Maîtres français, fresques indiennes et coffrets policiers

2 septembre 2019 par - DVD

4 MAÎTRES

Quatre maîtres (puisque Decoin semble avoir arraché après le Festival Lumière, son ticket d’entrée) dont l’œuvre devient de plus en plus accessible, on a envie de dire, enfin.

Célébrons la sortie de plusieurs œuvres de Jean Grémillon en Blu-ray : le sublime GUEULE D’AMOUR qui n’a pas pris une ride et où Gabin est absolument bouleversant, charmeur, conquérant puis fragile, meurtri, pleurant. Voir Gabin pleurer… ; INAH LA METISSE avec quelques plans, quelques minutes en plus ; PATTES BLANCHES (Gaumont) et rappelons LUMIÈRE D’ÉTÉ et LE 6 JUIN A L’AUBE.

    

Sortent en Blu-ray pour Decoin : LES INCONNUS DANS LA MAISON ; le merveilleux BATTEMENT DE CŒUR et PREMIER RENDEZ-VOUS qui rejoignent LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE, RAZZIA SUR LA SCHNOUFF. Mieux vaut oublier le léthargique MASQUE DE FER.

    

Duvivier se voit consacré un très beau coffret magnifiquement fabriqué par Pathé, dans lequel on peut revoir d’immenses chefs d’œuvre : LA BELLE ÉQUIPE malgré une fin aléatoire dans les deux versions ; LA FIN DU JOUR ; LA FÊTE À HENRIETTE ; le si noir et si percutant VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS. Et je dois dire que j’ai mieux aimé MARIE OCTOBRE en le revoyant même s’il est en dessous de ces chefs d’œuvre. Je suis toujours un peu gêné par l’idée du sujet qui me paraît toujours mécanique, avec cette réunion de suspects et la Résistance est décrite de manière assez abstraite : sans doute par frilosité, les auteurs n’osent pas affronter sinon de manière oblique, à travers une réaction, une phrase ce qui opposait certains courants de la Résistance : les communistes, les gaullistes mais aussi, les partisans de Frenay et Combat. Lors de cette vision, j’ai trouvé que des comédiens comme Ventura ou Blier ancraient davantage que dans mon souvenir le film dans la réalité mais cela restait périphérique et c’est dommage. Il y a dans ces affrontements un côté théâtre ambitieux de boulevard. Mais le travail de Duvivier, l’utilisation des décors, laissent admiratifs. Cela dit, le personnage de Marie Octobre m’a paru plus effacé malgré Darrieux que dans mon souvenir.

Par ailleurs, la sortie de UNTEL PÈRE ET FILS chez Gaumont est une vraie découverte. La version restaurée a réinséré des séquences coupées lors de la sortie, souvent dans des conditions difficiles à démêler. Heureusement dans les bonus, Eric Bonnefille auteur du livre « Duvivier, le Mal Aimant du cinéma français » (2 volumes Harmattan) éclaire certains points (pas tous), entre les coupes exigées par la Censure, celles effectuées pour la sortie en Amérique et la version ressortie après guerre. En fait, on découvre un film nouveau, passionnant pour de nombreuses raisons, parfois un peu naïf, à la progression hasardeuse, mais souvent audacieux. On y découvre une scène étonnante où Raimu prend la défense des étrangers qui viennent chercher refuge en France pour des raisons politiques. Duvivier et ses scénaristes prennent une position peu démagogique, qui les honore. Il suffit de penser, quasiment à la même époque, aux lettres qu’écrivit Jean Renoir sur l’élimination des indésirables. Je trouve l’un des passages où Jouvet employé colonial, attend les secours, vraiment fort et la scène entre Suzy Prim et un Raimu vieilli est bouleversante et empreinte de chaleur et de compassion. Duvivier reconstitue brillamment le siège de Paris, épouse le point de vue de la Garde Nationale qui fut trahie, manipulée par le terrible général Trochu (« participe passé du verbe trop choir », écrivait Hugo) que Henri Guillemin considère comme un traître identique à Bazaine. Ecouter ces conférences qui viennent d’être éditées. Duvivier utilise intelligemment les maquettes, les fausses perspectives, raconte toujours l’Histoire du point de vue de ceux qui la subissent et qui sont souvent bernés ou trahis par les dirigeants. Là, réside le vrai lien entre les histoires. Là, je m’oppose gentiment à Eric Bonnefille quand il dit que les héros du film auraient pu devenir pétainistes, se ralliant à différents régimes qui, il faut le reconnaître, sont toujours républicains au contraire de Vichy. Et pratiquement tous les héros s’engagent, servent la patrie, la défendent. Ils ne démissionnent pas devant l’ennemi. Alors, oui, ils sont malchanceux, ils se font tuer mais d’une certaine manière tiennent bon. Ajoutons que Duvivier préféra s’exiler que de répondre aux offres de Vichy. Rebatet disait qu’en épousant une juive, il était l’esclave d’Israël et son scénariste, Charles Spaak eut une conduite exemplaire pendant l’Occupation et on ne peut pas lui reprocher un seul dérapage. Mais le pessimisme de Duvivier devient parfois une forme de lucidité. Elle l’empêche de souscrire totalement à des élans romantiques mais elle le préserve des nombreuses infamies proférées à l’époque par le PC et les compagnons de route : « Mieux vaut Hitler que Blum », « De Gaulle est l’allié des banquiers de la Cité, des fauteurs de guerre et du juif Mandel » (tract sans doute transporté par Guy Moquet).

Et Gaumont a eu la bonne idée de sortir SANS LENDEMAIN qui n’est pas un Ophuls mineur. On sent déjà la patte de l’auteur de MADAME DE, cette élégance visuelle traversée par de brusques éclairs de dureté, de gravité. Comme je l’avais déjà écrit : SANS LENDEMAIN est un film d’Ophuls qui est moins lyrique, plus dépouillé dans l’énoncé du sujet. Une femme pour ne pas décevoir l’homme qu’elle a aimé, prend une fausse identité avec l’aide d’un gangster qui espère faire chanter l’ancien amoureux. Le traitement est souvent très moderne, épuré, rapide. Il y a des enchaînements de plans haletants qui témoignent d’une grande sensibilité et d’une attention au détail. Certains des acteurs masculins sont excellents, de Daniel Lecourtois, très crédible, à Paul Azaïs en passant par Georges Lannes qui impose une vraie menace. Jane Marken et Mady Berry, dans un registre plus évident et plus typique du cinéma français des années 30, imposent des ruptures de ton souvent adroites. J’ai plus de réserves sur Edwige Feuillère qu’encense Vecchiali dans son ENCINÉCLOPÉDIE. Je trouve son jeu méticuleux mais fabriqué. On voit les intentions. Mais elle ne bloque pas l’émotion des séquences finales. Et en revoyant le film, certains de ces reproches tombent.

DIVERS

J’ai bien aimé revoir GALIA de George Lautner qui, surtout dans la première moitié, témoigne d’une vraie sensibilité (celle d’ARRETEZ LES TAMBOURS, du SEPTIÈME JURÉ). Il y a un ton personnel et on sent que Lautner aime à filmer Mireille Darc. Il la fait déambuler, s’allonger, se déshabiller et elle est gracieuse, chaleureuse, très loin des mantes religieuses, des femmes fatales chères au cinéma français. Bien au contraire, on est touché par sa gentillesse jusque dans la liberté sexuelle. Dans le dernier tiers comme souvent avec Vahé Katcha, l’intrigue prend le dessus et ce n’est pas toujours pour le meilleur.

  

LES GRANDES FAMILLES, super bien restauré par TF1, procure toujours autant de plaisir. C’est pour moi le meilleur film de Denys de la Patellière, grâce au superbe dialogue de Michel Audiard, dont certaines répliques restent prodigieusement actuelles. Quand Jean Desailly, pour défendre les « innovations » drastiques qu’il a imposées au journal dont il vient de prendre la tête, déclare : « Nous allons gagner 100 000 nouveaux lecteurs », ce à quoi Gabin « et en perdre 200 000 dans les habitués », on pense à tous ces journaux repris par des banquiers qui les ont tous systématiquement enterrés à force de vouloir trouver un nouveau public et séduire des jeunes qui ne lisent aucun journal. Gabin donne l’impression qu’il a toujours dirigé un consortium et ses échanges avec un Pierre Brasseur, plus tenu, moins envahissant, restent des grands moments.

On ne peut pas en dire autant d’ARCHIMÈDE LE CLOCHARD, sur un sujet de Gabin (« Et si je jouais un clochard ? ») s’épuise très vite après quelques tirades drolatique : « Eh ben moi, ce qui me les casse, c’est les faux affranchis, les pétroleurs syndiqués, les anars inscrits à la sécurité sociale. Ça refait la Chine, ça prend la Bastille, et ça se prostitue dans des boulots d’esclaves. Ah, ils sont beaux les réformateurs du monde… Le statisticien qui baguenaude un placard d’usurier, le chinetoque qui propage les danses tropicales, et le mange-merde qui prône la gastronomie. Ah, il est mimi le triumvirat ! Un beau sujet de pendule ! Allez, viens ma belle, qu’on foute le camp, qu’on voit plus ces affreux. »
On peut aussi sauver Darry Cowl, sobre, juste et ses affrontements avec Gabin sont ce qu’il y a de mieux mais la paresse reprend le dessus.

  

CETTE VIEILLE CANAILLE est une œuvre intéressante d’Anatole Litvak d’après une pièce de Fernand Nozière qui offre à Harry Baur un de ces personnages secrets, ambigus qu’il affectionnait. On retrouve le gout de Litvak pour les plans très longs, les mouvements d’appareil et sa réalisation est élégante et retenue, gommant les éclats mélodramatiques. Il lui manque l’élan, l’incandescence de CŒUR DE LILAS (René Château) que je recommande encore, et le sens du tragique de L’ÉQUIPAGE (Pathé).

FILMS D’AILLEURS

Disons le, j’ai été déçu par GANGS OF WASSEYPUR – Part 1 d’Anurag Kashyap  qui brasse pourtant dans un mouvement assez original des éléments de Bollywood (chansons, péripéties mélodramatiques), des péripéties souvent violentes (massacres entre deux gangs, pillages, meurtres en série), des détails très crus (la femme d’un des protagonistes, Sardar Khan, le fils de Shahiud Khan et le père de Fizal Khan, décrit son mari comme un obsédé sexuel avec des termes précis qui surprennent dans un film indien : « c’est un obsédé de la fente »). On est médusé devant certains faits qui doivent être historiques – l’absence de sécurité dans les prisons indiennes – devant la violence des échanges entre maris et femmes, parents et enfants où tout le monde se tape dessus. Un sous-ministre local se fait incroyablement insulter par un gangster, puis par son père. On est souvent stupéfait mais je ne suis jamais parvenu à m’intéresser aux personnages, aux buts qu’ils poursuivent. Comme on l’écrit sur Film de Culte : «  Pas lyrique (ce n’est pas un mélo), pas drôle (ce n’est pas une comédie), peu chanté (ce n’est pas le genre abordé ici), pas emphatique (ce n’est pas vraiment une grande fresque historique, mais si ça s’en rapproche un peu)… Le film se situe dans une espèce d’entre-deux, une sorte de téléfilm historique en plusieurs parties, couvrant plusieurs générations d’une même famille à travers le prisme d’une incessante guerre des gangs, réalisé sans honte ni génie. Et si le film est constant, il l’est hélas aussi dans sa manière de ne jamais sortir de ce ton unique, très sérieux et sans lyrisme, avec ces scènes d’actions honnêtes mais sans grand spectacle. Un curieux film du milieu, qui va et vient entre les époques selon les scènes, abandonnant un personnage adulte pour le retrouver enfant la seconde d’après. Cela crée non pas de la confusion (c’est une autre surprise du film : ce n’est pas aussi incompréhensible qu’on pourrait le craindre) mais plutôt un non-attachement permanent aux personnages, réduits à des marionnettes de l’Histoire. Je me venge, tu te venges, mon fils se venge… GANGS OF WASSEYPUR est une ronde qui pourrait donner quelque chose de très stimulant (de l’humour ? du souffle poétique ? de l’ironie amère ?) s’il ne tournait pas en rond dans une trop écrasante froideur. Les personnages sont tellement à des kilomètres de nous que cette répétition de coups bas n’entraîne qu’une stérile et vaine répétition. »

Du même cinéaste, j’ai néanmoins acheté THE MUMBAI MURDERS.

J’ai trouvé beaucoup plus passionnant, touchant, voire poignant DELHI CRIME, série en 7 épisodes tournée pour Netflix de Richie Mehta   qui raconte l’enquête menée par une femme flic (la Commissaire des district du Sud de Delhi) à la suite d’un viol collectif particulièrement odieux. On ne voit rien mais on ne nous fait pas grâce dans les dialogues, de certains faits particulièrement horrifiques et qu’un des suspects évoque sans la moindre honte (moment terrible). Cette enquête est freinée par l’absence de moyens, la paresse, l’incapacité de certains policiers (l’héroïne passe son temps à les muter par poignées), la dictature des médias, la panique des politiques qui interviennent n’importe comment et sans avoir les faits. On évolue dans des décors surprenants, avec des pratiques culturelles sidérantes, des règles légales qui ont de quoi interloquer : on cogne sur les suspects, on évoque leur pendaison prochaine. Comme il n’y a pas de menottes, les policiers tiennent les prisonniers par le poignet et ces derniers ont l’air traumatisé devant les flics si bien qu’ils ne mouftent pas, ce qui en dit long sur les pratiques policières. Et le fait qu’on aille impliquer leurs familles les bouleverse plus que leur crime. C’est extrêmement bien joué et fait ressortir la frilosité de décideurs européens qui devraient essayer de monter des histoires analogues en Afrique, dans le Maghreb, voire en Asie où il y a des policiers français qui sont impliqués dans des actions importantes. Certes, DELHI CRIME est découpé comme une série américaine : scènes courtes, musique omniprésente mais son acuité descriptive, la justesse des décors, du jeu (contrairement à GANGS OF WASSEYPUR) emportent l’adhésion. Signalons que Richie Mehta a coécrit et tourné trois longs métrages : SIDDARTH, AMAL (que l’on trouve avec des sous-titres anglais en prime vidéo en zone 1) et LA CHANSON DU PASSÉ.

  

Carlotta a eu la superbe idée de jeter un coup de projecteur sur Edward yang, cinéaste de génie mort trop jeune. A BRIGHTER SUMMER DAY et TAIPEI STORY sont deux chocs inoubliables. J’avais adoré YIYI  et retrouve intact l’élan, les palpitations qui font vibrer le moindre plan.

Je n’avais jamais vu QUELQUE PART EN EUROPE, longtemps considéré comme un grand classique. J’avais peur de ce film, écrit par Béla Balsz, poète, dramaturge qui écrit le livret du Château de Barbe Bleue, des textes théoriques et critiques. Il est le premier à proclamer la naissance du septième art dans sa théorie du cinéma, Der sichtbare Mensch (L’Homme visible, 1924). Le succès de ce livre, dont l’originalité réside dans l’approche poétique des images, surtout celles des « premiers plans », lui vaut une invitation à Berlin où il vit de 1926 à 1931. Là, il participe, aux côtés d’Erwin Piscator et de Max Reinhardt, au théâtre d’agit-prop, et écrit de nombreux scénarios dont ce film. René Gainville (LE COMPLOT, L’HOMME DE MYKONOS), réalisateur d’origine hongroise m’avait dit qu’il avait été assistant sur QUELQUE PART EN EUROPE, ce qui n’avait pas calmé mes appréhensions. Le propos est pourtant passionnant : des bandes de gamins orphelins tentent de survivre dans l’Europe de l’Est à la fin de la guerre. Pour manger, ils pillent, volent, attaquent fermiers ou voyageurs et plusieurs séquences frappent par leur férocité sans apprêt, leur violence. Certains gamins, impitoyables, peuvent vouloir tuer, sans raison, pour s’amuser. Malheureusement chaque scène semble être filmée comme un tout refermé sur lui-même, sans souci de progression visuelle ou dramatique. On assiste à une suite de moments filmés ou montés avec une virtuosité qui prend le dessus sur le sujet ou l’émotion. Comme l’écrit Tootpadu sur Mulderville : « QUELQUE PART EN EUROPE jette un regard sans concession sur la cruauté de l’homme en général, et celle des enfants en manque de repères en particulier.
La représentation de l’anarchie à laquelle les garçons se livrent librement pendant la première moitié du film n’est ainsi guère édulcorée. Quand on manque de tout, la vie d’un homme ou d’une bête ne vaut pas plus qu’un casse-croûte. La dignité humaine n’est plus d’actualité, lorsque le droit du plus fort règne dans sa forme la plus crue. Tout ce gâchis, la caméra de Géza Von Radvanyi – un réalisateur qui allait entamer après ce film une odyssée européenne avec pour destination des productions populaires allemandes sans grand intérêt – l’enregistre stoïquement, comme pour mieux souligner qu’un monde sans règles mène forcément au chaos. Or, ce périple insensé d’un regroupement de petits sauvages reste très mesuré dans son indication d’une voie de sortie à tant de misère criante 
». Du moins dans sa première partie. La deuxième est plus moralisatrice et le sauvetage de la bande par la musique paraît quelque peu utopique même s’ils apprennent la Marseillaise

COFFRETS

Le coffret SHERLOCK HOLMES Studio Canal Optimum, trouvable en Angleterre en DVD et en Blu-ray regroupe tous les Sherlock Holmes joués par Basil Rathbone accompagné par Nigel Bruce, délicieux et grommelant Docteur Watson, du CHIEN DES BARKERVILLE à DRESSED TO KILL. J’avoue avoir un grand faible pour cette série, pour les deux acteurs et pour le travail souvent brillant, visuellement inventif du mystérieux Roy William Neill avec des recherches proches du film noir, du conte gothique : photo qui privilégie les clairs obscurs, les éclairages à contre jour, mouvements de grue. J’ai revu avec plaisir THE STEEL CLAW où Neill, co-auteur du scénario, s’inspire davantage d’une nouvelle de Poe que de Conan Doyle ; HOUSE OF FEAR qui malmène une des rares nouvelles où Holmes échouait, Les 5 pépins d’orange et débouche sur un hymne incongru au Canada (« Winston Churchill a dit cela ? », demande Watson) dans un effort pour racoler Holmes dans la lutte anti-nazie (plusieurs épisodes sont historiquement déplacés) ; PEARL OF DEATH, une des réussites. Les films ont été restauré et sont maintenant disponibles en Blue-ray (dans le DVD, les sous-titres anglais annoncés ne marchent pas).

Coffret ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE – Saison 3 (ELEPHANT FILMS) : des épisodes de 25 minutes avec leur lot de présentations farceuses en anglais et en français, qui comprennent deux épisodes dirigés  par Robert Altman. Avec beaucoup de bonne volonté, on peu deviner sa patte dans une manière de désarticuler le récit mais le résultat est souvent trop prévisible malgré Joseph Cotten et Carol Lynley. Dans les trois Hitchcock, L’INSPECTEUR SE MET À TABLE est un conte farceur, écrit par Roald Dahl qui évoque MAIS QUI A TUÉ HARRY. C’est assez marrant, moins brillant que ce que je pensais. Je préfère de beaucoup CRIME PARFAIT co-écrit par Stirling Silliphant où Vincent Price est bien distribué en détective arrogant qui va être mis à mal par James Gregory dont l’humour cinglant et macabre se retrouve dans LE PLONGEON écrit par Roald Dahl avec Fay Wray. Là le cynisme de Dahl trouve en Hitchcock et en Keenan Wynn des complices de choix. Cela dit, beaucoup d’épisodes sont ternes, prévisibles et dirigés de manière anonyme. La MAISON IDÉALE, L’HOMME DES STATISTIQUES sont parmi les pires ; RETURN OF THE HERO n’a rien à faire dans cette série et est un des pires et Arthur Hiller en signe deux qui sont sans intérêt : BARBARA et POST MORTEM. Difficile de créditer les réalisateurs.  On peut pourtant retenir quelques Paul Henreid comme le TÉMOIN SILENCIEUX, ASSEZ DE CORDE POUR DEUX, des Don Taylor, CHANTAGE et LISTEN, LISTEN vraiment efficaces ainsi que le BAIN DE MINUIT où triomphe Mildred Natwyck.

Je n’ai regardé qu’une partie des ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE – LES INÉDITS – Saison 1 où les épisodes font 44 minutes : on retrouve dans CHEZ LES FOUS (mauvaise traduction de DON’T LOOK BEHIND YOU) de John Brahm quelques figures de style chères au réalisateur de HANGOVER SQUARE : travelling dans des sous-bois, jeune femme poursuivie par un tueur en série (pas mal de péripéties violentes dans cet épisode). Mais en dehors de Vera Miles, excellente, les acteurs sont médiocres ou passables et Jeffrey Hunter paraît mal à l’aise dans le genre ; J’AI TOUT VU (I SAW THE WHOLE THING) est l’un des épisodes les plus célèbres et je me demande pourquoi car je l’ai trouvé plutôt convenu malgré la présence de Evans Evans (fort bonne actrice et l’épouse de John Frankenheimer) et de John Forsythe. La chute est évidemment hitchcockienne dans son ironie sceptique mais elle semble artificielle. FINAL VOW est dirigé par Norman Lloyd, producteur de très nombreux épisodes (il était sur la liste noire et Hitchcock l’engagea). On se souvient du Lloyd comédien qui tombe de la Statue de la Liberté dans CINQUIÈME COLONNE, qui travailla avec Brecht, Tourneur (LA FLÈCHE ET LE FLAMBEAU), Lewis Milestone (dans LE COMMANDO DE LA MORT), de multiples westerns. C’est un des hommes les plus brillants que j’ai rencontrés et son livre d’entretiens est une mine d’histoires toutes plus formidables les unes que les autres, racontées avec un humour acéré, une précision maniaque. Eh bien FINAL FOW est pour moi l’une des grandes réussites de la série. Avec un sujet très original. Carol Lynley y est excellente. Il me reste à voir  un épisode de Pollack et un de Jack Smight.

Coffret HERCULE POIROT – Saison 1. J’avoue également prendre beaucoup de plaisir aux Hercule Poirot de la télévision britannique avec David Suchet : décors soignés, extérieurs efficaces (Énigme à Rhodes, Mystère en mer) interprétation pittoresque et dialogue souvent amusant. Je les préfère aux récents Sherlock Holmes qui manquent singulièrement d’ancrage et de patine.

Sublime INTÉGRALE JEAN VIGO en coffret de 5 DVD, tous patiemment restaurés (L’ATALANTE et ZÉRO DE CONDUITE sont de vraies redécouvertes), édité par Gaumont. Reportez-vous au bel article d’Alain Masson dans Positif 699.

  

Je tiens à signaler COFFRET HENRI DIAMANT BERGER avec ses passionnants et pittoresques souvenirs que j’ai découvert. Je crois avoir signalé ici même l’intérêt que suscitait son MONSIEUR FABRE, biographie d’un entomologiste et écrivain qu’on ne lit plus guère et c’est bien dommage.

Commentaires (114)

 

  1. Yves Rouxel dit :

    Quel plaisir de revoir »Nous,les gosses »de Louis Daquin dans une version restaurée une nouvelle fois par la fondation Jérôme Seydoux.Ce film est emplit d’espoir,de tendresse et d’une réelle solidarité entre ces enfants qui vont arriver à collecter une somme rondelette pour remplacer la verrière de l’école cassée par un ballon juste avant les fètes de Pâques.Puis c’était la première fois que l’on voyait une petite fille noire parmi des enfants blancs et là Louis Daquin à marquer énormément de points.Mème si les décors de studios sont apparent,l’histoire reste attachante avec le personnage du kiosquier campé par Pierre Larquey qui remet des »rapports »d’enquète au commissaire de police puis Raymond Bussières et son acolyte sont formidables dans les roles de mauvais garçons.Sur l’aspect technique Daquin s’est beaucoup inspirer du travail de Grémillon et ses plans à la grue sont bien cadrés.Revoir ce film est une respiration indispensable dans notre pauvre vie d’adulte.L’enfance est le plus bel age de l’existence,c’est pour cela que l’on doit les proteger et ètre à leurs écoutes.

  2. Alexandre Angel dit :

    J’ ai eu la surprise merveilleuse aujourd’hui de réaliser que mon multiplexe donnait dans les Journées du Patrimoine et programmait gratuitement LA FETE A HENRIETTE, de Duvivier, dans la copie que l’on sait et projetée dans la plus grande salle.
    Condition idéale pour découvrir ce film délicieux que mon père de 89 ans ne connaissait pas et dont il s’est régalé.
    Il n’est pas obligé d’avoir en tête que Duvivier pouvait être tellement noir, tellement sombre, et que sa réputation en était marquée au fer forgé, pour apprécier le très moderne second degré du scénario.
    L’engueulade sans fin qui oppose deux scénaristes aux conceptions opposées (Henri Crémieux pour la noirceur, Louis Seigner pour le sourire) et dont Seigner sortira victorieux suffit, dans la façon dont tout cela est traduit par la mise en scène, à nous ravir du simple fait de voir la noirceur, avec ses cadrages penchés totalement ironiques, prisonnière de la fantaisie la plus totale.
    Je ne serais pas étonné d’apprendre que Resnais adorait ce film. Je trouve même qu’il y a un côté Jacques Becker, celui d’EDOUARD ET CAROLINE voire d’ANTOINE ET ANTOINETTE.
    Mais ici, le scénario est encore plus virevoltant, étourdissant même, drôle, toujours original. Je sais bien qu’il ne faut pas trop abuser du « lâchage de noms » mais Guitry n’est pas si loin non plus et je dirais même que Duvivier le coiffe au poteau avec ce générique qui n’en est pas un et qu’on retrouve enfin à la dernière minute du film, annoncé par Michel Auclair (très classe) et poursuivi par les notes charmeuses de Georges Auric.
    J’ai trouvé aussi que Jean d’Eaubonne a fait du très beau boulot notamment avec le décor génial de l’hôtel particulier où Michel Auclair entraîne Dany Robin, décor presque « kubrickien ».
    Pardon, j’ai encore lâché un nom…

  3. Yves Rouxel dit :

    Découvert dans le cadre de la programmation du festival grolandais »Black moon »de Louis Malle est une oeuvre étrange .En effet c’est un film iniatique dont le cinéaste disait que chaque spectateur avait sa vision personnelle et singulière.Pourtant l’histoire raconte ouvertement les aventures d’une jeune femme blonde au volant de sa voiture qui roule en pleine campagne et à qui va arriver des tas de « surprises ».Elle croise sur son chemin des hommes en uniformes qui tuent un groupe de femmes,elle s’enfuit et croise des enfants nues qui court après un cochon ou une truie,puis va se retrouver dans une grande maison ou vit une vieille femme qui parle à un rat en allemand .Enfin elle fera la connaissance d’une licorne qui à la parole et lui donnera des conseils pour s’échapper de cet enfer.Bien sur on pense à Alice au pays des merveilles de Caroll car l’unité de temps et d’espace n’existe pas ,on est peut ètre dans un rève qui devient un cauchemar.Ce film de Malle mérite une resortie en dvd car c’est une oeuvre pleine de poésie et d’utopie.Ce matin j’ai vu « Calvaire »de Fabrice de weltz qui est là aussi un ovni avec Laurent Lucas et Philippe Nahon.

  4. Dumonteil dit :

    Juste pour signaler la sortie en dvd de « la neige était sale » de Luis Saslavsky;c’est une oeuvre de notre patrimoine à voir absolument ;j’en ai déjà parlé longuement.

  5. MB dit :

     »
    Philippe Rouyer
    ‏ @philippe_rouyer

    Philippe Rouyer a retweeté Pierre Dezeraud

    🔴 FORMIDABLE
    @DelphineErnotte et @Francetele assurent que l’aventure du #Cinémademinuit va se poursuivre
    Merci aux décideurs
    Bravo à tous ceux qui ont signé la pétition et se sont mobilisés pour #PatrickBrion et la défense du patrimoine cinématographique sur le service public »
    >>> https://is.gd/KJarIt

    j’ai pas confiance… ça sent l’entourloupe! bon, on verra

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A MB, à tous : (CINÉMA DE MINUIT)
      En soit c’est une bonne nouvelle si la direction de FT tient parole.
      Par contre il n’y a aucune remise en question des paramètres de diffusion (jour et heure) qui nuisent fortement à l’accès au programme. Le lundi soir vers 23 h 45, on ne peut rêver mieux pour flinguer le programme.
      J’ai toujours pensé que le créneau du regretté Ciné Club de Claude-Jean Philippe sur la deuxième chaîne était plus approprié (veille de week end), avec un horaire un tantinet plus tôt. Mais bon, c’est sans doute trop exiger des décideurs.
      Pour revenir au CDM j’avoue qu’a 20 ans, cela ne me posait aucun problème, mais aujourd’hui je n’y arrive plus. Lundi soir j’ai voulu revoir GRIBOUILLE d’ALLEGRET mais je n’ai pas pu tenir jusqu’à 23 h 45 (ou plus ?)
      Pas trop grave, je le connais, j’ai le DVD, mais quand même c’est rageant.
      Et quand je pense que le CDM a quitté la 3 pour être remplacé par des séries, je ne vois pas où l’audimat va exploser. Enfin et pour terminer, ce « cirque » de suppression du programme de Patrick BRION dure quand même depuis 2016 !

    • MB dit :

      « Le lundi soir vers 23 h 45, on ne peut rêver mieux pour flinguer le programme. »
      pas possible d’enregistrer? mais c’est vrai que beaucoup disent comme vous et jugent que l’heure est trop tardive

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A MB (CINÉMA DE MINUIT)
        J’avoue que je n’enregistre plus depuis longtemps. Je le faisais autrefois, souvent même en voyant le film en même temps. Les enregistrements programmés avaient parfois l’inconvénient d’être tronqués en raison d’un non respect de l’heure.
        J’ai toutefois conservé de nombreux films enregistrés au CDM, certains diffusés qu’une seule fois.
        Et il est vrai que je ne regarde quasiment plus la télévision depuis longtemps, sauf si une rareté se profile à l’horizon. Sinon…

  6. Damien D. dit :

    Après 4 jours de « combats » à travers tribune, pétition, relais de la presse, etc, où nous avons je pense tous ici participé, il semblerait que France télévision et Delphine Ernotte aient finalement pris la décision de maintenir Patrick Brion au « cinéma de minuit ». L’information étant tombée en fin de matinée, attendons tout de même une information plus officielle. Si tel était le cas il faudra cependant rester attentif : quelles seraient les conditions de ce maintien et pour combien de temps, avec quelle programmation ? Continuez d’ici là à diffuser la pétition qui atteint bientôt les 5000 signatures…

    • MB dit :

      « attendons tout de même une information plus officielle (…) quelles seraient les conditions de ce maintien et pour combien de temps, avec quelle programmation ?  »
      exact

  7. Henri Patta dit :

    Je viens de lire un article sur le livre ècrit par ERIC NEUHOFF. (TRÈS)CHER CINEMA FRANÇAIS.
    Il semble sortir la sulfateuse et dèplore le trop grand nombre de films sortis en salle ainsi que la paresse des producteurs et des scènaristes.
    Yvan Atal a une drole de maniere de contrer les arguments du critique du figaro : sur les 250 films produits 180 n ‘ètaient pas bons , donc il faudrait en produire 8000 pour que plus de films soient meilleurs !!!!
    D ‘autres comme klapish , utilisent l ‘èternel argument « l ‘aigreur » ce qui n ‘est en aucun cas une rèponse au dèbat.
    Dans le livre que je n ‘ai pas encore lu , je prècise , il semble que isabelle huppert et françois ozon  » prennent chers ».Il est reprochè a l ‘actrice de tourner tout et n ‘importe quoi.
    J ‘ai commandè le livre pour me faire une opinion.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Henri Patta
      Eric Neuhoff a une jolie plume et il écrit bien mais s’amuse à dézinguer beaucoup de films. Ce qu’il dit de Huppert peut s’appliquer à certains titres mais occulte pas mal d’oeuvres où elle est géniale (UNE AFFAIRE DE FEMMES, L’EXERCICE DU POUVOIR, NUE PROPRIÉTÉ, les films de Hong Sang Soo, ELLE, VALLEY OF LOVE, LA RELIGIEUSE,WHITE MATERIAL, VILLA AMALIA, L’ECOLE DE LA CHAIR) pour ne citer que quelques titres (Rajoutons LES PORTES DU PARADIS qu’elle domine et COPACAPANA, HOM et il oublie qu’elle est encensée aussi aux USA, en Angleterre

      • Yves Rouxel dit :

        Sans rapport avec Neuhoff qui me casse les bonbons quand il intervient au masque sur inter.Lu dans le dernier Positif un article traduit en français qui revient sur l’oeuvre de Griffith »Naissance d’une nation »ou l’on apprend que Tarantino Exècre ce film car John Ford qui était à l’époque acteur et cascadeur à oser porter la cagoule du kkk.L’auteur de l’article ajoute pourquoi pas s’en prendre aux acteurs qui ont eux aussi porter la cagoule dans »Django enchained »de QT?On apprend également que Spike Lee qui à toujours mis en avant la communauté dans ses films,durant ses études à New york fut scotcher à la vision de « Naissance d’une nation »ainsi que « La nuit du chasseur »deux oeuvres dans lesquelles on retrouve Lilian Gish!!!

        • MB dit :

          à Y Rouxel: mais QT ne comprend rien à Ford c’est pas nouveau, c’est même curieux de la part de qqn d’assez subtil et le procès fait à Lilian Gish est grotesque, quand un acteur est dans les mains d’un réalisateur, il n’a pas de vision d’ensemble sur le film. et même.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Tarantino s’appuie sur des racontars de Ford qui sont invérifiables et sont peut être juste des affabulations. Mais étrangement Tarentino se révèle obtus vis à vis de Ford qui pourtant comme le montre MC Bride est un des cinéastes les plus ouverts aux autres nationalités et ethnies, les plus attentifs vis à vis des émigrés (irlandais mais aussi chinois, allemands, italiens, sud américains). Il a parfois les oeillères de son époque et de son éducation. Mais Hawks que Tarentino adule est plus beaucoup centré autour de la race blanche. Et contrairement à Ford qui disait s’être battu pour payer de la même manière les figurants noirs et blancs, Hawks lui citait les noms des révolutionnaires noirs en montrant les singes du jardin d’acclimatation

        • Damien D. dit :

          A Bertrand, je vous rejoins également : j’irai même jusqu’à dire que même artistiquement parlant Ford me semble supérieur à Hawks sur beaucoup de points. De Hawks aucun film ne m’a marqué durablement sauf peut être SEULS LES ANGES ONT DES AILES ou ses comédies BRINGING UP BABY, HIS GIRL FRIDAY, I WAS A MALE WAR BRIDE (toutes avec Cary Grant…) Ses films avec John Wayne me semblent en deçà de ceux tournés avec Ford (sauf peut-être LA RIVIERE ROUGE). Alors RIO BRAVO oui c’est sympathique mais je n’en fait pas un chef d’oeuvre non plus (après c’est plus au goût de chacun). Je pense que le talent de Hawks réside dans cette tranquillité et cette « coolerie » qu’adore Tarantino (on voit bien cela dans les films avec Bogart) vis à vis de sa mise en scène et de ses acteurs. Ne pas oublier que Tarantino a une cinéphilie principalement basée sur des madeleines de Proust et les siennes sont difficiles à déboulonner (quand il cite à tout va RIO LOBO, EL DORADO succédanés à RIO BRAVO…). En face on a Ford et des chefs d’oeuvre en pagaille… Personnellement malgré tout le talent de Hawks, négliger Ford de la part de Tarantino est tout de même une grossière erreur…

        • Henri Patta dit :

          Sait on pourquoi Tarentino dèteste FORD à ce point ?
          Il n ‘aime pas l ‘homme ? Le rèalisateur ? Ses films, ses prises de positions ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Henri Patta
          Il ne l’a jamais connu. C’est une réaction viscérale qui ignore bien des prises de positions de Ford dans ses films et la vie. Une position de principe se fondant sur LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE, RIO GRANDE et quelques films où les Indiens sont juste des ennemis tout en ignorant LE MASSACRE DE FORT APACHE, LE SERGENT NOIR , LES CHEYENNES et certains films plein de compassion des années 30ord peut faire LES RAISINS DE LA COLÈRE, QUELLE ÉTAIT VERTE MA VALLÉE et s’intéresse aux ouvriers, aux déclassés pas Hawks dont le génie est ailleurs. Tarentino a une culture de video Club qui oublie certains de ces films et PILGRIMAGE et THE LONG VOYAGE HOME qu’on ne peut qualifier de films de supremacistes blancs

        • MB dit :

          TARANTINO/FORD
          à l’attention de Quentin, un de ces groupe d’Apaches objet du racisme de Ford:
          https://is.gd/rMLHVw
          (Fort Apache)

      • Henri Patta dit :

        En effet , très belle plume , rècompensèe par de nombreux prix. Neuhoff est un nostalique , ce qui explique son còtè « c ‘ètait mieux avant » au sujet du cinèma.
        Ceci dit c ‘est certainement le critique que j ‘apprecie le plus , il n ‘est pas du tout politiquement correct , cette tare de notre siècle ,peut dire du mal d ‘un rèalisateur qu ‘il apprècie si son dernier film n ‘est pas bon.
        Cela semble une èvidence , mais tellement de critiques èpargnent leurs favoris , c ‘est devenu une plaie.
        Tous les films de Eastwood sont gèniaux , l ‘opus annuel de woody Allen est toujours magnifique ….Heureusement il dètonne et dit ou ècrit ce qu ‘il pense , et ses goùts se rapproche beaucoup des miens a de nombreuses occasions , ce qui bien sùr ajoute a mon engouement pour ce monsieur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Henri Patta
          Sa vision de dandy est quand même typiquement de droite. Il hait les films sociaux, des Dardenne à Stéphane brisé, attaque violemment Ozon dont les deux derniers opus sont remarquables, descend les cinéastes qui parlent des migrants comme il descend Loach. Il est vraiment talentueux quand il vante Pascal Thomas, a des éclaires brillants et, c’est vrai, n’est pas du tout politiquement correct ce qui est une de ses qualités essentielles avec son style. Mais le principe « le Cinéma c’était mieux avant » est une rossinante exténuée qui est épuisée parce que trop sollicitée dès les années 30….Pour certains, le cinéma c’était toujours mieux avant et 15 ans après, on réhabilite 25% des films. Je trouve surtout qu’il devrait d’abord s’en prendre aux journalistes qui portent aux nues les films qu’il exècre. Ce sont les vrais responsables de leur réputation

        • Julia-Nicole dit :

          Neuhoff est sympathique, et il a le sens de la formule. Mais il fonctionne à l’instinct, et est incapable de proposer la moindre analyse. Du coup, son discours manque le plus souvent d’arguments.
          Mais, à tout prendre, je le préfère à Leherpeur qui, lui, argumente son point de vue, mais le plus souvent à coup de massue, et gare à celui qui ose ne pas être d’accord!
          En plus je me reconnais assez bien dans le côté nostalgique de Neuhoff. Il me rappelle Siclier, qui s’était lassé du cinéma contemporain et avait fini par céder sa place au « Masque et la Plume ».

        • Yves Rouxel dit :

          A Henri.Le pire peut ètre est Pierre Murat de Télérama qui est droit dans ses bottes et ne démord jamais q’un film brillant est une œuvre médiocre.Je ne vais pas tomber dans le piège de tous ceux qui affirment à tort « que s’était mieux avant »,pourtant j’ai réecouter des extraits du masque dans les années 60 ou les empoignades étaient d’une autre volée avec arguments à l’appui.Ce qui me gène chez Garcin et ses critiques c’est ce coté condescendant qu’il faut coller a l’actualité des grosses sorties alors que quantités de films passent à la trappe.J’espère que dans un prochain enregistrement ils parleront du film de Gatti commandé par Castro et tourné à Cuba ou du nouveau Boukrief basé sur une histoire vraie ,d’enlevement d’un enfant durant les années 80.Ce film n’a eu aucune presse et difficile à voir en province comme « Made in France »à l’époque!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel, je vous trouve sévère avec Murat qui défend beaucoup de bons films et connait bien le cinéma français. Il a souvent du bon sens. Après, Garcin favorise les empoignades pour des raisons d’audience mais je préfère les vraies discussions comme celle qu’on peut entendre dans le Nouvel esprit public en peau de caste (pas celui de france culture). Et ne valorisez pas le passé : il y avait aussi des affrontements consternants dans l’ancien Masque et la Plume et Charensol n’était guère argumenté. Ciment, Danielle Heyman donnent des analyses souvent pertinentes et Neuhoff peut être brillant. Quant au choix des films, je suis d’accord

    • MB dit :

      « Ce qu’il dit de Huppert peut s’appliquer à certains titres mais occulte pas mal d’oeuvres où elle est géniale (UNE AFFAIRE DE FEMMES, L’EXERCICE DU POUVOIR, NUE PROPRIÉTÉ, les films de Hong Sang Soo, ELLE, VALLEY OF LOVE… »
      Bertrand je suis d’accord avec vous mais vous vouliez dire LA COMEDIE DU POUVOIR/Chabrol où elle joue une juge d’instruction (film qui a considérablement agacé Eva Joly qui parla de « film détestable » ce qui me fit bien ricaner au moment où je l’entendis à la radio), et bonne idée de rappeler NUE PROPRIETE qui m’a impressionné.

  8. MB dit :

     »
    Philippe Rouyer
    ‏ @philippe_rouyer

    🔴 UN CHOC
    #PatrickBrion m’apprend que @Francetele ne renouvelle pas son contrat et lui demande d’arrêter le #Cinémademinuit fin décembre.
    Le patrimoine cinématographique est un bien précieux qu’il faut défendre et qui ne peut laisser insensible @DelphineErnotte »
    >>> https://is.gd/1BEQx2

    • Ballantrae dit :

      Cette nouvelle est siderante.
      Patrick Brion est un passeur fondamental pour de nombreux spectateurs notamment pour tous ceux qui, enfants, n’auraient pu accéder à cette culture pour des raisons familiales.
      Le service public a des responsabilités notamment celles de l’éducation populaire . Patrick Brion versant cinéphilie est une pierre angulaire de cette vision.
      Protestons haut et fort car cette eviction vient après bien d’autres, Michel Ciment en tête .

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Ballantrae
        Ecrivez tous à France Telivision avec copie au ministre de la Culture Frank Riester. Il y a une formidable et décapante description de l’ignorance, l’auto satisfaction affichées par certains ministères dans RACKET de Dominique Manotti. Sans parler d’une corruption et de fonctionnaires vendus aux thèses ultra libérales et aux Américains avec un vrai plan de carrière qui zappe tout sentiment national

        • MB dit :

          admirez les réponses à Rouyer: on dirait des officiels chinois. L’imprécision est reine à fin d’enfumage, incroyable.
          D’ailleurs la dernière question de Rouyer est trop précise pour que la responsable de F5 se risque d’y répondre autrement que par oui ou non.

        • MB dit :

          je précise: je parle des deux réponses d’ officiels de Ftv, depuis je trouve plein de réponses de tvspectateurs mécontents

    • Henri Patta dit :

      a MB.
      Bien vu. En effet les rèponses a còtè donne un effet stalinien qui fait froid dans le dos. Mais qui sera surpris ?

      Avec des amis , nous avons ècris durant des mois a Tv5 monde-asie pour protester contre l ‘indigeance des programmes, un veritable concours de mèdiocritè qui laisse pantois.

      Les rèponses ètaient toujours les mèmes balancant entre auto-satisfaction et etonnement et aucune rèponse sur le fond.

      Je pense sincèrement que ces gens se foutent èperdument du public et que seuls leur salaire est autre prèpande sont leurs boussoles.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Henri Patta
        Dites que vous envoyez des doubles à la presse et au ministre. Cela fait plus d’impression. Mais à TV5monde ils sont tellement nombreux et avec plusieurs pays francophones.

        • Julia-Nicole dit :

          Voici la réponse que j’ai obtenue de France Télévisions, suite à un mail indigné que j’ai envoyé:

          « Je tiens à vous rassurer, le patrimoine cinématographique a toute sa place au sein de France Télévisions : le « Cinéma de minuit » est bien sûr maintenu sur nos antennes.

          Nous préservons l’ADN de cette émission culte.

          J’ai bien transmis votre message à la direction de l’antenne. »

          Espérons que ce n’est pas une promesse dans le vent…
          Et souvenons-nous qu’en décembre 2015, le Ciné-club de France 2 (3ème du nom après ceux de Claude-Jean Philippe et de Frédéric Mitterrand), était passé à la trappe dans le plus grand silence.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Julia Nicole
          Risque d’enfumage comme disait MB :Demandez tous le nombre de films et la proportion des noir et blanc et muets parce que dans patrimoine, ils mènent le ciné club, films essentiellement en couleur des années 60, 70, 80 et ainsi de suite et le Cinema de Minuit. Et quels sont les noms des remplaçants de Brion. Est ce que ce dernier n’aurait pas du connaitre le nom de son successeur

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.Cette nouvelle ne me surprend pas quand on sait que la direction de France 3 à supprimer le fameux « Soir 3″de la chaine pour le releguer sur France intox.Plus de 80 techniciens se retrouvent sur le carreau,c’est pareil dans le privé avec l’éviction de Thierry Ardisson et toute son équipe sur C8 dont l’émission « Salut les terriens »les samedis et dimanche soir déranger Vincent Bolloré.Pour 2020 France télévisions va mettre à la trappe des émissions jeux tels « Slam »et peut ètre « Des chiffres et des lettres »qui est une des plus anciennes émissions du service public.

  9. Henri Patta dit :

    Je ne voudrais pas jouer les rabat joie, mais je trouve que depuis quelque temps , les commentaires sont plus focalisès sur les sorties actuelles , que sur le cinèma de patrimoine.Ce dernier ètant la substantifique moelle de ce blog , je trouve que c ‘est plutòt dommage.
    Sur ce , je vais revoir PATTES BLANCHES que mr Tavernier m ‘a donnè envie de revoir et dont la lointaine dècouverte s ‘est beaucoup diluèe dans le temps.
    A ce sujet , j ‘ai mis une bonne demi-heure a retrouver le DVD parmi les 3000 ( a vu de nez) que je possede.Et je me demande si il est bien raisonnable d ‘en acheter de nouveaux.
    Car entre ceux pas encore vus, ceux oubliès et donc a revoir et ceux qui m’ont dècus et mèritent donc une autre chance , j ‘en ai bien pour dix ans a raison d ‘un part jour.
    Et je ne parle pas de ceux que je revois chaque annèe avec un plaisir dècuplè, comme , LA PRISONNIERE DU DÈSERT , LES FORBANS DE LA NUIT ou encore du JUGE ET L ‘ASSASSIN ,qui est pour moi le chef-d ‘oeuvre de qui vous savez.
    Si l ‘un d ‘entre vous a dèja vècu ce dilemne , a t-il continuè a acheter des dvd ou se contente t-il comme je pense le faire , piocher au fur et a mesure dans sa devethèque ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Henri Patta
      Je continue à en acheter mais je m’y retrouve bien en classant alphabétiquement les réalisateurs après avoir déterminé chaque pays. J’en rachète quand une édition est vraiment annoncée comme supérieure et je revends les anciens. Je continue à faire des découvertes et donc à acheter surtout que paraissent parfois des films très rares. Je pense aux oeuvres pre code

    • Alexandre Angel dit :

      A Henri Patta,
      De toutes façons, tout sauf la dématérialisation!

      • MB dit :

        les dvds oubliés c’est impossible, quand ils ne sont pas vus ils ne sont pas dans les étagères mais à côté de la TV, un peu d’ordre!
        quand il y en a disons six ou sept d’avance de non vus, faut peut-être les voir avant d’en acheter d’autres!
        et un coup d oeil sur un catalogue que vous avez fait de vos films est là pour vous en rappeler certains.
        Il est illusoire d’arrêter d’acheter des dvds, c’est des films qu’on veut voir plus que des dvds.

    • Yves Rouxel dit :

      Récemment j’ai mis à jour et classifier les films que j’avais en magasin.J’ai décider de les classer par genres et par réalisateurs car certains films de John Ford(les premiers sont introuvables).En revanche depuis quelques mois je prévilégit les œuvres dites classiques du cinéma français d’avant ou après guerre,sans oublier des cinéastes de la nouvelle vague ou des réalisateurs actuels tels:Kahn,Brizé,Klapish,Lloret,Téchiné,Llovsky,Sciamma,Guédiguian et bien d’autres.Ensuite il y a l’emprunt à la médiathèque de Toulouse qui possède un fond de 15.000 titres ainsi que toutes les annexes qui ont un fond avec des titres fantastiques,westerns,policiers,aventures ainsi qu’une grande quantités de documentaires classé dans « le cinéma du réel »sans omettre les films d’animation,les déssins animés et les courts et moyens métrage.Ajouter au achats en magasins ou sur internet plus les vide greniers et brocantes très en vogue chez nous.J’ai acheter l’œuvre complète de Bergman sous forme de coffret pour 35 euro.Je me régale de revoir ces films qui me permet de revenir aux fondamentaux du 7ème art.

  10. Alexandre Angel dit :

    S’il vous plaît Bertrand, pourriez-vous me dire ce que vaut VALSE ROYALE, de Jean Grémillon, dont je n’ai jamais entendu parler?
    C’était ma première question, la seconde, comme ça, en passant, l’air de rien:
    Une p’tite date pour 100 ANS ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      1° jamais vu
      2) je pense à la fin du printemps 2020

      • MB dit :

        1/ jamais entendu parler perso
        2/ YOUPI! (et tout ça)

      • Alexandre Angel dit :

        Merci!

        • Dumonteil dit :

          j’en ai déjà parlé :un film très mineur du metteur en scène ;il y a tant d’autres films de JG à découvrir avant celui-ci …Pratiquement tous en fait!

          Un officier (Henri Garat ) amoureux d’une pâtissière (chic) (Renée saint-Cyr);le « liebelei  » du pauvre où le problème d’une mésalliance n’est même pas abordé ;François Joseph et Sissi y apparaissent;des bons sentiments en veux-tu en voilà!Et des chansons car Garat était un chanteur.

          co-produit avec l’Allemagne (hitlérienne à cette époque) ,il fut tourné en deux langues ,comme d’autres films des années 30,par exemple « Ariane ,jeune fille russe  » de Paul Czinner (dont Billy Wilder fit un remake ,qui fut encore refait)ou « les 5 gentlemen maudits  » de Duvivier.

  11. Jacques Diamond dit :

    Max Ophüls, on n’arrêtera pas de redécouvrir ce Maître, même dans ces comédies mineures des années 30 (« Lachende Erben » en 1933, avec un travelling anthologique). Mais quand sortira donc ce chef d’oeuvre méconnu, « la Signora di tutti », réalisé en Italie en 1934? Ce « Lola Montès » 20 ans avant avec des séquences délirantes, qui a du être diffusé sur le câble il y fort longtemps.
    Marcel Ophüls avait réalisé en 2009 un excellent documentaire sur son père, « Max par Marcel », dans lequel il nous expliquait pourquoi Max appréciait tant les mouvements d’appareil. Ce documentaire est-il visible quelque part?
    A Bertrand,
    à propos de Pierre Chenal, sauriez-vous comment lui est venu l’idée du nom pseudo de sa jeune femme Florence Marly (Hana Smekalova de naissance)?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Jacques Diamons
      Pour Chenal je ne sais, je vais me plonger dans le livre d’entretien. Pour les deux autres points, je n’ai pas de réponse

      • Jacques Diamond dit :

        merci de votre réponse. Dans le livre entretien, Pierre Chenal n’évoque pas ce pseudo choisi par lui-même, mais je crois que c’est en rapport avec son scénariste producteur Christian Stengel, qui habitait Marly-le-Roi.

    • Mathieu dit :

      A Jacques Diamond:
      Il y a un DVD italien de LA SIGNORA DI TUTTI (chez l’éditeur RHV) sans sous-titres français mais avec des sous-titres italiens pour malentendants et une excellente qualité d’image si j’en juge les captures de Dvdbeaver. On le trouve à un prix prohibitif sur Am…n.fr mais à un prix tout à fait décent sur Am…n.it, mais avec une jaquette différente (mais même éditeur, mêmes sous-titres, même bonus, etc…) Je me dis toujours qu’il faudrait que je l’achète…Ça m’est arrivé plusieurs fois de voir des films italiens en m’aidant des ST italiens, ça aide beaucoup même si je ne parle pas italien (mais espagnol), évidemment ça dépend des dialogues (rapidité du débit, argot, dialecte, etc…
      A propos de Max Ophuls, je viens de lire une interview de Woody Allen dans L’Obs où il dit que les films d’Ophuls tournés à Hollywood sont décevants. Ah bon? Pour moi CAUGHT et THE RECKLESS MOMENT sont de très bons films et LETTER FROM AN UNKNOWN WOMAN est un chef-d’oeuvre, un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. A Hollywood Ophuls n’a pas eu de bons scénarios et le résultat a été décevant dit en substance W. Allen. Mais le scénario de LETTER… est magnifique et meilleur pour moi que la nouvelle de Zweig.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Mathieu
        Woody Allen dit là un peu n’importe quoi. Il pense aux films avortés d’Ophuls comme VENDETTA mais LETTRE D’UNE INCONNUE est un chef d’oeuvre et les deux autres sont passionnants. Tout le monde peut se tromper

      • Jacques Diamond dit :

        merci du tuyau pour le dvd italien dont je dispose, il y a même des sous-titres anglais. Mais bon, une édition française serait bienvenue pour les cinéphiles français qui ignorent souvent ce film, en tout cas dans mon clan pourtant pointu. Quant à la période américaine de Ophüls, rien à jeter, dont cette exquise misse en bouche qu’est « The exile », avec encore une fois une mise en cadre qui vaut le coup d’oeil. Et « Lettres d’une inconnue », un des sommets du grand Max.
        Il y a tellement de bons films comme « La signora di tutti » qui restent inédits depuis des lustres, surtout en France, certains finissent par réapparaître (Un homme de trop), d’autres restent désespérément invisibles en copie numérique : « Mise à sac », « Où est passé Tom? », « Pas de pitié pour les femmes », … et tant d’autres. A signaler quand même la sortie de « Bifur 3 », film de camionneurs avec René Dary, un des premiers films de Martine Carol et le dernier film de Robert le Vigan et Aimos.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Jacques Diamond
          Certains ont été de lourds échecs en salle (Ou est Passé Tom). Il y aussi parfois des questions de droits et un metteur en scène moins concerné par certains titres. Merci pour Bifur 3

        • Jacques Diamond dit :

          Vous aviez évoqué Marcel Pagliero, et je ne trouve aucun avis nulle part sur son film de péniche, « Les amants de Bras Mort », qui est resté inédit, peut-être est-ce un mauvais mélo. Quelqu’un l’a-t-il vu ? Histoire de comparer avec « La belle marinière » et « une femme a passé », mais sûrement loin de « l’Atalante ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Jacques Diamond
          Lisez le livre de Gili pour savoir si c’est bon et je crois qu’on a évoqué ce titre

        • Dumonteil dit :

          « pas de pitié pour les femmes  » est peu original,le thème du type devant « remplacer » un disparu en fait assassiné ayant trop servi

          du même Stengel ,je conseillerais plutôt l’insolite « la figure de proue  » qui voit Georges Marchal amoureux de….(voir le titre)

          « la famille Duraton »(1939) est fort drôle (et même d’actualité,de la vraie radio-vérité) : le producteur de radio (Jules BERRY) retransmet sur les ondes les conversations privées de la famille de Noel-Noel au dîner.

          Ses deux thrillers « seul dans la nuit » (à ne pas confondre avec le titre français-au féminin- de « wait until dark » )et « rome express » souffrent de la faiblesse de leurs scénarios à argument prometteur ;le premier est une histoire de serial killer :à chaque crime, on entend la chansonnette qui donne son titre au film -c’est très inférieur à « pièges » de Siodmak ;le second se passe sur un train où des ladies invitées par un mysterieux personnage disparaissent: Stengel hésite entre le film à suspense et la comédie ;les acteurs comme Blier dans « seul « ,Tissier dans « Rome » et Auclair dans ‘pas de pitié » sauvent les meubles .

        • Jacques Maltais dit :

          Merci pour ces éclaircissements. Vous rappelez-vous où avoir visionné « Pas de pitié pour les femmes », s’il est sorti en cassette vidéo ou autre ?

        • Dumonteil dit :

          à Jacques

          « pas de pitié pour les femmes » ,je pense que c’était sur le satellite ,peut-être la défunte chaine « cinétoile »

          « où est passé tom  » est le seul film de GIOVANNI que je ne connaisse pas;la musique de François de Roubaix est ,comme d’hab’ splendide ;écoutez-la sur youtube ;le thème du film semble original et les deux vedettes (Rufus et Alexandra Stewart -déjà présente dans « la loi du survivant »-) ont rarement les premiers rôles .Ceci peut expliquer l’échec commercial.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Le titre explique aussi l’insuccès et le thème n’est pas clair, ,il ne s’impose pas de manière nette. Et c’est un film de montagne

  12. Denis Fargeat dit :

    Pardon de dévier encore de l’excellente chronique, mais je suis sous le coup de deux visions frappantes et récentes: « Jeanne », de Bruno Dumont, et « Husbands », de Cassavetes. Sur le plan de l’actualité, un monde entre les deux : vu le Cassavetes sur une copie 35 assez fatiguée, et le Dumont en avant-première et 4k, en présence d’un vrai Bruno live and kicking.
    « Jeanne » est superbe. On peut être plus ou moins client à ce que fait Dumont, mais du moins reconnaître sa constance , et relever quelques points je crois indiscutables : la qualité de la lumière (ici et comme souvent celle de la Côte d’Opale, puis comme moins souvent la cathédrale d’Amiens). Bruno Dumont a très bien parlé de cette lumière , l’a immédiatement reliée au travail avec les comédiens amateurs, ce qui est d’une grande richesse poétique et humaniste. Il y a aussi l’intense musicalité du procès de Jeanne, échanges rythmés avec une oreille infaillible, entre les profs d’université qui jouent les juges et la très jeune Jeanne (Lise Leplat Prudhomme, 10 ans.) Mais la musicalité est d’abord, c’est le troisième incontestable mérite du film, celle de la langue de Péguy. ( Quand Bruno Dumont, très prof de philo -on ne se refait pas, a demandé à la salle comble qui avait lu Péguy, il n’y eut qu’une très vague rumeur. ET BD n’a pas eu l’air très surpris.) Car voici une bonne nouvelle: Dumont donne a entendre la langue du poète, et c’est une découverte pour tous ceux avec qui j’en ai parlé. Cedjapamal. Belle image de Dumont : pour lui, cette langue difficile à la lecture a besoin d’être portée, proférée, et la différence est la même qu’entre l’examen du plan d’une cathédrale et sa visite, en vrai. Et s’il s’agit de la cathédrale d’Amiens, question élévation, pardon…
    Le bonhomme Dumont est d’une belle intensité, la simplicité et le pragmatisme dont il fait preuve ne sont pas des faux-semblants. Il m’a fait penser à un Bresson qui se détendrait enfin un peu (Tiens, fallait-il le faire boire pour atteindre ce résultat, ou avait-il le vin triste?) Pour autant , pas le genre à vous taper dans le dos. Je connais peu le Nord, mais ce mélange unique de pudeur et d’incandescence, avec la profondeur pour corollaire, me semble bien caractériser le coin et ses habitants.
    Ensuite, il y a des choses qui hérisseront ceux qui ne viennent pas conquis d’avance : les plans-séquences ( 4, 8 minutes, parfois plus, avec les chansons de Christophe ; mais il faut cela pour faire exister la lumière, le superbe cadre, les surimpressions ; et selon BD , Christophe n’a jamais eu de meilleur parolier que Péguy. On peut le croire.) Les amateurs parfois… voilà, quoi… ( BD les décrivait avec le geste de Brel parlant des femmes dans « L’emmerdeur », geste ondoyant de la main opposé au tranchant de la même, celle du metteur en scène. Mais la contrepartie est une acuité incroyable de certains moments, un effet de réel imparable, je n’en dirai pas plus tant le sujet est riche. Si, petite notation d’une affectueuse ironie : il y a des chevaux, et ils jouent sacrément bien. Mais ils sont pros, ils viennent de la Garde Républicaine. Dans les pros il y a aussi Lucchini, en Charles VII, plus sobre que dans « Ma Loute ».)
    Bref, j’encourage à voir le film, si possible en présence du réalisateur ; sa personne apporte certaines réponses à certains points mystérieux… et il ne se fait pas prier pour parler, et répondre à des questions qu’on n’imaginait pas avoir eu l’intelligence de poser.
    Je ne vais pas me lancer dans une analyse comparée Dumont/Cassavetes, pas outillé pour. Je ne relèverai pas les quelques points de confluence entre les deux oeuvres, même si il y aurait matière. Je voudrais pas abuser, et le motif de ce post est l’expérience du spectateur.
    Donc, « Husbands ». Pas très familier de Cassavetes (MB, je n’abrègerai pas en JC, qui prête à confusion…) j’ai été assez secoué par le film. Et sans être un père la pudeur, ça fait un peu drôle aujourd’hui de voir autant boire, fumer, et maltraiter les femmes…
    …je veux dire, je ne sais pas pour vous, mais je suis rarement seul à regarder un film, souvent la Société m’accompagne, avec ses préventions, ses goûts et dégoûts… et la dérive de ces trois gugusses passe assez mal aujourd’hui, sauf à les infantiliser : ces trois-là sont ébranlés jusqu’aux tréfonds par la perte du quatrième – ce qui crée d’ailleurs un film implicite, de ceux qui travaillent l’esprit du spectateur : celui qui raconte qui a pu être ce défunt, et ce qu’a pu être leur amitié. On ne peut deviner la vie d’avant qu’à l’aune de leur désarroi, l’ampleur des conneries qu’ils commettent. Il y a bien un prologue, des photos de vacances d’une déchirante banalité où les quatre font assaut de biceps devant une piscine, mais ce n’est qu’un pauvre support, comme les photos de famille ne sont que de pauvres consolations.
    Il y a un point curieux, surtout sortant de voir « Jeanne » dans un DCP impeccable. On perd l’habitude des copies abîmées, des fenêtres qui sautent et mangent les sous-titres ( mais le projectionniste veille!), des taches qui annoncent la fin d’une bobine, voire du film quand elles s’intensifient. Surtout du son, mono et saturé, aïe quand Cassavetes crie, et c’est lui qui crie le plus, et il n’est pas le seul. Et un détail, celui qui m’a décidé à écrire cette interminable tartine, Peter Falk qui vomit des cailloux. Pardon du détail et je vais devoir insister, mais lorsque Falk tente de rendre un peu de ce qu’il a ingéré (et c’est à la mesure du chagrin qu’il éprouve, et ce n’est pas peu), on entend vraiment des cailloux tomber dans la cuvette… alors évidemment il ne s’agit pas de ça, ce serait un autre film. C’est juste un son dont le spectre excède largement ce qu’ont pu encaisser les micros, le son optique peut-être, le système de lecture. Mais on arrive ici à un effet frappant, paroxystique, et le film à ce point devient surréaliste au sens premier, plus vrai que vrai. Et je reviens à l’expérience du spectateur désormais nourri au DCP, et qui n’imaginait pas être saisi à ce point par l’effet de réel ( Cassavetes non plus n’aurait pu le prévoir, I presume.)Il n’était pas facile jusque-là de ne pas être concerné par le sort des personnages, à ce point c’est impossible.
    Un autre détail, rien à voir ; frappé de la ressemblance de Claude Brasseur, dans « On ira tous au paradis », et Ben Gazzara. Au physique, au moral, un rapprochement que je n’aurais pu imaginer. Il y a peut-être un peu moins d’hystérie chez Yves Robert… Je vais chercher les traces d’une influence possible.
    Bref ( sans blague?) , ce petit message était fait pour partager avec les beautiful people du blog deux belles expériences, d’une intensité que je souhaite à tous.

    • Ballantrae dit :

      Superbe message qui me rend encore pkus impatient de découvrir Jeanne.
      Quant à Husbands formidable!

    • Yves Rouxel dit :

      J’ai été littéralement secoué par ce nouvel opus de Bruno Dumont.On est envahit par le mystère et les longs plans fixes sur les visages et surtout par l’intensité des paysages et le travail sur la lumière naturelle.Dépouillement sur le plan de la mise en scène car on sait depuis longtemps que Dumont recherche l’authenticité des regards et des visages à la beauté des acteurs.Ici il fait appel encore une fois à des non professionnels qui dégagent une force incroyable à travers leurs personnages.Luchinni fait une petite apparition dans le role du roi mais la surprise car elle est de taille arrive vers la fin .Je n’en dirais pas plus ici pour ceux qui vont apprécier ce grand moment de cinéma.La petite Jeanne avec sa petite taille,sa silhouette frèle et son regard noir apporte une forme de grace et d’étrangeté à cette œuvre à classer parmi les meilleurs films de cette année.Au passage j’encourage tous à aller voir le nouveau Klapish »Deux moi »qui décrit la solitude des ètres seuls dans des grandes villes,à l’époque ou tout le monde est connecter on sent la depression et l’isolation des individues qui se replient sur eux mèmes et pensent ètre heureux en possédant le dernier smartphone et en étant abonnés à netflix ou autre plateforme.Berléand dans le role du psy est d’une justesse réjouissante.

    • Yves Rouxel dit :

      A Denis.Merci pour vos lignes consacrées à « Jeanne »de Bruno Dumont.Je vous encourage a aller voir aussi « Fete de famille »de Cédric Kahn .On retrouve une fois de plus Catherine Deneuve rayonnante qui campe une matriarche ,qui réunit sa famille avec enfants et petits enfants à la campagne.Rivalitées,jalousies,rancoeurs font de cette oeuvre une photographie juste des familles de province.Le réalisateur interprète un des fils avec Vincent Macaigne toujours aussi truculent de malice dans son jeu perché et décalé ,mais il faut saluer hautement Emmanuelle Bercot elle qui à plus l’habitude de diriger les acteurs que de jouer.Ici elle est la soeur qui débarque des états-unis et que personne n’a vue depuis trois ans.Elle éclate en sanglots et laisse déborder la dépression qui l’envahit et lache les mots(maux)que sa mère et son beau père et sa famille ne devait pas entendre.Virtuosité de la mise en scène au son d’une chanson de Marcel Mouloudji puis de Françoise Hardy »Mon amie la rose »dans une séquence pleine d’émotions et de tristesse dans un cimetière.La vie,l’amour et la mort tout est dit dans cette oeuvre quyi ne manque pas d’inspiration et d’espoir.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Entièrement d’accord Mais je m’aperçois, cher yves, que j’ai oublié un point important. Votre description de Macaigne insiste sur le coté cocasse du personnage. Mais ce qu’on découvre à la fin est glaçant, terrifiant et jette une autre lumière sur le personnage juste en quelques plans muets. On ne peut pas passer cela sous silence

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand.Vous avez raison et je ne voulais pas dévoiler la fin avec le retour inattendu de la sœur,puis tous les non-dits,les mystères voire les mensonges qui flottent dans chaque famille et qui éclate au grand jour lors d’un mariage,d’une naissance ou d’un décés.Je pense que c’est en parti cela qui fait la force de ce film qui est une bonne photographie de notre chère France.

  13. MB dit :

    à Julia Nicole/HOLLYWOOD (et pourquoi ne pas traduire le titre??????)
    « je ne vois pas en quoi réécrire l’histoire de façon totalement scandaleuse venge la malheureuse Sharon Tate en quoi que ce soit. »
    ça aurait été venger Tate si les meurtres Tate s’étaient accomplis et les meurtriers abattus mais il s’agit d’un aiguillage de l’histoire par la fiction, un truc du style « si le nez de Cléopâtre eût été plus long », Tarantino est un intello qui doit réécrire cent fois ses développements, ce que lui reprochent les critiques jaloux qui voudraient bien qu’il n’en reste qu’à la parodie de série B en ne prétendant pas avoir plus d’ambition que ça à vouloir s’immiscer dans leur monde d’intellos.
     » J’estime – à tort, d’après l’accueil fait au film – que l’on n’a pas le droit de raconter n’importe quoi à partir de faits existants. »
    ça me gêne aussi, n’ayant pas adhéré à l’assassinat de Hitler et Goering etc. mais là, la jubilation est telle que par pur laxisme, je m’en fous, donc je ne suis pas fidèle à mes principes moraux, et c’est bon!
    à d’autres qui n’ont pas aimé:
    sur les deux heures qui ne concernent pas cette fin, je me suis toujours demandé où QT voulait en venir en craignant le film raté, or, il s’agit d’une chronique un peu amère, indolente, mais qui ne m’a jamais ennuyé. Si je reconnais ne jamais m’être ennuyé c’est qu’il y a anguille sous roche, d’où: je vais le revoir pour mieux scruter et repérer l’anguille! (c’est sans doute la même curiosité qui a agité A Angel qui l’a vu trois fois!).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Plusieurs anguilles, plusieurs roches

      • MB dit :

        à Bertrand: oui c’est plus subtil que certains autres de ses films, ce HOLLYWOOD, mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’il refasse toujours le même film. Vous lui transmettrez bien nos félicitations, à Quentin! et qu’il ne s’arrête pas surtout…

    • Denis Fargeat dit :

      A MB
      Pour moi c’est de la pure logique, cette réécriture de l’histoire ; puisqu’on introduit des personnages fictifs dans u temps réel, il faut bien s’attendre à ce que l’histoire en soit changée ( le battement d’ailes du papillon, etc… mais quand ce papillon est un cascadeur plutôt entraîné, pas étonnant qu’il y ait quelques mouvements dans l’atmosphère…) Il faut bien que le monde réel fasse une petite place à ces nouveaux personnages, ça bouge des trucs.
      Alors évidemment , on connaît bien toutes ces histoires de paradoxe temporel, où la rencontre de deux passés se paie, tout se paie. Ici , le choc, c’est la polémique à laquelle on assiste… Un as de la mise en abyme, ce Quentin, à rendre jaloux tous les laborieux manipulateurs d’univers parallèles.

  14. SERVANT Jean-Pierre dit :

    « Le mystérieux Roy William Neill », écrivez vous Bertrand Tavernier.

    C’est vrai que l’oeuvre de ce metteur en scène, décédé en 1946, est assez méconnue si l’on excepte ses brillants HOLMES que vous évoquez ici. Même si les intrigues sont parfois loin de Conan Doyle, (les scenarii sont souvent signé Bertram Millhauser) les films ont une beauté visuelle, un rythme et des interprètes fameux (mis à part Rathbone et Bruce, je pense aussi aux différents Moriarty incarnés par Daniell ou Zucco). Je les avais découverts gamin à la télévision et j’avais adhéré immédiatement.
    Je n’ai pas le gros coffret dont vous publiez le visuel dans cette chronique, mais deux coffrets sortis en France il y a déjà quelques années, avec VO et VF, qui sont à mon goût d’assez belle tenue. Les publicités d’achat de bons de la défense lors du deuxième conflit mondial en fin de films avaient été conservés pour cette édition et les génériques de début sont bien les originaux, alors qu’une diffusion télé il y a quelques années affichait un générique identique pour chaque film (même pour celui qui n’est pas de Neill mais de John Rawlins).
    Pour revenir à Neill, sa filmographie que je viens de consulter est pourtant assez conséquente, avec c’est vrai beaucoup de muets. Je vois qu’il travaille à Hollywood puis part en Angleterre à la suite de « problèmes » (?) et revient aux USA pour la dernière partie de sa carrière.
    J’avais entendu parler (et vu des photos) de son BARON GREGOR (35) avec Karloff dans un double rôle, mais je n’ai jamais eu l’occasion de le voir, tout comme EYES OF THE UNDERWORLD (1942) produit par Universal avec Richard Dix et Chaney fils, qui aurait très bonne réputation.

  15. Mathieu dit :

    A Bertrand :
    Moi non plus je n’ai pas aimé GANGS OF WASSEYPUR que j’ai trouvé répétitif, tournant à vide, complaisant et mécanique dans la violence. Et surtout les promesses du tout début du film ne sont pas tenues, début qui annonce rien moins qu’une espèce de contre histoire du développement d’une ville (ville imaginaire, mais qui ressemble beaucoup aux villes minières et industrielles du Bihar, l’état le plus pauvre, le plus corrompu et le plus violent de l’Inde). On voit le but : faire de l’anti-Bollywood, mais Bollywood est une machine à tout récupérer et je pense que certains aspects du film ont dû être rapidement recyclés dans un certain genre de production bollywoodienne et dans certaines séries télé (mais pas le langage cru bien sûr, pourtant omniprésent dans les rues indiennes). Le cynisme et la brutalité deviennent de plus en plus « mainstream » en Inde comme ailleurs.
    Je n’ai pas vu DELHI CRIME de Richie Mehta, mais j’avais vu son film SIDDHARTH, sorti en DVD chez Blaq out, auquel j’avais trouvé des qualités : réalisme des décors et du jeu des acteurs (on y voyait aussi un personnage de femme flic comme l’héroïne de DELHI CRIME), mais que j’avais trouvé finalement assez extérieur à son sujet, et finalement assez peu crédible malgré son style semi documentaire, sa prudence et son refus du romanesque. Il s’agit d’une coproduction, indo-canadienne, et ça se sent. Ce genre de coproduction entre pays occidentaux et pays « en voie de développement » comme l’Inde doit remplir certaines cases, s’ils montrent des pauvres ils devront être honnêtes et dignes, parler de la condition des femmes, etc… bref satisfaire les attentes du public occidental, et SIDDHARTH n’échappe pas tout à fait à ce programme.

    Un film indien récent pour moi beaucoup plus osé et réussi à la fois que SIDDHARTH et que GANGS OF WASSEYPUR, c’est TITLI, premier long métrage de Kanu Behl, sorti en DVD chez UFO, un film qui montre une Inde vécue de l’intérieur comme aucune coproduction internationale ne le fera jamais.
    Titli est un jeune homme d’une banlieue pauvre de Delhi, le plus jeune frère d’une fratrie de voyous, voleurs et braqueurs de voitures. Le rêve de Titli est de fuir sa famille et son grand frère violent, et pour concrétiser ce rêve il lui faut l’argent qu’il lui permettra d’acheter la concession du parking souterrain d’un de ces immenses « malls », centres commerciaux symboles de la frénésie de consommation de la classe moyenne indienne, mall toujours en construction au milieu de nulle part dans une banlieue d’une ville proche de Delhi. Pour cela il lui faut 300 000 roupies qu’il va perdre lors d’un braquage nocturne dans lequel ses frères l’ont entrainé et qui se termine par une arrestation et le vol de son argent par la police. Ce n’est que le début d’une intrigue complexe, à la fois dramatiquement très efficace et très réaliste par sa complexité même. L’écheveau inextricable de mensonges, pressions, manipulations dans lequel se débat le héros et auquel il participe lui-même, son enfermement familial, économique, social, la corruption des valeurs traditionnelles, familiales en particulier, l’extrême dureté des rapports entre les gens, le mélange typiquement indien d’amoralité et d’innocence, de fuite en avant dans le mensonge, dans l’improvisation, dans le bricolage constant de solutions foireuses, c’est tout cela que montre le film, et sans discours, sans leçon. Il nous montre aussi une violence et une amoralité qui n’est pas l’apanage des seuls voyous mais de toute la société, en particulier de la classe moyenne, la déshumanisation d’une société à la fois individualiste et oppressive vis-à-vis de l’individu, courant éperdument après la consommation de biens matériels: les décors –tous réels- opposent la banlieue informelle où vit le héros aux symboles de l’Inde nouvelle, malls, showrooms, appartements témoins d’immeubles construits au milieu d’un néant urbanistique, d’un désert d’équipements publics.
    Certaines situations paraîtront peut-être invraisemblables et mélodramatiques, mais la réalité est parfois faite de mélodrame et de situations tordues, surtout en Inde. Tous les personnages que l’on voit à l’écran ont une très forte présence, et les acteurs sont incroyables de réalisme, de justesse, de naturel, en particulier celui qui joue le grand frère. TITLI est un film noir, dur, violent, mais d’une grande honnêteté et ne se complaisant jamais dans la noirceur ou la violence, ne forçant jamais le trait, et jamais cynique (il n’y a d’ailleurs pas une once d’humour ou d’ironie dans ce film, sauf peut-être un ou deux détails qui échapperont aux spectateurs peu familiers de la vie en Inde). C’est aussi un film courageux parce que tout en tournant le dos au diktat « escapiste » de Bollywood, il s’adresse avant tout à un public indien, même s’il est assez universel par ses qualités et ses thèmes pour toucher un public international.

  16. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à Bertrand et aux joyeux contributeurs,
    Un des versants de la chronique est consacré aux séries patinées, qu’elle soient réellement anciennes ou récentes (Hercule Poirot).
    J’ai hurlé récemment après Elephant Films et son horrible copie du JOYEUX CHARLATAN. D’autant plus rageant que l’éditeur a su très bien édité un beau corpus de films anglais commentés ici… Le commentaire du haut consacré à « Alfred Hitchcock présente » me fait penser que l’éditeur a également offert de beaux écrins à des œuvres télévisuelles comme LA CAMERA EXPLORE LE TEMPS, prochainement l’inconnu (pour moi) FRANCIS DRAKE, CORSAIRE DE LA REINE ou l’intégrale du VIRGINIEN qu’Erick Maurel de Dvdclassik explore avec une patience et une méticulosité forçant le respect.
    Question à Bertrand : avez-vous un avis sur ce western que je trouve valeureux malgré des défauts évidents et récurrents et
    dont je ne connais qu’une 4ème saison qu’Erick Maurel juge inférieure aux trois précédentes. Ce qui m’inspire confiance et me donne envie de remonter le courant puisque j’y ai pris plaisir (la 5ème semble accuser un fléchissement).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Alexandre Angel
      Vous voulez dire la série le Virginien. Je n’aime pas beaucoup cela et j’ai abandonné après la saison 1. Et les films vus en salle m’avaient semblé ternes à commencer par le Fuller

      • Alexandre Angel dit :

        A Bertrand,
        Ah mince.
        J’aime bien, dans LE VIRGINIEN, ce côté « longs épisodes » qui installent tranquillement d’assez bonnes histoires, dans l’ensemble, qui ne paraissent pas répétitives, et plutôt bien jouées (tout l’Hollywood de l’époque défile sauf les stars les plus chères bien sûr).
        Et en plus, les copies sont belles.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Peut être devrai je jeter un nouveau coup mais les arrêts visibles dans la narration pour inure les publicités me perturbaient, les décors et extérieurs paraissaient assez pauvres et la photo comme souvent dans les émissions de cette époque sur éclairée

        • Yves Rouxel dit :

          A Denis fargeat.Oui mais »Bounty law »est le titre d’une série inventée pour le film de tarantino.En revanche j’ai retrouver sur une vieille cassette deux épisodes de la série »Les bannis » avec Otis Young et Don murray,qui raconte l’histoire de deux anciens prisonniers,l’un est noir et l’autre blanc.Ils vont faire équipe à travers le texas afin d’échapper aux justiciers.C’est là que j’ai entendu la grosse voix d’Alain Dorval qui double Stallone et Nick Nolte entre autres.

        • MB dit :

          à D Fargeat/BOUNTY LAW: vous vous êtes fait avoir, vous avez cru que c’était une vraie série des années 60… ah là là… pas sérieux, ça…

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Oui la série à beaucoup vieillit.Parmi les séries westerns je conseille vivement à tous de voir ou revoir »Dead or alive »avec Steve mac queen, »Maverick »qui n’est pas très connu ici puis aussi « Rifle man »avec Chuck Connors.Par pitié éviter « La grande vallée », »Chapparal »ou encore »Bonanza »qui sont très plan plan à travers la description d’une famille modèle ou il ne se passe presque rien.

        • Denis Fargeat dit :

          A Yves
          Il y a aussi « Bounty law », qui lança Ricky Dalton… mais là je suis peut être un peu influencé par Tarentino (ici , smiley qui lance un clin d’oeil pour signifier qu’on n’est pas dupe.)

    • pericomo dit :

      Quelques repères, si cela vous intéresse, en ce qui concerne les séries western les plus intéressantes de ces dernières années.
      DEADWOOD est la plus fameuse. Elle raconte les débuts de la ville des chercheurs d’or de Deadwood en 1876 en s’appuyant sur l’histoire-légende de vrais personnages comme Calamity Jane. Les rapports de force entre despotes locaux, capitalistes, prostituées, tueurs ou justiciers sont décrits avec crudité. Les dialogues un tantinet shakespeariens ponctués d’innombrables « fuck » peuvent surprendre mais la distribution est phénoménale (David Milch, HBO 2004-2006, 3 saisons, plus Deadwood: The Movie, HBO 2019).
      HELL ON WHEELS nous emmène sur un chantier de construction d’un chemin de fer perdu dans les grandes plaines. Il est dirigé par un homme d’affaires sans scrupules et fait vivre une faune constituée de manœuvres, de prostituées, de commerçants et d’aventuriers. Parmi ceux-ci figure un vétéran des armées confédérées qui piste les hommes qui ont massacré sa famille. Point de départ de cette production, son enquête se dilue dans les événements qui bouleversent le chantier : conflits entre ouvriers, attaques de Cheyennes, etc. Cette série western qui mélange tous les styles (Ford, Peckinpah, Leone, Eastwood…) est inégale mais riche en séquences mémorables (Joe Gayton, Tony Gayton, AMC, 2011-2016, 5 saisons).
      GODLESS est une mini série qui se déroule dans une petite ville agressée par des méchants très méchants. Originalité : des femmes vont prendre les choses en mains. Là aussi, on joue avec les codes du western : porte ouverte sur l’horizon fordienne, yeux en gros plan à la Leone… (Scott Frank, Netflix, 2017, 1 saison).
      D’autres séries sont des westerns sans en être vraiment.
      L’amusante FIREFLY nous embarque à bord d’un vaisseau spatial dont l’équipage est constitué d’outlaws qui filent de planète en planète en quête de bon coups à faire (Joss Whedon, Fox, 2002, 1 saison, plus le film « Serenity », également de Joss Whedon, 2005).
      SF encore : WESTWORLD, adaptation d’un film de Michael Crichton (1973). On se trouve dans un parc de loisirs dont le thème est le Far West. Il est peuplé de robots programmés pour jouer des rôles à même de contenter tous les fantasmes des visiteurs. Évidemment, ces androïdes subissent des bugs qui vont changer les règles du jeu… Un peu froid, mais l’histoire est fascinante (Jonathan Nolan, Lisa Joy, HBO, depuis 2016, 2 saisons à ce jour).
      Une curiosité : DAMNATION. Dans les plaines de l’Iowa, lors de la Grande dépression des années 1930, des grèves ouvrières éclatent en ville, tandis qu’un pasteur révolutionnaire aide des fermiers à faire face aux manœuvres de banquiers et industriels qui cherchent à accaparer leurs terres (Tony Tost, USA Network, Netflix, 2017, 1 saison).
      Enfin, JUSTIFIED est un petit bijou de polar qui se déroule dans la campagne du Kentucky. Vu également dans « Deadwood », Timothy Olyphant y est un shériff aussi cool qu’implacable (il marche comme John Wayne…) qui s’oppose à des malfrats tantôt redoutables tantôt stupides. Adapté des romans de Elmore Leonard (Graham Yost, FX, 2010-2015, 6 saisons).

      • Bertrand Tavernier dit :

        A pericomo
        J’ai beaucoup aimé DEADWOOD qui fut créé par Walter Hill qui dirigea le premier épisode. Je ne sais pas si j’ai vu la troisième saison ayant tendance à perdre patience dans les séries mais les deux premières m’avaient surpris et marqué. J’adorais le fait que le restaurateur chinois soit un recycler de cadavres. HELL ON WHEELS m’a très!s vite fatigué. Tout parait dilué et revue dans un pseudo modernisme narratif qui vieillit très vite. Pas vu DAMNATION mais j’ai adoré les trois premières saisons de JUSTIFIED où l’on retrouve des dialogues décapants tirés (ou imités) d’Elmore Leonard. On retrouve aussi sa vision qu’avaient su respecter Tarantino et Soderbegh

      • Yves Rouxel dit :

        A pericomo.Toujours dans le même registre du fantastique je me suis revu « La planète des singes »de Schafner qui reste en soi une référence en la matière.Au départ quand le projet à aboutit sur le bureau des producteurs,peu de monde prensait voir des humains grimés avec des masques et du maquillage.James Chambers à qui l’on doit ses effets a réussit son pari quand il a montrer les rushes de préparation du film entre Charlton Heston et Edward G Robinson qui devait incarner le personnage de Zaius.L’acteur déclina l’offre car le maquillage et le masque était une épreuve pour lui déjà malade.Heston retrouvera peu de temps avant sa disparition Robinson dans »Soleil vert ».Revenons à ce premier volet qui est le plus remarquable sur le plan scénaristique.La suite n’est pas vraiment à la hauteur de l’œuvre de Pierre Boulle qui participera en partie à l’écriture des scénarios pour une question de gros sous.Lorsque le vaisseau s’écrase sur cette terre hostile et désertique les trois hommes qui viennent du passé ne savent aucunement qu’ils ont été projetés dans un futur noir et apocalyptique.Les scènes de chasse à l’homme par les singes(les gorilles ce sont des singes idiots selon Zira)sont filmés avec fougue puis la bande musicale de Jerry Goldsmith apporte une tension mysterieuse et angoissante.

        • Ulick Norman Owen dit :

          A YR

          La suite de la saga des singes ne bénéficie d’aucune participation scénaristique de Boulle ,même si « les évadés de LPDS  » s’inspire d’éléments du roman initial .Ulysse Mérou (Taylor)et Nova ont un bébé :l’accouplement de l’homme et de la femme-animal sera donc remplacé par celui des singes qui mettra en danger la race humaine .

           » En 1968, après le premier volet au cinéma, Boulle écrit un script sous le titre La Planète des hommes ; refusé par les studios, ce scénario manuscrit fait partie des collections de la Bibliothèque nationale de France depuis 2007  » (WIKI)
          On peut regretter qu’il n’ait jamais été publié pour nous le grand public.

  17. MB dit :

    à propos du doc qui a inspiré ROUBAIX de Desplechin, et qui lui s’appele ROUBAIX COMMISSARIAT CENTRAL de 2007 signé Mosco Boucault, j’ai trouvé un article de Telerama peut-être inutilement critique pour le Desplechin:
    https://www.telerama.fr/cinema/a-lorigine-de-roubaix,-une-lumiere,-un-chef-doeuvre-meconnu-du-genre-documentaire,n6352083.php
    j’ai lu je ne sais plus où que la rediff du doc de Boucault serait difficile pour des raisons juridiques.
    Mais un point de détail me paraît incroyable, on le lit dans la note (1) de l’article de Tra: c’est le nom réel de la cour ou courée (une impasse) dans laquelle a eu lieu l’incendie et le meurtre relaté dans le doc de Boucault puis dans le film de Desplechin. Lui dit qu’il n’en savait rien et qu' »Il n’y avait rien à en penser ». Certes c’est un détail, c’est un nom courant dans le nord.
    Par ailleurs j’ai vu ROUBAIX UNE LUMIERE hier et je suis pas prêt de l’oublier, j’ai même levé mon pouce à l’intention du caissier en sortant de la salle.

  18. Yves Rouxel dit :

    Entendu à la radio samedi dernier pour la reprise de »Mauvais genres »dans sa 22ème année que Bertrand présentera le 10 septembre prochain au Gaumont palace de Paris »Le juge et l’assassin »avec des questions et des réponses à la clé.Le tout sera présenter par Philippe Rouyer.Il serait bien que les pontes du groupe pathé Gaumont pensent aussi à la province(toulouse,lyon,marseille et ailleurs).Jean pierre Dionnet vient sortir son livre de mémoire qui est croustillant grace à de multiples anecdotes entre la bd,la tv et à la radio ce type à toucher à tout.Merci à Bertrand pour cette nouvelle fournée qui est toujours éclectique et variée.J’y reviendrais car c’est le but du jeu je pense.

  19. Julia-Nicole dit :

    Très belle et passionnante livraison!
    On n’en finit pas d’être admiratif de Duvivier, décidément l’un des plus grands cinéastes français. LA BELLE EQUIPE est un film superbe même si, comme vous, aucune des 2 fins n’est réellement convaincante: l’optimiste tranche avec le ton du film, la pessimiste est assez fabriquée. Peut-être ce film ne se finit-il jamais…
    MARIE-OCTOBRE: Du théâtre, certes, mais quel plaisir et quels comédiens!
    Pour UNTEL PERE ET FILS, je dois avouer mon embarras. Les diverses scènes que vous rappelez sont effectivement réussies, et même parfois très étonnantes (celle avec Raimu à laquelle vous faîtes allusion), mais l’ensemble manque de cohésion et on ne sent pas vraiment l’intérêt de Duvivier pour cette fresque qui le dépasse un peu. Cette version, plus complète, ne me passionne pas davantage que la version tronquée que l’on voyait (enfin… quand on le pouvait !) jusqu’ici.
    Quant aux GRANDES FAMILLES, vous en avez merveilleusement parlé. Cela commence presque comme du boulevard et s’achève en tragédie.

    • Ulick Norman Owen dit :

      LA BELLE EQUIPE est un film superbe même si, comme vous, aucune des 2 fins n’est réellement convaincante: l’optimiste tranche avec le ton du film, la pessimiste est assez fabriquée.

      Vous avez raison :mais l’essentiel est ailleurs,dans la peinture du 36 Zeitgeist ;Georges SADOUL écrivit que la fin optimiste était pour
      les quartiers populaires , et la fin pessimiste pour les quartiers bourgeois.On sait aujourd’hui que la fin noire était celle qui sortit en premier,mais ce ne fut pas un succès (en fait les spectateurs contestaient cette fin) et Duvivier dut tourner la fin heureuse à contre-coeur.

      Ce qui contredit l’illustre William Wyler :  » prenez JD ,le cinéaste français .Il a fait des films magnifiques ,à Paris ,où il pouvait tout contrôler »
      (cité par Bonnefille)

  20. MB dit :

    Après avoir reçu DAÏNAH je l’ai vu trois fois en l’espace d’une semaine. Jamais je ne me suis ennuyé en retombant sur les mêmes trouvailles visuelles, et même au fur et à mesur des revisions, des surprises d’intrigue, oh il ne s’agit pas de surprises à vous laisser le souffle coupé mais plutôt qu’à force de revoir le film, on se replonge mieux dans le contexte de l’époque et on s’explique mieux certaines attitudes (peut-être la distance temporelle de l’action suspend-elle notre lucidité). Ainsi, telle mauvaise volonté, telle mollesse de la part du capitaine du navire à mener l’enquête sur la disparition de Daïnah semble quasi à la 1ère vision un trait de comédie noire (j’ai pensé devant ce personnage de crétin à L HABIT VERT ou à Mario David dans LES FANTÔMES DU CHAPELIER) alors qu’à la deuxième vision on sent mieux la vérité: le type s’en fout complètement de la disparition de cette négrèsse et se fout complètement de ce nègre de docteur qui vient lui demander son aide. Le racisme resurgit en douceur: où sont passés les soupîrants de Daïnah tout prêts à la draguer pour coucher avec elle l’espace d’une nuit? Il est vrai qu’une fois disparue, la nuit d’amour aussi. Bah ce ne serait qu’une nuit, pas une liaison sérieuse, on sent qu’arrivé à bon port tel ou tel dragueur reprendra sa vie normale, conjugale ou autre, la croisière est l’occasion des foucades passagères, comme pour un club de vacances.
    Ah ce docteur devrait être parfaitement sympathique en victime, mais il semble que la disparition de sa femme l’arrange un peu, le couple est fatigué. Daïnah elle-même serait plainte dans d’autres films mais elle se trouve une superbe de classe en congédiant brutalement le serviteur qui la renseigne, et semble parfaitement superficielle en mondaine.
    Je vois aussi le génie du montage dans ces plans du début sur le navire qui semblent avoir étés vus cent fois mais qui acquièrent une sorte de regain grâce au rythme.
    Tous des détails qu’on a vus ailleurs mais ici avec un oeil décalé. J’ajoute que j’ai vu un doc sur Joséphine Baker et que la danse de Daïnah violente et grotesque par style voulu, où elle révèle tte sa conscience du racisme dirigé sur elle en renvoyant tous les fantasmes des bons blancs respectables dans leur figure (mais qui portent un masque pour s’en protéger, et quels masques!), est cousine de cette fameuse première danse de Baker qUI lui a valu enfin le succès, et où elle contrôlait très bien elle-même le grotesque que le public blanc voulait à tte force voir chez les Noirs (rejoignant le mythe mis en scène de la vénus noire). Notons que révélant un autre jour de sa personne avec la danse, après celle-ci, Daïnah quitte la scène comme honteuse. Que des surprises dans ce film. Impossible de trop dévoiler.
    Bonus passionnant de Philippe Roger qui éclaire bien les scènes disparues ou voulues par Grémillon. D’où le br est préférable au dvd hors la qualité d’image.

    • Dumonteil dit :

      MB

      Je vous conseille,si vous ne l’avez vu ,ce dont je doute , le méconnu « pattes blanches » que Jean Anouilh,malade,laissa diriger à JG pour le meilleur .Suzy Delair y trouve un de ses deux seuls rôles de garce (le second étant Virginie Poisson de Zola )et la sequence de sa mort vous rappellera celle de Daïnah .Face à Delair ,la bossue « qui n’a rien à mettre dedans la pauvre fille! » (son soutien-gorge) sera une misérable Cendrillon qui « ira au bal » et adoucira le désespoir de l’artistocrate déchu et trompé (Paul Bernard ) :il faut des tripes pour assumer de tels rôles ! Arlette Thomas reprendra du service dans « l’étrange madame X » dans un autre rôle ingrat de fille-qui-n’a-rien-pour-elle )C’est aussi le premier rôle important de Michel Bouquet ,demi-frère maléfique du malheureux hobereau ,au sourire sardonique .

      à tous
      AU sujet de Decoin : pourquoi cet anémique  » masque de fer  » ,sorti au milieu de ses navets des années 60* -« Casablanca nid d’espions » est pire encore ,qui montre Mme Sarita Montiel passer un microsillon sur un électrophone (teppaz?) en 1942-,et pas plutôt « les amants du pont saint jean » ou (et là je suis subjectif) « la fille du diable  » avec l' »étonnante » Andrée Clément ,(DC ,guide des films »)tant admirée par Don Malcolm.
      * »maléfices » que nous avons déjà signalé ,échappe au désastre.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Dumonteil
        Ces deux films sont consternants, anémiques, dépourvus de toute conviction. Soit Decoin était malade, soit il avait abdiqué (mais pas dans MALÉFICES). On aimerai connaitre le pourquoi de ces désastres qu’il ne fallait pas sortir (tout comme les Parias de la Gloire) alors que les Amants de Pont Saint Jean restent inédits. Et TROIS TÉLÉGRAMMES que vante Lourcelles. Et CLARA DE MONTARGIS son film favori. ET TOBOGGAN la découverte du festival Lumière

        • Dumonteil dit :

          A propos de DECOIN,qui se souvient de « dortoir des grandes » ,revu l’autre jour ,qui est un film mineur pour le cinéaste ,mais qui ne manque pas de charme (et de vedettes: Marais,Moreau , De Funès ,la chatte Françoise Arnoul ,Denise grey…)

          Maria Schell était doublée par Liliane MONTEVECCHI , connue surtout chez les cinéphiles pour avoir été la danseuse de « moonfleet » ,de Fritz LANG ,qui fut longtemps le générique (magique) du cinéma de minuit.

        • MB dit :

          à Dumonteil: euh… dans GERVAISE voulez-vous dire, M Schell était doublée par L Montevecchi? dans la même scène du lavoir???

        • Dumonteil dit :

          A MB

          j’ai voulu dire ce que je voulais dire et que vous avez dit comme vous avez dit.

        • MB dit :

          ah ouais vous voulez dire « oui » en gros

      • MB dit :

        « la bossue « qui n’a rien à mettre dedans la pauvre fille! » (son soutien-gorge) sera une misérable Cendrillon qui « ira au bal » et adoucira le désespoir de l’artistocrate déchu et trompé (Paul Bernard ) :il faut des tripes pour assumer de tels rôles ! Arlette Thomas  »
        exact, ce Thomas est inoubliable.
        J’ai vu le film dans la rouge, je vais le reprendre en br et pas seulement pour la revision du fameux postérieur de la Delair en hd je le jure! (j’adore cette scène de GERVAISE où elle retrouve Maria Schell avec beaucoup de gentillesse après -deuxième postérieur- s’être pris une fessée du tonnerre de dieu devant un public déchaïné, par la même Schell: derrière cette politesse des retrouvailles, on sent à plein nez l’hypocrisie et la haine! il semble que Schell ne soit pas dupe!).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Elle était doublée pour la fessée

        • MB dit :

          CETTE Thomas!!!!!!!!!!! pardon

        • MB dit :

          Il y a un souci juridique avec les ayant-droits, on entend souvent parler de tracas que certains peuvent causer après la mort du créateur (par exemple quand reverra-t’on LES DERNIERES VACANCES de Leenhardt, bloqué par les héritiers si j’ai bien lu quelquepart?). Empêcher la diffusion d’oeuvres de leur parent décédé paraît grotesque, faudrait un aménagement du droit. En l’occurence la musique de Barraine n’ést plus dans le domaine public?

        • MB dit :

          à DF je croyais que les droits couraient à partir de la date de leur dépôt officiel ou un truc dans le genre.

        • MB dit :

          à DF merci pour les précisions!

      • Denis Fargeat dit :

        A Dumonteil, MB
        Merci de rappeler ce « Pattes blanches » dont on ne sait ce qu’il serait devenu sous la patte ( noire!) d’Anouilh. Avec le recul, je me dis que c’est un beau specimen de cette catégorie qu’on a appelée « gothique » ( du côté de Jane Eyre, Hurlevent, Dragonwyck…). Bertrand avait déjà mentionné la belle musique d’Elsa Barraine, mais je saisis l’occasion pour en rappeler la puissance et la pertinence. On aimerait pouvoir dire que l’évidence de ce talent n’aurait pas besoin des questions de parité pour s’imposer, mais il faut encore insister pour que l’oeuvre sérieuse et sensible de cette belle personne soit mieux connue.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          Hélas, l’héritier ayant droit qui avait de vrais reproches contre Radio France (aucune musique jouée lors de sa mort) s’est opposé à ce que Louis Dunoyer change quelques accords pour l’adapter à l’orchestre qu’on lui offrait. Et il s’est mis à contester qu’on joue cette musique en dehors du film. Je lui ai demandé de montrer une lettre où Elsa Barraine déclare que sa partition ne doit entendue que sur un son optique qui coupe une partie des fréquences, qu’elle refuse une meilleure acoustiques et exige que des voix et des sons la couvrent. On voulait la restituer telle qu’elle l’a entendue dans le studio mais il s’est buté en déclarant que Radio France n’avait rien fait pour la faire connaitre. Quand je lui disais que c’était une première opportunité, il me répondait : » 5 minutes qu’est ce que c’est »

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand
          Grâce à vous je comprends enfin que l’expression « ayant droit » est l’abréviation de « personne ayant droit de vie et de mort sur le devenir d’une oeuvre ». Pardon pour l’ironie, mais c’est vraiment dommage considérant l’énergie que vous avez déployé, et je suis certain que le travail de Louis Dunoyer était excellent et rendait justice à la partition. Tiens, c’est peut-être d’un type dans ce genre-là (l’ayant droit)que monsieur Christ parlait dans la parabole des talents, un de ses grands tubes : le gars qui enterre ce qu’on lui a confié, jusqu’à ce qu’on lui réclame – et encore… C’est malin.
          A MB , Elsa Barraine étant décédée en 1999, il faudra attendre un peu pour le domaine public… on se donne rendez vous vers 2079? On fêtera ça avec un bon Château Laffite lyophilisé, en déterrant enfin la musique de « Pattes blanches ».

        • Denis Fargeat dit :

          A MB
          Voilà ce que dit le grand Sacem
          Un auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son oeuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit (les héritiers) pendant l’année civile en cours et les 70 années qui suivent (à ce délai peuvent s’ajouter des prorogations de guerre et, s’il y a lieu, la prorogation au bénéfice des auteurs morts pour la France). Dans le cas d’une oeuvre réalisée à plusieurs (oeuvre de collaboration), la durée de protection dure 70 ans (auxquels il convient éventuellement d’ajouter les prorogations de guerre et la prorogation au bénéfice des auteurs morts pour la France) à compter du 1er janvier qui suit le décès du dernier auteur. Passés ces délais, on dit que l’oeuvre tombe dans le domaine public.
          … en pratique, on est libre d’utiliser une oeuvre musicale plutôt 80 ans après la mort de son auteur… Et dans le cas de Jaubert ou Jehan Alain, morts pour la France en 1940, le délai n’est pas précisément précisé….

    • Alexandre Angel dit :

      Il y a un plan dans DAINAH que j’ai trouvé d’une classe minérale, cristalline, absolument invraisemblable : c’est celui où l’on voit la main de Daïnah ouvrir le hublot de sa cabine. C’est un plan nocturne, mystérieux, envoûtant, élégant…Un des plus beaux plans qu’il m’ait été donné de voir dans un film, et il y en a eu quelques uns.
      La séquence du bal masqué est affolante. Je n’ai pu m’empêcher de penser à EYES WIDE SHUT et au final du JOUR DU FLEAU (ce côté un peu effrayant).
      Mais c’est surtout une séquence bouleversante d’invention, d’insolence, de poésie. Quelle découverte!

      • MB dit :

        à AA: ça y est vous me faites revoir le film vous, le record de revisions pour moi c’est dix fois C KANE mais je sens que DAÏNAH va crever le plafond!
        dites: le mari a vu le crime ou pas? à votre avis? c’est assez fugitif, très subtil dans l’ensemble, aucun effet n’est appuyé.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          Pas d’avis tranché là-dessus mais oui, en effet, on dirait qui l’a vu.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB,
          Moi mon record, c’est ALL THAT JAZZ de Bob Fosse. Ce film, c’est mon rosebud à moi.

        • MB dit :

          DAÏNAH à AA c’est à 44′ mais Grémillon ne le désigne pas clairement, le mari est en surplomb au-dessus du pont la nuit et voit un mouvement plus bas au milieu du pont.

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