<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>DVDBlog, par Bertrand Tavernier</title>
	<atom:link href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 13:26:12 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>Films enfin disponibles et classiques français</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-enfin-disponibles-et-classiques-francais/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-enfin-disponibles-et-classiques-francais/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 May 2012 13:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1297</guid>
		<description><![CDATA[FILMS QUE L&#8217;ON PEUT ENFIN REVOIR Je viens de revoir IN THE FRENCH STYLE sorti en DVD par Columbia et j&#8217;ai été ému aux larmes à de nombreuses reprises. Passons rapidement sur quelques conventions  déjà repérées à l&#8217;époque (le dîner chez le baron fait un peu convenu  dans son échantillonnage, malgré l’allusion à l’Algérie). Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ff0000;">FILMS QUE L&#8217;ON PEUT ENFIN REVOIR</span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/inthefrenchstyle.jpg"><img class="size-full wp-image-1359 alignright" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="inthefrenchstyle" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/inthefrenchstyle.jpg" alt="" width="141" height="200" /></a>Je viens de revoir <strong>IN THE FRENCH STYLE</strong> sorti en DVD par Columbia et j&#8217;ai été ému aux larmes à de nombreuses reprises. Passons rapidement sur quelques conventions  déjà repérées à l&#8217;époque (le dîner chez le baron fait un peu convenu  dans son échantillonnage, malgré l’allusion à l’Algérie). Le reste est d&#8217;une intelligence, d&#8217;une délicatesse rares dans le cinéma américain de l&#8217;époque. Parrish qui évite tous les lieux touristiques, toutes les conventions qui encombrent les œuvres américaines sur la France, filme, regarde ses personnages avec un respect, une compréhension, un amour qui les illumine littéralement de l&#8217;intérieur. Par exemple les rapports entre Jean Seberg et son père témoignent d&#8217;une ouverture d&#8217;esprit, d&#8217;une absence de moralisme qui les fait échapper à tous les clichés si présents dans le cinéma américain quand il parle des étrangers. Ce qu&#8217;il lui dit est dur, sévère, mais jamais moralisateur ou condescendant. Il ne remet pas en cause l’apprentissage de sa fille mais ce qu’elle en a fait.<br />
Le film commence par des moments tendres et délicats (le pique nique), avec cette merveilleuse séquence dans une chambre d&#8217;hôtel glacée durant laquelle Jean Seberg ne pourra pas faire l&#8217;amour, scène rythmée par deux plans beckeriens où l&#8217;on voit de la fenêtre un couple de vieillards marcher dans la rue. Le ton devient mélancolique  dès le second tiers (merveilleuse voix off si bien écrite) puis grave (avec le père) et peu à peu dérive vers le désespoir tranquille cher à Thoreau avec les scènes magnifiques opposant Seberg à un Stanley Baker profond, déchirant qui n’avait pas encore eu ses grands rôles. Son jeu est ici dépouillé, nu (au sens que donne Simenon à ce mot), comme resserré sur l&#8217;essentiel. Je le trouve absolument magnifique et la scène finale avec l&#8217;arrivée du chirurgien est absolument poignante, tout comme la prière de Seberg sur le bateau, demandant que le vent ne se lève pas.<br />
Irwin Shaw adapte ici scrupuleusement deux magnifiques nouvelles (il faut lire les nouvelles d’Irwin Shaw, beaucoup m&#8217;ont ébloui), reprend des pans entiers de dialogue (presque tout ce que dit Stanley Baker). Très jolie mélodie de Joseph  Kosma. Le film est photographié &#8211; pas mal &#8211; par Michel Kelber, sauf les plans de générique qui sont éclairés par Henri Decae. C&#8217;est le film où Jean Seberg est la plus émouvante. Il faut dire que le personnage est tellement proche d&#8217;elle que le film a des côtés autobiographiques (sauf qu&#8217;elle n&#8217;est pas repartie et qu&#8217;elle est tombée dans la drogue ce qui donne rétrospectivement raison à ce que dit le père), qu&#8217;on sent qu&#8217;elle a mis beaucoup d&#8217;elle et cela décuple l&#8217;émotion du film.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/GIJoe.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1360" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="GIJoe" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/GIJoe.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a>Ce même héroïsme quotidien que je louais dans les films de Becker, imprègne chaque plan de l’admirable <strong>STORY OF GI JOE (LES FORÇATS DE LA GLOIRE)</strong>, que l’on peut enfin revoir dans une très belle copie grâce à Wild Side. Ce qui nous change des horribles 16mm contretypées et restitue dans sa splendeur la magnifique photo de<br />
Russell Metty. Cette chronique guerrière où les batailles sont gommées comme souvent chez Wellman (il fait carrément l’impasse sur la prise de Monte Cassino, préférant se concentrer sur l’attente). Il y a juste un combat singulier contre des snipers dans une église en ruine (« drôle de lieu pour se tuer »). Sinon, on lutte contre le froid, la pluie (les scènes de pluie sont formidables chez Wellman), cette mort qui rôde, ce chien qu’on héberge. Mitchum est tout bonnement admirable, se fondant dans la masse de ces soldats, n’émergeant que pour parler du sentiment qu’il a d’être un meurtrier. Burgess Meredith est inoubliable en Ernie Pyle, inoubliable d’humanité, de vulnérabilité. Signalons qu’on peut trouver ses chroniques sur Amazon.fr et j’ai même acheté GI JOE, recueil publié avant la chute de l’Allemagne comme le mentionne la couverture.<br />
Et si le lien entre ces deux immenses cinéastes, Becker et Wellman, consistait dans l’importance, le poids que prend chez eux la « décence commune », cette notion chère à Orwell (reprise par Jean-Claude Michea : la décence commune c’est le « sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l&#8217;on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l&#8217;on cherche à maintenir les conditions d&#8217;une existence quotidienne véritablement commune ») qui veut qu’on donne sans vouloir obligatoirement recevoir, qu’on prenne en compte la collectivité, que la notion de responsabilité soit prise au sérieux. Voilà deux cinéastes qui savent s’attarder sur les conséquences d’un acte, d’une action et pas seulement dramatiser cette action.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/menaces.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1361" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="menaces" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/menaces.jpg" alt="" width="137" height="200" /></a>Dans la même indispensable collection, je crois avoir oublié de dire tout le bien que je pensais de <strong>MENACES DANS LA NUIT (HE RAN ALL THE WAY)</strong>, le dernier film américain de John Berry. Œuvre à vif, où les sentiments, les passions sont écorchées, à même l’écran, qui nous entraîne derrière la course suicidaire d’un petit malfrat, dépassé par ses rêves, miné par son manque d’éducation, nous broie le cœur. Bouleversant John Garfield qui trouve là un de ses plus beaux rôles avec BREAKING POINT et FORCE OF EVIL. Il faut le voir, violent, immature, perdu devant Wallace Ford qui refuse la dinde rôtie qu’il lui offre et ce refus perturbe tout ce qu’il a dans la tête. Cinéma lyrique et analytique qui transforme ce qui pourrait être un fait divers en un apologue social, moral, sans jamais cesser d’être enraciné dans une époque, dans un milieu, un contexte précis, sans prêchi-prêcha. Regardez comment John Berry filme les décors où évoluent ses personnages, comment il les soude aux émotions de ses personnages (la formidable séquence de la piscine). Très beau travail de Harry Horner, jamais voyant, toujours inspiré tout comme la photo de James Wong Howe et le scénario de Dalton Trumbo. Le talent transpire dans le moindre plan. En voyant ce film (et aussi LES FORBANS DE LA NUIT ou THE SOUND OF FURY d’Enfield), on mesure le massacre causé par la Commission des activités Anti Américaines<br />
<a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/lerodeur.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1362" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="lerodeur" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/lerodeur.jpg" alt="" width="137" height="200" /></a>On le mesure d’autant mieux quand on voit dans la foulée, complément indispensable à MENACES DANS LA NUIT , <strong>LE RÔDEUR/THE PROWLER</strong>. Les similitudes entre les deux films ne sont pas seulement dues à la présence de Trumbo qui les écrivit tous les deux sans pouvoir les signer (on entend sa voix dans THE PROWLER : celle de la radio). Il y a la même approche analytique, cette même manière de prendre un fait criminel et de lui donner son vrai sens, un sens global qui nous renvoie aux conventions sociales, au rêve américain, aux rapports de classe. Mais Losey filme le décor de manière moins émotionnelle, plus géométrique. En fait le décor est comme la projection des rêves, du monde intérieur des personnages : cette maison que l’on parcourt dans tous les sens, ces extérieurs dénudés, désolés, arides qui semblent faire écho à leur stérilité intérieure.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/livrenoir.jpg"><img class="size-full wp-image-1363 alignleft" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="livrenoir" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/livrenoir.jpg" alt="" width="99" height="140" /></a>Une bonne nouvelle : <strong>LE LIVRE NOIR</strong>, ce chef d’œuvre d’Anthony Mann, que j’ai couvert de louanges, vient d’être édité en France (par Artus) dans une bonne copie (surtout quand on voit ce qui circulait il y a deux ou trois ans) qui bénéficie d’un très bon portrait de Mann par Jean-Claude Missiaen, grand spécialiste du cinéaste. Tout le monde doit acheter ce DVD. Profitons pour rappelez que les trois polars de Missiaen, RONDE DE NUIT, TIR GROUPÉ et la BASTON sont disponibles en DVD.<br />
Chez Artus Films, on trouve aussi bien le SPECTRE DU PROFESSEUR HICHCOCK, fausse suite à l’EFFROYABLE SECRET DU PROFESSEUR HICHCOCK de Riccardo Freda que des FILLES POUR UN VAMPIRE que j’avais trouvé foutraque et marrant et LE RENNE BLANC, film finlandais qui fut couronné à Cannes par Jean Cocteau.</p>
<h4><span style="color: #ff0000;">TOUJOURS LES CLASSIQUES FRANÇAIS</span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/équilibristes.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1367" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="équilibristes" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/équilibristes.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a>Impossible de faire une chronique sans recenser  certains titres diffusés par Gaumont dans la petite collection rouge qui devient de plus en plus culte sans avoir, semble-t-il, suscité de vraies réactions chez les critiques.  Parmi les nouveaux venus, citons <strong>LES ÉQUILIBRISTES</strong> de Nico Papatakis, complément indispensable aux ABYSSES ;  <strong>MARIE MARTINE</strong>, un joli film d’Albert Valentin (surréaliste belge) dont la dernière version du scénario ainsi que les dialogues  sont l’œuvre de Jean Anouilh. C’est à lui que l’on doit l’inoubliable : « Tiens ta Bougie droite » qu’un Saturnin Fabre royal lance à un Bernard Blier stupéfait. Ce misanthrope râleur déclare aussi qu’il ne « mettra jamais l’électricité tant qu’il n’aura pas compris comment ça marche », phrase merveilleusement « anouilhienne ». Jules Berry campe un écrivain corrompu et ignoble. On a voulu y voir un portrait de Gide, ce qui me semble grandement exagéré.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/mariemartine.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1385" title="mariemartine" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/mariemartine.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/findumonde.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1386" title="findumonde" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/findumonde.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a></p>
<p><strong>LA FIN DU MONDE</strong> est un film complètement zozo, dingo, tourné par Abel Gance, selon Nelly Kaplan sous l’emprise de substances que de bons esprits qualifient d’illicites. Ce qui explique sans doute l’incohérence cocasse du scénario et des péripéties, les trous dans la narration. Mais n’excuse pas l’incroyable emphase du jeu de certains comédiens à côté de qui Sarah Bernhardt paraît bressonnienne (l’avènement du son n’explique pas tout : à la même époque, certains films étaient très bien joués ; pensez à Lubitsch, à René Clair). Gance, qui joue un rôle, n’est pas dernier dans le style déclamatoire et pompeux mais il rend des points à Severin Mars et à d’autres. Mon ami Dave Kehr place ce film parmi les œuvres les plus antisémites. Je ne sais si j’irais aussi loin que lui tant j’étais submergé par le ton conservateur halluciné, réactionnaire et délirant de l’œuvre, la vision des Africains, les notations religieuses sulpiciennes. On ne s’ennuie pas, c’est sûr mais je n’aimerais pas évaluer le QI d’une telle œuvre.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Deuxsousdeviolettes.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1176" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="Deuxsousdeviolettes" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Deuxsousdeviolettes.jpg" alt="" width="143" height="200" /></a>Toujours dans la même collection, voyez absolument <strong>DEUX SOUS DE VIOLETTES</strong>, le seul film réalisé par Jean Anouilh (avec le VOYAGEUR SANS BAGAGES)  qui fut un terrible échec, je crois, à sa sortie et qui était devenu très rare. C&#8217;est une oeuvre très personnelle (chose étrange c&#8217;est Monelle Valentin, épouse d’Anouilh qui perdit l’esprit et dont il ne put divorcer, qui est créditée au scénario ; on sait pourtant qu&#8217;Anouilh y participa activement et écrivit aussi les dialogues mais s&#8217;effaça au générique). Un film très âpre, noir où l&#8217;on retrouve le grand thème cher à l&#8217;auteur de COLOMBE de l&#8217;innocence corrompue ou que l&#8217;on veut corrompre et abîmer. Innocence charnelle bien sûr et Dany Robin est sans cesse attaquée par des séducteurs, des prédateurs horribles et libidineux, écoeurants d&#8217;hypocrisie (les séquences avec son patron qui veut voir sa culotte &#8211; formidable Georges Baconnet &#8211; dans la boutique de fleurs sont d&#8217;une violence, d&#8217;une mesquinerie unique dans le cinéma français de l&#8217;époque). Mais aussi innocence morale : univers bourgeois étriqué, poids de l&#8217;argent, horreur de la pauvreté. Anouilh a connu la misère, il en parle souvent bien et il y a dans le film des moments d&#8217;humiliation forts même si certaines péripéties sont prévisibles. Le film est aussi un festival d&#8217;acteurs  et l&#8217;on croise un magnifique Georges Chamarat, Michel Bouquet en prolétaire tire au flanc (sa scène dans le lit avec Germaine est anthologique), Jane Marken, Gabrielle Fontan, Jacques Dufilho, Yves Robert, Helena Manson, Henri Cremieux, Madeleine Barbulée. Il y a deux parties, deux mondes assez distincts, la première se passe à Paris avec un portrait de mère abominable et la seconde, plus étouffante, en province. Jolie musique de Van Parys.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sanslendemain.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1368" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="sanslendemain" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sanslendemain.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a><strong>SANS LENDEMAIN</strong> est un film d’Ophuls qui est moins lyrique, plus dépouillé dans l’énoncé du sujet. Une femme pour ne pas décevoir l’homme qu’elle a aimé, prend une fausse identité avec l’aide d’un gangster qui espère faire chanter l’ancien amoureux. Le traitement est souvent très moderne, épuré, rapide. Il y a des enchaînements de plans haletants qui témoignent d’une grande sensibilité et d’une attention au détail. Certains des acteurs masculins sont excellents, de Daniel Lecourtois, très crédible, à Paul Azaïs en passant par Georges Lannes qui impose une vraie menace. Jane Marken et Mady Berry, dans un registre plus évident et plus typique du cinéma français des années 30, imposent des ruptures de ton souvent adroites. J’ai plus de réserves sur Edwige Feuillère qu’encense Vecchiali dans son ENCINÉCLOPÉDIE. Je trouve son jeu méticuleux mais fabriqué. On voit les intentions. Elle ne bloque pas l’émotion des séquences finales.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/ledéfroqué.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1369" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="ledéfroqué" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/ledéfroqué.jpg" alt="" width="82" height="140" /></a>Je vais enfin pouvoir voir <strong>LE DÉFROQUÉ</strong> de Leo Joannon qui partagea la presse dans les années 50, déterminant une ligne de démarcation entre les jeunes critiques (qui allait de Positif aux Cahiers) qui trouvait le film nul et ridicule (Kyrou le jugeait involontairement anti-clérical, je crois) et les traditionnels qui lui décernèrent plusieurs prix. C’est dans ce film que Pierre Trabaud dont je ne rappellerai jamais assez LE VOLEUR DE FEUILLES, son seul film (disponible chez Nicole Trabaud, 53 rue Censier Paris 75005), fit sensation.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-enfin-disponibles-et-classiques-francais/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>En hommage à Pierre Schoendoerffer</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/en-hommage-a-pierre-schoendoerffer/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/en-hommage-a-pierre-schoendoerffer/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 12:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1304</guid>
		<description><![CDATA[Voici le texte publié sur le site de la SACD le 20 mars dernier en hommage à Pierre Schoendoerffer, disparu le 14 mars : &#171;&#160;Cela fait plusieurs jours que je reviens sur ce texte pour la SACD sur Pierre Schoendoerffer. Dès que j’écris une phrase, un paragraphe, malgré moi, ils passent à la première personne. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici le texte publié sur le site de la SACD le 20 mars dernier en hommage à Pierre Schoendoerffer, disparu le 14 mars :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Cela fait plusieurs jours que je reviens sur ce texte pour la SACD sur Pierre Schoendoerffer. Dès que j’écris une phrase, un paragraphe, malgré moi, ils passent à la première personne. Je n’arrive pas à garder le ton qui sied à un hommage objectif. Oui, bien sûr, je peux dire qu’on doit à Pierre Schoendoerffer une série de films remarquables, uniques, au ton si personnel. Des films qui s’interpellent les uns les autres, se répondent, se complètent, qui occupent une place à part dans le cinéma français. Pierre, tu étais en marge de tout. On ne te rattacha pas à la Nouvelle Vague bien que la photo de Raoul Coutard pour <strong>LA 317ème SECTION</strong> soit aussi innovatrice, révolutionnaire que celle d’A BOUT DE SOUFFLE (et que dire de celle du <strong>CRABE TAMBOUR</strong>, de ces fabuleux plans de mer) ni à ses adversaires qui appréhendaient tes chroniques de Grandeur et Servitudes militaires. Tu ne faisais partie d’aucun clan, d’aucune clique. Surtout politique. Tu m’as si souvent répété que l’homme politique pour qui tu avais le plus d’estime était Pierre Mendès France.</p>
<p style="text-align: center;">   <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/317section.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1502" title="317section" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/317section.jpg" alt="" width="144" height="200" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/crabetambour.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1503" title="crabetambour" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/crabetambour.jpg" alt="" width="145" height="200" /></a></p>
<p>Revoir LA 317ème SECTION au festival de Lyon fut un très grand moment. C’est un chef d’œuvre que je mets sur le même plan que LES FORÇATS DE LA GLOIRE de Wellman et LES FEUX DANS LA PLAINE de Kon Ichikawa. Tu te souviens, Pierre, tu me parlais sans cesse de ce terrible film japonais quand je préparais le dossier de presse de LA 317ème SECTION, quand je me demandais comment contourner les préjugés d’une certaine critique, persuadée de l’idéologie d’un film qui ne pouvait selon elle être que colonialiste et militariste. Dans un article sublime de l’Observateur, Michel Cournot avait anéanti à tout jamais ces fadaises. Il parlait du son du film, de la manière dont était filmée la jungle, la Nature : « Ce film a été fait cent fois, avec une autre section décimée dans une autre guerre. Il est presque une spécialité des cinéastes américains. Pourquoi celui-ci est-il un chef-d&#8217;oeuvre ? D&#8217;abord, parce qu&#8217;il est vrai. Tous les gestes sont vrais. Tous les mots sont vrais. Tous les regards, toutes les voix, tous les bruits sont vrais. C&#8217;est le premier film de guerre vrai… Chaque détail se trouvait à sa place, dans sa lumière, dans son élan… La mémoire n&#8217;est pas une faculté donnée à tout le monde. La mémoire du réel est rare. Aussi rare d&#8217;ailleurs que la perception. Un homme a su dévisager la guerre, il a su l&#8217;écouter, et elle est là… LA 317ème SECTION est d&#8217;autre part un chef-d&#8217;oeuvre, parce que la guerre n&#8217;y est pas, comme d&#8217;habitude, démontrée ou présentée. Elle n&#8217;est pas apportée sur un plateau d&#8217;argent. Elle n&#8217;est pas soulignée, indiquée. Elle n&#8217;est pas non plus espionnée, vue de dos, comme dans les bandes d&#8217;actualités de guerre. Elle n&#8217;est pas cadrée. »</p>
<p>Relire ce texte (que l’on pourrait appliquer aux scènes batailles de <strong>DIEN BIEN PHU</strong>) fait remonter tant d’émotion. J’ai assisté au retour de Pierre, malade, miné par le palu. Il était aussi amaigri que Jacques Perrin, aussi épuisé que les personnages du film. J’ai suivi le montage, j’ai vu naître ce chef d’œuvre, la belle musique de Pierre Janssen et j’ai su que le lieutenant Torrens et l’adjudant Willsdorff faisaient partie de ma vie. Pierre m’a demandé de faire la bande annonce, d’en écrire le texte qui est dit par son monteur, mon futur monteur, le merveilleux Armand Psenny.<br />
Et on ne s’est plus quitté.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/dienbienphu.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1504" title="dienbienphu" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/dienbienphu.jpg" alt="" width="145" height="200" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/objectif500millions.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1505" title="objectif500millions" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/objectif500millions.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/honneur.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1506" title="honneur" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/honneur.jpg" alt="" width="151" height="200" /></a></p>
<p>J’adorais Pierre Schoendoerffer. J’aimais sa franchise, sa loyauté, sa fidélité. Je me suis battu pour <strong>OBJECTIF 500 MILLIONS</strong>, œuvre sous-estimée qu’il faudrait redécouvrir (avec à coté du formidable Cremer, un acteur génial, Jean-Claude Rolland) et qui fait partie de ces films de casses exécutés par les militaires entre LA MAISON DE BAMBOU et, version plus rose, THE LEAGUE OF GENTLEMEN. J’ai suivi toute l’épopée du CRABE TAMBOUR à travers aussi les récits de Jean Rochefort et de Claude Rich. J’ai adoré <strong>LA SECTION ANDERSON</strong>, ce très beau documentaire sur un groupe d’Américains durant la guerre du Vietnam. Tu te souviens, Pierre, de ce dîner avec Howard Hawks, grand admirateur du documentaire, qui voulait te demander de faire toute la seconde équipe, tout ce qui se passait au Vietnam, dans le film qu’il préparait. Je te revois, médusé en l’entendant décrire certaines scènes, essayant de lui expliquer qu’il n’y avait pas de camps de prisonniers (tu parlais en connaissance de cause, toi qui a été prisonnier du Vietminh), ni d’éléphants au Vietnam. Je revois ta tête quand il déclara que le conseiller militaire serait le général Westmoreland que tu ne portais pas dans ton cœur. Et cet autre dîner avec John Milius, le coscénariste d’APOCALYPSE NOW, qui était venu à Paris, à ses frais, pour adapter (pour toi au début) ton beau roman, <strong>L’ADIEU AU ROI</strong>, si conradien, tant il l’adorait. Il m’avait demandé d’organiser un rendez-vous, t’avait pris en moto et vous vous étiez cassé la gueule près du restaurant. Repas chaleureux, arrosé et inoubliable.</p>
<p>Il y a donc tous ces souvenirs et tant d’autres. Il y a ces films que je vais revoir comme <strong>L’HONNEUR D&#8217;UN CAPITAINE</strong>. Il y a <strong>LÀ-HAUT</strong>, film fragile, de fêlures et de mélancolie avec un personnage de femme dans un rôle moteur et qui m’avait beaucoup touché par tout ce qu’il disait en creux. Et cette magnifique adaptation de TYPHON de Conrad que Harvey Keitel voulait tant jouer. J’ai essayé de te donner un coup de main, après Daniel Toscan du Plantier mais nous avons échoué. Enorme regret. Quelle belle adaptation tu avais écrite. Et cet hommage à Conrad constituait la vraie clé pour comprendre, apprécier ton œuvre.</p>
<p>Tout cela est tellement fort, tellement vivant que je ne parviens pas à accepter ta disparition, à écrire ce texte au passé. Tu es comme le Crabe Tambour et Willsdorff : tu survis à tout et je t’imagine quelque part entre la brousse et ta chère Bretagne, dialoguer avec Wellman et Fuller et Roman Karmen, ce cinéaste russe que tu avais rencontré au Vietnam. Et éclater de rire en parlant de l’enfer, du diable, en inventant une kyrielle de proverbes et de dictons tout en refaisant sur une carte avec Lucien Bodard et Edouard Behr les derniers combats de la guerre du Vietnam.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Pour oublier cette disparition qui s’ajoute à celle de Michel Duchaussoy que j’avais dirigé dans LA VIE ET RIEN D’AUTRE où il était formidable (« Alors Dellaplane, toujours dreyfusard ? &nbsp;&raquo;) et que je viens de voir royal en Mitterrand usé, matois, roublard dans l’AFFAIRE GORDJI du talentueux Guillaume Nicloux (revoyez UNE AFFAIRE PRIVÉE et CETTE FEMME-LÀ), je voudrais signaler quelques beaux film. Et tout d’abord des documentaires, genre que pratiqua Pierre Schoendoerffer.</p>
<h4><span style="color: #ff0000;">DOCUMENTAIRES</span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/vol_special_poster.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1402" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="vol_special_poster" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/vol_special_poster.jpg" alt="" width="177" height="250" /></a>A l’occasion de la sortie du poignant <strong>VOL SPÉCIAL</strong> de Fernand Melgar, j’écrivais :<br />
&nbsp;&raquo; Commençons par le scandale puisque scandale il y a eu. Lors d’une conférence de presse qui suivait le palmarès, au festival de Locarno, le producteur Paolo Branco traita VOL SPÉCIAL d’œuvre fasciste. La raison de ce qualificatif ? Elle est très simple pour Branco. A aucun moment, selon lui, Fernand Melgar ne juge, ne questionne les gardiens du Centre de rétention, qui s’occupent de tous ces étrangers en voie d’expulsion, sur le bien fondé de leur travail. Il ne les pointe pas du doigt, ne leur accole aucune épithète et ne les dénonce pas.<br />
Comme le note Edouard Waintrop : «  Et vlan!  C&#8217;est ainsi que ce film excellent, disons le tout de go, et absolument pas fasciste, a été labellisé par un homme que l&#8217;on a connu plus fin analyste&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Oublions donc la polémique et regardons le film. Qui est remarquable. Il est vrai que comparé aux descriptions qu’a donné la Cimade des centres de rétention en France et du traitement qu’on inflige à tous ceux qui y sont détenus, l’institution que décrit Melgar, sans un mot de commentaire, a l’air d’un cinq étoiles. Personnel attentif, compatissant, humain, nourriture abondante, cuisinée par les futurs expulsés, propreté et hygiène des lieux, possibilité de faire un peu de sport dans des enclos grillagés. C’est vrai qu’on a des leçons à prendre.<br />
Mais au delà de la premières impression, un malaise insidieux s’installe. Tout d’abord, contrairement aux grévistes de la faim que j’ai filmés dans HISTOIRES DE VIES BRISÉES, plusieurs, parmi ces étrangers ne semblent pas avoir commis de délit, de crime… Ici, on les expulse « simplement » (si j’ose dire) pour des raisons administratives plus ou moins obscures ou oiseuses, parce qu’ils sont sans-papiers. Et ces prisonniers dont beaucoup travaillent ou vont obtenir un emploi et qui refusent l’expulsion, attendent le vol spécial qui doit les déporter. On les découvre peu à peu, on découvre leur histoire, leur vie, leur personnalité. On rentre en empathie avec eux.<br />
Et peu à peu le décor s’impose, prend toute sa forces. Ces couloirs grillagés où déambulent les détenus comme des rats de laboratoires. Ces portes qu’on ferme à clef. Cet univers qui devient de plus en plus oppressant et que Melgar filme sans jamais le dramatiser, souvent en plan large, sans ajouter le moindre commentaire musical (on entend juste les chansons que jouent les prisonniers ou qu’ils écoutent). On a toujours l’impression d’être au milieu des personnages, avec eux, à leur écoute. On apprend leurs histoires complexes, douloureuses. La caméra ne les juge pas, ne leur donne pas de leçon, les laisse vivre.  <br />
La manière dont ils  refusent cette expulsion, dont ils se heurtent à une administration polie, certes, mais totalement, froidement indifférente, abstraite, vous serre le coeur. La confrontation avec une juge qui ne veut (ne peut ?) rien entendre, rien comprendre, est un moment glaçant, terrible dans son indifférence désincarnée. Et encore plus ce dialogue avec un fonctionnaire qui se contente de détailler la procédure, de se réfugier derrière elle, qui répond article de loi quand on parle d’humanité. Il pourrait au moins refuser de faire ce travail. Non, il l’accomplit, tranquillement, doucement, sans sadisme apparent. On se dit que c’est ainsi que de braves douaniers ou policiers ont du refuser à des juifs de pouvoir se réfugier en Suisse. Avec la même politesse.<br />
Et le découpage de ces deux séquences est exemplaire. Les cadres, précis, n’étouffent pas les personnages, ne surlignent pas les intentions, ne contiennent aucun élément de jugement. On évite les très gros plans, toutes les figures de style qui révéleraient les partis pris de l’auteur. La distance semble ici toujours juste.</p>
<p>Eh bien, on retrouve ces mêmes qualités dans <strong>LA FORTERESSE</strong> qui vient de sortir en DVD chez Blaq Out. Le sujet, abordé par Melgar, tourne une fois encore autour de l’immigration. Les personnes qui vivent dans ce « centre » attendent un permis de séjour et se heurtent à la même attitude, au même mélange d’attention et de respect strict des articles de loi, des codes de vraisemblance (on renvoie un Ethiopien malgré ses blessures car son récit ne paraît pas vraisemblable à quelqu’un qui ignore que des gens ont pu marcher des jours avec une jambe mutilée). Même absence de commentaire et de musique.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/lafortresse.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1403" title="lafortresse" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/lafortresse.jpg" alt="" width="176" height="250" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/noirsdefrance.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1404" title="noirsdefrance" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/noirsdefrance.jpg" alt="" width="155" height="250" /></a></p>
<p>La série <strong>NOIRS DE FRANCE</strong> de Juan Gelas est tout à fait passionnante et devrait être utilisée dans les écoles et les collèges.</p>
<p>Je voudrais signaler le coffret consacré aux documentaires d’Ariane Doublet (j’avais vu deux films en salle qui m’avaient impressionné). Voilà quelqu’un qui sait filmer les paysans, les ouvriers. Et celui consacré aux films de Malek Bensmail qui met à jour de manière aigüe les contradictions, les déchirures, les ombres qui hantent l’Algérie actuelle.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/arianedoublet.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1405" title="arianedoublet" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/arianedoublet.jpg" alt="" width="178" height="250" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/malekbensmail.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1406" title="malekbensmail" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/malekbensmail.jpg" alt="" width="177" height="250" /></a></p>
<p>On parle si peu des musiciens de film que je ne peux que saluer cette collection qui nous propose des documentaires sur Gabriel Yared, Georges Delerue, Maurice Jarre. On y aperçoit évidemment l’indispensable Stéphane Lerouge qui joua, enfant, du tuba chez Jacques Hélian.</p>
<h4><span style="color: #ff0000;">FICTIONS</span></h4>
<h4>D&#8217;UN PAYS L&#8217;AUTRE</h4>
<p>Il faut saluer les éditeurs courageux, passionnés qui viennent de nous offrir un Blu-ray somptueux du magnifique, envoutant <strong>IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE</strong> de  Nuri Bilge Ceylan et de L’ASSOIFFÉ du grand Guru Dutt, cinéaste admirable et méconnu.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/ilataitunefoisenanatolie.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1407" title="ilataitunefoisenanatolie" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/ilataitunefoisenanatolie.jpg" alt="" width="198" height="250" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/welcomeinvienna.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1408" title="welcomeinvienna" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/welcomeinvienna.jpg" alt="" width="188" height="250" /></a></p>
<p>Et je redis une fois de plus toute l’admiration que j’éprouve pour la magnifique trilogie d’Alex Corti, <strong>WELCOME IN VIENNA</strong> écrite de manière très autobiographique par Georg Stefan Troller et qui raconte l’odyssée de quelques jeunes autrichiens entre la Nuit de Cristal de 38 et le retour dans leur patrie soi-disant dénazifiée.</p>
<h4>FRANCE/AMÉRIQUE</h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/lagrandeillusion.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1409" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="lagrandeillusion" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/lagrandeillusion.jpg" alt="" width="195" height="250" /></a>Passons au cinéma français pour dire tout le bien qu’il faut penser de la réédition par Studio Canal et Carlotta de <strong>LA GRANDE ILLUSION</strong> dans une sublime copie. J’en ai revu une heure et le début, la première scène, m’a bouleversé : Gabin qui fredonne et qui vous rend immédiatement perceptible son personnage, sa situation sociale, son rapport au groupe, la manière dont il a apprivoisé la situation. Rendre tout cela sans l’exprimer ni le dire, c’est du grand art. Je m’attarde sur cette scène, en apparence moins brillante, que les affrontements avec Stroheim, car je la trouve typique du génie de Renoir.</p>
<p>LCJ a eu la très bonne idée de sortir enfin <strong>RAFLES SUR LA VILLE</strong>, un remarquable film noir de Pierre Chenal (cinéaste que j’aime beaucoup), avec une belle musique de jazz de Michel Legrand (sa deuxième musique de film). Chenal utilise Vanel à contre-emploi dans un rôle de salopard tortueux et sadique et il y est génial. Piccoli est impressionnant et c’est là que Godard le remarqua et le choisit pour LE MÉPRIS. Il y joue un anti-héros absolu, un flic qu’on pourrait voir chez Ferrara ou Tarantino. Malheureusement pas de bonus.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/raflessurlaville.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1410" title="raflessurlaville" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/raflessurlaville.jpg" alt="" width="162" height="250" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/jouretlheure.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1411" title="jouretlheure" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/jouretlheure.jpg" alt="" width="153" height="250" /></a></p>
<p>J’ai revu avec un certain plaisir <strong>LE JOUR ET L’HEURE</strong> de René Clément. Le sujet et la forme peuvent paraître classiques mais Clément utilise diablement bien le décor (ces appartements où se terre Stuart Whitman dans son  meilleur rôle avec RIO CONCHOS), l’espace, les extérieurs, dirige de manière serrée Simone Signoret. Et la scène du train reste un morceau de bravoure inoubliable.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/portraitduneenfnatdechue.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1412" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="portraitduneenfnatdechue" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/portraitduneenfnatdechue.jpg" alt="" width="152" height="250" /></a>Carlotta a eu la géniale idée de sortir enfin <strong>PORTRAIT D’UNE ENFANT DÉCHUE</strong>, le premier chef d’œuvre de Jerry Schatzberg, bouleversante dissection au scalpel (mais avec quelle compassion, quelle tendresse) des sentiments, des tourments de ce mannequin, l’un des plus grands rôles de Faye Dunaway. Elle s’y montre fragile, capricieuse, blessée, irresponsable, enfantine, narcissique, en proie au mal d’aimer. Ce film fut littéralement sauvé de l’oubli qui le menaçait (la critique américaine avait été sotte et atroce) par Pierre Rissient et je n’oublierai jamais le choc ressenti lors de la première projection à la Paramount, à Paris, quand il fallait arracher une sortie française.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/sunsetlimited.jpg"><img class="alignleft" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="sunsetlimited" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/sunsetlimited.jpg" alt="" width="175" height="250" /></a>Un petit saut dans le temps. En zone 1, vient de sortir <strong>SUNSET LIMITED</strong>, produit et réalisé par Tommy Lee Jones. Il s’agit de l’adaptation fidèle d’une pièce de Cormac McCarthy. A plusieurs reprises durant DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE, Tommy Lee Jones m’avait parlé avec admiration de cet écrivain qu’il adorait, avec qui il était lié. Il avait voulu adapter MÉRIDIEN DE SANG. Il a donc demandé à Cormac McCarthy d’adapter sa pièce et on le voit, dans les bonus, très présent durant le tournage, discutant sur des nuances du dialogue avec les acteurs. L’action se déroule presque entièrement dans une pièce, décor astucieusement construit par Merideth Boswell qui donne une grande importance à la porte (ultra-barricadée) et à la fenêtre, à ce qu’on devine au-delà. Il n’y a que deux personnages et les acteurs, Tommy Lee (professeur de philo en proie à des désirs suicidaires) et Samuel Jackson (ancien taulard devenu prédicateur), se délectent des moindres nuances d’un texte tendu, souvent drôle, cocasse. Ils s’affrontent pour savoir si la Bible est le meilleur livre du monde (et sinon quels sont les autres) et dans un moment mémorable, sur le fait de prononcer le mot nègre quand on parle des détenus ultra-dangereux dans un établissement pénitentiaire. Le professeur interrompt le récit que fait le taulard en lui disant que le terme est insultant et l’autre, qui était en train de décrire comment il avait lardé de coups de surin, rentre dans une rage folle. On a vraiment affaire à deux poids lourds, deux monstres sacrés, au sommet de leur forme, qui prennent un immense plaisir à jouer ensemble, à respecter le texte et Tommy Lee Jones metteur en scène partage la même ferveur. Son travail est simple, jamais intrusif, clair, dépouillé. J’ai appris incidemment que Nicolas Saada avait voulu monter la pièce en France.</p>
<p>Lequel <strong>Nicolas Saada</strong> vient de m’envoyer le test comparatif entre la version VCI de REIGN OF TERROR, ce chef d’œuvre d’Anthony Mann et celle que vient de sortir Columbia sous le titre THE BLACK BOOK :</p>
<p style="text-align: center;"><strong>THE BLACK BOOK versus REIGN OF TERROR</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/theblackbook.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1395" title="theblackbook" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/theblackbook.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/reignofterror.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1396" title="reignofterror" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/reignofterror.jpg" alt="" width="202" height="300" /></a></p>
<p>Who says this blog is afraid to answer the tough questions, to boldly tackle the really burning issues of the day ?</p>
<p>To wit : Given that VCI Entertainment issued a not-all-that bad DVD version of Anthony Mann&#8217;s delightful French Revolution pop-noir 1948 Reign of Terror AKA The Black Book, is the new version of the Mann film recently released by the burn-on-demand Sony subsidiary Columbia Classics worth a look, let alone an investment of 20 bucks or thereabouts?</p>
<p>Well, we&#8217;ve delved into the question and the answer is, HELL YEAH.</p>
<p>The relative enthusiasm with which the VCI release was met with back in 2008 was of course relative to the fact that prior video iterations of the film looked like sock puppet theater, on account of their being quasi-bootlegs of the title which had fallen into the slough of despond known as public domain. The VCI version was made from undeniably soft materials, but transferred with care. If the magnificent chiaroscuros concocted by Mann and his most crucial collaborator, cinematographer John Alton, were clearly not all that they could be, well, they were enough to extrapolate from. Given the state of affairs concerning the film&#8217;s provenance and such, DVD Beaver reviewers Gregory Meshman and Gary W. Tooze said of the release, &laquo;&nbsp;This may be as good as it gets.&nbsp;&raquo;</p>
<p>This was of course before the burn-on-demand DVD marketing scheme got going. My suspicion is that some cinephile at Sony knew that the studio had some very superior materials in the vault, and that the only way to get them released would be through just such a corporate sidebar as was pioneered by the Warner Archive. Alas, Jeanine Basinger&#8217;s otherwise quite thorough Mann biography doesn&#8217;t go into how Reign of Terror got its name changed to The Black Book, but I suspect it was retitled after the independent low-budget production was picked up for distribution by Columbia.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/en-hommage-a-pierre-schoendoerffer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>60</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Etats-Unis avant la France !!</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/les-etats-unis-avant-la-france/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/les-etats-unis-avant-la-france/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Apr 2012 07:52:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>
		<category><![CDATA[grémillon]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1524</guid>
		<description><![CDATA[Les USA et Criterion rendent un hommage à un cinéaste francais majeur, Jean Grémillon, avec ce coffret. L&#8217;oeuvre de Grémillon était jusqu&#8217;à ces derniers mois, peu diffusée en DVD. Il y avait une fort belle édition de REMORQUES chez MK2, dans une fort belle copie et L&#8217;ÉTRANGE MADAME X chez René Chateau. Ces derniers mois, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les USA et Criterion rendent un hommage à un cinéaste francais majeur, Jean Grémillon, avec ce coffret. L&#8217;oeuvre de Grémillon était jusqu&#8217;à ces derniers mois, peu diffusée en DVD. Il y avait une fort belle édition de REMORQUES chez MK2, dans une fort belle copie et L&#8217;ÉTRANGE MADAME X chez René Chateau. Ces derniers mois, Gaumont a sorti DAINAH LA METISSE et L&#8217;AMOUR D&#8217;UNE FEMME, deux films majeurs. Mais en regroupant les trois films tournés sous l&#8217;Occupation, Criterion accomplit un travail éditorial très en avance sur la France.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/gremillon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1525" title="gremillon" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/gremillon.jpg" alt="" width="231" height="300" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/les-etats-unis-avant-la-france/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>19</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films italiens et lectures</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens-et-lectures/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens-et-lectures/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 10:03:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1290</guid>
		<description><![CDATA[LECTURES Tout d’abord plusieurs livres que j’ai adorés, le GENE KELLY d’Alain Masson, indispensable pour tous les amateurs de comédies musicales. Le revigorant CETTE OBSCURE ENVIE DE PERDRE À GAUCHE de Jean-Philippe Domecq (à qui on doit l’essentiel LA FIN DE ROBESPIERRE) : le décryptage de la manière dont Al Gore et Jospin ont perdu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ff0000;">LECTURES</span></h4>
<p>Tout d’abord plusieurs livres que j’ai adorés, le GENE KELLY d’Alain Masson, indispensable pour tous les amateurs de comédies musicales.<br />
Le revigorant CETTE OBSCURE ENVIE DE PERDRE À GAUCHE de Jean-Philippe Domecq (à qui on doit l’essentiel LA FIN DE ROBESPIERRE) : le décryptage de la manière dont Al Gore et Jospin ont perdu vous empoigne et vous met la rage au cœur. Ralph Nader, en rêvant d’une écologie plus maximaliste que celle d’Al Gore, a remis les clés du pouvoir à Bush qui a napalmé l’écologie.<br />
Enfin, j’ai acheté WARLOCK, roman qu’on dit remarquable et qui a inspiré L’HOMME AUX COLTS D’OR.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/genekelly.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1308" title="genekelly" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/genekelly.jpg" alt="" width="120" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/obscureenvieperdreagauche.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1310" title="obscureenvieperdreagauche" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/obscureenvieperdreagauche.jpg" alt="" width="116" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/admin-ajax.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1535" title="admin-ajax" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/admin-ajax.jpg" alt="" width="173" height="202" /></a> </p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #ff0000;">FILMS ITALIENS</span></p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/Matarazzo_boxb.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1424" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="Matarazzo_boxb" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/04/Matarazzo_boxb.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a>Critérion, dans sa collection Eclipse, vient de sortir un coffret consacré à Raffaello Matarazzo qui comprend quatre de ses mélodrames des années 40/50 : CHAINS(le Mensonge d’une mère), TORMENTO (Bannie du Foyer), NOBODY&#8217;S CHILDREN (le Fils de Personne) et THE WHITE ANGEL. Les titres donnent le ton de ces films qu’il faut avoir vu. Matarazzo dont Freda vantait l’intelligence, croit dans son matériau et le transcende à force de sincérité. Il ne joue jamais au plus malin, accepte les conventions, les affronte et en triomphe. Le couple Amedeo Nazzari-Yvonne Sanson tient la vedette dans nombre de ses films y compris dans un titre qui ne figure pas dans ce coffret et qui adaptait Alphonse de Lamartine.<br />
D’autres films de Matarrazo sont disponibles sur Amazon Italie : L’AVVENTURIERA DEL PIANO DI SOPRA avec Vittorio de Sica (sous-titres français) dont le scénario fut co écrit par Riccardo Freda ; LA SCHIAVA DEL PECCATO (sous-titres italiens) avec Silvana Pampanini ; L’INTRUSA (sous-titres français) avec Amedeo Nazzari et Léa Padovani ; SONO STATO IO avec Eduardo, Peppino et Titina de Filippo (sous-titres italiens), casting unique ; JOE IL ROSSO ; GIU IL SIPARIO (sous-titres italiens). Ces derniers titres semblent être des farces qui marquent sa première période entre TRENO POPOLARE et les mélodrames.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/avventuriera.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1314" title="avventuriera" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/avventuriera.jpg" alt="" width="85" height="120" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/schiava.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1315" style="border: black 1px solid;" title="schiava" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/schiava.jpg" alt="" width="81" height="120" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/intrusa.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1316" style="border: black 1px solid;" title="intrusa" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/intrusa.jpg" alt="" width="85" height="120" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sonostato.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1317" title="sonostato" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sonostato.jpg" alt="" width="82" height="120" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/giul.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1318" style="border: black 1px solid;" title="giul" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/giul.jpg" alt="" width="85" height="120" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/joeilrosso.jpg"><img title="joeilrosso" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/joeilrosso.jpg" alt="" width="82" height="120" /></a></p>
<p>J’ai aussi obtenu un film de Cottafavi qui m’avait été signalé par des cinéphiles intervenant sur le blog. Il s’agit de UNA DONNA HA UCCISO (sous-titres anglais).</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/casanova.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1327" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="casanova" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/casanova.jpg" alt="" width="124" height="200" /></a>Livraison très riche de SND. Et d’abord un chef d’œuvre, CASANOVA, UN ADOLESCENT À VENISE de Luigi Comencini. Admirable film historique, l’un des plus beaux, des plus profonds, des plus inspirés de la décennie. On est plongé au milieu de l’époque, on est projeté parmi les personnages. On ne regarde jamais de loin. On capte l’âme de l’époque. La première partie confronte Casanova enfant à la violence de son époque, à la corruption, à la mort. La découverte d’un cadavre est une séquence inoubliable. On retrouve toute l’attention que Comencini porte à l’enfance qu’il filme comme personne. Et je renvoie à cet autre chef d’œuvres qu’est L’INCOMPRIS. La seconde partie évoque un Casanova adolescent qui découvre l’amour, les traîtrises, les désillusions, le libertinage. Comencini nous parle de l’érosion, de la perte de l’innocence. Grandiose composition de Lionel Stander qui avait fuit les Etats-Unis après sa déposition percutante devant la Commission des Activités anti-américaines.</p>
<p>Quelques Dino Risi épatants comme LA CARRIÈRE D’UNE FEMME DE CHAMBRE, un des meilleurs, des plus décapants. Et deux œuvres dramatiques : DERNIER AMOUR, variation sur la FIN DU JOUR, qui m’avait touché à l’époque (l’interprétation de Tognazzi, admirable en acteur vieillissant, la beauté d’Ornella Mutti) ; ÂMES PERDUES, fable noire et rêveuse, plus mélancolique, très bien jouée par Deneuve et Gassman avec un dénouement un peu trop téléphoné. LE SEXE FOU est plus inégal mais deux ou trois moments sont irrésistibles.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/femmedechambre.jpg"><img title="femmedechambre" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/femmedechambre.jpg" alt="" width="124" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/dernieramour.jpg"><img title="dernieramour" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/dernieramour.jpg" alt="" width="122" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/amesperdues.jpg"><img title="amesperdues" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/amesperdues.jpg" alt="" width="121" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sexefou.jpg"><img title="sexefou" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/sexefou.jpg" alt="" width="124" height="200" /></a></p>
<p>J’ai adoré revoir METELLO, peut être le chef d’oeuvre de Bolognini (quel beau double programme avec les CAMARADES de Monicelli). Cette défense du syndicalisme est filmée avec un raffinement, un gout, une somptuosité visuelle qui, pourtant, n’étouffent pas l’émotion. Premiers plans inoubliables : dans le petit matin, un homme sort de prison et va retrouver sa femme et son enfant. La couleur des murs, la grâce inspirée de la photo, l’intelligence des cadres, tout cela retrouve l’inspiration lyrique du meilleur Zola, de Dabit, Charles Louis Philippe. Et il y a évidemment Ottavia Piccolo, formidable en ouvrière amoureuse, réservée et pourtant fière, qui va triompher de sa rivale (la très belle et très sensuelle Tina Aumont). Beau personnage de femme, finalement plus forte, plus droite que son mari. Et Florence, filmée avec amour.</p>
<p>Dans ROGOPAG, je passerai sur les deux premiers sketches qui m&#8217;ont indifféré pour m’arrêter sur celui de Pasolini, La Ricotta qui est une vraie réussite. On y retrouve le regard acéré, lucide, jamais hautain de cet amateur de paradoxe et de vérité. Qui savait débusquer la seconde derrière le premier. Conte cruel et compatissant qui met à nu les rapports de pouvoir (intellectuel, social), épingle les comportements odieux. Le récit est constamment ironique (comment se nourrir en se faisant passer pour un saint, comment vendre un chien aussi abusif que sa maîtresse). Sous le regard narquois d&#8217;un Orson Welles qui récite – hélas doublé en italien – du Pasolini. A ne pas manquer.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/metello.jpg"><img title="metello" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/metello.jpg" alt="" width="122" height="200" /></a>  <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/rogopag.jpg"><img title="rogopag" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/rogopag.jpg" alt="" width="122" height="200" /></a></p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/splendor.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1339" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="splendor" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/splendor.jpg" alt="" width="124" height="200" /></a>J&#8217;ai enfin découvert SPLENDOR d’Ettore Scola dans le magnifique Blu-ray sorti et restauré par Gaumont en même temps que QUELLE HEURE EST-IL ?, toujours de Scola (que je vais revoir), et ET VOGUE LE NAVIRE qui m’avait touché. SPLENDOR, qui avait été occulté par CINEMA PARADISO, m’a enchanté. C’est un hommage émouvant, chaleureux au cinéma qui a marqué Scola, depuis « les roues dentées de Metropolis » (Beau monologue du petit garçon face caméra), les chefs d’œuvres du néo réalisme, célébrés déjà dans NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉS, jusqu’à des œuvres plus récentes. Une variété de personnages pittoresques ou touchants déambulent au hasard du récit et sont traités par Scola avec un grand sens de l’hospitalité : le projectionniste obsessionnel qui fait louer des films qui se ramassent, le critique communiste qui avoue avoir avalé des couleuvres et finit par se recycler à la télé, le libraire amoureux du cinéma et de Marina Vlady, qui laisse ouverte sa librairie : « Qui volerait un livre dans cette ville ? ». On aperçoit au début Simon Mizrahi, ami cher qui fit tant pour le cinéma italien, en directeur de troupe odieux. Il y a un moment formidable qui concrétise le talent de Scola : le cinéma est vide et le projectionniste se retrouve sur la place. A la terrasse du café des dizaines de consommateurs, vautrés, somnolent. « Vous seriez mieux au cinéma », leur dit le projectionniste. On lui rétorque que la télé présente plein de films et l’un des buveurs cite une douzaine de titres. « Lequel vous allez voir ? » &#8211; « Aucun », lui répond son interlocuteur. Echange admirable qui résume tout un état de jachère mentale où l’on est déjà gavé face à l’offre, sans qu’il soit besoin de consommer.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/etvoguelenavire.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1340" title="etvoguelenavire" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/etvoguelenavire.jpg" alt="" width="128" height="200" /></a> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/quelleheure.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1341" title="quelleheure" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/quelleheure.jpg" alt="" width="126" height="200" /></a></p>
<h4><span style="color: #ff0000;">ADDITIF KAURISMAKI</span></h4>
<p>Dans le <a title="Films américains et films français récents" href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-americains-et-films-francais-recents/">coffret KAURISMAKI</a>, je voudrais signaler CALAMARI UNION, film étrange et formidable où tous les protagonistes s’appellent Frank. Ils tentent de traverser une ville (Helsinki), abîmée par les crottes de chien et dans cette odyssée calquée sur RED RIVER, meurent l’un après l’autre. Au passage, dans un café, on récite intégralement et en français le poème de Jacques Prévert : « il est terrible le petit bruit de l’oeuf dur&#8230; ».</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/calamariunion.jpg"><img class="aligncenter" title="calamariunion" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/03/calamariunion.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens-et-lectures/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>38</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films américains et films français récents</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-americains-et-films-francais-recents/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-americains-et-films-francais-recents/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 09:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1221</guid>
		<description><![CDATA[FILMS AMÉRICAINS EN DVD Outre JOHNNY EAGER, un des meilleurs Le Roy hors sa période Warner, Wild Side nous offre dans la collection des Introuvables, LA MAIN NOIRE de Richard Thorpe. Des décors soignés, une belle photo, la présence de Gene Kelly et de ses efforts pour jouer un rôle dramatique et ethnique (ses interjections [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ff0000;"><strong>FILMS AMÉRICAINS EN DVD</strong></span></h4>
<p>Outre <strong>JOHNNY EAGER</strong>, un des meilleurs Le Roy hors sa période Warner, Wild Side nous offre dans la collection des Introuvables, <strong>LA MAIN NOIRE</strong> de Richard Thorpe. Des décors soignés, une belle photo, la présence de Gene Kelly et de ses efforts pour jouer un rôle dramatique et ethnique (ses interjections italiennes sont réjouissantes), un bon retournement dramatique (la mort du flic) permettent au film de faire illusion pendant une demi-heure. Mais hélas, le scénario devient vite prévisible, mollasson et extraordinairement conventionnel. Tous les clichés sont au rendez-vous. Pardon, cher Patrick Brion pour ce crime de lèse-majesté envers Richard Thorpe.</p>
<p>                                                     <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/johnnyeager.jpg"><img title="lamainnoire" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lamainnoire.jpg" alt="" width="123" height="200" />         <img class="size-full wp-image-1230 alignnone" title="johnnyeager" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/johnnyeager.jpg" alt="" width="120" height="200" /></a>          </p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/patterns.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1234" title="patterns" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/patterns.jpg" alt="" width="121" height="200" /></a>PATTERNS </strong>de Fiedler Cook sur un sujet de Rod Serling sur les mœurs dans une grosse société (intéressant et très actuel), est incroyablement mal mis en scène, terne, académique avec des acteurs d&#8217;habitude formidables mais qui là, farcis d’intentions et de directions, vous expliquent, vous soulignent tout dans leur jeu. C’est encore accentué par la façon dont ils sont cadrés, qui est toujours redondante. Ce fut d&#8217;abord une dramatique télévisuelle qui remporta un tel succès critique et public qu&#8217;on la redonna une semaine après. C&#8217;est à dire qu’on dut, vu qu&#8217;elle était en direct, la faire rejouer, la filmer une seconde fois. C&#8217;était une première dans les annales de la télévision. Dans le film Van Heflin remplace Richard Kiley mais les deux autres acteurs, Ed Begley et Everett Sloane reprennent leurs rôles. Aucun des trois n&#8217;est vraiment bon, phénomène unique pour Van Heflin. La comparaison avec la TOUR DES AMBITIEUX est écrasante pour Cook. Ce qui prouve que de super collaborateurs (Boris Kauffman, Richard Sylbert) ne parviennent pas à inspirer ou à sauver la mise en scène. </p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/theboldandthebrave.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1235" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="theboldandthebrave" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/theboldandthebrave.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a>THE BOLD AND THE BRAVE</strong>, revu grâce au DVD anglais d&#8217;Optimum dans un excellent transfert mais avec un format 4/3. Le film était sorti en SuperScope, procédé qui élargissait l&#8217;image au tirage. Il est difficile de savoir comment étaient cadrés de tels films, si ce choix était prévu dès le début ou bien décidé durant le tournage ou la post-production. J&#8217;ai parfois senti que le cadre était serré mais sans avoir l&#8217;impression d&#8217;une image vraiment amputée (pourtant IMDB donne un format large). En tout cas cette vision récente confirme les qualités du film, de loin le plus ambitieux de Lewis R. Foster dont il faut voir CAPTAIN CHINA, L’OR DE LA NOUVELLE GUINÉE. Une ambition présente dès le scénario de Robert Lewin (nommé pour l&#8217;Oscar du meilleur scénario original) inspiré par ses souvenirs de guerre qui tourne quasiment autour de 3 personnages masculins et d&#8217;une femme et qui est aussi divisé en trois parties :<br />
1) la vie du détachement (la plus conventionnelle) et le début d&#8217;une amitié entre les trois protagonistes, le riche héritier oisif et qui ne veut pas tuer, le combinard jovial et le soldat pétri de religion et de principes.<br />
2) La rencontre arrangée de &laquo;&nbsp;Pasteur&nbsp;&raquo; qui est visiblement puceau et d&#8217;une fille à soldat italienne, jouée bien sûr (le choix s&#8217;imposait) par une actrice française, Nicole Maurey, qui s&#8217;en sort honorablement. Ce qui était une plaisanterie devient une histoire d&#8217;amour. La découverte de la vérité est terrible. <br />
3) Enfin, la guerre avec la revanche de Pasteur et la réhabilitation de Wendell Corey. Nous saluions à juste titre la longue séquence ou Wendell Corey se bat contre un tank dans un paysage désolé de rocailles plus que de forêt. C&#8217;est le début de l&#8217;attaque qui se passe dans un bois d&#8217;arbres morts. Toute aussi réussie est la longue partie de dés où un Mickey Rooney survolté gagne une fortune. Foster a la modestie, l&#8217;intelligence de ne pas découper la scène, de limiter les inserts sur les dés, de supprimer les plans de coupe. Il se concentre sur le Rooney, son visage, sa gestuelle, ses invocations et cela nous enchante. Il entraîne, dynamise toute la séquence qui est anthologique, lui donne une incroyable vérité. Dès qu&#8217;il apparaît dans le film, on a l&#8217;impression qu&#8217;il improvise son dialogue ; met à mal le côté un peu statique des premiers échanges. Il fut lui aussi nommé pour un Oscar. Le personnage de fanatique religieux que joue de manière convaincante Don Taylor est le plus intéressant et le plus original du film. Le travail de Foster est simple et sans affectation. Il sait ne pas surdramatiser les moments signifiants et trouve le rythme qui convient aux moments de comédie. IMDB déclare que Mickey Rooney réalisa certains plans. Soit il filma quelques raccords, soit il commença le film et le producteur Hal Chester fit appel à Lewis Foster avec qui il avait fait CRASHOUT. Photo de Sam Leavitt et musique de Hershell Burke Gilbert qui brode des variations sur certains thèmes de NAKED DAWN. Horrible chanson de générique due à Mickey Rooney et Ross Bagdassarian.</p>
<p><strong>SHOTGUN STORIES</strong>, premier film de Jeff Nichols est une manière de chef d’œuvre qui autopsie comment des personnages introvertis, repliés sur eux-mêmes, inarticulés, vont sombrer peu à peu dans la violence, ce qui n’est absolument pas dans leurs intentions. Une volonté maladroite, véhémente, de dire la vérité, une vérité, lors d’un enterrement, qui va provoquer un conflit qui va peu à peu dégénérer. L’atmosphère sudiste, le manque de manières, d’éducation sont évoquées sans ostentation, sans paternalisme, sans mépris absolument formidable. </p>
<p>                                             <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/shotgunstories.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1236" title="shotgunstories" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/shotgunstories.jpg" alt="" width="146" height="200" /></a>        <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/mrsparkerandtheviciouscircle.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1237" title="mrsparkerandtheviciouscircle" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/mrsparkerandtheviciouscircle.jpg" alt="" width="142" height="200" /></a></p>
<p><strong>MRS PARKER AND THE VICIOUS CIRCLE :</strong> ce film, qu’on trouve uniquement en zone 1 dans un DVD Image avec deux autres réalisations, phénomène exceptionnel dans le cinéma américain, ne parle pratiquement que de personnages, hommes et femmes, qu’on peut qualifier « d’intellectuels » new yorkais : dramaturges, éditorialistes, humoristes, journalistes sportifs, critiques, directeur de magazine (le New Yorker). Avec un nombre très important de scènes chorales, collectives où une vingtaine de personnages se coupent la parole. Leurs rencontres quotidiennes, autour d’une table ronde de l’Hôtel Algonquin, leurs repas donnaient en effet lieu à des festivals de vacheries, de bons mots, d’aphorismes (ils recyclaient les meilleurs dans les journaux auxquels ils collaboraient). Alan Rudolph nous montre, à travers le destin tourmenté de Dorothy Parker,  figure énigmatique, fascinante et tragique, comment un groupe peut imposer mais aussi étouffer un artiste, malmener sa vie privée, sujet original s’il en est. Elle devient prisonnière et aussi victime de leurs pratiques, de leurs égos, de leurs jalousies (Groucho Marx disait que pour faire partie du club, il fallait « avoir une langue de serpent et un poignard à demi caché »). De cette façon de privilégier le trait d’esprit sur tout sentiment durable. Un psychiatre lui fait remarquer que la vie du groupe prend le pas sur la vraie vie. Rudolph évoque avec beaucoup de sensibilité, de délicatesse l’amitié tendre qui l’unit au talentueux humoriste Robert Benchley (qui partira faire carrière à Hollywood comme auteur et acteur ; on se souvient de ses courts métrages, Comment faire un film, la Vie sexuelle des Polypes, qui ont été réunis dans un coffret et de ses apparitions dans de nombreux film dont CORRESPONDANT 17). Cette chronique poignante des faux pas, des occasions manquées, des aveuglements, trouve en Jennifer Jason Leigh l’actrice idéale. Nul mieux qu’elle ne sait montrer les fêlures et de l’âme et du corps. Sa diction étrange – elle étudia longuement la voix de Dorothy Parker et l’entendre dire ses poèmes justifie déjà la vision du film, sa gestuelle inspirée, sa liberté, sa manière de faire corps avec ses émotions sans les expliquer permettent d’explorer des zones d’ombre rares. Et finalement on se dit que comme elle l’écrivit plus tard : « On subissait la terrible dictature du bon mot (wisecrack) qui empêchait absolument d’atteindre à une quelconque vérité. » Une occasion de revoir d’autre films d’Alan Rudolph comme WANDA’S CAFE, CHOOSE ME.<br />
 <br />
<strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lonestar.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1238" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="lonestar" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lonestar.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a>LONE STAR</strong> (1996) : sans doute, jusqu’à présent, le chef d’œuvre de John Sayles et l’un des très rares films où la moindre péripétie, le moindre rebondissement sont vus avec un regard neuf, semblent ne rien devoir à personne. Tout comme cette scène qui démystifie l’histoire de Fort Alamo et remet tout en perspective. Le scénario avec ses intrigues entremêlées, la multitude des personnages, tous vivants et intéressants, ses ruptures spatio-temporelles, est à la fois complexe et incroyablement fluide. Les flashes back sont amenés avec autant d’élégance que d’évidence et le récit coule, comme une rivière, vers une conclusion qu’on ne devine pas. Cette enquête sur un meurtre vieux de 30 ans, relie passé et présent, montre qu’on ne peut échapper au poids de l’Histoire, révèle le poids du nationalisme, des préjugés raciaux, du révisionnisme social, des conflits de génération, de la censure. Le tout traité avec subtilité, sans jamais donner l’impression d’une œuvre à thèse où l’auteur impose ses vues et ses idées. Au contraire, tout semble organique, couler de source. Le film magistralement écrit, brillamment dialogué, avec acuité, ironie et concision, s’impose comme l’un des meilleurs &#8211; sinon le meilleur &#8211; scénarios de la décennie. La dernière scène et la dernière réplique sont anthologiques. Sayles filme avec invention,  intelligence, respectant ses personnages sans jouer au plus malin, épousant le rythme intérieur d’acteurs époustouflants : le génial Chris Cooper, Elizabeth Pena, Kris Kristofferson. </p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/primecut.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1239" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="primecut" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/primecut.jpg" alt="" width="117" height="200" /></a>Face à <strong>PRIME CUT</strong> de Michael Ritchie, j’ai éprouvé la même déception que lors de la sortie du film. On attendait beaucoup de Ritchie après DOWNHILL RACER, aigu, brillant, si bien écrit par James Salter. Mais là le scénario de Robert Dillon est si plat, si conventionnel que le film semble totalement inerte. Lee Marvin vient se venger de Gene Hackman avec une bande de tueurs et, de chasseur, devient gibier. Ne cherchez rien d’autre sinon des rapports étranges entre Hackman et son frère et deux ou trois échanges dont le dernier entre les deux protagonistes. Le seul intérêt du film est son cadre, rarement filmé : le Kansas des marchands de viande, des bouseux, avec sa vulgarité, ses foires, ses exhibitions machistes : des filles, dont la merveilleuse Sissy Spacek, sont exhibées nues, dans un parc à viande. Même la séquence de la poursuite de Marvin et Spacek par une moissonneuse batteuse, pastiche de LA MORT AUX TROUSSES, que nous louions dans 50 Ans, m’a paru molle, interminable, avec ces longues focales qui écrasent l’espace.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/thekremlinletter.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1240" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="thekremlinletter" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/thekremlinletter.jpg" alt="" width="128" height="200" /></a>En revanche <strong>THE KREMLIN LETTER</strong> de John Huston (Opening) tient formidablement le coup. Il s’agit d’un des films d’espionnages les plus noirs, les plus pessimistes. Les notions de cause, d’engagement idéologique, de patriotisme sont bafouées, piétinées. Tout le monde trahit. C’est le règne de l’argent et cela dans les deux camps. C’est un personnage que joue Huston qui fait d’ailleurs ce constat et il est difficile de sympathiser avec un personnage, tant le film lamine la notion de héros et rend opaque la moindre action. Le DVD permet enfin de comprendre cette ténébreuse affaire où la lettre du titre est vite reléguée à l’état de prétexte et où le coup de théâtre final – d’une ironie toute hustonienne – vous glace. Tout ce que montre le film, la corruption, les mœurs sexuelles, s’est révélé, avec les années, d’une profonde justesse. C’est du sur-John le Carré. Au passage, plutôt que de voir LA TAUPE, exercice esthétisant et inerte, mieux vaut revoir la version de la BBC de TINKER TAILOR SOLDIER SPY (et aussi de SMILEY’S PEOPLE). Alec Guinness est très supérieur à Gary Oldman.</p>
<p>J’ai acheté <strong>MURDERS IN THE ZOO</strong> d’Edward Sutherland (zone 1 sans sous-titres) après une description alléchante d’un participant au blog. Et c’est vrai que l’ouverture est sidérante : cet homme dont on coud les lèvres et qu’on abandonne dans la jungle. La suite est malheureusement desservie par une intrigue rudimentaire, des moments de « soulagement comique » (comic relief) exaspérants, interminables. La photo est belle et Lionel Atwill inquiétant à souhait. Randolph Scott joue les bellâtres.</p>
<p style="text-align: left;">                                      <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/murdersinthezoo.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1241" title="murdersinthezoo" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/murdersinthezoo.jpg" alt="" width="138" height="200" /></a>          <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coffretSF.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1242" title="coffretSF" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coffretSF.jpg" alt="" width="125" height="200" /></a></p>
<p>Artus Films vient de sortir dans un coffret trois nanars de science-fiction : RED PLANET MARS de Harry Horner, INVADERS FROM MARS de William Cameron Menzies et FLIGHT TO MARS de Lesley Selander. Le pire des trois est le minable <strong>FLIGHT TO MARS</strong>, décors hideux et dialogues d’une sottise confondante : « Savez- vous déjà comment vous allez revenir de Mars ? », demande un journaliste au chef de l’expédition, la veille du départ – « Vous savez, je suis un alpiniste. Ce qui comptait c’était atteindre le sommet, pas redescendre. » Je n’ai jamais compris la petite réputation dont jouit <strong>INVADERS FROM MARS</strong> aux USA. Certes le décor de la petite colline devant la maison, du sentier avec la barrière, est une jolie réussite où l’on reconnaît la patte du génial décorateur William Cameron Menzies (Le VOLEUR DE BAGDAD avec Fairbanks, GONE WITH THE WIND, REIGN OF TERROR). Certes plusieurs plans filmés du point de vue de l’enfant sont efficaces, avec leurs perspectives faussées, les dimensions exagérées mais là encore les dialogues sont souvent idiots et les acteurs vraiment médiocres. Dans la dernière partie, tout se dégrade, le scénario, les situations, les décors. En particulier ces grottes d’une dizaine de mètres que les figurants parcourent une centaine de fois dans tous les sens jusqu’à ce qu’on en ait la nausée (pour être honnête, il faut dire que Menzies ne put contrôler le montage et que la production ajouta des flashes back de manœuvres militaires et multiplia ces plans de courses sur douze mètres carré). L’idéologie anti-rouge et belliciste colore le film (la peur, la haine de l’étranger). THINGS TO COME toujours de Menzies d’après Wells m’avait semblé statique, compassé. Son meilleur film reste ADDRESS UNKNOWN, disponible en zone 1 d’après le livre de Kressman Taylor qui écrivit le scénario.<br />
<strong>RED PLANET MARS</strong> est aussi réalisé par un décorateur très talentueux, Harry Horner (THE WONDERFUL COUNTRY, L’ARNAQUEUR, ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX), auteur de quelques films intéressants. C’est une œuvre incroyablement solennelle, hyper religieuse qui détaille une escroquerie insensée effectuée par un agent double soviétique depuis la Cordillère des Andes, lequel veut faire croire que les martiens écoutent le sermon sur la montagne, ce qui va se révéler exact. Il y a des rebondissements ahurissants (la révolte en Russie où on nomme un Pope à la place du Soviet suprême). Les Russes commencent par dire : « Parlons en anglais pour qu’ils ne comprennent rien. » A plusieurs, malgré ou à cause de l’emphase du récit, on peut s’éclater. C’est le vrai nanar anti-rouge, tourné pourtant par un homme intelligent et cultivé.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/strangeronahorseback.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1243" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="strangeronahorseback" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/strangeronahorseback.jpg" alt="" width="118" height="200" /></a>Sidonis va bientôt sortir le western de Jacques Tourneur <strong>STRANGER ON A HORSEBACK</strong>. Voici ce que j’en disais dans une chronique précédente : « STRANGER ON A HORSEBACK avait été une des plus heureuses surprises de la rétrospective Tourneur. On avait découvert un film original, d’une légèreté aérienne qui s’impose dès les premiers plans : Joel McCrea avance à cheval, en lisant un livre de loi et passe près d’une tombe qu’on est en train de creuser. Pas de dialogue… Juste un léger travelling latéral subjectif coupé par un plan serré d’une femme, plan inattendu qui s’enchaîne sur un plan large où McCrea, à droite du cadre, s’éloigne de la tombe. Un  peu plus tard, un chat roux prend une place importante dans le bureau du marshal et sa présence décale les scènes. On le verra sauter du bureau quand trois hommes font brusquement irruption pour délivrer Kevin McCarthy. Ce dernier joue le rejeton du potentat local, violent, dégénéré, tyrannique et pourtant charmeur qui semble débarrassé de tous les clichés qui alourdissent ce personnage archétypal. Et la manière dont McCrea qui refuse de se servir de ses armes, le réduit à l’impuissance, est irrésistible. Il se débarrassera de la même manière d’un homme de main qui le provoque après un échange jubilatoire : l’homme l’arrose quand il passe près d’un abreuvoir. McCrea se contente de dire « il fait chaud ». Quand il revient sur ses pas, l’autre l’arrête : « je n’ai pas aimé ce que vous avez dit ». – « J’ai dit qu’il faisait chaud. » – « J’ai pas aimé le ton sur lequel vous l’avez dit. » Le ton, le traitement sont constamment inhabituels. McCrea, juge itinérant, découvre presque accidentellement qu’il y a eu un meurtre et commence à souligner toute une série d’actes délictueux. Tourneur filme tout cela de manière feutrée, presque dédramatisée : les rapports entre le juge et  John Carradine, procureur corrompu qui essaie de sauver les suspects, sont extrêmement amusants et dégraissés des  effets comiques redondants.<br />
Ce film fut tourné en Ansco Color, procédé étrange qui semble bichrome et donne des teintes étranges qui dans les plans larges ne sont pas désagréables. Tourneur en tire quelques effets heureux. </p>
<p>Je viens de voir un épisode de <strong>JOHNNY STACCATO</strong> (ZONE 1) dirigé par John Cassavetes pas terrible malgré Charles McGraw en musicien has been qui veut revenir (MURDER FOR CREDIT). Un autre (THE NAKED TRUTH), moins bon encore, dirigé par Pevney. Ce qu&#8217;il y a de mieux, ce sont les plans d&#8217;extérieurs de New York (tout comme dans NAKED CITY mais là, les scénarios paraissent plus soignés) et la musique d&#8217;Elmer Bernstein. Deux autres épisodes sont un peu mieux écrits.</p>
<p>                                                                 <img title="johnnystaccato" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/johnnystaccato.jpg" alt="" width="121" height="200" /></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">SORTIES</span></strong></p>
<p>La sortie du magnifique <strong>LE HAVRE</strong> est une bonne occasion de revoir des Kaurismäki comme LA FILLE AUX ALLUMETTES, L’HOMME SANS PASSÉ. On peut s’étonner du petit nombre de DVD dont beaucoup sont en finlandais sans sous-titres. Mais il y a un coffret.</p>
<p>                                <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coffretKaurismaki.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1245" title="coffretKaurismaki" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coffretKaurismaki.jpg" alt="" width="156" height="200" /></a>          <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lhommesanspasse.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1246" title="lhommesanspasse" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lhommesanspasse.jpg" alt="" width="142" height="200" /></a></p>
<p>Profitons de <strong>TOUTES NOS ENVIES</strong>, pour revoir L’ÉQUIPIER, WELCOME, TOMBÉS DU CIEL de Philippe Lioret.</p>
<p>           <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lequipier.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1247" title="lequipier" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/lequipier.jpg" alt="" width="121" height="200" /></a>    <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/welcome.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1248" title="welcome" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/welcome.jpg" alt="" width="147" height="200" /></a>    <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/tombesduciel.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1249" title="tombesduciel" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/tombesduciel.jpg" alt="" width="123" height="200" /></a></p>
<p>Et du splendide <strong>L’EXERCICE DE L’ÉTAT</strong> pour acheter le prometteur VERSAILLES de Pierre Schöller.</p>
<p>                                                               <img title="versailles" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/versailles.jpg" alt="" width="128" height="200" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/UneNuit.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1251" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="UneNuit" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/UneNuit.jpg" alt="" width="161" height="220" /></a>UNE NUIT</strong> de Philippe Lefebvre (son premier film de cinéma depuis le TRANSFUGE et le JUGE) est une excellente surprise qui s&#8217;apparente à un sous genre, le &laquo;&nbsp;street movie&nbsp;&raquo;. En effet les deux héros, Rochdy Zem et Sara Forestier sillonnent, parcourent, traversent un nombre incroyables de rues, de ponts, d&#8217;artères, des Champs Elysées à la rue de Richelieu, de la rue de Douai aux alentours de l&#8217;Étoile, de Pigalle à Montparnasse (UNE NUIT comprend le plus grand nombre de scènes nocturnes, de plans subjectifs depuis EXTÉRIEURS NUIT de Jacques Bral). Lefebvre, aidé de ses deux coscénaristes Philippe Izard et Simon Michael, évite bien des pièges, ne se livre à aucune surenchère, aucune démonstration de testostérone. Au contraire, il suit méthodiquement ses héros dans leurs incessantes visites cycliques dans des bars à putes, des boîtes échangistes, des clubs plus ou moins louches, des cafés où le père du barman dort par terre, abruti par l&#8217;anisette. On y croise des travestis plus ou moins déglingués, des camés, des patrons de bar qui biaisent sans cesse avec la loi, des prostitués qui tapinent dans les sanisettes du cours de Vincennes (j&#8217;avais filmé des scènes analogues dans L.627). Nulle fusillade, pas de règlements de compte spectaculaires mais des interrogatoires teigneux, une plongée dans un monde trouble où les amitiés anciennes, les trahisons, les combines, l&#8217;exercice même du métier de flic de la mondaine gangrènent les frontières de la morale, pointent toutes les dérives qui minent l&#8217;application de la loi. Nul manichéisme. Lefevbre sait garder ses distances, montrer la complexité de ses personnages. Son héros &laquo;&nbsp;borderline&nbsp;&raquo;, admirablement joué par Rochdy Zem, navigue sans cesse dans des eaux interlopes, entre deux mondes, ne parvient plus à trouver ses repères. Sara Forestier est impeccable de discrétion et de justesse et j&#8217;ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir Samuel Le Bihan, tout à fait remarquable. Gerald Laroche, Jean-Paul Muel, Sophie Broustal campent des figures inoubliables et Richard Borhinger fait une fulgurante apparition.</p>
<p>Voilà un autre polar  qui m&#8217;a surpris, après POLISSE,  le simenonien <strong>COUP D&#8217;ÉCLAT</strong> de José Alcala, bien écrit et si bien joué par Catherine Frot, l&#8217;inoxydable Liliane Rovère et Marie Reynal (déjà admirée dans ALEX, le précédent Alcala), entre autres et le frénétique NUIT BLANCHE de Frédéric Jardin, photographié, excusez du peu, par l&#8217;eastwoodien Tom Stern. Le film noir français se porte bien.</p>
<p><strong>                            <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coupdeclat.png"><img title="coupdeclat" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/coupdeclat.png" alt="" width="140" height="200" /></a>    <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/rubber.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1253" title="rubber" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/02/rubber.jpg" alt="" width="141" height="200" /></a></strong></p>
<p>QUELQU’UN a-t-il vu <strong>RUBBER</strong> qui bénéficie d’une belle édition DVD ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-americains-et-films-francais-recents/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>88</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films français connus, méconnus, oubliés</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-francais-connus-meconnus-oublies/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-francais-connus-meconnus-oublies/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 14:26:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1134</guid>
		<description><![CDATA[Dans l’indispensable collection rouge de la Gaumont, quelques curiosités. En  premier lieu, LE RIDEAU ROUGE, seule réalisation du metteur en scène de théâtre André Barsacq (le résultat n’est pas totalement concluant), écrite (et codirigée ?) par Anouilh, lequel donne son vrai ton, sa vraie couleur, son originalité au film. On retrouve certains de ses thèmes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lerideaurouge.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1175" style="border: black 2px solid;" title="lerideaurouge" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lerideaurouge.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a>Dans l’indispensable collection rouge de la Gaumont, quelques curiosités. En  premier lieu, <strong>LE RIDEAU ROUGE</strong>, seule réalisation du metteur en scène de théâtre André Barsacq (le résultat n’est pas totalement concluant), écrite (et codirigée ?) par Anouilh, lequel donne son vrai ton, sa vraie couleur, son originalité au film. On retrouve certains de ses thèmes, de ses préoccupations, les rapports entre le théâtre et la vie.<br />
Des comédiens répètent Macbeth sous la direction d’un metteur en scène tyrannique (Michel Simon) qui est assassiné. Lors de l’enquête policière, on découvre les correspondances entre la pièce et la vie, la manière dont  la vie privée des protagonistes recoupait, décalquait l’intrigue shakespearienne. Le flic qui s’acharne à voir Macbeth jusqu’au bout (Olivier Hussenot, très marrant), découvrira le meurtrier et son mobile, triomphant sur son collègue, pétri d’ignorance, qui déteste le théâtre (l’excellent Jean Brochard). Cet étrange plaidoyer pour l&#8217;Art Dramatique, assez raide dans ses effets de miroirs, nous permet de voir le  théâtre de l’Atelier, la place et les rues qui l’entourent. Je trouve que Brasseur est un Macbeth tonitruant et pas du tout convaincant, qu’il a du mal à apprivoiser la langue de Shakespeare et que Monelle Valentin est nulle. En revanche, Noel Roquevert, formidable en cabot qui veut vous faire profiter de tous les rôles qu’il a joués, vole le film même si d’autres acteurs sont savoureux, en particulier Marcel Peres, en bruiteur.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Deuxsousdeviolettes.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1176" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px; border: black 2px solid;" title="Deuxsousdeviolettes" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Deuxsousdeviolettes.jpg" alt="" width="143" height="200" /></a><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Lachambreardente.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1177" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px; border: black 2px solid;" title="Lachambreardente" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/Lachambreardente.jpg" alt="" width="143" height="200" /></a>Viennent de sortir <strong>DEUX SOUS DE VIOLETTES</strong>, le seul film vraiment réalisé par Anouilh, et <strong>LA CHAMBRE ARDENTE</strong> que j&#8217;ai trouvé plus visible que je m&#8217;y attendais. Certes, Duvivier et Spaak dans leur adaptation, massacrent l&#8217;énigmatique et complexe roman de John Dickson Carr (incompréhension de cette famille de scénaristes devant une littérature policière anglo-saxonne ; cf. l&#8217;échec du MEURTRIER, de Lara et d&#8217;Aurenche), n&#8217;en retiennent pas la construction, délocalisent l&#8217;intrigue dans la Forêt Noire (pourquoi n&#8217;avoir pas gardé la France ? Il faudrait étudier l&#8217;attrait néfaste que l&#8217;Allemagne a exercé sur certains cinéastes français dans les années 50, notamment Duvivier qui y tourne MARIANNE DE MA JEUNESSE, L&#8217;AFFAIRE MAURIZIUS ; ce n&#8217;est pas seulement une affaire de coproduction) ce qui rend tout solennel et difficile à comprendre (comment relier la marquise de Brinvilliers et l&#8217;Allemagne ?). Mais Claude Rich (qui avait su apprivoiser Duvivier) est formidable, Brialy pas mal, Edith Scob (Duvivier reprend des acteurs de la nouvelle génération) défend un personnage incompréhensible. Mais la palme revient à Piéplu qui s&#8217;est fait une tête irrésistible de policier allemand et qui bénéficie du meilleur dialogue. Il justifie la vision du film. Duvivier, qui était très en souffrance à cette époque face au mépris qu&#8217;on lui témoignait (j&#8217;aurais dû le rencontrer, lui parler), lutte pour dynamiser cette histoire, aligne des cadres recherchés, sophistiqués, des plongées, s&#8217;essaie au cinéma de genre. Au passage, de manière presque godardienne, il mélange musique et dialogue lors du dernier dialogue entre Brialy et Nadia Tiller, laquelle remet plusieurs fois ses bas, ce qui était l&#8217;une de ses spécialités.</p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lassassinhabiteau21.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1178" style="margin: 2px 10px; border: black 2px solid;" title="lassassinhabiteau21" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lassassinhabiteau21.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a>L’ASSASSIN HABITE AU 21</strong>, premier film coécrit et réalisé par Clouzot, est une réussite. Mineure peut-être, quand on pense au CORBEAU et à QUAI DES ORFÈVRES, mais très prometteuse et réjouissante. J’avoue ne pas comprendre la hargne de Paul Vecchiali contre Clouzot. On ressent dans ce film, traité parfois à la blague, un plaisir à raconter une histoire, à inventer des coups de théâtre, une manière de faire feu de tout bois. Les meurtres filmés en caméra subjective, la description de la pension de famille avec ses personnages hauts en couleur, les échanges dévastateurs entre Mademoiselle Vania et le docteur Linz, Roquevert, encore une fois génial (« Vous avez regardé par le trou de la serrure » &#8211; « Je n’aime pas le spectacle des ruines » ou alors « J’ai une idée brillante » &#8211; « Vous abandonnez la littérature »), la manière dont l’inspecteur Wens comprend ce qui se passe et surtout la manière dont la Suzy Delair – merveilleuse – le réalise à son tour au milieu de son tour de chant, tout cela est du meilleur Clouzot.</p>
<p>On doit voir aussi la première des aventures de Monsieur Wens, toujours joué par Fresnay, avec encore Suzy Delair et écrite par Clouzot d’après Stanislas André Steeman, <strong>LE DERNIER DES SIX</strong>, dirigé par Georges Lacombe à qui on doit les excellents CAFÉ DE PARIS, DERRIÈRE LA FAÇADE, l’émouvant LA NUIT EST MON ROYAUME et le beaucoup moins bon PAYS SANS ÉTOILE sans oublier le terne MARTIN ROUMAGNAC. Le résultat est des plus divertissants, avec des dialogues assez marrants. On sait que Lacombe refusa de tourner une scène de music-hall qu’il jugeait pléonastique, il fut remplacé, je crois par Jean Dréville et vit son contrat à la Continental annulé. Fresnay et Susy Delair sont là aussi formidables.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: black 2px solid;" title="ledernierdes6" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/ledernierdes6.jpg" alt="" width="140" height="200" /></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/dainahlamétisse1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1181" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px; border: black 2px solid;" title="dainahlamétisse" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/dainahlamétisse1.jpg" alt="" width="140" height="200" /></a>Je n’avais jamais vu et j’en ai honte <strong>DAÏNAH LA MÉTISSE</strong> de Jean Grémillon. Ou plutôt ce qu’il en reste, car le film fut massacré. Il reste 4 bobines, suffisamment fortes, intrigantes pour nous faire rêver sur ce qui a pu être coupé. Première originalité, l’histoire qui met en scène parmi les personnages principaux, un docteur noir (joué avec élégance par Habib Benglia ; y a-t-il un personnage équivalent dans le cinéma américain de l’époque ?), sa femme Daïnah, à la peau plus claire (on pense à SAPPHIRE) qui attire toutes les convoitises sexuelles. Il est possible que Grémillon et Charles Spaak aient pensé à Othello.<br />
On rentre dans l’histoire comme par effraction (il y a 34 plans – de mer, d’oiseaux, de bateau – entre le générique et la première scène) mais il y a tant de détails insolites, tant de plans étranges, esthètes (caméra basse avec avant-plan, contre-plongée à effet, plongées dans les coursives, les escaliers) qu’on reste accroché, touché, ému malgré les trous. Et il y a cette incroyable séquence de danse, avec ces passagers masqués qui vont être témoins du numéro incroyablement sensuel que Daïnah, oubliant son partenaire, effectue sur la piste. Moment violent, rare, unique. A noter qu’on entend beaucoup de morceaux de jazz, Chloe, Little White Lies, St Louis Blues, Limehouse Blues et I’m Confessing. Paul Vecchiali qui parle si bien de Grémillon est muet sur ce film dans son <a href="http://www.editionsdeloeil.com/index.php?page=fiche&amp;id=197">Encinéclopédie</a>.</p>
<p>Dans  <strong>LES TRUANDS</strong>, pochade assez quelconque de Carlo Rim, on peut retenir la prestation d’Yves Robert qui finit par jouer un ultra-centenaire et Eddie Constantine, aux prises avec Noël-Noël. La ballade des truands écrite par Rim est une très bonne chanson et il en existe une version par Constantine.<br />
Il me reste à revoir L’ALIBI, L’AFFAIRE MAURIZIUS de Duvivier.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: black 2px solid;" title="lestruands" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lestruands.jpg" alt="" width="140" height="200" /></p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lesauvage1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1187" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="lesauvage" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/lesauvage1.jpg" alt="" width="113" height="200" /></a>J’ai adoré revoir <strong>LE SAUVAGE</strong> de Jean-Paul Rappeneau, très bien restauré par Studio Canal. C’est une comédie éblouissante qui retrouve le rythme, l’allant, le charme, le sex-appeal des meilleures comédies américaines. Tout ce qui se passe sur l’île est une merveille, avec un dialogue inspiré de Jean-Loup Dabadie, une très belle musique de Michel Legrand (l’installation des deux héros dans la maison devrait être étudiée par tous ceux qui veulent devenir compositeur pour le cinéma, la manière dont Legrand joue avec les dialogues, s’insinue dans les actions, les épouse et en décuple le charme). Rappeneau passe de la cocasserie la plus débridée (la manière dont Deneuve pourrit la vie de Montand, lui pique son poisson, le harcèle d’offres commerciales) à de soudaines bouffées d’émotions, de vérité, de vie. Deneuve est inouïe de rapidité, de drôlerie, de vivacité. Elle est craquante à chaque instant, sensuelle, sexy (le premier et seul baiser est magistralement amené ; sa manière de dire « Quelle heure est-il ? » et d’embrasser Montand vous emplit de bonheur), imprévisible (sa manière de partir à vélo sur le ponton). Montand trouve là le rôle de sa vie, avec les Sautet, et on est même un peu surpris de découvrir à quel point il avait peur du rôle, du film. Il a souvent eu des principes rigides, des idées idiotes (Montand ne peut pas être juste un garçon, il doit être maître d’hôtel) qui ont abîmé des films comme justement GARÇON où il a fait rajouter des tas de scènes pour justifier qu’il ne soit que garçon. Sautet en a éliminé pas mal dans le DVD. Mais il est aussi génial dans LE SAUVAGE que dans CÉSAR ET ROSALIE.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-francais-connus-meconnus-oublies/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>35</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films britanniques</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-britanniques/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-britanniques/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 16:09:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1086</guid>
		<description><![CDATA[En revoyant des films noirs britanniques pour la Malle aux trésors de décembre, j’ai découvert un sous-genre qui, à ma connaissance, a été peu étudié : le film criminel de marché noir qui comprend de nombreux titres, surtout entre 1945 et le début des années 50. Le plus célèbre, le plus archétypal, est bien sûr [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En revoyant des films noirs britanniques pour la <a title="La Malle aux trésors" href="http://www.forumdesimages.fr/fdi/L-Academie/La-Malle-aux-tresors-de-Bertand-Tavernier" target="_blank">Malle aux trésors</a> de décembre, j’ai découvert un sous-genre qui, à ma connaissance, a été peu étudié : <strong>le film criminel de marché noir</strong> qui comprend de nombreux titres, surtout entre 1945 et le début des années 50. Le plus célèbre, le plus archétypal, est bien sûr LE TROISIEME HOMME qui tient drôlement bien le coup. L’ironie typique de Graham Greene, le scepticisme humaniste de Carol Reed (qui se battit pour imposer la musique dans la version qu’on entend, refusant les orchestrations, les interprétations par des solistes prestigieux) ont été souvent méconnus. On citera bien sur le magnifique IL PLEUT TOUJOURS LE DIMANCHE avec ces formidables personnages de femmes frustrées et amoureuses, ces magouilleurs, ces asiles de nuit, ces criminels imbéciles. Et la photo de Douglas Slocombe.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/pooloflondon.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1088" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="pooloflondon" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/pooloflondon.jpg" alt="" width="138" height="200" /></a>J’ai adoré revoir <strong>POOL OF LONDON</strong>, fort bien réalisé par Basil Dearden qui, à partir d’une histoire de trafic de cigarettes et de bas, dérive vers des sujets qui n’étaient pas abordés à l’époque : l’amitié entre un Noir (Earl Cameron) et un Blanc (Bonar Colleano, excellent et qui mourra trop jeune ; il a un coté Stanley Baker), le racisme très présent dans l’Angleterre. Il y a même une romance interraciale entre Cameron  et la douce Susan Shaw, traitée avec légèreté, sans ostentation. Le scénario de John Eldridge et Jack Whittingham fait basculer le héros, presque à son insu, dans le monde du crime. Les magouilles de marché noir débouchent sur le trafic de diamants. Il y a un hold-up très original, qui utilise de manière spectaculaire les extérieurs réels : le Londres encore ravagé par les bombardements, aux rues quasi vides. Ce qui donne un ton surprenant aux poursuites de voitures. Dearden était vraiment un grand spécialiste des extérieurs (cf THE BLUE LAMP), qu’il savait très bien filmer. Il décrit un nombre important de décors, de lieux très révélateurs et très chargés dramatiquement : music hall de troisième ordre, pubs mal famés, tunnel routier, les docks. Comme dans la plupart des autres films, la photo de nuit est exceptionnelle. Carles Barr voyait dans POOL OF LONDON l’apothéose des qualités d’Ealing, cette sobriété humaniste qui met en valeur la ténacité, le courage des « serviteurs publics ».<br />
Quand je pense qu’on lui reprocha d’aborder dans le fort bon SAPPHIRE, le thème des problèmes raciaux avec trop de retard. Visiblement, ces grands esprits ne connaissaient pas POOL OF LONDON. Il y a une amertume dans SAPPHIRE. Earl Cameron (encore lui) à l’inspecteur : <em>« Vous savez, cela fait 38 ans que je suis noir »,</em> impliquant qu’il n’a aucune confiance dans la police. Le scénario de Janet Green (VICTIM, 7 WOMEN) et Lukas Heller, collaborateur d’Aldrich, autopsie le climat de haine et de bigoterie qui ont provoqué le meurtre de la jeune femme.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/theymademeafugitive.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1089" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="theymademeafugitive" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/theymademeafugitive.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a>Je reviens au marché noir avec le remarquable <strong>THEY MADE ME A FUGITIVE</strong> d’Alberto Cavalcanti, dialogué avec une grande nervosité, une vraie invention par Noel Langley. Trevor Howard, magnifique mais cela va de soi, joue un ancien pilote qui participe à un coup, se fait piéger et veut se venger. Dès le début Cavalcanti brouille les repères. Son héros n’est pas des plus recommandables et l’esprit de vengeance qui l’anime révèle des côtés sombres. La fin refuse le happy end attendu et paraît assez noire. Chemin faisant, il rencontre des personnages étranges, terrifiants, comme cette femme qui lui demande de tuer son mari. Il y a là, comme dans WENT THE DAY WELL, des éclairs de violence. Des affrontements physiques ultra teigneux (la bagarre finale) surprenants. Et aussi un ton sarcastique que soulignent des cadrages baroques, syncopés, des angles surprenants, des ponctuations ironiques : la boutique de croque-morts s’appelle « le Walhalla de la pompe funèbre ». La caméra cadre des signes, des pancartes soulignant que la mort est proche, qu’il reste peu de temps. Il y a là une violence qui disparaîtra du cinéma anglais jusqu’à GET CARTER. Musique de Marius-François Gaillard (1900–1973) qui écrivit la partition d’EL DORADO de Lherbier et de LA RÉVOLTÉE.</p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/Noose.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1090" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Noose" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/Noose.jpg" alt="" width="137" height="200" /></a>NOOSE</strong> est typique du talent si personnel de Gréville et on a pu comparer sa description de Soho avec celle des FORBANS DE LA NUIT qu’il précède de deux ans : mêmes trafics, mêmes escroqueries qui débouchent sur la violence et le crime. Joseph Calleia pourrait être un cousin italien (il était maltais) de Herbert Lom et le monde du catch renvoie aux boxeurs de NOOSE. La comparaison s’arrête, car Gréville choisit parfois un ton curieusement léger (Carole Landis, extrêmement bien photographiée, perd sans cesse ses chaussures) qui désamorce la continuité de la tension, avec des gags plus ou moins bienvenus, un style de jeu parfois spectaculairement théâtral (Calleia, qui en fait des tonnes, est épatant et Nigel Patrick, extraordinaire, vole le film) ; il y a aussi des plans de violence admirablement cadrés (le meurtre d’une jeune femme dans une salle de boxe), des idées visuelles surprenantes, des ellipses fulgurantes, des cadrages audacieux (Calleia parlant au terrible barbier qui lui sert de bourreau dans un escalier ; Annie réalisant qu’elle est en danger de mort : elle est filmée en contre plongée et au dessus d’elle, on voit des carreaux polis, cadrage qui évoque le Powell de THE SMALL BACK ROOM). Mais ce qui me touche, ce sont ces plans, ces scènes sur des jeunes femmes comme ce moment en apparence inutile où la belle Ruth Nixon entre dans le night club pendant qu’Olive Lucius chante une chanson en français : une jeune fille se maquille, des serveurs se reposent, une femme de ménage frotte le sol et un meurtre va avoir lieu que Gréville traduit par une étole qui glisse sur le sol.</p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/cofretJohnMills.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1091" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="cofretJohnMills" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/cofretJohnMills.jpg" alt="" width="141" height="200" /></a>THE LONG MEMORY</strong> qu’on ne trouve que dans un coffret consacré à John Mills, est une vraie découverte. Là encore, il s’agit d’une vengeance sur fond de trafics. On plaçait ce film dans la période déclinante de Robert Hamer qui était devenu alcoolique. Cela ne se sent pas du tout ici. Au contraire, le découpage est d’une netteté, d’une invention absolument sidérante et le résultat est infiniment supérieur à FATHER BROWN. Hamer appréhende les extérieurs qui sont tous surprenants, avec une acuité, un lyrisme rares dans le cinéma anglais de l’époque. La mise en scène joue sans cesse sur le rapport à l’espace aussi bien dans un bar exigu (les surgissements des différents personnages dans le plan, toujours dynamique et surprenant) que dans des extérieurs amples et dignes de Losey. Un des sommets du film est cette longue scène nocturne où John Mills attend devant une maison un témoin, lequel se trouve embringué dans une terrible scène de ménage : la position de Mills, des policiers, du journaliste, la beauté de la photo nocturne, tout cela donne une force incroyable à la scène, une violence intérieure.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/High-Hopes.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1130" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="High Hopes" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/High-Hopes.jpg" alt="" width="110" height="160" /></a>Un film anglais encore. Doriane vient de sortir enfin en France <strong>HIGH HOPES</strong>, un des premiers et des meilleurs Mike Leigh. Moins désespérément glauque que le terrible BLEAK MOMENTS, le film contredit néanmoins l’optimisme du titre mais parvient par sa justesse, ses notations décapantes, à nous émouvoir, nous faire sourire, nous faire vivre avec ses héros. Le début est anthologique et je me souviens de la stupéfaction admirative de Jane Birkin à qui je montrais le film.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/unamericainbientranquille1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1118" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="unamericainbientranquille" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/unamericainbientranquille1.jpg" alt="" width="139" height="200" /></a>J&#8217;ai aussi découvert la très passionnante adaptation par Phillip Noyce d’<strong>UN AMÉ</strong><strong>RICAIN BIEN TRANQUILLE</strong> de Graham Greene qui contredit totalement la version de Mankiewicz que j’aimais beaucoup. Noyce et Christopher Hampton sont beaucoup plus fidèles au splendide roman et respectent la vision politique de l’auteur qui, avec une rare prescience, dénonçait les meurtres, les attentats commis au nom et sous le couvert d’une hypothétique 3eme Force (dada des Américains), par la CIA. Ce qui est conforme à la vérité historique. Mankiewicz, lui, mettait ces crimes sur le dos des communistes. Il serait passionnant de comparer les deux versions. Disons que Michael Caine, superbe, m’a paru égaler le génial Michael Redgrave, que Brendan Fraser est très différent d’Audie Murphy et que la très belle Do Thi Hai Yen surclasse Giorgia Moll, valeureuse actrice qui n’avait rien d’oriental. Seul regret, la quasi disparition du commissaire Vigot, si finement joué par Claude Dauphin déséquilibre le film.</p>
<p><a href="http://www.dvdclassik.com/critique/scum-clarke"><img class="alignleft size-full wp-image-1210" style="margin-left: 7px; margin-right: 7px;" title="coffretalanclarke" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/coffretalanclarke.jpg" alt="" width="136" height="200" />Très bon article de Pierre Charrel de la revue TEMPS NOIR sur DVD CLASSIK </a>sur l’indispensable <strong>coffret Alan Clarke</strong> sorti par POTEMKINE :<br />
« Alan Clarke ne laisse cependant pas son (télé)spectateur démuni face à l’énigme que constitue Elephant, lui offrant en réalité des éléments de compréhension par le biais de la mise en scène. Disparates quant à leurs protagonistes et leur modus operandi, les dix-huit meurtres d’Elephant sont narrés chacun avec la même grammaire visuelle. Le travelling, qui plus est photographié au steadicam, en constitue le premier élément récurent. C&#8217;est ainsi qu&#8217;Alan Clarke restitue la marche au terme de laquelle les tueurs rejoignent leurs victimes. Ne perdant jamais de vue les personnages ainsi filmés &#8211; le réalisateur combinant fréquemment le gros plan au travelling &#8211; la caméra suit longuement les assassins anonymes dans leurs déambulations. Leurs déplacements sont fluides &#8211; ils avancent à une vitesse soutenue, dont la régularité est soulignée par le martèlement de leurs pas &#8211; et inexorables &#8211; aucun obstacle ne vient entraver leur avancée. Jouant en outre de la direction d&#8217;acteurs &#8211; les meurtriers présentent systématiquement un visage dépourvu de toute trace d&#8217;émotion &#8211; Alan Clarke départit ainsi ses exécuteurs de leur humanité. On pourrait y voir des semblants de machines humanoïdes. Ou bien encore des entités virales se diffusant à travers le corps formé par l&#8217;espace urbain de Belfast, en infectant toutes les composantes. Qu&#8217;elles soient publiques (une station-service) ou privées (un domicile), à ciel ouvert (un parc) ou closes (un bureau), dévolues à l’activité professionnelle (une entreprise) ou aux loisirs (une piscine). Et c&#8217;est donc un terrifiant constat que dresse Elephant par la seule force de sa mise en scène : à savoir l&#8217;entière soumission du monde à la violence ; celle-ci s&#8217;y développant, en outre, à la manière d&#8217;un bacille.</p>
<p>Pareille démonstration était déjà au cœur des deux versions de Scum ainsi que de Made in Britain et de The Firm. À l&#8217;instar d&#8217;Elephant, chacune de ces œuvres dépeint en effet un ordre humain dont la violence est l&#8217;élément cardinal. Celle-ci régit intégralement la maison de correction dans laquelle est incarcéré Carlin (Ray Winstone), le délinquant juvénile dont Scum fait son héros. Le gouvernement exercé par l&#8217;administration sur les jeunes détenus y est particulièrement brutal. Aussi bien verbalement &#8211; notons au passage que lorsque les films d&#8217;Alan Clarke se font &laquo;&nbsp;parlants&nbsp;&raquo;, les dialogues participent pleinement de leur puissance d&#8217;impact &#8211; que physiquement. Et c&#8217;est la même sauvagerie polymorphe &#8211; injures à dimension homophobe et/ou raciste, menaces d&#8217;agression presque toujours réalisées… mais aussi viols &#8211; qui constitue la forme commune de rapports entre les détenus eux-mêmes.</p>
<p>Made in Britain met, quant à lui, pareillement en miroir la violence du criminel et celle des institutions étatiques qui en ont la charge. Trevor, un skinhead adolescent magistralement campé par Tim Roth, est un terrifiant condensé d&#8217;agressivité verbale &#8211; le téléfilm fit, entre autres, scandale par son usage répété du terme &laquo;&nbsp;fuck&nbsp;&raquo; comme le rappelle le scénariste David Leland dans un des bonus &#8211; et physique : Trevor vandalise, Trevor frappe. Totalement impuissants à remédier à cette violence, les membres des services sociaux ne peuvent opposer au jeune homme que coercition et intimidations. Puis, lorsque ceux-là s&#8217;avouent vaincus, le jeune skin passe alors entre les mains d&#8217;une police lui infligeant &#8211; dans le secret d&#8217;une cellule &#8211; une violence exactement semblable à celle perpétrée par les &laquo;&nbsp;matons&nbsp;&raquo; de Scum. »</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-britanniques/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>47</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films rares et livres précieux</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-rares-et-livres-precieux/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-rares-et-livres-precieux/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 15:15:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1142</guid>
		<description><![CDATA[DEUX WESTERNS DE GEORGE SHERMAN  Commençons par THE LAST OF THE FAST GUNS de George Sherman que je viens de revoir enfin. Je l’avais découvert à Lyon en 1957 ou 58 dans un cinéma de quartier, rue de la République, en VF et j’avais été tellement impressionné que je l’avais revu deux fois. Dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ff0000;"><strong>DEUX WESTERNS DE GEORGE SHERMAN </strong></span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/lastofthefastguns.jpg"><img class="alignleft" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="lastofthefastguns" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/lastofthefastguns.jpg" alt="" width="130" height="200" /></a></p>
<p>Commençons par <strong>THE LAST OF THE FAST GUNS</strong> de George Sherman que je viens de revoir enfin. Je l’avais découvert à Lyon en 1957 ou 58 dans un cinéma de quartier, rue de la République, en VF et j’avais été tellement impressionné que je l’avais revu deux fois. Dans la copie achetée à <a title="Loving the Classics" href="http://www.lovingtheclassics.com/" target="_blank">Loving the Classics </a>(site discutable, inégal mais ici la copie scope est correcte ), j&#8217;ai retrouvé les qualités qui m&#8217;avaient séduites quand je l&#8217;avais vu en VF à l&#8217;époque.</p>
<p>Dès l&#8217;ouverture, on sent que c&#8217;est un film auquel tient vraiment Sherman qui veut se démarquer des clichés du genre, imposer un ton, un style à part : le premier plan montre un cavalier qui s&#8217;éloigne de dos pendant que la caméra avance doucement vers ce qui se révèle une tombe fraîchement creusée. On coupe sur une rue de village où entre, toujours de dos, en plan large, le même cavalier. Plan rapproché sur un révolver appartenant à un homme qu&#8217;un travelling arrière nous montre assis sur une chaise. Un homme fait évacuer la rue en voyant le cavalier au fond. Plan sur des gens qui rentrent. Le type assis se lève pendant que le cavalier descend de cheval et s&#8217;approche de lui. On reste dans des plans très larges. On coupe brutalement sur la tombe pendant qu&#8217;on entend un coup de feu off.</p>
<p>Très beau début d&#8217;un film original, méditatif, très bien dialogué par David P. Harmon  qui écrivit déjà pour Sherman REPRISAL, que j’avais aimé. <em>« Le problème, c’est qu’il y a des gens qui confondent la simplicité et l’ignorance »</em>, dit un vieux Mexicain en abattant un tueur gringo. <em>« Marche là-bas ou meurs ici. »</em></p>
<p><em>- « Pourquoi es-tu si nerveux ? »</em><br />
- <em>« On vient de réaliser que le soleil est en train de se coucher. »</em><br />
Ce dernier échange  oppose un homme qui héberge des pistoleros qui le rudoient (parmi eux, Johnny Ringo  &#8211; THE GUNFIGHTER &#8211; et d&#8217;autres aussi célèbres).</p>
<p>Le film se transforme peu à peu en une fable sur la violence et la manière d’y échapper. Les extérieurs sont majestueux et Sherman utilise de nombreux cadrages inventifs, recherchés, se servant d&#8217;amorces (arbres, rochers, ruines), de perspectives brisées, de plongées. Deux cavaliers rentrent dans le champ en contreplongée.  Il y a plus de plans syncopés que d&#8217;habitude. La photo qui semble fort belle est d&#8217;Alex Philips et le scénario tient plus du film noir que du western. Dans une des premières scènes, Jock Mahoney demande à Carl Benton Reid combien il lui donne de temps pour trouver son frère. Reid fait tomber une couverture et lui montre ses jambes paralysées : <em>« Je suis mort de là à là »</em>, dit il en touchant ses jambes jusqu’à ses cuisses. <em>« Vous avez de là</em> (il touche le bas du ventre) <em>à là</em> (il montre son coeur) ». A découvrir absolument.</p>
<p><strong><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/blackbart.jpg"><img class="alignright" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="blackbart" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/blackbart.jpg" alt="" width="119" height="280" /></a>BLACK BART</strong>, en revanche, est très mineur. Les décors, les paysages (sauf ceux de la dernière attaque) sont routiniers, filmés sans grand lyrisme. Tous les personnages sont standards, écrits à la chaîne. Et l&#8217;histoire n&#8217;est pas palpitante : le bandit masqué qui attaque les diligences est un personnage épuisé. Heureusement qu&#8217;Yvonne de Carlo lui fait remarquer, réplique délicieuse, que <em>« cela doit être difficile la vie sociale avec ce costume »</em>. Sherman, et c&#8217;est son principal apport, garde un ton détendu, laconique, ironique, « tongue in cheek », un rythme soutenu pour faire passer des péripéties conventionnelles.</p>
<p>Il y a surtout des dialogues savoureux qui portent la marque de William Bowers (PITFALL, CRY DANGER, MÊME LES ASSASSINS TREMBLENT) et qui sont filmés sans effet, ce qui est plutôt une qualité et surtout, sans que les acteurs paraissent y faire attention. Ils disent ces répliques sans jouer leur cocasserie&#8230;. Aucun des personnages ne semble se prendre au sérieux et on est assez surpris que le film se termine mal, avec la mort des deux héros comme dans BUTCH CASSIDY.</p>
<p>Un détail marrant, entre cent : pour sauver ses copains de la pendaison, le troisième larron fait&#8230; <em>exploser l&#8217;arbre</em>, scène inédite (<em>« pas d’arbre, pas de pendaison »</em>). Et j&#8217;aime que BLACK BART, qui n&#8217;a jamais dans la réalité rencontré Lola Montès (j&#8217;ai même lu que c&#8217;était un esclave noir qui est devenu hors-la-loi à 50 ans avec un sac de farine sur la tête), dise à Lola : <em>« Le problème avec ma profession, c’est que je n’ai pas beaucoup de temps à moi. »</em></p>
<p>Quelques répliques. Lola Montès : <em>« Le plus grand homme du monde est très petit dans un cimetière. »</em> Ou : <em>« Il y a déjà tellement d’incertitudes dans un mariage sans avoir à se demander à quel arbre va être pendu votre mari. »</em> <br />
<em>« Est ce que cela ne ferait pas trop de monde pour une lune de miel ? Toi, moi et un groupe de lyncheurs ? »</em><br />
- <em>« Mr et Mrs Black Bart, cela ne fait pas trop durable »</em><br />
- <em>« Mais au moins, ca ne fait pas terne. »</em></p>
<h4><span style="color: #ff0000;"><strong>DEUX FILMS RARES DE JOHN H. AUER</strong></span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/devilpaysoff.jpg"><img class="alignleft" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="devilpaysoff" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/devilpaysoff.jpg" alt="" width="132" height="200" /></a>Toujours sur <a title="Loving the Classics" href="http://www.lovingtheclassics.com/" target="_blank">Loving the Classics</a> où mon ami Coursodon a trouvé une bonne copie de DRIVE A CROOKED ROAD de Quine, écrit par Blake Edwards et Quine, j’ai vu dans une très mauvaise copie, <strong>THE DEVIL PAYS OFF</strong> de John Auer qui dure 52 minutes (l’original dure 70 minutes et la coupe est visible). Le scénario est limite misérable, bien qu&#8217;il mélange les tons et aille vite avec une bonne introduction de la fausse épouse du héros (une histoire d&#8217;espionnage dont le chef est J. Edward Bromberg, assez marrant dans ce rôle, digne d&#8217;un  serial). Le traître est confondu par la réapparition fantomatique d&#8217;un capitaine de navire qu&#8217;il croyait mort et qu&#8217;il voit par la fenêtre. On se croirait dans THE NAVIGATOR.</p>
<p>Cela dit, l&#8217;ouverture du film est fort belle plastiquement : rues envahies par le brouillard, lampadaires, une porte qui s&#8217;ouvre dans le lointain et délimite un carré de lumière. Les flics pénètrent dans un asile la nuit et la camera les accompagne du bureau du gardien à l&#8217;intérieur en un seul plan (qui passe à travers des cloisons). On est même déçu quand Auer enchaine sur un travelling subjectif montrant les dormeurs qui paraît plus banal. Il y aura tout le long des recherches visuelles (quand les flics emmènent la personne qu&#8217;ils ont trouvée dans l&#8217;asile, le champ reste vide ; brusquement, apparaît très près de la caméra le visage ravagé d&#8217;un clochard, puis d&#8217;un deuxième et un troisième, filmé au grand angle, plan grinçant et expressionniste ; on entre dans des pièces obscures, une lampe éclaire un fond de plan, des ombres zèbrent le plafond).</p>
<p>On reconnait la patte de John Alton et cela fait passer des dialogues parfois convenus, sauf les premiers moments de marivaudages avec Osa Massen qui est fort bonne et pimente son personnage d&#8217;épouse insatisfaite. Le film fut nommé aux Oscars pour le son (!!!). Dur de le juger. A signaler que Dave Kehr a écrit dans FILM COMMENT un très bon article sur John H. Auer dont les films demeurent hélas invisibles, la Paramount refusant de commercialiser le catalogue REPUBLIC qu’ils ont acheté. Auer, écrit Kehr, était à la Republic, ce que John Farrow était à la Paramount.</p>
<p><img class="alignright" style="margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="AngelontheAmazon" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/AngelontheAmazon-300x186.jpg" alt="" width="300" height="186" />Revoir  dans une meilleure copie <strong>ANGEL ON THE AMAZON</strong> (TAM-TAM SUR L&#8217;AMAZONE), autre John H. Auer, a rafraîchi, revivifié de très anciens souvenirs. Nous avions projeté ce film en VF au Nickel Odéon en 63/64 et je ne l&#8217;avais revu. Cela dit ce que nous écrivions dans 50 ANS (je le comparais déjà à John Farrow) est assez juste mais devrait être développé et précisé. C&#8217;est vrai que toutes les séquences de jungle sont tournées avec un vrai sens du suspense, de la progression dramatique, des recherches formelles évidentes, souvent élégantes. Nous mentionnions la menace que font peser des chasseurs de têtes invisibles dont la présence n&#8217;est marquée que par leurs tambours et des bruits dans les feuillages. Tout ce que l&#8217;on verra, c&#8217;est un membre de l&#8217;expédition surgir de la forêt et tomber avec une flèche dans le dos. </p>
<p>Mais il faudrait ajouter les deux scènes d&#8217;attaque de la panthère filmées avec invention (outre les mouvements qui lient panthère et acteurs, il y a une brusque plongée presque subjective qui décuple la menace), une tension absente de la plupart des films de jungle. L&#8217;avion pris dans la tornade est une autre réussite et dans la poursuite en voiture, deux plans en plongée (dans l&#8217;un, on voit toute la ville derrière les véhicules) donnent à la séquence un côté fatidique qui convient au romantisme exacerbé de cette histoire écrite par Lawrence Kimble, le Jonathan Latimer d&#8217;Auer, d&#8217;après un sujet du très talentueux Earl Felton. Côté fatidique que résument deux répliques de Mr Ridgeway (Brian Aherne) : <em>« Ma fille est morte et vous êtes amoureux de ma femme »</em> et <em>« En trouvant la fontaine de Jouvence, elle a perdu la sérénité de la vieillesse »</em> (Est-ce une évocation anticipatrice des vieux jours que passeront Vera Ralston et Herbert Yates ?).</p>
<p>L&#8217;explication que donne le docteur à la fin (<em>« Il est arrivé qu&#8217;on vieillisse d&#8217;un seul coup à la suite d&#8217;un choc. Là, c&#8217;est le contraire. »</em>) est assez pittoresque et a permis que certains amateurs comparent le film aux HORIZONS PERDUS de Capra, ce qui semble tiré par les cheveux. C&#8217;est vrai que la deuxième partie paraît un peu plus statique, mais j&#8217;ai été surpris par la brusque intrusion de trois flashes back dont le premier arrive après 50 minutes de film. Et dans le dernier tiers, il y a des figures stylistiques intéressantes, des enchaînements de plans et de scènes, mouvement d&#8217;appareil inattendu, brusque apparition dans un miroir de la personne qui va dénouer le drame et qui se trouve derrière une baie vitrée. C&#8217;est vrai que l&#8217;interprétation de George Brent laisse à désirer mais Brian Aherne n&#8217;est pas mal et Constance Bennett  qui commente  et explique les coups de théâtre, s&#8217;en tire bien.</p>
<h4><span style="color: #ff0000;"><strong>QUANTEZ</strong></span></h4>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/quantez.jpg"><img class="alignright" title="quantez" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/quantez-300x228.jpg" alt="" width="300" height="228" /></a><strong>QUANTEZ</strong> d&#8217;Harry Keller a d&#8217;évidentes qualités surtout pendant les 35 premières minutes. Une assez belle utilisation du Scope, des plans d&#8217;ensemble, un Fred MacMurray plus rugueux que d&#8217;habitude (sa diction est différente, il parle un peu comme Tommy Lee Jones, non ?), fort bon et dont on sent qu&#8217;il trimballe un passé de violence. John Larch  dont c&#8217;est un des meilleurs rôles, est violent, imprévisible, bêtement combinard, horriblement machiste. Bonne idée que de distribuer John Gavin en hors-la-loi. Dorothy Malone, très sexy avec sa chemise bleue légèrement déboutonnée (pas assez, et on regrette que certains personnages lui fassent enfiler une veste), est le meilleur personnage du film, une fille paumée qui suit un homme qui la maltraite, tente de séduire tous les autres pour s&#8217;en sortir : <em>« Ne mendie pas »</em>, lui dit MacMurray. Elle a comme toujours tendance à surjouer les réactions et indiquer tous les sentiments (et opportune les répliques) mais comme Keller filme souvent en plans larges (et longs) ce défaut est moins gênant ici et son impact sexuel n&#8217;est pas amoindri.</p>
<p><a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/quantezDVD.jpg"><img class="alignright" title="quantezDVD" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2012/01/quantezDVD.jpg" alt="" width="118" height="200" /></a>Peu à peu cependant, le scénario  souscrit à des conventions théâtrales : l&#8217;arrivée inopinée d&#8217;un nouvel arrivant empêche un carnage, les Indiens qui les encerclent semblent attendre patiemment que tous les personnages règlent leurs problèmes. Les voir casse d’ailleurs la tension dramatique. Pour les scènes de nuit, les raccords en studio ajoutent un vernis inutile qui casse la tension même si Keller réussit une bagarre dans une mare plutôt efficace. Et le fait de voir Sydney Chaplin discuter avec les Indiens me semble une erreur dramatique. Le scénario parfois astucieux est de Wright Campbell qui travailla plusieurs fois avec Corman (LE MASQUE DE LA MORT ROUGE, SECRET INVASION, MACHINE GUN KELLY) et le film a des parentés avec FIVE GUNS WEST. La résolution m’a semblé plus convenue, même si la fin de MacMurray est traitée très sobrement. On peut surtout se demander comment les survivants, qui sont au fond d&#8217;un ravin, vont s&#8217;en sortir.</p>
<h4><span style="color: #ff0000;"><strong>LIVRES PRÉCIEUX</strong></span></h4>
<p>Signalons aussi quelques livres précieux que l&#8217;on trouve encore sur AMAZON.<br />
<strong>G.I. JOE</strong> d&#8217;Ernie Pyle, le correspondant de guerre qui est le héros de l&#8217;admirable STORY OF G.I. JOE de William Wellman. Il faut absolument lire ces chroniques à hauteur d&#8217;homme, bouleversantes, riches, insolites. Il existe encore quelques exemplaires de l&#8217;édition de 1944/45 qui porte sur la couverture « L&#8217;édition américaine de cet ouvrage n&#8217;est mise en circulation dans certains pays que jusqu&#8217;au jour où (les) publications, suspendues par des pays de l&#8217;Axe, pourront reprendre leurs cours normal. » Il s&#8217;agit d&#8217;une édition qui condense en français deux ouvrages de Pyle.<br />
Dans la même collection, on peut aussi trouver, avec la même mention, <strong>UNE PROMENADE AU SOLEIL</strong>, le remarquable roman de Harry Brown qui fut adapté par Lewis Milestone.<br />
Toujours de Harry Brown mais en anglais, <strong>THE STARS IN THEIR COURSES</strong>, roman épique, méditatif, lyrique qui ne fut pas hélas adapté par Hawks dans EL DORADO qui ne garda rien du roman.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/THESTARSINTHEIRCOURSES.jpg"><img title="GIJOE" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/GIJOE.jpg" alt="" width="134" height="180" />  </a><img title="THESTARSINTHEIRCOURSES" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/THESTARSINTHEIRCOURSES.jpg" alt="" width="118" height="180" />  <img title="PROMENADEAUSOLEIL" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/PROMENADEAUSOLEIL.jpg" alt="" width="135" height="180" />  </p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p>Déjà <strong>une réaction de Nicolas Saada</strong>, le réalisateur d&#8217;ESPION(S) et coscénariste de NUIT BLANCHE, polar personnel et bourré d&#8217;énergie de Frédéric Jardin :<br />
<em>« THE DEVIL PAYS OFF, c&#8217;est épatant, plein d&#8217;idées, bien mené, drôle, avec des petites touches à la Hitchcock. John Auer est à classer du côté des bons réalisateurs de genre&#8230; On a envie d&#8217;en voir plus. As-tu vu GANGWAY FOR TOMORROW ?</em><br />
<em>Amitiés. »</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-rares-et-livres-precieux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>108</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un film noir et un western</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/un-film-noir-et-un-western/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/un-film-noir-et-un-western/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 07:32:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1055</guid>
		<description><![CDATA[Sur un rythme trépidant, BEAST OF THE CITY contrairement aux productions Warner, épouse le point de vue de la police (on a même droit à un texte de Herbert Hoover). Bien mis en scène par le mystérieux Charles Brabin, réalisateur anglais né à Liverpool (dont nous ne connaissons que le MASQUE D&#8217;OR avec Boris Karloff [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1056" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="the_beast_of_the_city" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/the_beast_of_the_city.jpg" alt="" width="115" height="159" />Sur un rythme trépidant, BEAST OF THE CITY contrairement aux productions Warner, épouse le point de vue de la police (on a même droit à un texte de Herbert Hoover). Bien mis en scène par le mystérieux Charles Brabin, réalisateur anglais né à Liverpool (dont nous ne connaissons que le MASQUE D&#8217;OR avec Boris Karloff en Fu Manchu et Myrna Loy,  délicieuse et assez déshabillée, dans le rôle de sa fille sadique), décrit les efforts d&#8217;un policier irlandais intègre (Walter Huston) pour nettoyer une ville. Il se heurte la corruption des élus, la mollesse de ses chefs, aux procédés d&#8217;intimidation des gangsters qui utilisent toutes les ressources de la loi pour mieux la paralyser. Dialogue incisif de John Lee Mahin d&#8217;après un scénario de WR Burnett, truffé de détails qui sonnent justes et qui disparaitront après la mise en place du Code : la radio de la police signale une femme nue au coin de Elm et Berry, on parle d&#8217;exhibitionnisme indécent, la tête d&#8217;un cadavre s&#8217;est faite exploser et la voiture du coroner est rebaptisée le wagon à viande. Dans les interrogatoires, les premiers plans dans le commissariat, le dialogue rapide, cynique, réaliste fait un peu oublier la thèse qu&#8217;on a rapprochée de DIRTY HARRY qu&#8217;on retrouve dans plusieurs films des années 30 (OKay America de Tay Garnett, voire Gabriel over the White house) qui demande que des policiers, des justiciers prennent la justice en main.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1058" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="butch_and_sundance" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/butch_and_sundance1.jpg" alt="" width="115" height="158" />BUTCH AND SUNDANCE, THE EARLY DAYS : tout ce que l&#8217;on dit sur les raisons de se méfier est valable et l&#8217;on y pense tout le temps. Cela dit le film est truffé de qualités : photos et extérieurs splendides, décors (un casino, un bureau de directeur, une banque, une rue surplombée d&#8217;une affiche vantant un produit which makes adults and kids become pigs) insolites, pittoresques et réjouissants : la palme revient à cet étrange centre commercial entièrement blanc, entouré d&#8217;inscriptions religieuses, dont une gravée sur la montagne). Il y a de nombreux gags, des moments vraiment drôles et attachants mais l&#8217;intérêt s&#8217;émousse. Aucune tension ne semble relier ces scènes qui sont épisodiques comme on dit là-bas. Certaines sont mauvaises : un long et pénible moment avec des skis est censé remplacer la bicyclette. Plantage.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/un-film-noir-et-un-western/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>74</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Films Italiens</title>
		<link>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens/</link>
		<comments>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 13:31:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[DVD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tavernier.blog.sacd.fr/?p=1045</guid>
		<description><![CDATA[Sur Amazone.it comme me l’ont signalé plusieurs internautes, on peut acheter des films formidables dont beaucoup hélas ne sont pas sous-titrés. Ce n’est pas grave pour TRENO POPOLARE de Raffaelo Matarazzo, le propos est tellement clair, les personnages si bien dessinés que tout est facilement compréhensible. Il s’agit d’évoquer ces premiers trains de vacances destinés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1046" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="treno_popolare" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/treno_popolare.jpg" alt="" width="110" height="158" />Sur Amazone.it comme me l’ont signalé plusieurs internautes, on peut acheter des films formidables dont beaucoup hélas ne sont pas sous-titrés. Ce n’est pas grave pour TRENO POPOLARE de Raffaelo Matarazzo, le propos est tellement clair, les personnages si bien dessinés que tout est facilement compréhensible. Il s’agit d’évoquer ces premiers trains de vacances destinés à faire découvrir les plages, la mer, aux classes populaires, initiative mussolienne comparable aux trains de plaisir que mit sur pied le Front populaire. Peu ou pas d’intrigue, de multiples personnages avec leurs peines, leurs joies. Une des premières musiques de Nino Rota. En bonus plusieurs documentaires de Matarazzo évoquant les travaux menés par Mussolini pour assécher les marais (Eclipse vient de regrouper pour Criterion, dans un coffret, plusieurs des mélodrames de Matarazzo dont le PECHÉ D’UNE MÈRE, mélodrames le plus souvent joués par Amedeo Nazzari et Yvonne Sanson et analysés avec lyrisme par Jacques Lourcelles. Je vais me ruer sur ce coffret pourvu de sous-titres anglais, n’ayant que des cassettes usées).</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1047" title="dimanche_aout" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/dimanche_aout.jpg" alt="" width="110" height="153" />Dans la même veine se situe DIMANCHE D’AOUT de Luciano Emmer, cinéaste méconnu. Même principe : une œuvre chorale avec une myriade de personnages issus cette fois de milieux très différents (il y a des riches, des nobles, des pauvres, des religieuses), brassés avec un vrai brio, un sens de la vie collective, une vivacité visuelle. Mais l’absence de sous-titres m’a gêné, le dialogue étant plus important, plus vital que dans TRENO POPOLARE.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1048" title="i_nostri_sogni" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/i_nostri_sogni.jpg" alt="" width="110" height="152" />I NOSTRI SOGNI est je crois le premier Cottafavi et là le dvd a des sous-titres français. C’est une comédie douce-amère où le génial de Sica, dans un personnage proche de ceux qu’il incarna chez Camerini, essaie à coup d’arnaques, de bluff, de manger à sa faim sinon de survivre. Il ment, séduit, invente des remèdes miracles sous l’œil de son complice de plus en plus désabusé (leur couple est une merveille). Le ton est délicat, léger, élégant.</p>
<p>De Sica est encore plus génial en pickpocket, chef d’une famille d’escrocs et de voleur dans laquelle tombe le malheureux Marcello Mastroianni dans DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE d’Alessandro Blasetti, comédie extrêmement drôle. Surtout à partir du moment où entre De Sica avec ses mille et une manières de piquer une valise. Il faut le voir, aidé par la très jeune et super sexy Sophia Loren, sa fille qui surclasse parfois le père, retourner dans un commissariat des témoins, des accusateurs pendant qu’elle tourmente, séduit, vampe, vole le pauvre Marcello. Les scènes dans l’appartement avec toute la famille (dont la grand-mère qui lève le coude) sont absolument désopilantes.</p>
<p><img class="aligncenter" title="dommage_canaille" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/domamge_canaille.jpg" alt="" width="110" height="158" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.tavernier.blog.sacd.fr/films-italiens/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

