Robert Parrish, John Huston, Elia Kazan… visages du cinéma américain

29 janvier 2021 par - DVD

J’ai trouvé MIRACLE EN ALABAMA (THE MIRACLE WORKER) bouleversant. Ce corps à corps entre une institutrice elle même handicapée et une gamine sourde et quasi muette que ses parents surprotègent, affrontement aussi physique que mental, est à coup sur le chef d’œuvre d’Arthur Penn avec GEORGIA (FOUR FRIENDS) auquel l’Avant-scène cinéma consacre un numéro avec des interviews de tous les acteurs, effectués par Antoine Sire. On sort de MIRACLE rompu, exténué, notamment après le très long plan séquence dans la salle à manger. Se battre contre les préjugés paraît presque plus difficile que de triompher de la maladie comme le prouvent les combats récents contre le Covid aux USA où rien ne semble avoir changé depuis l’époque d’Helen Keller. Excellent bonus de Fred Mercier.

FILMS NOIRS

STRANGER ON THE PROWL (Olive, zone 1 sans sous-titres) était sorti en France sous le titre UN HOMME À DETRUIRE et signé Andrea Forzano. Il avait été tourné en Italie par Joseph Losey pendant qu’il était sur la liste noire, produit par une petite société créée par diverses personnalités progressistes, Ben et Norma Barzman, Bernard Vorhaus et le scénario était écrit par Ben Barzman (TEMPS SANS PITIÉ, LE CID) d’après une histoire de Noël Calef. Le scénario patine parfois, l’affrontement final paraît trop étiré pour une issue prévisible et certains rebondissements trop fabriqués renvoient à ces films noirs français qui semblent solliciter le Destin. Mais la mise en scène vigoureuse fait preuve d’une vitalité, d’une énergie qui rattrape ces manques, Losey utilisant admirablement les très nombreux extérieurs et dirigeant aussi bien le jeune garçon que Dean Stockwell dans LE PETITE GARCON AUX CHEVEUX VERTS. Visuellement, STRANGER paraît davantage en osmose avec tout un courant néo-réaliste (on pense souvent à De Santis, à Germi) qu’avec le film noir américain

Dans les grandes réussites de Richard Fleischer, LE GÉNIE DU MAL (Rimini) d’après le beau livre de Meyer Levin, est plus rarement cité que l’implacable ÉTRANGLEUR DE RILLINGTON PLACE ou le très brillant et humaniste ÉTRANGLEUR DE BOSTON. Il est pourtant tout aussi passionnant tant dans sa description des années 20 qui montre l’errance criminelle, de deux fils de famille dévoyés, arrogants (mieux décrits que dans THE ROPE) qui croient avoir compris Nietzsche (Dean Stockwell est particulièrement exceptionnel) que dans les séquences de procès, mises en scène avec une élégance, une clarté, une limpidité assez incroyables. Welles, dans le rôle de l’avocat Clarence Darrow, défenseur des syndicalistes et des ouvriers grévistes, baptisé ici Jonathan Wilm,, fait la composition d’acteur la plus retenue, la plus sobre, la plus intériorisée de toute sa carrière. Il parle doucement, sans achever toutes les phrases, comme à la limite de l’épuisement. Dans ses mémoires Fleischer écrit qu’il dut se bagarrer pour l’obliger à descendre, à se contenir. Dans le bonus du film, il parle d’un gros différend et ensuite d’une entente. J’ai rarement vu Welles aussi sobre et aussi contenu et sa plaidoirie est tout bonnement sublime d’humanité. Diane Varsi est extrêmement touchante et EG Marshall, remarquable, en procureur. Là encore très bons bonus.
A noter que Darrow est incarné par Spencer Tracy dans PROCÈS DE SINGE de Stanley Kramer où il défend contre des fondamentalistes chrétiens, un professeur qui a osé évoquer Darwin La longue scène qui l’oppose à Fredric March devrait être projetée dans toutes écoles.

A cette trilogie essentielle, on peut ajouter LA FILLE SUR LA BALANÇOIRE (Rimini) qui se situe pratiquement au même niveau et Farley Granger dont c’est un des meilleurs rôles après LES AMANTS DE LA NUIT, est le cousin des deux jeunes criminels de COMPULSION. Même arrogance de caste, même jalousie morbide, même perversité qui fait froid dans le dos à quoi on peut ajouter une haine des femmes. Dans ce quasi chef d’œuvre, si bien éclairé et décoré, on ne peut que regretter un décor de montagne en studio. Tout le reste est parfait.

FALLEN ANGELS (Elephant) fut une série télévisée qui, hélas, ne dura que deux saisons, consacrée au film noir, initiée par William Hornberg et coproduite par Sydney Pollack. Les épisodes de 25 minutes étaient tournés comme des films, avec des recherches esthétiques sophistiquées parfois un peu voyantes : travail très poussé sur les couleurs, chefs opérateurs prestigieux, décors stylisés, thème musical d’Elmer et Peter Bernstein Beaucoup de scénarios adaptent des auteurs prestigieux : ainsi Tom Hanks filme plutôt bien une nouvelle typique de l’humanité de Raymond Chandler et Tom Cruise, eh oui, affronte très honorablement un court récit fulgurant qui reprend les thématiques chères à Jim Thompson. Steven Soderbergh signe deux épisodes glaçants et contrôlés de main de maître, tandis qu’Alphonso Cuaron, déniché par Pollack, fait des débuts fracassants en dirigeant de main de maître une Laura Dern bouleversante. Dans un autre épisode, les fans de Chandler découvriront, pour la première et dernière fois, un Philip Marlowe noir incarné par Danny Glover dans un épisode malheureusement trop étiré. L’adaptation de Mickey Spillane par John Dalh m’a semblé fabriquée comme ses précédents opus et d’un nihilisme éprouvant.

Dans ses films criminels, même à travers leurs différences, Henry Hathaway impose une vision, une approche personnelles : narration dépouillée, concise, refus du sentimentalisme, quasi absence de musique aussi bien dans THE DARK CORNER que dans 14 HEURES ou dans APPELEZ NORD 777. Dans LE CARREFOUR DE LA MORT, elle est réduite à la portion congrue si on la compare avec celle de Steiner pour LE GRAND SOMMEIL ou de LA CITÉ SANS VOILES. Chaque fois qu’il le peut, Hathaway arrête une scène avant sa vraie fin, s’arrange pour ne pas souligner le moment d’émotion. Il opte pour une dramaturgie sèche, claire, retenue que soulignait James Agee. Pensez par exemple à la séquence exemplaire du CARREFOUR où Mature dans un atelier de la prison, fait demander des nouvelles de sa femme et découvre qu’elle est morte. Durant l‘échange le plus important, le dialogue est filmé de loin et ni Mature ni le spectateur ne l’entendent. Dans APPELEZ NORD 777, Stewart vient annoncer à la vieille femme de ménage que le journal ne la soutient plus. Hathaway non seulement évite les gros plans mais s’arrange, quand Stewart quitte la pièce, pour que les deux personnages se cachent l’un l’autre de manière à ce qu’on ne voie pas en plan rapproché que la vieille femme craque. On trouve cent exemples similaires.
LE CARREFOUR DE LA MORT est un film noir relativement classique où le tournage en décors naturels est moins payant que dans APPELEZ NORD 777 et THE DARK CORNER, sauf pour l’arrivée à Sing Sing et certains moments dans la prison. Même le hold up dans l’immeuble Chrysler, filmé avec une concision exemplaire, aurait pu être tourné en studio. Ce qui n’est pas le cas du film avec Stewart. En revanche, on remarque quelques idées surprenantes notamment cette voix off mystérieuse dite par une femme (fait assez rare dans un genre où ce sont des protagonistes masculins qui parlent, protagonistes ou narrateur) qu’on mettra du temps à identifier et cela donne une couleur insolite au récit. Comme le remarque Jean-Loup Bourget, la dernière intervention de cette femme (Coleen Gray, épatante de sobriété) parait contredire ce que nous venons de voir, effet quasi fantastique.
En revoyant APPELEZ NORD 777, outre la magistrale utilisation des extérieurs et la splendide photo de Joe MacDonald, le grand complice de Hathaway, j’ai été frappé par la sophistication, l’intelligence du récit qui offre plusieurs niveaux de lecture. Contrairement à ce que je vois écrit ici et là, Stewart met beaucoup de temps avant de se convaincre de l’innocence de l’homme qu’il est censé disculper et son incrédulité le pousse à adopter une attitude qui ressemble à celle des producteurs : tablez sur le côté humain, mettez en avant l’émotion quitte à la fabriquer, à la manipuler, pour conquérir les lecteurs. Bref le contraire de la mise en scène d’Hathaway qui s’accroche aux faits, au réel. En fait, le journaliste exploite le fait divers, la famille pour faire du pognon et le film regarde d’un œil critique cette approche hollywoodienne. Quand Richard Conte met fin à l’accord qui le lie avec le journal, le propos bascule et Stewart se retrouve synchrone avec la mise en scène de Hathaway.

JOHNNY APPOLLO (zone 1 sous-titres français) est une autre réussite souvent oubliée, occultée, de Hathaway. Peut être parce que le scénario co-signé par Rowland Brown paraît plus classique. Il contient pourtant un bon nombre d’éléments surprenants, traités avec ce dépouillement dégraissé qui est la marque d’Hathaway, tournant le dos à la complaisance comme au lyrisme. Une fois de plus, il met en valeur le personnage féminin et Dorothy Lamour, merveilleusement dirigée, trouve sans doute là son meilleur rôle. Edward Arnold et Lloyd Nolan, gangster sadique, impitoyable sont particulièrement bien mis en valeur et Tyrone Power est plutôt convaincant. Belle photo. A redécouvrir de même que THE DARK CORNER, peut être le meilleur de la série qui bénéficie d’un dialogue percutant, et donne un de ses premiers rôles dramatiques à Lucille Ball, remarquable en secrétaire qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Composition mémorable de William Bendix qui, lui aussi, s’en prend à une gamine, ce que l’on retrouve dans de nombreux Hathaway. Je renvoie au texte de 50 ANS de Cinéma américain.

Il faut aussi signaler le remake de KISS OF DEATH, assez brillamment réalisé par Barbet Schroeder. Le scénario de Richard Price introduit plusieurs sous-intrigues, une masse de coups tordus, de trahisons, notamment entre les différentes polices, fédérales, d’état, élimine la veille dame qu’on projette dans l’escalier pour mettre l’accent sur la manière dont la justice manipule, exploite les indics. On a doit à une galerie de truands dont certains paraissent semi-débiles et donc d’autant plus dangereux. Nicolas Cage reprend, choix courageux, le personnage de Widmark, sans ses éclats de rire hystériques qui le rendaient inoubliable auquel Price substitue un nombre impressionnant de tares, de tocs : il est asthmatique, ne supporte pas le goût du métal dans la bouche, commet de terrible fautes de syntaxes et change d’humeur d’une seconde sur l’autre. Personnellement, je trouve sa composition assez passionnante mais c’est Samuel Jackson qui vole le film. Schroeder filme très bien des extérieurs new-yorkais spectaculaires. Je ne sais pas s’il y a un DVD, même aux USA.

ADIEU MA JOLIE gagne aussi à être revue. Beaucoup de films dirigés par Dmytryk à cette époque contiennent de vraies qualités visuelles, un découpage dynamique, y compris CROSSFIRE avec son interprétation magistrale. Revoyez-les.

THE VERDICT (zone 1 sans sous-titres), première réalisation de Don Siegel, est une brillante réussite. Le futur auteur de CHARLEY WARRICK, est très à l’aise dans l’Angleterre victorienne où il nappe tous les décors de brouillard, joue avec les lampadaires, les escaliers, les corridors obscurs. Il faut dire qu’il a deux alliés de taille en Peter Lorre et Sidney Greenstreet, tous deux remarquables.

  

THE WINDOW (zone 1 sans sous-titres) tient remarquablement le coup. Cette adaptation d’une fort bonne nouvelle de Cornell Woolrich (qui entretient une certaine parenté avec FENÊTRE SUR COUR) est fort bien écrite par Mel Dinelli qui ne caricature aucun des protagonistes. Ni le couple de parents, sobrement joués par Arthur Kennedy et Barbara Hale, ni les deux criminels, l’excellent Paul Stewart, tueur sadique impressionnant et Ruth Roman dans un personnage noir. Tetzlaff obtient une photo nocturne, magnifique, joue très habilement avec les extérieurs, tournés dans l’East Side. Rien n’a vieilli en dehors des deux dernières phrases trop attendues.

WESTERNS

J’ai dit maintes et maintes fois mon admiration éperdue pour FUREUR APACHE, l’un des plus grands westerns des années 70. Je voulais juste signaler que le DVD d’Elephant, on peut voir les deux montages, celui d’Aldrich et celui de Lancaster.

AU MÉPRIS DES LOIS de George Sherman se revoit avec bonheur et l’on sent que les scènes réussies sont dues au metteur en scène (utilisation des décors, notamment le fort, de l’espace, mise en scène rapide et fluide).

   

J’ai adoré revoir JOE DAKOTA mais beaucoup dans ce blog partagent mon admiration pour ce western si personnel, si nonchalant, si original de Richard Bartlett, l’un des seuls où on boit du vin au saloon.

ELIA KAZAN
J’ai émis ici même de très fortes réserves sur l’idéologie de SUR LES QUAIS dont le plaidoyer christique et l’interprétation boursouflée de Brando (surtout face à la si rigoureuse Eva Marie Saint) me paraît plus discutable à chaque nouvelle vision. Je n’en suis que plus à l’aise pour dire l’émotion que j’ai ressentie à revoir UN HOMME DANS LA FOULE et BABY DOLL. Deux films où il capte l’atmosphère du Sud (déjà bien évoquée dans PANIQUE DANS LA RUE) avec une acuité très rare à Hollywood. La description de l’arrivée de la géniale Patricia Neal dans une petite bourgade de l’Arkansas dans UN HOMME DANS LA FOULE, de la prison où elle veut questionner des détenus, sont saisissantes de vérité tout comme l’entrée en scène – il n’y a pas d’autre terme – de Lonesome Rhodes. L’association Kazan/Budd Schulberg donne lieu à un film qui est aux antipodes de SUR LES QUAIS et qui prend une force encore plus grande avec l’élection et la personnalité de Donald Trump. La manière dont il cajole, flatte, s’empare de son public vous glace le sang. Sa chute semble imposée par l’idéalisme démocratique des auteurs et même si elle s’inspire ouvertement de celle du sénateur McCarthy piégé par le juge Welsch et par Edward Morrow, le happy end semble un peu forcé. Création époustouflante de Lee Remick qui crève l’écran. Vision indispensable.

BABY DOLL m’a semblé aussi fort, aussi puissant, sinon plus. A la justesse de la description s’ajoute un ton qui transcende l’approche réaliste, la dépasse pour atteindre à la fable. L’âpreté du magistral scénario de Tennessee Williams est amplifiée, dilatée ce qui donne aux personnages un côté « plus grand que la vie », pour reprendre le titre d’un Nicholas Ray. Et le film bifurque parfois vers la farce, l’ironie tranchante notamment dans la description de Archie Lee, le mari en titre de Baby Doll, obtus, ignorant, raciste, obsédé, voire de certains moments avec Eli Wallach à qui Kazan demanda de s’inspirer du jeu de De Sica, tout en lui donnant une couleur plus impitoyable qui annonce les mafieux à la Joe Pesci. Kazan insuffle un érotisme brûlant, sans rien montrer, dans toutes les scènes entre Wallach et Caroll Baker, en jouant sur les corps, les visages, tout ce que les acteurs parviennent à suggérer sans le dire ou le mettre en avant notamment dans l’inoubliable séquence de la balancelle et aussi du dîner. A une interprétation sensationnelle (premier film de Wallach et Carroll Baker) jusque dans les petits rôles, le shérif, le marshall, le second de Vaccaro, tous sidérants de présence et de force dramatique. Ce à quoi s’ajoute l’étrange chœur des Noirs se gondolant face à ces Blancs qui se déchirent. Les dernière réplique est inoubliable : « il nous reste plus, dit Baby Doll à sa tante, les deux femmes malmenées par des prédateurs, qu’à attendre jusqu’à demain pour voir si l’on se souvient de nous ou si l’on nous a complètement oubliées. »

PANIQUE DANS LA RUE est pour moi le meilleur Kazan de la première époque avec LE LYS DE BROOKLYN. Très supérieur à BOOMERANG, terne et conventionnel, à PINKY et au MUR INVISIBLE, mise en cause démodée de l’antisémitisme. Le tournage en extérieurs à la Nouvelle Orléans stimule Kazan : la photo de Joe McDonald est aussi impressionnante et audacieuse que chez Hathaway. Kazan, sous l’influence de Ford, impose des plans longs aussi bien dans les scènes intimes et familiales, toutes réussies, que dans les séquences d’enquête où Widmark et Paul Douglas, tous deux exceptionnels, côtoient des dizaines de protagonistes pittoresques, effrayants, dangereux, dans des décors étonnants de vérité : chambres crasseuses d’hôtels, restaurants de bas étage, salle d’embauche dans les docks. C’est le premier film où Kazan se penche sur son passé et met en scène des Grecs, des Arméniens et nombre de migrants étrangers dont des Asiatiques. On a beaucoup dit que cette menace de transmission du virus de la peste que faisaient peser ces étrangers symbolisaient le communisme mais je pense qu’il faut relativiser et se dire d’abord que ces constatations renvoient à des faits authentiques. C’est hélas à travers cette population que le virus peut naitre et se propager vu l’absence de tout contrôle sanitaire. Et le cinéaste n’est pas tendre vis à vis des représentants officiels qui font preuve de la même ignorance, de la même myopie et arrogance que l’administration et les fidèles de Trump.

JOHN HUSTON
PROMENADE AVEC L’AMOUR ET LA MORT revu pour la douzième fois me bouleverse toujours autant. Huston filme un monde déchiré par la violence, la haine notamment des femmes, les préjugés les plus féroces, préjugés de classe et préjugés religieux (le film compte une galerie conséquente d’ecclésiastiques odieux, bornés et effroyablement misogynes) avec une infinie et terrible douceur.

  

LES GENS DE DUBLIN me bouleverse chaque fois davantage quand je le revois. La manière dont Huston orchestre tous ces destins qui s’entrecroisent durant une fête rituelle vous prend à la gorge par son intelligence, son acuité, son attention ironique et empreinte de compassion pour tous les personnages, notamment cet ivrogne terrorisé par sa mère. L’irruption en haut d’un escalier d’Anjelica Huston pendant qu’on chante off une vieille et bouleversante ballade, ce qui va déclencher l’évocation de son premier amour, compte parmi les moments les plus déchirants de l’histoire du cinéma.

HOWARD HAWKS
HIS GIRL FRIDAY (coffret Editions Montparnasse), une des sommets de Hawks, vous entraîne dans tourbillon implacable. C’est une des rares œuvres du cinéaste où il semble prendre parti contre l’injustice, la peine de mort, et la corruption politique. Dans le même coffret le génial MY MAN GODFREY où Carole Lombard est déchaînée et le surestimé LA JOYEUSE SUICIDÉE. On peut le comparer avec SPÉCIALE PREMIÈRE, un des nombreux remakes, celui-là signé Billy Wilder dont je n’avais pas gardé un immense souvenir.

POUR CÉLÉBRER RICHARD LESTER
Avez vous lu le livre d’entretiens que Steven Soderbergh, grand admirateur de Lester, lui a consacré ? Un livre qui témoigne de la passion d’un cinéaste pour un de ses collègues.

J’ai donc revu CUBA, vrai triomphe de mise en scène pendant les trois quarts du récit. On a rarement aussi bien disséqué les derniers moments de Battista, la chute d’une dictature avec ce mélange typique de Lester de flambées de violence, de détails cocasses, incongrus, inhabituels, de notations très fine, très acérées sur les personnages. Sean Connery revient à Cuba pour défendre le régime et retrouver un ancien amour, la très émouvante Brooke Adams et il doit affronter le climat de corruption qui gangrène l’île, l’incapacité des troupes gouvernementales à affronter les rebelles (ils n’osent pas quitter les routes et ne savent rien sur ce qui se passe vraiment) et des rapports amoureux complexes. Dans une séquence mémorable, un grand dîner mondain, suite de banalités autour d’une soupe de pois, est brusquement interrompu par un attentat sanglant. Battista, lui, visionne LE CAUCHEMAR DE DRACULA. Malheureusement, la production a du insister pour rajouter des scènes d’action banales, une bataille de char dans une plantation de canne à sucre, dont on se serait bien passé. Mais cela n’efface pas tout ce qui précède.

TERREUR SUR LE BRITANNIC compte parmi les chefs d’œuvre de Lester. On écrivait dans 50 Ans que c’était sans doute le meilleur film catastrophe jamais tourné, le plus original, le plus intelligent. Lester qui fit refaire le dialogue par un grand scénariste de télévision, truffe ici aussi toutes les scènes de détails quotidiens, cocasses, surprenants qui donnent une vie étonnante à la moindre scène. Un appel téléphonique où on apprend que 7 bombes vont exploser sur le Brittanik se déroule dans une pièce où un malheureux père de famille tentait de faire manger ses enfants. Bref Lester filme tout ce qu’on évacue d’ordinaire et nous surprend à chaque second. Les scènes de déminage, haletantes, comptent parmi les mieux filmées du genre et on pense au sublime THE SMALL BACK ROOM de Michael Powell, film matrice du Lester. Les deux oeuvres partagent le même ton inspiré, décapant, anarchiste. Lester et son scénariste rendent le gouvernement anglais responsable des actions terroristes.

LA ROSE ET LA FLÈCHE reste l’un des films les plus célébrés de Lester qui débute comme souvent par des séquences décapantes, remettant en cause les codes et les mythes. Richard Cœur de Lion est une brute sanguinaire, assoiffé de lucre, un sociopathe qui change d’idée constamment et massacre tout le monde autour de lui. Les Croisades ont été une suite de massacres sanglants (le récit que fait Robin de la victoire de Saint Jean d’Acre est terrifiant), la forêt de Sherwood est envahie par les ronces. Puis le ton bifurque et Lester signe une œuvre éperdument romantique. Robin des Bois est passé à côté d’un grand amour, et de sa vie. Parti en croisade, il a abandonné Marianne qui est devenue abbesse et leurs retrouvailles vont commencer par un affrontement typique de la comédie américaine pour laisser place à une émotion bouleversante. Par bravade, Robin s’accroche à sa gloire que célèbrent des chansons plus ou moins fictives, refusant de demander à Marianne de rester avec elle et va vouloir affronter le shérif qu’interprète brillamment Robert Shaw, ce qui nous vaut un duel anthologique Les dernières séquences sont bouleversantes (comment oublier la dernière tirade de Marianne : « Je t’aime plus que la lumière du soleil, que la chair, que la vie, que les prières du matin ») et le couple Sean Connery/ Audrey Hephburn est inoubliable. Rappelons que Michel Legrand avait écrit la première partition du film que l’on peut entendre dans le coffret assemblé par Stéphane Lerouge mais Lester déclare à Soderbergh que Ray Stark, le producteur, choqué par quelques dissonances, exigea un score plus classique confié à John Barry. Bonne occasion de comparer les deux.

ROBERT PARRISH
Ces temps-ci, j’ai eu envie de me plonger à nouveau dans les films de Robert Parrish. L’humanisme qui s’en dégage, la manière dont il filme les personnages de femmes, les histoires d’amour m’ont encore plus touché et j’ai trouvé par exemple IN THE FRENCH STYLE, dans ses deux derniers tiers, poignant, sensible et si peu moralisateur. Idem pour LA FLAMME POURPRE, sorti dans un beau Blu-ray défendu dans ce blog par Sidonis. J’ai fait découvrir ce film à mon ami Patrick Mulligan qui a été touché par la manière dont Parrish bat en brèche les codes du cinéma américain de l’époque, privilégiant les sentiments, les émotions. Et à son tour, il me dit qu’il a adoré MY PAL GUS (zone 1) que je n’ai jamais revu depuis les années 60, louant une œuvre tout à fait inhabituelle, peut être le premier film parlant ainsi d’une famille monoparentale, donnant à Widmark un personnage émouvant, tout en douceur. J’ai donc acheté le DVD.

Mon ami Pat McGilligan avait découvert il y a quelques jours MY PAL GUS (Fox) que j’ai acheté, ne l’ayant jamais revu depuis la fin des années 60, l’avait beaucoup aimé ajoutant qu’il s’agissait une chronique sur une famille monoparentales très inhabituelle pour l’époque, qui battait en brèche de nombreux clichés à commencer par le culte de la réussite, des valeurs matérielles. Richard Widmark dans un changement complet de tonalité et de couleur joue avec une douceur, une chaleur peu exploitée à l’époque, un homme d’affaires qui passe à coté de son fils, pendant que l’argent règle tous les problèmes.  Et une fois encore, comme si souvent chez Parrish, c’est une femme – la très craquante Joanne Dru, miracle de douceur sereine – qui va le rééduquer, lui apprendre à lire, à découvrir les autres (les parents d’élève). Rien d’ostentatoire, de tapageur mais une délicatesse, une douceur rares.

J’ai revu à la hausse dans la belle édition sortie par Rimini, L’ENFER DE TROPIQUES, malgré les coupes et le remontage du producteur qui a cassé la structure en flashbacks, dévertébrant le récit et l’amollissant. En partant du Blu-ray, j’ai pu, sinon reconstituer la construction, du moins identifier le vrai début du film, exercice très marrant. Il se situe dans l’avant-avant-dernier chapitre et démarrait avec cette énigmatique collision entre deux bateaux dans le brouillard, mieux montée. Puis le téléphone réveillait le docteur que l’on accompagnait. On découvrait ainsi le décor, cette ile des Caraïbes et on accompagnait le docteur qui partait accoster en haute mer le cargo grec qui avait été endommagé. Là, on découvrait Lemmon, coincé dans la cale. Début elliptique, brillant, énigmatique, très supérieur à l’introduction actuelle. Pendant au moins 20 minutes, on ne voyait que Lemmon, et Mitchum n’apparaissait que quand on lui fait quitter le combat de coqs et qu’il lance à Rita Hayworth, « je pars en ballade », ce qui lui faisait une très bonne introduction, très Mitchum. Les premiers flashbacks devaient survenir au moment ou juste avant que les deux héros se rencontrent. Les producteurs ont non seulement cassé cette construction, ils ont éliminé un personnage, distendu des scènes qui étaient plus ramassées dans la construction non chronologique, ajouté une histoire de lettre à laquelle on ne comprend rien. Ce massacre ne parvient pas à détruire le ton noir, romantique, désillusionné que Shaw et Parrish avait imprimées à leurs personnages : celui de Mitchum est particulièrement sombre et misogyne. Le personnage d’Hayworth est filmé avec infiniment de respect, de compassion et on peut voir dans les trois protagonistes, les ébauches de ceux qu’incarneront Julie London, Gary Merril et Mitchum dans L’AVENTURIER DU RIO GRANDE. A noter que Lemon compose le thème qu’il joue à l’harmonica.

SAN FRANCISCO STORY (zone 1) revu dans une copie médiocre comprend un bon nombre de détails marrants, d’échanges très bien écrits par William Bowers (non crédité). Le film souffre d’un manque de moyens évidents – les décors pauvres, étriqués – même si Parrish camoufle ces manques avec une quasi absence de lumière dans les rues et de grandes nappes de brouillard. De multiples personnages secondaires très savoureux comme cette tenancière de saloon borgne qui n’arrête pas de trahir tout le monde en éclatant de rire ou ce sénateur carpette constamment ridiculisé par Sidney Blackmer (« On avait besoin d’une non entité et vous étiez de loin le meilleur ») rattrapent quelques uns de ces manques.

THE DESTRUCTORS soutenu par une belle photo de Douglas Slocombe, est visuellement beaucoup plus brillant notamment durant une longue poursuite dans la gare d’Orsay, décor spectaculaire. Certaines séquences sont traitées avec un humour elliptique, une rapidité narrative qui évoque CRY DANGER (les meurtres commis par Michael Caine, la mort de James Mason pendant que l’orchestre joue « Round Midnight », où Parrish se sert de la danse pour chorégraphier cette exécution, laquelle se déroule durant une cérémonie dénonçant la pollution à Marseille (déjà). Bien dirigé, Anthony Quinn laisse affleurer dans la première partie, une délicatesse, une douceur un peu lasse (dans ses scènes avec Alexandra Stewart) qui lui confèrent un vrai charme, trop rarement sollicité.. Malheureusement le scénario du producteur Judd Bernard, accumulation de séquences provenant d’autres films et de clichés s’épuise dans les sempiternelles courses de voitures, malgré les idées, les nouveaux dialogues, réinjectés au jour le jour avec la complicité des acteurs.

J’ai découvert grâce à mon ami Bill Ferris que l’on peut voir dialoguer avec moi et avec Parrish dans MISSISSIPPI BLUES, un beau documentaire sur le scénariste et dramaturge Horton Foote (HORTON FOOTE : THE ROAD TO HOME). Il fut l’un des rares scénaristes à développer un univers personnel avec ses thèmes, ses obsessions, ses personnages, le plus souvent des gens simples, déchirés par des conflit familiaux, sentimentaux, des problèmes de travail, d’alcool, d’argent, d’identité, qui essaient de survivre tant que mal. Auteur de nombreuses pièces pour le théâtre et la télévision qui se passent toutes dans le sud ou sud ouest du Texas, autour de la ville de Wharton, l’équivalent du comté de Yoknapatawpha pour Faulkner. On l’a surnommé le Tchekhov américain tant les conflits sont souvent traités en filigrane, comme murmurés. Alors que les gadgets, les effets spéciaux, les franchises ont envahi le cinéma des années 80, il est rafraichissant et courageux d’avoir fait naître tant de films dans lesquels les émotions sont le moteur, la dynamique, la raison d’être de l’action et qui tentent de préserver les racines, le passé non sans éviter parfois le sentimentalisme quand le réalisateur n’est pas à la hauteur du propos. Il est louable et émouvant de s’attacher à des personnages souvent oubliés par le cinéma de studio (vieillards, marginaux, chômeurs, travailleurs agricoles), à ces solitaires qui habitent dans des coins perdus. Les extérieurs, les décors de TENDER MERCIES – ce motel, cette station service, ces bars disséminés le long des routes – sont à cet égard, sidérants. Après son Oscar pour le scénario de TO KILL A MOCKINBIRD, Foote refusa pratiquement toutes les propositions d’Hollywood, préférant revenir à ses propres œuvres mais afin d’être sûr qu’elles soient respectées, il choisit souvent des réalisateurs de télévision moins inventif que Beresford ou Mulligan.

Commentaires (293)

 

  1. Catherine dit :

     » André M dit :
    18 février 2021 à 11:17

    Non Catherine, je ne suis pas André Moreau. D’abord je pense être un plus jeune ! Mais je me souviens parfaitement de lui à l’époque où j’étais abonné à Télérama. Il ne faisait pas partie de la rubrique cinéma du magazine mais chroniquait la majeure partie des diffusions films sur les chaînes. Sévit-il toujours dans le magazine ? Existe-t-il même seulement car à l’époque je me souviens que le bruit courait qu’il s’agissait de Patrick Brion sous pseudo…  »

    Ok, my mistake. Je ne sais pas s’il fait toujours partie de l’équipe du magazine. En tout cas je remercie chaleureusement tous ceux qui ont rédigé ou rédigent encore les notules cinéma dans la grille TV de Télérama, car ils ont largement contribué à me faire découvrir plein de films.

  2. MB dit :

    Peut-on signaler à qui on répond dans les discussions? Citer les propos c’est déjà pas mal mais ça suffit pas! la discussion sur les acteurs à 4 ou 5 intervenants, ça devient brumeux.

  3. MB dit :

    à Bertrand
    pour 100 Ans? pour G-MEN de W Keighley, Cagney ne prend pas de leçons de karaté sous l’oeil de RG Armstrong mais sous celui de Robert

    • Mathieu dit :

      A MB:
      puisque vous évoquez G-MEN, c’est vraiment un excellent film, le meilleur pour moi des Keighley que j’ai vus avec THE STREET WITH NO NAME, auquel j’ajouterais aussi THE PRINCE AND THE PAUPER. Avec trois films de cette qualité, on se dit que Keighley est un bon, qu’il en a surement touné d’autres de cette qualité, on regarde sa filmo, et on reste un peu plus circonspect. J’ai vu BULLET OR BALLOTS qui est je dirais OK (pour un fan comme moi d’E.G. Robinson et de la Warner des années 30) mais ne vaut pas G-MEN et de loin. A la recherche d’autres bons Keighley, j’ai vu aussi TORRID ZONE et je n’ai pas beaucoup aimé cet espèce de remake de THE FRONT PAGE dans un décor de république bananière. Le mitraillage sans répit de wisecracks cyniques se révèle vite artificiel et agaçant. Scénario de Jerry Wald et Richard Macaulay. Apparemment l’un ou l’autre ou les deux étaient préposés à la fourniture de one-liners pour la Oomph Girl Ann Sheridan, ce qui est très bien à petite dose dans THEY DRIVE BY NIGHT de Walsh mais lasse sur la durée. Trop de oomph tue le oomph. Par contre je vois que Wald et Macaulay sont aussi responsables bien que non crédités des dialogues BROTHER ORCHID, une des nombreuses gangster comedies tournées par E.G. Robinson, réalisée par Bacon (pour moi un cran au dessous de Keighley) et que j’ai trouvée extrêmement plaisante et drôle.

      • DIXON STEELE dit :

        Bon souvenir de La révolte des Dieux rouges – western efficace, sec, claustrophobe, où Keighley, sur un scénario de LeMay, fait un excellent travail. Flynn est à la tête d’une petite bande de confédérés, tous parfaitement bien interprétés (la plupart des acteurs sont d’anciens champions de rodéo -et cela se sent), tous bien dessinés (aucun n’est négligé). Quelques évocations de leurs histoires, de leurs passés, rejoignent la discussion de ce blog sur le traitement des sudistes à l’écran – nul manichéisme ici. Comme disait Renoir : « Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons. » Et une très belle musique de Max Steiner.

      • MB dit :

        à Mathieu
        On trouve le dvd de G-MEN vendu à un prix pas raisonnable (ça doit être une marketplace de la mafia russe) jamais vu. WK Everson (The Detective In Film, livre très plaisant à lire avec multitude de photos) et Maltin et d’ailleurs 50 le portent très haut.

        Everson me fait découvrir les Mr Moto avec Peter Lorre, du coup j’ai acheté les huit films en deux coffrets je vais me régaler me semble-t’il. Par contre il m’a découragé de m’aventurer dans les enquêtes de Charlie Chan et de Mr Wong (pourtant, Boris Karloff en détective chinois ça me branchait).

        « la Oomph Girl Ann Sheridan »
        j’avais lu ce surnom à son propos dans l’autobio de Errol Flynn il y a facile 40 ans! Depuis j’ai vu plein de films avec Ann Sheridan et je ne l’ai jamais vue-entendue faire « oomph », ça me détruit ce genre de truc.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Les premiers CHAN avec Warner Oland sont assez bon surtout CHARLIE CHAN A L’OPERA

      • HappyT dit :

        KEIGHLEY
        Je retiens également EACH DAWN I DIE (1939, pour Cagney et Raft) et ROCKY MOUNTAIN (le dernier western de Flynn)

  4. MB dit :

    à Didier: les deux prochains Brion: CHRONIQUE DES PAUVRES AMANTS de Lizzani et SOUS LE SOLEIL DE ROME de Castellani, qu’en pensez-vous?

    • D DUMONTEIL dit :

      MARTIN

      Vu ni l’un ni l’autre !Il faut vous adresser à tout le monde ,j’ai d’énormes lacunes!

      le 22 sur arte « sorry wrong number » d’ Anatole Litvak qui a fait dire à Hitchcock qui présentait la longue nouvelle de Lucille Fletcher qu’il avait permis à B.Stanwyck de faire une de ses meilleures compositions .[Et à Litvak de reprendre du poil de la bête après le remake (à mon avis raté ) de « le jour se lève » et juste avant « the snake pit » avec Olivia DH]

      • MB dit :

        à Didier D
        quand je m’adresse à vous je m’adresse à tout le monde c’est évident!
        et SORRY WRONG MURDER est un must grâce à Stanwyck disons en grande partie, je l’ai vu deux fois et deux fois pas tout compris, Lancaster est quasi effacé par Stanwyck mais à l’époque il n’était pas encore très bon.

      • Denis Fargeat dit :

        A D Dumonteil
        D’énormes lacunes, vous pouvez le dire: quoi, vous n’avez pas vu TOUS les films? M’enfin, chu déçu… (ici, petit couplet déroulant sans la moindre ironie l’admiration que suscite chez moi l’érudition sans fin qui se déploie ici.)
        Je profite pour rouxelliser parce qu’il y a urgence : jusqu’au 16 mars, on peut voir sur la plateforme HENRI (Cinémathèque Française) « Le voyage à Lyon » de Claudia von Alemann ( je ne connaissais pas, elle semble être une cousine de Chantal Ackerman, dans son approche du cinéma.) Quelles que soient les qualités du film, il a valeur de document, et la très belle copie proposée magnifie le Lyon d’un été 1980. Pour ceux et celles qui, comme moi, l’auraient raté au Festival Lumière….

      • yves rouxel dit :

        A dumonteil.Hier soir je suis tombé par hasard sur la chaine 6ter,sur un film de Saffy Debou adapté d’un roman »L’empreinte ».Comment peut on rater ce genre de films si fort en émotions?Elsa est préparatrice en pharmacie,vit très mal son divorce et à la garde de son fils.Lors d’une sortie scolaire elle croise le regard de Lola un petite fille de 7 ans qui lui rappelle fortement sa fille disparue dans un incendie.Je n’en dirais pas plus sur le fil de cette histoire qui nous prends aux tripes.Catherine Frot est cette mère dépressive au bord du précipice,face à Sandrine Bonnaire toujours juste et lumineuse dans ses roles de mère-poule,puis on retrouve le regretté Wladimir Yordanoff ainsi que le rare Antoine Chappey.

    • yves rouxel dit :

      Ces deux films sont sortis dans la collection »les classiques du cinéma italien »chez SNC qui appartient au groupe M6.Je les ai acheté chez noz dont j’ai déjà parler ici mème.Je pense que certaines régions de France sont moins gatés au niveau des titres.Je me balade entre les deux boutiques près de toulouse puis aussi dans le tarn et garonne ou le tarn.il y a aussi la chaine des magasins cash 31 ou j’ai trouvé »Kiss of death »de Barbet Schroeder à 2 euro et mème « Miracle en Alabama »dont Bertrand nous as décrit.Je signale à tous la sortie de « Gardens of stone »oeuvre décriée et incomprise de Coppola qui vient de sortir en format dvd et en Br.

    • yves rouxel dit :

      C’était Luchino Visconti qui devait initialement réalisé »La chronique des pauvres amants »mis en scène par Carlo Lizzani et primé en 54 au festival de Cannes.Portraits noirs et réaliste d’une Italie entre les deux guerres ou commençent à sévir les fameuses chemises noires du parti national fasciste.Tourné en partie à Florence pour les exterieurs et reconstitués de façon concise dans les studios de Rome,l’oeuvre est marqué par un travail éblouissant sur la photographie.Le film est narré par le personnage central qui racontera cette histoire entre des militants communistes qui sont près à donner de leurs vies et la main mise des chemises noires qui rackettent les commerçants ainsi que la population la plus pauvre afin de rejoindre les rangs de ce mouvement fasciste.C’est à mon humble avis comme celui de Tulard le meilleur film de Lizzani car il est à la fois touchant,émouvant avec un veritable sens du réalisme dans le portrait des differents métiers.Lizzani nous montre la condition ouvrière sans fioriture malgré les quelques séquences de scènes d’amour qui n’étaient pas indispensable à l’histoire de ce petit quartier de Florence.Outre la délicieuse Antonella Lualdi on retrouve dans son premier role dramatique Marcello Mastroianni,tout droit venu du théatre,enfin n’oublions pas le jeune Gabrielle Tinti puis Giulianno Montaldo qui deviendra réalisateur et à qui l’on doit le fameux « Sacco et Vanzetti »oeuvre forte au demeurant.

  5. laurent albano dit :

    Bonjour M.Tavernier,
    Merci pour votre note sur « La fille sur la balançoire  » de Richard Fleischer.
    Je n’avais pas oublié le film qui est magnifiquement valorisé par ses couleurs, et ses acteurs mais après l’avoir revu, j’ai été tenté de le remettre dans son contexte et d’extrapoler un peu.
    Fleischer sort deux films en 1955,  » Des inconnus dans la ville » et celui-ci, à six mois d’intervalle.
    Les deux sont en CinemaScope ( que Fleischer a déjà utilisé l’année précédente pour 20000 lieues…) et en couleurs Deluxe.
    Ces deux œuvres abordent les faces cachées d’un groupe social américain, ses manies et ses turpitudes: la haute société de Manhattan d’un côté et une petite ville de l’autre. Ils sont distants de cinquante ans et voient, dans les deux cas, la violence faire irruption et bouleverser la vie des différents protagonistes.
    Avec ses deux outils que sont le Technicolor et le CinémaScope, Fleischer opte pour deux approches radicalement différentes.
    Il va utiliser le Scope pour « Des inconnus … » optant pour une fluidité des scènes où les personnages traversent, surplombent et se coulent dans le décor, sans presque aucun effet de montage.
    Pour  » La fille… » il s’agit d’ un film plus découpé, qui utilise moins les largeurs et les transitions visuelles, mais qui mise sur les couleurs.
    Les toilettes ébouriffantes de Joan Collins, les numéros de cabarets chatoyants dominent dans la première partie du film, puis tout glisse vers les bruns et les noirs et blancs dans la seconde partie. L’apogée colorisée de ses costumes se situant dans le bureau du directeur de théâtre quand elle accepte d’aller « étudier ». Elle porte du jaune comme lors de sa première rencontre avec S. White.
    Ensuite tout devient froid, clinique, a l’image du cabinet dentaire ou tout s’ effiloche entre Ray Milland et Joan Collins. Elle ne portera plus aucune couleur jusqu’à la scène finale.
    Ce travail offre aussi un magnifique moment, celui de la découverte de la coupole-clairière ou la balançoire rouge flotte commme une incrustation sur un fond qui reprend presque la totalité du spectre des couleurs. C’est magnifique.
    On en oublierait presque la scène en toc de tension en montagne…
    L’interprétation de Joan Collins n’est peu être pas assez ambigüe ( malgré moi, j’ y projette toujours Jennifer Jones que j’aurai trouvé parfaite) mais son travail est très bon.
    Il est surprenant que Farley Granger trouve ici son dernier rôle au cinéma avant un tunnel télévisé.
    Son jeu est juste. Sa manière de se servir de sa lèvre inférieure est remarquable. Plus que d’habitude elle s’alourdit, se distant presque par moment, stigmatisant sa veulerie, son arrogance sociale et …sa folie.
    Au final, deux films en apparence très différents, de scénaristes différents, mais qui pourraient s’inscrire dans un raisonnement, un démarche élaborée de recherche sur l’impact de la violence sur un groupe social.
    Merci de me donner votre avis, vous qui l’avez rencontré ( cf le très bon bonus de  » Duel dans la boue » ).
    Ps: le bonus de Rimini est très décevant…

    • MB dit :

      FARLEY GRANGER
      « Son jeu est juste. Sa manière de se servir de sa lèvre inférieure est remarquable. Plus que d’habitude elle s’alourdit, se distant presque par moment, stigmatisant sa veulerie, son arrogance sociale et …sa folie. »
      tout à fait exact, on trouve dans SENSO un jeu proche dans mon souvenir, pour mentir en manipulant A Valli: ce regard hypocrite. Avec les rôles de faible chez Hitchcock il a dû craindre de se laisser cataloguer.
      je n’ai jamais vu THEY LIVE BY NIGHT

  6. yves rouxel dit :

    « Les Marxistes,liberaux membres de l’élite,vous allez tous mourir »tels sont les premiers mots d’Anders Behring qui assassina le 22 juillet 2011 sur l’ile d’Utoya en Norvège plus de 70 personnes.Paul Greengrass réalise un film qui nous plonge dans l’horreur absolu avec des images chocs .L’homme se présente comme un liberateur qui veut épurer la nation Norvégienne gangréné par les discours d’un autre temps.La force de ce film est avant tout dans les détails du forcené qui as tout planifier seul,sans contact exterieur,ni aide d’un quelconque groupuscule ou mouvement terroriste.il est dommage que cet oeuvre forte soit rester sur une plateforme payante et meriterait de sortir en dvd afin de montrer les déviances d’un individu qui peut faire basculer dans la folie des familles endeuillées par la mort d’un enfant.De tels actes ne sont hélas pas isolés car sur le net la violence est de mise,elle s’est banalisé comme les viols de femmes ou d’enfants.Greengrass a réalisé l’an dernier un road movie qui flirte vers le western »La mission »ou un ancien capitaine sudiste va récuperer un jeune fille allemande qui a été capturer pendant cinq ans par une tribu indienne.il bravera le Texas en apportant la bonne parole en lisant les informations de la presse nationale.Tom Hanks endosse un role ou le personnage est épris de liberté et de paix.Sage conseil car l’acteur depuis deux ans est résidant Grec avec famille et enfants.il ne supportait plus le pays qu’il a vu naitre.

    • Mathieu dit :

      A Yves Rouxel:
      A propos d’Anders Breivik, quand vous le décrivez en « forcené qui a tout planifié seul, sans contact exterieur, ni aide d’un quelconque groupuscule ou mouvement terroriste », vous oubliez l’aide intellectuelle qu’il a reçue de nombreuses voix qui distillent le poison de la haine depuis des décennies, notamment l’idéologue islamophobe et conspirationniste Bat Y’eor, mais aussi Alain Finkielkraut, cité plusieurs fois dans le manifeste de Breivik. Finkielkraut invitera dans son émission Répliques l’écrivain raciste Richard Millet pour parler de son livre « Eloge littéraire d’Anders Breivik », pour parler entre gens de bonne compagnie de la différence entre éloge littéraire et éloge littéral. Evidemment ne seront pas évoquées dans l’émission les références que fait Breivik à Finkielkraut et à ses idées.
      Pour en savoir plus, ce texte de François Debomy (qui parle aussi de la censure qu’exerce Alain Finkielkraut sur le journal Le Monde).
      https://blogs.mediapart.fr/frederic-debomy/blog/150319/alain-finkielkraut-renaud-camus-et-le-poids-des-mots-0

      Je conseille vivement la lecture de l’excellent livre de François Debomy: « Finkielkraut, la pensée défaite ».

      • yves rouxel dit :

        Oui cher ami Alain Finkelkraut sévit toujours sur les ondes de la radio publique france culture en déversant sa haine habituelle.il devrais faire équipe avec Zemmour pour les présidentielles de 2022!!!!

  7. DIXON STEELE dit :

    Lisant The Valdez Horses, un très bon western écrit par Shirley Bell Hoffman, sous le pseudo de Lee Hoffman (les lecteurs de western étant sans doute davantage porté vers les auteurs masculins), je m’aperçois que le film qui en a été tiré, Chino de John Sturges (1973), n’est pas mentionné dans la filmographie de ce dernier dans 50 ans de cinéma américain – oubli (ou coquille) assez peu dommageable, mais je tenais à vous le signaler pour la nouvelle édition. Que l’on attends tous avec impatience.

  8. Catherine dit :

     » PANIQUE DANS LA RUE est pour moi le meilleur Kazan de la première époque avec LE LYS DE BROOKLYN. Très supérieur à BOOMERANG, terne et conventionnel, à PINKY et au MUR INVISIBLE, mise en cause démodée de l’antisémitisme. Le tournage en extérieurs à la Nouvelle Orléans stimule Kazan : la photo de Joe McDonald est aussi impressionnante et audacieuse que chez Hathaway. Kazan, sous l’influence de Ford, impose des plans longs aussi bien dans les scènes intimes et familiales, toutes réussies, que dans les séquences d’enquête où Widmark et Paul Douglas, tous deux exceptionnels, côtoient des dizaines de protagonistes pittoresques, effrayants, dangereux, dans des décors étonnants de vérité : chambres crasseuses d’hôtels, restaurants de bas étage, salle d’embauche dans les docks. C’est le premier film où Kazan se penche sur son passé et met en scène des Grecs, des Arméniens et nombre de migrants étrangers dont des Asiatiques. On a beaucoup dit que cette menace de transmission du virus de la peste que faisaient peser ces étrangers symbolisaient le communisme mais je pense qu’il faut relativiser et se dire d’abord que ces constatations renvoient à des faits authentiques. C’est hélas à travers cette population que le virus peut naitre et se propager vu l’absence de tout contrôle sanitaire. Et le cinéaste n’est pas tendre vis à vis des représentants officiels qui font preuve de la même ignorance, de la même myopie et arrogance que l’administration et les fidèles de Trump. »

    Les communistes et les extra-terrestres, les communistes et les immigrants malades ce sont des prise de positions peut-être historiques et biaisées mais il se trouve que PANIQUE DANS LA RUE a une valeur de propos qui colle tout à fait à notre situation actuelle de pandémie au 1er degré. Ainsi que L’ARMEE DES 12 SINGES de Terry Gilliam qui était sur France Culture il y a qq minutes.

  9. Catherine dit :

     » Bertrand Tavernier dit :
    12 février 2021 à 13:11

    Le personnage du General de DANS LEA BRUME l’exprime bien « Nous nous sommes battus avec bravoure pour une cause déshonorante » »

    Comme beaucoup de gens j’ai adoré dans LA BRUME ELECTRIQUE, et en parlant d’esclave je me souviens des scènes courtes, en flash back ou un homme enchaîné s’enfuit dans l’eau, qui éclabousse sa course, c’est visuellement [et symboliquement (?)]superbe.

    • André M dit :

      Je réponds à l’échange entre Pascal MINETTE et Bertrand au sujet du ressenti sur le jeu d’acteurs (car je constate hélas que certains fils de discussion ne disposent pas du bouton « répondre »)
      Alors là 100% d’accord avec Bertrand. Plus encore que la critique sur tel film ou tel cinéaste l’appréciation du jeu d’acteur donne lieu effectivement à des jugements à l’emporte-pièce. Quand vous allez sur des sites comme Allociné, IMDB, Sens critique c’est toujours : untel joue comme un cochon, n’est pas crédible ; une telle est ridicule, etc. Du grand n’importe quoi.
      Pour ma part c’est rarement un point d’achoppement quand il s’agit de jauger un film. Certes il y a des ratés mais globalement je trouve les acteurs et actrices entre bons et remarquables, magnifiques aussi souvent. Et ce, déjà, pour une bonne raison : ils sont passés par le prisme du montage, de la post-synchronisation et de la post production en général. On parle souvent des chefs opérateurs qui magnifient les acteurs et actrices plus rarement hélas des monteurs et monteuses qui subliment leurs prestations.

      • Pascal MINETTE dit :

        Pardon, mais nier que des acteurs, même connus, jouent faux et ruinent des films est sidérant. Comme je le disais , c’est comme dire que tous les chanteurs chantent juste. Force m’est de reconnaître que les bras m’en tomberaient s’ils n’étaient pas déjà par terre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PASCAL MINETTE
          Mais vous avez raison quand vous dites que des acteurs ont ruiné des film. Je ne pense pas seulement à Tino Rossi ou Abdré Claveau mais jean marais a été souvent mauvais et récemment O livre Martiez faisait capoter une partie du hussard

        • André M dit :

          A Pascal MINETTE, Bertrand et Catherine,
          Vous pouvez relever les bras Pascal. Bien sûr que toutes les interprétations ne se valent pas. Je souhaitais simplement souligner le fait que dans tous les critères d’évaluation d’un film celui de l’interprétation me semblait être le plus éminemment subjectif (cf. d’ailleurs votre différend avec Bertrand sur celle de James Mason dans le Fleischer). Et si vous me demandiez comme ça, à brûle-pourpoint, quel acteur ou actrice m’a gâché tel film je serais bien en peine de vous répondre (tenez si : « Les Acteurs » de Blier où Serrault en tête en passant par Delon et Dussolier rivalisent de médiocrité mais je suis sûr que nombre d’entre vous ne sont pas d’accord et je m’abstiens généralement de ce genre de commentaire).
          Bertrand vous m’étonnez aussi. Si vous allez jusqu’à évoquer Tino Rossi comme exemple d’acteur « ayant ruiné » un film, là, effectivement, je m’incline… Jean Marais, je ne sais pas, il y a longtemps que je n’ai pas revu de films avec lui mais dans mes souvenirs de jeunesse (les Cocteau, « Le Bossu », les Fantomas, c’est un acteur avec lequel je n’ai guère d’affinités mais qui ne m’a jamais gêné). Quant à Olivier Martinez dans le Hussard de Rappeneau il me semble qu’à travers ce jugement lapidaire vous versez dans ce que vous dénoncez. Désolé, j’ai vu ce film 2 ou 3 fois, je ne vois pas en quoi « il en fait capoter une partie ». Autre exemple mais c’est un détail je vous l’accorde ; vous étrillez dans 50 ans la pauvre Dorothy Malone, qui, certes n’est pas l’actrice du siècle mais je trouve le jugement complètement gratuit et arbitraire. C’est une actrice qui a une belle filmographie, Dans un de ses premiers petits rôles, celui de la libraire dans The Big sleep elle est impeccable, la scène est savoureuse ; elle est excellente et touchante dans les Sirk, très bien aussi dans le Colorado Territory de Walsh sans parler du Last Sunset d’Aldrich et autres Dmytryk, Quine, Daves et aussi dans le bon film catastrophe The Last Voyage (Panique à bord) d’Andrew L.Stone.
          Non Catherine, je ne suis pas André Moreau. D’abord je pense être un plus jeune ! Mais je me souviens parfaitement de lui à l’époque où j’étais abonné à Télérama. Il ne faisait pas partie de la rubrique cinéma du magazine mais chroniquait la majeure partie des diffusions films sur les chaînes. Sévit-il toujours dans le magazine ? Existe-t-il même seulement car à l’époque je me souviens que le bruit courait qu’il s’agissait de Patrick Brion sous pseudo…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A André M
          On dit du bien de Dorothy dans plein d’autres films. A cette époque, j’avais été un peu exaspéré par ses maniérismes mais on a atténué ces reproches

        • Jfhouben dit :

          Patrick Brion a utilisé le pseudonyme d’André Moreau dans Telerama.

        • Edward dit :

          A André M à propos de Jean MARAIS :
          Essayez LE GENTLEMAN DE COCODY …

      • MB dit :

        « On parle souvent des chefs opérateurs qui magnifient les acteurs et actrices plus rarement hélas des monteurs et monteuses qui subliment leurs prestations. »
        exact!

      • Catherine dit :

         » André M dit :
        15 février 2021 à 17:45

        Alors là 100% d’accord avec Bertrand. Plus encore que la critique sur tel film ou tel cinéaste l’appréciation du jeu d’acteur donne lieu effectivement à des jugements à l’emporte-pièce. Quand vous allez sur des sites comme Allociné, IMDB, Sens critique c’est toujours : untel joue comme un cochon, n’est pas crédible ; une telle est ridicule, etc. Du grand n’importe quoi.
        Pour ma part c’est rarement un point d’achoppement quand il s’agit de jauger un film. Certes il y a des ratés mais globalement je trouve les acteurs et actrices entre bons et remarquables, magnifiques aussi souvent. Et ce, déjà, pour une bonne raison : ils sont passés par le prisme du montage, de la post-synchronisation et de la post production en général. On parle souvent des chefs opérateurs qui magnifient les acteurs et actrices plus rarement hélas des monteurs et monteuses qui subliment leurs prestations. »

        Je ne vois pas où est le problème qui est d’apprécier l’adéquation (transcendée ou non )d’un acteur avec sa partition, elle dépend évidemment de tout ce que vous dites, mais un film est justement oeuvre de collaboration et quelque chose qui échappe à une définition unique et qui fait qu’au final cela soit un art…
        Les acteurs et leurs performances sont personnellement une valeur importante d’appréciation d’un film, bien sûr ils sont le premier médium évident entre le film et moi mais je ne vois pas pourquoi il faudrait les considérer comme valeur populaire et négligeable.

        P.S : ayant un tempérament d’enquêtrice développé par les films policiers, je vous soupçonne d’être André Moreau, critique éminent de Télérama ??

        • DIXON STEELE dit :

          André Moreau n’est-il pas plutôt l’ami Patrick Brion? Il me semble.

        • André M dit :

          « Les acteurs et leurs performances sont personnellement une valeur importante d’appréciation d’un film, bien sûr ils sont le premier médium évident entre le film et moi mais je ne vois pas pourquoi il faudrait les considérer comme valeur populaire et négligeable. »

          Je suis d’accord, il ne manquerait plus que l’acteur, premier médium comme vous le soulignez entre le film et le spectateur échappe à l’appréciation et à la critique ! Il existe certes de nombreuses prestations cabotines ou, au contraire, d’acteurs falots, beaucoup d’erreurs de casting aussi tout simplement. Ce que je maintiens c’est que de là à ruiner un film, pas tant que ça, de mon point de vue – mais peut-être suis-je trop bon public. En tout cas je suis généralement et considérablement plus gêné par un scénario bancal, une mise en scène (ou absence de mise en scène) déficiente, une musique redondante ou un montage foireux et j’estime que l’interprétation sauve au contraire bien souvent de la ruine nombre de films moyens.

        • Julia-Nicole dit :

          A Dixon Steele
          Absolument. André Moreau est bien le pseudonyme utilisé par Patrick Brion, en hommage au personnage de Stewart Granger dans SCARAMOUCHE, film qu’il vénère.

    • Mathieu dit :

      A Catherine:
      Oui et ce plan est réalisé de manière je crois à créer une confusion volontaire, un télescopage entre l’époque où la scène se déroule vraiment (dans les années soixante si je me souviens bien) et l’époque de l’esclavage, sans tricher cependant, mais en éliminant ce qui pourrait dater le plan (avant qu’on ne voie les meurtriers).

  10. Catherine dit :

     » Pascal MINETTE dit :
    11 février 2021 à 16:18

    C’est comme pour l’esclavage dans MANDIGO, nos jugements moraux ne valent rien. »

    Bonsoir, que voulez-vous exprimer par là ??

    Une appréciation de film est de toute façons subjective, cela dépend de votre background, de votre sensibilité (à un sujet ou un autre) des films que vous avez vu …etc
    Je préfère largement le film de Fleischer parce qu’il montre ce qui pouvait vraiment se passer dans une plantation de coton, alors qu’avec AUTANT EN EMPORTE LE VENT, que je cite encore parce que la mise en parallèle et l’effet miroir peuvent s’activer, dans AUTANT … les champs de coton sont tout simplement occultés, évidemment c’est un film romantique avant tout, il ne faut pas tout mélanger.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Catherine
      AUTANT EN EMPORTE LE VENT est un film ouvertement pro sudiste, voire carrément raciste où les noirs roulent des yeux et sont représentés avec les pires maniérisme qui sont gommés dans deux séquence d’un film contemporain TELL NO TALES de Leslie Fenton produit par un scénariste cinéaste qui sera blacklisted, Edward Chodorov que je connaissais bien. Tous les trafiquants d’esclaves sont édulcorés, blanchis si je me permets ce jeu de mots dans les années suivantes et on ne mentionne jamais que les défenseurs d’Alamo se battaient pour la préservation de l’esclavage. Si John Sayles le dit nettement dans LONE STAR. Nos jugements moraux ne valent rien sur l’esclavage ? A l’époque de BLACK LIVES MATTER, de Charlottesville, de la renaissance du supremacisme blanc. Il est permis de poser un regard moral sur les films qui abordent ce sujet. Il n’y a jamais eu un vrai film sur John Brown, fervent abolitionniste, jste un roman magnifique de Russell Banks, LE POURFENDEUR DE NUAGES. Et quand Hollywood adapte le roman de Burnett DARK COMMAND (Walsh), tout le contexte abolioniste passe à la trappe

      • Catherine dit :

        Merci pour ces précisions. Certains cinéphiles parlent de « scandales » concernant les remises en question récentes, avec de nouveaux critères d’appréciation qui pointent les contextes racistes dont on ne parlait pas vraiment auparavant. Comme les avertissements que Warner Bros. a rajouté sur les éditions de GONE WITH THE WIND par exemple, je ne vois pas où est le scandale. Le cinéphile est censé connaitre le contexte historique, il trouve ça redondant, mais ces avertissements ont une portée d’informations, et ne mérite pas que l’on cri : c’est de la censure !

        La vraie question étant empathique, qu’en pensait la communauté black de l’époque et d’après ??
        Nous ne sommes qu’à une distance d’appréciation confortable.

        James Baldwin a écrit quelques critiques de cinéma, certaines sont rassemblées dans LE DIABLE TROUVE A FAIRE ( Capricci ) où il fait une analyse décapante du film LA CHAINE / THE DEFIANT ONES de Stanley Kramer.

        J’aime beaucoup Russell Banks, je n’ai pas lu LE POURFENDEUR DE NUAGES mais LE LIVRE DE LA JAMAÏQUE …où il est question d’Errol Flynn (encore !).

        • Mathieu dit :

          A Catherine:
          Moi non plus je ne vois pas où est le scandale. L’avertissement de Warner n’a rien à voir avec de la censure, c’est de la pédagogie, c’est prévenir que la vision de la société sudiste montrée dans GWTW est fausse, ce qui est admis par tous les historiens, le nier c’est de l’obscurantisme, le signaler c’est faire oeuvre d’utilité publique.
          Les vieux cons (de tous âges) qui colonisent la quasi totalité des médias et de la classe politique et qui parlent de censure disent exactement le contraire de la vérité (comme l’abject Bruckner qui ose dire à Rokhaya Diallo sur Arte qu’elle est triplement privilégiée, en tant que femme, en tant que noire et en tant que musulmane): ils hurlent qu’on ne peut plus rien dire, au moment où leur discours réactionnaire, raciste et islamophobe n’a jamais été aussi hégémonique, simplement parce que certains, sur internet ou à l’université, prennent enfin la parole pour les contredire.

        • MB dit :

          à Mathieu
          Je ne dis rien sur Bruckner pour ne pas dire de gros mots

          à part ça ce n’est pas de la censure, mais ce n’est pas utile non plus de le signaler car je crains quand même que ce genre d’avertissement n’ajoute de l’eau au moulin de la « cancel culture » qui débaptise le musée Lilian Gish parce qu’elle a joué avec Griffith, l’étape après l’avertissement risque d’être de demander l’interdiction d’édition video de AUTANT EN EMPORTE ou de NAISSANCE D UNE NATION. Or, il faut qu’on puisse voir ces films. des illuminés risquent de dire « vous voyez s’ils mettent un avertissement c’est que ces films sont condamnables, il faut les interdire! ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Entièrement d’accord. Le politiquement correct imposé par une clique d’esprits ignorants qui veut couper le mot nigger dans HUCKELBERRY FINN même s’il est dans la bouche de lyncheurs et en dehors de l’histoire de Gish, un pur scandale, a supprimé le non de Fredric March dans une université du Wisconsin à qui il avait donné ses archives sous prétexte qu’il avait fait partie pendant deux ans d’une sonorité proche du KKK sans jamais prendre la parole ou émettre les moindre propos raciste. Ses archives qui étaient dans un bâtiment de l’Université leurs auraient montré qu’il avait un militant démocrate pendant 40 ans, un des fondateurs de la Ligue anti nazie, un soutien de tous les combats civiques dès les débuts de Martin Luther King, se battant en 1940 pour que la cantatrice noire Marian Anderson puisse chanter à Carnegie Hall, sans parler de ses choix de films

        • MB dit :

          à Mathieu et Bertrand
          Comme l’avertissement sur la boîte de dvd, Arte prévenant à la diffusion qu’un film de Tarzan est politiquement incorrect, comme si les gens ne pouvaient pas savoir (quelle que soit leur culture) que ce film est rattaché à une époque révolue grâce aux signaux du noir et blanc, de l’écran « étroit » et du doublage, et que donc la vision des Noirs appartient à cette époque en premier, c’est incroyable et c’est sousestimer leur perception.
          le message sur la boîte du dvd va dans le même sens que les déboulonneurs de statue et les vertueux voulant débaptiser tel musée ou rue, me semble-t’il?
          >https://is.gd/fjoNMO

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Je vous avais écrit une réponse sur la censure mais elle n’est pas passée comme plusieurs de mes commentaires récents. Je ne comprends pas la logique du robot qui filtre les commentaires. Je faisais la différence entre la situation américaine et la situation en France, différence qu’il est je crois d’autant plus nécessaire de souligner que les excès du politiquement correct là bas sont instrumentalisés ici pour faire taire certaines voix notamment à l’université, chasse aux sorcières à laquelle participe le gouvernement (Blanquer notamment) ou certains députés:
          https://academia.hypotheses.org/29146

          La véritable censure se fait le plus souvent dans la discrétion, par de discrètes mais efficaces pressions sur des médias ou des organisations. Ceux qui portent bruyamment et parfois maladroitement des revendications sur la place publique ne sont pas pour moi les véritables censeurs, ils n’en n’ont ni le pouvoir ni la volonté, ils veulent faire exister publiquement un débat que les véritables censeurs veulent taire, et n’ont aucune possibilité de le faire dans les médias dominants (qui pour toute réponse les calomnient et les insultent).

        • André M dit :

          « C’était un anarchiste de droite comme Truffaut »
          Je n’ai rien non plus contre les gens de droite mais franchement ce raccourci me heurte et vous n’êtes pas le seul à le catégoriser ainsi. Je ne suis pas d’accord : cela concerne des écrits rédigés entre 20 et 25 ans. Très vite, il a rectifié le tir (signant d’ailleurs dès 1960, à 28 ans donc, le manifeste des 121 (qui n’est pas c’est le moins qu’on puisse dire un manifeste droitier!) Plus tard il se considérait comme a-politique avec une sensibilité de gauche reconnaissant par exemple avoir voté Mitterrand en 81. Et puis franchement,Truffaut, pupille d’André Bazin, lui coller cette étiquette d’anarchiste de droite, cela me dépasse…

      • Pascal MINETTE dit :

        Oui, mais il n’est pas non plus impossible que des esclaves aient été , à défaut d’être libres, bien traités ou relativement bien traités. Pardon de me faire l’avocat du diable mais James Mason et ses grimaces m’ont vraiment exaspéré.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PASCAL MINETTE
          Oui certes et on le voit dans beaucoup de films comme il y a eu des nazis un peu plus « sympathiques » que d’autres mais c’est une question générale qui dépasse les cas particuliers.Le personnage du General de DANS LEA BRUME l’exprime bien « Nous nous sommes battus avec bravoure pour une cause déshonorante » Certes et on le vit par la suite une grande partie des nordistes n’avaient rien à envier et, au delà des planteurs, il y avait les trafiquants. Relisez le portrait du Capitaine Ledoux dans le magistral Tamango de Mérimée en attendant de voir enfin restauré le film de John Berry qui trahit la nouvelle mais fait de Tamango le premier héros révolutionnaire noir de l’histoire du cinema, film démoli detestable par Truffaut (et là ses idées de droite apparaissent). Ce que nous dit Fleischer, c’est qu’au delà de tel ou tel individu, le système gangrène, avilit tout et tout le monde. Tandis que dans plein d’autres oeuvres tout en condamnant superficiellement souvent l’esclavage on laissait entendre que c’était plus ou moins cautérisé par un soi disant code de l’honneur, une vision romantique du Sud souvent flamboyante (L’ESCLAVE LIBRE est un film qui a de l’élan, de la force et qui montre les cruautés exercées par les Nordistes) et c’est ce code, cette vision que piétinent Fleischer ou Tarentino ou Steve McQueen, jamais mentionné (12 YEARS AS A SLAVE). Et la conduite de Mason ressemble à celle des nazis (souvenez vous que Barbie avait été exfilté et pris en charge par la CIA en tant que « nazi idéaliste » cf le film de Marcel Ophuls Et on disait que les nazis dans les films étaient traités sans nuances. Le procès Barbie, le très passionnant documentaire sur ARTE NUREMBERG, DES IMAGES POUR L’HISTOIRE le montrent admirablement

        • SugarKane dit :

          À Bertrand Tavernier
          « Tamango le premier héros révolutionnaire noir de l’histoire du cinema, film démoli detestable par Truffaut (et là ses idées de droite apparaissent). »
          Que voulez vous dire par ses idées de droite apparaissent au sujet de François Truffaut ?
          J’ai le sentiment en vous lisant que d’être de droite c’est forcément moins bien que d’être de gauche et que quelqu’un de droite ne peut être que sectaire et bas de plafond. Si Truffaut détestait le film c’est en raison de ses idées de droite ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SugarKane
          Rien de tel.Il y a beaucoup d’écrivains de droite que je défends à commencer par Jacques Laurent et de films dits conservateur pour qui on prend partie dans 50 ANS à commencer par Griffith même si le propos de BIRTH OF A NATION est une honte. Mais là Truffaut faisait preuve d’une étroitesse d’esprit adoptant ici comme pour le beaucoup plus discutable CELUI QUI DOIT MOURIR le raisonnement suivant et je caricature à peine : les américains sont des grands enfants et nous enchantent avec le RIFFIFI et CA VA BARDER mais quand ils passent aux sujets sérieux, ils deviennent désolants. Il ne prenait pas le soin de regarder les mérites du film, son audace, se concentrant sur les aléas de la coproduction, le fait que les noirs ne paraissaient pas appartenir à la même tribu (fait remis en cause dans les livres récents) et que le film trahissait une oeuvre française mais pour en faire autre chose.
          Et pour revenir à Laurent, je trouve détestable ses diatribes contre de Gaulle, défendant l’Algérie Francaise mais le défends quand il prend partie, contre son camp, pour le droit à l’avortement. C’était un anarchiste de droite comme Truffaut

        • SugarKane dit :

          À Bertrand Tavernier
          Merci pour votre réponse

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PASCAL MINETTE
          James Mason était un acteur très intelligent, très cultivé et qui ne faisait rien sans raison. J’aurais tendance à lui faire confiance sur la façon de jouer. Je pense que vous vous bloquez sur des réaction épidermiques, personnelles certes et respectables mais qu’il faut aller au delà et remettre en cause son jugement

        • Catherine dit :

          « Bertrand Tavernier dit :
          12 février 2021 à 13:11

          Et la conduite de Mason ressemble à celle des nazis… »

          Alors là c’est votre perception Mr Tavernier, mais je ne l’ai pas du tout perçu comme « nazifié », son rôle marquant dans ce genre étant CES GARçONS QUI VENAIENT DU BRESIL, dans MANDINGO peut être est-ce à cause de la scène où il repose ses pieds sur deux enfants ?? …
          Mais un rôle ne déteint pas toujours sur un autre et James Mason est un propriétaire sudiste très crédible, sans avoir à extrapoler sur le IIIe reich… non ??
          Un grand acteur pas seulement crédible en « villain » mais aussi éperdument amoureux dans LOLITA, ou irlandais en fuite dans ODD MAN OUT de C.Reed.
          PS : je le trouve plutôt mauvais dans CES GARçONS…par contre G.Peck lui est impressionnant là où on ne l’attendait pas.

        • Catherine dit :

           » Pascal MINETTE dit :
          12 février 2021 à 6:51

          Oui, mais il n’est pas non plus impossible que des esclaves aient été , à défaut d’être libres, bien traités ou relativement bien traités… »

          Vous = rigoler ??
          J’espère.
          Quelqu’un qui est esclave ( rouage d’une économie marchande qui n’est pas payé entre autres ) ne peut pas par définition être  » relativement bien traité « , c’est une évidence.

        • MB dit :

          à Pascal Minette
          MANDINGO
          « James Mason et ses grimaces »

          vous l’avez finalement vu en entier?

          Vous savez les grimaces de James Mason s’il y en a (je n’ai pas vraiment remarqué), c’est celles du personnage, qui est un ignorant stupide assez gratiné. C’est d’ailleurs unique que dans sa carrière Mason joue un crétin, ayant cultivé la finesse d’esprit, la bataille d’arguments au fleuret, la rouerie virtuose et virevoltante, aussi souvent dans ses rôles. C’est l’ignorance crasse qui lui fait croire qu’il va guérir de son arthrose à laisser reposer ses pieds sur le ventre d’un petit Noir.

        • Pascal MINETTE dit :

          A Mr TAVERNIER : Oui mais concernant James Mason, comment voulez-vous que je « remette en cause » mon ressenti (plutôt que jugement). C’est exactement comme si quelqu’un vous demandait de revoir votre jugement sur un ténor qui vous fait souffrir tant il chante faux. Avec la meilleure volonté… Je trouve que Mason joue faux, surjoue et ruine ce que ce personnage pouvait avoir de crédible. J’imagine que, si j’ai cette impression, d’autres l’ont eue aussi. Après tout, beaucoup de mélomanes ne sont pas dérangés quand les chanteurs sortent des rails.
          Sinon, j’ai aimé votre évocation de TAMANGO, ce vieux Prosper étant un de mes dieux.

        • Pascal MINETTE dit :

          A MB : Si vous trouvez que Mason joue juste dans MANDIGO, je ne sais pas si je vous envie ou si je vous plains. Et qu’est-ce que ce personnage peut nous apprendre de nouveau et d’intelligent sur le sud ? Les caricatures, les gros « crétins », comme vous dites, servent plutôt les comédies, non ? Quand on cherche une vision nouvelle sur un sujet aussi grave, on n’en a pas besoin.
          Pardon, JE n’en ai pas besoin.

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Sur John Brown, il y a désormais la mini série THE GOOD LORD BIRD, avec Ethan Hawke, sortie l’année dernière aux USA, et qui passe je crois en ce moment sur Canal (et que je n’ai pas vue, je n’ai pas Canal+, ni la télé d’ailleurs).

      • André M dit :

        A Bertrand, Catherine et quelques autres au sujet de « Gone with the wind »
        1. Bien sûr que le film est « carrément raciste » comme tout le cinéma et la société américains de l’époque – appuyé par le monde scientifique (cf. les remarquables essais du regretté Stephen Jay-Gould à ce sujet). Vu le contexte je dirais même que le contraire eut été vraiment aussi admirable qu’extraordinaire – surtout si l’on considère l’ampleur de la production de ce film et le roman dont il est tiré.
        Je ne connais pas, Bertrand, le film de Leslie Fenton que vous évoquez et je suis loin d’avoir vu tous les films de la période et je suis d’accord qu’il y a des exceptions. Mais franchement dans une très large majorité de tout ce que j’ai vu de cette décennie des années 30, les Noirs sont traités de la même façon : aux mieux de bons domestiques ou grands enfants, au pire des débiles légers voire demeurés, souvent fainéants (cf. plusieurs films de Ford pourtant dans sa période progressiste). Rappelons aussi que, dès le départ, Lincoln et les abolitionnistes étaient des racistes avérés pour lesquels la supériorité de la race blanche ne faisait aucun doute. Ils souhaitaient simplement mettre un terme (et pas que pour des raisons morales mais c’est un autre débat) à l’esclavage qui considérait le Noir comme un animal.
        L’esclavage était certes l’apanage du Sud mais pas le racisme. Pour moi il faut attendre l’après-guerre et un film comme le « No way out » de Mankiewicz pour les choses bougent un peu. Pour résumer « Gone with the wind » est un film de son époque et je trouve assez déloyal de le comparer au Tarantino de « Django unchained » (que j’aime beaucoup) ou au Steve McQueen (pour le coup poseur et totalement surfait) mais qui, j’estime, le sont tout autant (de leur époque).

        2. Pas d’accord non plus sur le fait que le film soit « ouvertement pro sudiste ». Je dirais qu’il se positionne et se cantonne (comme le roman) du côté sudiste. Je n’ai pas revu le film depuis un certain temps mais il me semble que ces Sudistes sont loin d’être montrés sous un jour très avantageux (et ce dès le début avec ces propriétaires de plantation arrogants -réunis lors de la scène du bal). De plus j’ai toujours trouvé Scarlett détestable – et c’est un compliment car c’est ce qui rend ses rapports intéressants et rugueux avec Rhett, pas si fréquents dans les films romantiques de l’époque (et là je rejoins Catherine). De plus j’ai toujours considéré que lorsque Gable décline l’offre de Scarlett ce n’est pas son amour qu’il rejette mais son monde – en l’occurrence sudiste et esclavagiste.

        3. Dernier point : Un peu trop facile de taper sur Sam Wood, effectivement un cinéaste des plus réactionnaires d’Hollywood mais il n’était pas le seul. On n’en fait moins à ce sujet sur un De Mille tout aussi à droite mais qui bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance dont ne bénéficie pas le premier qui a pourtant réalisé nombre de bons voire très bons films (Ambush, Casanova Brown, Kitty Foyle, King’s row) entre autres de mémoire. Alors oui il semble avéré qu’il ait dirigé les scènes avec Hattie McDaniel. Cela dit je ne vois pas exactement dans quelle scène elle « roule des yeux » mais toujours est-il qu’elle n’a pas dû être si mal dirigée que ça puisqu’elle fût la première actrice noire à être récompensé d’un oscar – même si elle n’a pu y assister qu’à une table séparée, condition ignoble évidemment (cf. le remarquable « Green Book » de Peter Farrelly à ce sujet)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A André M
          Plusieurs films contemporains évitent ces écueils. En dehors du Fenton, tout à fait remarquable, figure le film de Huston et des Wyler comme la VIPERE. Sans parler de films écrits par des scénaristes qui seront blacklistés. Je peux aussi citer THE BISCUIT EATER de Stuart Heisler qui réalise un documentaire étonnant sur THE NEGRO SOLDIER IN WW2 qu’on trouve sur le net et qui contient le sermon le plus progressiste de l’époque. Heisler restera très proche de l’écrivain noir qui a écrit le film et joue le pasteur.. Quant à Sam Wood, j’ai toujours un peu de mal avec ses films en dehors de KING’S ROW et AMBUSH m’avait un peu déçu à la revision

        • DIXON STEELE dit :

          La mode est à la dénonciation du traitement réservé aux noirs dans les films classiques, et c’est très bien, même si nous sommes pas forcément des bleus – et à priori susceptibles de nous faire seuls notre propre point de vue sans avoir besoin de panneaux indicateurs en GROSSES LETTRES, comme le Tarzan de Arte, voire carrément une censure (toujours intolérable : c’est employer les » armes de l’ennemi » pour le dénoncer). Je ne sais pas si la culture américaine sera un jour à-même d’affronter un autre non-dit peut-être plus profond encore, celui de l’image des indiens dans la culture populaire classique. Ce sera intéressant de voir (de loin et avec un certain sourire)si l’autocritique ira jusque là. Et si on va nous avertir, (ou nous interdire) sur 90% des westerns que nous aimons tant.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A DIXON STEELE
          Entièrement d’accord.Ce qui me gène davantage dans les Tarzan, c’est , en dehors des deux premiers et de quelques touches dans les suivants (« Jungle de Pierrre dit Tarzan en survolant New York), c’est la banalité édulcorée et répétitive des intrigues, la platitude de la mise en scène Quelqu’un a t il revu LA PLUS GRANDE AVENTURE DE TARZAN de John Guillermin que j’avais bien aimé. Il y avait aussi un Robert Day supérieur aux dernier avatars américains comme TARZAN ET LES SOUKOULOUS

        • SugarKane dit :

          À André M
          Considérer 12 years of slave comment totalement surfait, je pense vraiment que vous y allez un peu fort, moi je l’ai trouvé plutôt réussi. Prenez par exemple Amistad de Spielberg, là le film est raté, simpliste et voire même à la fin emprunt de révisionnisme. Et pourtant Spielberg que l’on a injustement tendance a sous-estimer n’est pas un réalisateur
          que l’on peut qualifier de raciste.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SugarKane
          Vous avez raison. AMISTAD est un ratage didactique mais Spielberg tourne ensuite LINCOLN

        • André M dit :

          A SugarKane,

          Vous avez raison. J’y suis allé bien trop fort sur le McQueen que je trouve bon et qui est effectivement un chef d’oeuvre comparé à Amistad de Spielberg.C’est juste que je trouve le cinéaste, via ses propos et entretiens, bouffi de prétention et de suffisance, qu’on retrouve dans sa mise en scène. Je pense notamment au long plan fixe du pendu. On a compris au bout de 10 secondes et il fait durer le plan interminablement.
          Ce côté « poseur » m’agace.

        • SugarKane dit :

          À André M
          Je vous remercie pour cette précision qui permet de mieux comprendre votre point de vue. 12 years of slave est le seul film que j’ai eu l’occasion de voir de Steve Mc Queen et le prochain sera sans doute Hunger.

      • André M dit :

        « Je pense que les sudistes n’étaient pas dupes sur les raisons réelles de la guerre, qui n’avaient pas de rapport avec l’esclavage. »
        « Diaboliser les sudistes est aussi idiot qu’angéliser les nordistes, qui pour beaucoup n’étaient pas anti-esclavagistes; à commencer par Lincoln lui-même qui l’est devenu par opportunisme. N’oublions pas qu’il a dit un jour qu’il fallait affranchir les noirs, mais pour les envoyer ensuite tous dans de lointaines contrées ».
        Je souscris complètement à ces propos de Pascal MINETTE.
        A ce sujet le Lincoln de Spielberg est bon mais reste hagiographique.
        Je ne me prononce pas sur le Mandingo de Fleischer que je n’ai pas vu (le coffret est cher!)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Andre M
          Pas si hagiographique que cela. Spielberf montre les ruses, les touts de passe passe que doit utiliser Lincoln. Ne pas oublier que sa prise de position tardive lui valut une haine incroyable. Et il fut assassiné. Je tique donc sur votre adjectif

        • André M dit :

          C’est exact. Pas si hagiographique que ça en fait car comme vous le soulignez, sont bien mis en exergue dans le film les manœuvres politiciennes et autres compromis afférents. Je faisais surtout référence au positionnement anti-raciste du personnage (cf.cette longue scène de dialogue avec un soldat noir)qui ne me semble pas correspondre à la réalité.
          Je ne vois pas, par ailleurs, en quoi le fait qu’il ait été assassiné change quoi que ce soit aux réserves que l’on peut émettre sur le personnage. Cela dit parmi les grandes figures historiques américaines Lincoln reste mon préféré. Sûrement à cause – ou grâce – à l’admirable « Young Mr Lincoln » de Ford & Fonda…

    • Pascal MINETTE dit :

      A Catherine: Je parlais de ça en vous répondant sur l’autre chronique ; vous évoquiez MANDIGO. C’est vrai que pour y voir clair ici dans le déroulé des commentaires…
      Nos jugements moraux sur l’esclavage sont clairs et évidents ; il n’y a plus personne d’intelligent qui oserait le défendre.
      Mais je parle des gens. Il faudrait comprendre comment des hommes pas plus diaboliques que les autres ont fini par trouver l’esclavage normal, au lieu d’imaginer tous les propriétaires sudistes comme des créatures nées sous le signe du diable. Les sudistes de MANDIGO ne cherchent pas à nous l’expliquer . C’est de ça qu’on a besoin, qu’on nous explique comment un être humain ordinaire peut devenir un salaud. Toute l’histoire du monde pose cette question, jusqu’à aujourd’hui.
      Pour bien comprendre cette question, il faudrait avoir vécu à cette époque, être né dans ce milieu.
      Diaboliser les sudistes est aussi idiot qu »angéliser les nordistes, qui pour beaucoup n’étaient pas anti-esclavagistes; à commencer par Lincoln lui-même qui l’est devenu par opportunisme. N’oublions pas qu’il a dit un jour qu’il fallait affranchir les noirs, mais pour les envoyer ensuite tous dans de lointaines contrées.
      On ne peut rien comprendre en étant manichéen. Et MANDIGO l’est.
      Mais ce n’est que mon avis, qui, comme ma propre personne, ne vaut pas grand chose…

      • Catherine dit :

        Pascal MINETTE dit :
        12 février 2021 à 6:42

         » Les sudistes de MANDIGO ne cherchent pas à nous l’expliquer . C’est de ça qu’on a besoin, qu’on nous explique comment un être humain ordinaire peut devenir un salaud. Toute l’histoire du monde pose cette question, jusqu’à aujourd’hui.
        Pour bien comprendre cette question, il faudrait avoir vécu à cette époque, être né dans ce milieu.
        Diaboliser les sudistes est aussi idiot … »

        Je n’ai pas diabolisé les sudistes, le cinéma permet justement d’abolir les époques, pas besoin d’y être allé !!
        On reste dans le contexte d’un film.
        Et je n’ai pas besoin de psychanalyser le propriétaire pour savoir comment il en est arrivé là, il est définit ainsi; de plus dans le film de Fleischer il y a pas mal d’action, pas le temps de réfléchir en permanence à l’extra digital, je suis très bonne spectatrice en fait. (smiley souriant)

        • Catherine dit :

          Ce n’est pas « extra digital », mais diégétique, je savais que j’allais me planter ha ha …

        • Pascal MINETTE dit :

          A Catherine: Vous non, mais le FILM diabolise les sudistes jusqu’à la caricature au lieu de chercher des angles jamais abordés.
          Ce serait aux créateurs de psychanalyser un peu et de proposer une autre vision.
          Je n’arrive pas à comprendre que le jeu de Mason ne dérange personne. Même l’oncle Picsou dans l’adaptation Disney d’un CONTE DE NOEL joue le vieux Scrooge avec plus de finesse.
          Et pourtant c’est un acteur que j’adore, qui me bouleverse dans PANDORA.
          Sinon, le cinéma comme référence sur une époque lointaine, qui nous dispenserait de vivre vraiment cette époque, croyez-vous vraiment ça ? Les historiens eux-mêmes en bavent pour être exacts, pour y voir clair et y comprendre quelque chose…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PASCAL MINETTE
          Attendez, les sudistes ont été exonérés de tous ces crimes scandaleux et on a vanté leur esprit chevaleresque dans des centaines de films, ajoutant juste ici et là une touche de désillusion. Regardez la manière dont on glorifie les généraux sudistes dans tant de films d’Errol Flynn à commencer pas la PISTE DE SANTA FE. Regardez LA MAITRESSE DE FER, très bon film par ailleurs. Dans l’ESCLAVE LIBRE, c’est celui qui vend qui dénoncé comme une brute et pas le planteur que joue Gable (et encore le film prend des gants et montre les Nordistes sous un mauvais jour qui est assez juste). Et ce n’est pas seulement Hollywood. James Le Burke ne cesse de dire dans ses romans que on n’a jamais osé affronter frontale ment les crimes de l’esclavage, ce qui a bloqué la lutte pour les droits civiques et TOUTE LA SOCIÉTÉ AMÉRICAINE.D’où les incidents de Charlestown et le désir de déboulonner les statues, ce qui est une erreur. Mais on a très peu dit dans les films que Washington, Jefferson possédaient des esclaves et en faisaient le traffic. Là, c’est un fait indéniable, dénoncé par des centaines d’écrivains et d’historiens. Quand je tournais MISSISSIPI BLUES, à Oxford on continuait à célébrer Jefferson Davis en omettant toute référence à l’esclavage et les étudiants noirs se battaient pour qu’on supprime Dixie en tant qu’hymne de l’Université

        • Pascal MINETTE dit :

          A Mr TAVERNIER : Oui mais vous me parlez comme si je minimisais l’esclavage. Sur ce concept, depuis Harriet Beecher Stowe, il n’y a plus personne pour en faire l’apologie.
          Les films que vous citez sont pro-sudistes sans être des manifestes esclavagistes.
          Et bien sûr que les « sudistes » d’aujourd’hui continuent à admirer Davis, Lee, Stonewall Jackson et le drapeau confédéré. Mais ça n’a pas de rapport avec l’esclavage ; la plupart des sudistes n’avaient pas d’esclaves et pouvaient très bien être abolitionnistes.
          Je pense que les sudistes n’étaient pas dupes sur les raisons réelles de la guerre, qui n’avaient pas de rapport avec l’esclavage. Savoir l’armée nordiste en marche vers Richmond dans leur propre terre a pu suffire à pousser tout le monde sous le drapeau. Les possesseurs d’esclaves comme les autres.
          Il y a une parlante citation d’un prisonnier sudiste à qui on demandait pourquoi il se battait. Il n’a pas parlé d’esclavage, il a juste dit : parce que vous êtes là.
          Et je suis d’accord que déboulonner Lee, Davis et Stonewall Jackson est une bêtise.
          En France, il y a de quoi déboulonner, quand on y pense.
          Merci toutefois de m’avoir répondu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A PASCAL MINETTE
          Quant aux acteurs c’est une question de ressenti. Fleischer et Mason avaient travaillé ensemble et s’étaient appréciés dans 20 000 lieues sous les Mers alors que Fleischer avait détesté Douglas et continuera à dire, après les Vikings que c’était l’acteur le plus pénible et égocentrique avec qui il ait travaillé. Pourquoi ne pas commencer à voir ce que deux hommes doués et intelligents ont essayé de faire. Peut être se so nt ils égarés mais on ne peut pas le réduire à de simples grimaces. André Bazin est revenu plusieurs fois sur des films, des interprétations qu’il n’avait pas saisi la première fois. C’était un des seuls. Je trouve que partout sur le Net (et dans la critique), des ignorants disent n’importe quoi sur le jeu d’acteur : Que Cooper n’était pas un acteur, que Gabin reprenait chaque fois le même personnage de macho (rien de plus faux et il introduit de multiples nuances comme j’ai essayé de le montrer dans VOYAGES et se montrait d’une justice infinie dans les milieux les plus divers).Je ne vous mets pas dans le lot et vous défendez vos positions et pas seulement avec deux adjectifs. Bravo Vous ne tombez pas dans ce piège mais je suis devenu allergique aux jugements condescendants ou à l’emporte pièce (« Vous ne trouvez pas que Clint Eastwood est un peu relou ? ») J’adore les acteurs et je vois ce qu’ils apportent et suis sensible à l’aveuglement, l’absence de perception, de sensibilité avec lequel on reçoit leur travail. Au mieux parfois une ligne (impeccable dans le rôle), un adjectif. J’ai pu lire que Torreton faisait la même chose dans Ca COMMENCE et CONAN. On avait expédié injustement Peck dans MOBY DICK. Je me souvenais de la manière dont Pierre Marcabru, James Agee, Stanley Kauffman, Roger Tailleur parlaient des acteurs

        • Pascal MINETTE dit :

          A Mr TAVERNIER: Je comprends cet amour des acteurs que vous décrivez, beaucoup de gens l’ont aussi, ainsi que cette indulgence vis à vis de leurs éventuelles défaillances.
          Observer un acteur ou une actrice dans ses meilleures scènes, quelle jubilation !
          Mais dans un film, c’est d’abord le personnage qui m’intéresse. Si l’acteur ne se fait pas oublier, je trouve qu’il y a problème. Vous citez Peck dans MOBY DICK . Je vais encore vous décevoir mais je ne vois pas de capitaine Achab dans sa performance; juste une star qui s’épuise en pure perte.
          Et puis je pense aux formidables comédiens inconnus qui pointent au chômedu depuis toujours.
          C’est peut-être l’opéra qui m’a rendu si épidermique sur le jeu d’acteur; et les heures perdues au théâtre à supporter des faciès indifférents, sans caractère ou carrément ridicules. Quand les costumes sont plus charismatiques que les personnes qui les portent…
          Je ne pensais vraiment pas déclencher une discussion pareille !

        • DIXON STEELE dit :

          A Bertrand : Cela m’a fait sourire que dans votre post pour défendre les acteurs « J’adore les acteurs et je vois ce qu’ils apportent et suis sensible à l’aveuglement, l’absence de perception, de sensibilité avec lequel on reçoit leur travail. », vous en remettiez malgré tout encore une louche sur Kirk Douglas : « Fleischer avait détesté Douglas et continuera à dire, après les Vikings que c’était l’acteur le plus pénible et égocentrique avec qui il ait travaillé ». Symptomatique de ce qu’on peut souvent lire sur lui dans votre blog, et qui n’est pas souvent flatteur. Ca et là, vous le trouvez mégalomane, souvent crispé, manquant de justesse, de profondeur, « nettement moins bon qu’on l’a dit dans 15 JOURS AILLEURS », « il n’a pas le charme, la hauteur, la force et la versatilité de James Cagney ou de Gary Cooper », etc… Il me semble que l’image que vous donnez ainsi de Douglas est sinon réductrice, au moins souvent dans le même sens, celui du déboulonnage. Vos citations à son propos sont toujours à charge (Vous citez Fleischer, Frankenheimer, Mitchum (The ACTOR) mais pas, par exemple, Borden Chase qui disait qu’il était le seul acteur qu’il ait vu capable d’améliorer un scénario, Minnelli qui a toujours loué leur collaboration ou André de Toth qui (dans De Toth par De Toth) remarque que Douglas débordait d’idées, et des meilleures, sur le scénario, qu’il était un vrai pro. Voire Fleischer lui-même, dont le portrait qu’il dresse dans ses mémoires est beaucoup plus nuancé, parlant de l’insécurité de l’acteur, concluant « En dépit de tous les soucis qu’il m’a donné, c’est quelqu’un que j’admire »). Au lieu de mettre à son crédit le fait d’engager Trumbo sur Spartacus, puis sur El Perdido, et sur Seuls sont les indomptés, vous mettez à son débit de ne pas avoir été le premier à le faire, comme il l’a proclamé bien haut, mais seulement le deuxième (à un mois près, après Preminger). Combien d’acteurs -producteurs pourtant auraient eu cette audace en 1960 ? Ce manque de nuances répété concernant Douglas m’étonne de vous. Certes, vous sauvez malgré tout dans le blog ses interprétations dans le Tourneur ou Le Richard Quine (sans trop vous y étendre) mais il ne me paraît pas, dans l’ensemble, mériter pareil traitement. Du Gouffre aux Chimères jusqu’au Reptile, en passant par les Ensorcelés, Vingt mille lieues sous les mers, L’homme qui n’a pas d’étoile, Seuls sont les indomptés (il a sûrement moins pris part à la mise en scène de ces deux derniers qu’il le dit, et après ? Cela ne change rien à la justesse de son interprétation), Les sentiers de la gloire, etc…c’est tout de même un sacré comédien. Egocentrique et insupportable, certes, (quelle star ne l’est pas ? Je ne vais pas vous faire le coup de Séguéla), mais diablement intéressant. Pour en finir avec cette plaidoirie en creux (vous avez levé mon côté Paul Biegler), je me demande à la fin si toutes ces réserves que vous exprimez ne se sont pas accrues avec la publication de ses mémoires, où explose son côté cabotin, vantard et mégalo (ce n’est pas le premier), mettant à la vérité « ses habits du dimanche », comme disait Pagnol, ou si elles datent de toujours.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A DIXON STEELE
          J’ai passé dix ou douze jours avec Douglas pour l’ARRANGEMENT. Premier jour ébloui. Puis, tout le reste, il répète à une inflexion près ce qu’il vous vient due dire. Et Borden Chase attaque Stewart qui avait déclaré avoir entièrement réalisé le film. Chase que c’est faux et que c’est entièrement de de Vidor. Mais je le defends dans SPARTACUS, SEULS SONT LES INDOMPTÉS, LES SENTIERS DE LA GLOIRE et ne suis pas un super fan du De Toth

    • MB dit :

      à Catherine et Bertrand
      « Je préfère largement le film de Fleischer parce qu’il montre ce qui pouvait vraiment se passer dans une plantation de coton,  »
      tout à fait! c’est bien l’intérêt de MANDINGO, et les Américains (pour généraliser un peu) n’aiment pas qu’on le leur rappele, d’où le « BOMB » de Maltin.
      Moi-même je ne suis pas prêt de revoir le Fleischer, assez pénible (revoit-on facilement SHOAH?) mais « pénible » dans le bon sens du terme?
      Je l’ai déjà dit à propos du VENT mais la scène dans laquelle Gable s’oppose aux jeunes coqs sudistes en leur lançant qu’ils rêvent et qu’ils seront désillusionnés et vaincus est remarquable, je ne sais pas qui l’a tournée (si c’est important) mais ça va contre le pro-sudisme du film que souligne Bertrand, si la réalité de la vie d’une plantation est esquivée et la peinture des Noirs lamentable (Hattie McDaniel reçut un oscar) il y a au moins cette scène-là!
      Pour moi LE VENT ressemble à un gros gâteau indigeste avec surcroît de crème pâtissière! Interminable.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Ce qui est sinon bon du moins assez fort, parfois, dans AUTANT vient de Fleming. C’est Sam Wood, un des pire conservateurs parmi les réalisateurs Hollywoodiens qui a dirigé les scènes avec Hattie Mc Daniel (il avait basculé à droite car il pensait que c’était le lobby juif qui l’avait empêché d’être oscarisé pour GOOD BYE MR CHIPS et s’étais mis à haïr Roosevelt). Mais comme alternative à cette patisserie vulgaire, voyez comment le Sud est décrit dans LA VIPERE de Wyler (un monde d’affairistes répugnants) et regardez la même Hattie dans le second Huston avec Davis et Olivia de Havilland

        • MB dit :

          « Ce qui est sinon bon du moins assez fort, parfois, dans AUTANT vient de Fleming. C’est Sam Wood, un des pire conservateurs parmi les réalisateurs Hollywoodiens qui a dirigé les scènes avec Hattie Mc Daniel  »

          merci Bertrand, je ne savais pas ça, très intéressant!

          j’ai vu LA VIPERE d’ailleurs j’y repensais à cause de la discussion, c’est bien sûr très au-dessus.

          le Huston c’est IN THIS OUR LIFE que je n’ai jamais vu, damn!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          C’est un film passionnant, avec des personnages de noirs uniques pour l’époque

        • D DUMONTEIL dit :

          « in this our life » :
          deux soeurs ,la vertueuse Roy (ODH) et l’égoïste destructive soeur
          Stanley(BD),qui lui pique son fiancé , le conduit au suicide, exploite son oncle mourant et cause un accident mortel : le mélo par excellence , oui mais ,et c’est là que ça devient intéressant, la garce cherche à coller l’accident sur un clerc de notaire noir (superbement joué par Ernest Anderson,dont la composition est comparable à celle de Juano Hernandez dans ‘intruder in the dust » ) dont la mère (Hattie Mc Daniel) travaille pour la famille des soeurs.

          Huston dit : » c’était la première fois qu’un noir était utilisé autrement que comme le bon et fidèle serviteur ou le comic relief  »
          (source : « an open book » John HUSTON)

          « Même si McDaniel jouait encore une servante , des conseillers du studio soulevèrent des objections à lui donner le rôle de Minerva (mère du jeune noir) parce qu’ils ne la voyaient que dans la comédie.McDaniel savait que c’était un rôle important et elle voulait absolument montrer ses talents d’actrice ainsi que renforcer le message extrêmenent personnel du film .(…) A son insistance (de Jack Warner) ,elle fut engagée »
          (source :Victoria Amador :ODH ,lady triumphant)

        • Mathieu dit :

          A propos de IN THIS OUR LIFE, en revoyant récemment NORTH BY NORTHWEST, je vois Ernest Anderson, acteur noir qui a un rôle assez important dans IN THIS OUR LIFE, réduit à celui, insignifiant, de bagagiste. Un coup d’oeil à IMDb cofirme qu’après ce rôle important dans le Huston où il a débuté, ce ne sont quasiment que des rôles de serviteurs, porteurs, liftiers… déprimant. J’avais écrit un commentaire il y a quelque temps sur IN THIS OUR LIFE, mais il n’avait pas passé le filtrage automatique du blog, et je crois que c’est parce que je qualifiais les rapports entre Bette Davis et Charles Coburn d’un terme qu’on entend beaucoup en ce moment dans les médias à propos d’un politologue célèbre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Le personnage de Coburn était traité de manière cinglante

        • MB dit :

          à Bertrand et D Dumonteil

          IN THIS OUR LIFE
          très intéressant je dois le voir

          (mais comment se fait-il: Bette joue encore une teigne (pas de gros mot)

      • Alexandre Angel dit :

        A MB
        « Moi-même je ne suis pas prêt de revoir le Fleischer, assez pénible (revoit-on facilement SHOAH?) mais « pénible » dans le bon sens du terme? »

        Petit désaccord Martin, même si votre remarque est un ressenti, sur le parallèle entre MANDINGO et SHOAH.
        SHOAH, d’abord, c’est un docu de 9 heures. MANDINGO, c’est un film d’action, d’aventure, dans un registre « sex and violence », qui est à interroger sur le plan éthique et qui est conçu pour divertir dans les odeurs de souffre. On va pas se mentir.
        Et je ne suis pas sûr que Fleischer ait tout fait pour éviter l’écueil. Cela dit il a fait beaucoup parce qu’il était un cinéaste intelligent et doué.
        Donc, je ne comparerais pas (après chacun sa sensibilité) au sens où je peux revoir MANDINGO indéfiniment comme la réussite qu’il est et qu’on a mis du temps à considérer conne telle.
        Plus adaptée serait, à la limite, une comparaison avec SALO (an sens où je ne revois pas facilement SALO)mais même là, ça coince à tous les niveaux. Il n’y a rien de provocateur dans SHOAH : c’est un monument écrasant devant lequel n’importe quel spectateur se sent tout petit.

        • Alexandre Angel dit :

          « à considérer comme telle  » pas « conne »
          LOL

        • MB dit :

          à AA, mais MANDINGO n’est pas du tout un film d’aventures ou d’action, c’est un film réaliste et sans la moindre ouverture, son pessimisme est total.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          MANDINGO n’est pas à proprement parler un film d’aventure mais en même temps qu’est-il? Un film historique? Mmmouais.. Un drame psychologique? Bof Une fresque façon NOVECENTO ? Non plus..
          C’est en fait une grosse production de Dino De Laurentiis assez racoleuse, faite pour un samedi soir de 1975, avant d’aller se jeter un godet entre copains.
          Sauf qu’un très bon réal parvient à en tirer quelque chose et à en faire, vous avez raison, un film dur, sombre, pessimiste, comme l’était SOLEIL VERT un an ou deux plus tôt. Mais ce qui s’y passe tient quand même du feuilleton sulfureux, racoleur (mais pas le traitement). Il y a un côté catalogue de perversions, de cruautés, d’actes immoraux. On a des rebondissements, des intrigues, des complots. C’est un peu tout cela que j’appelle  » aventure ».
          C’est pour cela que la convocation de SHOAH m’avait quelque peu décontenancé, voire un tantinet choqué. J’ai beau adorer MANDINGO, je ne suis pas sûr que c’est lui rendre service que de le comparer à une oeuvre de 9 heures que personne n’aurait eu l’idée d’aller voir avec des potes un samedi soir avant d’aller se jeter une bière.
          Cela dit je comprends ce que voulez dire!

        • MB dit :

          bah… ce n’était pas non plus une comparaison, je cherchais l’exemple d’un film qui laisse une impression finale pessimiste, remplaçons SHOAH par un film de fiction comme… bon j’ai rien sous la main tant pis

        • MB dit :

          MANDINGO
          quand même remplaçons SHOAH si on veut (quoique je ne vois pas en quoi ce serait tabou de le laisser là) mais je m’insurge contre la « une grosse production de Dino De Laurentiis assez racoleuse, faite pour un samedi soir de 1975, avant d’aller se jeter un godet entre copains. » Vous pensez à sa « suite », DRUM?
          MANDINGO est plus que ça d’ailleurs si RF arrive à en faire autre chose comme vous dites c’est bien ça qui est important, c’est réellement un film historique, je crois que vous sousestimez les éléments documentaires (la taille de la plantation en est un) autant que la médiocrité incroyable des personnages de Blancs, qui est parfaitement justifiée (l’ivrognerie de l’héroïne est-elle complaisante? elle est parfaitement compréhensible (et n’excuse pas son racisme enraciné, coincée qu’elle est entre ces deux cons) et donc vraisemblable, historique j’insiste, pas complaisante. De Laurentiis a dû en perdre son dentier au final! Aucun élément érotique malgré la nudité féminine je crois dont il ne fait rien d’érotique. MANDINGO n’est pas à jeter dans la slaveexploitation, je respecte ce film honnête et dur et que je ne reverrai pas de sitôt quand même, âme fragile. Et James Mason a eu du courage de jouer là-dedans alors qu’au faîte de sa carrière, et de le jouer comme ça!
          mais je comprends ce que vous voulez dire!!!!!!!!!!!!!!

        • Alexandre Angel dit :

          « De Laurentiis a dû en perdre son dentier au final!  »

          A MB,
          C’est ce que je dis! S’il en perd son dentier, c’est bien qu’au départ, le but était plus douteux que ce que donne le résultat (car, encore une fois, j’aime beaucoup MANDINGO pour toutes les raisons que vous dîtes si bien).

          Sur SHOAH, il n’y a rien de tabou mais c’est un autre sujet et il nous entrainerait trop loin de Fleischer.

        • MB dit :

          à A Angel
          que R.F. ait transcendé le projet j’avais bien noté que vous l’aviez dit, tiens:
          « RF arrive à en faire autre chose comme vous dites  »
          pour le reste ça nous entraînerait trop loin en effet, peut-être autrement, pas mal de choses à défendre qui embourberaient le blog?

  11. Goossens dit :

    Bonjour Mr Tavernier

    Je sais que vous n’êtes pas devin mais sauriez vous à tout hasard si les 3 westerns suivants seraient dans les tabloïds de la collection Sidonis et Alain Carradore :
    Le sorcier du Rio Grande de Charles Marquis Warren
    L’aigle solitaire de Delmer Daves et Le jugement des flèches de Samuel Fuller ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Goosens
      Warner ne donne aucun de ses titres. Avec Paramount, c’est La Croix et la bannière. Le JUGEMENT DES FLECHES est sorti aux USA et m’a semblé prendre un petit coup de vieux sur la manière de parler des Sioux

      • yves rouxel dit :

        Je signale à tous que la chaine de magasins NOZ installé un peu partout sur le territoire des gaulois,que l’on peut trouver des pépites tel »Le pirate de Capri »d’Ulmer qui est un film d’aventures mais aussi des classiques d’horreur : »La dernière maison sur la plage », »Les amants d’outre-tombe », »Le bossu de la morgue », »Dracula contre Frankenstein », »Operation Goldman »tiré tous de la collection artus films petite maison d’édition installée près de Montpellier et qui défriche un peu toutes les séries B voire Z du patrimoine anglais,espagnol,ou italien.

        • MB dit :

          à mon avis c’est pas dans tous les magasins, j’ai rien trouvé des titres signalés par Catherine je crois, ni des vôtres.

  12. DIXON STEELE dit :

    Hommage à Christopher Plummer, toujours excellent, que ce soit en premier, deuxième ou troisième rôle, particulièrement dans notre Homme qui voulut être roi. Et qui me donne ici l’occasion de faire un peu mon Rouxel, en évoquant le film que j’ai vu hier, à l’occasion de sa disparition, L’Argent de la banque (The silent partner, 1978, visible en zone 1 ou sur le site de Criterion), où il partage la vedette avec Elliott Gould et Susanna York. Un excellent film, hélas bien oublié, où Plummer fait une superbe composition d’affreux. C’est l’archétype même du film réjouissant, buissonnier, où le mélange des genres est parfaitement maitrisé. La ligne principale est celle d’un suspens, chaque escapade sur le terrain de la comédie, de la comédie sentimentale, du film psychologique n’entame en rien l’intérêt, mais au contraire ne fait que renforcer la profondeur des personnages et la richesse du tout. Désinvolture apparente et véritable rigueur : c’est le genre de coktail que l’on retrouve chez Benton dans The late show ou Altman dans Le Privé. On y pense – en particulier du fait du jeu tout en décontraction d’Elliott Gould. Emmanuel Carrère avance qu’Hitchcock avait caressé l’idée d’adapter le roman d’Anders Bodelsen, paru en 1968, (et ici chez Stock dans la Cosmopolite) je n’en ai pas trouvé confirmation, mais cela n’aurait rien eu d’étonnant (l’histoire est celle d’un « innocent » prenant peu à peu un méchant à son propre jeu – jusqu’à en devenir son double) . Le scénario de Curtis Hanson est impeccable, la mise en scène de Daryl Duke bourrée de charme. La musique originale d’Oscar Peterson ne gâche rien. A propos de ce même Daryl Duke, je ne sais pas quelqu’un a vu Payday (1973), son premier film, sur lequel Pauline Kael était dithyrambique, Tarantino également, et qui est souvent cité comme un des plus grands films situé dans l’univers de la country. Le scénario est de Don Carpenter, remarquable romancier noir.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a DIXON STEELE
      Merci. J’avais aimé SILENT PARTNER et PAY DAY

    • Pascal MINETTE dit :

      J’imagine que c’est bateau d’évoquer Edelweiss et son regard quand il ne peut plus finir la chanson ? C’est la première image qui m’est pourtant revenue de lui…

    • yves rouxel dit :

      A dixon steele.Ne reprenez pas à Rouxel ce qui appartient à Rouxel.Merci d’avoir rendu hommage à cet acteur Canadien qui a eut une carrière internationale.Citons »Tout l’argent du monde »ou il a remplaçé au pied levé l’acteur Kevin Spacey perdu dans ses perversions intimes.Plummer a été contacté dans la nuit par son agent,il a appris son role en deux temps,trois mouvements.Il incarne John Getty milliardaire a qui l’on demande de verser une rançon énorme pour la liberation de son petit fils.Enfin essayer de voir »A couteaux tirés »qui est un excellent thriller ou Daniel Craig casse son image de JB.

      • Mathieu dit :

        Christopher Plummer a aussi été un excellent Hamlet pour la BBC, pour moi nettement supérieur au très surestimé Kenneth Brannagh (bon, je n’ai vu que des extraits, sur Youtube).

      • DIDIER D dit :

        « à couteaux tirés » :exact ;c’est un petit régal où le personnage de Craig est très proche d’ Hercule Poirot!

  13. yves rouxel dit :

    On ne ressort pas indemne à la vision de »Miracle en Alabama »oeuvre bouleversante et forte signée Arthur Penn.Il y a effectivement comme l’analyse de façon juste Frederic Mercier une puissance qui se dégage dans les personnages d’Anne Bancroft et de la jeune Patty Duke.Signalons au passage que la pièce fut jouée plus de 700 fois avant d’etre adapter pour le cinema avec le mème duo.Ici on assiste à un combat entre deux femmes,l’une est institutrice et a retrouver suite à plusieurs operations,l’autre est une gamine surprotégée par des parents qui la cherissent.Aveugle,sourde et poussant que des borborymes la jeune Hélène vit dans un monde ou la violence est sa seule réponse face à l’incompréhension du monde qui l’entoure.La scène tournée dans le chalet est saisisante,plus de dix minutes d’affrontement afin de lui faire comprendre que l’on doit manger en étant assis avec une cuillère.Cette séquence fut filmée avec trois cameras qui épousent complètement les comportements,les gestes des deux protagonistes.On est pris dans la spirale de la folie et Arthur nous interroge et nous montre qu’a l’époque ces personnes finissait leurs tristes existences dans des asiles psychiatriques loin de la société.Puis il y a le père ancien confédéré avec ses principes,ses régles de vies dans une famille éclatée.Penn effleure l’esclavagisme avec des serviteurs,gouvernantes et paysans noirs qui vivent à l’écart de cette famille bourgeoise.La scène du petit garçon réveillé en pleine nuit pour aidé Annie dans le chalet est surprenante.Ce film est la preuve qu’il y a toujours des solutions à l’incommucabilité des ètres qu’on appelle vulgairement « differents ».Cette oeuvre est une leçon de vie et d’espoir et mérite une découverte pour tous les blogueurs de ce site.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves rouxel
      Vous voyez Yves, vous participez très bien au blog. Bravo

      • yves rouxel dit :

        Eh oui Bertrand,quand les élèves écoutent leur maitre,on arrive toujours à s’entendre.En revanche j’hésite d’acheter trois films de Robert Mulligan qui sortirons vers le 23 de ce mois. »Le roi des imposteurs »à l’air interessant avec un Tony Curtis drole et filou,par contre les deux films avec Rock Hudson je me tate un peu.Qu’en pensez vous cher Maitre Bertrand?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Yves Rouxel
          Pas un grand souvenir de ces films

        • alex6 dit :

          bonsoir. Je confirme. Le rendez-vous de septembre et l’Homme de Bornéo ne sont pas, en effet, de grandes réussites e Mulligan. Deux films dispensables.

      • yves rouxel dit :

        En complément de »Miracle en Alabama »je conseille à tous la première réalisation du cinéaste Mike Leigh qui est »Bleak moments »qui est un portrait sensible et fort de la solitude humaine liée à l’incapacité de communiquer et au sentiment de ne pas appartenir à la société.L’oeuvre fut primé au festival de Locarno et reste un film juste et porofondément marquante.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves
          Merci. Vous me comblez. Jétais l’attaché de presse de BLEAK MOMENTS film si lugubre qu’il en devient fascinant et cocasse

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves
          Merci. Vous me comblez. Jétais l’attaché de presse de BLEAK MOMENTS film si lugubre qu’il en devient fascinant et cocasse

        • D DUMONTEIL dit :

          les deux films avec Rock Hudson
          « the spiral road » est un film long et lent ,un des plus ambitieux de Hudson (avec « seconds » et les Sirk dans lesquels il est plus à l’aise .)
          Médecin qui hait Dieu et LE défie de le tuer sur le champ ,il est confronté à un autre médecin (Burl Hives )qui sent la présence divine dans la nature ; la lutte pour sauver des pestiférés et des lépreux sera son chemin de Damas .
          Si -l’on -veut- à- tout- prix -y- voir -du- cinéma- d’auteur , on peut dire que la dévotion des deux médecins est comparable à celle de Sandy Dennis dans « up the down staircase  » ,mais ce dernier est beaucoup plus personnel.
          Titre français bouleversant d’originalité: « l’homme de Bornéo »

        • Bertrand Tavernier dit :

          A D Dumonteil
          Il n’y a pas photo entre les deux films

        • Didier D dit :

          « Rock Hudson : »magnificent obsession  » était un film sérieux mais je sens maintenant qu’il restait à la surface « (…)pour moi « the spiral road  » est comme un bout d’essai pour un nouvel acteur.C’est mon rôle le plus important .Le plus profond .Cela demande un tout autre genre de concentration  »

          « bien qu’il (RH) ne s’en rendît pas compte, le thème de la rédemption de « the spiral road » était essentiellement une variation interminable de « magnificent obsession « ,complétement disproportionnée avec en moins Douglas Sirk et Jane Wyman.
          (Source :Marc Griffin : »all that heaven allows ,a biography of RH »)

          Yves fera donc mieux de revoir le film de Sirk ;je n’ai pas vu le film avec Lollobrigida.

          Tout à fait d’ ‘accord pour  » up the down staircase  » qui a beaucoup mieux vieilli que « blackboard jungle »

      • yves rouxel dit :

        Est ce que « Que le meilleur l’emporte »de Franklin J Schaffner vaut le détour?J’ai découvert que Schaffner a tourner plusieurs allocutions du candidat puis président Kennedy pour la télévision.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a yves rouxel
          C’est un film intéressant en dessous de 7 JOURS EN MAI, de Manchurian Candidate et de TEMPETE A WASHINGTON

        • MB dit :

          QUE LE MEILLEUR L EMPORTE je serais plus enthousiaste que Bertrand, bon, on peut pas le mettre au même niveau que les autres cités mais toutes les scènes de coulisses du parti de Fonda sont magistrales, et si vous avez le dvd Sidonis bonus passionnant avec qui vous savez et Anne Bacharan!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Par fatigue, j’étais trop restrictif. Les premiers Schaffner sont intéressants

        • MB dit :

          pour QUE LE MEILLEUR L EMPORTE, je comprends très bien vos remarques à propos de la naïveté de Fonda dans 50, mais je crois que vous avez occulté certaines qualités en éclairant justement certains défauts. Par ailleurs je trouve, si sans doute conventionnelle et irréaliste, la défection finale de Fonda satisfaisante et logique. Certains détails sont amenés avec une discrètion peut-être dûe à l’auto-censure mais séduisant par leur légèreté et finesse (contrainte féconde!): ainsi de la maîtresse de Fonda qui est une blonde superbe travaillant dans son équipe et que seuls son apparition brève plus un simple coup d’oeil entendu entre Fonda et son chef de campagne (K Mc Carthy) la révèleront comme telle. Margaret Leighton est superbe en épouse sans illusion qui joue le jeu de la campagne électorale et semble être au courant. La représentante des mouvements féminins (Ann Sothern) est incroyable (« le seul pont entre la NAACP et le KKK » selon Fonda), j’adore son échange avec McCarthy qu’elle aborde ainsi: « Vous n’êtes pas trop musclé, mais on a besoin de grosses têtes! » à quoi l’autre: « Très honoré de parler à la représentante de la ménagère moyenne », grimace de Sothern qui se retourne et lui colle la baleine de son ombrelle dans le pif, faute de réplique. Bon les bonnes répliques ne font pas tout à fait un film totalement réussi, mais la peinture des coulisses du camp de Fonda est passionnante.
          Vous éclairez aussi dans votre entretien avec l’excellente Bacharan que quantité d’éléments sur la campagne électorale américaine sont d’actualité.
          Yves dites-nous ce que vous en pensez!

    • MB dit :

      à Yves
      « Cette séquence fut filmée avec trois cameras qui épousent complètement les comportements,les gestes des deux protagonistes. »
      cette séquence (l’apprentissage de la cuillèr) ne se passe pas dans le chalet mais dans la salle à manger d’où Annie a demandé à la famille d’aller voir ailleurs.
      Sinon vous avez raison de souligner le bonus de F Mercier qui est indispensable et que je vais réécouter après avoir revu le film.

  14. Tom Silvestri dit :

    Je demande respectueusement un moment de silence pour une legende, Jean-Claude Carriere.

    • Marc Salomon dit :

      Mais aussi pour une autre légende : Giuseppe Rotunno.

      • yves rouxel dit :

        Je viens d’apprendre la disparition de la réalisatrice-monteuse Tunisiènne Moufida Tlati qui à toujours défendu dans ses oeuvres la cause féminine.On lui doit des oeuvres proches de l’univers de Bergman et Visconti: »Les silences du palais »et »La saison des hommes »qui est un film admirable sélectionné à Cannes en 2000.

      • yves rouxel dit :

        A marc salomon.Eh camarade pas une ligne pour Larry Flynt qui a enflammé les magazines chauds dès les années 70.On doit à Milos Forman un très bon biopic sur cet homme égocentrique sur les bords.

        • Marc Salomon dit :

          A Yves Rouxel :
          Quitte à choisir, je préfère la carrière de Giuseppe Rotunno à celle de Larry Flint !
          De plus, Rotunno était un homme affable et modeste, qualités plus rares qu’il n’y parait chez les chefs opérateurs…
          C’était un des derniers géants de ces artisans de l’image, au sens noble du terme.

        • Denis Fargeat dit :

          A Yves
          Avez vous remarqué que notre ami Marc Salomon ne s’exprime qu’avec Parcimoni et Abonessian*? Son angle de vue, précieux, est celui des directeurs de la photo, et il fait autorité ici dans le domaine – pour ce qui me concerne du moins. Ce n’est pas sa faute, si ça décanille à tout va en ce moment… Ceci dit le « Larry Flint » de Forman est le film d’un esprit libre sur un autre esprit libre, porté par un très chouette Woody Harrelson.
          (Jules Parcimoni et Amen Abonessian ne sont pas des directeurs de la photo. A vrai dire je ne sais pas bien qui c’est.)

      • Tom Silvestri dit :

        Rotunno aussi, bien sur, Marc!

      • yves rouxel dit :

        A Marc et aux autres aussi.Rien que pour réentendre chanté le fameux Tonton David vu une dizaine de fois au Bikini(salle mythique toulousaine),je vais revoir « Un indien dans la ville » d’Hervé Pallud qui n’est pas un grand cinéaste au demeurant,mais c’est pour la plastique d’Arielle Dombasle échappée de l’univers de Rohmer ainsi que la présence de Lhermitte et d’un des plus grands acteurs français qui est Patrick Timsit(pas assez utilisé dans des roles sombres,à mon avis).Chacun sa route,chacun son chemin donne le message à ton voisin.Salut Tonton pour tes rythmes et la couleur que tu as apporté dans nos vies.

        • Salomon dit :

          A Y. ROUXEL :

          Les connexions neuronales qui vous permettent de m’interpeller pour passer de Giuseppe Rotunno à Tonton David me laissent pantois, sinon perplexe…

    • laurent albano dit :

      Il aimait se définir comme un  » encyclopédiste au temps des frères Lumière ».
      Revoir « Birth » de Jonhatan Glazer 2004 , pour son scénario très audacieux…

  15. Catherine dit :

    Bonsoir Mr Tavernier,

    Bien contente que vous parliez de LA ROSE ET LE FLECHE, c’est pour moi le meilleur Robin Hood au cinéma. Je n’en pouvais plus de l’archi-redifusé Errol Flyn en collants verts !! ha ha

    Le casting et les interprétations sont au top, à noter la présence de Nicol Williamson en Frère Jean qui n’a rien d’une barrique ambulante.

    Comme vous le dites, c’est un film assez unique en son mélange des genres, il y a de la comédie, du flirt, de la vraie romance, du drame, de la cruauté.

    Pour l’anecdote, il y a quelques photogrammes presque subliminaux montrant les fesses (musclées) de Sean Connery quand il saute d’un arbre.

    Richard Harris est impressionnant en Roi Richard, qui comme vous le dîtes aussi est un vrai psychopathe sanguinaire. Les Croisades, plutôt qu’une victoire religieuse et « légitimée par Dieu » les croisades furent une avant tout un massacre, dont Robin (l’une des + belles apparitions de S.Connery )revient meurtri et dégouté. Cette interprétation des faits est peu commune, le Roi Richard étant le + souvent représenté comme « bon ».

    Robert Shaw est aussi un acteur que j’aime beaucoup, vu dans 2 HOMMES EN FUITE de Losey et surtout dans THE HIRELING/LA MEPRISE d’Alan Bridges où il est extraordinaire en compagnie de l’excellente Sarah Miles. D’après le roman de L.P Hartley qui a aussi écrit The Go-Between.

    Le couple A.Hepburn / S.Connery est émouvant, fusionnel et à peine désenchanté après ces années de séparation.

    Bref, un casting magique et des comédiens au top de leur forme.

    • DIDIER D dit :

      Le film de Curtiz et celui de Lester se complètent :la légende et l’épuisement de la légende (d’ailleurs le dernière image de « Robin and Marian » me contredit)et si celui de Curtiz a Audrey ,l’autre a Olivia .La beauté du technicolor de 1939 peut encore susciter notre admiration (le procès de Marian éclairé par des torches).

       » le Roi Richard étant le + souvent représenté comme « bon » »oui,comme Saint-Louis(Louis IX) chez nous : et pourtant les Cathares et la rouelle des juifs…..

      à tous:si vous allez à Nottingham , visitez le musée « Robin Hood » (il se fait en petit train) :il explique comment le mythe est né.

      • DIDIER D dit :

        Pardon si celui de Lester a Audrey ,celui de Curtiz a Olivia.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A DIDIER D
        Exact en ce qui concerne Saint Louis : la belle biographie de Jacques Le Goff montre qu’il est l’inventeur (un des ?) de l’étoile jaune

      • Mathieu dit :

        A Didier D:
        Difficile dans un film d’aborder les personnages historiques sans jugement moral. Jean étant le méchant, Richard devient le bon. Dans mon enfance, à l’école laïque et républicaine, la croisade des seigneurs était mauvaise, la croisade des pauvres pas tant que ça si j’ai bonne mémoire. Pourtant cette « croisade des pauvres » n’était pas moins fanatique, et a entrainé pillages et massacres, en particulier de juifs, pas tant en terre sainte où très peu parvinrent, mais en route, dans le Saint Empire, en Hongrie.
        Mais Richard était détesté aussi de son vivant, en particulier de la part de Philippe Auguste. Ils avaient été pourtant très amis dans leur jeunesse, et même amants d’après certains. Richard était également troubadour (poète en langue d’oc).

        • Pascal MINETTE dit :

          C’est comme pour l’esclavage dans MANDIGO, nos jugements moraux ne valent rien.
          Quand on y pense, c’était original de faire des Croisades une série ( je parle de Thibault, bien sûr) ,même si la vision était manichéenne et de parti pris; certains épisodes languissaient un peu mais on tenait bon quand même pour réentendre le génial générique de Georges Delerue!

  16. Que de chefs d’œuvre cités ici. Je vais acheter THE DEAD de Huston qui est un film tellement beau avec une superbe photo de Fred Murphy. Quand on pense comment Huston l’a tourné… Je suis d’accord pour les sommets d’Arthur Penn et j’ai toujours été étonné que FOUR FRIENDS soit si rarement cité. Ce film merveilleusement écrit par Steve Tesich, inspiré de son autobiographie, parcourt trois décennies de l’histoire américaine et comporte d’extraordinaires moments dignes de Kazan : l’arrivée de la famille de migrants, les violents conflits qui opposent le fils et le père (magnifiquement interprété par Miklos Simon que curieusement on n’a jamais revu), la séquence du mariage avec son rapport de classes qui est l’une des plus sombres et des plus puissantes jamais tournées, la découverte de l’alunissage à la tv par hasard au milieu de la nuit par Danilo, la scène des adieux sur le quai de la gare avec les parents qui retournent au pays, absolument bouleversante. Ce film est l’un des plus personnels de Penn et le plus déchirant. Il brosse un portrait très désabusé des années 60 où le « flower power » en prend un sacré coup. Dommage qu’on ait peu revu Jodi Thelen en formidable Georgia. C’est aussi le dernier film de Ghislain Cloquet.

    • Catherine dit :

       » Bruno François Boucher dit :
      8 février 2021 à 14:25

      Que de chefs d’œuvre cités ici. »

      Oui !! C’est la première fois ou un billet de Mr T. évoque autant de films que je connais.

      Un autre film que j’adore c’est THE VERDICT de Don Siegel, l’interraction de jeux entre Lorre et Greenstreet y est touchante de justesse, le scène dans la rue où le personnage de Sidney pète les plombs est anthologique. Et puis il y a ces belles scènes de policiers dans le cimetière la nuit, qui bénéficient d’un fog léger évidemment, ce qui leur donne une aura de genre fantastique.
      Je vais le revoir tiens.

  17. MB dit :

    On trouve THE WINDOW en zone 2> Montparnasse RKO bleue mais épuisé, à un prix repoussant (UNE INCROYABLE HISTOIRE)

  18. Tom Silvestri dit :

    A Didier: Tu es trop gentil dans ton évaluation de mon habileté à français — je dois étudier une fois de plus! Je louais tes remarques sur BOTTOM OF THE BOTTLE et sur 23 PACES TO BAKER STREET, et maintenant aussi sur LA RUPTURE, un film que nous aimons tous les deux. PETULIA n’est certainement pas un film à regarder à la télévision, surtout lorsqu’il est édité! J’aurais aimé que tu auras pu etre au New Beverly Theatre à Los Angeles en août 2016, comme M. Tavernier a été, quand j’ai présenté le film avant la projection. Quentin Tarantino, qui a acheté le théâtre pour le sauver de la démolition, a assisté ainsi. (Il était ravi de l’impression technicolor vintage!)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Tom Silvestri
      Je me souviens de cette séance mémorable où j’avais vraiment redécouvert le film. Merci Tom

      • Tom Silvestri dit :

        Pas du tout, M. Tavernier, les cinéastes de ma génération vous doivent tellement!

        Comme j’ai dit au New Beverly Theatre, je voudrais aussi mentionner que Julie Christie était tout à fait l’auteur de n’importe quel réalisateur des années 1960 et 1970 par le moyen de ses choix inspirés de rôles. En effet, beaucoup de ses films n’auraient pas été réalisés sans sa participation.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Tom Silvestri
          I loved Julie, she dubbed for me the French actress Therese Liotard in DEATHWATCH

        • Tom Silvestri dit :

          Ah bon! Quand Julie Christie a été honorée au Festival du Film de Santa Barbara en 2008, elle était charmante, drôle, et tout à fait brillante sur les sujets de l’action et du cinéma.

  19. DIXON STEELE dit :

    Signalons la sortie en anglais ces jours-ci d’une copieuse copieuse biographie (700 pages) de Mike Nichols par Mark Harris (à qui l’on doit Five Came Back), d’une autre consacrée à Joan Harrison, Phantom Lady : the Forgotten Woman Behind Hitchcock par Christina Lane.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A DIXON STEELE
      Et une autre, excellente, de Cary Grant par Scott Eyman à qui ont doit celle sur Wayne et sur DeMille.Sans parler de Pat McGilligan sur Mel Brooks. J’ajouterai celle beaucoup plus ancienne de Lee Server sur Mitchum

      • DIDIER D dit :

        J’ajouterai celle beaucoup plus ancienne de Lee Server sur Mitchum

        je la connais et je viens de commencer celle d’Ava Gardner ,du même auteur.

      • Julia-Nicole dit :

        A Bertrand
        Etant donnée la qualité des bios de Scott Eyman sur Wayne ou De Mille, il y a tout lieu de penser que celle de Cary Grant sera du même niveau. Je trouve juste un peu dommage de faire paraître une nouvelle biographie de Grant, alors que celle de Gary Morecambe et Martin Sterling, parue en 2003, est absolument remarquable.
        A côté de ça, je ne connais pas de biographie sérieuse, en anglais ou en français, de cinéastes aussi importants que Bergman ou Eisenstein (je parle bien de biographie et pas d’études, qui elles sont légion). Mais elles m’ont peut-être échappé…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia Nicole
          Ne blâmez pas les auteurs. Ils font ce qu’ils peuvent face à des éditeurs de plus en plus frileux. On a refusé à McGilligan Wellman pour lui demander de s’intéresser qu’aux comiques comme Mel Brooks ou Allen et à Eyman des tas de cinéastes Et je ne sais pas si on a fait paraitre aux USA la splendide autobiographie de John Boorman, AVENTURES. Rien que les chapitres sur LE POINT DE NON RETOUR, HELL IN THE PACIFIC, DELIVRANCE et son portrait insensé de James Dickey, HOPE AND GLORY rendent la lecture du livre indispensable

        • MB dit :

          « je ne sais pas si on a fait paraitre aux USA la splendide autobiographie de John Boorman, AVENTURES. »
          « Adventures of a suburban boy » c’est sorti en Angleterre puis aux USA:
          « Je me suis toujours dit que le 1er scénario de POINT BLANK qu’on avait jeté par la fenêtre tant il était mauvais, avait été récupéré sur le trottoir par Mel Gibson tout jeune qui passait par là » (non textuel)
          Ses débuts à la TV anglaise sont passionnants aussi.

        • Julia-Nicole dit :

          A Bertrand
          Vous avez tout à fait raison. Le livre (sérieux) de cinéma est le parent pauvre de l’édition, et il faut avoir la foi chevillée au corps pour entreprendre des recherches durant parfois plusieurs années, pour un livre dont on ne sait pas s’il sera finalement publié.
          Au sujet de Wellman, j’en profite pour dire qu’il existe une excellente biographie, écrite par son fils William Wellman Jr en 2015, WILD BILL WELLMAN, HOLLYWOOD REBEL, lequel s’avère un aussi bon auteur que Barry Paris, Scott Eyman, ou Patrick Mc Gilligan.

        • MB dit :

          à Julia-Nicole
          on n’a pas d’équivalents sur des cinéastes ou acteurs non américains, des admirables livres d’auteurs américains sur Ford ou Wyler et autres (ceux-ci toujours consacrés à des Américains). Heureusement le Renoir de Mérigeau, le Autant-Lara s’élèvent à la même hauteur mais sont bien isolés ici, je rêve de livres du même niveau sur Kurosawa, Becker, Melville, Risi. Alors certains ouvrages restent peut-être à l’état de manuscrits parce qu’il faut après que ces livres se vendent.
          Et l’écriture de « Renoir » ou « Autant-Lara » ont dû demander un boulot énorme à leur auteur, que j’ose pas imaginer.
          Une bio sur Becker par souscription pourquoi pas. C’est un bon moyen la souscription pour aider l’éditeur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Vous oubliez le Nicholas Ray d’Eisenshitz et plusieurs ouvrages de Francois Thomas. Mais on ne trouve pas beaucoup de volontaires

        • DIXON STEELE dit :

          Et la suite de l’autobiographie de John Boorman, intitulée CONCLUSIONS, est sortie il y a quelques mois en Angleterre. Tout aussi succulente.

        • DIDIER D dit :

          Heureusement le Renoir de Mérigeau, le Autant-Lara s’élèvent à la même hauteur mais sont bien isolés ici,

          Martin et Julia

          Et le Duvivier « le mal-aimant du cinéma français  » en deux tomes ,rend justice à ce réalisateur .Eric Bonnefille mérite un grand coup de chapeau!

          A BT :Ava GARDNER figure sur sur la couverture des deux bios de
          Lee Server (de mes éditions ) : la Mitchum (« my forbidden past  » ,un obscur mélo) et la sienne (« the killers » )

        • Didier Dumonteil dit :

          Et José Louis Bocquet et Marc Godin ont fait une excellent étude de CLOUZOT dans leur ouvrage « Clouzot cinéaste » (la table ronde)avec en bonus un dvd de « la vérité  »

          IL y a aussi le livre de Desrichard « Henri Decoin : un artisan du cinéma populaire » malheureusement cher actuellement (76 €);mais il ne faut pas se décourager « Sirk on sirk  » devait être à près de 200€ la première fois que je l’ai vu ,et en attendant un peu, je l’ai eu pour 10 environ.

          DUVIVIER,DECOIN,CLOUZOT : ne dites pas que l’on n’écrit pas sur le patrimoine!On peut lire aussi l’autobio de CARNE « à belles dents »

        • MB dit :

          « Et le Duvivier « le mal-aimant du cinéma français » en deux tomes ,rend justice à ce réalisateur .Eric Bonnefille mérite un grand coup de chapeau! »

          à Didier D
          oui, je l’ai laissé passer celui-là, j’avais pourtant retenu ce nom en voyant le bonus du TEMPS DES ASSASSINS.

    • DIXON STEELE dit :

      Oui, les temps sont durs pour les biographes – aussi talentueux soient-ils. Nick Dawson, auteur d’une très bonne biographie d’Hal Ashby a réalisé un travail de long haleine sur Ivan Passer (600 pages) – l’University Press of Kentucky, qui publie (ou publiait) de très bonnes choses comme dernièrement la bio de Michael Curtiz de Alan K Rode, lui propose de réduire son livre à moins de 300 pages – ou bien de le publier tel quel directement en livre numérique (avec une possibilité d’impression à la demande à plus de 100$!). Le principe est de plus en plus courant…(sous prétexte que « les fans » ne sont pas à 100$ prêt?)…et à propos du même Passer, étonné que vous n’ayez pas fait de chronique sur Silver Bears, paru l’été dernier dans la collection Make My Day.

  20. DIXON STEELE dit :

    Baby Doll : Il faut saluer la remarquable photo de Boris Kaufman, l’alter ego de Jean Vigo, le frère de Dziga Vertov, un maitre des lumières aussi exceptionnel que James Wong Howe. Réfugié aux Etats-Unis en 1942, il travaillait sur des documentaires, souffrant de persécutions « anti rouges » dues en grande partie à ses origines seulement, quand Kazan l’engagea pour Sur les quais, pour lequel il reçut l’oscar. Il travailla ensuite principalement avec Kazan et Lumet, et dans quelques curiosités comme le trop méconnu Patterns (1956), de Fielder Cook, sorti chez Wild Side il y a quelques années, belle variation sur Executive Suite, écrite par Rod Serling. (A propos de Fielder Cook, je ne sais pas si quelqu’un a vu Gros coup à Dodge City (1966), western avec Henry Fonda, Joanne Woodward, Burgess Meredith et Jason Robards, histoire d’une partie de Poker, qui m’a l’air assez cocasse et dont on dit du bien, ça et là.)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A DIXON STEELE
      Intrigué par PATTERNS, je l’ai vu et l’ai trouvé un peu décevant, avec de grosses ficelles et un abus des coups de theatre

      • DIDIER D dit :

        Mais le sadisme d’Everett Sloane envers Ed Bigley qui n’a que le tort d’être honnête et compatissant envers la classe laborieuse est terrifiant quand il attribue tout le mérite de la collaboration à Van Heflin dont la femme est ambitieuse pour deux.
        Certes le film est théâtral ,mais les acteurs font tout passer.

        • Mathieu dit :

          A Didier D et Bertrand:
          PATTERNS a l’intérêt pour le spectateur français d’aujourd’hui de montrer que certaines méthodes managériales ont été expérimentées il y a déjà longtemps aux Etats-Unis avant d’être importées en France.
          Mais la critique sociale m’y parait faussement courageuse. Le sous-texte du film c’est « le capitalisme c’était mieux avant », on ne va pas loin comme ça.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Matthieu
          Bonne analyse

    • MB dit :

      Frappé par les mouvements de caméra de BABY DOLL, qui sont utilisés dans des scènes intimistes entre trois personnages, ce qui est rare.

  21. yves rouxel dit :

    A Bertrand.Je vais entièrement dans votre sens en ayant revu »La flamme pourpre »qui est un film de guerre qui se transforme en film d’amour.Gregory Peck est hanté par son passé,par la mort de sa femme dans un bombardement à Londres.Puis l’oeuvre est agrémenté de scènes fortes en émotions:celui de la gamine qui joue avec un lézard ou celle dans le désert ou les trois hommes sont pris dans les filets de la nature.Un des premiers plans est prodigieux,quand le personnage de Forrester est pris d’un cauchemar et se réveille en sursaut et pense que le camp est attaqué par les japonais.Puis il y a un travail formidable sur le plan photographique avec des paysages colorés avec des contrastes qui donne à ce film une espèce de grace intemporelle.

    • Bertrand Tavernier dit :

      Merci Yves
      pour cette belle analyse. C’est l’un des cinq ou six grands films de Parrish avec L’AVENTURIER DU RIO GRANDE, LIBRE COMME LE VENT, A LA FRANCAISE, CRY DANGER, DANS LA GUEULE DU LOUP

      • yves rouxel dit :

        A Bertrand.On voit bien dans le bonus du film sorti en 2013 que cette oeuvre vous as touché personnellement.J’aurais aimé avoir 15 ans dans les années 50,quand on voit le nombre de salles de cinéma qui ont disparu depuis.Dans quelles circonstances avez vous rencontrer Bob Parrish et y-a t-il des traces écrites de ses entretiens dans une revue de cinéma?Merci de votre réponse et portez vous bien.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a yves Rouxel
          Il y a deux, voire trois entretiens avec Parrish qui ont été rassemblés dans AMIS AMEIRCAINS. L’un avait paru dans les Cahier (avec Yves Boisset), un autre dans Présence du cinéma et un paru dans Positif. J’ai aussi écrit une préface pour sa merveilleuse autobiographie, l’autobiographie de son enfance, J’AI GRANDI À HOLLYWOOD que l’on doit trouver d’occasion. Le second volume n’ayant pas été traduit contient un des premiers compte rendus de la fameuse soirée à la DGA durant laquelle De Mille essaya d’imposer que tout le monde signe un serment de loyauté envers l’Amérique. Il fut attaqué par Wyler, Mamoulian, Delmer Daves, Parrish et tous les démocrates de Hollywood et l’offensive de De Mille fut brisée par Ford qui permit à Mankiewicz de gagner après sa célèbre intervention. Mais aussi parce que Ford avait très bien manoeuvré politiquement en s’arrangeant pour faire démissionner le bureau (qui aurait soutenu de Mille avec Mervyn Le Roy, Clarence Brown King Vidor, Lesley Selander) avant le vote. Parmi les interventions les plus engagées on compte Mamoulian (Mr DeMille est devenu Américain par accident, sa naissance, moi c’est par choix, puisque j’ai demandé à être naturalisé), Wyler, Daves (« J’ai honte d’être américain quand j’entends Mr DeMille) et le mystérieux Don Hartman qui se lance à corps perdu contre de Mille. Mon ami Pat McGilligan me dit que le compte rendu de Parrish est extrêmement juste et précis. Et en avance. Il raconte aussi comment Dick Powell, pourtant Républicain, l’emmena rendre visite à Dmytryk pour lui donner de la nourriture avant qu’il parte en prison et le fit travailler sur plusieurs projets projets pour qu’il gagne de l’argent, Dmytryk qui était pourtant étiqueté communiste et qui donna des noms après être sorti de prison. Powell demanda à Parrish de distribuer dans CRY DANGER la femme de Dmytryk, très bonne actrice par ailleurs. Lisez au moins le premier volume et les entretiens de AMIS AMERICAINS. La premiere fois que je vis LA FLAMME POURPRE, ce fut au Royal Haussman, trois salles qui ont disparu où je vis aussi LES TROIS LANCIERS DU BENGALE

  22. laurent albano dit :

    Il me semble que la maison de June Lyons (Rhonda Fleming) dans « Slightly scarlet » est la même que celle de Lora Meredith (Lana Turner) dans « Imitation of life ».
    Un avis éclairé sur la question?

  23. André M dit :

    D’accord avec vous Bertrand : Four Friends (Georgia) et The Miracle Worker (Miracle en Alabama) constituent aussi à mes yeux deux merveilles et le meilleur d’Arthur Penn.
    Concernant le premier, signalons la formidable musique d’Elisabeth Swados et l’interprétation hors pair de toute la distribution qui semble comme habitée par la vision du réalisateur avec des acteurs et actrices qui hélas n’auront pas fait de grandes carrières (même Craig Wasson qui hormis le Body Double de De Palma restera cantonné aux seconds rôles et séries TV).
    Le film enchaîne les morceaux de bravoure et les séquences poignantes (l’avant dernière scène, bouleversante, des adieux au père notamment) et traite chaque personnage avec justesse et humanité ; un film à fleur de peau.
    Pas loin derrière j’y adjoindrai Bonnie & Clyde dont je ne me lasse pas (et à ce sujet je me souviens d’une séance lyonnaise dans les années 80 où, lors de la fusillade finale, un spectateur s’est levé, furieux et indigné et a crié « Ah elle est belle la police ! » avant de sortir illico sans visionner le plan silencieux qui s’en suit – admirable – et le générique de fin).
    Je mentionnerai également The Chase (La Poursuite impitoyable) que vous qualifiez de désastreux (!) dans votre première édition de 50 ans mais qui, je trouve, passe bien le cap des années. Brando est finalement très juste dans son personnage et il forme avec Angie Dickinson (remarquable de tact) un couple vraiment touchant et bien dessiné. La charge et le message me paraissent par ailleurs bien d’actualité…
    J’aime aussi beaucoup Night Moves (la Fugue) avec un Gene Hackman en détective complètement perdu mais le film souffre un peu je trouve d’un rythme nonchalant (je dirais « seventies »). Cela dit il comporte nombre de scènes mémorables et Gene Hackman, comme d’habitude, y est impérial.
    Little big man est un cas d’école en ce qui me concerne quant à la perception que l’on peut avoir d’un film selon son âge, des préjugés liés à cet âge et à l’époque et peut-être aussi de son humeur du jour. C’est un film que j’ai vu, revu et adoré dans mes jeunes années. Lors d’une revoyure 20 ans plus tard, il m’a considérablement déçu. Je trouvais qu’il présentait le monde indien d’une manière bien angélique et caricatural avec ce chef qui me semblait se comporter comme un prof de philo. 10 ans plus tard encore je le redécouvre en blu-ray et le trouve magistral. Je retrouve le Penn que j’aime :
    vivifiant, enlevé, drôle souvent, épique et enthousiasmant.
    Missouri breaks aurait pu être un grand film mais comme cela a été dit et redit le film est complètement phagocyté par ses interprètes – et Nicholson ne vaut guère mieux que Brando sur ce coup-là.
    Idem pour The Left handed gun (Le Gaucher) plombé par le jeu outrancier de Newman.
    Je ne serai pas aussi sévère que vous sur Target et Dead Winter – surtout le premier qui me paraît tout à fait honorable (par rapport à ce que l’on voit de nos jours).
    Il faudrait que je revoie Mickey One qui m’avait laissé de marbre à l’époque et paru totalement abscons.
    Pas revu non plus Alice’s Restaurant mais je crains que ça n’est pas non plus très bien vieilli…

    • Ballantrae dit :

      Je vous trouve très dur envers Missouri Breaks et très indulgent envers Target et Dead in winter.
      Le premier vire parfois vers le cabotinage mais comporte de vraies ambiances, un sens remarquable de la topographie, des surprises de mise en scène ( une scène nocturne me semble ainsi avoir inspiré There will be blood).
      Les deux autres sont structurellement boiteux et parfois maladroits notamment au montage.
      Nous sommes entièrement en accord sur Bonnie and Clyde, Little big man , Four friends et Miracle en Alabama qui dans des genres différents sont exemplaires. Et je rajoute La fugue qui me semble brillant aussi et pas si nonchalant à la lumière de sa surprenante conclusion.
      Non Penn ne doit pas être oublié.

  24. DIXON STEELE dit :

    Merci Bertrand pour ce Stranger on the prowl, qui a des allures de fil néo-réaliste dans les scènes de jour et de film noir américain dans les scènes de nuit. Malgré les conditions pour le moins délicates dans lesquelles le film a été tourné, Losey fait une fois de plus preuve d’une grande maitrise. Mieux qu’une curiosité en tout cas. Quand à la trame, celle de l’association d’un enfant et d’un homme recherché par la police en fuite dans une ville portuaire, elle est la même que celle du très estimable Tiger Bay de J. Lee Thompson, tiré lui aussi d’une nouvelle de Noel Calef. Sauf qu’il s’agit, cette fois d’une petite fille, Hayley Mills dans son premier rôle.

  25. Michel Etcheverry dit :

    En appendice aux paragraphes consacrés à Robert Parrish, on peut signaler que The Mob est sur le point de connaître les honneurs d’une édition Blu-Ray en Grande-Bretagne : il fera partie du second coffret Columbia Noir édité par Powerhouse/Indicator et proposera quelques suppléments dont deux interviews d’Ernest Borgnine (sortie prévue le 15 février).

  26. MB dit :

    TERREUR SUR LE BRITANNIC critique détaillée, vivifiante (que dis-je: vernale!), sur Dvdclassik par Alexandre Angel. Du coup il faut que je le revoie ce film, ah là là c’est un mètier!
    https://www.dvdclassik.com/critique/terreur-sur-le-britannic-lester

  27. alex6 dit :

    A Bertrand Tavernier.
    Pour célébrer Richard Lester.Enfin !
    Merci Bertrand Tavernier d’attirer l’attention sur un réalisateur que l’histoire du cinéma retient surtout comme le cinéaste des Beatles (Hard Day’s Night et Help) et le lauréat d’une palme d’or loufoque The Knack en 1965. Mais Richard Lester, cet américain exilé en Angleterre, n’a jamais vraiment eu la reconnaissance qu’il mérite. Il reste un inclassable, un franc-tireur, un cinéaste pour « happy-fews » qui possède ses inconditionnels dont je suis, même si j’ai bien conscience de la disparité de son œuvre qu’un critique de cinéma (devenu écrivain) Emmanuel Carrère, dans un article de Positif sur le sympathique Les Joyeux débuts de Butch Cassidy et le Kid (1979) , classait en deux catégories : les films imberbes et les films avec barbe ( ou poils) si mon souvenir est exact.
    La critique n’a jamais vu en Dick Lester un « auteur » ou un cinéaste à prendre au sérieux. Il est vrai que Lester lui-même ne s’est jamais pris au sérieux, filmant tour à tour des films de jeunes et des films de vieux, voire crépusculaires, dynamitant par un humour caustique et absurde les genres et toute tentative de classement dans des cases bien formatées. Dans la première partie de sa carrière, outre ses deux films avec les Beatles, surtout « Help », plus drôle, sans oublier le Comment j’ai gagné la guerre (1967) avec John Lennon, je préfère mentionner le méconnu le Forum en folie (1966), dans lequel Lester fait tourner son idole Buster Keaton, et surtout « The Bed Sitting Room » (l’Ultime Garconnière) de 1969, ovni déjanté qui flirte avec l’humour non-sensique des Goons (Peter Sellers, Spike Milligan), une farce expérimentale, pas forcément drôle, plus proche du théâtre de l’absurde d’un Bekett que des Monty Pythons. Je n’ai pas revu Petulia (1968) depuis longtemps mais le film m’avait laissé sur ma faim, provoquant en moi une impression bizarre d’inabouti et d’incompréhension.
    Je place très haut les films d’aventure tout à fait originaux et inventifs que sont les Trois Mousquetaires (1973) et On l’appelait Milady (1974), brillantes réussites qui mélangent avec intelligence, comédie et histoire, jeux d’épée et jeux de mots. La Rose et la Flèche (1976), oui absolument et il me faut revoir Terreur sur le Britannic car je n’ai pas été convaincu la première fois. J’ai aussi le souvenir de The Ritz (1976) une comédie assez drôle, peu connue mais peu visible aussi et de Cash-Cash (1984), film raté et nouvel échec.
    Je n’ai pas vu Cuba, qui a été un autre échec commercial cinglant, au point que Sean Connery ne voulut plus adresser la parole au cinéaste. Je ne dirai rien sur les deux Superman dont je ne me souviens que de la séquence générique totalement burlesque (est-ce le Superman II ou le III ?). Voilà désolé d’avoir été un peu long, mais Richard Lester fait partie de mon panthéon personnel, mon jardin secret avec quelques autres. Et ça ne s’explique pas forcément.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A alex6
      THE RITZ est un peu décevant mais PETULIA reste bouleversant

      • DIXON STEELE dit :

        On ne mentionne que rarement Royal Flash de Lester (Blu-Ray zone 2 mais sans sous titre français), tiré du deuxième roman de la série des Flashman de George MacDonald Fraser (le scénariste des three et four Musketeers), avec Malcom McDowell. C’est vrai que le film est hélas moins réussi que les deux sus-nommés. Lester a souvent besoin d’une ligne directrice assez forte pour soutenir son sens incroyable de la digression, de la vignette, de l’à-côté, ce n’est pas vraiment le cas ici, où les parties valent mieux que le tout. Ceci étant dit, cette histoire d’un supposé héros anglais retour d’Afghanistan, en fait un lâche bourré de tous les défauts possibles est réjouissante à de multiples points de vue. Dès les premières scènes, charge contre l’hypocrisie victorienne, le ton est donné. Dans une parodie du Patton de Schaffner, notre héros fait un discours grandiloquent devant un drapeau anglais, on narre ses exploits – pendant que défilent devant nos yeux quelques scènes de combat hilarantes démentant complétement l’éloge et attestant de sa couardise. Ces fausses apparences en vigueur (déjà !) dans la société victorienne vont courir tout le long du film, chacun se révélant l’inverse de ce qu’il prétends être. En premier lieu notre héros, sosie d’un roi danois, qui va devoir se faire passer pour lui, pour le compte de Bismarck. Malgré ses multiples travers, il se révélera tout de même à la fin bien plus fréquentable que tous les « grands hommes » qui l’entourent.
        L’un des grands plaisirs du film est le goût de Lester, déjà manifeste dans les Mousquetaires, pour de multiples « gadgets » et autres machineries – des prostituées qui font du vélo dans le tripot pour faire tourner la roulette jusqu’aux scaphandres pour passer les douves du château, en passant par la grue à bras de la police, les instruments de musique mécaniques, le pédalo, le méchant à la main artificielle, etc. De quoi réjouir Bruno Podalydes, amateur lui aussi de ce genre de mécanique. Lester nous concocte de très belles scènes, comme un combat de boxe en salon bourgeois, un duel de femme avec la belle Lola Montes ; un tripot qui, en quelques secondes, (hypocrisie victorienne et descente de police obligent) se transforme en salon bourgeois des plus respectable (avec des nappes qui tombent du plafond, des tables qui tournent, des tableaux qui changent), un combat à l’épée dans une cuisine pendant qu’une domestique continue tranquillement à faire son ménage. L’atmosphère gothique en Bavière (au son de la musique de Wagner) est parfaitement rendue par la photo vaporeuse de Geoffrey Unsworth (même si je trouve que la clarté cristalline et le sens de la ligne claire de David Watkin correspondent davantage au ton satirique de Lester) Il y a quelques gags très réussi, Oliver Reed en Bismarck est remarquable, Alastair Sim, Alan Bates and Lionel Jeffries sont parfaits. Reste néanmoins quelques soucis de ton entre le burlesque et le film d’aventures (Malcolm McDowell oscille parfois de façon assez hasardeuse entre humour et romantisme), un léger souci de rythme également – deux écueils que Lester évitait dans les Dumas.

        • Alexandre Angel dit :

          A Dixon Steele,
          J’aimerais beaucoup voir enfin ROYAL FLASH

        • alex6 dit :

          Merci Dixon Steele pour cette pertinente évocation de Royal Flash, que je n’ai jamais pu regardé jusqu’au bout (manque de rythme..) mais vous me donnez sacrément envie de le revoir.

      • Tom Silvestri dit :

        PETULIA est tout simplement l’un des films les plus brillants jamais. Je vais ecrire plus une autre fois. (Producteur Ray Wagner, un gars formidable, etait mon mentor depuis pres de 35 ans.)

      • Antonello dit :

        J’ai le dvd américain de Petulia et je confirme que ce film est bouleversant, il aurait été signé Coppola ou Paul Newman et il aurait la même réputation que the rain people ou de l’influence des rayons gamma….

        • Tom Silvestri dit :

          Antonello, Ray m’a dit que Coppola lui avait offert le travail de courir Zoetrope au milieu des années 1970. Ray etait flatte’ mais il a refusé parce qu’il a été élever sa famille a Los Angeles. C’etait Ray, tout en travaillant comme cadre de production a MGM, qui a amené Antonioni pour THE PASSENGER. Antonioni a vu PETULIA deux fois lors de sa sortie originale.

        • Tom Silvestri dit :

          De continuer sur le sujet de PETULIA, Antonello, je pense que l’éclat du film provient de la superbe collaboration entre Marcus, Ray, Lester, tous les techniciens, et bien sur les acteurs merveilleux. Les ambiguïtés psychologiques du film — par example, la façon dont Archie est presque aussi brutal que David — étaient des décennies en avance sur leur temps. De même, les trois personnages féminins principaux — Petulia, Polo, et May — etaient remarquablement individualisées et tridimensionnelles. Et à la fin comme dans la vraie vie, Archie a quelque peu changé, mais il est toujours essentiellement la même personne.

          J’ai écrit un livre sur le film que j’ai l’intention de publier d’ici quelques années. D’ici là, je suis heureux de partager certaines de mes informations avec vous et tout le monde ici. Par example, à l’origine le groupe à l’hôtel fairmont a été contracté pour être Jefferson Airplane, pas Big Brother and the Holding Company. Et « la liste noire d’Hollywood » en raison de sympathies Communistes présumées a pris fin une fois pour toutes lorsque the Grateful Dead a refusé de coopérer avec lui.

          P.S. Barbara Turner a été crédité en tant que scénariste, mais Ray m’a dit qu’aucun de ses scripts n’a été utilisé.

      • Tom Silvestri dit :

        Didier c’est Didier — « on the money » au sujet des policiers comme d’habitude!

        • dIDIER dit :

          Bravo Tom !comme je disais bientôt tu n’auras plus rien à envier à Miss Foster.
          Mais je ne comprends pas ton message: en quoi ai-je raison ,ai-je mis « dans le mille » ?pour quels policiers ? Ceux de HATHAWAY?

          Pour en revenir à « PETULIA » ,passé un peu inaperçu en 1969 -dans la ville où j’habitais à l’époque ,Tours ,il n’est resté qu’une petite semaine à l’affiche -,il n’a ,à ma connaissance, jamais été repris à la TV française ,contrairement à  » a hard day’s night » , « the three musketeers », « Robin and Marian  » pour n’en citer que trois.Je ne me souviens que de la scène entre C Scott et Shirley Knight où il dédaigne ses gâteaux.

  28. MB dit :

    Vous avez raison de rappeler LE LYS DE BROOKLYN dans lequel Dorothy McGuire est étonnante, terriblement juste (elle m’a fait penser à Jane Wyman dans JODY ET LE FAON). LE LYS est émouvant et dans certaine scène sans doute déjà vue ailleurs on est délicieusement charmé: je pense à la cour embarrassée que Lloyd Nolan fait à McGuire à la fin à pleurer de rire! Encore un hommage à la mère qui me fait penser à I REMEMBER MAMA tiens encore un à revoir!
    Dans PANIC je voudrais insister sur Jack Palance qui est génial (sans exagérer), sa 1ère apparition est surprenante (il se contente d’arpenter une pièce en écoutant ses hommes) ce mec était monté sur 5000 volts! Mais avec les seconds rôles on se régale dans ce film (Emil Meyer, Paul Douglas, Zero Mostel)
    Qu’en pensez-vous Rouxel de ces films évoqués par BT sur cette page? pas mal hein?

  29. DIXON STEELE dit :

    Marrant que vous mentionniez, à propos de Terreur sur le Britannic, THE SMALL BACK ROOM, adapté d’un roman de Nigel Balchin, scénariste ou collaborateur au scénario d’une quinzaine films, avec Ronald Neame, Roy Boulting, Roy Ward Baker, et certains signés Fleischer (Barrabas), Hathaway (A vingt-trois pas du mystère), Huston (Le Barbare et la Geisha). Il a également été scénariste du film d’Alexander Mackendrick, Mandy, histoire d’une jeune fille sourde et muette, comme Miracle en Alabama. Serait-il le fil rouge caché de ce post ? Je ne le connaissais pas. Aucun de ses romans, qui ont pourtant l’air très intéressants n’ont jamais été publiés en France. Une biographie vient juste de sortir en Angleterre, His Own Executioner de Derek Michael Collett, qui a l’air en tous points passionnante. Je viens de la commander.
    Et quelques infos sur notre homme :
    http://www.nigelmarlinbalchin.co.uk/wordpress/wp-content/uploads/2015/06/The-Lost-Genius-of-Nigel-Balchin-The-Oldie.pdf

    • Mathieu dit :

      A Dixon Steele:
      Oui Balchin est un scénariste très solide (je ne connais pas le romancier). Il y a beaucoup de sérieux et d’exigence chez lui je trouve, de volonté d’éviter la facilité, les clichés. En dehors du très beau MANDY, il y a aussi MINE OWN EXECUTIONER, mis en scène par un certain Anthony Kimmins, qui n’est pas aussi bon que MANDY, mais qui a le mérite de parler de psychiatrie de façon nettement plus réaliste que tout ce que produisait Hollywood à l’époque (y compris SPELLBOUND ou WHIRLPOOL par exemple). On le trouve en blu-ray chez Network avec STA optionnels. L’HOMME QUI N’A JAMAIS EXISTE de Ronald Neame, disponible chez ESC, est aussi un bon film, d’après une histoire vraie, avec un Clifton Webb excellent et aussi Gloria Grahame. Là Balchin me fait penser un peu a Éric Ambler scénariste de THE CRUEL SEA ou AN AFFAIR RO REMEMBER, par son refus des clichés, du spectaculaire facile. Qualités négatives on pourrait dire. Mais Ambler se transcende dans THE PURPLE PLAIN grâce à DAVES. Et dans ses romans bien sûr.

  30. yves rouxel dit :

    On va me reprocher encore une fois de plus de faire du hors piste mais vu que les stations de ski sont fermées,lançons nous vers des pentes musicales,histoire de titiller les cages à miel. »England is mine »de Mark Gill revient sur le parcours sinueux et torturer du chanteur Steven patrick Morrissey qui créa au début des années 80,le groupe le plus représentatif de la vague rock anglaise »The Smiths ».Enfance balloté avec un père travaillant dans le milieu hospitalier,une mère bibliothécaire qui lui offrit son premier livre d’Oscar Wilde à 5 ans,Steven passa la fin de son adolescence à se chercher.Il se mit à écrire des poèmes puis des textes qui proposa à plusieurs groupes de Manchester jusqu’au jour ou il fonda « The Smiths.A la fois surdoué et introverti,Steven a mis du temps a vivre et a affronter le réel,lui l’éternel réveur passionné de Baudelaire et de Rimbaud.Le film est à l’image de cet artiste percutant et qui interroge sur cette Angleterre morose et triste de la fin des années 70,coinçée entre la rebellion des groupes punk,des mouvements sociaux,de l’arrivée de Miss Maggie au gouvernement,de la grève de la faim et la mort de 10 députés Irlandais avec à sa tète Bobby Sands(Qui se souvient d’eux).L’artiste Morrissey a toujours eu un faible pour La France,en effet il utilisera une photo du film »L’insoumis »de Cavalier pour figurer sur la pochette d’un 45 tours et déclare fièrement ètre heureux d’étre né le mème jour que Charles Aznavour,un 22 mai,puis aussi cet album superbe qu’il a enregistrer dans le sud de La France.Le dvd est sorti chez bodega avec un superbe livret illustré de belles photographies de ce groupe qui restera le reflet d’une generation.Je vous conseille fortement l’album »The queen is dead »qui fut classé pendant 48 semaines dans les charts en Angleterre et aux USA parmi un des meilleurs disques du siècle.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A yves rouxel
      Vous êtes impayable. Je vous donne une trentaine de titres et vous trouvez le moyen d’en rajouter. Honnêtement, je ne l’ai pas lu car j’ai encore l’impression que me décarcasse pour rien

      • MB dit :

        à Bertrand
        ah ben non vous vous décarcassez pas pour rien, Bertrand je viens de commander LE GENIE DU MAL et LA FILLE SUR LA BALANCOIRE et en plus le film de Damiani conseillé par Dixon puis vous-même: LES FEMMES DES AUTRES!

      • michèle dit :

        à Bertrand,
        MB a été plus rapide que moi : Non, Bertrand, vous ne vous décarcassez pas pour rien ! Vos conseils sont précieux et me font (nous font) découvrir de nombreux films méconnus. Précieux !

      • yves rouxel dit :

        Désolé Bertrand,mais depuis 10 ans on déjà évoquer pas mal de titres que vous mettez en avant.J’aime bien vous commençer à le savoir les oeuvres »underground »qui sortent de l’ordinaire,par exemple j’attends que vous nous parliez du dernier Gavras qui mérite le détour « A adults in the room »film qui tape sur le capitalisme qui ravage les peuples.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Je compte en parler mais ce sont des amis, des gens avec qui je me bats et peux me trouver en conflit d’intérêt. Si je parle de Gavras, je dois évoquer Klappish, Celine Sciamma, Claire dénis et des dizaines d’autres alors que je veux me consacrer au patrimoine. Mais ADULT IN THE ROOM est tout à fait passionnant et j’ai défendu SECTION SPÉCIALE.

      • ballantrae dit :

        Non Bertrand, vous ne vous décarcassez pas pour rien puisque je viens de commander 2 Lester + Le génie du mal que vous donnez envie de voir furieusement ( vu une fois il y a bien longtemps et un peu oublié!).
        Ne faites pas attention à Yves qui va si ça se trouve daigner s’intéresser plus directement à votre magnifique première fournée 2021.
        Promenade avec l’amour et avec la mort mériterait un plus bel écrin que l’édition existante mais pouvoir le voir est déjà une grande chance.C’est une oeuvre assez étonnante dans l’oeuvre imprévisible de Huston à la structure libre et vraie. Gens de Dublin est lui aussi assez inépuisable avec son économie de moyens qui nous permet de creuser profond: la rétention de l’émotion durant le dîner trouve à s’épancher de manière sidérante dans le final selon une alchimie assez mystérieuse. Faire un tel film participe d’une vision de l’existence et de la création admirables qui rendent caduques les bêtises qu’on a pu lire sur la nonchalance continue de Huston qui en réalité était variable et savait s’interrompre fréquemment pour produire des films rares:Fat City, Reflets dans un oeil d’or, Asphalt jungle, The misfits, Freud, Le malin, L’homme qui voulut être roi, La lettre du Kremlin et j’en passe! Rien à envier à Hawks n’en déplaise aux Cahiers jaunes!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A ballantrae
          Et Michel Ciment m’apprend que Antoine De Baecque, historien prolifique et respectable, écrit que Truffaut inspiré comme à son habitude, a su en une phrase réduire Huston à l’état de larve. On peut pourtant lire, avalisé par les Cahiers, que Melville avait vu quinze fois l’HONNEUR DES PRIZZI et Coppola, Del Toro, Soderbergh font partie des admirateurs de Huston

        • Ballantrae dit :

          Je pense que Melville a plutôt vu 15 fois Asphalt jungle car L’honneur des Prizzi est sorti en 1986 …soit 13 ans après la mort de Melville.
          La remarque de De Baecque est une ânerie deux fois plus grosse que celle de Truffaut qui relève de la provocation juvénile.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Autant pour moi qui recyclait ce que m’avait dit Ciment

        • Ballantrae dit :

          On peut tous se tromper!
          Je crois que Melville adorait aussi De Toth.
          L’honneur des Prizzi on l’a un peu oublié mais j’aimerais bcp le revoir. Il m’a laissé le souvenir d’un humour féroce et de scènes étonnantes de meurtres notamment l’élimination d’un maffieux au bord d’une piscine.
          Encore un contrepoint à la mythologie construite par Coppola que par ailleurs je trouve magnifique.

        • yves rouxel dit :

          A ballantrae.Certains films chroniqués par Bertrand ne sont pas disponibles en dvd par exemple »Marseille contrat »qui m’avait laisser un mauvais souvenir sur le plan de la mise en scène.James Mason cabotine,tandis qu’Anthony Quinn est un peu perdu dans son role.Puis les clichés sur La France m’exaspère un peu dan s des productions made in us.Sinon je vais revoir »La flamme pourpre »avec Gregory Peck.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Désolé de vous contredire du tout au tout mais c’est le scénario qui est le point faible de MARSEILLE CONTRAT qui est disponible en DVD sous le titre THE DESTRUCTORS ce que j’indique. La photo de Douglas Slocombe est remarquable et j’aime beaucoup la poursuite dans la gare d’Orsay, très bien filmée ainsi que tous les meurtres, secs, elliptiques commmis par Caine. Notamment quand il tue un truand contre une affiche électorale vantant Marseille comme une ville propre. Sans oublier l’exécution rapide à travers un oreiller. Parrish, aidé par ses acteurs a pu réécrire la première partie du scénario de Judd Bernard qui était « inspiré » par plusieurs autres films (cela plus diverses grivèleries expliquent sa très brève carrière) mais il a manqué de temps pour la seconde laquelle est plus banale et plus conventionnelle avec des coups de théatre prévisibles. Quinn ne cabotine pas du tout surtout dans toute la première partie, il dégage une grace, une mélancolie peu sollicitée et Michael Cain est épatant. L’atmosphère française est plus soignée que dans la majorité des films américaines, Parrish ayant déjà tourné en France et à Paris, ASSIGNMENT PARIS, IN THE FRENCH STYLE, le très moyen UP FROM THE BEACH

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Et le mépris pour Huston a la vie dure, à en croire un récent « Masque et la Plume » où le pénible Jean-Marc Lalanne descendait L’HOMME QUI VOULUT ETRE ROI et Huston en général. Heureusement Ciment était là pour corriger le tir.

        • Alexandre Angel dit :

          A Mathieu,
          Il y a , à mon sens, deux postures critiques qui tendent à plomber ce noble exercice à l’heure actuelle : d’une part le nivellement (prenons tout ce qui vient en faisant table rase du passé ) et d’autre part la réactivation artificielle des chapelles d’antan pour mieux se faire sentir partie d’un clan.
          Lalanne, qui n’est plus un jeunot, ma paraît appartenir à la seconde catégorie. Mais les deux postures ont le point commun de raréfier l’oxygène autour des films, d’exercer une sorte de chantage à la ringardise.
          Lalanne pense combiner perpétuation d’une certaine tendance de la critique (du moins le croit-il mais Camille Nevers, puisque j’ai écouté ce Masque et la Plume, précise que Louis Skorecki adorait Huston)et « sens de la formule qui tue » héritée du tweet.
          C’est vrai que c’est assez imbuvable. Certes, on a tout à fait le droit de ne pas grimper aux rideaux devant L’HOMME QUI VOULUT ETRE ROI et, même moi, qui aime beaucoup ce film, je « vois » par quel biais il peut laisser de marbre.
          Mais Lalanne dit qu’il le trouve « consternant », qu’il le déteste, que le film serait d' »une lourdeur parabolique, un cinéma d’intention dont la dimension de folie serait contenue par un ricanement perpétuel ».
          On peut dire qu’il a le droit : qu’est ce qui est intouchable?
          Mais ce qui me gave , et que je pressens, est cette façon particulière de vouloir mêler intégrité rigoriste et affranchissement paresseux d’une certaine historique de la pensée critique.
          En réalité, beaucoup de plumes ont su démontrer qu’il y avait dans L’HOMME QUI VOULUT ETRE ROI cette sorte de délicatesse, ce sens aigu du romanesque que l’on retrouvera, encore sublimé, dans LES GENS DE DUBLIN.
          Mais si Jean-Marc Lalanne devait s’exprimer sur l’ultime Huston, et il l’a sans doute fait bien sûr, aucun risque qu’il n’aille l’écorner puisque LES GENS DE DUBLIN, c’est bien connu, est le seul grand Huston.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Mais surtout tout est bidon dans ce que dit Lalanne qui ne prend même pas la peine d’examiner le travail scenaristique sur l’oeuvre de Kipling, le regard que porte Huston sur le style de Kipling. Pourquoi penser que ce récit d’aventure épique devrait obligatoirement déboucher sur la folie. Sur le courage hors du commun, la démesure mais pourquoi est ce que la folie ennoblirait le projet. Et le sarcasme, l’ironie, existe tout au long de l’oeuvre de Kipling. C’est une suite d’assertion qui confirme ce que disait Chabrol à François Guérif : « qu’est ce qu’on a pu écrire comme connerie sur Ford et Huston. Moi ce qui me gave c’est l’arrogance. Huston, jusqu’à la fin de sa carrière a recherché les défis, de FAT CITY, À L’HOMME, DU MALIN aux GENS DE DUBLIN. Il a exploré sans cesse, ne s’est jamais reposé sur ses lauriers. Pour payer ces audaces, il signait un film bâclé ici et là et puis repartait. Il pouvait se perdre comme dans UNDER THE VOLCANO mais FREUX, HEAVEN KNOWS, PROMENADE sont des oeuvres passionnantes alors que d’autres arpentent les mêmes chemins. Pourquoi perdre du temps à parler de ce qu’on déteste ? Parce qu’on se juge si intelligent que même un avis négatif, une execution digne de celle qu’on infligeait à LA PRISONNIÈRE DU DESERT, doit être recueillie et admirée. Il vaut mieux parfois être modeste

        • MB dit :

          à A Angel et Bertrand
          « Pourquoi perdre du temps à parler de ce qu’on déteste ?  »
          je sens que quand ce qui nourrit le commentaire est la détestation, il y a un problème, quelquechose de pourri au départ.

          >>>je viens de voir: ce type est aux Inrockuptibles! ce monde est harmonieux.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Lalanne avait démoli l’APPAT en écrivant que le découpage était morcelé comme un clip (réaction de Resnais en sortant : « il y a moins de 650 plans. En majorité, vous avez des plans de plus d’1 minute trente), avec un abus du zoom (on n’a jamais loué de focale zoom) Il critiquait les photos des cadavres cadrées en gros plan devant Marie Gillain (on ne les voit pas) et le fait que je la cadre en gros plan quand elle dit : « J’aime pas les viols » (elle est filmée au 25, en plan d’ensemble avec ses trois autres complices. Il avait aussi démoli Conan et le style Comédie française de Torreton et son faux accent breton et après avoir eu le prix des auditeurs, je lui avis parlé des soi disant zooms de l’APPAT, ce qu’il avait balayé d’un revers de la main.

        • Alexandre Angel dit :

          « Mais surtout tout est bidon dans ce que dit Lalanne qui ne prend même pas la peine d’examiner le travail scenaristique sur l’oeuvre de Kipling, le regard que porte Huston sur le style de Kipling. Pourquoi penser que ce récit d’aventure épique devrait obligatoirement déboucher sur la folie. »

          A Bertrand
          Absolument! Ce n’est pas FITZCARRALDO.
          De plus, le film n’est pas ricanant. Le ton est ironique, parabolique en quelque sorte mais jamais grimaçant. Il y a une mesure qui est celle de l’aventure et ses conséquences. Lorsque les choses virent au vinaigre, on a pas envie de rigoler et même si l’échec des deux aventuriers est prévisible, il nous touche comme si nous étions partie prenante. Comme si nous étions Kipling..
          Lalanne donne l’impression qu’il ne connaît pas le film, au delà des goûts et des choix éditoriaux.
          Un ami n’aime pas beaucoup le film pour les raisons que donne Jérôme Garcin : il est extrêmement gêné par les paysages et les physionomies marocaines, qui l’empêchent de rentrer dans l’histoire.
          Personnellement, je trouve que cela crée une étrangeté qui va dans le sens de l’imagination. Moi, je crois au Kafiristan!
          J’ajoute que j’ai entendu parler de ce film dès sa sortie, non pas pour l’avoir vu alors mais parce que le mercredi après-midi, j’étais scotché devant mon émission pour les enfants favorite, Les Visiteurs du Mercredi, et qu’un module spécialement aménagé montrait des extraits de films qui sortaient et qui pouvaient intéresser les gosses.
          Et il y avait eu un extrait du Huston qui m’avait intrigué. Du coup lorsque 3 ans plus tard, il fut diffusé un soir sur FR3, je me précipitais dessus et l’ai immédiatement apprécié.
          Mais je ne trouve pas rétrospectivement que c’était un film à conseiller aux petits : il y a une certaine violence (les têtes coupées avec lesquelles on joue au polo) et surtout un ton anxiogène sur la fin pas très adapté… Je pense que les programmateurs de l’époque se sont dit : « C’est bon, c’est d’après Kipling, on peut y aller.. »

        • Denis Fargeat dit :

          … pour ma part, j’ai déserté depuis longtemps ce « Masque et la plume ». Quand on y entendait de grands journalistes, ayant produit des études essentielles, s’abaisser à des bons mots parfois assassins, seulement parce que l’arène s’y prête, c’était assommant. Quand à côté de ça des médiocres se faisaient une place à ce soleil-là… ça m’a fait fuir. Ce n’est que personnel, mais ce genre de polémique stérile – comme il est si bien dit ici, ces querelles de chapelles réactivées artificiellement-, je l’évite, pas de temps ni d’énergie à perdre. Ici, à part quelques dérapages parfois, quelle masse inépuisable d’informations, de réflexions astucieuses, éclairantes!

        • Julia-Nicole dit :

          Davantage que Lalanne dans ce « Masque et la Plume », c’est Camille Nevers que j’ai trouvée vraiment énervante en parlant de Huston avec un certain mépris et en déclarant que « ça commençait à devenir intéressant dans les années 70 », passant par pertes et profits 3 décennies où les films marquants abondent. Là encore, on peut me rétorquer qu’on a le droit, mais je pense qu’au delà de sa propre subjectivité, on se doit de traiter avec respect un « grand » cinéaste, même si on ne l’apprécie pas.
          Ceci dit, Huston a parfois été mal compris par… Huston lui-même, puisqu’il détestait LE VENT DE LA PLAINE qu’il n’a même pas supporté de revoir à la télévision, alors que c’est à mon sens une totale réussite.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia Nicole
          Il regrettait les coupes effectuées par Lancater, se sentait responsable d’avoir provoqué une fausse couche pour Audrey Hephburn. Et surtout son livre n’espar édité. Lisez ce qu’il déclare du film dans AMIS AMERICAINS où il est plus élogieux

        • Mathieu dit :

          A Alexandre Angel:
          Moi aussi je crois au Kafiristan, d’autant plus que l’histoire ne se passe pas vraiment en Inde mais dans ce qui est aujourd’hui l’Afghanistan, dont certaines régions ressemblent beaucoup au Haut Atlas marocain. Le Kafiristan existe, il s’appelle maintenant Nuristan, était jusqu’au XIX° siècle peuplé de populations paiennes (Kafiristan veut dire pays des infidèles), converties à l’islam à la fin du XIX° siècle (Nouristan veut dire pays de la lumière). Le bonnet de feutre popularisé par les moudjahidines afghans et le commandant Massoud est d’origine nouristanie.
          Dans le film, Saeed Jaffrey, qui joue le guide et l’interprète des héros, parle aux Kafirs joués par des Marocains en Urdu, et les Marocains lui répondent en Arabe dialectal. Je comprends un peu des deux et ça ne me dérange pas du tout, ça va avec le ton du film je trouve (et ça permet aux acteurs, surtout les Marocains non professionnels, d’être naturels).
          Lalanne m’énerve depuis longtemps, depuis que j’ai lu une critique de lui du GOUT DE LA CERISE de Kiarostami complètement à côté de la plaque où il veut en faire un film politique et montre surtout qu’il ne connait rien à la situation en Iran (dans ces cas-là on se renseigne).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Et je suis désolé, en ce qui concerne les décors et les accessoires, je fais plus confiance à Alexandre Trauner (qui a su trouver avant les égyptologues comment se refermaient les pyramides)

        • Alexandre Angel dit :

          A Mathieu,
          Merci pour vos précisions ethnologiques.
          On sent qu’il y a un travail (sans doute avec Trauner) sur le respect d’une certaine iconographie, d’une crédibilité (Garcin évoquait surtout les scènes au début qui se passent dans une ville indienne-Delhi? Lahore?- alors qu’il reconnaissait parfaitement des quartiers de Marrakech).
          Un mot, également, qui a filtré au Masque et qui m’a agacé, c’est « kitsch ».
          L’HOMME QUI VOULUT ETRE ROI n’est absolument pas kitsch! Son déploiement graphique a quelque chose de fruste, d’âpre. Tout le contraire du kitsch.
          C’est un peu comme si on disait que LE DECAMERON est kitsch !
          Les prêtres de Sikandergul font un peu « Tintin au Tibet » (ce qui n’est pas pour me déplaire) et sont aussi assez effrayants.

        • MB dit :

          à Bertrand
          « mais pourquoi est ce que la folie ennoblirait le projet. »

          très intéressant, il semble en effet que le délire ou la folie d’un personnage, surtout quand elle est croissante, est supposée approfondir l’oeuvre. On essaie de terminer dans un délire suicidaire extravagant qui finalement voudrait racheter le personnage y compris pour le dernier des salauds.
          Du coup je pense aux AFFRANCHIS (l’anti SCARFACE/DE PALMA) dans lequel le personnage finit dans un humble pavillon de banlieue dans un voisinage minable dans lequel il peut pas avoir de nourriture décente: « je commande des spaghettis sauce Marinara on me file des nouilles aux oeufs et du ketchup! ». Le personnage finit PETIT, ça arrive dans la vie.
          C’est pourquoi AGUIRRE me laisse un peu froid à cause de l’ampleur foldingue de Kinsky qui écrase le film (*) mais je crois que Herzog je dis « je passe » sans poser de jugement de valeur plus sérieux. Ya plus compétent que moi déjà: ceux qui aiment, dirais-je.
          LES AFFRANCHIS, et CONAN aussi d’ailleurs!

          (*)un peu comme la course de bagnoles de BULLITT si vous voulez, mais là c’est tout du long! (clin d’oeil)

        • Mathieu dit :

          Pour les décors on n’est pas non plus plus condamné au réalisme. On a reproché au directeur artistique Alfred Junge de mélanger les siècles dans IVANHOE de Richard Thorpe, mais dans BLACK NARCISSUS il mélange les millénaires et les civilisations et personne ne songe à le lui reprocher. Mais je suppose que Camille nevers trouverait BLACK NARCISSUS kitsch.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Powell a été adoubé par Jean Douchet, avec talent d’ailleurs, et cela peut la calmer. Thorpe décourageait ses collaborateurs. Christopher Challis m’ait raconté qu’il avait refusé de voir pour LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE la cathédrale de Chartres en disant : « quand on a vu une cathédrale, on les a toutes vues »

        • Mathieu dit :

          A MB:
          « On essaie de terminer dans un délire suicidaire extravagant »: peut-être parce qu’on ne sait pas comment terminer le film. Mais la folie d’AGUIRRE s’installe progressivement me semble-t-il.
          Pour un « délire suicidaire extravagant », il faut voir LE SABRE DU MAL de Kihachi Okamoto avec le grand Tatsuya Nakadai. Wild Side avait sorti 3 films d’Okamoto (je préfère les deux autres: KILL et SAMOURAÏ qui sont pour moi des chefs-d’oeuvre) depuis longtemps épuisés. Wild Side (ou d’autres) serait bien inspiré de les rééditer .

        • Edward dit :

          A B.T. :
          Ce n’est pas contre une affiche relative à la pollution à Marseille que le truand est tué dans THE MARSEILLE CONTRACT mais, encore plus savoureux, contre une affiche électorale de Georges MARCHAIS au slogan « le défi démocratique » ! Merveilleux ! Ceci dit,le film vaut surtout pour Michael CAINE qui est exceptionnel. On se dit aussi qu’il a dû participer à l’écriture de ses dialogues. Par contre, c’est vrai que le scénario est curieusement faible et c’est étonnant de venir avec quelque chose d’aussi anodin après FRENCH CONNECTION. Amusant aussi de voir Pierre SALINGER dans un petit rôle.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Le scénario était écrit par le producteur Judd Bernard qui autorisait les changements du moment qu’on gardait les initiales JB du héros car il s’était fabriques des costumes, chemises mallettes Vuiton à ces initiales. Parrish ne put que réécrire avec Caine le dialogue de la première partie

    • DIXON STEELE dit :

      « On peut pourtant lire, avalisé par les Cahiers, que Melville avait vu quinze fois l’HONNEUR DES PRIZZI et Coppola, Del Toro, Soderbergh font partie des admirateurs de Huston » – Asphalt Jungle plutôt, non? L’avez vous fait exprès pour faire revenir Didier D, en lui montrant qu’il n’était pas le seul à être faillible?

    • Thonneau dit :

      C’est sur l’album the queen is dead que figure la photo d’alain Delon dans le film l’insoumis. Pour l’anedocte Delon arbore à cette époque le tee shirt de l’album sur une photo en compagnie de Francis Lalanne.
      Pour en revenir au film « england is mine » , c’est un film dispensable qui n’intéresse que les aficionados (sont je fais partie) du groupe « the smiths » et principalement son leader Morrissey.
      Petite question concernant richard Fleischer, serait il possible de toucher un ou deux mots aux éditeurs de livre afin de permettre à l’autobiographie d’exister en langue française avec une iconographie digne de ce nom. je verrais bien ça dans l’esprit de la collection actes sud / louis lumière

      • yves rouxel dit :

        A thonneau.Merci pour votre commentaire sur le film qui retrace la carrière du groupe The Smiths qui reste à mon avis la seul band british qui m’a emballé depuis les Beatles.Morrissey a une culture extrémement pointue sur l’histoire de France,le cinéma de la nouvelle vague.Il rend hommage également au couple Cocteau-Marais sur un autre album il me semble bien mais aussi un clin d’oeil à Guillaume Canet(là je suis assez surprit)???

  31. DIXON STEELE dit :

    A MB :

    « C’est marrant vu que dans le bonus, Chabrol ne parle jamais du Fleischer qu’il a dû critiquer jadis »
    -Il ne l’pas critiqué, il en a été, je crois, l’attaché de presse à la fox. Cela dit, il a parlé assez largement du Fleischer lors de la sortie du film, en faisant la remarque amusée que si il n’avait pas mentionné cette référence, personne ou presque ne l’aurait vue. La vision des deux films l’un après l’autre est pourtant éloquente et la façon dont Chabrol retravaille et transpose le film de Fleischer, dans sa structure, voire dans certaines de ses scènes très précises (la réservation de la table, la visite au dentiste), est passionnante.

    « Je voudrais néanmoins revoir le DERNIER SAFARI » moi je voudrais le voir pour la 1ère fois! eh les éditeurs magnez-vous »
    On le trouve sur orange VOD, hélas seulement en VF.

    A Bertrand :
    « En revanche, on remarque quelques idées surprenantes notamment cette voix off mystérieuse dite par une femme (fait assez rare dans un genre où ce sont des protagonistes masculins qui parlent, protagonistes ou narrateur) »

    Je ne m’étais curieusement jamais posé cette question, mais je m’aperçois, hasard ?, que ceux qui me viennent à l’esprit Rebecca, Mildred Pierce, I walked with a Zombie, Chaines conjugales, Le secret derrière la porte, voire No man on her own sont tous des films plutôt très estimables. Mais peut-être ai-je oublié les mauvais. Ce qui ne serait pas une si mauvaise nouvelle que ça.

    • MB dit :

      à D Steele
      Merci, ayant commandé le Fleischer, je vais revoir les deux à la suite. Une similarité intelligente est le dernier plan dans lequel Chabrol garde le thème du numéro de music-hall: Collins sur la balançoire d’une scène de fête foraine je crois, Sagnier sur la scène d’un music hall pour un numéro d’illusioniste. Mais le fait qu’elle se fasse « couper en deux » par le magicien reprend le thème éclairé par le titre. Dans le Chabrol, Magimel est remarquable.

      • Ballantrae dit :

        La fille coupée en deux ne m’avait pas emballé. En revanche La fille… est remarquable par son ambiance et ses changements de registre.
        Fleischer fut un cinéaste étonnant par son brio et sa diversité. Cette dernière qualité à un moment de la politique des auteurs a été négligée…sauf pour Hawks. Le regard sur Huston participait de cette position.
        L’événement historique inspirait aussi l’un des récits de Ragtime de Forman.

  32. MB dit :

    pour PANIQUE DANS LA RUE, je déconseille le dvd ESC récent (restauré hd mon oeil) et préférer peut-être le Carlotta de 2005 ou le bray US qui a des st français.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Exact

    • Mathieu dit :

      A MB:
      Oui, j’ai été déçu par le dvd ESC de PANIC, du coup j’ai mis le blu-ray sur ma liste. Pour moi la qualité de l’image est d’autant plus requise avec des décors naturels et dans PANIC leur utilisation est une des grandes réussites du film. Mais le dvd Fox R2 de VIVA ZAPATA est pire, ce qui est dommage, car pour moi c’est l’autre grande réussite de Kazan première manière, avec un Brando nettement plus sobre que dans ON THE WATERFRONT, première d’une série d’exhibitions masochistes pénibles et/ou ridicules.

  33. DIXON STEELE dit :

    Le roman de Meyer Levin, dont est tiré Le Génie du mal est en effet à conseiller, il est réputé être le premier roman de non fiction, genre popularisé ensuite par Truman Capote avec De Sang Froid ou Norman Mailer avec Le Chant du Bourreau. Il faut lire aussi ses deux romans passionnants, The Settlers et Harvest, consacrés à des familles juives s’installant en Palestine au tout début du siècle dernier pour fuir les pogroms russes. Quand à un des « deux fils de famille dévoyés, arrogants » dont parle Bertrand, Nathan Leopold Jr., il est le sujet du sensationnel roman graphique qui vient d’emporter hier le fauve d’or à Angoulême, L’Accident de chasse, de de Landis Blair et David L. Carlson . Tiré d’une histoire vraie, on y apprend comment, en prison, Léopold a pris sous son aile un jeune garçon aveugle venant d’être incarcéré, suite à quelques bêtises de jeunesse – et comment il lui a redonné goût à la vie en l’initiant à la poésie et à la littérature. Léopold était devenu polyglotte en prison, apprenant une quinzaine de langues, et…un ornithologue reconnu par ses pairs comme l’un des plus grands du pays ! Prisonnier modèle, se portant volontaire pour servir de cobaye à des expériences médicales sur la malaria, il fut libéré au bout de trente-trois ans en vertu de son comportement exemplaire. Dehors, il participa à la création d’une fondation d’aide aux jeunes délinquants avant de finir sa vie à Porto Rico où il enseigna la médecine, après avoir passé son diplôme de médecin, et partagea ses loisirs entre aide sociale et recensement des oiseaux de l’île. Aussi ne nous arrêtons pas à l’image du Génie du Mal ou de La Corde – la rédemption de cet homme évoquée superbement par L’Accident de Chasse fut exemplaire !

  34. SugarKane dit :

    Fureur Apache est le premier film que j’ai vu de Robert Aldrich et à l’époque j’en suis resté scotché, car jusqu’alors je n’avais jamais vu un western avec une telle violence et une brutalité montrée de cette manière. Ce qui continue encore à me surprendre aujourd’hui c’est le pessimisme de l’histoire avec des victimes qui agissent comme des bourreaux, des personnages incapables, d’autres ayant perdu toutes leurs illusions. Puis il y a eu les autres films comme Attack, The big knife, L’empereur du nord,… et à chaque fois ce même sentiment de radicalité et de révolte que l’on retrouve assez rarement dans le cinéma américain.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SugarKane
      Vous avez raison et Aldrich est resté radical toute sa vie même s’il a du accepter des commandes pour se maintenir à flot (le terrible 4 du DU TEXAS, UN RABBIN AU FAR WEST). Mais il renaissait comme le phenix, de BABY JANE à HUSTLE en passant par l’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES. Il est mort en colère (Polonsky me disait qu’il n’avait jamais quelqu’un d’aussi en colère contre la politique extérieure américaine, la corruption, la manière dont était géré les studios) en se définissant comme « à gauche du parti démocrate » et cela bien que son dernier film soit un des plus chaleureux. Mais c’est aussi un retour à l’univers prolétarien de Clifford Odets

  35. DIDIER D dit :

    erreur de ma part ;j’ai attribué les deux films « compulsion  » et «  »call north  » au même metteur en scène!Il y avait tant de grands films dans l’éditorial que la tête me tournait;dsl

  36. DIDIER D dit :

    « THE MIRACLE WORKER  » :un chef d’oeuvre que l’on devrait montrer dans tous les établissements d’enseignement ;le seul film optimiste du réalisateur; la longue lutte autour de la table est une séquence qu’on ne peut oublier : la pédagogie est une lutte de tous les instants ; après la scène admirable de la découverte ,le film se termine au crépuscule dans une impression d’apaisement ,avec le traditionnel « hush little baby » en fond sonore très doux.Interprétation féminine exceptionnelle.

    HATHAWAY :tous les films cités sont remarquables:Je me borne à deux .

    « COMPULSION  » était très en avance pour son époque ;ce film est basé sur le crime atroce des dénommés Leopold et Loeb ,personnages réels ; « swoon » de Tom Kalin en est une sorte de remake encore plus réaliste ,mais le temps avait passé :ce film continue avec l’emprisonnement .
    Le film de Hathaway est en noir et blanc austère, utilisant les décors naturels de manière extrêmement angoissante ;je ne fais de réserves que sur Martin Milner dont le personnage « normal » occupe trop d’importance .
    « rope  » et « murder by numbers  » sont inspirés de la même affaire ;le premier est un chef d’oeuvre , où la fragilité -critiquée par AH dans « strangers… » – de F.Granger – et sa nervosité font merveille ;le second est ,et ce n’est qu’un avis, oubliable.

    « CALL NORWEST 777 »:plus que Stewart ,c’est Richard Conte ,l’innocence châtiée ,qui domine le film :la scène du détecteur de mensonge est inoubliable;poignante aussi la rencontre avec la mère qui a économisé sou par sou pour la défense de son fils.

    • DIDIER DU dit :

      CORRECTIF:

      FLEISCHER ,HATHAWAY ,etc :tous les films cités sont remarquables .

      « COMPULSION » était très en avance pour son époque ;ce film est basé sur le crime atroce des dénommés Leopold et Loeb ,personnages réels ; « swoon » de Tom Kalin en est une sorte de remake encore plus réaliste ,mais le temps avait passé :ce film continue avec l’emprisonnement (mais dans un style assez succint).
      Le film de Fleischer est en noir et blanc austère, utilisant les décors naturels de manière extrêmement angoissante.

      Au sujet d’ HELENE KELLER de « miracle » :la pièce et le film s’arrêtent au moment-clé mais ANNIE SULLIVAN suivra son élève jusqu’à l’université ;après ses études ,Hélène consacrera sa vie aux handicapés et ira visiter les soldats devenus aveugles dans les hopitaux pendant la seconde guerre; il existe un livre en français « l’histoire d’Hélène Keller » très intéressant :il montre notamment la rancoeur du père d’Hélène ,ancien officier confédéré ,envers « cette yankee » .

      Pour le reste ,après une autre de mes bourdes,j’ai besoin de vacances et pour un temps je me contenterai de lire les autres .

      • Bertrand Tavernier dit :

        A DIDIER D
        Arrêtez, j’en ai commis de pires. On écrit parfois trop vite. Ce que vous apportez est précieux

        • Didier D dit :

          Merci ,brillant!

          (à cette époque ce ne sont plus ses esclaves je crois),
          Non ,mais je l’ai déjà dit , ce capitaine est un ancien officier confédéré ,et il est normal qu’il montre une certaine réticence envers cette « yankee  » (l’action se déroule en 1886)

      • MB dit :

        « Pour le reste ,après une autre de mes bourdes,j’ai besoin de vacances et pour un temps je me contenterai de lire les autres . »
        mais enfin, Didier, on peut énumérer les interventions qui ne sont PAS des bourdes, à mon avis plus nombreuses, un coup de blues?

        • Didier D dit :

          Merci à tous deux de votre indulgence ; puisque personne ne donne son avis sur « miracle worker » ,Martin pouvez -vous me donner le vôtre (pour BT merci d’avoir mis ce film en tête de l’éditorial )?

        • MB dit :

          à Didier D
          MIRACLE
          attendez un peu pour mon point de vue mes doigts frémissent au-dessus du clavier pour la commande, je ne veux pas le revoir en dvd c’est une mauvaise édition.

        • MB dit :

          « avis sur « miracle worker » ,Martin pouvez -vous me donner le vôtre  »
          à Didier
          dimanche matin c’est le moment parfait
          revu en Bray ça change tout( un autre comm plus tard pour parler de la redécouverte des films avec une qualité d’image à la hauteur, suite aux remarques de A Angel et BT sur LE CAVE SE REBIFFE)
          Dans le bonus intervention supérieure d’un transfuge de Transfuge (ben oui peux pas laisser passer ça) Frédéric Mercier ne fait pas que le tour de la question mais va jusqu’à ses différents noyaux, comme historique et sociologique et psy etc. Magistral.
          Le début m’a séduit à son départ par ses trouvailles visuelles mais ça ne suffit pas, il faut voir ce qu’elles expriment car des trouvailles visuelles ça peut être vide (Helen s’embrouillant dans les draps, se reflétant dans une boule de Noël qui va esthétiquement se briser, surgissant en zombie du haut d’une colline(*)) qui là, soulignent tôt la non ou mal voyance des deux personnages principaux, la surdité de Helen (c’est elle qui jette la boule au sol et celle-ci se brise sans bruit) par le soin de l’expressionisme et la technique (**) qui le supporte pour en faire ces trouvailles: il s’agit de souligner mieux ce qui échappe par handicap à Helen et Annie que de juste, par exemple, montrer Helen trébucher sur un banc invisible à elle, il ne s’agit pas que de juste faire dans le joli plan c’est pourquoi. En même temps, selon Penn et Gibson, il faut partir du détail pour élargir ensuite (suivant notre perception habituelle) donc: la 1ère apparition de Annie Sullivan dans le train qui doit l’emmener vers Helen est une conversation avec son responsable qui lui parle d’elle: qu’elle se méfie de ses défauts habituels, mais ensuite je trouve aussi admirable que lorsque le train s’ébranle c’est donc bien après que la vision du film s’élargit sur la société, que nous sommes informés du tissu social auquel Annie fait partie, car comme un rideau qui le dévoile, le déplacement du train révèle le groupe de jeunes filles dont Annie est le mentor (ce plan sur des figurantes que nous ne verrons plus est terriblement incisif), puis la description du voyage, hachée par qqs flashbacks et fondus pour le passé d’Annie, par ses cauchemars, révélant aussi qu’elle ne peut enlever ses lunettes foncées que dans l’obscurité, élargit encore à la géographie, donc à une Amérique qu’elle ne connaît pas. Meet le capitaine Arthur Keller (Victor Jory qui joua Roy Bean!) et ses domestiques (à cette époque ce ne sont plus ses esclaves je crois), que Penn remit en question plus tard, jugeant la conception du personnage trop caricaturale. Revu récemment, je ne trouve pas Jory écrasant (son personnage oui), il existe des caricatures vivantes, de même que Kate Keller, que je jugeai mièvre il y a trente ans: l’actrice Inga Swenson me semblant dans la note, très fine à manipuler son patriarche de mari, et son amitié avec Annie sa confiance pour elle, est très bien vue. Mercier a raison de souligner le rôle des femmes, plein de choses à préciser là (car encore un élargissement autour des individus: c’est un élément historique qui fait que ce rôle est important…).

          (*): je dis « zombie » car il y a un principe qui énonce que montrer un personnage marcher malhabilement en tendant les bras devant lui est FORCEMENT poétique et les réalisateurs de films de zombie ont intégré celà.
          (**) (Ernest Capparos à la carrière mystérieuse)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Bravo

        • DIXON STEELE dit :

          Revu donc ce magnifique Miracle en Alabama. Autant le personnage d’Helen et son itinéraire m’était resté en mémoire, autant j’avais oublié celui, parallèle, et peut-être plus subtil encore, d’Annie. Comment cette femme au passé douloureux, vivant dans une espèce de bulle (professionnelle) où elle peut faire usage de ses forces, de ses capacités et de son pouvoir, mal adaptée lorsqu’elle en sort, (lunettes noires) va se réconcilier avec elle-même en travaillant avec Helen. Comme à la fin de Ragging Bull, on est vraiment dans le « j’étais aveugle et maintenant je vois ». Cette jeune fille va lui permettre de surmonter, de sortir de ce cercle infernal où la culpabilité de la mort de son frère la hante. A la fin, Annie aura appris à simplement dire « je t’aime » à Helen. Comme elle, et en même temps, (magnifique dernier plan où les deux femmes dans un halo de lumière se détachent de la nuit), elle sera sortie de ses ténèbres. Traditionnellement, on cite Helene comme le personnage caractéristique de Penn, ce qui est vrai, mais celui d’Annie l’est peut-être tout autant, avec son inadaptation à la « vie normale », son mélange de forces acquises de haute lutte contre son environnement et de faiblesses, de paysage intérieur ravagé. Un film magnifique, assurément. (Sans rapport, j’ai enchainé avec Wanda’s café de Alan Rudolph, que j’avais beaucoup aimé…aie, que ça a vieilli…la musique, les costumes, les décors, les coiffures…mais, épargnons Rudolph, peut-être est-ce simplement les années 80 qui ont vieilli…)

        • MB dit :

          à Bertrand
          merci, et je peux dire que la revision est importante car tout l’aspect historique et sociologique m’avait complètement échappé plus jeune!

      • MB dit :

        à Didier
        « ce capitaine est un ancien officier confédéré ,et il est normal qu’il montre une certaine réticence envers cette « yankee » (l’action se déroule en 1886) »

        j’ai recherché sur ce blog une remarque que j’ai lue sur l’attitude méfiante du capitaine envers la yankee, je retrouve pas, est-ce que c’est mentionné dans le personnage de Keller dans la pièce ou, dans la réalité, le vrai Keller l’aurait manifestée?
        ou alors j’ai lu ça ailleurs

        dans le film un ressentiment anti-yankee de Keller se montre timidement quand il rechigne au début à appeler l’école de Boston, si on veut

    • Denis Fargeat dit :

      Miracle en Alabama, il faut que je me procure le DVD évoqué ici, celui de ma bibliothèque souffre d’une image cotonneuse, d’un problème de format, et surtout d’un son atroce qui défigure la belle musique de Laurence Rosenthal. L’avant-scène parle certainement de la curieuse histoire de ce film , troisième adaptation du texte de William Gibson « The Miracle Worker » par Arthur Penn, après une production télévisuelle (dans le cadre de Playhouse 90, 1957 ) et une pièce de théâtre jouée 719 fois, récompensée par un Tony Award, avec Ann Bancroft et Patty Duke.
      Le film est impressionnant, très étonnant, assez composite avec des recherches formelles qui évoquent l’avant’garde des années 20 -surimpressions, et effets de grain qui suggèrent les problèmes de vue d’Ann Sullivan… le directeur photo, Ernesto Caparros, a un parcours singulier, réalisateur de 5 films à Cuba en 1937-1943 puis pas mal de télévision aux Etats-Unis, comme chef opérateur…
      Je n’ai pu m’empêcher de penser à « A child is waiting », film désavoué par Cassavetes – il n’avait pas pu résister aux pressions de Stanley Kramer, et Burt Lancaster, et n’a pas fait le film qu’il aurait voulu… il est probable que ce sujet, l’aventure que représente l’accompagnement d’enfants différents, était dans l’air…. et si le film de Penn est une réussite, celui de Cassavetes est malade de ses directions irréconciliables. « Miracle » est certainement né sous de meilleurs auspices.

      • D DUMONTEIL dit :

        Il y a aussi un remake MTV de « miracle » où Patty Duke joue le rôle du professeur face à Melissa Gilbert (voir « la petite maison dans la prairie »)

        « the story of Esther Costello » (1957)de David Miller raconte aussi l’histoire d’une petite fille aveugle sourde et muette ; l’héroïne (fictive)du livre de Nicholas Monsarrat
        s’inspire plus qu’un peu d’ Helen Keller et cette dernière et son équipe ,dont Anne Sullivan et son mari, faillirent attaquer l’auteur en diffamation (le film ,avec Joan Crawford, montre un viol de l’élève par le mari du professeur)
        Il y a un gouffre entre ce film médiocre et le classique de Penn.

        A Martin: c’est Suzanne Pleshette ,dont nous parlions au sujet de « the birds » ,qui reprit le rôle d’ Anne Bancroft sur scène .

      • Denis Fargeat dit :

        Pas de réaction, c’est une chose. Voir ses propres propos repris sans autre réaction , en est une autre. Voir un autre félicité, un autre qui a repris ses propres propos, peut rendre amer, ce qui n’est pas une attitude convenable. Mais ce n’est pas grave, dans la vie il y a plus grave, comme dirait un Calimero de 2021.

  37. michèle dit :

    Bonjour à tous, Je sais bien qu’il vaut mieux acheter ses DVD chez un libraire indépendant, mais pour les fauchés (dont nous sommes beaucoup), je signale qu’on trouve dans les solderies NOZ tout un tas de classiques du cinéma américain à tout petit prix, dont certains cités dans votre billet, Bertrand :
    Appelez Nord 777, Johnny Appolo ou Panique dans la rue.
    Mais aussi : Derrière le miroir (Nicholas Ray), Cyclone à la Jamaïque (dont on parlait il y a peu), Le port de la drogue (Samuel Fuller), La grande nuit (Joseph Losey) et bien d’autres …
    Avis aux amateurs !

    • Bertrand Tavernier dit :

      a michele
      Je n’ai jamais déconseillé les solderiez qui ont acheté les DVD en fin de parcours aux compagnies américaines. Et ces solderiez paient impots et taxes contrairement à Amazon. Mais cela change et même Amazon va devoir régler la TVA et certains droits d’auteurs, pas encore dans les mêmes proportions que Netflix mais c’est un progrès obtenu grace aux combats menés par les sociétés de gestion collective

    • yves rouxel dit :

      A michèle.J’ai citer le mois dernier,il me semble bien cette chaine de magasin qui vends dvd,livres,cds et mème des bd a petits prix.En revanche pour les dvd ce sont des fins de stocks et souvent les copies sont assez pauvres,sans bonus.

    • SugarKane dit :

      À Michèle
      Je commande régulièrement des Blu-ray neufs à moins 6€ et des Dvd sur le site https://discount-game.fr/
      La plupart de leur catalogue est constitué de blockbusters sans intérêts, mais il y a des nouveautés chaque jour avec par moments d’excellents films.

  38. Ballantrae dit :

    Quel beau bouquet de conseils!
    Penn, Fleischer, Aldrich simplement ces noms-là sont une invitation à voyager vers le meilleur du cinéma américain.
    C’est aussi par Fureur Apache que je commencerai tant ce western sans concessions est important. La vision de l’Apache est complexe, terrible, strictement éloignée de l’imagerie structurée auparavant: horde anonyme, peuple- victime, figuration décorative, schémas binaires…
    Penn a bien tenté de glisser des détails étonnants ( la bigamie par nécessité, l’indien » inversé « …) mais son ton dans Little big man vise l’apologue picaresque.
    Il y avait bien une curiosité de Sam Shepard Silent tongue ou Danse avec les loups dans les 90′. Mais rien de semblable à ce terrifiant Fureur Apache.

  39. Pascal MINETTE dit :

    FUREUR APACHE est un film que l’on aime revoir. Dans la galerie de personnage, le scout indien , par son côté mystérieux, est à la limite de prendre le meilleur sur Lancaster. Ses silences intriguent et font travailler l’imagination. Ses répliques sont toutes intéressantes et on jubile dès qu’il ouvre la bouche ou qu’il réagit à quelque chose. A ce point qu’on est frustré de ne pas en savoir plus sur lui : pourquoi travaille-t-il contre son peuple? Comment en est-il arrivé à flinguer les siens sans plus d’émotions?
    On peut supposer des rancoeurs contre sa propre tribu, le refus de vivre dans une infâme réserve, l’attrait de la solde…Mais c’est quand même un problème qu’on a avec l’histoire des Indiens en général. Comment y a-t-il pu avoir autant de guerriers pour prendre les armes contre les leurs ? D’autant que sans les scouts Apaches, l’armée US pouvait crapahuter encore longtemps dans les montagnes à la recherche des insoumis…

  40. MB dit :

    et bien Bertrand bravo! on a du pain sur la planche!

    Je suis d’accord avec vous sur le KISS OF DEATH de Schroeder que je revois de temps en temps, Nicolas Cage est inquiètant, c’est avant sa collection de navets! Il n’y a pas un faux pas dans ce film et la distribution des 2nds rôles est supérieure. J’ai un dvd anglais avec sta.
    Le 1er KISS me gêne un peu à cause de l’exubérance de Widmark qui en fait trop (il ne sera plus jamais comme ça après) mais il paraît que Hathaway le martyrisait!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Pas tant que cela car ils vont beaucoup retourner ensemble notamment dans LESMARINS DE L’ORGUEILLEUX et Widmark ne tarissait pas d’éloge sur Hathaway. C’était quand même le premier grand personnage de sociopathe et en faire trop pour un sociopathe de cette trempe me semble passer à coté du personnages

      • MB dit :

        à Bertrand
        bien sûr plus tard, mais sur ce premier film, Hathaway n’a pas été tendre avec Widmark.

      • MB dit :

        à Bertrand: pas d’accord.
        Je n’ai jamais dit que Hathaway et Widmark ne s’aimaient pas, je ne parle que de leur 1er film dans lequel HH a tanné Widmark pour qu’il corresponde à ses attentes.
        D’autre part, bien que sociopathe je maintiens qu’à mon avis l’interprétation de Widmark dans KISS est enflée, tous les sociopathes n’ont pas un comportement extravagant, cette histoire de pousser la vieille dame dans l’escalier est absurde ( et pas très discret).
        Je préfère Widmark sociopathe dans STREET WITH NO NAME où il est parfait, mais je dois passer à côté du personnage une fois de plus!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Je ne trouve pas du tout que Widmark en face trop dans KISS OF DEATH qui est mon film criminel préféré de Hathaway avec CALL NORTHSIDE 777 dans un syle un peu différent. Là où Widmark en fait beaucoup trop pour moi dans un rôle de sociopathe, c’est dans NO WAY OUT de Mankiewicz où le scénario (que je n’aime pas) le pousse à en faire des tonnes à la fin. En général, les acteurs n’en font jamais trop avec Hathaway y compris les rôles de psychopathes, comme Jack Elam dans RAWHIDE qui est très contrôlé je trouve. Et James Stewart a rarement été aussi bon que dans CALL NORTHSIDE 777, où il ne fait pas du James Stewart (comme marmonner comme s’il avait une patate brûlante dans la bouche).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Vous avez raison. Il aimait dégraisser, dépouiller et cela se sent tout particulièrement dans 14 HEURES. Il y a un autre personnage de sociopaths, c’est William Bendix dans THE Dark Corner dont on parle trop peu. Le dialogue brillant, l’interprétation remarquable, l’utilisation très sporadique de la musique en font comme 14 HEURES une des grandes réussites de Hathaway. La partie plus faible de son oeuvre, ce sont les productions Hal Wallis après le remarquable TRUE GRIT. Je voudrais néanmoins revoir le DERNIER SAFARI

        • DIXON STEELE dit :

          Dans une interview au Telegraph en 2002, Richard Widmark considère qu’il a « un peu surjoué» Tom Udo dans Le Carrefour de la Mort, voulant ainsi en donner pour son argent à Hathaway et à Zanuck dont il n’était pas le premier choix (Zanuck aurait préféré Richard Conte), qu’il était un peu trop « conscient de ce qu’il voulait jouer ». Et il confie qu’Hathaway lui avait fait porter un toupet pour lui rétrécir le front (et lui donner une apparence « moins intellectuelle ») ainsi qu’un chapeau très particulier et qu’il aurait davantage dû faire confiance à son apparence que de pousser son interprétation trop fort. Et c’est vrai que ce chapeau, à priori assez classique, a une sorte de mollesse des bords qui parfois grandit, parfois rétrécit le visage de Widmark, lui donnant, quand il le faut, une apparence clownesque qui lui donne l’air plus fou et plus effrayant encore. (Heath Ledger confia d’ailleurs avoir revu le film pour préparer son interprétation mémorable du Joker dans The Dark Knight).

        • MB dit :

          à Marthieu
          « comme Jack Elam dans RAWHIDE qui est très contrôlé je trouve. Et James Stewart a rarement été aussi bon que dans CALL NORTHSIDE 777, »
          je ne vais pas discuter sur Widmark dans KISS, c’est un acteur que j’adore tt en maintenant mon avis sur ce film précis, c’est un acteur admirable (l’un des premiers à introduire le doute dans l’héroïsme). Elam en effet a réussi finalement à en faire plus que dans tous ses autres films avec le dingo le plus vraisemblable qu’on ait pu apercevoir à revoir RAWHIDE récemment dans le bray (« pristine » comme disent les anglophones), le miracle est que cette collection de tics et détails de comportement voyants ne passe jamais la barre du cabotinage. Il reste vraisemblable, et Power à part ça est très bien dans ce film, c’est aussi un acteur-vedette capable de réelle modestie d’acteur insufflée dans le personnage (pas une modestie d’interviews) : cf McCrea sublime dans RAMROD/FEMME DE FEU (entre autres) que j’ai revu ya deux jours c’est pour ça que j’y pense).
          Pour Stewart dans l’excellent 777 je suis d’accord aussi, on le voit rarement comme ça ailleurs, passer du doute cynique à la conviction (autre acteur à exprimer le doute dans les westerns de Mann).
          à Bertrand
          « Je voudrais néanmoins revoir le DERNIER SAFARI » moi je voudrais le voir pour la 1ère fois! eh les éditeurs magnez-vous j’ai plus vingt ans! (et dans la même fournée MOST DANGEROUS MAN ALIVE tiens! et puis aussi…)
          à Mathieu: une réponse sur les acteurs dans la série B dans l’avant-dernier billet!

        • MB dit :

          à Dixon Steele
          « Dans une interview au Telegraph en 2002, Richard Widmark considère qu’il a « un peu surjoué» Tom Udo dans Le Carrefour de la Mort, »
          et ben comme ça je serai pas tout seul

          au fait merci pour les infos détaillées sur l’incroyable personnage de Leopold et le rapport avec la BD.

          par ailleurs, ça me fait penser que LA FILLE COUPEE EN DEUX de Chabrol est une reprise du même fait divers Stanford White-Harry Thaw-Evelyn Nesbit de 1906 qui a inspiré LA FILLE SUR LA BALANCOIRE, Fleischer a gardé les noms pas Chabrol bien sûr, on a White/Berléand, Thaw/Magimel et Nesbit/Sagnier. C’est marrant vu que dans le bonus, Chabrol ne parle jamais du Fleischer qu’il a dû critiquer jadis, de même Aurore Chabrol quoiqu’elle évoque le fait-divers d’origine.

        • Mathieu dit :

          A MB et Dixon Steele:
          Et n’oublions pas que Tommy Udo est le premier rôle de Wydmark au cinéma (après une carrière au théâtre).

        • Mathieu dit :

          A Bertrand :
          d’accord pour DARK CORNER, c’est un des tous meilleurs Hathaway de cette époque Fox noir et blanc, avec une atmosphère vraiment noire, poisseuse, et en contraste, la relation entre Mark Stevens et Lucille Ball qui apporte un peu de lumière. Mais le personnage joué par Clifton Webb rappelle beaucoup celui de LAURA, on ne peut pas ne pas y penser, même si les films sont assez différents. Et Bendix est un psychopathe assez inquiétant, même si là encore on pense à son rôle de « henchman » sadique dans THE GLASS KEY, où l’on trouve en plus une nette connotation de perversité sexuelle (homosexuelle en l’occurrence) dans le plaisir particulier qu’il éprouve à torturer Alan Ladd et pas un autre.
          Pour moi 14 HOURS n’est pas aussi bon, à cause de certains aspects du scénario que je trouve déplaisants, le côté proto film catastrophe, avec ses intrigues secondaires, Grace Kelly en instance de divorce dans l’immeuble en face si je me souviens bien, Debra Paget et son fiancé dans la foule, personnages dont la destinée sera changée positivement par une prise de conscience devant le drame qui se joue en haut sur la corniche de l’immeuble. Je trouve ça fabriqué et moralement assez déplaisant. Ce qui me fait penser à un autre film Fox contemporain qui se passe dans un hôtel, avec un personnage au bord de la folie, DON’T BOTHER TO KNOCK, où le drame vécu par Marilyn Monroe va permettre à Anne Bancroft de comprendre que Richard Widmark est un type bien et d’engager une relation durable avec lui. Bon mais le cinéma est plein de personnages sur lesquels on s’apitoie mais qui seront sacrifiés au profit du primo uomo et de la prima donna. 14 HOURS me fait penser aussi à un autre film de la même époque, DIAL 1119 de Gerald Meyer. Là aussi ce n’est pas la mise en scène compétente du neveu de Louis B. qui est pour moi problématique, mais les ficelles d’un scénario qui préfigure celles des futurs films catastrophe. Marshall Thompson incarne (très bien) un tueur fou qui prend en otage les clients d’un bar en menaçant de les dégommer un par un si on n’accède pas à ses volontés (que j’ai oubliées). C’est filmé selon le principe du « temps réel », avec gros plans sur l’horloge au-dessus du bar et son décompte inexorable. Forcément le dragueur fanfaron va se révéler un pleutre et la prostituée défraichie une fille bien. Et comme dans 14 HOURS il y a le personnage du psychiatre sur lesquels les flics comptent pour débloquer la situation tout en craignant qu’il ne précipite la catastrophe. Je crains les personnages de psychiatres dans les films hollywoodiens mais celui-ci est un des plus nuls. Il parvient à pénétrer dans le bar pour parlementer avec son ancien patient et lui déballe tout de go ses quatre vérités, ses complexes, ses mensonges, ses dénis et évidemment il se prend quelques balles à bout portant et je ne peux pas en vouloir à Marshall Thompson de sanctionner ainsi une telle incompétence, qui est pour moi aussi celle des scénaristes, comme souvent quand il est question de maladies mentales et de psychiatrie à Hollywood.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu, pas d’accord sur 14 HEURES que je trouve dans l’ensemble très bien écrit et joué notamment dans tout ce qui concerne les rapports entre Basehart et Paul Douglas, tous deux excellents, et aussi le psychiatre interprété par Martin Gabel (BAS LES MASQUES, M et ancien du Mercury theater). John Paxton, bon scénariste, est LE SPECIALISTE des histoires de psychiatres (LA TOILE DE L’ARAIGNÉE beaucoup plus lourd) et un auteur de film noirs comme MURDER MY SWEET. Comme dans tous les films unanimistes, certaines intrigues de traverse sont plus faibles que d’autres mais je ne vois pas le coté déplaisant de l’histoire de Grace Kelly. Avez vous vu la version avec la fin de Hathaway ou celle qu’il dut retourner qui amoindrit ce qui se passe entre Debra Paget et son fiancé. La manière avec laquelle Hathaway joue sur l’espace (les rebords de fenêtres), la hauteur des différentes corniches, est impressionnante

        • DIDIER D dit :

          Je voudrais néanmoins revoir le DERNIER SAFARI

          Les personnages semblent sortis d’une BD ;Stewart Granger ,si dynamique souvent ,ne semble même pas réagir aux caprices du millionnaire grincheux qui l’a embauché et reste maussade ;on y retrouve l’inévitable conflit vieux chasseur expérimenté/jeune blanc-bec flanqué de son idiote de petite amie.
          Les paysages africains sont beaux .

          Sans être un chef d’oeuvre , »five cards stud « ,le film suivant mêle habilement western et whodunit à la A. Christie,et il y a Mitchum et l’excellent Roddy McDowall.

          Le policier devait l’intéresser puisque « bottom of the bottle » (1956) qui précède « 23 paces to BAKER ST » , est adapté de Simenon.

        • Mathieu dit :

          A Bertrand :
          J’ai vu la version du dvd sorti chez ESC, avec la fin où Basehart est sauvé de sa chute par le filet tendu par les policiers. Les tous derniers plans montrent Paul Douglas qui retrouve sa femme et son fils en bas de l’immeuble, un camion d’arrosage passe dans la rue, découvrant Debra Paget et Jeffrey Hunter qui s’éloignent bras dessus bras dessous vers l’horizon. C’est sur ces derniers plans que la musique apparait et on se rend compte qu’on n’en a pas entendu depuis le générique, ce qui est remarquable. Ce n’est donc pas si j’ai bien compris la version tournée initialement par Hathaway, mais je ne sais pas si cette dernière existe toujours ou même si elle a jamais été montrée.
          J’ai revu le film hier soir et j’ai toujours les mêmes réserves sur l’aspect psychologique même si j’admire la mise en scène, toujours en mouvement, changeant constamment de point de vue, un découpage virtuose et un montage vif et tranchant. On sent une énorme préparation. Je me suis dit que c’est le genre de film qui aurait gagné à être tourné en relief (qui n’existait pas encore à l’époque), non seulement pour les vues en plongée sur la rue (encore faudrait-il des premiers plans intéressants) mais surtout pour les allées et venues incessantes dans l’hôtel, dans le sens latéral mais aussi en direction de la caméra, mouvements chargés de tension et de danger potentiel : notamment Agnes Moorehead qui joue la mère de Basehart, constamment susceptible à provoquer l’inéluctable. Et les acteurs sont très bons, Paul Douglas, Martin Gabel, Howard Da Silva notamment.
          Mais je continue à trouver la psychologie sommaire, ou plutôt les explications psychologiques sommaires et lourdes (l’éternelle mère abusive américaine), mais c’est pour moi le cas de la quasi-totalité des films hollywoodiens de l’époque qui s’aventurent sur ce terrain. Mais il faut dire que c’est aussi la psychiatrie dans la vie réelle qui était sommaire et lourde (A la même époque Bud Powell subissait d’énièmes traitements aux électrochocs ).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Dans la version de Hathaway, Basehart tombait et mourait. J’ai vu cette version au studio Parnasse qui projetait les deux fins. Comme à la cinémathèque parait il et cela change totalement la perception, le ressenti devant les derniers plans qui sont aussi différents. Mais cette psychologie à commencer par les propos du psychiatre beaucoup moins caricaturaux que dans d’autres film correspond à une vraie réalité de l’époque et Hathaway et Paxton introduisent de multiples nuances (le policier que joue, autre choix épatant, Howard Da Silva et le simple flic de terrain) à commencer par une peinture assez âpre des témoins, des curieux. Mais c’est vrai que la psychiatrie était dictatoriale, normative et dans le cas de Bud, criminelle

        • Didier D dit :

          A Mathieu

          DON’T BOTHER TO KNOCK,

          MARILYN n’est pas au bord de la folie ,elle est folle ; le titre français est « troublez-moi ce soir »(sic) ,il est passé à la dernière séance ,couplé avec « seven years itch » ; les romans de Charlotte Armstrong ne sont pas vraiment passionnants .
          Chabrol a fait « la rupture » à partir de « balloon man »,mais il avait donné une dimension sociale à un banal récit policier.

        • MB dit :

          14 HEURES
          j’ai vu la mort de Basehart chez Brion, ça donne un autre rythme aux derniers plans, cette 2ème fin ne peut pas être perdue?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Non, sa non inclusion est un des effets de l’ignorance et de l’oubli

        • MB dit :

          « Non, sa non inclusion est un des effets de l’ignorance et de l’oubli »
          dans ce cas on peut espérer qu’on reverra cette UNhappy end un jour, ce bout de pellicule doit bien être quelquepart!

        • Mathieu dit :

          « Non, sa non inclusion est un des effets de l’ignorance et de l’oubli ».
          C’est la Fox qui est responsable, un petit éditeur comme ESC dépend entièrement du matériel qu’on veut bien lui donner. Si la Fox s’intéressait au film et à sa publication en dvd, elle le ferait elle même. Eureka ou Criterion sont plus exigeants, c’est peut-être pourquoi ils n’ont toujours pas édité ce film.
          Du temps où Fox sortait elle même ses films en dvd, les éditions zone 1 étaient souvent meilleures, pour la qualité d’image mais pas seulement: le dvd zone 1 de IN OLD CHICAGO par exemple propose deux versions, l’édition zone 2 seulement la plus courte (de 15 minutes).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          La Fox n’a pas une très bonne réputation dans les DVD Archives dont ils bâclent souvent les photos

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Le concept même de ces collections Archives montrent le désintérêt des majors. Pas de recherche du meilleur matériel, pas de nouvelle masterisation, pas de restauration, pas de sous-titres ni bonus. Warner a corrigé le tir avec sa collection Blu-Ray Archives mais Warner France ne suit pas. Autrefois les éditions dvd de Fox étaient souvent remarquables: coffrets « Ford at Fox », « Murnau, Borzage & Fox » (que je ne possède pas malheureusement), version « pre-release » en bonus du dvd de MY DARLING CLEMENTINE, de nombreux transfert HD même pour de simple dvds, commentaires sur le film intéressants (et même sous-titrés en français!) comme par exemple pour THE DAY THE EARTH STOOD STILL ou BOOMERANG! que je veux revoir (je ne suis pas d’accord avec votre jugement: »terne et conventionnel »).

        • MB dit :

          à Mathieu
          « Debra Paget et son fiancé dans la foule, personnages dont la destinée sera changée positivement par une prise de conscience devant le drame qui se joue en haut sur la corniche de l’immeuble.  »
          dans ce genre de situation, le spectateur doit comprendre qu’il y a une prise de conscience sans savoir de quoi exactement le personnage a pris conscience, en fait c’est comme un miracle, surtout que Debra Paget n’exprime pas grand chose, mais même dans le cas de Grace Kelly, qui est vraiment une actrice, que peut-on comprendre de sa volte-face quant à son divorce qu’elle a forcément préparé longuement depuis des mois, sur le pourquoi de celle-ci qui serait causée par le drame d’un jeune homme qui veut se suicider et qui en réchappe.
          mais comme ce n’est pas ce qui intéresse le plus Hathaway, pour moi 14 HEURES que je revois souvent, reste un film très important, ces réserves ne concernent pas le coeur du film.
          (Debra Paget n’est pas avec son fiancé mais avec un jeune homme qu’elle vient de rencontrer)
          Vous avez su que Hawks raconte qu’il avait refusé le film en disant que ça l’aurait intéressé avec Cary Grant sur la corniche prétendant se suicider et une dame dans la chambre dont le mari jaloux aurait déboulé inopinément, on est pas obligé de croire l’anecdote (c’est dans la Politique des Auteurs).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Vous avez raison. Pour moi ce qui change l’attitude Grace Kelly, c’est cette attente imprévue qui l’oblige à regarder le choix qu’elle fait et à la remettre en cause face à cette mort probable qui parait si violente. Je trouve cet sous intrigue plutôt riche et discrète, laissant des poins de suspensions

        • MB dit :

          « version « pre-release » en bonus du dvd de MY DARLING CLEMENTINE, »
          en France zone2 que l’on ne trouve pas en bray si j’ai bien cherché mais en dvd 2 disques ed. 2006, qu’on trouve encore, aucun bray ne présente cette version « Ford » que je préfère, avec bien moins de musique que dans la version finale Zanuck, on a aussi la comparaison entre les 2 versions par l’érudit Robert Gist, qui montre un trucage de passage d’une séquence en « nuit » d’une version à l’autre!
          je trouve la version finale trop bruyante et pourtant les producteurs on parfois raison mais pas là.

        • MB dit :

          à Bertrand
          « ce qui change l’attitude Grace Kelly, c’est cette attente imprévue qui l’oblige à regarder le choix qu’elle fait et à la remettre en cause face à cette mort probable qui parait si violente.  »
          ben dans ce cas on est pas d’accord! mais c’est intéressant, vous dites que la volte-face de Kelly est justifiée, je la trouve abstraite! mais je vais revoir le film et encore changer d’avis? franchement je suis vraiment admiratif de tout ce qui se passe autour de Basehart et Douglas (excellent dans PANIQUE DANS LA RUE) peut-être à sousestimer les sous-intrigues. Pour Basehart à examiner sa filmo on trouve à compter ses films intéressants et singuliers une liste impressionnante, quel acteur!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je voudrais attirer l’attention sur le psychiatre, très bien joué par le remarquable Martin Gabel (M, BAS LES MASQUES) à qui on doit une intéressante adaptation de Henry James. Hollywood a toujours eu peur des intellectuels et le regard qu’on pose sur eux définit bien ce qui sépare les « progressistes » des conservateurs. D’un coté vous avez ces docteurs (écrivains, professeurs) qui parlent comme des enfants de cinq ans (« je n’utiliserai pas le mumbo jumbo utilisé par les experts »). D l’autre coté su spectre vous avez le psy si attentif de BOY WITH GREEN HAIR qu’incarne Ryan. Gabel est plus proche de ce dernier que des demeurés chaleureux qu’on voit dans les mélos de la Warner

        • MB dit :

          à Mathieu
          à revoir 14 HEURES dans l’édition ESC je ne me souvenais pas d’une image aussi mauvaise, floue. Estampillé « restauration hd » n’importe quoi (*). A scruter les deux plans identiques depuis mon lecteur par rapport à l’ed Fox (sur Dvdbeaver), cette dernière est parfaite mais uniquement st anglais et espagnols.

          Le bonus de JF Rauger c’est n’importe quoi: Brian Keith aurait joué dans ce film (c’est Robert), on peut distinguer Grace Kelly dans la foule (confond-il avec D Paget? Kelly n’apparaît que chez son avocat), Cassavetes joue une silhouette (on s’en fout) il aurait mieux fait de signaler Ossie Davis en chauffeur de taxi à ce compte, des acteurs « liste noire » au générique « par exemple Howard daSilva » (il n’y a QUE DaSilva qui est concerné), B Del Geddes joue l’ex-femme de Basehart (les deux n’ont jamais été mariés, c’est une liaison toute jeune et avortée) tout ça en 7′ mais c’est le dirlo de la Cinémathèque! bon dieu pourquoi ces gens-là ne revoient pas le film avant d’en faire le bonus? au minimum qu’ils voient la fiche IMDB au lieu de dire des conneries? damned!
          aaahhhh… ça fait du bien.

          à Bertrand: il me semble que le revirement de G Kelly quant à son divorce est plus crédible que dans mon souvenir, et que l’obstination de Paget à rester dans la rue à choper un torticolis et louper une journée de travail, la qualité de l’actrice joue, Kelly se sentait vraiment concernée dans ses films et Rainier reste l’ennemi juré des cinéphiles!

          J’interviens beaucoup ces temps-ci c’est la faute à mes activités habituelles qui sont piétinées dans l’oeuf. (d’ailleurs les « habituelles » se font inhabituelles) cheers boys!

        • MB dit :

          à Bertrand
          MARTIN GABEL
          Oui, je l’ai trouvé très juste et je l’ai revu dans BAS LES MASQUES. D’après Henry James c’était THE LOST MOMENT, sa seule réalisation qu’on pouvait voir sur une chaîne de ciné ya qqs années.

        • MB dit :

          KISS OF DEATH HATHAWAY

          à Bertrand et Mathieu
          « cette histoire de pousser la vieille dame dans l’escalier est absurde »
          vous voyez c’est marrant quand même, en revoyant le film je constate que la vieille dame n’est pas du tout vieille: Mildred Dunnock avait 46 ans et rien dans son maquillage n’affirme un grand âge du personnage. Dans quasi ttes les approches du film c’est une vieille dame qui est poussée dans l’escalier. C’est comme Arthur Hunnicutt: il ne jouerait que des rôles de vieux trappeur ou de vieil éclaireur dans ses films.

          Maintenant la grande question: Nick Bianco meurt-il à la fin du film? JL Bourget dans le bonus veut absolument que oui, mais c’est ambigü: dans l’ambulance il pourrait être encore vivant, et il ne semble pas expirer après ses dernières paroles à l’écran (selon le cliché un personnage qui dit son rosebud personnel gravement blessé, s’il doit mourir doit expirer assez fort pour que le spectateur l’entende et doit ensuite fermer les yeux ou un personnage doit les lui fermer: il n’en est rien). La voix off de son épouse dit « I got Nick » sur son départ vers l’hôpital ce qui désigne qu’il survit car jusqu’ici, cette voix-off ne se prononce que sur des évènements passés mais de tte façon, comme le commente Lourcelles, l’ambigüité guide le film: Lourcelles pointe celle de Nick: désigné par la voix-off comme une victime poussée au holdup pour offrir des cadeaux de Noël à ses enfants et qui voit ses demandes de travail ttes refusées, mais il est un voyou depuis longtemps et devient un dénonciateur. Le détail cliché des cadeaux de Noël est presque risible car le butin du holdup paraît disproportionné par rapport au coût de cadeaux pour deux petites filles, aussi, le procureur est-il complaisant avec lui par humanité ou intérêt? Les clichés du film sont proposés au spectateur pour affronter la sècheresse du style.
          Le remake excellent de Schroeder est moins ambigü, on se régale avec ttes les démarches du héros (David Caruso) avec les flics et le procureur (Stanley Tucci excellent) désigné clairement comme un calculateur cultivant son plan de carrière, et avec les dissensions entres flics (bonne scène où le spectacle de la guerre des polices est dévoilé en passant par un monte-charge).
          Pour le film de HH, l’ambigüité des personnages est celle de la société, elle me paraît totalement justifiée par celà, et fournit un prolongement logique à celle de la simple question de la survie ou de la mort de Nick Bianco après les mots « the end ». En fait, la happy end est assurée par une fragile et lointaine voix féminine qui n’assure pas du fait que Nick est mort, qu’il vivra mais qu’il est difficile de vivre, qu’il y a une petite lumière (donc fragile et lointaine) au fonds de cette société définitivement noire (et je ne savais pas que Hathaway faisait dans la poésie désespérée!).
          Je trouve que l’ambigüité là est un courant d’idées du film et non un produit d’une sorte d’indécision des auteurs et merci Lourcelles qui m’a fait revoir ce détail crucial.

  41. Catherine dit :

    https://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2020/08/theverdict.jpg

    Une édition Warner française du VERDICT de Siegel existe, avec le visuel que vous avez posté.

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