En Italie avec Zampa, aux Etats-Unis avec Redford et en Russie avec Klimov

13 mai 2020 par - DVD

UN PETIT TOUR VERS L’ITALIE
ANNI DIFFICILI. C’est sous ce titre qu’il faut acheter le film de Luigi Zampa que je viens de découvrir dans une copie restaurée par la Cinémathèque de Milan en VO sous-titrée. Sous le titre français on a le droit à une version de LCV qui mélange des bouts en VO et en Version doublée. C’est une oeuvre passionnante qui traite de la montée, de la prise du pouvoir du fascisme sous un angle original, à travers des sous-fifres souvent suivistes fascinés, un héros hésitant que l’on force à s’engager. Bon nombre de notations sont âpres et percutantes et n’épargnent pas les puissants toujours du côté du manche. Zampa et Brancati montrent bien que la ferveur fasciste se nourrit souvent de principes irresponsables (la mère ou la fille du héros en sont des exemples parfaits) et aussi les profiteurs sournois qui retournent leur veste. J’ai adoré le Baron cauteleux et répugnant qui devient podestat puis retourne sa veste. Il y a des moments percutants : les deux plans du cheval blanc de Mussolini qui n’arrivera jamais à Alexandrie. Décrire cette horreur sur un ton qui parait léger est passionnant mais, comme le dit Tullio Kesich, en fait c’est un film profondément tragique. Là encore, plein de bonus passionnants dont une longue analyse des affrontements que provoqua le film, avec la commission de Censure et avec le parti communiste (Italo Calvino ne put jamais publier sa défense dans l’Unita où il disait que c’était le film anti-suivisme, moralement exemplaire). La bataille avec la Censure fut réglée par Andreotti qui défendit le film et avec le PC par Togliatti qui le jugea juste, ce qui fit changer d’avis les critiques du Parti. Un historien déclare que Zampa dont l’oeuvre est considérable a été brusquement oublié, rayé des mémoires : « C’était le héros des fins de films. Il avait un sens de la synthèse dramatique qui lui permettait de tout recentrer dans les dernières images. »

IL VIGILE (Tamasa), toujours de Luigi Zampa, démarre sur les chapeaux de Roue. Alberto Sordi, toujours avec la complicité de Rodolfo Sonego (que l’on retrouvait dans QUI A TUÉ LE CHAT), brosse de manière foudroyante un épouvantable fainéant, profiteur qui passe son temps à sermonner les autres, à leur expliquer comment travailler et se comporter, provoquant moult problèmes au passage. Dans la deuxième partie, les choses se tassent un peu, le propos semble plus contraint mais certaines séquences restent jubilatoires.

LE CHÂTEAU DES AMANTS MAUDITS (Gaumont collection rouge) sort hélas dans une copie non restaurée qui ne rend que faiblement l’éclat des couleurs, les audaces de certaines juxtapositions de teintes (le bleu et le doré), notamment dans la si belle (dans mon souvenir, la photo était de Gabor Pogany) séquence d’ouverture : cette poursuite par une nuit d’orage d’une jeune fille par deux groupes de cavaliers dans une forêt. Du coup, on fait plus attention aux raccords, à une direction d’acteurs primitive. Le scénario, je l’avais oublié, est co-écrit par Jacques Remy, le père d’Olivier Assayas.

On trouve enfin quelques films d’Antonio Pietrangeli dans un indispensable coffret (éditions seven7) consacré à ce cinéaste mort si jeune à 49 ans en 1968, aussi discret que raffiné. Ses œuvres tournent toujours autour d’héroïnes, de personnages de femmes maltraitées, exploitées, abusées par une société masculine. Pietrangeli ne cesse de dénoncer l’arriération mentale, morale de ses compatriotes, à travers des personnages provinciaux, souvent humbles. Il prend l’histoire de biais, sans aucun a priori idéologique, saisit au vol au moyen de transitions audacieuses avec une caméra qui scrute le paysage, le décor. Il faut absolument commencer par JE LA CONNAISSAIS BIEN où la sublime Stefania Sandrelli incarne une jeune fille de la Toscane qui va s’écorcher le cœur en poursuivant de vagues et illusoires rêves de grandeur à Rome. Elle veut, sans sembler trop y croire, devenir une star et se fait mener en bateau par des margoulins, humilier par des mufles. Elle est naïve, candide, d’un naturel optimiste et bienveillant. Pas farouche avec des hommes pourtant minables, elle refuse de coucher pour de l’argent. Cette chronique douce amère, traversée par des éclairs fulgurants, des juxtapositions de scènes et de plans qui vous prennent à la gorge, devient de plus en plus grave jusqu’à une conclusion d’une rapidité déchirante.

CONFESSION D’UN COMMISSAIRE DE POLICE AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE (M6 Vidéo) est, avec EL CHUNCHO, l’une des grandes réussites de Damiano Damiani malgré l’emploi systématique du zoom. Ces deux films partagent, à travers les péripéties héritées du film de genre, la même approche analytique, dialectique ou chaque geste, chaque prise de position d’un des deux héros est systématiquement remis en perspective et par rapport à l’autre et par rapport au contexte social. Damiani s’intéresse aux facteurs endogènes du changement, c’est à dire ceux qui naissent du fonctionnement même de la société. Comme l’écrit Mailox dans Psychovision : « CONFESSION D’UN COMMISSAIRE DE POLICE AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE reste à mon avis son meilleur. Il convient de préciser qu’on semble tenir là le premier film sans espoir aucun sur l’ascension mafieuse. Impasse et désespoir que l’on retrouvera d’ailleurs dans les deux autres films cités, dotés d’une fin laissant peu de place à l’éradication d’un système bien trop puissant pour être démantelé.
CONFESSION… est- il, à proprement parler, un film anti-mafia ? Eh bien pas vraiment, ou en tout cas pas seulement. Le réduire à cette simple charge ne serait vraiment pas lui rendre hommage […] tandis que Damiani livre ici un film bien plus riche en questionnements et thématiques, tout en surfant brillamment sur divers genres.
Soit, tout cela est très bavard, mais doté d’une tension qui ne se dément jamais. Ce ne sera pas forcément toujours le cas pour ses films suivants.
Difficile, voire impossible de faire appliquer la loi. Tout va dans ce sens au sein de cette excellence, en plus de retranscrire parfaitement la paranoïa d’une époque où l’Italie ne croyait plus en rien.
Les personnages du juge campé par Nero et celui du flic campé par Balsam servent finalement le même propos. Et ce à quoi on assiste, c’est un duel sans fin entre un juge ultra-légaliste, qui croit encore que la justice, telle qu’elle est faite, peut éradiquer la vermine ; tandis que de l’autre, Bonavia a perdu toute illusion depuis bien longtemps. Poursuivant néanmoins un but commun, jamais ils ne parviendront à s’entendre. Ils sont emblématiques de deux visions opposées de la justice. Sauf que l’un est encore dans la théorie, l’autre est depuis longtemps dans la pratique.»

  

J’avais redécouvert Alessandro Blasetti avec le très réjouissant DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE. AMOUR ET COMMÉRAGES (dans la même collection chez SND) renforce encore cette impression. Cette comédie incisive trace un portrait décapant du chef de l’opposition dans une mairie conservatrice qui, une fois au pouvoir, va pactiser avec l’industriel qu’il dénonçait à grands coups d’envolées lyriques. Vittorio De Sica est délectable dans ce personnage qui tente de se rassurer avec ses tirades, de dissimuler ses lâchetés sociales et familiales (la manière dont il traite son fils) et Gino Cervi, comédien remarquable, inspiré lui offre un partenaire de choix. Carla Gravina est délicieuse en fille de balayeur qui fait resurgir tous les préjugés de classe de De Sica et met à mal son engagement progressiste. En France ce personnage serait un des chefs de file du PS. Je vais voir dans la foulée LA CHANCE D’ÊTRE FEMME. On trouve dans la même collection MARITI IN CITTA de Comencini et une Germi dont j’ignorais l’existence, MADAME LA PRÉSIDENTE d’après un vaudeville de Hennequin et Weber, auteurs peu alléchants.

QUELQUES FILMS AMÉRICAINS TRÈS RARES

SORTIES 3D

  

Kino Lorber continue à sortir des DVD en 3D qui avaient totalement disparu du commerce. Chaque galette contient aussi une version 2D et les restaurations sont splendides. Hélas pas de sous-titres. Je ne sais plus si j’avais signalé le très agréable JIVARO d’Edward Ludwig, film d’aventures joliment colorié (les chemises et cheveux de Rhonda Fleming sont un délice) où le relief était très bien utilisé pour augmenter la profondeur de champ, donner du poids au décor (une chambre, un bar) et renforcer un coup de théâtre (la première apparition d’un crane réduit). SANGAREE, toujours de Ludwig était beaucoup plus conventionnel et languissante et THOSE READHEADS FROM SEATTLE, une comédie musicale assez débile se déroulant dans un Klondyke en toiles peintes.

  

THE MAZE de William Cameron Menzies, immense décorateur (LE VOLEUR DE BAGDAD de Walsh, AUTANT EN EMPORTE LE VENT, LE LIVRE NOIR d’Anthony Mann) bénéficie de critiques louangeuses sur le net. Cela m’a paru pourtant terriblement cornichon, affreusement éclairé, avec un monstre vaguement batracien vraiment ridicule. J’ai enfin pu voir cet ovni qu’est CEASE FIRE (CESSEZ LE FEU) de Owen Crump (pas d’autre long métrage au compteur), sorti au Napoléon, produit par Hal Wallis. Cela raconte une dernière patrouille lors du dernier jour de la guerre de Corée, tourné sur les lieux de l’action (en fait à quelques kilomètres de la ligne de feu apprend-on dans les commentaires) avec de vrais soldats et non des acteurs. Pour des raisons totalement énigmatiques, ce sujet peu spectaculaire, sans vedette avec juste une scène de combat à la fin fut tourné en 3D. On amena donc plusieurs cameras en Corée pour un résultat assez plat, sans jeu de mots. Plusieurs plans très simples dégagent une véritable authenticité et les extérieurs sonnent justes. Ils ressemblent d’ailleurs à ceux de COTE 465 et on se demande si Yordan producteur ne s’est pas inspiré de ce film. Le propos est alourdi par une introduction hyper patriotarde d’un général (on a droit à deux versions) et une musique et une chanson horribles de Dimitri Tiomkin.

FILMS CLASSIQUES
Toujours chez Kino Lober, il faut éviter le désastreux A BULLET FOR JOEY du calamiteux Lewis Allen où on a l’impression que Edward G. Robinson est vraiment heureux quand il sort d’une pièce et termine une scène. Il donne l’impression d’avoir voulu se débarrasser d’un dialogue pourtant signé par Bezzerides et Daniel Mainwaring. J’ai de loin préféré FOXFIRE de Joseph Pevney, un mélodrame racial où la riche et gâtée Jane Russell, une mondaine new-yorkaise, doit apprendre à pactiser avec la culture apache de son mari à demi-indien (Jeff Chandler bien sur). Le Technicolor resplendissant de Charles Lang et un nombre important d’extérieurs enracinent ce mélodrame aux accents sirkiens (durant le générique un plan évoque irrésistiblement l’auteur d’ECRIT SUR LE VENT) et au générique ponctué d’une chanson de Henry Mancini (lyrics de Jeff Chandler qui la chante sans être crédité). On peut aussi trouver chez Kino, FEMALE ON THE BEACH, toujours de Pevney avec toujours Jeff Chandler. Jacques Audiberti, ce me semble, en parla en bien dans les Cahiers du Cinéma.

Chez Warner Archive, il faut se ruer vers THEY WON’T FORGET de Mervyn Le Roy, une des plus cinglantes dénonciations d’une justice biaisée et du lynchage qui s’ensuivit dans une ville du Sud minée par le racisme. Robert Rossen s’inspira pour son brillant scénario d’une histoire vraie. La Censure lui interdit de retenir tout l’arrière plan antisémite et il dut jouer sur le ressentiment anti-nordiste. Malgré ces manques, son scénario analyse de manière cinglante comment se crée une erreur judiciaire. Mervyn Le Roy découvrit durant le tournage Lana Turner dont l’apparition et les scènes sont sensationnelles. Elle a 16 ans, mâche du chewing-gum et rien qu’en marchant allume toute une rue. Mais il sait aussi filmer un lynchage surprenant en quelques plans. Il ne faut pas manquer ce film trop oublié.

MISTER 880 (Fox Archive,  sans sous-titres) est une comédie dramatique écrite par Robert Riskin assez placide et aseptisée malgré une bonne interprétation notamment de Dorothy McGuire et surtout de Edmund Gwenn, délicieux en faussaire qui ne fabrique que des faux billets de 1 dollar, ultra grossier, juste pour subvenir à des besoins urgents. Durant la scène de procès, on retrouve le ton de Riskin, mélange de comédie sociale (c’était un démocrate convaincu), de conte de fée et de mélodrame. Le propos devient sérieux, sombre et assez original. Il faut absolument revoir les grands scénarios de Riskin mis en scène de manière si étincelante par Capra : NEW YORK MIAMI, AMERICAN MADNESS, LADY FOR A DAY, L’EXTRAVAGANT MR DEEDS, PLATINUM BLONDE et lire le beau livre de Victoria Raskin sur son père et sa belle histoire d’amour avec Fay Wray (Panthéon Books New York).

  

Chez Rimini, CAGLIOSTRO de Ratoff est une adaptation assez extravagante et pas trop fidèle de Dumas (Dumas fils est joué par Raymond Burr !!) avec des passages divertissants mais Welles a-t-il pris en main la mise en scène comme le disent certains (qui citent à tort JOURNEY INTO FEAR), il est permis d’en douter. Alexandre Vialatte écrivit une critique très amusante, s’attardant sur le duel final hautement improbable, frôlant la parodie, sur un toit, avec un des combattants qui se cache les yeux pour ne pas se faire envoûter. Le travail de Ratoff est imperturbable et dénué de tout style.

La version des MISÉRABLES (Rimini) de Lewis Milestone contient de fort beaux plans notamment durant les scènes de tribunal avec l’ombre de la balance de la justice se détachant sur le mur ou un immense Christ surplombant le juge durant les interrogatoires de Champmathieu, l’attaque des barricades en montant cut une série de travellings ou quand Valjean se fait expulser de tous les villages. Milestone fignole de des gros plans très dramatiques, de beaux mouvements d’appareil durant les séquences de galère car le scénariste Richard Murphy prend le mot galérien au pied de la lettre et fait ramer les convicts alors que les galères ont été supprimées depuis près de 52 ans et remplace Toulon par Marseille. Scénaristiquement, cette adaptation est d’ailleurs très faible, inférieure à L’EVADÉ DU BAGNE de Freda et surtout à celle de Raymond Bernard. Les Thénardier passent à la trappe tout comme les 3 évasions de Valjean, Gavroche, Fantine n’est plus prostituée et ne vend plus ses cheveux et ses dents. Elle enfreint juste le couvre feu et se dispute avec un bourgeois. L’’émeute éclate on ne sait pourquoi (plus d’enterrement du général Lamarck ni de mouvement révolutionnaire), les rapports entre Javert et Valjean sont très édulcorés et simplifiés au profit de la romance mollassonne entre Marius et Cosette (Cameron Mitchell et Debra Paget, fort ternes tous les deux). De Milestone mieux vaut revoir LE COMMANDO DE LA MORT (il existe enfin une version restaurée de WALK IN THE SUN), DES SOURIS ET DES HOMMES, voire même OKINAWA dont les qualités plus discrètes rendent le film plus attachant que dans mon souvenir. Milestone fut une des victimes rarement évoquées de la Chasse aux Sorcières.

OLIVER STONE
Il ne faut pas manquer la passionnante série qu’Oliver Stone à consacré à l’Histoire politique de son pays,&sorti dans un coffret avec sous-titres et dans une version papier, uniquement en anglais, passionnante jusque dans ses excès polémiques, des parti pris souvent un peu trop binaires et rapides. Stone n’est pas Marcel Ophüls. Il préfère foncer dans le tas. Le mot « inconnu » (« untold ») n’est pas mis là pour promettre des révélations incroyables mais pour dénoncer la manière dont on enseigne l’Histoire aux USA, de l’école à la télévision commerciale, dont on oublie des pans entiers. Cette mini-série met justement en lumière les souffrances effroyables subies par la Russie durant la Seconde Guerre Mondiale, l’héroïsme de l’Armée Rouge, sujets très sous-estimés, voire occultés en Amérique, tout en pointant les erreurs catastrophiques de Staline, son élimination des principaux généraux, et en dénonçant les crimes commis en Ukraine. Peut être accepte-t-il trop facilement ses explications pour justifier le pacte germano-soviétique. Stone oublie aussi la manière dont le parti communiste a éliminé les anarchistes en Espagne et favorisé l’accession au pouvoir d’Hitler. De Gaulle est quasi absent et le passé meurtrier de Khrouchtchev en Ukraine occulté. On est parfois submergé par l’avalanche de faits souvent passionnants, par le morcellement du montage et la voix un peu monocorde de Stone qui tient à dire que c’est sa vision. S’il loue FDR (tout en notant son refus d’accueillir des juifs), notamment pour sa détermination à imposer Henry Wallace aux caciques du Parti Démocrate, il n’a pas de mots trop durs contre Truman, ignorant, raciste (il écrit à sa fiancée que les nègres sont fait de boue et les Chinois avec ce qui reste), n’écoutant que ses conseillers militaristes, qui décida cyniquement (cela ne servait militairement à rien selon Stone) de larguer les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, pour damer le pion aux Soviétiques qui envahissaient la Mandchourie, donna le feu vert au maccarthysme. Tout cela est juste mais on oublie que Truman fut le premier président à faire du lynchage un crime fédéral (FDR n’avait pas réussi, bloqué par un sénateur sudiste qui devient l’inspirateur de Truman,) et à lancer une action pour les droits civiques. Et contrairement à Staline ou à Mao, il ne créa pas de goulag. Stone, lui, prend parti pour Henry Wallace, le dernier vice-président de Roosevelt, qui selon lui aurait infléchi le cours de l’Histoire mais qui fut d’abord vaincu puis éliminé par Truman. Stone est impitoyable sur la politique extérieure de Nixon, tout en pointant quelques mesures intérieures positives mais se montre encore plus sévère sur Eisenhower, Reagan, Clinton et Obama. Il sauve la dernière partie du mandat de Kennedy et son courage durant la crise des missiles quand il tint tête à tous les chefs militaires, grâce aussi à Khrouchtchev. Pour vous Rouxel, cela vaut mieux que certains nanars chers à votre coeur.

REDFORD
Ces derniers temps, je me suis penché sur l’œuvre de Redford réalisateur. J’ai revu plusieurs de ses films qui tiennent le coup, même si la mise en scène parait parfois (trop?) classique. Elle ne gomme jamais les aspérités du sujet, l’originalité réelle des thèmes, souvent très personnels, et des angles. Le découpage traditionnel n’étouffe jamais le propos et ne l’aseptise pas. Il faut dire que Redford témoigne d’une attention envers ses personnages (et les acteurs qui les incarnent) qui préserve leur mouvement intérieur. Il les regarde avec une impartialité analytique et comme détachée qui surprend et détonne dans le cinéma américain actuel. QUIZZ SHOW, l’une de ses meilleures réussites (hélas uniquement trouvable en zone 1) délivre une morale des plus amères qui bat en brèche, sans ostentation, tous les archétypes dramaturgiques et idéologiques à la Frank Capra et n’offre aucune porte de sortie facile. Relisez la critique de Todd McCarthy et du Guardian.

  

LA CONSPIRATION dont j’ai déjà parlé ici malgré quelques scènes engoncées aborde un sujet rebattu de manière très originale. Cette enquête sur l’assassinat de Lincoln déboucha sur un procès inique qui renvoie directement à la manière dont le gouvernement Bush piétina les lois et la Constitution soi disant pour combattre le terrorisme. Ce procès d’une femme (Mary Surrat remarquablement incarnée par Robin Wright) fut un scandaleux déni de justice comme le soulignent ses deux avocats, le Sénateur Johnson du Maryland (brillante interprétation de Tom Wilkinson) et Frédéric Aiken, jeune avocat nordiste dont la conduite fut héroïque durant la guerre. Il est d’abord très réticent à défendre une éventuelle complice de l’assassinat de Lincoln mais sera peu à peu touché par sa cliente.

ORDINARY PEOPLE m’a paru meilleur, plus complexe que lors de la première vision et beaucoup moins explicatif. On assiste plutôt à une suite de dénis, de refus d’appréhender la réalité.

  

Dans AU MILIEU COULE UNE RIVIÈRE, pari hyper audacieux que d’adapter ce très court et génial roman qui mêle la voie du Christ et la pèche à la mouche, Redford semble avoir choisi Brad Pitt pour le rôle de Paul (un choix d’ailleurs excellent) parce qu’ils ont des points communs — sans parler de la ressemblance étonnante de l’acteur avec le cinéaste jeune. Et avec lui, il capture l’essence du livre et en restitue la grâce secrète et l’émotion. Redford, avec la complicité de Philippe Rousselot, réussit à capter toute une gamme de réactions complexes – gestes d’affection réprimés, rivalités, brusques élans retenus, petites déceptions poignantes, sentiments indicibles – qui respectent et traduisent la mystérieuse force émotionnelle du roman. Ce film prolonge ces chroniques provinciales chères à Henry King ou Clarence Brown, leur donne une nouvelle jeunesse, une nouvelle vie.

CINÉMA RUSSE
REQUIEM POUR UN MASSACRE est une œuvre terrible, un coup dans l’estomac. On est broyé devant cette découverte progressive, à travers les yeux d’un enfant, des horreurs commises par les Nazis, la manière dont ils rasent ces villages, anéantissent la population, que Klimov restitue dans des plans très longs, souvent en mouvement, magistraux.

J’ai été un peu moins convaincu par son RASPOUTINE (L’AGONIE) même si l’interprétation d’Alexei Petrenko est inoubliable. Il faut le voir rentrer à quatre pattes dans un ministère, se rouler sur le sol, sauter sur toutes les femmes, prédateur sexuel en folie. On a un peu de mal à comprendre l’ascendant qu’il exerçait sur le tsar, via sans doute son épouse.

L’ASCENSION (Coffret Klimov chez Potemkine, copies restaurées) réalisé par sa femme Larissa Chepitko est tout aussi violent, aussi âpre et rigoureux que REQUIEM dont il constitue une sorte de double inversé et en noir et blanc. L’histoire étant racontée du point de vue de partisans qui se font massacrer et dont certains vont trahir. Pour respirer, mieux vaut se plonger dans AILES belle et sensible réussite de Chepitko, hélas disparue prématurément nous privant d’un regard passionnant.

Commentaires (645)

 

  1. Denis Fargeat dit :

    Bien content d’avoir vu hier le « Vigile » de Zampa. On peut le voir comme un anti-Capra, où James Stewart serait remplacé par un abyssal crétin transalpin…. il m’est arrivé de croiser de tels personnages dans la réalité, mais je dois avouer qu’ils n’allaient pas aussi loin, il faut le cinéma italien pour ça. Satire efficace mais (déjà) désenchantée. Et face à Sordi, il y a De Sica, vraiment drôle quand il déclare « son sourire me fait peur »…

  2. yves rouxel dit :

    C’est précisement ce qu’ont fait Jean Aurenche et Bertrand Tavernier,en choisissant une époque méconnue,sinon méprisée par les cours d’histoire;la régence.La régence,le régent,vous connaissez?L’histoire de France,telle qu’elle est enseignée n’est jamais qu’un auguste défilé de batailles,de guerres,et d’édifications de chateaux somptueux.Alors on saute de Louis XIV à Napoléon en caressant au passage le décolleté de la Pompadour,en souriant aux petites manies du serrurier Louis XVI,en vibrant aux amours de Marie-antoinette avec le conte de Fersen.Puis la révolution,avec son grand foisonnement d’idées genereuses,mais les stars deviennent vite Danton,Robespierre,Marat,et surtout la principale interprète féminine,Mlle Charlotte Corday,c’est l’image la plus répandue dans les manuels;Charlotte Corday assassinant Marat dans son bain.Vite,vite,introducing the young and dashing Bonaparte,qui très vite devient une top star avec couronnes,fourrures,et limousines,sous le nom de Napoléon.On s’ennuit ferme sous Louis XVIII,Napoléon revient,mais il n’est plus que guest star.On baille à Charles X,et Louis Philippe.Trop bourgeois,tout ça,et lkes Français sont plutot monarchistes.Alors,la régence on s’en fout.Mème pas de roi,pas de guerre,pas de nouveaux chateau.Tout celà vous es expédié en deux pages et trois alcoves;La Régence c’est pourri,c’est l’orgie,c’est « le déchainement de moeurs honteuses ».Tout le monde baise,baise encore,et rebaise.Pourtant c’est une époque charnière,Monsieur Quatorze,dit l’état c’est lui,est mort.Adieu la très victorienne Maintenon,si l’on veut bien me passer cet anachronisme sémantique.Alors,oui,frénésie du plaisir ,de tous les plaisirs.Jouissance brutale.On joue à jupon-vole,et on aime les grands formats.Le langage se libère.Plus aucune retenue.Partout dans les escaliers,dans les galeries,dans les sous-bois,dans les petites villas d’Asnières,à deux ,trois,huit,quinze ou vingt cinq on s’amuse,on badine,on rit,on danse,on jouit,on en parle,on commente.Et les grandes dames sont les reines des putains.C’est aussi l’époque ou,lasse d’avoir été refaite,La France est à refaire.Situation effrayante.C’est Peut ètre sous la Régence que sont plantées les premières graines de la Révolution,les soixante dix années à suivre ne consistant que dans l’experience et de quelle manière des affaires courantes.Tavernier à choisit de raconter La Régence au travers de quatre personnages: »Trois hommes qui,chacun à leur manière,vont essayer de changer le monde qui les entoure et une jeune fille,presque une enfant,une jeune prostituée qui regarde ces hommes ,qui regarde le monde,et qui à sa manière,les juge ou les comprend.En parodiant Sergio Léone,on pourrait sous-titrer:le liberal,le cynique,l’idéaliste et la putain ».Quelle brochette d’acteurs,jusque dans les moindres roles.Mais surtout le quatuor en tète d’affiche.Christine Pascal(émilie),sereine,à la rigueur morale non-fondée sur des critères bourgeois ,mais qui vient du dedans.Simple,quotidienne,enfantine et mure.Constamment émouvante.Jean pierre Marielle(le marquis de Pontcallec),l’idéaliste.Lyrique démesuré,puissant,fou,absurde,généreux,extravagant,baroque,un Don quichotte de la cause bretonne.Jean Rochefort(Abbé Dubois),le cynique.Etonnant d’humour,de vacherie,de cynisme,d’apreté au gain,d’arrivisme avoué,fils d’apothicaire,abbé par hasard,tenancier de bordel,qui désire devenir archevèque: »Je me suis bien servit mais j’ai servit La France ».Philippe Noiret(le régent),Sublime.Comme in traduit la complexité du personnage,liberal,mais faible parce que poings liés,remarqueblement cultivé et somptueusement décadent,au sens latin du terme.Comme,au milieu de l’éclat de rire,il laisse filtrer le « dégpout secret de soi mème ».Comme,champion des virages dangereux,il sait basculer,en un léger tremblement de la jouye,de la comédie au drame.Du très grand art.Histoire de La France,histoire des hommes qui ont fait la France,Que la fète commence devrais ètre projeter une fois par semaine dans toutes les classes de France.

    • Gilles dit :

      C’est de la colle à tapisserie que vous vous injectez en intraveineuse Yves Rouxel. C’est ça ? J’ai trouvé ?

  3. MB dit :

    Bertrand vous avez conseillé LE COMMANDO DE LA MORT de Milestone dans une édition restaurée, je ne sais pas laquelle, j’ai acheté le dvd Rimini de 2015 c’est une catastrophe question qualité d’image. Au prix où il se vend ça vaut pas le trajet à la poste pour l’expédier à un pauvre toto d’acheteur!
    https://is.gd/pmqjTF
    ça n’a pas l’air d’exister en zone 1 tant pis.

  4. yves rouxel dit :

    Inspiré des recherches de Mark Lane, »Executive action »fait le récit hypothétique du complot qui aboutit à l’assassinat de John fitzgerald kennedy,le 22 novembre 1963 à Dallas.Film d’information politique,il s’apparente moins aux films de Rosi qu’a ceux de Costa gavras ou à « L’attentat »d’Yves Boisset.Cependant,le film de Miller et Trumbo se sépare des oeuvres précités;principalement par le refus du romanesque spectaculaire et l’abscence de morceau de bravoure.Un seul instant le film semble prendre une autre direction,lorsque Robert Ryan soliloque tel un heros shakespearien.Mais le film demeure une froide et impitoyable démonstration,dont l’impécable mécanique est pareille à celle du complot.La mise en scène de David Miller,sobre,voire seche,sans fioriture ni coquettterie,est imminement fonctionnelle;elle n’a d’autre ambition que servir le script,d’une rigueur exemplaire,de Dalton Trumbo.La construction dramatique ne faillit pas un instant.Le rythme,lent mais dense est maintenu du début à la fin.Le recours aux documents originaux est intelligemment justifié et leur utilisation habile,leur intégration au sein du récit et leur assimilition par l’ensemble est remarquable,il n’y a aucun heurt sensible lors du passage de l’image fictive à l’image réelle,malgré la diversité des materiaux employés(35 m/m,8m/m,vidéo,couleur,noir et blanc…).Le montage tient de la prouesse lors de la séquence de l’attentat et de ses préparatifs immédiats.Enfin,aucune rupture de ton n’entache la parfaite homogénéité du film.Burt Lancaster,Robert Ryan,Will Geer s’y fondent totalement,etr leur présence que justifie le désir de donner au film un crédit »publicitaire »chacun d’eux étant connu pour ses opinions libérales et anti-fascistes s’oublie vite.Les auteurs afin d’éviter toute confusion ou projection/identification de la part du spectateur,ne mettent en scène qu’une seule categorie des personnages du drame;les conspirateurs.Ce qui est contraire aux règles habituelles du genre.Tout élément relatif à la victime ou à des tierces personnes(Oswald notamment)qui doit ètre nécessairement évoqué,l’est par exposés,projections de films ou diapositives lors de réunions ou encore par émissions de télévision.Didactique, »Exécutive action » est construit comme un film de montage.C’est sans pathos,l’anatomie d’un complot,son analyse froide et minitieuse.De fait,le spectateur est dans l’impossibilité de se projeter dans un personnage positif,les victimes n’étant vues que « de l’exterieur ».Cette distanciation s’effectue aussi au niveau des dialogues,l’impoirtance du moindre d’entre eux,en raison des innombrables éléments d’information qu’ils contiennent,demande un effort d’attention soutenu.Bien qu’il est dit que jamais famille n’a détenu pareil pouvoir politique(l’hypothèse d’un kennedy project évoqué par les comploteurs,qui aurait pour but de conserver la présidence pendant 24 ans,deux mandats pour John,deux pour Bob,deux pour Ted est parfaitement vraisemblable,les élections futures s’annonçant favorablement)le film ne s’attaque pas au mythe Kennedy.Mais que cette omission soit volontaire ou non,celà aurait été une erreur.D’une part,le spectateur aurait dut suivre deux discours(trop d’informations donnés en vrac dissimulent plus qu’elles n’éclairent)qui se réveleraient contadictoires(on motiverait ainsi l’assassinat).D’autre part,le mythe étant encore trop vivace,les auteurs se seraient aliéné ceux là mème qu’ils veulent sensibiliser,y compris ceux qui sont convaincus de la fausseté des conclusions du rapport Warren.Néammoins le film dénonce nombre de faits,tels le politisme de la police;les méthodes de la CIA pour faitre pénétrer un agent en URSS;son role dans l’affaire de la baie des cochons,le laisser-faire de la maison blanche qui avait connaissance du projet,l’utilisation par les divers services secrets des mercenaires laissés pour compte qui avaient été entrainés pour cette opération,les engins-espions de toutes sortes qui survolaient l’URSS et la Chine,les raisons économiques(est non idéologiques)pour lesquelles les USA,sont intervenus dans le sud-est Asiatique,les luttes de pouvoir entre les differents services secrets Us,états dans l’état,le peu d’importance qu’a le président,comparé aux interets économiques…Enonçés en filigrane ou exposés franchement ces informations sont autant de révelations pour une majorité d’americains.Quand à la conspiration,si elle est ne fait aucun doute pour tout esprit claivoyant,il fallait l’élaborer de façon crédible.En fonction des données de la contre-enquète effectuée par Mark Lane et son équipe,l’élément causal à été determiné hypothétiquement à partir de ses conséquences,c’est à dire l’observation impartiale de faits et témoignages omis ou édulcorés par la commission Warren.Ainsi les motivations,la multiplication des déclarations de JFK relatives au rapprochement américano-soviétique,au retrait des troupes US du viet nam,à l’intégration raciale,ont pu provoquer la « panique » parmi des personnalités industrielles et politique de l’extrème droite.Il en est de mème en ce qui concerne la préparation de l’attentat y compris la praxie.A ce sujet,les séances d’entrainement des tireurs d’élites peuvent paraitre trop longues et trop nombreuses.Mais cet entrainement intensif démontre mieux que le ferait un discours,qu’une seule personne ne pouvait réussir l’attentat,à plus forte raison s’il s’agissait d’un « irresponsable ».Outre la difficulté qu’il y a à tirer sur cible mouvante,il à été prouvé par des experts de la commission,qu’aucun tireur d’élite n’aurait pu ,avec l’arme supposée ètre celle du crime,tirer trois ou quatre fois(ou plus)en si peu de temps(4 secondes,8 à 5 secondes).Il est encore plus improbable que ce mème tireur ait fait mouche deux ou trois fois.Néammoins le film a suscité des remous,puisque trois journalistes se sont senti obligés de donner leur opinion,défavorable bien sur,dans trois organes à fort tirage:Pierre Salinger(l’express du 26/08/74,Alain Clément Le Monde du 03/09/74 et Nicolas Chatelain Le figaro 17/09/74.

    • Bertrand Tavernier dit :

      a yves Rouxel
      Je vous aime beaucoup Yves quand vous vous lancez comme cela sur un film que personnellement je trouve raté mais follement ambitieux. Raté par manque de moyens, l’impossibilité pour Trumbo de boucler le scénario.Voila un des rajouts sur David Miller
      cinéaste curieux auteur de l’excellent SATURDAY’S HERO, de SEULS SONT LES INDOMPTÉS;;;Miller devait être quelqu’un de libéral, de progressiste. Il avait débuté par des courts métrage à la MGM, dont trois sur Nostradamus, remportant deux Oscars, le premier en 1937 pour un Pete Smith écrit par Fred Rinaldo et Robert Lees, tous deux communistes qui devinrent les auteurs des Abbott et Costello. En 1940, il dirige un court métrage, THE HAPPIEST MAN ON EARTH tiré d’une histoire d’Albert Maltz, assez proche du SALAIRE DE LA PEUR ; ce qui fait beaucoup de liens avec l’extrême gauche. Trumbo l’aimait beaucoup et l’avait demandé comme garant vis à vis des assurances pour le remplacer sur JOHNNY GOT HIS GUN, signe d’une vraie communauté d’esprit. LONELY ARE THE BRAVE reste un fort bon film dont le propos, très fidèle au beau livre d’Edward Abbey, retrouve les préoccupations de SATURDAY’S HERO. Selon David Bessie, le fils d’Alvah qui écrivit trois scènes d’EXECUTIVE ACTION à la demande de Trumbo atteint d’un cancer du poumon, Miller était très progressiste, proche du parti communiste et mit en scène un plan de façon à ce qu’il pointe l’effet néfaste, meurtrier de la prolifération des armes à feu aux USA (lettre à Pat Mc Gilligan)

      • yves rouxel dit :

        A Bertrand.Je suis revenu aux fondamentaux de ce blog.Malgré tout essayer de revoir ce film avec du recul ,qui n’est pas raté mais qui s’essouffle un peu à la moitié de l’oeuvre.

    • MB dit :

      EXECUTIVE ACTION j’ai vu ce film deux fois sans à chaque fois être convaincu, en effet je trouve que c’est complètement loupé, sans que je n’arrive à mettre le doigt sur ce qui fait que c’est loupé.

  5. Gilles dit :

    Travaillant dans le milieu médical, je peux vous affirmer avec une probabilité de 95% qu’un second confinement nous sera imposé fin Septembre, jusqu’au nouvel an. Entre autres secteurs économiques qui ne s’en relèveront pas, je ne vois pas comment les salles de cinéma pourront survivre à une deuxième fermeture. Ne restera plus que Netflix. Avouez tout de même que la prédiction du père Melville laisse songeur… A moins d’un vortex interdimensionnel dans la rue Jenner, il avait sûrement lu Le capital.

    • ballantrae dit :

      Vous avez l’art de remonter le moral dites donc Gilles!
      Fin septembre, pas possible!!!Pas un confinement du territoire entier tout de même???
      Bon et votre avis médical autorisé que nous dit-il des injonctions à une vie quasi normale que l’on nous a servis à longueur de discours emphatiques (j’ai crû comprendre que nous avions vaincu à un moment, je ne vois pas très bien quand en fait? nous avons survécu notamment grâce à l’engagement sur le terrain du personnel soignant et à un confinement qui n’est pas une sorte de grâce mais une nécessité compte tenu du manque flagrant de masques, tests, gel, lits) et de JT?

      • Gilles dit :

        Je n’ai pas écrit ce message pour faire mousser mon clavier, mais pour interpeller Bertrand Tavernier sur ce qu’il sait des conséquences de la crise sur l’économie du cinéma.
        Selon les fantassins de la profession médicale que je rencontre au quotidien, la deuxième vague est une certitude, en regard de la courbe des contaminations croissantes depuis le déconfinement, dues, entre autres mesures suicidaires, à la permanence d’une distanciation sociale contraire aux nécessités immunitaires. On commence à reconfiner au Portugal et en Allemagne. Nouvelle opportunité pour le pouvoir de mettre l’économie en jachère, selon les mêmes contraintes, ou celles du confinement/déconfinement observé à 7 reprises jusqu’à fin 2021, comme l’a annoncé Macron. Des menaces telles que « la vie ne reviendra pas à la normale avant longtemps » d’Edouard Philippe, ou « la deuxième vague est déjà là » du premier ministre canadien, ne sont pas à prendre à la légère. Et bien naïfs ceux qui pensent être gouvernés par des baltringues. Les milliardaires continus à faire de belles affaires pendant qu’on nous garde sous clé.
        Bien que cet espace n’ait pas pour vocation de faire le détail de cette « opportunité » on peut essayer de la comprendre sous la plume de Marx qui avait prophétisé ce qu’il appelait La baisse (ou crise) du taux de profit dans le Livre 3 du Capital. Peut-être lecture de Chevet de Jean-Pierre Melville.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Gilles
          Je ne sais rien, je suis coupé du monde depuis des mois

        • Ballantrae dit :

          Nécessité immunitaire qui semblait une hypothèse il y a peu non?
          C’est comme l’étude de Cohen qui semble un peu floue pour le moment et ne me convaincra qu’après lecture avec contre expertise autorisée.
          Je n’en veux pas à Gilles qui en plus est un soignant.
          Voir la vérité pourquoi pas? Mais lui associer forcément le pire dans tous les domaines c’est penser que nos dirigeants transformeront forcément l’essai pour leurs intentions.
          La servitude étant volontaire, évitons d’adhérer par principe à la servilité et réfléchissons. Une promenade en forêt forcément moins dense que le milieu urbain est un acte parfaitement responsable, aller au cinéma en faisant attention aussi.
          En revanche voter en début de pandémie l’est moins, ne pas écouter les revendications ne l’est pas, être rassemblés comme des sardines sans masques pour tous dans un wagon, un magasin ou une salle de classe est absurde.
          Il y a un juste milieu entre se penser hors de danger et ne strictement plus vivre hors de chez soi.
          Dire que nous étions confrontés à une grippette si nous ecoutions certains responsables en janvier…

    • Denis Fargeat dit :

      Ce que vous dites ne fait pas plaisir, sauf à vous on dirait, oiseau de malheur. Je ne souhaite pas pour ma part faire l’oiseau à tête dans le sable, l’autruche qui triche, mais vous devez bien vous rendre compte que nos âmes sont atteintes. Partout, même ici, chacun s’énerve, s’angoisse, se cabre et se cramponne, et vous voulez avoir raison à tout prix, ce que je rangerais volontiers au rang des passions tristes, des attitudes décourageantes. Et vous brandissez Melville comme jadis Fontbrune se servait de Nostradamus – vous devez vous souvenir de ce folklorique monsieur qui arrivait superbement, et périodiquement, à prévoir le passé.
      Hier, premier cinéma, pouvais pas avant. Institut Lumière, la fête dans ma tête, mais un petit peu d’inquiétude quant aux peu naturelles mesures d’hygiène. On pouvait se rassurer: avec mon épouse nous étions 4, peut-être 5 dans la salle – je précise que je ne suis pas polygame. Pour la distanciation sociale et même physique, conditions au top.
      La fête était sur l’écran, c’était le mariage de Polly Peachum avec Mackie Messer, mais quand la lumière revient déjà, c’est aussi triste qu’une chanson d’Eddy Mitchell.
      Quand les gens ne viennent pas, ce sont les avis sur leur absence qui arrivent (le plus beau que j’aie jamais entendu, c’était en Suisse :  » c’est que, LE concert, on le fait toujours en hiver, là on l’a fait en été, les gens ont pas l’habitude ».) Je ne m’étendrai pas, faute de compétence, sur les raisons du rendez-vous manqué ; juste mesurer la différence cruelle entre la salle pleine, fervente, électrique que j’ai souvent connu, et cette triste sortie où l’élégant velours noir de l’Institut ne renvoyait que le cliquetis de dix genoux remontant la pente douce.
      C’est très injuste, Gilles, et je le sais, mais je vous en veux pour ça, pour votre phrase décourageante et cette salle vide qui n’est qu’une cruelle coïncidence avec vos propos. Ce blog, et les films dont il est rempli, est plein de gens pétris d’un optimisme déraisonnable, pour une raison simple: c’est humain, et avec quelques autres broutilles, nécessaire. Il faut arriver à se projeter (pas contre un mur,ça va de soi.) Désolé de faire ainsi le moraliste, mais que vous ayez raison ou non, peu importe, ce que vous dites et la façon dont vous le dites fait mal ; c’est un direct à l’estomac, a-ton besoin de ça en ce moment? Si vous travaillez dans le milieu médical, vous devez bien avoir entendu parler de l’importance d’un bon moral, pour le patient? (Je repense à Neuhoff, peut-être se réjouira-t-il que le cinéma français, malade, meure guéri?)

      • Gilles dit :

        Oui, je vous demande pardon. Ne lisez aucune malice, ni plaisir pervers, mais une sincère indignation, faisant front, aussi désarmé que vous, à ce qu’on nous annonce. J’oublie que d’autres certitudes se sont vues retournées plus rapidement qu’on ne le croyait. Nous sommes gouvernés par des gens qui ne nous veulent pas du bien, et qui se fichent pas mal que le cinéma meure ou survive. Cet après-midi nous étions deux, et je ne suis pas monogame, il est vrai dans une salle rikiki, assis devant un film destiné à un petit public. Je m’en veux moi-même d’être aussi brut de décoffrage sur un sujet si sensible pour nous tous, ma nature à confondre optimisme et déni expliquant cette indélicatesse. Paf ! Je m’en mets une.

        • yves rouxel dit :

          A Gilles.Ah non ne faites pas une transition primaire entre ma personne et Lionel Jospin(piètre 1er ministre qui utilisa les pauvres cocos dans cette pseudo gauche plurielle).Il s’est retiré sur son ile tel Napoléon et depuis on l’entend plus.Effectivement je suis revenu sur ce blog car j’ai des fourmis au bout des doigts afin de vous faire partager des pépites,des curiosités voire des films interdits ou censurés par le système de distribution français.Nous devons chers ami(es)nous battre pour que les generations qui arrivent aillent dans les salles,les médiathèques et achètent selon leurs moyens financiers des dvd en magasins ou sur d’autres supports tels les sites de ventes d’occasion.Je ne veux pas n’en déplaise à un certain président me réinventer mais continuer à vivre et transmettre à tout ceux que j’aiment mes coups de coeur .

        • Bertrand Tavernier dit :

          A yves Rouxel
          Mais s’il vous plait arrêtez ce langage comminatoire. Avec tous les problèmes, toutes les inégalités, la Frances reste le pays où l’on sort et exploite la plus grande variété de film, avec le plus grand nombre de nationalités. Et des programmes de diffusion du cinéma en milieu scolaire qui a peu d’équivalents dans le monde. Et qui a été obtenu par des combats citoyens mais avec l’appui d’institutions. Par exemple, au moins un tiers des dvd distribués par Sidonis n’existent pas aux USA. AU lieu de maudire le système, soutenons ceux qui le font marcher. Et c’est vrai qu l’on diminue les aides au CNC car moins de recettes publicitaires et que la culture ne semble pas être la priorité d’Edouard Philippe. Par ailleurs Lionel Jospin a souvent failli mais après avoir vu DE L’AUTRE COTÉ DU PERIPH, il annule le tout électrique à Montreuil, demande à EDF de renégocier le contrat et l’obtient. Et les gens qui l’ont battu avec l’aide de la terrible Christiane Taubira qui avant, avait soutenu Tapie, ont été bien pire. Et il aa quitté la politique avec dignité

        • MB dit :

          « Effectivement je suis revenu sur ce blog car j’ai des fourmis au bout des doigts afin de vous faire partager des pépites,des curiosités voire des films interdits ou censurés par le système de distribution français. »
          On ne peut pas renommer ce blog « ROUXEL-BLOG ».
          et puis vos films interdits vous les avez vu comment puisqu’ils sont interdits
          ciel! et je vous ai défendu plus d’une fois mais là, vous n’êtes ni drôle ni passionné

      • MB dit :

        à D Fargeat: cher collègue vous avez détaillé avec nuance et coeur ce que je ressens et exprime par des formules lapidaires et agressives, il faudra peut-être que je révise le fait que ma polémique chérie et sa ptite soeur le duel sur le pré du clavier (oui, bon, vous avez vu l’heure qu’il est aussi?), ne peut que mettre les choses au point pour touq. et youp la boum!
        bon, c’est pas drôle en fait

      • yves rouxel dit :

        A denis,gilles,bertrand et les autres.Je suis revenu dans une salle de cinéma la semaine dernière,découvrir la vie trépidante de « Bennie ».Petite fille de 10 ans elle est explosive,sa mère l’a plaçer dans un foyer d’accueil avec un auxiliaire de vie scolaire qu’il l’a prend en charge.L’oeuvre forte, rappelle « La tète haute »d’emmanuelle bercot et démontrent que les enfants qui ne reçoivent aucune éducation de leurs parents vont arriver dans la vie et la société sans repères.Vols,violences,langages chatiés,irrespect et incivilités sont le lot quotidien de cette petite bennie qui illumine cette chronique sociale qui est à découvrir.Sachez que pour ma part le cinéma avait installé des bornes avec du gel hydroalcoolique,port du masque obligatoire dans le hall d’entrée mais pas dans les salles ou les distances sont respectés en supprimant des fauteuils.On était une dizaine de personnes,en majorité des habitués qui sont détenteurs de la carte d’abonnement(gaumont-pathé nous offre un mois de cinéma gratuit,ils n’étaient pas obligés).Pour revenir aux écrits de Gilles je partage son inquiétude qui est aussi une réalité face à cette pendemie qui n’est pas terminer pour autant.Comment les médias et les journalistes ont réussit à convaincre Didier Raoult de monter à paris et d’affronter des imbéciles sur des plateaux de tv ou radios.Ce sont des gens immondes!!!

        • MB dit :

          à Yves
          déjà? on vous attendait plus

          pour Raoult je vois que vous faites partie des partisans, je pense que c’était très facile de le convaincre, il a besoin de pub et s’il refusait d’y aller il se discréditait.

          à tous: on pourrait revenir au cinéma? siouplaît……..

        • Damien D. dit :

          Oui Yves ce yoyo entre « je pars » « je pars pas » « mais si » « mais en fait non » est un peu ridicule voire agaçant (ou alors c’est pour que l’on parle de vous ?). Parlons plutôt de cinéma car il en a et en aura bien besoin…
          Je signale d’ailleurs la création d’une toute nouvelle revue de cinéma APACHES dont le premier numéro sorti en juin et consacré aux Mac-mahoniens et à Fritz Lang : c’est assez prometteur. Voyez ici : http://www.apaches.ch/nos-numeros/

        • Julia-Nicole dit :

          A Yves Rouxel

          22 juin: « Je tiens à vous faire mes adieux sur ce blog »
          29 juin: « Je suis revenu dans une salle de cinéma… etc…  »

          Décidément, vous êtes toujours aussi digne de confiance !

        • michèle dit :

          à MB,

          Oh oui, revenons au cinéma ! Au moins là, tout le monde sur ce blog connaît le sujet.
          Et puis tous ceux qui ne pensent pas comme nous ne sont pas forcément, comment déjà ? ah oui, « immondes »

      • Gilles dit :

        Yves Rouxel dites-nous en douce à quoi vous carburez, qu’on n’y touche surtout pas. (Blague !)

        • yves rouxel dit :

          A Gilles.Savez vous qui à dit: »L’impuissance c’est la panne des sens »?Ne vous aider pas de votre clavier svp,c’est contraire au reglement interieur.Je ne bois que de l’eau(bénite de Lourdes),ne fume que du jambon (de Bayonne)et avale 10 cachoux Lajaunie(histoire d’avoir l’estomac frais et dispo!!!!

    • Pascal MINETTE dit :

      Franchement, c’est plus du bon sens que de la médecine ; tant qu’il y avait des cas quelque part, c’était folie de déconfiner.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Pascal Minette
        Halte aux avis d’experts auto proclamés. Gilles a raison sur un point : ce gouvernement ne nous veut pas de bien et a surtout songé à dissimuler ses manques, ses erreurs et à se protéger. Le confinement et le déconfinement ont marché dans certains pays qui étaient moins soumis à des autorités dogmatiques relayées par une bureaucratie encore plus dogmatique où tout le monde se tire dans les pattes. En Allemagne, ils ont laissé les entreprises fabriquer des masques. En France cela a été la guerre entre deux ou trois institutions qui ne pensaient qu’à bloquer l’autre. Certaines mesures étaient idiotes (bloquer les promenades en foret) ou inhumaines (dans les EPAD)

        • Alexandre Angel dit :

          A Bertrand et à Gilles,
          Une simple question et après je passerais à autre chose.
          Quand on ne me veut pas du bien , c’est un peu qu’on me veut du mal. Enfin, on s’en approche…
          Alors, ma question est : pouvez-vous, s’il vous plait, m’expliquer, et de manière synthétique, qu’elle pourrait être la corrélation entre le fait de confiner, voire de (re)confiner, et le profit du Grand Capital.
          Que j’ai les idées un peu plus claires.
          Merci d’avance.

        • Julia-Nicole dit :

          A Bertrand
          « Certaines mesures étaient inhumaines (en EHPAD) ».
          Certes, mais qu’auriez-vous proposé, alors que les personnes âgées étaient particulièrement vulnérables ?

          A Pascal Minette
          « Tant qu’il y avait des cas quelque part, c’était folie de déconfiner ».
          Qu’auriez-vous proposé ? Rester confiné 6 mois, un an ?

          A Gilles
          Vous écrivez que « la permanence d’une distanciation sociale est contraire aux nécessités immunitaires. »
          Certes, mais la Suède qui n’a pas confiné a un taux de mortalité 5 à 10 fois supérieur à ses voisins scandinaves qui l’ont fait.
          D’autre part, vous dîtes que cette distanciation sociale est « suicidaire » et vous annoncez un second confinement, qui est bien davantage que de la distanciation. Alors je vous pose aussi la question: que proposez-vous ?

          Et je suis d’accord avec Bertrand sur les experts « autoproclamés ». Il doit y en avoir environ 65 millions en France… et chacun sait absolument et avec certitude ce qu’il faut faire.

        • Ballantrae dit :

          Oui ce gouvernement ne veut du bien à personne si ce n’est à lui-même.
          Je ne suis pas encore retourné en salle malgré ma forte envie faute d’opportunités car le dernier Eastwood est le seul film à l’affiche qui eût pu me tenter…mais j’ai vu à sa sortie L’affaire Richard Jewell et c’est d’ailleurs très bien.
          Je pense que le principe des reprises pourrait fonctionner le temps que des films nouveaux excitants tentent l’aventure de la reprise. On me proposerait un cycle M Powell, Ford, Fellini ou Bergman je m’y precipiterai tous les soirs!
          Il faudrait aussi remettre en salles qqs beaux films qui n’ont pu faire le plein: J’ai perdu mon corps, Une vie cachée, Trois jours et une vie…

        • SugarKane dit :

          À Bertrand Tavernier
          Si ce Gouvernement ne nous veut pas du bien, alors il nous veut donc du mal ? En paroles comme en actes il voudrait intentionnellement nous nuire ? Autant je suis de votre avis sur des incohérences, des manquements qu’il faut maintenant analyser, corriger et peut être condamner et sur une lourdeur bureaucratique historique, autant je vous trouve injuste sur votre critique. J’habite l’Oise et je suis très proche de ma mère qui a 92 ans et qui vit en Epadh. Grâce aux mesures immédiates qui ont été mises en place il n’y a aucun cas de Covid dans l’établissement, alors que dans une résidence proche de quelques centaines de mètres qui n’a pas eu la même rigueur il y a eu plusieurs décès. J’ai été chef d’une entreprise de moins de 10 personnes, et l’expérience m’a appris à mon niveau que diriger est un exercice difficile, alors une commune, une région ou un pays… Depuis le début de cette histoire nous avons entendu tout et son contraire, de la part des médecins, des scientifiques, des médias et des politiques. D’ailleurs même l’Allemagne ne s’en sort pas si bien que ça, vu qu’aujourd’hui ils sont obligés de reconfiner une partie de leur population.
          Je pense que nous avons tous besoin d’une forte dose d’optimisme et que nous cessions ses querelles inutiles et contre productives.

        • Gilles dit :

          A A. Angel, J. Nicole, Y. Rouxel

          Il n’y a pas de rapport entre ces mesures disproportionnées et la réalité de la maladie. En cherchant un peu vous observerez des courbes de mortalité identiques avec les années précédentes, dans des tranches d’âge similaires et toujours aggravées par d’autres pathologies. Des médecins salopards (il n’y a pas d’autres mots) ont déclaré des patients Morts du Covid, à cause de leur charge virale, mais décédés d’autre chose. C’est ce qu’ils referont si on déclare une deuxième vague.
          Le covid sert de levier à un contrôle social sans précédent, parti pour durer, synchrone avec un soulèvement populaire supérieur à ce que fut la commune de Paris. Soyons fiers que la France reste le sémaphore de la lutte sociale (et revoyons le film génial de Peter Watkins).
          Qui se rappelle de la grippe asiatique de 1957 ? Pourquoi n’a-t’on pas confiné pendant le h1n1 ? Quand il y a saturation des marchés et trop de prolos mécontents, on prend ce qu’on a sous la main. Ici un virus qui traine, récemment on déclenchait une guerre mondiale. Je réponds à ce que vous savez déjà, et ne peux que vous confier la méthode que j’utilise pour approfondir ce qui me semble juste au sujet de la crise du capital, dont le Covid n’est qu’un colifichet. Ce qui se produit maintenant, Le Capital l’a décrit avec plus d’exactitude que Nostradamus. Une lecture tellement loin de ma formation initiale et qui pourtant s’adresse à tout le monde, à condition de mouiller un peu la chemise. C’est surtout la seule alternative aux médias mensonges et aux théories du complot qui en sont le produit. Si vous manquez de coeur à l’ouvrage je vous recommanderai la lecture de Vaincre Macron, un texte puissant sur ce qu’incarne réellement cet insignifiant personnage. Son auteur, Bernard Friot, est pour moi un des plus grands penseurs politiques actuels, connu de si peu de monde. Pour vous donner un avant goût : « Quand on a renoncé à être révolutionnaire, on est solidaire de victimes. Quand ce sont les intellectuels de gauche et de l’ultra gauche qui disqualifient les luttes ouvrières, c’est encore plus efficace comme travail de collabo. » Je vous mets le lien d’une de ses conférences qui j’espère vous donnera envie d’en savoir plus sur cet homme extraordinaire, qui me fait penser à Alain Resnais. Suivez aussi le travail du collectif Guerre de classe, comme premier éclairage vers Marx, Karl, en passant par Charles. Tout ce qui nous arrive se décrypte à l’aune de la lutte des classes ! Même la crise du cinéma français, et son éventuelle disparition.
          Désolé mais il est impossible d’en parler sérieusement en synthèse… avant de « passer à autre chose ». Il faut s’y immerger jusqu’au cou sans avoir peur de boire la tasse, pour que les générations qui viennent puissent, elles, passer à autre chose.
          Pensez-vous, Y. Rouxel qu’il existe un traitement grand public et bon marché contre vos épisodes saisonniers de Lionel Jospinisation ?

          Ca me fait penser à revoir le film de R. Peck qui aurait pu être le premier épisode d’autres à venir.

          https://www.youtube.com/watch?v=VYdmJHmH_BQ&t=1440s

        • ballantrae dit :

          Je vais lire avec intérêt cet ouvrage Gilles et sais que Marx a entrevu bien des aléas que nous avons vécus.C’est une lecture absolument pas périmée et qui continue à défriser quand bien même on n’en partage pas tous les tenants et aboutissants.
          Le film de R Peck me semble très bien et pas sans lien avec la manière de P Watkins que vous citez aussi notamment lorsqu’il filme les discussions de manière immersive sans faire dans le docu scolaire.
          Mais nous allons revenir vers le cinéma et au cinéma c’est sûr!
          Idée pour un billet futur Bertrand Voyage à deux de Donen qui vient de sortir dans un superbe coffret avec une restauration magique… et en plus il ressort en salles! Autres reprises estivales: Bo Widerberg, Elephant man, Fleurs de Shnghai de Hou Hsiao Hsien (une merveille !!!) et Crash de Cronenberg (que j’aime beaucoup).

      • Gilles dit :

        VOYAGE A DEUX existait déjà dans un coffret très recherché par les collectionneurs, couplé avec BEDAZZLED, film inclassable complètement barré. Vient aussi de sortir L’ESCALIER, une sorte de Cage de folles dans les bas fonds londoniens, où Burton m’avait fait rire pour la seule et unique fois.

        • ballantrae dit :

          Copie bien plus soignée que dans ce coffret. Les couleurs sont incroyables .
          Et Bedazzled me semble surcôté par ailleurs, pas forcément naturel pour Donen qui force sa pente naturelle vers l’hénaurme.

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