Cinéma américain : Ford, DeMille, Aldrich, Russell…

9 janvier 2018 par - DVD

MUETS

TROIS SUBLIMES CANAILLES (3 Bad Men) : Dernier western muet de Ford et, à la suite de l’échec du film, sa dernière incursion dans le genre avant STAGECOACH, 13 ans plus tard, 3 BAD MEN se caractérise par un ton plus détendu, plus familier que celui d’IRON HORSE. Et qui flirte souvent avec la comédie, aussi bien dans les intertitres souvent marrants « Mike Costigan et Spade Allen n’étaient pas vraiment des voleurs mais ils avaient tendance à trouver des chevaux que personne n’avait perdu », que dans des gags, voire des séquences entières, qui paraissent improvisés et viennent adroitement contrebalancer le pathos, la tension dramatique de certaines péripéties. Notamment ce long moment où Costigan et Allen dont les trognes ont dû inspirer le Giraud de Blueberry, cherchent un fiancé pour la jeune orpheline Lee Carleton (« pas un Chinois, ils se font tuer, trop vite »), en dégotent un que leur demande traumatise et qui se disloque littéralement. Le ressort comique, amusant au départ (les airs terrifiés de « l’élu » sont cocasses), tire en longueur et devient insistant, comme quelques autres gags rustiques typiques de Ford qui est mieux inspiré lors de la rencontre entre Dan et Lee qui flirte avec la comédie américaine. La jeune fille lui balance des vannes jusqu’à ce qu’il se décide à ajuster une nouvelle roue sur le chariot. Cet humour picaresque et surtout cette familiarité avec les personnages permettent de revitaliser un scénario et des protagonistes sortis des feuilletons les plus routiniers. Le rapport avec les Indiens dont on vole les terres, est évacué, les trois « sublimes canailles » se révèlent peu efficaces et se font tuer bêtement en se séparant alors qu’ensemble ils pouvaient tenir tête à la bande de malfrats que dirige l’horrible shérif Hunter (Lou Tellegen impressionnant) dont les airs de dandy vampire qui meurt dans une caverne, annoncent John Carradine. « Il est représenté, non sans ironie, selon McBride, comme une exagération satirique du méchant de western ».

Le film fut mutilé par la Fox, notamment le personnage de Millie, la sœur de Bull Stanley qui est amoureuse du shérif. Une scène brutale où ce dernier la fouettait fut coupée. Ce qui survécut reste exceptionnel. On reste stupéfait devant la beauté sidérante de très nombreuses scènes, qu’il s’agisse du début avec cette file de charriots sur la ligne d’horizon, du rapport entre une action au premier plan – une rencontre, un enterrement aux cadrages si fordiens – et ce qui se passe à l’arrière-plan, de ces cavaliers cadrés à travers une maison en flammes. Cette beauté ne paraît pas composée, imposée, elle surgit naturellement. La caméra semble contemporaine de l’action, de l’Histoire qui est en train de s’écrire (Tom Santschi qui joue Bull Stanley a l’air de sortir d’une photo de Matthew Brady) aussi bien dans ces plans larges foisonnants, étonnants que dans ces petits instantanés quotidiens où le moindre figurant sonne juste : le directeur de journal avec sa presse dans la rue ou sur un chariot ; un Indien abat un arbre ce qui révèle tout un camp en ébullition ; dans un coin de l’image derrière un chariot, on voit les colons progresser.

De multiples détails familiers permettent d’échapper aux conventions. Il faut dire que la collaboration entre Ford et George Schneiderman (22 films) produit des miracles que ce soit dans des plans avec des noirs très contrastés (l’attaque de la maison du pasteur avec des charriots enflammés), des clairs-obscurs ou des lumières douces, à l’aube ou au crépuscule. Et la ligne d’horizon, selon un principe cher à Ford, n’est jamais au centre de l’image. On ne peut pas passer sous silence cette « ruée vers les terres » (land rush) qui s’ouvre par un extraordinaire panoramique sur les participants qui ne semble ne jamais se terminer. La course qui suit reste l’une des plus spectaculaires séquences de l’histoire du cinéma, supérieure à celle de COVERED WAGONS et de CIMARRON avec ce mélange de plans large extraordinaires, dont plusieurs en mouvement, ces cascades, ce chariot qui s’écrase et la roue qui part de son côté, et ces petits inserts (tournés après) sans oublier le plan controversé mais stupéfiant du bébé qu’un bras cueille juste avant qu’il se fasse écraser. Un chef d’œuvre.

LES BATELIERS DE LA VOLGA
Pour faire mentir des commentaires sur ce blog, signalons que Bach Films dans son coffret consacré à DeMille diffuse cette œuvre dans une très belle copie teintée avec une musique qui s’inspire de ce qui avait été écrit à l’époque. Après le générique, on peut lire que « nos mots ne plaident pas une cause, ne prennent pas parti… Nous ne voulions pas expliquer la Révolution. Aucun homme ne le peut ». La révolution en question est celle d’Octobre 17 et il est vrai que THE VOLGA BOATMAN en dresse un portrait plus nuancé, moins à charge qu’on n’aurait pu l’attendre de DeMille. Certes, les Rouges dès qu’ils s’emparent d’un domaine, d’un château, le saccagent allègrement mais les Blancs ne se conduisent pas mieux. Fêtards, buveurs, ils traitent les paysans, les pauvres avec une morgue, un mépris qui inspirent à DeMille des scènes puissantes notamment quand le Prince Nikita marque au fouet le torse du héros pour avoir refusé de lui nettoyer ses bottes. Il va renvoyer dos à dos les révolutionnaires et les aristocrates faisant condamner dans un effet de miroir ces derniers à tirer les bateaux sur la Volga, filmée sur la rivière Sacramento. Les deux camps malmènent aussi brutalement l’héroïne, la princesse Vera (Elinor Fair, excellente). Les Rouges l’ayant condamné à mort, c’est le batelier Féodor – William Boyd, le futur Hopalong Cassidy – qui doit l’exécuter (« Vous n’avez pas besoin d’une armée pour exécuter une femme seule », fait-elle remarquer). Il en résulte une scène magistrale, typique du réalisateur dans cette façon de mêler ironie et pathos, héroïsme et détails très quotidiens, une scène très bien écrite par Leonore Coffee dont c’est le premier travail pour DeMille. On a donné 5 minutes à Vera pour faire ses prières. Elle commence par jouer le chant des Bateliers au piano, puis avance les aiguilles de la pendule : « Je n’aime pas attendre. » Ce qui lui attire une réponse magistrale de Féodor en remettant la pendule à l’heure : « Voilà cinq cent ans que nous attendons notre liberté, vous pouvez bien attendre cinq minutes. » Elle arrache sa robe et juste au-dessus du sein, se dessine une croix pour l’aider à viser, ce qui le fait craquer et tomber amoureux. Ce coffret comprend un autre film essentiel de DeMille, the GODLESS GIRL (LES DAMNÉS DU CŒUR), qui commence comme une charge contre l’athéisme rendu responsable de tous les maux et bifurque tout à coup vers une dénonciation assez forte du système pénitentiaire et du traitement qu’il inflige aux jeunes.

CLASSIQUES

Phil Karlson
Il est bon de faire le point sur Karlson puisque va enfin sortir chez Sidonis THUNDERHOOF/L’ÉTALON SAUVAGE, l’un des westerns les plus ambitieux de la première partie de la carrière de Phil Karlson : 3 personnages, deux hommes, une femme et quelques chevaux, un tournage entièrement en extérieurs, en dehors d’un ou deux décors peu importants. Karlson utilise remarquablement ces paysages arides, rocailleux, escarpés, qui traduisent la violence intérieure des protagonistes : un travelling latéral surplombe de plus en plus Preston Foster et William Bishop, des contreplongées très larges isolent les personnages qui se découpent au sommet d’une crête, durant une bagarre, on passe brutalement d’un cadre serré à un plan d’ensemble. On a le droit à un pugilat teigneux, signature de Karlson, assez vite interrompu et à deux cascades spectaculaires lors de la capture de l’étalon, dont une chute de cheval devant ce dernier. Le scénario, très dépouillé, tourne autour de la capture d’un étalon sauvage (c’est la version minimaliste de The MISFITS), symbole de succès et de richesse, qui va opposer les deux hommes. Les personnages sont plus complexes que d’habitude et tous ont leur zone d’ombre, leurs accès d’égoïsme et de violence (les deux hommes sont tour à tour sympathiques et antipathiques) et le dialogue insiste sur les frustrations, les jalousies, la tentation sexuelle, avec même un petit interlude musical où Bishop fredonne entre autres, The girl he left behind, chère à Ford. Foster est meilleur que Bishop mais Marie Stuart campe une héroïne plutôt originale. Malheureusement la conclusion, soldée, n’est pas à la hauteur de ce qui précède. A noter que THUNDERHOOF sortit en copie sépia.

Et enfin, tous les éloges que nous décernions dans 50 ANS DE CINEMA AMERICAIN à BLACK GOLD en citant Doug McLeland se révèlent tout à fait justifiés. Outre cette peinture chaleureuse d’un couple d’Indiens, assez unique dans le cinéma de l’époque (comme est original le fait que le héros meure avant le dénouement), Karlson filme avec sympathie un jeune Chinois, dont le père comme celui de Quinn, a été assassiné par les Blancs et qui sera en butte à une hostilité raciste à l’école et sur le champ de course : « un cheval monté par un Indien et un Chinois ». Et ajoute des touches assez noires (la mort de Blackhawk) pour une œuvre « familiale ».

 

On retrouve les mêmes ambitions sociales dans le passionnant THE BIG CAT qui décrit une petite communauté rurale dans une région dévastée par la sécheresse. De plus le bétail est décimé par un couguar que Preston Foster, acteur cher à Karlson, va essayer de tuer, sujet qui évoque le TRACK OF THE CAT de Wellman. A plusieurs reprises, le cinéaste filme le couguar et ses poursuivants dans le même plan et on a même droit à une bataille entre le fauve et un chien dont je connais peu d’exemples. Karlson décrit un service religieux en plein air mais dirige aussi une de ces bagarres teigneuses qui sont sa spécialité, entre Foster et l’excellent Forrest Tucker. Début de Skip Homeier. Le seul DVD à peu près visible est celui qui prétend offrir une copie restaurée ce qui est faux mais nous fait regretter cette absence car les extérieurs paraissent splendides.

On retrouve les préoccupations sociales de Karlson dans ce splendide western dense, dépouillé, très bien mis en scène et joué (Van Heflin est sensationnel et Tab Hunter trouve son meilleur rôle – à noter qu’il chante une chanson écrite par Richard Quine -) qu’est LE SALAIRE DE LA VIOLENCE dont on a trop peu parlé dans ce blog extrêmement bien écrit par le scénariste de Ford, Frank Nugent et dans SAIPAN, film de guerre qui dénonçait le racisme envers les Nisei, les Japonais américains.

Revoyez THE MOB, petit polar superbement dialogué par William Bowers (l’arrivée de Broderick Crawford dans un hôtel miteux et ses échanges avec Jay Adler, acteur fétiche de Parrish, sont hilarants). La première scène d’action sous la pluie, est superbement découpée. De même que la séquence finale. Il est intéressant de comparer cette œuvre avec SUR LES QUAIS que j’ai revu et qui me déçoit toujours après un premier tiers brillant. Le scénario glisse insidieusement de la chronique sociale à l’évocation apologétique d’un cas personnel et le ton devient de plus en plus christique. On sent que les auteurs veulent s’absoudre eux-mêmes de leur délation. Plus que Brando, c’est Eva Marie Saint qui illumine le film.

Mark Robson
TRIAL (LE PROCÈS) est une œuvre passionnante que nous voulions revoir dans sa vraie version (4 minutes de plus), après la défense de Rivette et qui confirme de manière positive la remarque de Yordan reprochant à Robson de vouloir s’en prendre à l’establishment et d’être obsédé par la critique sociale. On se demande même si le titre, au-delà de son contenu judiciaire (la défense d’un jeune Mexicain accusé de meurtre), n’a pas une portée métaphorique plus large tant les auteurs mettent en cause tout ce qui déchire, ravage les Etats-Unis en 1947 : le racisme qui gangrène non seulement les citoyens mais certaines institutions, la corruption policière, les pressions sur la Justice, la manipulation orchestrée par un parti politique, le parti communiste, pour fabriquer une cause et obtenir un martyr. Sans oublier la Commission des activités anti-américaines qui renait et s’en prend dans une séquence brutale à Glenn Ford, l’avocat du jeune Mexicain parce qu’il s’est rendu à un meeting orchestré par les Communistes. La description de la communauté blanche haineuse, bigote dépasse « l’anti-racisme de complaisance ». On y voit des suprémacistes blancs qui organisent un lynchage et veulent attaquer la prison à la nitroglycérine. Le shérif ne leur parle qu’après avoir été payé par Ford et les désarme en leur promettant une « pendaison humaine ».
Nous ne connaissons aucun film de cette époque qui s’en prenne aussi frontalement à autant de thèmes brûlants et on aurait pu s’y perdre. Mais Robson orchestre le scénario de Don Mankiewicz (I WANT TO LIVE) avec une rigueur, une force de conviction assez remarquable qui n’exclut pas la subtilité : le personnage du juge noir incarné par Juano Hernandez fait apparaître les limites de l’anti-racisme de Ford (dont la déstabilisation nous vaut un plan magnifique). TRIAL évoque de manière prémonitoire et avec une grande justesse comment une cause (et donc la politique) se transforme en spectacle lors de la scène du meeting communiste, l’une des plus spectaculaires, des plus brillantes que Robson ait jamais tourné, avec des changements de plan, d’axes qui n’ont rien à envier à ELMER GANTRY. Arthur Kennedy en avocat manipulateur y est sensationnel et ses méthodes semblent très proches de celles des prédicateurs fondamentalistes. On peut regretter les motivations superficielles données par Dorothy McGuire, par ailleurs, excellente, pour justifier son adhésion au Parti et surtout les 10 dernières minutes qui sacrifient aux travers des films de procès (avalanche de coups de théâtre) et à une vision plus univoque et conservatrice, défaut courant dans les productions Dore Schary. Partition moderne, inventive et discrète de Daniele Amfiteatrof. Proche de celle de THE HARDER THEY FALL.

Revus du coup LES PONTS DE TOKO-RI  que nous avions expédié avec condescendance dans 50 ANS. Le film vaut mieux que cela. C’est une chronique plutôt désenchantée d’un épisode de la guerre de Corée et le ton n’est ni exaltateur ni cocardier. Au contraire. Le film comprend dès le début des péripéties assez sombres : les avions se crashent dans l’Océan, Holden ne comprend pas pourquoi on fait cette guerre et même les explications de l’amiral très bien joué par Fredric March ne le convainquent pas. March est lui-même comme miné par la mélancolie. On le sent désillusionné. Et lors des séquences finales brillamment filmées et orchestrées par Robson, Holden déclare : « Mauvaise guerre, mauvais endroit. » LES PONTS DE TOKO-RI contiennent aussi de très beaux plans d’appontage. Il faut revenir sur Robson qui semble n’avoir jamais totalement renoncé à l’engament social ou esthétique de ses premiers films, sensibles dans BEDLAM, THE SEVENTH VICTIM (et aussi le curieux YOUTH RUNS WILD), THE CHAMPION ou HOME OF THE BRAVE. Cela dit ROUGHSHOD est un western moyen que rehausse la présence de Gloria Grahame.

EMPEROR OF THE NORTH
EMPEROR OF THE NORTH concentre, regroupe dans une sorte d’épure minimaliste impressionnante un grand nombre d’obsessions, de thématiques chères à Aldrich de THE BIG KNIFE à HUSTLE, d’ATTACK à THE LONGEST YARD, ULZANAH’S RAID : l’existence vue comme un exercice de survie, un affrontement sans merci, filmé avec colère, avec rage, entre le marginal, l’outsider et le représentant, le défenseur de l’ordre, du système qui est souvent un névropathe de la pire espèce. Schack qu’incarne Ernest Borgnine dans EMPEROR bat tous les records de brutalité, de mépris, de sadisme. Il ne vit que pour mutiler, éliminer, par tous les moyens les vagabonds qui tentent de voyager sur « son » train, aidé par un nervi demeuré. Il dispose d’un arsenal impressionnant de chaînes, de marteaux, de matraques plombées qu’il fait rebondir pour casser la colonne vertébrale de ceux qui s’accrochent aux essieux. C’est un bloc de haine, une haine animale qu’Aldrich, refusant toute psychologie, n’essaie jamais de justifier, d’expliquer, de corriger par une touche humaniste (reprocher que ce personnage manque de nuance équivaut, comme dirait Burt Lancaster dans ULZANA’S RAID, à se plaindre que le désert soit aride). C’est l’une des interprétations les plus physiques de Borgnine qui ne cesse de courir sur le toit des wagons, de sauter des locomotives. En face, A no1, le chemineau anarchiste que joue avec une rare économie Lee Marvin, veut réussir à voyager sur ce train et il s’ensuivra un duel à mort que rien ne paraît justifier, sauf l’orgueil des deux hommes, la colère qui les habite et le code de l’honneur de A no 1. Leur rivalité, leur affrontement survolte le film, lui communiquant une puissance d’abord mise à mal par une pénible chanson d’ouverture. Comme souvent chez Aldrich l’action est circonscrite dans un lieu clos (la maison de CHARLIE CASTLE, celle de BABY JANE, la prison de THE LONGEST YARD), parfois située comme ici (et ULZANA’S RAID ou FLIGHT OF THE PHOENIX) dans d’immenses espaces qui sont perçus comme une forme différente de prison. Les extérieurs ne sont ici comme dans ULZANA ni cathartiques ni libérateurs.

DAVID O. RUSSELL
3 KINGS/LES ROIS DU DÉSERT
A la fin de la première guerre du Golfe, un soldat américain, Troy, marchant dans le désert, voit au loin sur un monticule un individu qui agite les bras avec un chiffon. Il demande s’il doit tirer… Autour de lui, des petits groupes de militaires ne se sentent pas du tout concernés par sa question, et se concentrent sur un grain de sable dans un œil. Croyant voir une arme, il tire et tue quelqu’un qui voulait se rendre avec un drapeau blanc. « C’est mon premier melon mort », constate placidement Conrad (Spike Jonze), un des copains de Troy. Le ton est donné. David O. Russell et son coscénariste John Ridley (12 YEARS A SLAVE) entendent faire voler en éclat tout le vernis de cette guerre médiatique, un sacré merdier s’abritant sous des couleurs humanistes. Et ils n’épargnent personne : ni les médias (qui sont tenus par l’Armée qui les aiguille sur de faux scoops), ni les symboles (on danse et on se saoule devant les drapeaux, en déconnant au son de God Bless America) ni le racisme qui sévit chez les soldats et les officiers. L’adjudant Elgin, venu de Detroit aux frais de l’Armée précise un carton, que joue Ice Cube, entend corriger le vocabulaire de Conrad : « Je me fous qu’il soit de Johannesburg. Je ne veux pas entendre « bamboula des dunes » ou « nègre des sables » » – « Mais le Capitaine utilise ces expressions. » Troy intervient  : « Ça n’est pas le propos, Conrad. Il existe de très bons substituts comme « melons » ou « sauteur de chameaux » Elgin : « Exactement. » Plus tard, Archie Gates (George Clooney) résumera la morale de ce conflit : « Bush a dit au peuple de se soulever contre Saddam. Ils pensaient qu’on allait les soutenir. Je t’en fous. Et maintenant ils se font massacrer. » On a envie de créditer David O. Russell, au vu de ses œuvres précédentes, pour le ton déjanté du film, pour les continuels changements de ton. On a l’impression que chaque scène contredit, voire annule la précédente, brouille les pistes ou bifurque dans une direction inattendue. Comme si le scénario s’inventait sous nos yeux (ce qui, dans une aventure guerrière, paraît des plus réalistes) dans une atmosphère de chaos absolu. Les choses commencent de manière sérieuse pour buter sur une remarque hilarante (« Qu’est ce qui se passe avec Michael Jackson ? » surgit au milieu d’un interrogatoire plutôt violent), une parenthèse drolatique ou un gag de cartoon. Une série de vannes caustiques, cyniques, (on ressent même un vrai malaise devant cet égoïsme auto-proclamé) est interrompue de manière foudroyante par  un plan où un militaire fait exploser la tête d’une femme irakienne devant sa fille. Durant leur raid, les quatre Rois (On se demande pourquoi le titre n’en retient que trois), traversent un pays ravagé, affamé et dans le premier bunker où ils comptaient trouver de l’or tombent sur une foule de prisonniers qui ont été torturé par les sbires de Saddam.

On a beaucoup dit que le sujet – quatre militaires vont monter une opération pour piquer l’or que Saddam avait volé au Koweit – faisait penser à un mélange de KELLY’S HEROES (qui a moyennement bien vieilli) et de M.A.S.H. Ce n’est pas faux et sans doute que John Ridley, auteur du sujet original, y a pensé. Mais on doit aussi remarquer que les deux guerres servant de cadre à ces œuvres étaient plus lointaines, plus abstraites pour le public (même si la Corée renvoyait au Vietnam) que celle, quasi contemporaine de THREE KINGS. Et le propos du film est nettement plus direct, les allusions beaucoup plus précises. Lors de la longue séquence d’interrogatoire de Troy, le Capitaine Saïd (Saïd Taghmaoui, formidable de dignité et de conviction), retourne, réfute, balaye de manière imparable tous les arguments de l’Américain, tout un discours officiel  justifiant cette guerre tout en condamnant Saddam Hussein.

THREE KINGS a reçu un accueil  hostile  de la part de certains donneurs de leçons cléricaux jugeant éculée cette dénonciation de l’absurdité de la guerre (pourtant le film, loin de dénoncer l’absurdité de la Guerre, s’en prend aux caractéristiques concrètes d’une guerre spécifique, aux mensonges, aux calculs, aux faux prétextes qui l’ont provoquée) et critiquant les partis pris visuels « antipathiques », esthétisants (caméra en mouvement qui vous plonge au milieu de l’action, montage éclaté, suppression du bain de blanchiment dans l’image). Ils s’appuient surtout sur les dernières scènes, les plus faibles, les plus discutables, où Clooney et ses potes vont aider des réfugiés irakiens à franchir une frontière. Ce rachat, souligné par des ralentis qui sont, là, intempestifs (dans le reste du film, Russell les utilise de manière magistrale) est à la fois lourd et contre-productif. On a l’impression que les auteurs ont eu peur que leurs personnages révulsent le public (ce qui s’est un peu passé, le film n’a pas été un succès) et qu’ils ont voulu les racheter en sacrifiant à l’effet ROCKY. A la toute fin, clin d’œil ironique, ils font de Clooney un conseiller pour les scènes d’action hollywoodiennes. On peut constater que la plupart des films qui ont voulu mêler à des sujets « sérieux » la comédie et l’aventure ont été souvent reçus avec le même genre d’arguments à commencer par M.A.S.H. décrié par ceux-là même qui s’en servent contre THREE KINGS et avec des arguments identiques. Ce n’est jamais la bonne manière d’aborder la guerre surtout si vous affichez des ambitions progressistes, toujours récupérées. Il est bon de rappeler que TO BE OR NOT TO BE fut accusé d’exploiter et de faire rire bassement au détriment de l’invasion de la Pologne et Lubitsch prit la peine de répondre à un critique de Philadelphie. ARISE, MY LOVE connut le même sort. Michel Chion a par ailleurs brillamment retoqué cette approche critique qui consistait à prendre un ou deux points plus faibles pour annihiler tout un film qui survit brillamment à cette péripétie inutile.

Je n’ai guère aimé I HEART HUCKABEES de Russell où toutes les ambitions me paraissent plombées par un esprit de sérieux et ratent leurs cible.

En revanche, SPANKING THE MONKEY me paraît plus réussi malgré quelques faux-pas. Débuts prometteurs pour David O. Russell avec cette pseudo comédie de teenagers (qui coûta 80 000 dollars) qui parle de sexe mais pas comme on s’y attend. Le titre, métaphore argotique pour la masturbation, renvoie à plusieurs scènes où Ray, jeune étudiant en médecine très prometteur, tente vainement de se masturber dans les toilettes, bloqué chaque fois par le barouf du chien dont il est censé s’occuper. En fait de sexe, le film aborde un sujet plus scabreux et pratiquement tabou. Ray se voit contraint par son père, un vendeur de vidéos pingre, obsessionnel jusqu’à l’autisme et qui profite de ses voyages pour tromper sa femme, de s’occuper de sa mère, clouée au lit par une fracture. Il doit l’amener aux toilettes, à la douche et cette proximité qui n’est jamais filmée de manière émoustillante, entraîne des rapports étranges, malsains qui vont basculer vers l’inceste et l’on pense au SOUFFLE AU CŒUR de Louis Malle. En fait et le père et la mère traitent leur fils comme leur propriété personnelle sans chercher ni à l’aider ni même à le connaître. David O. Russell traite ces rapports sur un ton personnel, original, à la fois intime, pince sans rire et marqué par un humour décalé. Lors de leur première rencontre, le père impose à son fils un entassement de règles aussi tortueuses qu’aberrantes mais la séquence est jouée sérieusement, avec conviction, pas du tout comme une scène de comédie, ce qui en accroît la drôlerie, l’étrangeté et la vérité. Il nous fait sentir l’instabilité des rapports entre Ray et sa mère et, ce qui en décuple la tension, on sent que les scènes peuvent aller dans n’importe quelle direction. Le film doit beaucoup à l’interprétation tranquille, nuancée, à la douleur sous-jacente de Jeremy Davies et à celle, bouillonnante, tourmentée d’Alberta Watson qui, elle, blesse avec une désinvolture aveugle, minée par le déni, anesthésiée par ce que lui a fait subir son mari.

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Commentaires (65)

 

  1. Yves Rouxel dit :

    Un cinéaste dont on ne parle pas assez ici,c’est Carlos Saura et son premier long métrage sortie en 59 mutilé et censurer par le pouvoir militaire de Franco. »Les voyous »est un tableau noir de la jeunesse madrilène,des marginaux et de tous ceux qui rèvent d’un meilleur avenir dans un pays cadenassé et bravant les droits de l’homme.Venant de la photographie,ayant pour maitre Jérôme Bausch,Saura apportera dans toutes ses réalisations un coté pictural jouant sur les couleurs voire sur la noirceur des individus perdus dans la réalité quotidienne.En découvrant le film je me demande même si certaines scènes n’ont pas été tourner en camera caché car on voit distinctement déambuller des passants dans les rues de Madrid,certains regardent l’objectif de la camera!!!

  2. Stephane dit :

    Par ce lien vous pourrez visionner le grand prix du festival de Cognac 2016, qui vaut surtout pour sa bande originale due à un compositeur qui mérite l’attention.

    https://www.youtube.com/watch?v=F7mBe9bGv5k&t=3s

  3. Yves Rouxel dit :

    Quand on pense à Jacques Demy on évoque forcément »Les parapluies »ou »Les demoiselles »ou encore »Peau d’ane »mais oublie cette drole de comédie sortie en 73″L’évenement le plus important depuis que l’homme à marcher sur la lune ».Il faut savoir que l’idée de ce scénario est venu de Jacques et de sa femme Agnès qui était enceinte de Mathieu et de Marcello et Catherine Deneuve qui attendait la venue de Chiarra.L’idée au départ était géniale mais en revoyant le film j’ai un peu souffert pour la mise en scène et les séquences convenues.Bien sur ça m’a fait plaisir de revoir Alice Sapricht dans son propre role ainsi que Mireille Mathieu interroger à la tv par Denise Glaser et qui chante la chanson du générique mis en musique par Michel Legrand puis Jacques Legras,Henri Poirier,Madeleine Barbulet qui à dut mal à passer son permis de conduire et Claude Melki (inoubliable dans l’acrobate).Enfin une curiosité de plus à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A YVES ROUXEL
      En fait le film est très mauvais et complètement plat. Ce n’est pas une curiosité

      • MB dit :

        L EVENEMENT… c’est ce qu’on appele une fausse bonne idée.
        j’ai un problème avec Demy: je déteste LES PARAPLUIES ou UNE CHAMBRE EN VILLE et cette fausse bonne idée encore (je reste poli) de chanter « passe-moi le sel » ou « le fonds de l’air est frais ». Par contre j’aime assez LOLA et ce chef d’oeuvre qui me laisse pantois LES DEMOISELLES, là, tout est réussi, et pourtant on y chante aussi « tiens j’ai oublié le pain » ou « le petit me fait une petite grippe », mais il y a une histoire mieux structurée et plein de gags ou de dialogues plus cocasses. Darrieux ou Perrin sont si charmants, les deux soeurs aussi bien sûr.

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Si vous n’aimez pas LES PARAPLUIES, vous aimerez peut-être cette parodie par les Inconnus:
          https://www.youtube.com/watch?v=9tj9Pcv4394

        • Alexandre Angel dit :

          Dans LES DEMOISELLES, il y a même un pervers qui s’appelle Dutroux, il fallait le faire!!
          Moi je n’ai tellement pas de problèmes avec Demy que même L’EVENEMENT, j’y ai pris plaisir. Et PARKING n’est pas un calvaire pour moi : pas seulement parce qu’on peut se foutre de Francis Huster, ce qui constitue un plaisir tordu, mais tout simplement parce qu’il y a un imaginaire pas déplaisant.
          Mais c’est mauvais quand même..

        • MinettePascal dit :

          Moi, je n’aime ni LES DEMOISELLES (le film s’entend) ni LES PARAPLUIES. Je reconnais la nouveauté, l’originalité et le génie de Michel Legrand, c’est plutôt l’esprit de la chose qui ne m’atteint pas pour ne pas dire m’irrite. Comme je suis le seul, c’est pas bien grave.

        • MB dit :

          cet Alexandre Angel il est tellement cinéphile qu’il aime même les mauvais films!

        • Alexandre Angel dit :

          A MB,
          Ah oui, ça m’arrive mais je ne ferais pas de prosélytisme.
          Bon, crevons l’abcès, on a pas encore parlé de LADY OSCAR.(par contre je serais intraitable sur 3 PLACES POUR LE 26!).

        • MB dit :

          à Mathieu: eh bien cher collègue, cette parodie me laisse froid, on dirait l’original. J’ai l’impression que les bonnes parodies sont des variations de leur original parodié, et qu’on peut apprécier les deux. Spike Jones m’a fait découvrir l’original de Carmen et j’aime les deux. SPACEBALLS de Mel Brooks fonctionnait beaucoup au 1er degré émaillé de certains gags réussis l’idée de prendre l’acteur de J AI RETRECI LES GOSSES (tiens, celui-là le n°1 m’a bien fait marrer) pour jouer Dark Vador excellent. Truffaut n’aimait pas les parodies mais il était un peu robespierrien.

        • Denis Fargeat dit :

          Mel Brooks est un génie dans son genre – le seul fait qu’il ait produit « Éléphant Man » et ait été cherché David Lynch , qu’il appelait « James Stewart from Mars » pour le réaliser, mérite notre reconnaissance… Pour « Spaceballs », deux gags qui sont d’un grand satiriste : maître Yogurt qui ouvre aux héros la caverne pleine des produits dérivés du film ; et Rick Moranis qui recherche dans la VHS du film l’endroit où ces héros se cachent…

        • Damien D. dit :

          A MinettePascal, non vous n’êtes pas le seul : les films musicaux de Demy-Legrand me sortent par les yeux aussi (peut être un bémol sur les DEMOISELLES que j’avais trouvé beau visuellement). Par contre LOLA j’ai beaucoup aimé (la beauté d’Anouck Aimé !). LA BAIE DES ANGES j’en ai des souvenirs plus vagues en dehors de Moreau en blonde platine mais je vais le revoir demain au festival Premiers plans d’Angers.

        • MinettePascal dit :

          Sur la parodie, c’est quand on la joue comme un drame qu’elle fait rire. Rien de pire que les comiques qui ont l’air de penser qu’ils déchirent. Chez les Inconnus, c’est Didier Bourdon le plus marrant car la plupart du temps, il joue tout au premier degré.
          Bref, la parodie, ça se travaille, faut pas faire les choses à demy.

        • MinettePascal dit :

          A DAMIEN : Merci pour votre solidarité. Je pense que chacun ici a l’exemple d’un chef-d’oeuvre qu’il n’arrive pas à aimer et même d’un navet qu’il adore…
          Je vous prends en flagrant délit de jeu de mots : vos souvenirs VAGUES de LA BAIE des anges !

        • Denis Fargeat dit :

          Drôle de hasard… sur France musique maintenant (42ème Rue), une version scénique des « Parapluies… » …. bien que n’étant pas très client au film ni à Michel Legrand en général, je trouve que ça marche plutôt bien…
          Au chapitre des parodies , il y avait ça : https://www.youtube.com/watch?v=IohkCwZ1X0M
          Dernière chose que m’inspire ce chapitre,  » Les demoiselles » comportent des moments ridicules ( Gene Kelly ressemble à Mickey mouse ) mais aussi des instants de grâce : l’ouverture sur le pont transbordeur marche toujours merveilleusement, je trouve…

        • MinettePascal dit :

          A DENIS : Incroyable que Michel Legrand ait accepté la parodie pour un sujet pareil ! Il a un grand sens de l’humour… ou celui des affaires.

        • MinettePascal dit :

          A DENIS : C’est pareil pour les versions théâtrales de WEST SIDE. Parfois plus attirantes que le film.

        • Damien D. dit :

          Revu donc hier soir LA BAIE DES ANGES dans sa copie restaurée. Agnès Varda étant venue présenter le film au public et curieusement n’en disant pas grand chose si ce n’est techniquement (les décors et costumes voulus en noir et blanc par exemple) et l’idée de départ venue à Demy en ayant joué et gagné une fois au casino à Cannes. Je comprend pourquoi j’en avais gardé peu de souvenirs : les personnages y sont sans doute trop peu attachants et trop peu définis. Moreau dans le rôle de parvenue cherchant dans le jeu à soigner son divorce ne touche guère et agace même parfois. Claude Mann pourtant acteur sensible est assez falot et la relation des deux personnages paraît à certains moments plaquée : Claude Mann passant son temps à se révolter contre Moreau et son addiction puis dans la seconde qui suit s’excusant automatiquement et platement auprès d’elle…
          Les points forts du film restent donc dans le thème abordé (l’enfer du jeu et sa dépendance) même si là encore Demy se contente d’user le thème de manière répétitive (un coup ils gagnent, un coup ils perdent, etc.). Là où le film est aussi une bonne surprise c’est dans l’utilisation du noir et blanc (très belle photo de Jean Rabier), les mouvements d »appareils (le travelling avant ouvrant le film est une petite merveille à lui tout seul) et le thème de la musique de Legrand y est pour le coup convaincant. Au final un bon film de Demy même si selon moi inférieur à LOLA.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A DAMIEN D
          JE PARTAGE ASSEZ CET AVIS ET LES PERSONNAGES (NI LES ACTEURS) NE M’AVAIENT PAS INTERESSÉS

        • Alexandre Angel dit :

          Non mais dîtes donc, vous allez encore le casser longtemps comme ça Jacques Demy?? C’est une mutinerie!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Exact, je trouve que vous exagérez un tantinet et dieu sait si Demy ne fait pas partie de mes cinéastes favoris. Mais l’audace des PARAPLUIES, des DEMOISELLES, la beauté de LOLA et des courts métrage, certains moments d’UNE CHAMBRE EN VILLE ne peuvent être traités avec condescendance. Et le travail de Legrand est magistral. Il n’est que de voir les dizaines d’interprétations sublimes chantées ou jouées par des jazzmen provoquées par LES PARAPLUIES avec un sens mélodique incroyable (les versions de Streisand, d’Astrid Gilberto, de Paul Desmond, Stan Getz, jimmy Rowles)

        • Damien D. dit :

          Petite correction : le travelling ouvrant LA BAIE DES ANGES est un travelling arrière et non avant… Un autre travelling arrière clôt d’ailleurs la dernière scène du film où Moreau part du Casino rejoindre Mann.

        • Yves Rouxel dit :

          A MB et autre aussi.Je conseille à tous les coffrets « La camera explore le temps »chers à Alain Decaux,André Castello et Stellio Lorenzi qui à beaucoup fait pour la tv française dès les années 60.J’ai vu »L’affaire Calas »qui se déroule à Toulouse en 1762 ou un commercant drapier fut accuser à tort d’avoir tuer un de ses fils et d’avoir été rouer pendant plusieurs jours.Mème si le jeu des acteurs est théatrale,le contenu de cette histoire est à savoir.Grace à Voltaire qui aida à la réhabilitation de Calas et demanda l’éviction du capitoul de Toulouse qui n’était ni juge,ni magistrat mais le maire de la ville.On évoque la secte des pénitents blancs qui sévissait dans les milieux catholiques et qui firent arreter quantités de protestants innocents.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Vous avez raison, je me suis régalé avec certains épisodes. C’est chez ELEPHANT

        • MB dit :

          à Yves Rouxel/LA CAMERA… si on veut avoir une idée du boulot que ça demandait les diffusions en direct du tournage ya qu’à voir ADIEU PHILIPPINES! les câbles énormes qui traînent partout et qu’il faut virer vite au moindre déplacement de caméra! La BBC faisait le même travail avec par exemple les premiers épisodes de Quatermass.

        • Damien D. dit :

          A Alexandre : On ne casse pas systématiquement Demy (LOLA reste à mes yeux son meilleur film).
          Reconnaître l’audace, comme le fait Bertrand, des PARAPLUIES, des DEMOISELLES n’est finalement pas vraiment remise en cause mais cela ne veut pas dire que l’on adhère pour autant à cette audace ! Le travail musical de Legrand est peut-être magistral mais c’est le procédé des scènes chantées qui est discutable. Personnellement LES PARAPLUIES, je n’y arriverai jamais… Mais tous les goûts sont dans la nature.
          De LOLA, je passerai via Corinne Marchand à CLEO DE 5 A 7 que des amis vont voir cette après-midi au festival. Chef d’oeuvre absolu de Varda : quel dommage que Corinne Marchand n’ait pas plus tourné dans de grands films (elle était aussi magnifique dans le film de Calef L’HEURE DE VERITE). On pouvait aussi curieusement l’apercevoir dans des films de seconds (ou troisièmes) plans comme dans un western italien médiocre avec Giuliano Gemma ARIZONA COLT…

        • MinettePascal dit :

          A Damien : Oui, Damien, mais c’est barbant de toujours retomber dans les mêmes discussions. On peut reconnaître des vertus, voire du génie, sans pour autant révérer le produit fini. Ouf !
          Et oui, je sais, Darius Milhaud répondait à cette dame qui n’aimait pas Beethoven….

        • Alexandre Angel dit :

          A Damien,
          Non mais en même temps j’en rigolais et rien n’est indéboulonnable. Mais je croyais naïvement que la place de Demy au panthéon du cinéma français était acquise ici (malgré et avec ce qu’il a raté) or j’ai réalisé que non.
          LA BAIE DES ANGES est un film que j’avais aimé (malgré la coiffure de Jeanne Moreau, pas très heureuse je l’admets)pour son côté (et là je sors l’ artillerie un peu lourde) dostoïevskien et bressonnien (ouch!)et sa mélancolie solaire et cafardeuse (il y a un thème de Legrand qui fait vraiment merveille dans ce registre).

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Bon d’accord Bertrand,je vais essayer de relever le niveau avec deux drames ruraux.Le premier vous l’évoquez dans le bonus du film d’Henry Hathaway »Prisonnier de la haine »qui est à mi chemin du western et du drame rural.J’ai surtout apprécié le coté mystique de l’œuvre avec le personnage féminin qui fait des incantations quand elle se rend sur les terres du »prés gémissant »(drole d’endroit quand même).Comme vous le faites remarquer Harry Corey jr tient le film dans ce role de guerisseur faiseur de miracles,quel charisme face à John Wayne qui est un peu effaçé et ne comprends pas le lien familial entre eux.Par contre la traduction et le sous titrage est assez mauvais,certains mots sont carrément omis.Continuons en revenant en France,en provence avec le second film de Marcel Pagnol »Jofroi »car le premier à disparu.Le point fort de ce drame rural vient du role principal vient du compositeur attitré de Pagnol,Vincent Scotto qui endosse le personnage d’un vieux paysan qui décide non sans mal de vendre un bout de terrain à Fonse.La première scène se déroule dans le cabinet du notaire.Au premier plan autour du bureau,on retrouve Jofroi,Fonse et le notaire,au fond de la pièce il y à Barbe la femme de Jofroi qui bondit de sachaise en invectivant le notaire et le nommant Monsieur le président.Le lendemain Fonse se rend sur le terrain qu’il à acheter pour 12.000 francs,accompagné de samule afin d’arracher les péchers de la terre.Là il est accueuillit par Jofroi qui le menace avec un fusil et lui conseille de foutre le camp.On sent que Jofroi est attaché à sa terre et surtout à ses arbres qu’il à planter à l’époque ou Barbe était enceinte.Il se rappelle avoir été jusqu’à Aubagne acheter les plants qu’il à porter sur son dos.Ensuite c’est une succession de rebondissements et d’une forme de chantage qu’échafaude ce vieux Jofroi,contre Fonse,l’instituteur du village,du curé et de Tonin .Il y à de la noirceur dans cette fable provencale et Pagnol met déjà en place sa petite troupe avec Charles Blavette,Henri Poupon et tous ces acteurs inoubliables à l’accent chantant et à la répartie dans les comportements.Je signale que le film à été tourner à La Treille,lieu ou Pagnol à vécut près d’Aubagne et que Raimu avait refuser le role de Jofroi car le film était trop court à son gout.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          C’est Harry Carey, pas Harry Carey jr qui était son fils, acteur que Wayne considérait comme son maître

        • Julia-Nicole dit :

          A propos d’Harry Carey Jr, je conseille son livre de souvenirs LA COMPAGNIE DES HEROS, paru en France il y a une quinzaine d’années, dans lequel il évoque longuement sa carrière avec John Ford.
          Il rapporte aussi une scène avec son père, en 1946. A la question de savoir pourquoi ce dernier ne travaillait plus avec Ford depuis longtemps, Carey répondit après un long silence: « Parce qu’il ne me demande pas ». Et il ajouta: « Mais, toi, tu travailleras avec lui. Je te parie tout ce que tu veux ».

        • MinettePascal dit :

          A JULIA-NICOLE : J’aimerais bien lire ça. Il y avait ce documentaire où il l’ont ramené dans le désert, à l’endroit précis où il apprend que Lucie est morte dans la PRISONNIERE. Il était ému en diable en racontant à quel point le regard de Wayne était impressionnant.

    • ballantrae dit :

      J’adore Demy en général mais la redécouverte du film via un DVD en promo a été pour ma part un flop: bonne idée de départ et déception sur toute la ligne…
      L’insistance avec laquelle il filme le concert de M Matthieu quand apparaissent les premiers symptômes est bizarre mais vite pénible ( c’est du M Matthieu avec ou sans second degré!).
      Le reste est aussi curieux: pas très drôle, pas mal joué mais sans relief…et visuellement terne ce qui est un comble chez un esthète aussi raffiné.

    • dumonteil dit :

      A YVES

      on oublie aussi souvent « the pied piper  » qui apparaît avec le recul comme le côté sombre de « peau d’âne « ;ce dernier avec sa lumière et ses chateaux renaissance , l’autre avec son moyen-âge obscur ;le problème,déjà souligné à l’epoque,c’est que le joueur de flute joué par Donovan semble « hors-jeu « ;reste sa belle chanson « sailing homeward »; c’est pour moi le dernier Demy intéressant; « l’evenement » est si mauvais qu’il force une actrice aussi douée que Micheline Presles au cabotinage ; »lady oscar » ne vaut guère mieux ,si ce n’est qu’on peut voir Lambert Wilson dans un rôle de « soldat récalcitrant ».
      j’adore cette réplique de « Lola « : « si tu savais ta géographie,tu saurais qu’à Chicago,il n’y a pas de marins mais des gangsters! »

  4. Nicky Farnese dit :

    De Mark Robson, il faut revoir aussi à la hausse LOST COMMAND. C’est l’occasion, il vient de ressortir en DVD. Du gros pavé de Jean Lartéguy, le film garde l’essentiel, sans sacrifier pour autant les personnages. Le colonel inspiré par Bigeard (moi je croyais que c’était pas Massu) est un paysan pour qui l’armée est un prétexte à gravir les échelons de la respectabilité sociale. Pour y parvenir, il utilise le patriotisme d’Alain Delon autant que le sadisme de Maurice Ronet. La séquence où il tourne le dos pour ne pas le voir torturer les fellagas, tout en laissant faire parce que ça lui est utile, dit à peu près tout du personnage. Fier de revenir au pays à bord d’une voiture de luxe, retrouver sa mère qui lui dit « et avec la force que je t’ai donnée tu n’est pas encore général ? » Au moment de l’attaque par laquelle il va capturer le chef des rebelles, sa pipe de paysan basque lui tombe de la bouche. Gros plan sur la pipe au sol, et Anthony Quinn qui crie « ma pipe ! » Sa pipe ayant été dans tout le film le symbole de ses racines paysannes. Qui a dit que Claudia Cardinale n’était pas crédible en algérienne de la casbah. George Segal en chef des rebelles, bon… mais Omar Sharif ne pouvait pas tout jouer non plus. Anthony Quinn est un acteur immense, que la presse française a toujours considéré avec condescendance, pour je ne sais quelles raisons.
    La photo de Robert Surtees est splendide et c’est le seul film intéressant que Delon ait tourné avec les américains. Mais a-t’on supporté à l’époque que des américains viennent se mêler de nos histoires, d’où la mauvaise réputation du film ?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Nicky Farnese
      Je suis en gros d’accord avec vous sur ce film à réhabiliter sauf l’histoire d’amour avec Morgan

      • Egalement d’accord sur THE LOST COMMAND qui vaut bien mieux que tout ce qui a été dit et qui m’empêcha longtemps de le découvrir à sa juste valeur. Sur LES PONTS DE TOKO RI je suis heureux de découvrir cette nouvelle approche d’un film que Jean Tulard dans son dictionnaire qualifie de « beau et grave ». On dirait que tout est bâti sur le sentiment de mort imminente que ressent Holden à plusieurs reprises dans le film, son histoire d’amour avec Grace Kelly et ses filles ne faisant qu’en renforcer davantage le présage. La scène finale, tragique et inéluctable, clôt douloureusement le film avec ce sentiment du « vécu » assez rare et où l’identification du spectateur est totale. De ce point de vue c’est un film de guerre très émouvant qui fait penser parfois à A TIME TO LOVE AND A TIME TO DIE de Sirk.

        • Alexandre Angel dit :

          A Bruno FRANÇOIS BOUCHER
          ….LES PONTS DE TOKYO-RI qui est repris dans un cinéma de façon délicieusement improbable dans LES HERBES FOLLES. Facétie mystérieuse dont Resnais avait le secret.

        • Alexandre Angel dit :

          ..TOKO en fait

        • Yves Rouxel dit :

          A Bruno.Je n’ai pas revu « Les centurions »depuis pas mal de temps mais je voulais revenir sur un entretien qu’a accorder Alain Delon.Il évoque son amertume de la vie et qu’il est carrément dégouter des politiques et de tous les hommes de pouvoir en place un peu partout.Il déclare également que toutes les femmes qu’il à aimer sont partis et qu’il attendait la mort avec une certaine impatience.Pourtant à 82 piges Delon pense à remonter pour la dernière fois sur les planches et tourner un dernier film avec Patrice Leconte.Bon vent à lui et bonjour à la Suisse au passage(aucun rapport avec le film de René Manzor qui ressort en dvd).

        • Nicky Farnese dit :

          A Y ROUXEL

          Depuis des années Delon est annoncé dans des films qui sont finalement joués par d’autres (Depardieu dans Mesrine, Johnny dans Vengeance, Dussolier dans Cortex) Le Leconte, ben ça serait mieux qu’il ne se fasse jamais. Visez un peu le titre « L’Art du compromis ». On croirait l’adaptation d’un essai de Boris Cyrulnik ou de Jacques Salomé.

    • Alexandre Angel dit :

      A Nicky Farnese,
      ces réhabilitations auxquelles notre hôte nous habitue quand il juge qu’elles se justifient et auxquelles vous ajoutez votre point de vue est un « jeu » que je consulte avec gourmandise.
      C’est passionnant ce que les films peuvent livrer (ou pas..) lorsqu’on prend le temps de les redécouvrir.
      LES CENTURIONS, qui traine une réputation épouvantable depuis des décennies? Pourquoi pas?
      Et vous savez quoi : EARTHQUAKE se laisse revoir malgré les conventions ringardes du film catastrophe et un ou deux personnages ridicules.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Alexandre Angel
        Ne pas oublier BEDLAM, L’ILE DES MORTS, LA SEPTIÉME VICTIME

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand
          Mais ceux-là n’ont pas besoin d’être réhabilités!

        • dumonteil dit :

          A Monsieur Tavernier

          « la septième victime  » me semble être le précurseur de Rosemary’s baby,pas moins ;et la scene de douche anticipe sur celle de « psycho »
          et pour Robson,ne pas oublier non plus le « ghost ship » avec la création inquiétante de Richard Dix

    • Yves Rouxel dit :

      En désaccord total avec vous concernant la presse française qui n’a pas été reconnaissante envers Anthony Quinn.L’acteur à souvent tourner en Europe,autant en France qu’en Italie ou en Angleterre.Autant les Cahiers que Positif dans les années 60 ont écrit beaucoup d’éloges pour sa prestation dans »Lawrence d’Arabie »ou des films plus politiques comme »La 25ème heure ».

  5. MinettePascal dit :

    Sur 3 BAD MEN, c’est vraiment la patte de Ford, avec un mélange de climats, une originalité toutes les secondes et ces cadres dans le cadre !
    Le film a dû servir de référence, voire d’inspiration à pas mal de réalisateurs car chaque scène nous rappelle quelque chose de postérieur. Un exemple parmi d’autres, je ne pensais pas retomber sur un joueur de cartes qui triche contre lui-même pour pouvoir se sacrifier ( JARDIN DU DIABLE).
    Les premières images du film passent trop vite, on voudrait prendre le temps de les contempler, voire de les coller aux murs de nos chambres à coucher pour être sûrs de faire de beaux rêves.
    Les GODFATHERS ne sont , évidemment, pas loin non plus et à plus d’un titre.
    La place de l’humour n’est pas bien définie et gêne un peu la cohérence, je trouve. D’autant qu’il (l’humour) est parfois involontaire, comme le héros fou de rage qui défonce les portes à coups de poings.
    Je me demande si les oeillades aguicheuses de l’héroïne n’ont pas fait grincer les rateliers de l’époque…
    Sinon, l’un des trois bad men ressemble incroyablement au frère Ford !
    Pardon d’être long mais le bémol, le bémol pointé même (admirez l’esprit de cette phrase), c’est la musique qu’on a tenté de coller dessus. La plupart du temps, c’est de bric et de broc, inadapté et gavant. Je crois qu’un pareil chef-d’oeuvre mériterait qu’on récrive quelque chose de sensible, sur mesure et peaufiné.
    Hans Zimmer, cette dernière phrase ne s’adressait pas à vous !

    • Yves Rouxel dit :

      Tout d’abord je voulais remercier une fois de plus pour sa nouvelle chronique.Hier soir j’ai vu »3 bad men »qui est une vrai surprise malgré les musiques répititives qui lassent un peu les oreilles.On n’est pas habituer à voir des films muets.Celui çi est le dernier western de Ford de la période muette avant de revenir en 39 avec son chef d’œuvre qu’est »La chevauchée fantastique ».Le film en lui même est très fort sur le plan pictural grace aux décors naturels de monument valley puis l’œuvre est chaplinesque à souhait notamment lors de la scène finale ou tous les chariots et diligences attendent le top départ pour la ruée vers l’or.On voit un cheval qui tire un homme juché sur un vélo,celà montre que Ford était un homme bourré d’humour,d’humanisme et de sentimentalisme qui ne tombait jamais dans la pathos mélodramatique.La mort du méchant sherif au visage de vampire est surprenante car là aussi Ford inverse les roles ,les trois sublimes canailles se révèlent des ètres qui veulent le bonheur de cette jeune femme tandis que celui qui est senser représenter la loi et l’ordre est un véritable méchant qui fait dévaler des chariots en feu sur la petite église.Chez Ford il y à toujours la religiosité et la bible est souvent citer,une espèce de morale humaine qui met en avant le bien contre le mal.Découvrez aussi le bonus ou Ford déambulle sur les rochers ou il à souvent tourner.A ses cotés on retrouve the duke(John Wayne)qu’il l’appelle affectueusement papi ainsi que James Stewart ou Henry Fonda.

      • MB dit :

        3 BAD MEN: l’édition zone2 chez Rimini est bien? (3 SUBLIMES CANAILLES) avec interview de Brion.

      • MB dit :

        à Yves Rouxel: merci pour l’info, le bonus de Brion ça doit être une erreur du site de vente, dommage (par contre aucune mention des docs que vous citez mais un site de vente c’est pas trop fiable en description).

        • Sullivan dit :

          A MB : Sur 3 BAD MEN, je confirme les docs listés par Rouxel dans les bonus. Je n’avais pas vérifié le passeur invité à présenter le film. Ce n’est pas Brion mais bien Champclaux.

        • MB dit :

          à Sullivan: ne pas se fier aux baratins des sites de vente, à la rigueur dans les commentaires des clients.

    • MinettePascal dit :

      Oui oui, Hans, je sais que c’est « double bémol » qu’il fallait dire…

  6. Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier

    Merci pour cette nouvelle livraison ! Je partage votre point de vue sur THREE KINGS, que je n’ai pas vu depuis longtemps et que votre texte donne envie de revoir. Je m’en rappelle suffisamment pour avoir en tête que la scène la plus forte est indubitablement la confrontation entre Said Taghmaoui et Mark Walhberg – avec cette image de la maison du soldat américain qui explose. C’est à bien des égards un film tristement prophétique.

    J’ai moins été choqué que vous par la fin et le fait que les « héros » se découvrent une conscience – cela m’a fait penser à SOLDAT BLEU. On peut dire que les auteurs ont suffisamment montré le cynisme des personnages pour qu’à un moment donné, ceux-ci évoluent. Ce n’est pas nécessairement une concession. Parfois, une vision intégralement noire peut aussi avoir quelque chose de « forcé » et de schématique. En devenant positifs in extremis, les personnages prennent une dimension et une complexité supplémentaire. J’y vois plutôt une force.

  7. Julien dit :

    Bonjour à vous,

    Comme c’est le seul moyen que je connaisse pour vous joindre, je m’excuse d’avance. Je suis tombé sur ces sublimes onze minutes documentaires, retraçant l’histoire (pas terminée) d’un stock de cartouches d’imprimerie qui servaient à faire la promo des films jusqu’au début des années 80 aux états-unis. Un petit bijou que je recommande (timidement).

    https://vimeo.com/169701518

    J’ai tout de suite pensé à vous.

    Avec toute mon affection

    • Yves Rouxel dit :

      Cher Julien.Ne soyez pas timide en tapant ces quelques mots.Ce blog est unefenètre ouverte sur le cinéma au sens large.Sans prétention,j’essaie d’apporter ma petite pierre blanche à cet édifice immense qu’est le 7ème art .Revenez nous voir et parlez nous de films qui vont ont surpris.

  8. DOUSSIN D. dit :

    Merci Bertrand pour cette chronique qui démarre et se termine par deux périodes qui sont souvent moins analysées : à savoir les muets des années 20 et les films des années 90 (eh oui !).
    Le coffret De Mille de chez Bach Films prouve une fois de plus l’importance de ce réalisateur à l’époque du muet qui était très moderne dans les thèmes qu’il abordait et qui s’est réfugié à partir des années 40 dans des films plus statiques et moins ambitieux (j’ai pourtant gardé un très bon souvenir de REAP THE WILD WIND ). Le coffret Bach films est en effet une excellente surprise et les copies y sont la plupart du temps restaurées.
    Je signale aussi la sortie très récente chez Lobster Films du ROI DES ROIS (1927) : au-delà de l’hagiographie christique qui n’étonnera guère de la part de De Mille (et qui valu au film d’être souvent critiqué), la restauration y est extraordinaire visuellement : Bromberg et son équipe ayant retrouvé et restauré des passages d’une copie unique destinée au réalisateur où se succèdent passages en technicolor bichrome, l’arrestation du Christ où chacune des flammes des flambeaux tenus par la foule furent peintes à la main une par une ! Une splendeur formelle donc et restauration qui fait honneur à Lobster un des rares éditeurs français à restaurer et s’intéresser aux films muets (avec Kino et flicker Alley aux Etats-Unis).
    Quand à David O Russel, intéressante analyse des ROIS DU DESERT et de SPANKING THE MONKEY qui donne furieusement envie de voir ou de revoir ces films un peu oubliés aujourd’hui.

  9. Merci Mr. Tavernier pour ces chroniques, et dire que je n’ai toujours pas vu le film 3 Bad Men de John Ford … je vais y remédier rapidement 🙂

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