oct
27

SND a sorti toute une série de films italiens et une collection Gabin. C’est ainsi que j’ai découvert IL GIOVEDI de Dino Risi, œuvre douce-amère touchante et assez désenchantée qui annonce LE FANFARON et UNE VIE DIFFICILE. À découvrir. En revanche DON CESAR DE BAZAN, première réalisation de Freda, est vraiment médiocre et académique. Les duels sont filmés à l’accéléré, sans invention et l’on ne peut sauver que quelques plans d’atmosphère, quelques cadres assez réussis. Dans les Gabin, cela vaut vraiment le coup de revoir LA HORSE, une des réussites de Granier Deferre qui marque sa rencontre avec Pascal Jardin et tient très bien le coup. La mort de Felix Marten, sinistre écraseur de poules, est un grand moment. LE PORT DU DESIR est un Gréville ultra mineur avec un scénario de Jacques Viot qui prend l’eau de toutes parts. On y trouve quelques notations personnelles (le moment où Henri Vidal et la curieuse Andrée Debar ferment et ouvrent les verrous de leur chambre d’hôtel est une réussite très « Grévillienne ») et une belle séquence sous marine filmée par… Louis Malle. Je n’ai pas encore vu MARIA CHAPDELAINE ni revu LA BANDERA.

Il Giovedi de Dino RisiLa HorseLe port du désir

La piscineSND a aussi sorti une magnifique copie de LA PISCINE, sans doute le meilleur film de Jacques Deray. Il est enfin possible de revoir le film tel qu’il a été tourné, avec ses couleurs d’origine, sa photographie qui donne une présence extraordinaire à la peau des personnages, à leur corps, ce qui donne toute leur force physique, animale à ces affrontements de fauves. Et quels fauves : Alain Delon, Romy Schneider, et Maurice Ronet, sans oublier la présence de Jane Birkin. On a l’impression que la mise en scène aiguise, affûte leur talent . Une goutte d’eau glisse le long d’une épaule, un rayon de soleil vient éclairer un visage. L’ouverture du film, qui joue de manière magistrale sur le hors champ, la durée des plans, est d’une rare sensualité. Sensualité qui se transforme peu à peu en une tension inexorable que ne dissipent pas les apparitions insolites de Paul Crauchet.

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oct
01

UN HOMME QUI DORTSortie dans un DVD collector de de Bernard Queysanne d’après le beau livre de Georges Perec. Parlant de ce film, Gilles Jacob, alors critique à l’Express en parlait comme du « cri d’un poète. De ceux qu’on n’étouffe pas ».Deux coffrets essentiels consacrés à Ernst Lubitsch viennent de sortir. Celui de MK2 recense quelques films muets de la période allemande, notamment la géniale et désopilante PRINCESSE AUX HUITRES (déjà sorti aux USA chez Kino), une des très grandes comédies du cinéaste. Criterion (www.criterion.com) distribue dans la déjà célèbre collection Eclipse, les premières comédies musicales (LUBITSCH MUSICALS) 3 avec Maurice Chevalier dont 2 avec Jeannette MacDonald : ONE HOUR WITH YOU, THE LOVE PARADE, THE SMILING LIEUTENANT (avec Claudette Colbert), et MONTE CARLO, plus faible où Chevalier est hélas remplacé par Jack Buchanan que l’on retrouvera des années plus tard dans TOUS EN SCENES.

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sept
11

Blade RunnerLe prix du syndicat de la critique est allé, et c’est justice, aux magnifiques coffrets sur BLADE RUNNER qui comprend 5 montages différents, 5 versions du film et sur Douglas Sirk. Ce dernier, édité par Carlotta, est une merveille : copies magnifiques (celle du TEMPS D’AIMER ET DU TEMPS DE MOURIR, œuvre magnifique à peine desservie par John Gavin, est vraiment splendide) et suppléments incroyables. À ce stade, on ne peut même plus parler de bonus. Carlotta nous offre en effet en plus d’un entretien avec Sirk, d’un décryptage des conversations avec Jon Hallyday (qui éclairent LE TEMPS D’AIMER d’une couleur très autobiographique) les premières versions, dues à John Stahl, de MAGNIFICENT OBSESSION (LE SECRET MAGNIFIQUE) et d’IMITATION OF LIFE (MIRAGE DE LA VIE). Je dois dire d’ailleurs qu’en ce qui concerne IMITATION, le Stahl me paraît supérieur à son remake. Il est certes moins lyrique, moins flamboyant et sa fin est moins bouleversante, mais il est plus réaliste, plus vraisemblable. Et surtout le traitement des rapports raciaux me semble plus audacieux, plus libéral. Comme nous l’écrivions dans 50 ans de cinéma américain (dans la première version) : « la domestique noire, détentrice d’une recette secrète, s’associe à sa patronne pour créer ce qui deviendra « un empire de la crêpe » et fait fortune, ce qui lui permettra au moins de se payer un bel enterrement au lieu de le devoir à la charité de son employeur ». Il est intéressant de comparer la Béatrice incarnée par Claudette Colbert, femme sensible, énergique, pleine d’humour, vivante à la Lola du Sirk qui en fait une actrice médiocre (du moins on le suppose), dévorée par l’ambition, et par ailleurs, complètement superficielle et insipide. C’est peut-être le seul angle qu’a trouvé Sirk pour pallier aux limites de Turner et jouer sur son image.

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