Une découverte signée James Whale

3 mai 2017 par - DVD

LECTURES

GUEULE D’AMOUR (Gallimard) d’André Beucler est un très joli roman, aigu, pénétrant que Jean Gabin adora et, voyant l’occasion de pouvoir renouveler les rôles qu’on lui donnait, qu’il fit acheter par Ploquin. Ce dernier en confia la réalisation à Grémillon qui, avec Spaak, bouscula le livre. Beucler est aussi paraît-il l’auteur de la meilleure étude sur Giraudoux. On y apprend que c’est Giraudoux qui appela Beucler, lui demandant de filer à Rome pour récupérer Renoir qui tournait LA TOSCA. La guerre risquant d’être déclarée, cela donnait une très mauvaise image de la France que d’avoir son plus grand cinéaste travaillant chez l’ennemi. André Beucler est aussi l’auteur de l’excellent scénario et des dialogues très sobres de BAGARRE si bien dirigé par Henri Calef (SND). Y aura-t-il un jour un avis sur ce film qui reste très méconnu ?

    

Il faut absolument lire LA FIN DU MONDE N’AURAIT PAS EU LIEU  (éditions Aléas),  le dernier petit opuscule de Patrik Ourednik (EUROPEANA était déjà magistral!). C’est décapant, marrant et toujours stimulant. On y apprend des masses de choses notamment sur l’hymne tchèque, le seul à ne pas être militariste (il y est question d’un aveugle qui tâtonne dans le noir en se cognant aux meubles), les prénoms des enfants, surtout ceux des filles de Goebbels qui commençaient tous par H, le rapport entre la foi et la glace à la fraise. Sans parler de l’attaque menée après l’armistice de 1918 par le général Wright qui fit des masses de mort parce qu’il voulait que ses troupes puissent se laver. Ourednik a traduit en tchèque Rabelais, Queneau et Becket, excusez du peu.

RETOUR DE l’U.R.S.S. (Gallimard) est une des lectures les plus décapantes, les plus revigorantes que j’ai faites ces derniers temps. Gide avait tout compris. Le premier texte prend encore des précautions mais devant les attaques ignobles qu’il subit, il revient sur le sujet et apporte des précisions accablantes. Peut-on imaginer un livre plus actuel ?

    

Il faut absolument lire TOUT Russell Banks (chez Actes Sud), notamment le déchirant DE BEAUX LENDEMAINS, le passionnant LIVRE DE LA JAMAÏQUE dont l’un des protagonistes est Errol Flynn dans un rôle trouble et POURFENDEUR DE NUAGES qui approche de manière oblique la figure très complexe de John Brown, ce militant abolitionniste, ce religieux intégriste qui voue sa vie à l’éradication de l’esclavage et déclenche la guerre de Sécession. C’est un livre génial.

Ne manquez pas chez Actes Sud les petits ouvrages de Sébastien Lapaque grand admirateur de Bernanos, auteur du premier ouvrage contre Sarkozy, FAUT QU’IL PARTE, et défenseur des vignerons écologiques (LE PETIT LAPAQUE DES VINS DE COPAINS). Lisez tout cela et toutes ses « théories qui sont des petits précis brillants, amusant, perçants et chaleureux sur des villes » en particulier la THÉORIE D’ALGER : les pages sur Camus, la recherche de la tombe de sa mère, la recette du vrai couscous kabyle, l’évocation de chanteurs assassinés, de Lily Boniche… Tout cela est à la fois drôle, tendre, personnel et émouvant. Idem pour la THÉORIE DE RIO.

MUSIQUE

A TALE OF GOD’S WILL (CD chez Parlophone) de Terence Blanchard est un magnifique « requiem pour Katrina » composé pour le documentaire de Spike Lee, WHEN THE LEVEES BROKE. On y sent toute la désolation provoquée par l’Ouragan et tout l’amour qu’éprouve Blanchard pour la Nouvelle Orléans. Chef d’oeuvre.

Dans JAZZ IN FILM (chez Sony Masterworks), il revisite de manière inspirée les compositions d’Alex North pour UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, de Jerry Goldsmith pour CHINATOWN, de Duke Ellington pour AUTOPSIE D’UN MEURTRE, etc.… Magnifiques arrangements, variations subtiles sur les œuvres originales.

On l’a signalé dans le blog mais autant le répéter : la fort belle musique de Henri Dutilleux pour LA FILLE DU DIABLE de Henri Decoin est enfin sortie chez BIS avec Le Loup et Trois sonnets de Jean Cassou. Par l’Orchestre des pays de la Loire sous la direction de Pascal Rophé.

CINÉMA EN DVD 

Nouvelle formidable, incroyable, inespérée : le BFI vient d’éditer en plusieurs DVD le NAPOLÉON d’Abel Gance, reconstruit par Kevin Bronlow avec la musique de Carl Davis. J’en ai revu deux heures et ce fut un éblouissement. Ce qui se passe à Brienne par exemple va bien au delà de la caméra dans les boules de neige qu’on cite à longueur d’articles, idée mille fois moins intéressante que l’utilisation de l’espace et de la stratégie par le jeune Bonaparte et par Gance dans sa mise en scène.

Signalons aussi la sortie en Angleterre de CANYON PASSAGE dans une version encore plus belle en Blu-ray (pas de sous-titres).

  

Aux USA, sortie très surprenante de STRANGER AT MY DOOR (Olive), beaucoup plus subtil et ambigu qu’on pourrait s’y attendre. L’attaque qui ouvre le film impose une atmosphère de chaos et de violence, rare dans les westerns de l’époque (Witney était un champion des scènes d’action). Mais surtout toute la séquence où l’on affronte par une nuit d’orage un cheval sauvage est digne de King Vidor et justifie l’achat de ce DVD (pas de sous titres).

  

Et puis, premier effet formidable de mon documentaire, Doriane Films vient enfin de sortir un DVD de REMOUS d’Edmond T. Gréville qui avait totalement disparu de la circulation. J’interviens dans les bonus et il y a un essai argumenté et passionnant de Philippe Roger.

Carlotta sort PROPRIÉTÉ PRIVÉE, le sensationnel premier film de Leslie Stevens.

On m’a reproché de critiquer John Carpenter. Je n’en suis que plus à l’aise pour dire tout le bien que je pense du Blu-ray d’ASSAUT, film qui tient formidablement le coup et parvient à imposer une tension électrique dès les premières minutes. Tout ce qui tourne autour du marchand de glace est admirablement découpé, orchestré de même que le premier assaut sur le commissariat qui vous prend par surprise. Je n’ai pas vu le remake.

Chez Potemkine, il faut se précipiter sur le coffret consacré à ALBERTO SORDI avec ces chefs d’œuvres que sont L’ARGENT DE LA VIEILLE et UNE VIE DIFFICILE.
Et sur les coffrets GRIGORI TCHOUKHRAÏ et LE DÉCALOGUE de Krzysztof Kieslowski qui était épuisé.

  

DÉCOUVERTE
On peut trouver en zone 1 le DVD de SHOW BOAT (1936) de James Whale qui est à notre avis son chef d’œuvre, un mélodrame à la fois intense et ample, fiévreux et tranquille. Ce bateau à roue qui descend le Mississippi en présentant divers spectacles catalyse sur 40 ans, divers sujets, histoires d’amour et de rivalités, drames familiaux, conflits sociaux et raciaux, enracinés dans leur époque. Les auteurs de la pièce originale Oscar Hammerstein II et Jérôme Kern adaptaient un roman d’Edna Ferber et s’en prenaient aux préjugés raciaux avec une franchise très rare pour l’époque et la première en 1927, fit sensation (1927 voit aussi la création de PORGY AND BESS)…

Dans de nombreux moments Whale parvient à imposer un lyrisme grave et le ton est beaucoup plus sombre, le propos nettement plus audacieux, que dans le remake académique dirigé par George Sidney qui faisait pratiquement passer à l’as tout le conflit racial même si la MGM garde la fameuse scène où le shérif ayant appris que Julie ((Helen Morgan, géniale chez Whale) a du sang noir et qu’elle est mariée à un Blanc, la force à quitter le spectacle et chasse le couple de l’Etat. Dans le remake, la séquence paraît timorée, inerte, malgré Ava Gardner alors que Whale lui donne une conviction, une urgence incroyable qui renvoie à tous ces moments de BRIDE OF FRANKENSTEIN où la créature est traquée par les villageois. Le sentiment d’injustice, d’oppression est le même. On pense à des films plus contemporains comme le beau LOVING de Jeff Nichols même si Julie est jouée par une actrice blanche. Les personnages noirs, domestiques, gardiens, comme à l’époque, sont évoqués avec respect. Durant un passage poignant montrant des comédiens imitant les Noirs, Whale cadre dans le public, assis loin derrière les Blancs, plusieurs rangées d’Africains Américains qui assistent au numéro. Whale place la caméra derrière eux et nous n’avons pas accès à leurs réactions mais nous la sentons ainsi que le sentiment de Whale, comme d’ailleurs dans ces mouvements où la caméra, très fluide, cadre deux files très séparées de spectateurs noirs et de spectateurs blancs. Et la musique et toutes les chansons de Jérôme Kern sont magistrales avec le grandiose Old Man River chanté par Robeson qui ne figurait pas dans la distribution au théâtre (et là, Whale recourt à un mouvement circulaire extraordinaire et à un montage quasi expressionniste), My Bill, chanson déchirante que transfigure Helen Morgan ; Cant’ Help Lovin’ Dat Man morceau bluesy où Irène Dunne est épatante.

Toujours pour rester avec James Whale, Elephant a eu la très bonne idée de ressortir des films d’horreur et je reviendrai sur certains titres mais précipitez vous de toute urgence sur LA MAISON DE LA MORT (THE OLD DARK HOUSE) somptueux visuellement. Cette comédie macabre où Karloff joue un rôle très secondaire (et le déroulant ajouté par la production perturbe plus qu’il n’éclaire, peut-être encore une fausse piste) dans cette maison où rien ne marche. Le couple qui reçoit les malheureux qui fuient l’orage est inoubliable. Il s’agit de Ernest Thessiger qui a une manière de vous proposer une pomme de terre avec des sous entendus qui glacent et Eva Moore, sa sœur, chrétienne fanatique qui crie tout le temps « No beds, no beds ». Gloria Stuart est comme toujours délicieuse et Mervyn Douglas caustique, rapide.
Rappelons que le film GODS AND MONSTERS de Bill Condo était une description assez touchante et juste des derniers jours de James Whale qui était remarquablement interprété par Ian McKellen, Lynn Redgrave et Brendan Fraser.

 

Continuez votre lecture avec



Articles similaires


Commentaires (367)

 

  1. Xavier dit :

    J’ai vu votre film sur le cinema français et me suis demandé pourquoi il m’intéressait autant qu’il m’assommait. La réponse je l’ai trouvée dans « c’est la culture qu’on assassine » page 203 où Pierre Jourde écrit « notre époque préfère le respect à la passion ». Vecchiali est insolent, de parti pris, de mauvaise foi, hors sujet, délirant, on peut aussi le trouver injuste, mais c’est un homme libre. Il est passionné. Vous, vous faites de la pédagogie. Vos films s’adressent à des élèves du secondaire. Les enseignants vous adorent, je reconnais d’ailleurs leur prose dans les messages ci-dessous.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Xavier,
      Je ne fais aucune pédagogie, je parle de ce qui m’a touché, ému et je mentionne aussi ce que je n’aime pas. C’est ma vision. Vous êtes libre de détester Renoir ou becker, de juger absurde les réhabilitations de Dreville, du Sacha de CET HOMME, du GARCON SAUVAGE ou d’admirer la conduite de Gabin et d’être écoeuré par celle de Renoir.Mais surtout j’avais envie de remercier des auteurs, acteurs, musiciens qui m’avaient donné du bonheur Je ne me sens pas moins libre que Vecchiali et ne mesure pas la liberté au nombre d’éreintement.Je trouve formidable que vous arriviez à juger du degré de liberté. Et j’aimerais que les élèves de secondaire et leurs profs étudient Jaubert, Kosma, Ibert, Duhamel ou Delerue. Et voient un dixième des films dont je parle

    • Marc Salomon dit :

      Il me semble que compte tenu de la « cinéphilie » ambiante, la pédagogie n’est pas un gros mot, plutôt un passage obligé.
      Après seulement, quand on a vu beaucoup de films, on peut être « insolent, de parti pris, de mauvaise foi, hors sujet, délirant »…

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MARC SALOMON
        Mais ce sont des mots qui ont mauvaise presse.Et je ne vois pas en quoi raconter lcontexte réel dans lequel ont été créés certains films, détruire des rumeurs, des légendes est ce moins un signe de liberté que d’éreinter et d’être insolent. Pierre Jourde est un homme et un écrivain que j’adore et je sais très bien ce qu’il visait, ces monuments aux gloires consacrées, cérémonies dites culturelles et je suis sur qu’il a aimé mon film. Nous avons souvent des échanges. En quoi consacrer 20 minutes à Constantine dont personne ne parle, ni les critiques, ni les profs serait un acte de respect culturel. Envers ceux qui l’ignorent, qui ne savent pas que Sacha a été le monteur de Welles

  2. Henri Patta dit :

    Pour en revenir au cinema italien j ‘ai essaye de revoir MON NOM EST PERSONNE. Je n ‘ai pas pu et abandonne apres plusieurs tentatives. Le film a fait pres de 5 millions d ‘entrees a sa sortie en France ! Hallucinant. A noter que sergio Leone pourtant a l ‘origine du projet detestait le film.
    Et on peut se demander comment l ‘immense henri Fonda peut se fourvoyer dans ce navet. Peut-etre un cacher allechant ou le nom de sergio Leone accolle au film.

    • Henri Patta dit :

      Cachet pardon. Et il en faudrait plusieurs pour ne pas avoir mal a la tete a la vue de ce film

    • MinettePascal dit :

      Si je vous disais tous les cartons du cinéma que je n’ai pas pu regarder jusqu’au bout ! Il ne faut pas battre sa coulpe mais se persuader qu’on n’est pas les seuls idiots.
      Je n’ai jamais pu finir un HARRY POTTER, un PIRATES DES CARAIBES ou un VISITEURS, pour ne citer que ceux-là.
      J’imagine que tout le monde ici a ses exemples …

      • MB dit :

        J’ai abandonné TIP TOP de Bozon au bout de 20′, mes baîllements ont couvert les tentatives de délire verbal de François Damiens, j’ai mis un vieux LAW & ORDER à la place et je me suis réveillé.
        mais ai-je raison? TIP TOP est toujours là tapi dans l’ombre, je n’ai pas effacé l’enregistrt…
        J’ai eu beaucoup de mal à arriver au bout de BACCALAUREAT de Mungiu mais si vous ne devez voir qu’un seul H Potter voyez le PRISONNIER D’AZKABAN quand même? (abandonné aussi?).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          BACCALAUREAT vaut le coup et le Cuaron aussi, seul Harry Potter que j’ai réussi à voir

        • MB dit :

          à Bertrand: je ne suis pas mécontent de m’être obstiné à voir le BACCALAUREAT de Mungiu jusqu’au bout mais je le trouve parfois austère et je me demande s’il n’y a pas quand même un problème de durée, avec 1/4 d’heure en moins c’était peut-être mieux.
          Pour la H Potter PRISONNIER D AZKABAN c’est un bon film de Cuaron de plus. J’ai un peu frémi devant le symbolisme de GRAVITY (tt ce qui tourne autour de la renaissance de l’héroïne, idée fumeuse et typiquement américaine comme quoi il s’est adapté) mais c’est quand même une réussite, et il faut voir le formidable LES FILS DE L HOMME, oublier LA PETITE PRINCESSE et qqn a un avis sur son adaptation moderne des GRANDES ESPERANCES?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          J’aime mieux la Princesse que les Espérances

        • MinettePascal dit :

          Il y a pire encore: les films qu’on ne commence même pas, épuisés par la bande-annonce ( CHtis, CAMPING…)

        • MB dit :

          à Bertrand: bien sûr vous avez un coeur d’artichaut c’est connu!
          Ceci dit si LA PRINCESSE est supérieur aux GRANDES ESPERANCES c’est grave pour ce dernier…

        • MB dit :

          à M Pascal: mais la BA est là pour révéler le fameux « pitch », quand on l’a vue on connaît le noeud de l’histoire! après on a plus envie d’y aller voir, enfin, nous.
          Je me souviens d’avoir laissé tomber le film INTOUCHABLES après 5′, dégoûté par ce qu’on cache au spectateur dans le but de faire un gag par surprise: de plus ce gag méprise l’hôpital public en se moquant de la police qui est ridiculisée pour son action de prévention routière (on pourrait la ridiculiser sur d’autres plans, pas celui-ci où elle est utile), la réaction de Sy qui les engueule sonne faux et n’est là que pour surprendre le spectateur avec de la suprise scénaristique au rabais, en se moquant du personnel soignant de l’hosto après qui se précipite en vain pour aider le faux malade. Poisson d’avril à mourir de rire. Le début était malsain. On a le droit de se moquer de tout mais c’est bien de faire un contrepoint. Avec ce gag on était en droit de se demander de quoi était faite la suite, donc: basta!
          Quand aux CHTIS, j’ai laissé tomber saoûlé par la série de zooms ultra connus partant du globe terrestre pour arriver au poste frontière (D Boon venait de découvrir G..gle Earth le pauvre). Je me dis que la suite ne devait pas valoir tripette non plus. à tort?
          et qu’on ne me parle pas d’humour noir, c’est pas l’agressivité franche de celui-ci qui agite INTOUCHABLES c’est de la désinvolture, c’est différent!
          aaahhh! ça fait du bien nom d’une pipe!…

      • MB dit :

        « Il ne faut pas battre sa coulpe mais se persuader qu’on n’est pas les seuls idiots. »

        tt à fait d’accord!

  3. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Stag : Oui de merveilleux comédiens dans ce GARÇON SAUVAGE. Une pensée aussi pour Georges DOUKING (le type dans la charrette avec ROBINSON au début. Il était l’aveugle qui passe à côté du corps de Jules BERRY dans LE JOUR SE LÈVE), Edmond BEAUCHAMP le berger qui a recueilli l’enfant… on aperçoit même le frangin de FERNANDEL, FRANCINED dans la première scène de salon de coiffure. J’avais lu un jour un commentaire peu élogieux dans un livre consacré aux seconds rôles sur Henri VILBERT. Pourtant c’est un comédien que je trouve fin et nuancé. Après il se peut qu’il n’ait pas eu toujours des rôles à sa mesure. Je l’aime beaucoup dans la scène du prêche du MANON DES SOURCES de PAGNOL (1951).
    Quand BEAUCHAMP donne le couteau au gamin avant son départ, je me suis immédiatement dit que ce couteau allait ressortir à un moment fort du récit.
    L’ECOLE BUISSONNIÈRE je l’avais découvert gamin à la télé. J’ai tout de suite adoré ce film. Pas revu pendant longtemps, ausi quand le DVD est siryi je me suis précipité. Bernard BLIER y est formidable tout comme « le père DELMONT » qui semblait avoir joué « les vieux » toute sa vie…

  4. MB dit :

    Ce qu’il y a d’étonnant c’est que l’héritage de Risi ou Monicelli ne soit
    pas si productif, ni Moretti ni Sorrentino ne me convainquent. Sauf que
    j’en profite juste pour rappeler a contrario LE JOUR DU CHIEN/VITE
    STROZZATE de Ricky Tognazzi (le fiston) de 96 avec Lindon et
    l’inquiétant Luca Zingaretti, et un autre film de « fille de » m’échappe,
    Michele Placido y jouait un père trouble, signé par l’une des quatre
    filles de Comencini dont trois sont devenues cinéastes, retrouve pas le
    titre.

    • MB dit :

      à Bertrand: en fait plutôt que « trouble » c’est un mot que j’ai remplacé et qui évoque le complexe d’Oedipe dont souffre M Placido. Le serveur sait que c’est un site adulte ici? Avec le remplacement par « trouble » mon comm est enfin passé après 8 tentatives.

      • richpryor dit :

        Bien que certaines découvertes cinématographiques soient proprement orgasmiques, ce n’est pas exactement un « site adulte » ici, non.

        • MB dit :

          C’est participer à la pollution linguistique du mot « adulte », qui si ça continue finira par ne plus signifier que « X », »X » qui lui même déjà etc.
          ça me rappele que j’ai entendu récemment sur France Info une interview d’une jeune femme qui voulait dire : « je vais mettre totalement en rapport les différentes associations »? Elle a dit: « je vais connecter tous les acteurs à 360° »! Misère. Sûr, elle économise un peu de syllabes.

        • richpryor dit :

          Vous avez probablement raison, mais je serais prêt à participer à la pollution linguistique de toute la langue française pour une petite plaisanterie à deux balles. D’ailleurs il s’agit d’un anglicisme « adult website ».  » Site pour adultes » on pourrait dire à la limite en français. Enfin bref…

        • MB dit :

          c’est le « pour » qui fait la différence alors…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Personne dans le cinéma italien ne s’est préoccupé de « l’après ». Il n’y a eu aucun mécanisme pour faire émerger de nouveaux cinéastes, aucun travail pour imposer une loi sur le droit d’auteur, la rénovation de salles de plus en plus pourries. Pour dévelop^per la formation au cinéma. On vivait sur un acquis, des recettes énormes, sans rien construire. Et tout cela a été balayé par Berlusconi

      • MB dit :

        à Bertrand: c’est vrai, mais n’oublions pas Gianni Amelio…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et d’autres. L’oubli est une faculté à la portée de tous.

      • MB dit :

        « et d’autres » oui mais ils ne sont pas foule hélas.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Ai je écrit un commentaire ou je décrivais les différents montages de FUREUR APACHE, les différences entre la version Lancaster et la version Aldrich

        • MB dit :

          à Bertrand:
          oui. Et en tant qu’archiviste du blog j’ai vite fait de le retrouver (avec un complément d’Angelillo:
          http://www.tavernier.blog.sacd.fr/le-cinema-de-dorothy-arzner/comment-page-1/#comment-612451
          my pleasure…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Merci : Il y a plusieurs montages et versions d’ULZANA’S RAID et c’est devenu un casse tête. Un internaute en dénombre six, ce qui paraît excessif car incluant par exemple les copies sorties en Angleterre où l’on avait coupé toutes les chutes des chevaux (comme dans CONAN, THE WIND AND THE LION), soit 45 secondes, ce qui est très visible et rend les scènes absurdes : on avait ainsi coupé les Apaches qui abattent le cheval du soldat essayant de sauver le gamin, les deux chevaux dont celui du fils d’Ulzana tués par Lancaster, le plan où son cheval est abattu, l’utilisation par les Indiens dans l’attaque finale des deux chevaux qu’ils sacrifient, Si on oublie les versions raccourcies pour la télévision., il y a trois montages, une version brésilienne de 99 minutes et deux autres très proche dans leur durée totale mais présentant de nombreuses et subtiles différences, celui d’Aldrich (103 minutes) qui sortit aux USA et celui de Lancaster (102 minutes) qui fut exploité en Europe. En Angleterre, la version Lancaster sortit en VHS et la version Aldrich en DVD. Dans cette dernière un scène d’ouverture avant le générique nous montre Ulzana fuyant la réserve, ce qui disparaît dans la version Lancaster ainsi que tous les plans de la femme indienne de Lancaster.. Son montage montre Richard Jaeckel et un soldat poursuivant un indien blessé qui tue en off un des cavaliers. Dans la version Aldrich, on n’assiste qu’au retour de Jaeckel sans qu’on sache ce qui s’est passé, ce qui crée plus d’ambiguïté. La séquence ou la victime d’un viol se plonge dans l’eau est plus longue chez Aldrich où elle veut vraiment se nettoyer. Chez Lancaster, cela ressemble davantage à une tentative de suicide. L’acteur changea aussi le mixage, l’utilisation de la musique. La BBC présenta la version d’Aldrich avec les chutes des chevaux réintégrées mais d’autres coupes effectuées pour des raisons de censure par la BBC

        • Henri Patta dit :

          A Bertrand Tavernier.
          Pourquoi toutes ses coupes ou changements ?
          Parceque chacun veut avoir le dernier mot ?
          Parceque tous croit que telle coupe ou ellipse sera plus efficace ?
          Ou par betise tout simplement ?
          La coupe des chutes de chevaux est bien sur a mettre sur le compte de la « S.P.A  » locale suite aux infos des betes mortes ou mutilees lors des tournages quand une corde etait dressee afin de les faires chuter.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Le mot de bêtise me parait déplacé et faux. On a affaire à deux très fortes personnalités, deux egos qui s’affrontent en toute sincérité, chacune étant sans doute persuadée d’avoir raison. Lancaster adorait tellement le projet qu’il avait pris très peu d’argent mais pouvait contrôler le film. Il a toujours eu une volonté de se comporter comme un producteur. Il avait refusé la fin d’Aldrich pour BRONCO APACHE et pendant très longtemps, ils ne travaillèrent plus ensemble après Vera Cruz. Lancaster a souvent récusé des cinéastes (Arthur Penn), a fait retourner une longue scène de THE SWIMMER. Zinneman me disait que c’était l’acteur le plus odieux avec qui il avait travaillé et il fut arrogant avec Tourneur. Il s’est adouci à la fin et s’entendait magnifiquement avec Frankenheimer, Pollack qui ne sont pas des yes men (contrairement à ce qui était bonnement écrit dans la presse française à propos du TRAIN). Il avait parfois raison. Dans le cas d’ULZANA les deux versions peuvent se défendre avec pour moi une légère préférence pour la version Aldrich

        • Henri Patta dit :

          A Bertrand Tavernier.
          Au sujet de la reflexion de zinneman sur Lancaster , j ‘ai lu il y a longtemps un article sur le film REGLEMENT DE COMPTES A OK CORRAL ou ce dernier c ‘etait plaint constament de l ‘attitude de Douglas qu ‘il trouvait si mes souvenirs sont exacts a la fois puerile et odieuse… comme quoi.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Mais Douglas avait une très mauvaise réputation d’arrogance, d’égomanie (ce qui n’enlève rien à certains de ses choix), réputation qui, contrairement à Lancaster, ne s’est pas atténuée avec le temps. Les techniciens et acteurs de seconds plans l’avaient trouvé odieux sur LES VOLEURS DE TRAIN surtout face à la courtoisie de Wayne, alors que Lancaster était plus paisible, mystérieux, écoutant des opéras dans sa caravane dans la plupart de ses derniers films

        • Henri Patta dit :

          A Bertrand Tavernier.
          Je me souviens il y a tres longtemps de son passage a apostrophe pour la sortie de son livre  » les memoires d ‘un chiffonier ».Pivot se tourne vers Seguela autre invite et lui demande: « a votre avis kirk Douglass est il une star » ? Certain sans doute de la reponse affirmative de Seguela. Et ce dernier part dans un argumentaire tortueux dont il a le secret et conclue par: Donc , non , Douglass n ‘est pas une star.
          Douglass etait ecarlate et j ‘avoue avoir bien rigole.

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          Autre histoire de coupe de chevaux (s’cusez le jeu de mot): j’ai été content de constater que dans la copie Sidonis de LA CHEVAUCHEE SAUVAGE (Bite the Bullet-1975) de Richard Brooks figurait ce plan du cheval de James Coburn, qui tombe du haut d’une falaise dans un lac suite au surgissement d’un ours. Dans la version précédente du dvd Columbia, ce plan est coupé.

        • MB dit :

          pour les coupes « SPA » en Angleterre j’ai trouvé ce site anglais qui scrute les forfaits du BBFC (British Board of Films Classification) confirme les 4 coupes que vous signalez ci-dessus:
          http://www.melonfarmers.co.uk/hitsu.htm#ulzanas_raid
          mais quand vous aurez vu la nouvelle ed française vous nous en direz un petit mot? (Universal ou Elephant?)

        • Edward dit :

          Universal a sorti en 2011 en zone 1 une édition annoncée de 104 minutes d’Ulzana’s raid.

        • MB dit :

          L’édition française récente Elephant mais estampillée Universal devrait être la même que celle-ci, DVdclassik l’annonce à 103′ (24im/ » puisque br), la minute en moins ne l’infirme pas il doit y avoir une poignée de secondes ignorée (le dvd zone 1 est en 24im/ » aussi puisque ntsc).
          Un avantage des br français qui ont retrouvé le 24/ » que les dvd fr. pal passaient à 25, tandis que les dvds USA ntsc l’ont toujours respecté (4,20% d’accélération avec le pal!).
          La version Lancaster est dans la même éd. Elephant-Universal, mais en dvd, cf test Dvdclassik.

  5. MB dit :

    Je revois des vieux épisodes de LAW AND ORDER (NEW-YORK DISTRICT) que Chabrol adorait paraît-il. Beaucoup sont scotchants et souvent finissent avec un générique de fin qui me laissent bouche bée (souvent le happy end est évité ou la conclusion arrive plus tôt qu’on ne l’attend même si la durée est toujours calibrée sur 45′). Des acteurs fascinants et çà et là des bouts de dialogue qui sonnent comme des pierres jetées sans ménagement, comme ce dialogue entre avocat et procureur:
    Avocat: – Vous avez perdu d’avance mon cher! Mon client a tué par amour: les jurys ont toujours de la sympathie pour les auteurs de crime passionnel!
    Procureur: – Ils ont aussi pas mal de sympathie pour les gens qui se sont pris six balles dans le corps!

  6. Henri Patta dit :

    Bizarre qu ‘il n ‘y ait aucun retour sur Sordi. Ce genial acteur italien qui a fait tant de composition extraordinaires.
    Les inutiles est un tres bon film ainsi que l ‘argent de la vieille un  » affreux sales et mechants  » avant l ‘heure.
    Je vous conseille de voir le MAFIOSO ou sordi campe un monsieur tout le monde qui va etre en prise avec la mafia.Un film remarquable qui demontre que le mot pieuvre accolee a cette derniere n ‘est pas un vain mot.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Henri Patta
      Entièrement d’accord. J’ai parlé plusieurs fois de MAFIOSO et je pense que L’ARGENT DE LA VIEILLE est un chef d’oeuvre, la plus belle fable sur les rapports de classe et la manière dont le capitalisme parvient à tout digérer. Presque tout. Mais le cinema italien n’est pas, plus à la mode

      • Denis Fargeat dit :

        A Bertrand : L’argent de la vieille , grand souvenir, mais d’une telle amertume… un beau film très engagé, dans la mesure où il met le spectateur devant ses responsabilités , sans didactisme aucun. . Je me faisais hier, lors de funérailles, la réflexion que la comédie italienne était ce qui rendait le mieux compte de ce que la vie pouvait avoir de drôle, de triste, de cocasse et de désespérant, en montrant l’être humain immense et dérisoire. Tout ça dans le même mouvement. Rien de très nouveau, mais certaines situations, certains films renouvellent le sentiment avec une belle acuité ; et si comme vous le dites ce genre est peu fréquenté ces temps-ci , il nous faut signaler cette ressource à nos contemporains…

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Denis Fargeat
          Belle analyse

        • Mathieu dit :

          A Denis Fargeat:
          Je pense à la comédie italienne chaque fois que je séjourne en Inde où je retrouve ce que vous évoquez, le mélange de bouffonnerie et de sincérité, d’extraversion et de dignité, et aussi ce qui fait le sujet de L’ARGENT DE LA VIEILLE, l’exploitation cynique de l’inépuisable capacité d’espérance des pauvres.

    • MinettePascal dit :

      Sur Alberto Sordi, je n’ai pas vu tous ses films mais je l’ai adoré chaque fois. J’attends de revoir l’ARGENT de la vieille, qui m’avait naguère bouleversé. (Joseph Cotten en quasi laquais !)
      Quelle satisfaction à la fin, quand la gamine ose ce que le spectateur crève d’envie de faire lui-même.
      Et puis cet art d’entremêler les émotions, de cacher une vision tragique du monde sous le masque de la dérision, de faire rire de désespoir !

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MinettePascal
        Pas de la dérision, du rire, de l’humour. La dérision a quelque chose de sec, d’hautain

        • MinettePascal dit :

          Oui, mais je ressens plusieurs formes d’humour dans L’ARGENT DE LA VIEILLE. Tout ce qui concerne la population pauvre, c’est un rire tendre et compatissant. Mais le monde momifié de la vieille donne lieu à des traits d’humour glacé et méprisant. Bien sûr, ce monde-là est lui aussi pathétique mais Comencini lui balance quelques coups de pinceau acerbes et ironiques : ce visage peinturluré comme une restauration, ces manières d’un autre âge, cet amant infantilisé ( à un moment, il n’est pas loin de faire une crise de larmes) qui ne sert qu’à ouvrir le coffre, cet énorme château pour un petit bout de femme immobile…Le rire par les contrastes aussi…
          Le personnel domestique, lui, a les couleurs de la vraie vie. Sans lui, on imagine le climat morbide entre ces vieux murs !

      • Henri Patta dit :

        A Minette Pascal.
        Joseph Cotten etait marri du fait qu ‘il voyait que dans le film il etait la derniere roue du carosse. La legende dit que souvent apres une scene il demandait , s ‘adressant au realisateur:  » mon dos a t-il bien joue ? « .

        • MinettePascal dit :

          « du carrosse » : Bien vu dans ce milieu châtelain !
          Vous répondez à la question qu’on se pose tout le long sur Cotten : avait-il bien lu le scénario ? Avait-il demandé lui-même à ne pas avoir trop de texte ? La scène où il dévoile son histoire en pleurnichant est-elle un cadeau compensatoire de la part de Comencini ?

        • MinettePascal dit :

          Sur Cotten dans l’ARGENT, il y a une autre question à son sujet qu’on ne cesse de se poser, c’est à qui il ressemble. J’ai dû mettre tout le film ( revu avant hier) à trouver une réponse : il a la tête de Dietrich Fisher-Diskau, le chanteur classique.

  7. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Stag : Vous verrez LE GARÇON SAUVAGE et L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE sont deux pépites.
    Pour L’AFFAIRE SAINT -FIACRE, je pense qu’il s’agit de sensibilité personnelle. On peut ne pas aimer le jeu de certains comédiens pourquoi pas ? Depuis l’avis de Bertrand sur le sujet, je cherche le (les) coupables. Je plaisante bien sûr.
    J’ai vu autrefois une version TV de L’AFFAIRE (je ne sais plus quel acteur jouait Maigret), et j’ai bien cru me décrocher les mâchoires à force de bailler.
    Le film de DELANNOY (comme MAIGRET TEND UN PIEGE) fait partie pour moi de films que je range dans une catégorie toute personnelle, « les films où je suis bien ». Et celà n’a rien de péjoratif. Des films très bien construits, dialogues, interprétés, éclairés. La Qualité Française comme on disait autrefois. Ils « tiennent toujours le coup ».

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVABT Jean-Pierre
      Je déteste cette expression, la qualité française. Il y a une catégorie de films réussis, bien joués, bien écrits mais où l’on ne sent pas quelle est la personnalité du réalisateur, ce qu’il aime ou déteste.Mais c’est valable pour des films américains, anglais, soviétiques. Comme disait Chabrol : « le problème maintenant, c’est la nouvelle qualité chinoise ». On peut créditer Delannoy d’une réelle sobriété (plus encore dans le GARÇON où il a su juguler certains excès de Jeanson. Le traitement des policiers marseillais par exemple est impeccable)), d’une empathie avec les personnages (ce qui n’est pas toujours le cas dans ses films) mais il est nettement moins présent derrière la caméra que Duvivier voire même Grangier. Ce qui ne retire rien aux films

    • stag dit :

      A Jean-pierre et Bertrand,

      Sur Hirsh j’aime beaucoup son jeu et son opposition de style avec Ventura dans 125 RUE MONTMARTRE.

      J’aime bien ces acteurs de « proposition » je les vois comme ça. Comme De Funes avait singé sa mère pour se construire un personnage et dénoter, se faire remarquer, comme Bourvil jouait à ses début le « naïf », ou tous ces immenses acteurs qui apportait un personnage, une référence, parfois même toute une région comme aimait le dire Michel Galabru à propos de Raimu.
      J’ai vu hier avec beaucoup de plaisir Volpone où Dullin, Jouvet et Baur campent des personnages très marqués, et plus en retenue s’agissant de Ledoux.

      (Baur est d’ailleurs j’ai trouvé très différent dans VOLPONE, très enjoué, très cocasse, par rapport aux MISERABLES où il est d’une sobriété étincelante. Quel destin celui d’Harry Baur, après avoir vu le film j’ai vu sa Biographie qui m’a rappelé étrangement le rôle de Quinn dans LA 25EME HEURE. D’abord dénoncé au début de l’occupation parce que supposé être Juif, puis présentant une certificat « d’aryannité », allant tourner ensuite en allemagne, puis à nouveau dénoncé comme Juif et emprisonné par les allemands dans des conditions très dures pour en mourir quelques temps après sa libération.)

      Fernandel, Carette, il y a beaucoup d’acteurs de grand talent qui peuvent être classés dans cette catégorie d’acteurs de proposition.
      Je me souviens d’une interview de Dewaere, génial dans SERIE NOIRE de Corneau, qu’il venait présenter à cannes; l’extrait était disponible dans le film hommage d’Esposito à l’acteur. Le journaliste questionnait Dewaere sur le thème « que répondez-vous à ceux qui disent que vous en faites toujours trop ? ». Dewaere répondait en disant « j’aimerais être comme Brando, il fait rien il est génial, moi je fais au mieux ».

      Je fais peut-être des erreurs en classifiant les acteurs comme ça. D’un côté Noiret par exemple qui était très sobre et toujours très bon, Ventura dans un autre style également, Gabin – même si parfois il poussait des grosses gueulantes très caractéristiques, « parce qu’on le lui demandait dit-il dans votre documentaire Bertrand – Blier, des acteurs qui jouent sans fioritures, avec talent et prestance naturelle. De l’autre, pour exemple, De Funes, Bourvil (au début de sa carrière surtout) et peut-être Hirsh (c’est la question de tout ce charabia) pour ajouter un peu de contenance et se faire une place Grace à une proposition « différente ».

      Voilà comment j’analyse la chose, en tous cas Hirsh m’a impressionné quand j’ai vu la première fois 125 RUE MONTMARTRE.

      Je veux bien votre avis Bertrand sur Hirsh et sur cette explication dont vous voudrez bien excuser d’éventuelles approximations.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Stag
        Il y a des acteurs qui jouent en dedans (unederplay) et d’autre, dont c’est le talent, qui jouent extravertis, sur les couleurs plutôt que sur les modulations. Il y an a qui ont les deux registres : Baur, Gabin quelque fois à l’intérieur du même film

    • stag dit :

      A Jean-pierre Servant,

      J’ai ressenti une belle émotion à découvrir L’ENFANT SAUVAGE que j’ai trouvé profond, subtil parfois et dur par moments. Madeleine Robinson joue si bien que j’ai cru un instant que nombre des citations fameuses que sasha Guitry adressait si bien à la gente féminine lui étaient consacrées !
      Très bon franck Villar, qu’on croirait voir répéter le rôle qu’il jouera dans LE CAVE SE REBIFFE – en moins amusant cela dit – j’ai rêvé voir débarquer Gabin ou Rosay pour lui foutre un torgnole même si finalement le gamin s’en est pas mal tiré.
      Et du plaisir à voir Henri Vilbert dans un joli rôle, ou encore l’époux de Jacky Sardou, fernand provencal et généreux.

      Un beau film certainement, et lorsque le berger donne son couteau à l’enfant au tout début je me suis dit que j’allais passer un bon moment.

      Sauf erreur on reconnait le Garlaban cher à Pagnol dans ces premières scènes ?

      J’avais en fait vu L’ECOLE BUISSONNIERE il y a longtemps, c’est une belle leçon que ce film ou s’entrecroisent quelques « ténardiers », quelques coeurs généreux, quelques courageux, quelques pleutres, et quelques anodins. La vie quoi !
      Quelle belle performance de Bernard Blier !

      Et d’un peu tous les acteurs, et dans les deux films !!!

  8. Michael Rawls dit :

    Well since political vituperation has been dragged on to this blog, might I ask a government related question? To what governmental agency in France do I report consumer fraud? Specifically by fnac.com. Thanks, Michael Rawls

    • MB dit :

      Hello Mr Rawls, that’s DGCCRF « Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes »
      https://www.economie.gouv.fr/dgccrf
      You know there’s something strange: when translated to Fr « consumer fraud » means « fraud done by the consumer » but we strongly suppose it’s the opposite, clever remark about english and french languages.
      and we’re curious…

    • stag dit :

      A Michael Rawls,
      Maybe you will have the best result by contacting directly the Fnac customer service or « service après vente ».

  9. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A tous : j’ai découvert ce GARÇON SAUVAGE » de Jean DELANNOY (1951) (DVD Gaumont découverte) dont vous faites l’éloge Bertrand dans VOYAGE. Effectivement c’est un magnifique film sur l’enfance, d’une grande justesse de ton (dialogue de Henri JEANSON), et formidablement interprété, sans « vedettes » mis à part Madeleine ROBINSON très connue à l’époque. Le jeune Pierre-Michel BECK est très juste aussi. Je rapproche ce film de L’ECOLE BUISSONNIÈRE de Jean-Paul LE CHANOIS (1948) (DVD Doriane Films), autre très beau film sur l’enfance, au sujet certes différent, axé sur les nouvelles méthodes d’enseignement d’un instituteur (Bernard BLIER) dans un petit village provençal, qui mènera sa classe dont un gamin « rebelle » jusqu’à la réussite au certificat d’études. Même qualité d’écriture que ce GARÇON SAUVAGE que je ne connaissais pas.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Merci pour ces éloges sur deux films qui les méritent et qui avaient été les deux défendus par Jacques Lourcelles

  10. stag dit :

    A Bertrand, à tous,

    Revu hier après quelques années LE DOULOS de Melville. Outre la qualité de l’intrigue et des acteurs, les discussions de ce blog doivent avoir aiguisé un peu mon oeil quant-à la technique puisque j’ai été frappé par l’interminable plan séquence dans la scène au commissariat entre Jean Desailly, Jean-paul Belmondo et deux inspecteurs excellents, dont le nom m’échappe mais à qui je rends hommage, ils participent à l’excellence de la scène. La caméra toujours en mouvement passe de l’un à l’autre des intervenants, tournoie, et Desailly – un peu comme Maurice Biraud avec qui il partage je trouve quelques styles de jeu – est comme toujours impeccable.

    J’ai trouvé cette scène éblouissante !

    Et pour poursuivre dans les explorations du possible d’inspire votre documentaire, juste une petite citation d’audiard dans MAIGRET TENDS UN PIEGE – qu’avec L’AFFAIRE DE SAINT-FIACRE de Jean Delannoy (et simenon et audiard et gabin pourrait-on dire ?) j’ai adoré dans leur efficacité mêlant précision et concision – une citation à faire pâlir de jalousie sacha Guitry (pléonasme), à propose des femmes disons « légères » : « ces femmes là finissent toujours par trouver preneur, tout le monde visite… y-en a bien un qui finit par acheter ». Vive Audiard !

    Misogynie de circonstance qui, je précise, n’est pas ce qu’inspire votre documentaire !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stag
      Je cite la scène du Doulos dans mon film, vantant ce plan séquence et ajoutant que le cure dent provient de CHASSE AU GANG d’André de Toth

      • stag dit :

        A Bertrand,
        Oui je vois quelques films dont vous parlez dans votre documentaire. J’avais LE DOULOS en K7 et ne l’avais pas encore racheté en DVD j’ai revu ce film à cette occasion.

        De BOB LE FLAMBEUR, DEUX HOMMES DANS MANHATTAN, si vous ne semblez pas très engageant sur les scénarios conseillez-vous cependant de les voir ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Stag
          BOB LE FLAMBEUR a du charme, de réelles qualités que je vante sur un scénario un peu conventionnel avec des dialogues médiocres. Mais il y a plusieurs scènes remarquables. DEUX HOMMES DANS MANHATTAN est plus troublant dans les rapports qu’on a pu avoir avec ce film, plus faible scénaristiquement et on a pris ces défauts pour un refus du formatage, des conventions

        • Henri Patta dit :

          Pour DEUX HOMMES A MANHATTAN Melville disait que c ‘etait un film rate , car c ‘etait la quete de 2 hommes et pour que le film soit reussit il eut fallut que cette quete soit extraordinaire , or on s ‘apercoit a la fin du film qu ‘elle est banale.
          Il disait aussi avec humour que ca n ‘etait pas un echec puisque personne ne l ‘avait vu.

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:

        Il me semble qu’il y a une autre idée tirée de CHASSE AU GANG qu’on retrouve dans un film de Melville, dans LE CERCLE ROUGE. Le personnage de flic solitaire incarné par Bourvil et qui rentré chez lui le soir nourrit une ribambelle de chats dans un appartement faiblement éclairé me fait penser à un personnage de CHASSE AU GANG, un vétérinaire qui nourrit ses nombreux chiens dans son cabinet plongé dans une semi obscurité avant de se faire assassiner.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Je ne suis pas sur en revanche Meurisse qui retrouve une cigarette à demi brisée, cela vient du de Toth et je l’avais mis dans le montage mais n’obtenant les les droits du DEUXIEME SOUFFLE, je l’ai coupée

    • MinettePascal dit :

      Moi aussi j’ai adoré le DOULOS. Le moral mis en pièce par ce reflet du genre humain où règne la trahison, l’hypocrisie et l’absence de scrupules mais rafraîchi par le final illuminé par la complicité entre Reggiani et Belmondo et la réalité du personnage de ce dernier, qui n’est pas un salaud et qui décommande son rendez-vous galant avant de rendre l’âme…

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MinettePascal
        Exact sauf qu’une partie de l’ambiguïté provient d’un coup de téléphone qu’on coupe avant son véritable sens, ce que Hitchcock jugerait comme une escroquerie narrative

        • MinettePascal dit :

          Bon, mais après tout, filmer l’assassin de la douche du Bates’ motel de dos pour qu’on ne reconnaisse pas Norman est une sorte d’escroquerie visuelle !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          On l’entrevoit à travers le rideau de la douche sans le reconnaitre, tout étant filmé du point de vue de Janet leigh

        • MB dit :

          à MP: couper durant le coup de fil est une facilité, l’équivalent de cette coupure est stylisé par Hitch qui filme Bates de face! la stylisant, il en évacue la facilité, il fait du cinéma avec une expression visuelle, il trouve une expression au flou progressif: plus le rideau est proche du visage de Bates plus il sera reconnaissable, jamais assez. Hitch, quand il use d’un truc, il le transcende par un moyen foncièrement cinématographique: le flou par l’objectif, la mise au point -dont les opérateurs jouent pour attirer l’attention sur un personnage ou le masquer- est une figure de style au cinéma! Dans PSYCHO, la relative transparence du plastique du rideau retrouve ce même flou d’une mise au point de l’objectif, calculée pour attirer l’attention soit sur la partie nette mais aussi sur la partie floue. Couper durant un coup de fil à peine débuté n’est pas une figure de style typiquement cinéma, c’est une fuite! Je suis d’accord avec Bertrand.

        • Yves Rouxel dit :

          « Psychose 2″réalisé par Richard Franklin en 83 est vraiment en deça de l’œuvre d’Hitchcock.Pourtant le film débute par un retour en arrière avec des images noir et blanc et la fameuse scène de la douche.Comment la Universal à put obtenir les droits 22 ans plus tard?Anthony Perkins était à mon avis déjà malade(il est très amaigri)il à accepter de tourner cette suite car Norman Bates était son personnage fétiche qui à changer radicalement sa carrière.Auparavant il est apparut dans des roles d’homme timide et quasiment en retrait.Savez vous la réaction de Richard Bloch qui à écrit la nouvelle sur les deux films?

        • JP RASTELL dit :

          Je me suis toujours demandé si pour Melville comme d’ailleurs pour Hitchcock l’histoire ou si l’on veut l’intrigue n’était pas devenue presque secondaire et que ce qui intéressait de préférence nos deux cinéastes et donc l’auteur du Doulos ce n’était pas en définitive la peinture de leurs personnages, ces grands solitaires que sont les héros des films de Jean-Pierre Melville. Les hommes chez Melville vivent ou plutôt survivent dans une époque où ils semblent presque tous toujours faits comme des rats, pris au piège d’une destinée qu’ils ne parviennent pas à maîtriser. Le Doulos sort sur les écrans français en 1963 et donc peu de temps après la fin de la guerre d’Algérie et si le film de Melville est l’un des plus beaux de son auteur et bien sûr l’un des chefs-d’œuvre du genre il n’est pas sans avoir aussi dépeint une certaine atmosphère évidemment très sombre de cette France qui peine à sortir du conflit algérien comme elle a peiné à sortir de la Deuxième Guerre mondiale quelques années auparavant si tant est qu’elle en soit jamais sortie. C’est parce que la France semble déserter l’histoire qu’elle avait faite très longtemps que les personnages de Melville semblent si sur la réserve, terriblement solitaires et surtout défiants vis-à-vis d’une société où ils sentent qu’il n’ont plus leur place. C’est cette défiance qui en fait tout naturellement des marginaux, des êtres en retrait et condamnés à se chercher leurs propres règles de conduite en dehors de celles en usage dans la société si incertaine et peu fiable de leur temps. Il faut compter parmi ces marginaux les policiers eux-mêmes qui sont si complexes dans l’oeuvre du cinéaste et qui ne sont pas toujours les représentants assurés de la loi qu’ils ont pour mission de faire respecter. Pensons entre autres à Jean Desailly bien sûr dans Le Doulos mais aussi sinon surtout au patron de la police des polices dans Le Cercle rouge, lequel aura énoncé à mon avis le credo qui devrait être celui de tout bon policier, à savoir « tous coupables ! ». S’il existe chez chacun des personnages de l’oeuvre de Melville et notamment dans ses grands films policiers une très grande défiance pour ainsi dire instinctive c’est parce qu’ils savent qu’ils vivent dans un univers privé de sens et qui ne promet aucun salut et que si tout fout le camp autour de soi alors les seules valeurs sur lesquelles ils peuvent et même doivent compter un peu sont pour ainsi dire à hauteur d’homme. L’amitié virile qui existe ainsi entre Reggiani et Belmondo est comme une bouée de sauvetage à laquelle nos deux noyés de l’existence veulent s’accrocher désespérément puisqu’elle est leur seule raison de vivre sinon de mourir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A JP RASTELL
          Cette défiance que vous décrivez est propre à 90% des personnages de truands, de gangsters et je veux vous jurer que Melville ne pensait pas à la guerre d’Algérie pendant le Doulos. D’autre part dans LE SILENCE DE LA MERou l’ARMÉE DES OMBRES, cette défiance disparait et Ventura a besoin du soutien de De Gaulle

        • MinettePascal dit :

          Au sujet de la vie de « défiance » des truands, cette jolie ligne des ENVAHISSEURS (série TV). David Vincent soupçonne évidemment tout le monde d’être un extraterrestre et quelqu’un lui lance : » Arrête ta paranoïa ; soupçonner tes amis ne te mènera nulle part.
          – Ca m’a permis de rester en vie depuis deux ans. »

      • Yves Rouxel dit :

        A Minette pascal.Amusez vous à compter le nombre de plans pour la scène de la douche?Effectivement on voit derrière le rideau de douche un visage qui est caché par l’eau qui ruisselle. »Psycho »est à mon avis un des meilleurs d’Hitchcock,dans la narration mais surtout la psychologie et les comportements du personnage.J’en ai parler récemment mais la série »Bates motel »dans les deux derniers épisodes de la 5ème saison emprunte énormément au film.

        • MinettePascal dit :

          Hitchcock, que voulez-vous, c’est comme John Ford ! On n’est pas loin du sacré. J’attends depuis si longtemps une apparition de l’un des deux me reprochant par exemple de ne pas aller assez souvent au cinéma !
          Sinon, la question que je me pose, c’est si un polar n’est pas forcé de nous escroquer de quelque chose à un moment donné…

        • MB dit :

          pour être plus précis sur PSYCHOSE, on voit bien la maman de face derrière le rideau de douche la 1ère fois: de même comme je l’ai aussi lu, il n’y a pas d’eau à cet endroit du rideau pour masquer son visage. C’est
          1/ le fait que le plastique ne soit que translucide et non transparent qui occasionne le flou dont je parlais qui gêne à percevoir le haut du visage totalement grisé MAIS
          2/ c’est aussi la seule source de lumière (hors aucun sunlight ou lumière contrôlée par le dir de la photo) à savoir la lampe murale à droite et derrière cette chère vieille maman (lampe qui a pu être dopée pour fournir plus de lumière qu’une lampe de chambre d’hôtel courante) qui crée un contre-jour ajoutant à la gêne pour le spectateur à déterminer un visage quelconque, à tel point d’ailleurs que le visage est clairement (!) obscur.
          (point que j’avais oublié).
          L’affable maman ayant tiré le rideau il ne reste que le moyen 2/ pour interdire la perception d’un visage au spectateur. mais il est efficace: on voit bien que de flou, le haut du visage se fait quasi noir (partiellement grisé par le jet d’eau)!
          Donc Hitch trouve deux moyens et non un seul (mon erreur) pour arriver au masquage du visage criminel, qui sont purement cinématographiques: une analogie -par le plastique translucide du rideau- avec la maîtrise de la mise au point (et de son contraire, le flou), telle que maîtrisée par les dirs de la photo, et la lumière dont il n’y a pas besoin de développer en quoi elle est à la base du cinéma.
          De même, ou en plus, le 1er moyen (image 1) est aussi le moyen du doute, renforcé par le visage qui se rapproche derrière le rideau, et qui fait douter par son imprécision par son manque de définition et fait croire que le visage sera au moment suivant, clairement visible;
          alors que le 2ème moyen (im 2) est aussi le moyen de la négation car là clairement, le visage est parfaitement masqué, le rideau qui gênait la vision cède la place à un contrejour qui va masquer d’autant mieux!
          C’est seulement après le forfait qu’on voit la maman de dos comme le signalait M Pascal.
          comme quoi il vaut mieux revoir des bouts de film avant de les décrire par mémoire quoique… les souvenirs mêmes infidèles sont révélateurs!
          http://retourayuma.free.fr/Psycho_douche_01.jpg
          http://retourayuma.free.fr/Psycho_douche_02.jpg
          http://retourayuma.free.fr/Psycho_douche_03.jpg
          (la meilleure video que j’ai trouvée sur cette séquence:
          https://www.youtube.com/watch?v=x6cDoH0ZXTQ )

        • MinettePascal dit :

          A MB :je ne voudrais pas faire mon chiant mais au final , Hitchcock nous empêche bel et bien de voir le visage de l’assassin comme Melville nous empêche d’entendre la suite du coup de fil…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MINETTE PASCAL
          Mais non. Hitchcock choisit une solution cinématographique et dans le Doulos, c’est une coupe scénaristique reprise mot pour mot du roman qui donne une fausse piste et obliger Melville à utiliser une très longue explication de Belmondo avec flash back. A la sortie Rivette l’avait pointé en parlant de malhonnêteté narrative et moi pendant le tournage du film, je l’avais senti et l’avais dit pour m’entendre répondre : c’est dans le roman. Hitchcock utilise une subjectivité (Janet Leigh ne peut pas identifier l’assassin) Melville se réclame d’une objectivité que ce procédé hérité du feuilleton et de la littérature de gare met à mal.Si la conversation dure quinze secondes de plus, elle innocente Belmondo. Imaginez que Hitch aille cadrer un type à l’extérieur du motel avec un couteau pour nous faire croire qu’il est l’assassin. Notez que Giovanni dans ses romans policiers n’utilise jamais ces procédés ni Hammett ni Burke, ni Ellroy Le film est formidable malgré cela

        • MB dit :

          à M Pascal: certes

        • MinettePascal dit :

          Oui, le point de vue est uniquement subjectif dans la scène de la douche. (merci aussi MB)
          C’est l’un des avantages des polars : nous forcer à revoir le film pour tester la logique des plans , en particulier sur les meurtriers. Ces Clouzot, par exemple, qu’on redétaille de près pour comprendre comment on s’est fait avoir, comment on a pu rater le coupable, et pour traquer la moindre erreur contredisant la solution…

        • Alexandre Angel dit :

          MB va me faire revoir illico une des séquences les plus célèbres du cinéma. LE DOULOS est déjà programmé!
          A tous
          Il me semblait que l’exemple de malhonnêteté narrative de la part d’Hitchcock classiquement répertorié était celui du GRAND ALIBI, qui révélait l’identité du coupable de façon très grossière, ce qui m’avait choqué quand j’ai vu le film ado à la télé (mais je me souviens mal des tenants et aboutissants).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Mais là, Hitchcock avait voulu provoquer avec le flash back mensonger

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Eclairante distinction entre solution cinématographique et tour de passe-passe littéraire.Mais dans PSYCHO,la scène où Martin Balsam se fait poignarder dans l’escalier, le plan en plongée montrant l’assassin sortir sur le palier pour poignarder le détective, ce plan qui nous masque le visage de l’assassin n’est pas subjectif lui, c’est le point de vue d’une araignée se promenant sur le plafond.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Mathieu
          Exact mais on est à un moment du récit où cela ne change pas grand chose à la morale du film. Dans le Doulos, le subterfuge veut nous faire croire que cela ajoute de l’ambiguïté en créant une fausse piste qui doit exprimer un jugement moral sur le personnage (c’est une balance)

        • MB dit :

          PSYCHOSE: et avec l’aide de Bertrand, j’ajoute un 3ème élément présent dans la scène de la douche, qui est aussi purement cinématographique en plus de la mise au point et de la lumière, qui est le cadrage: Hitch privilégiant un point de vue en montrant tout depuis celui de la victime, utilise l’outil du cadre et de la place de la caméra (ici Janet Leigh face à son assassin). Le cadrage depuis une position X est en effet un moyen spécifiquement cinéma qui fait valoir l’importance dans nos vies hors cinéma, du point de vue subjectif (pléonasme) et du fait qu’il peut y en avoir plusieurs qui s’affrontent, ce qui peut mener à des quiproquos comiques ou pas et au pire à des guerres ou des catastrophes, voir donc Tati PLAYTIME au moins, RASHOMON et que sais-je encore. Je ne dis pas qu’on trouve dans la douche (!) l’illustration de problèmes universels mais juste que la position de caméra et le cadrage sont spécifiquement cinéma (on les retrouve aussi dans la peinture qui use également
          du cadre) et résonnent par ailleurs dans la vie. Quant aux occurences hors cinéma, universelles, de la mise au point et du flou, et de la lumière, j’ai une idée pour ceux-là mais pas encore pour cette dernière. Notons juste que chaque personne peut faire le point net sur qqn ou le voir flou! Si les moyens du cinéma n’avaient aucune résonance hors du cinéma on se ferait bien ch…! et on aurait que des films de Luc Besson à se mater au-secours!
          Avec le coup de fil du DOULOS, même but qu’avec la douche, moyens différents…

        • MinettePascal dit :

          a MB: Sur la douche de PSYCHOSE, vous avez drôlement raison de nous ramener au film et pas à de simples souvenirs.
          En fait, tous les plans avec l’assassin ne sont pas subjectifs.
          Bon, il y a quand même au moins une escroquerie révoltante : Hitchcock nous cache une partie du corps de Janet Leigh !!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette pascal
          Ce n’est pas une escroquerie, c’était une obligation. Ceci dit l’équipe elle n’était pas soumise à la censure

        • MinettePascal dit :

          Sur la censure de la scène de la douche, il y a quand même un nombril, certes fugitif au point de frôler le subliminal. Etait-ce celui de Janet Leigh d’ ailleurs ?
          Question équipe, la baraka d’or ne revient-elle pas à celle de la BELLE NOISEUSE ?

        • MB dit :

          à Mathieu: « c’est le point de vue d’une araignée se promenant sur le plafond. » Oui et non c’est en effet un point de vue objectif cette fois mais nous tenons là pour acquit qu’il y a un danger dans la maison car nous avons vu le 1er meurtre celui de Marion. Ce n’est plus la surprise de la victime et du spectateur mais comment Arbogast (j’adore ce nom!) va se faire tuer qui importe, à observer objectivement, donc c’est justifié.
          La plongée est utilisée dés l’instant où Arbogast pose le pied sur la 1ère marche pas qu’au moment où il se fait tuer.
          Du rez à l’étage il est filmé en plongée: c’est plutôt le pt de vue du destin que celui de l’araignée (on l’accepte dans de nombreux films c’est une figure de style connue, la plongée condamne le personnage qui en est l’objet, selon l’éclairage entre autres elle peut l’exalter au contraire). Dés l’instant où Arbogast se retrouve au même niveau que la maman (on voit que l’escalier ne monte pas plus haut et la porte s’entrouvrir, donc lui et le danger sont bien au même niveau), Hitch soulève la caméra d’un cran de plus pour garder le pt de vue du destin, maintenir la plongée qu’il a adoptée dés le début. Notez que lui-même est plus humble puisqu’il explique qu’il n’avait pas d’autre moyen de ne pas montrer le visage de la maman. Remarquez, l’araignée est un symbole du destin, non? (à condition que pour une fois elle regarde en-dessous d’elle et pas le plafond auquel elle s’accroche!).
          Il y avait une autre solution qui était de faire remonter l’escalier par la maman derrière Arbogast car elle était planquée dans la cave (dont Hitch nous montre l’entrée avant qu’Arbogast n’aborde l’escalier): il gardait le pt de vue du destin et il pouvait cacher le visage de maman par le buste de la victime. Mais s’il choisissait cette solution il gâchait l’effet de la découverte de la maman par la soeur de Marion à la fin! eh eh eh quand je pense que Httchcock n’est pas mon cinéaste préféré!

        • Mathieu dit :

          A MB:

          Mes souvenirs de PSYCHO ne sont pas aussi frais que les vôtres. L’araignée dans le plafond c’est aussi le symbole du dérangement mental, non? Mais ce plan en plongée ne me dérange pas, je remarquais juste qu’il n’était pas subjectif et la scène est terriblement efficace.

          Pour la scène de la douche, le plan subjectif est d’autant plus efficace que depuis le début du film, depuis le vol de l’argent, on est avec Janet Leigh, on s’identifie à elle, on a peur avec elle quand un flic s’intéresse d’un peu trop près à sa voiture, et on est soulagé avec elle, quand après une conversation avec Perkins, si sympathique, si bienveillant, elle a compris la folie de son geste et a décidé de faire demi-tour le lendemain matin et rendre l’argent. Avec le détective, l’identification est moins importante, l’implication émotionnelle aussi, nous sommes plus spectateurs. Après le climax de la scène de la douche, qui a dû laisser les spectateurs de l’époque complètement K.O., et les scènes très lentes qui suivent, presqu’aussi troublantes (le nettoyage de la douche, l’auto qui s’enfonce dans l’étang…) il fallait un deuxième climax pour clore le deuxième acte et l’assassinat du détective joue parfaitement ce rôle, avant l’effrayant climax du troisième acte. On a vraiment là une conception symphonique de la mise en scène, comme dans les meilleurs Hitchcock de la période.

        • MB dit :

          à Mathieu: « L’araignée dans le plafond c’est aussi le symbole du dérangement mental, non? »
          tiens! je n’y avais pas pensé!: la maman est complètement dingo voux croyez qu’il y a pensé le Hitch, à l’araignée?
          pour le reste tt à fait d’accord, nous aimons Marion tt a été fait pour ça. D’ailleurs c’est une fille bien elle va rendre l’argent.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Essayez de voir si c’est AUSSI une expression anglaise. Sinon cela va faire comme Twenty Gods, the beautiful Church

        • MB dit :

          à Bertrand: Good blood but it’s well sure, ça n’est pas une expression anglaise! too bad.

        • Mathieu dit :

          A propos d’expressions intraduisibles, je viens d’apprendre en écoutant le journal de France Inter que Trump aurait dit au pape « nous pouvons utiliser la paix »… En fait il lui a dit « we can use peace » ce qui veut plutôt dire « on a bien besoin de paix ». Si les journalistes regardaient plus souvent des films américains en V.O. ils feraient moins d’approximations.

        • MB dit :

          à Mathieu: dans ce cas l’émission Quotidien (dont on peut ignorer une bonne moitié) a correctement traduit par « La paix serait la bienvenue ».

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A STAG, à tous : Pour revenir aux GABIN/MAIGRET les deux DELANNOY sont à mon goût exceptionnels (je n’ai jamais aimé le GRANGIER – cinéaste que j’aime je précise – « MAIGRET VOIT ROUGE » qui m’ennuie profondément).
      Des deux DELANNOY, je trouve L’AFFAIRE SAINT-FIACRE absolument remarquable, pour la peinture des petits matins de campagne, cette scène où MAIGRET (rappel intelligent de l’enfance), lancé un caillou contre la cloche à l’entrée du château, les retrouvailles avec Marie Tatin (merveilleuse Gabrielle Fontan), avec un dialogue « BSA extra-piste », comme disait GABIN, et puis cette musique de Prodomidès que je trouve superbe.
      MAIGRET TEND UN PIÈGE à lui aussi des qualités formidables dans la description des quartiers populaires. Ces deux-là je les reçois souvent.
      LE DOULOS est sûrement LE meilleur polar de MELVILLE. Scénario, interprétation. Il y a un peu que je ne l’ai pas revu. Votre évocation me permet de le ressortir du rayonnage.

      • Bertrand Tavernier dit :

        a SERVANT Jean-Pierre
        Oui pour la musique, l’évocation de l’enfance, Gabrielle Fontant et la très belle musique de Prodomides. Mais non pour Hirsch et quelques autres acteurs hyper cabots et pas si bien écrits
        Le MAIGRET de Grangier est un de ses moins bons films

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier : c’est curieux, personnellement j’ai toujours trouvé la distribution de L’AFFAIRE SAINT -FIACRE réussie. AUCLAIR, Valentine TESSIER, l’inévitable FRANKEUR (un copain de GABIN je crois), VITOLD, GUERINI, MOREL, MARIN…
          Même HIRSCH me plaît bien.
          D’ou l’intérêt des échanges.
          Bonne journée à vous

        • Edward dit :

          à B.T. : c’était aussi l’avis de Grangier qui estimait que Delannoy lui avait laissé le moins bon des trois.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Edward
          Exact. Mais ils auraient pu bosser un peu plus sur le scénario ou choisir un autre Maigret (cela dit, c’étaient peut être les trois seuls qu’ils avaient achetés)

        • Edward dit :

          à B.T. : Effectivement : Suivant Grangier, c’était les trois seuls Maigret achetés par la production. Il considérait aussi que le livre dont est tiré le film n’était pas bien fameux et que le film lui-même était moins bien construit que ceux de Dealannoy. Il ajoutait avoir bénéficié de moins de moyens et avoir été déçu de la distribution, déplorant qu’on lui ait imposé Michel Constantin pour jouer un américain.

      • MinettePascal dit :

        Sur SAINT FIACRE, j’aime aussi son climat nostalgique. Le déroulement est assez déroutant, original en fait, car Maigret ne fait pas grand chose, ne devine rien. Ce sont les personnages qui se révèlent par eux-mêmes.
        Gabin est quand même incroyable ; crédible à chaque fois et dans n’importe quel rôle : policier, malfrat, aristocrate, ouvrier…
        On aurait dû , pour voir, l’essayer en gendarme de Saint Tropez, en Peter Pan ou à la place de Bourvil dans la GRANDE VADROUILLE…

      • stag dit :

        A Jean-pierre Servant,
        Vous venez de me faire commander ce film avec Blier de Le Chanois en plus du GARCON SAUVAGE que j’avais prévu de voir.

        J’ai également beaucoup aimé le casting de L’AFFAIRE SAINT-FIACRE, et si le jeu d’Hirsh est particulier je trouve qu’il participe au mystère, au côté un peu malsain de cette histoire.

        Bertrand vous trouvez qu’Hirsh en fait trop ?

        • Henri Patta dit :

          A Stag
          La question devrait etre quand Hirsch n ‘en a t-il pas fait trop ?

  11. Yves Rouxel dit :

    Un film adapté du livre de Gilbert Dupé et réalisé par lui même »Tempète sur les mauvents »est une œuvre sombre donc la trame rappelle fortement « La ferme du pendu »de Dréville.Charles Vanel compose un patriarche agé et malade qui sur son lit de mort va nous conter l’histoire des mauvents un domaine situé dans les pyrénées orientales proche de la frontière espagnole.Le fils est appelé à la guerre et laisse son père avec Catoune un espagnole qui à fuit l’Espagne franquiste avec son mari,disparu depuis.On ressent la rugueur et l’austerité des gens attachés à leur terre et à leurs troupeaux de chèvres qui vivent chichement mais avec plein d’humilité et de partage.Le dvd est sorti chez LCJ.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Merci

      • Yvesr Rouxel dit :

        Sur la lançé j’ai enchainé avec un film de Georges Lacombe dont le scénario est signé par l’immense Clouzot. »Le dernier des six »est une oeuvre halettante du début à la fin.La mise en scène très alerte et soignée de Lacombe nous montre l’enquète du commissaire Winz(Pierre Fresnay excellent comme toujours),à ses cotés la jeune et pétillante Suzy Delair qui vient de souffler ses 100 bougies(il faut que je revois »Maman à 100 ans »de Saura).En bonus on retrouve des extraits d’archives de l’Ina avec un court entretien avec Clouzot,Suzy Delair puis mème Georges Lacombe dont j’ai découvert le visage.Ce dvd est sorti chez Gaumont avec une restauration d’images parfaite.Du bon travail pour un film qui mérite le détour.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il y a des scènes (de cabaret) qui ont été tournées ou retournées par Dreville, Greven n’étant pas satisfait du travail de Lacombe

        • Yves Rouxel dit :

          Merci Bertrand pour cette précision.

        • Mathieu dit :

          A Yves Rouxel:
          C’est Danielle Darrieux qui a fêté son centième anniversaire le 1° mai, Suzy Delair ce sera le 31 décembre inch’Allah.

        • Yves Rouxel dit :

          Venu de la medecine ou il à excercer plusieurs années,Yves Ciampi était passionné de cinéma et à réaliser quelques documentaires médicaux.Il fut assistant chez Dréville pour un film que j’aimerais voir c’est « La bataille de l’eau lourde ».Il faut retenir à juste raison »Un grand patron »qui nous dépeint un chirurgien reconnu qui est aussi professeur dans un hôpital public.Pierre Fresnay compose de façon brillante cet homme qui s’investit dans son travail en négligeant sa vie de famille.Il délaisse souvent sa femme et décommande des soirées au dernier moment afin de rendre visite à un patient.Mais le point le plus fort de ce film c’est l’empathie du personnage pour une vieille dame qui à un rein malade.Il lui demande de se présenter à son cabinet pour l’opérer.Il y à une scène forte quand il annonce dans la voiture au petit garçon que sa tante ayant beaucoup travailler,son cœur étant fatigué à cesser de battre.Puis il prend sous son aile le petit Emile qu’il considère comme son fils(le couple n’a pas d’enfant).Il le comble de jouets etd’amour.Il faut savoir que Ciampi issue d’une famille dont les parents étaient musiciens ont beaucoup voyager dans le monde et qui fut confier à sa grand-mère.Le scénario est adapter d’un roman de Pierre Very qui co-signa le film avec Ciampi.Revenons sur l’acteur Pierre Fresnay.Avec sa petite taille,son regard perçant,sa démarche particulière et sa gestuelle constante,il à sut composer des personnages plein d’interiorité.Dans tous les films il pointe souvent du doigt puis lève souvent les bras au ciel afin d’accentuer ses propos.Certain lui ont reprochés son jeu théatral et son cabotinage ,je suis en désaccord total avec ses critiques et le place parmi les meilleurs acteurs de son époque avec Michel Simon,Robert Levigan,Jean Marchat et tant d’autres. »Un grand patron »nous décrit de façon précise bien avant »Hippocrate »l’ambiance des étudiants en école de medecine avec des scènes assez osées pour les années 50.La musique de Kosma est juste et plein d’entrain.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Entièrement d’accord sur Fresnay, acteur bêtement raillé qui a été souvent exceptionnel avant de se caricaturer dans des rôles à accents. Tous les films de Ciampi que j’ai vus (qui ne comprennent pas celui que vous citez) m’ont paru ternes, plats, voire lourds. L’homme était parait il épatant selon mon ami Boisset qui fut son assistant. Parmi les acteurs Marchat ? Pas Vanel, Louis Seigner, Jean brochure, Palau, Delmont, Poupon

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Je ne suis pas d’accord avec vous Bertrand.Je viens de revoir »Les héros sont fatigués »qui est un film remarquable pour son casting.Montand l’aventurier en fin de course cotoit la pulpeuse Maria Félix mais aussi l’ignoble Jean Servais ancien avocat,alcoolique et qui à dut spolier des juifs afin d’acheter ce rade en Afrique,puis Curd Jurgens et Gert Froebe deux allemands complétement opposés l’un à l’autre(l’un est un ancien officier nazi et l’autre un allemand de l’est qui à été à Auchwitz).Ce que je retiens c’est la trame dramatique filmé au cordeau dans la chaleur moite de décembre puis cette musique et ces danses inséssantes qui complètent cette oeuvre forte.Quand Rivière est pris en stop par Harry Max,ils arrivent au village en liesse:(Qu’est ce qu’il se passe c’est la fète,non c’est le carnaval à perpétuitée à trois jours de Noel).Les dialogues sont percutants de justesse surtout le personnage de Servais qui est machiavélique à un point innomable.C’est à mon avis du bel ouvrage,revoyez le Bertrand.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Je ne l’ai jamais vu. Yves Montand se trouvait tellement nul qu’il a tenté de racheter le film pour le détruire ce que nous avons fait échouer. Il avait chez mes amis une très mauvaises réputation que TYPHON SUR NAGASAKI, LIBERTÉ 1, LE CIEL SUR LA TETE n’ont pas dissipé

  12. SERVANT Jean-Pierre dit :

    Bonsoir à tous.
    Toujours à l’affut de quelques sorties DVD « hollywoodiennes », je vois dans le planning de mai du magasine LAL,deux films avec Alan LADD courant mai chez Sidonis.
    LE SERMENT DU CHEVALIER NOIR de Tay GARNETT et L’ENFER AU-DESSOUS DE ZERO de Mark ROBSON.
    Je connais le premier, un petit film de chevalerie tourné je crois en Angleterre. Pas génial mais plaisant.
    C’est le second qui m’intrigue – malgré qu’il soit « exécuté » en trois mots ans 50 ANS – ayant lu sur Internet qu’il y a des scènes de chasse à la baleine assez « effrayantes ». De plus j’aime assez ROBSON du moins dans ses oeuvres de jeunesse (GHOST SHIP, LA SEPTIÈME VICTIME, ISLE OF THE DEAD) ou même ses RETURN TO PARADISE, chouette histoire dans les îles avec COOPER, THE HARDER THEY FALL pour BOGART, THE INN… grosse production FOX agréable à mon goût. Après ses films de fin de carrière ne m’ont pas trop marqué à part THE PRIZE assez marrant.
    Alors ce HELL BELOW ZERO est-il vraiment si nul ?
    Bonne soirée à tous

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Moi je le trouve médiocre et je n’aime pas du tout RETURN TO PARADISE. En revanche THE HARDER THEY FALL tient bien le coup et TRIAL était film intriguant anti raciste et anti communiste

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        C’est donc sans appel ! Merci quand même pour l’avis.
        Par contre pour RETURN il me semble (il faut sue je vérifie) que vous donniez à l’époque une appréciation pas trop mauvaise. A moins qu’il ne s’agisse de l’opinion de Jean-Pierre Coursodon.
        Bonne soirée

      • MB dit :

        ROBSON: moi je rajoute le rigolo VON RYAN’S EXPRESS, film d’aventures guerrières qui joue sur la prétendue stupidité des militaires allemands, et qui rappele (certes, antérieur) le film de Castellari QUE MALEDETTO TRENO BLINDATO! exactement dans la même note.
        LES PONTS DE TOKO-RI est agréable aussi, grâce un peu à Mickey Rooney.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A MB:VON RYAN’S était plaisant, de l’action, SINATRA pas mal. Je n’ai toujours pas vu LES PONTS DE TOKO RI, bien qu’il soit dans ma vidéothèque. Par contre TRIAL,dont parle Bertrand Tavernier, m’est totalement inconnu. J’ai une certaine préférence pour ses films des débuts chez RKO. GHOST SHIP qui est assez court est vraiment emballant tout comme THE SEVENTH VICTIM.
          Je n’ai jamais vu CHAMPION aussi.
          Après les derniers films (AIRPORT, AVALANCHE) qui surfent sur la mode du film-catastrophes, ne m’ont guère enthousiasmé.

        • MB dit :

          à JP Servant! bien sûr sur GHOST SHIP et surtout la 7EME VICTIME, l’un des films les plus désespérants qu’il m’ait été donné de voir…

        • Alexandre Angel dit :

          A SERVANT JP
          « Après les derniers films (AIRPORT, AVALANCHE) qui surfent sur la mode du film-catastrophes, ne m’ont guère enthousiasmé »
          Alors attention! Soyons précis! Il s’agit de ne point s’égarer. L’heure est grave : AVALANCHE (tout court) est une production Roger Corman de 1978 réalisé par le comédien Corey Allen, que nous pouvons apercevoir dans TRAQUENARD de Nicholas Ray. Ce film B, « interprété » par Mia Farrow et Robert Forster, est, en effet, un véritable film catastrophe dont le clou, malgré l’extrême médiocrité de l’ensemble, est pas trop mal. Mark Robson, lui, a réalisé AVALANCHE EXPRESS, qui est aussi, et même plutôt, un film d’espionnage et d’action (même si il y a une avalanche)déjà plus friqué. Je l’ai vu à sa sortie avec P’pa (j’avais 13 ans et j’étais fan de films catastrophe). Pas fameux, je crois. Quelques séquences ont été réalisées par Monte Hellman.

        • Alexandre Angel dit :

          Ah bon sang, j’oubliais : Robson n’a réalisé aucun AIRPORT. Par contre sa grande contribution au film catastrophe est EARTHQUAKE, qui ne s’en tire pas si mal (nonobstant les réserves d’usage).

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : c’est vrai, vous n’aimez pas RETURN TO PARADISE. Jai retrouvé votre commentaire sur ce blog. Dans 50 ANS, le commentaire est plus évasif. Ce n’est pas un film inoubliable bien sûr, mais que voulez-vous… Gary COOPER est un de mes acteurs préférés, alors…

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Alexandre Angel : Oui « l’heure est grave ». Attribuer la paternité d’AVALANCHE et AIRPORT à Mark ROBSON, ce n’est pas bien ! Mea Culpa. AVALANCHE (Corey ALLEN) ne pas pas laissé grand souvenir, alors qu’AVALANCHE ECPRESS, le dernier film de ROBSON il me semble,avait des qualités (je ne l’ai pas revu depuis sa sortie en salles à l’époque).
      Pas d’AIRPORT non plus mais un EARTHQUAKE pour ROBSON, c’est encore exact. Avec mes excuses sincères pour ce triste mélange…

  13. Vincent Deniau dit :

    Au sujet du film de film de Ken Loach DANIEL BLAKE, vous avez dit « c’est ce qui nous attend avec Macron » mais le soutien que vous venez de lui apporter laisse encore une fois éclater au grand jour votre malhonnêteté intellectuelle. Olivier Dazat l’avait soulignée à plus d’une reprise dans Cinématographe, et on voit à quel point il avait raison. Vous êtes un homme profondément méprisable Bertrand Tavernier, de vous engager pour un tel homme, dans le but de rassurer vos pairs sur votre « pensée propre ». Du haut de votre fortune, vous démontrez ici le profond mépris que vous avez à l’égard des gens qui vont souffrir et sans doute mourir à cause de l’homme que vous venez de soutenir. Mais vous, vous n’avez rien à craindre, et vous continuerez à nous donner des leçons. Le FN n’ayant jamais servi qu’à faire élire ses adversaires, aura aussi été utile à faire valoir de piteux intellectuels tels que vous. Pialat a dit de vous que vous n’étiez qu’un révolté de surface, permettez-moi de rajouter « de grande surface. » Quant à Pasolini, que vous n’avez bien sûr jamais lu, il vous cracherait à la gueule.

    http://www.lejdd.fr/politique/macron-enregistre-les-soutiens-le-pen-sadresse-a-loutre-mer-la-bataille-du-second-tour-3317837

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Vincent Deniau
      Quel soutien ? J’ai juste signé un appel disant qu’on ne pouvait pas laisser passer Marine Le Pen. Je suis donc dans une énorme troupe de méprisables. Je ne réponds pas à vos injures qui se disqualifient d’elles mêmes Et ce site n’est pas sur moi mais sur les films des autres y compris Pialat et sur le cinéma. Juste une chose, questions morts, je pense que le FN peut en revendiquer pas mal
      Olivier Dazat :  »
      Olivier Dazat signe jusqu’à six scénarios par an. Pour des très grosses productions comme le prochain Astérix aux Jeux olympiques, Podium de Yann Moix, les rôles de Pierre Richard, des comédies populaires. « Il m’arrive de vendre des idées à des sociétés de production, sans même écrire de scénario », dit-il sans ostentation. En fait, il préfère travailler avec des producteurs plutôt qu’avec des réalisateurs. « Ils peuvent jeter mon scénario, je m’en fous », dit-il avec un cynisme hors du commun. Olivier Dazat va rarement voir en salles les films qu’il a écrits. « Ma muse, c’est le fisc, qui m’oblige à travailler », dit-il tout de go, sans rien dissimuler de son plus gros cachet : 300 000 euro
      LE MONDE

      • Yves Rouxel dit :

        Pour clore et répondre à ces propos enflammés de Vincent et avant de me faire incendier par les « gardiens du temple cinéma »,je voulais apporter mon point de vue concernant ce soutien.Personnellement je suis assez déçu de lire la liste de personnalités du cinéma,de la chanson ou des journalistes qui ont appeler pour le candidat Macron. »Faire barrage »au Fhaine est une chose mais on sait pertinemment que ce parti politique n’arrivera jamais au pouvoir en France.En revanche je fais partie des millions de citoyens qui ont voter BLANC au second tour car aucun des deux candidats ne correspondait à mes convictions proche des gens qui souffrent et qui survivent à 70 ans avec 700 euro par mois.Voilà c’est écrit une fois pour toute,ici je clos ce chapitre politique.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          L’Histoire hélas vous donne souvent tort. Les communistes en 33 qui pour éliminer les socialistes préconisèrent l’abstention et les votes contre ont porté Hitler au pouvoir. C’est arrivé é aussi deux fois en Italie avec Berlusconi qui a profité des errances de la gauche et de l’extreme gauche. Et aux USA où Al Gore n’était pas assez radical pour les partisans de Nader et les écolos. Résultat, on a porté au pouvoir Bush qui a détruit l’environnement. Trump a bénéficié du rejet de la terrible Hillary Clinton mais qui n’aurait pas détruit l’Obama care, voulu élever un mur ou maintenant privatiser les parcs nationaux. Il y a des degrés dans le mal et certains d’entre eux sont irréversibles. Là dessus je suis d’accord avec Jacques Julliard. Maintenant passons à autres choses. Cela dit, nous ne sommes pas les gardiens du temple et sur la culture le programme de Macron était plus consistant et bénéfique que Marine qui voulait supprimer Hadopi (les départements FN sont ceux qui ont la plus faible proportion de cinémas d’essai et le plus haut taux de films américains, très supérieurs à la moyenne nationale. C’est ce qui s’appelle défendre la France)

        • Sullivan dit :

          À Bertrand, juste une remarque : le fait d’appeler Le Pen par son prénom participe de cette dédiabolisation du FN qu’elle a mis en place. Si on dit Macron, il faut de surcroît dire Le Pen, ça me semble très important.

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand Tavernier.Là je vous suis entièrement quand le PCF à approuver le pacte germano-soviétique entre Hitler et Staline en revanche rappelez vous en Italie quand Aldo Moro du Parti démocrate chrétien à voulut former un gouvernement avec le PCI(premier parti communiste d’Europe)il à été éliminer par ses adversaires politiques avec comme bras armés les fameuse brigades rouges dont les armes étaient achetés par la camorra sicilienne.On peut aimer son pays sans etre nationaliste et brandir un drapeau en toutes occasions.Je conseille à tous de lire Thierry Meyssan qui à sorti un ouvrage qui décrit de façon subtile et intelligente la situation internationale depuis le 11 septembre jusqu’à l’élection en novembre dernier de Trump.Plusieurs noms de personnalités politiques françaises et étrangères ont été effaçés afin de ne pas interdire la censure de l’ouvrage.

        • Alexandre Angel dit :

          A Yves Rouxel,
          Le mec dont vous nous conseillez de lire le livre est un des principaux chantres de la théorie du complot en rapport avec les attentats du 11 Septembre. A part ça tout va bien..

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Et tout ce qu’il a affirmé a été critiqué, réfuté par de très nombreux historiens et essayistes de tous bords Il est à peine plus fiable que Faurisson
          « Avec son livre niant la responsabilité d’Al-Qaïda dans les attentats du 11 septembre 2001, ce Français est devenu une figure clef des complotistes. Depuis, établi en Syrie, il accable « l’Occident et les sionistes » de tous les maux.

          La vérité est ailleurs. Il le proclame à la face du monde: l’actualité internationale et son cortège de drames n’ont rien à voir avec ce qu’en disent les médias occidentaux. La tuerie de Charlie Hebdo, par exemple. Elle « n’a pas de lien avec l’idéologie djihadiste […]. Ses commanditaires les plus probables sont à Washington ». La preuve? « Les assaillants n’étaient pas vêtus à la mode des djihadistes, mais comme des commandos militaires. » CQFD. De même, les combattants de Daech (organisation de l’Etat islamique) « ont été formés par les Etats-Unis […], mais aussi par des Français, de la Légion étrangère ». Rien d’extraordinaire, quand on sait qu' »Al-Qaeda assure la sécurité de l’Etat d’Israël face à la Syrie »… Ceux qui ne le croient pas sont manipulés par la « propagande impérialiste états-unienne et sioniste » ….Avec son livre niant la responsabilité d’Al-Qaïda dans les attentats du 11 septembre 2001, ce Français est devenu une figure clef des complotistes. Depuis, établi en Syrie, il accable « l’Occident et les sionistes » de tous les maux….En 2006, Thierry Meyssan effectue un premier voyage au Liban et en Syrie, peu après des attaques israéliennes contre les bases du Hezbollah. Il est l’invité de ce dernier et du régime de Damas. Deux ans plus tard, pour échapper à un invraisemblable « contrat » que Nicolas Sarkozy – « élu grâce à la CIA » – aurait mis sur sa tête, l’amateur de complots s’installe à Damas, dans le quartier des ambassades. Il devient un expert habilité auprès d’une cohorte de médias « antioccidentaux » ou « antisionistes »: chaînes télé du Hezbollah et du régime iranien, RT (ex-Russia Today, pro-Kremlin), radios et quotidiens syriens… Le site Internet du Réseau Voltaire international revendique 760 00 visiteurs uniques par mois. Le véritable ordre de grandeur se situe plutôt autour de 20 000 à 30 000.

          Cependant, il est traduit en 16 langues. Ce qui nécessite d’importants moyens financiers et humains. Lesquels? Les indices affleurent. A Damas, Thierry Meyssan forme des cadres du régime au sein de l’institut de recherche politique Syria Al-Ghad (Syrie Demain). Le vice-président du Réseau, Issa el-Ayoubi, est un cadre du Parti social nationaliste syrien, formation d’inspiration nazie créée dans les années 1930. « Thierry Meyssan a choisi de s’allier avec les pires antisémites tout en se gardant de manier lui-même cette rhétorique, poursuit Gilles Alfonsi. Voilà toute la malignité et la perversité de son discours. »

        • MB dit :

          une tisane, Rouxel? ça calme

      • Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier

        Quelle honte que ce message signé « vincent deniau ». Je ne comprends ni comment, ni pourquoi on peut laisser éclater sa haine de cette façon. Vous avez vraiment été bienveillant non seulement de ne pas le bloquer, mais encore de le gratifier d’une réponse.

        • MinettePascal dit :

          Franchement, mr Tavernier, pourquoi laisser apparaître ce genre de messages et y répondre ? ça fait deux fois en peu de temps et ça ruine le climat du blog.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Je ne peux rien empêcher. Juste l’émincer quand je le découvre. J’ai toujours respecté la liberté d’opinion même de ceux que j’abhorre. Et il y a tant de contre vérités (ma fortune) que cela se détruit

        • Yves Rouxel dit :

          A Pierre.La programmation tv est assez étonnante puisque hier soir France 5 diffusé « Que la fète commence »!!!!!

      • ballantrae dit :

        Je n’avais jamais entendu parler de cet Olivier Dazat et n’ai aucune envie d’en savoir plus sur ce personnage apparemment bien cynique.
        Pourquoi le blog devient-il un tel déversoir de rancunes comme si Bertrand devait à la fois essuyer à la fois l’ire des petits fachos comme celle d’autres bords? Halte à la connerie, bon sang!
        Vous en connaissez beaucoup des cinéastes qui nourrissent avec autant de persévérance un dialogue aussi ouvert avec tous les cinéphiles qui le désirent? Moi pas.
        Vincent Deniau, essuyez la m…. que vous avez devant les yeux et gardez votre énergie pour d’autres bagarres!

        • henri Patta dit :

          A Ballantrae.

          Au dela de certains de ses films dont certains comme COUPS DE TORCHONS ou le JUGE ET L ‘ASSASSIN sont des chefs-d oeuvres du cinema francais , ce que j ‘adore chez Bertrand Tavernier c ‘est sa passion viscerale pour le cinema.
          Cela s ‘exprime toujours lors de ses interviews ou la banalite est toujours absente et ou la ferveur et l ‘amour du cinema sont presents.
          Tant de realisateurs nous servent une  » communication » formatee et fade.
          Quand a la « moderation » , pour repondre a d ‘autres intervenants , je suppose qu ‘elle existe, et que les pires commentaires passent a la trappe.
          c ‘est tout a l ‘honneur de ce blog de laisser passer les critiques a l ‘egard de Tavernier.
          Une bonne reponse vaut mieux qu ‘une mauvaise censure.

      • Yves Rouxel dit :

        A MB:je me calme à la cammomille.A Bertrand.Avez vous au moins lu ses ouvrages avant d’affirmer et décrire que Thierry Meyssan est un comploteur de la première heure.Preuves à l’appui grace aux témoignages d’anciens responsables du Pentagone,il écrit qu’un avion s’est bien crashé le 11 septembre 2001 puis que les images ont été effaçés par la CIA et la NSA.Il y à des vérités qui dérangent les grands défenseurs de la finance et du capitalisme,notamment les 50 millions de dollars donnés par Kadhafi au candidat UMP Sarkozy,mais ça aussi c’est pire mensonge ou invention de ma part.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.L’article sur le projet de Boisset »Barracuda »que j’ai écris samedi dernier est passé visiblement à la trappe?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A YVES ROUXEL
          PAS PAR MOI

        • MB dit :

          certains commentaires passent à la trappe, on en a déjà parlé c’est le serveur la machine la technique que sais-je… on croyait que c’était à cause des gros mots même pas!
          je vais essayer de relancer mon ptit comm sur le cinéma italien… ça fera que 7 fois.

        • MB dit :

          … 8 fois!… Bertrand le webmaster est-il au courant? On devrait pouvoir le contacter d’ailleurs.

        • Yves Rouxel dit :

          Je renvoyais à un entretien quà accorder Yves Boisset à Jean baptiste Thoret sur un projet écrit au début des années 80 et qui devait ètre produit par la société de Jean paul Belmondo(qui devait camper le role principal).L’action se déroule en Afrique,c’est là que vivote un aventurier à la dérive et à qui on va confier une mission de vendre des armes à des pays voisins.Le protagoniste ne sait pas qu’il va travailler indirectement pour la DGSE et d’espionner les acheteurs d’armes afin de remonter les filières.Projet ambitieux de la part de Boisset mais les politiques s’en sont mélés en la personne de l’ancien ministre Charasse qui à simplement demander à la société de Belmondo de retirer ses billes afin de ne pas nuire à la carrière de l’acteur.Plus tard,Yves à proposer le role à Gerard Lanvin,finalement les producteurs-affairistes n’ont pas suivis car le projet géner le gouvernement.

    • henri Patta dit :

      A Vincent Deniau

      En somme vous reprochez a ces cineastes d ‘avoir appeles a battre Lepen.
      J ‘avoue ne pas comprendre.
      Admettons que le F.N ne soit plus raciste , qu ‘il ne soit plus tenu par des adorateurs du nazisme , qu ‘il se soit « republicanise  » .
      Le fait est qu ‘au vu du debat entre Macron et Lepen il etait manifeste que nous avions devant nous une femme politique qui est totalement incompetente , qui ne connait pas ses dossiers et qui n ‘a pas la carrure pour la fonction.
      Donc oui , mieux vaut Macron que cette incapable. Si vous ne comprenez pas ca , je vous plains de tout coeur.
      Pour en revenir au cinema Pasolini est pour moi une purge sur ecran. Je ne parle pas de ses livres que je n ‘ai jamais lus

      • Bertrand Tavernier dit :

        a henri Patta
        Il suffit de voir comment sont gouvernées les villes retenues par le FN, Cogolin par exemple, avec la démission de la moitié des élus FN, écoeurés par le népotisme, la corruption. La suppression dans d’autres d’associations comme les restaurants du coeur, médecins du monde. Et puis les détournements d’argent public de Marine ce n’est pas rien

    • P. SEGALEN dit :

      Que c’est petit.

    • Ballantrae dit :

      Que de haine! Que se passe t-il en ce moment? Certes le moment politique est des plus bizarres mais de là à polluer de ci de là un espace dévolu à des échanges normaux, courtois…
      Je crois qu’il serait judicieux de chercher des poux sur d’autres têtes que celle de notre hôte quand il s’agit d’engagement quand on voit l’apathie absolue de nombre d’intellectuels et créateurs depuis des années.
      J’aime beaucoup Pialat mais question engagement, je ne dirai pas que les siens me semblaient patents.
      Pasolini est un cinéaste et intellectuel important mais il appartient à une époque très différente en matière de pensée dialectique comme le montrent se films et écrits empreints de traces des théories politiques les plus discutées dans les 60′-70′.
      Loach est engagé, Pasolini l’était, Bertrand aussi même si leurs engagements respectifs sont différents.
      Quant à cette élection, je crois qu’elle nous a suffisamment occupés par ailleurs, pollués ai-je envie de dire surtout dans la dernière ligne (bien à) droite: place au cinéma qui est un belle consolation face à une situation de plus en plus rude.
      Et un jour il sera intéressant de se demander:
      1)pourquoi le FN a été normalisé par les médias depuis plus de deux ans avant d’être à nouveau montré comme ce qu’il est sur le tard
      2)pourquoi un parti jugé dangereux n’est pas interdit purement et simplement de manière à redevenir groupusculaire comme il le fut il y a qqs décennies
      Arrêtons donc avec ces insupportables invectives envers notre hôte: le modérateur devrait stopper ces giclets nauséabonds tout bêtement.
      Que ce blog ne soit pas synonyme d’aveuglement, je veux bien le comprendre mais qu’il devienne un lieu non plus de RDV cordiaux, complices NON!

      • Alexandre Angel dit :

        « le modérateur devrait stopper ces giclets nauséabonds tout bêtement. »
        A Ballantrae : oui mais cela fait 4 ans et demi que je fréquente ce blog et à peu près autant que je me pose la question de savoir qui modère? Il ne me semble pas avoir lu une seule réponse là-dessus. Est-ce Bertrand directement? Et dans ce cas, s’il décide de préserver comme il le dit la liberté d’opinion, c’est son choix. Où bien y a-t-il un modérateur qui ne fait pas son boulot? Sérieux, c’est vraiment une question pour laquelle j’aimerais enfin avoir une réponse.

        • Alexandre Angel dit :

          En même temps Bertrand, vous dîtes que vous ne pouvez rien empêcher donc qui peut le faire?
          Parce que là, c’est plutôt « en vacance de modération »…

      • Denis Fargeat dit :

        Et un mystère : pourquoi entend-on si peu que Front National était d’abord le nom d’un mouvement de Résistance, au cours de la 2ème guerre mondiale… je suis assez peu au fait de tout ça, mais j’ai toujours été étonné du manque de réaction face à cette usurpation, tant les membres de ce réseau ( dont Elsa Barraine et Henri Dutilleux) me semblent loin de ce que ce nom représente désormais.

    • stag dit :

      Vincent Deniau,

      Incroyable tyrannie lithurgique d’une religion qui ne dit pas son nom, celle de haïr ce qu’on ne peut toucher. Elle est bien française et fait hausser le ton pour des considérations politiques qui sont loin derrière ce qui peut faire vibrer les âmes devant le grand écran. Et peu importe la volonté politique d’Hugo dans les misérables, ou ce qu’il vivait intérieurement face aux frasques d’autour, ce qui reste est une trajectoire d’un intérêt majeur dans ce qu’elle offre à réfléchir, à contempler et à savoir se retourner sur nous, l’espace d’heures délicieuses, à nous confondre un ressenti et une exploration.

      Avez-vous sérieusement souffert d’un engagement politique de John Ford, d’agissements momentanés peu honorables de Kazan, en découvrant GRAPES OF WRATH ou SUR LES QUAIS ?

      Que reste-t’il d’une oeuvre, l’oeuvre ou l’opinion d’un artiste ?

      Pitoyable démonstration anonyme, laissez-nous le plaisir de converser avec un cinéaste cinéphile et généreux qui a donné l’un des plus grand film des années 70 et qui par les témoignages qu’il a pu recueillir et sait transmettre est un témoin précieux pour tout amoureux du septième art.

    • ballantrae dit :

      Une question bête, juste en passant: de quels engagements avez-vous été capable à titre personnel vous qui critiquez un cinéaste qui aurait pu sans peine se concentrer exclusivement sur ses créations et sa cinéphilie?
      Bertrand s’est bagarré contre la double peine, contre les mines antipersonnels, est allé vivre sur le périph pour répondre à ce con de Raoult, a dénoncé très tôt l’AMI, etc…et j’en oublie!
      De quels combats à titre personnel pouvez vous vous énorgueillir vous qui citez Pasolini qui y a laissé la peau?
      Je ne dis pas que vous n’en avez pas que vous n’êtes pas engagé V Deniau (pseudo ou identité réelle: on peut en douter à force cf les posts fachos d’il y a un mois )mais votre discours me semble peu structuré…juste fielleux.

  14. SERVANT Jean-Pierre dit :

    J’ai découvert l’autre soir un western de Jacques Tourneur que je n’avais jamais vu, WICHITA (1955) avec Joël McCrea, WALLACE Ford et Vera Miles.Tourneur est un cinéaste que j’admire profondément et dans tous les styles de films qu’il a abordé dans sa carrière. WICHITA à de belles qualités (scénario, photographie, dustribution), cependant il y a une scène que je trouve assez mal faite. C’est celle où le gamin à la fenêtre regarde les cavaliers ivres jouer du colt. Et là, il est touché par une balle et s’écroulé dans sa chambre. Jusque-là c’est assez audacieux en sachant qu’il y a (mais je peux me tromper),peu de westerns des années 50 où on voit la mort violente d’un enfant. Non, ce qui me gêne c’est le traitement de la suite. La mère descend un escalier en portant l’enfant dans ses bras. Wyatt Earp (McCrea), la regarde, le regard même pas apitoye. La femme s’assied avec l’enfant et McCrea prête serment dans la pièce pour devenir Marshall. Sans un regard, il sort pour mater la horde. J’ai trouvé cette scène particulièrement mauvaise. Soit mal écrite, soit mal jouée. Je ne sais pas. Mais d’une froideur presque indécente. Et ça m’étonne beaucoup de Tourneur. L’avez-vous vu ? Qu’en pensez-vous ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT jean-Pierre
      Vous refusez ce qui fait justement l’originalité et la force de la scène. Tourneur n’aimait pas les apitoiements et son personnage est suffisamment choqué pour prendre immédiatement une décision qui change sa vie et McCrea peut dans l’instant commencer à oeuvrer pour qu’une telle horreur ne se reproduise plus. S’arrêter près de l’enfant, c’était perdre du temps, ne pas aller à l’essentiel. Mater la horde et prévenir d’autres meurtres passe avant. Dans la phrase que vous écrivez, vous donnez la réponse à votre question. Et je conteste « le regard même pas apitoyé ». Il y a une violence contenue dans la décision de McCrea qui me semble plus forte qu’une larme dans l’oeil. Comme l’écrivait Dumas, il faut garder l’oeil sec et le coeur généreux (LE VICOMTE DE BRAGELONNE)

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:

        Tout à fait d’accord, la décision de Wyatt Earp suffit à l’émotion, surtout qu’elle arrive après un moment de suspense (comment va-t-il réagir?), d’autant que jusque là il apparaissait comme un personnage mystérieux, au calme et au détachement presqu’irréel, angélique, à commencer par son apparition, petite silhouette à l’horizon, entre terre et ciel (Clint Eastwood s’en est sans doute souvenu pour l’apparition de son personnage de PALE RIDER, sauf que chez Eastwood il ne s’agit pas d’un ange, mais plutôt d’un fantôme). Il y a d’autres enfants qui meurent de mort violente dans un western de Tourneur, mais on ne le voit pas à l’écran, ce sont les enfants d’Andy Devine dans CANYON PASSAGE, et chose remarquable, il sont vraiment joués par les enfants de Devine, détail je crois révélateur de la finesse de la méthode tourneurienne.

      • Henripatta dit :

        A SERVANT jean pierre
        Et Bertrand Tavernier.
        Ce sont des echanges comme ceux-ci qui me font adorer ce blog.
        En quelques phrases on me donne envie de voir un film qui m ‘est totalement inconnu , et on active mon desir en offrant 2 visions d ‘une meme scene .
        Reste a trouver le dvd maintenant.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Henripatta : j’avais trouvé WICHITA édité par Warner dans une exclusivité FNAC sous son titre français UN JEU RISQUÉ. C’était sorti en 2013, mais je le vois encore parfois qui se balade dans les bacs FNAC à 10 euros. Regardez leur site. Sinon il y a les boutiques type OCD où on trouve parfois des pépites.
          De plus la copie est franchement bien image et son (uniquement en VOST). Pas de bonus mais un livret de présentation de chaque film de cette « Collection Western », assez intéressant.

      • Alexandre Angel dit :

        Merci Bertrand, de donner envie de revoir cette scène en particulier et tout le film en général.
        A SERVANT Jean-Pierre
        Cela dit, j’ai ressenti un peu la même chose avec cette scène de l’enfant, peut-être pas au même moment que vous mais dans la façon dont sa mort est filmée. J’ ai ressenti quelque chose coincer comme si la sécheresse de Tourneur devenait assèchement. Je trouve que ça rejoint un peu ce que vous dîtes.. Mais que voulez vous, Bertrand Tavernier passe par dessus et tout est à remettre sur l’établi!
        Sinon, j’adore ce petit moment au début où (je cite de mémoire peu fraiche), le directeur du journal propose à Joel McCrea de faire passer son cheval par l’imprimerie pour le « garer » plus vite à l’arrière. Quelle bonne idée!!

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Alexandre Angel : Oui, Jacques Tourneur (j’aime aussi beaucoup les films de son père que j’aie pu voir) reste pour moi un cinéaste majeur. Tellement d’idées originales chez lui. Je l’ai découvert gamin à la télé avec le ciné club de Claude-Jean Philippe pour NIGHT OF THE DEMON. Le choc !
          En 77 je résidais non loin de Bergerac. Je m’etais mis en tète – après avoir vu le trop court document de Jacques Manlay pour FR3 Aquitaine – d’aller le voir. J’étais déjà dingue de ciné américain. Il représentait pour moi le meilleur. La vie en a décidé autrement. Parfois encore j’y repense. Que lui aurais -je dit ? A 17 ans, habitant la province, je n’avais pas vu beaucoup de films, et surtout très peu des siens. Mais quand même, ça reste un des regrets de ma vie. Alors je revois souvent ce doc, merveilleuse leçon de cinéma, réalisé peu de temps avant sa disparition…

        • MB dit :

          à Servant Jean-Pierre: cet entretien avec Tourneur que j’avais vu sur FR3 est sur le dvd qui accompagne les Ecrits de JT, publié par Rouge Profond en 2003. Il y a quatre scénarios inédits dont le fameux « Murmures dans des corridors (ou chambres) lointains » dont parlait Bertrand dans un vieux numéro de Positif. Je déteste lire des scénarios mais je vais me l’offrir rien que pour l’entretien.

        • MB dit :

          … en vérifiant, « Murmures dans un corridor lointain » est le titre d’un article de Bertrand sur JT paru dans ce vieux Positif et qui doit se retrouver dans Amis Américains!

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        Votre point de vue est intéressant. C’est vraiment curieux, parce que j’ai visionné trois fois ce passage du film, tant il m’a surpris. Et à chaque fois j’ai ressenti la même impression.
        C’est la première fois que j’ai ce refus, comme vous l’écrivez, dans un film de Tourneur, cinéaste vif, qui aimait aller à l’essentiel. A revoir sans doute un de ces jours…

      • ballantrae dit :

        Entièrement d’accord avec vous Bertrand: c’est l’une des séquences de western les plus étonnantes avec celle de Forty guns (une autre version de l’histoire de Wyatt Earp en fait) où le héros tire sur la femme qu’il aime pour atteindre sa cible et lançant un lapidaire: « Elle survivra ».
        Ce qui est beau chez Tourneur, c’est justement le refus de l’épanchement excessif que ce soit dans ses films fantastiques, ses polars, ses westerns ou ses films autres tels le très digne Easy living ou le mystérieux et bouleversant Stars in my crown.
        JP, revoyez aussi Canyon passage ou Way of a gaucho et vous mesurerez que Tourneur est un auteur de westerns toujours original qui ne fait pas les « scènes à faire »

        • MinettePascal dit :

          C’est encore un bon sujet de thèse cette manière d’éviter de montrer des larmes. Je pense à la silhouette à contre-jour de Wayne découvrant sa famille massacrée dans la PRISONNIERE. Seule l’ombre chinoise de sa tête tombe et c’est pire que tout. Et j’adore aussi la colère contenue de Jérémiah Johnson dans la même situation : pas de larmes mais une détermination à se venger proche d’une décision de suicide…
          Chiche qu’on en trouve d’autres ?

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A ballantrae : je devais être… mal luné ce soir-là.

      • MinettePascal dit :

        Tiens, quelqu’un sait-il si Ford allant pleurer dans sa caravane après le tournage de la tirade  » I’ll be there » des RAISINS est une légende ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          J’en avais jamais entendu parler. C’est dans le McBride ?

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Je suis certain de l’avoir lu mais il faut que je recherche, peut-être bien le Lindsay Anderson. Il me semble que c’est un témoignage de Fonda qui disait quelque chose comme : » Après le « cut », Ford n’a pas dit un mot, est juste allé s’enfermer dans sa caravane, sûrement pour ne pas pleurer devant nous. »
          Je revois souvent la dernière séquence du JUGE, Isabelle Huppert plus belle là qu’ailleurs (aurait-elle un petit trou de mémoire ? Encore plus belle !)
          Et vous, avez-vous éprouvé ce serrement de coeur, les larmes peut-être, pendant ce tournage ou un autre ?

        • Mathieu dit :

          A propos de WICHITA, j’ai vu il n’y a pas très longtemps GUNFIGHT AT DODGE CITY (LE SHERIF AUX MAINS ROUGES) de Joseph Newman, que 50 ans trouve terne et Erick Maurel de Dvdclassik médiocre et qu’il accable en le comparant à WICHITA, avec lequel il a en effet beaucoup à voir: même producteur (Walter Mirisch), même scénariste (Daniel B. Ullman), même acteur principal, Joel McCrea, dans un rôle assez similaire: un homme nommé shérif presque malgré lui et qui arrive à installer la loi et l’ordre dans une « cattle town » en proie aux débordements des cowboys qui cependant la font vivre. Il y a des scènes qui rappellent vraiment WICHITA, les cowboys sortant des saloons et tirant dans tous les sens, et le shérif mettant seul fin à la violence par sa seule détermination. Il y a même une scène de pique-nique entre McCrea et Julie Adams qui rappelle celle de WICHITA (avec Vera Miles).

          GUNFIGHT… n’est certes pas un chef-d’œuvre, mais un film bien écrit, à la photo, aux décors et aux costumes soignés (la reconstitution de la ville est crédible, les scènes de nuit en extérieur aussi). Le film s’ouvre sur une scène où McCrea explique à un jeune homme simple d’esprit fasciné par les armes ce que cela fait de tuer un homme. Erick Maurel trouve la scène « bêtement moralisatrice », moi je trouve qu’elle donne au film un poids de réalité, une note sombre qui va colorer toute l’histoire.

          Que GUNFIGHT… participe (modestement) à une révision du mythe du héros westernien est clair notamment quand Bat Masterson, candidat au poste de shérif, se voyant reprocher d’être possesseur d’un saloon, répond qu’il y a à Wichita un shérif nommé Wyatt Earp, qui possède trois saloons tout en assurant efficacement sa fonction de shérif. Dans WICHITA (le film) Earp s’attire la sympathie du directeur de journal joué par Wallace Ford justement parce qu’il ne veut pas acquérir de saloon.

          GUNFIGHT AT DODGE CITY n’a pas les qualités de WICHITA, sa pureté, son dépouillement stylistique, mais il apporte une dose de réalisme historique et de complexité psychologique propres aux meilleurs westerns de l’époque. En tous cas, tout imaginaire que soit le Bat Masterson du film , il parait néanmoins plus proche d’une certaine réalité historique que la figure idéale de Wyatt Earp dans WICHITA, film qui a par ailleurs aussi des qualités de réalisme et d’exactitude historique en dehors de la figure angélique de Earp (par exemple le slogan « Everything goes in Wichita » que Earp découvre en arrivant en ville a vraiment existé).

      • stag dit :

        J’ai la même lecture que notre hôte !
        Le côté calme et déterminé dans ses actions est un trait de caractère de Wyatt Earp probablement historiquement avéré pour être repris dans trois interprétations auxquelles je pense, celle de Fonda dans MY DARLING CLEMENTINE, de Scott dans FRONTIER MARSHAL et celle de McCrea dans Wichita, et même Lancaster plus tard.
        Dans les « OK CORRAL » Fonda ou Scott sont plutôt avares de commentaires et déterminés lorsque surpris par l’inaction citoyenne ils vont cueillir l’indien dans le saloon avec fermeté. Earp est toujours le pendant « sage » opposé à la complexité de Doc dans les films auxquels je pense.

        Dans cette scène de Wichita la mort de cet enfant motive Earp comme il est motivé par la mort de son frère dans CLEMENTINE, comme Wayne devient résolument vengeur à la mort de Bond dans Rio Bravo, c’est une ficelle très classique dans le western il me semble lorsque un jeune ou un vieil ami incarne parfaitement la victime « innocente » – si tant est que l’adjectif puisse convenir au moins une fois à définir Ward Bond dans sa carrière – qui provoquera la perte du « méchant ». En ce sens McCrea est effectivement savamment plus efficace dans l’hommage qu’il rend à ce gosse en supprimant le mal qui l’a tué plutôt qu’en s’affairant à une compassion bien inutile alors qu’on tire un peu partout en ville.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Stag
          Ces portraits doivent être différents du véritable Earp, qu’on a accusé d’être un mac, de toucher des pots de vins et d’abattre ses adversaires pas toujours à la loyale. Même Ford le disait. Il y a un portrait de Earp, le premier, assez excitant à la fois dans un roman SAINT JOHNSON de Burnett et dans le film LAW AND ORDER qui en a été tiré et qui est excellent

        • Edward dit :

          A Bertrand Tavernier : Law and Order est un western universal qu’on peut espérer chez Sidonis ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Edward
          Ils ont sorti le remake avec Ronald Reagan qui est complètement nul et n’a rien à voir avec l’original

        • stag dit :

          A Bertrand,

          Effectivement alors si l’on prend en compte le fait que Earp ait dû lui même enjoliver les choses en les narrant, que sa veuve ensuite aura mis beaucoup de zèle à protéger l’aura de son défunt époux – empêchant notamment il me semble dans le LAW AND ORDER dont vous parlez qu’Earp puisse s’appeler Earp ; que l’ouvrage de N.Lake sur lequel se base Dwann avec FRONTIER MARSHAL puis Ford avec MY DARLING CLEMENTINE pour réaliser leurs oeuvres références est l’un des rares alors autorisé par Madame Earp, on imagine fort bien, et cela ne change rien à leur immense qualité, que les deux oeuvres concernées, et donc la plupart des autres qui s’en sont inspirées par la suite, sont historiquement très « perfectibles »…

          Je vais chercher le livre dont vous parlez.

          Mais finalement le personnage de Earp s’en est peut-être trouvé être plus intéressant qu’il l’eût été ?

          Une question que je glisse en passant. Dans votre documentaire vous parlez de votre après-midi passée avec Gabin. Le cinéphile passionné de western que vous êtes lui a-t’il pû savoir s’il avait rencontré Ford ou Wayne aux états-unis ? Notamment avant ou pendant sa franche camaraderie avec Dietrich que côtoyait également le Duke ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Stag
          J’ai vu quatre à cinq fois Gabin. Gabin restait avec ses amis français et je ne suis pas sur que beaucoup d’acteurs américains voulaient le rencontrer sauf dans ces partys qui ne sont pas des rencontre. Duvivier avait envoyé un mot à Spaak : « dites le bien , Duvivier s’emmerde.  » Cela devait être pareil pour Gabin. Vous voyez les choses comme un cinéphile français
          Et le Stuart Lake n’est pas un grand livre

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand et Stag
          Je trouve intéressante la question de Stag sur Jean Gabin dans la mesure où je m’en suis posée une presque similaire en cours de projection de votre VOYAGE alors qu’étaient évoquées la très forte personnalité de l’acteur, son intelligence instinctive et son autorité de « patron ». Trouvant des similitudes (pas politiques évidemment)avec John Wayne, je me demandais si l’acteur américain avait un avis sur notre vedette française, et ce, bien après la guerre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Les films français, les films étrangers étaient vus par une très petite minorité. Au maximum de leur succès, les films étrangers n’ont pas dépassé 4% des recettes etc de la fréquentation. Alors, Gabin était connu des metteurs en scènes, des scénaristes surtout ceux marqués à gauche mais il n’avait pas la popularité de Boyer que Gabin n’aimait guère ou de Maurice Chevalier. Et beaucoup d’acteurs ne sont pas des cinéphiles. Encore que Wayne voulait Darrieux pour THE FIGHTING KENTUCKIAN mais Darrieux avait fait des films aux USA qui avaient été des succès

        • stag dit :

          A Bertrand,
          Je pense surtout à Wayne puisque j’ai lu que Gabin habitait chez Dietrich de 1941 à 1943, qu’ils ont une relation forte et que Dietrich tourne les écumeurs avec Wayne en 41/42.
          Cela dit je concède volontiers que ces questionnements sont d’une importance relative et ceux d’un cinéphile que l’éventuelle rencontre de ces deux « monstres » fascine.
          Merci de votre réponse.

        • MB dit :

          pour WICHITA revu hier, j’ai mieux remarqué que les extérieurs sont magnifiques et contredisent l’idée d’un Tourneur aimant les ambiances oppressantes, rarement les plaines n’ont été aussi bien filmées. Pour moi c’est le meilleur du film et cumulés ces extérieurs devraient quasiment égaliser en temps les scènes urbaines. Ces extérieurs sont filmés en Arizona à ce que je lis (tt le reste en Californie), Wichita est au Kansas et était sur la piste Chisholm, la piste du bétail qui grâce au train amenait le bétail aux abattoirs de Chicago d’où la viande était distribuée ailleurs.
          Ce qui est marrant c’est qu’à la fin un personnage voyant Earp et sa femme quitter la ville dit « Bon, Earp a accepté un poste de sherif à Dodge City, c’est pire qu’ici ». En effet c’est Dodge City qui grossissant, va remplacer Wichita pour être le centre du bétail!
          En lisant la bio de Earp ou le fameux Empire Comanche,j’ai appris que tous ces cow-boys étaient pour la plupart des bandits et voleurs de chevaux la moitié de l’année, quand ce n’était pas la « saison » des convois de bétail. Je n’ai jamais été choqué par la réaction de Earp à la mort de l’enfant, tous ces héros de westerns masquent leurs émotions, et la musique intervient pile pour dramatiser au moment du coup de feu ce que le héros ne dramatise pas.

        • Yves Rouxel dit :

          Un petit détail dont je me rappelais pas.Lors de la fusillade un garçonnet de 5 ans est victime d’une balle et tuer sur le coup.Son nom est Michael Jackson.Curieux quand mème.Sinon j’ai revu »Non coupable »d’Henri Decoin qui est vraiment réussit grace au jeu trouble de Michel Simon.En revanche j’ai été déçu par »La cité perdu »d’Henri Hathaway tourner en Afrique du nord.Malgré la présence de John Wayne et de la sublime Sophia Loren et son regard de braise le film s’enlise péniblement dans les sables du Sahara.En revanche coté grand écran ne ratez pas deux films sortis en mème temps qu’à Cannes. »Rodin »de Jacques Doillon malgré la linéarité du filmage et les fondus au noir trop nombreux vaut pour la performance de Lindon.Grace à une formation de cinq mois l’acteur s’est quasiment fondu dans son personnage à travers ses gestes et sa façon de sculpter des corps.Izia Higelin tout en retrait prouve qu’elle n’est pas seulement l’interprète et fille de Jacques Higelin.Le second film est signé par François Ozon qui à écrit le scénario adapter d’un livre anglais.Là on plane entre le thriller,le fantastique et l’étrangeté de la gemmellité des ètres.On sent tout le long du film une forte tension avec au final un coup de théatre magistral.Ozon fait partie depuis une vingtaine d’années comme une valeur sure du cinéma français.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      Cette scène qui ne « passait pas » (pour moi),nous offre l’occasion d’évoquer Jacques Tourneur, ce n’est déjà pas si mal…
      A part ce moment du film (je le réévalurai un de ces jours, promis!), ce Western possède de très belles qualités en terme d’histoire, de photographie (belle utilisation de l’écran large) et d’interprétation avec Joël McCrea que Tourneur avait déjà utilisé dans le très beau « STAR ON MY CROWN » (1949).
      D’ailleurs en ce moment chez moi le soir, c’est un cycle Tourneur. Hier soir le formidable « NIGHTFALL » (57) (bon sang Aldo Ray était épatant !), suivi de « NIGHT OF THE DEMON » (57) avec son copain Dana Andrews (les sublimes éditions Wild Side). Ce soir, « WAY OF A GAUCHO » (52) suivi de « OUT OF THE PAST (47).
      Vous l’aurez compris… j’adore Tourneur !

      • Bertrand Tavernier dit :

        A SERVANT Jean-Pierre
        McCrea est aussi formidable dans STRANGER ON A HORSEBACK, sorti chez Sidonis (Le Juge…Fait sa loi). C’était un acteur idéal pour Tourneur

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          Ah oui STRANGER… je l’ai dans ma collection TOURNEUR, mais pas encore vu. Vous faites bien de me le remémorer.
          McCREA était vraiment très bien, tout comme ANDREWS, un intime à lui je crois et qui est excellent dans les films de Jacques.
          Revu hier WAY OF A GAUCHO (avec votre présentation d’ailleurs) et vraiment je le trouve magnifique. De beaux extérieurs, de belles idées (ce plan de CALHOUN qui marche devant un ria où des femmes lavent le linge), des prises de vue superbes (la tentative de passage au Chili,la charge des bovides formidablement filmée). En plus un scénario intelligent de Philip DUNNE (la fin ouvre encore des perspectives – quel sera le choix de Richard BOONE quand Marin et Teresa ressortiront de l’église ? – et en Le revoyant je me suis demandé vraiment si KING aurait fait mieux ? Il y a tellement d’idées originales dans la mise en scène de TOURNEUR ! Et Rory CALHOUN est vraiment bien dans ce film. Contrairement a l’avis de Patick BRION, je ne trouve pas le role de Gene TIERNEY si reduit que ça. A mon gout, il s’insère bien dans l’histoire. Le personnage de Richard BOONE est interessant aussi avec les « non-dits » sur son homosexualite refoulée,c’est du moins ce que j’ai perçu à diverses reprises dans les scènes qui l’opposent à CALHOUN.
          L’édition BR Sidonis me déçoit légèrement. Il y a beaucoup de plans d’ensemble en extérieurs qui apparaissent un peu flous ou à la définition imprécise (en projection sur grand écran ça ne fait pas de cadeau !)Dès qu’un raccord de studio (gros plan sur les acteurs) apparaît au milieu de la scène, c’est immédiatement perceptible. Enfin ce n’est pas grave. Le film est enfin visible et c’est bien l’essentiel.
          Parce que franchement, il vaut le détour.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SERVANT Jean_Pierre
          Je crois que les défauts proviennent du non travail de restauration de la Fox, selon Dave kehr, un des compagnies les plus paresseuses

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier, à tous : j’ai vu hier soir STRANGER ON HORSEBACK de TOURNEUR, et vraiment oui, j’ai beaucoup aimé.
          Une très bonne histoire, des acteurs nuancés. Passée la surprise de ce curieux Ansco Color, qui n’offre pas une palette colorée extraordinaire, j’y ai trouvé beaucoup de charme, un côté désuet, comme dans ces photos d’exploitation des années 50 en noir et blanc, colorées artificiellement. Les extérieurs sont très bien choisis et puis il y a ces détails comme le vent qu’on entend souffler dans les branches, le coq d’une basse-cour et même les oiseaux qui chantent dans plusieurs scènes extérieures.
          En le voyant je me disais qu’après tout il aurait peut-être été aussi bien, filmé en noir et blanc bien que je le redis ce procédé couleur lui apporte une certaine « patine ».
          La copie DVD n’est pas exempte de défauts dû au temps (rayures, poinçons de fin de bobine), qui pour moi sont un régal, quitte à m’attirer les foudres des mordus du zéro défaut numérique.
          Un TOURNEUR de tout premier ordre oublié dur mes rayonnages…

    • Sullivan dit :

      À Jean-Pierre Servant : à propos de Wichita, ce n’est pas l’action de Earp qui choque (il n’a pas le temps de s’apitoyer et puis c’est un « though man » qui a vu bien des horreurs… moi cr qui me manque c’est quand Earp rentre à son hôtel après avoir fait partir les fauteurs de trouble de la ville. Il monte l’escalier et le maire lui dit qu’il a peut-être été un peu excessif en les faisant partir. Earp ne répond rien alors que de manière très naturelle il aurait dû répondre « ils ont tué un enfant, le petit Michael Jackson ». Certes Earp le dit plus tard à McCoy, un des notables de la ville qui s’enrichit de la présence des convoyeurs de bétail/fauteurs de trouble dans sa ville et qui ne voit pas son action de shérif d’un bon œil car elle nuit à ses intérêts, mais c’est lors de la scène de l’hôtel qu’il aurait du parler de la mort de l’enfant. Et c’est ce décalage qui peut donner un sentiment d’insensibilité de la part de Earp. Petite faute d’appréciation au niveau des dialogues en ce sens à mon goût. Mais la scène où Earp réagit immédiatement à la mort de l’enfant en acceptant le poste de Marshall qu’il refusait depuis le début du récit, sonne très juste.

      • Alexandre Angel dit :

        « ils ont tué un enfant, le petit Michael Jackson ».
        LOL j’avais oublié ça!

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Sullivan : Oui, il se peut aussi que ce soit dans ce décalage entre la mort du gosse, l’intervention d’Earp et la scène où suite aux reproches sur son action « musclée « , il évoque enfin la mort de l’enfant…

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB : merci pour le lien Rouge Profond. Ce bouquin je l’ai acheté le jour de sa sortie en librairie. Indispensable, tout comme celui du regretté Michael Henry WILSON (Centre Pompidou Éditeur, 2003). Il y a aussi l’hommage paru dans CINÉMA 78 (en 1978 donc) après le décès de Jacques Tourneur. On y trouve de larges extraits de l’émission de FR3 réalisée début 77.

      • MB dit :

        à Servant JP: ah ok vous le connaissiez déjà le bouquin, alors dites franchement: c’est lisible les scénarios de JT? Je vais me le payer pour le dvd…

        • ballantrae dit :

          Ce livre est précieux et pour les écrits et pour l’enregistrement.
          Les scenarii autant que les propos (des notes un peu aphoristiques qui ne prétendent pas viser la hauteur de vue des Notes sur le cinématographe de Bresson mais la rencontrent sans mal!) valent le détour pour mieux appréhender ce cinéaste que j’aurais beaucoup aimé rencontrer.
          Le fait qu’il ait achevé son parcours à Bergerac incognito, à savoir pas si loin de chez nous, me touche beaucoup.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A MB : À propos de DIRECTED BY JT
          On trouve le texte Words, Words, Words écrit par JT en 1965 a Hollywood. Page de gauche, texte en anglais, traduit en français page de droite.
          Fat Witch on a Bent Groom, écrit en 1967 USA aussi (en francais, très court, 2 pages)
          Satanique (The Horror Story) 1967 (en français )
          Murmures… (1966) en français + le fac similé en anglais du texte tapé à la machine par JT.
          Lazare. 1966 Bergerac, France. En français. Hommage à son père Maurice.
          Les textes sont très agréables à lire. J’aime m’y replonger souvent. Ce « petit » bouquin est réellement indispensable aux admirateurs de JT.
          La qualité du DVD est moyenne puisqu’il s’agit de la captation TV de 1977. Mais là aussi c’est un témoignage hors pair d’un perfectionniste, sur sa conception de la mise en scène. Un homme plein d’humilité en plus qui à l’époque ne se faisait guère d’illusions sur la postérité de son oeuvre. Et là, il se trompait.
          Ce programme est aussi disponible sur YouTube.

        • MB dit :

          à SERVANT Jean-Pierre: merci pour les infos précises!

  15. SERVANT Jean-Pierre dit :

    J’ai émis l’autre jour un avis -en réponse à une question d’un internaute sur ce blog- concernant « les films éventuellement à voir dans la production de Jonathan Demme,récemment disparu. Je ne trouve plus la question de ce blogueur et donc ma réponse. Me suis-je trompé de mois ? Je suggerai simplement son Thriller « THE LAST EMBRACE » (1979) avec Roy SCHEIDER et Christopher WALKEN (musique superbe de Miklos RÓZSÀ). J’ai lu beaucoup de critiques assez négatives sur cette production que personnellement je trouve bien rythmée, avec un bon suspense et un beau final à Niagara Falls. Enfin, les goûts etbles couleurs…

    Pour le NAPOLEON d’Abel GANCE édité par le BFI, malgré mes recherches sur Amazon, cette édition n’est pas proposée, mais uniquement une autre (avec uniquement des sous-titres allemands) qui n’à pas très bonne côte auprès des internautes en ayant fait l’acquisition. Y a -t-il un autre circuit de vente (fiable) pour l’obtenir, ou un aller-retour Londres s’avère -t-il indispensable ?
    Si quelqu’un a un « tuyau »…
    Bonne journée.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean Pierre
      Directement par le BFI

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        Bonjour,
        Je ne savais pas que le BFI avait un site marchand. Merci pour l’information.
        Bonne journée.

        • MB dit :

          à Servant JP: les st sont toujours en anglais (mal entendants souvent) et il n’y en a jamais sur les bonus, comme chez Eureka et Arrow. C’est une règle britannique, très énervant. Vous trouvez parfois ces BFI sur les sites de vente moins chers que chez BFI, faut comparer.

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Dans des cas exceptionnels, le BFI propose des ST français, c’est le cas du BR de COMRADES de Bill Douglas, également le cas pour une sortie récente, le documentaire GERMAN CONCENTRATION CAMPS FACTUAL SURVEY, sous-titré dans de nombreuses langues dont le français, un film à conseiller à nos amis les négationnistes qui nous rendent parfois visite sur ce blog.

          http://www.dvdbeaver.com/film6/blu-ray_reviews_75/german_concentration_camps_factual_survey_blu-ray.htm

        • MB dit :

          à Mathieu: pour GERMAN CONCENTRATION CAMPS… la participation de Hitchcock a été succincte mais je lis qu’il conseilla aux premiers cameramen qui entreraient dans les camps, de filmer des plans très longs qui ne seraient pas découpés au montage afin d’éviter le doute quant à la réalité de ce qui était montré (McGilligan). Le projet était dirigé par Sidney Bernstein, le producteur qui a tenu une grande place dans la carrière de Hitch avec sa compagnie Transatlantic (« ).
          Je serais incapable de regarder un tel film, à tort certes.

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Oui, Hitchcock pensait déjà aux futurs négationnistes et conspirationnistes saisis par le syndrôme de la méthode hypercritique. Pour ce qui est du NAPOLEON du BFI, je parlais d’intertitres en anglais, pas de sous-titres, des intertitres en français avec des ST anglais « removable » auraient été préférables.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB : Merci pour vos précisions. Les sous-titres ène langue étrangère ou absence de sous-titres (dans certaines éditions étrangères) ne sont pas vraiment gênants pour moi, même si mon anglais n’est pas haut de gamme. Je me débrouille toujours.

      • MB dit :

        déjà dans les films anglais, si on sait que « cup of tea » se prononce « kop of tèye », ça va mieux.

    • Pierre dit :

      A Jean-Pierre Servant

      Pour ma part, j’avais été plutôt déçu par LAST EMBRACE, que j’avais trouvé mou. Mais il est vrai que je l’ai vu dans de mauvaises conditions, sur une mauvaise copie. Et on cite souvent Walken dans la distribution, mais de mémoire on le voit à peine.

      Je dirais que les films ou Demme a été à la fois le plus personnel et le meilleur sont ses comédies des années 80, MARRIED TO THE MOB et surtout SOMETHING WILD, à mon avis son chef d’œuvre, qui certes n’est pas vraiment une comédie, ou pas seulement, et qui réussit même un mélange des gens tout à fait inédit.

      Je me demande si l’avalanche de prix reçu par SILENCE OF THE LAMBS n’a pas eu sur Demme un effet inhibant. A compter de cette époque, il se disperse , ses films se raréfie, en quantité et en qualité. Pour ces films à partir des années 90, je confesse une préférence pour le remake de MANCHURIAN CANDIDATE, notamment en raison de la performance de Liev Schrieber, grandiose acteur qui s’est hélas lui aussi un peu dispersé depuis.

      • MB dit :

        moi j’ai fait la fine bouche devant PHILADELPHIA mais avais-je raison? Peut-être à revoir.

      • Servant Jean-Pierre dit :

        A Pierre : j’avais vu THE LAST EMBRACE à la télé et en VF en plus. Malgré ces handicaps j’avais beaucoup aimé ce suspense. Alors il se peut aussi que la superbe musique de Rózsà y soit pour quelque chose. Je ne l’ai pas revu bien que je l’ai sur VHS.
        Par contre je ne connais pas (à part SILENCE OF THE LAMBS et PHILADELPHIA) les films de Demme que vous évoquez.
        A suivre…

  16. MB dit :

    à Bertrand: est-ce bien le dvd VCI? merci

  17. J.P Herbien dit :

    Aux spectateurs de Ciryl Hanouna qui en ce 23 Avril viennent de porter un coup fatal à la France, je propose de faire une pause, juste le temps d’une émission, pour relire RHINOCEROS de Ionesco, pièce en trois actes nourrie entre autre par l’auteur de RETOUR EN URSS. La population d’une ville se voit transformée par un étrange phénomène appelé la Rhinocérite, qui déshumanise littéralement les habitants, les transformants les uns après les autres en rhinocéros. D’abord effrayés par l’animal qu’ils entendent barrir de loin, niant sa réelle existence, puis, se questionnant sur le nombre de cornes qu’ont les rhinos d’Afrique et ceux d’Asie, tous se laissent contaminer par le phénomène, sans douleur, oubliant que l’instant d’avant ils étaient encore humains. La rhinocérite est une maladie universelle aux synonymes désormais trop nombreux pour qu’on se risque à tous les citer. Ionesco la décrirait sans doute aujourd’hui comme un mal souriant affublés de cornes flasques, comme qui dirait « le moindre mal ».

    • Yves Rouxel dit :

      A JP Herbien.Sachez que le le rhinocéros ne barrit pas,vous confondez avec l’éléphant lointain cousin de ce pachyderme cornu tel le diable(faire 66% c’est un score diabolique pour En marche arrière,camarade bobos)!!!!

      • Sullivan dit :

        Cher Rouxel, sans vouloir me mêler de cette discussion politicarde qui n’a rien à faire ici, je ne voudrais pas vous paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L’homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à vous le dire : votre rhinocéros barrit bel et bien !

      • Mathieu dit :

        A Yves Rouxel:
        Macron n’a pas fait 66%, mais 43,63%, Marine Le Pen 22,38%, le reste ce sont les abstentions, votes blancs et nuls.
        http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/08/et-si-les-resultats-de-la-presidentielle-avaient-pris-en-compte-le-vote-blanc-ou-l-abstention_5124412_4355770.html

      • Julia-Nicole dit :

        A Yves Rouxel
        Allez-vous arrêter avec vos commentaires politiques à la noix ?
        On n’est pas là pour faire savoir pour qui on a voté, mais pour écrire sur le cinéma, faire partager ses enthousiasmes ou ses déceptions, et faire découvrir des livres, des films, des anecdotes de façon à ce que chacun se cultive. Ce blog a une haute tenue. Ce n’est pas parce que des énergumènes l’ont squatté récemment, qu’il faut que les habitués se laissent aller.
        Merci de revenir au CINEMA.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia Nicole
          Oui mais sans acrimonie

        • yves Rouxel dit :

          A Julia nicole.Ecouter ne jouer pas les formalistes de service.Meme si nous intervenons sur ce blog on peut quand mème écrire sur differents sujets en ayant du respect et de la courtoisie.Sur ce bon vent à vous!!!

      • Sullivan dit :

        A Rouxel : le rhinocéros barrit bel et bien, c’est même un baryton dans le genre…

        • Mathieu dit :

          A Sullivan:

          Baryton comme Jean-Philippe Lafont, le coach vocal de Macron… qui a un petit rôle (Lafont, pas Macron) dans le CARMEN de Rosi, et un plus important dans le FESTIN DE BABETTE de Gabriel Axel qu’Arte diffusait dimanche dernier pendant la soirée électorale…

        • Denis Fargeat dit :

          Sans rentrer dans le débat : il existe un film tiré de « Rhinocéros », dont le principal mérite est de réunir le fabuleux tandem Mostel – Wilder, 5 ans après « Les Producteurs ». Un drôle de projet d’une drôle de structure, l’American Film Theatre, visible sur dailymotion.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Denis Fargeat
          Une critique du film : Stanley, the hero of « Rhinoceros, » is an unreliable mouthpiece in an unreliable metaphor so grossly overdirected by Tom O’Horgan that you might get the idea Mr. O’Horgan thought he was making a movie for an audience made up entirely of rhinoceroses instead of people.

        • Denis Fargeat dit :

          Jolie mise en abyme ; il n’aurait plus manqué qu’ O’ Horgan distribue des cornes postiche aux spectateurs, et il serait devenu le William Castle du théâtre filmé… Je vais quand même essayer de le voir, au moins pour les acteurs. Merci !

  18. Pierrick dit :

    Sur Beucler, son fils et les amis d’André Beucler édite des cahiers. Le numéro 5 était consacré au cinema avec un reportage d’epoque de Beucler sur les studios de la UFA (il y travaillait comme adptateur).

    Ravi du CD sur Dutilleux et notamment des sonnets de Cassou mis en musique. Hasard amusant, Benoît Duteurtre en parlait hier sur France Musique dans son excellente émission Étonnez moi Benoît.

    • MinettePascal dit :

      Excellente émission en effet. Duteurtre sait passer de Dutilleux aux valses musettes. Un régal.
      Sur la dernière en date (les chansons sur la résistance), on se demande comment il n’a pas pensé à programmer la plus belle de toutes sur le sujet : le bal défendu de Vincent Scotto, alors même que son interlocuteur évoquait les couvre-feu bafoués…

  19. Alexandre Angel dit :

    A Sullivan
    Pout la musique de VAMPIRES, il faut dire aussi qu’il s’entoure des historiques Steve Cropper et Donald « Duck » Dunn. Il s’est payé un vrai groupe pour l’occasion.
    Je me souviens très bien de la séquence de THE THING dont vous parlez. Donald Moffat, c’était, entre autres, le Président Johnson, dans THE RIGHT STUFF. Mais pour les p’tits gars de ma génération, qui étaient devant la télé le Dimanche après-midi à la fin des années 70, il était l’androïde Rem dans la série « L’Age de Cristal ».

    • Alexandre Angel dit :

      ..et je me suis gouré de ligne.

      • Sullivan dit :

        À AA : oui, gourage de ligne mais je vous ai lu. Oui, de superbes musiciens et depuis que nous parlons de VAMPIRES, j’ai le thème récurent en tête dans avoir réécouté le score. Des thèmes rythmiques ou des boucles mélodiques toujours très simples chez Carpenter mais d’une efficacité redoutable. Je vais revoir le film ce week-end. Je pense qu’on l’entend à fond sur la scène de début (Zooms/contre-zooms sur Wood lunettes noires et son équipe chasseuse de goules armée jusqu’aux dents/Maison nid à goules).
        Moffat est une vraie tronche de cinéma avec ses sourcils hallucinants : il pouvait incarner un Président des USA, un gueux moyenâgeux, un robot, le pire des salauds ou le bon père de famille. J’invite tous les blogueurs à revoir THE THING rien que pour cette scène qui passée en boucle fait office de gaz hilarant. À mon sens il a trop peu été présent sur grand écran (et énormément sur le petit) et c’est à déplorer … Est-ce son choix ou celui de producteurs à œillères, ça je ne sais pas.

    • MB dit :

      Dunn et Cropper jouent la musique de Carpenter j’avais jamais remarqué ça?! m’en vas revoir le film moi, je me souviens surtout d’un plan où des cadavres entourent une fontaine, très bien composé, mais le traitement déloyal imposé aux vampires est si brutal qu’on s’attend à voir un panneau final de la SDV « Aucun vampire n’a été blessé durant le tournage de ce film ». Par ailleurs la force surhumaine et la beauté du chef vampire modernise le mythe: c’est vrai qu’à chaque fois qu’on voit et entend Bela Lugosi on a envie de crier « plus fort! » et on craint qu’il ne s’envole au premier courant d’air, en plus il sent mauvais (talent de l’acteur). Sérieux: vous savez qu’un caractère vampirique original fourni par Stoker est sa pestilence. Le mythe stokerien (gasp!) est assez puritain et renvoie oserais-je à la haine de la pauvreté de l’époque victorienne qui se nourrit de supériorité de classe sociale, d’arrogance, de mépris social. Il me semble que Stoker a été le chercher là, en tout cas c’est possible. Quant au mythe du sang symbôle de vie, il ne m’a jamais paru heureux dans le livre (qui est long et ennuyeux). Le sang ne rappele la vie qu’en restant caché, à l’oeuvre dans le corps. Le symbole du souffle serait mieux mais plus littéraire ou poétique que cinégénique? Des prédateurs qui voleraient le souffle des gens au cinéma pourraient faire rire.

      • MinettePascal dit :

        Je me souviens d’Alain Decaux décryptant (c’est le cas de le dire !) Dracula. Il terminait fort en rapportant que Stoker était mort d’une maladie mystérieuse, mort de fatigue, comme privé peu à peu de sa force vitale, comme vidé de son sang. Brrrrr!
        « décryptant », elle est bonne celle-là !
        Bon.

      • Denis Fargeat dit :

        Le souffle vital volé : voilà une idée bien exploitée par Gilliam dans son Münchausen. Il y en a peut-être d’autres exemples, comme ça je ne vois pas…

        • MB dit :

          Le souffle vital de l’autre est cité en littérature dans une veine romantique ou poétique: « Oh, Amour c’est ton souffle qui me fait respirer et mon coeur ne bat que par le tien… », perte d’autonomie charmante, bon j’ai pas d’exemple.

  20. J.P Herbien dit :

    NAPOLEON avec ou sans les scènes de Lelouch ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A JP Herbien
      Sans évidemment. Ces droits appartiennent à Lelouch

      • Damien D. dit :

        Les scènes de Lelouch ont été offertes à la cinémathèque et Mourier pour la version française restaurée à paraître (ce qui explique en partie la durée plus longue que la version Brownlow).

      • MB dit :

        à Bertrand: il a du offrir les droits à la Cinémathèque Française:
        http://www.lesfilms13.com/napoleon/

        • Mathieu dit :

          A Henri Patta:

          Moi aussi je suis prévenu contre Gance, surtout après avoir vu le nullissime LA FIN DU MONDE. Mais peut-on juger du talent de Hitchcock d’après la seule vision de TOPAZ?

      • Denis Fargeat dit :

        A Bertrand : Savez vous ce que devient la musique d’Honegger dans la version Bronlow de Napoléon? Wikipedia crédite Carl Davis de « musique additionnelle » – pour compléter Honegger dans ce nouveau montage, je suppose , mais le site du BFI ne mentionne que Davis… je sais que la partition d’Honegger a été éditée chez Salabert, mais je n’en ai jamais trouvé aucune autre trace que la page de titre…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis forgeât
          Dans la version broncos, il n’y a toujours eu que Carl Davis. Ce dernier faisait des emprunts à Beethoven, peu être à Honegger comme tous ceux qui composaient de la musique pour les films muets. NAPOLEON c’est deux voire trois symphonies et on n’a jamais vraiment su ce que Gance avait utilisé. Cela variait selon les projections, les montages souvent très différents, les auditoires. C’est un casse tete et je plains Georges Mourier qui fait un boulot inouï quitte à utiliser des morceaux de bric ou de broc. L’idée d’avoir un seul compositeur et Davis était meilleur que Carmine Coppola me plaisait assez

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand
          Merci pour la piste Georges Mourier, on trouve sur le site de la Cinémathèque une conférence sur Gance qui a l’air passionnante. (http://www.cinematheque.fr/video/255.html)
          Les premières projections de « Napoléon », en avril-mai 1927, étaient accompagnées par un grand orchestre jouant la musique d’Honegger, sans doute aidé de plusieurs orchestrateurs… on en trouve des extraits chez Erato et Marco Polo… affaire à suivre.

        • Ann Harding dit :

          En tant que traductrice de l’ouvrage de Kevin Brownlow, « Napoléon – le grand classique d’Abel Gance » (Armand Colin, 2012), je voudrais apporter des précisions dans l’océan d’approximations que j’ai lu sur cette page à propos des différentes versions de Napoléon. Tout d’abord la version que Kevin Brownlow a restauré est celle dit de l’Apollo, une version longue de 8778m sur les 12800 m originaux(7h47 à 24 im/s) présentée en mai 1927. Celle qui avait été présentée en avril 1927 à l’Opéra était nettement plus courte: 5600 m (3h24 à 24 im/s). C’est cette dernière qui avait été accompagné d’une partition commencée par Honegger qui a claqué la porte avant la représentation car Gance a changé le montage jusqu’à la dernière minute. Honegger n’a composé qu’env. 30 min de musique originale, le reste était des extraits de compositeur divers tel Haydn, Beethoven etc. Il y a effectivement un CD Marco Polo avec ces quelques fragments (pas sensationnels). Pour ce qui est des autres partitions, Carl Davis a fait une énorme travail de recherche concernant les musiques de l’époque, les chansons révolutionnaires et les oeuvres des compositeurs contemporains de Bonaparte (Beethoven, Mozart, Haydn, etc) qui ont été réorchestrées avec l’appui de compositeurs anglais de grand talent (Colin Matthews par ex). Il a eu accès aux fragments d’Honegger dont il n’a repris que la fugue finale sur le Chant du Départ. Son travail sur ce film n’a pas d’équivalent. Il a une connaissance approfondie du cinéma muet et sait suggérer comme aucun autre les sentiments intimes des personnages là où la plupart des musiciens se contentent de vaguement accompagner rythmiquement le film.
          Il existe une autre partition réalisée dans les années 1990 par Marius Constant que j’ai entendue une fois à la Cité de la Musique en 2009. Une catastrophe! Les morceaux sont mis bout à bout sans chercher le moins du monde à être raccord avec le film. Q
          uant à Carmine Coppola, il a fait une partition pour une version tronquée de la version Brownlow (seulement 4h à 24im/sec au lieu de 5h30 à 20 im/sec) qui est très inégale et très répétitive.
          Le DVD publié par le BFI offre un enregistrement de la musique de très haut niveau réalisé avec un des meilleurs orchestres londonien (Philharmonia Orchestra) dans un studio d’enregistrement classique. La CF n’aura pas accès à cette partition qui est un élément extrêmement important de cette restauration outre la qualité des teintages et virages numériques.
          Quant à la version Lelouch, elle n’a strictement rien à voir avec les deux versions muettes sus-mentionnées. Lelouch a financé une nouvelle version de Napoléon en 1971 où Gance a mis en pièce son chef d’oeuvre en y ajoutant de nouvelles séquences parlantes, tout comme il l’avait fait en 1935 pour cette horrible version sonorisée qui est un navet de la plus belle eau.
          Enfin, je vous conseille vivement de lire le livre de Kevin Brownlow si vous souhaitez connaître tous les éléments de cette histoire.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ann Harding
          Je suis entièrement d’accord avec vous et c’est ce que j’essayais de dire tant par rapport à la musique d’Honegger, qui est un mythe, que par rapport à la partition géniale de Carl Davis. Et la version parlante était une horreur avec une présentation emphatique de Gance citant de Gaulle et Karl Marx qui disait quelque chose comme : « Napoléon a joué un role important dans l’histoire », genre mot historique du Gorafi (vous reprendrez bien de la sole)

        • Henripatta dit :

          Je sais que je vais me faire assassiner , mais j ‘assume. Le seul film de Gance que j ‘ai vu est LA TOUR DE NESLE. La mediocrite , la lourdeur , du film et du scenario , l ‘absence de direction des acteurs , la post syncronisation catastrophique m ‘ont fait renoncer a jamais au  » talent  » de ce monsieur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Henripatta
          C’est vrai que le film est nul ce qui est loin d’être le cas de LA ROUE ou de NAPOLÉON, voire de quelques parlants

        • Denis Fargeat dit :

          A Ann Harding et Bertrand
          Merci beaucoup pour vos éclaircissements. Je n’avais pas bien compris les explications de Bertrand, et une photo de la partition éditée d’Honegger ( reproduite dans le catalogue d’une expo de la BNF) m’avait fait espérer quelque chose de plus conséquent… je vais donc mettre à mon programme Davis et Bronlow. Merci encore!

        • Julia-Nicole dit :

          A Bertrand Tavernier et Ann Harding
          Tout à fait d’accord avec vous à propos de la musique de Carl Davis, qui est sensationnelle, comme à chaque fois que ce compositeur de grand talent sculpte un accompagnement musical. C’est peu dire que le travail de Kevin Brownlow sur ce NAPOLÉON est admirable, redonnant toutes ses qualités à ce chef-d’œuvre que Gance lui-même s’était employé à saboter. Quand on voit cette version, il apparait comme une évidence qu’il ne fallait surtout pas le sonoriser, la force des images étant sans égale. Le désastre de la version de 1935 l’a bien prouvé. Je ne connais pas d’autre exemple d’un cinéaste détruisant petit à petit l’un de ses films, son chef-d’œuvre qui plus est.

        • Mathieu dit :

          Je n’ai pas encore vu (ni acheté) le NAPOLEON restauré par Brownlow et enfin édité par le BFI mais je ne vois pas pourquoi il faudrait temporiser et attendre une hypothétique version (encore) plus longue. Les captures et le compte-rendu de dvdbeaver sont vraiment impressionnants. J’ai trouvé en d’autres occasions les choix faits par le BFI en matière de musique accompagnant des films muets parfois discutables, notamment le coffret « Ozu : The Student Comedies » que j’ai fini par visionner sans le son. Ils ont aussi sorti un Blu-Ray de NOSFERATU (à l’image par ailleurs de moindre qualité que l’édition Eureka) avec un score composé dans les années quatre-vingt par James Barnard, le compositeur de plein de films d’horreur de la Hammer, efficace mais anachronique, réducteur et envahissant, alors que le score du BR Eureka est remarquable. Mais les scores de Carl Davis pour des films muets sont excellents (par exemple celui du MECANO DE LA GENERAL, beaucoup plus satisfaisant pour moi que ceux de Joe Hisaichi ou Robert Israel, celui aussi de THE BIG PARADE, en particulier pour les apocalyptiques scènes de bataille de la deuxième partie du film). Dommage cependant que les intertitres du NAPOLEON du BFI soient en anglais, on les aurait préféré en français.

        • Damien D. dit :

          A Mathieu pas forcément question de temporiser : tous les commentaires louent ici le travail de Brownlow et de la BFI donc l’achat apparaît indispensable. Disons que le travail de la cinémathèque et de Mourier ne sont pas pour autant à négliger pour leurs éléments complémentaires et les amateurs l’attendent avec curiosité.
          L’édition idéale n’existe pas de toute façon…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Mais il n’y a pas de version idéale parce que Gance a fait et défait son montage, l’a changé pour satisfaire un nouveau public. Pour le moment la version Brownlow me parait parfaite. J’ai parfois vu des éditions de film ou ce que l’on avait ajouté se retournait contre le film

        • MB dit :

          à Bertrand: « J’ai parfois vu des éditions de film ou ce que l’on avait ajouté se retournait contre le film » par exemple la version longue de A STAR IS BORN Cukor?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Sans doute

        • Mathieu dit :

          Pour me faire une idée de la musique de Carl Davis pour NAPOLEON, je suis allé sur Dailymotion voir un extrait du film, la scène de la bataille de boules de neige, et la musique que j’ai entendue est un arrangement de divers morceaux classiques, principalement la 25° symphonie en sol mineur de Mozart. En consultant Internet, je comprends (ce qui avait été déjà évoqué ici) que le majorité de la musique est constituée d’emprunts à différents compositeurs classiques, surtout Beethoven. Idée remarquable, dans cette scène de la bataille de boules de neige, quand apparaissent les surimpressions qui notamment démultiplient le visage du jeune Napoléon distribuant les ordres, la musique devient fuguée (je n’ai pas reconnu le morceau, pastiche ou composition originale de Davis?) et cette écriture fuguée est comme une correspondance musicale des surimpressions du visage de Napoléon et des différents ordres qu’il donne.

        • Denis Fargeat dit :

          À Mathieu : la fugue est une orchestration de celle qui clôt les variations « Eroica » pour piano, de Beethoven ; la coda est celle des variations sur le même thème , à la fin de la 3ème symphonie , d’abord dédiée à Napoléon, dédicace rageusement rayée par l’auteur quand le révolutionnaire est devenu conquérant. Ce choix serait-il d’une perfide ironie?

        • Ann Harding dit :

          Carl Davis n’a rien choisi au hasard. Si vous voulez en savoir plus sur sa partition, vous pouvez lire l’interview que j’ai réalisée avec lui en 2011: http://annhardingstreasures.blogspot.fr/2011/02/interview-de-carl-davis-1ere-partie.html

        • Denis Fargeat dit :

          À Ann Harding: Merci beaucoup pour ce bel entretien. Je sais bien qu’un musicien tel que Davis sait ce qu’il fait en utilisant tel ou tel extrait… Je voulais juste pointer la célèbre perfifie albionesque, qui va jusqu’à leur faire baptiser une gare du nom d’une cuisante défaite Napoléonienne. (Waterloo station! Même mon correcteur suggérait  » Water-polo station » instead…) En tous cas l’argumentaire de Davis est senti et convainquant, et l’entretien passionnant. Tout de même, quand j’entends son travail sur la partition de Rabaud pour « Le joueur d’échecs » de Raymond Bernard, je rêve à ce qu’aurait été celle d’Honegger pour « Napoléon », s’il avait pu aller au bout de celle-ci… Mais on comptend, à lire Brownlow, à quel point les difficultés étaient nombreuses, le temps alloué trop court pour un travail aussi énorme.

        • Damien D. dit :

          Juste une réserve dont je viens de m’apercevoir : à savoir que la version Brownlow de NAPOLEON est effectivement affublée d’intertitres anglais !! (pour un film du patrimoine français, ça fait tout de même désordre!). Cela arrive parfois lorsque les intertitres ou textes originaux ont été à jamais perdus or je ne crois pas que ce soit le cas pour le NAPOLEON de Gance…

          Et l’inverse est tout aussi valable : un éditeur français Bach films avait eu la mauvaise idée à leurs débuts de remplacer les intertitres anglais par du français sur des films muets américains pensant que le public préférerait !! Heureusement et suite à nombre de contestations ils sont revenus à la raison depuis quelques années…

          C’est dommage que Brownlow ait fait ce choix curieux quand bien même il s’agisse d’une édition britannique : est-ce par intérêt commercial (pour le marché anglo saxon et américain) ? Peut-être qu’Ann Harding va apporter des éclaircissements si elle lit ce message car je ne crois pas avoir lu de justification à ce choix qui porterait un léger voile sur l’admirable travail de restauration des équipes de Brownlow…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          L’un des commanditaires n’était pas une chaine de TV, du genre qui n’aime pas les sous titres ?

        • Damien D. dit :

          Pour faire suite à mon message précédent : c’est comme si une structure ou un éditeur français ayant mis la main sur la version complète DES RAPACES de Stroheim décidait parce que l’édition est française de mettre des intertitres français : personnellement, ça ne me conviendrait absolument pas.
          Je sais que Flicker Alley avait aussi fait ce choix d’intertitres anglais sur le JUDEX de Feuillade : les intertitres n’en déplaise à certains font partie de l’oeuvre. Un cinéphile à qui on imposerait une version française sur tous les films étrangers crierait au scandale : et bien c’est pareil pour un film muet, les intertitres font partie intégrante de l’oeuvre originale (même s’ils sont reconstitués à défaut des originaux). Nous ne sommes plus dans les années 20 où chaque pays qui achetait des œuvres étrangères créait ses propres intertitres !

        • Damien D. dit :

          A Bertrand : et bien si vraiment l’un des commanditaires est une chaine de TV qui n’aime pas les sous titres, on en arriverait à ne plus respecter grand chose (surtout que c’est ici un travail patrimonial et cela étonne de la part de Brownlow)… C’est comme ces images d’archives que certaines TV s’évertuent de coloriser pour les « rendre plus accessible aux gens » et « toucher les plus jeunes ».
          Dommage… Nul doute qu’avec sa reconstitution (et sans malheureusement la musique de Carl Davis), Mourier et la cinémathèque auront à cœur de remettre les intertitres français…

        • Ann Harding dit :

          Si les intertitres ont été traduits en anglais, je crois que c’est tout simplement une question de droits. Le BFI a les droits d’exploitation en Grande-Bretagne seulement. F.F. Coppola a les droits internationaux (sauf GB) et la CF a les droits sur la France. Je pense donc que seule la CF a le droit d’utiliser les intertitres français. Cette histoire de droits est extrêmement complexe et prend presque un chapitre dans le livre de Kevin Brownlow.
          Napoléon a effectivement été diffusé deux fois sur Channel 4 en GB en 1983 et 1989. Et lors de la sortie en DVD, il y a eu non seulement un concert au Royal Festival Hall, mais également une distribution en salles à travers la GB. A quand la même chose en France ?

        • MB dit :

           » C’est comme ces images d’archives que certaines TV s’évertuent de coloriser pour les « rendre plus accessible aux gens » et « toucher les plus jeunes ». »
          et de recadrer les vieux formats 1:37 en 16/9 (Apocalypse…)

        • Damien D. dit :

          Merci Ann Harding, j’étais loin de penser qu’il s’agissait d’une question de droits pour les intertitres !
          Il est vrai que c’est bien bloquant et parfois absurde. Un exemple : la MGM possède les droits sur la version française du BON LA BRUTE ET LE TRUAND. Lors de la première restauration par la cineteca di Bologna du film il y a 10 ans, c’est la famille Leone qui avait transmis des copies en sa possession avec la piste audio italienne pour la sortie d’un blu ray en Italie.
          MGM de son côté a fait un travail de sagouin en imposant une scène supplémentaire (sur 3 ou 4 qui ont été retrouvées) que Leone avait pourtant volontairement écartée lors de la première du film. MGM a rajouté aussi des doublages français ou anglais contemporains à ces scènes (ne correspondant plus aux voix des acteurs à l’époque). Quand on sait que les dialogues étant en post synchro et le film n’ayant pas de véritable VO, les doublages français et anglais avaient été supervisés consciencieusement par Leone lui-même…
          Je vous invite à comparer les différentes sorties (italiennes et celle de la MGM) pour observer des différences notables. Cela va même jusqu’à la photo de Tonino Delli Colli : les teintes restaurées varient fortement en fonction de qui est l’éditeur. Le blu ray italien avait même proposé deux pistes sonores italiennes différentes avec une variante musicale de Morricone pour la fin de la célèbre scène du duel (ou triello) final : incroyable ! (et qui en connaissait l’existence avant?)
          On peut donc se demander dans tout ce maelstrom quel était le vrai choix artistique de départ (et là on ne parle pas du NAPOLEON de Gance mais bien d’un film sorti 40 ans plus tard)!
          Et on est pas encore dans le cas de versions alternatives au montage différent producteur/director’s cut qui a massacré bon nombre de films (chez Peckinpah par exemple…)

          C’est comme aussi la fin alternative de LA BELLE EQUIPE de Duvivier que Pathé et les ayants droits ont refusé de proposer dans le blu ray/dvd paru récemment.

          Quand ces questions de droits en amènent à dénaturer les œuvres originales sans réelles considérations artistiques…

  21. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à Bertrand et aux blogueurs,
    Ce billet revient méchamment titiller mon attirance pour James Whale dont vous élargissez, Bertrand, encore un peu plus le spectre.
    J’ai en dvd FRANKENSTEIN, LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN, L’HOMME INVISIBLE (dans le belle collection des Universal Monsters)et….sa version de WATERLOO BRIDGE, que je n’ai toujours pas regardée. Très, très envie de me faire un cycle.
    Que vaut sa version de L’HOMME AU MASQUE DE FER, avec Louis Hayward, qui va bientôt sortir?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Plutôt médiocre malgré un ou deux décors amusants, des passages secret qui semblent unir le Louvre et la Bastille et le fait que Louis XIV torture lui même les prisonniers. D’Artagnant doit combattre Fouquet (c’est le grand n’importe quoi historique et il reste rien de ce qui fait la beauté du VICOMTE DE BRAGELONNE même si les mousquetaires meurent. La fin du film fut tournée par le scénariste et Whale détesta le producteur et Louis Hayward

      • Denis Fargeat dit :

        Je me souviens d’une scène troublante, Hayward terrifié à l’idée de sa barbe qui pousse et pourrait l’étouffer… pour le reste, un XVIIIème siècle très kitsch, ou camp.

      • Alexandre Angel dit :

        Merci!

        • Julia-Nicole dit :

          A propos de James Whale, il faut signaler une excellente biographie signée James Curtis: JAMES WHALE, A NEW WORLD OF GODS AND MONSTERS, parue en 2003 par First University of Minnesota Press Editions.

          Quant à John Carpenter, je le tiens pour un des très grands du cinéma américain des années 70 à 90. HALLOWEEN est une merveille que l’on ne se lasse pas de revoir (l’angoisse y est permanente et d’autant plus forte que le danger est rarement montré, comme dans le CAT PEOPLE deJacques Tourneur). J’aime aussi beaucoup FOG qui dépeint très bien une petite ville côtière où la radio est quasiment le seul lien entre les habitants. Ne pas oublier non plus le très curieux IN THE MOUTH OF MADNESS qui est absolument terrifiant, et dont le titre français (L’ANTRE DE LA FOLIE) est peut-être encore plus juste que l’original. ESCAPE FROM L.A. est très supérieur à ESCAPE FROM NEW-YORK, un peu ennuyeux. LE VILLAGE DES DAMNES vaut l’original de 1960, déjà très angoissant, et VAMPIRES est aussi assez réussi. Son dernier (à ma connaissance) film, THE WARD, n’est jamais sorti en France. Il n’est pourtant pas mal du tout.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia Nicole
          D’accord pour HALLOWEEN, FOG dans sa première moitié (dès qu’on voit, le charme et la tension s’évaporent ) IN THE MOUTH OF DARKNESS est curieux et fait peur, le VILLAGE DES DAMNÉS a des trous de scénario (le premier était très platement mis en scène)

    • Yves Rouxel dit :

      Je conseille à tous ici,une série que m’a fait connaitre mon fils,il s’agit de « Bates motel »qui revient sur l’adolescence de Norman Bates jadis incarner à l’écran par Anthony Perkins à deux reprises.Je pense que depuis une vingtaine d’années la télévision à travers les séries à pris une grande longueur d’avance sur le plan de travail des scénaristes.En effet »Bates motel »est une œuvre effrayante,glaciale sur les troubles d’un jeune garçon trop attaché à sa mère Normae.En 5 saisons on voit les dérives intérieures et tourmentées de Norman qui arrive à passer à travers un détecteurs de mensonges.Je m’étalerais pas plus afin que les blogueurs découvrent cette série hors norme dans la droite lignée de »Breaking bad »ou « Walking dead ».A vos lecteurs,vous m’en direz des nouvelles.

  22. Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier

    Tout à fait d’accord pour les disques de Terence Blanchard. A mon sens, son meilleur score coïncide avec le meilleur film de Spike Lee, 25th Hour, qui pour moi demeure un des meilleurs films des années 2000. La musique est inoubliable. Si A TALE OF GOD »S WILL était sur Katrina, on peut vraiment dire que le score de 25th Hour est son équivalent sur le 11 septembre. C’est pour moi un des deux disques inoubliables sur cet évènement, avec The Rising de Bruce Springsteen, dont vous parliez récemment.

    Parmis les autres scores de Blanchard, il y en a de très beaux, même en dehors de ses collaborations avec Spile Lee. Je pense à deux excellents films : People I know de Daniel Algrant et surtout Dark Blue de Ron Shelton. Les appréciez-vous ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Pierre
      Je connais le second que j’aime bien

      • Alexandre Angel dit :

        A Pierre,
        Je ne suis pas dingue de Spike Lee (bien que l’ambiance autour de la sortie de DO THE RIGHT THING m’ait énormément marqué, frappé, excité et je ne pourrais jamais oublier ce générique martelé par Public Enemy) mais j’ai été impressionné par 25TH HOUR qui retranscrivait, d’une manière inédite, le climat psychique de ce qui se passe dans la tête d’un type qui vit ses derniers moments de liberté avant d’aller en taule. Spike Lee a donné une primeur cinématographique à ce sentiment.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Quand sort le dvd d’Arturo Ripstein un western crépusculaire dont vous avez participer pour le bonus?Merci à vous.

  23. Yves Rouxel dit :

    Il y à des choses assez curieuses dans la vie que nous menons.Avant hier soir,je voulais revoir le brulot d’Yves Boisset »Dupont Lajoie »sortie en 74.Oeuvre visionnaire sur l’état actuel de cette « pauvre France »perdue des idées nauséabondes.Dans ce film il y à une quantité de bons comédiens tous à leurs places.Carmet et sa femme Ginette Garcin forment un couple de commerçants plein de haines envers les arabes,Michel Peyrellon dans le role de l’huissier de justice est obséquieux,Jean Bouise campe un inspecteur qui veut savoir la vérité sur ce meurtre mais un politique va lui mettre des batons dans les roues afin d’étre commissaire principal.Puis il y à aussi des personnages fort en couleur:Robert Castel le pied noir qui défend les travailleurs algériens et prends des initiatives à l’encontre de Georges Lajoie,Mohamed zined qui se fera tabasser et se vengera de la mort de son frère,puis Victor Lanoux(hélas disparu de maladie)qui campe un ancien d’Indochine et d’Algérie avec son treillis militaire et sa casquette,c’est lui qui va pousser Colin(Pierre Tornade) à aller ratonner les Algériens qui vivent dans un petit campement.On aperçoit même Jacques Villeret dans le role de l’assistant de Marielle qui est une espèce de Léon Zitrone de la tv.Un des nombreux films d’Yves Boisset à revoir.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Yves ROUXEL : Jai revu hier soir DUPONT LAJOIE. Curieusement pour Victor LANOUX, bien que son rôle soit secondaire. Il y est assez terrifiant. Le film n’a à mon avis rien perdu de sa force 43 ans après sa sortie.

  24. Antoine ROYER dit :

    De Russell Banks, il faut aussi lire Sous le règne de Bone, paru en 1995. J’ai longtemps fantasmé l’adaptation cinématographique impossible de ce roman foisonnant, rencontre improbable entre L’Attrape-coeurs et la mystique rasta, le tout soutenu par l’écriture alerte et profonde de Banks.
    Sinon, ce n’est pas Potemkine mais Tamasa qui a sorti le coffret Sordi (avec quelques masters StudioCanal, dont celui très vilain de L’Argent de la vieille), mais en effet, pour ce qui est des films, c’est l’un des plus beaux coffrets parus l’an dernier.
    Concernant Potemkine, on parle en ce moment même de cinéma soviétique (dont Tchoukhraï, mais aussi Klimov ou Shepitko) sur DVDClassik !

    • ballantrae dit :

      Oui c’est un superbe Russell Banks tout comme Affliction (qui a été assez bien adapté par P Schrader avec un Nick Nolte superbe, au meilleur de sa puissance et de sa fragilité).
      Russell Banks/B Tavernier ce pourrait être une bien belle équation non?

  25. MinettePascal dit :

    L’hymne tchèque, peu connu, est magnifique mais il n’est pas le seul à ne pas sonner la charge. Les hymnes nationaux mériteraient d’ailleurs une petite thèse, entre les va-t-en-guerre assumés par le texte et la musique (le nôtre ), les belliqueux par le texte mais contredits par la musique (god save the queen)….
    L’hymne japonais, par exemple, est une merveille unique : le plus court de tous, non seulement non belliqueux mais d’une humilité qui confine à la névrose. Il se termine d’ailleurs tellement sur la pointe des pieds que, même quand on le connaît, on met un temps à comprendre qu’il est fini.

    • Alexandre Angel dit :

      Elle est bien votre évocation de l’hymne japonais, MPascal! (ces nippons ne font jamais rien comme les autres, de toutes façons)

      • Yves Rouxel dit :

        Allez je me lance car demain j’ai un an de plus.Comment les chiens japonais aboient?Ils jappent au nez!!Je sais c’est un peu lourd mais je me suis laché.

      • MB dit :

        à M Pascal: c’est l’hymne d’humilité pacifique qu’ils chantaient en envahissant la Corée ou la Mandchourie? Intéressant, néammoins.

        • MinettePascal dit :

          C’est aussi ce que j’ai pensé mais on peut jouer à ça avec tous les hymnes. A commencer par la Marseillaise. En fouillant un peu, on nous trouvera bien quelques grosses lâchetés, quelques acceptations de la tyrannie, quelques reculs précipités devant l’ennemi …

        • MB dit :

          à M Pascal: ah non La Marseillaise est belliciste.

        • MB dit :

          à M Pascal: à la réflexion, on doit pas être sur la même longueur d’ondes: La Marseillaise par contre, est parfaitement en phase avec l’histoire de France, l’hymne japonais non, c’est tout ce que je voulais avancer…

        • MinettePascal dit :

          A MB : Mais si on va s’entendre, comme sur El Dorado ou les délires potaches ! Sur la Marseillaise, je voulais dire qu’on trouverait facilement dans l’Histoire de France des épisodes contredisant l’image belliciste donnée par son hymne.
          Par exemple, les historiens sont d’accord, je crois, pour admettre que le peuple français (dans son ensemble bien sûr; ils reconnaissent, je pense, l’héroïsme de tant d’individus) n’a pas manifesté un énorme esprit de résistance à la « tyrannie » pendant l’occupation.
          Bon, les hymnes sont tous plus ou moins hypocrites. Le problème, c’est qu’on aime quand même les écouter.
          Sauf peut-être la reine d’Angleterre qui s’emmerde tellement quand tout le monde s’évertue à lui servir son God save.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Le propos guerrier avait à l’époque des raisons d’être. La France était en train de se constituer, elle était assiégée et c’était un chant de défense. Les hymnes écrits en temps de paix sont différents

        • MB dit :

          à M Pascal: compris!

        • MinettePascal dit :

          A Mr TAVERNIER : Le Kimi ga to japonais date de 1880, apparemment. Peut-être un temps de paix ?
          Sinon, je me mets comme vous à genoux devant la musique de SHOW BOAT. Kern n’a pas raté un seul numéro. Dommage qu’il ne soit pas l’auteur de « After the ball ».
          Vous dites que la version de 36 est plus sombre que le remake de Sydney. C’est parfois le contraire. Le Old Man River de Robeson, par exemple, est filmé avec une volonté de le tirer vers une certaine légèreté, un refus du désespoir : malgré les plans de coupe sur l’esclave au travail, Robeson taillant un bout de bois a une attitude somme toute désinvolte et même souriante.
          Alors que le même moment chez Sydney accuse le côté sombre (la nuit, le brouillard). Evidemment, il n’y a pas cette recherche de Whale pour structurer des plans; Joe est juste suivi par la caméra comme s’il chantait un air d’opéra sur une scène de théâtre (on le croirait dans le monologue du Hollandais Volant).
          Je me demande ce que Gershwin et Kern pensaient l’un de l’autre mais il est à peu près sûr que le second révérait le premier. J’aimerais tant que l’inverse soit aussi vrai.
          Vivement que la discussion déferle !
          Pardon d’être trop long et merci de votre patience !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Le remake est beaucoup plus terne, plus aseptisé. Dans la version Whale, la mise en scène embrasse toute une collectivité, dépasse le cas personnel que soutient le Sydney, on voit des files de noirs peinant, portant, travaillant. Il y a un coté lyrique, expressionniste décuplé par la présence de Robeson dont on connaissait les idées politiques

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand et MinettePascal,
          Bien entendu, je vois d’avance (puisque je ne la connais pas encore), ce qui distingue la version Whale de celle de Sidney et ce SHOW BOAT-là est, pour moi, un des éléments phare de votre dernier billet, Bertrand. Cela dit, j’aime quand même bien la version George Sidney, qui est somptueuse (MGM, quoi)et qui n’oublie pas d’émouvoir grâce à Howard Keel et Ava Gardner, particulièrement belle je trouve.
          En terme discographique, j’aime beaucoup la version John McGlinn (chez EMI je crois)avec Teresa Stratas dans le rôle de Julie (il y a même Lilian Gish dans la distribution). C’est une version colorée, sensuelle, qui restitue bien, passez-moi l’expression, le côté « jungle », « nègre » de l’œuvre. Ce dont, pour le coup, le George Sidney est dénué.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Il est plus qu’aseptisé, je le trouve constipé et plus timoré. Sidney était politiquement plutôt conservateur alors que Whale était plus anar et anglais. Il portait sur l’Amérique un regard décalé

        • MinettePascal dit :

          Le Whale a un vrai message, le délivre sans ambiguïté et enfonce le clou. Chez Sydney, la bluette entre Magnolia et Ravenal prend toute la place et vieillit mal, à mon avis.
          Quand même, je préfère la scène d »After the ball » du remake, sans doute à cause de l’impayable acteur qui joue le père de Magnolia.

        • MinettePascal dit :

          A AAngel : Quand vous verrez le Whale, vous serez surpris par la Julie, surtout si vous êtes sensible au (aux) charme (charmes) d’Ava Garner.
          Cette dernière a été doublée, je crois, pour les chansons. J’ai trouvé cela débile en entendant une version très jolie avec sa vraie voix.
          Moi aussi j’ai le Mc Glinn. Très vitalisant même si je préfère des chanteurs de musicals dans les musicals.

        • MB dit :

          à M Pascal:  » l’impayable acteur qui joue le père de Magnolia. »Joe E Brown! c’est là-dedans qu’il crie « HAP….. PY NEW YEAR! » à l’envi, il est trop marrant et je n’ai retenu que ça du Sidney (si, Howard Keel, mais il est imbuvable)
          C’est Joe E Brown aussi qui hérite de la ligne finale « Nobody’s perfect! » en raptant Jack Lemmon à la fin de quel film? rhaaa je me souviens pas! un petit film obscur…

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:

          A propos de Paul Robeson, Studio Canal UK a sorti récemment (en Blu-Ray) THE PROUD VALLEY. Connaissez vous ce film? Voici comment Wikipédia décrit succinctement le film: « The Proud Valley is a 1940 Ealing Studios film starring the African-American actor Paul Robeson. Filmed on location in the South Wales coalfield, the heart of the main coal mining region of Wales, the film tells the story of a Black American miner and singer who gets a job in a mine and joins a male voice choir. It documents the hard realities of Welsh coal miners’ lives. »

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Jamais vu. Le metteur en scène fit très peu de films. C’est la première production avant que Cavalcanti vienne bouleverser les ambitions un peu académiques et solennelles de Balcon et change le style des films

        • MinettePascal dit :

          A MB : Hap…py new year ! Je ne sais pas vous mais je ne le dis jamais autrement les 1ers janvier, enfin les rares 1ers janvier où je ne suis pas déjà en train de ronfler.
          A côté de Joe E Brown ( merci de me l’avoir soufflé), l’acteur jouant le même rôle de la version Whale est un peu refroidissant.
          Il y a des extraits de SHOW BOAT sur scène disponibles, c’est intéressant aussi de comparer les points de vue.

        • MinettePascal dit :

          A MB : Yiens, il faudra ajouter ce SHOW BOAT à la longue liste des films prenant Auld Lang Syne comme ressort pathétique.

        • MB dit :

          « Auld Lang Syne » pardon?

        • Alexandre Angel dit :

          A MinettePascal
          Je viens de revoir la version Sidney de SHOW BOAT, après avoir réécouté mon coffret CD (ça s’appelle un après-midi Show Boat). Alors oui, la grande qualité du film est sa somptuosité, le savoir-faire raffiné des équipes MGM. Mais le meilleur est dans la première partie, dès la seconde, ça larmoie, ça se guinde, ça prend la poussière (et en plus, la gamine de Nola et Ravenal est horrible: on dirait une tarentule).
          Je ne démord pas qu’Ava Gardner apporte beaucoup au film.

        • MinettePascal dit :

          A MB : Auld lang syne, vous savez, ce que chantent les Anglo-saxons après les 12 coups de minuit le 31 décembre. « Ce n’est qu’un aurevoir » chez nous.
          Comme ça explose infailliblement les glandes lacrymales, il semble qu’on cherche souvent à le refourguer.
          SHOW BOAT, donc, LA VIE EST BELLE, OUT OF AFRICA…et (le plus émouvant) LA RUEE VERS L’OR.

        • MinettePascal dit :

          A AAngel : Le Mc Glinn, je dois le connaître par coeur.
          Oui la version Sidney a surtout le mérite de chatoyer mais ils auraient pu faire le job jusqu’au bout et maquiller la tarentule.
          J’irai revoir ce détail mais Howard Keel fait aussi penser à quelque chose d’inhumain…un chasse-bisons de locomotive, peut-être.
          Pour Ava, pour faire mon difficile, je trouve que ses gammes d’oeillades sont parfois avaçantes…agard…agaçantes, comme à la toute fin, ce regard interminable vers le boat qui s’éloigne…

    • Denis Fargeat dit :

      Il y a eu un livre de Didier Francfort ( vrai!), « Le chant des Nations », paru chez Hachette en 2004… dans un chapitre sur les hymnes, il distingue les airs d’origine religieuse, les marches, airs d’opéra, airs populaires et fanfares. Il souligne aussi les changements de paroles qui suivent les aléas des régimes. C’est une étude axée je crois sur le côté fonctionnel des musiques nationales , voire nationalistes. Ceci dit, le bouquin n’est guère passionnant…

      • MinettePascal dit :

        A AAngel et Denis : Tout un chapitre là-dessus, ça ne m’étonne pas. Pour le japonais (Kimi Ga Yo), il est aussi caractéristique parce qu’il SONNE nippon. C’est dommage, je trouve, que beaucoup d’hymnes ne soient pas des signatures du pays, comme ces sud-américains qu’on jurerait composés par un compositeur de bel-canto italien.

        • MB dit :

          à M Pascal: ah ok je vais revoir LA VIE EST BELLE alors merci.

        • Denis Fargeat dit :

          Pour Minette Pascal, un extrait du livret accompagnant le DVD de « Morgan », de Karel Reisz:  » L’hymne du parti communiste anglais, que l’on entend lorsque Morgan et sa mère se rendent sur la tombe de Karl Marx, se chante sur la partition de « O Tannenbaum/ Mon beau sapin », ce qui peut entraîner, chez l’auditeur français, une certaine perplexité… »

        • MinettePascal dit :

          Merci, Denis. En dehors du DVD, ce  » beautiful chrismas tree » est-il disponible quelque part ? J’imagine que les paroles sont plus intéressantes ?
          Comme hymne ouvrier, mes oreilles sont toujours habitées par la chanson finale du JUGE, prenante comme c’est pas permis; propre à serrer le coeur du plus insensible et du plus à droite des capitalistes primaires, forcenés et distribueurs d’emplois fictifs !

        • Denis Fargeat dit :

          A Minette Pascal : J’ai trouvé ceci : https://www.youtube.com/watch?v=UeX-SzAICdw.

        • MinettePascal dit :

          Merci Denis. Je n’étais pas passé loin en le cherchant…
          J’aime bien le côté minimaliste.
          Sur « Mon beau sapin », en imaginant qu’on ne le connaisse pas (oui, faut le faire) et phiharmoniquement orchestré, ça pourrait passer pour un hymne national, après tout.
          L’hymne national du pôle nord , par exemple, dont Papa Noël est le chef d’état ( Qui joue dans l’équipe lors des coupes du monde ?)

  26. Denis Fargeat dit :

    Merci pour cette chronique, encore riche de belles découvertes… et bravo pour « Remous ».
    Chic , « Show boat » !
    J’avais vu « The old dark house » dans une assez mauvaise copie, le blu-ray doit rendre justice aux noirs recoins de ce film, un de ceux où la maison est un personnage… Ernest Thesiger d’ailleurs était lui-même un sacré type. (http://ernestthesiger.org/Ernest_Thesiger/Home.html)
    Je voulais aussi signaler que « Gods and monsters » est l’adaptation très fidèle du « Père de Frankenstein » (ça fait un peu jeu des 7 familles), de Christopher Bram, qu’on pouvait trouver chez 10 18.

    • Damien D. dit :

      Pour THE OLD DARK HOUSE, il n’y a pas de blu ray mais un dvd (la copie de ce film inédit ne nécessitait pas la haute définition).
      Curieux de découvrir un jour ce SHOW BOAT de 1936 dont on ne connait en France que le remake tourné par George Sidney.

      • MinettePascal dit :

        Il y a des extraits de ce SHOW BOAT disponibles sur Internet. Très intéressants à comparer avec le Sydney.
        Par exemple, le personnage de Magnolia est beaucoup plus intéressant dans la version en noir et blanc. Dunne a un visage un peu ingrat mais finalement, ça la rend attachante. Et puis surtout, on lui fait faire des choses totalement inattendues, clownesques, même, comme cette sidérante danse disloquée pendant l’air de Julie (can’t help loving that man); presque surréaliste dans le contexte de cette chanson.
        Comme le dit Denis Fargeat : SHOW BOAT ? Chic !

      • stag dit :

        A tous,

        En zone2 j’ai trouvé SHOW BOAT sous le titre MAGNOLIA vendu chez les italiens « .it » et édité par les espagnols « feel films », sans sous-titres à moins qu’on ne maîtrise le portugais ou l’espagnol.

        Il ne restait que deux exemplaires, j’en ai laissé un ! Mais… il y en a 10 qui vous attendent chez nos voisins allemands « .de » du même site qui n’a qu’un sein.

  27. SERVANT Jean-Pierre dit :

    J’ai vraiment aimé revoir THE OLD DARK HOUSE dans cette édition, tout comme ISLAND OF LOST SOULS de Kenton que j’ai enfin découvert.Je cherche en vain le film de Bill Condom sur les derniers jours de WHALE. Je n’ai pas trouvé d’édition DVD/BRD « all zones » de ce film que j’aime particulièrement.De WHALE il serait intéressant d’éditer THE GREEN HELL (1940) que j’avais vu il y a longtemps sur Ciné Classics. Ce film est assez malmené par la critique. Pourtant je lui trouve beaucoup de charme, une bonne histoire, de très bons acteurs (Douglas Fairbanks Je., George Sanders…). Peut-être un de ces jours.
    J’ai le DVD de CANYON PASSAGE édité il y a quelques années chez Sidonis et personnellement je le trouve vraiment pas mal au niveau de la définition et de la colorimétrie.
    Le NAPOLEON de GANCE sorti en Grande-Bretagne récemment est-il multizones ? J’ai lu dans le magazine Les Années Laser qu’il sortira en France en 2018 je crois, dans une version encore plus complète. Qu’en pensez-vous ?
    Bonne soirée à vous.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      le DVD de CANYON PASSAGE était très bon. Le Blueray est légèrement plus incisif et pointu. J’ai un très mauvais souvenir de THE GREEN HELL avec un scénario et des dialogues bidons et Whale détestait Sanders. Sa fin de carrière a été fort malheureuse. Mieux vaut découvrir SHOW BOAT

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film de Gordon Flemyng avec Michael Caine »Number 6″qui date des années 60?Merci à vous.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Yves Rouxel
          Non pas du tout

        • Michael Rawls dit :

          The Caine-Flemyng title that you’re looking for is THE OTHER MAN, made by Granada for the ITV network and broadcast Sept 7, 1964. At the opening of a British army museum, one person imagines what the post WWII world would have been like if England had capitulated to Germany in 1940. There follows the story of British army officer George Grant (Caine)who sinks into the moral swamp of this alternative history regime and sells out three former friends or colleagues and is driven to suicide but is revived a year later by transplants from what Monty Python called « live organ donors ». The cast also includes John Thaw, Sian Phillips, Nigel Green,and Ken Russell regular Vladek Sheybal, who had some experience in the real universe of receiving the unwanted attentions of totalitarian regimes. The script was by playwright Giles Cooper, known for a while in the last century as the author of EVERYTHING IN THE GARDEN and UNMAN,WITTERING, AND ZIGO. At the end of the Wikipedia article which is my source for this information, except for my remarks about Sheybal and Cooper, it is stated that « the complete programme is not thought to exist, although some sequences have survived ». Where? Wish I’d seen it.
          I found the Wiki entry by going to yahoo and typing michael caine gordon flemyng as search words.

        • A ma connaissance le seul film que Gordon Flemyng ait tourné avec Michael Caine est un épisode de la série TV anglaise THE EDGAR WALLACE MYSTERY intitulé SOLO FOR SPARROW où il joue un second rôle. C’est un peu dans l’esprit de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR mais en moins bien. Lorsque Michael Caine est devenu une star, l’épisode est sorti en salles aux U.S en 1966 couplé avec un autre film de la série.

    • MB dit :

      à JP Servant: on trouve deux éditions de NI DIEUX NI DEMONS/GODS AND MONSTERS de Condon, la z2 anglaise (sans st) et la z1 US (st anglais) en vente pour rien. a priori pas de dvd français, est-il seulement sorti en salles? J’ai dû le voir sur une chaîne payante.

    • ballantrae dit :

      Je crois qu’il y a des vision différentes quant à la restauration du Napoléon de Gance des deux côtés de la Manche mais au vu de tout ce qu’a déjà fait Brownlow ( sa géniale série Loin d’Hollywood, ses ouvrages sur le muet, son travail de restauration), difficile de résister à cette édition malgré la perspective d’une édition made in France.
      Heureux sinon Bertrand de vous voir célébrer Assaut, l’un de mes Carpenter favoris.Le remake de JF Richet n’a rien d’indispensable car il se sent comme souvent obligé d’aérer le choix du huis clos, de psychologiser et d’expliquer ce qui restait énigmatique.Un Carpenter liminaire déjà hawksien dans sa manière d’appréhender l’espace comme les rapports de complicité masculins.
      Je reviendrai sur le génial Décalogue comme sur le coffret Klimov/Tchoukrai.

      • MB dit :

        à Bertrand: content de votre avis sur ASSAUT qui me dédouane d’y voir un de mes plaisirs coupables (du type de ceux qui me font voir LA SOUPE AUX CHOUX comme un chef d’oeuvre du gongorisme) après, on peut se demander étant donné les qualités que vous relevez pourquoi Carpenter a-t’il abandonné le cinéma d’action et son ambiance organique et ses soucis de topographie comme chez Mann par exemple, pour se réfugier dans le fantastique ou du moins dans ce type de fantastique qui va donner des films toujours insatisfaisants (à part PRINCE DES TENEBRES qui réussit à retrouver le fantastique par le chemin du (pseudo) scientifique (ce côté organique du scientifique qui s’oppose en principe au fantastique mais peut le doper) avec un bonus d’athéisme bien plaisant. Dans PRINCE le méchant est immobile et contenu tant bien que mal au lieu de se déplacer à la vitesse de la lumière en tuant tout le monde sans qu’on ait le temps de dégainer, (comme le tueur masqué de HALLOWEEN, bien banal) ce qui est original. De plus le même méchant immobilise à distance parfois les victimes qui osent l’analyser, au lieu de les tuer (quoique). Mais son pouvoir à distance sur la foule de sdf avec avalanche d’insectes est superflue. On dirait que toujours Carpenter se disperse, après ASSAUT. Le remake est ridicule, le condamné à mort-héros s’en tire. En plus il n’y a plus Laurie Zimmer dans son pull-over jaune!

        • MB dit :

          ASSAUT: n’écoutez pas les dingos qui prétendent que ASSAUT était un film méconnu, je me souviens qu’à sa sortie en plein été, des journalistes l’avaient repéré et défendu c’est comme ça que je ne l’avais pas loupé. Et puis la sortie en plein été ce n’est pas forcément une punition.
          Il faut noter la similitude entre l’immobilisme d’une victime du PRINCE, figée au milieu d’un geste, et celui de la victime du gang qui se réfugie au commissariat de ASSAUT déclenchant le combat mais qui restera passive jusqu’à la fin.

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier et MB

          J’essayais de prendre la défense de Carpenter en disant qu’il était un auteur avec des thèmes récurrents : vous avez eu raison de dire que cela ne signifiait pas nécessairement que ses films étaient bons, je le concède. C’est vrai : les obsessions récurrentes du réalisateur ne garantissent pas la qualité d’un film. C’était d’ailleurs déjà la ligne directrice que vous aviez employée dans 50 ans au sujet de Depalma.

          En revanche, reprocher à Carpenter de ne pas comprendre Ford est un mauvais procès. Tous les cinéastes n’ont pas à être vus à l’aune de Ford ou à se placer dans sa filiation. Je ne crois d’ailleurs pas que Carpenter s’en soit jamais réclamé – en revanche, je l’ai souvent vu se référer à Hawks. Je crois d’ailleurs que Christophe Gans l’évoque dans les bonus du bluray français d’Assault.

          D’une manière générale, la qualité de la source d’inspiration importe peu, du moment qu’elle génère de bons films, non ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Je disais qu’il ne fallait pas lui en vouloir et citait Amstrong

        • MB dit :

          à Pierre: je ne suis pas là pour reprocher qqch à Carpenter (ce dont il se fout), il révèle juste dans son avis sur JF une erreur dans laquelle tombent pas mal de gens: le défaut prétendu de sentimentalisme, c’est ça qui m’a intéressé en tant que regard critique général sur JF (ça vient d’une discussion avec un copain, cet intérêt). ON ne peut pas juger un cinéaste à l’aune d’un autre qui serait un mètre étalon! enfin on peut mais c’est idiot sauf dans certains cas très encadrés par la réflexion, et l’avalanche de détails. De là à déduire qu’il s’agit d’un reproche puéril et d’un jugement sur les films de JC et que ça va enlever quoi que ce soit aux qualités de certains de ceux-ci. Bref je suis passé de Carpenter au regard sur Ford. Il n’y a pas que JC qui dit ce qu’il a dit sur JF, loin de là.

      • Damien D. dit :

        Oui J-Jacques sur le Napoléon de Gance mais la restauration de la cinémathèque française va bénéficier d’une durée beaucoup plus longue : 6h30 contre 5h30 pour la version Brownlow (sur les 9h30 que durait le film initialement ! Il manquera donc à jamais 3h de film…). Le résultat mérite donc l’attente selon moi. Le blu ray bfi propose cependant la partition de Carl Davis qui ne serait pas reprise dans la restauration de la cinémathèque (question de droits sûrement).

        Pour la restauration en cours voir la présentation passionnante qu’en avait fait Georges Mourier début 2015 (je vous mets les liens ci-dessous)

        http://www.cinematheque.fr/video/476.html
        http://www.cinematheque.fr/video/477.html

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          C’est très dur de savoir quelle était la vraie version de Gance. Brownlow a fait un travail formidable mais Mourier est un passionné qui fouine partout et voudrai retrouver la partition d’origine. La version Brownlow me parait indispensable et on pourra toujours le comparer à celle de Mourier qui promet beaucoup

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          Merci pour vos avis sur ces éditions du NAPOLÉON de GANCE.

      • Damien D. dit :

        Pour Carpenter, je conseillerai aussi de revoir HALLOWEEN. Revoyez toute la première partie du film qui est remarquable de construction et de maîtrise (les scènes d’horreur n’étant surtout cantonnées que dans le dernier tiers).
        Ce fût c’est vrai le maître étalon du « teenage horror movie » (dont les thèmes s’useront jusqu’à la corde par la suite et dont on en voit encore aujourd’hui les scories dans ce cinéma de genre).
        Les autres Carpenter sont plus que mineurs et caricaturaux (hormis peut-être l’amusant DARK STAR, parodie de film de sf).

        • Sullivan dit :

          THE THING reste exemplaire après plusieurs visionnages. Musique minimale de Moriconne, parfaite, instaurant une ambiance bien flippante, un peu comme celle de Goldsmith pour ALIEN, mais dans un tout autre genre. LES AVENTURES DE L’HOMME INVISIBLE est une variante très drôle et sympathique. CHRISTINE reste un bon classique et je prends toujours mon pied en y écoutant « Back To The Bone » (comme dans TERMINATOR 2 quand Schwarzie chausse ses lunettes noires et enfourche sa moto).

        • Sullivan dit :

          Correctif / Addendum : « Les Aventures D’UN homme invisible… et « Bad To The Bone » de George Thorogood & The Destroyers. La moto de Schwarzie, c’est le super Fat Boy 1990 de chez Harley Davidson (dont le bruit ressemble à du Mozart joué par les Rolling Stones…) . Cameron aurait également pu placer la chanson de Piaf « L’Homme à la moto », manque de bol c’est un Cyborg…

        • Alexandre Angel dit :

          Il y a beaucoup de bonnes choses chez Carpenter, une ambiance, un charme artisanal mais les films peinent à satisfaire sur la durée, c’est assez bizarre.
          THE THING j’aime bien : il y a de l’imagination graphique, de bons paysages mais pareil, à un moment, je commence à me lasser. CHRISTINE encore plus (le film est trop long)
          D’accord sur HALLOWEEN, ASSAUT, LES AVENTURES DE L’HOMME INVISIBLE. DARK STAR est vraiment spécial (il faut être d’humeur).
          J’avais trouvé son remake du VILLAGE DES DAMNES intéressant et je réessaierais bien STARMAN, très atypique dans sa filmographie (tout comme son téléfilm sur Elvis).

        • Sullivan dit :

          Il ne faut pas oublier BIG TROUBLE IN LITTLE CHINA (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin), pastiche de film d’aventures assez délirant, sans-doute son long le plus généreux. Et son dyptique ESCAPE FROM NEW YORK / ESCAPE FROM L.A. est à voir. Personnellement je préfère le second, au rythme plus soutenu. Et VAMPIRES aussi, filmé comme un western, a des atouts mais on s’y ennuie malheureusement assez rapidement. La première heure est bien.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Sullivan
          Ah non celui la j’en ai un souvenir horrible d’un films condescendant pastichant un genre qui lui même frôle le pastiche

        • Henripatta dit :

          A Sullivan.
          Les aventures de jack burton est en effet un film delirant et totalement atypique. L ‘ avez vous vu recemment ?
          Je l ‘ai vu en salle il y a une trentaine d ‘annees et j ‘ai peur d ‘etre decu lors d ‘un visionnage en dvd.

        • Sullivan dit :

          A Bertrand : A quel titre faites-vous référence ?

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          « Celui-là » : vous parlez de JACK BURTON ou de VAMPIRES ? Plutôt le premier je suppose..

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          J’aime beaucoup VAMPIRES

        • Sullivan dit :

          A Henripatta : Non, je n’ai pas vu JACK BURTON récemment. Il ne faut surtout pas se forcer ! Confidence : j’ai bien aimé le dernier Carpenter THE WARD. Mais peut-être lui passé-je trop aisément ses défauts tellement j’ai pu admirer le bonhomme, ses capacités d’homme orchestre avec peu de moyens. Producteur, scénariste, compositeur, réalisateur, monteur… un type aux talents multiples comme Kitano et quelques autres. Tiens, GHOSTS OF MARS me fait de l’oeil… J’adore le train en carton pâte sur la planète Mars dans ce film. Et je trouve tout cela bien plus réaliste que plein de films aux images de synthèse ratées.

        • ballantrae dit :

          Ah heureux de vous voir apprécier tous Vampires Le dernier excellent Carpenter (après ce fut Ghosts of mars plus un film que je préfère même oublier): à la fois film fantastique renouvelant totalement le mythe et vrai western hawksien avec un J Woods magnifique.
          Des moments de vrai effroi alors qu’il n’est pas très facile après des versions multiples de rendre à nouveau terrifiant un vampire: la séquence totalement claustrophobique dans l’ancienne prison, le début, l’attaque du maître sont restés des moments forts dans mon imaginaire du genre.

        • ballantrae dit :

          The thing et In the mouth of madness restent ses chefs d’oeuvre mais j’aime beaucoup Halloween, Fog, NY 1997, Vampires…et garde une vraie tendresse envers ses séries B (petits budgets + beaucoupd’idées) destinées à le remettre en selle: Prince of darkness puis They live.
          Jack Burton, je n’ai jamais pu même quand des copains déliraient autour de ce qui serait la quintessence du cinéma asiatique alors émconnu ( Tsui Hark par exemple): ce me semblait assez laid , très foutraque dans le récit, émaillé de punchlines pas drôles.Bof, bofet ce doit avoir terriblement vieilli (ce me semblait daté dès sa sortie: trop de couleurs primaires, de fluos, de décors en plastique, de SFX un peu too much) mais ilparaît que c’est ce qui en faisait le charme.
          J’aime Carpenter quand il est précis, sec, tranchant pas quand il s’essaie aux sentiments ( Starman), à la pure comédie ( L’homme invisible et larges parts de LA 2013) ou au délires made in asia.

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier

          En ce qui me concerne, j’aime quasiment tous les films de John Carpenter, au premier rang desquels ASSAULT, THE THING et PRINCE OF DARKNESS.

          On ne peut pas nier l’existence d’une œuvre, avec des thèmes récurrents, une ambiance et des thèmes qu’il ne cesse de creuser de film en film. THE THING est probablement celui ou il s’approche le plus de l’accord parfait. Sa grande force, de mon point de vue, est de trouver l’équilibre entre les deux manières d’aborder le fantastique au cinéma : tout suggérer ou tout montrer. Entre les deux, Carpenter ne choisit pas. Dans THE THING, il en montre beaucoup, il y a de nombreuses scènes « à effets chocs », mais pourtant, on ne peut pas dire à la fin qu’on soit en capacité ni de décrire ce qu’on a vu, ni de comprendre le phénomène qu’affronte les protagonistes. Je n’ai pas vu beaucoup de films qui puisse se comparer à celui-là dans le genre.

          Quant à BIG TROUBLE IN LITTLE CHINA, je présume que vous le trouvez puéril. Pas moi. Ce n’est pas un pastiche : c’est un film qui s’inscrit pleinement dans le genre de la fantasy chinoise en vogue à l’époque à Hong-Kong. Carpenter a clairement essayé de s’inscrire dans la continuité de « ZU » de Tsui Hark, qui n’est pas non plus un pastiche, mais une tentative de remettre au gout du jour (de l’époque) le film d’arts martiaux et de fantasy de Hong-Kong. Il y a dans BIG TROUBLE un amour très sincère de Carpenter à ce cinéma là, qu’il a découvert très longtemps avant beaucoup d’autres. Il prend par ailleurs dans ce film un risque réel en inversant le rôle du héros et du « sidekick » : jack burton (kurt russel) l’américain présenté comme le héros du film est en réalité le faire valoir du protagoniste asiatique (Dennis Dun), qui est le vrai premier rôle.

          Je ne dirais pas de BIG TROUBLE IN LITTLE CHINA que c’est le meilleur, ou un des meilleurs, film de Carpenter, mais il mérite mieux que d’être vu comme une copie de copie.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          On ne peut pas être d’accord sur tout. Pour moi c’est un cinéaste dont peu de films sont vraiment satisfaisants. Plusieurs démarrent très bien mais ca fouillent, pêchent souvent par une direction d’acteurs inexistante, Il y a un manque de rigueur, des facilités, des péripéties redondantes. Inutile d’énumérer des dizaines de titres, de se les lancer à la gueule. Il y a des réussites dont un ou deux titres non cités mais j’avoue avoir du mal avec une partie de cette oeuvre. Ey ce n’est pas parce qu’on trouve des thèmes, des points communs que c’est réussi

        • Alexandre Angel dit :

          VAMPIRES, dans mon souvenir, avait un côté sauvage, iconoclaste, avec une musique blues rock épatante.
          Je ne déteste pas GHOSTS OF MARS, qui a le charme que j’essaie de décrire, avec son air fauché (alors qu’il ne l’est absolument pas)et son beau personnage de femme. J’aimerais aussi retenter, dans de bonnes copies, INVASION LOS ANGELES ou FOG, qu’un copain m’a dit avoir redécouvert avec plaisir.

        • Sullivan dit :

          À AA : la musique de VAMPIRES est une des compositions les plus réussies de Carpenter, je suis d’accord. Elle est dans la même vaine que toutes celles qu’il avait composées auparavant mais son atout : de vraies guitares ! Pour revenir sur une des rares musiques non composée par lui, celle de THE THING, on se rend compte que Moriconne a suivi le canevas carpenterien (ce qui parle en creux du respect que l’homme a su imposer à l’italien déjà largement couvert de gloire à l’époque). THE THING est diffusé en ce moment même sur Ciné + Frisson. Synchronicité… Tout y est réussi. C’est un western (on peut penser à LA VILLE ABANDONNÉE), c’est un grand film à suspense (la scène du test sanguin pour voir qui de l’équipe l’alien a pris les traits !), son tempo est « adagio » avec juste ce qu’il faut d’accélération mais pas trop. C’est un des plus grands films parano-claustro de ces cinquante dernières années. La variation la plus réussie de Carpenter sur RIO BRAVO aux côtés de ASSAULT ON PRECINCT 13. Si vous souhaitez le revoir, surtout favorisez le Blu Ray, qui rend justice à la photo de Dean Cundey.

        • Sullivan dit :

          À propos de direction d’acteurs sur THE THING : elle est tout simplement admirable ! Et quel casting ! Les acteurs sont tous très bons. Tout se joue sur la tension exprimée par les regards et là on ne peut pas dire qu’ils sont laissés à eux-même. Donald Moffat que chacun connaît mais pas forcément son nom a une scène géniale : il est assis et entravé par des liens comme tous ses collègues durant le test sanguin. L’intrigue nous amène à penser qu’il est colonisé par l’alien. Il est le dernier à passer et grande est la surprise du personnage de Kurt Russell notamment de constater qu’il est sain contre toute attente. Il débute une phrase du type « Gentlemen… quand vous aurez le temps de venir me détacher cela me ferait bien plaisir …  » sur un ton très calme et une seconde après, il explose « car je ne veux pas rester assis tout l’hiver sur ce putain de canapé ». Même effet que Ventura dans les Tontons quand il dit « … à me les briser MENU ! ».

        • richpryor dit :

          STARMAN m’a ému. Moi aussi je préfère le Carpenter précis de THE THING et je réalise qu’il y a beaucoup de choses ratées dans STARMAN mais j’ai trouvé Jeff Bridges excellent, le film très divertissant et, oui, émouvant. Ca m’a surpris moi-même. Je me souviens par contre de l’énorme déception de ESCAPE FROM NEW-YORK que j’avais vu adolescent (pas à sa sortie, je ne suis pas si loin de l’adolescence) et dont le concept, l’affiche, Kurt Russell, promettaient tant. Je note pour ESCAPE FROM LA, je vais vérifier si il vaut mieux.

        • MB dit :

          à Damien D: « Pour Carpenter, je conseillerai aussi de revoir HALLOWEEN. Revoyez toute la première partie du film qui est remarquable de construction et de maîtrise  »
          justement il n’y a que cette 1ère partie, qui perpétue dans le cinéma de description, très organique ou topographique, qui tient le coup. On n’oublie pas le travelling qui suit Jamie Lee Curtis à travers le grillage dans lequel la vitesse de déplacement de la caméra, à un certain niveau va flouter les losanges formés par le fil de fer, très contrôlé, ni ces reculs de caméra qui découvrent le décor autour du personnage et invitent à y découvrir une menace, bien sûr absente et qui ne viendra que dans la 2ème partie.
          Il faudrait revoir SOMEONE’S WATCHING ME ou MEURTRE AU 43EME ETAGE, tv film dans lequel Laurel Hutton (charmante vedette des 70 aux dents de lapin) est guettée par un voyeur. Il y a une partie docu qui montre comment on réalise un tvfilm aux USA, Hutton étant réalisatrice. Le film est plus suspense qu’épouvante et poursuit la veine hors fantastique de Carpenter que je regrette qu’il ait abandonnée, peut-être par déception de n’avoir jamais fait le western avec John Wayne dont le scénario était entièrement rédigé paraît-il (mais Eyman dans la bio de JW n’en parle absolument pas…). A part ça le test John Ford lui est fatal: Carpenter ne comprend rien au cinéma de Ford et n’y voit que sentimentalisme, l’homme apparaît assez basique dans ses interviews, pour rester gentil.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Oui meurtre au 43ème étage fait partie des films que j’aime bien. En effet les gouts de Carpenter sont très formatés. Il ne comprend rien à Ford et à d’autres mais plein de réalisateurs avaient souvent des gouts médiocres et Louis Armstrong aimait Guy Lombardo

        • MB dit :

          j’ai remis la galette dans le lecteur eh ben le coup du grillage j’ai complètement déliré ou amplifié, un autre film peut-être…

        • MB dit :

          à Bertrand: merci pour MEURTRE AU 43EME ETAGE que vous avez réussi à ne pas louper! et vous avez vu je me suis retenu de mentionner QT et Ford dans la foulée, pourtant ça me démangeait.
          Non mais j’ai voulu mentionner celà car le sentimentalisme de Ford, c’est justement le piège dans lequel tombent les anti fordiens qui ne regardent pas dans les coins de l’écran, ya pas que Carpenter.

    • demachy dit :

      Le DVD NAPOLEON édité par le British Film Institute est zone 2 (Europe).

Laisser un commentaire

(Seuls les messages ayant attrait aux DVD - thème de ce blog - seront publiés.)