Films noirs et westerns

3 août 2012 par - DVD

FILMS NOIRS ET POLICIERS

Wild Side dans ses Introuvables sort BORDERLINE (qui commence par un carton surprenant : « Milton H. Bren, le mari de Claire Trevor, et William Seiter présentent ») démarre comme un film noir classique : une policière du FBI doit infiltrer un gang de trafiquants de drogue. Mais dès le début, Seiter et son scénariste Devery Freeman (pourvoyeur de Red Skelton, d’Abbott et Costello, de Francis, Le  Mulet Qui Parle)  imposent un ton de comédie : Claire Trevor n’arrive pas à en placer une pendant que les flics parlent de son cas, elle tente de séduire Raymond Burr lors d’une chanson et d’une chorégraphie absurde (elle répète constamment la la la, en jetant les bras en l’air). La rencontre avec Fred MacMurray, gangster qui double Burr et s’enfuit avec elle et la drogue, vire au marivaudage, à la comédie de couple avec l’inévitable scène dans une chambre d’hôtel que les soi-disant jeunes mariés sont censés occuper. D’autant qu’on découvre que MacMurray est, lui aussi, policier et qu’en fait ils tentent de se piéger l’un l’autre. Les moments d’action sont ultra rapides, les morts n’ont pas l’air de compter (à une notation macabre près quand Trevor s’aperçoit qu’un dormeur est mort) et sont même objets de gags, l’enjeu du délit – la drogue – n’a aucune importance. Le ton est placide, le jeu des comédiens flegmatique et Seiter impose indéniablement une certaine rapidité, quasi invisible, sans jamais se mettre en avant. Cette légèreté ne génère pas beaucoup de tension dramatique. On se dit que le film aurait beaucoup gagné à être dialogué par William Bowers et joué par Robert Mitchum et Jane Greer.

J’ai trouvé SIDE STREET (LA RUE DE LA MORT) – sorti par Wild Side en même temps qu’INCIDENT DE FRONTIÈRE -  meilleur que dans mon souvenir. Avec des moments très aigus, très forts. Une réelle dureté de ton. Je me demande même si un ou deux moments de commentaire n’ont pas été rajoutés parce que le studio craignait que le personnage de Farley Granger ne soit pas assez sympathique. La mise en scène de Mann le dépouillait de tout romantisme (ce que l’on regrette stupidement par rapport au Ray : cela équivaut à reprocher à Hemingway d’être moins prolixe que Claudel), le mettait à nu dans sa fébrilité, bref décuplait l’écriture du scénario souvent astucieuse de Boehm. Tout ce que dit le commentaire est traité dans la mise en scène mais les mots tentent d’ajouter un quotient de sympathie.
Dans le dernier tiers il y a une ou deux péripéties mal centrées : la dérive vers le personnage de Jean Hagen, l’arrivée des flics à la fin.

WESTERNS

Revoir LE VENT DE LA PLAINE est un plaisir qui s’accroit à chaque vision. L’ampleur, le souffle du film, la largeur de sa vision, son humanisme me touchent chaque fois davantage. Et ce, malgré les coupes dont me parla Huston qui réduisirent le personnage de John Saxon, double de celui d’Audrey Hepburn, qui disparaît abruptement du film. Ce fort beau scénario de Ben Maddow (et Huston) est, selon Guérif qui donne de précieux renseignements dans les bonus, fidèle au livre d’Alan Le May, l’auteur du roman la PRISONNIÈRE DU DÉSERT dont Guérif signale la parution d’une nouvelle traduction, complète celle-là. L’exemplaire que j’ai avait paru dans une collection destinée à la jeunesse. Je n’ai jamais oublié les apparitions fantomatiques, dans le vent de sable, de cet officier prêcheur de haine qui sème la violence. Ni la confrontation entre les chants indiens et le piano de Lilian Gish. Je suis étonné que Huston ait dit qu’il détestait le film à cause de l’accident qui provoqua la fausse couche d’Audrey Hepburn. Il me parla longuement d’Audie Murphy qu’il aimait beaucoup, me cita des scènes et pas sur le ton de quelqu’un qui les renie.

RIVER LADY (LE BARRAGE DE BURLINGTON), encore un Sherman dont la première partie est vraiment agréable. La mise en scène qui combine souvent travellings et panoramiques pour accélérer le rythme est enjouée, plaisante. De grands mouvements ponctuent, soulignent, magnifient les entrées de champ (notamment la première apparition) d’Helena Carter, beaucoup plus mutine et vive que d’habitude. « Si vous continuez, je vais vous fesser » lui dit Rod Cameron en réponse à ses avances. « Je crois que j’aimerais bien cela » répond-elle. Les premiers plans du film, d’immenses arbres qu’on abat, témoignent d’une attention au paysage, à l’espace, qui fait le prix des meilleurs Sherman, même si par la suite, des transparences bancales gâchent le plaisir. On sent que le studio a voulu économiser le nombre de cachets en extérieurs pour les vedettes, surtout Rod Cameron condamné à lancer des ordres à une pelure de transparence. Le premier plan d’intérieur est encore plus réussi : Sherman nous montre une pièce archi-remplie de bûcherons qui s’entassent sur des lits, des chaises, des tabourets. Cela devient  les 70 frères de Barberousse avant l’arrivée de Jane Powell. Le dialogue de William Bowers donne de la vivacité aux scènes qui opposent Yvonne de Carlo, Rod Cameron et Dan Duryea : « je crois que je pourrais apprendre à détester votre copain si je m’y mettais vraiment », déclare ce dernier à Lloyd Gough. Malheureusement le dernier tiers est plus faible. Les personnages, surtout celui de Dan Duryea qui n’a plus rien à faire, ne progressent pas, les péripéties sont convenues et certains plans montrant la descente de la rivière sont répétés ad nauseam. La bagarre finale est plus prometteuse sur le papier et sa réalisation déçoit. On change presque de film.

Les principales qualités d’UNTAMED FRONTIER (PASSAGE INTERDIT) sont formelles, visuelles. Dès le premier plan, un panoramique le long de barbelés sur fond de ciel noir d’orage qui va cadrer un cavalier près d’une pancarte interdisant le passage (ce plan est repris, inversé, dans le cours du film). Dès les plans suivants, un panoramique de nuit dans une cour d’habitation suivi d’un très léger travelling avant qui s’enchaîne sur un gros plan d’un fouet sur une cheminée avec un travelling arrière qui recadre le propriétaire du domaine. Trois plans très composés. J’ai été frappé par la qualité de la photo de Charles Boyle (BATTLE AT APACHE PASS, TOMAHAWK)  avec ses dominantes, ses principes d’éclairages très contrastés qui renvoient davantage au film noir. Comme d’ailleurs certains cadres qui privilégient les contre-plongées dans les escaliers, les plongées comme celle très belle lors de l’entrée de Scott Brady et de Shelley Winters, qui viennent de se marier : elle accentue le malaise qui prévaut dans la scène. A plusieurs reprises, Fregonese compose des images qui témoignent des mêmes recherches que APACHE DRUMS : plan en courte focale opposant Shelley Winters et Scott Brady durant leur altercation, juxtaposition d’une robe noire et d’un mur gris ocre dans la salle à manger, gros plan sur Shelley Winters, toujours en robe noire avec une assiette violette à sa droite et du pain de maïs jaune à gauche, jeu avec des miroirs et des personnages dans le fond de la pièce, plan rapproché sur Lee Van Cleef et Scott Brady qui suggère des rapports troubles.
Le sujet d’ailleurs et ses premières implications (un avocat fourbe arrange un mariage pour que la femme ne puisse témoigner contre son mari) renvoient au film noir. Malheureusement le scénario très mal construit hésite entre les sujets, les effleure à peine et surtout les résout à la va-vite. Après une assez mauvaise scène de « stampede » (qui fait bâclée), les méchants sont liquidés  en deux coups de cuillère à pot sans l’aide des héros. Et puis Shelley Winters et Cotten manquent terriblement de charisme. C’est d’ailleurs inouï le nombre de westerns tournés par cette dernière et elle paraît souvent totalement déplacée (sauf dans WINCHESTER 73). La fin est vraiment décevante et soldée.

RED SUNDOWN (CRÉPUSCULE SANGLANT) est un western agréable malgré des extérieurs passe partout, une bourgade de studio (aux rues un tout petit peu plus animées que d’ordinaire) et une photo ultra classique de William Snyder. Le sujet (écrit par Martin Berkeley qui détient le record des dénonciations) laisse percer, comme dans les films de SF d’Arnold, des intentions pacifistes et morales : un tueur à gages essaie de se racheter. Rory Calhoun est plutôt pas mal (c’est un de ses meilleurs rôles), assez crédible. Les acteurs sont tous « typecasted » mais font leur boulot très efficacement (ils pourraient jouer ces personnages dans leur sommeil) : Robert Middleton en rancher tyrannique et menaçant (il a une peignée mémorable avec Calhoun, une des bonnes scènes du film), Dean Jagger en shérif intègre et, hélas, Martha Hyer, toujours fade en amoureuse languissante. La bonne surprise vient de Grant Williams qui trouve son premier rôle et deviendra un acteur fétiche d’Arnold : il joue un tueur doucereux, toujours ricanant, qui parle de manière mesurée et qui fait assez peur. Les séquences qui l’opposent à Calhoun sont vraiment réussies et font oublier le rebondissement hâtif de la première partie (la manière dont le héros échappe à une bande de tueurs qui ressort du serial). La fin est curieusement aussi abrupte qu’ouverte,  qui évite le mariage. C’est une production d’Albert Zugsmith.

Revu SHOTGUN ! (qui était sorti en France sous l’admirable titre de AMOUR, FLEUR SAUVAGE, peut-être parce qu’on voit deux ou trois fois, pas plus, des fleurs en avant-plan) et qui est un des seuls Lesley Selander visible avec PANHANDLE (écrit et joué par Blake Edwards) dans tous ceux que j’ai vu. Pourtant le début est catastrophique : découpage lamentable, décor de ville bâclé, cadrages plats. Le film s’améliore nettement quand on sort en extérieurs (tournés près de Sedona). Il  y a plein de petits détails marrants : la manière dont Sterling Hayden traite, rudoie Yvonne de Carlo ou, plus tard, lui demande du café sèchement. Elle s’insurge et l’engueule et lui redemande du café. Il y a un dialogue assez marrant avec un conducteur de diligence qui met un temps fou à se souvenir des choses. Dans la même scène, Sterling Hayden essaie de remplir sa gourde à un tonneau fixé sur la diligence mais le conducteur qui avait pourtant donné son accord, démarre le laissant interloqué. Zachary Scott joue un chasseur de primes cynique et les rapports qu’il a avec Hayden évoquent un peu les Boetticher. Le dialogue de toute cette partie (écrit par Rory Calhoun (!!!) et un scénariste qui écrivit la série TV où il joua puis, plus tard, SHALAKO) sont amusants : Zachary Scott qui fait ses comptes, le chef des hors la loi qui déclare, parlant de Robert Wilke à qui il vient de dire au revoir : « on peut être poli avec un homme qu’on va tuer ». Duel à la fin au Shotgun (plus prometteur qu’excitant) mais le traître n’est pas tué par le héros.
Et j’ai trouvé cela sur Lesley Selander, qui intrigue : “One standout that is seldom seen nowadays, however, is Return from the Sea (1954), a sentimental and lyrical story of a cynical, embittered merchant seaman and the equally disillusioned waitress he meets in a dingy diner in the waterfront section of town. It’s a surprisingly sensitive work for a man who spent his career making tough, macho shoot-’em-ups, and even more of a surprise are the outstanding performances by an unlikely cast : tough-guy Neville Brand as the sailor, perennial gun moll Jan Sterling as the waitress, and a terrific job by veteran heavy John Doucette as a garrulous, happy-go-lucky cab driver determined to bring the two together. With this little jewel Selander proved he was capable of much more than cattle stampedes, Indian attacks and gangster shootouts, but unfortunately he never made another one like it.”

Vous connaissez ?

JOE DAKOTA reste toujours un ovni. Ce démarquage d’UN HOMME EST PASSÉ (qui prend le contrepied de toutes les options, formelles ou dramatiques, de Sturges), transformé en parabole christique, possède toujours autant de charme. Aucun coup de feu mais un ton nonchalant, décontracté, à l’image de la démarche de Jock Mahoney lequel se cogne à une enseigne, prend un bain dans l’abreuvoir public. Michael Rawls signalait justement la pancarte SADDLES qui ponctue l’arrivé et Luana Patten. Francis McDonald qui joue le vrai Joe Dakota dans un flash back épuré, fut une star du muet, chez de Mille.

N’oublions pas les serials dont Bach films s’est fait une spécialité, notamment le brillant et réjouissant ZORRO’S FIGHTING LEGION (ZORRO ET SES LÉ GIONNAIRES) avec ses célèbres travellings (je conseille à tous ceux qui ne veulent pas voir tous les épisodes, avec les résumés et les résolutions souvent tirées par les cheveux de regarder la version film, en vf, qui était sortie en salle) et THE CRIMSON GHOST où l’on retrouve dans les bagarres, le choix des extérieurs, le découpage, le talent de nos deux duettistes. Entre autres.

 

Commentaires (124)

 

  1. Damien DOUSSIN dit :

    Un mot sur SHOTGUN que je viens juste de découvrir. Je suis d’accord avec vous sur les quelques scènes du film intéressantes mais j’ai trouvé l’ensemble assez faible tout de même (et la fin est décevante).
    Je rebondis sur une question : avez-vous des informations sur cette maison de production qu’était la Allied Artists ? A t’elle produit des films intéressants ? Je n’ai rien trouvé dans le dictionnaire du cinéma de Larousse et je ne sais plus si Stéphane Bourgoin et Pascal Mérigeau en parlent dans leur livre sur la « série B »…

  2. thierry dit :

    Bonjour à tous…

    c’est l’hiver, il neige.. regardons des westerns!!!!
    Ce fût chose faite ce dimanche mâtin en découvrant « RED SUNDOWN » de Jack ARNOLD; fort plaisant : revoir des gueules du genre comme James MILLICAN, le toujours fameux LEO GORDON et, de manière plus discrète, Chuck HAYWARD et Chuck ROBERTSON, doublures de JOHN WAYNE.

    Discret aussi, mais efficace le « gimmick » des colts inversés au ceinturon de Rory CALHOUN; amusant aussi de voir le flash-back du sieur CALHOUN sur son lit d’hôtel, se remémorant certaines scènes de sa vie de gunfighter (l’une d’entre elles est tirée du film « DAWN AT SOCORRO » -Vengeance à l’aube- de 1954 tourné par George SHERMAN où l’on peut apercevoir l’indispensable LEE VAN CLEEF).
    RORY CALHOUN y incarnait un cow-boy stylé et tuberculeux dans le sillage de DOC HOLLIDAY.

    Je trouve également Martha HYER assez insipide, et pense fortement à ce qu’aurait été la prèsence de Katy JURADO en lieu et place de Lita BARON, la sémillante épouse de RORY CALHOUN et co-interprète féminine du film.

    Un sacré coup de stetson à Grant WILLIAMS, effrayant à souhait tout en gardant son sourire dessiné sur sa face d’ange perverti: l’ancêtre de TOMMY UDO, sans nul doute et référence au film noir…

    Effrayant aussi le fait que Martin BERKELEY ait été à un point ravageur éxécuteur des basses oeuvres du terrible sénateur MACCARTHY: passionnant débat autour de cette idée: comment prendre suffisamment de recul et apprécier les qualités cinématographiques en pareilles circonstances: celà m’évoque ELIA KAZAN hué par certains et applaudi par d’autres sur la scène des Oscars alors qu’il était entouré de Robert De NIRO et Al PACINO.

  3. Bonjour
    Il y a quelque mois j’ai cru voir dans Positif , une publicité pour la sortie en dvd de « Gun Crazy » de J.H.Lewis . Est ce possible? Ou est ce que je vois des choses que je voudrai (a)voir ?
    Merci a vous .

  4. crouvisier jérôme dit :

    Bonsoir Monsieur Tavernier,
    Avez-vous des nouvelles concernant la sortie en DVD de « La passion Béatrice »?
    Vous m’aviez dit que vous y travailliez il y a quelques mois déjà!!
    Excusez mon impatience!
    Merci par avance pour votre réponse.

  5. Michael Rawls dit :

    To Bertrand Tavernier: I think you might be interested in the Season 2 WAGON TRAIN from Timeless Video over at amazon.com. The ENCORE WESTERN channel shows episodes sequentially and this afternoon I saw episode 19 (THE LAST MAN) which opens with Robert Horton being pounced upon by what seems a crazed mountain man amid the remains of a previous wagon train which had run into some REALLY bad weather. This long haired bearded creature is in fact the sole survivor and has been reduced to near ferality by hunger and cold, and is played by someone that I knew that I knew (I’d missed the opening credits) but was not absolutely sure until just before he started shaving off that months old beard: Dan Duryea. Soon we discover that he may have survived by stealing rations from other people’s wagons which does not make him popular with many in Ward Bond’s party (I’m not speaking politically here). Aside from the great Dan, the script is by Larry Marcus (DARK CITY,BACKFIRE,WITNESS FOR THE PROSECUTION). Other guest stars in this season include Jan Sterling,Cameron Mitchell,Jane Darwell,Lloyd Nolan,John Dehner,and Bette Davis looking like something out of the more terrifying end of Lionel Atwill’s wax museum. There’s also one episode directed by your friend Richard Bartlett which stars Virginia Mayo.

  6. lamarche dit :

    Bonjour Monsieur Tavernier
    D’abord un grand merci pour les westerns Sidonis (à partager avec Patrick Brion) et un autre merci pour votre amour du cinéma dont vous nous faites tous profiter. je vous croise parfois dans les salles parisiennes.
    Vous savez qu’on écrit souvent lorsqu’on est pas d’accord alors voila:j’ai vu hier Comanche et je vous trouve d’une injustice terrible envers ken Smith .Je pense que vous n’aimez pas cet acteur comme moi je n’aime pas Dustin Hoffman ou Nicole Kidman sans vraiment de raisons objectives ,je le reconnais. Comanche est un film rare et à voir pour les amateurs de western et de l’histoire des guerres indiennes et l’interprétation faite par K S de Quana Parker
    lui donne une authencicité  »mythique » que Bronson trop célèbre acteur ne lui aurait pas donné
    bien amicalement jl

    • Bertrand Tavernier dit :

      A lamarche
      Tout d’abord à l’époque de COMANCHE, Bronson n’était pas célèbre, jouait des rôles secondaires plus ou moins importants : JUBAL, RUN OF THE ARROW et surtout DRUMBEAT. Il était moins important que Kent Smith qui avait joué des rôles en vedette chez Val Lwton notamment.. 2) Je n’ai rien contre Kent Smith souvent bons chez Tourneur, Daves et autres mais il ne fait pas du tout indien et son choix est plus que discutable. Ses traits, son visage ne collent pas. Il n’est pas le seul. Dans les CHEYENNES, les choix de Ford furent beaucoup plus désastreux et abîment fortement le film (d’autant qu’ils n’étaient pas validés par le distributeurs et qu’ils contredisent totalement les ambitions premières, alors que dans COMANCHE, Sherman suit une habitude mise en place dès BROKEN ARROW), avec des raisons valables au début : ne pas choquer le public américain, utiliser cette convention pour appuyer le sens du film, absence d’acteurs americano indiens (pensez que Walsh, faute de Soux – il n’avait pu en obtenir que 11 – dut utiliser des philippins pour la bataille de THEY DIED, information dénichée par Hervé Dumont dont tout le monde doit lire son ANTIQUITÉ AU CINÉMA), toutes choses qui se transformeront au cours des années. Et le choix de Kent Smith ne détruit pas les qualités de COMANCHE

      • lamarche dit :

        Merci pour votre réponse, j’apprécie votre disponibilité. j’ai bien noté que nos positions sont différentes sur le choix physique des acteurs.je vais vous taquiner en vous faisant remarquer que les merveilleuses interprètes des westerns mythiques des années 50/70 (5 au hasard sur plus de 100 car il est difficile de trouver beaucoup de magnifiques actrices qui n’aient pas tourné un seul western :C Charisse,Y de Carlo,A Gardner,A Dickinson,M Dietrich)n’ont aucun rapport et heureusement pour nos yeux et nos coeurs avec la réalité. Ce qui compte pour moi chez les acteurs c’est leur présence et Ken Smith en a beaucoup mais comme nous sommes dans la subjectivité merveilleuse du cinéma je n’affirmerai pas que j’ai raison
        Encore merci jl

        • Bertrand Tavernier dit :

          A lamarche
          La ressemblance est une chose. L’appartenance à une communauté ethnique en est une autre. Les Americano indiens ont été souvent heurté, blessé par ces choix (que dénoncent des romanciers comme Tony Hillerman) qui tiraient un trait sur leur culture, leurs particularités. La communauté asiatique a réagi aussi fortement contre des japonaises qu’on distribuait dans des roles de chinoises et vice versa. Pendant un moment ces pratiques faisaient partie des conventions. Elles sont devenues pour des populations entières quand elles se perpétuent une marque d’arrogance, de mépris, de racisme. Et c’en était. On ne formait pas d’acteurs Indiens. Les studios n’en cherchaient pas.
          Rien à voir avec la ressemblance d’un acteur et de son modèle. C’est comme l’anglais imposé comme une langue uniforme. Il y a un Oliver Stone particulièrement gratiné la dessus avec des vietnamiens qui parlent tous et tout le temps anglais qui vont aux USA et reviennent en disant qu’ils ne comprenaient personne

      • Damien DOUSSIN dit :

        A propos des acteurs ayant joué des indiens, je ne résiste pas à l’envie de citer Jacques Tourneur (interrogé par Jacques Manlay) à propos de LA PORTE DU DIABLE d’Anthony Mann : « on m’a proposé de faire ce film avec Robert Taylor en indien. J’ai refusé. Vous vous rendez compte : Robert Taylor jouer un indien avec ses yeux bleus ! ». Personnellement cette remarque du grand Jacques Tourneur m’a rebuté à acheter le dvd chez Wildside. Le film est-il bon ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien Doussin
          Le film est non seulement très bon, il est formidable et je pense qu’il devait y avoir d’autres raison au refus de Tourneur. Il parle d’un très mauvais scénario. Question : a-t-il lu la version qui sera tournée ? Oui, bien sur Taylor est un choix qui parait discutable mais il est plutot bon dans le film et crédible. C’est un Indien qui a fréquenté les Blancs et qui a changé au point de croire à leur parole. En fait le film est une fable sur le retour des soldats noirs à qui on avait promis des droits civiques, de vote qui leur furent niés sur le terrain. Tout un long passage de l’épisode sur l’Intégration de MISSISSIPPI BLUES (qui fait partie des bonus) évoque cet épisode quasi occulté par le cinéma de fiction. Ce que raconte le type des pompes funèbres que je questionne fait froid dans le dos. Et c’est ce qu’aborde Mann dans cet indispensable western, sublimement photographié

        • Damien DOUSSIN dit :

          Merci Bertrand pour cette réponse : vous me donnez pour le coup l’envie de le découvrir en urgence. Peu de critiques ont finalement parlé de ce western dans la filmo de Mann (éclipsé sans doute par les 5 films avec Stewart)…

    • Martin-Brady dit :

      Bonjour, les westerns Sidonis se retrouvent à des prix très intéressants, voir le site de l’éditeur.

  7. Michael Rawls dit :

    I’m a great admirer of FDR and he was anti-isolationist as Martin-Brady says. But prior to December,’41,the U.S. was not at war with Nazi Germany. In reaction to CONFESSIONS OF A NAZI SPY,the German ambassador complained to Sec of State Cordell Hull.The U.S.government’s telling Jack Warner to like, chill baby on this Nazi jive is not so much isolationism as realpolitik. By the way,the Communist Party of the USA’s support of FDR and his anti-isolationism waxed and waned according to how well Hitler and Stalin were getting along at any given time.On the occasion of one of those wanings,Hollywood CPUSA members actually made the rounds of Beverly Hills asking for the return of pro FDR leaflets they’d dropped off the day before.

    • Michael Rawls dit :

      I should have begun my previous commentary with « To Martin Brady » and the first sentence should conclude with « as you say ». I had originally intended to write a second paragraph of what I thought might be of more general interest but which I then concluded was of no interest whatsoever and,by omitting this and with that non-personally addressed response,might have given the impression that I had been offended in some way.Which I wasn’t. I just put my pied in it more and more,don’t I? I’m not fit for a chien.

      • Martin-Brady dit :

        Hello, Michael, I’m asking too many questions that you might consider, because of a rough style of mine (the John T Chance style I was born with), somewhat critical or I don’t know… let’s not worry about that please? Have a good day-night and many thanks again for the precious lights.

  8. Michael Rawls dit :

    To Martin-Brady, Further suggested readings on the blacklist: Ciment’s KAZAN LOSEY def ed available on amazon.fr (I know only the earlier not definitive editions,but I’m sure the definitive edition will more than do), Trumbo’s ADDITIONAL DIALOGUE (go to abebooks and punch in letters trumbo in the keywords block and you’ll find a hardcover at around 32 bucks,from there the prices get seriously silly), and Richard Schickel’s essay « Print the Legend » which can be found in the collection SCHICKEL ON FILM, available on abebooks for next to nothing. And I guess I’ve said enough on this subject.

  9. Michael Rawls dit :

    To Martin-Brady, THIRTY YEARS OF TREASON was in fact published in November,1971 and not in 1972 as I originally incorrectly stated. While a record of a national disgrace (but not on the par of a Gulag or Vichy), the book is not without humor, particularly in the testimonies of Zero Mostel and Lionel Stander (Stander’s performance showing a real life contempt for the proceedings which surpasses the imaginary one of Woody Allen in THE FRONT, it’s so easy being courageous post facto, isn’t it, amen brother). In confirming my previous publication date error I discovered that the blacklist for some began rather sooner than the early 1950s. Way before his aforesaid spectacular 1953 HUAC performance, Stander had appeared before HUAC in ’39 and had subsequently been told by the vomitable Harry Cohn that he could forget about appearing in any major studio film. And this proved to be the case until 1963, with two or three exceptions, usually involving filmmakers with some sort of nerve (I cleaned that one up) like Preston Sturges and Henry Hathaway. As for Zero Mostel, yes he did return to starring roles in the sixties, but compare the mugging that besmeared his later work with his excellent performances in PANIC IN THE STREETS and THE ENFORCER in ’50 and ’51.

    • Martin-Brady dit :

      Merci Michael, Stander n’a pu travailler comme acteur pendant dix ans, et je lis qu’il est « revenu » en 61 pour faire la voix off du narrateur pour BLAST OF SILENCE, le polar curieux et isolé de Allen Baron. Je lis aussi que Stander sifflait L’Internationale dans NO TIME TO MARRY (38)! On ne l’invente pas! (source IMDB, la bio signée JC Hopwood est très fournie).
      Le bouquin de Th Wieder que je citais plus loin, fixe en effet l’ouverture de la chasse aux « commies » et la HUAC vers 1938, bien avant McCarthy et jusqu’après sa mort. Ce bouquin propose une vision large et anti-émotionnelle des choses, ce qui est requis pour un livre d’histoire mais est quand même truffé de tournures absurdes comme (à peu près): « L’homme qui arpente les couloirs du congrès a la démarche fière… ». Bon dieu! Il était là pour le voir?… Bon, ça reste un livre essentiel. Accessoirement, ce bouquin déglingue cruellement (à nos yeux de cinéphile admiratif) des figures comme Bogart et Bacall qui ont complètement retourné leur veste en l’espace de quelques mois entre la fameuse photo devant le Capitole en octobre 47 et la déclaration où il affirme avec son épouse s’être cruellement trompé, ayant été sermonné par Jack Warner.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Martin brady
        Dans mes deux livres 50 ANS et AMIS AMERICAINS, il y a une étude chronologique et de nombreux renseignements sur cette période. Il y a aussi le bouquin de Victor Navasky (je ne me souviens plus de l’orthographe) de The NATION, NAMING NAMES qui étudie les mouchards, livre formidable

        • Martin-Brady dit :

          Merci infiniment, en fait je me suis intéressé à cette période bien après l’acquisition de vos livres, et j’oublie que vous en avez quand même beaucoup parlé! Je vais donc me tourner vers mes étagères.
          Je note The Nation et 30 Years of Treason comme futures lectures…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          Pas The Nation (ça c’était le journal où écrivait l’auteur) mais NAMING NAMES

        • Martin-Brady dit :

          Merci infiniment, en fait je me suis intéressé à cette période bien après l’acquisition de vos livres, et j’oublie que vous en avez quand même beaucoup parlé! Je vais donc me tourner vers mes étagères.
          Je note « Naming Names » de Navasky (http://www.amazon.fr/Naming-Names-Victor-S-Navasky/dp/0809001837/) en plus de « 30 Years of Treason » comme futures lectures…

        • Martin-Brady dit :

          Au webmaster: seriez-vous assez aimable de supprimer sans pitié mon commentaire de 14h56? Rendu superflu par celui plus précis, qui le suit à 15h09? Remerciements…

      • Michael Rawls dit :

        To Martin-Brady, An earlier demonstration of the cravenness supplemented by greed that motivates American film studios in matters of ideology: in the 1930s the American majors removed what were taken to be « obviously Jewish » names from film credits in the important Nazi Germany market and most studios went along with the Hitler administration requests to fire Jewish workers in the German studio branches (although it could be argued that ultimately this was doing them a favor if they were transferred,say,to the USA). One studio head,Jack Warner,was somewhat upset when a Jewish Warner Bros salesman in Germany was stomped to death by stormtroopers (he had objected to their singing of the HorstWesselied)in 1936.In May ’39,WB released CONFESSIONS OF A NAZI SPY,a true story brought to JW’s attention by J. Edgar Hoover. The FDR administration,still uncertain of its own stand,discouraged Warner from attempting similar projects over the next couple of years.The next anti-Hitler film from a major studio I know of was Columbia’s YOU NAZTY SPY (un film de 3 Stooges,early 1940). Chaplin’s THE GREAT DICTATOR came out in the fall of 1940. And finally,after the WWII whistle blew,it was okay to get up Hitler’s nose. As long as I’m nattering on about America and free speech, I might mention that Hollywood 10 member John Howard Lawson tried to discourage Robert Rossen from making ALL THE KING »S MEN because Lawson feared that Willie Stark (a surrogate for Louisiana backwoods fascist Huey Long) might be confused,in tactics and demeanor, with Joseph Stalin.

        • Bertrand Tavernier dit :

          To Michael rawls
          What about HITLER, THE BEAST OF BERLIN. Of course, it is a PRC production (not a major studio) but is is strongly anti Hitler

        • Martin-Brady dit :

          A Michael Pawls: passionnant, mais Roosevelt était anti-isolationniste, et il s’opposait à de tels projets qui allaient dans son sens? CONFESSIONS est bien un film anti-nazi? Enfin, sans doute ne voulait-il pas heurter un peuple américain principalement acquis à l’isolationnisme défendu avant lui par Wilson… A ce sujet, je constate que des films de propagande anti-nazi, ou de prise de conscience du danger nazi ont étés tournés bien avant Pearl Harbor 1941. Bertrand cite HITLER BEAST OF BERLIN, je n’aurais pas pensé aux 3 Stooges YOU NAZTY SPY! Bien sûr THE DICTATOR… Merci pour les précisions.
          J’ai vu que dans HITLER… la plupart des svastikas étaient à l’envers!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          C’était une production PRC. On ne peut pas dire qu’ils attachaient, vu le budget, un grand soin au décor, aux accessoires. Cela fait aussi partie du coté zozo du film

        • Martin-Brady dit :

          A Bertrand Tavernier: en même temps, le coup des svastikas à l’envers dans HITLER…, ça montre un irrespect pour la chose nazie très réjouissant! Comme si c’était fait exprès! J’ai un vague souvenir d’au moins un autre film de 2ème guerre mondiale avec cette inversion, je ne sais plus lequel.

  10. Michael Rawls dit :

    To Martin-Brady, REFLECTIONS IN A GOLDEN EYE ia available on Region 1 DVD in Huston’s original gold suffused version. It can be found in THE MARLON BRANDO COLLECTION (along with MUTINY ON THE BOUNTY,JULIUS CAESAR,TEAHOUSE OF THE AUGUST MOON and THE FORMULA). All films are equipped with French subtitles. I note the set is available on amazon.fr. The individual titles can be purchased separately over here, but why would you do that?As for Huston’s politics: he was liberal and anti HUAC. Huston headed the Committee for the First Amendment, which demonstrated against HUAC and its activities. Huston wanted the artists subpoenaed to hold a press conference outside Congress in which they would declare whether they were Communists or not and then refuse to answer Committee questions on First Amendment grounds. The subpoenaed opted to keep their allegiances to themselves and take the Fifth, the amendment that protects against self-incrimination. A large part of the public and professional support that the unfriendly witnesses had enjoyed withered from that moment. The artists’s politics were their own business but I think Huston’s idea was sound. What the Committee was doing was unconstitutional, purely on First Amendment grounds. It’s difficult to see how Huston’s way could have had worse results than those that are now history. The relevant pages may be found in chapter 11 of Huston’s AN OPEN BOOK, which is available in French translation.

    • Martin-Brady dit :

      Merci Michael « Gold »: on peut sentir chez Huston, un sentiment de pessimisme, de libre-pensée farouche, on l’imagine pas en train de boire un verre avec Ward Bond ou dîner avec la mère de Ginger Rogers! John Ford semblait le détester, si j’en juge d’après une soudaine attaque de surdité qui saisit John F au moment où on mentionna devant lui le nom de John H, dans une interview célèbre (Cinéastes de Notre Temps?).
      En ce qui concerne REFLECTIONS et bien, j’aimerais bien l’acheter tout seul en doré, justement, or ni DVDBeaver ni DvdClassik ne l’ont chroniqué, et les fiches Amazon FR ou UK ou US ne sont pas fiables, ça sent pourtant une édition Carlotta à plein nez… Merci beaucoup aussi pour les précisions sur JH et le HUAC, il faudra que je les relise pour bien comprendre les subtilités entre le 1er et le 5ème amendement! Pour « An Open Book », on le trouve sur Abebooks pour un excellent prix…

      • Michael Rawls dit :

        To Martin-Brady, Well if you’re looking round abebooks, I’d like to recommend THIRTY YEARS OF TREASON, edited by the radical, but declaredly non-Marxist,Eric Bentley,the best drama critic writing in English ever and also a director,translator,and not so good playwright. The treason refers to the activities of the House Committee on Unamerican Activities (which should have been called the House Committee FOR Unamerican Activities) and not the witnesses they tortured on their metaphorical,but thankfully not quite literal rack. Go for the 72 Viking hardcover (you’ll refer to the book frequently) editions, like the one I got for my 21st Christmas. Avoid the later Frank Richified Nation version. I haven’t seen THE UNFORGIVEN, but after THE MALTESE FALCON,UNDER THE VOLCANO,FAT CITY,TREASURE OF THE SIERRA MADRE,THE KREMLIN LETTER,THE ASPHALT JUNGLE, and REFLECTIONS…,it’s hard not to think of all of Huston’s films as an illustration of the futility of human endeavor. I think he might have said that once but I can’t find a citation on the internet.

        • Martin-Brady dit :

          Merci pour les précisions toujours passionnantes, Michael. Viking Press 1791? Avec un index? Je me méfie des rééditions dans lequel l’index original a mystérieusement disparu, ou les photos… Vous savez ce qu’il nous faudrait? Un index général qui reprenne toutes les données de tous les bouqins sur le sujet, un travail de dingo. Vous avez forcément lu le Bernstein passionnant « Inside Out » et le Howard Fast! Ici en France, il y a « Les Sorcières d’Hollywood » de Thomas Wieder, inédit en anglais, qui est indispensable. Merci encore.

        • Martin-Brady dit :

          Viking Press ancienne maison, mais 1971 quand même.

  11. Minette Pascal dit :

    A Martin-Brady : C’est vrai que le film s’ouvre et se termine par le retour d’animaux : la vache sur le toit et les oies dans le ciel ? Des allégories du destin de l’homme, éternel jouet des mêmes démons, des mêmes rêves, des mêmes cauchemars, des mêmes fléaux, comme vous le dites ? J’aimerais être sûr que ce genre de détails est pensé…
    La scène où A.Hepburn tire sur son frère me fait toujours sourire, car j’imagine qu’ils ont dû longuement se demander s’il fallait le lui faire faire. Pour moi, c’est un geste vengeur. Elle tue avant tout l’assassin de sa mère, montrant par là tout l’attachement qu’elle avait pour elle.
    Sur Tiomkin, si vraiment il en a parfois trop fait, il a sans doute inspiré ,par réaction, par une saine opposition, les musiques dépouillées et les climats génialement silencieux d’autres westerns, comme « Jeremiah Johnson »…

    • Martin-Brady dit :

      A Minette Pascal: Je ne parle que des oies sauvages « finales », comme expression de l’éternité ou du moins de l’éternel recommencement: je vais revoir le film mais il me semble que ce mouvement des oies est saisonnier sinon, le regard des personnages ne serait pas attiré par elles à ce point, et le cycle des saisons est primordial pour des fermiers. Or, les racistes sont toujours là et ne vont pas d’un seul coup se rallier à la tolérance, les Indiens sont toujours hostiles même si repoussés pour le moment, la famille sympathique a cédé à la sauvagerie en lynchant le prêcheur qui en fait, dit la stricte vérité à propos d’Audrey (c’est d’ailleurs la « ma » jouée par Lilian Gish, qui a joué quelques personnages de « ma » bienveillante et douce que Huston charge de cet acte barbare!). Donc, conclure un film avec un plan qui signale l’éternel recommencement devrait signaler que ce qui s’est passé avant recommencera aussi! D’où mon sentiment qu’il s’agit là d’un film foncièrement pessimiste! Hardi, sans doute? Notez que même si le plan des oies n’est pas pensé comme tel, c’est bien l’impression que le spectateur en retire, qui compte!
      Si vous mettez exactement le même plan des oies, après des évènements heureux, par contre ça donnera une conclusion parfaitement optimiste! Et on a vu en effet quelques films de pionniers enfin sortis de terribles épreuves grâce à leur courage trouver le bonheur en regardant le retour des oies, ou des cigognes, ou des canards, juste avant les mots THE END! Il me semble que c’est une figure connue pour une fin heureuse pour signaler qu’ils seront heureux à jamais. Ici, c’est un peu amer par contre… C’est un film adulte, quoi.

      • Minette Pascal dit :

        Etrange que vous trouviez la fin pessimiste. Je la trouve quand même apaisante et les oies semblent tourner le climat au beau, à l’espoir d’un meilleur avenir. Il n’est même plus question du sacrifice de « Ma », détail qui me gène d’ailleurs toujours un peu. Mais les différentes réactions plaident pour une richesse de l’oeuvre !

        • Martin-Brady dit :

          Optimiste? Je ne peux m’empêcher de penser à l’avenir hasardeux de la famille de Lancaster, Bickford ne veut plus travailler avec eux a priori pour cause d’indianité de Hepburn, or cette alliance assurait leur survie. Ceci dit, Audie Murphy a vaincu son racisme et la famille s’est ressoudée, d’où quand même une victoire, donc de l’optimisme? Oui, mais racisme et intolérance survivront…. etc… une oeuvre adulte et une oeuvre riche suscitant des avis divers, vous l’avez dit…

        • Minette Pascal dit :

          A Martin-Brady : il serait intéressant d’avoir l’avis des autres ! Pessimiste ou optimiste cette fin ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MINETTE
          Entre les deux. C’est un fin pas tout à fait conforme au dogme hollywoddien, le fameux principe de résolution qui veut que tout soit terminé, expliqué à la dernière image. Il reste des dangers, des zones d’ombres comme dans presque tous les Huston. Pensez a WALK WITH LOVE AND DEATH.

  12. Pierre dit :

    Je ne vois pas trop quoi ajouter à ce que Bertrand et Martin-Brady pensent du VENT DE LA PLAINE, si ce n’est que j’ai moi aussi toujours eu du mal à comprendre ceux qui le dénigrent. Il m’avait ébloui à sa découverte en salle il y a trente ans et je l’ai récemment revu en DVD (dans l’édition MGM/UA)… c’est toujours aussi émouvant et original. Un de ses rares défauts a déjà été cité : la perte de plusieurs séquences avec John Saxon (c’est tellement flagrant au visionnage). Sinon, l’hallucinant Joseph Wiseman, les vaches sur le toit, le piano qui répond à la musique Kiowa, la plume dans la chevelure de jais d’Audrey Hepburn, Lilian Gish fouettant le cheval de pendaison, Lancaster enlaçant ensemble son petit frère et sa « soeur »… Quasi rien à jeter à l’exception de points finalement mineurs : un accompagnement musical pas toujours heureux et Doug McClure et Albert Salmi qui ne sont pas à la hauteur du reste de la distribution.

    • Martin-Brady dit :

      A Pierre: … d’où l’utilité de ce blog, j’avais bêtement classé ce film parmi les « inutile de regarder », jusqu’à découvrir le commentaire de Minette Pascal. Attendre aussi longtemps pour découvrir ce chef d’oeuvre, j’en ai presque honte… Il y a plein de films que je découvre depuis que je viens ici. Il faut dire aussi, que j’ai souvent été déçu par Huston, au fait, est-ce que REFLETS DANS UN OEIL D’OR existe en dvd dans sa copie dorée?

  13. Martin-Brady dit :

    La lourdeur de Tiomkin pour VENT DE LA PLAINE ne m’a pas frappé, « musique de m… » me paraît étrange, comme appréciation critique… Cette présence continuelle de la musique, et son effet spécial d’écho me paraît aller dans le sens de l’extravagance du film, de son caractère lyrique, démesuré, épique peut-être, elle est adéquate avec la pulsion du film, plus que leçon sur le racisme, le film est foncièrement pessimiste, et le passage final des oies sauvages, déchirant, signale que le rejet de la petite famille par la communauté est éternel.
    Ce sentiment d’éternité est appuyé avec justesse par la musique de Tiomkin. En général, ce sentiment s’accompagne d’un optimisme en l’idéal américain, curieux que Huston n’ait jamais été assimilé à un communiste et n’ait jamais été embêté durant la période noire…
    C’est l’un des rares films us de ces années-là profondément pessimiste.
    Quant à Williams, il a infesté la musique de film américain d’une présence continuelle, derrière les dialogues, tout le temps, influençant trop d’autres compositeurs, quand on dit qu’il y a trop de musique dans les vieux films… mais je ne dis pas que ce n’est pas un bon compositeur, c’est autre chose.

    • Martin-Brady dit :

      je n’ai pas réussi à coller ce commentaire en réponse à la discussion sur Tiomkin plus bas (cf Sullivan 20 septembre 2012 à 22:26)!!!
      Il y a des choses bizarres sur ce blog, un de mes commentaires plus ou moins intéressants n’a jamais été accepté par le serveur, de quoi devenir parano, y’avait même pas de gros mot!

  14. AUGELMANN Jean-Marie dit :

    Pour le coffret FRITZ LANG de WILD SIDE, des précisions ont été communiquées ce jour:

    - VF présente pour chaque film

    Chaque film sera en outre présenté en 2 formats :

    en 2.0 (format de sortie en salles) et en 1.37 (format de tournage).Si tous les éditeurs avaient une ligne identique, quel bonheur ce serait pour les cinéphiles.

    WOMAN ON THE RUN est déjà programmé à l’achat.

    • Ballantrae dit :

      Très bien ce coffret Lang.
      Quant à Woman on the run, je ne l’ai jamais vu et ce que je sais de N Foster fait que je n’ai aucune attente ( ni désir ni absence de désir) compte tenu du caractère inégal de ses films.
      Quid des boni sur les Lang? Chabrol notamment a dit des choses magnifiques sur Beyond… notamment au moment du centenaire lorsqu’il sortit son pourtant décevant Docteur M: on sentait qu’il avait vu et revu nombre de Lang pour en découvrir les secrets.

      • Bertrand Tavernier dit :

        Norman Foster est quand même un cas intéressant, un bon acteur (on le voit dans PILGRIMAGE) et un réalisateur curieux : les MR MOTO sont souvent divertissants et contiennent des touches exotiques qui expliquent pourquoi Welles le choisit pour dioriger JOURNEY INTO FEAR (voir ce que nous écrivons de ce dernier film dans 50 ANS). Welles lui avait confié les épisodes mexicains de IT’S ALL TRUE. WOMAN ON THE RUN est un excellent film noir co écrit par Foster (scénariste de beaucoup de ses films) J’en avais dit du bien sur mon blog

  15. Ballantrae dit :

    Hors sujet absolu pour signaler à l’attention des habitués trois perles de l’été + une reprise:
    -the deep blue sea de Terence Davies est un modèle de transposition théâtrale ( je n’ai pas lu ce dramaturge mais devine des choix structurels intelligents) et signe le grand retour d’un cinéaste sensible et ample après plusieurs réussites mais aussi trop d’inactivité.R Weisz y est impériale et j’ai crû renouer avec la découverte émue de Distant voices , still lives tant Davies sait « musicaliser » son récit.
    -Faust de Sokourov est un autre modèle de transposition théâtrale ( là, par contre je connais et signale l’admrable édition des 3 Faust chez Omnia traduit par J le Rider et J Lacoste, invités de M Ciment lors d’une très passionnante émission)qui ne cesse d’inventer l’espace, les couleurs,le temps avec des moments vraiment inédits d’un point de vue plastique et émotionnel.Sokourov est décidément l’un des très grands cinéastes en activité!
    -Adieu Berthe de B Podalydès est tt simplement le grand retour des deux formidables frères sur le terrain de la comédie tendre, inventive,poétique qu’ils savent si bien mettre en oeuvre.Sur un sujet rude, quels moments de pure folie burlesque!!!LA comédie de l’année!
    -La servante de Kim ki Young est un choc venu de Corée avec qqs décennies de retard et sécrète un malaise croissant tout en ironie et en terreur.Les apparences et les codes volent en éclat dans une forme rigoureuse où l’espace se referme comme un piège.Il y a comme un écho inattendu de la cruauté des Bonnes de Genet dans ce film ou une préfiguration de certains Oshima.Le remake, pourtant élégant, reste en deça de cette perle que je n’avais jamais vue.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Bravo. Entièrement d’accord et notamment sur the DEEP BLUE SEA. Terence Rattigan est sans doute un dramaturge qui vaut mieux que sa reputation en France. Sa pièce, the BROWNING VERSION, montée par Didier Bezace était excellente ry le film qu’en a tiré Asquith INDISPENSABLE notamment pour l’interprétation de Michael redgrave. Voit le texte de Lourcelles sur le film.

      • Ballantrae dit :

        Ah oui, The browning version ce remarquable portrait de professeur en fin de parcours c’est donc tiré d’une pièce du même auteur…sur la foi de ces deux films remarquables, je ne peux penser qu’il s’agit d’un dramaturge mineur.Un remake du Asquith était sorti dans les 90′mais ce n’était pas aussi rigoureux stylistiquement parlant cependant la trame était tjs aussi forte et Finney assez impressionnant.
        Terence Davies est un très grand cinéaste que ce soit par ses deux opus autobiographiques et proustiens ( Distant voices et the long day closes), son adaptation remarquable de Wharton ( Chez les heureux du monde, option très différente du Scorsese The age of innocence: les deux me semblent passionnants) ou son utilisation poético autobiographique de documents d’actus ( Of time and the city).Cinéaste remarquable et trop rare!!!Positif a eu l’heur de mettre en couverture ce film en juin et je crains qu’il n’ait eu le succès qu’il méritait: essayez de le voir, de le réclamer pour votre salle de ciné préférée (nous le rediffusons à Périgueux en octobre dans le cadre d’une semaine du cinéma britannique, c’est pour dire que qd on veut on peut diffuser en différé!!!).Je trouve que la date de sortie n’était pas des plus opportunes mais il doit y avoir des copies en circulation.Par ailleurs , l’accueil critique même si plutôt positif n’a pas été à la hauteur de cette réussite rare, intemporelle.J’ai fait l’éloge de R Weisz mais les deux acteurs masculins sont aussi remarquables: le mari Simon russel Beales et l’amant Tom Hiddleston ( qui fut le jeune officier dans Cheval de guerre de Spielberg- je pense qu’il est de la trempe de M Fassbender).

      • Ballantrae dit :

        Sur le Faust de Sokourov:
        Il est passionnant de comparer deux oeuvres de visionnaires tels que Murnau ( en DVD chez MK2) et Sokourov face au mythe goethéen car les optiques sont dans les deux cas très pensées, très intimement ancrées dans le terreau de la culture germanique mais évoluent vers des lectures diamétralement opposées.
        Il est intéressant de noter que Sokourov rend un hommage certainement conscient à Herzog (les armures et casques d’ Aguirre et les décors très picturaux de Coeur de verre surtout) qui avait intelligemment remaké Nosferatu que j’ai revu en DVD chez Gaumont ( belle copie et docu intéressant Voyage au pays de l’indicile de D Maillet) qui vaut mieux que l’accueil tiède que lui réserva la critique française.
        J’espère que Sokourov va continuer longtemps ce cheminement incroyable dans l’inventivité esthétique, sensorielle, spirituelle ce qui en fait plus qu’un disciple de Tarkovski, un héritier.
        Je trouve dommageables ses connivences poutiniennes ( l’état a financé largement ce Faust par exemple )mais cela n’enlève rien à son génie: j’en veux pour preuve Alexandra qui aurait pu tomber dans le film de propagande et constitue un moment humaniste, honnête, d’une intelligence esthétique et politique rare.
        On aime les cinéastes clairement opposés au système qd il est tyrannique mais Eisentein,Poudovkine ou Dovjneko ont bien créé sous Staline.Tous les cinéastes n’ont pu avoir la force de caractère d’un dissident comme Tarkovski qui d’ailleurs l’a payé très cher.
        Sokourov a souffert de la censure des années durant et je comprends (même si je n’approuve pas) son attitude.Carax avait raison de s’agacer contre lui,Guerman et Mikhalkov ( qui lui tombe clairement dans l’ornière du nationalisme puant , je dois l’admettre malgré mon admiration pour nombre de ses films) mais un artiste génial n’est pas nécessairement un penseur politique pertinent.

      • Ballantrae dit :

        Après vérification, les pièces de L Rattigan ne sont pas faciles à trouver en français: je veux bien croire qu’il est mésestimé…De toutes façons, le théâtre anglais du XXème siècle est mal connu ici!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Rattigan a écrit aussi des scénarios dont l’excellent LE MUR DU SON de Lean et co écrit avec Greene BRIGHTON ROCK. Sa pièce, LE PRINCE ET LA DANSEUSE a été assez édulcorée par l’adaptation dit Isabelle Danel

        • Michael Rawls dit :

          Monsieur Ballantrae, If you go to abebooks.com, opt for advanced search, and use author rattigan terence and country of publication France as your search parameters, you will find French language versions of THE BROWNING VERSION, BREAKING THE SOUND BARRIER, and FRENCH WITHOUT TEARS, this last adapted by Pierre Fresnay and Maurice Sachs as L’ECURIE DE WATSON, all reasonably priced.

        • Ballantrae dit :

          Merci Bertrand et Michael!
          Je vais essayer d’aller plus avant dans mes recherches mais aurais désiré commencer par The deep blue sea qui n’a pas été lu, je suppose, par la plupart des critiques qui ont chroniqué le film ( à l’exception du réadc de Positif, je suppose).
          Sur la question de la lecture (ou non) de l’oeuvre-source, bon article de positif en avril ou mai je crois.
          Le cas le plus flagrant ces derniers temps c’était Faust: Frodon n’a pas lu selon moi les versions de la pièce et le rédac des Cahiers fait allusion au Traité des couleurs du même Goethe de façon à ce qu’on suppose qu’il l’a lu sans pour autant avancer dans les détails (encore une oeuvre connue de seconde main!!!).Je n’ai pas lu cet essai peu facile d’accès et n’affirme pas l’avoir lu et, à la différence de ces journalistes, ne suis pas rémunéré pour parler films.
          Aussi, j’estime légitime d’attendre qu’un journaliste se documente en amont d’un film quand il y a matériau littéraire.
          Pour La princesse de Montpensier, il était patent que de nbx commentateurs n’avient pas fait l’effort de lire les qqs 30 pages de la nouvelle…Un comble!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          C’est vrai. Idem pour Winter Bones (le roman de Woodrell est superbe). Ce coup là, il n’y a pas un seul commentaire sur les westerns du blog

        • Ballantrae dit :

          Désolé Bertrand mais hormis Le vent de la plaine que je pense acquérir du coup dans cette édition, je ne connais aucun des titres évoqués qui ne me tentent pas totalement (j’aime le western mais ne suis pas un encyclopédiste fou style Jérémy fox de DVDClassik) même si j’essaierais éventuellement le Fregonese pour ses recherches plastiques.
          C’est marrant que vous parliez western car j’ai consacré mon premier cours de ciné en option à ce genre en partant des films Edison primitifs pour arriver vers les westerns contemporains comme le film de Tommy Lee Jones ou No country…
          Je vais me réserver, c’est sûr, une soirée pour visionner Le grand passage dans son bel écrin Classics confidential!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A BALLANTRAE
          JOE DAKOTA est un film au ton (pas au sujet qui est démarqué de BAD DAY AT BLACK ROCK) vraiment original dans sa nonchalance, son charme, sa surprenante absence de violence et ce gout pour la fable. C’était un de nos films fétiches au Nickel Odéon et cela m’a poussé à vouloir rencontrer son réalisateur. Le scénario est co écrit par William Tallman qui composa quelques tueurs sadiques assez terrifiant chez Fleischer et Auer . Voir le portrait qu’en fait Philippe Garnier. UNTAMED FRONTIER est intéressant plastiquement, pas scénaristiquement.

  16. AUGELMANN Jean-Marie dit :

    Juste pour exprimer un sentiment de colère :

    En plein mois d’août la sémillante ministre de la culture, Aurélie Filippetti avait démenti un transfert de 150M€ du CNC vers le budget de l’Etat. Malgré ses dénégations, elle vient d’admettre, il y a quelques jours que ce transfert aura bien lieu. Où est le changement?

    • Ballantrae dit :

      Tancrède dans Le guépard disait: « Il faut que tout change pour que rine ne change. »Et pourtant on est loin du souffle apporté par Garibaldi en ces temps mornes…
      Le traitement du volet culturel est à rapporter à la perspective plus large du TSGC ( dit traité Merkozy dont pas une virgule n’a changé quoi qu’il ait été dit) qui va être voté à la hussarde sans référendum pour nous enfoncer dans une perspective austéritaire de longue haleine.
      Ayant passé du temps en Espagne cet été , j’ai pu voir de près ce qui pourrait se passer en France bientôt.La culture est sabrée, plus largement tout ce qui constitue un projet collectif de société (santé,justice,éducation, culture, cation sociale) est massacré au nom de la rigueur.Des artistes divers ( dont Almodovar et Bardem) ont beau protester, le rouleau compresseur est lancé sur sa course folle.Nous devrions bouger tant qu’il est temps…
      La ministre de la culture est certes sémillante mais il faudra plus qu’un « style » différent pour convaincre: des actes vraiment différents de ceux des prédécesseurs.Ce n’est pas à de vieux cinéphiles comme nous qu’on vendra la forme contre le fond!!!Nous savons que les deux doivent aller de pair!

    • Ballantrae dit :

      Maintenant que le TSCG a été voté à la hussarde (sans aucun changement par rapport à la mouture Merkozy, ça y est ils commencent à l’avouer enfin!), eh bien on va voir ce que signifie une politique austéritaire et il est clair que la culture sera l’une des premières cibles…parce que ce sera « inutile »! Pas la peine de rêver à un âge d’or culturel langien ( Jack pas Fritz), A Filipetti aura beau gesticuler, les faits dictés par les traités européens auront la vie dure!!!Je crains que la précieuse exception française vive ses dernirs mois après pourtant des attaques qu’on espérait stoppées…
      Tiens, je vais relire Orwell…

  17. AUGELMANN Jean-Marie dit :

    Il faut saluer et féliciter WILD SIDE pour l’admirable travail exécuté pour la restauration et les sorties de films dits de patrimoine; après « LE GRAND PASSAGE »SORTI le 5/9/2012, en attendant « WOMAN ON THE RUN » le 14/11/2012, l’annonce tant attendue est arrivée : le 5/12/2012, dans la superbe collection CLASSICS CONFIDENTIAL (qui inclut un livret de 80 pages)sortira le coffret FRITZ LANG « WHILE THE CITY SLEEPS »+ »BEYOND A REASONABLE DOUBT »

    • Bertrand Tavernier dit :

      A AUGELMAN
      Oui et ne manquez pas WOMAN ON THE RUN

      • Martin-Brady dit :

        surtout qu’aucune des 2 éditions, z1 US ni z2 UK, ne disposent de st de quelque langue que ce soit!

        • Martin-Brady dit :

          de toute façon, je viens de voir sur Dvdbeaver des cop d’éc de ces deux éditions, Alpha et Glasskey, et on peut dire que même avec des st: non! Vivement l’édition Wildside.

    • Ballantrae dit :

      GE-NI-AL!!!J’ai déjà commandé Northwest passage et attends avec impatience le coffret Lang qui contient deux de mes Lang favoris avec M, Le testament,Manhunt, Moonfleet et Scarlett street.Décidément Wild side est un éditeur indispensable que ce soit pour donner un bel écrin à des classiques, des cinématographies spécifiques et pointues ( en gros l’Asie) ou des talents nouveaux (pour le plus célèbre des noms récents: le déjà impressionnant NW Refn).

  18. Martin-Brady dit :

    A Bertrand Tavernier: je viens juste de revoir LA DERNIERE CORVEE de Hal Ashby, pas revu depuis sa sortie en 73 (Delfeil de Ton l’avait signalé dans Charlie-Hebdo… sinon je l’aurais loupé à l’époque). J’ai trouvé le film meilleur qu’à la première vision, et tout à fait abouti, et bien plus cafardeux que drôle surtout par sa conclusion à se pendre, mais même au cours du film, il me semble que les moments « comiques » sont en fait tristes (cette nuit sinistre à l’hôtel…). Randy Quaid est vous l’aviez dit dans 50 Ans, formidable, Nicholson très à son aise aussi, bien sûr. Mais j’interviens surtout sur l’avis que vous donniez sur les dialogues orduriers-complaisants, or à la revision, je n’ai pas trouvé que le nombre de « fuck » et d’argot en général était énorme, j’ai même été surpris du contraire! Ceci pour dire que je me demande si le film n’a pas été censuré pour les sorties dvd actuelles, dans mon souvenir, Nicholson prononçait le fameux « fuck » en chapelet interminable au début, pour annoncer qu’il n’était pas question pour lui d’obéir à l’ordre de corvée reçu. Là, non. D’autre part, si la bande-son a été « politiquement correctisée », ça ne se sent pas par des coupures intempestives, comme dans les versions tv US dont vous parliez par ailleurs, donc je ne sais pas. Je voulais aussi dire que c’est un encore bien meilleur film que dans mon souvenir, pas si complaisant que ça, et vraiment sincèrement critique sur la lourdeur et l’injustice de l’armée. J’ai senti Nicholson et Otis Young dégoûtés de leur boulot et ainsi, un peu héroïsés, mais n’oublions pas que sans concession, la conclusion les montre, malgré le côté sympathique de héros donc, que leur a conféré leur amitié pour Quaid, en fait oublier complètement celui-ci qui n’a été qu’une parenthèse, et ne plus penser qu’à leur petite routine qui reprend… très triste, cette fin.
    Bon, je vous trouve un peu sévères pour le film dans 50 Ans, quoi, quant à sa complaisance qui ne m’a pas frappé!
    J’ai trouvé le dvd en z2 anglaise avec stf pour un prix ridicule sur Amazon UK. L’image est un peu floue.

    • Martin-Brady dit :

      euh… je voulais dire que la complaisance que vous reprochiez au film s’appliquait pas juste à l’argot mais surtout à un esprit de contestation qui vous semblait bidon, c’est sur cette dernière critique (argot mis à part) que je ne suis pas d’accord! Ouf!

  19. Michael Rawls dit :

    To Mr. Martin-Brady, Bickford played a blind painter in Renoir’s WOMAN ON THE BEACH (1947), which I find undernourished in the screenplay department. Frank Davis, Renoir’s script collaborator, was involved in some good films (SPRINGFIELD RIFLE, THE INDIAN FIGHTER, THE TRAIN) but this is not one of them. But definitely worth seeing for the cast (Bickford, Joan Crawford, Robert Ryan)and that desolate beach atmosphere.

    • Martin-Brady dit :

      Right, Michael, thanks, the Renoir film, but I thought of a blind character Bickford was supposed to play in my weak memory which would have been one of a blind big shot, or blind mogul or that kind with numerous brutal -and anyway obedient to him only- and dissipated children, that kind of a big boss,(blind did I mention it?) you know? But I dreamed it, too bad, he would have been wonderful, the closest to this character seems just to be Zeb Rawlins in THE UNFORGIVEN (out of this blind thing, that is…). Sigh…

      • Michael Rawls dit :

        To Martin-Brady, Speaking of weak memories; I seem to have dragged Joan Crawford out of Joseph Pevney’s FEMALE ON THE BEACH and put her in place of Joan Bennett in WOMAN ON THE BEACH. At least I didn’t replace Robert Ryan with Robert Keith from WOMAN ON THE RUN or retitle Renoir’s film HORROR OF PARTY BEACH. I learned from RENOIR ON RENOIR this morning that Jean R started shooting WOMAN… with such an insufficent script that he and the cast did a great deal of improvising and that the film did not go down very well at a sneak preview. Nearly a third of the movie ended up being reshot, but it still didn’t work.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Michael Rawls
          Très prochainement va paraitre un livre très détaillé, avec des recherches minutieuses qui va apporter plein de surprises contredire bien des explications. Il s’agit du Renoir de Pascal Merigeau (Flammarion)

        • Martin-Brady dit :

          A Michael: « weak memories »? But we’re so young and sincere and innocent…

  20. Nemo dit :

    je sais pas si c’est l’endroit approprier et j’espère que Monsieur Tavernier saura m’excuser mais je voulaissignaler une émission sur le cinéma diffusée sur france inter cet été, « pendant les travaux le cinéma reste ouvert »

    je met le lien de l’émission.on peut réécouter toutes les émissions diffusées.

    http://www.franceinter.fr/emission-pendant-les-travaux-le-cinema-reste-ouvert

    • Ballantrae dit :

      Merci beaucoup.Emissions de grande qualité que je n’ai pu écouter pour la plupart.JB Thoret est un nom qui s’affirme avec force dans le payasge critique.

  21. Michael Rawls dit :

    To Mr. Edward: One rather good 50s American noir filmed entirely in Mexico: PLUNDER OF THE SUN, directed by John Farrow and written by Jonathan Latimer. You might be familiar with a couple of their previous collaborations, THE BIG CLOCK and THE NIGHT HAS A THOUSAND EYES. Glenn Ford, Diana Lynn (the kid sister from MIRACLE OF MORGAN’S CREEK, all grown up but not perhaps enough), femme fatale Patricia Medina, and heavy (in more than one sense) Francis L. Sullivan (the nightclub owner in NIGHT AND THE CITY). The film takes place mostly in and around Zapotec ruins. Reg 1 DVD with no French subs, but with English ones if that helps. I know French subs on French films help me no end.

  22. PP dit :

    Concernant red sundowmn, deux petites annotations totalement accessoires : le décor de ranch utilisé me semble être le même que celui de no name on the bullet. Quant au tout dernier plan (un cavalier qui chevauche avec des barbelés au premier plan), sauf erreur de ma part, ce n’est ni plus ni moins que celui de the man without a star !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A PP
      Il faut voir les dates et se dire que les cinéastes voyaient moins les films des autres qu’on peut le penser, quelques exceptions près. Et c’est un thème abordé dans d’autres films. Cela dit, Red Sundow et No name ne me semblent pas produits par le même studio, ce qui n’empeche rien. Je corrige mon erreur. Tous deux sont unviersal mais on donne pour NO NAME qu’Universal Studios comme lieu de tournage tandis qu’on nomme des ranchs pour RED SUNDOWN

      • PP dit :

        Merci de vos réponses sur ces éléments, disons très pointus et sans doute sans effet sur les qualités (ou non) des films. Une petite précision concernant ma remarque sur the man without a star. Je me suis peut-être mal fait comprendre mais j ai vraiment l’impression que le Arnold recycle carrément (stock-shot) le Vidor. Mais ce dernier est absent de ma videothèque, donc impossible de vérifier si ma mémoire est bonne.

  23. Michael Rawls dit :

    If Ms. Catherine is interested in establishing for herself the excellence of the Leisen/MacMurray combination, I note that there’s a Leisen Box at amazon.fr containing HANDS ACROSS THE TABLE , which costars McM with Carole Lombard in a script by Norman Krasna and six other people including Dorothy Parker. Also starring Ralph Bellamy and the unfortunate Marie Prevost.The box also includes one of the brightest and most light-hearted of screwball comedies ever, MIDNIGHT, written by Billy Wilder and Charles Brackett, and starring Claudette Colbert and Don Ameche and featuring a fantastic comic performance by soon to expire John Barrymore.Look for « Le baronne de minuit/jeux de Mains. » REMEMBER THE NIGHT, with MacMurray paired with Barbara Stanwyck much more effectively than in the strident DOUBLE INDEMNITY, is, I think, the most romantic comedy written by Preston Sturges and features Stanwyck’s most vulnerable performance. Sturges and Wilder appear to have despised Leisen but they couldn’t have made a better directing their respective scripts than he did.

    • Catherine dit :

      Thank you Michael, I’d look for the Leisen box, if it’s not too expensive cost, as I like the US screwball kind, my personal top being Lubitschian films…

  24. Minette Pascal dit :

    Je trouve que le Vent de la plaine donne un de leurs meilleurs rôles à Burt Lancaster et à Audrey Hepburn. D’ailleurs, on se demande qui est le personnage principal de cette histoire, tant on peut s’attacher à l’un ou à l’autre, à commencer par celui de la mère, à la fois fort, digne, sensible et aimant. Le piano réduit en miettes par les Kiowas est l’une des scènes que je trouve les plus dures : on tue une première fois cette pauvre « ma ».
    La musique de Tiomkin sonne « étrange », avec une prise de son lointaine qui contribue au climat un peu dérangeant, voire surnaturel, du film ; comme si tout cela n’était qu’un cauchemar. En fait, je ne comprends pas pourquoi Le Vent de la Plaine a tant de critiques négatives. Il y a peu d’autres westerns qui lui ressemblent.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Minette Pascal
      Entièrement d’accord

    • Martin-Brady dit :

      A Minette Pascal: merci de ces précisions, en plus de celles de B Tavernier, ça donne envie de le voir (jamais vu, pour moi, car influencé par la réputation très moyenne).

      • Minette Pascal dit :

        A Martin-Brady :
        J’espère que vous ne serez pas déçu, même si, comme le dit Mr Tavernier, on l’apprécie davantage à chaque fois qu’on le reprend. N’oubliez pas de poster votre avis !

        • Martin-Brady dit :

          A Minette Pascal: pas de problème, il est à ma médiathèque, chance!

        • Martin-Brady dit :

          A Minette Pascal: « En fait, je ne comprends pas pourquoi Le Vent de la Plaine a tant de critiques négatives. « , en effet, je peux reprendre vos paroles. C’est incroyable que j’ai laissé passer si longtemps ce film magnifique. Ce qui est singulier, c’est la force lyrique soulignée en effet par la musique de Tiomkin. Je ne voyais pas très bien ce qui soutenait, dans le fonds, ce lyrisme. Or, en relisant l’interview de Huston dans Amis Américains (interviewé par B Tavernier, bien sûr! que je remercie aussi de m’avoir rappelé ce film…) j’ai compris que c’était le sens de l’histoire. Huston témoigne d’avoir voulu rappeler les racines d’ostracisme et de racisme, d’intolérance, d’aveuglément religieux, qui ont été à la base de l’histoire des Etats-Unis, le nombre de prêcheurs fous ou fous tout courts, errant seuls et sans attache (génial Joseph Wiseman!), sans doute surtout après la guerre civile mais je ne me souviens pas si le film est clairement daté, dommage, je n’ai plus le dvd. Evidemment, ce point de vue terriblement critique ne pouvait s’exprimer librement dans le Hollywood de 1960! Peut-être ce film eût-il dû être mis en chantier dans la mouvance de la nouvelle vague des westerns « contestataires » post 68… A la fin, la vision du vol des oies sauvages a de la force! Evidemment, on ne comprend plus le personnage de John Saxon (que je connaissais surtout pour ses westerns italiens!) après le massacre des producteurs…
          Audrey Hepburn est remarquable, Lilian Gish un peu en retrait, dommage. Dans les détails, on trouve dans ce film la maison de pionniers la plus originale de l’histoire du western! Je ne sais pas d’où vient l’idée de cette maison enfouie sous la plaine, je crois qu’il s’agissait d’avoir un foyer résistant mieux au vent, elle prend toute sa force lors de l’attaque finale.
          Charles Bickford est toujours aussi impressionnant, il a la même autorité que Walter Huston, c’est curieux il donne l’impression d’être aveugle, ce qui donne de la force à son personnage d’intolèrant, je crois qu’il a joué un aveugle dans un autre rôle célèbre.
          J’ai trouvé quand même un avis positif signé JJ Brochier dans le recueil « Le Western », mais il méprise la participation d’Audie Murphy, pourtant excellent. L Maltin donne quand même 3 étoiles au film dans son « Movie Guide ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          Entièrement d’accord. Reste à lire le livre.

        • Martin-Brady dit :

          A B Tavernier: on le trouve à 2€ sur Amazon, inutile de se priver, merci!

        • Minette Pascal dit :

          A Martin-Brady :

          La vache sur le toit de la maison, je crois que c’est une réalité de la vie de pionnier que certaines photographies d’époque attestent. En tout cas, c’est en effet une image inhabituelle et judicieusement placée en début de film : non seulement elle pique la curiosité du spectateur, mais elle présente un lieu qui aura son importance à la fin du film puisque c’est par là que les Kiowas passeront pour entrer à l’intérieur de la ferme. Ce tableau de cohabitation pacifique est-il aussi destiné à mettre en relief les futures violences ?

        • Martin-Brady dit :

          A Minette Pascal: eh attention, c’est pas de la cohabitation pacifique: la vache se fait enguirlander par Audrey! Sûr que le sympathique bovin n’en paraît pas trop contrarié! En effet, ça fait un effet de contraste avec la fin, c’est le seul western avec une attaque de ferme par les Indiens dans lequel ceux-ci surgissent par le plafond! C’est une idée géniale, cette maison.

    • Sullivan dit :

      Le problème avec la musique de Tiomkin dans LE VENT DE LA PLAINE, c’est qu’elle est omniprésente !!!

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Sullivan
        Toujours avec Tiomkin. Il ne pouvait pas s’arreter. Je viens encore d’en faire l’expérience avec UNE BALLE VOUS ATTEND Mais par rapport à la beauté du film, c’est secondaire et dans certains passages, elle est efficace.

        • Minette Pascal dit :

          Je viens aussi de le constater en revoyant Alamo. Quel boulot abattu pour Tiomkin entre la création, l’orchestration et la direction d’orchestre ! Je comprends qu’on puisse s’en lasser mais il m’est arrivé, pendant la bataille finale d’Alamo, de regretter que les tonitruantes pétarades couvrent leur accompagnement musical.
          Mr Tavernier, pouvez-vous nous dire si les compositeurs de cinéma peuvent bénéficier d’assistants : copistes, harmonisateurs, orchestrateurs, chefs d’orchestre ? Etait-ce le cas de Tiomkin à votre connaissance ? Merci !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Bien sur. Et certains orchestrateurs sont crédités. On connait tous ceux de GONE WITH THE WIND. Tiomkin avait des assistants et des orchestrateurs, ce qui ne voulait pas dire qu’il ne supervisait pas leur travail mais certains film représentent l’équivalent de deux symphonies. Jery Goldsmith, Hermann, Alex North ne se croyaient pas obligés de mettre de la musique partout. Cela dit Tiomkin est un très bon mélodiste mais sa conception de la musique de films était déjà attaqué par Maurice Jaubert, compositeur sublime qui avait quarante ans d’avance sur les americains. En fait Jaubert s’en prenait à la musique illustrative de Steiner dont le Mouchard est l’horrible représentant et Steiner a souvent été mieux inspiré que de faire dans sa musique des glous glous quand on boit, de transposer musicalement des actions.
          C’est ma dernière réponse car je pars en vacances, enfin.

        • Ballantrae dit :

          Tiomkin n’est pas si insupportable que cela: certes il est classique et offre des partitions très fournies mais J Williams va dans ce sens et au final on s’est habitué à cette touche.
          J’ai cru lire des critiques semblables à l’endroit d’Alex North ou Maurice Jarre or ce sont de brillants musiciens de films justement pour leur choix du lyrisme et d’une coloration très intense.
          Tous les compositeurs ne peuvent avoir l’absolue singularité de Jaubert,Herrman ou Jerry Goldsmith pour ne prendre que trois exemples célèbres.
          Howard shore actuellement me semble d’un brio incroyable: passer d’une BO expérimentale style Crash ou Naked lunch ( avec Ornette Coleman soyons précis!) à la partition symphonique de la trilogie de P Jackson signifie un éclectisme digne des plus grands!
          Par ailleurs, Morricone a svt été décrié: en revoyant Days of heaven, je me disais que c’était l’une des plus émouvantes BO jamais composées!

        • Sullivan dit :

          Je pense que Shore n’est qu’un faiseur, un poseur. Ce qui n’est absolument pas le cas de John Williams, l’un des plus grands mélodistes, l’un des plus grands harmonistes du Nouvel Hollywood. Quant à Morricone, c’est Morricone. Mais l’important dans l’utilisation de la musique de film, c’est la tempérence. On peut en avoir marre de la musique de Tiomkin dans « Le Vent de la Plaine ». Moi, je vais vous dire, je n’en peux plus de sa musique de m… dans ce film. En plus, elle est semble-t-il baignée par je ne sais quel effet d’écho, de résonance bizarre qui alourdit encore plus l’ensemble. Quant on est très sensible à la musique dans un film, ça peut vite devenir insupportable. Attention, je ne critique que la musique. Williams et sa subtilité dans le générique de Tintin, rappelant le Catch me if you can du même Spielberg tourné dix ans plus tôt, est admirable, comme l’est Goldsmith au début de « Hour of the Gun » de Sturges.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Sullivan
          Vous avez raison pour LE VENT DE LA PLAINE. Tiomkin est souvent d’une lourdeur pleonastique qui peut être insupportable. Il ne sait jamais s’arréter même s’il lui arrive de trouver une belle mélodie. Il est même plus lourd, plus épais que Steiner et infiniment plus que North. Je trouve aussi qu’une compositeur comme Maurice Jaubert surclasse tous les américains des années 30 et des gens comme Ibert, Grunenwaldt, Auric, sans oublier Kosma méritent mille fois plus qu’on parle d’eux que Tiomkin même s’il y a des beaux passages ici et là, bien orchestrés mais beaucoup moins bien que le Jarre de LAWRENCE D’ARABIE

        • Ballantrae dit :

          Pas d’accord sur Shore: ne serait-ce que son boulot avec Cronenberg en fait un créateur et non un yes man!!!
          Tiomkin n’est pas mon compositeur favori, loin s’en faut, mais sur qqs westerns il a fait un bon travail: high noon, Règlements de compte à OK Corral voire Alamo…
          Par ailleurs, j’aime bien Williams mais votre éloge manque de nuance: il peut tt de même s’avérer parfois lourd, redondant , qq peu envahissant…mais talentueux! Certes il incarne le renouveau des 70′ mais versant Lucas/ Spielberg donc une part très commerciale du nouvel Hollywood: De Palma s’est tourné vers Herrman ou Morricone entre autres, Scorsese vers Herrman et ces derniers temps vers Shore ( Shutter island est une belle partition), Coppola vers Rota, Cimino a eu son musicien de prédilection en la personne du formidable D Mansfield ( la partition de Heaven’s gate est un bijou absolu).Pas trace chez eux, si je ne m’abuse, de Williams qui est plus du côté des grandes orgues…

      • Martin-Brady dit :

        A B Tavernier: Bonnes vacances! Je réserve ma question sur Tiomkin!

      • Minette Pascal dit :

        A Sullivan : vous y allez fort avec Tiomkin. Les effets d’échos du « Vent de la plaine » me semblent plutôt originaux. Ils confèrent au film une sorte de climat de cauchemar et soulignent quelque chose de surnaturel que Huston a sûrement voulu ( le vieux sudiste raciste qui apparaît et disparaît dans le brouillard comme un fantôme). Ce qui m’étonne, c’est que Tiomkin figure à autant de génériques ( pourquoi ne demandait-on pas à Delerue d’écrire pour les westerns ?). Sinon, Tiomkin est aussi capable de sobriété et de subtilité, je pense par exemple à la scène de « Gun-Hill » où Kirk Douglas découvre le corps sans vie de sa femme. Un autre y serait allé avec tambours et trompettes. Steiner n’y va pas toujours de main morte dans « la prisonnière du désert », par exemple : le moment du départ après la scène du cimetière ne fait pas dans la dentelle et m’exaspère toujours par ses accents tannhaüseriens. Mais il faut être bienveillant avec les compositeurs car j’imagine qu’ils devaient travailler dans l’urgence …

        • Martin-Brady dit :

          A Minette Pascal: oui, le film a une dimension onirique, donc ici un cauchemar, comme pour dire ça recommencera toujours, les hommes seront toujours aussi intolérants, comme les oies sauvages de la fin qui reviendront chaque année. Je ne me souviens pas des autres musiques de Tiomkin mais qu’elle soit omniprésente dans THE UNFORGIVEN, ça me paraît justifié. Le soldat sudiste joué par Wiseman n’est pas forcément réel, il est aussi un symbole.

  25. Catherine dit :

    A propos de Borderline, que je n’ai pas vu:

     » On se dit que le film aurait beaucoup gagné à être dialogué par William Bowers et joué par Robert Mitchum et Jane Greer. »

    Fred Mc Murray est un poisson congelé à coté de Robert Mitchum !! …mais qui ne le serait pas. Même dans Double Indemnity ou The Appartment, il était seulement bien dirigé, je le trouve inexpressif, wooden, et pas sexy du tout, je crois qu’il a fait pas mal de films chez Disney…et qu’il a hésité (moralement) avant d’accepter le rôle d’un tueur pour Double Indemnity.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Catherine
      Voilà des préjugés qui vous font commettre une erreur. Ce qui l’a fait hésiter, c’est la peut de ne pas être à la hauteur du rôle. Wilder le trouvait modeste, intelligent et bien meilleur acteur qu’il ne le pensait lui même. Il est excellent dans des comédies de Leisen, très juste. Maintenant sexy, c’est une question de gout et de point de vue.. . Pendant longtemps je l’ai sous estimé

      • Catherine dit :

        Une erreur soulignée par vous suffit à remplir cette journée Mr Tavernier !!

        Mais même sans le paramètre « sexy », je ne le trouve pas transcendant (je ne connais pas les films de Leisen, plutôt des comédies je crois…), par contre un acteur sur lequel j’ai révisé mon apréciation c’est Robert Taylor, que j’avais vu dans des rôles « jeune », et que je ne trouvais pas très bon jusqu’à ce que je le découvre dans Traquenard (Ray) et The Last Hunt (Brooks)…

        • Damien DOUSSIN dit :

          Dans les derniers films de Robert Taylor mentionnons aussi LE TRESOR DU PENDU de 1958. Ce film m’apparaît comme le meilleur western de Sturges (il me reste à voir 7 SECONDES EN ENFER). En revoyant récemment LES 7 MERCENAIRES, j’étais surpris de voir poindre l’ennui. Reste certes le charme des acteurs et la musique de Bernstein (qui est le seul élément parvenant à rythmer le film)…

      • Martin-Brady dit :

        Je me souviens avoir dit à peu près la même chose à propos de Mc Murray et m’être fait rappeler à l’ordre par MM Tavernier et Rawls! Je crois surtout que j’avais été consterné par une revision de DOUBLE INDEMNITY que j’avais trouvé puéril et grotesque par rapport à ces chefs d’oeuvre du film noir que sont LADY FROM SHANGHAI ou BIG SLEEP, en vrac. Wilder fut beaucoup plus grave et intelligent avec ses comédies. McMurray est excellent en imbécile satisfait dans THE APARTMENT, alors peut-être que l’on confond personnage et comédien. Dans l’excellent PUSHOVER, je n’arrive pas à discerner si l’air ébahi de McMurray est là pour justifier que le personnage puisse s’enfoncer aussi bêtement dans de pareils ennuis -on peut faire la même remarque sur DOUBLE- ou si c’est l’acteur qui est paumé et ne sait plus où il est. Il a un côté lunaire qui fait rire quand il joue des personnages de patrons ou flic sûr de lui, on aurait dû exploiter plus cela. Peut-être sommes-nous injustes? Pardon, Mr Mc Murray!
        (j’ai quelques arguments sur le côté grotesque et puéril de DOUBLE INDEMNITY: comment Wilder a-t’il pu estimer qu’un public d’adultes normaux puisse accepter comme vraisemblable que Mc Murray et Stanwyck, sa maîtresse, puissent se retrouver incognito sans attirer l’attention de quiconque dans un supermarché en faisant semblant d’acheter des trucs en les examinant sous toutes leurs faces, lunettes noires sur le nez alors qu’on est à l’intérieur, et se parlant à voix à peine basse mais en prenant soin de ne pas se regarder, n’achetant jamais rien du tout, et cela plusieurs jours de suite, il y a des employés de supermarché qui devaient bien rigoler! C’est vraiment du cinéma puéril, voyez les films plus haut, ou THE BIG HEAT ou THE SNIPER ou d’autres, vous ne tomberez jamais sur une scène du même acabit: c’est du cinéma adulte, quand même!). Ceci dit, je crois qu’il faut voir McMurray dans des films meilleurs que celui-ci, et dans des comédies, comme l’indique Mr Tavernier.
        Je voudrais ajouter que l’on trouve des invraisemblances, si on cherche, dans THE BIG HEAT (la visite de Glenn Ford chez le gangster, le fait qu’il le frappe et l’insulte, est improbable) ou autre, mais ça n’est quand même pas aussi grossier.

        • jean-charles freycon dit :

          A MB : Pour les invraisemblances de « double indemnity »dont vous parlez (ainsi que celles dans d’autres films)il semblerait que vous confondiez cinéma et réalité. Moi ça ne m’a jamais le moindrement gêné, car je n’ai jamais trouvé ça invraisemblable dans la réalité du film. On est dans la fiction, pour ne pas dire le rêve. C’est un monde en soi, un film, avec son temps, sa topographie, ses règles qui ne sont pas forcément les règles du spectateur, ni d’un point de vue moral, ni d’un point de vue narratif ou logique. Avec vos critères, vous devez foutre à la poubelle 90 % des films noirs (on ne parle même pas des westerns…) dont « double indemnity » est un jalon majeur… Quant à Fred Mc Murray moi je l’ai toujours trouvé formidable, rangé dans la catégorie « acteurs massifs au jeu sobre », aux côtés de Dana Andrews, Sterling Hayden… Dans « there’s always another tomorrow », comme il est bien aussi, toujours avec Barbara Stanwick…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Jean Charles
          Je suis d’accord avec vous à 65%. Les cinéastes americains (et les studios) prenaient en compte ce qu’ils appelaient « the suspension of disbelief » pour ne pas s’aliéner le public. Les critères de ce disbelief ont évolué avec les époques et l’évolution du public qui acceptait les conventions dont certaines ne lui apparaissaient pas comme des conventions (les indiens, les étrangers parlant américain qui a commencé à peser avec l’arrivée du cinéma néo réaliste et qui s’est maintenu. Il y a les gens qui ne paient jamais les taxis, les consommations et d’autres conventions plus pesantes). Moi, je n’ai jamais fait attention à ce que dénonce Martin Brady dans Double Indemnity, d’autant que tout est raconté sen flash back, selon un point de vue précis qui concentre toute l’attention sur lui). Certains genres s’en affranchissaient plus que d’autres : le mélodrame. Le principe dramatique de Old Acquaintance est un défi à cette règle et ici, comme dans d’autres films (THE DARK MIRROR), on a l’impression que les auteurs essaient de voir jusqu’ou ils peuvent aller. Le jeu avec les règles fait partie du plaisir. Et McMurray est formidable dans le Sirk et comme le montre Garnier, dans des oeuvres plus obscures, comme Faces of a fugitive de Paul Wendkos.

        • Edward dit :

          Si vous lisez Ronde de Nuit (Thomas Walsh, cerré noir gallimard) dont est tiré pushover, vous aurez la réponse… Si McMurray ne me paraît pas trop à sa place dans les westerns, je le trouve bon dans les comédies avec Carole Lombard et dans les personnages « un peu perdu » comme dans PUSHOVER ou THERE’S ALWAYS TOMORROW de SIRK. Enfin, on peut aimer BORDERLINE et THE BIG STEAL. Opposer McMurray à Mitchum me semble inutile : on n’est plus dans la même catégorie.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          C’est juste que mitchum a été évoqué par le producteur de BORDERLINE et que le ton fait penser à The BIG STEAL

        • Martin-Brady dit :

          A JCF: je ne parle pas cinéma et vérité, je parle cinéma et vraisemblance ou invraisemblance. Je ne suis gêné par l’invraisemblance de DOUBLE (je n’ai même pas parlé de la fumeuse machination meurtrière) que sans doute, parce que cela entache un récit qui se veut réaliste. Je ne fiche pas à la poubelle 90% des films noirs mais pour un pourcentage correct, je dirais plutôt allez… 25%, pourcentage raisonnable à mon avis, le film noir ne peut s’épargner un minimum de réalisme puisqu’il est supposé venir du social. Maintenant, le roman noir a toujours été bien plus réaliste et social que le film noir qui l’adapte, mais c’est autre chose. Notez que les invraisemblances sont sans doute supérieures dans BIG SLEEP sans que ce soit gênant, parce que le film peut être vu comme un rêve: ce serait le seul film onirique de Hawks! Dans DOUBLE, rien ne justifie le caractère irréel de la scène du supermarché, puisque par ailleurs, rien ne se veut irréel dans le film, le propos est supposé être réaliste. Dans THE SNIPER, film social et naturaliste, pas de scène comparable, ou si on pinaille, des détails, rien de ridicule, en tout cas.
          Autrement dit, c’est au film par son propos et son style de me convaincre du bien-fondé de son propos, soit réaliste, soit pas, soit pourvu de vraisemblance, soit pas.
          Je n’ai jamais voulu généraliser à partir du film de Wilder! LA MORT AUX TROUSSES est un film formidable! Parfaitement invraisemblable. Un chef d’oeuvre.
          Tiens, mieux: LA DAME DE SHANGHAI: impossible de trouver plus fumeux et casse-gueule que la magouille de Grisby et de toute façon, rien ne tient debout dans cette histoire… Un chef d’oeuvre. Le style onirique ou surréel comme vous voulez, transcende tout y compris l’invraisemblance, pas le cas de DOUBLE. Tout dépend de la maîtrise d’ensemble. Bon dimanche.
          (Une autre fois, je vous parlerai de l’ombre de l’hélicoptère de SHINING, c’est voisin. Invraisemblable. Génial. Ce qui m’embêterait, c’est qu’elle soit dûe à une mauvaise fenêtre de projection, mais non, elle est sur le dvd en 1:37 (et revoilà les cadrages qui passionnent tout le monde!)).

        • jean-charles freycon dit :

          Merci (à 1OO %) Monsieur T pour votre réponse qui m’apprend quelque chose et que je ressortirai sans doute un jour pour faire le finaud. The suspension of disbielief, ça sonne bien. (Comme le concept me restait tout de même un peu obscur, j’ai retrouvé l’origine de l’expression « willing suspension of disbielief », que l’on doit au poète Samuel Taylor Coleridge : « [...] il fut convenu que je concentrerais mes efforts sur des personnages surnaturels, ou au moins romantiques, afin de faire naître en chacun de nous un intérêt humain et un semblant de vérité suffisants pour accorder, pour un moment, à ces fruits de l’imagination cette suspension consentie de l’incrédulité, qui constitue la foi poétique. ») Vous me donnez envie de revoir « old acquaintance » et « the dark mirror »… Et puis, Edward, Fred Mc Murray, dans « texas rangers », je l’ai plutôt trouvé bien et si Garnier l’apprécie également dans l’obscur « faces of a fugitive » (que je ne connais pas) il n’est peut-être alors pas tant déplacé que ça dans les westerns. Et dans tant d’autres films. Je n’aime pas tellement « ouragan sur le Caine » par exemple et pourtant je me souviens parfaitement de Fred Mc Murray, qui joue si bien la lâcheté que pour moi il en éclipse Bogart.

        • jean-charles freycon dit :

          À MB : À propos de l’ombre de l’hélicoptère dans « shining », je ne suis pas sûr que ce soit à mettre sur le compte du génie de Kubrick. Ça se discute. Allez quand même voir ici : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0CFwQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.clermont-filmfest.com%2F03_pole_regional%2Flyceens07%2Ffilm3%2Fimg%2Fversions.pdf&ei=lyofUJ3nKuSU0QW5zoGwCw&usg=AFQjCNFVm7LmXbLz7L5YJZwFGsjDVzFoQA

        • Sullivan dit :

          Je trouve étrange de s’arrêter à de telles considérations sur DOUBLE INDEMNITY. Quel génie de mise en scène ! Wilder utilise la voix-off comme aucun autre cinéaste. Celle-ci sert l’image et le propos. La photo de Seitz, qui est l’un des premiers, voire le premier, à s’être servi de l’ombre projetée de stores vénitiens pour symboliser l’enfermement des personnages, est énorme. La musique de Rozsa inoubliable. Et le jeu de MacMurray, totalement contrôlé et voulu (par lui et par Wilder). A ce propos, je pense que MacMurray est un acteur qui s’apprécie comme on peut apprécier son vin, un pinot noir de la côte de Sonoma, à savoir en y goûtant régulièrement. Sirk ne s’y trompera pas en reprenant le couple douze ans plus tard.

      • Martin-Brady dit :

        A Sullivan: certes, il n’est pas étrange, et même recommandé, de souligner les qualités réelles de DOUBLE INDEMNITY, par ailleurs. Je ne parle que d’une scène précise et d’un film seul. Ceci dit, c’est loin d’être la perle que l’on dit. Aïe! j’ai pas pu m’en empêcher!
        A JCF: ce n’est pas le souci qu’il s’agisse ou pas du génie de Kubrick, tout au plus qu’il n’a pas jugé utile d’éliminer cette ombre parce qu’elle fait partie de l’étrangeté voulue, courant dans tout le film. Il n’y a pas d’étrangeté désirée dans le Wilder, si? D’après votre document passionnant, vous croyez que si cette ombre avait été gênante, il aurait renoncé à resortir ce film tourné en 1:66 en 1:37? Et même… Mon souci c’est de signaler que l’ombre n’est pas gênante, rien de plus.
        (c’est Grady, qui est dans l’hélico et surveille que Nicholson va bien souscrire au boulot de gardien…).
        Il y a plein de « goofs » dans SHINING dont SK ne s’est pas préoccupé visibles autant en 1:66 qu’en 1:33 et ça ne gêne jamais, par exemple la porte de la chambre froide qui s’ouvre dans un sens puis dans l’autre: on s’en fout! Revoyez LA MORT AUX TROUSSES…
        Salutations.

      • lafleur dit :

        Oui, concernant Leisen, MacMurray est notamment excellent dans Remember the night, qui est un film assez méconnu et très délicat (au sens de subtil, sur un sujet qui pouvait faire craindre le mélo manichéen) de Leisen. The lady is willing est plus inégal (mais cela vaut surtout pour le scénario) et No time for love est un film très surprenant.

    • Edward dit :

      A Bertrand Tavernier : Tout à fait d’accord. Je trouve d’ailleurs un charme particulier – en dehors de leurs qualités propres – aux films noirs américains des années ’50 qui se déroulent en partie au Mexique, comme outre les deux déjà cités, KANSAS CITY CONFIDENTIAL (surtout) ou HIS KIND OF WOMAN (moins SECOND CHANCE à cause de la bagarre dans le téléphérique qui, dans mon souvenir, était pathétique). D’autres à suggérer ?

  26. maxou37 dit :

    merci une nouvelle fois pour vos lumières sur des films méconnus : maintenant dès qu’un western sort ou ressort, j’attends avec impatience vos commentaires toujours pertinents qui donnent envie de voir tous ces films (et ce malgré leurs défauts).

    Pour revenir sur les westerns, je suis entrain de lire l’ouvrage de Garnier sur De Toth : je suis surpris par le nombre de Hongrois qui ont « fourni » à Hollywodd de très grands noms. Je n’ai pas vu tous les westerns de De Toth mais quatre méritent une attention particulière : La mission du commandant Lex, Le sabre et la fleche, La rivière des nos amours et La chevauchée des bannis.

    Très respectueusement.

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