Une riche sélection de raretés Universal

28 juillet 2017 par - DVD

Il faut voir et revoir voir de toute urgence BAS LES MASQUES sur la mort d’un journal et les batailles qu’il mène contre la corruption. Qu’est-ce que ce beau film démocratique de Richard Brooks tient bien le coup et sonne actuel dans ces temps de disparition de journaux ! Le journalisme que prône le cher Bogey me fait toujours passer des frissons. Cet hymne à un métier, à ses codes, à sa décence reste très émouvant. Ce type de journalisme a été mis à mal il n’y a pas si longtemps mais il peut et devrait renaître. C’est même le seul espoir qui devrait le faire vivre (vérifiez dix fois toutes les infos, dit Ed Hutchinson « un journal libre vous fait prendre des risques, une vie libre aussi »). Kim Hunter qui était déjà sur la liste noire, est magnifique et son dernier plan inoubliable (quel est l’imbécile qui a écrit sur le net que Brooks sacrifiait les femmes ? Ethel Barrymore, très émouvante balaie déjà cette absurdité). Et le scénario de Brooks brasse avec virtuosité trois intrigues. Le portrait des héritières qui se moquent du journal est cinglant et réconfortant à la fois.

On peut trouver en Italie chez Jubal Classics un western Republic en couleur (le célèbre Trucolor) de William Witney, THE OUTCAST (LES PROSCRITS DU COLORADO) qui est un film extrêmement sympathique, bien découpé et filmé, avec une utilisation astucieuse des extérieurs, truffés de mélèzes jaunes. Le sujet est à la fois traditionnel (le héros, John Derek, veut récupérer son ranch qui a été volé par Jim Davis) mais avec des touches modernistes : il utilise une bande de malfrats sans scrupules menés par Robert Steele,  et lui-même est obsédé par sa vengeance. Mais Derek qui est plus animé que d’habitude est en-dessous du rôle contrairement à Jim Davis, James Millican. Les couleurs du DVD sont un peu passées mais correctes et Witney utilise mieux le Trucolor que les autres réalisateurs Republic. Joan Evans est très agréable à regarder mais une courte scène de flagellation qui commence sur des ombres est coupée dans ce DVD pour des raisons familiales. Des scènes d’action intéressantes dont une bagarre teigneuse dans un hôtel (les décors d’intérieurs sont sommaires) et un affrontement au milieu du bétail.

FILMS RARES UNIVERSAL
UNIVERSAL vient de sortir, sans sous titre hélas, plusieurs films qui étaient très rares. D’abord des films sociaux ou policiers comme ABANDONNED de Joe Newman qui bénéficie de dialogues brillants, incisifs de William Bowers (Dennis O’Keefe à Raymond Burr qui joue un privé corrompu : « Toi honnête ? Autant me dire qu’un vautour est devenu végétarien. » et qui parle d’un sujet rarement évoqué, le trafic de bébés. La musique du générique est celle de THE KILLERS et Raymond Burr est magnifique surtout dans ses scènes avec Marjorie Rambeau (prédatrice terrifiante qui renouvelle le concept de femme fatale) et Mike Mazurki : « Ah je regrette le bon vieux temps du chantage et de l’escroquerie. »

  

Il faut voir le petit corpus de films dirigés par Michael Gordon, à commence par AN ACT OF MURDER. ANOTHER PART OF THE FOREST est superbement joué comme le précédent film par Fredric March, ainsi qu’Edmond O’Brien, Ann Blyth dans un de ses rares contre emploi et surtout Betsy Blair très fragile et très touchante. Il s’agit d’une adaptation de Lilian Hellman d’une pièce qui se passe avant LES PETITS RENARDS et le scénario de Vladimir Pozner est très habile. Gordon dé-théâtralise ce dernier, avec d’incessants et brillants mouvements d’appareil et recadrages, qui transcrivent la frénésie émotionnelle des personnages.
Il faut voir aussi WOMAN IN HIDING avec Ida Lupino, film noir très tendu surtout dans la seconde partie, avec une belle séquence de tentative de meurtre dans des escaliers, interrompue par des fêtards (Magnifique photo de William Daniels) et The Web que l’on trouve dans une bonne copie sur LOVING THE CLASSICS. C’est un excellent film noir une fois encore superbement dialogué par William Bowers.

THE SLEEPING CITY de George Sherman est un petit film noir modeste, au ton retenu mais qui présente de vraies originalités. Il se déroule entièrement dans un hôpital (le Bellevue) avec un nombre inhabituel d’extérieurs. L’Hôpital Bellevue exigea que Richard Conte dans un prologue affirme que tous les trafics et les meurtres qu’on voit dans le film sont purement fictifs. Le procédé est tellement gros qu’il accrédite les « inventions » du scénariste. Regardez la manière dont sont écrits et distribués les personnages de policiers qui paraissent criants de vérité notamment quand, se trompant, ils interrogent Richard Conte.

  

En dehors du policier, ruez vous malgré l’absence de sous-titres sur FRENCHMAN’S CREEK de Mitchell Leisen, qui trouvait le scénario horrible. Ce qui n’est pas juste, car cette romance entre une aristocrate frustrée, délaissée par son mari et un pirate qui lit Ronsard, ressemble à une transposition rêvée de BRÈVE RENCONTRE au XVIIème siècle. Leisen qui conçut les costumes et notamment les extraordinaires robes de Joan Fontaine, crée une somptueuse féerie visuelle, jouant sur les ombres et la lumière, le bleu et le doré, avec un raffinement Minellien. Mais il soigne certaines séquences d’action comme cette attaque nocturne d’un galion. Arturo de Cordova, la star mexicaine de tant de films de Roberto Gavaldon (MAINS CRIMINELLES) est censé jouer un Français. Tout le monde glisse d’ailleurs quelques mots en français ou les chante avec une variété d’accents assez cocasses. Basil Rathbone dans un personnage odieux (il veut tout le temps violer Joan Fontaine), connaît une fin terrible et croise Nigel Bruce, le Watson des Sherlock Holmes.

William Dieterle
Il est bon de revenir sur ce cinéaste passionnant et sur cette fin de carrière américaine que l’on a condamnée un peu trop superficiellement comme le prouvent de nouvelles visions de DARK CITY, premier grand rôle de Charlton Heston, Dieterle est vraiment en forme et avec la complicité de l’opérateur Victor Milner, réussit quelques séquences dignes de figurer dans une anthologie du genre : parties de poker truquées, descentes de police, interrogatoires. Il y a un formidable début de castagne dans une chambre de motel entre Jack Webb, excellent, et Heston qui joue un personnage totalement amoral. Dieterle joue habilement avec les sources de lumière, lampes, fenêtres avec stores, enseignes lumineuses. Puis comme dans beaucoup de productions Hal Wallis, le film bifurque vers l’intrigue sentimentale que les scénaristes peinent à raccrocher au sujet principal. Ce que l’on perd en violence, en atmosphère, on le gagne parfois en compassion même si le personnage de Lizbeth Scott avec ses chansons (elle est doublée) freine l’action.

THE TURNING POINT (sur www.lovingtheclassics.com) est encore plus satisfaisant, mieux tenu, mieux écrit par Warren Duff d’après une histoire d’Horace McCoy (même si le dénouement paraît quelque peu précipité). Le propos est classique : un nouveau procureur (Edmond O’Brien, remarquable) veut assainir une ville gangrenée par la corruption (qui était plus étendue, plus précise chez McCoy) sous l’œil d’un journaliste désabusé et sceptique (William Holden, parfait). Il y a là des similitudes avec certains romans de Hammett. Là encore, Dieterle utilise magistralement les nombreux extérieurs, leur donne une résonnance dramaturgique, une maison près d’un escalier en plein air où des truands peuvent impunément terroriser un témoin, une rue en pente où il orchestres un meurtre spectaculaire filmé avec une fluidité cinglante.

THE ACCUSED est une découverte : le sujet peut paraître relativement banal, un homme tente de violer une femme ; celle-ci en se débattant donne des coups sur la tête de l’agresseur qui tombe mort sans qu’elle l’ait voulu. Chose plus excitante, la femme en question, Wilma Tuttle (Loretta Young) se trouve être une psychologue professeur à l’université de Los Angeles, et l’homme qui a tenté le viol, Bill Perry, est un de ses étudiants. Quand le film commence tout a été joué. L’écran est pratiquement noir et dans cette obscurité, apparaît près d’une voiture soudain la silhouette d’une femme dont on découvre le visage inquiet, terrifié se détachante sur le ciel, en premier plan (excellente photo de Milton Krasner). Dieterle filme sa course vers la ville en une succession de plans où elle est brusquement éclairée par des panneaux publicitaires, des phares de voiture. Cette spectaculaire ouverture du film se termine sur une affiche lumineuse publicisant le film MURDER avec Gail Russel.

  

LOVE LETTERS est un mélodrame assez extravagant, lointainement inspiré de Cyrano de Bergerac, que semblait affectionner le producteur Hal Wallis mais la mise en scène de Dieterle gomme une grande partie ce que le scénario pouvait avoir de lacrymal et de convenu. Rigueur des cadres, utilisation de la lumière, des possibilités du studio (ah cette campagne anglais reconstituée sur un plateau), invention dans les mouvements d’appareil. Jennifer Jones ne mollit pas sur les effets mais le résultat plane très au dessus de ce que l’on pouvait attendre.

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Commentaires (111)

 

  1. Henri Patta dit :

    Ma premiere deception depuis que je suis ce blog.
    Apres le visionnage du BAL DES POMPIERS chaudement recommande par Bertrand Tavernier , lors de sa precedente chronique ,ma deconvenue est grande .
    Tout vient je pense du personnage principal que joue Claude Dauphin qui est grime en vieillard et en fait des tonnes. Et si on rajoute cette voix chevrotante insupportable , la composition est vraiment penible au final , alors que Dauphin est un acteur que j ‘ai souvent apprecie.
    Vraiment dommage , car comme l ‘avait justement souligne mr Tavernier , le propos est tres original , si peu de temps apres la guerre.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Henri Patta
      Je ensemble que vous exagérez. Il en fait un peu trop dans le registre de la farce mais je le trouve très drôle en écrivain collabo et touchant dans le troisième rôle. Il joue théâtre comme souvent à l’époque et le grimage n’est qu’un clin d’oeil supplémentaire. Et tous les autres de Robert Arnoux à Henri crémeux jusqu’à Pierre Louis et Dominique Nohain sont très justes et les jeunes premiers sont beaucoup moins sirupeux que dans productions plus ambitieuses, de Carné à Autant Lara

      • Henri Patta dit :

        Je suis d ‘accord avec vous sur tout. Sauf au sujet de la composition de claude Dauphin , bien trop chargee , et qui affaibli beaucoup le film.
        J ‘ai resiste heroiquement , a ne pas appuyer sur la touche : vision acceleree , a chaque monologue du personnage. Et ce que vous dites du film , me donne d ‘autant plus de regrets , tout etait reuni pour un tres bon moment.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Mais laquelle, il joue trois rôles ce qui représente un tour de force donc LA composition ne veut rien dire si on ne parle pas des deux autres. Et même en vieillard, il a de très bons dialogues avec des propos cinglants sur l’époque que vous devriez repérer

    • MB dit :

      à H Patta: si vous nous avez fait l’honneur de lire tous les avis sur LE BAL, peut-être verrez-vous que vous ne pouvez réduire le film à l’interprétation de Dauphin en vieillard, ça ne peut pas gâcher tt un film!

  2. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous.
    Récemment sur ce blog nous évoquions Phil Karlson au sujet de la sortie DVD de SCANDAL SHEET.
    Bertrand, vous avez signalé la sortie d’un western assez rare de Karlson, THUNDERHOOF (1948).
    Ce film est sorti il y a deux ou trois jours chez Sidonis, et je me suis empressé de me le procurer.
    Effectivement quel film !
    Pas comme on pourrait s’y attendre, un petit film de série, même si le budget ne doit pas être Royal, mais un vrai grand film qui bénéficie d’une superbe histoire bien charpentee, de personnages (trois, pas plus) très bien « dessinés » et d’une remarquable photo noir et blanc.
    Un film assez court (77 mn) pourtant dense en événements, en affrontements.
    Les scènes en extérieurs sont majoritaires et je le répète admirablement filmées par un chef opérateur qui m’était inconnu, Henry Freulich.
    Admirables scènes quand le vent soufflé dans le désert.
    Je me suis juste demandé si Les scènes de haltes, le soir autour du traditionnel feu,étaient filmées en extérieurs ou en studio. L’utilisation du noir et blanc sur ce film ne permet pas trop d’avoir une réponse. Souvent, dans les westerns en couleur de cette époque la mise en scène de tels moments en studio se repère assez facilement. Ici, non.
    J’avais lu sur le site de la Cinémathèque Française qui l’aurait projeté en 2014, qu’il s’agit d’un script inspiré par un roman de Jack London, WHITE SILENCE, publié en 1900, mais rien ne l’indique durant le court générique du film.
    Effectivement le roman (ou nouvelle ?) de London, situé dans le Yukon, parle de trois personnages perdus qui tentent de rejoindre la civilisation et doivent affronter une nature hostile. Ça ressemble assez à la trame de ce beau film, même si dans le livre il n’est pas fait mention du cheval qui donne son titre au film.
    Les trois acteurs – qui ne sont pas des Stars, même si Preston Foster est le plus connu du trio – sont excellents, et apportent beaucoup de densité aux personnages qu’ils interprètent.
    Bref, une pépite à découvrir au plus vite.
    Encore merci.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean Pierre
      Bravo. Henry freulich a travaillé à cette époque trois fois avec Karlson et c’est vrai que sa films n’est pas terrible

  3. MB dit :

    à découvrir BONE TOMAHAWK, après avoir été scotché par le film, je me suis dit que le côté cru et gore pourrait ne jouer que comme une illusion de réalisme. Je ne retrouve rien sur ces Amérindiens troglodytes (si, yen avait en Alabama pas la même région), le nom de la tribu n’est pas mentionné. A priori ce serait une peuplade autarcique ou à volonté d’isolement or ils vont sortir de leur grotte pour une expédition punitive dans le village éloigné.
    OK c’est un film fantastique mais ça marche mieux quand ça démarre sur une assise réaliste. Donc ce type d’Indiens n’a jamais existé pourquoi pas mais après c’est pour les rendre encore plus méchants que dans les vieux westerns, le traitement infligé aux femmes enceintes et aux prisonniers? Complètement idiot comment donneront-elles la vie après? Oui mais c’est un film fantastique et pas réaliste, bon. Finalement tt en étant distrayant, je me demande si ce n’est pas le même principe que les vieux westerns: forcer sur la cruauté des Indiens pour accepter que les blancs les descendent comme des lapins. Ce qu’ils font. Bon cette cruauté de ces troglodytes est un peu abstraite et théorique, finalement. ceci dit on a pas vu un film comme ça depuis un bail!

    • Damien D. dit :

      Oui enfin BONE TOMAHAWK, je n’y ai pas pris grand plaisir personnellement : une première partie languissante et assez plan plan côté mise en scène (sorte de western banal) pour finir par une deuxième partie tout en cruauté gratuite pour que le spectateur soit bien écoeuré de ces pseudos indiens vivant dans une grotte (!). Sur les dernières scènes on est en effet plus près de films nauséeux comme CANNIBAL HOLOCAUST que d’un film mâtiné d’ethnologie et de fantastique… A réserver aux amateurs donc.

  4. Joe E Brown dit :

    Je ne partage qu’à moitié votre enthousiasme sur BAS LES MASQUES. C’est un film que j’appréciais beaucoup mais en le revoyant recemment, j’ai été un peu déçu.

    Si la relation entre Bogart et Kim Hunter (superbe rôle) est très bien écrite, notamment la scène où il revient dormir chez elle machinalement sans lui demander son avis (lui prenant le lit, elle le divan), je demeure plus circonspect sur le personnage d’Ethel Barrymore.

    Au départ, Barrymore est prête à vendre le journal sans sourciller. Et à la fin, à la simple écoute d’un speech de Bogart, elle change d’avis radicalement. Ce retournement ne tient pas trop psychologiquement. Et, avec ce changement éclair de dernière minute, l’on se demande bien retrospectivement quels étaient les arguments qui avaient poussé celle ci à vouloir tellement vendre le journal dans un premier temps. C’est un peu angélique à mon sens et un artifice de scénario, faute d’avoir travaillé assez le personnage d’Ethel Barrymore. De ce point de vue là, je préfère le dénouement de « La Tour des ambitieux » (Executive Suite) avec l’incroyable mais très crédible retournement d’opinion au sein du conseil d’administration (et des personnages actionnaires très bien écrits). Mais cet opinion n’engage que moi.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Joe E Brown
      Non le personnage d’Ethel réagit aussi à ce qu’elle voit des deux jeunes filles et de leurs maris. C’est cela qui la détermine autant que le speech de Bogart dont on sent qu’elle a été proche. Elle fait aussi passer que cette décision venait des actionnaires et pas d’elle. Je trouve que c’est un personnage proche de la propriétaire du Washington Post et on ne peut pas demander surtout à cette époque à un ancien journaliste de ne pas croire dans le pouvoir de la presse

  5. PHILIPPE GUILLERMO dit :

    Bonjour

    Netflix a mis en ligne un documentaire en 5 parties « Cinq hommes et une guerre » sur les expériences de cinq grands réalisateurs américains (Ford, Huston, Wyler, Stevens et Capra) pendant la seconde guerre mondiale. Quel regard portez-vous sur ce documentaire?

    Merci pour votre blog qui enthousiasme ma cinéphilie.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A PHILIPPE GUILLERMO
      Je n’ai pas vu la série mais j’ai lu le livre que j’ai trouvé formidable et dont j’ai parlé sur ce blog

  6. SERVANT Jean-Pierre dit :

    Je me suis laissé tenter par le film LA ROUTE NAPOLÉON de Jean Delannoy, sorti sur DVD chez Gaumont dans la collection rouge. J’avais vu et aimé ce film il y a bien longtemps à la télévision. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à me le procurer. Je dois avouer que mon (bon) souvenir s’est vite estompé pour cette histoire d’un publiciste qui pour attirer les touristes en Provence recrée l’itinéraire de Napoléon à son retour de l’île d’Elbe. Ne pouvant mettre la main sur un château dont le propriétaire vient de mourir, il se rabat sur un patelin voisin pour convaincre les habitants du passage de l’Empereur dans leur bourg, leur faisant miroiter de belles retombées économiques. Succinctement voici le résumé de cette histoire. Certes l’ensemble se regarde sans déplaisir, mais j’ai trouvé le film long (87 minutes qui m’ont semblé durer deux heures au bas mot), très bavard (la scène au debut entre Fresnay et ses sponsors est interminable) pour pas grand chose à l’arrivée.
    Cette peinture du monde de la publicité, de sa filouterie, m’a semblé bien vieillotte. Alors il reste quelques beaux (petits) morceaux sympathiques (l’arrivee de Fresnay a l’hôtel du village) avec des comédiens provençaux comme Vilbert, Arius et quelques autres, René Genin en curé de village… et Pierre Fresnay (pas trop fait pour la comedie a mon avis – à part dans LES VIEUX DE LA VIEILLE de Grangier où il campe un retraité des chemins de fer grincheux assez savoureux) dans ce rôle de publiciste qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Et le personnage de Claude Laydu en jeune instituteur qui fait tout un pataquès quand ses élèves désertent l’école pour aller à la parade publicitaire, m’a semblé bien poussif. J’ai cherché vainement pourquoi j’avais autrefois aimé ce film…
    Non, pas « le » Delannoy que je préfère.

  7. Damien D. dit :

    Question cruciale à Bertrand sur un sujet qui fait souvent débat ici : Sidonis va sortir en septembre le blu ray JE SUIS UN AVENTURIER d’Anthony Man. Or lors de sa diffusion récente sur arte il était dans un format curieux 1:85 ou 1:77 (comme d’ailleurs le dvd sorti chez universal il y a plusieurs années).
    Mann a du tourner le film en 1954 soit en 1:33 ou 1:66 ?!
    Qu’en est-il de la copie Sidonis à paraître ? Si le format proposé par Sidonis est encore un écran large « bâtard », je passerai mon tour…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      J’ai posé la question à Alain Carradore en lui faisant suivre les textes de DVD SAVANT que je trouve bien informé

      • Damien D. dit :

        Cela a dû aboutir car la sortie de JE SUIS UN AVENTURIER en blu ray a été annulée chez Sidonis.
        Reste à trouver pour eux chez Universal une copie conforme (le dvd américain le proposait au format 1.37 je crois). Sur le forum de dvdclassik on a discuté du format idéal de ce film et personne n’était d’accord ! Quand deux formats « officiels » existent pourquoi ne pas proposer les deux possibilités de visionnage du coup…

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film réalisé par Maurice Cazeneuve avec Mylène Demongeot »Cette nuit là »?Au verso de la jaquette est mentionné que ce film figure parmi les polars préférés de Kubrick.Alors là René Château m’en bouche un coin.

    • Mathieu dit :

      A Damien D:
      Au sujet de JE SUIS UN AVENTURIER, je me suis posé la même question en voyant la jaquette du BR Sidonis qui indique « CinemaScope ». Se peut-il que le film ait été, comme SEVEN BRIDES FOR SEVEN BROTHERS (MGM) et sans doute aussi SIGN OF THE PAGAN de Sirk (Universal comme le film de Mann) tourné dans les deux formats avec des caméras différentes en ces temps où le CinemaScope était encore un pari pas forcément rentable (comme le relief à peu près contemporain), sauf pour la Fox qui s’est mis à ne tourner qu’en CinemaScope?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Mathieu
        Cela n’est pas le cas je vous jure

      • Bertrand Tavernier dit :

        Debut de réponse dans DVD Talk mais Mann ne parle jamais de d’écran large dans ses interviews dans mon souvenir
        The Far Country » was previously released by Universal in a 1.33:1 open matte edition, revealing extra visual information at the top and bottom of the frame. The movie was always intended for 1.85:1 widescreen exhibition, and now Region 1 customers can get that version thanks to this anamorphic widescreen transfer. Only a few shots seem tight, with most of the compositions vastly improved by the rectangular image. (To be fair, the composition wasn’t too bad on the 1.33:1 version, even though it was plenty roomy. Since Mann had planned for the large range of projection formats that would come from the exhibition of an open matte film during the era, allowing theaters to decide how to show it, it’ll be up to you which look you prefer.)

        The downside is that the print used for this transfer isn’t very good, and there’s no effort from Universal to polish it up. (The same problem affects the individual open matte release, too.) Colors are faded, grain and dirt are omnipresent, and one shot is even missing a few frames, resulting in an ugly jump cut. There’s a softness to the image that betrays the movie’s lavish location shooting. It’s not a horrible image, but considering Universal is handing in a new transfer, you’d think they’d do some cleaning first.

        • Damien D. dit :

          Donc on pourrait supposer que Mann a tourné (et souhaité ?) son film en 1.33 et que lors de sa diffusion les salles le passait dans un format à leur convenance. Je pense que Sidonis doit le proposer dans au moins deux formats ce qui permettrait de se faire une opinion. Quand à la copie, on sera sans doute malheureusement loin de l’excellence, Universal n’investissant que très peu dans la restauration de ses films…

      • MB dit :

        « One expects Corrine Calvet to say, « Every time a bell rings, somebody Jeff Webster has shot gets his wings. » »
        (http://www.dvdtalk.com/reviews/6274/far-country-the/)

  8. Yves Rouxel dit :

    Quand en 1968 on interogeait Pierre Boulle sur l’adaptation cinématographique de son roman « La planète des singes »voilà ce qu’il disait: »Voir des comédiens déguisés en singes sur des chevaux,c’est d’un ridicule consternant,c’est grotesque ».Pourtant la même année Franklin J.Schaffner réalisait le premier volet avec Charlton Heston(le film à bien vieillit grace au travail sur le maquillages des acteurs,les décors puis surtout le contenu sombre de la fin du film).Il en est pas de même pour les suites et je m’attarderais pas sur la version de Burton.Revenons au dernier volet de la saga signée par Matt Reeves qui est une réussite à plus d’un titre.Tout d’abord »La performance capture »est une technique ou les comédiens cascadeurs s’investissent à fond grace à des capteurs(Quelquefois les progrès technique ont du bon).Andy Serkis acteur caméléon vu dans la trilogie de Peter Jackson,excelle dans le role de César le chef des singes qui cherche la paix et la liberté pour son peuple.Le metteur en scène joue sur l’émotion et met de coté les scènes de bataille et de violence.Il essaie de façon convaincante de nous décrire la psychologie des « primates »qui ont le sens des valeurs au détriment des hommes qui prônent la guerre et la mort d’une espèce.Le message est plus que clair sur l’environnement mais aussi sur l’aspect politique ou l’on voit la bannière étoilée avec un gros A puis brulée et arrachée.Woody Harrelson compose un colonel qui ressemble au colonel Kurtz d »Apocalypse now »de Coppola.C’est un paria qui s’est retrancher avec ses hommes contre la coalition nationale,il n’a plus rien à perdre.Lors d’une scènes dans le tunnel on voit marquer sur le mur »Ape pocalypse now »faisait référence aux singes,auparavant il y a un plan qui rappelle la sequence sur la plage vue précédemment dans l’œuvre de Schaffner.J’espère une suite à cette trilogie qui ne manque pas d’interet.

    • MinettePascal dit :

      Je trouve le scénario du Shaffner formidable, et le film devrait être prévu dans les programmes scolaires. A ce point qu’on en oublierait le roman de Pierre Boule, lui aussi incontournable, et dont le dénouement n’est pas moins scotchant.

  9. Gérard Berne dit :

    A Bertrand Tavernier,
    Bonjour Monsieur,
    J’ai lu, dans l’excellent livre de Thierry Frémaux consacré au Festival de Cannes, que vous aviez projet d’écrire un livre sur John Wayne…qu’en est-il?
    Je vous prie d’excuser cette question dans ces commentaires concernant plutôt les films en DVD, mais ne sachant pas comment vous contacter autrement…je lance ma question!
    Bien sincèrement.

  10. ballantrae dit :

    Bas les masques est un peu oublié alors qu’il me semble l’ancêtre des Hommes du président ou de Spotlight dont a beaucoup vanté qualités d’écriture, direction d’acteurs, sobriété du découpage autant de qualités du Brooks qui, si je ne m’abuse, ont pu être brocardées par une partie de la presse cinéma estimant que ce cinéaste était un simple représentant des « fictions de gauche » prétendument poussiéreuses cinématographiquement parlant.
    C ‘est l’un des plus beaux rôles de Bogart,un film aussi qui s’est réellement documenté sur son sujet ( le journalisme)et un récit haletant qui n’a rien à envier aux fictions de Pakula des 70’.Avec Park row, l’un des films qui célèbrent le journalisme que j’aime et dont je sens qu’il tend à se faire évincer par des pratiques peu remarquables.
    Brooks savait être grand et ample: qu’on se souvienne de Elmer Gantry, de In cold blood, des Professionnels ou de La dernière chasse entre autres.
    Même sa rencontre avec T Williams mérite d’être revue à ma grande surprise car ce m’avait semblé d’abord bien en deça des adaptations de Kazan, Mankiewicz,Huston ou Newman.
    Sinon parenthèse bien sûr pour célébrer la grande Jeanne mais aussi Sam Shepard qui incarnait lui aussi le meilleur de l’Amérique.Et à l’heure actuelle les Brooks et Shepard sont assurément de ceux qu’on peut considérer comme des « amis américains ».

    • MB dit :

      à Ballantrae: DOUX OISEAU DE JEUNESSE est exemplaire, n’est-ce pas le 1er film américain où on parle d’avortement?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Sans prononcer le mot, d’autres films parlent d’avortement. DETECTIVE STORY et Wyler dut se battre pour garder le personnage du médecin avorteur qui figurait de manière plus précise dans la pièce de Sidney Kingsley. Il dut renoncer malgré ses efforts au terme avorteur et l’on parla de boucher

        • MB dit :

          à Bertrand: oui, d’ailleurs je ne sais plus si le mot est vraiment prononcé dans le Brooks non plus, mais l’allusion est transparente. DOUX OISEAU est aussi très précis dans la représentation de la démagogie en politique, dans des films (américains) plus anciens, c’est souvent traité comme un trait pittoresque pardonnable, la démagogie d’un politicien (mais je dis « souvent » à dessein).

      • Mathieu dit :

        A MB:

        Dans CARRIE, le très beau film de William Wyler, le personnage joué par Jennifer Jones, la Carrie du titre, fait une fausse couche et si ma mémoire ne me trahit pas, son mari incarné par Laurence Olivier lui dit qu’étant donné les circonstances, c’est la meilleure chose qui pouvait arriver. Il ne s’agit pas bien sûr d’avortement, mais je trouve une telle scène assez rare dans le cinéma Hollywoodien de l’époque. Wyler, qu’on taxe parfois un peu trop facilement d’académisme, se sert souvent de la fidélité aux œuvres littéraires adaptées (Dreiser pour CARRIE, Henry James pour THE HEIRESS) pour s’éloigner des canons hollywoodiens. Beaucoup de ses films échappent à la loi du happy ending par exemple.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          C’est ce que vient de m’écrire Pat Mc Gilligan qui note le grand engament de Wyler qui se servait d’oeuvres théâtrales pour s’en prendre aux conventions d’Hollywood

        • Mathieu dit :

          A Bertrand :

          Il y a d’autres choses dans CARRIE qu’on n’a pas l’habitude de voir dans un film hollywoodien de cette époque, comme l’intérieur d’une usine, en l’occurrence l’atelier de confection de chaussures où l’héroïne travaille et d’où elle se fait virer sans ménagement parce qu’elle n’arrive pas à suivre la cadence et s’est blessée avec sa machine à coudre. Par ailleurs le dvd Paramount de CARRIE commence par un carton assez énigmatique qui dit (je cite de mémoire) que le film présente une scène jamais montrée au public américain de l’époque car supprimée en raison du contexte politique, et que cette scène a été restaurée sur le dvd. Or cette scène située presqu’à la fin du film montre Laurence Olivier tombé dans la misère, seul et malade, se faisant éjecter le matin de l’asile de nuit puis aller errer par les rues sans oser mendier. En quoi le contexte politique de 1952 (je suppose que le carton du dvd fait allusion à la guerre froide, à l’anticommunisme et à la chasse aux sorcières) empêchait-il de montrer une telle scène située dans le Chicago de la fin du dix-neuvième siècle?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          C’était considéré comme un dénigrement de l’Amérique, une prise de position anti américaine et une grande partie des journaux, des éditorialistes, des « commères » auraient épousé ces positions. Pour l’ensemble de Hollywood et John Wayne et Hawks et Hedda Hopper qui a été incroyablement virulente, HIGH NOON était une oeuvre violemment anti américaine et Wayne citait en se trompant, la séquence de l’église. On n’a pas idée de la violence des conservateurs soutenus par l’Alliance pour la préservation des Idéaux américains dont les leaders étaient Wayne, Ward Bond, King Vidor, Borden Chase. Ford adhéra mais ne siégea jamais je crois

        • MB dit :

          CARRIE: et c’est une scène qu’on aurait pu voir dans un film des années 30 (je ne me rappele pas de titres hélas).

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:

          J’ai lu récemment que Barbara Stanwyck faisait aussi partie de cette alliance, et qu’elle était une grande admiratrice d’Ayn Rand (elle même membre de l’Alliance…) et que c’est elle qui a poussé Warner a acheter les droits de THE FOUNTAINHEAD et qu’elle voulait jouer le rôle attribué ensuite à Patricia Neal.

  11. Michael Rawls dit :

    RIP JEANNE MOREAU

    At youtube.com, if you type in sailor from gibraltar david cairns, you will find a quite handsome looking video of Moreau performing Jo le rouge, from the aforesaid Richardson film, the English lyrics of which seem to me worthy of Brecht or maybe Elizabeth Hauptmann. In the sidebar on the right, you will find Mr. Cairns’s post of Alan Aldridge’s title sequence for « Sailor » which is up there with Saul Bass in my opinion. By the way, Ms. Moreau at some point performed as a band singer with Ray Ventura’s band. Shame she and Astaire could have never gotten together on « I’d Be Hard to Handle ».

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Michael Rawls
      I just listened. It is great

    • Yves Rouxel dit :

      J’ai une pensée pour Jeanne Moreau qui s’était éloignée des plateaux de cinéma et du milieu artistique.J’ai eu la chance de l’a rencontrer près de Lourdes lors du tournage du « Miraculé »de Mocky.C’était une bonne vivante,blagueuse avec Serrault et Poiret qui apréciait le bon vin et la bonne chère.On ne peut résumer ici sa carrière internationale puisqu’elle à tourner beaucoup de films en Italie.Ce soir je vais revoir « La vieille qui marchait dans la mer »un film que j’affectionne beaucoup.Le duo Michel Serrault et Jeanne Moreau sont épatants.

  12. MB dit :

    à tous: en lisant la bio de Hitchcock (ed Actes Sud) j’ai été scié d’apprendre que Hitchcock admirait Antonioni et Godard, admiratif de leur technique, on aurait dû l’interviewer là-dessus. J’ai toujours tendance à croire les anciens cinéastes américains ignorants du cinéma non américain. A plus forte raison, Hitch amoureux de l’intrigue, admire des films qui se moquent de l’intrigue.
    Voyant BLOW UP, il dit « Voyez! Il filme un homme en blanc sur un fond blanc! On peut le faire! ». Incroyable.

    • MinettePascal dit :

      Et Orson Welles qui disait son admiration pour « La femme du boulanger ».
      Quid de Ford et du cinéma français ?

      • MB dit :

        à MP: Ford connaissait le cinéma français?

        • MinettePascal dit :

          En fait, c’était justement le sens de ma question . Qu’est-ce que Ford connaissait du cinéma français ? Mr Tavernier doit savoir ça, à mon avis…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Il faut que vous vous mettiez dans la tete que ce n’était pas du tout un cinéphile. Il allait très peu au cinéma, voyait des films quand il y avait des projections chez des amis mais préférait se saouler sur son yacht et subit des cures de désintoxication. Comme Hawks, il ne s’est déplacé pour voir Willie Boy, déclarant comme Hawks, à Rissient : »écrivez ce que vous voulez ». Wellman lui est venu et a adoré le film. King se serait aussi déplacé. Mais Ford qui découvre Eisenstein à Londres dans les années 50 avec Lindsay Anderson et déclare que c’est un metteur en scène pour marionettes (IVAN LE TERRIBLE). En revanche,c’était un lecteur avide. Mais Hawks lui même était un très mauvais cinéphile. Ses commentaires sur Yuma de Daves et HIGH NOON sont idiots . Il ne parait jamais saisir le sujet du film et on peut se demander même s’il les a vus. La vie qu’ils menaient, les horaires de tournages, les distances bloquait beaucoup de velléités de voir des films. Parfois durant une préparation, le studio pouvait, à leur demande organiser des projections pour voir un acteur. Peu de cinéastes de cette période ont la même curiosité que Dreville, Chenal, Carné en France. Ou René Clair qui se bat pour faire ressortir VOYAGE SANS RETOUR. Duvivier était beaucoup plus curieux, cinéphile

        • MinettePascal dit :

          Ford ne voyant pas les films des autres…comme ces chefs d’orchestre qui ne vont jamais au concert. Un paradoxe de plus !

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Minette Pascal
          Ce n’est pas un paradoxe. Il y a des artistes qui créent sans s’occuper des autres et d’autres qui se nourrissent de leurs oeuvres. Des réalisateurs comme De Toth, Dieterle, Lang étaient plus cinéphiles (de Toth parlait même dans une premiere version de ses mémoires de TRENO POPULARE de Matarazzo). Et puis tous les metteurs en scène de la génération d’après qui étaient eux des passionnés de cinema. Cela dit Ford avait une admiration éperdue pour THE HONOR SYSTEM de Walsh.De Mille se fendit d’une belle lettre pour complimenter Powell et Pressburger pour l’accomplissement visuel, les audaces dES CONTES D’HOFFMAN en faisant une faute à ce dernier mot

        • Henri Patta dit :

          Pas un paradoxe , mais tout de meme , je suis toujours ebahi que des realisateurs et parmi les plus grands ne s ‘interesse pas a leur art en dehors de leurs propres realisations.
          A contrario , certains sont dingues de cine.
          J ‘ai appris que TARANTINO a achete un cinema historique a los angeles et y projette des films en 35 mm .
          Et notre hote aussi est un sacre accro. Au 7e art.

        • MB dit :

          à Bertrand: d’accord, Ford ou Hawks n’avaient pas le temps de voir des films mais c’est pour ça que je soulignai l’originalité de Hitchcock qui lui, prenait le temps. Il commandait telle ou telle copie pour qu’on lui passe dans sa salle de projo à la Universal! et encore une fois ça pouvait très bien être un Antonioni ou un Godard! (cf McGilligan, un homme précieux!).
          En ce qui concerne Hawks, on voit tt le sentiment de supériorité de l’homme qui n’aurait jamais vu LES CROIX DE BOIS mais en utilise des séquences entières pour les insérer dans THE ROAD TO GLORY! Cocasse! Je précise avant que vous ne me le précisiez que c’était l’idée de Zanuck qui avait acheté les droits du Bernard uniquement pour prélever ces séquences de bataille et surtout pas pour distribuer le film aux USA. Tourner des séquences analogues aux USA aurait coûté trop cher, le pragmatisme américain dans tte sa splendeur… (source McCarthy).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Hitchcock était européen comme Preminger, Wilder qui eux voyaient beaucoup de films

        • MinettePascal dit :

          A Henri : Un cinéaste non cinéphile, c’est comme un compositeur qui n’aime pas la musique.
          Comme dans tout art, j’imagine qu’il y a une évolution. On commence à regarder des films, à s’en inspirer, avant de tout balayer pour laisser parler sa propre nature et proposer du nouveau ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Non ce n’est PAS DU TOUT CELA. La comparaison ne tient pas. Il ne s’agit pas du tout de ne pas aimer la musique ou le cinema mais de ne pas être intéressé par la musique ou les films des autres. La plupart des compositeurs de musique de film que je connais (exception, Bruno Coulais, demeure, Beltrami) détestent, méprisent la musique de leurs collègues (ils sont plus fermés et dictatoriaux que les cinéastes). Ford aimait le cinéma mais il mettait sa passion dans la réalisation des films qu’il arrachait aux studios, aux financiers. Il participe à la création de la DGA pour les droits des réalisateurs. Je me souviens d’une rencontre entre Astruc et Walsh où Astruc expliquait qu’il avait vu 20 fois AVENTURES EN BIRMANIE et les NUS ET LES MORTS avant de faire LA LONGUE MARCHE. Walsh le remerciait avec politesse mais on sentait qu’il n’arrivait pas à comprendre pourquoi un cinéaste avait besoin de revoir autant de fois ces films avant de faire le sien. Cela lui était totalement étranger. Et la vision du film l’aurait encore plus perturbé tant il est formaliste avec le moindre déplacement marqué à la craie. Aux antipode de la mise en scène de Walsh qui ne répétait jamais les séquences d’action.Les films que font ces cinéastes traduisent un amour du cinéma qui n’a pas besoin de se nourrir des films des autres puisque le cinéma ils l’inventent Cela dit, Ford avait du voir certains films (allemands notamment) et il connaissait des films de Lean et Asquith et les admirait

    • Henri Patta dit :

      A M.B
      Oui , cela fait 50 ans que les realisateurs americains , des qu ‘on parle cinema francais , citent Godard ou Truffaut. Vraie admiration ou reflexe pavlovien ?

  13. Yves Rouxel dit :

    Deux films que je conseille à tous ceux dont le cinéma est devenu une addiction voire une passion inavoué même sous la torture.Tout d’abord la première réalisation de Jean pierre Blanc »La vieille fille »en 71.On retrouve Muriel(Annie Girardot)et Gabriel(excellent Philippe Noiret),l’une passe trois semaines de vacances dans un petit hotel de Cassis et l’autre est obliger de faire une halte car sa cadillac à des problèmes de moteur.Cette œuvre est d’une grande sensibilité et touchant et nous décrit de façon optimiste la solitude de deux quadragénaires perdus aux moments des grandes vacances.Il y à plusieurs scènes amusantes dont celle çi que j’ai retenu,quand Gabriel propose à Muriel de boire un verre on aperçoit à la terrasse du bar deux nonnes en train de déguster deux religieuses!!!C’est un petit film d’une grande audace dans l’écriture du scénario.On retrouve Jean pierre Darras qui dirige ce petit hotel puis Marthe Keller qui joue les serveuses entremetteuse,mais sans tomber dans la vulgarité des dialogues.La musique légère et enjoleuse est signée par Michel Legrand et apporte un réel plaisir.Le second film à un rapport avec le 7ème art,il s’agit à mon avis d’un des chef d’œuvre d’Ettore Scola. »Splendor »nous plonge en Italie ou le directeur d’un cinéma de quartier se remémore le temps ou il était enfant,il accompagnait son père conduisant un camion et proposant des projections en plein air de classiques du cinéma.Mastroianni et Troisi(excellent dans Il postino)sans oublier la jolie Marina Vlady forment un trio qui veut défendre cet espace de rèves et de liberté face à la multiplication des chaines de tv qui programment tous les jours quantités de films.Tout le long du déroulement on va retrouver »Métropolis », »Le fanfaron » »La bataille d’Alger »mais l’attrait principal est dans les dialogues .Le personnage qu’incarne Massimo Troisi qui est projectionniste connait les répliques par cœur de films qui ont marqués sa vie.Pour ceux qui ne connaissent ce film je ne révelerais pas le retournement final qui est emplit d’espoir.Je finirais en recommandant à tous d’aller voir le documentaire consacré à la tournée d’adieu du Buena vista social club qui est un pur délice et qui redonnera du baume au cœur en ses temps si troubler que nous vivons.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      J’ai été l’attaché de presse de la VIEILLE FILLE au moment de la sortie. Il y avait un énorme conflit entre JP Blanc et le producteur qui lui a demandé de refaire le montage et réenregistrer la musique. Il a fait mine d’accepter et n’a STRICTEMENT RIEN CHANGÉ et Legrand a enregistré la même chose. Les Siritzky en voyant le film ont dénoncé le contrat les obligeant à le sortir. J’ai organisé une projection pour Denis Chateau de la Gaumont (qui sera un allié inestimable lors de L’HORLOGER). Il a aimé le film qui est sorti au Concorde avec un immense succès. Danon avait dit à Blanc qui si il dépassait X entrées il pouvait être traité d’imbécile. Ce qui est arrivé dans une ambiance plus détendue. Il a produit le second film du cinéaste qui, enivré par sa victoire, a voulu être aussi radical mais sans prendre d’acteurs connus et il s’est malheureusement vautré commercialement avec un film inégal mais truffé de notations personnelles, noires. Puis il a peu à peu sombré. Je n’ai pas revu D’AMOUR ET D’EAU FRAICHE. J’avais longuement, cher Rouxel, vanté SPLENDOR dans ce blog

      • Sullivan dit :

        À Bertrand : « J’avais longuement, cher Rouxel, vanté SPLENDOR dans ce blog. » –> et j’avais moi-même parlé du très beau Scola tourné dans la foulée de SPLENDOR, avec Mastroianni et Troisi QUELLE HEURE EST-IL ? (en racontant au préalable l’anecdote selon laquelle Tornatore était venu voir Scola sur le tournage de SPLENDOR en s’excusant d’avoir fait dans le même temps son CINEMA PARADISO qu’il n’aurait pas tourné s’il savait que le « Maître » réalisait un film similaire). On connaît le destin commercial des 2 films : le Scola bien qu’immésement supérieur a fait un score confidentiel alors que le Tornatore a cassé la baraque.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Je vous remercit de tous ces détails sur »La vieille fille ».Est ce que ses autres films sont disponibles en dvd?

      • Catherine dit :

        Bonjour Mr Tavernier

        Est-ce lorsque vous étiez l’attaché de presse de la VIEILLE FILLE que vous avez rencontré Philippe Noiret ??
        Et delà avez pensé à lui pour le rôle de l’horloger ??

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Catherine
          Non, c’est durant LA GUERRE DE MURPHY. Et oui, j’ai tout de suite pensé à lui pour l’HORLOGER

        • Catherine dit :

          Il est génial dans le film de Peter Yates, déjà portant un maillot rose délavé (mitchumesque ?) que l’on retrouvera dans « Coup de Torchon »…??
          Lui et vous ce fut une grande et belle rencontre en tout cas.
          Je garde un faible infaillible pour « Que la Fête Commence », où avec « La Grande Bouffe » c’est le film où P.Noiret s’éclate le plus dans la paillardise !! Mais pas que, il philosophe aussi….

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Yves ROUXEL : absolument d’accord avec vous sur LA VIEILLE FILLE de Jean-Pierre Blanc. Ce film est un réel bonheur de cinéma. J’aime ke revoir souvent pour les personnages pittoresques (Darras, Lonsdale) que l’on croisent dans ce récit plein de finesse, de tendresse. Les deux vacanciers au centre de l’histoire, Muriel Bouchon, la vieille fille du titre et Gabriel Marcassus, en « vacances » forcées en raison de la panne de sa voiture, sont très attachants et émouvants. Un beau dialogue et une mise en scène très inspirée.

    • Henri Patta dit :

      A YVES ROUXEL.
      Au sujet de LA VIEILLE FILLE , j ‘avoue ne pas comprendre votre enthousiasme.
      Un scenario minimaliste , des dialogues tres pauvres , un montage fait a la hache. Le film fait moins de 1h 30 mais il m ‘a fallut le voir par etapes tant il me semblait long. Les scenes de GIRARDOT mettant et enlevant son maillot de bain , sous sa serviette , mises bout a bout doivent depassees les 5 mn chrono.
      J ‘ai trouve ce film vraiment mauvais , preuve une nouvelle fois que le cinema procure des ressentis tout a fait differents selon les individus .

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Henri Patta
        Rien à voir avec bon ou mauvais, vous ne rentrez pas dans le principe d’une narration qui repose sur les redites, les répétitions, l’absence d’action, le fait de dire ou d’accomplir la même chose. Le producteur haïssait le film pour ces mêmes raisons mais il ne pouvait rien changer tant JP Blancs avait imposé cette vision volontairement étriquée qui pointe les conventions un peu comme dans le théâtre de l’absurde

        • Henri Patta dit :

          A Bertrand Tavernier.
          Certe ,mais meme vu sous cet angle ce film reste pour moi une vraie purge.
          Et comme tous les dvd que je n ‘ai pas aime je l ‘ai mis dans la categorie : a revoir dans 5 ans. J ‘ai eu parfois d ‘agreables surprises apres avoir revu un film de prime abord tres decevant.

      • Yves Rouxel dit :

        Un film dans la même veine est »Le sourire »de Claude Miller,cinéaste dont on ne parle pas assez sur ce blog.On retrouve un Jean pierre Marielle imperial entourer d’un Richard Bohringer toujours aussi allumé dans le role d’un directeur de strip tease ambulant.Marielle avec son air débonnaire et détaché voire lunaire à toujours sauver plusieurs films,c’est un de mes acteurs préférés mais qui à délaisser les plateaux de cinéma pour les planches.

  14. Henri Patta dit :

    A Bertrand Tavernier.
    THE TURNING POINT est-il soustitre ou seulement en V.O ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Henri Patta
      Hélas seulement en VO mais on comprend facilement ce qu’ils se disent

      • stag dit :

        A Bertrand,
        Je vais découvrir bientôt plusieurs films que mentionnent votre sélection de ce mois, mais sans en parler encore j’aimerais vous demander conseil sur la filmographie de Luis Buñuel que je ne connais que très peu pour ne pas dire quasiment pas puisque le décès de Jeanne Moreau m’a permis de revoir le seul film que j’avais déjà vu du cinéaste : LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE. Je le trouve très bon, tant dans le macabre que dans l’humour noir, ce grand-père et ses bottines a des détours à la fois hilarants et poétiques. J’apprécie également toujours autant de voir Georges Geret, comédien très juste, dont la partition dans WEEK-END A ZUYDCOOTE m’a toujours ravi. J’y penses puisque l’époque est à cette époque de l’échappatoire des anglophones sur cette cote du nord de la france.
        Bref.
        Quel opus de Buñuel me conseilleriez-vous de voir pour plonger dans cette oeuvre, existe-t’il d’autres films du cinéaste un peu dans la même veine que ce JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE ?
        D’avance merci.

        • Yves Rouxel dit :

          « Terre sans pain »est un film documentaire sombre sur une partie de l’Espagne qui à vécut des années de misère.Filmer camera à l’épaule,Luis Bunuel nous décrit une population coupée du monde,misérable ou les frères couchent avec leurs propres sœurs,les hommes partent au printemps à la ville afin de travailler et de ramener de quoi subsister sur cette terre hostile et arride.Un film de Bunuel réalisé en 1936 et qui résonne encore aujourd’hui.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Stag
          Honnêtement ce n’est pas ce blog qui peut vous répondre. Il existe des masses d’ouvrages sur Bunuel et vous DEVRIEZ voir LOS OLVIDADOS, NAZARIN, VIRIDIANA, BELLE DE JOUR, LES CHARMES DISCRETS DE LA BOURGEOISIE, LA VIE D’ARCHIBALD DE LA CRUZ, EL et tant d’autre. Je n’aime guère certains de ses films français des années 50/60. Ceux de sa fin de carrière sont admirables. Il était, écrit Michael Powell, celui qui trouvait tout de suite ce que l’on cherchait depuis des années »

        • Damien D. dit :

          LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE et L’ANGE EXTERMINATEUR sont pour moi parmi les meilleurs que j’ai vu de BUNUEL où derrière la charge anti-bourgeoise habituelle du réalisateur l’humour grinçant est aussi présent.

        • MB dit :

          dans LE CHARME DISCRET les personnages ont du mal à se réunir (leurs rencontres sont toujours interrompues du moins), dans L ANGE ils n’arrivent pas à se séparer.

        • stag dit :

          Merci pour vos réponses.
          J’ai découvert quelques films sans retrouver ce qui m’avait plut dans LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE, un scénario tenu, sans fioritures, un portrait glaçant d’une certaine « france », et ce vieux fétichiste tout à fait surprenant et épatant, comme personnage au milieu du lot.
          J’ai vu BELLE DE JOUR, TRISTANA, LE CHARME DISCRET, CET OBSCURE OBJET DU DESIR? THE PHANTOM OF LIBERTY, THE MILKY WAY, sans passer de mauvais moments je n’ai pas eu lu coup de coeur ressenti du film au très bon rôle très bien joué par Jeanne Moreau cité à l’entame.
          J’ai cherché longtemps LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE, que vante Bertrand Tavernier dans le bonus de son BUFFET FROID, pour exemple de son « on passe toujours après quelqu’un d’autre », qu’il disait être un peu du même type que son film et que celui si l’avait probablement un peu inspiré. Je l’ai cherché pendant deux ans en me trompant de titre et en cherchant dans le cinéma italien.
          Bonne rentrée à tous !

        • stag dit :

          Je voulais parler de bertrand blier au sujet de buffet froid, vous aurez corrigé.

  15. Terry dit :

    Je me suis procuré le bluray de bas les masques ;
    Je tenais à revoir ce film dans de bonnes conditions mais c’est
    surtout la présence de Patrick Brion dans les bonus qui m’a décidé.
    Je l’écouterais pendant des heures ce passionné…
    Je lui doit tellement de découvertes notamment grâce à son cinéma de minuit ( que du bonheur et de souvenirs mémorables )
    J’ai aussi acheté « quelque part dans la nuit » de Mankiewicz dans la même édition et toujours avec les commentaires de Brion.
    Merci pour votre blog Bertrand Tavernier.

    • Whatever dit :

      D’accord sur Patrick Brion. Lui et Claude-Jean Philippe sont des passeurs formidables qui ont illustré l’expression « service public ». Après une période bien creuse, il semblerait que ce flambeau ait été repris par Arte.

      Merci encore à Bertrand Tavernier pour ce blog particulièrement vivifiant.

  16. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à tous,
    il est aussi question dans cette chronique d’un réalisateur dont personne ne parle, à savoir Michael Gordon.
    J’ai relu la notice que 50 ANS DE CINEMA AMERICAIN lui consacre et tout corrobore, tant du point de vue du corpus dont parle Bertrand que de celui de l’expérience que je viens de vivre.
    En effet, on m’avait refilé il y a quelques temps le dvd Universal d’un film de Gordon qui végétait sur mon étagère et que j’ai vraiment trainé à visionner car je craignais le pire. Cette dernière chronique m’a décidé à vérifier que j’avais raison d’avoir peur. Il s’agit de PORTRAIT IN BLACK, réalisé en 1960, produit par Ross Hunter, mis en musique par Franz Skinner et interprété par Lana Turner, Anthony Quinn, Lloyd Nolan, Richard Basehart, Ray Walston, Sandra Dee et John Saxon.
    Vous pensez à Douglas Sirk? Vous avez raison. Mais la comparaison s’arrête là.
    Cela faisait longtemps que je n’avais vu de mélodrame criminel aussi poussif. C’est grotesque à un point difficilement envisageable. Le couple criminel et vedette fait conneries sur conneries. L’amour peut rendre con mais alors à ce point-là! Cela en devient presque hilarant surtout lorsque Lana Turner, dans un trip « Facteur sonne toujours deux fois » de la haute, lance à son amant, des trémolos dans la voix : « Alors, on va encore être obligé de tuer? »
    J’oubliais de dire, mais cela n’étonnera personne, que la photo est signée Russell Metty, qui fait plus que son boulot, et elle seule m’a permis d’aller jusqu’au bout.
    PORTRAIT IN BLACK : c’est du Douglas Sirk qui n’en est pas. Une espèce d’antimatière..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Gordon a été une vraie victime de la liste noire. Il a craqué tard, s’est fait avoir (contrairement à Ray sa dénonciation est devenue publique) et il semble que cela l’ait brisé. Ses films à Universal n’ont plus aucun ressort. Je pense qu’il a souffert aussi de CYRANO DE BERGERAC projet idiot imposé par Kramer contre l’avis de Carl Foreman (le budget était ridicule)

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Alexandre Angel : PORTRAIT IN BLACK n’est pas vraiment mauvais, bien que je trouve le suspense assez poussif. C’est bien une production Universal années 50/60, avec ses couleurs particulières, éclairages, vedettes…
      Je l’ai revu récemment sans un enthousiasme forcené malgré Lana Turner et Anthony Quinn. Pas inoubliable, mais quelques belles scènes.
      C’est curieux comme on peut reconnaître avec un maximum de chances de ne pas se tromper – et sans voir le logo du studio produisant le film – une « texture » UNIVERSAL, FOX, PARAMOUNT ou WARNER à cette époque ou même dans les années 40. Le style de ces studios est tellement différent dans la photo, l’utilisation de la couleur (et du noir et blanc), sûrement dû à leurs équipes de techniciens, décorateurs etc…
      Parfois les UNIVERSAL des années 50 me semblent trop « rutilants » dur l’emploi de la couleur *à part pour SIRK où ses melodrames flamboyants tirent à mon goût bénéfice de ces tons chauds. PARAMOUNT est parfois décevant dans le même ordre d’idée car tout semble « artificiel » (l’influence de C.B.de Mille ?). J’ai une forte préférence pour les « atmosphères » FOX et WARNER. Quant à COLUMBIA » je trouve que leurs productions ont un « goût » tirant vers le moderne, « l’actuel ».
      Ce ne sont que des impressions bien sûr, mais plus je vois les films de ces différents studios US, plus j’en suis convaincu.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A SERVANT Jean-Pierre
        Cela tient parfois aussi au laboratoire, au gout du préposé à la couleur, aux codes imposés par le Studio

      • Henri Patta dit :

        A SERVANT jean-pierre.
        Je ne sais plus quel realisateur americain disait qu ‘on reconnaissait un film de la MGM au fait que si l ‘on montrait l ‘appartement d’une modeste serveuse de bar , il faisait au moins 240 m2.

        • MB dit :

          à H Patta: ça c’est vrai, incroyable le volume des appartements des gens modestes dans ces films, un peu pour faciliter le tournage laisser de la place aux projecteurs à la caméra et l’équipe? C’est avec les films de la RKO après-guerre qu’on voit des gens modestes vivre dans des lieux modestes (cf l’appart de Fontaine et Stevens dans FROM THIS DAY… de John Berry en 46).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Non déjà avant dans des films Warner des années 30 (dans les Wellman, il y a plein d’hotels miteux et d’appartements déglingués), les oeuvres pre code mais la MGM a toujours prôné l’opulence. Et souvent une opulence qui figeait tout

        • MB dit :

          à Bertrand: bon sang mais c’est bien sûr! comment ai-je pu oublier les Warner pre-code des années 30, un moment d’égarement, le doigt de porto du dimanche midi sans doute…

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Henri Patta : Cédric Gibbons ?
          Oui à la METRO c’était toujours le grand luxe… en toutes circonstances.

        • Henri Patta dit :

          A SERVANT jean-pierre.
          Non cela m ‘est revenu. C ‘etait edward Dmytryk.

        • Henri Patta dit :

          Edward Dmytryk dont pour revenir a la chronique precedente j ‘adore le film de guerre : Le BAL DES MAUDITS.
          Voila un film ou pour le coup le scenario et les acteurs sont en premiere ligne et non pas de la chair a canon pour les effets speciaux et pyrotechniques , il va falloir que je le revoie , mais j ‘en garde un tres bon souvenir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Moi je ne suis guère enthousiaste

        • Mathieu dit :

          A Henri Patta:
          J’ai au moins un exemple de film MGM avec appartements étroits et sombres, c’est le très réussi THE BLACK HAND de Richard Thorpe avec Gene Kelly, avec de très beaux décors qui reconstituent le quartier de Little Italy et où la communauté italienne est plutôt moins caricaturée que dans d’autres productions hollywoodiennes (on y parle beaucoup l’italien et pas l’anglais prononcé à la Chico Marx). Les appartements de SIDE STREET d’Anthony Mann sont assez réalistes également si je me souviens bien.

  17. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous : je n’ai jamais vu DARK CITY de Dieterle, un des premiers films avec Charlton Heston en vedette.
    Par contre je me demande d’i un jour un éditeur français sortira enfin PORTRAIT OF JENNIE (1949), toujours de Dieterle, avec Jennifer Jones, Joseph Cotten, Ethel Barrymore et Lilian Gish. Une histoire fantastico-romantique ahurissante de beauté, adaptée d’un roman de Robert Natan. Je n’ai qu’un DVD zone 1 que je ne peux plus lire, mon multizones m’ayant lâché.
    Pour moi ce film est un réel joyau du cinéma que je peux revoir à l’infini.
    Une édition avec bonus serait la bienvenue.

  18. SERVANT Jean-Pierre dit :

    Oui BAS LES MASQUES est un très beau film de Richard Brooks. Je l’avais découvert gamin à la télé aux DOSSIERS DE L’ECRAN dans les années 70, en VF bien sûr, et il a fallu cette superbe édition française Rimini pour que je le redécouvre avec le même bonheur. C’est un « Bogart » assez rare en vidéo tout comme THE ENFORCER de Walsh sorti chez Films sans Frontières il y a quatre ou cinq ans.
    BAS LES MASQUES est un beau portrait de journalistes qui croient en une presse libre et honnête. J’aime ce Brooks particulièrement.

    • Henri Patta dit :

      A Servant Jean-pierre.

      Oui , j ‘avais vu ce film aux dosdiers de l ‘ecran. Il y a de fortes chances que ce film dont je ne savais pas grand chose soit BAS LES MASQUES.
      Ce blog est un bonheur constant

  19. MB dit :

    Merci aux bloggeurs de m’avoir fait découvrir NON COUPABLE de Decoin, une pépite, Michel Simon est au sommet de son génie, et fait passer la suffisance de ce personnage complexé, par des petits riens à peine descriptibles car très subtils. Je ne crois pas l’avoir déjà vu aussi bon. Il faut réévaluer tout Decoin qui est trop ignoré malgré Bertrand et l’Institut Lumière (vous avez fait un hommage je crois). Aucun de ses films n’est restauré en hd il me semble.

    • Mathieu dit :

      A MB:
      « Aucun de ses films n’est restauré en hd il me semble ». Si, au moins deux à ma connaissance, disponible en BR chez Gaumont, RAZZIA SUR LA CHNOUF avec le trio du GRISBI Gabin-Ventura-Frankeur, qui n’est pas mal du tout (on en a parlé ici) et L’AFFAIRE DES POISONS, nettement moins bon malgré ses couleurs sombres à la Hammer détonnant sur la platitude plastique de la plupart des films français en couleurs de l’époque.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB : Oui NON COUPABLE est superbe !
      J’ai aussi découvert récemment BONNES À TUER, un hui-clos de 1954 avec Danielle Darrieux, Corinne Calvet et Michel Auclair. Un bon suspense que je ne connaissais pas. Sans être à mon avis un des meilleurs films de DECOIN, il possède de beaux moments (collection rouge de Gaumont).

      • Bertrand Tavernier dit :

        a SERVANT Jean-Pierre
        Je trouve BONNE A TUER très décevant. Héros pas du tout intéressant, intrigue à la fois pesante et n’ouvrant sur rien. Comme parfois, on répond avec du retard, ce serait bien de rappeler le film dont on parle

    • Sullivan dit :

      Tout comme MB : Merci pour NON COUPABLE, j’ai découvert un film qui mérite vraiment le détour. Quelle fin !!!

  20. Damien D. dit :

    Très intéressante sélection Universal dont on peut espérer un jour des sorties chez nos éditeurs français (Elephant films par exemple qui a actuellement les droits) même si ce n’est pas gagné…

    Sur Dieterle j’en profite Bertrand pour vous signaler un oubli dans sa filmo de « 50 ans.. » à savoir LES MYSTÈRES D’ANGKOR qui semble son seul film réalisé en France en 1960. Le film a une réputation de nanar kitsch où l’on retrouve Lino Ventura dans un rôle d’espion italien ! Il est sorti dans la collection rouge de Gaumont. Si quelqu’un l’a vu ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      On ne l’avait pas mis parce qu’on le trouvait médiocre et qu’on ne l’avait pas vu à temps. Hervé Dumont a bien montré que Dieterlé s’est fait avoir par le producteur allemand

  21. Henri Patta dit :

    Au sujet d ‘ABANDONNED avec Raymond Burr , la carriere de ce dernier me laisse perplexe.
    Il etait parfait dans les roles de « mechants » et sa carriere etait au sommet avec FENETRES SUR COUR.
    Que lui a t-il pris de bifurquer soudain vers des feuilletons T.V comme Perry Masson ou plus tard l ‘homme de fer ?
    Lasse de jouer les eternels salauds ?
    Avoir une certaine securite de l ’emploi dans un role recurrent ?
    Cela reste un mystere pour moi et surtout un beau gachis.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Henri Patta
      aucun mystère. Des années d’emploi assuré avec des personnages qui l’ont rendu hyper populaire pendant des années

      • Henri Patta dit :

        C ‘etais donc ca. Donc un beau gachis. Burr etait vraiment tres bon dans de nombreux films des annees 40 et 50. B Superieur a richard Conte je trouve , dont on parle dans cette rubrique et qui lui aussi , a joue , dans tant de films noirs.

        Je me demande si BAS LES MASQUES , n ‘est pas ce film vu un jour a la T.V etant gamin .Film que j ‘avais adore , et dont je n ‘ai jamais pu revoir ensuite ne sachant rien du titre ni du realisateur. J ‘ai hate de verifier.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Il n’avait du tout le même emploi que Richard Conte qui est extraordinaire dans de nombreux films dans des couleurs autres. Déjà leur gabarit était différent. Conte a pu jouer les héros et Burr jamais jusqu’à Perry Mason. On comprend donc qu’il ait voulu incarner ce personnage célèbre et bien écrit. Nul gâchis. Cela lui permettait enfin de changer d’emploi. Vous pouvez comprendre ce qui se passe dans la tete d’un acteur qui se sent condamné à jouer le même type de personnage

        • Mathieu dit :

          A Henri Patta:
          Par hasard je viens juste de voir (hier soir) un film avec Raymond Burr (le très bon HORIZONS WEST de Boetticher) et je ne vois pas trop le rapport avec Richard Conte, à part peut-être la capacité à incarner des personnages violents et dominateurs (je pense à Conte dans THE BIG COMBO). Conte a souvent une fragilité, une fébrilité même, très éloignée du caractère de Burr.

    • MB dit :

      à H Patta: mais c’est tout simple, les acteurs cherchent à gagner leur vie, ça compte aussi! Ils sont nombreux à s’être orientés vers la TV après qqs films, aux USA. D’autre part, Burr est-il si mauvais dans les Perry Mason ou IRONSIDE? je sais pas j’en ai vu aucun, c’est que le cinéma hollywoodien des années 50-60 avait le grave défaut de catégoriser les acteurs de 2nd plan dans des types de personnage (plus que les acteurs de 1er plan). Ils l’étaient autant dans des rôles de TV mais là au 1er plan ou même si au 2nd plan avec l’assurance de salaires réguliers si la série marchait bien, ce qui est quand même important. Burr était peut-être au sommet de sa carrière dans REAR WINDOW, lui habitué plus aux séries B, mais il y a un rôle très ingrat où il ne pouvait pas exprimer grand chose. Ceci dit je préfère me souvenir de lui dans le Mann RAW DEAL ou des petits polars comme SAN QUENTIN, bien sûr c’étaient toujours les mêmes rôles, des bandits méchants ce qui a dû le lasser. Au moins il a trouvé à jouer les héros à la TV, ce qui l’a fait changer de registre, avec le succès, ce qui est appréciable.
      Nous voulons voir les acteurs dans des bons rôles mais leur point de vue à eux est de gagner leur vie décemment, comment leur reprocher?
      Maintenant qqs élus concilient les deux tant mieux pour eux.

    • Yves Rouxel dit :

      A Henri.Raymond Burr s’est tourner vers la tv durant les années 60 avec ‘Ironside »puis plus tard Perry Mason.L’acteur était assez exigeant et avait un caractère teigneux,il ne supportait pas les gros plans sur les jeunes starlettes dans »L’homme de fer »ou il jouait assis dans un fauteuil(on voit au début du générique le personnage policier se fait tirer dessus).Les producteurs avaient penser à faire un préqel de cette série puis il y à eu Perry Mason qui à durer une quinzaine d’années et qui fut un triomphe sur ABC.

  22. Sullivan dit :

    J’ai adoré découvrir BAS LES MASQUES grâce à l’initiative de Jean-Pierre Vasseur (ex fondateur et patron d’Opening) avec son label Rimini Editions. Le Blu Ray est top. Ce genre de frissons dont vous parlez, je les avais également ressentis au visionnage de PARK ROW de Fuller, sorti la même année en 1952. D’autres films sur le journalisme honnête et courageux m’ont fait vibrer tels le très beau GOOD NIGHT AND GOOD LUCK de Clooney ou THE INSIDER de Michael Mann, parmi quelques autres.
    Puisque vous évoquez le trafic de bébés, j’ai envie d’indiquer un film d’un réalisateur que j’aime beaucoup, Baltasar Kormákur. Il se fourvoie parfois, mais quand il est bon, il est bon. Ce film, c’est ETAT DE CHOC (INHALE). Un thriller ramassé sur une réalité d’aujourd’hui qui fait froid dans le dos, je n’en dis pas plus. Les autres bons films de Kormákur sont pour les films islandais, THE SEA (Drame familial exceptionnellement riche à tous les niveaux), JAR CITY (captivant thriller, très bonne adaptation d’un roman d’Arnaldur Indridason, avec son personnage récurrent, l’inspecteur Erlendur). Au passage, il faut lire les romans d’Indridason et surtout la série avec Erlendur, comme il faut lire la série des Robicheaux chez Burke. Dans un cas comme dans l’autre, les deux écrivains s’intéressent à la vie sociale, à la collectivité, à l’histoire profonde du pays où se déroulent leurs récits, et tous deux possèdent l’art consommé du détail. WHITE NIGHT WEDDING (plus simple que titre islandais) débute comme une comédie de mariage joviale et satirique pour se transformer en comédie dramatique (certains mauvais esprits vont dire « évidemment »…). Dans ce film on trouve l’immense acteur Ólafur Darri Ólafsson que l’on retrouvera (dans des registres bien différents) dans un autre très bon film de Kormákur, SURVIVRE et dans une mini série policière à ne surtout pas rater, TRAPPED. Je place cette série au même niveau que TOP OF THE LAKE de Campion. Enquête passionnante, et découverte d’une culture, d’un pays dans les deux. Un autre thriller est à ne pas rater (co-prod Islando-américaine) : CRIME CITY, avec Forest Whitaker, Peter Coyote, Jeremy Renner et Julia Stiles. Du côté des films hollywoodiens, j’ai déjà cité ETAT DE CHOC et c’est le seul à mon sens qui tienne le coup. EVEREST et 2 GUNS m’ont déçu, ainsi que CONTREBANDE, remake inutile d’un film islandais d’Óskar Jónasson, REYKJAVIK –
    ROTTERDAM, dans lequel Kormákur tenait le rôle principal avec brio (bien mieux que Mark Wahlberg dans le remake).

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