Mafioso et Camélias

11 juin 2012 par - DVD

Je ne sais plus si j’ai mentionné le fort beau coffret consacré à la RKO par les éditions Montparnasse qui comprend outre les incontournables (CITIZEN KANE, L’IMPOSSIBLE MONSIEUR BÉBÉ, KING KONG, LA CHARGE HÉROÏQUE) quelques titres qui méritent d’être vénérés, adulés : L’ÉNIGME DU CHICAGO EXPRESS, LE GARÇON AUX CHEVEUX VERTS, LA FILLE DE LA CINQUIÈME AVENUE, PENDEZ-MOI HAUT ET COURT, un des plus beaux films noirs jamais tournés.

Changeons de continent et passons à l’Italie avec deux films qu’on peut qualifier d’extrêmement rares. Le premier MAFIOSO fait pourtant partie du catalogue de Studio Canal qui pour d’obscures raisons semble vouloir s’obstiner à ne pas le sortir, peut-être pour privilégier leur série MAFIOSA. Plus certainement parce qu’ils doivent penser que le cinéma italien n’est plus du tout à la mode et que ce film, un sommet pourtant, est totalement inconnu. Pourtant le film est archi-défendu par Martin Scorsese. Aux USA, en Zone 1, Criterion a sorti une splendide édition.
On retrouve tout au long de MAFIOSO cette intelligence caustique, ce regard légèrement détaché, ce sens de la narration s’appuyant sur une très forte culture, qui fait le prix, l’originalité des meilleurs films de Lattuada. Qui leur permet de transcender les genres auxquels ils semblent appartenir : le mélodrame paysan (LA LUPA), le film à costumes (LE MOULIN DU PÔ), la comédie (LE MANTEAU, DEVINE QUI VIENT DÎNER).
Le ton de MAFIOSO est tranquille, imperturbable aussi éloigné des dénonciations à la Francesco Rosi que de ces comédies de mœurs qui inspirèrent des chefs d’œuvres à Germi. Le terrain semble balisé et pourtant, peu à peu, le sol semble se dérober sous les pieds d’Alberto Sordi (un Sordi épuré, étonnant, sans pittoresque) et il se trouve happé dans une sorte d’engrenage impitoyable, une mécanique qu’on ne peut arrêter et qui le transforme en un tueur à gages anonyme. Comme le remarque Jacques Lourcelles : «  le scénario volontairement peu foisonnant, peu « italien » en ce sens auquel ont collaboré quatre noms prestigieux (Age, Scarpelli, Marco Ferreri, Rafael Azcona), est d’une audace extrême et presque incroyable. Jusqu’au bout, on attend quelque pirouette, quelque retournement qui atténuerait la cruauté du propos… Le style glacial et distancié de Lattuada (un réalisateur qui ne s’approche du sujet que lorsque celui-ci est intensément érotique) sert admirablement l’audace insolite du récit. » Il nous, vous, reste à faire campagne auprès de Studio Canal.

    

Gaumont a sorti en deux DVD la version télévision de LA DAME AUX CAMÉLIAS avec Isabelle Huppert. J’avais été un peu frustré par le film quand je l’avais vu à sortie malgré l’interprétation d’Isabelle Huppert. Qui prend encore plus d’ampleur, de profondeur dans cette version longue où j’ai davantage retrouvé l’esprit du beau scénario original de Jean Aurenche et Vladimir Pozner. Je regretterai toujours que Bolognini ait coupé certaines des pratiques médicales délirantes que les médecins faisaient subir aux tuberculeux et deux ou trois moments aussi grinçants ou tragiques. Surtout quand c’est pour développer le personnage d’Alexandre Dumas fils incarné de manière fade et transparente par Fabrizio Bentivoglio. Heureusement, Gian Maria Volonté, Bruno Ganz, Fernando Rey, Cecile Vassort restituent avec force la douleur, le caractère maléfique, la passion, l’arrogance qui habitent leur personnage. Gian Maria Volonté est particulièrement saisissant en père maquereau, incestueux, destructeur, pervers qui prostitue sa fille dès son plus jeune âge. Bolognini et ses scénaristes évitent les clichés moralisateurs et réussissent un film féministe avec des moments inoubliables : quand Alphonsine va boire du sang dans les abattoirs après une scène d’amour, quand on la fait descendre nue dans les escaliers et qu’elle se retrouve soudain devant tous les amis de son « protecteur » : «  Comme j’ai ou j’aurai couché avec la plupart d’entre vous, vous avez le droit de me voir ainsi. » L’originalité du personnage tel qu’il est écrit et joué par Isabelle Huppert tient à ce qu’il refuse tous les traits, tous les clichés de la femme fatale (ce dont se plaint à tort un internaute) en faire un personnage de victime – parfois consentante, il y a heureusement des zones d’ombres -, de femme exploitée qui veut retourner la situation.

Artus vient de sortir L’EFFROYABLE SECRET DU PROFESSEUR HICHCOCK de Robert Hampton, alias Riccardo Freda qui relança le film d’horreur en Italie et la mode des pseudonymes anglais.

Deux autres films italiens sont sortis par TAMASA, LE CHRIST INTERDIT, la seule incursion dans la mise en scène de Curzio Malaparte. J’ai retrouvé le souvenir que j’avais gardé de ce  film à la fois audacieux et ingénu, parfois emphatique, glacé et tout à coup aigu, réaliste et métaphorique (le scènes avec Alain Cuny sur la notion de sacrifice). Une de ces entreprises uniques, un peu comme LA NUIT DU CHASSEUR. Il se termine sur une série d’interrogations existentielles, hurlées au spectateur, solennelles. Violemment attaqué par Georges Sadoul comme para fasciste (reproche qui paraît absurde), ce film, comme le remarque Jean Gili « développe une idéologie insaisissable, où se côtoient revendications sociales (le partage des terres), désir de vengeance, renvoi dos-à-dos des victimes et des bourreaux (…) et dans laquelle se lisent les contradictions de lendemains de guerre sans apaisement possible ». Somptueuse photo de Gabor Pogany qui met en valeur ces murs écrasés de soleil. Interprétation somnambulique et un peu monocorde de Raf Vallone. A noter que Malaparte dont il faut lire KAPUT et LA PEAU ainsi que son œuvre posthume, écrivit la musique du film, ce que personne ne semble remarquer.

  

J’ai très envie de revoir LES ÉVADÉS DE LA NUIT dont la première partie m’avait plu et que j’avais trouvé sous-estimé par rapport au GÉNÉRAL DELLA ROVERE. Pour ces deux films, je renvoie aux analyses de Pierre Charrel sur DVD CLASSIK.

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Commentaires (23)

 

  1. ((( OK Ballantrae, M. Kingdom & A. Berthe = Meilleurs films de 2012 (et de loin!) avec Bullhead. Si ce n’est déjà fait, courez voir « Searching for Sugar Man, serez envouté ! )))

  2. Dear Bertrand Tavernier,
    I remember an article of yours explaining that at some point LA DAME AUX CAMÉLIAS tv version was intended as a Vittorio Cottafavi work. Could you precise that? Thank you very much.

  3. Ballantrae dit :

    Amis de la comédie, sachez que ce genre difficile peut se conjuguer aussi au présent: courez voir les réussites de Wes Anderson Moonrise Kingdom et Bruno Podalydès Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé.J’y reviendrai plus longuement dans la semaine!

  4. Sullivan dit :

    Bonsoir,

    Sur ce lien, réécoute de l’émission « Cinéma Song » de Thierry Jousse, diffusée sur France Musique, avec notre hôte en invité. Le numéro de ce jeudi 28 juin s’intitule UNE SOIRÉE AVEC BERTRAND TAVERNIER. Il discute de musique, de ses musiques, de la musique de ses films. Il y a peu de réalisateurs français, voire de réalisateurs tout court, qui ont une culture musicale profonde, riche, en adéquation totale avec leur art de la mise en scène. Encore un domaine dans lequel notre cinéphile préféré reste intarissable… pour notre plus grand plaisir !

    http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/cinema-song/emission.php?e_id=100000061&d_id=460000305

    A titre personnel, lorsque je me suis passionné pour « Dans la brume électrique », j’avais été épaté par le choix qu’avait fait Bertrand en plaçant vers la fin du film, lors de la résolution, l’aria « De torrente in via bibet » extrait du Dixit Dominus de Haendel (la version Gardiner chez Erato), qui constitue un très bon contrepoint à la magnifique musique de Beltrami. Un choix parfaitement senti, et qui fait prendre encore un peu plus de hauteur au montage français du film (montage qui a été distribué dans le monde, sauf aux USA pour rappel). Cette aria de Haendel ne figure évidemment pas dans le montage Fitzgerald, uniquement exploité aux USA.

  5. Luc Schweitzer dit :

    Pour information, Universal se lance à son tour dans une collection de dvd à la demande. Dans la première fournée, on trouve des titres intéressants comme « Arise, my love » de Mitchell Leisen ou « Le suspect » de Robert Siodmak.

    http://universal-dvd.com/fr/etoiles_33_upv.php

  6. corman dit :

    Bonjour à toutes et à tous! j’aurai une petite question concernant un film finlandais qui jouit apparemment d’une très bonne réputation nationale :

    L’année du lièvre (Jäniksen vuosi) ultime film de Risto Jarva (1977) tiré du premier roman de Paasilinna (à ne pas confondre avec le film de Marc Rivière datant de 2006 et tiré du même bouquin)

    Je l’ai vu sur ebay mais il n’est disponible qu’en finnois, sous-titré finnois et suédois.
    Comme je ne compte pas faire un master 2 de langues scandinaves dans les années qui viennent j’aurai aimé savoir si quelqu’un l’avait vu (est-ce réellement un très bon film?) et si une édition avec ss-titrages français o anglais existait.

    merci d’avance et bons films!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Corman
      Pas vu hélas et j’aime les livres de Paaslinna. Connaissez vous par ailleurs les différentes versions de SOLDATS INCONNUS qui ont une bonne réputation. La première sortit je crois dans les années 50 et fut totalement occultée vu qu’il s’agissait d’une guerre contre les Russes, sujet quasi tabou dans toute la presse de gauche qui avait ignoré ou massacré le film

      • corman dit :

        Nan désolé! Les deux versions sont éditées en dvd mais uniquement avec ss-titres en anglais.
        J’aime aussi Paasilinna, particulièrement la cavale du géomètre et la forêt des renards pendus.
        Le seul film finlandais datant de plus de 30 ans que j’ai pu obtenir c’est le renne blanc.
        J’ai l’impression que le cinéma finlandais est longtemps resté en retrait en raison de l’essor des deux frangins suédois et danois et de l’acquisition tardive de son indépendance (1917)

        ps: ça n’a rien à voir mais cette question me hante : N’avez-vous jamais songé à adapter « vaurien » de Jim Thompson?

  7. LES ÉVADÉS DE LA NUIT est l’un de ces films que l’on peut revoir inlassablement. Cette déambulation de trois prisonniers dans le Rome occupé de l’année 1943 est construite sur le thème de l’itinéraire, un peu à la manière du très beau THE MAN BETWEEN de Carol Reed. Filmé simplement, comme toute l’oeuvre de Rossellini (cela l’apparente en quelque sorte à Ken Loach), l’oeuvre surprend par sa mise en scène fluide, son découpage minutieux dont chaque scène s’imbrique minutieusement dans l’autre. Très labyrinthique – les séquences sur les toits, dans des appartements, des greniers, des lieux clandestins – le film, étonnant et assez moderne, expose des faits de résistance sans aucune esbroufe cinématographique, ce que l’on pourrait reprocher à DELLA ROVERE que je trouve en outre sur le plan de la narration assez déséquilibré. Il y a par ailleurs un aspect très désenchanté dans LES ÉVADÉS, et je ne sais pas s’il faut y voir une sorte de mea culpa aux prises de positions très critiquables du réalisateur durant la période mussolinienne. La mise en scène de ce film marque aussi l’incursion de Rossellini dans un principe très épuré que l’on retrouvera au cours de toute son oeuvre télévisuelle. J’en profite d’ailleurs pour en redire ici l’excellence après avoir revu BLAISE PASCAL, et surtout l’incroyable PRISE DU POUVOIR PAR LOUIS XIV qui atteint des sommets dans l’art de l’essentiel, dignes du cinéma muet. C’est assez génial et en plus cela ne manque pas d’humour. Un autre Rossellini qui m’avait toujours intrigué et laissé froid, VANINA, VANINI, fut une vraie redécouverte malgré l’inadaptation apparente de l’auteur de PAÏSA à l’univers de Stendhal. Le film possède de vraies beautés, surtout grâce à l’interprétation de Terzieff.

  8. Ballantrae dit :

    Bien sûr, ce coffret Montparnasse est une malle aux trésors si on n’ a pas déjà acquis des titres de cette excellente petite collection bleue dont la prestation vaut celles de la collection rouge de Gaumont…il faut acquérir à tout prix la plupart des titres cités même si certains valent le détour en coffret collector ( je pense aux Ford, à Bringing up baby, citizen Kane, etc…).
    Bolognini mérite une vraie réhabilitation comme cela fut dit dans un billet précédent.Je n’ai qu’un vague souvenir de cette Dame aux camélias où brilla I Huppert à l’aube d’une carrière immense ( si ce n’est elle la plus grande, la plus audacieuse, la plus diverse de nos actrices qui est-ce?) mais vous lire donne envie d »en vérifier la teneur.
    Malaparte est vraiment un artiste complexe et malaisant qui avec ce film aurait pu, comme Pasolini, prétendre à une double carrière littéraire/cinématographique mais il n’en fut pas ainsi.Il y a une dimension primitive comme si le cinéma se réinventait effectivement avec ingénuité.
    Hors sujet: je viens juste de revoir ( pour la quatrième fois) Dans la brume électrique et tiens à redire toute mon admiration et mon affection envers ce polar à la fois tendu et nonchalant, musical et sec, elliptique et empli d’annotations sur le génie du lieu.James Lee Burke est formidablement servi.Un regret: qu’aucun autre cinéaste ne vous ait emboité le pas à ma connaissance pour l’adapter.Vous pouvez être fier de votre (première) aventure américaine!!!

  9. AUGELMANN Jean-Marie dit :

    Merci à Sullivan de parler du film de PETRI,un des rares films qui montrent les ouvriers dans leurs lieux de travail; le cinéma français est particulièrement « absent » sur ce thème.
    A recommander aussi « Les Evadés de la Nuit » paru chez TAMASA (qui par contre n’a pas été restauré).

    Dans un autre domaine, pour faire plaisir à BALLANTRAE, « Le Grand Passage » de King VIDOR est annoncé pour le 5/09/2012, chez WILD SIDE dans sa collection CLASSICS CONFIDENTIAL (avec un livret de 80 pages)et en septembre aussi sort « L’AVENTURIER DU RIO GRANDE » chez SIDONIS. J’ai hâte de voir le film et aussi la présentation de Bertrand Tavernier.

  10. Mario dit :

    J’aurai envie d’intervenir sur beaucoup de croniques recentes et anciennes, de vous soutenir dans l’eloge de Lattuada dont VENGA A PRENDERE IL CAFFE DA NOI me semble, après une seconde vision, tout aussi beau que MAFIOSO qui etait mon favori (et il faut aussi citer, parmi ses chefs-d’oeuvres de tout premier plan LA SPIAGGIA, dont est sorti recemment un DVD italien et qui est déja un modèle parfait -avec les films de Zampa écrits par Vitaliano Brancati- de comédie italienne grinçante qui éclatera avec Dino Risi, sans oublier les admirables portraits d’adolescentes, veritable specialité de l’auteur, qui sont I DOLCI INGANNI qui revela Catherine Spaak et GUENDALINA avec la splendide Jacqueline Sassard ou ses nombreux, excellents films litteraires tels que IL DELITTO DI GIOVANNI EPISCOPO, LA STEPPA, LA MANDRAGOLA, DON GIOVANNI IN SICILIA qui ne sont pas loins d’égaler IL CAPPOTTO) mais pour le moment je tiens surtout a coeur de vous signaler le programme du festival IL CINEMA RITROVATO qui aura lieu a Bologna à partir du 23 juin prochain, tout d’abord car il y aura une retrospective Raoul Walsh. Malhereusement le programme definitif sortira assez probablement à la dernière minute, mais puisque pour les retrospectives Sternberg Capra Ford Hawks des années dernières on a privilegié la periode pre-code de ces metteurs en scene ce sera peut-etre l’occasion de voir ou revoir des films très rares comme ME AND MY GAL, SAILOR’S LUCK, THE YELLOW TICKET, WILD GIRL (des trois premières j’ai vu des photos sur le site, ça qui fait bien experer). A defaut de ça, il y aura quand meme une section tout aussi indispensable sur les premiers films sonores japonais avec non plus des raretés (Sotoji Kimura!) et aussi des chefs d’oeuvres comme MAN’S CASTLE de Borzage (autre perle!) et SONNENSTRAHL de Fejos et une retrospective Grémillon dont j’espere les copies ne seront pas digitales (c’est seulement ma speculation!) mais les occasions de jouissance seront en tout cas nombreuses… A ne pas manquer! Ici un lien en anglais au programme provvisioire

    http://www.cinetecadibologna.it/cinemaritrovato2012en/ev/foreword2012

  11. andre desages dit :

    Pour info, je viens d’apprendre que l’éditeur américain Critérion va sortir en août LONESOME (Solitude), un film muet de Paul Fejos (1928), avec Glenn Tryon et Barbara Kent. Il s’agit d’un petit chef d’oeuvre, assez typique des films réalisés à la fin du muet, sur un thême très simple: la rencontre d’un homme et d’une femme. L’essentiel de l’action se situe à Coney Island. Par ailleurs, pour la petite histoire, Barbara Kent, qui joue également dans LA CHAIR ET LE DIABLE de C.Brown ou dans un Harold Lloyd, vient de décédé fin 2011 à plus de 100 ans !

  12. Catherine dit :

    Oui, « Pendez-moi haut et court » fait un très beau diptyque avec le récemment édité « Nightfall » (+livret de Philippe Garnier, oué), tous deux ayant pour décor la même région de montagnes (dont la situation géographique m’échappe, où Tourneur allait pécher avec Dana Andrews… merci M.H Wilson dans les bonus), dans « Nightfall » Aldo Ray est magnifique et Ann Bancroft magnétique, leur histoire illumine ce polar au ton sec et brutal, mais complètement original déjà je trouve par l’alternance grands espaces/ ville la nuit, qui ne s’opposent pas, mais se complètent, pour suggérer que la violence peut survenir n’importe où, n’importe quand. Les gangsters sont aussi très dézingués, cela tombe bien, c’est comme ça que je les aime.
    Du grand « Polar » avec une impression de jamais vu, il n’y en a qu’un c’est celui là. Carrément.
    Mais je suis un peu partiale, car mon film préféré de tous les temps est « Rendez-avec la peur », du même Tourneur

    • Nemo dit :

      « it’s in the trees it’s coming » 😉

      • Catherine dit :

        http://i556.photobucket.com/albums/ss8/moonfleetbucket/Moonbucket/00b45957.png

        La scène chez le médium est très marrante, au début notamment, avant que l’on arrive au cas du Pr Harrington, lorsque plusieurs esprits « parasites » s’invitent (un indien, une petite fille et un vieux marin, je crois…) et veulent se manifester aussi…
        Déjà le fait que cela soit la propre mère du Pr Klarswell (celui qui a invoqué le démon), culpabilisant un
        peu quand aux activités de magie noire de son fils, qui veuille aider le couple Joan Harrington (Peggy Cummins)/Pr Holden (Dana Andrews)en les amenant chez un médium pour une séance, est assez drôle en soit.

        • Catherine dit :

          Je dois ajouter que c’est avec ce film que j’ai découvert le merveilleux acteur anglais Niall MacGinnis, qui interprète le Dr Karswell, vu + tard dans JASON ET LES ARGONAUTES et 49th Parallel…

  13. Damien DOUSSIN dit :

    Dans la même collection chez TAMASA, aviez-vous déjà vu SEDUITE ET ABANDONNEE de Pietro Germi ? Le film avait été également descendu par la critique à sa sortie. Après visionnage je l’ai trouvé tout aussi caustique que CES MESSIEURS DAMES (la critique des moeurs patriarcales et matrimoniales siciliennes remplaçant celle de la bourgeoisie vénitienne). La caricature affleure évidemment (le jeu des acteurs y est volontairement outré) mais le film possède un rythme, un ton qui n’a pas vieilli. On pourrait presque dire que c’est du Pagnol monté sur 10000 volts ! Après on peut ne pas aimer : mais c’est réellement le style de Germi des années 60…

  14. Sullivan dit :

    Je me permets de rappeler que Tamasa vient de sortir également l’un des premiers films tournés sur le monde ouvrier : « La Classe ouvrière va au paradis ». Le film d’Elio Petri, tonitruant, exubérant, vociférant, à l’instar de son acteur magnifique, Gian Maria Volonte, fait mouche. Sans oublier « Séduite et abandonnée » de Pietro Germi, dont trop peu de films ont été édités en DVD, si ce n’est par Carlotta (« Signore & Signori », « Meurtre à l’italienne » et « Il Ferroviere ») et M6 Video (« Divorce à l’italienne »).

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