualité et que c’est leur boulot de dire quand ça leur plaît pas (ce qui est leur droit ok), eh bien tant pis pour eux. Le commentaire du cinéma se ressent très mal de la critique négative, l’exercice est plaisant et jouissif et plus fécond quand il en reste à la critique positive. Celle-ci permet mieux de faire des ponts entre films, un commentaire sur un film qu’on aime pas se referme sur lui-même. De plus je soupçonne ce type de critiques de faire dans la rancoeur (des cinéastes ratés?). Et c’est pourquoi je ne lis pas la critique de l’actualité enfin, je me jette pas dessus, l’exercice me semble douteux.
          et en effet, avant d’acheter un Sidonis vérifier s’il y a un bonus de BT!

      • stag dit :

        Le summum chez sydonis c’est lorsque se complètent merveilleusement bien les bonus de BT et Brion, chacun dans son style avec une filiation évidente : la passion. Moi ce qui m’épate toujours c’est le nombre de références, de détails sur les filmographies et carrières de ceux qui ont fait le film ou permis qu’il se fasse.

        Je profite de ce message pour vous souhaiter à tous le meilleur pour 2017.

        • Yves Rouxel dit :

          Sans avoir de partie pris,je préfère largement les commentaires de Bertrand qui sont plus anecdotique et pleins de détails techniques(placement et mouvements de grue des caméras,photographie,scénario,musiques et jeux des comédiens).Patrick Brion à une sale habitude de lire des fiches mais il est incroyable quand il porte un chapeau de cow boy.J’ai vu il y à peu qu’il s’était pousser le bouc!!!Content que le Cinéma de minuit ne passe pas à la trappe.Coté critique »Positif »rend un bel hommage à Claude jean Philippe.J’ai une pensée pour Maurice Faillevic grand réalisateur de télévision qui à signer un très bon film sur La guerre d’Algerie ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Exact et aussi LA BELLE OUVRAGE

      • Yves Rouxel dit :

        Oui avec un film inédit de Duvivier sortie récemment chez René Château vidéo »Le petit roi »avec le jeune Robert Lynen.Une CURIOSITE!!!

      • stag dit :

        Dans CATTLE DRIVE (?) est-ce Brion ou BT qui en parle dans le bonus sydonis, McCrea ouvre un médaillon qu’il porte où il montre au jeune la photo de sa femme, et pour la petite histoire c’est une photo de frances Dee, la vraie madame McCrea. Ca fait partie des choses qu’on apprend dans les bonus. Personnellement je suis friand de ce genre de détails, surtout qu’en plus en l’espèce il s’agit de McCrea, qu’il a dû de lui même proposer ce détail, qu’il a fait sa vie avec la même femme. On imagine mal Warren Beatty faire la même chose.

    • MinettePascal dit :

      Patrick Brion, je l’adore aussi car c’est un passionné qui ne pose pas, une encyclopédie sans imparfaits du subjonctif ni enluminures, un amoureux du cinéma qui n’est pas d’abord un amoureux de lui-même.
      « Quand il voyait un oiseau, il lui tirait dessus; quand un lapin passait, il le flinguait » place-t-il (dans un bonus) sur Audie Murphy au milieu d’un fleuve de connaissances pointues. Naturellement, simplement , sans racolage , sans ostentation, sans auto-satisfaction. Presque même sans sourire.

  30. Yves Rouxel dit :

    Alors que son premier film « Les poings dans les poches »vient de ressortir en dvd,un des derniers grands cinéastes italien sort son nouveau 26ème long métrage.Marco Bellochio à une patte particulière et singulière et ici dans »Fais de beaux rèves »,il nous étonne encore avec cette façon de filmer au plus intime la vie d’un petit garçon de 9 ans qui va perdre sa maman en pleine nuit.On n’est pas loin de l’œuvre de Comencini »L’incompris »qui abordait déjà le manque de la mère,le manque d’affection et d’amour d’un enfant.Ici on va suivre en plusieurs phases Massimo:enfant avec beaucoup d’élipses,adolescent puis devenu adulte,journaliste à la Stampa à Turin.Arrivé à la quarantaine on va enfin lui dire la vérité sur cette nuit ou sa mère est venu le border dans sa chambre,puis il à entendut du bruit dans l’appartement,le cri de son père et les portes qui se ferment à clés afin d’éviter de voir le pire.Tout ceci il à transporter des années en se remémorant les jours heureux ou enfant il allait assister au match de football avec son père ou les parties de bagarre avec sa mère.C’est du pur génie emplit d’émotions,sans pathos ni sentimentalisme appuyé sur les scènes les plus douloureuses(la séquence dans l’église ou le cercueil de sa mère est transporter puis l’échange entre son professeur sur la vie après la mort est d’une grande intensité et donne à ce film un coté prodigieux et magique.Très bon entretien de Jean Gili avec Marco Bellochio dans le dernier Positif.

  31. Angelillo dit :

    « Dans ma collection western, chez Actes Sud, je signale la parution de CIEL ROUGE, un roman de Luke Short »

    A Bertrand
    Malgré un choix d’illustration assez curieux qui m’évoque un Johnny Depp tout droit sorti de chez Tim Burton, il me tarde vivement de commencer la lecture de CIEL ROUGE, d’autant que ma dernière vision du Robert Wise remonte à une quinzaine d’années.
    Chaque titre, et ce depuis le premier paru dans cette épatante collection qu’est L’OUEST LE VRAI, sonne comme la promesse d’enthousiasmantes heures de lecture, promesse tenue jusqu’au dernier, LES FUGITIFS DE L’ALDER GULCH, dont je viens juste de tourner la dernière page !
    Ça tombe bien, car j’avais commencé par un Haycox, LES CLAIRONS DANS L’APRES-MIDI, et je ne suis pas près d’oublier la beauté et le pouvoir d’évocation de son tout premier paragraphe. On sait, en lisant ces quelques lignes, qu’on a entre les mains un livre qui va compter. Quand je veux convertir des proches à la « littérature de l’Ouest », je leur lis simplement ce court paragraphe. Ce roman reste à ce jour mon préféré de toute la collection. Parmi les choses les plus frappantes, me touche plus particulièrement l’attention portée à des détails matériels auxquels on ne pense jamais en voyant les westerns : par exemple le prix d’un billet de train ! C’est presque une notation qu’on pourrait trouver dans un écrit d’Henri Lefebvre : le coût prohibitif de ce nouveau moyen de locomotion et qui pousse les usagers à investir leur fortune personnelle ! Avec une amie, pourtant calée en westerns, nous avons été incapables de trouver UNE scène d’un film où l’on ferait mention de ce détail. Pire ! On a limite l’impression en voyant des westerns que les gens prennent le train pour aller acheter leur baguette au patelin du coin ! Et pourtant Haycox nous montre un sergent recruter le héros en découvrant juste qu’il a investi toute sa fortune pour venir s’engager dans l’armée. Plus loin, on apprend que les commandants de forts se ruinent lorsqu’ils doivent payer de leur poche le trajet vers leurs différents lieux d’affectation. Défraiements ? Connaît pas !
    Cela donne par ailleurs de très touchantes descriptions où l’auteur évoque les femmes de ces officiers supérieurs, des femmes qui ont tout perdu pour se retrouver dans un trou perdu et qui elles même semblent plonger dans un puits de solitude sans fond ! Très délicatement, à aucun moment Haycox ne lâche le mot « dépression », mais la description de cette apathie et des regards vides de ces femmes ne laisse aucun doute. Dommage du coup que l’auteur mentionne – et galvaude – le mot « dépression » dans un épisode anecdotique où le héros est momentanément bloqué par la neige dans une ville et où il fait les 100 pas dans sa chambre d’hôtel…
    Je passe sur l’authentique et réjouissant féminisme de cet auteur et que je n’ai cessé de retrouver dans ses romans suivants, FUGITIFS DE L’ALDER GULCH compris.

    TERREUR APACHE est, seulement en apparence, plus un récit d’action. Mais là encore, que de belles surprises ! Tout comme chez Haycox, un superbe personnage féminin : la femme d’un officier supérieur, affranchie de la condition dans laquelle on la cantonne dans les westerns de l’époque. Tiens, à ce titre : dans quel western voit-on la femme d’un officier fumer une clope ?
    Quand je disais « un récit d’action en apparence », c’est qu’il en faut un sacré talent pour décrire toute cette longue poursuite finale, la rendre tangible tout en la transcendant : car certains brefs passages, certaines phrases ont une authentique fulgurance poétique, comme si, en basculant dans une autre réalité géographique, le récit basculait lui aussi, mais dans un autre genre littéraire. Je n’avais jamais lu du Burnett. Difficile donc de commencer mieux !
    Plus tard, avec la trilogie BIG SKY (Guthrie), ce qui m’a frappé c’est la surprenante tonalité générale crépusculaire : la conquête de l’Ouest débute à peine, mais il y a déjà en arrière-plan l’idée que « c’est déjà fini ». Un monde vient de s’ouvrir à des conquérants et il aura suffi de moins d’une génération pour que ce monde n’existe plus. Cela m’évoque une réflexion que je me faisais enfant, lorsqu’en plein été où il pouvait encore faire jour à 22h, je n’arrivais pas à croire qu’immanquablement les jours raccourcissaient. Chez Haycox, c’est la nuit qui avance, imperturbable, derrière l’éclat du jour… Je me demande si cette tonalité pessimiste – réaliste ? – ce manque de foi en l’humanité de la part de Guthrie n’aurait pas son origine dans les horreurs de la seconde guerre mondiale qui s’est achevée 2 ou 3 ans plus tôt. Y a-t-il des récits contemporains de la Conquête de L’Ouest où l’on y lirait un manque de foi aussi net, peut-être à la lumière de violentes conquêtes antérieures ? LA ROUTE DE L’OUEST c’est d’abord la joie de retrouver Dick Summers et ensuite de tomber sur une simple phrase, à l’approche de Fort Laramie : « Tu crois qu’ils ont des chaises ? Des vraies ? Ce que je veux c’est m’asseoir sur une chaise ! » Pas peu fier d’avoir, enfant, prononcé quasi à l’identique cette phrase au retour d’un interminable voyage d’Espagne en 4L et de découvrir par la-même que j’avais sans le savoir, enfoui en moi, une authentique âme de pionnier ! J’ai aimé ce petit détail – que l’on retrouve d’ailleurs dans UN SI BEAU PAYS « Ce qui me manque le plus, dit Dan, c’est une chaise pour m’asseoir. Une simple chaise. » – et les mille autres petits détails, en apparence anodins, qui fleurissent le long de cette longue route et qui apportent une vérité inestimable… Face à un si beau récit, j’ai presque honte de suggérer la maladresse – à mon sens ! – d’une toute petite phrase : quand Dick Summers s’éloigne d’un groupe pour trouver un peu de tranquillité, le narrateur nous dit «Il fit un retour à l’époque où il était venu et le film secret se déroula sur l’écran de sa mémoire.» Je trouve – toujours à mon sens ! – que la référence au cinéma nous sort inutilement d’une époque et d’une ambiance magnifiquement ancrées…
    Dans UN SI BEAU PAYS que j’évoquais plus haut, le désenchantement est encore plus marqué – « Les gens étaient comme ça, on n’y pouvait rien. Ils trouvaient un beau pays et ils le saccageaient » – et la misanthropie plus ciblée : « Les Indiens étaient toujours plus attentionnés que les Blancs envers les personnes qui avaient une infirmité. »
    Ce n’est pas un roman qu’on lit avec plaisir mais avec une forte émotion, car avoir côtoyé Dick Summers sur près de 800 pages, forcément, ça créé des liens ! Et quand on arrive à la fin, qu’on lit les toutes dernières lignes, bouleversantes, on est en droit d’en vouloir à Guthrie, même si l’on sait au fond de soi que c’était la seule conclusion logique, au vu de la tonalité générale de la trilogie.
    Des Burnett suivants, j’ai beaucoup aimé le passionnant SAINT JOHNSON où il est dit de Earp (sic) que « sa réputation acquit une telle ampleur que l’aile conservatrice le considéra à l’égal des bandits contre qui il se battait.» et je n’ai qu’une envie : voir LAW AND ORDER de Cahn dont vous dites le plus grand bien. J’ai trouvé MI AMIGO un peu en dessous des deux précédents, moins fort, et ce malgré de belles notations et un épatant chapitre 17. Cela vient peut-être d’une narration étrange, comme celle d’un conte où les évènements dédramatisés — quasi stylisés — semblent converger vers une sorte de morale… Tiens, le jeune et mystérieux personnage de Bud Smith et sa façon de « mener la barque » m’a évoqué le futur John McBurney du roman LES PROIES (Thomas Cullinan). Et comme dans LA ROUTE DE L’OUEST, je trouve maladroite la phrase suivante, dans ce cas non plus dite par le narrateur mais carrément prononcée par un mountain man du XVIII siècle : «Me suis arrêté dans un saloon (…) et j’ai rechargé les batteries pour pouvoir continuer».

    LE PASSAGE DU CANYON m’a conforté dans l’idée que Haycox est désormais l’un de mes auteurs préférés, et j’ai retrouvé à l’état brut tout ce fabuleux foisonnement des évènements que j’adore dans le Tourneur. J’ai noté cette phrase qui m’a beaucoup plu : « La raison est la lueur pâle d’une bougie que brandit un homme pour guider ses pas quand le feu en lui s’est éteint. »
    Film irracontable, roman irracontable. Chef-d’œuvre dans les deux cas, à l’instar de L’AVENTURIER DU RIO GRANDE de Tom Lea, dont je relisais certains paragraphes en écoutant la bande originale d’Alex North. Sensibilisé au monde du cheval grâce à un papa qui fut dans la cavalerie – si on ne cligne pas des yeux on le reconnait dans SOLOMON AND SHEBA de Vidor – et qui, dans un western, reconnaissait tel cheval qu’il avait vu dans tel autre (alors même qu’il pouvait confondre John Payne avec Rory Calhoun !) ce roman m’a enthousiasmé et son final m’a pris à la gorge, final encore plus bouleversant que dans le film de Parrish. Je ne trouve que le tragique et cruel final de LONELY ARE THE BRAVE pour rivaliser d’émotion avec cette dernière phrase : « Tu sais que je ne monterai plus désormais. Tu le sais. Maintenant que tu es mort, j’irai à pied pour le restant de mes jours. »

    Si dans les deux cas précédents, l’adaptation cinématographique était à la hauteur des romans adaptés, ce n’est pas du tout le cas avec DU HAUT DES CIEUX, LES ETOILES de Harry Brown, où ce n’est que p188 (!) que j’ai réalisé qu’il avait été (des)adapté en 1966 par Hawks qu’en a fait n’importe quoi dans son EL DORADO ! Le roman est palpitant de bout en bout, le plus dingue de la collection, une véritable tuerie au propre comme figuré ! Une première partie où un Brown, roublard, place méticuleusement ses dominos – évènements, nombreux personnages. Puis soudain, une simple chiquenaude, résumée en une phrase : «Quand Mlle Pace oublia son tricot à l’hôtel, elle tua une douzaine d’hommes. Ainsi en va-t-il au royaume des causes indirectes.» Pour être franc, l’explosion de sauvagerie de certaines scènes, à grand renfort de détails gores, m’a paru un peu « too much » même si j’en ai compris l’origine dans votre passionnante postface. Brown a voulu transposer dans un contexte westernien ses propres images d’horreur de correspondant de guerre telles qu’on les visualise désormais depuis SAVING PRIVATE RYAN de Spielberg ou encore dans le plus récent et épatant HACKSAW RIDGE de Gibson. Elles m’ont néanmoins sorti du roman… même si j’y suis entré à nouveau très vite ! Du coup, malgré une certaine tiédeur de votre part dans la postface, j’ai vraiment envie de voir A WALK IN THE SUN (Milestone) et surtout EIGHT IRON MEN (Dmytryk). Et ce aussi malgré l’hilarant haïku de Brown à propos Hollywood «Certains réalisateurs cumulent l’intellect d’un sergent-chef et la sensibilité d’une putain de Port-Saïd !»
    Si Hawks a fait n’importe quoi avec le roman de Brown, Wellman a en revanche respecté assez bien celui de Van Tilburg Clark, à telle enseigne que sa lecture a été un tout petit peu « parasitée » par le film dont je connais trop bien la dramaturgie et la résolution. Mais le style de l’auteur transcende une simple trame narrative et j’ai vraiment senti le cheminement des idées, les idées et les choses se faire, se défaire à nouveau…pour se refaire quelques lignes plus loin ! Ce récit c’est un peu l’histoire d’une poignée de gens enfermés dans une immense cocotte minute ! J’ai beaucoup aimé p. 116 à 125 un étonnant dialogue entre le jeune fils du major Tetley et le narrateur.

    Autant dire qu’après un nouveau roman de Haycox qui démarre sur les chapeaux de roues (à aubes) et que j’ai dévoré en deux-trois jours – ce gars-là, le gras narratif….connaît pas ! – il me tarde de commencer le roman de Luke Short, auteur inconnu pour moi.

    Encore merci pour toutes ces formidables et inoubliables heures de lecture !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Angelillo
      Voila un texte supérieur à la beaucoup des critiques professionnelles que j’ai lues sur ces livres. Et vous pointez des exemples formidables. Il me semble juste que « recharger ses batteries » a été une transposition du traducteur voulant donner un équivalent moderne à une expression ésotérique

    • Alexandre Angel dit :

      A Angellilo,
      Félicitations et merci pour ce généreux message qui correspond pile poil à mes perspectives prochaines de lecture. Je n’en suis que plus stimulé car je compte aussi tout lire.

      • MB dit :

        à A Angel et Angelillo: si on a pas envie de les lire après vos interventions, les bouquins de Bertrand, y’a plus qu’à s’abonner à Mickey parade et Le Chasseur Français pour les lectures, bravo.

    • jean-charles freycon dit :

      Je me suis laissé gagner moi aussi par la fièvre de l’Ouest, le vrai, suis en ce moment au 2/3 de la captive. Quel bonheur de lecture! Cormac Mc Carthy, me dis-je, a sans doute lu The big sky avant d’entreprendre sa trilogie des confins. J’y retrouve le même souffle sauvage, la même soif de liberté, la même mélancolie. Je reverrai dans la foulée le film de Hawks et enchaînerai avec un autre volume de la collection que j’ai déjà sous le coude, et ils font tous envie. Merci en tout cas à BT pour cette lumineuse, faramineuse collection. Et toujours la même question : Comment fait-il (BT) pour avoir vu, lu (et peut-être bu) tout ça? Ah… la scène où un trappeur parle en toute simplicité de son peu de goût pour la chair humaine… Mon seul problème, si c’est un problème, c’est que je vois toujours Kirk Douglas dans son rôle, et que j’entends son rire…

  32. Philippe Guillermo dit :

    Bonjour

    Aurons nous la chance de voir paraître en 2017 la biographie de John Wayne rédigée par Scott Eyman chez Actes Sud Joyeux Noël Mr Tavernier.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Philippe Guillermo
      je l’espère mais cela prend du temps et la traduction aussi. En attendant lisez les derniers romans que j’ai fait paraitre chez ACTES SUD, L’ETRANGE INCIDENT et CIEL ROUGE et aussi le beau livre d’Antoine Sire sur les femmes à Hollywood, LA CITÉ DES FEMMES

    • Yves Rouxel dit :

      On va rester dans la veine des westerns de légende avec « Eldorado »qui suit à la trace « Rio Bravo ».On retrouve pratiquement les memes personnages campés par d’autres acteurs.C’est vrai que Hawks n’a pas assez mis en avant la personnalité complexe des femmes à travers leurs comportements,leurs habitudes avec les toilettes et coiffures.Autre film qui se détache et qui est un veritable OVNI c’est »Charley le borgne »réaliser par Don Chaffey venu de la tv anglaise et qui réalisa quantités d’épisodes:(Destination danger,Le Prisonnier,Chapeau melon et bottes de cuir puis Poigne de fer et séduction).Western anti-raciste et lyrique à la fois ce film vaut le détour pour la prestation des acteurs.Tout d’abord Richard Roundtree échapper de son role de « Shaft »,Roy Thinnes révélé par la série de Larry Cohen »Les envahisseurs »puis Nigel Davenport acteur prodigieux qui à toujours incarner des militaires ou des mercenaires salopards.Au début on est assez intriguer par l’histoire de ce soldat nordiste noir qui à déserter et se retrouve pourchasser par un chasseur de primes.Il va rencontrer un indien estropié en plein désert.L’indien ne parle pas beaucoup et la communication entre les deux ne sera pas facile du tout.Comme le souligne Alain Petit dans le bonus »Charley le borgne »fut le second ou troisième westerns tourner à Alméria la mecque du cinéma italo-espagnol jusqu’en 1975.Je me suis écarter du genre en revoyant « Maria’s lovers » d’Andrei Konchalowsky qui est une pure merveille.A la fois dramatique c’est une œuvre emplit de romantisme,on l’on suit un soldat qui revient du combat et qui va revoir une copine d’enfance.John Savage vu auparavant dans »Deer hunter »de Cimino s’affirme comme un homme fragile et désemparée.Face à lui la sublime et trop rare Nastassia Kinsky qui dégage une veritable émotion dans des séquences tendres pleines de légèretés.La chanson interprétée par Keith Carradine (qui joue un chanteur guitariste)à été écrite par Konchalowsky lui même.

      • ballantrae dit :

        Revu l’été dernier bien après sa sortie ( ah! j’avais 14 ans et Nastassia était si belle!), Maria’s lovers est un chef d’oeuvre secret et émouvant que je trouve ambitieux et très parlant quant à l’essence d’un pays mythique ,comme le sont souvent les films d’une arrivée aux USA (cf Sunrise de Murnau, Le vent de Sjostrom, Zabriskie point d’Antonioni, Taking off pour Forman, Hammett ou plutôt Paris/Texas pour Wenders, Arizona dream pour Kusturica et bien sûr Dans la brume électrique!).
        La délicatesse dans l’écriture d’un scénario qui traite de séquelles de la guerre peu abordées (l’impuissance d’ordre psychologique)est remarquable et on a comme chez Cimino dans Deer hunter/ Heaven’s gate l’impression de voir l’équivalent d’un grand roman russe à la Tolstoi.
        Un casting d’une perfection rare de N Kinski jusqu’à R Mitchum en passant par K Carradine et J Savage (que ne les a t’on pas plus vus ces deux là de même que B Dourif?).
        Un grand film qui n’est hélas pas symptômatique de la suite d’une carrière américaine assez inégale voire médiocre:Runawat train est intéressant, Shy people (dans le bayou, avec B Hershey) est souvent maladroit, Duo pour une soliste est un mélo assez indigeste.Quant à Tango et Cash, c’est une vraie cata!
        Plusieurs de ces titres ont été produits par la désormais légendaire Cannon dirigée par les étonnants Golam et Globus producteurs de séries Z qui se sont rêvés moguls hollywoodiens par un drôle de système semblable à une arnaque de type immobilier qu’on nomme « cavalerie »:on investit à vide , on rembourse les premiers investisseurs avec les sous des suivants, etc…
        De lui, il faut voir Sibériade un film russe ambitieux qui n’a rien à envier à ceux de son frère N Mikhalkov et les deux récents Riaba ma poule! et Les nuits blanches du facteur qui ont marqué un retour fructueux en Russie.
        Ne pas oublier aussi le remarquable Bonheur d’Assia vu il y a bien longtemps à l’époque de la Glasnost.

  33. Laurent Vachaud dit :

    Richard Lester a réalisé un « prequel » de « Butch Cassidy et le Kid » que je n’ai jamais vu ( et qui est très difficile de se procurer ), « Butch and Sundance the early years ». J’en ai plutôt entendu du mal à sa sortie, pourtant William Goldman que j’ai interviewé m’avait dit qu’il s’agissait d’un film qu’il aimait beaucoup ( même s’il ne l’avait pas écrit, juste produit ). Je crois me souvenir que Bertrand et JP Coursodon en disaient du bien dans « 50 ans de cinéma américain ».

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Laurent Vachaud
      On en a parlé ici et il contient des moments réussis, voire brillants et personnels mais une construction trop lâche

    • MB dit :

      Ce BUTCH & SUNDANCE THE EARLY DAYS m’avait paru très fade en premier à cause de ses deux acteurs principaux complètement transparents (Berenger double de Cliff Robertson lui-même lorgnant sur les ficelles de plusieurs acteurs, quant à W Katt…). En ce qui concerne Lester, je veux pas faire un buzz mais je n’en ai jamais vu de saisissant dans ceux où il tentait de faire singulier: le FORUM, les deux Beatles (HELP meilleur), ROBIN & MARIAN, après quand il se lance dans SUPERMAN… mais j’ai peut-être loupé qqch.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Il y a des qualités dans ce film inégal et de Lester en dehors de PETULIA qui reste formidable, il y a JUGGERNAUT et une partie de CUBA

        • MB dit :

          à Bertrtand: JUGGERNAUT? ah bon. Je croyais que ça faisait partie de ses films « mainstream » fades. Et je n’ai jamais vu PETULIA, grave erreur bientôt réparée… merci

    • P. SE3GALEN dit :

      … Mais non… Les deux sont en vente sur Amazon.

    • MB dit :

      à L Vachaud: chez Sidonis! pas rare…

    • ballantrae dit :

      Moyen et inégal que ce « prequel », comme on dit désormais, comparativement au classique de G R Hill qui n’a rien perdu de son charme automnal.
      En revanche, j’ai déjà signalé ici que le film a aussi une suite officieuse intitulée Blackthorn de l’Espagnol Mateo Gil avec le grand S Shepard dans le rôle de B Cassidy/Blackthorn.
      Sens de l’épique, de la topographie ( des décors vraiment aussi étonnants que dans la dernière partie de Butch Cassidy et le Kid) et réflexion sur la création d’une légende aussi belle que celle de Lester dans La rose et la flèche.
      G R Hill doit être réhabilité car on parle peu de lui ces derniers temps: The great Waldo Pepper est assez formidable aussi de même que L’arnaque (sur lequel la notice de 50 ans me semble un brin sévère), Abattoir 5 ,La petite fille au tambour d’après Le Carré.
      On a vraiemnt redécouvert-et c’est juste et heureux- Friedkin ces dernières années, je pense qu’il faudrait maintenant revenir sur les oeuvres connues/méconnues de G R Hill , R Mulligan, F J Schaffner car on voit souvent un ou deux arbres qui cachent à l’évidence de bien belles forêts.
      Plus urgent à mon sens que sanctifier Mac Tiernan ou Verhoeven que j’aime bien et depuis longtemps mais pas à ces hauteurs là surtout quand le second se voit gratifié d’un délire critique pour l’un de ses moins bons films à savoir Elle (qui au passage débouche sur une sorte de réhabilitation de Showgirls… rigolo mais d’abord conçu comme un spectacle un peu putassier!).
      Même syndrôme que l’accueil du De palma français Femme fatale ou le retour tout aussi français et bien triste de M Hellman Road to nowhere.
      Après, je suis toujours content que la France perpétue cette tradition d’accueil depuis longtemps : dès les 30′ (Lang,Ophuls…), lors de la Chasse aux sorcières ( Berry, Losey…) puis Fuller. Dans les 70′-80′, la politique volontariste d’un Toscan (Fellini, Scola) d’un Silberman ( Kurosawa, Oshima) voire d’un inattendu Bouyghes ( Lynch, Almodovar, Campion…) firent de l’audace cinéphile française un marqueur précieux dans le monde entier.

      • Yves Rouxel dit :

        J’ai souvent évoquer ici Robert Mulligan que j’affectionne beaucoup pour ses descriptions intenses des individus avec leurs névroses,leurs peurs de vivre.Essayer de voir « Prisonnier de la peur »qui à vu débuter Anthony Perkins dont le père Karl Malden veut qu’il soit un joueur de base-ball hors pair puis aussi les deux films avec Steve mac queen(Une certaine rencontre et le sillage de la violence).Je peux aussi vous recommander « L’homme sauvage »western un peu classique puis »L’autre »qui est une œuvre fantastique forte et ambitieuse.En revanche ces derniers films m’ont un peu déçu sur le plan de la mise en scène.

        • MinettePascal dit :

          L’HOMME SAUVAGE « un peu classique » ?
          Je ne dirais pas cela. Il y a un regard intelligemment nuancé sur les Indiens, ce scénario de thriller et des personnages pas si conventionnels. De plus, marque des meilleur films, il donne envie d’être revu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          L’HOMME SAUVAGE est un film personnel, original et qui s’écarte des sentiers battus. Et dans les derniers Mulligan, THE NICKEL RIDE est un petit film noir méconnu et j’ai aimé UN ÉTÉ EN LOUISIANE dont l’actrice principale avait voulu rendre un hommage public et émouvant au metteur en scène lors de ses funérailles

        • MB dit :

          à MPascal et Bertrand: tt à fait d’accord, si L HOMME SAUVAGE est un film classique (et décevant pour sa mise en scène) j’y comprends plus rien. Il n’y a pas un seul autre film qui ait pris auparavant le même thème central à l’époque (1967), on y retrouve qqs traits dans SEARCHERS ou LES DEUX CAVALIERS et c’est tout!
          THE NICKEL RIDE m’avait paru un peu ennuyeux honte sur moi et UN ETE EN LOUISIANE vraiment excellent, j’avais adoré Reese Whitherspoon, dont vous dites qu’elle rendit hommage à Mulligan à son enterrement.
          Adorable photo de Mary Badham et Mulligan sur le tournage de TO KILL A MOCKINGBIRD:
          https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/M/MV5BODVhODdhNTAtNzdhZC00ODY1LTk5MTYtZjQ5Y2YyMmQzZDE4XkEyXkFqcGdeQXVyMjU5OTg5NDc@._V1_.jpg

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Je crois bien qu’on avait déjà échangé quelque part sur ce film. Vous m’aviez aussi recommandé ESCALIER INTERDIT.

        • ballantrae dit :

          Oui,cher Rouxel, je vous trouve dur envers L’homme sauvage (The stalking moon , quel beau titre non?)qui n’est pas « trop classique » mais plutôt étonnamment tourneurien comme l’ont dit Bertrand et JP Coursodon dans 50 ans: le choix de montrer très peu l’Indien lui confère une force quasi surnaturelle ou plutôt éminemment naturelle car sise dans une connaissance parfaite de la topographie.
          Un été en Louisiane était un fort beau film qui retrouvait bien avant T Haynes le secret du mélodrame en en atténuant les grandes orgues et en choisissant une forme de retenue, pas étonnant de la part de celui qui fit l’adaptation de To kill a mockingbird ou Un été 42.
          The nickel ride quant à lui est un autre chef d’oeuvre important et inquiétant comme L’autre et il mériterait une belle édition chez Wild side comme son prédécesseur (j’insiste sur la qualité du travail opéré par cet éditeur qui nous avait déjà gratifiés d’une très belle édition du convoi sauvage d’un autre grand oublié R Sarafian).
          Belle année 2017 à vous Bertrand et à tous les blogueurs de notre cher site!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          A vous aussi une belle année. Lisez les deux versions du roman de Harper Lee qui ont inspiré to KILL A MOCKINGBIRD. On voit Harper Lee dans les deux films sur Truman Capote

        • MinettePascal dit :

          A MB : Délicieuse photo, merci.

  34. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à Bertrand et aux contributeurs,
    juste une mini-remarque pour commencer : « BORN IN THE USA qui lui valut [à Bruce Springsteen] des félicitations de Reagan » oui, parce que le succès de cette chanson était fondé sur le patriotisme alors que, si je ne me trompe, c’est une chanson sur les laissés-pour-compte, les rebus du capitalisme. Un total malentendu, en quelque sorte..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Absolument et ces éloges ont perturbé Springsteen au point qu’il se demandait si ce n’est pas la force de l’arrangement qui brouillait le message. D’où d’autres enregistrements plus dépouillés. Il demanda même son avis à un militant syndicaliste qui lui dit que le message était clair

      • Yves Rouxel dit :

        Comme vous évoquez la carrière de Springsteen à travers son auto-biographie,je voulais mettre l’accent ici sur un auteur compositeur et interprète de chez nous qui est bannit,censurer par les radios et médias français depuis ses débuts en 99.Il s’agit de Damien Saez qui à lancer sa tournée avec trois dates à guichets fermées au Bataclan.Entre Brel et Barbara comme référence,il déclame le mal ètre des individus et pose des textes forts sur Charlie hebdo,le bataclan et la paupérisation qui s’installe de mois en mois en France.Il dresse un bilan assez juste sur le peuple anglais qui ont voter le brexit afin de fermer leur frontière aux migrants méchants et musulmans.Saez est en symbiose totale avec l’époque et le consumérisme et le matraquage des médias pour le grand capital.Un de ses textes me rappelle la chanson »Hexagone »de Renaud en 76 à l’époque ou il avait encore son brin de voix de titi parisien(hélas son retour annoncé n’est pas à la hauteur de son talent originel). »L’oiseau liberté »est le 6ème album de Saez et est sortie le 9 décembre dernier(350.000 copies vendues en deux semaines),pourtant on l’entend pas à la radio,on l’invite pas sur les plateaux pipole de télé poubelle et il à accorder en seize ans de carrière que trois interviews(dont une excellente à Victor Hache dans »L’Huma »).Un petit cadeau que l’on peut s’offrir en attendant des « jours meilleurs ».dixit: »Les capitalistes nous vendent la corde pour les pendrent ».A méditer!!!!

        • MinettePascal dit :

          Il y a quand même du bon dans le dernier album de Renaud; et sa voix ? Depuis quand les chanteurs de variété sont-ils censés avoir des pétoires ? Les artistes dits « à voix », comme Piaf, Mireille Mathieu ou Serge Lama ne mettent jamais longtemps à hurler faux et à nous casser les oreilles. Vive le murmure cassé de Renaud.
          Ceci dit, aujourd’hui, sa voix, il la donne à la droite « dure ». Mieux vaut qu’on ne l’entende pas.
          J’aurais bien aimé, pourtant, avoir un Bruce Springteen en France !

        • Yves Rouxel dit :

          A Minette pascal.Hé bien acheter l’album de Saez et écouter les textes qui en disent long sur l’époque actuelle.

  35. ballantrae dit :

    Cette cinéaste semble effectivement passionnante.Tenez nous au courant si vous trouvez de la doc, MB.

    • MB dit :

      à Ballantrae: je n’ai pas ma doc sous la main étant en séjour de plaisance à l’hosto mais ya deux bouquins mais tous deux en anglais dont l’un insiste (superficiellement ou par mode?) sur le féminisme de Arzner: « Work of Dorothy Arzner: Towards a Feminist Cinema » de C Johnston et « Directed by Dorothy Arzner » de J Mayne. Je me demande si Angelillo ne les a pas déjà lus tous les deux! Ou Michael Rawls. Vous tiens au courant.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Attention aussi aux livres trop fortement à thèse qui s’appuyant sur l’homosexualité d’arzier qu’elle dissimulait veulent imposer des visions au forceps en voyant un refus de l’hétérosexualité, ce qui est assez discutable

        • MB dit :

          à Bertrand: d’accord.

        • Antoine Royer dit :

          Merci infiniment, Bertrand, pour la double citation, j’en suis très honoré, d’autant plus qu’il m’a été difficile, en effet, pour écrire ce texte sur Merrily we go to hell, de trouver une quelconque documentation en français. Je me suis donc probablement laissé abuser par certains des universitaires américains en question pour exagérer l’influence de son homosexualité sur son cinéma. Ceci étant, je pense que nous sommes d’accord sur l’essentiel, à savoir que Merrily we go to hell est un film admirable et qu’il est grand de s’intéresser plus précisément au travail de Dorothy Arzner de ce côté-ci de l’Atlantique. Au plaisir (impatient) de vous relire, qui plus est si vous citez DVDClassik !

  36. Edward dit :

    A Bertrand : avez-vous un livre à conseiller sur le Code Hays (les films qui en sont la cause, la manière dont il a été contourné, etc)?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Edward
      Il y a pas mal de livre surtout en Anglais qui parlent de l’arrivée du parlant et du Code. On trouve même un article documenté sur Internet

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film de Larry Cohen »Meurtre sous contrôle »de 1976 puis un autre polar de 58 signé par Irving Lerner »Meurtre sous contrat »deux films que je recherche en vain?Bonnes fetes à vous et à votre famille.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          MEURTRE SOUS CONTRAT a été évoqué deux fois au moins sur ce blog
          MURDER BY CONTRACT est d’une rare sécheresse mais je me suis toujours demandé si ce ton dépouillé, dégraissé, surprenant dans son refus de la scène à faire, ne venait pas autant des manques d’Irving Lerner (qui apparaitront dans ses films suivants) que de ses qualités : une certaine platitude dans les cadres, les plans qui contredit des options souvent intelligentes. Le scénariste Ben Maddow (non crédité) a du aussi jouer un rôle important.
          Mais MURDER BY CONTRACT (MEURTRE SOUS CONTRAT) reste un film mystérieux, intrigant, sec comme un coup de trique… Notre notule était assez succincte et négative. Et l’on sous-estimait le ton formidablement moderne, très en avance sur son temps. On comprend l’enthousiasme de Scorsese – l’influence est claire, contrairement à d’autres influences, assez problématiques, revendiquées par Scorsese. Il y a des scènes étonnantes, entre Edward et ses deux acolytes, dont l’un ne comprend rien à ses méthodes et s’inquiète continuellement, un serveur d’hôtel qu’il engueule avant de lui donner un gros pourboire, ou une prostituée avec laquelle il ne veut absolument pas coucher… Ce dépouillement est peut-être dû à des qualités négatives, au manque d’expérience de Lerner. À ses hésitations quant à la place de la caméra, pointées par Ben Maddow, scénariste blacklisté que Philip Yordan, seul à apparaître au générique, utilisa de nombreuses fois comme nègre (COTE 465, LE PETIT ARPENT DU BON DIEU, QUAND LA MARABOUNTA GRONDE). Comme le dit Jean-Pierre Coursodon à qui j’emprunte ses commentaires pertinents, le chef opérateur suppléait à cette carence. Il y a en effet au début une scène à deux personnages où l’on ne voit pas la tête du premier et quand l’autre s’assoit dans un fauteuil, on ne voit plus que ses jambes.
          Néanmoins les films suivants de Lerner paraissent plus ternes, voire frustres que celui-ci sans que ce dépouillement ressemble à de la modernité.

  37. MB dit :

    Le dvd de MERRILY WE GO TO HELL est sans st mais le coffret a des stf qui comporte aussi:
    THE CHEAT/1931
    HOT SATURDAY
    TORCH SINGER
    MURDER AT THE VANITIES
    SEARCH FOR BEAUTY
    Je ne connais aucun des autres films

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      J’avais deja répondu : MURDER AT THE VANITIES est une enquête criminelle dans un music hall, prétexte à des numéros inégaux mais parfois extravagants, des filles déshabillées (un peu) et Duke Ellington. HOT SATURDAY est un William Seiter redécouvert récemment. Les autres titres sont loués par cet excellent critique qu’est Glenn Erikson de DVD Savant

      • MB dit :

        à Bertrand, pourtant je n’ai rien trouvé sur le blog sur les autres films. Le coffret doit valoir le coup.
        THE CHEAT/FORFAITURE est un remake du film de 1915 produit par DeMille dans lequel Fanny Ward est marquée au fer par Sessue Hayakawa! Sadoul avait vu ce film relaté dans son petit dico de 1965. Sa critique m’avait marqué moi, moralement, à 15 ans! Le remake de 31 est avec la redoutable Tallulah Bankhead et remplace l’Oriental bourreau de la bourgeoise dissolue par un Américain récemment revenu d’un pays asiatique… Il y a un racisme diffus dans cette histoire malsaine y compris en remplaçant l’Oriental par un blanc revenant de ces pays lointains et moralement douteux par orientalisation!…
        Il y a un remake français signé L’Herbier avec Hayakawa reprenant son rôle: « Denise Moret est allée rejoindre Pierre, son mari, en Mongolie où il travaille comme ingénieur du génie civil. Un soir elle perd beaucoup au jeu et emprunte de l’argent au prince Lee-Lang qui lui fait aussitôt des avances qu’elle repousse. Le prince se venge en sabotant le travail de Pierre et au cours d’une entrevue dramatique où il la marque au fer rouge, Denise le tue. Elle est acquittée. » (Wikipédia). Cette version absout totalement la femme (selon ce résumé) qui dans les versions USA a une énorme part de responsabilité, décrite comme une dépravée même si le puritanisme et racisme américains demeurent en se délectant de l’ignominimie de l’Oriental ou de l’homme revenant de là-bas! Je n’ai vu aucun de ces films ceci dit.

  38. MB dit :

    merci pour cette intro fouillée à Arzner. Il faut lire la mini bio passionnante signée Jon C Hopwood (in angliche alas!):
    http://akas.imdb.com/name/nm0002188/bio
    Elle a eu une vie extraordinaire, serveuse dans le restaurant de ses parents, elle a commencé comme monteuse, avec succès auprès de De Mille. Au début du sonore, paraît-il qu’elle invente la perche en attachant un micro à une canne à pêche! (authentique?). Pendant la 2ème guerre, elle se joint à Ford et Stevens pour l’effort de guerre et fait des films d’entraînement pour le corps féminin (Wacs). Elle conduisait déjà une ambulance pendant la 1ère guerre comme Clara Bow dans Wings! Elle a fini prof à l’UCLA dans les 70!
    Je vais regarder s’il y a un bouquin.

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