Juin
02

SparrowsDans la série des Mary Pickford diffusé par Bach Films, l’extraordinaire SPARROWS, dirigé par William Beaudine qui termina sa carrière en filmant des séries Z aux titres pittoresques : BILLY THE KID vs DRACULA ou JESSE JAMES MEETS FRANKENSTEIN’S DAUGHTER qui sont sortis chez Bach films.
Rien de tel dans SPARROW, film extrêmement soigné dont l’action se déroule entièrement dans des marais du sud des Etats-Unis avec des personnages sortis de DELIVRANCE. Les premiers Intertitres sont célèbres. Le premier nous dit que Dieu voulant créer un endroit digne de l’enfer, choisit ces marais (que l’on voit envahis de brumes pestilentielles). Le second ajoute que pour parfaire sa tâche, Dieu ajouta Mr Grimes (que joue brillamment Gustav von Seyffertitz). La course de Mary Pickford et les autres enfants au milieu des sables mouvants et des alligators reste un grand moment de cinéma. Il me reste à voir d’autre Beaudine avec Pickford dont LITTLE ORPHAN ANNIE.

The FuriesIl convient aussi de saluer en fanfare la sortie inattendue en zone 1 de deux westerns majeurs qui tous deux battent en brèche les clichés du genre. Commençons par THE FURIES, un film d’Anthony Mann très difficile à voir. Il avait disparu de la circulation depuis des décennies et j’avais dû aller à Londres pour le voir il y a de cela plus de quinze ans.
Criterion vient de combler ce manque. Et cela avec un coffret qui joint au film le roman de Niven Busch qui servit de point de départ au scénario de Charles Schnee.

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Mar
03

DINO RISI a disparu. Je n’arrive pas à écrire Dino Risi est mort tellement je le trouve vivant lui et ses films voltairiens. J’avais revu AU NOM DU PEUPLE ITALIEN, satire prémonitoire de Berlusconi, voici peu de temps. Je vais me précipiter revoir PARFUM DE FEMME et surtout UNE VIE DIFFICILE, LE FANFARON.

Au nom du peuple italienParfum de femmeUne vie difficileLe Fanfaron

Place aux jeunesMake Way For TomorrowBeaucoup d’œuvres majeures, de films importants ou rares sont de sortis. Je voudrais commencer par en citer deux qu’il est absolument INDISPENSABLE d’acheter :
MAKE WAY FOR TOMORROW (PLACE AUX JEUNES chez Bac Films), sans doute le chef-d’œuvre de Léo McCarey et l’un des 10 plus grands films hollywoodiens des années 30/40. C’était aussi l’avis de Lubitsch, de Jean Renoir et à la sortie du critique Frank Nugent, futur scénariste de John Ford : il louait la chaleur humaine, l’humanité, l’honnêteté de cette œuvre mais aussi son humour. Un humour qui n’est jamais utilisé pour atténuer l’intensité dramatique des situations ni déguiser leur sérieux mais au contraire pour les renforcer, pour les authentifier. L’expérience vécue ne se divise pas en moments dramatiques ou cocasses, mais mêle intimement les deux registres. Je pense à l’échange téléphonique entre la grand mère et le grand père, bouleversant et drôle, qui vient perturber la partie de bridge. McCarey aborde là un sujet grave, encore plus actuel (le rapport avec des personnes âgées) et réussit un bouleversant exercice de corde raide. Je défie quiconque de ne pas pleurer durant la dernière demi-heure. On consultera les bonus très intelligents de Bernard Eisenschitz en regrettant qu’on ne soit pas allé interroger Pierre Rissient qui acheta et fit découvrir MAKE WAY, et rencontra McCarey. Je travaillai avec lui à cette époque. A Acheter et à offrir.
Du coup j’en profite pour recommander un McCarey beaucoup plus connu, L’EXTRAVAGANT Mr RUGGLES, excellente comédie où triomphent Laughton en valet britannique que son maître perd au poker mais aussi Charles Ruggles, Mary Boland et Roland Young. McCarey y pratique comme toujours de brusques changements de ton dont le plus célèbre permet à Laughton de réciter le discours prononcé par Lincoln à Gettysburg aux Américains qui l’ignorent.

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Jan
02

Classe tous risquesJ’ai des rapports très particuliers, très personnels avec ce film. J’éprouvai un choc quand je le découvris et c’est sur lui que j’écrivis ma première critique. Un article court, à la demande du rédacteur en chef, sans doute superficiel – j’étais jeune -, mais laudateur qui se terminait par cette phrase : « j’entends dire que Classe tous risques est un film de série B mais un B comme Boetticher vaut mieux qu’un A comme Allégret.
Ce n’est pas par hasard que je faisais référence au réalisateur de 7 men from now. Sautet partageait avec lui le goût de l’ellipse, de l’épure, la même netteté narrative, la même affection pour les sentiments forts et les personnages marginaux.
Ce premier article fut suivi de ma première interview. Sautet y évoquait, dans les influences qui avaient marqué le film, son amour du western, Rio Bravo par exemple et me dit qu’il avait demandé à Belmondo de voir 7 men from now. Ce fut « le début d’une grande amitié » qui ne connut jamais de nuages ou de fléchissement et ne cessa qu’avec sa mort. Une double amitié puisque quelque temps plus tard, je rencontrai José Giovanni qui lui aussi fit partie de ma vie.
Il fut, avec Jean Pierre Melville, mon parrain dans le cinéma, m’aidant, me prenant sous sa protection, allant trouver mes parents pour les convaincre de me laisser choisir ce métier plutôt que les sciences politiques. Je fus avec Pierre Rissient son attaché de presse et, devenu metteur en scène, je lui faisais lire mes scénarios, lui montrait, tout comme Truffaut et tant d’autres, mes premiers montages. Sautet fut le plus grand « script-doctor », réparateur de montage, du cinéma français. Ses réactions étaient toujours stimulantes. Il mettait instantanément le doigt sur ce qui ne marchait pas et trouvait immédiatement une solution. Il améliora, répara, rabibocha un très grand nombre de films français, en sauva plusieurs du désastre.
En fait, je ne m’écarte pas du sujet. Ces qualités de rigueur, cet esprit synthétique qui ne supprime pas les émotions, bien au contraire, sous-tend ce premier opus, lui donne sa force, son originalité.

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