Henry King et Konchalovsky

3 juillet 2019 par - DVD

CINÉMA MUET

On parle trop rarement ici du cinéma muet même si récemment plusieurs contributeurs ont évoqué la figure de Lon Chaney. Notons quand même que quand on tape Lon Chaney sur le site de la Fnac, on obtient en premier LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS. Et un peu plus loin FORT INVINCIBLE… C’est dire le soin avec lequel est tenu le site. Chaney, inoubliable dans  dans VICTORY de Maurice Tourneur (une belle édition de ce film chez Lobster en compagnie du DERNIER DES MOHICANS qu’il faut revoir – l’affrontement final sur un éperon rocheux reste inégalé dans sa splendeur visuelle), dans le FANTÔME DE L’OPÉRA, NOTRE DAME DE PARIS et surtout dans l’extraordinaire L’INCONNU de Tod Browning.

L’HOMME QUI RIT de Paul Leni (Combo Blu-ray/DVD chez Elephant Film) : Paul Leni respecte le foisonnement baroque du livre, son aspect onirique (les décors sont une réussite absolue), retranscrit visuellement les affrontement antinomiques (« l’homme qui rit est une cariatide du monde qui pleure »), retrouve le côté initiatique du récit même s’il fait l’impasse sur les digressions, souvent géniales qui composaient une durée romanesque faite d’accélération, de ralentissements et même d’une certaine stagnation et d’une multitude de chemins où il paraît possible de se perdre comme on se perd dans une rêverie sans fond » (Jean Gaudon). Le moment où le jeune Gwymplaine, errant dans une forêt de pendus, en pleine tempête, rencontre Dea, est un triomphe expressionniste. Léni et son scénariste refusent la fin hugolienne (le suicide de Gwymplaine découvrant sa fiancée morte) qui aurait paru trop volontariste au profit d’un happy end.

HENRY KING
J’ai découvert le sublime STELLA DALLAS de Henry King qui constitue le bonus de la version du King Vidor (DVD MGM Zone 1), un bonus intitulé featurette. Or, on a le droit à l’intégralité du film, première adaptation du best-seller d’Olive Higgins Pouty et sans doute la meilleure des trois. Stella, une jeune femme honteusement exploitée par son père (des plans fulgurants le montrent incapable de se lever pour se verser du café), épouse, pour s’en sortir, un homme d’affaires, Stephen Dallas. Le mariage est un échec et après le départ de son mari pour New York, elle doit élever seule sa fille, Laurel. STELLA DALLAS contient un certain nombre de thèmes, de motifs chers à King qu’il conjuguera tout au long de sa carrière : l’amour maternel jusque dans ses égarements, ses excès (King dit s’être souvent inspirée de sa mère, personnage central dans sa vie, dès TOL’ABLE DAVID), le sacrifice qui permet de mesurer l’amour dans un couple – mère/fille, homme/femme (la plus parfaite illustration en étant The Gift of the Magi dans O. HENRY’S FULL HOUSE) -, la dictature de l’étroitesse d’esprit et des préjugés, représentée ici admirablement par la directrice de l’école, Mrs Philiburn qui regarde avec méfiance cette épouse sans mari. Géniale, il n’y a pas d’autres termes, interprétation de Belle Bennet qui surclasse même celle de Stanwyck, traduit dans un même mouvement la bonne volonté, l’amour du personnage, sa myopie intellectuelle, sa vulgarité. Elle nous bouleverse et nous embarrasse. Très beau scénario de Frances Marion.

Je me suis immédiatement rué sur TOL’ABLE DAVID (DVD Zone 1 Flicker Alley). King, roi de l’ “Americana” bien avant que le terme soit inventé, donne un bel exemple du genre avec ce film au titre étrange (c’est la mère du jeune David qui déclare qu’il est “tol’able”, peut-être une contraction de “tolérable”; le titre français, DAVID L’ENDURANT est totalement absurde). Le film écrit par Edmund Goulding et King, d’après une nouvelle dont l’action se passe en Virginie, était la première production de la compagnie “Inspiration Pictures” cofondée par King et l’acteur Richard Barthelmess avec le producteur Charles Duell. King insista pour tourner le film en Virginie, dont il était originaire; après avoir envoyé son assistant en repérages avec ses instructions, il arriva sur place et trouva, dit-il, tous ses extérieurs en une journée et “dans un rayon de dix kilomètres.” (Entretien avec Kevin Brownlow). Encore aujourd’hui un spectateur, même s’il n’a jamais mis les pieds en Virginie, ne peut manquer d’être frappé par l’authenticité de ces extérieurs, et par l’importance dans l’action que leur apporte la mise en scène. King déclara qu’il improvisa beaucoup durant le tournage dans des entretiens avec David Shepard qui restaura ce film magnifique (ainsi que des dizaines d’autres. Je te salue David).

THE WINNING OF BARABARA WORTH toujours de King est visuellement tout aussi impressionnant et certaines séquences, tout le début, une tempête de sable, un exode devant une rivière en crue, sont inoubliables. Mais la trame dramatique, pourtant de Frances Marion, est plus traditionnelle et les personnages disparaissent derrière la Nature, comme noyés dans les paysages, ce qui est très rare chez King.

DÉCOUVERTES 
Outre LE COFFRET des films muets de RAYMOND BERNARD avec plusieurs titres mémorables chez Gaumont, je voudrais faire partager une grandiose découverte, celle du COMTE DE MONTE CRISTO, scénario et mise en scène d’Henri Fescourt (Diaphana Video à l’origine), peut-être la meilleure adaptation du génial roman d’Alexandre Dumas et Auguste Maquet que l’on devrait relire tous les cinq ou six ans. Dans cette version, on est ébloui par la beauté des plans d’extérieurs, fort nombreux, transporté par l’invention et la rigueur de la mise en scène avec de nombreux et magnifiques travellings, une utilisation quasi expressionniste de certains décors (l’auberge de Caderousse) sans parler de l’utilisations de flash-backs rapides et percutants surtout durant la deuxième époque (l’évocation du massacre de Jenina). Fescourt garde certains épisodes souvent coupés dans les autres versions : l’engagement de Fernando de Mondego auprès des Grecs qui luttent pour leur indépendance (une cause chère à Dumas et Hugo), puis sa trahison quand il vend une ville aux Turcs. Jean Angelo, en Monte Cristo, a de faux airs de Guitry jeune, Jean Toulut campe un Villefort gravé dans le marbre tout comme le Caderousse d’Henri Debain qui fut aussi assistant réalisateur. Le film est d’ailleurs très bien joué à quelques mini-excès près dans la deuxième partie avec déjà une création mémorable de Germaine Kerjean, de Robert Merin étonnant Benedetto, avec une gestuelle si moderne. Resnais avait été fasciné par la beauté visuelle du film et on le comprend. Ce film n’est hélas plus disponible sur le site de Diaphana contrairement à INTOLÉRANCE de Griffith et je le déplore. On le trouve à un prix prohibitif sur Amazon France. La FNAC ne le recense même pas.

Sur le site de DIAPHANA, j’ai également découvert plusieurs titres qui méritent d’être signalés, rappelés, vantés : à commencer par le très puissant WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN de Lynn Ramsay, l’émouvant THE DEEP BLUE SEA de Terence Davies (n’est ce pas ballantrae ?), le superbe POETRY de Lee Shong Dang, RAPT de Lucas Belvaux qui m’avait beaucoup plu, NEBRASKA, une œuvre si personnelle et à contre courant d’Alexander Payne, somptueux noir et blanc, morceau d’Americana vu avec les yeux d’aujourd’hui et le décontracté et fort agréable MARIAGE À MENDOZA d’Edouard Deluc.

    

LIVRES

J’ai redécouvert Andreï Konchalovsky en décorant ses conversations avec Michel Ciment : ANDREÏ KONCHALOVSKY  – NI DISSIDENT, NI PARTISAN, NI COURTISAN. Trois termes soigneusement choisis qui expliquent pourquoi ci cinéaste reste si peu étudié malgré plusieurs films admirables. On se souvient de l’éblouissement procuré par LE PREMIER MAÎTRE (se reporter à la magnifique critique de Michel Cournot), du choc que procurait MARIA’S LOVERS et de nombreuses séquences de SIBÉRIADE. Konchalovsky raconte brillamment comment il passa de l’URSS à l’Amérique, évoque les obstacles, les censures qu’il dut affronter dans les deux pays. Malheureusement, l’un de ses derniers films américains qui fut massacré par le producteur, TANGO ET CASH, est l’un des seuls qui soit facilement disponible en DVD, les autres étant pour la plupart indisponibles en France. On ne trouve MARIA’S LOVER que dans un import italien dont trois ou quatre clients ont dit qu’il s’arrêtait en cours de route. SIBÉRIADE est proposé à des prix prohibitifs. LE CERCLE DES INTIMES n’est vraiment trouvable qu’en zone 1 et je l’ai commandé. Reste heureusement LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR que je n’ai jamais vu mais dont on me dit grand bien et CASSE-NOISETTE.

J’ai adoré GÉRARD, Cinq année dans les pattes de Depardieu, une très savoureuse et roborative BD de Mathieu Sapin qui, au passage, croque admirablement l’originalité, la folie, les contradictions, le gigantesque appétit, la boulimie de tout (à commencer par la nourriture – on ne dévore pas dans ce livre, on engloutit, aussi bien de l’Art que des cotes de porc -) qui fait de Depardieu un personnage unique, épique, exaspérant et sublime, un pétomane métaphysique, un poète dadaïste, un funambule (il peut être parfois si léger) du dérisoire et, accessoirement et quand il le veut, un acteur sublime. Il faut l’avoir vu dans VALLEY OF LOVE ou dans les dernières scènes des CONFINS DU MONDE.

J‘ai dégusté avec délice la série de croquis incisifs signés par Jean Cau dans CROQUIS DE MÉMOIRE où Mitterrand (très bien saisi) croise Queneau, Welles, Ezra Pound, Giscard d’Estaing (désopilant et juste), Pompidou, Mademoiselle Chanel. Beau portrait de Sartre et poignante évocation de Carson McCullers. Il nous montre aussi un Lacan première époque qui, affolé, vient consulter Sartre parce qu’il a surpris sa fille de 8 ans qui marchait dans ses chaussures. Il y voit un acte de haine contre le père et Sartre explique qu’il ne pouvait pas lui dire qu’elle s’amusait normalement, il aurait refusé d’entendre, alors il lui a conseillé de l’écrire : « Le meilleur moyen de se débarrasser des gêneurs ; dites leur d’écrire, vous gagnez trois mois de tranquillité. »

  

Je voudrais aussi saluer VIVA CINECITTÀ! de Philippe d’Hugues (Editions De Fallois), une série de textes critiques qui réévaluent Soldati, De Sica, Pasolini, Antonioni, Cottafavi, Comencini, Rosi Olmi, Fellini, Visconti et, plus rares, Blasetti. Sur ce dernier cinéastes, Philippe D’Hugues est trop sévère sur le très savoureux DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE que j’ai défendu ici même et qu’il n’a pas dû revoir tout comme IL BOOM, grande réussite très noire de De Sica. Peccadille car le livre donne envie de revoir nombre de films à commencer par I VINTI d’Antonioni dont j’avais oublié que les dialogues étaient de Roger Nimier.

Pour les amateurs de théâtre, QUATRE ANNÉES SANS RELÂCHE (De Fallois) de Pierre Barillet (oui le Barillet de Barillet et Gredy) est un livre délectable qui évoque avec naturel et passion l’adolescence de l’auteur durant cette période noire. Il poursuit ses études. Sa passion, c’est le théâtre et il rend compte de tous les spectacles qu’il voit, ce qui l’amène à prendre certains risques. Il essaie de se glisser en coulisse, de rencontrer les auteurs, les artistes qu’il admire, Cocteau, Charles Trenet, (qui l’entraine dans des soirées interminables avec Piaf, Johnny Hess) Bérard, Guitry. Il analyse les créations d’Anouilh, note la découverte d’un jeune auteur, Louis Ducreux avec la Part du Feu. Il recopie les critiques dont celles d’Alain Laubreaux qui a ses têtes de turc comme Edouard Bourdet, Cocteau, Marais qu’il assassine sauvagement (Barillet ne partage pas les opinions politiques de son journal). Bref, c’est une partie de la vie intellectuelle qu’il nous fait revivre sans hypocrisie, sans cacher les petitesses de plusieurs de ses idoles mais aussi leur courage.

    

Emmanuel Burdeau vient d’écrire GRAVITÉ sur Billy Wilder et le début analyse deux scènes iconiques, Joe Gillis flottant dans la piscine (SUNSET BOULEVARD) et Marilyn sur la bouche de métro de 7 ANS DE RÉFLEXION (qui ne figure pas dans mes Wilder favoris). A partir de là, Burdeau analyse le poids, l’importance de l’air, de l’eau dans les films du cinéaste, démarrage accrocheur et intriguant qui permet de cerner certaines obsessions qui traversent l’œuvre du cinéaste. Burdeau remarque que « deux caractères dominent, l’ingénu et l’arriviste, Jack Lemmon d’un côté, Walter Matthau ou William Holden de l’autre ; trois professions l’emportent également : le journalisme, les assurances et le barreau ».

Il faut absolument acheter et lire le numéro 21 de TEMPS NOIR qui contient une série d’analyses précieuses sur le roman policier sous l’Occupation (je conseille spécialement le chapitre « les auteurs dans la tourmente »), plus la première étude, à ma connaissance, sur Louis Chavance où j’ai découvert son compagnonnage avec Prévert, Brunius, le Groupe Octobre, certains surréalistes, ses activités critiques, ses débuts de scénariste avec LA NUIT FANTASTIQUE (co-écrit avec, entre autres, Henri Jeanson qui a été interdit d’écriture par les Allemands et travaille en douce). Suivront LE BARON FANTÔME et surtout le CORBEAU. Puis l’inépuisable UN REVENANT, un de mes films de chevet (René Château), trois Cayatte dont j’ai déjà parlé LE DERNIER SOU, LE CHANTEUR INCONNU, LE DESSOUS DES CARTES (les deux derniers chez René Château).

LIVRES EN ANGLAIS
Patrick McGilligan vient de signer avec FUNNY MAN, une remarquable biographie de Mel Brooks, nous faisant découvrir un personnage ambigu, tourmenté, un bourreau de travail qui a besoin de multiples collaborateurs. Ses premiers films naquirent dans la souffrance et les pressions financières (sujet moteur des PRODUCTEURS) et c’est à la suite de multiples péripéties et désistements que Gene Wilder hérite du rôle principal de YOUNG FRANKENSTEIN (pour moi le chef d’œuvre de Brooks avec l’hilarant BLAZING SADDLES), ce qui se révèle une bénédiction pour le film. Dans la vie privée, Brooks a des côtés noirs (la manière dont il parvient à gruger sa première femme vous fait dresser les cheveux sur la tête) mais il est capable aussi de s’enthousiasmer pour ELEPHANT MAN et de produire le film de David Lynch.

Tout aussi remarquable ce premier ouvrage important consacré à Clarence Brown, CLARENCE BROWN, HOLLYWOOD FORGOTTEN MASTER (Kentucky Press) par Gwenda Young de l’université de Cork. C’est un livre très documenté qui regroupe de nombreux témoignages sur la personnalité de Brown, cinéaste en apparence éclectique. Il est vrai que sous contrat pendant des décennies à la MGM (il n’en sortit que quand il fut prêté à la Fox et Zanuck pour THE RAINS CAME), il dut filmer des produits maisons opulents et creux (l’anodin l’AVENTURE COMMENCE À BOMBAY, qui débuta sans un scénario terminé, THE GEORGOUS HUSSY) des œuvres lessivées par la Censure avant le tournage (le sinistre IDIOT’S DELIGHT qu’il détestait) mais réussit à imposer des films exigeants : L’INTRUS une des meilleures adaptation de Faulkner, THE YEARLING / Jody et le Faon (zone 1) magnifique chronique familiale, souvent âpre et violente. En dehors d’être le réalisateur préféré de Garbo (on ne peut oublier LA CHAIR ET LE DIABLE) qu’il sut apprivoiser en lui parlant en dehors du plateau, il avait une prédilection pour les histoires truffées de détails autobiographiques se déroulants dans des bourgades de la province américaine, ces morceaux d’Americana chers aussi à Henry King, pour les personnages sacrificiels, consacrant plusieurs films à des héroïnes âgées ou vieillissantes, sujets clivant comme on dirait maintenant (SMOULDERING FIRES, GOOSE WOMAN, EMMA, ce dernier disponible en zone 1 sans sous titre). Il savait diriger les actrices et aussi les enfants ou les adolescents qui peuplent son œuvre. Il découvrit des stars (Gable, Myrna Loy). Ce conservateur signa des films audacieux à l’époque du Pré-Code :

  • l’excellent ÂMES LIBRES qui contient des allusions sexuelles incroyables, à voir dans la collection FORBIDDEN HOLLYWOOD ;
  • le très remarquable FASCINATION où l’alchimie entre Gable et Crawford crée des étincelles (il en résultat une histoire d’amour torride que Louis B Mayer s’ingénia à briser) et où les séquences d’ouvertures sont inoubliables), ce réactionnaire réalisa un des films les plus dignes sur la question raciale, INTRUDER IN THE DUST (L’INTRUS, hélas disponible uniquement en zone 1) avec une interprétation inoubliable de Juano Hernande

Signalons aussi de Charles Barr (l’un des meilleurs historiens anglais, on n’a pas oublié son livre sur Ealing) et Bruce Babington THE CALL OF THE HEART – John M. Stahl and the Hollywood melodrama. Bonne occasion de rappeler ce cinéaste sous-estimé qui a su bâtir un univers personnel et cohérent aussi bien dans BACK STREET (1932) qui fut éditée dans une collection Universal, dans tous ces mélodrames refaits par Sirk du SECRET MAGNIFIQUE à MIRAGE DE LA VIE et ces remakes, maintenant adulés, ont contribué à effacer les premières versions de Stahl qu’on trouve parfois dans les bonus des Sirk et dans de trop rares éditions françaises comme IMAGES DE LA VIE. Pourtant le très étonnant et remarquable PÉCHÉ MORTEL (Fox Europa Pathé), un des premiers films noirs en couleur a été amplement commenté mais il faudrait revoir des chefs d’œuvres comme ONLY YESTERDAY, toujours absent des catalogues sans oublier HOLY MATRIMONY (comédie caustique) et THE FOXES OF HARROW qu’on trouve dans des DVD espagnols ou italiens (LA SUPERBA CREOLE). Barr signale aussi qu’une des raisons de la semi obscurité qui entoure Stahl tient au fait qu’il n’a réalisé aucun film muet iconique contrairement à ses contemporains Lubitsch, Sternberg.

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Commentaires (129)

 

  1. MB dit :

    « Amical bonjour à MB qui n’est pas un ami et ne sera jamais un ennemi pour moi. »
    ah merci c’est gentil, ça
    ceci dit 60° pas possible! pas sur la Terre. Impossible. J’ai vérifié. Pas possible. Rien à faire.

  2. Yves Rouxel dit :

    Tout d’abord,félicitation à Bertrand d’avoir été réélu à la tète de l’institut lumières de Lyon.Je profite de l’excellent dossier de Positif consacré aux films d’espionnage avec un très bon papier de Natacha Laurent ex directrice de la cinémathèque de Toulouse sur les oeuvres du cinéma soviétique.L’occasion pour moi de reparler d’un film de Martin Ritt »L’espion qui venait du froid »qui reste fidèle au livre de John le carré.Richard Burton compose un agent d’une grande sobriété question personnage(c’est vrai que dans le film il picole pas mal et fume cigarettes sur cigarettes).Ritt réussit à nous tenir en haleine en pleine guerre froide grace à un casting exemplaire.Toujours dans le mème genre je vous recommande un film de Richard Benjamin avec Sydney Poitier et feu Rivers Phoenix(mort trop jeune).L’histoire prenante d’un jeune américain qui va apprendre que ses parents sont des agents du kgb.Il va enquéter seul et va essayer de comprendre le pourquoi du comment.Dommage que le dvd soit rare à trouver.J’en apelle à Jean baptiste Thoret qui lit ce blog de temps en temps.Amical bonjour à MB qui n’est pas un ami et ne sera jamais un ennemi pour moi.Voilà c’est dit une fois pour toute.Allez je file à l’ombre voir un film allemand en deux parties sorti cette semaine.L’histoire d’un gamin fasciné par l’art et surtout la peinture dans l’Allemagne de 37 jusqu’a l’édification du mur de Berlin.

    • Henri Patta dit :

      A YVes.
      Comment savez vous que J.B THORET lit ce blog ?
      Je ne suis pas souvent d ‘accord avec ses prèfèrences cinèmatographiques , mais j ‘adore le personnage, fortement èpris en autres du cinèma amèricain des annèes 70.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Henri Patta
        C’est presque mono maniaque et certains de ses enthousiasmes sont excessifs et pour moi incompréhensibles mais il vient de faire sortir HITLER CONNAIS PAS, FRANCE SOCIÉTÉ ANNONYME, tous deux personnels et passionnants (deux exceptions françaises dans ses coups de coeur) le remarquable MANDINGO, une Michael Winner qu’à ma grande surprise, n’aimant ni le personnage ni le réalisateur, habile technicien par ailleurs, intéressant et un Damiano Damiani standard

    • Gilles dit :

      L’ESPION QUI VENAIT DU FROID, ou LA LETTRE DU KREMLIN, ou THE DEADLY AFFAIR, appartiennent à un genre cinématographique qui me laisse à chaque fois sur la touche. J’ai beau faire une relaxation avant de m’y coller, je suis perdu avant la première demi-heure, ne sachant plus quel agent prend l’identité de tel autre qu’on croyait mort aux Caraïbes alors qu’il opérait pour le compte d’une organisation parallèle en Suisse, ni pourquoi tel agent soviétique jouait les doubles agents alors qu’il n’en était qu’un simple. Melville, dans ses entretiens avec Nogueira dit tout le bien qu’il pense du film de Huston, et Richard Bohringer site le film de Ritt comme un de ses préférés. Je ne sais pas si quelqu’un comprend quelque chose à ses histoires alambiquées. Personnellement, je me noie même dans un James bond. Because bagage intellectuel trop léger ou bien peu importe l’intrigue, c’est autre chose qu’il y a à voir ?

  3. MB dit :

    à Bertrand: n’est-ce pas une bonne idée de rééditer le tome1 des mémoires de Parrish « Growing Up… » avec le 2, inédit, « Hollywood doesn’t live here anymore »?
    Remarquez les bonnes idées éditoriales elles se ramassent à la pelle… après…

  4. Yvon Gauthier dit :

    Puisque vous parlez de cinéma muet,savez vous et je m’adresse à tous,sl l’excellente Série
    Hollywood,hollywood de Kevin Brownlow sera ou est disponible en version française et pour l’avoir déjà enregistrée à la télévision Québécoise (malencontreusement perdu)je sais qu’elle existe,en attendant je recommande son livre « la parade est passée « que j’ai dévoré,merci d’avance.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yvon Gautgier
      Je ne sais où la trouver en vo ou en vf et je n’ai que quelques VHS

      • Alexandre Angel dit :

        Je suis aller fureter sur internet pas plus tard que la semaine dernière et n’ai rien trouvé en dvd des documentaires de Kevin Brownlow excepté celui sur Chaplin. C’est attristant!

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Alexandre Angel
          Mais celui sur Chaplin est trouvable en France chez Doriane je crois ou Lobster

    • demachy dit :

      A Yvon Gauthier
      Faute de mieux, en l’absence d’édition DVD, cette mythique série HOLLYWOOD de Kevin Brownlow est visible (en VO) sur YouTube. Par exemple le premier épisode (The Pioneers) à l’adresse suivante (et les épisodes sont disponibles sur la même chaîne) :
      https://m.youtube.com/watch?v=yS37kyfnGy4

      On trouve d’ailleurs aussi la série qu’il réalisa ultérieurement sur le cinéma muet européen (CINÉMA EUROPE) :
      https://m.youtube.com/watch?v=Sl_NaFiLH5s&list=PLG3WUVkJBAxT1hzRLONUK1Olo8NfNcuwm&index=2&t=0s

      • Yvon Gauthier dit :

        Merci à tous et demachy,je ne savait pas qu’il avait aussi réalisé la série cinéma Europe qui me semble aussi passionnante

      • Denis Fargeat dit :

        A Demachy
        Merci pour l’info, belle série en effet, que je n’avais point vue… ça fait un bien fou, et redonne envie de voir ces films! (par exemple, entre mille, le « Robin Hood » de Dwan, jamais sorti de sa cellophane…)

        • Mathieu dit :

          A Denis Fargeat:
          ROBIN HOOD doit être un des meilleurs Fairbanks (pour être plus affirmatif il faudrait les avoir tous vu) avec THE THIEF OF BAGDAD de Walsh et aussi THE IRON MASK, de Dwan également. ROBIN HOOD est surtout très beau visuellement, avec de très grands décors et une figuration impressionnante, ce qui ne serait rien sans une photo et une mise en scène à la hauteur. La scène des retrouvailles de Robin et de Lady Marian est par exemple très bien filmée.
          Avis aux amateurs: on trouve sur Amazon un coffret de cinq films de Fairbanks pour seulement 9 € et des poussières. Il s’intitule I Capolavori Di Douglas Fairbanks (je précise parce qu’il en est pour Doug comme pour Lon: quand on tape son nom sur les moteurs de recherche, le fils vient avant le père). On trouve dans le coffret THE NUT, comédie par moments assez drôle mais qui reste loin de ce que faisaient Keaton et Lloyd à la même époque, THE MARK OF ZORRO très divertissant pour peu qu’on mette en veilleuse un moment son esprit de sérieux (en tout cas pour moi supérieur au film de Mamoulian), DON Q, THE SON OF ZORRO, réalisé par Donald Crisp et pour moi meilleur à tous points de vue que THE MARK, ROBIN HOOD déjà cité, et THE THREE MUSKETEERS que je n’ai pas encore vu.
          THE IRON MASK je l’ai vu dans un horrible transfert sur un DVD emprunté en médiathèque, et dans la version remontée de 1940, sans sous-titres et avec un commentaire dit par Fairbanks fils, et pourtant j’ai été scotché par ce récit palpitant d’un bout à l’autre. Par contre je ne suis pas allé au bout de THE MAN IN THE IRON MASK de Whale, que j’ai trouvé ridicule par le jeu, les dialogues, décors, et le peu de respect de l’histoire originale (VINGT ANS APRES de Dumas). C’est pour moi le plus faible des quatre films adaptés de Dumas, produits par Edward Small et sortis il y a quelques temps en DVD chez Rimini.
          J’ajoute que la qualité des transferts du coffret Fairbanks susmentionné est tout à fait honorable pour des films si anciens. Et les sous-titres italiens des intertitres anglais sont escamotables. Zero bonus par contre.

        • MB dit :

          à Mathieu merci pour le coffret Fairbanks, mais dites sur la photo de couv ils se sont pas gourrés? On dirait le fils!?

        • Denis Fargeat dit :

          A Mathieu, merci pour les précisions
          A MB
          Comme ça, je ne peux dire… curieux choix de photo en tous cas, que ce visage mélancolique, pour un acteur caractérisé par l’optimisme bondissant.
          Mais ça donne une idée de cycle, les « Jr » ; les films des Lon Chaney Jr, Douglas Fairbanks Jr, John Barrymore Jr, Franck Sinatra Jr…. et ceux dont le Sr est peu ou pas connu, Elisha Cook, Harry Connick, Robert Downey, Sammy Davis…
          (On trouve aussi des Omar Shariff Jr, Fedor Chaliapin Jr,Tyrone Power Jr, William Wellman Jr, Franklin D. Roosevelt Jr, Alan Ladd Jr… Et Jr, qui coréalisa la dernier film d’Agnès Varda, et dont le fils s’appellera???…)

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Mais oui, maintenant que vous le dites.. Je pensais qu’il n’était pas ressemblant parce que pensif, ce qu’il est rarement dans ses films, mais c’est bien le fils, mâchoire et menton plus fins, nez plus droit…

        • MB dit :

          à DF: c’est une photo du papa assez inhabituelle, bon, à part ça les deux avaient un visage assez semblable
          Je viens de commander le coffret cité par Mathieu.

        • Mathieu dit :

          A Denis Fargeat:
          Il y a aussi Alan Hale Jr, moins connu que son père, qu’il faut voir lui dans le ROBIN HOOD de Dwan affublé comme tous les protagonistes masculins d’une perruque médiévale genre Robert Wagner dans PRINCE VALIANT, mais en plus long et moins bien peigné… La vision du Moyen Age de ROBIN HOOD est très style troubadour. Les jeunes femmes ont toutes de très longues chevelures très préraphaélites… Je doute que mêmes les jeunes filles exposaient ainsi leurs cheveux en public du temps de Richard Coeur de Lion, les femmes mariées certainement pas…
          Quant à Tyrone Power Jr, c’est lui dont on se souvient encore aujourd’hui, son père on peut le voir dans THE BIG TRAIL de Walsh, c’est lui le grand méchant barbu qui poursuit John Wayne de sa vindicte pendant tout le film.

        • MB dit :

          à Mathieu er D Fargeat:
          Jr:
          https://framapic.org/6ptwfFooHEkj/zuqq4daejhsy.JPG
          Sr:
          https://framapic.org/UK3kOHKkkTuA/6QqEk242gF5y.JPG

          le fils a volé la vedette à son père, y compris dans le desciptif du coffret par Amz!

      • demachy dit :

        Pour précision : CINEMA EUROPE avait été diffusé en France sous le titre LOIN D’HOLLYWOOD. Trois des six épisodes sont d’ailleurs trouvables en version française sur YouTube :
        https://m.youtube.com/watch?v=ZWyCPcu3zGI&list=PLQe_Qi9poUIrEdiLvAmOXcJUCz9oEMJcV&index=5&t=0s

        Le commentaire en VO est dit par Kenneth Branagh. Curieusement, il y eut deux versions françaises (une diffusée sur Arte, l’autre sur France 3) avec pour l’une la voix de Jean-Louis Trintignant et pour l’autre celle de François Marthouret.
        (Dans le genre prestigieux, rappelons que le narrateur de HOLLYWOOD était James Mason !)

    • Ballantrae dit :

      série documentaire extraordinaire decouverte dans les 90′, enregistrée alors.
      comme je viens de virer l’ensemble de mes k7 video pour des questions de place, je ne vérifierai pas la qualité de conservation du tout.
      mais un éditeur intelligent devrait envisager cette diffusion car je crois que ce fut mon viatique clé vers le muet.

  5. Yves Rouxel dit :

    Tulard et ses collaborateurs ont écrit à tort que les films de Marion Hansel étaient rigoristes.Il est vrai qu’il n’est pas facile d’adapter « Les noces barbares »de Yann Quéffellec au cinéma.Revenons sur cette œuvre forte grace à la présence de Thierry Frémont(qui est un des meilleurs acteurs de sa génération).Il incarne ici Ludo un enfant déficient mental qui va ètre rejeter par sa mère qui s’est marier avec un homme plus agé.Son demi frère Tatave plus agé que lui qu’aux filles,à aller danser puis boire.Un jour alors qu’il est adolescent sa mère décide de le placer dans un centre afin de l’éloigner de la famille.Ce jeune homme est proche de la nature et de la mer agitée.Je ne dévoilerais pas ici la suite de cette chronique douce amère emplit d’émotions et de tristesse.Comme second film j’ai choisit »Le pull over rouge »de Michel Drach,adapter du livre de Gilles Perrault qui à fait couler beaucoup d’encre à sa sorti.Bien sur on peut reconnaitre quelques faiblesses dans la construction et la mise en scène,pourtant le cas Ranucci interroge encore plus de 40 ans plus tard.Il y a énormément de « trous »qui manque au dossier notamment le fait que le procés verbal à été enregistrer dans les locaux de la police concernant un couteau à cran d’arret qui sera retrouver peu après.Puis comment accepter les aveux poussés grace à la torture de ce pauvre gars qui était dans le secteur au moment ou la petite fut enlevée dans la cité hlm.La juge d’instruction a aussi omie d’entendre le petit José Garcia qui à vut l’homme qui cherchait son chien noir ainsi que le garagiste qui sortait de chez sa mère et qui refusa de signer le pv.Pour moi l’affaire Ranucci est une grosse erreur judiciaire qui n’a jamais été réviser et surtout une honte pour la justice et la république française qui choisit toujours le glaive face à la balance.Quels sont les preuves de la culpabilité de Ranucci et pourquoi l’homme n’a pas raconter à sa mère la tournée des bars à Marseille puis l’accident,enfin l’accrochage avec l’automobiliste sur la route d’Aix.Enfin je terminerais avec ce fameux pull over rouge qui n’a pas analyser,pourtant déjà à cette époque il existait des possibilités d’avoir des indices sur l’adn.On apprend vers la fin que cette champignonière était un lieu de rendez vous pour les couples et que le pull n’allait pas a Ranucci.Quelques semaines après l’éxecution on apprend par la radio qu’une autre petite fille fut enlevée du coté de Toulon.Enfin la dernière question que je me pose pourquoi Patrick Henry fut condamner à la perpétuitée alors qu’il y avait plus de preuves de sa culpabilité dans son dossier?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Selon des avocats et des juges vus récemment, Rannucci serait en fait coupable. Je lance cela sous toutes réserves et sans preuves Mais je crois que l’enquête de Perrault a été démontée, ce qui est rare pour un écrivain si méticuleux. Mais j’avance avec prudence : terrain miné. Le film en tout cas n’était pas convaincant

      • Gilles dit :

        A Rouxel et B. Tavernier

        Je vous recommande chaudement la lecture de L’AFFAIRE RANUCCI, AUTOPSIE D’UNE IMPOSTURE de Gérard Bouladou, qui démonte de manière irréfragable tous les arguments ayant plaidé en faveur de l’innocence de Ranucci. L’auteur, commandant de police en retraite, a entrepris un boulot de dingue en reprenant l’enquête à zéro, interrogeant tous les témoins, rouvrant tous les dossiers, et ceci à dessein de prouver l’innocence de Ranucci. Or au terme de son incroyable travail il aboutit à la conclusion que Ranucci était bel et bien coupable, et il en fournit les preuves. Un récit qui m’a laissé baba, laissant paraitre en filigrane que ceux qui plaidaient pour l’innocence de Ranucci se fichaient bel et bien qu’il soit coupable ou innocent. L’affaire n’étant pour eux qu’un prétexte à s’approprier la paternité de « l’abolition ». Il faut aussi rappeler que Gilles Perrault a été condamné en instance et en appel pour avoir diffamé les enquêteurs.

        • Yves Rouxel dit :

          A Gilles.Alors précisement,quel sont les preuves de la culpabilité de Christian Ranucci?Est ce que les témoignages du petit José Garcia(dans le film car beaucoup de noms ont été modifiés)et le garagiste(incarné par Patrick Floersheim)sont évoqués dans cet ouvrage et quel en sont les conclusions de l’auteur?Merci à vous.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il suffit de lire le livre et de faire le travail soi même

  6. Gilles dit :

    Vous allez trop vite, j’en suis toujours à André Cayatte. Sur LE MIROIR A DEUX FACES (je ne retrouve pas votre post sur le film) sujet « original » de Cayatte et Gérard Oury mais qui puise tout dans THERESE RAQUIN. Le déterminisme social d’un petit prolétaire à col blanc propose (mais n’est-ce pas au dépens des auteurs ?) une réflexion sur la nature et le destin dont Bourvil éprouve toute l’injustice, à cause de l’atavisme dont parlait Zola des « fils prisonniers de ce que furent leurs pères ? » vu l’origine du sujet, libre à nous de l’imaginer. Bourvil, dont la palette était très vaste, creuse son personnage en profondeur, et il m’a impressionné dans ses crises de démence muent par le désespoir, impuissant face à l’inéluctable, d’un masochisme quasi somnambulique. Dommage que Michèle Morgan soit d’humeur égale du début à la fin, mais ça renforce l’impuissance de Bourvil, et on ne croit guère à la bonté d’âme de Gérard Oury qui prodigue son art du scalpel sans contrepartie, Oury qui n’était pas mal comme acteur d’ailleurs. Au passage le gag de la 2CV dans LE CORNIAUD trouve sa source dans ce film.

    OEIL POUR OEIL, film passé aux oubliettes, est pourtant très singulier dans la production de l’époque qui ne sortait guère du train-train des studios. Etonnante photo couleur en effet qui contraste avec ces tentatives presque toujours sur-éclairées du cinéma français d’après guerre. Ce médecin, pas mauvais bougre, mais si peu concerné par la misère sociale du pays où il exerce, se la voit flanquée sous le nez de la manière la plus sèche. Huis-clos à ciel ouvert où il se fait progressivement dévorer dans un territoire hostile, rocailleux, aussi coupant que les mâchoires d’une bête. Premier film à ma connaissance tourné à Almeria, et effectivement, la mémoire de Truffaut se voit une fois de plus malmenée par l’interprétation de celui qu’il qualifiait de « plus mauvais acteur du monde ». Très bon ici, comme il le fut dans Amère victoire ou dans l’Homme des fusées secrètes.

    Je pense toutefois que revoir les derniers films de Cayatte ne ferait que remettre en route les moulins de ceux qui le broyèrent. LES RISQUES DU METIER, qui est sans doute son film le plus célèbre, supporte très mal ses cinquante ans d’âge. Après un premier plan prometteur, le film échoue sur tous les tableaux. Interprétation scolaire des jeunes élèves, personnages secondaires réduis à quelques réflexes, dans une histoire qui ne progresse que par effets. On a pu trouver Brel étonnant pour un premier rôle mais son personnage est mal dégrossi, univoque, les scènes avec sa femme garnies de répliques toutes faites et souvent bien lourdes. Impossible de regarder MOURIR D’AIMER plus d’une demi-heure, et je pense pas que VERDICT se soit amélioré avec le temps.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Gilles
      Entièrement d’accord tant sur OEIL POUR OEIL que pour LES RISQUES DU METIER

    • MB dit :

      à Gilles: d’accord sur OEIL POUR OEIL, le master Gaumont Rouge est très acceptable,ils ne l’ont pas sorti en br.http://www.tavernier.blog.sacd.fr/henry-king-et-konchalovsky/

    • Henri Patta dit :

      Qui est ‘le plus mauvais acteur du monde « ?
      Je n ‘ai rien compris du tout.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Henri Patta
        Pour Truffaut, c’était Jurgens. Réaction épidermique, polémique et fausse. Jurgens n’était pas bon dans des films où son personnage était super mal écrit ou vide (ET DIEU CREA LA FEMME défendu par Truffaut) et il a accumulé les officiers allemands. Mais il est excellent dans TAMANGO, OEIL POUR OEIL, LES ESPIONS et dans LES HEROS SONT FATIGUÉS, il écrase Montand dont le jeu parait hyper démodé

        • Denis Fargeat dit :

          Extraordinaire rôle que celui de Jurgens dans cet extraordinaire film , « Les espions ». Une présence sombre derrière les lunettes noires, ce personnage autour duquel gravitent d’étranges silhouettes et d’incompréhensibles intrigues. Merci de rappeler ce film.

        • Henri Patta dit :

          Ah merci , mr Tavernier. Voila qui est plus clair.

          Et un nouveau merci pour m ‘avoir fait dècouvrir CIRCONSTANCES ATTENUANTES avec entre autres Michel Simom et Arletty. Film que vous aviez chroniquè il y a quelques mois en arrière et qui est un vrai dèlice. Il fait penser un peu a FRIC FRAC et par la distribution et par le sujet.
          La chanson : Comme de bien entendu , est filmèe merveilleusement et d ‘une façon on ne peut plus moderne.
          Je conseille ce film a tous, ça n ‘est pas un chef-d ‘oeuvre mais on passe un très bon moment.

  7. Alexandre Piletitch dit :

    Monsieur Tavernier,

    Pardon d’évoquer un sujet extérieur à vos récentes découvertes et lectures.

    Je voulais savoir si, par hasard, vous pourriez m’éclairer sur la personnalité et/ou les films d’Henry de la Falaise, curieux personnage à la vie romanesque, à propos duquel je ne trouve que (très) peu de documentation. Ses films me demeurent totalement invisibles…

    Avez-vous vu, ou entendu parler, de Kliou The Tiger (1936) ou du Fils De L’Autre (1932) ? Je suis très intrigué par ces titres et les quelques lignes que j’ai pu glaner sur ces films qui me paraissent d’assez curieux objets…

    Par ailleurs, merci pour vos mots sur la biographie de Clarence Brown, qui me met l’eau à la bouche. J’ai aussi beaucoup aimé livre d’Emmanuel Burdeau sur Billy Wilder, qui déplace enfin le centre de gravité (si j’ose dire) de la critique sur une oeuvre au final assez peu commentée en dehors des poncifs cent fois rabâchés. Le développement sur Un, Deux, Trois et les films d’Allemagne (et pas allemands, comme le souligne bien Burdeau) m’ont paru absolument passionnants.

    Merci à vous,

    • Bertrand Tavernier dit :

      A AlexandrePiletitch
      Malheureusement je ne sais rien sur ces titres.
      Trouvé cette vente aux enchères : KILOU THE TIGER
      Henry de la Falaise de la Coudraye lors du tournage en Indochine de son film muet, produit par Constance Bennett, 1936: Henry de la Falaise avec des Indochinois, portraits, animaux, chasse, monuments.
      143 tirages argentiques d’époque.
      Images: 8,5 x 11,5 cm; feuilles: 10 x 13 cm
      Certaines images du film ont été censurées à l’époque en raison des portraits de femmes aux seins nus. Ce film est considéré comme le dernier film muet américain.

      • Alexandre Piletitch dit :

        Merci pour votre réponse.

        J’ai fini par trouver cette édition dvd dans les recoins d’Amazon, bizarrement référencée.

        https://www.amazon.fr/gp/product/B004P3B7R8/ref=ppx_yo_dt_b_asin_title_o00_s00?
        ie=UTF8&psc=1

        Kliou me paraît être dans la lignée des documentaires exotiques façon Chang L’Éléphant. Ce statut de « dernier film muet américain », en plus de la production par Constance Bennett (à qui Falaise était alors marié), m’intrigue encore davantage. J’y reviendrai ici si les films me semblent dignes d’intérêt.

    • Mathieu dit :

      A Alexandre Piletitch:
      Je n’ai jamais vu de film de Henry de la Falaise. KLIOU m’avait intrigué en compulsant le Maltin Classic Movie Guide. On le trouve en DVD chez Milestone/ Les Films du Paradoxe, avec sur le même disque LEGONG, LA DANSE DES VIERGES du même auteur et GODS OF BALI, un documentaire de 1952 qui n’est pas de La Falaise. La description très succinte de KLIOU dans le Maltin m’a fait penser à CHANG de Cooper et Schoedsack.

  8. Guilhaume Jean-Romain dit :

    Bonsoir

    Concernant « I Vinti » (Les Vaincus) D’Antonioni. Il s’agit d’un film de commande comprenant trois fictions.
    le film fut présente à la Mostra de Venise en 1953.
    Si l’épisode en anglais a été fortement modifié par les censeurs italiens, il est ressorti en 1962 sous le titre « Il Fiore e la violenza » (La fleur et la violence) dans un autre film à épisodes intitulé « Il delitto » (Le Crime).

    L’épisode français, lui, a également eu des problèmes avec la censure et le film n’a été distribué qu’en 1963.
    Il me semble que Roger Nimier signe uniquement les dialogues de l’épisode français.

    I vinti est désormais visible sur support Blu-Ray ou dvd dans une belle copie. Par ailleurs chose rare, (mais selon les éditions), il nous est proposé dans la langue d’origine pour chacun des trois épisodes.

  9. Damien D. dit :

    Puisque que l’on parle de cinéma muet et de l’éditeur Flicker Alley, je mentionnerai à nouveau la vision de films comme BEHIND THE DOOR d’Irvin Willat que j’avais mentionné dans un commentaire sur ce blog : film récemment restauré et analysé sur le blu ray par Kevin Brownlow. on y trouve aussi des Sherlock Holmes muets, un autre film de Paul Leni THE LAST WARNING que je n’ai pas vu… Rappelons que la plupart des blu ray et dvd de chez Flicker Alley sont multizones et lisibles sur des platines françaises.
    Flicker Alley avec Lobster films en France sont les éditeurs indispensables pour les amateurs de découvertes en films muets ! Et Elephant films a également ressorti LES FIANCEES EN FOLIES de Buster Keaton dans une copie extraordinaire.

  10. Yves Rouxel dit :

    J’ai revu »Le cercle rouge »de Melville qui reste un bon film policier à la française,néammoins il y a quelques faiblesses dans le scénario et la mise en scène reste très en deça de l’ensemble.Je m’explique au début du film on voit descendre d’une voiture le commissaire François Mattei qui tient menotter un certain Vogel(Gian maria volonte)ils prennent un train couchettes à Marseille direction Paris.C’est le soir pourtant dans un plan on voit un ciel clair tourné d’un hélicoptère.Chose troublante lorsque Mattei et Vogel prennent le train,ils se mettent à courir,ce plan rappelle fortement le plan final de »La traversée de Paris »quand Martin porte des valises sur le quai et qu’il entend la voix du peintre Grandgil.Bon revenons au film de Melville avec le personnage de Mattei qui est célibataire et vit avec ses trois chats.On reverra à deux reprises le même plan quand il rentre dans l’appartement,jette son imperméable sur la chaise,se dirige vers la salle de bain pour se faire couler un bain puis s’occupe de faire manger les félins.Apparemment l’homme est Corse pourtant le chef de l’IGS affirme à son assistant: »C’est bizarre avec un nom pareil,il à les cheveux blonds aux yeux bleus ».Plus loin on verra son superieur consulté son dossier puis le refermer rapidement et le ranger dans un tiroir fermer à clé.Le cas du personnage de Delon est plus complexe car il joue avec ses tics habituels:la façon de sortir une cigarette de sa poche lorsqu’il sort du bar la première fois,la gestuelle lente mais mesurée.L’homme porte une montre à l’envers au poignet droit,les aiguilles symbolise une croix de couleur noire.On voit furtivement la montre lors du casse dans la salle des bijoux.Quand à Janssen on sait que c’est un ancien flic qui a démissionné et vit reclus dans une petite maison au milieu de bouteilles d’alcool.Il évoque à Coret les habitants du placard qui sont évidemment ses traumatismes et ses douleurs face à l’alcool et à la souffrance.Le personnage arrete du jour au lendemain de boire une goutte d’alcool et refuse même à Coret un verre lors de leur première rencontre dans le bar cabaret que dirige François Périer toujours impécable et juste dans ses roles.Le point faible à mon avis vient qu’autant Coret,Janssen ou Vogel ne voit aucunement venir la fin qui se dessine.Mattéi se fait passer pour un éventuel acheteur du butin volé car le personnage qu’incarne Paul Crauchet décline l’offre trop dangereuse à ses yeux.Pourquoi les trois protagonistes ne se rendent pas à la police qui à mobiliser une centaine d’hommes?Melville essaie de rattraper la fin et l’affirmation du vieux chef de l’igs: »Les hommes naissent innocents puis ils sont tous COUPABLES »!!!

    • Damien D. dit :

      Mais Yves pourquoi nous raconter en détail ce que sont et font les personnages du film LE CERCLE ROUGE ? Vous n’y analysez que peu de choses pour un film que beaucoup d’entre nous a vu et revu… J’attends plutôt des interventions sur des films de patrimoine plus rares ou peu vus ou en écho aux commentaires de vos collègues blogueurs ainsi qu’aux réalisateurs ou aux films que Bertrand mentionne sur son billet (car on est avant tout sur son blog !).
      Je me suis refait moi aussi un cycle Melville le mois dernier (curieusement anti chronologique) mais le mentionner ici n’apporterai pas grand choses aux cinéphiles de ce blog (sauf éclairage nouveau). En parlant d’éclairage on peut effectivement mentionner à nouveau le travail de Pierre LHOMME, récemment disparu, sur L’ARMEE DES OMBRES qui à la dixième vision (à la louche) reste un pur chef d’oeuvre…

      • RASTELL Jean-Pierre dit :

        Il faut toujours voir ou revoir un film de Melville, ne serait-ce que pour prendre la température du cinéma de notre temps que je trouve personnellement peu résistant et résistant comme l’a été incontestablement le cinéma de l’auteur du « Cercle rouge ».
        Jean-Pierre Melville est comme on l’a souvent écrit le plus américain de nos cinéastes, même si naturellement il a su admirablement se servir du film noir américain pour projeter ses propres obsessions dans ce genre qui fut un extraordinaire miroir pour révéler l’envers de l’histoire contemporaine. Cette histoire on n’a eu que trop tendance à vouloir la voir aller dans un seul sens et le sens le plus progressif de préférence. Comment vivre dans une société qui ne semble plus faire histoire ou alors une histoire qui tourne désespérément en rond, dans un cercle toujours plus grand, d’où personne ne semble plus pouvoir s’échapper ? C’est peut-être cela, une image d’une histoire sans plus aucune histoire à faire, pleine de bruit et de fureur et qui ne signifie plus rien, que nous donnent aujourd’hui à voir, et peut-être mieux qu’en son temps, les admirables films policiers de ce cinéaste.
        Le cinéma de Melville est un cinéma de « résistant » et non pas bien sûr parce qu’il est l’auteur de « L’Armée des ombres », mais parce qu’il a su comprendre que le cinéma sans doute davantage que les autres arts de son temps est né nécessairement en résistance et en résistance avant tout contre une société qui n’est pas vue par le cinéaste comme devant être nécessairement bienfaisante. Il est étonnant que les films policiers de Melville ne nous montrent presque jamais ce qu’il en est des luttes idéologiques et politiques de son temps comme s’il avait compris que la politique contemporaine était la plus grande pourvoyeuse de mythes, de cercles rouges sanglants, de grandes illusions, pour parler comme Renoir, de notre temps, et que le salut ne peut consister que dans la fuite. Pour Melville comme pour Hitchcock on a toujours la mort aux trousses.

        • Yves Rouxel dit :

          A Jean pierre.Je vous rejoins complétement dans vos réflexions sur la fuite des hommes vers la mort qui les attends.Le cinéaste a été fortement marqué par les films noirs made in usa .Peu de femmes sont mis en avant dans ses films sauf peut etre Mathilde dans « L’armée des ombres »le cinéma de Melville est un cinéma fait d’hommes au passé trouble.La violence est omniprésente et les rapports de force sont légion avec quand un brin de morale.C’est toujours les bons policiers qui gagnent face aux vilains gangsters.Celà rappelle les fameux cow boys face aux indiens.

      • Yves Rouxel dit :

        A Damien d.Je ne veux aucunement me justifier ici mais quand j’ai un ressenti lors de la revision d’un film ,il faut que j’expurge l’ensemble.Je sais bien depuis que je fréquente ce blog qu’il vaut mieux répondre aux textes des livres,dvd ou cd que Bertrand met en avant tous les mois.Beaucoup de titres de films ne sont pas disponibles ou très chers,les livres sont plus abordables ainsi que les cd grace aux sites de vente en ligne.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          La plupart des films dont je parle dont je parle sont disponibles sinon je n’aurai pas pu les voir. Certains, il est vrai, en zone 1, sans sous titres mais beaucoup parlent anglais.

  11. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier :
    J’ai lu avec intérêt cette nouvelle chronique et je voulais juste relever un point concernant L’HOMME QUI RIT de Paul Leni (1928).
    A moins d’avoir mal interprété le sens de votre phrase (relue plusieurs fois) ce n’est pas Lon Chaney qui interprète Gwynplaine mais le grand acteur allemand Conrad Veidt (1893-1943), lors d’un de ses séjours à Hollywood. Et il est formidable dans ce rôle qui effectivement avait été proposé à Chaney qui l’a décliné étant pris par le tournage de THUNDER de William Nigh.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      J’ai du effectuer un mauvais copier coller entre deux textes. J’avais en effet écrit : « En revanche l’interprétation magistrale de Conrad Veidt traduit parfaitement cette orchestration d’antithèses caractérisant son personnage : rire et souffrance, difformité et grandeur d’âme »

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier : je me suis un peu douté qu’il s’agissait d’une erreur de ce type, mais j’ai tenu à rendre à Conrad ce qui n’appartenait pas à Lon.

        Sur un autre sujet, j’ai moi aussi beaucoup aimé NEBRASKA d’Alexander Pagne, beau road movie riche sur le plan psychologique dans lequel Bruce Dern est très émouvant. Vous soulignez avec justesse la magnifique photographie noir et blanc de ce film que j’aime revoir souvent, tout comme ABOUT SCHMIDT (2002) du même réalisateur, dans lequel Nicholson à peine à la retraite perd son épouse. Il part sur les routes dans son camping car, fait diverses rencontres tout en se rendant au mariage de sa fille dans un autre état.
        C’est aussi un beau road movie, une autre approche de la vieillesse (le personnage de Jack Nicholson diffère de celui campé par Bruce Dern), mais on y trouve la même chaleur, la même sniff de vie. Un très beau cinéma.
        Je b’ai pas vu les autres films de Alexander Pagne…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SERVANT Jean-Pierre
          J’en ai loué un grand nombre dans ce blog et je trouve que c’est quelqu’un de très bien

        • Alexandre Angel dit :

          A SERVANT Jean-Pierre,
          J’aime beaucoup NEBRASKA, qui m’avait cueilli en 2014 par son maniérisme atemporel (on regarde ça en pensant à certains Jarmusch ou à UNE HISTOIRE VRAIE , de David Lynch, ce qui est déjà sympa, mais en plus humble), et sa vision de la vieillesse va à l’encontre du pittoresque facile : non seulement les « vieux’ y dominent la fiction, ce qui me parait à contre-courant, mais en plus, ils n’ont rien d’attachant physiquement, n’était la tignasse blanche de Bruce Dern qui fonctionne comme un motif graphique.
          Il faudrait presque se pencher sur le retour de Bruce Dern, à partir du TWIXT, de Francis Ford Coppola (pour une fois, la résurrection ne vient pas de Tarantino, qui l’a pourtant utilisé dans THE HATEFUL EIGHT).

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Alexandre Angel :
          BRUCE DERN J’avoue mal connaître sa filmographie. J’ai quelques titres qui me reviennent à l’esprit bien sûr, mais rien de régulier. Je me souviens du jeune amants de Charlotte dans HUSH, HUSH… d’Aldrich, mais c’était très court, quelques rôles de crapules dans des westerns ou polars, sa prestation en vedette dans FAMILLE PLOT d’Hitchcock qui n’est pas – à mon avis – le film le plus intéressant de son auteur, son rôle de concierge dans le sinistre manoir de HANTISE de Jan de Bondt, mauvais remake de THE HAUNTING de Wise et le Tarentino.
          NEBRASKA m’à fait découvrir un merveilleux acteur, d’une grande justesse. Et je ne connais pas le film de Coppola, pourtant récent (2012), dont je viens de lire le résumé avant d’écrire ces lignes. Le plus incroyable c’est que je pensais – à tort – que cet acteur tournait peu. Ce qui s’avère totalement faux en regard de sa filmographie.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          Dans la série « il faut toujours se relire »
          – Alexander Pagne = Alexander PAYNE
          –  » la sniff de vie » (pas mal aussi), correspondait pour moi à « la soif de vie ».
          Désolé.
          Merci. Je vais chercher sur le blog ce qui est consacré à ce metteur en scène vraiment très intéressant.

        • Denis Fargeat dit :

          A Servant JP
          Les appareils numériques auront notre peau ! Dans votre dos Alexander Payne se voit affublé d’un Pagne, et la soif de vie sanglote en un sniff… Lon Chaney s’est vu ici crédité d’un film de plus, mais d’après ce qu’on trouve au sujet de « Thunder » il aurait mieux fait de dénoncer son contrat : le film est, semble-t-il, perdu, il ne resterait qu’une partie de la bande-son, ce qui est insolite. Quant à William Nigh, hors quelques mr Wong avec Boris Karloff, peu de titres excitants ; une carrière qui va de Mack Sennett à la MGM, puis PRC et Monogram. Un parcours où, avec le temps, la quantité se substitue à la qualité, on songe à William Beaudine et d’autres.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Denis Fargeat :
          Moi, j’ai toujours rêvé de voir ce THUNDER avec Chaney, parce que c’est je crois son dernier « muet », et les quelques secondes (on peut compter en secondes dans ce cas) vues dans le documentaire de Kevin Brownlow sur l’acteur m’ont plues. Le film est disparu. Pour toujours ? Sait -on jamais. On pourrait au moins l’évaluer.
          J’avais lu que le tournage avait été difficile en raison d’un rude hiver pour les prises en extérieurs, Chaney contractant une broncho-pneumonie qui va bientôt dégénérer et accélérer le déclin physique de l’acteur.
          William Nigh est un nom que je vois parfois, mais je n’ai pas vu les titres que vous citez.

        • Alexandre Angel dit :

          J’aimais bien, moi, le « sniff de vie ».

        • Alexandre Angel dit :

          Toujours à propos de Bruce Dern, vedette de NEBRASKA, il est aussi de la distribution du remarquable et estimable film de Laure de Clermont-Tonnerre: NEVADA (sic), à l’affiche actuellement.
          Film qui apporte sa pierre à l’édifice des œuvres (souvent des westerns)où l’on voit des chevaux se faire dresser.
          C’est un film carré et sensible, qui métisse habilement western et film de taulards.
          Dommage que l’on passe par la figure obligée du mec seriné en pleine promenade, ce qui n’apporte pas grand chose au sujet principal, même si la scène est assez bien faite.
          Pour le reste, un parfum de SEULS SONT LES INDOMPTES plane sur NEVADA et le dernier plan est très chouette.

        • Yves Rouxel dit :

          A Jean pierre.J’ai découvert Bruce Dern à travers un western ou John Wayne est tuer un personnage campé par Bruce.Il s’agit des « Cow boys »qu’il faudrait que je revois un jour ou l’autre.

      • Damien D. dit :

        D’Alexander Payne revoyez tous SIDEWAYS que Bertrand avait mentionné en son temps sur ce blog et qui m’avait permis d’acheter le dvd : j’ai revu depuis le film plusieurs fois : personnages admirablement écrits et film qui vous fera aussi voyager (en cette période estivale) dans les admirables vignobles californiens… Je renvoie également au long entretien que Payne a donné à Bertrand dans AMIS AMERICAINS et où il y dévoile une cinéphilie tout en sensibilité (IL POSTO d’Ermnanno Olmi par exemple qu’il avait adoré et qui est en effet admirable)

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Damien D.
          SIDEWAYS. Je ne manquerai pas de le visionner avec quelques autres titres visiblement disponibles en vidéo.
          D’autant que je viens de relire les élogieux commentaires sur quelques films de PAYNE dans la chronique de juillet 2013.
          Merci de l’avoir signalé.

  12. Yves Rouxel dit :

    c’est avec beaucoup de tristesse que je viens d’apprendre la disparition d’un des derniers grands chef opérateurs français en la personne de Pierre Lhomme.Il a éclairer quantités de films:d’Alain Cavalier à James Ivory puis aussi le film qu’il à réalisé avec Chris Marker »Le jolie Mai ».Il était venu il y a quelques années à la Cinémathèque de Toulouse afin de nous « éclairer »sur son travail minitieux,il était d’une grande discrétion et plein d’humilité quand il évoquait le cinéma français d’après guerre.

    • Marc Salomon dit :

      Oui, les temps sont durs pour les chefs op…
      Une autre disparition passée inaperçue en France, celle du très grand chef op. polonais Jerzy Wojcik auquel on doit la photographie de EROICA (Munk), CENDRES ET DIAMANT (Wajda), MERE JEANNE DES ANGES et PHARAON (Kawalerowicz)…
      Je citerais aussi, moins connu malheureusement, PERSONNE N’APPELLE de K. Kutz en 1959, une de ses plus belles photographie en noir et blanc.

      • ballantrae dit :

        Oui travail admirable.Je ne connais pas ce dernier titre et vais voir comment me le procurer.
        Mère Jeanne des anges dévoile des compositions et des lumières effectivement incroyablement plastiques, dynamiques et dramaturgiquement signifiantes.
        Je viens de revoir dans un autre genre La belle et la bête de Juraj Herz qui possède une photographie couleur d’un raffinement extraordinaire.
        Ces cinéma de l’Est recèlent des trésors apparemment infinis.

  13. Alexandre Angel dit :

    Moites (mais néanmoins chaleureuses) salutations à tous!
    Question à Bertrand.
    Puisqu’il est question d’Henry King, j’ai vu que deux blu-rays d’allure engageante sont consacrés à LA COLLINE DE L’ADIEU et TENDRE EST LA NUIT. Compte-tenu de tout ce que vous avez du revoir pour rafraîchir vos souvenirs pour 100 ANS, avez-vous réévalué certains Henry King tardifs souvent jugés guindés ou académiques?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A ALEXANDRE ANGEL
      Non pas tant que ca même si LA COLLINE DE L’AIDEU est un poil meilleur; TENDRE EST LA NUIT est un ratage absolu. Mieux vaut revoir THE GUNFIGHTER, UN HOMME DE FER, WAIT TILL THE SUN SHINES NELLIE et les muets

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Malheureusement WAIT TILL THE SUN SHINES NELLIE n’est pas disponible en DVD avec sous-titres. Par contre il y a toujours le superbe Blu-Ray Fox de JESSE JAMES qui rend justice à la beauté plastique du film. Les couleurs sont différentes d’autres films en Technicolor de l’époque, l’image ressemble parfois aux anciens autochromes (avec un grain plus fin toutefois mais visible). Le film vaut surtout pour sa beauté, son harmonie. King bouge plus la caméra que Ford, mais ne le fait jamais de façon jamais voyante. Aucune transparence si je me souviens bien ne vient briser l’harmonie de la lumière et du cadre (alors que chez Ford il y a en souvent quelques unes très évitables, par exemple dans le plastiquement très beau et contemporain DRUMS ALONG THE MOHAWK), pas de rupture non plus entre scènes en décors naturels (nombreuses) et celles en intérieur, entre scènes de jour et scènes de nuit, un enchantement… CAPTAIN FROM CASTILE bénéficie également d’une photo somptueuse, un technicolor beaucoup riche et saturé que celui de JESSE JAMES (tout comme THE BLACK SWAN), le film est bien mené mais la fin, une apologie de la conquête du Nouveau Monde par les Espagnols, est indéfendable, quand on sait un peu ce qu’il s’est réellement passé, ce qu’on savait très bien à l’époque de la réalisation du film, d’autant plus dans les pays anglo-saxons et protestants qui se sont longtemps servis de la légende noire de la conquista pour présenter leur propre conquête comme plus humaine et plus « éthique » comme on dit aujourd’hui. Et cette fin contredit ce qu’on a vu avant, c’est à dire un héros pas du tout motivé par de hauts idéaux, et des Indiens très civilisés et ne cherchant pas l’affrontement.

        • Alexandre Angel dit :

          A Mathieu,
          CAPITAINE DE CASTILLE est un film que je ne comprends pas.
          Il démarrait tellement bien: le premier quart d’heure nous fait miroiter un magnifique film d’aventure, imprégné de visions raffinées d’esthète érudit (cette Espagne du XVIème siècle si juste en termes de direction artistique).
          Las, à partir du moment où l’on s’embarque pour les Amériques, le film me donne le sentiment de me faire poireauter dans un hall de gare alors que le train n’arrive jamais. C’est pesant, statique, bavard.
          Et soudainement, tout ce beau monde s’en va conquérir l’Eldorado en fanfare et grandes pompes. The End.

        • Mathieu dit :

          A Alexandre Angel:
          C’est surtout la toute fin de CAPTAIN FROM CASTILE qui est pénible. Mais je préfère quand même ce film à d’autres de King comme SNOWS OF KILIMANJARO, STANLEY AND LIVINGSTONE ou THE SONG OF BERNADETTE. Ce dernier est plastiquement très beau, en partie grâce à la photo d’Arthur Miller, mais je reste totalement étranger à cette histoire qui nous explique qu’il est bon de croire et mal de douter (scénario de George Seaton qui reprend la même idée dans MIRACLE ON 34TH STREET mais se façon plus divertissante et moins terriblement sérieuse). Le Mal est donc incarné par Vincent Price, qui traîne comme un Judas tout au long du film la malédiction de ne pas croire à l’incroyable. J’ai un peu le même problème (en moins grave) avec NIGHT OF THE DEMON de Tourneur où le scepticisme est également condamné. STANLEY AND LIVINGSTONE est beaucoup moins brillant visuellement (beaucoup de transparences et de raccords plans en studio/seconde équipe trop évidents), beaucoup plus bavard aussi mais là encore c’est le propos du film que je trouve pénible. Livingstone est arrivé seul dans une société constituée et autosuffisante, c’est lui qui devrait être en état de dépendance vis à vis de la société qui l’accueille, y compris sur le plan technique (le grand domaine de supériorité des Occidentaux), pourtant il n’a rien appris d’eux, eux ont tout appris de lui, bref c’est un homme complet et eux des enfants. Mais ce doit être un film « humaniste » puisqu’on y apprend qu’on obtient beaucoup plus des Noirs par la gentillesse et la persuasion que par la violence…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          J’avais gardé un bon souvenir des séquences avec une Gardner radieuse et touchante dans SNOWS et pour SONG c’est une question d’état d’esprit. Le travail de King est impressionnant et sa direction de Jennifer Jones très réussie. Lourcelles a écrit une belle défense du film. STANLEY a plus vieilli même si les scènes dans la Société des Géographes sont plus réussies et peignent un monde fort peu reluisant. Il est marrant de voir que dans le dernier film de James Gray, on retrouve ce même scepticisme, ce même mépris pour les explorateurs. Cette société de bureaucrates semble avoir passé son temps à refuser de croire ce que lui révélaient les défricheurs de continents de Stanley à Burton

        • MB dit :

           » J’ai un peu le même problème (en moins grave) avec NIGHT OF THE DEMON de Tourneur où le scepticisme est également condamné.  »
          c’est exactement mon problème avec ce film qui est le seul Tourneur avec lequel je ressens ça. A la rigueur peu importe mais cet anti-rationalisme s’allie et se dramatise à côté, par un ton roborartif et concret, contradictoire.
          Ou alors JT ne stigmatise que le héros et n’exprime pas son propre sentiment.
          Ce film est déséquilibré.
          J’ai revu récemment NIGHT CALL (4eme Dimension) dans lequel JT Joue à fond la carte irrationnelle ou fantastique, mais justifie ceci dramatiquement par une cruauté morale assez forte envers l’héroïne (l’excellente Gladys Cooper), qui est punie et provoque une rupture définitive avec le fantôme de son amour passé, définitivement! Très noir.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A MB et Mathieu : NIGHT OF THE DEMON.
          Je n’ai personnellement jamais été gêné par le traitement de cette histoire et j’avoue que c’est le « Fantastique » ou « film d’atmosphère » de Tourneur que je préfère en faisant abstraction du ridicule démon mécanique rajouté par les producteurs quand le réalisateur est reparti aux USA après ce tournage britannique.
          Je l’avais découvert gamin au ciné club de Claude-Jean Philippe et depuis je le revois souvent, toujours « emballé ».
          Je n’ai pas revu NIGHT CALL (je l’ai donc je vais y remédier) aussi je n’ai pas d’avis « arrêté » pour le moment.

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Franchement ce que je préfère dans SNOWS… ce sont les plans de seconde équipe tournés à Paris (c’est rare de voir des rues de Paris en 1951-52 tournées en 35 mm Technicolor). Et à la fin du film le plan de l’arbre déserté par les vautours, qui symbolise le retour à la vie de Gregory Peck, est très beau , mais je ne sais pas si c’est une idée d’Hemingway, du scénariste ou de King lui même. Mais comment Peck peut-il confondre Ava Gardner avec Susan Hayward même de loin? D’ailleurs je ne sais pas pas si la fin est si heureuse que cela. Peck va devoir vivre le restant de sa vie avec Susan Hayward. Ne vaudrait-il pas mieux mourir tranquillement en admirant le coucher de soleil sur le Kilimanjaro?

        • Alexandre Angel dit :

          Mathieu dit :
          « Peck va devoir vivre le restant de sa vie avec Susan Hayward. Ne vaudrait-il pas mieux mourir tranquillement en admirant le coucher de soleil sur le Kilimanjaro? »

          C’est gentil pour Susan Hayward!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Ah bon je ne suis pas tout seul à avoir ce (petit) problème, ça me rassure. Et quitte à commettre un sacrilège et à passer pour un esprit borné je n’ai pas aimé ORDET de Dreyer pour des raisons similaires. Je n’ai pas vu NIGHT CALL, mais il me fait penser à un autre épisode de TWILIGHT ZONE intitulé LONG DISTANCE CALL (Saison 2, malheureusement pas tourné sur pellicule mais sur bande vidéo), qui associe également téléphone et communication avec l’au-delà et que j’avais trouvé original et même assez dérangeant pour un épisode de série télé (donc à l’époque forcément consensuel et « familial »).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          C’est marrant, je n’ai jamais envisagé NIGHT OF THE DEMON comme un film imposant une thèse ou une croyance. Ce n’est pas le cas d’ORDET ni du BERNADETTE de King, ce dernier étant un réalisateur chrétien qui veut faire partager sa foi. Tourneur ne soutient pas d’idée générale, il indique une possibilité dans un cas. La présence d’un surnaturel qu’il ne voulait pas montrer juste évoquer mais il croit à cette possibilité comme il croit aux pouvoirs vaudous dans I WALKED WITH A ZOMBIE

        • MB dit :

          NIGHT: il ne s’agit pas d’une thèse mais d’une hésitation OU d’une perte de contrôle qui vient de la prod.JT ne travaillait pas dans les meilleures conditions.
          Il s’est lancé dans deux directions différentes, et j’aime bien le monstre final, pas la main, fût-elle celle de Tourneur.

          En ce qui concerne Dreyer, DIES IRAE dans mon esprit, stigmatise les croyances imbéciles avec talent, et pourtant, on apprend par ailleurs que Dreyer croyait à la sorcellerie! Curieux. Je crois que c’est son chef d’oeuvre, j’ai vu GERTRUD trois fois et me suis endormi toujours au même moment, j’ai abandonné.
          à Rouxel: 60° impossible!

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          En fait ça ne m’a géné que lors d’une vision récente (grâce au Blu-Ray Wild Side), et cette légère irritation est moindre que ce que j’ai ressenti en voyant BERNADETTE ou ORDET, et je n’ai rien ressenti de tel en voyant I WALKED…, pour moi un des meilleurs Tourneur (Jacques), et peut-être le meilleur Lewton. A propos de Lewton et de religion, j’aime que le personnage d’Arthur Shields dans APACHE DRUMS de Fregonese ne se résume pas au prédicateur puritain et fanatique qu’il paraît être au début. Avant même le huis clos de l’église, quand Shields décide si je me souviens bien de sauter de cheval pour aider McNally à se défendre contre les Apaches, on entrevoit une figure plus complexe, en tous cas un homme sincère et courageux. APACHE DRUMS est un bon exemple de film qui dessine des personnages complexes sans recourir à de longs dialogues et à l’analyse psychologique.

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Le seul film que j’aime vraiment de Dreyer c’est VAMPYR et on n’est pas obligé de croire aux vampires pour l’apprécier. J’ai vu récemment MIKAEL, de la période muette lui aussi, avec un Walter Slezak jeune, mince et beau. Je dois dire que le film m’a assez ennuyé. Je crois que ce qui se dégage de tous les films de Dreyer c’est l’affirmation de la supériorité de l’amour et de la foi vécue comme une forme d’ absolu qui se heurte au relatif, à la petitesse, à la mesquinerie, à l’aveuglement de la société qui a perdu le sens de cet absolu. Dans DIES IRAE, l’absolu c’est l’amour de la femme du Pasteur pour le fils de celui ci, un homme qui ne répond pas à cette exigence d’absolu et la trahit en se rangeant aux lois de la société. Je n’ai rien lu sur Dreyer, mais il me semble que s’il croyait comme vous dites à l’existence des sorcières, il n’y voyait pas l’incarnation du mal, le mal c’est plutôt la société et ses conventions qui tentent de détruire les manifestations de l’absolu dans l’amour.
          Pour revenir au Tourneur, j’ai été impressionné par le monstre la première fois que j’ai vu le film (il y a longtemps à la télé) et les fois suivantes je l’ai trouvé inutile et redondant.

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Vous avez le don d’énervez plus d’une personne sur ce blog.On dirais que vous ètes le gardien du temple,une espèce de Jack Torrence enfermé dans ses propos ,ses non dits et ses contadictions.Pialat à déclarer un jour à Cannes qu’il savait que beaucoup de journalistes,critiques,producteurs,réalisateurs et acteurs ne l’aimait pas,eh bien moi non plus je ne vous aime pas.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Mais pourquoi cette flambée de haine injustifiée. Les remarques sur LES NEIGES DU KILIMANDJARO et NIGHT CALL sont intéressantes et non dogmatiques

        • Ballantrae dit :

          Yves franchement essayons de ne pas nous balancer ce type d’anathèmes car nous tomberions alors dans la mauvaise acception du net : division, psychodrames, etc…

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: vous représentez beaucoup de personnes ici? Mais qu’est-ce que vous racontez et d’où ça sort votre petite crise mais je m’en fous que vous m’aimiez pas, une autre fois vous direz que je suis votre meilleur ami, on commence à les connaître vos interventions interminables pour une chronique Dvdblog bis, ça suffit, arrêtez le délire ça fait des années que ça dure.
          et basta

        • MB dit :

          à Mathieu/DREYER j’avoue que la croyance en la sorcellerie de CD n’est pas forcément ultra vérifiée, on peut toujours contester tout ce qui est relaté sur les cinéastes. Dans mon souvenir, cette remarque vient quasi à coup sûr de Claude-Jean Philippe présentant le film chez Pivot mais je me méfie de mes souvenirs.

        • MB dit :

          à BT merci pour le coup de main, je suis épaté par ces flambées de mépris entrecoupées de saluts amicaux de la part de YV ça doit marcher avec la température (dés qu’on atteint plus ou moins les 60°).
          Je pense que Tourneur était un type très amer,car j’ai rarement vu dans une série US autant de noirceur, à la fin de NIGTH CALL, la vieille dame reste terrée de tristesse dans son lit, no happy end!

          (scénario de Matheson)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Amer certainement pas. Sceptique, pessimiste secret sans doute. Il y a des flambées de bonheur dans ses films (STARS IN MY CROWN, LA FLIBUSTIERE, LA FLECHE ET LE FLAMBEAU, LE PASSAGE DU CANYON), un bonheur fragile, sans cesse menacé et l’on pouvait tomber sur une part d’ombre. Mais parfois le pessimisme appartenait au genre. I WALKED est le contraire d’un film amer. La noirceur de NIGHT CALL est aussi dictée par la série et par Matheson et Tourneur la prend en compte d’abord parce que cela bat en brèche des conventions

        • MB dit :

          « La noirceur de NIGHT CALL est aussi dictée par la série et par Matheson et Tourneur la prend en compte d’abord parce que cela bat en brèche des conventions »
          d’accord

        • D Dumonteil dit :

          Il y a des flambées de bonheur dans ses films (STARS IN MY CROWN)

          Et c’est cette flambée de bonheur qui jaillit lors de la lecture des dernières volontés de l’oncle Famous Prill*lues par le pasteur (Joel McCrea,je dois dire par contre que ses deux autres collaborations avec Tourneur ne m’ont pas passionné) et m’a fait m’enthousiasmer ,par récurrence , pour un film qui au départ ne m’accrochait pas car semblant partir dans plusieurs directions .
          *Et quelle émotion quand le pot aux roses est révélé ..

          Chronique d’une ville plus que western classique ,racontée par un vieil homme qui se rappelle son enfance après la guerre de Sécession;il y a en fait plusieurs intrigues qui s’entremêlent ,et malgré ce final qui « rend heureux » (comme celui de « it’s a wonderful life « dont « 50 ans » a montré le côté pessimiste latent) ;pour chaque joie de la vie ,le malheur n’est pas loin :au terme du pique-nique romantique du jeune médecin et de l’institutrice,il apprend la mort de son père ;c’est quand il assiste à un numéro de magie que le jeune heros (Dean Stockwell) contracte la typhoïde qui va contaminer le village .

          Et pourtant,le soleil brille pour tout le monde !

        • Ballantrae dit :

          oui tourneur ne me semble pas pessimiste mais porteur dans nombre de ses films d’une inquiétude sourde qui trouve à se concrétiser dans une atmosphère de cauchemar éveillé.
          l’exemple de stars in my crown est très pertinent à ce titre.

  14. Yves Rouxel dit :

    Ambiance moite,chaleur acablante tout le long du film d’Yves Allégret « Les orgueuilleux »qui est à mon avis l’un de ses meilleurs avec aussi »Nez de cuir ».un couple de touristes français débarque dans une petite ville près de Vera cruz au Mexique.L’homme est pris de vomissements et est transporté a l’hotel du coin.Le docteur diagnostique une méningite et le met en quarantaine.C’est là que surgit Georges,titubant sous l’effet de l’alcool,cet ancien medecin n’a jamais désoullé depuis la mort de sa femme.Gerard Philipe incarne cet homme a la dérive qui n’a plus rien à perdre sauf un verre de téquila qu’il gagne en dansant dans un bar miteux dont la serveuse est parisienne et maitresse du patron du bar.La scène la plus forte est celle de la piqure administrée à Nelly,en gros plan on voit l’aiguille entrée dans la colonne vertébrale.Georges l’a maintient car la souffrance est trop intense.Dans le bonus on apprend que le tournage tiré de la pièce de Sartre « Typhus »a été éreintant et dur pour les deux équipes qui se relayés sous l’effet de la chaleur.Michèle Morgan raconte qu’elle était obligé de se lever trois fois par nuit pour se doucher.Il faisait plus de 60 degrés dans les chambres.Elle évoque aussi la personnalité timide et réservé de Philipe qui avait besoin lors du tournage de rester seul dans sa chambre loin de l’équipe et des acteurs.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      J’ai redécouvert ce film qui tient le coup malgré Gérard Philippe qui « joue » l’ivrogne et de manière assez lourde alors que Morgan est épatante de justesse.Michelle Cordoue aussi est déplacée. Elle était la femme d’Allégret qui l’imposa dans un personnage fort peu vraisemblable. Remarquable musique de Paul Misraki qui superpose des harmonies très modernes et des airs du folklore chaque fois qu’on passe devant un bar. Musique qu’il faudrait réenregistrer

      • Yves Rouxel dit :

        A bertrand.C’est vrai que Gérard Philipe à l’air de surjouer ses scènes mais il reste crédible dans le role.Je tiens à rajouter que dans le bonus Michèle Morgan précise bien que ce n’est pas à cause de ce tournage ainsi que du film de Bunuel que Philipe tomba malade et mourrut en 59 il me semble.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film de Serge Laroche avec Arletty dont le titre est »Madame et ses peaux rouges »que j’ai hésité à acheter?

        • D Dumonteil dit :

          A YR

          Il faut replacer ce navet dans son contexte :
          rappelez-vous que « la fleur de l’âge » le Carné /Arletty de 1947 fut abandonné et qu’il ne reste que quelques minutes qui ont disparu on ne sait où;voir le doc « carnet de naufrage  » dont on a déjà parlé.

          En 1948,Arletty se retrouvait devant l’impossible tâche de la « suite » des « enfants du paradis » ,de pair avec ses ennuis à la Libération qui la relègueraient,à de rares exceptions près,aux seconds rôles.

          Entre en scène le « producteur » Serge T Laroche
          « Un rigolo ce Laroche ;il avait séduit mon ami Jean Genêt qui voulait se le faire mais ne réussit pas »(« Arletty »,Denis Demonpion)

          Le film fut tourné sur la côte d’azur ,ne sortit pas faute d’argent ,fut retrouvé dans les archives de Porto Vecchio et montré pour la 1ère fois en 1987.

          Ce ne fut pas une découverte ,car le scénario est inexistant et la mise en scène amateuriste et indigente ;on croirait un film de mono de colonie de vacances fortuné qui aurait tourné ça pour la plus grande joie des gosses -qui ont dû adorer jouer avec Arletty
          et qui doivent avoir de chouettes souvenirs aujourd’hui.

          Même si vous êtes fan d’Arletty ,évitez-vous cela :voyez plutôt ,dans sa filmo d’après -guerre, »portrait d’un assassin  » gibier de potence  » « huis clos »….

          NB : imdb co-crédite Yves Ciampi.

    • D Dumonteil dit :

      « Les orgueuilleux »qui est à mon avis l’un de ses meilleurs avec aussi »Nez de cuir »
      sans aucun doute
      Allégret nous fait « suer  » avec ses personnages ;nous sentons la chaleur comme nous sentions cette pluie incessante dans « une si jolie petite plage « ..et j’ajoute comme nous sentions (et « entendions »)le vent dans le film muet de Victor Sjöström)
      »Nez de cuir » est un peu méconnu :un beau rôle de Jean MARAIS qui retrouve parfois les accents de « la belle et la bête »

      J’ai revu « manèges » avant-hier et me demandais s’il y avait un film français plus noir que celui-ci dans les années 50 (« voici le temps des assassins  » « la neige était sale » peut-être autant mais pas plus)
      C’est Jane MARKEN qui m’a le plus impressionné :cette violence verbale entre elle et BLIER !
      Don Malcolm m’a écrit que les spectateurs étaient stupéfiés pendant la projection; »incredible » dit-il ;après LA et San Francisco,il voudrait le montrer sur la côte est.

      • Yves Rouxel dit :

        A D Dumonteil.Merci pour la précision sur ce film avec Arletty.J’ai bien de ne pas l’acheter.En revanche j’ai lu dans Positif que le 10 sort « 125 rue Montmartre »de Grangier et »Un sac de billes »en combo ou en dvd simple.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          125 RUE MONTMARTRE n’est pas un Grangier très réussi. Le scénario est alambiqué, Robert Hirsch en fait des tonnes. On retrouve Grangier dans la manière dont il filme les bistrots, le milieu populaire des crieurs de journaux

        • Henri Patta dit :

          Pour ma part j ‘aime bien 125 RUE MONTMARTRE.
          Le scènario est pas mal et j ‘adore le cotè « populo » que nous donne a voir Gilles Grangier.

    • Marc Salomon dit :

      A YVES ROUXEL :

      « Il faisait plus de 60 degrés dans les chambres. »…

      Faut peut-être pas exagérer !
      J’ai travaillé dans des pays chauds, très chauds, j’ai dormi dans des logements de fortune sans clim et sans ventilation, je n’ai jamais atteint de telles températures.
      C’est sans doute ce que les météorologues appellent aujourd’hui la température « ressentie.”

      • Yves Rouxel dit :

        A Marc.Je ne vais pas jouer les Louis Bodin de service mais en Asie lors de la mousson il peut faire jusqu’à 50 degrés.Je pense que Michèle Morgan et beaucoup de membre de l’équipe n’était pas habituer à ces hautes températures.Il y a aussi le fameux « ressenti »en plein soleil à 16 heures il fait plus chaud qu’a l’ombre à la même heure.

        • Mathieu dit :

          A Yves Rouxel:
          En Asie ce n’est pas pendant la mousson, mais avant qu’il fait insupportablement chaud (en mai et la première quinzaine de juin dans l’Inde du Nord), la mousson apporte au contraire une délivrance et est accueillie dans l’allégresse générale. 50-52 degrés c’est vraiment le maximum en Inde- et dans le reste du monde habité- et pas dans des régions tropicales du Sud (qui doivent avoir un climat comparable à Vera Cruz) mais celles semi désertiques du nord du Rajasthan (les mêmes ou il gèle en hiver…). et la température baisse la nuit (qui vient plus tôt qu’ici en été).

        • Henri Patta dit :

          Cher YVES , je travaille en asie depuis plus de 20 ans et la mousson rafraìchie au contraire de vos dires. 60 degrès me parait fort èxagèrès en effet. Em mai nous avons eu des pointes a plus de 40 , et c ‘est dèja infernal
          Au fait vous n ‘avez donnè envie de revoir 125 rue montmartre et j ‘ai apprèciè ce film a nouveau. Je vous le conseille donc.

      • Yves Rouxel dit :

        A Henri patta.Pourtant j’ai un ami qui vit en Malaisie et qui à souvent des malaises à cause de la chaleur.Je vais acheter « 125 rue Montmartre »de grangier rien que pour revoir le grand Lino.J’attends fin aout deux films de Boisset dont un colle à l’actualité: »Canicule »dont je garde un mauvais souvenir puis surtout »Folle à tuer »que je ne connais pas.Amical bonjour de toulouse.

        • D Dumonteil dit :

          »Folle à tuer »que je ne connais pas

          à YR

          Un film franchement décevant surtout après « Dupont-Lajoie » et « RAS »;Yves Boisset l’activiste a cédé la place à un faiseur de thriller -genre qu’il avait abordé avant avec « Coplan sauve sa peau » et « cran d’arrêt » ;le résultat est proche des médiocrités de la fin de carrière de René Clément ;d’ailleurs le personnage de Marlène Jobert , fragile et sensible, est proche de celui du « passager de la pluie » ;les deux films ,de plus , appellent Lewis Carroll à la rescousse ,celui de Clément le cite au début (le puits d’Alice) , celui de Boisset fait allusion au chat de Cheshire;l’interprétation (Jobert mais surtout Lonsdale) permet de sauver un peu ce film « à suspense » dont le scénario (signé Japrisot ,comme celui de Clément!) est finalement banal.

  15. D Dumonteil dit :

    très étonnant et remarquable PÉCHÉ MORTEL (Fox Europa Pathé),

    ceque vous dites dans « 50 ans  » est ce que j’ai lu de plus juste sur ce film ,en particulier cette scène où Gene Tierney voit les « autres  » arriver dans ses jumelles.

    • Denis Fargeat dit :

      A Dumonteil
      Une raison de plus d’attendre les « 100 ans de cinéma américain », qui reprendra certainement cette évocation…
      Ce « Péché mortel » est assez incroyable, pur film noir rempli de lumière, avec un technicolor qui magnifie une nature témoin du plus beau cas de jalousie que j’aie vu à l’écran. Et Gene Tierney…. quel éventail de rôles dans cette riche période !

  16. D Dumonteil dit :

    il faudrait revoir des chefs d’œuvres comme ONLY YESTERDAY

    Oh oui!s’il avait été refait par Sirk ,redevenu très « à la mode » après un long purgatoire ,il serait connu comme « images de la vie » et « le secret magnifique « ; ces versions noir et blanc ne méritent pas l’oubli et le dédain : »images de la vie » ,exécuté en trois lignes par Tulard ,est plus fidèle au roman initial et même si la version de 59 est meilleure , celle de Stahl a une actrice plus convaincante et de jolies trouvailles (le petit canard en caoutchouc) .

    Comme « images de la vie » , « une nuit seulement  » (only yesterday) présente une femme sans homme qui fait son chemin (Fannie Hurst ,auteure de « imitation of life » et de « back street » disait qu’il fallait plus deux fois plus de courage à une femme qu’à un homme pour faire moitié moins de chemin » ) réussit (mais Stahl n’accorde que peu de place au magasin de luxe de son héroïne ,pas plus qu’au commerce de crêpes de Claudette Colbert dans « imitation » ) et au bout du chemin n’aura connu qu' »hier seulement » .

    Le film est un long flash back suivant une description du Jeudi Noir :le coup de pied dans la ruche suit une nuit où l’on fait la fête au champagne et au caviar ;après ce début absolument étourdissant ,un homme au bord du suicide trouve une lettre :
    celle d’une femme qu’il a connue avant de partir à la guerre qui s’est retrouvée enceinte de lui .

    Il faut voir Margaret Sullavan -qu’on a souvent vue dans les chefs d’oeuvre de Frank Borzage- essayer en vain d’accrocher le regard de son amant au retour des soldats ;devenue riche,car seule sa réussite sociale lui ouvre le milieu ou elle peut le retrouver ,elle confie à cet homme qui ne la reconnait toujours pas ,qu’elle a été heureuse deux fois, la deuxième fois ce soir ; quand il murmure « et la première? » ,elle s’éclipse …

    Quant à la fin ,on pense à celles,ultérieures bien sûr, de « un carnet de bal » ou de « to each his own » de Leisen ;oui c’est aussi fort que celles-là!

    Leisen est bien souvent oublié lui aussi hélas!

  17. MB dit :

    MON correspondant moldo-slovaque me dit qu’il y a un festival Jean Girault à Oulan-Bator. Ne loupons pas ça.

    sinon, bravo pour la nouvelle chronique, surtout par cette chaleur (bah… avec un petit Mojito près du clavier, pas vrai Bertrand?…).

  18. Mathieu dit :

    A Bertrand:
    Le DVD du MONTE CRISTO de Fescourt est épuisé mais comme on le trouve à ma médiathèque, je suppose qu’on doit le trouver aussi dans d’autres médiathèques municipales ailleurs en France. Il se trouve que je l’ai revu récemment (après avoir lu ici Yves Rouxel affirmant que LES MISERABLES du même Fescourt -dont Lourcelles dit que c’est la meilleure version cinématographique- allait sortir en DVD avant la fin de l’année, information dont je ne trouve pas confirmation sur la toile).
    Je dois dire que j’ai été assez déçu car j’avais gardé un bon souvenir du film. J’ai vu le Fescourt juste après la version de Rowland V. Lee avec Robert Donat que j’ai nettement préférée. Je n’ai jamais lu le roman et il y a de grosses différences de scénario entre les deux films, et connaissant les moeurs scénaristiques de Hollywood, la fidélité doit être du côté de Fescourt. Si je me souviens bien, dans la version de Lee, plus de Caderousse et dans le Fescourt pas de Baron Danglars, qui lui a beaucoup d’importance dans le film de Lee, devient banquier et Dantès se sert de sa fortune pour le ruiner par des opérations boursières. dans le Lee on trouve aussi la trahison de Mondego vis à vis d’insurgés albanais (et pas grecs), montrée de façon rapide mais frappante dans un spectacle dans le spectacle à la Hamlet. C’est vrai qu’ Angelo ressemble à Guitry, je ne le trouve pas si bon que ça est le film ne s’améliore pas en cours de route. Donat est beaucoup plus crédible à la fois en jeune marin de vingt ans au début et en homme que personne ne reconnait vingt ans plus tard sauf Mercedes. Entre le Fescourt et le film de Lee il n’y a que six ans d’écart et tout un monde, pas seulement parce le Fescourt est muet et le Lee parlant (et que le Fescourt est une très grosse production et le Lee un film au budget très moyen, une production Edward Small, le bien nommé). Le film de Lee est beaucoup plus court et le rythme beaucoup plus enlevé, ce qui empêche un spectateur comme moi de trop penser aux démentes invraisemblances du récit. Avec le Fescourt, on a tout le temps d’y songer… Le Fescourt a pour lui les décors naturels de Marseille et du Midi mais c’est surtout au début du film, décors qui contrastent avec ceux du palais que Dantès construit dans l’île de Monte-Cristo (on pense aux décors du VOLEUR DE BAGDAD de Walsh…)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Mathieu
      Je vous trouve très sévère et injuste. Il y a de très nombreuses scènes qui sont cent fois plus fortes dans le Fescourt

  19. Denis Fargeat dit :

    Et encore une éblouissante livraison!
    Je ne connaissais pas les côtés sombres de Mel Brooks, mais quelques témoignages vus au fil de divers bonus dévoilent son humanité inquiète. C’est un personnage à fleur de peau, un entertainer, quelqu’un que je sens aussi conscient de ses limites et de sa place. C’est aussi un satiriste hors pair (la caverne de maître Yogurt, pleine des produits dérivés du film « Spaceballs ») et un as de la mise en abyme ( Spaceballs aussi , et lorsqu’il s’agit de parler des musiques intra ou extradiégétiques, quoi de mieux que l’orchestre symphonique dans le bus de « High anxiety », commentant les dialogues des personnages…) Au passage, hommage à John Morris qui est au moins le meilleur artisan possible, de la musique des « Producteurs » à celle de « Spaceballs » en passant par, oui, « Elephant man », qui est pour moi une des plus belles mains qu’un producteur ait tendue à un réalisateur inconnu.

  20. Denis Fargeat dit :

    Cher Bertrand
    Je ne m’attendais pas à vous reprendre un jour , mais si Lon Chaney était bien envisagé par la Universal pour L’homme qui rit, ils n’ont pu le débaucher de la MGM où il était parti ; et c’est au génial Conrad Veidt qu’il faut ici rendre hommage, épaulé par les débuts éblouissants de Jack Pierce, qui s’inspire sans doute des techniques de Chaney : le douloureux maquillage par retrait, qui interdisait à Veidt de prononcer la moindre parole, une des raisons qui ont gardé ce film de 1928 dans le camp du muet – certains ont pointé cette incohérence dans le récit même de Victor Hugo : il doit être bien difficile de faire preuve d’éloquence quand on a subi pareille mutilation.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Denis Fargeat : VEIDT / CHANEY
      Désolé, je n’avais pas lu votre commentaire, antérieur au mien.
      Effectivement la production n’a pas perdu au change avec Conrad Veidt dans le rôle de Gwynplaine.
      Je pense (admiration oblige) que Chaney y aurait été aussi excellent bien sûr.
      A propos de l’édition dont le visuel apparaît en ouverture de cette chronique, je voulais savoir ce que vaut le nouvel accompagnement musical. J’ai l’édition antérieure (FSF), qui comprend une musique composée par l’éditeur et la musique originale d’époque, certes un peu datée mais que je préfère amplement.

      • Denis Fargeat dit :

        A Servant JP
        La musique de cette édition, basée sur une copie 35 tirée en 1954, est composée et interprétée par le Berklee Silent Film Orchestra (pas trouvé plus de détail), émanation de la fameuse Berklee School of Music. Pas encore pu voir/entendre, ça doit être pas mal.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Denis Fargeat : (L’HOMME QUI RIT). Merci pour ces informations.

  21. switters dit :

    Je partage votre enthousiasme pour le livre de Mathieu sapin, caricature fort réussie. Et je ne peux que conseiller les deux livres de Gérard Depardieu, sortis récemment, Innocent et Monstre où l’on retrouve notre acteur plus intime et habité. Plus proche de ce qu’il est dans son joli spectacle sur Barbara. Avec de très belles évocations, entre autres de Pialat, Truffaut Dalio dans le premier ; et dans le deuxième de toute sa périodes italienne, Monicelli (Rosy la bourrasque), Bertolucci (1900), Mastrioanni ou encore ses films avec Ferreri qu’il semble placer trés hauts dans ses films favoris.

    • Yves Rouxel dit :

      A Switters.entendu à la radio que Gégé vient de vendre son restaurant parisien et brade les sièges en velours,la vaisselle ainsi que des grands crus à 6000 euro la bouteille de rouge(cela fait cher la cuite à ce prix la).

  22. Pierre dit :

    Merci pour cette nouvelle livraison. Juste une précision sur Konchalovsky : RUNAWAY TRAIN a fait l’objet d’éditions je crois en France et en Grande-Bretagne. Le film a des partisans. Pour ma part je suis assez mesuré mais je reconnais ne pas l’avoir vu dans de bonnes conditions et sans doute devrais-je le revoir.

    • Yvon dit :

      Pierre RUNAWAY TRAIN Est en vente chez Amazon fr ds une copie dite restauré,je l’ai commandé aussitôt car au Québec c’est zéro(St-fr ou vfr)

      • OLIVIER GIRAUDEAU dit :

        Il a été édité en blu ray en France par ESC dans une belle copie (bien meilleure que le DVD MGM). Et n’oublions pas que c’est une adaptation d’un scénario d’Akira Kurosawa. Un des meilleurs rôles de John Voight, et d’Eric Roberts.

    • Yves Rouxel dit :

      A Pierre.J’ai vu « Casse noisettes »qui est un conte musical pour enfants qui laisse une part aux rèves et a l’imagination.Une bonne récréation je pense dans la carrière du frère du grand Nikita Mickalkof.

    • richpryor dit :

      Je suis un des partisans de RUNAWAY TRAIN, un très grand film selon moi. Je serais curieux de savoir ce que d’autres auraient à lui reprocher…

      • MB dit :

        100% d’acc sur RUNAWAY que j’ai vu un peu boudé ici sans que j’entrevoie pourquoi
        Jon Voight en fait des tonnes sans que ça me gêne.

  23. ballantrae dit :

    Oui Bertrand The deep blue sea est un film remarquable et émouvant et le discret et talentueux Terence Davies doit être découvert pour l’ensemble de son oeuvre.
    Dans un autre genre, Gérard de M Sapin m’a fait hurler de rire à de multiples reprises notamment quand le narrateur se rappelle Tenue de soirée ou quand il assiste au tournage de l’émission sur la bouffe.Peu après j’ai découvert à la TV cette émission ( un autre n° situé je crois en Catalogne): c’était assez monstrueux.moi qui croyais avoir un appétit solide , j’étais un peu écoeuré à la fin à force de l’avoir vu engloutir plat sur plat…ce sans beaucoup d’ellipses vu le montage!
    Gégé fut génial, peut soudainement le redevenir brièvement au détour d’un film récent…mais il est hors normes en fait!Cette Bd est vraiment très chouette et assez fine.Il y a un côté Tandem de Patrice Leconte.

    • D. H. dit :

      Je dirais même plus qu’il faut l’avoir vu aussi dans La femme d’à-côté, 7 morts sur ordonnance, Le sucre, Cyrano, le retour de Martin Guerre, Danton, Loulou, Un beau soleil intérieur, Trop belle pour toi… Gérard Depardieu est le plus grand depuis Gabin, à mon sens. Lorsque de cet homme taillé dans un chêne centenaire surgissent les mots, l’amour de celui-ci pour la langue française les fait passer par un alambic qui les enrobe de douceur, subtilité et délicatesse. Et s’il les dit si bien ces mots, peut-être est-ce pour la raison qu’il a rencontré ce qu’ils expriment lors de ses mille vies vécues, et sait donc leur sens véritable. Enfin bref, vous l’avez compris, je suis fan et suis fatigué des jugements à son endroit alors que le cinéma lui doit tant, si tant est que l’émotion ne soit pas étrangère aux causes de notre passion pour le cinéma.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A D.H.
        Vous avez assez raison et Depardieu a été récemment bluffant dans VALLEY OF LOVE et dans le Nicloux sur l’Indochine et revoir CYRANO est un enchantement

        • Gerfault Rodolphe dit :

          Lorsqu’on parle du génie de Depardieu, on prend toujours pour exemple ces grands films, comme par exemple le Cyrano ou les Truffaut. Mais n’est-ce pas aussi la valeur des grands de réhausser par leur présence la valeurs certains petits films? Je pense, par exemple à Depardieu dans « mon père ce héros » de Lauzier ou « Michou d’Auber », par ex.

    • Pierre dit :

      À Bertrand Tavernier, Rodolphe gerfault et dh

      C’est amusant parce que l’on vient d’évoquer à la fois brando et depardieu. Le consensus se fait pour dire que le premier s’est égaré dans des films impardonnables car paresseux et idiot (je synthétise vite ce que j’ai lu) alors que le second serait un grand dont la seule présence rehausserait de petits films.

      Je ne sais pas si la comparaison a du sens, mais elle me vient parce que ce sont deux sujets qui viennent d’être abordés sur le blog. Au final, je trouve cela tout à fait injuste pour brando, dont la qualité et le style d’interprétation ont eu une influence qui trouve peu d’équivalent. Il a été une source d’inspiration gigantesque pour tous les acteurs des années 70, avec certes une poignée de films, mais qui sont gravés dans le marbre. Bref, je trouve injuste de juger brando en citant son frankenheimer raté, tout en louant Depardieu par ailleurs en citant par exemple ses truffauts. Le second n’a rien à envier au premier en terme d’ego, de prises de position débiles et surtout de films ratés (sur ce point la liste est gigantesque).

      Il serait plus objectif à mon sens de dire que brando est entré dans l’histoire, à juste titre, malgré une gestion de carrière décevante, et que Depardieu est un grand acteur qui lui aussi gère mal sa filmographie, mais peut encore surprendre et utilise parfois ses investissements avec courage, comme il l’a fait pour cassavettes.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Pierre
        Tous les deux sont des personnalités hors norme mais Depardieu a souvent eu l’intelligence de s’associer à des metteurs en scènes de talent tout en tournant à coté tout et n’importe quoi mais avec parfois de vrais bonheurs : il n’y a pas seulement Truffaut ou Resnais, Pialat, Rappeneau, Duras, Ferreri, Blier, Wajda ce qui est deja pas mal il y a aussi Giannoli (il est extraordinaire dans QUAND J’ÉTAIS CHANTEUR), Nicloux, Claire Denis, Kervern et Delepine, Jean Becker (Dans la TETE EN FRICHE il est formidable) alors qu’on a l’impression que Brando lutte contre ses metteurs en scène (sauf à ses débuts et sauf Huston et un ou deux autres. Le palmarès de Depardieu parle pour lui

        • D. H. dit :

          La proposition est pour le moins hardie mais soit. N’étant érudit ni en Brandonerie ni en Depardieurie, et ne m’autorisant aucun jugement moral, je ne me lancerai pas en analyses foireuses sur les comportements extra professionnels de nos deux sujets, dès lors, néanmoins, que l’un et l’autre ont me semble-t-il, fait montre de plus d’empathie que de rejet envers, disons, les moins nantis.
          S’agissant de leur carrière professionnelle, la seule qui nous intéresse ici, le point commun, et c’est essentiel en effet, est le fait que ce sont tous deux de très grands acteurs.
          Brando a une incandescence « cinégénique », dont je ne vois, parmi les acteurs, que Delon comme rival crédible (mais n’ouvrons pas ici un troisième front !). En revanche, même en ignorant les détails de sa carrière, les anecdotes quant à ses conflits avec nombre de metteurs en scène sont si nombreuses qu’on ne peut les ignorer et qu’il serait assez hypocrite de ne pas reconnaitre qu’elles nous ont porté à nous faire l’image d’un acteur caractériel, plutôt imbu de sa personne, d’une star névrosée si vous me permettez cette tautologie. Ça ne retire rien à son talent.
          En revanche, ça l’oppose totalement à ce que l’on croit savoir de Depardieu. Au moment de la sortie de la BD, j’avais entendu une interview de Mathieu Sapin dans laquelle il disait avoir été frappé par le manque total d’intérêt de Depardieu pour le « qu’en dira-t-on », que c’était un électron libre, avec un côté très animal qui se foutait totalement des conventions sociales. Quant aux films que je citais, ils me sont venus à l’esprit dans l’ordre tel qu’écrit dans le post et oui, j’ai le souvenir d’un Depardieu bouleversant dans La femme d’à-côté, mais je citais d’autres metteurs en scène, Pialat, Claire Denis, Blier… Et pourquoi ai-je ce sentiment diffus que dès lors que le nom de Truffaut est cité, sur ce blog mais pas seulement, c’est comme si quelqu’un venait de proférer un gros mot ? Et si, on regarde, ce que j’ai fait postérieurement au post, sa filmographie, il est patent que les années 2000 sont quasiment intégralement oubliables mais, dès la décennie suivante, celle qui s’achève actuellement, l’intérêt artistique reprend ses droits. Et la fidélité car j’ai appris à cette occasion qu’il sera dans le prochain Giannoli.

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