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02

Classe tous risquesJ’ai des rapports très particuliers, très personnels avec ce film. J’éprouvai un choc quand je le découvris et c’est sur lui que j’écrivis ma première critique. Un article court, à la demande du rédacteur en chef, sans doute superficiel – j’étais jeune -, mais laudateur qui se terminait par cette phrase : « j’entends dire que Classe tous risques est un film de série B mais un B comme Boetticher vaut mieux qu’un A comme Allégret.
Ce n’est pas par hasard que je faisais référence au réalisateur de 7 men from now. Sautet partageait avec lui le goût de l’ellipse, de l’épure, la même netteté narrative, la même affection pour les sentiments forts et les personnages marginaux.
Ce premier article fut suivi de ma première interview. Sautet y évoquait, dans les influences qui avaient marqué le film, son amour du western, Rio Bravo par exemple et me dit qu’il avait demandé à Belmondo de voir 7 men from now. Ce fut « le début d’une grande amitié » qui ne connut jamais de nuages ou de fléchissement et ne cessa qu’avec sa mort. Une double amitié puisque quelque temps plus tard, je rencontrai José Giovanni qui lui aussi fit partie de ma vie.
Il fut, avec Jean Pierre Melville, mon parrain dans le cinéma, m’aidant, me prenant sous sa protection, allant trouver mes parents pour les convaincre de me laisser choisir ce métier plutôt que les sciences politiques. Je fus avec Pierre Rissient son attaché de presse et, devenu metteur en scène, je lui faisais lire mes scénarios, lui montrait, tout comme Truffaut et tant d’autres, mes premiers montages. Sautet fut le plus grand « script-doctor », réparateur de montage, du cinéma français. Ses réactions étaient toujours stimulantes. Il mettait instantanément le doigt sur ce qui ne marchait pas et trouvait immédiatement une solution. Il améliora, répara, rabibocha un très grand nombre de films français, en sauva plusieurs du désastre.
En fait, je ne m’écarte pas du sujet. Ces qualités de rigueur, cet esprit synthétique qui ne supprime pas les émotions, bien au contraire, sous-tend ce premier opus, lui donne sa force, son originalité.

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oct
27

SND a sorti toute une série de films italiens et une collection Gabin. C’est ainsi que j’ai découvert IL GIOVEDI de Dino Risi, œuvre douce-amère touchante et assez désenchantée qui annonce LE FANFARON et UNE VIE DIFFICILE. À découvrir. En revanche DON CESAR DE BAZAN, première réalisation de Freda, est vraiment médiocre et académique. Les duels sont filmés à l’accéléré, sans invention et l’on ne peut sauver que quelques plans d’atmosphère, quelques cadres assez réussis. Dans les Gabin, cela vaut vraiment le coup de revoir LA HORSE, une des réussites de Granier Deferre qui marque sa rencontre avec Pascal Jardin et tient très bien le coup. La mort de Felix Marten, sinistre écraseur de poules, est un grand moment. LE PORT DU DESIR est un Gréville ultra mineur avec un scénario de Jacques Viot qui prend l’eau de toutes parts. On y trouve quelques notations personnelles (le moment où Henri Vidal et la curieuse Andrée Debar ferment et ouvrent les verrous de leur chambre d’hôtel est une réussite très « Grévillienne ») et une belle séquence sous marine filmée par… Louis Malle. Je n’ai pas encore vu MARIA CHAPDELAINE ni revu LA BANDERA.

Il Giovedi de Dino RisiLa HorseLe port du désir

La piscineSND a aussi sorti une magnifique copie de LA PISCINE, sans doute le meilleur film de Jacques Deray. Il est enfin possible de revoir le film tel qu’il a été tourné, avec ses couleurs d’origine, sa photographie qui donne une présence extraordinaire à la peau des personnages, à leur corps, ce qui donne toute leur force physique, animale à ces affrontements de fauves. Et quels fauves : Alain Delon, Romy Schneider, et Maurice Ronet, sans oublier la présence de Jane Birkin. On a l’impression que la mise en scène aiguise, affûte leur talent . Une goutte d’eau glisse le long d’une épaule, un rayon de soleil vient éclairer un visage. L’ouverture du film, qui joue de manière magistrale sur le hors champ, la durée des plans, est d’une rare sensualité. Sensualité qui se transforme peu à peu en une tension inexorable que ne dissipent pas les apparitions insolites de Paul Crauchet.

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oct
01

UN HOMME QUI DORTSortie dans un DVD collector de de Bernard Queysanne d’après le beau livre de Georges Perec. Parlant de ce film, Gilles Jacob, alors critique à l’Express en parlait comme du « cri d’un poète. De ceux qu’on n’étouffe pas ».Deux coffrets essentiels consacrés à Ernst Lubitsch viennent de sortir. Celui de MK2 recense quelques films muets de la période allemande, notamment la géniale et désopilante PRINCESSE AUX HUITRES (déjà sorti aux USA chez Kino), une des très grandes comédies du cinéaste. Criterion (www.criterion.com) distribue dans la déjà célèbre collection Eclipse, les premières comédies musicales (LUBITSCH MUSICALS) 3 avec Maurice Chevalier dont 2 avec Jeannette MacDonald : ONE HOUR WITH YOU, THE LOVE PARADE, THE SMILING LIEUTENANT (avec Claudette Colbert), et MONTE CARLO, plus faible où Chevalier est hélas remplacé par Jack Buchanan que l’on retrouvera des années plus tard dans TOUS EN SCENES.

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