Cinéma du monde entier

21 mai 2014 par - DVD

Je crois n’avoir jamais parlé des coffrets de la World Cinema Foundation sortis par Carlotta après que certains films aient été montrés à Cannes et dans certaines salles. Des films très rares que l’on croyait disparus pour certains et qui ont été restaurés grâce à des financements collectés à travers sa fondation par Martin Scorsese.

coffretworldcinemafondation

Les 4 films sont :

LE VOYAGE DE LA HYÈNE de Djibril Diop Mambety, dont DVDClassik  écrit : « Cette édition du VOYAGE DE LA HYÈNE est le fruit d’une restauration menée en mai 2008 par le laboratoire L’Imaggine Ritrovata de la Cinémathèque de Bologne. Le travail a été effectué après une numérisation en 2K des négatifs originaux image et son 35 mm. Le résultat est en tous points exceptionnel et l’on a le sentiment de découvrir un film tourné la veille, la copie ne présentant aucun défaut et les couleurs se révélant éclatantes. Le transfert numérique est également parfait, que ce soit en termes de définition ou de compression. Pour un film aussi rare, qui plus est issu d’une cinématographie particulièrement mal diffusée, cette édition est un véritable miracle. »

voyage-de-la-hyene  transes

TRANSES est un film marocain que découvrit Scorsese et qu’il sauve de la perdition et de l’oubli.

LA FLÛTE DE ROSEAU, pour moi, a été une découverte. C’est un film cristallin, d’une grande poésie. Comme on l’écrit dans DVDClassik : « Ce document consiste en une interview du réalisateur Ermek Shinarbaev réalisée par les équipes de Carlotta et Allerton Films. Cet entretien est le bienvenu pour les cinéphiles qui n’avaient jamais entendu parler de ce cinéaste et de son œuvre. A vrai dire, on est content d’apprendre qu’il existe une activité cinématographique kazakhe compte tenu de la situation générale de ce pays. Le cinéaste commence par présenter son parcours dans le contexte si particulier de l’avant et de l’après Perestroïka, depuis ses études jusqu’à ses premiers films, et donne surtout quelques clés pour comprendre où il a voulu en venir, avec son scénariste-écrivain Anatoli Kim, en réalisant cet énigmatique Flûte de roseau. De l’antagonisme poésie/pouvoir jusqu’à la liberté de l’artiste et au bouddhisme, quelques thèmes sont égrenés par Shinarbaev sans trop s’appesantir pour ne pas nuire au mystère du film. Enfin, cette interview a surtout le mérite de révéler l’existence de la diaspora coréenne au Kazakhstan, issue des déportations opérées dès 1940 par Staline à partir de la Russie extrême-orientale. On relèvera également une savoureuse anecdote sur la sélection rocambolesque du film pour le Festival de Cannes 1989. »

flute-de-roseau  revoltesalvarado

REDES (THE WAVE ou LES RÉVOLTÉS D’ALVARADO) de Fred Zinnemann et Emilio Gomez Muriel que j’ai enfin pu revoir  dans une  copie beaucoup plus belle que tout ce qu’on avait pu voir dans les années 60, restaurée et sauvée grâce à Martin Scorsese. C’est une tentative originale et courageuse, un film social et militant sur une révolte menée par des pêcheurs exploités par des patrons sans scrupule qui les paient des clopinettes. Le  film co-réalisé par Zinneman (après sa participation à LES HOMMES LE DIMANCHE) et Emilio Gomez Muriel se situe dans la lignée de la RÉVOLTE DES PÊCHEURS de Piscator et anticipe sur SALT OF THE EARTH : décors naturels (le film fut tourné à Alvarado), acteurs non professionnels (il n’y a qu’un seul comédien) recruté parmi les pêcheurs. Le projet fut initié et produit par le grand photographe du réel Paul Strand qui en devint le chef opérateur avant de travailler avec Leo Hurwitz et les fondateurs de Frontier Films. Durant le tournage, Zinnemann s’opposa violemment à Strand qui approchait la mise en scène comme une suite de plans très cadrés, et non comme un art du mouvement et termina seul le film. Le film paraît en effet parfois statique avec un rapport maladroit entre des plans souvent beaux mais aux recherches très archétypales : visages se détachant sur le ciel, contre plongées, cadrages formalistes, importance des nuages, des reflets dans l’eau. Mais son enracinement dans la réalité, sa force de conviction, l’élan de plusieurs séquences   possèdent un pouvoir de conviction, une force indéniable et éclairent l’engagement démocratique de Zinnemann sensible dans TERESA, THE SEARCH, THE MEN (œuvre sous estimée) et surtout ACT OF VIOLENCE, un splendide film noir.

theworld  stilllife  useless

La sortie du magnifique A TOUCH OF SIN, constat décapant, impitoyable sur la violence qui gangrène la vie quotidienne chinoise est un bon moyen de rappeler les autres films magnifiques de Jia Zhangke : PLATFORM, THE WORLD, STILL LIFE. Je n’ai jamais vu USELESS.

J’ai éprouvé un vrai choc émotionnel devant TEL PÈRE, TEL FILS de  Hirokazu Kore-eda et suis allé tout de suite revoir NOBODY KNOWS, I WISH, STILL WALKING, une série de titres fondés sur le doute, le questionnement et l’espoir.

telperetelfils  stillwalking  iwish

QUELQUES OBSCURS FILMS FRANÇAIS

jetattendraiLors de la projection de JE T’ATTENDRAI (ex LE DÉSERTEUR) au festival Lumière, présenté par Quentin Tarentino, ce dernier fit applaudir le nom de Léonide Moguy dont il aimait les œuvres américaines : PARIS AFTER DARK (Loving the classics),  assez bonne histoire de résistance écrite par Vladimir Pozner  et Harold Buchman qui sonne beaucoup plus juste, plus engagée que le THIS LAND IS MINE de Renoir, mieux joué  avec des personnages d’ouvriers résistants et George Sanders dans un rôle sympathique. Tarantino louait aussi ACTION IN ARABIA, toujours avec Sanders, co-écrit par Herbert Biberman l’auteur du SEL DE LA TERRE (Moguy fréquentait beaucoup de personnalités d’extrême gauche). Je le trouve très indulgent pour le pénible TRAGIQUE RENDEZ-VOUS dont le seul titre de gloire est d’avoir permis à Moguy de dénicher Ava Gardner, dont c’est le premier film (Bach Films).

JE T’ATTENDRAI qui possède de véritables qualités de mise en scène (un train en 16 sous les bombes, un village français ravagé par la guerre avec une sorte de cantine ou se réfugie une foule hétéroclite) en plus du fait d’être peut-être le premier film à faire coïncider le temps de l’action et de la projection, sera bientôt distribué par Gaumont. Corinne Luchaire qui tourna trois fois avec Moguy y révèle une présence, une beauté originale, une façon d’aborder de biais les scènes sans technique qui paraît assez moderne aujourd’hui.

conflitOn la retrouve dans CONFLIT (René Château) produit par Arnold Pressburger, où son jeu se fait beaucoup moins pesant, daté que celui d’Annie Ducaux qui plombe plusieurs séquences. L’ouverture est filmée de manière elliptique, rapide, inventive. Les scènes d’interrogatoire qui suivent sont transcendées par la présence de Jacques Copeau, incroyable de justesse, de modernité en juge d’instruction. Il anéantit tous les clichés, donne une vérité surprenante à la moindre réplique. On retrouve dans ce mélodrame à la Goulding, Roger Duchesne, le futur Bob Le Flambeur, Claude Dauphin, excellent dans un personnage ignoble, répugnant ce qui n’est pas sa couleur habituelle. Et tout à coup, une séquence vous frappe par sa force surprenante : Corinne Luchaire veut se faire avorter. Sa sœur l’accompagne et les deux femmes pénètrent dans une cour et commencent à gravir un immense escalier extérieur. La caméra les accompagne alors dans un magnifique mouvement de grue, travelling chargé d’émotion, surplombant peu à peu les deux personnages avec une très belle musique de Wal Berg (et Jacques Ibert non crédité au générique). Ce moment suffit à prouver que Moguy faisait vraiment du cinéma et qu’il faudrait se pencher sur ses films dont je ne connaissais que l’intéressant PRISON SANS BARREAUX, toujours avec Luchaire.

prisonsansbarreaux     dondadele

Passons très vite sur LE DON D’ADÈLE (René Château), adaptation consternante de la première comédie écrite par Barillet et Gredy. Emile Couzinet rajouta un prologue campagnard d’une réelle lourdeur visuelle.

metropolitainMETROPOLITAIN de Maurice Cam (qui a vu des Maurice Cam ?) est défendu par Paul Vecchiali. Il est vrai que le film est assez particulier. Il change constamment de ton de manière chaotique, passe de l’intrigue policière à des notations sociales, de la comédie au mélodrame très prévisible et le scénario prend l’eau très souvent. Même disparité chez les comédiens où la décontraction de Préjean se heurte au jeu solennel d’André Brulé et la vérité gouailleuse de Ginette Leclerc. Le postulat présente une vraie ressemblance avec CÉCILE EST MORTE de Tourneur, mais on reste sur sa faim pour tout ce qui concerne le métro.

APRÈS L’AMOUR est aussi un mélodrame qui inspire moins Maurice Tourneur que PÉCHÉ DE JEUNESSE malgré un double flashback, avec deux versions différentes et un retournement final qui aurait pu être mieux exploité. Les 20 premières minutes retiennent l’attention mais peu à peu le film se délite, le jeu de Pierre Blanchard et le dialogue de Jean Bernard Luc n’arrangeant rien. On a l’impression que Tourneur traite cela de loin, sans vraiment s’impliquer.

Ma grande découverte, c’est le PAQUEBOT TENACITY qui n’existe pas malheureusement en DVD. Duvivier disait à Chalais que c’était son film favori. Très belle musique de Jean Wiener.

paquebottenacity

7emejureOn avance dans le temps avec LE 7ème JURÉ de Georges Lautner qui est un de ses meilleurs, un de ceux où il recherche des effets de mise en scène parfois voyants mais marrants, vifs, qui dénotent un désir de surprendre, de chercher : on voit un personnage à travers un verre d’alcool au milieu de l’image, la caméra part d’un bouchon oscillant au film de l’eau, dans une orgie de reflets pour terminer en plan large. Les extérieurs matinaux, brumeux (on est à Pontarlier) constituent une exception dans l’œuvre de Lautner et l’inspirent plus que la Côte d’Azur. Le propos du film est asséné avec franchise et conviction à travers des dialogues pugnaces, anarchistes de Pierre Laroche, qui collabora à tous les premiers Lautner. Il impose un ton franc qui annonce la couleur, n’hésite pas à utiliser une voix off littéraire, assez belle. Bien sûr, les personnages sont posés et leur description ne va pas brouiller les cartes. Ici et là, peut-être que le film aurait gagné à introduire des zones d’ombre, à nuancer les couleurs (dans le personnage de Delorme), à faire sourire Bernard Blier par ailleurs remarquable, d’une grande vérité organique tout comme Maurice Biraud et un Francis Blanche assez sobre. Mais le film vous emporte et son manque de tiédeur joue aujourd’hui en sa faveur. C’est du cinéma sanguin, roboratif qui attaque frontalement, sans prendre de gants. On peut se demander si le médecin que joue Biraud n’est pas une projection de Laroche.

Autre policier qui sort enfin en Blu-ray, UN PAPILLON SUR L’ÉPAULE sans doute le film le plus accompli de mon ami Jacques Deray avec LA PISCINE, SYMPHONIE POUR UN MASSACRE et des moments d’AVEC LA PEAU DES AUTRES.

unpapillonsurlepaule

Nous avons justement donné, à l’Institut Lumière, le prix Jacques Deray à ZULU, polar sous estimé, fort bien mis en scène par Jérôme Salle (j’avais trouvé son ANTHONY ZIMMER très prometteur ; on avait affaire à un vrai metteur en scène même si la fin partait en quenouille). A des années lumières de son remake américain. ZULU est d’abord admirablement joué par Forrest Whitaker et Orlando Bloom que je n’ai jamais vu aussi bon. La manière dont le scénario, adapté d’une série noire de Caryl Ferey, nous fait découvrir peu à peu le climat de violence, de corruption qui recycle ce qui reste de l’idéologie de l’Apartheid et pourrit les rapports sociaux en Afrique du Sud. Les crimes du présent ont leurs racines dans le passé comme chez James Lee Burke.

zulu      renoir

On change d’humeur, d’atmosphère avec RENOIR, belle évocation de la fin de vie d’Auguste Renoir, de ses rapports avec Jean, Pierre, avec une jeune modèle qui deviendra Catherine Hessling à qui Christa Theret donne une grâce, une luminosité incroyable. Elle est un régal pour les yeux et aussi d’une justesse qu’on avait déjà décelée dans LA BRINDILLE. Vincent Rottiers révèle des couleurs surprenantes, une musique qu’on ne lui connaissait pas et Michel Bouquet est bien sur impérial. Le film, magnifique à regarder, est une réussite qui méritait une nomination aux Oscars. Mais sa discrétion, sa retenue l’a sans doute desservi.

FILMS AMÉRICAINS : DE LA SÉRIE B À SPIELBERG

ladygangsterRobert Florey détestait tellement LADY GANGSTER (Bach Films) qu’il demanda à la Warner de signer d’un pseudonyme, Florian Roberts. Il est vrai que le scénario accumule les rebondissements improbables et que les personnages paraissent souvent antipathiques, incohérents voire stupides. Mais ici et là, un détail, un plan adroit, une idée de mise en scène retiennent l’attention. La description de l’univers carcéral évite nombre de clichés mélodramatiques (Florey choisit même quelques figurantes aux trognes inoubliables) et la détenue sourde qui lit sur les lèvres, espionnant les conversations pour le compte de sa « maitresse » est à porter au crédit du film tout comme le charme de Faye Emerson.

Le coffret de RED RIVER/LA RIVIÈRE ROUGE (Wild Side) est une merveille de même que celui de GUN CRAZY (toujours Wild Side), le chef d’œuvre de Joseph H. Lewis qui contient le texte définitif sur ce film dû à Eddie Muller. Voilà deux titres qu’il faut posséder.

riviererouge

PIRANHAS : la version de Joe Dante qui vient de sortir en Blu-ray, possède la désinvolture, le charme, l’allant de certaines des productions Corman surtout quand elles sont tournées par Jonathan Demme ou Joe Dante. Comme dans tout film d’horreur qui se respecte, les rebondissements sont toujours le fait de personnages qui refusent d’écouter ce qu’on leur dit, de lire des pancartes ou d’assimiler des conseils. En fait, ils provoquent des catastrophes par bêtise crasse et on devrait les haïr plus que les savants fous. Heureusement Joe Dante avec la complicité de John Sayles donne à tout cela une bonne humeur, une énergie ludique, distribue des icones du genre (Barbara Steele ultra inquiétante, Kevin McCarthy qui essaie de sauver la situation et le formidable Dick Miller). Aussi bien dans les costumes que dans le jeu des interprètes féminines, il saisit l’atmosphère des années 70, s’amuse à saccager, à piétiner les garde-fous de l’Amérique : l’Armée, les savants, les puissances d’argent. Les poissons carnivores vont mettre à mal les spéculations financières, immobilières d’un requin sans scrupule. Tout un ordre moral.

piranha

angelsinamericaAprès WIT de Mike Nichols que Jean Pierre Coursodon considère comme un chef d’œuvre, j’ai revu ANGELS IN AMERICA  qui continue de mettre à mal la vision simpliste et négative d’œuvre télévisuelle. Voilà en effet une minisérie qui témoigne d’une ambition peu commune, d’une volonté de traiter des sujets évités par la plupart des films. Au départ, il y a une pièce de Tony Kushner sous-titrée Fantaisie Gay sur des thèmes nationaux, en deux partie dont le total fait 7 heures qui remporta le Prix Pulitzer et fut un incroyable choc théâtral dans le monde entier. Située en 1985, cette chronique des années Reagan passe de la comédie à des élans lyriques ou épiques, d’échanges politiques violents extrêmement documentés à des digressions fantastiques, retrace les liens complexes qui unissent 6 New-yorkais liés par leur rapport au parti Républicain, l’’homosexualité, la menace de la mort, leur questionnement du divin et leur expérience de la marginalité, dont les destins vont s’entrecroiser. L’auteur met sur le même plan les ravages meurtriers  provoqués par l’irruption du sida et ceux qui sont causée par la politique des Républicains qui détruit systématiquement les acquis du New Deal, pervertit les lois, gangrène le système, annihilant toutes les défenses immunitaires démocratiques. Ce qui nous vaut plusieurs scènes très fortes, remarquablement écrites et d’une rare franchise, celles où l’avocat Roy Cohn (Al Pacino absolument génial), ami de Joseph McCarthy, qui se voit comme l’incarnation du conservatisme, affronte dans des rapports violents et complexes sur son lit de mort Belize, son infirmier noir et gay (Jeffrey Wright, seul rescapé de la pièce est sensationnel).
Ce qu’il y a de moins bon dans le film, ce sont les anges du titre plus redondants que dans la pièce et certaines échappées fantasmagoriques nous laissent froid. Je ferai une exception pour tous les moments sarcastiques, bien écrits où le fantôme d’Ethel Rosenberg revient persécuter Roy Cohn. Se rappeler que Tony Kushner devint le scénariste de MUNICH et de LINCOLN.

munich  unjourenseptembre

MUNICH écrit par Eric Roth et surtout Tony Kushner, traite moins de l’assassinat en septembre 72, durant les Jeux Olympiques, des 11 otages israéliens par un groupe  palestinien terroriste, Septembre  Noir, que de ses conséquences et des représailles décidées par le gouvernement de Golda Meir. Un passionnant documentaire malgré un commentaire emphatique et une musique envahissante  de Kevin Macdonald, le petit fils d’Emeric Pressburger, UN JOUR EN SEPTEMBRE décrit minutieusement  ce que Spielberg expédie en un brillant montage de quelques minutes, notamment les erreurs colossales de la police et de l’armée allemande.
Comme dans ses meilleurs films, il conjugue de réels dons de conteur, une maitrise formelle, un goût du spectacle avec une volonté d’exigence dans le propos, un désir d’affronter les horreurs du monde plus du tout sur un mode binaire,  en prenant en compte les contradictions, les ambiguïtés, les ambivalences qui peuvent miner le sujet. Très vite le commando qu’on a chargé de venger les athlètes assassinés et d’éradiquer les terroristes afin de contrecarrer la visibilité internationale qu’ils ont obtenu, découvre qu’il avance en terrain piégé, sur des renseignements qui ne sont pas toujours fiables. A Paris, leur contact est un étrange et trouble dandy, Louis, joué finement par Mathieu Amalric,   qui fournit cibles et explosifs, se fait grassement payer tout en refusant de travailler pour un quelconque gouvernement, suivant en cela les exigences de Papa, son père et le chef de cette organisation, lequel  déclare « qu’il a réussi à éliminer la merde de Vichy pour la voir remplacée par la merde gaulliste ». Et que depuis il se méfie de tout.. Michael Lonsdale donne une épaisseur extraordinaire, une drôlerie inquiétante, une chaleur à cet agent double ou triple mais aussi épicurien. Dommage que la fin du film soit plombée par des flashbacks maladroits (on se demande si cette idée ne survint pas au montage car rien ne les justifie organiquement) surtout durant une scène d’amour.

TWISTED NERVE avait été recommandé par un internaute participant à mon blog. J’ai suivi son conseil et ai découvert un thriller angoissant, tendu, jouant très habilement sur l’aspect physique des deux jeunes acteurs, Hywel Bennett, super inquiétant et Hayley Mills dont le charme virginal suscite des convoitises (la caméra l’espionne en train de se déshabiller, de courir en maillot de bains). Le scénario est co-écrit par Boulting et Leo Marks (LE VOYEUR) et dans la distribution on retrouve Frank Finlay, Billie Whitelaw (Hitchcock la reprit ainsi que Barry Foster pour FRENZY). La musique de Bernard Hermann, remarquable, fut aussi reprise par Tarantino dans KILL BILL.

tiwtsednerve

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Commentaires (339)

 

  1. Sullivan dit :

    Dites, je débarque sans-doute de mars (3 semaines de vacances du mercredi 25 juin au dimanche 13 juillet, dont la première sur l’île de Madère). A croire que là-bas, malgré Wi-Fi et tutti quanti l’info ne passe pas : je viens d’apprendre la mort de Michael Henry Wilson le mercredi 26 juin dernier dans sa maison de Los Angeles, des suites d’un cancer du poumon. Il n’avait que 67 ans. Ça me fiche un sacré coup. Paix à son âme.

    • Sullivan dit :

      Evidemment, le titre du dernier ouvrage de MHW, A LA PORTE DU PARADIS, ne peut que laisser songeur… L’écouter expliquer ce choix de titre est tout simplement poignant, à postériori :

      http://www.youtube.com/watch?v=LMxB9JubnQM&feature=youtu.be

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Sullivan
      Oui, horrible nouvelle qui nous prit par surprise même si j’vais appris par lui qu’il était très malade

    • ballantrae dit :

      J’ai eu la même réaction incrédule l’ayant encore entendu en différé il y a peu sur FI lors de la présentation de son dernier et magnifique ouvrage sur le cinéma américain.
      Je devine par delà le brillant exégète et meneur d’entretiens, un homme bien soucieux d’autrui et du dépassement des apparences.
      Ses propos sur le Scorsese de Kundun ( il avait d’ailleurs réalisé un docu passionnant A la recherche de Kundun) en disait long sur sa profondeur et sa vision de la vie.
      Je suis très triste et pense à ses proches dans lesquels j’inclue la rédaction de Positif et sûrement bon nombre de cinéastes/cinéphiles comme vous Bertrand, M Scorsese ou C Eastwood.
      Les deux ouvrages d’entretiens conçus par M H W avec ces deux derniers rejoignent la qualité du Kubrick de Ciment, du hitchbook de Truffaut ou des Amis américains.
      Il faut bien sûr se procurer A la porte du paradis dont le titre laisse coi…

  2. Martin-Brady dit :

    à B Tavernier: viens de découvrir STILL WALKING de Kore-Eda, magnifique film triste mais jamais désespérant, beau et léger, j’adore l’actrice You, qui ouvre le film avec la mamie, je vais me précipiter sur TEL PERE TEL FILS. Encore une découverte, décidément grâce au blog. Il n’y a pas une filiation Ozu-Kore Eda?

    • Martin-Brady dit :

      Dans STILL WALKING, les scènes de cuisine ont été soigneusement répétées et quand ils servent les beignets de maïs au repas familial, ils sont cuits à point et on croit les sentir. D’ailleurs, je vais me chercher la recette… Cette attention aux détails culinaires est admirable, les scènes de cuisine sont hyper casse-bonbec (je respecte mon quota de gros mots grâce à ce néologisme de A Angel) à tourner c’est la source de plein de faux raccords. Je toucherais pas avec des pincettes au ragoût de poisson que Ava Gardner (en colère il est vrai) « cuisine » dans LA NUIT DE L IGUANE, ni même aux oeufs au plat que Juliette Binoche exécute sans pitié dans ALICE ET MARTIN ça finit en ragougnasse dégueu que Téchiné renonce à filmer de près, par pudeur. Les oeufs au plat sont souvent martyrisés au cinoche, Janet Leigh leur fait subir aussi un sale traitement dans HARPER (encore l’excuse de la colère mais quand même). Les émissions de tv connaissent ces difficultés qu’ils résolvent plus ou moins bien. Un autre ragoût du diable est l’infâme gloubiboulga que Ed Begley et Rita Hayworth préparent en se lutinant (c’est leur excuse) dans LA ROUTE DE SALINA, mais là en + le film est pas terrible. Quant aux bouffes de western, on sait que c’était pas bon, c’est pas la peine de nous faire des gros plans dans la marmite, en +! J’ai pris MABOROSI de Kore-Eda, je vais me les voir tous à la suite! (j’espère qu’il y aura à manger).

  3. Rouxel dit :

    On peut rapprocher le cinéma de Robert Guédiguian avec les oeuvres très picturales de René Allio trop mésestimé à mon avis.Décorateur de théatre au départ,il arrive au moment de la nouvelle vague avec deux court-métrage invisible puis réalise’La vieille dame indigne »qui à valut à Sylvie son héroine plusieurs prix dans differents festivals du monde entier.Comédienne de second plan elle débute sa carrière à l’époque du muet tout en alternant des roles au théatre,Clouzot l’engage dans « Le corbeau »ou elle a un role plus consequent.Pour revenir à »La vieille dame indigne »on est happé par l’histoire de cette grand-mère qui vient de perdre son mari et décide de vivre autrement.Tout ceci ne plait pas à ses fils:Victor Lanoux(débutant),François Maistre ou à sa belle fille jouée par Malka Ribowska.La bande originale du film est signée par Jean Ferrat qui était proche du réalisateur marseillais.Dans le coffret on retrouve un film de télévision »L’heure exquise »dont je n’ai pas encore vu.Un second coffret est en prévision avec »Le matelot 512″mais surtout un film d’une force visuelle incroyable »Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère… ».Esperons que l’éditeur sorte un jour « Pierre et Paul »avec Pierre Mondy dans uns de ses meilleurs roles mais aussi « Retour à Marseille »film intime cher à René Allio.

  4. Rouxel dit :

    Tiré de « O Dingo,O chateau » de Jean patrick Manchette, »Folle à lier »reste un film méconnu d’Yves Boisset.Le réalisateur met en avant les institutions psychiatriques qui enferment des etres qui ne sont forcément fou.On retrouve le thème de l’aliénation mentale dans le personnage de Gerard Lanvin dans »Le prix du danger ».Michel Lonsdale compose un homme abject qui fait sortir d’un hopital une femme guérie et qui va se retrouver dans une chasse à l’homme.Je remarque que la plupard des »héros » de Boisset finissent mal ou s’en sortent quelquefois avec des cicatrices.J’espère puisqu’il en parle dans le bonus du »Juge Fayard »qu’il pourra réunir les fonds afin de réaliser son projet sur des pseudos ONG qui n’hésitent pas à détourner des millions d’euros et de dollars en Afrique et meme dans le reste du monde.Criosons les doigts pour lui.

    • Martin-Brady dit :

      à Rouxel: il faut quand même préciser que la femme sort de l’hôpital psychiatrique vu qu’elle était un peu dingo dans la tête et que Lonsdale espère ainsi exploiter cette folie, que la femme est Marlène Jobert et que ça change tout, Victor Lanoux est aussi très bon, c’était sa grande époque avant qu’il ne se reconvertisse dans la brocante!

  5. ballantrae dit :

    Rien à voir avec les films commentés ds la chronique mais je tiens à signaler que le superbe et quasi inédit ( je l’avais découverte par hasard sur Arte)Comrades de Bill Douglas va sortir en salles en version restaurée.
    Auteur de la trilogie My childhood-My ain folk-My way home (édité chez UFO ds une superbe édition), Douglas réussit là une fresque sociale et politique qui possède une justesse, une énergie et une beauté plastique dignes à la fois de Molly Maguires, L’arbre aux sabots d’Olmi et Land and freedom de Loach ( je sais ces titres sont très différents mais je cherche les analogies qui sont apparues a posteriori je le souligne car le film ressemble d’abord à lui-même c’est à dire à un film de Bill Douglas!).
    Autre conseil: que ceux qui ne connaissent pas White dog de Fuller s’y précipitent.Sa réédition en copies neuves permettra de mesurer que le grand Sam avait réalisé là son ultime chef d’oeuvre!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Et qu’ils lisent le roman génial de Gary

    • Mathieu dit :

      à Ballantrae:
      A propos de COMRADES de Bill Douglas, j’aimerais partager votre enthousiasme mais le film m’avait vraiment déçu. Je compte la trilogie MY CHILDHOOD-MY AIN FOLK-MY WAY HOME parmi mes films préférés, avec justement L’ARBRE AUX SABOTS auquel vous comparez COMRADES.
      COMRADES est un film très original, assez difficile à définir, mais pour moi raté malgré de parfois très belles idées. Après sa trilogie, Douglas voulait parler d’autre chose que de lui même, travailler sur un grand sujet avec un budget relativement important. Le film raconte l’histoire vraie d’un groupe d’ouvriers agricoles dans un village du Dorset dans les années 1830, qui forment un syndicat pour lutter contre les diminutions de salaires et sont déportés en Australie. Malheureusement la description des  » travaux et des jours  » dans le village n’a pour moi pas la grâce de L’ARBRE AUX SABOTS qui est pour cela un film vraiment unique. Il y a pourtant parfois de très belles choses, de très belles idées visuelles, où on retrouve le style elliptique de la trilogie, mais aussi beaucoup de lourdeur, des choses pour moi vraiment ratées, et une vision manichéenne et prêchi-prêcha opposant gentils pauvres et méchants riches. il faudrait que je le revoie mais ça dure trois heures… ( les trois heures de L’ARBRE AUX SABOTS elles passent très vite et on voudrait que le film ne s’arrête jamais.)
      Je ne voudrais pas dissuader ceux qui liraient ceci d’aller se faire une idée par eux-mêmes et le film a aujourd’hui beaucoup d’admirateurs après avoir été un échec à sa sortie en 1987. C’est le dernier film de Bill Douglas qui est mort d’un cancer en 1991.
      Le film a été édité en Blu-Ray ( superbe ) par le BFI avec exceptionellement des sous-titres français et un autre BR de suppléments intéressants dont une longue interview de Bill Douglas.

    • Guillaume dit :

      A Ballantrae:

      J’ai eu l’occasion de redécouvrir récemment WHITE DOG au Grand Action et le film est d’une puissance folle sur grand écran…une oeuvre bouleversante.
      Dans un numéro de Première paru à la sortie du film on apprend que Fuller avait présenté un documentaire sur le tournage du film au festival du cinéma et de la presse de Strasbourg avec des images apparemment « hallucinantes »…ce « making of » a-t’-il été montré quelque part depuis sa présentation par Fuller en Octobre 1981?

      • ballantrae dit :

        Aucune idée mais je suis preneur! Fuller était fabuleux pour chacune de ses apparitions: un personnage fullerien,le cigare vissé au bec, la crinière blanche déployée.
        Même dans un film de seconde zone tel que Salem’s lot de L Cohen il était fabuleux en chasseur de nazis recyclé en chasseur de vampires.

  6. Manux dit :

    Un message vite fait au sujet de QUAI D’ORSAY. A aucun moment je n’ai pensé à Villepin, mais j’ai en revanche souvent pensé à HATARI de Hawks. Sans doute que l’environnement africain dans lequel j’ai vu le film m’a influencé, mais le contexte que vous avez créé rappelle celui d’un tournage, avec Lhermitte qui se comporte comme un réalisateur de film d’où le lien que faisait Joseph Mc Bride avec Hatari depuis une réflexion de Truffaut. J’ai vraiment regretté que le discours final ne soit pas davantage développé.
    Autre coïncidence au sujet de LA PASSION BEATRICE dont j’ai trouvé la VHS sur un marché au Sénégal ! Un film qui se fait tout petit dans votre filmographie et qui mérite pourtant une autre postérité. J’avais le souvenir d’un film dont la lumière tranchait avec la noirceur du propos, de la force de Donnadieu dont on disait à l’époque qu’il était engagé quand Depardieu n’était pas libre ou trop cher. Robert Dhéry est une géniale idée de casting et personnellement c’est le film que je préfère sur cette période de l’histoire. Même vu sur une bande magnétique exposée aux intempéries, le contenu reste intact.
    Quel est donc le problème pour que nous ne l’ayons pas en DVD ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Manux
      Le film va sortir en DVD chez PATHÉ. Jacques Le Goff avait écrit un texte magnifique sur le film.
      Quant au discour final, j’en ai utilisé presque la moitié. Il était très court et le rallonger l’aurait je crois dilué. La dernière partie contient toutes les idées forces.

    • Jean-François Houben dit :

      Excellente nouvelle que cette annonce de sortie DVD — tant attendue — de votre « Passion Béatrice »! Une date de sortie peut-elle être révélée? Les cinéphiles pourront-ils goûter certains ‘bonus’?

      Quelques lignes pour saluer ici un excellent ouvrage récent signé de Jacques Zimmer: « Les grandes affaires judiciaires du cinéma » (2014).

      Excellente continuation à vous, cher BT,

      Bàv tous,

      Jean-François Houben

  7. MARTIN-BRADY dit :

    Bonjour
    Je viens de lire sur DVdclassik que les droits Montparnasse des RKObleu seront épuisés le 31/07. Il devient urgent de profiter de leur promo sur leur site (promo que certains sites de vente ont exploité à ce que je vois).

  8. Rouxel dit :

    On va enfin revoir en toute tranquilité le film le plus abouti d’Yves Boisset »Le juge Fayard dit le sherif » sortie chez Jupiter Films.Les bonus sont interessant dans le sens ou le réalisateur et l’ancien procureur Eric de montgolfier analyse point par point les connivences entre le pouvoir politique,la justice,la police et le milieu composé de membres du SAC.L’interpretation de Dewaère est d’une force incroyable dans le role du juge Renaud assassiné à Lyon en 1975.Boisset nous raconte que la mairie et les services de police de Lyon lui avait interdit de tourner dans la ville,la production s’est rabbatu sur Saint étienne ville gérée par Michel Durafour.Quand les copies sont sortis un mercredi à 14 heures dans les salles parisiennes,Yves Boisset et son monteur ont parcourus toutes les salles afin de »gommer »par des bips sonores les mots SAC et deux plans ou l’on voit visuellement la carte aux couleurs de la république de ce groupe d’extreme droite,la plupard des anciens parachutistes d’Indochine,d’Algerie et de barbouzes qui ont servis la droite française pendant des années.Boisset a a fait les frais un soir en rentrant chez lui à Paris.il a été bastonné par trois types et sa voiture a eue les vitres cassées et les pneus crevés.L’époque n’a malheureusement pas changer au niveau des affaires Cahuzac,Bigmallion et autres malversations en tous genres que nous offre sur un plateau les journalistes de tv ou l’hebdomadaire »Le canard enchainé »qui oublit d’écrire que depuis l945 il rémunère en espèces « les indicateurs »de la 5ème république afin de révéler des affaires au grand jour.Il n’évoque pas non plus les comptes qui détiennent en Suisse,mais ça c’est un autre histoire!!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Rouxel
      J’aime beaucoup le JUGE FAYARD et vais regarder cette édition

      • Sullivan dit :

        Copie regardable pour « Le Juge Fayard dit le Shériff » mais il est étonnant qu’un éditeur de nos jours s’en sorte si mal en terme de compression et autres domaines techniques : ça pixellise de partout. Mais quel pied, après que Tamasa ait édité « R.A.S. », « Allons z’enfants » et « Le Prix du danger », de retrouver ce film et rien que pour cela merci à Jupiter, qui vient egalement de nous gratifier de l’édition d’un des meilleurs Resnais : « Providence ». Une remarque : ds les bonus, Boisset nous dit qu’à aucun moment dans Fayard il n’est fait référence à la ville de St. Étienne, or c’est faux, notamment lorsque Dewaere et Leotard sont aux archives et mentionnent le « stéphanois »…

        • MARTIN-BRADY dit :

          à Sullivan: c’est curieux, la copie de Arte il y a un mois ou plus était parfaite, je croyais que c’était le master du futur dvd?!

        • Rouxel dit :

          En effet le nom de « Stéphanois » est cité car il s’agissait d’un membre du gang des Lyonnais originaire de la ville.Puis le moment ou Boisset raconte que les scènes du tribunal on été tournées à Aix en provence avec l’accord du parquet.Dewaère qui était un écorché vif mangeait un sandwich en buvant une bière assis sur les marches du palais.Yves Boisset a été le trouver gentilment afin de lui demander de se rabbatre sous la tente du catering et c’est là que Dewaère s’est levé et lui allongé un droite dont le réalisateur se rappelle.J’ai revu aussi son dernier film »Paradis pour tous » d’Alain Jessua et on sent déjà dans son personnage la fragilité de l’étre et la souffrance interieure de l’homme qui voulait en finir avec la vie.Dewaère reste pour moi un des plus grands acteurs des années 70 et 80.Dommage qu’il n’a pas croiser Bertrand Tavernier,Chabrol,Cayatte ou meme Godard!!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Rouxel
          CAYATTE ?

        • Sullivan dit :

          A M.B. : la copie Arte est peut-être la même que celle du DVD, mais c’est bien l’éditeur que je tacle un peu … On se croirait revenu au temps des fameuses éditions DVDY d’il y a 15 ans. Après, tout dépend de la taille de l’écran sur lequel on visionne le film. Sur un Plasma 127 de diagonale, c’est déjà pas terrible … J’imagine alors ce que ça peut donner en vidéoprojection.

      • ballantrae dit :

        Cayatte???? Bis repetita!
        Cayatte aurait-il été une chance pour Dewaere, j’ai comme un doute.
        Remplacez son nom par Pialat par exemple et là on redevient d’accord!

  9. Julien Morvan dit :

    Cher Monsieur Tavernier,

    J’ai vu il y a quelques temps MÉTROPOLITAIN de Maurice Cam et j’en garde un souvenir mitigé. Comme vous le faites remarquer, le film est assez déroutant mais présente, à mon sens, quelques intérêts, à commencer par toutes les scènes dans l’appartement de Ginette Leclerc avec André Brûlé dans un rôle excentrique où l’on aurait très bien imaginé Louis Jouvet. Le film montre aussi un Paris ouvrier un peu oublié et revêt un aspect presque documentaire sur les quais et ports parisiens (disparus eux aussi). Pour un peu, on se croirait dans les décors des « Fantômas » de Souvestre et Allain. L’histoire est plutôt banale et quelques effets (comme foncer le haut de la pellicule pour faire croire à la nuit) sont épouvantables. Et bien que je l’apprécie beaucoup, je trouve Albert Préjean un peu terne, surtout lorsqu’il se trouve en face de personnalités fortes comme Brûlé ou Leclerc. Il se trouve un peu éclipsé, à l’image de L’ALIBI de Chenal où il peine à exister face à Jouvet et Stroheim.

    Je vous trouve un peu dur sur Pierre Blanchar. Je dois être subjectif car j’adore cet acteur, dont le jeu est parfois un peu désuet aujourd’hui, c’est vrai (à moins qu’il ne s’agisse des rôles ?). Pour autant, je l’ai croisé dans plusieurs films où j’ai cru remarquer un potentiel comique peu exploité (dans BAL CUPIDON, il est très amusant ; dans LE COUPABLE, de R. Bernard, une toute petite scène de patinage sur parquet montre l’œil espiègle de cet acteur hélas oublié). Je sais que vous appréciez beaucoup L’HOMME DE NULLE PART de Chenal. Avez vous appréciez Pierre Blanchar ailleurs ? Pour ma part, j’ai découvert il y a peu SALONIQUE, NID D’ESPIONS (avec un beau casting), film d’aventures intéressant, sur un sujet peu connu où Pierre Blanchar jouait avec décontraction et humour.

    Enfin, une question que je voulais vous poser. Je cherche à voir le film LE BRASIER (Barbier, 1991), introuvable. Le film a tout pour intriguer (son propos et l’histoire de son tournage). Film maudit, s’il en est, qu’en est-il réellement ? est-ce un film à voir ou son échec est-il compréhensible ?

    Merci beaucoup ! :)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A JULIEN MORVAN
      Blanchar est dans l’ensemble remarquable dans LES CROIX DE BOIS, mais il peux être emphatique. Il y a un Kurt Bernhardt où il n’est pas mal. D’autre part PATHÉ a sorti, le seul film qu’il ait réalisé à ma connaissance. Voyez le

  10. Mathieu dit :

    Un commentaire à propos de ULZANA’S RAID que j’ai revu moi aussi il n’y a pas longtemps ( pas de lien « répondre » donc je place mon commentaire ici ). A propos des versions differentes, quand le jeune officier parle à Lancaster de la femme indienne de celui ci, le spectateur est censé savoir que Lancaster a effectivement une femme indienne, ce qui m’avait échappé. mais il y a tant de choses qui m’échappent… Le film terminé j’ai donc revu le début ( ça m’arrive souvent ) et en fait il n’y a ( dans le DVD zone2 ) qu’un plan d’une femme indienne suivant Lancaster du regard qui puisse nous suggérer qu’éventuellement ces deux là pourraient être liés.
    Autre chose pour moi plus importante: quand l’éclaireur Apache explique longuement au jeune officier pourquoi les Apaches torturent cruellement leurs victimes, pour s’accaparer leur pouvoir et que plus la victime met de temps à mourir, plus son bourreau acquerra de pouvoir, que le jeune garçon a été épargné parce qu’il n’a pas de pouvoir, on aimerait savoir s’il y une vérité historique et ethnologique derriere, ou s’il s’agit seulement de l’imagination du scénariste qui veut opposer à la vision chrétienne de l’officier une autre conception radicalement differente. Je ne pense pas que les Apaches ni les Comanches épargnaient toujours les enfants lors de leur raids ( mais je suis assez ignorant en la matière ).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Mathieu,
      si vous lisez le romman de Burnett que j’ai fait paraitre chez Actes Sud, vous trouverez des détails similaires. Je pense que Burnett comme Alan Sharp se sont inspirés des biographies de Al Siebert, l’un des plus fameux scouts américains et qui fut incarné par John Mc Intire dans BRONCO APACHE, Charlton Heston dans LE SORCIER DU RIO GRANDE (adaptation du Burnett et trahison aussi), Widmark dans un téléfilm, Robert Duvall dans GERONIMO

      • Mathieu dit :

        J’en sais maintenant un peu plus sur les Apaches depuis que j’ai ( partiellement ) lu le très intéressant livre  » Les Apaches Chiricahuas  » de Donald C. Cole, un universitaire d’origine Apache ( Editions du Rocher ).
        La notion de  » pouvoir  » dont parle l’éclaireur Apache dans ULZANA’S RAID est au coeur de la religion et de la vie des Apaches, pouvoir qu’il faut tenter de maitriser par des rituels et des mises à l’épreuve parfois dangereuses, mais nulle part il n’est écrit que des tortures infligées à des ennemis peuvent contribuer à la maitrise de ce pouvoir. Pour ce qui est des tortures et des mutilations les témoignages sont contradictoires, mais pour ce qui est des viols ( auxquels se livrent les Apaches d’ULZANA’S RAID ),  » tous les informateurs les nient catégoriquement « .
        Les Apaches ne scalpaient pas leurs victimes avant d’avoir appris cette pratique des chasseurs de scalps qui firent des ravages en pays apache à partir des années 1830 pour toucher des primes versées par les autorités mexicaines. Par exemple l’état du Chihuahua versait 100 pesos pour un scalp de guerrier apache, 50 pour celui d’une femme, 25 pour celui d’un enfant. Les chasseurs étaient organisés en bandes où l’on trouvait des Mexicains, des Indiens d’autres tribus, des esclaves en fuite et des Américains Blancs.
        Pour ce qui est de la condition des femmes, cliché de tant de westerns, la société apache etait matrilocale, c’est à dire que ce sont les garçons qui en se mariant quittent leurs parents pour s’installer dans la famille de leur épouse. Dans ce contexte le cliché de la femme indienne vendue ( pour de l’alcool ) et battue ne tient pas. Un homme battant sa femme risquait d’avoir des problèmes avec les frères ou les parents de celle ci. Il y avait des femmes-médecine, parfois même des guerrières.
        Ulzana a bel et bien existé, de même que l’ éclaireur joué par Lancaster.Ulzana avait fui la réserve et la famine qui y régnait ( due aux rations insuffisantes distribuées par l’agence ) non seulement avec un groupe de guerriers mais avec leurs femmes et leurs enfants. mais la grande différence avec le film est que le raid d’Ulzana a été un succès, qu’ils ont réussi a voler entre 200 et 300 chevaux, semer leurs poursuivants et n’ont perdu qu’un seul homme dans l’aventure. Il y a eu des meurtres et des pillages tout au long du raid mais là encore il n’est pas question de viols. Ulzana est mort bien des années plus tard à Fort Sill en 1909, comme Geronimo d’ailleurs. Visiblement même un western  » révisioniste  » comme ULZANA’S RAID ne pouvait montrer un Apache victorieux. On trouve ce récit dans le livre  » Gatewood and Geronimo  » de Louis Kraft. Je tiens ces informations du blog: http://www.gilabooks.com/200606/200606_ulzana.html
        tenu par un guide de randonnée en pays apache ( et vétéran du Vietnam ) qui a eu la curiosité de suivre la même piste qu’ Ulzana ( plusieurs centaines de miles ).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Personne n’est victorieux dans ULZANA qui montre l’impuissance des Blancs et de l’Armée et de vivre à Fort Sills ne peut être assimilé comme une victoire

        • MinettePascal dit :

          Dans les faits, il semble évident que les Apaches étaient capables de tuer des enfants et le faisaient, contrairement à cette histoire de « pas de pouvoir » qu’on entend dire par le scout apache de ULZANA.
          Une des biographies de Geronimo raconte comment il s’amusait à empaler des nourrissons sur son couteau.
          Difficile à comprendre, certes, mais il faudrait sans doute être un Apache et avoir vécu la vie de Geronimo pour le faire.

        • Martin-Brady dit :

          à Mathieu: merci pour toutes ces infos (et les sources! ce qui est important pour qui veut y aller voir + loin). On peut aussi envisager qu’il n’est pas possible de toujours généraliser les us et coutumes et croyances surtout avec une nation aux traditions bousculées par la colonisation comme les Apaches. Qui sait si cette histoire de pouvoir à voler à l’ennemi n’est pas propre à certaines tribus et pas d’autres. Dans le film c’est l’éclaireur renégat Ke-Ni-Tay qui la raconte au jeune lieutenant quand celui-ci lui demande assez naïvement: « mais pourquoi vous les Apaches êtes-vous aussi cruels? », on peut aussi imaginer que Ke-Ni-Tay invente tout ce système car en fait il doit répondre au lieutenant qui est son supérieur et il ne sait pas quoi dire! Lui ne peut pas répondre comme MacKintosh: « Humour apache! ». Le monde des Indiens d’Amérique est terriblement complexe. En plus, si je ne me trompe il y a eu peu d’ethnologues pour synthétiser tout ça, comme ça s’est passé en Afrique ou en Asie? En tout cas, je parcours Les Mémoires de Geronimo et je ne trouve rien sur les scalps ou les viols ou le vol du pouvoir ou de la force de l’ennemi qu’on tue. Je ne vois pas non plus de vrais gagnants dans ULZANA, mais l’histoire du vrai Ulzana est très intéressante.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          Et on peut questionner la manière dont ont été « écrites » ces mémoires, longtemps après alors que ces textes écrits ne faisaient pas partie de LA tradition. Daves m’avait éxpliqué qu’il y avait plusieurs tribus apaches avec des coutumes parfois fluctuantes

        • Mathieu dit :

          A Bertrand: Bien sûr.J’aurais dû écrire: « momentanément victorieux ».A propos de Daves, après avoir lu ce livre sur les Apaches, je pense qu’ au jeu de la confrontation avec « la vérité historique », un film qui s’en sortirait plutôt bien est BROKEN ARROW ( il faudrait que je le revoie ), pas dans le détail des faits, mais dans la personnalité de Tom Jeffords ( James Stewart dans le film ) et celle de Cochise, leur courage, leur persévérance. L’erreur des Blancs a été leur inconstance, et aussi de généraliser ( d’accuser Cochise de faits dont il était innocent et de s’en faire un ennemi ).L’erreur des Apaches au début a été au contraire de ne pas généraliser, de voir les trappeurs, la cavalerie, les mineurs, les fermiers comme autant de groupes dfférents.Mais l’histoire d’Ulzana, comme celle de Terreur Apache ( que je suis en train de lire ), c’est des années plus tard, après bien des échecs et des revirements ( la réserve de San Carlos était plus un camp de déportation ).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Avez vous vu L’HOMME DE SAN CARLOS et regardez la bio du personnage que joue Audie Murphy

        • MinettePascal dit :

          Il y a plusieurs biographies de Geronimo.
          Il a évidemment évité de parler du détail de ses raids dans ses « mémoires ».
          Angie Debo en parle un peu dans « Geronimo l’Apache ».
          Il me semble bien avoir lu des viols, des scalps…et
          autres pratiques à vomir, il faut bien le reconnaître.

        • MinettePascal dit :

          A MB : vous dites qu’il n’y a pas d’ethnologues pour synthétiser. Il y a aussi que des chercheurs de l’époque auraient pu interroger les protagonistes de manière plus systématique.
          Vous imaginez le trésor constitué par les biographies des Apaches survivants du groupe Geronimo, par exemple ?
          Pourquoi y a-t-il eu si peu de curiosité pour eux ?
          Je rêve aussi de biographies d’ éclaireurs. Al Sieber et les autres pour pouvoir recouper, comparer et tout simplement apprendre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette,
          Il y a au moins deux biographies très vantées d’AL SIEBER dont se sont inspiré WR BURNETT, ALAN SHARP et WALTER HILL

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Ce genre de recherches commence bien plus tard Lisez ISHI par Theodore Kroeber. Les gens qui étudiant les Indiens étaient souvent des religieux et quelques militaires ou des médecins qui servaient dans l’armée. La pratique de l’interview est quelque chose de très récent. Souvenez vous du choc et de la nouveauté de TRISTES TROPIQUES

        • Martin-Brady dit :

          à Bertrand Tavernier: attention, les mémoires de Geronimo sont parues chez Maspéro avec la revision de FW Turner qui semble tout à fait judicieuse, précisant que Geronimo les avait dictées verbalement (et non pas prétendument écrites!) en tant que prisonnier de guerre et qu’il était sous influence. les annotations de Turner mettent certaines pendules à l’heure dans le récit et font partie du bouquin. Là-dessus, je suis content que D Daves vous ait précisé que finalement, ils soit très risqué de généraliser les coutumes Apaches (scalp ou pas scalp, viol ou pas, torture ou pas) sans préciser de quelle tribu on parle, et à quelle époque et dans quel lieu etc. Merci de cette précision.

        • Martin-Brady dit :

          De toute façon, on ne peut certainement pas s’attendre à ce que les Apaches et tous les Apaches quelque tribu que ce fût, aient pratiqué us et coutumes guerriers ou disons des habitudes de guerre identiques pour tous qui auraient absolument toujours été les mêmes depuis avant et après l’arrivée de l’homme blanc: la réflexion sur les scalps soi-disant non pratiqués par les Apaches, des voyous blancs ou mexicains ou Indiens même les leur ont peut-être justement transmises avec le temps et il est vraisemblable que certains les aient eux aussi pratiqués, par réaction! On leur a tout volé on peut s’attendre à un minimum de vengeance avec un niveau gradué au fur et à mesur des exactions infligées par les Blancs! Il y a de quoi renier une générosité originelle, et un regard sur le monde humaniste, traditionnel! En plus de la multiplicité de tribus différentes il faut ajouter la période de longue durée concernée, au moins deux siècles, non? et les lieux concernés aussi, et cf Delmer Daves…

        • MinettePascal dit :

          A MB : On peut en effet justifier des horreurs par le désir de vengeance. Geronimo retrouvant sa mère, sa femme et ses enfants massacrés pouvait bien devenir cruel. D’autant que la vengeance fait partie de la religion indienne, comme le fait de faire la guerre.
          Car il ne faut pas non plus oublier que les Indiens n’ont pas eu besoin des blancs pour apprendre à massacrer et torturer. C’était leur quotidien avant l’arrivée des premiers colons européens.
          La « générosité originelle », je ne suis pas sûr.
          Et puis, y a-t-il des sociétés humaines exemptes de cruauté ? On a de « beaux » exemples européens plus récents que le 19ème, et on en trouverait bien d’autres en fouillant un peu notre histoire.
          Merci à Mr Tavernier pour les références.

        • Martin-Brady dit :

          à MP: ce que je voulais dire, c’est que y eût-il eu une tradition de générosité originelle chez les Apaches qu’on peut comprendre qu’il l’abandonnent! C’est pourquoi j’ai failli rajouter « éventuellement » derrière. C’était pour faire valoir le point que je ne suis pas d’accord sur le fait qu’ils aient obligatoirement respecté des traditions immuables et partagées par tous jusqu’à la fin. Et je ne voulais pas justifier la violence ainsi, ce serait naïf, et je ne parle que de réaction et pas de vengeance de leur part, c’est différent. Expliquer la différence nous mènerait sans doute trop loin… Je viens de recevoir ALAMO de Hancock.

        • MinettePascal dit :

          A MB : Vous avez raison, c’est une question qui peut mener bien loin, bien loin des films à quoi ce blog est consacré.
          Je parie que le remake d’Alamo vous conduira au livre mais vous nous direz tout ça.
          Bonnes vacances au Texas !

        • Mathieu dit :

          a Bertrand: Je n’ai pas vu L’HOMME DE SAN CARLOS. Audie Murphy joue le rôle de John Clum, qui eut en charge la réserve de San Carlos entre 1874 et 1877, après qu’une enquête eut révélé la corruption et les mauvais traitements qui y régnaient. Chrétien protestant d’origine hollandaise, Clum réforma la direction, créa une police et des tribunaux apaches. Quand la réserve Chiricahua crée par Jeffords ( James Stewart dans LA FLECHE BRISEE ) avec l’aide de Cochise eut été fermée après bien des vicissitudes et Jeffords renvoyé, Clum participa au transfert des Chiricahuas à San Carlos, ce qui créa des problèmes. En 1877, en butte au ressentiment de l’armée, de la buraucratie et des profiteurs que génait son action, Clum démissionne. Aussitôt les détournements de vivres et la corruption reprennent, bientôt une épidémie de variole s’installe, puis c’est la fuite de leaders apaches et leurs bandes, Victorio puis Geronimo. Du départ de Clum en 1877 jusqu’à la reddition de Geronimo en 1886, c’est un cycle ininterrompu de raids et d’opération militaires. C’est l’ époque d’ULZANA’S RAID et du roman de Burnett, celle d’Al Sieber également. Puis c’est la déportation et la détention en Floride ( que l’on voit au début de BRONCO APACHE ), puis en Alabama, puis à Fort Sill, où meurt Géronimo, puis en 1912 seulement la liberté ( limitée ) dans la réserve Mescalero ou ailleurs. Après sa démission, Clum s’installe à Tombstone, fonde un journal ( « The Tombstone Epitaph », pas mal comme titre! ), devient maire de la ville et l’ami de Wyatt Earp à l’ époque du fameux gunfight.
          C’est l’exemple de Clum et surtout celui de Jeffords qui me fait penser que l’idée de Burnett qu’on retrouve chez Sharp et Aldrich d’opposer idéalisme naïf et réalisme résigné est peut être intéressante et riche de développements dramaturgiques et psychologiques mais pas forcément pertinente historiquement. Le cynisme et le désespoir d’ ULZANA’S RAID est aussi romantique que la nostalgie de BRONCO APACHE.
          Le rôle de Clum et de Jeffords est peut être ambigu dans la mesure où ils ont participé à la réduction finalement fatale de l’espace vital des Apaches mais leurs intentions étaient autres. S’ils ont été naïfs c’est vis à vis du gouvernement américain, pas des Apaches. C’est surtout Jeffords qui suscite mon admiration, qui a créé la réserve Chiricahua à partir de rien, s’est attiré la haine des Blancs et a finalement été trompé par l’administration, qui se servait de la réserve comme d’un moyen temporaire en vue d’autres concentrations, d’autres réductions de territoire. Jeffords l’avait conçue comme une solution pérenne pour la survie des Apaches dans la paix et les sauver de l’extermination. Il n’ a cessé de se battre pour obtenir les rations nécessaires à la survie des Apaches, ne reçut jamais les fonds nécessaires à la construction de locaux, d’entrepôts pour la nourriture ou d’un moulin, n’a jamais pu obtenir l’autorisation d’ouvrir une école, ni de développer l’élevage de moutons, vivait lui même dans une cabane sans porte ni fenêtres construite par les indiens, aidait de sa poche ceux ci à financer les coûteuses cérémonies de passage à la puberté, centrales dans la vie des Apaches et qui étaient la cause des raids de pillage. Quelqu’un qui vous réconcilie avec l’Amérique et avec l’humanité en général, un type dans le genre du médecin qui témoigne à la fin de LA GUERRE SANS NOM.

        • Martin-Brady dit :

          à Mathieu: bravo pour l’érudition. Le point que vous soulevez sur le romantisme du cynisme et de la noirceur dans ULZANA est intéressant, je me la suis souvent posée à propos des westerns des années 70 soi-disant réalistes. Et on ne peut pas assimiler noirceur avec unhappy end à réalisme. C’est pourquoi les images des Apaches jouant avec le coeur du soldat mort, ou telle ou telle torture ne me paraissent pas bénéficier forcément d’une caution de réalisme, mais ce romantisme noir exprime aussi quelquechose, même si c’est ce n’est pas historique (et on en a assez discuté) ça dit quand même qqch au spectateur d’aujourd’hui. Le réalisme n’est pas une option au cinoche. La mort de Lancaster me paraît exprimer en tout cas un sentiment de gâchis c’est pas glorieux (c’est à l’honneur de Lancaster l’acteur et producteur, d’accepter de mourir lentement abrité par une toile en plein désert (imaginez Wayne dans le rôle!), il meurt aussi abandonné nu avec d’autres dans GO TELL THE SPARTANS et la fin de THE SWIMMER…) bref, je me demande si le cinéma peut échapper au romantisme coloré de rose ou de noir, faudrait développer…

        • MinettePascal dit :

          Le problème, c’est peut-être le mot « romantisme ».
          Tout le monde a sa définition.
          Dans l’histoire des arts, c’est une sorte de mélange d’idéalisme et de désespoir.
          ULZANA n’est ni dans l’un, ni dans l’autre. Que ce soit le personnage de Lancaster ou l’œil du réalisateur.

        • Mathieu dit :

          à Martin-Brady:
          Ce n’est pas de l’érudition, plutôt un effort pour clarifier des connaissances fraichement acquises ( avant de les oublier…)
          Le qualificatif  » romantique  » n’a pour moi aucune connotation péjorative. ULZANA’S RAID est certainement l’un des meilleurs westerns de la décennie, et l’un des plus originaux, et malgré sa dureté exempt de cette  » pornographie de la violence  » dont parle avec justesse Abraham Polonsky dans l’interview publiée dans AMIS AMERICAINS. ( Je dois dire que je n’aime ni Peckinpah -mais je n’ai pas tout vu loin de là- ni le western spaghetti ).
          Le réalisme n’est bien sûr pas le critère ultime en matière esthétique mais il me semble qu’il y a dans le western une prétention implicite à une certaine vérité historique, et c’est souvent autour de ce genre que se focalisent les débats sur le réalisme,  » l’authenticité  » ( toujours employer des guillemets avec ce mot là ) où l’exactitude historique, comme récemment sur ce blog à propos du film de Tommy Lee Jones. Mais chez Ford le fait qu’il soit impossible d’installer une ferme à Monument Valley me gêne moins que les intérieurs immenses et presque cossus des mineurs de HOW GREEN WAS MY VALLEY.
          Ne me gênent pas non plus les Apaches  » iroquois  » de GARDEN OF EVIL d’abord parce que Hathaway les montre toujours de loin, et surtout parce que GARDEN OF EVIL me semble plus un film d’aventures qu’un véritable western avec son inscription dans un lieu et temps donné. La succession des paysages traversés ne me semble pas non plus réaliste. Le chemin en corniche de GARDEN OF EVIL est comme le pont que traverse Hutter dans NOSFERATU, au delà on entre dans le monde des fantômes. Mais l’animosité particulière ( et d’origine religieuse ) des Apaches pour les chercheurs d’or est elle historiquement juste.
          Dans le film d’aventure il y a un coté ludique qui permet beaucoup de libertés. J’ai revu récemment avec beaucoup de plaisir THE MAN WHO WOULD BE KING de Huston. Le Kafiristan du film ressemble beaucoup au Maroc où il a été tourné. Non seulement on peut reconnaitre les sites, mais les Kafirs sont des Marocains filmés avec leurs costumes traditionnels facilement identifiables. Saeed Jaffrey, qui joue un soldat Gurkha faisant office de traducteur à Sean Connery et Michael Caine, apostrophe les Kafirs en ourdou et ceux ci lui répondent en arabe dialectal marocain, mais ça passe très bien même si on comprend, ça permet aux acteurs ( surtout les non professionels marocains ) de dire leur texte avec conviction, et c’est le même genre d’escroquerie que pratiquent Connery et Caine dans le film, il y a comme une osmose entre l’aventure racontée dans le film et l’aventure qu’a dû être le tournage du film ( comme AFRICAN QUEEN- que j’aime beaucoup moins- où les films  » amazoniens  » de Werner Herzog ).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Approche pittoresque et payante sur le Huston
          Ne pas oublier que HOW GREEN est un film de souvenirs où on a tendance à embellir. Et la beauté des plans, les intérieurs immenses (point de vue d’un enfant cela me semble très juste) n’empeche pas le propos d’être apre et mélancolique

        • Martin-Brady dit :

          à MP: peut-être ai-je mélangé romantisme et romanesque, à Mathieu: ok, très juste.
          Juste rajouter un point sur l’allure physique des Apaches, y compris dans ULZANA, Joaquin Martinez et Jorge Luke sont grands et élancés, je n’ai jamais vu dans un western un Apache comme sur la photo de Géronimo: petit, trapu, boule de muscles et de nerfs, redoutable. Bien sûr ça me gêne pas. Je voulais ajouter que je trouve que malgré son austérité de jeu (ou avec), J Martinez est parfait en Ulzana, plus crédible que J Luke en Kenitai.

        • Martin-Brady dit :

          pour préciser, le minimalisme de Jorge Luke peut s’assimiler à un manque de motivation, celui de Martinez non, il est impressionnant, je n’imagine pas de meilleur acteur pour Ulzana.

  11. Rouxel dit :

    Je suis entièrement d’accord avec la chronique d’Emile Breton parue dand ‘L’Humanité »du 25 juin,concernant la sortie prochaine du dvd-livre de »Lord Jim »réalisé par Richard Brooks.Un an après avoir tourné « Lawrence d’Arabie » Peter O’Toole à été imposé par la production afin d’incarner cet aventurier solitaire et ambigue.L’acteur à toujours regrétté d’avoir tourner dans ce film malgré son cachet important pour l’époque.On a écrit que l’oeuvre était longue,lente et manquait de panache et de nervosité dans la mise en scène.C’est absolument faux,dès les premières minutes on entre dans cette histoire passionnante,parsemée de rebondissements.N’oublions pas la prestation tout en retenue de Peter O’Toole qui avait fait ses classes au théatre londonien en jouant plus de 100 roles parmi des classiques.Le dvd et le livre écrit par l’érudit Patrick Brion sera disponible dès le 2 Juillet prochain.

    • MAXOU37 dit :

      Il ne faut pas oublier aussi de relire le roman de Conrad, véritable chef d’œuvre (un parmi d’autres, mon préféré étant Nostromo).

  12. Rouxel dit :

    « Skin games »de Paul Bogart,avec »Butch cassidy et le kid »et « Little big man man »sont surement le chant de cygne du western américain.Le film est interessant en plusieurs points,notamment la condition des noirs et des femmes blanches à la fin du 19ème siècle aux Etats-unis.Point de violence cher à Tarantino dans son »Django »mais une réelle complicité dans le duo que forment James Garner et Lou Gosset qui s’en donnent à coeur joie dans des scènes burlesques voire picaresque.Bien sur on pense aux personnages de Léone:Tuco alias Eli Wallach et Blondin campé par Clint Eastwood qui volent de riches propriétaires terriens et qui réussissent à s’échapper!!!Il faut savoir que Paul Bogart a écrit de très bon scénarios pour le cinéma(Charade…)puis adapter fidèlement un livre de Raymond Chandler en 1969.Dans un autre genre je voulais revenir sur « Le mari de l’indienne »réalisé par Cécil B de mile en 1931 et qui est un peu faible et lent au niveau de la mise en scène.Les acteurs jouent et force leurs jeux comme dans les films muets d’avant 1930.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Rouxel
      Chant du cygne ? et les westerns de Tommy Lee Jones et d’Eastwood. Et Bogart scénariste de CHARADE ? Le film est écrit par Peter Stone assez brillant auteur de comédies et bon dialoguiste

      • ballantrae dit :

        Le Tommy Lee Jones est un western très étrange qui n’a absolument pas correspondu aux attentes que j’avais peu à epu échaffaudées.
        Pas d’envolées lyriques, pas non plus d’action violente: la violence est celle quotidienne des femmes de colons brisées, filles de l’Est brisées par l’âpreté de la vie de l’Ouest ou celle simplement esquissée-un soudain surgissement de qqs guerriers totalement étranges, le récit de l’ancien dragon(note: j’ignorais que ce corps d’armée existait ds la cavalerie US)devenu guide de fortune- des guerres indiennes.
        Je crois qu’il y a là le style sec et âpre du roman que j’ai parcouru rapidement (en réserve pour cet été), le style de T L Jones mais aussi le souvenir de ce qui semble devenir une oeuvre séminale du néowestern à savoir La dernière piste de K Reichardt qui a pu inspirer l’an passé le pas si inintéressant Gold.Je reviendrai sur ce beau film âpre, authentique ( la solitude durant des kms, la nécessité de manger, la neige qui tombe en plein printemps,le célibat des pionniers,l’absence d’arbres déplorée par Mary Bee).
        Par ailleurs, je suis en train de lire enfin Terreur Apache et dois avouer que c’est un roman jubilatoire et pour l’amateur de westerns et pour le lecteur de romans tout court.Point de vue narratif très judicieux, ellipses étonnates qui nous amènent à partager le sentiment de crainte, galerie de guides étonnante déclinant tous les possibles (tribus adverses, apaches opposés au renégat,sang mêlé, blanc un peu aventurier, poivrot jouant les comiques de service).Les descriptions sont de toute beauté donnant à appréhender PHYSIQUEMENT le paysage.Je suis à la moitié et y reviendrai dès que j’en aurai terminé.
        Certes Le sorcier du Rio Grande est assez intéressant mais on pense d’abord au génial et sans concessions Fureur apache d’Aldrich )assimilé par un internaute du blog à un téléfilm , argh!!!) mais aussi par moments aux meilleurs moments de Major Dundee qui lui aussi montre une quête qui s’enivre de sa propre vanité, de la haine envers le renégat indien qui d’ailleurs n’est pas non plus idéalisé. Peckinpah avait-il songé à ce roman? J’ai cru comprendre qu’Ulzana’s raid comme Emperor of the north furent d’abord des projets de S Peckinpah avant de devenir des films d’Aldrich.
        Qqn en saurait-il plus?

        • Rouxel dit :

          J’irai dans le meme sens de reflexion que Ballantrae sur le second film de Tommy Lee-Jones qui m’a un peu décu car il reprend la trame du voyage,de l’espace des beaux paysages mais que l’on ne peut classer comme western à part entière.Ensuite c’est vrai que j’ai oublié »Open Range », »Silverado », »Geronimo » et meme « Impitoyable »qui reste des oeuvres interessantes à voir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Rouxel
          Mais le voyage est un des thèmes, des mythes fondateurs du western et celui de Tommy Lee Jones représente l’envers de CONVOI DE FEMMES

        • Alexandre Angel dit :

          A Ballantrae
          Mais cette étrangeté n’est-t-elle pas justement ce qui fait le cachet du film? Il plane sur l’oeuvre quelque chose d’indécidable : que signifie exactement « homesman »? « homme du bercail » ? « homme de la maison »? « homme d’intérieur »? Hillary Swank s’affiche dès les premières minutes comme une femme d’intérieur…qui ne le sera jamais pour personne. Un transfert quelconque s’effectue-t-il sur TLJ qui, certes , mène à bien sa mission? Pas vraiment en fait, le bougre restant, malgré sa B.A., l’individu pas très fiable qu’il a sans doute toujours été: brutal, roué, pragmatique et cynique. La séquence de l’incendie de l’hôtel est significative : il agit comme Popeye dans FRENCH CONNECTION 2, sans discernement (un pauvre bougre non identifié tombe en brûlant d’une fenêtre). Le film met à mal tout processus d’identification. THE HOMESMAN convoque des figures vues mille fois ailleurs (mais n’est ce pas le propre du western?)mais ces conventions par ailleurs respectueuses de notre bon vieil imaginaire westernien sont distillées par à-coups parfois spectaculaires mais sans que l’indécidabilité dont je parle se dissipe. Par ailleurs, l’atmosphère du film me rappelle les romans de Thomas Hardy (et JUDE L’OBSCUR, particulièrement).

        • Edward dit :

          Je n’accroche pas aux westerns de Tommy Lee Jones, sans doute parce qu’ils sont réalisés d’une manière contemporaine (cadrage, lumière) – j’ai le même problème avec les derniers westerns d’Eastwood, ce qui n’est pas une critique mais qui ne correspond pas à mon goût pour ce genre. J’ai par contre beaucoup plus apprécié celui de Billy Bob Thornton (ALL THE PRETTY HORSES), notamment pour le traitement de la lumière. J’avais trouvé que c’était un des rares films contemporains à utiliser encore la beauté de la lumière de l’Ouest. Celle-ci me paraît indispensable pour la réussite d’un western, même en N/B. Mais sans doute suis-je plus anachronique que Kirk Douglas dans LONELY ARE THE BRAVE …

        • ballantrae dit :

          Plus surprenant que décevant à mon sens et le romancier aussi auteur du texte à l’origine de The Shootist de Siegel semble travailler les « à côtés  » de l’Ouest et vient après la grande époque du western.
          La scène où surgissent les Indiens dans The homesman prouve que TL Jones est fin prêt pour un projet aussi ambitieux que l’adaptation de Méridien de sang de C Mac Carthy.
          Par ailleurs, j’ai fini Terreur apache et confirme qu’il s’agit d’un fort beau livre, vraiment complexe et indifférent aux conventions comme au politically correct.Je confirme aussi que certains moments de Major Dundee ont ressurgi devant mes yeux en lisant l’attaque du camp ou encore le moment où Grein est destitué.Mais bien évidemment c’est Fureur apache qui ressurgit constamment.Quant au Sorcier du Rio Grande pour réussi qu’il soit maintes modifications ne me semblent pas heureuses notamment pour l’écriture des personnages y compris Bannon ( à la limite Dundee me semble plus probant).

      • ballantrae dit :

        A alexandre Angel:
        Je n’ai pas dit que je n’aimais pas The homesman mais que j’ai été très surpris par la quasi absence des motifs westerniens usuels , par l’évitement explicite de certaines scènes à afire ( celle des Indiens toute en tension) et par le recentrage autour des figures féminines.
        Ce ne me semble pas une date du western récent comme le furent Unforgiven ( pour sa sécheresse et sa réflexion sur la violence), The proposition ( d’abord pour la transposition en Australie et la réactivation de schèmes à la Peckinpah),La dernière piste ( film sans action, comme implosé, avec des figures féminines fortes) ou encore Djngo unchained (jubilatoire, à la fois référentiel et doté d’une vraie générosité qui évite à Tarantino le côté mastuvu de Inglorious basterds)et bien sûr 3 enterrements ( relecture puissante de Alfredo Garcia).
        Mais un film peut être bon, voire très bon sans constituer une date dans l’histoire du genre.

        • Alexandre Angel dit :

          A Ballantrae
          Je vous avait bien compris et je ne fais pas forcémment un chef d’oeuvre du TLJ. C’était pour le plaisir de l’échange. En fait, on est d’accord (sauf pour INGLOURIOUS, non mais..)

    • Martin-Brady dit :

      à Rouxel: vous confondez Paul Bogart avec je ne sais qui mais il n’a écrit qu’un scénario et pas CHARADE de Donen! (celui-ci est tiré d’une histoire de Marc Behm, l’auteur de Mortelle Randonnée, le roman, curieux parcours ce Behm).
      En ce qui concerne les acteurs forçant leur jeu dans les films muets, il faut noter qu’ils n’ont rien à envier à ceux qui forcent leur jeu dans les films actuels. C’est pas les mêmes comportements, ceux du muet sont marqués par les signes de l’époque c’est pour ça que ça épouvante certains. Je me souviens de DeNiro dans HEAT qui répète au minimum 15 fois, le même tic de donner un coup de tête de côté durant son interminable conversation avec Pacino: dans 20 ans certains diront: « ouaoh ils forçaient leur jeu à l’époque! »… Bref.

      • MAXOU37 dit :

        effectivement, je ne pense pas que citer ce Bogart soit très pertinent : c’est un réalisateur qui a fait toute sa carrière à la télé et qui a du réaliser 10 films pour le cinéma qui sont totalement oubliés aujourd’hui. Le western a continué dans les années 70 avec Eastwood, Peckinpah, Penn et Kennedy entre autres. ET effectivement, je ne vois pas en quoi le thème du voyage ne serait pas « western » : la prisonnière du désert peut aussi s’assimiler à un voyage.

      • Sullivan dit :

        A M.B. : Who do you think you’re talking to ?? On ne touche pas à De Niro jusqu’à Heat ! En revanche, depuis, il a tellement fait n’importe quoi …. Blague à part, je trouve que Mann lui a permis d’incarner une facette inédite de sa palette de jeu assez étonnante. Ce personnage de gangster professionnel, méthodique, sérieux, loyal et sans concession vis-à-vis de son code de conduite n’a rien à voir avec ceux campés pour Scorsese.

        • MARTIN-BRADY dit :

          oui, mais on commence à voir les ficelles, je crois que c’est là le tournant, you see?

        • Sullivan dit :

          A M.B. : je pense qu’on a repéré les ficelles de De Niro bien avant HEAT, un des sommets de sa carrière, polar-matriciel pompé à outrance par quasiment tous les réalisateurs depuis … En revanche, 1995 me semble effectivement une sorte de date buttoir pour De Niro ET pour Pacino. Qu’ont-ils fait de bien depuis ? En gros COP LAND et JACKIE BROWN pour le premier, INSOMNIA et ANGELS IN AMERICA pour le second. C’est bien maigre en regard de leur filmographie d’avant HEAT, seul vrai bon film où ils se rencontrent. Comme si cet état de fait (la rencontre de ces deux monstres du box-office) avait annihilé leur capacité de choix, leur envie de jouer dans de bons films. Pour ma part c’est un gâchis incommensurable.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SULLIVAN
          Attention a ne pas etre trop catégorique même si vous avez en grande partie raison (regardez la carrière de Harvey Keitel à coté des deux autres). De niro peut être bon s’il en a l’envie et l’occasion : dans les GRANDES ESPERANCES de Cuaron, les deux David O Russell. Et Pacino était plus qu’efficace dans L’ENFER DU DIMANCHE, L’ASSOCIÉ DU DIABLE et LOOKING FOR RICHARD était brave. Mais quand on pense qu’il a débiné Scarecrow pendant 20 ans sous pretexte (qui ne tient pas debout) que Schatzberg avait favorisé Hackman, on peut s’interroger sur sa lucidité. Mais très tôt, il pouvait planter des rôles comme dans REVOLUTION. Ni lui ni de Niro ne semble comprendre ce que c’est que de jouer dans un film historique. Ils sont paumés en costume contrairement à n’importe quel acteur anglais et à Burt Lancaster

        • Martin-Brady dit :

          à Sullivan: HEAT est quand même le gros gâteau à la crème indigeste et trop long, il devrait se terminer avec la séquence du holdup et bagarre dans la rue ok mais y’a encore 2h à se taper après, aucun intérêt, j’aime les grosses machines US mais pas quand elles cherchent à nous gaver jusqu’à la gorge: une bonne séquence: les flics qui s’aperçoivent qu’ils sont épiés, sinon ce genre de film c’est de la prise en otage! M’a fait penser au film inutile et prévisible de Ben Affleck THE TOWN, même poudre aux yeux, c’est la même filiation! dANS ce type de films, l’invraisemblance n’est jamais transcendée par le style, ça s’écrase c’est pour les mangeurs de popcorn! Vous avez raison pour Pacino, très beau parcours avant les 90 et depuis, la fatigue… non ce Mann est juste un technicien qui a mal viré après, le Spielberg bis, le mainstream dans toute son horreur, revoyons LE SOLITAIRE, ça c’était encore bien et son 6EME SENS/MANHUNTER PAS MAL (grâce à Inagaddadavida! à la fin!), sinon MIAMI VICE, LA FORTERESSE.
          mais je me déchaîne contre Mann alors que vous me parlez de DeNiro et Pacino, pardon!

        • Martin-Brady dit :

          je veux dire MIAMI VICE, LA FORTERESSE, non!

        • Alexandre Angel dit :

          euh..Martin-Brady, c’est quoi »Inagaddadavida »?
          J’ai vu LA FORTERESSE NOIRE à sa sortie et j’ai le souvenir d’un navet sentencieux. Jamais revu..

        • Martin-Brady dit :

          à AA: c’est la chanson pop interminable (et un peu répétitive) sur laquelle est basé tout le crescendo final du 6EME SENS ou MANHUNTER de M Mann, c’est utilisé pour aller avec le crescendo de Petersen le héros éliminant enfin le tueur joué par T Noonan. « Inagaddadavida » par Iron Butterfly, tout ça ne nous rajeunit pas.

        • Alexandre Angel dit :

          A Martin-Brady,
          Merci pour Iron Butterfly. Typiquement l’exemple, pour un amateur de rock (au sens large)comme moi, de choses ultra-célèbres que j’ai passé ma vie à ignorer. A l’écoute d’ »Inagga » hier soir (histoire de pas mourir idiot), je me suis dit que c’était le versant un peu casse-bombec du rock psychédélique, annonciateur du hard-rock d’un côté, du jazz-rock de l’autre : deux courants que je ne goûte guère.
          Fin de l’aparté, retour aux films..

        • Guillaume dit :

          A Sullivan:

          D’accord avec vous sur le De Niro de HEAT, il a des moments remarquables dans le film ( le passage en voiture dans le tunnel illuminé et la dernière discussion avec Jon Voight, la sortie de l’hôtel à la fin sous le regard d’Amy Brenneman…), son petit rôle amusant dans le STARDUST de Matthew Vaughn se défend également.

          A Bertrand:

          Al Pacino était très bon également dans ce petit film passé un peu injustement inapperçu hélas (mais disponible en dvd), INFLUENCES de Daniel Algrant, dans la lignée des films de Sidney Lumet.

          A Martin-Brady:

          J’ai du mal à voir un lien entre le cinéma de Mann et celui de Spielberg!
          En ce qui concerne MANHUNTER je pense que c’est mon thriller préféré de Mann, le cinéaste y aborde avec sensibilité, intelligence et style le thème du serial killer…et les acteurs sont excellents (William Petersen, Tom Noonan, Joan Allen, Brian Cox).

        • Martin-Brady dit :

          à Guillaume: je sais pas où j’ai été chercher « Spielberg bis » à propos de Mann, justement parce que Spielberg me semble bien plus souvent plus personnel que Mann, ça m’a échappé.
          à propos de De Niro, je me rappele un film de David Hugh Jones JACKNIFE 1986 qui fut encore une bonne surprise, du même Jones, je voudrais revoir BETRAYAL titre français plan plan: TRAHISONS CONJUGALES comédie noire sur l’infidélité très piquante.

  13. Rouxel dit :

    Deux films majeurs sonr sortis en dvd ces semaines dernières. »Bunny Lake a disparu » est à mon avis le dernier bon film d’Otto Preminger et clot sa série de chef-d’oeuvre(Laura,Crime passionnel,Carmen Jones(incompris par la critique et de nombreux cinéphiles)Sainte Jeanne et Bonjour tristesse sont surement les deux meilleurs roles de Jean Seberg).Puis il y a « L’obsédé »de William Wyler qui révéla Terence Stamp tout jeune acteur venant du théatre et la sublime Samantha Eggar.Mise en scène angoissante et tendue qui décrit un personnage torturé dans son enfance.Courez vite vous procurer ces deux dvd inclassables.

    • jean-charles freycon dit :

      Existaient depuis une « éternité » (2005 pour bunny lake et 2002 pour the collector…) en zone 1, st en français, pas cher…

      • Sullivan dit :

        A JCF… Oui, exact… et d’ailleurs à ce sujet, je trouve que depuis quelques temps Wild Side ou Carlotta ont un peu moins d’imagination en sortant soit des titres existant déjà depuis belle lurette en zone 1 (The Swimmer, Capitaine de Castille, La Rue de la mort, Incident de Frontière, Bunny Lake, The Collector, Odd Against Tommorow… ), soit en rééditant leur fond de catalogue en Blu Ray… Ça sent non pas le sapin mais presque…

        • jean-charles freycon dit :

          C’est vrai, ça sent un peu la fin, depuis un moment. D’autant que les deux titres sus-mentionnés (et d’autres, comme GUN CRAZY) étaient déjà très bien édités en Z1. Je ne vois pas l’intérêt d’une édition française, souvent, car ça fait belle lurette que les amateurs sont allés voir, très facilement et souvent à moindres frais, outre-atlantique. Sauf peut-être pour les bonus, bon… Racheter un film pour les bonus?… En tout cas, quand survient une telle édition sur nos terres, j’y vois pour ma part un non-évènement.

        • Martin-Brady dit :

          à JCF: tiens, vous êtes comme moi, les applaudissements ébahis sur les aventures des Classic confidenmachin (anglais de cuisine ou anglais mode?) me laissent froid, j’ai rien contre mais. Beaucoup de ces applaudissements viennent de journalistes en conflit d’intérêt rapport les services de presse qui leur arrivent, d’autres sont sincères, oui bien sûr.
          par contre inutile de chercher un bon master de WOMAN ON THE RUN en zone 1! là WSide frappe fort, vous voyez comme je suis fair-play!

        • Martin-Brady dit :

          à JCF: et les jaquettes des Warner z1 sont vraiment magnifiques, on en lècherait!

        • Mathieu dit :

          Je ne vois pas Wild Side ni Carlotta  » rééditer leur fond de catalogue en Blu-ray « . Editer un film en Blu-Ray signifie avoir effectué un transfert en HD, ce qui n’est pas le cas de la plupart des anciennes éditions DVD. C’est la qualité du transfert qui fait la qualité de l’édition, un transfert HD même rééchelonné pour une édition DVD donne des résultats nettement supérieurs à un transfert SD. Moi je me plaindrais plutôt de la situation de l’édition de cinéma  » classique  » en Blu-Ray en France. Laissons à part les Américains ( Criterion, etc… ) qui ont des moyens et un marché d’une autre ampleur ( vive l’ampleur! ), mais pour ce qui est du cinéma que je voudrais voir édité en Blu-Ray ( Murnau, Mizoguchi, Ozu entre autres ) les Anglais font beaucoup mieux que les Français, et avec un rythme de nouvelles parutions beaucoup plus soutenu.Le BFI édite entre autres tous les chefs-d’oeuvre d’Ozu en Blu-Ray, Artificial Eye ceux de Mizoguchi, plusieurs Satyajit Ray, Eureka beaucoup de films de Murnau, de Lang période allemande et pleins d’autres ( Mizoguchi, Mac Carey, Billy Wilder…). Il ya aussi Arrow Academy, qui édite De Sica, Dassin…en Blu-Ray.

        • jean-charles freycon dit :

          À Mathieu : On avait quand même été gâtés, avec Ozu, chez Carlotta. Même BFI ou Criterion ne l’avait pas édité aussi bien, il me semble. Et pour Mizoguchi, aussi, quelques coffrets « honnêtes » quand même, plus une flopée dont des muets chez Carlotta toujours. Je crois que Wild side a cessé d’éditer des films japonais, faute d’amateurs, c’est bien dommage car ils avaient produit des coffrets somptueux, Naruse, Shinoda, et caetera… Pour dire qu’on n’est pas trop non plus à la traine, pour ce qui est du cinéma japonais et l’édition dvd en général. Et pourquoi rééditer tout en bluray quand si peu se sont rués sur les éditions dvd?… (Souvent très belles et pour ma part je ne vois pas la nécessité de tout racheter en BR, à moins d’avoir un video projecteur…) C’est facile aussi de se procurer les éditions anglaises ou américaines…

        • Martin-Brady dit :

          c’est vrai, il faut surveiller les éditions du BFI, il y a des Renoir aussi, st non affichables je crois à vérifier. Il y a toute l’école documentaire anglaise.

        • Martin-Brady dit :

          oui et puis DAY OF THE OUTLAW, on n’avait qu’un zone2 british sans st…

        • Sullivan dit :

          A Mathieu : Si vous jetez un œil au planning des sorties DVD des dix dernières années chez WS et Carlotta, il est indéniable qu’il était plus excitant qu’il ne l’est disons depuis un peu plus d’un an. Beaucoup d »‘incontournables » chez WS sont déjà édités en zone 1, et chez Carlotta, je saluerais volontiers les rééditions Blu Ray si seulement celles-ci ne venaient pas remplacer des projets d’éditions DVD ambitieux qui étaient la marque de l’éditeur (Sirk, Fassbinder, Dwan…). Mais on pourrait dire de même pour les Majors : Paramount a abandonné le cinéma de patrimoine depuis plusieurs années, et c’est un scandale quand on connait son fond de catalogue, Warner freine des quatre fers même s’il continue avec ses Trésors (je reste très nostalgique de la collection « Légendes » de l’éditeur …), même chose pour Universal qui ne sort des classiques qu’une fois l’an et qui n’incrémente plus sa collection « Étoiles »… Finalement, l’éditeur qui continue à tracer sa route avec constance n’est autre que SIDONIS. Il faut saluer ce travail, tout comme celui de Artus Films également, qui non content de sortir des tas de films de l’oubli, le fait en proposant de magnifiques packagings…

        • Sullivan dit :

          A JCF : Nous sommes entièrement d’accord. Pour le cinéma nippon, j’avais demandé à Wild Side pourquoi ils n’éditaient pas la superbe trilogie de Tomu Ushida LE PASSAGE DU GRAND BOUDHA. La réponse fut sans appel : « Nous sommes à peine rentré dans nos frais avec le coffret Ushida que nous avons edité »…

        • jean-charles freycon dit :

          À Sullivan : Comme j’avais été déçu, il y a déjà pas mal d’années, en apprenant que Wild Side arrêtait d’éditer des japonaiseries. Je pensais naïvement qu’on était des milliers à se ruer sur ces trésors… Ben non, on n’était qu’une poignée… (Le jour de la sortie des précieux objets, j’étais à l’ouverture de la fnac, le cœur battant…) Des classiques, des films de yakusas, des chambaras, on en a eu pour nos sous, en tout cas… Et même chez criterion, il n’y avait pas ce dynamisme de la paire Wild side/Criterion… Puis, quand le filon est épuisé, on va chercher ailleurs, c’est bien normal… BFI, Criterion, Eureka, et caetera…

      • jean-charles freycon dit :

        Correctif : De la paire Wild side/Carlotta, of course…

        • Martin-Brady dit :

          à JCF: et puis j’aimais bien cette édition « pocket » qui n’était pas trop chère et qui était doublée en éd collector (enfin pas pour tous) donc pour tous les goûts, ça m’a permis de découvrir des cinéastes comme Nomura (L ETE DU DEMON) ou Hideo Gosha (GOYUKIN et FEMMES DE YAKUZAS ah ça c’est du cinoche). Et le cinéma chinois Shaw Brothers etc. ça aussi c’était des éditions toutes simples avec bonus quand même, et ils étaient drôlement prolifiques, ils en ont sorti des paquets! Mais je suppose que la crise du dvd les a poussés dans le créneau collector, j’aime pas trop les collectors ou ed de luxe mais si la politique précédente ne marchait pas ou mal…

        • Alexandre Angel dit :

          La période qui va de 2004 à 2010, en gros, a été, en effet, une espèce d’âge d’or éditorial pour les dvd. Chez nous, en zone 2, on a eu des fournées Fassbinder ou Sirk qui ressemblaient furieusement à des sommes aux allures d’intégrales (on se plaisait à le croire). On se prenait à rêver, à se re-projeter, incrédules, dans un passé pas si vieux qui nous voyait enregistrer laborieusement ces œuvres, lorsqu’elles se laissaient diffuser, sur des K7 sifflantes.
          Pour ma part, le pompon avait été atteint avec le duo nippon, champions du classicisme quintessentiel: à ma droite Mizoguchi, totalisant avec MK2 et Carlotta, 21 films tandis qu’Ozu, à ma gauche (rien de politique dans cette répartition)remportait la mise avec 22 films partagés entre Carlotta et Arte Video. Ce qui fait un total de 43 œuvres toutes plus fascinantes les unes que les autres (je ne compte pas les quelques courts-métrages ni l’atrophié J’AI ETE DIPLOME,MAIS..). Pas de quoi pleurnicher. Je rêve même de me faire un cycle croisé(qu’attends-je?). C’était avec Mikio Naruse que j’aurais du me méfier : un excellent coffret, bien présenté, aux reflets bleutés, augurant du même traitement dont ses illustres grands frères avaient bénéficier. NUAGES FLOTTANTS, NUAGES D’ETE, LE REPAS et puis bernique, que dalle, nada. On pouvait aller se brosser!
          Ces choses-là ne poussaient donc pas sur les arbres, ce n’était pas un dû. La nostalgie, ça s’accélère comme le reste. Avant, j’étais nostalgique de mon enfance, maintenant, c’est 2007-2010. Bon, faut que je m’organise cette rétrospective perso. Je l’intitulerai « Dialogue des sages ».

        • Mathieu dit :

          à JCF à propos du cinéma japonais en Blu-Ray: malheureusement pas question pour moi de voir un film parlant en japonais avec des sous-titres anglais.Pas de problèmes avec un film muet dont les intertitres sont sous-titrés en Anglais ( par exemple DIE NIEBELUNGEN de Lang, magnifique transfert Blu-Ray chez Eureka ) ou certains films parlant en Anglais/Américain en s’aidant de sous-titres anglais si les dialogues ne sont pas trop rapides ou argotiques.Je ne connais rien à l’économie et au droit en matière d’édition DVD mais il y devrait y avoir possibilité de deal entre par exemple le BFI, Eureka ou Artificial Eye et Carlotta ou Wildside pour éditer certains titres de leur catalogue avec des sous-titres français. Même chose avec Olive Films aux USA qui éditent des tas de films Paramount et Republic en Blu-Ray, mais en region A et sans aucun sous-titre.Je ne vois pas non plus la nécessité de tout racheter en blu-ray, mais il y a des cas où la différence est criante ( voyez sur Dvdbeaver la comparaison entre le DVD Wildside et le Blu-Ray Olive de FORCE OF EVIL par exemple ).J’ai racheté récemment SHANE, STALAG 17 et plusieurs Hitchccok en Blu-Ray et je ne le regrette pas.
          à Sullivan à propos du coffret Uchida: Quel dommage! le coffret est pourtant magnifique, surtout LE DETROIT DE LA FAIM, chef-d’oeuvre à conseiller à tous ceux qui ont des appréhensions vis à vis du cinéma japonais. Malheureusement beaucoup de titres sont aujourd’hui épuisés ( je pense notemment à LA CONDITION DE L’HOMME de Kobayashi chez Carlotta ).Sidonis fait du beau travail mais on se passerait volontiers de tous ces westerns avec Audie Murphy…

        • jean-charles freycon dit :

          À MB : Oui oui, c’était bien chouette… Je me souviens quand ils sortaient les Zatoichi, tous les deux ou trois mois, ils en sortaient deux d’un coup, je me ruais dessus… Les Shaw Brothers, je les ai achetés plus tard, chez le soldeur du coin de la rue, pour 4,99 euros… il y a quelques perles… il faut avoir un cœur d’enfant… HK aussi nous avait bien gâtés, à une époque, avec les coffrets Suzuki… Ah… c’était le bon temps… Peut-être aussi qu’on finit par saturer, en tout cas moi,quand on se retrouve avec entre deux et trois mille dvd sur des étagères… Ah on peut dire que je l’aurai soutenue, l’industrie du dvd!

        • jean-charles freycon dit :

          À AA : Posséder tous les Ozu sortis chez Carlotta + Arte, c’est bon… Je me suis fait la totale, chronologiquement, il y a un an ou deux, sur plusieurs semaines, chaque jour un film, un sacré bon voyage…

  14. ballantrae dit :

    Par souci de bon rangement, j’ai tenté de poster un message concernant Ken Burns sur le billet n° 12 je crois mais n’ai pu y parvenir.est-ce un problème de maintenance du site?

  15. Sullivan dit :

    Bonjour Bertrand,
    Cela fait maintenant 15 jours que vous n’alimentez plus le blog par nos posts ou vos interventions. Aucun problème avec cela, c’est votre blog !! Mais ne pourriez-vous pas prévenir vos blogueurs par un simple mot du style « Je serai absent du blog pendant quelques semaines… » ?, ainsi, nous ne serions pas dans l’attente. Personnellement, et je sais que je ne suis pas le seul, je viens tous les jours sur ce blog, et c’est assez dérangeant de ne pas être mis au courant. En tout cas, ça me dérange personnellement, et j’apprécierais vraiment beaucoup cette simple attention. On le fait bien quand on s’absente du bureau pour des congés, pourquoi pas dans un cadre comme celui-ci ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Sullivan,
      J’ai subi une operation de la haznche et n’avait pas accès à mon ordinateur ,et puis chez moi, plus d’ascenseur donc je me suis réfugié à l’hotel jusqu’à ce que je puisse marcher
      ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

      • Sullivan dit :

        Mince, j’ai bien pensé à cette possibilité (qu’il vous soit arrivé une bricole) et suis bien navré que ce soit le cas. Ne prenez mon intervention que pour ce qu’elle est, celle d’un passionné. Et je vous souhaite un bon rétablissement. Merci de votre réponse, vous n’étiez pas obligé.

      • Rouxel dit :

        Tout d’abord je vous souhaite un bon rétablissement.Maintenant les internautes sont impatients de tout mais ne pensent nullement au moderateur ainsi qu’a tous ceux qui alimentent ce blog.nous sommes de pauvres humains fait de chair et de sang.Ah oui Bertrand,Warner France vient de sortir quelques pépites western dont »Le courrier de l’or »de Boeticher ou des raretés comme « La femme du sqwaw ».Quel est votre avis sur ces films et surtout sur le western réalisé par Blake Edwards?Merci et bonne journée.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Rouxel
          LE COURRIER DE L’OR est l’un des moins bons Boetticher. Et le western de Blake Edwards, WILD ROVERS est interessant dans sa version complète bien que Edwards semble découvrir certains faits défrichés depuis longtemps par Daves, Mann, Peckimpah, Tom Gries et autres

      • Mathieu dit :

        Tous mes voeux de prompt rétablissement.

      • ballantrae dit :

        Bon rétablissement, Bertrand.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Merci. Mefiez vous des effets secondaires des anti coagulants

        • Rouxel dit :

          Un petit jeu afin de vous creuser les neurones.Quel est le point commun entre le western de Budd Boeticher »Le courrier de l’or » et »A bout de souffle »de Godard?A vos claviers,chers cinéphiles!!!

      • MAXOU37 dit :

        Bon rétablissement à vous : profitez au moins de ce moment pour vous faire plaisir avec quelques très bons films !!

        • Rouxel dit :

          Je réponds à la question concernant »Le courrier de l’or »de Boeticher.En effet on voit dans »A bout de souffle »de Godard un extrait du film de Boeticher,tourné dans un cinéma parisien en 1959!!!

  16. Bonjour Mr Tavernier,

    Je vous écris, pour vous alerter concernant la mort programmée d’un film (classique du cinéma Hollywoodien) : The Alamo. La situation est grave. Les copies existantes ne sont pas restaurées, et la MGM laisse mourir le film sur ses étagères. Je sais que vous êtes quelqu’un qui a de nombreuses relations avec les éditeurs français et les studios américains. Je suis un jeune amoureux du cinéma classique (40 ans) et j’avoue ne pas pouvoir supporter l’idée de voir ce film disparaître et n’être disponible que dans une version tronquée en DVD.

    Je sais qu’un amateur comme vous du cinéma de John Ford et de John Wayne, pourra alerter la communauté cinéphile et les grands studios et faire beaucoup plus de pression que quelqu’un comme moi.

    Ci-dessous un lien vers la pétition :
    https://secure.avaaz.org/fr/petition/MGM_CEO_Direction_de_la_MGM_Nous_appelons_la_MGM_a_sauver_le_film_The_Alamo_1960/share/?new

    Et un lien vers mon article :
    http://hollywoodclassic.hautetfort.com/archive/2014/06/15/no-news-from-the-alamo-5391629.html

    Vous remerciant par avance pour vos actions, pour tenter de sauver ce film.

    Cordialement.
    Stéphane G.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Stephane G
      Je soutiens votre action même si la version la plus longue nous inflige des chansons de Frankie Avallon. Il y a aussi des tirades emphatiques mais très personnelles et qui en disent long sur Wayne

    • MinettePascal dit :

      Je viens de voir le remake de ces dernières années, qui a le mérite de montrer plus d’exactitude historique, par exemple le détail tuant des talents de violoniste de Davy Crockett et le fait qu’il ait été exécuté comme prisonnier après le massacre général.
      Pourtant, c’est bien le film de Wayne qu’on a envie de garder sur nos étagères…

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Minette Pascal
        Ce remake est très interessant et plus juste historiquement. Il est aussi formidablement joué et mérite d’être redécouvert

        • MinettePascal dit :

          En fait, ce remake s’appuie manifestement sur un livre d’historien assez récent (impossible de me souvenir des références) qui apporte de nouveaux éléments mettant à mal l’historicité du film de Wayne, mais d’autres qui auraient au contraire renforcé son romantisme.
          Bon, Wayne au violon, je ne sais pas…
          Pour moi, la musique de Tiomkin et le personnage de Travis sont les perles irremplaçables du premier film.

      • Martin-Brady dit :

        à MP: le Duke au violon! aïe! non! Davy Crockett a été fusillé après Alamo avec d’autres, c’est sûr que c’est moins glorieux que la fin waynienne suicidaire, c’est juste horrible. Je vais commander le film de Hancock. Ces éléments « qui auraient au contraire renforcé son romantisme. » m’interpellent, et les autres aussi.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MARTIN -BRADY
          Et le film, injustement descendu pourquelques idées malheureuses (ce plan qui suit le trajet d’un boulet) recele bien des surprises. Jim Bowie, grand trafiquant d’esclaves (cf Burke) fait partir son esclave mais contrairement au film de Wayne, refuse de l’émanciper, Davy Crockett raconte toute l’horreur d’une campagne contre les Indiens (Billy Bob Thornton est magnifique), Santa Anna n’est pas du tout l’ennemi chevaleresque. On voit aussi comme Sam Houston balaie en quelques minutes l’armée de Santa Anna

        • Martin-Brady dit :

          à Bertrand: à compléter par le formidable roman de James Carlos Blake TEXAS FOREVER…
          à Minette P: attention ce n’est pas tiré d’un ouvrage historique, mais d’un scénario original, cf IMDB. Je ne connais pas ce John Lee Hancock. J’ajoute ce film à WILD BILL et GERONIMO, conseillés ici.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          John Lee Hancock fut le scénariste de deux Eastwood MINUIT DANS LES JARDINS et le film excellent avec Kevin Costner. Il écrivit aussi BLANCHE NEIGE ET LE CHASEUR et a dirigé un autre film que je connais pas

        • MinettePascal dit :

          A MB : Pour vous allécher sur les détails romantiques de la réalité, le geste de Travis peu avant le dernier assaut mexicain : il va voir la famille Dickinson réfugiée dans la chapelle et offre sa montre à une toute petite fille pour qu’elle se souvienne de lui.
          Fondant, n’est-il pas ?

        • MinettePascal dit :

          A MBrady : Fondant mais uniquement dans le livre, pas dans le remake.

        • MinettePascal dit :

          A MBrady : C’est bien sûr un sentiment tout personnel, mais il y a trop de points communs entre le livre récent sur Alamo (il faut que je le retrouve pour au moins vous donner le titre !) et le scénario du film pour que ce soit un hasard. C’est même là la seule justification du remake.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Minette Pascal
          Sinon que même sans celivre, beaucoup savaient que Wayne avait donné SA version d’ALAMO (que secoue Sayles dans LONE STAR). James Lee Burke m’a raconté tous les faits qu’on trouve dans le remake et qui figurent dans beaucoup d’études.

        • Martin-Brady dit :

          à MP: certes, mais comment ce fait peut-il être historique, la petite fille l’a raconté plus tard? peut-être, remarquez.
          Dans le film de Wayne, j’adore comment Santa Ana (dont le côté chevaleresque peut être contesté, comme l’établit Bertrand,) rend hommage à une poignée de survivants après avoir massacré 99% des rebelles! Il peut! Et bien sûr, Wayne ne montre pas les exécutions par fusillade après, ça ferait sale (surtout que Davy est déjà mort)! Enfin, comme tout le monde sait, les Américains n’avaient rien à foutre au Texas et à Alamo (comme le rappelent nos amis de 50!), seul leur expansionnisme arrogant les avait amenés là. Tiens je me demande la position du film de Hancock là-dessus, est-ce abordé? Les rapports de l’histoire et du romanesque « historique » me passionnent.

        • ballantrae dit :

          Je ne me rappelais pas que J Lee Hancock avait été scénariste pour Eastwood et ce pour deux films excellents de la décennie 90′:
          -chaque fois que je revois A perfect world, je reste sidéré par sa justesse, sa beauté élégiaque et ses ruptures de registre.Costner n’a jamais été meilleur!
          -Minuit dans le jardin…est aussi un film très ambitieux, faussement nonchalant qui parvient à subvertir la peinture judiciaire par un glissement à vue vers la comédie humaine et vers le fantastique? Spacey comme Cusak y sont merveilleux et Lady Chablis est assez…mémorable!
          Comme pour Haggis ( scénraiste pour Million dollar baby et le diptyque d’Iwo Jima), Eastwood a mis le pied à l’étrier à un cinéaste potentiel mais un film de cinéaste ex scénariste n’est pas forcément totalement abouti: tout le monde n’est pas Mankiewicz ou Huston.Cependant, l’attention à l’écriture permettrait d’éviter bon nombre de bourdes comme par exemple pour le dernier Cronenberg qui est vraiment très décevant et c’est un inconditionnel qui parle.A l’opposé, il faut courir voir le dernier Pascale Ferran, cinéaste rare qui accomplit tjs un absolu sans faute!!!

        • MinettePascal dit :

          A MBrady : Pour la petite fille d’Alamo, si je me souviens bien, c’est sa mère (l’épouse d’un des officiers) épargnée par les Mexicains qui a pu le raconter.
          Maintenant, on est en droit de se méfier, même de ce qui vient d’un historien, car ces auteurs censés avoir des démarches rigoureuses affirment parfois vite ce qui n’est qu’ interprétations
          Pour Alamo, qui nous dira le fin mot sur la légende de Louis Rose ou celle de la ligne dessinée au sabre par Travis pour séparer ceux qui restent des autres ?
          Le remake les ignorent; mais alors d’où viennent-elles ?

        • MinettePascal dit :

          A MBrady : « les ignore », pardon.
          Pour Santa Anna et son côté écoeurant, j’imagine qu’on peut faire confiance aux sources, soldats et état-major…

        • MARTIN-BRADY dit :

          à MP: si vous retrouvez le bouquin, ça m’intéresse, j’ai vu qu’il y en avait un bon paquet de parus, tous en angliche (mais je garde ma lèvre supérieure rigide vu que mon tailleur est riche, n’est-ce pas Sullivan?). Je viens de commander ALAMO de Hancock.
          Pour la dramatisation de qui a les tripes de rester et de qui a les foies par la ligne tracée par le sabre, alors là, on peut peut-être miser sur l’imagination des scénaristes. Toute cette mise en scène des gens qui se placent d’un côté de la ligne dans un silence parfait, avec échange de regards muets entre les trois héros (j’aime celui entre Travis et Bowie) m’ont exalté quand j’avais 15 ans (et maintenant aussi!), mais il était plus simple de laisser partir les foies-jaunes et pis c’est tout! ah la scène où la femme aveugle engueule Travis parce qu’il veut épargner son mari atteint par la limite d’âge (« Jocko ») alors que « mon Jocko est aussi bon que vous tout colonel que vous êtes et doit rester mourir! » ça me fait plus pleurer (euh…).
          Vous savez que dans le makingof il y a un regard incroyable de L Harvey sur Ford (ils sont assis côte à côte) qui passe faire un tour juste pour emm… Wayne, qui veut exactement dire « Mais qu’est-ce que c’est que ce zigoto, on l’attrape par où? ». Harvey débarquait d’Angleterre et avait eu du mal à s’adapter à l’équipe américaine et une fois que c’était fait, voilà Ford, qui devait pas être très expansif avec Harvey! (j’y étais pas exceptionnellement mais tout ça est dans le makingof du dvd).

        • MinettePascal dit :

          A M.Brady : je me demande si ce n’est pas « La victoire ou la mort ». Sûrement…
          Moi aussi j’ai grand peine à me retenir de hoqueter bruyamment aux scènes de l’Alamo waynien que vous nous rappelez.
          J’aime bien aussi la scène d’amour de Wayne au pied d’un arbre séculaire et au bord de la rivière. Etrange car à la fois lumineuse et complétement désespérée.
          J’aimerais voir ce regard de Harvey pour Ford. Comme je le disais, le personnage de Travis est pour moi le plus intéressant, et principalement parce qu’on commence par le détester.
          Mais c’est justement parce qu’il n’a pas peur de se mettre tout le monde à dos dans son propre camp qu’on finit par l’admirer.

        • Martin-Brady dit :

          à MP: il doit s’agir de « Les derniers jours de Fort Alamo – la Victoire Ou la Mort » de Farid Ameur chez Larousse je crois.

        • MinettePascal dit :

          A Martin-Brady :
          C’est l’heure de pointe mais j’ai été vite servi !
          Merci beaucoup pour la photo. Harvey a l’air de poser un peu, genre : » Z avez pas besoin d’un héros genre rosbif pour un prochain film ? »
          Pour le livre, c’est ça à tous les coups et je vous envie pour le beau voyage spatio-temporel que vous allez faire.

        • Martin-Brady dit :

          à MP: you’re welcome mais je vois plutôt dans le regard de Harvey de la supputation, à mon avis il vient de faire un compliment à JF et l’autre a grogné sans même le regarder! Je devrais recevoir le Hancock demain ou après demain, je vous tiens au courant!

      • ballantrae dit :

        Il est pas mal ce film, un peu trop court compte tenu de sa matière et en tout cas ne méritait pas le bide retentissant qu’il connut.

    • MAXOU37 dit :

      c’est fait car j’ai toujours recherché en vain cette version longue. J’espère au moins qu’elle nous permettra d’apprécier encore plus Linda Cristal !!

  17. PP dit :

    Je signale que tcm diffuse actuellement the legend of lylah clare. A vos enregistrements !

    • Martin-Brady dit :

      à PP: les chaînes de tv qui collent un logo sur l’image pour moi c’est fini, je deviens intransigeant!

  18. Sullivan dit :

    Pour info, Warner incrémente sa collection « Trésors Warner » d’une nouvelle série intitulée « Ecrivains à Hollywood », mettant comme le titre l’indique, les scénaristes en valeur :

    http://www.warnerbros.fr/achat/tresors-warner-2/collection-ecrivains-a-hollywood.html

    • Mathieu dit :

      Excellente nouvelle que l’édition en DVD avec STF de THREE COMRADES ( Borzage ) et de THE MASK OF DIMITRIOS ( Negulesco ) vus autrefois à la TV.

  19. Emile C dit :

    Permettez-moi de signaler un film marginal, par son économie et par ses partis pris narratifs et esthétiques, intitulé LES MOUVEMENTS DU BASSIN. La critique assassine m’a dissuadé d’aller le voir en salle. On le doit à un ex hardeur nommé HPG , personnalité singulière à la fois d’auteur et de comédien qui interprète lui-même le personnage principal. Celui d’un doux cinglé féru de self défense qui se fait renvoyer du zoo où il travaille parce qu’il déprime les animaux. Un univers où on croise un personnage à la John Waters qui entretient un relation sadomaso avec un agent de sécurité mais aussi une jeune femme prête à tout pour avoir un enfant. Les mouvements du bassin dont il est question sont ceux exprimés dans les sports de combat et ceux de la femme quand elle accouche. Comédie noire traversée par une influence Dupontelienne, à travers de nombreuses scènes non-sensiques qui se suffisent à elles-même, mais aussi par ce personnage survolté tout contracté des pieds à la tête. Une réplique d’Eric Cantona « Je suis le boss » jouée en décortiquant chaque syllabe ne laisse aucun doute sur la folie de l’auteur, en la circonstance folie presque Bunuelienne. Autre moment où le personnage se bat contre un mannequin articulé, incroyablement drôle, surréaliste, autant que celle où il se rebelle contre son professeur de self-défense. Je suis moins séduit par la mise en scène qui pourrait être celle d’un court-métragiste désireux de se faire repérer en festival, esthétique soulignée par le format vidéo. J’ai d’ailleurs cru, dans le premier quart d’heure, être tombé sur un court métrage. Les qualités du film sont ailleurs, elles s’expriment par des audaces qui définissent un auteur, comme par exemple ces plans d’insert où le personnage se livre à un jeu de jambe dans une cave d’immeuble, ou ces répliques jouées plusieurs fois de suite comme si le montage avait retenu toutes les prises d’un même plan. Je suis très gourmand de cette poésie du non-sens, rare et rarement comprise. A vous de voir.

    • ballantrae dit :

      Mouais, entrevu à la TV et vite abandonné: ce n’est pas grand chose, assez laid et pas très écrit…et un peu lesté de prétentions depuis que les cahiekuptibles lui ont décerné le label « auteur ».
      Pitié, n’associez pas le grand Bunuel à ce genre de pochade triste: son Surréalisme est un geste libérateur et joyeux , pas un truc déprimant et mal fichu.

  20. richpryor dit :

    Commentaire sur les commentaires:

    Ca faisait longtemps que je n’étais pas venu ici, du coup je me suis mis à lire les nombreuses contributions de cette nouvelle rubrique et merci à tous: ce fut très divertissant. Sur Godard je suis content de voir que beaucoup se moquent de ses admirateurs trop zélé (nombre de la rédaction des Cahiers) et incapable d’aucun recul critique. Godard est comme McConaughey dans True Detective: un nihiliste qui a perdu tout espoir en la vie et le cinéma.
    Quant à Tarantino il est intéressant de voir que beaucoup disent ne pas trop l’aimer.. à part tel ou tel film: il y a donc un Tarantino (ou deux) pour chaque personne qui trouve tous ses autres films nuls (pourtant sa filmographie est courte).
    A Rouxel: j’espère que vous continuerez vos nombreuses notices, ce blog est là pour ça.
    A JCF: votre description parodique de Citizen Kane est très drôle.
    A M. Tavernier: votre description injurieuse de Autant-Lara (« un sale con sur ce point ») est très juste.
    A Ballantrae: j’espère que vous continuerez à être méprisant à souhait envers les films qui ne vous plaisent pas (sinon on s’ennui).

    Commentaire sur l’article:

    Je suis heureux que vous ayez enfin vu Twisted Nerve. Un sacré film qui a un peu l’air de sortir de nulle part. Et qui me l’a recommandé à moi ? Tarantino avec Kill Bill.

    • ballantrae dit :

      Il ne faut pas m’encourager dans cette voie car cela va susciter encore des vagues!!!

      • Martin-Brady dit :

        tout à fait d’accord, d’ailleurs le mépris n’est pas une approche critique valable (pas la peine d’imiter Truffaut dans les années 50) et ballantrae ne jouait pas non plus sur le mépris lors de son approche anti-M…..n (ou anti P…..e!), y’avait des arguments. BREF!

      • jean-charles freycon dit :

        Pareil pour moi!

  21. Sullivan dit :

    Puisque nous parlions de Frankenheimer il y a peu… il ne faut surtout pas rater la ressortie sur les écrans le 16 juillet prochain à Paris, Lille, Aix, Poitiers et Toulouse, dans une restauration miraculeuse effectuée par Criterion, de SECONDS, qui clôt en 1966 le tryptique paranoïaque débuté avec THE MANCHURIAN CANDIDATE en 62 et poursuivi avec SEVEN DAYS IN MAY en 64. Le film débute très fort avec un générique dissonant tant par les plans géniaux imaginés par Saul Bass que par la musique qui l’accompagne, une des plus avant-gardistes de Goldsmith. Le scénario de Lewis John Carlino adapté du roman éponyme de David Ely reprend le mythe de Faust. C’est l’histoire d’un banquier d’une cinquantaine d’année (John Randolph) qui va bientôt devenir président de sa banque, qui a tout, la richesse, la réussite professionnelle, une femme, une fille… l’American Dream au top quoi… mais qui s’ennuie, ressent un grand vide existentiel. Le destin va lui accorder une seconde chance, la possibilité de repartir à zéro, sous les traits de Rock Hudson, qui trouve dans ce film, un de ses tous meilleurs rôles aux-côtés de ceux qu’il a campé pour Sirk, un de ses préférés, et on le comprend.
    Mais évidemment, rien ne changera, la condition humaine étant ce qu’elle est, tant que l’on ne s’intéresse pas aux gens mais aux choses, aux biens matériels, nous disent Ely / Carlino / Frankenheimer, et bien, c’est peine perdue. Le film est très noir et un des plus novateurs et expérimentaux de son auteur (Ah la scène païenne dans le pressoir !! Bacchus lui-même a dû s’étrangler ! La musique de Goldsmith étant très inquiétante, très anxiogène dans cette scène centrale… il y a aussi les scènes “déformées” (décor asymétrique + courte focale) quand on inocule au banquier un produit qui va le placer entre rêve et réalité comme le Dick Powell de MURDER, MY SWEET).
    Rajoutons une photo fabuleuse mais c’est un euphémisme, elle est signé James Wong Howe, et on applaudit des pieds et des mains un long-métrage sans concession qui se termine en mode ultra-mineur, sans issue, détruisant consciencieusement les rêves d’une Amérique en pleine mutation. Néanmoins, en contrepoint des scènes toutes en décalage et inquiétantes (que Fincher paraphrasera sans se gêner dans THE GAME, mais avec moins de brio), existent des scènes qui sonnent juste : celles où le personnage principal est dans la nostalgie d’un passé dont il n’a pas su profiter, tout affairé qu’il était à sa propre réussite, notamment une scène magnifique où Hudson rend visite à celle qui était sa femme dans son ancienne vie. Ces scènes sont alors accompagnées par une musique tout-à-fait tonale et très douce, jouée au piano, donnant à Jerry Goldsmith l’occasion de faire montre de toutes les couleurs de sa palette de génie. Le rôle du banquier qui veut changer de vie est donné à John Randolph (un blacklisté), soulignant au passage les convictions de Frankenheimer, et le chef de l’organisation, personnage détestable à souhait est incarné par un immense Will Geer (qu’un Christoph Waltz pourrait jouer dans ces mêmes tons mélangeant suavité et cruauté souterraine), sans oublier Wesley Addy (Le Mister Blandish du film de Aldrich THE GRISSOM GANG) dans le rôle du majordome, et j’en passe… Les plans déformés (décor asymétrique + courte focale) renvoient directement aux scènes de cauchemar signées Dali dans SPELLBOUND, les groupements de « reborns » filmés du point de vue d’Antiochus Wilson (Hudson) renvoient à l’imagerie proposée par Siegel dix ans plus tôt dans INVASION OF THE BODY SNATCHERS. Mélange d’anticipation, de délire kafkaien, et proposant un ton parfaitement nouveau, le film fut un des plus gros échecs du réalisateur. A Cannes ce fut un four (Sophia Loren en présidente du Jury); et Frankenheimer qui tournait GRAND-PRIX à quelques encablures ne se rendit même pas à la conférence de presse à laquelle seule Rock Hudson assista. A redécouvrir et à déguster comme un verre de Spritz place Saint-Marc.

    • Sullivan dit :

      Petite précision, cette restauration de SECONDS par Criterion a déjà donné lieu à l’édition d’un Blu Ray Disc en 2013.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Sullivan
      entièrement d’accord en ajoutant que Ned Young ecrivit la version finale du scénario (et celle de 7 Jours en Mai)

      • Michael Rawls dit :

        To Bertrand Tavernier and Sullivan, There’s an invaluable blacklist issue of FILM CULTURE (SUMMER-FALL 1970) which features a couple of articles on Ned Young. This may be found on amazon offshoot abebooks.com. I bought my copy at the Wolf’s Head Book Shop in St. Augustine, Florida back in 1989, so my hands are clean. This time. I was unaware of Mr. Young’s participation in the scripts of SEVEN DAYS IN MAY and SECONDS. Frankenheimer, by the way, ran into John Randolph at a party in the early sixties and announced that it was time that somebody finally broke this blacklist thing. Randolph told him the studio wouldn’t allow it. They didn’t and the next time Frankenheimer ran into Randolph, JF burst into tears. But aside from working the underemployed for political reasons John Houseman into 7 DAYS…, Frankenheimer filled SECONDS with such formerly blacklisted actors as Randolph, Will Geer, and Jeff Corey. Oh, and the FILM CULTURE issue also includes a section which includes the names of those who named names and the names named by same. I’m sure this stirred up no end of bad feelings.

        • Michael Rawls dit :

          And by the way, has anybody else noticed that the final scene of SECONDS is a macabre echo of the ending of Rock Hudson’s earlier film LOVER COME BACK, with Rock taking Doris Day’s place on the …?

        • Martin-Brady dit :

          et pour Ned ou Nedrick Young, on peut rappeler qu’il a été le tueur impressionnant du western de Lewis TERROR IN A TEXAS TOWN! Il fut d’ailleurs souvent plus acteur que scénariste, à ce que je vois.

      • Michael Rawls dit :

        Sorry, there are around a dozen articles in that issue of FILM CULTURE by, on, or around Ned Young. There’s also an interview with Joseph Strick who financially backed Young’s appeal to the liberal Earl Warren Supreme Court that the Blacklist violated the Sherman Antitrust Act, which declared that companies could not, acting in concert, restrain fair competition in business. It seems to me that if several companies that controlled the overwhelming majority of a particular business got together and decided that they would not employ anyone above starvation wages or that they would not employ people under 5 feet two inches tall or that they would not employ Armenians or that they would not employ Communists are restraining fair competition in labor, which is business. But the Warren Court didn’t buy it. The heads of most of the major studios issue a joint statement that they won’t employ Communists, but somehow this doesn’t constitute a restraint of fair competition. Mr. Tavernier has named names of the studio heads who made this disgraceful compact in a clip that can be found on youtube. But Jack Warner and Dore Schary and all of the rest have never suffered the obloquy of Elia Kazan or Lee J. Cobb. By the way, the Sherman Antitrust Act was used by the U.S. government to make the studios divest themselves of their ownership of the theatres that showed their movies. Which made the motion picture business no end less lucrative and much more vulnerable to yahoos with political or moralistic axes to grind against the now shrunken box office.

        • Martin-Brady dit :

          To Mr Rawls: in your following line:  » It seems to me that if several companies that controlled the overwhelming majority of a particular business got together and decided that they would not employ anyone above starvation wages or that they would not employ people under 5 feet two inches tall or that they would not employ Armenians or that they would not employ Communists are restraining fair competition in labor, which is business. », don’t it miss a « , they » after « Communists » cause I’ve been scratching my head during the last 10′?
          like:  » It seems to me that if several companies that controlled the overwhelming majority of a particular business got together and decided that they would not employ anyone above starvation wages or that they would not employ people under 5 feet two inches tall or that they would not employ Armenians or that they would not employ Communists, THEY are restraining fair competition in labor, which is business. »
          Right? and pardon me!

        • Michael Rawls dit :

          To Martin-Brady, If three reigning grocery store chains in a certain section of the United States (say the Southeast) were to get together and agree to place artificially low prices on staples like bread, milk, and butter in order to drive independent stores that charged a fair price for those staples out of business, then I think that this should be regarded as restraint of trade. Then, once those independents were driven out of business, the aforesaid three reigning chains could charge what they wished. And if a particular dairy didn’t wish to cut their own throats to meet the wholesale price set by those chains, then that dairy would face the alternatives of their lifeblood spurting out or trickling out. The business of the people who work for those grocery stores is what they do with their hands and on their feet. If those chains all agree that they will pay less than a living wage or if those chains forbid certain political or religious views being held by their employees, then it seems to me a restraint of labor’s business. Perhaps there is no legal basis for my view. But then, like Peter Cook’s coal miner, « I never had the Latin for the judging. » And, by the way, I have absolutely no use for communism.

        • Martin-Brady dit :

          à MR: OK, Michael, I got it!

  22. Michael Rawls dit :

    To Sullivan: I’ll have another look at TOO LATE THE HERO. Robertson is excellent in one of my favorite made for TV movies, THE SUNSHINE PATRIOT, wherein he plays a Soviet double agent. SUNSHINE… is directed by Joseph Sargent,who made one of the supreme gritty 70s Manhattan films, THE TAKING OF PELHAM 123. Robertson is also very good in the TWILIGHT ZONE episode THE DUMMY, wherein the title character wrests control from Robertson’s ventriliquist. But no-one has done this number better than Michael Redgrave. As of now, though, Caine’s performance and the ending are all that I retain from TOO LATE THE HERO.
    To Bertrand Tavernier: I would except ULZANA’S RAID, THE CHOIRBOYS, and THE GRISSOM GANG from my too long stricture. The best part of THE DIRTY DOZEN is the training section, the actual raid seems to me anticlimactic. The military types seen in the film (hayseed,psycho,rebellious but extremely effective officer,officious general, »regular army clowns »)have all been seen before. The drag queen horrorshow WHATEVER HAPPENED TO BABY JANE? goes on and bloody on. THE GRISSOM GANG is somewhat marred by the casting (Kim Darby) of the female lead and by, on the evidence of things seen, a budget of about twelve dollars. After ULZANA, I think the best of the later work is THE CHOIRBOYS, with that amazing cast of Charles Durning, James Woods, Tim McIntire, Louis Gosset Jr, Blair Brown, the delectable Barbara Rhoades…oh, and toward the end, Jack DeLeon, who appeared recurrently as a gay thief on Danny Arnold’s TV series BARNEY MILLER. I haven’t seen ALL THE MARBLES but I will try to rectify this. The film was dumped in drive-ins over here on its initial release.

    • Martin-Brady dit :

      à M Rawls: aimerais signaler un tvfilm de Sargent sorti en salles, TRIBES, une révolte non violente dans une caserne de GI’s! Très rigolo, avec Jan-Michael Vincent et Darren McGavin as le redneck pète sec peau de vache de sergent instructeur! C’est DDT qui le signala dans son petit coin de la culture de Charlie Hebdo. En français: LE SOLDAT QUI DECLARA LA PAIX (hélas!).

      • Michael Rawls dit :

        To Martin-Brady, I remember seeing raves for TRIBES at the time of its television appearance but somehow managed to miss it. There’s never been a DVD release here that I know of and copies of the ancient VHS are floating around the internet priced at around 500 dollars. Tracy Keenan Wynn, the author of the teleplay, was also the co-author, with Truman Capote and Wyatt Cooper, of a very good (and very grim) TV movie called THE GLASS HOUSE, wherein Alan Alda plays a college professor whose commission of vehicular manslaughter nets him a sentence of some semesters on the campus of an anteroom to Hell prison which appears to be run by a psycho inmate (Vic Morrow)who unfortunately takes a shine to the prof and who is extremely miffed when his romantic feelings are not reciprocated. All does not end well. One of Vic’s most unnerving performances. I wonder how Vic would have been as the alcoholic writer Roger Wade in the former COMBAT-ant Robert Altman’s THE LONG GOODBYE. I’ve just found out THE GLASS HOUSE is available on Reg 1 DVD, so I’ll soon see if its as good as I remember.

        • Martin-Brady dit :

          à M Rawls: right! je me souviens très bien de THE GLASS HOUSE de Tom Gries tvfilm que j’ai vu à Chaillot qui reprenait le festival de Deauville, mais je crois n’est pas sorti en salles ici, titre français pompeux: LA CORRUPTION L ORDRE ET LA VIOLENCE! Comme vous le savez déjà, Morrow est mort dans l’accident d’hélicoptère de TWILIGHT ZONE de Landis (mort avec un enfant figurant). Horrible. Landis ou la production n’ont jamais étés inquiétés et Landis aurait toujours affiché une attitude désinvolte à ce sujet, paraît-il, bref.
          L’un des rares bons films avec A Alda ce GLASS HOUSE. Visible heureusement au contraire de TRIBES, accessible aux mecs aux poches pleines de billets et toujours possesseurs d’un vhs en état de marche (sous-sous-ultra-minorité non?). Merci.

        • Michael Rawls dit :

          To Martin-Brady, So have you ever caught, at one film festival or another, or at the Ritz on a rainy night in Oshkosh, Vic Morrow’s 1966 film of Genet’s DEATHWATCH? Morrow also did the screen adaptation with his then wife (and co-auteur of Jennifer Jason Leigh) Barbara Turner. Morrow co-produced the film with Leonard Nimoy, who had acted with Vic in the 1958 Off-Broadway production. Morrow gave the part (Greeneyes) that he had played in ’58 to Michael Forest (Michael Forest??Why???). The cast also included Paul Mazursky and Gavin MacLeod (from Genet to Mary Tyler Moore to THE LOVE BOAT!). The editor was Verna Fields. This work seems only to exist in bootleg editions. It’s been reviewed by SHOCK CINEMA magazine and there is one user review on IMDB. I suppose I’ll never see it.

        • MARTIN-BRADY dit :

          à M Rawls: je découvre ce versant de sa personnalité! ça m’apprendra de me laisser influencer par le fait qu’il ait été catalogué dans les durs, je n’ai jamais vu DEATHWATCH,hélas. Merci pour les précisions.

  23. Plénel dit :

    Connaissant Ingrid Donnadieu qui est comédienne:elle m’a avoué que son père regretter fortement d’avoir tourner le film »La passion Béatrice »de Bertrand Tavernier en 1986.Après ce role sa carrière a été brisé et il a été obliger de tourner pour des raisons alimentaires ou faire des doublages pour TF1.Est ce la vérité?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A PLENEL
      Lisez le récit du tournage chez Jean Claude Raspiengeas et jugez d’après tous les témoignages des techniciens et acteurs. C’est sa conduite sur le film (et sur d’autres : il s’est battu avec plusieurs réalisateurs) qui ont nui à sa carrière. C’était un acteur formidable maisil a créé lui même les problèmes. Et il a été très bon dans des telefilms de Boisset et pas dans des petits rôles. On avait déjeuné ensemble et il était venu s’excuser de sa conduite des années après; notamment de son obstination à dire qu’il ne violait pas sa fille puisqu’il l’aimait ce qui hérissait toutes les femmes du tournage

    • Martin-Brady dit :

      je ne comprends pas, BP Donnadieu a tourné jusqu’à sa mort, il y a des acteurs qui sont moins actifs et par obligation! C’était un acteur d’une puissance physique formidable, je n’aime pas le film malsain qu’il a tourné L HOMME QUI VOULAIT SAVOIR, qui a donné un remake pas malsain mais sans intérêt.

  24. Rouxel dit :

    Que valent les 4 westerns sortis récemment chez Sidonis: »New Mexico »de Peckinpah, »L’homme de la loi »de Winner, »Les tambours de la guerre »de Reginald Le Borg et »Le sherif de fer » de Sydney Salkow?

    • Sullivan dit :

      A Rouxel : NEW MEXICO, le premier film de cinéma de Peckinpah, annonce sa filmo à venir et se tient plutôt très bien. Le quatuor d’acteurs (Brian Keith, Maureen O’Hara, Steve Cochran Chill Wills) fonctionnant à merveille. Le ton très moderne du film, tranchant avec le reste de la production contemporaine (1961) est en grande partie dû à la musique passionnante de Marlin Skiles (1906-1981), qu’un Goldsmith n’aurait pas renié. Partition chambriste à la Leo Brouwer ou Villa Lobos… avec une guitare classique au premier plan et pour l’harmonie, un harmonium, un accordéon, un vibraphone… Et l’histoire du tournage est très bien racontée par Brion dans les bonus du DVD Sidonis. Charles Fitzsimons, le frère de Maureen O’Hara ayant mis des bâtons dans les roues à Peckinpah en tant que producteur du film… mais bon, Peckinpah n’a jamais aimé les producteurs.

  25. Rouxel dit :

    Je conseille vivement à tous de se procurer le nouvel ouvrage de Jacques Zimmer »Les grandes enquetes judiciaires au cinéma ».Lui qui signa de bons articles dans feu « La revue du cinéma »nous révèle l’histoire des plagiats au cinéma ainsi que de plusieurs rumeurs concernant la vie privée d’acteurs français ou étrangers.Il évoque également la fameuse censure française sur le cinéma érotique et meme pornographique dès les années 60.Il souligne aussi la main mise du pouvoir politique sur certains films engagés à caractère génant pour les distributeurs(RAS ou L’Attentat de Boisset).

  26. MAXOU37 dit :

    puisque certains demandent à voir éditer des films, je souhaiterais quant à moi voir sortir un film d’Aldrich pas très connu : Too late the hero (Trop tard pour les héros) sorti en 1970. C’est un film de guerre avec Caine et Robertson.

    • Sullivan dit :

      A Maxou37 : ça fait belle lurette que ce film est édité en DVD zone 1 avec sous-titres français…

      • MAXOU37 dit :

        merci mais je cherche du zone 2.

      • Barry Detweiller dit :

        Oui, en revanche, après Twilight.s last gleaming on attend toujours The Legend of Lylah Clare, The Choirboys et le sous estimé All the Marbles…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Barry Detweiller
          Ce dernier en zone 1 et c’est un remarquable film, très attachant et chaleureux

      • Michael Rawls dit :

        In an interview, I believe in AMERICAN FILM magazine (but I will check this out), Aldrich stated that he and the studio were in disagreement over the casting of Cliff Robertson (Interviewer: They didn’t want Cliff Robertson? Aldrich: I didn’t want Cliff Robertson. Interviewer: Who did you want? Aldrich: You, me, your great-aunt, anybody but Cliff Robertson.). I’m with Aldrich on this point and, aside from Mr. Robertson, the film, like most of Aldrich’s later work, is too long. ( I don’t always agree with directorial casting, I think that Columbia was right with Gregory Peck over Frankenheimer’s choice of Gene Hackman for I WALK THE LINE. I think it’s more upsetting for the audience if Peck topples for Tuesday Weld’s face, form, and « pity me » schtick than if Gene Hackman gets taken in. No-one’s pedestal balnce is secure.  » I keep my eyes wide open all the time. ») The terrific poster for Aldrich’s film, divested of talent credits, with only only the image of the soldier stretched over the title TOO LATE THE HERO and the tagline WAR.IT’S A DYING BUSINESS could be found frequently in « head » shops and magazine ads circa 1970, during Murca’s Vietnam misadventure. Perhaps this might be a good time for the poster to be reprinted.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Michael Rawls
          Not ULZANAH’RAID or ALL THE MARBLES. But I agree with TOO LATE THE HERO

        • Sullivan dit :

          A Michael Rawls : Je trouve que Robertson fait bien le job malgré ses relatives faiblesses de jeu. Je me souviens notamment cette scène très intense entre lui (un sergent américain en mission au sein d’un commando britannique chargé de détruire l’émetteur-radio des japonais dans les Nouvelles Hébrides à l’automne 42) et le captain joué par Denholm Elliott. Le commando est arrivé à destination. Sa mission : détruire le poste émetteur et repartir. Le capitaine fait du zèle et puisque la radio du commando est out, prévoit de passer un message à partir du poste des japonais avant de le détruire et de repartir. Robertson, le regarde droit dans les yeux et lui dit qu’il ne lui obéira pas, qu’il y a abus de pouvoir et qu’il ne le suivra pas. Résultat : le captain meurt en grande partie par sa faute, et tombe mort, les yeux ouverts en direction des siens. Ça fait froid dans le dos.

        • Mathieu dit :

          To Michael Rawls: I have n’t seen TOO LATE THE HERO but i recently watched Mankiewicz’ THE HONEY POT and i think Cliff Robertson is terrible and spoils the film ( and Maggie Smith rescues it ).

        • Martin-Brady dit :

          à B Tavernier et M Rawls: ayant revu récemment l’excellent ULZANA je me suis justement fait la réflexion qu’il était trop court et ça m’a gêné. En tout cas, certaines scènes souffrent d’ellipses certes pas essentielles mais quand même: je ne me souviens pas de l’ordre de départ du sergent chargé de rapatrier les fermiers, et l’évasion de Ulzana est un peu elliptique aussi, ou trop suggérée. Le film semble avoir été calibré pour passer en tant que tvfilm, peut-être. Il paraît que Lancaster a produit sa version à lui, et des internautes américains disent avoir vu des scènes différentes (c’est difficile de discuter avec eux sur la durée totale étant donné la différence de durée ntsc/pal!). Moi qui trouve que certains films tirent trop sur la durée là c’est pas le cas. Le film mérite 10 ‘ de plus. Aussi, le master proposé jusqu’ici sur tous les dvds Universal est pas terrible, c’est flou, on dirait que c’est gonflé (du boulot pour un éditeur type Carlotta?), le verdict Dvdclassik est sans appel (on passe du 1:85 au 1:78, y’a pas grande différence en surface d’image mais pareil traitement ne floute t’il pas l’image?). Je n’ai pas trouvé le film sur le site où ils ne font que des comparaisons de versions (en anglais):
          http://www.movie-censorship.com/ (malgré le titre, ce site ne se consacre pas qu’aux films censurés, cf LA REINE MARGOT par exemple, il s’agit parfois d’une différence de vue entre production et réal).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MARTIN BRADY
          Il y a deux versions du film, celle d’Aldrich et celle de Lancaster. Au total, elles ne diffèrent que d’une minutes mais avec de nombreuses scènes en plus ou en moins dans chaque version, de nombreux plans
          There are two versions of this film, Robert Aldrich’s print (RA) and Burt Lancaster’s (BL) print. There are many subtle differences between the two although the overall running times are similar and most of the changes involve alterations of shots or lines of dialog within scenes. In the UK the Lancaster version was released on VHS and the Aldrich version on DVD (same as the US version) The major differences versions are: (a) The Aldrich version has an opening scene (before the credits) showing Ulzana leaving the reservation. This is missing from the Lancaster print. (b) The BL version deletes almost all shots of Burt Lancaster’s Indian woman – played by Aimee Eccles (c) The BL version has a scene showing the two troopers pursuing the wounded Indian, The off-screen Indian kills one of them with rifle fire and the survivor rides away. This is missing from the RA print therefore creating more ambiguity as to what actually happened when the survivor returns. (d) The scene in which the rape victim plunges herself in the river is longer in the RA version and she refers to herself trying to « wash it off ». In the BL version, the scene is abridged to suggest only suicide.
          The DVD version released in Brazil in 2003 by Universal runs only 99 minutes. Burt Lancaster’s Indian wife appears merely in the window watching him when he departs.
          Aldrich’s version runs 103 minutes and was the version released in the USA. Burt Lancaster prepared a different version (102 minutes) for European release, deleting some scenes, restoring others from the cutting room floor, rescoring some of the music. This version was released in the UK, though the British censor made some cuts to it. These are largely restored to the video release, apart from some horsefalls (totalling 45 seconds). The version show several times by BBC television is Aldrich’s version, with the horsefalls restored, but some censor cuts made by the BBC themselves.
          For the original cinema release cuts were made to edit some violent scenes, including the shots of Willy Rukeyser’s mutilated body and the scene where the Indians throw the trooper’s severed heart to each other, and these were restored to later releases. The UK DVD (and previous VHS) were cut by the BBFC to remove various horse falls. The cuts are very noticeable and render some scenes nonsensical. They are as follows:
          when the Indians shoot the horse of the trooper rescuing the boy

          two horse falls removed when Burt Lancaster uses a rifle to bring down two Indians, including Ulzana’s son

          The subsequent return of fire in which Lancaster’s horse is brought down

          At the end, when the Indians attack the wagon party, they direct two horses into a small canyon and bring them down with a rope stretched across the trail. The German R2 DVD (identical to the UK DVD in terms of content including an English language soundtrack) is uncut and includes all the horse falls.

          There are two versions of this film, Robert Aldrich’s print (RA) and Burt Lancaster’s (BL) print. There are many subtle differences between the two although the overall running times are similar and most of the changes involve alterations of shots or lines of dialog within scenes. In the UK the Lancaster version was released on VHS and the Aldrich version on DVD (same as the US version) The major differences versions are: (a) The Aldrich version has an opening scene (before the credits) showing Ulzana leaving the reservation. This is missing from the Lancaster print. (b) The BL version deletes almost all shots of Burt Lancaster’s Indian woman – played by Aimee Eccles (c) The BL version has a scene showing the two troopers pursuing the wounded Indian, The off-screen Indian kills one of them with rifle fire and the survivor rides away. This is missing from the RA print therefore creating more ambiguity as to what actually happened when the survivor returns. (d) The scene in which the rape victim plunges herself in the river is longer in the RA version and she refers to herself trying to « wash it off ». In the BL version, the scene is abridged to suggest only suicide.
          The DVD version released in Brazil in 2003 by Universal runs only 99 minutes. Burt Lancaster’s Indian wife appears merely in the window watching him when he departs.
          Aldrich’s version runs 103 minutes and was the version released in the USA. Burt Lancaster prepared a different version (102 minutes) for European release, deleting some scenes, restoring others from the cutting room floor, rescoring some of the music. This version was released in the UK, though the British censor made some cuts to it. These are largely restored to the video release, apart from some horsefalls (totalling 45 seconds). The version show several times by BBC television is Aldrich’s version, with the horsefalls restored, but some censor cuts made by the BBC themselves.
          For the original cinema release cuts were made to edit some violent scenes, including the shots of Willy Rukeyser’s mutilated body and the scene where the Indians throw the trooper’s severed heart to each other, and these were restored to later releases. The UK DVD (and previous VHS) were cut by the BBFC to remove various horse falls. The cuts are very noticeable and render some scenes nonsensical. They are as follows:
          when the Indians shoot the horse of the trooper rescuing the boy

          two horse falls removed when Burt Lancaster uses a rifle to bring down two Indians, including Ulzana’s son

          The subsequent return of fire in which Lancaster’s horse is brought down

          At the end, when the Indians attack the wagon party, they direct two horses into a small canyon and bring them down with a rope stretched across the trail. The German R2 DVD (identical to the UK DVD in terms of content including an English language soundtrack) is uncut and includes all the horse falls.

      • Sullivan dit :

        C’est dommage, un dézonage de lecteur ne coûte pas grand-chose et ça donne accès à tellement de titres non édités en zone 2, qui plus est facilement trouvables sur le net… De plus, la copie est très correcte pour ce TOO LATE THE HERO qu’on peut priser presque autant qu’ATTACK! pour son aversion de la guerre, son absurdité.

        • Emile C dit :

          Un dézonage de lecteur. Tiens, je ne savais pas que ça se faisait. Merci

        • Martin-Brady dit :

          à Bertrand Tavernier: merci pour tout ça, c’est désespérant d’arriver à voir un film dans les conditions du réalisateur. J’apprends donc que la SPA anglaise fait pression sur la BBC pour qu’on supprime les chutes de chevaux, je croyais que le dressage de chevaux était parvenu à un point tel que c’était facile pour ceux-ci que de chuter sans se blesser. Ces cascades m’ont toujours paru prodigieuses dans le cinéma américain depuis STAGECOACH!
          Ce Lancaster était infernal, comme producteur, il allait vraiment dans la salle de montage? quel emmerdeur. Pour la récap: il y a moult différences, et a priori précieuses sinon en durée mais en signification, entre: les versions us, anglaise, allemande, européenne en général aux niveaux cinéma, vhs et dvd, et Aldrich n’avait pas le montage final à son âge et sa réputation! Je ne gâcherai pas une revision de ULZANA avant une réhabilitation du film, j’attendrai LA réédition. pis l’image est vraiment floue (enfin un peu, si ça se trouve c’est voulu!).
          (j’ai retrouvé votre citation: http://www.melonfarmers.co.uk/hitsu.htm#ulzanas_raid), un site spécialisé dans la censure de la BBC!)

        • Martin-Brady dit :

          à Bertrand: impossible de vous répondre correctement, j’ai droit à ça: « COMMENT ERROR please enter all the fields etc » j’ai réentéré tous les fields déjà enterés même réponse vexante, même faudrait vraiment que le webmestre fasse qqch de définitif, ça devient casse-bonbons cette histoire! f…ck et tout ça la barbe faut pas charrier quand même! bonne journée.

        • Martin-Brady dit :

          pardon mes mots ont dépassé mon intime conviction… désolé

    • ballantrae dit :

      Dans mon souvenir , ce n’est pas nécessairement un très grand Aldrich même si par moments on retrouve son ironie mordante et ses raccourcis fulgurants qui donnenet l’impression que se joue en un minimum de temps un maximum d’impressions contradictoires.
      Ce qui m’avait le plus gêné c’était la manière dont était construit l’espace dans le film donnant une impression de quasi promenade et non cette sensation d’enfermement dans un décor-piège tel que peut le montrer Fuller dans Merril’s marauders ou Walsh dans Aventures en Birmanie.
      Par ailleurs, l’analogie entre les enjeux de ce film et ceux de Play dirty se fait au détriment du premier qui ne possède pas les fulgurances stylistiques, l’écriture originale du premier, vrai brûlot antimilitariste peut-être le plus fort avec Croix de fer et Full metal jacket qui partagent une même vision absurde comme frappée du sceau de la réversibilité par les rires de steiner, le casque de Jocker (born to kill versus le symbole de la paix) et enfin la mission inutile du commando mené par M Caine.
      Ceci dit, voir un Aldrich même mineur est tjs un plaisir.
      Qqn aurait-il eu l’occasion de voir une édition DVD de Pas d’orchidées pour miss Blandish car j’avais bcp aimé ce film?

      • Sullivan dit :

        J’ai revu très récemment le DVD de PAS D’ORCHIDEES POUR MISS BLANDISH (THE GRISOM GANG). Un DVD zone 1 MGM de très belle facture. Ce film de 1971 a un parfum unique et campe les années 30 avec beaucoup de brio…

        • Sullivan dit :

          THE GRISSOM GANG pardon… J’aimerais bien voir la première adaptation du livre de James Hadley Chase, sortie en 1948 (réalisée par St. John Legh Clowes). Quelqu’un connaît-il ce film ?

        • Martin-Brady dit :

          à Sullivan: oui, j’ai vu ça, un film anglais avec décor US, avec Jack LaRue dans le rôle de l’épouvantable Slim Grissom: bon choix, LaRue était le violeur de Myriam Hopkins dans STORY OF TEMPLE DRAKE (au fait, il joue aussi un faux serviteur vrai agent secret dans CORNERED de Dmytryk!). La 1ère adaptation de Chase est réputée pas terrible, mais éveille la curiosité…

        • Martin-Brady dit :

          à Sullivan: pardon quand je dis « j’ai vu ça » je voulais dire que j’avais vu qu’y avait eu une 1ère adaptation, je viens de commander le Aldrich, 50 en dit du bien.
          (j’aime bien cette abréviation familière, 50, eh eh…!)

        • Sullivan dit :

          A MB : Habituez-vous à dire « 100″, c’est pour bientôt !!

        • ballantrae dit :

          Ah bon et pour quand exactement??? Bertrand nous ferait-il des cachotteries?

        • Martin-Brady dit :

          soyez sympa leur mettez pas la pression aux deux amis (on l’aura pour la rentrée 2014 je pense, ça ira!)
          (à Sullivan « j’ai lu dans 100 que… » ça sonne pas aussi bien que « j’ai lu dans 50 que… » bon tant pis)

  27. Alexandre Angel dit :

    Les quatre films ici présentés et sauvés de l’oubli par Martin Scorsese me font penser qu’il y a dans le cinéma de ce dernier, et ce depuis longtemps, un versant imaginaire et esthétique que je qualifierais de »world ». C’est juste sur cet aspect de l’oeuvre d’un cinéaste qui me passionne depuis belle lurette que j’ai envie de butiner quelques instants. Il courre à travers son oeuvre une sorte d’attirance, de nostalgie pour des spiritualités d’un autre âge et d’un autre espace que le sacro-saint décor new yorkais dont ce coffret « World Foundation » pourrait être le nouvel avatar. Passons sur les passerelles archi-commentées qu’il dresse entre ses personnages névrosés et toute une iconographie religieuse via le thème de la rédemption. Plus souterrainement, ses films sont sous-tendus par une spiritualité « orientalisante » qui va surgir au détour d’un dialogue (« Es-tu un Juif ? » dans MEAN STREETS, par exemple, qui est énoncé de façon improbable comme tiré de l’Ancien Testament) ou d’une silhouette (les prédicateurs de A TOMBEAUX OUVERTS ou le personnage de Marc Anthony, dans ce même film). En 1988 sort LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST (qui me tombe des yeux, c’est terrible), film « world » par excellence dont la musique est signée Peter Gabriel, lequel fonde au même moment son label Real World. Et puis, il y a KUNDUN dont l’esthétique n’est pas sans rappeler les publicités pour Benetton (un p’tit côté « United Colors »). Ou bien la pierre qu’il apporte à la série de docs sur LE BLUES, nous faisant passer du Mississippi au Mali, à l’occasion d’une halte contemplative (un peu trop) et d’une rencontre avec Ali Farka Touré. N’oublions pas non plus l’importance énorme donnée à Ravi Shankar dans le superbe documentaire GEORGE HARRISON:LIVING IN A MATERIAL WORLD peut-être supérieur, car plus émouvant, que le BOB DYLAN.
    Voilà, donc, histoire de délirer un peu sur une facette d’un cinéaste que je continue, avec ses défauts, de trouver monumental.

  28. jean-charles freycon dit :

    De Jia Zhangke, 24 CITY m’avait beaucoup ému aussi. C’est un documentaire. La destruction d’une usine d’armes, avec les gens qui sont dedans. Des vies, des petites vies. Il est toujours à la lisière du documentaire et de la fiction. STILL LIFE, le premier que j’ai vu, m’avait stupéfié. C’est plastiquement somptueux. Moi qui suis très attaché au cinéma en 35 mm, argentique, au cinéma quoi… c’est la première fois que j’ai trouvé une image en numérique HD somptueuse. Ses films précédents, tournés en vidéos, étaient je trouve un peu moches, même si le talent était bien là. Comme quoi, le numérique peut avoir du bon, permettre à des cinéastes de faire des films qu’ils n’auraient pas eu les moyens de faire en 35.

  29. Rouxel dit :

    « en septembre 1929,explique Christophe Gauthier,conservateur à la cinémathèque de Toulouse,le réalisateur de Potemkine se rend dans une petite bourgade suisse ou se tient le premier congrès international du cinéma indépendant.Il y tourne un court-métrage dont on possède des photos:une allégorie montrant la lutte du cinéma indépendant contre le cinéma dominant ».Mais qui en est vraiment sur?Certaines sources attribuent la paternité du film au cinéaste allemand Hans Richter,d’autres affirment que le chef op d’Einsenstein,Edouard Tissé,tournait sans péllicule…Christophe Gauthier à trouver la trace d’une critique du film dans une revue japonaise d’extrème gauche des années 30.Se pourrait-il que le délégué nippon du congrès soit rentré chez lui avec les rushes?Christophe,qui est gourmand,rève aussi de voir Thérese Raquin,de Jacques feyder(1928),tandis que Stefan Drossler,qui dirige la cinémathèque de Munich,cite,lui,The Patriot,un muet américain de Lubitsch,ou Emil Jannings joue le tsar Paul 1er(ce film date aussi de 1928,le passage du muet au parlant ayant été fatal à pas mal d’oeuvres).Ces passionnés se retrouvent chaque année à Bologne ou le festival Cinema ritrovato est consacré aux derniers des historiens du septième art et à l’exhumation des films perdus,oubliés,mutilés.La manifestation qui en est à sa 33ème édition,est un reve de cinéphile,parce que la cinéphilie s’est bati non seulement sur un panthéon de films majeurs,dument identifiés,mais aussi sur l’idée du chef-d’oeuvre invisible,oeuvre mythique parée de toutes les vertus,que quelques rares spectateurs priviligiés racontent en l’enjolivant forcément…Son directeur,l’Italien Gian Luca Farinelli,s’émerveille: »Il y a dix ans,nous n’aurions pas osé réver du contenu des éditions de 2008 ou 2009.Des films,on en retrouve tous les jours,parce que personne ne sait précisement ce qui existe dans les collections privées du monde entier ».Dans un prochain post j’aborderais deux films d’Orson Welles:un polar »The Deep »,et un film plus ambitieux sur le cinéma »The Other Side of the wind »!!!!

  30. Martin-Brady dit :

    TRANSES de El Maanouni est sorti en édition séparée, Carlotta fera peut-être de même pour les autres?

    • jean-charles freycon dit :

      Le coffret n’est pas cher du tout, en tout cas quand je l’avais acheté, il y a quelques années, il était autour des 30 euros, et tous les films sont vraiment intéressants, surprenants, valent donc d’être vus. Comme BT, j’avais été subjugué par LA FLÛTE DE ROSEAU…

  31. ballantrae dit :

    Quant à Red river, c’est effectivement une très belle édition livre + film hors de la collection Classic confidential.
    On sent chez Hawks une assurance qui pourrait être celle d’un vétéran du genre alors qu’il est à l’orée de cette veine de sa carrière.La gestion de l’espace comme celle du temps est admirable de précision sèche: une épure écrite comme une tragédie antique, la comparaison a été tellement usée qu’on hésite à l’utiliser mais là on est dans le vrai tant l’affrontement père/fils propose ici une complexité oedipienne qui n’a rien de lourdement asséné car Hawks ne traîne pas sur les intentions habitué à insuffler du rythme notamment dans ses comédies.
    J’ai redécouvert la photo superbe avec cette belle édition et il est étonnant de voir que The big sky optera pour des gris clairs, non pour ces contrastes si nets.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      On n’a jamais vu une copie vraiment belle de THE BIG SKY qui rende justice aux extérieurs. Je signale que prochainement dans ma collection à ACTES SUD, j’ai fait publier le roman, absolument superbe (Hawks n’en adapte qu’une toute petite partie) de AB Guthrie ainsi que la suite, LA ROUTE DE L’OUEST massacré par Andrew Mc Laglen. Quelqu’un a t il lu les deux premiers livres de Burnett et Haycox qui sont magnifiques

      • Martin-Brady dit :

        à Bertrand Tavernier: en effet, je viens de rejeter un oeil à mon édition RKO bleue, c’est la catastrophe. Je devais être moins difficile il y a une dizaine d’années! et c’est la même version qu’on trouve sur le boîtier collector toujours de Montparnasse.
        Quand je pense que pendant des années quand on le voyait à l’Action Lafayette ou ailleurs, il y avait une bobine ou deux en vf, seule copie disponible! Quel choc! Finalement, je n’ai jamais vu ce film dans des conditions normales, et il n’y a rien en zone 1.

        • jean-charles freycon dit :

          Je crois qu’il y a une autre version, en dvd, mais pire. Le Montparnasse est alors la référence… mondiale.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          Pour avoir longtemps parlé avec eux, je crois savoir que les éditions Montparnasse n’arrivaient pas à obtenir de la RKO un autre matériel. On leur donnait ce qui était disponible en Europe. De plus the BIG SKY souffrait de l’indifférence qu’Howard Hughes avait manifesté pour le film quand le succès escompté n’a pas vraiment eu lieu

      • eric conan dit :

        bonjour à tous
        je voulais remercier bertrand tavernier de m’avoir fait decouvrir DES CLAIRONS DANS L’APRES MIDI qui n’est pas un simple western mais un authentique chef d’œuvre de la litterature americaine dans sa façon d’alterner les descriptions lyriques des paysages du dakota sans non plus toujours idealiser la nature et les scènes plus intimistes où sont brossés des portraits d’officiers, de femmes d »officiers ou de couples tous différents et emouvants
        haycox nous fait vivre tous ces moments de doute, de peur et d’attente avant la bataille de little big horn
        si delmer daves s’était emparé de cette histoire un grand film en serait sorti
        a propos de livre je signale la sortie d’a la porte du paradis de michael henry Wilson aux editions armand colin
        un tres beau panorama du cinema americain avec de beaux portraits notamment d’ elia kazan andre de toth Anthony mann illustrée d’une belle iconographie en noir et blanc

        • Christophe dit :

          De belles copies de La captive aux claires sont régulièrement montrées à Paris (exemple: j’ai un magnifique souvenir de celle projetée à la cinémathèque lors du cycle westerns du printemps 2011).
          Simplement, il ne s’agit jamais de la version « longue » (mais est-ce si grave? je ne crois pas).

      • ballantrae dit :

        J’ai l’impression d’avoir vu il y a une bonne vingtaine d’années mais c’est lointain une copie moins grisonnante du film à la cinémathèque de Toulouse lors d’un hommage à Daney: les plans où apparaissent les nuages étaient dans mon souvenir plus beaux que sur ce DVD…mais j’en étais à me demander si ma mémoire me jouait des tours.
        C’est bien dommage car c’est un beau film remarquablement structuré et animé par une troupe éclectique et talentueuse.
        Je n’ai pas encore lu les deux premiers volumes qui attendent sur la pile « à lire » depuis trois mois!!!
        Je suis aussi très intrigué par Glendon Swarthout auteur du roman dont est tiré le film de T L Jones (mais aussi The shootist de Siegel que je reverrais volontiers pour vérifier sur pièce ses qualités un peu diluées dans ma mémoire depuis mes 14 ans…jamais revu depuis!!!).

    • Mathieu dit :

      Le DVD des Editions Montparnasse de THE BIG SKY ne permet pas du tout de se faire une idée de la photo du film. C’est malheureusement souvent le cas avec cet éditeur dans sa collection RKO ( une heureuse exception est le DVD de SHE WORE A YELLOW RIBBON aux couleurs magnifiques, à l’excellente définition ). Les films RKO édités en zone 1 par Warner ont des transferts de qualité supérieure mais Warner n’a pas jugé bon de sortir THE BIG SKY en DVD. Warner a sorti FORT APACHE, CITIZEN KANE et KING KONG ( trois films RKO ) en blu-ray, mais il ne sont pas distribués en France ( tout en étant faciles à se procurer ). Je suppose que c’est lié aux droits des Editions Montparnasse sur le catalogue RKO. Je ne suis pas un maniaque de la qualité technique mais il y a un minimum en deçà duquel la vision d’un film est compromise ( je ne dois pas être un vrai cinéphile ). Evidemment ça dépend beaucoup des films eux-mêmes ( un film très dialogué , tourné en gros plans et en plans moyens dans des décors insignifiants passera mieux la rampe ).

      • Martin-Brady dit :

        à Mathieu: pas du tout! ce n’est pas souvent le cas, la majorité des RKO bleu offrent des masters excellents, voyez les tests Dvdclassik ou croyez-en vos yeux! j’en sais quelquechose, je dois en avoir une vingtaine. Tiens, il y a une promo chez Montparnasse en ce moment,profitons-en j’ai entendu ou lu que les droits allaient expirer (Bertrand ici-même?).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          C’est exact ruez vous sur les titres que j’ai recommandé, de Berry, Tourneur, Fleischer, Farrow, la Cava

        • Mathieu dit :

          à Martin-Brady: Je ne fais pas confiance aux tests de dvdclassik mais à mes yeux oui.Par contre je trouve leurs critiques de films souvent intéressantes. Pour les tests voyez plutôt le site américain dvdbeaver et ses captures d’écran. J’ai renoncé récemment à visionner THE LEOPARD MAN en édition Montparnasse emprunté à une médiathèque. Je préfère attendre d’acquérir le coffret Val Lewton chez Warner.J’aimerais beaucoup voir THE RED HOUSE de Delmer Daves, mais sachant que comme beaucoup de films tombés dans le domaine public il n’est disponible que dans des mauvais transferts, je préfère attendre. Mais par exemple le DVD Montparnasse de CORNERED d’ Edward Dmytryk n’est pas mal du tout ( c’est le film lui même qui n’est pas génial ). Comme vous j’étais beaucoup moins exigeant autrefois. Mais il m’arrive encore de prendre beaucoup de plaisir à voir un film dans un très mauvais transfert numérique, par exemple STRANGE ILLUSION dans le coffret E.G.Ulmer de Bach Films.

        • Edward dit :

          Merci pour l’info.

        • Martin-Brady dit :

          à Mathieu: épluchant mon arrivage exceptionnel de RKO bleue, je suis obligé de tempérer mon jugement, je soupçonne en effet DVDClass d’être un peu indulgent avec Montparnasse. DVDBeaver est dans mes favoris depuis un bail! CORNERED est absolument excellent, délirant, fiévreux, improbable, brillant, poisseux et maladif dans le bon sens du terme, je place ce film très haut et je trouve que 50 ANS est beaucoup trop sévère envers ses acteurs parmi lesquels Slezak n’est pas du tout le seul à être bon, a contrario de ce qui est dit dans la rubrique Dmytryk. Cheers!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          On tempererait notre jugement et je crois etre revenu sur le film dans un blog ancien

        • Martin-Brady dit :

          à Bertrand Tavernier: tout à fait, loin de moi l’idée de critiquer les deux auteurs de 50 dans le style « vous avez TORT! »! de toute façon, vous vous livrez volontiers à plein de revisions vous-mêmes, alors! CORNERED est vraiment un film passionnant, la tonne d’invraisemblances se mêle à une atmosphère claustro poisseuse, le héros pourrait rajouter la planète entière à ses ballades, ça n’y changerait rien, tout passe dans ce film: le cabotinage de Slezak (personnage sorti de Eric Ambler), celui du méchant joué par Luther Adler, cette soirée mondaine où tout le monde se connaît ou s’est déjà vu quelquepart mais ou chacun n’est le personnage qui s’affiche sur sa carte de visite (Ambler encore), l’ingénue Micheline Cheirel qui traverse le film comme un zombie délicieux: extraordinaire potentiel érotique! Les grossièretés, tous les défauts semblent aller dans le sens du film. Powell semble sortir d’un film de Tourneur par son sous-underplaying qui semble tenir d’une espèce de malaria existentielle propre à certains héros romantiques de film noir, têtu, un peu stupide, incapable de synthèse (il me fait penser à Glenn Ford dans APPOINTMENT IN HONDURAS par exemple ou à Mitchum dans OUT OF THE PAST, en un peu plus éveillé quand même) de moins en moins intelligible en avançant dans le film, de + en + tourneurien. J’ai retrouvé la même ambiance poisseuse de critique sociale d’une époque d’après-guerre s’annonçant avec pessimisme dans l’autre Dmytryk CROSSFIRE, ambiance qui me paraît plus éclairante pour le spectateur (et la réussite du film bien sûr) que l’anti-sémitisme prétexte à l’intrigue. Je redécouvre Dmytryk. Dans ce genre de films, ce n’est pas ce qui est mis devant clairement qui est important mais l’ambiance!
          Merci aussi de m’avoir signalé un autre RKO que je n’aurais jamais vu sans votre avis: le superbe SPLIT SECOND/MEME LES ASSASINS TREMBLENT De Powell réal pas acteur, formidable, acteurs magnifiques: Stephen McNally pour une fois dans un 1er rôle de salopard flamboyant ouf j’arrête là!

        • Sullivan dit :

          A Mathieu : je crois qu’il nous arrive à tous de visionner un film dans une édition pourrie, tout simplement parce-que c’est le film qui prime. A quand une restauration et une belle copie de THE STRANGE LOVE OF MARTHA IVERS de Milestone ? Le premier film dans lequel ait joué Kirk Douglas, et quel film !! Lors de mon initiation au film noir, on peut dire qu’il a intégré durablement ce que j’appelle ma bibliothèque émotionnelle cinéphilique…

        • jean-charles freycon dit :

          À Sullivan : Moi aussi j’adore the strange love of Martha Ivers! J’avais dégotté il y a des lustres une copie pas mal du tout éditée par Paramount, mais seulement en Italie : Lo Strano Amore di Marta Ivers. Avec sous-titres francese. (Sur amazon italie, si on ose encore faire de la pub pour ces affreux…) Étonnant que Paramount ne l’ait sorti qu’en Italie. (Parce que la copie qu’on a chez nous, hein, pas terrible…)

        • Sullivan dit :

          A JCF : merci pour le tuyau Martha Ivers !

      • jean-charles freycon dit :

        C’est vrai que beaucoup de films Montparnasse RKO sont mieux en zone 1 chez Warner, notamment dans les coffrets « films noirs » que j’ai tous achetés à une époque pour pas grand chose. J’ai comme ça revendu LES AMANTS DE LA NUIT (N.Ray)dans son édition luxueuse, parce que le zone 1 était lui parfait, le début par exemple était fluide et ne pixelisait pas… Ce n’est pas la copie, qui est en cause, c’est le transfert numérique.

        • jean-charles freycon dit :

          Et le beau coffret Jacques Tourneur aussi, qui faisait un si bel effet dans mes étagères, luxueux, revendu, préférant les zone 1 dans leur jaquette en plastique mais techniquement impeccables… Et caetera.

        • jean-charles freycon dit :

          Mais il y en a aussi des très bien aussi chez Montparnasse! (FIN)

  32. Rouxel dit :

    C’est un petit sondage express mené auprès d’un échantillon non représentatif d’historiens et de »grands cinéphiles ».Quel serait le film perdu qui réveraient de retrouver et de voir pour la première fois?il y a l’embarras du choix:l’essentiel du muet fut détruit à l’arrivée du parlant,et les pellicules nitrate,instables et inflammables,ont une durée de vie limitée.Résultat,la moitié du cinéma mondial est définitivement rayé de la carte.Mais certaines oeuvres disparus ont plus de prix que d’autres,et ont bati leurs légendes.C’est le cas de The Four Devils,largement en tete des réponses.C’est l’Allemand F.W.Murnau,peut etre à l’époque le plus grand cinéaste du monde,qui réalise en 1928 aux Etats-Unis pour la 20th Century Fox.situé dans le milieu du cirque,le film est présenté,comme souvent à l’époque,en deux versions,l’une muette,l’autre sonore,et connait un certain succès,avant de se volatiliser.C’est l’époque ou,à part en France,peut etre,chacun se contrefiche des films du passé,et meme de ceux de la veille.La malchance s’en mèle:un incendie ravage les réserves du studio,il ne reste désormais plus qu’une copie.Et la malveillance suit:des années plus tard,l’une des actrices du film,Mary Duncan,demande qu’on le lui projette.Ne supportant pas de se voir jeune et belle,elle se défoule en jetant les bobines dans le fleuve Potomac.Adieu Les quatres Diables….Reste t-il une chance de retrouver ce Graal de la cinéphilie? »Henri Langlois disait que,s’il restait une copie,c’était quelque part à Moscou,raconte Bernard Martinand,ancien programmateur de la Cinémathèque française.Les soviétiques ont saisi le materiel de la Fox en arrivant les premiers à Berlin.Qui ira fouiller dans les archives d’un régime disparu?D’autres trésors ensevelis?The Sea Gull,de Joseph von Sternberg,en 1926.C’est Chaplin lui meme,admiratif du travail de son confrère,qui le produit,imposant sa fiançée d’alors,la comédienne Edna Purviance,dans le role principal.Mais Chaplin n’aime pas le film et,dit-on,le détruit.L’évenement fait deux lignes dans les mémoires de Sternberg: »Chaplin me laissa toute la liberté imaginable,à une exception près:je ne devais montrere à personne ce que j’avais fait ».Serge Bromberg,dénicheur et restaurateur de bobines-il anime régulièrement les savoureuses séances »Retour de flammes » ne croit pas qu’un cinéaste détruise l’oeuvre d’un autre cinéaste.De fait,il semble qu’on garde la trace du film dans les possessions de Chaplin jusqu’aux années 50,date de son exil en Europe.après,mystère,et donc espoir….Dans un prochain article j’aborderais Tempete sur La Sarraz,énigme dans la biographie d’Eisenstein!!!!

    • Martin-Brady dit :

      à Rouxel: et vous avez des sources, pour toutes ces infos?

      • Rouxel dit :

        Oui des recherches personnelles et des recoupements d’informations lues dans diverses revues ou livres sur le cinéma muet.Quelques articles paraissaient dans le célèbre hebdomadaire « Marie Claire »au début du siècle dernier.

  33. Emile C dit :

    La navigation de ce site est perfectible du fait qu’on ne puisse pas répondre aux réponses de réponses.
    Je reviens donc en haut de page pour répondre à Bertrand, M. Brady, L. Vachaud, Maxou au sujet de la réaction de Godard. Ca m’intéresse beaucoup.
    Je pourrais abonder dans votre sens si ses propos s’étaient adressés, par exemple, à Jeff Nichols. Mais par qui Tarantino a t’il besoin d’être soutenu ? Ou « aidé » ? A un tel niveau d’idolâtrie c’est de bonne guerre de se faire rentrer dans le lard. On ne frappe quand-même pas un homme à terre. Allons, messieurs, soyons sérieux !
    Certes les coups doivent être portés par un type debout sinon c’est de la mesquinerie et je ne pense pas que notre homme soit à terre, pas plus qu’il n’a envie qu’on lui saute sur les genoux. Ca me rappelle une réplique du Grand sommeil (version Winner)
    « Elle a voulu s’asseoir sur mes genoux alors que je n’étais pas assis. »
    Le problème de Tarantino (entre mille) est qu’il veut à la fois s’asseoir sur les genoux de Godard en même temps que sur ceux de Castellari. Alors il ne faut pas pleurnicher quand on s’en ramasse une à travers la tronche.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Emilke C
      Je ne crois PAS qu’il pleurniche. Et d’autre, je n’aime guère qu’un cinéaste doué de pouvoir médiatique, avec un coté gourou, s’attaque à qui que ce soit. Je préférais le Godard qui à Rome Paris Films faisait produire Varda, Rozier (s’insurgeant contre ce dernier quand il faisait exploser le poste montage). Renoir ne s’est pas grandi avec la phrase qu’on lui prete sur QUAI DES BRUMES et Autant Lara qui descend tout le monde de la Nouvelle Vague à Renoir, Clair, Lherbier, le cinema americain est sur ce point un sale con. J’ai personnellement été plusieurs fois témoin des effets ravageurs de la violence d’un cinéaste envers un autre. Melville, s’étant brouillé avec Sautet, a scié le projet d’ELISE OU LA VRAIE VIE que voulait faire ce dernier. Godard ne peux pas nuire à Tarantino sinon en répendant un peu de fiel que ses disciples vont propager (les mêmes qui ont adulé Eastwood après la dédicace de DETECTIVE et De Palma après l’éloge de FURIE)

      • Martin-Brady dit :

        à Emile C: la réplique que vous citez était dans la version Hawks ET avant dans le bouquin de Chandler: « She tried sitting in my lap when I was standing up! ». A part ça, BT a fait le point définitif sur QT-JLG. That’s all, folks! d’accord?

        • Manux dit :

          À moins que vous n’ayez vérifié avant de me répondre, bravo pour votre mémoire.

        • Martin-Brady dit :

          même si j’ai vérifié avant de répondre vous pourriez dire « bravo », sans blague! non mais le bouquin est dans un carton à la cave alors je sais pas si les guillements sont justifiés.

        • Martin-Brady dit :

          … pardon, et Bogart la dit bien dans le Hawks, j’ai pas le film mais j’ai le son de la voix dans l’oreille. Il dit ça à Norris, le « butler »! (d’autre part, je soupçonne gravement le facétieux Emile d’avoir cité le Winner juste parce que c’est la version à laquelle personne ne pense…).

        • Sullivan dit :

          Non … ? Manux = Émile ????

      • Mathieu dit :

        La vacherie de Renoir au sujet de QUAI DES BRUMES était dûe à son inféodation idéologique au PC. Ca n’excuse rien. Deux ans plus tard, Renoir faisait des offres de services au gouvernement de Vichy. Cela, j’ai été très surpris de l’apprendre en lisant le livre de Philippe D’Hugues: Les Ecrans de la Guerre-Le cinéma français de 1940 à 1944.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Mathieu
          C’est dans Bertin Maghits et le volume de correspondance de Renoir qui reproduit sa ou ses lettres à Tixier Vignancourt

        • Martin-Brady dit :

          … pour QUAI DES BRUMES c’est aussi dans le Mérigeau (p383-385), qui rattache ça aussi à l’opportunisme de Renoir qui se voit dépassé par Carné incarnant le renouveau. Bien sûr il commente aussi la 1ère lettre à Tixier en 40: « Dictez-moi ma conduite » (p472). Il avait le projet alors d’un film qui illustre l’héroïsme religieux: si Tixier pouvait en parler au Maréchal, il en serait très fier (p472). Ce Mérigeau a fait tomber toutes mes illusions, ce qui ne change rien au génie. Je dois aussi lire le Curchod.

    • jean-charles freycon dit :

      Mais mais mais… Manux… Emile C… je n’y comprends plus rien… Vous seriez donc le Pessoa des blogs cinéma, l’homme au mille visages, le Lon Chaney de ces lieux?…

      • Martin-Brady dit :

        Dr Manux et Mr Emile?… Le lycanthrope du 7ème art? Les posts de « Emile C » sont-ils horodatés lors des nuits de pleine lune? vérifions vite!

        à part ça, je me suis trompé, c’est pas à Norris que la réplique de Marlowe est adressée mais au général Sternwood (ou alors à Vivian sa fille=L Bacall?), le « she » en question est Carmen Sternwood, soeur de Vivian et fille du général, jouée par l’incroyablement érotique Martha Vickers, qui vous tombe dans les bras pour un oui pour un non.

  34. Roger dit :

    Cher M. Tavernier,
    Puisque vous posez la question « Qui a vu des Maurice Cam? », je crois me souvenir qu’il a réalisé en 1967 un film intitulé « Les Racines du Mal », dont le slogan était « Entièrement tourné à Marseille », comme au temps des Pagnol. C’était l’histoire d’un groupe de jeunes délinquants de la « cité phocéenne » bien avant qu’on ne parle des Kalach’ des Quartiers Nord. Il était interprété par des artistes de la région, dont Jean Toscan, me semble-t-il, qu’on a vu beaucoup plus tard en paysan homosexuel savoureux dans « Le Roi de l’Evasion » d’Alain Guiraudie.Cam a droit à une minuscule notice dans Wikipédia, mais le film m’est resté en mémoire car je suis né à Marseille.
    Avec toute mon admiration.

  35. Mathieu dit :

    Cher Mr Tavernier,

    Je viens de découvrir il y a seulement quelques jours votre blog qui existe pourtant depuis 2005! Je ne suis pas un gros utilisateur d’Internet, mais il m’arrive assez souvent de taper des titres de films sur Google dans l’espoir de lire des commentaires et des avis, si possible
    informés et intelligents, et je suis dirigé vers des blogs beaucoup moins anciens, moins étoffés et moins intéressants que le vôtre. Mystère des moteurs de recherche et de Google en particulier…
    J’ai cru comprendre qu’une nouvelle édition augmentée de 50 ANS DE CINEMA AMERICAIN était à l’étude (70 ANS…ou plus…). Permettez moi de vous suggérer quelques noms de
    réalisateurs qui ne figurent pas dans 50 ANS. Je pense à des réalisateurs français qui ont fait un séjour plus ou moins long à Hollywood dans les années 40: Jean Renoir, René Clair, Julien Duvivier.Il n’y ont peut-être pas réalisé leurs meilleurs films, mais certains sont ( à mon avis ) des réussites: THE SOUTHERNER de Renoir, I MARRIED A WITCH de René Clair, TALES OF MANHATTAN de Duvivier ( ce dernier est sorti il y a peu en DVD – avec STF- dans la
    collection « Hollywood Legends » avec d’autres titres pour moi tout aussi intéressants: PARK ROW de Samuel Fuller, THE FAN de Preminger, HOUSE OF STRANGERS de Mankiewicz, DOWN TO THE SEA IN SHIPS de Hathaway ). Mais surtout Max Ophuls mériterait une entrée. Je n’ai pas vu THE EXILE, mais CAUGHT et THE RECKLESS MOMENT sont très bons, et LETTER FROM AN UNKNOWN WOMAN est un chef-d’oeuvre ( il ressort en blu-ray chez Carlotta ). 50 ANS consacre une entrée à Martin Gabel pour un seul film,THE LOST MOMENT ( qui ressort lui aussi en blu-ray, malheureusement en Region A et sans sous-titres ). D’après 50 ANS, le film
     » n’est pas sans rappeler LETTER FROM AN UNKNOWN WOMAN, le génie en moins « . Alors pourquoi pas une entrée pour Max Ophuls ?
    Dans cette catégorie des cinéastes qui n’ont réalisé qu’un seul film ( ou connus pour un seul film ), d’autres noms absents de 50 ANS ( et de votre blog ) et qui mériteraient selon moi d’y figurer : je pense à Morris Engel pour LITTLE FUGITIVE, Allen Baron pour BLAST OF SILENCE, Herk Harvey pour CARNIVAL OF SOULS.
    Avec toute mon admiration et ma gratitude…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Mathieu
      On en a parlé 3 ans avant de décider de ne pas les mettre, car cela n’a pas de fin (il y a tous les autres réalisateurs de nationalités étrangères ). On avait pris comme règle ceux qui ont voulu ne fut ce qu’un moment fauire carrière à Hollywood et non pas les réalisateurs de passage. Et j’avoue ne pas avoir la force de rajouter dix ou quinze textes. On peut rajouter ici et la des films dans la chronologie

    • Martin-Brady dit :

      à Mathieu: pour le Gabel THE LOST MOMENT, 50 ANS en dit beaucoup plus ce que vous citez, et en bien! au point de donner envie.

  36. Martin-Brady dit :

    à Bertrand Tavernier: je ne vais pas me perdre en compliments sur QUAI D’ORSAY que je viens juste de découvrir, puisque vous n’aimez pas qu’on aborde vos films (je retiens mes compliments sur le film mais c’est dur…) mais j’ai juste une question: est-il vrai que vous avez choisi Niels Arestrup à cause du détail biographique que comme quoi il serait tombé dans une marmite de tranquillisants quand il était petit?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Martin Brady
      Je l’ai choisi parce que je voulais lui faire faire le contraire de ce qu’il faisait (et le contraire de sa nature) depuis 30 ans. C’était un pari comme Galabru, Dexter, Louis Ducreux. Merci en tout cas

      • Martin-Brady dit :

        formidable, mais tous le sont! et je me retiens sur la Demoustier parce que là, je vais délirer… bravo au directeur d’acteurs.

      • Edward dit :

        Grâce à vous, j’ai découvert Bruno Raffaelli dont le jeu et le texte ont été pour moi un régal au point que j’ai trouvé que sans en avoir l’air, il volait toutes les scènes où il apparaissait. Merci.

    • ballantrae dit :

      Mais si, il faut affirmer haut et fort la réussite de ce film car Bertrand va ainsi avoir de nombreux projets.
      Tournage heureux, réussite cinématographique, bon accueil public et critique…tout est réuni pour qu’une nouvelle envie s’empare de lui.
      Mais tout en lui laissant le temps de peaufiner l’édition augmentée de 50 ans…, n’oublions pas!

  37. ballantrae dit :

    Pas de réflexe anti people mais un énervement réel envers un film malhonnête lié à un sujet qui nécessitait une extrême délicatesse: il s’agit qd même de la maltraitance et de l’enfance abimée.
    En gros, cette cinéaste utilise des méthodes bizarres pour « mettre en condition » des gosses ( pour faire vrai, c’est sûr que ça fait frai qd le gosse chiale à chaudes larmes) et sa fascination envers le sujet relève d’une analyse sauvage un peu bizarre.
    Ensuite, le côté « comme dans la vie » est un non argument: le réalisme d’un Pialat ou celui d’un Cassavetes sont du côté de la création tandis que Maiwenn confond enquête journalistique et cinéma.
    Sur un sujet voisin, L 627 ne tapinait jamais, montrait non un best off de situations chocs mais le quotidien fait de petites victoires et de gros coups de blues, rien à voir avec la scène de boite où joey Starr danse comme une otarie bourrée pour draguer Maiwenn selon un dispositif bizarre -miroir du réel.
    Bref Much ado about nothing, c’et vrai.Chapitre clos.
    Au moins j’ai vu le film jusqu’au bout et ai tenté de lui laisser une chance de me séduire.

    • Martin-Brady dit :

      à B: je suppose que c’est à moi que vous répondez là. Ne vous inquiétez pas, un jour vous verrez la lumière, je sais que d’autres en d’autres temps ne se sont pas trompés sur elle et sur POLISSE, sur ce blog entre autres,
      Hasta la vista!

    • Sullivan dit :

      Ballantrae,
      Vous vous êtes trompé d’endroit pour répondre à Martin Brady. Vous savez quoi ? Je trouve que vous apportez beaucoup à ce blog par vos réflexion, vos recoupements liés à la littérature, à la philosophie, à l’actualité… et par votre cinéphilie éclectique. Mais le soucis c’est que vous vous prenez un peu trop au sérieux. Descendez de votre estrade, on vous verra mieux, Ballantrae, et arrêtez le mépris, ça ne vous va pas.

      • Sullivan dit :

        A Ballantrae : Je tiens à préciser que j’ai écrit ce post dans l’agacement et n’en valide pas la dureté, qui n’a rien à faire sur un blog d’échange sur le cinéma.

      • ballantrae dit :

        Désolé si mes propos ont pu passer pour du mépris, j’ai eu le verbe un peu haut et l’hyperbole vite dégainée.Si telle a été l’interprétation de mes propos , mille excuses.
        Bien sûr, tous les goûts sont dans la nature mais parfois il est bien de ne pas faire comme si rien n’était clivant par une sorte de politesse bien intentionnée.

        Je crois que même avec le plus grand esprit d’ouverture possible nous avons tous des a priori et deux solutions s’offrent alors:
        -passer son chemin,ne même pas vérifier si l’intuition se vérifie
        -aller vérifier quitte à être furax de constater que le buzz ou la rumeur qui enfle depuis des lustres n’était rien face à la qualité de l’objet mis sous les feux des projecteurs

        J’opte souvent pour la seconde solution car d’un naturel curieux et espère toujours être agréablement surpris car un cinéaste peut évoluer ( peu intéressé longtemps par des auteurs aussi différents que Wong Kar Wai,Almodovar ou Haneke j’ai été carrément impressionné à partir de In the mood…, Parle avec elle, Le ruban blanc de manière à revisiter avec un autre regard une oeuvre qui jusque là ne me parlait pas) de même que notre regard de spectateur ( j’ai détesté Rohmer à 20 ans et l’aime beaucoup maintenant).

        Le cas Maiwen recoupe mon incapacité à trouver des qualités à Entre les murs ou à une bonne partie de l’oeuvre des Dardenne.Il s’agit peut-être d’un rapport à une forme de réalisme ou au traitement de questions qui me semblent importantes (parfois au coeur d’engagements personnels) et délicates à traiter.

        Quant à Sullivan, désolé de donner l’impression de jouer les statues du commandeur, je vais veiller à gommer ce défaut assez insupportable j’en conviens.
        Il est vrai que défendre une oeuvre méconnue, faire partager un enthousiasme est plus honorable que dégommer comme le fit JLG qui soit dit en passant est le point de départ de toutes ces joutes.
        JLG est un vieil homme un peu aigri (le contraire de Resnais quoi!) certes génial à bien des moments mais un peu trop sacralisé par tout un pan de la critique, de l’université, de la pensée esthétique.Devenir un veau d’or n’est bon pour personne.D’Holbach disait dans Essai sur l’art de ramper: « un bon courtisan ne doit jamais avoir d’avis. »Les thuriféraires de JLG ont bien appris la leçon face aux propos de leur idole.
        Il a le droit de dire des conneries comme tout un chacun, c’est humain…à chacun de remettre les choses à leur place en ne l’écoutant pas comme un oracle!
        Maintenant plus de hors sujet, je vais essayer de ne pas (trop) y contribuer sauf actu brûlante.
        Quant aux « fiches » mentionnées par J Ch Freycon pour ce qui est de Rouxel, c’est effectivement un peu dur: les cinéphiles ont tous + ou – ( à un moment ou à un autre, je crois que nous sommes tous pareils avec ce sacré esprit de l’escalier inhérent à la cinéphilie)ce péché mignon de vouloir parler de tous les films en même temps et je crois que ce blog est et doit rester un lieu de convivialité cinéphile dans l’esprit de son maître de cérémonie.
        Ne nous fâchons pas , il y a tellement d’autres raisons d’être fâché, inquiet, indigné, agacé par les temps qui courent…

  38. Rouxel dit :

    Quelle surprise de découvrir »C’est arrivé demain »de René Clair,un film haletant autant sur le plan scénaristique que de la mise en scène.Une histoire totalement improbable qui frise le fantastique dans la narration.Ah si on pouvait lire le résultat des courses ou savoir à l’avance les numeros gagnants du loto ou de l’euromillions,la française des jeux se poserait de réelles questions sur les gagnants!!!

    • jean-charles freycon dit :

      Bonjour, Rouxel. Vous comptez vraiment nous balancer toutes vos fiches de films? J’ai vraiment l’impression que vous faites un blog dans le blog. Créez votre propre blog alors! Oui, vous n’aurez pas le même public, j’imagine. Mais moi, personnellement, ça fait longtemps que je ne vous lis plus. Ça me fait même fuir le blog de BT. Encore lui, je me dis, quand je reviens… Une fois de temps en temps, qu’on sorte du sujet, d’accord, mais là, quand même… Vous vous croyez donc tant génial? Ou bien vous essayez de vous faire remarquer par une revue? Cordialement.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Jean Charles Freycon
        Ne soyez pas si dur. Cela dit ce serait bien d’observer une certaine rigueur et de commenter en priorité les films évoqués avec toutes leurs retombées les plus diverses qui peuvent nous entrainer sur des sentiers non balisés

      • Martin-Brady dit :

        à JCF: euh… Rouxel est très prolifique, mais j’ai trouvé des films à voir grâce à lui! ah c’est sûr que s’il pouvait faire gaffe à l’orthographe (« Stars in my CLOWN » c’était pas lui, hein!).
        et bon retour, au fait!

      • Rouxel dit :

        Bonjour.Tout d’abord je ne vous balance pas mes fiches de films mais des reflexions et impressions sur des oeuvres vu ou revus qui m’interpellent.Je n’ai aucune prétention envers moi meme:J’ai co-signé en 2006 un livre sur le doublage au cinéma et à la télévision mais aussi écrit sur le site La gazette du doublage puis des piges dans differentes revues toulousaines.Tout ceci de façon bénévole car je suis tomber devant un écran en 1969 qui m’avait embarquer voir »Il était une fois dans l’ouest »de Léone bien avant les classiques de Disney.Mon père était un fou des westerns avec Alan Ladd qui l’avait rencontrer à Paris au début des années 50.Depuis le cinéma est devenu ma thérapie et je n’en souffre nullement.Après vous n’etes pas obliger de me lire et de jeter de l’huile sur le feu.Sur ce,à bientot.

        • jean-charles freycon dit :

          Rouxel : Oui mais bon, moi aussi j’ai mes petites réflexions sur les films que j’ai vus et revus et adore. Imaginez qu’à chaque fois que je vois un film j’en informe la communauté : « CITIZEN KANE, un bon petit film en noir et blanc. Je vous préviens, c’est un VIEUX FILM. Carré. (Il n’est pas en 3D, mais quel profondeur de champ!) Il est question d’une luge, à un moment, même s’il n’y a pas que ça. Il faut alors aimer les films où il y a des luges. À mon humble avis, c’est même le meilleur film où il y a une luge. À ranger alors dans le sous-genre films de luges. » Et que tout le monde maintenant balance ses trucs, dès qu’il a vu un film, le chaos que ce serait, non? Bon, je ne vous en veux pas personnellement, c’était juste un agacement passager. Depuis dimanche dernier, je ne sais pas pourquoi, je suis un peu sur les nerfs. Mais faites un blog, sans rire, j’irai le voir, juré, je suis curieux! (Il y a un lien sur votre nom, hélas mort, sinon j’y serais allé, pour voir.) Mais là, bon bref… et si Martin Brady est content alors, tout est pour le mieux… Salutations.

  39. Rouxel dit :

    Souvent comparé à « Freacks »de tod Browning, »Meme les nains ont commençé petit »de Werner Herzog est une pure merveille de style.Le scénario de la rebellion de nains enfermés dans un institut face à un directeur implacable est d’une ingéniosité rarisime dans le cinéma mondial.Ces individus s’en prennent aux poules,chameau,truie,mais surtout au modernisme à savoir une vieille voiture qui n’en finit plus de tourner en rond et qui finira sa course dans un trou.Sortie en 1970 ce film est disponible dans un coffret ou l’on retrouve les films « fous »tournés avec son alter ego Klaus Kinski(Fitzcaraldo,Cobra verde,ou Aguire la colère de dieu).

  40. Rabourdin Nicolas dit :

    Juste un rêve : à quand un coffret Raoul Walsh avec « Les aventures du capitaine Wyatt » et « La vallée de la peur » avec en suppléments des commentaires par vous même ?

    • MAXOU37 dit :

      effectivement : si ce rêve pouvait devenir réalité !!

    • Sullivan dit :

      TU ENTENDS WILD SIDE ????? !!!!!!!! :-)

    • Alexandre Angel dit :

      Je suggère à Carlotta d’éditer TOUT Douglas Sirk (pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?).

      • Mathieu dit :

        J’ai vu BATTLE HYMN ( LES AILES DE L’ESPERANCE )récemment et il n’est vraiment pas terrible, y compris visuellement.C’est SCANDAL IN PARIS qu’il faudrait rééditer ( si possible en blu-ray! ). Il n’est disponible en DVD avec STF que dans une édition pourrie  » que c’est pas la peine « .

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Mathieu
          Personne jusqu’à présent n’a trouvé de matériel autre qu’une copie 16mm. Avant le Blue Ray trouvons un internégatif

        • Alexandre Angel dit :

          aaaaah BATTLE HYMN n’est pas si mal.. Et ce qui m’épate chez Sirk est une certaine constance non pas, certes, dans les sommets, mais dans l’intérêt qu’il suscite chez le spectateur. Cela paraît banal mais ça ne l’est pas tant que cela : même les plus grands à Hollywood peuvent soudainement « tâcheronner », donner dans le médiocre. Pas Sirk (de ce que j’en connais) qui est constant par son sens aiguisé de la mise en scène. Tenez, par exemple, une petite chose sans prétention comme SLIGHTY FRENCH, avec Dorothy Lamour et Don Ameche : même ça, c’est intéressant, d’une élégance fonctionnelle de tous les instants. Sirk, ça fonctionne toujours et c’est souvent magnifique. Donc je remets le couvert : à quand, en zone 2 dans une édition soignée, LE SIGNE DU PAIEN, MYSTERY SUBMARINE, WEEK END WITH FATHER, LURED, SLEEP MY LOVE ou A SCANDAL IN PARIS ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Alexandre Angel
          Il y en a quand même certains qui sont vraiment faibles et Sirk ne pouvait rien faire contre un scénario médiocre et les consignes du studio mais c’est normal et seuls comptent les très beaux films et il y en a beaucoup. Mais BATTLE HYMN, là j’ai du mal

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand Tavernier
          Oui, mais il me semblait que même les rares qui sont plus faibles restent tenus formellement, comme si le métier raffiné du réalisateur transparaissait quoiqu’il arrive. Cela dit, je suis loin de les avoir tous vus (d’où ma soif de dvd sirkiens).

  41. André Desages dit :

    Plusieurs posts ayant trait à Jacques Lourcelles, je vous livre pour info la liste de ses dix films préférés en 2002. http://www.listal.com/list/jacques-lourcelles-sight-sound-2002

    Concernant LE PAQUEBOT TENACITY de Julien Duvivier, il a été diffusé il y a quelques mois au cinéma de minuit de FR3 ce qui laisse, peut-être, présager d’une future sortie en DVD. C’est effectivement un film magnifique qui annonce clairement le réalisme poétique.
    J’aime beaucoup UN PAPILLON SUR l’EPAULE et si je devais citer un autre Deray que j’avais beaucoup aimé, c’est FLIC STORY sur le fameux gang des tractions ainsi que ON NE MEURT QUE DEUX FOIS, devenu rare en DVD.
    Par ailleurs, je signale avoir vu dans la collection LES TRESORS DE LA WARNER un film noir assez remarquable de Andrew STONE, HIGHWAY 301, dont le titre français assez énigmatique est LE TEMOIN DE LA DERNIERE HEURE. Il faut évidemment oublier l’introduction grotesque dans lequel trois gouverneurs d’Etats américains, alors en fonction, viennent nous vanter les mérites moraux et pédagogiques du film. C’est consternant de bêtise. Par contre, dès que l’histoire commence, on assiste à un excellent film noir avec tous les scènes-clés du genre (hold-up, course-poursuite, fusillade, une femme dans la nuit, etc…). C’est bien filmé, bien interprété par Steve Cochran dans le rôle du très méchant gangster. Du très bon cinéma.

  42. Emile C dit :

    Il existe un entretien avec Deray dans Positif n°417 où il parle précisément du PAPILLON, et des justifications réclamées par Ventura au sujet d’une histoire dont la raison d’être est précisément son mystère, son non-sens. Je ne sais pas si Ventura aurait accepté de faire ce film avec un autre metteur en scène que Deray qui comme Verneuil ou Lautner assurait de donner aux vedettes ce que le public attendait d’elles. C’est le gros défaut de BORSALINO, où Belmondo et Delon doivent avoir le même nombre de gros plans, et de « derniers mots ». Catherine Rouvel est réduite à de la figuration alors qu’elle est un moteur essentiel de l’histoire. BORSALINO AND CO que je viens de revoir est en revanche une machine commerciale montée de toute pièce par Delon pour rattraper Belmondo au box office. D’ailleurs dans le premier plan il enterre littéralement Belmondo. Je ne retiens de ce film que ce long travelling le long d’un train arrêté en campagne, mais c’est ce genre de plan qui nous assure que Deray n’était pas qu’un faire valoir de vedettes.
    Un homme extrêmement gentil qui a eu l’élégance de répondre à quelques lettres, parce qu’il était heureux qu’on s’intéresse à son cinéma. Je crois que la plupart de ses films avaient pour thème commun la recherche d’un frère qu’on perd ou qu’on doit tuer à un moment donné. Très évident dans LA PISCINE, c’est aussi ce que je ressens dans le final de FLIC STORY avec ce plan sur la chaise vide où Trintignant avait l’habitude de s’asseoir pour les interrogatoires, comme si Borniche venait soudain de perdre un ami. L’individu perdu dans une ville étrangère l’intéressait beaucoup et j’ai même pensé à Deray en revoyant DANS LA VILLE BLANCHE d’Alain Tanner. Je garde aussi un très bon souvenir de DOUCEMENT LES BASSES, avec ce tandem improbable formé entre Delon et Préboist, où le comique fonctionnait très bien dans une atmosphère pourtant sombre conduite vers le surnaturel par Claude Bolling. Deray fut un peu le Frankenheimer français, un cinéaste animé d’ambitions qui a rarement eu de bons sujets entre les mains, et curieusement, il abordait avec une extrême prudence des sujets difficiles tels que UN PEU DE SOLEIL DANS L’EAU FROIDE, MALADIE D’AMOUR ou LES BOIS NOIRS, comme s’il se laissait écraser par des films qu’il n’était pas sûr de pouvoir assumer. Par trop d’humilité ? Ou faute d’une personnalité à son générique ? J’ignore quelle relation exacte il avait avec Delon. A quel degré était-il son yes man ? Il assumait pleinement ses navets bien que dans les suppléments du MARGINAL il défende pourtant l’indéfendable.

  43. MAXOU37 dit :

    le film de Moguy (Je t’attendrai) devait s’appeler à l’origine Le déserteur mais, on est en 39 et la censure fit modifier le titre

  44. Catherine dit :

    Bonjour Mr Tavernier

    Ceci est un message destiné à être détruit après lecture.
    Je suis bien sûr hors-sujet car vous avez précisé que vous ne désiriez pas aborder vos films. Mais je ne vois pas d’autre moyen de parler de vous et Philippe Noiret.
    Ce sera court.
    C’est donc juste pour vous dire à quel point votre tandem avec cet acteur à été fécond de films que j’adore (spéciale mention : Que la fête…) et revois avec plaisir. S’il vous a inspiré, vous l’avez magnifié dans des rôles qui on fait date et qui ont permis de voir les plus belles facettes de ce grand acteur (j’ai revu récemment © La Vie de Château, Noiret y explose déjà, bon il faut dire que la jeune Catherine Deneuve est aussi très en forme dans cette comédie).Pour ces magnifiques étincelles, je vous remercie.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Catherine
      Merci. Nos deux préférés étaient COUP DE TORCHON et surtout LA VIE ET RIEN D’AUTRE film dont il était tres fier

      • Catherine dit :

        Avez-vous eu l’occasion de voir Zazie dans la métro ??

      • MAXOU37 dit :

        Effectivement, je confirme : vous pouvez être fiers de ces films qui sont pour ma part de vrais chefs d’œuvre auxquels j’ajouterais Capitaine Conan (ah la hure demandée par Claude Rich !!), L 627 et Un dimanche à la campagne pour des raisons différentes.

  45. Martin-Brady dit :

    à M Pascal: vous avez remarqué que Godard a repris votre trouvaille calembourdesque pour le titre de son film-réponse aux responsables du festival?
    https://www.youtube.com/watch?v=_v3IgoQxPnA
    vous lui avez soufflé?

    • MinettePascal dit :

      C’est rigolo cette coïncidence.
      Mais qu’est-ce KHAN, pour lui ?
      J’imagine que ce n’est pas le néanderthalien de Frontière chinoise !

      • Emile C dit :

        Personnellement je lui dit MERCI ! pour avoir remis les points sur les i au sujet de cet insupportable épigone qu’est Tarantino. Lequel commence d’ailleurs a avoir une drôle de tête.

        • Emile C dit :

          Je n’avais pas lus les posts précédents au sujet de Godard avant de m’exprimer. Je dis MERCI à Godard, non pas de chier sur Tarantino (que je déteste mais ça ne regarde que moi) je lui dis MERCI justement de l’exprimer publiquement, parce que ça fait du bien. Ca fait du bien d’entendre ce genre de choses à une époque où le consensus s’est érigé en dictature, où on mesure les propos, où on fait attention aux mots, on ne dit que ce qui est susceptible de ne pas blesser, ou de dire « oui j’ai dit ça mais je précise que, c’était sans vouloir offenser… » et gnagni et gagna. Donc MERCI Godard, et merci d’avoir dit que Resnais (que j’adore) c’est de la merde. Je disais merci à Pialat bien souvent. Je me souviens d’une projection mémorable avec eux deux dans le Gers. MERCI !
          En parlant de ça, dans le dernier numéro de So film, Depardieu (que je croyais mort), s’est soudain réveillé. Il confesse tranquillement s’enfiler 14 litres de blanc par jour sans avoir de gamma GT. Quel régal. Il raconte avoir bien fait marrer Truffaut (qui parait-il adorait les ragots) en lui racontant que Resnais était un con. Merci Gérard, on te retrouve… un peu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A EMILE C
          Je ne pense pas que c’est le rôle d’un metteur en scène de jouer les flics, les procureurs, d’attiser les ragots de la société du spectacle. Peu d’artistes se sont grandis en vomissant sur d’autres. Degas débinant Carrière ne parait pas plus malin ni Celine sur Proust. Hawks ne dit que des conneries sur 3.10 pour Yuma. Il y a suffisamment de critiques plus ou moins incultes, plus ou moins inféodés à un clan qui peuvent dégommer Tarantino (lequel s’est couvert de ridicule avec Ford). Quand on a un pouvoir, on essaie plutôt d’aider tel ou tel film

        • Rouxel dit :

          Je n’ai jamais considéré Tarantino comme un réalisateur talentueux.Etant donné qu’il a vu dans sa prime adolescence quantités de séries B ou de nanard,il se permet de remettre au gout du jour d’anciens films afin d’en faire des recettes au box office.En dehors de »Reservoir dogs »le reste est faible et très vantard sur la mise en scène.C’est du cinéma surfait pour un public de teenagers pré-pubères!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A ROUXEL
          Quoiqu’on pense des autres films JACKIE BROWN est une remarquable adaptation d’Elmore Leonard qui préserve les dialogues hyper inventifs et complexes de ce grand écrivain et PULP FICTION était sacrement bien écrit aussi

        • MAXOU37 dit :

          moi j’aime bien ce que fait Tarantino (je ne parle pas du personnage que je trouve un peu insupportable) qui montre une réelle cinéphilie dans ses films que bien entendu on n’est pas obligé d’aimer. Mais de là à se faire traiter de faquin par Godard : c’est soi du gâtisme de la part de ce dernier soit du mépris (pardon !!) de la part d’un cinéaste qui ne tourne que pour ceux qui l’aiment alors que lui semble n’aimer personne : pour le Godard d’aujourd’hui, je passe mon chemin. Et je m’agace sans cesse de voir que quelqu’un qui a eu du talent il y a fort longtemps, même s’il sort le pire des navets, sera toujours considéré comme un génie. Fort heureusement, les génies ne sont pas infaillibles.

      • Martin-Brady dit :

        à Bertrand Tavernier: 100% d’accord.

        • Martin-Brady dit :

          je précise que mon « 100% d’accord » est adressé à Bertrand pour son message à Emile « les cinéastes ne sont pas là pour jouer les procureurs… » de mémoire, du coup j’adresse le même 100% à Maxou37 sur le même sujet! ce JLG est un cinéaste comblé, sa carrière est reconnue, je pige que dalle à ses films mais beaucoup semblent l’admirer alors traiter l’autre de faquin c’est nul! remarquez qu’il donne au journaliste qui est venu le voir quasiment à genoux exactement ce que l’autre est venu chercher! du buzz.

      • Martin-Brady dit :

        à Rouxel: vous êtes injuste, Tarantino n’a jamais fait un mauvais film, c’est toujours au minimum distrayant, en plus, c’est un cinéaste honnête et il y a un vrai travail de scénario et dialogues et de production après bien sûr, je le compare à Ellroy pour le polar: jamais génial mais au moins des mecs qui sont le contraire de feignants! et qui respectent le spectateur. Je suis sûr que l’essentiel de ce qui fait que beaucoup le débinent vient de son succès, et aussi que son nom est galvaudé jusqu’à la nausée. Une palme d’or pour PULP, c’était exagéré.
        Il y a que quand il débine Ford que je suis plus d’accord! (comme quand Ellroy débine Chandler…).

        • Rouxel dit :

          Outre le réalisateur,il y a aussi la personnalité grandiloquente qui croit tout savoir sur le cinéma mais qui oublit comme beaucoup que cet art est né en 1895 à Lyon en France.Tous ces remplisseurs de salles ont-ils vus »L’arrivée du train en gare de La Ciotat » ou « L’arroseur arrosé »!!!J’en doute fort en dehors de Scorsese,Cimino ou peut etre Eastwood!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Rouxel
          Les dizaines de cinéastes reçus à l’Institut Lumière par Thierry Fremaux et moi même les ont vus

        • Laurent Vachaud dit :

          D’accord avec Martin, j’aime la plupart des films de Tarantino à qui je trouve bien plus que du talent. Les films de lui que je n’aime pas ( Death Proof ) contiennent toujours un ou deux morceaux de cinéma jubilatoires. Pulp Fiction reste une date, qui dans son genre vaut bien À bout de souffle. Go dard comme disait Truffaut est un envieux compulsif, qui a toujours détesté les cinéastes qui ont du succès. Il enterrait déjà Providence de Resnais dès sa sortie.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Laurent Vachaud
          Le Godard que j’ai connu n’était pas comme cela. C’était avant 70. Et je le retrouve parfois quand il me demande brusquement : « pourquoi est ce qu’on ne voit plus, qu’on ne parle plus de BAGARRE de Henri Calef ?

        • Alexandre Angel dit :

          A Martin Brady
          Vous avez mis le doigt sur le plus important : QT respecte son spectateur. Ce que je trouve le plus sympathique chez lui est son goût pour une architecture narrative qui vient, dans la joie et la bonne humeur (même sanglante), rappeler au dit spectateur qu’il n’y a rien de tel qu’un bon scénario. C’est ce qui fait que je récuse qu’il soit un réalisateur cynique qui vendrait sa camelote aux gogos. Son rapport au scénario, donc aux histoires qu’il raconte, est adulte et s’adresse à des adultes. Sauf, à mon sens, avec KILL BILL, VOL 1, que je n’aimerais jamais beaucoup (j’ai même eu peur de faire une croix sur Tarantino à ce moment-là)parcequ’il fonctionne à vide, sur le look,la joliesse et la surenchère sans enjeux (comment s’interresser à une Uma Thurman qui dézingue à elle seule une centaine de bonshommes?). Curieusement, QT semble s’en rendre compte en changeant de cap dès le VOL.2 qui nous mitonne la transformation d’un personnage de jeux video en mère de famille aimante et protectrice. Dès lors, place aux 3 suivants avec une préférence personnelle pour INGLOURIOUS BASTERDS, une de mes plus grande émotion de spectateur de ces dernières années, je l’avoue sans ambages…

        • jean-charles freycon dit :

          À MB : Je viens de tomber sur ça qui m’avait échappé : « Ellroy, jamais génial »… Mais qu’est-ce qu’il vous faut Martin Brady? Vous avez lu sa dernière trilogie? (underworld USA) Bon Dieu, quand même… Mais c’est shakespearien!… Et un tueur sur la route… Et TOUT… Vous auriez dit Pelecanos pas génial, même si j’aime bien Pelecanos, quand même, j’aurais pas sourcillé, mais Ellroy… ah là là… Mais c’est un furieux, Ellroy, pas un quelconque tâcheron!… Ah là là…

        • Martin-Brady dit :

          à JCF: ok justement pour LE Tueur sur la route et Clandestin, mais il n’arrive pas à la cheville de Chandler-Hammett (malgré ce qu’il en dit!), jamais de digressions poétiques ou sociales.C’est un bon auteur de polars merde, c’est déjà pas mal.
          lisez un Charles Willeford et oubliez Ellroy, bon pas n’importe lequel, d’accord, tiens: Cockfighter que Monte Hellman a un peu trahi et Oates sauvé.

        • jean-charles freycon dit :

          MB : Oublier Ellroy?… (Ça pourrait être un bon titre…) Certainement pas. Pour moi ce n’est pas un simple écrivain de polar. Avec Underworld USA, on n’est plus du tout dans le polar mais dans une monumentale fresque historique, avec des personnages… shakespeariens, rien moins. Sa poésie n’est pas digressive mais constamment là dans sa peinture du MAL. Ce n’est pas un plaisantin, Ellroy, il faut s’y faire, même s’il ne manque pas d’humour. Pas du tout en tout cas un quelconque écrivain de polars comme vous semblez le réduire, un écrivain (tout court) prodigieux, dont je suis souvent sorti lessivé, essoré…

        • Martin-Brady dit :

          à JCF: je doute maintenant, c’est malin. OK n’oubliez pas Ellroy mais lisez Willeford, hein?

      • Sullivan dit :

        Oui, et puis « Now, you can get the Marshall », c’est pas mal non plus hein !!

        • Martin-Brady dit :

          … et High priest of California (en français chez Rivages LES Grands Prêtres…, je sais pas pourquoi il y en a qu’un!), exemplaire.

  46. ballantrae dit :

    Oui, Jia Zhangke est un cinéaste important voire visionnaire.Déjà Still life constituait un constat assez stupéfiant sur les changements de la Chine contemporaine, prête à dilapider son héritage historique et naturel.Le travail sur l’espace y était souvent magistral et neuf.
    A touch of sin confirme toutes les qualités du cinéaste mais constitue aussi un tournant par son intégration de thèmes et de motifs propres au cinéma de genre (western, film de gangster, film de sabre) dans une trame terriblement contemporaine qui a trouvé un écho bien sinistre en ce début d’année avec l’attentat spectaculaire à l’arme blanche.Le film est désespérant et amer mais sonne comme un avertissment avant qu’il ne soit trop tard , que tout implose.Notons que la structure chapitrée comme un agencement de segments format nouvelle constitue un tout très cohérent où des personnages de récits apparemment hétérogènes se croisent avec fluidité.L’un des grands films de 2013!
    Quant à Munich, il est vrai qu’il constitue l’un des récents sommets de Spielberg qui a mis tant de temps à se faire accepter comme autre que brillant entertainer.Le film n’est pas exempt de scories, de moments étranges comme ce montage entre scène amoureuse et analepse liée à l’attentat qu’on peut considérer comme la concrétisation jusqu’au plus intime de l’appropriation par le héros du martyre des athlètes israliens.et même cette scène malaisante marque l’esprit durablement tout comme la mise à mort de la tueuse à gages hollandaise, l’attaque des athlètes, le voisinage entre ennemis héréditaires le temps d’une planque ds un hôtel, etc…Brillant à bien des moments et un beau film d’espionnage ce qui est rare!

  47. Pierre dit :

    Bonjour,
    Au sujet des flashbacks de la fin de « Munich », j’ai lu dans je ne sais plus quel article une interprétation intéressante : les flashbacks apparaissent pendant la scène d’amour, pour montrer la transmission de la violence d’une génération vers la suivante. Je regrette d’avoir oublié ou j’ai entendu ou lu cela, car cela peut paraitre pertinent. Spielberg effectue aussi un pont très clair entre le passé et le présent en faisant se situer la conclusion du film (la conversation Eric Bana/Geoffrey Rush) sur un toit, d’ou l’on discerne clairement les tours du World Trade Center.
    En tous cas, « Muncih », réalisé dans la foulée de l’extraordinaire « guerre des mondes », me semble être le grand moment de la filmographie de Spielberg dans les années 2000 (voir de sa filmographie tout court). Il est impressionnant de voir à quel point un auteur de sa trempe a su, à ce stade de sa carrière, se réinventer en se révélant plus complexe et subtil que nombre de critiques le percevaient.

  48. Pierre dit :

    Bonjour,
    Je tiens également « un papillon sur l’épaule » pour le plus grand film de Jacques Deray et l’un des meilleurs films français que j’ai vu. C’est une oeuvre d’une noirceur fascinante et qui, vue enfant, laisse un souvenir indélébile. Deray avait un talent particulier, me semble-t-il, pour trouver des fins particulièrement saisissantes : le plan final du « papillon » est sans doute une des conclusions les plus terrifiantes que l’on est vu (on pense aussi aux dernières images de « trois hommes à abbattre » avec Delon, ou à la conclusion de « Borsalino »). A mon sens, « un papillon sur l’épaule » participe de la catégorie des « thrillers paranoiaque » des années 70, avec, pour prendre des exemples européens, « cadavres exquis » de Rosi et « I comme Icare » de Verneuil. Le « papillon » est à mon avis le plus beau (ce qui n’est pas peu dire), car le plus abstrait : on ne comprendra presque rien à ce qui arrive au personnage de Ventura. Vraiment, ce film est un chef d’oeuvre. On est tristement étonné de voir que Deray pourrait être plus reconnu et susciter plus d’ouvrages (l’écrit de référence à son sujet me semblent être ses très belles mémoires, « j’ai connu une belle époque » ; en connaissez-vous d’autres ?). Les films que citent Bertrand Tavernier sont excellents, mais je retiendrais aussi les films que Deray a réalisé avec Delon et/ou Belmondo, en particulier Borsalino (le premier), flic story, trois hommes à abattre, même le marginal, tous contiennent de grands moments. Cela me désole qu’ils soient souvent réduits à de simples véhicules pour leurs acteurs principaux, car ils valent beaucoup plus.

    • MinettePascal dit :

      On en a parlé récemment dans une autre chronique.
      Ce festival de portes en tous genres. jusqu’à ce personnage féminin qui ne meurt qu’une fois passée de l’autre côté de quelque chose.
      Depuis sa diffusion sur arte, je brûle de le revoir.
      On pourrait juste être séduit par un polar surréaliste qui refuse de dénouer ses fils. Mais le fait réel révélé à la toute fin nous condamne définitivement à la fascination.

  49. franck dit :

    Bonjour, pourriez vous conseiller un ouvrage pour s’éclairer dans la faune des productions françaises des années 30 à 60 car cela parfois semble assez effrayant de se frayer un passage étroit à travers ses lianes inconnues que sont « la famille cucuroux » « tete blonde » « ils sont dans les vignes » « en êtes vous bien sur « 1946 Jacques houssin ou Mandrin de 1947 sans oublier les films de Dréville; etc..; bref besoin urgent d’une canne et d’un chien dans ce cinéma pas forcément à jeter en son intégralité aux orties de l’insignifiance et de l’oubli j’espère ! merci d’avance pour vos conseils et merci déjà pour ces belles chroniques qui donnent envie..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A FRANCK
      Vous avez le LOURCELLES si precieux qui recense pas mal de ces titres, certains libres de Beylie et Philippe d’Hughes sur les oubliés du cinema français et les deux tomes de Paul Vecchciali très partial, subjectif (detestation de Pagnol, Clouzot) mais passionné et documenté. C’est un point de vue super personnel. Les textes sur Gremillon sont magnifiques

      • Flabbergasted dit :

        Le Lourcelles est effectivement indispensable (notamment parce qu’il donne furieusement envie de voir les films!), mais il est lui aussi très partial et subjectif, notamment dans sa détestation systématique de la Nouvelle Vague.

        • Martin-Brady dit :

          Le livre de Jacques Lourcelles (« Dictionnaire du Cinéma. Les Films » chez Bouquins Laffont) est un des 3 ou 4 meilleurs livres de ciné français. Sa qualité d’écriture compense complètement la critique acerbe qu’il dirige sur certains films ou cinéastes, je me dis que l’attention et le soin qu’il prend à détailler ses critiques l’absout de toute méchanceté réelle même quand il s’agit de critiques négatives, ce qui prouve son amour du cinéma.
          Raison pour laquelle je ne lui en veux pas de traiter Orson Welles de « petit maître » et LA DAME DE SHANGHAI, son meilleur film pour moi, comme un vulgaire film de série (par contre, il admire GILDA, film faible et bien surestimé).
          Et puis il y en a quand même plein qu’il admire, heureusement!
          En fait, c’est un plaisir de lecture et c’est un grand moment de rigolade de relire à voix haute la critique du RAYON VERT entre connaisseurs! (même quand on aime le film, me semble-t’il).
          Il est devenu le scénariste de Pascal Thomas (qui a dû faire appel à lui suite à sa critique positive des ZOZOS) pour ses meilleurs films, avant la période Agatha Christie comique (qui je crois n’est pas mal non plus). Lourcelles, un esprit qui affiche une rigueur et un sérieux, une froideur qui me paraissent plus une sorte de coquetterie, je sens une jubilation dans ses écrits.
          Large de vue aussi, car autant capable de défendre les films d’épouvante Universal et Hammer que Yasujiro Ozu.
          Lisez son résumé détaillé du sublime HOUSE OF FRANKENSTEIN, l’extravagance puérile de ce film qu’il expose en en détaillant l’intrigue absurde ne suscite pas chez lui d’ironie, il sait que l’art se cache derrière, et il fait preuve des mêmes froideur et précision pour relater ces péripéties grotesques que s’il s’agissait de l’intrigue d’un Ozu justement, ou d’un Bergman. C’est cette façon d’aborder le cinéma que j’admire. C’est un puits de culture et d’érudition mais à lire, c’est jouissif! Un régal.
          Il fut aussi le patron du gang des Macmahoniens qui a semé la terreur dans les halls des cinémathèques dans les années 60! Son bouquin toujours réédité est à acheter sans hésiter une demi seconde.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MARTIN BRADY
          tout est juste sauf que JL fait partie des neo macmahonniens avec Daniel Pallas, Simon Mizrahi

  50. Sullivan dit :

    On ne dira jamais assez de bien de Kore-Eda Hirokazu. Il ne faut pas oublier AIR DOLL, les deux titres édités par Potemkine : MABOROSI et AFTER LIFE, ainsi que deux titres uniquement trouvables chez nos amis suisses de chez TRIGON FILMS : HANA et DISTANCE. Dans le cadre de cette chronique consacrée au cinéma du monde entier, TRIGON se pose là, il faut absolument que les blogueurs curieux y jettent un oeil, on trouve des films de chacun des 5 continents. C’est une caverne d’Ali-Baba ! :

    https://www.trigon-film.org/fr/shop

    Je confirme la qualité de ZULU et n’oublierai jamais le visage pétri de douleur de Whitaker lorsqu’il découvre le corps de sa mère assassinée. Bouleversant.

    • Laurent Vachaud dit :

      MUNICH est un Spielberg intéressant, formidablement réalisé dans sa première heure mais dont l’histoire est mensongère quant à la réalité de l’opération « Colère de Dieu » menée par le Mossad contre Septembre Noir. Le film est en effet adapté d’un livre très contreversé, intitulé « Vengeance », écrit par le soit disant chef du commando que l’on voit dans le film ( Avner ) qui fut par la suite largement mis en doute. Il avait d’ailleurs déjà inspiré un téléfilm de Michael Anderson « Sword of Gideon » en 1986 avec Steven Bauer, Michael York, Laurent Malet et Lino Ventura, entre autres. Pour ceux que ça intéresse, et qui maîtrisent l’anglais je recommande la lecture du livre de Aaron J. Klein « Striking Back » qui dévoile la vérité sur « Colère de Dieu » très différente de la version parfois naïve offerte par le film de Spielberg. On y apprend les nombreux ratés de l’affaire, notamment de quelle manière un commando d’agents israéliens avait exécuté par erreur à Lillehammer en Norvège un frère des Gypsy Kings, l’ayant confondu avec Salameh, le leader de Septembre noir. Il y avait en effet plusieurs commandos à l’œuvre et non pas cinq gogos à Rayban sillonnant l’Europe à la poursuite de terroristes. L’existence du groupe de français vendeurs de renseignements auquel appartiennent Amalric et Lonsdale dans le film est elle aussi fortement mise en cause.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A laurent Vachaud
        Mais le film montre les erreurs et les ratages du commando. Le scénariste Tony Kushner a été violemment pris a partie par la droite israélienne. Le livre dont le film s’inspire fut écrit par un journaliste canadien conservateur. Spielberg peut toujours dire que c’est SA version, SA vision

        • Laurent Vachaud dit :

          Vision très naïve ( la scène où Avner et son commando partagent une planque avec des palestiniens qui les prennent pour leurs frères. La conversation entre Avner et le chef palestinien sur un avenir radieux sans guerre sonne faux et sent l’écriture ). Pour ne rien dire de la scène aberrante où Avner en plein acte sexuel avec sa femme et hanté par les images de l’exécution des athlètes israéliens. Le propos de Kushner et Spielberg paraît ici des plus confus. Je pense sincèrement que le matériau était trop complexe pour Spielberg, cinéaste longtemps sans aucune conscience politique et qui n’en mesurait pas tous les enjeux. Ça ne m’empêche pas d’admirer certains passages du film, qui n’évite pas les clichés hollywoodiens ( les français cuisinent, les hollandais font du vélo ). La scène où Avner déjeune à la campagne avec Lonsdale et sa famille m’a curieusement évoqué la scène de la plantation française avec Christian Marquand et Aurore Clément dans Apocalypse Now Redux.

        • ballantrae dit :

          C’est intéressant ce parallèle avec la scène de la plantation, je n’y avais pas pensé mais c’est assez évident et lumineux.
          Je ne vois pas dans Munich un traité de géopolitique sur le Moyen Orient mais l’art d’un entertainer devenu adulte et réussissant à faire réfléchir son public sur des sujets peu évidents qu’il aurait évités sans lui: Munich,La liste de Schindler,Lincoln,Amistad sont des réussites à des degrés divers mais qui réussissent à traduire ne termes de mise en scène des situations complexes.un epu de la même manière que ce plan de Django unchained où un giclet de sang d’homme blanc strie la blancheur du coton.Il a le sens de la métaphore ou de la métonymie plus que le goût du simple réalisme sans égaler fuller ou Aldrich bien sûr mais en marchant contre toute attente (on pouvait voir en lui un héritier de C B de Mille dernière manière pour le pire ou de hitchcock pour le meilleur).
          Munich est courageux , je le pense de + en + au vu de la langue de bois qui règne sur ce conflit …sauf en Palestine et en Israel où se multiplient les tentatives courageuses de créateurs intelligents et concernés.

      • Sullivan dit :

        Oui, mais ce n’est pas la sacro-sainte « authenticité » qui fait un bon film. Ras le bol de l’authenticité !! Tommy Lee Jones, avec tout le respect qu’on lui doit, est un peu lourdingue (un peu) quand il parle de THE SEARCHERS comme n’étant pas un film « authentique » (vu dans Le Monde 2 : « Ce n’était pas le West Texas mais Monument Valley, dans l’Arizona, ce qui n’a rien à voir. Les Comanches n’ont pas du tout l’air de vrais Comanches. Et John Wayne n’a pas une seule seconde l’air d’un cow-boy. Je ne suis pas en train de dire que le film est mauvais, mais il n’est pas authentique. ») Je préfère de loin, de très loin même, un bon film pas authentique historiquement, en terme de géographie, de chronologie, de personnages etc, qu’un mauvais film parfaitement authentique. Maintenant, évidemment quand on a un bon film « authentique », alleluia !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SULLIVAN
          Les acteurs « régionalistes » sont attachés à ce genre de détail, oubliant l’époque ou on a tourné les films et aussi certains faits (Wayne n’est pas cow boy mais soldat et hors la loi). Je me souviens de Robert Duvall clamant que personne dans la famille Joad n’vait le vrai accent de l’Oklahoma. A l’époque cette authenticité n’était pas recherchée ni par les auteurs ni par le public et la vérité peut transcender cela

        • MinettePascal dit :

          La notion de film authentique laisse un peu perplexe.
          Que veut dire « authentique » dans un domaine artistique ?
          Réaliste, peut-être ?
          Etre vraisemblable me semble plus important.

        • Martin-Brady dit :

          à Sullivan: oui 100 fois d’accord, mais de toute façon, l’insouciance par rapport à l’authenticité fait partie du style, du projet particuliers du film de Ford comme le respect de celle-ci pour le film de TL Jones. Il vend son film en disant tout ça. Ford pose un univers qui lui convient: cette ferme en plein désert, de quoi vivent les fermiers là? On s’en fout c’est de l’art, m…! La bourde énorme de Jones que relève Bertrand, sur le statut de Wayne est flagrante: comment qqn épris d’authenticité peut dire que Wayne joue un cow-boy dans LA PRISONNIERE? (même si on se demande de quoi Wayne (et Martin) peut bien vivre pour pouvoir consacrer des années à la recherche de Debbie!). Par contre, TL Jones aurait pu remarquer que certain regard de Wayne sur les deux folles(que JC Freycon mentionnait ici) ou son attitude envers les Indiens du film étaient parfaitement authentiques!
          A part ça, j’ai vu un bout de l’interview de Godard et je ne comprends pas comment un type aussi adulé et reconnu peut se permettre de mépriser Tarantino (ou n’importe quel cinéaste) publiquement! Mais le plus vulgaire des malotrus, c’est le journaliste qui en conférence de presse, se permet de citer ces propos à Tarantino pour s’amuser à l’embarrasser! on se demande où est le cinéma là-dedans. (et pourtant, pas prêt d’oublier les propos stupides de QT sur Ford, moi). Enfin, la comédie finit ce soir, les journalistes vont pouvoir oublier le cinéma pendant un an!

        • Alexandre Angel dit :

          A Martin Brady
          Récemment, HP Lorner m’apprenait sur ce blog que Godard aurait trouvé ON CONNAIT LA CHANSON « complètement nul ». Cela m’a juste fait penser qu’il y a peut-être deux façons d’aimer le cinéma au risque du schématisme: à savoir avec ou sans repoussoir. Je pense appartenir à la première catégorie. Ce que je n’aime vraiment pas, généralement, je finis par m’en détourner, pas ne plus m’y intéresser, quelque chose comme ça. L’autre catégorie que je ne juge pas, a besoin, qui par goût de la provoc, qui par rhétorique personnelle, de choses à détester, de têtes de turcs. Un très bon ami à moi, que j’ai déjà évoqué précédemment, est absolument, et fanatiquement persuadé qu’un beau jour, Quentin Tarantino, sera déboulonné, que son imposture sera dévoilée, et autre fatwas cinéphiliques. Le plus énervant, pour un amateur de QT comme moi étant que je ne fais pas de prosélytisme et je comprends qu’on puisse ne pas aimer cela. Mais la réciproque n’existe pas.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Il y a toujours, du moins à partir d’une certaine époque un coté procureur calviniste chez Godard qui adore vouer aux gémonies des films sachant que la secte qui le suit va se prosterner. Travers qu’ont su éviter Resnais et Rohmer,,,,,0,,333
          3,,,,,,,,,,,,,,,,

        • MinettePascal dit :

          Pour être honnête, je pense qu’on préfère quand même quand des Comanches ressemblent à de vrais Comanches. Mais ça ne devient agaçant que si le film est mauvais de surcroît.
          Une des pires erreurs ethnologiques que j’aie remarquées dans un western, ce sont les Apaches chauves et iroquoïdes du JARDIN DU DIABLE.
          Quand on pense à la tignasse d’ébène caractéristique du peuple de Geronimo…
          Mais au JARDIN DU DIABLE, on pardonne tout !

        • ballantrae dit :

          A Alexandre Angel
          Je crains bien d’appartenir à la catégorie « avec repoussoir » mais pense pouvoir moduler ce schéma binaire en ajoutant qu’existent aussi la catégorie « avec repoussoir » avec possibilité de « contrition » qd le cinéaste peu aimé change, semble mûrir ou que mes propres goûts évoluent.
          Je ne pense pas que l’une ou l’autre des catégories soit meilleure que l’autre car l’affirmation d’un goût présuppose qu’on n’aime pas tout: on peut mettre d’abord en avant ce qu’on aime mais aussi essayer de comprendre pourquoi on n’aime pas tel cinéaste ou tel film.
          Ceci dit, le côté « fatwah » des affirmations péremptoire de JLG ne saurait pris au sérieux car c’est souvent peu argumenté et lapidaire.et je pense que JLG doit être le premier à rire sardoniquement des perroquets qui reprennent ses antiennes.
          Condamner Resnais et On connaît…? Stupide!
          Voit en QT un petit arnaqueur? Réducteur même si certains de ses opus prêtent le flanc à cette hypothèse d’une imposture.En tout cas, Django unchained revu récemment me réjouit tjs autant.
          Surtout qd on constate que JLG a vu dans les premiers films de Guiraudie des grands films…là on croit rêver puis on comprend mieux le culte- dont on a vu l’aboutissement l’an passé pour L’inconnu du lac-auquel ce cinéaste sûrement sympathique humainement parlant mais peu inventif peut prétendre depuis des années.
          M^me qd on ne met pas en avant ses déceptions, ses « dégoûts » tôt ou tard au détour d’une phrase on révèle le fond de sa pensée et cela n’a rien de grave: l’amour pour une preuve est autant nourri par analyse intrinsèque que par contraste et comparaison.
          si je prends l’un de mes punching ball favoris de ces dernières années à savoir Maiwenn, mon déchainement a plusieurs sources:
          -esthétique: le style pseudo docu y fait de sacrés ravages d’abord sous les espèces de l’autofiction ( Pardonnez moi est sacrément laid et nombriliste avec ses plans pas tenus, ses cadres instables me^me qd on filme un repas…le Festen de la très pauvre!) ou de l’enquête sociale (de la docu il y en a parfois mais pour mieux fourguer une célébration de Joey Starr dont on va bien montrer l’émotion à fleur de peau sous la carapace de gros dur: des plans parfois composés d’autres tous pourris sans que cela serve le sens plus ces effets grossiers de contraste image/son dès le générique)
          -narratif:des scnénarii peu écrits sous couvert d’urgence: Maiwenn écrit des scènes qu’elle ravaude bout à bout ce qui ne donne pas un tout mais une somme de petits morceaux.
          -éthiques: manipulation sur des sujets + ou – scabreux.L’enfance maltraitée ( elle même ds son premier film, d’autres ds le dernier)ou les expulsions de Roms ( ah! la petite comédie musicale dans le bus avec les gentils policiers qui chantent en choeur!!!!!!!)font l’objet detraitement d’une malhonnêteté indicible…
          Et sans parler de l’incroyable narcissisme de la demoiselle!!!
          Pendant que Miss Maiwenn est commentée, plébiscitée Pascale Ferran ou P Mazuy ont un mal de chien à monter leurs projets et cela fait vingt ans que la première tourne ( quatre films avec Bird people qu’il me tarde de découvrir!), plus encore pour la seconde (cinq films). Maiwenn en a déjà 3 à son actif en moins de 10 ans.L’économie étant ce qu’elle, le fric de l’une ne va pas aux autres…

        • Alexandre Angel dit :

          grand petit erratum lié à mon post précédent : il fallait lire : »Je pense appartenir à la SECONDE catégorie ».

        • Martin-Brady dit :

          à AA: c’est simple, le désir méchant de déboulonner ne relève pas de l’amour du cinéma. Moi, je me suis jamais ennuyé à un film de QT bien que je le trouve surestimé mais c’est pas grave puisque je ne me suis jamais ennuyé etc etc.
          Hier j’écoutais un critique sur Arte qui n’a pas pu s’empêcher à propos de la palme d’or de lâcher une pique sur QT, toujours le repoussoir, c’est puéril. « Le film de X est très bien, la preuve c’est que le film de Y est nul! », on en finit pas. Ce qui remet vraiment les pendules à l’heure c’est de revoir sans cesse des vieux films en plus de ceux de l’actu, et je doute que les critiques le fassent, en général ils se cantonnent à l’actu, non? « Ces critiques qui n’ont jamais vu un film de Murnau… », râlait Truffaut.

        • Martin-Brady dit :

          à MP: j’avais été surpris aussi que ces Apaches aient eu l’air de Mohawks.
          Dans les 2 CAVALIERS, Woody Strode (Stone Calf) est supposé être un Comanche mais il porte comme dans le JARDIN une coiffure de Mohawk (ou une crête de coq punkoïde comme on veut) il est d’ailleurs le seul de la tribu.
          Dans le bouqin de McBride, il explique que Ford choisissait les coiffures des Indiens selon leur esthétique pas selon un respect de l’authenticité. Stone Calf est le jeune Comanche qui crée une sorte de tribu dissidente belliciste, et il faut le distinguer des autres, la crête « mohawk » ou « iroquoise » fait plus agressif…
          A propos de l’invraisemblance, elle ne me gêne que quand on sent une sorte de facilité de scénario à en user (boucher un trou d’intrigue…). Quand elle est figure de style, participe de l’élan créateur c’est génial, voir LA MORT AUX TROUSSES où les invraisemblances s’enchaînent avec tant de brio qu’on ne les relève même plus, il y en a tant qu’on se dit que Cary Grant est en train de rêver de début à la fin.

        • Alexandre Angel dit :

          A Ballantrae
          Il ne s’agit évidemment pas d’autocensurer nos opinions négatives (manquerait plus que ça!) et puis j’ai précisé que je ne jugeais pas. Mais il est vrai que j’englobe toutes sortes de comportements critiques. Cela va des cyniques incultes que fustige Bertrand Tavernier au copain que j’évoque dont l’amour pour le cinéma est immense et qui se sent réellement grugé par Tarantino, dont il reconnait pourtant le savoir-faire, en passant par Godard ou Tarantino, lui-même, à propos de John Ford.
          Ce que je lis de vous sur ce blog m’incite à penser que vous ne carburez pas tant que cela au repoussoir : je vous sens surtout enthousiaste.
          Et puis il y a peut-être quelque chose dans mes propos qui exprime une volonté de détachement, un vœux pieux d’aller à l’essentiel à l’heure où, reconnaissons-le, le cinéma n’est plus le médium n°1 pour la majorité des gens. A par ma famille et mes meilleurs amis, j’ai l’impression de ne connaître plus personne qui va au ciné. Je perçois de nos jours plus des clans avides de branchitude que des chapelles déployant leur idéologie. Je me suis un peu lassé de la « repoussitude ». En 1988, je haïssais LE GRAND BLEU sans l’avoir vu mais y avait pas le choix. Que voulez-vous, quand vous entendez des jeunes de votre âge dirent des horreurs du genre « LE GRAND BLEU royal, LES GENS DE DUBLIN à chier ! », c’est forcément la guerre!
          Aujourd’hui, LE GRAND BLEU, que je n’ai toujours pas vu, je m’en tape un peu.

        • MinettePascal dit :

          A Martin-Brady: Vous avez raison, il y a aussi des invraisemblances qu’on pardonne, dans les SEARCHERS, par exemple, puisqu’on en parle, Marty arrivant en même temps que Wayne à la ferme en flammmes alors qu’il est à pied…
          ça ne remet pas en question la qualité du film.
          C’est comme ces livrets d’opéras qui feraient rire s’ils ne donnaient pas lieu à une géniale intensité dramatique.
          Un réalisateur moins talentueux qu’Hitchcock ou Ford devrait quand même bien de ne pas trop jouer avec ça.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Minette Pascal
          Clint eastwood disait que cela faisait partie du génie de Ford que de nous faire croire qu’on pouvait vivre dans la Monument Valley

        • Martin-Brady dit :

          à Ballantrae:
          Votre réquisitoire anti-Maïwenn, c’est de la rancoeur anti-people au départ! c’est le danger de la critique-repoussoir, vaut mieux défendre et illustrer ce qu’on aime, critiquer ce qu’on aime pas c’est piégeant, la preuve, vous avez défendu POLISSE sans vous vous en rendre compte, par exemple:
          « -narratif:des scnénarii peu écrits sous couvert d’urgence: Maiwenn écrit des scènes qu’elle ravaude bout à bout ce qui ne donne pas un tout mais une somme de petits morceaux. » exactement! C’est une mosaïque comme dans la vie, POLISSE respire la vie.
          sinon « l’incroyable narcissisme de la demoiselle », vous vous rendez compte qu’avec des termes comme « demoiselle » ou « Miss » Maïwenn, vous désservez votre propos? On est pas dans la cour de récré (aucune allusion à votre métier ce serait stupide). et je ne comprends pas où est le narcissisme vous donnez ça comme ça à prendre ou à laisser.
          « esthétique »: où sont les plans tout pourris? bref ça aussi c’est donné comme ça, vous ne pouvez pas citer les plans ici certes, mais je me souviens pas les avoir vus.
          - » la petite comédie musicale dans le bus » ah là! J’avoue que c’était limite, vous pourriez avoir raison, elle aurait dû en couper! ceci dit, c’est bien foutu, ça détend par rapport au reste, comme les scènes de chansons dans RIO BRAVO, ceci dit, c’est trop long.
          Mais surtout: vous pouvez m’expliquer en quoi REELLEMENT le fait que Maïwenn ait réussi à faire plus de films que Ferran ait qqch à voir avec la qualité de son cinéma? Je pense que vous tenez quand même le bout d’un point mais pas avec POLISSE: LE BAL DES ACTRICES est un peu léger et le fait qu’il ait pu être monté a peut-être à voir avec les appuis de Maïwenn et même, je dis ça juste pour montrer mon côté conciliant, dans le monde du cinoche on a pas de fric à foutre en l’air juste parce que Machine est une copine de Machin…
          ne nous épuisons pas à trop nous intéresser aux films que nous n’aimons pas… c’est du masochisme, c’est pervers…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Martin Brady
          Entièrement d’accord. Ferran a aussi des tournages hyper longs et le temps c’est de l’argent (19 semaines pour le dernier) Mais si le résultat en vaut la peine, peu nous chauds

        • MinettePascal dit :

          A B.Tavernier : Ce vieux Clint, il n’a pas peur de dire du bien de Ford, lui au moins.
          En plus d’être un bon réalisateur.
          Et même d’un bon compositeur, pour Unforgiven, au moins.

      • ballantrae dit :

        Un frère des Gipsy kings???On s’aventure du côté des Coen là: peut-être The big Lebowski était-il un hommage crypté avec sa reprise d’Hotel California et ses histoires de confusion de personnes.
        Je trouve que Spielberg a été courageux et je me rendais vers ce film en traînant la patte m’attendant à une célébration du Mossad.
        Que nenni, Spielberg a osé proposer une lecture acide des agissements de ces services controversés pour qui -comme svt ds ce domaine de l’espionnage- la fin justifie les moyens.

        • Emile C dit :

          Absolument, derrière son air couillon Spielberg est souvent plus mordant qu’on ne le pense. Je ne suis pas certain que sa conscience politique fut si éteinte que ça. Je n’adhère pas non plus à la réaction de Bertrand au sujet du contre-champ sur la mitrailleuse dans LE SOLDAT RYAN. Nous sommes dans le point de vue des soldats, pas dans celui du metteur en scène. Enfin moi je l’ai ressenti comme ça. Je n’ai pas revu LA LISTE DE SCHINDLER depuis sa sortie en salle, mais la scène de la douche m’était apparue comme une négation pure et simple des chambres à gaz, bien avant que je n’entende parler de Robert Faurisson.
          Je n’oublierai jamais cette phrase de Billy Wilder qui disait « il ne suffit pas de s’habiller comme Mike Jagger pour être un cinéaste moderne » mais derrière l’ex chevelu devenu un papy gâteau, je trouve parfois des intentions qui provoqueraient de plus vives polémiques si elles étaient exprimées par d’autres. Et MUNICH est en effet un film assez mordant.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Emile C
          Justement, les soldats ne peuvent pas vopir de dos un allemand tirant sur eux à la mitrailleuse. Ils peuvent voir le canon de la mitrailleuse leur tirant dessus comme dans ATTACK. Ces contrechamps exprimaient le point de vue de Spielberg

        • Laurent vachaud dit :

          SAVING PRIVATE RYAN est surtout d’une grande roublardise et sur l’écriture, complètement mensonger. On commence sur un vieillard au cimetière en 1998. gros plan sur ses yeux. Flashback sur des yeux le 6 juin 1944. Zoom arrière qui découvre le visage de Tom Hanks. On se dit, le vieil homme du début est Tom Hanks et le film est raconté de son point de vue. A la fin, Hanks meurt et on réalise que le vieil homme est Ryan, ce qui est absurde vu que Ryan ne peut pas avoir vu plus de la moitié des événements qui nous sont montrés dans le film. L’ouverture du film est magistrale, après comme souvent chez Spielberg, ça se dilue dans la guimauve et les bons sentiments. Son meilleur film pour moi est de très loin MINORITY REPORT, qui a été souvent mal évalué.

        • Sullivan dit :

          A Laurent Vachaud : complètement d’accord pour MINORITY REPORT, que je considère et de très loin également, comme le meilleur film de Spielberg. Ce fut une grande claque, un film que j’ai déjà vu au-moins une dizaine de fois…

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