Un Bal des Pompiers passionnant

8 juin 2017 par - DVD

FILMS FRANÇAIS

Une découverte majeure. Durant ce VOYAGE DANS LE CINÉMA FRANÇAIS, j’ai dépisté des pépites comme POLICE JUDICIAIRE de Maurice de Canonge. Et maintenant ce BAL DES POMPIERS (1949) au titre si peu prometteur de Berthomieu, cinéaste totalement méprisé. Eh bien, c’est une oeuvre passionnante sociologiquement, historiquement et même cinématographiquement dont je suis redevable à Jean Olle Laprune.

Tirée d’une pièce de Jean Nohain que j’aimerais lire (ses dialogues sont souvent percutants), il s’agit d’un film qui se passe sous l’Occupation et à la Libération. Claude Dauphin, formidable dans un triple rôle, brosse le portrait d’un de ces artistes qui ont, disons, « accepté » la situation. Il évoque en plus efféminé Guitry et d’autres et certaines de ses réparties sont hilarantes. Quand il déclare : « Et je lui ai dit [à un auteur allemand] que son Führer était un criminel imbécile. Hein, je lui ai dit, Pamela ? » Pamela : « Peut-être pas exactement dans ces termes. » Son adjoint Fatafia, magistral Henri Crémieux, qui se colle un uniforme le jour de la Libération est croquignolet (il faut le voir lui rappeler : « le mur, le mur » quand il téléphone à un Allemand) et il y a mille détails amusants, pittoresques et pas trop racoleurs comme cette tirade cinglante de Camille Grégeois à un profiteur, collabo notoire, personnage bien écrit et incarné à la perfection par Robert Arnoux. La mise en scène de Berthomieu est bonhomme et bienveillante. Ces deux films sont disponibles sur le site de René Château, « la mémoire du cinéma » ce qui dans ce cas n’est pas un titre usurpé.

AMOURS, DÉLICES ET ORGUES (le titre regroupe les trois mots qui sont masculins au singulier et féminins au pluriel) est nettement moins bon que le scénario d’origine, soit de Julien Duvivier. On y entend de jolies chansons mais les péripéties sont convenues, pas très drôles et le résultat conventionnel.

Dans LE ROUGE EST MIS, ce qu’il y a de plus réussi, ce sont ces paysages, ces décors de banlieue avec leurs ruelles, leurs pavillons. Ces bistrots populaires que sait bien filmer Grangier. Il y a aussi une scène d’une violence assez rare dans les films de Gabin, mais je trouve le scénario moins original que ceux du SANG À LA TÊTE, du DÉSORDRE ET LA NUIT, voire de AU PETIT ZOUAVE.

    

LA TRAVERSÉE DE LA LOIRE fait parti des films de Jean Gourguet, cinéaste qui longtemps fit figure de repoussoir, qui viennent de ressortir. Je n’ai pas encore vu LES FAUSSES PUDEURS, LES PREMIERS OUTRAGES (dans les bonus on trouve parmi ses défenseurs Mocky et Vecchiali) ou MATERNITÉ CLANDESTINE mais LE PASSAGE DE LA LOIRE est visible. En fait, il s’agit d’une version minimaliste et bricolée du film de Christian Carion, EN MAI FAIS CE QU’IL TE PLAIT : l’exode se réduit à quelques stock shots et l’essentiel de l’action se déroule dans une cour de ferme et l’intérieur de cette ferme et se centre autour d’une dizaine de personnages avec très peu de figurants. Rellys joue un salopard minable et Henri Vibert est plutôt rigolo en homme d’affaire pingre, mesquin, égoïste. Cela se laisse voir. En complément, un petit film muet assez joli, L’EFFET D’UN RAYON DE SOLEIL. En 1955, Gourguet acheta l’Escurial qu’il fit vivre jusqu’à sa mort et cela le rend très sympathique.

LES MALHEURS DE SOPHIE de Jacqueline Audry (1945) est encore une découverte intéressante. C’est une relecture très partielle et progressiste de la Comtesse de Ségur, prenant le parti de Sophie malgré ses erreurs contre sa gouvernante stricte et respectueuse de l’ordre (Marguerite Moreno) mais le film bifurque vite, montre Sophie adulte et Paul s’engage sur les barricades pour défendre la République contre le futur Napoléon III. On y cite Beaudin et Alerme brosse un préfet très réjouissant qui inspire Pierre Laroche (« la poussière ennoblit l’ouvrier mais salit les préfets »). On parle de mariage forcé où la jeune femme n’a rien à dire. Le film chez Pathé mérite une réhabilitation. Il est féministe et anarchiste.

Dans la nouvelle série des Gaumont, je retiens d’abord le très émouvant film de Jacques Rouffio qui marquait ses débuts, L’HORIZON, sur la guerre de 14. Ou plutôt sur la vision de la guerre qu’avaient les civils qui vivaient loin du front et qui ne reçoivent pas si bien que cela un jeune soldat blessé qui vient achever sa convalescence dans sa famille. Le scénario de Georges Conchon qui fut un complice idéal pour Rouffio est à la fois complexe et tendre, proche des personnages, notamment cette jeune femme libre, révoltée et fière qu’incarne Macha Meril. Elle veut pousser le jeune soldat (magnifique Jacques Perrin) à déserter. J’adore ce film.

Est-ce qu’il y aura des courageux qui vont se risquer à regarder LA BIGORNE CAPORAL DE FRANCE  de Robert Darene ? François Perier m’avait raconté quelques anecdotes fastueuses sur le tournage à Madagascar, Darene réussissant à tourner dans toutes les colonies françaises.

  

Il est bon de revoir GENERAL IDI AMIN DADA de Barbet Schroeder qui ouvre de manière spectaculaire sa trilogie du mal
Et de se ruer sur l’intégrale Rohmer, sortie par Potemkine

ILLUSTRE & INCONNU – COMMENT JACQUES JAUJARD A SAUVÉ LE LOUVRE 
Je conseille à tous ce documentaire passionnant chez Doriane Films. D’abord parce que c’est sur des hommes qui ont résisté et protégé un patrimoine culturel dans des circonstances épouvantables, entre 40 et 45 et que cela fait du bien. On devrait saluer plus souvent Jacques Jaujard et le donner en exemple surtout à l’heure actuelle. Et aussi parce qu’on y voit Frédérique Hebrard, co-auteur de feuilletons célèbres. J’ignorais qu’elle avait été chargée de veiller sur ces collections entreposées dans sa région. On y parle aussi de l’action formidable que mena une actrice, Jeanne Boitel, que l’on voit dans mon VOYAGE. Elle avait été choisie par Gréville pour REMOUS et j’ignorais ses actions de Résistance où elle s’appelait Mozart. Ce qui est dit dans ce film devrait inspirer certaines de nos actions. Cela montre que des responsables politiques comme Painlevé savaient choisir des collaborateurs de choix qui avaient une haute idée de leurs responsabilités.

Le DVD contient un bonus de choix : un film sur Rose Valland, dont l’action, le courage, la personnalité restent exceptionnels. Elle surveilla le Musée du Jeu de Paume et, à l’insu des Allemands et de ses chefs (mais pas de Jaujard), nota tous les vols de tableaux, toutes les spoliations et ses notes permirent de récupérer 60 000 œuvres d’art. On refusa de les consulter quand il s’agit de rendre une partie des œuvres à leurs propriétaires juifs. Elle partage avec Jaujard l’ingratitude du gouvernement français et Malraux a traité comme de la merde ces personnes qui ont sauvé le patrimoine national pillé par les nazis.

Les deux vies feraient de superbes sujets de mini-séries, avec de vrais héros complexes et des péripéties incroyables et les Amerloques ont déjà utilisé deux fois le personnage de Rose Valland. THE TRAIN où elle était jouée par Suzanne Flon faisait l’impasse sur la spoliation des juifs et MONUMENTS MEN de Clooney était parait-il décevant. Mais rien n’a jamais été fait du côté français.

FILMS ANGLAIS

FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED est un des meilleurs Terence Fisher et la première moitié, notamment, compte parmi ce qu’il a fait de mieux en termes de découpage, de mise en scène, d’utilisation du décor. Il bénéficie d’un scénario assez moderne de Bert Batt, bien écrit. Mais dans le dernier tiers, le producteur insista pour ajouter une séquence qui détonne. On y voit le docteur qui va séduire et violer Veronica Carlson. Fisher et Cushing était contre cette péripétie et l’acteur fit même des excuses et écrivit à des fans indignés. La fin, très noire, heureusement rattrape cette bévue.

  

LES IMPOSTEURS/THE OBJECT OF BEAUTY est une jolie comédie romantique écrite et réalisée par Michael Lindsay Hoog. John Malkovich et Andie MacDowell qui a rarement été plus séduisante et aussi déshabillée, vivent dans un hôtel luxueux bien au dessus de leurs moyens. Les combines que trouve Malkovich finissent par s’épuiser et il va concevoir un plan machiavélique. Avec une sculpture de Henry Moore. Mais la femme de chambre sourde et muette qui s’occupe de leur suite va bouleverser ces plans Le ton est cynique, amoral, avec des retournements surprenants et un dialogue très caustique. A découvrir.

KEN HUGHES
THE SMALL WORLD OF SAMMY LEE est un petit film noir tourné en grande partie dans Soho, écrit et dirigé par Ken Hughes. Il vient d’être restauré et l’on sent dès les premiers plans qu’on a affaire à un vrai metteur en scène qui se pose des questions sur l’utilisation de l’espace, du décor. Sammy Lee, propriétaire d’un club (comprenez une boite de striptease) doit beaucoup d’argent à un redoutable mafieux et il va se lancer dans une série frénétique de combines pour régler cette dette, empruntant ici, promettant ailleurs. C’est la version prolétaire du film précédent et Hughes sait imposer une atmosphère, croque un personnage.

Du coup, j’ai jeté un œil sur certaines des séries B qu’il tournait (souvent en même temps que John Guillermin et ils faisaient un concours à qui filmerait les meilleures arrivées de bagnole sur la caméra). TIMESLIP et LITTLE RED MONKEY sont divertissants : rythme nerveux, utilisation des amorces pour dramatiser les cadrages, plans recherchés. Le premier possède des éléments de science-fiction qui lui ont donné une réputation. Le second fait partie de la veine anti-rouge avec des traîtres assez caricaturaux.

  

CROMWELL est une œuvre autrement plus ambitieuse. Il y a très peu de film sur Cromwell, personnage complexe et trouble et sur cette époque chaotique. Hughes, qui écrivit le scénario, mit plusieurs années à l’imposer. On est frappé par la beauté des extérieurs, des costumes, de la photo de Geoffrey Unsworth. On trouve ici et là quelques séquences assez fortes et bien mises en scènes. Mais on a l’impression que la vision du cinéaste est comme rétrécie par ces mêmes qualités qui lui faisaient sauver des séries B. Le goût de l’efficacité l’amène à simplifier outrageusement, faisant passer Cromwell pour un émancipateur du peuple mais oubliant au passage le bain de sang qu’il provoqua en Irlande et d’autres massacres. Et son goût du pouvoir. On passe aussi sous silence la manière très progressiste dont il forma son armée, en payant les soldats pour qu’ils ne pillent pas, en favorisant la promotion au mérite et non pas à l’argent. Le conflit qui l’opposa au Roi est aussi trop binaire. Il faut dire que Richard Harris est desservi par le scénario et reste la plupart du temps dans la même couleur. Il passe son temps à crier.

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Commentaires (115)

 

  1. Mordi e fuggi dit :

    Pour contrebalancer le lèche-bottisme dégoulinant de complaisance exprimé sur ce blog écoutez le podcast de l’émission de cinéma de Radio courtoisie du 11 Mai dernier. Philippe d’Hugues s’entretient avec Michel Marmin, lequel prétend que vous n’êtes qu’une grande gueule dont les films ne résistent pas à une seconde vision. Films à thèse, démonstratifs, exempts de lyrisme, mise en scène maladroite, caméra placée dans des endroits bizarres… Il vous place à dix coudées au dessous de Truffaut qu’il n’aime déjà pas beaucoup. P. d’Hugues se marre, toutefois tous deux se prétendent vos amis. Je n’ose imaginer ce que vos ennemis disent de vous.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Mordi et fuggi
      Marmin a écrit des articles élogieux sur mes films et Philippe d’Hughes les a tous défendus comme le prouvent les dizaines de lettres qu’il m’a envoyé. Désolé, je n’écoute pas Radio Courtoisie (Ragots courtoisie) et tous ces ragots me laissent indifférents. Si vous saviez à quel point je m’en tamponne, vous ne perdriez pas votre temps

    • MinettePascal dit :

      Mordi et Fuggi, c’est la traduction italienne de Récho et Frigo ?

    • ballantrae dit :

      Je crois qu’on ne vous a pas prévenu « mordi e fuggi »(pauvre Risi, méritait il cela?): Trolls 2 est une sombre merde qui n’intéresse aucun blogueur sur ce site.
      Politesse pour politesse, le côté « Je suis partout »du très pauvre de ce type de messages donne juste envie de bailler: votre côté vaguement anar est un peu contredit par le fait que écoutez Radio courtoisie la mal nommée ( pourquoi pas Radio Camomille?.Côté lecture critique des médias, on peut faire mieux.
      Vous voyez Rouxel, quand je vous disais de ne pas vous énerver c’est à cause de ce tissu de conneries avec lequel on a assez à faire!
      Allez coucouche panier, manquerait plus qu’il morde!

    • ballantrae dit :

      Marmin ne faisait il pas partie de ce courant nommé Nouvelle Droite auquel se rattachait Taguieff???Après , je ne connais que vaguement ses écrits.
      Ph d’Hugues a écrit sur Rebatet et dans des colonnes souvent très connotées « à droite toute ».
      Cependant, contrairement à vous, blogueur malintentionné, il s’est efforcé de ne pas mélanger analyse critique et règlements de compte emplis d’acrimonie…car lui est intelligent.
      Je crois que ce n’est pas le cinéma de B Tavernier qui est visé mais autre chose en lui: dans la continuité des attaques minables du mois dernier 1 ou 2 rigolos font les intéressants pour déverser leur fiel à cause de ce que le cinéaste représente en matière d’ouverture des idées, de fermeté sur quelques principes hérités de la common decency.

  2. Paolo Mereghetti dit :

    Cher monsieur Tavernier, j’ai découverte en Italie un dvd du film Non coupable de Henri Decoin, qui m’a passionné. Ecrit par Sauvajon (aver beaucoup d’influence de Simenon?), joué par un Michel Simon génial, le film m’est semblé un petit bijou. Mais je n’ai trouvé aucune référence dans les histoires du cinéma français que j’ai chez moi, ni le Prédal ni le Billard ni le Burch Sellier (La drôle de guerre des sexes du cinéma français). Vous le connaissez?
    Merci

    Paolo Mereghetti

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Paolo Mereghetti
      Bien sur et je croyais en avoir parlé ici. C’est un film passionnant avec de vraies recherches visuelles et un ton insolite. Mais Decoin reste très sous estimé

      • Yves Rouxel dit :

        Trois dvd sortis récemment et dont Bertrand,Patrick Brion et François Guerif ont signés les bonus. »Le violent »produit par Bogart est une bonne surprise.On peut considerer que c’est un polar qui aborde la vie et les tourments d’un scénariste alcoolique mais surtout les coulisses d’Hollywood(corruption,copinage entre producteurs et starlettes…).Le scénario est d’une sécheresse incroyable et pesante à la fois.Je n’aborderais pas »L’inexorable enquète »de Phil Karlson,ni »Amère victoire »de Nicolas Ray.J’attends avec un peu d’impatience le film de Luigi Comencinni »Les Russes ne boiront pas de coca cola »une fable mordante à souhait.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Une bonne surprise le VIOLENT ? Mais c’était l’un des films les plus encensés et à juste titre de Nicholas Ray. La seule surprise vient de ce qu’il soit à la hauteur de sa réputation (comme les INDOMPTABLES et les AMANTS DE LA NUIT), voire plus alors que d’autres Ray révèlent des faiblesses

    • Servant Jean-Pierre dit :

      A Paolo Mereghetti : Je mets NON COUPABLE de Decoin au même niveau qualitatif que PANIQUE de Duvivier.
      Très noir, sordide. Et Michel Simon au sommet !

      • Mathieu dit :

        à Servant Jean-Pierre:
        Tout à fait d’accord, NON COUPABLE est un des meilleurs films français d’une époque (l’après-guerre) pourtant très riche en réussites, et mérite mieux que son peu de réputation. Très « Simenonien » aussi par ses personnages et son atmosphère (le café où se réunissent chaque soir les notables d’une petite ville , le mélange de noirceur et de compassion…), je le rapprocherais aussi par son sujet d’un film postérieur tout aussi réussi, LE SEPTIEME JURE de Lautner, où Bernard Blier incarne un notable de province « forcément » non coupable, comme dirait Marguerite D.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Mathieu : Oui LE SEPTIÈME JURÉ que j’ai découvert très tardivement est aussi très fort dans la peinture des milieux sociaux d’une ville de province. J’ai eu beaucoup de plaisir à le découvrir.
          Reçu cet après midi LE BOUCHER de Claude CHABROL (1970),filmé à Tremolat sur Dordogne. Là aussi une peinture de la vie et des comportements dans un bourg qui n’à pas pris une ride. Efficace.

  3. Michael Rawls dit :

    My latest e-mail from Rue du Premier Film credits « Chantons sous la pluie » to one Stanley Donen, all on his lonesome. The credit that has appeared on the film these last 66 years has led audiences to believe that « Singin’ in the Rain » was directed by Gene Kelly and Stanley Donen. Have we all been misled? « La pluie ne cesse tomber sur moi… » Hold on, that’s another song and another movie…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Michael Rawls
      a mistake

      • Michael Rawls dit :

        Thanks for the acknowledgement of the mistake and for your excellent piece on Greville on the FILM COMMENT site. But Greville’s remake of THE HANDS OF ORLAC is in fact entitled THE HANDS OF ORLAC. I remember seeing it in some neighborhood fleapit in Jacksonville back in 1960. Memorable only for Christopher Lee’s delivery of the line « he’ll pay through the nose until his eyes drop out » and Mr. Lee’s magician character’s novel way of terminating his assistant (the lovely Dany Carrell). Greville’s collaborator on the screenplay was John Baines, who scripted the two best sequences in DEAD OF NIGHT (THE HAUNTED MIRROR and THE VENTRILOQUIST). Lee’s also wonderfully sleazy as the strip club owner in BEAT GIRL,the uncut print of which features acts not likely to have gotten past the British censors of the time. Gillian Hills, the lead actress, was later seen in the purple paper romp in BLOW-UP and that WILLIAM TELL OVERTURE video included in A CLOCKWORK ORANGE. Made a couple of singles with your man Eddie Constantine and had several hits on her own ( « Zou bisou bisou…). Finally,it’s a shame that puritanical American mores prevented Mitchell Leisen and Graham Greene reuniting Carole Lombard and Fred MacMurray in BUTTOCKS OVER THE BILLIARD TABLE.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Michael Rawls
          It was a mistake from the translator and the gunfight scene is in LE PORT DU DESIR not in DOROTHÉE CHERCHE L’AMOUR

  4. Yves Rouxel dit :

    C’est en s’enfonçant le plus profondément possible dans le terroir d’un pays que le cinéma national risque de transmettre le message le plus chargé de spirituel.Ainsi en fut il de la Suède naguère,et du Mexique.En 1917,Les Proscrits,de Sjöström,en 1919,Le Trésor d’Arne de Stiller s’imposaient non seulement comme des œuvres d’une qualité plastique exceptionnelle,mais comme des témoignages poignants,pénétrés par une sorte de nostalgie secrète,un je ne sais quoi de fragile et de meurtri.Par la seule façon de situer une histoire et de capter les paysages,le ciel,la neige,les Scandinaves en dégageaient comme feront les Mexicains une beauté intemporelle et une poésie douloureuse.Mais le tact et la savante intuition des deux grands maitres donnèrent à leurs récits une authenticité et une profondeur et une profondeur admirables. »Sjöström,disait Turc Dalluim(Le Film ,cité,par Marcel Lapierre :Les cent visages du cinéma)est le plus mesuré des metteurs en scène suédois.Avec quelle belle et droite simplicité décrit-il une destinée humaine.Rien ne brille à faux,aucun effet factice.Tout superflu qui alourdit l’action est éliminé.Chaque trait est significatif ».Il faudrait ajouter que chacun de ses traits a la pureté d’un chant presque irréel.Les proscrits étaient surtout dans leur seconde partie chargés d’une tristesse mysterieuse.Tristesse qui n’était point le noir,l’étouffant nuage qui pèse si souvent sur notre cinéma actuel.

  5. Yves Rouxel dit :

    Entendu récemment sur France culture que le film qu’à écrit réalisé et jouer Jerry Lewis »Le clown qui pleurait »devrait ressortir des tiroirs des studios dans 10 ans.On ne sait pas si le protagoniste sera toujours vivant,esperons.Le réalisateur Xavier Gianolli à déclarer qu’il possédait une copie de ce film « maudit »qui à surement inspiré Roberto Begnini pour »La vie est belle ».Etonnant,NON!!!!

  6. SERVANT Jean-Pierre dit :

    J’ai revu en vidéo deux films français que je trouve remarquables. Ils ont comme point commun, la même comédienne principale, Simone Signoret.
    Le premier (que je revois une fois par an), c’est L’ETOILE DU NORD de Pierre GRANIER-DEFERRE (1982), d’après un livre de SIMENON (que je n’ai toujours pas lu), LE LOCATAIRE, écrit en 1934 je crois. J’aime particulièrement l’atmosphère de ce film, qui alterne des images tantôt gorgées de soleil (l’Egypte) ou brumeuse (la Belgique), magnifiquement captées par Pierre William GLENN. Les personnages y sont complexes (comme souvent chez SIMENON), traînant derrière eux un passé dont on ne sait pas tout. Edouard (Philippe NOIRET),le locataire de la petite pension de Charleroi, tenue par Madame Baron (Simone SIGNORET), de retour d’Égypte à la mort de sa protectrice, sans argent, perdu, commet l’irréparable. On devine, un homme au caractère faible, poussé à l’extrême par les circonstances,et comme il le dit dans un scène où est évoqué l’acte du meurtrier du train L’Etoile du Nord, « c’est l’acte d’un homme qui en avait assez d’être gruge, trompé ». Ce film c’est aussi la rencontre de deux êtres différents par leur force de caractère, Madame Baron, apparaissant comme une femme de tète, qui mène sa petite pension de famille avec détermination.Et pourtant, ces deux personnalités vont se retrouver avec cet univers protecteur créé par Édouard dans la petite chambre qu’il occupe chez elle. Là, l’homme effacé, terne, s’anime, devient volubile,grâce à cette Égypte qu’il a quittee et recrée dans sa chambre. Elle est presque envoutee par les récits d’Édouard qui a gommé son acte de sa mémoire, jusqu’à ce moment terrible, dans la cuisine de Madame Baron qui connaît enfin la vérité, où tout va basculer.
    Je trouve ce film d’une grande richesse d’écriture (JEAN AURANCHE, Michel GRISOLIA), et je le revois toujours en découvrant quelque détail qui m’avait échappé.
    Il faut vraiment que je me décide à lire le bouquin.
    C’est aussi pour un spectateur, l’immense plaisir de voir deux comédiens d’exception « se renvoyer la balle » avec finesse.
    Dans la foulée l’envie de revoir LES GRANGES BRULÉES de Jean CHAPOT (1972), « d’après une idée originale de J.Chapot », dit le carton de générique. Un hiver dans un hameau du Doubs. Le milieu paysan. Un meurtre. Encore une femme forte (SIGNORET), face à un juge d’instruction qui enquête sur le meurtre (Alain DELON).
    Là aussi, j’aime l’atmosphère, le côté « hui-clos » dû au décor hivernal, les rapports de deux êtres forts (Rose et le juge) qui se respectent mutuellement, même si dans le cas de Rose, femme déterminée, véritable « meneuse » de la famille, celà ne se voit pas.
    J’avais complètement zappé l’intéressant bonus du DVD, où j’ai appris que le film ce serait quasiment fait « sans capitaine », le metteur en scène « tétanisé  » par ses deux comédiens principaux, ayant renoncé à diriger le film, laissant la tâche à son assistant… et aux comédiens eux-mêmes. J’ai vraiment été surpris par ces confidences (assistant, script…) qui – à mon sens – ne se remarque pas durant la projection.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT JEAN_PIERRE
      OUI CHAPOT A ÉTÉ ÉVINCÉ DU TOURNAGE PAR DELON AVEC L’ASSENTIMENT DE SIGNORET QUI L’AVAIT TROUVÉ FAIBLE, PAUMÉ ET PEU FIABLE. EST CE VRAI ? Toujours est il que mon film était planifié peu après celui de Chapot et Danon avait rajouté des clauses dans mon contrat spécifiant que si j’avais plus de deux jours de retard après la deuxième semaine, j’étais viré ou un truc approchant.
      Ce qui est drôle, c’est que j’ai terminé l’ETOILE DU NORD, Granier étant à l’hôpital. Les 10 derniers jours je crois

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : j’ai appris dans ce doc que Simone SIGNORET était « gênée » par la situation parce que c’est elle qui avait imposé le réalisateur des GRANGES.
        Pour L’ETOILE DU NORD, je ne savais pas que c’était vous qui l’aviez terminé.
        Nouvelles du Front : découverte hier et aujourd’hui de deux très bons films sortis récemment chez S IDONIS. SO DARK THE NIGHT de LEWIS, qui malgré les fantaisies de casting et le dialogue tantôt français tantôt anglais (avé l’assent tchèque, hongrois…), un bossu sorti tout droit de FRANKENSTEIN, est une belle découverte. Et Steven GERAY ,comédien peu connu, surtout habitué aux seconds voire troisièmes rôles est vraiment pas mal (surtout dans la deuxième partie jusqu’au dénouement) dans son unique rôle en tête d’affiche. Petit conseil à ceux qui ne le connaisse pas, ne commettez pas l’erreur de visionner les interventions avant d’avoir vu le film.
        Et puis surtout SCANDAL SHEET de Phil KARLSON qui m’a tenu scotché à l’écran durant toute la projection. J’ai vu et écouté votre intervention (+ Patrick BRION et François GUERIF) et bien qu’il y ait c’est vrai des ressemblances très frappantes avec THE BIG CLOCK de FARROW, je serais tenté de dire que le traitement est assez différent déjà en raison du jeu de l’exceptionnel (il y a longtemps que je voulais le dire, c’est fait) Broderick CRAWFORD, massif mais vulnérable et LAUGHTON plus… antipathique (dans le rôle) et sans état d’qmecet aussi du style « Paramount » qui à mon goût n’est pas toujours heureux. Néanmoins le film de FARROW (1948) est excellent.
        Ce film de KARLSON est vraiment très rythmé, nerveux. J’avais redouté un moment la présence de John DEREK qui souvent m’a paru fade dans ses prestations. Et là, surprise, il est étonnamment bon face à CRAWFORD. Deux perles vidéo de qualité.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier : Pour les GRANGES BRULEES, je viens de revoir Le doc du DVD.
          Pour faire court, le document est tres riche, les temoignages precis.
          Effectivement le metteur en scène Jean CHAPOT venait de la télévision. Il s’est retrouvé face à deux acteurs de taille, mais ne savait pas diriger. Il avait peur. DELON aurait essayé de le secouer pour qu’il assure. En vain. L’ambiance s’est vite gâtée. CHAPOT s’est enfermé dans le mutisme. DELON « aurait ete tres dur avec le realisateur », car il n’etait pas dirige. CHAPOT a convoqué un huissier pour qu’il constate que DELON ne suivait pas ses indications, alors qu’indications il n’y avait pas. L’affaire est remontée à Paris.Le producteur R. DANON s’est déplacé à Pontarlier pour constater. Exit Jean CHAPOT. Le film à été terminé par le premier assistant Philippe Monnier.
          (Témoignages de Ph. Monnier, Florence Moncorge-Gabin scripte, Jean-François Delon, 2eme assistant)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Servant Jean Pierre
          C’est là où on peut juger ce qu’apportait Pierre Granier Deferre

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SERVAN Jean Pierre
          Vous avez entièrement raison. Découvrez ces films

    • Yves Rouxel dit :

      « Les granges brulées »est disponible en dvd,en revanche »L’étoile du nord »de Pierre Granier-Deferre n’existe pas ainsi qu’un film que j’aimerais revoir avec Delon c’est »La race des seigneurs »qui aborde la campagne d’un homme de « gauche »incarné par Delon lui même.Bertrand,avez vous vu ce film invisible à la tv?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Oui bien sur et j’avais été déçu par le film que je n’ai jamais revu. Granier avait tenté de gauchisse le propos (dans le roman de Félicien Marceau, je crois que le politicien était de droite) mais n’y était pas arrivé

  7. Henri Patta dit :

    Precipitez vous sur GENERAL IDI AMIN DADA. Un documentaire unique .
    Je crois d ‘ailleurs que Barbet Schorder disait que c ‘etait son meilleur film.
    Bertrand Tavernier le cite simplement sans autre explication , mais je le repete ce docu. Est exeptionnel.

    • Yves Rouxel dit :

      A Henri.Comme vous évoquez Barbet Schroder,précipitez vous pour aller voir »W »sortie la semaine dernière qui dépeint un moine boudhiste en Birmanie aux frontières de la folie humaine.J’attends une réaction de Mathieu Ricard et de leur chef spirituel le fameux Dalai lama.Ce documentaire est consternant!!!!

      • Bertrand Tavernier dit :

        a Yves Rouxel
        Mais ce n’est pas un bouddhiste orthodoxe. C’est un des cultes qui prétend s’inspirer du bouddhisme et c’est le portrait d’un tyran

        • Henri Patta dit :

          Je vis en asie depuis plus de 18 ans et le boudhisme tel qu ‘il est vu par les europeens est un mirage. La corruption , la negation totale de la femme , le racisme exacerbe sont quotidien. Bien loin de ce que les vendeurs de livres des salons parisiens veulent nous faire croire.
          Pardon pour cette apartee , mais je n ‘en peux plus de toutes ces ellicubrations au sujet du bouddhisme.
          Pour en revenir au cinema , j ‘ai tres envie de voir de schroder.

        • Mathieu dit :

          A Henri Patta:

          C’est si rare en effet de de lire ce que vous écrivez sur le bouddhisme « réel ». On pourrait écrire la même chose de l’hindouisme, et on trouve dans cette religion et depuis longtemps de nombreux et puissants personnages dans le genre du vénérable W. L’un d’eux, un « saint » hindou du nom de Yogi Adityanath, vient de se faire élire il y a peu à la tête de l’état le plus peuplé de l’Inde, l’Uttar Pradesh. Ce lien vers le site de France-info:

          http://geopolis.francetvinfo.fr/yogi-adityanath-l-extremiste-hindou-qui-dirige-l-etat-le-plus-peuple-de-l-inde-138191

          J’ai cherché sur le web un autre article plus intéressant en français sur le personnage, mais je n’en ai pas trouvé, ça donne une idée du désintérêt des Français pour le reste du monde tel qu’il va réellement.

          Et moi aussi comme Rouxel j’attends toujours un mot de Matthieu Ricard sur le sort des Rohingyas… Le Dalaï Lama lui en a parlé et a exhorté je crois Aung San Suu Kyi à sortir de son silence…

        • MinettePascal dit :

          Je crois que le bouddhisme est devenu un commerce comme un autre dans notre vieille Europe, où cette religion a gardé son image romantique. Quelques belles phrases sur la sérénité et le bonheur à portée de main et les gens retrouvent le sourire… le temps de les lire. Après, on passe un certain temps à comprendre que les jolis principes sont totalement inapplicables.

    • ballantrae dit :

      Tout à fait d’accord: un immense docu.Il est intéressant de le comparer à celui d’Herzog dont l’optique est toute autre puisque le cinéaste revisite la geste de Bokassa a posteriori ( le film date de 1990) à travers le récit de l’expérience d’une de ses victimes.
      Schroeder a réussi a gagné la « confiance » du dictateur et montre le mécanisme très théâtralisé de l’empire Bokassa en en faisant apparaître la folie.Il doit être vu et revu au même titre que les films de Lanzman ( Shoah, Le dernier des injustes), M Ophuls ( Hôtel Terminus) et R Pahn (S21, Duch).
      Cette réussite impressionnante ne doit pas minimiser les qualités de L’avocat de la terreur.
      Et par ailleurs, j’aime bien bon nombre de ses fictions hélas pas forcément revues après premier visionnage: Tricheurs, Barfly, L’enjeu,La vierge des tueurs ( très étonnant par son côté semi documentaire en DV) ou encore le remake du Carrefour de la mort Kiss of death.
      C’est une figure étonnante qui a suivi son chemin entre France et USA, entre docu et fictions …très libre dans ses choix et son style.
      Je l’ai entendu sur W qui semble un film assez passionnant.

      • ballantrae dit :

        De Schroeder, je me souviens aussi d’un film mésestimé et pourtant sacrément efficace (alors que j’avais un a priori négatif) Calculs meurtriers dont le scénario retors n’est pas sans évoquer les meurtriers de La corde d’Hitchcock et du Génie du mal de Fleischer.
        Cinéaste étonnant et passionnant.L’avez vous côtoyé , le côtoyez vous Bertrand?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ballantrae
          C’est en effet un cinéaste passionnant, loin des modes. Son retour à Ibiza avec Marthe Keller, sur les lieux de More, était très réussi

    • Yves Rouxel dit :

      A Henri.Je vous conseille vivement un documentaire de Chris Marker sortie en 1970 et qui revient grace à des images d’archives de la télévision nationale cubaine sur »La bataille des 10 millions ».En effet à la fin des années 60,Cuba est au plus bas au niveau économique.Fidel Castro propose à son peuple de produire 10 millions de tonnes de canne à sucre afin de retrouver un équilibre.Discours enflammé de Castro qui est à la fois soucieux et un peu pessimiste(on le voit à plusieurs reprises lors d’un discours jouer avec les micros au pupitre).Malgré le désarroie de la population puis surtout le travail conséquent,il reste un moment d’espoir face au géant américain.Le documentaire aborde de façon succinte les ligues anti-castriste qui ont voulu maintes fois renverser le régime cubain.Une curiosité fort interessante.

  8. Michael Rawls dit :

    To Bertrand Tavernier, Sammy Lee is not the proprietor of the strip-club but what we ‘Murcans would call the MC. I think Anthony Newley deserves some credit, along with Mr. Hughes, in the creation of the personnage of Sammy Lee. And there are some great shots of the pre-gentrified Soho, the Soho of EXPRESSO BONGO (and the studio Soho of Skolimowski’s wonderful DEEP END) of Francis Bacon, of « you may smoke and drink in the auditorium », of the Krays (well, there’s always that element)…
    The film seems to me a somewhat less dark variation of NIGHT AND THE CITY.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Michael Rawls
      Tout à fait exact et la comparaison avec le Dassin (et avec NOOSE) est intéressante. Mais Anthony Newley souvent dépasse son rôle de MC

      • Michael Rawls dit :

        To Bertrand Tavernier, I think Sammy has to first sell himself on the various lines of guff that he peddles to the punters in the strip club, the thugs outside the strip club,and the friends and family he wants to cadge money from to pay the thugs before they take his lying hide. Sammy’s situation wouldn’t seem to call for a performance of elegant restraint. Plus the film is from a fifties TV play based on a theme quite popular at that time, a man kicking at the end of the rope he has strung for himself (see how one falls into Serlingish).Finally, Newley is not a performer towards whom people are lukewarm. It’s usually a case of love him or hate him.

  9. MB dit :

    Suivant un conseil de Alexandre Angel (bien que sachant son goût déplorable), j’ai regardé la saison 1 de THE KNICK ravi (il s’agit de la vie d’un hôpital new yorkais vers 1900). Ce qui m’a séduit est que nous voilà à nous passionner pour des techniques chirurgicales dont certaines sont obsolètes je suppose, mais détaillées par un Clive Owen en pleine forme (grand acteur décidément!), avec tant de précision et de passion que peut-être comprenons-nous là les bases de la chirurgie historique (après Ambroise Paré au XVIème s quand même!). Peut-être les techniques modernes nous paraîtraient-elles moins compréhensibles? Ces gens-là entrent dans les corps comme un mécano sous le capot d’une voiture et mettent à mal le mystère sacré de l’intérieur du corps en découvrant passionnément comment tout ces organes et artères fonctionnent ensemble. Ils dévoilent le mystère et guérissent et sauvent les vies. J’avais déjà vu comment dans LA FILLE DE BREST, Bercot nous proposait un hommage à la chirurgie en montrant la froide intelligence des chirurgiens ou assistants qui extrayaient les organes, les pesaient, notaient méticuleusement les données pour servir à l’avancée de la médecine. Quand on se retrouve dans THE KNICK les mains dans le sang les organes on reste émerveillé après le premier recul.
    Bon un bémol, la série de Soderbergh comme ttes les séries américaines se fractionne trop souvent dans des histoires parallèles que l’on retrouve chacune tour à tour mais j’aimerais que chacune soit plus prolongée: parfois certaine s’interrompt quand on se sentait plongé dedans (j’avais regretté ça dans DEADWOOD et dans l’interminable et confus MAD MEN: 7 saisons! trop long). Si vous ne savez pas comment on pouvait régénérer un nez bouffé par la syphilis… merci AA! vite la saison 2 (et dernière).

    • Alexandre Angel dit :

      Oui MB, THE KNICK est la consécration télévisuelle de Steven Soderbergh, cinéaste que j’avoue avoir mis un certain temps à vraiment apprécier. Je ne sais trop pourquoi. Peut-être un côté premier de la classe, d’une brillance trop ostensible. Je crois que quelque chose s’est un peu décoincé chez moi avec son dyptique consacré à Che Guevara, révélant une grande humanité derrière l’exercice de style. Ce réalisateur m’impressionne pour sa remarquable ouverture d’esprit, donnant le sentiment qu’il peut traiter tous les sujets. L’humanité sous la froideur clinique, qui pourrait caractériser le style Soderbergh, est très précisément le sujet de THE KNICK (diminutif du Knickerbocker, second plus grand hôpital de New York, en ce tout début du XXème siècle, avec le Mount Sinaï)que Steven Soderbergh réalise intégralement, soit 20 épisodes en tout.
      Série très sombre quoique traversée d’espérance (malgré la noirceur, on donne dans l’hymne au Progrès), THE KNICK est un grand roman américain qui nous plonge dans le New York de 1901 comme on ne l’a jamais vu : peu spectaculaire mais imprégnant, hyper crédible, noir de misère et d’insalubrité mais terriblement élégant pourtant. Avec une idée géniale : brosser le portrait de ce début de siècle américain par le prisme de l’exercice contrarié et ingrat de la médecine, de ses progrès tâtonnants et de ses échecs harassants. Ames sensibles s’abstenir : la série, essentiellement dans sa première saison, est assez éprouvante. Mais jamais le gore ne fut si intelligemment employé, écœurant dans un premier temps puis, insensiblement, faisant sens car si le premier champ de bataille décrit est un New York en proie à la misère, aux spéculations immobilières, à l’eugénisme et aux émeutes raciales (on penserait presque aux GANGS DE NEW YORK à la fin de la première saison), le cœur du combat se livre évidemment ici dans le corps humain.

      • MB dit :

        à AA: bravo nom de dieu!
        J’ai eu beaucoup de mal avec Soderbergh à cause de SEXE etc. que j’ai trouvé sans intérêt, du coup je me méfiais de tous ses films. Et puis un peu de maturité ne nuit pas: BUBBLE par exemple.
        Je rêve de voir un jour sortir sur disque son montage officieux de HEAVEN’S GATE que Bertrand signala ici, il n’en garde que deux heures…
        Bien sûr j’ai vu TRAFFIC et ERIN B, mais il faudrait que j’explore plus.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Tout a changé avec OUT OF SIGHT, super adaptation d’Elmore Leonard

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Pensez à regardez »Kafka »est une oeuvre fidèle et intense sur la vie et les tourments de cet écrivain hors-normes.J’ai revu »Le procés »de Welles avec un Anthony Perkins toujours aussi froid et allumé.Le scénario est trop labyrinthique.Il y à des auteurs que le cinéma à très mal adapter.Jeanne Moreau et Romy Schneider ont l’air complétement perdue dans cette oeuvre.

        • Denis Fargeat dit :

          J’avais trouvé ce Kafka très étonnant, gonflé, malin, et d’un humour désespéré sans doute assez fidèle à l’esprit de l’écrivain.

        • MB dit :

          à Bertrand et Y Rouxel: j’ai vu OUT OF SIGHT dans de mauvaises conditions. KAFKA j’hésite, la bio dessinée de Robert Crumb est excellente à part ça… On y apprend que jeune, Franz rendait fou son père, boucher, en s’obstinant à manger végétarien et à psalmodier durant tt le repas! Pauvre papa!

      • MB dit :

        à A Angel: quand la brillance élégante de SS va s’encanailler avec le mainstream US ça donne OCEAN’S 11 avec ses héros au ventre plat tellement cool et beaux gosses et plus malins que les autres: Clooney est insupportable dans ce film, la brillance c’est fragile, il faut que ça aille avec une certaine bonne humeur par exemple les meilleurs musicals. J’ai revu OUT OF SIGHT, des acteurs: Don Cheadle, J Lopez, Isaiah Washington les 2nds rôles sont formidables.
        à Bertrand: dans THE KNICK, le coup du chirurgien Owen qui détourne au débotté un téléphone de sa fonction habituelle et s’en sert pour localiser les bouts de ferraille dans le corps d’un accidenté m’a fait penser à une idée de Jean Cosmos dans un film de Tavernier! Formidable!

    • ballantrae dit :

      Excellente série et il ne faut pas sous estimer Soderbergh qui fait preuve d’un talent protéiforme admirable mais a pu s’avérer inégal ce qui est compréhensible au vu de son rythme un temps effréné.
      Kafka c’était pas mal du tout et King of the hill honteusement enterré lors de sa sortie bien avant son réveil vers la fin des 90’avec Out of sight et L’Anglais, deux fins polars.
      Pour un Ocean’s eleven sympa mais fainéant , il fait Traffic, le remake somptueux de Solaris.

  10. MB dit :

    Est-ce que, dans l’actualité qqn a un avis sur CHURCHILL et sur TUNNEL SVP?

    • Yves Rouxel dit :

      A MB. »Churchill »est un biopic assez lourdingue malgré la prestation et le jeu dans la gestuelle de Brian Cox(vue également dans »Chronique of Jane Doe),en revanche « The Tunnel »est un thriller réussit grace à une tension exemplaire du réalisateur.Bien sur le film est superieur à Daylight »avec Stalonne.C’est là qu’on s’aperçoit que l’homme en tant que tel privé de téléphone,de communication exterieure redevient une bète sauvage en craignant le pire.Il y à une scène avec un petit chien assez hilarante vu le contexte de l’œuvre.

    • ballantrae dit :

      Je ne me risquerai pas à Churchill mais, biopic pour biopic, le dernier Doillon Rodin est souvent fort malgré son parti pris assez austère.Certainement, le plus beau film de son auteur depuis pas mal de temps (Ponette? mais j’en ai raté quelques uns).
      Lindon y est massif, tendu, sensible et comme en guerre avec les difficultés de la création.Il y est grand en somme une fois de plus, l’un de nos acteurs les plus impressionnants du moment.

  11. Didier P. dit :

    A titre informatif : l’édition du film THE SMALL WORLD OF SAMMY LEE dispose t-elle de sous-titrages ?

    Merci d’avance

    • MB dit :

      les br et dvd anglais Studiocanal de SAMMY LEE ont des st anglais, si le site de vente qui ne paie pas ses impôts ne se trompe pas (A…N)

  12. ballantrae dit :

    Enorme déconvenue: je ne trouve le DVD de L’horizon sur aucun site ( mes deux habituels: FNAC et Potemkine du moins!!!) Comment l’avez vous visionné?
    Est-ce un import?
    Un comble au vu du sujet…

    • ballantrae dit :

      Je viens de comprendre:c’est chez Gaumont (collection rouge???) mais vous l’avez eu en avant première je suppose! En tout cas , on ne le trouve même pas en précommande où que ce soit.
      Je vais guetter sa sortie.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Ballantrae
      Il me semble que c’est dans la collection rouge

    • Yves Rouxel dit :

      A Ballantrae.Tout ceci me fait penser à « Solaris »chef d’œuvre absolue dans la filmographie d’Andrei Tartovski.La version intégrale du film est proposé en deux parties distinctes et ce qui est étrange c’est que certains dialogues ont été conservés dans la version originale russe et donc sous-titrée en français puis la version française reprend quelques minutes plus tard.Pour revenir au contenu,Tartovski jette les bases de la conscience humaine face à l’inconnu,face au néant et surtout face à la mort suite au suicide d’un des scientifiques envoyés dans le module Solaris.On flotte littéralement entre la fiction et la réalité puisque les images passent du noir et blanc à la couleur.Sinon on ne peut pas comparer ce film avec l’œuvre de Kubrick sorti quatre ans plus tot.Les musiques électroniques sont d’une grande créativité pour l’époque en sachant que le film à sa sortie en URSS à été censurer.A l’étranger l’œuvre à été couronner de succés à travers plusieurs festivals.

  13. ballantrae dit :

    Cette blessure de 14-18 a décidément généré de nombreux beaux films.Je n’ai jamais vu L’horizon de Rouffio (certainement une lacune conséquente pour qui s’intéresse depuis longtemps à la période ) mais vais m’empresser de me le procurer.
    Ce que vous en dites donne une envie urgente de le découvrir d’autant plus qu’un petite recherche rapide m’apprend que l’une de mes chansons préférées de Gainsbourg Elisa servirait de BO au film.
    J’aime beaucoup et 7 mors sur ordonnance et Le sucre revus assez récemment, La passante du sans souci demeure sûrement un beau film (que je n’ai pas vu depuis deux décennies au moins!) et ne m’explique pas n’avoir jamais pu découvrir ce premier film du cinéaste.
    L’avez vous connu à titre personnel? Ce devait être un sacré personnage au vu de la force de son regard sur le fonctionnement de la société.
    En revanche L’orchestre rouge vu il y a longtemps ne m’avait pas beaucoup marqué
    Une question liée à 14-18: avez vous aimé Les fragments d’Antonin? Pour ma part, je l’ai trouvé assez impressionnant et capable d’offrir de nouveaux éléments de compréhension du séisme que signifia cet événement.Et question mise en scène, j’avais eu l’impression qu’un vrai cinéaste apparaissait, à la fois ambitieux, sûr de ses moyens esthétiques et surtout doté d’une solide réflexion sur l’éthique de ses images.
    La peur de D Odoul m’a semblé aussi très réussi et une assez bonne adaptation du roman de Chevalier qui figure en bonne place aux côtés des récits de Genevoix, Vercel,Céline, Giono, Barbusse et bien d’autres.
    Il me faudrait le revoir et avoir relu le roman pour ne saisir les parti pris comme cette omniprésence ,dans mon souvenir du moins, de le voix off.La photo m’avait alors semblé très belle et certains passages parmi les éprouvants que j’ai vus concernant ce conflit.Tout n’était pas peut-être pas réussi mais c’était un geste assez culotté pour retenir l’attention.

  14. ballantrae dit :

    Cette blessure de 14-18 a décidément généré de nombreux beaux films.Je n’ai jamais vu L’horizon de Rouffio (certainement une lacune conséquente pour qui s’intéresse depuis longtemps à la période ) mais vais m’empresser de me le procurer.
    Ce que vous en dites donne une envie urgente de le découvrir d’autant plus qu’un petite recherche rapide m’apprend que l’une de mes chansons préférées de Gainsbourg Elisa servirait de BO au film.
    J’aime beaucoup et 7 mors sur ordonnance et Le sucre et ne m’explique pas n’avoir jamais pu découvrir ce premier film du cinéaste.
    Une question liée à 14-18: avez vous aimé Les fragments d’Antonin? Pour ma part, je l’ai trouvé assez impressionnant et capable d’offrir de nouveaux éléments de compréhension du séisme que signifia cet événement.Et question mise en scène, j’avais eu l’impression qu’un vrai cinéaste apparaissait, à la fois ambitieux, sûr de ses moyens esthétiques et surtout doté d’une solide réflexion sur l’éthique de ses images.
    La peur de D Odoul m’a semblé aussi très réussi et une assez bonne adaptation du roman de Chevalier qui figure en bonne place aux côtés des récits de Genevoix, Vercel,Céline, Giono, Barbusse et bien d’autres.
    Il me faudrait le revoir et avoir relu le roman pour ne saisir les parti pris comme cette omniprésence ,dans mon souvenir du moins, de le voix off.La photo m’avait alors semblé très belle et certains passages parmi les éprouvants que j’ai vus concernant ce conflit.Tout n’était pas peut-être pas réussi mais c’était un geste assez culotté pour retenir l’attention.

  15. ballantrae dit :

    Il va falloir aussi parler de T Fisher pour lequel j’ai toujours eu une grande sympathie même si tout n’y est pas réussi: voilà l’archétype de l’artisan infatigable qui invente des fulgurances visuelles sans prévenir, trouve des idées narratives géniales au détour de récits routiniers.
    Ce Frankenstein est très bien mais j’aime aussi beaucoup le premier Dracula et surtout Les vierges de Satan qui dialogue à mon sens fort bien avec certains Tourneur malgré un côté série B.

    • MB dit :

      Fisher est toujours partagé entre le remplissage du contrat (la scène du viol obligatoire dE FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED/RETOUR DE F dont Bertrand parle ici signale une servilité étrange (et de la part de Cushing aussi) et des échappées perso. Les fulgurances visuelles dont vous parlez viennent parfois des décors ou de la photo, la « production design », car cette équipe Hammer constituait une assise (une sorte de back office?) drolement précieuse et il en a bénéficié heureusement: pour ceci il faut admirer MAITRESSES DE DRACULA (où David Peel égale Christopher Lee, drôlement bon déjà) et ses décors intérieurs magnifiques par contre pour filmer la nature vous repasserez avec Fisher. Fisher réussit dans LES MAITRESSES DE D, la scène de l’attente angoissée du vampire mieux que dans la justement louée (cf MM FANTASTIQUE) scène analogue dU CAUCHEMAR DE D. où elle est moins originale même si on aime.
      Je ne sais plus dans quel FRANKENSTEIN la transplantation des cerveaux s’effectue avec Cushing sérieux comme un pape, transpirant au-dessus des corps « opérés », et ouvrant les crânes des deux pauvres totos anesthésiés à la gnôle à trois balles (un verre suffit, eh oh pas gaspiller!), en marchant sur un sol encombré de viscères diverses ou autres matières organiques mystérieuses et gluantes, en se souciant pas trop d’hygiène ou autres procédures (on est pourtant à l’époque de THE KNICK!), pas d’infirmière pour lui essuyer le front. A un moment donné, le cerveau du naïf donateur se retrouve carrément par terre par la maladresse du savant qui le ramasse sans trop s’émouvoir et FLATCH! te me le recolle dans le réceptacle crânien adéquat on va pas s’arrêter sur les détails. Là, Fisher est personnel on me dira pas que tout ça n’est pas de l’humour de sa part!
      Par ailleurs Cushing admirable, glisse de + en + vers la folie avec les films de FSTEIN qui s’empilent! Au début, il était juste bizarre.
      Cette scène chirurgicale bon enfant me rappele une sorte de pièce de théâtre filmée avec William Burrougs qui se livrait à une opération chirurgicale sans but réel (sauf s’amuser un peu) en nettoyant son bistouri ou scalpel ou je ne sais dans la cuvette des WC! J’étais plié de rire, si qqn sait où je peux retrouver cette bande avec Burroughs qu’il me fasse signe, je dois la revoir.

      • MB dit :

        En compulsant mes galettes de Fstn je crois que j’ai mélangé deux scènes de la série, dans celui dont Bertrand parle (F MUST BE DESTROYED/LE RETOUR DE F) le savant donne un coup de pied agacé dans un cerveau abandonné sur le sol et qui le gêne, mais le sol n’est pas sanguinolent, c’était trop rigolo pour être vrai. Je dois à la vérité historique de préciser celà. La prochaine fois j’aborderai un autre aspect de thème fisherien aussi cocasse que les transplantations chirurgicales, tiens, les enterrements chez Fisher, c’est assez croustillant aussi!

      • ballantrae dit :

        Excellents commentaires MB! Oui il y a une touche Hammer due aux choix de décors, à la photo, à la structure des récits et bien sûr certains ingrédients ( sang et érotisme en tête!) mais Fisher a des qualités qui le distingue d’autres auteurs et qu’il réussit aussi à instiller dans son Chien des Baskerville.
        Le numéro des Cahiers de Mai consacre un entretien à J Blum producteur malin de Insidious, Split ou Get out mais je trouve qu’on est loin de la constance des qualités Hammer ou de l’inventivité de certaines production Corman.
        Pourtant le modèle économique qu’il a su inventer en ces temps d’explosion des budgets des blockbusters hollywoodiens est de bon aloi mais reste à mieux tenir l’écriture jusqu’au bout des films.
        A mon sens seul Whiplash atteint un certain niveau d’excellence et malgré des débuts très intrigants voire forts Sinister, The visit, Split ou Get out s’écroulent à mi chemin ou aux 3/4 du film.
        Pour en revenir à Fisher, que pensez vous de The devil rides out assez comparable par moments à Curse of the demon de Tourneur?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ballantrae
          Tout a fait d’accord. Je ne sais plus qui sur ce blog rendait Cushing et Fisher responsables de la scène de viol. Elle fut ajoutée et imposée par le producteur contre les deux susnommés. Cushing fit même des excuses quasi publiques pour cette scène qui détonne dans le film. DEVIL RIDES OUT a en effet un coté Tourneur mais moins allusif, moins élégant, moins inspiré malgré l’originalité du sujet (le film est desservi par un budget réduit)

        • MB dit :

          à Ballantrae: il faut que je voie DEVIL RIDES OUT et BASKERVILLE que j’ai peut-être pré-jugé un peu vite. Je n’ai jamais réussi à voir THE MUMMY. J’ai vu CAUCHEMAR DE DRACULA juste à la limite d’âge 16 ans je crois, et je reste stupéfié par la façon dont Christopher Lee descend prestement l’escalier en se présentant à Jonathan Harker, ce faisant, sa cape s’envole et semble envelopper déjà sa future victime, mais l’imagination du spectateur… ceci dit il a surpassé l’ennuyeux le soporifique Lugosi, Christopher.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          BASKERVILLE que j’ai revu reste très terne et THE MUMMY n’est pas formidable. Le CAUCHEMAR est en revanche magnifique

        • Denis Fargeat dit :

          À Bertrand : Baskerville est peut-être un peu languissant, mais la scène d’ouverture est loin d’être terne. J’ai vu que David Oxley, qui joue le cruel ancètre Baskerville, à peu avant interprèté Gilles de Rais pour Preminger… Ici, c’est lui qui fait peur, pas Lee. Et Cushing est plaisant en Holmes, n’est-il pas?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          La séquence d’ouverture promet mais le reste n’est pas à la hauteur, même la mygale

        • Denis Fargeat dit :

          À Berrtrand. C’est vrai que cette araignée ( une tarentule dans le roman, je crois, qui pourrait être fatale au cœur fragile de Baskerville) semble un peu forcée… Un film de la Hammer se devait d’incorporer quelques scènes de terreur, c’est ce que le spectateur venait voir. Désolé de revenir sur ce « Chien… », mais sa re-vision récente n’a pas abîmé le souvenir que j’en avais, vu ado sur une télé noir et blanc. ( Il reste toujours quelque chose d’un beau technicolor, même vu sur un antique téléavia.) Je crois que ce qui tient, c’est cet équilibre entre les tunnels narratifs et les morceaux de bravoure, labellisés Hammer. Peut-être la réussite du « Cauchemar de Dracula » vient-elle de ce que l’attente du spectateur se confond avec celle des victimes de l’éponyme saigneur; toujours une question de timing, d’équilibre, de musicalité.
          Une expérience : voir « S.Holmes et le collier de la mort » , tourné par Fisher en RFA peu après, avec Christopher Lee en Sherlock mais sans la Hammer. À part une musique marrante, très 60’s , le film tombe des yeux très rapidement, comme une sorte de pré-Derrick tourné en VHS… Fisher serait un bon chef d’orchestre, mais fort démuni sans ses musiciens habituels.

        • MB dit :

          à Bertrand: sur ce blog?

        • MinettePascal dit :

          Moi, j’aime beaucoup BASkERVILLE, même si quelque chose me gêne dans le jeu de Cushing, un peu théâtral peut-être…
          La séquence d’entrée est, je trouve, assez impressionnante et puis cette scène absente de la nouvelle où Christophe Lee est paralysé de terreur en voyant monter la mygale sur son épaule.
          Une autre originalité, c’est celui qui a l’air coupable qui l’est bel et bien.

        • MinettePascal dit :

          A Denis : Le personnage de David Oxley dans BASKERVILLE joue-t-il un homosexuel ? Pas un jupon parmi les convives et il s’acharne à flinguer la seule fille du manoir, qui faisait tout, en plus, pour passer inaperçue !

        • Denis Fargeat dit :

          À Minette Pascal : ah, c’est une piste à explorer… Ou alors un sadien impuissant…L’aristo décadent me fait penser à ce personnage du célèbre épisode des « Avengers »,  » a touch of brimstone « 

        • Damien D. dit :

          Sur BASKERVILLE, après il faudrait aussi comparer les adaptations : le film de Sidney Lanfield avec Rathbone (que je n’ai pas encore vu) de 1939 est-il vraiment supérieur ? J’ai vu l’adaptation en téléfilm de Douglas Hickox de 1983 (sorti en dvd chez Koba films) et il n’y a pas le charme de la version de Fisher… MinettePascal parle du jeu théâtral de Cushing mais c’est vrai que ce côté théâtral est propre aux films de Fisher (plus que les scènes d’action) et étaye une ambiance feutrée ainsi que la stature ou la psychologie des personnages : le fantastique ou l’horreur qui en surgissent en sont d’autant plus marquantes (on peut parfois penser à Tourneur dans l’approche).
          Revoyez aussi TWO FACES OF DOCTEUR JECKYLL, intéressante variation du roman de Stevenson.
          Vu aussi LA NUIT DU LOUP GAROU qui n’est pas très fameux et devient languissant (le choix de situer l’action en Espagne ne convient pas) même si là encore la scène d’ouverture est marquante…
          La série des Frankenstein est pour moi une saga absolument cohérente dans son ensemble même si inégale (les plus faibles opus sont FRANKENSTEIN CRÉA LA FEMME et LE MONSTRE DE L’ENFER) mais l’ensemble montre bien l’évolution du personnage de Cushing qui de film en film et d’époque en époque s’enferme dans ses obsessions : des premières expériences de FRANKENSTEIN S’EST ÉCHAPPÉ jusqu’à la minable cave de FRANKENSTEIN ET LE MONSTRE DE L’ENFER. Fisher et Cushing semblent vieillir avec leur personnage et sa folie. Passionnant à ce niveau…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Bonnes remarques, astucieuses

        • MB dit :

          FISHER: l’originalité des DRACULA de Fisher est aussi dans la force physique déployée ET par le vampire (dans le mythe originel Stoker et les films Universal, il domine par l’hypnose sans se déplacer, en gros) ET par Van Helsing: les bagarres finales de CAUCHEMAR et LES MAITRESSES sont formidables, il faut étudier mouvements de caméra rapides, et découpage qui suivent les acteurs complètement déchaînés: dans le roman et les films Universal, Van Helsing est un vieux savant qui n’a que sa science à proposer et à qui on pourrait donner une béquille pour se déplacer! Cushing (personnalité admirable, avec une force de conviction superbe, à la limite d’un humour froid quand il joue Frankenstein) c’est Mortimer! il n’hésite pas à jouer de ses muscles. C’est cet apport de l’action qui était nouveau je crois: dans CAUCHEMAR Van H court sur une table encombrée de piles de livres qu’il bouscule du pied, c’est le temps de l’action, il avait livré son savoir dans le début du film.
          Les deux films parfois se perdent en parlotes hélas, mais courtes!
          Dans LES MAITRESSES, le moyen trouvé par Van Helsing pour détruire le vampire est inédit et visuellement bien trouvé mais je trouve que malgré ça Fisher l’a un peu expédié?
          Il y a d’autres Fisher que je n’ai pas vu c’est LA GORGONE et le dernier Dracula: D PRINCE OF DARKNESS. LE FANTOME DE L OPERA et son LOUP GAROU sont faibles.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je pense que l’alcool, la précipitation dans certains tournages avec un scénario non revu, expliquent certaines faiblesses. Le Fantôme de l’opéra et le Loup Garou sont très faibles après quelques bonnes scènes pour le second

        • Denis Fargeat dit :

          À Bertrand et MB: oui , grosse déception sur ce  » Fantôme de l’Opéra » , dont la seule version fiable semble décidément celle de 25…on dirait que le cadre de l’Opéra conduit les adaptations vers un kitsch pas toujours assumé. Dommage ici pour Herbert Lom, qui dans un cadre plus rigoureux aurait pu ajouter un beau jalon dans son anthologie de la dinguerie ( Ladykillers, Napoléon plusieurs fois, les « Panthère rose », Nemo chez Endfield…)

        • MB dit :

          à Bertrand: vous dites que ça picolait trop sur les plateaux de la Hammer?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Pas du tout mais Fisher avait un penchant pour l’alcool qui l’a amoindri

        • ballantrae dit :

          L’arbre Fisher a peut-être tendance à estomper la forêt Hammer alors que sans ce studio , je pense qu’il n’aurait pu s’accomplir réellement.
          N’oublions pas Val Guest et la série des Quatermass dotée d’un bel esprit serial ou encore J Gilling auteur du très beau et méconnu L’impasse aux violences.
          Le chien des Baskerville ne me semble pas un grand film mais il possède une atmosphère étonnante surtout au début quand débute la légende.Cushing y est égal à lui-même: théâtral mais intense.
          Sherlock Holmes reste à réinventer malgré la grande réussite du B Wilder ou la grande honnêteté de la série Granada des 80′.
          Conan Doyle est un sacré bon scénariste, chers producteurs! Qui aura un jour l’idée d’adapter la série du Brigadier Gérard????

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Balloantrae
          Skolimowski avait fait une tentative. Ce que vous dites sur le style Hammer est vrai mais il faut avouer que c’est Fisher qui, dans ses réussites et dans des scènes occasionnelles, a su le mieux en tirer profit. Comme Walsh à la Warner

        • MB dit :

          à Bertrand: ah ok je ne savais pas du tout ça. merci

        • MinettePascal dit :

          A DENIS : Arrêtez, vous allez me faire revoir toute la série !

        • MinettePascal dit :

          C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’adaptations de Conan Doyle, et encore moins de Holmes convaincants. Quelques images de séries m’ont lâché tout de suite. Un personnage difficile à incarner ? A la fois intellectuel, sportif, compatissant, orgueilleux, misanthrope et drogué…Mais Conan Doyle avait en effet le sens du « scénario ». Certaines histoires fileraient une bonne frousse, comme le »ruban moucheté » ( bon, depuis, on sait que les serpents sont sourds et inapprivoisables…)

        • Alexandre Angel dit :

          A Denis Fargeat
          La version Arthur Lubin du FANTOME DE L’OPERA est très agréable.

        • Denis Fargeat dit :

          À Alexandre : c’est vrai, je garde un bon souvenir de Claude Rains, il y a des scènes vraiment impressionnantes, un technicolor flamboyant et de belles scènes nocturnes… Mais aussi des moments kitschissimes, l’apparition de Liszt, les fausses scènes d’opéra français annonées sur des airs de Chopin… C’est contractuel, il faut un fantôme et aussi de l’Opéra, et c’est souvent cette partie qui vieillit mal.

        • Damien D. dit :

          Oui ballantrae, il n’y avait pas que Fisher à la Hammer (même s’il était le plus brillant de ses réalisateurs). Vous citez justement Val Guest ou John Gilling (à qui on doit aussi un sympathique film d’ambiance : LA FEMME REPTILE).
          La série des Dracula est tout de même la plus faible du studio : même le DRACULA PRINCE DES TENEBRES de Fisher (1966) ne m’avait pas entièrement enthousiasmé. Je pense que Fisher avait peu d’intérêt pour ce personnage (contrairement à Frankenstein). Plastiquement on peut sauver DRACULA ET LES FEMMES (1968) et au niveau de l’histoire de départ éventuellement UNE MESSE POUR DRACULA (1969), le seul intérêt étant souvent de savoir comment les scénaristes arriveraient à ressusciter Christopher Lee ! Le summum du nanardesque (et totalement sans intérêt) reste quand même LES CICATRICES DE DRACULA de Roy Ward Baker (bon cinéaste dont on se demande pourquoi il s’est fourvoyé dans cette suite inutile). La Hammer était un petit studio à petits budgets mais on se demande au début des années 70 ça sentait le bâclage de la majorité de leurs réalisations pour tirer la corde commerciale de leurs séries (la photo à cette époque devient hideuse et ne parlons pas des scénarios) : ça a signé la fin du studio malheureusement…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien
          Il y a eu un moment où la direction est devenue frileuse et@ s’est contentée d’exploiter jusqu’à plus soif ce qu’ils avaient recréé

      • ballantrae dit :

        Cette histoire de W Burroughs m’est inconnue mais je suis preneur.

        • MB dit :

          Burroughs a été acteur dans 18 courts parfois expérimentaux ou d’avant-garde, j’ai la liste sur IMDB mais jamais réussi à retrouver duquel il s’agit. C’était passé sur une chaîne de tv payante dans les 90, Ciné Cinémas ou la même série en tt cas.

  16. SERVANT Jean-Pierre dit :

    J’ai enfin découvert ce BAL DES POMPIERS d’André BERTHOMIEU cet après midi, et je dois dire que pour une bonne surprise c’est une bonne surprise. Le dialogue est incisif, la peinture du milieu des profiteurs de guerre assez au vitriol. Les comédiens principaux Cremieux, Arnoux épatants et surtout Claude Dauphin dans son triple rôle dans lequel il est bonnement exceptionnel.
    Vc’est vrai que son personnage de l’auteur théâtral Olivier Grégeois fait penser à Sacha… sans la rondeur.
    En plus, le film étant ancien, les quelques stock shots utilises s’intègrent très bien aux scènes de studio
    De BERTHOMIEU j’avoue ne pas avoir vu grand chose. Je me souviens par contre avoir beaucoup aimé son MORT EN FUITE (1936), avec Michel SIMON et Jules BERRY, vu il y a longtemps au Cinema de Minuit de Patrick BRION et je regrette qu’il n’existe pas sur support DVD. J’avais vu un de ses BOURVIL de l’immédiat d’après guerre (PAS SI BÊTE, je crois), mais je n’en ai pas gardé un grand souvenir.
    J’ai découvert l’autre jour son PORTE VEINE (1934), toujours chez René Château vidéo. Un petit film assez sympathique, typique des années 30, intéressant pour le jeu de Lucien BAROUX et une chouette scène de poursuite…à pied dans les rues de Paris, que j’ai trouvé vraiment bien filmée.

    Il parait que son EN LÉGITIME DEFENSE » (1958) avec Bernard BLIER est pas mal. Pas vu non plus. Sans doute un cinéaste à reconsidérer.
    En tous cas, merci pour cette découverte’qu’est LE BAL DES POMPIERS. C’est vraiment très bon.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Merci pour cette fine analyse. Je crois qu’il faut avancer avec precaution dans l’oeuvre de Berthomieux. On y trouve des films bâclés, sans intérêts et quelques oeuvres qui montrent que Berthomieux ne manquait pas de talent, juste d’ambition : LE SECRET DE MADAME CLAPAIN est loué par Lourcelles et PELOTON D’EXECUTION a des défenseurs

      • Julia-Nicole dit :

        C’est vrai que ce BAL DES POMPIERS est tout à fait passionnant. Ce doit être l’un des premiers films français à évoquer l’Occupation de manière aussi frontale et directe, sous une apparence de comédie. Son équivalent noir est, en quelque sorte, RETOUR A LA VIE, tourné à la même époque. Mais LE BAL est sorti avant.
        Quant à Berthomieu, le seul autre film de lui que j’ai vu est LE MORT EN FUITE, dont j’avais gardé un bon souvenir, mais c’était il y a pas mal d’années.
        Il parait que dans le monde du cinéma, certains l’appelaient Berthopire. Cher Bertrand, savez-vous si c’est vrai ou si c’est une légende ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia-Nicole
          Non, car il tournait très vite et très souvent et il avait écrit une grammaire du cinéma. C’était un jeu de mot facile et injuste mais il faut dire que sa dernière période est accablante. Il aurait pu faire mieux mais s’en foutait,ne se préoccupent t que de tourner dans les temps en dépensant le moins possible grace à ses astuces dans le découpage

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Julia-Nicole : Oui j’ai pensé aussi à RETOUR À LA VIE, que je n’ai découvert que très récemment car j’ai eu beaucoup de mal à trouver le DVD (Château toujours). RETOYR A LA VIE , film collectif est à mon sens plus âpre, plus dur, mais handicapé par ce deuxième récit avec François Perier barman chez les WACS, qui déstabilise l’ensemble. Cette historiette semble tomber comme un cheveu sur la soupe, après le premier avec BLIER, tres dur et ceux qui le suivront. Même l’histoire avec Noël -Noël, pourtant plus…légère passe bien. Dommage car ce film a une reelle puissance. La derniere histoire (le prisonnier qui avait épousé une allemande) s’inspirait d’un fait reel qui s’etait passé à Vallangoujard ou Jean Dreville vivait. Il avait tourné sur les lieux meme. Il avait donné ces precisions dans un entretien TV de 3×60 minutes au journaliste Philippe Esnault.
          Mais RETOUR À LA VIE est une très belle découverte néanmoins malgré cette erreur du deuxième recitm
          Ce n’est que mon ressenti bien sûr.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a SERVANT Jean-Pierre
          ce faux pas consternant est réalisé par Georges Lampin. Je n’ai vu qu’un seul bon film de ce cinéaste, SUIVEZ CET HOMME. Tous les autres sont nuls ou médiocres. Mais dans RETOUR A LA VIE le sketch de Cayatte et surtout celui de Clouzot sont extraordinaires

      • stag dit :

        A Bertrand,

        Je reçois lundi LE BAL DES POMPIERS et je pense qu’il va me ravir. Les films de BERTHOMIEU que j’ai vu me font me retrouver dans le caractère sociologique dont vous parlez, à divers degré de qualité, de sérieux, et si le trait est parfois bien appuyé.

        Il est pas si loin le temps ou un membre d’une famille ayant fait « carrière » recevait un brin amusé un cousin resté près de la terre, moins érudit, et pourtant plein de bon sens. PAS SI BETE ou autres aventures de Léon Ménard ont un charme sociologique et même historique ! Nous en avons déjà parlé.

        Hâte de voir LE BAL DES POMPIERS puisque ce que vous en dites semble indiquer qu’il s’agit là d’un opus important du cinéaste.

        • MB dit :

          « l est pas si loin le temps ou un membre d’une famille ayant fait « carrière » recevait un brin amusé un cousin resté près de la terre, moins érudit, et pourtant plein de bon sens. »
          ça ressemble au film de Becker (JEAN) avec Daroussin et Auteuil. Sauf que c’est le riche qui revient dans sa campagne. C’est un thème très riche et encore plus de nos jours je crois, on peut remplacer par deux amis, un carriériste qui a réussi et un qui se retrouve chômeur en pleine carrière.

    • P. SEGALEN dit :

      LE MORT EN FUITE existe en DVD, mais pas chez Château.
      Occasion d’un coup de chapeau… à Château qui nous aura permis de découvrir, au milieu de solides navets, quantité de « petits » films n’intéressant pas les autres éditeurs.
      Quant au BAL DES POMPIERS (pas encore vu), voir aussi l’ENCINECLOPEDIE de V.: 3 coeurs. D’ailleurs ce bouquin, loin d’ être impartial, attire l’attention sur de nombreux films méconnus encore inaccessibles en DVD. V.mérite un grand merci pour son travail de bénédictin.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A P SEGALEN
        Le MORT EN FUITE après un début fort amusant s’égare dans des péripéties sans intérêt et se dilue en eau de boudin

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Bertrand Tavernier : c’est vrai le récit « le retour de Jean » dans RETOUR À LA VIE, signé Clouzot donc, est vraiment d’une noirceur absolue. Ce sketch aurait pu faire l’objet d’un film indépendant à mon avis, bien que tout soit d’une grande fluidité et allant à l’essentiel dans la durée qui lui est impartie dans RETOUR.
      De LAMPIN j’ai le souvenir des ANCIENS DE SAINT-LOUP (1950) d’après Pierre Very. Ça aurait pu être un prolongement des DISPARUS DE SAINT-AGIL de Jaque, mais je crois que c’est loupé. Il est vrai qu’il y a bien longtemps que je ne l’ai pas vu.
      Je ne connais pas SUIVEZ CET HOMME.

    • Yves Rouxel dit :

      Effectivement cette perle rare et méconnue est une bonne surprise.Je reviens pas sur Claude Dauphin qui incarne trois personnages savoureux(j’ai un faible pour le grand-père et ses dialogues plein de malice et de gouaille).Puis le film aborde plusieurs thèmes:la guerre,l’épuration,le marché noir,tous ceux qui se sont engraissés pendant ces années sombres et comme le chante si finement Pierre Louis qui fut un homme de radio et de tv avec Guy Lux: »Au bal des poumpiers c’est toujours les mèmes qui dansent ».Quelle profondeur dans ce scénario,tout ceci m’a rappeler évidemment »La traversée de Paris ».

  17. Henri Patta dit :

    Le BAL DES POMPIERS fait en effet tres envie.
    Merci a vous de nous faire decouvrir des pepites oubliees.

  18. ballantrae dit :

    Vivement heureux que vous parliez de ce docu -vu sur France 3 il y a deux ans je crois- sur Jaujard, un homme impressionnant y compris de nos jours quand on voit quel cas est fait de la culture qui deviendrait facilement une variable d’ajustement commode par temps d’austérité sécrétée de manière arbitraire.
    Notez que Sokourov a consacré à cette figure magnifique un bel essai parfois étrange intitulé Francofonia entre récit reconstitué, journal de tournage, réflexion à la 1ère personne.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Ballantrae
      Un poil abscons

      • ballantrae dit :

        Un poil, je le reconnais!Mais tout n’est pas inintéressant, non? A condition d’accepter la poétique de Sokourov qui ici est peut-être moins pure que dans Dolce, Une vue humble, Povinnost pour ne prendre que ses oeuvres/essais qui surgissent régulièrement entre deux fictions qui n’en sont pas vraiment au sens classique.
        Aimez-vous certains Sokourov?
        Sinon,je pense que le film n’a peut-être pas été celui dont rêvait Sokourov à cause notamment du musée du Louvres qui s’est montré réticent face à certaines demandes.Je pense que s’il vaiat eu les mains aussi libres qu’avec le musée de l’Hermitage il aurait pu accomplir un projet aussi abouti que L’arche russe ou que Elégie de la traversée (et son merveilleux complément de format court Hubert Robert une vie heureuse sur le passionnant paysagiste français).
        Pour ce qui est de Monuments men, ce me semble sympathique mais pas franchement inoubliable quand on voit dans le docu la matière riche que constitue la vie de Jaujard. J’avais bien aimé dans ce docu l’utilisation des animations qui contrastent avec le côté docufiction maintenant largement diffusé à la tv.
        Le point qui m’a sidéré est le manque de gratitude de Malraux à son endroit.Ce n’est pas pire bien sûr que ce que dut subir Turing en GB ( je conseille vraiment The imitation game de facture classique et très élégante) mais ce fut tout de même un comble d’ingratitude de la part de celui qui pensa tellement ses « musées imaginaires ».
        Je pensai beaucoup à Jaujard en songeant aux contrats passés entre le Louvres et Abu Dhabi qui pourraient expatrier très longuement pas mal d’oeuvres ( on n’est plus dans le prêt relativement bref pour des expos temporaires, si j’ai bien compris).
        J’y ai pensé aussi en songeant à la privatisation des espaces classés grecs à l’occasion de la crise.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          J’aime L’ARCHE RUSSE et UNE VIE HUMBLE ainsi que ses premières fictions

        • ballantrae dit :

          Il me semble que Francofonia est un film assez étrange dans la filmographie de Sokourov qui habituellement propose des formes assez homogènes que ce soit dans les docus ou les fictions.
          Le cycle des élégies, Dolce ou Une vie humble sont des objets dont la forme est tout aussi travaillée que celle de Mère et fils, Pages cachées, Faust ou Le jour de l’éclipse ou Le soleil: colorimétrie picturale, légères anamorphoses parfois, recadrage à l’aide de procédés optiques ou chimiques( obturation de zones du plan par des tâches sombres ou cotonneuses), etc…
          Le film sur le Louvres est un objet quasi godardien qui commet peut-être l’erreur de trop disserter sur le processus de sa création et casse donc le flux passionnant de ce qu’il raconte de notre rapport à l’art qui est rapport à la mémoire.Néanmoins il possède des fulgurances réelles par la confrontation dialectique de différents éléments (Russie/France, 1940/années 2000, collectif/intime) ou tout simplement par des surgissements poétiques dont il a le secret.

        • Yves Rouxel dit :

          On retrouve dans quelques productions russes des qualités d’humanité et de densité dramatique auxquelles on doit rendre hommage.Mais ce qu’il y avait de plus précieux dans le cinéma soviétique des années 1920 à 1940,cette insertion d’un idéal dans d’admirables images et dans une coulée dramatique,cette vertu là,les œuvres d(aujourd’hui semblent les avoir perdue.En passant du lyrisme révolutionnaire au didactisme,l’art soviétique s’est amputé de se éléments essentiels et du même coup son ame s’est alourdie,épaissie.L’esprit de lourdeur,cet esprit dont Nietzsche dénonce les méfaits et qu’il oppose aux vertus des bons danseurs,s’empare du cinéma russe,qui devient bien-pensant comme le plus médiocre cinéma americain.En passant du mythe dynamique à la propagande mécanisée,le cinéma soviétique a sérieusement compromis son intériorité.Ni Un homme véritable,ni Jeune Garde,de Guerasimov,ni Pavlov de Rochal n’ont retrouvé l’élan qui soulevait si haut ces œuvres dont la plupard aujourd’hui sont des classiques:Potemkine,La Mère,Arsenal,Okraina,La Terre,Le Déserteur,Trois chants sur Lénine.Ces œuvres ont bénéficier du génie simple et généreux de quelques hommes,peut ètre aussi d’une certaine souplesse dans le contrôle officiel.Ils semblent en tout cas correspondre à un état d’esprit different:l’amour du prochain,le sens de la fraternité,s’expriment ici avec avec un rayonnement qui les élève au niveau de l’ame.Les dernières images de La mère et du Potemkine sont un hymne à la communauté,un acte d’amour.Ce lyrisme fraternel se retrouve dans toutes les grandes œuvres de cette période.Au delà de l’engagement politique,c’est une conviction,une foi qui s’expriment ici avec vigueur.L’ame russe:limpidité,amour du prochain,enthousiasme,celle même de Dostoïevski et de Tolstoï a inspiré ces œuvres pleines d’espoir et de confiance.

  19. Alexandre Angel dit :

    Bonjour Bertrand, bonjour les blogueurs
    Que retiens-je de cette dernière chronique (car il me faut prioriser)?
    LE BAL DES POMPIERS, bien sûr, qui amorce la chronique. Mais aussi Jean Gourguet, dont je n’ai jamais entendu parler, les séries B de Ken Hugues (ça, ça flashe, les séries B de Ken Hugues), la leçon d’Histoire autour de Jean Jaujard, et L’HORIZON, de Jacques Rouffio, dont je viens de revoir 7 MORTS SUR ORDONNANCE avec un assentiment contrasté (il y a de la démonstration, tout de même) mais non feint.

  20. MB dit :

     »
    Membre de la Résistance et du Grand Orient, il fait la rencontre de l’actrice Jeanne Boitel qui, espionne sous le nom de « Mozart », lui a été envoyée par la Résistance, pour discuter du sort des œuvres qu’il a dissimulées. Ils tombent amoureux l’un de l’autre4.
    (…)
    Après la guerre, il épousa Jeanne Boitel. Le couple eut un fils, François-Xavier Jaujard (1946-1996), traducteur et éditeur. »
    (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Jaujard)
    Jaujard a été reconnu: médaille de la résistance, et légion d’honneur mais sans doute pas à la hauteur de ses mérites?

    • MB dit :

      … son histoire d’amour avec « Mozart », c’est merveilleux! et un fils éditeur! on le met dans un film on dirait c’est du cinéma!

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