En attendant Lumière

11 octobre 2019 par - DVD

LECTURES

POUR UNE ÉCOLE PUBLIQUE ÉMANCIPATRICE de Véronique Decker (Libertalia), auteure de TROP CLASSE, L’ECOLE DU PEUPLE, est un texte clair, concis, percutant sur le rôle que devraient jouer l’école et l’éducation si on s’inspirait davantage des méthodes Freinet. Veronique Decker a été directrice d’établissements à Bobigny et à Montreuil. Elle connaît les quartiers en difficulté, a été confrontée à la violence de certains élèves, à la misogynie de caïds, à l’ignorance satisfaite mais aussi à la bonne volonté, au désir d’apprendre et énumère des petits faits, des constatations. Elle se heurte aux décisions changeantes, jamais expliquées, souvent incompréhensibles d’une administration nébuleuse. Un jour, on lui envoie une stagiaire qui doit travailler dans deux écoles. Mais on ne lui donnera jamais le nom de la deuxième. Et deux après, ce poste est supprimé toujours sans explications. Elle nous parle des portables et des parents qui sont ravis que leur enfant de 8 ans soit une « youtoubeuse ». « Beaucoup de gens pensent que c’est le rôle de l’école de faire ce travail d’apprentissage des mondes virtuels. Mais personne ne se soucie de vérifier que nous disposons de la formation, du matériel et du temps d’enseignement indispensable pour le faire. » Les passages sur les rapports avec les Roms sont poignants : elle héberge pendant quelques semaines deux crevettes avec l’aide d’un avocat, découvre très vite pourquoi elles étaient souvent insupportables en classe : eczéma, dents cariées, elles sont carencées en sommeil à dormir à 4 dans une chambre d’hôtel, l’une est blessée au bras et l’autre a besoin de semelles orthopédiques. Et la conduite, les résultats seront nettement meilleurs. Obligation d’une vraie politique de santé scolaire : « A 13 ans, l’aînée aura vécu dans trois pays différents et aura du apprendre deux langues étrangères pour s’y adapter. Une enfance Erasmus. »

J’ai été passionné par EXTRÉMISME RELIGIEUX ET DICTATURE (Actes Sud) d’Alaa El Aswany, l’auteur de L’IMMEUBLE YACOUBIAN (Actes Sud) qui fut défendu par Gilles Kepel dans Le Monde et dont on tira un film tout à fait estimable et de J’AURAIS AIMÉ ÊTRE ÉGYPTIEN (Actes Sud). Il s’agit de petites chroniques écrites pour divers journaux (Al-Shorouk, El Masri El-Yom), en prise avec les problèmes de la vie quotidienne, qui abordent des sujets polémiques tous d’actualité : la persécution d’une doctoresse bahaïe, la persécution des coptes. Certains titres parlent d’eux mêmes : « Pourquoi sommes nous en retard sur le reste du monde ? », « Comment vaincre la séduction des femmes ? », « Pourquoi les religieux extrémistes sont-ils si préoccupés par le corps de la femme ? », « l’Egypte face au fascisme ». Ces articles sont écrits avec une ironie décapante qui évoque Albert Cossery mais aussi une douleur face à la dégradation de la tolérance, de la civilisation en Egypte. Il donne des chiffres accablants sur les perversions sexuelles, les viols, les agressions sur enfants dans les milieux extrémistes religieux : en 2008, 850 jeunes filles saoudiennes ont fui leur domicile à cause d’agressions la plupart d’ordre sexuel, de leurs parents proches.

Dans QUESTIONS DE CINÉMA (Carlotta), Nicolas Saada interroge des cinéastes, Jarmusch, Ethan et Joel Coen (ce chapitre est excellent), Paul Schrader (idem), fait dialoguer John Carpenter et Dario Argento. Peu de Français comme le veut la mode (Chabrol mais sur DOCTEUR M.) mais John Woo et Wong Kar-wai… J’ai beaucoup apprécié son interview d’Elmer Bernstein où l’on découvre que dans de très nombreux cas, Bernstein ne rencontra, du moins durant ses premières années, que les dirigeants des secteurs musique des studios qu’il jugeait intelligents et talentueux. C’est le scénariste producteur Sidney Buchman qui lui confie la musique de l’excellent SATURDAY’S HERO de David Miller. Il ne rencontra jamais John Ford pour SEVEN WOMEN ni même Anthony Mann pour COTE 465, partition percussive particulièrement mémorable. Quelques exceptions : Preminger avec qui il s’entendit très bien pour L’HOMME AU BRAS D’OR et Cecil B. DeMille qui savait ce qu’il voulait et l’expliquait bien (il y a aussi un très bon entretien de Michel Ciment avec Bernstein dans un numéro de Positif). Passionnante interview de Schiffrin. Lui et Bernstein sont très respectueux du travail de Frank Waxman (AVENTURES EN BIRMANIE, LE BOULEVARD DU CRÉPUSCULE) lequel composa après FENÊTRE SUR COUR une suite qui incorporait des morceaux NON utilisés par Hitchcock : du Bernstein avant Bernstein déclare Schiffrin. On croise beaucoup d’autres créateurs dans ce livre, de Thelma Schoonmaker à Angelo Badalamenti et à l’omniprésent Francis Ford Coppola, sans oublier David Lynch et Dianne Johnson. Bref, je me suis régalé.

SAMUEL FULLER – JUSQU’À L’ÉPUISEMENT (Rouge Profond) de Frank Lafond offre une approche assez originale de Fuller en privilégiant certains angles, en se concentrant sur certains films et surtout en allant piocher des faits, des explications dans les archives des studios. On découvre ainsi le processus de production de certaines œuvres, les remarques de la Censure, les modifications que cela entraîne dans le scénario avant le tournage. Lafond a regardé parfois plusieurs versions du scénario ce qui l’amène à faire des remarques souvent passionnantes : les scènes sentimentales, les rapports amoureux entre Robert Stack et une jeune Japonaise constituent un vrai apport de Fuller qui enrichit le scénario original de Harry Kleiner pour LA DERNIÈRE RAFALE de William Keighley (un bon film noir où Widmark jouait le gangster que reprend Robert Ryan). Lafond étudie longuement la tragique histoire du tournage de CHIEN BLANC qui fut assassiné avant sa sortie par des militants noirs qui n’avaient pas vu le film qu’ils jugeaient aussi raciste que NAISSANCE D’UNE NATION. Deux de ces militants noirs avaient été enrôlés par le studio pour donner un feu vert. Ils ne firent aucune observation durant le tournage mais se déchaînèrent dès qu’ils furent retirés des listes de paie. Leurs critiques témoignent d’une méconnaissance sidérante du film, des intentions du cinéastes, du roman de Romain Gary écrivain qu’ils ignorent totalement, le traitant d’auteur minable de troisième zone qui ne s’est jamais intéressé aux Noirs. Ils oublient simplement la dénonciation du colonialisme qu’on trouve dans LES RACINES DU CIEL. Cela dit, le roman CHIEN BLANC les ferait hurler, pour sa dénonciation au vitriol de la manière dont certains membres de Panthères Noires abusèrent de Jean Seberg, la rançonnant avec une misogynie crasse. Toute cette partie de ce livre extraordinaire avait été écarté par Fuller et par tous les scénaristes qui voulurent adapter le roman. J’ai appris aussi beaucoup de choses sur l’exploitation de J’AI VÉCU L’ENFER DE CORÉE, rebaptisé SERGENT ZACK.

Irwin Winkler dans A LIFE IN MOVIES (Abrams Press) évoque sa carrière de producteur riche en œuvres marquantes sous forme d’un journal. Du moins après les premières années. Avant, il entre tout de suite dans le vif du sujet. Rien sur son enfance, ses parents. En deux phrases, il relate comment dans l’Armée, il déclara qu’il pouvait taper à la machine, ce qui n’étais pas tout à fait exact mais réussit à se rendre indispensable en mettant la main sur des dossiers égarés concernant des troupes d’infanterie en Corée (« Une guerre inutile dans laquelle 52 000 Américains périrent »). Il trouve un travail à la William Morris, grimpe les échelons, devient un petit agent, s’associe avec un jeune diplômé, Robert Chartoff. Ils parviennent à gérer certains contrats de Julie Christie et la mettent en rapport avec Ponti et Lean qui préparaient LE DOCTEUR JIVAGO. Christie est choisie de préférence à Jane Fonda et Winkler et Chartoff doivent emprunter de l’argent pour se rendre à Londres assister à la première de DARLING. A la MGM, ils trouvent un sujet pour Julie Christie. Bob O’Brien, le président, le lit et leur dit qu’il est d’accord pour le produire à condition qu’on adapte le personnage de Christie pour Elvis Presley. Et Winkler s’entend répondre : « C’est un très bonne idée, Bob. » Cela donnera DOUBLE TROUBLE de Norman Taurog qu’on peut conseiller aux apprentis scénaristes pour voir comment a fonctionné le changement d’interprète. Taurog qui était pratiquement aveugle comme le découvre Winkler. Des histoires comme cela, on en trouve des centaines. Il y a celles sur la naissance de ON ACHÈVE BIEN LES CHEVAUX. Les pages décrivant comment Winkler et Chartoff vont réussir à se débarrasser de James Poe que Fonda avait choisi comme réalisateur « parce qu’il portait les mêmes bottes que John Ford » et imposer en douce Sydney Pollack sont très savoureuses. Il y a encore les passages sur RAGING BULL, L’ÉTOFFE DES HÉROS, NEW YORK, NEW YORK, deux films avec Costa Gavras dont l’excellent MUSIC BOX, AUTOUR DE MINUIT (Costa et moi, nous nous en sortons bien). Winkler évoque sans prendre de gants aussi la politique souvent erratique, incompréhensible des Studios, qui stoppent un projet quelques jours avant le tournage après l’avoir couvert d’éloge pendant huit mois, les luttes imbéciles pour le pouvoir. Il déclare détester Ken Russell et son VALENTINO, ne mâche pas ses mots contre la conduite arrogante de Peter Bogdanovich qui saccage dans NICKELODEON un fort bon scénario, contre le Verhoeven de BASIC INSTINCT, s’en prend violemment à David Biggelman qui dirigea un temps la Columbia et fut condamné pour escroquerie. Il prend des positions progressistes sur de nombreux sujets et montre comment le montage financier de ROCKY (ils hypothéquèrent leurs maisons pour financer le film refusé par tous) reproduit le thème du film, la revanche d’un prolétaire.

    

FESTIVAL LUMIÈRE

Le festival projette sous un titre un peu trompeur (certains ont été produits par la MGM mais rachetés et restaurés par Warner les Tresors Warner), une dizaine films Pre-Code que j’ai plusieurs fois défendus dans cette chronique pour leur audace, leur vitalité, leur énergie narrative, leurs dialogues souvent percutants. On pourra voir :

ÂMES LIBRES de Clarence Brown où Norma Shearer campe un personnage qui a des rapport sulfureux avec Clark Gable.

L’ANGE BLANC de Wellman avec Barbara Stanwyck et encore Gable qui fait une entrée fracassante en lui filant un bourre pif : « Je suis Max le chauffeur ».

BLONDE CRAZY, un des très bons Roy del Ruth avec Cagney et la merveilleuse Jan Blondell sa partenaire préférée qui lui tient tête.

JEWEL ROBBERY, une délectable comédie où William Powell et Kay Francis forment un couple éblouissant.

RED DUST (LA BELLE DE SAIGON), la première version de MOGAMBO, là encore dialogue truffé de sous-entendus. Gable et Harlow donnent une sensualité, une force érotique à toutes leurs scènes et Myrna Loy est excellente.

LA FEMME AUX CHEVEUX ROUGES s’ouvre sur une question de Harlow : « vous ne trouvez pas que cette robe est un peu transparente » – « oui Madame » – « Bien je la prends ». Le ton est donné.

EMPLOYEE’S ENTRANCE est peut être le meilleur Roy Del Ruth que j’ai vu : rapide, caustique, audacieux. Warren Williams est aux acteurs Pre-Code ce que Barbara Stanwyck est aux actrices. Il imposera une série de personnages de canailles cyniques, impitoyables mais charmeuses et désinvoltes. TOUTES les situations et les répliques paraissent en prise avec les crises économiques actuelles et le rapport avec les banques.

THE MIND READER, toujours du même cinéaste, très inspiré à cette époque, avec encore Warren Williams.

BABY FACE a été reconnu ces dernières années comme un des films les plus féministes. Dans les 15 premières minutes, Stanwyck piétine un bon nombre de tabous dont il se ra interdit de parler après 33 : un père qui prostitue sa fille, la corruption politique, parricide, rapports sexuels dès la première rencontre etc. On peut brièvement voir John Wayne.

FEMALE est attribué à Curtiz qui pourtant ne tourna qu’une semaine à la fin nous apprend Aman K. Rode dans son indispensable biographie. Le film fut commencé par Dieterlé, repris par Wellman qui en tourna la majorité, Curtiz assurant surtout des retakes qui amoindrissent le ton caustique de l’oeuvre.

Parmi d’autres films de la même période, ANN VICKERS de John Cromwell (zone 1) adapte Sinclair Lewis et édulcore le roman sans en déformer le sens. Ann n’épouse pas l’homme qui prétend l’aimer et qui l’oublie dès qu’il revient de la guerre mais la violence masculine est toute aussi forte. Et elle file un parfait amour avec Walter Huston qui est marié. Cromwell tourne pratiquement toutes les scènes de prison souvent violentes et dures (matraquages, repas, courses dans les couloirs) en d’impressionnantes plongées comme si la caméra épousait le point de vue de l’héroïne qui ne peut que regarder de loin, d’une passerelle. Personne ne note ni à l’époque, ni dans les commentaires actuels, cette recherche esthétique pourtant forte.

PICTURE SNATCHER (Warner) récit dynamique qui fonce à cent à l’heure est un petit joyau avec des détails vraiment noirs : le héros trompe honteusement un pompier à moitié fou, on assiste à l’exécution d’une femme durant laquelle Cagney vole une photo de la condamnée sur la chaise électrique. Ce moment s’inspire de l’exécution de Ruth Snyder que quelqu’un parvint à photographier. Le film est truffé de remarques cyniques sur les journaux qu’un étudiant définit naïvement comme « cette somme de travail, de sueur, de photos qui va sortir demain. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes vont nourrir leurs âmes médiocres et affamées des indiscrétions et des aventures d’autrui. Et après qu’est-ce qu’il deviendra ? » – « Vous ne savez pas », dit Cagney, « on s’en servira pour emballer les harengs ».

  

BLONDIE JOHNSON (Warner) est un de ces épatants films Pre-Code dont la Warner avait le secret dont on doit attribuer les vertus (narration concise, réalisation rapide, dégraissée) autant au studio, au chef opérateur Tony Gaudio qu’au réalisateur. Les séquences d’ouvertures foudroyantes tracent en quelques plans un portrait fort peu flatteur de diverses institutions dont aucune ne veut aider l’héroïne, Blondie (l’irréprochable Joan Blondell, l’une des reines du Pre-Code) : l’aide sociale, les avocats (« pas d’argent, pas de procès »), l’Eglise représentée par un prêtre aussi onctueux qu’antipathique. Elle décidera de se venger en s’élevant dans l’échelle sociale mais en se servant de son astuce, de son intelligence plutôt que de son pouvoir sexuel, ce qui rend le personnage assez original : « Pour moi, le travail prime toujours sur le plaisir », dit-elle.

FIVE STAR FINAL (zone 2) de Mervyn LeRoy est une charge incroyablement violente contre la presse à scandale où l’on attaque aussi les lecteurs. Edward G. Robinson s’en prend constamment à eux, les considérant comme une bande d’illettrés stupides, bigots et ignorants. Les victimes sont décrites de manière un peu trop mélodramatique et leurs scènes paraissent plus statiques. Mais tout ce qui se déroule à l’intérieur du journal est rapide, dépouillé, brutal. Boris Karloff campe remarquablement un reporter salace, ivrogne, obsédé sexuel, particulièrement répugnant, qui se déguise en prêtre pour extorquer une photo. « Vous êtes un blasphème vivant », lui dit Robinson.

THE HOUSE ON 56 STREET (zone 1) est un mélodrame tarabiscoté où Florey parvient à atténuer le coté incongru, invraisemblable et un peu zinzin de certaines péripéties : l’héroïne sort de prison et se voit offrir un travail dans une maison de jeu qui se trouve être l’appartement où elle tomba amoureuse.

ANDRÉ CAYATTE

Revoir les films de Cayatte (sortis en Blu-ray par Gaumont) fut un exercice salutaire, une manière saine de remettre en cause une vision archaïque, réactionnaire (en fait beaucoup d’attaques venaient de la droite) et simpliste de son œuvre qui comprend moins de films à thèse qu’on le dit. Et parmi ceux-là, il est vrai que JUSTICE EST FAITE pour mettre en lumière la difficulté de juger équitablement, s’appuie sur un cas extrême : l’euthanasie qui déclenche encore aujourd’hui des polémiques infinies. Pensez à l’affaire Lambert qui redonne une actualité à ce film. Par ailleurs, à chaque vision, je suis subjugué par le nombre, la variété des personnages, des milieux sociaux, la rapidité elliptique avec lesquels ils sont décrits. On côtoie aussi bien des bourgeois que des policiers, des magistrats, des ouvriers, des anciens militaires (Noel Roquevert est particulièrement spectaculaire), des paysans. Cayatte remet en question leur regard et le nôtre. Le propos est beaucoup plus ouvert qu’on le laisse entendre et il questionne aussi le spectateur. Il faut dire qu’il trouve en Charles Spaak un complice indispensable.

NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS est le premier film qui aborde la peine de mort de manière frontale et non en fin de récit comme dans J’AI LE DROIT DE VIVRE de Lang et autres œuvres généreuses. Est-ce que questionner le bien fondé de la peine de mort est une thèse ou un constat ? Il est vrai que Spaak prend ouvertement position à travers des personnages de médecins (parfois idéalistes mais est ce un crime ?), de prêtres, certaines femmes ou ce que disent les condamnés. Qui contrairement à ce que l’on affirme ne sont pas innocents. Il y a même des tueurs répugnants parmi eux qui ont assassiné des enfants, tué et violé une petite fille. Même Mouloudji qui commence à apprendre à lire et se transforme ne peut pas imputer tous ses crimes à la société. Il est certes alcoolique, vit dans un milieu effroyable, avec une mère atroce de brutalité mais il est comme possédé par une rage, une violence qui explose à l’improviste et le fait tirer plusieurs fois surs son chef de réseau. Est-ce une thèse que de montrer l’horreur froide, méthodique qui préside à une exécution capitale avec tout ce personnel qui arrive en chaussettes au petit matin, ce rituel épouvantable, la froideur des formules officielles qui fait ressortir la compassion de certains gardiens (Frankeur épatant) ? On retrouve dans ce film puissant, dirigé une fois encore avec une rapidité dans le récit, un gout pour l’ellipse, une extraordinaire variété de décors – chopés avec justesse en deux ou trois plans -, de milieux, dans ce film extrêmement bien joué de Mouloudji à Balpétré en passant par Pellegrin, Renaud Mary et des dizaines d’autres tout ce qui fut analysé et développé par Robert Badinter.

J’ai dit le bien qu’il fallait penser de la première partie du DOSSIER NOIR qui gagne à être revu et dans la deuxième partie la force des deux personnages de policiers incarnés par Blier et Roquevert.

  

PIERRE ET JEAN n’est pas un film à thèse mais une belle histoire d’amour tirée de Maupassant qui donne à Renée Saint Cyr, remarquable, le rôle de sa vie. Cayatte impose un ton retenu, dépouillé, une vision plutôt sombre avec des rapports minés par la jalousie, l’envie (entre les deux frères), l’égoïsme masculin, le contentement de soi (pour le couple Saint Cyr/ Roquevert, encore lui). La dernière réplique, sidérante de pessimisme inconscient (« tu te rends compte ma pauvre vieille, on va rester ensemble jusqu’à notre mort » – je cite de mémoire),  est absolument anthologique. Terminer un film de cette façon est remarquable.

Je suis très heureux de découvrir LE DERNIER SOU dans une copie restaurée qui m’avait bien plu même dans une horrible version. Cette histoire d’escroquerie est rondement menée surtout dans les deux premiers tiers et Cayatte s’appuyant sur un scénario co-écrit avec Louis Chavance lui donne une noirceur, une âpreté rare dans ce genre d’histoire. Une fois de plus, Noel Roquevert est royal dans un personnages aux nombreuses facettes, charmeur, caustique, fourbe et en fin de compte impitoyable. Ginette Leclerc dégage un charme fou, une chaleur dans un personnage plus sympathique qu’à l’ordinaire. Certains extérieurs de rues, reconstitués en studio, paraissent aussi oppressants, aussi désolés que les couloirs de la prison. A découvrir.

   

ŒIL POUR ŒIL reste un film profondément original surtout dans ses deux premiers tiers, avec une description retenue et lucide de la colonisation, de belles scènes nocturnes et de magnifiques et très nombreux extérieurs alors qu’on décrivait le cinéma de Cayatte comme confiné en studio. Ce qui est faux dès LE DESSOUS DES CARTES et va être battu en brèche par LE PASSAGE DU RHIN, peut être son chef d’œuvre avec AVANT LE DÉLUGE. Deux œuvres complexes, surprenantes qui réfutent bien des idées reçues et témoignent d’une grande ouverture d’esprit. Peu de film ont évoqué l’antisémitisme comme AVANT LE DELUGE ou le personnage de Balpétré qui voit partout un complot juif est inoubliable comme est inoubliable Aznavour dans LE PASSAGE. Deux films à redécouvrir absolument. Dans le premier, la construction en flashback est parfois appuyée, soulignée (défaut compensé par l’écriture acérée de certaines séquences, la justesse du personnage de Blier ce militant socialiste épris de l’humanité mais aveugle face à son fils et surtout à sa fille), défaut auquel échappe LE PASSAGE DU RHIN dont la liberté de ton est encore plus frappante aujourd’hui.

COPPOLA

Dans les films de Francis Coppola dont beaucoup ont été admirablement restaurés par Pathé, ceux qui m’ont spécialement touché en dehors des PARRAIN qui tiennent incroyablement le coup et d’APOCALYPSE, c’est OUTSIDERS, chronique mélancolique, bouleversante qui me touche plus des années après que RUSTY JAMES pourtant impressionnant visuellement. J’ai aussi adoré revoir CONVERSATION SECRÈTE et son extraordinaire premier plan, JARDINS DE PIERRE, œuvre méconnue, secrète, émouvante et TUCKER qu’on oublie trop souvent mais qui n’est disponible qu’en zone 1.

  

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Commentaires (223)

 

  1. Dumonteil dit :

    PIERRE ET JEAN n’est pas un film à thèse mais une belle histoire d’amour tirée de Maupassant qui donne à Renée Saint Cyr, remarquable, le rôle de sa vie

    Personne n’a parlé de ce joli film mais M.Tavernier a dit l’essentiel;c’est un film très court (70 min env) tiré d’un roman court à peine plus long que certaines des nouvelles de MAUPASSANT.
    L’action est transposée à la fin des années trente (une voiture!) mais contrairement à certaines « contemporisations  » (je pense à la catastrophique adaptation de « la curée  » de Zola par Vadim dans les sixties avec sitar!),il n’en souffre pas ;outre les deux acteurs déjà cités, la prestation de GILBERT GIL a été remarquée par de nombreux usagers du net.

  2. Justin dit :

    Bonjour Bertrand Tavernier,
    je lis votre blog depuis plusieurs années mais c’est la première fois que je laisse un commentaire.
    Et depuis ces années je ne vous ai jamais vu écrire à propos des films de Jean-Pierre Mocky, ni même, à mon grand étonnement, à l’occasion de la ressortie récente de pas mal de ses films en DVD chez ESC Distribution. Je me demandais si c’est un cinéma qui vous plait ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Justin
      J’ai bien aimé ses premiers films et les avais longtemps défendus notamment UN COUPLE, LA CITÉ DE L’INDICIBLE PEUR, LES COMPAGNONS DE LA MARGUERITE et voudrais revoir LES DRAGUEURS. Je suis plus réservé sur les oeuvres post 68 à l’anarchisme claironné et puis ses réalisations sont devenues de plus en plus bâclées à quelques rares exceptions près (L’AGENT DOUBLE).Et certaines étaient terriblement poujadistes et rances (UNE NUIT A L’ASSEMBLÉE NATIONALE) Et l’homme m’exaspérait de plus en plus avec ses vantardises,sa pingrerie légendaire compensée par un amour du cinoche, sa fausse pauvreté (il possédait plein de chambres de bonnes quai Voltaire qu’il transformait en appartement), la manière dont il parlait des femmes, les conneries qu’il débitait sur le tube cathodique, racontant n’importe quoi. J’ai lâché ses films après celui avec Marianne basler. Restent des méthodes pittoresques mais aussi un grand gâchis

      • Ulick Norman Owen dit :

        Dans ce flot de pellicule ,je sauverais deux oeuvres proches de Claude chabrol, « le témoin » (1978), et « noir comme le souvenir » (1995),ainsi que « agent trouble » (1987)

      • MB dit :

        MOCKY/ dans la catégorie des non-bâclés il y a NOIR COMME LE SOUVENIR, polar agréable, à voir, et vous aviez dit que c’était grâce à Birkin et Azéma qui avaient tanné Mocky.
        Sinon je suis content de voir les pendules remises à l’heure, quand je lis ou entends ces louanges à l’occasion de sa mort qui retombent toujours sur les mêmes idées: cinéaste anarchiste, qui a secoué le cinéma français:
        « Il fut peut-être le plus inventif, le plus prolifique, le plus anarchiste des réalisateurs français » (JF Rauger dans Le Monde).
        « anarchiste » comme « surréaliste » est un mot bien galvaudé, « inventif » est absurde, « prolifique » à la vitesse où il expédiait ses tournages ah ben oui on peut le comprendre.

    • Denis Fargeat dit :

      A Justin
      On en a déjà parlé ici, mais il y a chez Mocky un goût de l’insolite qui peut toujours trouver ses amateurs. Et quand ce goût trouve pour s’exprimer des comédiens talentueux et désireux d’explorer une nouvelle facette de ce talent, c’est savoureux. Quand le film est fait avec soin, bénéficiant des talents de Queneau aux dialogues ( Mocky disait manger quotidiennement avec lui, on aurait aimé être à un coin de cette table), Marcel Weiss, Edmond Séchan ou Eugen Schuftan pour l’image, ou de grands compositeurs ( un beau panorama ici :https://www.francemusique.fr/emissions/cine-tempo/jean-pierre-mocky-75404), c’est vraiment un régal.
      On se demande parfois quel est le degré de contrôle de ses films ; un petit côté Ed Wood dans la distorsion entre l’ambition et le résultat. Je ne parviens pas à savoir si le traitement du son, aussi particulier que chez Tati, est le résultat d’une volonté ou de la précipitation. En tous cas le résultat est splendidement irréaliste, et renvoie au monde onirique.
      Quand on a le privilège de ne pas l’avoir connu, on peut goûter sans agacement ses déclarations exagérées ou mensongères. Hors des polémiques je trouve l’homme et l’oeuvre parfaitement cohérents, même si cette cohérence part dans tous les sens. On pouvait certainement lui reprocher beaucoup de choses, mais sûrement pas cette rage de cinéma dont il a été un serviteur, bancal certes mais sincère.

  3. Alexandre Angel dit :

    Ce que j’ai trouvé d’original et de surprenant dans le film de Ray Enright chroniqué ici (BLONDIE JOHNSON) est la place décisionnaire des femmes dans ce monde d’hommes. Il ne s’agit pas, comme dans ce film très récent dont j’ai malheureusement oublié le titre, d’une organisation de femmes obligées de prendre la place de leurs hommes, qui sont en prison mais d’une curieuse association, avec répartition des rôles et des tâches, entre sexes opposés. Ainsi, pendant un temps du film, hommes et femmes travaillent de concert et se rendent des comptes mutuellement au sein du même gang. Lorsque Joan Blondell, assise à son bureau, donne l’ordre à ses deux gangsters d’aller faire son affaire à quelqu’un, leurs deux compagnes(Mae Busch et Toshio Mori, qui est asiatique, petite touche d’étrangeté) sont positionnées derrière Blondie, et restent commutées aux actes de leurs hommes auxquels Joan Blondell vient de donner un ordre.
    Lorsque cette dernière se précipite au chevet de Chester Morris, gravement blessé, et qu’elle le soutient, l’inversion des rôles est patente. Il y a là plus que la classique « pieta » de la bien-aimée qui pleure son homme en partance éventuelle pour l’au-delà : c’est Chester Morris qui gît à la manière d’une femme comme le fera plus tard Gloria Grahame dans les bras de Glenn Ford.
    Chester Morris, qui aura passé tout le film à se faire dicter sa conduite par Joan Blondell, comme elle l’aurait fait un petit garçon obéissant et parfois pris en faute.
    En fait, les femmes, dans BLONDIE JOHNSON, sont moins castratrices que sûres d’elle-même et parfaitement autonomes et les hommes sont rendus à leur stricte fonctionnalité.
    Joan Blondell est impeccable.

    • MB dit :

      « ce film très récent dont j’ai malheureusement oublié le titre, d’une organisation de femmes obligées de prendre la place de leurs hommes, qui sont en prison  »
      peut-être FEMMES DE YAKUZAS de Hideo Gosha?

      • Alexandre Angel dit :

        A MB
        Non c’est un film américain sorti cette année se situant dans le milieu des gangsters irlandais. Mais ce sont les femmes qui portent les flingues. La bande annonce nous refourguait l’inévitable « Gimme Shelter » des Stones.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          C’était pas WIDOWS de Steve McQueen

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          C’est très bien vu mais ce n’est pas cela!
          En fait, j’ai retrouvé : il s’agit de THE KITCHEN (Les Baronnes, en français), d’Andrea Berloff sorti au mois d’août dernier, pour dire à quel point c’est récent.
          J’ai retrouvé non pas de mémoire mais avec Wikipédia, en tapant « films gangsters irlandais ».

  4. Mathieu dit :

    En achetant THE MIND READER, l’excellent film de Roy del Ruth dans la collection « Forbidden Hollywood » de Warner France, je suis retombé sur la brochure accompagnant les DVDs de la collection, brochure écrite par Hélène Frappat (des Inrockuptibles, organe central d’une certaine bien-pensance esthético-morale), et en le feuilletant je l’ai trouvé (le texte de la dite brochure) encore plus ridicule que naguère.

    D’après cette journaliste-publicitaire, les « cinéastes du Pré-Code » (comme s’ils n’avaient pas tournés des films avant et après la prétendue « parenthèse enchantée » que constituerait la période 1929-34 dans l’histoire du cinéma hollywoodien) seraient une bande d’artistes subversifs (on parle indistinctement de Lloyd Bacon, Alfred E. Green, Archie Mayo, Mervyn Leroy ou William Wellman) attachés à saper les fondements de la société capitaliste, du patriarcat et de la domination masculine, et « se lançant dans une surenchère de provocations et une défense déchainée de la liberté sexuelle et politique ». Le « pré-Code » devient un « genre » cinématographique (comme si ces cinéastes étaient conscients qu’ils produisaient des films « pré-Code »), un « mouvement de libération », où « les femmes prennent le pouvoir à Hollywood », les films de la période deviennent autant de « manifestes », et sont « les films les plus crus… audacieux, libres, engagés, et surtout féministes de toute l’histoire du cinéma, pas seulement hollywoodien ». Tout ça ne serait-il pas un tantinet exagéré ?
    Bon, j’arrête, je pourrais continuer à donner beaucoup d’autres exemples de la risible prose d’une journaliste qui n’a idée ni des conditions de production des films en question (on apprend que LAWYER MAN, très bon film de William Dieterle, a été tourné dans le Lower East Side de New York… sans blague ?) ni des règles de la grammaire française (on ne met pas de subjonctif après « après que »… mais j’apprends par Internet que H. Frappat est ancienne de Normale Sup’ et romancière, c’est donc elle qui doit avoir raison).

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Mathieu
      Ce texte ridicule fait l’impasse sur les producteurs (le rôle de Zanuck fut très important et certains réalisateurs perdent de leur énergie quand il est définitivement remplacé par Hal Wallis), les scénaristes (j’ai parlé du tandem cubes Glasmon/ John Bright, un conservateur et un communiste, des rapports entre les frères Warner et Roosevelt. Tous ces cinéastes n’étaient pas radicaux ou féministes, tant s’en faut. Wellman, Dieterle, Cromwell, Tay Garnett, Clarence Brown et quelques autres ont continué à faire preuve d’ambition, à aborder des sujets sensibles dépassant le clivage Républicain/ Démocrate, à imposer des thèmes audacieux et personnels mais pas Lloyd Bacon ni Archie Mayo voire Alfred Green Ils ont des sursauts d’ambition dus aux scénaristes et aux producteursCe texte témoigne de la manie de tout simplifier, d’hyper sanctifier sans recul ce que l’on veut défendre sans jamais trouver l’angle juste

      • Mathieu dit :

        A Bertrand:
        Oui le départ de Zanuck a du être aussi important que l’instauration du Code pour les changements de sujets et de style à la Warner après 1933 (quoique comme je le signalais dans un précédent commentaire, BLACK LEGION de 1936 est on ne peut plus clairement un film anti-fasciste, aussi didactique qu’une causerie au coin du feu de Roosevelt). Et si plusieurs films de la collection donnent de l’importance aux personnages féminins, il y a aussi un choix éditorial de présenter certains films et pas d’autres, d’autant plus qu’il s’agit d’une collection proposant des inédits en DVD, et si on veut vraiment avoir une lecture féministe, on peut se demander pourquoi Warner n’a pas sorti plus tôt FEMALE ou BABY FACE en DVD, avec intro de Maltin et dessins animés en bonus…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Ce qui a prolongé certains des effets de la période pre code, ce sont les liens Roosevelt et les frères Warner, les tensions internationales, l’engagement de certains cinéastes (Robert Rossen qui écrit le scénario de LA VILLE GRONDE est aussi responsable de l’audace de ce film que le réalisateur). D’autre part, ces films souvent signés de réalisateurs ignorés de la critique étaient souvent tombés dans l’oubli. Joseph Green avait bloqué certaines reportées. On avait imposé une autre conclusion à BABY FACE. Ces film avaient disparu des radars sauf certains Wellman. Brion en avait exhumé plusieurs et c’est par hasard qu’on redécouvre BABY FACE ou FEMALE

    • Denis Fargeat dit :

      A Mathieu
      Merci ce que vous écrivez, de mon côté je n’arrivais pas à tortiller un texte correct à ce sujet : les films precode en tant que catégorie. C’est personnel, mais j’ai une méfiance instinctive de ces tiroirs dans lesquels on voudrait ranger les oeuvres, en les coupant de leur contexte – sans compter que, comme vous le soulignez, leurs auteurs étaient sans doute peu conscients d’y être, dans ce tiroir. Raisonner à partir de ces catégories est déraisonnable. C’est une commodité de langage, rien de plus.

      • Bertrand Tavernier dit :

        a Denis
        Il y a dans le texte cité cette obsession de certains analystes de trouver une vision, une approche qui zappe sur ce qui semble évident : le fait qu’il n’y avait pas vraiment de code de censure strict laissait aux auteurs une liberté et cela commençai par ceux qui initiaient les projets, scénaristes ou producteurs dans la plupart des cas. Et ce qui les dopaient c’est qu’il savait que cet espace allait être vite clôturé

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand
          Merci, et ainsi vous trouvez l’angle juste, historique. En tous cas c’est beaucoup plus logique et convaincant.

    • MB dit :

      à Mathieu: ce qui me pose problème c’est l’idée que la période pre-code commence en 29? Et avant il n’y avait ni insolence ni féminisme ni critique sociale, bien sûr la crise de 29 aurait sans doute dopé celles-ci mais on trouve dans le cinéma muet des éléments de liberté évidents.
      Sinon merci de rappeler le rôle important de Zanuck, et des scénaristes, ceux qu’on oublie quand on doit brosser à la demande d’un éditeur de dvd un tableau de la fameuse période « 29-34 » qui soit attrayant et facilement lisible (et qu’on travaille dans un magazine mode, disons).

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        On l’appelle Pre code parce que le code avait être imposé quand survint la crise de 29 et les Studios qui perdaient de l’argent ont supplié qu’on ne leur colle pas de pressions supplémentaires. Mais il est évident que durant le muet, certains réalisateurs firent preuve d’audace d’où la naissance du Code qui entendait régler les interdictions locales en les supplantant au niveau federal

        • MB dit :

          à Bertrand: je comprends. Je réalise que cette charnière de 1929 est riche en évènements, l’arrivée du sonore, la crise, le surcroît de budget pour les films, qui avait obligé Hollywood à aller chercher de l’argent dans les banques new-yorkaises (cf bio de Ford (McBride).

          « d’où la naissance du Code qui entendait régler les interdictions locales en les supplantant au niveau federal »
          les censures locales obligeaient Hollywood à tirer des copies différentes selon les états: surcroît de coût! d’où l’intérêt de créer un code-maison dit « Hays » en 30, reconnaissons à H Frappat d’avoir signalé ça dans son livret pour lui pardonner sa « parenthèse enchantée » emplie d’anarchistes libertaires de 29 à 34.
          car si le code Hays est créé par Hollywood il est « kidnappé » et renforcé par Joseph Breen en 34, je ne vais pas + loin j’ai essayé et supprimé pleins de lignes de mon message, pour cause de complexité du sujet!
          Vous conseillez, vous ou Mathieu, un bouquin là-dessus peu-être?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je connais deux ou trois titres aux USA. Je pense qu’on en faisait une synthèse dans 50 ANS. Renoir prendra le fils de Green, choix catastrophique, pour jouer l’infirme du FLEUVE. Calcul ?

        • MB dit :

          PRECODE « Je pense qu’on en faisait une synthèse dans 50 ANS. »
          alors là j’ai honte, j’ai jamais lu par flemme tout ce qui précède le dictionnaire lui-même… hum bon pas taper hein? il n’est jamais trop tard…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          De la censure pas de la période Pre Code

        • MB dit :

          « Renoir prendra le fils de Green, choix catastrophique, pour jouer l’infirme du FLEUVE. Calcul ? »
          Wikipedia:
          « One of their other children, Thomas, whose right leg was amputated due to a combat injury on Guam during World War II, was cast in a feature role in Jean Renoir’s 1950 film The River, playing a wounded war veteran. Renoir was not aware at the time that Thomas was Joseph Breen’s son.[27] »
          (Thomas Doherty (December 11, 2007). « Was Hollywood’s Famed Censor an Antisemite? ». The Jewish Daily Forward. Retrieved May 26, 2013.)
          Je ne savais pas que c’était le fils de Joseph et surtout je croyais qu’il mimait sa jambe manquante, quant à Renoir qui savait ou pas qui sait…

        • MB dit :

          « De la censure pas de la période Pre Code »
          oui merci je l’avais lue en fait il y a un bail, faut que je révise maintenant!

    • Ballantrae dit :

      Un texte d’une idiotie rare…hélas pas si rare! L’approximation comme parade à l’ignorance est commune dans certaines tribunes ou accompagnement dvd, le tout avec un bel aplomb.
      Plaquer un discours au mépris des conditions historiques de conception des films est un mal fréquent notamment quand il s’agit de réhabiliter soudainement tel auteur parfois au mépris de ce qu’est l’auteur ou tel film: j’ai lu de grosses bêtises aussi bien sur Ford que sur Fuller, sur Rossellini que sur Argento.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Ballantrae
        Comme me l’écrit Hervé Dumont : « C’est effectivement un prodigieux ramassis d’idioties, concoctées par une personne qui ne s’est jamais penché ni sur le fonctionnement des studios hollywoodiens ni sur ceux qui y travaillaient !!! Cela dit en passant, Dieterle – encore au début de sa carrière américaine – n’aurait jamais obtenu l’autorisation des requins de la Warner pour tourner sur la côte Est, autre affirmation imbécile de Mme « Frappée »… qui aurait fait rire aux éclats Mike Curtiz et ses confrères de l’usine WB !
        H

  5. Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier

    Je souhaiterais revenir sur une phrase d’un message antérieur : « dans le massacre qui ouvre la HORDE SAUVAGE, on voit de nombreux blessés, des enfants traumatisés, des femmes terrifiées et les blessures font mal. Rien de tel dans un John Woo avec Travolta où aucune victime ne semble souffrir. Comme dans un jeu vidéo ».

    Cet avis sur John Woo me semble profondément injuste – et inexact. Je voudrais pour ma part défendre Woo en quelques points :

    – il a fait 2 films avec Travolta. Le premier, BROKEN ARROW, est impersonnel et est un film d’action comme on en a produit des dizaines à Hollywood, ni pire ni meilleur. Le second, FACE OFF, est un film d’action opposant Travolta à Cage. Dans la première scène, Cage tue par erreur le fils de Travolta en manquant son ennemi. Le film comporte de nombreuses scènes sur le rapport entre les enfants et la violence (une mère veut protéger son fils en lui interdisant de jouer avec des revolvers, ou en le protégeant d’une fusillade). Chaque mort est importante (une policière qui travaille avec Travolta, Nick Cassavettes), chaque personnage existe. En rien on ne peut dire que la souffrance est niée ; c’est en réalité exactement l’inverse. A la limite, le film est presque trop didactique.

    – UNE BALLE DANS LA TETE, un des chefs d’œuvre de John Woo réalisé en 1991 – et quasi-remake de DEER HUNTER, est une œuvre très noire, dans laquelle la violence détruit tout, des victimes jusqu’à ceux qui l’exercent. Il n’y a aucun, mais alors aucun rapport avec les jeux vidéos.

    – John Woo est un cinéaste très moral, profondément catholique. Ses héros sont toujours employés à promouvoir des valeurs de sacrifice, d’amitié indéfectible etc. Après avoir pris peur que son premier film de gangsters, A BETTER TOMORROW, ait eut une mauvaise influence sur la jeunesse, il n’a eut de cesse de faire en sorte que son message sur le sujet soit extrêmement clair.

    La seule chose que l’on peut dire, c’est que son cinéma est un héritier des films d’arts martiaux, dans lesquels il est assez traditionnels que les héros combattent une horde de méchants. On ne peut pas, à mon sens, taxer John Woo d’irresponsabilité sur cette seule base – cela que l’on aime ses films ou non.

    Pour ma part, je pense que c’est un grand artiste, mais à la rigueur, ce n’est pas ici le sujet. On peut ne pas avoir de gout pour son cinéma, mais je trouve injustifié qu’il serve ici d’exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Pierre
      Je ne parlais que d’un ou deux films américains. Jamais des autres

    • MB dit :

      WOO/FACE OFF était une très bonne idée, absurde mais on est au cinéma, à mon avis un peu gâchée par le tour de vis en + donné par les scénaristes pour rendre N Cage encore plus méchant que nécessaire mais le côté comique était le plus excitant avec le truand qui prenait le visage du flic et qui se rendait à la maison de ce dernier en pestant sur les pavillons banals alignés ensemble en légion, qu’il découvrait sans doute pour la 1ère fois de sa vie, lui habitué aux lofts de luxe. Bon, ce côté comique était peut-être contenu dans cette seule scène!
      Ca me rappele une bonne comédie de Herbert Ross MY BLUE HEAVEN où un gangster habitué à la vie de nuit dans les bars était obligé de se planquer dans une banlieue ronronnante et découvrait avec horreur qu’il n’y avait pas un bar ouvert après 9h du soir (qqch comme André Pousse parachuté à Conflans-les-Tremblay) Steve Martin était très drôle, et on y voyait Carol Kane en second rôle, ce qui est toujours un bonheur.

  6. Damien D. dit :

    Je relais ici l’information sur un autre festival de patrimoine après Lyon mais qui restera unique celui-ci : le festival de Cannes 1939 mais à Orléans (80 ans plus tard) et qui se déroulera la semaine prochaine !

    Tous les films prévus à l’époque seront en compétition et un jury décernera le grand prix à l’un d’entre eux !
    Occasion de découvrir pour ceux qui y pourront y aller des films polonais, néerlandais, suédois peu ou jamais vus à côté de films français ou américains plus connus.

    Plus d’information et programme détaillé sur leur site :

    https://www.festivalcannes1939.com/

    Vous qui serez présent Bertrand, avez-vous déjà un favori parmi la sélection (choix qui sera difficile finalement pour des films vus majoritairement a posteriori) ? Après il y a certains films rares qui mériteront sûrement d’être redécouverts.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Damien D
      On avait déjà fait une vote mais sans avoir accès aux films de l’Est. La sélection américaine était énorme (11 films je crois parmi lesquels SEULS LES ANGES ONT DES AILES, MrSMITH AU SÉNAT, QUASIMODO, un très bon mélodrame de John Stahl, le MAGICIEN D’OZ

      • Damien D. dit :

        Il y aura aussi des raretés comme le dernier film européen de Douglas Sirk tourné en Hollande : PETIT GAMIN (BOEFJE) qu’il tourne avant d’aller aux Etats-Unis. IL s’agit à priori d’une adaptation d’une pièce de théâtre de 1922 mais pas plus d’information…

        Côté films soviétiques de 1939 ils semblent bien oubliés aujourd’hui (dépassent-on le cinéma de pure propagande par le style comme chez les grands contemporains de l’époque ?) :
        A LA FRONTIERE d’Alexander Ivanov, LENINE EN 1918 de Mikhaïl Romm, LES TRACTORISTES d’Ivan Pyriev, SI DEMAIN C’EST LA GUERRE d’Efim Dzigan.

        Espérons en tout cas (et selon la qualité de ces films) que l’on pourra les découvrir par la suite afin que ces séances uniques ne restent pas lettres mortes…

  7. DUCHENE STEPHANE dit :

    Bonsoir,

    Je viens de voir  » la fille du diable » ( 1946) de Henri Decoin avec Pierre Fresnay ( que j’aime beaucoup) et c’est juste un film remarquable que je recommande vivement…. A mon avis, vous ne pouvez que valider cette opinion ( que je n’ai certes pas pris le temps d’étayer) sur ce film, monsieur Tavernier…..

    • Dumonteil dit :

      Comme vous avez raison!Moi et l’américain Don Malcolm (qui organise le festival du film noir français à San Francisco) avons souvent vanté sur le site l’immense talent d’Andrée Clément!Quel dommage que cette élève de Jouvet soit partie si vite!

  8. Dumonteil dit :

    Le film maudit d’Albert VALENTIN , »LA VIE DE PLAISIR »(1943) est disponible en dvd ;un incontournable de notre patrimoine !

  9. Yves Rouxel dit :

    Que peut-on retenir de la courte carrière cinématographique de l’actrice-chanteuse Marie Laforet en dehors de « Plein soleil »de Clément ou elle crevait l’écran grace à ses yeux et son regard plein de charme?Passons sur « Les morfalous »ou je retiendrais la scène ou elle dit »C’est la première fois que mon mari fais des étincelles avec sa bite »cocasse mais le film est à oublier.On l’a vue chez Mocky dans « Le pactole » chez Chabrol ou Lautner.En revanche je vais revoir « Fucking fernand »ou elle joue au coté de Jean Yanne.La fille aux yeux d’or est parti illuminer les astres de l’univers.

    • Dumonteil dit :

      A YR

      Marie Laforêt n’est pas mal dans « leviathan  » de Leonard Keigel (1962) où elle ne souffre pas trop du voisinage de Robinson ,Jourdan ,Palmer et Wilson (Georges).Disponible en dvd.

      • Yves Rouxel dit :

        a Dumonteil.J’ai découvert hier soir « La fille aux yeux d’or »adapter d’un ouvrage de Balzac.Le film dégage une ambiance douce amère dans un Paris en noir et blanc assez bien filmé.Suite à ce tournage Marie Laforet fit un bout de chemin avec le réalisateur Jean gabriel Albicoco avant de divorcer.Coté actualité je vous conseille évidemment le nouveau Costas gavras sur l’endettement de la Grèce et les ravages du capitalisme.Oeuvre puissante ou l’on aperçoit un certain ministre de l’économie devenu président de la république.Les séances au parlement sont d’une froideur déconcertante et c’est la que Gavras nous montre le veritable visage de l’Allemagne qui prone la baisse des salaires,des retraites et l’augmentation de la tva dans un pays ravagé par le chomage.Film necessaire et courageux.J’attends bien sur le « J’accuse »de Polanski,la aussi c’est du lourd.

  10. Ballantrae dit :

    J’ai enfin pu lire en volume à part ( je possède la 2ème édition) la préface riche d’Amis américains. Avec Thierry Fremeaux s’établit un dialogue d’une qualité rare comme seuls de vieux amis peuvent en avoir.
    Des lacunes nombreuses à combler me concernant notamment avec le cinéma de Clarence Brown à corréler avec le volet precode ci dessus.
    Je pense que Cent ans va être un feu d’artifice!
    L’essai de F Lafond sur Fuller est un modèle d’exegese critique car préparé par des recherches minutieuses aux sources …et non par supputations hasardeuses conduisant à surinterpreter telle utilisation de la couleur ou du son. J’ai adoré les chp sur Fuller et le roman comme tout ce qui concerne White dog, chef d’oeuvre encore trop peu vu.
    Je trouve dans ce livre des affinités avec votre propre affirmation méthodologique inspirée par les historiens tels que Le Goff.
    Un antidote face aux anathèmes idiots contre le cinéma anglais, aux manichéismes jouant Ford contre Hawks, etc…
    Sur Coppola je suis assez excité par la perspective d’un nouveau montage de Cotton club, film fastueux qu’on devine riche encore de possibles.

  11. Yves Rouxel dit :

    a Bertrand.J’ai enfin découvert »Rempart d’argile »réalisé par Jean louis Bertucelli et primé à Cannes en 1970.Grace à vous le film fut acheter par un producteur américain et reçut un oscar.Au départ on pense que c’est un documentaire se déroulant dans le sud tunisien(le film fut réalisé en réalité en Algerie car la tunisie et le maroc refusèrent ce projet).Puis le film bascule dans une fiction ou l’on voit des hommes refusant de travailler et d’encaisser leurs paies.Les soldats arrivent et là on craint le pire pour ces hommes fatigués par la chaleur et le travail demandé.Brut et austère par les images filmées Bertucelli à sut à travers ce récit nous montrer la vie en communauté de ce petit village tunisien qu’il avait découvert lors d’un voyage.Plus tard à Paris on entrant dans une librairie il voit près de la caisse un ouvrage sur ce village.il se battra jusqu’au bout afin de réalisé une oeuvre forte .Il est temps de lancer un appel à Gaumont pour qu’ils sortent en dvd les autres films de ce cinéaste singulier ,je pense à »L’imprécateur »par exemple.

  12. michèle dit :

    Votre discussion à propos de l’effet néfaste (sur un certain public) de films comme le Scarface de De Palma me fait sourire : n’êtes-vous pas en train de réinventer ou du moins de justifier l’idée même de censure ? Alors que dans cette même livraison, vous parlez également des films pré-code, c’est à dire d’avant la censure.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Michele
      Pas plus que quand on combat les idées propagées par certains politiques. Et il y a une différence entre des avis personnels et ceux qui sont délivrés par des institutions plus ou moins étatiques

      • michèle dit :

        J’avais trouvé le rapprochement amusant. D’autant plus que vous n’étiez pas loin, et ce n’est pas un reproche, de justifier une certaine censure, celle qui peut éviter à un certain public d’être confronté aux exactions séduisantes d’un Montana ! (A ce propos, je suis d’accord avec Gilles quant à sa comparaison de Montana avec Cody Jarrett dans White Heat.)
        La censure, une certaine censure, peut être nécessaire certes, mais pour qui ? Pour les mineurs peut-être, mais comment contrôler son application avec les nouvelles façons de consommer des films (tablettes, internet, dvd, etc…). Pour certains adultes, mais qui est capable de faire la différence entre les individus ? Tout le monde n’est pas un sage intellectuel cinéphile comme nous tous (non ?).
        D’autant que la France est tout de même très libérale en matière de censure ; il suffit de constater sur IMDB : les films classés tous publics en France sont souvent -12 à l’étranger, les films -12 en France sont souvent -16 ou même -18 à l’étranger.
        Alors tout devrait passer par l’éducation et aussi par une certaine responsabilité des réalisateurs (je n’ai pas dit auto-censure), peut-être qu’on ne peut pas tout montrer.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A michele
          On ne peut pas tout montrer, c’est une évidence mais il y a une différence entre censure (et autocensure) et responsabilité. Truffaut pointait déjà des sujets qu’on ne pouvait pas montrer – la torture par exemple -sans être complice. Je nuancerai : qu’il est difficile de montrer. Alors on trouve d’autres manières. Je n’ai jamais montré les violences physiques extrêmes que commettaient les protagonistes de l’APPAT et pourtant j’ai eu affaire à des dizaines de journalistes qui pensaient les avoir vues. Idem pour CONAN et Kathryn Bigelow a affronté bravement ce tabou dans ZERO DARK THIRTY. Il est vrai que comme le pointe Gilles une certaine génération de réalisateurs biberonnée à la TV et aux clips ne semble pas avoir les réflexes culturels, moraux des Mann, Walsh, Lumet voire Peckimpah (dans le massacre qui ouvre la HORDE SAUVAGE, on voit de nombreux blessés, des enfants traumatisés, des femmes terrifiées et les blessures font mal. Rien de tel dans un John Woo avec Travolta où aucune victime ne semble souffrir. Comme dans un jeu vidéo

        • F.Fortet dit :

          A Michèle. Laquelle des exactions de Montana trouvez-vous « séduisante » ? Le syndrome de Stockholm n’est plus très loin …

        • michèle dit :

          Merci, Bertrand, pour votre réponse. Très intéressante.

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          Sur la torture (comme instrument de répression politique certes mais torture quoiqu’il en soit), outre LA QUESTION, un film, que je ne vois jamais cité, m’avait beaucoup impressionné en 2000 : GARAGE OLIMPO, de Marco Bechis (Argentine).
          L’avez-vous vu?

        • Dumonteil dit :

          à AA

          J’ai déjà cité ce film ;c’est un bon exemple car le film reste en deçà des descriptions d’ALLEG ,sinon le film aurait été insoutenable .

          il me semble que c’est Pasolini qui a poussé l’horreur jusqu’à l’extrême dans « salo »;quand j’ai revu le film vingt ans après,il m’a semblé que ma mémoire avait occulté les scènes les plus effroyables.

        • MB dit :

          « il me semble que c’est Pasolini qui a poussé l’horreur jusqu’à l’extrême dans « salo »; »
          sûrement, vu un extrait et je ne le verrai jamais, petite nature sans doute

        • Dumonteil dit :

          Non MARTIN vous n’êtes pas une petite nature !Je dois avouer que moi-même je préfère les premiers Pasolini (« Mamma Roma » avec la Magnani extraordinaire ,son » Evangile « qui ridiculise tous les produits hollywoodiens, » Oedipe-roi  » ou « Médée ».)

          « des appels de blogeurs lançant tel ou tel coup de coeur cinéma restent sans réponse »
          j’espère que le mien ne restera pas sans réponse pour ma promotion de « la vie de plaisir « de Albert VALENTIN (1943) ;Nous avons parlé de la scène que j’ai qualifiée de bunuelesque où l’évêque bénit une meute de chiens puis refuse d’en faire autant avec mépris pour l’union d’un jeune homme père avant le mariage ;et la réplique de Albert Préjean -peut-être jamais meilleur- à sa femme qui part au tir aux pigeons : »dis aux pigeons que je suis de leur côté  » ;Charles Spaak signe des dialogues au vitriol dans ce film qu’une épuration imbécile condamna en même temps que « le corbeau » !

        • Alexandre Angel dit :

          A Dumonteil,
          C’est GARAGE OLIMPO que je ne vois jamais cité. J’ai l’impression que ma phrase porte à confusion. L’action prenait place en pleine dictature de Videla et on y suivait le chemin de croix de jeunes prisonniers (et une jeune femme, fille d’une bonne famille de gauche, dont la mère, veuve, est interprétée par Dominique Sanda) arrêtés par les séides du régime. Comme chez Laurent Heynemann, rien n’est montré mais tout est suggéré et surtout, les tortionnaires n’ont pas le physique de brutes. Ce sont de jeunes gens en civil qui jouent au ping pong entre deux séances de torture.
          Le film se terminait sur un avion dont le ventre s’ouvre au dessus d’un océan dans lequel vont être jetés les suppliciés, à moitié drogués. Terrible fin.
          Quant à SALO, c’est pareil et différent : le film montre sans montrer, choisi au scalpel ses points de vue, laisse sourdre un certain humour, une truculence. Tout amateur de Pasolini (et je peux comprendre qu’on ne le soit pas) peut apprécier SALO, qui est un film (plutôt génial) dont il ne faut pas croire qu’il est repoussant (même si il n’est pas montrable à tout le monde): il n’y a pas l’ombre d’une complaisance.

        • Dumonteil dit :

          non AA

          J’ai l’impression que ma phrase porte à confusion.

          Absolument pas!c’est moi qui ai lu trop vite et qui m’en suis aperçu seulement hier soir ;cela m’arrive plus souvent qu’à mon tout!je ne connais pas « garage »

          Loin de moi l’idée d’accuser PPP de complaisance!Je disais simplement que je préférais ses oeuvres des années soixante .

        • MB dit :

          à AA: « Quant à SALO, c’est pareil et différent : le film montre sans montrer »
          la scène scato me semble tout montrer ou alors c’est comme le couteau de PSYCHOSE, on croit le voir rentrer dans la chair et non.
          mais je vais pas vérifier

        • MB dit :

          à AA et Dumonteil: ah! puisqu’on est en Argentine je vais vous mettre au défi: avez-vous vu deux films argentins de 81 et 82: LE TEMPS DE LA REVANCHE et LES DERNIERS JOURS DE LA VICTIME de Adolfo Aristarain, je crois introuvables en dvd (peut-être en zone 1), je les avais trouvé assez impressionnants, je ne crois pas qu’ils soient sortis en salles, je les ai vus à la cinémathèque de Beaubourg (reprise d’un festival), tous deux avec Federico Luppi, le 1er raconte l’histoire d’un ouvrier gauchiste endurci qui tente de maquiller un accident de travail en prétendant avoir perdu la voix et toucher un max, le patronat essaie de prouver qu’il ment, et le héros doit résister à tous les pièges tentant de le faire parler. J’espère juste les revoir avant de passer l’arme à gauche!
          Le 2ème film a été remaké pour la TV ss le même titre par Bruno Gantillon en 95 avec Niels Arestrup.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          On va peut-être pas rentrer dans des détails qui indisposeraient le lecteur mais il y a montrer et montrer. La séquence du Cercle de la Merde de SALO ne nous épargne rien mais « ça passe » au sens où l’idée est plus insoutenable que le montré. Pour faire court, on voit que c’est toc. Pasolini, qui n’est pas un cinéaste scatologique (parce que là, il n’y aurait pas d’échanges sur ce film), ne cherche pas à nous persuader que ce que nous voyons est réellement de la merde. L’écœurement ne supplante pas le cinéma. Et c’est quelqu’un qui déteste être écœuré devant un film qui le dit.
          Je conclurais juste à nouveau en disant que ceux qui ont aimé La Trilogie de la Vie et qui bloqueraient à l’idée de voir SALO passent peut-être à côté de quelque chose.

    • Mathieu dit :

      A propos de l’effet néfaste que peuvent avoir certains films sur le public, il y a le cas de BIRTH OF A NATION, qui est à l’origine de la résurrection du Ku Klux Klan.
      Je l’ai appris en écoutant le commentaire sur le DVD de BLACK LEGION, un film d’Archie Mayo de 1937, avec Bogart dans un de ses rares premiers rôles de l’époque. Il joue le rôle d’un ouvrier ni très futé ni très courageux, qui rêve de devenir contremaître mais qui se voit préférer un autre ouvrier d’origine polonaise (et probablement juive, mais le mot n’est pas prononcé, obéissance au Code -et à Joseph Breen- oblige). Il se met met à écouter les discours de tribuns xénophobes à la radio et finit par rejoindre une société secrète fasciste du genre du KKK qui commet des crimes contre les étrangers. Comme dans d’autres films « sociaux » de la Warner de l’époque le film est beaucoup plus réaliste qu’il pourrait paraître au spectateur d’aujourd’hui: la Black Legion du titre a bel et bien existé à l’époque, avait le même genre d’idéologie, d’organisation et de décorum, de même que des centaines d’autres organisations du même type.
      Le film n’est pas un chef-d’oeuvre mais montre que la Warner n’a pas abandonné sa fibre sociale et politique après l’instauration du Code, et Bogart est comme d’habitude excellent.

  13. MB dit :

    Je vois que Bertrand avait bien abordé ROCKY dans sa page au départ, ce que j’avais oublié, ma remarque à H Patta est-elle à côté de la plaque, du coup? bon, à moitié quoi.

  14. MB dit :

    à H Patta « Personne poir parler des films prè-code que mr Tavernier a chroniquè »
    c’est mon petit problème: on peut reprocher à Rouxel de parler de films inaccessibles et non abordés dans la page de BT mais on oublie les films pre-code cités ci-dessus et on se lance sur des dizaines de lignes sur SCARFACE/bdp et TUEURS NES (grâce à Gilles et sa remarque sur ROCKY), pour le premier, film pas très excitant quant à sa réussite formelle, mais plus excitant quant à la question de son influence néfaste ou pas sur les masses immatures (dont nous ne faisons pas partie dieu merci).
    Pourtant, OTEHERS MEN WOMEN et HEROS A VENDRE, c’est quelque chose: déjà pour le second avant THE MEN, les conséquences de la guerre, tout ce courant social du ciné US dans les années 30 (qui rappele les années 70), et qui va subir un premier signal d’avertissement par le code Hays, puis l’anticommunisme.

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.Je vous conseille vivement de vous procurer un documentaire récent sur Brian de palma qui passe en revue toute sa filmographie des années 60(les premières apparitions de Robert de niro et de son vieux pote William Finley vu dans »Phantom of the paradise »)puis les années 70 qui ont vu éclorent Spielberg,Lucas,Scorsese,ou Stone.Bourré d’anecdotes je citerais celle ou Sean Penn se comporta comme un malpropre sur le tournage du film « Outrages ».Il eut un conflit avec Michael J Fox et le traita d’acteur de tv car il trouvait son jeu insignifiant et trop puéril pour le role de ce soldat.Bien sur il évoque ses influences et Hitchcock et revient sur « Blow out »réalisé grace au soutien de Travolta mais aussi sa fierté sur »Les incorruptibles »qui lui demanda beaucoup de travail,notamment les fameux plans du landau qui dévalle les marches de la gare.

  15. MB dit :

    à Bertrand/THE MEN/ revu comme prévu et avec intérêt, je note surtout (les remarques fouillées de 50 Ans sur la musique, sur certaines conventions, justes, et les qualités du film aussi bien sûr, m’interdisent d’aller plus loin sous peine de copier-coller) que cette fin de mélodrame social qui voit Brando admettre son sort et retrouver Teresa Wright est tellement sèche et par la réalisation de Zinnemann et par le jeu de Brando (le « please » qu’il lance à sa femme est un murmure pas même soutenu par la musique trop présente ailleurs), le « the end » qui clôt le film est si concis qu’en effet, il n’est pas possible de se persuader que Brando soit définitivement débarrassé de ses problèmes de réadaptation, mais ça aussi vous l’aviez remarqué dans 50 Ans! L’optimisme du happy-end est évacué!
    à Mathieu: voyez plutôt l’ed LCJ que la FSF: l’image est acceptable mais le dernier sstitre affiché avant une absence de dialogues reste sur l’écran jusqu’à ce qu’un suivant vienne le chasser, très énervant! (sur deux lecteurs différents).

  16. MB dit :

    « On sent une vraie colère, comme lorsqu’il évoque Kepel, je ne sais pas pourquoi les gens sont si énervés.  »
    il y a une façon de colère qui est plus figure de style que colère tout court, marier EZ et Kepel c’est cocasse, je décèle depuis le début dans les messages de Gilles qqch qui sourd (et j’ai confronté ça avec d’autres personnes), comme s’il était déjà venu sous d’autres pseudos pour polémiquer, ya peut-être aussi le frisson de rentrer dans le lard du boss .
    Perso, les messages signés « Gilles » ça me rentre dans une pupille et resort illico par l’autre.

    • Henri Patta dit :

      a M.B

      Et moi , je trouve que la plupart des commentaires de GILLES sont très intèrèssants, mème si je ne suis pas toujours en accord avec ce qu ‘il ècrit.

      Merci pour votre rèponse au sujet des films prè-code.

      • MB dit :

        à H Patta: je peux me tromper mais je reconnais un style acerbe artificiel que j’ai déjà vu à l’oeuvre ici, je mets en doute ses bonnes intentions, quand il parle strictement cinéma ok mais quand ça s’évade au niveau société ou politique (ce qui est admis ici et pourquoi pas) je doute.

      • Gilles dit :

        A H. Patta

        Merci cher ami spectateur du cinéma soir. On ne fait ici que lever le doigt en ayant peur de dire une ânerie, face à un professionnel du cinéma et nombre de blogueurs qui manifestement font profession d’en enseigner les théories, et à qui on demandera un petit plus d’indulgence.

    • Gilles dit :

      Ce blog est ouvert au public cher blogueur/gueuse. Si vous ne voulez y entendre que l’écho de votre propre voix, et de celle « du boss » demandez un circuit fermé.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Gilles
        Exact mais ne pouvez pas non plus empêcher certaines critiques injustes ou non

      • MB dit :

        Gilles ne faites pas semblant de ne pas m’avoir compris ok?

        • Gilles dit :

          Je ne faisais que réagir à votre discourtoisie, pour ne pas dire à votre insolent mépris, et pas seulement à mon égard. Non au fait que vous lisiez ou non mes posts, ce don je me fiche pas mal, étant loin moi-même de les lire tous.

        • MB dit :

          oui oui vous comprenez ce que vous voulez, relisez-moi ou non me relisez pas ça sert à rien
          basta

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Bon arretons de paul et mickey(car on sait que c’est Mickey qui à gagner).Non c’est un extrait d’une chanson de Noir désir à l’époque ou Cantat était sage et inspiré!!!

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: tout à fait d’accord sur Paul et Mickey ce qui me fait penser que je vous conseille vivement de voir un film dont Bertrand a parlé ya 2 ans: LA MAISON DE LA MORT/THE OLD DARK HOUSE, c’est une synthèse de Mel Brooks et de James « Frankenstein » Whale, d’ailleurs c’est signé James Whale, ça date de 1932 et ya plein de trouvailles de gags effrayants et de frissons rigolos, ça faisait longtemps que je n’avais été ravi à ce point par un film, la photo est magnifique et les acteurs sont jouissifs: en général des acteurs de théâtre complètement survoltés ou malins comme des singes, on devine le pli de sourire entendu aux commissures des lèvres, voyez ça si ce n’est déjà fait, HAVE A POTATO… et n’oubliez pas: NO BEDS! NO BEDS! et ne montez pas dans les étages, ça craint!
          mort subite par rire ou trouille assurée, ça peut être votre dernier film, avez-vous le coeur solide?
          amitiés
          (http://www.tavernier.blog.sacd.fr/une-decouverte-signee-james-whale/)

        • Denis Fargeat dit :

          A MB
          Merci de mentionner ce Whale légendaire et méconnu… Raté en salles, pas passé très longtemps… Je ne sais pas pourquoi on lui a collé ce titre ( on croirait un film de les Nuls), on le connaissait bien en tant qu’ « Une soirée étrange ». Mais c’est un bijou, et il faut citer Karloff bien sûr, Laughton évidemment, mais surtout Ernest Thesiger, le dr Praetorius de « Bride of Frankenstein » ( « What a queer little man » , dit de lui la servante Una O’Connor, et le personnage était effectivement assez curieux dans la vie.) Tout ce petit monde fait une petite colonie britannique à Hollywood, qui s’amuse à nous faire frissonner avec un équilibre parfait. Vous avez raison de mentionner les étages, car ici l’effroi augmente avec les escaliers…
          Il y a un remake un peu décourageant de William Castle, qui a comme souvent chez lui un fabuleux générique: dessins de Chas Addams, musique parfaite de Benjamin Frankel. (L’inventeur du parotonain?). C’est ce qui est bien avec Castle, comme on sait que le meilleur est au début, on peut vite passer à autre chose.

        • MB dit :

          à DF/OLD DARK HOUSE: l’idée géniale est la révélation du monstre libéré du dernier étage, l’acteur est formidable (Brember Wills), sa tte première apparition c’est un bras qui descend la rembarde, et je ne dis rien car il y a une trouvaille qui implique Karloff.
          J’ai trouvé d’autres titres français (ou belges francophones) pour OLD DARK:
          LA MAISON DE LA MORT, LA MAISON GRISE, L APPEL DE LA CHAIR (de quelle chair s’agit-il?)

  17. Henri Patta dit :

    Personne poir parler des films prè-code que mr Tavernier a chroniquè
    ….
    Moi qui suis totalement ignorant de cette pèriode et n ‘ayant aucun de ces films , je me faisais une joie d ‘ètre guide par vos commentaires souvent tres instructifs.
    Je m ‘adresse donc directement a vous cher bertrand.
    Le choix va ètre cornèlien , mais si vous deviez m ‘en conseiller un seul parmi ceux que vous avez prèsenter ?

    Cela serait peut-ètre une nouvelle ouverture , vers un cinèma que je ne connais pas et qui j ‘avoue a ma grande honte ne m ‘attire pas vraiment.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Henri Patta
      Difficile. J’en ai cité et défendu plein ces dernières années notamment dans les coffrets FORBIDDEN HOLLYWOOD (non sous titrés) mais pour rester en France je prendrai BABY FACE et des Wellman (HEROES FOR SALE, L’ANGE BLANC, OTHER MEN’S WOMEN)

      • MB dit :

        à Henri: OTHERS MEN WOMEN
        HEROS A VENDRE
        BABY FACE
        THE MIND READER
        VOYAGE SANS RETOUR (déjà cité 10 fois ici mais les transgressions d’un code Hays futur sont minimes?) celui de Garnett il y a un titre homonyme français de John Farrow qui n’a rien à voir avec Mitchum qui est à voir aussi.
        WILD BOYS OF THE ROAD avec le génial Frankie Darrow (émule de Cagney qui est resté 2nd rôle) que j’ai découvert au cinéclub de la 2 ya des lustres.
        bien sûr sauf le dernier j’ai découvert tous ces titres grâce à Bertrand, ça doit doubler!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il y aurait tellement de titres. Déjà chez Roy Del Ruth, EMPLOYEE’S ENTRANCE, un des titres marquants, BLONDE CRAZY pour le duo Cagney/ Joan Blondell, Alfred Green (le remarquable UNION DEPOT), Mervyn leRoy (FIVE STAR FINAL (ZONE 2, THREE ON A MATCH, JE SUIS UN ÉVADÉ et hors période le terrible LA VILLE GRONDE (THEY WON’T FORGET), Monta Bell (DOWNSTAIRS), Lloyd Bacon (PICTURE SNATCHER), Michael Curtiz (FEMALE, THE STRANGE LOVE OF MOLLY LOUVAIN), Clarence Brown (AMES LIBRES, FASCINATION), John Cromwell (ANN VICKERS)

        • Alexandre Angel dit :

          Bon, je sais où vont passer toutes mes éconocroques! Merci, ah vraiment, merci!!

        • Alexandre Angel dit :

          Tiens, je vais ajouter un titre présent dans la collection noire Zone 2 des pré-codes et que j’avais déjà enregistré il y a plus de 30 ans chez Brion : THREE ON A MATCH (Une allumette pour trois) de Mervyn Leroy.

        • Alexandre Angel dit :

          THREE ON A MATCH, déjà cité par Bertrand : pardon!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Si vous aimez WILD BOYS OF THE ROAD, vous aimerez MAYOR OF HELL avec le même Frankie Darro et les mêmes gosses non crédités, Sydney Miller, Raymond Borzage, neveu de Frank… Si le nom d’Archie Mayo ne vous inspire pas, je crois que Michael Curtiz a participé à sa mise en scène, mise en scène assez neutre et peu imaginative au début, mais qui devient beaucoup plus inspirée à la fin du film quand l’action atteint son paroxysme (les enfants d’une « maison de correction » se révoltent et y mettent le feu).
          Pour ceux qui n’auraient pas acheté les Wellman de la collection Forbidden Hollywood sortie en France, il y a un coffret américain (region all) avec 6 films et en plus deux documentaires sur Wellman. Sur les 6, WILD BOYS, OTHER MEN’s WOMEN et HEROES FOR SALE sont pour moi indispensables, MIDNIGHT MARY et FRISCO JENNY pas aussi bons et THE PURCHASE PRICE un cran encore au dessous. Et tous les films ont des ST français et anglais contrairement aux sorties suivantes (c’est le Forbidden Hollywood volume 3).

        • MB dit :

          à Mathieu merci pour Frankie Darro (sans « w » final) THE MAYOR OF HELL est sorti dans la collec noire comme LE BATAILLON DES SANS-AMOUR.
          Bon, je vais refaire ma liste et comme A Angel renoncer à mes économies d’achats de dvds!

        • MB dit :

          CURTIZ: on trouve MANDALAY dont vous avez parlé dans la page Monta Bell (http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=3192) et MOLLY LOUVAIN(¿Hay Mujeres Así? ) dans un dvd espagnol avec vo et st espagnols, je ne m’y risque pas dans des films où les dialogues vont très vite, je m’y perds.

  18. Gilles dit :

    ROCKY « le thème du film, la revanche d’un prolétaire ». Qui pense ça ? Vous ou Winkler ? S’il y a revanche, il faudrait qu’elle s’exprime contre un déterminisme social auquel le cinéma américain n’a jamais cru, sinon Chaplin et certains films muets de King Vidor. Il n’y a rien d’autre dans cette franchise (et depuis le 1er film) que la mise en avant d’une idéologie droitière aux influences néfastes sur les jeunes esprits, dont le mien à l’époque, qui prenait ça pour du cinéma de gauche.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Gilles
      C’est l’opinion de Winkler et sans doute de Stallone qui s’identifie, lui aussi prolétaire, à son personnage, son ascension, son triomphe. C’est une morale individualiste qui dénonce des tabous, des préjugés mais en impose d’autre. Contrairement à ce que vous dites, le cinéma et la littérature américaine ont été marqué par le combat pour la survie de « l’underdog » et tous ne l’ont pas fait avec une idéologie droitière. Je pense à tous les communistes ou gens de gauche, des anarchistes (Wellman, Fuller) qui ont abordé ce thème de Dashiell Hammett à Erskine Cladwell, James Baldwin, Richard Wright, James Lee Burke à des cinéastes encore plus engagés que Vidor de Wyler à Polonsky, de John Berry à Losey, Biberman (LE SEL DE LA TERRE n’est pas un film anti déterministe ? Le combat féministe qu’il évoque n’a pas d’équivalent même dans le cinéma cégétiste français. Et LE RODEUR sur la fascination de l’AMERICAN WAY OF LIFE) en passant par les Wellman pre code, certains films durant la guerre (pride of the marines) il y a la tout un panorama complexe, tourmenté qu’on ne peut pas réduire à deux adjectifs péremptoires. Certains se battaient contre le déterminisme ou une forme de déterminisme, parfois de manière naïve, non théorique, idéalisée mais réelle. Marquée par des gens comme Thoreau. Vous voyez un film comme EMPLOYEE’S ENTRANCE et vous constatez qu’il est totalement en symbiose avec les grandes réformes sociales, économiques de Roosevelt qui surviendront quatre à 5 ans après. La refonte drastique du statut des Banques. Quant à ROCKY de gauche, je pense que cette idée ne m’a jamais mais jamais effleuré. Car il s’agit bien d’une revanche d’un prolétaire blanc qui va triompher d’un Noir

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.J’essai de comprendre ce commentaire .S’agit-il d’un article que vous avez signer sur le personnage deRocky campé par Stallone?Je vais entièrement dans votre direction concernant l’origine du personnage qui vient d’une famille modeste italo-américaine.On sent bien dans le premier film les difficultés des individus dans la société,le club de boxe ou s’entraine Rocky est situé dans un quartier pauvre.est ce à dire ou écrire que ce film est une oeuvre de gauche,non ce n’est qu’une chronique sociale réaliste .C’est pareil pour le personnage de John Rambo lui qui s’est battu pour la bannière étoilée et qui est chasser par un sherif blanc .J’ai vu « The last blood »qui clot la saga avec en clin d’oeil de fin des extraits du premier film qui reste honorable.Ah oui concernant « Le dernier sou »de Cayatte je n’ai pu le voir ,vu que le dvd sort qu’en novembre.

      • Pierre dit :

        A Bertrand Tavernier

        Sur Rocky

        Je ne suis pas certain que le clivage droite/gauche soit une grille de lecture toujours pertinente lorsqu’il s’agit d’analyser le cinéma américain. C’est souvent facteur de confusion, voire de contresens.

        Je ne suis pas du tout d’accord avec le message de Gilles, qui évoque une « idéologie droitière aux influences néfastes sur les jeunes esprits ». On sent une vraie colère, comme lorsqu’il évoque Kepel, je ne sais pas pourquoi les gens sont si énervés. Bref. Mais je ne suis pas non plus d’accord pour dire que Rocky ne serait pas « de gauche » car il montrerait la « revanche d’un blanc sur un noir ».

        D’abord, ce n’est pas une revanche. Il n’y a pas de volonté de détruire l’autre dans le parcours de Rocky. C’est contre les difficultés de sa vie qu’il se bat – ou plutôt qu’il encaisse. Il n’a aucune haine à l’égard de Creed.

        Et je ne crois pas non plus que le film ait du tout la volonté de montrer un champion noir se faire battre par un « blanc ». D’abord, Rocky ne gagne pas (dans le premier épisode), il reste debout, ce qui n’est pas pareil. Ensuite, le film montre un personnage noir en plein succès, non seulement dans sa carrière de boxeur mais aussi comme businessman. Ca aussi c’est intéressant et ça doit être noté.

        De mon point de vue, Rocky n’est ni de gauche ni de droite, au sens ou nous l’entendons en France, mais en tous cas très très américain. Ce n’est sans doute pas un chef d’œuvre, mais franchement je ne vois aucune honte à aimer le voir ou le revoir.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Vous avez entièrement raison. Il y a tellement de facteurs à prendre en compte quand on essaie de départager disons les films conservateurs des « progressistes ». Jean Claude Briseau commençait par noter le rapport à la Nature dans son opposition à la civilisation qui souvent représente un danger (vision conservatrice). Elle est soit rédemptrice (nostalgie du Paradis terrestre), soit un peu mythifiée comme une antidote à cette civilisation dans ce qu’elle a de corrupteur (de NAISSANCE D’UNE NATION, de L’AURORE aux films de Capra en passant par TAXI DRIVER), soit vue pour ce qu’elle est, accueillante et dangereuse (LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS, LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT, DELIVRANCE, LA FORÊT INTERDITE). Autre opposition entre l’Individu, le loup solitaire contre la collectivité décrite comme souvent menaçante (les lyncheurs, les Indiens, les foules). Les metteurs en scène libéraux questionnent l’individu et insistent sur la force de la collectivité (c’est le sujet de la plupart des Ford, pourtant traité de réactionnaire alors qu’il est le chantre des « public servants »). A noter que Wayne est très différent chez Hawks et chez Ford. Et enfin le rapport entre des personnages « intellectuels » (moqués, décriés chez les cinéastes conservateurs et valorisés chez les progressistes : regardez le traitement du psychiatre dans le GARCON AUX CHEVEUX VERTS. Boisseaux avait fait un graphique très marrant, une grille fort parlante

        • Henri Patta dit :

          a Pierre.

          « Je ne crois pas que le film est la volontè de montrer un boxeur noir battu par un blanc « .

          Ce qui est certain et mème si ça n ‘est pas très connu , c ‘est que Stalonne a ètè organisateur de combats de boxe. Et son but ètait bien qu ‘un « blanc » soit champion du monde des poids lourds. D ‘ou son soutien inconditionnel a tommy Morisson qu ‘il prèsentait sur l ‘affiche de ses combats comme  » le grand espoir blanc ».Ce dernier qui faisait tout pour se montrer comme le gendre idèal que l ‘amèricain blanc moyen se devait d’adorer , menait en fait une double vie et eut un destin tragique. On pourrait d ‘ailleurs tirer un bon scènario de sa vie.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Avec la resorti dans un beau coffret des »Aventures de Pinocchio »de Luigi Comencini,j’ai appris que l’actrice Gina Lolobrigida regrettait fortement d’avoir tourner dans ce film « communiste »alors qu’au contraire à travers l’histoire de cette marionnette sculpter par un pauvre ébeniste sans le sou ,ce dernier va se transformer en petit garçon qui devient un petit garnement au fil de l’histoire.Quand il rencontre un jeune voyou qui va l’enroler dans un cirque de marionnettes,là les choses vont se compliquer pour les deux complices.Les scènes avec le renard et son acolyte sont géniales puis aussi quand Gepetto est dans le ventre de la baleine(superbe Nino Manfredi).Pinochio est une œuvre intemporelle sur l’enfance mais aussi sur la fraternité de la vie et c’est cela qui en fait sa force.

    • F.Fortet dit :

      Rocky est le champion toutes catégories de la revanche du pauvre. Une grande partie de l’action se situe dans les quartiers defavorisés, dans les quartiers populaires et ouvriers, sans romancer leurs habitants ni se réjouir des dictats de l’économie Américaine. A travers son combat c’est toute une classe qui se sent représentée, sortie de l’ombre a coup de poings de l’un des leurs. Chaque coup asséné est un échappatoire , chaque round un moment de lumière sur ces oubliés de l’ombre. La Philadelphie de l’époque était le symbole parfait de la pauvreté Amerciaine qui s’était souvent cachée derrière son drapeau.

    • Mathieu dit :

      A Gilles:
      Le déterminisme social est évoqué dans des tas de films américains, dans certains films noirs des années 40 (pas tous bien sûr, pas DETOUR par exemple) mais aussi dans beaucoup de films de la Warner des annés trente, même si beaucoup de ceux-ci mélangent au réalisme social des éléments fantaisistes et feuilletonesques, ce qui me gêne beaucoup moins que pour d’autres films d’après guerre, plus sérieux, plus conscients de leur message et souvent plus lourds de style, et qui cachent leur aspect romanesque. La naïveté scénaristique de films comme le très bon MAYOR OF HELL (de Mayo avec Cagney) ne détruit pas une certaine franchise du propos. Et dans la période « post-Code » le thème du détermnisme social est au coeur de films comme CITY FOR CONQUEST de Litvak ou ANGELS WITH DIRTY FACES de Curtiz, un film que je n’avais pas aimé à la première vision il y a bien longtemps parce que je n’avais pas compris son ambiguité et sa complexité.

      • Dumonteil dit :

        Ce déterminisme est au coeur du très long roman de Theodore Dreiser , »an American tragedy » qui donna naissance aux films de Sternberg (titre éponyme) et de Stevens ( » a place in the sun »).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Oui mais dans les deux cas, surtout dans le Sternberg, les auteurs édulcorent, voire ignorent cet aspect. Harry Brown fut même engagé par la production pour évacuer le contenu politique que Michael Wilson avait préservé (en étant parait il parfois verbeux et démonstratif). Wyler est plus fidèle à Dreiser dans CARRIE

        • Dumonteil dit :

          A BT

          les deux films n’adaptant qu’une petite partie du roman ne peuvent rendre justice à l’auteur.Même le titre a été évacué dans la version de Stevens,trop « un -American »;dans la bio de Clift (Patricia Bosworth),Anne Revere (mise à l’index en 1951)loue le premier scénario rejeté par les producteurs dont le premier titre choisi était « the lovers »(sic)et déplore qu’ils « aient coupé la plupart des scènes qui montraient l’immense influence qu’elle avait sur son fils « ; La visite de la « riche garce gâtée  » à la prison ,comme la décrit Revere ,est un exemple qui montre combien le livre a été édulcoré

          Il existe une miniserie italienne (debut années 60) ,avec notamment Virna Lisi ,très longue , qui me semble plus près de l’oeuvre littéraire .Le dernier épisode est consacré au séjour de Clyde dans le couloir de la mort ;cependant la fin me semble récupérée par l’idéologie chrétienne.
          Je dis « me semble » ,car je ne l’ai vue qu’en italien sans sous-titres (et je ne parle pas italien!) et n’ai pu la suivre que parce que je connaissais toute la trame du roman.

      • Gilles dit :

        Oui vous avez raison, je ne cite que Vidor et Chaplin par manque de temps, et « film de gauche » ou « film droitier » de mon point de vue de spectateur français, cependant je maintien mordicus le terme « influence néfaste ». Si le film n’avait aucune influence dans les esprits, les publicitaires arrêteraient d’en produire. Dans ma cité, SCARFACE a eu une influence très très négative. Je l’avais dit à De Palma dans une conférence, et il a botté en touche.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Sur l’influence qui peut être néfaste, je vous suis. ROCKY a imposé ces fins triomphalistes qui pèsent sur certains films et cette forme de dramaturgie minimaliste où les enjeux sont simplifiés (CREED bat en brèche certains de ces clichés). L’influence de SCARFACE, je l’évoque clairement dans L’APPAT et elle n’est pas niable. Il y a dans pas mal de films récents une vision quoi refuse de regarder les conséquences des actions ou ne les regarde que par rapport aux héros. Les cinéastes des générations précédentes, influence de Shakespeare, de la bible, de leurs convictions politiques ou religieuses (Henry King, Delmer Davis) prenaient en compte les conséquences ce que de Palma évite là mais pas dans CARLITO’S WAY (du coup moins populaire) ou REDACTED

        • Henri Patta dit :

          a Gilles.
          Vous avez mille fois raison. Je viens de la france d ‘en bas comme disait un escroc et nèanmoins prèsident de la rèpublique, et le nombre de copains d ‘enfance qui ont vu et revu Scarface est innombrable. Tony montana etait l ‘idole a solue , l ‘exemple a suivre , je n ‘invente rien hèlas.
          Plus tard, un de ses amis d ‘enfance a appellè son bar le Montana , c ‘est dire….
          Pour ma part , je n ‘ai jamais rèussi a voir ce film en entier. Je trouve que Pacino en fait des tonnes et que son accent espagnol ridicule est clownesque. Et comme je detestais ègalement Rambo et Rocky , je passais pour un extra-terrestre auprès de mes camarades.

        • F.Fortet dit :

          A Henri Patta. Je ne suis pas fan du film Scarface, néanmoins:
          Al Pacino a un accent Cubain qui cherche a emuler le maffieux italien peut-être vu au cinema et a qui il s’identifie probablement .
          Ses exagerations vocales sont liées a sa condition d’homme qui n’a rien mais qui veux prétendre tout avoir et tout savoir, la voix compense l’ignorance.
          Par contre je ne suis pas d’accord avec vous sur Rocky & Rambo. Certes un peu de retenue et moins de clichés les aurait propulsés dans une sphère moins commerciale (ce qui n’était pas le but a l’epoque). Rocky a tout de meme obtenu 3 Oscars, 1 Golden Globe et une pléiade de nominations.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A F Fortet
          Ne pas oublier que personne ne voulait de ROCKY en dehors de Winkler/Chartoff : le scénario avait été refusé par tous les studios (acteur inconnu, la boxe ne marche jamais) et les producteurs ont mis en gage leurs maisons. Le film terminé a été repoussé par le Studio et Winkler et Chartoff décident de louer un cinema à New York pour sortir le film et c’est le succès énorme dans une seule salle qui contraint le studio à revoir sa politique. En fait la fabrication du film reprend le thème du script

        • Pierre dit :

          Je reconnais n’être d’accord avec aucun argument avancé sur la soi-disant influence néfaste de SCARFACE.

          Mais je dois dire aussi que je ne saisis pas la remarque indiquant que DePalma n’évoquerait pas les conséquences des actions, autrement que sur son protagoniste principal. Peut-être le bagage culturel me manque-t-il pour comprendre ce que cela signifie, c’est bien possible.

          De mon point de vue : SCARFACE reprend une forme déjà très éprouvée du film de gangster (ascension/chute), qui existait depuis les années 30. Traite-il son sujet de manière plus irresponsable que dans le SCARFACE original, qui était déjà source de polémique ? Ou que Boetticher avec LEGS DIAMOND ?

          Franchement, si on ne voit pas que Montana est un personnage malfaisant, désolé mais le problème n’est pas chez DePalma – ou sinon on ne peut plus rien montrer. Si on voit le film jusqu’au bout (cf message de Patta), on voit tout de même le personnage devenir complètement fou en raison de sa consommation de drogue (il l’était déjà à moitié avant) et finir dans une marre de sang. Certes, on ne voit que les conséquences qui le concernent lui et les siens, mais tout de même, si on en retient un message glorifiant Montana, c’est qu’il y a un problème – et ce problème là ne vient pas du film.

          J’ai vu L’APPAT le jour de sa sortie et l’ai revu à de très nombreuses reprises. Est-ce qu’on peut dire que SCARFACE joue un rôle déclencheur dans le passage à l’acte des protagonistes – au même titre que FREDDY 5, qui est également cité ? Personnellement je ne le crois pas. Ces jeunes ne comprennent strictement rien à ce qu’ils voient. Ils ne comprendraient pas plus GONE WITH THE WIND que SCARFACE. Ce sont des coquilles vides. De mon point de vue, le problème est ce vide qui est en eux, pas ce qu’ils regardent.

          De très nombreux cinéastes ont eu des problèmes d’interprétation, mais pour moi, il n’est pas juste de les en rendre responsables. On peut tout de même se rappeler que James Gray avait été accusé, par une partie de la critique française, de faire un film sécuritaire avec WE OWN THE NIGHT, ce qui donne un exemple d’un des plus extraordinaires contresens qu’on ait pu constater ces dernières années – et de la manière dont la réception d’une œuvre peut complètement échapper à son auteur en fonction du contexte politique ou social. Ca a été la même chose avec CLOCKWORK ORANGE – et je crois aussi pour SCARFACE.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          On ne peut pas comparer la diffusion d’un film de James Gray à celle de SCARFACE. Ce qui a ébloui les personnages de l’APPAT, ce sont les fringues, le luxe des appartements, les salles de bain, la drogue qui coule à flot (là l’effet peut être néfaste) et si un public sans repère, illettré peut s’identifier à cela, c’est qu’il n’y a pas assez de garde fous. Et les protagonistes de l’APPAT ne voient que la surface du film et elle leur parle. John Grisham avait soutenu une action judiciaire qui voulait prouver que TUEURS NÉS (nettement plus irresponsable que SCARFACE) avait influencé plusieurs actions meurtrières (en France aussi, des meurtriers revendiquaient l’influence du film) Dans le SCARFACE de Hawks, il était quasi impossible de s’identifier à Muni, Hawks ne jouant jamais sur le charme, le luxe entrelardant beaucoup plus froidement, cyniquement (et souvent avec un humour noir) les actions de son héros à qui Ben Hecht avait donné aussi des pulsions sexuelles qui le coupait du public. Même distance dans LEGS DIAMOND alors que l’efficacité du De Palma repose sur une empathie (simulée) avec le héros. Hawks prend plus de précaution (bien qu’il viole certains articles du futur code) à cause de la Censure mais surtout de par son style, cette distance aristocratique. On a peur pour Muni mais il est plus dur de s’identifier. Ne sous estimez pas l’influence des films dans un pays soumis au lavage de cerveau, à la dictature de la NRA, un pays obsédé par les armes à feu et le culte de l’ascension sociale vue sous un angle individualiste

        • MB dit :

          SCARFACE DE PALMA/ce film est surtout beaucoup trop long, boursouflé, à bailler d’ennui, et Pacino est mauvais une rare fois de sa carrière, dés cette certitude acquise comment avoir envie de passer à la critique sociologique de son influence je vous admire, mais bon, j’ai peut-être la vue basse. OFFICIER ET GENTLEMAN est-il un film militariste? Peut-être mais c’est vachement bien et ça dure la durée nécessaire et en équilibre avec la matière du film! ça me suffit (ah, c’est pas sérieux je sais…) en plus ça finit bien et à la fin, moi je chiale j’adore!
           » je n ‘ai jamais rèussi a voir ce film en entier. Je trouve que Pacino en fait des tonnes et que son accent espagnol ridicule est clownesque. » d’accord avec HP
          mais sérieusement l’ennui produit par un film raté devrait être un filtre qui influence la réflexion sur celui-ci. On dirait à lire les comms que SCARFACE est un film, malgré ses défauts ou pas d’influence néfaste, réussi. C’est surtout, avant d’être immoral, pas très bon du tout surtout pour un film signé BDP (remarquons que faire un navet, c’est pas très moral…).

        • Damien D. dit :

          Sur le côté néfaste de certains films, je reconnais que certains spectateurs « limités » pourront voir en superficialité certains films comme SCARFACE de De Palma. Mais je rehjoins un peu les propos de Pierre. Quand vous citez TUEURS NES Bertrand, ce n’est pas un film plus irresponsable que SCARFACE je trouve. Je l’ai vu en rétrospective en salle et Le scénario de Tarantino n’occulte effectivement aucune violence des protagonistes mais celle-ci est plus délirante que « magnifiée » : la fin totalement irréaliste favorise tout de même une certaine distanciation malgré le côté « cool » des deux protagonistes. Je m’attendais à un film abject (vu l’influence néfaste qu’il a eu sur certains esprits torturés) mais j’y ai plus vu une pochade (certes violente) qu’autre chose. Je sais que Tarantino n’était pas satisfait de la réalisation de Oliver Stone : à quoi s’attendait-il donc (plus de réalisme dans la mise en scène ?) ? Pour le reste Oliver Stone filme cela comme une espèce de long trip aux effets appuyés avec personnages caricaturaux (Tommy Lee Jones en tête) ce qui évite selon moi une identification aux personnages en évitant ainsi in extremis une forme de complaisance….

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Tarantino déteste le film mais c’est juste son opinion. Je trouve que l’on méprise les victimes à qui on ne donne aucune chance : de plus certaines sont grosses ou grasses et on les filme avec des courtes focales, des objectifs déformants. J’avais vu le film avec une bande de jeune qui en sortant s’arrêtent devant une boutique d’armes et disent : « ces types étaient cools et super bien sapés. Cela donne vraiment envie de les imiter ». Texto

        • Damien D. dit :

          Pourtant « des types cools et bien sapés » il y en a une fournée dans le cinéma : LES AFFRANCHIS de Scorcese pourrait être un de ceux-là aussi… Je pense que certains jeunes spectateurs comme vous dites ont un esprit et une vision limitée aux aspects extérieurs (même si ça n’enlève pas les défauts que vous pointez pour TUEURS NES mais de là à en faire un film irresponsable je ne pense pas ou alors il aurait fallu une autocensure de Tarantino ou d’Oliver Stone : ça se discute…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Je pense qu’Oliver Stone a, durant le montage, désarticulé son film et a fini par dire (à l’époque, il prenait pas mal de coke) le contraire des intentions de départ, ce qui fut ressenti par certains collaborateurs que je connais. Et Tarantino désavoue le film chaque fois qu’il le peut contrairement à TRUE ROMANCE qui pourtant est aussi sur le corde raide

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier

          Merci pour vos messages.

          Je m’incline sur un certain nombre de points sur SCARFACE. Néanmoins, en ce qui me concerne, je ne vois pas comment on peut trouver ce film trop long, ni dire que c’est un navet. J’y vois, pour ma part, la mise en œuvre de nombre des principes décrits au sujet du Hawks : le personnage a des désirs pour sa sœur qui empêchent tout de même nombre de spectateurs de s’identifier, c’est un dangereux psychopathe paranoïaque invivable, par endroit grotesque – et DePalma manie aussi l’humour noir pour le ridiculiser. Mais bon, j’entends le fait que le film doit être envisagé dans le contexte américain, que pour ma part je ne qualifierais peut-être pas de lavage de cerveau, mais au sein duquel certains aspects, mal compris, peuvent créer une résonnance néfaste.

          NATURAL BORN KILLERS, c’est autre chose. Déjà, c’est une satire, qui a les défauts de la satire, c’est-à-dire que tout le monde y est affreux – le couple comme tous les seconds rôles. Je ne vois pas comment on peut trouver les deux « héros » « cool ». Ce n’est pas le film qui méprise les victimes et ne leur donne aucune chance, ce sont les deux personnages principaux. Mais là ou le film est ambigu, c’est sur le fait que les deux personnages principaux sont présentés comme plus sympathiques que celui de Downey Jr, le présentateur télé, qui est le vrai sujet du film. C’est de la télévision dont parle Stone – et de la manière dont elle exploite la violence. Du point de vue de l’intention, c’est irréprochable. Mais c’est vrai que Stone n’était pas obligé de suggérer que les meurtriers seraient à la rigueur moins répugnants que ceux qui les exploitent. C’est là que le film pourrait avoir une mauvaise influence.

          Tarantino déteste NATURAL BORN KILLERS, mais à mon avis cela n’a rien à voir avec le sujet du traitement de la violence. Ce doit être parce que Stone a du adapter le scénario. Ceci étant dit, en France, Tarantino jouit d’une totale impunité sur ce sujet. On a régulièrement attaqué DePalma sur son irresponsabilité, mais à cette aune, Tarantino devrait être vu comme le plus irresponsable de tous. La scène de drogue dans PULP FICTION, par exemple, est vraiment dangereuse, infiniment plus que les montagnes de cocaïne de SCARFACE : le gros plan sur le sang dans la seringue, la musique, l’absence – pour le coup – de TOUTE conséquence. Ici, tout est fait pour donner un effet « cool » à la séquence. Mais bizarrement cela n’a jamais été critiqué. C’est tout de même paradoxal, parce qu’autant la vision de DePalma est claire (pour qui s’y intéresse), autant celle de Tarantino sur la drogue me parait beaucoup plus ambiguë, et pour le coup néfaste.

        • Damien D. dit :

          Je vous cite Pierre « Mais là ou le film est ambigu, c’est sur le fait que les deux personnages principaux sont présentés comme plus sympathiques que celui de Downey Jr, le présentateur télé, qui est le vrai sujet du film. C’est de la télévision dont parle Stone – et de la manière dont elle exploite la violence. Du point de vue de l’intention, c’est irréprochable ».

          Vous avez totalement raison et cela me fait penser justement au traitement qu’a fait Todd Philips dans son JOKER qui lui au contraire de Stone/Tarantino dessine lui le présentateur télé joué par De Niro comme totalement abject (presque plus que cet « ultra » méchant qu’est sensé être le Joker !): certains critiques américains qui ont dezingué le film n’ont sans doute pas tout compris à l’intention…

        • Alexandre Angel dit :

          A Pierre,
          « La scène de drogue dans PULP FICTION, par exemple, est vraiment dangereuse, infiniment plus que les montagnes de cocaïne de SCARFACE : le gros plan sur le sang dans la seringue, la musique, l’absence – pour le coup – de TOUTE conséquence »

          Ce n’est pas tout à fait vrai.
          Je suis d’accord qu’on est dans la dérision, l’humour noir et les maniérismes (Tarantino, quoi…)mais l’overdose d’Uma Thurman (dont la résolution est à la fois grand guignol, assumé, et éprouvante), est assez bien rendue, je trouve, dans son aspect sordide et misérable. On retrouve là les rapports ambigus de Tarantino avec la représentation de la violence, entre attirance et répulsion, comme le disait Bertrand Tavernier récemment.

        • Gilles dit :

          A Damien D

          « Sur le côté néfaste de certains films, je reconnais que certains spectateurs « limités » pourront voir en superficialité certains films comme SCARFACE de De Palma »

          Il ne s’agit pas de mettre en garde des spectateurs au nom de leurs supposées limites. Qui en aurait le culot d’ailleurs ? Simplement de pointer du doigt un cinéma apparu brutalement sous les années Reagan, ou le seul antagonisme se manifeste à travers la loi du plus fort. De Palma bien meilleur cinéaste que des artisans aux commandes de ces films, est à la fois responsable et victime de cette grille de lecture. Comme il n’est pas idiot il a rectifié le tir dans Carlito, pour moi un chef-d’oeuvre, ou l’antagonisme est alimenté par l’opposition d’un homme responsable, fut-il gangster, à l’irresponsabilité de son avocat. C’est sur les jeunes esprits que cette logique du « plus fort gagne » (Rocky, Rambo et émules) pose problème. A la sortie de Death Wish 2, j’avais envie d’acheter un flingue, tandis qu’au même âge, 13 ans, Cody Jarrett me faisait flipper, ne le trouvant pas du tout sympathique en dépit de sa piété filiale, bien content que j’étais de le voir flamber à la fin du film.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Assez juste, sauf que le premier RAMBO est un peu différent et que Kotchef, cinéaste intelligent, prend plus de précautions. RAMBO doit être analysé non par rapport à ses suites qui transportent le conflit au Vietnam en réinventant une guerre perdue et des actions qui n’ont jamais eu lieue (les films sur la guerre de Corée ou celle du Pacifique pouvaient exagérer les exploits, la bravoure, elles s’inspiraient de faits réel alors que les raids revanches de Rambo n’ont jamais existé)

        • Dumonteil dit :

          A propos de « Rambo »

          Le rôle qui échut à Richard Crenna devait être tenu au départ par Kirk Douglas qui se défila quand la fin du scénario fut modifiée : si l’on en croit le comédien, à l’image de Frankenstein,l’instructeur devait abattre son « monstre » ,sa machine à tuer ;et d’ajouter que cela nous aurait épargné toute la série.

          (source :KD « le fils du chiffonnier »)

  19. Denis Fargeat dit :

    Pardon de sortir également du chemin tracé par Bertrand, mais ma librairie préférée m’apprend la signature prochaine d’un livre de Marc Renneville, « Vacher l’éventreur – archives d’un tueur en série. » Le nom me disait quelque chose, mais l’assassin du « Juge et l’assassin » s’appelait Bouvier… Bouvier-Vacher, c’est après tout toujours un cow boy, non?
    En tous cas, le livre a l’air sérieux et l’auteur également.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Denis Fargeat, le livre est très sérieux et regroupe un nombre considérable de lettres, de textes, de interrogatoires de Vacher qui démontrent – je le dis en souriant – les recherches, le sérieux du scénario, la manière dont nous avons respecté son vocabulaire, sa façon de parler, ses obsessions, Jean Aurenche et moi

  20. DUCHENE STEPHANE dit :

    Bonsoir monsieur Tavernier,

    j’ai vu hier ,avec un ami cinéphile comme moi,le film  » Marie-Martine » de Albert Valentin avec Bernard Blier et Jules Berry….. Après l’avoir visionné, notre impression était mitigée. Sur le site Sens Critique, deux internautes en font l’éloge ( les gens écrivent très bien sur les films sur ce site, parfois mieux que des critiques professionnelles- Sur eux, on devrait parfois garder un silence charitable sur leur cinéphilie…. Ainsi par exemple un critique d’une célèbre émission de radio qui n’avait jamais entendu parler du très bon  » Gouffre des chimères  » de Billy Wilder)….
    j’aurais aimé savoir, si vous le permettez et si vous connaissez ce film, ce que vous pensez de ce  » Marie-Martine » de Albert Valentin ( est-ce que Jules Berry ne fait pas toujours le même numéro ?)

    • Bertrand Tavernier dit :

      A DUCHENE STEPHANE
      Je trouve que c’est un film plutôt brillant, construit de manière originale l’action avance en arrière si l’on peut dire, chaque flash back remonte plus loin dans le passé et on nous raconte cette histoire à l’envers comme PEPPERMINT CANDY). L’originalité d’ailleurs écrase le propos et on ne sait pas très bien de quoi parle le film.Ce qui se passe au présent, en dehors de Berry, est terne par rapport au passé Mais Jules Berry est flamboyant en écrivain maitre chanteur (il y a des scènes incroyables avec Jeanne Fusier Gir qui lui fait une cour génante et les acteurs autour tout aussi brillants notamment Saturnin Fabre. Le scénario final et le dialogue sont d’Anouilh et l’on sent souvent sa patte. Cela dit le film est moins touchant, moins fort que L’ENTRAINEUSE

      • Dumonteil dit :

        moins fort que « la vie de plaisir » aussi ….

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Sans rapport avec « Marie martine »d’Albert Valentin vu à la télévision il y a longtemps.Connaissez vous un film de Jacques Villa sorti en 1962 aux états-unis et censurer en France?Il s’agit du film « Les petits chats »avec Catherine Deneuve et ses deux sœurs.Oeuvre assez étrange qui raconte l’histoire de trois lycéennes qui vont assassiner une institutrice il me semble bien.Enfin je recherche depuis longtemps un film de Jean louis Bertucelli »L’imprécateur »qui n’est jamais sorti en format dvd.Merci à vous.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel, c’est vrai que personne n’a jamais pu établir le moindre rapport entre ce film de Jacques Villa dont j’ignore tout et MARIE MARTINE. Personne sauf vous. Vous pourriez pas, au moins pendant un mois, cesser, d’aller rechercher des oeuvres plus qu’obscures et souvent sans intérêt ou alors introuvables pour vous concentrer quelques minutes sur les extraordinaires richesses qu’on nous propose. Je ne vous ai pas entendu exprimer un avis sur les films pre code dont beaucoup sont des chefs d’oeuvre, sur LE DERNIER SOU que vous ne devez pas connaitre. Déjà, parlons de ce qui est accessible et pour rester avec Jean Louis Bertuccelli, avez vous vu REMPARTS D’ARGILE que j’ai vanté à plusieurs reprises. Cessons de faire la course à qui citera le titre le plus obscur et dégustons tranquillement ce que l’on nous permet de voir. La frénésie n’est pas une qualité

        • Dumonteil dit :

          A propos de « remparts d’argile »

          dans la version restaurée de 2002,le metteur en scène en voix off explique son film du début à la fin.
          Rima est un beau personnage de femme ;quand elle laisse tomber le seau dans le puits,elle tourne le dos aux superstitions et à tout ce qui empêche ses semblables de s’émanciper ; marginale dans le village ,car être orpheline était une malédiction;interdite d’école ,mais ayant appris à lire avec un gosse ,sa rebellion individuelle m’a plus marqué que celle des ouvriers contre l’exploitation.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          C’est autour de ce personnage de femme que se cristallise – choix très rare à l’époque, la place de la femme dans le Maghreb ne fait pas partie des préoccupations les plus étudiées – le film et le cinéaste

  21. Manu dit :

    Bonjour,
    Je voudrais recommander la biographie de Jean-Pierre Marielle, « Le lyrique et le baroque », de Stéphane Koechlin, qui vient de sortir aux Editions du Rocher. Il n’y a pas besoin d’autre livre sur ce grand acteur, tant ce livre est complet, très documenté, pudique et respectueux (si ce n’est un livre, si elle souhaite en écrire un, qui lui serait consacré par sa dernière femme, dont on ne peut pas douter qu’elle était aimante et dévouée envers lui, Agathe Nathanson).
    Complet et très documenté au vu du grand nombre de témoignages que l’auteur a recueillis pour cet ouvrage (dont le vôtre, Bertrand Tavernier) y compris dans sa famille ou ses proches (ses différentes épouses, son fils, son ami d’enfance…), et qui sont bien intégrés dans ce livre pour parler de l’homme et de l’acteur qui a percé tardivement mais qui s’est « bonifié » avec le temps, à l’instar de son ami également regretté Jean Rochefort.
    Pudique et respectueux, notamment sur les dernières années de sa vie rendues difficiles par la terrible maladie d’Alzheimer dont il souffrait.
    J’ai en tout cas appris beaucoup de choses sur lui, sur l’homme (sa relation peu connue avec son fils…) et sur ses films, notamment que Charles Gérard avait aidé par ses relations au financement des « Galettes de Pont-Aven ».
    Petit regret sur un livre que j’ai adoré : les derniers films avec Marielle, après « Da Vinci Code » ne sont pas évoqués ou presque (« Faut que ça danse », « La fleur de l’âge » où il avait pourtant le rôle principal…), et une allusion décevante à Rochefort où, sous prétexte que ce dernier refusa de témoigner pour son livre, l’auteur suggère qu’il y avait peut-être « de vieilles rancoeurs » qui auraient resurgi entre Rochefort et Marielle. J’ai bien du mal à le croire, tant que les deux hommes s’appréciaient : ils apparaissaient encore ensemble dans une émission de « La grande librairie » ou pour les 80 ans de Belmondo chez Drucker, en 2013. Je pense plutôt que Rochefort ne voulait pas risquer d’évoquer la maladie de son ami et tenait à respecter sa pudeur, ou était simplement fatigué de participer à des témoignages, Rochefort étant lui-même peut-être malade au moment de l’écriture du livre. Mettre cela sur le dos d’une fâcherie entre les deux hommes ressemble plus à un commérage de magazine people qu’à un travail de journaliste, mais c’est quelques lignes sur un livre passionnant que je recommande pour tous les fans de Marielle !

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Manu
      C’est vous qui avez raison. Rochefort était obsédé par la peur de blesser Jean Pierre. Deja quand il avait tourné ce joli film avec Philippe Le Guay, il prenait mille précautions. Ils s’adoraient et se respectaient. Aucune jalousie

  22. Daniel dit :

    Je viens de voir un film de cayatte que je n ai pas pu voir au festival: le dossier noir

    Un film féroce et panphletaire sur l institution judiciaire et policière
    Des acteurs excellents, une mise en scène en tension, aucun temps mort.merci le n’est of lumière!
    Mon festival: le temps de vivre( puissant)Toni (vibrant Renoir), rusty james(éternel Mickey rourke) deux raretés( l étonnant bilan trimestriel et le très spécial zone grise) le chef d œuvre quand passent les cigognes (quel poésie!) un pré code employees entrance( merci Bertrand pour la passionnante présentation au lumière terreaux, le film est très drôle et satirique, très moderne), la femme qui pleure(magnifique Dominique laffin), la mini nuit Gaspard noe(vivement le DVD du remontage d irréversible et du surprenant moyen métrage lux aeterna), le documentaire d eleanor coppola sur ce dingue d apocalypse now vu en clôture en final cut( j ai vu les coupes par rapport à la version redux, le film reste aussi dément malgré tout), le foudroyant citizen kane( orsin selles le surdoué) le cinoche de samedi soir la tour infernale( quel spectacle!)
    Que du bonheur
    La suite au best of lumière!
    Et merci à l institut lumière!
    Suggestion pour le festival 2020: une rétro Truffaut,ce serait chouette.

  23. Yves Rouxel dit :

    J’ai les doigts qui fourmillent alors je me lance afin de vous dire mon engouement pour l’entretien que vous avez accorder à Thierry Fremaux durant le dernier festival de Cannes il me semble bien.Vous parler de votre découverte du cinéma pendant les années 60,la création de nickolodéon à Paris et la vision de films en Belgique avec des copains.Ce qui m’a plu dans l’entretien c’est la façon un peu nostalgique dont vous parler de cette époque avec des petits cinéma de quartier qui n’existent plus aujourd’hui,la nonchalance et la rage de voir des films sur grand écran dans des salles un peu décrépites.Vous citer vos copains de l’époque dont certains n’avait rien à voir avec le cinéma sauf le fait qu’ils étaient curieux de découvrir ,de défricher et d’analyser des films et faire des recherches sur des réalisateurs obscurs mais pas dénués d’interet.On sent bien Bertrand au fil des commentaires que je le lit que vous ne baisser jamais les bras,il y a toujours chez vous une lueur d’espoir et d’évasion à travers les œuvres de Ford,Huston,Wellman,King,Hawcks,Losey,Polonski et tant d’autres.Bien sur je vais attendre patiemment la nouvelle édition de « 100 ans de cinéma americain »avec des rajouts,des compléments puis de nouveaux cinéastes tels Steven Soderbergh qui est je vous l’accorde un réalisateur qui m’a toujours touché(en dehors peut ètre du remake de »Solaris »de tartovski)sinon il faut revoir « Kafka »avec un Jeremy Irons éblouissant,Julia Roberts qui se bat comme une diablesse dans l’excellent »Erin Brockovitch » »The informant »avec Matt Damon (dont j’attends « Le mans »avec Christian Bale qui sort en novembre).Voilà c’est tout pour aujourd’hui,par cette journée automnale et grise je vais continuer la lecture et me plonger dans cet univers si passionnant qu’est le cinéma.BRAVO A VOUS et à toute l’équipe qui à permit cette réedition indispensable.

  24. Manu dit :

    Bonjour,
    Je voudrais écrire un petit mot sur la collection de DVD/Blu Ray « Make my day » proposée par Jean-Baptiste Thoret, dont vous avez peut-être déjà parlé sur ce blog. C’est pour moi une collection à surveiller, à la fois pour les films proposés (déjà pas loin de 20), même s’ils sont inégaux, pour la qualité éditoriale de cette collection (un réel effort pour proposer des bonus inédits et de qualité, en plus de la présentation éclairante de chaque film par Thoret) et un prix abordable (20 euros par film, ce qui est plus raisonnable que la collection « Coin de mire » sur les films de patrimoine français). J’ai pu revoir ainsi le bon polar « Sans mobile apparent » de Philippe Labro (avec en bonus une longue interview du réalisateur) et aussi un film mineur mais pas déplaisant avec Bronson, « De la part des copains » (« Cold Sweat ») de Terence Young. Sur ce dernier film, coup de chapeau particulier sur les deux bonus proposés que j’ai adorés : un long entretien récent avec Philippe Setbon sur Bronson et particulièrement sur le film concerné, ainsi qu’une vieille émission belge de 1975 d’une cinquantaine de minutes avec Michel Constantin, qui peut raconter sa vie et sa carrière comme il n’a pas dû avoir souvent l’occasion de le faire. D’autres films m’intéressent dans cette collection, comme « Mandingo » de Richard Fleischer, « La mafia fait la loi » et les deux films de Boisset « Folle à tuer » et « Canicule ». L’initiative de Thoret mérite, je pense, d’être soutenue…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Pierre
      Elle l’a été. Je crois avoir parlé du Winner et ai signalé MANDINGO et d’autres ont critiqué parfois sévèrement le Boisset

    • Yves Rouxel dit :

      A Manu.J’ai déjà évoquer cette collection lançée par JBT et effectivement on retrouve des pépites oubliées du cinéma des années 70 et 80.J’attends avec impatience les premiers films de Winner qui ne sont jamais sortis en format vhs ou dvd.

    • MB dit :

      à Manu: FOLLE A TUER d’après un superbe roman de Manchette « Ô Dingos Ô Châteaux » est une promesse gâchée, Boisset a sans doute mieux fait que ce qu’aurait fait Mocky prévu en premier (rupture avec l’écrivain), mais le film a le mérite de reconnaître réellement le tempérament hors du commun de Marlène Jobert pour l’entrer dans un film dramatique (comme Giovanni ou Pialat qui avaient du nez), lui faire jouer le rôle d’une folle est une idée géniale, d’ailleurs l’argument respecté du bouquin est très singulier et laisse la voie à une autre adaptation: une femme sort d’asile psychiatrique encore fragile niveau psy, et se retrouve embringuée dans une histoire de tueries organisée par le monde normal et admis, du banditisme et de la corruption morale: elle ne fait rien de ce qui était attendu d’elle et verse dans la folie meurtrière à la grande jubilation tarantinienne du spectateur (elle était manipulée dés le départ par les méchants qui du coup vont déguster un max). Victor Lanoux était aussi excellent dans un rôle peu glorieux, mais un certain adoucissement par rapport au bouquin envahit le film, ainsi la lacune de la tuerie au supermarché, écartée par la production, où les coups de feu sont assourdis par la voix de « la mère Baez » déversés des hauts-parleurs du magasin, et qui chante la paix et l’amour et aimez-vous-les-uns-les-autres.
      Make my day les bonus sont de qualité en effet, par exemple ceux de MANDINGO, je n’ai qu’un grief contre le titre de la collection ce qui est oui, mineur (mais c’est quand même un titre à la noix! surtout qu’il fait référence à des films qui ne sont pas au sommet du cinéma même si DIRTY HARRY…). Cette collection est encensée de ci de là tout le monde en parle, donc pas d’injustice là!
      Eh dites SANS MOBILE APPARENT revu récemment c’est pas terrible si? mais je voudrais bien revoir LA MAFIA/IL GIORNO DELLA CIVETTA dans lequel Lee J Cobb enjoint à sa bande de malfrats -thérapie cocasse- de se cogner la tête contre les murs lui y compris! Je ne connais pas CANICULE.

      • Ulick Norman Owen dit :

        la voix de « la mère Baez » déversés des hauts-parleurs du magasin, et qui chante la paix et l’amour et aimez-vous-les-uns-les-autres.

        Votre qualificatif est péjoratif et réducteur:
        cette chanteuse n’hésitait pas à bloquer les centres de recrutement pendant les années soixante ;elle a d’ailleurs fait de la prison pour çà ;lors de ses concerts ,elle haranguait la foule « je ne sais pas ce que doit faire un garçon qui reçoit sa carte de mobilisation,mais une fille doit refuser de coucher avec lui tant qu’il ne l’a pas déchirée . »
        On l’a souvent vue aussi avec Martin Luther King Jr.

        • MB dit :

          « mère Baez » est réducteur et péjoratif? il vous en faut pas beaucoup, oui peut-être un peu mais c’est aussi affectueux non? et si j’ai mis des «  » autour c’est que ça vient du roman pas de moi et donc c’est une fiction pas un essai censé émettre un jugement sur J.B. et donc si on se plonge dans la scène du supermarché dans ce roman, « mère Baez » se réfère plus à qqn qui n’en peut mais contre la violence et les tueries.
          Je connais l’engagement politique de Joan Baez merci.

        • Ulick Norman Owen dit :

          Rappelez-vous comment un personnage dont j’aurais honte de citer le nom appela Madame Veil.
          J’ai eu l’occasion d’apprécier votre culture sur le site,ne vous inquiétez pas!
          avouez que votre appellation prête quand même à confusion!
          c’est une grande dame.

        • MB dit :

          à Ulick mais JB c’est certainement une grande dame! mais cette citation est tirée du roman, une oeuvre de FICTION, « mère Baez » est ironique mais pas méchant, rien à voir avec ce qu’a essuyé Simone Veil (à la place de Giscard qui voulait pas se mouiller). On n’est quand même pas dans la polémique d’extrême droite, là!

        • Yves Rouxel dit :

          Vous prenez les initiales d’Ulick norman owen à l’envers celà donne ONU,c’est bien futé!!!

      • Yves Rouxel dit :

        A MB.Malgré un casting de choix le film n’est pas vraiment à la hauteur.Boisset nous montre les beaux paysages de la beauce avec de belles couleurs.Sinon le personnage de David Tennent est asez barré avec son petit bateau qui traine avec lui.Par contre dans le bonus on apprend que le duo Marvin et Carmet se sont bien entendues coté bouteilles de vins.Ah si j’oubliais Victor Lanoux qui campe un agriculteur pervers quand à Bernadette Lafont elle est impayable à souhait.

        • MB dit :

          à Rouxel je crois que vous parlez de CANICULE? pouvez-vous citer le titre du film dans votre commentaire? Ca peut aider.

  25. Baptiste PERRIN dit :

    Bonjour Mr Tavernier,

    J’ai eu la chance de découvrir, au Lumière Bellecour, Cotton Club dans sa nouvelle version, augmentée d’une demi heure. Le résultat est époustouflant de vitalité. Le jazz, le spectacle, l’amour se mêlent dans un ballet ébouriffant. Coppola fait montre d’un démesure jouissive n’hésitant pas à faire durer et à répéter les scènes de spectacle pour les amalgamer peu à peu à l’histoire des personnages. De ce point de vue, la fin est une apothéose où la vie et sa représentation magnifiée ne font plus q’une.

    Jeune cinéphile de 24 ans, le Festival Lumière est à chaque édition un éblouissement. Cette année, celui de découvrir en salle le premier film du génial Bong Joon Ho, Barking Dog; le formidable Tucker où Jeff Bridge excelle en optimiste impénitent et enfin Voyage à Tokyo dont le sublime est indicible.

    Thierry Frémaux et vous même faites un travail incroyable. Les jeunes amateurs de cinéma que nous sommes vous en sont infiniment reconnaissants.

    • Yvon dit :

      Il est en pré vente chez Amazon.com pour une sortie(Cotton Club Encore)le 10 décembre mais aucun détail sur l’audio et les sous-titres présentement ,par contre on sait qu’il aura 2 bluray

  26. Laurent Scof dit :

    Bonjour

    On me dit beaucoup de bien de ce film méconnu d’Ang Lee « Chevauchée avec le diable » datant de 1999. Vous souvenez-vous de ce western sudiste avec Tobey Maguire?

    Cordialement

    Bien à vous

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Laurent Scof
      J’en ai longuement parlé dans ce blog. C’est à mon avis un des meilleurs films sur la guerre de Secession

  27. J’avoue avoir, durant toutes ces années, être complètement passé à côté d’André Cayatte. J’ai décidé de puis quelques jours, grâce à vous et à Lumière, de me plonger dans sa filmo.

    Premier choc : JUSTICE EST FAITE. Si l’euthanasie est – vous l’avez noté – formidablement d’actualité, c’est la question de la faillibilité de la justice qui m’a touché, car rendue par des femmes et des hommes dont la perception des faits à juger – à moins d’avoir une force de caractère exceptionnelle comme le personnage de Valentine Tessier – est altérée par ce qu’ils vivent ou ressentent dans le temps même où ils doivent rendre leur verdict. Cayatte s’avère un grand formaliste et utilise de nombreux moyens visuels pour rappeler cette vision déformée ou parcellaire du réel : plongées, contre-plongées, miroirs, vitres, rétroviseur intérieur ou extérieur… j’ai mis sur ma page facebook quelques captures d’écran probants. Impossible d’ailleurs de ne pas songer à Clouzot en voyant JUSTICE EST FAITE… la présence de quelques seconds rôles fétiches (Roquevert, Bussières, Balpêtré…), la voix-off finale de Pierre Fresnay et les quelques secondes de « avec son tra-la-la » chantées par Delair lorsque Roquevert écoute la radio!

    J’ai beaucoup aimé NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS qui m’a pourtant paru moins subtil que JUSTICE EST FAITE, car trop éclaté en de multiples personnages où chacun finit par avoir sa petite réplique appuyant la thèse du cinéaste contre la peine de mort. Mais le film continue de me passionner formellement. Le premier plan circulaire, qui ouvre le film sur un chemin de terre menant à la ville, pour laisser apparaître peu à peu un no man’s land, puis des soldats nazis, et le jeune Poujouly courant vers son « bidonville » après avoir volé un mégot de cigarette est exceptionnel! J’ai beaucoup pensé au film de Monicelli LES CAMARADES. Comme dans ce dernier, c’est le gosse Poujouly qui est le personnage central, ouvrant et clôturant le film. L’enjeu étant de penser un monde meilleur et plus juste pour les générations à venir.
    Ici les miroirs/vitres/barreaux donnent à voir un monde des possibles inatteignable : la beauté (plan de la mère de Mouloudji se regardant dans un miroir brisé), les nécessités (Poujouly regardant son frère dans le bar à travers la vitre), le bonheur (Poujouly regardant encore à travers une fenêtre dans le plan final) etc… inatteignable pour une frange de laissés pour compte, sans éducation, sauf à tenter de briser la séparation – ce que fait Mouloudji en tirant dans la vitre de la porte de son bain -, pour le meilleur ou pour le pire.

    En revanche, VERDICT m’a paru invraisemblable de bout en bout. Et IL N’Y A PAS DE FUMÉE SANS FEU, sans susciter de déplaisir, m’a semblé un peu manichéen et surtout très télévisuel.

    Je continue…

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Janaudy Jean Fabrice
      Je trouve NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS presque plus fort que JUSTICE EST FAITE et loin d’y lire une thèse j’y vois un constat. Cayatte et Spaak ne tentent pas de blanchir les protagonistespour démontrer l’horreur de la guillotine. Certains sont d’effroyables criminels et leurs victimes sont un bébé, une jeune fille qu’on viole avant de la tuer et Mouloudji a d’horribles accès de violence. Simplement ils montrent aussi le contexte et laissent entendre que, peut être, une vraie politique sociale, des logements décents, des assistantes sociales, des éducateurs auraient pu, parfois, prévenir certains meurtres. C’est un constat, celui que fit Badinter et que faisait Hugo et c’est dans des zones encore déshéritées que certains de ces crimes se produisent encore. La suppression de la peine de mort n’a pas créé une avalanche de meurtres. Dumonteil vous avait dit ce qu’il fallait penser de VERDICT. Pour mua part j’ai découvert vraiment LE DERNIER SOU et plus encore apprécié LE DOSSIER NOIR, splendidement restauré par Gaumont (Blier et Roquevert sont inouï et l’on voit clairement que les flics fabriquent aussi les coupables)

    • Dumonteil dit :

      Et que pensez-vous d’un film très peu évoqué , »le glaive et la balance » éreinté par la critique à l’époque?
      Doit-on acquitter deux coupables ou condamner un innocent?
      La populace et sa justice?
      Sans égaler le film américain,la fin évoque « they won’t forget » (la ville gronde ,1937) de Le ROY .

  28. DUCHENE STEPHANE dit :

    Bonjour monsieur Tavernier,

    Savez-vous pourquoi Samuel Fuller qui est très apprécié par les cinéphiles européens semble être dénigré voir méprisé par les américains ? Je me souviens d’une interview de Richard Widmarck dans l’émission  » Cinéma, cinéma » et à la seule évocation du nom de Fuller, il avait éclaté de rire et en avait parlé de manière condescendante ( et pourtant il a tourné avec lui dans  » Le port de la drogue »)….
    PS : et merci encore pour vos présentations bonus toujours passionnants de westerns dans les dvds de la collection western légende ( c’est tellement précis et détaillé, que vous êtes capable de parler du jeu d’acteur du cheval du héro…. Je plaisante bien sûr avec tout le respect que j’ai pour vous)….

    • Bertrand Tavernier dit :

      A DUCHENE STEPHANE
      Widmarck changea d’avis et de très nombreux cinéphiles américains adorent Fuller. En fait le premier éloge sur Fuller fut américain, le critique Manny Farber en 1951 je crois. LE PORT DE LA DROGUE a eu droit à une superbe édition US

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Dans un précedent commentaire je vous demandais un bref compte-rendu du festival lumières qui s’est tenu à Lyon la semaine dernière.En revanche la société Artus-films qui est basé près de Montpellier sorte des westerns vraiment minable.J’ai découvert « Les tueurs de l’ouest »avec Thomas Milian qui est catastrophique de bout en bout.Dommage car il édite de temps en temps des vieux films fantastiques produits par la hammer.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Vous avez certainement raison mais le rapport entre les deux phrases m’échappe

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier et Rouxel

          Moi je peux faire le compte-rendu du festival Lumières de cette année en quelques phrases : subir les articles sur les séances dans la presse et sur Twitter, quand on ne peut pas y être car on doit travailler, est une SOUFFRANCE. J’en suis venu à détester l’arrivée de ce festival chaque année, tellement cela me rend amer de ne pouvoir y être. Le programme de cette année, avec notamment THE IRISHMAN présenté par Scorsese ou une nouvelle version du PARRAIN III, c’est juste insupportable, en tous cas pour moi. Vous ne pourriez pas diluer à l’avenir, en espaçant les évènements ? Ou le faire une année sur deux ? Ca rendrait la choses moins pénible pour nous autres.

          Quant à Artus films, ils éditent d’excellents westerns italiens et effectivement beaucoup de films d’épouvante des années 60, en particulier italiens, mais à ma connaissance aucun Hammer. C’est un éditeur courageux, qu’il faut soutenir. Editer BONNES FUNERAILLES, AMIS, SARTANA PAIERA, ça mérite le respect (sans ironie).

        • Damien D. dit :

          D’autant que ce commentaire n’a pas sa place à cet endroit (aucun rapport avec le post précédent et son commentaire par Bertrand). Ajoutons à cela que c’est faux : Artus n’a jamais édité aucun film de la Hammer (ils n’ont pas les droits !) : ils ont juste édités de petits films britanniques des années 60-70 d’autres productions…

        • michèle dit :

          Amusant de voir ce qui, dans mon post, n’était qu’une boutade – Yves Rouxel existe-t-il vraiment ? – devenir un procès en bonne et due forme de la part de ceux qui prétendent venir à son secours. Je n’attaquais absolument pas ce « cher Yves », mais ce n’est pas le cas de certains, sous prétexte de le défendre, alors qu’il le fait très bien tout seul. Avec des amis comme ça, on peut aisément se passer d’ennemis !

        • F.Fortet dit :

          Avec un retournement de veste d’une telle amplitude, je me demande si Michèle n’est pas aussi un personnage fictif, une Mademoiselle Jeanne à son Gaston Lagaffe de boutade…

        • MB dit :

          à michèle: sur YR ma remarque était plus générale, et portait aussi sur le passé, vous exagérez le côté défenseur de la veuve et de l’orphelin, pas grave.

      • michèle dit :

        Ma fréquentation de ce blog est relativement récente et je me suis toujours demandé si le personnage nommé « Yves Rouxel » existait vraiment ou s’il ne s’agissait pas plutôt d’une sorte de Gaston Lagaffe, un personnage fictif créé par notre hôte pour animer le blog en y multipliant les polémiques et en se faisant engueuler à longueur de journées, de semaines et de mois. D’années ?

        • F.Fortet dit :

          @Michele, l’idée est farfelue mais curieusement intéressante.
          Néanmoins l’eût-il fait, Mr Tavernier aurait crée un personnage bien plus complexe, sorte de Gollum de blog ( on les appelle des Trolls aux Etats-Unis – donc nous ne sommes Ici pas loin du compte) et surtout dépourvu de sempiternelles fautes de verbe. il reste que Mr Rouxel est un passionné avec ses qualités et ses défauts…

        • MB dit :

          « il reste que Mr Rouxel est un passionné avec ses qualités et ses défauts… »

          exact, comme nous tous

        • Yves Rouxel dit :

          A Michèlle.Je tiens à vous rassurer j’existe vraiment et je ne suis pas un monstre inventer par BT ou un gollum échappé du seigneur des anneaux.Nous avons tous des faiblesses de langage et de ressentie concernant les films que nous voyons.J’essai d’etre curieux mais comme chantait Pierre Vassiliu : »Mais ça emmerde les gens quand on vit pas comme eux »dixit la reprise d’une chanson brésilienne »Qui s’est celui là »).Voilà un bonhomme qui était libre dans sa tète en partant s’installer au Sénégal et en ouvrant une boutique de tissus.Disparu en 2014 dans l’indifference generale de la grande famille du chaud-bises(je vous embrasse ma chère Michèlle)!!!

        • Edward dit :

          A Michèle : excellent ! C’est vrai qu’il parle à tort et à travers, généralement sans rapport avec les sujets évoqués par la chronique et ne faisant aucun cas des réguliers rappels à l’ordre de BT, se servant du bloc comme d’un défouloir; pourquoi ne crée-t-il pas le sien ? Heureusement, on rigole quand BT, en deux phrases bien senties, lui répond qu’il n’a rien compris à ce qu’il évoque ou que ce qu’il écrit n’a aucun intérêt.

        • MB dit :

          à Edward et Michèle: je ne suis pas d’accord sur ces attaques désagréables ou méchantes envers Y Rouxel, bien sûr il m’énerve souvent mais je lis tous ses comms en entier car il y a toujours qqch à gratter. Il s’exprime quand même sur le cinéma, après tout, souvent en se contentant de raconter les intrigues ce qui ne suffit pas, sans méthode et sans vraiment lire les pages de BT mais au pire il me fait marrer grâce à un humour absurde c’est déjà appréciable de se marrer un bon coup (humour volontaire ou pas je m’en fous) et au mieux ya toujours qqch à retirer de ses comms, et il me semble qu’on a souvent ici des hors-sujet sur les films pour s’interroger sur des questions insolubles comme SCARFACE est-il néfaste pour la jeunesse ou pas etc, ou pire partir dans la politique ou le social c’est pas mieux: BT supporte le hs mais ça va parfois trop loin, alors que des appels de blogeurs lançant tel ou tel coup de coeur cinéma restent sans réponse, par contre critiquez un homme politique pour son action et là vous aurez des réactions(oui oui ça peut aussi être intéressant je ne fais que comparer les deux) mais c’est un blog de ciné!
          J’ai d’ailleurs pas mal changé d’avis sur l’individu YR! c’est loin d’être le grand amour mais comme je le disais je ne vois pas ce qu’il a de si déplacé ici (sauf quand lui-même se lance dans la politique ou dans l’anti-américanisme ou les vedettes qui se cachent derrière des pseudos une honte!), bref c’est quand même pas la calamité!
          alors Yves, copains?
          (de toute façon ça durerait pas faut pas rêver!)

  29. Yvon dit :

    Quel bonheur,aujourd’hui 17 octobre,je reçois enfin un livre convoité depuis plusieurs années,vous avez deviné il s’agit de la dernière édition de Amis Américains de votre blogueur favori avec ces près de mille pages de texte et photos,décidément je vais passer un excellent automne.petite déception quand mème vu le prix(surtout pour le ramener au Québec)j’aurais apprécié une couverture rigide mais bon,cela n’enlève rien au contenu splendide merci acte sud pour cette rééditions augmenter.

    • MB dit :

      à Yvon
      « merci acte sud pour cette rééditions augmenter. »
      mais Amis Américains 2019 n’est pas une nouvelle édition augmentée c’est une réédition, c’est le même texte à part l’entretien avec Frémeaux.
      L’entretien est édité à part dans une version plus complète par contre, pour ceux qui avaient déjà l’édition de 93.

      • Yves Rouxel dit :

        A MB.J’ai feuilleter sans l’acheter le livre d’éric neuhof,journaliste et chroniqueur sur inter dans le masque.Il dézingue en trois coup de cuillères le cinéma français en écrivant que sans le CNC,les régions,les chaines de tv et les banques le cinéma français n’existerait pas.Il prétend à tort que depuis une trentaine d’années il n’y a plus vraiment d’auteurs et d’oeuvres qui méritent l’attention du public.Il rajoute que la presse bien pensante monte au pinacle des films qui sortent rien que pour faire du fric.Stop j’arrète ici car cet individu m’indispose.

        • MB dit :

          à YR/NEUHOFF
          « depuis une trentaine d’années il n’y a plus vraiment d’auteurs et d’oeuvres qui méritent l’attention du public. »
          il est fou faut l’enfermer, je vais pas citer des oeuvres ou des noms révélés depuis 30 ans.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          CELA NE SERT À RIEN DE RÉPONDRE À DE TELLES ASSERTIONS. Et pour passer du coq à l’âne, voici l’avis du chef opérateur de CONAN et cadreur de LA VIE sur la critique du BlueRay dans DVDClassik
          « l’article dans sa dernière phrase (avant les photos de Conan) met un bémol à ses doutes mais malgré tout il part d’un postulat erroné. Le perfectionnement offert par de nouveaux outils d’étalonnage ne pousse pas tant à « relifter » (sic) l’image au gré d’une nouvelle sensibilité photographique qu’à retrouver le travail effectué lors de l’étalonnage des copies originales, c’est à dire des copies 35. Et ce, pour deux raisons principales: le coût qui lors de l’élaboration des master video ne nous permettait guère de travailler aussi longtemps que souhaité, d’après des inter sur lesquels nous avions souvent dû faire quelques concessions pour raisons économiques (refaire une bobine coutait cher alors qu’en numérique aujourd’hui on peut travailler chaque plan jusqu’au rendu souhaité), ensuite pour la fâcheuse habitude des diktats des diffuseurs qui exigeaient des labos une certaine « clarté » de l’image et souvent un choix vers des valeurs « chaudes ». Les valeurs de noir dense comme on les voit maintenant particulièrement sur les plateformes étaient prohibées par les chaînes qui préféraient des noirs « grisés » pour diminuer « l’effet miroir » de l’écran TV… J’ai vu des étalonneurs établir des master video en regardant davantage les courbes des minimas exigés par les diffuseurs qu’en regardant limage du film!!!
          En ce qui concerne les exemples des images proposées dans l’article, il faut tout de même tenir compte que 2 moniteurs ne donneront pas le même résultat, qui plus est suivi d’un tirage papier ou d’un fichier numérique pour illustrer un article. Ce serait honnête pour revendiquer une telle précision de le faire savoir au lecteur. Mais acceptons que le comparatif peut être parlant sur quelques détails. Pour l’image de « La vie… » on retrouve bien plus l’esthétique du film dans la photo issue du Blue Ray que celle du dvd, qui, contrairement à ce que dit l’article, n’a pas été une volonté d’une image « d’une profonde luminosité », la densité du film est l’esthétique du bain sans blanchiment!
          Pour l’image de Conan qui « change de saison », la référence à la colline brûlée (vue dans le making off) est un contresens puisque la colline brûlée est issue de la séquence du « Sokol » alors que l’image de Torreton vue dans l’article est celle du retour de Conan sur le terrain avec le prêtre (« la vie reprend le dessus »!!!). On voit bien en arrière plan un arbre avec de jeunes feuilles vert tendre que nous aurions jaunies sans scrupule (après avoir brûlé une colline!) si la volonté d’évoquer une certaine aridité avait été le sens de cette scène (c’est le contraire). Et effectivement, on voit que sur l’image du dvd la manteau de Conan est trop rouge (volonté de réchauffer les visages, comme évoqué plus haut???). L’image du Blue Ray est beaucoup plus juste.
          Bon, malgré tout c’est plaisant de voir que des revues sont vigilantes quant à la qualité des dvd et Blue Ray, mais il faut avoir confiance en la présence des opérateurs pour les remastérisations, je pense que chacun recherche ce qu’il n’a pas été en mesure d’obtenir lors des premiers master video.
          Cela dit, il n’y a rien de malveillant dans ce que j’ai lu. Au contraire…

        • MB dit :

          à Bertrand: ya qqs temps, un blogeur bien inspiré et vous-même avez mentionné une série US: JUSTIFIED, je vous ai suivi et attaque désormais la saison 5, ça tient très bien le coup après un petit coup de faiblesse je crois dans la saison 2. C’est vraiment très amusant avec un jonglage perpétuel dans les manigances du corps des marshalls, de la justice et bien sûr des nombreux rednecks bootleggers, dealers et autres fieffés coupe-jarrets qui ne lavent jamais leur casquettes (oscar de la casquette dégueu à Jeremy Davies (Nicky) vraiment formidable, très habile de sa gestuelle et de son accent). Je ne sais pas si l’office du tourisme du Kentucky est satisfait pour la pub mais ma parole, cet état est peuplé de gredins, mobsters maquereaux et autres épouvantails de tout poil! Certains bandits viennent du nord en immigrés et se font traiter de « carpetbaggers » par les truands de la région qui ne veulent pas d’étrangers pour leur manger leur hamburger! On est des bandits du Kentucky, des vrais, nous!
          En même temps, les dialogues sont très fouillés et ciselés et on se délecte aussi à l’oreille, autant qu’avec les scènes d’action. Pour les dialogues, la palme revient à Walton Goggins (LES 8 SALOPARDS) qui joue un salopard de raciste et dealer, némésis du héros marshall, qui sait admirablement les servir avec une élocution, un timbre et une certaine pédanterie et surtout une culture en vocabulaire dont on se demande d’où il les a acquises en tant que redneck qui n’a jamais dû ficher les pieds à l’école! C’est vraiment bien, merci au blogeur et à vous.

    • Yves Rouxel dit :

      A Yvon.Moi de mème je suis ravi de cette nouvelle édition avec l’entretien signé Thierry Fremaux.Sur certains sites cet ouvrage était vendu à plus de 100 euro.l’erreur est réparé et n’attendez pas noel pour vous l’offrir.

    • Damien D. dit :

      Je félicite au passage la qualité du post-scriptum édité à part par Actes Sud/Institut Lumière destiné à ceux qui avaient déjà AMIS AMERICAINS. Je l’ai acheté au festival et en ai déjà lu des passages plusieurs fois : ce que vous dites Bertrand par exemple du dernier Tarantino (et dont vous nous aviez fait part sur le blog) rejoint évidemment mon ressenti exprimé ici et cela fait du bien à lire encore une fois. Quand on voit tous les détracteurs de ce film : ce qu’en dit Jean-Sébastien Massart, critique à la revue « La septième obsession » pas plus loin que dans le dernier numéro d’octobre m’a affligé (sans doute disciple de Leherpeur travaillant à la même revue) avec exemple parmi d’autres : Margot Robbie jouerait un personnage inintéressant face à d’autres femmes plus fortes des autres films de Tarantino (et j’en passe…). Mais que croit-il : Tarantino serait condamné à faire les mêmes films à chaque fois !?… Au contraire ce personnage de Sharon Tate m’a réellement ému par sa candeur et sa fraîcheur et c’est un bonheur de voir Tarantino la venger ainsi à la fin. Je ne m’étendrai pas donc pas à citer ces détracteurs aux arguments simplistes et je me demande même si ONCE UPON ne serait finalement pas à mon goût le meilleur de son réalisateur (ou en tout cas celui que je reverrai avec le plus de plaisir avec JACKIE BROWN).
      Je renvoi donc chacun à lire et relire ce petit livre d’entretien avec Thierry Frémaux qui est passionnant malgré les 70 pages qui passent très et trop vite.

  30. Dumonteil dit :

    Et parmi ceux-là, il est vrai que JUSTICE EST FAITE pour mettre en lumière la difficulté de juger équitablement, s’appuie sur un cas extrême : l’euthanasie qui déclenche encore aujourd’hui des polémiques infinies

    je crois l’avoir déjà signalé , « meurtres » ,de Richard Pottier contemporain du film de Cayatte ,montre une scène d’euthanasie : Fernandel la pratique sur sa femme, atteinte d’un cancer .

  31. michèle dit :

    Passionnante présentation des films Pré-code que Patrick Brion serait bien inspiré de diffuser au Cinéma de minuit !

  32. Ballantrae dit :

    Quelle belle fournée! De quoi échanger sans digressions intempestives, n’est ce pas Rouxel? 😉
    Commençons par la fin à savoir Coppola qui fut dans mon actualité récente à deux titres: découverte du nouveau montage d’Apocalypse now ( decidement son work in progress eternel ,toujours aussi genialement démesuré : comme les 2 autres de nouvelles qualites, de nouveaux rythmes et équilibrages) + decouverte pour mon fils de la trilogie du Parrain toujours aussi passionnante. Je n’avais pas revu Le parrain III depuis 25 ans, considérant qu’il était en deçà des autres. Que nenni : c’est bouleversant, fort , flamboyant et intime. Mon préféré s’il fallait choisir demeure le 2 mais le tout en vérité doit être considéré dans son ampleur.
    J’aimerais moi aussi revoir Gardens of stone tout comme Tucker vus seulement lors de leur sortie puis en k7 video 1 ou 2 fois ( maintenant j’ai viré magnétoscope et k7). J’ajouterai comme vous qu’Outsiders notamment avec ses rallonges est assez passionnant au moins autant que Rusty James alors qu’à l’époque on le jugeait plus sage: ce qui m’épate c’est d’avoir conçu en si peu de temps et sur un materiau voisin 2 films aussi différents.
    Mais il est difficile de s’arrêter à ces titres car Coppola semblait pris par une furie créatrice incroyable de 1972 à 1992. Cotton club est brillant tout comme Coup de coeur et pourtant on ne peut les assimiler à de simples objets formels.
    Il faut dire toute notre reconnaissance absolue à FFCoppola , lui demander aussi s’il pourrait nous donner un nouveau film. Ces  » silences  » longs sont tristes pour un cinéphile…

    • Bertrand Tavernier dit :

      a Ballantrae
      Il avait restauré pour nous RAIN PEOPLE, TUCKER (film magnifique et fable sur la lutte entre Amùerican Zopetrope et Marvel), COTTON CLUB (que je n’ai pas eu le temps de voir dans une version différente tout comme LE PARRAIN 3). Il travaille à un sujet depuis des années. La version final cut d’APOCALYPSE est sans doute la meilleure de cet extraordinaire film

      • Alexandre Angel dit :

        A Bertrand
        Sur APOCALYPSE NOW, vous étiez, il me semble, très critique sur la partie Brando.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A ALEXANDRE ANGEL
          Je le suis toujours. On voit bien que Coppola doit lutter contre un Brando qui n’a pas lu le scénario ni le roman, ne connait pas son texte et est bouffi de graisse ce qui lui coupe toute crédibilité quand on parle de ses actions de commando : il le filme soit de loin, dans l’ombre, soit de très près, nous cachant son corps. En fait il fait tout pour ne pas le montrer. Dans le dernier montage, son rôle est plus réduit (deux scènes et des bouts de dialogue ont été coupés) ce qui est meilleur. Mais les reste du film est tellement beau qu’on passe sur Brando, lequel s’est quand même goinfré 11 % des recettes distributeurs

        • Bertrand Tavernier dit :

          aAlexandre Angel
          Je le suis toujours. Brando est mille fois trop obèse pour quelqu’un dont bondit qu’il accomplit des raids, des missions de commando (et dans le magnifique, monologue, il ajoute deux ou trois maniérismes au lieu de le dire net comme aurait fait Marvin) et on voit que Coppola le dissimule, le met dans le noir, le film en gros plan. Dans le nouveau montage deux scenes avec Brando et des phrases semblent avoir été coupées et c’est nettement mieux. Mais le reste du film surmonte ce casting et le réduit à l’état de rêve. Il piqua quand même un pourcentage colossal sur les recettes distributeurs sans lire le roman, le scénario ni apprendre son texte. C’était sa manière de remercier un cinéaste qui l’avait sauvé

        • MB dit :

          à Bertrand/BRANDO APOCALYPSE: il y a quand même que j’avais compris qu’en se réfugiant dans la folie, Kurtz s’était réfugié dans l’inaction physique! d’où l’obèsité justifiée. J’avais vu aussi que Storaro avait sublimement découpé sa silhouette son visage par l’éclairage, ce qui escamota une partie de la masse corporelle de l’individu!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Sauf qu’on fait allusion à des coups de main récents et au meurtre de 4 officiers vietnamiens (en fait des agents doubles) tués par Kurtz ce qui montre qu’il connait nettement mieux le terrain que le Haut commandement. Et là, Coppola et Milieux, annoncent les désastres à venir que seront les guerres d’Irak. Oui Storaro s’arrange pour dissimuler Brando mais j’appelle cela de l’énergie, de la créativité négative.Vous devez cacher, faire avec au lieu d’être inspiré par l’acteur (comme dans le PARRAIN où Brando est magistral). J’ai tout le temps rêve à Lee Marvin dont le physique correspond aux photos qu’on voit de Kurtz, Marvin qui littéralement efface Brando de l’EQUIPÉE SAUVAGE

        • MB dit :

          à Bertrand BRANDO
          J’avoue que j’ai avancé tout ça sans me souvenir d’une vision lointaine. J’admets que la performance Storaro est assez extérieure. Très intéressant, la remarque sur Marvin en Kurtz!

          Il y a deux coffrets APOCALYPSE final cut sortis en même temps (et boum! toutes les autres versions sorties jusqu’ici comme si on avait besoin de tout ça?) 6 br chacun apparemment le même contenu (l’une avec le visage de Sheen émergeant de l’eau, l’autre avec la vedette qui remonte le fleuve) dont je ne m’explique pas la différence de prix de 5€, à moins que le contenu soit mal décrit sur le site de vente.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Moi j’ai vu un coffret avec les trois montages du film. Que voulez vous dire par la performance Storaro assez extérieure. Je trouve son travail suffoquant d’audace et de beauté

        • MB dit :

          « Que voulez vous dire par la performance Storaro assez extérieure.  »
          dans le même sens que ce que vous dites vous:
          « Oui Storaro s’arrange pour dissimuler Brando mais j’appelle cela de l’énergie, de la créativité négative. »
          je ne parle que la scène de fin avec Brando, bien sûr pas sur l’ensemble du film

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          D’accord

        • Pierre dit :

          Je milite, contre vents et marées, pour la réhabilitation de Brando sur ce blog. Malgré tout, on débat encore aujourd’hui de sa prestation dans APOCALYPSE, ce qui en soit démontre que sa présence contribue encore à la réflexion que le film suscite. Lorsqu’on évoque le film, sur ce blog ou ailleurs, c’est toujours Brando qui polarise l’attention. On évoque rarement (et c’est souvent injuste) Martin Sheen ou les autres (à titre personnel, je trouve que Hopper est plus nuisible au film que Brando).

          C’est un film qui avait besoin d’apporter à la fin une figure « bigger than life », qui soit à la hauteur de l’attente. Tout le monde ne peut pas incarner cela, même un excellent acteur. Il faut avoir quelque chose de mystérieux. En dépit des difficultés de l’exercice : Brando se hisse à ce niveau.

          Oui, il était trop gros – et sans doute pas crédible physiquement pour un rôle comme celui-là. Mais l’on pourrait démonter tellement de films sur cette base. Depardieu est objectivement trop gros pour Cyrano, Woody Allen trop vieux pour Husbands & Wives, etc. Et pourtant je les aime tous. Est-ce qu’APOCALYPSE souffre tellement de l’embonpoint de Brando ? Pas pour moi. Il avait des avantages uniques, qui ne s’expliquent pas, notamment le fait que regarder son visage suffit à rendre l’image intéressante.

          Il n’était pas sérieux et n’en avait peut-être déjà plus rien à faire de tout ça à ce stade de sa vie. Sans doute n’a-t-il pas été correct avec Coppola qui l’avait tant aidé. Mais Brando n’a-t-il pas lui aussi beaucoup aidé Coppola ? Il a énormément contribué à la fascination que le public a éprouvé pour le parrain. Il n’en est évidemment pas la seule raison, mais on ne peut pas lui enlever sa part. Son aura était tel que toute la deuxième partie du parrain est construite autour de son absence. On pense à lui à chaque plan, sans jamais le voir. Tout de même, ça n’est pas banal !

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Pierre
          Personne ne conteste ce qu’il amène dans le PARRAIN (pas plus que dans REFLETS DANS UN OEIL D’OR), deux interprétations géniales mais pour le PARRAIN Coppola a du l’imposer face à un studio qui n’en voulait absolument pas.Et il a reçu un pourcentage au premier franc qui lui a donné trente fois son salaire. Il n’a pas eu à se plaindre non plus car cela a relancé sa carrière. Par la suite à plusieurs reprises, Brando s’est horriblement mal comporté, tout en se goinfrant financièrement à plusieurs reprises et là spécialement (11% des recettes distributeurs sur APOCALYSPE sur un film qui a du mal à être financé, où Coppola investit son argent, où les distributeurs étrangers rejettent le contrat quand Steve McQueen quitte le film). Là je réagis en metteur en scène et vois que Coppola lutte avec quelqu’un qui perd un temps fou ne sachant pas son texte et il dépense une énergie dingue à calfeutrer, dissimuler tandis que l’autre zouave ne lui fait pas cadeau d’un jour (en tenant ensuite des propos militants et progressistes). Il y a une différence entre un Allen plus vieux et un Brando qui est l’opposé du personnage, qui ne peut pratiquement pas se mouvoir. Et ce n’est pas pour rien que Coppola l’a pas mal coupé dans la dernière version ainsi que Hopper qui passe beaucoup mieux. L’idée de Coppola, c’était Patton, ce général qui lisait de la poésie et croyait à la réincarnation. Marvin aurait fait l’affaire et il pouvait être incandescent et chargé de mystère comme chez Boorman ou Fuller. Coppola réussit à sauvegarder son propos et là encore je réagis en metteur en scène et pas en cinéphile : à quel prix ? Peut être en soldant des moments avec Sheen auquel il était obligé de consacrer moins d’attention, l’autre lui bouffant tout son temps. Et l’énergie surtout en fin de parcours n’est pas inépuisable. Coppola s’est raccroché aux branches et a infusé une aura mutique, cryptique là où Conrad imposait un personnage qui propulsait le récit

        • MB dit :

          Pierre je n’ai pas vu que sur ce blog Brando avait été traîné dans la boue, on parle de son rôle dans APOCALYPSE c’est un film parmi bien d’autres, on a cité aussi LE PARRAIN où il est formidable inutile de vous dresser contre vents et marées!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et je le répète il est magnifique dans THE MEN de Zinneman film jamais commenté, dans UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR,JULES CÉSAR, VIVA ZAPATA (plus que dans SUR LES QUAIS où il devient maniéré et christique dans un rôle il faut le dire, écrit de manière tortueuse pour apitoyer sur la délation), dans REFLET et j’avais gardé un bon souvenir de lui dans QUEIMADA mais où Pontecorvo dut l’affronter pour chaque scène. Dès qu’il put choisir ses films, ce fut souvent un désastre : MORITURI, LA PETITE MAISON DE THÉ, SAYONARA. Il est ridicule en motard dans L’EQUIPÉE SAUVAGE, faux classique quasi invisible (Marvin ou Mary Murphy paraissent beaucoup plus justes). Il cabotine dans THE CHASE et MISSOURI BREAKS où il détruit le film avec ses clowneries destinées à faire chier le producteur qui s’était attribué un salaire plus gros que lui

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          Et pour enfoncer le clou, je dirais que Brando achève LA COMTESSE DE HONG KONG qui n’est pas une bonne sortie pour Charlie Chaplin (ma première vision en salle du film il y a plus de 20 ans avait été positive mais cela n’a cessé de se dégrader depuis).
          Par contre, je n’ai pas le souvenir que Brando cabotine dans THE CHASE, film lourd et démonstratif mais avec quelques moments forts et une ambiance qui marque.
          Mais bon, Brando reste un monument. A sa mort, Positif avait dédié un dossier rien que pour lui et, sauf erreur, compris dans un numéro double de juillet-août : c’est dire la grosseur du dossier!

        • Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier et MB

          Merci pour vos réponses. Quand je dis « militer contre vents et marées pour réhabiliter Brando », la formule se voulait outrée à des fins humoristiques – on fait ce qu’on peut. Il est bien évident que ce n’est pas moi qui vais réhabiliter qui que ce soit, encore moins Brando qui n’a pas besoin de mes humbles services. Nous avons le chance de pouvoir échanger avec Bertrand Tavernier et mon message avait surtout pour but de poursuivre la conversation sur ce sujet.

          La pensée de notre hôte est cohérente sur ce point, car les réserves sur Brando dans APOCALYPSE étaient déjà présentes dans « qu’est-ce qu’on attend ». Elles ont été détaillées il y a quelques mois je crois dans un sujet antérieur, ou nous avions déjà échangé sur Brando. Elles sont plus détaillées ici et donc je les comprends mieux. Je n’avais pas conscience qu’il était gros au point de bouger difficilement, ce qui pose tout de même un vrai problème, c’est évident.

          Je crois que la précision essentielle est qu’il s’agit de remarques données du point de vue du metteur en scène et pas du cinéphile. Du coup, je ne peux qu’adhérer.

          Je suis assez d’accord pour dire que de nombreux choix de Brando se sont avérés mauvais – mais peut-être pas THE CHASE ou je n’ai pas discerné pas le cabotinage. Mais j’avoue ne pas l’avoir revu depuis longtemps.

        • MB dit :

          à Pierre/mais si Brando cabotine dans THE CHASE il n’est pas le seul, ce film ne semble pas avoir été signé Penn, je me souviens surtout de la vénéneuse Janice Rule horriblement sexy dans sa robe jaune qu’elle trimbale avec une insolence et une vénalité abysmale.
          Bien sûr Brando a été bon de nombreuses fois, et il faut que je revoie THE MEN qui est à ma médiathèque sinon Bertrand va encore nous faire remarquer qu’il n’y a pas de commentaires sur ce film!
          Je vous dirai pour le master, Mathieu (mais je le verrai que dimanche ou lundi!). au fait ce sera le dvd Films du Siècle?!?

      • F.Fortet dit :

        A Bertrand. La version Final Cut d’Apocalypse Now est pour moi l’un de ces rares « extended cut » ou la longueur monotone de certains plans sert magnifiquement la lourdeur de l’atmosphère.
        J’ai vu Outsiders en salle lors de sa sortie, il fut la Fureur de Vivre de ma génération. A l’époque j’avais lu que c’était une libraire d’un collège et ses deux classes qui avaient envoyé le livre à Coppola accompagné d’une lettre l’approuvant a l’unanimité des élèves quelques soient leurs origines ethniques ou économiques.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A F Fortet
          C’est vrai pour OUTSIDERS. C’est une bibliothécaire qui a envoyé le livre à Coppola (a librarian). Quant à « the Final Cut », elle est moins longue que APOCALYPSE REDUX, Coppola ayant coupé plusieurs scènes et en ayant élagué d’autres (avec la famille française)

        • F.Fortet dit :

          À Bertrand.
          I stand corrected. Je faisais référence à la version Redux . J’ai trouvé que les longueurs reflétaient parfaitement l’atmosphère lourde et immobile.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A F Fortet
          Exact

        • Alexandre Angel dit :

          Stimulé par ces derniers échanges, j’ai revu APOCALYPSE NOW REDUX (donc, version de 2001).
          C’est toujours aussi généreux en séquences inédites (quand on connaissait bien la version de 1979) et on est toujours aussi surpris par des extrapolations qu’il pouvait être difficile d’imaginer.
          Je prends l’exemple des playmates.
          Dans la version de 1979, il paraît normal que ces dernières sortent du récit à partir du moment où le show, qui finit en souk, se termine par l’envolée de l’hélicoptère qui les transporte.
          Or, toutes nos certitudes vacillent devant la version Redux avec la scène où l’équipe de Willard prend du bon temps dans les bras de ces playmates: Coppola avit donc prévu d’exploiter cette piste!
          C’est une séquence que j’aime bien, du reste, baroque, bizarre (qu’est ce c’est que ce corps dans le coffre???) et qui se termine de manière très drôle grâce au tout jeune Larry Fishburne.
          Je ne sais pas toujours comment prendre, en revanche, la séquence de la plantation française.
          Elle m’embarrasse avec ses dialogues hyper-explicatifs, ses français qui parlent anglais en s’entrecoupant de saillies en français prononcées dans un accent bizarre (sauf Christian Marquand et Aurore Clément), son mec qui joue de l’accordéon.
          Mais en même temps, elle a un charme un peu flottant, onirique, engourdissant…
          Mais j’ai eu plaisir à revoir le film. Cela faisait quelques années.

      • Mathieu dit :

        A Alexandre Angel:
        Je ne suis pas d’accord pour A COUNTESS FROM HONG KONG où je trouve Brando très bon, et le film aussi… On se rend compte qu’il s’agit d’un projet ancien qui devait être joué par Chaplin lui même et qui n’a pu se faire à l’époque (dans les années trente je crois), mais le côté démodé donne au film un aspect intemporel, en tous cas le sujet lui le paraît (intemporel) au vu de l’actualité et il y a pour moi des moments franchement hilarants. Et oui Brando est formidable dans le monologue de Marc Antoine dans JULES CESAR (il faut dire qu’il dispose d’un très bon dialoguiste). J’ai revu récemment ONE EYED JACKS et je n’ai pas été déçu et là encore Brando acteur apporte quelque chose, son côté imprévisible, ses explosions de violence quand il n’arrive plus à gérer ses comparses. Il faut que je voie THE MEN , je ne sais pas ce que vaut le DVD LCJ…

        • Alexandre Angel dit :

          A Mathieu
          Sur LA COMTESSE DE HONG KONG, j’aimerais être de votre avis. Je crois que j’avais vu le film petit à la télé (en fait , à la réflexion, je n’étais pas si petit et c’était sur la Suisse Romande). Mais en 1996, je l’ai vu projeté dans une très belle copie argentique (du genre de celle sur laquelle vous tombez une fois dans votre vie) et je me souviens que j’avais flashé sur ces plans de mer, plus ou moins houleuse, qui fonctionnaient comme une respiration dans le récit et qui avaient un côté Hergé. Les quelques révisions ultérieures m’ont déçu un peu plus à chaque fois et là, je trouve Brando mal à l’aise, pas à sa place, balourd. Comme vous, j’avais eu une impression de moments hilarants mais la dernière vision a été fatale : je n’y ai vu que gesticulations épuisantes. Je ris plus à Blake Edwards. Reste une mélancolie toute particulière et une extrême fin où il se passe quelque chose.Enfin, il me semble.

        • Dumonteil dit :

          Il faut que je voie THE MEN

          Absolument !Du même Zinnemann ,je vous conseille aussi ,sur le thème des conséquences de la guerre, »the search » (les anges marqués) dans lequel Monty Clift donne la réplique à un gamin.

        • Mathieu dit :

          A Dumonteil:
          THE SEARCH je l’ai vu et beaucoup aimé, mais votre réponse me donne envie de le revoir, et ma mémoire défaillante fait d’un film vu il y a quelques années un film nouveau… L’image qui me reste est celle d’un plan de la mère du garçon derrière un grillage. Le presque remake de Hazavanicius est par contre une catastrophe.

        • Dumonteil dit :

          A MATHIEU

          C’est en fait la première partie du film (où Clift n’apparait pas )qui est la plus impressionnante:les enfants sont terrifiés dans le camion dans les emmène car les souvenirs affreux des camps ne les quittent pas;outre Clift ,il y a aussi la merveilleuse Aline McMahon ,dont la dernière réplique « il a tout donné et n’a rien gardé pour lui » est inoubliable dans le pre-code « heroes for sale » ,vanté à juste titre par l’érudit MB.

        • MB dit :

          « vanté à juste titre par l’érudit MB. » euh je crois qu’il y a de la concurrence ici, faut s’accrocher question érudition on a affaire à forte partie par ma barbe!

        • MB dit :

          ZINNEMANN il faut que je revoie ACT OF VIOLENCE, dans lequel Robert Ryan m’avait tant impressionné, je revois encore sa longue silhouette dégingandée (je crois qu’il boîte?) ce film était dans la collec RKO bleue et a disparu de la circulation hélas.
          THE SEARCH/LES ANGES MARQUES on peut le trouver à des prix incroyables (130€?…), je comprends pas ces prix élevés d’ailleurs

  33. Gilles dit :

    De tous les essayistes mis en avant sur votre blog, Kepel (frère d’arme d’Eric Zemmour dans sa croisade contre le péril musulman) est bien le seul a bénéficier d’autant de piqures de rappel. Ça ressemble farouchement à du placement de produit.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Gilles
      Frère d’armes ?????…Il y a des termes que je préfère ne pas commenter. Et rien que dans la dernière livraison je parle de nombreux dont un, un égyptien admire Keppel et dénonce certaines des mêmes dérives

      • Gilles dit :

        A Bertrand Tavernier

        Pas du tout monsieur, vous vous trompez complètement, et vous savez aussi bien que moi qu’un Képel est la caution universitaire d’un Zemmour, et même d’un Eric Raoult figurez-vous. En deux clics sur Youtube vous les verrez tous deux chanter les louanges de cet imposteur.
        Pendant que la question de l’Islam occupe abusivement l’espace médiatique, on garde sous l’étouffoir les véritables maux de ce pays : 8 millions de pauvres, le saccage des services publics, un monde agricole dévasté, un éducation nationale dans un état déplorable. Et si Képel s’alarme de la radicalisation des jeunes dans les banlieues (qu’il nous donne des chiffres) moi je m’alarme que la 2eme cause de mortalité de la jeunesse française soit le suicide.
        Si vous connaissez la question de l’Islam à travers des essayistes auquel vous accordez votre bonne foi, il y en a qui la connaissent depuis leur quotidien et par leurs liens familiaux. A ceux-là les Képel et les Xavier Raufer leur font dresser les cheveux sur la tête.
        Vous disiez d’ailleurs sur ce même blog ne pas donner de crédit à ces menaces d’attentat contre les lieux de prière musulman. Parmi vos multiples talents je ne retiendrai pas celui de prophète.

    • Yves Rouxel dit :

      A Gilles.En revanche je vous conseille d’aller voir « Papicha »sorti il y a quelques jours en salles.On est plonger dans l’Algerie des années 90 et l’on suit une jeune étudiante qui refuse de porter le voile à la fac et va se battre contre toutes ces idées reçues sur l’islam.Le film ne manque pas d’humour malgré la dureté de cette décennie ou le peuple à subit une repression féroce de la part du pouvoir en place.Le film à éviter et c’est dommage pour elle est « Sœurs d’armes »réalisé par l’essayiste-féministe Caroline Fourest qui n’est vraiment pas douer pour la mise en scène et la direction d’acteurs.J’en dirais pas plus.

      • MB dit :

        à Rouxel/SOEURS D ARME comment passe-t’on du doc occasionnel au l.m. de fiction à gros budget ça me surprend, de nos jours tout le monde fait de la mise en scène, non seulement ceux qui n’ont jamais fait d’école de ciné, mais même ceux qui y ont touché de loin en acteur ou autre… se reposer entièrement sur la production et sur une équipe expérimentée? Tt le monde est doué pour tout, la chanson, la BD, la cuisine, les claquettes… si ya un avis positif sur le Fourest ça m’intéresse je peux faire fausse route.

      • Mathieu dit :

        Caroline Fourest n’est pas douée non plus pour le journalisme ni pour l’honnêteté intellectuelle, ni pour établir un contact avec la réalité.

        • MB dit :

          « Caroline Fourest n’est pas douée non plus pour le journalisme ni pour l’honnêteté intellectuelle, ni pour établir un contact avec la réalité. »
          OUUCHH! et on me dit que je suis méchant!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Pour en savoir plus sur C. Fourest, voyez les sites de critique des média comme acrimed.org ou certains bouquins (« Les Intellectuels Faussaires ») et articles de Pascal Boniface, un type d’une rare probité intellectuelle, lui.
          Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la situation dans le nord est syrien (avant l’intervention turque), cet excellent article de l’excellent géographe Fabrice Balanche:
          « Le nord-est syrien, entre l’enclume du PKK et le marteau turc », qu’on trouve sur Internet. C’est la transcription d’une conférence, c’est en style oral, très facile à comprendre, malgré la complexité du sujet.
          Pour ceux qui s’intéressent vraiment à la question, et en savoir plus sur le PKK, dont les milices YPG et le parti PYD qui contrôlent le nord est syrien sont une émanation directe, cet autre excellent article, du journaliste néerlandais Alex de Jong et disponible sur Internet: « Métamorphose idéologique du PKK : Une chenille stalinienne transformée en papillon libertaire ? »

        • MB dit :

          à Mathieu: je pense que je vais explorer ce site Acrimed, j’ai bien ri (on pourrait pleurer) en lisant l’article sur des proches de Sarkozy invités sur la 5, la présentatrice est particulièrement agenouillée aux bottes de ses invités, c’est à pleurer, me suis toujours méfié de ces émissions de la 5 dont le titre commence par « C à… » à voir des extraits, bon, cherchons Fourest maintenant.
          merci pour le tuyau.

  34. Damien D. dit :

    Un beau programme au festival Lumière où je me rendrai de mon côté du 17 au 19 octobre (je n’ai pu me libérer que ces jours pour faire le voyage à Lyon)… A mon programme et de Cayatte, vous ne parlez pas de LA FAUSSE MAITRESSE qui est une rare incursion du réalisateur dans la comédie (j’espère qu’il vaut tout de même le détour Bertrand ?) : je me le suis noté pour le découvrir en salle ainsi que LE DERNIER SOU.

    A noter aussi un film de Maurice Tourneur LE PAPILLON MEURTRI que je me réjouis de découvrir, LE DIABLE SOUFFLE d’Edmond T. Greville, LE TEMPS DE VIVRE de Bernard Paul et puis quelques Coppola comme COTTON CLUB (où j’espère que le réalisateur sera là pour nous le présenter le jeudi soir), LES GENS DE LA PLUIE que je n’ai jamais vu…
    Que du bonheur ce festival !

    • Damien D. dit :

      Je me répond à moi-même sur LA FAUSSE MAÎTRESSE qui est sans doute un film plutôt mineur dans la filmo de Cayatte mais où l’on retrouve la fraîcheur piquante de Danielle Darrieux et où l’on passe un bon moment avec des acteurs de seconds rôles tous pittoresques et jouant admirablement.

      Cher Bertrand, j’ai pu découvrir COTTON CLUB dans sa nouvelle restauration et dans une version director’s cut que nous a présenté Coppola, en nous disant d’oublier la version montée contre son gré en 1984 : le résultat est époustouflant, d’une beauté incroyable, ponctué de scènes musicales ajoutées, aux histoires des personnages légèrement étoffées…
      Ajoutons à cela LES GENS DE LA PLUIE : émouvant et déjà admirablement mis en scène avec en mention James Caan et Shirley Knight bouleversants. On attend avec impatience la ressortie de ces films en blu ray dans ces versions restaurées…

      LE DERNIER SOU est effectivement une belle découverte du festival et qui dans son propos n’a pas vieilli à l’heure où les arnaques sur internet ou ailleurs fleurissent de plus en plus… Noël Roquevert à son meilleur en crapule finie !

      La grosse découverte a été LE TEMPS DE VIVRE de Bernard Paul où Marina Vlady nous a signalé qu’aucun acteur n’avait été payé à l’époque : pourtant malgré un budget réduit, le résultat et la musique de Moustaki m’ont littéralement pris aux tripes… La simplicité du propos, les doutes qui assaillent le couple face au quotidien oppressant, la critique en filigranne d’une société de consommation deshumanisante, l’espoir d’un changement de vie rêvé : tout cela est traité sans lourdeur et avec grande sensibilité. Vous étiez attaché de presse Bertrand je crois sur ce film et on retrouve Alain Corneau en co-realisateur. Qu’attendent donc les éditeurs pour restaurer et diffuser un tel film ?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Damien D
        Oui j’étais attaché de presse avec Pierre Rissient et c’est nous qui avons fait sortir ce film avec l’aide de Marina Vlady et Jean Renoir grand défenseur. Je n’avais jamais réussi à localiser le moindre élément pour le citer visuellement dans le dernier épisode de VOYAGES (je n’ai pu monter qu’une interview de bernard Paul). Ceux qui avaient les droits l’ignoraient. Gaumont viens de les racheter et on verra bientôt un dvd de ce film prémonitoire qui pointe tellement de choses actuelles : tout le début fait penser aux gilets jaunes

  35. Jean-Claude DAL ZOTTO dit :

    Belle idée que celle du festival Lumières de faire redécouvrir certains films de Cayatte et dont vous faites une juste réévaluation. Je pense comme vous que Cayatte est plus un cinéaste du (mélo)drame que du film à thèses comme il le fut trop souvent à l’époque de la nouvelle vague….
    Heureux spectateurs de cet hommage qui pourront voir enfin « Piège pour Cendrillon » invisible depuis des années par des droits bloqués par Sébastien Japrisot puis ses ayants droits au motif que le film était une mauvaise adaptation…. Comme si Japrisot (Jean-Baptiste Rossi) était un cinéaste de talent ? « Les mal partis » et « Juillet en septembre » auront-ils un jour les honneurs d’une rétrospective, on peut en douter.
    Dans l’actualité, le décès de Marie-José Nat nous rappelle que cette excellente comédienne à croisé le plateau d’André Cayatte dans « La vie conjugale » en deux films dont l’originalité était de montrer un couple en crise avec dans les mêmes situations les points de vue de « Jean-Marc ou la vie conjugale » et « Françoise ou la vie conjugale ». Peut-être une réminiscence de son ancien métier de juriste dont le souci est de peser le pour et le contre.
    Ces deux films sont au catalogue de Pathé qui serait bien inspiré d’envisager une restauration à l’occasion des sorties Cayatte chez Gaumont…
    Rêvons un peu !

    • Denis Fargeat dit :

      A JC Dal Zotto
      « Piège pour Cendrillon », seul Cayatte que j’ai pu voir au Festival, est surtout une curiosité… c’est encore une de ces histoires embrouillées à base de sosie, quasiment un genre à part entière. Mais le film est très soigné, belle photographie, ambiance très noire, de belles idées de mise en scène. Le personnage de Dany Carrel évoque Edith Scob dans « Les yeux sans visage. » Musique très étonnante et minimale de Louiguy.

    • Ulick Norman Owen dit :

      des droits bloqués par Sébastien Japrisot puis ses ayants droits au motif que le film était une mauvaise adaptation…

      ce qui ne les a pas empêchés de laisser sortir un horrible remake anglais « trap for Cinderella « :deux actrices, couleurs voyantes et agressives,nudité, lesbianisme de rigueur ,etc .

      « Piège  » est le seul Japrisot qui ne se casse pas la gueule au bout d’une demi-heure ,ses quatre chapitres sont faits du même verbe conjugué à 4 temps differents ,une trouvaille ,ainsi qu’une fin ouverte ..

  36. Guilhaume Jean-Romain dit :

    sujet : »Pour une école émancipatrice »

    Bonjour,

    Il est un film, quasi inconnu en France qui est sorti au printemps dernier en dvd (VOST): « Journal d’un maître d’école » de Vittorio de Seta
    Ce film en quatre épisodes, réalisé pour la télévision publique italienne (RAI) est disponible dans un très beau livre-DVD (éd. L’Arachnéen) retraçant précisément le contexte et l’histoire atypique de sa production.
    Inspiré des théories de pédagogues réformateurs comme Célestin Freinet ou Mario Lodi, ce film rencontra pourtant un grand succès (20 millions de spectateurs) en Italie, lors de sa diffusion, en 1973.A découvrir et faire découvrir.

    Vu dans la foulée trois autres œuvres du même réalisateur:

    1960 : Bandits à Orgosolo (Banditi a Orgosolo)
    1966 : Un homme à moitié (Un Uomo a metà), avec un très bon Jacques Perrin
    1969 : L’Invitée (L’invitata)

    Des films qui mériteraient vraiment des éditions dvd, en France.

    Cordialement,

    Jean-Romain Guilhaume

    • Denis Fargeat dit :

      A Guilhaume Jean Romain
      Le DVD a été chroniqué à la fin de cette émission : https://www.franceculture.fr/emissions/plan-large/c-comme-joan-crawford

    • Mathieu dit :

      A Guilhaume Jean-Romain:
      S’agit-il de la version télé en quatre épisodes ou celle sortie au cinéma, beaucoup plus courte?
      Le PINOCCHIO de Comencini vient de sortir en Blu-Ray (édition le Pacte) mais malheureusement il s’agit de la version cinéma, là encore beaucoup plus courte.

      • Guilhaume Jean-Romain dit :

        Bonsoir.

        Il s’agit de la version TV pour la RAI en 4 épisodes.

        Le film PINOCCHIO de Comencini est, lui, sorti dans sa version intégrale en DVD (V0) en Italie (Sanpaulo Film). Le Père Emilio Cordero a supervisé le film « PINOCCHIO » de Comencini en 1972.
        Il est également le réalisateur du tout premier film en couleur italien « Mater Dei », en 16 mm, en 1950 pour « SanPaolo Film ». Ce film utilisait le système « Ansco Color », dérivé de l’« Agfacolor » allemand. Celui-là est également disponible en dvd.

        Cordialement,

        • Mathieu dit :

          A Guilhaume Jean-Romain:
          Merci pour vos précisions. j’ai le double DVD italien de PINOCCHIO version télé mais j’aurais aimé une version Blu-Ray avec des sous-titres français… Je suppose que les courts métrages documentaires de De Seta que Carlotta avait sorti en DVD il y a quelques années ont été tournés en Ansco Color. Sur le DVD Carlotta (LE MONDE PERDU) il y a une dominante bleue assez marquée.

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