Un Bal des Pompiers passionnant

8 juin 2017 par - DVD

FILMS FRANÇAIS

Une découverte majeure. Durant ce VOYAGE DANS LE CINÉMA FRANÇAIS, j’ai dépisté des pépites comme POLICE JUDICIAIRE de Maurice de Canonge. Et maintenant ce BAL DES POMPIERS (1949) au titre si peu prometteur de Berthomieu, cinéaste totalement méprisé. Eh bien, c’est une oeuvre passionnante sociologiquement, historiquement et même cinématographiquement dont je suis redevable à Jean Olle Laprune.

Tirée d’une pièce de Jean Nohain que j’aimerais lire (ses dialogues sont souvent percutants), il s’agit d’un film qui se passe sous l’Occupation et à la Libération. Claude Dauphin, formidable dans un triple rôle, brosse le portrait d’un de ces artistes qui ont, disons, « accepté » la situation. Il évoque en plus efféminé Guitry et d’autres et certaines de ses réparties sont hilarantes. Quand il déclare : « Et je lui ai dit [à un auteur allemand] que son Führer était un criminel imbécile. Hein, je lui ai dit, Pamela ? » Pamela : « Peut-être pas exactement dans ces termes. » Son adjoint Fatafia, magistral Henri Crémieux, qui se colle un uniforme le jour de la Libération est croquignolet (il faut le voir lui rappeler : « le mur, le mur » quand il téléphone à un Allemand) et il y a mille détails amusants, pittoresques et pas trop racoleurs comme cette tirade cinglante de Camille Grégeois à un profiteur, collabo notoire, personnage bien écrit et incarné à la perfection par Robert Arnoux. La mise en scène de Berthomieu est bonhomme et bienveillante. Ces deux films sont disponibles sur le site de René Château, « la mémoire du cinéma » ce qui dans ce cas n’est pas un titre usurpé.

AMOURS, DÉLICES ET ORGUES (le titre regroupe les trois mots qui sont masculins au singulier et féminins au pluriel) est nettement moins bon que le scénario d’origine, soit de Julien Duvivier. On y entend de jolies chansons mais les péripéties sont convenues, pas très drôles et le résultat conventionnel.

Dans LE ROUGE EST MIS, ce qu’il y a de plus réussi, ce sont ces paysages, ces décors de banlieue avec leurs ruelles, leurs pavillons. Ces bistrots populaires que sait bien filmer Grangier. Il y a aussi une scène d’une violence assez rare dans les films de Gabin, mais je trouve le scénario moins original que ceux du SANG À LA TÊTE, du DÉSORDRE ET LA NUIT, voire de AU PETIT ZOUAVE.

    

LA TRAVERSÉE DE LA LOIRE fait parti des films de Jean Gourguet, cinéaste qui longtemps fit figure de repoussoir, qui viennent de ressortir. Je n’ai pas encore vu LES FAUSSES PUDEURS, LES PREMIERS OUTRAGES (dans les bonus on trouve parmi ses défenseurs Mocky et Vecchiali) ou MATERNITÉ CLANDESTINE mais LE PASSAGE DE LA LOIRE est visible. En fait, il s’agit d’une version minimaliste et bricolée du film de Christian Carion, EN MAI FAIS CE QU’IL TE PLAIT : l’exode se réduit à quelques stock shots et l’essentiel de l’action se déroule dans une cour de ferme et l’intérieur de cette ferme et se centre autour d’une dizaine de personnages avec très peu de figurants. Rellys joue un salopard minable et Henri Vibert est plutôt rigolo en homme d’affaire pingre, mesquin, égoïste. Cela se laisse voir. En complément, un petit film muet assez joli, L’EFFET D’UN RAYON DE SOLEIL. En 1955, Gourguet acheta l’Escurial qu’il fit vivre jusqu’à sa mort et cela le rend très sympathique.

LES MALHEURS DE SOPHIE de Jacqueline Audry (1945) est encore une découverte intéressante. C’est une relecture très partielle et progressiste de la Comtesse de Ségur, prenant le parti de Sophie malgré ses erreurs contre sa gouvernante stricte et respectueuse de l’ordre (Marguerite Moreno) mais le film bifurque vite, montre Sophie adulte et Paul s’engage sur les barricades pour défendre la République contre le futur Napoléon III. On y cite Beaudin et Alerme brosse un préfet très réjouissant qui inspire Pierre Laroche (« la poussière ennoblit l’ouvrier mais salit les préfets »). On parle de mariage forcé où la jeune femme n’a rien à dire. Le film chez Pathé mérite une réhabilitation. Il est féministe et anarchiste.

Dans la nouvelle série des Gaumont, je retiens d’abord le très émouvant film de Jacques Rouffio qui marquait ses débuts, L’HORIZON, sur la guerre de 14. Ou plutôt sur la vision de la guerre qu’avaient les civils qui vivaient loin du front et qui ne reçoivent pas si bien que cela un jeune soldat blessé qui vient achever sa convalescence dans sa famille. Le scénario de Georges Conchon qui fut un complice idéal pour Rouffio est à la fois complexe et tendre, proche des personnages, notamment cette jeune femme libre, révoltée et fière qu’incarne Macha Meril. Elle veut pousser le jeune soldat (magnifique Jacques Perrin) à déserter. J’adore ce film.

Est-ce qu’il y aura des courageux qui vont se risquer à regarder LA BIGORNE CAPORAL DE FRANCE  de Robert Darene ? François Perier m’avait raconté quelques anecdotes fastueuses sur le tournage à Madagascar, Darene réussissant à tourner dans toutes les colonies françaises.

  

Il est bon de revoir GENERAL IDI AMIN DADA de Barbet Schroeder qui ouvre de manière spectaculaire sa trilogie du mal
Et de se ruer sur l’intégrale Rohmer, sortie par Potemkine

ILLUSTRE & INCONNU – COMMENT JACQUES JAUJARD A SAUVÉ LE LOUVRE 
Je conseille à tous ce documentaire passionnant chez Doriane Films. D’abord parce que c’est sur des hommes qui ont résisté et protégé un patrimoine culturel dans des circonstances épouvantables, entre 40 et 45 et que cela fait du bien. On devrait saluer plus souvent Jacques Jaujard et le donner en exemple surtout à l’heure actuelle. Et aussi parce qu’on y voit Frédérique Hebrard, co-auteur de feuilletons célèbres. J’ignorais qu’elle avait été chargée de veiller sur ces collections entreposées dans sa région. On y parle aussi de l’action formidable que mena une actrice, Jeanne Boitel, que l’on voit dans mon VOYAGE. Elle avait été choisie par Gréville pour REMOUS et j’ignorais ses actions de Résistance où elle s’appelait Mozart. Ce qui est dit dans ce film devrait inspirer certaines de nos actions. Cela montre que des responsables politiques comme Painlevé savaient choisir des collaborateurs de choix qui avaient une haute idée de leurs responsabilités.

Le DVD contient un bonus de choix : un film sur Rose Valland, dont l’action, le courage, la personnalité restent exceptionnels. Elle surveilla le Musée du Jeu de Paume et, à l’insu des Allemands et de ses chefs (mais pas de Jaujard), nota tous les vols de tableaux, toutes les spoliations et ses notes permirent de récupérer 60 000 œuvres d’art. On refusa de les consulter quand il s’agit de rendre une partie des œuvres à leurs propriétaires juifs. Elle partage avec Jaujard l’ingratitude du gouvernement français et Malraux a traité comme de la merde ces personnes qui ont sauvé le patrimoine national pillé par les nazis.

Les deux vies feraient de superbes sujets de mini-séries, avec de vrais héros complexes et des péripéties incroyables et les Amerloques ont déjà utilisé deux fois le personnage de Rose Valland. THE TRAIN où elle était jouée par Suzanne Flon faisait l’impasse sur la spoliation des juifs et MONUMENTS MEN de Clooney était parait-il décevant. Mais rien n’a jamais été fait du côté français.

FILMS ANGLAIS

FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED est un des meilleurs Terence Fisher et la première moitié, notamment, compte parmi ce qu’il a fait de mieux en termes de découpage, de mise en scène, d’utilisation du décor. Il bénéficie d’un scénario assez moderne de Bert Batt, bien écrit. Mais dans le dernier tiers, le producteur insista pour ajouter une séquence qui détonne. On y voit le docteur qui va séduire et violer Veronica Carlson. Fisher et Cushing était contre cette péripétie et l’acteur fit même des excuses et écrivit à des fans indignés. La fin, très noire, heureusement rattrape cette bévue.

  

LES IMPOSTEURS/THE OBJECT OF BEAUTY est une jolie comédie romantique écrite et réalisée par Michael Lindsay Hoog. John Malkovich et Andie MacDowell qui a rarement été plus séduisante et aussi déshabillée, vivent dans un hôtel luxueux bien au dessus de leurs moyens. Les combines que trouve Malkovich finissent par s’épuiser et il va concevoir un plan machiavélique. Avec une sculpture de Henry Moore. Mais la femme de chambre sourde et muette qui s’occupe de leur suite va bouleverser ces plans Le ton est cynique, amoral, avec des retournements surprenants et un dialogue très caustique. A découvrir.

KEN HUGHES
THE SMALL WORLD OF SAMMY LEE est un petit film noir tourné en grande partie dans Soho, écrit et dirigé par Ken Hughes. Il vient d’être restauré et l’on sent dès les premiers plans qu’on a affaire à un vrai metteur en scène qui se pose des questions sur l’utilisation de l’espace, du décor. Sammy Lee, propriétaire d’un club (comprenez une boite de striptease) doit beaucoup d’argent à un redoutable mafieux et il va se lancer dans une série frénétique de combines pour régler cette dette, empruntant ici, promettant ailleurs. C’est la version prolétaire du film précédent et Hughes sait imposer une atmosphère, croque un personnage.

Du coup, j’ai jeté un œil sur certaines des séries B qu’il tournait (souvent en même temps que John Guillermin et ils faisaient un concours à qui filmerait les meilleures arrivées de bagnole sur la caméra). TIMESLIP et LITTLE RED MONKEY sont divertissants : rythme nerveux, utilisation des amorces pour dramatiser les cadrages, plans recherchés. Le premier possède des éléments de science-fiction qui lui ont donné une réputation. Le second fait partie de la veine anti-rouge avec des traîtres assez caricaturaux.

  

CROMWELL est une œuvre autrement plus ambitieuse. Il y a très peu de film sur Cromwell, personnage complexe et trouble et sur cette époque chaotique. Hughes, qui écrivit le scénario, mit plusieurs années à l’imposer. On est frappé par la beauté des extérieurs, des costumes, de la photo de Geoffrey Unsworth. On trouve ici et là quelques séquences assez fortes et bien mises en scènes. Mais on a l’impression que la vision du cinéaste est comme rétrécie par ces mêmes qualités qui lui faisaient sauver des séries B. Le goût de l’efficacité l’amène à simplifier outrageusement, faisant passer Cromwell pour un émancipateur du peuple mais oubliant au passage le bain de sang qu’il provoqua en Irlande et d’autres massacres. Et son goût du pouvoir. On passe aussi sous silence la manière très progressiste dont il forma son armée, en payant les soldats pour qu’ils ne pillent pas, en favorisant la promotion au mérite et non pas à l’argent. Le conflit qui l’opposa au Roi est aussi trop binaire. Il faut dire que Richard Harris est desservi par le scénario et reste la plupart du temps dans la même couleur. Il passe son temps à crier.

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Commentaires (602)

 

  1. ballantrae dit :

    J’ai commandé L’horizon de Rouffio qui sort en DVD le 29/11 chez Gaumont.
    Dire qu’il me tarde de découvrir le film qu’accompagne la chanson Elisa de Gainsbourg (l’une de mes 4 préférées) est un faible mot!
    Au fait Bertrand avez vous pu voir l’adaptation de Au revoir, là haut de Dupontel?
    Je vais le faire cette semaine mais avec l’appréhension de celui qui aime beaucoup P Lemaître (et pas que pour cet opus là!) mais Dupontel est une figure du cinéma français que j’aime beaucoup, doté d’un univers et d’envies de cinéma tellement riches qu’il emporte souvent le morceau que ce soit en tant qu’acteur (formidable dans La maladie de Sachs aussi bien que dans Enfermés dehors ou encore dans Un long dimanche de fiançailles ou encore chez Blier).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      On n’entend pas la chanson dans le film, Gainsbourg l’ayant écrite deux ou trois ans plus tard ce qui désolait Rouffio. J’ai vu le Dupontel qui est assez passionnant dans un style proche de Jeunet qu’on peut discuter et trouver trop voyant (beaucoup de plans sont des tours de force et la caméra virevolte sans cesse).Mais dans ce registre, c’est réussi et Le premier plan est inouï et l propos reste fort et l’interprétation de Dupontel à Melanie Thierry en passant par Laffitte et Niels Arestrup magistrale
      Chez Gaumont je conseille vraiment OUVERT CONTRE X qui est une petite réussite jubilatoire. Le propos réaliste doit sans doute au scénario de René Floriot (le personnage d’avocat que joue Debucourt et bien écrit et il représente l’une des conscience du film). On regrette qu’Yves Deniaud n’ait pas plus souvent joué de rôles de cette force car il est parfait et on peut y voir une première version de Columbo. Seule petite faiblesse, Elina Labourdette actrice limitée, trop âgée pour le role. Tous les autres de Dalban à Marthe Mercadier sont parfaits

  2. MB dit :

    à Bertrand: suite à votre remarque sur la musique non mélodique j’ai eu envie de revoir PLUS DURE SERA LA CHUTE de Robson, et j’ai été ravi. C’est vraiment un film noir à la hauteur des + grands, BAS LES MASQUES, ASPHALT JUNGLE. Opposer Steiger à Bogart est génial: deux acteurs avec des visions opposées, l’Actor’s Studio contre le naturel sobre type Cooper de la génération précédente. Ce film a-t’il été écrit par Philip Yordan? on saura jamais je suppose (je suis en train de lire son entretien dans Backstory 2 mais pas fini…) Yordan l’a produit et le scénar le montage sont tirés au cordeau, rarement vu autant d’absence de relâchement dans le déroulé et pourtant on y est habitué par la grande tradition américaine du respect de l’intrigue.
    Pour Steiger, il faut noter qu’il est capable de balancer des répliques d’une bonne dizaine de secondes sans reprendre son souffle et pas en chuchotant! J’ai essayé!
    J’en profite pour vous signaler pardon si vous avez corrigé depuis, que page 647 de Amis Américains c’est Nehemiah Persoff et pas Steiger face à Bogart.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Après enquête, il semble que Budd Schulberg avait écrit un scénario en 1947 quand la RKO avait acheté le livre. Le film devait être réalisé par Dmytryck. La RKO laisse tomber vu le climat politique et des années après Columbia rachète le tout, probablement aussi le scénario. Mais Schulberg était au plus mal avec Harry Cohn. En tout cas, c’était un passionné et un grand connaisseur de boxe et j’ai envie de lui attribuer le script assez proche de son roman. Le film est très bon et du coup mais c’est pour la prochaine chronique, j’ai revu TRIAL qui est passionnant en dehors des dix dernières minutes conventionnelles et lénifiantes

      • MB dit :

        PLUS DURE/ donc Schulberg ne pouvait pas officiellement signer, trop « rouge » pour Cohn, et ça s’est arrangé entre Schulberg et Yordan qui produisait… ceci dit Schulberg est au générique pour le roman. Les acteurs au moindre rôle secondaire sont formidables: Persoff, JJ Walcott, le boxeur noir qui dit qu’il priera pour le mort sur le ring (Dundee), Steiger avec mépris: « c’est ça très bonne idée prie pour lui, George! », plus tard devant les journalistes, Steiger: « Et je suis sûr, gentlemen, que Dieu garde une place près de lui pour nôtre cher Dundee! ».
        Il faut que je voie TRIAL. Merci beaucoup pour les précisions passionnantes.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a MB
          Je crois que c’est un problème non lié à la liste noire (Schulberg avait dénoncé) mais aux mauvais rapport entre le père de BS et Cohn lequel a accepté de distribuer SUR LES QUAIS

        • MB dit :

          PLUS DURE/à Bertrand: en fait je n’étais pas sûr de moi en parlant de Liste noire, je me disais « il me corrigera », BS a dénoncé en effet et il a écrit SUR LES QUAIS de Kazan qui lui-même… etc.

    • Alexandre Angel dit :

      A MB,
      « Opposer Steiger à Bogart est génial: deux acteurs avec des visions opposées, l’Actor’s Studio contre le naturel sobre type Cooper de la génération précédente. »
      Ils se sont tellement dit la même chose que vous que Steiger s’oppose carrément à Gary Cooper dans THE COURT MARTIAL OF BILLY MITCHELL, du Sieur Preminger.

  3. Yves Rouxel dit :

    Dans lignée du Parrain de Francis ford coppola »Don Angelo est mort »est un film de Richard Fleisher.C’est encore une production d’Hal Wallis sur une musique de Jerry Goldsmith et un scénario de Marvin H.Albert.Y à t-il un blogueur qui à vu ce film?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Plusieurs personnes l’ont longuement évoqué sur ce blog

      • Alexandre Angel dit :

        A Yves Rouxel
        Si j’ai tort, tant mieux, et je le réessaierai peut -être dans de bonnes conditions, mais c’est un film que je trouve décevant (scénario faible, réalisation un peu étriquée). Mais il y a des amateurs…

      • Yves Rouxel dit :

        Effectivement le scénario est faiblard et on ne retrouve absolument la patte nerveuse chère à Fleisher.On pense au Parrain de Coppola puis Anthony Quinn dans ce role est complétement éteint.Il ne dégage aucune émotions.Je n’achèterais pas ce dvd.

        • MB dit :

          on dirait que Quinn s’est complètement désintéressé du film, mais il reste Anthony Quinn. Peut-être que si ce film n’était pas signé Fleischer on le jugerait moins sévèrement.

    • MB dit :

      et je l’avais trouvé très honnête quand d’autres étaient très sévères. Je trouve un bon film. Et Anthony Quinn et Al Lettieri sont des atouts!

    • MB dit :

      à Rouxel: il faudrait laisser les commentaires qui démarrent un sujet sur la tte nouvelle page du blog, non?

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Yves ROUXEL : THE DON IS DEAD (Don Angela est mort) est sorti ou va sortir je crois prochainement en vidéo. J’ai très envie de le découvrir.

  4. Henri Patta dit :

    A propos de film de guerre , quelqu ‘un a t-il vu le film de 1943 de Billy Wilder: LES CINQ SECRETS DU DESERT ? Avec entre autres Eric Von stroheim dans le role de rommel.
    Ce film m ‘intrigue au plus haut point.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A HenriPatta
      J’en ai deja parlé ici je crois. Ce n’est pas un film de guerre plutôt d’espionnage avec des aperçus lucides sur ce qui se passe en Frances, des répliques hilarantes (Rommel qui exige que quand il entrera dans Alexandrie, il voie AIDA moins le dernier acte qui est trop long ou l’Italien à qui les Allemands ont ont volé sa brosse à dents depuis Benghazi qui lance : « une nation qui rote ne peut pas comprendre une nation qui chante »

      • Yves Rouxel dit :

        Je conseille à tous de voir les œuvres de Michael Anderson dont « La lame nue »qui fut le dernier film de Gary Cooper produit par le père de Marlon Brando.Le film au scénario bien ficelé flirte entre le thriller et le film à suspence avec un rebondissement final réussit.Deborah Kerr éclaire de sa beauté face à un Gary Cooper déjà malade sur le tournage(on aperçoit que ses gestes sont lent et son jeu à totalement changer avec la maladie).Je n’ai jamais vu le précedent film qu’il à tourner avec Anderson.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il ne faut pas exagérer. Anderson a signé beaucoup de films plats ou indifférents (Son TOUR DU MONDE EN 80 JOURS est une purge), quelques oeuvres plus ambitieuses (une version de 1984 que je ne connais pas, THE QUILLER MEMORANDUM écrit par Pinter, LOGAN’S RUN que je n’ai pas revu). THE DAM BUSTERS est totalement anonyme mais on peut sauver son pastiche réjouissant d’Hitchcock, CHASE A CROOKED SHADOW, L’HOMME A DÉMASQUER. Mais DOC SAVAGE, OPERATION CROSSBOW ???
          sur 1984 : And as aspects of Orwell’s story come in, the film starts to look promising (despite the negative reputation it has with almost all genre historians who have seen it). The scenes with Edmond O’Brien’s Winston Smith returning to his apartment and kicking the diary he has purchased in with his foot so as not to be seen by the telescreen, then hiding it inside his paperwork and sitting down to boldly write “Down with Big Brother” or with neighbour Donald Pleasance and his obnoxious kid knocking at the door to accuse O’Brien of being a spy all have a flavour authentic to the book. Or the scenes visiting Charrington (David Kossof)’s antique store and the sense that the film creates of nostalgia for a past that has been ruthlessly obliterated by the state.

          Of course, Michael Anderson being the director he is fails to sustain this. The problem with the casting of pudgy Edmond O’Brien is that he (and the way the role is written) makes for a rather thick Winston Smith. You have no sympathy for his ability to think like a subversive when he makes the abrupt decision that his boss Michael Redgrave can be trusted and he and Julia go and confess all to him. The other aspect is that Anderson gives the romance with Julia a dull perfunctoriness that never comes to life. Jan Sterling gives a performance where all that she is is the standard romantic foil for a film, never anything that suggests an insurrectionary who seduces Winston. On the plus side, the film has Michael Redgrave who makes for a marvellously cast O’Brien (who has here been retitled O’Connor so as presumably not to cause confusion with the film’s star Edmond O’Brien). Redgrave plays cold and supercilious, perfectly personifying emotionlessly efficient bureaucracy as he iterates ideas like Newspeak or the scene in which he denies the existence of the photo of the traitor that Winston brings to him.

        • Yves Rouxel dit :

          « L’age de cristal »sortie au milieu des années 70 à très mal vieillit.Tout d’abord les costumes et décors sont d’un ridicule déconcertant.Ne parlons pas ici des effets spéciaux sommaires.Le film est baclé et correspond à une époque ou les films de SF se cherchaient un peu.Mais il y à une manque d’imagination.J’ai pas revu »Operation crossbow »avec George Peppard il me semble?

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Yves ROUXEL : THE NAKED EDGE de Michael ANDERSON, le dernier film de Coop tourné en Grande-Bretagne en 1960/61 (Gary COOPER ne le verra jamais), est un bon suspense en noir et blanc quî est juste un peu handicapé à mon avis par quelques scènes bavarder comme la rencontre du couple KERR/COOPER avec Hermione GINGOLD et son gigolo au restaurant et plus tard KERR et GINGOLD. La fin reste bien menée jusqu’au dénouement (Gary COOPER pouvait-il seulement interpréter un odieux assassin ?) bien qu’à la « découpe » du type qui tente de tuer Deborah avec un rasoir, le doute n’est plus de mise. J’ai revu ce film il y a un mois, malheureusement en VF. Cependant la voix française de COOPER (Jean Martinelli), colle parfaitement avec la noblesse des traits de COOPER qui avait 60 ans à l’époque.
          J’ai trouvé très recemment dans une belle édition italienne, malheureusement sans bonus), le précédent film du tandem ANDERSON / COOPER, THE WRECK OF THE MARY DEARE (Cargaison Dangereuse), toujours tourné en Angleterre en 1959 et produit par Julian Blaustein. C’est un bon « suspense-maritime » en scope-couleur, dans lequel COOPER à pour partenaire la star montante des années 50, Charlton HESTON.
          Il faut reconnaitre que les 35 premières minutes du film (la rencontre HESTON / COOPER sur le navire en perdition) sont absolument remarquables par la nervosité, le rythme, le jeu des deux acteurs dans une très belle séquence de tempête. S’ensuivent plus tard quelques scènes de tribunaux (c’est très anglais) et de belles scènes sous-marines où COOPER tente de prouver son innocence. J’aime beaucoup ce film et je vous conseille cette édition à la definition pointue, au format scope respecté avec VO sous-titrée italien (heureusement escamotable) et VF et un prix… tout riquiqui.
          Ado j’avais vu son DOC SAVAGE ARRIVE ! avec Ron ELY (ex TARZAN de la télé) sui dans mon souvenir avait de belles qualités dans la photo, les costumes années 30. Ce n’avait pas l’air d’être un gros budget et certaines séquences étaient un peu grossières. De plus ce qui n’arrangeait rien, ELY était doublé en français par Francis Lax qui avait un zezaiement qui handicapait fortement le rôle. Je me souviens qu’à la fin du film un carton annonçait une suite prochaine. Le film fut sûrement un échec puisque suite il n’y eut point.
          J’aime assez OPERATION CROSSBOW (1965) avec George Léopard. Un bon film sur les V2 d’Hitler. Sans une originalité extraordinaire mais c’est agréable à suivre.
          Par contre je n’ai jamais pu dépasser 20 minutes de visionnage de son TOUR DU MONDE EN 80 JOURS. Dieu que c’est lourd !
          Pas vu ses autres productions…

    • Mathieu dit :

      A Henri Patta:
      LES CINQ SECRETS DU DESERT est un excellent film à la fois plein de suspense et d’humour (et de lucidité). Wilder comme Huston ou Mankiewicz, sont arrivés tout armés à la mise en scène après plusieurs années à produire des scénarios souvent excellents (d’ailleurs je trouve que Mérigeau dans son bouquin sur Mankiewicz a tendance à déprécier les premières réalisations de celui-ci (DRAGONWYCK ou SOMEWHERE IN THE NIGHT) en les considérant comme des œuvres de jeunesse. Pour moi je les préfère et de loin à des œuvres de maturité (comme LE REPTILE assez décevant). Même chose pour Wilder dont la première réalisation (à Hollywood), THE MAJOR AND THE MINOR, est une brillante comédie. LES CINQ SECRETS c’est sa deuxième réalisation et on trouvait les deux films réunis dans un coffret Carlotta malheureusement épuisé.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Henri Patta : LES 5 SECRETS DU DESERT pour STROHEIM en Rommel, ça vaut aussi le détour.

  5. SERVANT Jean-Pierre dit :

    En me baladant en grande surface, je tombe sur un stock de DVD René Chateau Vidéo, bradés à un prix imbattable. Et comme toujours j’ai du mal à trier parmi les titres proposés. Certes certains sont vite éliminés, mais comme je ne suis pas le baron de Rotshild… il faut bien faire un choix, parmi des titres que parfois je ne connais pas du tout, en essayant de ne pas me tromper. J’ai donc « isolés » LA FOIRE AUX CANCRES de Louis Daquin, DERRIERE LA FACADE de Georges Lacombe (déjà vu), UN HOMME MARCHE DANS LA VILLE de Marcello Pagliero, LE PERE GORIOT de Robert Vernay. GRISOU de Maurice de Canonge. Un regret… YAMILA SOUS LES CÈDRES avec Vanel. J’ai hésité, sans trop savoir pourquoi.
    Si vous en connaissez certains, vos avis sont les bienvenus.
    Ah oui. J’ai dégoté d’occasion le premier long de Robert Enrico, LA BELLE VIE (1963) dont je n’ai vu (pour me faire une idée) hier soir que les vingt premières minutes. Et je dois dire que j’aime beaucoup. Je vais le voir intégralement prochainement et j’y reviendrai.

    • Patrick SEGALEN dit :

      YAMILE SOUS LES CEDRES: »Le ridicule le dispute à l’émotion et c’est dernière qui sort perdante du combat. Quant à la mise en scène, elle n’existe pratiquement pas. »
      Je vous rappelle que l’Encinéclopédie de VECCHIALI est indispensable pour la connaissance des cinéastes français en activité avant 1940. TOUS leurs films sont passés en revue et commentés (même si certains avis peuvent entraîner la polémique).

  6. SERVANT Jean-Pierre dit :

    En me baladant en grande surface, je tombe sur un stock de DVD René Chateau Vidéo, bradés à un prix imbattable. Et comme toujours j’ai du mal à trier parmi les titres proposés. Certes certains sont vite éliminés, mais comme je ne suis pas le baron de Rotshild… il faut bien faire un choix, parmi des titres que parfois je ne connais pas du tout, en essayant de ne pas le tromper. J’ai donc « isolés » LA FOIRE AUX CANCRES de Louis Daquin, DERRIERE LA FACADE de Georges Lacombe (déjà vu), UN HOMME MARCHE DANS LA VILLE de Marcello Pagliero, LE PERE GORIOT de Robert Vernay. GRISOU de Maurice de Canonge. Un regret… YAMILA SOUS LES CÈDRES avec Vanel. J’ai hésité, sans trop savoir pourquoi.
    Si vous en connaissez certains, vos avis sont les bienvenus.
    Ah oui. J’ai dégoté d’occasion le premier long de Robert Enrico, LA BELLE VIE (1963) dont je n’ai vu (pour me faire une idée) hier soir que les vingt premières minutes. Et je dois dire que j’aime beaucoup. Je vais le voir intégralement prochainement et j’y reviendrai.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVAN Jean-Pierre
      Oui pour DERRIÈRE LA FACADE. GRISOU d’après une pièce de Dalio et Brasseur est une curiosité historique comme UN HOMME MARCHE DANS LA VILLE qui fut boycotté par le PC et la CGT (un ouvrier ne pouvait pas tromper sa femme)

  7. J.Jacques Levasseur dit :

    Cher Monsieur,
    En visionnant une rétrospective qui vous a été consacrée dans une salle des fêtes de l’Ariège (si, si) je me suis dit qu’on se souviendrait de vous comme d’un cinéaste du régime. Doublé d’un intellectuel au service de la pensée dominante. Bien sûr, du haut de votre fatuité, vous n’en avez aucune conscience.
    Allez, Macron finira bien par vous la donner la légion d’honneur que vous espériez tant de Sarkozy.

    • Bertrand Tavernier dit :

      Cher Panhard
      Ce jour là, je vous paie à boire et donc c’est pas demain la veille. De Sarkozy j’ai en revanche obtenu qu’il annule la double peine mais ca c’était pour servir la pensée dominante

      • Henri Patta dit :

        Vos annees de lobbying dans la ville de foix ont donc ete couronnes de succes.
        Cette retrospective en ariege prouve bien votre infeodation au pouvoir.
        Heureusement que des gens comme ce mr Levasseur denonce ce scandale.
        L ‘o.n.u a t -il ete saisit ?

        Merci pour votre reponse au sujet du film de Wilder. Il me reste a le trouver.

        • ballantrae dit :

          Oui, heureusement de courageux citoyens sous pseudo ont mené l’enquête et dénoncent au péril de leur vie l’odieux complot visant à obtenir la légion d’honneur.
          Commençant par une salle des fêtes en Ariège, ledit complot vise à s’étendre vers l’ensemble des salles des fêtes du Sud de la France puis du Nord avant de gagner en une ascension redoutable l’Europe entière.
          On dirait une comédie avec les Marx Brothers style Duck soup.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Avez vous été déjà inviter au festival »Résistances »qui est à mon humble avis un des seuls festivals en France qui propose une programmation non-commerciale qui se détache des grosses machines à fric que sont Cannes,Deauville et même Cognac?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Oui j’y suis allé deux fois et j’ai longuement dialogué avec Ken Loach, lui aussi cinéaste proche du pouvoir

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand.Ken Loach cinéaste proche du pouvoir,vous plaisantez Bertrand.C’est un des seuls avec Boorman,Frears qui ont taper dès les années 80 sur la politique d’austerité chère à miss maggie.En France on aurait besoin de cinéastes tels Loach qui son dernier film nous décrit la situation d’un homme de 50 ans largué par la technologie(ordinateurs,questionnaire du service emplois,promiscuité des logements ….).Ecoutez la nouvelle chanson de Mick Jaegger »England brexit »ou il chante les dérives du système néo liberal et les dégats du capitalisme.D’accord quand on sait que Jaegger possède la 3ème fortune de Grande-bretagne,ça me fait bondir de rage!!!!Sale époque.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          C’était une plaisanterie. Et il y a des cinéastes français proches de Loach de Stephanie brisé à Karim Dridi, de Lioret à Jacques Audiard sans parler de films comme WESCH WESCH

        • MB dit :

          à Rouxel: mais justement, Loach est un peu isolé, alors qu’en France avec ceux que Bertrand a cité, on a aussi Belvaux, Czajka, Kahn, Bercot non il y a un fort courant socio-politique dans le ciné français, même qu’un imbécile de Libé a suggéré que c’était une mode à propos du Brizé avec Lindon.

        • Mathieu dit :

          A Yves Rouxel:
          Il y a encore des festivals de cinéma en France proposant « une programmation non commerciale », par exemple le Festival de Douarnenez consacré aux minorités, qui a lieu chaque année au mois d’août depuis bientôt quarante ans:
          http://www.festival-douarnenez.com/fr/

    • Henri Patta dit :

      Ah ca faisait longtemps.. .

      • ballantrae dit :

        Et les SCUDS des cons ne nous manquaient guère!

        • MB dit :

          Il doit passer plus de temps à trouver un nouveau pseudo qu’à balancer ses conneries!

          eh Bertrand, ça pourrait pas être un rancunier à qui vous avez refusé un autographe un jour? eh eh eh

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          La p^reuve que je suis dans la lignée du pouvoir est que mes films sont projetés dans une salle des fetes de l’Arriège

        • MB dit :

          d’ailleurs c’est quoi le problème avec les salles des fêtes d’Ariège?

  8. Cher monsieur Tavernier,
    Vous qui avez déjeuné avec le colonel Rémy et Anthony Mann, savez-vous si le premier avait une opinion sur les films du second? Si oui, quel était elle?

    D’avance merci

  9. SERVANT Jean-Pierre dit :

    Ce soir j’ai revu THE PRESTIGE de NOLAN. Magique.
    Je ne m’en lasse pas.

  10. MB dit :

    dans le Positif de juin, je vois que les films étrangers sont cités sous leur titre français, jamais originaux. Est-ce grave? Suis-je un peu snob? THE LINE-UP ça sonne quand même un peu mieux que LA RONDE DU CRIME, titre qui fait penser à 50 films différents!
    D’autre part, dans la rubrique DVD, à propos de ce film de Siegel d’ailleurs excellent, Fabien Baumann désigne le personnage joué par Robert Keith (sans citer l’acteur lui-même) par une expression vulgaire que je n’aime pas ne rapporte pas ici, et qui ostracise deux catégories de population. Tt d’un coup, je me suis retrouvé dans un article un peu « mode » d’un magazine un peu… je sais pas… un peu « magazine », quoi. Est-ce moi qui débloque? Positif veut-il se gagner une nouvelle clientèle un peu « jeunn’s »? Bon si je délire, qu’on me le dise.
    D’autre part, je ne trouve pas du tout que R Keith dans le film note les dernières répliques des morts en « frémissant d’émoi » c’est mal décrit, mais c’est sans doute peanuts, encore moi qui débloque, quoi… On s’éloigne du positif pour entrer dans l’à-peu-près ou je fais la fine bouche?

    • Henri Patta dit :

      Qui a signe l ‘article ? Peut-etre s ‘agit -il d ‘un nouveau journaliste et il vient avec son ressenti et ses codes de sa generation.

      • MB dit :

        « codes de sa génération »? si vous pouvez lisez l’article, je ne cite pas son expression pour R Keith. J’ai cité son nom c’est tout.

    • MB dit :

      d’autre part quand Siegel suggère-t’il une homosexualité chez Robert Keith? L’auteur de l’article a affabulé! Vouloir toujours glisser du « gay » là où il n’y en a pas, c’est une vieille maladie des critiques!…
      Personnage plus original qu’il n’y paraît qui est là pour gérer la folie de Wallach, qui le guide, le manipule le tient dans les rails: Robert Keith sait que Wallach peut perdre la tête et faire capoter la mission, d’où il le domine, c’est presque l’inverse du colonel qu’il jouait dans MEN IN WAR/COTE 465.
      Par ailleurs Wallach prit ce rôle après BABY DOLL et rechignait en disant que c’était trop commercial, il le fit quand même et heureusement! De BABY DOLL, je me souviens plus des mouvements de caméra autour de Wallach et C Baker que des acteurs.

      • MB dit :

        Je propose à Sidonis pour le prochain polar à sortir sur leur liste: LE CARRE DU CRIME, puis LE LOSANGE, puis L HYPOTHENUSE?…
        Enfin, au moins les films sont là!

    • Yves Rouxel dit :

      Un détail également que j’ai noter depuis de longues années.Tous les articles concernant des livres ou des dvd ne mentionnent pas le prix.Concernant Fabien Bauman il travaille à la revue depuis une dizaine d’années.Je pense que « Positif »essaie de se repositionner en tant que référence en matière d’art cinématographique.Les dossiers par contre tourne un peu en rond.Pourquoi ne pas proposer une longue et fine analyse du cinéma d’Amerique du sud et des Caraibes jamais aborder dans ce mensuel.

      • MB dit :

        à Yves Rouxel: vous avez tt à fait raison et je ne comprends pas ce manque d’info sur les prix, y compris dans un journal d’anars de gauche comme Siné Mensuel. On dirait que ce serait trivial ou grossier de dire les prix. Mais tous les critiques reçoivent les dvd gratuits en SP et se moquent bien de ce genre de choses, il est pourtant facile de se renseigner. Ca fait partie de l’information sur les livres ou les dvds chroniqués. Des tas de pauvres (dont je ne suis pas étant un privilégié) n’ont pas le même avis là-dessus!

        • MB dit :

          et pour les bouquins, encore moins d’excuses: depuis la loi Lang sur le prix public, il suffit de regarder en quatrième de couv.

      • Mathieu dit :

        A Rouxel et MB:
        Les articles ne mentionnent pas les prix et dans les chroniques consacrées aux DVD jamais un mot même rapide sur la qualité technique de ceux-ci, même quand elle fait problème (un DVD Bach pourri égale un transfert impeccable de Carlotta ou Wild Side), mais on pourrait dire la même chose des autres revues de cinéma, et cette indifférence bien française à la qualité technique a pour conséquence une baisse des ventes des éditions en Blu-Ray et le fait que par exemple Warner, qui réédite régulièrement en Blu-Ray des titres de son catalogue, n’en sort aucun en France en dehors d’éditions de luxe comme CITIZEN KANE ou KING KONG. Même des titres avec un potentiel commercial certain comme des Hitchcock (I CONFESS, THE WRONG MAN, SUSPICION) ne sortent pas en BR ici.

        • Yves Rouxel dit :

          A Mathieu.Je lis régulièrement le mensuel « L’année lazer »qui mentionne la qualité de la copie image ou celle du son.Je suis souvent en désacord avec les notules publiés,on se demande bien si les dvd reçus gracieusement sont effectivement visionnés par ces pointus du 7ème art?Eux non plus ne mentionne aucun prix.Hé oui il y à ceux qui écrivent ou qui donnent leurs avis dans les bonus puis les autres comme nous qui sommes obligés de passer à la caisse!!!!

        • MB dit :

          à Bertrand: si ce n’est pas indiscret, les bonus sont offerts bénévolement? Pas seulement vous mais en général?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Offerts ? Moi je suis payé tout comme les techniciens qui filment et montent. Cela représente du travail : je revois chaque film, cherche des infos nouvelles. Je suis auteur du bonus et entend être rémunéré. Mais certaines maisons d’éditions ne paient rien. Pour de petites société, je n’ai quasiment rien pris

        • MB dit :

          à Bertrand: merci pour les infos.

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.J’ai relu avec attention le papier de Bauman,il est vrai qu’il emploie un verbiage assez primaire »vieille pédale ».Celà me rappelle la chanson de Sardou « Chanteur de jazz »ou il chantait des paroles homophobes.Enfin quand on voit que l’animateur Hanouna n’est pas inquiétez du tout après ses propos en mai sur C8,la situation de la société française est lamentable.

      • Bertrand Tavernier dit :

        a Yves Rouxel
        Cher ami, il y a des moments où je me demande où vous prenez vos informations : Hanouna a été poursuivi par le CSA avec du retard car c’est une structure lourde mais sa chaine a été privée de recettes publicitaires ce qui présente une énorme perte. Info relayée par tous les journaux qui ont parlé aussi de la contre action judiciaire de Bolloré contre le CSA

        • Sullivan dit :

          A Bertrand : pour l’affaire Hanouna, privation de recettes publicitaires auxquelles on peut rajouter l’amende record de 3 millions d’euros infligée à C8 par le CSA.

        • Yves Rouxel dit :

          Sachez Bertrand que Cyril Hanouna sera de retour à l’antenne dès le 1er septembre.Je sais que les avocats de Bolloré ont fait appel de la condamnation de C8 mais depuis les semaines ont passés et les annonceurs sont revenus .Hanouna entre 18h45 et 21 heures attirent pas loin de 5 millions de téléspectateurs et écrase les jt ou les magazines people des autres chaines publiques ou privées.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il n’y a pas eu encore de jugement

      • MB dit :

        à Yves Rouxel: précisions:
        https://www.arretsurimages.net/breves/2017-07-26/Hanouna-canular-C8-condamnee-a-une-amende-de-3-millions-id20771
        Bolloré est condamné à 3M mais ça va traîner un maximum…

        • MB dit :

          à Bertrand: je tends à penser d’accord avec Rouxel que le jugement sera évité et que ce crétin de CH restera à l’antenne: son émission rapporte, le CSA va se déballoner, accord à l’amiable etc. En plus ça va créer un précédent et d’autres chaînes vont imiter CH, c’est très grave et je suis pessimiste sur l’issue.

    • ballantrae dit :

      Bon j’ai trouvé enfin ce fameux échange autour de F Bauman, reste à lire son papier et à voir le film afférent que je ne connais guère.
      Au passage, Rouxel, j’ai noté votre orthographe parodique de Tarkovski que des contempteurs du cinéaste n’auraient osé faire: Tartowski!!! Et dire que vous vouliez le défendre, snirf…

  11. Yves Rouxel dit :

    A Tous.On ne peut pas rester insensible à l’œuvre monumentale d’Andrei Tartowski trop tot disparu.Selon une prophetie que lui avait glisser Boris Pasternak,il réaliserais que 7 long métrage.Je m’arreterais sur « Le sacrifice »tourné en Suède sur les terres de Bergman(Tartowski fut assister par Sven Nikvist l’opérateur attitré de Bergman).Il y à un rapport étrange entre « L’enfance d’Ivan »son premier film et le dernier.On retrouve un enfant au pied d’un arbre dans le premier et le second se termine sur un plan ou un enfant porte un seau remplie d’eau.Il va arroser cet arbre et s’allonger en regardant l’intensité du ciel.Le cinéaste à toujours sut jouer avec les éléments:la terre,l’eau est omniprésente dans les 7 films,le souffle du vent,la vegetation,les arbres immenses.Les personnages sont happés par l’ensemble des éléments mais ne sont pas essentiel dans l’ordre naturel des choses. »Le sacrifice »est un film d’une grande austerité et d’un grand pessimisme sur la vie car selon Tartowski l’existence humaine est un poids,une charge que l’on porte jusqu’à la fin du voyage.Il avouait ouvertement n’avoir pas peur de la mort en soi car s’était pour lui une délivrance voire un soulagement.Dans le bonus on voit le cinéaste répondrent à des étudiants Suédois concernant le role des réalisateurs qui sont avant tout des créateurs.Il disait qu’il existe deux categories de metteurs en scène,ceux qui veulent imiter l’environnement ou ils vivent et essayent de le transmettre dans leurs films puis ceux qui se démarquent et arrivent à créer leurs propres univers,tels:Kurozawa,Mizoguichi,Bunuel,Kubrick et bien sur Robert Bresson dont le cinéaste se rapprochais le plus avec Bergman.N’hésitez pas à découvrir ce genie qu’était Tartowski grace à la resortie en copie restaurée de cinq long métrage.J’oubliais aussi de signaler qu’un des éléments fort du cinéaste est la pluie qui dénote la mélancolie et la nostalgie du temps qui passe.il affirmait dans un dernier entretien que pour lui que la vie n’était que résistance et qu’il fallait chacun à notre place apporter la petite pierre blanche afin d’édifier un monde de paix et d’amour.

    • Marc Salomon dit :

      A Rouxel :
      Ecorcher à ce point l’orthographe des noms de réalisateurs et d’un chef opérateur que tout le monde connait… chapeau bas !

      • MB dit :

        à Marc Salomon: ouaaahhh allez… on sait de qui il s’agit même moi je le corrige plus (et pourtant ça me démange). Cool…
        à Rouxel: amicalement… je dis bien « amicalement » hein? Avec « Tartowski » vous avez fait fort!

      • Yves Rouxel dit :

        Mieux vaut Bela Tarr que jamais.Je reconnais que j’écorche souvent les noms des réalisateurs russe ou d’autres pays de l’est,je ne respecte pas les syntaxes,les accords avec les verbes conjugués.Enfin moi je me fais plaisir,le reste je m’en tamponne.Comme écrivait Sartre « Laissons aux léttrés l’art de savoir lire et aux ignorants l’art d’ignorer les choses ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A YVES ROUXEL
          Belle réponse

        • MB dit :

          Hein? « Mieux vaut Bela Tarr que jamais »?! mais ce jeu de mots est épouvantable vous n’avez pas honte?!!! et que faites-vous du niveau de ce blog, enfin?
          certes la mariée est trop Bela mais quand même

          (oui, bon je fais ce que je peux hein?)

  12. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Ballantrae : s’il est « de bon ton de moquer Christopher Nolan », je peux vous assurer que ce n’est pas mon cas. J’ai de l’estime pour son travail de réalisateur dont en particulier THE PRESTIGE que je revois souvent sans lassitude. INCEPTION et INTERSTELLAR m’avaient aussi beaucoup plu.
    Je faisais uniquement état de mon ressenti personnel à propos de DUNQUERQUE. Mais mon opinion n’à pas pour but d’en dégoûter les blogueurs de cette page. On a le droit d’aimer aussi cette réalisation.

    • Yves Rouxel dit :

      Pour revenir à »Dunkerque »sortie la semaine dernière sur les écrans il reste un film à voir.Images impressionnantes grace à une reconstitution minitieuse puis des séquences fortes en émotions.Nolan n’a plus à prouver qu’il est un cinéaste singulier qui se détache entièrement des « tacherons ».Revoyez la trilogie « Batman »le 3ème volet « The darknight rise »vaut le détour pour le contenu politique des dialogues et l’asservissement de l’individu dans une société vampirique et capitaliste.En somme du bel ouvrage.C’est assez rare dans le ton et la forme .

    • ballantrae dit :

      J’oubliais ce très beau Prestige avec sa fluidité narrative et son habileté scénaristique mais aussi l’ambiance assez restituée du Londres victorien ( avec salles de spectacles envahies par la fumée, pubs, références à Houdini et au mesmerisme qui fascina longuement le public par son association entre science et occultisme).
      Nolan me semble, comme G Miller ( Mad Max: fury road est un « blockbuster » de rêve comme on n’osait plus en imaginer)ou Fincher, un auteur qui sait asseoir sa personnalité et son exigence dans de gros budgets et à ce titre mérite de l’intérêt sans pour autant être qualifié de génie innovant.
      Merci pour la précision JP : je réagissais car j’entends parfois ces opinions à courte vue le concernant… mais ce n’est pas votre cas!

    • ballantrae dit :

      Dunkerque est, je le confirme avec retard, un beau film de guerre assez atypique et courageux dans ses partis pris.
      Le fait d’opter pour un point de vue polyphonique n’est pas neuf dans le genre (cf Un pont trop loin, Le jour le plus long,etc…) mais travailler ainsi la matière première temporelle ( trois durées distinctes mais imbriquées les unes dans les autres et cependant équilibrées par le jeu de l’alternance ellipse/temps réel) lui est très singulier.Notons que le lien avec le cinéma anglais et notamment avec Lean me semble pouvoir se faire avec Ceux qui servent en mer (coréalisé par N Coward) à l’admirable construction.
      Première audace remarquable pour un blockbuster de ce type d’autant plus que le récit n’en demeure pas moins lisible (comme j’ai pu le constater avec mon petit garçon de 10 ans).
      Autres atouts:
      – un sens visuel sophistiqué, épuré presque métonymique par moments et qui me semble renouveler et nettoyer l’invasion des effets numériques rejoignant la dimension élégiaque de Malick avec sa Ligne rouge ou d’Eastwood avec le diptyque d’Iwo Jima.
      -une BO d’H Zimmer toute en nappes intenses ou en sourdine qui effectivement donnent de la chair au récit
      -un arc narratif qui laisse place aux moments méditatifs, silencieux et pourtant éloquents ( les morts sur la plage, l’attente sur la digue, le petit bateau qui gagne la mer tant bien que mal, les vols superbes des chasseurs- je n’en avais pas vus d’aussi beaux depuis Right stuff de Ph Kauffman).
      Bref, le fait que le film en plus attire des spectateurs nombreux ( en face rappelons que l’été déclinait des suites, prequels, sequels, reboots, franchise tv transposées sur gd écran sans parler de Valérian que je ne perds pas de temps à voir) est une raison d’être heureux qu’il y ait place dans les attentes des spectateurs pour des films ambitieux à gros budget tout comme Gravity, Mad Max fury road, etc…

  13. manu dit :

    Bonjour, j’ai découvert en blu-ray le film de Stuart Rosenberg, « The Laughing Policeman » (« Le flic ricanant »), inspiré (très librement semble-t-il) d’un roman des suédois Sjowall et Wahloo. J’ai été un peu déçu… Il y a certes un côté documentaire intéressant dans le déroulement minutieux de l’enquête, mais l’ensemble manque de rythme, l’intrigue est parfois un peu embrouillée et Walter Matthau a été mieux exploité dans le côté « bourru » de ses personnages. C’était pourtant une bonne idée de lui faire jouer un flic cynique, désabusé, pas vraiment proche de sa femme et de ses enfants. Les répliques du personnage manquent toutefois de mordant. Le « méchant » principal, un riche homme d’affaires (joué par Albert Paulsen), manque de présence et on a du mal à l’imaginer assassinant froidement tous les passagers d’un bus juste pour éliminer deux types qui le gênaient. Par contre, une actrice tire bien son épingle du jeu dans les deux petites scènes où elle apparaît : Joanna Cassidy, alors à ses débuts et qui irradie vraiment l’écran.
    Dans le même genre policier et toujours avec Walter Matthau en flic bougon, je recommanderais davantage « Les pirates du métro » de Joseph Sargent (1974), film plus rythmé et au suspense plus efficace, sans doute sous-évalué, avec Robert Shaw et Martin Balsam enrhumé (avec la fin du film mémorable !).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Manu
      Vous avez entièrement raison. Rosenberg est un réalisateur mollasson, sans envergure et les PIRATES DU METRO est beaucoup mieux. Les personnages s’appellent avec des couleurs, idée reprise par Tarantino

    • Edward dit :

      A Manu. Je n’ai aussi gardé aucun souvenir du Laughing policeman. Sans passer en revue la film de Walter Matthau mais pour rester dans le policier seventies, je vous conseille fortement son Tuez Charley Varrick dans lequel il joue un voleur qui a malencontreusement volé l’argent d’une organisation criminelle. Les personnages secondaires valent leur pesant de cacahuètes, en commençant par Joe Don Baker

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Edward
        C’est un film formidable. Un grand Siegel

        • manu dit :

          J’ai vu que « Tuez Charley Varrick » est sorti récemment dans une belle édition collector chez wild side video (à 30 euros quand même…). Merci à vous et à Edward pour ce conseil ! 🙂

        • Damien D. dit :

          Mais on trouve toujours aussi le film à moins de 10 euros en dvd dans une copie qui était déjà pas mal…

        • MB dit :

          autrement dit, ça fait 20€ pour les bonus! aïe! (oui oui i doit y avoir un bouquin mais je n’irai pas plus loin à ce sujet)

        • MB dit :

          à Manu: le bouquin avec le br de Charley Varrick est signé Doug Headline donc signe de qualité. JP Manchette qui admirait ce film le qualifia de « film starkien » en référence à Richard Stark alias Donald Westlake: dans les romans de Stark le héros est Parker le criminel indépendant qui défie les organisations criminelles (au cinoche POINT BLANK de Boorman ou MISE A SAC de Cavalier ou plein d’autres…). Sur la combinaison de pilote de Varrick qui brûle à la fin on peut lire « Last of the Independants ». Doug Headline et JP Manchette ont un lien de filiation, au moins intellectuelle.
          Puisque signé Headline, le style du bouquin sera heureusement privé des affèteries de style de Garnier, très agaçantes à la lecture, mais il faut le reconnaître, avec une érudition impressionnante et une indépendance d’esprit évidente. Je pense qu’étant donné la signature du bouquin et la qualité HD cet achat va finalement s’ajouter à ma liste!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Comme vous vous je suis partagé entre le travail d’archéologue, la richesse d’information d’une part et d’autre part le ton élitiste et affecté de Garnier, les deux déjà présents dans ses contributions à l’émission CINEMA, CINEMAS. Je dirais la même chose d’Eddie Muller, surtout dans son bouquin DARK CITY, au style pour moi assez irritant (la traduction y est peut-être pour quelque chose).

      • Mathieu dit :

        A MB:
        20 euros pour les bonus, le bouquin, mais surtout la HD:
        http://screenshotcomparison.com/comparison/213553
        Avec un peu de patience l’édition Wild Side va se retrouver dans des opérations promotionnelles…

        • MB dit :

          à Mathieu: ok c’est un br c’est vrai vous avez raison.

          patientons

        • manu dit :

          Je me demande déjà si le bouquin avec « Charley Varrick » vaut le coup… Beaucoup de photos, peu de textes apparemment (cf critique sur dvdclassik). Pour « Lord Jim » édité dans la même collection chez Wild Side, le livre était de Parick Brion, ce qui pouvait être un bon argument d’achat.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Manu
          Les textes d’Eddie Muller( GUN CRAZY, WOMAN ON THE RUN) ou de Philippe Garnier (LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS) sont passionnants et bourrés d’informations que vous ne trouvez pas dans la critique française

      • MB dit :

        à Mathieu: en fait, il faut que Garnier fasse le malin et en mette plein la vue, c’est plus fort que lui! Par ailleurs qui irait écrire un bouquin sur les seconds rôles avec des articles sur Luke Askew ou William Talman, je ne sais pas comment il a pu convaincre un grand éditeur (Grasset) de publier ça! (il s’agit du livre Caractères, paru en 2005).
        Pour Dark City de Muller je crois que je vais tenter de le lire en anglais avec le dico ça passe!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Mais c’est ce qui fait le caractère unique

        • MB dit :

          à Bertrand: c’est vrai que je préfère le style sobre des intellectuels américains de type « universitaire » en ce qui concerne le commentaire, l’exégèse de cinéma, j’admire les grandes bios de McGilligan ou McCarthy qui ne partent pas dans le délire ou les suppositions. D’accord c’est un style sérieux mais cette rigueur passionne. Sans tomber dans l’admiration béate et prêts à la critique (la fin du Hitchcock/McGilligan est très dure pour AH), ils décortiquent leur sujet sans chercher à faire rire le lecteur avec des anecdotes croustillantes, alors que Garnier donne trop l’impression d’être un fan un peu foldingue. Il ne sais pas éviter un gag ou une anecdote douteuse. Heureusement qu’il donne quand même des faits et qu’il connaît son rayon, je le lis quand même tout en jurant à voix haute pour me défouler.

  14. SERVANT Jean-Pierre dit :

    L’autre jour j’écrivais que je n’étais pas fan du tout des « films de guerre ». Je ne pense pas être masochiste, mais pourtant hier j’ai cru bon de voir en salle le DUNKERQUE de Christopher NOLAN. Je ne reviens pas sur l’Histoire connue qui est le sujet de ce film. Je suis sorti de la salle (comble un après midi ensoleillé de juillet) anéanti par l’ennui.
    Jamais je n’ai eu la moindre empathie pour les différents personnages qui jalonnent le récit. Durant 1h47 de projection, AUCUN moment de repos. Les scènes d’action se sont succédées sans répit, sans jamais me toucher. Pire. Une tonitruante et insupportable musique de Hans ZIMMER accompagne les images durant TOUTE la projection, insistant (inutilement) sur les moments forts (?) comme pour « enfoncer le clou ». Quasiment aucun dialogue, uniquement des bombardements aériens, des tirs, des explosions ad nauseam. Et là, pour le coup je voudrai bien voir le film anglais de 1958 sur le même sujet.
    Si vous le connaissez, votre avis est le bienvenu.
    Et si vous voyez la version NOLAN… n’oubliez pas les bouchons d’oreilles !

    • Alexandre Angel dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      C’est prévu!!!! (j’ai un petit problème d’acouphènes).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Je suis désolé mais je suis en désaccord absolu sur tout. J’ai trouvé le film inspiré, profondément émouvant, dépouillé de tout dialogue encombrant. C’est une oeuvre chorale centrée sur des sentiments où la collectivité joue un rôle primordial (donc à l’opposé de l’individualisme forcené de 90% du cinéma américain), une oeuvre centrée autour de la survie jamais de l’héroïsme. J’ai pensé à tous ces films anglais tournés pendant la guerre par Powell, David lean qui avaient un tel sens de la Nation. Et la musique continue de Hans Zimmer est cette fois extrêmement inventive, avec des changements de couleur formidable. C’est depuis LA LIGNE ROUGE une de ses plus grandes partitions. Et l’interprétation, avec ces visages jeunes et ce patron de bateau de pèche, est confondante de sobriété

      • ballantrae dit :

        A l’étranger, je ne peux le voir pour le moment mais vais m’y précipiter dès mon retour au vu de votre avis Bertrand.
        Il est de bon ton de moquer C Nolan mais il n’empêche qu’il affiche depuis ses débuts des ambitions narratives ( Memento, the follower, Inception, Interstellar), réflexives ( Dark knight soit le deuxième volet des Batman, Insomnia,ses 2 SF citée plus haut) rares dans la catégorie blockbuster.
        Sur un sujet analogue Week end à Zuydcoote m’avait déçu malgré des choix de reconstitution souvent ambitieux et une belle interprétation.
        J’ai confiance dans le projet au vu des images de la bande annonce qui promet un récit à hauteur d’hommes souvent bien jeunes mais on oublie ce point.
        En parlant de Lean , je viens de revoir le très beau Heureux mortels tiré d’une pièce de N Coward qui avait coréalisé le grand film de guerre Ceux qui servent en mer à la structure particulièrement remarquable.

        • MB dit :

          à Ballantrae: vous êtes sûr « qu’il est de bon ton de moquer C Nolan »? J’ai pas remarqué ça, ceci dit ni INCEPTION ni dans une moindre mesure LE PRESTIGE ne m’ont convaincu, dans LE PRESTIGE, Jackman et Bale sont raides et pâlots, heureusement que Caine et même Johansson sont là. En plus, Nolan triche pour réserver ses surprises au spectateur: il change d’époque pour un oui pour un non juste pour l’embrouiller: nous devons être perdus pour être mieux surpris. Ces moyens de désorientation du spectateur ne sont pas foncièrement cinématographiques, Hitch serait horrifié. CN n’a aucune idée de mise en scène, il nous en met plein la vue: quel est le sens de l’utilisation de l’électricité par D Bowie? Non pas de façon réaliste mais juste d’un point de vue de logique scénaristique, je ne demande pas de la vraisemblance. Connaissant ses lacunes de scénario (que lui ne doit pas du tout considérer comme telles), Nolan nous montre tt de suite et sans préparation Jackman aux USA pour qu’on se demande bien qu’est-ce qu’il peut bien venir foutre là? Ca permet d’entretenir du mystère à bon compte. Des répliques sont assénées lourdement: Jackman demandant on s’en doutait avant qu’il ne l’ouvre: « Lequel est mon chapeau? » devant la vingtaine de hauts de forme, et bien sûr Bowie: « Ils sont tous le vôtre! ». Ah la bonne vieille intrigue linéaire forçait à plus de rigueur de mise en scène!
          La fin de PRESTIGE est complètement grotesque que ce soit d’un pt de vue réaliste ou fantastique , seule vous avez raison la « production design » pour Londres au XVIIIeme est fabuleuse. Mais peu de détails historiques hors les décors pour soutenir ça, on voit la différence avec THE KNICK pour New York au XIXeme où chaque bout de décor ou vêtement est lié à une réplique ou notation qui signale l’époque, il n’y a pas que les accessoires et vêtements quand même.
          Non franchement pour ces deux films vôtre Nolan m’a semblé bien piteux et surtout chafouin, mais je dois voir DARK KNIGHT écarté après INCEPTION et maintenant DUNQUERKE.
          Ce style morcelé et mélangeant les moments me paraît superficiel (cf aussi HORS D ATTEINTE de Soderbergh) mais c’est la mode, si je suis un vieux con dites-le moi gentiment!

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : comme quoi le « ressenti » est différent pour tous. Je n’ai éprouvé aucune émotion devant ce film… épuisant, qui m’a semble interminable.
        Quant à la musique de ZIMMER (à part les quelques mesures sur l’arrivée des flotilles de civils que j’ai trouvé pleines d’ampleurs) m’a vraiment gêné.
        Mais chaque avis est intéressant à connaître.
        Par contre pouvez-vous me dire si vous avez vu le film dans son format large intégral ? Hier, le film projeté dans Une grande salle bordelaise ne contenait pas tout l’écran. J’ai cru au début du film qu’il s’agissait de quelque artifice d’ouverture du film, et qu’ensuite, l’image remplirait l’écran. Il n’en fut rien.
        De plus, j’ai trouvé le niveau sonore beaucoup trop fort.
        En tous les cas merci pour votre avis sur ce film.

        • Bertrand Tavernier dit :

          ASERVANT jean Pierre
          Vous voulez dire que l’écran ne contenait pas tout le film ? Je l’ai vu en écran large dans un format parfaitement adapté. Et ce qui m’a touché dans la musique de Zimmer ce sont les passages percussions pas très fort qui font presque office de bruits

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : absolument. La plus grande (ou une des plus grandes) salle de l’UGC (550 places). Le film est en écran large, mais il manquait au bas mot sur ce grand écran de la salle, un mètre à gauche et à droite, avec bien sûr une déperdition en haut et en bas de l’écran. On aurait dit ste le format restreint des bandes-annonces avait été conservé.
        Malgré la forte fréquentation de cette salle pour cette séance de 15 heures, aucun spectateur n’à réagi !
        Habituellement il m’arrive souvent de me lever, sortir de la salle, descendre des escaliers, trouver une ouvreuse pour signaler une absence d’image au début de la projection, un son absent, des sous-titres sous l’écran (recemment). Ce n’est pas la première fois que je déplore une technique de projection défaillante dans ce complexe 18 salles. Mais là, Je n’ai pas bougé de mon siège. J’ai pensé à la fin que le format était celui voulu… mais avec quand même un sérieux doute. Et en vous lisant, je vois qu’il était fondé.
        Le son était trop puissant. Etait-ce là aussi un réglage défectueux qui a nuit à ma réception d’ensemble de ce film ?
        J’en viens aussi à me poser la question…

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Servant

          J’ai été ébloui par Dunkerque, peut-être le chef d’œuvre de son très talentueux auteur. Je l’ai vu comme un film expérimental, car c’est un film qui multiplie les audaces :

          – c’est un quasi remake d’Inception, car l’histoire est une fois encore racontée sur trois temporalités différentes – on a rarement vu cela dans un film de cette ampleur,

          – les personnages n’ont pas de background, en dehors de ce que l’on comprend pas petites touches, ni quasiment aucun dialogue,

          – tout repose sur un montage brillantissime et sur la très, très grande partition de Zimmer, qui est un géant de la BO et se livre ici aussi à des partis pris très audacieux.

          J’ai beaucoup pensé pendant le film aux observations de Bertrand Tavernier sur Saving Private Ryan. On remarquera que, dans Dunkirk, on ne voit JAMAIS UN SEUL allemand. Jamais. Nolan reste entièrement centré sur le point de vue de ses personnages. On est dans l’avion avec Tom Hardy et Nolan nous donne une réelle idée de ce que doit être la difficulté d’essayer de viser quoique ce soit quand on est là-dedans. Cela ne donne que plus de force à ce que le personnage arrive à faire.

          Il y a des moments d’émotion exceptionnels dans ce film : l’arrivée de Tom Hardy derrière l’avion allemand à la fin, pendant que Branagh ferme les yeux ; le groupe de bateaux anglais arrivant secourir les soldats ; le visage de Mark Rylance dans toutes ses scènes ; le discours de Churchill lu par le jeune protagoniste dans le train.

          Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu de pareils moments en salle.

        • Alexandre Angel dit :

          Je me joins aux louanges sur DUNKERQUE, film qui échappe de façon surprenante à tout ce qu’on pouvait en redouter : le pompiérisme, la prétention, la boursouflure. Ce qui ne l’empêche nullement d’être grandiloquent, mais d’une manière assumée, comme un point de mire dramaturgique, une orientation de la mise en scène.
          Un peu à la façon de GRAVITY, dont il partage le registre d’expressivité.
          Le meilleur film de Nolan.

        • Sullivan dit :

          DUNKIRK s’inscrit parfaitement dans le prolongement des oeuvres précédentes de Nolan. Son obsession majeure, le temps, son écoulement, ses paradoxes, est ici présente par la triple unité (une semaine pour la jetée, une journée pour le rafiot, une heure pour le Spitfire). La maestria avec laquelle ces trois unités de temps s’emboîtent sans gêner le récit et de manière si fluide grâce à un montage d’anthologie est à souligner. On revoit plusieurs fois plusieurs scènes à chaque fois d’un point de vue différent. Il faut revisionner le film pour apprécier la construction de l’ensemble. La musique de Zimmer ? Plus qu’une bonne partition, c’est ce que lui a demandé Nolan. Cette musique répétitive, toute en accélérations et ralentissements, ponctue les fameuses unités de temps comme une grande horloge. Je ne trouve pas à l’instar de certains, que Zimmer soit un grand compositeur. Est-ce que quelqu’un est seulement capable de siffler un seul thème du monsieur ? La mélodie n’est pas trop son fort. Revoyez FOLLOWING, le premier long-métrage de Nolan (1998) : un récit ramassé en 1h10, pour la forme il choisit le noir et blanc et un style rendant hommage au free cinema, et déjà il joue avec le temps comme Tarantino le fera dans RESERVOIR DOGS. Si vous écoutez bien la musique du générique de ce film, elle ressemble comme deux goûtes d’eau à celle de Zimmer pour DUNKIRK mais elle signée David Julyan (certes, elle ne comprends pas les diverses variations qu’y apporte Zimmer). Simplement, à l’époque, Nolan nous laisse respirer. Dans DUNKIRK, la musique est présente du début à la fin du film SANS INTERRUPTION, sauf durant 4 ou 5 petites secondes dans une des scènes finales. Je comprends que cette omniprésence de la musique soit la signature d’un auteur (car Nolan en est un c’est certain, même avec ses défauts comme certains aspects du prétentieux INCEPTION), signature que l’on retrouve par exemple déjà dans THE DARK KNIGHT, où la musique est assourdissante, écrasante. La question que je me pose : est-ce que cette omniprésence de la musique dans DUNKIRK était bien nécessaire. Elle marque certes la tension, elle sert de liant aux trois unités de temps, mais quelle monotonie ! A part ces quelques réserves, j’ai beaucoup aimé le film. Pour rajouter aux scènes d’émotions citées, celle qui m’a tiré des larmes : quand le personnage interprété par Cillian Murphy (soldat anglais traumatisé dans le bateau de pêcheur) demande au jeune fis du capitaine joué magnifiquement par Mark Rylance (le Abel du PONT DES ESPIONS comme l’a déjà précisé Rouxel) si le jeune homme qu’il a brutalisé va s’en sortir. La réaction du fils et celle du père m’ont profondément touché. D’accord avec Pierre, on ne voit pas d’allemands durant le film sauf à la fin quand Tom Hardy met le feu à son Spitfire, on voit les soldats de la Wehrmacht arriver par les champs vers la plage et l’entourer. Simplement on les aperçoit plus qu’on ne les voit car ils sont floutés (on reconnaît leurs casques et armes néanmoins). Finalement, le film de Nolan dont je rapprocherais le plus DUNKIRK, c’est INTERSTELLAR. Les paradoxes temporels de son brillant film de SF sont traduits ici par ce brillant montage permettant de suivre un récit se déployant en meme temps sur une semaine, un jour, une heure.

        • Alexandre Angel dit :

          A Sullivan,
          Je compte aller revoir DUNKERQUE pour en scruter un peu mieux les arcanes de sa réalisation.
          La musique est effectivement omniprésente mais dire qu’elle est envahissante (pas vous forcément mais d’autres qui considèrent qu’elle est en grand partie responsable de l' »échec » du film)est un procès tronqué. Je vous fais confiance pour m’aider à user des références qui conviennent mais c’est un peu comme si, dans un tout autre registre, on reprochait à Honegger d’avoir fait de JEANNE D’ARC un oratorio.
          DUNKERQUE est aussi une expérience musicale, sans doute mal comprise en tant que telle.

        • Alexandre Angel dit :

          A Sullivan
          J’oubliais.
          Si, je peux vous siffler le thème celtique de la CHUTE DU FAUCON NOIR, tout simplement parce que je l’aime bien.

        • MinettePascal dit :

          A Alexandre A : DUNKERQUE une expérience musicale ? Mais ça fait des siècles qu’on utilise les ostinatos pour exprimer un malaise ou de la peur. Et une grande proportion de la musique de Zimmer repose là-dessus. Evidemment, il y a ce qu’on met « autour », mais Zimmer ne s’y montre pas spécialement transcendant non plus.
          On parlait de la musique de HIGH NOON il y a quelque temps et cet ostinato d’horloge qui parcourt tout le film. Tiomkin y superpose mille variations de quelques thèmes (tous chantables d’ailleurs, pour les amateurs de mélodies). Là j’entends une vraie invention.
          Dans Zimmer, la note répétée à l’infini semble être tout ce à quoi se réduit son inspiration.
          Mais ce n’est QUE mon avis, à jeter dans une corbeille de paille pourrie ou mieux, à ne pas lire !
          Qu’avez-vous pensé de CHUT DE LAINE, au fait ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Vous n’avez pas tort mais tous deux cherchent un effet radicalement différent. Je ne crois pas que la mélodie soit une obligation pour la musique de film

        • Sullivan dit :

          A AA : Je ne sais pas si on peut rapprocher le travail collectif de Nolan, Zimmer et Lee Smith (entre autres) pour dépeindre cet épisode méconnu de la seconde guerre mondiale et celui lancé par la mécène Ida Rubinstein qui s’entoura de Honegger et Claudel pour ce qui reste un chef-d’oeuvre absolu de l’histoire de la musique et de la scène au XXème siècle.
          Honegger est un des plus grands du XXème siècle aux côtés de Prokofiev, Bartók, Britten ou Dutilleux (sans oublier Ravel, Debussy, Poulenc, Ives et tant d’autres). Zimmer franchement… à côté, no comment. Moi aussi j’ai un thème de lui en tête, celui de Gladiator, comme quoi… mais bon, là, j’ai bien compris qu’il s’agit d’un concept voulu par Nolan (à ce titre, c’est un travail très original), mais je reste simplement dubitatif sur cette musique. D’autres, en restant dans cette continuité (une heure et 45 minutes de musique non stop ce n’est pas rien) auraient pu éventuellement faire mieux. Sans même parler des compositeurs du passé, je pense à Desplat, Coulais, Beltrami ou Giacchino voire Santaolalla ou Golijov, qui quand on leur donne la liberté de créer, sont absolument bluffants. Evidemment quand on leur impose un style (la soupe qui orne 95% des films hollywoodiens aujourd’hui), c’est sûr ils ne se démarquent pas dans le bon sens. A mon avis, Zimmer n’a pas eu beaucoup d’espace de liberté et même s’il en avait eu, pas sûr que ça aurait donné quelque-chose de très transcendant. Sa musique pour Dunkerque ressemble furieusement à celle qu’il composa pour Inception et celles que d’autres compositeurs ont commises pour Nolan. Et n’oublions pas une chose : ce n’est pas lui qui a orchestré. Là, du coup, je peux préciser pourquoi je ne suis pas trop d’accord pour le rapprochement avec Honegger. C’est qu’Honegger en composant sa Jeanne, qui reste son chef-d’oeuvre, plus fort encore que sa seconde symphonie ou sa Danse des morts à mon sens, est aussi l’orchestrateur de son oeuvre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Sullivan
          Nicloux avait demandé la même chose à Demarsan pour CETTE FEMME LÀ je crois ou UNE AFFAIRE PRIVÉE. Revoyez les

        • Sullivan dit :

          A AA : Addendum. Quitte à vivre une expérience musicale d’une heure 45 au cinéma, je préfère les films de Demy, qui créa de vrais films-concept. Je pense que la musique de Zimmer retire ce petit quelque-chose qui aurait fait de DUNKIRK un très grand film. La question reste ouverte : Quel genre de musique à la place ? Si elle n’avait pas été présente sur toute la durée du métrage, est-ce que la sauce aurait pris ?

        • Alexandre Angel dit :

          A Sullivan
          J’étais sûr de me faire engueuler! (triple lol)
          Non mais je ne compare pas Zimmer avec Honegger (ça voudrait vraiment rien dire) : c’était une façon d’exprimer le fait que , quoi qu’on pense du résultat, un travail original (vous le dîtes vous-même)a été fait sur DUNKERQUE avec la musique.
          Il m’a semblé que pas mal de détracteurs, ou de tièdes par rapport au film, critiquent cette musique comme si elle surlignait les images comme le font un nombre incalculable de scores des années 30 à nos jours.
          Or, il s’agit, je trouve, d’un mauvais procès car on est au delà de ça : il y a le pari plutôt rare de faire de ce film AUSSI une œuvre musicale. On peut trouver que c’est raté, moi pas..
          Mais le pari se situe là et me tournant vers MinettePascal, je lui répond que c’est cela que j’entends par expérience musicale. J’étais à la fois au cinéma et à l’auditorium.
          Sinon, « chute de laine » : c’est bien mais on sent qu’on est à court de munitions (ça va peut-être revenir).

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : Non, bien sûr, la mélodie n’est pas une obligation mais chez Zimmer, que nous reste-t-il ? Pas de mélodies et une structure rythmique qui date de la préhistoire.
          Les images de DUNKERQUE étant le plus souvent brutales, je me pose la question du côté judicieux de mettre du bruit sur du bruit.
          C’est comme ces éternelles et insupportables lignes de caisse claire, dans tant de films, dès qu’il y a le moindre soldat à l’horizon…
          La musique de film ne doit-elle pas fuir la redondance, en général ?
          En tout cas, sûr qu’il y a une recherche à faire de ce côté mais Zimmer n’en est pas le chef de file…pour l’instant !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Je ne suis pas du tout mais du tout un admirateur de Zimmer et sur beaucoup de films (pas la LIGNE ROUGE) je le trouve épuisant. Là cela sert mieux le propos

        • MB dit :

          à Bertrand: « Je ne crois pas que la mélodie soit une obligation pour la musique de film »
          je note précieusement!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il y a des partitions qui sont uniquement percussives (MEN IN WAR, THE HARDER THEY FALL), en tout cas plus percussions que mélodiques au sens où l’entendait Van Parys

        • MinettePascal dit :

          A Mr Tavernier : ma concession pour la musique de Zimmer dans DUNKERQUE, ce serait l’orchestration car le timbre des ostinatos, lui, est parlant : une sorte de bourdonnement agressif qui donne du danger et des avions allemands une image de frelons frénétiques.
          Mais quelqu’un a dit que Zimmer n’a pas orchestré !

        • MB dit :

          « Il y a des partitions qui sont uniquement percussives (MEN IN WAR, THE HARDER THEY FALL), en tout cas plus percussions que mélodiques au sens où l’entendait Van Parys »
          certes il peut y avoir une mélodie secondaire…
          comme les musiques de Carpenter pour ses films! à écouter tout seul parfois on fait « aïe! »!!!

        • MB dit :

          Ostinatos d’ailleurs répétés avec obstination!

          (pardon)

        • Sullivan dit :

          A Minette Pascal : Je sais que vous le savez, mais c’est factuel, les compositeurs à Hollywood n’orchestrent pas leur score. Ceux qui l’on eut fait, se comptent sur les doigts d’une main (Herrmann, Rozsá…).

        • Alexandre Angel dit :

          A MinettePascal
          « une sorte de bourdonnement agressif qui donne du danger et des avions allemands une image de frelons frénétiques. »
          Absolument : et c’est très réussi..

        • MinettePascal dit :

          A Sullivan : Non, je ne savais pas que c’était quasi une règle. Peut-être y a-t-il quand même des consignes de compositeurs à orchestrateurs ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MinettePascal
          Bien sur et les compositeurs travaillent avec des orchestrateurs que parfois ils choisissent s’ils sont libres. En France beaucoup de compositeurs orchestraient de Jaubert à Duhamel en passant par Auric ou Kosma ou Honneger ou Jean Claude Petit et Bruno Coulais. Parfois aux USA, les délais étaient tellement courts : Steiner a eu besoin de plusieurs orchestrateurs pour la magnifique partition de KING KONG et surtout celle plus emphatique de GONE WITH THE WIND

        • Sullivan dit :

          A Minette Pascal : Bien-sûr il y a collaboration. Un exemple : Danny Elfman a très régulièrement fait appel à l’excellent Steve Bartek, notamment pour un bon nombre de partitions destinées au films de Tim Burton.

        • MinettePascal dit :

          Comme boulot peu reconnu, orchestrateur ou arrangeur, ça se pose là. Des hommes de l’ombre dont le job est de mettre des couleurs, tu parles d’un paradoxe…

        • Sullivan dit :

          A Bertrand (Réponse à votre post « A Sullivan : Nicloux avait demandé la même chose à Demarsan pour CETTE FEMME LÀ je crois ou UNE AFFAIRE PRIVÉE. Revoyez les »)
          J’ai revu CETTE FEMME-LÀ, film pour lequel Nicloux avait effectivement demandé à Demarsan de composer de la musique pour toute la durée du film (Demarsan le dit lui-même dans les bonus), mais en revanche, au visionnage du film, on constate que Nicloux n’a pas placé de la musique partout. Il y a plusieurs moments sans musique. Ce qui n’est pas du tout la même chose que d’avoir de la musique en continu comme sur DUNKERQUE (sauf les 4 ou 5 secondes déjà évoquées. A ce titre, contrairement à Nolan, j’aurais laissé un peu plus de métrage sans musique pour que le spectateur puisse en profiter. Mais de là à ce qu’on se dise que « Même le silence est du Zimmer », il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas ! N’est pas Mozart qui veut.
          Pour revenir sur CETTE FEMME-LÀ (j’avais complètement zappé que votre société Little Bear était en co-prod sur ce film, mais bravo, très bon choix), le bonus dans lequel le chef op Pierre-William Glenn s’exprime sur son expérience sur le film de Nicloux est franchement passionnant. Tout d’abord, on retient son quatuor de films dont il est le plus fier, sur lesquels il estime que son travail est le plus abouti : LA NUIT AMERICAINE, COUP DE TORCHON, SANS ESPOIR DE RETOUR et CETTE FEMME-LÀ. Personnellement, je n’ai jamais vu un traitement de la lumière aussi angoissant que sur le film de Nicloux (rien que lors de la scène du gymnase où est donné le cours de Yoga, j’étais déjà mal à l’aise). Ça a dû être un casse-tête hallucinant comme le dit Glenn à mi-mot. L’alchimie mise-en-scène / Photo / Musique est à saluer, chapeau bas. Je n’ai qu’une réserve sur ce film : la référence un peu trop appuyée à l’univers de Lynch (MULHOLLAND DRIVE notamment). Sinon, j’aime énormément LA CLE et LA RELIGIEUSE est vraiment bien.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SULLIVAN
          TOUT À FAIT D’ACCORD

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Effectivement on retrouve l’acteur Mark Rylance vu chez Spielberg dans »Le pont des espions »,il incarne le propriétaire anglais d’un petit bateau qui va au péril de sa vie,celle de son fils et d’un autre adolescent récuperer des soldats anglais sur les plages de Dunkerque.Nolan à segmenter son film en trois parties distinctes.Les attaques et bombardements sur terre,en mer et dans les airs en décrivant de façon intelligente la réaction et l’émotion de ces hommes pris par la mitraille.La musique de Zimmer rythme correctement toutes les scènes d’attaque.

    • MinettePascal dit :

      Moi, je suis plutôt d’accord avec vous.
      J’ai vu ce que, dans mon pessimisme forcené, je m’attendais à voir et, malheureusement, à entendre (des gens se bouchaient les oreilles autour de moi).
      Un bon documentaire aurait fait l’affaire, si la conception consiste à éviter tout rapprochement affectif avec qui que ce soit.
      J’ai souffert de ce feu continu de bruit et de stress. Un matraquage épuisant que les ostinatos quasi systématiques (copiés-collés ?) de Zimmer décuplent ad libitum.
      Passer plus de temps à dessiner les personnages (le garçon anglais qui meurt sur le rafiot) au lieu de pétarader indéfiniment aurait, selon mon méprisable avis juste bon à servir de cible à une épreuve olympique de crachats, fait un meilleur film.
      Et puis, je ne sais pourquoi, Kenneth Branagh me fait rire…
      Comme les maisons années 60 de Dunkerque.
      En sortant de là, j’ai envie de revoir ce film avec Belmondo dont quelqu’un saura me rappeler le titre !

      • Henri Patta dit :

        Week-end a Zuytkoot ?

        • MinettePascal dit :

          A Henri : Merci, c’est bien ça !

        • Damien D. dit :

          On en revient au débat sur les différents types de films de guerre. DUNKERQUE appartiendrait plus à la catégorie des films à grand spectacle type LE JOUR LE PLUS LONG ou LA BATAILLE DES ARDENNES alors que WEEK END A ZUYDCOOTE est plus un film plus dans l’esprit de films de patrouille avec destins individuels de soldats : personnellement j’ai toujours préféré la deuxième catégorie même si les bons avis ici sur le Christopher Nolan m’incitera peut-être à aller le voir.

        • Henri Patta dit :

          Pardon pour la mauvaise orthographe.
          Les films de guerre a « grand spectacle  » m ‘ont toujours barbes. On laisse un peu le scenario et les acteurs de cotes pour plus de mitrailles , d ‘explosions et d ‘avions en escadrille.
          Il y a sans doute des exeptions et j ‘attends donc vos avis…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          C’est impossible, vain de rayer un genre. Vous savez, quelqu’un, un dame, disait à Darius Milhaud : « Maitre, je n’arriva pas à m’intéresser à Beethoven » et il avait répondu : « Madame, cela n’a aucune importance. Il y a des films de guerre qui ont des scénarios très élaborés. C’est comme si vous disiez, le western, on n’écrit pas de scénario et on lance des indiens contre des cowboys. Il y a de sacré scénario dans la 317ème section, FIXED BAYONNETS, LE MERDIER, ATTACK, COTE 465, LES CROIX DE BOIS, LES FORÇATS DE LA GLOIRE, L’EQUIPAGE,sans parler de CONAN

        • Henri Patta dit :

          J ‘ai du mal m ‘exprimer. Je ne suis pas contre les films de guerre. Meme si ca n ‘est pas mon genre prefere.
          Ce que je ne supporte pas ce sont les films de guerre « a grand spectacle ».Ou le budget est essentiellement dans les effets speciaux et les explosions au detriment du scenario meme si il doit avoir des exeptions.
          Rassurez vous j ‘adore les croix de bois et le merdier ( pourquoi un titre aussi stupide) mais il n ‘entre pas dans la categorie que je definie.
          De meme j ‘ai aime Conan de par son scenario subtil , qui interroge sur ce que devient un homme qui prend l ‘habitude de tuer durant la guerre.

        • Damien D. dit :

          A Bertrand entièrement d’accord avec vous. Toutefois, je crois qu’Henri Patta ne dénigre pas les films de guerre mais bien la sous-catégorie dite « à grand spectacle » (si on peut la définir ainsi) reconstituant le plus souvent des batailles en s’intéressant moins aux hommes et à leurs destins individuels (beaucoup de ces films ont été réalisés dans les années 60 comme LE JOUR LE PLUS LONG, LA BATAILLE DES ARDENNES, LA PERCEE d’AVRANCHE par exemple et ont souvent assez mal vieilli). DUNKERQUE par sa démarche d’embrasser de manière générale l’événement pourrait appartenir à cette « sous-catégorie » mais ne l’ayant pas encore vu, je n’irai pas plus loin dans le commentaire.
          En tout cas, preuve s’il en était que le film de guerre a longtemps été un des genres favori du cinéma britannique et dès le cinéma muet : preuve par exemple avec THE BATTLES OF CORONEL AND FALKLAND ISLAND de Walter Summers (1927) dont j’ai vu qu’il était sorti en dvd/blu ray chez BFI et revenait sur une bataille navale de la Première guerre mondiale.

          J’en profite pour signaler dans les blu ray de la BFI, plusieurs titres muets d’Anthony Asquith sortis comme SHOOTING STARS ou UNDERGROUND. Egalement la première adaptation muette du roman de Liam O’Flaherty THE INFORMER (1929) réalisée par Arthur Robison 6 ans avant celle de John Ford (version de Ford d’ailleurs que vous ne goûtiez guère Bertrand dans 50 ans).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Je vous suis mais les films que vous citez ont ceci en commun de n’avoir pas de metteurs en scène ou alors des techniciens sans vision personnelle (LA BATAILLE DES ARDENNES) mais même dans cette sous catégorie, il peut y avoir des surprises.TORA, TORA de Fleischer contenait plusieurs bonnes scènes.Sans parler de certaines énormes productions soviétiques, LE DIT DES ANNÉES DE FEU de Dojvenko. Et le film en trois partie sur berlin. Et le PONT DE LA RIVIÈRE KWAI, c’est une super production personnelle. J’avais oublié des films anglais comme LA MER CRUELLE, COMMANDO SUR SAINT NAZAIRE, IN WHICH WE SERVE
          Tout à fait d’accord sur les Asquith muets que je crois avoir signalé

        • MinettePascal dit :

          Sur les films de guerre ou les westerns, les producteurs et les réalisateurs malins vont souvent chercher à ratisser large, à toucher tout le monde et tous les âges. Pour Les enfants du bruit et de la pyrotechnie, pour les adultes un contenu psychologique (une romance pour les dames) etc..
          Chacun de nous aura aimé le même film pour des raisons différentes au fil de la vie. Petit, on attendait que ça pète; plus tard, on attend que ça parle…

        • Henri Patta dit :

          A Minette Pascal.
          Votre derniere phrase est excellente. De plus elle reflete parfaitement ce que je pense.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Henri Patta
          C’est vrai. Vous avez raison

        • Alexandre Angel dit :

          A Damien
          Avant même tout jugement qualitatif, DUNKERQUE n’appartient pas à la sous-catégorie que vous évoquez. C’est un film de guerre, certes, indéniablement mais avec une vision esthétique ambitieuse.

        • Henri Patta dit :

          Ce qui m ‘effraie le plus , dans le dernier Nolan c ‘ est cette musique continuelle dont certains ont parles dans leurs commentaires. Mais je me garderais bien de juger une oeuvre sans l ‘avoir vu.
          Quelqu ‘un a parle d ‘un echec commercial.
          Aux etats unis ? Ou en France ?

        • Sullivan dit :

          A Henri Patta : J’enfonce une porte ouverte, mais le succès ou le ratage commercial d’un film ne dit rien de sa qualité, ni de sa postérité.

      • JP RASTELL dit :

        A MinettePascal

        Le film avec Belmondo est « Week-end à Zuydccote » d’Henri Verneuil. Ce film dont l’esprit est sans doute très différent de celui avec lequel Christopher Nolan a réalisé son film, ne serait-ce que par son rythme délibérément nonchalant (paresseux, diraient certains) livre une peinture assez réaliste de ce qu’ont pu vivre les soldats français piégés à Dunkerque après la percée victorieuse des allemands dans les Ardennes. Durant tout le film des soldats français et anglais – et surtout anglais – attendent d’être transportés sur des navires anglais pour regagner l’Angleterre tout en subissant les attaques incessantes de l’aviation allemande. Le cinéaste, qui adapte le roman du même nom de Robert Merle, s’attache lui à décrire le quotidien de ces soldats français et surtout leurs réactions face à ce qui leur arrive. L’ambiance de ces soldats désœuvrés dont le sort semble scellé n’est pas tant au désespoir ni non plus à la plus grande combativité qu’à la débrouille sinon même au cynisme, ce qui n’est pas sans rappeler un autre film tourné à la même époque par Jean Renoir. C’est en effet un même état d’esprit quelque peu désabusé qui règne chez les prisonniers français retenus dans ce stalag et que dépeint Jean Renoir dans « Le Caporal épinglé ».

        • MinettePascal dit :

          A JPRastel : Oui, Zuydcoote n’a pas de ressemblance avec un documentaire.

  15. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A MB : (sur ASPHALT JUNGLE). Ne vous méprenez pas. J’aime beaucoup la scène – très poétique – de la mort d’HAYDEN dans le pré avec les chevaux. C’est le retour ensuite dans le bureau du chef de la police qui me semble créer une cassure.

  16. MB dit :

    Je ne vois pas comment déterminer la démarche de Jacques Constant dans CAMPEMENT 13 autrement que comme celle de qqn qui a décidé de centrer son film sur la femme dans son personnage romanesque spécifique de jeune et belle, et plaisant aux hommes, comme des milliers de films l’avaient déjà représentée avant, avec tout l’attirail de clichés connu (Merci à J O Laprune et Bertrand, et le blogeur qui a signalé ce film. René Chateau, cet éditeur est intriguant, a-t’il jamais été interviewé?
    Ainsi avec sa voix traînante et sa nonchalance, Alice Field (diction magnifique, actrice inconnue de moi) endosse-t’elle tous les caractères connus du cinéma français des années 20-30, habituellement rattachés au personnage de la femme fatale. Simplement, dans CAMPEMENT 13, un certain décalage est opéré petit à petit sur ce personnage pour qu’à la fin le mythe romanesque de la garce soit détruit.

    ARG! Peut-être ci-dessous y a t-il des spoilers quant au déroulement de l’intrigue bien qu’il ne s’agisse pas d’un polar! J’ai viré le maximum de détails d’intrigue. STOP si pas vu le film.

    Au début, Greta apparaît donc comme la garce habituelle. Elle a séduit un homme jaloux et violent. L’homme commet « pour elle » et à cause de sa propre jalousie maladive, un crime par stupidité (bien que l’acteur Paul Nat ait ici un rôle ingrat, il bénéficie d’un plan magnifique où il est partiellement entaché par l’ombre des feuilles d’un arbre): première mésaventure amoureuse de Greta.
    La deuxième: la quasi écoeurante sollicitude du chef du camp des mariniers (Gabriel Gabrio) qui l’adopte comme une enfant. Etouffant auprès de lui, elle le traite mal par dépit, avec le comportement traditionnel de la garce qui a le tort de mépriser celui qui l’aime.
    Alexandre Regnault dans le rôle du papa puritain qui bride sa fille (Silvia Bataille) se révèle encore un amoureux hypocrite de Greta. L’acteur est formidable (on l’a vu en crétin dans VOLPONE et dans le film que conseillait Bertrand: LA TERRE QUI MEURT, je ne sais plus de qui j’ai oublié où il avait un rôle étonnant, aussi) et dans plein d’autres, bien sûr.
    La troisième mésaventure: l’arrivée d’un citadin prétentieux qui s’enflamme pour Greta qui tombe réellement amoureuse de lui. Il la plaque quand il a jugé que Greta est considérée socialement comme une garce et qu’il lui faut un amour sérieux, une petite épouse présentable. Greta a mauvaise réputation. Mais de quoi est faite celle-ci, sinon des clichés et conventions sociales? (je n’ajoute pas « masculines » ce serait grossier).
    Autrement dit voilà différentes façons masculines d’aimer: la possessive, la platonique, et la légère et insouciante du dragueur qui cherche un coup, attitude entachée de considérations sociales conventionnelles, qui frappe trois fois de ses blessures la soi-disant garce que serait Greta. Quand tous la recherchent à la fin pour s’excuser ou réparer ce qui a été détruit, Greta quitte le camp de mariniers, seule le soir avec sa petite valise.

    • Mathieu dit :

      A MB:
      René Château est interviewé si ma mémoire ne me joue pas des tours dans le documentaire CINEPHILES DE NOTRE TEMPS réalisé par Laurent Chollet et édité en dvd par Potemkine (coffret de 5 DVD). Il n’y parle pas beaucoup de sa vie ni de ses goûts en matière de cinéma français mais des débuts de l’édition de films en cassettes VHS. Le bonhomme m’avait aussi assez intrigué…

      • MB dit :

        à Mathieu: dans les années 70 ou 80 il a fait venir en France tous les films de la première vague KungFu dans sa salle du Hollywood Boulevard: BIG BOSS de Lo Wei le 1er Bruce Lee que j’avais vu au Sénégal et tte la suite ça a fait fureur au Sénégal et a remplacé les westerns italiens.
        Je me demande si c’est un cinéphile ou s’il a juste trouvé un créneau « vieux cinéma français » et l’a exploité à fond, en tt cas on peut le remercier car sans lui des titres comme CAMPEMENT 13 seraient disparus dans les marais de l’oubli.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Ren,é Chateau aime le cinéma du moins un certain genre de cinéma populaire, pas élitiste, anarchiste. Discuter de cela est erroné. Dans ses jeunes années, il cree avec des amis une revue de cinema la METHODE par admiration pour Dean, brando et Kazan où il défend avec passion José Giovanni mais aussi un film flingué par la Nouvelle Vague, TU NE TUERAS POINT d’Autant Lara auquel il consacre un numéro entier prenant l’anti militarisme, le pacifisme du film. Il sera attaqué en justice par Charles Ford, historien de droite qu’il a insulté, traitant le Journal du Parlement de « Bulletin de l’OAS ». Il confie un numéro entier à Robert Benayoun avec Mitchum en couverture. Je le croisais sans cesse dans des projections d’obscurs films français organisé par un fort sympathique steward de PaKistan Airlines où l’on découvrait LA SOUPE A LA GRIMACE, PAS DE COUP DUR POUR JOHNNY, LA BONNE TISANE qui font partie de son catalogue. Il me disait souvent qu’il sortait certaines vidéos uniquement pour son plaisir car il savait qu’il en vendrait très peu, citant DUPONT BARBÈS (il adorait la mention que Madeleine Lebeau portait des bas Exciting), MENACES. Il a publié deux anthologies sur Jeanson et Audiard qui reflètent ses gouts plus son livre très précieux sur LE CINEMA SOUS L’OCCUPATION. Ensuite il est devenu exploitant, disitbureur (de films de Kung Fu puis des Belmondo avec qui il s’est associé avant de se brouiller)

        • MB dit :

          Un type formidable! merci.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB : J’avais écrit ici même combien j’ai aimé CAMPEMENT 13, film presque néo -réaliste, qui bénéficie d’un tournage en extérieurs, d’une excellente distribution avec en particulier Alice FIELD dans le rôle de Greta, et d’une mise en scène raffinée, et qui tranche dans les productions courantes de l’époque.

      • MB dit :

        à Servant JP: c’était vous OK merci! Je ne retrouvais pas je suis en vacances avec des connexions internet timides. Film absolument inoubliable merci encore.

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