Oct
14

Une flopée de westerns vient de sortir tant en France qu’aux USA, à des prix très abordables.

L HOMME-DE-NULLE-PART

A tout seigneur, tout honneur, commençons par L’HOMME DE NULLE PART (JUBAL) de Delmer Daves qui coécrit le scénario. Ce premier volet d’une trilogie avec Glenn Ford est une transposition d’Othello dans les paysages somptueux de Jackson Hole où Rod Steiger joue (voire surjoue) Iago. J’ai revu le dvd américain et j’ai été très sensible à la grande variété des paysages, à la manière magistrale dont Daves les intègre à l’action, aux émotions des personnages. Il y filme pour la première fois l’émouvante Felicia Farr. Charles Bronson y est aussi spectaculaire que dans L’AIGLE SOLITAIRE. A découvrir.

LA-MISSION-DU-COMMANDANT-LE

A découvrir également LA MISSION DU COMMANDANT LEX d’André de Toth que j’aime davantage à chaque vision. Ce western d’espionnage est superbement dirigé (regardez la scène du tribunal) et donne à Cooper des moments anthologiques.

LA-DERNIERE-CHASSE

LA DERNIERE CHASSE m’a passablement déçu (alors que j’ai été transporté par une nouvelle vision de DEADLINE USA, hélas inédit en dvd) malgré les audaces scénaristiques, les bonnes intentions. J’avais gardé un bon souvenir de ce western écologique, de ce plaidoyer contre le massacre des bisons que Brooks rapprochait du massacre des Indiens. Mais le scénario m’a paru assez lourd et démonstratif et surtout on a l’impression que le film n’est pas monté comme il a été tourné. Il y a des raccords très étranges qui brouillent toute progression dans l’espace, des rapports de plans lourds et maladroits, défauts que l’on ne sent jamais dans ELMER GANTRY ou LES PROFESSIONNELS. Subsistent de belles séquences comme cette bagarre de saloon ni euphorique ni libératrice, désolée plutôt avec ce beau plan de Stewart Granger ivre, un cigare à la bouche, un tesson de bouteille à la main qui fit délirer Jacques Rivette au Studio Parnasse.

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Sep
24

La guerre

THE-DAM-BUSTERSEn Angleterre, on trouve en dvd (bien sûr sans sous-titres) THE DAM BUSTERS (Les Briseurs de Barrage) : Ce film remporta un succès phénoménal. Ce qui étonne. L’ouverture est pépère, la sobriété terne nivelle toute progression dramatique. Aucun point de vue sur les personnages et les sentiments. On voit un film qui n’est jamais en prise avec son époque, que ce soit celle de l’action ou celle du tournage. Du cinéma à l’imparfait. Le contraire de l’Histoire. Seule surnage l’interprétation parfaire de Michael Redgrave, le seul qui donne de la consistance à son personnage. Richard Todd est à son habitude totalement terne. C’est sans doute l’un des acteurs les moins inspirants du cinéma britannique.

Effets spéciaux incroyablement frustes et amateurs pour le cinéma britannique. Quelques beaux plans d’avions et à la fin, des plans sur des pièces vides pour indiquer les disparus. Détail amusant, « the March of the Dam Busters » qui fut un tube au moment de la sortie est toujours jouée avec le même succès, notamment dans des concerts en plein air qui regroupent les œuvres du compositeur.

On prépare un remake du film et là s’est posé un vrai problème qui est en train de devenir une cause nationale. Le chien du personnage que joue Richard Todd s’appelait Nigger, ce qui est historique. Les Américains refusent, le politiquement correct aidant, de garder ce nom et ont proposé Digger, ce qui a été violemment rejeté. Il y a eu une campagne de protestation… On vient de proposer Nigge… À suivre.

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Août
06

Cinéma asiatique

TOKYO BORDELLOJe découvre Hideo Gosha dont je connaissais mal les films : TOKYO BORDELLO est très stylisé. Couleurs et décors magnifiques. Film très esthète jusque dans les maquillages, les coiffures, un esthétisme qui n’édulcore jamais la cruauté du sujet.
FEMMES DE YAKUZAFEMMES DE YAKUZA est tout aussi somptueux visuellement. Gosha évoque les rapports de classes, les luttes meurtrières qui opposent différents clans de yakuzas d’Osaka à travers leurs femmes qui dirigent les clans pendant que leurs maris sont en prison. En essayant de maintenir le clan Domoto, l’héroïne, Tamaki, va devoir s’opposer à sa sœur qui est tombée amoureuse d’un tueur qui a rejoint un groupe de félons. Photo magnifique. On voit l’influence d’un film comme celui-là sur Tarentino.

L’OMBRE DU LOUP, histoire d’une femme qui s’éprend peu à peu de son protecteur sur fond de rivalités de yakuzas, possède les mêmes qualités. Et si l’on veut être plus restrictif, suit les mêmes recettes. Il me reste à voir LE ROYAUME DES GEISHAS. Je salive d’avance.

Coffret Johnnie ToSPARROW

Le Coffret Johnnie To comblera les amateurs de ce cinéaste prolifique et éclectique dont est sorti l’assez décevant VENGEANCE avec Johnny Hallyday. Le début est brillant, très élégamment filmé mais le scénario tourne court. Je préfère de beaucoup le très inventif et drôle SPARROW (MOINEAU) sur des pickpockets pieds nickelés manipulés par une belle fille.

HARAKIRI avait été un vrai choc quand je l’avais vu au Festival de Cannes en 1963 où il remporta le prix spécial du jury. Les séquences finales (le Hara-Kiri du titre décrit avec une minutie totale, exempte de voyeurisme) avait passablement secoué un public prompt à applaudir les couchers de soleil. Toutes ces séquences ont gardé la même force et la rigueur du film qui attaque le bushido, le code d’honneur des samouraïs, son dépouillement, sa force dramatique n’ont pas pris une ride. Kobayashi reste un metteur en scène un peu trop oublié. J’aimerais revoir KWAIDAN d’après Lafcadio Hearn et découvrir les mélodrames sociaux qu’il tourna avant sa grande fresque, LA CONDITION DE L’HOMME.

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