Zola, Shakespeare et des films noirs

10 juillet 2020 par - DVD

LIVRES

L’HOMME RÉVOLTÉ
Il faut toujours revenir à Albert Camus. Sa fréquentation est revigorante. Le ton est passionné mais jamais doctoral ou cassant. Il cherche à vous éclairer, à vous convaincre sans vous intimider. J’ai adoré relire ce livre si stimulant.

THE COMPOSER IN HOLLYWOOD par Christopher Palmer
Avec l’arrivée du parlant, les studios vont s’intéresser à la musique de film de manière moins anarchique que durant le muet comme le montre très bien Christopher Palmer dans son excellent et indispensable The Composer in Hollywood. Ils vont engager des compositeurs ou plutôt des chefs d’orchestre, des arrangeurs qui ont surtout dirigé ou travaillé sur de la musique dite légère, opérettes européennes, musicals, conçue par d’autres, Les Strauss, Lehár, Friml, Romberg, Victor Herbert, voire Gershwin. Comme l’écrit Palmer « on choisissait Tin Pan Alley contre Carnegie Hall ». Par peur que de vrais musiciens soient trop intellectuels, trop audacieux. Contrairement au cinéma français qui très tôt a fait appel à de vrais compositeurs reconnus ou prometteurs, souvent choisis par les metteurs en scène, Camille Saint-Saëns, Arthur Honegger, Darius Milhaud, George Auric voire Maurice Jaubert.
Dans la première vague des compositeurs qui vont débuter au fur et à mesure des années 30, pratiquement aucun, à commencer par Max Steiner, n’a écrit ne serait-ce qu’un morceau original. Toujours Palmer : « Roy Webb, Herbert Stothart, Alfred Newman et Adolph Deutsch avaient travaillé à Broadway. Victor Young était un chef d’orchestre populaire à la radio et avait écrit quelques morceaux. Bronislaw Kaper et Frederick Hollander étaient des pianistes auteurs de chanson qui fuyaient le nazisme. Franz Waxman, un autre exilé n’avait que très d’expérience, David Raksin était un musicien de jazz et un arrangeur, Dimitri Tiomkin un pianiste de concert, encore plus éloigné de la composition que Steiner. Néanmoins beaucoup de ces musiciens finirent par transcender leurs origines pour s’adapter et atteindre, grâce à leur talent, un très haut degré de professionnalisme. » Steiner, Tiomkin deviendront des musiciens accomplis oeuvrant dans une sorte de bastion du conservatisme musical, sans aucune connexion avec la musique contemporaine ni d’ailleurs avec le jazz, utilisé de manière sporadique à travers des comédies musicales ou surtout pour décrire des bouges, des lieux de mauvaise vie.
Bastion qui tentait jalousement de préserver ses prérogatives et bloquait toutes les ambitions progressistes ou modernes chez les nouveaux compositeurs. On engagea même pendant des années des musiciens à l’écriture conservatrice, Jérôme Moross, Hugo Friedhofer, pour surveiller, orchestrer, éviter, supprimer toute dérive moderniste. Moross s’occupa ainsi de Waxman, Deutsch, Friedhofer de Steiner et Korngold, les studios, déclare Palmer, ayant aussi peur de Carnegie Hall que du communisme. Les réalisateurs pouvaient aussi être conservateurs, Stevens fit réorchestrer une partie de la musique de Waxman qu’il jugeait trop audacieuse et Wyler eut peur de certaines trouvailles de Copland contrairement à Milestone.
Au milieu et à la fin des années 30 apparaît une nouvelle génération de compositeurs plus éduqués, cultivés, formés musicalement comme Rosza, Korngold et Bernard Herrmann et le talent d’un Franz Waxman put se développer dans REBECCA, SUNSET BOULEVARD, AVENTURES EN BIRMANIE.

L’EMPREINTE d’Alexandria Marzano-Lesnevich est un ouvrage troublant mi-enquête criminelle sur le meurtre, peut être le viol d’un enfant, mi-introspection de l’auteur qui analyse ce qu’elle a subi et le remet en perspective. Sujet grave, passionnant. Je doute que vous lâchiez le livre.

  

ORIGINAL STORY BY… Ces mémoires du dramaturge scénariste Arthur Laurents sont très bien écrites avec une foule de notations incisives, brillantes, éclairantes (notamment sur le monde du « musical » théâtral – Laurents écrivit les livrets de WEST SIDE STORY et GIPSY entre autres) avec des portraits fouillés de Jérôme Robbins, Leonard Bernstein, Stephen Sondheim. Laurents est souvent acerbe, voire méchant et malgré la brillance du style, on est un peu épuisé par ses conquêtes homosexuelles (encore que le récit de sa liaison avec Farley Granger soit touchant) et les descriptions de sa vie mondaine. Les pages consacrées à son travail avec Hitchcock (sur the ROPE où le dialogue durant la party est très amusant), avec Ophüls sont remarquables d’acuité et il parle bien de son amitié avec Litvak dont il trace un portrait chaleureux mais se montre beaucoup plus superficiel lorsqu’il attaque LA FOSSE AUX SERPENTS où il passe à coté des vertus de cette œuvre soulignées par Jacques Lourcelles. Tous les chapitres sur la liste noire, ses attaques contre certains mouchards, justifient la lecture. C’est son agent qui lui apprit qu’il était blacklisté : « quand j’ai appelé le Studio, ils ont dit non avant que je donne un prix ». Il est très sévère vis à vis de Sydney Pollack, ayant écrit le scénario original de THE WAY WE WERE qui fut tripatouillé par onze scénaristes.

SEPTEMBRE, SEPTEMBRE de Shelby Foote (chez la Noire), à qui ont doit SHILOH sur la célèbre bataille de la guerre de Sécession et qu’on voit dans la série de Ken Burns, THE CIVIL WAR, raconte un kidnapping durant les quelques jours où le gouverneur Faubus bloqua l’accès des écoles de Little Rock aux enfants noirs et où  Eisenhower après avoir longtemps hésité, décida d’envoyer l’armée. Sujet fort et original. Ce fameux Faubus inspira à Charlie Mingus une composition inoubliable, Fable of Faubus.

Orson Welles
Dans MACBETH, Welles s’attaque pour la première fois à Shakespeare, utilisant un décor oppressant où l’on passe de salles sans fenêtres via une sorte de galerie de mine, à un espace ouvert, abstrait, avec un immense escalier délibérément théâtral magnifié par la splendide photographie de John L Russell (qui fut aussi inspiré dans LE FILS DU PENDU, PARK ROW, TRAQUÉ DANS CHICAGO et que l’on redécouvrit dans PSYCHOSE comme si c’était un obscur opérateur de télévision). Le résultat est souvent très excitant même si Jeanette Nolan n’est que moyennement convaincante en Lady Macbeth. Welles avait décidé, idée un peu suicidaire, de faire parler les personnages avec l’accent écossais, soi disant pour les rendre plus compréhensibles car cela ralentissait leur débit. Mais le studio, Republic qui ne finançait que des cowboys chantant et des serial, l’obligea à redoubler une partie ce qui repoussa de plusieurs mois la sortie du film. Très belle partition de Jacques Ibert

CLASSIQUES FRANÇAIS

Un petit tour chez Zola
Il faut absolument revoir la version muette de Duvivier de AU BONHEUR DES DAMES (dont Christian-Jaque était le décorateur) pour la comparer avec celle plus classique, moins flamboyante de Cayatte (Gaumont).
Je revois chaque fois POT BOUILLE avec plus de plaisir même si on peu penser que Duvivier, faisant en apparence taire sa noirceur pessimiste, et Jeanson, ont tiré Zola vers Offenbach. On peut se demander quel est le rôle de Léo Joannon que Jeanson ne cessa d’attaquer (il le traitait de « mouche du boche », saillie imparable). Je pense qu’il avait écrit un premier traitement que reprirent Duvivier et Jeanson. Derrière la vivacité, la causticité du ton, on sent une âpreté qui apparaît de manière plus forte à chaque nouvelle version notamment dans ce personnage terrible de mère marieuse que campe Jane Marken avec une verve et un réalisme glaçants. Sans oublier ces notables fourbes, faux jetons, lâches et misogynes. Belle galerie de crapules regardées plus légèrement que d’habitude par Duvivier ce qui trompa son monde. Tous les affrontements entre Gérard Philippe et Danielle Darrieux sont traités avec une ironie, une subtilité qui n’anesthésient nullement le propos.
NANA de Christian-Jaque (René Château). Comme l’écrit Alain Riou : « D’une certaine façon, Nana-film ressemble lui-même aux bijoux que ses héros amoureux offrent à leurs courtisanes préférées : rebondi, voyant, mais dense, et pas en toc. » Christian-Jaque et Jeanson suppriment à juste titre les considérations de Zola sur les effets de la génétique, qui pesaient même sur LA BÊTE HUMAINE (ils ne signalent pas même que Nana est la fille de Gervaise et Coupeau de L’Assommoir, ce qui expliquerait, sinon excuserait sa cupidité insondable) et réussissent à faire entrer dans les 115 minutes de leur adaptation les 500 pages du roman, sans les trahir ni en réduire la force. La narration est concise, vive et le dialogue, acerbe mais pas trop voyant, porte la patte de Jeanson dès la première scène fort savoureuse entre Boyer et Debucourt qui joue une fois encore Napoléon III. Les opinions réactionnaires, cléricales de Boyer sont finement mises en valeur sans ridiculiser le personnage. Encore Riou : « Mais Jeanson, dans un exercice de concision qui peut surprendre de sa part, parvient chaque fois à concentrer en deux, trois ou quatre répliques le cœur des scènes, sans les rendre abstraites, et sans transformer leurs interprètes en récitants, leur donnant au contraire de quoi sublimer leur talent. » C’est sans doute le rôle où Martine Carol est le plus à l’aise et elle se débrouille pas trop mal quand elle est censée faire l’affriolante dans des spectacles volontairement kitsch. Elle interprète une chanson aux paroles amusantes. Marguerite Pierry, Paul Frankeur, Noel Roquevert brossent avec brio des silhouettes amusantes ou sinistres.

Toujours CHRISTIAN-JAQUE
LES BONNES CAUSES (Coin de Mire). Les deux premiers tiers des BONNES CAUSES sont efficaces, souvent inventifs (la première séquence en caméra subjective ou semi-subjective avec ces panoramiques filés qui permettent de passer d’un lieu à un autre, voire des extérieurs au studio, sans avoir l’air de couper est brillante formellement) avec une interprétation haute en couleur : Brasseur est assez bien maîtrisé, Vlady très convaincante en épouvantable manipulatrice et Bourvil, une fois de plus impeccable. Christian-Jaque croit au sujet et Jeanson signe un dialogue souvent acéré. Il y a certes un surpoids d’intrigue et la critique de la Justice devrait s’appuyer sur des faits plus quotidiens, moins tarabiscotés. Cela marche pourtant bien et compte parmi ses meilleurs films, dans une période morose. Mais tout à coup j’ai buté sur une scène de confrontation qui m’a semblé fabriquée, invraisemblable. Le juge d’instruction et l’avocat de Virna Lisi laissent, sans intervenir, Brasseur détruire le témoin capital de la Défense. Question : est-ce que, dans le roman, cette scène ne se passait pas à l’audience et ne l’aurait-on pas avancée pour donner plus d’importance à Bourvil ? Rien ne marche dans une confrontation que le juge d’instruction peut arrêter quand il veut (et il n’a pas fait signer de déposition, cela le rend idiot). Bref le dernier tiers patine malgré un retournement final amusant mais peu réaliste (parce que là c’est Brasseur qui parait idiot). Il y a là des fautes de scénaristes qui piègent le film jusque-là fort bien mené. Alain Riou m’a donné des explications convaincantes. La scène existe dans le roman de Jean Laborde que Christian-Jaque, Paul Andreota et Jeanson ont intelligemment élagué, dit-il, changeant au passage le personnage du juge d’instruction qui est plus original, mieux écrit que dans le livre. Mais là, ils suppriment tout ce qui fragilisait d’emblée ce témoin : il avait été déjà condamné pour voyeurisme et le juge sentait que sa déposition pourrait se retourner. Cette coupe rend le personnage plus confus et faible. Il est juste peureux. Dommage.
Avec LUCRÈCE BORGIA (LCV), on dégringole de plusieurs échelons et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à aller jusqu’au bout tant le film est mal joué (la palme à Christian Marquand et au nain Pieral), mal distribué, pauvrement écrit (on voit que Jacques Sigurd est très loin de Jeanson ou d’Aurenche). Les premiers plans font illusion avec ces transitions visuelles où Christian-Jaque utilise des fonds noirs pour passer d’une maquette à un décor de studio, du studio à des vrais extérieurs pendant une fête populaire bien éclairée par Matras avec de très beaux masques. Martine Carol que je ne trouve pas du tout sexy paraît beaucoup trop âgée pour le rôle. Des foules d’actrices italiennes auraient mieux convenu.

L’enfer des anges, Affiche

L’ENFER DES ANGES qui va bientôt sortir chez Pathé avait fait partie de la sélection française pour le premier festival de Cannes 1939. C’est une œuvre généreuse, souvent convaincante qui décrit un monde de misère et de bidonvilles où des gamins sont exploités, une sorte de réponse française aux ANGES AUX FIGURES SALES. Un chômeur viendra aider un couple de mômes qui tentent de survivre face à des mères alcooliques, des pères démissionnaires, des trafiquants de drogue, des indicateurs de police, voire des pédophiles. Le propos se voulait critique et social mais il le fut au prix de sordides interprétations, récupéré par le régime de Vichy. On va enfin pouvoir le voir tel qu’il avait été écrit et dirigé.
Le propos de SI TOUS LES GARS DU MONDE… que j’avais vu deux fois à sa sortie, est tout aussi généreux et les premières scènes sur le bateau et même dans la brousse, emportent l’adhésion. Puis le scénario trop fabriqué accumule les coïncidences, les accidents de parcours, les rencontres fortuites et l’artifice prend le dessus. Les ficelles sont trop apparentes et l’humanisme trop claironné.
J’ai très envie en revanche de revoir SORTILÈGES adapté par Jacques Prévert du Chevalier de Riouclare de Claude Boncompain qui m’avait laissé un grand souvenir, avec ce cheval galopant dans la neige ou traversant un village médusé, cette femme épiant à travers des volets, en disant : « Vous savez qu’on appelle cela des jalousies ? ». Un gendarme faisait remarquer à son collègue que le mort qu’ils venaient de découvrir avait du tomber sur une pierre : « Oui et c’est ce qu’on appelle, une pierre tombale. »

VOLPONE de Maurice Tourneur (René Château) fut commencé 3 ans avant, m’apprend Christine Leteux, par Jacques de Baroncelli (Il subsiste des scènes, notamment sans doute les extérieurs) et repris par Tourneur. J’ai toujours été surpris par la disproportion des caractères de Ben Jonson, auteur de la pièce originale jouée en 1606, par rapport à ceux de Jules Romains qui n’était qu’adaptateur mais qui était plus connu du public français (il faut dire aussi que Jonson n’avait plus d’agent). D’autant que Romains s’inspire d’une version de Stefan Zweig écrite en 1925 et montée par Charles Dullin en 1928 avec déjà des décors de Barsacq, qui modifie la fin originale en faisant de Mosca celui qui capte l’héritage. Ce qui colle bien avec le cynisme du ton. Louis Jouvet est excellent dans ce personnage qu’il joue avec retenue et légèreté tout comme Dullin, grandiose en usurier compulsif. En revanche, c’est un des très rares films où Harry Baur surjoue et surligne les intentions, les rendant plus pesantes. Jacqueline Delubac n’est pas très à l’aise et semble paralysée par ses costumes contrairement à Jean Temerson et Alexandre Rignault. Le film se laisse voir agréablement sans pouvoir rivaliser avec LA MAIN DU DIABLE, AVEC LE SOURIRE, voire LE VAL D’ENFER.

Deux Gilles Grangier
J’ai enfin pu voir LE CAVALIER NOIR, comédie d’aventures avec bandit masqué et chansonnettes dont l’intrigue ultra-prévisible ne casse pas trois pattes à un canard. Mais Gilles Grangier, peu à l’aise au début dans les plans d’extérieurs, parvient à communiquer à cette enfilade de clichés une relative vivacité, une bonhomie populaire, aidé par Jean Tissier et le toujours savoureux Alerme.
J’ai nettement revu à la hausse 125, RUE MONTMARTRE, visionné dans une copie quelconque il y a dix ans. J’y ai retrouvé de nombreuses qualités typiques de Grangier, cette manière d’installer, de capter un décor populaire – une cantine, un bistrot – d’utiliser de très nombreux extérieurs dans les rues de Paris et des intérieurs insolites (la chambre où habite Ventura avec la série d’échelles pour y accéder) sans la ramener. Je me souviens avoir été gêné par Robert Hirsch et cette impression a totalement disparu alors que Ventura, formidable dans les scènes de repas (même si sa portion paraît petite) et dans les moments de brusqueries intimes (ses rapports avec Dora Doll), semble un peu coincé par une ou deux péripéties qui le font paraître crédule. Il se rattrape à la fin – les séquences dans le cirque – que Grangier filme avec brio, avec une belle photo du talentueux et sous-estimé Jacques Lemare (son travail sur NON COUPABLE est sensationnel). Jean Desailly fignole aux petits oignons un commissaire plus malin qu’il n’y paraît et Andrea Parisy est excellente. Dialogue rapide et incisif de Michel Audiard : « Vous auriez du rester en Italie. En France, on coupe », déclare Desailly.

LE GRAIN DE SABLE
Dans les nanars, LE GRAIN DE SABLE de Pierre Kast doit se déguster à plusieurs pour savourer l’écriture et l’interprétation de certains personnages : le commissaire, Alan (joué de manière transparente par Paul Hubschmidt, un acteur du TIGRE DU BENGALE), le criminel avec pied bot adaptable qu’on charge bien sur des filatures… Appréciez les décors et appartements de ces soi-disant grands prêtres de la finance mondiale qui conduisent des camionnettes Volkswagen, habitent dans des F3 avec électrophone Teppaz. Sans parler des figurants qui gesticulent après qu’un type ait tiré au bazooka sur une prison sans tirer la police de sa torpeur. Dans quel monde vivaient Kast, Claude de Givray son co-scénariste, qui ne paraissent pas savoir qu’un inculpé peut demander un avocat et qui inventent des péripéties inutilement tortueuses ? J’aimais bien Pierre Kast , homme intelligent, cultivé mais qui ne semblait pas avoir le sens de la mise en scène dès qu’il sortait des délicates broderies sentimentales comme LA MORTE SAISON DES AMOURS, son chef d’œuvre. Aucun sens de l’espace, découpage consternant. Il avait déjà copieusement loupé un film historique napoléonien, toujours tourné au Portugal. Musique jazzy d’Antoine Duhamel qui n’a rien à voir avec la dramaturgie du film. Elle s’ébat dans un univers parallèle sans paraître concernée par ce qui se passe.

FILMS NOIRS

Sidonis vient enfin de sortir des films noirs que l’on ne trouvait que dans un énorme coffret avec un ouvrage indispensable de Patrick Brion.
Certains bénéficient de masters Haute définition comme l’excellent MIDI GARE CENTRALE de Rudolph Maté. Le très bon scénario de Sydney Boehm (impossible de trouver le moindre interview de ce scénariste souvent habile et talentueux) améliore, dynamise la longue nouvelle de Thomas Walsh, remplaçant le petite garçon kidnappé par une gamine, ce qui est nettement plus fort. Les personnages de policiers sont bien écrits avec parfois une vraie dureté, un Barry Fitzgerald débarrassé de tout folklore irlandais et Lyle Bettger campe un terrifiant kidnappeur dont les échanges avec Jan Sterling sont mémorables. Maté et son chef opérateur sont inspirés par le décor de la gare de Los Angeles. Remarquable séquence de filature, tournée en partie à Chicago (il n’y a pas d’abattoirs à Los Angeles). Holden et Nancy Olson forment un couple charismatique.

Je trouve LE DESTIN EST AU TOURNANT de Richard Quine presque supérieur à DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR (adaptant lui aussi un ouvrage de Thomas Walsh). Mickey Rooney est formidable d’énergie, de vulnérabilité, de tendresse et Dianne Foster, bien dirigée par Richard Quine, évite pas mal des clichés qui auraient pu plomber son personnage. Comme l’écrit JamesDomb dans Homepopcorn.fr Rooney « est merveilleux dans Drive a Crooked Road, jouant habilement avec son image puisque son personnage est sans cesse rabaissé et sa petite taille moquée par ses collègues. Visiblement très mal dans sa peau, timide, complexé, le visage barré d’une cicatrice, renfermé sur lui-même et vivant chichement dans une chambre de bonne qui se résume à un lit de fortune, une salle de bain minuscule et quelques coupes gagnées lors de compétitions automobiles, sa seule et grande passion, Eddie est un homme très malheureux. Sa rencontre avec Barbara (superbe Dianne Foster, vue dans Le Souffle de la violence – The Violent Men de Rudolph Maté) bouleverse alors son quotidien, surtout que la jeune femme semble être inexplicablement attirée par lui. Aurait-elle quelque chose à cacher ? » Un grand film resté longtemps inédit.

WESTERNS

J’ai enfin vu INDIAN UPRISING (LES DERNIERS JOURS DE LA NATION APACHE chez Warner Archive) de Ray Nazzaro dont la bande annonce et l’affiche m’avaient fait rêver en 1953 ou 54. Les 20 premières minutes témoignent de certaines recherches visuelles rares chez ce cinéaste, de mise en scène, d’un sens du rythme : extérieurs bien choisis et filmés, cadrages dynamiques (caméra au ras du sol, entrées de champ brutales). Ces qualités persistent mais de manière plus lâche par la suite qui décalque souvent de manière éhontée John Ford, reproduisant avec moins de moyens et de style l’embuscade de FORT APACHE, reprenant le personnage du sergent irlandais (ici Joe Sawyer) et copiant la dramaturgie (le colonel borné qui, seule originalité, reste con jusqu’au bout). La bataille est filmée de manière erratique et on semble traverser les lignes indiennes avec une facilité stupéfiante. Certains rebondissements paraissent approximatifs, comme hérités du serial (la flèche que Montgomery aurait du repérer tout de suite). L’interprétation est faible mais venant de quelqu’un que j’avais rayé comme Nazzaro et même si cela ne va pas loin, ces qualités constituent une mini- surprise. Oublions le SuperCinecolor et certaines transparences qui vont de pair avec les faiblesses dramaturgiques.

Sidonis a sorti en Blu-ray deux Hathaway essentiels : LE JARDIN DU DIABLE (superbe musique de Bernard Herrmann) dont la dernière réplique est anthologique et L’ATTAQUE DE LA MALLE POSTE où le père Hathaway me paraît plus inventif, plus concis, plus perçant dans son traitement d’un décor quasi-unique (un relais de poste dans les deux cas comme aussi dans l’excellent RELAIS DE L’OR MAUDIT) que Tarantino dans la deuxième partie des HUIT SALOPARDS.

  

Commentaires (292)

 

  1. happytrigger dit :

    Musique médiévale dans un film fantastique.
    je revois régulièrement LA CHUTE DE LA MAISON USHER de Jean Epstein (d’après « le portrait ovale » de Poe) depuis les années 80 et je suis toujours autant fasciné par le visage et les regards de Jean Debucourt (tantôt en gros plan, en mouvement, flous, …) traquant le visage de son modèle pour le peindre. La musique envoûtante est jouée à la guitare ou à la harpe (instruments que l’on voit dans certains plans), or je ne trouve aucune trace de compositeur au générique (ni sur imdb ou ciné ressources). S’agit-il d’une musique postérieure au film?

    • MB dit :

      à happytrigger
      USHER
      on a ça sur le site HENRI mais c’est la musique de 2013, IMDB se contente de « silent »
      « En 2013, le film a été restauré numériquement par la Cinémathèque française et mis en musique par Gabriel Thibaudeau d’après sa partition, interprétée par l’Octuor de France. »
      (https://is.gd/osnUwJ)

      • happytrigger dit :

        à MB /USHER
        merci bien, c’est ce que j’ai trouvé, mais rien sur la version télévisée du début des 80’s. Et franchement, je trouve cette composition ultime, en parfaite adéquation avec la mélancolie du film. Je finirai par trouver.

    • Denis Fargeat dit :

      Il semble que ce soit un mélange de musiques médiévales enregistrées par l’ensemble de René Clemencic (né en 1928, l’année du film!) et d’improvisations non créditées….

  2. Gilles dit :

    Je n’ai plus la source mais je suis sûr de ma mémoire. Au sujet de MIDNIGHT EXPRESS, Alan Parker regrettait d’avoir fait le film, ayant découvert que son producteur (lequel ? Y en a 3) propriétaire d’une chaine hôtelière en Grèce, avait orienté le sujet pour décourager le tourisme en Turquie…

    • Alexandre Angel dit :

      N’est -ce pas David Puttnam le producteur principal?
      Le film, que je ne peux m’empêcher de bien aimer (et d’ailleurs pourquoi m’en empêcherais-je?)est, de toute façon, parcouru, et c’est ce qui le rend intéressant, de courants contradictoires.
      D’un côté on a des caricatures discutables (l’avocat digne d’un sérial, le dirlo digne des frères Coen) et de l’autre, d’étranges saillies anti-totalitarisme de droite (lorsque Billy marche à contre-courant du pylône, il s’entend dire qu’il va dans le sens du communisme.
      L’un dans l’autre, MIDNIGHT EXPRESS reste un poignant film de taulard qui tire bienfait d’un acteur au charisme de fou, d’un décor exceptionnel et d’une musique frugale mais intense de Vangelis.

      • Gilles dit :

        A A Angel

        Ce que vous dites est vrai. Il y a des films qui marquent la mémoire du public grâce à certains ingrédients visuels ou sonores, parfois un jeu d’acteur. Pas forcément des grands ni des bons films, simplement des films qu’on n’oublie pas. Et les cinéastes qui ont marqué durablement le spectateur, souvent sans l’avoir fait exprès, ne sont pas si nombreux finalement. MIDNIGHT c’est ce qu’on retient de Parker, alors qu’il a fait bien mieux.

    • Alexandre Angel dit :

      Pardon je voulais dire Giorgio Moroder

  3. Gilles dit :

    En faisant des recherches sur POT-BOUILLE, je suis tombé sur la caricature de Zola par André Gill. Le texte qui accompagne l’illustration rappelle l’existence d’un livre de Paul Lidsky LES ECRIVAINS CONTRE LA COMMUNE, qui nous dit avec quelle hargne Flaubert, Goncourt, Feydeau, Gautier, Zola… se sont opposés aux communards. Découverte synchrone avec une nouvelle vision de LA COMMUNE de Peter Watkins, qui à 3H45 de film cite Zola  » Cet esprit frondeur qui fait de Paris une ville… révolutionnaire par excellence, s’incarne surtout dans certaines femmes qui deviennent… de véritables harpies, des mégères jetant feu et flamme. » Zola déniant le droit à ses Rougon-Macquart de sortir de l’assommoir pour occuper les barricades. En même temps qu’il qualifiait les versaillais de « partie saine de la France, la raisonnable, la pondérée. » Pondération à 20 000 morts. Watkins rappelle que l’auteur de LA TERRE fraternisait avec l’auteure de FRANÇOIS LE CHAMPI, son antithèse, bien que partageant la même vision d’un peuple fantasmé depuis les salons et les loges. Sand écrit  » On y voit toute sorte d’essais, de fantaisies, de prétentions à la science sociale, mais au fond, il n’y a que des passions, des rêveries, ou des appétits. L’ambition, l’ignorance et la vanité, dominent le tout. » L’article dont je vous parle signale l’existence d’un livre GERMINAL, UN ROMAN ANTI-PEUPLE, commandé illico. Et combien d’intellectuels d’aujourd’hui Watkins aurait pu citer dans son film transgénérationnel.
    https://macommunedeparis.com/2019/01/22/emile-zola-et-la-commune/

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      Sur Sand et Zola, la réalité est beaucoup plus complexe. Certains auteurs peuvent progressistes sur un type de thèmes, de sujets et prendre des positions négatives, voire honteuses sur d’autres. Et certains anciens communards étaient antisémites. J’envie les gens qui ont des opinions si tranchées. La vie leur parait plus simple.

      • Gilles dit :

        A B Tavernier

        Je ne parlais que des textes, en faisant de l’uchronie (les R-M nés l’année de la commune par hasard ?) tant il est évident que le romancier Zola n’a jamais trahi le journaliste politique. Pour ce qui est de Germinal et de l’Assommoir en tout cas. Je n’ai jamais lu La débâcle.
        « Certains communards » peut-être, contre la quasi totalité des écrivains, sans doute. Toutes les opinions ne sont pas tranchées, dieu merci, elles sont bien souvent des pistes de réflexion et de recherches utiles.

        • MINETTE Pascal dit :

          Victor Hugo a eu , je crois, une attitude hésitante mais quand il a fini par exprimer quelque soutien aux communards, il a subi les foudres d’une certaine opinion.

    • Ballantrae dit :

      Tout cela est très intéressant et montre en effet que les êtres ne sont pas monolithiques.
      Zola comme bon nombre d’écrivains s’est montré réservé à l’endroit de la Commune ce qui ne signifie pas immédiatement qu’il devient anti-peuple. Là c’est un brin caricatural.
      Le phénomène politique de la Commune est complexe et très neuf dans l’histoire chaotique du XIX ème français d’où certainement des incompréhensions de la part de ceux qui, selon notre regard a posteriori, auraient dû en épouser logiquement la cause.
      Même si la cause des Communards semble assez évidente en 2020, c’est un peu plus épineux en 1870-1871.
      Même Hugo est brocardé par Rimbaud qq part à ce propos.

    • Ballantrae dit :

      Sur le point de vue communard il faut lire Maxime Vuillaume dans ses chroniques rassemblées sous le titre de Mes cahiers rouges.
      Ce que vous dites sur Zola ne me semble pas « vicier » l’oeuvre et le parcours entiers: ça c’est le défaut contemporain du révisionnisme radical qui recherche des parcours binaires et trient toujours entre pur et impur sans nuances.
      Je crois d’ailleurs qu’ on s’éloigne de l’objet initial à savoir Zola et le cinéma.
      Germinal de Berri ne m’avait pas plu du tout malgré ses moyens pléthoriques. Trop simpliste, trop littéral, trop hâtif.
      C’est un très grand roman qu’on peut qualifier de visionnaire dans sa description du travail/ Baal auquel on sacrifie des générations. Il aurait mérité mieux que ce film.
      Berri est plus inspiré avec le diptyque Pagnol mais aussi avec Uranus malgré son côté film à sketches.

    • Ballantrae dit :

      Par ailleurs tous ces éléments me semblent très intéressants et je me procurerai les 2 ouvrages qui sont sûrement étayés.
      Sur Zola il faut lire H Mitterrand mais aussi Ph Hamon qui a publié un excellent Personnel du roman consacré au système de personnages chez Zola.
      Le Dictionnaire Zola chez Bouquins est aussi une référence clé, tjs utile quand on se (re)plonge dans les Rougon Macquart.

  4. Denis Fargeat dit :

    Je ne me suis pas trompé d’endroit avec ce post – j’espère du moins, mais je voulais un peu compléter la question de la musique à Hollywood, avec des considérations que j’ai peine à trouver dans la littérature traitant du sujet.
    J’avais un peu travaillé sur la réthorique musicale, en me servant des travaux de Pierre-Alain Clerc, comédien et claveciniste suisse, sur les traités qui fleurirent dans l’Allemagne du XVIIème siècle. Dans un contexte issu à la fois de la Renaissance et de la Réforme, les musiciens étaient incités à construire leurs compositions en suivant de près les principes de la Réthorique d’Aristote, aussi bien sur le plan de la grammaire musicale (accordant une valeur symbolique à tel mouvement ascendant ou descendant, telle figure mélodique, tel ton, avec un lexique abondant et très codifié) que sur le plan de la forme, l’organisation de l’oeuvre. Les travaux de P.A. Clerc sont très convaincants, et fournissent une grille de lecture passionnante à la musique de Buxtehude, Bach et leurs contemporains. Pour fournir un exemple, la célèbre Toccata et fugue en ré mineur de Bach, (abondamment utilisée au cinéma d’ailleurs…) s’ouvre sur un triple Exorde, destiné à attirer l’attention de l’auditeur ; on peut retrouver dans la suite la Narratio, la Disputatio, la Peroratio… étapes d’un discours organisé, et destiné à convaincre.
    Dans le même temps je retombai sur un petit volume de Russ Garcia, arrangeur de jazz (entre autres pour Anita O’ Day, et l’album Porgy and Bess avec Armstrong et Fitzgerald), et staff composer, qui a laissé son nom au générique de certains films tout en travaillant sur beaucoup d’autres. On peut penser ce qu’on veut de Garcia, qui est parfois d’une Kolossale Finesse, mais ce petit livre  » The professional arranger composer » (https://is.gd/y9tVgm) est à la fois pratique, utile dans une certaine mesure, et intriguant : j’y ai repensé en me plongeant dans les travaux de P.A.Clerc, et j’ai relevé pas mal de points communs dans le chapitre 7, traitant des relations entre arts et technique musicale….
    Petite hypothèse: tout en sombrant dans l’oubli (jamais réédités sous leur forme originale), il est probable que les fameux traités dont je parlais aient irrigué en profondeur la culture musicale du monde germanique, soit de maître à disciple, de façon orale, soit par l’exemple ( JS Bach a écrit de nombreuses oeuvres qu’il présentait comme des modèles de composition, sans laisser aucun écrit théorique). Ensuite, Hollywood… Il y a eu tous les mitteleuropéens de première ou deuxième génération, et les compositeurs transformés en enseignants : Ernest Toch, Paul Hindemith, Arnold Schönberg (ces gens-là avaient aussi la passion de transmettre, il faut le dire, et ce que le nazisme faisait à leur culture d’origine devait encore leur donner une énergie supplémentaire…)
    Je fais donc l’hypothèse suivante : que cette discipline ancienne, de haute érudition, soit parvenue presqu’intacte jusque dans les foyers américains, puis mondiaux, via cette diaspora humaine et culturelle… Adorno était horrifié par ce qu’il voyait comme un dévoiement, avec un peu plus de recul on peut s’en émerveiller.
    Je ne voudrais pas assommer les camarades avec ces propos, mais il y a peut-être une autre source à considérer : Joseph Schillinger, enseignant d’origine russe, qui forma de nombreux compositeurs américains à une méthode de composition basée sur les mathématiques et le champ émotionnel ( je résume!). Parmi les élèves, George Gershwin, Tommy Dorsey, Glenn Miller, Vernon Duke, Oscar Levant, Carmine Coppola, Van Cleave et Walter Scharf je crois bien. Charles Previn, grand manitou de la musique à la Universal, a consacré un important article à son influence sur la musique de film dès 1947…
    Mais il existe hélas un « Schillinger Institute » aux allures de secte*, qui fait un peu obstacle à une meilleure connaissance de l’homme et de son influence, à moins d’y adhérer – et c’est fort cher. Ce sont des choses qui arrivent, le bonhomme est mort à 48 ans, et il avait une veuve et des ayant-droits qui sont devenus gardiens de temple.
    *Voilà qui donne une allure complotiste à mes propos: si ça se trouve Schillinger était juif, franc-maçon, communiste et membre du Ku-Klux-Klan, sans parler de sa probable origine extra-terrestre… gasp…

    • Bertrand Tavernier dit :

      à Denis Forgeât
      Passionant

    • Ballantrae dit :

      Message effectivement passionnant et savant!

    • Mathieu dit :

      A Denis Fargeat :
      Oui les musiciens de l’époque baroque étaient imprégnés des concepts de la rhétorique théorisés par Aristote ou Quintilien et appliqués à la musique et les mettaient en pratique non seulement dans la musique lyrique mais aussi instrumentale, et pas seulement en Allemagne. Mais je ne crois pas à une transmission comme celle dont vous suggérez l’hypothèse, parce que la musique a profondément changé entre l’époque baroque et le XIX° siècle, la conception de la musique, sa fonction ainsi que la place du musicien et de l’artiste dans la société. C’est justement à partir du constat de cette différence et d’une rupture avec les conceptions et les pratiques de l’âge baroque que des musiciens comme Nicholaus Harnoncourt ou Gustav Leonhardt il y a plus de soixante ans déjà ont jugé indispensable de prendre acte de cette rupture et de cet oubli et de faire œuvre d’historiens et d’archéologues pour retrouver non seulement les pratiques mais aussi les théories sur la musique, la poésie, le théâtre et les autres arts et reconnaître qu’on ne pouvait pas se fier à sa simple subjectivité ni à une quelconque tradition pour faire revivre cette musique. C’était révolutionnaire à l’époque parce qu’on baignait encore dans une conception romantique de la musique où la subjectivité et des notions comme l’inspiration dominaient. A quoi bon les traités de rhétorique quand on compte sur l’inspiration ? Harnoncourt en particulier recherchait l’altérité, l’étrangeté dans la découverte de notre passé, au rebours d’une vision pseudo-humaniste qui nie l’altérité au profit du même, du « nous ». L’immense majorité du répertoire baroque ou plus ancien était ignorée et/ou négligée comme des pans entiers de la littérature (la poésie baroque par exemple) ou même de la peinture (Georges de la Tour n’a été redécouvert qu’au début du XX° siècle). Dans son livre « Le Discours Musical » Harnoncourt met la rhétorique au centre de l’esthétique baroque et résume les choses de façon peut être un peu trop simple en disant que jusqu’au XVIII° siècle la musique parle et qu’ensuite elle peint. Pour moi la musique de film du Hollywood classique est dans la continuité des compositeurs qui « peignent ».

      • MB dit :

        je suis ébahi par ces tonnes de culture musicale

      • Denis Fargeat dit :

        A Mathieu
        Merci pour votre réponse, qui me donne du fil à retordre ; déjà parce que je crois au mythe d’une permanence de l’humain dans les arts, et la musique en particulier, langage articulé mais non verbal. Et vous donnez de sérieux coups à cette mystique.
        Mon propos n’était pas esthétique, il s’agissait d’une simple remarque d’ordre technique. Je pointais que certains traits de la réthorique musicale avaient perduré, par delà le temps et les modes… et j’aime beaucoup cette permanence, qui nous unit à nos frères passés. ( Et si l’on a la chance de pratiquer un instrument, cela se double d’une troublante présence, celle du compositeur : Bach surtout, guide la main du musicien et il y a pire compagnie.)
        Pour le reste, vous soulevez des points que je ne développerai pas ici, trop long, trop polémique,et je croyais cette lutte baroque/romantique éteinte…
        Je ne parlerai que de l’inspiration ; je n’y crois guère à l’époque romantique, elle me semble surtout destinée à épater le client ; beaucoup de compositeurs sérieux, à l’époque romantique et au-delà, n’en font guère étalage. Je songe surtout au cher Schumann, qui attribuait ses qualités de compositeur à ses cures de contrepoint et à une fréquentation régulière de Bach.
        Merci tout de même, Harnoncourt, Leonhardt ont été des acteurs importants de la redécouverte du baroque, mais pas les seuls! La connaissance, la pratique, le naturel évoluent toujours, et ce n’est plus l’affaire de chapelles.

        • Mathieu dit :

          A Denis Fargeat:
          Réponse rapide parce qu’on est hors sujet:
          D’abord bien sûr qu’il n’y a pas que Harnoncourt et Leonhardt, que je citais parce qu’ils étaient des pionniers et des théoriciens, et aussi parce que beaucoup de leur enregistrements tiennent la route, contrairement par exemple à ceux de Clemencic que vous citiez ailleurs à propos de LA CHUTE DE LA MAISON USHER (et responsable aussi de la musique du MOLIERE de Mnouchkine) et dont les enregistrements ont pour moi horriblement vieilli. J’écoute beaucoup de musique ancienne (c’est ma drogue) mais je ne suis pas sectaire (j’aime beaucoup les Goldberg par l’accordéoniste Teodoro Anzellotti). J’avoue que souvent je suis gêné par la musique en regardant des films hollywoodiens des années 30-40-50 (mais pas par les comédies musicales, enfin pas toujours), même si je fais la différence entre Rosza (la musique de THE RED HOUSE par exemple) ou Herrmann (celle de GARDEN OF EVIL entre autres), et d’autres pour moi beaucoup moins valables comme Steiner, Waxman, Tiomkin ou Newman. Pour la musique des films muets, certains éditeurs de dvds proposent le choix entre deux voire trois scores différents et malgré cela je finis souvent par voir le film dans le silence… Ça m’est arrivé par exemple en visionnant le Blu-Ray BFI de UNDERGROUND d’Anthony Asquith, qui est pour moi un chef-d’oeuvre, nettement plus enthousiasment que ce que je connais de ses films parlants, un film merveilleux visuellement, à la fois hitchcockien et « fejosien », si je puis me permettre ce néologisme. Mais pour la musique de films muets il y a comme pour la musique ancienne (et après tout c’est de la musique ancienne) des musiciens qui font de l’archéologie et fouillent les bibliothèques et font des recherches sur les pratiques de l’époque. Je n’ose pas citer de noms parce que j’ai déjà écrit deux longs commentaires sur le sujet et qui ont été recalés par le site, j’évite que ce commentaire utilise les mêmes mots pour ne pas connaître la même mésaventure, tout en ignorant lesquels ont créé le bug.

  5. yves rouxel dit :

    Allez je vais rester dans la ligne.J’ai découvert »125 rue montmartre »de Gilles Grangier qui est une chronique sociale fort interessante.Tout d’abord c’est l’unique fois dans la longue carrière de Lino Ventura ou il porte des baskets américain.Le personnage est attachant avec un coté naif mais pas si idiot que ça.Robert Hirsh lui par contre en fait des tonnes(on sent bien qu’il vient du conservatoire et manière trop son personnage de clown triste).L’aspect attractif c’est que Grangier nous montre le métier des crieurs de journaux qui est apparut en 1863 avec « Le petit journal ».Il faut savoir que des quotidiens comme « France soir »ou »Le parisien liberé »se vendait à des millions d’exemplaires sur les grands boulevards parisien ou à la sortie des usines(là c’était plus L’humanité ou combat).Jean claude Bleys explique le déclin de la presse quotidienne de la création des nouvelles messageries de la presse parisienne jusqu’a la création de Presstalis repris en main par le clan Lagardère qui à privatisée l’ensemble du secteur et en supprimant des milliers d’emplois dans la filière messagerie.On doit défendre et soutenir la presse papier malgré l’arrivée en trombe du numerique et des chaines d’infos.Pour revenir au film,Ventura apporte avec sa force stature un personnage immigré ,libre comme l’air,a qui il arrive une historique rocambolesque.Regardez bien tous les autres personnages dont l’acteur Lucien Raimbourg qui lui fait un discours plein de drolerie et emplit de réalisme.

  6. yves rouxel dit :

    J’ai un long essai sur le compositeur Maurice Jaubert qui est pour moi le plus grand musicien qui à écrit pour le cinema.J’attends l’accord du comité de lecture du blog afin de le publier en 3 parties,ce sera plus facile pour ceux qui n’aiment pas les longs textes.

    • demachy dit :

      À Yves
      Moi j’ai un bouquin qui est pas mal, ça s’appelle À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU, vous permettez que je le poste en 2457 parties ?
      Non mais sérieusement, Yves, on savait que vous ne lisiez pas les contributions des autres participants de ce blog, mais là vous ne lisez même pas ce que vous avez écrit vous-même il y a 3 jours… ou alors vous êtes plusieurs ? Vous me faites penser à ce dessin animé de Tex Avery (NORTHWEST HOUNDED POLICE) où après avoir tenté en vain d’échapper à Droopy qui surgit derrière lui dans toutes les situations, le Loup découvre qu’il y a des dizaines de Droopy… Alors Rouxel serait-il un collectif dont le n°1 ne lit pas ce qu’écrit le n°2 qui lui-même ignore ce que fait le n°3, etc ?

      • yves rouxel dit :

        A demachy.Serieuseument c’était pour apporter un legereté et de fraicheur musicale dans cet enfer caniculaire.Bon j’ai compris ce texte ne vous interesse pas!!!

      • MB dit :

        c’est bon Rouxel, arrêtez les copier-coller même de votre crû, et il n’y a pas de comité de lecture ici, réagissez à ce qui est dit en spontané le blog n’est pas la retransmission d’articles préécrits et réfléchis, c’est une discussion au débotté.

  7. Ballantrae dit :

    Je n’ai pas relu ni revu Pot Bouille depuis longtemps et irai donc vérifier le bien fondé de souvenirs assez positifs.
    En revanche le Nana de Christian Jacques ne m’avait pas emballé pour un certain nombre de raisons:
    -la place excessive accordée à Muffat/Boyer alors que la valse des prétendants est incessante dans Nana
    – la fin me semble un contresens: éluder la maladie au profit du meurtre qui plus est purement lié à la jalousie renvoie le roman de l’analyse des maux d’une société viciee vers un simple crime passionnel( cf La bête humaine où le crime est une pulsion ce qui est bien plus terrifiant)
    -bien des épisodes clés sont trop rapides voire éliminés: la partie de course, les affrontements entre demies mondaines pseudo actrices, la caracterisation des logements de Nana, la place de son fils
    Le film n’est pas dénué de qualités pour ce qui est de l’interprétation notamment avec Boyer mais j’attends encore la Nana idéale caractérisée comme bestiale. Visuellement les scènes à la Offenbach sont drôles et vives.
    Le Renoir muet me semble plus réussi et ambitieux même si pas totalement abouti à cause notamment de la durée. C’est un gros roman qui dure qqs années et cette durée doit être transcrite dans l’adaptation: elle permet de voir les revers de fortune des hommes, l’ascension de Nana, le temps qui passe sans qu’elle devienne pleinement mère.
    Zola a eu droit à une époque à bon nombre d’adaptations et ce Nana me semble moyen, ni excellent ni mediocre…dans la moyenne des adaptations semi convaincantes.
    La bête humaine de Renoir est un chef d’oeuvre , idem pour Au bonheur des dames de Duvivier et j’aime beaucoup Gervaise, un peu moins Thérèse Raquin. La faute de l’abbé Mouret découverte récemment ne m’a pas convaincu notamment à cause de l’interprétation.
    Et ce serait fastidieux de tout citer mais on peut signaler deux opus curieux qui se contentent d’emprunter à Zola sans l’adapter pleinement :
    -La nouvelle Babylone de Trauberg et Kozintzev où on voit un souvenir de la fin de La débâcle ( l’un des chefs d’oeuvre méconnus de Zola)
    -Cette sale terre de l’Anglais A Kotting d’après La terre est très experimental et inégal.
    Je rêve de voir ces deux romans vraiment affrontés dans leur complexité de même que le Zola que je préfère entre tous: L’oeuvre autour du monde artistique avec le Claude ( calque de Cezanne) entrevu dans Le ventre de Paris.
    Note en passant: Balzac le précurseur de Zola et des Rougon Macquart avec sa « comédie humaine » va ressurgir sur nos ecrans grâce à C Giannoli qui a adapté le fabuleux Illusions perdues sous le titre de… »comédie humaine « !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Le NANA de Renoir n’était pas très réussi en partie aussi à cause de Catherine Hessling et Martine Carol n’est pas si mal. Pour moi, ce fut une surprise vu les à priori défavorables

      • Ballantrae dit :

        Oui C Hessling n’est pas très convaincante et M Carol l’est bien plus.
        Je verrais bien S Johansson en Nana😉

      • Ballantrae dit :

        Je ne trouve pas Martine Carol mauvaise…mais ce n’est pas Nana!
        Idem pour I Huppert qui n’était pas Emma ( cheveux roux, pente de la rêverie peu évidente) malgré un talent bien plus immense.
        Pourquoi dans ces cas là ne pas déjà s’en tenir aux descriptions des romans pour voir si le visage, le corps, l’âge de l’acteur correspondent à ceux du personnage?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Huppert était d’abord beaucoup trop âgée pour le rôle ce qui l’obligeait à forcer son jeu

        • D DUMONTEIL dit :

          Pour moi ,physiquement et indépendamment de la valeur de l’adaptation,Jennifer Jones ,la romantique éperdue des années 50 ,sera toujours Emma.

    • yves rouxel dit :

      A ballantrae.Il s’agit de Xavier Gianolli qui à co-signer et réalisé ce film »Comédie humaine »avec un casting de premier choix:Gerard Depardieu,Cécile de france,Vincent Lacoste(que j’adore)mais aussi l’acteur-réalisateur scénariste et compositeur Xavier Dolan.Le film sortira avant la fin 2020.

  8. Yvon Gauthier dit :

    Bonjour Mr. Tavernier,bien qu’il ne commente pas un sujet particulier de cette chronique je pense que vu le sujet du livre qui parle de film de votre patrimoine ma question je l’espère ne dérange pas trop les lecteurs de ce blog.j’ai presque terminé la lecture du livre Continental film ou vous écrivez la préface et on y voit tj en bas de page « procet_verbal du tel date dossier d’épuration de untel archive nationales>comme je suis Québécois pourriez vous m’en dire un peu plus à ce sujet,merci.

    • Yvon Gauthier dit :

      J’ai eux toutes les réponses à ma question dans les deux derniers chapitres,ça m’apprendra à ètre plus patient bon blog

  9. yves rouxel dit :

    Adaptation parfaite du roman de Leila Slimani »Chanson douce »est un film réalisé par Lucie Borleteau.Karin Viard compose une femme seule,bléssée par la vie et qui ne veut plus d’homme dans son vexistence..Elle donne de l’amour,du temps et énormément d’affection aux enfants qu’elle garde.On saura au fil de l’histoire les blessures et la faille du personnage qui se raccroche tant bien que mal à ces deux petits ètres,qui ne sont pas ses enfants.La preuve une fois de plus que le cinéma français peu encore nous surprendre,sans tomber dans les clichés d’une famille modèle qui vit dans un bel appartement,travaillant tous les deux et n’ayant aucun souci particulier.

  10. Ballantrae dit :

    Vouus avez raison Bertrand de revenir sur le Macbeth de Welles qui constitue la jonction avec la carrière théâtrale au Mercury Theatre du cinéaste et initie un triptyque à mon sens intégralement important, les deux opus étant Othello puis Falstaff ( Chimes at midnight).
    Les parti pris de Macbeth sont étonnants depuis le studio jusqu’à la garde robe en passant par le jeu de certains comédiens ( ce n’est pas la meilleure lady Macbeth certes mais je me demande si c’est dû à l’actrice ou aux choix de direction).
    Et pourtant c’est une réussite importante porteuse d’une ambiance claustrophobique très bien structurée qui restitue le souffle sauvage de la pièce. La lumière est magnifique et sait créer une part de mystère.
    Les deux autres Shakespeare sauront différemment s’affranchir des contraintes budgétaires: le montage d’Othello raccorde, unifie des materiaux conçus ds divers lieux et moments, Falstaff sait masquer le manque de figurants par la conception des plans, leur composition très plastique et savante.
    J’ai lu quelque part que le Macbeth de Polanski ressortait en dvd et conseille à tous de le découvrir car c’est un grand film méconnu avec de jeunes acteurs talentueux. Les sorcières y sont extraordinaires, idem pour le cycle de meurtres qui donne lieu à des moments de mise en scène vertigineux.
    Pour achever la comparaison on peut aussi revoir l’immense film de Kurosawa Le château de l’araignée ( sûrement la plus réussie des versions ) et éventuellement la version recente de Justin Kurzell assez convenue ( notamment avec les effets utilisés pendant la bataille) mais bien interprétée et dotée d’une photo recherchée.
    Il y avait aussi une curiosité de Claude d’Anna tirée de l’opéra de Verdi issu de la pièce ( et très beau soit dit en passant) mais j’en ai un souvenir très lointain.
    Cette pièce de Shakespeare est peut être celle qui a connu le plus de réussites au cinéma.

  11. MB dit :

    « Wild Side dans ses Introuvables sort BORDERLINE (qui commence par un carton surprenant : « Milton H. Bren, le mari de Claire Trevor, et William Seiter présentent »)  »
    pas sur mon dvd!

    • yves rouxel dit :

      A MB.Avez vous revu hier soir sur arte »Gervaise »de René Clément?

      • MB dit :

        non pas hier soir mais vu et revu depuis un bail

        • yves rouxel dit :

          A MB.Jacques Siclier dans télérama écrit que c’est une adaptation impéccable. »Etude de moeurs,d’une noirceur sans espoir,est admirablement interprétée.On a vanté,à juste titre,la composition de Maria Shell.Mais Suzy Delair donne à Virginie,l’ennemie de Gervaise,implacable dans sa vengeance,un relief saisisant ».

        • MB dit :

          à Rouxel
          GERVAISE
          on n’imagine pas Maria Schell chez Zola on avait tort… quant à Delair, sa vengeance est terrible et contenue: il est vrai qu’avec la correction qu’elle s’est prise dans le lavoir! Ses retrouvailles avec Schell et l’amicalité hypocrite qu’elle affiche sont glaçantes: elle prétend avoir tout oublié et pourtant…
          Je n’oublie pas non plus le repas de fête avec la dinde (ou est-ce une oie?) et il y a peu de plus déprimant que Nana partant dans ses habits sales jouer avec ses camarades en conclusion.
          après ça, les critiques de classicisme bidon ou d’illustration scolaire et consciencieuse on s’en fout… Je crois que THERESE RAQUIN/Carné a subi les mêmes attaques

  12. yves rouxel dit :

    Dans »New york,new york »,Robert de niro ,outre de remarquables qualités d’acteur,fait preuve d’une étonnante dexterité sur son instrument:encore mieux que le chien-pianiste du Muppet show.Compliments(il à vite appris).On est loin des musiciens-bidons qui encombrent tant de films célèbres.Il aurait,sérieusement étudié le saxophone pour les besoins du film,et non seulement le doigthé,le souffle,la ferme prise du bec de l’instrument et la manière de paraitre inspiré de maints saxophonistes morts ou vivants.Un vrai bourreau du travail,un perfectionniste qui travaillait de manière acharnée,la femme de son professeur Georgie Auld n’a t-elle pas déclaré que » certains soirs nous avions peur qu’il nous suive au lit avec l’instrument ».Les nouveaux mythes exigent la conscience professionnelle.Il est vrai que les détails qui sont mieux que de simples détails de mise en scène,ont été sérieusement étudiés et remarquablement filmés.Les scènes ou Jimmy Doyle(De niro)empoigne son saxo ont un ton juste et Scorsese a précisé »Mème si le plan était superbe,on la refaisait si le conseiller technique reperait une erreur de doigté ou quelque chose qui clochait ».C’est aussi Georgie Auld que l’on entend.Simple affaire de playback bien entendu.Le role de Georgie Auld est important,comme instrumentiste,comme professeur de l’acteur,comme conseiller au tournage et aussi comme acteur puisque c’est lui qui interprète le personnage de Franckie Harte,chef d(‘orchestre(et modeste clarinettiste)qui engage Francine Evans(Liza Minelli)et Jimmy Doyle/De niro puis se retire devant le big bands.

  13. michèle dit :

    Les lecteurs de ce blog auront sûrement envie de lire, dans le dernier numéro deTélérama, l’article intitulé  » Rendez-nous les bobines ! » qui illustre les difficultés à obtenir les droits de certains auteurs (Chabrol, Eustache, etc …) pour les diffuser en salle ou en DVD. On y parle aussi de Frank Beauvais dont le film « Ne croyez surtout pas que je hurle » est tout de même un tour de force !

    • yves rouxel dit :

      A Michèle.Effectivement depuis trois mois Télérama met en avant chaque semaine, des métiers autour du cinéma,très instructif à mon avis.Le papier que vous citez sur les films de patrimoine invisible,m’a laisser sur ma faim.La copie de »La maman et la putain »d’Eustache est plus que médiocre,à plusieurs reprises on entend absolument rien des dialogues dans la scène du bar ou on aperçoit Sartre au fond de la salle!!!

      • michèle dit :

        à Yves Rouxel,
        C’est justement un des sujets de l’article : pouvoir acquérir les droits de certains films pour pouvoir les restaurer.

      • MB dit :

        « Le papier que vous citez sur les films de patrimoine invisible,m’a laisser sur ma faim.La copie de »La maman et la putain »d’Eustache est plus que médiocre »
        je ne vois pas le rapport entre les deux, d’autre part j’ai revu LA MAMAN sur Arte et n’ai pas trouvé la copie médiocre, et l’apparition de Sartre n’est pas un problème de numérisation???…

        • Denis Fargeat dit :

          L’apparition de Sartre dans les films est un problème encore peu remarqué mais récurrent: on l’a vu récemment en mineur dans « How green was my valley », en mr Spenalzo dans « Arsenic and old lace », et plus étonnant, en chauffeur de car dans « L’étranger » de Visconti d’après Camus… il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais le doute s’améliore – pour citer le grand Fred Poulet…

        • yves rouxel dit :

          La re-diffusion d’un film sur Arte est une chose mais sur Youtube on retrouve des oeuvres captées à la tv et mis en ligne dans des conditions déplorables!!!

        • MB dit :

          à D Fargeat
          il n’était pas dans ARRETE DE RAMER T ES SUR LE SABLE? il me semble…

          (ah non c’était dans LES CHARLOTS FONT L ESPAGNE pardon)

        • MB dit :

          à Y Rouxel: raison de plus pour préférer Arte qui diffuse les films en hd 9 fois sur 10

  14. yves rouxel dit :

    Ancien collaborateur de Pier paolo Pasolini,Sergio Citti ne s’est jamais débarassé de l’influence de son maitre,tant il est clair qu’au delà mème des thèmes abordés,l’amitié,le voyage,la façon de filmer révèle à elle seule cette ouverture,cette turbulence et cette libertyé ironique que l’on trouvait dans des oeuvres comme « Le décameron »ou »Les contes de Canterbury ».Ceci étant noteé,laissons de coté ces réferences pour s’attacher de plus près au travail de Citti.Son film conte l’histoire de deux chanteurs de rues,Pippo et Peppe,à qui il arrivera une aventure bien étrange;amants de la mème femme,ils se retrouverons tous deux pères de l’enfant à qui elle donnera le jour avant de mourir.Le tribunal lui mème ne pouvant rendre justice,l’enfant sera confié à un orpholinat.Après un temps de brouille,les deux compères iront rechercher leur progeniture et,maternant et paternant tour à tour,éduquerons le rejeton à leur manière.Mais vient le jour ou celuiçi grandit,et sans doute un peu las de cette vie familiale,prend le large.Pour Pippo et Peppe,c’est la déchirure et leur vie sera tout juste assez longue pour retrouver Pirripichio,leurs fils disparu,c’est leur existence qui change de fond en comble,en mème temps que le monde évolue,les constructions envahissent les parcset les automobiles à transistor remplacent les bosquets ou l’amour,protégé des regards indiscrets,s’épanouissait au son jolie des sérénades.Lorsque Pippo et Peppe retrouverons Pirripichio,ce sera dans les murs de leur ancienne demeure:le gamin est devenu une grande brute affublée d’une épouse lénifiante et de deux insupportables bambins à qui tout semble dévolu.Amère deception,le seul lien ou pouvoir encore s’épanouir la trace volatile de leur souvenir n’est plus,leur maison mème leur est volée.L’urbanisation galopante des faubourgs raye non seulement leur passé mais en bouscule aussi les ruines.Le vrai drame réside non pas dans le vieillissement mais dans l’abolition systématique d’un monde connu au profit d’un temps nouveau.Les hommes eux mèmes ont changé(sauf Pippo et Peppe bien sur!).L’université déverse maintenant son flot interminable de nouveaux savants pour qui l’essentiel est de mesurer la distance entre la terre et le soleil.Que cette fable ait pour cadre Rome justement n’est sans doute pas indifferen,Rome symbole de civilisation,de permanence,et de réference,Rome dont il est dit(dans la bouche mème de Pippo qui fait ainsi présentation à son public)qu’elle est au centre de l’Italie,comme l’Italie est au centre du monde.Le centre ,notion fondamentale ici:cette auberge ou Pippo et Peppe vont chaque jour chanter,l’auberge de l’oeuf,est aussi un centre,celui de Rome;et l’oeuf n’est pas au centre de l’auberge,oeuf au milieu duquel ont troné si logtemps Pippo et Peppe!Et cet oeuf,centre du monde(comme celui quotidien de cette poule qui servira à nourrir la force grandissante de Pirripichio)n’est il pas le symbole de toute vie renaissante,toujoyurs recommençée?Tout celà est désormais écrasé sous le poids des buidings de béton,du silence et de l’indifference.Il y a vraiment de quoi rire et…mourir. »Deux bonnes pates »de Sergio Citti n’est jamais sorti à ma connaissance en dvd.On retrouve deux monuments du cinéma:Philippe Noiret et Vittorio Gassman !!!

    • Gilles dit :

      Vous venez de découvrir la fonction copier coller Yves Rouxel ?

    • Ballantrae dit :

      Pourquoi ne pas essayer, Rouxel, de suivre les demandes simples de Bertrand à savoir tenter de réagir à ses conseils de lecture ou visionnages?

      • yves rouxel dit :

        A ballantrae.Oui je pense que je vais suivre vos conseils,mais je ne supporte pas comme tous ces « attaques »sans fondement.Mb est apparemment le moderateur ou « la voix de son maitre »et dirige ce blog de main de maitre!!!Là c’est de la plaisanterie de bonne aloi,car je n’ai de la rancune envers personne.

        • Ballantrae dit :

          Mais oui suivez ce conseil tout à fait amical et vous essuierez moins de quolibets…et personne n’est la voix de personne sinon la sienne.
          Nous sommes entre adultes je crois et quand nous commençons ainsi cela fait cour de récréation 😉

        • MINETTE Pascal dit :

          A Ballantrae : What ?
          Mais il n’y a pas plus puéril qu’un groupe d’adultes, justement !
          Voyons clair en nous, on est tous des gamins , au fond.
          La société entière est une cour de récréation.
          Tous les blogs sont donc des cours de récréation !
          Simplement, on n’est pas obligé de lire tout le monde…

        • Ballantrae dit :

          Le blog n’a pas toujours été ainsi et ce serait bien d’effectuer un retour aux sources qui faciliterait et rendrait la lecture plus riche.
          Quant à Rouxel le problème n’est pas la longueur mais le lien avec le billet de Bertrand.
          Exemple: reagissez à Welles ou Pot bouille au lieu de faire une digression sur Franco Citti ou l’adaptation de L Slimani ou Paul Schrader sortie simplement de vos fiches de synthèse ou de vos visionnages.
          Nous voyons tous plein de films intéressants et la question est simplement celle de la pertinence/ blog.
          Perso je tiens à ce blog et aimerais que Bertrand ait envie de le poursuivre encore longtemps. Je prends donc au sérieux sa demande!

        • Gilles dit :

          A Ballantrae

          Sans abonder dans le sens d’Yves Rouxel qui fait trop rarement cas des sujets proposés, on n’a pas forcément sous la main les films, livres ou DVD commentés dans chacun des billets. S’y contraindre limiterait considérablement le nombre de réactions. Et de nombreux messages inspirent les propositions à venir.

  15. yves rouxel dit :

    A la faveur du récent »virage au noir »de la comédie italienne,l’intrigue policière-bouffe qui,dans le prolongement direct de »La femme du dimanche »,sert de pretexte narratif à l’oeuvre de Luigi Commencini » »Qui à tuer le chat? »L’orbite sociologique manifeste de son registre satirique,passant de l’obervation en vase clos d’un microcosme familial historiquement »encadré »à celle d’un microcosme immobilier à l’isolement traversé,de façon sournoise par les courants de l’histoire en train de se faire.Il propose avec la complicité de Rodolfo Sonego,scénariste de »L’argent de la vieille »,collaborateur attitré de Sordi et fréquent de Risi,un véritable portrait en coupe de l’Italie,livrée à la toute puissance des multinationales et à l’arrivisme des capitalistes à la petite semaine.Dans cet univers en proie à l’usure souterraine de ses propres fondements,les admirateurs superficiels des précédentes périodes de l’activité du réalisateur,ceux là mème qui ,en son temps ,ne comprirent pas »L’incompris »,déplorerons sans doute qu’il ne reste place pour aucun attendrissement humanitaire,ni mème pour aucune redemption idéaliste.Déjà arrivée à Risi à l’époque de la sortie simultanée d »Une vie difficile(1961)et de »La carrière d’une femme de chambre »(1975),pareille mésanvature ,caracteristique de la bonne vieille tendance académique à la discrimation arbitraire entre deux objets distincts,ne fait que confirmer ,avec une évidente symptomatique la régularité du retard enregistré par l’opinion culturelle dominante par rapport à la progression historique du discours cinématographique lui mème ,que ce soit dans son évolution globale ou dans l’évolution ponctuelle de tel ou de tel »discours d’auteur ».Une fois qu’un auteur digne de ce nom a enfin été officiellement découvert,tout se passe comme si,au risque de perdre la faveur négligeable du public populaire,il avait interet,pour épargner à la critique un pénible effort de rétablissement,à couper court à tout souci de renouvellement opéré en fonction de l’évolution matérielle des besoins du grand public:face aux cinéastes qui ,pour atteindre à l’éfficacité immédiate de la communication produite,s’efforcent de recréer avec leur temps »l’opinion académique adopte,avec l’arrogance autoritaire que procurent les certitudes tardives,l’attitude réprobatrice que lui assigne son désir régressif de conserver intacte l’image idéale d’un « progréssisme »révolu.C’est pourquoi le plus bel éloge qu’on puisse faire de Comencini comme du reste de Hitchcock,auquel le suspense combiné de »Fenètre sur cour »jette ,sans oublier »La main au collet »(du chat)un clin d’oeil parodique c’est de constater ,évidence(externe ou interne)à l’appui ,qu’il réalise toujours des films qui marchent ,c’est à dire ,litteralement,des films qui vont commercialement,artistiquement et idéologiquement,dans le mème sens,celui de maximum de joissance subsersive libérée par rapport au minimum de dépense normative effectuée(de temps,d’argent,d’énergie..).On pourrait,en terme lacanien ,définir en mode d’ampleur comme en mode d’intensité la fonction ainsi rapportée(à son principe matériel de production)comme celle du maximum de j’ois sens esthétique partagée par le maximum de spectateurs possible.A la difference,pourtant ,de ce qui se produit chez Hitchcock comme chez tous les artisans de l’idéalisation hollywoodienne,le réferent objectif du système symbolique de la fiction par rapport à la réalité physique et psychique mais aussi économique,sociale,politique de l’histoire racontée ne fait l’objet d’aucun détour mystificateur par la sublimation mythologique du sens materiellement produit.A moins que,sournoisement,cette tendance spectaculaire »à la mode »ne persiste à en diffuser la propagande redoutable en faveur de l’assimilation organique des individus au territoire necessaire à leur espace vital.N’est ce pas à cause de son enviable liberté de parcours que,des les premières séquences,le chat se fait avoir?

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves rouxel
      J’avais ^parlé du film mais cela a du vous échapper mais c’est pas mal votre essai

      • yves rouxel dit :

        A Bertrand.Enfin une félicitation,je tiens à vous remercier,en espérant vous voir en septembre pour la nouvelle édition du festival Groland qui se tient à Toulouse.La ville rose va passer au « noir »et au rouge vif et mème le drapeau flottera sur la marmite ou le cassoulet mijotera pendant une grosse semaine.Je sais Bertrand que vous appréciez la bonne chère,oh peuchère je m’égare MB va me sauter au coup (de lapin)!!!

    • Gilles dit :

      Qu’est ce que vous écrivez Yves Rouxel ? Je pensais que vous citiez le texte de Jean Gili, p. 88 dans son livre sur Comencini. Lui, il trouve le scénario trop mécanique et les personnages trop équivoques pour être convaincants. Ce serait bien de citer vos sources.

      • MB dit :

        il a précisé que ces textes étaient de lui

        • Yves Rouxel dit :

          Arretons de paul et mickey car on sait que c’est Mickey qui à gagner.Ici ce n’est pas de moi mais du groupe Noir désir.Je clos cette fausse polémique et vais essayer de racourcir les textes et suivre le chemin tracer par Bertrand.

      • yves rouxel dit :

        A gilles.Mais quelle source,par rapport à quel film?Vous me déroutez,il s’agit d’un texte original,je n’ai pas lu l’ouvrage de Gili qui est une véritable pointure sur le cinéma italien.

        • Gilles dit :

          « Dîtes, vous vous foutez de moi là. » (De Funès à Robert Dhéry dans Le petit baigneur)

      • Damien D. dit :

        Merci Gilles de soulever le pot aux roses de ces longs textes « surprenants » d’Yves Rouxel : ce qui décidément amène à de sérieuses problématiques sur ce blog… Yves, écrivez désormais vous-même vos interventions et citez vos sources avant de balancer tout cela (ou abstenez vous) !!

        • MB dit :

          à Damien D
          mais comment pouvez-vous croire qu’il les a copiés? Il s’est déjà exprimé là-dessus.

        • Damien D. dit :

          A MB, ouh là moi je débarque et je vois que Gilles cite la page d’un livre de Jean Gili sur Comencini !! je réagis donc en prenant acte de l’information! Après si Yves a dit que c’était son texte et bien et bien croyons ce que dit Yves et on en parle plus… Mais je ne vois pas pourquoi Gilles aurait donné cette info du coup (quand on cite le numéro de page d’un bouquin c’est qu’il a du y lire des ressemblances non ?). Bref passons à autre chose…

        • MB dit :

          mais non lisez bien Damien, Gilles dit bien « je pensais que vous citiez Gili etc. », mais Gili est d’un avis différent à celui de Rouxel. Une fois il nous avait dit qu’il reprenait des vieux textes à lui écrits dans un autre style (ah, comme jeunesse se passe… snif)

          à Rouxel: et pourquoi vous me traitez de modérateur vous? Vous cherchez la bagarre?

      • yves rouxel dit :

        A Gilles.Qu’écrit précisement Jean Gili dans son ouvrage page 88?Je suis curieux de le savoir!!

        • DUMONTEIL dit :

          A YR

          A la page 88 de MON édition (edilio) ,il y a….2 photos « Casanova » et « pinocchio »
          (Il est dommage que cette édition s’arrête en 1980 ,car son adaptation -fleuve du « cuore » de De Amicis et son remake de « Marcelino  » ne sont pas inclus ;le livre s’arrête à « Voltati Eugenio « )

        • Ballantrae dit :

          On nage dans le grand n’importe quoi!
          Solution simple: on essaie tous de revenir prioritairement vers les sujets du texte initial.
          Une solution simple pour Rouxel: si vous voyez tel film en dehors des choix de Bertrand recherchez un ancien billet pour vérifier si cela n’était pas discuté. Ainsi le blog retrouverait son unité première et aucun intervenant ne s’agacerait à cause des digressions.
          Une digression ça peut arriver…mais si nous ne faisons que des digressions c’est comme si nous disions à notre hôte que nous n’avons rien à faire de ses lectures ou séances.
          Ce n’est pas très correct en somme et équivaut à couper la parole constamment dans une conversation non?
          Le cinéphile est décidément un drôle d’animal…et je ne m’exclue pas du constat quand je prends du recul!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          JE SUIS ENTIÈREMENT D’ACCORD. On revient à ce que fut ce blog pendant longtemps et les intervenants doivent se centrer sur les films que ce soit Rouxel ou Minette Pascal ou Gilles. Sinon j’arrête. J’en ai marre des idées géra les et des considérations oiseuses sur la puérilité des groupes d’adulte. Donnez moi vos opinion et des faits en arrêtant les piques et les digressions sauf si elles sont essentielles et on en trouve même chez Rouxel

        • Gilles dit :

          A Dumonteil

          Le mien c’est le Gremese de 2003.

  16. Manu dit :

    Bonjour,
    Il y a des biographies d’acteurs de cinéma récemment décédés qui paraissent (celle sur Jean-Pierre Marielle dont j’avais parlé ici ou plus récemment celle sur Michel Piccoli que je n’ai pas encore lue, signée Philippe Durant qui est un auteur de qualité dans ce domaine). Pour les acteurs plus anciens, il faut signaler l’effort des éditions Séguier de publier l’excellente bio consacrée à Louis Jourdan par Olivier Minne (il ne faut pas s’arrêter à l’animateur de Fort Boyard parce que son livre est passionnant, d’autant qu’il a fréquenté Jourdan pendant plusieurs années et s’est beaucoup documenté), ainsi que les mémoires d’Hedy Lamarr et celles (rééditées) d’Errol Flynn.
    Pourra-t-on un jour lire en français la bio de John Wayne dont vous avez déjà parlé, Bertrand Tavernier ? Il reste un acteur encore très apprécié en France, en dépit de ses positions sur certains sujets… Y a-t-il d’autres bios d’acteurs ou de réalisateurs, en français, dont vous nous conseillez la lecture ?
    Et (au risque que cela ait déjà été évoqué dans ce blog), qu’en est-il de la mise à jour de « Cinquante ans de cinéma américain » ? La dernière édition de 1995 est formidable mais nous sommes très nombreux (sur ce blog et ailleurs) à attendre une nouvelle édition actualisée ! Merci à vous et bel été !

    • demachy dit :

      A Manu
      Tout à fait d’accord avec vous sur le livre très attachant d’Olivier Minne sur Louis Jourdan, qui est à la fois un récit de sa carrière basé sur des entretiens avec l’acteur et un livre d’amitié. Et, pour ce qui concerne les acteurs français, on a conseillé ici-même les récentes biographies d’Annabella et Mireille Balin, ouvrages sérieux et solidement documentés.

      En revanche, il ne faut pas se laisser avoir par l’escroquerie que constitue la pseudo autobiographie d’Hedy Lamarr. On sait parfaitement aujourd’hui que ce n’est pas elle qui l’a écrit et qu’elle a tenté d’en empêcher la publication. Il existe au moins une biographie sérieuse de l’actrice : BEAUTIFUL, THE LIFE OF HEDY LAMARR par Stephen Michael Shearer (2010). La mésaventure que constitua la parution de ECSTASY AND ME en 1966 y est racontée en détail. En résumé, à la fois par besoin d’argent et par un mélange d’imprudence et de naïveté, Lamarr signa un contrat prévoyant l’édition de ses « mémoires », qui seraient écrites en coulisses par un certain Leo Guild à partir d’enregistrements où elle racontait sa vie. Mais Guild rajouta de nombreux épisodes croustillants et mensongers – notamment à caractère sexuel. Lorsque Lamarr s’en rendit compte, elle engagea des poursuites contre l’éditeur, décrivant le contenu du livre comme « fictional, false, vulgar, scandalous, libelous and obscene », mais ne put empêcher la publication. Son biographe rappelle que ce torchon, dont elle ne cessera de rappeler qu’elle n’en est pas l’auteur, allait « hanter Hedy pour le reste de sa vie » et causer des dommages irréversibles sur sa carrière et sa réputation.
      Il est donc regrettable qu’un éditeur français fasse mine de s’intéresser à Hedy Lamarr en publiant un demi-siècle plus tard ce qui tient surtout de la presse de caniveau, alors que les ouvrages sérieux sur elle ne sont pas traduits. Plus étonnant encore est l’engouement sans aucun recul que ce travail de faussaire a suscité en France : le livre a par exemple été recommandé au « Masque et la Plume » littéraire par des critiques ignorant visiblement tout du sujet !!
      Bref, je pense que les livres sérieux sur le cinéma sont assez nombreux pour que l’on ne perde pas de temps à lire ce genre d’inepties !

      • Manu dit :

        A Demachy,
        Merci pour votre réponse et vos précisions, notamment sur le livre « signé » Hedy Lamarr, que j’ai cité dans mon commentaire sans l’avoir lu, en me fiant à l’éditeur après avoir lu le livre de qualité sur Louis Jourdan. J’espère que, concernant les mémoires apparemment « politiquement incorrectes » d’Errol Flynn, rééditées plus de 60 ans après sa mort, nous ne sommes pas sur le même genre d’imposture…

      • Denis Fargeat dit :

        … une émission sur Hedy Lamarr : https://is.gd/AQMJCD
        … et en cadeau, une nuit avec des actrices : https://is.gd/ZupLiz
        (….la phrase prête peut-être à confusion et je ne voudrais être accusé ni de sexisme, ni de publicité mensongère : il s’agit d’une nuit d’archives autour d’Armel de Lorme, qui publie « Actrices du cinéma français 1929-1944 »)

    • Julia-Nicole dit :

      A Manu
      Le livre de mémoires d’Errol Flynn est réputé pour être largement fantaisiste.
      D’accord avec Demachy pour se concentrer sur les livres sérieux. Concernant les acteurs, beaucoup de biographies américaines remarquables (Spencer Tracy, Burt Lancaster, Ava Gardner, Clara Bow, Ramon Novarro, Lillian Gish…) ne sont pas, à ma connaissance, traduites en français. Parmi celles qui le sont, on peut recommander le BOGART de A.M.Sperber et Eric Lax, paru en 1997, et les 2 biographies de référence de Greta Garbo, celle de Barry Paris en 1994 et celle de Karen Swenson en 1997.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Julia-Nicole
        Mais le livre de Flynn est bien écrit et très marrant. Parmi les meilleures biographies, celle de Lee Server sur Mitchum, d’Alan Rode sur Charles McGraw

        • MB dit :

          une biographie de McGraw? ça alors je me rue

        • yves rouxel dit :

          En revanche,il me semble qu’Olivia de havilland n’a jamais écrit de biographie car elle à dut connaitre pas mal d’histoires,rien que le tournage d »Autant on emporte le vent »!!!

        • SugarKane dit :

          D’accord avec Bertrand Tavernier sur les mémoires d’Errol Flynn qui sont passionnantes. Je crois d’ailleurs que vers la fin de sa vie il souhaitait se consacrer à l’écriture et dans son roman L’épreuve de vérité qui est pas mal également, il recycle en partie des souvenirs personnels. Raoul Walsh qui je pense lui a donné ses meilleurs rôles dresse de lui dans ses mémoires un portrait particulièrement attachant et émouvant.

        • MB dit :

          « En revanche,il me semble qu’Olivia de havilland n’a jamais écrit de biographie  »
          non mais une autobiographie peut-être?
          à moins que ce livre ne soit que la relation du mariage de ce Français qui l’emmena à Paris.
          « Every Frenchman Has One « 

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Cette autobiographie a été un interminable serpent de mer. Elle a promis cent fois de l’écrire ou de se laisser interviewer, a sans cesse remis les rendez vous, si bien qu’après 10 ou 15 ans tout le monde s’est découragé. Elle avait promis de venir à Lyon puis a annulé. Pourtant, j’ai passé trois heures merveilleuses avec elle. Elle était précise, intelligente, parlait remarquablement bien de Walsh, Leisen, Curtiz (qu’elle admirait mais détestait pour ses côtés tyranniques, inhumains), Wyler, Litvak (qu’elle adorait)

        • MB dit :

          à Bertrand
          HAVILLAND
          mais vous n’avez pas de relation de ces trois heures? veinard!

      • Manu dit :

        A Julia-Nicole,
        Merci pour les infos !
        Il m’est arrivé de lire des bios en VO (notamment celle sur Patrick McGoohan par Rupert Booth qui est très complète). Je n’ai pas réussi à entrer dans la bio en VO sur Richard Widmark, « Becoming Richard Widmark », qui ressemble à un fouillis désordonné d’informations avec trop de digressions. Il y a l’autobiographie de Christopher Lee, « Lord of Misrule » qui m’attend depuis un moment, et qui a depuis été traduite en français (à un prix abusif). Du côté des vieilles bios françaises, je recommande particulièrement l’autobiographie de Paul Meurisse (même si elle s’arrête aux années 60 car je pense qu’il n’a pas pu aller au bout de son livre) et le « Gabin » d’André Brunelin, la référence sur l’acteur. Les bios très documentées de Philippe Durant sur Audiard ou Ventura également.
        Le pavé de McGilligan sur Clint Eastwood (traduit en français) est très complet aussi, mais je l’avais trouvé assez « à charge » contre l’acteur/réalisateur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Manu
          celui sur Mel brooks est intéressant

        • Jacques Maltais dit :

          A trouver également : LAIRD CREGAR : A HOLLYWOOD TRAGEDY, de Gregory William Mank.
          Le livre de Paul Meurisse est particulièrement truculent , voir les chapitres sur Carné, Clouzot ou Stroheim.
          Dans L’ANNAMITE de Dany Carrel, on trouve des témoignages sur René Clair, Julien Duvivier, André Cayatte (PIEGE POUR CENDRILLON) ou encore Clouzot (L’ENFER)… et bien d’autres.

        • Gilles dit :

          Philippe Durant c’est quand même d’une complaisance à la limite du risible. On n’écrit en France que des hagiographies, à mettre en perspective avec ce qu’a écrit Donald Spoto sur Dean Martin ou Hitchcock. Est-ce une question de législation ? Attaquer un auteur avant même que ne sorte son livre (Delon/Bernard Violet).

        • DUMONTEIL dit :

          A Gilles : le Delon/Violet

          c’est un livre très bien documenté et dénué de toute complaisance.

        • yves rouxel dit :

          A Manu.Evidemment l’auteur de la biographie sur Patrick mcgoohan doit évoquer la série »Le prisonnier »qui fut un veritable calvaire pour l’acteur qui à dut imposer les trois derniers épisodes.Mcgoohan a était très proche de John Cassavetes et de Peter Falk qu’il imposa à deux reprises aux producteurs et créateurs de « Columbo ».Episodes que je vous conseille vivement de voir car on retrouve l’anti-militarisme et l’anarchisme de Mcgoohan.

        • Gilles dit :

          A Dumonteil

          Je n’ai pas voulu le lire, à cause de l’essorage imposé par Delon à Violet, qui, dit-on, nous mettait sur la piste de ce qu’un truand repenti révèle en ce moment (Delon le Epstein français). Il y a, semble-t’il, entre la France et les pays anglo saxons une grande différence au sujet de ce qui tombe ou ne tombe pas sous le coup de la loi. Les Kennedy ayant tenté de bloquer la série TV, en vain, ou Larry Flint impuissant face à Milos Forman. Jane Birkin a en revanche pu imposer ses points de vue à Joann Sfar.

    • MB dit :

      à Manu, Demachy et autres lecteurs de bios: fasciné par Jules Berry je me demande ce que vaut une bio « J.B. le joueur » de Henri Marc, avec les bios on a l’éventail qui va du bouquin détaillé et précis jusqu’à l’hagio lèche-bottes sans intérêt.

      • demachy dit :

        A MB
        Le livre sur Jules Berry : lu il y a longtemps ; il me semble que c’est pas mal mais assez succinct. Cela a souvent été le défaut des ouvrages français sur les acteurs des années 30/40, qui n’avaient pas l’ampleur et ne bénéficiaient pas du même travail de recherche que les grandes biographies américaines des acteurs hollywoodiens de la même époque. Il semble y avoir une évolution (cf la biographie récente d’Annabella), mais il reste de grands manques concernant les vedettes françaises d’avant-guerre.
        Néanmoins, dans ce domaine, parmi les livres que je connais, je conseillerais pour leur sérieux :
        – sur Arletty : les biographies de Denis Demonpion (1996) et de David Alliot (2016, celle-ci centrée sur la période de l’Occupation), ainsi que la touchante correspondance entre Arletty et son amant Hans Soehring (publiée en 2018).
        – sur Vanel : « Monsieur Vanel » par Jacqueline Cartier. Pas une biographie à proprement parler, mais des conversations passionnantes avec l’acteur.
        – plus inattendues, les biographies de Corinne Luchaire par Carole Wrona (2011), de Robert Lynen par François Charles (2002) et de Pierre Renoir par Bernard Pharisien (2003).

        • MB dit :

          à Demachy, merci pour toutes ces infos, je vais passer pour le livre sur Berry mais ai bien noté les autres.

  17. Jacques Maltais dit :

    CAYATTE (suite)
    Deux films rares de Cayatte sont sortis chez Gaumont : PIÈGE POUR CENDRILLON (Dany Carel est sublime et omniprésente) et À CHACUN SON ENFER (très très dur). Il ne me semble pas qu’ils aient été évoqués, PIÈGE… est à voir absolument.

    • Denis Fargeat dit :

      Ce « Piège » a été un peu évoqué par Dumonteil et d’autres en 2018 et 2019… consulter l’archiviste du blog – j’en ai fabriqué un: il faut créer un fichier word, y copier-coller les pages du blog et faire une recherche à l’intérieur… c’est fastidieux mais quelle joie quand les résultats apparaissent sur un plateau.

      • Jacques Maltais dit :

        A Denis Fargeat, merci, c’est effectivement la solution optimale pour s’y retrouver.

        • Ballantrae dit :

          Gros travail de patience ! Combien de temps y avez vous passé? Pourquoi ne pas le communiquer à Bertrand?

        • MB dit :

          à Ballantrae mais non recopier le blog dans un traitement de texte ce n’est pas si long, c’est du copier-coller, celà permet de recopier les commentaires les plus intéressants qui restent introuvables dans la recherche du blog, et l’outil de recherche d’un libreoffice ou word ou autre est bien plus précise que celle-ci!

        • MB dit :

          quant au temps que ça prend, ça dépend de à partir de quand vous commencez

          j’avais parlé de cette manip il y a longtemps, ça a dû vous échapper

        • Denis Fargeat dit :

          A Ballantrae
          … ben je croyais la pratique plus répandue… ce n’est pas si long à faire, ce qui est un peu ooops ( ou gasp suivant l’humeur) c’est quand de très anciens posts sont commentés : dans le doute il faudrait tout refaire… Perso je fais un fichier par année, ça évoque les reliures de vieux journaux et c’est un bon compromis entre le trop et le pas assez.
          Mais je peux envoyer à qui souhaite, wetransfer ou autre.

  18. Didier D dit :

    A propos de « 50 ans  » p 828 sur « the well » (1951)vu hier: on lit que « une fillette blanche ayant disparu ,on accuse ,sur de vagues bruits ,un ouvrier agricole noir que l’on entreprend de lyncher » : il s’agit en fait d’un blanc (probablement équivalent de nos ingénieurs des mines,si l’on encroit la seconde partie).

  19. yves rouxel dit :

    Les plus audacieux faiseurs de films catastrophe n’y avaient pas songé,tant pis pour eux,l’idée est prise,et vaut un fantastique morceau de bravoure dans ce « Medusa touch »,moins génialement baptisé en français »La grande menace ».Veritable clou anthologique que cet effondrement Saint paul de Londres,commandé à distance par la seule force de pensée d’un homme aux pouvoirs télékinésiques étranges et terrifiants,fléau meurtrier s’abattant sur la tète de centaines de personnes et non des moindres:tout le gratin londonien,la cour de sa gracieuse Majesté,la reine en personne bien sur arrétée à temps avant son entrée dans les lieux.En fait cette scène ne se livre pas vraiment comme spectaculaire,Jack Gold l’a présente avec une espèce d’indifference à l’effet;le suspense existe,l’homme(Richard Burton)va t-il mettre sa (grande)menace à exécution?mais il est si peu dans le ton général du film que,mème si l’interrogation demeure,la préoccupation du spectateur réside moins dans l’angoisse du résultat,ou d’une réponse aussi ponctuelle ,que dans les fruits d’une reflexion ainsi proposée sur un problème contemporain particulièrement épineux:la télékinésie ,action à distance de la pensée sur des objets ,ou des personnes.Phénomène édifiant,dont certains cas sont désormais celèbres,que nous voyons sur les authentiquesdocuments filmés en mème temps que l’inspecteur Brunel(Lino Ventura),qui se les projette afin de perçer à jour la personnalité de celui sur qui il est chargé d’enqueter et qui,après avoir été victime d’une tentative d’assassinat (avec une statuette de Napoleon!),survit miraculeusement sur un lit d’hopital,défiant toutes les lois de la medecine.A travers cette investigation policière ,peu importante en tant que telle,Brunel,fin limier français envoyé à Londres dans le cadre d’échange du marché commun,voit son role se situer bien au-delà de sa simple fonction sociale.Il entre à son tour ,d’abord à son insu puis ,consciemment ,contraint et forçé par les évenements sur l’échiquier de ce qui semble comme la fable mythologique moderne.A l’instar de méduse dans la mythologie antique ,qui transformait en pierre tout ceux qu’elle regardait,l’écrivain Morlar se voit,et ce dès son plus jeune age ,affublé d’un terrifiant droit de vie et de mort sur les ennemis du quotidien,qu’il peut foudroyer d’un simple regard ,sans intention de donner la mort,du moins jusqu’a un certain stade car,aigri et »contestataire »,le personnage ne tarde guère à utiliser sciemment cette puissance de destruction à un échelon plus vaste encore.Nous voilà donc avec l’étrange sentiment que tout ceci peut ètre déjà réalité,quelque part aux états-unis ou en Union soviétique,ou mème ailleurs,encore à l’état d’experience sans doute mais terriblement menaçant pour l’avenir de la communauté humaine,ainsi à la merci d’une des armes les plus redoutables.Pourtant ce n’est pas un discours alarmiste que tient le film.Plus simplement il s’agit d’une allègre allégorie fantastique,avec un malin plaisir ludique à jalonner le récit de ses éléments complexes,dramatiques et railleurs à la fois,comme cette fin ,stupéfiante et narquoise,ou cette réference métaphorique à l’une des trois Gorgonnes,Méduse qui fut finalement décapitée par Persée est en quelque sorte représenté par Brunel avant que de son sang naisse le cheval Pégasse.Lequel Persée est en quelque sorte représentée par Brunel ,dans une composition nouvelle et remarquable de Lino Ventura,qui poursuit ainsi sa carrière avec d’heureuses dimensions internationales.Quoi qu’il en soit ,la motivation première et évidente de Jack Gold,cinéaste méconnue en France,semble ètre de reprendre ce thème du « visiteur »qui lui est cher.Comme dans »Le visiteur »et mème justement dans « Le tigre du ciel »,le récit repose au départ sur l’intrusion d’un individu-catalyseur dans une communauté,des religieux dans le premier film,des aviateurs de la Première Guerre mondiale dans le second. »La grande menace »vaut plus pour cette continuité thématique et cette reflexion philosophique que pour une mise en scène qui n’abat pas vraiment ses cartes,demeurant dans une apparente neutralité de style.

  20. DIDIER D dit :

    BALLANTRAE

    Je vous soutiens à fond pour « la main du diable » peut-être le seul film fantastique français vraiment réussi avec une construction en boucle ,comme « dead of night » (qui lui est ultérieur)

    Et pour cet épouvantable ersatz de Piaf (mais c’est hors-sujet)

    • Denis Fargeat dit :

      Je me range du côté des défenseurs de la »Main du diable » ; il n’y a pas tant de fantastique que ça dans le cinéma français, mais ce n’est pas un argument. Et Maurice Tourneur, avec son expérience Hollywoodienne, est assez légitime je trouve pour pasticher ce qui se tournait à la Universal en même temps – je songe aux scènes d’ouverture (puisqu’on parle de synchronie, son fils Jacques explorait quant à lui, en même temps des voies paralléles).
      La scène des détenteurs successifs assume une théâtralité qui fait partie du style de l’auteur ( je pense à l’Oiseau Bleu ; certains moments où le récit est comme placé plus haut, avec un art consommé du décor, de l’espace.)
      J’aime aussi ce film à cause de « Laisser passer », où le tournage de cette scène est précisément évoqué ; et Philippe Morier-Genoud incarne merveilleusement Tourneur, avec une présence qui donne corps à ce personnage douloureux.
      Pour la structure en boucle, revoir « L’armoire volante », postérieur – mais est-ce si important? Il me semble l’avoir vu à peu près en même temps que « Dead of night », et c’est troublant sous ce rapport… en tous cas le procédé est parfaitement en situation, et invite à revoir le film, avec le même plaisir ( Fernandel fabuleux, et magnifiques images de Nicolas Hayer).

      • MB dit :

        « Je me range du côté des défenseurs de la »Main du diable » ;  »
        avec Didier D c’est la première vraie défense du film que je trouve ici.

        • Denis Fargeat dit :

          … je me permets de rajouter  » Le loup des Malveneur », que j’aime bien, on dirait une ersatz de Universal, destiné aux français privés de films américains….
          Peut-être pas très réussi, mais l’amateur de decorum fantastique y trouve son compte, et il y a une bonne partie de la panoplie gothique : servante muette (Marcelle Géniat), savant fou ( Pierre Renoir vraiment pas mal), château impressionnant, et musique fantomatique jouée par un orgue caché : la belle « Valse oubliée » de Maurice Thiriet, que Reginald, le dernier des Malveneur, interprète jusque dans les flammes…
          Petit souvenir : un peu distrait, je passais rue Joseph Serlin à Lyon, et je vois que mon cher Cinéma Opéra a été relooké, et annonce « Le loup des Malveneur ». Je me dis chic, vais enfin le voir, celui-là…. je continue et m’aperçois que l’hôtel de ville est pavoisé de croix gammées, ce qui fait moins plaisir… on tournait « Lucie Aubrac ».
          (Si vous êtes sages, je vous raconterai comment je suis arrivé en retard en cours à cause de chars russes place St Jean.)

      • Ballantrae dit :

        Il est des films qu’on aime pour le moment auquel ils nous ramènent…souvent l’enfance.
        Je l’ai découvert il y a bien longtemps et l’inquiétude qui sourd de ces espaces peu éclairés m’avait frappé à une époque où je ne voyais ni lisais bcp de récits fantastiques aussi fut il un peu fondateur d’un amour envers le pouvoir de suggestion que peut créer un cinéaste. La filiation Jacques/ Maurice T est patente avec ce film plus qu’avec tout autre et je serais curieux de savoir s’ils échangerent à propos de cette expérience commune.
        La construction avec son récit rétrospectif est très efficace de même que les apparitions du diable bien plus inquietant que J Berry dans Les visiteurs du soir.
        Le côté segmenté peut évoquer des films à sketch comme celui de Duvivier en Angleterre quasi contemporain et lui aussi clairement fasciné par les possibilités du récit fantastique.
        Quant à l’affirmation de MB sur l’impossibilité d’argumenter pour défendre La main du diable ( qui ne vaudrait que par ses intentions) je relève que sa défense de Volpone est certes haute en couleur mais ses arguments me semblent plus liés à la pièce qu’au film en soi. Sachant que j’apprécie Volpone😉

        • Didier D dit :

          La filiation Jacques/ Maurice T est patente avec ce film plus qu’avec tout autre et je serais curieux de savoir s’ils échangerent à propos de cette expérience commune.

          C’est évident !Il suffit de revoir « night of the demon » avec ce parchemain (la faute d’orthographe est intentionnelle , Martin!)
          les « malheureux » qui aiment le film de Tourneur père comptent parmi eux Lourcelles à qui je vous renvoie pour les arguments, et nous n’avons pas l’avis de Julia -Nicole ,grande connaisseuse de notre patrimoine,ni celui de Servant ,ni celui du plus que jamais prolixe YR.

          il n’y a pas tant de fantastique que ça dans le cinéma français, mais ce n’est pas un argument.

          C’est vrai et ,si on met « les visiteurs du soir » et  » la main du diable » de côté il ne reste pas grand chose dans ce domaine : « croisières sidérales « ,(Zwobada,1941)le premier film utilisant la théorie de la relativité est du plus haut comique (il faut voir Madeleine Sologne et Carette sortir d’un ballon/cloche et se retrouver dans l’espace sidéral); « le monde tremblera » (Pottier ,sur un scénario de Hachegécé, 1939) avec sa machine qui peut prédire la date de votre mort : prophétique ,il y a(vait) un site sur internet qui proposait ce peu attrayant service .

          Trois films du genre ont retenu mon attention :le très peu connu « la septième porte »(1946) du même Zwobada ,sorte de fable dont l’argument est proche du »désert des tartares » de Buzzati ; « l »alliance « (1970) de Christian de Chalonges que je n’ai apprécié qu’à la seconde vision « l’ironie du sort » de Molinaro(1974) dont j’ai déjà parlé ici et qui n’a rien à voir avec le reste de sa filmographie .Il y a sûrement d’autres films français fantastiques ,signalez ceux que vous connaissez !

        • Didier D dit :

          Dans les films fantastiques j’ai oublié « la fin du monde  » et les deux « j’accuse » de Gance

        • Jacques Maltais dit :

          Films Fantastiques Français :
          hélas oui, il n’y a pas vraiment de genre fantastique français, mais quelques titres classiques peuvent être cités :
          VAMPYR
          LA NUIT FANTASTIQUE
          LA CHARETTE FANTÔME
          LA BELLE ET LA BÊTE
          ORPHÉE
          LA BEAUTÉ DU DIABLE
          LE PUIT ET LE PENDULE
          LE TESTAMENT DU DOCTEUR CORDELIER
          LES YEUX SANS VISAGE
          JUDEX
          La cinémathèque avait consacré un cycle en 2012 à ce genre peu français avec d’autres titres moins connus. Pourtant, le cinéma muet avait bien lancé ce genre, mais sans suite. Finalement, il y a tellement de genres qui n’ont jamais vraiment vu le jour en France.
          LA MAIN DU DIABLE est bien à juste titre un des films fantastiques les plus connus et réussis du cinéma français : découpage concis, photographie recherchée, casting de premier choix, thèmes de la richesse et de la mort omniprésents. Il s’agit bien d’un film majeur et impressionnant de Maurice Tourneur, et comme vous le dites, son fils Jacques, un habitué des classiques du fantastique (même en courts métrages), en reprend l’idée (hasard ?).

        • Jacques Maltais dit :

          Films Fantastiques Français.
          Je rajoute LES JEUX SONT FAITS, un des premiers films que j’ai vu à la télévision très jeune et qui m’avait fortement impressionné.

        • MB dit :

          VOLPONE
          à Ballantrae
          « je relève que sa défense de Volpone est certes haute en couleur mais ses arguments me semblent plus liés à la pièce qu’au film en soi.  »
          je n’ai pas vu la pièce
          mais de tte façon il n’y avait aucun argument pour VOLPONE, juste une foucade, je voulais reprendre l’expression critique « il manque le déssert » a contrario et la développer pour rigoler mais personne ne rigole ouinn!…
          quant à LA MAIN DU DIABLE, vous allez me faire le revoir avec la terreur au ventre de subir le même ennui, j’espère que vous sentez votre responsabilité là-dedans?

          puisque vous êtes là, j’ai revu pour la 3ème ou 4ème fois LA ISLA MINIMA de Rodriguez que vous aviez conseillé ici, c’est toujours le même plaisir, l’un des meilleurs polars (*)des années 2000 avec MEMORIES OF MURDER. Hispanisant plus que de raison ma carafe de sangria trafiquée (par moi) à portée de main, je venais de revoir MEME LA PLUIE de Iciar Bollain(« traduction » imbécile de « Aussi la pluie »!) (conseillé aussi par vous, Ballantrae eh oui j’ai de la mémoire) j’adore la deuxième partie dans la ville en révolte, et Luis Tosar du début à la fin, du coup ça m’a donné envie de revoir MALVEILLANCE de Balaguero et CELLULE 211 de Daniel Monzon et de refabriquer une carafe de sangria.
          (*) je sais pourquoi je revois de temps en temps LA ISLA MINIMA: c’est que je ne réussis jamais à piger comment ils arrivent à choper le coupable à la fin! Caramba ces flics espagnols sont trop forts pour moi ma parole!
          ¡ARRIBA ESPAŇA!

        • Ballantrae dit :

          J’avais conseillé vivement La isla minima mais ne me rappelle pas l’avoir fait pour Même la pluie que je trouve simplement » pas mal ».
          Le cinéma espagnol contemporain a de réelles forces et je pense aller voir Madre car j’avais bcp aimé El reino du même Sorogoyen.

        • michèle dit :

          à Didier D,
          Quelques ouvrages ont traité le sujet du cinéma fantastique français qui n’est pas aussi pauvre qu’on le dit. Parmi ces livres et par ordre d’apparition : Le rêve et le fantastique dans le cinéma français (Charles Pornon,La nef de Paris, 1959), La série B française (Ledù, Cherrière et Saliva, E.S.A.V., 1999) et Le cinéma fantastique en France (collectif, CNC, 2012).
          Parmi les films fantastiques évoqués : Le monde tremblera (1939), La charrette fantôme (1940),Sylvie et le fantôme (1946), Les mains d’Orlac (1961), Litan (1982, etc … sans compter les films étranges, surréalistes, etc … Orphée, Judex, Nuits rouges, Midi-minuit, Je t’aime, je t’aime, Providence, etc…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A michele
          la plupart de ces films, bons ou mauvais, sont des prototypes et ne s’inscrivent pas dans un courant comme les films d’horreur de la Universal des années 30, la production Hammer ou les films de zombies

        • Didier D dit :

          Sans oublier le courant italien ,ce n’est pas ballantrae fan d’Argento qui me démentira.

        • MINETTE Pascal dit :

          A Michelle : En cherchant bien, je suppose qu’on trouverait des incursions par ci par là, comme dans LA FILLE DE NULLE PART de Brisseau.

        • Ballantrae dit :

          Et n’oublions pas quelques auteurs contemporains très talentueux tels que Pascal Laugier ( Saint Ange, Martyrs – un chef d’oeuvre-, The secret et Ghosland) ou Lucile Hadzihalilovic ( Innocence et Evolution).

        • michèle dit :

          à Bertrand,

          Tout à fait d’accord, il s’agit de prototypes qui n’ont pas créé de genre comme la Universal ou la Hammer ont pu le faire. On peut s’en féliciter d’ailleurs, chaque film étant ainsi une œuvre qui se suffit à elle-même et n’a pas besoin de s’intégrer dans une série du type : Le fils de la main du diable ou le retour du fils de la main du diable !
          On peut toutefois noter que certains réalisateurs ont œuvré dans cet esprit de genre (avec des fortunes diverses); le plus connu en France étant Jean Rollin récemment disparu, mais aussi Raphaël Delpard ou plus récemment Pascal Laugier.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A michèle
          Mais là, on n’est pas dans la même catégorie que Tourneur, Cocteau et autres

        • michèle dit :

          à Minette Pascal,
          Oh oui ! Jean-Claude Brisseau a très souvent utilisé le fantastique dans ses films, ce qui est assez rare en France. Bertrand n’a pas l’air de trop aimer le fantastique, n’empêche que, dans la brume électrique, on peut faire d’étranges rencontres … Et si on inclut la SF dans nos échanges, on peut même voir La mort an direct ! Brrr…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A michele
          Pourquoi dites vous cela : James Whale, Terence Fisher sont des réalisateurs que j’ai défendus ainsi que des films comme au coeur de la nuit

        • MB dit :

          à Minette Pascal
          merci pour l’allusion à Brisseau pour le fantastique, qui est essentielle: les trouées fantastiques qu’il crée dans des films au cadre réaliste sont troublantes et relèvent exactement de ce courant, il ne s’agit pas de montrer juste qqch de surnaturel. LA FILLE DE NULLE PART en effet, plus CELINE, DE BRUIT ET DE FUREUR, UN JEU BRUTAL (dans lequel E Debever retient à distance le bras meurtrier de Crémer (ce qui fit rire bêtement une critique de Télérama)) aussi CHOSES SECRETES, LES ANGES EXTERMINATEURS, A L AVENTURE et que sais-je. Je n’y avais pas pensé quand les blogeurs listaient les films fantastiques français. Ce fantastique n’est pas systématique, soit il est absent (NOCE BLANCHE) soit ce sont des touches brèves (la lévitation de CELINE).
          On voit une lévitation dans le film morbide de Bruno Dumont L HUMANITE mais elle m’a semblé plaquée superficiellement!
          Un Brisseau que je n’arrive pas à voir: MEDIUMNITE, avec ce titre…

        • Damien D. dit :

          A Bertrand : même si on ne peut comparer à Tourneur ou Cocteau, Pascal Laugier est tout de même bien au-dessus du lot d’un Jean Rollin par exemple. Michèle et ballatrae cite Laugier a juste titre comme étant actuellement un de nos meilleurs (si ce n’est le meilleur) représentant d’un cinéma fantastique français. Dommage qu’il rappelait lui-même dans des bonus de dvd la difficulté de tourner en France : les producteurs étant très frileux pour ce genre de productions. Ce qui l’a conduit à tourner au Canada ou aux Etats-Unis de manière la plus indépendante qui soit. Cette « immigration forcée » a abouti à deux bons films que sont THE SECRET et GHOSTLAND. Son film MARTYRS je ne crois pas l’avoir vu mais se rapproche plus du film d’horreur pur que du fantastique proprement dit (et c’est moins ma tasse de thé)… On peut citer aussi Alexandre Aja qui a eu le mérite de faire des remakes originaux voire supérieurs de standards du genre (LA COLLINE A DES YEUX bien au-dessus du film de Craven par exemple).

        • MINETTE Pascal dit :

          A Michelle et MB :
          Il y a aussi le fantastique rigolo genre LE PASSE MURAILLE .
          Et puis , peut-être le plus intéressant, celui des faits réels, celui de l’Histoire , qu’on trouve au coeur des multiples JEANNE D’ARC et autres BERNADETTE (Soubirous).
          Ces derniers sujets devraient à la fois enflammer l’imagination des scénaristes et des hommes de science. Hélas….

        • MB dit :

          à Ballantrae
          vous aviez conseillé aussi MALVEILLANCE ou je rêve, il faut voir CELLULE 211 pour son extravagance d’invraisemblance même: SPOILER??? une mutinerie éclate dans une prison au moment précis où un jeune gardien qui doit prendre son poste le jour suivant (il est venu la veille juste pour se présenter aux collègues) se fait pièger par erreur dans une cellule: inconnu des prisonniers il n’a plus qu’à prétendre passer du statut de nouveau gardien inconnu à celui de nouveau prisonnier inconnu pour sauver sa peau et affronter Luis Tosar le meneur!

        • michèle dit :

          à Damien D.,

          Je crois bien que Todorov classait la SF avec les contes, c’est à dire dans un monde où les protagonistes ne s’étonnent pas de ce qui peut nous sembler à nous « irréel ». L’exemple que vous citez La Planète sauvage en est un exemple parfait. Si l’on veut être tatillon, il y a très peu de fantastique puisque, toujours selon Tzvetan Todorov, le fantastique consiste en un court moment de doute dans l’esprit du personnage confronté à l’irréel. A ce moment-là, deux possibilités : le personnage ne s’étonne pas de cet « irréel » auquel il est confronté et nous sommes dans un conte ou dans de la SF (une forme moderne des contes). Deuxième solution, le personnage est terrorisé par ce fantôme ou ce vampire (etc…) et nous sommes dans un récit d’horreur. Prolonger le fantastique sur toute la durée d’un film (Les innocents, par exemple) tient de l’exploit ! La plupart basculent assez vite dans l’horreur.
          Mais tout cela participe du « cinéma fantastique », terme oh combien ! générique.

      • Jacques Maltais dit :

        autres Films Fantastiques Français :
        s’il y a bien quelques titres fantastiques français au cinéma mais plutôt rares, on en trouve bien davantage dans la production télévisuelle française dans les années 60-70 : LES COMPAGNONS DE BAAL, LA POUPEE SANGLANTE,LE VOYAGEUR DES SIECLES (écrit par Noël Noël), L’ILE AUX TRENTE CERCUEILS, …
        Je me risque à citer un titre de film cinéma, plutôt pour les fans d’Argento que de Tourneur, Cocteau ou Franju: LE DEMON DANS L’ILE, réalisé en 1983 par Francis Leroi, avec Anny Duperey.

        • Denis Fargeat dit :

          Et une merveille peu citée: « Le mystérieux dr Cornelius », réalisé par Maurice Frydland en 1984. Pas très fidèle au roman, mais plein de belles inventions , et le trio de méchants, pardon : Gérard Desarthe, Jean Bouise, Hugues Quester.
          ( Lacassin, dans sa préface au roman, nous fait baver: il y eut un projet d’adaptation par Lerouge lui-même, avec Victorien Jasset peut-être, vers 1915 – mais je ne retrouve pas, impossible de vérifier.)

        • michèle dit :

          à Jacques Maltais,
          J’avais beaucoup aimé LE DEMON DANS L’ILE de Francis Leroi à sa sortie, je crois me souvenir qu’il y avait Annie Duperey et Jean-Claude Brialy. Ce film resta solitaire au milieu d’une filmographie dédiée à la pornographie. Dommage !
          Effectivement la télévision, à une époque, a pas mal fréquenté le fantastique. On pourrait ajouter LA REDEVANCE DU FANTOME de Robert Enrico en 1965 (Robert Enrico dont on n’a pas encore cité le court-métrage LA RIVIERE DU HIBOU d’après Ambrose Bierce).
          Plus récemment, pour rejoindre Minette Pascal, je citerai le remake du PASSE-MURAILLE par Dante Desarthe en 2016 avec Denis Podalydès dans le rôle jadis tenu par Bourvil. Pas mal du tout !

        • MB dit :

          Si BARTLEBY de Ronet (d’après Melville) est un film fantastique, c’est un fleuron de plus dans les tvfilms fantastiques. Ce comptable improbable qui vient de nulle part…
          Et je ramène LE TESTAMENT DU DR CORDELIER qui m’effraie encore par le souvenir, et qui est battu froid ici, bizarrement.
          Quant à la RIVIERE DU HIBOU le dvd atteint des records de prix, il est absent du coffret français de la saison 5 de la 4EME DIMENSION, (Rod Serling l’acheta pour sa série), problème de droits, et je préfère le voir dans sa version originale, sans les interventions rajoutées par Serling.

        • yves rouxel dit :

          A Jacques.Malgré l’attrait des feuilletons des années 60 et 70,certains à la revision ont bien vieillit comme par exemple »Les compagnons de baal »découvert durant mon enfance.L’après 68 à la tv a donner un nouveau souffle à la création et on vu apparaitre des nouveaux visages(Claude Jade,Hervé Sand,Malka Ribowska…).

        • Denis Fargeat dit :

          A MB
          Le Testament du Dr Cordelier a des atouts, et je crois que la double performance de Jean Louis Barrault, doublée par la musique de Kosma, a déjà éré signalée ici…
          Il me semble que c’est plutôt sa place dans l’œuvre de Renoir qui en fait un film minoré ( je ne vais pas faire le coup de « si le même film avait été signé par un autre… » avec des scies, on mettrait Paris en rondelles, comme disait Gaston Lagaffe.) Le film est passé à la télévision, et en salles le lendemain, ce qui est je crois unique ….
          Il me semble qu’avec ce film, on est d’abord devant un problème bien français ; il faudrait qu’historiquement, la nouvelle vague prenne le pas sur le reste, et voilà que le patron, Renoir, continue sa carrière… en terme de chapelles, c’est la quadrature du cercle…. d’autant que ce film développe et met en perspective la question du mal, qui court au fond de l’œuvre du cinéaste.
          (Petite interrogation personnelle : comment, après toutes les saloperies dont on sait l’homme capable, peut-on continuer à envisager Hyde comme l’incarnation du mal radical, de la sauvagerie absolue… c’est une énigme, et on ne saura jamais ce qu’était Hyde dans la première version du roman, qui effraya tant Fanny Stevenson qu’elle obligea Robert Louis à le brûler…)

        • DIDIER D dit :

          Robert Enrico dont on n’a pas encore cité le court-métrage LA RIVIERE DU HIBOU d’après Ambrose Bierce).

          Michèle ,et ce n’est pas l’érudit Martin qui me démentira ,il vaut mieux voir  » au coeur de la vie » qui réunit « la rivière » à deux autres courts-métrages (tous adaptations du même auteur)tout aussi impressionnants (« chickamauga  » « l’oiseau moqueur ») ,nous en avons déjà parlé dans des pages antérieures.A voir absolument.

          « le démon dans l’île  » est assez original malgré une fin empruntée à « Carrie  » (et je ne suis pas un grand fan de De Palma )

          « la redevance du fantôme  » est un téléfilm si je me souviens ;c’est une bonne adaptation d’ Henry James , commme « the innocents « de Clayton ( basé sur « turn of the screw »,une autre ghost story) et …. « the heiress  » de Wyler, que nous aurons la grande joie de voir ou revoir le 3 août,merci Martin de l’info.

        • MB dit :

          à Denis: CORDELIER je crois que c’est anecdotique mais j’ai vu ce film à la TV un été (car à l’époque je n’étais en France qu’en été et le reste du temps au Sénégal où y’avait pas de TV!) d’où comme quoi je suis sûr que c’était en été, bref, j’ai eu la trouille et mes parents m’ont suggéré de filer au pieu et en plus j’étais d’accord! Je dirais en mineur que Barrault m’a flanqué une trouille du tonnerre de dieu!
          A la revision je suis toujours séduit: Barrault inspiré par Charlot est unique, on ne pouvait pas faire plus inquiétant.

          à Dumonteil: eh bien « érudit » ne me convient pas car je n’avais jamais entendu parler de cet ensemble Bierce de Enrico, je croyais que sa seule contribution biercienne était LA RIVIERE!

        • MB dit :

          curiosité: il y a un film, NE PLEURE PAS (78) de Jacques Ertaud, qui le même jour est sorti au ciné et a été diffusé à la tv, ils n’ont jamais recommencé!

        • D DUMONTEIL dit :

          Je croyais que sa seule contribution biercienne était LA RIVIERE!

          Vous?Je n’en crois pas mes yeux!non seulement les deux autres sont à la hauteur de la rivière (hum!) mais les trois segments se fondent admirablement au point qu’on a l’impression de voir un seul film .j’en ai ,ainsi que d’autres, plusieurs fois parlé sur le blog et souligné son influence en Amérique (notamment « Jacob’s ladder »1991)
          disponible en dvd mais sous le titre de « la rivière du hibou ».

        • Jacques Maltais dit :

          Films Fantastiques Français :
          j’oubliais L’INVITE DE LA ONZIEME HEURES réalisé en 1945 par Maurice Cloche (l’histoire d’un scientifique qui invente une machine lisant les pensées).
          Toujours en séries télévisées (dont on trouve pas mal de titres en dvd « les inédits fantastiques » – INA), je rajoute AUX FRONTIERES DU POSSIBLE, LA BRIGADE DES MALEFICES, L’HOMME SANS VISAGE.
          Et surtout cette série années 80 particulièrement anxiogène, NOIRES SONT LES GALAXIES, que j’ai hâte de découvrir (merci au passage à mon complice Marc qui m’a tuyauté).
          Il faudrait fouiller les titres de Méliès, Feuillade, et autres maîtres du muet, il y a matière.
          Un dernier titre de 1994, « LA MACHINE » réalisé par François Dupeyron avec Gérard Depardieu, Nathalie Baye et Didier Bourdon, une sombre histoire d’échange de cerveaux. Il me semble que ce film n’est disponible qu’en cassette vidéo.

        • MB dit :

          HIBOU
          « j’en ai ,ainsi que d’autres, plusieurs fois parlé sur le blog  »

          hmmm… z’êtes sûr de ça? et ça m’aurait échappé?…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je témoigne pour D Dumonteil

        • michèle dit :

          Voici une filmographie (sélective par paresse) du cinéma fantastique français de 1928 à 1965. Source : Le cinéma fantastique en France (collectif, CNC? 2012)
          On en avait cité une bonne partie !
          A suivre …

          La Chute de la Maison Usher (Jean Epstein, 1928)
          La fin du monde (Abel Gance, 1931)
          L’Atlantide (Pabst, 1932)
          Fantômas (Paul Féjos, 1932)
          Lévitan : cette nuit-là (Jean Aurenche, 1932)
          Vampyr (Dreyer, 1932)
          Le dernier milliardaire (René Clair, 1934)
          Le Golem (Julien Duvivier, 1936)
          La dame de pique (Fedor Ozep, 1937)
          François 1er (Christian-Jaque, 1937)
          La charrette fantôme (Julien Duvier,1939)
          Le monde tremblera (Richard Pottier, 1939)
          Croisières sidérales (André Zwobada, 1942)
          Les visiteurs du soir (Marcel Carné, 1942)
          Le Baron fantôme (Serge Poligny, 1943)
          L’éternel retour (Jean Delannoy, 1943)
          L’homme qui vendit son âme (Jean-Paul Paulin, 1943)
          Le loup des malveneur (Guillaume Radot, 1943)
          La main du diable (Maurice Tourneur, 1943)
          Un seul amour (Pierre Blanchar, 1943)
          Blondine (Henri Mahé, 1945)
          La fiancée des ténèbres (Serge de Poligny, 1945)
          Sortilèges (Christian-Jaque, 1945)
          La Belle et la Bête (Jean Cocteau, 1946)
          Le pays sans étoiles (Georges Lacombe, 1946)
          Sylvie et le fantôme (Claude Autant-Lara, 1946)
          Coïncidences (Serge Debecque, 1947)
          L’armoire volante (Carlo Rim, 1948)
          Le destin exécrable de Guillemette Babin (Guillaume Radot, 1948)
          La septième porte (André Zwobada, 1948)
          Alice au pays des merveilles (Bunin, Maurette & Bower, 1949)
          Histoires extraordinaires (Jean Faurez, 1949)
          La beauté du diable (René Clair, 1950)
          Orphée (Jean Cocteau, 1950)
          Barbe-Bleue (Chrisian-Jaque, 1951)
          Garou Garou le passe-muraille (Jean Boyer, 1951)
          Juliette ou la Clef des songes (Marcel Carné, 1951)
          La demoiselle et son revenant (Marc Allégret, 1952)
          Torticola contre Frankensberg (Paul Paviot, 1952)
          Le Chevalier de la nuit (Robert Darène, 1954)
          La Barrique d’Amontillado (Jean Faurez, 1955)
          Marguerite de la nuit (Claude Autant-Lara, 1956)
          La sorcière (André Michel, 1956)
          Orfeu negro (Marcel Camus, 1959)
          Les yeux sans visage (Georges Franju, 1960)
          Les mains d’Orlac (Edmond T. Gréville, 1961)
          Le testament du Docteur Cordelier (Jean Renoir, 1961)
          Un martien à Paris (Jean-Daniel Daninos, 1961)
          La jetée (Chris Marker, 1962)
          Le monstre aux yeux verts (Romano Ferrara, 1962)
          La poupée (Jacques Baratier, 1962)
          La rivière du hibou in Au coeur de la vie (Robert Enrico, 1962)
          Dracula (Jean Boullet, 1963)
          Le nez (Alexeieff & Parker, 1963)
          La cité de l’indicible peur (Jean-Pierre Mocky, 1964)
          Fantasmagorie, Patrice Molinard, 1964)
          Judex (Georges Franju, 1964)
          Le puis et le pendule (Alexandre Astruc, 1964)
          Alphaville (Jean-Luc Godard, 1965)
          La Dame de Pique (Léonard Keigel, 1965)
          La redevance du fantôme (Robert Enrico, 1965)

        • D DUMONTEIL dit :

          L’INVITE DE LA ONZIEME HEURES réalisé en 1945 par Maurice Cloche
          le film commence en comédie ,continue en sci-fi (avec un attirail digne des films d’Ed Wood) et finalement devient un whodunit car le savant est tué ,les invités n’ayant pas vraiment envie qu’on lise leurs pensées et ont tous une raison de se débarrasser de lui ;un détective (un imposteur?) intervient :filmé dans une abbaye ,avec l’orage de rigueur , on est plus proche de « the mousetrap » ,la pièce d’A.Christie -ultérieure-que d’une véritable oeuvre fantastique;c’est une curiosité regardable grâce à Tissier,Brunoy,Pigaut…..

        • MB dit :

          ah oui, bien sûr, comme par hasard c’est un copain on a compris…

        • MINETTE Pascal dit :

          A MICHELE : Il n’y a pas de films sur Bernadette Soubirous ou Jeanne D’Arc à cette époque ? Il n’y a pas de meilleures histoires ayant de l’inexpliqué comme centre, pourtant.
          Pas d’adaptations de Maupassant, de Mérimée ?

        • Denis Fargeat dit :

          A Michele
          Sélective par paresse : parfois la paresse est une vertu!… Merci pour l’abondante liste.
          Au milieu, un nom qui est plus un vœu pieux (!) qu’un film, si on peut dire …. le « Dracula  » de Jean Boullet, dont on peut voir les vestiges dans le DVD fourni avec la réédition de « Midi-minuit », volume 3. Court-métrage de dix petites minutes, fait sans doute avec les chutes d’un premier montage – selon Nicolas Stantzick, « fantôme d’un film qui n’a jamais existé », le résultat ressemble au film d’une Lotte Reiniger qui aurait pris des substances, ou peut-être à un spectacle d’ombres du Chat Noir, un de ceux que Debussy ou Satie accompagnait à l’harmonium vers 1880 – je n’y étais pas.

        • D DUMONTEIL dit :

          La Barrique d’Amontillado (Jean Faurez, 1955)
          Ils se sont fourré le doigt dans l’oeil ;le titre exact est « histoires extraordinaires à faire peur ou à faire rire » ; il y a 4 sketches dont deux de Poe « le coeur révélateur » et « la barrique  » qui est le meilleur des 4 grâce à Ledoux qui se venge de Berry.*

          J’ai un faible pour « le pays sans étoiles »

          *Voir « les visiteurs du soir »

        • michèle dit :

          Voici la seconde partie de 1966 à 1982, toujours avec l’aide de la même source mais cette fois largement complétée des suggestions des uns et des autres. Filmographie toujours aussi sélective par pure paresse !

          Addenda à la première partie :
          L’invité de la onzième heure (Maurice Cloche, 1945)
          Les jeux sont faits (Jean Delannoy, 1947)
          Le ballon rouge (Albert Lamorisse, 1956)
          Belphégor (Claude Barma, série TV 1965- …)

          La suite de 1966 à 1982 :
          Fahrenheit 451 (François Truffaut, 1966)
          Les créatures (Agnès Varda, 1966)
          Le Horla (Jean-Daniel Pollet, 1966)
          L’or et le plomb (Alain Cuniot, 1966)
          Jeu de massacre (Alain Jessua, 1967)
          L’inconnu de Shandigor (Jean-Louis Roy, Suisse, 1967)
          La malédiction de Belphégor (Combret & Maley, 1967)
          Histoires extraordinaires (Vadim, Malle & Fellini, 1968)
          Je t’aime, je t’aime (Alain Resnais, 1968)
          Le viol du vampire (Jean Rollin, 1968)
          Les compagnons de Baal (Pierre Prévert, série TV 1968- …)
          La fée sanguinaire (Roland Lethem, 1969)
          Mister Freedom (William Klein, 1969)
          Paris n’existe pas (Robert Benayoun, 1969)
          Les dieux en colère (Mario Mercier, 1970)
          Le maître du temps (Jean-Daniel Pollet, 1970)
          La vampire nue (Jean Rollin, 1970)
          Midi Minuit (Pierre Philippe, 1970)
          La rose écorchée (Claude Mulot, 1970)
          Le temps de mourir (André Farwagi, 1970)
          L’alliance (Christian de Chalonge, 1970)
          La vie amoureuse de l’homme invisible, Pierre Chevalier, 1970)
          La brigade des maléfices (Claude Jean-Philippe & C. Guillemot, série TV 1970- …)
          Le frisson des vampires (Jean Rollin, 1971)
          Les lèvres rouges (Harry Kümel, 1971)
          Le voyageur des siècles (Jean Dréville, série TV1971- …)
          La Goulve (Mario Mercier, 1972)
          L’homme au cerveau greffé (Jacques Doniol-Valcroze, 1972)
          Malpertuis (Harry Kümel, 1972)
          Le Petit Poucet (Jacques Boisrond, 1972)
          Requiem pour un vampire (Jean Rollin, 1972)
          Les soleils de l’Ile de Pâques (Pierre Kast, 1972)
          Au rendez-vous de la mort joyeuse (Juan Bunuel, 1973)
          Je, tu, elles (Peter Foldes, 1973)
          J’irai comme un cheval fou (Arrabal, 1973)
          La planète sauvage (René Laloux, 1973)
          Themroc (Claude Faraldo, 1973)
          Traitement de choc (Alain Jessua, 1973)
          Dites-le avec des fleurs (Pierre Grimblat, 1974)
          La merveilleuse visite (Marcel Carné, 1974)
          Nuits rouges (Georges Franju, 1974)
          L’ironie du sort (Edouard Molinaro, 1974)
          Histoires insolites (Chabrol, Boisset, de Chalonge, etc …, série TV 1974-1979)
          La Bête (Walerian Borowczyk, 1975)
          Black Moon (Louis Malle, 1975)
          Hu-man (Jérôme Laperrousaz, 1975)
          Léonor (Juan Bunuel, 1975)
          L’homme sans visage (Georges Franju, série TV 1975)
          Black-Out (Philippe Mordacq, 1976)
          Dracula père et fils (Edouard Molinaro, 1976)
          La poupée sanglante (Marcel Cravenne, série TV 1976- …)
          Alice ou la dernière fugue (Claude Chabrol, 1977)
          Le couple témoin (William Klein, 1977)
          Providence (Alain Resnais, 1977)
          Barbe-Bleue (Olivier Gillon, 1978)
          La féerie des fantasmes ou 80 ans de film fantastique français (Marcel L’Herbier, 1978)
          Les raisins de la mort (Jean Rollin, 1968)
          Les chiens (Alain Jessua, 1979)
          Le gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault, 1979)
          L’île aux trente cercueils (Marcel Cravenne, série TV 1979- …)
          La mort en direct (Bertrand Tavernier, 1980)
          La nuit de la mort (Raphaël Delpard, 1980)
          Malevil (Christian de Chalonge, 1981)
          Possession (André Zulawski, 1981)
          La soupe aux choux (Jean Girault, 1981)
          Noires sont les galaxies (Daniel Moosmann, série TV 1981- …)
          Litan (Jean-Pierre Mocky, 1982)
          Paradis pour tous (Alain Jessua, 1982)

        • MB dit :

          « « Dracula » de Jean Boullet, »
          c’est magnifique

        • michèle dit :

          à Minette Pascal,
          Le Maupassant fantastique n’est représenté que par Le Horla en 1966. Mérimée par La Vénus d’Ille en 1962 par le célèbre Michel Babut du Marès et en 1980 par Robert Réa (à rajouter lors d’une prochaine édition !).
          Quant à inclure Jeanne d’Arc et Bernadette Soubirous, il faudrait alors ajouter tous les films religieux, … de Saint-Vincent de Paul au Christ parlant de Don Camillo qui me faisait carrément peur quand j’étais enfant !
          De toute façon, c’est une filmographie sélective, comme je l’ai dit.

          à Mathieu,
          Partiellement d’accord, il faudrait reprendre les définitions de Tzvetan Todorov ! Mais ne chipotons pas, on a l’habitude d’inclure dans la catégorie « fantastique » des oeuvres qui sont plutôt des contes (Alice, Le Petit Poucet, etc… ou la SF d’ailleurs qui est une forme de contes modernes), de l’horreur (Les Yeux Sans Visage) ou simplement de l’aventure avec ambiance étrange (Judex). Cela fait des années qu’on se pose la question sans avoir vraiment envie de la résoudre.

          à D. Dumonteil,
          Oui il y a de fortes chances que Histoires Extraordinaires de 1949 et La Barrique d’Amontillado de 1955 soient le même film de Jean Faurez. Pas très sérieux le CNC ! Ah Ah !

        • Bertrand Tavernier dit :

          a michele
          Le film de Faurez après l’échec en salle fut diffusé comme trois courts métrage

        • michèle dit :

          Merci Bertrand pour cet éclaircissement. Le film de Faurez « La barrique d’Amontillado » de 1955 est donc un court-métrage extrait du film de 1949.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a michele
          Je n’ai vu d’ailleurs qu’un seul des sketches en avant programme au cinéma le Demours

        • MINETTE Pascal dit :

          A Micheèle : Merci, je n’avais pas vu le HORLA dans la liste.
          Le truc avec les Jeanne D’Arc ou Bernadette S., c’est qu’on ne voit pas pourquoi séparer le surnaturel de la religion .
          D’ailleurs, je l’ai déjà dit, mais ces histoires auraient dû depuis longtemps donner lieu à des versions où on ne les relie pas à la religion, justement. Ne pouvant prendre Dieu comme argent comptant, on devrait essayer de trouver autre chose.
          De Mérimée ou de Maupassant, comment a-t-on pu passer à côté à ce point ? Leurs nouvelles sont de l’or en barre pour le cinéma, pourtant, des scénarii infaillibles.
          Que personne ne se soit jeté sur LOKIS, par exemple, me laisse pantois.
          Sinon, il y a encore LA PEAU DE CHAGRIN, mais ça vient peut-être plus tard…

        • D DUMONTEIL dit :

          A BT

          Vous avez vu le meilleur des quatre ,sauvé par ses deux acteurs.
          Pour Poe , Alexandre Astruc a fait beaucoup mieux avec ‘le puits et le pendule » (CM de 37min avec M.Ronet)

        • D DUMONTEIL dit :

          A Pascal

          D’ailleurs, je l’ai déjà dit, mais ces histoires auraient dû depuis longtemps donner lieu à des versions où on ne les relie pas à la religion, justement

          L’avertissement avant « the song of Bernadette  » de Henry King (1943) est claire :pour celui qui croit ,aucune explication n’est nécessaire -donc ce n’est plus du fantastique-;pour celui qui ne croit pas,aucune explication n’est possible -ce sera du fantastique ,mais un incroyant par définition n’accepte pas ce mysticisme.

        • michèle dit :

          à Minette Pascal,
          Lokis a été adapté au moins deux fois : une fois en Pologne en 1970 et une fois pour la télévision en Tchécoslovaquie, donc pas en France à ma connaissance.
          Si la religion n’est pas davantage traitée dans le « fantastique », je crois que c’est parce que, dans une situation normale, elle ne provoque pas la peur. Or la peur est souvent le fondement même de ce genre. Ce n’est que dans ses excès que la religion la provoque : Les Diables, Le grand inquisiteur, Le moine, etc … Et puis, les atrocités de l’Inquisition, sont sans doute plus commerciales que la foi de Bernadette ou de Jeanne. Cela dit les deux ont été souvent illustrées à l’écran : Bernadette Soubirous au moins en 1961 dans un téléfilm allemand et plus récemment dans L’apparition. Jeanne, très souvent de Dreyer à Besson. On a toujours considéré ces films plutôt comme de l’Histoire.
          Il serait intéressant de tourner un film où Jeanne d’Arc serait terrorisée par les voix qu’elle entend, serait forcée à agir par une force supérieure, presque contre son gré. Un vrai suspense. Pourquoi pas ?

        • michèle dit :

          à Minette Pascal,
          J’ai oublié : L’œuvre de Balzac La peau de chagrin a été adaptée en France au moins une fois par Michel Favart en 1980(adaptation d’Armand Lanoux).

        • MB dit :

          Bertrand se souvient dans quel cinéma il a vu tel ou tel film et ce, depuis un bail!

        • Damien D. dit :

          En rapport à votre liste Michèle il faut tout de même signaler que plusieurs films cités n’appartiennent pas au genre « fantastique » mais bien à La Science fiction (exemple : « La planète sauvage » ou « La jetée ») ce qui n’est tout de même pas la même chose. Ce qui réduit en effet sensiblement le nombre de films fantastiques français comparés aux autres cinémas européens (Italie, Grande-Bretagne), américains ou asiatiques…

        • MINETTE Pascal dit :

          A Michèle : Merci de ces précisions, que j’aimerais voir l’un de ces LOKIS !
          Sur Jeanne d’Arc et Bernadette S., une autre explication des voix pourrait être terrifiante pour le spectateur, celle d’une intelligence inconnue qui se fait passer pour des êtres religieux.
          Voyez à Fatima, comment cette chose, si elle n’est pas la Vierge Marie, a terrifié des milliers de témoins.
          Cet événement n’inspire ni les cinéastes ni les scientifiques, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi.
          Bref? Merci encore !

        • D DUMONTEIL dit :

          Bernadette Soubirous au moins en 1961 dans un téléfilm allemand

          Outre le film de Henry King (un oscar pour Jennifer Jones) « il suffit d’aimer  » (1961) un film bien français de Robert Darène -mais basé sur le récit d’un Juif-Allemand -,réalisateur déjà évoqué sur une page antérieure ,et « Bernadette » de Jean Delannoy (1987)qui n’est pas aussi mauvais que sa réputation.

        • D DUMONTEIL dit :

          mais basé sur le récit d’un Juif-Allemand –
          erreur de ma part,c’est le film de King qui est basé sur ce récit d’un Juif qui avait fait le voeu d’écrire un livre sur la sainte s’il échappait aux nazis.(ma mère me l’avait raconté)
          Le film de Darène a été écrit par G. Cesbron.

        • MINETTE Pascal dit :

          A DUMONTEIL: Pourquoi « pas possible » de trouver une autre explication ?
          Il faudrait en trouver une, pourtant !
          C’est peut-être que nous n’avons pas assez d’imagination.
          Faut dire que la vraie explication n’est peut-être même pas à la portée de notre intelligence.
          Mais, imaginer un truc inédit, ça devrait titiller la dignité des scénaristes (et des scientifiques)…

    • Julia-Nicole dit :

      A Didier D.
      Moi aussi j’ai beaucoup d’admiration pour LA MAIN DU DIABLE, dont les images et l’éclairage sont superbes, et qui bénéficie d’un scénario très bien écrit, faisant monter la tension inexorablement. Et l’idée de faire incarner le diable par un petit homme d’apparence inoffensif (génial Palau) est un coup de maître.
      Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser aux films fantastiques de Jacques Tourneur, qui, comme LA MAIN, créent l’angoisse sans rien montrer, mais je parlerais de coïncidence plutôt que de filiation, car CAT PEOPLE et I WALKED WITH A ZOMBIE ont été tournés en parallèle avec LA MAIN DU DIABLE, et aucun des cinéastes n’a pu être influencé par l’autre. Quant à NIGHT OF THE DEMON, il n’a pas grand chose à voir avec le film de Maurice. De façon générale, les œuvres de Maurice et Jacques sont très variées, et elles apparaissent finalement assez dissemblables.

      • Mathieu dit :

        A Michèle:
        Si on définit le fantastique comme l’intrusion du surnaturel dans la réalité, je ne vois pas en quoi par exemple FANTOMAS, L’ARMOIRE VOLANTE, LA CITE DE L’INDICIBLE PEUR, JUDEX, LES YEUX SANS VISAGE, ALPHAVILLE, LA JETEE, LE PUITS ET LE PENDULE, UN SEUL AMOUR, LE DERNIER MILLIARDAIRE sont des films fantastiques.

      • MB dit :

        « Si on définit le fantastique comme l’intrusion du surnaturel dans la réalité »
        c’est en tout cas l’option la plus intéressante et c’est sûr que LES YEUX SANS VISAGE, LE PUITS ET LE PENDULE sont réalistes même si invraisemblables (LES YEUX) et donc pas fantastiques.
        Ce qui est excitant c’est de démarrer dans un cadre réaliste et à un moment un petit détail bizarre se déclare, mon exemple favori est l’épisode MIRROR IMAGE de John Brahm épisode 21 saison 1 de la 4EME DIMENSION: Vera Miles demande l’horaire du bus dans une station routière et se fait tancer car ça fait paraît-il 3 fois qu’elle pose la question! mais elle vient d’arriver!
        J’aime bien quand le fantastique se déclare en douceur dans la routine du quotidien.

        • MINETTE Pascal dit :

          A MB : Mais c’est justement ça, la définition du fantastique !
          ça pose problème dans certains cas, comme FANTOMAS qui ressemble plutôt à de la Science-Fiction avec cette histoire d’extraterrestre venu pour règner sur la Terre.

        • Denis Fargeat dit :

          Les deux mouvements sont possibles : le conte qu’on peut lire point par point comme une transposition d’une situation réelle, ou la plate réalité rendue insolite, inquiétante, par un décentrage du regard… à ce dernier jeu Franju était un maître ( et qu’est-ce qu’il parlait bien des films de Feuillade, fantastiques par nature: les personnages y naissaient de l’ombre, par la vertu des pellicules peu sensibles…)
          Et bien sûr le Locataire de Polanski, tout entier contenu dans le court roman de Topor!

        • MB dit :

          FANTASTIQUE/un autre épisode de la 4D est cette femme en voiture qui ignore un auto-stoppeur, cependant qqs kms plus loin revoilà le bonhomme au bord de la route agitant le pouce (résurgence du myhe de la Dame Blanche): ça ne peut pas tenir trop longtemps d’où le format de 30′ fonctionne mieux mais le fantastique est là. Par contre récemment j’ai revu L ENTERRE VIVANT de Corman qui est aussi fantastique qu’un film avec Kev Adams: la visite que Ray Milland mène pour ses proches du tombeau qu’il a conçu pour son enterrement est le plus piquant dans la relation sereine qu’il leur détaille: débauche de trouvailles qu’il a prévu pour le cas où il serait enterré vivant. Comme Milland échappe aux lois sur l’inhumation en cimetière par tour de passe-passe juridique inconnu, pourquoi ne juge-t’il pas que le double de la clef du tombeau pour mettre les bouts fissa en cas de finalement pas mort suffit? Le reste est convention, y compris ces amas de brume improbables qui tiennent compagnie aux personnages comme des StBernards balourds de 1,50m de haut pas méchants mais un peu encombrants: ce phénomène météo rare ne se manifeste que dans une zone précise autour de Hollywood, les météorologistes habituels s’en arrachent la barbiche (habituelle). Il me semble que Fisher, Peter Cushing et Christopher Lee ont arraché le fantastique hors du mythe de Dracula: les films dans leur déroulement ne s’acheminent pas doucement du style pseudo-documentaire au fantastique mais démarrent et restent dans le pseudo-documentaire (appuyée par les entrées du journal de Harker ou autre, j’espère qu’elles y sont car je me souviens plus si elles sont conservées du gros pavé de Bram Stoker): l’attitude de Van Helsing est constamment distanciée par rapport à sa nemesis, il n’a jamais peur du vampire et le combat comme le héros d’action le méchant: la bagarre finale du 1er film est magnifique, jamais dans un Dracula la performance physique n’a été ausi importante. C’est pas le cacochyme Van Helsing affrontant le cacochyme vampire du film de 1931: on imaginerait deux vieillards agacés s’empoignant bêtement pour des griffures énervées ou des tentatives d’arrachage de cheveux à faire éclater de rire le spectateur! D’où la modernité réussie de Fisher.
          La définition du genre fantastique comme l’irruption d’éléments surnaturels s’immiscant dans un monde familier engloberait le conte merveilleux: PETER PAN Disney (et le livre aussi je suppose) commence dans le quotidien et y entrerait facilement (dans le genre fantastique) mais tt le monde ici ne serait pas d’accord au départ. Le thème de LA PETITE MARCHANDE D ALLUMETTES ou de Hansël et Gretel y seraient tout à leur aise, ce dernier a un versant noir à glacer le sang je ne serais pas surpris que qqn s’y soit lancé dans une adaptation noire: QUI A TOUCHE A MON CONTE tonne Papa Ours! ça flanque la trouille quand même.
          Rouxel je m’excuse si j’ai fait plus long que vous mais je recommencerai pas promis, and keep on running man!

        • MB dit :

          à M Pascal: mais ça dépend de quel Fantômas vous parlez, Hunnebelle? non je crois pas. L’apport extra-terrestre ne peut éliminer le fantastique à moins que celui-ci ne pointe petit à petit (autrement dit: comme s’il était déjà là, caché): le quasi chef d’oeuvre est LES MONSTRES DE L ESPACE dans lequel le moyen de transport le plus quotidien: le métro! laisse apparaître une intervention exraterrestre ancienne pas à pas, par avancée scientifique (élément qui contredit par nature son opposé, le surnaturel, et pourtant ça marche très bien pour la dramaturgie, ce cocktail réactif donne le fantastique! je me souviens plus de la formule chimique) surtout que dans ce film Andrew Keir, le meilleur Quatermass de la série est parfait (on dirait Mortimer). J’ai dit « quasi » car même pour l’époque les effets spéciaux relatant l’histoire de l’invasion extra-terrestre sont faibles. Mais la fin sur laquelle se déroule le générique, est sublime.
          à D Fargeat
          « les personnages y naissaient de l’ombre, par la vertu des pellicules peu sensibles…) » excellent , la contraite technique au service de l’art!

        • Denis Fargeat dit :

          … je rêvasse, j’ai vu dernièrement le « Gamin au vélo » des frères Dardenne ( Prix Lumière 2020, les amis!) comme un conte fantastique… le cadre est quotidien mais très contrôlé (choix et reconfiguration des décors très bien expliqué dans un bonus), et le personnage joué par Cécile de France est un peu la bonne fée de Pinocchio : bonté inépuisable, et rencontre improbable (si j’ai bien compris, elle s’attache à l’insupportable Cyril parce qu’il l’a renversée de sa chaise en se réfugiant dans ses bras, dans la salle d’attente d’un médecin.) Jérémie Renier ressemble aussi à une figure de conte… Il me semble que le charme singulier de ce film tient au clignotement entre réalisme et fantastique – rien de surnaturel, mais les ellipses entretiennent le côté improbable de certaines situations.

        • Mathieu dit :

          Voila la définition du fantastique que donne Tsvetan Todorov: « Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel » . Autre définition toujours de Todorov et qui complète la première: « Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons, sans diables, sylphides, ni vampires, se produit un événement qui ne peut s’expliquer par les lois de ce même monde familier. Celui qui perçoit l’événement doit opter pour l’une des deux solutions possibles : ou bien il s’agit d’une illusion des sens, d’un produit de l’imagination et les lois du monde restent alors ce qu’elles sont ; ou bien l’événement a véritablement eu lieu, il est partie intégrante de la réalité, mais alors cette réalité est régie par des lois inconnues de nous. Ou bien le diable est une illusion, un être imaginaire ; ou bien il existe réellement, tout comme les autres êtres vivants : avec cette réserve qu’on le rencontre rarement.
          Le fantastique occupe le temps de cette incertitude ; dès qu’on choisit l’une ou l’autre réponse, on quitte le fantastique pour entrer dans un genre voisin, l’étrange ou le merveilleux. Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel.
          (Todorov est pour moi un des plus grands intellectuels de langue française de ces dernières années, malheureusement décédé trop tôt en 2017. Je conseille en particulier aux internautes son livre « La Peur des barbares » parce qu’il est plus que jamais d’actualité à notre époque de dérive nationaliste et xénophobe. Fin de l’aparté)
          Le surnaturel c’est ce qui est au delà des lois de la nature, ce qui est inexplicable par les lois naturelles. Tout le monde est d’accord mais j’ajouterais inexplicable dans la logique de l’univers fictionnel dans lequel on se trouve. Et c’est là la différence avec la SF. Les paradoxes temporels comme on en trouve dans les histoires de Matheson ou dans LA JETEE de Chris Marker sont au delà des lois de la nature, au delà des lois de la temporalité (les lois les plus inviolables de la nature), mais dans la logique de ces fictions, elles ne sont pas présentées comme surnaturelles.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Vous avez entièrement raison pour Todorov

        • Salomon dit :

          A MB :
           » J’aime bien quand le fantastique se déclare en douceur dans la routine du quotidien. »

          En lisant cette phrase j’ai instantanément pensé à André Delvaux : UN SOIR UN TRAIN ; RENDEZ-VOUS A BRAY

        • MB dit :

          à Salomon:
          désolé je n’ai vu de Delvaux que le film avec Gassman et Fanny Ardant dans lequel elle enlève ses boucles d’oreille pour signifier son consentement à Gassman, je ne me souviens de rien du tout d’autre.

        • Denis Fargeat dit :

          A Matthieu
          Merci pour vos citations de Todorov, qui, contrairement à ce que je craignais, est loin de fermer le sujet – les catégories, les genres, ça me semble toujours l’affaire de chefs de rayon de magasin, de ceux qui planquent toujours les chips dans des endroits improbables.
          Merci donc, et je retrouve la même exaltante finesse que dans une lecture lointaine de « Poétique de la prose »… ça n’est jamais péremptoire, et cette finesse fait du bien.

  21. yves rouxel dit :

    J’encourage tous les contributeurs de ce blog d’aller jeter un oeil sur youtube afin de découvrir le travail exemplaire et minitieux signé par Emmanuel Laborie.Il à recréer sous forme de maquette la ville de Flagstone que l’on peut voir dans le chef d’oeuvre de Sergio Léone »Il était une fois dans l’ouest ».A l’époque l’équipe de charpentiers,peintres et autres ouvriers italiens et espagnols ont créer des décors dans la ville d’Alméria au sud de L’Espagne.Merci à Emmanuel de nous replonger dans ce western unique et lyrique qui ne laissera personne indifferent.

  22. yves rouxel dit :

    Scénariste fécond à qui l’on doit notamment »Taxi driver »et Obsession »,Paul Schrader à fait ses débuts dans la réalisation avec « Blue collar »,dont l’action se passe sous la présidence de Nixon dans la zone industrielle de Détroit,capitale mondiale de l’automobile.Près d’un quart de siècle après « Sur les quais »,Schrader soulève à nouveau le problème de la corruption des syndicats.Au réalisme brutal et quelque peu outrancier de Kazan(dont ce n’est pas le meilleur film)succède une évocation plus nuançée du monde syndical américain,mais aussi plus authentique et dont plus terrible.Est ce à dire que la situation n’a fait qu’empirer depuis 25 ans?Apparemment soucieux de l’amélioration du niveau de vie et des conditions de travail de ses membres,les représentants du syndicat de l’usine ou travaillent les deux noirs Zeke et Smokey et l’émigré polonais Jerry semblent n’avoir rien à voir avec les truands qui imposaient leur loi aux dockers de « Sur les quais ».Mais ils se révèlent rapidement comme étant à la solde d’un pouvoir dont ils sont prets à jouer le jeu par tous les moyens.Y compris le plus extreme:l’assassinat.Et lorsque,en proie à des problèmes pécuniaires insolubles,les trois hommes,qui avec leurs masques de farce et attrape font plus songer à des collégiens(Synchronisez vos montres dit l’un « J’en ai pas »répond l’autre),quà des truands professionnels se décident à fracturer le coffre du syndicat,on à déjà compris qu’ils viennent de mettre le pied dans un engrenage qui ne peut les conduire qu’à la catastrophe.Chez Kazan la lutte des dockers aboutissait à un espoir et laissait augurer un avenir meilleur ,Schrader nous montre que l’individu ne peut rien contre une machinerie toute puissante,et que,en ces circonstances,toute révolte est condamnée,à plus ou moins long terme.L’échec est total dans »Blue collar ».Echec du hold-up(la somme dérobée est dérisoire))échec du chantage(Smokey,Zeke et Jerry ne parviennent pas à prouver l’illégalité des procédés du syndicat.Et enfin et là est le plus grave,échec de leur union.Le film se termine sur un plan fixe de Jerry et Zeke prèt à s’empoigner,la prédiction de Smokey dont on entend la voix-off est réalisée: »Ils dressent le jeune contre le vieux,le noir contre le blanc,pour nous maintenir à notre place ».Film coup de poing qui laisse à nouveau le spectateur assomé , »Blue collar » est avant tout un constat,un témoignage,qui ne saurait se confondre avec un quelconque déterminisme social à la Zola.Servie par une camera sans cesse à l’affut des personnages qui tels des mouches prises dans de la glu tentent vainement de s’échapper,la mise en scène menée de main de maitre est vigoureuse et sans temps mort et nous tient en haleine de bout en bout.

    • MB dit :

      je reconnais bien votre style habituel

      • yves rouxel dit :

        A MB.Argumenter un peu mon cher,mon style habituel.Qu’entendez vous par là?

        • michèle dit :

          Ne vous laissez pas attaquer. Les meilleurs écrivains ont eu des « nègres » qui pouvaient écrire sans fautes des mots comme « apparemment » ou « notamment » !
          Pas d’accord avec MB : on ne reconnait pas votre « style habituel ».
          Et de toute façon, c’est trop long … sans rancune, hein.

        • MB dit :

          ce sont des textes que vous gardiez en réserve?

        • MB dit :

          à michèle et Rouxel: je ne critiquais pas la qualité des textes, quant aux fautes d’orthographe je ne les ai même pas remarquées (j’ai une obsession sur les noms propres) mais en effet je trouve que c’est trop long, surtout quand ça ne réagit pas à ce qui est proposé par Bertrand où les autres. On se retrouve avec un article de fond dans un espace qui n’est pas fait pour ça. Et puis Rouxel, vous vous plaignez de ne pas avoir de retours quand vous-même n’en faites jamais à propos des autres participants. En fait je ne reconnais pas votre style habituel, je plaisantais pour dire le contraire. Mais ça ne me pousse pas du tout à être contre, on commence à prendre l’habitude. et puis chacun écrit ce qu’il veut y compris pour déraper un peu (j’en sais quelquechose).

      • yves rouxel dit :

        A MB et Michèle.J’ai effectivement mis en ligne des textes retrouvés lorsque j’ai découvert ces films .Vous me reprocher la longueur mais quand on regarde un film,j’essai tant bien que mal de l’analyser de le revoir avec du recul puis il y à un ton personnel et également un ressenti personnel lié à des émotions qui me sont propre.

  23. yves rouxel dit :

    Disposant à Westwoad,son quartier general,d’une équipe technique qui ne sert à rien quand il ne tournai pas et ne voulant pas la dissoudre de peur de ne pouvoir la reformer au prochain tournage,Robert Altman s’est donc mis à produire les films de jeunes cinéastes qui ont quelques difficultés à monter leurs projets.Le premier béneficiaire de cette nouvelle orientation des activités de Lion’s gate films,la firme productrice d’Altman,fut Alan Rudolphqui avait travaillé sur The long goodbye(le privé),California splitet Nashville,en qualité d’assistant-réalisateur,et sur Buffalo Bill et les indiens comme réalisateur de seconde équipe,mais qui en fait avait fonction de double d’Altman,organisant,par exemple la mise en scène des arrières-plans et des scènes d’athmosphère dans California split.Son premier film »Welcome to L,A »fut assez fraichement reçu par la critique française qui ,toujours maligne,le compara à Nashville en raison de quelques points de similitudes(comédiens,structure narrative éclatée en mosaique;monde du show business;commentaires »musicaux »)qu’accusait,à ses yeux,la présence au generique de Robert Altman qui lui apparaissait comme le veritable auteur du film,Rudolph étant en définitive considéré comme un simple exécutant.Pourtant,l’usage que faisait Rudolph de ces quelques éléments,et la finalité qu’il leur assignait,étaient à l’évidence totalement opposés à ceux de la démarche altmanienne,substituant par exemple au foisonnement nébuleux des quatre films d’Altman sur lesquels il avait travaillé,la vacuité.Celle-çi se retrouvait d’ailleurs à l’arrière plan du deuxième film produit par Lion »s gate,The late show(le chat connait l’assassin),second film réalisé par le scénariste Robert Benton qui fut distribué en France dans la plus totale indifference.Mais alors que The late show était avant tout un film de scénariste dont la réalisation fonctionnelle s’attachait à servir au mieux avec sobriété et efficacité un script rigoureusement construit,Welcome to L.A révélait un temperament disons de « cadreur »qui,tout comme Altman et Scorsese,attache énormément d’importance à la recherche stylistique de l’écriture filmique et prend place,au coté des deux cinéastes précités parmi,ce que l’on pourrait appeler des »nouveaux manieristes »,au sens pictural du terme.La camera de Rudolph investit constamment l’espace dans lequel se meuvent les protagonistes qu’elles précede,suit et accompagne comme leur ombre dans le glissement harmonieux de savantes trajectoires ou la sophistication le dispute à l’effacement,elle épouse en effet si bien le déplacement des personnages que ses mouvements ne sont pas toujours perceptibles à un oeil inexercé.La sobre rigueur des longs plans fixes,à la profondeur de champ accentuée par l’emploi du grand angulaire s’opposant à l’applomb des subtiles volutes qu’exacerbe quelquefois l’usage de la longue focale,proche du plan séquence au dévellopement parfois poussé jusqu’au plan séquence accuse la notion de rupture qui règne entre les personnages et leur environnement.

  24. yves rouxel dit :

    Il y a quelques semaines,Bertrand mettait en avant la sortie d’un coffret indispensable sur Ennio Morricone récemment disparu .Stéphane Lerouge est à saluer pour son travail de recherche pointu sur des compositeurs français ou étranger.Je conseille à tous »The morricone duel »un concert live enregistré par l’orchestre symphonique du Danemark qui nous emporte dans l’univers unique et si dense du cher maéstro.Les musiciens revisitent les plus grands thèmes de façon prodigieuse: »The big gundown »,3inglorious basterds », »A fistfull of dollars », »The hatefull eight », »Once upon in the west »(magique et intemporel), »The intouchables », »The good,The bad and the ugly » »Once upon in América »,puis »The sicilian clan ».Mais cerise sur le gateau en complément on savoure également, »Taxi driver »composée par Bernard Herrman, »Kill bill »de Sonny Bono, ainsi que « The goodfather » de Nino Rota.Régalez vous les oreilles car ce dvd est une pure merveille.

    • yves rouxel dit :

      En complément j’ai découvert que la célèbre Mireille Mathieu à enregistré au début des années 70 avec l’accord d’Ennio Morricone un album qui reprend en français des thèmes entendus dont les bo sont signés du maestro.Adaptations signées par Vline Buggy(complice de Claude François),je retiendrais la version très personnelle de « Sacco et Fanzetti »ainsi que deux chansons qui figurent dans « Le casse »de Verneuil.Avec sa voix puissante on ne tombe pas dans la mièvrerie guimauve des chansons de variétés de ces années là qui furent médiocres sur le plan artistique.

      • MINETTE Pascal dit :

        A Yves : Vous êtes dur avec la variété. Moi, je trouve qu’elle était formidable à cette époque-là, justement.
        Et puis Mireille Mathieu, j’imagine, devait encore chanter juste…

        • yves rouxel dit :

          A pascal minette.La decennie des variétés française se réduit encore comme pour la période yéyé à des reprises de chansons anglo-saxonne mis à la sauce frenchy.Entre Cloclo,Sheila,Dave,Fréderic François,Johnny ou les pseudos groupes à la voix sussurantes,on est vraiment loin de la chanson réaliste engagée(Brassens,Brel,Ferrat,Ferré,Barbara,Nougaro ou le grand Bernard Dimey).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Où est le cinéma. On n’est pas dans Salut les Copains

        • Ballantrae dit :

          C’est la réflexion que je me faisais: mais comment diable Rouxel en arrive à parler ici de Mireille Mathieu qui me vrilla les oreilles dès ma plus tendre enfance?
          Oui reparlons cinéma ou littérature.
          Oui Camus reste un repère et comme bcp j’ai relu La peste qui conserve sa force dialectique d’origine avec en plus un sens remarquable du détail visuel frappant notamment ces rats qui crèvent partout, cet homme aux chats, etc…
          L’homme révolté est aussi un grand livre qui montre la polyvalence de Camus qui contrairement à sartre demeure toujours aisément compréhensible.

        • Gilles dit :

          Elle a aussi chanté du Maurice Jarre. Paris en colère c’est presque un hymne national.

        • yves rouxel dit :

          A Bertrand.Sauf que l’émission Salut les copains n’existait plus dans les années 70!!!Aucune réaction aux films de Rudolph ou de Schrader????

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves rouxel
          Lisez d’abord ce que nous avons écrit dans 50 ans sur Alan Rudolph que je ne vais pas recopier ici. Et je crois qu’on parlait aussi de BLUE COLLAR

        • Damien D. dit :

          Oui j’ai de mon côté préféré relire en début de semaine la notice sur Paul Schrader dans 50 ans : cinéaste qui ne me motive pas plus que cela en ce moment même si vous considériez Bertrand que BLUE COLLAR devait être son meilleur film (il devait être meilleur scénariste que réalisateur non ?)

        • MB dit :

          « Aucune réaction aux films de Rudolph ou de Schrader???? »

          en effet le Rouxel-Blog n’a pas l’air de marcher très fort, peut-être essayer de le transporter ailleurs?

        • Denis Fargeat dit :

          Rrhô vous êtes dur Bertrand, quand Yves fait l’effort de parler cinéma vous le taclez…
          Bon, moi qui ne dis rien en ce moment je ferais mieux de la fermer. Mais j’obéis à un principe inflexible : ne m’exprimer que si j’ai un truc vraiment pas intéressant à dire. Dont acte.

        • MINETTE Pascal dit :

          A Ballantrae : Je trouve au contraire que l’HOMME REVOLTE pourrait être plus compréhensible. Les philosophes ayant depuis si longtemps habillé des idées simples de parures stylistiques trop sophistiquées pour être honnêtes, je trouve qu’une nouvelle mode devrait s’ingénier à faire simple.
          D’ailleurs, les analystes et exégètes réussissant à libeller clairement des contenus opaques sont-ils des traîtres ou de saines lumières ?
          Moi, je préfère le Camus de LA PESTE ou de L’ETRANGER, qui fait réfléchir sans en avoir l’air.
          Mais ce n’est que moi, obscure créature d’ailleurs reniée par le bon Dieu.

        • MB dit :

          « j’obéis à un principe inflexible : ne m’exprimer que si j’ai un truc vraiment pas intéressant à dire. Dont acte. »

          quelle force de caractère, moi je ne m’exprime que quand je crois que j’ai un truc intéressant à dire, du coup je le dis et catastrophe
          je suis très mal secondé, faut dire

        • MINETTE Pascal dit :

          A MB : Moi, je m’exprime souvent dès que je n’ai rien à dire.
          Par honte de n’avoir rien à dire.

  25. Lionel M. dit :

    Cher Bertrand Tavernier,

    Je vous aime beaucoup en général mais, parfois, vous ne savez pas ce que vous dites. Pour ma part, je dois reconnaître que ce sont la frilosité et le conformisme des hétérosexuels qui me navrent (le mot est faible).
    Mais je n’ai pas le talent créatif d’Arthur Laurents, malheureusement.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Lionel M
      Mais où ai je dit que je dénigrais les homosexuels. Je loue une bonne partie du livre ains que des scénario de Laurents mais déplore un certain snobisme qui le fait passer à coté des beautés de THE SNAKE PIT (parce qu’il reste cloisonné dans sa vision de scénariste), un gout effréné pour les party. Il a parfois le conformisme des snobs new yorkais jugeant de haut Hollywood. Et le récit de ses conquêtes (mais pas celui de sa relation avec Farley Granger) m’ennuie mais tout comme Kazan se croyant obligé d’énumérer les vedettes avec qui il couche. Mais c’est un homme brillant et ses chapitres sur la liste noire sont passionnants

      • DIDIER D dit :

        Quelques mots sur « snake pit » :on l’a dit « démodé » ;mais la vision d’un hopital psy par Mankiewicz dans « suddenly last summer  » l’est aussi.Mais c’est surtout la prestation de Miss de Havilland qui reste gravée dans ma mémoire.

        La folie intéressait déjà Litvak en 1932:voir dans « coeur de lilas » les hallucinations de l’héroïne .

        • D DUMONTEIL dit :

          Petit hommage à Olivia De Havilland qui vient de disparaître ;je me borne à tous les films que l’on peut trouver en dvd:

          J’ai déjà dit toute l’admiration que m’inspirait « snake pit » où son interprétation culmine dans la scène,où devenue une loque humaine,elle tombe dans cette fosse aux serpents (bras et mains qui se tendent)(Litvak,1948)

          « the heiress » Wyler ,1949 où Clift (source :biographie de Bosworth) était sûr que WW la favorisait :' »elle apprend son texte la nuit et vient travailler attendant que le directeur lui dise quoi faire « ;soit! mais l’actrice enlaidie remontant et descendant son escalier est inoubliable.

          « lady in a cage  » ,1965,Grauman est peu connu : une femme se retrouve enfermée dans son ascenseur et en butte à une bande de voyous ,parmi lesquels James Caan ; cette femme n’est peut-être pas qu’une victime innocente ….

          « hold back the dawn » (Leisen ,1942) sublime mélodrame , où on retrouve des Français : Boyer ,en vedette ,mais aussi Francen qui récite la phrase de la statue de la Liberté d’Emma Lazarus(« send these ,the homeless,etc « )et notre hymne national au final ; de Havilland est une institutrice enlaidie exploitée par Boyer qui veut être naturalisé ;construit en flashback extrêmement original où la fiction le dispute à la réalité;une scène digne de Murnau qui voit les mariés en voyage de noces dans un petit village tenant une bougie à la main;des intrigues secondaires donnent encore plus de force au film avec cette maman qui veut que son bébé naisse en Amérique….

          « the dark mirror » (Siodmak ,1946) : de Havilland joue un double rôle et nous confond nous le spectateur ,il faut être attentif..

          « my cousin Rachel  » (Koster 1953) taxé d’académisme ,est pourtant fidèle au roman de Du Maurier et supérieur au remake récent en couleurs; de Havilland y joue subtilement un rôle ambigu , face à Richard Burton qui la detesta car elle ne voulait pas qu’il partageât le haut de l’affiche avec elle -alors qu’elle n’apparaît pas pendant presque toute la première demi-heure !

          « hush hush sweet charlotte » (Aldrich ,1964) disponible dans un coffret Davis est son seul rôle de méchante et c’est un grand guignol que j’adore avec les deux stars ,plus Cotten,Moorehead ,Mary Astor et en prime le Victor Buono de « baby jane » et Bruce Dern (voui).

          Bien sûr « gone with the wind  » (où elle est formidable en Mélanie) et les Flynn sont aussi disponibles mais qui ne les connait pas?

          RIP

        • Bertrand Tavernier dit :

          A D Dumonteil
          Vous oubliez TO EACH HIS OWN de Leisen, certains films avec Flynn, THE STRAWBERRY BLONDE. Rappellons aussi qu’elle défia le système, la dictature des Studios dans un procès retentissant où elle affrontait des dizaines de cabinets d’avocats. Elle gagna et mit fin aux contrats de 7 ans léonins (qui duraient en fait deux fois plus). Ce combat d’une femme n’a jamais été mis en valeur par les féministes

        • MINETTE Pascal dit :

          A Dumonteil : Moi, elle m’énerve dans GONE WITH THE WIND; cette façon d’être à côté de la plaque en permanence…

        • Denis Fargeat dit :

          … mais tout de même, quelle beauté dans le technicolor de Robin Hood!Et je profite, le double rôle de « Dark mirror » est sacrément épaulé par le travail du magicien Shuftan. ( Je dis magicien et ce n’est pas qu’une hyperbole, bien qu’Olivia soit hyperbelle ; sentiment que la virtuosité technique s’appuie sur le (double)jeu de l’actrice, qui à son tour donne des ailes à l’artisan de la fastidieuse double-exposition… le tout sous la férule de Siodmak, amenant ailleurs ce suspense qui pourrait être routinier.)

    • Ballantrae dit :

      Bertrand ne fait que que dire son agacement face à ce qui serait une liste de conquêtes ( c’est fastidieux que l’on soit dans un cadre homo ou hétéro cf Casanova) et ne tarit pas d’éloges sur le reste du volume.
      Ne soyez pas à cran et relisez le texte: nulle trace de rejet de Laurents quant à son homosexualité .

      • MB dit :

        DE HAVILLAND: Arte diffuse L HERITIERE le 3 août juste avant UNE FEMME DANS LA TOURMENTE de Naruse, beau doublé ce me semble.

    • D DUMONTEIL dit :

      à BT

      oh non je n’ai pas oublié « too each his own » et sa dernière scène qui évoque celle de « carnet de bal » ;je l’ai exclu à regret car il n’existe pas de dvd français à ma connaissance : il semble y avoir un espagnol et un américain (mais pas lisible chez nous sans doute)
      Je pense que les Leisen sont moins connus que les Walsh et les Curtiz .

      Je suis au courant de sa lutte contre les studios :les acteurs ont une sacrée dette envers elle!Ce que Davis n’a pas réussi ,elle l’a fait .Mais je ne voulais pas que mon message fût trop long !

    • DUMONTEIL dit :

      A Pascal :Mélanie n’est pas à côté de la plaque,c’est une femme d’une grande stature morale ;voir la scène où elle accepte l »argent d’une femme qu’elle sait être une « harlot » ,celle où les hommes rentrent saôuls après le raid sur la shanty town ,toutes les dernières où l’on sent une profonde admiration et même un amour (platonique) de Rhett pour elle .

      A Denis : comme vous avez raison de citer Siodmak !qui n’a pas encore sa vraie place :de grands films en Allemagne (« Menschen am Sonntag » ‘brennedes Geheimnis » ) France(« pièges  » et « Mollenard « ),Amérique (il y en a trop pour les citer tous,et la longueur des messages décourage de plus en plus les lecteurs) et re-Allemagne(« Nachts wenn der Teufel kam » »die Ratten « )!un maître absolu du film noir!

  26. Demachy dit :

    On a déjà évoqué dans ce blog le site « Henri » de la Cinémathèque, qui permet de voir (gratuitement) pas mal de pépites, notamment du cinéma muet français. Je voulais signaler la redécouverte étonnante qu’il propose depuis quelques jours : la version 1925 des MISÉRABLES réalisée par Henri Fescourt, somptueusement restaurée. Même si elle n’atteint pas tout à fait la puissance du film de Raymond Bernard, c’est une très belle surprise, qui ne démérite pas et supporte la comparaison. Comme Bernard, Fescourt a eu la liberté d’utiliser la durée nécessaire (4 parties, d’une durée totale d’environ 6h30), ce qui lui permet de donner de l’ampleur à son récit et de la consistance dramatique à des scènes importantes. Il a d’ailleurs inséré des épisodes qui, me semble-t-il, seront écartés dans la plupart des autres adaptations (un flashback évoquant la vie de Valjean avant le bagne, la première rencontre de Fantine avec les Thenardier, la mort du père de Marius…). Moins lyrique que Bernard, il montre une certaine recherche d’authenticité (employant par exemple de nombreux décors naturels). Il évite la grandiloquence dans les scènes mélodramatiques, atteignant une véritable émotion (le sacrifice des cheveux de Fantine, la mort de Gavroche). Valjean est joué par Gabrio, qui est remarquable (et ressemble dans ce film de façon frappante à… Maurice Pialat !). Malgré un accompagnement musical assez peu inspiré (mais qui a le bon goût de rester généralement neutre), c’est vraiment une formidable occasion de voir ce très beau film.

    • MB dit :

      à Demachy
      merci du conseil, le Fescourt est tentant, je voudrais tant voir la version égyptienne depuis des lutres

      • MB dit :

        des LUSTRES???

        • yves rouxel dit :

          Bonjour mon cher MB.Quelques infos pour tous.A paraitre la resortie de « Joe hill »de Bo Widerberg,oeuvre sur un irlandais qui va créer un syndicat aux usa au moment de la depression.Le mois prochain toujours chez malavida en version collector avec livret et bonus(textes et photos exclusives)sont prévus: »La ferme des animaux », »Les petites marguerites », »éclairage intime », »Trains étroitements surveillés ».Enfin pour septembre est annoncé deux films de Skolimovski: »Walkover »et »Le départ ».C’est tout pour aujourd’hui!!!

        • Damien D. dit :

          Films que vous citez tous déjà sortis depuis des lustres et qui sont juste ressortis en version restaurées : Bertrand a parlé de la plupart de ces films dans des chroniques précédentes (Yves relisez les chroniques précédentes !)

    • Salomon dit :

      A DEMACHY

      Entièrement d’accord avec vous sur LES MISERABLES de Fescourt.
      J’ajouterai juste l’extraordinaire Andrée Rolane dans le rôle de Cosette enfant, sans oublier Suzanne Nivelle en Eponine. La distribution est remarquable, avec un bémol quand même pour Sandra Milowanoff (double rôle de Fantine et Cosette adulte) dont le jeu semble déjà dater.
      Quant à la photographie, elle est remarquable, surtout dans les extérieurs, et il est bien dommage que ce courant naturaliste du cinéma français ait été oublié, voire balayé, par le courant avant-gardiste et autres recherches formelles qui ont bien vieilli depuis.
      Dans ce courant naturaliste, il faut voir ou revoir aussi L’HIRONDELLE ET LA MESANGE, d’André Antoine, sur la plateforme “Henri” de la Cinémathèque.
      Une bouffée d’air pur et un grand plaisir visuel pour tous ceux qui, comme moi, ne supportent pas les agitations vaines et la grandiloquence d’Abel Gance !

      • Ballantrae dit :

        On peut aussi aimer Fescourt ET La roue de Gance récemment édité en combo par Gaumont.
        Gance peut rater son coup ( La fin du monde) mais celui-ci comme Napoléon et J’accuse sont tout de même impressionnants par leur ampleur, leur inventivité, leur singularité.
        Pour ma part l’avant garde des 20′ demeure un pan merveilleux du cinéma français que ce soit via Lherbier, Dullac, Gance ou Epstein.

        • Damien D. dit :

          A ballantrae, je suis un peu plus partagé que vous sur Gance. Son J’ACCUSE muet m’a paru un interminable et invraisemblable mélo dont on ne retient à chaque fois qu’une image : les croix se transformant en marche des morts de la guerre.
          LA ROUE est tout de même supérieur ne serait-ce que pour ses recherches formelles. Forme qui ne rejoint là encore pas vraiment le fond avec cette histoire d’orpheline adoptée dont la trame et les péripéties tiennent plus difficilement sur toute la durée du film.

          Reste le chef d’oeuvre qu’est NAPOLEON dont on attend la reconstitution la plus complète possible par la cinémathèque française et avec enfin les intertitres français originaux !(ce que n’a pu obtenir Brownlow pour sa restauration perso).

      • DD dit :

        tous ceux qui, comme moi, ne supportent pas les agitations vaines et la grandiloquence d’Abel Gance !

        Quand comprendrons-nous tous que pour parler d’un réalisateur talentueux comme Antoine (« l’hirondelle  » mais aussi « la terre » et « le coupable » super mélo avec décors naturels) ,il est inutile d’envoyer une pique à un de ses pairs ?

  27. jean-sebastien boda dit :

    Les bonnes causes souffre de nombreux défauts. Virna lisi est peu crédible, Vlady met une demi-heure à avouer ce qu’on comprends dès le début avec la caméra subjective (un peu artificielle), le procès est expédié rapidement, Orsini n’a aucun charisme. La déposition de Bourvil au procès est trop mélodramatique alors même qu’il aurait eu avant largement la possibilité de stopper le drame (l’expertise sur le testament par exemple). Reste Pierre Brasseur qui est costaud. Il aurait pu jouer dans la vérité de Clouzot sans difficulté pour les scènes d’assises.
    Un film de procès mineur.

  28. Jacques Maltais dit :

    FILM NOIR.
    Sidonis nous comble de westerns et films noirs parfois inédits.
    LE DESTIN EST AU TOURNANT est une très bonne surprise, Rooney est touchant dans ce rôle d’être fragile (qui me rappelle Bronson complexé dans SHOWDOWN AT BOOTHILL de Gene Fowler Jr). Le film criminel va ensuite aider Rooney à devenir un personnage extrêmement violent, dans BABY FACE NELSON, THE LAST MILE et THE BIG OPERATOR (dans lequel il terrorise Steve Cochran, habituel dur à cuire). Un des scénaristes du DESTIN… est Blake Edwards, c’est une de ses rares incursions dans le film criminel. En 1962, il est scénariste de THE COUCH, film de serial killer réalisé par son oncle Owen Crump (dont il était question dans le précédent sujet avec son film de guerre en 3D). Owen Crump sera le producteur de Blake Edwards pour trois films à la fin des 60’s.
    Encore merci à Sidonis de nous servir des pépites rares, peut-être un jour quelques films noirs de Burt Lancaster toujours inédits comme LES AMANTS TRAQUES avec Joan Fontaine.

  29. Gilles dit :

    A B. Tavernier.
    Tiomkin, honnête homme, remerciait les classiques dans lesquels il puisait en recevant son oscar. J’ai écouté Red River mais ne suis pas assez érudit pour savoir s’il s’agit d’une création originale ou d’une adaptation, même transformée. J’admire Bernstein, le main title de Magnificent est un chef d’oeuvre, cependant il cite littéralement De Falla et Revueltas. Citations, à moins que plus calé que moi ne me contredise, qui ne viennent jamais sous les notes de compositeurs européens. Ou alors revendiquées comme dans Les moissons du ciel. Compositeurs européens auteurs de nombreux tubes, qui souvent, sinon dépassent les films, leur donnent une empreinte indélébile, et n’ont eu d’équivalents américains que Mancini, Schiffrin, Montenegro, tous trois d’origine latine. Citons aussi Vangelis, qui ne connait pas le solfège. Ce sens de la mélodie addictive, est peut-être à chercher dans l’héritage des musiques folkloriques latines sans rapport avec les formations académiques.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      Tout cela est un faux problème. Les compositeurs hollywoodiens étaient forcés de s’appuyer sur des oeuvres préexistantes ou parfois de se citer eux même vu l’énorme quantité de compositions qu’on leur demandait. Et les musiciens dit classiques citaient aussi d’autres oeuvres, puisaient aussi dans le folklore, dans les danses et ritournelles de l’époque. C’est une constante de la musique. Tiomkin puisait dans le folklore de l’Ouest et l’acclimatait à son gout. Steiner plus versatiles pouvait conclure un film très âpre comme CAGED où ses interventions sont d’une discretion remarquable par un morceau jazzy formidable contrepoint au pessimisme de la conclusion et là, il a du utiliser un arrangeur

    • MINETTE Pascal dit :

      A Gilles : Tous les compositeurs, à commencer par les classiques, revendiquent des influences. La musique populaire en est toujours une. Le truc est d’en faire quelque chose de personnel. J’adore Delerue quand il écrit de la musique du Moyen Age plus belle que la vraie.

      • Mathieu dit :

        A Minette Pascal:
        « J’adore Delerue quand il compose de la musique du moyen âge plus belle que la vraie ». Plus belle que la vraie c’est pas possible, le vrai sera toujours plus beau que le pastiche même si moins immédiatement accessible. Mais vous voulez parler de la musique de A WALK WITH LOVE AND DEATH ? Pour moi c’est une musique 100% vingtième siècle, avec une couleur mélodique fin XVIème début XVIIème. La musique du moyen âge est bien différente, modale et pas tonale, avec un dessin mélodique, des cadences et une harmonie bien différentes, bref une étrangeté, un exotisme sonore qui a été très peu été utilisé au cinéma à ma connaissance (mais ça fait assez peu de temps qu’on la joue et qu’on la chante de façon satisfaisante).

        • MINETTE Pascal dit :

          A Mathieu: Vous me répondez comme si j’avais dit que Delerue était de la musique du Moyen Age.
          C’est de la musique qui évoque le Moyen Age alors qu’on n’écrivait rien de cette manière à l’époque. C’est justement ça qui est fortiche !
          Ceci dit, si la musique du Moyen Age ressemblait plus à du Delerue , j’en écouterais plus souvent.
          Peut-être même y ressemblait-elle, d’ailleurs, car on ne notait que le chant grégorien, je crois.

        • Gilles dit :

          A Mathieu
          La B.O du Huston c’est de la musique du moyen âge si les compositeurs du moyen âge avaient vécu au 20eme siècle. Il y a un morceau de Morricone « Quasi un Vivaldi » extrait d’un film de Sollima qui imagine ce qu’aurait composé Vivaldi en 1973, rien de plus que du Vivaldi accompagné d’une batterie et d’une guitare basse. Goldsmith a prolongé la vie de Bartok de quelques années dans Planet of the Apes, et ils sont nombreux les musiciens de film à avoir étiré la vie des musiciens classiques. Quand je regarde les films d’aujourd’hui, américains surtout, je me demande dans quoi vont puiser les compositeurs, sinon dans l’Ex nihilo… ce qui donne toujours à peu près la même chose. Vous les distinguez les uns des autres vous ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Oui pour certains dont Marco Beltrami avec qui j’ai travaillé et qui a signé plusieurs musiques exceptionnelles. Horner a écrit aussi quelques belles partitions et David Amram mais il est plus ancien

        • MINETTE Pascal dit :

          Pouvez-vous donner des exemples avec des pastiches « plus accessibles » que les musiques originales ?
          Pour ce qui est de la musique du Moyen Age, je ne vois pas en quoi elle est difficile d’accès. Il n’y a pas besoin d’être un expert pour s’émerveiller du chant chant grégorien, par exemple.
          D’ailleurs, peu de musiques sont difficiles d’accès. Il faut juste un goût personnel pour avoir envie de les réécouter ou les écouter longtemps.

        • Mathieu dit :

          A Minette Pascal :
          Si, la musique du moyen âge était notée, la musique savante du moins et beaucoup de musique à été perdue mais c’est aussi le cas des époques ultérieures. Et parfois notée de façon plus subtile et complexe que la notation d’aujourd’hui (ça dépend des époques, le moyen âge c’est long). Il y a un film qui utilise de la « vraie » musique du moyen âge, c’est JEANNE LA PUCELLE de Rivette que je n’ai pas vu mais dont j’ai écouté la musique, arrangée par Jordi Savall, utilisant principalement des musiques de Guillaume Dufay. Mais nous sommes au XVème siècle, époque où la musique devient harmoniquement plus douce, moins exotique à nos oreilles d’aujourd’hui. Pour avoir une idée de la musique (savante) du XIVème siècle, époque où se passe le film de Huston, il faudrait écouter les musiques de Philippe de Vitry ou Guillaume de Machaut. Mais Delerue évoque une musique beaucoup plus récente, celle disons de la fin de la renaissance (et des airs dans le genre de « greensleeves » par exemple) et comme il n’est pas le seul à le faire, il s’est imprimé dans l’esprit du public l’idée que c’était ça à quoi ressemblait la musique du moyen âge.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          J’ai utilisé un morceau de Guillaume de Machaut dans LA PASSION BEATRICE en plus de Lili Boulanger et des compositions originales de Ron Carter

        • Mathieu dit :

          A Bertrand :
          J’avoue n’avoir malheureusement pas vu ce film écrit par Colo Tavernier à laquelle vous rendez hommage dans une interview dans l’Obs de cette semaine où l’on apprend également que vous écrivez vos Mémoires.

        • MINETTE Pascal dit :

          A Mathieu : Non, que ce soit le film de Huston ou le génial Thibaud Les Croisades, c’est bien le Moyen Age que la musique de Delerue évoque, ni le 16ème, encore moins le 17ème.
          C’est peut-être l’effet des quintes à vide, mais il n’y a pas d’ambiguïté du tout.
          Delerue savait néanmoins évoquer le 17ème quand il le voulait.

  30. Gilles dit :

    Je ne sais pas ce que vous entendez par « mélodie tonale » si ce n’est que les musiciens de film de cette époque n’étaient pas des mélodistes. Je n’ai, en mélodie, que celle d’Autant en emporte le vent et de Casablanca en mémoire. C’étaient des accompagnateurs musicaux au sens premier du terme, que la remarque de Bette Davis sur l’escalier de Max Steiner définit complètement. Ils n’ont jamais cherché un autre narratif que celui imposé par l’image, et les générations post Herrmann qui eux étaient de vrais compositeurs n’en étaient pas plus de grands mélodistes. D’ailleurs les emprunts des Bernstein Goldsmith schiffrin sont aussi repérables que ceux de leurs aînés, tandis qu’ils restent indétectables chez leurs équivalents européens, à moins d’une oreille professionnelle. Avec la disparition de Morricone disparait l’ère de la mélodie au cinéma, qui aura été le privilège du cinéma européen, et ce n’est pas par snobisme que tant de productions américaines ont demandé des compositeurs européens dès le milieu des années 50.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      Laura c’est pas mal comme mélodie et certains thèmes de Korngold et Steiner sont très mélodiques.Des mélodies parfois complexes mais magnifiques.Et Waxman avait un sens mélodique incroyable. Et Tiomkin dans RED RIVER. Je pouvais en chantonner faux une bonne dizaine. Mais votre remarque me fait penser à ces producteurs français qui refusaient tel ou tel musicien car »on ne peut pas siffler ce qu’il a écrit en sortant

      • Alexandre Angel dit :

        A Bertrand,
        Quand vous dîtes que certains thèmes de Korngold et Steiner sont très mélodiques, me revient en tête que j’ai toujours particulièrement retenu (au point que je pourrais vous le chantonner là maintenant) le thème de Max Steiner qui accompagne les faits et gestes de Virginia Mayo dans L’ENFER EST A LUI, un des sommets de Raoul Walsh.
        Je rappelle pour qui veut qu’elle y est la petite amie de James Cagney et qu’elle se débarrasse, avec l’aide d’un complice, de l’encombrante maman du caïd alors qu’il est en prison (la scène où on le lui apprend au réfectoire du pénitencier est une des plus stupéfiantes jamais filmée par Walsh).
        Ce « Virginia Mayo’s theme », laissant transparaître circonvolution lascive et calcul criminel, est, j’ai toujours trouvé, d’une qualité mélodique absolument remarquable.

    • MINETTE Pascal dit :

      A Gilles : Autant en emporte le vent, la seule mélodie que vous ayez retenue ?
      On ne doit pas parler de la même chose. Young, Steiner, Newman, Tiomkin sont des maîtres de la mélodie et je ne vais pas vous faire l’injure de vous citer des titres !
      Tonal, ça veut dire retrouver l’harmonie classique, s’éloigner de ce qui cherche autre chose, par exemple en réutilisant les modes utilisés en musique ancienne ou en cultivant la dissonnance.

      • Gilles dit :

        A M Pascal,

        Vous avez raison, en explorant les B.O sur youtube de RIO BRAVO, OK CORRAL, ALAMO, NAVARONNE, Les péplums de Rozsa, tout ce qu’a fait Steiner pour les derniers Delmer Daves, très belle mélodie pour HANGING TREE, des films que je ne regarde plus depuis des siècles… La suite d’Alamo est prodigieuse avec cette intrusion inattendue d’un accordéon qui nous ferait croire à une histoire de marins. Le déguelo a quand-même pas mal inspiré les westerns de Morricone, et l’introduction de chanteurs à la mode dans les bandes originales n’a en rien dénaturé le style des compositeurs. C’était avant tout des gars dont on reconnaissait la patte dès les premières mesures.
        Bouleversante mélodie de Tiomkin chantée par Johnny Mathis pour WILD IS THE WIND de Cukor. https://www.youtube.com/watch?v=tjc0uLtPm5U.
        Question de mémoire sélective ? Je ne revois pas davantage les films composés par Lai, Legrand, Jarre etc, et tout m’est resté en tête.

        • DD dit :

          Bouleversante mélodie de Tiomkin chantée par Johnny Mathis pour WILD IS THE WIND de Cukor

          la version de David Bowie (1976) est grandiose.

        • MINETTE Pascal dit :

          Parmi tous les thèmes qui me hantent, il y a celui d’Ann Rutledge de VERS SA DESTINEE, que Ford refourgue dans LIBERTY VALANCE et puis, de Steiner, le générique des VIOLENT MEN ( Le souffle de la violence).
          Tous les thèmes de SHANE ( celui de la souche mon préféré)…
          Bref, c’est sans fin…

    • MINETTE Pascal dit :

      A Gilles; Je ne peux pas croire que vous n’ayez qu’AUTANT EN EMPORTE LE VENT comme référence de mélodie. Steiner, Young, Newmann, Tiomkin sont des maîtres es airs qu’on siffle en sortant. Voulez-vous des titres ?
      Tonal, ça veut dire qui revient à l’harmonie classique et qui rejette les dissonances, l’emploi des modes utilisés au Moyen Age, les recherches esthétiques nouvelles…

      • Mathieu dit :

        A Minette Pascal :
        Non tonal ça ne veut pas dire qui rejette les dissonances, la musique de Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms, etc… est pleine de dissonances, sinon ça serait à mourir d’ennui.

        • Gilles dit :

          A Mathieu

          Merci de cette précision, je n’ai rien compris à ce que j’ai trouvé sur la toile.

        • MINETTE Pascal dit :

          A Mathieu: Mais si, tonal veut dire ça. Vous êtes bien le seul ici à avoir pu supposer que j’entendais les dissonances dans leur sens classique. A moins que vous ayez trouvé quelques clusters chez Mozart ?
          Ceci dit, il y a beaucoup de musique ancienne qui ne court pas spécialement après les dissonances. Qu’est-ce que vous devez vous emmerder dans les concerts, alors !

  31. Malassenet Georges dit :

    A propos de « ‘attaque de la malle poste » vu il y a…bien longtemps, je garde en souvenir, si ma mémoire est bonne, la composition de Jack Elam, en tueur psychopathe qui va aussi loin que le cinéma hollywoodien d’alors le permettait et, le rôle tenu par T. Power, véritable anti héro Celui-ci a aucun moment n’est à l’initiative, il subit sans cesse et a toujours un temps de retard sur l’évolution de l’action, sur laquelle il n’a aucune emprise. Extrêmement rare à ma connaissance dans le western de voir un « héros » aussi peu, pour ne pas dire jamais influent sur le déroulement de l’histoire !
    Ma mémoire m’est-elle fidèle ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Malessenet Georges
      Tout à fait et le personnage de Susan Hayward, loin d’être l’habituelle potiche, se révèle presque plus utile que lui. Ajoutons que c’est un des seuls films où l’on devine que la nourriture que l’on servait dans ce genre d’établissements était de la ragoutasse

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Ragoutasse que semble apprécier Dean Jagger mais il est bien le seul. J’aime énormément RAWHIDE et Tyrone Power est très bon mais n’est il pas un peu trop vieux pour le rôle? On devine que Nichols avait imaginé quelqu’un de plus jeune, maladroit, inexpérimenté, incapable de souffler dans le cornet de la poste.

        • MB dit :

          RAWHIDE/D’accord avec le fait que T Power est un héros empoté et qu’ilest un peu trop vieux, mais il s’en sort très bien

    • JMD dit :

      100% d’accord avec vous sur Jack Elam, l’un des plus grands méchants de l’histoire du western, une « académie » certes particulièrement dense avec Lee « Liberty » Marvin, Richard Boone, Leo Gordon, Robert Wilke, Neville Brand et Lyle Bettger – cité pour le Midi Gare Centrale par B.Tavernier – mais dans un style plus vicelard que brutal en général, un peu comme savaient bien le faire Dan Duryea, Arthur Kennedy, John Dehner ou John McIntire voire Robert Ryan. J’ajouterai plus récemment Bruce Dern et le formidable Gene Hackman rien que pour son rôle dans Impitoyable. Et puis quand même Lee Van Cleef. Il est remarquable que Richard Widmark, après de si tonitruants débuts de psychopathe – dans le noir -, ait pu et su sortir de créneau. Cordialement

      • MINETTE Pascal dit :

        Sur Elam, je crois que c’est lui le pochtron que Gary Cooper laisse partir de sa prison avant d’aller se farcir les frères Miller dans HIGH NOON.
        ET il est un gentil courageux dans un épisode de LA CONQUETE DE L’OUEST, la série avec James Arness.

        • Jacques Maltais dit :

          RAWHIDE / JACK ELAM
          Elam était également sympathique dans DRAGON WELLS MASSACRE (réalisé en 1957 par Harold D. Schuster).
          A JMD
          Autres têtes de méchants incontournables, Timothy Carey et Robert Blake.

      • yves rouxel dit :

        Jack Elam est excellent dans »Il était une fois dans l’ouest »de Léone.La séquence mémorable avec la mouche qui entre dans le canon de son colt.Il met son pistolet à l’oreille et écoute l’insecte!!

  32. MINETTE Pascal dit :

    Je crois qu’il y a un problème dans l’acheminement des messages…

  33. MINETTE Pascal dit :

    A MR TAVERNIER : Houlala ! Parler de « vrais musiciens », comme si Steiner ou Young n’en étaient pas parce qu’ils venaient de la musique légère !
    Vous voyez tout de suite ce qu’on va vous dire, que la musique légère a toujours eu besoin de vrais musiciens, au contraire; que la comédie musicale était parfois très sophistiquée…
    Et puis, à une époque où tout le monde essayait de faire du Ravel, imposer la jolie mélodie tonale, c’était ça la nouveauté !
    Sinon, c’était intéressant de souligner que les grands compositeurs hollywoodiens ont dû apprendre leur métier sur le tas.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Minette Pascal
      C’est une évidence . Je cite simplement un auteur qui écrit que la majorité des compositeurs américains de cette époque n’avaient jamais rien écrit de personnel, aucune composition, aucun morceau. C’étaient des arrangeurs ou des chefs d’orchestre contrairement à des compositeurs européens. C’est d’autant plus sidérant de voir comment ils se sont adaptés et ont appris

      • MINETTE Pascal dit :

        Et certains étaient vraiment faits pour ça, comme Tiomkin, que les films inspiraient jusqu’à la frénésie…

      • Denis Fargeat dit :

        … je vais essayer de me pencher sérieusement sur cette question, vaste et passionnante – et difficile à explorer ici, vu l’ampleur et la complexité!…. mais vu la pression qui règnait dans les studios il me paraît inconcevable qu’on confie à des débutants la responsabilité de fournir l’habillage musical des films. Le métier de compositeur, d’arrangeur, ne s’apprend pas en étant chef d’orchestre ou auteur de chansons. Ces musiciens ont été formés, et ont certainement écrit avant d’être convoqués par les studios, même si cette oeuvre a été occultée par la suite – ce qui fait qu’une pièce musicale reste ou non est la somme d’un nombre vertigineux de hasards, et on ne peut parler que de ce qu’on a pu conserver! Mais il est difficile de parler en général de musiciens qui ont tous des parcours uniques ; d’autre part, la répartition des rôles, la hiérarchie, l’avancement dont ont pu profiter certains ( Friedhofer devenant compositeur après avoir beaucoup orchestré est un exemple emblématique… ) Question vaste et passionnante, et difficile à explorer quand on voit le sort que les studios réservaient aux archives….
        Un point m’étonne toujours ; à la fin des années 20 existait une important contingent de compositeurs, chargé d’écrire la musique des films muets, soit sous forme de « Cue sheet »*, petits morceaux de circonstance destinés à accompagner scènes d’amour, cavalcades ou autres meurtres,soit en tant que compositions destinés à une production de prestige. (précieux documents ici : https://www.sfsma.org/)
        Le point qui m’étonne, c’est que quasiment aucun de ces auteurs n’ait franchi la barrière du parlant ; comme une Tabula Rasa de la part des studios qui préférérent remplacer ces musiciens experts…. encore une fois je pêche par ignorance, Palmer doit explorer cette étonnante question.
        * La pratique a longtemps perduré, Mancini a beaucoup donné là-dedans, et j’aime bien l’anecdote de Marius Constant découvrant dans les années 80 que les quelques fragments composés rapidement pour CBS avaient été collés pour servir de générique à Twilight Zone. Mais bon, rien à dire, il avait dû être payé, hein…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          Pour beaucoup de dirigeants de studio, la musique ne comptait pas et longtemps ils n’y faisaient pas attention. Beaucoup de films des années 30 ont très peu de musique. On y entend des morceaux, des chansons que le studio possédait de par les comédies musicales qu’ils produisaient. C’est Selznick est un des « exécutive » qui va bousculer tout cela avec la complicité de Merian Cooper. Ils décident qu’il y aura beaucoup de musique dans KING KONG. Et les autres studios l’imitent. Puis avant 1940, le secteur musique prend de l’ampleur et dans les années 40/50, il est souvent dirigé par des personnes de gout et de talent. Ce sont eux qui choisissent les compositeurs et le style de musique et pas les réalisateurs dont beaucoup ne viennent ni au mixage (à commencer par Hawks) ni à l’enregistrement. Elmer Bernstein déclarait à Nicolas Saada qu’il n’avait rencontré pendant longtemps que deux metteurs en scène, Preminger et DeMille, tous les deux précis dans leurs demandes. Il n’a jamais parlé musique avec Ford pour SEVEN WOMEN et c’est le cas de beaucoup de grands films; Le studio pouvait ensuite dispatcher les musiques dans d’autres films. Nombre de Séries B n’ont pas de vraies partitions mais un collage des musiques que possédait le studio. Et le conservatisme que décrit Palmer était ressenti par beaucoup de compositeurs, sauf ceux qui avaient trouver leur niche comme Korngold, Steiner, Tiomkin. Même Waxman était surveillé. Dessau disait qu’il n’avait jamais réussi à imposer une note personnelle et c’est vrai d’autres compositeurs ayant fui le nazisme. Il suffit de voir la manière dont les studios étaient fermés aux compositeurs de jazz jusque dans les années 50. C’est un réalisateur européen qui fait appel à Ellington et Crosby doit se battre pour imposer Armstrong dans ses films. Le racisme joue là un role d’exclusion supplémentaire

  34. Denis Fargeat dit :

    Merci pour cette belle livraison!
    Cependant je suis assez étonné de la relation que vous faites du livre de Christopher Palmer – je ne l’ai pas, je dois me le procurer.
    Il y a beaucoup de contre-exemples à ce qui est dit, je ne m’étendrai pas trop… je citerai cependant deux noms, Paul Dessau et George Antheil, connus pour leur engagement avant-gardiste , même si on ne le soupçonne guère à l’écoute de leurs musiques de film. Hollaender est un élève d’Humperdinck, qui travailla avec Max Reinhardt avant de se tourner vers, effectivement, l’opérette, comme Hans Salter qui était, lui, élève d’Alban Berg. Korngold est un immense musicien et le plus étourdissant enfant prodige que je connaisse – à 11 ans, il composait comme à 40, avec une personnalité et un langage qui seraient uniques s’ils n’avaient été copiés, par exemple, par son collaborateur Friedhoffer. Korngold était si respecté qu’il participait aux réunions de pré-production, et avait son mot à dire sur les scénarios, avant que son étoile pâlisse – les films dont on lui confiait la musique connaissaient peu à peu moins de succès que ceux auxquels participait son rival Max Steiner. (Steiner dont on lit d’ailleurs qu’il était élève de Brahms et Mahler, ce qui paraît impossible dans un cas, improbable dans l’autre…)
    Je m’en tiens toujours au mythe suivant : pour les cruelles raisons historiques que l’on sait, tout un pan de la haute culture Mitteleuropéenne s’est retrouvé aux Etats-Unis, voire à Hollywood, à irriguer de ses talents le plus populaire des arts. (Les couleurs viennoises dominent, et je me souviens des propos de Brendan G. Caroll, biographe de Korngold, découvrant selon sa formule que ce n’était pas Korngold qui sonnait Hollywood, mais l’inverse. Et toute cette somptuosité qui est aussi celle de Mahler ou Richard Strauss, a longtemps coloré la musique de film ou les arrangements de chansons, parfois en rose bonbon….) La frilosité des producteurs quant à l’avant-garde ne me paraît pas très étonnante, et réserve quelques belles surprises, parfois (c’est beaucoup plus tard, mais c’est à la MGM, en 1955, qu’on entendit la première partition entièrement électronique. Il est vrai que c’était pour une Planète Interdite. Je profite pour signaler le beau livre de Franck Langlois « Les cloches d’Atlantis », qui explore les recherches sonores au cinéma, et souligne pour revenir à notre période le rôle novateur de Rouben Mamoulian dans le domaine.)
    La question est vaste et je dois lire Palmer, j’espère que je ne bondirai pas trop comme je viens de le faire – c’est que, voyez vous , on les chérit, ces partitions-là.

  35. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à notre hôte et aux folks,
    Allez, sur Ray Nazarro, on va encore pousser (en faisant un petit effort) vers LA FOLIE DE L’OR (Cripple Creek), toujours disponible chez Sidonis, et son script à la « Mystères de l’Ouest » à base d’infiltrés conférant au film une très légère effluve de film noir (la scène de roulette russe avec Richard Egan, qui la joue bien) et un rythme qui fait qu’on ne s’y ennuie pas. Mais c’est tout.

  36. Pop9 dit :

    Sympa de lire ce que vous écrivez au sujet de 125 Rue Montmartre, film sympa et effectivement digne d’intérêt.

  37. Julia-Nicole dit :

    Encore une fois une belle livraison, qui donne l’eau à la bouche.
    Le livre de Christopher Palmer a l’air particulièrement intéressant, sur un sujet qui est rarement traité. Comme beaucoup de livres anglo-saxons, je suppose qu’il est très documenté.
    Concernant Zola, AU BONHEUR DES DAMES donne déjà la mesure du talent de Duvivier, dont la noirceur convient bien au sujet. Il est frappant de constater son évolution en 10 ans, entre HACELDAMA, sympathique et un peu brouillon, et ce film, parfaitement maîtrisé, notamment sur l’image et les décors. Le point faible est peut-être la direction d’acteurs.
    Je suis d’accord avec vous sur NANA, que j’ai découvert tardivement, pensant à tort à une entreprise purement commerciale. C’est bien autre chose, à commencer par un duo d’acteurs impeccable. Si le talent de Boyer n’est plus à démontrer, je trouve que Martine Carol, quand elle est bien dirigée, sait vraiment insuffler de la vie à ses personnages. On le savait dans LOLA MONTES, mais ici aussi elle est très bien… ainsi que dans LUCRECE BORGIA, dont je n’ai pas un aussi mauvais souvenir que vous, même si je l’ai vu il y a plusieurs années. Il m’avait paru supérieur au film de Gance, qui possède des beautés et des audaces, mais dégage aussi pas mal d’ennui.
    Quant à VOLPONE, sauf votre respect, on n’a pas attendu Leteux pour savoir que c’est Baroncelli qui l’avait commencé. C’est écrit un peu partout, à commencer par le dossier que l’Avant-Scène avait consacré au film en 1977, les différentes notules dans Télérama lors des diffusions à la télé (en 87 par Gilbert Salachas, en 93 par Jacques Siclier), et je crois que Patrick Brion le rappelle chaque fois qu’il passe le film au Cinéma de minuit. Le nom de L’Herbier apparaît aussi dès 1937 ou 38. Le film est savoureux, et donne lieu à un réjouissant jeu de massacre, dans lequel les 3 interprètes principaux rivalisent de cabotinage, pour le meilleur. Le rire se fige brusquement lors du dénouement, très noir. Bien entendu, LA MAIN DU DIABLE et LE VAL D’ENFER lui sont supérieurs, mais ce n’en est pas moins une belle réussite.

  38. D DUMONTEIL dit :

    deux films de l’éditorial pas tout à fait pris au hasard:

    « si tous les gars du monde »

    « Puis le scénario trop fabriqué accumule les coïncidences, les accidents de parcours, les rencontres fortuites et l’artifice prend le dessus. Les ficelles sont trop apparentes et l’humanisme trop claironné. »(BT)
    sans doute ,mais il y a Mohammed plongeant dans les eaux glacées de la mer de Norvège , parce qu’il est le seul marin non intoxiqué ,car n’ayant pas mangé de jambon: cette scène seule fait pardonner les coïncidences ; il est étrange qu’HG Clouzot ait participé à cette oeuvre ,si différente de son atmosphère usuelle .Qui n’a jamais fredonné la mélodie de Van Parys, avec les paroles inspirées du poème de Paul Fort?
    Beaucoup de spectateurs étrangers en font un équivalent de « imagine » (pardon ,MB)

    La version de « au bonheur des dames  » de Duvivier a été transposée à l’époque contemporaine ,cad la fin des années vingt:hommes-sandwiches , prospectus publicitaires , néons;Dita Parlo est moins une Denise ingénue qu’une business woman en puissance; le meilleur est le monde de Baudu qui s’effondre : le fiancé de Geneviève n’a que mépris pour sa minable boutique , et les coups de pioche (par un ouvrier plus grand que nature ) rendent le malheureux fou; ce thème de destruction sera repris avec brio dans le sketch Fresnay/Sylvie de « carnet de bal » ; la fête de Mouret ,c’est déjà les guinguettes de « la Belle Equipe  » (et sa version noire du « temps des assassins »).Hormis Parlo , l’interprétation (Préjean et bien sûr et surtout Simon) est plus forte chez Cayatte mais ils avaient l’avantage de la parole.

    • D DUMONTEIL dit :

      le sketch BLANCHAR (et pas FRESNAY) /SYLVIE de « un carnet de bal » ;mais je suis sûr que Julia m’aura déjà corrigé!

  39. MB dit :

    Sidonis: sorti de ce coffret KISS TOMORROW GOODBYE/LE FAUVE EN LIBERTÉ, et regardez-moi ces abrutis de vendeur en ligne:
     »
    Le Fauve en liberté
    Lino Ventura (Acteur), Estella Blain (Acteur), Maurice Labro (Réalisateur), & 1 plus Classé: Tous publics Format : DVD
     »
    et à côté la jaquette avec en gros « JAMES CAGNEY »!!!!!!!!!!!

  40. MB dit :

    merci Bertrand
    VOLPONE je trouve que vous le sousestimez, toujours considéré ce film comme une perle de la plus belle eau, c’est peut-être de la sentimentalité car on le voyait en famille, toutes générations se bidonnant, surtout aux apparitions de Dullin, absolument jubilatoires. Je trouve que le manièrisme de Baur, qui en effet soruligne, fait partie du personnage et Delubac est parfaite en innocente éternelle. Regnault est aussi régalant, cumulant avec obstination et conscience TOUS les clichés d’un personnage grossier et fat, sans en louper aucun. Je ne peux m’empêcher en revoyant le film d’égrener en murmurant « quel con mais quel con mais quel con… » à chacune de ses tirades. Pour Dullin, il provoque plutôt chez le spectateur sain d’esprit, des ricanements d’une méchanceté impardonnable (« après… c’est l’air qui manque… eh eh, pauvre Volpone eh eh c’est bien malheureux, allez…). Jouvet est Jouvet plus élégant que jamais. Je place ce film au moins aussi haut sinon plus que LA MAIN DU DIABLE, qui m’a paru plus prometteur que réussi, certes VOLPONE est moins ambitieux mais totalement abouti, on a l’entrée, le plat de résistance et le déssert, et on est dispensé du pourboire. AVEC LE SOURIRE, malgré sa morale amorale, film donc plus risqué, m’apparaît aussi bien surestimé, tout ce qui tourne autour de Lefaur et sa déchéance tombe à plat, je ne retiens que, sorte de sketch isolé, le numéro pédagogique de Chevalier en prof de « chansonnerie » (?).
    C’est la différence entre un film ambitieux et inabouti, et un film moins risqué mais qui tient ses promesses.
    Bon, il serait temps que Chateau se mette à la restauration sur bray quand même!

    • Yvon Gauthier dit :

      D’accord avec vous pour la main du diable qui m’a laissé de glace

      • Ballantrae dit :

        Je vais dans votre sens pour Volpone qui effectivement est une madeleine des jeunes années. Pas nécessairement très inventif mais très fluide et au service de la pièce.
        Par contre je défends aussi La main du diable qui regorge d’idées étonnantes tant narrativement que plastiquement.

        • MB dit :

          C’est bien simple: VOLPONE est un chef d’oeuvre, on a l’apéro, la mise en bouche, l’entrée, le hors d’oeuvre, le poisson, le trou normand, le faisan, le frometon et le déssert, et pour digérer on a les danseuses affriolantes, on a pas ça dans LA MAIN DU DIABLE, d’ailleurs les malheureux qui aiment ce dernier sont incapables d’aligner deux arguments pour sousligner leur avis. Le sujet est impressionnant et grave et tragique donc c’est formidable! voilà tout! et ploum ploum tralala!

          (et sans mauvaise foi bien sûr)

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