Le cinéma de Dorothy Arzner

20 décembre 2016 par - DVD

DOROTHY ARZNER

Pour beaucoup l’hommage à Lumière consacré à Dorothy Arzner fut une révélation. Pour moi aussi, qui n’avais vu que DANCE GIRL, DANCE sur le monde du « burlesque » qui m’avait paru timide et conventionnel. Une tirade revendicatrice de Maureen O’Hara avait permis au mouvement féministe de s’emparer du film et de le surestimer. On est à des lieues de GRAIG’S WIFE, MERRILY WE GO TO HELL, ANYBODY’S WOMAN ou WORKING GIRLS.
Malheureusement, c’est l’un de ses seuls titres qui est disponible en DVD avec le banal et languissant CHRISTOPHER STRONG, pourtant écrit par sa scénariste de prédilection, Zoe Akins, que rachète partiellement l’interprétation lumineuse, élégante et totalement maitrisée  de Katharine Hepburn  dont ce n’est que le second film et celle touchante de Helen Chandler.

merrilywegoMERRILY WE GO TO HELL que l’on trouve soit dans un coffret consacré aux films Universal pre-Code soit séparément, compte en revanche parmi les meilleures réussites de Dorothy Arzner qui, comme l’écrit Antoine Royer, dans DVDClassik « aura été l’une des plus remarquables marginalités issues du giron des studios hollywoodiens durant les années 20 : en premier lieu, c’était une femme, et probablement la première réalisatrice à avoir obtenu une place de cette envergure à Hollywood. Plus encore, c’était une lesbienne, qui portait des pantalons et assumait ses amours, notamment avec la danseuse et chorégraphe Marion Morgan, dont elle partagea la vie pendant des décennies où cela ne se faisait pas encore. Et la plupart des films de Dorothy Arzner, sans pour autant être des pamphlets revendicatifs, portent ainsi en eux quelque chose de cette identité singulière, tant dans les thèmes abordés (notamment autour de la condition féminine, avec des personnages qui décident de prendre en main la direction de leur existence plutôt que de subir la pression de l’ordre social) que dans la manière de les appréhender. »
Je discuterai simplement et très légèrement « l’identité singulière » car aucun des films d’Arzner ne trahit vraiment ses préférences sexuelles (elle-même les vivait discrètement comme le rappelait Philippe Garnier) contrairement à ce que ressassent les universitaires américains. Même s’il lui arrive de dénoncer des conduites phallocratiques dans les couples, comme dans un certain nombre de mélodrames (BACK STREET de Stahl). De même que Cukor faisait attention à dissimuler son homosexualité dans ses films. On peut en effet noter l’attention que porte Arzner à ses personnages féminins – ici Sylvia Sidney qui a rarement été plus belle, plus délicate et ailleurs la sidérante Ruth Chatterton  sans oublier Rosalind Russell extraordinaire dans CRAIG’S WIFE : attention aux visages, aux costumes, aux cadrages. Mais dans MERRILY WE GO TO HELL (c’est le toast qui ponctue chaque libation de Jeremy Corbett), Fredric March est exceptionnel, tout comme John Boles dans CRAIG’S WIFE, voire Clive Brooks et surtout Paul Lukas dans ANYBODY’S WOMAN, ce qui contredisait un peu l’assertion de Garnier selon laquelle, elle sacrifiait parfois les personnages masculins.
Il y a un thème qui court à travers tous ses films : les couples mal assortis ou dysfonctionnels pour des différences de classe, de milieu, de caractère. Parfois les protagonistes surmontent ces différences, après bien des souffrances comme dans ce film, parfois non comme dans CRAIG’S WIFE. Toujours Antoine Royer : «  MERRILY WE GO TO HELL (1932) est un film admirable, à de nombreux points de vue. Stimulant, troublant, émouvant, léger tout en étant empreint de gravité et de subversion, le film témoigne d’une excellence de production assez généralisée qu’il convient de souligner ici. Avec le recul conféré par quelques décennies de mélodrames plus ou moins honnêtes autour de l’alcoolisme – et parmi eux, de bien rares chefs-d’œuvre – on pourrait trouver le déroulé du film un peu attendu, somme toute prévisible. Quatre contre-arguments, au moins, invitent à modérer le constat critique. Premièrement : avant 1932, la figure de l’alcoolique n’avait que rarement été traitée en tant que telle au cinéma, si ce n’est pour donner l’occasion de scènes d’ivresse comique et/ou bagarreuse, et des ressorts dramaturgiques qui peuvent aujourd’hui paraître obligés ne l’étaient pas forcément, loin de là, à l’époque. Deuxièmement – et pour revenir à cet admirable titre – : certes, le couple central va être mis à mal par la dépendance à l’alcool de Jerry, et ce qui est attendu survient… mais peut-on finalement reprocher à un film de se tenir au programme annoncé sur son affiche ? Troisièmement, le scénario d’un film ne se limite pas, loin de là, au déroulé de son intrigue, et le film contient suffisamment de singularités périphériques, dans son approche de son sujet ou dans le traitement de ses personnages secondaires, pour attiser la curiosité. Et enfin, quatrièmement : il ne faudrait pas confondre le moyen et la fin, et MERRILY WE GO TO HELL n’est en réalité pas tant un film sur l’alcoolisme qu’une œuvre sur les obsessions individuelles et les pulsions destructrices qu’il engendre souvent. »
Le ton oscille entre la cocasserie et la gravité, la légèreté et le drame et l’action avance comme  suspendue dans un nuage d’alcool, ce qui dramatise les chutes et les faux pas. Corbett va se remettre à boire sous l’influence de son ancienne petite amie qui l’avait pourtant maltraité :« Pourquoi me considères tu avec cette dévotion ? », lui demande-t-elle quand ils se retrouvent, « celle qu’on accorderait à un boa constrictor ». « C’est vrai, j’étais jeune et égocentrique » – «  Et maintenant ? » – « Maintenant, je suis jeune et égocentrique ». Et il va entraîner provisoirement sa femme dans sa chute. Il y a des parenthèses surprenantes : la recherche d’un baryton occupe pendant quelques scènes les déambulations d’un trio de fêtards dont March (« il n’est ni baryton ni gentleman », dit il après avoir testé un barman vocaliste et après qu’un autre barman ait répondu « je n’autorise pas les barytons ici ») et tout à coup une réplique poignante, quand Sylvia Sidney qui vient elle aussi de boire, déclare : « Je vous donne l’état sacré du mariage moderne : on vit seul, dans des lits jumeaux avec trois Alka Seltzer le matin. » Remarquable dialogue, brillant, moderne et rapide d’Edwin Justus Mayer (March découvrant que Sidney est la fille de Prentice, le roi de la conserve : « Ah, celui qui met des objets dans une boîte que moi j’ouvre pour les en retirer »). Arzner parvient à contourner tous les clichés, nous faisant sentir la muflerie de March mais aussi sa fragilité, la souffrance. Elle maitrise tous les changements de ton avec une grâce infinie.

anybodyswomanANYBODY’S WOMAN (1930) est dans la même veine et débute par un moment anthologique. Clive Brook surprend par la fenêtre  dans une chambre voisine, deux chorus girls dont l’une joue de l’ukulele. C’est Ruth Chatterton qui est absolument inoubliable. Ils vont se marier. Toujours un de ces couples mal assortis qui peuplent les films d’Arzner avec tous les incidents que cela entraine : les gaffes de la jeune femme, ses manières plébéiennes, l’arrogance des amis du marié, imbus des privilèges de leur caste. Mais avec l’aide de la scénariste Zoe Akins (qui adapte une histoire de Gouverneur Morris, l’auteur pulp de EAST OF JAVA), Arzner triomphe de tous les pièges et réussit à constamment nous surprendre. Tous les personnages à commencer par celui que joue si délicatement Paul Lukas, révèlent des facettes inattendues, une couleur qu’on n’avait pas repéré, une surprenante véracité (notamment celui que joue Lukas qui prend tout le monde à contre pied) et le scénario évite tous les stéréotypes. La Pansy de Ruth Chatterton est une fille naturelle, décente, loyale qui reconnaît ses erreurs et refuse qu’elles la plombent. Elle peut aussi être rude quand il le faut, n’hésitant pas à gifler un soupirant trop insistant, ce qui se retourne contre elle. Le scénario est ponctué par des intertitres : un Mois Après, le Lendemain, comme un film muet mais ce qui paraît ailleurs une béquille, devient ici une manière dynamique de raconter l’histoire, faisant saliver le spectateur. D’autant qu’Arzner utilise admirablement l’espace (les personnages coincés dans des chambres proches ou de très grandes pièces) et le son : un ventilateur permet de réverbérer des conversations et de les faire entendre à une autre personne, astuce digne du Dumas des TROIS MOUSQUETAIRES avec la fameuse cheminée.

WORKING GIRLS (1931) ne se situe pas au même niveau en partie à cause du matériau de base, une pièce de Vera Caspary  se déroulant à l’origine dans une chambre d’hôtel de femmes, avec une distribution entièrement féminine. Zoe Akins rajouta donc les personnages d’hommes et tous les extérieurs. Et surtout, avec la réalisatrice, elle noie l’intrigue sous une foule détails, de personnages, de notations si bien que la trame a moins d’importance que l’atmosphère. Parmi les « working girls » (c’est à dire plus ou moins des prostituées dans l’argot de l’époque, l’équivalent des « travailleuses » chères au Milieu français) du titre, figurent deux sœurs et là Arzner va montrer peu à peu que celle qui paraît flirter le plus est en fait la plus posée, la plus pragmatique. Et Dorothy Hall est d’ailleurs assez convaincante alors que le jeu de Judith Wood se révèle assez exaspérant et forcé. Autre faiblesse, Charles Buddy Rogers distribué ici à contre emploi (il est frivole, égoïste, oublieux de toutes ses promesses), ce qui ne dynamise pas son talent. Heureusement la mise en scène d’Azner, son attention à de petits détails surmontent les faiblesses du sujet et de l’interprétation.. Elle dynamise par ses plans, ses cadrages des moments où pourtant rien ne paraît se passer qu’elle soigne particulièrement, souligne la caractère prolétarien de certains personnages, réussit plusieurs séquences de montage et dirige remarquable Paul Lukas, personnage complexe et touchant. Les premières séquences se déroulant dans l’hôtel ont suscité des exégèses soulignant leur côté lesbien qui nous semble pourtant indéchiffrable. Certes, on voit une fille cligner de l’œil vers une copine mais cela paraît  davantage un gag qu’une tentative de séduction. Et quant aux filles qui dansent ensemble, on en voit beaucoup dans les films de la Dépression, voire plus tard, quand leurs copains ou maris étaient de mauvais danseurs, sans que cela trahisse la moindre influence homosexuelle. Ce film passionnant fut malheureusement un échec commercial.

CRAIG’S WIFE (1936)
craigswifePour Edward Chodorov qui produisit le film et déclare avoir travaillé au scénario, c’est la dernière réussite de Dorothy Arzner et sans doute son chef d’œuvre. L’Histoire semble lui donner raison. Inspiré d’une pièce de George Kelly, l’oncle de Grace, qui reçut le prix Pulitzer, le scénario est crédité à Mary McCall qui accomplit (sous la supervision ou avec l’aide de Chodorov ?) un travail remarquable, supprimant les digressions de la pièce, ses longueurs, réduisant les trois actes à 71 minutes. Bien sur, on peut penser que vu le laps de temps (identique dans la pièce) l’évolution du mari et sa soudaine lucidité sont un peu précipitées mais John Boles et la mise en scène parviennent à faire accepter la convention. Le couple dysfonctionnel qu’il forme avec Rosalind Russel (le choix de l’actrice est revendiqué par Chodorov mais sa direction, rigoureuse, tendue, semble être le fait de la réalisatrice), femme parfaite, ménagère perfectionniste qui aime davantage sa maison que son mari ou le monde extérieur, est l’un des plus forts, des plus originaux de toute l’œuvre d’Arzner qui en compte pourtant pas mal. Elle est froide, calculatrice, obsédée plus par les apparences, par ce que vont dire les gens que par les ennuis judiciaires qui peuvent tomber sur son mari. Sa recherche de l’indépendance à tout prix, sa volonté d’autonomie la conduisent à nier le monde extérieur, à ne privilégier que sa maison : elle se montre d’une incroyable dureté envers une de ses plus fidèles domestiques (Jane Darwell), coupable d’avoir invité quelqu’un à la cuisine ; elle méprise sa voisine qui lui amène sans cesse des roses (délicieuse Billie Burke), ment de manière éhontée à sa jeune nièce à qui elle déclare que le « mariage est le seul moyen d’acquérir sa liberté ». Et peu à peu va se retrouver seule, abandonnée par tous. Rosalind Russel sait combiner la froideur et la fausse gentillesse qu’elle exhibe pour la galerie et qui sont les deux faces de la même pièce. Elle arrache son interprétation sans jamais avoir l’air de juger son personnage, de le commenter et l’on sent qu’elle est non pas un monstre mais le produit parfait d’une société. Arzner transforme sa maison avec l’aide d’un de ses amis, le décorateur d’intérieur William Haines qui remplaça Stephen Goosson qu’elle avait renvoyé, en une sorte de mausolée, un tombeau pour sa propre gloire qui finit par devenir suffoquant. Elle joue sur les verticales pour augmenter ce sentiment d’oppression et le moment où Boles fracasse le vase qu’elle essuie et repositionne constamment, résonne comme un sacrilège libérateur. Il l’avoue avec une certaine jubilation, conquérant ainsi sa liberté.
harrietrcraigHARRIET CRAIG, le remake qu’en fit Vincent Sherman, est vraiment intéressant pendant plus de la première moitié, surtout par rapport à ce que l’on a appris de Crawford par la suite, ses obsessions, sa maniaquerie, son coté tyrannique avec ses proches. Le film incorpore certains de ses traits et ce, alors que Crawford avait une histoire d’amour avec Vincent Sherman qui dura 3 ans. Est-ce que ceci explique cela, est-ce que Sherman qui disait que les Noël chez Crawford était une torture ne les a pas ajoutés dans le script ? Le fait que Crawford les ait acceptés, connaissant le voile qui dissimulait sa conduite avec  ses enfants et ses proches, laisse rêveur. Masochisme, sentiment d’invulnérabilité ? Cela renforce l’intérêt du film, filmé avec une vrai fluidité et un sens certain de la direction d’acteur. Le dernier tiers trahit son origine théâtrale et les coups de théâtre sont assénés sans subtilité malgré l’interprétation très convaincante de Wendell Corey. Le film est plus long que le Arzner, plus psychologie et Crawford paraît plus ambitieuse dans ce qu’elle recherche et plus perverse avec son mari.

Autres films vus à Lumière

BUTCH CASSIDY ET LE KID tient très bien le coup même si un des passages ultra-célèbres grâce à la chanson de Bacharach prend des airs de vidéo clip. J’ai été très sensible au scénario et surtout au remarquable dialogue de William Goldman (avec cette brusque irruption d’un type qui veut placer la bicyclette au milieu du recrutement d’une milice) auquel George Roy Hill contribua et aussi à la manière dont ce dernier passe dans sa réalisation de la comédie, de la désinvolture à la gravité. Il y a deux monologues extrêmement touchants de Katharine Ross, notamment le dernier quand ils vont se séparer qui s’enchaine sur une ellipse très émouvante. Roy Hill a très souvent raconté l’histoire de types instables, pas très mûrs, inadaptés psychologiquement (pensez à THE WORLD OF HENRY ORIENT). Tarantino disait à Lyon que dans tous ses films, il y a un affabulateur et un idéaliste. Ce qui n’est pas faux.

  damedanslauto  lbjones  butch cassify

Dans le programme préparé par Quentin TARENTINO, j’ai pu enfin voir LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES ET UN FUSIL de Litvak qui est plaisant et bien mené (Samantha Eggar est fort bonne de même que Fresson) et comme le dit Tarantino « hip et cool ». Mais comme beaucoup d’adaptations de Japrisot, le récit et le suspense sont tellement alambiqués qu’ils réclament 25 minutes d’explications.

THE LIBERATION OF L.B. JONES (ON N’ACHÈTE PAS LE SILENCE) tient très bien le coup et nous étions injustes dans 50 ANS avec ce film. Nous allions jusqu’à mettre en doute, erreur inexcusable et ne s’appuyant sur rien, les convictions personnelles de Wyler. Or on apprend dans FIVE CAME BACK de Mark Harris que Wyler avait demandé à Capra de réaliser le film sur les soldats noirs. Capra l’envoya dans le Sud avec un scénariste noir Carleton Moss et là, Wyler fut horrifié par tout ce qu’il découvrit : un racisme omniprésent, violent, y compris à l’intérieur de l’armée qui l’empêchait de travailler avec son co-auteur : ils ne pouvaient pas être ensemble dans les restaurants, les hôtels, les trains. Ecœuré, Wyler abandonna le projet en déclarant qu’il haïssait le Sud. Et cette violence, on la sent tout au long de THE LIBERATION OF L.B. JONES. Ce que nous qualifions de cynique est en fait une lucidité qui refuse les compromis et l’ordre établi. Et le jeune avocat qui quitte le pays est la réincarnation de Wyler, touche profondément personnelle. Le projet, évidemment, a bénéficié du succès de IN THE HEAT OF THE NIGHT, mais il n’en a pas la roublardise (inconsciente ?). Nulle réconciliation, nulle main tendue entre les Noirs et les Blancs à la fin, qui mettait tellement en colère James Baldwin. Seul bémol, Wyler se livre à tout un montage de plans cut, ultra rapides, sur le visage d’une jeune noire, concession inutile à l’air du temps qui jure par son pseudo modernisme. Belle musique d’Elmer Bernstein.

LECTURES

francoisdassiseSAINT FRANÇOIS D’ASSISE (Éditions Le Bruit du Temps du Temps) est une magnifique et revigorante biographie écrite par l’immense GK Chesterton (dans tous les sens du termes, il mesurait 1 mètre 96 et était un colosse). Bien qu’il se soit converti au catholicisme, Chesterton n’est pas un auteur paralysé par les dévotions. Comme l’écrit Anne Weber dans sa belle préface et qui parle de l’éblouissement que l’on ressent à la lecture : « nul besoin pour cela d’être soi-même catholique orthodoxe comme Chesterton, ni même catholique tout court, ni même croyant. Du moment qu’on est un être humain, comment ne pas être ébloui face au merveilleux personnage que l’on découvre et qui ressemble si peu à l’idée qu’on se fait communément d’un saint, ni d’ailleurs à rien de ce qu’on a jamais connu. On suppose qu’on va avoir affaire à quelque ascète sinistre et l’on se retrouve face au plus joyeux des hommes. » Chesterton trace le portrait d’un François qui a d’abord voulu s’illustrer à la guerre avant que la maladie le terrasse, un homme profondément démocratique, voire révolutionnaire et l’on y apprend une foule de détails savoureux, cocasses ou bouleversants. « Toute l’explication de Saint François, écrit-il, c’est qu’il était certes ascétique et qu’il n’était certes pas sombre… Il se jeta dans le jeûne et les vigiles aussi furieusement qu’il s’était jeté dans la bataille. Il avait fait faire à son coursier volte-face complète mais il n’y avait ni arrêt ni ralentissement dans la foudroyante impétuosité de sa charge. Elle ne présentait rien de négatif ; ce n’était ni un régime ni une simplification stoïque de la vie. » On admirera au passage l’écriture de Chesterton que vénérait Borges. J’ai été fasciné par les rapports entre le monde des troubadours, voire des jongleurs et François.
De Chesterton, il faut absolument lire UN NOMMÉ JEUDI, cette fable sarcastique, LES ENQUÊTES DU PÈRE BROWN et si vous le trouvez d’occasion, son prodigieux essai sur Dickens dont certaines pages constituent le plus beau texte jamais écrit sur John Ford. Je vais aussi commander chez le même éditeur sa vie de Robert Browning.

Je me suis replongé avec délices dans certains livres d’Albert Cossery, ce romancier égyptien qui écrivait en français et en anglais : LES HOMMES OUBLIÉS DE DIEU fut préfacé  par Henry Miller. Il faut absolument découvrir LES FAINÉANTS DE LA VALLÉE FERTILE, LA VIOLENCE ET LA DÉRAISON, MENDIANTS ET ORGUEILLEUX.

albertcossery  isabelleeberhardt

Petite promo familiale, ma fille Tiffany vient d’écrire une belle biographie sur Isabelle Eberhardt, UN DESTIN DANS L’ISLAM (Tallandier). C’est passionnant, touchant et très actuel. Quel destin.

Bouquins a eu la fort bonne idée de réunir en deux volumes les chroniques d’Alexandre Vialatte parues dans La Montagne au temps béni où les journaux s’offraient de vrais et grands écrivains. C’est un éblouissant festival, sublimement écrit, jubilatoire. Du bonheur à chaque ligne. En l’ouvrant au hasard, je suis tombé sur ce que Vialatte écrivait sur BONJOUR TRISTESSE. C’est splendide. Il trace un portrait si élégant, si profond de Sagan, si drôle où il a déjà tout senti, tout compris. Voilà un bon remède face aux tonnes de langue de bois qui se déversent.

vialatte2  borntorun

L’autobiographie de Bruce Springsteen BORN TO RUN (Albin Michel) est un livre émouvant, un vrai portrait de l’Amérique populaire, ouvrière, pauvre (il y a des pages formidables sur la manière dont il vivait). Il parle avec honnêteté de ses crises de dépression, des doutes qui le ravagent : un an et demi pour mixer THE RIVER. Les rapports ambigus, douloureux avec son père, son évocation chaleureuse de sa mère, ses luttes pour conquérir sa liberté, la description de la disparition du saxophoniste Clarence constituent des pages bouleversantes comme tout ce qu’il écrit sur Elvis, Dylan, Pete Seeger. Du coup je me suis replongé dans certains de ses albums, NEBRASKA qui fut méconnu, BORN IN THE USA qui lui valut des félicitations de Reagan, THE SEEGER SESSION, THE GHOST OF TOM JOAD inspiré par LES RAISINS DE LA COLÈRE et Woody Guthrie.

Dans ma collection western, chez Actes Sud, je signale la parution de CIEL ROUGE, un roman de Luke Short, auteur totalement ignoré en France, où il introduit avec brio les principes du roman noir dans le western. Robert Wise en tira un fort bon film, nocturne, à peine gâché par de mauvaises transparences et que rachetaient Mitchum, déjà génial, et une scène de bagarre incroyablement violente. Sans oublier la sublime photo noir et blanc de Nicholas Musuracca. Luke Short participa au scénario, ce qui explique la fidélité du film au roman. Une partie des qualités que MB trouve fort justement dans TON HEURE A SONNÉ, viennent du livre de Short, CORONER CREEK, même si le scénario de Kenneth Gamet le simplifie quelque peu. Toutes les scènes de violence sadique proviennent du roman.

cielrouge  etrangeincident

L’ÉTRANGE INCIDENT (the Ox Bow Incident) de Van Tilburg Clark est un admirable roman, profond, âpre, fort. A lire d’urgence. Voilà un immense écrivain qui influença des dizaines d’auteurs. Il s’agit sans doute du premier livre de fiction sur le lynchage.

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THE COLOR LINE est une riche exposition au Musée du Quai Branly et aussi un très beau triple CD sorti par Frémaux & associés : chansons de travail, de protestation, blues urbains ou campagnards, Come Sunday d’Ellington.

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Lisez aussi LA SILICOLONISATION DU MONDE, un essai qui fait parfois froid dans le dos. Eric Sadin est l’un des rares intellectuels à penser la numérisation de notre monde. Voilà 10 ans maintenant qu’il interroge d’un point de vue philosophique l’impact du numérique sur nos sociétés. Cette fois-ci il parle de « silicolonisation » du monde, contraction de deux mots : la Silicon Valley, lieu mythique du développement du numérique aux Etats Unis, et colonisation tant la réussite industrielle de ces produits colonise le monde selon lui. Cet essai est une charge contre les Facebook, Apple et autres Amazon qui contrôlent subrepticement nos vies pour en tirer des services via les applications et générer des profits à une échelle jamais atteinte auparavant.

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Commentaires (123)

 

  1. MB dit :

    En ce moment, Arte a invité Nanarland à nous parler nanar avec une série documentaire à voir sur le site:
    http://cinema.arte.tv/fr/dossier/lart-du-nanar
    Il y a aussi 4 films à voir en streaming, des 4 je n’ai vu que LA MOMIE AZTEQUE CONTRE LE ROBOT, parfaitement ennuyeux.
    Ca me rappele que j’avais gardé en favori un extrait de FLIC OU NINJA que tt le monde connaît sans doute déjà mais je ne résiste pas au plaisir de le faire connaître à ceux pour qui les mots « Je vais t’expliquer l’ingéniosité de ce plan » ne dit rien du tout, c’est là, et suivez bien les paroles surtout, c’est complexe (l’image est pourrave mais c’est pas grave):
    https://www.youtube.com/watch?v=S8HO1UmvanE

  2. stag dit :

    Nous avions parlé il y a peu d’ANNE OF THE INDIES (LA FLIBUSTIERE DES ANTILLES) de Jacques Tourneur avec Jean Peters dans un rôle inspiré par la vie d’Anne Bonny.
    Naviguant depuis quelques semaines dans le genre « Pirates, Corsaires et autres grands noms de la marine Royale d’angleterre », j’ai vu et apprécié hier THE SPANISH MAIN (PAVILLON NOIR chez RKO) avec Maureen O’Hara, Walter Slezak et Binnie Barnes dans le rôle… D’anne Bonny (ortographié Bonney dans le film mais il s’agit bien du même personnage « historique »).

    Plusieurs similitudes avec le rôle tenu par Jean Peters, dans les déconvenues sentimentales notamment, je vous laisse découvrir.
    Pour le reste c’est un scénario très classique pour le genre, un pirate qui prend un navire, sur lequel se trouve une belle donzelle, ainsi de suite…

    Le genre est moins fourni, qualitativement aussi, que le Western, moins de « grands » réalisateurs s’y sont attardés, Walsh, Tourneur, Curtiz, mais pas mal de bons films d’aventures entre piraterie, marine britannique et romanesque.

    Dans certains films les navires sont souvent des maquettes qu’on peut penser atteintes par des jets de lance pierre ou pétards sur les scènes de combats, sur certains plans. Le très bon CAPITAINE BLOOD est pas mal dans le genre. Cette histoire de bateau, qui sont plus gros qu’une dilligence, c’est probablement la plus grande difficulté technique à laquelle se sont confrontées les productions.

    Quelques grands titres que j’ai été ravi de découvrir, BILLY BUDD, H.M.S DEFIANT dans la veine de Captain Horatio Hornblower de Walsh, et plus dans la piraterie ANNE OF THE INDIES ou THE SPANISH MAIN (qui montre des plans intéressants de l’ile de la tortue dans ses intérieurs buccoliques), THE CRIMSON PIRATE, CAPTAIN KIDD avec Laughton et Scott, BLACK SWAN de King, les deux très bons Curtiz avec Flynn, CAPTAIN BLOOD et THE SEA HAWKS (un petit bijou avec une Flora Robson exceptionnelle dans le rôle de la reine et la très jolie Brenda Marshall). On est pas loin dans tout ça de trouver un bon résumé dans l’opus de Polanski qui réuni un peu tous les clichés du genre, fort bien réalisé et avec, ce coup-ci, un beau vrai grand navire !
    Un dernier, original et collector pour son casting, de Butler THE PRINCESS AND THE PIRATE avec avec bob Hope mais surtout virginia Mayo, victor McLaglen et Walter Brennan !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stag
      Dans votre liste, il y a des rogatons comme CAPTAIN KIDD et THE SEA HAWK est très au-dessus du lot et le Tourneur nettement plus inspiré que le Borzage. Beaucoup de ces films recyclent les mêmes stock shots. BILLY BUDD, ce procès antimilitariste sur le devoir dans la lignée de Walsh ???. J’avais trouvé le Polanski inerte et totalement vide.
      Et vous oubliez le chef d’oeuvre ultime, le meilleur film maritime, MASTER AND COMMANDER de Peter Weir

      • MB dit :

        oui pour MASTER AND COMMANDER et hélas pour PIRATES de Polanski, complètement loupé, et pourtant on s’attendait avec Walter Matthau à bien mieux. Finalement le Tourneur est l’un des meilleurs sur un ton plus discret, moins flamboyant en décalage. Mais n’oublions pas le chef d’oeuvre absolu, de Siodmak LE CORSAIRE ROUGE, comédie dont les visées parodiques (on y voit l’invention du sous-marin!) semblent le dater bien plus tard dans les 60 alors qu’il date de 1952. Lancaster et son pote Nick Cravat font feu de tout bois et se permettent même le travestissement. Lancaster avec du rouge à lèvres! unique!

      • Alexandre Angel dit :

        Enorme frustration et auto-flagellation incessante pour ne pas avoir vu MASTER AND COMMANDER en salle à sa sortie (je l’avais snobé). Effectivement le seul film d’aventure maritime  » à costumes » aussi précis et documenté que LES PASSAGERS DU VENT, de Bourgeon. La grande classe (et ces combats navals!!).

      • ballantrae dit :

        Oui Pirates était déjà décevant, statique, pas très drôle ni doté du souffle de l’aventure en 1986…j’ai tenté de le revoir il y a quelques années et c’était pire encore que lors de sa découverte!
        En revanche, Master and commander est un vrai chef d’oeuvre fort dramatiquement, d’un réalisme parfois halluciné ( la première attaque de l’Acheron, la tempête) parfois délicat ( l’épisode des Galapagos, tout ce qui est lié aux recherches du médecin, le jeu des hierarchies dans les divers espaces que suppose la vie à bord).
        Quant aux rapports entre personnages, quelle élégance d’écriture que ce soit pour le lien entre médecin et capitaine ( l’utilisation des moments de musique est géniale et me rappelle Rio bravo mais un Rio Bravo avec duo pour cordes au lieu de l’harmonica et de la guitare) entre jeunes mousses, entre l’équipage et le jeune officier qui porterait malheur.
        Pas un chef d’oeuvre du film de pirates mais un chef d’oeuvre tout court, peut-être le plus beau film de P Weir.

      • P. SEGALEN dit :

        Cherchez l’intrus:

        Pas de pirates chez DE TOTH, mais le concernant cette jolie trouvaille: « Elle permit à des petits artisans comme de Toth, Selander, Peckinpah de signer leurs moins mauvais films. » Elle, c’est la modestie de Randolph Scott et ce jugement se trouve dans une notule le concernant signée…B.T.! (in Le Western – 10/18 édition 1966).
        Sans rancune. Nous vous apprécions aussi parce que vous savez revoir vos jugements.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PSegalen
          J’avais oublié cette connerie typique de l’époque. D’autant qu’on avait passé plusieurs de Toth au Nickel. Il est vrai aussi que c’est plus tard que j’ai pu avoir accès à des films de De Toth (PITFALL, NONE SHALL ESCAPE, RAMROD, PLAY DIRTY) qui ont modifié mon point de vue. Comme l’a écrit Godard parfois un film vous oblige à reconsidérer les oeuvres antérieures.

  3. MB dit :

    Cette réplique entendue dans la série L HERITAGE EMPOISONNE de Arte (dans la bande-annonce): « Tu sais, y’a qu’un pas du courage à la connerie! ». Excellent, eh eh!!!

  4. Yves Rouxel dit :

    Chroniqué récemment par Bertrand »Les mutinés de l’Elseneur »de Pierre Chenal est un film noir qui est remarquable grace à la présence de Robert Le Vigan dans un role de « faux malade »qui connait les lois maritimes et qui va défendre les marins de ce bateau qui doit se rendre en Australie.Chenal à travers toutes ses œuvres décrit les personnages qui sont tous tourmentés ou en proie à une espèce de folie interieure.Marcel Aymé apporte aux dialogues un coté percutant et fort.En tout cas une bonne surprise.

  5. Yves Rouxel dit :

    A Henri Patta à qui je souhaite tous mes vœux et le remercit de me défendre face à MB qui joue les moralistes de pacotille en prétendant tout savoir sur tout.Ce n’est pas mon cas coté grammaire,je le concède humblement.Je vais vous conseillé »Minuit quai de Bercy »de Christian Stengel sorti chez René château vidéo.Film sombre qui décrit de façon concise la vie un peu légère d’une concierge plantureuse en 1952 à Paris.Le casting sauve la mise en scène grace à la présence d’Eric von Stroheim toujours si brillant dans son jeu et les dialogues sont percutant de malice.Suite au meurtre de Mado,l’inspecteur Brénot va ètre seconder par une jeune femme qui à travaillé jadis dans la police.Il y à un corbeau qui envoit des lettres aux locataires de l’immeuble ainsi qu’à la police.En tous cas le film n’est pas si mauvais que je le pensais.

  6. Yves Rouxel dit :

    En ces temps agités par des « futurs présidentiables »qui s’en donnent à cœur joie,je vous propose de découvrir un film sous forme d’archives de l’Institut national de l’audiovisuel qui revient sur le parcours de François Mitterrand,l’homme qui à réussit à rouler dans la farine le Parti communiste avec à sa tète Waldeck Rocher,Georges Marchais et l’ensemble du bureau politique en 1972,lors de la signature du programme commun.En effet après l’échec électoral aux législatives de 78,le PCF s’est démarqué de façon radicale de la ligne de conduite imposé par Mitterrand.Mais le plus interessant dans la personnalité de l’homme est la subtilité et la ruse d’éviter de répondre aux questions de Duhamel ou d’Elkabach(qui étaient déjà là en 78).Durant cette période giscardienne la télévision proposait des débats ou les comptes se reglés sur les plateaux en direct.Une séquence forte est celle ou René Andrieu journaliste de »L’humanité »et membre du PCF à réussit à destabiliser le candidat Mitterrand sur son passé pendant la guerre en Indochine ou le conflit en Algérie,car à l’époque Mitterrand était déjà ministre et à eu des déclarations colonialistes sur la position de La France à l’étranger.Dans l’émission »Zoom »interrogée par une femme,il est interessant d’analyser le comportement de l’homme assis à droite sur le canapé,à sa gauche on trouve son fils Gilbert puis sa femme est assise sur un fauteuil voltaire à la droite de la pièce.Danielle Mitterrand restera discrète sur sa vie et n’a jamais envisager d’etre la femme d’un président de la république.Coté humour on voit surgir un teckel très attaché à Danielle et qui peut etre méchant quand on l’embète.Le fils Gilbert durant l’entretien ne prononcera aucun mots à part quelques caresses au chien.Puis la force de ce documentaire est que les images extraites d’archives ne trahissent aucunement la maladie de l’homme dès 1980.On s’aperçoit nettement que le teint est blanc,les traits sont tirés et le maquillage est visible afin de cacher la maladie.Entre les deux mandats Mitterrand à fait de la chimiothérapie(perte de cheveux,traces sur le visage et les mains…).Concernant la stratégie politique et la réalité de l’époque,là je suis entièrement d’accord avec lui quand il déclare que le PCF qui était le premier parti de France n’était pas prêt à gouverner et tout ceci arranger bien l’URSS.En effet outre la France le Parti communiste en Italie était une force populaire,ceci explique pourquoi l’eurocommunisme n’a jamais été mis en pratique car l’URSS ne voulait pas déstabiliser l’Europe et les USA pour des questions d’intérêts économiques et culturels.La cerise sur le gateau est sans nul doute l’émission »7 sur 7″animée par la belle Anne Sinclair.Ici l’homme au début de l’émission est dans ses petits souliers et n’est pas si nerveux par rapport aux émissions »Cartes sur table »ou »L’heure de vérité »ou on le voit constamment chausser ses lunettes,se tordre les mains tout en restant raide tel un sphinx sur son fauteuil.Evidemment dèrrière l’homme politique,qui fut maire,député,ministres et secretaire d’état se cachait un individu qui aimait fortement les femmes.

  7. Patrice Alègre dit :

    Yves Rouxel, merde, replongez-vous dans un manuel de grammaire pour assimiler les règles d’accord une bonne fois pour toute !

    • Patrice Alègre dit :

      Pour toutes… merde, moi aussi 🙂

      • Bertrand Tavernier dit :

        a Patrice allègre
        Peut être qu’il y entre de la dyslexie …

        • MB dit :

          c’est un mélange de dislexie, de je-m’en-foutisme, d’anarchie révolutionnaire anti-ordre bourgeois, et d’amour du cinéma faut faire avec.
          et une goutte de paresse pagnolienne?

        • MB dit :

          et c’est bien « dYslexie » désolé.

    • Henripatta dit :

      Yves Rouxel est une mine d ‘infos sur le cinema. Sa grammaire est comprehensible et cela me suffit.

    • Yves Rouxel dit :

      Messieurs les censeurs de l’ordre bourgeois,j’écris selon mes humeurs avec plein de défauts que j’assume et des qualités que je réserve à mes amis.Prendre comme pseudonyme Patrice Alègre est d’une fantaisie lumineuse.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Je vous aime nbeaucoup mais attention aux assertions tapageuses et fausses : l’orthographe n’a rien à voir avec l’ordre bourgeois. Il a été préconisé par de nombreux écrivains prolétariens de Vallès à Navel comme un des moyens pour la classe ouvrière de s’élever, de contrôler la langue, d’en apprendre les beautés

        • MB dit :

          à Bertrand: c’est moi qui ai fait cette assimilation orthographe-ordre bourgeois. Je plaisantais. C’est comme la paresse pagnolienne.
          à Rouxel: je ne sais pas en quoi je vous ai attaqué, j’ai parlé d’amour du cinéma à votre propos. Vous êtes complètement à côté de la plaque vous comprenez tout de travers, et je n’ai rien mais alors absolument rien contre vous! ce qui doit vous contrarier d’ailleurs! et puis si vous comprenez pas tant pis. Vous devez aimer avoir des ennemis espèce de parano ça suffit je ne vous répondrai plus vous m’emm…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Halte à cette polémique sans cause et sans objet. MB ne nous impose pas plus son savoir que Rouxel ses goûts. Halte à ces pertes de temps et d’énergie. Les sensibilités peuvent s’entrechoquer sans déclencher un incendie de forets, juste des étincelles d’intelligence et de lucidité

        • MB dit :

          à Bertrand: vous me rappelez la fin de BIG BUSINESS je crois que je vais en écraser une, snif… merci en tout cas pour cet accès de défense en ma faveur, en effet j’ai jamais cru imposer quoi que ce fût. Basta retour au cinoche… LIGHTS! SOUND! ACTION! et toute cette sorte de choses par ma barbe!

        • Alexandre Angel dit :

          Oui Yves, je n’ai du tout trouvé le message de MB mal disposé vis-à-vis de vous. Il a un côté fourre-tout qui montre plutôt de la sympathie. Relisez-le à tête reposée.
          Et excellente année à tous le monde!

        • Alexandre Angel dit :

          « à tout le monde » : c’est mon tour!

        • MB dit :

          à Alexandre: merci pour cet appui et bonne année! et tiens j’ai reçu BACCARA aujourd’hui ce qui m’a fait penser à vous car (avec Bertrand ofkourss) vous m’avez poussé dans le dos à découvrir les films de Yves Mirande: CAFE DE PARIS et DERRIERE LA FACADE, peut-être meilleur! Quels crétins ces deux flics, ils me font penser aux héros de BD de Charlie Schlingo qui froncent les sourcils et se grattent la tête pour résoudre des mystères que le lecteur a résolu cinq minutes plus tôt! Et dans DERRIERE LA FACADE, Gaby Morlay est sublime (« Je ne sais pas… je ne sais pas… »).
          Mais quand reverrons-nous L HABIT VERT de Richebé?

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Je ne suis pas ici pour créer la polémique mais de quel droit vous jugé les gens sans les connaitre.Et puis épargné moi votre langage outracié,vous me rappelé le verbiage poujadiste employés par des défenseurs de la NATION FRANCAISE.D’autre part pour fermer cette parenthèse j’ai plus d’ami(e)s que d’ennemis,malheureusement il y à des ètres humains qui me donne la nausée!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          La vous exagérez un peu, il n’y a rien de poujadiste dans les termes de MB. Cessons d’utiliser des termes qui ne sont pas adéquats. Le premier acte révolutionnaire disait orwell, c’est de dire que deux plus deux font quatre. Le reste suivra. Il faudrait apprendre à écrire en évitant les adjectifs

        • MB dit :

          à Bertrand: je vous remercie par ces mots de m’interdire une envolée lyrico enflammée polémique de plus! et je médite cette histoire d’écrire sans adjectif, ça doit être contraignant mais excitant intellectuellement.
          à Ballantrae: le dossier n’est-il pas clos? Est-il utile de tirer une conclusion sur ces misérables évènements?
          quand je pense que je dois parler de Rodrigo Garcia et que je perds mon temps à des sottises!

        • MB dit :

          BACCARA de Mirande est moins drôle et brillant que CAFE DE PARIS et DERRIERE LA FACADE mais Mirande est fascinant dans sa façon dont il nous propose un certain nombre de clichés pour les contredire un par un. Il y a un personnage de femme entretenue glacial et antipathique qui se révèle fragile et humaine, un rentier professionnel (Jules Berry) converti dans le jeu et les paris qui se révèle ancien poilu de la guerre de 14 qui, dégoûté par le sort que le pays a réservé à ses soldats, retourne l' »immoralité » de son mode de vie contre celle de l’état vis à vis de ses anciens combattants… des « amis » de Berry chaleureux et amicaux qui se détournent de lui dés qu’il se retrouve en délicatesse avec la justice. Généralement, l’ambiance de comédie se teinte de tragique avec l’évocation de la guerre et l’incroyable brutalité d’une charge morale sûre de son droit qui veut condamner le personnage de la femme vénale et entretenue en tenant à lui faire rendre gorge de sa liaison avec le banquier véreux sans qu’on puisse prouver sa complicité concrète, peut-être plus parce qu’elle n’est pas française.
          Génie de Berry: capable de convaincre sans s’appuyer sur la moindre réplique, comme dans un simple plan où il reste muet en écoutant son copain (Lucien Baroux) chanter et jouer de la guitare dans un moment tt à fait inattendu! Une autre fois, il bredouille lui, le roi de la réplique ciselée qui frappe au coeur, bredouille avec un chapelet d’onomatopées ou de « eh » ou de « ah » sans arriver à une phrase complète parce qu’il est ému par les paroles encore, de son pote qui veut le réconforter. C’était une complicité d’aigrefins et devient en fin de film une amitié touchante de camarades de tranchée. Mirande nous aura mené en douceur du burlesque attendu au tragique et au drame humain (mais on se doutait bien du changement de registre car dans la 1ère partie, le burlesque n’était pas toujours très franc du collier). Et nôtre Berry, quel génie aussi pour jouer avec une cigarette allumée rarement fumée, qui virevolte, danse comme un bourdon affolé, ponctue un début de phrase abandonné pour passer à un autre! Je vais commander SEPT HOMMES… UNE FEMME dés ce message clos! Vive Mirande, nouvelle découverte grâce au DVDBLOG!

      • ballantrae dit :

        Le blog me semble d’abord utile pour échanger sur le cinéma et autres sujets plus ou moins annexes…mais pas pour s’envoyer des noms d’oiseaux ou régler des comptes qui plus est avec des cinéphiles qui ne se connaissent pas physiquement.
        Trop de sites, blogs tombent dans le piège de la personnalisation et des affects trop marqués: en venant ici nous nous faisons plaisir, glanons des idées de films ou livres à (re)découvrir, apprenons des tas d’informations, sommes obligés parfois de revoir nos préjugés.
        Que cela demeure ainsi car c’est le but de Bertrand en créant ce blog qui est une chance à ma connaissance unique de rencontre cinéphile comme tout ce qu’entreprend notre cher hôte.
        Cessons donc ces coups de gueule et reparlons ciné.
        Hier nous avons eu la chance de recevoir la cinéaste Lucile Hadzihalilovic à Ribérac qui non seulement a accompagné ses deux films Innocence et Evolution , deux oeuvres étranges, poétiques et belles qui sont des apologues aux frontières du fantastique (juste en deça, juste au delà) mais aussi en carte blanche L’esprit de ruche de Victor Erice qui est toujours une splendeur absolue…peut-être la splendeur plastique la plus vibrante et sensible du cinéma des 70′ avec les deux premiers Malick.
        Comme souvent, revoir un film sur grand écran même si on croit le connaître en révèle mieux encore les beautés.Ensuite échanger à plusieurs autour de ces émotions qu’on arrive plus ou moins à traduire en mots sur le moment est toujours un moment précieux surtout quand cela est guidé par l’oeil averti d’un cinéaste, d’un technicien ou d’un critique (s’il est honnête, rigoureux et au fait de sa matière comme M Ciment l’an passé).
        Pour en revenir au point de départ, ce blog est pour moi comme un prolongement écrit de ces moments qui rendent la cinéphilie plus collective, chaleureuse et enrichissante.

        • richpryor dit :

          Ah, les taquineries rigolotes de MB qui provoquent les réponses outrées de Rouxel, qui arrête alors complètement de conjuguer ses verbes au temps approprié. Aussi classique sur ce blog que les débats interminables sur El Dorado, les digressions passionnées de Minette Pascal sur John Ford et les interventions salvatrices de ballantrae, notre maitre à tous. Merci à tous de vos contributions.

        • MinettePascal dit :

          Il faut si peu pour transformer un blog de discussion en ring de boxe !
          Et si nous faisions exception ?
          Ne soyons pas d’accord ! ne nous comprenons pas, mais pas du tout ! Disputons, opposons, râlons, que diable !….mais poliment, par pitié. Un nom d’oiseau ? Ouvrons dignement la cage et laissons-le s’envoler !

        • Henripatta dit :

          Merci Ballantrae de remettre les choses en place. Oublions nos petits egos pour revenir a la substantifique moelle de ce blog: l ‘amour du cinema.
          A ce sujet durant ces fetes de fin d ‘annee je me suis fait un petit festival personnel du film noir Americain.
          – les tueurs
          – Assurance sur la mort
          – boulevard du crepuscule
          – pour toi j ‘ai tue
          – l ‘ultime razzia
          – le grand sommeil
          – quand la ville dort
          – la femme au portrait
          – l ‘invraisemblable verite
          – le voyage de la peur
          – Le masque de Dimitrios
          Un bonheur total. Une sentation de plenitude . C ‘est aussi ca le cinema.
          Ne me demandait pas quel est mon prefere je serais bien en peine de choisir l ‘elu.
          En revanche pour moi LA femme fatale est Barbara standwyck.
          Son regard mi ange mi demon son sourire idoine sa classe eternelle me font fondre a chaque fois.
          Bonne annee cinephilique.

        • Yves Rouxel dit :

          A Ballantrae.Effectivement je vais cessé de polémiquer car ce blog nous permet d’échanger notre passion pour le 7ème art et de redécouvrir d’anciens films oubliés de certains.A tous je conseille vivement »Le divan de Staline »la 3ème réalisation de l’actrice Fanny ardant qui nous entraine en 1950 au fin fond de la Russie tenue d’une main de fer par Staline.Malgré l’aspect théatral et intimiste de la mise en scène,l’oeuvre vaut le détour par la présence de Depardieu qui compose un tyran attachant.Sa maitresse et assistante campée par Emmanuelle Seigner est tout en légereté quand elle lui demande de s’allongé sur le divan de Freud et de lui raconter ses rèves.Constamment tout le long du film on entend des cris aux abords de ce château cossu.Est ce des cris humains de femmes qui gémissent ou des cris de renards qui ont faim?Les lumières tamisés des plans extérieurs sont d’une beauté remarquable,on sent la végétation,la tempète qui gronde,les arbres qui se plient et les feuilles qui crissent.La bande musicale est d’une grande sobriété et en totale adéquation avec la visualité lumineuse et intense.Du grand art et un film réussit qui mérite d’etre vu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          La notion de tyran attachant répond bien à celle de nazi idéaliste (rapport de la CIA sur barbie) et de talibans modérés. On vit une époque moderne

        • MB dit :

          à richpryor: the whole pleasure is ours, thanks!

          (pas sûr de la justesse grammaticale mais tant pis…)

  8. Yves Rouxel dit :

    Co-production entre l’Italie,l’Espagne et l’Allemagne »Le carnaval des truands »réalisé par Giulanno Montaldo en 67 est un film de casse assez audacieux sur le choix du casting.En effet on retrouve Edward G Robinson qui incarne »le cerveau »ancien professeur à la retraite qui retrouve en Italie son copain d’enfance Adolpho Celli(habitué aux roles de méchants)Janet Leigh est le seul personnage féminin qui aura un role determinant dans le casse puis Robert Hoffman acteur autrichien qui est un play boy français,Riccardo Cucciola figure italienne connue qui retournera pour Montaldo dans »Sacco et Vanzetti »en 71 puis Georges Rigaud le seul acteur français qui débuta sa carrière en 31 chez René Clair.Enfin j’oubliais une gueule auquel on ne passe pas à coté,en la personne de Klaus Kinski qui est un allemand pervers et sadique.Sur le plan de l’intrigue meme le film tient la route mais il y à malheureusement trop de longueurs entre Hoffman et J.Leigh,on ne croit pas une seconde à cette histoire d’amour entre un beau français et la secretaire de la banque qui détient les clés du coffre.Saluons la partition musicale du grand Morricone dont Agnes Michaux l’écrivain nous donne ses impressions dans le supplément.Je ne connais pas le film avec Cassavetes et Falk du meme réalisateur!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Mais Montaldo a fait plusieurs films intéressants, L’HOMME AUX LUNETTES D’OR et je crois SACCO ET VANZETTI

      • MB dit :

        à Bertrand: il s’agit des LUNETTES D OR avec Noiret. pas vu.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Relisé moi ,j’évoque « Sacco et Vanzetti » dans le post précedent.Dans la foulée je me suis revu une perle que Melville ou Scorsese ont du analyser plusieurs fois est »Baby boy Frankie »d »Allen Baron,cinéaste obscur qui à bifurquer vers la tv(Droles de dames,Cagney et Lacey…).Tourné avec un budget dérisoire et de la pellicule récuperer sur un film avec Errol Flynn à Cuba,c’est un polar incontournable et d’une grande audace de la part de Baron.Dans le bonus il revient trente ans après sur les lieux de tournage à New-York avec un pincement au cœur quand il reconnait l’appartement ou il habita avec sa mère dans les années 50.Je ne savais pas que c’était l’acteur Lionel Stander(blacklisté)qui assura pour 500 dollars la narration de ce tueur à gages qui doit éliminer un ponte pendant les fètes de Noel.A travers la narration on se pose la question si ce n’est pas la conscience du personnage qui s’exprime à haute voix.On sent bien au fil du scénario que plusieurs images ont été tournés dans la rue en cameras cachés.Baron explique quand l’équipe à été arreter et amener au commisariat car les policiers pensaient qu’ils étaient filmés.

      • Alexandre MILHAT dit :

        Autre titre de Giuliano Montaldo à redécouvrir avec profit (autant, sinon davantage encore, que « Sacco et Vanzetti ») : « À l’aube du cinquième jour » (« Dio è con noi »/ »Gott mit uns » [1969]), drame de guerre poignant et d’une rare acuité, interprété avec force justesse par Franco Nero, Richard Johnson, Helmuth Schneider, ainsi qu’un surprenant Bud Spencer, dans un rôle secondaire pétri d’humanité.
        Inspiré de faits douloureusement authentiques, le film raconte comment deux déserteurs allemands (capturés sans résistance par les forces canadiennes et enfermés avec d’autres prisonniers nazis, regroupés autour d’un officier fanatique) furent exécutés au matin du 13 mai 1945 par leurs « camarades » de détention, auxquels les Canadiens avaient consenti, pour ce faire, à fournir armes et balles…
        Une œuvre de révolte, saine et profondément lucide, où Montaldo renvoie dos à dos chacun des camps en présence, attribuant à l’un comme à l’autre la même part de jusqu’au-boutisme criminel et d’aveuglement imbécile.
        Émouvante partition d’Ennio Morricone (l’une de ses plus belles également), qui rend plus bouleversante encore cette chronique de la bêtise humaine. Certains se souviennent peut-être de la douce mélopée du maestro, qui connut un regain de postérité en accompagnant les images animées par Jean-Michel Folon, lors du générique d’ouverture de l’émission littéraire « Italiques », diffusée sur la deuxième chaîne de l’ORTF entre 1971 et 1974…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Milhat
          Vous me donnez diablement envie de découvrir ce film. Il existe en DVD ?

        • MB dit :

          oui oui je crois que le thème de Morricone a servi aussi à une émission de radio sur la musique de films…

        • Sullivan dit :

          Le film existe en DVD dans la collection « Les Maîtres italiens » chez SNC (Collection orange). Et je suis d’accord avec Alexandre Milhat. Je considère le film comme le meilleur de Montaldo. La musique de Morricone a servi de générique à l’émission « Ronde de Nuit » sur France Musique durant plusieurs années.

        • MB dit :

          à Sullivan: j’ai honte… mais cette musique n’était pas dans les numéros plus récents? et par quoi Olivier Le Borgne l’a-t’il remplacée au fait?

        • MB dit :

           » et par quoi Olivier Le Borgne l’a-t’il remplacée au fait? »
          Je veux dire par quoi a-t’il remplacé son émission Ronde de Nuit?

  9. Denis Fargeat dit :

    Heureuse année à tous les magnifiques hôtes de ce blog !
    Sous le sapin, le volume 2 de la fabuleuse réédition de « Midi-minuit fantastique », revue portée par la passion pour le genre et ce que tout le cinéma pouvait en receler … presque pas étonné de rencontrer dans ces pages Bertrand Tavernier, dans un court mais passionnant entretien avec Terence Fisher, parlant de son métier avec passion et lucidité. Entretien mené, déjà, avec toute l’érudition, l’intelligence et l’amour du cinéma qui nous réunit autour de Bertrand. Merci !

    • Damien D. dit :

      Personnellement ayant déjà la collection de la revue originale j’attends juste le volume 4 qui clôturera la série et comprendra le numéro 25 jamais diffusé. On s’étonne de la disparition de la revue : sans doute absorbée par les revues d’actualités du film fantastique que furent Mad Movies et l’écran fantastique (revues que je ne lis jamais, le cinéma fantastique étant désormais relayé depuis des décennies au second plan derrière les films d’horreurs abjects et/ou indigestes) et puis Eric Losfeld a sans doute privilégié sa revue de cinéma principale qu’était Positif…
      Il y a bien eu tentative de renouveler le genre dans les années 90 avec feu la bonne revue « fantastyka » plus dédiée à ce cinéma de genre et patrimonial mais qui elle aussi disparaîtra au bout de 24 numéros…

      • MB dit :

        à Damien D: les albums de réédition de MMF contiennent moult inédits et rescannages ou reprises en hq des photos d’origine, ce qui à mon avis fait qu’ils ne doublent pas avec mes numéros originaux (dans un état piteux, bien que respectables).

      • Denis Fargeat dit :

        Les premiers numéros de l’Ecran Fantastique étaient fort bons, riches d’images jamais vues, et de belles contributions de François Rivière, Francis Lacassin , rejoints par Roland Lacourbe ou Hervé Dumont… Mad movies était marrant , et JP Putters en a tiré un miel rigolard avec ses Craignos Monsters, guide de survie au Nanarland… ensuite, plutôt d’accord…
        Jetez quand même un oeil à la réédition de MMF, qui est un fort bel objet, enrichi de photos rares.

        • ballantrae dit :

          Oui Mad movies tout comme L’écran fantastique ne sont pas à jeter intégralement même s’il est vrai que l’horreur pure à coups de photos aux SFX sanguinolents y a la part belle ( je dois à Mad movies ou L’écran l’un de mes traumas d’ado en découvrant une image issue de l’ignoble Cannibal holocaust avec une émasculation bien dégueulasse).
          Ceci dit , Romero, Tobe Hooper ou Wes Craven ont pu faire de bons films avec lesdits moments horrifiques.
          Une autre revue dévolue au ciné de genre refait son apparition dans un ouvrage /rétrospective, c’est Starfix qui fut LA générationnelle de l’ado que j’étais.
          Découverte en même temps que les Cahiers quand j’avais 14 ans vers 1985, elle me permettait de découvrir Verhoeven, Gilliam ou Friedkin et affirmait un ton comme une exigence analytique de qualité.
          Positif n’est apparu dans mon champ de vision que plus tard car il était alors mal diffusé et ce fut une autre révélation!
          MMF était déjà une revue historique que j’ai découverte chez les bouquinistes et qui m’a permis de découvrir notamment les films de la Hammer, Bava et aussi qqs gros nanars.Après, je dois avouer que cela me fait marrer un moment mais préfère leurs analyses sérieuses.

        • Damien D. dit :

          Pas de rachat des intégrales Midi Minuit pour moi : je ne me vois pas tout racheter pour des photos en HD et quelques articles supplémentaires (ou alors il faut que je revende ma collection de numéros originaux !).
          J’ai eu l’occasion de récupérer d’occasion une série de numéros de Mad Movies sur une période intéressante : 2003-2006 je crois. C’était une sorte d’âge d’or du cinéma fantastique espagnol et donc je les garde car les articles concernant les films en question sont plus poussés et bien analysés.
          Contrairement à ballantrae, je n’ai pas démarré par la lecture des Cahiers mais par Positif à la fac. Je dois dire que pour moi la lecture des Cahiers n’est pas motivante (le contenu je ne dis pas à la rigueur mais la maquette me donne l’impression d’un news magazine indigeste et freine chez moi toute envie de lecture) : Positif a au contraire l’intelligence et l’ouverture du propos allié à une présentation de revue d’art : un must (bravo à Actes Sud qui a permis le passage à la couleur soit dit en passant !).
          Allez, comme Michel Ciment le fait parfois, relancer la guéguerre Cahiers/ Positif est plutôt sympathique à l’heure de la fadeur critique et de l’uniformisation des idées!

  10. Yves Rouxel dit :

    Aussi long que « Guerre et paix », »Siberiade »est une fresque monumentale réalisé par Andron Kontchalovski en 1978.Du début du siècle jusqu’au années 70,on va suivre deux familles qui se déchirent et sont séparés par un fleuve.D’un coté une famille composé d’un père bucheron qui parle aux arbres puis de l’autre des paysans qui ne meurent pas de faim.Tout les sépare pourtant au fil des évenements(la guerre,la faim,la misère)les deux clans vont se retrouver dans l’allégresse et la joie de vivre aux sons des guitares et des violons qui pleurent les morts.L’ame slave s’affiche à travers des personnages durs qui ne plient jamais les genoux et vivent les épreuves de la vie à coup de bouteilles de vodka.L’oeuvre découpé en quatre parties est agrémenté d’archives de l’armée soviétique et d’images de propagande au culte de Staline.Coté technique les conditions de tournage ont été terribles autant pour les comédiens que pour les techniciens qui ont du affronter le froid siberien.Le gouvernement de Brejnev à donner carte blanche sur le plan budget à Kontchalovski.Le résultat est gigantesque sur le plan visuel avec une bande sonore à couper le souffle.Il est dommage que ce réalisateur à quitter son pays d’origine pour aller tourner des films commerciaux sans importance.En dehors de »Runaway train »sur un scénario de Kurozawa,on peut mettre le reste de coté.

    • ballantrae dit :

      Pas d’accord, comme je l’ai déjà dit dans un message précédent car Le bonheur d’Assia, Les quatre nuits du facteur, Riaba sont aussi de très beaux films tout comme Maria’s lovers.
      Sibériade montre une direction qu’aurait pu prendre son cinéma et elle n’est pas sans liens avec celle que choisit Mikhalkov dans ses derniers films ( Soleil trompeur, Le barbier de Sibérie…apparemment les suites de Soleil trompeur qui ne sont pas sorties sont associées à des soupçons de collusion étroite avec le pouvoir actuel et donc de détournements de fonds destinés à l’ensemble de la production russe mais je n’ai pas suivi ces affaires de près) qui ne sont pas ses meilleurs car on peut préférer sa veine tchekhovienne ( Partition, Les yeux noirs,cinq soirées, etc…).
      Toujours est-il que les deux frères ont un vrai talent malgré des films parfois liés à une forme d’adhésion trop entière à des systèmes qui nivellent la création ( Hollywood pour l’un, la Russie de Poutine pour l’autre).
      Mais je crois qu’il faut revisiter encore et toujours les cinématographies de l’Est qui n’ont pas fini de nous éblouir aussi au présent comme l’ont confirmé récemment Le fils de Saul du Hongrois L Nemes ou Difficile d’être un dieu du Russe Guerman (son dernier film au long cours).

      • Yves Rouxel dit :

        A Ballantrae.Les films de Kontchalovski que vous citer sont anterieur à son départ d’URSS pour les USA!!!

        • ballantrae dit :

          Non, Riaba et Les quatres nuits ont été conçus après son retour en Russie.
          Seuls Assia et Sibériade parmi les films cités ont été faits en URSS.

      • Marc Salomon dit :

        A Ballantree :

        Concernant Kontchalovski il s’agit des NUITS BLANCHES DU FACTEUR et non des QUATRE NUITS… qui elles, comme chacun sait, sont “d’un rêveur” !

        Ceci étant dit, à quand en DVD, deux de ses premiers films : LE PREMIER MAITRE et UN NID DE GENTILSHOMMES ?…

    • stag dit :

      A Yves Rouxel,

      De Kontchalowski, qu’avez-vous pensé de RUNAWAY TRAIN ?

      J’ai trouvé quelques scènes vraiment fortes de sens, comme le monologue de meny dans le train lorsqu’il fait la leçon a eric Roberts avant d’avouer n’en être pas capable lui même.

      J’ai jamais vu John Voight mauvais mais dans ce film il est sublime.

      • Henripatta dit :

        Runaway est vraiment un tres bon film avec quelques tres belles scenes. Et il est totalement oublie.

      • Yves Rouxel dit :

        Pour vous répondre,je pense effectivement qu’il y à une veritable tension dans la trame du scénario avec des scènes fortes et bien menés.Ce film qui est un classique du genre m’a rappeler « Le dernier train de Busan »sortie l’an dernier mais qui roule sur le terrain des morts-vivants qui redevenues à la mode avec « Walking dead » entre autres.

      • ballantrae dit :

        C’est amusant que vous en reparliez car je l’ai revu il ya une dizaine de jours sur canalsat et en ai pensé leplus grand bien alors que j’avais bien aimé, sans plus , lors de sa sortie.
        Une mise en scène plutôt serrée et des compositions de plans parfois proches d’une sorte de fantastique qui tutoie le mythe.
        Ce Manny est un sacré beau personnage de taulard considéré comme un « seigneur » par ses semblables et comme l’antéchrist par son geolier et son duo avec E Roberts fait des étincelles.
        Un film dur mais dont on devine l’essence métaphysique initiale certainement inhérente au scénario de Kurosawa qu’on aurait rêvé devoir aux commandes d’un tel film mais Konchalovski s’en tire plus que bien!

  11. maxou37 dit :

    On vient de m’offrir l’énorme ouvrage de Patrick Brion « Encyclopédie du western » aux éditions Télémaque (+ de 800 pages) : je me régale à découvrir ou à redécouvrir des dizaines de westerns bien oubliés aujourd’hui. Mais, même si le côté anecdotique des commentaires peut sembler superficiels, je dois bien avouer que je lis cet ouvrage avec plaisir (j’aime bien l’aspect chronologique) qui permet de se rendre compte de l’évolution du genre et de leurs auteurs. Monsieur Tavernier, je voudrais connaître votre avis sachant que vous intervenez régulièrement Patrick Brion et vous-même sur les bonus de westerns de Sidonis. Et je vous souhaite en avance de très belles fêtes de fin d’année. Cordialement.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Maxou37

      Vous avez dit l’essentiel : l’amour de Patrick brion pour le cinéma, son goût pour le western, son refus des clans qui lui font admirer des films ignorés, son ouverture d’esprit même si on peut le blaguer sur son adoration de la MGM. C’est magnifique

    • MB dit :

      à maxou37: en effet la profondeur du commentaire critique n’a jamais été le fort de Brion mais quelle largeur de vue. Il remarque plein de détails à côté desquels beaucoup passent, il est plus dans la description mais pour décrire, il faut voir les détails.
      et le CDM reprendra le 8 janvier.

      • Edward dit :

        à MB. Je préfère quelqu’un qui privilégie la communication du plaisir qu’il a eu d’avoir vu tel film que celui qui préfère mettre en avant le manque d’originalité de la mise en scène, du scénario ou du jeu. Patrick Brion relève également ces manques mais les fait passer au second plan par rapport au plaisir de la vision. C’est aussi pour ça que j’apprécie l’attitude de BT qui quand il trouve un western trop faible à son goût chez Sidonis choisit de ne pas le commenter plutôt que de le démolir (même si, parfois …). Il suffit de voir sur la jaquette qu’il ne le présente pas pour savoir qu’on ne verra pas un chef-d’oeuvre et le message est passé.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Une ou deux fois, le manque de temps ou mon emploi du temps ont joué. Par exemple pour LA CHARGE DES TUNIQUES BLEUES qui est un film passionnant avec de curieux défauts. J’attends de voir le Blue Ray mais jusqu’à présent, j’ai toujours trouvé la photo de William melon plus routinière, moins inventive que celle des autres chefs opérateurs de Mann. Il me donne l’impression d’un technicien de studio qui n’est pas tout à fait à la hauteur des ambitions visuelles du cinéaste

        • MB dit :

          à Edward: oui oui on a l’habitude des jocrisses du type du rond-de-cuir que je citais récemment à propos de LA FILLE DE BREST tout réjouis d’avoir un film à déglinguer. Ils vous diront qu’ils font l’actualité et que c’est leur boulot de dire quand ça leur plaît pas (ce qui est leur droit ok), eh bien tant pis pour eux. Le commentaire du cinéma se ressent très mal de la critique négative, l’exercice est plaisant et jouissif et plus fécond quand il en reste à la critique positive. Celle-ci permet mieux de faire des ponts entre films, un commentaire sur un film qu’on aime pas se referme sur lui-même. De plus je soupçonne ce type de critiques de faire dans la rancoeur (des cinéastes ratés?). Et c’est pourquoi je ne lis pas la critique de l’actualité enfin, je me jette pas dessus, l’exercice me semble douteux.
          et en effet, avant d’acheter un Sidonis vérifier s’il y a un bonus de BT!

      • stag dit :

        Le summum chez sydonis c’est lorsque se complètent merveilleusement bien les bonus de BT et Brion, chacun dans son style avec une filiation évidente : la passion. Moi ce qui m’épate toujours c’est le nombre de références, de détails sur les filmographies et carrières de ceux qui ont fait le film ou permis qu’il se fasse.

        Je profite de ce message pour vous souhaiter à tous le meilleur pour 2017.

        • Yves Rouxel dit :

          Sans avoir de partie pris,je préfère largement les commentaires de Bertrand qui sont plus anecdotique et pleins de détails techniques(placement et mouvements de grue des caméras,photographie,scénario,musiques et jeux des comédiens).Patrick Brion à une sale habitude de lire des fiches mais il est incroyable quand il porte un chapeau de cow boy.J’ai vu il y à peu qu’il s’était pousser le bouc!!!Content que le Cinéma de minuit ne passe pas à la trappe.Coté critique »Positif »rend un bel hommage à Claude jean Philippe.J’ai une pensée pour Maurice Faillevic grand réalisateur de télévision qui à signer un très bon film sur La guerre d’Algerie ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Exact et aussi LA BELLE OUVRAGE

      • Yves Rouxel dit :

        Oui avec un film inédit de Duvivier sortie récemment chez René Château vidéo »Le petit roi »avec le jeune Robert Lynen.Une CURIOSITE!!!

      • stag dit :

        Dans CATTLE DRIVE (?) est-ce Brion ou BT qui en parle dans le bonus sydonis, McCrea ouvre un médaillon qu’il porte où il montre au jeune la photo de sa femme, et pour la petite histoire c’est une photo de frances Dee, la vraie madame McCrea. Ca fait partie des choses qu’on apprend dans les bonus. Personnellement je suis friand de ce genre de détails, surtout qu’en plus en l’espèce il s’agit de McCrea, qu’il a dû de lui même proposer ce détail, qu’il a fait sa vie avec la même femme. On imagine mal Warren Beatty faire la même chose.

    • MinettePascal dit :

      Patrick Brion, je l’adore aussi car c’est un passionné qui ne pose pas, une encyclopédie sans imparfaits du subjonctif ni enluminures, un amoureux du cinéma qui n’est pas d’abord un amoureux de lui-même.
      « Quand il voyait un oiseau, il lui tirait dessus; quand un lapin passait, il le flinguait » place-t-il (dans un bonus) sur Audie Murphy au milieu d’un fleuve de connaissances pointues. Naturellement, simplement , sans racolage , sans ostentation, sans auto-satisfaction. Presque même sans sourire.

  12. Yves Rouxel dit :

    Alors que son premier film « Les poings dans les poches »vient de ressortir en dvd,un des derniers grands cinéastes italien sort son nouveau 26ème long métrage.Marco Bellochio à une patte particulière et singulière et ici dans »Fais de beaux rèves »,il nous étonne encore avec cette façon de filmer au plus intime la vie d’un petit garçon de 9 ans qui va perdre sa maman en pleine nuit.On n’est pas loin de l’œuvre de Comencini »L’incompris »qui abordait déjà le manque de la mère,le manque d’affection et d’amour d’un enfant.Ici on va suivre en plusieurs phases Massimo:enfant avec beaucoup d’élipses,adolescent puis devenu adulte,journaliste à la Stampa à Turin.Arrivé à la quarantaine on va enfin lui dire la vérité sur cette nuit ou sa mère est venu le border dans sa chambre,puis il à entendut du bruit dans l’appartement,le cri de son père et les portes qui se ferment à clés afin d’éviter de voir le pire.Tout ceci il à transporter des années en se remémorant les jours heureux ou enfant il allait assister au match de football avec son père ou les parties de bagarre avec sa mère.C’est du pur génie emplit d’émotions,sans pathos ni sentimentalisme appuyé sur les scènes les plus douloureuses(la séquence dans l’église ou le cercueil de sa mère est transporter puis l’échange entre son professeur sur la vie après la mort est d’une grande intensité et donne à ce film un coté prodigieux et magique.Très bon entretien de Jean Gili avec Marco Bellochio dans le dernier Positif.

  13. Angelillo dit :

    « Dans ma collection western, chez Actes Sud, je signale la parution de CIEL ROUGE, un roman de Luke Short »

    A Bertrand
    Malgré un choix d’illustration assez curieux qui m’évoque un Johnny Depp tout droit sorti de chez Tim Burton, il me tarde vivement de commencer la lecture de CIEL ROUGE, d’autant que ma dernière vision du Robert Wise remonte à une quinzaine d’années.
    Chaque titre, et ce depuis le premier paru dans cette épatante collection qu’est L’OUEST LE VRAI, sonne comme la promesse d’enthousiasmantes heures de lecture, promesse tenue jusqu’au dernier, LES FUGITIFS DE L’ALDER GULCH, dont je viens juste de tourner la dernière page !
    Ça tombe bien, car j’avais commencé par un Haycox, LES CLAIRONS DANS L’APRES-MIDI, et je ne suis pas près d’oublier la beauté et le pouvoir d’évocation de son tout premier paragraphe. On sait, en lisant ces quelques lignes, qu’on a entre les mains un livre qui va compter. Quand je veux convertir des proches à la « littérature de l’Ouest », je leur lis simplement ce court paragraphe. Ce roman reste à ce jour mon préféré de toute la collection. Parmi les choses les plus frappantes, me touche plus particulièrement l’attention portée à des détails matériels auxquels on ne pense jamais en voyant les westerns : par exemple le prix d’un billet de train ! C’est presque une notation qu’on pourrait trouver dans un écrit d’Henri Lefebvre : le coût prohibitif de ce nouveau moyen de locomotion et qui pousse les usagers à investir leur fortune personnelle ! Avec une amie, pourtant calée en westerns, nous avons été incapables de trouver UNE scène d’un film où l’on ferait mention de ce détail. Pire ! On a limite l’impression en voyant des westerns que les gens prennent le train pour aller acheter leur baguette au patelin du coin ! Et pourtant Haycox nous montre un sergent recruter le héros en découvrant juste qu’il a investi toute sa fortune pour venir s’engager dans l’armée. Plus loin, on apprend que les commandants de forts se ruinent lorsqu’ils doivent payer de leur poche le trajet vers leurs différents lieux d’affectation. Défraiements ? Connaît pas !
    Cela donne par ailleurs de très touchantes descriptions où l’auteur évoque les femmes de ces officiers supérieurs, des femmes qui ont tout perdu pour se retrouver dans un trou perdu et qui elles même semblent plonger dans un puits de solitude sans fond ! Très délicatement, à aucun moment Haycox ne lâche le mot « dépression », mais la description de cette apathie et des regards vides de ces femmes ne laisse aucun doute. Dommage du coup que l’auteur mentionne – et galvaude – le mot « dépression » dans un épisode anecdotique où le héros est momentanément bloqué par la neige dans une ville et où il fait les 100 pas dans sa chambre d’hôtel…
    Je passe sur l’authentique et réjouissant féminisme de cet auteur et que je n’ai cessé de retrouver dans ses romans suivants, FUGITIFS DE L’ALDER GULCH compris.

    TERREUR APACHE est, seulement en apparence, plus un récit d’action. Mais là encore, que de belles surprises ! Tout comme chez Haycox, un superbe personnage féminin : la femme d’un officier supérieur, affranchie de la condition dans laquelle on la cantonne dans les westerns de l’époque. Tiens, à ce titre : dans quel western voit-on la femme d’un officier fumer une clope ?
    Quand je disais « un récit d’action en apparence », c’est qu’il en faut un sacré talent pour décrire toute cette longue poursuite finale, la rendre tangible tout en la transcendant : car certains brefs passages, certaines phrases ont une authentique fulgurance poétique, comme si, en basculant dans une autre réalité géographique, le récit basculait lui aussi, mais dans un autre genre littéraire. Je n’avais jamais lu du Burnett. Difficile donc de commencer mieux !
    Plus tard, avec la trilogie BIG SKY (Guthrie), ce qui m’a frappé c’est la surprenante tonalité générale crépusculaire : la conquête de l’Ouest débute à peine, mais il y a déjà en arrière-plan l’idée que « c’est déjà fini ». Un monde vient de s’ouvrir à des conquérants et il aura suffi de moins d’une génération pour que ce monde n’existe plus. Cela m’évoque une réflexion que je me faisais enfant, lorsqu’en plein été où il pouvait encore faire jour à 22h, je n’arrivais pas à croire qu’immanquablement les jours raccourcissaient. Chez Haycox, c’est la nuit qui avance, imperturbable, derrière l’éclat du jour… Je me demande si cette tonalité pessimiste – réaliste ? – ce manque de foi en l’humanité de la part de Guthrie n’aurait pas son origine dans les horreurs de la seconde guerre mondiale qui s’est achevée 2 ou 3 ans plus tôt. Y a-t-il des récits contemporains de la Conquête de L’Ouest où l’on y lirait un manque de foi aussi net, peut-être à la lumière de violentes conquêtes antérieures ? LA ROUTE DE L’OUEST c’est d’abord la joie de retrouver Dick Summers et ensuite de tomber sur une simple phrase, à l’approche de Fort Laramie : « Tu crois qu’ils ont des chaises ? Des vraies ? Ce que je veux c’est m’asseoir sur une chaise ! » Pas peu fier d’avoir, enfant, prononcé quasi à l’identique cette phrase au retour d’un interminable voyage d’Espagne en 4L et de découvrir par la-même que j’avais sans le savoir, enfoui en moi, une authentique âme de pionnier ! J’ai aimé ce petit détail – que l’on retrouve d’ailleurs dans UN SI BEAU PAYS « Ce qui me manque le plus, dit Dan, c’est une chaise pour m’asseoir. Une simple chaise. » – et les mille autres petits détails, en apparence anodins, qui fleurissent le long de cette longue route et qui apportent une vérité inestimable… Face à un si beau récit, j’ai presque honte de suggérer la maladresse – à mon sens ! – d’une toute petite phrase : quand Dick Summers s’éloigne d’un groupe pour trouver un peu de tranquillité, le narrateur nous dit «Il fit un retour à l’époque où il était venu et le film secret se déroula sur l’écran de sa mémoire.» Je trouve – toujours à mon sens ! – que la référence au cinéma nous sort inutilement d’une époque et d’une ambiance magnifiquement ancrées…
    Dans UN SI BEAU PAYS que j’évoquais plus haut, le désenchantement est encore plus marqué – « Les gens étaient comme ça, on n’y pouvait rien. Ils trouvaient un beau pays et ils le saccageaient » – et la misanthropie plus ciblée : « Les Indiens étaient toujours plus attentionnés que les Blancs envers les personnes qui avaient une infirmité. »
    Ce n’est pas un roman qu’on lit avec plaisir mais avec une forte émotion, car avoir côtoyé Dick Summers sur près de 800 pages, forcément, ça créé des liens ! Et quand on arrive à la fin, qu’on lit les toutes dernières lignes, bouleversantes, on est en droit d’en vouloir à Guthrie, même si l’on sait au fond de soi que c’était la seule conclusion logique, au vu de la tonalité générale de la trilogie.
    Des Burnett suivants, j’ai beaucoup aimé le passionnant SAINT JOHNSON où il est dit de Earp (sic) que « sa réputation acquit une telle ampleur que l’aile conservatrice le considéra à l’égal des bandits contre qui il se battait.» et je n’ai qu’une envie : voir LAW AND ORDER de Cahn dont vous dites le plus grand bien. J’ai trouvé MI AMIGO un peu en dessous des deux précédents, moins fort, et ce malgré de belles notations et un épatant chapitre 17. Cela vient peut-être d’une narration étrange, comme celle d’un conte où les évènements dédramatisés — quasi stylisés — semblent converger vers une sorte de morale… Tiens, le jeune et mystérieux personnage de Bud Smith et sa façon de « mener la barque » m’a évoqué le futur John McBurney du roman LES PROIES (Thomas Cullinan). Et comme dans LA ROUTE DE L’OUEST, je trouve maladroite la phrase suivante, dans ce cas non plus dite par le narrateur mais carrément prononcée par un mountain man du XVIII siècle : «Me suis arrêté dans un saloon (…) et j’ai rechargé les batteries pour pouvoir continuer».

    LE PASSAGE DU CANYON m’a conforté dans l’idée que Haycox est désormais l’un de mes auteurs préférés, et j’ai retrouvé à l’état brut tout ce fabuleux foisonnement des évènements que j’adore dans le Tourneur. J’ai noté cette phrase qui m’a beaucoup plu : « La raison est la lueur pâle d’une bougie que brandit un homme pour guider ses pas quand le feu en lui s’est éteint. »
    Film irracontable, roman irracontable. Chef-d’œuvre dans les deux cas, à l’instar de L’AVENTURIER DU RIO GRANDE de Tom Lea, dont je relisais certains paragraphes en écoutant la bande originale d’Alex North. Sensibilisé au monde du cheval grâce à un papa qui fut dans la cavalerie – si on ne cligne pas des yeux on le reconnait dans SOLOMON AND SHEBA de Vidor – et qui, dans un western, reconnaissait tel cheval qu’il avait vu dans tel autre (alors même qu’il pouvait confondre John Payne avec Rory Calhoun !) ce roman m’a enthousiasmé et son final m’a pris à la gorge, final encore plus bouleversant que dans le film de Parrish. Je ne trouve que le tragique et cruel final de LONELY ARE THE BRAVE pour rivaliser d’émotion avec cette dernière phrase : « Tu sais que je ne monterai plus désormais. Tu le sais. Maintenant que tu es mort, j’irai à pied pour le restant de mes jours. »

    Si dans les deux cas précédents, l’adaptation cinématographique était à la hauteur des romans adaptés, ce n’est pas du tout le cas avec DU HAUT DES CIEUX, LES ETOILES de Harry Brown, où ce n’est que p188 (!) que j’ai réalisé qu’il avait été (des)adapté en 1966 par Hawks qu’en a fait n’importe quoi dans son EL DORADO ! Le roman est palpitant de bout en bout, le plus dingue de la collection, une véritable tuerie au propre comme figuré ! Une première partie où un Brown, roublard, place méticuleusement ses dominos – évènements, nombreux personnages. Puis soudain, une simple chiquenaude, résumée en une phrase : «Quand Mlle Pace oublia son tricot à l’hôtel, elle tua une douzaine d’hommes. Ainsi en va-t-il au royaume des causes indirectes.» Pour être franc, l’explosion de sauvagerie de certaines scènes, à grand renfort de détails gores, m’a paru un peu « too much » même si j’en ai compris l’origine dans votre passionnante postface. Brown a voulu transposer dans un contexte westernien ses propres images d’horreur de correspondant de guerre telles qu’on les visualise désormais depuis SAVING PRIVATE RYAN de Spielberg ou encore dans le plus récent et épatant HACKSAW RIDGE de Gibson. Elles m’ont néanmoins sorti du roman… même si j’y suis entré à nouveau très vite ! Du coup, malgré une certaine tiédeur de votre part dans la postface, j’ai vraiment envie de voir A WALK IN THE SUN (Milestone) et surtout EIGHT IRON MEN (Dmytryk). Et ce aussi malgré l’hilarant haïku de Brown à propos Hollywood «Certains réalisateurs cumulent l’intellect d’un sergent-chef et la sensibilité d’une putain de Port-Saïd !»
    Si Hawks a fait n’importe quoi avec le roman de Brown, Wellman a en revanche respecté assez bien celui de Van Tilburg Clark, à telle enseigne que sa lecture a été un tout petit peu « parasitée » par le film dont je connais trop bien la dramaturgie et la résolution. Mais le style de l’auteur transcende une simple trame narrative et j’ai vraiment senti le cheminement des idées, les idées et les choses se faire, se défaire à nouveau…pour se refaire quelques lignes plus loin ! Ce récit c’est un peu l’histoire d’une poignée de gens enfermés dans une immense cocotte minute ! J’ai beaucoup aimé p. 116 à 125 un étonnant dialogue entre le jeune fils du major Tetley et le narrateur.

    Autant dire qu’après un nouveau roman de Haycox qui démarre sur les chapeaux de roues (à aubes) et que j’ai dévoré en deux-trois jours – ce gars-là, le gras narratif….connaît pas ! – il me tarde de commencer le roman de Luke Short, auteur inconnu pour moi.

    Encore merci pour toutes ces formidables et inoubliables heures de lecture !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Angelillo
      Voila un texte supérieur à la beaucoup des critiques professionnelles que j’ai lues sur ces livres. Et vous pointez des exemples formidables. Il me semble juste que « recharger ses batteries » a été une transposition du traducteur voulant donner un équivalent moderne à une expression ésotérique

    • Alexandre Angel dit :

      A Angellilo,
      Félicitations et merci pour ce généreux message qui correspond pile poil à mes perspectives prochaines de lecture. Je n’en suis que plus stimulé car je compte aussi tout lire.

      • MB dit :

        à A Angel et Angelillo: si on a pas envie de les lire après vos interventions, les bouquins de Bertrand, y’a plus qu’à s’abonner à Mickey parade et Le Chasseur Français pour les lectures, bravo.

  14. Philippe Guillermo dit :

    Bonjour

    Aurons nous la chance de voir paraître en 2017 la biographie de John Wayne rédigée par Scott Eyman chez Actes Sud Joyeux Noël Mr Tavernier.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Philippe Guillermo
      je l’espère mais cela prend du temps et la traduction aussi. En attendant lisez les derniers romans que j’ai fait paraitre chez ACTES SUD, L’ETRANGE INCIDENT et CIEL ROUGE et aussi le beau livre d’Antoine Sire sur les femmes à Hollywood, LA CITÉ DES FEMMES

    • Yves Rouxel dit :

      On va rester dans la veine des westerns de légende avec « Eldorado »qui suit à la trace « Rio Bravo ».On retrouve pratiquement les memes personnages campés par d’autres acteurs.C’est vrai que Hawks n’a pas assez mis en avant la personnalité complexe des femmes à travers leurs comportements,leurs habitudes avec les toilettes et coiffures.Autre film qui se détache et qui est un veritable OVNI c’est »Charley le borgne »réaliser par Don Chaffey venu de la tv anglaise et qui réalisa quantités d’épisodes:(Destination danger,Le Prisonnier,Chapeau melon et bottes de cuir puis Poigne de fer et séduction).Western anti-raciste et lyrique à la fois ce film vaut le détour pour la prestation des acteurs.Tout d’abord Richard Roundtree échapper de son role de « Shaft »,Roy Thinnes révélé par la série de Larry Cohen »Les envahisseurs »puis Nigel Davenport acteur prodigieux qui à toujours incarner des militaires ou des mercenaires salopards.Au début on est assez intriguer par l’histoire de ce soldat nordiste noir qui à déserter et se retrouve pourchasser par un chasseur de primes.Il va rencontrer un indien estropié en plein désert.L’indien ne parle pas beaucoup et la communication entre les deux ne sera pas facile du tout.Comme le souligne Alain Petit dans le bonus »Charley le borgne »fut le second ou troisième westerns tourner à Alméria la mecque du cinéma italo-espagnol jusqu’en 1975.Je me suis écarter du genre en revoyant « Maria’s lovers » d’Andrei Konchalowsky qui est une pure merveille.A la fois dramatique c’est une œuvre emplit de romantisme,on l’on suit un soldat qui revient du combat et qui va revoir une copine d’enfance.John Savage vu auparavant dans »Deer hunter »de Cimino s’affirme comme un homme fragile et désemparée.Face à lui la sublime et trop rare Nastassia Kinsky qui dégage une veritable émotion dans des séquences tendres pleines de légèretés.La chanson interprétée par Keith Carradine (qui joue un chanteur guitariste)à été écrite par Konchalowsky lui même.

      • ballantrae dit :

        Revu l’été dernier bien après sa sortie ( ah! j’avais 14 ans et Nastassia était si belle!), Maria’s lovers est un chef d’oeuvre secret et émouvant que je trouve ambitieux et très parlant quant à l’essence d’un pays mythique ,comme le sont souvent les films d’une arrivée aux USA (cf Sunrise de Murnau, Le vent de Sjostrom, Zabriskie point d’Antonioni, Taking off pour Forman, Hammett ou plutôt Paris/Texas pour Wenders, Arizona dream pour Kusturica et bien sûr Dans la brume électrique!).
        La délicatesse dans l’écriture d’un scénario qui traite de séquelles de la guerre peu abordées (l’impuissance d’ordre psychologique)est remarquable et on a comme chez Cimino dans Deer hunter/ Heaven’s gate l’impression de voir l’équivalent d’un grand roman russe à la Tolstoi.
        Un casting d’une perfection rare de N Kinski jusqu’à R Mitchum en passant par K Carradine et J Savage (que ne les a t’on pas plus vus ces deux là de même que B Dourif?).
        Un grand film qui n’est hélas pas symptômatique de la suite d’une carrière américaine assez inégale voire médiocre:Runawat train est intéressant, Shy people (dans le bayou, avec B Hershey) est souvent maladroit, Duo pour une soliste est un mélo assez indigeste.Quant à Tango et Cash, c’est une vraie cata!
        Plusieurs de ces titres ont été produits par la désormais légendaire Cannon dirigée par les étonnants Golam et Globus producteurs de séries Z qui se sont rêvés moguls hollywoodiens par un drôle de système semblable à une arnaque de type immobilier qu’on nomme « cavalerie »:on investit à vide , on rembourse les premiers investisseurs avec les sous des suivants, etc…
        De lui, il faut voir Sibériade un film russe ambitieux qui n’a rien à envier à ceux de son frère N Mikhalkov et les deux récents Riaba ma poule! et Les nuits blanches du facteur qui ont marqué un retour fructueux en Russie.
        Ne pas oublier aussi le remarquable Bonheur d’Assia vu il y a bien longtemps à l’époque de la Glasnost.

  15. Laurent Vachaud dit :

    Richard Lester a réalisé un « prequel » de « Butch Cassidy et le Kid » que je n’ai jamais vu ( et qui est très difficile de se procurer ), « Butch and Sundance the early years ». J’en ai plutôt entendu du mal à sa sortie, pourtant William Goldman que j’ai interviewé m’avait dit qu’il s’agissait d’un film qu’il aimait beaucoup ( même s’il ne l’avait pas écrit, juste produit ). Je crois me souvenir que Bertrand et JP Coursodon en disaient du bien dans « 50 ans de cinéma américain ».

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Laurent Vachaud
      On en a parlé ici et il contient des moments réussis, voire brillants et personnels mais une construction trop lâche

    • MB dit :

      Ce BUTCH & SUNDANCE THE EARLY DAYS m’avait paru très fade en premier à cause de ses deux acteurs principaux complètement transparents (Berenger double de Cliff Robertson lui-même lorgnant sur les ficelles de plusieurs acteurs, quant à W Katt…). En ce qui concerne Lester, je veux pas faire un buzz mais je n’en ai jamais vu de saisissant dans ceux où il tentait de faire singulier: le FORUM, les deux Beatles (HELP meilleur), ROBIN & MARIAN, après quand il se lance dans SUPERMAN… mais j’ai peut-être loupé qqch.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Il y a des qualités dans ce film inégal et de Lester en dehors de PETULIA qui reste formidable, il y a JUGGERNAUT et une partie de CUBA

        • MB dit :

          à Bertrtand: JUGGERNAUT? ah bon. Je croyais que ça faisait partie de ses films « mainstream » fades. Et je n’ai jamais vu PETULIA, grave erreur bientôt réparée… merci

    • P. SE3GALEN dit :

      … Mais non… Les deux sont en vente sur Amazon.

    • MB dit :

      à L Vachaud: chez Sidonis! pas rare…

    • ballantrae dit :

      Moyen et inégal que ce « prequel », comme on dit désormais, comparativement au classique de G R Hill qui n’a rien perdu de son charme automnal.
      En revanche, j’ai déjà signalé ici que le film a aussi une suite officieuse intitulée Blackthorn de l’Espagnol Mateo Gil avec le grand S Shepard dans le rôle de B Cassidy/Blackthorn.
      Sens de l’épique, de la topographie ( des décors vraiment aussi étonnants que dans la dernière partie de Butch Cassidy et le Kid) et réflexion sur la création d’une légende aussi belle que celle de Lester dans La rose et la flèche.
      G R Hill doit être réhabilité car on parle peu de lui ces derniers temps: The great Waldo Pepper est assez formidable aussi de même que L’arnaque (sur lequel la notice de 50 ans me semble un brin sévère), Abattoir 5 ,La petite fille au tambour d’après Le Carré.
      On a vraiemnt redécouvert-et c’est juste et heureux- Friedkin ces dernières années, je pense qu’il faudrait maintenant revenir sur les oeuvres connues/méconnues de G R Hill , R Mulligan, F J Schaffner car on voit souvent un ou deux arbres qui cachent à l’évidence de bien belles forêts.
      Plus urgent à mon sens que sanctifier Mac Tiernan ou Verhoeven que j’aime bien et depuis longtemps mais pas à ces hauteurs là surtout quand le second se voit gratifié d’un délire critique pour l’un de ses moins bons films à savoir Elle (qui au passage débouche sur une sorte de réhabilitation de Showgirls… rigolo mais d’abord conçu comme un spectacle un peu putassier!).
      Même syndrôme que l’accueil du De palma français Femme fatale ou le retour tout aussi français et bien triste de M Hellman Road to nowhere.
      Après, je suis toujours content que la France perpétue cette tradition d’accueil depuis longtemps : dès les 30′ (Lang,Ophuls…), lors de la Chasse aux sorcières ( Berry, Losey…) puis Fuller. Dans les 70′-80′, la politique volontariste d’un Toscan (Fellini, Scola) d’un Silberman ( Kurosawa, Oshima) voire d’un inattendu Bouyghes ( Lynch, Almodovar, Campion…) firent de l’audace cinéphile française un marqueur précieux dans le monde entier.

      • Yves Rouxel dit :

        J’ai souvent évoquer ici Robert Mulligan que j’affectionne beaucoup pour ses descriptions intenses des individus avec leurs névroses,leurs peurs de vivre.Essayer de voir « Prisonnier de la peur »qui à vu débuter Anthony Perkins dont le père Karl Malden veut qu’il soit un joueur de base-ball hors pair puis aussi les deux films avec Steve mac queen(Une certaine rencontre et le sillage de la violence).Je peux aussi vous recommander « L’homme sauvage »western un peu classique puis »L’autre »qui est une œuvre fantastique forte et ambitieuse.En revanche ces derniers films m’ont un peu déçu sur le plan de la mise en scène.

        • MinettePascal dit :

          L’HOMME SAUVAGE « un peu classique » ?
          Je ne dirais pas cela. Il y a un regard intelligemment nuancé sur les Indiens, ce scénario de thriller et des personnages pas si conventionnels. De plus, marque des meilleur films, il donne envie d’être revu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          L’HOMME SAUVAGE est un film personnel, original et qui s’écarte des sentiers battus. Et dans les derniers Mulligan, THE NICKEL RIDE est un petit film noir méconnu et j’ai aimé UN ÉTÉ EN LOUISIANE dont l’actrice principale avait voulu rendre un hommage public et émouvant au metteur en scène lors de ses funérailles

        • MB dit :

          à MPascal et Bertrand: tt à fait d’accord, si L HOMME SAUVAGE est un film classique (et décevant pour sa mise en scène) j’y comprends plus rien. Il n’y a pas un seul autre film qui ait pris auparavant le même thème central à l’époque (1967), on y retrouve qqs traits dans SEARCHERS ou LES DEUX CAVALIERS et c’est tout!
          THE NICKEL RIDE m’avait paru un peu ennuyeux honte sur moi et UN ETE EN LOUISIANE vraiment excellent, j’avais adoré Reese Whitherspoon, dont vous dites qu’elle rendit hommage à Mulligan à son enterrement.
          Adorable photo de Mary Badham et Mulligan sur le tournage de TO KILL A MOCKINGBIRD:
          https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/M/MV5BODVhODdhNTAtNzdhZC00ODY1LTk5MTYtZjQ5Y2YyMmQzZDE4XkEyXkFqcGdeQXVyMjU5OTg5NDc@._V1_.jpg

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Je crois bien qu’on avait déjà échangé quelque part sur ce film. Vous m’aviez aussi recommandé ESCALIER INTERDIT.

        • ballantrae dit :

          Oui,cher Rouxel, je vous trouve dur envers L’homme sauvage (The stalking moon , quel beau titre non?)qui n’est pas « trop classique » mais plutôt étonnamment tourneurien comme l’ont dit Bertrand et JP Coursodon dans 50 ans: le choix de montrer très peu l’Indien lui confère une force quasi surnaturelle ou plutôt éminemment naturelle car sise dans une connaissance parfaite de la topographie.
          Un été en Louisiane était un fort beau film qui retrouvait bien avant T Haynes le secret du mélodrame en en atténuant les grandes orgues et en choisissant une forme de retenue, pas étonnant de la part de celui qui fit l’adaptation de To kill a mockingbird ou Un été 42.
          The nickel ride quant à lui est un autre chef d’oeuvre important et inquiétant comme L’autre et il mériterait une belle édition chez Wild side comme son prédécesseur (j’insiste sur la qualité du travail opéré par cet éditeur qui nous avait déjà gratifiés d’une très belle édition du convoi sauvage d’un autre grand oublié R Sarafian).
          Belle année 2017 à vous Bertrand et à tous les blogueurs de notre cher site!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          A vous aussi une belle année. Lisez les deux versions du roman de Harper Lee qui ont inspiré to KILL A MOCKINGBIRD. On voit Harper Lee dans les deux films sur Truman Capote

        • MinettePascal dit :

          A MB : Délicieuse photo, merci.

  16. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à Bertrand et aux contributeurs,
    juste une mini-remarque pour commencer : « BORN IN THE USA qui lui valut [à Bruce Springsteen] des félicitations de Reagan » oui, parce que le succès de cette chanson était fondé sur le patriotisme alors que, si je ne me trompe, c’est une chanson sur les laissés-pour-compte, les rebus du capitalisme. Un total malentendu, en quelque sorte..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Absolument et ces éloges ont perturbé Springsteen au point qu’il se demandait si ce n’est pas la force de l’arrangement qui brouillait le message. D’où d’autres enregistrements plus dépouillés. Il demanda même son avis à un militant syndicaliste qui lui dit que le message était clair

      • Yves Rouxel dit :

        Comme vous évoquez la carrière de Springsteen à travers son auto-biographie,je voulais mettre l’accent ici sur un auteur compositeur et interprète de chez nous qui est bannit,censurer par les radios et médias français depuis ses débuts en 99.Il s’agit de Damien Saez qui à lancer sa tournée avec trois dates à guichets fermées au Bataclan.Entre Brel et Barbara comme référence,il déclame le mal ètre des individus et pose des textes forts sur Charlie hebdo,le bataclan et la paupérisation qui s’installe de mois en mois en France.Il dresse un bilan assez juste sur le peuple anglais qui ont voter le brexit afin de fermer leur frontière aux migrants méchants et musulmans.Saez est en symbiose totale avec l’époque et le consumérisme et le matraquage des médias pour le grand capital.Un de ses textes me rappelle la chanson »Hexagone »de Renaud en 76 à l’époque ou il avait encore son brin de voix de titi parisien(hélas son retour annoncé n’est pas à la hauteur de son talent originel). »L’oiseau liberté »est le 6ème album de Saez et est sortie le 9 décembre dernier(350.000 copies vendues en deux semaines),pourtant on l’entend pas à la radio,on l’invite pas sur les plateaux pipole de télé poubelle et il à accorder en seize ans de carrière que trois interviews(dont une excellente à Victor Hache dans »L’Huma »).Un petit cadeau que l’on peut s’offrir en attendant des « jours meilleurs ».dixit: »Les capitalistes nous vendent la corde pour les pendrent ».A méditer!!!!

        • MinettePascal dit :

          Il y a quand même du bon dans le dernier album de Renaud; et sa voix ? Depuis quand les chanteurs de variété sont-ils censés avoir des pétoires ? Les artistes dits « à voix », comme Piaf, Mireille Mathieu ou Serge Lama ne mettent jamais longtemps à hurler faux et à nous casser les oreilles. Vive le murmure cassé de Renaud.
          Ceci dit, aujourd’hui, sa voix, il la donne à la droite « dure ». Mieux vaut qu’on ne l’entende pas.
          J’aurais bien aimé, pourtant, avoir un Bruce Springteen en France !

        • Yves Rouxel dit :

          A Minette pascal.Hé bien acheter l’album de Saez et écouter les textes qui en disent long sur l’époque actuelle.

  17. ballantrae dit :

    Cette cinéaste semble effectivement passionnante.Tenez nous au courant si vous trouvez de la doc, MB.

    • MB dit :

      à Ballantrae: je n’ai pas ma doc sous la main étant en séjour de plaisance à l’hosto mais ya deux bouquins mais tous deux en anglais dont l’un insiste (superficiellement ou par mode?) sur le féminisme de Arzner: « Work of Dorothy Arzner: Towards a Feminist Cinema » de C Johnston et « Directed by Dorothy Arzner » de J Mayne. Je me demande si Angelillo ne les a pas déjà lus tous les deux! Ou Michael Rawls. Vous tiens au courant.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Attention aussi aux livres trop fortement à thèse qui s’appuyant sur l’homosexualité d’arzier qu’elle dissimulait veulent imposer des visions au forceps en voyant un refus de l’hétérosexualité, ce qui est assez discutable

        • MB dit :

          à Bertrand: d’accord.

        • Antoine Royer dit :

          Merci infiniment, Bertrand, pour la double citation, j’en suis très honoré, d’autant plus qu’il m’a été difficile, en effet, pour écrire ce texte sur Merrily we go to hell, de trouver une quelconque documentation en français. Je me suis donc probablement laissé abuser par certains des universitaires américains en question pour exagérer l’influence de son homosexualité sur son cinéma. Ceci étant, je pense que nous sommes d’accord sur l’essentiel, à savoir que Merrily we go to hell est un film admirable et qu’il est grand de s’intéresser plus précisément au travail de Dorothy Arzner de ce côté-ci de l’Atlantique. Au plaisir (impatient) de vous relire, qui plus est si vous citez DVDClassik !

  18. Edward dit :

    A Bertrand : avez-vous un livre à conseiller sur le Code Hays (les films qui en sont la cause, la manière dont il a été contourné, etc)?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Edward
      Il y a pas mal de livre surtout en Anglais qui parlent de l’arrivée du parlant et du Code. On trouve même un article documenté sur Internet

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film de Larry Cohen »Meurtre sous contrôle »de 1976 puis un autre polar de 58 signé par Irving Lerner »Meurtre sous contrat »deux films que je recherche en vain?Bonnes fetes à vous et à votre famille.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          MEURTRE SOUS CONTRAT a été évoqué deux fois au moins sur ce blog
          MURDER BY CONTRACT est d’une rare sécheresse mais je me suis toujours demandé si ce ton dépouillé, dégraissé, surprenant dans son refus de la scène à faire, ne venait pas autant des manques d’Irving Lerner (qui apparaitront dans ses films suivants) que de ses qualités : une certaine platitude dans les cadres, les plans qui contredit des options souvent intelligentes. Le scénariste Ben Maddow (non crédité) a du aussi jouer un rôle important.
          Mais MURDER BY CONTRACT (MEURTRE SOUS CONTRAT) reste un film mystérieux, intrigant, sec comme un coup de trique… Notre notule était assez succincte et négative. Et l’on sous-estimait le ton formidablement moderne, très en avance sur son temps. On comprend l’enthousiasme de Scorsese – l’influence est claire, contrairement à d’autres influences, assez problématiques, revendiquées par Scorsese. Il y a des scènes étonnantes, entre Edward et ses deux acolytes, dont l’un ne comprend rien à ses méthodes et s’inquiète continuellement, un serveur d’hôtel qu’il engueule avant de lui donner un gros pourboire, ou une prostituée avec laquelle il ne veut absolument pas coucher… Ce dépouillement est peut-être dû à des qualités négatives, au manque d’expérience de Lerner. À ses hésitations quant à la place de la caméra, pointées par Ben Maddow, scénariste blacklisté que Philip Yordan, seul à apparaître au générique, utilisa de nombreuses fois comme nègre (COTE 465, LE PETIT ARPENT DU BON DIEU, QUAND LA MARABOUNTA GRONDE). Comme le dit Jean-Pierre Coursodon à qui j’emprunte ses commentaires pertinents, le chef opérateur suppléait à cette carence. Il y a en effet au début une scène à deux personnages où l’on ne voit pas la tête du premier et quand l’autre s’assoit dans un fauteuil, on ne voit plus que ses jambes.
          Néanmoins les films suivants de Lerner paraissent plus ternes, voire frustres que celui-ci sans que ce dépouillement ressemble à de la modernité.

  19. MB dit :

    Le dvd de MERRILY WE GO TO HELL est sans st mais le coffret a des stf qui comporte aussi:
    THE CHEAT/1931
    HOT SATURDAY
    TORCH SINGER
    MURDER AT THE VANITIES
    SEARCH FOR BEAUTY
    Je ne connais aucun des autres films

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      J’avais deja répondu : MURDER AT THE VANITIES est une enquête criminelle dans un music hall, prétexte à des numéros inégaux mais parfois extravagants, des filles déshabillées (un peu) et Duke Ellington. HOT SATURDAY est un William Seiter redécouvert récemment. Les autres titres sont loués par cet excellent critique qu’est Glenn Erikson de DVD Savant

      • MB dit :

        à Bertrand, pourtant je n’ai rien trouvé sur le blog sur les autres films. Le coffret doit valoir le coup.
        THE CHEAT/FORFAITURE est un remake du film de 1915 produit par DeMille dans lequel Fanny Ward est marquée au fer par Sessue Hayakawa! Sadoul avait vu ce film relaté dans son petit dico de 1965. Sa critique m’avait marqué moi, moralement, à 15 ans! Le remake de 31 est avec la redoutable Tallulah Bankhead et remplace l’Oriental bourreau de la bourgeoise dissolue par un Américain récemment revenu d’un pays asiatique… Il y a un racisme diffus dans cette histoire malsaine y compris en remplaçant l’Oriental par un blanc revenant de ces pays lointains et moralement douteux par orientalisation!…
        Il y a un remake français signé L’Herbier avec Hayakawa reprenant son rôle: « Denise Moret est allée rejoindre Pierre, son mari, en Mongolie où il travaille comme ingénieur du génie civil. Un soir elle perd beaucoup au jeu et emprunte de l’argent au prince Lee-Lang qui lui fait aussitôt des avances qu’elle repousse. Le prince se venge en sabotant le travail de Pierre et au cours d’une entrevue dramatique où il la marque au fer rouge, Denise le tue. Elle est acquittée. » (Wikipédia). Cette version absout totalement la femme (selon ce résumé) qui dans les versions USA a une énorme part de responsabilité, décrite comme une dépravée même si le puritanisme et racisme américains demeurent en se délectant de l’ignominimie de l’Oriental ou de l’homme revenant de là-bas! Je n’ai vu aucun de ces films ceci dit.

  20. MB dit :

    merci pour cette intro fouillée à Arzner. Il faut lire la mini bio passionnante signée Jon C Hopwood (in angliche alas!):
    http://akas.imdb.com/name/nm0002188/bio
    Elle a eu une vie extraordinaire, serveuse dans le restaurant de ses parents, elle a commencé comme monteuse, avec succès auprès de De Mille. Au début du sonore, paraît-il qu’elle invente la perche en attachant un micro à une canne à pêche! (authentique?). Pendant la 2ème guerre, elle se joint à Ford et Stevens pour l’effort de guerre et fait des films d’entraînement pour le corps féminin (Wacs). Elle conduisait déjà une ambulance pendant la 1ère guerre comme Clara Bow dans Wings! Elle a fini prof à l’UCLA dans les 70!
    Je vais regarder s’il y a un bouquin.

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