Des films français, italiens et russes

14 novembre 2017 par - DVD

HOMMAGE À CLAUDE RICH
Claude Rich est mort. Claude Rich que j’adorais. J’ai dirigé deux fois cet immense acteur inspirant, jubilatoire, cocasse, profond, aérien. Qu’on revoie JE T’AIME, JE T’AIME où il était génial mais aussi LE CRABE TAMBOUR, LE DERRIÈRE de Valérie Lemercier, LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR de Bruno Podalydès, AIDE TOI ET LE CIEL T’AIDERA (Rouxel, vous connaissez ce film si social ?), LE JARDIN DES PLANTES, ce téléfilm délicat de Philippe de Broca. Il se déplaçait tellement facilement d’un registre à l’autre qu’il a pu jouer deux personnages totalement différents dans le film sans que personne ne s’en aperçoive. Dans PARIS BRÛLE-T-IL ? il incarne à la fois Leclerc et un jeune lieutenant qui occupe un appartement au dernier étage d’où il contrôle.

FILMS RUSSES

Très récemment, Potemkine nous a permis de reconsidérer Grigori Tchoukhrai (on était un peu condescendant avec CIEL PUR, le film du dégel) : LA BALLADE DU SOLDAT et LE QUARANTE ET UNIÈME (ah, le Sovcolor, l’équivalent du Trucolor de la Republic) tiennent remarquablement le coup. Quel plaisir que de revoir LE QUARANTE ET UNIÈME et LA BALLADE DU SOLDAT qu’une partie de la critique regardait avec un certain dédain. Or les deux frappent par leur attention à des détails humains, touchants. On y sent un grand respect pour certaines émotions intimes, secrètes. Tchoukhrai, cinéaste lyrique, se révèle aussi un formidable directeur d’acteur : Vladimir Ivachov et Jana Prokhorenko, bouleversante de fraicheur et de vérité, sont formidables dans LA BALLADE DU SOLDAT. Dans les bonus de ces deux films (il me reste à revoir CIEL PUR) qu’il ne faut pas rater, Tchoukhrai raconte l’enfer qu’il a vécu pour arracher ces œuvres, les vexations bureaucratiques, les jugements de comité, les prédictions catastrophiques, la Censure pointilleuse. Il doit faire face à une mutinerie de son équipe quand il renvoie les deux vedettes pressenties pour LA BALLADE et les remplace par de jeunes acteurs inconnus.

  

L’une des grandes forces, des grandes originalités de Potemkine est d’avoir littéralement ressuscité une grande partie du cinéma russe qui était devenu totalement introuvable, aussi bien en 35 qu’en vidéo. Et on peut ainsi redécouvrir des cinéastes extrêmement importants et sous-estimés en France comme Kalatozov (QUAND PASSENT LES CIGOGNES n’est pas seulement un film d’opérateur et SOY CUBA est d’une virtuosité lyrique confondante) ou méconnus comme le magnifique Gleb Panfilov qui, avec sa femme, l’extraordinaire Inna Tchourikova, a dirigé un petit corpus de films uniques. Ruez-vous sur JE DEMANDE LA PAROLE, PAS DE GUÉ DANS LE FEU, LE DÉBUT : voilà des œuvres, des expériences que vous n’oublierez pas.

Autre mérite : rendre justice à Larissa Chepitko et Elem Klimov, tous deux diplômés de la prestigieuse section de réalisation du VGIK, la grande école de cinéma de Moscou, qui formèrent un couple inséparable à la ville mais menèrent des carrières bien distinctes. Comme on l’écrit dans le coffret, ils réalisèrent chacun une poignée de films formellement magnifiques, se caractérisant par une forte empreinte contestataire, refusant de sacrifier leur art et leurs convictions aux dérives du système communiste qu’ils dénonçaient. En 1979, à seulement 41 ans, Larissa Chepitko trouve la mort dans un accident de voiture sur la préparation d’un nouveau film. Elem Klimov reprendra le projet écrit par son épouse et le mènera jusqu’à son terme 2 ans plus tard, réalisant ainsi leur seule œuvre commune, LES ADIEUX A MATIORA. À DÉCOUVRIR D’URGENCE.
Pendant que vous y êtes, regardez aussi chez Potemkine les coffrets Jacques Rozier (le sublime ADIEU PHILIPPINE mais aussi BLUE JEANS, RENTRÉE DES CLASSES ou MAINE OCÉAN) ou Jean Epstein, cinéaste encore méconnu.

Et ne manquez pas LEVIATHAN d’Andreï Zviaguintsev, comme l’écrit Alexandre Jourdain sur avoir-alire.com : « Outre sa structure narrative, d’une prétention hors du commun – Zviaguintsev brasse des références comme la Bible ou l’analyse du corps social chère à Hobbes –, Leviathan est d’abord une véritable déflagration visuelle. Non content de donner à voir des cadrages sidérants et des plans cosmogoniques renvoyant directement au cinéma d’Andreï Tarkovski – comme l’image d’une violence symbolique immémoriale -, le long-métrage intègre sans doute quelques-uns des plans-séquences les plus ingénieux aperçus ces dernières années. Une richesse que le réalisateur met au service d’un système de déconstruction chirurgical, aussi bien pour dénoncer les tares du système russe que celles de son peuple. »

FILMS ITALIENS
IL BOOM de Vittorio De Sica
Comme quoi il faut tout vérifier, toujours. Quand on lit les critiques, les historiens du cinéma, tous sont d’accord pour écrire que les années 60 ont été une période catastrophique pour De Sica et qu’il faut attendre LE JARDIN DES FINZI CONTINI pour qu’il renoue avec l’inspiration. Ce dernier film m’a toujours paru propret et un tantinet maniéré. Or LE RENARD S’ÉVADE A TROIS HEURES (AFTER THE FOX) contient quelques moments très marrants (une mise en boîte d’un critique qui s’extasie à tout bout de champ sur les incohérences tournées par The Fox) et Victor Mature était sensationnel. Il y a un DVD aux USA chez Kino. MARIAGE A L’ITALIENNE a été heureusement réhabilité et maintenant c’est IL BOOM, une comédie noire et grinçante qui est une des plus grandes réussites de son auteur. Son échec commercial avait empêché sa distribution en France. Dès l’ouverture, on est ébahi par l’interprétation acérée d’Alberto Sordi, la justesse avec laquelle De Sica et son scénariste Zavatini (dont on méconnaissait le sens de l’humour) croquent une époque gangrenée par l’argent, le mythe de la réussite financière, l’endettement. Sordi joue justement un spéculateur qui s’est terriblement endetté et qui cherche de l’argent à tout prix pour permettre à sa femme (Gianna Maria Canale, plus vive qu’à l’ordinaire) de garder son train de vie. Comme l’écrit justement Jacques Lourcelles, Sordi joue un homme qu’on peut manipuler, convaincre, désespérer et réjouir dans la même minute. De Sica a fait en sorte que le spectateur, anxieux et complice, retrouve dans ce personnage une image de sa propre vulnérabilité. » On va lui proposer un marché effrayant et la femme d’un certain âge qui va l’appâter est incarnée, sublime idée de distribution, par une cantatrice d’origine bulgare, Elena Nicolaï, qui en fait un des personnages les plus monstrueux, les plus terrifiants qui soit.
Un cran en dessous mais bénéficiant d’une grandiose interprétation de Sordi, UN HÉROS DE NOTRE TEMPS de Mario Monicelli, trace de manière bouffonne et aigüe le portrait d’un couard arrogant, lèche-cul, retournant sa veste dès qu’un supérieur hausse le ton. Sordi n’avait vraiment pas peur de prendre des risques avec ce genre de personnage que l’on peut facilement détester et il ne cherche pas à atténuer ses défauts, bien au contraire. Il faut le voir et l’entendre comparer le Tibre au Mississippi et essayer des chanter des variations sur Old Man River. A noter que le patron pète-sec, qui espionne ses employés et place partout des micros, est joué par Alberto Lattuada.
LES SURPRISES DE L’AMOUR est un Comencini très mineur qui s’épuise vite malgré une interprétation subtile de Walter Chiari.

FILMS FRANÇAIS

MESSIEURS LUDOVIC, sympathique comédie écrite et réalisée par Jean-Paul Le Chanois s’ouvre sur un commentaire dit par Carette et un monologue amusant joué par Etienne Decroux. Le point de départ ne nous mène pas bien loin et les rebondissements sont très prévisibles. Mais il y a quelques tirades sociales qui ressemblent à leur auteur, Blier, Carette et une apparition de Jules Berry, assez fatigué. Le personnage d’Odette Joyeux flirte avec l’irresponsabilité. A noter que le générique mentionne les équipes ouvrières du studio.

Précipitez-vous sur un film français assez obscur qui vient de sortir dans la collection rouge de Gaumont, très peu chère. Il s’agit d’OUVERT CONTRE X… (un titre qui m’avait intrigué à l’époque) de Richard Pottier (un faiseur mais qui a signé deux ou trois films agréables). C’est une enquête policière d’après un sujet ou scénario de René Floriot (ce qui explique la multiplicité, la méticulosité de certains détails procéduraux ou documentaires), dialogué de manière marrante mais qui devient trop insistante par Marc Gilbert Sauvageon. Certains échanges sont vraiment caustiques et marrants, avec pas mal d’acteurs épatants, souvent justes, une absence de vedette (mais Yves Deniaud et Jean Debucourt sont excellents) et un côté choral comme dans POLICE JUDICIAIRE de Maurice de Canonge. Pottier ne se foule pas. On le sent heureux dès qu’il a trouvé des sièges où faire asseoir ses personnages qu’il cadre souvent en gros plan face caméra. On y entend en 1952, « Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des Canards sauvages ». En tout cas, cela vaut le coup d’œil. Musique assez bonne de Marc Lanjean.

IDENTITÉ JUDICIAIRE de Hervé Bromberger est un excellent polar très bien écrit par Jacques Remy, dialogué par Henri Jeanson (renvoi d’ascenseur pour le travail de Bromberger sur LADY PANAME). La scène d’ouverture où un inspecteur accroche ses habits un à un, met en ordre son bureau, choisit un crayon, replace son buvard avant d’entendre le premier plaignant est très savoureuse. Tout comme certains dialogues où l’on épingle ces industriels qui ont construit le mur de l’Atlantique et ont reçu la Légion d’Honneur. J’aime beaucoup ces plans où Souplex déambule dans les bureaux en réfléchissant. Je pense que c’est ce film qui a donné l’idée de le distribuer dans les 5 DERNIÈRES MINUTES. Bromberger filme bien un meurtre surprenant, le suicide d’une jeune fille cernée par les gendarmes. La poursuite finale est plus discutable.

  

Je crois n’avoir jamais parlé de MEURTRE A MONTMARTRE (ex REPRODUCTION INTERDITE) de Gilles Grangier qui est pourtant une vraie réussite. Modeste mais indéniable. Pas d’esbroufe mais un ton feutré, aimable, exempt de toute noirceur prédéterminée, une direction d’acteurs impeccable. C’est le grand rôle de Paul Frankeur mais Michel Auclair est remarquable et Annie Girardot donne une profondeur, une ambiguïté à la moindre de ses répliques et arrache son personnage à la convention. Excellent scénario écrit par Grangier et René Wheeler et bien dialogué par Wheeler. On croit au métier des gens, à leurs gestes, aux décors où ils vivent. Ne laissez pas passer ce film.

En revanche une nouvelle vision de LA MÔME VERT DE GRIS m’a confirmé l’énorme supériorité de CET HOMME EST DANGEREUX (qui aurait dû être le premier de la série, ce qui est dans le principe du scénario, mais Jean Sacha ne parvenait pas à monter son film et Borderie est passé devant). Les 10 premières minutes témoignent de velléités de mise en scène mais très vite le découpage plan plan reprendre le dessus sans parler des dialogues assez accablants. Interprétation assez médiocre.

MALÉFICES de Henri Decoin fut une plaisante surprise. Je m’attendais à un nanar ridicule mais j’ai vu un film inégal mais sobre, tenu et que Decoin semble avoir pris très à cœur. Et son échec le démoralisa. Le scénario écrit par le réalisateur et Claude Accursi d’après Boileau Narcejac, flirte avec la magie, le fantastique. Ce n’était pas à la mode et il se fit sévèrement étriller. On se moqua de Juliette Greco et de son guépard…Pourtant le ton est discret, retenu (trop retenu ?), allusif plus proche de Val Lewton que des films de la Hammer, avec de splendides extérieurs bretons en Scope (bien utilisé et bien filmé) et une musique de… Pierre Henry (la seule qu’il ait écrite) ce qui prouve la curiosité de Decoin qui va chercher après Dutilleux et Sauguet un des fleurons de la musique contemporaine. Et cette musique annonce celles de Carpenter. Très bien utilisée, elle donne un coup de jeune au film. La fin sacrifie au gout des rebondissements, à la dictature de l’intrigue, poncifs chers à Boileau Narcejac que Hitch avait cassés en révélant le pot aux roses tôt dans le film, idée de génie. Là, les coups de théâtre (inutiles, frustrants) semblent des boulets qui plombent le propos. Decoin pendant plus des trois quarts du récit s’en passe fort bien. Il aurait dû rester dans le même ton. Mais il y a des plans de nature assez rares dans le cinéma français de cette époque (là on casse un cliché) et la musique de Pierre Henry. Greco est pas mal et on pense qu’elle peut être maléfique.

Je m’imaginais que LA CHARRETTE FANTÔME de Duvivier allait être une purge et j’ai été assez surpris. Ce remake impossible (fausse bonne idée) de Victor Sjöström contient des plans magnifiques (toute l’ouverture) et des moments moins pesants, moins grandiloquents qu’on aurait pu le craindre, une véritable atmosphère même si la symbolique du récit, habilement déclinée, datait déjà terriblement au moment du tournage. De nombreux moments (ce qui se passe chez les pauvres) sont une nouvelle preuve du talent de Duvivier même s’il s’égare parfois.

L’ENFER DES ANGES est une de ces œuvres sociales, généreuses, pleines de bonnes intentions qui marquent la filmographie de Christian-Jaque. On y trouve des décors où vit tout un lumpenprolétariat peu évoqué par le cinéma français à cette époque. Jean Tissier est sensationnel en truand faux jeton, impitoyable sous ses dehors bonasses. Malheureusement Louise Carletti, très faible, renforce le coté sentencieux de son personnage.

LES MALHEURS DE SOPHIE de Jacqueline Audry (1945) qui doit bientôt sortir chez Pathé est une adaptation extrêmement intéressante, une relecture très partielle et progressiste de la Comtesse de Ségur, prenant le parti de Sophie quand elle est enfant, malgré ses erreurs contre sa gouvernante stricte et respectueuse de l’ordre (Marguerite Moreno). Mais le film bifurque vite. Sophie devient une jeune fille, Paul s’engage sur les barricades pour défendre la République contre le futur Napoléon III, les Petites Filles modèles sont des pimbêches. André Alerme campe un préfet très réjouissant qui inspire Pierre Laroche ( « la poussière ennoblit l’ouvrier mais salit les Préfets »). On parle de mariage forcé où la jeune femme n’a rien à dire. Le film chez Pathé mérite une redécouverte. Il est féministe et anarchiste.

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Commentaires (88)

 

  1. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous : ce petit message pour vous recommander le beau livre de Patrick BRION « CINÉMA DE MINUIT,40 ANS, 2000 FILMS » qui vient de sortir en librairie il y a quelques jours.
    Du 28 mars 1976 à aujourd’hui, Patrick BRION revient semaines après semaines, années après années sur ce beau programme qui m’a fait découvrir tant de films (parfois très rares), tant de réalisateurs. Dans un entretien en guise de préface, l’auteur explique les origines du programme, les difficultés rencontrées pour obtenir parfois les droits de diffusion, la complémentarité (et non la concurrence) du CINÉMA DE MINUIT avec le CINE-CLUB de la 2 animé par Claude-Jean PHILIPPE.
    En plus d’être un beau voyage en cinéphilie, le livre m’a aussi permis de me remémorer les circonstances, les lieux précis ou parfois j’ai découvert tel ou tel film, de soudain me souvenir de quelques titres vus mais aussi oubliés.
    Chaque titre évoqué ne croule pas sous une imposante fiche technique. Ce n’est pas le but. Mais chaque oeuvre est succinctement commentée.
    Le genre de livre qu’il est difficile de refermer…

  2. MinettePascal dit :

    Je ne sais pas si quelqu’un d’autre a revu LE CORBEAU passé hier sur arte.
    C’est peut-être un détail bien connu mais j’ai été frappé par ce plan : Fresnay tient un corbac empaillé dans les mains sur fond sonore d’un choeur d’enfants récitant leurs tables. Mais bon sang, où avais-je vu ça ailleurs ?
    LES OISEAUX d’Hitchcock bien sûr ! Tippy environnée de piafs attendant que les mômes finissent leur comptine.
    Si quelqu’un sait si c’est une coïncidence ou une influence ?

  3. MB dit :

    Ce soir sur tf1, SAN ANDREAS:
    « Un jour, la célèbre faille de San Andreas, entre les plaques tectoniques du Pacifique et de l’Amérique, risque d’engloutir la Californie dans un méga-tremblement de terre. (…)
    Riche en gravats, mais pauvre en suspense, le spectacle se concentre hélas sur Dwayne Johnson (jadis surnommé « The Rock »), moins expressif qu’un sismographe en panne »
    — Cécile Mury
    eh eh eh eh ah ils sont méchants quand même quand ils veulent à Télérama!

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.J’ai vu la bande annonce de « Jumanji »la suite avec « The rock »qui porte bien son nom.Pire que Steven Seagal et autres pseudo acteurs ricains qui ne dégagent que de l’ennui et une forme de pitié pour les spectateurs qui se déplacent pour ce genre de navets.

      • Pierre dit :

        A MB et Rouxel

        Désolé mais je trouve cela un peu facile. Je préfère encore que la première chaine fasse une bonne audience avec un blockbuster américain qu’avec une série télévisée. Quand un film fonctionne auprès du public, c’est le cinéma qui est gagnant et c’est tant mieux.

        Prendre du plaisir, le temps de la projection, à « san andreas » est loin d’être honteux et Dwayne Johnson a plus de charisme que ce que vous en dites. Personne ne prétend que san andreas rivalise avec conversation secrète, mais on peut apprécier chacun des deux à sa juste mesure.

        • MB dit :

          à Pierre: jamais indiqué un jugement critique sur SAN ANDREAS que je n’ai d’ailleurs pas vu, je ris de l’expression utilisée de « sismographe en panne » qui est drôle, sauf pour vous, et qui caractérise bien l’acteur The Rock que j’ai vu dans le remake de WALKING TALL de Karlson et qui est effectivement très peu expressif. Et en effet il n’y a rien de honteux à voir un blockmachin sans blague, je sais pas où vous avez lu ça, et j’estime que je fais partie du public, que vous semblez mettre à part dans votre billet, non?

        • Yves Rouxel dit :

          A Pierre.Pourquoi comparer un film comme « Conversation secrète »avec »San andreas »,il n’y à aucun point commun entre la carrière de Gene Hackman et celle d’un catcheur reconverti à Hollywood.C’est deux poids,deux mesures(excusez du jeu de mots mais je n’ai pas pu m’en empecher,c’est plus fort que moi).

        • ballantrae dit :

          Je n’ai pas eu l’impression en voyant sur Canalsat 20-25 mn de San Andreas que le cinéma était gagnant (sur les conseils d’un pote qui un jour de pluie, en déplacement pour le boulot l’avait vu et avait réussi à en rire), ni mon cerveau d’ailleurs.
          The rock est un effet spécial 100% naturel: sans s’être fait refaire la face, il réussit à donner l’impression que on visage est en silicone UN EXPLOIT!
          L’héritage de S Seagal ( qui est devenu Bouddhiste mais en comprenant que l’enseignement de Bouddha consistait à forcir et affecter un sourire éternel avec les yeux plissés) qui a de plus en plus de mal à lever la patte est enfin assuré.

  4. Yves Rouxel dit :

    Avant d’aborder un film de Pierre Billon,je voulais revenir sur »Quai des orfèvres »de Clouzot que j’ai revu pour la ènième fois.Tout d’abord dans le scénario il y à une erreur quand Maurice Martineau(Blier)est interrogé par le commissaire,un de ses adjoint lui demande d’enlever ses lacets,et de lui donner sa cravate et sa ceinture.Martineau est conduit dans une cellule,sa voisine est une prostitué qui lui demande ce qu’il fait là.Il ne réponds pas,défait son bracelet de montre et casse le verre qui va lui permettre de se trancher les veines.Mème si nous sommes à la fin des années 40,la police faisait enlever tous les effets personnels de l’individu mis en garde à vue.Donc mystère,est ce volontaire ou involontaire de la part du scénariste et du réalisateur?il faut découvrir »Agnes de rien »de Pierre Billon qui est une oeuvre étrange et onirique à la fois.Une jeune fille marche seule sous la pluie,elle cherche en vain son chemin.Elle croise un homme qui lui indique l’emplacement de la vieille demeure au fond des bois.Sur le perron de la porte,elle est accueuillit froidement par un homme à la mine patibulaire(Paul Meurisse incarne Carlo)qui l’a fait rentrer afin de se sécher.Elle s’évanouit et se réveille le lendemain dans une grande chambre lugubre ou le froid règne.En effet on apprend qu’il pleut 360 jours par an et que le chateau tombe en ruines.Danielle Delorme éclaire de sa beauté et de sa jeunesse ce film au climat qui flirte avec le fantastique et le réalisme poétique.Je vais me pencher sur cet artisan selon Tullard qui à co-réalisé un film avec Jean Cocteau.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Un fonctionnaire peut commettre une erreur et la montre peut lui paraitre moins problématique que les lacets et la cravate. Pensez que parfois les personnages peuvent se tromper avant d’accuser un cinéaste aussi obsessionnel que Clouzot. Et j’ai envie de voir AGNÈS DE RIEN

      • Yves Rouxel dit :

        a Bertrand.Vous m’en direz des nouvelles.Je voulais revenir sur un film vu en 1977 à la télévision ou Patrick Brion lui consacra une rétrospective amplement méritée.Il s’agit de « Justin de Marseille »un des trois chef d’œuvre de Maurice Tourneur.J’irais dans votre sens Bertrand en espérant retrouver cet entretien accorder par ce cinéaste à la Cinémathèque en 54.Tout commence en musique et en chanson sur le port de la Canebière à Marseille entre les deux guerres.On suit une troupe d’enfants mené par le fada(génial Aimos)qui brandit un drapeau et donne de la voix.Tourneur plante le décor sur les quais ou un pécheur discute avec un journaliste parisien venu écrire un papier sur le milieu Marseillais.Puis l’œuvre bascule dans les réglements de compte entre les trois gangs qui règne sur la ville.D’un coté la bande à Justin avec à sa tète le bègue incarné par Pierre Larquey,de l’autre celle d’Esposito enfin les Chinois qui contrôlent le trafic d’opium entre l’Asie et la France.L’interet du film vient de l’aspect social et Tourneur nous décrit de façon précise les différents métiers de la ville(les pécheurs,les vendeuses de poissons à la criée,le restaurateur et sa femme,le monde de la prostitution avec le maquereau qui joue son propre role…).Mais dans les films de Tourneur il y à toujours de l’amour et des sentiments entre les ètres poursuivis par leurs passés.Je tiens ici Bertrand à vous remercier des bonus de ce dvd qui apporte une grande pierre à l’édifice de ce cinéaste,en esperant qu’un jour on puisse découvrir tous les films muets tournés aux Etats-unis et en France car l’œuvre est considerable .

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Entièrement d’accord. J’avais fait les bonus du coffret Pathé et Philippe Meyer expliquait la présence des Chinois à Marseille et autour de la gare de Lyon (le remarquable AU NOM DE LA LOI)

        • Julia-Nicole dit :

          Je rappelle à ce sujet qu’un livre essentiel sur Tourneur est paru aux éditions de l’Harmattan il y a quelques mois: « Maurice Tourneur – Une vie au long cours », par Eric Bonnefille.
          Il analyse en détail tous les films de Tourneur existant à l’heure actuelle (une grande partie de l’oeuvre américaine étant perdue), et donne des informations intéressantes sur le tournage des films, les projets non aboutis, et certains aspects méconnus de la vie de Tourneur.

  5. ballantrae dit :

    Désolé de revenir de manière obsessionnelle sur ce point: pourquoi La passion Béatrice demeure introuvable en DVD en France?
    En revanche, je viens de constater qu’existait une édition espagnole.
    Avant de m’y risquer, je voulais savoir ce que vous en pensiez, Bertrand,question qualité image/son.
    Sinon, il est dommage que Laissez passer qui me manque encore en DVD (un comble car c’est de mes films préférés parmi ceux qui ont dépeint le cinéma en train de se faire) ne soit pas réédité car il constitue le complément parfait de l’épisode de la série articulant avant guerre/guerre/après guerre.
    Quant à la série sur Soupault, je crois qu’elle demeure encore inédite en DVD.Le fils de Caussimon devait à une époque s’en occuper mais je n’en ai plus entendu parler alors…ce serait pourtant un super coffret avec Lyon , le regard intérieur.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Je n’en avais jamais entendu parler

      • ballantrae dit :

        Sur la jaquette, flamboie un titre en rouge La pasion de Beatrice.Sur fond noir les silhouettes de BP Donnadieu et de J Delpy.
        L’éditeur se nommerait « Ciné » (sis dans un logo de petite maison).
        Cela pourrait sentir en fait l’édition « à bon marché » ( les horribles Zylo)c’est pour cela que je demandais votre avis.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Il y à quelques mois,je vous avez signaler la sorti de ce dvd que j’ai trouver sur un marché de Barcelone.La copie est bonne,en dehors du sous titrage en espagnol.

  6. MB dit :

    du neuf!
    http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/tavernier-il-est-normal-que-netflix-rafle-les-gros-cineastes-24-10-2017-2166893_2923.php#
    Euh… pour 100 Ans il y aura une souscription à prix préférentiel? ça serait pas con, ça?!

    • stag dit :

      Merci mb pour ce lien, merci bertrand pour ce que vous y dites, sur brion, pour résumer, et cela résume assez bien…

      • MB dit :

        à stag: le côté polémique sur le service public et le CDM de Brion (dont on ne sait toujours pas dans quelle sauce il va finir), sur Weinstein, m’a bien plu, ça défoule! et Netflix va autoriser certains films en salle, très bien, et 100 Ans…

      • ballantrae dit :

        Excellent papier et 100% avec tout ce que vous dites Bertrand sur les pseudo morts du cinéma, l’incurie du service public notamment pour la production de Voyage…, la chronologie des médias et les problèmes de distribution.
        D’accord aussi sur Weinstein et les comportements problématiques dans le cinéma -ou ailleurs !- mais peut-être avec la prudence qui s’impose concernant par exemple l’histoire de Polanski à la Cinémathèque où je crois déceler quelque amalgame…mais je me trompe peut-être? La cinémathèque honore tout bêtement un grand cinéaste (même si le dernier n’est pas forcément extraordinaire) en phase avec son actu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A BALLANTRAE
          BIEN SUR

        • Yves Rouxel dit :

          Alors que j’apprend la mort de Manson à la radio,un film est en préparation ou Brad Pitt incarnerais ce tueur sous la camera de Tarantino.Léonardo di caprio est au casting selon imdb!!!

        • Alexandre Angel dit :

          Pour Tarantino et Manson, je l’ai entendu aussi..
          De quoi échafauder moult perspectives sur le vrai sujet, le ton employé (le sens du pastiche et l’humour, même noir, y auront -t -ils leur place comme d’habitude?), le traitement de la violence, etc..
          Cela m’excite et me fait un peu peur en même temps.

    • Denis Fargeat dit :

      Merci pour ce bel entretien, je suis sidéré ( positivement) par la façon dont les enjeux sont posés… on a souvent , à écouter ou lire les médias, le sentiment que la situation est trop complexe pour être appréhendée calmement. Ici tout est clair et tient en trois pages vite lues. La colère de Bertrand est perceptible – et compréhensible, et partagée ! Mais il faut en faire quelque chose, de cette colère, la retourner de façon positive, en tirer de l’énergie, et c’est ce qui se passe dans ces pages. Quelle leçon ! Et merci pour Hans Zimmer, ça venge. La pauvreté d’inspiration des musiciens dont il est le porte drapeau n’est pas une épure, et me fait toujours penser à la phrase de Fellag l’humoriste:  » Nous , quand on touche le fond, on creuse. »

      • Denis Fargeat dit :

        Ah, désolé, petite remarque tout de même : comparer Zimmer à Bronislau Kaper est faire un immense honneur au premier… il y a quand même une expertise, une diversité d’inspiration sans commune mesure… peut-être Kaper est-il ici l’emblème d’une certaine routine dans l’utilisation , envahissante, de la musique, comparable du coup à l’usage de Zimmer… mais ça a dû faire bondir Pierre Berthomieu, assez assassin sur Zimmer.
        Et puis j’aime bien  » On green dolphin nstreet… »

        • Bertrand Tavernier dit :

          A DENIS FARGEAT
          CE N’ÉTAIT PAS ZIMMER MAIS LE HOWARD SHORE DU seigneur des anneaux

        • Denis Fargeat dit :

          Toutes mes confuses, j’avais lu un peu vite.

        • Sullivan dit :

          A Bertrand. Absolument pas d’accord avec vous sur l’appréciation de la partition de Shore pour LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Plus de 15 ans après la sortie du premier film, j’ai encore les thèmes en tête, l’orchestration, les leitmotiv, etc… Il a composé une musique qui colle parfaitement aux films de la saga de Jackson. Le sens de l’épique y est généreux, foisonnant et contrairement à bien des compositeurs d’aujourd’hui, il a su faire à l’instar d’un John Williams pour les films de Lucas ou Spielberg, preuve d’une créativité indéniable. La question du « démodé » en ce qui concerne la musique de film me semble être une question extrêmement subjective et également très délicate, dans le sens où sa mise en regard des images reste fondamentale. Même si je place comme vous, Rota, Herrmann, Goldsmith et tant d’autres bien plus haut dans mon panthéon pour toute leur carrière s’entend, car je ne trouve pas que Shore soit un très grand compositeur dans l’ensemble mais plutôt un bon artisan, et bien cette partition pour LE SEIGNEUR DES ANNEAUX est une de ses oeuvres que j’affectionne le plus avec celle composée pour Tim Burton (ED WOOD) et celle commise pour LE FESTIN NU, même si dans ce cas précis, Ornette Coleman reste décisif et inoubliable pour ses interventions solo et sa participation à l’écriture de quelques-uns des morceaux et qu’il a très certainement poussé Shore vers son meilleur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Sullivan
          D’accord sur les autres films mais en concert le SEIGNEUR, c’est éprouvant

        • Sullivan dit :

          A Bertrand : En concert ? C’est possible. Quelle date ? Quel orchestre ? Quel chef ? La musique de film est parfois bien interprétée en concert, mais pas toujours, loin s’en faut. Pour les mêmes raisons que l’interprétation des oeuvres de toute l’histoire de la musique de Von Bingen à John Adams en passant par Bach, Mozart ou Ravel. Il faut de bons interprètes, une bonne direction musicale, un grand chef dans le cas d’oeuvres à effectifs importants, de bons musiciens… Le concert des 30 ans de la collaboration Burton/Elfman au GRAND REX était pas mal, par exemple… Mais une musique est liée avant tout au film pour lequel elle a été écrite (pardon d’enfoncer des portes ouvertes) et dans le cas qui nous intéresse, Shore a été magnifiquement inspiré par le projet. Et comment ne pas être inspiré par le récit de Tolkien ? Et sa mise en image par Jackson ? Sa musique doit avant tout s’écouter en regardant les films.

        • Denis Fargeat dit :

          Il y a eu à Lyon une série de ciné-concerts ou l’ONL accompagnait les films de Jackson -en conservant le reste de la bande-son… Je ne sais pas si Bertrand de référait à ces soirées, ou à des concerts autonomes… En tous cas il y a sans doute d’autres musiciens à promouvoir, sans parler des mérites propres de Shore mieux exposé que beaucoup d’autres . J’imagine qu’on a aujourd’hui les moyens techniques- financiers c’est une autre paire de manches à retrousser- de faire l’équivalent des ciné-concerts Shore-Jackson avec des films de patrimoine, l’exemple dont on peut rêver étant « L’atalante »… Quel choc ce serait, d’entendre le moteur de la péniche de fondre avec les vrais musiciens d’un orchestre bien vivant ! Et tellement d’autres belles choses à partager….

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fa®gent
          Moi je me bats pour qu’on joue des compositeurs français comme Jaubert bien sur ou Kosma mais aussi Honneger, Milhaud, Jean Jacques Grunnwald (ses musiques pour les deux premiers Bresson sont splendides et celles pour Becker et Decoin : LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE partition géniale qui anticipe sur Philip Glass) sans parler de Auric, Van Parys, Delerue, Dutilleux, Misraki (avez vous écouter celle des ORGUEILLEUX ?)
          Et le concert de Shore était à Pleyel et ce qu’il écrit pour Corenberg, Burton et le Festin Nu est excellent. Remarquable saxophoniste soprano à Pleyel.
          Mais pour le Seigneur des Anneaux qui me casse les pieds malgré le brio visuel, là j’ai des préjugés, je le reconnais

        • Denis Fargeat dit :

          Merci pour votre réponse ! Les orgueilleux, j’ai le souvenir d’une belle utilisation du style latino américain… Dans le genre j’avais été bluffé par la musique de Misraki pour je ne sais plus quel Lemmy Caution.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          ALPHAVILLE

        • ballantrae dit :

          D’accord avec Sullivan, la BO de H Shore pour Le seigneur des anneaux (pas en concert mais durant le film , je ne suis jamais allé voir un concert à base de BO…) me semble majestueuse, sensible et assez fine dans son appréhension de l’univers de Tolkien que, comme J Gracq, j’aime profondément depuis longtemps.
          Certes Shore y est moins surprenant que chez Cronenberg ( je citerai entre autres les BO de Dead ringers, de Naked lunch avec O Coleman, de Crash ou de History of violence)ou Desplechin ( la BO de Esther Kahn est un sublime hommage à Delerue)mais il est loin d’être « pénible »!
          Je lui préfère bien évidemment Jaubert,Rota, Delerue, Ph Glass,Herrman, Sarde, etc…mais j’apprécie son travail.
          Zimmer c’est bcp plus variable mais son boulot pour Nolan est souvent très bien ( Inception et Interstellar tout comme Dunkirk) et La ligne rouge aussi.

      • MB dit :

        en ce qui concerne la musique de film, je dois avoir les portuguaises ensablées au cinoche car je n’avais jamais remarqué le côté « Philip Glass » de la musique du générique de LA VERITE SUR BEBE DONGE par Jean-Jacques Grünenwald. Et pourtant Philip Glass je le connais un peu beaucoup (certes moins que Sullivan ou d’autres, je suppose). Bertrand lui l’avait remarqué dans le même interview du Point plein à craquer d’infos bien serrées. Mais qui va ouvrir le Point en papier? Pas moi, j’ai trouvé ce lien chez mon excellent pote Christian Leciaguezahar sur Fesse de Bouc avec plein d’autres infos, merci Christian.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          C’est un ostinato soutenu par une rythmique repetitive écrit pour une petite formation : orgue (l’instrument de Grunenwald, piano quelques cordes)

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.Je vous remercit pour cet article,je m’éloigne de plus en plus de la presse papier en dehors de Positif,du Canard ou de L’Huma.Bertrand à entièrement raison sur le comportement de producteurs,réalisateurs ou d’hommes et de femmes de pouvoir dans tout les domaines.On ne peut jeter en pature tous les compositeurs de bandes originales de films tels John Williams,Angelo Badalamenti,Howard Shore ou Danny Elfman.En revanche c’est bien Zimmer qui à composer « Blade runner 2049″de Villeneuve il me semble?

    • ballantrae dit :

      Ah enfin une date pour 100 ans de cinéma américain: je m’en délecte par avance!!!Vivement lire ce que vous pensez de l’évolution de Scorsese, Eastwood ou Malick.Voir comment vous percevez maintenant Ford, Hawks (après nos discussions autour des derniers westerns), mesurer ce que vous avez pu redécouvrir…
      Mais qu’attend Actes Sud pour rééditer Amis américains qui lui est achevé, du moins je pense? Ce n’est pas tant à moi que je pense (puisque je l’ai) qu’ à tous les jeunes cinéphiles que je croise qui ne peuvent l’acquérir…

    • ballantrae dit :

      Ils parlent carrément de 20 épisodes!!! Pouvez-vous nous en dire plus?

      • MB dit :

        20 épisodes de quoi qu’est-ce?

        • ballantrae dit :

          Ben de la série Voyage à travers le cinéma français dont la diffusion a commencé sur Canal sat!
          Ce qui serait bien ce serait de savoir si c’est 20 x 1 heure ou si certaines heures comportent en réalité plusieurs chapitres.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ballantrae
          C’est 8 épisodes de 58/59 minutes mais ils ont aussi découpé en tranche VOYAGE

        • ballantrae dit :

          Je me réfère au lien ci-dessus vers l’entretien accordé au Point.

        • MB dit :

          à Ballantrae: OK, je vais attendre l’arrivée sur France5 si Delphine ne le passe pas à 3hdu mat! (et même…).
          Bertrand, si vous êtes en contact avec Patrick Brion, savez-vous s’il voit un bon avenir pour le CDM?

  7. Denis Fargeat dit :

    … Ah, grande nouvelle ( je viens tardivement de m’en rendre compte) : le retour de « Cinema Song  » sur France Musique, sous le nouveau titre de « Ciné Tempo ». Pour un prochain titre, la chaîne pourra faire appel à nos chers synonymeurs déchaînés…

    • MB dit :

      à D Fargeat: merci je l’aurais loupée sans ça cette émission, quelle idée de changer le nom en Ciné-Tempo!
      Tiens Ciné-Mambo plutôt, c’était bon, ça coco!
      Qu’en pensez-vous M Pascal, A Angel?

      • MinettePascal dit :

        A MB et DF : Très bon ciné-mambo, même si j’eusse préféré ciné-java. Je ne vois pas mieux mais je propose quand même « cinémascores » . ça fait vieille télé mais comme ça il ne reste rien à Alexandre à part des trucs pitoyables comme Andante con « moteur! »

        • Alexandre Angel dit :

          Bon, j’ai un truc pour le Demme et j’en suis pas fier..L’AID et on en parle plus.

        • MinettePascal dit :

          A AA : oui mais c’est un peu long et dénué de musique. Cherchez dans le genre « Biquets cois », plutôt.

      • Yves Rouxel dit :

        Ne manquez pas tous les mercredis à 6 heures sur France Culture la chronique cinéma de Michel Ciment.Lors de sa dernière chronique il à expliquer comment le film « La mort du cerf sacré »à été monté par une certaine presse alors que la réalisation est prétentieuse et sans rapport avec l’oeuvre immense de Kubrick.

        • ballantrae dit :

          Merci du tuyau, j’ignorais ce retour matinal de Michel Ciment sur France Culture après qu’ils l’aient éjecté de Projection privée pour laisser place à une assez triste émission que je n’essaie même plus d’écouter…

  8. Damien D. dit :

    Sur les De Sica des années 60, d’accord avec vous sur IL BOOM grâce à Sordi (qui d’ailleurs sauvé bon nombre de films italiens de l’époque). Me reste à découvrir ce RENARD qu’il va falloir que je découvre.
    Par contre MARIAGE A L’ITALIENNE m’a paru mineur et je dois avouer être bien passé à côté (j’ai du mal avec le jeu de Sophia Loren qui en dehors de sa beauté ne m’apparaissait pas totalement crédible dans son rôle). Enfin le pire est tout de même atteint avec HIER AUJOURD’HUI et DEMAIN dont on a bien du mal à y trouver le talent de De Sica avec les deux acteurs en roue libre…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A DAMIEN D
      PAS SEULEMENT À CAUSE DE SORDI. LE SCÈNARIO EST SENSATIONNEL ET LE CHOIX DES ACTEUR (LA FEMME DU PROMOTEUR) FORMIDABLE

      • D. H. dit :

        Sordi, dont une plaque sur une façade de maison située à deux pas de l’église Santa Maria de Trastevere rappelle la naissance dans ce quartier populaire de Rome, fait mentir par son abattage le dicton selon lequel « toute l’Italie travaille pour que Rome se repose ». Wikipedia nous apprend qu’enfant il a même été soprano dans le chœur de La Chapelle Sixtine !
        Dans un film en effet très faible comme un Héros de notre temps, il parvient à tromper notre ennui par sa prestation.
        Dans le, en revanche très bon, Il Boom, opportunément, son talent comique explose, en laissant subtilement entr’apercevoir les failles et les angoisses qui sourdent sous le vernis drolatique. Un peu comme dans Le Veuf de Risi, même si le scénario est ici beaucoup plus convenu et les gags attendus.
        Mais en cette même année, 1959, il apparait également dans le très étonnant I Magliari de Francesco Rosi, chronique plus proche du néo réalisme que de la comédie à l’italienne narrant les diverses expériences professionnelles d’immigrés italiens par assurer leur survie en Allemagne de l’Ouest (Hanovre et Hambourg). Le film, très sombre car chronique sociale proche du vérisme, est par intermittence frappé par la foudre jaillissant du jeux de Sordi, comme lorsqu’il se lance seul au volant de sa voiture après qu’il a été humilié par un parangon de chef mafieux dans une parodie de celui-ci, soulignant le ridicule de ces attitudes toutes de virilité stéréotypée pétries.
        Cerise sur le gâteau, dans le segment de I Complessi (Les complexés) mis en scène par Luigi Filippo D’Amico, il faut enfin voir Guglielmo il Dentone deviser avec Romolo Valli à propos de la forme de son nez ou passer le test pour obtenir le poste de présentateur du journal télévisé.
        Si, grande è Alberto !

  9. ballantrae dit :

    Quant aux deux films avec Sordi, ils confirment le génie de cet acteur qui n’avait pas peur de jouer des lâches, des combinards, des petits chefs avec une délectation incroyable chez nombre de grands.
    Inoubliables ses rôles dans La grande guerre, l’argent de la vieille ou les Vitelloni pour ne prendre que 3 titres emblématiques…et ils avait être génial dans des formats courts , je n’oublierai le sketch des Nouveaux monstres Comme une reine hallucinant de méchanceté…et de réalisme!

    • Henri Patta dit :

      A ballantrae.
      Tout a fait d ‘accord. Un immense acteur qui pouvait tout jouer.
      J ‘ai un faible pour ses roles dans des films peu connus comme LE MAFIOSO par exemple.

    • MB dit :

      Sordi est un génie rien que pour ce regard dans MAFIOSO à la fin quand aux USA il finit par comprendre qu’il ne peut plus refuser de faire ce qu’on lui demande.

  10. manu dit :

    Bonjour M. Tavernier,

    J’ai apprécié également le film « Ouvert contre X », principalement pour ses dialogues empreints d’humour et ses acteurs. Robert Dalban y a un rôle de flic assez important, et Yves Deniaud l’un de ses rares rôles en vedette. Le film n’est plus seulement disponible dans la collection rouge, mais également en blu ray et dvd chez Gaumont, avec pour unique et maigre bonus une petite interview de René Floriot datant des années 60…

  11. Alain dit :

    Bonjour Monsieur,

    Je viens d’acquérir le dernier ouvrage de Christine Letheu que vous avez préfacé sur la fascinante « Continental ». J’ai en effet été consterné par celui d’Ivani sur le même sujet. Partagez-vous ce point de vue ou suis-je trop sévère quand j’évoque ses jugements de valeur sans intérêt, ses erreurs, son écriture bâclée,ses citations peu fiables et sources erronées, en un mot son absence d’apport puisque ce n’est qu’un condensé de travaux préexistants mal digérés.J’ai pensé à Edern Hallier et à ce qu’il faisait des livres qu’il ne goûtait pas!!
    Je sais qu’avec Mme Letheu, la qualité sera indéniable.

    Merci de votre regard.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Alain : j’ai lu les deux. Alors c’est vrai n’y allons pas par quatre chemins : le livre de Christine Leteux est à des années lumière de celui de J.L.Ivani. Cependant, je ne trouve pas qu’il soit mauvais. Il est écrit un peu comme un roman et sans doute intéressant comme première approche du sujet pour un lecteur qui n’à pas trop de références sur la Continental.
      J’ai regretté aussi de ne pas y trouver un chapitre sur Greven APRÈS la Continental, chapitre que Christine Leteux aborde elle, dans son livre. Et autre grief sur le livre d’Ivani, des erreurs dans les prénoms (Greven baptisé Albert !!), et de nombreuses coquilles.
      Évidemment avec le livre de Christine Leteux, là c’est LE livre que j’attendais depuis longtemps. Et je ne vais pas expliquer pourquoi, Vous m’avez compris…

  12. Antoine dit :

    Le film de Duvivier n’a-t-il pas été longtemps introuvable pour une question de droits? Je confonds peut-être avec La « Fête à Henriette » avec la merveilleuse Dans Robin. Je pense aussi au « Miquette » de Clouzot qui vient de sortir.
    Pourriez-vous nous en apprendre plus sur cette problématique et nous dire si à votre connaissance certains « vieux »films restent encore inédits pour cette raison.
    Merci d’avance et pour tout.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Antoine
      Que dire, il y a parfois des questions de droits (un héritier qui bloque tout) ou de matériel : Gaumont cherche à restaurer LE VOYAGEUR DE LA TOUSAINT et un policier historique de Calef mais ne trouve pas de bon matériel

    • Yves Rouxel dit :

      J’ai pas du tout été enthousiasmé par »Miquette et sa mère ».Il y à une fadeur dans le jeu des acteurs et la mise en scène est vraiment en deça de la part de Clouzot.Il me reste à découvrir » Le mystère Picasso »puis de revoir »Les espions ».

      • Henri Patta dit :

        MIQUETTE ET SA MERE n ‘est en effet pas bien fameux mais que dire des ESPIONS ?
        Film assez abscon qui semble hésiter entre parodie et film de genre.
        A chaque fois que j ‘ai essayé de le revoir , je ne suis jamais allé jusqu ‘au bout.
        De plus gerard Séty n ‘a pas les epaules pour soutenir le film.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Le film néanmoins est très intéressant pendant la première partie : atmosphère étrange à la Enki Billal, humour noir, interprétations juteuse de Peter Ustinov et Sam Jaffe. Puis tout se bloque, car le personnage principal est inerte et amorphe ce qui rend l’entreprise abstraite et conceptuelle. Clouzot s’acharnait contre Sery sans voir que ce n’était pas sa faute mais celle du scénario. Lisez absolument le PREMIER SPECTATEUR de Michel Copurnot, formidable restanscription du tournage et des obsessions de Clouzot

        • Denis Fargeat dit :

          A Henri et Bertrand
          « Les espions » fait partie de mes films préférés, sans doute parce qu’il comptait jusqu’à récemment parmi les Clouzot dont on ne parlait jamais. Pas de snobisme là-dedans, juste le charme d’une voie pas explorée, à l’image de cette poésie de l’abandon qu’on trouve parfois , précisément, chez Clouzot (la piscine des Diaboliques, la maison des … Espions).
          Je m’étais bricolé à partir de ce film une petite théorie des espaces intérieurs : il y a des films qui construisent dans la tête du spectateur des topographies insensées, proches de ce que le rêveur produit ou tente de reconstituer à son réveil. Une dimension importante du cinéma , de ces films là en tous cas, serait ce que ce miroir aux alouettes fait à notre cerveau, faudrait demander aux neurologues ce qu’ils en pensent. La maison des « Espions  » est impossible- chose notée également dans le « Mauvais Genre » récemment consacré à Clouzot. Il y a aussi « Bride of the monster », son bassin souterrain avec pieuvre, auquel Lugosi accède en montant l’escalier ; les couloirs de « Shining » ou « Marienbad », l’immeuble du « Locataire »…. Il y aurait un Guide Vert (ou glauque) à faire, sur ces lieux qui hantent (ou sont hantés par) leurs visiteurs/spectateurs. Et si en plus on y croise un mr Kaminski ( Ustinov ) ou un Sam Jaffe qui cherche ses allumettes… on comprend que Sety soit un peu dépassé, il est notre représentant dans cette inquiétante demeure.

        • MB dit :

          à D Fargeat: très intéressant! Parfois la topographie de certains intérieurs est incompréhensible. Même où elle serait logique et réaliste elle est aussi parfois mal décrite et le spectateur se demande alors comment tel personnage peut passer de telle pièce à telle autre. Ca peut créer les vertiges poétiques ou surnaturels dont vous parlez. Dans les films d’action avec coups de feu en intérieur, si la topographie n’est pas claire, la scène tombe à plat! Comme il faut en plus prévoir les déplacements de la caméra et des acteurs et autres, ça doit être un sacré problème de mise en scène, avec le studio ça doit être plus facile, les murs s’envolent quand ils gênent! Il faut que je revoie LES ESPIONS, et BRIDE OF THE MONSTER pour admirer Lugosi monter un escalier pour descendre au sous-sol! C’est du Escher!

  13. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier : j’ai revu MESSIEURS LUDOVIC de LE CHANOIS dans l’édition sortie il y a quatre ans sur DVD. Je l’avais trouvé poussif, voire inintéressant. Une nouvelle vision hier (suite à votre présentation ici) à malheureusement confirmé cette impression. Il y a certes quelques moments amusants, grâce surtout je crois aux prestations des excellents comédiens de ce film, mais pas plus. Ça s’étire, je m’ennuie. D’accord avec vous. Jules qui apparait dans les ultimes minutes du film est bien fatigué. Pourtant il va encore apparaître dans quelques films mais qui sont bien loin de la qualité de ceux qui ont fait sa renommée.
    Je crois en réalité avoir confondu ce MESSIEURS LUDOVIC avec un autre film sorti à peu près à la même époque MONSIEUR GREGOIRE S’EVADE de Daniel Norman (1945), avec encore BLIER et BERRY. Dans mon souvenir il est très emballant. Mais pas revu.
    J’ai bien aimé IDENTITÉ JUDICIAIRE. Cest en le voyant que peu à peu je me suis aperçu que le personnage de flic joué par SOUPLEX allait ensuite devenir le Bourrel des 5 DERNIÈRES MINUTES à la télévision.
    LA CHARRETTE FANTÔME de DUVIVIER m’a surtout marqué pour ses acteurs et sa superbe photo. Mais il me semble qu’il a un côté un peu vieillot, dépassé. Ce qui est certain c’est qu’en le revoyant en vidéo je b’ai pas eu le même sentiment enthousiaste que lors de sa découverte à la télévision il y a longtemps chez Claude-Jean Philippe ou Patrick Brion, je ne sais plus vraiment.
    Vous me donnez envie de découvrir MALEFICES de Henri DECOIN.

  14. ballantrae dit :

    Quelle belle livraison!
    A commencer par tout ce que vous nous dites sur Claude Rich qui était un merveilleux comédien comme vous aviez su le montrer dans ces deux rôles mémorables de Crassac et de Pitard de Lauzier ( ah! sa réplique sur le sanglier et sa « hure »).Et bien sûr, on n’oubliera pas son rôle dans Je t’aime, je t’aime ou dans Le souper où il campa un Talleyrand extraordinaire.
    Belle livraison en provenance de l’Est bien sûr avec des auteurs longtemps négligés tels que:
    – Kalatozov dont les trois films du coffret sont passionnants y compris le moins connu La lettre inachevée qui possède un souffle aventurier rare et bien sûr le très émouvant Qd passent les cigognes (que j’eus la surprise de voir cité explicitement dans le dernier Kusturica)et le sublime, virtuose Soy Cuba qui renoue avec l’expressivité d’un Eisenstein
    -Elem Klimov et L Cheptiko effectivement un couple créatif passionnant et complémentaire qui sut secrètement marquer le cinéma sovietique des 70′-80′.Citons deux films de Klimov qui ne ressemblent à rien d’autre Raspoutine l’agonie aux accents baroques (dans le coffret) et Requiem pour un massacre ( à l’unité, l’un des films de guerre les plus remarquables de toute l’histoire du cinéma)
    -Panfilov est lui aussi passionnant, plus dialectique et intellectuel mais tout aussi fort dans sa réflexion sur un monde codifié
    – Zviagintsev est LE grand cinéaste russe actuel n’en déplaise à qqs esprits chagrins ( des Cahiers notamment qui en font un lourdaud ): c’est un vrai metteur en scène qui a fait jusque là un sans faute impressionnant depuis Le retour jusqu’au tout dernier Faute d’amour dont le sens du cadrage, la vérité cruelle des rapports humains tutoie Bergman ou Kieslowski.
    Et il faudrait parler de Guerman, de Sokourov, de Tarkovski et de Paradjanov encore et toujours.Quel pays passionnant!
    Et vous avez raison de noter le travail de Potemkine à mon sens l’éditeur DVD le plus audacieux et nécessaire du moment notamment pour son travail d’édition lié aux cinématographies de l’Est…je me permets d’ajouter d’ailleurs les deux DVD donnant à voir les docus de S Losznitza (auteur du passionnant et passé inaperçu Dans la brume et du tout récent Une femme douce plus inégal) qui sont bouleversants et plastiquement passionnants.Ce cinéaste ukrainien n’a pas fini de nous surprendre je pense par son aisance à passer du docu à la fiction.
    Il se penche aussi sur les marges du cinéma français ( L Hadzihalilovic, FJ Ossang), sur de grands auteurs ( intégrales Rohmer et Rozier) ou encore a entrepris un travail éditoarial inédit autour de W Herzog ( 3 volumes à ce jour) permettant notamment de découvrir ses documentaires les plus passionnants.

    • ballantrae dit :

      Et j’oubliais aussi leurs éditions des films de N Roeg ( Walkabout introuvable maintenant mais aussi Eureka, un coffret 3 DVD comprenant L’homme qui venait d’ailleurs et les magnifiques Ne vous retournez pas et Enquête sur une passion) , l’indispensable coffret Angelopoulos auquel on aimerait que s’adjoigne un volume 2 avec les titres plus récents (depuis L’apiculteur jusqu’au dernier)…
      Il y a aussi le muet avec Haxan de B Christensen dans une copie magnifique, un coffret Dreyer ( que je n’ai pas car j’avais le MK2 mais c’est les mêmes titres), tout récemment Le cabinet du dr Caligari.
      Et le boulot autour de Lynch: copies sublimes de Twin peaks fire walk with me et Eraserhead (pas acquis mais revus en salles cet été)+ doc sur Lynch + bientôt DVD courts métrages.

  15. Alexandre Angel dit :

    Ah Bertrand, toujours sur Potemkine, nous conseilleriez vous le coffret Jonas Mekas?

  16. MartinV dit :

    Bertrand, avez-vous vu le récemment sorti « Faute d’Amour » d’Andreï Zviaguintsev ?

    Il me semble que la presse française insiste trop fortement sur la dimension politique et métaphorique à propos de la situation intérieure russe, sous-estime la portée totalement universelle du film, et par là même, oublie un peu de louer le haut niveau cinématographique de cette oeuvre magistrale, radicale et bouleversante.

    Il s’agit du premier film de Zviaguintsev que je vois et le réalisateur me semble revitaliser concrètement la tradition des grands maîtres européens du passé comme peu d’autres aujourd’hui.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MartinV
      J’ai adoré ce film aussi pour les raisons que vous donnez mais avouez que la description de cette milice essayant de retrouver les disparus est assez stupéfiante et que cela dit beaucoup de choses sur la société russe

      • ballantrae dit :

        Oui, on y voit des aspects ahurissants sur la société russe (tout comme dans le film ukrainien Une femme douce moins réussi-notamment sur la fin- mais comportant des aspects passionnants )et dans le même temps effectivement on trouve une dimension universelle bien sûr. Leviathan et Elena allaient dans le même sens.
        De la même manière, Kieslowski était Polonais , totalement Polonais et universel.

  17. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à tous et à Bertrand,
    L’hommage, que l’on sentait venir depuis un certain temps, au beau travail de Potemkine sur tout un cinéma soviétique me donne envie d’évoquer le souvenir que le festival EntreVues de Belfort avait dédié une rétrospective à Gleb Panfilov en 2007 que j’avais suivie intégralement (sans beaucoup de mérite au vu du petit nombre de films).
    Panfilov était venu avec sa muse, Inna Tchourikova et toute la semaine s’en était trouvée illuminée tant bon nombre de spectateurs exultaient de faire une telle découverte. J’eu même le bizarre privilège de voir PAS DE GUE DANS LE FEU à côté du réalisateur qui, arrivé en retard, s’était assis dans le noir à ma droite.
    J’avais été frappé par la très grande qualité de ce cinéma, qui n’est jamais prétentieux, ni intimidant mais d’une sensibilité originale, quadrillée et pourtant fantasque, d’un réalisme aérien, terre à terre mais soucieux de larguer les amarres.
    De ce coffret que j’ai acquis à sa parution, je n’ai revisité pour l’instant que JE DEMANDE LA PAROLE et PAS DE GUE DANS LE FEU.
    Je sens que le prochain sera LE THEME que je pense ne pas avoir apprécié à sa juste valeur.

  18. MinettePascal dit :

    Sur Claude Rich, il a aussi un rôle fendant dans CHERCHEZ HORTENSE.
    Dans PARIS BRULE-T-IL, il campe un étrange LECLERC, précieux et dandy. Pourquoi ? Le lui a-t-on demandé, propose-t-il ou est-ce le reflet d’une réalité ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Minette Pascal
      Mais sur tout il joue DEUX rôles : le jeune officier qui d’un appartement contrôle une rue ET Leclerc. Je crois que Rich a voulu les différencier et d’ailleurs personne ne l’a jamais remarqué

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Que s’est il passez pendant ces semaines ou nous ne pouvions pas poster de commentaires sur le blog?Concernant le film de Dupeyron »Aide toi le ciel t’aidera »avec Claude Rich je l’ai raté lors de sa sortie en salles.Restons y avec des films intenses comme »It’s a beautiful day »qui est le 4ème long métrage de Lynne Ramsay.Joaquin Phoenix dans le role de ce tueur à gages au marteau est saisisant et magistral et nous prouve qu’il peut composer des personnages hors normes des héros imaginaires de la série Marvell.Je conseille aussi »Maryline »le second long métrage de l’acteur sociétaire de la Comédie française Guillaume Gallienne.C’est un film hommage aux métiers du cinéma et du théatre.En l’occurrence ici nous allons suivre le parcours d’une jeune provinciale qui va tenter sa chance à Paris et qui rendra vite compte qu’il n’y à pas que des paillettes et des strass dans ce monde fermé.Réalisation pleine de délicatesse et d’attention pour un acteur qui adore son métier et les gens qui le composent.Revu « Le dernier des six »de Georges Lacombe ou Clouzot jette déjà les bases scénaristiques du futur « Corbeau »(offrez vous le coffret car le travail de restauration est formidable).Pierre Fresnay excelle dans le role de ce commissaire de police mené par le bout du nez par la pétullante Suzy Delair(toujours en vie à 100 ans!!).Sinon « Elephant films »a sortie une série de productions de la Hammer notamment des films de Freddy Francis: »Meurtre par procuration est de bonne facture et flirte avec »Psychose »d’Hitchcock.

        • ballantrae dit :

          Le Lynn Ramsay me tente malgré des avis disons très partagés.
          We need to talk about Kevin m’avait semblé très fort, glaçant et doté d’une construction assez diabolique.

  19. MB dit :

    à Bertrand: merci pour la chronique. Pour LE RENARD de De Sica, il y a un zone 2 français (MGM 2004).

    • Denis Fargeat dit :

      … ce « Renard  » ne m’a pas laissé un grand souvenir… Sellers a l’air dépassé par les évènements… mais c’est vrai que Mature est craquant, quand il s’enthousiasme aux indications de Sellers en faux metteur en scène ( » You do… nothing! … « -It’s … beautiful !…)
      La chanson d’ouverture, signée Bacharach, est en revanche irrésistible.

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