Chronique n°25
2 juin 2009 par Bertrand Tavernier dans DVD
Dans la série des Mary Pickford diffusé par Bach Films, l’extraordinaire SPARROWS, dirigé par William Beaudine qui termina sa carrière en filmant des séries Z aux titres pittoresques : BILLY THE KID vs DRACULA ou
qui sont sortis chez Bach films.
Rien de tel dans SPARROW, film extrêmement soigné dont l’action se déroule entièrement dans des marais du sud des Etats-Unis avec des personnages sortis de DELIVRANCE. Les premiers Intertitres sont célèbres. Le premier nous dit que Dieu voulant créer un endroit digne de l’enfer, choisit ces marais (que l’on voit envahis de brumes pestilentielles). Le second ajoute que pour parfaire sa tâche, Dieu ajouta Mr Grimes (que joue brillamment Gustav von Seyffertitz). La course de Mary Pickford et les autres enfants au milieu des sables mouvants et des alligators reste un grand moment de cinéma. Il me reste à voir d’autre Beaudine avec Pickford dont LITTLE ORPHAN ANNIE.
Il convient aussi de saluer en fanfare la sortie inattendue en zone 1 de deux westerns majeurs qui tous deux battent en brèche les clichés du genre. Commençons par THE FURIES, un film d’Anthony Mann très difficile à voir. Il avait disparu de la circulation depuis des décennies et j’avais dû aller à Londres pour le voir il y a de cela plus de quinze ans.
Criterion vient de combler ce manque. Et cela avec un coffret qui joint au film le roman de Niven Busch qui servit de point de départ au scénario de Charles Schnee.
Il s’agit d’un de ces westerns proches du film noir (et aussi du mélodrame féminin) avec des personnages tourmentés, des arrières plans psychanalytiques (que l’on retrouve dans le génial PURSUED de Raoul Walsh tiré d’un scénario original de Niven Busch, en fait décalqué sur LE MAITRE DE BALLANTRAE de Robert Louis Stevenson), une belle photographie noir et blanc de Victor Milner. Anthony Mann avait déclaré (et cette affirmation avait été reprise par Martin Scorcese) que THE FURIES s’inspirait de L’IDIOT de Dostoïevski, affirmation totalement mystérieuse. On pense beaucoup plus au ROI LEAR, à L’ORESTIE, impression confortée par l’interprétation magistrale de Barbara Stanwyck et Walter Huston. Dès les premières scènes, on est frappé par la complexité de leurs rapports qui flirte avec l’inceste, mêle amour, jalousie, goût de la possession. Ces rapports sont exacerbés par les affrontements raciaux qui oppose les paysans mexicains à Walter Huston. Mann confère beaucoup d’humanité, de dignité aux mexicains et notamment au personnage joué avec beaucoup de classe par Gilbert Roland. Sa mort, son lynchage, admirablement filmé, sont un des sommets films.
L’autre est le magnifique DAY OF THE OUTLAW (sous titres-français) d’André De Toth. Western insolite et cela dès les premiers plans. Deux cavaliers approchent dans une neige très épaisse d’un village. On a vu cette scène cent fois. Sauf que le village ou plutôt le hameau ne ressemble à aucun hameau de westerns. C’est un groupe de maisons construites n’importe où. Sauf que la neige semble paralyser les chevaux. Que De Toth n’insère aucun gros plan qui vienne rompre l’impression de solitude, de désolation. Et que la musique magnifique s’interrompt pour reprendre quelques secondes plus tard.
Il impose d’emblée un ton unique, un univers claustrophobique. Chaque entrée ou sortie de personnages est filmée de manière magistrale. DAY OF THE OUTLAW est un western austère, oppressant, rigoureux que l’on pourrait qualifier de dreyerien, de par son ascétisme visuel, son climat étouffant, troué de quelques éclairs lyriques fulgurants. On n’est pas prêt d’oublier la séquence du bal durant laquelle une bande de déserteurs meurtriers, tous violeurs potentiels font valser les rares femmes (De Toth utilise tous les acteurs de second plans qu’il affectionne et Tina Louise a vraiment l’air terrorisée) sous le regard de leur chef qui est en train de mourir. La chevauchée du titre français est filmée dans d’extraordinaires extérieurs. Les chevaux s’enlisent dans la neige, un homme ne pourra appuyer sur la gachette de son arme car ses doigts ont gelé. De Toth subvertit d’ailleurs le genre, réfute l’individualime qui est son épine dorsale, confère à la Nature un pouvoir de mort autant que de rédemption. En fait, il partage avec d’autres cinéastes européens émigrés, Tourneur, Lang, Preminger, cette méfiance devant un cinéma affirmatif, positif à tout prix. Il s’ingénie à brouiller les cartes, à déplacer les centres d’intérêt, à traiter certains sujets par réfraction. La nudité du décor de LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS – le saloon / épicerie est sans doute l’un des plus pauvres de l’histoire du western. Il n’y a rien sur les murs et cette pauvreté, cette absence d’accessoire sonne incroyablement juste, la splendeur apre des extérieurs, la sécheresse de la direction d’acteurs en font une oeuvre aussi décalée, aussi révolutionnaire par rapport aux règles, aux clichés du genre, aussi originale que JOHNNY GUITARE.
J’en ai profité pour revoir un autre De Toth, DARK WATERS (sans sous-titres) dans un transfert moyen, nous sommes dans le domaine public ! Les deux premiers tiers sont vraiment prenants, avec une réelle atmosphère. J’avais oublié que cette ténébreuse histoire avait pour cadre les bayous de la Louisiane que j’ai filmée dans IN THE ELECTRIC MIST. De Toth nous montre même, chose rare à l’époque, une famille cajun, s’attarde sur une fête où l’on joue du violon tout comme chez Marc Savoy ou Michael Doucet). Dans le dernier tiers, les ficelles du scénario deviennent vraiment apparentes.
Gaumont a sorti deux magnifiques coffrets consacrés à Michel Deville. J’ai revu CE SOIR OU JAMAIS et DOSSIER 51 et j’ai adoré à nouveau ces deux film. Leur ton, leur dramaturgie, leur approche si originales des personnages. Une façon oblique de dynamiter les codes et les clichés des genres (plus voyante, plus évidente dans le second). Je dis oblique parce qu’elle ne s’auto publicise pas, elle ne se met pas en avant. Certains films – parfois réussis – annoncent d’emblée qu’ils vont dynamiter les règles et quelquefois, leur valeur tient dans cette annonce (on mettra les noms qu’on veut). D’autres cinéastes agissent en douce.
J’ai ressenti cela durant CE SOIR OU JAMAIS, dans cette manière de filmer le personnage de Claude Rich, en apparence godelureau typique du cinéma français de l’époque, en réalité personnage plus manipulateur et tourmenté. Comme si on retournait, on inversait un personnage de Chabrol. De même pour Anna Karina, délicieuse.
Et, durant DOSSIER 51, avec cette brusque irruption dans une narration froide, distanciée, de l’émotion, de la tragédie lors de la confession de la mère (admirable Françoise Lugagne), émotion d’autant plus surprenante que cette séquence paraît au début hors sujet. Elle ne parle que de faits qui ne semblent pas faire partie du dossier en question. Cela paraît être une parenthèse qui, brusquement, réintègre par surprise le propos, le thème central du film. L’émotion en est comme décuplée, ce détour lui donne sa vraie force, sa nécessité profonde… Moment poignant qui fait naître un sentiment de désolation, de gâchis qui imprègne alors tout le film…
Ce sont des moments comme cela qui font le prix du cinéma de Deville (notamment dans LA MALADIE DE SACHS, PERIL EN LA DEMEURE, ADORABLE MENTEUSE et aussi le choix du décor, des objets (pas seulement ceux qui font partie de l’intrigue), de la lumière, les déplacements d’un acteur, d’une actrice. Le goût de Deville pour les monologues, les confessions (Dorléac dans CE SOIR, les personnages de LA MALADIE DE SACHS).


La collection des Classiques de Pathé a sorti LES ENFANTS DU PARADIS (avec des bonus que l’on dit très bons sur Arletty), LE GRAND JEU de Feyder dont Pierre Rissient me dit beaucoup de bien et bizarrement un épouvantable nanar de Robert Bibal, réalisateur de dernier ordre et impérissable auteur de NUIT DE NOCES et de QUARTIER CHINOIS : LE FUGITIF. Le terme de classique accolé à cette œuvre obscure détonne quelque peu. Il est vrai que l’on trouve aussi dans la collection CES DAMES PREFERENT LE MAMBO, un Eddie Constantine vraiment médiocre, paresseusement filmé par Bernard Borderie.
J’ai découvert en revanche NEZ DE CUIR d’Yves Allégret (scénario de Jacques Sigurd d’après La Varende) qui a été une vraie surprise. C’est un film sombre, romantique, tourmenté qui possède un vrai ton. La peinture d’une France rendue exsangue par les guerres Napoléoniennes, l’amertume de la description sociale, l’excellente interprétation d’un Jean Marais dont c’est un des meilleurs rôles, de Françoise Christophe qui est excellente, de Jean Debucourt, la force de la mise en scène d’Allégret, la qualité de la photographie donnent un élan au film qui survit à toutes les étiquettes, tous les classements hâtifs. NEZ DE CUIR tient très bien le coup et je l’ai préféré au très célèbre UNE SI JOLIE PETITE PLAGE où la noirceur me semble imposée au forceps.
Signalons, toujours dans cette collection, la sublime et surréaliste coquille sur le dos de la jaquette de MORT D’UN POURRI qui attribue le scénario à Michel Audiard et… Luis Bunuel. La personne qui a inventé ce collage qui révolutionne l’Histoire du Cinéma devrait être décorée.




Édouard Waintrop saluait dans Libération la découverte de L’HOMME DE NULLE PART (d’après Pirandello) de Pierre Chenal, exhumé et réhabilité grâce à Patrick Brion. Voilà une œuvre extrêmement originale, personnelle, qui mélange allègrement comédie grinçante, âpreté et satire sociale. Chenal réussit d’emblée ce que recherchera, avec moins de bonheur, Renoir dans ses derniers films. Il faut dire qu’il est servi de manière époustouflante par Le Vigan, totalement génial, inspiré, d’une légèreté confondante dont chaque apparition fait décoller le film où Pierre Blanchard est vraiment tenu. Chenal attribue cette réussite à sa collaboration avec Roger Vitrac, seul auteur du scénario à ses yeux. Armand Salacrou qui le signe n’aurait absolument rien écrit. Il voulait transformer l’histoire de Pirandello en un drame très noir alors que Chenal voulait le tirer vers la comédie grinçante à la Prévert.
Aux Editions Montparnasse signalons le coffret consacré à Rithy Panh.
Avec ces quatre films (dont 3 inédits en DVD) tournés entre 1989 et 2002, Rithy Panh s’approche au plus près du génocide Cambodgien. De son premier film SITE 2 à son désormais connu S 21, en passant par le bouleversant LA TERRE DES AMES ERRANTES et le tragique BOPHANA, UNE TRAGEDIE CAMBODGIENNE, c’est une partie essentielle de l’œuvre du cinéaste qui est rassemblée ici.
Dans un registre plus frivole, je signale la comédie semi musicale (des chansons mais pas de vraies danses) de Michael Curtiz, ROMANCE ON THE HIGH SEAS (sous-titres anglais). Ce premier film de Doris Day (Curtiz qui l’avait découverte la prendra sous contrat et la fera jouer plusieurs fois) est un savoureux Curtiz où Day est excellente dans un double rôle (une fille du peuple un peu vulgaire qui se fait passer pour une dame de la bonne société). Elle chante très bien plusieurs bonnes chansons dont It’s Magic, son premier grand succès. Il y a aussi Jack Carson qui chante Run run run when you see a pretty woman avec un accent caribéen. On oublie trop souvent que les films musicaux tournant autour du show business constituent une part importante de l’œuvre de Curtiz. Il aimait ce genre et y revint à de nombreuses reprises. Immédiatement après ROMANCE, il réalisa un film plus dramatique se déroulant dans le monde de la radio, MY DREAM IS YOURS que je vais voir. À noter que le scénario de ROMANCE est co-signé par les Frères Epstein et I.A.L. Diamond avant sa rencontre avec Billy Wilder. Ajoutons que je suis un fan de Doris Day aussi bonne actrice que chanteuse.

CARRIE (UN AMOUR DESESPERE – Zone 2) est un beau film de William Wyler, très sous-estimé. Cette adaptation de Théodore Dreiser fut un gros échec commercial et disparut de la circulation. On découvre de plus dans le dvd qu’une longue séquence, jugée trop noire, avait été coupée à l’époque. Il faut d’abord porter au crédit de Wyler la magnifique reconstitution du New York dans les années 1890 : décors et costumes extraordinairement soignés, atmosphère très réussie, rapports de classe intelligemment mis en évidence. Wyler n’adoucit pas l’âpreté, la noirceur de Dreiser et il est très bien servi par Jennifer Jones, très émouvante à la fin malgré les hésitations scénaristiques qui décentrent son personnage, Eddie Albert, surprenant, et surtout Laurence Olivier, magistral. Il porte le film, lui donne son tragique et permet à Wyler de signer un film qui prend place à côté des PLUS BELLES ANNÉES DE NOTRE VIE, de THE LETTER, de L’OBSÉDÉ.
Parler de Corman après Wyler ressort presque de la provocation tant leur manière de filmer était différente. Plusieurs dizaines de prises chez l’un, tournage de quelques jours, parfois de deux films en même temps chez l’autre. Pas dans les meilleurs films du cycle Poe, THE MASQUE OF THE RED DEATH, THE TOMB OF LIGEIA, ni dans le passionnant et audacieux, THE INTRUDER que j’avais déjà recommandé. Parfois cette manière de filmer pèse sur le résultat : direction d’acteurs approximative, dramaturgie hâtive, décors approximatifs (j’ai été déçu par plusieurs « adaptations » de Poe, en particulier LE PUITS ET LE PENDULE). En revanche, THE SECRET INVASION (L’INVASION SECRETE. Zone 1 sous-titres anglais) que j’avais jugé mineur se révèle fort réjouissant. Cette variation sur le thème des 12 Salopards est filmée par Corman avec une énergie, un panache surclassant les nombreuses productions britanniques sur le même sujet. Le scénario de R Wright Campbell, frère de l’acteur William Campbell qui joue dans le film et dont la mort est spectaculaire, accumule les rebondissements les plus farceurs, les plus désinvoltes, donne à Raf Vallone quelques phrases lourdes de sens (« Nous allons les libérer…Mais qui les libérera de nous ? Et qui nous libérera de nous mêmes ? ») que l’acteur délivre heureusement avec une certaine légèreté et changeant de ton, invente une séquence vraiment forte durant laquelle Henry Silva étouffe un bébé pour ne pas révéler sa présence. Corman dispose de moyens importants, soigne la photo aux couleurs très saturées, surtout dans les scènes de nuit du début, se sort très bien de la plupart des séquences d’action même si l’on reste sceptique devant les réactions des figurants jouant les soldats italiens à la fin, devant la brusque apparition des Serbes et devant ces soldats allemands courant pendant de longues minutes dans les souterrains circulaires de la forteresse de Dubrovnik. Il réussit de jolis plans dans les moments plus intimes (la découverte du cadavre de Mickey Rooney, tout à fait remarquable en membre de l’IRA. Je voudrais bien que quelqu’un m’explique en quoi le claquement des doigts censé rythmer le temps, influence les actions.



Il y a encore 5 VHS sur AMAZON UK du très beau film de Cyril Enfield, SOUND OF FURY (FUREUR SUR LA VILLE) que nous avions fait sortir, Pierre Rissient et moi pour Mac Mahon distribution. C’est un film magnifique, un portait très aigu, acéré d’un chômeur qui va plonger dans la criminalité au contact d’un petit délinquant frimeur, génialement joué par Lloyd Bridges. Tous deux seront lynchés par une foule excitée par les articles d’un journal. Ce chef d’oeuvre devrait absolument ressortir. On ne le trouve nulle part sauf en Angleterre.
C’est comme pour THE MONSTER AND THE GIRL, étonnant film de Stuart Heisler qui mêle film noir, expérimentation scientifique, traite des blanches et singe vengeur dont il existe quelques VHS sur AMAZON US.
J’ai enfin vu BLUE SKIES grâce à Gary Giddins qu’on ne mentionne absolument pas dans notre texte sur Heisler dans 50 ANS et c’est dommage. Le film est extrêmement curieux et original. L’intrigue filiforme jusqu’à en devenir une sorte d’apologue se révèle d’une noirceur. C’est une suite de déceptions, de rebuffades sentimentales, d’échecs, ce qui explique que Scorcese le revendique comme l’une des sources de NEW YORK NEW YORK ( Combien y en a t il ? Je connaissais THE MAN I LOVE…). Crosby se désintéresse de tout ce qu’il achète, Astaire boit et fait une chute dans un numéro (unique dans un film d’Astaire), Joan Caulfield qui est très bien choisie, se trompe constamment… On se demande si Heisler n’a pas renforcé cette noirceur que l’on trouve dans tant de ses films. Même la chanson Blue Skies se déroule devant un ciel très nuageux. Évidemment il faut se farcir un numéro comique éprouvant d’un comique pas drôle dont toutes les interventions plombent les scènes mais le duo Crosby / Astaire est charmant (C’est Crosby qui emporte le morceau) et Astaire est génial dans la manière dont il perturbe le premier ballet (signe précurseur) et surtout dans PUTTING ON THE RITZ. Il y a plusieurs chansons formidables, Always, How deep is the ocean (bien filmé), By Myself et d’autres moins mémorables. Très bonne édition dvd avec des couleurs magnifiques. Avec un autre titre, BIRTH OF THE BLUES. Très peu cher.
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DVDFolies a fermé fin août, malheureusement.
Beaucoup de ces livres sont excellents.
Bonjour, je confirme les propos de Harry Lime quant au site belge Mediadis. C’est vraiment très bien, et la Belgique édite des titres (zone 2 bien-sûr) introuvables en France, que je me suis empressé d’acheter pour le prix modique de 4.99 : 2 longs de Henry Hathaway « La Rose noire » (The Black Rose) et « Le Porte-avions X » (Wing and a Prayer). [Du même Hathaway, on peut par exemple trouver "La Cité disparue" (Legend of the Lost) pour 4.99 alors qu'il vient de sortir dans la collection fnac pour 12.99 en France...] On peut également trouver 2 films de Henry King avec son acteur fétiche Tyrone Power, introuvables en France et qu’il faut avoir vus : « Capitaine de Castille » (Captain From Castille) et « Echec à Borgia » (Prince of Foxes). Toujours introuvable en France et à 4.99 également, un beau film du « rebelle d’Hollywood » William Wellman « Thunderbirds »… et j’en passe…
Par ailleurs, je vous conseille un autre site belge dont vous pouvez parcourir les différentes rubriques très attractives, il s’agit de http://www.dvdfolies.be. J’y ai par exemple trouvé deux coffrets contenant chacun 5 films de Ken Loach à un prix beaucoup plus attractif qu’en France.
Merci Harry Lime pour avoir signalé le lien Mediadis….Sinon, pour rester Belge, il y a un super éditeur (de livres) « Yellow Now » qui a publié des thématiques de films avec photogrammes, dessins/croquis de storyboard (ceux de « Man Hunt » sont magnifiqes !!), commentaires passionés et érudits (donc intéressants…).
L’un des derniers en date est »Vaudou » de J.Tourneur par Marcos Uzal, il y a aussi « Brazil », « Night of the Hunter », « Les Vacances de Mr Hulot »…
Catherine.
Merci et je suis d’accord avec vous sur Fat City.
Bonjour, je signale que le site belge Mediadis met en vente depuis quelques semaines le film de John Huston : Fat City (1972) qui n’existait pas à ma connaissance en dvd zone 2 au prix difficilement battable pour du neuf de 4,99 euros. Comme il s’agit d’un des meilleurs Huston à mon avis et d’un des meilleurs films sur la boxe, je me permets de vous le signaler. Au demeurant, je conseille ce site pour certains classiques américains, vendus tous à des prix légers, avec des frais de port bas si vous n’êtes exigeant sur la rapidité et dans de bonnes éditions.
A Harry Lime :
Le travail sur le décor dans The Furies est en effet remarquable.
Voila un livre original que les bibliothèques devraient acquérir.
Desperate est un film intéressant où perce déjà le talent et le style de Mann tout comme dans RAILROADED sorti chez Bach (http://www.bachfilms.com/dvd.php5?type=1&dvd=1136).
Ce sont deux ébauches. BODYGARD est correctement filmé mais assez banal. Je parle de THE CLAY PIGEON dans 50 ANS. Le scénario est improbable mais Fleischer réussit plusieurs séquences très brillantes, dont une remarquable poursuite à pieds
A Olivier :
J’ai rencontré Karl Malden. C’était un homme très sympathique.
Sur ses remarques à JJ Manzanera :Tout à fait d’accord.
A Catherine :
Je n’ai pas de réponse… Vérifiez si les autres films de ces producteurs sont en dvd…
A Tjiposa :
Je veux voir ce film que José Giovanni aimait beaucoup je crois, et
qui a été redécouvert très récemment. Il y a eu d’ailleurs une réhabilitation d’Emmer de la part des critiques italiens
A Goossens :
Ne pas oublier Malden dans la Loi du Silence. L’un de ses rôles les
plus spectaculaires est dans la Colline des Potences. Quant à son film, TIME LIMIT que je viens de revoir, il est plutôt intéressant, bien joué même si la mise en scène est uniquement fonctionnelle et illustrative. C’est une oeuvre libérale qu’il faut rattacher à THE BEDFORD INCIDENT de James B Harris qui lui est supérieure.
A propos de Karl Malden,
J’apprécie l’hommage que l’on doit de rendre à cet acteur de composition qu’est Karl Malden. Souvent rendu à des rôles de névrosés, à la limite de l’ulcération ( mais jamais de cabotinage), je garde un souvenir plus particulièrement marquant dans ses rôles dans des films tels que : « baby doll », « sur les quais », « la vengeance aux deux visages », « nevada smith », « la colline des potences » et autres polars où son apparition ne laissait jamais indifférent. Il faut se rendre à l’évidence, les grandes légendes d’Hollywood ne sont plus, hormis Kirk Douglas qui demeure l’unique représentant si ma discrimination est bonne. Bien à vous.
A Jean-Jacques Manzanera
Evidemment, c’est assez onéreux quand on commence à s’abreuver à toutes les sources. Cela étant, vu les merveilles qui n’existent pas en édition française, faut-il hésiter? Même si cela signifie qu’il faut se rationner par la suite et ne pas céder à toutes les tentations, cela vaut le coup. Pour ne citer qu’eux (mais il y a d’autres sites, bien sûr), Amazon.com et Amazon.co.uk font assez de rabais pour qu’on finisse par ne pas se ruiner si l’on est prêt à attendre un peu qu’ils les consentent.
En l’occurrence, pour les Terence Davies que j’indiquais, ce sont des dvd anglais, zone 2 donc, pas besoin de dézoner l’appareil. Sur le site britannique d’Amazon, si vous prenez Distant Voices, The Long Day Closes et The House of Mirth, avec les rabais divers et variés, il vous en coûtera une trentaine de livres. Ces temps-ci et avec un taux de change encore relativement avantageux, cela veut dire moins de 45 euros. Pour des éditions de cette qualité-là (les 2 BFI en tout cas), cela vaut franchement le coup et n’explose pas le budget.
Maintenant, c’est certain que si l’on se met à acheter toutes les éditions Criterion alléchantes aux Etats-Unis, c’est un autre topo!
Je voudrais signaler la sortie d’une série de films italiens peu connus, chez SNC… LE CHANT DE LA VIE de Carmine Gallone, avec Alida Valli. Un film sympathique, dans une ambiance campagnarde, qui rappelle les films de Pagnol et le film de Blasetti, QUATRE PAS DANS LES NUAGES.
Le second est ACHTUNG ! BANDITI ! de Lizzani. Un film à mon goût un peu trop bavard et trop politique, qui ne s’attache pas assez aux personnages et qui finit par nous ennuyer par manque de mouvements et d’émotions.
Deux films que je n’ai pas encore vu… LA TRAITE DES BLANCHES de Commencini, avec Eleonora Rossi Drago, Silvana Pampanini, Gassman et Sophia Loren. Une bien belle affiche. Et IMPPUTATIONE DI OMICIDIO PER UNO STUDIENTE de Bolognini.
Mais le plus inattendu est LA FILLE DANS LA VITRINE de Luciano Emmer, avec Ventura, Magali Noël, Marina Vlady et Bernard Fresson. Au scénario deux noms se distinguent : Pasolini et Giovanni. Un film a regarder en version française ( les quatres acteurs vedettes parlent en français ). Le film, invisible depuis des lustres, a bien souffert de la censure. En effet, il présente une vision de la prostitution à Amsterdam, plutôt sympatique. Aucune trace de sordide, de dramatique ou moralement critiquable. Ces deux hommes ( Ventura et Fresson ), sont venus s’amuser à Amsterdam, après une semaine de dur travail à la Mine. Ventura, le plus expérimenté et le plus à l’aise avec les femmes, a décidé de prendre en main Fresson, timide et maladroit avec les femmes. Les deux compères annoncent le duo Gassman-Trintignant du FANFARON de Risi. En passant dans le quartier chaud de la ville, Fresson remarque tout particulièrement Marina Vlady, une jeune et belle prostituée qui s’exhibe dans une vitrine.
Emmer raconte ce week-end amoureux comme une virée bien naturelle entre copains. Son abscence de critique de la prostitution entraînera la foudre de la censure. Pourtant quelques années plus tard, Godard sortira VIVRE SA VIE et Bunuel BELLE DE JOURS en passant le cap de la censure. Leurs grandes réputations y sont sans doute pour quelque chose.
Au début de ce film, Emmer fait un petit détour documentaire sur le travail à la mine. La journée se termine par l’éffondrement de celle-ci sur ses occupants. Après plusieurs jours d’agonie, ils sortiront de la mine avec ce commentaire » finalement, se retrouver sous un effondrement après trois années sous terre… c’est plutôt raisonnable !
Il est difficile d’imaginer une telle réaction dans un film actuel. Au lieu de se mettre en grève, ils reprendront le travail après un congé bien mérité.
Bref, avoir prit deux sujets aussi noirs, pour réaliser un film aussi drôle et plein d’optimisme, tient de l’exploit. Une vrai belle découverte !
Jacques Tourneur again….
« Rendez-Vous Avec la Peur » aka Night / Curse of the Demon n’est toujours pas édité en zone 2 !!!
E t dans le genre masterpieces introuvables, qu’en est-il de « Providence » d’Alain Resnais ?? Qui bloque les copyrights ??…
Ecrivant pour le décès de Malden, je me suis laissé aller à dire que « Cheyenne Autumn » était le dernier film de Ford. C’est faux bien entendu puisqu’il dirigera quelques scènes du « Young Cassidy » de Cardiff en 1965 et réalisera son ultime opus la même année : « Frontière Chinoise » (7 Women), sorti en 1966.
Je me permets un petit mot au sujet du décès de Karl Malden que je viens d’apprendre à l’instant avec un petit décalage, puisqu’il nous a quitté le 1er juillet dernier. Immense acteur découvert par Kazan, il jouera dans 4 de ses longs : un petit rôle dans « Boomerang! » (1947), puis « Un Tramway nommé désir » (A Streetcar Named Desire, 1951), « Sur les quais » (On the Waterfront, 1954) et « Baby Doll » (1956), tous dispos en DVD. On peut le revoir avec plaisir en DVD zone 2 dans « Mark Dixon détective » (Where the Sidewalk Ends, Preminger, 1950), « La Cible humaine » (The Gunfighter, King, 1950), « La Loi du silence » (I Confess, Hitchcock, 1953), « La Colline des potences » (The Hanging Tree, Daves, 1959), « Le Prisonnier d’Alcatraz » (Birdman of Alcatraz, Frankenheimer, 1962), « La Conquête de l’Ouest » (How the West Was Won, Ford/Hathaway/Marshall/Thorpe, 1962) le dernier Ford « Les Cheyennes » (Cheyenne Autumn, 1964), « Patton » (Schaffner, 1970) et bien d’autres films encore, j’ose même ajouter à la liste « Les Rues de San Francisco » (1972-77), série TV dans laquelle il excelle aux côtés du jeune Michael Douglas. Karl Malden « Patate » (petite allusion à son milieu de visage qui le rendait immédiatement reconnaissable à l’écran), va nous manquer. Son regard brillait d’intelligence et de bonté. Il est mort à l’âge canonique de 97 ans.
A J.J. Manzanera.
Pour Tourneur, Les Editions Montparnasse proposent dans la collection bleue RKO : « Berlin Express » (1949), « La Vie facile » (Easy Living, 1949), « Jours de gloire » (Days of Glory, 1944), « La Griffe du passé » (Out of the Past, 1947) et « Angoisse » (Experiment Perilous, 1944). Chez Carlotta vous pouvez trouver « La Flibustière des Antilles » (Anne of the Indies, 1951), chez Warner « La Flèche et le flambeau » (The Flame and the arrow, 1950) et chez Sidonis « Le Passage du canyon » (Canyon Passage, 1946). Les indispensables de cette liste étant « Berlin Express », « La Griffe du passé », tous deux splendides films noirs, « La Flèche et le flambeau » beau film d’aventure, et « Le Passage du canyon », western très original, une réussite incontestable.
Je pense qu’il est bénéfique pour tout cinéphile de faire dézonner son lecteur, ou de posséder un lecteur zone 1, car bien souvent des titres proposés en zone 2 vous font payer deux fois plus cher que si vous les preniez en zone 1. De plus, on trouve beaucoup de titres sous-titrés français, notamment chez MGM…
Pour Etaix, je suis également très heureux que ça se soit soldé de cette manière. Quelle horreur qu’il soit possible de voir des oeuvres risquer leur disparition pure et simple à cause de personnes pour lesquelles l’art passe loin derrière leurs petits soucis financiers ou autres mesquineries… (j’ai lu un mot à la cinémathèque française qui spécifiait que les négatifs étaient partis directement pour vérification de leur état, et éventuelle restauration…).
A Harry Lime.
Quel que soit l’angle sous lequel vous considérerez « The Furies » de Mann quand vous l’aurez vu, vous aboutirez toujours à la même conclusion : qu’on a là l’une de ses plus belles oeuvres. Barbara Stanwyck y est formidable, encore plus impressionnante à mon goût que dans « Forty Guns » pour rester dans le même genre. La copie Criterion est superbe.
A propos des Furies de Mann, que je n’ai pas vu, je suis en train de lire un livre sur le décorateur Henry Bumstead qui travailla aux décors du film (il travailla aussi avec Hitchcock, J.Lewis, Mulligan, George Roy Hill et surtout Eastwood). L’auteur du livre, Andrew Horton, souligne le travail de Bumstead qui contribue beaucoup, selon lui, à la qualité du film. Pour ceux qui ont vu les Furies, qu’en pensez-vous ?
Par ailleurs, je signale que le site dvdfr.com annonce la sortie dans la collection rko aux ed. Montparnasse de « Desperate » de Anthony Mann ainsi que de 2 films de Fleischer: The Clay Pigeon/Le Pigeon d’Argile et Bodyguard, sur lesquels je n’ai guère trouvé de critiques…Voilà qui nous évitera de mourir cinématographiquement idiot !
Bonjour à tous,
Je viens de voir le très suspect « un colt pour une corde » de Ted Kotcheff, je trouve que ce western est plutôt une bonne surprise compte tenu de la réserve exprimé par Mr Tavernier quant à la qualité de ce film.
Un Gregory Peck vieillissant impeccable tout en sobriété, un scénario plus malin qu’il n’en à l’air, des apaches cyniques à la fois tueurs et nécrophages s’ils le pouvaient, et des espaces filmés loin d’être ridicules quand on pense à la laideur de certains westerns filmés à cette époque. Evidemment, le choix de Jack Warden en shérif bedonnant n’est pas très charismatique. Je vous conseille de le voir par curiosité. Bien à vous.
Bonjour, concernant La Chevauchée des Bannis / Day Of The Outlaw, que j’ai eu l’occassion de voir vers 1996-97 à la Cinémathèque suisse à Lausanne en présence de A. De Toth, je signale que le site Westermovies annonce une sortie en zone 2 de ce film pour décembre 2009. Sans autre indication (ni éditeur, ni version disponible)…Donc, pour ceux qui n’ont pas de lecteur zone 1, leur patience devrait être récompensé !
A Bertrand Tavernier.
Je viens de recevoir aujourd’hui « Day of the Outlaw » commandé aux USA sur vos conseils. C’est une pure merveille, le meilleur De Toth que j’ai pu voir à ce jour. Un grand merci à vous pour ce film, dont la musique, parmi tant d’autres points, est comme vous le dites, splendide. Par contre, je suis obligé de vous contredire sur un point : il n’y a pas de sous-titres français, mais le doublage en français est de très haute tenue. J’ai commandé dans la foulée « Play Dirty » que je ne connais pas. Cinéphiliquement vôtre.
Je n’avais pas indiqué The House of Mirth/Chez les Heureux du Monde, que je considère comme un chef d’oeuvre moi aussi, parce que le dvd français est épuisé depuis au moins deux ans, et que contrairement à ce que j’indiquais pour Distant Voices Still Lives ou The Long Day Closes, il vaut mieux avoir une solide connaissance de l’anglais pour profiter pleinement du film (l’édition anglaise, peu onéreuse, bénéficie de sous-titres en anglais). J’imagine qu’il ne s’en est pas vendu beaucoup, mais c’est franchement dommage que le dvd français n’ait jamais fait l’objet d’un repressage. Edith Wharton a finalement comparativement eu plus de chance que Henry James au cinéma. Elle a en tout cas été remarquablement servie par Davies et par Scorsese (The Age of Innocence). Non, je n’oublie pas que James n’a pas été adapté que par Ivory et toute la clique des faiseurs, qu’il y a par exemple la miraculeuse adaptation du Tour d’Ecrou par Jack Clayton (The Innocents) et l’adaptation de Washington Square par William Wyler (The Heiress). La boucle est donc bouclée, et le cinéma anglais rejoint là le cinéma américain, pour le meilleur, sous les auspices de ces grands auteurs qu’on aurait aimé voir aussi bien servis à chaque fois qu’ils ont été adaptés. Et cela tombe bien: non seulement Les Innocents est comme mentionné plus haut disponible dans une belle copie depuis déjà quelque temps, mais Carlotta a encore frappé un grand coup en sortant un dvd du film de Wyler récemment. Autant dire que je vous le recommande chaudement…
Une petite question aux cinéphiles avertis: avez-vous eu en main des jacques tourneur autres que le coffret rassemblant les DVD de cat people, I walked with a zombie et leopard man chez Montparnasse (assez belles copies surtout pour Vaudou mais boni parfois un peu abscons comme les propos de biette ou M de Van). découvrant sur grand écran le fort sympathique drag me to hell, j’ai forcément beaucoup pensé à curse of the demon auquel raimi rend des hommages souvent touchants. Ce tourneur comme stars in my crown m’est très précieux: que valent d’éventuelles éditions DVD de ces deux films?
PS: j’ai beaucoup aimé les apparitions des sudistes dans In the electric mist, belle manière de montrer comment l’imaginaire de Bierce (et les meilleures représentations cinéma de cette guerre) vous a nourri, manière aussi de se coller, sur un mode mi humoristique mi inquiétant au souffle de l’invisible, motif très « tourneurien ».
Juste un mot rapide sur le merveilleux Pierre Etaix: j’ai appris qu’il obtenait enfin gain de cause pour tout ce qui touche aux droits de ses films. Espérons qu’ils seront restaurés comme le furent les films de son mentor Tati, qu’il y aura lieu de construire des éditions DVD dignes de ce nom pour saluer l’oeuvre de ce grand monsieur dont on méconnait encore l’importance.
J’espère par ailleurs que J Deschamps pourra nous réjouir bientôt d’une belle édition DVD des vacances de M hulot, de jour de fête et de Trafic (Parade moins formidable existe dans une édition honnête). Les éditions indispensables de Playtime et mon oncle/my uncle laissent augurer un travail de qualité!
PS: B Tavernier, je viens de revoir In the electric mist enfin en VO à Périgueux. Outre le fait qu’il s’agit d’une brillante adaptation de burke (je l’ai relu: le pari était audacieux!) ce film vous ressemble peut être plus qu’aucun autre (je sais : la formule sonne creux) tant il est précis, sans affèteries inutiles, « musical » autant par la bande son que par le montage, droit. Encore merci pour ce beau cadeau américain ! J’espère ne pas vous avoir importuné par ce PS hors sujet…
Bonjour, je viens de voir sur le portail de Radio France qu’on écoutera Bertrand Tavernier parler de John Ford aujourd’hui à 18h09 (!) sur http://www.francevivace.com. Cela devrait certainement intéresser les personnes qui fréquentent ce blog !
Merci pour les derniers messages concernant T Davies, cinéaste qui m’a littéralement bouleversé lors de la découverte de distant voices puis the long day closes. La bible de néon m’a beaucoup moins marqué quand bien même il me semblait traversé d’inventions visuelles et offrait l’occasion d’une prestation magnifique de G Rowlands. je n’ai pu voir Chez les heureux du monde ni Of time and the city qui semblaient riches si j’en crois les pages du positifde février 2009.
N’ayant pas de lecteur DVD « dézoné », je salive souvent en lisant les commentaires de B Tavernier ou des internautes de ce site. Ce n’est pas tant la question linguistique qui me fait hésiter (j’ai un niveau correct en anglais) que financière. Soyons très pragmatiques: via les commandes internet, parvenez-vous à gérer votre budget DVD dans les limites du « raisonnable » ou faut-il s’attendre après cette acquisition à une « passion dévastatrice » du point de vue budgétaire? Je me méfie de ma possible démesure en la matière et ne peux me permettre de grever le budget familial pour assouvir ces désirs dans leur intégralité. Désolé pour cette basse considération mais vos avis éclairés m’aideraient à prendre une décision. merci d’avance…
Cher Mr Tavernier
Un mot pour me joindre au choeur des « pleureuses » qui réclament une nouvelle édition mise à jour des « 50 ans de cinéma américain ».
Beaucoup de gens l’attendent avec impatience, on pourrait presque dire, tel le loup de Tex Avery, la langue pendante !
Bravo et merci.
Entièrement d’accord. House of Myrth de Davies, un chef d’oeuvre
traduit par CHEZ LES HEUREUX DU MONDE est sorti en Angleterre et je crois aux USA.
A JJ Manzanera
Les films de Terence Davies sont presque tous sortis l’année dernière en édition dvd BFI, en tout cas Distant Voices Still Lives et sa « suite » The Long Day Closes, son récent documentaire-rêverie intimiste sur et autour de Liverpool Of Time and the City, ainsi que la trilogie de films tournés avant eux. Cette trilogie, ainsi que d’autres films britanniques des deux dernières décennies (ex. le passionnant Ratcatcher de Lynne Ramsay), a été fortement influencée par la trilogie de Bill Douglas, sans doute une des plus belles oeuvres de tout le cinéma britannique, elle aussi disponible en dvd BFI. Là aussi, ces éditions sont gage de qualité, et les copies sont au mieux parfaites, au pire aussi bonnes qu’elles peuvent l’être étant donné l’état des négatifs. Elles ne comportent pas de sous-titres français, mais ont des sous-titres en anglais. Les films de Bill Douglas, comme dans une moindre mesure ceux de Terence Davies, étant peu dialogués, je vous conseille à tous de vous précipiter sur ces éditions quand bien même votre connaissance de l’anglais serait moyenne.
En guise de PS:
saluons en fanfare (même si ce blog concerne pour l’essentiel des oeuvres antérieures aux années 80) la sortie DVD de Hunger de Steve Mac Queen, un film important qui concilie quête esthétique et posture éthique/politique. Ceux qui ont été à jamais éblouis par le Fuller de Shock corridor ne peuvent ignorer l’existence de ce chef d’oeuvre édité chez MK2 ( nombreux boni que je ne peux commenter exhaustivement ne les ayant pas tous vus et d’un livret passionnant).
Encore un auteur anglais qui est à l’orée d’une belle carrière… la liste du précédent message oubliait le Losey anglais, David Lean, Terence Davies (ah! vivement une sortie de Distant voices, still lives!!!). Pouvons-nous, malgré les qualités certaines de notre cinématographie, donner des leçons aux Anglais?
Tout en complétant les inforamtions ci dessus sur le cinéma britannique,j’aurais aimé faire d’une pierre trois coups en attirant l’attention sur deux parutions: un coffret de courts métrages et L’accordeur de tremblment de terre des frères Quay.
Cela me permet:
-de signaler un petit éditeur courageux et respectueux compte tenu de la qualité de son travail: ED distribution (chez qui on peut trouver les films du tex averyen Bill Plympton). ici l’édition est coordonnée vaec les auteurs qui ont visé format, restauration et boni.
-de parler de cinéma d’animation peu abordé jusqu’alors ici
-de signaler une oeuvre à mon sens importante tant elle sait transcrire sur l’écran l’essence du surréalisme (comme surent le faire quelques rares auteurs: Bunuel, Epstein, Has, Svankmajer,Polanski ou lynch avec Eraserhead). Les frères Quay savent utiliser les textures des objets, des sons dans des rêveries inquiétantes qui participent d’une inquiétante étrangeté que ne renieraient ni le Bioy Casares de l’invention de Morel, ni kafka ni lewis Caroll. Le travail sur le son et l’image ne peuvent que ravir les amoureux du muet sans pour autant que l’oeuvre confine au pur maniérisme.
Bref, le cinéma britannique est capable de grandes adaptations littéraires (olivier, clayton, frears, certains ivory), d’un humour inégalable ( de Ealing à Mike Leigh), d’une vraie conscience sociale (Watkins et loach) et enfin d’une veine visionnaire (Powell, Boorman, Greenaway et ces frères quay). Pas mal pour un cinéma qui « n’existe pas » à en croire certains qui se croient critiques de cinéma!!!
Je corrige d’abord l’erreur, le Lookin’ to Get Out d’Hal Ashby ne sort pas en zone 2 mais en Zone 1 – bien sous titré en français, en revanche.
Quand aux libations de Peter O’Toole et de Richard Burton évoquées plus haut par Olivier, elles font l’objet d’un livre outre-manche, Hellraisers: The Life and Inebriated Times of Burton, Harris, O’Toole and Reed de Robert Sellers – anecdotique, certes, mais distrayant, à condition d’avoir le foie bien accroché.
Et puisqu’on parle lecture, on ne pourra que conseiller à ceux qui ne les connaissent pas les mémoires succulentes de John Boorman, Adventures of a Suburban Boy (à la lecture desquelles il faudrait ajouter un tout aussi délicieux Journal Intime publié dans le premier numéro de Projections).
A venir au second semestre aussi, Les mémoires du biographe Charles Higham, celles de Ray Harryhausen, la première (enfin!) biographie de Blake Edwards, A Splurch in the Kisser et une autobiographie de Robert Altman par Mitchell Zuckoff, chez Knopf, qui s’annonce passionnante (celle de Patrick McGilligan m’avait, pour une fois, quelque peu laissée sur ma faim)
Cher Bertrand Tavernier
Merci pour les références de livres. Je dois dire que je découvre actuellement le cinéma Anglais. J’ai récemment vu « The Small Back Room » de Powell & Pressburger, un « film noir » très original par son sujet, j’espère découvrir un jour « Les Contes d’Hoffman », « 49th Parallel » et « A Canterbury Tale »….
Sinon, pour coller un peu plus à cette chronique, il y a enfin les films de Michel Deville en DVD, seront-ils édités à l’unité ??….pour « Benjamin.. », « Raphaël… » et « La Petite Bande »….
J’aime aussi beaucoup Roger Corman, « La Tombe de Ligeia » particulièrement et « The Intruder » (Bach Films).
D’où ce dernier mot pour dire que Bach Films m’a permis de voir, malgré parfois une « non-restauration », de petites merveilles comme: « Détour »& »Barbe Bleue »(Ulmer), « La Petite Boutique des Horreurs » & « Un Baquet de Sang »(Corman), « Maris Aveugles »(Stroheim), « Les Maîtresses de Dracula »(excellent Fisher), « Captain Kidd »(R.V Lee, avec l’immense C.Laughton), « Le Cerveau qui ne voulait pas mourir » (J.Green;un film « horror-scifi » délirant !!), « Les Mondes Imaginaires de Winsor Mc Cay » …etc
Bravo à cet éditeur.
Catherine.
A JJ Manzanera :
Les coffrets Ealing. Il y en a 3.
Bravo pour cette nouvelle présentation de votre blog. Ce dernier y gagne en plaisir visuel et en clarté…
Concernant les coffrets Ealing, je me permets de rectifier : il y en a 4.
et une biographie critique de Humphrey Jennings sort chez Lharmattan
Cher Mr Tavernier,
Savez-vous si les labels Paramount et M.G.M. vont-ils un jour redistribuer des westerns en zone 2?
Quand je vois le nombre de grands westerns encore non sortis sous leurs égides, je reste ahuri devant tant d’apathie de leur part!
un inconditionnel.