Un peu de cinéma muet ne fait pas de mal, bien au contraire

1 octobre 2012 par - DVD

FILMS MUETS 

REGENERATION (1915 – Zone 1 couplé avec YOUNG ROMANCE comédie amusante écrite par William deMille sur deux jeunes employés travaillant dans la même boîte qui vont, à l’insu l’un de l’autre, se faire passer pour des aristocrates pendant une semaine. Charmant et un peu mécanique.)
REGENERATION est le premier long métrage de Raoul Walsh, à 28 ans et son premier chef d’œuvre. Tourné la même année que NAISSANCE D’UNE NATION et tout aussi, sinon plus, révolutionnaire. Un chef d’œuvre qui innove dans bien des domaines et annonce les grands films de la Warner, entre autres. Le réalisme incroyable des extérieurs new-yorkais surprend encore aujourd’hui (Martin Scorsese disait qu’on les filmerait exactement de la même façon), tout autant que le choix des seconds rôles et des figurants (que Walsh alla recruter dans les bouges du Bowery), tous criants de vérité. Certains intérieurs renvoient à Frank Norris ou à Dickens.
Accessoirement, REGENERATION, est peut être aussi le premier film de gangsters de l’Histoire du cinéma et Walsh a déjà trouvé la pulsation rythmique qui fera la force de PURSUED ou de WHITE HEAT : il utilise un découpage très rapide, très sec, le montage parallèle, qu’il associe avec des gros plans, des plans très larges et des mouvements d’appareils. Ceux-ci, fait très rare, ne sont pas uniquement fonctionnels : dans une scène de repas, en se rapprochant du jeune Owen et en l’isolant, un travelling rapide nous fait sentir ce qu’il pense. Ils accentuent, dynamisent, par un mouvement contrarié, l’entrée d’Anna Nilsson dans le repaire du gangster, nous faisant ainsi partager son angoisse, son état d’urgence. Ils nous replacent à l’intérieur de l’histoire et des émotions qui la traversent. Walsh se sert aussi des mouvements circulaires des danseurs pour cacher, rendre plus chaotique une panique créée par un incendie, séquence brillamment dirigée mais à laquelle il confère trop d’importance dans ses Mémoires, omettant des trouvailles plus profondes.
Les premiers plans, incroyablement aigus et rapides, par exemple, sont encore plus innovateurs : le jeune héros est seul dans une pièce quasi-nue où l’on enlève un cercueil. On coupe sur un corbillard dans la rue et puis on voit le gamin aller à la fenêtre. Plan suivant, on voit ce qu’il regarde : le corbillard filmé de son point de vue, ce qui nous attache immédiatement à lui. C’est peut être le premier plan avec point de vue de l’Histoire du cinéma et il crée une grande émotion. Walsh fait d’ailleurs passer tout au long de ce film de gangsters une mélancolie romantique qu’on a souvent sous-estimée. Elle est magnifiquement traduite par la photo du français Georges Benoît qui éclaira les Walsh suivants et que Maurice Tourneur, qui admirait ses films, reprit pour AU NOM DE LA LOI et JUSTIN DE MARSEILLE (Benoît travailla aussi avec Guitry et Pagnol sur LA FEMME DU BOULANGER). Par l’interprétation si moderne de  Rockliffe Fellowes qui préfigure le Brando de ON THE WATERFRONT et celle, délicate et sensible, de  Anna Q. Nilsson. On regrette d’autant plus que des œuvres ultérieures du cinéaste comme CARMEN que vantait Maurice Tourneur, THE SERPENT, PEER GYNT, PILLARS OF SOCIETY, THE HONOUR SYSTEM, placé très haut par Ford, aient disparu.

THE MYSTERY OF THE LEAPING FISH (1916 – coffret Bach films consacré à Todd Browning. Zone 2)
Ce court métrage est un des films les plus bizarres de l’histoire du cinéma muet. Bizarre par son sujet : un détective, Coke Ennyday, se bat contre les trafiquants de drogue, lutte contre l’importation de cocaïne  alors qu’il en consomme une quantité industrielle. Son horloge pointe quatre quartiers : sommeil, nourriture, boisson, drogue. Bizarre ensuite par le choix de Douglas Fairbanks dans un rôle inhabituel pour lui : dans sa première apparition, il dort dans une position extravagante et semble littéralement en extase dès qu’il s’injecte de l’opium ou de la coke à l’aide d’une des nombreuses seringues attachées à sa poitrine ou qui pendent à portée de main. C’est dans cet état d’ailleurs qu’il trouve les déguisements les plus farfelus. Fairbanks détestait tellement le film qu’il essaya de le faire retirer de la circulation. Pourtant, ce qui est un comble, il fut tourné deux fois, une fois par Christy Cabanne et puis entièrement refait par John Emerson (pourquoi pas Browning ?) et enregistré, le mot convient mieux que filmé, assez platement. Le résultat est plus curieux que vraiment dôle et c’est surtout son absence de toutes précautions moralisatrices qui laisse pantois. Par ailleurs, on y voit peut être la première télévision de l’Histoire du cinéma.

   

Bizarre parce que ce sujet, conçu par Todd Browning (titres d’Anita Loos et on dit que Griffith aurait collaboré au sujet), est traité de manière comique. Faire rire de l’addiction à une drogue dure semble très étrange aujourd’hui. Connaissait-on les effets de la cocaïne ? Il semble que oui puisque de nombreux films de 1916 recensés par Kevin Brownkow dans Behind the Mask of Innocence, dénoncent les ravages de la drogue dont THE DIVIDEND (Walter Edwards), THE DEVIL’S NEEDLE (Chester Whitey également scénariste), ROMANCE OF THE UNDERWORLD (James Kirkwood, 1918, le plus réaliste). Mais sur Internet des amateurs du film disent que la coke était supposée, dans la Californie des années 20, avoir des effets bénéfiques, que Browning et Fairbanks en consommaient et qu’1 malade sur 5 était un drogué. Sa partenaire est ici Bessie Love qui joua dans un autre film sur la drogue, HUMAN WRECKAGE.

THE WHISPERING CHORUS (soit en zone 2 avec Bach Films sous le titre LE RACHAT SUPRÊME, soit en zone 1 dans un DVD Image de meilleure qualité)
Ce chœur chuchotant est celui des voix qui nous soufflent de faire le bien ou le mal et qui, dans ce film, arrivent périodiquement sur l’écran grâce au miracle de la double exposition. L’originalité du procédé, d’ailleurs utilisé avec modération, renforce l’étrange et paradoxale cohésion de ce film, l’un des meilleurs DeMille dont on ne parvient pas à savoir s’il est réussi en dépit ou grâce à certaines conventions dramatiques. Comme Sidney Carton dans A TALE OF TWO CITIES, John Trimble (écrit Tremble dans la copie française), l’infortuné protagoniste, se sacrifie et se laisse exécuter (la chaise électrique remplace la guillotine), pour préserver sa femme. Trimble, employé de banque misérablement payé, accablé de dettes, avait détourné une  somme d’argent puis, craignant d’être arrêté, avait fui et pris l’identité d’un mort dont il avait trouvé le cadavre. Après des années, on l’accuse du meurtre de ce dernier et il ne veut pas révéler sa véritable identité, sa femme s’étant remariée, risque d’être accusée de bigamie. Il choisit de mourir sur la chaise électrique.
Ce récit qui conjugue faute, rédemption, sacrifice, amour, notions chères à DeMille s’inspire,  se nourrit même, de conventions héritées du théâtre de Mélodrames. Mais la mise en scène est purement cinématographique : réalisation sèche et rapide, découpage vif, inventif, audaces visuelles. La manière dont DeMille utilise tout le long des montages parallèles (le monde de la banque et le héros en fuite), notamment lors de l’ascension sociale de son ex-femme, paraît vraiment moderne. L’apparition subite du cadavre dans un lac serait à sa place dans un film noir des années 40. Et la fleur que garde le héros, symbole de son amour, paraît anticiper sur la rose de QUESTION DE VIE ET DE MORT. Certains défenseurs du film y ont même vu des résonnances brechtiennes, ce qui aurait tétanisé le cinéaste. Jeanie MacPherson, scénariste de presque tous les films de DeMille depuis 1916, signe le scénario d’après un roman de Perley Poore Sheehan. La copie restaurée par la George Eastman House est superbe.

   

Toujours DeMille avec APRÈS LA PLUIE LE BEAU TEMPS (en zone 2 chez Bach Films, en zone 1 sous le titre DON’T CHANGE YOUR HUSBAND), une de ces comédies matrimoniales dans lesquelles il excella à l’époque du muet. Ici, une épouse (Gloria Swanson bien sûr), lassée du peu d’intérêt que lui porte son mari (qui a la manie de manger des oignons, gag récurrent dans le film), le quitte, convole avec un autre homme et découvre qu’il est pire et de plus sordidement intéressé. Le ton est vif, léger, caustique, brillant. Il faut découvrir tous ces DeMille plus inventifs que ses films parlants. La traduction des intertitres français est fantaisiste : hun, qui signifie boche, est traduit par nazi, ce qui ferait de DeMille, en 1919, un cinéaste visionnaire.

DADDY-LONG-LEGS (1919, Bach Films)
Le triomphe de ce film poussa, encouragea Mary Pickford à créer avec Douglas Fairbanks et Chaplin, une société de production indépendante, un mini-studio. Il faut dire que DADDY- LONG-LEGS semble taillé sur mesure pour exploiter toutes les facettes, toutes les qualités de la comédienne. Cette histoire d’orpheline littéralement jetée, bébé, dans une poubelle, recueillie dans un épouvantable orphelinat, permet à Mary Pickford de changer constamment de registre : elle est mutine, éplorée, farceuse même dans des moments dramatiques (elle essaie de faire rire des enfants malades), clownesque, révoltée : elle va voler une poupée pour la donner quelques secondes à une petite fille mourante. Les auteurs n’évitent pas toujours les effets trop mignons (le chien saoul). D’autant que Marshall Neilan lui oppose le destin d’une autre petite fille, riche, protégée, égoïste. Le choix de leurs deux prénoms donne lieu d’ailleurs à une fort bonne séquence.
Dans la seconde partie du film, Judy devient collégienne, grâce à l’appui,  la protection d’un homme plus âgé qui veut rester anonyme et se fait appeler John Smith. Elle ne l’entrevoit qu’en ombre chinoise et c’est là qu’elle lui trouve son surnom. Le jeu, l’allure de Mary Pickford change du tout au tout. Elle fait preuve d’une grâce, d’une délicatesse romantique, d’une retenue tout à fait moderne. Peu à peu, au collège, où elle fréquente une société beaucoup plus huppée (deux de ses condisciples, filles de milliardaires, pleurnichent sur leur sort dans la première séquence, fort amusante) elle découvre l’amour. Tous les décors de cette seconde partie sont très luxueux (les portes font le double ou le triple des personnages) et le film endosse deux thèmes majeurs américains : la volonté, la détermination, la prise en main de son destin et le philanthropisme. A noter que les principaux personnages sont tous assimilés visuellement à des fleurs ou des plantes : des cactus et de l’ail sauvage pour la directrice de l’orphelinat et son aide, une rose de serre pour la petite fille riche.

SPARROWS (DVD zone 2 chez Les Films du Paradoxe)
Ceux qui ne connaissent que la  dernière partie de la carrière de William Beaudine (surnommé « One Shot Beaudine ») qui comprend des titres aussi pittoresques que BELA LUGOSI MEETS A BROOKLYN GORILLA, BILLY THE KID VS DRACULA ou JESSE JAMES MEETS FRANKENSTEIN’S DAUGHTER éprouveront un choc devant la beauté visuelle, l’audace lyrique de SPARROWS, l’un des meilleurs Mary Pickford. C’est que Beaudine fut un metteur en scène très important pendant le muet, un des mieux payés à Hollywood. THE CANADIAN, par exemple, a une très bonne réputation et il travailla plusieurs fois avec Mary Pickford (LITTLE ANNIE ROONEY, autre film brillant) qui appréciait sa manière de diriger les enfants. Il fut ruiné par la crise de 29 et ne se releva jamais. On lui doit de multiples films de série Z, un western honorable pour Disney (WESTWARD HO, THE WAGONS !) et un film d’exploitation qui fit des recettes astronomiques, MOM AND DAD, sorti en France sous le titre LES FAUSSES PUDEURS.
SPARROWS est le dernier film où Pickford joue, à 34 ans, une adolescente. Il s’ouvre sur un intertitre mémorable : « La part du diable dans la création du Monde, consista en un certain marécage sudiste – un chef d’œuvre d’horreur et le Seigneur qui savait apprécier le travail bien fait, l’accepta ». La suite est du même tonneau : «  Et ensuite, le Diable se surpassa et fit vivre, dans ce marécage, Mr Grimes ». Le plan d’introduction de Grimes, personnage monstrueux, dépourvu de toute conscience, qui semble sorti de Dickens, est magistral : on le voit boiter dans les marais avec des moustiques qui volent autour de son visage aux yeux morts. Il acquiert une poupée pour la donner à une des orphelines qui vivent dans sa ferme/prison mais sur le chemin, lui arrache la tête et la jetant dans des sables mouvants, la regarde lentement se faire engloutir. Gustav Von Seyffertiz en fait une figure inoubliable, une icône du mal. Il exploite des orphelins et des orphelines qu’il a kidnappés avec l’aide de sa femme et de son fils (belles compositions de Charlotte Mineau et Spec O’donnell qui viennent pourtant de la comédie) et retient prisonniers dans ces marécages infestés d’alligators et truffés de sables mouvants.
Cet univers digne de Jérôme Bosch est admirablement recréé par le décorateur Harry Oliver et magnifiquement éclairé par un trio de grands chefs opérateurs : Charles Roscher, Hal Mohr et Karl Struss notamment dans la séquence tendue, forte, très efficace, de la fuite nocturne des enfants qui semble anticiper, jusque dans certaines notations religieuses, sur le mélange d’horreur et de féérie qui faisait le prix de LA NUIT DU CHASSEUR. Le Christ vient enlever l’âme d’un enfant et l’effet est moins sulpicien qu’on pourrait s’y attendre. Ce conte gothique inspiré renvoie à toute une littérature sudiste, voire même à DÉLIVRANCE, traitant de la Rédemption à travers l’horreur. Plus discutable est le dernier quart d’heure qui se perd dans des péripéties accessoires et superficielles.

VICTORY (1919, zone 2, Bach Films)
La seule adaptation filmique d’un de ses ouvrages que Joseph Conrad eut la possibilité de voir. Nul doute qu’il fut horrifié par la fin heureuse, qui arrive comme un cheveu sur la soupe et dont l’incongruité est soulignée par des intertitres d’une consternante solennité. Le scénario de Jules Furthman (sous le pseudonyme de Stephen Fox) reste encore prisonnier, tributaire des cartons beaucoup trop explicatifs. Il simplifie, théâtralise le livre (défaut encore accentué dans la version de William Wellman), le dépouille de sa métaphysique et transformant la seconde partie en une ébauche rapide de LA FORÊT PÉTRIFIÉE.
Etrangement, Maurice Tourneur qui produisit Victory ne paraît guère s’intéresser aux scènes d’extérieurs. La Nature, si importante chez Conrad, est quasiment éliminée ou traitée par-dessus la jambe si l’on excepte une ou deux plans durant un étrange flashback. Contrairement aux scènes d’intérieurs qui sont beaucoup plus soignées et témoignent de recherches cinématographiques souvent passionnantes où Tourneur incorpore la profondeur de champ, les diagonales (quand Jack Holt et Seena Owen s’avancent dans un couloir pendant que les branches d’arbres vues à travers les fenêtres bougent avec le vent), le hors champ. On voit Lon Chaney franchir un rideau de perles et regarder à droite Seena Owen dont le dos est entièrement nu. Il rentre dans la pièce, sortant du champ qui reste vide. La camera ne cadrant plus que le rideau. Tout à coup les deux personnages traversent le champ et se ruent dans une pièce à gauche. Etonnant moment de violence qui joue sur le voyeurisme, l’érotisme. Lon Chaney est d’ailleurs l’une des raisons majeures de voir ce film. Il compose un desperado pour reprendre le terme de Conrad, félin, bestial, sournois qui fout la trouille, qui a un rapport animal avec son couteau mais Bee Deeley est aussi très impressionnant en Mr Jones. Les moments d’action sont plutôt bien filmés (jet du couteau en un plan, mort très brutale) dans des plans brefs. Wallace Beery est assez marrant en aubergiste libidineux.

WINGS (1927, DVD/Blu-ray zone 1)
Un de ces rares classiques où tout ce qui l’a rendu célèbre à l’époque, lui permettant de remporter le premier Oscar comme Meilleur film (sans être nommé à la réalisation) paraît tout aussi excitant, vivant aujourd’hui : toutes les scènes de guerre, y compris les plans sur les tranchées, l’infanterie et surtout les combats aériens bien sûr, qui n’ont guère été égalés. On comprend les différentes tactiques, les ruses, les pièges. On partage les angoisses, l’exaltation des pilotes sans que cela brouille le sens du film. Wellman (que l’on voit brièvement en soldat dans le dernier combat où il est tué en lançant que ces vautours sont assez bons) veut montrer simultanément l’excitation et l’horreur, le côté épique et la brutalité et sa conclusion est sans ambiguïté. Ce message anti-guerre est bien dans l’air du temps et s’accorde avec l’isolationnisme. Ces séquences étaient souvent bruitées par les exploitants de cinéma qui les projetaient. Notamment par les jeunes Jo et Samy Siritzky, futurs patrons de ParaFrance, dans le cinéma de leur père. Toute aussi mythique est l’irruption de Gary Cooper qui devient une star en quelques plans. Visuellement le film reste  splendide avec une impressionnante photo de Harry Perry. Il y a notamment une scène avec Richard Arlen et la charmante Jobyna Ralston dans un de ses rares rôles sans Harold Lloyd. En train de se balancer. La  caméra est attachée à la balançoire. On voit Roger arriver dans le lointain. La balançoire s’arrête et la jeune femme court vers le nouvel arrivant tandis que la caméra reste en gros plan sur Arlen. Il y a plusieurs moments aussi forts dans cette partie sentimentale qui a été décriée un peu injustement. La fin est tout à fait émouvante jusque dans la manière dont le survivant réalise que le bonheur était à portée de main. Et Clara Bow est excellente, vive et nuancée.

THE TRAIL OF ’98
Clarence Brown fut un cinéaste très important au temps du muet. Et talentueux. Il suffit de penser à THE GOOSE WOMAN, œuvre audacieuse, à THE FLESH AND THE DEVIL avec Greta Garbo. TRAIL OF ’98 est une évocation épique de la ruée de 1898 vers le Klondike pour y trouver de l’or qui inspira aussi Chaplin. Les scénaristes Benjamin Glazier et Waldemar Young choisissent  au début une structure chorale, avec de multiples  personnages, figures emblématiques du genre – de jeunes gens sans expérience, un chauffeur de locomotive, un couple de commerçants, un jeune garçon, des aventuriers divers, des escrocs –   qui, peu à peu, s’épure, se resserre autour de quelques destins. Ces personnages sont souvent ballotés, voire noyés, dans la  foule, ce qui nous vaut de nombreuses scènes avec des multitudes de figurants, à la fois étonnantes de réalisme (elles sont truffées de détails pittoresques) et spectaculaires : embarquements sur des bateaux archi-combles, camps de chercheur d’or, villes champignons en proie à l’agitation, à la folie, l’ascension de la terrible  Chilkoot Pass. Les intérieurs sont tout aussi soignés, du saloon rempli d’ivrognes et de joueurs aux décors misérables de cahutes, de cabanes où le héros abandonne sa fiancée, idée dramatique assez forte que son revirement ne parvient pas à combler.
Voilà une des œuvres – il n’y en a pas tant que cela – qui renvoie à l’univers de Jack London. On sent le froid dans ces plans de marche à travers la neige, la boue, l’eau glacée même si Brown doit parfois faire appel à des raccords en studio. Il y eut plusieurs morts durant le tournage, « le plus difficile, le plus exténuant de toute ma carrière » déclara le réalisateur. Il y a des plans stupéfiants lors de la descente des rapides du Yukon qui tourne un peu court. La violence, elle, est filmée avec une grande rapidité, une vraie sécheresse (le premier mort dans un saloon) ou traitée de manière elliptique, ce qui la renforce (la manière dont on apprend la mort du jeune garçon). Même le combat final, plus attendu, abonde en coups en traître et se conclut  brutalement par un des protagonistes qui se transforme en brasier humain. Principal bémol : la fadeur de Ralph Forbes et le jeu, souvent explicatif, outré, de Dolores Del Rio, actrice assez limitée. Je voudrais citer d’autres films de Brown, plaisants comme WIFE VS SECRETARY, inspiré, comme l’émouvant THE YEARLING ou les brillants POSSESSED ou A FREE SOUL, relativement audacieux comme INTRUDER IN THE DUST d’après Faulkner. Tous ces films existent en DVD en zone 1.

 

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Commentaires (65)

 

  1. Damien D. dit :

    A Bertrand et autres intervenants : avez-vous vu BEHIND THE DOOR (1919) de Irvin Willat et qu’adore Kevin Brownlow ? Une copie a été entièrement restaurée en 2015 et complétée pour le festival du film muet de San Francisco (le film a malheureusement des manques qui n’ont pu être retrouvés). Il est disponible en blu ray chez Flicker Alley.

    Le propos de départ est original : un cordonnier allemand d’une petite ville du Maine est pris à partie lors de la déclaration de guerre de 1917. Il se révélera patriote et verra sa femme capturée, violée et tuée par des sous mariniers allemands dont le chef est joué par Wallace Beery. Le titre du film est en lien avec la vengeance qui en suivra… Certes les péripéties semblent parfois improbables (renforcées par les manques que l’éditeur a tenté de reconstituer) mais on y trouve un acteur Hobart Bosworth habité par son rôle et une jolie Jane Novak. La copie teintée est très belle.
    Un réalisateur, Irvin Willat (mort en 1976), oublié et donc à découvrir avec ce film. Il arrêta sa carrière après quelques films parlants dont un avec Rita Hayworth en 1937…
    Le blu ray (multi zone) est dispo chez l’éditeur (ou moins cher sur d’autres sites de ventes américains…) et contient 30 minutes de présentation par Kevin Brownlow.
    https://www.flickeralley.com/classic-movies/#!/Behind-the-Door/p/76078792/category=20414531

  2. Philippe dit :

    Bonjour,
    Je souhaitais vous faire découvrir mon premier roman, Le Soir, Lilith, évoquant largement le cinéma muet, et au sujet duquel vous trouverez :
    – Un dossier de presse que je peux envoyer,
    – Un site dédié, avec clip vidéo, extraits sonores mis en scène, etc. : http://www.indereunion.net/Lilith/
    – Un article critique sur un blog indépendant : http://livropathe.wordpress.com/2014/08/01/le-soir-lilith/
    Je peux bien sûr vous fournir une version dématérialisée du roman si vous désirez le livre et proposer une critique.
    Bien cordialement, PhP

  3. Martin-Brady dit :

    J’ai revu THE YEARLING avec un plaisir attendu mais doublé, j’ai trouvé tous les éclairages de l’intérieur de la maison, l’équilibre des couleurs absolument magnifiques, j’en finis pas de faire des copies d’écran! Je n’avais pas autant remarqué la beauté des intérieurs à la 1ère vision. Je croyais retrouver un grand nom de la photo au générique mais je ne connaissais pas le nom de Charles Rosher, en même temps je suppose que la direction artistique (Cedric Gibbons) et les décors (Edwin B Willis) sont aussi importants que la photo dans le « résultat » visuel. J’admire le personnage de Jane Wyman , incroyablement sobre, son attitude de dureté parfaitement justifiée par le passé. Pour le talent de Claude Jarman Jr, je conseille la scène -entre autres- où il découvre son père dans la robe de sa mère! Non, Gregory Peck ne joue pas un travesti! Pour Jarman Jr on le retrouvera dans INTRUDER IN THE DUST, puis, ado, dans RIO GRANDE et le fameux HANGMAN’S KNOT dont Bertrand a parlé ici, dommage qu’on l’ait pas revu dans des rôles adultes, à part à la tv. La chasse à l’ours au début n’esquive aucune difficulté, incroyable, je me demande comment aucun des deux chiens n’a été cruellement blessé! (les travellings en pleine forêt, même pas en studio si j’ai bien compris, sont formidables, cf « 50 Ans… »), c’est d’ailleurs la 1ère fois que je remarque un panneau qui signale que « aucun animal n’a été maltraité pour les besoins de ce film » (en 1946). De nos jours, ce panneau est obligatoire dés qu’un animal participe au tournage même pour une scène sans danger semble-t’il.

    • Martin-Brady dit :

      dans THE YEARLING, l’oraison funèbre de Gregory Peck à l’enterrement de Fodderwing surpasse toutes les oraisons funèbres vues dans les films américains, qui en raffolent, y compris celle de John Carradine (je sais plus qui est le mort) dans LES RAISINS DE LA COLERE!
      Remarquez l’hommage funèbre rendu par LQ Jones à son copain qu’il vient de tuer est aussi mémorable dans BUCHANAN (« je m’excuse de t’avoir tiré dessus alors que t’étais un très bon ami, mais Buchanan lui, il est texan lui, tu comprends…).

  4. Mili1 dit :

    Bonjour M TAVERNIER , peut être pouvez vous me renseigner…Sur l’espoir de voir sortir en DVD un jour , 3 films noirs qui me sont chers , à savoir « Calcutta » ( J Farrow avec A Ladd ) ,  » Chicago deadline » ( L Allen avec A Ladd ) et « killer is loose » ( B Boetticher avec J Cotten )…
    Je profite de ce message pour vous transmettre le double bonjour Nazairien de Tony MOLIERE et Nicolas SILBERG.

    A vous lire ,
    Mili1.

  5. goossens dit :

    bonjour Mr Tavernier:

    A propos des films muets qui ne font pas de mal, je cherche depuis assez longtemps en dvd un film avec Harry Langdon titré « papa d’un jour » ainsi que « long pants » et « tramp,tramp,tramp ».
    Je suis assez déçu d’ailleurs que peu de monde s’intéresse au cinéma burlesque muet hormis Chaplin, Laurel et Hardy ou Buster Keaton…Auriez-vous donc, Mr Tavernier quelques infos concernant d’éventuels films en dvd du regretté Harry Langdon? Par avance, merci.

  6. lamarche dit :

    merci pour votre réponse sur le sujet western
    je profite du sujet (le muet) pour vous demander si vous vous souvenez d’un film très touchant où l’on voyait 2 amoureux trop pauvres pour se marier le faire en cachette derrière un pilier d’église lors d’un mariage officiel. Je cherche à retrouver ce titre depuis longtemps en vain…Personne ne sait
    Ce serait un beau cadeau pour moi si vous le connaissez.Cordialement jl

  7. Sullivan dit :

    Bonjour,
    J’ai appris de source sûre, que le coffret Epstein est toujours dans les projets de l’éditeur Potemkine. La difficulté de se mettre en phase avec la Cinémathèque entraîne en revanche un certain retard sur la sortie du coffret DVD qui devrait paraître dans le courant de l’automne 2013.

    • Sullivan dit :

      Quant au contenu DES COFFRETS Epstein chez Potemkine, l’éditeur l’imagine de la manière suivante (mêmes infos que celles annoncées par DVDClassik, avec quelques précisions de mise en forme :

      Coffret Trilogie des amours : La Glace à trois faces (1927), La Chute de la maison Usher (1928), Six et demi, onze (1928)

      Coffret breton : Mor’Vran (1930), L’Or des mers (1933), Chanson d’Ar-Mor (1935), Finis Terrae (1929), Le Tempestaire (1947)

      Coffrets longs métrages :
      Volume 1 : Les Aventures de Robert Macaire (1925), Mauprat (1926)
      Volume 2 : Le Lion des Mogols (1924), Le Double Amour (1925)

  8. Ballantrae dit :

    Cher Bertrand,
    Bon festival pour le crû 2012 et quelques messages à transmettre:
    -dites à Ken Loach combien son travail est important autant pour des raisons esthétiques que politiques et encouragez le à demeurer un « angry young man » doté d’un vrai sens de l’humour…il a compris parmi les premiers qu’on va dans le mur mais la réaction viendra un jour même si les temps sont durs
    -dites à Michael Cimino combien la cinéphilie française l’aime et combien il manque au cinéma, ajoutez que Heaven’s gate tel qu’il l’a désiré a bouleversé nombre de jeunes spectateurs qui l’ont découvert à partir de 1989
    -dites à Thierry Frémaux que même de loin ( il est difficile de venir chaque année!) les cinéphiles admirent l’admirable travail d’équipe fourni durant ce festival
    Bonnes festivités!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Et il y a eu beaucoup de grands momenbts, LA SIGNORA DI TUTI, magnfique, des Charles Brabin très interessants (SPORTING BLODD), des de Sica à revoir et à réhabiliter (UNA BREVA VACANZA), le magnifiuque LES MISÉRABLES, enfin restauré, LES MARIÉS DE L’AN 2, , l’hommage à Max Von Sydow, à Tim Roth, L’ÉPOUVANTAIL devant 4500 spectateurs, LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS restaurée, Lalo Schiffrin et Stéphane Lerougeetc

      • Ballantrae dit :

        Heureux Lyonnais!!!
        Dites bien à Michael Cimino si vous pouvez l’approcher combien nous l’aimons et espérons son retour aux affaires!
        Et pourquoi pas l’amorce d’un nouveau chp des Amis américains?Je verrais bien un volume 2 avec Clint,M Cimino et qqs autres!!!

      • Ballantrae dit :

        J’aurais adoré voir les photos de Jerry Schwatzberg en sa présence et lui dire à lui aussi combien son cinéma compte.
        Encore un grand qui n’a pu faire tout ce qu’il aurait dû faire!

  9. Michael Rawls dit :

    To Martin-Brady: Using touch of evil aspect ratio as your search parameters on yahoo.com will bring up a link to a website called « The Frame » which will in turn link you to other sites, including Dave Kehr’s where one may simultaneously watch the fantastic preview and release version opening with credits and Mancini’s rock theme and the restored version with no credits and the odd bit of source music. Stripped of the Mancini theme and credits the opening shot is like some kind of animated diorama and the uninterrupted take has a much more show offy quality. I find the whole Murch restoration completely unneccesary and walked out of the screening about 2/3s through my first exposure. As to whether it’s 1:37 or 1:85, absent the creator I don’t see how we’ll ever know. It’s a shame French home video viewers won’t be able to make their own choice of versions. You can find additional info and links on the English Wikepedia entry on TOUCH OF EVIL.

    • Martin-Brady dit :

      Merci beaucoup pour les liens, Michael, je n’ai pas tout lu mais suis un peu paumé dans cette bataille du 1:37 contre le 1:85, car je viens de relire que Nicolas Saada sur ce blog même et d’autres estimaient que TOUCH avait été tourné en 1:66 (http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-enfin-disponibles-et-classiques-francais/comment-page-1/#comment-27825)! D’où ma migraine mais je m’accroche, je m’accroche…
      En plus, j’aime bien la version avec la musique et le générique avec cette police de caractères façon « cartoon », en fait j’aime les deux versions de la première séquence.
      (au fait, je ne sais pas comment il se fait que « Universal International » n’apparaisse pas dans le style de caractères habituel et officiel, peut-être savez-vous quelquechose à ce sujet?)

  10. Nemo dit :

    bonjour M Tavernier, j’aimerais qu’on me suggère quelques conseils au sujet de Wellman. je ne pense pas encore avoir vu un seul de ses films (même « une étoile est née » ! nobody’s perfect). Wings me fait énormément envie et je pense que je vais acquérir le bd. pourriez vous ( ou les autres suiveurs du blog) me conseiller d’autres titres. en outre j’aimerais savoir si le film avec louise brooks est bon.

    merci

    • Bertrand Tavernier dit :

      A NEMO
      J’ai parlé de nombreux Wellman sur le blog. Vous devez trouver des textes sur les remarquables CONVOI DE FEMMES, LA VILLE ABANDONNÉE, STORY OF GI JOE (3 essentiels plus que le film avec Louise Brooks qui est décevant) sans parler d’AU DELA DU MISSOURI, D’AVENTURE DANS LE GRAND NORD, des films precode que l’on trouve dans deux coffrets zone 1 qui sont exceptionnels (FORBIDEN HOLLYWOOD 1, 2, 3 ce dernier entièrement consacré à Wellman. S’il vous plait regardez les anciens textes et avis des bloggers

      • Martin-Brady dit :

        de plus, si on a la tv, on peut profiter des Cinéma de Minuit à partir de dimanche prochain pour 4 Wellman des années 30: FRISCO JENNY, LILLY TURNER, STAR WITNESS et SAFE IN HELL! et pour finir le 5ème dimanche le 11 novembre: CONVOI DE FEMMES! Merci m’sieur Brion!

        • Desages André dit :

          En plus des films cités par M.Tavernier, je conseillerai quand même LES MENDIANTS DE LA VIE, avec Louise Brooks, et en plus WILD BOYS OF THE ROAD, HEROS A VENDRE, L’ETRANGE INCIDENT et THE HAPPY YEARS (dont je conserve un bon souvenir). La plupart de ces films sont trouvables en Z1 avec vost.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Desages André
          LES MENDIANTS DE LA VIE hum, hum, c’est assez banal après une belle séquence d’ouverture et des premières minutes prometteuses.
          Hors sujet, NICOLAS SAADA attire mon attention sur le fait que TOUCH OF EVIL sort en double bluray en angleterre, avec les trois montages en 1.85 et 1.33.
          Universal France ne sortira qu’une seule version du film. Le montage de walter murch. En 1.85.
          Dans l’absolu, on devrait s’en fiche. Mais qu’en France, patrie soi disant de la cinephilie, ce film puisse recevoir un tel traitement..

      • Nemo dit :

        merci pour votre réponse, effectivement je n’avais pas pensé au moteur de recherche et c’est très pratique.je viens juste de lire votre chronique sur the story of gi joe
        votre remarque au sujet de l’indigence des rééeditions en France patrie de la cinephilie, je me la suis faite aussi en regardant sur le site amazon.uk la série des masters of cinéma.
        le plus incroyable c’est que les anglo-saxons sortent des classiques français avant qu’ils soient édités en France.

      • Martin-Brady dit :

        A Bertrand Tavernier: en effet, je vois que Walter Murch a remonté TOUCH OF EVIL en 1998, est-ce la version qui supprime la musique dansante de H Mancini au début? Je l’ai vue mais me souviens pas du nom de Murch au générique. DVDbeaver ne mentionne pas Murch, l’édition dont vous parlez doit être la Masters of Cinema, UK région B, sta seulement! (comme souvent avec les éditions british). Il y a en effet 4 versions du film: la remontée/restaurée en 1:85 puis en 1:37 (1h51′), l’originale sortie en 1958 en 1:85 puis en 1:37 (1h37′), et tous les commentaires que vous voulez par acteurs ou critiques selon la version choisie! Si paraît-il, TOUCH a été filmé en 1:85, pourquoi ne pas se contenter de la seule version 1:85… Et tous ces commentaires… il y a quatre bande-son de commentaires différentes, ça fait beaucoup? Y’a de quoi s’en rendre malade?… (quoique j’aimerais bien avoir les 1:37 et 1:85 pour voir comment ils se débrouillaient pour cadrer pour les deux formats dés le tournage).
        source: http://www.dvdbeaver.com/film/DVDCompare2/touchofevil.htm

        • Phildesfr dit :

          Cette édition Masters of Cinema de Touch of Evil contient un excellent livret (comme tous leurs titres) qui saura répondre à toutes vos interrogations sur les multiples versions du film.
          Cette édition est définitive et absolument superbe (particulièrement en boîtier steelbook, très graphique, exclusif à hmv.com), contrairement à l’édition française à paraître, très incomplète.

    • Nemo dit :

      je suis en train de relire vos anciens articles et je suis entrain de me rendre compte que j’ai déjà vu au moins un film de wellman. j’ai en effet vu track of the cat, un film dur de chez dur dans un environnement qui ne l’est pas moins.

    • Martin-Brady dit :

      Je viens de découvrir FRISCO JENNY, terrible comment Wellman filme le procès! Il fait des petits mouvement de caméra (panos) très rapides qui floutent l’image entre le départ et l’arrivée, ça s’appele des « panos filés » je crois (comme chez Gordon Douglas quand il suit une flèche ou un couteau lancé), et bien, un moment entre autres il fait un pano qui part du point A en filmant le procureur de dos face au jury, la caméra s’élance vers la gauche, on distingue plus que des traits horizontaux qui filent pendant le mouvement, et là la caméra s’arrête au point B pour montrer le procureur de face, vu depuis le jury! Il n’y a pas de miroirs dans ce tribunal comme de juste! C’est complètement illogique, invraisemblable, et d’ailleurs on s’en fout, c’est emporté par la rapidité et l’efficacité. Un film de 1932! Ailleurs dans une conversation de salon entre dames, il n’y a aucun champ-contrechamp mais toujours des panos filés. Plus tard, Frisco Jenny pour prendre congé de deux hommes leur tourne le dos et tape sur son derrière! Ca doit être ça, un film « pre-code »! Je vais sûrement pas louper les autres Wellman le dimanche soir…

  11. Damien DOUSSIN dit :

    Admirable en effet THE TRAIL OF ’98 que je viens de visionner. Je suis totalement d’accord avec ce que vous en dites. Ce qui m’a aussi marqué c’est que, malgré l’humour de bon nombre de scènes, la violence n’est jamais occultée (elle sera beaucoup plus aseptisée avec le code Hays) : les visages ensanglantés, le pauvre homme dévoré par les loups dont on ne découvre plus que les os et la charpie dans la neige, l’homme brûlé vif après le combat de la fin du film. La mort de cet homme dans le froid qui vient de trahir son ami a une réelle force (on retrouvera, 30 ans plus tard, une scène similaire saisissante avec la mort d’un des bandits à la fin de LA CHEVAUCHEE DES BANNIS de De Toth).
    Clarence Brown n’hésite pas aussi à dénoncer une certaine absurdité de la ruée vers l’or qui pousse ces familles entières à en oublier parfois la valeur d’une vie (la traversée à pied d’une rivière glacée avec un intertitre mentionnant « Quelle soif de l’or peut bien pousser ces gens à en arriver là ? »). En 2007, Paul Thomas Anderson en fera aussi son propos dans THERE WILL BE BLOOD en poussant ses protagonistes jusque dans la folie pure…

  12. Ballantrae dit :

    Formidable chronique sur le muet avec le formidable Regeneration que j’ai vu deux fois dans des copies assez usées mais aussi le coffret Browning qui fait envie ( c’est par PBrion que j’ai eu accès à cette oeuvre à nulle autre pareille, aussi démesurée que la veine romanesque d’un Hugo avec ectte fascination pour la dialectique grotesque/sublime).
    Sparrows entre autres donne envie.
    Je vais revoir le Walsh d’urgence et pense me faire un petit cycle muet avec qqs films en attente de visionnage: Michael de Dreyer, le coffret Lherbier de Gaumont, La femme au corbeau de Borzage dans le coffret sorti l’an passé.
    Quant au bouquin sur Renoir, il semble passionnant.Déjà que j’avais aimé le boulot de Cl J Philippe chez Grasset, qu’en sera t’il de cettte bio vraisemblablement innovante?
    at bien sûr , saluons encore une fois le remarquable ouvrage de K Bronwnlow chez Actes Sud, IN-DIS-PEN-SA-BLE!!!!

    • Ballantrae dit :

      Et j’oublie le génial Wings où Wellman donne déjà toute l’étendue de son talent…j’aimearais le revoir parallèlement au sous estimé Lafayette escadrille.

    • Martin-Brady dit :

      Pour REGENERATION, j’ai suivi votre conseil: complètement stupéfait par la description des taudis au début du film. Je ne savais pas qu’on pouvait aller si loin en 1915! Sûr que tourné dans les années 40, la peinture eût été beaucoup plus « soft »! Ce seau utilisé pour le remplir de bière tirée au bistrot et dans lequel on boit directement! L’alcoolisme des mâles qui s’endorment assis, le gamin orphelin qui est recueilli sans aucune ostentation de charité mais par intérêt, qui prend une gifle de linge sale et mouillé en pleine figure cinq minutes après son entrée dans son nouveau foyer! Je regrette l’histoire d’amour improbable mais plein de seconds rôles formidables comme William Sheer en second âme damnée du héros.

  13. Desages André dit :

    Dans le cadre du cinéma muet, je signale aussi la sortie en Zone 1 chez criterion de LONESOME (Solitude, 1928), de Paul Fejos, magnifique film dont je garde un excellent souvenir. Par ailleurs, en octobre sortira en Zone 2, chez Gaumont, LE BLED de Jean Renoir et FINIS TERRAE de Jean Epstein; puis en novembre un coffret consacré à trois films muets de Raymond Bernard (Le Miracle des Loups, Le Joueurs d’Echecs et Tarakanova); enfin, chez Grapevine, en Zone 1, The County Fair, co-dirigé par Maurice Tourneur, et THE STOLEN RANCH, un western muet de William Wyler. Enfin, sans lien avec le cinéma muet, j’ai vu THE FALLEN IDOL de Carol Reed est enfin sorti en zone 2, le film avait l’objet d’un post de M.Tavernier il y a quelques temps.

    • jean-charles freycon dit :

      À Desages André : D’où tenez-vous l’info pour FINIS TERRAE d’Epstein en octobre? Il me semblait qu’il devait être présent dans le coffret Epstein sans cesse repoussé et aux dernières nouvelles annoncé vaguement pour 2013 que POTEMKINE est censé nous mitonner. (Je le désire tellement que je crains la grosse désillusion, de l’ampleur de l’abandon du Projet Ulmer par Carlotta…)

      • Ballantrae dit :

        Ah je compte bien sur Potemkine pour sortir ce coffret depuis le temps que je rêve de revoir et découvrir Epstein dans de bonnes conditions.La chute de la maison Usher compte parmi mes plus grands chocs cinématographiques et Finis terrae, La glace à trois faces sont superbes.J’ose espérer que ce coffret ne jouera pas les arlésiennes!!!
        Je reviendrai sur Lherbier parfois sous estimé en détaillant mes impressions sur L’argent, L’inhumaine et L’homme du large.

      • Desages André dit :

        le site dvdfr.com annonce que Gaumont (la collection rouge) le sort en octobre…

      • Sullivan dit :

        A Jean-Charles Freycon : Sur le site de Gaumont, ligne du haut, Finis Terrae est prévu pour le 10 octobre :

        http://boutique.gaumont.fr/fr/theme_5_Gaumont_3343_DVD.php

        • jean-charles freycon dit :

          À Sullivan et Desages : Merci pour l’info. C’est à ce moment qu’on aimerait avoir confirmation ou infirmation pour le coffret Potemkine… Si Gaumont les sort un par un…

        • Ballantrae dit :

          J’avais crû comprendre que Potemkine avait bien avancé pour la recherche de matériaux en boni d’où mon doute quant à leur renoncement: l’idée des 2 coffrets très complets avait été annoncée début 2012 et je crois me souvenir de retards pour les coffrets Tarkovski et Angelopoulos.
          Soyons confiants, cher Jean Charles, et de ttes façons s’il faut compter sur Gaumont ce ne sera pas la même offre complète.
          Chez Seghers on peut (a pu) trouver les écrits d’Epstein qui portent une pensée du cinéma sidérante d’inventivité mais j’en ai déjà parlé à de nombreuses reprises: pour patienter,jetez y un coup d’oeil!
          L’avant garde française a été injustement attaquée par les Surréalistes qu’il s’agisse de Germaine Dullac, Lherbier, Gance ou Epstein.Le plus souvent l’argument retenu était le côté ostentatoirement artistique de ces travaux auquels étaient préférés des films plus « purs » d’arrière pensées tels ceux de Chaplin, Keaton,Hawks ou ( là on croit rêver) Eisentein ou Poudovkine.
          La raison implicite était le fait que ces auteurs esquissaient l’équivalence cinéma des recherches littéraires du groupe et n’oublions jamais le dogmatisme d’un Breton qui interdisait à ses amis l’écriture du roman,injonction à laquelle ils n’obéirent pas heureusement!!!
          Je pense qu’il faut absolument découvrir et faire découvrir ce pan de l’histoire de notre cinéma et militer pour que paraissent des éditions françaises ( c’est la moindre des choses) de Napoléon, La roue, La chute de la maison Usher,La coquille et le clergyman…

        • jean-charles freycon dit :

          À Ballantrae : Patientons, donc… Mais nous mettre FINIS TERRAE comme ça sous le nez, quand même… alors qu’il devrait faire partie de l’hypothétique coffret Potemkine… Bref… Bien d’accord avec vous : Il est grand temps de déterrer nos héros du muet… Si le résultat pouvait être aussi fabuleux, d’un point de vue technique, que la copie de WINGS en BR… Mais ne rêvons pas trop…

    • demachy dit :

      Attention à THE COUNTY FAIR, auquel le nom de Maurice Tourneur est associé car il l’aurait supervisé, mais qui est en fait réalisé par Edmund Mortimer et est un film bien médiocre. Rien à voir avec les qualités des quelques films muets de Tourneur qui sont accessibles…
      Et saluons la prochaine sortie chez Gaumont d’un coffret regroupant les trois derniers films muets de Raymond Bernard : le magnifique JOUEUR D’ECHECS (déjà disponible en Angleterre et aux Etats-Unis grâce à Lenny Borger et Kevin Brownlow, et diffusé sur Arte), mais aussi le fameux MIRACLE DES LOUPS (1924) (espérons qu’il sera accompagné de la partition originale de Henri Rabaud) et le fort rare TARAKANOVA (inférieur aux deux autres mais offrant certaines qualités plastiques – la photo est de Jules Kruger).

  14. Agnès dit :

    Bonjour Mr Tavernier
    Vous avez parlé il y a quelques temps de la parution prochaine d’une biographie consacrée à J Renoir dont l’auteur est P Mérigeau et j’aimerai beaucoup avoir votre avis sur ce livre
    Bien à vous

    • Bertrand Tavernier dit :

      A AGNES
      Disons-le simplement, le Renoir de Pascal Mérigeau est sinon la meilleure biographie critique écrite sur un cinéaste, du moins l’une des deux ou trois meilleures. Qui évite tous les pièges de certains ouvrages américains qui sacrifient l’esthétique des films, leur force artistique, bref l’analyse critique à des détails biographiques, des ragots intimes le plus souvent haineux et rances. Welles ou Losey ont été les victimes de ces approches. Rien de tel ici. Les analyses de Mérigeau sont concises, denses, passionnées. Il débusque des touches, des inventions typiquement renoiriennes dans un film de commande (comme cet Amazing Mrs Holliday signé Bruce Manning, avec Deanna Durbin où, révélation stupéfiante, l’on découvre pour la première fois que Renoir a tourné quarante-sept jours sur les quarante-neuf du plan de travail initial), évoque merveilleusement les beautés de La Règle du jeu, de La Partie de campagne. Bref, il parle de la mise en scène, du style souvent génial, innovant du cinéaste.

      Il évoque aussi les conditions de tournage souvent ahurissantes qui déterminent des choix artistiques, expliquent le ratage de Vivre Libre, La Femme sur la plage, de nombreuses séquences de Madame Bovary, les incertitudes du Carrosse d’or. Les chapitres sur Une Partie de campagne, La grande Illusion, Le Fleuve nous révèlent des faits surprenants. C’est que Pascal Mérigeau n’est pas soumis à une vision auteuriste. Il bouscule la doxa, réfute un très grand nombre d’interprétations, met à mal bien des légendes, des mensonges créés par Renoir et colportées par d’aveugles thuriféraires. Non, Renoir ne fut pas un adepte systématique du décor naturel. Il adorait le studio. Les séquences soi disant improvisées figurent intégralement dans les scénarios, les mouvements d’appareil « inventés sur le plateau » – par exemple dans Le Crime de monsieur Lange – sont décrits dans le premier découpage. On découvre la part prise par Paul Fejos au montage de La Chienne, l’incapacité de Renoir à s’adapter aux studios américains et ce, parfois, à bon escient. Mérigeau ne cache pas la part d’ombre ni les zones noires : la manière qu’a Renoir d’éliminer ses collaborateurs, ses co-scénaristes, au fur et à mesure des interviews, des versions de ses mémoires (cf le traitement de Carl Einstein pendant Toni), ses prises de position politiques honteuses en 1940, les propos teintés d’antisémitisme, son soutien à Mussolini. Mais il conserve sinon une sympathie (il est difficile d’approuver le traitement de Becker par Renoir, son opportunisme politique, son égoïsme), du moins une empathie chaleureuse. On comprend, sans les excuser, certaines prises de position. « Renoir, c’est le traitre intégral » dit Charles Spaak qui ajoute : « Mais quoiqu’il fasse, on ne peut pas lui en vouloir ». Au passage, il réfute les accusations d’antisémitisme portées contre La grande Illusion (et cite une attaque inouïe et abjecte de Céline) comme le soi-disant message pacifiste. Mérigeau, sévère à juste titre pour certains ratages (ses pages sur le fiasco d’Elena et les hommes mettent à mal les délires qu’on a pu lire sur le film), donne terriblement envie de revoir bien des œuvres à commencer par le Déjeuner sur l’herbe, en tout cas sur les extérieurs dont il vante la splendeur. On découvre aussi avec stupéfaction à quel point les thuriféraires de Renoir qui glosaient sur Le Testament du docteur Cordelier, ont totalement ignoré les remarquables Carnets du Capitaine Georges, livre incroyablement passé sous silence par la presse. Et j’ai été très touché par le récit des dernières années, entre deux femmes castratrices et terriblement réactionnaires, qui expurgent ses souvenirs, censurent son livre de Mémoires, l’empêchent d’écrire un recueil de lettres et fabriquent une légende. Il nous donne à voir et à comprendre et d’une certaine manière écrit un livre qui regarde l’homme et ses films comme ce dernier regardait, dans ses chefs d’œuvres, ses personnages, un livre qui montre les raisons de chacun et toutes celles du cinéaste même si certaines ne sont pas glorieuses.
      Bertrand Tavernier

      • Martin-Brady dit :

        Merci pour cette véritable critique fouillée, je viens de commander le bouquin et l’avais noté dés que vous en aviez parlé ici, je me souviens de la discussion que nous avions eue dans le blog à propos du possible anti-sémitisme (ou pas), je vais garder ce commentaire pour le relire après la lecture!
        En ce qui concerne Mérigeau, ça me donne envie de me replonger dans son Mankiewicz.

      • Martin-Brady dit :

        En ce qui concerne « Les carnets du capitaine Georges », les seules fois où j’en ai entendu parler c’est à plein de reprises par Claude-Jean Philippe, avec enthousiasme, dans son émission de France Culture « le cinéma des cinéastes ».

      • Agnès dit :

        Je vous remercie infiniment pour cette analyse inestimable qui enlève les petits doutes que j’aurai pu avoir quant à la découverte de cette biographie . A chaque fois que j’ai suivi vos conseils ,je n’ai JAMAIS été déçue !
        Encore merci
        Très cordialement

      • maxou37 dit :

        Avec ça, on ne peut que vouloir que se précipiter sur cet ouvrage de reference.

        sur la Grande illusion, une petite ancedote : l’uniforme que porte Gabin est celui de Renoir qui était aviateur pendant 14-18.

  15. Tag Gallagher wrote an interesting piece about Raoul Walsh’s POV shots, comparing his editing style with Griffith’s:
    http://sensesofcinema.com/2002/great-directors/walsh/

  16. Stéphane Alurencin dit :

    Bonjour,
    je me permets de passer par ce blog pour vous contacter même si cela ne concerne pas les DVDs.
    je me présente je suis Stéphane Laurencin, coordinateur de « un poing c’est court », le festival du film court francophone de Vaulx en Velin (69). La prochaine édition aura lieu du 12 au 19 janvier 2013, et je voulais savoir si vous êtiez intéressé et disponible pour la soirée d’ouverture du festival qui prend la forme d’une carte blanche. Vous seriez l’invité d’honneur de cette édition. On pourrait envisager également des rencontres avec un public scolaire. Si la proposition intéresse, sous quelles conditions vous pourriez être présent sur cet évènement. Évidemment, tous les autres frais sont à notre charge. Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
    Dans l’attente de votre réponse
    Cordialement

  17. Damien DOUSSIN dit :

    Merci pour cette chronique sur le cinéma muet. Conseillons aussi une fois de plus la lecture de LA PARADE EST PASSEE de Kevin BROWNLOW édité chez Actes Sud/Institut Lumière.

    Dans la collection Archive Warner, on trouve aussi nombre de films muets qui semblent intéressants :
    – NOAH’S ARK et TIDE OF EMPIRE d’Allan Dwan
    – THE PATSY, LA BOHEME, WILD ORANGES de King Vidor
    – THE BOOB de William Wellman
    – WHITE SHADOWS IN THE SOUTH SEAS et THE PAGAN de Van Dyke (la photo et les copies sont sublimes).
    – THE UNHOLY TREE, WHERE EAST is EAST , WEST OF ZANZIBAR, THE BLACK BIRD de Tod BROWNING avec Chaney.
    – le premier SEA HAWK de Frank Lloyd qui a aussi bonne réputation.
    – Le DON JUAN d’Alan Crosland avec J. Barrymore.

    Avez-vous pu revoir certains de ces titres ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien Doussin
      Oui pour les Vidor
      Je vais revoir les Van Dyke
      Je connais le Don Juan qui est assez theatral

      • Ballantrae dit :

        De Vidor, j’aimerais voir enfin Our daily bread et posséder The crowd autrement que via une copie enregistrée, dans un bel écrin DVD ou BR avec boni nbx!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          THE CROWD est incompréhensiblement absent des catalogues tout comme THE WIND. C’est pour cela que je ne les ai pas chroniqués

        • Ballantrae dit :

          Le Sjostrom est pourtant une perle tout comme Larmes de clown et mériterait que Carlotta le traite comme cette maison le fit avec Sunrise ou City girl.Quelle période!!!

  18. MAXOU37 dit :

    Bonjour monsieur Tavernier : je suis content de vous retrouver et espère que vous avez passé de bonnes vacances.
    Puisque vous citez WINGS de Wellman, je suggère la lecture de GO GET’EM qu’il a écrit après la 1ère Guerre mondiale et qui narre son expérience au sein de l’escadrille 87 au sein du Lafayette Flying Corps : Wellman était pilote pendant le 1er conflit mondial (et même titulaire de la Croix de Guerre). On comprend donc mieux pourquoi il a réalisé plusieurs films qui tournent autour de l’aviation (son dernier s’appelle d’ailleur Lafayette Escadrille).

  19. Yann Gatepin dit :

    A noter d’ailleurs que le fameux SPARROWS de Beaudine est édité en Novembre dans ce coffret (Milestone-Z1) consacré à Mary Pickford.
    http://ecx.images-amazon.com/images/I/51s0%2B9RH1GL._SL500_AA300_.jpg

    Un coffret qui comprend également THE POOR LITTLE RICH GIRL de Tourneur (1917), THE HOODLUM de S.Franklin ainsi que le court RAMONA de D.W.Griffith.

  20. richpryor dit :

    Le Browning avec Fairbanks aurait pu être excellent vu votre résumé (c’est digne de X The Unknown). Dommage que, à vous croire, rien n’en ait été fait.
    Quant à Regeneration je meurs d’envie de le voir grâce à vos commentaires. Votre enthousiasme est très communicatif.
    Le film que vous m’avez le plus donné envie de voir avec 50 ans était Mandingo de Fleischer que je recherche toujours, est-il édité en France?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Richpryor
      MANDINGO est assez difficile à trouver. Je ne l’ai pas cherché récemment. Il faut absolument voir REGENERATION

      • Pierre dit :

        Mandingo existe en zone 2 en version anglais/espagnol. Je ne crois pas qu’il y ait des sous-titres quelconques (comme la zone 1 en fait). Sachez toutefois qu’il existe en Blu Ray en Zone A et B (compatible avec nos lecteurs), mais là encore sans sous-titre.

      • jean-charles freycon dit :

        À propos de REGENERATION, la copie est-elle bien? (J’en ai une assez piteuse dans mon souvenir même si je garde un grand souvenir du film, dans la collection « Ciné-club Hollywood »…) Autrement, toujours à propos de films américains muets, vous êtes-vous procuré le coffret « American silent horror collection » chez KINO? On y trouve enfin une bonne copie de THE PENALTY. Les deux Paul Leny, THE CAT AND THE CANARY et L’HOMME QUI RIT, sont également formidables et très bien édités.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A jean-charles freycon
          La copie américaine de REGENERATION est la meilleure que j’ai vu. Il y a une ou deux parties endommagées mais l’ensemble est de très bonne qualité comme les dvd IMAGE et MILESTONE. La copie de L’HOMME QUI RIT chez Kino est magnifique et le film sidérant

        • jean-charles freycon dit :

          À BT : Merci. Je passe commande illico, pour le Walsh. (Et oui, sidérant, je suis bien d’accord, L’HOMME QUI RIT.)

      • Thedabara dit :

        Pour info : Mandingo existe bien en DVD zone 1 et même en blu-ray (édité par Legend)…

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