sept
24

La guerre

THE-DAM-BUSTERSEn Angleterre, on trouve en dvd (bien sûr sans sous-titres) THE DAM BUSTERS (Les Briseurs de Barrage) : Ce film remporta un succès phénoménal. Ce qui étonne. L’ouverture est pépère, la sobriété terne nivelle toute progression dramatique. Aucun point de vue sur les personnages et les sentiments. On voit un film qui n’est jamais en prise avec son époque, que ce soit celle de l’action ou celle du tournage. Du cinéma à l’imparfait. Le contraire de l’Histoire. Seule surnage l’interprétation parfaire de Michael Redgrave, le seul qui donne de la consistance à son personnage. Richard Todd est à son habitude totalement terne. C’est sans doute l’un des acteurs les moins inspirants du cinéma britannique.

Effets spéciaux incroyablement frustes et amateurs pour le cinéma britannique. Quelques beaux plans d’avions et à la fin, des plans sur des pièces vides pour indiquer les disparus. Détail amusant, « the March of the Dam Busters » qui fut un tube au moment de la sortie est toujours jouée avec le même succès, notamment dans des concerts en plein air qui regroupent les œuvres du compositeur.

On prépare un remake du film et là s’est posé un vrai problème qui est en train de devenir une cause nationale. Le chien du personnage que joue Richard Todd s’appelait Nigger, ce qui est historique. Les Américains refusent, le politiquement correct aidant, de garder ce nom et ont proposé Digger, ce qui a été violemment rejeté. Il y a eu une campagne de protestation… On vient de proposer Nigge… À suivre.

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août
06

Cinéma asiatique

TOKYO BORDELLOJe découvre Hideo Gosha dont je connaissais mal les films : TOKYO BORDELLO est très stylisé. Couleurs et décors magnifiques. Film très esthète jusque dans les maquillages, les coiffures, un esthétisme qui n’édulcore jamais la cruauté du sujet.
FEMMES DE YAKUZAFEMMES DE YAKUZA est tout aussi somptueux visuellement. Gosha évoque les rapports de classes, les luttes meurtrières qui opposent différents clans de yakuzas d’Osaka à travers leurs femmes qui dirigent les clans pendant que leurs maris sont en prison. En essayant de maintenir le clan Domoto, l’héroïne, Tamaki, va devoir s’opposer à sa sœur qui est tombée amoureuse d’un tueur qui a rejoint un groupe de félons. Photo magnifique. On voit l’influence d’un film comme celui-là sur Tarentino.

L’OMBRE DU LOUP, histoire d’une femme qui s’éprend peu à peu de son protecteur sur fond de rivalités de yakuzas, possède les mêmes qualités. Et si l’on veut être plus restrictif, suit les mêmes recettes. Il me reste à voir LE ROYAUME DES GEISHAS. Je salive d’avance.

Coffret Johnnie ToSPARROW

Le Coffret Johnnie To comblera les amateurs de ce cinéaste prolifique et éclectique dont est sorti l’assez décevant VENGEANCE avec Johnny Hallyday. Le début est brillant, très élégamment filmé mais le scénario tourne court. Je préfère de beaucoup le très inventif et drôle SPARROW (MOINEAU) sur des pickpockets pieds nickelés manipulés par une belle fille.

HARAKIRI avait été un vrai choc quand je l’avais vu au Festival de Cannes en 1963 où il remporta le prix spécial du jury. Les séquences finales (le Hara-Kiri du titre décrit avec une minutie totale, exempte de voyeurisme) avait passablement secoué un public prompt à applaudir les couchers de soleil. Toutes ces séquences ont gardé la même force et la rigueur du film qui attaque le bushido, le code d’honneur des samouraïs, son dépouillement, sa force dramatique n’ont pas pris une ride. Kobayashi reste un metteur en scène un peu trop oublié. J’aimerais revoir KWAIDAN d’après Lafcadio Hearn et découvrir les mélodrames sociaux qu’il tourna avant sa grande fresque, LA CONDITION DE L’HOMME.

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juin
02

SparrowsDans la série des Mary Pickford diffusé par Bach Films, l’extraordinaire SPARROWS, dirigé par William Beaudine qui termina sa carrière en filmant des séries Z aux titres pittoresques : BILLY THE KID vs DRACULA ou JESSE JAMES MEETS FRANKENSTEIN’S DAUGHTER qui sont sortis chez Bach films.
Rien de tel dans SPARROW, film extrêmement soigné dont l’action se déroule entièrement dans des marais du sud des Etats-Unis avec des personnages sortis de DELIVRANCE. Les premiers Intertitres sont célèbres. Le premier nous dit que Dieu voulant créer un endroit digne de l’enfer, choisit ces marais (que l’on voit envahis de brumes pestilentielles). Le second ajoute que pour parfaire sa tâche, Dieu ajouta Mr Grimes (que joue brillamment Gustav von Seyffertitz). La course de Mary Pickford et les autres enfants au milieu des sables mouvants et des alligators reste un grand moment de cinéma. Il me reste à voir d’autre Beaudine avec Pickford dont LITTLE ORPHAN ANNIE.

The FuriesIl convient aussi de saluer en fanfare la sortie inattendue en zone 1 de deux westerns majeurs qui tous deux battent en brèche les clichés du genre. Commençons par THE FURIES, un film d’Anthony Mann très difficile à voir. Il avait disparu de la circulation depuis des décennies et j’avais dû aller à Londres pour le voir il y a de cela plus de quinze ans.
Criterion vient de combler ce manque. Et cela avec un coffret qui joint au film le roman de Niven Busch qui servit de point de départ au scénario de Charles Schnee.

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