Chronique n°24

3 mars 2009 par - DVD

DINO RISI a disparu. Je n’arrive pas à écrire Dino Risi est mort tellement je le trouve vivant lui et ses films voltairiens. J’avais revu AU NOM DU PEUPLE ITALIEN, satire prémonitoire de Berlusconi, voici peu de temps. Je vais me précipiter revoir PARFUM DE FEMME et surtout UNE VIE DIFFICILE, LE FANFARON.

Au nom du peuple italienParfum de femmeUne vie difficileLe Fanfaron

Place aux jeunesMake Way For TomorrowBeaucoup d’œuvres majeures, de films importants ou rares sont de sortis. Je voudrais commencer par en citer deux qu’il est absolument INDISPENSABLE d’acheter :
MAKE WAY FOR TOMORROW (PLACE AUX JEUNES chez Bac Films), sans doute le chef-d’œuvre de Léo McCarey et l’un des 10 plus grands films hollywoodiens des années 30/40. C’était aussi l’avis de Lubitsch, de Jean Renoir et à la sortie du critique Frank Nugent, futur scénariste de John Ford : il louait la chaleur humaine, l’humanité, l’honnêteté de cette œuvre mais aussi son humour. Un humour qui n’est jamais utilisé pour atténuer l’intensité dramatique des situations ni déguiser leur sérieux mais au contraire pour les renforcer, pour les authentifier. L’expérience vécue ne se divise pas en moments dramatiques ou cocasses, mais mêle intimement les deux registres. Je pense à l’échange téléphonique entre la grand mère et le grand père, bouleversant et drôle, qui vient perturber la partie de bridge. McCarey aborde là un sujet grave, encore plus actuel (le rapport avec des personnes âgées) et réussit un bouleversant exercice de corde raide. Je défie quiconque de ne pas pleurer durant la dernière demi-heure. On consultera les bonus très intelligents de Bernard Eisenschitz en regrettant qu’on ne soit pas allé interroger Pierre Rissient qui acheta et fit découvrir MAKE WAY, et rencontra McCarey. Je travaillai avec lui à cette époque. A Acheter et à offrir.
Du coup j’en profite pour recommander un McCarey beaucoup plus connu, L’EXTRAVAGANT Mr RUGGLES, excellente comédie où triomphent Laughton en valet britannique que son maître perd au poker mais aussi Charles Ruggles, Mary Boland et Roland Young. McCarey y pratique comme toujours de brusques changements de ton dont le plus célèbre permet à Laughton de réciter le discours prononcé par Lincoln à Gettysburg aux Américains qui l’ignorent.

The Big TrailLa seconde découverte est en zone 1 : il s’agit de la version restaurée de THE BIG TRAIL de Raoul Walsh et tirée d’après le négatif Grandeur, procédé qui s’apparente au 70 mm. On n’avait jamais vu le film dans ce format depuis sa sortie en 1930, son exploitation ayant été compromise par le krach de 29. Il fut redécouvert au festival de New York, il y a quelques années et salué en des termes superlatifs par mon ami Dave Kehr dans le N.Y. Times. Le dvd est donc en scope (sous-titres français) et le résultat est inouï : une profondeur de champ incroyable et l’utilisation extraordinairement fluide et moderne de l’écran large révèlent des dizaines d’actions qui se déroulent partout dans l’espace. Actions qui avaient disparu de la version « plate » (dans les bonus, on voit la différence : il manquait en gros 60% de l’image). Pendant qu’au premier plan, les protagonistes discutent ou échafaudent des plans, on voit au fond de l’image des gens dompter des chevaux, réparer un chariot… On peut distinguer tout ce qui se passe autour et dans les centaines de chariots (il y en avait 185 et il y a eu 20 000 cachets de figurants). Le film est truffé de notations documentaires, de moments non liés à l’intrigue qui sonnent justes, de détails Rosselliniens : des femmes se lavent les cheveux, des hommes réparent une roue. On a vraiment l’impression d’être contemporain de l’action. La camera de Walsh nous entraîne toujours au coeur des scènes et semble découvrir les événements historiques qu’elle décrit. C’est le meilleur western des années 20/30, supérieur même au CHEVAL DE FER et un des grands films de la décennie… On oublie les quelques défauts mineurs (des personnages de méchants assez stéréotypés et uni dimensionnels malgré un bon choix de physique et de voix, quelques dialogues statiques et datés) devant le ton épique de la plupart des scènes : le franchissement de la rivière, la descente le long de falaises abruptes.
Contrairement à la légende qui prétendait qu’il était mauvais, John Wayne dont c’est le premier rôle en vedette, possède une grâce, une légèreté, une présence assez phénoménale. Je pense aussi que son jeu est valorisé dans la version 70mm par la manière dont il s’inscrit dans l’espace, Walsh le filmant comme s’il était un des héros de Fenimore Cooper. Beaucoup de bonus passionnants. Attention il faut prendre l’édition 2008.

Bungalow pour femmesOpening vient de sortir des Walsh qui restent inédits aux USA : THE REVOLT OF MAMIE STOVER (BUNGALOW POUR FEMMES) que j’aime beaucoup même si le scénario de Sydney Boehm obéissant aux pressions du Studio édulcore le roman de William Bradford Huie. La prostitution y est camouflée, les filles devenant de respectables hôtesses. Il faut décrypter la moindre réplique. Cette édulcoration exaspéra Walsh qui tire pourtant brillamment son épingle du jeu. Son utilisation de la couleur – souvent stylisée -, des extérieurs, du Cinémascope sont magistrales. Déjouant la censure, il préserve de manière oblique l’amertume du récit, boucle les dernières scènes avec une rare élégance et infuse une mélancolie qui me touche beaucoup. Ce film est couplé avec O.H.M.S. que je n’ai pas vu.

Il convient aussi de saluer la sortie chez Gaumont du COFFRET GAUMONT, LE CINEMA PREMIER – VOLUME 1 – 1897/1913, consacré au cinéma des origines où l’on peut voir des Alice Guy, guère convaincants à mes yeux mais surtout des Léonce Perret et des Louis Feuillade.

Coffret Gaumont

Pour rester dans le muet, deux Duvivier l’intéressant AU BONHEUR DES DAMES dont le début est éblouissant avec une très belle utilisation des extérieurs qui fait défaut au remake de Cayatte. On y sent percer un vrai cinéaste, avec de vrais partis pris ce que confirme la version muette de POIL DE CAROTTE.

Au bonheur des damesPoil de carotte

L’argentEt surtout dans ce qui est sans doute le chef d’œuvre de Marcel L’Herbier, L’ARGENT d’après Emile Zola avec ces extraordinaires mouvements d’appareil, parfois brefs et tranchants, ultra rapides, dans les séquences foule, notamment celles qui se déroulent à la Bourse. La caméra, suspendues à un filin, voltige au dessus des têtes. « la caméra (ou plutôt les caméras) enferme les personnages dans une frénésie dont ils ne sont pas les maîtres. Cette frénésie exprime la toute puissance de l’argent sur les lieux, la société, les individus » (Jacques Lourcelles).

Commentaires (81)

 

  1. Olivier dit :

    Pour les « complétistes », existent aussi en zone 1 avec sous-titres français, ces autres films de Wyler : « The Collector » (L’Obsédé, avec Terence Stamp) chez Sony, ou bien encore « The Little Foxes » (La Vipère, avec Bette Davis) et « Dead End » (avec Bogart notamment, ce titre existant en zone 2 mais restant plus facilement trouvable en zone 1) chez MGM. Tout cela est disponible sur amazon.fr, ce qui vous évite de payer des frais de douane. Quant à « L’Héritière », le film sort aujourd’hui même en zone 2 chez Carlotta…

  2. Damien Doussin dit :

    Merci à Bertrand Tavernier et Tjipoosa pour ces idées de films. En ce qui concerne WYLER, à signaler également la sortie récente en DVD (il y a deux semaines) de « THE HEIRESS » (l’Héritière ») chez Carlotta que je n’ai pas vu. Je ne suis pas forcément pressé… Peut-être pourriez-vous en dire plus sur ce film…
    J’avais vu « L’INSOUMISE » en DVD chez Warner vidéo qui m’avait passablement ennuyé malgré la prestation de Bette Davis et une belle copie restaurée.
    P.S. Je ne l’avais pas signalé mais pour les amateurs de « Les plus belles années de notre vie », le film est évidemment disponible en zone 2 chez MGM video.

  3. Nicolas. G dit :

    Cher Bertrand Tavernier,

    Sans doute vous a-t-on souvent posé la question mais qu’en est-il de « La Passion Béatrice  » et d’une édition DVD en France ? Pourquoi ne pas le dire, je voue un véritable culte à ce film. Est-ce réaliste d’imaginer un jour prochain cette édition accompagnée de bonus et de vos commentaires…

    Merci pour vos œuvres et pour ce que vous êtes.
    Cordialement,

    PS: dimanche 03 Mai dernier, j’ai assisté à votre intervention au Forum des Images, c’était tout à fait formidable et passionnant. Grâce à vous, je découvre le travail de Cavalcanti et Cottafavi, quel merveilleux cadeau !

  4. Tjiposa dit :

    COUNSELLOR AT LAW est malheureusement introuvable ( sauf en Z1 et non sous-titré ). Par contre ILS ÉTAIENT TROIS existait en VHS, mais n’est jamais diffusé. La découverte de HELL’S HEROES ( dont un des remakes est LE FILS DU DÉSERT de Ford ) est une vraie surprise. Un western très mature et magnifiquement interprèté par Charles Bickford entre autre. Et puis il y a MADAME MINIVERS en Z1 avec sous-titre…

  5. A Damien Doussin :
    Voyez aussi UN AMOUR DÉSESPÉRÉ qu’on trouve à un petit prix sur Amazon et bien sûr THE LETTER. Ses premiers films parlants valent aussi le coup (DODSWORTH, ATTORNEY AT LAW)

  6. Tjiposa dit :

    Merci pour ce compliment. En écrivant ce texte, je n’avais d’autre ambition que de partager une passion et de faire connaître un grand auteur et de grands films. Je vais peut-être suivre votre conseil… en espèrant ne pas finir comme ce malheureux critique, victime d’El Indio ( Je pense qu’il avait un grand intérêt à entretenir cette rumeur… )

  7. Damien Doussin dit :

    Puisque l’on parle de découvertes (ou redécouvertes) de films, juste un mot pour parler de « Les plus belles années de notre vie  » que vous qualifiez dans « 50 ans de cinéma américain » de chef-d’oeuvre de WYLER. Vu ce Week-end, je ne peux être que d’accord avec vous.
    Soulignons d’abord l’originalité du sujet : le retour d’anciens combattants à la vie civile. Sujet qui me semble n’avoir été traité que trop rarement : je pense à « From This Day Forward » de John Berry (que je n’ai pas vu et dont vous parliez dans une chronique précédente) mais surtout à la seconde partie de « Deer Hunter » de CIMINO. Dans ce dernier film, la guerre semble avoir laissé une marque indélibile chez les protagonistes qui ne peuvent plus reconnaître ce qu’a été leur vie d’avant. dans le film de WYLER, il y a certes la peur du retour au civil mais il y a aussi le refus de la société de les intégrer. La première scène montrant Dana ANDREWS dans l’impossibilté de prendre un avion de ligne pour rentrer chez lui est déjà révélatrice.
    Mais surtout qu’elle modernité pour un film de 1946 (dûe sans doute autant au scénario de Robert E. SHERWOOD que de la plume de MacKinlay KANTOR).
    Ce film qui a reçu une floppée d’oscars aurait pu être l’archétype du film hollywoodien. Il n’en ai rien : il en prend même le contrepied (et celà malgré le happy end).
    D’abord c’est l’homme le plus gradé (joué par Dana ANDREWS) qui a la vie la plus simple. Ses parents vivent dans le dénuement d’une vieille masure et lui, cherche avec difficulté un emploi, il est vrai pas vraiment aidé par sa femme (fille volage qui a su profiter de la solde de son mari pendant la guerre). A l’opposé, le personnage du vieux sergent, joué par un très bon Fredric MARCH, était dans les hautes sphères banquières. Il accepte de reprendre son poste parce qu’il pourra trouver son compte dans un programme d’aide aux anciens combattants. Pourtant il n’est plus en phase avec son milieu : il faut entendre le personnage dire son mépris de son métier ne visant qu’au profit et à l’ascension sociale. Seul l’alcool désormais lui permettra d’évoluer et de s’offrir en représentation.
    Le matelot joué par Harold RUSSELL semble, lui, résigné. il connaît son handicap et il pense à tort ou à raison qu’il ne sera qu’un boulet toute sa vie pour ses proches et sa fiancée (voir les très simples et émouvantes scènes où il demande de l’aide pour se coucher).
    Enfin excellente interprétation de Theresa WRIGHT qui nous offre à voir une jeune fille indépendante que la guerre a fait mûrir (je pense en aparté de mon propos au très bon « The War » de Ken BURNS qui montrait comment la guerre avait compètement fait évoluer le rôle de la femme aux Etats-Unis). C’est elle qui conduit la voiture qui emmène de bar en bar son père le soir de son arrivée. C’est elle qui ose sans pudeur et en toute simplicité parler à ses parents de sa relation avec Dana ANDREWS et de sa volonté de briser son couple. On est loin des rapports conflictuels enfants-parents (ou adolescents-adultes) que traiteront plus tard des Nicholas RAY ou Elia KAZAN !
    Avec un sujet aussi fort, la caméra suit avec pudeur et distance les différents protagonistes. La mise en scène classique de WYLER s’adapte, ici, très bien au sujet. Ce ne sera pas forcément le cas dans bon nombre de ses autres films.
    Le travail sur la profondeur de champ atteint son plus haut point dans le film avec la scène où Dana ANDREWS annonce par téléphone à Theresa WRIGHT la fin de leur relation (sans en entendre le contenu et sous l’oeil inquiet de Fredric MARCH au premier plan).
    Voilà mes impressions à la vision de ce très beau film qui, a lui seul, sauve l’ensemble de la filmographie d’un réalisateur souvent (et parfois avec raison) sous-estimé.

  8. A Tjiposa :

    Vous seriez un très bon chroniqueur. Très beau texte, très juste
    qu’il faut publier en intégralité en rappelant les références du
    coffret NARUSE.
    Sur le cinéma japonais, Carlotta a sorti récemment des œuvres de
    Yoshida et un coffret consacré à Pasolini, mais il est vrai que les
    médias observent souvent un silence assourdissant sur ces sorties. La Croix a supprimé sa chronique sur les dvd (écrivez-leur), le Nouvel Obs n’en critique, sauf exception, qu’un par semaine. Avec brio, certes mais c’est peu. Écrivez à ces journaux.

  9. Tjiposa dit :

    Comme je découvre ce blog depuis peu, je m’apperçois d’une absence de commentaire sur la chronique 10, qui concernait le cinéastre NARUSE et la sortie d’un coffret de 3 films.
    Je voudrais parler de ce cinéastre, extrêmement peu médiatique, qui paradoxalement, est considéré par les critiques, faisant partie des 4 grands japonais, avec OZU, KUROSAWA et MIZOGUCHI. Les critiques se rejoignent en disant de lui, que son cinéma est très péssimistes, répétitif et très asiatique.
    Sur le premier point ( et ce sera le seul ), je suis d’accord.
    Sur 12 films visionnés, aucun ne finira bien. Ses personnages traversent de nombreux tourments et si la mort ne les emportent pas, leurs vies sombrent dans la tristesse d’une vie morne. Il semble dire que le malheur s’abat toujours sur les êtres sensibles et honnêtes, alors que la chance sourit aux profiteurs et aux indifférents ( Sade faisait le même constat dans son JUSTINE ).
    Pour le coté répétitif, c’est vraiment peu connaître ses films. On pourrait dire de même de WOODY ALLEN et d’ALMODOVAR avant de les connaître mieux. Il est vrai que son cinéma est très homogène. Il ne parle pratiquement que de son époque et ses films tournent toujours autour du couple, de la famille ou d’une communauté.
    Enfin, le coté asiatique s’exprime à travers la rupture entre le Japon ancien, avec ses lourdes traditions et le japon moderne, qui balaye du revers de la main toute une culture basée sur le respect des anciens et du chef de famille. Comme dans le très beau NUAGE D’ÉTÉ où trois générations qui se cotoyent sous le même toit, vont se désunir avec l’avénement d’une vague de modernité. Seul, la génération intermédiaire, symbolisée par la belle fille, peut comprendre la lourde ( et parfois injuste ) ancienne génération représentée par le père et la nouvelle génération, qui aspire à plus de liberté. La belle fille goûte à cette nouvelle liberté, depuis la mort de son mari. C’est pourquoi, elle encourage les enfants à s’émanciper. Mais en rompant, l’un après l’autre, avec les traditions, ils précipitent le père dans un profond désaroit et finissent par profiter de sa faiblesse pour l’obliger à vendre ses terres, chères à son coeur, pour leurs propres comptes. La belle fille ne peut que constater les dégats créés par cette nouvelle génération.
    LE REPAS est peut-être l’un des films les plus aboutis de NARUSE. Il parle du désir d’épanouissement d’une femme mariée dans un japon à l’aube de profondes mutations. La venue dans le foyer de sa jeune nièce, rayonnante et sûre d’elle même, va provoquer chez la femme, le désir de quitter son mari qui ne la regarde plus et de trouver un travail.
    Ce film, comme beaucoup d’autre chez NARUSE, parle de la condition de la femme dans un Japon ou les femmes ne se marie que pour servir l’homme. On peut parler de lui comme le cinéastre des femmes, tout autant que Mizoguchi.
    Une petite remarque sur la musique occidentale qui envahie ce film ( fait rare dans un film japonais de cette époque ) et sur la multitudes de petits détails que l’on découvre sur la société japonaise ( ANPE locale par exemple ).
    D’autres films remarquables vus dans sa filmographie NUAGES FLOTTANTS ( à la magnifique photo ), LE GRONDEMENT DE LA MONTAGNE ( qui raconte l’histoire d’amour platonique entre un père et sa belle fille ) et LE SIFFLET DE KOTAN ( qui parle de la place peu enviable d’une ethnie traditionaliste, considérée comme inférieure par la société japonaise ).
    La dernier film de NARUSE est NUAGES ÉPARS. Un de ses plus beau film ! Un homme renverse et tue un inconnu dans un accident de voiture. Alors que la justice le disculpe en démontrant un problème mécanique, il s’enferme dans le remord. Son seul salut passe par le pardon de la veuve de l’inconnu, mais elle refuse de le voir. A force d’insister, elle accepte une aide financière, car depuis la mort de son mari, elle accumule les dettes. Leurs malheurs respectifs les rapprochent, jusqu’à tomber amoureux.
    Le cinéma de NARUSE est bien universel. Tous ces sentiments, ces situations sont vécus par les êtres humains du monde entier. NARUSE, comme Claude SAUTET, est un cinéastre de l’intimité. Il analyse les réactions les plus imperceptibles de la nature humaine et les mets en évidence. Il évite le spectaculaire et se complaît dans le quotidien. Mais il nous renvoie un reflet d’une telle justesse, qu’il nous captive jusqu’au bout. Son cinéma, couvrant une large période ( de 30 à 67 ), nous décrit comme une chronique, l’évolution, année après année, de la société japonaise.
    Il me faut encore découvrir LA MÈRE, L’ÉCLAIR et FRÈRE AINÉ SOEUR CADETTE dont on dit le plus grand bien. Mais une chose est sûre, NARUSE demeure ma plus grande découverte de 2008, parmis les réalisateurs.

  10. A Tjiposa :
    Je reprends mot pour mot ce que vous dites et vais intégrer au moins grâce à vous dans mon blog le coffret Emilio Fernandez, El Indio qui fut acteur chez Peckinpah et Huston et dont on prétendait qu’il avait révolvérisé une critique qui lui était hostile. On le disait aussi éperdument macho. Et je suis en train de revoir certains films mexicains de Bunuel comme SUSANNA LA PERVERSE , titre que vénérait Audiberti qui avait écrit : « Tout film gagne à être mexicain ».

  11. A Tjiposa :
    Rien à ajouter si ce n’est que vous me donnez envie de revoir SOUS LE SIGNE DE VÉNUS et VENISE, LA LUNE ET TOI

    et

    Ce qui m’a le plus touché dans le film, c’est l’interprétation de
    Tommy Lee Jones, de Charlize Theron et de Susan Sarandon. Je fais des réserves sur la construction du film (la réalité qui se dévoile peu à peu grâce au portable qui se reconstitue me parait un truc scénaristique) mais Paul Haggis a du talent.

  12. Tjiposa dit :

    Un petit commentaire quant à la sortie de DVD de films classiques. Depuis quelques temps, les sorties de DVD ont chutés ( sans doute suite à la crise, mais aussi à la pression des éditeurs pour imposer le blue-ray ). Pourtant, malgré la faible quantité de nouveauté, beaucoup ne sont pas distribués dans les magasins. Certaines fois, la faute en revient aux chaînes de magasins ( une seule personne habilité au choix des livraisons pour toute la France ), d’autres fois aux distributeurs, qui se contentent de présenter les  » grandes  » nouveautées. Ainsi, la sortie de IL BOOM, LE COMMISSAIRE, L’HOMME À LA FERRARI est passée inaperçu en dehors d’internet ( et encore… car les sites de sorties DVD ne les ont pas annoncés non plus ). Il en a été de même pour un coffret sur le cinéma mexicain VIVA MEXICO, qui contenait 4 films d’Emilio Fernandez ( SALON MEXICO, LA PERLE, ENAMORADA et MARIA CANDALERIA ) et un film de Gavaldon, MACARIO. La même maison d’éditions, ALBARÉS, sortent également les films mexicains de Bunuel.
    Les maisons d’éditions et les magasins chercheraient-ils a se tirer une balle dans le pied ? En tout cas, cela ne fera pas les affaires des films au public déjà limité, si ceux-ci ne sont pas au courant des sorties. Le cinéma anglais, italien, mexicain, Japonais… sont clairement visés. Les films de la EALING, n’ont vu une suite de la collection qu’en Angleterre… De même pour les fims de Harold Lloyd. Quant aux classiques du cinéma japonais, il n’y a plus de sortie depuis bien longtemps. Imamura, Naruse, Gosho et Kinoshita vont rester, sans doute, dans des placards.
    Dommage, car il y avait bien d’autres films à découvrir…
    J’en profite pour signaler la prochaine sortie d’une nouvelle série de films italiens chez SNC, le 1er juillet… dont, LA FILLE DANS LA VITRINE, ACHTUNG BANDITI et LA TRAÎTE DES BLANCHES de Comencini.
    J’encourage SNC et STUDIO CANAL a continuer leurs collections Italiennes, en n’oubliant pas les films de GERMI, BLASETTI, CAMERINI et SOLDATI, presque absent en DVD.

  13. Tjiposa dit :

    Je voulais parler d’un des films, découvert en DVD, qui m’a le plus marqué dans les sorties de ces dernières années. DANS LA VALLÉE D’ELAH est un film de Paul Haggis, déjà remarqué par son scénario magnifique de MILLION DOLLAR BABY.
    Ce film, est passé très discrètement et pourtant, c’est l’un des films les plus intéressant sur le conflit irakien.
    Le scénario, une intrigue policière, nous plonge dans l’univers d’un père de famille, ancien policier militaire et vétérant du Viétnam, qui recherche son fils disparu, alors qu’il rentrait du conflit irakien. Bien vite, il retrouve son corps… Découpé et calciné. Devant l’incompétence policière, il décide de mener sa propre enquête avec l’aide d’une jeune femme inspecteur.
    A travers des petits films, que dévoile peu à peu, l’appareil photo de son fils, il comprend l’horreur de la guerre irakienne. Il se dévrouve un fils qu’il ne connait pas, qui au contact de l’horreur, est devenu, lui même bourreau. Le film nous montre, par le regard de ce vétérant, que si la guerre du Vietnam avait son lot d’inhumanité, la guerre d’Iraq a dépassé encore les limites de l’horreurs. Plus encore, c’est le déséquilibre entre la toute puissante armée américaine et l’armée irakienne, que l’auteur dénonce. Ce vétérant, même après l’horreur du Vietnam, a conservé des valeurs et une morale.  » David a combattu Goliath avec une simple fronde, c’est ce qui fait la valeur et l’héroïsme de son acte « , raconte-t-il au jeune fils de l’enquêtrice. Quelle est la valeur et l’héroïsme du soldat américain, avec tout son équipement, face à une population démunie, qui se bat pour un parent tué ou par désespoir ?
    Que deviendront ces jeunes soldats américains, dont on a oublié de fixer les limites de leurs actes ?
    Le contraste est fort entre ce père, élevé dans des valeurs morale et les futures générations de soldats. Même la sacro-sainte cohésion des frères d’arme, vient de voler en éclat.
    Tommy Lee Jones est bouleversant, dans le rôle du pére. Il nous donne une fois de plus une interprétation très profonde, après LES DISPARUES et TROIS ENTERREMENTS.
    Quant à Paul Haggis, c’est un personnage à suivre de très près.

  14. Tjiposa dit :

    Je découvre sur ce site la mort de Dino RISI, ce qui me touche particulièrement. Il est peut-être l’un des plus beau représentant de la comédie à l’italienne, avec Monicelli.

    Il réalise sont premier long métrage en 1953, alors que la comédie à l’italienne est en pleine progression. Les premiers chefs-d’oeuvre du genre, comme GENDARMES ET VOLEURS, passent de situations burlesques à des scènes plus dramatiques. GENDARMES ET VOLEURS, après un long préambule burlesque, débouche sur une scène d’une grande émotion, grâce au talent de Toto et d’Aldo Fabrizzi, qui nous livrent un plaidoyer respectif de la condition de voleur et celle de gendarme. Quant à la scène finale, ou le gendarme, par sympathie pour ce voleur, retarde le moment où il le conduira en prison, elle reste un grand moment d’émotion.

    RISI se trouve très à l’aise dans ce mode d’expression, qui lui permet d’exprimer tout une gamme d’émotions.
    LE SIGNE DE VÉNUS sera sont premier grand film. Le rire reste discret. Il s’exprime par le rôle pathétique de Sordi, en amoureux de Sophia Loren.
    Mais c’est à travers le magnifique rôle de franca Valeri, une jeune femme de beauté simple, qu’aucun homme ne remarque à coté de la provocante Sophia Loren, que toute la finesse de ce film apparaît.

    VENISE LA LUNE ET TOI, L’HOMME AUX CENT VISAGES, LE VEUF et LA MARCHE SUR ROME font partie de ses bonnes comédies.

    Sur trois années, il réalise ses trois plus grands films.
    La premier, UNE VIE DIFFICILE, aborde le thème de l’engagement idéologique. Un homme, Sordi, que l’engagement politique amene à une place d’éditorialiste, dans un petit journal, va se confronter à la toute puissance d’un industriel, dans une Italie qui se « frivolise », plongée dans une société de consommation. Sa jeune et belle femme, le pousse à quitter son travail, pour une place plus lucrative, qui lui parmettra, elle aussi, d’adhérer à cette nouvelle classe sociale… la classe moyenne.
    L’homme se rebelle et il perdra sa femme.
    Par amour pour elle, il décide d’accepter une place de secrétaire auprès de cet industriel corrompu. Il s’avilis au rang de paillasson pour cet homme. Mais lors d’une soirée, il croise le regard de sa femme et la honte s’empare de lui. Il décide alors de tout plaquer, en espèrant que sa femme le suivra…
    Ce film, riche de contenu, distile une fine dose d’humour, qui s’exprime par le coté pathétique de Sordi, face à ses hésitations. Contrairement à beaucoup de comédies italiennes de cette pèriode, le héro n’est pas un lâche, mais c’est son acharnement, face à une société qui se transforme, contrairement à lui, qui le rend si pitoyable… et si humain.

    Après un deuxième chef-d’oeuvre LE FANFARON, il réalise IL GIOVEDI. le film reprend une situation proche du FANFARON. Les escapades d’un week-end, à bord d’une belle voiture italienne, de deux personnages très opposés. Comme dans le précédant film, le premier est un fanfaron, un homme un peu superficiel qui ne pense qu’à épater son entourage. L’âge venant, il se rappelle de son fils, qu’il totalement délaissé à l’éducation de son ex-épouse. Le temps d’un week-end, le père et le fils vont s’observer respectivement. Le père cherche l’admiration de son fils, mais n’y parvient pas. Le fils, lui, découvre un père frivole, qu’il ne comprend pas. Mais le besoin d’un lien paternel est le plus fort et devant les efforts que son père fournit pour le séduire, il cède à la tendresse. Il découvre un père brimé dans son travail, qui se créé une façade d’homme désinvolte et sûr de lui, pour affronter le regard des autres.
    Plus encore que le FANFARON, le film parvient à nous émouvoir, à travers le regard attendri d’un enfant, pour un père qu’il découvre. RISI nous montre une nouvelle fois, que cette société superficielle, fait de nous des êtres tout aussi superficiels et que c’est en redevenant nous même, que nous pouvons nous rapprocher des êtres qui nous entourent et que nous pourrons affronter le monde, la tête haute.

    Merci Mr RISI, pour ce regard et cette tendresse…

  15. EQUINOX dit :

    Je me suis mal exprimé: j’ai vu votre film en salle et j’ignore si je me trompe mais j’y vois des points communs avec la tragédie de Shakespeare. J’attends la sortie en DVD avec impatience, car je suis persuadé que des tas de choses m’ont échappé…

    Voilà, merci pour ce très beau film…

  16. A Sonatine :
    Voici une liste très prometteuse.

  17. A Goossens :
    Certains choix sont dus à l’éditeur (à qui j’ai fait suivre votre commentaire) et il y en a que je n’ai pas voulu commenter. Je vous recommande quand même l’excellent 7 SECONDES EN ENFER un des meilleurs John Sturges. et hors western, QUE LE MEILLEUR L’EMPORTE (THE BEST MAN) de Franklin Schaffner.

  18. A Equinox :
    Je ne sais pas ou vous avez vu cela. Je n’ai pas encore enregistré le moindre commentaire pour le dvd de DANS LA BRUME ELECTRIQUE. Et quelle que soit la vertu des DVD, rien ne vaut de découvrir un film en salle, quitte à le revoir plus tard.

  19. EQUINOX dit :

    Merci pour vos précieux conseils. J’admire Dino Risi et je cherchais à voir « Le Fanfaron » depuis un petit moment… Je suis également très impatient de revoir « Dans la brume électrique » mais cette fois en DVD, car je crois que vous y faites des parallèles avec « Hamlet », la pièce de Shakespeare qui me fascine le plus…

    http://jazzthierry.blog.lemonde.fr/2009/04/17/dans-la-brume-electrique-une-tragedie-shakespearienne-bertrand-tavernier-2009/

  20. goossens dit :

    Cher Monsieur Tavernier,

    Je voulais vous remercier pour vos commentaires avisés notamment sur « les westerns de légende », que je suis particulièrement. On ne peut que se féliciter de vous y voir expliquer, raconter, ressentir et analyser la substance d’une ou plusieurs oeuvres contributives à votre formidable ouvrage : »50 ans de cinéma américain ». Quelle belle cohérence!

    Cependant, je suis étonné des choix artistiques de l’éditeur de cette belle collection, car je trouve que les dernières sorties dvd proposent des westerns qui sont loin d’être « de légende ». Comparé aux débuts de la collection, il y a des films franchement médiocres qui s’y insèrent. On peut par ailleurs quand même les remercier car certains westerns sont introuvables…Néanmoins, avez-vous la possibilité de militer auprès de l’éditeur Sidonis pour voir certains grands westerns encore non sortis?? Par avance, merci.

  21. SONATINE dit :

    Ces quelques lignes pour signaler aux amateurs quelques livres indispensables qui viennent de sortir outre-atlantique – les premières biographies (University Press of Kentucky) dignes de ce nom de Warren Oates (de Susan A Compo) et de Hal Ashby (de Nick Dawson) – et The Dark Page (Oak Knoll Press), de Kevin Johnson, un ouvrage magnifique sur les livres qui ont inspiré les films noirs, le premier tome couvre les années 1940-1949, le second à paraître en août les années 1950-1965. On attend aussi en septembre 10 000 ways to die, l’étude complètement revue et corrigée d’Alex Cox sur le western spaghetti (Oldcastle Books), une intégrale des écrits de Many Farber, farber on films (Library of america). Enfin finissons par la biographie décoiffante de Don Simpson, que nous venons de sortir en France sous le titre Box Office.

  22. SONATINE dit :

    Ces quelques lignes pour demander à Bertrand Tavernier dans quel anthologie est paru son entretien avec Franklin J Schaffner, cité dans ses Amis Américains?

    Et pour annoncer, au passage, la sortie du très beau Friends of Eddie Coyle, de Peter Yates, d’après George V Higgins ces jours-ci chez Criterion.

  23. SCHNECPA dit :

    « Il faut se confronter à ses pairs ! » me conseillait un ami à qui j’exposais l’ambitieux projet de faire un dictionnaire des films de l’âge d’or du cinéma américain (1915-1960) sur lequel je travaille avec acharnement, à l’écart de tout milieu intellectuel, depuis de nombreuses années. Mon intervention sur votre blog répondait timidement à son conseil. Votre réponse inespérée – qui s’apparente à une mission – m’encourage à continuer cette tâche titanesque qui me semble parfois absurde il faut bien l’avouer. Merci pour votre appréciation éclairée.

  24. à SCHNECPA :

    Je suis entièrement d’accord. Pierre Rissient et moi avions sorti et
    défendu ce film qui n’a remporté aucun succès malgré une presse
    unanime. A vous d’éviter que cela se reproduise. Envoyez partout sur le net votre très beau commentaire dont je vous remercie. C’était l’un des films favoris de Lubitsch et de Jean Renoir

  25. En réponse à Stéphane DOLBEAULT :
    Demandez-leur. Moi, je n’ai pas un bon souvenir du film. Douglas Sirk non plus.

  26. Caron ALAIN dit :

    J’ai vu « Place aux jeunes » hier soir. J’avais lu un peu trop rapidement le compte rendu de Bertrand Tavernier, je m’attendais à une comédie un peu amère. Conforté par la bande annonce Bac films (sélection de plans toniques), je m’installe en confiance(du genre qui s’apprête à rire en voyant Bourvil dans le Cercle Rouge).
    J’ai vu un film admirable d’intelligence et de sensibilité. La dernière demi-heure est simplement extraordinaire Pourquoi ces yeux qui piquent lors d’un plan à la grue (je crois). Merci m’sieu Tavernier.
    Bon une réserve quand quant à la qualité de la copie. Un défaut récurrent chez Bac films et Aventi. Ce qui renvoie à ma question précédente. Sur quel support voyez-vous vos DVD? Ces copies approximatives ne vous gênent elles pas?

  27. Michael Rawls dit :

    While reading the Joe Dante interview in your magnificent revision of « Amis Americains » and in the midst of nodding approvingly over the praise of Daves, Hathaway and Quine, I came across an error which is probably not worth resetting the type in future editions to correct but… it is  » The Falcon Takes Over » and not  » The Falcon and the Co-eds » which is the earliest version of « Farewell ,My Lovely. » Did you know that a theatre in Manhattan once ran a triple bill of all 3 versions running from the first and best to the dismal piece of work ( except for the scene with Mitchum and Sylvia Miles ) that was the only one to use the original title ? Thanks again for the beautiful edition of « Amis » and I’m looking forward to the nonFitzgeraldized French DVD of « In the Electric Mist » at the end of summer. Regards, Michael Rawls

  28. Caron ALAIN dit :

    Bonjour,

    J’ai été un peu déçu à la nouvelle vision de Parfum de femme et je trouve la musique insupportable. je lui préfère une Vie difficile.
    Autre question sur quoi regardez vous vos dvd: écran plat, vidéo projecteur, blu-ray ou pas, plasma ou Lcd?
    Merci
    Alain

  29. En réponse à Animejason :

    Connaissant fort bien l’œuvre et les combats anti totalitaires de George Orwell, je ne pense pas qu’il aurait qualifié la loi Hadopi d’immondice démocratique. Il y a d’ailleurs une incompatibilité entre les deux termes, immondice et démocratique. Il aurait été plus scandalisé par le pillage des œuvres, le mépris du droit d’auteur, du droit moral des créateurs. C’est la violation perpétuelle de ce droit qui est immonde.
    D’autre part, les fachos ne sont pas les auteurs des films que vous citez et « ses » s’écrit plutôt ces, si je peux me permettre cette correction.

  30. Animejason dit :

    Avez-vous vu 1984, Brazil, V for Vendetta, Equilibrium si oui êtes-vous du cotés des fachos dans ses films? Si non comment pouvez soutenir cet immondice démocratique qu’est l’hadopi?

    En espérant une réponse et ne pas être censuré.

    PS je viens de trouver ce blog j’y reviendrais dans le même état d’esprit, et je sauvegarde mes messages.

  31. Olivier dit :

    En lisant la dernière intervention signée SCHNECPA à propos de « Place aux jeunes », j’ai repensé au splendide « Voyage à Tokyo » d’Ozu, qui traite du même thème et qui joue dans la même cour. A revoir ou à découvrir pour ceux qui ont la chance de ne pas le connaître encore. Et je me permets de corriger les dires de Pierre : l’édition DVD Zone 1 de « The Big Trail », sortie en mai 2008, contient bien des sous-titres français, simplement, seuls les sous-titres anglais et espagnol sont indiqués à l’arrière de la pochette…

  32. iacchos dit :

    Voici quelques impressions sur deux films de Walsh que j’aime particulièrement. J’espère que ceux qui connaissent mal son cinéma auront envie de les découvrir.

    Une corde pour te pendre.

    C’est le meilleur film de Kirk Douglas, à mon goût, et peut-être un des meilleurs westerns, toujours selon mon goût. Une méditation sur la justice qui s’opacifie à mesure que l’action progresse. La trouvaille de scénario place d’emblée le western au niveau de la tragédie grecque: Douglas doit conduire un homme qu’un baron du coin veut faire lyncher pour qu’il soit jugé et exécuté pour son crime. La force de ce film c’est de poser de façon épurée le problème de la justice et de la vengeance. Un grand thème antique qui est le fondement de tout western un peu sérieux qui médite sur le rapport que les hommes entretiennent avec la violence et les rites qu’ils inventent pour la réguler. La justice en est un. Elle pend haut et court le picaro et la violence cesse. C’est pour cela que je déteste le western-spaghetti où la violence est gratuite et simple prétexte à scène spectaculaire. Tout Léone me tombe des mains. Le western est un genre épique. C’est la forme d’art privilégiée par une nation jeune en expansion et qui ne peut faire l’économie d’une vraie réflexion sur la justice, la frontière, les passions, la fraternité. A côté de Boetticher, Walsh, Hathaway, Léone, c’est du cirque!

    Qu’on admire la façon dont Walsh dramatise de manière impressionnante son argument de départ et en fait une fable où rapidement tout se renverse, tout devient flou et imprévisible. Car pour échapper aux hommes qui le pourchassent, Douglas doit traverser le désert avec ses adjoints, le suspect et sa fille. Et c’est là où Walsh est génial. La traversée est interminable. Le soleil est de plomb et écrase l’horizon, on manque d’eau, on doit abattre les chevaux. Bientôt les alliances se renversent, on se ligue contre Douglas dont l’entêtement ressemble à de la folie. On le prévient, s’il s’endort, on le tue!
    La justice comme chimère produite par le désert est le moment le plus fort du film. Il existe une démence du Juste prêt à tout immoler pour son idéal.
    On suffoque avec ceux qui deviennent les otages de sa chimère. Et tout le temps on se dit: après tout que ce criminel soit pendu à une branche par le père de la victime ou par un bourreau au service de la loi, qu’importe! Et ça c’est fort, mais très fort: faire basculer en nous notre moralité pour mieux par la suite (grâce au dénouement) nous corriger dans notre propre égarement.

    Au terme de la traversée, l’intrigue se mythifie brutalement, je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer la fin. La traversée du désert s’apparente à un passage initiatique mais sans lourdeur symbolique.
    Le personnage de Douglas, hanté par son passé, ressemble beaucoup à celui qu’interprète Mitchum dans un autre chef-d’oeuvre de Walsh (La Vallée de la Peur) les implications psychanalytiques en moins.

    Si on a aimé ce film, il faut se précipiter sur Les Implacables. Cette fois c’est du Scope: les paysages sont luxuriants, le couple Gable/Russel a des accents hitchcockiens, tant leur tandem est huilé comme une mécanique érotique qui dose parfaitement l’innocence, la complicité et la sensualité animale. Des répliques du tac au tac, des mimiques, des regards, des gestes parfaitement orchestrés. Tout est juste dans cette manière de faire jouer ses acteurs.
    Russel est craquante se savonnant dans sa baignoire, une jambe tendue hors de l’eau, en chantant les malheurs de l’homme qu’elle aime et qui lui résiste. Hilarant!
    Les paysages sont d’une beauté plastique époustouflante. La couleur est lyrique et éclabousse dans les scènes crépusculaires. Le franchissement de rivière par le bétail est un morceau de poésie picturale. Le miroitement sombre à la surface des eaux où le ciel se reflète brouillé m’émeut à chaque fois.
    Mais le passage le plus fort du film, c’est le moment où Gable assoiffe son troupeau et le libère brutalement pour qu’il piétine l’ennemi. Sans aucun symbolisme qui raidirait le personnage, Gable devient une sorte d’ange exterminateur qui maîtrise les forces de la nature et déclenche une sorte de terreur panique qui explose à l’écran avec une intensité rare dans le western. Intensité qui nous souffle d’autant plus que ce sont des couleurs élégiaques qui dominent dans ce film.
    Encore une fois le western se hisse au niveau de la tragédie antique. Les grands héros de western sont des êtres enracinés dans la terre, il y a quelque chose de végétal et de bestial en eux, ils semblent accordés aux forces primitives de la nature, et se font les conducteurs des forces qui nous dépassent pour venger, châtier etc.

  33. SCHNECPA dit :

    On parle ici d’un film splendide, « Place aux jeunes ». Permettez-moi d’en dire quelques mots. Aussi exceptionnel par son sujet que par son traitement, c’est un film atypique dans le paysage cinématographique hollywoodien. Car non seulement l’usine à rêve n’avait pas coutume d’alimenter ses intrigues avec des problèmes de société douloureux, mais de plus, lorsqu’elle porte un regard sur la société, il est généralement excessif, donnant à son propos un ton comique ou mélodramatique, quand il n’est pas complaisant pour satisfaire une morale de rigueur. Leo McCarey se démarque en réalisant ici un film sur la vieillesse avec une admirable justesse. Jamais il n’accuse ni ne défend, ne sombre dans le pathos ou la caricature, l’hypocrisie ou l’angélisme. Il se limite à relater avec sensibilité et pertinence un phénomène de société aussi banal que dramatique. Cette attitude dénuée de tout parti pris a pour effet de nous renvoyer avec force au tragique de notre condition humaine. Comme l’indique crûment le titre français, le film fait l’amère constat que les vieux – lorsqu’ils deviennent dépendants – n’ont plus leur place, que ce sont des poids que l’entourage porte sans gaieté de cœur. Ceci est d’autant plus émouvant qu’on nous décrit ces vieux comme désintéressés, conciliants, sans rancœur, et philosophes. Ici, pour des raisons de convenance familiale, le couple, uni par cinquante ans de vie commune, va jusqu’à être séparé entre les foyers de deux de leurs cinq enfants ! Ajoutant encore au propos, Beulah Bondi, incarnant la grand-mère, et Victor Moore, son mari, sont particulièrement convaincants et émouvants. La fin, magnifique, est l’ultime adieu de deux êtres broyés par l’inéluctable mouvement du temps. On y trouve là une scène qui résume tous l’esprit du film : alors que le vieux couple arrive sur une piste de danse pour entamer une ultime valse, l’orchestre attaque une musique dans l’air du temps ; remarquant qu’ils sont incapable de danser sur ce tempo, le chef d’orchestre interrompt la musique et enchaîne sur une valse. Signalons que ce film, qui nous semble également être le chef-d’œuvre de McCarey, n’a remporté aucun succès à sa sortie…

  34. DOLBEAULT Stéphane dit :

    Monsieur Tavernier,
    Je viens de me procurer Chez Carlotta le DVD « Capitaine
    Mystère » que j’avais vu il y a quelques années au Cinéma de Minuit: Superbe !
    A quand chez Carlotta une édition du Signe du Païen ?
    Cordialement.
    S. Dolbeault

  35. Damien dit :

    Juste vous signaler un très bon film coréen « The Chaser » sorti il y a quelques semaines et vu hier : c’est un très bon thriller noir proche de « Memories of murder » ou de « Seven » dans une ambiance nocturne, pluvieuse et claustrophobique à l’extrème. Film rempli de personnages ambigüs à commencer par le héros lui-même (ancien flic devenu proxénète). Pour un premier film, c’est très bon, malgré quelques facilités dans le scénario. Je vous le conseille vivement, à moins que vous ne l’ayez déjà vu.
    J’attends avec impatience la sortie de votre prochain film le 15 avril
    Cordialment

  36. J’ai détesté ce film que j’ai trouvé vulgaire, tape à l’œil,
    dépourvu d’émotion, de l’humanisme qui faisait le prix de la
    sublime première version de Delmer Daves. Seule, la musique de Marco Beltrami est supérieure à celle de l’original.

  37. Olivier dit :

    Monsieur Tavernier, accepteriez-vous de livrer ici ce que vous avez pensé de l’adaptation de la nouvelle d’Elmore Leonard « Three-Ten to Yuma » par James Mangold ? Cordialement vôtre.

  38. Pierre dit :

    Bravo pour ces chroniques, seul bémol -et cette erreur revient souvent- : non, The big trail n’est pas disponible avec des ST français (mais english et spanish)…

  39. Catherine dit :

    Cher Bertrand Tavernier

    J’abuse peut-être de l’espace, mais je n’en reviens pas de pouvoir vous écrire (en direct-live ) …..!!!
    Je voulais juste dire que, pour moi, le plus beau de vos films reste « Que La Fête Commence »…..
    Parce que j’aime bien le XVIIIe siècle, que votre osmose avec Philippe Noiret y est évidente…..bon, il y a aussi « Coup de Torchon » et « La Vie Et Rien D’Autre », que du Noiret en somme. . . …….R.I.P Philippe.

    C.

  40. Catherine dit :

    Dear Mr Tavernier.

    Quelqu’un parlait ici de « 65 ans de Cinéma Américain », c’est plûtot « 60 ans de Cinéma Britannique » en ce qui me concerne, s’il y a eu des livres sur le(s) sujet(s) ils ne sont plus disponibles depuis longtemps …..quel dommage; de plus les vieux films Britanniques sont difficilement trouvables en France (mais trouvables en V.O uniquements sur des sites Anglais, à petit prix souvent).

    J’ai récemment découvert de super films comme:

    « The Wicker Man / Robin Hardy
    « L’Impasse Aux Violences » / John Gilling
    « Jack The Ripper / Baker & Berman
    « Le Monstre » / Val Guest
    …….

    Et surtout « Le Messager »(The Go-Between) de Joe Losey, que je recherchais depuis des lustres !!, scandaleusement non édité en France (hormis dans un méga coffret)

    Catherine.

  41. Catherine dit :

    Cher Bertrand Tavernier.

    Comme quoi il est bon de parler d’aures cinéastes……

    Grace à vos conseils de lecture du bouquin de Michael Powell, j’ai découvert l’an dernier, « Le Narcisse Noir », « Colonel Blimp », « A Matter Of Life And Death », et surtout « I Know Where I’m Going » (IKWIG, pour les intimes) une merveille de film !! . . . . …..je précise que je suis une Lubitsch fan à la base, je ne pouvais qu’aimer . . . . …..

    Catherine.

  42. Larry DEWAELE dit :

    Bonjour M. Tavernier.

    Et merci pour cette nouvelle sélection, toujours aussi avisée – mais qui en doutait? Sans doute pas moi!

    J’aimerais vous poser une question à propos d’un autre film de Walsh, et un de ses très grands films, je ne vous apprendrai rien en disant cela. Savez-vous pourquoi Pursued / La Vallée de la peur n’est pas édité en dvd chez nous? J’avais dans le souvenir que 1) c’était le seul film que Walsh avait réalisé pour la RKO. Mais peut-être me trompai-je, en tout cas je suis à peu près persuadé qu’il ne l’avait pas fait pour la Warner. S’il s’agit bien de la RKO, pourquoi les Editions Montparnasse ne l’ont-elles pas édité, alors qu’elles ont mis en valeur la quasi-totalité du catalogue RKO? 2) j’avais vu lors d’une ressortie il y a quelques années une copie restaurée, je crois grâce à l’intervention de Martin Scorsese (par UCLA?). La photo de James Wong Howe était fantastiquement restituée. Dans ces conditions, je ne m’explique pas que cette merveille ne soit toujours pas éditée. Savez-vous s’il y a des problèmes de droits?

    S’il n’y en a pas, je – et tous les amateurs de cet immense cinéaste – compte sur vous pour faire du lobbying auprès des éditions qui seraient susceptibles de le sortir. Et pourquoi pas dans la collection de westerns à laquelle vous collaborez? Quant à Colorado Territory, j’imagine que là, c’est juste la Warner qui n’a pas envie d’en faire quoi que ce soit. Quel dommage! Deux films pareils dans les limbes…

    Allez, consolons-nous avec les autres merveilles apparues ces derniers temps qui, vous avez raison, sont fort nombreuses, Risi et McCarey en tête.

    Dernier point: merci encore pour la nouvelle édition d’Amis américains, magnifique à tous les points de vue. Et si jamais vos activités vous laissent le temps, je vous supplie, ainsi que Jean-Pierre Coursodon, de remettre sur le métier 50 ans de cinéma américain. Les 65 ans sont plus que jamais nécessaires, et nous mourons de savoir ce que vous avez à raconter sur les grands films américains des 15 dernières années (et à mon sens, il y en a tout de même quelques uns, sans compter tous les films de bonne qualité, nombreux eux aussi, qui ressortent de la médiocrité de la production courante). Bon courage si jamais vous décidez de vous atteler à cette tâche, qui doit être titanesque. Je ne peux, et avec moi tous les amis qui trouvent ce livre indispensable, que vous y engager.

    Bien cordialement,

    Larry Dewaële

  43. NARCO295 dit :

    Merci. Tout simplement.
    Je vous ai entendu il y’a deux jours (ou hier ???) sur Inter. Ca fait du bien. Beaucoup de bien.

  44. Alain S dit :

    Place aux jeunes est aussi mon McCarey préféré, et de loin.

  45. Cedric Caspesyan dit :

    Le catalogue Lumière (J’ai lu le livre) est à refaire!

    Aucun réalisateur mentionné (Veyre, Pommio,
    Girel, niet, et puis la première cinéaste, Lucie Chapuis,
    qu’a t’elle dont tourné?), la majorité des films
    non-datées, et une grande confusion quand des no
    élevés (dans les 900) semblent antérieurs à
    des no inférieurs.

    De plus, comme j’ai beaucoup de misère
    à m’imaginer que personne n’a déjà
    digitaliser les films du catalogue pour les
    préserver, je me dis pourquoi ne pas tous
    les diffuser sur internet, ou les publier
    (l’intégrale) sur un DVD-Rom.

    En fait c’est tout l’inaccessibilité entière
    du cinéma pionnier qui me consterne
    (pas un seul film de Skladonowsky sur Youtube)
    mais je me dis, faut bien crier quelque part,
    alors je l’aurai fait ici.

    Ouf, ça fait du bien,

    Cedric

  46. Pierre dit :

    « Place aux jeunes » fait envie ! McCarey fut un géant des comédies de grande classe. Laughton est lui aussi gigantesque dans « Mr Ruggles » et le final avec « What did Lincoln say at Gettysburg ? » (« I don’t know, I wasn’t there ! » répond une sympathique andouille, si ma mémoire est bonne) un moment d’anthologie.

  47. koch didier dit :

    Bonjour M Tavernier. Ce petit mail pour vous faire part tout à la fois de ma grande joie et de ma tristesse passagère. Je vous raconte très vite ma petite histoire. J’habite Rouen, et régulièrement je me fais envoyer des livres dédicacés par la librairie Ciné-Reflet (je ne peux pas me rendre à Paris pour chaque dédicace ). Pour Noël et mon anniversaire j’attendais avec impatience dans la cheminée un paquet de 5 kg que vous connaissez bien. Dans l’entrefait mon épouse Sonia voit sur ma messagerie que B Tavernier sera à la librairie Ciné-Reflet pour dédicacer son livre. Trop tard le livre est déjà acheté à Rouen. Elle écrit malgré tout un mot pour M Tavernier l’invitant à venir à la maison à Rouen pour manger le jour de mon anniversaire (le 20 décembre!!!) à transmettre via la librairie. Elle me raconte l’anecdote que je trouve aussi charmante que naïve : « C’est sûr B Tavernier va venir me voir -modeste cinéphile – pour manger un morceau et me dédicacer son livre. Il n’a que ça à faire entre la tenue de son blog et son dernier film avec T Lee Jones ». J’ai bien ri. Le 19 février (7 semaines plus tard) appel de sa part au travail : « Devine qui j’ai eu au bout du fil ! B Tavernier qui veut te parler. Il va rappeler ce week-end . Incroyable. J’avais bien ri mais elle avait eu raison d’essayer, la preuve que des hommes connus peuvent encore prendre plaisir à parler au quidam moyen . Emotionné tout d’abord je refusai : » Mais je n’ai rien à lui dire à cet homme-là. Je n’oserai jamais lui parler ». Et puis le temps venant je m’y prépare et je m’aperçois que j’aurais quand même de trois trucs à lui dire à ce puits de science cinématographique et surtout une idée à lui proposer dont je pense qu’il n’y a que lui en ce moment dans le cinéma français qui pourra la mener à bien et qui me semble en droite ligne avec l’ensemble de son oeuvre. Je n’ai pas un scénario ou autre chose à proposer mais juste une idée qui pourrait lui sembler intéressante. Le problème c’est que sans doute trop pris il n’a pas rappelé.
    Ce n’est pas grave je ne lui en veux pas et je trouve déjà très gentil qu’il ai fait une première tentative. Si vous avez un moment je serai ravi de vous la soumettre . Je pense que vous la trouverez intéressante. C’est la suggestion d’un cinéphile qui prend grand plaisir à lire et à écouter tous vos travaux ainsi qu’à attendre votre dernier opus avec Tommy Lee Jones . Merci pour tout ce que vous faîtes.

    PS : j’ai quand même pu il y a dix ans me faire dédicacer mes « 50 ans de cinéma américain » par vous même et par Claude Sautet rencontrés par hasard au salon du livre de cinéma.

  48. Cedric Caspesyan dit :

    Je viens de m’apercevoir qu’il existe un ouvrage intitulé
    « Les 1000 premiers films » sur les frères Lumière.

    Je vais tenter de le trouver.

    Merci.

  49. Cedric Caspesyan dit :

    Cher monsier Tavernier,

    D’abord félicitations pour l’ensemble de votre carrière.
    C’est par pure coincidence ou presque que je me retrouve ici,
    en suivant quelques liens de l’Institut Lumière.

    J’ai vu récemment le DVD sur les films des Lumière que vous avez commenté, et je me donne bien du mal à retrouver les titres et dates de certains de ces films, et j’éprouve autant plus de confusion que certains de ces films semblent avoir été des « commandes » des frères Lumière à d’autres cinéastes (pratique courante au temps des « Actualities »).

    J’écris car je viens de m’apercevoir que vous êtes président du Patrimoine Lumière.

    Je me pose cette question. Sur le site de l’Institut Lumière, il est mentionné ceci:

    « En héritage de cette aventure, il ne nous reste pas moins de 1408 films du catalogue sur 1428. »

    Je demande à l’Institut: Comment se fait-il que je n’arrive pas à trouver sur ce site ou ailleurs, une chronologie complète et détaillée des films produit par les frères Lumière?

    Pourquoi on ne peut trouver sur le marché (et encore, seulement en édition discontinuée) que 85 films sur les 1408? (Autour d’un même petit nombre est répertorié sur IMDB).

    À qui ou quoi sert la préservation du Patrimoine Lumière?

    Merci!

    Cedric Caspesyan

  50. ethanol dit :

    Merci pour cette superbe sélection. Je me précipite acheter « Make Way ». Et à propos, bravo pour « In The Electric Mist » c’est un film magnifique et envoutant, parfaitement en phase avec l’endroit dans lequel il a été tourné.

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