Après les Regrets de fin septembre, place à un coup de gueule contre les TRESORS DE LA WARNER, équivalent français de THE WARNER ARCHIVES, vendus à des prix prohibitifs (20 euros) pour des films très largement bénéficiaires avec le temps. Plus grave, la plupart des titres, disent les internautes, utilisent de vieux masters usés, non restaurés. Et, ce qui est criminel, les formats ne sont pas respectés.

LE CYGNE (pas terrible) et THÉ ET SYMPATHIE de Minnelli (bien meilleur) sont diffusés en 4/3 alors que sur Warner Archives US, il s’agit des 2.35, 16/9 remastérisés. Comme l’écrit un internaute : « Si vous voulez que cette collection soit pérenne même à un prix élevé, merci de fournir des masters corrects sachant qu’en plus, ils existent. Merci également de fournir les bonnes informations aux cinéphiles qui prennent le risque de commander vos produits ».
Il suffit de comparer avec la petite collection rouge de Gaumont qu’on trouve sur le net ou à la boutique Gaumont, à des prix plus abordables même si les films ne sont pas restaurés.
Plaisirs
Je reviens sur quelques titres, revus avec plaisir : L’INEVITABLE MONSIEUR DUBOIS de Pierre Billon (comédie à l’américaine vraiment amusante et rythmée, avec une Annie Ducaux inattendue) ; J’ÉTAIS UNE AVENTURIÈRE (Edwige Feuillère est parfaite dans le rôle de comédie qui la dégèle quelque peu) ; TONI (dont j’ai déjà parlé, un des meilleurs Renoir) ; L’ALIBI (un policier talentueux de Pierre Chenal avec un Stroheim étonnamment sobre, un Jouvet retenu. La fin, hélas, fut imposé par le producteur) ; SIGNÉ ARSENE LUPIN (l’un des premiers scénarios de Jean-Paul Rappeneau, astucieux, inventif. Yves Robert, Jacques Dufilho sont irrésistibles : il faut entendre ce dernier dire : « Monsieur donne trop ». Robert Lamoureux ne s’en sort pas mal du tout. Ce n’est pas indigne du Becker.) ; SANS LENDEMAIN, UN PAPILLON SUR L’ÉPAULE (l’un des Deray les plus personnels) ; LES ABYSSES ; ALLEMAGNE ANNÉE ZERO (un Rossellini majeur) ; LA VERITÉ SUR BÉBÉ DONGE (un chef d’œuvre) ; LE DERNIER DES 6 (que j’avais trouvé brillant) ; ANTOINE ET ANTOINETTE (un très bon Becker). Je dois revoir MOLLENARD, un Siodmak très fort, très âpre, SANS LENDEMAIN.
Et SOUS LE SIGNE DU TAUREAU de Gilles Grangier que j’hésitais à voir (vu les autres Grangier de l’époque et qui fut une découverte et une très plaisante surprise). Au début, il faut passer outre une certaine esthétique qui prédomine dans les derniers Alain Poire : photo vraiment plate de Walter Wottiz où tout est trop éclairé, décors typique Vème République (cela constitue presque un constat). Le sujet (François Boyer, Grangier, Audiard) intrigue et petit à petit se dégage une amertume (les rapports avec Susanne Flon), une colère qui vont grandissantes. Le rapport de Gabin à son métier est écrit sans fioritures, sans acrobaties verbales. La scène avec le génial Alfred Adam est du meilleur Audiard : la description de la manière dont on pouvait s’enrichir sous l’Occupation est savoureuse. Mais surprise, il dépasse le constat bienveillant et oppose à Adam, un Gabin sobre dont une réplique au moins parait très autobiographique : « et toi qu’est-ce que tu faisais ? » – » Moi, j’étais sur les plages ».
Déjà, auparavant, quelques revers de volées sur les banques, les grandes fortunes, la belle famille qui réussit dans les affaires, renvoient à des moments du PRÉSIDENT. Et puis, il y a deux ou trois bonheurs d’écriture qui font plaisir, sur la Normandie en Automne. Et entendre déjà que « Capitaux privés ou subventions, la Recherche est condamnée à la mendicité » est aussi plaisant que « je suis pour l’Europe des travailleurs contre l’Europe des actionnaires »… Audiard.
Raymond Gérome et Ledoux sont parfaits et Dalban, sobre, fait son 178ème patron de bistrot. La fin du film qui aurait pu être plus lyrique m’a touché peut-être aussi à cause de cette sobriété chaleureuse, un peu effacée qui donne leur ton, leur couleur aux meilleurs Grangier. Je ne m’y attendais pas du tout. Dommage que le résumé au verso donne la fin du scénario.
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Je pense à REMPARTS D’ARGILE, de Jean-Louis Bertucelli, évoqué dans la première chronique ; au MEDIUM de Menotti, le seul opéra filmé, dirigé par son compositeur ; au magnifique PRIDE OF THE MARINES de Delmer Daves avec John Garfield, l’un des meilleurs films humanistes, démocratiques, tournés sur la seconde guerre mondiale. Sa scène de bataille, si originale, rivalise avec celle de MONKEY ON MY BACK d’André de Toth qui continue à passer inaperçue.
