Des films français de patrimoine mais pas seulement

29 janvier 2019 par - DVD

LECTURES

Dans la collection Positif, L’ODYSSÉE DE 2001 qui regroupe un certain nombre d’articles et d’entretiens autour de ce film.

JE ME SOUVIENS – 500 anecdotes de tournage de Jean-Pierre Jeunet est souvent amusant, rapide, vif. Avec des petites notations très révélatrices.

     

J’ai adoré LE POINT AVEUGLE de Javier Cercas (Actes Sud) qui regroupe plusieurs essais aigus, pénétrants sur le roman, ses rapports avec l’Histoire, l’engagement politique avec des citations jubilatoires et éclairantes d’Aiuden, Borgès, Vargas Llosa (et une belle défense de LA VILLE ET LES CHIENS). Il faut lire les autres œuvres de Cercas, LES SOLDATS DE SALAMINE, L’IMPOSTEUR et quant à moi, je vais prendre ANATOMIE D’UN INSTANT qui essaie de comprendre pourquoi lors du putsch avorté des militaires espagnols contre la nouvelle assemblée, lors de la fusillade, seuls trois députés restèrent assis (tous les autres étaient sous leurs bureaux) : deux avaient appartenu à des gouvernements franquistes et le troisième, Carillo, le chef du Parti Communiste espagnol avait longtemps été stalinien.

A propos de Staline, il faut lire le tome 3 d’UNE HISTOIRE MONDIALE DU COMMUNISME de Thierry Wolton, LES COMPLICES, anthologie passionnante, effroyable des mensonges, massacres, reniements perpétrés par les divers partis communistes de la Guerre d’Espagne – où Staline s’arrangea pour détruire l’armée républicaine, massacra les anarchistes du Poum – à la Drôle de guerre avec les tracts contre le juif Mendel et les fauteurs de guerre de la City émis entre 39 et 41, sans parler des articles venimeux de Thorez, premier résistant de France planqué à Moscou contre Blum avec tout un arsenal antisémite (doigts crochus) et la manière dont on élimina certains des premiers résistants et ceux qui s’opposèrent au pacte germano-soviétique. Certains chapitres sur Aragon, la manière dont le Parti tenta de démolir Kratvenchko et son POURQUOI J’AI CHOISI LA LIBERTÉ, le procès fait à David Rousset auteur de l’Univers Concentrationnaire qui après avoir dénoncé l’extermination des Juifs, attaquait violemment le goulag, sur les revirements de Sartre et ses lâchetés alors que Camus dès L’HOMME RÉVOLTÉ affrontait ces problèmes en face sont passionnants. De même que les apologies bêtifiantes de Lyssenko, ce biologiste qui étudiait cette science à la lumière de la lutte des classes ce qui lui valut un soutien inconditionnel d’Aragon, ce grand spécialiste scientifique. Un député communiste biologiste qui fut le seul à émettre des réserves fut chassé du Parti. L’auteur paraît un peu court sur Gide et son RETOUR D’URSS, moins documenté sur la Continental que sur la collaboration des éditeurs de Gallimard à Grasset et Denoël et à ce qu’il me semble, parle trop peu d’Orwell. Mais il se rattrape avec Simon Leys et Panait Istrati.

CINÉMA RÉCENT
Pour répondre à quelques reproches peu nombreux de ceux qui ont l’air de penser qu’on se cloître dans le cinéma de patrimoine, je voudrais signaler quelques œuvres récentes qui m’ont beaucoup touchées et n’ont pas toujours connu l’exposition qu’elles méritaient, sauf peut être la première, le poignant CARRÉ 35 d’Eric Caravaca, confession enquête intime et douloureuse où l’auteur part à la recherche d’un terrible secret de famille, longtemps enfoui. On sort bouleversé.

  

DE TOUTES MES FORCES de Chad Chenouga est le récit poignant d’un garçon au  lycée, qui doit s’occuper d’une mère dépressive et rentrer chaque soir au foyer. Le propos est âpre, sans concession mais empreint de générosité et de compassion. Comme l’écrit A Voir A lire : « Sans fard ni concession, en évitant tout les clichés, Chad Chenouga suit pas à pas le cheminement du jeune homme. En ne nous épargnant rien de ses peurs, de ses doutes, de sa colère et de sa détermination, il crée une empathie immédiate, d’autant que le jeune Khaled Alouach, au visage d’ange et aux cheveux bouclés est d’une authenticité parfaite. Entouré d’une bande de personnages secondaires attachants et drôles malgré la misère dans laquelle ils sont plongés, il séduit par son charisme et sa capacité à s’approprier ce personnage entre violence et tendresse. Son duo avec la persévérante Zawady (la toujours impeccable Jisca Kalvanda déjà présente dans DIVINES) le transforme définitivement en héros attachant. Enfin, le jeu de Yolande Moreau, toute de rondeur et de tendresse, déchirée entre ses désirs de mère-poule et les obligations de gendarmette que lui impose sa fonction de directrice du foyer nous transporte sans restrictions au cœur de ce drame intime. La réalisation, somme toute conventionnelle et soutenue par une bande son mi- électro mi- classique sert avec élégance ce récit plein de pudeur. » Un film vivifiant et porteur d’espoir qui redonne des forces.

NOTHINGWOOD de Sonia Kronlund à qui l’on doit la plus belle émission de France Culture depuis la disparition de Philippe Meyer, Les Pieds sur Terre, anthologie de témoignages bouleversants, décapants, précis que tous nos hommes politiques devraient religieusement écouter. Dans NOTHINGWOOD, elle trace le portrait bidonnant d’un cinéaste forain, saltimbanque qui a déjà dirigé dans un Afghanistan ravagé par la guerre et le terrorisme, avec des moyens ridicules, plusieurs dizaines de film (il en tourne souvent deux en même temps). À une centaine de kilomètres de Kaboul, Salim Shaheen, l’acteur-réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan est venu projeter quelques-uns de ses 110 films et tourner le 111e au passage. Ce voyage est l’occasion de faire la connaissance de cet amoureux du cinéma qui se cachait pour le découvrir, enfant, dans les salles et recevait régulièrement une raclée. Durant ce voyage, Salim franchit des barrages, ignore les avertissements, harangue les villageois en disant qu’il est content de revenir dans l’endroit où il est né (il dit cela partout, commente un témoin). Voilà une œuvre vivifiante, souvent désopilante et qui témoigne d’une vraie curiosité pour le monde.

À LA RECHERCHE DES FEMMES CHEFS de Vérane Frediani est un documentaire revigorant qui pointe de manière acerbe le machisme omniprésent dans le monde culinaire. Il fallut des années pour que la Mère Brazier soit récompensé par le Michelin, que les Mères Lyonnaises soient reconnues à leur juste valeur, pour que l’on accepte des œnologues féminins. La réalisatrice débusque dans le monde entier et dans les quartiers les plus inattendus, des femmes cuisinières qui prennent des initiatives très audacieuses, empoignent les problèmes de société, forment des apprentis dans des zones déshéritées tout en inventant une cuisine audacieuse et ludique. Vérane Frédiani est partie à la rencontre de plusieurs brigades et équipes, du restaurant étoilé au stand de street food, de la Chine à la Bolivie en passant par les États-Unis ou la France. Parmi les chefs interrogées, on note Anne-Sophie Pic, qui a succédé à son père, Adeline Grattard, Dominique Crenn, Alice Waters du restaurant Chez Panisse à San Francisco, Amanda Cohen, Kamilla Seidler, Christina Bowerman. La réalisatrice pose sans cesse la même question: pourquoi parle-t-on si peu des femmes en gastronomie? Des cuisines aux bancs d’école de cuisine, les réponses fusent avec passion. Car c’est surtout ce qui se dégage de ce documentaire : la ferveur des ces femmes pour leur univers, leur métier, leur rôle dans ce milieu et dans la société.

FILMS REVUS
J’ai aussi revu L’ÉTÉ MEURTRIER et qui tient bien le coup. Je l’ai trouvé mis en scène avec modestie mais efficacité, dirigé, joué avec de vrais moments de chaleur (Cluzet qui dit « les couchers de soleil, ça me rend triste »). Adjani est géniale et super sexy, Souchon formidable tout comme Flon. Et Becker attrape des petits moments de vie populaires et provinciaux (la sortie d’un cinéma, un bal, une course cycliste, un repas de mariage) avec une justesse qui me fait penser à certains films italiens. Je mets cette modestie au-dessus du savoir faire un peu creux du Clément du PASSAGER. Très bon dialogue. Une seule actrice un peu en dessous : la prof dont le personnage est caricatural et la dernière rencontre avec Adjani est un des rares moments maladroits ou forcés où l’on sent le poids de l’intrigue imposé au forceps. Les changements de narrateur marchent au poil et le premier est super efficace tout comme l’éclairage subit sur Galabru.

  

LE SILENCIEUX (Gaumont) qui vient de sortir en Blu-ray reste un film prenant et agréable avec une longue introduction muette efficace. Les Services Secrets sont montrés comme des monstres froids (pas toujours efficaces pour les français), les anglais comme les Russes. Ventura est excellent et Lea Massari transforme une silhouette en personnage.

Dans un autre registre, FAISONS UN RÊVE, est un délice absolu dès l’éblouissant prologue. Quelle belle langue que celle de Guitry. Quelle invention, quelle ironie. Et puis ce pari : écrire un acte qui se passe au téléphone, objet qu’on n’utilisait que de manière utilitaire et qui là, devient un autre personnage. Jacqueline Delubac est un régal.

  

UNE HISTOIRE D’AMOUR (LCJ copie correcte) est le premier scénario, le premier dialogue de Michel Audiard et déjà on sent sa patte, ses obsessions. L’histoire, le propos sont nettement influencés par Anouilh, son théâtre noir. La jeunesse pure dont les rêves, l’idéalisme sont salis, pervertis, meurtris par les adultes qu’ils appartiennent à un monde bourgeois conservateur, étriqué, rance (parmi les trois haines du père figurent les congés payés) ou qu’ils soient des prolos mesquins, envieux, jaloux. Ce sera je crois le dernier film de Jouvet et Audiard lui fignole un dialogue acéré jusque dans les points de suspension qu’il laisse à la fin de certaines répliques. Ce flic est d’ailleurs plus un romancier qu’un policier (un peu comme Maigret). Les séquences avec les jeunes introduites au forceps avec des flashback peu réalistes (certains personnages n’ont pas pu entendre la totalité des conversations) sont plus conventionnelles encore que Jouvet les résume de manière très jolie : « Ils riaient, ils s’aimaient sans regarder leur montre ». Sacré Audiard romantique et tendre comme à la fin du splendide SANG À LA TÊTE de Gilles Grangier.

L’INVITÉ DU MARDI de Jacques Deval est une curiosité qui après un début anodin prend un ton assez noir. Voire même un peu inconfortable (tout le moment où les amants décident d’éliminer le mari) même si la situation a été traitée cent fois. Deval et Jean Ferry lui donnent un côté insidieux en l’insérant dans un contexte banalement domestique. Il faut dire que Blier donne un poids, une réalité considérable à son personnage, de même que Madeleine Robinson. J’ai du mal à m’attacher au personnage que joue Auclair mais c’est aussi une des composantes du sujet qui un moment flirte avec l’Ange Exterminateur : le personnage d’Auclair qui n’arrive pas à quitter le quartier où vit Blier.

  

UN CAVE (Gaumont) est un petit polar tourné par Gilles Grangier au rythme assez vif avec beaucoup de retournements dont certains attendus mais aussi un curieuse pauvreté visuelle et une interprétation appuyée, ce qui est plutôt rare chez Grangier. Comme si les auteurs ne parvenaient pas à choisir entre le policier et la comédie. Je crois que mon ami Cosmos avait un peu participé au scénario (crédité à Albert Simonin et Jean Stuart) et il m’avait raconté qu’il était le 23ème auteur appelé par le producteur François Chavanne. Ceci explique peu être cela. Cela dit le film se laisse voir et il possède une gouaille légère. Pierre Tornade est vraiment amusant dans ses monologues exaspérés.

J’ai déjà dit tout le bien qu’il fallait penser de LA NUIT EST MON ROYAUME, LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE, DAINAH LA METISSE (avec quelques plans en plus), MOLLENARD, l’un des grands chefs d’œuvre de Siodmak.

Je tiens aussi à signaler la sortie de OH QUE MAMBO de John Berry (GAUMONT ROUGE), farce parodique pas toujours légère et assez délirante qui m’avait bien fait marrer où Poiret et Serrault interrogeaient un cambrioleur bègue joué par Carmet, Alberto Sordi jouait un plagiste dénommé Marlou Brandon, LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES fort bonne adaptation d’Octave Mirbeau avec Vanel et le Vigan, tous deux géniaux. Excellent travail de Jean Dreville à mettre sur le même plan que la FERME DU PENDU, L’HABIT VERT, réjouissante adaptation par Louis Verneuil (qui coupe hélas la tirade sur les critiques) de la pièce si cocasse de Flers et Caillavet. Dans LA CAVALCADE DES HEURES, j’ai beaucoup aimé le sketch de Charpin et celui si noir avec Tramel. D’autres histoires flirtent avec les lieux communs (le condamné à mort) ou ont du mal à se rattacher au concept. Trenet n’est pas mal et son histoire jolie.

  

LA NUIT DES ESPIONS repose sur un postulat qui paraît de plus en plus ahurissant au fur et à mesure du récit ponctué par une musique insensée d’André Gosselin (Hossein père) : il s’agit d’un huis clôt où s’opposent un agent allemand qui est peut être anglais et une agente anglaise qui est peut être allemande. A moins que tous deux soient des triples agents, ce qui multiplie les personnages comme dirait Coluche. Alain Poiré, le célèbre producteur, a co-écrit cette histoire.

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Commentaires (135)

 

  1. Chatin dit :

    Merci Merci infiniment !
    Merci pour votre commentaire dans l’emIssion Le Nouvel Esprit Public concernant le film de notre ami Christophe Agou SANS ADIEU
    il n’avait malheureusement pas pu terminer son film avant de décéder mais nous, ses amis, avons eu la joie de pouvoir porter son projet jusqu’au bout
    C’est un immense honneur et une grande récompense de vous entendre en parler
    Mille mercis
    Il doit être tellement fière !

  2. MB dit :

    à Bertrand: il y a 3 ans vous m’avez lancé: « Jetez un oeil sur YIELD TO THE NIGHT »
    J’ai mis du temps mais c’est fait, j’ai été scotché pendant une heure et demie, l’un des meilleurs films que j’ai vus sur la peine de mort, c’est terrifiant. La camaraderie réelle entre les gardiennes et l’héroïne est peut-être romancée (Diana Dors qui saisit la cigarette d’une gardienne (les prisonnières ont le droit de fumer, pas celles-là) parce que la surveillante chef arrive) mais sonne juste, Yvonne Mitchell avec qui une amitié se noue très tôt est touchante quand elle raconte pourquoi elle fait ce métier. Il faut absolument que Tamasa ou Elephant le sorte ici, en salles aussi.
    Il me reste à voir de JL Thompson dans sa carrière anglaise LA FEMME EN ROBE DE CHAMBRE (Yvonne Mitchell et Anthony Quayle et Sylvia Sims quels acteurs!) et THE WEAK AND THE WICKED mais là, il n’y a pas de sstitres! dommage.

  3. Yves Rouxel dit :

    J’ai vu ce matin »Vice »qui est un film qui va surement rafler quelques statuettes aux prochains oscars à la fin du mois.Christian Bale est au sommet de son art et se glisse de façon étonnante dans la peau de Cheney.Il faut dire qu’il s’est préparer physiquement avec un medecin qui était sur le tournage tout le long du tournage.Quand on prend 40 kilos plus le maquillage sur le visage,les taches sur les mains,je pense que l’acteur à dut souffrir.De niro au moment du tournage de »Raging bull »avait eu du mal à perdre des kilos et s’était tourner vers un nutritionniste afin de maigrir.Revenons à »Vice »avec un point qui n’est pas évoquer c’est la présidence de Clinton.On voit Nixon,Ford,Carter,Reagan le père et le fils Bush puis Obama vers la fin.Sinon pour terminer,Adam mac kay est un filou au niveau du montage .Ne quittez pas la salle jusqu’au génerique car il y a des scènes en plus à ne pas manquer.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Yves Rouxel
      Mais le plus important ce n’est pas le poids de Christian Bale, c’est son interprétation si pénétrante et c’est le portrait de ce terrible personnage qui va réussir en manipulant un président fantoche totalement décérébré à détruire le monde, donner carte blanche au terrorisme en créant des occasions de se révolter, mettre une partie du monde à feu et à sang tout en s’enrichissant à milliards. Un point qui lui donne une épaisseur, le soutien qu’il apporte à sa fille lesbienne

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.En effet Sam Rockwell qui endosse le role de George W Bush est excellent dans son interprétation.Personnage complètement inculte qui ne connait rien à la politique internationale et acquiesse d’un mouvement de menton quand Cheney,Powell ou Rumsfield donnent leurs avis sur la situation en Irak.N’oublions pas Jesse Pleamons le narrateur de l’histoire mais aussi Eddy Marsan un acteur vu dans quantités de films dont « Une belle fin »ou »Mission impossible,protocole fantome ».

      • Morvan56 dit :

        j’ai été stupéfait par votre hargne anti-communiste se basant notamment sur des dires de Thierry Wolton (anti-coco bien connu) je pensais, à tort, que vous faisiez preuve d’un esprit plus large et critique…je me pose la question « que vous ont fait personnellement ces affreux communistes ? « 

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Morvab56
          Aucune hargne et j’ai défendu suffisamment de scénaristes et de cinéastes blacklistés pour le prouver sans parler du portrait de le Chanois dans LAISSEZ PASSER mais le livre de Wolton (comme tant d’autres, comme Orwell) pointe toutes les dérives qui ont poussé un parti à taire ce qui se passait en Russie (le goulag, la famine en Ukraine, les exécutions planifiées par Beria ne sont pas des inventions capitalistes), à soutenir Lyssenko, à diffamer ceux qui racontaient la vérité. Et le livre de Wolton est très documenté

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Vous n’avez pas à vous justifier.Ayant été en URSS,en RDA et en Pologne durant les années Brejnev j’ai vu de mes yeux la réalité des files d’attente devant les magasins pour acheter du pain ou autres choses.Après la chute du mur de Berlin les pays dits « communistes »sont tombés comme des chateaux de carte au nom de la liberté,qui est un vain mot!Sans rapport je vous conseille un documentaire choc signé par Patrick Benquet qui revient sur la création de la françafrique par De gaule puis soutenue par tous les présidents qui ont suivis.La partie sur Omar Bongo est fascinante surtout quand tous les souverains africains sont adoubés par la franc-maçonnerie.Puis le role de grandes entreprises comme Bouygues ou Alcatel dans la mise en place ou la destitution de dictatures ou la mascarade des élections truquées.Ce documentaire a été diffusé sur arte qui co-produit ce film fort instructif.

  4. ballantrae dit :

    La mère Brazier avait donné lieu à une super émission sur France culture: je ne connais pas ce restaurant mais cela donnait follement envie autant pour les papilles que pour le vent de l’Histoire qui semblait avoir élu domicile dans ce lieu! »Elle mériterait un film » m’étais je dit en écoutant l’émission.
    Je vais me procurer ce film car vous m’avez donné envie.le fait que la cinéaste vous réponde rehausse encore cette envie.
    j’aime ce genre de dialogues fructueux.

  5. ballantrae dit :

    Sur Jeunet, je conseille un beau livre lié à l’expo Caro/Jeunet encore visible sur Lyon: Les cinémas de Caro et Jeunet paru chez Cernunnos/Dargaud.
    Documents rares en pagaille que ce soit des planches de storyboard, des objets en photo, des BD (notamment Pas de linceul pour Billy Brakko), des études de décor et costumes, des pages de carnets…bref que du plaisir!
    J’invite tous les amoureux de Prévert à regarder sur le net Deux escargots s’en vont , génial petit film d’animation conçu par Jeunet et produit par l’excellente E Sterpin qui fut une assistante précieuse pour notre mai Bertrand lors de l’aventure au long cours du Voyage à travers le cinéma français (film + série).
    Jeunet est un amoureux fou du duo Carné /Prévert comme on a pu le mesurer dans moult de ses opus.Revoyez Delicatessen, La cité ou Amélie Poulain et cela sautera aux yeux!
    En revoyant hier soir le segment Chansons de la série Voyage… furieuse envie de revoir les films de R Clair au fait! La chanson costructurée par Grémillon/Jaubert et Clair est une merveille!!!

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Ballantrae
      Précipitez vous sur la version restaurée des GRANDES MANOEUVRES, avec deux fins. Le film tient merveilleusement le coup et s’est même bonifié (il parait nettement supérieur à ELENA ET LES HOMMES). L’interprétation est un régal. J’ai tenté de revoir PORTE DES LILAS et je suis toujours aussi réticent. En revanche C’EST ARRIVÉ DEMAIN est un petit bijou et son film avec Dietrich est vigoureusement soutenu par Tarantino

      • Henri Patta dit :

        a bertrand Tavernier.
        D’accord , PORTE DES LILAS ,n ‘est pas un grand film , mais il y a une scène gèniale ou les enfants jouent a refaire le hold up commis par le fugitif jouè par henri VIDAL.
        Cette scene est je me repète, vraiment sublime. C ‘est une grande trouvaille scènaristique magnifièe a l ‘ècran par rènè Clair

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Sans rapport avec les films cités ci dessus,je vous conseille une curiosité signée par Jonathan Kaplan qui révela l’acteur Matt Dillon au cinéma. »Violences dans la ville »est l’histoire d’une bande d’adolescents d’une ville appellée New granada(explosive à souhait).Suite à la mort d’un des leurs les jeunes se rebellent contre les adultes,la police et les institutions.Quand j’ai découvert ce film j’ai penser un peu à »Elephant »de Gus van zandt qui était centrer sur une tuerie dans un campus américain.Enfin pour finir je conseille à tous d’acheter « Road games » de Richard Franklin qui est un road movie dans la veine de »Duel »mais se déroulant en Australie.Stacy Keach compose un routier marginal et poète avec une jeune Jamie lee curtis qui fait du stop à travers le pays.Cet ovni à été co-produit par Bernard Schwarz(vous savez qui sait j’espère).

        • ballantrae dit :

          C’est intéressant mais on perd le fil.
          Je connais le film de Kaplan assez mineur mais pas le film de R Franklin qui m’avait intéressé dans mon adolescence avec un film bizarre intitulé Link avec T Stamp et un singe intelligent mais aussi auparavant Patrick une histoire d’ado menaçant pouvant commettre des méfaits à distance.
          Les cinémas australien ou néozélandais peuvent réserver de belles surprises ainsi Utu de G Murphy redécouvert dans sa version restaurée chez La rabbia qui a aussi réédité 3 autres films majeurs Sorcerer ( je sais tout le monde n’est pas d’accord), Memories of murder de B J Hoo et aussi Wake in fright de T Kotcheff.
          Conseil de méthode: faites plutôt un nouveau sujet quand le propos n’est pas dans la continuité. Cela aidera à comprendre qui répond à quoi et à qui.

        • MB dit :

          GEOFF « UTU » MURPHY: je m’étais bien marré avec son 2ème film avant UTU, GOODBYE PORK PIE. il y a un autre film néo zélandais de R Donaldson avant qu’il ne s’enterre à Hollywood, pas mal du tout avec Sam Neill et Warren Oates SLEEPING DOGS, faut que je me trouve le dvd.

      • ballantrae dit :

        J’ai toujours apprécié Les grandes manoeuvres et suis d’accord avec vous sur la comparaison avec Elena et les hommes qui me smeble un Renoir très mineur. Je trouve que les couleurs du film de R Clair sont délicates, harmonieuses et que l’interprétation est vraiment excellente. Le scénario me semble bien structuré avec ses changements de registre, l’évolution des personnages.
        Mes préférés demeurent tout de même:
        1)avant guerre: Un chapeau de paille d’Italie + Sous les toits de Paris+ Le million+ A nous la liberté+ 14 juillet (enfilade prodigieuse de grands films admirés pour certains par Chaplin qui avait pourtant la dent dure avec les confrères)
        2)aux USA: Fantôme à vendre+ Ma femme st une sorcière+ c’est arrivé demain
        3)après guerre: Le silence est d’or + Les belles de nuit (que je trouve sautillant et gracieux)
        Clair fut adulé et semble oublié ce qui est injuste.
        J’avais discuté de R Clair avec O Iosseliani qui l’adule et voit en lui un maître de la comédien douce amère depuis ses débuts en Georgie quand il fit Il était une fois un merle chanteur, La chute des feuilles ou Pastorale.
        Si on veut établir des comparaisons à tout prix Clair dans ses meilleurs moments a le sens visuel d’un Chaplin, la lucidité mordante d’un Wilder et le dynamisme d’un Hawks.
        Avec Tourneur (qui est au final un cinéaste américain ), le cinéaste français qui a le mieux négocié son arrivée dans le cinéma américain.Bien plus convaincant qu’un Renoir par exemple avec qui nous le comparions, Bertrand!

        • Yves Rouxel dit :

          A ballantrae.effectivement j’aurais du d’entrée de jeu créer un commentaire car on s’y perd un peu.Passons pour revenir au cinéma australien des années 70 jusqu’au milieu des années 80,il existe quantités de films qui ne sont jamais sortis en Europe et encore moins en dvd.Pour ceux les curieux je vous conseille vivement »Calme blanc »qui révela la jeune Nicole Kidman,thriller glacial à souhait.

  6. Denis Fargeat dit :

    Juste pour signaler un texte de Truffaut, une lettre à JL Bory qui l’a qualifié dans un papier de « ramassé par le système ». Une défense, un autoportrait , une réponse à tous ceux qui sous-estiment la quantité de travail , d’énergie, l’intégrité que demande le métier de cinéaste. Entendu dans une émission consacrée à Christophe Honoré , dimanche soir – maintenant, sur France Culture, lu de simple et belle façon. Je le trouve très actuel, ce texte. A la fois vengeur et chaleureux. Donne envie de se procurer la correspondance de Truffaut, qui a l’air d’être un bel épistolier.

    • Denis Fargeat dit :

      Pour ceux que les propos de Truffaut intéressent, sans pour autant vouloir se farcir 2h d’émission avec Christophe Honoré – pas inintéressant cependant : https://www.franceculture.fr/programmes/2019-02-10 (beau texte lu entre la 57ème minute et 1h10) (Tiens, un petit éloge de Rohmer au passage… drôle.)
      ET puisque j’envoie des liens, retour sur le magnifique week end piloté par Bertrand, le concert du vendredi 11 janvier, en attendant la diffusion du reste : https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/le-concert-de-20h-du-vendredi-11-janvier-2019-68163?xtmc=prix%20sacem&xtnp=1&xtcr=6
      J’avais déjà tenté d’envoyer le lien , à l’époque où le blog semblait naviguer entre la Black Lodge et le triangle des Bermudes.
      Merci MB pour ce magnifique crossover. Et c’est vrai que « Le signe du lion  » m’avait scotché, et c’est vrai que c’est un autre Rohmer… J’en profite pour signaler un film peu connu de Sam Raimi,scenario des frères Cohen, « Crimewave », le genre de film qui dériderait Houellebecq ou Christine Angot. Il y a un méchant fantastique là-dedans, Paul L. Smith, qui jouait Bluto dans le Popeye d’Altman , et y était aussi évident que Shelley Duvall en Olive. Ce Smith était un peu l’homologue US de Dominique Zardi : physique et emploi de brute louche, et dans la vie, poète. Il n’a pas joué chez Rohmer.

      • ballantrae dit :

        Crimewave est très chouette dans mon souvenir, avec un côté Tex Avery assez réjouissant qu’on retrouvera dès Evil dead 2.
        Christophe Honoré étant un intervenant un peu redoutable (pas autant que Bégaudeau mais presque) je n’ose m’y risquer…

      • Yves Rouxel dit :

        A Denis.Le film d’Altman est vraiment rare en dvd.Signalons la performance de Robin Williams qui ressemblait au personnage de Popeye avec son menton en galoche(loin des frères bogdanoff).Puisque vous évoquez Dominique Zardi,acteur fétiche de Mocky avec son compère Henri Attal,il était peintre et musicien à ses heures perdues.Puis il à créer dans les années 70 une revue consacrée à la boxe!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A YVES ROUXEL
          LE CÉLÈBRE EURO BOXE OÙ LA CHRONIQUE CINÉMATOGRAPHIQUE CONSISTAIT À LOUER LES RÉALISATEURS QUI FAISAIENT TOURNER ZARDI ET À DESCENDRE LES AUTRES. Il avait cité cette reflexion géniale de Maurice Ronet : « Dominique, tu es Laurel et Hardy à toi tout seul ». Cette phrase aurait enchanté Vialatte

        • Denis Fargeat dit :

          A Yves et Bertrand
          Euroboxe! Encore une découverte, pas féru du noble art mais ça donne envie.
          Et voilà un critique dont on connaît la motivation, l’angle de vue. Voilà qui est rafraîchissant! A dénicher.

        • Edward dit :

          Et l’autobiographie de Zardi est une suite de lieux communs alors qu’elle était prometteuse au vu des films qu’il a traversés. A éviter.

    • MB dit :

      à D Fargeat: j’ai failli me trouver CRIMEWAVE/MORT SUR LE GRIL mais j’ai lu un commentaire qui disait que le dvd avait coupé une séquence:
      https://www.amazon.fr/Mort-sur-gril-Louise-Lasser/product-reviews/B000T9QFKQ/
      (3ème commentaire « Sam again »)

      • ballantrae dit :

        Dommage j’avais soudainement envie de le revoir!
        L’amitié entre les Coen et Raimi est une belle histoire de collaboration dans un sens puis dans l’autre.
        J’aime bien ces moments en général où on apprend que des créateurs se consultent , se donnent des conseils.La manière dont Claude Chabrol vous avait parlé de Capitaine Conan m’avait vraiment marqué entre autre.

        • MB dit :

          à Ballantrae:
          MORT SUR LE GRIL/le comm que j’ai lu est rapport à d’ed de 2007, je ne sais pas si celle de 2012 est ok (les 2 versions affichent la même durée…)

      • Denis Fargeat dit :

        A MB
        Je ne puis guère vous aider hélas, vu le film à sa sortie, plus récemment sur un DVD de ma chère bibliothèque municipale… et il n’est plus au catalogue (la durée de vie de ces objets est effroyablement courte, je crois que certains usagers essaient de les insérer dans divers ustensiles, grille-pain, four micro onde, crépière, ponceuse excentrique, avant de se décider pour le lecteur DVD…) je suis presque sûr que ce n’est pas cette édition, qui n’a pas l’air bien flambante, dommage.

      • Denis Fargeat dit :

        A MB et Ballantrae
        Désolé donc d’avoir donné envie de revoir un film pas trop accessible… Se consolera-t-on en disant que l’amour du cinéma se construit aussi sur le manque , ou le souvenir – le film qu’on se reconstruit dans la tête?

        • ballantrae dit :

          Mouais, si on veut…mais je ne suis plus à cela prêt quand on constate que même les Mizoguchi ne sont pas trouvables!

        • MB dit :

          à D Fargeat: oui ok le film qu’on se reconstruit, MA version du CUIRASSE POTEMKINE est bien meilleure que celle de Sergueï c’est évident mais MORT SUR LE GRIL moi je l’ai jamais vu! scrogneugneu ça vous va bien de dire ça vous qui l’avez vu au fait pourquoi parle-t’on toujours de Tex Avery à propos de ce film? Hein? hein? allez dites!
          à Ballantrae MIZOGUCHI beaucoup sont disponibles voyez les sites, ceci dit le coffret MK2 est à 600€! (et beaucoup d’ed anglo USA avec sta?)

        • Denis Fargeat dit :

          A MB et Ballentrae
          C’est vrai que je parle un peu pompeusement, là…
          Mazette , 6OO euros le coffret ? Zéxagèrent un peu chez MK2. Et quand on les contacte pour des droits de diffusion , ils ne répondent jamais…
          Pour Crimewave, il y a des références explicites à Tex Avery, des personnages qui survivent à toutes sortes de traitements, des gags encore plus fous que ce que l’on prévoit quand on les voit s’amorcer , des boules de bowling sur la tête, des appartements ravagés… pas du Mizogushi certes, mais fluide et virtuose. J’imagine que les séances d’écriture entre les frères Cohen et Sam Raimi devaient être aussi animées que celles de la célèbre Termit Terrace où Tex Avery laissa un oeil – blessure de guerre , un trombone je crois…

        • MB dit :

          à D Fargeat: pour le prix du coffret Mizo MK2 ce n’était pas le prix d’origine je pense faut être juste.
          (le coffret « Mizo »… quelle familiarité…)

  7. Laurent Scof dit :

    Bonjour à tous

    Je tenais à saluer sur ce blog l’éternelle audace de Steven Soderbergh. J’ai été épaté par la beauté visuelle de son dernier film « HIGH FLYING BIRD » (disponible sur Netflix. L’histoire retrace l’épisode du dernier lock out NBA en 2011 à travers le prisme d’un agent sportif. Le film a été réalisé en deux semaines et a coûté environ 1 million de dollars. Soderbergh a réalisé son long-métrage entièrement avec un I-phone (idem pour son précédent film PARANOIA).
    Pour ma part, je suis impressionné par la densité de la filmographie de Soderbergh. Il est un créateur et un novateur de formes cinématographiques.

    Quel regard portez-vous sur son style depuis son retour au cinéma?
    Avez-vous envie de vous lancer dans une expérience cinématographique semblable?

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Laurent Scot
      Mais l’a t il quitté un jour le cinéma. Il en fait sous différentes formes et le plus souvent il me comble. J’avais juste trouvé que l’I phone n’amenait rien à Paranoia sinon des objectifs moins bien définis, des cadres un peu trop didactiques et forcés, ce qui n’était pas le cas de son dernier film. Je considère que c’est l’un des plus passionnants créateurs dans le cinéma américain et j’avais adoré THE KNICK

    • Yves Rouxel dit :

      A Laurent.Soderbergh fait partie de ces cinéastes doués à plus d’un titre.Il y a trois il ne voulait plus tourner pour le cinéma et s’est tourner vers la tv.Pourtant il est revenu avec »Logan Lucky »qui est un film attrayant.Dans sa longue filmographie il me reste à découvrir sa version de « Kafka »dont le dvd est rare sinon je vous recommande »Erin Brockovich », »Bubbles » »Hors d’atteinte »puis la trilogie d »Ocean »avec une brochette d’acteurs.

      • Denis Fargeat dit :

        A Yves
        Kafka, vraiment pas mal.Attention, ceci n’est pas une biographie. Mais il fait partie de ces films qui construisent un espace imaginaire, une topographie aussi efficace que celle d’un rêve réussi. Belle musique je crois me souvenir, de Cliff Martinez.
        Il y a aussi le film sur Liberace, Michael Douglas y est impressionnant.

        • MB dit :

          SODERBERGH/ je suis souvent rebuté par l’agressivité voyante du style de SS qui cherche à bousculer le spectateur dans sa vision avec des difficulté de narration, la brillance du style me hérisse: HORS D ATTEINTE multiplie les flash backs et sauts dans le temps avec brillance mais j’y pige plus rien, je m’y retrouve pas, de même son remake de CRISS CROSS qui heureusement ne dure pas longtemps. Quand il fait du polar, il se croit obligé de transcender le vil plomb du genre… Par contre je rejoins BT, la série THE KNICK est un chef d’oeuvre d’ailleurs il faut que je le revoie! BUBBLES est exemplaire (plus rien à voir avec les polars ci-dessus) Là SS fait pas le malin, il raconte, c’est tout et c’est superbe. Et je voudrais voir dans de bonnes conditions son remontage non autorisé de HEAVEN’S GATE! Rouxel vous avez raison pour BUBBLES mais les OCEAN le premier ça suffit!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Le premier OCEAN est réussi les autres sont visibles mais sans grand intérêt mais il y a plein d’autres films passionnants de LIBERACE à ERIN en passant par TRAFFIC. Dans HORS D’ATTEINTE, il respectait l’invention narrative, le sens du dialogue décapant et la vision des personnages d’Elmore Leonard. C’est une des meilleurs adaptations de ce remarquable écrivain, au ton si personnel, avec JACKIE BROWN (tout aussi enchevêtré), HOMBRE et GET SHORTY. Le remake de CRISS CROSS est, comme il le dit lui même, inutile mais j’en trouve d’autres plus excitants à commencer par son premier film. Même THE GOOD GERMANS était un échec passionnant

        • MB dit :

          à BT c’est pourquoi je dis « je suis souvent rebuté… » par SS (c’est ennuyeux ces initiales). Il a été culotté de prendre des acteurs amateurs (très bons) pour BUBBLES, que j’admire. Je suis d’accord pour ERIN et TRAFFIC. faut que je voie GET SHORTY.

        • Alexandre Angel dit :

          On parle peu de CHE et ses deux parties qui m’avait sacrément impressionné. Je crois même pouvoir dire qu’il est un des rares films américains récents réactivant une sorte de tradition épique. Et tourner en scope l’accumulation exaltante des victoires pour mieux revenir au format court quand vient l’heure de la débandade sordide est une belle idée.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Alexandre Angel
          Entièrement d’accord sur CHE et LUCKY LOGAN était extrêmement réussi et inventif

        • MB dit :

          SODERBERGH y’en a 2 que je ne connais pas: EFFETS SECONDAIRES et CONTAGION.

        • ballantrae dit :

          Soderbergh est un cinéaste généreux et prolifique: il rate son coup de temps à autre ( The underneath, Contagion, la série des Ocean assez oubliable, the bubble) mais quand il réussit ce peut devenir passionnant.
          Che est très ambitieux et complexe, la réadaptation de Solaris est très belle et différente de Tarkovski et certains de ses polars sont des modèles de construction que ce soit L’Anglais, Traffic ou Hors d’atteinte.La série the kinck est remarquable.Et même le sujet improbable ( Las Vegas + R Clayderman + costumes hideux et clinquants : le mauvais goût roi!) que signifiait Ma vie avec liberace permet un film complexe et passionnant.
          Quant à Kafla je ne l’ai pas revu depuis sa sortie mais avis trouvé cela assez malin, esthétiquement ambitieux.
          J’aime beaucoup dans sa filmo King of the hill jamais revu depuis sa sortie hélas.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Et il a produit des dizaines de films ambitieux et souvent remarquables : citons par exemple le magistral et très lucide SYRIANA

        • MB dit :

          à Ballantrae/je me corrige c’est BUBBLE au singulier
          et merci pour cette mise au point sur SS
          et sur Clair: « Les belles de nuit (que je trouve sautillant et gracieux) »!!!

        • MB dit :

          SODERBERGH/
          THE KNICK est vraiment unique et supérieur, l’une des meilleures séries adultes, et SS a eu l’intelligence de ne pas la prolonger (au contraire de MAD MEN qui s’est enlisée à cause de son succès). La saloperie du racisme y est décrite sans le moindre adoucissant du type « vengeance de la victime sur ses bourreaux » et rappele que le racisme ce n’était pas qu’au Texas au début du 20ème ça pouvait être à Boston.

        • Pierre dit :

          Et bien moi j’ai envie de défendre le remake de CRISS CROSS, c’est-à-dire THE UNDERNEATH, pour lui redonner son titre. C’est un film très mal aimé, à commencer par Soderbergh lui-même qui dit aujourd’hui y avoir vu le fond de sa carrière. C’est un avis peut-être un peu rétrospectif au regard de l’échec public du film, car à l’époque de la sortie, je me rappelle qu’il avait plein de choses à dire dans Positif, dans le cadre d’un dossier en plusieurs parties sur le néo-polar.

          Il y a beaucoup de bonnes choses dans ce soi-disant remake. La première est la musique de Cliff Martinez, dont je vois ici la partition la plus réussie (c’est l’occasion de parler de lui car la filmographie de Soderbergh me parait inséparable de ce musicien). Ecoutez le thème du générique : c’est envoutant. Il exprime toute la thématique nostalgique du film.

          THE UNDERNEATH est porté par un casting très intéressant : Peter Gallagher a ici le premier rôle (pour une fois), et il tient la route avec un personnage difficile à défendre ; William Fichtner, qui est un peu à Christopher Walken ce que Michael Ironside est à Jack Nicholson, est très bon (il a les meilleurs dialogues). A l’époque, peu de cinéastes donnaient des seconds rôles à Shelley Duvall, qu’on est heureux de retrouver ici, comme Joe Don Baker.

          Et il y a de vraies trouvailles visuelles : l’histoire est racontée au travers de filtres de couleurs, qui nous permettent d’identifier immédiatement la temporalité de la scène. Et il y a une utilisation brillante du décor dans toutes les séquences ou Gallagher est à l’hôpital, que je n’ai jamais vue ailleurs.

          Bref, tout le monde est d’accord pour dire que Soderbergh est passionnant (pour ma part je singularise TRAFFIC et LIBERACE), mais ne laissez pas THE UNDERNEATH de côté !

  8. Dumonteil dit :

    « L’ours et la poupée »qui font assez dater.Ce sont des purs produits pour la carrière bondissante de bébel

    A ma connaissance ,c’est Jean-Pierre CASSEL le héros du film , et c’est un véhicule pour la carrière finissante de BB (Clouzot,CAL, Malle, où êtes -vous?)

    • Yves Rouxel dit :

      A dumonteil.En revanche j’ai revu »Rififi à Tokyo »qui démarre très lentement mais il y a la dernière demi heure interessante.C’est dommage que les dialogues en japonais n’ont pas été sous-titrer car on ne comprend rien à ce que disent les membres du gang.Comme l’a signaler Bertrand »Symphonie pour un massacre »est d’un niveau superieur grace aux dialogues de José Giovanni(qui joue un des membres de la bande et qui raconte ses années de prison).Dans le role du guichetier signalons la présence de Jacques Deray qui renseigne Christian(Jean Rochefort)à la gare de Lyon.Il y a un petit détail qui ne colle pas avec l’emploi du temps de Christian quand il quitte Paris pour Lyon en voiture et se rend en train à Bruxelles via Paris bien sur.Au niveau des horaires quand Maurice(Claude Dauphin appelle les renseignements sncf ils demandent les horaires de trains entre Lyon et Paris puis Bruxelles en changeant de gare.On lui répond qu’il arrivera à 10h30 en Belgique alors que quand le garçon amène le petit déjeuner dans la chambre d’hotel à Christian dans sa chambre d’hotel,il lui répond que le temps est beau et qu’il est 10 heures.Sinon le scénario et la mise en scène sont maitrisés de main de maitre par Deray qui n’était pas un artisan ni un cinéaste commercial mais un réalisateur français marquer par les polars anglo-saxons.Très belle partition musicale de Michel Magne.En bonus les réflexions de François Guerif toujours aussi truculent ainsi qu’un autre journaliste dont j’ai oublier le nom.Merci à la fondation Jérôme Seydoux pour la restauration de ce film qui est bien sur recommandable à tous.

      • DUMONTEIL dit :

        A YR

        Votre exposé est digne d’Hercule Poirot.

        la fin du film a un côté involontairement comique quand on connait la suite en ce qui concerne les deux acteurs .

  9. Dumonteil dit :

    Je n’aurais pas dû rester « silencieux » sur le film de Pinoteau ; si négligeable qu’ait pu paraître sa carrière par la suite (voire l’immortel « la boum » qui fut pour Marceau ce que « Sissi  » fut pour Schneider) ce film est un bon thriller d’espionnage ,même si le personnage de Léa Massari est indigne du talent de l’actrice ;je voudrais souligner l’influence ,une fois encore,une fois de plus, de Hitchcock ,ici « torn curtain  » et plus encore « the man who knew too much » (surtout la seconde version,la meilleure) lors de la séquence du concert (!)

    Ventura tirait son épingle du jeu dans le thriller d’espionnage ;on peut voir aussi « avec la peau des autres  » (Deray , sc Giovanni ,1966) « espion lève -toi » (Boisset ,1981),ce dernier peut-être le plus satisfaisant des trois.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Dumonteil
      J’ai un faible pour AVEC LA PEAU DES AUTRES qui est bloqué par les héritiers du producteur Tucherer. Je n’ai pas revu le Boisset

      • Edward dit :

        AVEC LA PEAU DES AUTRES a énormément de charme, a un ton annonciateur du SAMOURAI de Melville, donne à Jean BOUISE à la fois le rôle central du film et une consistance affective, en outre déterminante, et, pour les curieux, rend la visite de Vienne plus intéressante que celle qu’engendre le THIRD MAN de Welles

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          N’exagérez pas. La vienne du Troisième Homme partagée entre les occupants est inoubliable et décrite avec une formidable acuité. De plus ce n’est absolument pas un film de Welles mais à 100% de Carol Reed et Graham Greene comme l’a bien montré Charles Drazin dans un livre définitif. Welles a d’abord refusé de sortir de sa chambre d’hôtel et TOUS LES PLANS où il est censé faire des apparitions fugitives ont été tourné sans lui. C’est l’assistant réalisateur Guy Hamilton qui prêtait sa silhouette, sa jambe, ses mains (pour des amorces). Il n’a consenti à venir tourner que parce que Greene a organisé une rencontre avec un magicien. Welles a été le seul acteur à refuser d’aller dans les égouts contrairement à Cotten, trésor Howard. Après des bagarres et des tractations, il a accepté de descendre sur le premier palier. Il a fallu tourner tous ses plans à Pinewood dans des raccords de studio. Pour être juste, il ne revendiquait aucune part créatrice sur ce film où Reed a TOUT TOURNÉ y compris les plans de seconde équipe. Il travailla sans dormir pendant trois ou quatre semaines en se bossant avec des médicaments. C’est lui et lui seul qui impose la musique. Welles a juste été un acteur qui n’a fait que poser des problèmes et jouer les divas contrairement à tous les autres comédiens et Hamilton des années après éclatait de rire quand on décelait la patte de Welles dans les plans

        • Edward dit :

          A Bertrand Tavernier : Tout à fait d’accord pour dire que c’est un film de REED et non de WELLES. Ce que je voulais dire par rapport à Vienne, c’est que si vous y allez aujourd’hui et que vous vous rendez sur les lieux de tournage des deux films, vous aurez un aperçu de Vienne beaucoup plus intéressant en suivant le film de DERAY que celui de REED.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Edward
          Mais c’est un Vienne différent avec des zones presque interdites car contrôlées par des armées qui s’affrontent, une Vienne expressionniste, hantée par le spectre de la guerre

        • Edward dit :

          A Bertrand Tavernier : Absolument. Je ne discute pas de la beauté ou de la qualité intrinsèque des deux films, juste de l’intérêt à visiter chacun des lieux de tournage pour avoir un aperçu intéressant de la ville et celui de DERAY est incontestablement un meilleur guide de la ville que celui de REED. Il est aussi indéniable qu’il y a 20 ans de distance entre les deux films, que REED n’avait sans doute pas accès à certains quartiers et que la ville a été reconstruite entre-temps mais les trouvailles de GIOVANNI qui était chargé de trouver les lieux de tournages sont géniales et ont nécessité de minutieuses recherches.

      • MB dit :

        et UN HOMME EST MORT?

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Je le trouve beaucoup plus faible notamment par la faute d’un scénario peu fourni, conventionnel et assez mollasson

      • Yves Rouxel dit :

        Savez vous si un jour »Brelan d’as »sortira en dvd car c’est un Maigret que j’aimerais revoir.Michel Simon y est remarquable.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Exact. Simon campe un Maigret très original. Je n’ai pas pu avoir d’extrait de ce film non restauré que je voulais citer dans le passage sur Verneuil que je n’ai pu inclure dans la série, faute d’argent (tout comme Franju, Christian Jaque, les polars méconnus, les étrangers dans les années 50/60 et peut être Malle, Cayatte

    • MB dit :

      à Bertrand: DERAY/ qu’en est-il de RIFIFI A TOKYO, vous en avez passé un extrait dans le VOYAGE mais sans le juger dans l’ensemble?

      • Bertrand Tavernier dit :

        A MB
        Je trouve le film réussi, épuré. Un des meilleurs Deray

        • MB dit :

          RIFIFI A TOKYO
          merci Bertrand, quasi commandé!

        • Dumonteil dit :

          Monsieur TAVERNIER,

          J’ai un faible pour l’avant-dernier film de Deray « un crime » ,oeuvre unanimement honnie (y compris par l’auteur du livre :Gilles PERRAULT dont beaucoup ont lu « le pullover rouge » );huis-clos en dehors de son époque dans une histoire qu’on aurait pu filmer dans les années 40 ou 50;j’en ai retenu l’excellente composition de Manuel Blanc (ce n’est pas Edward Norton,mais il en a quelque chose) et un Delon dont la victoire initiale laisse la place au doute et à la remise en question…

          « Deray tire avantage d’une ville qu’il connait bien » (dixit Claude Bouliq Mercier);n’y étant allé qu’une fois dans ma vie ,je n’argumenterai pas….mais sur ce point « l’horloger de Saint-Paul » a nettement l’avantage .

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Dumonteil
          On va revoir le film.Je saute du coq à l’âne juste pour citer le très joli recueils de poèmes drolatiques, touchants, truffés de calembours et traits originaux que vient d’écrire Michel deville ECRITS ET CRIS DU CHAT HIRSUTE avec plein de photos. C’est publié par Elefilm 36 rue Reinhardt 92100 Boulogne.
          J’en cite un au hasard :
          « Ce matin assez tôt, il était quoi, neuf heures
          Un chat gris, gros, gras, déambule, rêveur
          sur le chemin qui longe, ou presque, le canal
          Notons qu’ils bien mis, pas un poil ne dépasse
          mais je ne dirait pas qu’il est original
          Mais alors, qui serait ? Juste un chat lent qui passe

        • Yves Rouxel dit :

          A la revision on peut se passer de revoir « Le marginal »ou « L’ours et la poupée »qui font assez dater.Ce sont des purs produits pour la carrière bondissante de bébel mais qui manquent d’épaisseur et d’un veritable travail de mise en scène.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rougel
          Mais le Marginal n’est pas de Deville, pas plus que LUCRECE BORGIA,ON DÉMÉNAGE LE COLONEL, LE TAMPON DU CAPISTON, PORTE DES LILAS, LE CORNIAUD ou on S’ÉCLATE ET ON BOIT FRAI À SAINT TROPEZ. Je serai plus réceptif à votre avis sur ADORABLE MENTEUSE, BENJAMIN, DOSSIER 51, LA MALADIE DE SACHS

        • MB dit :

          ah je dois vous corriger, Bertrand, ON S ECLATE ET ON BOIT FRAIS A ST TROPEZ, c’est bien de Michel Deville, on y reconnait sa patte délicate et tendre pour peindre en introspection ce drame de l’incommunicabilité du couple.

        • ballantrae dit :

          Il est vraiment rigolo ce poème! Le chat lent qui passe!
          Je vais lire cela.
          L’oubli de Deville me semble assez honteux quand on constate sa diversité d’inspiration au fil des décennies avec plus de trente films: Dossier 51, Lucky Jo, Raphael le débauché, Benjamin ou les mémoires d’un puceau, Adorable menteuse, le trop oublié Eaux profondes (polar parfait), La petite bande tellement original, les plus connus La lectrice et Péril en la demeure, le remarquable La maladie de Sachs et j’en oublie!
          Pourquoi diable un tel cinéaste n’est il pas plus célébré!!!
          On oublie aussi en ce moment Blier qui a donné tellement de bijoux singuliers.
          Et il a fallu du temps pour que tout le monde ou presque s’accorde sur la maestria de JP Rappeneau.
          Il y a comme une génération à la fois reconnue et méconnue dans l’histoire de notre cinéma , vulgate critique aidant comme si on ne pouvait voir les films tels qu’ils sont mais tels qu’ils sont classifiés par une doxa.
          Dans un autre genre R Fleischer est enfin célébré partout et plusieurs titres sont visibles dans de bonnes conditions à commencer par Mandingo signalé récemment et sorti dans une belle édition combo.

      • Denis Fargeat dit :

        Le « rififi » était en effet bien alléchant , merci d’en parler ainsi, on pourrait sinon s’arrêter au côté fauché et passer son chemin. A voir donc.
        Merci Bertrand pour Michel Deville , on le retrouve bien dans le poème que vous citez, malicieux, formaliste, secrètement grave. Si tout est de la même eau ça doit être même meilleur que ce qu’avait écrit Roubaud avec des procédés voisins.

        • Dumonteil dit :

          « BENJAMIN »
          cité par BT me fait revenir sur la carrière atypique de Pierre Clémenti que j’ai revu dans son premier rôle il y a huit jours .

          …..premier rôle chez Yves Allégret ,malheureusement sur le mauvais versant ,la partie post -« orgueilleux » :aujourd’hui tombé dans l’oubli « chien de pique » (1960) ,3 ans avant Johnny, utilise la Camargue comme terrain de western entre riziers et éleveurs ;avec de beaux décors naturels , le duo Constantine /Pellegrin ,le film aurait pu plus séduire que l’inutile remake du niais « mam’zelle nitouche » , »la jeune folle » ou  » méfiez-vous fillettes » ;mais le scénario est peu maîtrisé,la fin bâclée et la relation Pellegrin/Clémenti-sans demander Wayne /Clift !- qui aurait pu être l’élément intéressant ne fonctionne pas ,à cause d’un je-m’en-foutisme général qui culmine dans une scène ou un batteur de jazz ,Moustache , massacre « retiens la nuit » (pas celle de Johnny)

        • Dumonteil dit :

          ah je dois vous corriger, Bertrand, ON S ECLATE ET ON BOIT FRAIS A ST TROPEZ, c’est bien de Michel Deville, …..

          Martin,
          votre remarque est ,comme de coutume ,d’une pertinence subtile ,mais je dois vous rappeler que le titre exact de cette oeuvre est « on se CALME et on boit frais (à saint-tropez);vous auriez pu souligner la composition toute en nuances de Eric Reynaud-Fourton ;le film oppose le liberté naturelle adolescente et leurs amours sincères et belles et l’univers immoral frelaté et pourri de parents hypocrites :la speakerine Noelle Noblecourt dans une interprétation qui évoque le meilleur de Bette Davis , admirablement soutenue par Philippe Baronnet,qui ,même si on le couvrait d’ordures, conserverait du style à la George Sanders ….

        • MB dit :

          ON SE CALME, oui, c’est le boss qui m’a enduit avec de l’erreur.
          Pour le reste de votre intervention il va falloir que je démêle le 1er du 2ème°. quel boulot.

          par contre ON DEMENAGE LE COLONEL c’est bien de Rohmer? dont je viens de revoir PAULINE A LA PLAGE, exténué en fin de film par l’inanité de ce chapelet sans fin de blablas vains et blanchâtres produits par cette bande de bellâtres et bêelatresses en vacances, crétinisés par le mystère de l’émotion amoureuse, et non contents de celà, s’obstinant à assommer le spectateur de réflexions stupides et surtout vaines (ou superflues pour le moins) et dont on regrette de ne pas être plutôt que chez Rohmer, chez Sam Raimi, afin qu’un dingo perturbé ne vienne en sauveur à coups de hache découper minutieusement cette bande de crétins pour les PUNIR! et afin de, au soulagement du spectateur excédé, les faire enfin SE TAIRE! pour me consoler j’ai relu la critique du RAYON VERT par Lourcelles pour me bidonner une fois de plus, puisque nôtre Jacquot préféré assure que son approche de ce film vaut bien pour tous les forfaits de l’individu appartenant à la série Comédies et Maximes ou Comédies d’Eté ou qu’en sais-je?
          Et un jour lointain il signa LE SIGNE DU LION, oui, c’était la même personne.

        • Ballantrae dit :

          C’est très drôle… mais un peu injuste…mais très drôle surtout le détour par le fou de chez raimi qui punirait et ferait taire tout ce petit monde il est vrai un brin bavard! Mais moi j’aime bien…

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Ballantrae
          Moi aussi et Truffaut était un bel épistolier

        • MB dit :

          à Ballantrae: je pense que ça ne résiste pas à la deuxième vision.
          Tous ces films sont très théoriques, l’élaboration des dialogues est assez travaillée et rejoint une certaine vérité mais le cinéma ne semble pas adapté, là. Les films de ER de cette époque devraient être des écrits type « Choses Ressenties » ou « De l’Amour »…
          L’austérité à laquelle il s’astreint au niveau de la technique, les mouvements de caméra qu’il se refuse, ne mènent pas à grand chose. Avec le mot « Fin » on ne sait pas où il voulait en venir. Les personnages ont parfois des réactions exagérées (Dombasle choquée d’avoir vu sa petite cousine flirter avec un garçon, on a compris qu’elle se refuse à voir celle-ci comme n’étant plus une petite fille, mais en même temps ça pourrait être plus subtil…). faudrait que je voie TRIPLE AGENT, je crois que ça n’a rien à voir.

        • Damien D. dit :

          Mon cher MB votre intervention sur Raimi dans un film de Rohmer est effectivement très drôle mais vous êtes totalement injuste avec le pauvre Rohmer (comme l’est Lourcelles d’ailleurs). PAULINE A LA PLAGE devait être le seul Rohmer que j’ai vu vers 20 ans et je n’avais pas spécialement accroché. Mais à 35 ans j’avais quasiment vu tout Rohmer et était tombé amoureux de son cinéma : une sorte de révélation sensible et intime en quelque sorte !
          Donc oui ça résiste très bien à plusieurs visions : je revois même chaque année au moins une fois certains Contes des 4 saisons, MA NUIT CHEZ MAUD ou LE GENOU DE CLAIRE (et même LE RAYON VERT) qui sont en quelque sorte des films de chevets… Il y a derrière ces flots de paroles et d’interrogations des personnages une justesse, une vérité qui peut toucher n’importe quel spectateur si on y est sensible. On y trouve aussi des thèmes comme celui du hasard, les rencontres et la solitude, les doutes, l’engagement, les choix déterminants qui font une vie au-delà du simple marivaudage que l’on associe souvent un peu vite à ces films…

        • ballantrae dit :

          Oui, Rohmer mérite d’être sérieusement défendu.
          Stylistiquement, il gomme souvent effets les plus visibles et s’efforce de capter le dialogue mais ses plans s’agencent de manière fluide et font souvent preuve d’un sens de la composition tout à fait remarquable. Paulien à la plage a un côté matissien par exemple avec ses aplats de couleur, sa manière de capter la sensualité estivale.
          il y a un côté sciemment désuet qui ne fait pas de mal question importance de la langue que je préfère à celle que parlent par exemple les personnages de Kéchiche dans Mektoub my love avec la caméra à ras de fesses quasi constamment (on a pigé que les mecs lorgnent les formes généreuses des donzelles et que Kechiche fait pareil mais bon!).
          Essayez de voir Ma nuit chez Maud et La collectionneuse deux de mes préférés avec Conte d’été et Les nuits de la pleine lune.
          Rohmer ce sont ces films contemporains qui parlent une langue XVIII s mais aussi des films en costumes atypiques et passionnants: Perceval le Gallois et son détour théâtral par les enluminures, La marquise d’O et sa fascination envers la culture allemande, L’Anglaise et le duc et les toiles peintes comme décors, Triple agent et son esthétique tout aussi théâtrale très art déco, l’adaptation en décors naturels d’un récit plutôt anti naturel L’Astrée.
          De la bien belle ouvrage.

        • Alexandre Angel dit :

          A Damien D
          Ben oui quand même, Rohmer était un de nos grands cinéastes qui avait trouvé une formule peut-être géniale pour marier l’ancien et le moderne, l’art classique et les leçons du néo-réalisme. Son cinéma est la noce esthète du suranné et de l’air du temps, la présence de l’un faisant ressortir l’autre. Peut-être Rohmer s’est-il dit un jour : « Si on mettait une caméra entre les mains de Marivaux, La Bruyère, Jean de La Fontaine, mais aussi Corneille ou Racine, qu’en feraient-ils? ».
          Son cinéma tentait inlassablement de répondre à cette question étrange.

        • MB dit :

          « On y trouve aussi des thèmes comme celui du hasard, les rencontres et la solitude, les doutes, l’engagement, les choix déterminants qui font une vie au-delà du simple marivaudage que l’on associe souvent un peu vite à ces films »
          à Damien D: c’est juste pour le fonds mais j’y trouve peu de conviction pour le mettre en avant.
          Il est vrai que je viens de revoir les deux Ceylan L ANATOLIE et WINTER SLEEP dans lesquels l’importance des dialogues est aussi importante mais là est évidente et même consumante et même stupéfiante, et que je suis un peu remonté contre le monde de Rohmer. Vous dites « le pauvre » ER mais il est considérablement admiré à mon grand dam, ce dont je ne me moque pas alors que je me moque bien des admirateurs de Dany Boon!

        • Damien D. dit :

          A MB, mais en même temps je comprends que certains spectateurs puissent passer à côté des films de Rohmer : Je suis moi même passé de l’indifférence mâtinée d’a priori, à une réelle admiration pour ce cinéaste : comme quoi tout est possible !

          Sur un autre réalisateur, j’ai par exemple encore des réticences à apprécier toute l’oeuvre de Rivette : la longueur des films m’a fait passé à côté de films comme PARIS NOUS APPARTIENT, L’AMOUR PAR TERRE et même LA BANDE DES QUATRE… Il faut dire que les répétitions de théâtre chez Rivette qui est son péché mignon m’ennuient profondément ! Hormis celles-ci, j’ai trouvé OUT ONE assez intéressant avec des acteurs épatants comme Michael Lonsdale, JP Léaud ou Juliet Berto en tête. Et j’avais aimé CELINE ET JULIE, LE PONT DU NORD où se mêlent avec beaucoup d’inventions la réalité du quotidien et l’imaginaire poétique (Rivette devenant là un digne héritier de Feuillade !).
          Carlotta va sortir très prochainement un coffret avec trois films que je n’ai pas vu : DUELLE, NOROIT et MERRY GO ROUND : s’il y a des avis et éclairages ici je suis preneur !

  10. Niko 93 dit :

    Je réitère un message qui était passé à la trappe ces dernières semaines. Le samedi 12 janvier, j’ai eu la chance d’être au Grand Auditorium de Radio France pour assister à « Que la musique commence ! » Quel plaisir d’entendre les merveilleuses musiques d’Auric, Honegger, Kosma, Jaubert, Ibert, Milhaud, Manuel, Dutilleux, Françaix… Mais je le confesse, le grand moment de la soirée fût pour moi Grunenwald et sa merveilleuse composition pour La Vérité sur Bébé Donge. Visiblement je n’étais pas le seul car j’ai senti un frisson parcourir l’assistance. Je la connaissais du film de Decoin, mais l’écouter en direct, jouée par l’Orchestre National de France! Depuis, cette étrange et bouleversante mélodie me hante. Prions pour qu’une édition CD voie le jour (Stéphane Lerouge ?) et rende justice à ces merveilleux compositeurs et à notre patrimoine. Pour finir, un immense merci à celui sans qui ce miracle n’aurait jamais eu lieu : Mr Bertrand Tavernier.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Niko 93
      Merci mille fois. Ce fut une soirée exaltante et je crois que ce concert va être diffusé ces jours ci sur France Musique

  11. Dumonteil dit :

    balancez cette satanée tv qui n’apporte rien de bon.

    cette satanée tv m’a permis de revoir en une journée deux grands Preminger: »where the sidewalk ends » et « angel face » !

    Allons!

  12. Dumonteil dit :

    Quelques films de l’éditorial :

    « les affaires sont les affaires » de Dréville est à voir absolument:adaptation aérée de la pièce de MIRBEAU,avec un Vanel au sommet des sommets ,tour à tour ,cynique, cruel, d’un orgueil au-delà de tout ,qui gagne le monde et perd son âme ,finissant comme un
    pitoyable roi Lear.C’est un film aussi noir que les plus grands noirs de l’occupation,j’ai nommé « le corbeau  » « la vie de plaisir » « l’homme de Londres  » (dont la version a été injustement occultée par celle de Bela Tarr);non seulement le personnage principal est le mal et la rapacité absolus,mais il est entouré d’hypocrites,flagorneurs ,parasites ,vils flatteurs ;dans cet univers impitoyable(!) seule sa fille ,féministe avant l’heure, se révolte et fuit avec le scientifique dont son père veut s’approprier les découvertes; préparez-vous,si vous ne l’avez pas vu,car VANEL en nouveau riche va vous laisser pantois sur votre chaise

    « L’Invite du Mardi « (Deval)est le film qui suit le très amusant « club de femmes » (1936) qui réunissait DARRIEUX (et son petit-ami en travesti) et Betty Stockfeld ;un personnage de lesbienne .
    lE film qui nous intéresse,13 ans plus tard ,réunit trois de mes favoris : Blier,Robinson et Auclair;
    le synopsis ne pourrait pas être plus banal : le trio mari-femme-amant
    Blier a souvent eu ce rôle du mari bonnasse (voir aussi « manèges » mais ce dernier film lui est incommensurable dans sa noirceur);ici il est heureux avec ses timbres ,ses crepes ,ses pantoufles et quand il apprend que sa femme et son invité vont l’empoisonner ;il a ces sublimes lignes à propos de son chien Brutus (« tu as fait ton temps ,mon vieux,il va falloir bientôt partir » );je trouve le personnage de Auclair plus complexe qu’à première vue: un bellâtre ,oui mais un orphelin et surtout un être immature(l’histoire racontée par des cartes postales sur le mur a quelque chose d’enfantin)ce qui peut expliquer cet attachement à son quartier (personnellement je n’ai pas vu d' »ange exterminateur » là-dedans ,mais si vous le ditees)

    « la nuit des espions  » :je serais plus indulgent ,le problème est que c’est plus fait pour le théâtre que pour le cinéma ;BT a bien mis le doigt dessus ,c’est un problème de logique qui vous fera vous munir de doliprane :

    ou bien l’homme est un agent anglais et la femme aussi :il disent la vérité
    ou bien seul l’un des deux l’est et l’autre ment
    ou bien ils sont tous deux des espions et mentent à qui mieux mieux

    « une histoire d ‘amour » est bien le dernier film de Jouvet ;un couple d’amoureux (Gélin,Robin ) se suicide car les riches parents de l’héroïne ne voulaient pas en entendre parler;le film est un long flashback ou l’inspecteur Jouvet enquête ;une bonne séquence montre le père du suicidé et sa vulgaire compagne (l’actrice imite Arletty à mort);et un petit coup de théâtre final:ils ne sont peut-être pas suicidés pour la raison invoquée ;à voir pour Jouvet naturellement.

    Je dois avouer ne pas partager du tout cet enthousiasme pour « l’été meurtrier » où même la dictature de l’intrigue ne rend pas sa « résolution » passionnante :à part « piège pour cendrillon » ,Japrisot ne m’a jamais impressionné par ses histoires .

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Dumonteil
      Vous avez raison pour Blier. J’ai pensé brièvement à Bunuel lors de tous ces moments où un personnage (Auclair ?) tente de sortir du quartier et rate tout, taxis, autobus, métro. Dans la NUIT DES ESPIONS, ce qui m’a fait rire, c’est le repas que Hossein offre à Vlady. Dans une cabane perdue de Normandie, il a réussi à se faire livrer en ces temps de restriction et de disette même pour l’armée allemande hors de Paris, du champagne, du foie gras, sans que cela éveille de soupçons. Pour des gens qui veulent se planquer…Et la musique est inouïe

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.J’avais écrit une petite reflexion sur cette curiosité qui est un huis-clos ennuyeux et lent dans la mise en scène.Dommage car Hossein à réaliser des films plus aboutis.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.J’ai essayé de voir « Brigade des moeurs »de Max Pécas sorti en 85.J’ai tenu 10 minutes montre en main.

      • Yves Rouxel dit :

        A Bertrand.Le pire est peut etre l’unique film de Guy Lux »Drole de zebres »qui est d’un niveau lamentable.Sim et Alice Sapricht forment un duo sortis d’une mauvaise bd.On y trouve pèle mèle claude françois,pétula clark,jacques legras,le couple bussières-poivre ainsi que léon zitrone aux commentaires des courses.LCJ fait vraiment bas de gamme coté 7ème art!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Le pire ne connait pas de limites et DROLE DE ZEBRE a des partisans qui le prennent au dix septième degré de la nullité. On peut faire un festival avec BANG, BANG et, ajouté par Chabrol, LE JOUR ET LA NUIT, les PYRAMIDES BLEUES et certains films d’avant-guerre (DOUBLE CRIME SUR LA LIGNE MAGINOT, DEBOUT LÀ DEDANS, LES 28 JOURS DE CLAIRETTE) mais qui sont parfois trop débilitants. Il y a des degrés dans le canar nul. Il faut au moins qu’il soit distrayant même si c’est malgré lui

        • DIDIER DUMONTEIL dit :

          Et « le congrès des belles-mères « de Monsieur Couzinet où on apprend que Adam fut le plus heureux des hommes car n’ayant pas de belle-doche et « joe caligula  » (un film culte pour certains)de José Bénazéraf avec cette réplique qui tue : »ils l’ont brûlé vif (…) et il brûle encore! »

          et, ajouté par Chabrol, LE JOUR ET LA NUIT,sans souci!(l’entartré)
          puisque nous en sommes à Chabrol ,ARTE a eu la bonne idée de rediffuser  » les noces rouges « -on peut le revoir à la demande jusqu’au 18/2,avis aux amateurs!- .Claude Piéplu y vote presque la vedette au couple vedette Piccoli/Audran :ayant vu pratiquement toute sa filmographie ,j’en reviens toujours au même point :sa période 1967 -1973 me décoiffe ! »les biches  » « la femme infidèle  » « que la bête meure »  » la rupture » (ces deux derniers bien supérieurs aux romans dont ils sont tirés) « juste avant la nuit  » « les noces » et bien sûr « le boucher » :un correspondant américain m’a fait remarquer que dans « le boucher » ,CC ne tombe pas dans le piège du faux -suspect ,de la fausse piste (alors qu’il y tombera à pieds joints dans « blood lines »,récemment évoqué par M. Rouxel )
          Cette période est faite de films que je peux voir et revoir sans arrêt :atmosphères décrites à la perfection (le village du boucher ,la petite ville des noces ), musique extrêmement prenante , actrice idéale (Audran ,sauf pour « que la bête meure » ), pas de dictature de l’intrigue , suspense étouffant pourtant ;autant de qualités que CC ne pourra saisir que sporadiquement par la suite (quelle idée de refaire ,par exemple  » the girl on the red velvet swing  » de Fleischer (« la fille coupée en deux » )?

          dans sa période autour de 1970,CC etait mon directeur français préféré : mais  » nada » « folies bourgeoises » « les magiciens  » et autres « partie de plaisir » m’ont fait déchanter.

        • MB dit :

          ça fait des années que je cherche à voir LE FUHRER EN FOLIE que DDTon défendit dans Charlie Hebdo (le vieux).

        • Bertrand Tavernier dit :

          A MB
          Et il y a quelqu’un sur IMDB qui écrit que c’est le film le plus juste, le plus fondé, le plus humain sur cette guerre. J’ai cru que c’était Philippe Clair qui avait écrit ce texte à la hauteur du film. Mais n’oubliez pas surtout RODRIGUEZ AU PAYS DES MERGEZ une relecture du Cid

        • MB dit :

          à Bertrand:
          « philippe clair is at least the most clever and fabulous and charismatic director ever ever in the world »
          C’EST LUI!!!

        • DUMONTEIL dit :

          Le pire film que j’aie jamais vu s’appelle « l’antisémite » (2012)
          je ne citerai pas le nom de l’auteur de cette infâmie.

  13. Yvon dit :

    J’avais laissé un commentaire sur trois très bon livres de l’un de vos compatriotes et me demandait pourquoi vous ne les avait pas publié,il me semblait approprié pour le blog et aurait sûrement en intéressé qqe eux en tout cas moi il m’on passionné car très instructif sur l’histoire du cinéma et de ces grands films.

  14. Denis Fargeat dit :

    Juste pour dire que je suis bien heureux de vous retrouver, et même content de lire De Travers, c’est dire ! Et encore une belle livraison.

  15. ballantrae dit :

    Je confirme que Faisons un rêve revu après visionnage de votre segment consacré à Guitry et Pagnol s’avère un chef d’oeuvre à voir et revoir, brillant, drôle et élégant. Pendant français des comédies de Lubistch qui elles aussi avaient une confiance absolue dans les ressorts du langage. C’est votre rappel de l’usage du téléphone qui m’ y fait penser tout comme je pense aussi à Hawks dans Bringing up baby.
    Je vais lire les essais de J Cercas qui est un auteur passionnant.
    Chez Actes Sud aussi, je me permets de conseiller le dernier E Vuillard La Guerre des pauvres consacrée à la figure passionnante et tellement actuelle de Thomas Muntzer, figure clé des remises initiées par Luther. C’est un court récit qui a la force usuelle de Vuillard qui sait rendre intimes les pages les plus sidérantes de l’Histoire.

  16. Jean-Luc de travers dit :

    Voici deux mois que nos concitoyens se font éborgner tous les samedis par la police du régime, et vous, ben vous, vous continuez à parler travelling et gros plan. Ca fait 50 ans que vous êtes toujours aussi con.

    • Bertrand Tavernier dit :

      Je continue à parler de mon métier comme les menuisiers continuent à faire des tables et la politique j’en fais ailleurs et tout le temps. Depuis plus de 50 ans. Et lire et faire découvrir Vuillard, Sinclair Lewis ou le documentaire sur les femmes chef, c’est aussi faire de la politique tout comme d’applaudir certains réquisitoires (celui de François Sureau si bien écrit, si argumenté) contre la loi anti casseur ou sur le journalisme. Et quelqu’un qui n’était pas con a dit que les travellings, c’était politique

      • MB dit :

        à AA: la tactique c’est de se placer à gauche en se servant d’un mouvement de revendication (c’est utile même pour un gus qui reste devant sa TV le dimanche plutôt que d’aller manifester), une fois bien connoté à gauche, on insulte qqn qui est notoirement à gauche depuis un bail, ça vous donne une légitimité,une originalité: le lecteur est sensé dresser l’oreille (l’oeil), après, le seul truc important c’est de sortir un mot dit « gros », une insulte bien grasse, « con » c’est pas mal la prochaine fois ça sera « salaud » ou un truc du même style, on sait qu’on sera publié puisqu’on sait que BT pousse loin (trop à mon avis) la liberté d’expression. Il y a aussi la figure sexuelle bien grasse, ça marche aussi (cf le zig qui se dressait soi-disant contre la pédophilie l’autre fois, sans doute le même, le roi des pseudos): qui va vous reprocher d’être contre la pédophilie? personne, vous êtes blanchi d’avance, donc on vous lit avec plus d’attention.
        On croit naïvement enfin qu’on va choquer les lecteurs de ce blog qui comme chacun sait sont des cinéphiles naïfs qui ont tous la photo de Bertrand dans leur chambre et qui s’endorment tous les soirs au pays des Bisounours, alors que ça nous fait soupirer, ces âneries de polémiste mal dans sa peau.
        Bertrand à tous les coups c’est toujours le même mec à qui vous avez refusé un autographe un jour: c’est votre faute aussi: vous l’avez vexé à mort, le pauv chou.

        • Alexandre Angel dit :

          A MB,
          C’est bien résumé.

        • Denis Fargeat dit :

          A MB
          Voilà qui est astucieux, un peu flippant aussi ; pour ramener sur le terrain du cinéma, je songe à « Play misty for me » ou « Misery » dont le dispositif est très effrayant. Mais au cinéma, on peut jouer à se faire peur, les enfants petits et grands ont tous besoin de ça.
          Rien à voir, et c’est seulement pour profiter du même message. Il y a quelques temps j’ai pu rencontrer Tiffany Tavernier, venue parler de son livre « Orly » tout près de chez moi. Elle avait beaucoup de choses essentielles à dire sur et autour de ce qu’elle avait écrit. Je guettais dans son attitude une ressemblance avec Bertrand en j’en fus pour mes frais ; à part peut être certains gestes des mains – à y réfléchir ce n’est pas par hasard : les mains se font le vecteur d’une certaine forme de conviction qui est commune au père et ses enfants. La conscience du poids des choses , la présence au monde. Je crois que tout cela m’a facilité l’accès au livre, non qu’il soit obscur ou mal écrit , très loin de là. Mais je n’aurais pas , sans cette rencontre , réalisé la masse de travail, et le substrat humain qui sont derrière cet « Orly ». Beau moment donc , mais un regret, celui de n’avoir pas osé demander si ce livre devait , devrait ou aurait pu devenir un film.
          Le hasard a fait qu’une semaine plus tard je voyais le « Facteur Cheval » de Nils Tavernier, et forcément j’y ai cherché – et trouvé!- le même sérieux , la même implication, la même humanité. Je crois que bien des parents aimeraient voir dans leurs enfants , non leur reflet , mais la continuation de leurs valeurs , de leurs devise implicite : pas celle que l’on proclame , mais ce qui émane de ses actes, de son attitude.
          J’ajouterai, par souci de symétrie, que pour ce film c’est Jacques Gamblin qui m’a servi de médiateur , via un texte lu sur France Culture, où il racontait de belle façon son compagnonnage avec le facteur. Beau témoignage sur la noblesse pleine d’humilité de son travail d’acteur.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Denis fargeat
          Je suis très fier et d’ORLY, beau livre foisonnant, riche et humain et du FACTEUR CHEVAL où Gamblin est digne de Daniel Day Lewis. Il y a une attention aux émotions, à la vérité des choses qui me touche, une manière de parler, sans ostentation ni esbroufe, du mystère de la création quand elle est le fait de quelqu’un de taiseux. Une même curiosité unit ces deux oeuvres

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Oui vous avez raison mon cher MB,car poser en photo avec un ministre italien de la ligue du nord quand on se prétend gilet jaune ou dénoncer des migrants dans un camion au début du conflit,ce n’est pas très progréssiste de la part d’un mouvement qui se dit apolitique(d’extreme droite)!!

      • Jean-Luc et alors dit :

        Et je rajoute cher Bertrand-anecdotique, que vous ne faites pas un « métier ». Vous pratiquez une expression exclusivement réservée à la bourgeoisie qui nous assassine, à dessein de dominer les masses, sûrement pas pour les aider à devenir libre. « L’humanité, disait Trauner, mais oui Alexandre Trauner, a vécu 2000 ans sans cinéma, mais elle n’aurait jamais pu vivre sans musique et sans peinture » Fabien Onteniente ne comprend pas ce que dit A. Trauner, mais vous, vous en êtes parfaitement conscient, alors arrêtez de nous faire croire que vous faites un « métier ». Mon mécano fait un métier, mon fromager fait un métier, vous, et les gens de votre corporation, ne répandez que des nuisances.

        • Denis Fargeat dit :

          Cher Jean-Luc Les-Mouches
          Je ne peux dire ce qui va suivre qu’en mon nom propre. A vous lire je me fais l’effet d’être une vache devant laquelle vous agitez un chiffon rouge : vous vous trompez de champ, je crois qu’il y a des taureaux dans un autre enclos , qui seront certainement plus intéressés par votre numéro. Pour ma part je préfère ruminer l’herbe cinématographique qui se trouve ici, et je m’en félicite, meuh. Merci de ne plus tacher mon vert de votre rouge , même si je vous sens vert de rage.
          Pourquoi est-ce que je songe ainsi aux vaches? Ah oui, ce doit être à cause de « Petit paysan », qui a été réalisé par Hubert Charuel , ce grand bourgeois multimillionnaire. Riche, à l’instar de toute la profession qui ne connaît que des vaches bien grasses.

        • Yves Rouxel dit :

          A jean luc.Comme dit le personnage de Jean pierre Léaud dans »La maman et la putain »: »Vous ètes en vert et contre tout ».Rideau!!!

    • Alexandre Angel dit :

      A Jean-Luc De Travers
      C’est très politique, en effet, d’insulter les gens sur internet.
      Je crois que je vais m’arrêter là pour ne pas vous ressembler.

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Alexandre Angel
        C’est toujours la même rengaine, les mêmes conneries surtout à propos d’un blog qui parle de Cuercas, des dérives communistes, du machisme dans la restauration et de films qui se passant en Irak.Comme disait Clemenceau « l’ignorance a souvent besoin d’être réconfortée par la bêtise »

        • Yves Rouxel dit :

          A Bertrand.Je pense que vous commencer à me connaitre un peu à travers les divers commentaires que je laisse sur ce blog qui pour moi une respiration voire une thérapie dans le bon sens du terme.Il m’est arriver de m’emporter avec certains mais sans animosités aucunes car je ne supporte plus les insultes primaires voire les rumeurs qui circulent sur vous dans le milieu du 7 art.J’en ais entendues des vertes et des pas mures sur votre façon de travailler sur les tournages,votre coté pointilleux et minitieux sur les plans d’angles,la lumière ou le son qui n’était pas bon.Je balaye d’un grand revers de main tout ça,car je tiens à l’écrire et à vous le dire quand vous viendrez à toulouse,je vous admire et je vous aime tel que vous ètes,avec vos qualités et vos défauts comme chacun de nous.On ne sait forcément dans ce monde qui bouge trop vite à mon gout ce que vous faites dans l’ombre car on sent bien chez vous de la générosité et de l’humanisme et ça pour moi c’est l’essentiel.A bientôt de vous lire.

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Merci. Mais je tiens à vous rassurer. Dans l’ensemble les tournages de mes films se sont passés dans une ambiance chaleureuse et passionnée, avec énormément de bonheur. Je n’aurai pas pu retravailler dix fois avec certains techniciens et acteurs si l’atmosphère était aussi pesante. Quant aux attaques, elles viennent toujours du même coté

      • Pierre dit :

        L’ignorance a souvent besoin d’être réconfortée par la bêtise.

        Les mensonges aussi. Car on ne peut pas écrire que « voici deux mois que nos concitoyens se font éborgner tous les samedis par la police du régime ».

        C’est faux, tout simplement. Personne n’a été éborgné. Encore moins depuis deux mois. La police n’est pas celle du régime mais de la nation française. Ca fait beaucoup pour une phrase si petite.

        Quant à l’insulte, je suppose qu’elle est destinée à faire écho à la fameuse phrase de Godard à Cannes en 68. Dans le contexte présent, ce n’est hélas qu’une grossièreté de plus.

        • MB dit :

          à Pierre: « voici deux mois que nos concitoyens… » en effet c’est dans la relation factuelle que ces polémistes se distinguent: en la négligeant, car trop pressés de sortir LE mot qui va choquer.

        • MB dit :

          à Pierre: attention ceci dit, c’est vrai qu’il y a eu des éborgnés, même si c’est pas « nos concitoyens » donc tt le monde en général et chaque samedi.
          C’est la caricature qui m’a gonflé chez l’individu.

    • Ballantrae dit :

      Question sonnerie je ne sais pas si vous en dites depuis 5, 10 ou 50 ans mais en tout cas ce message est gratiné.
      Gardez vos flèches et votre énergie pour ceux qui eborgnent et non pour un cinéaste qui ne vous a pas attendu pour s’engager, s’engager, s’exposer alors que rien ne l’y oblige bon sang.
      A mon avis, cela pue la provoc d’extrême droite… un petit côté  » je suis partout ».
      Passons notre chemin…

      • ballantrae dit :

        J’ai fait involontairement du Bobby Lapointe et voulais écrire non « sonneries » mais « conneries » bien sûr!
        Je confirme les qualités du Facteur Cheval: sensible, secret, plastiquement en osmose avec son sujet.avec un J Gamblin toujours aussi subtil dans la restitution de la folie taiseuse du personnage éponyme.Vous direz à Nils que son film est aimé par bien des spectateurs comme j’ai pu le constater à l’issue de la séance où régnait une belle qualité de silence et d’attention.
        La mule est un bien bel opus de l’ami Clint, comme un second volet d’un diptyque initié par Gran torino avec ne plus ici cette aptitude à donner une topographie itinérante de l’Amérique dans la lignée de Honkytonk man, Breezy, Un monde parfait ou Josey Wales…veine picaresque d’Eastwood. Film sacrément émouvant et fin dans son approche du lien entre acteur/personnage.

    • Yvon dit :

      Mon ami(sic)je vous propose de changer de blog tout simplement,cela nous évitera des commentaires hors propos pour un cinéaste proche du simple amoureux du cinéma,chose rare.

  17. Vérane FREDIANI dit :

    Heureuse, impressionnée et fière de trouver ici une critique de Monsieur Bertrand Tavernier sur mon documentaire A LA RECHERCHE DES FEMMES CHEFS. Toutes les femmes chefs du monde vous remercie d’avoir écouté, regardé et compris qui elles sont réellement.

    • Bertrand Tavernier dit :

      A Verane Frediani
      J’ai beaucoup aimé votre film et avais envie de le défendre comme vous défendez vos personnages

  18. Yvon dit :

    Je vien de revoir (voir serait plutôt le bon terme car vu seulement à la télé)La Vengeance aux deux visages et bien qu’elle belle époque on vie qui nos permet enfin de s’avouer ce film ds de tél condition,les paysages d’une beautés à couper le souffle et le jeu des acteurs WoW,,Brando magnifique d’intériorité,de séduction les bijoux qu’il vol,donne et reprend,très drôle et enfin un Ben Jonhson plus présent et toute ces geules de western,mon seul reproche le manque de supplément pour un filme qui ne manque pourtant pas d’anecdotes mais le film lui est bien là et c’est ce qui est important je pourait continuer mais là je me commande un billet pour la mer.Merci à tout ceux qui on travailler à la restauration.

    • yves rouxel dit :

      A Yvon.Je ne vous juge pas,mais essayer de revoir ce genres de films sur un écran de tv voire un rétro-projecteur mais balancez cette satanée tv qui n’apporte rien de bon.Regardez Brion cantonnez sur France 5 puis le présentation maniérée de Dominique besnehard qui connait surement les caprices des actrices et acteurs mais qui ne connait rien en cinéma.Merde faut pas déconner quand même comme disait coluche!!!

      • Bertrand Tavernier dit :

        A Yves Rouxel
        Dominique Besnehard connait et aime passionnément le cinéma même s’il ne l’aime pas comme un érudit ou un cinéphile. Quand il était agent, il m’a donné des idées astucieuses de distribution. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. et qui de plus, est, drôle. L’entendre parler de Ségolène Royal dont il soutint un moment la candidature est hilarant et la série qu’il a produite DIX POUR CENT est souvent jubilatoire et il est resté très fidèle à des comédiennes qu’il avait découvertes même quand elles connaissaient des périodes difficiles, Beatrice Dalle, voire la maladie

      • Yvon dit :

        Je l’ai revu avec un écran HD de 65 pouces ,quand mème!

      • MB dit :

        « balancez cette satanée tv qui n’apporte rien de bon »
        et previously sur Arte: LE MONDE PERDU, LE MERDIER, L ECONOMIE DU COUPLE, SHOOTING STARS, IRREPROCHABLE, ARSENAL, Cinéma DE Minuit: THE ET SYMPATHIE,FURY, M, que des navets, rien de bon quoi, nothing good! sacré Yves.

        • Yves Rouxel dit :

          A MB.Je respecte tout à fait que vous regardez des films à la télévision mais l’objet en lui même m’ennuit énormément.Enfant je me souviens que ma grand-mère mettait un petit napperon devant l’écran et consultai le programme du journal local.Là elle me demandais si telle émission pour la jeunesse m’intéressait.Souvent je lui répondais négativement et aller aider mon grand père au jardin pour arroser les fleurs ou les légumes.Je vous parle d’un temps ou il y avait que deux chaines publiques.Thierry la fronde,nounours cher à claude laydu ou les dessins animés ricains abondaient dans les programmes sans oublier Guy Lux et »Intervilles »ou « Les dossiers de l’écran »avec cette musique qui me faisait un peu peur!!!!

        • Bertrand Tavernier dit :

          A Yves Rouxel
          Certes, certes et rien ne vaut l’écran d’une salle de cinéma ou d’un home cinéma. Je n’ai jamais eu la télévision sauf durant trois ans mais même à l’époque que vous décrivez, on pouvait voir des émissions de Bluwal (Don Juan), Santelli, Jean prat, de Desgraupes et Dumayet, des films dans l’après midi essentiellement en noir et blanc

        • Denis Fargeat dit :

          Comme disait Patrick Timsit:
          « Je m’installe devant la télé
          c’est chiant
          Mais si je l »allume
          c’est pire »

        • MB dit :

          « Certes, certes et rien ne vaut l’écran d’une salle de cinéma ou d’un home cinéma.  »
          ou d’un home cinéma? vous avez un peu évolué, il y a peu vous vous arrêtiez à la salle de cinéma, Bertrand!

    • SERVANT Jean-Pierre dit :

      A Yvon : (La Vengeance aux deux visages) oui admirable édition vidéo Carlotta. Je finissais par désespérer de pouvoir enfin un jour visionner ce film dans des conditions optimales, après deux achats DVD antérieurs très décevants. Comblé.

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