Zola, Shakespeare et des films noirs

10 juillet 2020 par - DVD

LIVRES

L’HOMME RÉVOLTÉ
Il faut toujours revenir à Albert Camus. Sa fréquentation est revigorante. Le ton est passionné mais jamais doctoral ou cassant. Il cherche à vous éclairer, à vous convaincre sans vous intimider. J’ai adoré relire ce livre si stimulant.

THE COMPOSER IN HOLLYWOOD par Christopher Palmer
Avec l’arrivée du parlant, les studios vont s’intéresser à la musique de film de manière moins anarchique que durant le muet comme le montre très bien Christopher Palmer dans son excellent et indispensable The Composer in Hollywood. Ils vont engager des compositeurs ou plutôt des chefs d’orchestre, des arrangeurs qui ont surtout dirigé ou travaillé sur de la musique dite légère, opérettes européennes, musicals, conçue par d’autres, Les Strauss, Lehár, Friml, Romberg, Victor Herbert, voire Gershwin. Comme l’écrit Palmer « on choisissait Tin Pan Alley contre Carnegie Hall ». Par peur que de vrais musiciens soient trop intellectuels, trop audacieux. Contrairement au cinéma français qui très tôt a fait appel à de vrais compositeurs reconnus ou prometteurs, souvent choisis par les metteurs en scène, Camille Saint-Saëns, Arthur Honegger, Darius Milhaud, George Auric voire Maurice Jaubert.
Dans la première vague des compositeurs qui vont débuter au fur et à mesure des années 30, pratiquement aucun, à commencer par Max Steiner, n’a écrit ne serait-ce qu’un morceau original. Toujours Palmer : « Roy Webb, Herbert Stothart, Alfred Newman et Adolph Deutsch avaient travaillé à Broadway. Victor Young était un chef d’orchestre populaire à la radio et avait écrit quelques morceaux. Bronislaw Kaper et Frederick Hollander étaient des pianistes auteurs de chanson qui fuyaient le nazisme. Franz Waxman, un autre exilé n’avait que très d’expérience, David Raksin était un musicien de jazz et un arrangeur, Dimitri Tiomkin un pianiste de concert, encore plus éloigné de la composition que Steiner. Néanmoins beaucoup de ces musiciens finirent par transcender leurs origines pour s’adapter et atteindre, grâce à leur talent, un très haut degré de professionnalisme. » Steiner, Tiomkin deviendront des musiciens accomplis oeuvrant dans une sorte de bastion du conservatisme musical, sans aucune connexion avec la musique contemporaine ni d’ailleurs avec le jazz, utilisé de manière sporadique à travers des comédies musicales ou surtout pour décrire des bouges, des lieux de mauvaise vie.
Bastion qui tentait jalousement de préserver ses prérogatives et bloquait toutes les ambitions progressistes ou modernes chez les nouveaux compositeurs. On engagea même pendant des années des musiciens à l’écriture conservatrice, Jérôme Moross, Hugo Friedhofer, pour surveiller, orchestrer, éviter, supprimer toute dérive moderniste. Moross s’occupa ainsi de Waxman, Deutsch, Friedhofer de Steiner et Korngold, les studios, déclare Palmer, ayant aussi peur de Carnegie Hall que du communisme. Les réalisateurs pouvaient aussi être conservateurs, Stevens fit réorchestrer une partie de la musique de Waxman qu’il jugeait trop audacieuse et Wyler eut peur de certaines trouvailles de Copland contrairement à Milestone.
Au milieu et à la fin des années 30 apparaît une nouvelle génération de compositeurs plus éduqués, cultivés, formés musicalement comme Rosza, Korngold et Bernard Herrmann et le talent d’un Franz Waxman put se développer dans REBECCA, SUNSET BOULEVARD, AVENTURES EN BIRMANIE.

L’EMPREINTE d’Alexandria Marzano-Lesnevich est un ouvrage troublant mi-enquête criminelle sur le meurtre, peut être le viol d’un enfant, mi-introspection de l’auteur qui analyse ce qu’elle a subi et le remet en perspective. Sujet grave, passionnant. Je doute que vous lâchiez le livre.

  

ORIGINAL STORY BY… Ces mémoires du dramaturge scénariste Arthur Laurents sont très bien écrites avec une foule de notations incisives, brillantes, éclairantes (notamment sur le monde du « musical » théâtral – Laurents écrivit les livrets de WEST SIDE STORY et GIPSY entre autres) avec des portraits fouillés de Jérôme Robbins, Leonard Bernstein, Stephen Sondheim. Laurents est souvent acerbe, voire méchant et malgré la brillance du style, on est un peu épuisé par ses conquêtes homosexuelles (encore que le récit de sa liaison avec Farley Granger soit touchant) et les descriptions de sa vie mondaine. Les pages consacrées à son travail avec Hitchcock (sur the ROPE où le dialogue durant la party est très amusant), avec Ophüls sont remarquables d’acuité et il parle bien de son amitié avec Litvak dont il trace un portrait chaleureux mais se montre beaucoup plus superficiel lorsqu’il attaque LA FOSSE AUX SERPENTS où il passe à coté des vertus de cette œuvre soulignées par Jacques Lourcelles. Tous les chapitres sur la liste noire, ses attaques contre certains mouchards, justifient la lecture. C’est son agent qui lui apprit qu’il était blacklisté : « quand j’ai appelé le Studio, ils ont dit non avant que je donne un prix ». Il est très sévère vis à vis de Sydney Pollack, ayant écrit le scénario original de THE WAY WE WERE qui fut tripatouillé par onze scénaristes.

SEPTEMBRE, SEPTEMBRE de Shelby Foote (chez la Noire), à qui ont doit SHILOH sur la célèbre bataille de la guerre de Sécession et qu’on voit dans la série de Ken Burns, THE CIVIL WAR, raconte un kidnapping durant les quelques jours où le gouverneur Faubus bloqua l’accès des écoles de Little Rock aux enfants noirs et où  Eisenhower après avoir longtemps hésité, décida d’envoyer l’armée. Sujet fort et original. Ce fameux Faubus inspira à Charlie Mingus une composition inoubliable, Fable of Faubus.

Orson Welles
Dans MACBETH, Welles s’attaque pour la première fois à Shakespeare, utilisant un décor oppressant où l’on passe de salles sans fenêtres via une sorte de galerie de mine, à un espace ouvert, abstrait, avec un immense escalier délibérément théâtral magnifié par la splendide photographie de John L Russell (qui fut aussi inspiré dans LE FILS DU PENDU, PARK ROW, TRAQUÉ DANS CHICAGO et que l’on redécouvrit dans PSYCHOSE comme si c’était un obscur opérateur de télévision). Le résultat est souvent très excitant même si Jeanette Nolan n’est que moyennement convaincante en Lady Macbeth. Welles avait décidé, idée un peu suicidaire, de faire parler les personnages avec l’accent écossais, soi disant pour les rendre plus compréhensibles car cela ralentissait leur débit. Mais le studio, Republic qui ne finançait que des cowboys chantant et des serial, l’obligea à redoubler une partie ce qui repoussa de plusieurs mois la sortie du film. Très belle partition de Jacques Ibert

CLASSIQUES FRANÇAIS

Un petit tour chez Zola
Il faut absolument revoir la version muette de Duvivier de AU BONHEUR DES DAMES (dont Christian-Jaque était le décorateur) pour la comparer avec celle plus classique, moins flamboyante de Cayatte (Gaumont).
Je revois chaque fois POT BOUILLE avec plus de plaisir même si on peu penser que Duvivier, faisant en apparence taire sa noirceur pessimiste, et Jeanson, ont tiré Zola vers Offenbach. On peut se demander quel est le rôle de Léo Joannon que Jeanson ne cessa d’attaquer (il le traitait de « mouche du boche », saillie imparable). Je pense qu’il avait écrit un premier traitement que reprirent Duvivier et Jeanson. Derrière la vivacité, la causticité du ton, on sent une âpreté qui apparaît de manière plus forte à chaque nouvelle version notamment dans ce personnage terrible de mère marieuse que campe Jane Marken avec une verve et un réalisme glaçants. Sans oublier ces notables fourbes, faux jetons, lâches et misogynes. Belle galerie de crapules regardées plus légèrement que d’habitude par Duvivier ce qui trompa son monde. Tous les affrontements entre Gérard Philippe et Danielle Darrieux sont traités avec une ironie, une subtilité qui n’anesthésient nullement le propos.
NANA de Christian-Jaque (René Château). Comme l’écrit Alain Riou : « D’une certaine façon, Nana-film ressemble lui-même aux bijoux que ses héros amoureux offrent à leurs courtisanes préférées : rebondi, voyant, mais dense, et pas en toc. » Christian-Jaque et Jeanson suppriment à juste titre les considérations de Zola sur les effets de la génétique, qui pesaient même sur LA BÊTE HUMAINE (ils ne signalent pas même que Nana est la fille de Gervaise et Coupeau de L’Assommoir, ce qui expliquerait, sinon excuserait sa cupidité insondable) et réussissent à faire entrer dans les 115 minutes de leur adaptation les 500 pages du roman, sans les trahir ni en réduire la force. La narration est concise, vive et le dialogue, acerbe mais pas trop voyant, porte la patte de Jeanson dès la première scène fort savoureuse entre Boyer et Debucourt qui joue une fois encore Napoléon III. Les opinions réactionnaires, cléricales de Boyer sont finement mises en valeur sans ridiculiser le personnage. Encore Riou : « Mais Jeanson, dans un exercice de concision qui peut surprendre de sa part, parvient chaque fois à concentrer en deux, trois ou quatre répliques le cœur des scènes, sans les rendre abstraites, et sans transformer leurs interprètes en récitants, leur donnant au contraire de quoi sublimer leur talent. » C’est sans doute le rôle où Martine Carol est le plus à l’aise et elle se débrouille pas trop mal quand elle est censée faire l’affriolante dans des spectacles volontairement kitsch. Elle interprète une chanson aux paroles amusantes. Marguerite Pierry, Paul Frankeur, Noel Roquevert brossent avec brio des silhouettes amusantes ou sinistres.

Toujours CHRISTIAN-JAQUE
LES BONNES CAUSES (Coin de Mire). Les deux premiers tiers des BONNES CAUSES sont efficaces, souvent inventifs (la première séquence en caméra subjective ou semi-subjective avec ces panoramiques filés qui permettent de passer d’un lieu à un autre, voire des extérieurs au studio, sans avoir l’air de couper est brillante formellement) avec une interprétation haute en couleur : Brasseur est assez bien maîtrisé, Vlady très convaincante en épouvantable manipulatrice et Bourvil, une fois de plus impeccable. Christian-Jaque croit au sujet et Jeanson signe un dialogue souvent acéré. Il y a certes un surpoids d’intrigue et la critique de la Justice devrait s’appuyer sur des faits plus quotidiens, moins tarabiscotés. Cela marche pourtant bien et compte parmi ses meilleurs films, dans une période morose. Mais tout à coup j’ai buté sur une scène de confrontation qui m’a semblé fabriquée, invraisemblable. Le juge d’instruction et l’avocat de Virna Lisi laissent, sans intervenir, Brasseur détruire le témoin capital de la Défense. Question : est-ce que, dans le roman, cette scène ne se passait pas à l’audience et ne l’aurait-on pas avancée pour donner plus d’importance à Bourvil ? Rien ne marche dans une confrontation que le juge d’instruction peut arrêter quand il veut (et il n’a pas fait signer de déposition, cela le rend idiot). Bref le dernier tiers patine malgré un retournement final amusant mais peu réaliste (parce que là c’est Brasseur qui parait idiot). Il y a là des fautes de scénaristes qui piègent le film jusque-là fort bien mené. Alain Riou m’a donné des explications convaincantes. La scène existe dans le roman de Jean Laborde que Christian-Jaque, Paul Andreota et Jeanson ont intelligemment élagué, dit-il, changeant au passage le personnage du juge d’instruction qui est plus original, mieux écrit que dans le livre. Mais là, ils suppriment tout ce qui fragilisait d’emblée ce témoin : il avait été déjà condamné pour voyeurisme et le juge sentait que sa déposition pourrait se retourner. Cette coupe rend le personnage plus confus et faible. Il est juste peureux. Dommage.
Avec LUCRÈCE BORGIA (LCV), on dégringole de plusieurs échelons et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à aller jusqu’au bout tant le film est mal joué (la palme à Christian Marquand et au nain Pieral), mal distribué, pauvrement écrit (on voit que Jacques Sigurd est très loin de Jeanson ou d’Aurenche). Les premiers plans font illusion avec ces transitions visuelles où Christian-Jaque utilise des fonds noirs pour passer d’une maquette à un décor de studio, du studio à des vrais extérieurs pendant une fête populaire bien éclairée par Matras avec de très beaux masques. Martine Carol que je ne trouve pas du tout sexy paraît beaucoup trop âgée pour le rôle. Des foules d’actrices italiennes auraient mieux convenu.

L’enfer des anges, Affiche

L’ENFER DES ANGES qui va bientôt sortir chez Pathé avait fait partie de la sélection française pour le premier festival de Cannes 1939. C’est une œuvre généreuse, souvent convaincante qui décrit un monde de misère et de bidonvilles où des gamins sont exploités, une sorte de réponse française aux ANGES AUX FIGURES SALES. Un chômeur viendra aider un couple de mômes qui tentent de survivre face à des mères alcooliques, des pères démissionnaires, des trafiquants de drogue, des indicateurs de police, voire des pédophiles. Le propos se voulait critique et social mais il le fut au prix de sordides interprétations, récupéré par le régime de Vichy. On va enfin pouvoir le voir tel qu’il avait été écrit et dirigé.
Le propos de SI TOUS LES GARS DU MONDE… que j’avais vu deux fois à sa sortie, est tout aussi généreux et les premières scènes sur le bateau et même dans la brousse, emportent l’adhésion. Puis le scénario trop fabriqué accumule les coïncidences, les accidents de parcours, les rencontres fortuites et l’artifice prend le dessus. Les ficelles sont trop apparentes et l’humanisme trop claironné.
J’ai très envie en revanche de revoir SORTILÈGES adapté par Jacques Prévert du Chevalier de Riouclare de Claude Boncompain qui m’avait laissé un grand souvenir, avec ce cheval galopant dans la neige ou traversant un village médusé, cette femme épiant à travers des volets, en disant : « Vous savez qu’on appelle cela des jalousies ? ». Un gendarme faisait remarquer à son collègue que le mort qu’ils venaient de découvrir avait du tomber sur une pierre : « Oui et c’est ce qu’on appelle, une pierre tombale. »

VOLPONE de Maurice Tourneur (René Château) fut commencé 3 ans avant, m’apprend Christine Leteux, par Jacques de Baroncelli (Il subsiste des scènes, notamment sans doute les extérieurs) et repris par Tourneur. J’ai toujours été surpris par la disproportion des caractères de Ben Jonson, auteur de la pièce originale jouée en 1606, par rapport à ceux de Jules Romains qui n’était qu’adaptateur mais qui était plus connu du public français (il faut dire aussi que Jonson n’avait plus d’agent). D’autant que Romains s’inspire d’une version de Stefan Zweig écrite en 1925 et montée par Charles Dullin en 1928 avec déjà des décors de Barsacq, qui modifie la fin originale en faisant de Mosca celui qui capte l’héritage. Ce qui colle bien avec le cynisme du ton. Louis Jouvet est excellent dans ce personnage qu’il joue avec retenue et légèreté tout comme Dullin, grandiose en usurier compulsif. En revanche, c’est un des très rares films où Harry Baur surjoue et surligne les intentions, les rendant plus pesantes. Jacqueline Delubac n’est pas très à l’aise et semble paralysée par ses costumes contrairement à Jean Temerson et Alexandre Rignault. Le film se laisse voir agréablement sans pouvoir rivaliser avec LA MAIN DU DIABLE, AVEC LE SOURIRE, voire LE VAL D’ENFER.

Deux Gilles Grangier
J’ai enfin pu voir LE CAVALIER NOIR, comédie d’aventures avec bandit masqué et chansonnettes dont l’intrigue ultra-prévisible ne casse pas trois pattes à un canard. Mais Gilles Grangier, peu à l’aise au début dans les plans d’extérieurs, parvient à communiquer à cette enfilade de clichés une relative vivacité, une bonhomie populaire, aidé par Jean Tissier et le toujours savoureux Alerme.
J’ai nettement revu à la hausse 125, RUE MONTMARTRE, visionné dans une copie quelconque il y a dix ans. J’y ai retrouvé de nombreuses qualités typiques de Grangier, cette manière d’installer, de capter un décor populaire – une cantine, un bistrot – d’utiliser de très nombreux extérieurs dans les rues de Paris et des intérieurs insolites (la chambre où habite Ventura avec la série d’échelles pour y accéder) sans la ramener. Je me souviens avoir été gêné par Robert Hirsch et cette impression a totalement disparu alors que Ventura, formidable dans les scènes de repas (même si sa portion paraît petite) et dans les moments de brusqueries intimes (ses rapports avec Dora Doll), semble un peu coincé par une ou deux péripéties qui le font paraître crédule. Il se rattrape à la fin – les séquences dans le cirque – que Grangier filme avec brio, avec une belle photo du talentueux et sous-estimé Jacques Lemare (son travail sur NON COUPABLE est sensationnel). Jean Desailly fignole aux petits oignons un commissaire plus malin qu’il n’y paraît et Andrea Parisy est excellente. Dialogue rapide et incisif de Michel Audiard : « Vous auriez du rester en Italie. En France, on coupe », déclare Desailly.

LE GRAIN DE SABLE
Dans les nanars, LE GRAIN DE SABLE de Pierre Kast doit se déguster à plusieurs pour savourer l’écriture et l’interprétation de certains personnages : le commissaire, Alan (joué de manière transparente par Paul Hubschmidt, un acteur du TIGRE DU BENGALE), le criminel avec pied bot adaptable qu’on charge bien sur des filatures… Appréciez les décors et appartements de ces soi-disant grands prêtres de la finance mondiale qui conduisent des camionnettes Volkswagen, habitent dans des F3 avec électrophone Teppaz. Sans parler des figurants qui gesticulent après qu’un type ait tiré au bazooka sur une prison sans tirer la police de sa torpeur. Dans quel monde vivaient Kast, Claude de Givray son co-scénariste, qui ne paraissent pas savoir qu’un inculpé peut demander un avocat et qui inventent des péripéties inutilement tortueuses ? J’aimais bien Pierre Kast , homme intelligent, cultivé mais qui ne semblait pas avoir le sens de la mise en scène dès qu’il sortait des délicates broderies sentimentales comme LA MORTE SAISON DES AMOURS, son chef d’œuvre. Aucun sens de l’espace, découpage consternant. Il avait déjà copieusement loupé un film historique napoléonien, toujours tourné au Portugal. Musique jazzy d’Antoine Duhamel qui n’a rien à voir avec la dramaturgie du film. Elle s’ébat dans un univers parallèle sans paraître concernée par ce qui se passe.

FILMS NOIRS

Sidonis vient enfin de sortir des films noirs que l’on ne trouvait que dans un énorme coffret avec un ouvrage indispensable de Patrick Brion.
Certains bénéficient de masters Haute définition comme l’excellent MIDI GARE CENTRALE de Rudolph Maté. Le très bon scénario de Sydney Boehm (impossible de trouver le moindre interview de ce scénariste souvent habile et talentueux) améliore, dynamise la longue nouvelle de Thomas Walsh, remplaçant le petite garçon kidnappé par une gamine, ce qui est nettement plus fort. Les personnages de policiers sont bien écrits avec parfois une vraie dureté, un Barry Fitzgerald débarrassé de tout folklore irlandais et Lyle Bettger campe un terrifiant kidnappeur dont les échanges avec Jan Sterling sont mémorables. Maté et son chef opérateur sont inspirés par le décor de la gare de Los Angeles. Remarquable séquence de filature, tournée en partie à Chicago (il n’y a pas d’abattoirs à Los Angeles). Holden et Nancy Olson forment un couple charismatique.

Je trouve LE DESTIN EST AU TOURNANT de Richard Quine presque supérieur à DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR (adaptant lui aussi un ouvrage de Thomas Walsh). Mickey Rooney est formidable d’énergie, de vulnérabilité, de tendresse et Dianne Foster, bien dirigée par Richard Quine, évite pas mal des clichés qui auraient pu plomber son personnage. Comme l’écrit JamesDomb dans Homepopcorn.fr Rooney « est merveilleux dans Drive a Crooked Road, jouant habilement avec son image puisque son personnage est sans cesse rabaissé et sa petite taille moquée par ses collègues. Visiblement très mal dans sa peau, timide, complexé, le visage barré d’une cicatrice, renfermé sur lui-même et vivant chichement dans une chambre de bonne qui se résume à un lit de fortune, une salle de bain minuscule et quelques coupes gagnées lors de compétitions automobiles, sa seule et grande passion, Eddie est un homme très malheureux. Sa rencontre avec Barbara (superbe Dianne Foster, vue dans Le Souffle de la violence – The Violent Men de Rudolph Maté) bouleverse alors son quotidien, surtout que la jeune femme semble être inexplicablement attirée par lui. Aurait-elle quelque chose à cacher ? » Un grand film resté longtemps inédit.

WESTERNS

J’ai enfin vu INDIAN UPRISING (LES DERNIERS JOURS DE LA NATION APACHE chez Warner Archive) de Ray Nazzaro dont la bande annonce et l’affiche m’avaient fait rêver en 1953 ou 54. Les 20 premières minutes témoignent de certaines recherches visuelles rares chez ce cinéaste, de mise en scène, d’un sens du rythme : extérieurs bien choisis et filmés, cadrages dynamiques (caméra au ras du sol, entrées de champ brutales). Ces qualités persistent mais de manière plus lâche par la suite qui décalque souvent de manière éhontée John Ford, reproduisant avec moins de moyens et de style l’embuscade de FORT APACHE, reprenant le personnage du sergent irlandais (ici Joe Sawyer) et copiant la dramaturgie (le colonel borné qui, seule originalité, reste con jusqu’au bout). La bataille est filmée de manière erratique et on semble traverser les lignes indiennes avec une facilité stupéfiante. Certains rebondissements paraissent approximatifs, comme hérités du serial (la flèche que Montgomery aurait du repérer tout de suite). L’interprétation est faible mais venant de quelqu’un que j’avais rayé comme Nazzaro et même si cela ne va pas loin, ces qualités constituent une mini- surprise. Oublions le SuperCinecolor et certaines transparences qui vont de pair avec les faiblesses dramaturgiques.

Sidonis a sorti en Blu-ray deux Hathaway essentiels : LE JARDIN DU DIABLE (superbe musique de Bernard Herrmann) dont la dernière réplique est anthologique et L’ATTAQUE DE LA MALLE POSTE où le père Hathaway me paraît plus inventif, plus concis, plus perçant dans son traitement d’un décor quasi-unique (un relais de poste dans les deux cas comme aussi dans l’excellent RELAIS DE L’OR MAUDIT) que Tarantino dans la deuxième partie des HUIT SALOPARDS.

  

Commentaires (488)

 

  1. Alexandre Angel dit :

    Le scénario de CAUGHT (Max Ophuls, 1949) est signé Arthur Laurents, qui est à l’honneur sur ce fil.
    Je trouve que c’est un scénario un peu schématique, heurté, brut de décoffrage. Aucune graduation dramaturgique. Les choses sont posées telles quelles assez vite. Après une brillante et sophistiquée introduction construite autour de Barbara Bel Geddes et la « Charm School » qu’elle fréquente, on passe soudainement au nœud de l’intrigue où tout est une bonne fois pour toutes diagnostiqué : Barbara Bel Geddes fait immédiatement un mauvais mariage puisque c’est immédiatement que son richissime époux (Robert Ryan) nous apparaît comme un malade mental dans le genre pervers narcissique.
    De même, les quelques va-et-vient de l’héroine entre la demeure de Smith Ohlrig (Robert Ryan) et le cabinet fruste mais chaleureux du Dr Quintana (James Mason) se font à l’emporte pièce, littéralement du jour au lendemain, comme sur un coup de tête. Le tout sous-tendu par un positionnement moral aussi éventé que sans équivoque : mariage d’argent n’est pas mariage de raison et l’argent ne fait pas le bonheur.
    Mais ce qui limite sans doute le film ne l’entrave pas pour autant car Ophuls n’est pas un cinéaste de suspens (quoiqu’il y en ait, d’une certaine façon, dans MADAME DE…)mais un observateur à la fois fantasque et ultra-lucide de la société des hommes.
    Et dans le style, tout est affaire de musicalité. On peut donc voir dans le scénario de Laurents un côté « portée » sur laquelle Ophuls pose ses notes en toute liberté, comme à son habitude (voix qui se chevauchent, caméra incroyablement baladeuse, plans vertigineux de profondeur de champ) comme autant de signaux d’expressivité qui s’invitent sur un plateau américain.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Le film fut tourné et produit dans une période troublée, le studio Enterprise ayant subi le désastre d’ARC DE TRIOMPHE. Ophuls quitta le film fut remplacé par John berry mais selon Laurents et Parrish, Ophuls retourna tout ou quasiment tout

  2. MB dit :

    à Bertrand, vous avez remarqué que la zone « Derniers commentaires » en bas de page signale des commentaires déposés il y a des années (2011 et ça remonte dans le temps…)

  3. Gilles dit :

    Dans POLANSKI PAR POLANSKI paru au Chêne, on peut lire un entretien avec le scénariste du film qui prétend que pour Polanski le film de Welles n’était qu’une  » tragédie de mauvaise qualité, un égout plein de sorcière. » Personnellement le Welles m’avait terriblement ennuyé (Welles qui a réussi à rendre Shakespeare ennuyeux, selon Bergman) et si vous prétendez que la version de Polanski a le même manque de souffle que son PIRATES, ça ne donne guère envie d’y aller. Les commentaires autour du film (dans le livre) sont toutefois passionnants, illustrés par des photos de plateaux et des extraits du story-board. Un entretien avec Polanski qui dit avoir fait le film sous l’influence de Stanley Kubrick qui l’encourageait à se remettre au travail après le drame Manson. Finch est sûrement faible, connu pour récupérer les rôles refusés par Michael Caine (Frenzy entre autres). Sean Connery aurait donné au film plus de force. La faiblesse de Pirates vient aussi beaucoup de l’absence d’un acteur de cette puissance. Matthau n’est pas à sa place. Le tournage de Macbeth a tout de même duré vingt quatre semaines, les premières projections à Hollywood furent désastreuses. On ricanait dès le générique en voyant que Playboy l’avait produit.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      ce genre de réactions étaient totalement idiotes quoiqu’on pense de Hefner. Certains moguls américains étaient encore moins recommandables (capitulation devant les consul nazi pendant 10 ans, devant Mccarthy) MACBETH est cent fois supérieur à PIRATES. Qui a surtout souffert d’avoir été tourné trop tard. Polanski s’est épuisé dans cette attente. Resnais disait qu’il ne fallait jamais reprendre un projet avec un certain nombre d’années et PIRATE, GALILEO et d’autres films lui donnent raison. Une des rares exceptions est L’HOMME QUI VOULAIT ÊTRE ROI

      • Pierre dit :

        Bonjour,

        J’en profite pour signaler que BITTER MOON a été réédité voici quelques mois par Kino Lorber en Bluray. Je pense vraiment que c’est un des grands Polanski et je n’ai jamais compris que ce film là soit tant passé sous silence.

        C’est une œuvre profondément désenchantée et triste sur les limites de l’amour, dissimulée derrière un vernis d’outrance sexuelle. Le scénario est brillant : dépassant le livre de Bruckner, Brach et Polanski ont donné tout ce qu’ils pouvaient en favorisant les ruptures de ton – on passe parfois de l’humour noir à la terreur, de la séduction au malaise, en quelques secondes. Peter Coyote, acteur dont on attendait pas grand chose, y trouve le rôle de sa vie : pathétique, drôle, séduisant, manipulateur. Il est excellent en VO, mais je me demande si je ne préfère pas encore la VF ou il est doublé par Arditi.

        Tout le film est construit, dans son scénario et dans chacun de ses plans, autour du motif du cercle (vous pouvez vous amuser à en dénombrer le nombre dans chaque image), ce qui était le seul moyen de restituer une intrigue ou les personnages sont pris dans une spirale dont ils ne sortiront jamais. Ils sont comme nous tous, juste un peu plus outrés sur certains aspects.

        C’est un film mis en scène avec une rigueur mathématique, sans jamais étouffer l’émotion des situations. Vraiment, c’est un très grand film. Je milite ardemment pour qu’il soit revu par tous !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PIERRE
          CE QUE JE VAIS FAIRE

        • Gilles dit :

          Entièrement d’accord avec vous, film réalisé dans la lignée de FRANTIC dont on ne savait que dire non plus, tout en sachant que c’était un Polanski et que forcément il y avait de la densité cinématographique. Relisez à l’occasion ce qu’écrivait Toubiana à l’époque. Ces deux films pour lesquels Paris à la même importance que chez Duvivier ou Klapisch (pour moi son héritier) ne tombent jamais dans les clichés des cinéastes étrangers en tournage dans la capitale. Il faudrait cependant en faire le détail, de Woody Allen à Frankenheimer (Ronin) les partis pris ne sont pas toujours univoques. Polanski né et vivant en France depuis longtemps, donne toutefois à Paris la même importance qu’à ses personnages, et les séquences sur le paquebot évoquent la nostalgie d’un paradis perdu au moment où il devenait l’enfer.
          Deux films qui doivent également beaucoup à leurs bandes originales, Morricone et Vangelis.
          On l’a peut-être oublié mais LUNE DE FIEL faillit être mis en scène par André Téchiné avec Delon, lequel sortant de l’échec du Blier, voulait mettre « quelques mitraillettes » dans sa filmo avant de revenir au cinéma d’auteur.

        • Gilles dit :

          « dans la lignée » Ah ! Yves Roule sortez de mon corps svp.

  4. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous : je viens vers vous pour essayer d’obtenir des éléments de réponse quant à la ressortie en salles en version restaurée du film LA DANSE DE MORT, réalisé par Marcel Cravenne en 1946 (ou 49 ?) d’après Strindberg, avec Erich von Stroheim.
    Au mois de mai je suis tombé par hasard sur la bande annonce de ce film en version restaurée et j’ai vu à ce moment là qu’il devait sortir sur les écrans le 8 juillet dernier.
    Depuis, je n’ai plus de nouvelles de cette exploitation du film. Sorti ou pas ? C’est un Stroheim que je n’ai jamais pu voir à mon grand regret. De toute façon il n’est pas sorti dans ma ville pour le moment. Une diffusion confidentielle ou les retombées néfastes de la crise actuelle ?
    Avez vous des informations sur cette reprise ? Connaissez vous ce film et quel est votre avis ? J’ai trouvé la bande annonce tout à fait emballante. Il paraît que Stroheim aurait participé à l’adaptation…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT jean-Pierre
      On dit qu’il aurait supervisé le scénario et la mise en scène. Je n’ai pas gardé un grand souvenir du film vu dans des conditions médiocres

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier. Merci. A découvrir donc dans cette version restaurée. J’espère beaucoup déjà une édition vidéo prochaine.

        • Dumonteil dit :

          Pour « la main du diable » on a donné la parole à la défense ;alors pourquoi pas pour « la danse de mort » ?

          E Von Stroheim a souvent joué des rôles ingrats ,humiliants,voire avilissants , son triomphe en Max Von Mayerling n’est pas le moindre ;avant guerre ,on se souviendra du couturier déchu de « pièges »
          après -guerre , on a redécouvert tardivement « la foire aux chimères » qu’un usager a déjà salué ; « l’envers du paradis » au titre sirkesque où il apparait en capitaine chimérique n’est pas « effroyable » (ce qualificatif m’étonne beaucoup de la part de Julia dont j’apprécie énormément la connaissance du patrimoine, mais aussi le sens de la mesure )

          « Danse de mort  » est basé sur une pièce de August Strinberg que je n’ai pas lue ;c’est le portrait de deux monstres qui se déchirent dans le huis-clos d’une sinistre forteresse où le soleil ne brille jamais ; le générique sur un mur avec une ombre de barreaux est révélateur .
          EVS incarne un directeur de prison plus prisonnier lui-même que s’il était dans un cachot cadenassé; sa femme (Denise vernac ,sa propre femme) lui voue une haine qui s’est installée sournoisement et inexorablement ,surtout après un bal ,seul moment romantique du film,où elle a dansé avec un fringant médecin militaire (une occasion de voir Jean Servais jeune)
          Le geôlier cherche a reconquérir sa femme ,notamment dans la scène pathétique des noces d’argent ;hélas il est aussi pitoyable que Charles Bovary :quand il parle à ses subalternes ,pour asseoir son autorité ,il cherche en fait à se convaincre qu’il est encore un homme…
          Un homme dont les valeurs se sont desséchées , un cardiaque ,que sa femme fait danser à un rythme étourdissant jusqu’à ce qu’il tombe comme une loque ,sous les yeux effarés du médecin (c’est aussi impressionnant que la danse de Dorothy Malone dans « written on the wind » .
          On ne s’échappe pas de ce cul-de -sac : la tentative d’évasion d’un captif ,sur le lac éclairé par un feu d’artifices devient une transparente métaphore .

          C’est un diamant noir .

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Je suis d’accord en tout cas sur L’ENVERS DU PARADIS qui est naïf, grandiloquent, parfois démodé comme si c’était un scénario de film muet mais pas méprisable jusque dans ses cafouillages. Et Stroheim était rigolo dans le nanardesque ALERTE AU SUD. LA FOIRE AUX CHIMERES se situe plusieurs crans au dessus

        • Dumonteil dit :

          A BT

          je n’ai pas vu « alerte au sud » ,mais la fin de carrière de EVS est un lugubre chant du cygne : dans « série noire » (1954) ses deux apparitions n’excèdent pas 8 min ,et dans « la madonne des sleepings « (1955) son docteur Traurig (=triste) a la bonne idée de se faire tuer au milieu d’un film d’une indigence rare .Et le « Napoleon  » couleurs de Guitry (1954)est surtout un who’s who du cinema français :je retiendrais quand même Lannes (Gabin) amputé des deux jambes ,pointant son doigt vers l’ambulance et criant « assez! »;ah,et EVS est Ludwig Van Beethoven.

    • Julia-Nicole dit :

      A Jean-Pierre Servant
      J’ai moi aussi un très mauvais souvenir de ce film à mon avis fort médiocre, où Stroheim surjoue en permanence. De façon générale, je trouve que ce géant du cinéma a été mal employé à la fin de sa vie (par exemple dans l’effroyable ENVERS DU PARADIS), et que son jeu très particulier qui faisait merveille non seulement dans ses propres films mais aussi dans les années 30 (L’ALIBI, LA GRANDE ILLUSION, MACAO L’ENFER DU JEU), devient gênant voire pénible dans les années 50.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Julia Nicole
        L’alcool expliquer beaucoup de choses et le fait d’accumuler les rôles merdiques mais à effets

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Julia – Nicole (LA DANSE DE MORT)
        J’ai apporté une réponse à votre commentaire il y a quelques jours, mais visiblement elle s’est perdue…
        D’accord avec vous. Dans la dernière décade de sa carrière, il joue souvent dans des films souvent médiocres – en France – comme si on ne l’embauchait sur une production que pour son nom. Lui-même signait-il que par besoin d’argent, se prouver qu’il existait encore ? J.P. Mocky dans un bonus joint à une édition DVD de GREED explique que Stroheim signait à l’époque que pour un, deux ou trois jours de tournage au maximum.
        Les films français de cette époque sont souvent réalisés par des gens peu connus, voire sans grand talent. L’ENVERS DU PARADIS n’est pas réussi, mais il y a deux ou trois beaux moments. MINUIT QUAI DE BERCY (Stengel), est assez typique d’un cinéma français des années 50, et STROHEIM en évangéliste qui arpente les boîtes de nuit parisiennes en invitant les fêtards à la repentance est assez marrant. Point. Rien d’extraordinaire. J’aime bien ALERTE AU SUD (Devaivre) vu une fois à la télé en 1972 en noir et blanc (le film est en Gevacolor) et perdu de vue jusqu’en ce début d’année, réédité par Serge Bromberg (Lobster) dans sa version couleur. Merci à lui. Sans être exceptionnel, il y a là un aspect « bande dessinée rétro » tout à fait plaisant. Curieusement le film ne « décolle » qu’à la soixante quatrième minutes avec l’apparition de STROHEIM dans le désert, un mouchoir noué aux quatre coins vissé sur le crâne. DEVAIVRE a consacré de captivantes pages sur ce tournage dans ses mémoires, « ACTION ! », sorti il y a quelques années. Je passe sur les épouvantables LA MADONE DES SLEEPINGS (55) ou SERIE NOIRE (54) oo il apparaît à la vitesse de l’éclair.
        Pour cette DANSE DE MORT, j’ai quand même grande envie de le voir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SERVANT Jean-Pierre
          Il se faisait payer au cachet, au jour le jour mais toujours avant le tournage. Il n’était pas le seul. Je crois que Saturnin Fabre faisait la même chose

        • Mathieu dit :

          A propos de Devaivre, je signale à ceux à qui ça aurait échappé que LA DAME D’ONZE HEURES et LA FERME DES SEPT PECHES ont été récemment édités en Blu-Ray par Lobster.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Mathieu : (DEVAIVRE) C’est vrai. Merci à vous de le signaler.

  5. Gilles dit :

    LE DAIM est une autre comédie qui se démarque de ce que les enclumes du cinéma français s’acharnent à nous servir. L’univers de Dupieux fraternise avec celui de Bruno Dumont, peuplé de personnages délirants, filmés comme dans un frère Dardenne. Le personnage masculin achète 7000 euros un blouson en daim démodé duquel il tombe amoureux puis s’improvise cinéaste amateur avec le caméscope reçu en bonus. Dujardin ne cesse de s’améliorer, belle année pour lui avec le Polanski, partenaire d’une Adele Haenel qui a décidément tout pour elle.

    • yves rouxel dit :

      A Gilles(mais pas d’esprit).Bien avant « Le daim »ou « J’accuse »Jean Dujardin à prouver qu’il était un bon acteur quand on lui propose un bon scénario puis une réalisation honnète.Voyez »Contre enquète »sorti il y a peu,l’histoire d’un homme qui ne fait confiance aux services de la police et qui va tout faire afin de trouver les auteurs de la mort de sa fille.Là Dujardin est plein d’empathie,pris dans l’engrenage de la vengeance d’un père ,prèt à tout,mème à mourir .

  6. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier. MIDI GARE CENTRALE. Vu en février dernier au moment de sa sortie vidéo chez Sidonis, il m’avait vraiment plu. Curieusement c’est un film sui m’avait toujours échappé (tout comme LA MAIN QUI VENGE de Dieterle chez le même éditeur). La lecture de cette chronique m’a incité à le visionner de nouveau et j’avoue que je l’ai encore plus apprécié. Bel éloge de Lyle Bettger dans votre présentation en bonus.
    Je ne sais pas si je dirais que LA MORT EST AU TOURNANT de Quine est « presque supérieur » à DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR » du même. Les sujets sont certes différents mais tout aussi captivants. Et Mickey Rooney y est absolument remarquable.
    J’espère que vous parlerez prochainement de UN PACTE AVEC LE DIABLE de John Farrow, découvert à la télévision dans mon enfance et que je n’avais jamais pu revoir. Un très grand film. Ray Milland formidable.

  7. yves rouxel dit :

    Le singe,on ne le voit jamais;c’est le surnom que Luc,le loubard donne à son patron au chef,au salaud,aux salauds,àDieu pourquoi pas,bref à celui ,celle qui fait que,tout d’un coup,alors qu’il vient de passer une nuit normale avec des rèves normaux,quand il sort dans les rues,il n’y a personne.Mais personne,pas un chat,pas une auto qui bouge,pas un passant rien que des volets fermés et des voitures en stationnement.Alors le voilà,lui l’asocial,le marginal,le violent solitaire d’hier,qui se met a chercher desespérement une silhouette,un visage,une parole,nimporte quoi pourvu que ça bouge.La parabole ne manque pas d’humour,ni de grinçants rictus à la Ionesco que l’on sent affleurer,mème si tout n’éclot pas dans le rire ou la violence.Et mème à la rigueur,l’étrange révolte léthargique que Jean pierre Kalfon prète au personnage aiderait à supporter une heure de pérégrinations vagabondes dans Paris désert(il y a le rève du débutet la chute finale pour faire les seules diversionsà l’idée centrale du film).Sa dégaine voutée et sa voix usée feraient aussi bien oublier cent fois déjà,de Léo Ferré à Jacques Higelin,on a entendu cette complainte du loup solitaire,du banlieusard shooté,ce texte noir pathétique du traine-misère que la société a brisé.Mais la raison du manque de moyen ne suffira pas à faire oublier le laxisme general de l’entreprise.Filmé à la va vite,encore passe le film dérive jusque là ou il devait s’éteindre,c’est à dire relativement tot ,et dans le fourre-tout des clichés du rocker-gaucho.Et ce n’est pas tant d’etre fourre-tout,rocker ou gaucho en soi qui irrite,mais que celà soit offert en supposé prix compasatoire à une évidente négligeance d’écriture.Tout est tellement « blanc »dans cette esthétique,prétendumment »pas important parceque de l’ordre du figuratisme bourgeois de l’esthétique décadent,et ce qui compte c’est l’esprit.Tous les génies sont censéments prèts à s’y promener puisque aucun n’y est nommément installé.L’idée ne trouve rien sur quoi s’appuyer,et pourtant elle était interessante.Dommage que ce soit un film. »Le coup de singe »réalisé par Ode Bitton avec comme simple interprète l’immense Jean pierre Kalfon.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A yves Rouxel
      Là je comprends rien. Je ne sais pas de quoi il est question. Et la phrase « dommage que ce soit un film ??? Alors dommage d’en parler. Yves, ce genre d’intervention est exaspérante

    • Gilles dit :

      Ce blog est surveillé par les stups Rouxel. Gaffe.

    • SugarKane dit :

      Est-ce que quelqu’un parmi vous parle le Rouxel ?

    • Demachy dit :

      À Yves rouxel
      De pire en pire.
      Où êtes-vous encore allé chercher ce texte sans intérêt, quasiment incompréhensible, sur un film que personne n’a vu… et pour dire que c’est nul. Si par hasard vous-même avez vu ce film et si vous comprenez quelque chose à ce que vous avez recopié, expliquez-nous les dernières phrases.

      • Denis Fargeat dit :

        Je ne fais pas partie de l’équipe de Rouxelogues ( magnifique nom) financée par Mathieu – qui doit avoir les moyens: il a, je suppose, fallu recruter des experts, d’une patience à toute épreuve, et effectuer des roule-ments: au moins deux jours de récupération pour un jour travaillé, sans quoi ils se transforment en Shadoks, c’est fatal.
        Je crois avoir entrevu un coin de vérité: le mythique Yves joue avec nous comme un chat avec ses proies ; il nous fait des jeux de pistes qui peuvent être drôles si on a la patience – mais l’a-t-on toujours? Il nous fait jouer mais joue avec nous. Yves le méta-chat, le superfélin.
        (Je viens d’expérimenter : le film dont il parle existe, et on peut, en cherchant, presque démêler les méandres de son post, fait d’emprunts et de considérations personnelles. Mais on doit y consacrer au moins 20 minutes ; Rouxel, nouveau minotaure, empereur de l’escape game cinéphilique, que à côté Christopher Nolan c’est Forest Gump.)

        Yves, vous êtes, donc, un mythe vivant : est-ce que ça vous fait plaisir?

        • MB dit :

          à Denis Fargeat: tt à fait d’accord: soit on veut jouer soit on s’en fout, mais la ligne de reprocher à YR sa nébulosité d’expression ou ses recopiages officieux est superflue, l’agressivité ou le mépris (certaines vannes…) le sont encore plus.
          bon, c’est trop long à lire surtout dans ce style
          et puis zut! faut de tout pour faire un monde dit-on!

          Dans l’exemple que vous citez, comme vous dites le titre du film dont il parle est bien indiqué en fin de texte:
          « Dommage que ce soit un film. »Le coup de singe »réalisé par Ode Bitton avec comme simple interprète l’immense Jean pierre Kalfon. »

          sauf que c’est DU SINGE pas « de » et Ode Bitton est la bonne orthographe (un diminutif de Odette)

        • yves rouxel dit :

          A Denis Fargeat.Merci pour ces éloges et louanges concernant ce film qui existe vraiment.N’oubliez pas cher ami que le cousin à mon père était Jacques Rouxel père et créateur des fumeux Shadocks(Chat d’oc).Revenons à l’essentiel qui nous interesse c’est à dire le 7ème art avec une oeuvre originale et méconnue de Robert Mulligan »Le sillage de la violence ».3ème collaboration entre Steve mac queen et Robert Mulligan le film dégage une force grace à la maitrise du metteur en scène qui arrive une fois de plus à nous émouvoir sans tomber dans le pathos mélancolique habituel.Le cinéaste à toujours mis en avant la psychologie des personnages avec leurs angoisses,leurs faiblesses,leurs enfermement qui les poussent inéxorablement vers la violence et le sang.Lee Remick tout en douceur dans le role de la mère apporte un réconfort à un mari qui perd pied et se raccroche à son rève d’etre chanteur de folk dans les bals de campagne.Dans la lignée je vais revoir « Une certaine rencontre »,vu il y a longtemps à la télévision.

        • richpryor dit :

          On atteint des sommets de comique là franchement avec les interventions de Rouxel. « Dommage que ce soit un film »! Moi aussi je voudrais savoir ce que ça veut dire!

        • MB dit :

          à Yves Rouxel
          « .3ème collaboration entre Steve mac queen et Robert Mulligan »

          Ah mais je vois que vous avez ajouté THE DEFENDER épisode en deux parties de la série TV STUDIO ONE, donc oui trois:
          THE DEFENDER 1957;
          UNE CERTAINE RENCONTRE 1963;
          LE SILLAGE DE LA VIOLENCE 1965.

          je vous félicite pour votre connaissance de la TV américaine historique.

        • michèle dit :

          à MB,

          Ah ah ah !!!

        • MB dit :

          à michèle: franchement ce « ah ah ah! » c’est pas gentil gentil quand même!…

    • Gilles dit :

      J’ai une bonne nouvelle pour vous Yves Roule. Vous cherchez depuis des années la monographie de Missiaen sur A. Mann. Je vous l’ai trouvée en moins de 20 secondes.
      https://fr.shopping.rakuten.com/offer/buy/79532998/missiaen-anthony-mann-anthony-mann-livre.html
      Non non y a pas de quoi.

      • yves rouxel dit :

        Merci Gilles pour cette trouvaille.Sans rancune aucune.Vous faites parti du cercle fermé « des rouxellogues avertis ».On s’est compris,je pense.

        • Gilles dit :

          A Yves Roule

          J’ai posté mon message avant de lire celui de Demachy qui vous donnait les mêmes adresses. Dépêchez-vous avant que les prix montent.

    • ballantrae dit :

      Là je ne pige rien que ce soit le sens de vos commentaires surtout à la fin ( qu’est ce que le figuratisme bourgeois????) ou l’objectif de l’intervention. Vanter un film obscur? Il semblerait même que ce soit le contraire…vous me laissez coi!
      Si vous voulez on peut polluer le blog avec de longues discussions sur la dimension philosophique de 2019 après la chute de NY de S Martino et toutes les questions essentielles qu’il pose: est-il raisonnable de s’accoupler avec une guenon pour perpétuer l’humanité? pourquoi les nains sont maltraités dans les bis italiens des 80′? pourquoi le film commence sur un solo de trompette? comment Valentine Monnier (oui, oui celle dont on parlait bcp il y a un an avant J’accuse) a atterri dans cette galère?
      Voyez le , vous aimerez peut-être deviser là-dessus…
      Blague à part: Rouxel, franchement STOP !
      Et sur le blog suisse « libre » acceptent-ils des messages comme celui-ci?
      Il pourrait y avoir un côté pataphysique marrant et non sensique dans toute cela mais à haute dose c’est un peu épuisant.

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