Films américains, films anglais et documentaires

3 septembre 2018 par - DVD

FILMS AMÉRICAINS

Certaines œuvres célèbres viennent enfin de sortir en Blu-ray aux USA, en France ou en Angleterre : JOHNNY GUITAR de Nicholas Ray dont je ne connaissais que le DVD Montparnasse. Dans l’édition Signature d’Olive : Restauration 4K – Introduction par Martin Scorsese – Audio commentary with historian and critic Geoff Andrew – Tell Us She Was One of You : The Blacklist History of Johnny Guitar – with historian Larry Ceplair and blacklisted screenwriter Walter Bernstein – Is Johnny Guitar a Feminist Western? : Questioning the Canon – with critics Miriam Bale, Kent Jones, Joe McElhaney and B. Ruby Rich – Free Republic: The Story of Herbert J. Yates and Republic Pictures – with archivist Marc Wanamaker – A critical appreciation of Nicholas Ray with critics Miriam Bale, Kent Jones, Joe McElhaney and B. Ruby Rich – My Friend, the American Friend – Nicholas Ray biographical piece with Tom Farrell and Chris Sievernich – Johnny Guitar: Le premier western existentiel, un essai passionnant de Jonathan Rosenbaum.

Sont sortis aussi en plus de THE SEA WOLF déjà mentionné, THE HANGING TREE pour moi l’un des plus grands chefs d’œuvre de Delmer Daves qui n’avait jamais été exploité dans le bon format.

Ce fut une bonne surprise que de découvrir en zone 1 ASSIGNMENT PARIS, film quasi-inconnu et introuvable, qui fut commencé par Phil Karlson et terminé par Robert Parrish. Le résultat me surprit très agréablement. Difficile d’attribuer ce qui revient à chaque metteur en scène, ce qui a été gardé ou refait. Karlson dans KING’S OF THE B’S mentionne une séquence qui n’existe pas dans le montage final. La présence de Jay Adler en barman, acteur fétiche de Parrish, indique que c’est lui qui tourné ces scènes. L’une d’entre elles offre à Audrey Totter, excellente dans un de ses rares rôles sympathiques, une réplique mémorable de William Bowers, « Un bon barman laisse le client pleurer tout seul dans sa propre bière. » ASSIGNMENT PARIS est l’un des très rares films anti-communistes qui évite le délire hystérique au profit d’un récit sobre, modeste, dépouillé (qualités typiques de Parrish) et relativement réaliste, bien écrit par, une fois de plus, William Bowers. Il fait dire à un agent hongrois : « La Géographie, c’est un état d’esprit », réplique aiguë et brillantissime. Cette enquête menée par un journaliste américain qui veut découvrir ce qui est arrivé à un de ses compatriotes fait penser, par son absence d’emphase, de triomphalisme, aux livres de Robert Littell (La Compagnie, Le Transfuge). L’atmosphère des rues hongroises est bien rendue. Les Américains commettent des erreurs, tombent dans des pièges, et ne parviendront qu’à sauver les meubles. Il y a beaucoup plus de marchandage que de scènes d’action. S’il n’y avait pas une dernière phrase de commentaire visiblement surajoutée, on resterait sur une amertume assez rare dans ce genre propice aux tirades patriotiques. Marta Toren, très jolie, est extrêmement crédible.

Et récemment ont émergé plusieurs films Pré-Code souvent joués par Warren Williams, acteur que j’adore, une sorte de pré-George Sanders qui s’était fait une spécialité des séducteurs suaves, caustiques, impitoyables, des détectives ou des avocats cyniques et persifleurs. Il est formidable dans THE MOUTHPIECE de James Flood et Elliott Nugent où, devenu un avocat à la solde des gangsters (le scénario s’inspire de la vie de William Fallon), il invente le stratagème le plus insensé et le plus spectaculaire de l’histoire du film judiciaire. Dans THE MATCH KING de William Keighley et Howard Bretherton, il est un escroc qui, en appliquant le système de Ponzi (c’est le premier film qui y fait référence), finit par posséder toutes les usines d’allumettes de l’Europe en 1931 (là encore, c’est une histoire vraie, contemporaine du tournage jusque dans sa conclusion qui nourrit ce film). Le rythme est rapide, le dialogue, surtout dans THE MOUTHPIECE, étincelant. Warren Williams demande à son assistante, l’excellent Aline MacMahon si elle a fait une fois une bonne action dans sa vie : « Peut-être, par inadvertance. » Flood et Elliott Nugent glissent même un mouvement de grue très dynamique et dans THE MATCH KING, la romance avec une charmante et très sexy Lil Damita (allusion précise à Garbo) est traitée en une suite de scènes courtes avec frustrations, surprises, déconvenues. Un mouvement d’appareil habile parvient à cacher sa nudité. Ces deux films se trouvent ainsi que GUILTY HANDS, dont je parle plus loin, dans FORBIDDEN HOLLYWOOD, Volume 10 qui vaut le coup. Vous aurez en plus SECRET OF THE FRENCH POLICE, un nanar d’Edward Sutherland supervisé par Selznick qui est assez gratiné et se voit sans déplaisir.

Dans SATAN MET A LADY de William Dieterle, Williams reprend le personnage de Sam Spade qui est rebaptisé Ted Shayne dans cette adaptation farfelue du FAUCON MALTAIS, souvent très marrante même si parfois les auteurs poussent le bouchon un peu loin. L’assistante de Shayne en fait des tonnes de manière lassante. Mais le Gros Homme est remplacé par une Fat Lady, Madame Barrabas et le faucon de Malte par le McGuffin le plus ésotérique, le plus bizarroïde du genre : l’oliphant de Roland à Roncevaux. Bette Davis est extrêmement amusante (« On lève toujours son chapeau devant une femme qui a un revolver ») et Dieterle réussit une séquence désopilante durant laquelle un Anglais longiligne saccage méthodiquement l’appartement de Shayne tout en discutant très poliment avec lui.

Dans THE DARK HORSE d’Alfred Green, Warren Williams joue un communicant avant la lettre, un chargé d’image, de relations publiques qu’on appelle pour gérer un politicien stupide qu’on a placé par combine à un poste élevé avec de vraies responsabilités. Le postulat est un peu trop énorme et caricatural mais le ton est nerveux, le propos caustique et certaines séquences sont très enlevées. Le moment où l’on découvre que les deux candidats, le conservateur et le progressiste, s’inspirent du même texte (une lettre) de Lincoln, est assez décapant.

GUILTY HANDS de Van Dyke est un mélodrame Pré-Code très distrayant même si le sujet et certaines péripéties sont tirés par les cheveux. Le héros, un ex-district attorney (Lionel Barrymore plutôt brillant) doit enquêter sur un meurtre qu’il a commis pour sauver sa fille (Madge Evans séduisante et fine) d’un mariage épouvantable avec un de ses « amis », un millionnaire séducteur forcené (Alan Mowbray dans un de ses rares rôles antipathiques). Barrymore lui avait décrit en des termes très crus l’horreur de sa nuit de noces : « C’est une bête. Ta nuit de noces sera un cauchemar, une honte que tu n’oublieras jamais tout le reste de ta vie. » Les rapports père-fille jouent constamment sur une séduction assez œdipienne et Madge Evans devant le jeune homme qu’elle était censée aimer se roule sur un lit de manière incroyablement suggestive en faisant remarquer que les draps sont propres. Kay Francis donne une grande intensité, un vrai charme à une ancienne amoureuse de Mowbray qu’il tente de séduire à nouveau la veille du mariage. Elle le défendra bec et ongles. Le coup de théâtre final, consternant de conformisme, met à mal l’ironie souvent brillante du ton. Van Dyke joue constamment avec les ombres, la profondeur de champ, les pièces peu éclairées, les clair obscurs et cela dès la première séquence, assez bluffante où l’on met du temps à réaliser qu’on est dans un train.

Inutile que je revienne sur FLESH AND FANTASY de Duvivier qui a été abondamment et talentueusement commenté ici même.

 

FILMS ANGLAIS 

LA VENGEANCE D’UNE FEMME est passionnant, formidablement joué notamment par Jessica Tandy et Cédric Hardwicke. Leur affrontement nous vaut un moment particulièrement mémorable. Le film bascule parfois vers le thriller psychanalytique avec des idées de décor fascinantes (la prison par exemple). Cela donne envie de voir les « autres » films de Zoltan Korda, tous ceux qui ne sont pas des épopées colonialistes qu’il détestait tourner (SANDERS OF THE RIVER, BOZAMBO est particulièrement détestable). Idéologiquement, il était à l’opposé de ces films. De Toth raconte que, furieux, il prenait un malin plaisir à plonger ses mains dans la terre et à curer ses ongles au dessus de la porcelaine ultra précieuse de son frère aîné. Il se rapprocha du parti communiste : SAHARA et CONTRE-ATTAQUE sont écrits ou co-écrits par John Howard Lawson. Dans le second Muni joue un partisan russe. Et son dernier film est PLEURE OH MON PAYS BIEN AIMÉ, hélas introuvable en DVD, tout comme THE MACOMBER AFFAIR.

  

SECRET PEOPLE de Thorold Dickinson est un film d’espionnage original et assez palpitant avec un surprenant flashback et des enchaînements visuels très innovants pour l’époque : on cadre en fin de scène Valentina Cortese debout près d’une fenêtre. Elle fait un pas pour la quitter et se retrouve dans un tout autre décor, celui d’une réception où doit avoir lieu un attentat. Reggiani joue un militant (communiste) qui fait pression sur son amoureuse pour qu’elle collabore aux attentats et Audrey Hepburn joue leur fille, une aspirante danseuse : on la voit d’ailleurs plusieurs fois s’exercer à la barre ou danser. Une autre œuvre intrigante de Thorold Dickinson après sa DAME DE PIQUE et la première version de GASLIGHT. Pas de sous-titres dans l’édition Studio Canal UK mais un très bon commentaire sur ce film et le bonus « Dickinson, un cinéaste maudit ».

APPOINTMENT IN LONDON de Philip Leacock est un film de guerre sauvé de la routine par l’anonymat de la mise en scène qui confère, par défaut, une sorte de dépouillement, d’austérité au récit. Cela paraît un paradoxe mais ici l’anonymat de la réalisation ne laisse subsister que les intentions du script et les principes dramatiques qui sont heureusement assez forts et originaux. Il faut dire que le scénario, original, est écrit de manière astucieuse et très documentée par le Flight Commander John Wooldridge qui s’inspire de son expérience et de celle de son supérieur the Wing Commander Guy Gibson. Wooldridge compose aussi la musique du film ce qui mérite d’être signalé. Plus qu’aux raids, le film s’intéresse surtout à la tactique, à la manière dont on peut marquer les cibles même pendant la nuit, avec des fusées éclairantes. Un personnage de Maitre Bombardier repère les erreurs, mesure les courants, les vents et de très nombreuses scènes se déroulent autour de cartes. L’originalité de l’angle, son austérité, l’abondance des détails techniques sont juste enregistrées par la mise en scène et cela peut passer pour de la sobriété, de la retenue, ce qui est un manque d’invention. Interprétation sobre de Dirk Bogarde, Ian Hunter, Bryan Forbes, Dinah Sheridan.

DOCUMENTAIRES

THE SPIRIT OF GOSPEL de Régine Abadia et Joseph Licidé (Fremeaux & associé) est une magnifique anthologie de Gospels, avec des chanteurs et des chorales époustouflantes de mise en place et d’invention. Seul bémol, dans un des interviews, l’un des chanteurs émet des opinions sectaires, stupides sur la musique (il n’y aurait rien en dehors du gospel), demandant même que les autres formes soient éradiquées. On a l’impression de se retrouver chez les Mollahs intégristes, dans TIMBUKTU.

John Ford

LA BATAILLE DE MIDWAY (Editions Montparnasse : L’Amérique en guerre). La concision de ce film, sa narration rapide, aiguë est aux antipodes du délayage, de la verbosité pompeuse et raciste de DECEMBER 7TH de Gregg Toland avant que Ford et Parrish ne coupent 35 minutes. MIDWAY dure 18 minutes (durée pressentie par Ford dès le début du montage) et c’est l’une de ses œuvres les plus personnelles, au même titre que GRAPES OF WRATH ou HOW GREEN WAS MY VALLEY. Le cinéaste se trouvait sur place à la demande de l’Amiral Nimitz quand on annonça un raid japonais. Immédiatement, il décida de filmer des aviateurs, des marins au repos (ceux du Torpedo Squadron 8) ou en train de défiler, des plans de nature et surtout d’oiseaux. Puis le soir de magnifiques plans d’attente avant de s’installer avec l’opérateur Jack Mackenzie placer ses caméras sur le toit de l’immeuble le plus haut de l’île, envoyant l’autre opérateur, Kenneth Pier, sur un porte-avions. De là où il était Ford réussit à capter tout le début de l’attaque, l’approche des Zeros, les avions qui s’écrasent, les premières bombes. Une explosion d’ailleurs le blessa au bras. Puis Mackenzie descendit pour filmer les effets du bombardement et Pier réussit à grimper dans un avion. Par la suite, Ford minimisa de plus en plus le travail exceptionnel des deux opérateurs, les passant même sous silence face à Bogdanovich. Néanmoins, dans le montage final avec les effets sonores (tout fut bruité lors du montage de Robert Parrish), les chansons et hymnes qui servent d’accompagnement musical (dès l’ouverture, on entend My country « Tis or Thee », Yankee Doodle Dandy, Anchor’s Aweigh, Halls of Montezuma puis Red River Valley joué à l’accordéon sur les plans de nature et de soldats en attente), le rythme de la narration, la juxtaposition des plans et des scènes, même les images qu’il n’a pas filmées lui même (la majorité) deviennent totalement fordiennes au point qu’on ne peut les distinguer des siennes. Idée folle et révolutionnaire, Ford décide de garder les plans flous, ceux où la caméra tremble, bascule, perd le point, où la pellicule sort des couloirs, ce qui renforce l’authenticité des images. Et c’est un film sur le deuil, les pertes, les morts.

Il faut aussi voir THE MEMPHIS BELLE de William Wyler (IDEM), la BATAILLE DE SAN PIETRO de Huston (IDEM), le très émouvant THE NEGRO SOLDIER de Stuart Heisler et Carlton Moss, écrivain et cinéaste engagé. THE NEGRO SOLDIER qu’on peut voir sur le Net contient un des sermons les plus convaincants, les plus profonds, plus militants de tout le cinéma américain. Le pasteur, joué par Moss, lit des passages de Mein Kampf qui semblent écrits par le KKK, cite tous les héros noirs et parle d’éducation, de droits, de politique. A voir absolument.

Je recommande très chaleureusement le portrait chaleureux, émouvant de Jean Seberg, ÉTERNELLE JEAN SEBERG, qu’a filmé Anne Andreu. Elle évoque avec pudeur et beaucoup d’attention humaine le destin tragique de cette jeune fille de l’Iowa qui se suicida à 40 ans. Rien ne nous est caché mais rien n’est exploité. Le moment où sa sœur explique que son père, patriote convaincu, découvrant les mensonges abjects colportés par le FBI et Hoover, a décroché le drapeau américain flottant au dessus de la porte, est bouleversant tout comme la figure de Romain Gary (Lisez absolument CHIEN BLANC), les témoignages de Denis Berry, de Clint Eastwood (sur le site de l’INA).

La série Ciné Kino à laquelle ont participé mes amis Laurent Heynneman et Jean Olle Laprune m’a donné envie de revoir certains films comme LES OISEAUX, LES ORPHELINS ET LES FOUS (sur la Tchéquie) qui fut longtemps interdit et qui mérite qu’on y revienne, les premiers films de Pasolini (épisode sur l’Italie).

Raoul Walsh/ Westerns
Il est toujours bon de se replonger dans l’univers de Raoul Walsh. Dans la période Fox, il faut vraiment retenir ME AND MY GAL, une des plus grandes des années 30 qui annonce les meilleures scènes de THEY DRIVE BY NIGHT et de STAWBERRY BLONDE. Cette comédie prolétarienne au ton décontracté et libre tourne autour de la cour que fait Spencer Tracy, policier de rue à Joan Bennett, serveuse de café, cour perturbée par un épouvantable ivrogne qui réapparaît sans cesse en perturbant tout autour de lui et par la recherche d’un criminel évadé qui s’est réfugié chez la sœur de Bennett. Le dialogue semble improvisé sans aucun contrainte d’intrigue.  – Le Patron du bar : « Qui va payer pour ce que vous avez mangé ? » – L’ivrogne : « Vous voulez vraiment savoir QUI vous paie ? » – « Pas spécialement. » – « Eh bien, VOUS n’avez qu’à payer ». On a aussi droit à un hold-up up qui fait penser à celui du RIFIFI, à une évasion et à la fin à une fusillade filmée sèchement. Dans une séquence mémorable, qui parodie STRANGE INTERLUDE, Tracy et Bennett, blottis l’un contre l’autre, échangent des propos anodins, tous contredits par leur voix off révélant ce qu’ils pensent vraiment. Procédé dramaturgique audacieux pour l’époque et qui évoque l’écriture de Jim Thompson avec ses parenthèses en italique qui prennent le contre-pied de ce qui avait été dit une ligne plus haut. Tracy et Bennett sont épatants de légèreté et de dynamisme et forment un couple extrêmement moderne où la femme refuse de se laisser mener par le bout du nez.

Et nous avons aussi redécouvert avec un grand plaisir CHEYENNE, western très réussi, à la fois dynamique et libre. On change constamment de ton, passant du film d’action à la trame ultra classique (un bandit attaque des diligences et signe ses forfaits : le Poète, laissant chaque fois quelques vers) à la comédie. Jane Wyman que Walsh met admirablement en valeur et Dennis Morgan, pour une fois bien utilisé, passent une partie du film à prétendre qu’ils sont mariés. Ce qui nous vaut une fausse nuit de noces, surveillée par des hors la loi dirigés par Arthur Kennedy, tout en retenue et en menaces implicites et pas mal d’allusions graveleuses sur les bébés passés et à venir du faux couple. Là, le western flirte avec la comédie de couple sur fond de triangle amoureux (épatante Janis Paige en chanteuse de saloon), renouvelant au passage les clichés inhérents au genre. Les deux personnages de femmes ont leurs raisons et sont charmantes, sympathiques et dissimulatrices par amour. C’est toute cette partie du film qui lui permet de vieillir aussi bien, mieux qu’ALONG THE GREAT DIVIDE et elle nous vaut des changements de couleur qui désorientent les tenants du western traditionaliste. Car dans la même séquence, on peut passer du badinage avec vannes à un moment de suspense. Il flotte aussi un parfum de film noir. On utilise le passé de violence de Dennis Morgan, pour lui assigner une mission dangereuse : l’obliger à identifier le fameux poète. Et Walsh filme avec brio des attaques de diligence mais on retient surtout un règlement de compte découpé de manière aiguë avec une sécheresse inventive qui renvoie à HIGH SIERRA, à THE ENFORCER. Alan Hale brosse un shérif poltron que l’on désarme en lui marchant sur le pied, savoureux (on pense à WC Fields) et mémorable.

THEY DRIVE BY NIGHT, autre chef d’œuvre de Raoul Walsh d’après un roman de AI Bezzerides que le scénario respecté durant la première, la seconde bifurquant vers le drame passionnel. Walsh filme à cent à l’heure, épaulé par un dialogue éblouissant sans doute écrit par les frères Epstein et se montre totalement en osmose avec ce monde et ces personnages prolétariens. Il ne fait pas de tourisme dans ce milieu. On pense au Renoir du Crime de Monsieur Lange. Tous les personnages de femmes sont magnifiquement filmés avec respect même la terrible intrigante jouée par Lupino. Mention spéciale à Ann Sheridan mais aussi à George Raft, épatant de naturel.

Et PURSUED, reste un des plus grands westerns des années 40 et des plus méconnus. Le scénario de Niven Busch s’inspire visiblement (j’avais été le premier à la remarquer) du MAITRE DE BALLANTRAE de Robert Louis Stevenson et égale la puissance noire, lyrique du roman.

Revu avec émerveillement AVENTURES EN BIRMANIE, l’un des plus grands rôles d’Errol Flynn (il le prit très au sérieux). La caméra semble propulser les personnages dans l’espace. Elle est au diapason de leur énergie. L’une des indications que Walsh donna à ses acteurs était à la fois succincte et totalement en phase avec ce qu’il recherchait : « Je ne veux pas d’Hamlet(s) dans la jungle ». Musique magnifique de Franz Waxman. J’ai acheté le CD chez Naxos. Rappelons que Waxman a écrit certaines partitions inoubliables pour REBECCA, SUNSET BOULEVARD, UNE PLACE AU SOLEIL, MR SKEFFINGTON

Le COFFRET « WESTERNS DE FLYNN » nous offre 4 films dans de somptueux transferts avec des sous-titres français. Oublions tout de suite MONTANA qui est totalement nul. VIRGINIA CITY souffre d’un de ces scénarios ultra conventionnel et toujours pro-sudiste qu’écrivait Robert Buckner (il fut révisé par Howard Koch et Norman Reilly Raine) mais Curtiz par le dynamisme de sa mise en scène, l’invention des mouvements d’appareil sauve souvent la mise surtout durant le premier tiers. Malheureusement, il ne passe pas grand chose entre Miriam Hopkins et Flynn et Bogart, affublé d’une moustache, joue un bandit mexicain. SAN ANTONIO est mille fois plus amusant avec des dialogues souvent inventifs de WR Burnett et Alan le May, de magnifiques couleurs. C’est un régal pour les yeux. Flynn aimait beaucoup jouer avec Alexis Smith qui est excellente (elle a un numéro de chanteuse de saloon très spectaculaire) et Victor Francen est très marrant en canaille de la Nouvelle Orléans. David Butler filme tout cela avec une certaine élégance juste alourdie par les parenthèses comiques (une plaie des westerns de cette époque) de SZ Makal.
ROCKY MOUNTAIN (La RÉVOLTE DES DIEUX ROUGES, titre merveilleux pour un film vu en VF au Studio Obligado), le dernier western d’Errol Flynn, tranche sur les canons du genre par son ton dépouillé et crépusculaire. On pense à LITTLE BIG HORN de Charles Marquis Warren, ne serait ce que par l’abondance des séquences de doute quant à l’issue de la mission, des scènes nocturnes (le chef opérateur Ted McCord qui signe une photographie inspirée, utilise très bien les nuits américaines), tournées en extérieurs : on voit d’ailleurs à l’arrière plan, ce qui est très rares, les pics rocheux, le désert et les personnages se découpent très souvent sur le ciel. Ce petit western de chambre en plein air, tourné loin des studios (à Gallup, Nouveau Mexique), se déroule presque entièrement dans un lieu clos, un énorme rocher au milieu du désert, où une patrouille de confédérés attend le retour d’un émissaire, fort peu sympathique, chargé de recruter des renforts. Kiley ne cherche pas à ouvrir ce huis clos. Il en accentue le côté oppressant avec ses plongées, ses contre-plongées, jouant sur les différences de niveau, les escarpements, les surplombs. Le film prend parti pour le Sud (même si les Nordistes ne sont pas ridiculisés). On y évoque la Cause mais les mots esclave et esclavage sont bannis même quand Flynn évoque sa plantation. Heureusement, Kiley et ses scénaristes, Alan Le May et Winston Miller bannissent les tirades exaltantes, les intermèdes comiques, tous les grands éclats au profit d’une narration factuelle, sèche, tendue, aux dialogues utilitaires, d’une direction d’acteurs sobre où l’on remarque Salim Dickens dans son premier rôle. Flynn joue un soldat désabusé, meurtri par la guerre et son physique abîmé par l’alcoolisme sert le propos et le film. C’est la seule fois de toute sa carrière, incroyable originalité, où il ne tente pas de conquérir la jeune première et garde ses sentiments pour lui.

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Commentaires (312)

 

  1. Yves Rouxel dit :

    Entre le 16 octobre au 7 novembre prochain,la cinémathèque propose »Le cinéma colonial français,entre exotisme et propagande ».Voici un aperçu rapide de cette programmation riche et variée avec des films jamais vu pour ma part.Bien sur il y aura des classiques: »La bandera »et »Pépé le moko »ou »Le grand jeu »de Feyder ou »L’atlantide »de Pabst mais également des curiosités comme: »Les sentinelles de l’empire »de D’esme, »Le chemin de l’honneur » de Paulin ou encore »L’homme du niger »de Baroncelli et »L’appel du bled »de Gleize.Le mercredi 31 octobre sera le point d’orgue avec »Afrique 50″de René Vautier,suivit d’un film collectif réalisé par Resnais,Marker et Cloquet: »Les statues meurent aussi »(à partir d’un documentaire sur l’art nègre,Resnais aboutit à un film militant ». »Nous n’avions pas,au départ,l’idée de faire un film anti-militariste et antiraciste »dit le cinéaste.C’est naturellement que nous avons été conduits à poser quelques questions,qui ont valu au film d’etre interdit ».J’oubliais la projection de courts métrage et des rencontres ouverte à tous.Tant que j’y suis je signale dans le cadre du festival Jazz sur son 31 organisé avec le soutien du conseil départemental la projection jeudi 18 octobre à 21 heures du film de Bertrand »Autour de minuit »pour tous les amateurs de jazz.

  2. Henri Patta dit :

    a DENIS FARGEAT.
    Merci pour votre lien. J ‘ai savouré « a voix nue  » de marcel Bluwal.
    a Bertrand TAVERNIER ,
    finalement je me suis laissé tenter par CHEYENNE de WALSH que vous recommandez dans cette derniere chronique.
    Mes deux derniers wesrerns étaient LES 3 SERGENTS avec SINATRA et DEAN MARTIN et LA VALLÉE DES GEANTS avec KIRK DOUGLAS. deux belles purges….
    Esperons que le film de Walsh me réconforte.

  3. Yves Rouxel dit :

    A la fois linéaire et plate la mise en scène »d »éléphant »de Gus van zandt reste une oeuvre interessante à plus d’un titre.Tout d’abord le découpage du film ou l’on suit caméra à l’épaule plusieurs adolescents d’un lycée américain car le cinéaste nous montre plusieurs points de vue concernant la séquence finale qui est sans appel.Tiré de la tuerie de Colombine on ne connaitra jamais les motivations des deux protagonistes de l’histoire mais la force du film vient de la scène ou l’un des deux réceptionne au domicile de se parents un colis contenant une arme automatique.Van zandt nous dépeint une jeunesse désoeuvrer et sclérosé qui n’espère plus rien de la communauté,de la famille,des loisirs enfin de la société de consommation.Coté nouveauté,je vous encourage à aller voir »Thunder road »qui est à la base une chanson de Bruce Springsteen(que l’on n’entend pas dans le film).Scénarisé,réalisé et joué par l’acteur Jim Cummins cette chronique sociale est axée sur la depression que va vivre un policier suite à la mort de sa mère et la séparation avec sa femme.Félure d’un homme dépassé par tous ces évenements qui s’enchainnent et l’incompréhension de ses collègues qui le prenne pour un dingue.Ce film est remarquable de sobriété et une réussite pour un premier long.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Avant la chanson, il y eu ce film écrit et joué par Mitchum qui a même écrit une des chansons. Le film dirigé par Arthur Ripley, spécialiste du nanan étrange, n’est pas fameux

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Il n’y à aucun rapport entre « La balade de thunder road »film produit par Mitchum et la chanson de Springsteen qui donne son titre au film de Cummins.Je pense que le réalisateur n’a pas pu avoir les droits d’utilisés la chanson pour son film.Là aussi,comment juridiquement celà se passe quand un auteur,compositeur est mort et que les descendants refusent de vendre les droits?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A YVES ROUXEL
          EH BIEN, ON NE PEUT PAS UTILISER L’OEUVRE sous peine d’être condamné

        • DUMONTEIL dit :

          A YR et BT

          Bruce S a dit que le film avec Mitchum avait été une inspiration ,bien qu’il n’eût pas vu le film (à l’époque je suppose,cad 1975);en fait c’est l’affiche du film qu’il avait vue à l’entrée d’un cinéma qui lui avait tapé dans l’oeil.(wikipedia)

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Je le savais et il en a souvent parlé. C’était un film fétiche des spectateurs de drive inn

  4. MB dit :

    Il y a des commentaires qui se perdent dans la nature, avant, une fois publié tt de suite après on pouvait voir son commentaire, plus maintenant.

    • Yves Rouxel dit :

      A MB.J’espère que ce commentaire ne se perdra pas dans les tréfonts de la machine infernale.C’est avec une intense émotion que j’ai revu »La grande illusion »de Renoir qui reste pour moi un des chef d’œuvre du cinéma.Il y à trois parties distinctes bien découpé,tout d’abord l’avant avec la séquence dans le bar ou Maréchal chantonne puis on enchaine rapidement quand il doit emmener le capitaine dans un lieu qui n’est pas préciser.Puis la seconde partie(c’est la plus savoureuse)se déroule dans un château qui fait office de prison pour les soldats français.La rencontre entre Von Stroheim et Fresnay est phénoménale,pleine d’élégance et des sous-entendu.Les deux hommes s’apprécient et on partager apparemment les mèmes endoits à Paris(Ah fifi)puis le personnage allemand se confit sur ses problèmes de dos et de plaques dans la tète et le genou.Enfin je ne peux rester insensible au jeu de Julien Carette avec ses jeux de mots ,ses calembours et ses blagues.La scène ou il chante »Marguerite »sur scène accompagnés de prisonniers anglais déguisés en femmes est hallucinante et d’une drolerie fine et intelligente.En revanche je me demandais pourquoi quand Maréchal est libéré de sa geole Rosenthal se met à pleurer dans un coin de la pièce.Les dernières scènes sont fortes en dialogue,l’un est traité de prolétaire et l’autre de juif pour finalement se reconcilier et s’enfuir en Suisse.Sppak et Renoir sont des génies avec une musique superbe de Kosma.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Qui va être jouée pour la premiere fois en janvier à Radio France et donc enregistrée durant un concert. Résultat de longues batailles qui permettra aussi d’enregistrer et d’écouter RAFLES SUR LA VILLE réorchestrée par Michel legrand et, enfin, la musique géniale de Misraki pour Mr ARKADIN

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand et Yves
          Merci pour la discussion et l’info. Généralement la diffusion des enregistrements maison ( de la radio) ne traîne pas trop, chic donc. Je me demande d’où proviennent les partitions , dans quelle mesure elles ont dû être réarrangées…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          Travail de localisation énorme,coup de chance (archives de Misraki, découverte par Legrand du conducteur de RAFLES) et dans certains cas (LA GRANDE ILLUSION) reconstitution à l’oreille

        • Denis Fargeat dit :

          A Bertrand
          Merci pour les précieux renseignements. Bravo aux orchestrateurs donc , car la qualité de la bande sonore est telle qu’on est réduit à imaginer des informations à jamais perdues… d’autant que Kosma est de ces compositeurs qui pratiquaient beaucoup l’underscore ; il est difficile de deviner la trame musicale qui se cache sous les dialogues , les bruitages – heureusement dans ce film la guerre est loin, pas trop d’explosions.

        • Yves Rouxel dit :

          a Bertrand.Esperons vivement que l’engistrement soit diffusé sur France musique ou culture.

  5. ballantrae dit :

    Grand moment de solitude en feuilletant les Cahiers du cinéma de ce mois chez le libraire et constatant que Jess Franco est assimilé à un grand cinéaste moderne, je crois même qu’il est qualifié de génie!!!J’ai compris qu’en plus ses films sont édités en BR …et dire qu’on attend encore La roue ou Napoléon de Gance!!!
    Ce week end je vais voir Burning et The party (pas de lien , ne cherchez pas sinon les hasards de la programmation ciné) pour me consoler de tant de bêtise.

    • Denis Fargeat dit :

      Pour Jess Franco, les quelques uns que j’ai pu voir ne m’ont pas encouragé à poursuivre… j’aime bien le côté « sale gosse à la caméra » , mais comme tous les sales gosses c’est amusant cinq minutes, pas plus. Et comme l’oeuvre paraît touffue – même si apparemment il y a plus de titres que de films, certains ont été renommés, ou remontés – l’exploration ne paraît pas une priorité, même si « Cartes sur table » évoqué ici est tentant. Juste , l’exhumation de Franco apparaît du coup une question d’actualité, à plusieurs titres… aha.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Denis Fargeat
        CARTES SUR TABLE est bâclé comme tant d’autres et assez inepte

        • MB dit :

          et le DIABOLIQUE DR Z? idem?

        • Dumonteil dit :

          Et que dire de Son « capitaine de 15 ans » d’après le roman anti-esclavagiste de Jules Verne où le héros Dick Sand mâchouille du chewing-gum et dont la jungle a l’air d’être tournée dans un jardin public?

        • ballantrae dit :

          Oui assez inepte et la collaboration avec Welles brandie ici et là comme un étendard pour que ,par capillarité sans doute le génie de l’un infuse l’autre, tombe à plat quand on voit le montage de Don Quixotte livré par ledit Jesus Franco.
          Je ne sais que penser de la résurrection de The other side of the wind mais n’ose espérer monts et merveilles, au mieux un plaisir d’archéologue comme celui que me procura It’s all true qui avait l’honnêteté (comme L’enfer vu par notre formidable S Bromberg)d’avouer l’inachevé.

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Ballantrae
          J’ai entendu Michel Ciment l’éreinter

        • Damien D. dit :

          Le cinéma de Franco est tellement nul que CARTES SUR TABLE, LE DIABOLIQUE DOCTEUR Z ou ORLOFF peuvent passer pour ses chefs d’oeuvres ! Les scénarios de J-Claude Carrière et un côté BD délirant font en effet couler l’ensemble sans ennui et avec amusement… Il ne faut malheureusement pas chercher plus loin : les films de Franco des années 70-80 sont redoutables de nullité malgré un plan/une idée ou deux assez originaux dans quelques films (en tout cas ceux que j’ai pu voir)…

        • MB dit :

          « J’ai entendu Michel Ciment l’éreinter »
          Je crois que vous parlez de Franco pas de THE OTHER SIDE OF THE WIND, en effet Ciment a hurlé à juste raison lors d’une rétrospective Franco à la thèque de Bercy en 2008, m’en souviens très bien, même que je le défendis. Le problème c’est qu’il disait qu’avec cette rétrospective on était sûr de plus voir de films de Bergman ou Angelopoulos, faut pas exagérer.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Mais non, il a dit que THE OTHER SIDE était une imposture pas un film de Welles

    • MB dit :

      à Ballantrae/FRANCO: tt à fait d’accord je n’ai jamais vu un bon film de Franco il y a comme avec cette rétro Corbucci à Paris, une crainte d’être taxé de snobisme. On lirait pas ça dans Positif. Répétons le: Jess Franco est un cinéaste nul! les thuréfiraires de cet individu sont montés à la colle de mauvaise qualité!

      • Yves Rouxel dit :

        A Tous.Si vous ètes de passage à Toulouse,n’hésitez pas de faire une halte à la cinémathèque rue du taur qui programme un bel hommage à Dario argento d’un coté et à Alex Iglésias de l’autre avec une sélection plein d’horreur et de frissons garantis loin du cinéma de Franco.

        • Denis Fargeat dit :

          A Yves
          Oh Toulouse, j’y reviendrais avec plaisir. Pas très loin de la cinémathèque se dresse Notre Dame du Taur, une église qui a pu me faire penser à Dario Argento justement , avec son gothique sombre et son orgue qu’on utilisait avec prudence car il faisait tomber des morceaux de voûte…

    • Mathieu dit :

      A Ballantrae:
      Oui, combien de daubes sortent en Blu-Ray alors que j’attends toujours par exemple que les chefs-d’œuvre de Mizoguchi sortent en BR avec des ST français. Une bonne nouvelle: Carlotta sort en novembre un coffret Blu-Ray de 5 films de Naruse des années 50-60.

      • Alexandre Angel dit :

        Les Naruse sont la parution sur galette des ressorties d’il y a exactement un an, les 5 films ayant été distribués par Les Acacias (sauf erreur).
        J’en ai loupé un. Ce coffret est un évènement qui nous ramène à la divine période de Carlotta, de Wild Side, des coffrets Mizoguchi G.T.C.H.V. (qui valent très chers maintenant)ou Arte Video (2004-2010).
        C’est bath.

      • MB dit :

        à Mathieu: dans les ignorés des restaus j’ajoute la trilogie Satiajit Ray (Pather Panchali etc.).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Il y a de vrais problèmes avec les pays qui même s’ils ont conscience de l’importance de certains cinéastes n’ont pas les outil pour les restaurer, ont laissé des droits se perdre….

        • MB dit :

          à Bertrand oui ça peut aussi être un problème juridique, d’accord. Est-ce qu’on a le même problème avec le cinéma italien? LE CHEVALIER MYSTERIEUX, diffusé récemment chez Brion je suis sûr que j’ai loupé beaucoup du film lors de cette course en traîneau dans la neige où toutes les couleurs sont dans des tons de blanc (neige, mais aussi le bois du traîneau, l’habit de Casanova), Lourcelles loue la photo qui m’a parue fade. En ce qui concerne la trilogie Ray, en dehors du côté juridique, on se doute bien qu’une fondation comme celle de Scorsese pourrait assumer la restauration (avec appel aux dons, moi je mets des sous!).
          THE OTHER SIDE OF THE WIND: on cherche à faire un vrai film de Welles avec un film complètement inachevé si j’ai bien compris.

        • Mathieu dit :

          A MB:

          Oui bien sûr Satyajit Ray je le mets au dessus de la liste de mes cinéastes préférés (avec Mizoguchi et quelques autres). On en vient à se demander s’il ne faut pas essayer de voir certains films parlant dans des langues qu’on ne comprend pas ou mal en s’aidant de ST Anglais pour profiter d’une meilleure qualité d’image. J’ai essayé sur des bouts de films c’est assez désagréable, peut-être s’y habitue-t-on, ça dépend de la familiarité qu’on a avec l’Anglais et de l’importance des dialogues. La trilogie d’Apu est sortie en BR chez Criterion de même que LE SALON DE MUSIQUE (celui là disponible également en Region B). Pour les films muets c’est différent, c’est beaucoup plus facile de lire les intertitres allemands ou japonais sous titrés en Anglais ce qui permet de profiter par exemple des Murnau et des Lang muets sortis en BR chez Eureka. Toujours pas de TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSE non plus en BR avec STF. Mizoguchi, Satyajit Ray, les Lang et Murnau allemands et aussi De Sica, privés de Blu-Ray avec STF… Comme par hasard tous ces films ont été (souvent mal) édités en DVD par FSF… Bizarre, bizarre…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Il y a des compagnies qui diffusent des films dont ils n’ont pas les droits qui attendent une condamnation pour les retirer, les exploitant dans l’intervalle

        • Cecil Faux dit :

          Juste pour vous dire qu’Olive a restauré la trilogie et l’a sorti en Blu-ray, je crois. Les extraits que j’ai vus sont magnifiques.

        • Demachy dit :

          A MB : La trilogie de Satyajit Ray a été restaurée et a bénéficié d’une très belle édition en coffret par Criterion (zone 1) en 2015. Il est vrai, en revanche, que cette version n’a malheureusement pas été éditée en France. Si vous avez la possibilité de voir le coffret Criterion (sous titres anglais), n’hésitez pas, les films sont magnifiques et il y’a beaucoup de bonus interessants (interviews d’acteurs, documentaire par Andrew Robinson, auteur d’une excellente biographie de Ray, etc.). Et PATHER PANCHALI demeure à mon sens un des plus beaux films de tous les temps.

        • MB dit :

          à Cecil Faux: APU TRILOGY chez Olive vous êtes sûr? je ne « connaissais » que le br de Criterion, on peut éviter les eds Artificial Eye et Columbia catastrophiques.
          http://www.dvdbeaver.com/film5/blu-ray_reviews_69/the_apu_trilogy_blu-ray.htm

        • MB dit :

          « Il y a des compagnies qui diffusent des films dont ils n’ont pas les droits qui attendent une condamnation pour les retirer, les exploitant dans l’intervalle »
          Et il n’y a pas d’amende qui bouffe les gains réalisés?
          un écho dans Positif sur Moravioff (FSF) qui exploite sans droit des films en salle (et en dvd).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Depuis 25 ans

        • MB dit :

          à Demachy: merci je connais Criterion depuis longtemps mais je préfèrerais vraiment avoir ces films avec des stf. Dans leur série Eclipse, ils ont aussi publié LE CIEL EST A VOUS (dvd avec REMORQUES et LUMIERE D ETE), toujours indisponible ici. Leurs Brs sont les rares à être verrouillés region A (peu d’éditeurs US le font dirait-on pour les brs, plus pour les dvds « 1 »). Je ne compte plus le nombre de Br estampillés « A » que je peux lire sur mon lecteur « B »), en fait tous jusqu’ici, du coup je ne peux vérifier si mon lecteur br tte regions peut lire un vrai br verrouillé « A ». Pour Criterion ya donc intérêt à avoir un lecteur adéquat, c’est l’un des rares à appliquer la mesure de façon radicale. Bref ils nous emm… avec leurs zones et leurs régions surtout pour le cinéma ancien, et surtout puisqu’ils ne verrouillent pas tout pourquoi le font-ils partiellement?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          On peut les lire en appuyant trois fois sur Dimmer, une fois sur Mute, on indique la zone recherchée, on éteint et on rallume. Parfois il faut faire l’opération trois fois

        • Cecil Faux dit :

          Ma version de la trilogie porte le logo Olive en début de film, oui mais peut-être est-ce Criterion qui le distribue… ?

        • Cecil Faux dit :

          Si vous avez déjà une bonne copie DVD (pas Blu-ray), avez-vous essayé de télécharger des sous-titres français ? (Comme ici : https://www.opensubtitles.org/en/search/sublanguageid-all/idmovie-6797). Ensuite de lire le DVD sur ordinateur en choisissant les sous-titres français ?

          J’avais fait ça pour le merveilleux « The Actress » de Cukor (sous-titres espagnols sur le DVD) et « La Nuit des rois » (pas de sous-titres du tout).

        • MB dit :

          à Bertrand: je n’ai pas de touche « dimmer », mais dans mon petit cas je devrais pouvoir lire tous les brs et dvds avec le lecteur que j’ai trouvé sur le net.
          Sinon, je donne un petit truc qui fait voir des st anglais y compris sur un dvd américain zone 1 même si on a « subtitles: none » sur la boîte mais avec un pc avec le lecteur VLC: une fois le dvd lu, choisir « sous-titres », si »piste de st » est activé en 2ème ligne sous la ligne « ajouter un fichier de st », c’est bon: choisir alors en général « piste 1 » et des sta apparaissent souvent mal alignés avec une graphie moyenne, mais ça peut aider.
          Exemple dvd zone 1 Legend de DESPERATE CHARACTERS, yen a d autres.

        • MB dit :

          à Bertrand: ce Galeshka Moravioff de FSF aurait dû être interprété par Jules Berry!
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Galeshka_Moravioff
          (son vrai nom serait « Dupont »?! je rêve)

        • Denis Fargeat dit :

          À MB
          Jules Berry, ou François Berléand, je m’explique : s’il s’appelle vraiment Dupont – ou Dupond? le tropisme russe me fait penser à l’assureur marron foncé (bien gratiné donc) de « Ma petite entreprise » , le film de Jolivet… Mais à y repenser, Berléand a l’air plus sympathique que Moravioff. Qui entre parenthèses m’a toujours donné l’impression de n’être musicien que pour préempter des droits sur les films muets qu’il accompagne dans sa collection FSF….. Mais j’arrête, je viens d’épuiser mon quota de médisance pour 2018.

        • MB dit :

          à Demachy: APU TRILOGY/ça doit être ça, comme une co-édition Criterion-Olive…

      • MB dit :

        à Cecil Faux: je connais Opensubtitles mais je dois dire qu’ajouter le fichier .srt au film ça marche ou ça casse! Je l’ai fait avec VLC, parfois le st ne s’affiche plus, parfois ils sont décalés ou alors rien du tout, tout en suivant scrupuleusement les instructions. En plus du fait qu’il faut avoir un grand écran de pc ou brancher la tv sur le pc pour avoir une grande image (cette dernière solution pose d’autres problèmes, bref…). Si vous avez une solution sûre je suis preneur.

      • Yves Rouxel dit :

        A ballantrae.Connaissez vous japonais, »La femme des sables »qui est une pure merveille,ou un instituteur se retrouve pris au piège par des villageois qui tiennent en otage une veuve.Elle habite une miserable cabane près de monticules de sable.Tout les deux ils vont apprendre à se connaitre,cohabiter,s’aimer et subir la vindicte de la population.A voir d’urgence.

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: je remplacerais « monticules », qui définissent des petits tas, par des dunes énormes d’où la femme ne peut sortir car elles ensevelissent sa cabane d’où sa condition sisyphienne (gasp!) d’être condamnée à écoper le sable pour subsister. Cette histoire est un peu abstraite, un peu trop symbolique et invraisemblable? Ceci dit, vous me donnez envie de revoir le film (je m’y étais bien ennuyé mais j’étais jeunot…).

    • Stephane dit :

      A BALL…

      Peut-être s’agit-il d’une contamination Tarantinienne. On se met à trouver du génie dans la merde, à dire que tout se vaut finalement, qu’il n’y a plus de hiérarchie, et même qu’on peut renverser les valeurs (selon lui Umberto Lenzi a plus d’intérêt que John Ford). Je décrète que Norbert Carbonnaux était un cinéaste génial. Pourquoi pas ? On peut délirer sur Carbonnaux tout en se prenant très au sérieux.

      • DUMONTEIL dit :

        A propos de Noel Carbonneaux

        Loin de moi l’idée de lui trouver du génie ;il y a dans le désert de son oeuvre une petite oasis : la transposition du « Candide » de Voltaire au 20ème siècle en 1940;cela ne le rend pas plus réaliste mais il s’agit d’un conte philosophique ,donc n’y cherchez aucune vérité historique (y en-a-t-il dans le film de Tarantino sur la même époque ?): Jean-Pierre Cassel est idéal dans le rôle-titre,pour lequel « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes »du sage Pangloss (Pierre Brasseur);on a trouvé des bons équivalents des descriptions de l’écrivain . Michel Simon est égal à lui même en militaire pur et dur qui se réjouit à chaque déclaration de guerre .Louis de Funès est inattendu en officier de la gestapo.Cunégonde est jouée par la starlette polyglotte israelienne Dahlia Lavi.
        Pardonnez-moi cette petite parenthèse.

        • Denis Fargeat dit :

          A Dumonteil et Stephane
          Je dois dire que j’ai trouvé ce Candide décevant et un peu rassis, j’ai l’impression que c’est un Séraphin Lampion qui me raconte l’histoire, avec force clins d’oeil et plaisanteries grasses… mais encore une fois, c’est la faute pas à Voltaire mais à Jean Tulard qui m’en avait fait espérer beaucoup. Il y a tout le gratin de la comédie de l’époque, comme dans , tiens, « Carambolages » de Bluwal dont la bande annonce sur YT fait envie.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          C’est pourtant décevant après un début prometteur et un de Funes en pleine forme mais Brialy en fat des tonnes et le tempo est sans cesse accéléré de manière artificielle. Il y a quelques belles répliques d’Audiard pour Serrault

        • Henri Patta dit :

          a Denis Fargeat.
          a mais j ‘adore CARAMBOLAGES.
          Attention ca n ‘est pas un grand film , mais on passe un bon moment .
          J ‘adore cette « ascension  » au sens propre et figuré d ‘un petit employé.( a chaque décés il monte d ‘un étage et d ‘un grade dans l ‘entreprise.)
          Dommage que ce rôle soit tenu par brialy qui avec ses minauderies gàche le film.
          De funés y est bon et michel serrault génial dans un rôle trop court.

      • DUMONTEIL dit :

        pardon ,c’était bien Norbert,que j’ai rebaptisé Noel

  6. Yves Rouxel dit :

    A Bertrand.Je ne partage absolument pas les propos de Patrick Brion sur le bonus de »Stagecoat »de Gordon Douglas.Il avout du bout des lèvres:était ce vraiment utile de faire un remake du film de Ford?L’oeuvre en couleur et cinémascope de Douglas est flamboyante du début à la fin malgré quelques lenteurs dans les scènes se déroulant dans le refuge avant la naissance de la petite fille.C’est sur que le casting est très hétéroclite,retrouver Bing Crosby(dans son dernier role)au coté de Red Buttons qui est representant en whisky que l’on prend pour un réverend,Van Heflin qui est droit dans ses bottes et assure magistralement son role puis aussi Mike Connors(le futur Mannix de la tv),un petit point faible pour Ann Margret mais la beautée est là,ça fait toujours plaisir.Quand à la séquence de poursuite vers la fin du film ,elle est d’une force incroyable.Les indiens arrivent en rafale et surgissent de partout puis il y à un plan ou la camera filme le passage de la rivière poursuivit par un horde d’indiens.Gordon Douglas était habile et ingénieux,bravo à lui.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Il sauve un script dont les rajouts sont poussifs et une distribution très inégale : Alex Cord n’exprime rien, le rôle de Red Buttons est navrant (sa chute dans l’alcoolisme insauvable, je ne suis pas fou de Connors) Mais Crosby est excellent et vous ne citez pas Slim Pickens toujours impeccable. Mais c’est le travail sur les extérieurs, à l’opposé de ceux de STAGECOACH, qui retient l’attention et les moments d’actions mais LE TRESOR DES 7 COLLINES, LE GEANT DU GRAND NORD, CHUKA, FORT DOBBS OU RIO CONCHOS sont plus personnels sans parler de DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE, LA MAITRESSE DE FER, LE FAUVE EN LIBERTÉ. En somme, il a tourné plein de bons films si on ajoute le DETECTIVE

      • Alexandre Angel dit :

        J’ai même l’insigne honneur d’avoir vu son dernier film à sa sortie, s’il vous plaît : VIVA KNIEVEL.
        Je crois bien que c’était la première fois de ma vie que j’ai eu le sentiment du navet, sans connaître l’expression.

        • MB dit :

          A AA: DOUGLAS/ VIVA KNIEVEL avec Gene Kelly en 77, ciel! J’en ai les yeux écarquillés d’avance.
          Il faudra un jour que je voie THEY CALL ME MR TIBBS et sa version TV de NEVADA SMITH. Vous avez vu les trois Frank Sinatra j’espère, c’est essentiel surtout TONY ROME: Sinatra sort de l’ascenseur et dit au liftier « Merci pour la ballade! », ça vaut « Atmosphère atmosphère… ». Bon, LE DETECTIVE c’est plus sérieux c’est un cran au-dessus. Faudrait revoir IN LIKE FLINT sans illusion, la période vedette de James Coburn (un peu courte).

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Effectivement j’ai aussi oublié Keenan Wyn dans le role du méchant plummer.Je vais m’empresser de revoir »Boule de suif »de C.Jacque et comparer avec les deux westerns.

      • Yves Rouxel dit :

        « Tony Rome »et »La femme en ciment »m’ont vraiment laisser de marbre malgré la présence de Sinatra.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          TONY ROME est un film daté, beaucoup trop nonchalant et LA FEMME EN CIMENT est nul A CAUSE DE SINATRA qui refusait de faire plus d’une prise, ne voulait pas de plans compliqués et travaillait le moins possible. Cela plombe tous les films du Rat Pack

        • Henri Patta dit :

          Puisque l ‘on parle du rat pack et de western , je n’ai pas pu aller au bout , il y a quelques mois du film , LES 3 SERGENTS. Scénario farfelu , acteurs en roue libre , et mise en scéne absente…..un sacré trio.

        • Denis Fargeat dit :

          « La femme en ciment m’a laissé de marbre » … Bravo Yves. Je n’ose imaginer l’inverse.

        • MB dit :

          à Bertrand/FEMME EN CIMENT: « TONY ROME est un film daté, beaucoup trop nonchalant et LA FEMME EN CIMENT est nul  » mais non Bertrand LA FEMME est un polar très rigolo et relax certes, que j’ai revu avec plaisir! ok pour TONY ROME, TROP relax.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Trois questions.La première concerne le film de Bluwal »Le monte-charge »est-il sorti en dvd en dehors du BR?que valent « La femme que j’ai le plus aimée »de Robert Vernay sur un scénario et des dialogues d’Yves Mirande avec un festival d’acteurs(arletty,Mireille Balin,Bernard Blier,André Luguet)?Toujours chez rené chateau « La vie en rose »de Jean Faurez avec François Perier,Louis Salou et Simone Valère?merci à vous.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          1) N’importe quelle consultation sur le site de Gaumont, qui distribue le film, vous renseignera mieux que moi qui ne suis pas vendeur.
          2) Pas vu et pas connaitre et avec Vernay méfiance
          3) LA VIE EN ROSE est un film passionnant, un beau scénario de René Wheeler qui donne deux versions de la même histoire, très bien dialogué par Jeanson. Faurez était une personnalité attachante qui signa d’autres films qui ont une bonne réputation.LA VIE EN ROSE contrairement au titre est une oeuvre noire qui surprit le public. Salou et Perier sont remarquables et le travail de Faurez modeste, franc, sans mignardises. L’échec énorme d’HISTOIRES FANTASTIQUES, oeuvre ratée, l’exclut du cinema

        • Dumonteil dit :

          « la femme que j’ai le plus aimée est un film à sketches mais n’est pas Duvivier qui veut.
          un jeune homme veut se suicider par chagrin d’amour ;pretexte pour les hommes réunis de raconter un de leurs amours ;cela reste au ras des paquerettes
          segment 1 : amour une chanteuse avec Arletty qui joue son propre rôle et est le seul attrait du sketch
          segment 2: de même René Lefèvre puant la bibine et entrant chez son richissime de père sauve du néant le 2
          segment 3:une sculptrice (Alpha) engage un avocat comme modèle pour sa statue de gladiateur:sans intérêt.
          segment 4:2 hommes amoureux de la même femme ;le ressort est la mixité du prenom « claude »
          segment5: un homme joue son Volpone ;il apprend ainsi que sa femme couche avec son meilleur ami et se montre pingre pour le cercueil…

          Vernay a fait deux bonnes versions de « monte cristo » et la 1ere version du « capitan » superieure sauf pour le héros (Marais surclassant sans effort Jean Paqui (qui?)) à celle de Hunebelle.
          Mais beaucoup de médiocrités comme « sur le banc » « ces sacrées vacances  »  » quitte ou double » « fumée blonde »…cette énumération est évidemment sans intérêt.

          Jean FAUREZ par contre est beaucoup plus intéressant :

          « service de nuit » est le portrait d’une standardiste (Morlay)altruiste qui arrange les problèmes de son petit village

          « la fille aux yeux gris » est mon préféré .Histoire romantique montagnarde ;le film final de Fred Zinnemann « five days one summer  » en a quelque chose ,mais voui!

          « la vie en rose  » défendu par BT ,propose une histoire racontée de deux points de vue différents (qui était aussi le procédé adopté par albert Valentin dans son passionnant « vie de plaisir » en 1944);un joli film onirique

          « histoires extraordinaires » :titre emprunté à Poe ,un precurseur du Vadim/Malle /Fellini de 1968 ne comporte que deux de ses nouvelles
          Des gendarmes racontent à un bleu des histoires  » à faire rire et à faire peur » (titre complet)
          le segment 1 est l’histoire d’un tueur en liberté ;2 et 3 sont de Poe « the tell heart tale (on a vu mieux) et « the amantadillo cask » ,le dernier porté à bout de bras par Ledoux et Berry,extraordinaires ;le 4 est de Thomas de Quinçay et est une affaire criminelle à la A.Christie.
          Le 3 est écrasant par rappport aux autres

          « Quai du point du jour » est si obsolete qu’il eût pu être tourné dans les années 30.

          Mais les 3 premiers Faurez ,c’est notre patrimoine.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Merci pour ces précisions passionnantes

        • DUMONTEIL dit :

          mille excuses pour Michèle Alfa (que j’ai orthographié à la grecque)

          pour écrire le scénario de « la vie en rose »
          les scénaristes se sont souvenus du « petit chose ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Wheeler a puisé dans ses souvenirs comme pour PREMIERES ARMES

        • DUMONTEIL dit :

          « premières armes  » est tout à fait excellent !c’est un film à voir absolument !Yves,si vous ne l’avez pas vu , laissez cette « femme que j’ai le plus aimée  » et cap dessus!

    • RASTELL dit :

      Le film de Gordon Douglas malheureusement ne peut que souffrir, on le comprend sans peine, de la comparaison avec son prestigieux et inégalé modèle, « Stagecoach » le chef-d’œuvre bien entendu de John Ford. S’il fallait absolument comparer celui-ci avec un film qui lui ressemblerait par moment en qualité et aussi dans le matériau narratif utilisé par les scénaristes du film de John Ford, sans être à proprement parler un remake, c’est bien sûr l’excellent film de Christian-Jaque « Boule de Suif ». Ce film est une adaptation plus que réussie de la nouvelle éponyme de Guy de Maupassant et est sans conteste une très grande réussite personnelle de son réalisateur au même titre que son adaptation du chef-d’œuvre de Stendhal « La Chartreuse de Parme » bien trop sous-estimée à mon sens dans la filmographie du cinéaste. La nouvelle de l’écrivain a servi sans nul doute possible aux scénaristes du chef-d’œuvre de John Ford même si bien entendu la touche du cinéaste américain en a fait une œuvre emblématique de son univers personnel qui pour le coup renverrait presque l’excellente nouvelle de Guy de Maupassant à une œuvre terriblement provinciale, c’est-à-dire un peu trop franco-française où le règlement de compte avec nos compatriotes n’est jamais bien loin. La guerre de 1870 qui sert de cadre historique à la nouvelle de l’écrivain dans l’esprit du cinéaste français ne peut que rappeler forcément les ambiguïtés, les lâchetés et compromissions vécues au quotidien par nombre de nos compatriotes pendant la guerre qui vient tout juste de se terminer à l’époque où le cinéaste français réalise son film, c’est-à-dire on l’aura compris la Deuxième Guerre mondiale. John Ford, et c’est selon moi ce qui le distingue des autres très grands cinéastes du western classique américain sinon même des grands cinéastes américains (exceptons bien sûr l’inclassable Orson Welles qui a su bien voir ce qu’il y avait de shakespearien et donc d’universel derrière le cinéma de John Ford et pour qui comme on sait Stagecoach lui aurait appris son métier de cinéaste) a su créer avec ses personnages tout ce qu’il y a de plus vrais et incarnés, de plus réalistes si l’on veut, ce qu’on pourrait appeler des archétypes, des personnages en définitive plus grands que nature. A l’instar de l’extraordinaire entrée en scène de Ringo dans le film de Ford, et qui ne se retrouve évidemment pas dans le remake de Gordon Douglas, et pour qui le cadre dans lequel il apparaît semble bien trop petit, ce qui doit être montré de préférence chez un personnage pour le cinéaste c’est si l’on peut dire sa démesure et une démesure qui n’en déplaise à nos cinéastes contemporains du social n’est certainement pas réductible à la société dans laquelle il vit. Ces archétypes que crée le cinéaste américain nous aident pourtant à mieux comprendre la part d’humanité ou d’inhumanité qui réside en chacun d’entre nous. Une prostituée est toujours plus qu’une prostituée comme un cow-boy un simple cow-boy dans l’univers chargé de symbole et aussi de sacré d’un cinéaste qui a été le grand barde du cinéma lyrique américain.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A RASTELL
        Belle analyse. Ne pas oublier quand même que Ford adapte une nouvelle de Haycox (lequel avait lu Maupassant comme je l’écris dans la postface de son magistral roman DES CLAIRONS DANS L’APRÈS MIDI). Il y a des différences de taille. Juste une: les Prussiens chez Maupassant ne songent pas à attaquer la diligence ni les relais de poste, ce qui crée un enjeu très différent. L’équivalent du personnage de Ringo n’est pas poursuivi par la loi chez Maupassant. Et les Prussiens ont envahi la France, ce qui les différencie des Apaches. BOULE SUIF, vous avez raison parle de la collaboration et de l’Occupation. Jeanson règle quelques comptes. Mais il est obligée d’intégrer une autre nouvelle de Maupassant pour la deuxième partie du film. STAGECOACH ne fait pas partie de mes Ford favoris et je tique toujours un peu devant l’échantillonnage des personnages qui avec les années et les variations sont devenus des stéréotypes éculés quand Joseph Landon écrit le remake. Presque tout ce qu’il ajoute est déplorable et fait ressortir le coté daté de l’intrigue. L’original souffre aussi d’un nom impressionnants de transparences et de raccords en studios ce qui m’amenait à préférer les premières scènes, rapides, vives et le gunfight génialement elliptique. Dans la version Criterion, la beauté du transfert atténue ces reproches mais je continue à préférer FORT APACHE, LA CHARGE HEROIQUE, WAGONMASTER, MY DARLING CLEMENTINE

        • JP RASTELL dit :

          A Bertrand Tavernier,
          Il y a selon moi deux westerns du maître américain qui semblent incontournables pour comprendre la réflexion prodigieuse que le cinéaste a développée tout au long de ses films sur l’histoire américaine et qui peuvent, comme je le crois, résumer à merveille sa vision personnelle et qui n’a pas beaucoup d’équivalent, me semble-t-il, dans le cinéma même américain de cette histoire « pleine de bruit et de fureur ». Ces deux westerns sont « The Searchers » et celui qui à l’instar de « Citizen Kane » d’Orson Welles a su livrer la plus remarquable et aujourd’hui plus que jamais indispensable des lectures critiques de la démocratie en Amérique – pour parler comme Tocqueville – que je connaisse à ce jour et c’est bien entendu « The Man Who Shot Liberty Valance ». J’irai même jusqu’à dire que qui n’a pas vu ces deux films du maître ne peut pas tout simplement comprendre de quoi nous parle et son cinéma et aussi ce qui a fait la grandeur incomparable du grand cinéma classique américain.

  7. SERVANT Jean-Pierre dit :

    En pleine tentative de réconciliation avec le film dit « de guerre », hier soir j’ai enfin vu BATTLEGROUND (Bastogne) de William WELLMAN.
    Effectivement c’est une oeuvre magnifique.
    J’ai été franchement sidéré par un détail relatif à la neige tombant sur les soldats pendant une scène. Il semblerait (vous me direz si je me trompe) qu’à part quelques stocks shots d’usage, surtout à la fin du film, le tournage des extérieurs alterne entre studio et extérieur authentique.
    En fixant sur un gros plan les flocons qui tombent sur le casque d’un soldat, j’ai constaté qu’il fondait (logique), me laissant penser qu’il ne s’agissait pas de neige artificielle grossière comme on en a vu souvent au cinéma.
    Tous les acteurs (comme pour BURMA) sont formidables, avec personnellement une petite mention à James Withmore.
    A WALKMAN IN THE SUN est dans les starting blocks…

  8. Dumonteil dit :

    A JPS

    QU’EST-IL ARRIVÉ À TANTE ALICE ?,
    Malgré Page et Gordon -que j’ai ADOREE en Minnie Castevet -,ce film ne m’a pas convaincu !

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Dumonteil : (Alice) oui bien sûr ce film n’est pas du calibre des précédents, mais j’y ai trouvé de bons moments, malgré que ma copie soit dans une VF assez moche. .

  9. Bernard Montiel dit :

    JOHNNY GUITAR, mouais… Joan Crawford en fait quand même des caisses, et je trouve que la photo de H. Stradling écrase le film. Sterling Hayden (j’ai lu ça je ne sais où) prétendait que P. Yordan avait réalisé tout ou partie du film… Ray déficient, ivre, ne venait même plus sur le plateau. Avez-vous des sources ? Sait-on pourquoi Melville détestait à ce point le film ?

    OBJECTIVE BURMA ! J’ai pensé à P. Vecchiali qui écrit que personne n’a jamais théorisé sur le style de Walsh (sous entendu qu’il n’en a pas). Cinéphile du dimanche je ne m’y risquerai pas, mais ne peut-on pas dire de Walsh qu’il est un cinéaste exact ? Ces plans on exactement la bonne durée, les acteurs jouent exactement au rythme qu’il faut, et pour nombre de ses films, notamment celui-ci, d’autres cinéastes (Wyler ?) auraient eu besoin d’une demi heure de plus pour exprimer la même chose. J’ai le souvenir d’un film qui n’exalte pas l’héroïsme, Flynn jouant un gradé proche de ses hommes, qui éprouve les mêmes craintes qu’eux, dans une jungle où la mort peut survenir à tout moment, l’ennemi étant partout et nulle part (comme dans Too late the hero) le happy End obligatoire, avec l’arrivée des troupes, exprimant le soulagement de Flynn qui a mené sa mission la trouille au ventre. On ne sait quelle indication de jeu il a dû donner pour que Flynn joue comme il joue, mais les indications de Walsh sont entrées dans les anales. Dans WHITE HEAT, la scène où Cagney, au réfectoire de la prison, devient dément en apprenant la mort de sa mère, et cherche à sortir, Walsh aurait dit aux acteurs qui jouaient les gardiens : « Il faut absolument l’empêcher de sortir. » et à Cagney : « Il faut absolument que tu sortes ». C’est un métier.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Bernard Montiel
      Sur Johnny Guitar, c’est complètement bidon. J’ai bien connu Hayden. Il refusait de parler du film. Et Yordan qui a juste réécrit quatre scènes n’a rien dirigé. Quand il devient producteur important, associé à Bronston, il fait deux fois appel à Ray qui ne devait donc pas être si déficient que cela sur le plateau de Johnny Guitar. Difficile de comparer (et totalement stérile ) Wyler, obsédé par la direction d’acteur, perfectionniste sur le moindre détail, engagé socialement et politiquement et Walsh qui avec génie appréhendait l’espace de manière cosmique, dynamisait le mouvement de ses films. Et Wyler filmait souvent en plans très longs comme le prouvent LITTLE FOXES, DODSWORTH, THE BEST YEARS

      • Bernard Montiel dit :

        J’ai retrouvé la source, c’est dans les mémoires d’Yves Boisset, confidences que lui a faites Hayden sur le tournage du Saut de l’ange. Si Hayden refusait de parler du film n’est ce pas le signe qu’il ne l’aimait pas ? Sans doute qu’après quelques whiskies dans le cornet il s’est lâché devant votre confrère, que je vous laisse la responsabilité de traiter de mythomane.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Bernard Montiel
          Je suis désolé mais avec toute la sympathie et l’amitié que j’ai pour Yves Boisset, cette histoire ne tient pas debout. Hayden détestait parler de ses films sauf du Huston et des Kubrik. 20 personnes ont essayé en vain et rien ne l’intéressant dans ce western. Il avait détesté Joan crawford. D’autre part, ce tournage est ultra documenté maintenant entre les bios de Ray, les livres sur Crawford et différentes mémoires. Et je le redis : si Ray était déficient, pourquoi est ce que Yordan l’engage par la suite. Et jamais dans tous les auteurs qui ont été exploités, utilisés, payés par Yordan on ne trouver une seule assertion disant qu’il a dirigé une scène. Il intervenait au montage ou engageait un cinéastes pour tourner de nouvelles séquences (généralement Lerner). Yordan a éliminé Hayden du gunfight final mais en tant que scénariste et peut être d’une autre scène et Ray qui était au plus mal avec Crawford a du accepter ces modifications (minimes pour Patrick McGilligan)

        • yves Rouxel dit :

          A Bernard Montiel.Dans quel chapitre Yves Boisset évoque Hayden car j’ai parcouru un peu l’ouvrage mais je n’ai rien trouver.

  10. MB dit :

     » France_tv Facebook Twitter Instagram
    Bonjour Monsieur MB,
    Je vous informe des 2 prochaines dates de diffusion de « Voyages à travers le cinéma français » :
    – le 16 septembre à 23h30 : MES CINEASTES DE CHEVET- première partie
    – le 23 septembre à 23h30 : MES CINEASTES DE CHEVET – seconde partie
    Au-delà de 3 semaines, la chaîne n’est pas autorisée à communiquer sur sa programmation.
    Merci pour votre message.
    Je reste à votre disposition pour toute autre question.
    Cordialement,
    Alexandre Pivier
    Responsable du Service Clients de France tv »
    on peut supposer un nouvel épisode chaque dimanche à 23h30

  11. Laurent Scof dit :

    Bonjour

    Pouvez-vous nous donner votre avis sur la biographie Sergio Leone par Frayling. Est-elle incontournable pour mieux connaître la vie et l’œuvre de ce grand cinéaste?

    Merci de votre réponse

    • Yves Rouxel dit :

      A Laurent.Cet ouvrage ne parait que le mois prochain ainsi qu’ul livre de plus sur Kubrick(enfin une analyse de »2001″.Pensez à revoir »L’horloger de St paul »ce soir sur FRANCE5 pour ceux qui ont encore un poste comme disait ma grand-mère.

  12. Anthony Magnoni dit :

    Bonjour M. Tavernier,
    Veuillez m’excuser pour le hors-sujet mais je viens de vous écouter dans l’émission de France Culture, La Grande Table, et c’est comme toujours un véritable plaisir de vous entendre parler de cinéma. J’ai eu simplement l’envie de vous dire merci pour votre travail autour du cinéma de patrimoine et votre « combat » acharné. Je partage en tout point votre jugement, le cinéma de patrimoine, comme l’Histoire en général, ce n’est pas « du passé » mais bel et bien un éclairage des plus utile sur le monde d’aujourd’hui. J’ai 31 ans, passionné par le cinéma de patrimoine, et j’espère bien, à ma modeste échelle, perpétuer au mieux cette mémoire !
    C’est également toujours très inspirant de lire ce blog et vos impressions littéraires et cinématographiques.
    Bien à vous

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Anthony Magnoni
      Merci mille fois. Tachez de voir la série VOYAGES A TRAVERS LE CINEMA FRANÇAIS si vous arrivez à la repérer sur France 5

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Connaissez vous un film réalisé par Robert Hossein « Point de chute »que j’ai découvert hier soir par hasard?L’histoire en soit est assez banale au niveau scénaristique mais le climat est étrange.une jeune femme est kidnapper par trois malfrats,l’un d’eux nommer le roumain doit la garder dans une cabane près de la mer.Johnny Hallyday avec sa silhouette longiligne et ses grands yeux bleus incarne ce fameux roumain aux ordres d’Hossein en personne.Entre le gardien et la geolière va se créer un lien que je ne dévoilerais pas ici.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Oui je l’avais vu à sa sortie

        • Dumonteil dit :

          Ce film est un plagiat d’un film d’Hubert CORNFIELD « night of the following day » (1969)(la nuit du lendemain)un film peu connu de MARLON BRANDO ,avec aussi Rita Moreno, Richard Boone ,Jess Hahn et la wunderkind Pamela Franklin…qui se passe aussi en France….au bord de la mer …

        • Bernard Montiel dit :

          A Y. ROUXEL

          POINT DE CHUTE est un navet intégral, et il ne restera strictement rien de Robert Hossein, pas plus du cinéaste que de l’acteur, sinon LES ENFANTS DU DESORDRE, film bien injustement oublié où il avait un rôle secondaire. Dommage, Hossein semble être un brave homme.

        • Dumonteil dit :

          A Bernard Montiel,

          Vous êtes injuste envers Hossein ;ce n’est pas parce que l’un de ses films est une copie éhontée d’un film américain que toute son oeuvre est dépourvue d’intérêt :

          « les salauds vont en enfer  » est un huis-clos entre deux évadés et une fille (Marina Vlady ,17 ans ) débordante de sensualité ; la fin est très noire,même si c’est scientifiquement invraisemblable.

          « toi le venin » d’après Dard avec les deux soeurs Vlady et Versois est un superbe suspense que Don MALCOLM a inclus ainsi que le film précédent – dans son festival « the French have a name for it » du film noir à San Francisco;

          « la nuit des espions » ,serait mieux en théâtre puisqu’il n’y a que deux personnages (Hossein et Vlady) ,mais est un joli jeu de logique .Qui dit la vérité et n’est pas un traitre? Qui dit la vérité et est un traitre? Qui ment et est un traitre? Qui ment et n’est pas un traitre?

          « le jeu de la vérité  » a une construction « circulaire » ;intrigue plus proche d’Agatha Christie que du film noir,des invités sont invités à révéler des détails de plus en plus gênants sur eux-mêmes.

          « la mort d’un tueur » le jugement de Dieu du moyen age adapté au Nice des truands ;amour trouble avec une soeur « à la scarface « .

          J’y ajoute l’excellent « le monte-charge » « signé Bluwal mais qui a la griffe de Hossein (roman de Dard): le contraste entre l’atmosphere festive de Noel et la veulerie des personnages (Maurice Biraud y trouve peut-être son personnage le plus odieux ),le talent et la beauté de Léa Massari en font un film que les amateurs de thrillers ne devraient pas ignorer..

          Son « J’ai tué Raspoutine  » bénéficie dans les premieres minutes de l’assassin felix Ioussoupov interviewé par un historien ;le flair de Hossein pour le film noir n’apparait que dans le dernier tiers mais la photo est superbe et la musique d’André Hossein envoutante.

          Il y a certes des ratages : »les yeux cernés » plagie « les diaboliques  » avec sa machine à écrire « une corde un colt » qui le réunit à Angélique est un spaghetti western (steak frites western plutôt)qui a ses défenseurs mais je n’en fais pas partie .

          Et pour « les miserables » ,oubliez et voyez Raymond Bernard !
          et pour son « vampire de dusseldorf » ,oubliez et voyez Fritz Lang! (natürlich)

        • Mathieu dit :

          A Dumontiel:
          J’avais trouvé ce NIGHT OF THE FOLLOWING DAY nul et prétentieux. C’est parait-il l’histoire que voulait tourner Kubrick pour ses débuts à Hollywood. Ne pouvant le faire, il s’était rabattu sur une autre histoire du même auteur, Lionel White, et ça a donné THE KILLING.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Moi non plus je n’avais pas du tout aimé le film

        • Dumonteil dit :

          Et mon second message était une réponse à Bernard Montiel :dire que la carrière de Hossein se réduisait à rien me semblait très injuste .
          j’ai reçu un paquet de Don Malcolm avec une carte postale du « monte-charge » avec Hossein et Massari dans une église ,film de Marcel Bluwal mais qui a la patte de Hossein ;il va le programmer dans son festival le 13 décembre dans son cycle « noir noel » sous-titré : » c’est peut -être une bonne chose que noel ne vienne qu’une fois par an « ;dans le jeu de photos ,il y a aussi des cartes postales de « mort d’un tueur  » « le jeu de la vérité « ,etc
          On va me reprocher d’appeler les Américains à la rescousse mais Mathieu cite bien Kubrik pour attaquer un film que je ne défends même pas.

          A M.Tavernier :excusez-moi, à propos de « la question » ,je ne comprends pas votre première phrase.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Là je dois vous contredire. Tout dans le MONTE CHARGE a été initié, contrôlé par Bluwal qui est un réalisateur autoritaire (et un homme délicieux). Il était auréolé de ses succès à la télévision et la seule imposition de Gaumont a été Hossein qui n’était pas le premier choix de Bluwal. Il m’a dit qu’il s’est totalement intégré au projet. Le film est passionnant, avec des extérieurs rares pour l’époque (la banlieue ignorée par les cinéastes français). A voir absolument. Si j’avais pu réaliser un ou deux épisodes de plus, Le MONTE CHARGE avait une place importante dans les policiers méconnus

        • Denis Fargeat dit :

          À Bertrand e gli altri
          Grand souvenir que ce « Monte charge » découvert au festival Lumière- hélas Bertrand, vous n’aviez pas pu le présenter, celui qui vous remplaçait était dans ses petits souliers. Beaux extérieurs parisiens certes, qui m’ont semblé inspirés par l’errance de Jeanne Moreau dans « Ascenseur pour l’échafaud » – je réalise que si on avait mauvais esprit, on pourrait dire qu’un monte charge, c’est un ascenseur en moins bien, mais ce serait déplacé. C’est un film à décor, à dispositif, là on sent la patte de F Dard et dans en dire trop ( trop tard) tout est dans le titre. Enfin pas tout, car il y a du cœur, de l’ambition, un grand sens plastique. On doit pouvoir retrouver les entretiens de Marcel Bluwal sur France culture, il évoque ce film mais je crois me souvenir que cet homme qui s’exprime très franchement n’explique pas vraiment pourquoi ce film fut quasiment son seul essai au cinéma – peut-être n’était il pas satisfait de son deuxième,  » Carambolages »….

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          Il n’était pas satisfait de CARAMBOLAGES mais il fait un troisième film, LE PLUS BEAU PAYS DU MONDE sur le tournage de MERMOZ et le sort de l’acteur principal déporté parce qu’homosexuel

        • Henri Patta dit :

          Marcel Bluwal n ‘était pas satisfait de ses films. Il les trouvait « trés moyens » au mieux.
          Il s ‘est donc cantonné a la T.V , oû il lui semblait avoir plus de liberté.
          Son DON JUAN est remarquable. De méme la série VIDOCQ avec là encore Brasseur , est trés bien. Ce qui est étonnant c ‘est le rythme. Les autres séries de l ‘époque sont faîtes de scénes interminables et pompeuses la plupart du temps.
          Pas avec Bluwal.Un grand monsieur de la télévision.

        • Bernard Montiel dit :

          A DUMONTEIL

          Félicitation pour votre connaissance du cinéma Hosseinien, mais personnellement aucun de ces films ne m’a laissé le moindre souvenir. Je ne me rappelle que d’ UNE CORDE UN COLT, selon lui en partie réalisé par Leone, ultra fauché, aussi confus et inintéressant que la grande majorité des westerns européens de l’époque, cependant imprégné d’une ambiance insolite, avec cette ville abandonnée au milieu des sables, et une belle musique de son père qui tranchait avec les habituelles ambiances Morriconiennes. LES MISERABLES fait très production SFP, le film a le mérite de sortir Ventura de son habituel personnage en costume cravate, Michel Bouquet, Jean Carmet sont magnifiques, et Michel Magne signe une de ses meilleures musiques, juste avant de se suicider. Ce qui m’étonne, c’est qu’un acteur de ce calibre (c’est un très bon acteur) n’ait jamais intéressé les grands réalisateurs des années 70/80. Ah si, je sauverais quand même CHAIR DE POULE, mésestimé, sauf par P. Brion.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Bernard Montiel
          Décidément… Leone n’a rien à voir avec UNE CORDE, UN COLT, récemment réhabilité par des internautes américains. Et Ventura a TRÈS RAREMENT joué en costume cravate : pas dans LE FAUVE EST LACHÉ, CLASSE TOUS RISQUES, LARME A GAUCHE, DERNIER DOMICILE CONNU, LE RAPACE, LE DEUXIEME SOUFFLE, UN PAPILLON SUR L’EPAULE, LE SILENCIEUX

        • Denis Fargeat dit :

          Désolé Yves, vous répondre est le seul moyen que j’ai de déposer ce lien : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/voix-nue-marcel-bluwal-13-1-histoire-d-enfant-2-sixieme-etage
          Entretiens de Bluwal sur France culture. Dans un autre épisode, je crois me souvenir qu’il explique le rythme effréné ( pour l’époque) de Vidocq par le fait qu’il a dû faire tenir en 55 mn des scénarios que Georges Neveux élaborait pour 80 mn …
          Merci Bertrand de signaler ce Mermoz dont je n’avais pas idée.

      • Dumonteil dit :

        A aucun moment je ne loue le film de Cornfield ;je soulignais l’analogie trop évidente avec celui de Hossein ;j’ai vu les deux films à un an de distance .

        • MB dit :

          à Dumonteil: ya un truc qui m’échappe, personnellement, j’ai lu nulle part que vous défendiez le film de Cornfield comme vous l’avez juste cité
          et qui est donc ce Don Malcolm par ma barbe? décidément je nage dans ce blog (parfois).

        • Dumonteil dit :

          à BT
          merci pour tous ces renseignements sur « le monte-charge » ;c’est vraiment un film que tous les amateurs de thriller doivent voir!

        • Dumonteil dit :

          à MB

          Pour Cornfield :je répondais à Mathieu qui croyait que ,critiquant le film d’Hossein ,j’étais un admirateur de son film;franchement je serais moins sévère que lui -j’essaie d’éviter l’adjectif « nul » le plus possible-;l’histoire est banale ,mais la construction en boucle (« à la « dead of night » ce dernier film étant un chef d’oeuvre de fantastique lui) m’avait dérouté à l’époque.ce n’est pas un film que j’adore mais il se laisse regarder ,comme on dit;evidemment pour BRANDO on est loin de « reflections in a golden eye » mais il fera pire à la fin de sa carrière.

          Don Malcolm : BT vous en parlerait beaucoup mieux que moi;il a envoyé un message en anglais il y a quelques mois sur le site;il est responsable pour le festival du film noir français de San Francisco ;il programme des films de notre patrimoine « the French have a name for it  » puisque l’expression « film noir » est passée dans leur langue ;je l’appelais à la rescousse car je pense que Monsieur Montiel poussait le bouchon un peu loin en dénigrant TOUT Robert Hossein(acteur et directeur) et je voulais lui montrer que ses séries B en noir et blanc sont appréciées ailleurs .j’espère que vous avez vu « le monte-charge  » ,nullement « inférieur » à « ascenseur pour l’échafaud » ,foncièrement different ,c’est tout:l’histoire de Frederic Dard est en fait plus près du roman-machination Boileau-Narcejac en y ajoutant une touche de cynisme que le duo n’avait pas.

          je suis nouveau et pas toujours fûté :est-ce que celui qui écrivait sous le nom de Martin-Brady ,c’était vous?

        • Bertrand Tavernier dit :

          a Dumonteil
          Vous avez raison, Hossein a été bon en tant qu’acteur plusieurs fois et même marrant dans mon souvenir dans LA PETITE VERTU. LES SALAUDS VONT EN ENFER ne manque pas de qualités (dont Marina Vlady hyper sexy) et l’apport de René Wheeler. Il a beaucoup plus de mal, par la suite, à nourrir ses scénarios. Si vous retirez les plans de déambulations, de regards, vous obtenez des récits de 30 minutes. Il y a pénurie d’incidents, de personnages dans LE GOUT DE LA VIOLENCE (que Melville surnommait méchamment ViVa Zavatta), les Yeux Cernés, la Fin d’un Tueur et ce POINT LIMITE

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:

          Moi aussi j’ai beaucoup aimé LE MONTE-CHARGE. J’ai même visionné le Blu-Ray deux fois de suite pour réexaminer les rouages cette formidable intrigue et pour profiter de la magnifique photo nocturne d’André Bac. Et dans l’entretien du bonus Marcel Bluwal apparait à 90 ans d’une santé et d’une vivacité intellectuelle et mémorielle comme je nous en souhaite à tous à cet âge.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          A la SACD, je confirme, il était très vif

        • MB dit :

          à Dumonteil: « est-ce que celui qui écrivait sous le nom de Martin-Brady ,c’était vous? »
          oui mais c’est quand j’étais jeune et toutfou, je demande l’indulgence du lectorat du blog, c’est loin tout ça, pourtant Martin Brady reste mon héros! (et Parrish l’un de mes cinéastes « de chevet »).

        • Dumonteil dit :

          Ah si, je sauverais quand même CHAIR DE POULE, mésestimé, sauf par P. Brion.
          Quand même !Catherine Rouvel est superbe de perversité et de sensualité ;la scène où elle essaie de tirer les vers du nez d’un Hossein souffrant le martyr est pur Duvivier ;le seul être vivant à qui l’on puisse faire confiance dans cet univers de rapaces est un chien ;des 6 films de JD des années 60,c’est sans doute le meilleur ;il rappelle « the postman always rings twice » mais son final apocalyptique ne lui doit rien.

          IL en existerait un remake thailandais .

        • MB dit :

          à Dumonteil: CHAIR DE POULE est un grand film noir, et Lucien Raimbourg y joue un personnage absolument génial, inoubliable!

      • A B. TAVERNIER

        Mais si voyons ! Hossein en parle lui-même dans le documentaire « Car ils sont sans pitié » consacré au western italien. Leone a réalisé une séquence du film. Ventura, je parle bien sûr de tout ce qu’il tournait depuis 10ans avant LES MISERABLES : L’EMMERDEUR, LA GIFLE, LA CAGE, ADIEU POULET, CADAVRES EXQUIS, LA GRANDE MENACE, L’HOMME EN COLERE, LES SEDUCTEURS, GARDE A VUE, ESPION LEVE-TOI, que des personnages en costume cravate, et sur le tournage du Boisset, Giovanni rapporte qu’il lui a demandé de lui écrire un film qui le sorte de ce stéréotype, lassé qu’il était de porter toujours le même costume depuis 10 ans. Ah je n’ai quand-même pas des troubles de mémoire à ce point !

        • Dumonteil dit :

          pourtant Bernard ,dans « les aventuriers » (1966) dirigé par Robert Enrico mais d’après un roman de JOSE GIOVANNI qui en a écrit les dialogues ,à part peut-être pour la scène de l’exposition de Joanna Shimkus où la cravate est de rigueur6mais où son personnage est mal à mal à l’aise),on ne peut pas dire que ce rôle appelle le Pierre Cardin.

        • Sullivan dit :

          Hossein-Leone sur la fiche Wiki de UNE CORDE, UN COLT : « Dans une interview accordée à l’occasion de l’édition allemande du DVD du film, Robert Hossein certifie que malgré son nom au générique, Dario Argento n’a jamais participé à la rédaction du scénario et qu’en revanche, Sergio Leone, à qui le film est dédié, aurait lui-même réalisé la séquence de repas de la famille Rogers. » Légende ? Fantasme ? Réalité ? …

  13. Yves Rouxel dit :

    Quand on évoque la filmographie de Jacques Demy,on pense aux parapluies,aux demoiselles ou à Peau d’ane mais on oublit une œuvre romanesque et pleine d’ambition sorti en 78 et qui n’a pas d’impact en France. »Lady Oscar »est un film de commande produit par les Japonais et tirer d’un manga populaire au pays du soleil levant.Tourner au château de Versailles et à Senlis,les scénes sont superbes grace à un travail minitieux sur les costumes,perruques,avec une photographie superbe.Le casting est essentiellement britannique avec quelques comédiens français dont Patrick Floersheim(qui fut la voix française de Michael Douglas),la chanteuse Caroline Loeb(c’est la ouatte)qui tient le role d’une paysanne en colère.Enfin je gardais le meilleur pour la fin avec une partition musicale à s’en lécher les babines.Ce Michel Legrand fait partie des grands compositeurs français encore de ce monde.Les bonus sont succinct en dehors d’un article de Jean pierre Berthomé lu par le fils du cinéaste.

    • Dumonteil dit :

      A Yves

      Mes sentiments sont mitigés sur « LADY O »;le film aurait eu du mal à faire un impact chez nous puisqu’il est sorti 20 ans après .
      Tout ce qui concerne Versailles ne transcende pas les clichés habituels (Marie-Antoinette,Fersen ,le collier,le hameau) ,ce que Guitry faisait superbement dans « si Versailles m’était conté « ,grâce à son esprit inégalé.
      L’un de nos plus grands acteurs actuels y fait ses quasi -débuts en soldat insolent :Lambert Wilson .Wilson père est le général de Bouillé .Je ne pense pas que la musique aurait eu auprès du public l’impact des mélodies des « parapluies  » des « demoiselles  » et de « peau d’ane « . Pour moi les années 70 de Demy se résument ainsi :un petit chef d’oeuvre (« peau d’âne » ), un très bon film (« the pied piper »),un film plaisant (celui-ci) ,et un ratage (« l’evenement le plus important..ETC ETC  » )

      Si ma mémoire me sert bien, il y a eu aussi un dessin animé (japonais bien sur) avec une chanson qui disait (« elle est habillée comme un garçon »)

      • Yves Rouxel dit :

        a Dumonteil.On peut aussi rajouter « Une chambre pour le 26″ou Yves Montand avait du mal à danser.Je vous signale au passage que Mylène Farmer s’est beaucoup inspirer de ce film pour le clip »Sans contrefaçon »réalisé par son ami Laurent Boutonnat.Le film était sortie sous format vhs durant les années 80.Vous faites référence au dessin animé diffuser en son temps sur TF1.

        • Dumonteil dit :

          à Yves

          Je me limitais aux années 70

        • demachy dit :

          à Yves Rouxel : Vous faites un croisement inattendu entre deux titres de Demy – qui en outre ne datent pas des années 70 mais 80, UNE CHAMBRE EN VILLE (1982), chef-d’oeuvre capital dans la carrière de Demy, et TROIS PLACES POUR LE 26 (1988), un peu plus mineur mais plein de qualités et avec, dans mon souvenir (je ne l’ai pas revu depuis un certain temps), une prestation tout à fait honorable et assez touchante de Montand.

  14. MB dit :

    à Denis Fargeat: pas loupé j’espère? si loupé rediff:
    Les rediffusions de Voyage à travers le cinéma français

    23h35 dimanche 16 septembre F5

    oh you happy tax payers!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A MB
      Le premier épisode est repris ce soir et dans la nuit, le second dimanche prochain à 23.30 et dans la nuit et ainsi de suite. Des horaires très aguicheurs, une chaine qui n’a pas fait de dossier de presse, n’a jamais annoncé la série, même dans ses émissions internes. Voila comment on considère le patrimoine et des auteurs comme Gremillon, Ophuls, Guitry, Pagnol, Bresson, Decoin, Tati, Duvivier…

      • Dumonteil dit :

        je trouve que c’est scandaleux de passer ainsi quasi-clandestinement une série qui traite de NOTRE patrimoine et qui est ACCESSIBLE à tous,pas seulement au public style télérama:je l’ai dévorée sur C+ mais tous ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter le coffret ont le droit de la voir ;beaucoup des films cités sont des chefs-d’oeuvre populaires :certains vont dire que arte est une chaine franco-allemande et que le public allemand risque de se sentir frustré .mais alors FR3 est aussi une chaine publique ,ma redevance et les vôtres c’est pour eux ;autrefois c’était la chaine du cinema !on y passait des Sirk ,des Mankiewicz,des Hitchcock ,des Huston,des Brooks ,des Wyler ,des Wise ,des Wilder et des Carné ,des Clouzot ,des Chabrol, des Renoir,des Duvivier,des De Sica ,des Rossellini…à 20h35 !!

        à BT : puisque nous parlions des films de guerre et donc de Walsh ,j’ai été frappé par la ressemblance des débuts de « uncertain glory » de Walsh et de « the impostor  » de Duvivier,sortis la même année(1944) : Flynn et Gabin sont sur le point d’être guillotinés ,mais sont sauvés par un bombardement et se retrouvent libres ,si l’on peut dire ,car la France de Walsh est occupée,celle de Duvivier sur le point de l’être.
        Ensuite ,cela tourne à l’avantage de Walsh ,dont le film est plus captivant (dans les 2 cas fausse identité);mais la morale est la même :mieux vaut une mort au service de son pays que l’infâme rasoir national.

        Le cinema de minuit semble sauvé ;le Guitry de ce soir , »napoleon « (et de dimanche prochain) n’est pas du meilleur cru et ressemble à un album de luxe avec tout (oui ,pratiquement tout) le who’s who du cinema français (et Orson Welles en prime).Le couronnement (immortalisé par David) est raté ;on peut sauver la chanson de Montand et la scene ou le maréchal de Lannes (Gabin) désormais estropié ,pointe un doigt rageur vers les mourants « combien encore? »
        Le 24 , par contre ,un film rare de Fernand Rivers avec Elvire Popesco « la présidente « .
        Mais l’important est que le cinema de minuit soit sauvé!vive le patrimoine!

      • Jack Carter dit :

        Comme je vous comprends, Bertrand, une diffusion dans leur case cinema du lundi à 20h45 avec un film derriere en rapport aurait été judicieux….pauvre service public….
        J’ai eu la chance de voir les 8 episodes à la suite l’an dernier au Festival Lumiere, un bonheur de chaque instant, j’ai hate de vous ecouter à nouveau pour evoquer Decoin au prochain festival.

      • Ballantrae dit :

        Êtes vous sûr que C’est bien repris ce soir? Pas vu sur la grille!

      • Henri Patta dit :

        a Bertrand Tavernier.
        Et personne pour protestef , s ‘insurger .
        J ‘ai dit maintes fois la catastrophe culturelle qu ‘était Tv5 monde.
        Je vois hélas que le service public dans son ensemble se dégrade de la méme maniére.

      • yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Ca été un veritable chemin de croix afin de voir le premier volet consacré au cinéma français.Ma voisine du dessus absente,de plus pas de réseau dans la résidence car les propriétaires veulent nous imposer la fibre avec Orange.Je me suis rabattu sur la médiathèque avec mon ami Djaffa et vous as écouter attentivement pendant une heure.En tout cas bravo pour les extraits qu’y ont été diffusés,aucun souffle sur les dialogues notamment pour cette curiosité de Decoin que je ne connaissais pas avec Vanel et qui déroule sur un bateau.En effet les derniers plans sont ingénieux de trouvaille(contre-plongée excellente,mouvements de camera alerte et rythmé).J’attends la suite avec impatience.Je vais quand même envoyez un mail à la direction de France 5 en demandant pourquoi aucune promotion n’a été faite pour ce travail de recherche.Amical bonjour à Stéphane Lerouge à qui l’on doit plusieurs éditions de musiques de films puis auteur d’un ouvrage sur le doublage.

        • salomon dit :

          A Yves Rouxel :
          L’extrait que vous mentionnez avec Charles Vanel sur un bâteau n’est pas un film d’Henri Decoin mais de Jean Grémillon (DAINAH LA METISSE).
          Une nouvelle édition DVD est d’ailleurs annoncée pour octobre.

    • MB dit :

      à Bertrand: il est très difficile de retrouver la grille tv quotidienne de Fr5 sur le site de Fr 5! Tout est classé par émission. On fait une recherche sur « Voyage à trevers le cinéma français » et on tombe sur deux liens morts où ne figure que le dessin qui a servi à l’affiche! Incompétence totale.
      Sur le site de Télérama je trouve ça:
      https://television.telerama.fr/tele/documentaire/voyage-a-travers-le-cinema-francais,28103955,emission121424712.php
      Episode 1 et sa rediff le dimanche suivant à 23h35.
      Pas de trace de l’épisode 2 (je croyais qu’il serait diffusé dim prochain vers 14h00).
      Selon Télérama, l’épisode 1 n’est pas rediffusé ni ce soir ni cette nuit mais le 16 donc.
      On ne trouve pas de présentation d’ensemble de la série avec les diffs et rediffs de tous les épisodes. Ils s’en foutent, a priori. Ils ont pourtant payé pour ces émissions, faudrait rentabiliser l’investissement!
      D’autre part, comme vous dites, les horaires sont repoussants, aucune diff à 21h00! La rediff de 23h35 se téléscope avec le Cinéma de Minuit de Brion, c’est le même public…. Bref. Je m’en fiche j’enregistre quoique je voudrais bien savoir quand passera l’épisode 2 je suis dégoûté par cette incompétence, ce je m’en foutisme. m’en vas laisser un message qui aboutira je ne sais où…

      • Yves Rouxel dit :

        A MB.Je vais pas me prendre la tète et attendrai patiemment la sortie en coffret dvd en fin d’année et décortiquerai l’ensemble près d’un feu de cheminée.Mème en envoyant un mail à France 5,celà ne changera rien.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Détrompez vous. Ils sont tellement frileux. Le premier épisode accessible en replat passe à nouveau dimanche prochain à 23.heures30

        • MB dit :

           » Le premier épisode accessible en replat passe à nouveau dimanche prochain à 23.heures30″
          oui mais le deuxième, c’est un stagiaire qui l’a perdu dans la nature? pas eu de réponse à mon mail. Ils les passent au compte-gouttes?

          Bertrand est-ce qu’il y aura des bonus en + des 8 épisodes dans le coffret? si on l’achète c’est la version bluray obligatoire en tout cas. A mon avis F5 milite pour l’achat du coffret avec leur politique d’information du spectateur. Je parie que c’était mieux fait sur la chaîne payante qui les a passés avant.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et au moins eux, ils illustraient les épisodes avec un ou deux films des cinéastes cités

        • Dumonteil dit :

          A MB

          surtout ils étaient « à la demande  » ;ce qui fait qu’un des épisodes « les chansons Julien DUVIVIER » je l’ai dégusté deux fois …

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Y aura t-il un cd regroupant l’émission consacrée aux chansons dans les films cités ainsi que le rajout avec tous les extraits musicaux?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Il y avait un double CD Universal déjà sorti où l’on pouvait entendre des chansons et des musiques tiré du long métrage mais aussi de la série : la musique de REGAIN, splendide, le générique du SALAIRE DE LA PEUR et autres

    • Denis Fargeat dit :

      Merci MB et Bertrand
      Ben si , loupé dans les grandes largeurs pour cause d’obligation familiale… mais se profile une redif grand luxe pour les lyonnais et les courageux : les deux premiers épisodes sur le Grand Ecran de l’Institut Lumière, le 20 septembre.
      http://www.institut-lumiere.org/actualit%C3%A9s/voyage-a-travers-le-cinema-francais.html
      Belle journée, avec en plus « Le vent de la plaine » de Huston et « Pickpocket » de Bresson !

    • Alexandre Angel dit :

      A Bertrand
      Si je puis me permettre (et j’espère me tromper) mais j’ai peur que les signes distinctifs destinés à différencier le coffret VOYAGE(S) du coffret VOYAGE soient insuffisants à ce que les acheteurs fassent immédiatement le distinguo.
      L’œil n’est pas d’emblée alerté : il faut « aller chercher » les mots « série » ou « suite » pour percuter.
      Je dois dire que ce fut mon cas.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Alexandre Angel
        Je le signale à Gaumont mais le coffret n’est pas encore sorti

        • MB dit :

          à Bertrand: oui ya confusion, je vois bien VOYAGE… 2ème partie « MES CINEASTES DE CHEVET » en plus gros, bon, nous ce qu’on en dit hein… c’est pas nous qui allons nous tromper!

        • Alexandre Angel dit :

          Oui, à bien regarder, ils ont soigné les différences (les couleurs sont inversées : écharpe rouge sur fond bleu pour VOYAGE 1 et écharpe bleue sur fond rouge pour VOYAGE(S)).
          C’est élégant, remarquez, mais presque trop fin pour une distinction immédiate.

    • Denis Fargeat dit :

      Pas évident de voir ce « Voyage… » il faut vraiment aller chercher les infos. Tout juste si la diffusion est mentionnée sur le site de France 5. Je trouve que qui fait le plus mal, dans l’affaire, est l’attitude de certains médias dont cette chaîne, qui semble préjuger des goûts du public ; ce n’est pas une politique d’offre, mais une présomption de la demande, une forme de démagogie marchande assez déplaisante. Rien de très nouveau, mais une certaine aggravation chaque fois.
      En tous cas, pour ceux qui comme moi ratent les coches ou se débrouillent mal pour revoir, voici un lien qui marche : http://www.tv-replay.fr/moteur/?q=voyage+%C3%A0+travers&encoding-q=false

  15. SERVANT Jean-Pierre dit :

    En voyant cette semaine OBJECTIVE BURMA et THE LETTER (W.WYLER), j’ai eu envie de voir en complément les bandes annonces de ces deux films, presentes sur les éditions dvd.
    J’ai quand même été très surpris de me rendre compte qu’a aucun moment le nom des réalisateurs n’apparaissait à l’écran. Les acteurs, le studio oui, mais pas les noms de Walsh ou Wyler. Et je suppose qu’il doit y avoir un grand nombre de bandes annonces de cette époque (avant ? Après ?) du même acabit. Curieux.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Cela dépendait des contrats et Wyler figurait en bonne place sur les génériques même comme producteur. Les bandes annonces, ils devaient ne pas y faire attention. Parfois ils sont cités à travers un carton (oscar winner). Walsh se désintéressait de cela. Il n’a jamais demandé à être crédité au générique pour the ENFORCER que selon Martin rackin, scénariste, il a entièrement dirigé

      • Dumonteil dit :

        A propos des bandes-annonces :

        La plus intéressante que j’aie jamais vue est celle de « rope »;elle est faite d’ une séquence qui figure avant l’action du film ;la future victime rencontre pour la dernière fois sa fiancée (dans le film Joan Chandler).

  16. SERVANT Jean-Pierre dit :

    La lecture de cette chronique de septembre m’a permis de découvrir enfin OBJECTIVE BURMA (Aventures en Birmanie) de RAOUL WALSH. Je l’avais écrit ici, il y a quelques mois, je suis assez réfractaire – par goût personnel, et sans doute à tort quand on se place dans un angle purement cinématographique – au genre « guerre ».
    J’avoue que je m’en suis voulu d’être passé si longtemps à côté de ce film admirable qui dormait sur mes étagères.
    Oui c’est une oeuvre magnifique, formidablement mise en scène, photographiée et interprétée.
    Même si ERROL FLYNN est la vedette du film, et que son personnage soit le leader du groupe, il est traité avec la même importance que les autres. Jamais FLYNN ne tire la couverture à lui. Chaque membre du groupe compte.
    Vous écrivez Bertrand Tavernier, « un des meilleurs rôles de FLYNN », et je suis enclin à le penser aussi. Il est remarquable, nuancé, de bout en bout des 145 minutes de film.
    A aucun moment le film fait « hollywoodien », mais a un aspect « documentaire » au meilleur sens du terme. Le film a aussi pour intérêt de bénéficier de nombreux extérieurs très crédibles.
    Les stocks-shots, un poil plus ternes et parfois rayés, s’intègrent parfaitement à la superbe photographie de JAMES WONG HOWE.
    Et c’est encore vrai, la musique de FRANZ WAXMAN est d’une finesse inouïe. Jamais elle ne prend le dessus sur les images, mais soutient l’action avec intelligence, pour parfois être totalement absente dans deux scènes où le groupe, posté, attend l’arrivée de l’ennemi. Je me suis demandé ce qu’aurait pu écrire MAX STEINER à partir du même matériau. J’aime beaucoup STEINER, mais son style est parfois disons’ plus lourd, sur certaines productions.
    Je pense que je vais sérieusement réviser mon état d’esprit sur ce genre cinématographique. Il n’est jamais trop tard.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A SERVANT Jean Pierre
      Merci de votre réaction

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Vous savez que quantités de réactionnaires sont quand même des génies.Regarder Céline qui à été vilipender par tous les penseurs de bonne conscience durant le siècle dernier ,n’en reste pas pour autant un écrivain singulier que l’on ne doit pas de cataloguer comme anti-sémite.On doit distinguer l’auteur et l’homme,c’est là que je vous rejoins concernant l’acteur-réalisateur Eastwood.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Soyons net. Céline, écrivain de génie dont le VOYAGE, NORD, D’UN CHATEAU L’AUTRE sont des chefs d’oeuvre était un antisémite forcené, militant, engagé. Eastwood lui est très conservateur politiquement (s’engageant contre Obama) mais progressiste socialement (sur les femmes, les rapports raciaux, la peine de mort) et on ne peut les comparer.

        • Alexandre Angel dit :

          Yves,
          On on vous l’a déjà trop de fois demandé : tenez-vous en au sujet du blog.
          Vous blessez des consciences et des sensibilités légitimes en balançant des énormités.
          Céline a écrit BAGATELLE POUR UN MASSACRE qui est une pourriture immonde. Ne dites donc pas qu’il ne faut pas le cataloguer comme antisémite : c’est très grave et même insupportable.
          Et je ne m’étendrais pas sur le thème rebattu et délicat de la séparation de l’œuvre et de l’artiste.

        • MB dit :

          à A Angel: 100% exact.

    • Alexandre Angel dit :

      A SERVANT Jean-Pierre
      Il n’empêche que ce que vous dîtes (ou avez dit) sur les films de guerre peut s’entendre.
      Il y a de beaux films de guerre dont celui-là et plus près de nous, des films comme PLATOON, CASUALTIES OF WAR (ce dernier sous un angle particulier) sachant qu’un film de guerre, pour moi, doit être un film d’action et non pas seulement un film SUR la guerre ou ses effets. Mais l’affaire est entendue, je pense.
      Pour cette raison, ce genre est discutable, ou à tout le moins, questionnable. Traiter comme une aventure ce qui n’est rien d’autre qu’une abomination ne passe déjà plus chez moi comme une lettre à la poste, surtout depuis THE WAR, de Ken Burns, qui est, quelque part, le plus grand (dans tous les sens du terme) film de guerre jamais fait car Burns, aussi documentariste soit-il, fait un boulot fascinant sur les textures, la matérialité. En visionnant THE WAR, on ressent l’angoisse de mort des combattants.
      Ce que peu de films de fiction parviennent finalement à restituer avec exactitude.
      Le seul film de fiction, en tout cas américain, qui m’a fait ressentir comme nul autre l’expérience physique de la guerre est peut-être THE DEER HUNTER. Mais les séquences en question se concentrent sur une bonne dizaine de minutes en comptant la dérive dans le fleuve.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Alexandre Angel
        Il y en a d’autres depuis A L’OUEST RIEN DE NOUVEAU et d’autres Milestone (j’ai revu LA GLOIRE ET LA PEUR) et en France LES CROIX DE BOIS, la 317ÈME SECTION

        • Alexandre Angel dit :

          J’oubliais LA 317ème SECTION!!! dans un certain panthéon!

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          LA 317EME SECTION, dans mon souvenir (qu’il serait temps de rafraîchir)était truffé de détails extrêmement réalistes (si ma mémoire ne me trompe pas, c’est le seul film où j’ai entendu l’expression « On décroche » pour dire « on s’en va »).
          Et il y avait un fort sentiment d’immersion, mais par des moyens sobres, dépouillés.
          LES CROIX DE BOIS, je crois ne l’avoir jamais vu.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Alors il est temps de réparer ce manque d’autant que Pathé a magnifiquement restauré ce film. Voyez aussi LES FORÇATS DE LA GLOIRE de Wellman, certains Milestone et des films anglais comme LA MER CRUELLE sans parler de Fuller comme BAIONNETTES AU CANON, THE STEEL HELMET

        • Dumonteil dit :

          « attack! » de Robert Aldrich (revu avant-hier)me semble avoir aussi sa place ici;aucune concession et compositions saisissantes de Jack Palance et d’Eddie Albert.
          (et comme JPS le film de guerre n’est pas vraiment ma tasse de thé)

          dans un autre registre ,revu pour la 3e fois le Samuel Fuller  » the naked kiss » (titre français stupide : »police spéciale ») : Constance Towers m’a stupéfié par la modernité de son jeu;et le film va de la violence la plus inouie (voir la sequence d’ouverture ;la scène dans le bordel) à une infinie tendresse (les séquences avec les enfants) ;et la pédophilie en 1964 -le mot n’est jamais prononcé- il fallait oser!excusez mon hors-sujet!

        • Yves Rouxel dit :

          Comme la brèche est ouverte sur les films de guerre et d’actions guerrières,allons y.Revu hier soir »Les aventures de Bufallo Bill »de Cecil b demille qui est une oeuvre flamboyante sans temps mort avec un Gary Cooper au meilleur de sa forme.Les scènes de bataille sont très bien filmées,surtout l’attaque du fort en fin de film.En revanche évitez de le voir en version française car les voix des personnages féminins sont excécrables ,on dirait des crécelles qui parlent.Comment les adaptateurs de l’époque pouvaient franciser des prénoms et noms américains à ce point.C’est d’un ridicule!!!Petite apparition d’Anthony quinn dans le role d’un indien!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Vous êtes génial et imprévisible. Vous gueulez contre les westerns et quand on parle du film de guerre, vous nous ramenez un western, un des plus réussis de DeMille, cinéaste pourtant réac

        • Yves Rouxel dit :

          A Tous.Vous oubliez dans votre liste »Full metal jacket »qui à des qualités.

        • MB dit :

          à Dumonteil: « et la pédophilie en 1964 -le mot n’est jamais prononcé- il fallait oser! »
          tt à fait exact, et elle est abordée franchement dans NAKED KISS, ceci dit j’ai revu récemment INCIDENT AT A CORNER de Hitchcock et j’ai trouvé le film bien supérieur à mon souvenir or, dans ce film de 1960 un vieil homme qui surveille les sorties d’école, est calomnié pour s’intéresser un peu trop aux petites filles! C’est plus discret mais on retrouve d’ailleurs là la couleur et l’ambiance des années 60 avec le puritanisme américain et la place inférieure de la femme dans la société (Vera Miles se repose sur son petit ami pour mener le combat de la réhabilitation du vieil homme qui est son père). Pour l’accusation sur celui-ci, au lieu de la signaler clairement au vieil homme on se contente de le virer sans explication, ça ressemble à l’omertà connue dans l’église. Pas de vagues… le couvercle là-dessus.
          J’ai revu d’ailleurs tous les épisodes tv de AH, et les épisodes d’une heure comme celui-ci sont les meilleurs. Dans les 25′, certains sont consternants de nullité mais le n°1, REVENGE, est un chef d’oeuvre. Il faut voir aussi David Janssen qui ayant tué sa femme (imité du début de JEUNE ET INNOCENT, scène de ménage filmée à travers la fenêtre sans qu’on entende les époux) fourre le corps dans le coffre de sa voiture et part s’en débarrasser mais tombe sur un flic très très sympa qui veut absolument lui arranger le coup de son clignotant défectueux (pour changer l’ampoule il faut ouvrir le coffre…). On en a mal pour l’assassin.

        • Mathieu dit :

          A Alexandre Angel:

          J’ai revu récemment LES CROIX DE BOIS qui est pour moi un chef-d’oeuvre, un des meilleurs films français jamais tournés, infiniment supérieur à THE ROAD TO GLORY de Hawks qui n’en est pas à proprement parler le remake comme on le dit parfois. Ce qu’il y a de mieux dans le Hawks est repris du film de Bernard (la galerie que les allemands creusent sous la tranchée pour la miner et le suspense que cela crée: tant qu’on entend les allemands creuser, c’est qu’ils sont là est que les mines ne vont pas exploser). Mais Hawks ajoute des intrigues parallèles qui nuisent au récit et le rendent plus banal, plus conventionnel, plus hollywoodien, plus mélodramatique. Le personnage de la fille (j’ai oublié le nom de l’actrice) typiquement hawksien mais artificiel, le personnage joué par Lionel Barrymore (exécrable comme il peut l’être parfois) arrivant au milieu de l’histoire, typique du discours ambigu du film, faussement critique vis à vis de la guerre et du commandement et finissant par glorifier celle-ci et la nécessaire inhumanité de celui-là.

          Bon je voulais dire du bien des CROIX DE BOIS, me voilà à dire du mal de THE ROAD TO GLORY, c’est plus facile (THE ROAD TO GLORY a par ailleurs ses qualités, est bien fichu question décors, photo, direction d’acteurs et le jeu de Fredric March est d’une grande modernité, il a 30 ans d’avance si ça peut vouloir dire quelque chose) mais à côté le film de Bernard est une œuvre d’art, d’une grande pureté, ou on sent que des tas de gens avec des idées différentes n’ont pas chercher à mettre leur grain de sel, que s’il y a eu collaboration, tous les gens qui ont travaillé ensemble avaient un but commun supérieur à leur ego. Aucun acteur ne cherche à tirer la couverture à soi , Vanel excellent comme toujours, mais les autres aussi, Gabrio, Aimos ne fait pas du Aimos, même Blanchar est remarquablement sobre et émouvant . Les scènes de batailles sont d’une modernité incroyable, caméra à l’épaule, donnent une très forte impression de réalité sans faire appel à des paroxysmes dramatiques comme THE BIG PARADE ou ALL QUIET ON THE WESTERN FRONT, deux autres chefs-d’oeuvres. Dans le cinéma Hollywoodien, ce qui se rapproche le plus du film de Bernard doit se trouver du côté de chez Wellman (G.I. JOE, BATTLEGROUND) quoiqu’il n’y ait pas que des réussites chez lui, j’ai été assez déçu par DARBY’S RANGERS par exemple.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          C’est un film sympa mais moyen avec deux ou trois bonnes séquences comme ESCADRILLE LAFAYETTE

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Mathieu : (les croix de bois) vous avez raison. Surtout qu’avec l’édition restaurée on en redécouvre la splendeur avec émotion.

        • MB dit :

          à Mathieu: mais vous savez que Zanuck avait acheté les droits d’exploitation des CROIX DE BOIS pour le bloquer aux USA et ne pas nuire à ROAD TO GLORY? ON en a déjà parlé ici. Les scènes de bataille des CROIX auraient été beaucoup trop coûteuses à tourner aux USA se disait Zanuck, ont-elles été repiquées tel quel dans le Hawks? (Hawks Mc Carthy Institut Lumière ch.16).

        • Alexandre Angel dit :

          A Mathieu
          Cap sur LES CROIX DE BOIS!

        • Yves Rouxel dit :

          On oublit aussi les 2 films que vous avez réalisé »La vie et rien d’autre »et »Capitaine Conan ».Invité de Radio Classique Philippe Torreton à parler un peu de sa carrière d’acteur et de ses engagements politiques qui lui ont fait un peu de mal.Aujourd’hui il s’est éloigné de tout débat sur la situation de la société française. »Avant de changer le monde,il faudrait essayer de changer les hommes »!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Qui oublie quoi ?

        • Henri Patta dit :

          Je pense que Yves ROUXEL , parle des films de guerre , et que l ‘on a « oublié « de citer les votres.

        • Yves Rouxel dit :

          C’est l’acteur Vincent Lacoste qui endossera le role de Fernand Iveton,torturer et guillotiner en 57 en Algérie,à l’époque ou Guy Mollet était président du conseil et Mitterrand,garde des sceaux.C’est Hélier Cisterne à qui l’on doit le film »Vandal »et des épisodes de la série »Le bureau des légendes »qui réalisera ce film en Algerie et dans le sud de la France.Adapter d’un bouquin de Joseph Andras paru chez actes sud.

      • MB dit :

        à A Angel: d’accord mais tt en étant d’accord ça m’interroge sur BAIONNETTE AU CANON de Fuller. Ce film me fascine et je le revois régulièrement. Or, on n’y trouve aucun sentiment anti-guerre ni scène d’action vraiment excitante. Seulement:
        – c’est difficile psychologiquement de tuer un homme
        – les officiers doivent être protégés et respectés car ils ont de lourdes responsabilités
        – c’est difficile de commander des hommes et plus confortable d’obéir
        – c’est important de garder ses chaussettes sèches quand le temps est froid et humide
        En fait, Fuller aborde la guerre quasi trivialement et se concentre sur les réactions des soldats individu par individu, méprisant toute exaltation belliciste ou antibelliciste. La mort du sergent (fantastique Gene Evans) ne peut être vengée comme dans un western car causée par une balle perdue qui a fait ricochet, balle perdue qui est le symbole même de la guerre. Les soldats ne sont pas menacés par des ennemis mais par une entité indéfinie mais puissante, noire et aveugle, comme un lourd nuage noir à peine cernable (les seuls ennemis aperçus ressemblent à des fonctionnaires dociles et sans haine). Je ne retrouve que avec BASTOGNE, un cousin de BAIONNETTE. Il semble que en guerre, « soldats perdus » soient un pléonasme.
        Les qqs plans lyriques (inoubliable travelling sur la patrouille ordonnée de rester sur place au début, à la fin le cri fatigué « Arrière Garde! » qui signale que les survivants sont enfin tirés d’affaire avec les fusées éclairantes qui les identifient (un éclairage dont la source est DANS le film et pas celle d’un sunlight dissimulé par le cadre) la musique plus que discrète qui reste plus vers la tristesse que vers l’exaltation pompière), ces qqs plans qui seuls pourraient être rattachés à la défense de l’héroïsme d’un pays (comme dans le gros du peloton des films de guerre), sont stylisés de manière si légère et délicate qu’il reste ouvert de sentir que l’objet de ce lyrisme de style n’est pas en fait, d’exalter la guerre et la patrie ou la condamner, mais de signifier de la compassion pour les soldats (perdus) ce qui ne rejoint pas encore le pacifisme.
        Ce n’est pas un film dont le sentiment anti-guerrier nous rendrait plus libres de l’aimer, juste un chef d’oeuvre pour moi l’un des trois meilleurs signés Fuller. Quant à Richard Basehart, c’est l’un de ces acteurs qui ont fait la grandeur du cinéma américain (pour réarranger les mots de Coursodon et Tavernier sur Dana Andrews dans 30 Ans de Cinéma américain) et italien, au fait.
        Et je n’oublie pas Gene Evans dont les derniers mots de vivant sont d’annoncer à tous « Je suis mort! ». Shakespearien, glaçant, grave.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Excellent analyse très pointue et juste. Ne pas oublier que la guerre provoque aussi chez certains (pas forcément tous des brutes assoiffées de sang) une fascination, des montées d’adrenaline, d’excitation. Si la guerre n’était qu’horreur pour ceux qui la font, on en ferait beaucoup moins. Il y a plusieurs catégories de films de guerre : ceux qui n’y voient qu’un spectacle (lequel peut prendre le pas sur les intentions comme dans THE DIRTY DOZEN), ceux qui l’abordent sous un angle dédramatisé (BAIOO,NETTES, GASTOGNE, n’oubliez pas LES FORÇATS DE LA GLOIRE, LE COMMANDO DE LA MORT) et ceux qui mettent en avant les conséquences, les souffrances, la destruction des corps et des esprits (plusieurs films sur la guerre d’Irak comme DANS LA VALLÉE D’ELAH, ATTAQUE)

        • Alexandre Angel dit :

          A MB
          Vous me donnez une envie furieuse d’y revenir à ce Fuller! Merci à vous!
          Bertrand a dit quelque chose d’important sur l’ambiguïté au cœur du cinéma de fiction centré sur l’action guerrière : à savoir que la guerre n’est pas vécue par tous comme une horreur, mais aussi comme une aventure, un boulot délivrant sa dose d’adrénaline.
          De ce point de vue, PATTON est un chef d’œuvre d’ambivalence (c’est le portrait d’un très haut gradé qui envoie des hommes au casse pipe, a un gros melon à la place de la tête, adore son métier et gagne la guerre contre les Allemands).
          Il n’est pas interdit que le cinéma s’en fasse le reflet.
          Et il y a effectivement plusieurs types de films de guerre. Mais avant tout, ma remarque précédente marquait le fait que je pouvais comprendre qu’on adhère pas totalement à ce genre cinématographique.
          J’aime personnellement beaucoup de films de guerre mais je constate que je n’en ressors pas systématiquement accablé de tristesse mais, bien souvent, « excité » par le spectacle, l’immersion et non la révolte.
          Le statut documentaire de THE WAR, lui donne, de ce point de vue, une aura exceptionnelle car certaines images d’archives sont stupéfiantes de spectacle, plus que ce que l’on ne verra jamais dans un film de fiction, quelques soient ses moyens (le bombardement de Montecassino!!)mais on sort de là essoré par un deuil moral absolument indicible.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Et les guerres n’ont pas toutes le même statut. Ce que l’on éprouvait en 40/45 est très différent des sentiments durant le Vietnam, l’Algérie, l’Irak, sentiment qui a ses sources dans la guerre de Corée. Et attention, on risque de s’envoyer des gicler de titres pendant dix ans et ce n’est pas très productif

        • MB dit :

          merci Bertrand! « une fascination, des montées d’adrenaline, d’excitation.  » la fascination de la mort.
          Le film de guerre courageux c’est celui qui ose montrer que les soldats eux-mêmes peuvent aller au combat par fascination. Je ne connais pas LE COMMANDO DE LA MORT dites-vous bien A WALK IN THE SUN de Milestone? Parce que vous ne le gâtez pas dans 50Ans!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          C’est un film imparfait, avec de multiples défauts et qu’on a vu pendant 30 ans dans des copies horribles qui ne faisaient ressortir que ces défauts. Le propos correspondait exactement à votre analyse. Il était presque trop explicite. Mais le film gagne à être revu tout comme LA GLOIRE ET LA PEUR

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Alexandre Angel : je n’ai toujours pas vu PLATOON et je ne connais pas CASUALTIES…
        THE DEER HUNTER je l’ai découvert en salle à sa sortie. J’en aime beaucoup d’aspects, surtout dans la première partie, avant le départ. Aujourd’hui quand je visionne le film, je saute volontairement certains des passages de la deuxième partie. Je ne peux plus le voir dans son intégralité. C’est ainsi.

        • Alexandre Angel dit :

          A SERVANT Jean-Pierre
          Vous ne connaissez pas du tout CASUALTIES OF WAR ou vous ne l’avez simplement pas vu?
          Si vous ne connaissez pas du tout, c’est un des meilleurs De Palma, et sans doute un film qu’il a vraiment porté dans son cœur car je l’ai vu pleurer tout récemment à son évocation.
          Il traite la guerre du Vietnam sous la focale d’une exaction précise : le viol d’une jeune paysanne vietcong (du moins l’accuse-t-on de l’être) par 5 marines menés par Sean Penn dont le jeu m’a plus convaincu lors de la dernière vision.
          Seul le 6ème membre de la patrouille, Michael J.Fox, refuse de participer à ce viol pratiqué comme un rituel institué.
          Michael J.Fox coproduit le film et il est très bien. Sean Penn l’aurait malmené pendant tout le tournage et ne lui aurait jamais adressé la parole. Méthode très….. »Methode ».
          Toujours est-il que le film impressionne par sa rigueur, sa dureté, et son aptitude à mener le postulat jusqu’à son terme.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Alexandre Angel : (casualties of war) je le connais de réputation mais ce film m’a totalement échappé.

        • Dumonteil dit :

          Des remakes de films européens, il y en a eu très tot (LE CORBEAU, LE JOUR SE LEVE, je crois même BONNE CHANCE, l’EQUIPAGE)

          Et « PEPE LE MOKO  » refait très vite sous le titre « Algiers »;dans l’episode « Les Chansons:Julien Duvivier  » il y a une comparaison des dénouements :un régal.
          on connait au moins deux autres remakes de ce film dont un parodique.

      • Julia-Nicole dit :

        A MB
        A propos des CROIX DE BOIS et de THE ROAD TO GLORY: Oui, certaines scènes du film de Bernard ont été intégrées dans celui de Hawks. Et d’autres films ont plus ou moins allègrement pioché sans vergogne dans les images des CROIX DE BOIS, comme L’EQUIPAGE d’Anatole Litvak, ou THE WORLD MOVES ON de John Ford.
        Tout ceci est très bien expliqué par Eric Bonnefille dans son excellente biographie de Raymond Bernard, « Fresques et miniatures », parue aux éditions L’Harmattan.

        • MB dit :

          à Julia-Nicolle: c’est ce qu’on appele l’impérialisme américain, acheter les droits d’exploitation d’un film pour pouvoir ne pas l’exploiter mais couper dedans piquer ce qu’on veut, pratique impossible aujourd’hui je suppose.
          J’ai vu aussi que certains remakes US s’accompagnent du blocage de l’exploitation du film remaké.
          (alors que c’est souvent passionnant de comparer deux versions de la même histoire)

        • MB dit :

          et c’est Nicole avec un seul « l »!

        • Mathieu dit :

          A MB:

          Apparemment mon message d’hier n’est pas passé, je vais réessayer en le modifiant:
          « J’ai vu aussi que certains remakes US s’accompagnent du blocage de l’exploitation du film remaké ».
          Oui, ou pire. C’est le cas de GASLIGHT, le film de Thorold Dickinson avec Anton Walbrook, dont la MGM a détruit je crois le négatif et toutes les copies sur lesquelles ils ont pu mettre la main dessus, pour éliminer toute concurrence à leur production du remake avec Charles Boyer et Ingrid Bergman. Toutes les copies ont été détruites je crois sauf celle en très bon état qui a servi à l’édition en BR du BFI. Je n’ai pas vu le Cukor, il faudrait que je revoie le Dickinson qui ne m’avait pas convaincu, que j’avais trouvé anémié. De toutes façons ce genre d’histoires ne me passionne pas et je ne suis pas fan non plus de ROPE de Hitchcock, tiré d’une pièce du même auteur (Patrick Hamilton). Mais GASLIGHT a une réputation, celle entre autres d’être supérieur au remake. J’espère que les autres Dickinson sont meilleurs, QUEEN OF SPADES et ce SECRET PEOPLE dont Bertrand dit du bien dans ce blog. J’espère aussi qu’Audrey Hepburn a dans ce SECRET PEOPLE un rôle un peu plus développé que dans THE LAVENDER HILL MOB, le seul film anglais que je connaisse où elle joue, et où sa présence se limite à 15 secondes.

          Pour revenir au sujet de l’impérialisme hollywoodien et de ses méthodes, l’histoire des rapports de Hollywood avec le cinéma anglais (le seul capable de le concurrencer) dans les années 30-40-50 et même après est faite d’une volonté de domination, voire d’anéantissement. A feuilleter le Maltin Classic Movie Guide, je me dis que cette manie quasi systématique des Américains de renommer les titres des films anglais (ex: A MATTER OF LIFE AND DEATH devient STAIRWAY TO HEAVEN) et de raccourcir ces mêmes films pour leur distribution américaine participe d’un rituel d’humiliation destiné à rappeler qui est le maitre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Et Michael Balcon en parle dans ses mémoires et quand il raconte son travail à la MGM

        • MB dit :

          à Mathieu-Bertrand: très intéressant, et moi qui ne pensais qu’à des remakes récents de films français (cEUX de LA CAGE AUX FOLLES ou de 3 HOMMES ET UN COUFFIN mais les originaux me laissant froid, le scandale me laissait indifférent). Il faut que je lise le livre de Balcon aussi.
          Vous savez que le DRACULA de Fisher a été rebaptisé HORROR OF D… aux USA (ils ont gardé les 82′) à cause du DRACULA de la Universal de 31, ce navet impossible. je ne sais pas par quel tour juridique, mais alors même que le film de Fisher adapte le livre de Stoker du même titre, le film qui en est tiré ne pouvait pas reprendre ce titre aux USA!
          Par contre vous êtes sûr que les films anglais sont là-bas toujours raccourcis? Maltin ne le spécifie pas pour A MATTER mais signale bien le titre originaL.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Des remakes de films européens, il y en a eu très tot (LE CORBEAU, LE JOUR SE LEVE, je crois même BONNE CHANCE, l’EQUIPAGE)

        • Mathieu dit :

          A MB:

          Pas toujours raccourcis, mais souvent. Je citais A MATTER OF LIFE AND DEATH pour le changement de titre par pour des coupures. Je n’ai pas le Maltin sous la main, mais en jetant un œil sur Wikipédia, je vois par exemple que THE WAY AHEAD de Carol Reed passe de 115 à 91 min. et se voit renommer THE IMMORTAL BATALLION, ONE OF OUR AIRCRAFT IS MISSING de Powell & Pressburger passe de 102 à 82 min. GONE TO EARTH, toujours de P&P, passe de 110 à 82 min., se voit rebaptisé THE WILD HEART et pire: (je cite Wikipédia parce que je n’ai pas non plus l’autobiographie de Powell sous la main) « Fin 1949, après avoir vu un premier montage du film en Angleterre, Selznick demande d’importants changements, il aurait été notamment mécontent du fait que Jennifer Jones n’était pas assez à l’écran Powell et Pressburger étant restés fidèles au roman. De nouvelles scènes sont alors tournées à Hollywood, Selznick ayant engagé Rouben Mamoulian pour cela. 70 % du film original aurait été, soit retourné, soit coupé ». Il faut lire le chapitre consacré au film dans le deuxième tome de l’autobiographie de Powell pour comprendre quel genre de type était Selznick. Et finalement combien de bons films a-t-il produits? (je ne compte pas les coproductions comme THE THIRD MAN où il n’est pour rien dans ce qui fait la valeur du film). Je ne vois que REBECCA. Carlotta a sorti un coffret Hitchcock-Selznick incluant NOTORIOUS mais ce film n’est pas que je sache produit par Selznick mais par Hitchcock lui même pour la RKO. j’ai vu récemment PORTAIT OF JENNIE de Dieterle qui m’a beaucoup déçu (qu’est-ce que j’attendais?). C’est une histoire infilmable, Jennifer Jones (qui n’est pas mon actrice préférée) n’est absolument pas crédible en gamine, et tout le film est plein de fausse poésie et de fausse « artistry » (je ne trouve pas l’équivalent en français) typique de David O.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Mathieu
          Vous avez raison à 95%. Selznick a été audacieux quand il avait un poste important à la RKO où il donne le feu vert pour KINK KONG, ZAROFF et plusieurs autres films ambitieux. Il n’est pour rien dans NOTORIOUS et ruine consciencieusement LE PROCES PARADINE et aussi SPELLBOUND. D’abord avec ses « scénarios » avec des dialogues oiseux et interminables, des idées de distribution idiotes (Peck avocat en Angleterre, Louis Jourdan dans un personnage de palefrenier -Hitchcock beaucoup plus perçant et intelligent pensait à Robert Newton-, Valli mal distribuée) et ce gout du, luxe qui faisait à Hitchcock : « ces décors sont tellement immenses que je ne retrouverais jamais les toilettes » et à Powell : « il voulait être grand et n’était que gros. Il voulait atteindre à la grandeur et la confondait avec la taille ». Il y a quand même SINCE YOU WENT AWAY et après, il a passé sa vie à emmerder les réalisateurs avec des memos sur des problèmes sans importance

        • MB dit :

          à Mathieu et Bertrand: merci pour les infos précises. Il faut lire la bio de AH par McGilligan (actes sud) pour apprécier comment AH a dû souffrir sous Selznick durant ses premières années américaines!
          D’accord aussi pour Jennifer Jones dans tous ses rôles, elle me déplaît, mais c’est une impression!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Elle a été bonne trois ou quatre fois (LA RENARDE, L’HISTOIRE DE BERNADETTE, voire LA COLLINE DE L’ADIEU) mais jamais dans les productions Selznick. Mais elle était d’une beauté renversante. Powell écrit que ‘elle était la plus femme que j’ai filmé »

        • MB dit :

          à Bertrand: JENNIFER JONES/ C’est idiot mais sa tête ne me revient pas, et je la trouve non convaincante partout (RUBY GENTRY)! Je ne voudrais pas juger l’actrice comme on juge qqn rencontré dans la vie, trop rapidement, et surtout sans avoir jamais vu GONE TO EARTH dans de bonnes conditions (souvenir imprécis d’un passage au cinéclub de CJ Philippe, une chasse à courre…), actuellement aucun dvd ou br avec stf n’est dispo allo Carlotta, Doriane? Doit y avoir un problème de droits.

        • Mathieu dit :

          A Bertrand:

          J’avais oublié les débuts de Selznick à la RKO (ceci dit je trouve BIRD OF PARADISE de Vidor complétement raté) et je n’ai pas vu SINCE YOU WENT AWAY. Jennifer Jones s’en sort étonnamment bien bien dans BERNADETTE, mais je n’aime pas beaucoup le film, c’est l’histoire qui ne me passionne vraiment pas, malgré la beauté visuelle du film et le talent de Henry King (et d’Arthur Miller). J’ai revu récemment BEAT THE DEVIL et je ne trouve pas Jennifer Jones idéale en Anglaise (je trouve son accent forcé), mais là j’aime beaucoup le film où je retrouve l’univers de THE MALTESE FALCON (et du plus mineur mais très agréable et finalement assez personnel ACROSS THE PACIFIC) en mieux, en plus libre, en plus dégagé des conventions hollywoodiennes. Et je ne trouve pas Jennifer Jones d’une beauté renversante mais ça c’est une affaire de goût personnel, pour moi la plus belle femme qu’a filmée Powell c’est Deborah Kerr.

        • Dumonteil dit :

          A MATHIEU

          GASLIGHT, le film de Thorold Dickinson avec Anton Walbrook,
          le cineclub de la 2 ou le CDM avait un cycle :un film et son remake dans lequel les deux sont passés;Georges SADOUL disait tant de bien de l’original que j’ai été sacrément déçu (j’avais déjà vu le Cukor ,un film qui est passé n+x fois);mais il avait tendance à condamner le cinema hollywoodien.Le Cukor est un de ces films que j’aime moins à la revision.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          Il faut dire que c’est un exemple parfait de la dictature de l’intrigue, une intrigue qui finit par tout assécher. Le Dickinson est assez décevant moins bon que la DAME DE PIQUE et que ce film avec Reggiani et Hephburn

    • ballantrae dit :

      Bravo Jean Pierre. Le film de guerre est riche en découvertes même quand on n’aime pas spécialement le genre et/ou le type de violence qu’il peut recéler.
      Objective Burma est un chef d’oeuvre réaliste, physiquement éprouvant (on vit avec les personnages cette progression dans la jungle), dénué des scories trop propagandistes des films contemporains américains.
      L’autre exemple de film à hauteur d’homme qui se vit comme une aventure humaine forte c’est Les sacrifiés de Ford qu’on oublie trop souvent car ce n’était pas le genre le plus traité par le cinéaste. Je retrouve dans Les sacrifiés toutes les qualités de La bataille de Midway dans le super coffret L’Amérique en Guerre (qui est je l’espère encore disponible).
      Si j’essaie de répertorier les films de guerre qui sont dans ma cinémathèque idéale je peux mesurer qu’ils sont très nombreux: La ligne rouge de Malick, Requiem pour un massacre de Klimov, Les croix de bois de R Bernard, Capitaine Conan de notre ami Bertrand, Full metal jacket et Les etiers de la gloire de Kubrick,La 317 ème section de Schoenderffer, Fixed bayonets de Fuller ainsi que Merrill’s marauders et The big red one du même auteur, sans oublier Apocalypse now ou Deer hunter, Côte 465 d’A Man, le diptyque d’Iwo Jima de C Eastwood,Patton de F J Shaffner, Red Beach de Cornel Wilde…etc, etc
      Et puis il y a les films de guerre qui la montrent en creux: Johnny got his gun, La vie et rien d’autre, La grande illusion et là aussi la liste serait longue.
      Sans compter qu’on cite comme films de guerre souvent ceux qui ont pour cadre le XX et le XXI ème siècle. Certains westerns ne sont ils pas des films de guerre ( ex: les films de cavalerie de Ford)? Idem pour des films historiques (ex: Spartacus, La princesse de Montpensier,Napoléon de Gance, etc…).
      La guerre est hélas une composante humaine fondatrice mais elle suscite de bien beaux films qui sont d’abord des réflexions sur la nature humaine.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Ballantrae
        Très bien la liste avec Klimov et Ford mais vous oubliez, on oublie toujours les Wellman, LES FORCATS DE LA GLOIRE, BASTOGNE, les MILESTONE qui fut un précurseur

        • Dumonteil dit :

          j’ose à peine évoquer les tentatives françaises  » avoir 20 ans dans les Aurès  » et « RAS « ;le premier ,de René Vautier (1971) est ,malgré un manque de moyens évident ,le plus satisfaisant car les héros de celui de Boisset(1973) sont stéréotypés ;dans les deux cas , un officier (Philippe Léotard chez RV , Philippe Leroy chez YB )qui retourne « intelligemment » les réfractaires à son avantage ;dans les deux cas ,un déserteur ;le film de Vautier se termine avec les « casualties « 

        • Dumonteil dit :

          devant ce déluge d’érudition (bravo à tous) j’ai oublié l’essentiel ;dans « avoir 20 ans…. » le héros Noel (joué par Alexandre Arcady)a réellement existé ;et l’histoire de la libération du prisonnier algérien est authentique ;quand j’ai vu le film en salle,nous étions
          deux.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A DUMONTEIL
          CECI EST PLIQUE AUSSI POURQUOI IL N’Y A PAS EU PLUS DE FILMS : LE PUBLIC RENACLAIT. RECEMMENT AUSSI POUR L’ENNEMI INTIME

        • Ballantrae dit :

          Oui oublis facheux que ceux de story of g i Joe et bastogne chefs d’oeuvre de Wellman qui sont l’oeuvre d’un ancien de 14-18 qui fera une sorte de conclusion autobiographie sur le sujet avec Lafayette escadrille.
          Vous avez raison : on ne va plus s’arrêter de citer des titres. Je vais faire mieux: revoir objective burma et midway avec mon gamin puis en parler.

        • MB dit :

          à Ballantrae: « Oui oublis facheux que ceux de story of g i Joe et bastogne chefs d’oeuvre de Wellman  »

          eh oh je cite BASTOGNE comme cousin de BAYONNETTE AU CANON! (plus haut)

        • Yves Rouxel dit :

          Sachez Bertrand,qu’un film sur Fernand Yveton militant communiste qui fut torturer durant la guerre d’ALgerie est en tournage actuellement pour la tv il me semble bien.

        • Dumonteil dit :

          A la fin des années 70 Laurent Heynemann a porté à l’écran le récit d HENRI ALLEG journaliste communiste sympathisant FLN « la question « ; le film restait en deçà des descriptions d’Alleg en ce qui concerne les tortures qu’il a subies en Algérie . Avec Jacques Denis ,et Nicole Garcia .

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          J’ai corrodait ce film. La torture est très difficilement filmable. Il y a eu des manifestations de paras contre des cinémas ce qui a stoppé l’exploitation et le film pendant des années n’est jamais passé à la TV

        • MB dit :

          à Bertrand: à propos de Heynemann, vous avez coproduit (Little Bear) LES MOIS D AVRIL SONT MEURTRIERS, croyez-vous qu’on le reverra un jour? Il passait sur une chaîne payante ya une dizaine d’années.

      • SERVANT Jean-Pierre dit :

        A Dumonteil : (ATTACK) j’aime assez ce ALDRICH, pour son aspect psychologique, le traitement de la nature humaine, la couardise, le sacrigice. Il y a juste la fin, l’interminable mort de (l’excellent) JACK PALANCE, quasi christique, qui me gêne. J’ai trouvé cette scène trop poussée, exagérée.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A SERVANT Jean-Pierre
          Mais la démesure est au coeur de l’oeuvre d’Aldrich, c’est son essence, c’est ce souvent fait sa force et son originalité. Le lui reprocher (je trouve cette fin magnifique tout comme celle hyper lyrique du GRAND COUTEAU), c’est reprocher à Berg de ne pas écrire de mélodies à la Massenet

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier : c’est pourtant vrai votre remarque sur l’oeuvre d’ALDRICH.

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Bertrand Tavernier : (ATTACK ) Là je m’exprime de mémoire, ayant revu le film il y a déjà quelques mois. Je crois que j’ai été désorienté par cette fin, parce qu’avant, c’est-à-dire, tout ce qui précède me semble traité sur un ton plus « balisé », avec de grands moments dramatiques certes dans les rapports ALBERT/PALANCE, ou ALBERT/MARVIN, jusqu’à cette fin – bien entendu brillante – mais qui m’a semblé trop forte (grandiose ?) par rapport à ce que j’avais vu auparavant durant le film. Ce n’est qu’un ressenti bien sûr.
          Je vais le revoir c’est certain.

        • Denis Fargeat dit :

          À Bertrand Tavernier
          Drôle que vous fassiez ce rapprochement, la vision du  » Big knife » m’avait irrésistiblement fait penser à Berg, Wozzeck surtout, et je ne me suis jamais expliqué cette impression – Jack Palance n’est pas exactement le rôle titre de l’opéra. Mais : si Aldrich est le Berg du cinéma, qui en serait le Massenet ? Personne n’est obligé de répondre.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis Fargeat
          C’était juste une image et Massenet a écrit de bien belles choses qu’on réhabilite

        • Alexandre Angel dit :

          La fin d’ATTACK, et plus précisément, la pause faciale de Jack Palance (bouche grande ouverte) est l’expression de la démesure, oui, par excellence, chez Aldrich.
          Et c’est vrai que ce genre de parti-pris passent ou cassent, un peu comme le hurlement muet d’Al Pacino à la fin du PARRAIN, 3ème PARTIE.
          Dans les deux cas, je n’ai pas adhéré immédiatement et pour recentrer sur Aldrich, ça peut bloquer mon adhésion à certains titres (BABY JANE, LE DEMON DES FEMMES..).

        • Dumonteil dit :

          « whatever happened to baby jane ? » n’est que démesure !

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Dumonteil : (Baby Jane) … et là curieusement cette démesure – qu’on trouve aussi dans HUSH, HUSH, SWEET CHARLOTTE – ne m’a pas interrogé. J’adhère totalement.

        • Henri Patta dit :

          a SERVANT jean-pierre.
          Quand méme , ne trouvez vous pas que bette Davis en fait un peu trop ?

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Henri Patta : (Bette Davis) je pense que vous parlez de sa prestation dans BABY JANE ?
          Oui DAVIS en fait beaucoup, mais je trouve que c’est à bon escient. Le personnage est Énorme. Là j’aime l’excès, ça colle pour moi aux motivations du personnage qui contraste avec celui de Blanche Hudson (CRAWFORD), tout en retenue.
          Du moins c’est ma perception du personnage.

        • Dumonteil dit :

          A JPS

          tout à fait d’accord avec votre vision du couple Davis/Crawford ; »pour bien peindre les gens ,vous êtes admirable » !

          Dans « hush hush » les choses sont différentes car le livre d’origine -du même auteur,Henry Farrell) est quand même plus faible ;le coup de génie est d’avoir pris une actrice généralement cataloguée « bonne » (au sens moral)-excepté pour « dark mirror » de Siodmak où elle joue deux soeurs style Jekill/H
          yde)comme Olivia de Havilland et de lui faire jouer à l’outrance la vilaine machiavélique (l’actrice a avoué avoir hésité à signer car elle avait peur de dérouter son public;elle l’a fait surtout par amitié pour Davis);les scènes grand guignol sont moins réussies que « baby jane » ,et proche de « l’emprunt »:la « resurrection » De Cotten, elle doit combien aux « diaboliques »?

          « the legend of lylah clare » (que j’avais plus aimé la première fois que la seconde ) et « the killing of sister George  » sont aussi des « films de femmes  » (comme on peut dire que  » the dirty dozen » « ten seconds to hell » ou bien sûr « attack » sont des films d’hommes) ; »sister George » est le plus « osé  » car il aborde l’homosexualité féminine et semble en avance pour ce qui est de l’engouement actuel pour les  » séries « ; et l’actrice alcoolo y jouant une religieuse termine sa carrière en doublant la vache Clarabelle !(voir le journal de Mickey)

        • SERVANT Jean-Pierre dit :

          A Dumonteil : (DAVIS/CRAWFORD/ALDRICH) Je n’ai qu’un très vague souvenir du DEMON DES FEMMES et crois bien n’avoir jamais vu SISTER GEORGES (de toute façon je n’ai pas les vidéos). Par contre il y en a un autre, visiblement seulement produit par ALDRICH et me semble-t-il pour la télévision, c’est QU’EST-IL ARRIVÉ À TANTE ALICE ?, réalisation attribuée à Lee KATZIN, avec aussi un bel affrontement de femmes, en l’occurrence GÉRALDINE PAGE et RUTH GORDON. D’après mes recherches, ce serait un film de cinéma ou double exploitation ciné/télé ? J’aime assez ce film et je me demande toujours si ALDRICH n’y a pas collaboré plus largement que comme producteur.

    • Olivier Giraudeau dit :

      A MB
      Oui il y a des plans du film de BERNARD qui ont été intégrés tels quels dans le film de HAWKS (tirés parmi les plus spectaculaires des batailles). On voit un peu « les raccords » mais ça passe. Le film de BERNARD me parait toutefois bien supérieur, et pas seulement du fait des ces emprunts.

  17. Denis Fargeat dit :

    Une nouvelle et merveilleuse chronique, des commentaires qui sont un feu d’artifice d’érudition et d’enthousiasme, voilà une rentrée qui fait du bien.
    Ce message pour une petite remarque : l’évocation du film « San Antonio » m’a rappelé qu’il succède dans la filmographie d’Errol Flynn à « Objective Burma »… drôle de hasard qui fait voisiner deux des noms fondamentaux de la littérature populaire d’après guerre. ( Malet a créé son personnage en 1942, Frédéric Dard en 1949 ; selon lui, c’est le hasard qui a guidé son doigt dans un atlas , alors qu’il cherchait un nom américanisant : à l’époque, pas de roman policier sans nom à consonance yankee.)

  18. Dumonteil dit :

    on a parlé de Guy Green.
    Ceci est confirmé dans le livre de Heston
    « le principal problème était de trouver un metteur en scène pour les 2 ou 3 scènes que Ava avait encore à tourner ,toutes avec moi .Je suggérai Guy Green qui avait dirigé avec succès « diamond head » ,quelques mois avant…(….)Ava travailla mieux avec Guy (..) elle était plus détendue et même plus sobre . »

    Heston voulait Jeanne MOREAU pour partenaire ,mais le « Bronston camp  » n’était pas d’accord.

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Dumonteil : pourriez vous m’indiquer le titre de ce livre de C. HESTON ? J’ai cherché sur internet, mais j’en trouve plusieurs…
      Ses mémoires ? Traduit en français ?
      Merci.

      • Dumonteil dit :

        A Jean-Pierre

        le livre s’intitule « in the arena » ;c’est son autobiographie ;je ne sais pas si il a été traduit en français mais sa lecture est facile ;vous pouvez l’avoir pour presque rien sur amazon livres étrangers ;il semble que le théâtre l’intéressait plus que le cinéma;mais on y trouve plein de détails intéressants sur  » 55 days at Peking »  » touch of evil » « ten commandments » « Ben Hur » (qui a donné son titre au livre) « planet of the apes » « El Cid »….

      • yves Rouxel dit :

        une pensée pour Burt Reynolds qui ne fut pas que le heros de « Deliverence »de Boorman mais de quantités de films policiers durant les années 70 et 80.N’oublions pas cet excellent film de Paul thomas Anderson en 97 ou il incarné un producteur de films pornographique au coté du débutant Mark walhberg.Il à réalisé plusieurs films dont « Gator »que j’ai chroniquer ici il y à quelques semaines.

  19. Laurent Chauvet dit :

    Johnny Guitar est un véritable ovni de western passionnant que je ne me lasse jamais de revoir. J’avais lu je ne sais où il y a quelques années que Ward Bond qui était tenu comme pas très futé était persuadé pendant tout le tournage qu’il avait un rôle positif et qu’il avait découvert en visionnant le film qu’il avait été berné par Ray. Je ne me souviens plus qui racontait cela, mais peut-être que vous pouvez apporter des précisions sur ce sujet.
    Sinon, je suis assez d’accord avec vous pour the hanging tree qui fait partie également de mon panthéon du western ovni également. N’oublions pas non plus les autres westerns passionnants de Delmer Daves et notamment Jubal pour lequel j’ai vraiment une passion. Viennent ensuite par ordre de préférence 3:10 to Yuma, the Last wagon et le mythique Broken Arrow.
    Avec ces 5 films, Daves se retrouve à mes yeux dans le groupe de chasse à la poursuite du maître absolu du genre (John Ford of course !) en compagnie de Boetticher, Mann, Hawks et Walsh.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Laurent Chauvet
      Vous avez raison pour Davis. Je pense que ce que l’on dit sur Ward Bond est de la légende urbaine : il était hyper réactionnaire et anti communiste, pas malin mais savait lire un script et le rôle était bon. Il n’a sans doute pas vu que cela pouvait être interprété comme une parabole contre la chasse aux sorcières mais je n’ai pas entendu dire qu’il s’était senti « berné »

  20. Alexandre Angel dit :

    A Bertrand,
    Vous me faîtes regretter amèrement de ne pas avoir acheté (d’avoir boudé , tout simplement) LA REVOLTE DES DIEUX ROUGES, de William Keighley, quant il a été édité dans la collection FNAC (boitiers cartonnés gris), il y a maintenant pas mal d’années, qui reprenait des titres Warner.
    Maintenant, il a l’air de valoir cher sur internet.
    Il me semblait bien que ce titre me disait quelque chose.

  21. Henri Patta dit :

    Chers cinéphiles ne le prenaient pas mal , mais JOHNNY GUITAR , je n ‘ai jamais compris cet engouement.
    Ce « chef-d ‘oeuvre  » me semble tellement surfait , avec la plupart des acteurs qui semblent étre dans une représentation théatrale .
    Si quelqu ‘un pouvait m ‘éclairer pour enfin trouver le bon angle , qui me ferait sinon apprécier , du moins , ne pas abandonner ce film en cours de route…..

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Henri Patta
      Et si cette théâtralité était assumée, revendiquée non dans les intentions mais dans la manière de filmer, pour s’éloigner du naturalisme. Ne pas oublier la proximité de Ray et de Kazan. Moi je suis au contraire émerveillé à chaque nouvelle vision, spécialement dans ce blue ray où vous trouverez de nombreux textes en anglais pour répondre à vos questions. Il y a deux courants dans Ray : un, plus naturel, plus en prise avec le monde présent (LES AMANTS DE LA NUIT, LES INDOMPTABLES, LE VIOLENT) et l’autre plus stylisé (JOHNNY GUITARE DERRIERE LE MIROIR) et entre les deux des films qui oscillent entre ces deux courants et parfois ratent leurs cibles pour de très nombreuses raisons : mauvais casting (John Derek), alcool ou drogue, abandon du film par Ray, une tendance à la symbolique (LA FUREUR DE VIVRE). Beaucoup de films malades, désertés par le réalisateur mais qui contiennent des beautés éparses (AMÈRE VICTOIRE), souvent fulgurantes (LA FORET INTERDITES un de ses films les plus personnels)

      • Alexandre Angel dit :

        Il y a juste un moment de laideur, dans JOHNNY GUITAR, un peu dommage, c’est une balade en calèche avec d’affreuses transparences. Mais heureusement, ça ne suffit pas à être chronophage.
        Personnellement, j’ai toujours pensé que le film n’est jamais aussi beau que dans son premier tiers : tout ce qui se passe dans le saloon de Vienna jusqu’aux confessions passionnelles des ex-amants dans la semi obscurité.
        La mise en place des personnages, leur introduction (effectivement théâtrale), la chorégraphie des gestes et l’agencement des plans (la présence discrète mais active des croupiers): tout cela me fait l’effet de la perfection, d’une précision d’horlogerie. Ça s’emboîte sans le moindre accroc. C’est juste parfait.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Et le choc des couleurs (décors, costumes) dont beaucoup comme le montre Patrick McGilligan étaient spécifiées dans le roman écrit d’abord comme un scénario pour Joan Crawford, que Ray adaptera avec un scénariste inconnu (la rencontre dans le livre avec Johnny se passait à la banque) ramenant pas mal de séquences dans le saloon mais gardant tous les personnages de Roy Chanslor (on éliminera la copine du Dancing Kid), puis Crawford découvrant au tournage l’importance de Mercedes mcCambridge, actrice que Ray adorait, se fachera avec Chaslor. Yordan sera conquête et révisera 4 séquences, éliminant Johnny du Gunfight final et apportant des révisions mineures qui consistent à remettre Crawford dans les scènes. Pour des raisons obscures, il sera le seul à signer le scénario

        • Henri Patta dit :

          a Alexandre Angel et les autres.
          Je vais donc de ce pas revoir ce western.
          Par le prisme du théatre voire de l ‘opéra , pourquoi pas aprés tout.

        • Edward dit :

          A Bertrand : existe-t-il un livre ou un article sur Yordan qui démêle le vrai du faux dans ses apports et crédits ?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Il y a mon texte dans AMIS AMERICAINS et son interview dans un livre de Pat McGilligan

        • MB dit :

          YORDAN/L ‘entretien de McGilligan avec Yordan c’est dans Backstory 2.

      • MB dit :

        à Bertrand: RAY/ pour LA FORET INTERDITE, il y a quand même un problème: vous le signalez comme son film le + personnel mais je n’oublie pas le bonus de l’ed Wild Side dans lequel vous racontez que vous avez provoqué la rage du producteur Stuart Schulberg en louant Ray pour la grande réussite du film. Entre deux hoquets de rage il vous répondit que Ray n’avait rien fait, qu’il était saoûl du début à la fin, et que si lui, Schulberg, n’avait pas été là, il n’y aurait jamais eu de film! (en fait ils étaient deux en colère, peut-être aussi son frère Budd).
        Depuis celà, je me confirmais que LA FORET était un film de producteur ET de Ray un peu, ce qui laissait cette impression de film un peu standard, un peu fade, pourtant, couleurs magnifiques et le génial Burl Ives et d’autres comme Peter Falk… Un film que j’aime tout en regrettant je sais pas… qu' »il manque le déssert ».

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          C’était Budd à qui je parlais et il ne disait pas exactement que Ray n’avait rien fait mais en effet qu’il était saoul ou camé très souvent. Ray a du tourner 60% du film. Après certains plans ont été refaits et la toute fin, la marche et le mort de Burl Ives ont été tournées par Schulberg (et ils sont raides et sans style) ainsi que tous les plans documentaires. La grande séquence saoulographique est dirigée par Ray ainsi que l’arrivée dans le camp et la bagarre dans la boue. McGilligan détaille tout cela. Il n’empêche que le film reste personnel même avec ces bavures, ces accidents. Il faudrait étudier le rôle jouer par le mystérieux chef opérateur français Joseph Brun dont les crédits en France sont pauvres (IMPASSE DES VERTUS, CETTE SACRÉ GAMINE) et qui aux USA signera la photo du GUEPIER, de EDGE OF THE CITY (film décevant scenaristiquement mais bien photographié),le sublime ODDS AGAINS TOMORROW, De LA FORET INTERDITE (on voit le lien entre les trois films et les trois productions) et travaillera sur HATARI avant de photogravure SLAVES de Biberman. Qui peut me renseigner

      • Dumonteil dit :

        Je pense que « bitter victory » comporte deux erreurs de distribution:Ruth Roman est trop froide (dans le Truffault,Hitchcock le déplore aussi )et que dire de Raymond Pellegrin ,le merveilleux instit de « Manon des sources  » en guide arabe???

        Mais c’est un film intrigant et amer (voir le titre) qui montre que l’ennemi n’est pas toujours celui défini par le militaire ;l’homme de Ray est souvent un faible: quand l’un des deux personnages s’aperçoit que son compagnon trahit de la lâcheté ,il le regardera mourir sans lui prêter secours et sera fêté en héros (on a toujours besoin de héros )le thème se rapproche un peu de « circle of danger » de Tourneur,raconté au passé ,où un héros avait le défaut inverse de celui de Ray.

        Je trouve le film de Wenders(« lightning over water ») indécent ;je ne le reverrais pas; lui avoir donné un rôle de peintre faussaire dans « Der amerikanische Freund » , adaptation rusée de « Ripley’s game »(Highsmith) était par contre une bonne idée et recréait l’atmosphère trouble de la romancière :la bizarrerie de la distribution qui comprenait Samuel Fuller et Gérard Blain ajoutait à l’insolite .

        pardonnez-moi mon allusion à « 55 days at Peking » oeuvre unanimement honnie ,mais je lui garde une place car il y a longtemps ce fut mon premier Ray (sans le savoir ).Dans « in the arena »,son autobio,Heston raconte que A.Gardner ,aussi saoule que son directeur ,a obligé les scénaristes à « faire mourir son personnage de baronne russe « 

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          BITTER VICTORY comprend des énormes erreurs de distribution dont la plupart ont été imposées par Paul Graetz et acceptées hélas par Ray : Ruth Roman – glaciale – qui dans le roman de René hardy (celui de Caluire) est une anglaise, ce qui est logique par rapport à la trame, Jurgens – assez bon lui – distribué aussi dans un rôle d’anglais (les scénaristes au prix d’acrobaties en ont fait un Sud Africain, sans rien tirer de cela. Mais le film m’a davantage plu (et il contient en effet des touches personnelles) que lors de la sortie malgré ces faiblesses énormes dont Raymond Pellegrin. On voit là, la différence entre Ray qui avalise les idées souvent stupides de son producteur et Lara qui se battra contre Graetz et qui ne laissera pas manipuler son montage. Je n’ai jamais vu 545 DAYS donc n’ai pas de jugement

        • MB dit :

          RUTH ROMAN son cas est assez curieux car elle peut être à l’opposé de tout réchauffement climatique mais pas toujours. Sans doute a-t’elle été intimidée par Hitchcock, qui pouvait être lui même très peu communicatif avec certains acteurs paraît-il, mais j’ai été surpris de la voir dans THE WINDOW/UNE INCROYABLE HISTOIRE où elle est trouble moralement avec l’apport sensuel de la sueur qui la filtre pour cause de canicule. Dans JE SUIS UN AVENTURIER elle arrive à un personnage ambivalent, vénale (dans le sens qu’elle est en alliance avec cette vieille canaille de McIntire, et assez avide de $) et qu’elle ne dépare pas en femme autoritaire de pouvoir en pleine terre sauvage où historiquement, on ne trouvait que très peu de femmes. Donc, pour STRANGERS, je crois que c’est Hitch qui l’a refroidie! Il dit qu’elle manquait de sexappeal et qu’on la lui avait imposée (McGilligan) et c’est sans doute ce qui l’a braqué contre elle?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Elle est bien dans THE WINDOW et assez vivante dans un petit western de Werker REBEL IN TOWN et dans un Feist aussi

        • Dumonteil dit :

          à MB et BT

          Je ne trouve pas Ruth Roman si bonne dans « the window « ; elle ne correspond pas au personnage décrit par William Irish dans sa nouvelle (« fire escape »): »Buddy (le héros) ne la trouva pas jolie »;son jeu ne peut pas rendre la vulgarité du personnage ,il aurait fallu Gloria Grahame ; en revanche le toujours efficace Arthur Kennedy est bien le père ;la nouvelle a dû être modifiée ,car le suspense jouait sur les feux (et Irish donne libre cours à son côté morbide ) , le feu rouge (sang) qui arrête le tram où a pris place le gamin et le film était en noir et blanc.

        • MB dit :

          à Bertrand: R ROMAN, pour le Feist vous pensez à TOMORROW IS ANOTHER DAY/LES AMANTS DU CRIME que vous avez défendu ici, et aussi un bloggeur récemment. Excellent film on le trouve ici dans une collection de films noirs a priori abandonnée, Steve Cochran est très bon, ça m’a toujours surpris qu’Antonioni ait ensuite engagé ce grand costaud habitué des films d’action pour LE CRI! ça a du le changer de Hollywood!

        • Mathieu dit :

          A MB:
          Ruth Roman est aussi très bien dans TOMORROW IS ANOTHER DAY de Feist où elle se dégèle en cours de film en passant de blonde cynique à brune amoureuse.

        • MB dit :

          à Dumonteil: ce que vous dites, c’est que le film n’est pas fidèle à la nouvelle de Irish entre autres pour le personnage joué par RR, mais ça n’a pas à voir avec le fait qu’elle serait mauvaise dans le rôle?

        • Mathieu dit :

          A MB:

          Oui Cochran est excellent dans LES AMANTS DU CRIME, dans le rôle pas évident de quelqu’un qui a passé toute sa vie en prison depuis l’âge de 13 ans. Le seul défaut du film est une fin heureuse totalement parachutée et invraisemblable quand on connait l’acharnement que mettent la police et la justice à appréhender et condamner les « cop killers », à l’époque comme aujourd’hui.

        • MB dit :

          à Mathieu: ciel! je vais le revoir! dans mon esprit ça finissait mal!…

    • MB dit :

      à Henri Patta: JOHNNY GUITAR/ tt à fait d’accord avec BT, la clef de ce film c’est son échappée vers tout refus de réalisme. Il s’agit d’une sorte d’opéra signalé par les maquillages féminins exacerbés, les couleurs bavantes: ersatzs de maquillages dont bénéficient du coup aussi les hommes… Si on aime pas le film, il faut au moins considérer toute la première demi-heure à partir de l’arrivée de Johnny au saloon, et tout ce qui va se dérouler en entrées et sorties de personnages, sur cette scène quasi de théâtre, et comment c’est orchestré. C’est admirable.
      Je comprendrai peut-être un jour pourquoi l’engouement par exemple de Wenders pour Ray dont pour moi, JOHNNY GUITAR est le seul film totalement exaltant. (je n’oublie pas LE VIOLENT et LA FORET INTERDITE, celui-ci peut-être entre autre à cause de Burl Ives…).

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        LES AMANTS DE LA NUIT, LA MAISON DANS L’OMBRE, LES INDOMPTABLES sont magnifiques. PARTY GIRL est très surfait

        • MB dit :

          RAY honte je n’ai jamais vu LES AMANTS, par contre LA MAISON DANS L OMBRE est un film très austère et secret, et discrètement touchant (R Ryan est formidable), à revoir,LES INDOMPTABLES oui d’accord (Mitchum excellent), je n’oublie pas LE VIOLENT! et oui je ne comprends pas l’engouement pour PARTY GIRL, assez fade comme REBEL. Je ne connais pas RUN FOR COVER, KNOCK ON ANY DOOR,BORN TO BE BAD, et ce DOCTOR AND THE DEVIL tardif est intriguant…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          RUN FOR COVER m’avait semblé plat et desservi comme KNOCK par John Derek, choisi et imposé par Ray. Ce dernier film contient des éclairs mais trébuche sur un scénario maladroit et prêchi prêcha. BORN TO BE BAD m’avait paru sans intérêt et j’avais été très déçu par une nouvelle vision de THE SAVAGE INNOCENTS. Il y a aussi quelques moments réussis dans son Jessee James mais beaucoup de conventions et de flottements

        • Dumonteil dit :

          Faire l’inventaire d’une oeuvre si riche est impossible
          je me bornerai à ‘bigger than life » ;je me suis demandé si sous pretexte de dénoncer les méfaits de la cortisone, NR ne revenait pas ,de façon monstrueuse , à l’image du père ..
          déjà dans « lusty men » Mitchum apparaît comme une sorte de père pour le couple Kennedy/Hayward ;dans « run for cover » que je persiste à aimer ,la relation père /fils Matt/Davy est évidente ;dans « rebel » Plato voudrait que Jim soit son père (et Judy sa mère)
          « bigger than life » est pour moi le film le plus effrayant de NR ;la partie de ballon est « normale  » mais on sent quelque chose d’irrationnel dans l’attitude du père ; les effets sont impressionnants : le reflet « brisé » du père dans le miroir ; son image apparaissant soudainement devant son fils terrorisé; la leçon d’arithmétique où l’ombre du père tout-puissant semble embrasser toute la pièce ;le rêve final (raconté) et des allusions à Abraham et à son sacrifice .
          James Mason ne m’a jamais autant fait peur (même pas dans « north by norwest » );le reste de l’interpretation (Barbara Rush , Walter Matthau) est à la hauteur.

          « party girl » est en effet décevant;et « hot blood » franchement médiocre; et la vision du « king of kings « de CBDM rend le sien encore plus mauvais …Mais pour le reste , wow!j’aime même
          « 55 days at Peking  » où une petite chinoise trouve… un père et je suis tombé amoureux d’Ava Gardner dans ce film .

          « Il n’y a pas ,dans tout Hollywood , assez d’argent pour me pousser à faire un autre film avec cette femme »(JC) .Et j’aime l’argent. (S.Hayden );Mercédès Mc Cambridge n’est pas tendre non plus.

        • Mathieu dit :

          A MB et Bertrand:
          Parmi les meilleurs films de Ray, je mettrais aussi BIGGER THAN LIFE qui ressort en Blu-Ray chez ESC.

    • MB dit :

      à Bertrand merci pour les précisions sur LA FORET.
      Pour J GUITAR je comprends la haine de Crawford pour McCambridge, pour moi c’est le personnage principal (oui enfin, quasiment) elle bénéficie de qqs gros plans dans lesquels elle exalte avec une impudeur incroyable à la fois tout ce que les USA ont refoulé de la sexualité féminine depuis les 1ers colons et le puritanisme américain qui tente de cacher celle-ci, autrement dit le sexe et ce qui le recouvre! Du coup elle s’en fait incroyablement érotique, voyez son regard sur le saloon de Vienna auquel la garce a mis le feu: c’est sa façon de faire l’amour! Incroyable phénomène, on ne la retrouvera quasiment que dans LA SOIF DU MAL dans lequel on lui refile encore un rôle assez humide et pas trop catholique en chef de bande de blousons noirs! ON CRAint (je veux dire on espère) qu’elle ne se jette sur Janet Leigh pour quelqu’action inavouable! Elle était aussi au théâtre (au tout début avec Welles au Mercury Theater) et à la radio.

      • Alexandre Angel dit :

        A MB,
        j’avais complètement zappé que Mercedes était de TOUCH OF EVIL!!
        Comme quoi c’est vrai qu’il faut revoir les films. Il y en a qu’on croit bien connaître et bien macache..

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Pn la voit dans LES FOUS DU ROI, GEANT, SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER

      • Dumonteil dit :

        MMC était un second rôle de classe
        Elle réussit à tirer son épingle du jeu dans « suddenly last summer  » face au trio Hepburn/Taylor/Clift en mère acceptant de faire lobotomiser sa fille pour du fric
        Dans « géant » elle disparait trop tôt mais on n’oublie pas ce rôle de soeur cowgirl ,autoritaire .On a bien compris que c’est elle qui porte la culotte dans l’exploitation.

        Elle a fourni dans la VO ,la voix du démon de l’épouvantable -dans tous les sens du terme- « the ‘exorcist  »

        A BT :je suis étonné que vous n’ayez pas vu « 55 days  » ;je l’ai revu depuis et l’interprétation de Flora Robson en impératrice (*) reste impressionnante;ce n’est pas un film d’auteur (Ray l’a quitté en cours ) et c’est le genre qu’il faut voir sur grand écran.
        (*) »Elle était sacrément bonne (Flora bien sûr ;la vraie impératrice douairière était proche de la folie) » C.Heston , »in the arena »

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          J’ai des trous. Y a t il un bon DVD. Ray était surtout ivre mort pendant de nombreuses journées et plein de gens ont assuré la réalisation en dehors de Martin (on a parlé de Guy Green). Pas Robert Hamer, qui, envoyé à la demande de Niven pour vérifier la vérité de tout ce qui était britannique, s’est immédiatement saoulé avec Ray pendant 10 jours sans s’arrêter

        • MB dit :

          « Pas Robert Hamer, qui, envoyé à la demande de Niven pour vérifier la vérité de tout ce qui était britannique, s’est immédiatement saoulé avec Ray pendant 10 jours sans s’arrêter »

          courtoisie professionnelle, je suppose…

          (pas de smiley de mort de rire, dommage)

    • Salomon dit :

      A Bertrand Tavernier à propos de Joseph Brun :

      Pas si mystérieux que ça Joseph Brun ! J’ai pu reconstituer en grande partie sa carrière, malgré quelques zones d’ombre. Un peu long à développer ici.
      Soit dit en passant, je ne désespère pas de parvenir à publier un dictionnaire historique des chefs opérateurs, mais vous savez mieux que moi que l’édition cinéma est terriblement frileuse…
      Mais savez-vous que Joseph Brun était le beau-père du célèbre chef opérateur Michael Chapman ?
      Sa fille, Myriam Brun, avait épousé Michael Chapman en 1962 quand celui-ci travaillait encore dans le fret ferroviaire. C’est son beau-père qui l’introduisit dans le milieu du cinéma et on connait la suite…
      Quant à l’apport éventuel de Joseph Brun sur le tournage de certains films comme LA FORET INTERDITE, je n’ai pas d’infos.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Salomon
        Son apport est visible mais ce qui est pour moi mystérieux, c’est ce qui a motivé ses premiers engagements américains (WALK EAST ON BEACON), film terne mais bien éclairé, dans beaucoup de décors naturels et c’est cela qui a du pousser Ritt à la prendre pour EDGE OF THE VITY. Ensuite, on voit bien que Ritt et Wise devaient se parler, ne serait ce qu’à la guilde. Il y a néanmoins un différence énorme entre ses films français et américains

        • Salomon dit :

          Les mystères, les collaborations hétéroclites et ce qui a pu les motiver, l’apport de tel ou tel chef op à un film, les parcours atypiques… tous ces questionnements sont malheureusement légion quand on s’intéresse à la carrière des directeurs de la photo. La très grande majorité d’entre eux n’a jamais fait l’objet d’entretiens approfondis ni même d’entretiens tout courts, alors qu’aujourd’hui le moindre jeune chef op qui sort de la Fémis est (relativement) médiatisé…
          Les rares autobiographies dans ce domaine, parfois anecdotiques, ne sont que quelques arbres qui cachent la forêt !
          Il est vrai que c’est guère mieux au sein du cercle familial. J’avais contacté Myriam Brun-Chapman il y a quelques années, elle ne savait rien du parcours de son père, il se racontait peu et elle reconnaissait ne l’avoir jamais interrogé là-dessus.
          J’avoue avoir moi-même découvert le travail de Joseph Brun assez tardivement et j’admire sa photo. Les séquences nocturnes dans WALK EAST ON BEACON sont dignes de John Alton et l’utilisation des très courtes focales dans LE COUP DE L’ESCALIER est remarquable.

    • Yves Rouxel dit :

      Par pitié,arretez d’évoquer toujours les mèmes westerns,c’est du rebachage qui ne mène à rien.Sortez de vos tannières et allez voir »Sheherazade »premier long réalisé par un gars de Marseille qui décrit bien sa ville et ses quartiers.On est loin des grandes plaines du far west,des méchants indiens et des cow boys qui grattent la guitare ou qui jouent du pistolet.On est en 2018,Zac vient de sortir de prison et se retrouve dans un foyer social.Il s’enfuit et va rencontrer une jeune fille de 16 ans qui se prostitue sur les trottoirs des quartiers nord de la ville.C’est une histoire d’amour entre fureurs et violences ou les dealers contrôlent des territoires sous les yeux de la police qui fait semblant de rien voir et empoche quelques billets.Merlin à fait appel à des non professionnels et cela donne une force supplémentaire aux personnages qui vivent dans le réel sans espoir ni rèves.A voir d’urgence,enfin pour ceux qui peuvent encore s’offrir une place de cinéma car là aussi les circuits commerciaux continuent d’augmenter les prix.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Arrêtez de donner des leçons. De voir des westerns ne m’empêche pas d’aller admirer LE POIRIER SAUVAGE, BURNING, de revoir les films de Lino Brocka (avez vous revu MANILLE ou INSIANG). Et puis il y a peut être des cinéphiles qui aiment passionnément les westerns dont beaucoup ont été méprisés. Cessez ce ton comminatoire. Vous vous intéressez à des milliers de choses, ce qui est formidable mais n’assenez pas vos opinions (sortez de vos tanières… ce ton méprisant m’exaspère). Du rabâchage qui ne mène à rien : j’ai lu sur ce blog et dans des livres des analyses pertinentes qui font ressortir des points émotionnels, historiques, politiques jamais traités par la critique officielle…On découvre sans cesse un sens nouveau à des film de Ford, de Ray, de Tourneur. Cela dit J’irai voir SCHHERAZADE dont j’ai trouvé la bande annonce formidable. Et j’ajoute que ce blog est D’ABORD CONSACRÉ AU CINEMA DE PATRIMOINE, LE PLUS OCCULTÉ PAR LA PRESSE ET LES MEDIAS (SCHEHERAZADE aura 100 fois plus d’articles que la ressortie des AMOUREUX SONT SEULS AU MONDE OU the intruder)

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: et bien Yves on peut dire que vous vous êtes surpassé, là! et après ce commentaire, je repars me vautrer dans ma tanière malodorante et couverte d’affiches de John Wayne.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Mais la curiosité d’Yves est magnifique et son engagement aussi. Et généreux mais il s’emporte et devient dogmatique. Rien que ces derniers jours j’ai revu à la hausse certains westerns que j’avais sous estimé, LES GRANDS ESPACES et bien que le projet soit totalement vain, LA DILIGENCE VERS L’OUEST, ce remake de STAGECOACH qui contient des éclairs dans la mise en scènes, quelques séquences bien filmées malgré des erreurs pataudes de script (le virage comique de Red Buttons est pénible) et une distribution où presque tout le monde est en dessous du modèle sauf Bing Crosby, excellent. Et Nicolas Saada m’a dit un bien fou de DAY OF FURY

          9

        • mr tavernier vous avez mille fois raison .

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand,
          sur LA DILIGENCE VERS L’OUEST, j’en étais sûr!! Vous avez lâché quelque chose le suggérant dans votre hommage à Pierre Rissient dans Positif.

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand.En effet j’ai tendance à m’emporter un peu et mélange le but premier de ce blog et le monde dans lequel nous vivons,avec toutes ces injustices,cette paupérisation qui s’intensifit d’années en années,ce repli des individus sur eux mèmes.Enfin vous m’avez surement compris Bertrand.Allez parlons cinéma avec un film d’Henry Hathaway que je ne connaisser pas »Les gars du large »est de bonne facture avec des intentions et une réelle émotion dans le jeu des personnages.C’est assez rare des films qui se déroulent en Alaska ou Hathaway nous dépeint une petite communauté attachée à la pèche pour vivre.Puis il y à l’amitié entre Georges Raft et Henry Fonda,copains d’enfance qui ont partager beaucoup de choses et la beauté de Dorothy Lamour.Mais l’œuvre néglige un peu la présence des indiens qui vivent en autarcie sur une ile en face le village des blancs.Il n’y à aucun contact entre eux,c’est bizarre à mon avis.Dimitri Tiomkin signe la bande musicale inventive avec des airs irlandais(ça fait plaisir de voir des personnages qui dansent,boivent et fument,c’est ça la vie).Le second long métrage est de Roger Corman,c’est une pure merveille du fantastique. »La chute de la maison Usher »est une très bonne adaptation du roman avec une ambiance étrange ou une maison prend possession des ames des humains et les emprisonnent jusqu’à la mort.Vincent Price loin des personnages de monstres incarne Rodrigue le frère qui tient les vestiges de ce manoir.Le dvd est dur à trouver et n’a pas été réediter à ce jour.Esperons qu’il sorte un jour.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Oui vous avez raison les GENS DU LARGE est un film étonnant et méconnu. Mais les Indiens sont présents ne serait ce que dans la magnifique séquence où on entend leur chant

        • MB dit :

          à Yves Rouxel: Non le dvd de LA CHUTE DE LA MAISON USHER de Corman est très facile à trouver (édition française MGM) zone 2 stf.

        • MB dit :

          à Y Rouxel: USHER CORMAN DVD: petite rectif, le dvd français de MGM commence en fait à se faire rare ce qui fait bondir son prix, donc disponible mais cher.

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand
          Sur A DAY OF FURY, je serais très nettement moins enthousiaste.
          Je ne voudrais pas manquer de respect à Harmon Jones, mais on a l’impression que ses épaules ne sont pas assez larges pour cette variation sur le postulat d’UNE BALLE SIGNEE X (je dis ça sans faire attention aux dates), à savoir l’histoire de l’emprise d’un tueur impitoyable sur une petite ville, ici, avec de toutes autres motivations que celles d’Audie Murphy.
          C’est dommage parce que la photo est presque plus soignée que celle du film de Jack Arnold (et on a droit à une belle copie) mais le film est comme pétrifié et tout le monde semble avoir un balai quelque part, y compris Dale Robertson, héros de ma petite enfance (la série LE CHEVAL DE FER).
          C’est honorable mais pas plus.

        • MB dit :

          à AA c’est sorti chez nous le film avec les balais?

        • MB dit :

          à A Angel: « mais le film est comme pétrifié et tout le monde semble avoir un balai quelque part »
          franchement, je me demande si je suis sur le bon blog… c’est quand même un peu outrecuidant Alexandre… reprenez-vous parbleu ciel diantre et tout ça…

        • Alexandre Angel dit :

          A MB,
          A DAY OF FURY (24 Heures de terreur en français)est sorti chez Sidonis.

      • ballantrae dit :

        Yves franchement je ne comprends pas et aurais réagi plus rapidement si j’avais lu cette réaction avant.
        Ne nous faites pas revenir à l’ère Sadoul où tout film américain était suspect.
        Le western « cinéma américain par excellence » ( Bazin) c’est le plaisir du récit épique additionné aux grands textes fondateurs avec en plus une teinte élégiaque qui tutoie le meilleur de la poésie.
        Revenir sur des chefs d’oeuvre tels que Pursued et Johnny Guitar est indispensable à l’heure où les jeunes cinéphiles en ignorent l’existence.Sachez que les gamins ne connaissent même pas Rio Bravo, The searchers alors imaginez Walsh et Ray! Donc oui, il faut en parler, les montrer car ce sont des films importants qui donnent l’impression que la vie s’élargit un peu.
        Votre film sur Marseille est peut être intéressant mais il me plombe dès l’énoncé de son sujet comme de sa méthode…alors laissez nous aimer paisiblement les westerns s’il vous plait.
        Eddy Mitchell a bercé la fin de mon enfance comme mon adolescence avec des westerns, idem pour P Brion et le service public en général.Cela n’existe plus hélas…
        Donc parler de grands westerns n’est pas une vieille lune mais redevient un combat cinéphile nécessaire et d’avant garde!!!
        Et vous me connaissez: cela ne m’a pas empêché d’aimer Phantom thread, Le poirier sauvage ou encore Trois visages.

        • Yves Rouxel dit :

          a ballantrae.Oui comme je l’ai expliquer plus haut à Bertrand,il m’arrive de m’emporter quelquefois car étant curieux de nature dans le bon sens du terme,je ne supporte plus ce coté passéiste: »Mais oui c’était mieux avant… ».Fréquentant les étudiants de l’esav de Toulouse et des spectateurs de la Cinémathèque,beaucoup connaissent »Johnny guitar », »Rio bravo »et tous les chef d’oeuvre de Ford,Mann ou hathaway.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          J’ai des doutes en ce qui concerne LES INDOMPTABLES, LA FUREUR DES HOMMES, L’ATTAQUE DE LA MALLE POSTE ou certains Davis. Et je ne parle pas de Walsh et des cinéastes non répertoriés par la politique des auteurs, Gordon Douglas, George Sherman

        • Damien D. dit :

          C’est vrai que chez certains jeunes cinéphiles, les westerns de patrimoine sont peu connus voire souvent occultés. En laissant récemment à ma jeune compagne le choix de dvd entre un western et un film de Corman par exemple, l’affinité première va plus facilement vers le cycle Poe de Corman. Il est vrai aussi qu’il y a moins de public féminin pour le western que pour d’autres genres et ce malgré bon nombre d’héroïnes très fortes dans ce genre comme dans JOHNNY GUITAR ou 40 TUEURS de Fuller entre autres films. Sans compter les personnages féminins touchants et forts chez Daves, Walsh et j’en passe…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Damien D
          Et de Toth (LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS, RAMROD/FEMME DE FEU, avez vous lu ce remarquable roman ?) et Daves

        • Damien D. dit :

          Vu le film mais pas encore lu ce roman mais je note Bertrand. Oui De Toth et Daves que je mentionnais ont réussi de beaux portraits de femmes dans leurs westerns (Maria Schell par exemple dans THE HANGING TREE est inoubliable)

  22. Alexandre Angel dit :

    Bonsoir à tous,
    Est-ce bien dans THEY DRIVE BY NIGHT que l’on voit Alan Hale montrer, tout fier, un système photo-électrique d’ouverture de son garage?
    Séquence surprenante pour l’époque (mon père avait fait installer un gadget comme ça pour l’ouverture du garage familial en 74, ce que, petit, je trouvais ultra-moderne).

  23. MB dit :

    L’image du dvd de MEMPHIS BELLE que l’on voit dans la chronique est celle d’un film du même titre de M Caton-Jones qui date de 1990, je crois sur le même sujet.

  24. SERVANT Jean-Pierre dit :

    A Bertrand Tavernier : « THE HANGING TREE, un des plus grands chefs d’oeuvre de Delmer Daves ». Ça me fait vraiment plaisir de lire ces mots. Par contre mon édition Warner n’est pas top…
    Qu’est-ce-que j’ai pu m’ennuyer avec SAN ANTONIO de David Butler ! A part les images, la couleur, les acteurs, l’histoire m’a semblé longue, soporifique, sans intérêt. J’hésité encore à le revoir.
    Oui LA VENGEANCE D’UNE FEMME de Zoltan Korda est superbe (une ou deux scènes un peu longues, de mémoire), avec quelques contre plongées formidables comme celle où Jessica Tandy observe Charles Boyer au fond de son cachot.

  25. Marc Salomon dit :

    Le chef opérateur de ROCKY MOUNTAIN est le génial Ted McCord et non pas Ted McCurdy !
    Conrad Hall ne tarissait pas d’éloges sur McCord auprès duquel il travailla comme cadreur en 1960, rapportant entre autres ce conseil : « Vous pouvez faire davantage avec peu de lumière. »
    On retrouve d’ailleurs beaucoup du style de McCord chez Conrad Hall jusque dans LES SENTIERS DE LA PERDITION.

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