Une poursuite infernale et des films noirs

22 novembre 2016 par - DVD

FILM NOIRS OU HORRIFIQUES

THE CAR de Elliott Silverstein. Le film, de loin le meilleur de Silverstein (qui n’a certes pas fait grand-chose d’intéressant ni avant ni après) n’est pas du tout un « démarquage » du DUEL de Spielberg ; les deux films sont profondément différents. THE CAR a de nombreuses qualités qui le placent nettement au dessus des films d’horreur habituels. Je pense entre autres choses à la qualité assez rare des scénaristes, au choix des extérieurs, un ouest profond, immense et vide qui d’emblée crée l’inquiétude, à une fin impressionnante (elle fait parfois penser à la fin de KISS ME DEADLY).

the car

On peut trouver en Italie dans une copie Scope THE BOTTOM OF THE BOTTLE, enfin revu dans une copie non virée  surprend durant la première partie par le ton âpre dans sa description du monde des ranchers, où les frustrations remplacent l’amour, où l’on se nourrit de ragots, où l’on trompe son ennui dans d’interminables parties arrosées d’alcool, où une milice se forme en un éclair, qualités repérées par Robert Benayoun. Le scénario contient quelques répliques sarcastiques. Quand Joseph Cotten demande à son frère (Van Johnson, plutôt convaincant en fugitif ivrogne) de l’appeler PM, il réplique : « Un homme qui veut qu’on l’appelle par ses initiales doit être mort de peur devant le scandale. » Ce mélange de satire sociale, de mélodrame et de fable morale inspire Hathaway pendant cette première partie d’autant que Lee Garmes fignole des plans raffinés, magnifiques, jouant sur les sources de lumière multicolores, les reflets, les néons et surclassant John Alton sur son propre terrain. La mise en scène utilise avec brio, les zones d’ombres, les plans nocturnes, filme magistralement les extérieurs. Mais le scénario de Sidney Boehm devient verbeux, explicatif, avec des manques (la frustration sexuelle de Ruth Roman). La transformation des deux protagonistes paraît téléphonée, maladroite (d’ailleurs Cotten reste aussi tendu et énervé quand il est censé redevenir humain) et finalement édulcore  le roman de Simenon.

thebottomofthebottle

Je conseille très chaleureusement malgré l’absence de sous-titres la série THE WHISTLER, soit dans le coffret non restauré (copies correctes, une moyenne) et pas trop cher, soit dans les versions restaurées. Il s’agit sans doute de la série la plus étrange  qui ait été produite. Tous les épisodes sont introduits par une ombre et un air sifflé : « Je suis le Siffleur et je marche la nuit. » A noter que ce siffleur qui apparaît parfois dans un épisode ne joue aucun rôle sauf dans le premier où il fait avorter une tentative de meurtre sans raison logique. Tous les épisodes (sauf le dernier) sont joués par le même acteur, Richard Dix, chaque fois dans des personnages différents et qui ont en commun leur incroyable malchance, leur côté dépressif, maniaque, paranoïaque et les choix calamiteux qu’ils font dans toutes les circonstances. William Castle créa la série et dirigea plusieurs titres dont le meilleur épisode, MYSTERIOUS INTRUDER. Mais tous, à commencer par le George Sherman et les Castle, sont plaisants, bien photographiés. THE WHISTLER fut plusieurs fois refait, notamment par Kaurismaki (J’AI ENGAGÉ UN TUEUR).

thewhistler

Kino vient de sortir une flopée de films noirs, hélas sans sous-titres. Certains étaient quasi invisibles. Il y a des chefs d’œuvres comme PITFALL de De Toth (se précipiter malgré l’absence de sous-titres), des réussites visuellement impressionnantes comme THE CAPTIVE CITY de Robert Wise (dont j’ai revu CIEL ROUGE, western noir et violent, avec beaucoup de plaisir) qui utilise avec brio des objectifs lui permettant de faire le point au premier plan et dans le fond de l’image. Jacques Lourcelles loue le réalisme qui débouche sur une impression de fantastique.

pitfall

J’avais toujours évité HELL’S HALF ACRE de John H Auer malgré l’intérêt que j’éprouvais pour cet étrange cinéaste (j’ai revu avec plaisir TAM TAM SUR L’AMAZONE). Même vu en Blu-ray, le film se révèle plat et assez languissant. Un ou deux plans joliment composés mais aucun suspense et une réalisation assez molle. Mieux vaut voir son chef d’œuvre, CITY THAT NEVER SLEEPS (TRAQUÉ DANS CHICAGO),  une de ses rares productions tournées en extérieurs réels même s’il est clair qu’il filme les rues de Chicago comme si c’étaient des décors « tournés la nuit sous une immense tente ». Nous avions oublié de dire que le film est commenté, idée originale, par la Ville. Ce film que nous défendons dans 50 ANS a un narrateur original puisqu’il s’agit de la Ville.

acre  citythatneversleeps

Un chef d’œuvre vient enfin de sortir en Blu-ray. Il s’agit de TRY AND GET ME, titre alternatif de SOUND OF FURY de Cy Enfield, cinéaste sur qui Brian Neve a écrit un livre excellent, THE MANY LIVES OF CY ENFIELD. Pierre Rissient avait sorti ce film magistral dans les années 60 ( FUREUR SUR LA VILLE) qui s’inspirait du même fait divers qui avait été utilisé par Lang et ses scénaristes pour FURY. Sauf que chez Enfield, les prisonniers qu’on va lyncher sont coupables de crimes odieux et cela rend la dénonciation du lynchage plus forte, plus terrible, plus lucide. Admirable interprétation de Lloyd Bridges et Frank Lovejoy. Il faut du coup redécouvrir aussi UNDERWORLD STORY et ses films anglais HELL’S DRIVERS et ZULU.

tryandgetme

Autre sortie en Blu-ray aux USA, STORM FEAR le premier film dirigé par Cornel Wilde, est aussi le premier scénario de Horton Foote (TENDER MERCIES, TO KILL A MOCKINGBIRD). Cette histoire de malfaiteurs retenant en otage une famille dans les montagnes de l’Etat de New York, retient l’intérêt pendant les quarante premières minutes. Elle est soutenue, de plus, par une belle musique d’Elmer Bernstein. Pour une fois, on fait jouer à Dan Duryea un écrivain raté, jaloux et enrhumé et non un des sempiternels gangsters et il est étonnant de vulnérabilité. Lee Grant, que Wilde imposa bien qu’elle soit sur la liste noire, est grandiose en fille à gangsters qui essaie d’être sympa. Steven Hill possède une présence et un physique très inquiétants. Jean Wallace a des moments de sincérité touchants qui, faisant oublier ses maladresses, renvoient à des actrices bergmaniennes. Le principal problème est Wilde lui même pas assez dur ou violent. Et le film peu à peu se délite quand on passe en extérieurs, souvent mal filmés. Les conventions reprennent le dessus.

storm fear

HIDDEN FEAR, tourné en Suède par de Toth est ultra décevant, au scénario flou. Il n’y a aucune urgence, aucun ressort dramatique. Seul point positif, l’importance incroyable des extérieurs.
WITNESS TO MURDER, malgré John Alton, Barbara Stanwyck et George Sanders est une daube. Un scénario informe, avec d’énormes ficelles et une réalisation télévisuelle du platounet Roy Rowland.

UN FILM ANGLAIS

THE DIVORCE OF LADY X de Tim Wheelzn est agréable, pas mal écrit, bien joué. Et avec des couleurs et des décors très plaisants. Ce fut une mini surprise (je ne savais même pas qu’il était en couleur).

ladyx

FILMS FRANÇAIS

Beaucoup de sorties passionnantes chez René Château, notamment LES MUTINÉS DE L’ELSENEUR de Pierre Chenal (scénario de Marcel Aymé d’après Jack London que je voulais voir depuis si longtemps). De nombreuses séquences montrent qu’on a affaire à un vrai metteur en scène : les plans longs, au début, avec ces mouvements d’appareil qui circonscrivent le décor et imposent une atmosphère. Le Vigan est absolument génial en marin pinailleur, sur de ses droits, titre au flanc, menteur et manipulateur. L’ensemble de la distribution est remarquable (Berley en brute, Bergeron, Genin) et n’achoppe que sur Jean Murat et dans le dernier quart un manque de progression dramatique.

mutinés  soupe enversparadisvie en rose

LA SOUPE A LA GRIMACE est un curieux film noir de Jean Sacha, avec des plans très composés. Tout le monde y compris Noel Roquevert joue des Américains et la fin, désenchantée, a des accents hustoniens.

L’ENVERS DU PARADIS est une œuvre typique des qualités et des défauts de Gréville, cinéaste que j’aime tant. Des péripéties de roman photo (la jeune fille tuberculeuse) côtoient des élans poétiques, des audaces, des raccourcis et une description annonçant le Saint Tropez de la décennie suivante. J’ai été touché en revoyant cette œuvre qu’on avait découverte avec son auteur.

LA VIE EN ROSE de Jean Faurez est un film remarquable : un scénario fort, audacieux de René Wheeler, admirablement dialogué par Henri Jeanson (« je n’ai pas la mémoire des oui » dit Salou dans un moment giralducien qui va bientôt se retourner). Deux visions, deux histoires, deux réalités. Et un travail probe, franc de Jean Faurez. A redécouvrir.

LA JEUNE FOLLE me laisse indécis. Visuellement, le film contient de beaux plans et fait preuve d’ambition. Il n’est pas à la hauteur de MANÈGES. Mais je trouve comme souvent chez Allégret la dramaturgie pesante et inerte et les personnages finalement pas vraiment intéressants, surtout celui que joue Vidal.

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Commentaires (172)

 

  1. YvesRouxel dit :

    Enfin vu car très mal distribuer »Change pas de main »de Paul Vechialli,qui est une curiosité qui n’a pas était censurer lors de sa sortie en 1975.On sent que le film co-écrit avec Simsolo est fauché et le contenu assez maladroit.On retrouve plusieurs références au 7ème art(Hawcks pour l’imperméable que porte élégamment Myriam Mézières).En bonus figure un second film de ce cinéaste mépriser et haie à l’époque par la critique parisienne.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A YvesRouxel
      N’exagérez pas. Vecchiali a toujours eu des défenseurs dont Pasolini pour FEMMES, FEMMES. C’est chez les producteurs, les financiers qu’il était ignoré injustement

      • Yves Rouxel dit :

        Oui c’est vrai que Vechialli à une forte personnalité et n’a jamais été tendre avec les journalistes en général.Par contre concernant l’immense carrière de Bruce Springsteen que j’ai vu une dizaine de fois en concert en France ou à l’étranger,je ne suis pas d’accord avec vous sur l’album »Nebraska »qui n’est pas méconnu.Je suis la carrière de cet auteur compositeur interprète depuis se débuts en 75 avant de créer le fameux East street band avec son vieux pote Clarence Cleamons trop tot disparu.Il est un des rares avec Patti Smith,Sean Penn,Tim Robbins ou Susan Sarandon à s’etre engager contre la guerre en Irak,de décrire la misère du peuple américain et d’avoir décliner l’offre de Reagan de participer à une reception à la maison blanche en 82.Il à même demander que la chanson »Born in the usa »ne figure plus dans les meetings politique de ce piètre cabot qu’était Reagan.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il n’est plus méconnu mais Springsteen dit lui même qu’il a mis beaucoup de temps à s’imposer car il était trop discret. Et Reagan a été un piètre président ou plutôt un président qui a bien servi l’ultra libéralisme mais à deux ou trois reprises, il a été un acteur très correct : dans le Dwan, le Siegel, King’s Row et d’autres

  2. Yves Rouxel dit :

    Je m’insurge contre Lourcelles qui descent « L’homme de la rue »de Franck Capra.Quelle démonstration de force dans le propos et les dialogues.Cet ancien joueur de base-ball qui devient par la force de puissants financiers le porte-paroles d’une Amérique aux abois.Il dénonce les injustices,la misère,la faim dans un pays capitaliste liées au monde de l’argent.Gary Cooper compose un »John Doe »qui arrive à ouvrir les yeux sur la manipulation de l’individu à travers la presse et la radio.70 ans plus tard on peut se poser la question sur internet et les médias qui nous fatiguent à longueur de journée.On ne peut pas comparer »La vie est belle »qui est à la fois une comédie dramatique teintée de fantastique et de magie et qui reste un des plus grands films du monde,mais »L’homme de la rue »est une œuvre forte que l’on doit revoir en version originale car la VF et ses dialogues sont détournées une fois de plus et l’adaptation comme quantités de films étrangers s’en trouve affaiblit.Petite anecdote en passant,Kevin Spacey s’appelle John Doe dans un film,mais lequel?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Il ne le descend pas mais signale les faiblesses que pointe Capra lui même notamment la fin et John Doe est un nom type mille fois utilisé, un peu comme Dupont

      • Alexandre Angel dit :

        A Yves Rouxel
        C’est dans SEVEN

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Merci de la précision.Pendant ces maudites fetes,je reviens vers les classiques du western.Pour la 50ème fois j’ai revu « Rio Bravo »qui est interessant à plusieurs titres.Tout d’abord la complicité entre le vieux Stompy(raleur et ronchon)et le Duke mais il y à un attachement aussi au personnage alcoolique de Dean Martin qui se rend compte que ses mains tremblent et qui perd de la dexterité.Ward Bond acteur immense souvent complice de Wayne dans les westerns affirme des vérités mais son personnage disparait trop vite.La musique de Dimitri Tiomkin avec ses morceaux à l’harmonica sont fabuleux puis quand Ricky Nelson pousse la chansonnette accompagnée de Dean Martin et Walter Brennan est un pur moment d’allégresse et de bonheur.

        • stag dit :

          A Yves Rouxel,

          Quel grand moment que ce huis-clos reclus et assiégés, longtemps avant ALAMO, où l’on pousse la chansonnette, MARTIN et NELSON font merveille, sur ce coup, Brennan est sa légende, et Wayne ne semble même pas jouer, il est admiratif.

          J’aurais bien revisionné le film juste pour ce passage si je n’étais en train de termine le visionnage d’une quinzaine de films de Sacha Guitry, inégaux – j’ai trouvé FAISONS UN REVE un peu trop dans le grand écart, entre les mots d’auteur dont on connait le talent, et le vaudeville franchement pas époustouflant. Des grands mots, celui que citait souvent Galabru, lorsque Guitry guette le taxi de Delubac à la fenêtre, « ah je la vois c’est elle, je vois c’est pieds, ses chevilles, sa robe, ah merde c’est un curé ». A cet autre moins connu que le « le plus grand mal que l’on peut faire à un homme qui vous a pris votre femme c’est de la lui laisser », lorsque Delubac et Guitry sont paniqués par un bruit dans l’entrée. Guitry dit « c’est sûrement un assassin », Delubac « ce n’est peut-être qu’un cambrioleur », Guitry « mais un assassin c’est un cambrioleur qu’on dérange ».

          Dans MON PERE AVAIT RAISON le père justement dit : « le tabac est blond ! c’est comme l’eau dans le vin. Pour moi le tabac est brun, le vin est pur, le gigot est à l’ail, et les femmes sont jeunes ! ».

          il y en a tant, j’ai revu avec plaisir SI VERSAILLES M’ETAIT CONTE. Il y a tant à citer, et Claudette Colbert est formidable. Louis XIV passant dans une salle (les puristes sauront peut-être l’identifier), il regarde en l’air, on lui dit « vous scrutez le ciel sire ? » « non je regarde le plafond ».

          Trève de citations, Guitry, qui faisait tout ou presque, comme Pagnol, ou comme dit-on, Kubrick, entre autres, est une curiosité de décembre, et de tous les mois, et de chaque année !

    • stag dit :

      La belle année 1941 pour Cooper et Stanwyck, MEET JOHN DOE et BALL OF FIRE. On rajoute une autre très belle double aventure pour Stanwyck, avec Fonda ce coup-ci, LADY EVE et YOU BELONG TO ME, le second moins bon, mais quel plaisir de voir STANWYCK au sommet si bien accompagnée.

      LA VIE EST BELLE est un des films où l’au-delà est « matérialisé », de tête à cette heure tardive il y a aussi UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT de Pressburger et Powell, et ce film saisissant avec Charles Boyer : LILIOM, de Fritz Lang. Vous m’aiderez sûrement à complèter cette liste, l’exercice typiquement dans l’imaginaire créatif, de mettre visage et formes à l’hypothétique suite, me semble intéressant.

      • YvesRouxel dit :

        A Stag.C’est assez étonnant car j’ai revu ce chef d’oeuvre de Powell et Presgurger,lundi soir avec une présentation exemplaire de Jean pierre Dionnet.De plus on retrouve un entretien avec Jack Cardiff qui éclairera quantités de films anglais avant de passer à la réalisation.J’espère un jour voir « Le jeune Cassidy »dont ford avait commencer le tournage et qui passa la main à Cardiff.Quand on sait pertinemment que Truffaut à ensencer toute sa vie l’oeuvre de Hitchcock et qu’il est passé a coté « Des chaussons rouges », »Le narcisse noir »ou de « L’impérial Colonel Blimpl »!!!Disparu récemment Jean louis Passek était un bon journaliste et critique de cinéma puis rendons hommage à Simone Roussel(Michèlle Morgan)grande comédienne au cinéma puis à la télévision et au théatre.Je connais sa soeur Eliette qui vit à Paris et qui vient de féter ses 97 ans.

  3. Yves Rouxel dit :

    « Don Angelo est mort »est d’une faiblesse incroyable de la part de Fleischer.Anthony Quinn dans le role d’un des parrains est complètement éteint et à dut accepter ce film pour des raisons alimentaires.Ce qui gène le plus c’est la caricature de tous les personnages qui forment une grande famille qui réussit à s’entretuer malgré tout.Il y à plusieurs passages ou l’on demande si on est pas dans un épisode de série policière des années 70!!!

    • Alexandre Angel dit :

      A Yves Rouxel
      Film que je me débrouille toujours pour louper, DON ANGELO EST MORT n’a jamais eu bonne réputation. Pourtant, sa diffusion récente sur Arte a eu des échos très positifs de part et d’autres (un copain m’en a dit beaucoup de bien). Malgré cela et pour le peu que j’en ai vu, je serais enclin à vous croire. D’autres avis?

      • Damien D. dit :

        Vu également sur arte. Je ne peux que vous suivre: un assez mauvais film de Fleischer qui lorgnait sans doute sur le succès du PARRAIN. Occasion de voir cependant dans un (presque) rôle principal Robert Forster 24 ans avant JACKIE BROWN… Le reste est oubliable.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Ne pas oublier REFLECTION IN A GOLDEN EYE

        • Alexandre Angel dit :

          Merci Damien
          A Bertrand
          J’avais aussi aimé Robert Forster, en « half-breed », dans THE STALKING MOON, de Robert Mulligan.

        • Edward dit :

          Voir aussi THE STALKING MOON de Mulligan.

        • Damien D. dit :

          Oui pour Forster dans STALKING MOON. Pas encore vu le Huston REFLECTION IN A GOLDEN EYE. Il est aussi dans JUSTINE de Cukor par exemple mais sans doute en second rôle ?

      • MB dit :

        à AA: DON ANGELO n’est pas du tout un mauvais film mais un film loupé ce qui n’est pas pareil. Il y a peu de vision d’ensemble mais j’y ai pris beaucoup de plaisir, les gens sont difficiles! F Forrest est un peu faible mais attention: il y a Al Lettieri grandiose!
        d’autres avis? Voyez le blog d’Olivier Père:
        http://www.arte.tv/sites/olivierpere/2016/08/30/don-angelo-mort-de-richard-fleischer/

        • Alexandre Angel dit :

          Merci pour le lien! Le peu d’images que j’ai vues du film (j’ai vu un peu le début mais j’étais pris par autre chose)m’ont fait une impression de « daté ».
          Et je viens de revoir THE NEW CENTURIONS ainsi que 10, RILLINGTON PLACE qui sont vraiment géniaux (RILLINGTON vieillit superbement..).

        • MB dit :

          AA: RILLINGTON est l’un des 4 ou 5 + grands films criminels (et non polars) de tous les temps avec M de Lang. On y ajoute HONEYMOON KILLERS de Kastle?
          (et SISSI IMPERATRICE)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et le VOYEUR

        • MB dit :

          aïe! J’ai du mal avec LE VOYEUR! Je ne comprends pas ce film et pourtant c’est Powell. Je cherche un 3ème que je ne trouve pas pour rallonger la liste. Et qu’on ne me parle pas de la surenchère de « serial killing films » à laquelle on assiste depuis une vingtaine d’années! Ce serait sûrement un japonais le 3ème.

        • Alexandre Angel dit :

          Passer de SISSI IMPERATRICE au VOYEUR : Bertrand et MB se sont ils entendus en amont?..

        • MB dit :

          à Alexandre: mais le lien est évident!
          oui bon, c’était pour le plaisir de citer au moins une fois SISSI sur ce blog eh eh.

        • stag dit :

          A MB,

          Parvenir à placer SISSI ici (avec des si…) la performance serait ultime si je n’avais auparavant brillamment placé LA SOUPE AU CHOUX au détour sournois d’une discussion débat sur je ne sais plus quel chef-d’oeuvre 😉

  4. Yves Rouxel dit :

    Sans nul doute le meilleur role de Rod Steiger »Le sergent »est un film ou l’acteur est impressionnant.Les premières minutes en noir et blanc,nous décrive un unité americaine déployée en Normandie durant la seconde guerre.Le personnage central se met à courir après un soldat allemand et l’étrangle de façon violente.Puis on se retrouve dans un camp americain implanter en France,c’est là que le sergent chef est affecter afin de remettre les soldats dans le droit chemin de la discipline militaire.C’est un homme dur,autrefois marié à Betty(une erreur de jeunesse)puis enroler à 16 ans dans l’armée.Il éprouve ni remords,ni regrets sur son passé mais s’interroge fortement sur le temps qui passe.En dehors de l’armée ,il y à que l’alcool qui le tient.Mais une jeune recrue Swanson va réveiller en lui des vieux démons liés à la solitude de l’etre et la cuirasse qu’il s’est fabriquer.La suite est innatendue et rarement montrer dans les films de guerre.C’est là que John Flynn réussit son film qui reste une œuvre à part.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Désolé, j’avais trouvé le film scolaire et lourd et l’interprétation de Steiger voyante et pas très subtile

      • Edward dit :

        Dans un premier rôle, il faut voir Steiger dans ACROSS THE BRIDGE d’Annakin où les qualités et défauts de son jeu servent idéalement son personnage.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Exact. Il y a plusieurs films ou il est très bon jusque dans ses excès : THE BIG KNIFE

        • Damien D. dit :

          Aïe, THE BIG KNIFE est un Aldrich où je n’ai pas vraiment accroché à la première vision. Il faudra que je lui redonne une seconde chance à l’occasion…
          Steiger est aussi pas mal du tout dans un film qui était très plaisant dans le suspense qu’il dégageait : CRY TERROR d’Andrew L. Stone (1958). Inédit en dvd zone 2, j’ai gardé précieusement mon enregistrement du cinéma de minuit. Dans ce film James Mason et Inger Stevens m’avaient aussi paru très convaincants.

        • Edward dit :

          Bien sûr. Parmi ses seconds rôles, je l’avait également trouvé adéquat et excellent dans IN THE HEAT OF THE NIGHT.

        • MB dit :

          STEIGER: Personne n’a cité RUN OF THE ARROW, son cabotinage inné correspond bien à l’âme torturée du personnage. Je pense à LE REFROIDISSEUR DE DAMES l’ayant toujours loupé (NO WAY TO TREAT A LADY, Smight.).

        • Mathieu dit :

          AL CAPONE de Richard Wilson est aussi parasité par le cabotinage de Steiger, qui surjoue tout le temps. Il y a bien sûr la direction de Wilson qui joue sur la métaphore de la nourriture et montre Capone comme un ogre, ce qui nous vaut de très nombreux plans de Steiger/Capone dévorant de la nourriture quand il ne la recrache pas, mais ce qui est pour moi le plus gênant ce ne sont pas les scènes de violence hystérique mais au contraire les moments de calme où l’acteur ne doit rien faire où presque, ce qui est visiblement au dessus des capacités de Steiger. Je pense à une scène vers la fin du film (si je me souviens bien) où Capone est en prison et va se faire tabasser par d’autres détenus pendant la promenade. Steiger se promène en surjouant l’insouciance et l’inconscience du danger et arrive à faire en quelques secondes dix effets comme siffloter, être distrait par une chose insignifiante, etc… alors qu’il devrait ne rien faire du tout. Et cette insouciance surjouée rend l’agression totalement prévisible, ça en devient presque comique (Oliver Hardy faisait ça magnifiquement)…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Belle et juste description

  5. Yves Rouxel dit :

    Perdu depuis sa sortie en 1932,le film »La belle marinière »,avec Jean Gabin,est sur le point de ressusciter.La plate-forme de financement participatif pour restaurer les films de patrimoine celluloid Angels,à qui l’on doit déjà la restauration 4K des Tontons flingueurs a recu plusieurs soutiens,dont celui d’une marque de vêtements(c’est normal pour une marinière).C’est dans les collections Ucla Film Archives qu’une copie nitrate de ce film à été retrouvée.Ce qui ravira au passage Arnaud Montebourg,fidèle adepte de la célèbre marinière.Et pourquoi Marine Le Pen qui relance le célèbre Marcel cher à nos amis Bidochons!!!!Je me lache un peu en cette fin d’année.

    • Damien D. dit :

      Film perdu (et parfois retrouvé) ne veut pas dire pour autant bon film. Les restaurateurs et distributeurs jouent souvent sur cet argument de rareté pour financer projet de restauration et diffusion. Après il est évident que du point de vue patrimonial c’est toujours réjouissant de découvrir des films disparus.
      A voir si « Belle Marinière » est un film dispensable ou non malgré Gabin en tête d’affiche…
      Très récemment il y a eu la découverte d’un film de Méliès perdu : cela restera toujours un enchantement surtout en regard des probabilités actuelles d’en retrouver d’autres (même pour quelques dizaine de secondes !)

    • Marc Salomon dit :

      A propos de LA BELLE MARINIERE, une critique signée Lucienne Escouble dans le mensuel Cinémagazine de décembre 1932 :

       » La Belle-Marinière, c’est une péniche qui traverse la France, en suivant les canaux, le plus souvent halée par un vieux cheval blanc qui répond au nom étrange de « Tombouctou » ! La Belle-Marinière, c’est aussi un bien joli film ; l’oeuvre de Marcel Achard a gagné, à notre sens, à cette promenade ensoleillée, berceuse, où les sentiments des acteurs du drame ont tout le temps nécessaire à leur développement, à leur « entretien » si j’ose dire. Et le film conserve cette fin si cruellement humaine, ces réflexions mi-tendres, mi-ironiques, qui sont bien de l’auteur de Jean de la Lune.
      Ajoutons qu’il a trouvé là, pour son bonheur, des interprètes de choix. Madeleine Renaud est Marinette comme elle avait été Marceline, de façon exquise ! Sa Marinette est cependant plus sincère parce que moins experte en l’art de la coquetterie, mais quelle rouerie, quelle malice, quelle pauvre petite voix étranglée aussi ! Jean Gabin est le capitaine, avec un admirable naturel ; c’est vraiment un des meilleurs acteurs que nous possédions, en progrès constant. Rosine Deréan s’exerce aux enfants malheureuses dans le rôle de la pauvre Mique sacrifiée. Enfin, Pierre- Blanchar est Sylvestre, Sylvestre l’unique, le marin d’eau douce, le « séducteur », qui a conquis tous les coeurs sur la péniche, le capitaine, Mique, Marinette… Et, en dépit de cet enlèvement final commis sans remords ! et qui sait ? peut-être même à cause de lui, il est assuré de conquérir de plus en plus le coeur du public, tant il dessine de vivante, humaine et émouvante façon le personnage de Sylvestre.
      La photo est splendide ; les paysages riverains nous font désirer de vivre quelques jours à bord de La Belle-Marinière. On ne peut que féliciter Harry Lachman de cette réalisation sensible, intelligente, et même empreinte parfois d’une sorte de profonde poésie. »
      ———————————————————————
      Ajoutons que la « photo splendide » est signée Rudolph Maté, célèbre depuis sa collaboration avec Carl Dreyer (LA PASSION DE JEANNE D’ARC) et Augusto Genina (PRIX DE BEAUTE, avec Louise Brooks). Maté tourna une douzaine de films en France aux débuts du parlant, souvent avec Harry Lachman qu’il suivra aux Etats-Unis en 1935.
      LA BELLE MARINIERE est une production des studios de la Paramount à Saint-Maurice.
      En 1932, Maté tourna aussi VAMPYR de Dreyer, puis il collaborera avec Victor Trivas (DANS LES RUES), René Clair (LE DERNIER MILLIARDAIRE) et Fritz Lang (LILIOM).

  6. Le réalisateur Mehdi Charef nous as toujours habituer à filmer des personnages à vif et nous dépeint de façon remarquable une époque avec tous les travers que cela comporte.J’ai revu »Mari line »incarner par Muriel Robin qui est une responsable d’une entreprise d’entretien qui nettoie les galeries d’un supermarché la nuit.Le slogan de cette société est : »Europa nettoyage,pour une Europe propre »Charef plante le décor nauséeux ou des individus sont obligés de prendre la carte du F Haine afin de faire embaucher son mari et sa fille qui vit avec ses parents.Au départ Mari line invective de façon violente et méchante ses collègues de travail issues de diverses communautés(maghrébine,africaine et albanaise)puis elle commence à ouvrir les yeux quand elle héberge un gamin africain dont les parents n’ont pas de papiers et sont embarqués par la police.Une nuit le directeur du magasin fait une visite des lieux,accompagné du responsable de la société d’entretien et là Mari line apperçoit une employée avec un foulard palestinien autour du cou.Elle voit que ce foulard cache une cicatrice.A partir de ce moment elle refuse de participer aux réunions et meetings du Front car sa vision des choses à changer.Dans sa cave elle à installer un petit musée à la gloire de Joe Dassin qu’elle idolatre en s’habillant en costume blanc.On sent bien que cette femme usée par le travail,la famille rève à une vie meilleure avec un homme qui partage sa meme passion pour Joe Dassin.Je ne dévoilerais pas la suite ici mais ce film prouve que Muriel Robin derrière la facade de ce visage brut peut composer des personnages au grand cœur.Dans un autre registre essayer de voir sa prestation dans »Marie Besnard »pour la tv ou la nouvelle mouture d’un film de Cayatte »Mourir d’aimer ».Elle est géniale et d’une grande justesse.

    • Henripatta dit :

      A Yves Rouxel.
      Bien qu ‘un peu decousu , j ‘avais adore Mari Line.
      Et le  » marie Bernard me tente beaucoup.

      • Yves Rouxel dit :

        Il est toujours difficile de trouver des films de télévision en dvd,en dehors des séries US qui innondent les bacs des grandes chaines de distribution.Je ne sais pas si la société Koba Films existe encore,car il ont fait un travail remarquable concernant les feuilletons des années 60 et 70?

        • Henripatta dit :

          A Rouxel.
          Koba film n ‘est ce pas la societe fondee par louis Velles et frederique Hebrard ?
          Si oui , force est de constater que leur oeuvre est loin d ‘etre imperissable.

      • Yves Rouxel dit :

        Avez vous suivi la nouvelle série programmée sur Arte »Cannabis »?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Je n’ai pas la télévision

        • Henripatta dit :

          A Bertrand Tavernier.
          Si cela vous interesse , je vends la mienne.
          Je ne vais pas revenir sur la nullite de TV5 monde….. Mais ma television est devenue un meuble pratiquement inutile.

        • Damien D. dit :

          Certains programmes d’arte sont disponibles en replay sur leur site internet donc plus besoin forcément de télévision…

        • MB dit :

          à Damien D:en replay, Arte colle un logo sur l’image, pas question pour moi. Et on est sur Internet, image un peu petite ou très grand écran d’ordi, ou brancher l’ordi sur la tv justement? meilleure solution je le fais pour les films que j’enregistre à l’ordi. Remarquez les Tvs vont sur Internet maintenant… Mais vive les dvds sur grand écran TV ou les salles de cinoche!

  7. MB dit :

    à Ballantrae: je ne vais pas pouvoir voir facilement UNE VIE qui ne passe déjà plus dans ma ville aucune excuse en plus!
    Pour LA FILLE, maintenant que j’ai un retour (!) je peux juste signaler qqs réserves mineures: SB Knudsen que j’avais admiré dans BORGEN est peut-être un peu à côté (que j’ai du mal à dire ça) son énergie, sa santé physique (c’est une espèce de tornade scandinave) est bien justifié, mais son français excellent possède un léger accent pas gênant (Magimel la qualifie de « danoise » pour faire passer) mais qui m’a fait
    louper des répliques,

    • MB dit :

      SUITE (bug serveur): ceci dit dans les films français contemporains l’avalage de syllabes « comme dans la vie » fait des ravages: un peu de théâtre, que diable! d’où le secours des dvds avec st pour mal-entendants… D’autres acteurs a priori français plus qu’elle sont aussi parfois, incompréhensibles. Mais on connaît l’affaire Mediator un peu et il suffit de gober une réplique sur deux! Vous avez raison pour l’assurance de la mise en scène, Bercot la maîtrise totalement désormais, et assume bien les changements d’ambiance disons, pas
      juste de passer du comique (le geste de Knudsen pour signaler à Magimel de fermer sa braguette est bien situé avec aisance au milieu d’un plan à 5 6 personnages et j’ai ri à la spontanéité à la vivacité de celui-ci, par exemple) au dramatique mais aussi de passer du découpé nerveux très morcelé à des plans très calmes, et d’assumer une scène 1000 fois vues
      pour lui faire prendre un bol de jouvence (ou d’eau de mer brestoise) comme celle dans laquelle le mari d’Irène lui intime de reprendre courage (ce qui donne une carte à un acteur un peu dans l’ombre en général: Patrick Ligardes). Ce que j’aime aussi est cette attention aux seconds rôles, qui permet de restituer le fourmillement dû à l’équipe entraînée par Irène, sans qui elle ne pouvait rien faire (ce que n’a pas vu nôtre simplet cité plus haut, qui veut que ce film soit une
      idôlatrie frachonienne, qui dirait que elle seule a tout fait).
      L’importance donnée aux seconds rôles par la mise en scène fait exister un film, puisque sans eux le héros n’est plus intégré dans une société mais perdu dans la foule, grandiose car isolé et contré par celle-ci (ressort dramatique surusé par le cinéma Hollywoodien et ses suiveurs).

  8. Agnès dit :

    Bonsoir à tous
    Je vous présente immédiatement mes plus plates excuses quant à mon « intervention » sur ce blog,je suis loin d’être une pointure en matière de cinéma mais je ne peux pas garder pour moi l’immense bonheur que j’ai ressenti après avoir vu hier sur grand écran votre dernière oeuvre Mr Tavernier . Vous avez réalisé le film de mes rêves. Et croyez moi si je vous avez là devant moi ,je vous serrerais très fort dans mes bras !Je vous remercie du fond du coeur ,de partager les mêmes amours cinématographiques me rend très fière et m’émeut à un point que vous ne pouvez pas imaginer! J’ai été au paradis 3h15 mn et pour cela vous avez ma reconnaisance éternelle !
    Sinon que la Fille de Brest n’ait pas rencontré le succès me met particulièrement en colère j’ai adoré ce film!
    Pardon pour cette parenthèse.
    MERCI MERCI MERCI MR Tavernier ,vous êtes ce que sont les grand artisans japonais un Trésor Vivant et je salive déjà à la suite de votre merveilleux voyage dans notre si beau cinéma français !
    Avec toute mon amitié et beaucoup d’affection (j’espère ne pas vous offusquer mais quand j’aime je ne compta pas!)
    Agnès Dequevauviller

  9. ballantrae dit :

    MB parlait de l’échec public de La fille de Brest.Un autre me peine en ce moment car il est vraiment d’une « injustice » sidérante:Une vie de S Brizé dont j’avais déjà dit grand bien.
    Or je pense avoir rarement vu une adaptation d’un classique aussi tranquillement audacieuse, sensible et personnelle.J Chemla y est impressionnante mais il faudrait en dire tout autant de S Arlaud, YMoreau et JP Daroussin totalement méconnaissables en parents de Jeanne.
    On a beaucoup parlé du format carré dans Mommy de Dolan, il me semble ici bien plus organique et justifié.
    Une ambition narrative, esthétique et existentielle précieuse et l’un des tous meilleurs films de fiction de l’année.
    Signe étonnant Edvard Munch de P Watkins est ressorti le même jour et je crois y déceler une même maestria dans le traitement des flux temporels, des entrelacs voix/pensée/visions de souvenirs.
    A l’évidence, je le place sans hésiter aux côtés de trois autres magnifiques adaptations de Maupassant:Partie de campagne de Renoir,Private affairs of BelAmi d’A Lewin et bien sûr le sublime Plaisir d’Ophuls (+ un petit bijou méconnu: La parure par Chabrol pour la tv).
    Essayez de le voir tant qu’il est encore temps.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Je vous suis entièrement. Allez voir ce film. Absolument

      • Allez voir aussi ce film diffusé sur Arte en novembre »Carole Mathieu »avec une Isabelle Adjani tout en révolte.Lisez l’entretien qu’elle à accorder à « L’Humanité »mercredi dernier.C’est fort interessant ce qu’elle dit sur le peuple et les petites gens qui ont récuperer par le parti de Mme Le Pen.Je vous conseille aussi un documentaire choc dont personne à parler. »Yves Mathieu »était un avocat qui à défendut des membres du FLN et qui fut assassiner en septembre 66.Sa fille filme des témoignages de l’époque avec des archives qui permettent de mettre en avant l’itinéraire de cet humaniste,anti-colonaliste qui fut exclu du PCF en 62.

    • MB dit :

      UNE VIE juste une précision maniaque, MOMMY est en partie en format smartphone orienté portrait donc du 1:1, pour UNE VIE c’est plus large c’est le bon vieux format des films des années 40 1:33.
      Je vais tâcher de le voir faut que je me le case!
      Je ne comprends pas l’insuccès de LA FILLE, y’a une enquête, une histoire vraie et récente, de la tragédie de la comédie tout ce qu’on aime, bizarre.

      • MB dit :

        désolé je me contredis: le 1:1 (largeur = hauteur donc un carré) c’est pas du tout le format portrait du smartphone, qui n’est pas du tout carré! et pourtant j’avais pas bu! Je préfère m’épingler avant que qqn d’autre le fasse. (je sais pas où Dolan a été chercher ce format-là, par ailleurs)

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Attention avant de parler d’insuccès. Cela marche moins bien qu’espéré mais ce n’est pas nul

        • MB dit :

          à Bertrand: et bien tant mieux! sans doute influencé par le peu de retours sur le blog.

      • ballantrae dit :

        Oui ce n’est pas le même format of course.
        Par ailleurs, le film de E Bercot est très bien même si la volonté d’efficacité ne laisse pas toujours place aux respirations que j’aime bien voir dans un film y compris dans un film « dossier ».
        La scène de l’autopsie est anthologique effectivement.
        Point important: la mise en scène est bien plus fluide et assurée que dans d’autres titres.On sent qu’elle prend une vraie assurance et n’hésite plus à marquer stylistiquement certains plans voire certaines séquences.
        Il y a une réelle efficacité sans qu’elle cherche à singer le cinéma US ( cf contre exemple de L’enquête que j’aurais aimé aimer mais question mise en scène, on est là loin du compte…et c’est dommage car présenter l’affaire Clearstream et le parcours de D Robert à un large public me semble de salubrité publique!!!).
        Le film n’est pas une cata absolue question entrées ( 2000000 -2500000au bout?) mais le devient comparativement à La tête haute.
        Une vie connaît une désaffection bien plus grave en termes concrets d’où mon plaidoyer désespéré pour vous inciter à le voir car c’est un grand film comme n’en voit pas dix durant une année( La fille de Brest est un très bon film).

    • Damien D. dit :

      Merci ballantrae de parler d’UNE VIE. C’est un pur chef d’oeuvre. Brizé après la LOI DU MARCHE confirme qu’il est un des réalisateurs majeurs du cinéma français et tout cela avec humilité, simplicité, sensibilité et grand talent. Allez voir absolument ce film, parlez-en autour de vous car le film a été lâché lamentablement par les critiques presse (hormis et heureusement par Positif par exemple qui l’a défendu). C’est un film majeur, une vraie réussite artistique, une merveille d’adaptation.

  10. MB dit :

    à Bertrand: Brion semble être débarqué en douceur par FR3, savez-vous quelquechose?
    voici un message que Poet77 (dvdclassik) a reçu du service clients, quasi drôle tant c’est crétin:
    «  »Bonjour,Vous souhaitez obtenir des informations à propos de la diffusion de l’émission « Le cinéma de minuit » sur France 3.
    Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à ce programme.
    J’ai le regret de vous informer qu’il n’est pas prévu de diffuser « Le cinéma de minuit » à l’antenne dans les 3 semaines qui viennent. Au delà de cette période, la chaîne n’est pas autorisée à communiquer sur sa programmation.
    Je reste à votre disposition pour toute autre information concernant France 3. Toute l’équipe vous adresse ses amitiés  » et bla et bla et bla.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Bravo FR3 et Delphine Ernotte. Et ils engagent Patrick Sebastien et Dechavanne

      • MB dit :

        je suis dégoûté

      • stagfr dit :

        Et combien coûte chazal sur france5, quand on sait que l’excellente leila kaddour coûte dix fois moins cher que d’autres présentateurs du JT..

        • Yves Rouxel dit :

          Et ce magazine débile animée par Anne Sophie Lapix qui reçoit des cadeaux des invités qui viennent faire leurs promo.On à même vu Sting pour la réouverture du Bataclan sans compter tous ces politiques pourris qui essaient de vendre des livres qu’ils n’ont pas écrit.Et Drucker qui est entrer à la tv en 1964,il palpe combien de France tv?Rien que d’y penser j’en ai la nausée!!!!

      • Julia-Nicole dit :

        J’ai moi aussi envoyé un mail à France 3, sans grand espoir. Les chaînes du service public sont devenues d’une médiocrité totale depuis plusieurs années déjà, et Arte leur emboîte le pas. Le Cinéma de minuit est (faut-il dire était ?) un îlot bienfaisant au milieu de tous ces déchets. L’idée qu’on puisse y toucher me rend malade. La bêtise finira par tout emporter…

        • MB dit :

          à Julia-Nicole: je serais bien moins pessimiste sur Arte qui tient le cap de la qualité. Pour le cinoche, l’excellent Olivier Père tient la barre très haut. 9 films sur 10 que j’enregistre viennent de Arte (le 10ème venait de Brion). Où voir de nos jours LE PETIT GARCON (Oshima) CHARLEY VARRICK (Siegel) ou L ANTECHRIST de de Martino, en V.O. ou encore A COTTAGE IN DARTMOORE de Asquith, un muet!

        • MB dit :

          « où
          voir de nos jours » A LA TV je veux dire!

        • stag dit :

          Patrick Brion disait en début d’année que son émission était reconduit, qu’il ne savait pas jusqu’à quand mais que si le cinéma était mort sur le service publique son créneau horaire du dimanche soir à minuit n’était pas tant envié qu’il puisse être en danger.

          Il regrettait aussi que le grand nombre de cinéphile qui aiment et estiment son émission soient si peu à la regarder réellement, pas aidés en cela par l’horaire.

          Le service publique, c’est dans l’intitulé, se devrait de maintenir non seulement l’émission mais d’y ajouter un préambule, une discussion autour du film présenté ensuite, avec quelques intervenants autour de Brion pour échanger et présenter des anecdotes, relater les filmographies, les atouts, les curiosités ou autre, un peu comme finalement le fait Sydonis dans ses bonus. C’est du service public cela, ça existait il y a 30 ans.

          Le cinéma est un des piliers de l’art, de la culture. Et la culture ce n’est effectivement pas recevoir dans des talkshows lassants et tous un peu ressemblants, mono-cordes, des artistes ou plus souvent « vedettes », qu’on a déjà vu quinze fois ailleurs pendant leur semaine de promotion semestrielle.

          Tout cela me déprime, combien ma connaissance du cinéma soit très perfectible j’y suis entré par la lorgnette du cinéma de minuit et de cette voix très particulière de Patrick Brion.

      • Henripatta dit :

        A Bertrand Tavernier et MB.
        Je vis a l ‘etranger et je vous « rassure » , TV5 monde est devenue un repoussoir immonde. Tout est dans le « divertissement  » rien dans le « culturel  » .
        Avec les redifussions nous avons ainsi droit a 15 emissions de cuisine par semaine !
        Des series policieres Francaises belges ou quebecoises nullissimes qui atteignent la dizaine.
        La derniere emission litteraire qui restait a ete supprimee.
        Envoye special est diffuse apres minuit.
        En revanche drucker et sebastien sont bien presents.
        Et je vous epargne les journalistes de bas etages qui lors des JT de TV5 monde parlent « des parcs nationals  » De  » victoire victorieuse » ( je n ‘invente rien helas) et de corespondant dans la capitale Turque Istanbul.
        Cela a ete une longue degringolade depuis 5 ans.Oui depuis l ‘arrivee de la gauche. Il en est ainsi.
        D ‘ou pour la premiere fois de ma vie , l ‘achat d’un lecteur dvd , la decouverte de cinemas qui m ‘etaient inconnus ….et de ce blog.
        Comme quoi a toutes choses malheur est bon.

        • Henripatta dit :

          Correspondant avec 2 R sonne quand meme mieux.

        • MB dit :

          à Stag: mais ce n’est pas encore certain que le CDM disparaisse, le signe d’un arrêt pour les fêtes ne prouve rien, PB avait aussi parlé je crois, d’un passage de l’émission sur FR5.

        • Pitié,faites comme des millions de foyers,donner votre poste de tv ou garder le afin de visionner des films.L’idéal quand on aime le cinéma c’est d’acheter un rétro-projecteur,histoire de mieux apprécier les grands espaces dans les westerns ou meme certains détails que l’on remarque pas par manque d’attention et de concentration.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand:Patrick Sébastien est sur France 2 depuis une vingtaine d’années.Son contrat se termine en juin 2017,ensuite il continuera d’enregistrer des chansons à boire et à manger puis l’écriture.C’EST GENIAL LE SERVICE DIT PUBLIC,PLUS POUJADISTE TU MEURS!!!!

    • ballantrae dit :

      De mieux en mieux, en somme!
      Et si on voulait tuer la cinéphilie en même temps que le service public , on ne s’y prendrait autrement.
      Après l’éviction de M Ciment (au fait avez-vous essayé les uns et les autres d’écouter la très mauvaise émission qui est censée remplacer Projection privée? Un supplice!), P Brion. Pour mettre à la place pourquoi pas les films préférés de P Sébastien: « Coup de coeur de la semaine: Mon curé chez les nudistes avec l’inoubliable P Préboist qui était un bon copain.Comme vous allez vous marrer, vous allez voir! »
      France 3 est morte, RIP.

      • MinettePascal dit :

        C’est la curiosité humaine qui est morte. Les chaînes diffusent ce que les gens aiment regarder. Cyril Hanouna, Nagui et tant d’autres rigolos sont essentiels. Pas Patrick Brion. Et les enfants qui voient ça !
        Sigh…

        • MB dit :

          à MP: combien de gens jugent complètement inintéressantes les âneries télévisées de tel ou tel, y compris pas des intellos du centre-ville, je me refuse de croire que la plupart des gens sont cons c’est faux. Mais souvent, ceux qui ont du goût sont fatalistes et allument la TV pour avoir un repoussoir ou une présence. Plein de gens ne trouvent pas Hanouna drôle et le regardent en disant « c’est nul! », c’est une distraction façon repoussoir, bon ça devient subtil là, j’arrête.

        • Henripatta dit :

          D ‘accord pour les chaines privees , mais pourquoi les chaines publiques renoncent a tout ?
          Je vous assure que le niveau de tv5 monde est affligeant de mediocrite.
          Nous en rions meme avec certains expatries en commentant telle ou telle bout d ’emission.
          Je dis « bout » car 95 % des programmes sont tellement nuls que je defie quiconque de les voir en entier.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henripatta
          Laurent Levy me signale ceci : l faut noter que TV5 a à son actif aussi certaines decouvertes.
          Je pense notamment à 19-2, cette formidable série québécoise qu’ils ont été les seuls à diffuser. Et à laquelle la SACD avait consacré un coup de cœur l’année dernière…

        • Ce n’est pas ce que les gens aiment regarder mais les programmes débiles qui sont diffusés(Hanouna est en tète du classement avec toutes ces merdes de tv-réalité de la chaine NRJ 12 qui appartient à l’empereur Beaudecroux grand ami de Jack Lang et Mitterrand après 81.

      • Denis Fargeat dit :

        C’est bien triste… on peut se dire, fataliste, que rien ne peut durer, mais comment oublier toutes les découvertes que l’on doit à Patrick Brion…. entre mille autres, Albert Lewin, et ce court-métrage où l’on voyait les frères Le Lorraine Allbright travailler sur les Portraits de Dorian Gray…film qu’une catastrophique chroniqueuse de France Culture aurait bien fait de voir avant d’affirmer avec une candide assurance qu’un tableau d’Allbright (vu à l’expo sur la peinture américaine des années 30) lui faisait penser , précisément, au fameux « Portrait de Dorian Gray » … merveilleuse clairvoyance… Pardon pour la longueur du post, mais on voit trop d’émissions envahies par des chroniqueurs plus ou moins compétents, comme s’il fallait à tout prix donner l’impression à l’auditeur d’une vivante discussion… on sacrifie de vrais passeurs pour donner le spectacle d’une foire d’empoigne, où les goûts des uns et des autres est promu au détriment des oeuvres… tendance lourde, lourde…

        • Le pire dans le domaine du cinéma est bien sur Laurent Weil qui à commencer sur M6 et qui est devenu le copains des stars en les interrogeant sur les marches à Cannes.Les envoyés spéciaux permanents de Canal à Los angeles sont affligeants quand ils nous citent les derniers potins d’Hollywood(Didier Allouch est un des chantres de cette bouffonnerie)quand à Isabelle Giordano elle joue les figurantes dans « La fille de Brest »!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Non elle joue son propre rôle quand elle animait, pas mal, sur France Inter dans service public

  11. Yves Rouxel dit :

    Quand on cite John G Avildsen on retient la saga du boxeur »Rocky »puis « Karaté Kid »mais il est l’auteur d’une œuvre fort interessante qui à valut à l’acteur Jack Lemmon un oscar en 1973. »Sauvez le tigre »est une étude psychologique forte et subtile sur un homme d’age mur qui à crée une entreprise de confection,quinze ans auparavant.Il est rattrapé par le fisc avec des faux en écritures puis les syndicats et la mafia de New-York qui tiennent le monde des marchands de tissus.Son couple bat de l’aile et il n’hésite pas à embarquer une jeune junkie dans sa grosse bagnole,histoire de respirer un autre air.Mais dèrrière cette souffrance se cache la mort de ses copains d’enfance tuer à Anzio en Italie durant la seconde guerre.Lemmon tout en retenue nous dévoile une facette de sa personnalité que l’on ne connaissait pas.Surtout le film est un plaidoyer sur la fameuse réussite sociale alliée au vieux rève américain qui dicte ses lois et principes.Pourquoi ce titre »Sauvez le tigre »eh bien le personnage central signera une pétition concernant la disparition des tigres dans le monde(car lui aussi est une espèce en voie de disparition dans cette société qui broie les individus avec leurs rèves et leurs espoirs.Il faut esperer que cette œuvre sorte en dvd.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      C’est surtout un scénario ambitieux de Steve Shagan

      • Yves Rouxel dit :

        L’autre soir en revoyant deux westerns de 1966j’ai repenser à vos écrits dans »50 ans ».Tout d’abord « Le ranch maudit »qui est à mon avis la dernière réalisation de John Pevnel est d’une maladresse déconcertante.Du début à la fin on ne croit pas à cette histoire de grizzli surnommé Satan et qui attaque les troupeaux de bètes ainsi que des hommes.Clint Walker et ses gros muscles aurait continuer dans les péplums ou les films de guerre.Quand au second il s’agit de « Toute la ville est coupable »de RG Springsteen.Mais ici aussi le personnage de Dana Andrews manque totalement de relief et la mise en scène est mollassonne à un point,qu’au bout de vingt minutes on décroche complètement.Enfin j’ai revu une comédie d’Hal Hasby « Shampoo »qui à pas mal vieillit.Les scènes sont téléphonés et Warren Beatty est dans tous les plans(vu qu’il était co-producteur et qu’il à co écrit cette pochade).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Et ces deux films, je les descend. En revanche, je voudrais voir COME NEXT SPRING de Springsteen que Philippe Garnier trouve remarquable

        • Henripatta dit :

          Shampoo est vraiment tres mauvais. Etonnant de la part de Hal Ashby .

  12. denis fargeat dit :

    A partir de ce soir, on entend sur France culture un beau feuilleton tiré du livre de Maryline Desbiolles sur Maurice Jaubert…. Je n’avais pas lu, merci à cette précieuse radio.

    • Angelillo dit :

      Et merci à vous pour l’info qui tombe à point nommé avec le très bel hommage que rend Bertrand Tavernier à ce compositeur dans son voyage à travers le cinéma français !

    • Yves Rouxel dit :

      vous pouvez réecouter sur le site de Fance culture l’excellente émission diffusée mercredi soir,dans laquelle Bertrand nous fais partager ses gouts musicaux.Une bonne respiration musicale dans cette ambiance morose qui s’étend dans notre pauvre pays.

  13. MB dit :

    LA FILLE DE BREST réussit à faire un portrait de Irène Frachon qui soit héroïsant sans jamais verser dans la dramatisation romanesque « hollywoodienne ». Deux scènes d’autopsie sont là pour nous ramener à la réalité. La deuxième scène de l’autopsie de Corinne dans laquelle les organes sont pesés et les poids annoncés froidement, irradie à la fois de l’amour porté à la morte, un amour général pas individualisé sur Irène, une espèce d’amour collectif des professionnels en action, et de l’amour du travail, un hommage au professionnalisme. C’est assez curieux et je ne crois pas avoir déjà senti pareille approche au cinéma ou du moins aussi poussé, ou peut-être dans le documentaire?
    Ce mélange de distance et d’hommage rendu à la compassion peut-être, sinon compassion au moins un hommage rendu à l’intérêt pour l’humain m’a frappé. Magimel, véritable comédien, est sensationnel: il a réussi à se faire une allure qui lui enlève 80% de son aura habituelle, loin des polars fracassants. Je me demande même s’il ne porte pas une bedaine postiche! Il a travaillé son regard qu’il a « myopisé » à fond, lui enlevant tout son charme. Par rapport à Magimel et à l’équipe entourant l’héroïne, étant donné la justesse et surtout le talent de Bercot à les faire exister pour de bon aux côtés d’une héroïne qui prend tant de place, je trouve très obtus qu’un critique de Libé puisse estimer que Bercot a négligé ceux qui entourent Frachon.
    Je savais qu’un penseur de gôche de la mouvance Libération allait mépriser ce film social et le déclarer grossier ou démonstratif à la Cayatte (la même mouvance qui a méprisé Brizé et Bercot déjà pour leur précédent film): c’est un film de 2 heures qui résume des années de recherche et le misérable voudrait n’y trouver aucune simplification!
    Si on veut s’énerver un peu: « Lorgnant cette fois la fiction d’enquête hollywoodienne, Erin Brockovich en tête, Bercot (…) retrace les différentes stations de son parcours d’obstination telles qu’elles lui furent confiées par son modèle.  » (signé Julien Gester) Je suppose que Gester eût préféré qu’elles lui aient été confiées par le boucher du coin. On ne peut trouver plus étranger que le film de Soderbergh avec LA FILLE à part la trame générale, je suppose que Gester a ri et pleuré à la fois à la fin complaisante de ERIN B (au sujet de ce film divertissant, je trouve qu’un vrai respect de la réalité du personnage de Brockovich eût été passionnant, ce n’était pas le but de Soderbergh).
    Les films américains ont droit à la simplification, le « cayattisme » (ciel!), l’émotion c’est Hollywood on leur pardonne: ailleurs l’herbe… etc..
    On peut se lire ce paquet d’âneries niveau bulletin d’école privée en entier ici, des fois qu’on veuille pratiquer l’art du juron insultant pendant la lecture:
    http://next.liberation.fr/cinema/2016/11/22/la-fille-de-brest-contre-vents-et-medocs_1530243
    Et pour finir, pendant que le critique de Libé baîllait (ou affectait de baîller), moi je me suis marré, j’ai pleuré je me suis pas ennuyé une seconde et partial, je ne mentionnerai pas les petites réserves que je pourrais adresser mesquinement à ce film formidable, quel manque de sens critique!

    • ballantrae dit :

      Vous avez su me donner envie de voir le film alors que je ne suis pas nécessairement un grand fan de l’univers d’E Bercot même si son cinéma n’est pas dénué de qualités ( je retiens surtout La puce vraiment étrange et synonyme de malaise et Mes chères études un téléfilm terrifiant sur la prostitution étudiante à mille coudées au dessus de la matière un peu bizarre du Jeune et jolie de F Ozon).
      Le film inscrit dans l’actu ne doit pas être négligé car il peut réserver encore de belles surprises comme l’attestait encore Moi, Daniel Blake et plus tôt dans l’année le fort bien écrit Spotlight.

      • MB dit :

        à Ballantrae/FILLE DE BREST: dépêchez-vous, il paraît que le film ne fait pas ses entrées. Je ne donne aucune de mes réserves de détail considérant qu’à côté de la conviction de Bercot elles sont peanuts. Mais cette conviction n’est pas abstraite, donnée comme une carte maîtresse supposée lui acquérir la sympathie du public (comment rejeter Irène Frachon et son combat? on ne peut qu’être d’accord), elle se réalise concrètement dans la mise en scène bien sûr, par des moyens éprouvés: interventions de la musique pour marquer le dynamisme de la démarche, dosage de l’humour et du tragique etc. Ce qui irrite chez les esprits forts (« irrite »? c’est plus une posture de celui « à qui on ne la fait pas » qu’un avis) c’est sans doute le côté déjà vu de ces éléments, même s’ils sont heureux de les retrouver sans doute dans une grosse machine ricaine, bien enveloppés dans l’emballage cadeau habituel. Le gugusse de Libé sans doute fan du film de Soderbergh et qui confond LA FILLE avec un dérivé de ERIN B veut dire aussi qu’on ne fait pas de bons films avec des bons sentiments (comme si on l’ignorait) il confond bons sentiments avec urgence, conviction, et le simple fait de se sentir un peu concerné par ce genre de fait d’actualité, d’ailleurs le carton final nous rappele qu’aucune condamnation n’a été prononcée jusque là, ce qui nous éloigne du happy-endisme habituel aux films basés sur le modèle cité plus haut destiné à nous endormir et fermer le film. Je ne vois pas l’emballage cadeau autour du film, c’est brut (il y a même une scène éprouvante quasi autant que les autopsies qui est celle de Irène en voiture batelant avec la communicante de Servier à la radio). Et que des fois, on fait AUSSI un bon film avec ces bons sentiments sinon ce serait trop simple.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Evidemment. C’est un cliché que plusieurs chefs d’oeuvres de McCarey à Ford en passant de Sica, Capra et autres ont battu en brèche. On ne fait pas de bons films avec des bons sentiments plaqués, imposés, non ressentis. Et Tous ces films avec de bons sentiments ont aussi leur zone d’ombre. Très rares sont les films uniquement faits de bons sentiments

      • Damien D. dit :

        Le JEUNE ET JOLIE d’Ozon est plus audacieux que le téléfilm de Bercot MES CHERES ETUDES sur la prostitution étudiante. Le téléfilm d’E. Bercot part d’un postulat somme toute très dur et réaliste : la jeune femme est fauchée et en arrive là afin de s’en sortir (Bercot pousse le propos jusqu’au glauque quasi documentaire).
        Ozon fait le pari osé de ne donner aucune justification aux actes de son héroïne (puisque qu’elle est issu d’un milieu aisé) et à aucun moment une explication rationnelle ou psychologique n’est réellement donnée au spectateur : ce qui en devient perturbant, dérangeant et posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Artistiquement je trouve que le JEUNE ET JOLIE en est d’autant plus intéressant, plus ouvert à la réflexion propre du spectateur et évite souvent les écueils de voyeurisme (même si le sujet est redoutable).
        Les parents dans JEUNE ET JOLIE n’ont pas le beau rôle : la mère a déjà divorcé et trompe à nouveau son concubin. Passé la surprise quand elle découvre que sa fille se prostitue, Ozon filme la mère acceptant malgré tout la situation, pratiquement sans aucune remise en question (ce n’est jamais appuyé). Ozon sonde donc profondément l’époque, son renversement d’échelle des valeurs en y mettant des formes artistiques intéressantes (les chansons de Françoise Hardy ponctuant les étapes successives de la vie de l’héroïne par exemple).
        Rajoutons que de manière plus datée Godard avait abordé le sujet dans VIVRE SA VIE en y mettant aussi sa patte d’auteur. Bercot dont j’ai bien aimé LA TETE HAUTE poussait parfois dans ses autres films le propos dans une noirceur brute sans grandes nuances. Reste que son travail de réalisatrice est déjà bien prometteur.

        • ballantrae dit :

          Je ne suis peut-être pas très juste envers Ozon dont je n’aime que rarement le cinéma: si Regarde la mer, Sous le sable ou Frantz m’ont séduit en revanche 8 femmes, Potiche, Une nouvelle amie, Dans la maison et bien d’autres me semblent très « fabriqués »!
          Un côté sciemment factice qui rompt le plaisir à force d’ironie et de second degré, un côté « petit malin » qui ne croise pas ma vision du cinéma.Il peut avoir un vrai talent pour créer un plan, une dynamique mais il y a un moment où je me dis qu’il en fait un peu trop.
          X Dolan jeune cinéaste enthousiaste et doué partage un peu les mêmes défauts et qualités à mon sens.
          Laissons le temps décanter tout cela.

        • Damien D. dit :

          Je ne suis peut-être pas très juste envers Ozon dont je n’aime que rarement le cinéma: si Regarde la mer, Sous le sable ou Frantz m’ont séduit en revanche 8 femmes, Potiche, Une nouvelle amie, Dans la maison et bien d’autres me semblent très « fabriqués »!
          Un côté sciemment factice qui rompt le plaisir à force d’ironie et de second degré, un côté « petit malin » qui ne croise pas ma vision du cinéma.Il peut avoir un vrai talent pour créer un plan, une dynamique mais il y a un moment où je me dis qu’il en fait un peu trop.
          X Dolan jeune cinéaste enthousiaste et doué partage un peu les mêmes défauts et qualités à mon sens.
          Laissons le temps décanter tout cela.

          A J-J ballantrae : sur Ozon, je vous suis totalement pour 8 FEMMES, POTICHE, UNE NOUVELLE AMIE. En revanche SOUS LE SABLE ou FRANTZ sont de très beaux films avec une approche toute personnelle et sensible (pas encore vue DANS LA MAISON). Son JEUNE ET JOLIE a un côté « désagréable » car déconcertant mais il était tout aussi maîtrisé.
          Je vous rejoins sur X. Dolan : son dernier film laissait au final un peu sur notre fin. J’ai vu TOM A LA FERME qui m’a paru lors d’une première vision bien ennuyeux et le décalage des personnages était artificiel, « fabriqué » pour aller dans votre sens. Personnellement je n’y dégageais aucune sympathie (ou empathie) envers les personnages… Son MOMMY reste à mon sens son film le plus équilibré à ce jour : tout aussi original dans le ton et la forme mais ne laissant pas le spectateur sur le chemin comme dans certains de ses autres films.

      • Yves Rouxel dit :

        Le film « Mes chères études »n’est pas un film de télévision.Il est sorti en salles de façon confidentielle comme beaucoup d’œuvres qui dérange ou qui gène le pouvoir des décideurs qui font la pluie et le beau temps.En effet depuis des années les sorties hebdomadaires ici en France ou d’autres pays Européens sont bien penser.Trois films d’actions,deux dessins animés puis un ou deux films d’auteurs,les documentaires ou les films à caractère sociaux passent soit à la trappe ou sont projeter dans des réseaux indépendants comme Utopia sur Toulouse.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Attention à la paranoïa : MES CHÈRES ETUDES est un film de télévision et donc son exploitation est réglementée. Ce n’est pas parce qu’il dérange mais bien pour suivre une règle qui encadre les productions de cinéma et les protège. Il y a certains cas où une autorisation a été négociée non sans réticences en cour de production

    • Alexandre Angel dit :

      A MB
      « C’est assez curieux et je ne crois pas avoir déjà senti pareille approche au cinéma ou du moins aussi poussé, ou peut-être dans le documentaire? »
      Un copain qui a travaillé comme photographe dans l’identité judiciaire m’ a dit qu’il n’avait jamais vu, dans un film, une séquence d’autopsie aussi crédible que celle de LA FILLE DE BREST.

      • MB dit :

        à Alexandre: très intéressant! et il faut remarquer qu’on a eu 10.000 occasions au cinoche de pouvoir faire ce genre de scène, et pourtant le cinéma de fiction qui couvre 99% du champ ne l’aborda pas ou peu, laissant celà aux docs TV. La pudeur qui veut épargner au spectateur le côté repoussant a bon dos, les polars par exemple et leurs cohortes de flics/bandits tués ou blessés, films qui poussent volontiers dans la violence et ses impacts, c’est de l’au de rose. Ca reste quand même un manque à combler ça fait partie de la réalité, c’est normal de trouver la crudité de l’autopsie repoussante, en tant qu’adulte c’est tout aussi normal de l’affronter un tant soit peu, surtout que c’est bien dans le sujet que traite Bercot.
        Je voudrais ajouter encore un truc sur l’autopsie au sujet de l’avis cité en lien, désolé de me servir de celui-ci comme repoussoir mais c’est quand même révélateur: à un moment il parle de « une scène d’autopsie d’une victime, avec improbable figurant pris de nausées pour relais du spectateur ». Il écrit « pris de nausée » mais qu’est-ce qu’il en sait? Je n’ai pas vu « le figurant » se tordre en portant la main à la bouche, juste qqn qui quitte la salle, pourquoi ne serait-ce pas l’un des intervenants de l’opération dont la tâche est terminée, ou un observateur-étudiant? Peut-être est-ce le cas d’ailleurs (ce n’est pas non plus « improbable ») mais comme on a aucun signe appuyé de celà, qu’en sait-il? C’est orienté dés le début et de mauvaise foi, et snob, je suis assez scandalisé par cette connerie suintante et je vous passe les figures de style ampoulées ouvrons une fenêtre!

      • MB dit :

        à Alexandre: très intéressant! et il faut remarquer qu’on a eu 10.000 occasions au cinoche de pouvoir faire ce genre de scène, et pourtant le cinéma de fiction qui couvre 99% du champ ne l’aborda pas ou peu, laissant celà aux docs TV. La pudeur qui veut épargner au spectateur le côté repoussant a bon dos, les polars par exemple et leurs cohortes de flics/bandits tués ou blessés, films qui poussent volontiers dans la violence et ses impacts, c’est de l’au de rose. Ca reste quand même un manque à combler ça fait partie de la réalité, c’est normal de trouver la crudité de l’autopsie repoussante, en tant qu’adulte c’est tout aussi normal de l’affronter un tant soit peu, surtout que c’est bien dans le sujet que traite Bercot.
        Je voudrais ajouter encore un truc sur l’autopsie au sujet de l’avis cité en lien, désolé de me servir de celui-ci comme repoussoir mais c’est quand même révélateur: à un moment il parle de « une scène d’autopsie d’une victime, avec improbable figurant pris de nausées pour relais du spectateur ». Il écrit « pris de nausée » mais qu’est-ce qu’il en sait? Je n’ai pas vu « le figurant » se tordre en portant la main à la bouche, juste qqn qui quitte la salle, pourquoi ne serait-ce pas l’un des intervenants de l’opération dont la tâche est terminée, ou un observateur-étudiant? Peut-être est-ce le cas d’ailleurs (ce n’est pas non plus « improbable ») mais comme on a aucun signe appuyé de celà, qu’en sait-il? C’est orienté dés le début et de mauvaise foi, et snob, je suis assez scandalisé par cette connerie suintante et je vous passe les figures de style ampoulées ouvrons une fenêtre!
        à Bertrand: je pense que l’exemple parfait de film sans concessions mais à bons sentiments est le désespérant mais sublime PLACE AUX JEUNES de McCarey que j’hésite à revoir tant il est triste (le titre fançais évoque une comédie revigorante et pleine de « peps »!).

    • Yves Rouxel dit :

      Si vous vouler voir un bon film à la mise en scène soignée,sans fioritures,ni pathos,je vous conseille »Manchester by the sea »réalisé par Kenneth Lonergan.Casey Affleck compose un personnage sombre,quasi mort-vivant dans l’Amérique d’aujourd’hui.La trame scénaristique ressemble un peu à la première signature de Robert Redford »Des gens comme les autres ».Il y à plusieurs passages poignants ou les personnages dégagent une émotion à fleur de peau,sans dialogues mais dans les regards.Casey Affleck prouve une fois de plus qu’il est un acteur à suivre.Tout en interiorité dans l’expression du visage,gestuelle concentré vers le passé qui le rattrape et donne au personnage un certain détachement sur la réalité.On peut souligner également la photographie des paysages teintés de mélancolie sur des morceaux classique soigneusement dosée.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Je crois avoir signalé dans ce blog MARGARET son film précédent qui mit deux ans à sortir

        • Yves Rouxel dit :

          J’ai enfin vu »Margareth »de Lonnergan raté lors de sa sortie en salles.Indéniablement l’histoire de cette adolescente qui culpabilise suite à la mort d’une piétonne est intense dans la narration mais trop long.En parallèle on suit la vie amoureuse de sa mère avec un colombien qui à vécut au Panama et à Paris campé par Jean Reno(qui est doublé avec un accent espagnol ridicule).Le personnage du chauffeur de bus(Mark Ruffalo)n’est pas assez mis en avant dans l’histoire.Lonnergan choisit souvent des musiques classiques lors de scènes émotives ou mélancoliques,ce qui fait retomber la trame initiale.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          J'(admets la longueur excessive et la narration un peu chaotique (Lonergan très têtu refusa même la version remontée par Scorsese et Thelma Schoonmaker qui préservait sa vision) mais à coté de cela, il y a des moments très réussis (les scènes de classe ont une vérité qu’on trouve peu dans le cinéma américain), des élans émotionnels et je ne trouve pas que le personnage du chauffeur soit mal décrit. On le voit surtout à travers les yeux de l’héroïne qui est un personnage complexe, parfois exaspérant d’irresponsabilité. Et désolé, je ne trouve pas Jean Reno ridicule. On oublie trop vite qu’il fut un acteur de théâtre (je l’vais vu dans une pièce de Schnitzler dirigée par Luc Bondy). Je ne suis pas sur qu’il soit doublé.

      • ballantrae dit :

        L’une de mes attentes de fin d’année avec Patterson.

  14. ballantrae dit :

    Petit écart « actualité »: sully me semble le meilleur film de notre cher Clint depuis des lustres (disons pour ma part depuis Changeling même si j’aime beaucoup le discrètement brillant Jersey boys) car il revient à ses fondamentaux:
    -forme sobre, sans chichis, presque sèche pour ne pas nous distraire de l’essentiel mais une sobriété toujours portée par le magnifique travail de T Stern héritier de Surtees et de J Green
    -récit qui va à l’encontre des clichés du genre: la catastrophe évitée est certes le point de départ du film mais ce sont les conséquences de ce « miracle » qui font le prix du film y compris les plus inattendues à savoir le doute qui peut habiter sully quant à son choix
    -une manifestation de la common decency que Clint avait un peu oubliée avec J Edgar puis American sniper.Sully nous rappelle que Clint est d’abord un cinéaste fordien avec ici quelques accents à la Capra: le filmassez sobrement en dit beaucoup sur les ressorts de l’héroisme ordinaire de gens dotés d’empathie naturelle face à un système qui se refuse à ce fondamental qu’est la vie humaine.sully nous parle de quelqu’un qui prend la bonne décision en sachant ce qu’il fait comme il nous parlerait d’autres travailleurs qui sauvent de manière consciencieuse une usine, qui aident des populations en détresse sociale face à un discours purement comptable, avide de statistiques et autres simulations virtuelles
    Bref, je pense qu’il serait dommage de ne pas aller découvrir ce très beau film où T Hanks fait à nouveau un travail remarquable de sobriété après un réussi Pont des espions l’an passé.
    Eastwood me surprendra toujours et la comparaison avec American sniper du coup s’avère passionnante: portrait de celui qui a flingué 250 personnes/ portrait de celui qui en a sauvé 155, un terrien amoureux des armes mais qui ne sait pas vivre/ un aérien amoureux des avions et de la vie, un individu qui intègre le bellicisme post 11/09/ un individu éloigné de ces problématiques qui soigne pacifiquement le trauùa de manière symbolique.

    • ballantrae dit :

      Des moments brillants pour sertir la catastrophe dans le récit mais il ne faut pas spoiler!
      Je ne sais pourquoi mais j’ai beaucoup pensé à deux Ford: Young M Lincoln et Sergent noir.

      • MB dit :

        ce n’est pas un écart, il faut parler ici des films de l’actualité: marci pour SULLY et au fait qqn a vu LA FILLE DE BREST?

        • ballantrae dit :

          Je sais pourquoi j’ai pensé à ces deux Ford concernant Sully: le procès est mise en scène de la parole et accès des auditeurs (et individus impliqués) aux images mentales suscitées par cette parole.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ballantrae
          Le film a aussi le même rapport, la même empathie avec la collectivité, la notion de groupe, d’entr’aide qui faisait dire à Michea qu’Eastwood traitait souvent de la décence ordinaire comme Ford

        • ballantrae dit :

          Dans quel ouvrage que Michea effectue t-il ce rapprochement Ford/Eastwood via la common decency? Cela m’intéresse vivement!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrrae
          C’est l’avant dernier ou celui sur le Progrès, le Mythe d’Orphée. Voilà en tout cas ce qu’il disait sur certains cinéastes dont moi
          En France, le cinéma de Bertrand Tavernier (qui n’est pas sans rapport, sur le plan politique, avec celui de Ken Loach) constitue un très bon exemple de ce nécessaire travail d’empathie auquel je fais allusion. Je pense notamment au personnage de Dave Robicheaux (magistralement interprété, dans In the Electric Mist, par Tommy Lee Jones) à travers lequel Tavernier réussit admirablement à faire passer toutes les contradictions humaines qui peuvent animer un « petit blanc » de Louisiane, à la fois « conservateur » et profondément attaché à la common decency. Il est vrai que Tavernier est un grand lecteur d’Orwell (et un grand admirateur de John Ford) et que c’est donc de façon parfaitement consciente qu’il s’est toujours attaché à rendre ainsi hommage à leur conception de la décence commune et des gens ordinaires (Cf, sur ce point, son passionnant livre d’entretiens avec Noël Simsolo, Le cinéma dans le sang, in LES MYSTERES DE LA GAUCHE

    • Yves Rouxel dit :

      Je reconnais justement qu’avec l’age et les années qui passent,Tom Hancks à sut affiner ses roles et est plus convainquant qu’au début de sa carrière.Je suis mitiger par le film,surtout les effets numériques pour l’amérissage de l’airbus sur l’Hudson.Pourquoi tant de retours en arrière alors que le spectateur lambda à déjà tout compris dès le début.Bon la scène de l’interogatoire est bien mener visuellement.J’ai remarquer sur le plan technique qu’Eastwood utilise peu le champ contre-champ lors d’échanges de conversations.

  15. antoine dit :

    avez vous un conseil ,un avis sur un coffret wild side : miyamoto musachi de tomu ushida ????
    merci d’avance

  16. Angelillo dit :

    « THE CAR de Elliot Silverstein. Le film, de loin le meilleur de Silverstein (qui n’a certes pas fait grand-chose d’intéressant ni avant ni après) »

    On a déjà évoqué ici la série d’anthologie THE TWILIGHT ZONE, et si de (trop) nombreux épisodes ont perdu, aux yeux des adultes que nous sommes devenus, l’impact qu’ils avaient eu à l’époque sur les enfants que nous étions, quelques rares épisodes plus ambitieux dans leur approche esthétique ou thématique – voire les deux ! – conservent intact leur pouvoir d’évocation.
    C’est le cas avec THE PASSERBY, conte écrit par Rod Serling qui convoque l’univers d’Ambrose Bierce jusque dans son très beau final.

    • MB dit :

      je viens d’apprendre que Serling à Cannes, avait acheté à l’époque LA RIVIERE DU HIBOU de Robert Enrico (d’après le même Bierce) pour en faire un épisode de la 4D! Je verrai enfin le Enrico avec ma réévaluation totale et scolaire de la 4e DIMENSION (j’en suis qu’à la 3ème saison).

      • Angelillo dit :

        Il s’agit d’une décision de William Froug, producteur à partir de la cinquième – et dernière – saison après le départ de Bert Granet. Et il ne s’agit, hélas ! pas d’une décision manifestant une quelconque ambition culturelle…
        Il manquait tout simplement un dernier épisode à produire pour boucler cette 5ème saison mais Froug avait déjà dépassé le budget alloué par CBS. Il eut donc l’idée d’acheter les droits de diffusion de ce court-métrage qu’il avait vu quelques temps auparavant et qui présentait de nombreux avantages : une durée proche d’un épisode standard de THE TWILIGHT ZONE, pas (ou très peu) de dialogue et la référence à la culture et histoire américaine (Ambrose Bierce et la Guerre de Sécession). Après quelques réticences de la part CBS – un film français sur une chaîne US ! – il finit par imposer son idée. Il acheta les droits pour $10 000 – autant dire une bouchée de pain comparée au coût de production d’un épisode de THE TWILIGHT ZONE – et après quelques coupes d’une durée totale de 3 minutes pour coller au format 25 minutes, le film fut diffusé le 28 février 1964 et une seconde fois le 11 septembre 1964, diffusion auréolée de prestige grâce à l’Oscar qu’il avait reçu le 13 avril 1964! Il ne fut plus jamais repris en « syndication » au cours des futures diffusions de THE TWILIGHT ZONE et n’a été réintroduit dans les éditons DVD et Bluray de la série que depuis quelques années. Il est à noter que les deux diffusions en 1964 reçurent de nombreuses critiques élogieuses de la part de la presse, entre autres Variety : « A fascinating and eerie Ambrose Bierce tale ! »

        THE PASSERBY de Silverstein, écrit par Serling, fait partie de la saison 3 : vous devriez donc le voir « passer » incessamment sous peu… Et joli score de Fred Steiner, soit dit en « passant »…

        • Denis Fargeat dit :

          Merci pour cette intéressante histoire ! Qui me rappelle l’anecdote de Marius Constant, entendant par hasard à la TV la musique qu’il avait composée pour CBS des décennies auparavant ; le fragment, écrit en tant que stock music, était devenu le célèbre générique de Twilight Zone… on ne lui en avait rien dit….

        • MB dit :

          à Angelillo: merci pour cette avalanche d’informations! En ce qui concerne la décision de départ j’ai trouvé Serling rôdant dans un festival français, pas Froug:
          http://akas.imdb.com/title/tt0734554/trivia
          le reste colle avec vous, maintenant IMDB est nourri par qui?
          Au fait vous avez une source pour ce que vous dites, peut-être un bon bouquin à s’offrir? merci.

      • Angelillo dit :

        « Au fait vous avez une source pour ce que vous dites, peut-être un bon bouquin à s’offrir? merci. »

        Pendant des années, l’ouvrage de référence était THE TWILIGHT ZONE COMPANION BOOK de Marc Scott Zicree (1982). Mais depuis 2008, « THE TWILIGHT ZONE : UNLOCKING THE DOOR TO A TELEVISION CLASSIC de Martin Grams s’est imposé comme LA référence ultime en la matière. Il revient sur des erreurs factuelles du Zicree, notamment une…que j’ai reproduite de mémoire, sans le faire exprès, dans mon précédent post ! C’est dire à quel point le Zicree a été pendant de nombreuses années la Bible pour les amateurs de cette série ! L’erreur concerne le coût des droits de diffusion du film en question, et qui s’élèvent non pas à $10,000 mais à $20,000. Bon, on passe du simple au double, mais c’était quand même 3 fois moins cher que la prod. d’un épisode normal (appr. $70,000).
        Donc, si vous voulez vraiment vous investir dans le backstage de la série, connaître des anecdotes sur le tournage, la musique [tiens, à ce sujet, il existe même un ouvrage spécialement écrit sur la musique de la série qui est un régal pour les béophiles : « A Dimension of Sound: Music in the Twilight Zone » par Reba Wissner], la production, etc. c’est le Martin Grams…et ses 816 pages qu’il vous faut !
        Je viens effectivement de lire le post de Imdb auquel vous faites référence et qui attribue à Serling la décision d’acheter le film pour sa diffusion dans THE TWILIGHT ZONE mais ne sais quoi penser de cette info qui contredit et le Zicree et le Grams, d’autant qu’on y mentionne, en plus, la chaîne ABC alors que THE TWILIGHT ZONE a toujours été un programme CBS ! Une info à prendre donc avec des pincettes. Une de plus…

        • MB dit :

          à Angelillo, TZ: merci pour la réf du bouquin. Et tout ce qui se lit dans IMDB doit être filtré c’est sûr!
          Zicree a fait toute la partie comms des br de TZ, mais je suis loin de les avoir tous écoutés, beaucoup de ces comms sont sans intérêt surtout suite à la mémoire faiblissante de tel ou tel acteur à qui on demande de se souvenir d’un épisode qui lui a pris une semaine de tournage (ou à peu près?) 50 ans auparavant!

    • MinettePascal dit :

      Sur TWILIGHT ZONE, j’avoue ne pas avoir perdu mon intérêt pour cette série. C’est pour moi le meilleur exemple de Science-Fiction, celle qui interroge le présent et la société actuelle. Je n’ai jamais pu me passionner pour STAR WAR, par exemple, aux nombreux mérites bien sûr, mais qui manque un peu de cette dimension.

  17. Angelillo dit :

    « STORM FEAR [avec] Lee Grant, que Wilde imposa bien qu’elle soit sur la liste noire, est grandiose en fille à gangsters qui essaie d’être sympa. »

    [à Bertrand] :
    Elle y est en effet remarquable et s’inscrit dans la tradition de ces grandes figures de « filles à gangster » dont Claire Trevor dans KEY LARGO reste sans nul doute l’exemple le plus poignant. Lee Grant était en effet blacklistée pour avoir refusé de balancer son mari, le scénariste Arnold Manoff. Mais n’oublions pas que Elmer Bernstein aussi était blacklisté à cette époque, même si des sources tendent à adoucir rétroactivement – et à tort ! – son blacklisting en évoquant plutôt une « grey list » (sic). Pourtant Elmer Bernstein a été clair à plusieurs reprises : il était bel et bien blacklisté, avait du mal à trouver du boulot et a vu plus d’une fois des collègues changer de trottoir lorsqu’ils le voyaient arriver… Un coup d’oeil à sa filmo permet d’ailleurs de constater que le film qui, dans sa carrière, a « fait sauter le verrou » , c’est THE TEN COMMANDMENTS de DeMille ! Recommandé par Victor Young, collaborateur attitré de DeMille mais très souffrant et ne pouvant assurer la composition de cette colossale partition, Bernstein s’est donc retrouvé au générique de cette superproduction. Et quand, à l’époque, un nom apparaît dans une production DeMille, ça efface pas mal de doutes et soupçons ! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on retrouve Edward G. Robinson au générique de film…
    C’est donc doublement culotté de la part de Wilde de faire figurer à l’époque Elmer Bernstein et Lee Grant dans son film !
    Et pour en revenir au film à proprement parlé, film que j’ai vraiment aimé par ailleurs, ne trouvez-vous pas qu’il évoque beaucoup le futur DAY OF THE OUTLAW ? L’irruption brutale du début, le confinement dans une baraque en milieu hostile et, surtout, tout le long final dans la neige ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Angelillo
      Mais ce final dans la neige est très platement filmé. Bernstein a toujours dit que c’était Preminger qui avait brisé l’interdit. Ne pas se fier à la date de sortie du film mais à celle de l’embauche du compositeur annoncée dans un corporatif

      • MB dit :

        à Bertrand et Angelillo: « Pourtant Elmer Bernstein a été clair à plusieurs reprises : il était bel et bien blacklisté, avait du mal à trouver du boulot et a vu plus d’une fois des collègues changer de trottoir lorsqu’ils le voyaient arriver… »
        personne ne confond avec Walter le scénariste? Je ne sais pas quelle est la source de la citation ci-dessus mais ça ressemble tt à fait à ce qu’écrit Walter Bernstein dans son autobio (à dévorer). Je ne vois pas Elmer signalé dans aucun livre sur la liste noire. Je ne vois pas non plus de « saut de verrou » dans sa filmo avant et après le de Mille. Mais il y a peut-être qqch que j’ai mal compris et je n’ai pas TOUS les bouquins sur la liste noire.
        pas de polémique mais de l’information ofkourss! et en tout cas on peut dire que la musique de Elmer pour les 7 MERCENAIRES est la meilleure musique de western qu’il m’ait été donné d’entendre, et hors western celle de LA GRANDE EVASION c’est du génie (ah! ces basses en intro… je défaille). merci de vos précisions…

        • MB dit :

          à Angelillo: RECTIF: damn it! vous avez raison pour Elmer, j’ai trouvé une source que j’avais complètement zappée (et fallait pas chercher loin):
          « Along with many in Hollywood, Bernstein faced censure during the McCarthy era of the early 1950s. Bernstein was called by the House Un-American Activities Committee when it was discovered that he had written some music reviews for a Communist newspaper. After he refused to name names, pointing out that he had never attended a Communist Party meeting, he found himself composing music for movies such as Robot Monster and Cat-Women of the Moon, a step down from his earlier Sudden Fear and Saturday’s Hero.[4][6] »
          (https://en.wikipedia.org/wiki/Elmer_Bernstein#Politics)
          mes excuses infinies…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Non, Elmer a été pratiquement blacklisté. Il n’est que de voir ses crédits pendant un temps, les studios refusant de l’engager et Preminger a cassé cela

        • MB dit :

          à Bertrand: ELMER: en effet CAT WOMEN OF THE MOON et ROBOT MONSTER! on commence à lui foutre la paix avec L HOMME AU BRAS D OR (Preminger) et c’est vrai que (cf Angelillo) + tard THE 10 COMMANDMENTS est comme un laissez-passer officiel.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Pas plus que L’HOMME AU BRAS D’OR qui défie la Censure, sort sans le sceau du code pendant un moment et fait partie des très nombreuses attaques que Preminger mena toujours contre tout ce qui freinait la liberté d’expression. Mon attaché de presse américain de ROUND MIDNIGHT avait été protégé du FBI par Preminger alors qu’il était communiste et c’est lui qui m’avait parlé de Elmer Bernstein. La musique du générique, le fameux thème a lancé EB

        • Angelillo dit :

          « Pas plus que L’HOMME AU BRAS D’OR qui défie la Censure, sort sans le sceau du code pendant un moment. »

          [A Bertrand]
          Justement, j’ai toujours pensé naïvement que c’était par excellence le genre de « compromission » qui ne devait pas jouer en faveur de quelqu’un souhaitant se fondre dans la masse ! Je garde mon intime conviction que TEN COMMANDMENTS, grand film de studio, a ouvert à Bernstein les honorables portes des autres honorables studios pour d’honorables « A Productions ». Le score pour MAN WITH THE GOLDEN ARM a même eu un effet contreproductif : quand, pendant les sessions d’enregistrement du DeMille, Bernstein demande à Chuck Heston de le « placer » pour THE BIG COUNTRY qui est en train de se monter, Heston en parle à Gregory Peck qui lui rétorque : « Elmer Bernstein ? Isn’t he a jazz composer ? ».
          Je pense qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’établir avec précision la cascade des causes et conséquences sur l’envol ou non d’une carrière artistique mais voici un extrait d’un entretien entre Cynthia Millar (CM) et Elmer Bernstein (EB) pour The Guardian (October 9, 2002)et qui donne quelques détails sur la chronologie :

          CM : Victor Young had been hired to write the score (…) of THE TEN COMMANDMENTS but he became very ill. You were then hired to write the score. But at the same time you’d written THE MAN WITH THE GOLDEN ARM score.

          EB : It couldn’t have been more different. THE MAN WITH THE GOLDEN ARM was a jazz-based score. When I had done that in a hiatus while they were editing THE TEN COMMANDMENTS, DeMille called me down to the office. He said he’d listened to THE MAN WITH THE GOLDEN ARM at home that night. I was afraid that he was going to say that. He said, “It’s very good. But don’t do anything like that in THE TEN COMMANDMENTS.”

          A la lecture de ce bref échange, il semble que, pour Bernstein, TEN COMMANDMENTS précèderait THE MAN WITH THE GOLDEN ARM, ce que semble confirmer cet autre article que l’on trouve sur le site suivant…

          http://elmerbernstein.com/articles/celestial-refrains/

          …et dont j’en recopie un passage :

          « He [Elmer Bernstein] credits Cecil B. DeMille with bringing him back into the mainstream. “I was summoned to DeMille’s office and, knowing that he was not exactly a bastion of liberal causes, was most surprised at the two direct questions he asked me,” Bernstein recalls. ‘Are you a Communist?’ (I said ‘No’) and “Do you think you could do for ancient Egyptian music what Puccini did for Japanese music in ‘Madame Butterfly’?” (‘I don’t know, but I would like to try’) and that was the end of the conversation and apparently the end of my banishment!” Originally hired to write only the ancient dance music for “The Ten Commandments,” Bernstein eventually composed the entire score. (…) During the yearlong process of scoring “The Ten Commandments,” Bernstein was hired by Otto Preminger to compose the score “The Man with the Golden Arm” after Preminger’s brother heard his score for the film noir “Sudden Fear.” Bernstein proposed a Hollywood first, an all-jazz score. »

        • MB dit :

          à Bertrand: merci pour les précisions, c’est Preminger donc qui a tout changé pour Bernstein avec L HOMME AU BRAS D OR (55). On peut justement s’étonner que DeMille, le plus droitier des magnats de Hollywood fasse travailler EB en le créditant clairement. De plus DeMille était antisémite.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          La réalité, comme le montre Angelillo, parait plus complexe, puisque De Mille écoute le score de L’HOMME AU BRAS D’OR durant le montage de the TEN COMMANDMENTS ce qui laisse entendre que Bernstein avait déjà écrit pour de Mille mais que tout n’était pas achevé ou monté et qu’il pouvait être viré ou remplacé, ce qui arrivait constamment

        • MB dit :

          à Angelillo et Bertrand: BERNSTEIN: c’est toujours plus complexe! merci encore pour ces nouvelles précisions.

        • Angelillo dit :

          Dans le récent et superbe coffret de 6 CDs que Intrada a édité il y a à peine quelques semaines et où figurent l’intégralité de la BO ainsi que les ré-enregistrements ultérieurs pour les différents albums, Frank K. DeWald revient, dans un luxueux livret de 60 pages, sur la production du film et de sa musique.
          Vous trouverez à la suite trois liens vers les pages 14 à 19 qui reviennent spécifiquement sur la production musicale et l’embauche de Bernstein.
          Pensez à zoomer sur les images :

          p14-15
          http://img11.hostingpics.net/pics/9024958501.jpg

          P16-17
          http://img11.hostingpics.net/pics/1261457902.jpg

          p18-19
          http://img11.hostingpics.net/pics/7424071303.jpg

  18. ballantrae dit :

    Try and get me est très intrigant: j’ignorais que Fury était tiré d’un fait divers et qu’un autre film abordait une trame aussi semblable.
    J’ai crû lire que le réalisateur a aussi conçu un film autour de Sade.Est-ce bien?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Exact mais le film a été défiguré pour des raisons obscures (maladie de Enfield, irruption de Corman qui retourne quelques scènes de manière nulle, montage tronqué, musique atroce)
      Sound of Fury et Fury sont inspiré par le même fait divers

      • ballantrae dit :

        Bon Sade est fascinant mais pas forcément cinégénique donc même si Quills ou Marquis possèdent quelques qualités.
        Quant à Cy endfield , il me reste à beaucoup découvrir puisque je ne pense vraiment connaître que Zulu.
        Dans ces années 60, les Anglais pouvaient aussi bien produire des films avec clichés tels que le moyen Khartoum de Basil Dearden mais aussi le remarquable La charge de la brigade légère de T Richardson qui comme Zoulou déconstruit la légende dorée de l’armée de sa Majesté pour ne montrer les contradictions intenables mais aussi les actes d’héroisme ordinaire au milieu du désastre.
        Qui oserait encore dire comme un refrain entendu que le cinéma anglais n’existe pas???

  19. Phildesfr dit :

    Bonjour à tous,

    Je suis en train de réviser mes classiques pour la sortie de « Star Wars Rogue One ». J’ai déjà revu pour l’occasion les plus évidents : « Les douze salopards » et « Les Canons de Navarone », et j’ai enfin découvert également « Les Briseurs de barrages » et « 633 Squadron », les influences « officielles » de la bataille de l’Étoile Noire de Star Wars.
    À présent je sèche un peu, c’est pourquoi je fais appel à votre cinéphilie collective pour vous demander quels autres films vous conseilleriez, sur des histoires de commando secret envoyé en terrain ennemi en mission d’espionnage/sabotage ?

    • stagfr dit :

      A Phildesfr,

      L’empire du mal et son mentor, cette armée « aryenne » de stormtroopers plus blancs que blancs, face à la résistance d’alliés aux multiples visages, je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a du Lacombe Lucien chez Dark Vador mais j’ai été personnellement étonné que défait de son casque, le bras armé de l’empereur n’ait pas arboré une petite moustache.

      Pour ma part je vous conseille MAN HUNT, le trou dans lequel se termine le film ne figure que très mal le blocos du RETOUR DU JEDI mais si on fait dans la métaphore il y a quelques liens. A défaut vous passerez sûrement un bon moment.

    • Yves Rouxel dit :

      Ah non vous n’aller pas commencer à nous bassiner avec la guerre des étoiles qui est un produit manufacturer et qui n’a rien à voir avec la démarche de Lucas en 77.

      • Phildesfr dit :

        Justement, je demande au contraire à la communauté de me « bassiner » avec les films préalables d’aventure WWII, qui ont constitué le terreau de Star Wars 😉

        • ballantrae dit :

          Le film de commando majeur est certainement Play dirty de A de Toth justement parce qu’il ne nous ennuie pas avec les figures imposées du genre: lâcheté, cynisme, absurdité à tous les étages pour bien montrer que la guerre est le terrain des vanités humaines.
          Je pense que le commando de Rogue one sera plus clean!Pas d’attente excessive envers ce film mais je serai obligé de le voir en famille!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          C’est l’exemple même d’une commande qu’un auteur récupère, modifiant le scénario pour la transformer en une oeuvre profondément personnelle

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          C’est l’exemple même d’une commande récupérée par un cinéaste qui modifie le scénario et la rend personnelle

  20. MB dit :

    à Ballantrae: qu’est-ce que c’est que cette « source sûre » pour 100 Ans?

    • Sullivan dit :

      Cher Ballantrae, soyez partageur que diable, et épargnez-nous le côté « je fais partie du sérail môa, je sais DE SOURCE SÛRE que 100 ans va arriver ». Donnez-nous plutôt des informations factuelles, car là, vous en dites trop ou pas assez. Vous vous doutez bien que chacun ici ou presque, sait que 100 ans doit sortir depuis belle lurette, que Bertrand et JP Coursodon se taquinaient pour savoir si ça allait être 1912-2012 ou 1914-2014 (ou quelque-chose comme ça)… et qu’effectivement, nous n’avons plus de nouvelles depuis un moment.

      • ballantrae dit :

        Je ne fais partie d’aucun sérail mais en ai touché un mot à Bertrand lors de sa venue en Dordogne , rien de plus: d’autres ont dû lui poser la question et il aura fait la même réponse…2017 ou 2018? Mais prudence car le duo risque de trouver d’autres entrées à ajouter.
        Toujours est-il que le 50 ans d’omnibus est désormais épuisé et devient donc un collector en attendant son petit frère.

        • MB dit :

          eh ben voilà, c’est le sérail du foie gras et du confit! ah c’est un cercle très fermé! on y entre pas comme ça!
          merci pour la réponse, Ballantrae, « no hard feeling » comme disait Colorado à Chance.

        • Sullivan dit :

          Un sérail bien sympathique ma foi (sans jeu de mot)…

        • ballantrae dit :

          Mais non c’est un sérail très ouvert où tous les blogueurs peuvent venir!Faites signe d’ailleurs si vous passez: on pourra parler cinéma entre autres réjouissances.

    • Yves Rouxel dit :

      Je le précise dans un post sur »Duel ».Lu dans un article paru en octobre dans L’obs,Bertrand nous dit que la prochaine mouture »100 ans de cinéma américain »sortira en octobre 2017 et qu’il à avec Jean pierre beaucoup de grain à moudre en revoyant une grande quantités de films.Un travail de fourmis,je leur souhaite courage et persévérence.

  21. Alexandre Angel dit :

    Bonjour aux blogueurs et à Bertrand
    THE CAR, dont j’aime bien le titre français, ENFER MECANIQUE, presque meilleur, est une sorte de classique de la grande époque du festival d’Avoriaz dont j’avoue n’avoir jamais su quoi faire tellement je le trouvais à cheval entre plusieurs courants. Le revoir dans son dvd Universal, récemment, m’a révélé une patine insoupçonnée dont le processus de maturation se trouvera bien accéléré par la sympathique mise en exergue de cette chronique. Lors des une ou deux premières visions, j’avais tout d’abord été déçu par la servitude du film envers LES OISEAUX et JAWS, inévitables tutelles de ces séries B horrifiques qui poussaient allégrement sur l’arbre à genres des années 70. Ce surgissement de l’irrationnel en « Ploucland », cet échantillonnage psychologique emprunté au film catastrophe ne surprenaient guère. Mais de suite, quelque chose s’imposait pourtant : un soin, de bons trucages, une ampleur visuelle, des moyens de fausse série B (Albert Whitlock aux effets visuels)ainsi qu’une ambiance particulière, contrôlée , interdite, peu expansive. THE CAR revisitait le genre qu’il perpétuait avec la même sophistication oblique que le BLACK SUNDAY, de Frankenheimer, le faisait avec le film catastrophe. Film totalement « crossroads », THE CAR ramène DUEL pour mieux annoncer CHRISTINE, de Carpenter, croise le Jacques Tourneur de CURSE OF THE DEMON avec le Jack Arnold de TARENTULA (Universal oblige). Cette (re)tenue, ce côté accueillant font le prix de ce bon spectacle, qui a aussi l’originalité de nous montrer une étrange communauté de « highway patrolmen » dépressifs, nombreux et métissés : gros, maigres, jeunes , vieux …et indiens are in the place.

  22. carter69 dit :

    Concernant le film de Pierre Chenal, Ann Harding sur dvdclassik :
    « J’ai découvert hier [b]Les Mutinés de l’Elseneur[/b] (1936) dans le nouveau DVD René Chateau. Si le film est formidable, il y a cependant un sérieux problème avec la copie. Certaines bobines sont dans le désordre et le résultat est catastrophique pour la compréhension de l’histoire. Ainsi, on voit Davis (Robert Le Vigan) se vanter d’avoir balancé par-dessus bord O’Sullivan (L. Gridoux) à 20’13 » alors que sa disparition n’est constatée qu’à 41’26 ». O’Sullivan réapparaît ainsi plusieurs fois alors qu’il est déjà mort… :roll: O’Sullivan est d’une jalousie maladive vis à vis de Winna (Winna Wienfried) qui est montée dans la hune avec Jack (J. Murat) à 31’28 alors qu’on ne les voient y monter qu’à 58’30. Et ainsi de suite. J’ai essayé de reconstituer l’ordre des bobines, mais il reste encore une ou deux scènes qui ne collent pas. Merci René Chateau! 😡 »

    vous en pensez quoi, Bertrand ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Carter 63, j’avais vu une copie qui ne posait pas ce genre de problèmes

    • Bertrand Tavernier dit :

      A carter 69
      Réponse des éditions René Chateau
      Cher Bertrand Tavernier,

      Merci pour votre attention.

      Visiblement, il y a eu un mastic au Laboratoire VDM, mais ce qui est consternant c’est que la responsable du matériel Annie Chelossi ne se soit aperçue de rien !!!

      Dès ce jour, nous retirons le DVD de ce film de la vente, ainsi que sur notre site internet.

      Avec nos remerciements.

      • carter69 dit :

        merci pour l’info, Bertrand.
        En esperant que l’editeur ressortira le film dans quelques mois, une fois la « tuie » reparée
        Cinephile lyonnais, fidèle du Festival Lumiere, j’en profite pour vous remerciez de tous vos passionnants commentaires cinephiles que ce soit à l’Institut, sur ce blog ou dans des bonus dvd. Et hate de voir la suite de votre passionnant documentaire sur le cinema français.

      • Yves Rouxel dit :

        C’est ce qu’on appelle »action » »réaction »de la part de René Château.C’est bien qu’il retire ce dvd de leur site.Ce n’est pas la première fois que je constate qu’il y à des erreurs aux niveaux des copies.Pourtant je pense qu’un visionnage de ces vieux films sont effectués par des professionnels de la profession comme on dit.

      • Catherine dit :

        « …mais ce qui est consternant c’est que la responsable du matériel Annie Chelossi ne se soit aperçue de rien !!!  »

        Qu’elle soit mise au pilori en place publique !! …ah, c’est déjà fait puisque que la responsable est nettement désignée (sic), cette délation exonératoire de la part des éditions Château est lamentable, même si l’on se doute que quelqu’un va payer cette erreur ( sera-t’elle renvoyée pour avoir interverti des bobines et ainsi avoir entaché la réputation des dvd(s) René Château qui n’est déjà pas glorieuse ?? )
        PS: en rapportant ce message, il aurait été judicieux de remplacer son nom par un X.

  23. Antoine dit :

    Merci pour cette nouvelle chronique toujours si intéressante. Avez vous vu china girl de hathaway qu en pensez vous??

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Antoine
      Je crois qu’on en parle dans 50 Ans. Il y avait de bonnes séquences dans mon souvenir et le film était supérieur à SUNDOWN

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