Une riche sélection de raretés Universal

28 juillet 2017 par - DVD

Il faut voir et revoir voir de toute urgence BAS LES MASQUES sur la mort d’un journal et les batailles qu’il mène contre la corruption. Qu’est-ce que ce beau film démocratique de Richard Brooks tient bien le coup et sonne actuel dans ces temps de disparition de journaux ! Le journalisme que prône le cher Bogey me fait toujours passer des frissons. Cet hymne à un métier, à ses codes, à sa décence reste très émouvant. Ce type de journalisme a été mis à mal il n’y a pas si longtemps mais il peut et devrait renaître. C’est même le seul espoir qui devrait le faire vivre (vérifiez dix fois toutes les infos, dit Ed Hutchinson « un journal libre vous fait prendre des risques, une vie libre aussi »). Kim Hunter qui était déjà sur la liste noire, est magnifique et son dernier plan inoubliable (quel est l’imbécile qui a écrit sur le net que Brooks sacrifiait les femmes ? Ethel Barrymore, très émouvante balaie déjà cette absurdité). Et le scénario de Brooks brasse avec virtuosité trois intrigues. Le portrait des héritières qui se moquent du journal est cinglant et réconfortant à la fois.

On peut trouver en Italie chez Jubal Classics un western Republic en couleur (le célèbre Trucolor) de William Witney, THE OUTCAST (LES PROSCRITS DU COLORADO) qui est un film extrêmement sympathique, bien découpé et filmé, avec une utilisation astucieuse des extérieurs, truffés de mélèzes jaunes. Le sujet est à la fois traditionnel (le héros, John Derek, veut récupérer son ranch qui a été volé par Jim Davis) mais avec des touches modernistes : il utilise une bande de malfrats sans scrupules menés par Robert Steele,  et lui-même est obsédé par sa vengeance. Mais Derek qui est plus animé que d’habitude est en-dessous du rôle contrairement à Jim Davis, James Millican. Les couleurs du DVD sont un peu passées mais correctes et Witney utilise mieux le Trucolor que les autres réalisateurs Republic. Joan Evans est très agréable à regarder mais une courte scène de flagellation qui commence sur des ombres est coupée dans ce DVD pour des raisons familiales. Des scènes d’action intéressantes dont une bagarre teigneuse dans un hôtel (les décors d’intérieurs sont sommaires) et un affrontement au milieu du bétail.

FILMS RARES UNIVERSAL
UNIVERSAL vient de sortir, sans sous titre hélas, plusieurs films qui étaient très rares. D’abord des films sociaux ou policiers comme ABANDONNED de Joe Newman qui bénéficie de dialogues brillants, incisifs de William Bowers (Dennis O’Keefe à Raymond Burr qui joue un privé corrompu : « Toi honnête ? Autant me dire qu’un vautour est devenu végétarien. » et qui parle d’un sujet rarement évoqué, le trafic de bébés. La musique du générique est celle de THE KILLERS et Raymond Burr est magnifique surtout dans ses scènes avec Marjorie Rambeau (prédatrice terrifiante qui renouvelle le concept de femme fatale) et Mike Mazurki : « Ah je regrette le bon vieux temps du chantage et de l’escroquerie. »

  

Il faut voir le petit corpus de films dirigés par Michael Gordon, à commence par AN ACT OF MURDER. ANOTHER PART OF THE FOREST est superbement joué comme le précédent film par Fredric March, ainsi qu’Edmond O’Brien, Ann Blyth dans un de ses rares contre emploi et surtout Betsy Blair très fragile et très touchante. Il s’agit d’une adaptation de Lilian Hellman d’une pièce qui se passe avant LES PETITS RENARDS et le scénario de Vladimir Pozner est très habile. Gordon dé-théâtralise ce dernier, avec d’incessants et brillants mouvements d’appareil et recadrages, qui transcrivent la frénésie émotionnelle des personnages.
Il faut voir aussi WOMAN IN HIDING avec Ida Lupino, film noir très tendu surtout dans la seconde partie, avec une belle séquence de tentative de meurtre dans des escaliers, interrompue par des fêtards (Magnifique photo de William Daniels) et The Web que l’on trouve dans une bonne copie sur LOVING THE CLASSICS. C’est un excellent film noir une fois encore superbement dialogué par William Bowers.

THE SLEEPING CITY de George Sherman est un petit film noir modeste, au ton retenu mais qui présente de vraies originalités. Il se déroule entièrement dans un hôpital (le Bellevue) avec un nombre inhabituel d’extérieurs. L’Hôpital Bellevue exigea que Richard Conte dans un prologue affirme que tous les trafics et les meurtres qu’on voit dans le film sont purement fictifs. Le procédé est tellement gros qu’il accrédite les « inventions » du scénariste. Regardez la manière dont sont écrits et distribués les personnages de policiers qui paraissent criants de vérité notamment quand, se trompant, ils interrogent Richard Conte.

  

En dehors du policier, ruez vous malgré l’absence de sous-titres sur FRENCHMAN’S CREEK de Mitchell Leisen, qui trouvait le scénario horrible. Ce qui n’est pas juste, car cette romance entre une aristocrate frustrée, délaissée par son mari et un pirate qui lit Ronsard, ressemble à une transposition rêvée de BRÈVE RENCONTRE au XVIIème siècle. Leisen qui conçut les costumes et notamment les extraordinaires robes de Joan Fontaine, crée une somptueuse féerie visuelle, jouant sur les ombres et la lumière, le bleu et le doré, avec un raffinement Minellien. Mais il soigne certaines séquences d’action comme cette attaque nocturne d’un galion. Arturo de Cordova, la star mexicaine de tant de films de Roberto Gavaldon (MAINS CRIMINELLES) est censé jouer un Français. Tout le monde glisse d’ailleurs quelques mots en français ou les chante avec une variété d’accents assez cocasses. Basil Rathbone dans un personnage odieux (il veut tout le temps violer Joan Fontaine), connaît une fin terrible et croise Nigel Bruce, le Watson des Sherlock Holmes.

William Dieterle
Il est bon de revenir sur ce cinéaste passionnant et sur cette fin de carrière américaine que l’on a condamnée un peu trop superficiellement comme le prouvent de nouvelles visions de DARK CITY, premier grand rôle de Charlton Heston, Dieterle est vraiment en forme et avec la complicité de l’opérateur Victor Milner, réussit quelques séquences dignes de figurer dans une anthologie du genre : parties de poker truquées, descentes de police, interrogatoires. Il y a un formidable début de castagne dans une chambre de motel entre Jack Webb, excellent, et Heston qui joue un personnage totalement amoral. Dieterle joue habilement avec les sources de lumière, lampes, fenêtres avec stores, enseignes lumineuses. Puis comme dans beaucoup de productions Hal Wallis, le film bifurque vers l’intrigue sentimentale que les scénaristes peinent à raccrocher au sujet principal. Ce que l’on perd en violence, en atmosphère, on le gagne parfois en compassion même si le personnage de Lizbeth Scott avec ses chansons (elle est doublée) freine l’action.

THE TURNING POINT (sur www.lovingtheclassics.com) est encore plus satisfaisant, mieux tenu, mieux écrit par Warren Duff d’après une histoire d’Horace McCoy (même si le dénouement paraît quelque peu précipité). Le propos est classique : un nouveau procureur (Edmond O’Brien, remarquable) veut assainir une ville gangrenée par la corruption (qui était plus étendue, plus précise chez McCoy) sous l’œil d’un journaliste désabusé et sceptique (William Holden, parfait). Il y a là des similitudes avec certains romans de Hammett. Là encore, Dieterle utilise magistralement les nombreux extérieurs, leur donne une résonnance dramaturgique, une maison près d’un escalier en plein air où des truands peuvent impunément terroriser un témoin, une rue en pente où il orchestres un meurtre spectaculaire filmé avec une fluidité cinglante.

THE ACCUSED est une découverte : le sujet peut paraître relativement banal, un homme tente de violer une femme ; celle-ci en se débattant donne des coups sur la tête de l’agresseur qui tombe mort sans qu’elle l’ait voulu. Chose plus excitante, la femme en question, Wilma Tuttle (Loretta Young) se trouve être une psychologue professeur à l’université de Los Angeles, et l’homme qui a tenté le viol, Bill Perry, est un de ses étudiants. Quand le film commence tout a été joué. L’écran est pratiquement noir et dans cette obscurité, apparaît près d’une voiture soudain la silhouette d’une femme dont on découvre le visage inquiet, terrifié se détachante sur le ciel, en premier plan (excellente photo de Milton Krasner). Dieterle filme sa course vers la ville en une succession de plans où elle est brusquement éclairée par des panneaux publicitaires, des phares de voiture. Cette spectaculaire ouverture du film se termine sur une affiche lumineuse publicisant le film MURDER avec Gail Russel.

  

LOVE LETTERS est un mélodrame assez extravagant, lointainement inspiré de Cyrano de Bergerac, que semblait affectionner le producteur Hal Wallis mais la mise en scène de Dieterle gomme une grande partie ce que le scénario pouvait avoir de lacrymal et de convenu. Rigueur des cadres, utilisation de la lumière, des possibilités du studio (ah cette campagne anglais reconstituée sur un plateau), invention dans les mouvements d’appareil. Jennifer Jones ne mollit pas sur les effets mais le résultat plane très au dessus de ce que l’on pouvait attendre.

Continuez votre lecture avec



Articles similaires


Commentaires (44)

 

  1. Michael Rawls dit :

    RIP JEANNE MOREAU

    At youtube.com, if you type in sailor from gibraltar david cairns, you will find a quite handsome looking video of Moreau performing Jo le rouge, from the aforesaid Richardson film, the English lyrics of which seem to me worthy of Brecht or maybe Elizabeth Hauptmann. In the sidebar on the right, you will find Mr. Cairns’s post of Alan Aldridge’s title sequence for « Sailor » which is up there with Saul Bass in my opinion. By the way, Ms. Moreau at some point performed as a band singer with Ray Ventura’s band. Shame she and Astaire could have never gotten together on « I’d Be Hard to Handle ».

  2. MB dit :

    à tous: en lisant la bio de Hitchcock (ed Actes Sud) j’ai été scié d’apprendre que Hitchcock admirait Antonioni et Godard, admiratif de leur technique, on aurait dû l’interviewer là-dessus. J’ai toujours tendance à croire les anciens cinéastes américains ignorants du cinéma non américain. A plus forte raison, Hitch amoureux de l’intrigue, admire des films qui se moquent de l’intrigue.
    Voyant BLOW UP, il dit « Voyez! Il filme un homme en blanc sur un fond blanc! On peut le faire! ». Incroyable.

    • MinettePascal dit :

      Et Orson Welles qui disait son admiration pour « La femme du boulanger ».
      Quid de Ford et du cinéma français ?

    • Henri Patta dit :

      A M.B
      Oui , cela fait 50 ans que les realisateurs americains , des qu ‘on parle cinema francais , citent Godard ou Truffaut. Vraie admiration ou reflexe pavlovien ?

  3. Yves Rouxel dit :

    Deux films que je conseille à tous ceux dont le cinéma est devenu une addiction voire une passion inavoué même sous la torture.Tout d’abord la première réalisation de Jean pierre Blanc »La vieille fille »en 71.On retrouve Muriel(Annie Girardot)et Gabriel(excellent Philippe Noiret),l’une passe trois semaines de vacances dans un petit hotel de Cassis et l’autre est obliger de faire une halte car sa cadillac à des problèmes de moteur.Cette œuvre est d’une grande sensibilité et touchant et nous décrit de façon optimiste la solitude de deux quadragénaires perdus aux moments des grandes vacances.Il y à plusieurs scènes amusantes dont celle çi que j’ai retenu,quand Gabriel propose à Muriel de boire un verre on aperçoit à la terrasse du bar deux nonnes en train de déguster deux religieuses!!!C’est un petit film d’une grande audace dans l’écriture du scénario.On retrouve Jean pierre Darras qui dirige ce petit hotel puis Marthe Keller qui joue les serveuses entremetteuse,mais sans tomber dans la vulgarité des dialogues.La musique légère et enjoleuse est signée par Michel Legrand et apporte un réel plaisir.Le second film à un rapport avec le 7ème art,il s’agit à mon avis d’un des chef d’œuvre d’Ettore Scola. »Splendor »nous plonge en Italie ou le directeur d’un cinéma de quartier se remémore le temps ou il était enfant,il accompagnait son père conduisant un camion et proposant des projections en plein air de classiques du cinéma.Mastroianni et Troisi(excellent dans Il postino)sans oublier la jolie Marina Vlady forment un trio qui veut défendre cet espace de rèves et de liberté face à la multiplication des chaines de tv qui programment tous les jours quantités de films.Tout le long du déroulement on va retrouver »Métropolis », »Le fanfaron » »La bataille d’Alger »mais l’attrait principal est dans les dialogues .Le personnage qu’incarne Massimo Troisi qui est projectionniste connait les répliques par cœur de films qui ont marqués sa vie.Pour ceux qui ne connaissent ce film je ne révelerais pas le retournement final qui est emplit d’espoir.Je finirais en recommandant à tous d’aller voir le documentaire consacré à la tournée d’adieu du Buena vista social club qui est un pur délice et qui redonnera du baume au cœur en ses temps si troubler que nous vivons.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      J’ai été l’attaché de presse de la VIEILLE FILLE au moment de la sortie. Il y avait un énorme conflit entre JP Blanc et le producteur qui lui a demandé de refaire le montage et réenregistrer la musique. Il a fait mine d’accepter et n’a STRICTEMENT RIEN CHANGÉ et Legrand a enregistré la même chose. Les Siritzky en voyant le film ont dénoncé le contrat les obligeant à le sortir. J’ai organisé une projection pour Denis Chateau de la Gaumont (qui sera un allié inestimable lors de L’HORLOGER). Il a aimé le film qui est sorti au Concorde avec un immense succès. Danon avait dit à Blanc qui si il dépassait X entrées il pouvait être traité d’imbécile. Ce qui est arrivé dans une ambiance plus détendue. Il a produit le second film du cinéaste qui, enivré par sa victoire, a voulu être aussi radical mais sans prendre d’acteurs connus et il s’est malheureusement vautré commercialement avec un film inégal mais truffé de notations personnelles, noires. Puis il a peu à peu sombré. Je n’ai pas revu D’AMOUR ET D’EAU FRAICHE. J’avais longuement, cher Rouxel, vanté SPLENDOR dans ce blog

      • Sullivan dit :

        À Bertrand : « J’avais longuement, cher Rouxel, vanté SPLENDOR dans ce blog. » –> et j’avais moi-même parlé du très beau Scola tourné dans la foulée de SPLENDOR, avec Mastroianni et Troisi QUELLE HEURE EST-IL ? (en racontant au préalable l’anecdote selon laquelle Tornatore était venu voir Scola sur le tournage de SPLENDOR en s’excusant d’avoir fait dans le même temps son CINEMA PARADISO qu’il n’aurait pas tourné s’il savait que le « Maître » réalisait un film similaire). On connaît le destin commercial des 2 films : le Scola bien qu’immésement supérieur a fait un score confidentiel alors que le Tornatore a cassé la baraque.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Yves ROUXEL : absolument d’accord avec vous sur LA VIEILLE FILLE de Jean-Pierre Blanc. Ce film est un réel bonheur de cinéma. J’aime ke revoir souvent pour les personnages pittoresques (Darras, Lonsdale) que l’on croisent dans ce récit plein de finesse, de tendresse. Les deux vacanciers au centre de l’histoire, Muriel Bouchon, la vieille fille du titre et Gabriel Marcassus, en « vacances » forcées en raison de la panne de sa voiture, sont très attachants et émouvants. Un beau dialogue et une mise en scène très inspirée.

  4. Henri Patta dit :

    A Bertrand Tavernier.
    THE TURNING POINT est-il soustitre ou seulement en V.O ?

  5. Terry dit :

    Je me suis procuré le bluray de bas les masques ;
    Je tenais à revoir ce film dans de bonnes conditions mais c’est
    surtout la présence de Patrick Brion dans les bonus qui m’a décidé.
    Je l’écouterais pendant des heures ce passionné…
    Je lui doit tellement de découvertes notamment grâce à son cinéma de minuit ( que du bonheur et de souvenirs mémorables )
    J’ai aussi acheté « quelque part dans la nuit » de Mankiewicz dans la même édition et toujours avec les commentaires de Brion.
    Merci pour votre blog Bertrand Tavernier.

    • Whatever dit :

      D’accord sur Patrick Brion. Lui et Claude-Jean Philippe sont des passeurs formidables qui ont illustré l’expression « service public ». Après une période bien creuse, il semblerait que ce flambeau ait été repris par Arte.

      Merci encore à Bertrand Tavernier pour ce blog particulièrement vivifiant.

  6. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à tous,
    il est aussi question dans cette chronique d’un réalisateur dont personne ne parle, à savoir Michael Gordon.
    J’ai relu la notice que 50 ANS DE CINEMA AMERICAIN lui consacre et tout corrobore, tant du point de vue du corpus dont parle Bertrand que de celui de l’expérience que je viens de vivre.
    En effet, on m’avait refilé il y a quelques temps le dvd Universal d’un film de Gordon qui végétait sur mon étagère et que j’ai vraiment trainé à visionner car je craignais le pire. Cette dernière chronique m’a décidé à vérifier que j’avais raison d’avoir peur. Il s’agit de PORTRAIT IN BLACK, réalisé en 1960, produit par Ross Hunter, mis en musique par Franz Skinner et interprété par Lana Turner, Anthony Quinn, Lloyd Nolan, Richard Basehart, Ray Walston, Sandra Dee et John Saxon.
    Vous pensez à Douglas Sirk? Vous avez raison. Mais la comparaison s’arrête là.
    Cela faisait longtemps que je n’avais vu de mélodrame criminel aussi poussif. C’est grotesque à un point difficilement envisageable. Le couple criminel et vedette fait conneries sur conneries. L’amour peut rendre con mais alors à ce point-là! Cela en devient presque hilarant surtout lorsque Lana Turner, dans un trip « Facteur sonne toujours deux fois » de la haute, lance à son amant, des trémolos dans la voix : « Alors, on va encore être obligé de tuer? »
    J’oubliais de dire, mais cela n’étonnera personne, que la photo est signée Russell Metty, qui fait plus que son boulot, et elle seule m’a permis d’aller jusqu’au bout.
    PORTRAIT IN BLACK : c’est du Douglas Sirk qui n’en est pas. Une espèce d’antimatière..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Gordon a été une vraie victime de la liste noire. Il a craqué tard, s’est fait avoir (contrairement à Ray sa dénonciation est devenue publique) et il semble que cela l’ait brisé. Ses films à Universal n’ont plus aucun ressort. Je pense qu’il a souffert aussi de CYRANO DE BERGERAC projet idiot imposé par Kramer contre l’avis de Carl Foreman (le budget était ridicule)

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Alexandre Angel : PORTRAIT IN BLACK n’est pas vraiment mauvais, bien que je trouve le suspense assez poussif. C’est bien une production Universal années 50/60, avec ses couleurs particulières, éclairages, vedettes…
      Je l’ai revu récemment sans un enthousiasme forcené malgré Lana Turner et Anthony Quinn. Pas inoubliable, mais quelques belles scènes.
      C’est curieux comme on peut reconnaître avec un maximum de chances de ne pas se tromper – et sans voir le logo du studio produisant le film – une « texture » UNIVERSAL, FOX, PARAMOUNT ou WARNER à cette époque ou même dans les années 40. Le style de ces studios est tellement différent dans la photo, l’utilisation de la couleur (et du noir et blanc), sûrement dû à leurs équipes de techniciens, décorateurs etc…
      Parfois les UNIVERSAL des années 50 me semblent trop « rutilants » dur l’emploi de la couleur *à part pour SIRK où ses melodrames flamboyants tirent à mon goût bénéfice de ces tons chauds. PARAMOUNT est parfois décevant dans le même ordre d’idée car tout semble « artificiel » (l’influence de C.B.de Mille ?). J’ai une forte préférence pour les « atmosphères » FOX et WARNER. Quant à COLUMBIA » je trouve que leurs productions ont un « goût » tirant vers le moderne, « l’actuel ».
      Ce ne sont que des impressions bien sûr, mais plus je vois les films de ces différents studios US, plus j’en suis convaincu.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A SERVANT Jean-Pierre
        Cela tient parfois aussi au laboratoire, au gout du préposé à la couleur, aux codes imposés par le Studio

      • Henri Patta dit :

        A SERVANT jean-pierre.
        Je ne sais plus quel realisateur americain disait qu ‘on reconnaissait un film de la MGM au fait que si l ‘on montrait l ‘appartement d’une modeste serveuse de bar , il faisait au moins 240 m2.

        • MB dit :

          à H Patta: ça c’est vrai, incroyable le volume des appartements des gens modestes dans ces films, un peu pour faciliter le tournage laisser de la place aux projecteurs à la caméra et l’équipe? C’est avec les films de la RKO après-guerre qu’on voit des gens modestes vivre dans des lieux modestes (cf l’appart de Fontaine et Stevens dans FROM THIS DAY… de John Berry en 46).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Non déjà avant dans des films Warner des années 30 (dans les Wellman, il y a plein d’hotels miteux et d’appartements déglingués), les oeuvres pre code mais la MGM a toujours prôné l’opulence. Et souvent une opulence qui figeait tout

        • MB dit :

          à Bertrand: bon sang mais c’est bien sûr! comment ai-je pu oublier les Warner pre-code des années 30, un moment d’égarement, le doigt de porto du dimanche midi sans doute…

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Henri Patta : Cédric Gibbons ?
          Oui à la METRO c’était toujours le grand luxe… en toutes circonstances.

        • Henri Patta dit :

          A SERVANT jean-pierre.
          Non cela m ‘est revenu. C ‘etait edward Dmytryk.

        • Henri Patta dit :

          Edward Dmytryk dont pour revenir a la chronique precedente j ‘adore le film de guerre : Le BAL DES MAUDITS.
          Voila un film ou pour le coup le scenario et les acteurs sont en premiere ligne et non pas de la chair a canon pour les effets speciaux et pyrotechniques , il va falloir que je le revoie , mais j ‘en garde un tres bon souvenir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Moi je ne suis guère enthousiaste

  7. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous : je n’ai jamais vu DARK CITY de Dieterle, un des premiers films avec Charlton Heston en vedette.
    Par contre je me demande d’i un jour un éditeur français sortira enfin PORTRAIT OF JENNIE (1949), toujours de Dieterle, avec Jennifer Jones, Joseph Cotten, Ethel Barrymore et Lilian Gish. Une histoire fantastico-romantique ahurissante de beauté, adaptée d’un roman de Robert Natan. Je n’ai qu’un DVD zone 1 que je ne peux plus lire, mon multizones m’ayant lâché.
    Pour moi ce film est un réel joyau du cinéma que je peux revoir à l’infini.
    Une édition avec bonus serait la bienvenue.

  8. SERVANT Jean-Pierre dit :

    Oui BAS LES MASQUES est un très beau film de Richard Brooks. Je l’avais découvert gamin à la télé aux DOSSIERS DE L’ECRAN dans les années 70, en VF bien sûr, et il a fallu cette superbe édition française Rimini pour que je le redécouvre avec le même bonheur. C’est un « Bogart » assez rare en vidéo tout comme THE ENFORCER de Walsh sorti chez Films sans Frontières il y a quatre ou cinq ans.
    BAS LES MASQUES est un beau portrait de journalistes qui croient en une presse libre et honnête. J’aime ce Brooks particulièrement.

    • Henri Patta dit :

      A Servant Jean-pierre.

      Oui , j ‘avais vu ce film aux dosdiers de l ‘ecran. Il y a de fortes chances que ce film dont je ne savais pas grand chose soit BAS LES MASQUES.
      Ce blog est un bonheur constant

  9. MB dit :

    Merci aux bloggeurs de m’avoir fait découvrir NON COUPABLE de Decoin, une pépite, Michel Simon est au sommet de son génie, et fait passer la suffisance de ce personnage complexé, par des petits riens à peine descriptibles car très subtils. Je ne crois pas l’avoir déjà vu aussi bon. Il faut réévaluer tout Decoin qui est trop ignoré malgré Bertrand et l’Institut Lumière (vous avez fait un hommage je crois). Aucun de ses films n’est restauré en hd il me semble.

    • Mathieu dit :

      A MB:
      « Aucun de ses films n’est restauré en hd il me semble ». Si, au moins deux à ma connaissance, disponible en BR chez Gaumont, RAZZIA SUR LA CHNOUF avec le trio du GRISBI Gabin-Ventura-Frankeur, qui n’est pas mal du tout (on en a parlé ici) et L’AFFAIRE DES POISONS, nettement moins bon malgré ses couleurs sombres à la Hammer détonnant sur la platitude plastique de la plupart des films français en couleurs de l’époque.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB : Oui NON COUPABLE est superbe !
      J’ai aussi découvert récemment BONNES À TUER, un hui-clos de 1954 avec Danielle Darrieux, Corinne Calvet et Michel Auclair. Un bon suspense que je ne connaissais pas. Sans être à mon avis un des meilleurs films de DECOIN, il possède de beaux moments (collection rouge de Gaumont).

      • Bertrand Tavernier dit :

        a SERVANT Jean-Pierre
        Je trouve BONNE A TUER très décevant. Héros pas du tout intéressant, intrigue à la fois pesante et n’ouvrant sur rien. Comme parfois, on répond avec du retard, ce serait bien de rappeler le film dont on parle

    • Sullivan dit :

      Tout comme MB : Merci pour NON COUPABLE, j’ai découvert un film qui mérite vraiment le détour. Quelle fin !!!

  10. Damien D. dit :

    Très intéressante sélection Universal dont on peut espérer un jour des sorties chez nos éditeurs français (Elephant films par exemple qui a actuellement les droits) même si ce n’est pas gagné…

    Sur Dieterle j’en profite Bertrand pour vous signaler un oubli dans sa filmo de « 50 ans.. » à savoir LES MYSTÈRES D’ANGKOR qui semble son seul film réalisé en France en 1960. Le film a une réputation de nanar kitsch où l’on retrouve Lino Ventura dans un rôle d’espion italien ! Il est sorti dans la collection rouge de Gaumont. Si quelqu’un l’a vu ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      On ne l’avait pas mis parce qu’on le trouvait médiocre et qu’on ne l’avait pas vu à temps. Hervé Dumont a bien montré que Dieterlé s’est fait avoir par le producteur allemand

  11. Henri Patta dit :

    Au sujet d ‘ABANDONNED avec Raymond Burr , la carriere de ce dernier me laisse perplexe.
    Il etait parfait dans les roles de « mechants » et sa carriere etait au sommet avec FENETRES SUR COUR.
    Que lui a t-il pris de bifurquer soudain vers des feuilletons T.V comme Perry Masson ou plus tard l ‘homme de fer ?
    Lasse de jouer les eternels salauds ?
    Avoir une certaine securite de l ’emploi dans un role recurrent ?
    Cela reste un mystere pour moi et surtout un beau gachis.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Henri Patta
      aucun mystère. Des années d’emploi assuré avec des personnages qui l’ont rendu hyper populaire pendant des années

      • Henri Patta dit :

        C ‘etais donc ca. Donc un beau gachis. Burr etait vraiment tres bon dans de nombreux films des annees 40 et 50. B Superieur a richard Conte je trouve , dont on parle dans cette rubrique et qui lui aussi , a joue , dans tant de films noirs.

        Je me demande si BAS LES MASQUES , n ‘est pas ce film vu un jour a la T.V etant gamin .Film que j ‘avais adore , et dont je n ‘ai jamais pu revoir ensuite ne sachant rien du titre ni du realisateur. J ‘ai hate de verifier.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Il n’avait du tout le même emploi que Richard Conte qui est extraordinaire dans de nombreux films dans des couleurs autres. Déjà leur gabarit était différent. Conte a pu jouer les héros et Burr jamais jusqu’à Perry Mason. On comprend donc qu’il ait voulu incarner ce personnage célèbre et bien écrit. Nul gâchis. Cela lui permettait enfin de changer d’emploi. Vous pouvez comprendre ce qui se passe dans la tete d’un acteur qui se sent condamné à jouer le même type de personnage

        • Mathieu dit :

          A Henri Patta:
          Par hasard je viens juste de voir (hier soir) un film avec Raymond Burr (le très bon HORIZONS WEST de Boetticher) et je ne vois pas trop le rapport avec Richard Conte, à part peut-être la capacité à incarner des personnages violents et dominateurs (je pense à Conte dans THE BIG COMBO). Conte a souvent une fragilité, une fébrilité même, très éloignée du caractère de Burr.

    • MB dit :

      à H Patta: mais c’est tout simple, les acteurs cherchent à gagner leur vie, ça compte aussi! Ils sont nombreux à s’être orientés vers la TV après qqs films, aux USA. D’autre part, Burr est-il si mauvais dans les Perry Mason ou IRONSIDE? je sais pas j’en ai vu aucun, c’est que le cinéma hollywoodien des années 50-60 avait le grave défaut de catégoriser les acteurs de 2nd plan dans des types de personnage (plus que les acteurs de 1er plan). Ils l’étaient autant dans des rôles de TV mais là au 1er plan ou même si au 2nd plan avec l’assurance de salaires réguliers si la série marchait bien, ce qui est quand même important. Burr était peut-être au sommet de sa carrière dans REAR WINDOW, lui habitué plus aux séries B, mais il y a un rôle très ingrat où il ne pouvait pas exprimer grand chose. Ceci dit je préfère me souvenir de lui dans le Mann RAW DEAL ou des petits polars comme SAN QUENTIN, bien sûr c’étaient toujours les mêmes rôles, des bandits méchants ce qui a dû le lasser. Au moins il a trouvé à jouer les héros à la TV, ce qui l’a fait changer de registre, avec le succès, ce qui est appréciable.
      Nous voulons voir les acteurs dans des bons rôles mais leur point de vue à eux est de gagner leur vie décemment, comment leur reprocher?
      Maintenant qqs élus concilient les deux tant mieux pour eux.

    • Yves Rouxel dit :

      A Henri.Raymond Burr s’est tourner vers la tv durant les années 60 avec ‘Ironside »puis plus tard Perry Mason.L’acteur était assez exigeant et avait un caractère teigneux,il ne supportait pas les gros plans sur les jeunes starlettes dans »L’homme de fer »ou il jouait assis dans un fauteuil(on voit au début du générique le personnage policier se fait tirer dessus).Les producteurs avaient penser à faire un préqel de cette série puis il y à eu Perry Mason qui à durer une quinzaine d’années et qui fut un triomphe sur ABC.

  12. Sullivan dit :

    J’ai adoré découvrir BAS LES MASQUES grâce à l’initiative de Jean-Pierre Vasseur (ex fondateur et patron d’Opening) avec son label Rimini Editions. Le Blu Ray est top. Ce genre de frissons dont vous parlez, je les avais également ressentis au visionnage de PARK ROW de Fuller, sorti la même année en 1952. D’autres films sur le journalisme honnête et courageux m’ont fait vibrer tels le très beau GOOD NIGHT AND GOOD LUCK de Clooney ou THE INSIDER de Michael Mann, parmi quelques autres.
    Puisque vous évoquez le trafic de bébés, j’ai envie d’indiquer un film d’un réalisateur que j’aime beaucoup, Baltasar Kormákur. Il se fourvoie parfois, mais quand il est bon, il est bon. Ce film, c’est ETAT DE CHOC (INHALE). Un thriller ramassé sur une réalité d’aujourd’hui qui fait froid dans le dos, je n’en dis pas plus. Les autres bons films de Kormákur sont pour les films islandais, THE SEA (Drame familial exceptionnellement riche à tous les niveaux), JAR CITY (captivant thriller, très bonne adaptation d’un roman d’Arnaldur Indridason, avec son personnage récurrent, l’inspecteur Erlendur). Au passage, il faut lire les romans d’Indridason et surtout la série avec Erlendur, comme il faut lire la série des Robicheaux chez Burke. Dans un cas comme dans l’autre, les deux écrivains s’intéressent à la vie sociale, à la collectivité, à l’histoire profonde du pays où se déroulent leurs récits, et tous deux possèdent l’art consommé du détail. WHITE NIGHT WEDDING (plus simple que titre islandais) débute comme une comédie de mariage joviale et satirique pour se transformer en comédie dramatique (certains mauvais esprits vont dire « évidemment »…). Dans ce film on trouve l’immense acteur Ólafur Darri Ólafsson que l’on retrouvera (dans des registres bien différents) dans un autre très bon film de Kormákur, SURVIVRE et dans une mini série policière à ne surtout pas rater, TRAPPED. Je place cette série au même niveau que TOP OF THE LAKE de Campion. Enquête passionnante, et découverte d’une culture, d’un pays dans les deux. Un autre thriller est à ne pas rater (co-prod Islando-américaine) : CRIME CITY, avec Forest Whitaker, Peter Coyote, Jeremy Renner et Julia Stiles. Du côté des films hollywoodiens, j’ai déjà cité ETAT DE CHOC et c’est le seul à mon sens qui tienne le coup. EVEREST et 2 GUNS m’ont déçu, ainsi que CONTREBANDE, remake inutile d’un film islandais d’Óskar Jónasson, REYKJAVIK –
    ROTTERDAM, dans lequel Kormákur tenait le rôle principal avec brio (bien mieux que Mark Wahlberg dans le remake).

Laisser un commentaire

(Seuls les messages ayant attrait aux DVD - thème de ce blog - seront publiés.)