Solanas, Fabri, des comédies et le cinéma de Cayatte

5 juin 2019 par - DVD

COFFRETS
Pour les inconditionnels de Rosselini, ce coffret sur les films qu’il a tournés durant le fascisme et qui sont produits, voire écrits et tournés avec l’appui du régime et du fils Mussolini : sa Trilogie de la Guerre comprenant LE NAVIRE BLANC, L’HOMME À LA CROIX, UN PILOTE REVIENT. Ce sont des œuvres de propagande quoique essayent de dire certains inconditionnels, où l’on fait plusieurs fois le salut fasciste. LE NAVIRE BLANC fait néanmoins preuve d’une sobriété qui évoque Guerassimov et l’HOMME À LA CROIX débouche sur une religiosité exacerbée qui ne manque pas de panache. On trouve ici et là des petites touches personnelles mais ceux qui s’extasient sur les moments de fête, de repos, de paresse en y décelant un air de subversion devraient se reporter au TRENO POPOLARE de Matarazzo, aux comédies de Camerini. On trouve Antonioni au scénario d’un de ces films. Chez Blaq Out, un coffret indispensable groupe les films de guerre qui suivirent où Rossellini opère un spectaculaire revirement idéologique.

Toujours chez Blaq Out, le magnifique coffret consacré à Fernando Solanas, cinéaste engagé qui fut contraint de s’exiler (j’ai pu l’aider à cette époque à tourner deux films en France qui sont très forts et émouvants). Devenu député, puis sénateur, il continue à se battre et à tourner des documentaires ultra-critiques dont le dernier LE GRAIN ET L’IVRAIE dénonce le saccage alimentaire exécuté par le pouvoir en Argentine. Solanas montre en quoi la soumission à la mono-culture (le soja) provoque le chômage, affecte l’éducation, la culture et place tout un pays sous le contrôle des multinationales comme Monsanto. Dans son immense fresque, L’HEURE DES BRASIERS, le côté très péroniste doit surprendre et paraître discutable mais la passion que dégage le film, la force du montage, restent intactes même si le message doit être discuté.

Les Archives Nationales du Film Hongroises ont sorti deux magnifiques coffrets consacrés à Zoltan Fabri. Les films à commencer par UN PETIT CARROUSEL DE FETE (KÖRHINTA) et PROFESSEUR HANNIBAL (HANNIBAL TANAR UR) sont tous restaurés, avec des sous-titres. On trouve en France deux coffrets consacrés aux classiques du cinéma hongrois avec des œuvres de Fabri, Károlyi Mak, Maria Mestzaros chez Malavida où l’on trouve aussi les classiques du cinéma géorgien, les classiques du cinéma tchèque. Avis à toutes les médiathèques. Yves Rouxel, avec Solanas que vous devez voir et ces coffrets, vous pourrez hiberner paisiblement.

 

  

Sidonis Callysta a sorti une énorme Coffret Encyclopédique du film Noir avec TUEUR À GAGES, L’ANGE NOIR, L’HEURE DU CRIME, TRAQUÉE, IMPITOYABLE, LE MAÎTRE DU GANG, TOKYO JOE, UN PACTE AVEC LE DIABLE, MIDI GARE CENTRALE, LE FAUVE EN LIBERTÉ, LA MAIN QUI VENGE, LE VIOLENT, « M », L’INEXORABLE ÊNQUETE, DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR, LE DESTIN EST AU TOURNANT, NEW YORK CONFIDENTIAL, A 23 PAS DU MYSTÈRE, PLUS DURE SERA LA CHUTE, LES SEPT VOLEURS.
Il y a plusieurs inédits de choix et je recommande UN PACTE AVEC LE DIABLE, un des grands films de John Farrow, MIDI GARE CENTRALE, LE FAUVE EN LIBERTÉ et L’ANGE NOIR même si la conclusion est prévisible. L’actrice qui joue la femme assassinée fut la dernière maîtresse de Pavese et il se suicida à cause d’elle.

Serge Bromberg chez Lobster vient de sortir plusieurs coffrets magnifiques notamment celui consacré aux réalisatrices du muet : « Les Pionnières du cinéma : Loïs Weber, Alice Guy, Mrs Mabel Normand, Dorothy Arzner ». Je recommande les films de Loïs Weber. Citons aussi le coffret Maurice Tourneur avec des titres phares comme L’OISEAU BLEU – somptueuse adaptation de Maeterlinck, extraordinairement photographiée (malgré la détérioration de certaines séquences) par John van den Broek, fidèle collaborateur de Maurice Tourneur, qui surmonte et transcende tous les pièges inhérents au sujet : fausse poésie, sentimentalisme, afféteries diverses. Il faut dire que la mise en scène insuffle au récit une vitalité, une urgence qui donne une vraie force à ce conte de fées ; LE DERNIER DES MOHICANS, chef d’œuvre coréalisé par Clarence Brown qui tourna les scènes d’extérieur et admirait intensément Tourneur ; VICTORY (dans une copie meilleure que celle de Bach Films) d’après Conrad. Les scènes d’intérieurs sont très soignées et témoignent de recherches cinématographiques souvent passionnantes. Tourneur incorpore la profondeur de champ, les diagonales (quand Jack Holt et Seena Owen s’avancent dans un couloir pendant que les branches d’arbres vues à travers les fenêtres bougent avec le vent), le hors champ.

  

Signalons aussi toujours chez Lobster l’indispensable Coffret Buster Keaton et celui consacré aux « Kings of Comedy » Mack Sennett, Harry Langdon, Larry Semon, Harold Lloyd et Snub Pollard. Régalez-vous. Et cela nous donne une transition toute trouvée pour le prochain sujet.

  

ET SI ON RIAIT UN PEU ?
Oui, si on riait un peu ? Et si on parlait de comédie, non pour oublier ce que l’on est en train de vivre, mais pour mieux le supporter.
Chaque fois que je l’ai pu, j’ai voté aux César et aux Oscars pour LA MORT DE STALINE, réalisé et coécrit par Armando Iannucci d’après la bande dessinée homonyme de Thierry Robin et Fabien Nury. Hélas sans succès. J’ai trouvé ce film désopilant, tout en restant juste historiquement (comme la bande dessinée). Tous les protagonistes de cette histoire véridique sont dépeints avec une acuité cocasse, des traits acérés, mordants : quand la femme de ménage découvre Staline en train d’agoniser, elle suggère d’appeler un médecin mais personne ne veut être responsable de cette initiative. D’ailleurs comme le dit quelqu’un : « Tous les bons médecins sont au goulag. » J’adore l’évocation de Beria qui essaie de se refaire une virginité en libérant hâtivement des détenus qu’il a fait condamner mais n’a pas eu le temps d’exécuter. Tout comme Khrouchtchev qui se forge une image de libéral. Et Malenkov, pleutre, se ralliant toujours au dernier avis : « Quand j’ai dit non, vous aviez bien compris que c’était un oui. » Interprétation juteuse et dialogue sensationnel. Déjà, du même cinéaste, IN THE LOOP jetait un regard au vitriol sur les bévues de la diplomatie anglo-américaine juste avant la guerre d’Irak. Cette comédie ultra-tonique, au mouvement et au rythme échevelés (la vitesse du récit avait même quelque chose d’éreintant), montrait comment une sottise proférée dans une émission par un incapable qui n’était pas en charge du dossier pouvait faire déraper un pays dans la guerre sous les commentaires orduriers du chargé de presse, Malcolm Tucker, personnage inoubliable. A voir et à revoir.

Remontons le temps et passons en France pour saluer L’HABIT VERT (Gaumont, collection rouge) d’après la comédie de Flers et Caillavet, adaptée par Louis Verneuil et mis en boite correctement par Roger Richebé qui pratiqua quelques coupes évoquées déjà dans ce blog dont le discours de Latour Latour sur l’activité ARTISTIQUE de son confrère : « Jusqu’à l’âge de cinquante ans, messieurs, la vocation de Jarlet-Brézin est incertaine. Il avait échoué comme chroniqueur, il avait échoué comme romancier, il avait échoué comme auteur dramatique. Il avait échoué partout. En lui, s’était accumulée une force peu commune d’amertume et de sévérité. Il songea alors que de telles qualités ne pouvaient rester sans emploi, et il entra dans la critique. Ah, la critique !, messieurs. Jamais nous ne ferons assez son éloge ! Combien d’écrivains qui ne trouveraient rien à écrire s’ils n’avaient pu se donner à la critique ? Combien d’excellents esprits qui auraient dû, si cette carrière ne s’était ouverte à eux, borner leur mérite aux soins d’un petit commerce, ou aux plus minces emplois de l’administration ? Jarlet-Brézin fut l’honneur de ce genre éminent. Pendant vingt ans il jugea les œuvres littéraires et dramatiques. Il jugea passionnément, évitant de comprendre pour être mieux compris, fidèle à sa mission qui était d’abattre des talents et d’en encourager d’autres. C’était au demeurant le meilleur et le plus doux des hommes ! »
Je regrette cette omission mais il reste suffisamment de moments délectables, à commencer par l’opéra que veut écrire Elvire Popesco où Bonaparte meurt en Egypte : « C’est un fait qui n’est pas très connu. » Et j’aime bien ce président de la République qui ne peut pas changer le cuisinier de l’Elysée, ce dernier étant plus élevé que les ministres dans la hiérarchie des francs-maçons. Oui l’interprétation de Victor Boucher est sidérante de dépouillement et de sobriété. Comme son personnage qui n’a rien écrit, l’acteur fait mine de ne pas jouer, raffinement suprême mais qui le distingue immédiatement de ses partenaires qui font, eux, une démonstration inverse. Jusqu’où aller trop loin et dans ce registre, Lefaur, Popesco et Berry sont irrésistibles.

CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES (Gaumont) est une comédie gentillette, sympathique qui présente certaines ressemblances avec FRIC FRAC, avec un postulat plus intéressant même si tout aussi daté. Le film mérite de passer à la postérité pour la merveilleuse chanson, « Comme de Bien Entendu », qui fut rajoutée de manière impromptue durant le tournage par Jean Boyer qui écrivit les lyrics en 30 minutes et Georges van Parys qui composa ce merveilleux thème. Boyer filme très bien cet intermède musical, d’abord en long plan où la caméra va recadrer à chaque couplet un nouveau couple. Le dernier refrain par Arletty et Simon est irrésistible.

Pour les amateurs de ce comédien qu’adorait Alain Resnais qui possédait tous ses films, je signale le coffret « Bob Hope, Classic Comedy Collection », 10 Films (Universal) avec au moins des sous-titres anglais. On peut y voir les trois meilleurs : THE CAT AND THE CANARY, remake de la version muette de 1927 avec un rôle réécrit pour Hope dont l’arrivée dans le film est fort drôle. C’est une histoire de maison hantée et de malédiction dans les bayous de Louisiane, tournée en comédie mais avec un personnage de fou évadé, de vrais meurtres et des mains qui rentrent dans le champ. Son succès fut phénoménal si bien que Hope et Goddard enchaînèrent sur THE GHOST BREAKERS (tournée deux fois durant le muet) autre histoire de maison hantée qui se passe près de Cuba et où Hope, animateur radio qui est compromis dans une histoire de gangster, atterrit un peu malgré lui. Son personnage est moins froussard que d’habitude. Dans la distribution, on retrouve HB Warner qui joua dans la version de 1914 dirigée par DeMille (et aussi le Christ dans LE ROI DES ROIS). Paulette Goddard est adorables dans les deux films et à l’aise dans la comédie, ce qui est moins le cas de Madeleine Carroll dans MY FAVORITE BLONDE où elle interprète une espionne poursuivie par une bande de redoutables nazis qui refile un gimmick compromettant à Hope. Certains apartés sont extrêmement cocasses : « J’ai si peur que même ma chair de poule a la chair de poule » – « Vous voulez dire, que les morts reviennent ? Comme les républicains ? » – « Si tu vois deux types cavaler, laisse passer le premier : ce sera sans doute moi. » Mais cette forme d’humour peut lasser à la longue. Il faut porter au crédit des deux premiers titres, la photo de Charles Lang. Je n’ai pas encore revu THE PALEFACE, parodie qui m’avait laissé de glace. Dans la VF, quand Jane Russell embrassait Bob Hope, il regardait la caméra et disait : « Cela vaut mieux qu’un café crème. » Je vais chercher la réplique en VO. Quelqu’un connaît-il SORROWFUL JONES ou NEVER SAY DIE ?

CLASSIQUES
J’ai revu pour la première fois depuis sa découverte au Monte Carlo, MAIS QUI A TUÉ HARRY ? dans le magnifique coffret Blu-ray Universal, « Alfred Hitchcock, The Masterpiece Collection » qui comprend 14 films (la plupart de ces films offrent des bonus passionnants, des témoignages de collaborateurs, de scénaristes, des analyses éclairantes). Hitch voulait tourner le film dans le Vermont, en automne pour opposer l’humour noir du récit et la Nature luxuriante mais un ouragan et un temps glacial détruisirent le paysage et le tournage dut se poursuivre en studio, ce qui étouffe, paralyse un peu la mise en scène. Hitchcock voulait respecter le roman qu’il aimait beaucoup et les ajouts furent minimes. Essentiellement le personnage de policier un peu balourd que joue Royal Dano (JOHNNY GUITAR, MOBY DICK, LIBRE COMME LE VENT). John Michael Hayes concocta quelques répliques, généralement proférées par Edmund Gwenn à double sens qui, mystérieusement, échappèrent à la Censure, notamment sur la femme dont il est amoureux qu’il trouve bien conservée. « Mais un jour, il faut ouvrir les boites de conserve ». J’avais été marqué par le personnage du petit garçon qui mélange passé, présent et futur, par ce cadavre aux chaussettes si voyantes. Shirley MacLaine est vraiment craquante dans un personnage de jeune femme très libre mais je continue de trouver le film un peu statique malgré des moments délicieux. Il marque surtout la première rencontre entre Hitchcock et Bernard Hermann et Hitchcock trouva enfin un compositeur à sa mesure (le meilleur avait été Frank Waxman mais il n’avait pas su tirer parti de la chanson qui s’écrivait dans FENÊTRE SUR COUR). Hermann écrivit une partition enjouée, marquée par Prokofiev, Ravel, dont il tira d’ailleurs une magnifique suite. Elle trouve immédiatement le ton du film.

Saluons la ressortie d’une des comédies les plus sous-estimées de Billy Wilder, EMBRASSE-MOI IDIOT, sottement accusée de vulgarité. Son propos, comme toutes les grandes comédies, est finalement très sérieux. Mais comme nous l’écrivions dans 50 ANS DE CINÉMA AMÉRICAIN, il s’agit « d’une comédie très fine, très pudique… où, à la fin, chaque personnage a appris quelque chose de positif sur la vie, sur les autres et sur lui-même ; l’aventure les a transformés de fantoches en êtres humains. »

  

L’HOMME DU JOUR est loin d’être un film parfait mais il témoigne d’une énergie, d’une volonté de vouloir explorer de nouveaux chemins. Duvivier et Spaak examinent à travers l’ascension et la chute d’un jeune électricien devenu célèbre parce qu’il a sauvé une actrice, les ravages que peuvent provoquer un succès fulgurant mais éphémère. Ils pointent les dérives du show business non sans une certaine âpreté On y entend Maurice Chevalier dans son rôle chanter « Y a de la joie » de Trenet puis se livrer avec son double à une extraordinaire interprétation d’un de ses grands succès. La mise en place, le brio de ce numéro, avec de très légers décalages entre le créateur et son imitateur tous deux incarnés par Chevalier et souvent dans le même plan vous laisse pantois.

Je me suis promis de revoir un de ces jours, ALEXANDRE LE BIENHEUREUX et je revois cette foule de touristes asiatiques visitant Vaux-le-Vicomte et tombant sur Noiret et Rochefort, entre deux prises de QUE LA FÊTE COMMENCE, s’écriant tous : « Oh, Alexandre ! »

  

J’ai gardé pour la bonne bouche, si j’ose dire, TAMPOPO (Criterion) écrit et dirigé par Jüzo Itami, le premier western ramen (pour lutter contre les westerns spaghetti) qui raconte comment un petit groupe de personnes a pu imposer un restaurant de ramen, ces soupes de nouilles avec du porc, des poireaux et tous les ingrédients possibles. Le propos, le récit sont incroyablement originaux, truffés de parenthèses, d’évocations burlesques (un groupes de Japonais s’initiant aux spaghettis bolognaises). Il y a aussi des passages fort peu ragoutants, des bagarres et deux ou trois moments désopilants : l’entrainement quasi olympique d’une cuisinière qui doit composer en une minute plusieurs bols, retenir toutes les commandes et servir très vite.

ANDRÉ CAYATTE
Il faut commencer par lire le numéro 86 de « 1895 », revue d’Histoire du cinéma, où l’on trouve un article passionnant et prodigieusement documenté , « Cayatte avant Cayatte », sur les liens entre le futur cinéaste et les surréalistes, en particulier René Char et sur son engagement politique durant la guerre d’Espagne dans le camp républicain bien sûr. Il soutient le combat, écrit des textes très critiques des atermoiements du gouvernement Blum, publie avec Philippe Lamour SAUVONS LA FRANCE EN ESPAGNE et se serait engagé dans les Brigades Internationales. Comme Decoin avec la guerre de 14, il ne mentionnera jamais cela dans ses (rares) interviews. Pudeur ? Dans le même numéro, un article sur la musique chez Pagnol qui rend justice au travail ample et lyrique de Honegger pour REGAIN.

J’avais aimé à l’époque ROGER LA HONTE et LA REVANCHE DE ROGER LA HONTE qui tranchait sur ce que l’on disait de Cayatte contre lequel j’étais prévenu. Depuis j’ai revu certains films pour VOYAGE A TRAVERS LE CINEMA FRANÇAIS, notamment son extraordinaire sketch de RETOUR A LA VIE dont je cite un passage : ce dialogue très noir, digne de Mirbeau entre Blier et une femme, déportée à Dachau, qui est allongée sur le sol, ne supportant plus d’être étendue sur un lit… J’ai parlé dans ce blog du MIROIR À DEUX FACES et j’ai loué la première partie du DOSSIER NOIR, passionnante. La description que fait Cayatte d’une petite ville de province en pleine reconstruction, dominée par un magnat du BTP qui fait la loi, quelques années après la Libération fourmille de détails originaux qu’on aurait tort de sous-estimer : l’arrivée du juge d’instruction (Jean-Marc Bory) dans un Palais de Justice à l’abandon où l’on bute sur un bébé dans son parc surveillé par son frère, en pleine salle des pas perdus, lequel petit frère fait tourner la boutique en l’absence de personnel ; le seul téléphone se trouve au café d’en face ; la chambre qu’on alloue au juge et où Sylvie tente d’habiller le chien de Mademoiselle Boussard ; le personnage du procureur (excellent Henri Crémieux) atteint d’un cancer du foie, autant de notations extrêmement originales qui confirment, au-delà des défauts du cinéaste (lourdeurs, didactisme, manque de subtilité) le très grand intérêt de certains films souligné par Lourcelles qui qualifie leur existence de révolutionnaire (AVANT LE DELUGE). Le dialogue de Charles Spaak est acéré et cinglant. Malheureusement le scénario dérape dans des bifurcations incompréhensibles tant elles sont maladroites, défauts pointés justement par Philippe Paul dans DVDClassik : des sous-intrigues entre Danièle Delorme et Daniel Cauchy ; Boussard disparaît totalement ; on nous égare sur des fausses pistes au lieu de suivre l’enquête du petit juge qui disparaît pendant de très longs moments. Selon Noel Herpe, la Censure aurait coupé des scènes qui déséquilibrent le film dans cette partie et aurait donc mutilé le film. Heureusement, les scènes d’interrogatoire avec Noël Roquevert, formidable en flic qui sort tout droit de l’Occupation et en a gardé les méthodes, même si elles auraient gagnées à être plus elliptiques, relancent l’intérêt tout comme Bernard Blier, magistral en flic parisien qui vient humer la province, mais la fin, astucieuse, voire même provocante dans son refus de privilégier le sensationnel paraît soldée.
Depuis, sur ce blog, Cayatte avait trouvé un défenseur très argumenté avec Dumonteil et je renvoie à tout ce qu’il a dit notamment d’AVANT LE DELUGE, œuvre majeure, l’une des rares à affronter l’antisémitisme, à évoquer l’homosexualité. Cayatte sera l’un des cinéastes qui reviendra le plus sur les drames causés par l’Occupation, avec une grande lucidité. Le personnage de Balpétré qui voit un complot juif partout dans AVANT LE DELUGE est inoubliable et paraît hélas très contemporain.
J’ai voulu revoir certains films dont justement ROGER LA HONTE et LA REVANCHE DE ROGER LA HONTE (René Château). Et ces nouvelles visions ont été bénéfiques. Déjà Cayatte s’attaque, fut-ce à travers un mélodrame qui a déjà inspiré plusieurs versions, à une erreur judiciaire. Certes les péripéties héritées du roman de Jules Mary (fortement influencé par Hugo et surtout le Dumas du COMTE DE MONTE CRISTO), pèsent parfois sur le film, surtout durant le premier épisode où certaines coïncidences ou astuces de narration paraissent énormes et donnent du fil à retordre aux acteurs ; notamment la confusion sur la houppelande, cadeau de son épouse à Roger qui incrimine ce dernier. Si ce vêtement est très à la mode, il n’est pas le seul à le porter et cet argument aurait pu être évoqué par l’avocat. On est vraiment dans la dramaturgie des « lèvres closes » comme disaient les auteurs de mélodrames italiens. Quelqu’un pose une question et une réponse honnête pourrait résoudre la situation : l’homme avec qui tu m’as surpris était mon frère mais je n’ai pas osé te le dire… Tout le quiproquo lors du retour de Roger après le crime où chaque mot se retourne contre lui parce qu’on ne pose jamais la seule question qui compte en est un bon exemple. Ce qui est très marrant, c’est que la séquence dans la serre entre Roger et sa maitresse avec qui il veut rompre, moment lourd, pesant, raide, explicatif où Casarès est coincée, est toute aussi mauvaise, statique voire pire, et encore plus mal jouée, dans la version Freda qui l’avait bâclée en une prise tournée à trois caméras, s’aliénant totalement son actrice principale, Irène Papas. Dans les deux versions les séquences familiales ne sont pas ce qu’il y a de plus excitant. Tout ce qui relève en revanche de la machination, de l’engrenage judiciaire, est beaucoup plus excitant : toutes les discussions financières (un héritage de Dumas et du COMTE DE MONTE CRISTO), les séquences de tribunal (fort bien jouées) sont rondement menées et la circulation des billets qui vont accabler Roger crée une vraie tension dramatique. Les personnages de méchants volent bien sûr la mise : Tissier est délectable en banquier joueur, corrompu et maitre chanteur qui sait s’aplatir devant tous les puissants et courtise avec délectation les jeunes danseuses, Paul Bernard sinistrement glacial en assassin égoïste (« on doit toujours d’abord penser à soi »). Cayatte a très souvent su bien distribuer ses films et tirer le meilleur parti de comédiens de répertoire comme Louis Salou en policier entêté et désabusé qui noie sa désillusion dans l’absinthe, Jean Debucourt impeccable en avocat ami fidèle qui parvient à faire passer un coup de théâtre croquignolet durant le procès, Paulette Dubost et même Gabriello. Lucien Coeldel, acteur méconnu et trop oublié dont la fin fut tragique, donne une grande vérité à ces péripéties et son jeu reste très moderne. Il enracine le film dans son époque, dans son milieu social. C’était un immense acteur qui amenait une vérité à la Vanel, à la Gabin. A l’actif du film, une narration rapide et certaines belles idées de mise en scène comme ces splendides mouvements de grue lors de la déposition de la fille de Roger (meilleure durant le procès que dans les scènes qui précèdent) ou ce foudroyant champ-contrechamp qui joue sur un miroir qui ponctue dans la REVANCHE DE ROGER LA HONTE la nouvelle rencontre entre Roger, son ancienne maitresse et Casarès. J’ai été frappé aussi par le ton inventif, savoureux mais retenu de dialogues signés, ce qui est très curieux, par deux auteurs différents : Hélène Mercier, coscénariste du DESSOUS DES CARTES, pour le premier épisode et Charles Spaak pour LA REVANCHE avec des notations sociales perçantes, aigües mais sous-jouées et filmées sans ostentation. Casarès déclare à sa camériste qu’elle est heureuse de recevoir ses amis. Cette dernière lui répond qu’elle n’a jamais eu d’amis. Casarès continue sans l’avoir écoutée, qu’elle se sent très heureuse. Elle lui répond qu’elle n’a jamais connu le bonheur et se voit envoyée à l’Automobile Club. Ce petit échange est filmé en douce, à l’arrière-plan et pointe l’égoïsme autiste des classes possédantes. On retrouvera des notations aussi fortes dans AVANT LE DELUGE, LE PASSAGE DU RHIN, OEIL POUR OEIL, JUSTICE EST FAITE. Et aussi dans LE DESSOUS DES CARTES, variation assez passionnante sur les conséquences de l’Affaire Stavisky où Madeleine Sologne est crédible en femme fatale toute aussi égocentrique que Casarès (elle refuse de se réfugier en Espagne ou en Italie, « ces pays où on grossit »). Et dans ce film, Cayatte montre qu’il sait fort bien filmer la nature, les paysages de montagne. Certains plans anticipent sur OEIL POUR OEIL. Et le personnage de Paul Meurisse, flic corrompu qui fabrique de fausses preuves pour faire condamner un innocent et cacher ce qu’il a commis, évoque nettement l’inspecteur Bonny, qui deviendra l’un des chefs de la sinistre carlingue.

LE DERNIER SOU, hélas introuvable, est un petit film noir original, vu dans une horrible copie. Cayatte y utilise très adroitement Noël Roquevert, le sort de ses emplois habituels en lui donnant un personnage de détective privé. Le même Roquevert, il faut s’en souvenir, est absolument génial dans JUSTICE EST FAITE.

Toujours grâce à Noel Herpe qui en était l’avocat, je me suis résigné à voir LE CHANTEUR INCONNU (René Château) avec Tino Rossi. Eh bien, ce mélodrame aux péripéties souvent ultra-rocambolesques, a été une très bonne surprise. Avec d’abord ce personnage, joué par Bussières, de projectionniste itinérant qui se reconvertit dans le music-hall mais surtout, durant la seconde partie, à cause de ses recherches formelles souvent audacieuses. On assiste à un véritable festival de caméra subjective, avec des plans audacieux, raffinés, cocasses (une cigarette qu’on allume devant l’objectif). Le scénario (parmi les adaptateurs oubliés de tous les livres et autre IMDB, figurent Cayatte, bien sûr, et… Jean Devaivre qui ne m’en avait jamais parlé) témoigne d’un romantisme, d’une fièvre que l’on sent dans ROGER LA HONTE, dans AVANT LE DELUGE, dans LE PASSAGE DU RHIN. Le côté secret de Cayatte. Voilà qui mérite un coup d’œil et un coup de chapeau.

On ne peut quitter Cayatte sans évoquer le très original ŒIL POUR ŒIL sobrement dialogué par Pierre Bost qui bénéficie d’une fort belle photo en couleurs de Christian Matras avec de belles scènes nocturnes. Dans ce qui va devenir un face à face impitoyable, Cayatte dresse un constat décapant du monde colonial et une fois de plus, Jurgens montre qu’il vaut mieux que sa réputation.

  

LE PASSAGE DU RHIN est un des Cayatte les plus réussis : fouillé, complexe, exempt de parti pris, ce film tourne le dos à bien des clichés, héroïques ou nationalistes et la peinture de la vie d’Aznavour en Allemagne paraît extraordinairement juste, non revancharde mais exempte aussi de toute complaisance envers les collabos. Magnifique création d’Aznavour.

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Commentaires (173)

 

  1. Ann dit :

    Roger Richebé qui pratiqua quelques coupes évoquées déjà dans ce blog

  2. Edward dit :

    A propos de ROGER LA HONTE : je n’ai pas encore vu la version de CAYATTE mais je l’espère supérieure à celle de FREDA que je viens de voir et qui est truffée d’invraisemblances (comment se fait-il que Georges GERET revienne d’Amérique avec sa fille alors qu’il y avait fui après son évasion et on n’imagine pas qu’il soit repassé chez lui pour l’emmener, pourquoi Jean TOPART avoue-t-il le meurtre avant de mourir, …) ou de coïncidences (Georges GERET a la même servante avant et après son retour d’Amérique, sa fille rencontre par hasard le fils de la femme à l’origine de son malheur et en tombe amoureuse, une des nombreuses ressemblances avec le scénario de LA PORTEUSE DE PAIN (fuite en Amérique d’un des protagonistes, retour fortuné sous un nom d’emprunt, usine qui a brûlé, innocent condamné, …)). De plus, à part Jean TOPART et Jacques MONOD, excellents, les acteurs sont loin de leurs sommets (J-P MARIELLE, Jean CARMET … Georges GERET parvient à sonner juste et faux dans une même scène). Le fait qu’Irène PAPAS soit doublée n’arrange rien.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Edward
      Je suis assez d’accords après l’avoir revu. Le film a été tourné avec paresse et Irene Papas ne s’estimait pas du tout dirigée

  3. Yves Rouxel dit :

    La 23ème édition du festival »Résistances »se tiendra du 5 au 13 juillet dans la belle cité de Foix en Ariège.Cette année les programmateurs ont mis l’accent sur le colonialisme en chaine à travers plusieurs œuvres fortes tel: »Soleil O »du regretté Med Hondo disparu récemment.D’autres thèmes forts seront abordés avec des débats et des rencontres.J’ai choisi trois films: »il était une fois une ile de Briar March qui nous conte l’histoire d’une communauté insulaire du Pacifique face à la montée des eaux et à son destin, »Are you listening »de Simon kamar Ahmad nous montre comment des familles du Bangla desh font face aux tempètes et inondations.Enfin un film de Matt Ross que j’affectionne beaucoup c’est »Captain fantastic » ou un père et ses 6 enfants reprennent contact avec le monde après avoir vécu loin de tout matérialisme inutile.Un chef d’œuvre de grande reflexion sur les comportements de l’espèce humaine dans une société dénuée d’humanisme.Tous les soirs à 18 heures 30,un concert gratuit sera donné sous le chapiteau.Plus d’informations sur le site de ce festival qui sort des sentiers battus de l’actualité cinématographique.

  4. Yves Rouxel dit :

    Au moment ou je commence à écrire ces quelques lignes,la radio diffuse »Les ricains »de Michel Sardou.Sans transition j’ai revu une œuvre à redecouvrir qui a été bouder lors de sa sortie en 68 et plomber par la critique. »Le sergent »de John Flynn raconte l’histoire d’un vieux briscard américain qui à combattu en France et y revient afin de mettre de l’ordre dans une garnison de l’infanterie.Le capitaine est un alcoolique qui vient de temps en temps mais qui ne dirige aucunement ses hommes.C’est la qu’arrive Callahan,26 ans de service au compteur.C’est un homme bourru,rugueux qui a consacré sa vie à l’armée mais qui est en manque d’affection et d’amour.Il va recruter un jeune soldat(John philip Law)comme secretaire et assistant.Au fur et a mesure le sergent va s’immiscer dans la vie privée de ce jeune homme beau,qui rejoint chaque soir au village sa fiançée(Ludmilla Michael).Mais le point le plus impréssionnant c’est le jeu de Rod Steiger qui incarne cet homme usé par la guerre,l’alcool et les femmes d’un soir.Il raconte comment il rencontra en Islande sa future femme puis ses jours de beuveries.On sent bien le fond d’amertume et le temps passé et tous les moments perdus que l’on ne peut plus rattraper.La bluette amoureuse entre les deux tourtereaux est à mon avis trop appuyé par rapport au contexte psychologique et a la tension nerveuse des deux personnages principaux.Mais le film est sauvé grace à la partition musicale de Michel Magne qui signe une composition pleine de mélancolie et- d’empathie pour cet homme campé par l’immense Rod Steiger.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Là, je prends du recul. Ce film m’avait paru lourd, démonstratif, appuyé sur un sujet intéressant et Rod Steiger qui a plusieurs fois été excellent (dans le GRAND COUEAU, PLUS DURE SERA LA CHUTE, SUR LES QUAIS), j’ai du mal à le qualifier d’immense quand on voit le nombre d’oeuvres où il cabotine. Delmer Davis ne pouvait pas le supporter et le trouvait totalement maniéré dans un western, Chabrol disait qu’on ne pouvait pas le faire quitter un plan et Leone a eu un mal de chien avec lui. Il y a à boire et à manger chez lui. Il y a tant d’acteurs américains qui ont TOUJOURS été juste de Ryan à Van heflin en passant par le trop méconnu Millard Mitchell et Charles McGraw que l’entendre qualifier d’immense me choque

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Revoyez quand mème « Waterloo » de Bondardtchouc(je me trompe surement sur l’orthographe de ce cinéaste russe).Steiger compose un Napoléon brut de décoffrage,puis vous avez raison pour le film « Sur les quais »ou il a obtenu un oscar.Il y a aussi « Il était une fois la révolution »de Léone ou il tient bien le personnage.Beaucoup d’acteurs et d’actrices cabotinent,par exemple De niro ou Pacino qui utilisent toujours les mèmes mimiques,démarches et rictus visuels.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Mais vous relisez ce que j’ai écrit sur WATERLOO. Leone lui était furieux de Steiger et je suis désolé de Niro et Pacino ont à leur actif plus de roles mémorables que Steiger même s le premier a aussi tourné des daubes. Mais dans GOODFELLAS, CASINO les films de Russell il reste sidérant et Pacino chez Nolan, schatzberg, mike Nichols (dans ANGEL OVER AMERICA) et tant d’autres ne cabotine pas du tout. S’il vous plait défendez sans attaquer quelqu’un d’autre. Comme si vous disiez, Ventura cabotine ici et là mais pas Jean Gaven ou Jean Lefevre m’a fait hurler de rire dans ILS SONT FOUS CES SORCIERS ce qui n’est jamais arrivé avec Charles Vanel

        • Denis Fargeat dit :

          A Yves
          Waterloo, morne pléonasme, disait je crois Pierre Dac…

  5. Yvon dit :

    Vus aujourd’hui la 4 iem et je l’espère la dernière version de A Star Is Born de Et avec Bradley Cooper qui nous refait à la pareille la remise de prix gâchée mais qui ne nous fait pas oublier la performance de James Mason dans le #2 de George Cukor,oui Lady Gaga est très bonne et on montre la sexualisation obligatoire des chanteuses(ex Shakira)mais j’ai trouver la d’échéance du héros!!trop vite traité contrairement la montée de sa compagne et son suicide m’a apparue un peu rapide et mal justifié bref un très long vidéoclip, bon j’attend les briques.

  6. Salomon dit :

    Une pensée pour Bruno de Keyzer qui vient de nous quitter.
    Il avait remporté le César de la meilleure photo en 1985 pour UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE (son premier film comme chef op) puis tourné cinq autres films avec Bertrand Tavernier :
    AUTOUR DE MINUIT ; LA PASSION BEATRICE ; LA VIE ET RIEN D’AUTRE ; DANS LA BRUME ELECTRIQUE et LA PRINCESSE DE MONTPENSIER.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Salomon
      Bruno était un remarquable chef opérateur qui savait créer des lumières envoutantes, éclairait magnifiquement les actrices et j’aimais son humour bourré. C’est une énorme perte

    • Yves Rouxel dit :

      A Salomon.Merci à vous pour cet hommage.De mon coté j’ai appris la disparition de l’actrice Edith Scob connue pour ses roles chez Franju mais également au théatre ou elle a jouée tous classiques.Femme effaçée avec un regard singulier,je dois revoir »Les yeux sans visage »film fantastique intemporel.

    • ballantrae dit :

      Oui il faisait un travail d’autant plus remarquable qu’il était très diversifié: quoi de commun entre les lumières et couleurs comme tamisées de Un dimanche… et les ambiances tour à tour réalistes et fantomatiques des bayous de Dans la brume électrique? Le talent du chef opérateur, sa capacité d’attention envers le projet du film alors qu’on trouve aujourd’hui des chefs op qui pourraient avoir tendance à signer des lumières analogues quel que soit le film.
      Merci Marc d’avoir attiré notre attention sur une disparition trop peu commentée dans l’actualité.

  7. Yves Rouxel dit :

    J’ai revu avec plaisir »Un condé »d’Yves Boisset,film engagé qui dénonce les dérives et les nombreuses bavures de la police,de la justice et du milieu de la prostitution lié par des appuis politiques évidents.Dans le role de l’inspecteur, Michel Bouquet est glacial face au commissaire campé par Adolpho Celli(dont le role est inutile à mon avis).En revanche Boisset filme avec maestria les séquences d’ouverture ou Pierre Massimi(vu dans »Les secrets de la mer rouge »à la tv)se fait bastonner par la bande du mandarin.Henri Garcin et Théo Sarapo forme un duo de tueurs à gages assez ambigue(je pense qu’ils sont homosexuels,celà se ressent lors de l’interogatoire musclé dans la prison).Je ne sais pas si dans le dvd qui vient de sortir il y a un bonus avec entretien ou scènes coupées,car j’ai une copie acheté avec le journal lyonnais »Le progrès ».Ah oui deux anecdotes que j’oubliais le fameux mandarin se prénomme Tavernier(tiens,tiens)puis lors de la fusillade dans les escaliers avec Constantin et Garko ont aperçoit la plaque d’un dentiste appelé Godard.C’est du suréalisme!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Pas du surréalisme…Juste des petits clins d’yeux

      • Yves Rouxel dit :

        a Bertrand.On sent bien les liens qui vous unissent avec Yves Boisset.Grace à la dernière pour la saison de l’émission « Mauvais genres »sur Culture,j’ai appris la sortie en septembre-octobre de « La femme flic ».Jean pierre Kalfon était l’invité d’honneur,je vous recommande l’écoute de cette émission ou l’on entend Kalfon poussait la chansonnette puis évoquer les tournages de « L’amour fou »et »L’amour par terre »de Rivette ainsi de sa collaboration avec Boisset.

  8. ballantrae dit :

    Bravo Bertrand pour avoir mis en vedette Solanas qui est un cinéaste passionnant y compris lors de son exil.
    J’ignorais que vous aviez contribué à l’existence de ses opus coproduits par la France.Je suppose qu’il s’agit de Tangos, l’exil de Gardel puis de el Sur (à ne pas confondre avec la merveille de V Erice).J’avais apprécié ces deux films surtout le second qui savait fort bien parler du temps qui passe, de la nostalgie de l’exil, des fantômes du passé avec une BO sublime d’A Piazzola.Il y avait comme un écho des récits de Théo Angeloupolos dans ce Sud.
    Ses docus sont avec ceux de P Guzman pour le Chili ce qui s’est fait de plus puissant pour rappeler les errances fascisantes en Amérique latine avec la coupable complicité des USA. Là où Guzman établit des liens métaphysiques et poétiques entre les idées, Solanas nourrit un sens dialectique puissant.

  9. Guilhaume Jean-Romain dit :

    Bonsoir

    J’ai découvert récemment ce long-métrage Documentaire de 1968 réalisé par le journaliste d’origine irlandaise Peter Lennon et le cinéaste français Raoul Coutard:
    « Rocky Road to Dublin » (ou « Irish Rocky Road « )
    Il a fait l’objet d’une édition restaurée en DVD (zone All) en 2010 (sous-titres en français inclus ), en Angleterre.

    Lennon, un journaliste de The Guardian, a demandé à toute une série d’écoliers, de prêtres et de sportifs de haut niveau leur avis sur la vie quotidienne en République d’Irlande.
    Ce film fut rapidement interdit en Irlande, mais en 1968, il était pourtant à l’affiche du Festival de Cannes ; c’était le dernier film à être projeté lors de l’édition de cette année-là, avant son interruption.
    John Huston figure parmi les interviewés.

    Ce film captivant mérite vraiment d’être redécouvert. Il permet de se plonger dans l’histoire irlandaise de cette époque.

  10. MB dit :

    « L’actrice qui joue la femme assassinée fut la dernière maîtresse de Pavese et il se suicida à cause d’elle. »
    Constance Dowling, la soeur aînée de Doris: elles émigrèrent en Italie fin 40 c’est pour ça qu’on retrouve Doris dans RIZ AMER, ROME VILLE OUVERTE et OTHELLO, Constance était dans des films moins connus là-bas. Elles auraient pu être jumelles, deux beautés fascinantes et un peu glaciales.
    j’aimerais bien que Sidonis resorte les inédits de ce coffret séparément, je vais pas me payer ce gros machin à 200 balles alors que j’ai déjà les 4/5eme des films, par ma barbe!
    drôle d’idée ce coffret, entre nous!

  11. Manu dit :

    Bonjour,
    La critique de « DvdClassik » sur « L’Aventurier du Texas » (« Buchanan Rides Alone ») de Budd Boetticher (1958) me donne bien envie de voir ce western apparemment « humoristique », en tout cas léger, même si les critiques de ce film sur le Net sont partagées… Même si ce n’est peut-être pas le meilleur de la série Boetticher/Scott, l’idée de voir Randolph Scott jouer sur un registre un peu moins monolithique et un peu plus dans la dérision me séduit !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Manu
      L’humour vient des situations, de la construction circulaire du scénario et des autres comédiens. Scott regarde cela avec bienveillance et philosophie

  12. Pierre dit :

    Pour ma part, j’aimerais prendre la défense Marlon Brando après tout ce que j’ai lu (il n’en a nul besoin, mais bon, c’est pour le plaisir de l’exercice).

    En voyant sa filmographie, on se dit d’abord qu’il a tourné assez peu et c’est bien dommage. Oui, il n’a pas toujours choisi ses films avec discernement. Ou il a massacré de l’intérieur certains films dans lesquels il jouait pour certainement plein de raisons à la fois – peut-être l’égo ou la sottise comme le soutient Bertrand Tavernier. A mon avis, on a plus affaire à une forme de je-m’en-foutisme, ou d’anarchisme, mais bon je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler avec lui directement, il faut bien le dire. Tout cela est incontestable.

    Mais en revanche, les sommets sont tels qu’ils ont laissé une trace unique et indélébile. C’est une poignée, certes, d’interprétations, mais d’une telle ampleur !

    Personne ne conteste en règle générale : TRAMWAY, REFLECTIONS IN A GOLDEN EYE, THE GODFATHER et LAST TANGO IN PARIS (j’en aime beaucoup d’autres, mais je m’en tiens aux plus consensuels). Ces quelques interprétations laissent à elles seules un héritage immense :

    – TRAMWAY : c’est un rôle historique, en règle générale la date officielle que l’on retient pour l’arrivée du « méthod acting » ; on a tout de même le sentiment qu’il y a un avant et un après,
    – REFLECTIONS IN A GOLDEN EYE : tout a été dit dans les posts précédents
    – THE GODFATHER : la aussi c’est à nouveau non seulement une grande interprétation, mais aussi une date. Le seul visage de brando dans certaines séquences est inoubliable : les larmes et le sourire à l’hôpital quand il retrouve son fils ; les sourcils qui tremblent chez le croque-mort. Quel autre acteur peut à ce point frapper le spectateur par des expressions faciales ?
    – LAST TANGO IN PARIS : combien d’acteurs ont pris de tels risques ? se sont-ils mis à nu de cette manière ? Je ne parle pas ici des scènes souvent évoquées mais des souvenirs d’enfance, si américains, ou de la confession devant le cercueil de sa femme.

    Alors évidemment, la carrière de Brando laisse un gout d’inachevé. Sa filmographie n’est peut-être pas aussi belle et accomplie que celles de ses fils spirituels. Il était pétri de défauts et de contradictions, tenant à la fois du clown inconséquent et du tragédien rigoureux. Et il en disait, des bêtises.

    Mais il avait quelque chose que les autres n’ont pas et qu’on ne peut pas forcément expliquer. Je crois que c’était inné. La vie est vraiment injuste !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Pierre
      Tout le monde oublie THE MEN de Zinneman et c’est bien dommage. La déception vient de ses choix quand il a eu le pouvoir (là encore on oublie THE UGLY AMERICAN et QUEIMADA même si ses rapports avec Pontecorvo ont été conflictuels) et qu’il a imposé ces déguisements, ces accents, ces caricatures. Il ne répond jamais à Huston pour FAT CITY alors qu’il déclare rêver d’un role de boxeur (il dira oui quand il apprendra que Huston a choisi Stacy Keach)

      • D Dumonteil dit :

        Non je ne crois pas que l’on oublie « the men  » ,non seulement l’interprétation de MB mais aussi cette admirable scène où le médecin (Everett Sloane) réunit toutes les femmes,la dispute avec le civil qui n’est pas rappeler celle de Dana Andrews dans « best years  » de Wyler.Et il y aussi la touchante Teresa Wright.

        Mais j’ai toujours pensé que le titre français était idiot !ce SONT des hommes!

        A propos de Dan Andrews : revu l’autre jour « ox-bow incident » et ai été médusé par la descente intégrale du guide des films par un dénommé Alain Paucard.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A D Dumonteil
          Le guide des films ? C’est pourtant une oeuvre mémorable mais il existe encore de ces visions étroitement cinéphiliques et franchouillardes, hyper provinciales, s’arc-boutant sur des points secondaires (tournage en studio), ignorant totalement ce que pouvait représenter l’admirable roman de Van Tiburg Clark et aussi le degré d’engagement et de courage que pouvait représenter un tel film, rien que dans la description du personnage du Noir où Wellman est resté fidèle au livre

        • D Dumonteil dit :

          Monsieur TAVERNIER,

          Mon correspondant américain abonde en votre sens ;après avoir lu cet article diamétralement opposé à mon opinion,je lui en ai fait part et voici la réponse qu’il m’a faite il y a quelques jours:

          « The Ox-Bow Incident is a crucial and important film in American cinema and American history – perhaps not to people today who watch only comic-book movies, but certainly to those who know something about America’s roots. The statement that it made against mob rule was not only an affirmation of one of the basic tenets of American democracy, it was all the more courageous for Wellman to make that statement during the World War II years when, as usual during wars, sentiment for persecution of certain groups en masse – that is, the temptation to “tar them with a broad brush” – runs high. »

        • Bertrand Tavernier dit :

          A D Dumonteil
          Imparable

        • ballantrae dit :

          Descendu Oxbow incident? Peut-être une sorte de dandysme qui consiste à se payer un classique. J’ai eu parfois cette impression en entendant tel critique dire qu’il fallait déboulonner Ford, que Carné était un faiseur médiocre, qu’on avait certainement trop fait cas de Visconti qui était un peu « académique ». C’est mieux de signer un dictionnaire mettant d’abord en avant ce qu’on aime et si on n’aime pas , il faut argumenter un minimum.
          L’un des critiques les plus symptômatiques de ce travers me semble en ce moment Eric Neuhoff: vraiment intéressant quand il défend, à baffer quand il conspue pour le seul plaisir du bon mot en jouant les fainéants, les « peu concernés ».
          L’idéal si c’est un ouvrage collectif qui se veut exhaustif est de laisser la parole à celui qui défend.

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Si Brando est sobre dans THE UGLY AMERICAN c’est peut-être parce qu’il n’y a personne en face qui risque de lui voler la vedette, l’acteur qui joue le leader de l’opposition n’étant vraiment pas très bon. THE UGLY AMERICAN me fait penser à un Américain que j’ai connu il y a longtemps et qui finissait par reconnaitre que ce qu’ont fait les Américains au Vietnam était une erreur. Moi je n’appellerais pas ça comme ça, j’appellerais ça un crime. Evidemment le discours « libéral » de THE UGLY AMERICAN est préférable à celui belliciste de tant de films tournés par la suite, et il est surtout moins mensonger et plus complexe, mais c’est assez naïf de présenter l’attitude américaine en Asie du Sud Est comme un malentendu qu’il serait encore temps de dissiper.
        Au crédit de Brando j’ajouterais qu’il est bon dans la comédie, dans GUYS AND DOLLS de Mankiewicz et dans A COUNTESS FROM HONG KONG de Chaplin, même si dans ce dernier film, en voyant Brando on pense constamment à Chaplin lui même…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          D’accord sur UGLY AMERICAN mais pas sur les deux comédies qui sont des naufrages

        • Damien D. dit :

          Sur A COUNTESS FROM HONG KONG, Brando ne supportait pas les indications pré-jouées par Chaplin lui-même (il faut dire à sa décharge que Chaplin était souvent insupportable sur les tournages). Quand à GUYS AND DOLLS c’est peut-être mineur dans la filmo de Mankiewicz mais assez agréable à suivre tout de même.
          Dans les films avec Brando, THE FUGITIVE KIND de Sidney Lumet était tout de même pas mal d’après Tennesse Williams. Dans le côté « sur-jeu » on pouvait presque s’attendre à bien pire avec la réunion de Brando et d’Anna Magnani !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Exact mais arretons de étayer cette filmographie

        • Damien D. dit :

          Pour finir sur Brando, une preuve photographique ci-jointe et éclairante d’une forme de fainéantise dès LE PARRAIN (bien avant Depardieu et ses oreillettes)

          https://choualbox.com/RdllY

    • ballantrae dit :

      A l’autre bout du spectre de la carrière de Brando ( le moins bon donc!) ne pas oublier (ou tirer la chasse, c’est selon l’humeur) sa prestation dans L’île du Dr Moreau de Frankenheimer, un festival de pitreries et de mauvais goût assumé, une sorte de naufrage où on serait allé jusqu’à taillader le canot de sauvetage de peur que quoi que ce soit puisse flotter à la surface.
      Mais sinon oui il savait être grand et vous avez raison Bertrand de rappeler l’oublié Queimada de G Pontecorvo, le cinéaste injustement condamné par Rivette et du coup un peu passé aux oubliettes.
      Je l’apprécie aussi dans Le corrupteur de M Winner qui imagine ce qu’il put se passer avant Le tour d’écrou de James ( Les innocents de J Clayton en fut la merveilleuse adaptation).Pas un chef d’oeuvre mais un film étrange où Brando compose avec talent le portrait d’un personnage pervers et manipulateur.

      • Yves Rouxel dit :

        A ballantrae.Vous avez raison sur le fait que Brando vers la fin de sa carrière était plus que l’ombre de lui même. »L’ile du docteur moreau »est vraiment d’une lourdeur imparable.Brando avait apparemment besoin d’argent afin de payer les frais d’avocats de son fils.Là aussi c’est une sombre histoire avec la fratrie et la bataille pour l’héritage.Je ne sais pas si il existe un livre qui évoque cette histoire.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Mais le besoin d’argent qui a été partagé par des milliers de ses collègues n’explique pas qu’il n’apprennes pas son texte, qu’il surjoue tout de manière grotesque, qu’il refuse d’écouter les metteurs en scène

    • michèle dit :

      A Ballantrae,
      Tout à fait d’accord !

  13. Yves Rouxel dit :

    Après l’échec commercial des »Deux anglaises et le continent,François Truffaut décide de rejoindre sa femme et ses deux filles sur la cote d’azur.Là il va flaner aux studios de la victorine toujours en activité et tombe sur un vieux décor qui a servit au tournage de « La folle de Chaillot(que je ne connais pas).En rentrant il à une idée du scénario et commence à écrire les premiers jets sur quelques feuilles de papier.Voilà comment « La nuit américaine »est né,oeuvre magnifique qui met en avant l’envers du décor avec tous les métiers qui gravitent autour du tournage d’un film.Les caprices des comédiens,les trucs et astuces de l’accessoiriste(excellent Bernard Menez)les premiers pas de la script girl(Nathalie Baye dans l’un de ses premiers roles)puis le producteur toujours présent sur le plateau qui veille au grain et qui sert d’intermédiaire avec le metteur en scène campé par Truffaut lui même.Dans ses cauchemards en noir et blanc,il se revoit enfant arpentant les rues jusqu’au cinéma de son quartier afin de voler les photographies de »Citizen kane ».Ensuite on est pris dans le tourbillon des scènes qu’il faut retourner,les rushs que l’on décortique,la tension de la préparation du plateau.Puis la réalité reprend le dessus sur la fiction et l’histoire écrite la veille dans la chambre du cinéaste.En effet la tragédie arrive vers la fin du film mais comme dit Ferrand(Truffaut)au jeune comédien(Léaud): »Dans le cinéma rien ne s’arrète,il n’y a pas de temps mort,les trains continuent de rouler ».Quelle prouesse d’esprit et de finesse de ton à travers cette épopée qui me captive toujours autant.Je pense que le cinéma est plus fort que la vie telle que nous l’a vivons quotidiennement.

  14. MB dit :

    Je ne sais pas mais je parierais que STAN & OLLIE, le biopic sorti ya qqs mois est un ratage total. Mésestimerais-je par hâte répréhensible?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      il est extrêmement bien joué et avec respect

    • ballantrae dit :

      J’ai vu que cela existait mais bon, la mode du biopic commence à me fatiguer car la plus value cinéma n’est pas toujours présente dans cet exercice.Attenborough avait fait un Chaplin pas très passionnant avec un bon Robert Downey Jr mais au final film bien en deça du boulot génial de Kevin Brownlow.
      Encore cette semaine sortie d’un Tolkien!!!
      En mai, j’ai crû comprendre qu’Elton John (que je ne savais pas mort) avait droit à un hommage dans la lignée de Freddy Mercury pour le film Bohemian rhapsody (que je n’ai pas vu) tout en apprenant avec agacement qu’un film sur Bowie se préparait.
      En gros, le cinéma américain aime les suites,les remakes, les prequels et sequels, les reboots, les franchises…et les biopics! Pourquoi ne pas donner sa chance à un bon scénariste ou à un bon romancier plus souvent????

      • Denis Fargeat dit :

        A Ballantrae
        Oui, c’est drôle cette mode, et cyclique ; il y a eu la vague Warner dans les années 30 ( Dieterle a beaucoup donné, Juarez, Pasteur, Reuter, Zola …. et souvent Paul Muni dans le rôle du Grand Homme ). Dans les années 50 aussi : Lon Chaney, Glenn Miller, un Cole Porter légèrement revu ( c’est peut-être la bio d’un autre Cole Porter après tout), James Dean par Altman, le Houdini de Marshall qui m’a scotché enfant et qui reste très étonnant pour la façon dont le corps est mis enjeu… Dans les années 80 c’est Attenborough (Gandhi, Biko, Chaplin déjà cité) qui s’y collait… Puis la mode des biographies plus ou moins autorisées, plus ou moins à charge…. Certainement , beaucoup a déjà été dit sur cette façon qu’a une époque de regarder dans son rétroviseur… pour des raisons différentes bien sûr, mais l’examen au cas par cas de ces films raconte beaucoup. Ce qu’un certain pouvoir veut dire ou cacher, et ce que le public veut attraper de sa propre image – il s’agit peut-être moins de narcissisme que de construction d’une mémoire collective, en mode « j’y étais, moi ou mes chers ascendants ».
        Voilà un beau sujet pour La Fabrique de l’Histoire, qui hélas s’arrête….
        Ah Ballantrae, vous m’avez obligé à vérifier si Sir Elton Hercules John était mort… mais non. Pas pour l’instant. Et à titre personnel ça ne change pas grand chose, j’ai appris ici même la mort d’Edith Scob et de Bruno de Keyser, qui m’affectent un peu plus.

  15. ballantrae dit :

    Pour en revenir aux nombreux films défendus ici par Bertrand, je reviendrai sur Tampopo que j’avais vu il y a bien longtemps et qui demeure un fleuron de la fiction culinaire avec ses changements de ton, sa folie très japonaise. Rien de statique ou d’ennuyeux mais au contraire une gamme de sensations face aux plats qui va de l’appétit au dégoût. J’en ai gardé un excellent souvenir et il figure en bonne place aux côtés d’autres films de repas tels Le festin de Babette ou La grande bouffe, même s’il est peu connu.
    La question du bon ou du mauvais goût est vaste comme peut le montrer le cas Wilder que vous évoquez par Embrasse moi idiot l’un de ses films effectivement les plus décriés. C’est une oeuvre très intelligemment construite, assez complexe en réalité et douce-amère. Ce n’est pas un film vulgaire mais un film qui capte parfois une certaine vulgarité à mon sens avec finesse et les personnages ont tous des fêlures que les situations révèlent.Dans la même collection, ils ont ressorti La grosse combine et Witness for prosecution qui est bien plus qu’un film de procès de plus.
    Et je finirai en clamant encore une fois « Vive le muet!!! » puisque vous lui accordez une part non négligeable: que ce soient les burlesques ou Tourneur (Maurice) tous ces conseils de découverte sont de premier ordre.
    C’est formidable d’avoir inclus le muet dans votre somme sur le cinéma américain et il me tarde de vous lire sur Stroheim,Keaton ou Sjostrom et Murnau.
    Les rapaces, Folies de femmes, Le mécano, Les 3 âges, Sunrise, City girl ou Le vent sont à mon sens parmi les plus beaux films de l’histoire du cinéma américain et du cinéma tout court.

    • ballantrae dit :

      La question du « mauvais goût » peut être récurrente.
      On a parlé de mauvais goût pour Fellini parfois mais je parlerais de baroque pour ce plaisir de la surcharge et de l’excès.
      Le mauvais goût faisait partie de la stratégie provocatrice d’un Ferreri tout comme il est intégré dans le cinéma plus récent d’un Verhoeven.

  16. Yves Rouxel dit :

    Depuis longtemps je voulais revoir l’unique film réalisé par Marlon Brando »La vengeance aux deux visages »qui reste singulier et étrange dans le genre.Face à la secheresse de cette petite ville ou le sherif est un ancien braqueur de banques on retrouve la douceur et le calme des vagues de la mer,tourner de façon délicate par Brando.On retrouve la trahison,la vengeance mais surtout une espèce de mélancolie existencielle à travers le personnage de Rio qui dégage une force interieure grace à la puissance du regard et la lenteur de ses gestes.Je pense que Brando à pris à cœur cette histoire et beaucoup de critiques l’attendaient au tournant.Il n’a pas déçu car il nous propose un film plein de tendresse dans les séquences près de la mer avec la jeune et jolie Kathy Jurado.Puis revenons aussi sur Karl Malden qui essaie de se racheter une conduite en se faisant élire dans cette petite ville,les scènes de la fète sont excellentes avec un mélange de couleurs et de musiques qui donnent un ton particulier.Puis il y a la trogne de Ben Johnson(quelle gueule avec ce regard bleu acier qui contraste avec son regard triste et ailleurs).Merci encore une fois à la fondation que dirige Scorsese,Spielbergh ainsi que toute l’équipe technique qui a restauré ce film qui mérite une revision.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Bravo pour cette défense. Moi, c’est un film qui me laisse de glace, que je trouve manièré, solennel, autosatisfait. Brando se regarde jouer et l’on est loin des interprétations épurées profondes, géniales de THE MEN, du Tramway. Il est devenu un acteur « à trucs »(silences, grommellements la tête penchée) qui iront dans l’auto parodie dans MISSOURI BREAKS. Je le trouve infiniment moins bon que Karl Malden, de m^me qu’il parait ridicule face à Lee Marvin dans L’Equipée sauvage. Le grand Brando, assez rare, on le retrouve dans REFLET DANS UN OEIL D’OR

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Je comprends tout à fait votre sentiment sur le jeu de Brando qui apparemment était un peu narcissique sur les bords.Puis il y a la fameuse « méthode »de Lee Strasberg ou le personnage interiorise ses sentiments,ses émotions,cette forme de latence et de tension corporelle.Je vais revoir aussi un film qui m’émeut toujours autant c’est »L’homme à la peau de serpent ».On en reparle si vous voulez,bonne journée à vous.J’ai une forte pensé pour Yves Boisset que je sais malade et dont « Un condé »vient de sortir dans une copie propre.

      • Damien D. dit :

        Et Brando dans SUR LES QUAIS non ? Je l’avais trouvé pas mal du tout et assez contenu dans ce film de Kazan….

        • Mathieu dit :

          A Damien D:
          Je préfère Brando dans les films que j’aime, et je le trouve très bon (et sobre) dans VIVA ZAPATA, pour moi le meilleur Kazan première époque (avec PANIC IN THE STREETS). Je n’aime vraiment pas ON THE WATERFRONT pour pleins de raisons, et je trouve que le jeu de Brando commence à y être boursoufflé, qu’il se regarde jouer, et ça doit être dans ce film que commence à s’exprimer ses tendances masochistes. On va me dire que c’est dans le scénario mais pas seulement. Luc Moullet a raison de parler de politique des acteurs (même si de façon pince-sans-rire). Dans nombre de films suivants Brando se fait tabasser, fouetter, etc… (ONE-EYED JACKS bien sûr mais aussi THE CHASE, THE APPALOOSA…) en même temps que son jeu devient de plus en plus narcissique et outré.
          A Bertrand:
          Je suppose que l’entrée Marlon Brando de 50 ANS a été écrite par J.P. Coursodon…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          je crois oui. Et vous avez raison pour SUR LES QUAIS. Après les premières scènes où il est très bon, son jeu se boursoufle, il se regarde endosser des poses christiques et son interprétation parait incroyablement fabriquée, datée à côté de celle, lumineuse, profonde, d’Eva Marie Saint (et si on veut être méchant à coté de celle de Steiger qui était encore dépourvu de tics)

        • Yves Rouxel dit :

          a Damien.Bien sur,on va passer en revue toute la filmographie de Brando.La fin de sa carrière est decevante a partir de »La formule »jusqu’au triste remake de »l’ile du docteur Moreau »ou il est grotesque.Si je sauverais sa prestation dans »Apocalypse now »ainsi qu’un film réalisé par Johnny Deep »The brave »qui mérite une revision.

      • michèle dit :

        Je voudrais réagir à cette micro polémique entre Rouxel et Bertrand à propos de Brando. J’ai trouvé la réponse très élégante : « Bravo pour cette défense. Moi, c’est un film qui me laisse de glace, que je trouve manièré, solennel, autosatisfait … »

        Pour ma part je pense que, passée une certaine qualité technique minimale que l’on est en droit d’exiger, tout est acceptable en art.
        Tel critique descendra en flèche un film que tel autre critique encensera. Une génération de cinéastes (La Nouvelle Vague) démolira une génération de cinéastes plus anciens (Duvivier, Decoin, Cayatte, …) que d’autres (Bertrand par exemple) n’auront de cesse de défendre, réévaluer, encenser quitte, parfois, à regretter d’avoir été aussi sévère autrefois avec certains films (dans « 50 ans de cinéma américain » par exemple, en ce qui concerne certains films américains démolis « sur un mouvement d’humeur « – je cite). Errare humanum est.

        C’est pour cela que je dis que, finalement, tout est acceptable et qu’il est vain de chercher à démolir un film et qu’il vaut mieux ne parler que de ceux que l’on a aimés, tant c’est celui qui aime qui a raison, jamais celui qui cherche à dénigrer le travail d’une équipe, voire à le démolir, pour peu qu’il ait le pouvoir de le faire ! (Je pense à certains critiques professionnels).
        Certains aiment Bresson, d’autres préfèrent Spielberg. Qui a raison ? D’autant plus que certains jours, on peut aimer Bresson et d’autres jours, on préfèrera partir loin avec Indiana Jones. On peut très bien aimer les deux. Une question de goût ? Certes, mais tout objet artistique n’est-il pas qu’une question de goût pour un objet qui nous aide à vivre mieux.

        J’aimerais bien connaître votre avis à ce sujet. Oui, je sais, ça fait un peu Philo du Bac …

        • Bertrand Tavernier dit :

          A michele
          C’est pour moi un faux sujet. Toutes les opinions sont en principes valables (enfin presque toutes, il faut rester poli) à condition de les donner pour des opinions personnelles et non pour bulles pontificales, des tables de la loi. Je ne réévalue pas Decoin, Cayatte ou Duvivier contre Renoir , Ophuls ou Bresson et je reproche à Truffaut (et à certains critiques de Positif dans les anciens temps) de toujours défendre contre, louer mais en attaquant d’autres cinéastes

        • MB dit :

          trouver des arguments pour un cinéaste en comparant avec un autre que l’on descend est parfaitement nul
          je dis aussi que l’on parle mieux de ce que l’on aime, par contre quand j’ai trouvé un film satisfaisant en gros, et que j’y vois des écueils, des manquements, c’est passionnant à étudier, à relever ceux-ci, justement pour voir comme ils sont transcendés par le reste, raison pour laquelle j’aime quand même ce film de Hawks de 1967 dont j’ai oublié le titre, et que les chefs d’oeuvre ne sont pas tout le cinéma et que les films inaboutis sont plus à l’image de la vie, qui est inaboutie. Or, c’est bien à l’art de défendre et illustrer la vie.
          et youp la boum et cochon qui s’en dédit.

        • Yves Rouxel dit :

          A Michèle.Il n’y a pas et il n’y a jamais eu de polémiques entre Bertrand et moi.On à des divergences de point de vue sur la façon de filmer,de cadrer les plans,de photographier les lumières naturelles et les sons mais Bertrand est un faiseur,un cinéaste qui a prouver a travers ses films son humanisme et sa générosité .Ensuite je l’écris pour ceux qui arrivent sur ce blog,j’essai d’apporter ma vision et mon ressentie face aux maux de la société.C’est bien pour ça que le cinéma et les films sont des œuvres inépuisables qui apportent beaucoup et permettent une évasion de la réalité.Hier j’ai été voir deux films à l’opposé l’un de l’autre. »Le daim »de Quentin Dupieux nous plonge dans l’absurde et la depression d’un homme qui baisse les armes et va vivre son rève.Bien sur c’est un film déjanté,le personnage est mythomane,schyzophrène et méchant,pourtant on ressent de l’empathie pour Georges ce quadra dépassé par la vie.Dans un autre genre »Nevada »de Laura Clermont tonnerre est une vraie surprise produite par Redford et primé à Sundance.Là aussi la réalisatrice filme les liens entre un cheval sauvage et un prisonnier rebelle face à la société.Elle a trouvé le juste milieu et nous offre une œuvre saisisante avec des paysages désertiques ou la nature tient le dessus face aux hommes et aux animaux.

        • MB dit :

          « On à des divergences de point de vue sur la façon de filmer,de cadrer les plans,de photographier les lumières naturelles et les sons  »
          ah mais vous êtes cinéaste vous aussi, godfordom!

      • Gilles dit :

        Marielle avait dit qu’un acteur de génie était un acteur drôle. Brando vous a-t’il déjà fait rire ? Wayne oui, et il n’était pas drôle que par effet Koulechov. Il y a longtemps qu’on est revenu de la méthode que des Spencer Tracy ou des Wallace Beery connaissaient par intuition. L’intelligence du jeu se dispense de toute méthode. Brando, mais aussi Newman. Une grande partie de ce qu’il a tourné dans les années 60 est devenu difficile à revoir, Harper en particulier, mais il a été génialement drôle avec John Huston.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Certains acteurs influencés par la « Méthode » ne l’étaient pas dans tous les films (Newman dans EXODUS) et la conduite de Brando ne relevait pas de la Méthode : son gout pour les personnages à accents, ce désir de jouer des japonais, idée imbécile, ne relevait que de l’ego et d’une certaine sottise. Mais dans REFLETS, dans QUEIMADA et dans THE UGLY AMERICAN, il est fort bon. Je le trouve insupportable dans APOCALYPSE : son refus de maigrir, le fait qu’il n’ait jamais daigné lire le roman de Conrad, ni le scénario (selon la femme de Coppola) explique ces pauses interminables, ces grommellements

        • D. DUMONTEIL dit :

          Mais dans REFLETS, (..) il est fort bon ,en effet, et n’essaie à aucun moment de tirer la couverture à lui ;le quatuor d’acteurs (lui,Liz Taylor,Brian Keith et Julie Harris)joue parfaitement à l’unisson ;les critiques américains eurent des arguments pas possibles du genre « édulcoré et déprécié le livre »,alors qu’il est extrêmement fidèle à Carson Mac Cullers pas très évident à adapter .

          John Huston connaissait McCullers qu’il revit,alors qu’elle était presque complètement paralysée à la suite d’attaques « et elle approuva le script;quand nous commençâmes à travailler « reflections » ,nous incorporâmes des idées de Carson et rendîmes le dialogue plus net . »

          A propos de BRANDO :

          « Il n’était pas sûr de pouvoir jouer le rôle ;il avait lu le livre -on n’est loin d »apocalyse now » – et doutait qu’il lui convînt .(….) Je suggérai qu’il attendît et lût le scénario ;ce qu’il fit ,avant de faire une longue promenade sous un orage ;quand il revint, il me dit simplement : » je veux le faire »

          « je lui demandai s’il savait faire du cheval et il m’assura qu’il avait été élevé dans un ranch ;plus tard ,je remarquai qu’il présentait une telle peur des chevaux que peu de temps après, Taylor ,qui est bonne cavalière ,commença à avoir peur aussi;je me demandais alors, comme maintenant ,si MB avait cette crainte parce qu’il s’investissait dans son rôle .Son personnnage était sensé en avoir peur (…) je me souviens l’avoir entendu dire « tu dois ETRE le personnage que tu dois jouer tout simplement »

          (source : John huston: « an open book »)

        • Yves Rouxel dit :

          A Gilles.Revoyez également »La poursuite impitoyable »!!

      • Yvon Gauthier dit :

        Pour ma part j’ai ado le jeu de brando et les joute d’humour apporter au personnage lorsqu’il offre et reprend le cadeau voyant qu’il n’a aucun éffet sur La demoiselle et puis la copie est tellement belle avec l’es plage chose rare ds un western un desfilm que,ai le plus attendus 4 étoiles pour moi pour l’ensemble.

    • Henri Patta dit :

      a YVES.
      Pas du tout d ‘accord avec vous. Le scènario est pas mal, mais Brando en fait des tonnes . De plus de par ses caprices et lubies durant le tournage il avait rendu fous les producteurs.

      • ballantrae dit :

        Le film m’a toujours semblé plus curieux que réussi, pas pénible mais trop conscient de sa propre importance ce qui confine à la pose. Le décor de bord de mer est surprenant mais qu’en fait Brando? Pas grand chose à mon sens.
        Je lui préfére nettement Missouri breaks (je crois qu’on a trop oublié A Penn ces dernières années)malgré ses moments de cabotinage car il contient une vraie puissance absurde et des scènes saisissantes lors de la mise à mort des desperados ou du tueur. Ce film me semble annoncer toute la vague du néowestern qui revisite le genre, « à l’os », dans les années 90-2000: Dead man,Silent tongue de Sam Shepard La dernière piste, le dernier film de Tommy Lee Jones…
        Il y a là un côté dévitalisé qui paradoxalement ouvre des pistes imaginaires assez riches et stimulantes.Mais on peut préférer Walsh , Ford, Hawks, Mann et tous les classiques!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A ballantrae
          MISSOURI BREAKS ne me semble guère plus convaincant et Brando a des moments grotesques. Penn fut coincé entre ses deux vedettes qui se faisaient la guerre et il n’était pas assez fort pour résister. Brando apprenant l’énorme salaire du producteur, exigea d’être payé plus cher que lui et sabota le film. Nicholson, découvrant que son partenaire arborait des galères délirantes, décida de rivaliser, se couvrant avec des torchons pour contrecarrer les chapeaux de samouraï et le tournage fut monopolisé par ces deux égos surdimensionnés. Les seuls moments intéressants surviennent quand ils ne sont pas là et que Penn peut travailler. Ce n’était pas un metteur en scène autoritaire, puissant. Face à ces personnalités, il était perdu et on le retrouve dans GEORGIA ou la FUGUE

        • Gilles dit :

          personnellement j’affectionne les westerns qui osent prendre des libertés avec le genre. La vengeance en fait partie, et le film tel qu’il est n’est sans doute pas très éloigné de ce qu’en aurait fait Kubrick. Missouri Breaks assume pleinement son parti pris, même si Arthur Penn s’est laissé envahir par Brando. Il a parfaitement maitrisé les libertés prises sur ses deux autres westerns, et bien qu’il ait eu des regrets sur Little big man, il reste toujours un des plus grands westerns marginaux jamais réalisé. La musique de John Williams pour Missouri Breaks est en tout cas proprement géniale. Williams sans Spielberg, toujours sans Spielberg !

    • Mathieu dit :

      A Yves Rouxel:
      Ce n’est pas Katy Jurado avec qui Brando se promène (et plus) sur la plage mais l’actrice mexicaine Pina Pellicer qui a peu tourné et s’est suicidée en 1964 à l’âge de trente ans. Katy Jurado joue la mère de Pellicer. J’ai revu le film hier soir et je suis plutôt de votre avis, ONE-EYED JACKS malgré ses défauts reste un film prenant au scénario riche et complexe et Brando est assez crédible. Malden lui est génial, il faut dire qu’il a un rôle en or. Brando n’est malheureusement pas le seul acteur narcissique… Parmi les rares bons westerns des années soixante (parmi lesquels je mettrais ONE-EYED JACKS) il y a aussi HOMBRE de Martin Ritt, sauf que là aussi Newman se regarde un peu trop jouer (c’est même plus pervers: il se regarde sous-jouer…). A voir ce film je ne peux pas m’empêcher de penser que ses auteurs se sont inspirés des westerns de Boetticher avec Randolph Scott, en particulier THE TALL T, sauf que le laconisme de Randolph Scott (qu’André de Toth ne cite jamais par son nom dans son autobiographie, mais sous le sobriquet de « Mâchoire-de-Granit »…) me parait plus simple, plus naturel que celui de Newman.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Mathieu
        Ce laconisme est dicté par la fidélité au roman d’Elmore Leonard. Je trouve Newman très bon et le film réussi surtout dans tout ce qui concerne les personnages féminins

        • Alexandre Angel dit :

          La distribution de HOMBRE est excellente : Newman, les femmes (Diane Cilento, Barbara Rush) mais aussi Fredric March, Cameron Mitchell, Martin Balsam et les imposants Richard Boone et Frank Silvera.

      • MB dit :

        HOMBRE c’est une nouvelle adaptation de BOULE-DE-SUIF, sauf que si je me souviens bien, Newman ne couche pas avec Richard Boone (qui est amoureux de Paul), Paul aime bien Richard mais choisit de le tuer, dans les westerns quand on aime on tue. Paul en meurt et sauve ainsi les passagers de la diligence, c’est le sacrifice de l’homme de mauvaise réputation, c’est Boule-de-Suif.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          C’est surtout LA FORET PETRIFIÉE

        • MB dit :

          à Bertrand/BOULE -DE-SUIF non: un voyage qui réunit un échantillon « AIRPORT » de personnages est interrompu par des personnes mal intentionnées, qui exigent qqch que seul le plus décrié du groupe de voyageurs (prostituée, métis etc.) peut leur accorder, s’il fait fi de la rancoeur qu’il pourrait nourrir contre ceux qui l’ont ostracisé durant le voyage (dans HOMBRE, c’est de plus le personnage antipathique de la femme de March qu’il faut sauver). S’il intervient proprement, le voyage peut reprendre. Il n’ya pas de voyage interrompu dans LA FORET PETRIFIEE (ou alors en pinaillant un peu).
          Le voyage représente le cours normal des choses durant lequel chacun peut exprimer ses préjugés débiles, quand l’interruption du voyage et le danger menaçant est l’accident, un cours anormal des choses, auquel seule la victime des préjugés peut mettre fin.
          LA FORET lance plusieurs pistes (trop) mélodramatiques ou extravagantes qui compliquent et polluent la ligne dramatique excitante du résumé ci-dessus. Le héros ne se sacrifie pas pour le groupe mais pour une seule personne, et il n’est pas victime de préjugés sociaux (raciaux)Ou alors on a aussi ça dans LA FORET mais brouillé par trop d’éléments autres, il n’y a pas la dimension sociale: une ébauche de lutte des classes qu’on a chez Maupassant.

      • Yves Rouxel dit :

        A Mathieu.Dans le feu de l’action,je me suis une nouvelle fois planté.Kathy Jurado joue la mère et reste une femme qui avait des yeux captivants et une forme de volupté interieure.

    • Yvon dit :

      Moi aussi j’aime beaucoup ce film,mais peut importe notre avis on a enfin une copie de toute beauté

  17. MB dit :

    à Bertrand: j’ai rêvé ou il y a une nouvelle édition de Amis Américains prévue. Complétée ou juste réédition?

    (euh… accessoire de musculation comme la précédente, ou pas?…)

  18. MB dit :

    à Bertrand: je suis en train de relire avec délice la 2nde partie (inédite) de l’autobio de Parrish « Hollywood doesn’t live here anymore », il adore Sam Spiegel sans avoir jamais tourné un film avec lui, marrant. J’adore l’anecdote avec Wilder et Spiegel quand ils doivent écrire un scénario qui ne sera jamais tourné. Le style de Parrish se limite comme dans les romans noirs à un behaviorisme froid qui compresse l’ironie, de quoi souvent se poiler, j’adore. Dommage le bouquin est court.

  19. Yves Rouxel dit :

    A Bertrand.J’ai lu avec attention le texte concernant la filmographie de Cayatte.Vous évoquer »Le dernier sou »film avec Noel Roquevert.Mais sur quel support avez vous vu ce film qui n’est jamais sorti en vhs ou dvd?Est ce peut ètre une copie du cnc ou des archives du films à bois d’arcy je pense.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Vu sur une mauvaise copie. Il va sortir prochainement

      • Yves Rouxel dit :

        a Bertrand.Merci,il me tarde de voir ce film de Cayatte.En revanche je conseille à tous de voir sur HBO une mini série en 6 épisodes qui relate l’explosion du 4ème réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl en avril 86.Reconstitution soignée,mise en scène au cordeau avec un casting détonnant de justesse pour les principaux roles de ce drame.Puis il y a aussi une fine analyse avec les conséquences sur les populations ainsi que la faune et la flore qui à été touché.Le bilan final selon les chiffres du ministère de l’énergie atomique de l’URSS s’élevait seulement à 31 morts(cela me rappelle fortement le nombre de mort suite à l’explosion de l’usine azf de toulouse)mais en réalité il y a eu plus de 100.000 mort entre l’Ukraine et la biélorussie sans compter le nombre de personnes qui ont contractés des cancers dans les années qui ont suivis.Les scénaristes nous décrivent comment le pouvoir en place avec Gorbatchev à sa tète ainsi que le politbureau a menti au monde entier en minimisant la catastrophe.En 2007 Gorbatchev déclara dans un grand quotidien américain que l’explosion d’un réacteur de la centrale de Tchernobyl a été un élement déclencheur de la chute de l’URSS et du régime communiste dans les pays de l’est.On peut ouvertement se poser la question,si une telle tragédie avait eu lieu en Europe,en Chine ou aux états-unis?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Mais on peut la voir sur OCS, c’est plus facile que HBO

  20. MB dit :

    à revoir THE LAST PICTURE SHOW sans ennui, j’ai été surpris d’abord par votre sévèrité dans LE livre.
    PUis avec un peu de temps, j’ai compris que au moins une chose clochait: une petite ville minable qui n’existe que par deux cafés dans lesquels les clients n’apparaissent chichement que par magie, aucune activité, on parle d’exploitation pétrolière qu’on ne voit jamais, ceci permet d’avoir des riches et des pauvres, mais s’il y a des riches pourquoi ne font ils pas vivre la ville avec autre chose que les deux cafés? Aucune topographie bien qu’on ait tourné hors studio, on ne comprend pas où sont les domiciles des personnages, le héros n’a pas de profession sauf tenir le café dont il a hérité au milieu de l’histoire, tt d’un coup à la fin il se retrouve en combinaison d’ouvrier. Il y a un « college » en plein désert on en voit que l’intérieur d’une salle de classe, le cinéma ferme par manque de clients, , avec tous ses riches comment se fait il? la rue principale est déserte, tt d’un coup elle se remplit de sept badauds à cause d’un accident, aucun d’entre eux n’a de compassion pour la victime, curieux dans une petite ville ils connaissaient forcément celle-ci, bien sûr c’est pour mieux préparer la réaction du héros. La virée au Mexique: on ne voit que le départ -ellipse- et le retour dans la rue principale. Cette ellipse ne fait pas sens, alors qu’elle aurait pu. Pourtant ce film retient l’attention du début à la fin grâce aux acteurs, curieux.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Nous avons totalement réécrit le texte qui n’était fondé que sur un mouvement d’humeur. Et nous connaissons maintenant les romans de Larry McMurtry (et nous avons aussi revu ce que nous disions de HUD) que je conseille vivement à tous les participants du blog, de la DERNIÈRE SÉANCE à LONESOME DOVE

      • Alexandre Angel dit :

        En tout cas, MB décrit assez bien l’espèce d’étrangeté un tantinet absconse distillée par le film, à tout le moins dans le souvenir (récent) que j’en ai .
        Bertrand, on en peut plus d’attendre 100 ANS!!
        Vous sentez la pression monter?

      • MB dit :

        par contre à revoir LE GROUPE les réserves que l’on peut trouver sont peanuts, par exemple on se demande comment ttes ces amies arrivent à continuer à se fréquenter étant donné leurs différences de caractère mais celà compte peu à côté des performances d’acrices magistrales: Joanna Pettet est vraiment impressionnante, Shirley Knight radieuse pour le seul personnage positif, Elisabeth Hartman étonnante, malheureusement on ne les reverra pas dans des rôles plus importants (Jessica Walter dans PLAY MISTY quand même).
        Ces 150 minutes sont si légères qu’on croit que le film n’en a duré que 90!

        reste à Blaq Out à rééditer DANIEL qu’on trouve quand même hors région 2.

    • Mathieu dit :

      A MB:
      Et le cinéma ne passe que de futurs classiques, comme (si je me souviens bien) FATHER OF THE BRIDE, WAGON MASTER (clin d’œil à Ben Johnson), WINCHESTER 73…

      • MB dit :

        … par contre, une revision de SAINT JACK m’a séduit, là PB était inspiré, et très bien servi par la photo de Robby Muller.
        On voit mal que c’est le même qui a signé un nanar comme ENFIN L AMOUR§

  21. Yves Rouxel dit :

    Malgré les lenteurs de l’histoire,j’ai revu »Le Passage du Rhin »d’André Cayatte,une œuvre forte sur la défense des libertés en temps de guerre.Il est dommage que dans la version sortit chez Gaumont qu’il n’y a pas de sous-titrage quand les Allemands s’expriment.Bien sur il y a un personnage qui traduit les propos en Français lors des interogatoires dans le refectoire.Aznavour lui le petit boulanger devient attachant auprès de la population de cette bourgade.A la fin c’est lui qui tient le bureau du bourgmestre parti au front.Cayatte à travers sa filmographie nous laisse quand même un témoignage réaliste sur la guerre,la justice,l’adultère,l’amour sur la vie des hommes et des femmes.Voilà un cinéaste à réhabiliter,car Truffaut en son temps n’avait pas été tendre avec lui ,il me semble.

    • MB dit :

      « .Il est dommage que dans la version sortit chez Gaumont qu’il n’y a pas de sous-titrage quand les Allemands s’expriment. »
      économie de frais de traducteurs.
      dans les films américains dés qu’on a une langue autre qu’anglaise, on peut avoir droit au ss titre: « native language » ce qui est quasi raciste, mais pas forcément tt le temps, dans JOHN WICK n°1 (tiens il est pas mal celui-là vu qu’on ne peut pas voir que des films sur l’incommunicabilité du couple) ils se sont fendus de traduire les parties de dialogues en russe isolées au milieu des dialogues en anglais. J’ai trouvé ça sympa.

    • DUMONTEIL dit :

      « Si les gens de cinéma voient dans Cayatte un avocat, les gens de robe le prennent pour un cinéaste. » (FT)

    • DUMONTEIL dit :

      Déjà Cayatte s’attaque, fut-ce à travers un mélodrame qui a déjà inspiré plusieurs versions, à une erreur judiciaire.

      Et souvenez-vous des « amants de Verone »;c’est le dernier long-métrage avant la période « légale » ,pourtant la fin ressemble bel et bien à un procès ; et ,annonçant presque « nous sommes tous des assassins  » ,Louis SALOU garde précieusement ,dans une boîte d’ivoire ,les mégots des dernières cigarettes des gens qu’il a condamnés à mort (humour macabre de PREVERT )

      • Yves Rouxel dit :

        A Dumonteil.Dans le même style,je me souviens d’un passage de »La ronde du crime »avec Eli Wallach ou un personnage tueur à gages demander les derniers mots prononçés par la victime.Il notait sur un petit calepin et relisait de temps en temps quelques passages à haute voix.Ca aussi cela vaut son pesant de cacahuètes!!!

  22. Yves Rouxel dit :

    « Un étrange voyage »est un film d’Alain Cavalier qui l’a co-écrit avec sa fille Camille de casabianca.Sombre histoire d’un père qui va arpenter avec sa fille unique les voies férrées entre Troyes et Paris.Sa vieille mère devait le rejoindre a la capitale mais elle n’est jamais arriver à la gare.Un père campé par Jean Rochefort qui sait que les jours de sa mère sont surement comptés.Mais aussi un père absent qui n’a pas vu sa fille grandir et devenir une jeune femme.Tout deux vont s’apprivoiser au détour de ce périple insolite qui va réserver quelques surprises.Cette histoire est tiré d’un fait divers qu’Alain Cavalier avait lu dans un journal en buvant un café.Une famille de patissiers Japonais viennent en France passer quelques jours de vacances vers Dijon.A l’arrivée du train la mère a disparu.La famille repart au pays.Le fils ainé décide de revenir en France afin de retrouver sa mère pendant plusieurs semaines.En vain au détour d’un sous bois le fils retrouvera sa mère dans un état de décomposition avançée.

  23. Alexandre Angel dit :

    Bonjour à Bertrand et aux blogueurs,
    Je rebondis sur le versant documentaire de la chronique, dédiée à Fernando Solanas, dont j’ai loupé l’unique projection du GRAIN ET L’IVRAIE par chez moi, pour faire l’éloge d’un autre documentaire, auquel je n’ai pas fait défaut en revanche, et qui a été projeté en présence de l’auteur.
    Il s’agit de L’EPOQUE, de Mathieu Bareyre, jeune cinéaste très sympa qui a réalisé là un beau film, tout simplement.
    C’est tout à fait le genre de film qu’on risquerait d’être nombreux à ne jamais voir alors j’ai tenu à exprimer quelle vivifiante surprise il a constitué pour moi et les spectateurs présents.
    Bareyre, entre les attentats de Charlie et l’élection d’Emmanuel Macron à patiemment capté, sélectionné et fait revenir (au sens culinaire) des portraits de « djeuns » saisis au cœur d’une nuit parisienne secouée de soubresauts insurrectionnels. « Nuits Debout », manifs anti El Khomri, on reconnait notre histoire récente et on voit venir des Gilets Jaunes qui ne seront définitivement pas le sujet.
    Bareyre, telle une araignée bienveillante et bariolée, tisse une toile inquiète et humaniste, sur une jeunesse française immédiatement contemporaine dont on a le sentiment qu’elle ne sera jamais mieux filmée qu’elle l’est ici, loin des préjugés à base de réseaux sociaux, de smartphone et de YouTube.
    Rien d’angélique pour autant (on sent, et le cinéaste l’a confirmé après la projection, qu’il n’a pas cherché à retranscrire le pire bien qu’une séquence soit assez dérangeante) mais un impeccable et sensoriel positionnement du réalisateur face à son sujet, dont le parti-pris nous immerge dans une contemporanéité respectueusement retranscrite avec un goût du verbe, du jaillissement et de la spontanéité qui fait tout le sel, parfois émouvant, du film.
    Si dans quelques années, voire décennies, on me demandait de citer le document le plus vibrant sur la jeunesse française des années 2010, je serais fier de pouvoir me souvenir de ce premier film captivant de Mathieu Bareyre.

  24. Julia-Nicole dit :

    A Bertrand
    Merci de parler en termes élogieux de EMBRASSE-MOI IDIOT, film souvent mal aimé et incompris. Même Patrick Brion, d’habitude mieux inspiré, est passé à côté en écrivant dans Télérama: « Souvent mal à l’aise, Wilder enlaidit l’adorable Kim Novak et laisse Cliff Osmond cabotiner sans vergogne. » Il fustige ensuite « les inconditionnels fanatiques de Wilder ».

    Je pense au contraire que c’est un film admirablement maîtrisé, et qui dégage, au-delà de l’humour ravageur du début, une profonde émotion. Non seulement Kim Novak n’est pas « enlaidie », mais elle incarne un personnage bouleversant qui n’est pas sans évoquer la Shirley Mac Laine de LA GARCONNIERE, autre oeuvre majeure de Wilder.

    • Denis Fargeat dit :

      A Julia-Nicole, Bertrand
      Oui , merci pour le Wilder, découvert il y a un bail ( ou plutôt des baux) grâce à CJ Philippe.
      Je complète l’hommage en soulignant l’utilisation de la musique; les deux ringards (Spooner & Milsap) échoués dans ce petit bled, Climax, composent des chansons dont les vrais auteurs sont les frères Gershwin – pas les plus connues, peut-être pas les meilleures, mais tout de même ! Je retrouve dans ce choix la subtile et tendre ironie du berlinois Wilder. Et la musique d’Andre Previn ( un vrai berlinois) est vive, pétillante, au diapason – le metronome intégré à la partition, les contrebasses qui virevoltent avec la jalousie d’Orville Spooner. Dean Martin s’autoparodie avec une certaine classe. Ray Walston est un peu plus sympathique que dans ‘La garçonnière », mais guère reluisant. Et que Felicia Farr est jolie !

  25. Denis Fargeat dit :

    On parlait de « La dispute »…. à la fin, un jeu, une question : on demande le titre du film d’épouvante français de 1943 qui a inspiré « Zombie child ». La question est étonnante, la réponse aussi : il s’agit de « Zombie » de Jacques Tourneur.
    Du coup, « Zombie child » de Bonnello est-il un film américain, ou italien? On s’ y perd un peu…

    • Yves Rouxel dit :

      A Denis.Bonnelo est un réalisateur à suivre de près car a chaque film il nous donne une vision assez glauque de la nature et des comportements humains.Ici on est transporté en Haiti d’après une histoire authentique.Je pense aller le voir.Tant que j’y suis je vous recommande »Greta »de Neil Jordan ou Isabelle Hupert nous prouve une nouvelle fois qu’elle est une excellente actrice.Dans »Greta »elle est a contre emploi de ses personnages habituels.J’ai été subjuguer par cette histoire noire à souhait.

    • Yves Rouxel dit :

      A Denis.Oeuvre unique et magistrale »Zombie child »de Bertrand Bonnelo nous transporte d’Haiti en France,entre le monde des vivants et des morts,sur un fil entre la réalité des rèves et le réel qui se transforme en rèves.Appuyé sur des faits authentique les zombies sont des ètres à la fois vivants et morts qui ne peuvent communiquer entre eux.En revanche les vivants proche d’individu(es)peuvent avoir des liens avec l’au delà.Et c’est là précisement que Bonello ne tombe pas dans le panneau du maniérisme avec effets de style mais avec une espèce de climat qui fait de ce film une oeuvre intuitive et forte.il signe mème la bande musicale en plus du scénario,preuve supplémentaire que le cinéaste atteint une marche pour devenir un auteur qui retient l’attention avec un gout de la reflexion sur les questions inexpliquées qui deviennent des réponses mysterieuses.Là est le génie de l’homme.

      • Denis Fargeat dit :

        A Yves
        Merci , vous allez me décider à voir ce film… je n’ai rien vu de Bonello et pourtant il m’est assez familier, j’ai l’impression de déjà connaître son univers. Quelques faits m’intriguent chez lui ; il appartient au petit club des réalisateurs qui composent la musique de leurs propres films, au cercle des cinéastes qui abordent un genre par film sans pour autant perdre de leur singularité…. j’espère n’être pas déçu.

      • MB dit :

        « Appuyé sur des faits authentique les zombies sont des ètres à la fois vivants et morts  »
        ?

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Je m’explique.Il faut savoir que le vaudou n’a rien à voir avec une quelconque religion avec morales et tout le toutim.Comme il est préciser en fin de générique,il existe aujourd’hui en Haiti plus de 1000 individu(es)hommes et femmes qui sont morts physiquement,qui ont été entérrés le jour même de leur décés et qui sont réapparu(es)pour certains quatre ou cinq an après.Bonnelo à travers le personnage de la tante qui recueille sa nièce de 7 ans suite à un tremblement de terre ou ses deux parents sont morts.Elle est une femme « mambo »qui possède le pouvoir de communiquer avec des ètres décédées.Allez voir de ce film qui vous fera réfléchir.

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: vous avez raison de préciser que le vaudou n’est pas une religion, mais pour le reste je doute fortement.
          Quant à Bonello, ne cherche-t’il pas à se trouver là où on l’attend pas? Son film sur le bordel m’a laissé froid.

        • DUMONTEIL dit :

          En 1937 l’écrivaine et folkloriste américaine Zora Neale Hurston s’est rendue en Haïti pour enquêter sur le cas de Felicia Felix-Mentor, décédée et enterrée en 1907 mais dont on racontait qu’elle errait encore trente ans plus tard sous la forme d’un zombie. L’écrivain conclut son enquête en affirmant que les cas de zombies ne sont que des personnes sous psychotropes privées de leur volonté et non des morts-vivants. (wiki)

        • MB dit :

          « Comme il est préciser en fin de générique,il existe aujourd’hui en Haiti plus de 1000 individu(es)hommes et femmes qui sont morts physiquement,qui ont été entérrés le jour même de leur décés et qui sont réapparu(es)pour certains quatre ou cinq an après »
          ce qui est précisé en générique est supposé être authentique? Le vaudou est la croyance en la communication avec des morts, ce n’est pas original, il y a eu le spiritisme chez nous. C’est considéré comme une religion après tout, renseignements pris, il y a des divinités. Il me semble que le folklore s’est greffé dessus pour ajouter le mythe poètique et très excitant pour nôtre imaginaire, du mort-vivant.
          Je laisse le bénéfice du doute à Bonello d’avoir saisi le sujet pour cette dimension poétique seule.
          Je vous ferai signe quand j’aurai rencontré un zombie.
          « Bonnelo à travers le personnage de la tante qui recueille sa nièce de 7 ans suite à un tremblement de terre ou ses deux parents sont morts. »
          je ne comprends pas cette phrase, Yves.

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Comme disait mon voisin de 95 piges: »Dans la tendresse,y’a toujours du BORDEL ».

        • MB dit :

          « Bonnelo à travers le personnage de la tante qui recueille sa nièce de 7 ans suite à un tremblement de terre ou ses deux parents sont morts. »
          comprends toujours pas

      • Denis Fargeat dit :

        A Yves
        Ben ça y est, vu le « Zombi child ». Me semble assez maladroit par moments, certaines scènes demandent une bienveillance active du spectateur pour ne pas verser dans le ridicule – éviter de penser à Mel Brooks ou ZAZ dans ces moments. Mais Bonello est je crois très musicien dans son approche du cinéma, et il y a de très beaux moments musicaux justement, des moments de grâce et d’empathie ; il me semble qu’il adopte avec la plus grande précision la plus juste distance à ses personnages, surtout le groupe de filles. Juste assez près pour le grain des peaux et des voix, juste assez loin pour que le spectateur ne soit pas intrusif. Et la musique de Bonello lui-même est un puissant adjuvant. Très belles scènes de déambulation du zombi Clairvius, le mystère de son errance et de sa réappropriation du monde sont effleurés avec profondeur – cher MB, j’assume l’oxymore ! Petit problème de proportions peut-être : une nouvelle intrigue arrive très tard dans le film et rien n’est résolu ; à moins que la solution ne se situe dans le passé. Car il y a plusieurs espace-temps bien distincts : Haïti en 1962, la Maison de la Légion d’Honneur de nos jours, et Haïti en 1980.
        Je profite pour signaler la collection de master classes d’Arte, visible sur leur site. Vu en partie celle de Quentin Dupieux, beaucoup plus sympathique et pragmatique, voire modeste, que ses films laisseraient supposer. Petit rapport, Dupieux fait lui-même ses musiques lui aussi, et j’ai appris là que sa position de figure de l’electro n’était qu’un accident, un dommage collatéral si on veut, de sa carrière de cinéaste.
        Il y aurait une petite recension à faire, de ces cinéastes qui produisent eux-mêmes la musique de leurs films, et de ce que ça fait à ceux-ci. Il y aurait aussi plein de choses chose à dire sur le mimétisme réalisateur/acteur principal : la barbe de Dupieux est aussi fournie que celle de Dujardin dans « Le daim ». ( même si celle de Dupieux lui fait ressembler à Kervern, et celle de Dujardin l’apparente à Duléry)…
        Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur les barbes.

        • Yves Rouxel dit :

          a Denis.Je vous conseille fortement d’acheter des albums des »4 barbus »quatuor qui vient de féter 50 ans de carrière.C’est un mélange entre Bobby Lapointe,Les frères Jacques et Brassens plus une pointe d’humour à la Guiédré.La barbe revient à la mode avec les fameux »hipsters »!!!

        • ballantrae dit :

          Je ne rebondis pas sur les barbes mais sur sur les zombies façon Tourneur.
          Pas encore vu Zombie child visible sous nos cieux dans une semaine mais j’aimerais recommander le très réussi L’emprise des ténèbres ( en VO The serpent and the rainbow) qui revenait lui aussi aux sources en confrontant questions politiques (tontons Macoute), ésotériques et scientifiques. A mon sens le plus beau film de son auteur avec People under the stairs et Les griffes de la nuit.
          De Bonello, je pense apprécier quasi tous les films (De la guerre est un peu faible il faut l’avouer car trop théorique) y compris le très controversé Nocturama qui montrait assez intelligemment la dichotomie entre acte et sens de jeunes terroristes en herbe qui détruisaient sans trop savoir pourquoi comme hors d’eux-mêmes. Je ne l’ai vu qu’une fois mais j’avais été alors frappé par la puissance évocatrice de plans très épurés et d’une musique lancinante.

  26. Denis Fargeat dit :

    Disparitions en cascade en ce moment. Le propre d’une disparition, les illusionnistes le savent bien, est d’être plus spectaculaire qu’une apparition. Il faut du temps pour voir apparaître un talent, et lorsqu’il disparaît, c’est trop tard… blues éternel qu’eût chanté Dr John mc Rabennack, mais il vient de nous fausser compagnie. Un sourire, une voix, un jeu pianistique heureusement immortalisés par Scorcese dans « The last waltz »… et de nombreux albums … et cette réjouissante participation à un hommage à Monk : https://www.youtube.com/watch?v=PwdJk9YojjM
    Enfin vu « La vieille fille », qui a été je crois évoqué ici. Donne envie de voir d’autres films de Jean Pierre Blanc, qui a une petite musique singulière. On dirait presque une sorte de remake des « Vacances de mr Hulot » pour l’attention aux détails, l’irrupotion de l’insolite dans le quotidien. (le couple Lonsdale-Scob). Et pour raccrocher à la chronique, une musique attachante de Michel Legrand, parfois assez expérimentale, parfois recouvrant les dialogues – mixage peut-être un peu maladroit.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Denis Fargeat
      Non, c’était une volonté de l’auteur

    • michèle dit :

      Connaissez-vous Candy Mountain, film de Robert Frank et Rudy Wurlitzer (1987) dont le casting regroupe entre autres Dr John, Leon Redbone, Joe Strummer et Tom Waits (à la place duquel, je commencerais à me faire du souci !) ?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A michèle
        Non je ne connais pas. J’en ai entendu parler

      • Yves Rouxel dit :

        A Michèle.Je ne comprends pas pourquoi vous vous faites du soucie pour Tom Waits.Sa prestation dans le dernier Jarmush est complètement déjantée,à l’image de cet auteur compositeur et interprète hors pair qu’il est,loin des modes et du marketting des boites de productions.Réecoutez toutes les bandes musicales qu’il à signé.Ce mec est un génie dans le bon sens du terme mais surtout un excellent musicien.

        • Catherine dit :

          Pas de soucis pour Tom Waits, la morts des auteurs-compositeurs n’est pas contagieuse. R.I.P Dr John.

        • michèle dit :

          C’est justement parce que je l’aime beaucoup et que j’ai tous ses disques que je me « fais du souci ». En effet, il est maintenant le seul survivant du casting de ce film Candy Mountain.

        • Mathieu dit :

          Et Robert Frank est toujours vivant à 94 ans.

      • Denis Fargeat dit :

        A Michèle
        Je l’ai vu à sa sortie, sans doute trop jeune pour y voir autre chose qu’un road movie un peu paresseux…. à l’époque je connaissais à peine Tom Wait et Joe Strummer, pas du tout Dr John et Leon Redbone. Je me suis rattrapé depuis, et j’avais totalement oublié ce film que vous me donnez envie de revoir.
        Yves, merci , je crois que si Tom Waits échappe à la faucheuse c’est qu’il s’est réfugié dans les bois….

      • MB dit :

        à Michèle et tous les amateurs de blues + ciné (je savais pas en trouver autant ici): connaissez-vous un film de Craig Brewer, BLACK SNAKE MOAN dans lequel Samuel L Jackson hurle le blues comme RL Burnside (ou tel ou tel bluesman du label Fat Possum…) et commet la transgression n°1 dans les états du sud: il garde enchaînée chez lui une belle jeune femme blonde! C’est assez hors mainstream mais il faut que je le revoie pour confirmer ou pas.

        • michèle dit :

          Oui, très bon film et Jackson est étonnant. Black Snake Moan se trouve facilement en DVD.

      • ballantrae dit :

        Très bon film découvert lors de sa sortie. Ce fut pour moi aussi un viatique musical assez passionnant.

      • Alexandre Angel dit :

        A Michèle,
        Et le dernier en date (est-ce bien le dernier?), BAD AS ME est excellent, à peu près du même tonneau que le plus ancien MULE VARIATIONS.
        En tout cas, vous n’êtes pas seule à être fan de Tom Waits.

    • Yves Rouxel dit :

      a Denis.De mon coté j’ai revu pour la ènième fois »La nuit du chasseur »de Laughton qui reste une œuvre captivante.Surtout le plan ou l’on voit les deux enfants filer sur la rivière dans une vieille barque.On aperçoit pèle mèle une toile d’araignée(ceci pour expliquer que le précheur continu de tisser son plan machiavélique),deux lapins,une tortue d’eau,un renard dans un arbre (qui peut symboliser la ruse du petit garçon)des vaches lorsque les enfants se réfugient dans la grange pour dormir.on entend des chiens puis une chouette hulotte qui attaque un lapin.En revanche au début du film quand le précheur est arreter et condamner à 30 jours de prison pour le vol d’une voiture,il se retrouve avec un condamné à mort dans la même cellule.Ceci parait assez incroyable deux poids,deux mesures pour deux peines différentes.Je vous conseille de voir dans le complément tous les bonus,surtout les croquis qui ont été publiés en 73 et qui reprennent plusieurs scènes de ce chef d’œuvre qui est citer dans le dernier Positif(là aussi,j’écris trop vite et je manque un peu de concentration).

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Non ce n’est pas invraisemblable compte tenu de l’époque et des conditions de detention dans les prisons de certaines petites villes

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand.C’est vrai que l’action de ce film se déroule dans une petite ville dont le nom m’échappe.Par contre au début quand le personnage du père incarné par Peter Graves(Arness précisément,frère de James)arrive dans la maison puis par la suite dans la cellule se confit au prècheur,on ne sait pas vraiment à quelle époque on se trouve.Il évoque la misère,les enfants seuls sur les routes qui mendient,le chomage enfin la grande dépression qui a traverser les états-unis dans les années 30!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Vous me perdez Yves. On sait tout le temps -costumes, voitures – qu’on est dans les années 30, durant la Depression. Vous posez une question dont vous donnez la réponse la phrase suivante sans paraitre le remarquer

        • ballantrae dit :

          Yves, soyons sérieux! Toute La nuit du chasseur est scandée par des allusions pas du tout cryptées à la grande Dépression.
          Ce qui n’en fait pas une réplique des Raisins de la colère car son propos est mythologique et poétique.
          Lu le dernier Positif où La nuit… se place fort bien dans le top ten des rédacteurs:c’est impressionnant pour un film unique!Et je crois, si je devais faire aussi ce typede classement que le film y figurerait au bout du compte tant je constate que sa magie est inépuisable visionnage après visionnage (ce doit être le film que j’ai le plus vu avec La prisonnière du désert, Vertigo, Les 7 samourais et La vie est belle).

        • ballantrae dit :

          Histoire de revenir vers un sujet qui nous tient tous à coeur: quelle place occupera La nuit du chasseur dans 100 ans de cinéma américain? La notice a t-elle été augmentée?
          Et tant que j’y suis, le verrons nous sortir en 2019?
          Il me tarde de voir quels cinéaste ont été révisés compte tenu de l’accès indéniable à de nombreux titres et ce dans les conditions optimales DVD/BR.
          Bien évidemment la manière dont, avec JP Coursodon, vous reviendrez sur les parcours de cinéastes qui ont connu des évolutions imprévisibles et riches( Malick, Eastwood,) à peine esquissés ( les Coen, Burton) ou à est utile.venir (Paul Thomas Anderson, J Nichols, W Anderson)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A BALLANTRAE
          ON EST ENCORE EN PLEIN DEDANS et il sortira plutôt en 2020. Je ne crois pas qu’on ait touché au texte sur LA NUIT DU CHASSEUR. On n’a rien appris de nouveau contrairement à ce qui s’est passé avec des dizaines de cinéastes. Et notre texte était très approfondi

        • Ballantrae dit :

          il est vrai que ce texte est très complet en l’état et que vous avez assez de pain sur la planche avec des auteurs plus révisés.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          oui qui vont de Wyler à George Sherman en passant par Clarence Brown, Stuart Heisler, Edward Cahn, Karlson, Zinneman voire Ford sans parler de tous les nouveaux cinéastes et des auteurs de films muets, scénaristes ou réalisateurs (Oscar Micheaux, Frances Marion, Maurice Tourneur)

        • Damien D. dit :

          Un sacré boulot pour la période du muet pour votre réédition Bertrand ! En plus des cinéastes que vous mentionnez il y aura sans doute des entrées sur les films de Griffith, Browning et Buster Keaton (réalisateur voire co réalisateur de la plupart de ses films), Lois Weber dont vous parlez justement (en tout cas pour les quelques films qui ont été sauvegardés). Et Tod Browning dont beaucoup de films muets sont sortis chez nous chez Bach films.
          Si vous parlez de Maurice tourneur, vous parlerez sans doute aussi d’autres cinéastes émigrés comme Murnau, Paul Leni ?…

      • Denis Fargeat dit :

        A Yves
        Merci de rappeler cette « Nuit » qui m’est chère comme elle doit l’être à beaucoup ; voilà un film qui pour moi a été à la hauteur de la rumeur qui le précédait. Vous reprenez les vignettes qui illustrent la fuite des enfants, rappelez leur valeur symbolique qui, je l’avoue, ne m’a jamais effleuré. Le symbolisme est naïf et fait partie de tout ce qui fait la valeur de ce « Diamant noir », comme on l’a beaucoup appelé. Le mélange est improbable, en 1955, entre film social, évocation de la crise,du Sud, parabole, évocation des grands films muets. Ce qui rattache le plus le film à son époque est cette nouveauté, le film vu à hauteur d’enfance (comme dans « Invaders from Mars », « Moonfleet » ou  » les 5000 doigts du dr T » » que Philippe Roger étudie dans son très intéressant petit essai.) Je crois que ce qui fera toujours la valeur de ce film, c’est de parler à chacun de sa propre enfance, sans mièvrerie.

        • Yves Rouxel dit :

          A Denis.Effectivement la force du film vient du regard des enfants par rapport au monde des adultes qui leur échappent complètement.Puis le personnage de Mitchum qui endosse la soutane pour apporter le bien autour de lui,est rattrapé par le mal qu’il incarne.Dualité entre la haine et l’amour,la séquence ou il se tord les mains est hallucinante .C’est les doigts de l’amour qui l’emporte largement sur ceux de la haine.Il y a aussi le personnage du viel oncle qui vit dans le passé de sa défunte femme,imbibé d’alcool et qui découvre dans le courant de la rivière le corps de la mère dont les cheveux flottent parmi les algues.Là aussi excercice de style précieux,travail magnifique sur la photo.Malgré le noir et blanc »La nuit du chasseur »dans la version restaurée en 2011 grace au soutien de Sorsese fait de ce film un classique parmi les chef d’oeuvre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Yves Rouxel
          Mais Mitchum n’endosse jamais la soutane pour faire le bien mais pour assouvir ses désirs, ses pulsions. C’est un prédateur sexuel doublé d’un sociopathe

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:
          Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un prédateur sexuel, il est surtout intéressé par l’argent et il a par ailleurs une haine des femmes et de la sexualité. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu le film mais il me semble que certains détails suggèrent son impuissance (sexuelle).

        • MB dit :

          à Mathieu: Oui j’ai toujours eu l’impression à voir la fameuse pseudo-nuit de noces avec Shelley Winters, que le puritanisme que RM exprime en lui refusant Taddam!… L’ACTE, ne fait pas partie (comme le cantique « Shall we gather at the river » au bord de l’eau qu’il sur-chante ou surjoue, ou comme bien sûr ses sentencieuses petites paroles sacrées qu’il glisse de ci de là) de la même manipulation consistant à se faire passer aux yeux de tous comme un homme saint, mais que ce refus et le sermon qu’il lui balance dans les dents fusionnaient avec un puritanisme d’époque peut-être ou oui, servait de masque à une bonne vieille impuissance des familles, tt en alimentant sa comédie d’homme pieux. Sans doute Mitchum a instillé celà hors direction d’acteurs (ou dirigé par Laughton après tout j’étais pas sur le plateau!), par des signes que cet acteur admirable, roi de l’underplaying arrive à faire passer avec tant de force que ça remet en question, justement, que ça soit de l’underplaying qu’il soit le roi, après tout il en fait beaucoup (mais pas comme Rod Steiger)!
          En + le moment d’expressionnisme exacerbé (là, c’est aussi Laughton et Cortez) où il assassine Shelley lors de la deuxième nuit est un rappel de la première et fait valoir une idée tte simple: « je ne peux pas te b… vois mon couteau plus que mon sexe incapable! ».
          Car Il n’y a aucune raison autre que le style pour que le couteau soit levé aussi haut et soit de plus mis en valeur par la lumière et le rai oblique de la lumière par le vasistas, encore plus par la lenteur invraisemblable avec laquelle il lève l’arme, de même par l’assez longue durée du moment où il ne fait que la tenir haut levée dans la lumière, et si tant de style c’est qu’il y a quelquechose à faire passer au spectateur et donc là oui: son impuissance sexuelle. En tout cas, on peut le voir comme ça, la présence du couteau signale l’absence de sexe.
          Notez que cette impuissance ne le dispense pas de ne pas être névrosé sexuellement, tiens après tout, c’est les pires ma concierge me l’a dit!
          (j’ai plus qu’à revoir la scène pour voir si je me trompe pas dans ma description de la deuxième nuit).

        • MB dit :

          … ceci dit, névrosé sexuel n’est pas prédateur car RM ne tue pas Shelley par prédation sexuelle mais parce qu’il pense qu’il lui sera plus facile sans elle, de retrouver le magot par les enfants.

        • Denis Fargeat dit :

          A Mathieu
          Oui, je me souviens du couteau qui transperce sa poche alors qu’il assiste à un spectacle assez leste… ce moment me semble une image forte et violente, dépassant le symbole – si ce n’était que cela, ce serait assez lourdingue… de nombreux détails comme celui ci font d’Harry Powell un monstre, un bogeyman. Je me souviens surtout du cri d’animal blessé qu’il pousse lorsqu’il est pris, comme une bête ; le personnage change de statut immédiatement, on le prend presque en pitié. Mais l’immense mérite du film est de placer tous ces éléments sur le terrain du légendaire : un conte noir, sérieux comme la mort.

        • MB dit :

          à DF et Mathieu: si le couteau est un symbôle phallique ultra-connu (que là il sort de la poche par analogie avec l’exposition graveleuse de ce que ça évoque), s’il s’agit d’un cliché qui peut ennuyer lors de sa 2788ème apparition dans un film en paraissant lourdingue, c’est qu’avant d’être un cliché c’est forcément une figure extrêmement pertinente dans l’inconscient collectif.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et tel qu’il est filmé, il n’ennuie pas même à la 279ème fois car aussi on peut le voir simplement comme un couteau. Il n’empêche aussi que Mitchum se conduit comme une prédateur vis à vis des enfants avec de vraies pulsions meurtrières. Il doit aussi éliminer des témoins éventuels mais sa rage va bien au delà. Se souvenir aussi que cela fait partie des nombreux films que Truffaut loupa et quand je lis récemment que ses critiques prouvent qu’il ne s’est jamais trompé, je me demande ce qui passe dans le cerveau du gus qui écrit cela vu le traitement que Truffaut inflige à Ford, Huston, au cinema anglais ou italien. Par ailleurs il est génial quand il parle de Lubitsch

        • MB dit :

          à Bertrand: COUTEAU MITCHUM CHASSEUR: oui mais non, la résurgence du couteau comme symbole phallique ne sera ennuyeuse que si l’auteur ne trouve pas de façon un peu originale de rappeler cette figure mythique, ce qu’elle symbolise, qui était déjà phallique à la préhistoire.
          Le style doit se renouveler, ce qu’il exprime est vieux comme Cro-Magnon.
          Dans la 2ème nuit, j’ai du mal à ne voir qu’un couteau sauf si encore pubère (trop tard), l’expressionisme choisi par Laughton consiste en trop de signes connus (choix de lumière, choix de comportement d’acteurs: Winters étendue, RM debout la dominant, la lumière extérieure (donc au minimum universelle au maximum divine, ou le contraire selon qu’on est athée ou pas) parallèle au bras armé donc paraissant approuver le geste meurtrier, ce qui est le cas mais uniquement dans la tête de RM (bien sûr Dieu lui ordonne de la tuer selon lui), tout celà désigne ce que le couteau symbolise, certes « comme à travers un miroir, confusément », mais avec force! Le côté confus est plus ou moins actif selon l’éveil du spectateur…
          (j’ai cité la bible pour faire le malin mais surtout parce que j’ai envie de revoir LE GAUCHER de Penn ya des résurgences comme ça. Je ne suis pas sûr que cette citation affirme à la fois à l’origine et « confusément » et « fortement » tant pis.

        • Squall Stryder dit :

          Aller voir le merveilleux documentaire Charles Laughton Directs The Night of the Hunter (2002) – 2 h 39 min. Monsieur Tavernier je crois que vous êtes le plus grand expert en cinéma du monde ; loin devant Tulard qui réspire vos pantoufles. La richesse de ce blog est inépuisable. Vous êtes un homme remarquable et le cinéma vous doit beaucoup…

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Pourtant le personnage de Mitchum prend un certain plaisir lorsqu’il se rend dans un cinéma ou l’on montre une jeune femme se tortillé dans tous les sens.On sent chez lui une forme d’impuissance et un refus de rapport sexuel.Concernant la scène la seconde nuit après le mariage forçé,elle est consternante avec comme vous le souligner le couteau qui est brandit en hauteur.Symbole phallique ou pas,c’est possible.En tout cas il est très attaché a cette arme et refuse que le gamin l’a touche????

        • MB dit :

          NIGHT: ce film est sur le Criterion et le Arrow anglais, mais WSide n’a pas eu la même chance (cf Dvdclassik)

        • MB dit :

          à Yves Rouxel
          je suis d’accord, pour ceci:
          « En tout cas il est très attaché a cette arme et refuse que le gamin l’a touche???? »
          ça prouve au moins qu’il n’a aucune tendance douteuse avec les enfants!

        • MB dit :

          « NIGHT: ce film est sur le Criterion et le Arrow anglais, mais WSide n’a pas eu la même chance (cf Dvdclassik) »
          je parle du doc CHARLES LAUGHTON DIRECTS… cité par Squall Stryder.

  27. Denis Fargeat dit :

    A Bertrand
    Vous mentionnez deux films pour lesquels vous avez aidé Fernando Solanas ; s’agit-il de « Tangos » et « El Sul » ? Désolé de dire ça, mais le dernier est mon pire souvenir de salle et fut l’occasion de ma rupture avec Télérama qui l’encensa – j’ai pris l’habitude alors de me dire qu’ils consacraient les cinéastes à contretemps, et souvent pour leurs plus mauvais films. J’avais trouvé ce Sud bien languissant, larmoyant et empli d’une poésie de convention. Mais j’étais sans doute de mauvaise humeur, pas en phase, ça arrive même à des critiques de métier. Et je déteste le tango – c’est peut-être par dépit, ça arrive quand on est très mauvais danseur.

  28. DUMONTEIL dit :

    « Horizons sans fins » de Dréville (1952)
    Gisèle Pascal (à l’époque MME Raymond Pellegrin), Jean Chevrier ,un petit rôle pour Ronet.
    Je croyais le voir sur l’éditorial mais comme il est absent (mais je comprends car BT en fait déjà tellement!),je me décide à écrire quelques lignes sur ce joli film féministe :

    On pourrait presque faire une comparaison « le corbeau »/ « le ciel est à vous »(1943) avec « la neige était sale « / « horizons » (1952). Le film noirissime et le film que l’office Catholique qualifie de sain « rien à redire du point de vue moral ;il faut même remarquer la discrétion, la bonne tenue du dialogue » et de lui octroyer son prix à Cannes en 1953.

    Ce film assez long (114 min) ne délaie pas son scénario à la hollywood ,en ajoutant du romanesque ,mais va droit à l’essentiel: une simple vendeuse,Hélène Boucher a un rêve après son baptême de l’air:voler ; ce ne sera pas facile dans un monde 100 % masculin .Elle se voit donner de bons conseils : » mariez-vous plutôt et ayez des enfants » mais passera outre et battra plusieurs records du monde ;la chose qui m’a le plus frappé c’est cette camaraderie -Beckeresque , style « les rendez-vous de juillet » – entre les jeunes et leur soutien à leur amie .
    Intérêt documentaire et beaucoup de conviction chez l’interprète principale.

    Peut-être le meilleur Dréville des années 50,avec « Normandie-Niemen « (coprod avec l’URSS ,1959);ce réalisateur semblait à l’aise dans l’aviation, fût-elle civile ou militaire.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Dumonteil
      Je n’écris qu’après avoir vu ou revu les films. Cela entraine donc un délai sauf si on me l’a envoyé ou si j’ai pu l’obtenir avant la sortie commerciale

      • Alexandre Angel dit :

        J’ai découvert NORMANDIE-NIEMEN, de Jean Dréville, qui est un film de valeur et qui m’a paru extrêmement original dans le contexte des genres abordés par le cinéma français. Il semble abriter des courants dont la confluence et la cohabitation en font le caractère unique : récit de guerre, plus que film de guerre, film d’aviation non sans réminiscences hawksiennes, et hommage inattendu à un certain lyrisme soviétique.
        Le ton est à la fois vibrant et distancié et la vivacité du montage, le charisme très physique des comédiens (Pierre Trabaud, Giani Esposito, Jean-Claude Michel, Marc Cassot, Gérard Buhr…), l’adjonction de comédiens russes nous font croire à l’expatriation de l’escadrille française, ainsi qu’à sa « russification » faîte de camaraderie, de respect mutuel et de bévues tragiques (Pierre Trabaud abat l’avion d’un officier russe, le prenant pour un frisé).
        Bertrand, j’ai le souvenir tenace que vous en citez un extrait dans votre voyage (long-métrage ou série) mais je n’en sus pas sûr. Confirmez-vous?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angerl
          Hélas non, je n’ai pas eu le temps ni l’argent pour parler de Dreville, Christian Jaque, Verneuil

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          alors j’ai eu une impression de « déjà-vu », phénomène redoutable au moment où on le vit. Cela s’est passé au moment où les aviateurs font la fête avec les Russes et qu’un camarade, qu’ils pensaient être disparu, déboule. Scène que j’aurais juré avoir vue dans VOYAGE.

        • DUMONTEIL dit :

          Hélas non, je n’ai pas eu le temps ni l’argent pour parler de Dreville, Christian Jaque, Verneuil

          Il faut quand même souligner que BT rend un superbe hommage à Christian-Jaque en choisissant comme « le dernier pour la route » « UN REVENANT » , excellent film :on peut voir Marguerite Moreno souhaiter un « bon voyage » à Louis Jouvet ; le film se déroule à Lyon ,là ou précisément « L’HORLOGER DE SAINT-PAUL  » …..

          La boucle est bouclée !

  29. Cecil Faux dit :

    La variété et la richesse des formes du cinéma sont extraordinaires et inépuisables, à l’image de la sélection de DVD ci-dessus, et tous les gens fréquentant ce site en sont sans doute d’accord. C’est pour ça que j’adore le cinéma et que je déteste les séries télévisées (mais pas les mini-séries et j’attends « Jeux d’influence » de Jean-Xavier de Lestrade avec une grande impatience, sur arte.tv en ce moment et Arte ensuite).

    Pour dire du mal des séries en connaissance de cause et faire la leçon à votre entourage (comme moi), vous pouvez lire un livre que j’ai découvert récemment (désolé pour ceux qui le connaissent) : il s’agit de « Divertir pour dominer » (tome 2, « La culture de masse toujours contre les peuples »). Plusieurs chapitres en font une critique radicale, très convaincante… et anticapitaliste, bien sûr.

    • Denis Fargeat dit :

      A Cecil Faux
      Merci pour votre conseil de lecture, qui rentre en résonance avec une belle émission sur Pasolini que je viens d’entendre. (Le fascisme de la société de consommation, le conformisme de l’anticonformisme.) A titre personnel , peu enclin à faire la leçon à mon entourage, je préfère conseiller. Mais c’est vrai que les Séries sont omniprésentes, et un nouveau mélange de snobisme et de démagogie attrape-tout est fort agaçant… ce qui est terrible c’est que, encore à titre personnel , ça a plutôt tendance à me faire fuir. Entendre France Culture promouvoir largement Gaimofrône, voire la dernière franchise Marvel ( incroyable exercice sophiste par Frederic Martel) me donne plutôt envie de me plonger dans Cayatte…

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Cecil Faux
      Je viens de recevoir de Sylvain Perret de Gaumont des précisions sur les deux versions de L’HOMME DU JOUR de Duvivier que l’on peut voir dans le BlueRay.
       » Par ailleurs, vous évoquez L’Homme du jour de Duvivier, effectivement un film mineur dans la carrière de son auteur. Cependant, sachez qu’il existe deux versions du film. En effet, nous avons pu retrouver une copie antérieure, qui correspondrait à une possible projection-test, et qui possède un très grand nombre de différences, parfois de quelques secondes, mais qui noircissent le film, font du personnage de Maurice Chevalier un personnage beaucoup plus candide et parfois risible, ce qui expliquerait son remontage, tandis que celui de Elvire Popesco est beaucoup plus acerbe. D’une certaine manière, le film était plus proche du courant du réalisme poétique. Enfin, le gros changement intervient vers la fin : Dans la première version, après un détour en TIP, Alfred croise brièvement son double, mais n’a pas d’interaction avec ce dernier.

      Nous avons inclus les deux versions dans notre récente édition, et je m’étais amusé à comparer très précisément les deux versions dans un montage lui aussi présent dans les suppléments (dont je vous avoue être assez fier) ».
      Les différences sont notable et je ne crois pas avoir lu la moindre critique, la moindre analyse sur ces deux versions

    • MB dit :

      bien sûr qu’il y a un grave problème de dramaturgie avec les séries liées au succès d’audience, l’histoire ne se trouve des rebondissements qu’en cas de succès, et le succès n’est pas une bonne inspiration de scénariste. Des personnages morts ressuscitent, des acteurs morts ou virés sont remplacés par tel ou tel avec explication ou pas, de chirurgie esthétique . BORGEN s’est arrêtée juste à temps avec bonheur quand MAD MEN s’écrase lamentablement dans sa dernière saison.
      Il doit y avoir une raison autre que leur qualité intrinsèque dans le succès des séries, l’envie que le film ne se termine jamais, d’ailleurs je ne peux les regarder que quand j’ai toute une saison en dvd, jamais en direct: trop de contrainte d’horaire et de contrariété à ne pas voir tt de suite ce qui va arriver après.

      Je ne sais pas s’ils ont raison de faire une saison 5 du BUREAU DES LEGENDES.

      merci d’avoir signalé la série de Lestrade, je vais l’enregistrer en totalité et me la regarder seulement après, Arte met son logo sur le site, pas à la diffusion TV.

      • MB dit :

        … dans la catégorie « fin de série invendable » je recommande la dernière saison (5) de LA 4EME DIMENSION, très éprouvante.
        (on voit un tube de dentifrice ou un paquet de lessive sur le générique de fin).

      • Cecil Faux dit :

        Oui, les séries présentent des problèmes de dramaturgie et de pauvreté en termes d’imaginaire et de mise en scène, de toutes sortes…

        Merci pour le détail sur le logo d’Arte (tellement nul),vous avez raison, donc soit je le regarde à la télé, soit je l’achète en DVD, soit les deux, tant j’ai confiance dans le metteur en scène. J’attends de voir comment la fiction rendra compte de cette terrible réalité (Monsanto et le glyphosate), en espérant que ce sera tout aussi réussi et ravageur que les documentaires de Marie-Monique Robin et apparemment ceux de Solanas.

        Merci de nous avoir déprimés avec la nouvelle sur la saison 5 du « Bureau des légendes », hé hé hé… Les films d’Audiard que j’ai vus sont brutaux et de toute manière l’histoire de Malotru est finie, donc leur nouvelle devra être à la hauteur et ça pourrait être de la surexploitation… On verra bien.

        • MB dit :

          à Cecil Faux: bon je ne peux pas être certain que la saison 5 de BDL sera mauvaise je ne l’ai pas vue mais la conclusion de la 4 laissait perplexe, espérons!

          à propos du logo d’Arte j’ai revu hier un excellent film de Virginie Wagon LA BELLE VIE avec l’excellente (et sexy) Valérie Donzelli, il y avait le logo pourqUoi? parce que tv film? bizarre.

  30. Marcorele dit :

    Petite rectification concernant Le dernier sou de André Cayatte. Le cinéaste donne à Noël Roquevert le rôle d’un escroc sans scrupule et non d’un détective privé. 😉

  31. Cecil Faux dit :

    Bonjour à tous,

    L’article donne très envie de voir plusieurs films de Cayatte dont je ne connais presque rien… et j’approuve très vivement pour les classiques hongrois, tchèques, géorgiens. J’en reparlerai plus tard au cas où certains ne connaissent pas, sauf peut-être le co-auteur de ce blog nommé Rouxel qui a dû en voir beaucoup à la médiathèque José Cabanis !!

    « Sorrowful Jones » (« Un crack qui craque » [oui, bon..]) est une très amusante comédie de Sidney Lanfield dont je n’ai vu par ailleurs que « Follow the Sun » avec Glenn Ford et Anne Baxter. Bob Hope y joue un type ultra-pingre obligé de s’occuper d’une petite fille, heureusement que Lucille Ball est là aussi…

    Je divulgâche un peu : Hope croise un garçon de 10 ans dans la rue qui perd une pièce de monnaie, il met le pied dessus et somme le garçon : « Identify it ». Ce que fait le gamin, au dégoût de Hope : « Those college kids… ». Plus tard, il est sidéré par la petite fille qui se ressert toujours de nourriture. Constatant la nullité de Hope, Lucille Ball lui dit que la petite risque d’attraper le béribéri. Hope, toujours énervé : « BERIBERI? Does she have to have TWO of everything? » (citations de mémoire).

    • Yves Rouxel dit :

      A cecin faux.Demain mercredi 12 sort en BR deux films de Cayatte: »Pierre et Jean »et »Le passage du rhin »ainsi qu’un film vu il y a longtemps à la tv d’Alain Cavalier »Un étrange voyage ».

  32. Damien D. dit :

    Les coffrets ZOLTAN FABRI sont certes tentants mais on notera qu’ils ne possèdent que des sous-titres anglais (pas sûr que les médiathèques françaises en fassent l’acquisition malheureusement).
    Il est à mentionner que quelques titres ont déjà été édités individuellement en France chez Clavis Films (avec sous titres français donc)… Clavis Film est d’ailleurs le distributeur en salle d’UN PETIT CARROUSEL DE FETE récemment restauré http://www.clavisfilms.com/v3/clavis_distrib.html
    On espère donc la réédition de ces films chez nous en dvd ou blu ray : si Clavis Films nous lit !

    • Yves Rouxel dit :

      A Damien d.La plupard des films de Zoltan Fabri sont sortis chez Clavis films dont « La famille Tot »que j’ai commencer à voir puis j’ai arreter car les sous titres sont quasiment invisibles et les personnages sont bavards!!!

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