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	<title>DVDBlog, par Bertrand Tavernier &#187; Bertrand Tavernier</title>
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		<title>Un film noir et un western</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 07:32:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur un rythme trépidant, BEAST OF THE CITY contrairement aux productions Warner, épouse le point de vue de la police (on a même droit à un texte de Herbert Hoover). Bien mis en scène par le mystérieux Charles Brabin, réalisateur anglais né à Liverpool (dont nous ne connaissons que le MASQUE D&#8217;OR avec Boris Karloff [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1056" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="the_beast_of_the_city" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/the_beast_of_the_city.jpg" alt="" width="115" height="159" />Sur un rythme trépidant, BEAST OF THE CITY contrairement aux productions Warner, épouse le point de vue de la police (on a même droit à un texte de Herbert Hoover). Bien mis en scène par le mystérieux Charles Brabin, réalisateur anglais né à Liverpool (dont nous ne connaissons que le MASQUE D&#8217;OR avec Boris Karloff en Fu Manchu et Myrna Loy,  délicieuse et assez déshabillée, dans le rôle de sa fille sadique), décrit les efforts d&#8217;un policier irlandais intègre (Walter Huston) pour nettoyer une ville. Il se heurte la corruption des élus, la mollesse de ses chefs, aux procédés d&#8217;intimidation des gangsters qui utilisent toutes les ressources de la loi pour mieux la paralyser. Dialogue incisif de John Lee Mahin d&#8217;après un scénario de WR Burnett, truffé de détails qui sonnent justes et qui disparaitront après la mise en place du Code : la radio de la police signale une femme nue au coin de Elm et Berry, on parle d&#8217;exhibitionnisme indécent, la tête d&#8217;un cadavre s&#8217;est faite exploser et la voiture du coroner est rebaptisée le wagon à viande. Dans les interrogatoires, les premiers plans dans le commissariat, le dialogue rapide, cynique, réaliste fait un peu oublier la thèse qu&#8217;on a rapprochée de DIRTY HARRY qu&#8217;on retrouve dans plusieurs films des années 30 (OKay America de Tay Garnett, voire Gabriel over the White house) qui demande que des policiers, des justiciers prennent la justice en main.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1058" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="butch_and_sundance" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/butch_and_sundance1.jpg" alt="" width="115" height="158" />BUTCH AND SUNDANCE, THE EARLY DAYS : tout ce que l&#8217;on dit sur les raisons de se méfier est valable et l&#8217;on y pense tout le temps. Cela dit le film est truffé de qualités : photos et extérieurs splendides, décors (un casino, un bureau de directeur, une banque, une rue surplombée d&#8217;une affiche vantant un produit which makes adults and kids become pigs) insolites, pittoresques et réjouissants : la palme revient à cet étrange centre commercial entièrement blanc, entouré d&#8217;inscriptions religieuses, dont une gravée sur la montagne). Il y a de nombreux gags, des moments vraiment drôles et attachants mais l&#8217;intérêt s&#8217;émousse. Aucune tension ne semble relier ces scènes qui sont épisodiques comme on dit là-bas. Certaines sont mauvaises : un long et pénible moment avec des skis est censé remplacer la bicyclette. Plantage.</p>
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		<title>Films Italiens</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 13:31:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur Amazone.it comme me l’ont signalé plusieurs internautes, on peut acheter des films formidables dont beaucoup hélas ne sont pas sous-titrés. Ce n’est pas grave pour TRENO POPOLARE de Raffaelo Matarazzo, le propos est tellement clair, les personnages si bien dessinés que tout est facilement compréhensible. Il s’agit d’évoquer ces premiers trains de vacances destinés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1046" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="treno_popolare" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/treno_popolare.jpg" alt="" width="110" height="158" />Sur Amazone.it comme me l’ont signalé plusieurs internautes, on peut acheter des films formidables dont beaucoup hélas ne sont pas sous-titrés. Ce n’est pas grave pour TRENO POPOLARE de Raffaelo Matarazzo, le propos est tellement clair, les personnages si bien dessinés que tout est facilement compréhensible. Il s’agit d’évoquer ces premiers trains de vacances destinés à faire découvrir les plages, la mer, aux classes populaires, initiative mussolienne comparable aux trains de plaisir que mit sur pied le Front populaire. Peu ou pas d’intrigue, de multiples personnages avec leurs peines, leurs joies. Une des premières musiques de Nino Rota. En bonus plusieurs documentaires de Matarazzo évoquant les travaux menés par Mussolini pour assécher les marais (Eclipse vient de regrouper pour Criterion, dans un coffret, plusieurs des mélodrames de Matarazzo dont le PECHÉ D’UNE MÈRE, mélodrames le plus souvent joués par Amedeo Nazzari et Yvonne Sanson et analysés avec lyrisme par Jacques Lourcelles. Je vais me ruer sur ce coffret pourvu de sous-titres anglais, n’ayant que des cassettes usées).</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1047" title="dimanche_aout" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/dimanche_aout.jpg" alt="" width="110" height="153" />Dans la même veine se situe DIMANCHE D’AOUT de Luciano Emmer, cinéaste méconnu. Même principe : une œuvre chorale avec une myriade de personnages issus cette fois de milieux très différents (il y a des riches, des nobles, des pauvres, des religieuses), brassés avec un vrai brio, un sens de la vie collective, une vivacité visuelle. Mais l’absence de sous-titres m’a gêné, le dialogue étant plus important, plus vital que dans TRENO POPOLARE.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1048" title="i_nostri_sogni" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/i_nostri_sogni.jpg" alt="" width="110" height="152" />I NOSTRI SOGNI est je crois le premier Cottafavi et là le dvd a des sous-titres français. C’est une comédie douce-amère où le génial de Sica, dans un personnage proche de ceux qu’il incarna chez Camerini, essaie à coup d’arnaques, de bluff, de manger à sa faim sinon de survivre. Il ment, séduit, invente des remèdes miracles sous l’œil de son complice de plus en plus désabusé (leur couple est une merveille). Le ton est délicat, léger, élégant.</p>
<p>De Sica est encore plus génial en pickpocket, chef d’une famille d’escrocs et de voleur dans laquelle tombe le malheureux Marcello Mastroianni dans DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE d’Alessandro Blasetti, comédie extrêmement drôle. Surtout à partir du moment où entre De Sica avec ses mille et une manières de piquer une valise. Il faut le voir, aidé par la très jeune et super sexy Sophia Loren, sa fille qui surclasse parfois le père, retourner dans un commissariat des témoins, des accusateurs pendant qu’elle tourmente, séduit, vampe, vole le pauvre Marcello. Les scènes dans l’appartement avec toute la famille (dont la grand-mère qui lève le coude) sont absolument désopilantes.</p>
<p><img class="aligncenter" title="dommage_canaille" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/12/domamge_canaille.jpg" alt="" width="110" height="158" /></p>
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		<title>Films Roumains, Iraniens et Japonais</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 13:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je signale le dvd offrant les deux films de Cristian Mungiu, celui qui remporta à juste titre la palme d’or (4 MOIS, 3 SEMAINES) et les Contes de l’Age d’Or, suite de « légendes urbaines », désopilantes, grinçantes, décapantes sur l’ère Ceausescu. Il y en a plusieurs qui valent les meilleures réussites de Risi, notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1037" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="Coffret Christian Mungiu" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/mungiu_ok.jpg" alt="Coffret Christian Mungiu" width="115" height="159" />Je signale le dvd offrant les deux films de Cristian Mungiu, celui qui remporta à juste titre la palme d’or (4 MOIS, 3 SEMAINES) et les Contes de l’Age d’Or, suite de « légendes urbaines », désopilantes, grinçantes, décapantes sur l’ère Ceausescu. Il y en a plusieurs qui valent les meilleures réussites de Risi, notamment celui qui montre les affres des journalistes qui s’essaient à retoucher une photo pour le guide suprême soit plus grand que Valery Giscard d’Estaing ou cette attente d’une visite de Ceausescu qui met à jour les différents degrés de la servilité. Et ce cochon dont la présence va bouleverser plusieurs vies. Du cinéma qui montre que le rire peut être tranchant, lucide et fort peu démagogique.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1038" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="Une séparation" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/une_separation.jpg" alt="Une séparation" width="115" height="186" />La sortie de l’admirable UNE SEPARATION de Asghar Farhadi m’a fait me précipiter en salle sur ses précédents, notamment A PROPOS D’ELY. Même sensation d’urgence, même impression de sentir battre à même l’écran le cœur des personnages, l’âme d’un pays, une âme occultée par ses religieux et ses politiciens : personnages vibrants, déchirés, passionnés, bloqués mais aussi inspirés, soutenus par certaines règles, certains interdits, une culpabilité latente qui se heurte au désir, à la soif de bonheur. Même changement de point vue qui met à mal nos certitudes, nous fait découvrir une justice qui prend son temps, pose parfois de bonnes questions. Ne pas manquer ces films ni ceux de Jafar Panahi, cinéaste essentiel.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1039" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="Testament du Soir" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/testament_du_soir.jpg" alt="Testament du Soir" width="110" height="155" />Un des derniers films de Kaneto Shindo dont on montra à Lyon l’ILE NUE (à la demande de Benicio del Toro qui le présenta), LE TESTAMENT DU SOIR est une totale surprise. Une surprise à cause d’abord de son incroyable liberté de ton : le film change plusieurs fois de couleurs, de registres. On passe du drame à la farce, d’une séquence théâtrale à des plans retenus, délicats, murmurés. Un délinquant hystérique surgit brusquement au beau milieu d’un petit déjeuner, terrorise plusieurs vieillards avant de se faire arrêter par une énorme troupe de policiers. De brusques flashes back trouent la narration et de temps en temps on voit un fantôme. Tout cela arrive par surprise, sans être préparé. Audace incroyable, les quatre protagonistes du film – 3 femmes et un homme &#8211; sont âgés et certains s’affrontent en de longs et beaux plans fixes. Notamment ce moment où l’héroïne, une actrice, tente de raviver la mémoire d’une comédienne atteinte d’Alzheimer, en lui récitant la Mouette. Il y a aussi une très jeune fille qu’on voit entièrement nue (chose rare dans un film japonais) et qui participe à un « mariage d’essai » pour tester son époux, cérémonie marquée par une danse phallique et une pénétration en public comme au XVIème siècle. La jeune fille dit en riant que c’est une très vieille tradition qu’on maintient dans ce village.</p>
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		<title>Festival du Grand Lyon</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Nov 2011 07:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le festival du Grand Lyon a été encore une fois un immense succès. L’occasion de découvrir ou de revoir dans des copies restaurées (pas toujours en ce qui concerne le son comme l’a montré FALBALAS, ce chef d’œuvre de Becker), le plus souvent magnifiques. Je voudrais profiter de l’occasion pour saluer Jacques Becker qui n’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1012" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="falbalas" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/falbalas.jpg" alt="" width="110" height="185" />Le festival du Grand Lyon a été encore une fois un immense succès. L’occasion de découvrir ou de revoir dans des copies restaurées (pas toujours en ce qui concerne le son comme l’a montré FALBALAS, ce chef d’œuvre de Becker), le plus souvent magnifiques.<br />
Je voudrais profiter de l’occasion pour saluer Jacques Becker qui n’est pas reconnu à sa juste valeur en France. Aucune biographie à ce jour ne lui rend pleinement justice. Une ou deux études dont la meilleure fut publiée à la BIFI mettent en valeur son génie. N’ayons pas peur des mots. Après avoir revu plusieurs de ses films, j’ai envie d’affirmer que Jacques Becker est le meilleur cinéaste français des décennies 40/50 (en 40, il a de rudes concurrents avec Clouzot, Clément, Autant-Lara mais leurs films des années suivantes ne valent pas les siens).</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1014" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="Goupi-Mains-Rouges" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/Goupi-Mains-Rouges.jpg" alt="" width="110" height="172" />Bonne occasion de rappeler que FALBALAS, TOUCHEZ PAS AU GRISBI, LE TROU, RENDEZ-VOUS DE JUILLET, CASQUE D’OR, RUE DE L’ESTRAPADE, ces chefs d’œuvres, sont disponibles en dvd souvent dans de belles éditions. Qu’on trouve GOUPI MAINS ROUGES sans chapitres, ni bonus chez René Château. Mais pas EDOUARD ET CAROLINE, cette merveilleuse comédie qui se déroule durant une soirée, efface toute trace d’intrigue tarabiscotée. Seuls des retards, des importuns, des petits problèmes concrets (l’absence d’un gilet) viennent nourrir la narration, provoquer des drames, une rupture. Anne Vernon, Daniel Gelin n’arrêtent pas de courir, de se démener, de travailler comme dans tous les films de Becker. Jean Galland, Jacques François, Elena Labourdette qui fait l’œil de biche, sont hilarants.</p>
<p><img class="size-full wp-image-1013 alignleft" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="antoine_antoinette" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/antoine_antoinette.jpg" alt="" width="110" height="154" />Heureusement, pour compenser cette injustice insensée, Gaumont a eu l’idée heureuse de sortir en collection rouge le magnifique ANTOINE ET ANTOINETTE : admirable portrait de la France sous l’Occupation, une France populaire qui prend le métro (y travaille aussi) ou son vélo, qui n’a pas de lavabo. Une France ouvrière où l’on se prête des livres, où les légumes coûtent encore chers (Noël Roquevert en épicier torve et libidineux dont on se dit qu’il a dû profiter de l’Occupation, est grandiose). Et comme toujours chez Becker – voir Jeanne Fusier Gir dans FALBALAS -, épuré, débarrassé de la conscience qu’il peut avoir d’incarner une baderne : direction d’acteurs qui gomme les effets, accélère le rythme. Modernisme absolu. Claire Maffei, Roger Pigaut, Pierre Trabaud sont parfaits. Et parlant de la classe ouvrière (les personnages une fois de plus travaillent ou prennent du temps pour se rendre au travail), le cinéaste demande à son fidèle collaborateur, le compositeur Jean-Jacques Grunenwald (LES AVENTURES DE BEBE DONGE, LES ANGES DU PECHE, FALBALAS), le spécialiste de Bach à l’orgue, une partition néo classique. Belle chronique de Philippe Meyer dont il faut lire SANGUINES sur ce film le 13 à 7 heures 55 sur <a href="http://www.franceculture.fr/oeuvre-sanguines-croquis-politiques-de-philippe-meyer.html" target="_blank">France Culture</a>.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1016" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="etrange_incident" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/etrange_incident.jpg" alt="" width="110" height="154" /><img class="alignleft size-full wp-image-1020" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="forbid_hollywood" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/forbid_hollywood.jpg" alt="" width="150" height="166" />Autre hommage, autre confirmation : William A Wellman. Mais c’est une bonne occasion pour citer encore et louer L’ETRANGE INCIDENT, ce western si puissant sur le lynchage, CONVOI DE FEMMES, LA VILLE ABANDONNÉE, deux westerns sublimes (j’avais sous estimé le second), le coffret numéro 3 de FORBIDDEN HOLLYWOOD (sous titres français) avec 6 de ses films pré codes dont 3 ou 4 chefs d’œuvres, le numéro 2 qui comprend le remarquable et décapant NIGHT NURSE, WINGS film autobiographique où les scènes sentimentales sont aussi poignantes que les combats aériens, ISLAND IN THE SKY (AVENTURES DANS LE GRAND NORD) œuvre personnelle et méconnue sur l’héroïsme quotidien, AU DELA DU MISSOURI. Ce même héroïsme qui imprègne chaque plan de l’admirable STORY OF GI JOE (LES FORÇATS DE LA GLOIRE), bientôt chez Wild Side. Cette chronique guerrière où les batailles sont gommées comme souvent chez Wellman (il fait carrément l’impasse sur la prise de Monte Cassino, préférant se concentrer sur l’attente). Il y a juste un combat singulier contre des snipers dans une église en ruine (« drôle de lieu pour se tuer »). Sinon, on lutte contre le froid, la pluie (les scènes de pluie sont formidables chez Wellman), cette mort qui rode, ce chien qu’on héberge. Mitchum est tout bonnement admirable, se fondant dans la masse de ses soldats, n’émergeant que pour parler du sentiment qu’il a d’être un meurtrier. Burgess Meredith est inoubliable en Ernie Pyle, inoubliable d’humanité, de vulnérabilité. Signalons qu’on peut trouver ses chroniques sur <a title="http://www.amazon.fr/" href="http://www.amazon.fr/" target="_blank">Amazon.fr</a> et j’ai même acheté GI JOE, recueil publié avant la chute de l’Allemagne comme le mentionne la couverture. J’ai déjà dans la même collection UNE PROMENADE AU SOLEIL de Harry Brown dont je lis un très beau roman THE STARS IN THEIR COURSES que Hawks hélas, ignora totalement dans EL DORADO qui était supposé être une adaptation de ce livre lyrique et méditatif. Le Salinger du western, écrit un lecteur de ce livre.<br />
« Et si le lien entre ces deux immenses cinéastes consistait dans l’importance, le poids que prend chez eux la décence commune », cette notion chère à Orwell (reprise par Jean-Claude Michea : la décence commune c’est le « sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l&#8217;on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l&#8217;on cherche à maintenir les conditions d&#8217;une existence quotidienne véritablement commune ».) qui veut qu’on donne sans vouloir obligatoirement recevoir, qu’on prenne en compte la collectivité, que la notion de responsabilité soit prise au sérieux. Voilà deux cinéastes qui savent s’attarder sur les conséquences d’un acte, d’une action et pas seulement dramatiser cette action.<br />
Sinon quelle émotion de revoir Gérard Depardieu bouleversant dans LE CHOIX DES ARMES (salut Alain), dans le magnifique QUAND J’ÉTAIS CHANTEUR, dans LOULOU, DITES-LUI QUE JE L’AIME, œuvre si dérangeante de Claude Miller et dans LE SUCRE et CYRANO. Que du bonheur.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1017" style="margin-left: 3px; margin-right: 3px;" title="brassens" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/brassens.jpg" alt="" width="110" height="157" />Un bonheur qu’on peut partager en se plongeant dans le coffret Brassens édité par l’Ina qui comprend des trésors. Entre autres, cette discussion sur ses livres favoris parmi lesquels GIL BLAS qui m’a fait acheter Mon Oncle Benjamin, ce roman philosophique de Claude Tillier.</p>
<p>La sortie du savoureux SKYLAB me permet de rappeler les deux précédents films de Julie Delpy sans parler du délicieux BEFORE SUNSET qu’elle a co écrit : le décapant, TWO DAYS IN PARIS, truffés d’allusions sexuelles (les rapports entre une fellation et la politique). Dès qu’elle déambule, elle est accostée par d’anciens amants sous l’œil exaspéré de son petit ami américain qu’elle a forcé à manger du lapin. LA COMTESSE sans être aussi réussie, était une oeuvre riche, gonflée, passionnante. Vive Julie.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1018" title="delpy" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/11/delpy.jpg" alt="" width="339" height="182" /></p>
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		<title>Films noirs et westerns</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 23:05:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[THE HALLYDAY BRAND DE JOSEPH H LEWIS Dans le texte de 50 ANS sur Joseph H Lewis, je parle de l&#8217;ambiance nocturne de THE HALLYDAY BRAND, ce western dont le début renvoie aux FURIES de Mann. En le revoyant dans une belle copie en dvd, le terme m&#8217;a paru un peu inexact et pourtant pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>THE HALLYDAY BRAND DE JOSEPH H LEWIS</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-995" title="The Haliday Brand_" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/haliday_brand_.jpg" alt="" width="110" height="110" />Dans le texte de 50 ANS sur Joseph H Lewis, je parle de l&#8217;ambiance nocturne de THE HALLYDAY BRAND, ce western dont le début renvoie aux FURIES de Mann. En le revoyant dans une belle copie en dvd, le terme m&#8217;a paru un peu inexact et pourtant pas si faux que cela. Il y a peu de scènes de nuit, même si elles sont fortes (le plan des lyncheurs courant vers la prison) mais si j&#8217;ai utilisé ce terme, c&#8217;est que le film dégage une impression de claustrophobie, d&#8217;étouffement plus associée au film noir qu&#8217;au western.</p>
<p>En fait HALLYDAY BRAND est très proche de TERROR IN A TEXAS TOWN : même sentiment de dépouillement glacé, de désolation dans les rapports humains qui se traduit avec force dans la manière dont Lewis filme les extérieurs : ces plaines nues, arides, bordées d&#8217;arbres morts, ces buissons qui servent surtout à casser les cadres, à dissimuler les personnages. Il est symptomatique que la première chevauchée commence  sur un groupe d&#8217;arbustes, très près de la caméra, qui cachent les cavaliers. Et que le premier plan du film montre un cavalier qui avance de quelques mètres avant d&#8217;être arrêté par un ordre sans qu&#8217;on ait eu le temps de regarder le paysage où il chevauche.</p>
<p>Il n&#8217;y a aucun lyrisme dans l&#8217;appréhension de ces paysages, aucun amour du sol, de la terre. Comme si la névrose des personnages (la possession pour Ward Bond, le désir de vengeance pour Cotten) éradiquait toutes les connotations positives, rédemptrices, chaleureuses, attachées dans les westerns à la nature. Lewis d&#8217;ailleurs fragmente tellement les cadres comme autant d&#8217;espaces clos qu&#8217;il parvient à nous faire accepter des faits un peu illogiques : Ward Bond et ses deux fils découvrent qu&#8217;on a attaqué leur bétail. L&#8217;un des gardiens est moribond mais leur dit qu&#8217;un des agresseurs  y est resté. En effet à moins de dix mètres, on trouve le jeune homme de sang mêlé qui courtise Betsy Blair. Normalement, arrivant à cheval, ils auraient dus le repérer tout de suite. Mais chaque segment de ces actions semble filmé comme un lieu hermétique, ce qui augmente le malaise.</p>
<p>Il y a des plans très formels (importance des amorces : un révolver, un bras, un meuble, un poteau), très spectaculaires : le lynchage où l&#8217;on voit la victime tirée de sa cellule, sortir du champ tandis que s&#8217;agitent des ombres, l&#8217;escalier immense de la prison qui semble sorti d&#8217;un film expressionniste allemand. Les scènes d&#8217;action, de bagarre sont froides sans rien de cette jovialité virile qui imprègne ce genre de séquences. La conclusion est d&#8217;une brutalité elliptique rare. La musique pas toujours heureuse semble anticiper avec cette voix de femme sur ce que fera plus tard -et mieux &#8211; Ennio Morricone. Ward Bond est exceptionnel.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-996" title="A lady whithout Passport" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/alady_passport.jpg" alt="" width="110" height="110" />Toujours de Lewis, A LADY WITHOUT PASSPORT comprend deux ou trois séquences fort bien filmées, en dehors du premier plan d’ouverture, exceptionnel (le meurtre commis par Hodiak), de beaux extérieurs filmés à la Havane, deux ou trois décors intéressants, plusieurs plans très élégants, très recherchés qui, étrangement, soulignent le manque de tension dramatique. Le scénario cafouille et entre les acteurs que nous (je) qualifions d&#8217;exécrables (le terme est un poil fort), il ne se passe RIEN. Hedy Lamar qui joue une réfugiée qui attend ses papiers parait distante, peu concernée, jamais angoissée. Son interprétation est sidérante et il n&#8217;y a aucune alchimie avec Hodiak (qui ressemble à Martin Landau). Petit point intéressant : les étrangers sont regardés avec une grande sympathie. FILM AUSSI ETRANGE QUE RATÉ.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-997" title="Down three dark streets" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/down_three_dark.jpg" alt="" width="110" height="110" />J’ai enfin vu DOWN THREE DARK STREETS d’Arnold Laven. En fait de dark streets, on a une autoroute, une forêt, une rue normale de jour, un parc. Il y a au contraire pénurie de ruelles obscures (une seule en fait + un cimetière). Le film écrit par the Gordons (???) est l’une de ces apologies claironnantes et hébétées du FBI que souligne un commentaire exaspérant.</p>
<p>Malgré cela et malgré le côté hyper conventionnel du récit et de la réalisation, cela se laisse voir. Quelques personnages secondaires amusants, des silhouettes pittoresques, Claude Akins en boxeur maffieux. Ruth Roman est en effet très bonne (ce qui n&#8217;est pas le cas de toutes les actrices) et la poursuite finale se déroule sous les lettres de HOLLYWOOD (le maitre chanteur veut que la rançon soit déposée sous le W, endroit guère pratique mais bon pour les cinéastes). Laven recycle des extérieurs de son premier film WITHOUT WARNING.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-998" title="Mail Order Bride" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/mail_order_bride.jpg" alt="" width="110" height="110" />Revu : MAIL ORDER BRIDE, vraiment agréable, détendu, lyrique. C&#8217;est une sorte de version rose de COUPS DE FEU DANS LA SIERRA. Dans le dernier tiers, le scénario est parfois attendu et le gunfight final malgré le brouillard est un peu soldé.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-999" title="Destry" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/destry.jpg" alt="" width="110" height="146" />Vu enfin (???) DESTRY. Ce que l&#8217;on en dit est juste. Marie Blanchard est pire qu&#8217;inexpressive et les numéros sont d&#8217;une grande banalité où l&#8217;on retrouve la manie de Marshall d&#8217;ajouter des ponctuations comiques dont certaines sont d&#8217;une lourdeur éprouvante. Surtout que certains de ces gags (il faudra le noter quelque part) ne semblent avoir aucun effet sur la musique, les musiciens, la chanteuse (en dehors des deux ou trois types qu&#8217;elle prend à partie) qui ont dû être filmés à part, avec un playback qui n&#8217;intégrait aucune de ces trouvailles. Les décors du film sont particulièrement plats et conventionnels (trait commun aux westerns de série Universal) : ville standard, intérieurs hideux et conventionnels sans la moindre idée visuelle. Ce qui permet de saluer encore plus chaleureusement les efforts des réalisateurs (Mann avec FAR COUNTRY) qui rompent avec ces conventions épuisantes.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1000" title="Apache drums" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/apache_drums.jpg" alt="" width="110" height="155" />Après deux ou trois westerns Universal, les qualités du splendide APACHE DRUMS deviennent encore plus frappantes : topographie insolite du village, rapports intérieurs/extérieurs, décors inhabituels comme cette église (importance là du producteur, de Val Lewton car les décors de THE RAID, film par ailleurs intéressant, sont beaucoup plus conventionnels). Je trouve maintenant que l&#8217;intérêt porté à la topographie, la localisation d&#8217;un village, d&#8217;une bourgade trace une ligne de démarcation entre les westerns où l&#8217;ambition est évidente et les autres. Dans la première catégorie, celle où les auteurs se sont posés des questions quant à l&#8217;état d&#8217;une ville à l&#8217;époque, je range  CANYON PASSAGE, APACHE DRUMS, SADDLE THE WIND, THE GUNFIGHTER avec leurs rues inachevées, les constructions asymétriques.</p>
<p>Oui la couleur n&#8217;apporte rien à DESTRY. Les meilleures scènes sont les plus sérieuses : une partie de poker, la mort du shérif (bon acteur), le premier affrontement avec Murphy qui est bien comme tu le dis. Le reste ne présente aucune nécessité.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1001" title="Les piliers du ciel" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/piliers_ciel.jpg" alt="" width="110" height="110" /><img class="alignright size-full wp-image-1002" title="Guns for petticoat" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/guns_petticoat.jpg" alt="" width="110" height="110" />Les deux westerns de Marshall que j&#8217;ai trouvé intéressants sont LES PILIERS DU CIEL,  dont les extérieurs, les paysages témoignent d&#8217;une réelle recherche et donnent un lyrisme à cette histoire de tolérance religieuse. Et THE GUNS OF FORT PETTICOAT (LE FORT DE LA DERNIERE CHANCE), assez plaisante histoire (après un début conventionnel) qui confronte Murphy à des dizaines de femmes, dont l&#8217;impressionnante Hope Emerson, qui doivent se défendre contre les Indiens. Et aussi contre des  hors la loi qui font preuve d&#8217;une   violence rare chez Marshall. Le tout dans un décor de mission en ruines (celui de l&#8217;HOMME DE SAN CARLOS ?) bien choisi et astucieusement utilisé.</p>
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		<title>Films Anglais : John Guillermin / La Guerre</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 23:05:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je continue mon exploration de l’œuvre britannique de John Guillermin avec d’abord un double DVD Adelphi (sans sous titres qui comprend deux films en dvd ET en Blue Ray) : CROWDED DAY, chronique unanimiste, douce-amère, décrivant une journée dans la vie de 5 vendeuses travaillant dans un grand magasin. Je ne pensais pas que Guillermin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je continue mon exploration de l’œuvre britannique de John Guillermin avec d’abord un double DVD Adelphi (sans sous titres qui comprend deux films en dvd ET en Blue Ray) :</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-986" title="John Guillermin" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/guillermin.jpg" alt="" width="110" height="110" />CROWDED DAY, chronique unanimiste, douce-amère, décrivant une journée dans la vie de 5 vendeuses travaillant dans un grand magasin. Je ne pensais pas que Guillermin que je voyais spécialisé dans le film d’action, le polar, avait abordé ce genre de sujets. Cette petite production indépendante vit hélas son exploitation bloquée par l’étroitesse d’esprit, l’impérialisme des deux grands circuits de salles qui interdisaient l’accès des Gaumont, des Odéon à ce type de films, bloquant tout renouvellement.</p>
<p>Le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espoirs que fait naitre le sujet. Pour une raison très simple : le scénario ne consacre qu’une portion congrue au travail de ces jeunes femmes, à leurs rapports avec les clients, profitant de la moindre occasion pour s’évader dans les pubs, les restaurants, les rues. Il faut dire que le travail était toujours survolé à cette époque (et même maintenant). Il y a plusieurs scènes touchantes et Guillermin se débrouille très intelligemment en décors naturels, dans un vrai magasin et dirige bien ses actrices. On peut regretter le gag un peu lourd de l’employé qui tente plusieurs fois d’habiller un mannequin.  Dans la partie un peu plus dramatique, Guillermin se permet des cadrages inhabituels, obliques, avec des amorces très présentes qui annoncent ses films noirs.</p>
<p>L’autre film, SONG OF PARIS est plus léger, plus conventionnel malgré le suave Dennis Price. Il est rehaussé par l’interprétation fine et sexy d’Anne Vernon qui chante plusieurs chansons dont une de Jean Drejac. Les deux films bénéficient de transferts magnifiques.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-987" title="Tarzan" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/tarzan.jpg" alt="" width="110" height="110" />Toujours de Guillermin, j’ai revu avec plaisir malgré un transfert très discutable (même si Ted Scaife est un chef opérateur conventionnel. Dans son équipe, il y a Gerry Fischer) TARZAN GREATEST ADVENTURE (la PLUS GRANDE AVENTURE DE TARZAN), le meilleur – de loin – des Tarzan récents. Celui, en outre, qui est le plus fidèle au personnage créé par Edgar Rice Burrough. En effet, dans cette version, Tarzan parle normalement, ne s’exprime pas en petit nègre. Il a l’air intelligent, éduqué. Dès la séquence pré générique, d’une réelle violence, très bien filmée, Guillermin (qui co-écrit le scénario) multiplie les travellings dans la jungle, les mouvements de grue, joue avec les amorces, la profondeur de champ. Le  combat final est très bien mis en scène, avec ce recadrage au-dessus du vide. Formidable trio de « méchants » : Anthony Quayle, acteur shakespearien, Niall McGinnis et…Sean Connery. L’avant dernier plan est savoureux. Tarzan regarde son reflet dans l’eau et sourit.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-988" title="Gift Horse" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/gift_horse.jpg" alt="" width="110" height="110" />Je viens de revoir GIFT HORSE (COMMANDO SUR SAINT NAZAIRE sans sous titres) que je n&#8217;avais guère aimé lorsque je l&#8217;avais vu a douze ou treize ans. Et j&#8217;ai été touché, intéressé maintenant par tout ce qui m&#8217;avait rebuté. J&#8217;avais déploré le manque d&#8217;action, d&#8217;héroïsme, le fait que le raid mentionné dans le titre français n&#8217;occupait que les 20 dernières minutes, ce qui serait inimaginable maintenant. Or justement ce qui donne au film une force, c&#8217;est l&#8217;importance de l&#8217;attente, des échecs répétés à la suite d&#8217;erreurs humaines ou mécaniques (rien ne semble marcher dans ce foutu destroyer : les canons s&#8217;enrayent, les tuyaux crèvent). Le capitaine Fraser se trompe, l&#8217;un de ses officiers commet une bourde énorme. Rarement films de guerre et de propagande auront autant mis en valeur les cafouillages, les accidents, les obstacles que les britanniques. C’est ce que ce GIFT HORSE réussit, et cela jusqu&#8217;à la fin. Un internaute qui m&#8217;a convaincu de voir le film loue son absolue authenticité (les bateaux, l’armement ne sont pas postérieurs à l’époque, contrairement à tant de films), insiste sur cette absence d&#8217;héroïsme, sur la mauvais qualité du matériel. Sur l’interprétation impeccable de Trevor Howard.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-989" title="The long and the short and the Tall" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/The_long_and_the_short_and_.jpg" alt="" width="110" height="157" />THE LONG, THE TALL AND THE SHORT de Leslie Norman est visiblement l’adaptation d’une pièce de théâtre. Et cela se sent. Les grands travellings dans la jungle ne suffisent pas à rendre cinématographiques ces pesants débats d’idées, lourdingues, sur dramatisés qui restent théoriques malgré une distribution où l’on remarque un jeune Richard Harris et Laurence Harvey. Statique et ennuyeux.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-990" title="Ice Cold Alex" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/ice_cold_alex.jpg" alt="" width="110" height="110" />ICE COLD IN ALEX de Jack Lee Thompson est beaucoup plus intéressant et transcende un sujet qui pourrait être conventionnel (4 personnes perdues dans le désert). On sent la chaleur, le poids du désert, la fatigue, la sueur sur la peau. John Mills en officier alcoolique (encore un héros en état de faiblesse) est beaucoup plus convaincant que d’habitude et Sylvia Syms confirme, une fois de plus, le bien que j’ai pu dire d’elle. Elle est même très sexy dans ce film d’homme et elle évoque dans les bonus ce tournage qui fut épuisant. Il paraît qu’une scène d’amour entre Mills et elle fut coupée, car sa chemise était trop ouverte.</p>
<p>Par ailleurs, plusieurs scènes d’action sont bien découpées et porteuses d’une vraie tension, ce qui n’est pas toujours le cas chez Lee Thompson : la rencontre avec une patrouille allemande dans le désert est une excellente séquence, imprévisible, ambigüe comme tout le film. Les britanniques prennent des décisions qui pourraient les faire accuser d’intelligence avec l’ennemi : ils dissimulent le fait qu’un des personnages est un espion allemand. Le patriotisme est sacrifié à la tolérance et à la loyauté. La séquence qui donne son titre au film est remarquable : on a envie de boire de la bière avec eux.</p>
<p><img class="size-full wp-image-991 alignleft" title="Tiger Bay" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/tiger_bay.jpg" alt="" width="110" height="151" />A propos de Lee Thompson, dont j’ai acheté TIGER BAY mais ne parvient pas à trouver ses premiers films qui ont une bonne réputation  (WOMAN IN A DRESSING GOWN) et font oublier les productions avec Charles Bronson, mon ami Jean Pierre Coursodon m’écrit qu’il a regardé « un film que je n&#8217;avais jamais vu et que tu couvres de ridicule dans 50 ANS: EYE OF THE DEVIL et à ma surprise je ne l&#8217;ai pas trouvé si mauvais. La &laquo;&nbsp;population hébétée&nbsp;&raquo; dont tu parlais, on la voit environ 3 minutes en tout, maximum. Je suis plus dérangé par la convention qui fait que des acteurs 100 % britanniques sont censés être français, mais on s&#8217;y habitue. Le film est assez grandiloquent (Tourneur l&#8217;aurait dirigé de façon différente!) mais le genre le veut. L&#8217;histoire n&#8217;est pas plus extravagante que EYES WIDE SHUT. Le château est remarquablement utilisé, intérieurs et extérieurs, la photo est excellente, avec beaucoup de profondeur de champ. L&#8217;incohérence due aux coupures ne peut  pas être impliquée au pauvre réalisateur (il y en a quand même une de taille, quand Deborah Kerr tombe du haut du château et apparait intacte dans le plan suivant). Je ne cherche pas à réhabiliter Lee Thompson mais je trouve que tu étais un peu injuste.<br />
Je vais revoir le film.</p>
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		<title>Plaisirs</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 23:05:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai revu avec plaisir CAROLINE CHÉRIE, film très agréable même si Martine Carol parait un peu âgée et déphasée par rapport aux critères d&#8217;érotisme actuel (elle a de fort jolis seins mais le film est assez pudique et moins sensuel ou libertin que le roman de Cecil Saint-Laurent, fort bon). L&#8217;épisode de la  maison de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-978" title="Caroline Chérie" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/caroline_cherie.jpg" alt="" width="110" height="154" />J&#8217;ai revu avec plaisir CAROLINE CHÉRIE, film très agréable même si Martine Carol parait un peu âgée et déphasée par rapport aux critères d&#8217;érotisme actuel (elle a de fort jolis seins mais le film est assez pudique et moins sensuel ou libertin que le roman de Cecil Saint-Laurent, fort bon). L&#8217;épisode de la  maison de santé du Docteur Belhomme est particulièrement réussi, d&#8217;une surprenante dureté de ton accentuée par la sobriété de la réalisation de Richard Pottier (qui préserve le film des ravages du temps) et la causticité, cinglante des dialogues d&#8217;Anouilh (moins inspirés dans ses allusions anachroniques et blagueuses au 14 Juillet, un peu lourdes). Au-delà des vacheries anti révolutionnaires, Anouilh dresse un portrait sombre des mégères, des concierges dénonciatrices qui peut évoquer l’Occupation et ne peint pas sous un jour glorieux la conduite des Princes face aux Chouans.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-979" title="Le mariage de chiffon" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/mariage_chiffon.jpg" alt="" width="110" height="154" />LE MARIAGE DE CHIFFON est un vrai chef d’œuvre que ne ternissent pas quelques scratches au début, une chute dans la bande son et la musique pléonastique, peu inspirée de Roger Desormière (meilleur chef d’orchestre que compositeur) qui ne trouve sa place que quand elle cite ou brode des variations sur Fascination. Le scénario d’Aurenche est magistral et cela dès le premier dialogue nonsensique entre André Luguet et la marchande de journaux, magistrale introduction. Aurenche joue avec les accessoires (les chaussures donnent lieu à des variations éblouissantes) pour nous faire découvrir les personnages. C’est une leçon de comédie. Le film souvent inspiré (les travellings ophulsiens dans les pièces vides) se teinte peu à peu d’émotion, de nostalgie, de tendresse. Chaque fois que j’entends Odette Joyeux dire que ces boucles d’oreilles offertes par Jacques Dumesnil ont causé ses deux grands moments de chagrin et de peine « quand je les ai reçues et quand je les redonne », j’ai le cœur serré.</p>
<p>Pour rester dans le cinéma français, j’ai envie de parler de deux films que tout paraît séparer, opposer : LE BLÉ EN HERBE de Claude Autant-Lara et D’AMOUR ET D’EAU FRAICHE d’Isabelle Czajka.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-980" title="Le blé en herbe" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/bebe_herbe.jpg" alt="" width="110" height="154" />Le premier est une adaptation assez raide de Colette (la mise en scène est moins gracieuse que dans CHIFFON), plombée par l’interprétation d’Edwige Feuillère, congelée dans le style grande Dame du cinéma français et de Pierre-Michel Beck, catastrophique (même si plusieurs silhouettes sont assez réussies, en particulier le forain projectionniste campé par de Funès, dont le pianiste est Claude Berri).Le second est une chronique moderne de l’errance d’une jeune fille.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-981" title="D'amour et d'eau fraîche" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/damour_eau_fraiche.jpg" alt="" width="110" height="183" />Deux jeunes actrices unissent ces deux œuvres si dissemblables : Nicole Berger et Anaïs Demoustier. Toutes deux sont éblouissantes de justesse, de grâce, d’intelligence. Dès qu’elles sont là, la vie fait irruption, s’empare de l’écran même s’il y d’autres acteur talentueux et bons dans D’AMOUR ET D’EAU FRAICHE. Nicole Berger fut un météore, disparue trop jeune. Elle est la justesse, la vérité même et son interprétation fait exploser les cadres rigides de Lara et démodent plusieurs de ses partenaires (pas Renée Devillers). Elle amène une vraie fraicheur et l’on ressent ses espoirs, son amour, ses souffrances et son personnage ne prend pas une ride. C’est par là qu’elle tend la main, qu’elle retrouve Anaïs Demoustier qui elle aussi, plonge au plus profond des émotions de son personnage sans jamais tricher avec ses zones d’ombre, ses faiblesses, ses tâtonnements, ses écorchures. C’est l’émotion en mouvement. Elle entraîne le film dans son sillage.</p>
<p>Ajoutons qu’il faut porter au crédit d’Autant-Lara qu’il réutilisa Nicole Berger, magnifique dans EN CAS DE MALHEUR (et aussi dans TIREZ SUR LE PIANISTE. Je ne m’en souviens pas dans les Dragueurs), où Edwige Feuillère était bien meilleure. Et qu’il est intéressant de découvrir dans les bonus les controverses, les remous que suscita le BLÉ EN HERBE qui traitait pourtant des rapports sexuels entre un jeune homme et une femme plus âgée avec pudeur, sans complaisance ni voyeurisme. L’évêque de Caen lança même contre les spectateurs de la première un commando de judokas catholiques (sic) qui furent mis en déroute par ceux-ci.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-982" title="Touchez pas à la hache" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/touchez_pas_hache.jpg" alt="" width="110" height="154" />Changeons de registre, de ton avec TOUCHEZ PAS A LA HACHE de Jacques Rivette, adaptation épurée, exigeante, janséniste, retenue de la Duchesse de Langeais de Balzac, déjà portée à l’écran par Baroncelli et Jean Giraudoux. C’est une œuvre tendue, fascinante, toujours centrée sur l’essentiel (les personnages secondaires sont réduits au minimum encore que Nicolas Bouchaud soit assez marquant).</p>
<p>Dans des pièces vides où l’on peut voir parfois au cours d’une fête, quelques vagues silhouettes, Antoinette de Langeais, Jeanne Balibar touchante, et le général de Montriveau se livrent une bataille sans merci, alternant les déclarations, les refus, les atermoiements, les élans et les revirements sous l’œil scrutateur de  la Princesse de Blamont et du Vidame de Pamiers, incarnés magistralement par Bulle Ogier et Michel Piccoli. Quand ils sont là, plus besoin de figurants ; ils remplissent les appartements, les pièces, occupent l’espace. Guillaume Depardieu est admirable en général amoureux, possédé par cette passion qui le dévore et son claudiquement augmente encore le tragique du personnage</p>
<p>Il était aussi magnifique aux côtés de la magnifique Judith Chemla, dans VERSAILLES  le premier film de Pierre Schoeller qui vient de tourner le remarquable L’EXERCICE DE L’ÉTAT et il est bon de rappeler ce film.</p>
<p>Pour finir, j&#8217;ai ressenti un grand plaisir devant le nouveau film de Julie Delpy THE SKYLAB (qui n’est pas encore en vidéo il est vrai). Un plaisir et aussi de la fierté. C&#8217;est que j&#8217;ai connu Julie si jeune quand elle jouait le rôle-titre de LA PASSION BEATRICE, son premier film avec MAUVAIS SANG de Leos Carax. Et j&#8217;ai vu, au fil des années, cette comédienne habitée, brillante, dingo, hypocondriaque et courageuse, qui domptait ses peurs et ne cédait jamais devant Bernard Pierre Donnadieu.</p>
<p>Je l&#8217;ai vu devenir scénariste (elle co-écrit le délicieux BEFORE SUNSET, cette déambulation rohmerienne), chanteuse avec un fort bon disque, compositrice (elle écrivit la musique de son second film), puis réalisatrice. Nous avions couronné à la SACD le très savoureux TWO DAYS IN PARIS, exploration savoureuse des différences culturelles, sexuelles, alimentaires entre les français et les américains (Ah la scène du lapin !). LA COMTESSE, œuvre brave, féministe, était plus didactique, plus inégale, faute de moyens mais je lui tire mon chapeau devant la manière dont elle sut utiliser les quelques figurants et les deux ou trois chevaux qu&#8217;on lui avait octroyé.</p>
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		<title>Coup de gueule</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 23:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après les Regrets de fin septembre, place à un coup de gueule contre les TRESORS DE LA WARNER, équivalent français de THE WARNER ARCHIVES, vendus à des prix prohibitifs (20 euros) pour des films très largement bénéficiaires avec le temps. Plus grave, la plupart des titres, disent les internautes, utilisent de vieux masters usés, non [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après les Regrets de <a title="Regrets" href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/regrets/">fin septembre</a>, place à un coup de gueule contre les <a title="http://www.warnerbros.fr/achat/tresors-warner.html" href="http://www.warnerbros.fr/achat/tresors-warner.html" target="_blank">TRESORS DE LA WARNER</a>, équivalent français de THE WARNER ARCHIVES, vendus à des prix prohibitifs (20 euros) pour des films très largement bénéficiaires avec le temps. Plus grave, la plupart des titres, disent les internautes, utilisent de vieux masters usés, non restaurés. Et, ce qui est criminel, les formats ne sont pas respectés.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-965" title="le cygne" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/lecygne.jpg" alt="" width="110" height="149" /><img class="alignright size-full wp-image-966" title="Thé et Sympathie" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/the_et_sympathie.jpg" alt="" width="110" height="154" />LE CYGNE (pas terrible) et THÉ ET SYMPATHIE de Minnelli (bien meilleur) sont diffusés en 4/3 alors que sur Warner Archives US, il s’agit des 2.35, 16/9 remastérisés. Comme l’écrit un internaute : « Si vous voulez que cette collection soit pérenne même à un prix élevé, merci de fournir des masters corrects sachant qu’en plus, ils existent. Merci également de fournir les bonnes informations aux cinéphiles qui prennent le risque de commander vos produits ».</p>
<p>Il suffit de comparer avec la petite collection rouge de Gaumont qu’on trouve sur le net ou à <a title="http://boutique.gaumont.fr/" href="http://boutique.gaumont.fr/" target="_blank">la boutique Gaumont</a>, à des prix plus abordables même si les films ne sont pas restaurés.</p>
<h2>Plaisirs</h2>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-970" title="Gaumont" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/gaumont.gif" alt="" width="110" height="154" />Je reviens sur quelques titres, revus avec plaisir : L’INEVITABLE MONSIEUR DUBOIS de Pierre Billon (comédie à l’américaine vraiment amusante et rythmée, avec une Annie Ducaux inattendue) ; J’ÉTAIS UNE AVENTURIÈRE (Edwige Feuillère est parfaite dans le rôle de comédie qui la dégèle quelque peu) ; TONI (dont j’ai déjà parlé, un des meilleurs Renoir) ; L’ALIBI (un policier talentueux de Pierre Chenal avec un Stroheim étonnamment sobre, un Jouvet retenu. La fin, hélas, fut imposé par le producteur) ; SIGNÉ ARSENE LUPIN (l’un des premiers scénarios de Jean-Paul Rappeneau, astucieux, inventif. Yves Robert, Jacques Dufilho sont irrésistibles : il faut entendre ce dernier dire : « Monsieur donne trop ». Robert Lamoureux ne s’en sort pas mal du tout. Ce n’est pas indigne du Becker.) ; SANS LENDEMAIN, UN PAPILLON SUR L’ÉPAULE (l’un des Deray les plus personnels) ; LES ABYSSES ; ALLEMAGNE ANNÉE ZERO (un Rossellini majeur) ; LA VERITÉ SUR BÉBÉ DONGE (un chef d’œuvre) ; LE DERNIER DES 6 (que j’avais trouvé brillant) ; ANTOINE ET ANTOINETTE (un très bon Becker). Je dois revoir MOLLENARD, un Siodmak très fort, très âpre, SANS LENDEMAIN.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-971" title="Sous le signe du taureau" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/sous_signe_taureau.jpg" alt="" width="110" height="154" />Et SOUS LE SIGNE DU TAUREAU de Gilles Grangier que j’hésitais à voir (vu les autres Grangier de l’époque et qui fut une découverte et une très plaisante surprise). Au début, il faut passer outre une certaine esthétique qui prédomine dans les derniers Alain Poire : photo vraiment plate de Walter Wottiz où tout est trop éclairé, décors typique Vème République (cela constitue presque un constat). Le sujet  (François Boyer, Grangier, Audiard) intrigue et petit à petit se dégage une amertume (les rapports avec Susanne Flon), une colère qui vont grandissantes. Le rapport de Gabin à son métier est écrit sans fioritures, sans acrobaties verbales. La scène avec le génial Alfred Adam est du meilleur Audiard : la description de la manière dont on pouvait s&#8217;enrichir sous l&#8217;Occupation est savoureuse. Mais surprise, il dépasse le constat bienveillant et oppose à Adam, un Gabin sobre dont une réplique au moins parait très autobiographique : &laquo;&nbsp;et toi qu&#8217;est-ce que tu faisais ?&nbsp;&raquo; &#8211; &nbsp;&raquo; Moi, j&#8217;étais sur les plages&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Déjà, auparavant, quelques revers de volées sur les banques, les grandes fortunes, la belle famille qui réussit dans les affaires, renvoient à des moments du PRÉSIDENT. Et puis, il y a deux ou trois bonheurs d&#8217;écriture qui font plaisir, sur la Normandie en Automne. Et entendre déjà  que &laquo;&nbsp;Capitaux privés ou subventions, la Recherche est condamnée à la mendicité&nbsp;&raquo; est aussi plaisant que &laquo;&nbsp;je suis pour l&#8217;Europe des travailleurs contre l&#8217;Europe des actionnaires&nbsp;&raquo;&#8230; Audiard.</p>
<p>Raymond Gérome et Ledoux sont parfaits et Dalban, sobre, fait son 178ème patron de bistrot. La fin du film qui aurait pu être plus lyrique m&#8217;a touché peut-être aussi à cause de cette sobriété chaleureuse, un peu effacée qui donne leur ton, leur couleur aux meilleurs Grangier. Je ne m&#8217;y attendais pas du tout. Dommage que le résumé au verso donne la fin du scénario.</p>
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		<title>Regrets</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 16:17:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un regret, celui que certains films n’aient jamais suscité le moindre commentaire et cela sur des années. Je pense à REMPARTS D’ARGILE, de Jean-Louis Bertucelli, évoqué dans la première chronique ; au MEDIUM de Menotti, le seul opéra filmé, dirigé par son compositeur ; au magnifique PRIDE OF THE MARINES de Delmer Daves avec John [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un regret, celui que certains films n’aient jamais suscité le moindre commentaire et cela sur des années.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-918" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="Remparts d'argile" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/remparts.jpg" alt="Remparts d'argile" width="110" height="151" /><img class="alignright size-full wp-image-919" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="Medium" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/medium_menotti.jpg" alt="Medium" width="110" height="152" />Je pense à REMPARTS D’ARGILE, de Jean-Louis Bertucelli, évoqué dans la première chronique ; au MEDIUM de Menotti, le seul opéra filmé, dirigé par son compositeur ; au magnifique PRIDE OF THE MARINES de Delmer Daves avec John Garfield, l’un des meilleurs films humanistes, démocratiques, tournés sur la seconde guerre mondiale. Sa scène de bataille, si originale, rivalise avec celle de MONKEY ON MY BACK d’André de Toth qui continue à passer inaperçue.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-920 aligncenter" title="Money on my back" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/moneyonmyback.jpg" alt="Money on my back" width="110" height="144" /></p>
<p>Je pense aussi au REPAS de Naruse, à l’HOMME DE NULLE PART de Chenal et enfin à THE LAST FLIGHT de William Dieterle. Je voudrais arriver à faire partager l’enthousiasme que j’éprouve pour ce film unique, l’un des rares qui évoque Fitzgerald ou Heminway. Comme nous l’écrivions dans 50 ANS, « Presque totalement dégagé des conventions scénaristiques de l’époque, dépourvu de véritable action jusqu’aux vingt dernières minutes, il suit avec nonchalance l’errance européenne d’un groupe d’aviateurs qui, après la guerre, ne peuvent se décider à retourner aux Etats-Unis et vivent les angoisses et les délices de la génération perdue dans les cafés et night clubs parisiens. Ils dissimulent leur désarroi sous un détachement ironique, une attitude ludique qui se nourrit de badinage, de private jokes, d’entreprises gratuites et saugrenues le tout dans un état d’ébriété semi-permanent et soigneusement entretenu. Ils rencontrent une jeune américaine, excentrique et saugrenue qui partage leur style de vie et devient leur mascotte. A partir d’un stéréotype, (l’héritière capricieuse et fofolle dont on trouvera des fac-similés, quelques années plus tard, dans d’innombrables screwball comedies), le réalisateur a réussi à faire un personnage complexe, attachant et tout à fait crédible ».</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-921 aligncenter" title="Le repas - L'homme de nullepart - Lastfight" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/repas_homme_lastfight.jpg" alt="" width="341" height="166" /></p>
<p>Ajoutons que le film écrit par John Monk Saunders, lui-même ex aviateur, avait des connotations fortement autobiographiques. Saunder se suicidera quelques temps plus tard comme certains personnages du film. Je sais que ces films sont chers et ne sont pas sous-titrés mais je doute qu’un distributeur français s’y intéresse.<span id="more-917"></span></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-922" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="Chicago Calling" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/chicago_calling.jpg" alt="" width="110" height="153" />Je doute aussi qu’il s’intéresse à CHICAGO CALLING de John Reinhardt, film très étrange, avec un des héros les plus malchanceux de l’Histoire du cinéma (il lui arrive une série considérable de calamités, de revers : sa femme qui le quitte,  un accident de voiture, un chien blessé, un gamin avec qui il s’est lié qui commet des conneries, on lui coupe son téléphone alors qu’il attend des nouvelles de sa fille qui a eu un accident). Mais il tombe aussi sur quelques personnes qui lui procurent toutes sortes de petites aides (5 dollars), de réconforts passagers. Dan Duryea qui devait attendre ce genre de rôle depuis des années est tout à fait remarquable et surmonte ce que l&#8217;histoire pourrait avoir de pleurnichard. Son interprétation est vraiment digne et la fin du film (souvenir de THE CROWD ?) ne manque pas de puissance, après le coup de téléphone tant attendu dont le résultat est vraiment noir. Maltin se trompe complètement dans son résumé quand il dit que Duryea passe les trois quarts du film assis à attendre le coup de fil. Il n&#8217;arrête pas de déambuler, de chercher du travail dans les rues, de descendre des escaliers, d&#8217;aller voir des combats de boxe. Les extérieurs sont d&#8217;ailleurs l’un des points forts de ce film</p>
<p>Les deux derniers films de Reinhardt sont allemands. Dans le premier, Man nennt es Liebe (1953) Curd Jurgens serait, dit-on, hystériquement drôle, ce qui serait un scoop. Il mourut peu après. Son dernier film, MAILMAN MUELLE est disponible en dvd en Allemagne.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-923 aligncenter" title="mailman_man_nennt" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/mailman_man_nennt.jpg" alt="" width="186" height="150" /></p>
<p><img class="size-full wp-image-924 alignleft" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="For_You_I_Die" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/For_You_I_Die.jpg" alt="" width="150" height="116" />Selon mon ami Dave Kerr, comme John H Auer, J. Reinhardt serait arrivé à Hollywood via l’Amérique du Sud après avoir dirigé des comédies musicales en Argentine avec Carlos Gardel (certaines tournées en studio à New York). « For You I Die » est un film étrange qui vous hante, une romance noire située dans un camp de caravanes.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-925" style="margin-left: 4px; margin-right: 4px;" title="Open Secret" src="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/09/opensecret.jpg" alt="" width="110" height="150" />OPEN SECRET est un film très brave sur l’antisémitisme, plus fort que CROSSFIRE à mon avis (on y voit que les américains moyens peuvent être racistes, pas seulement les psychopathes).</p>
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		<title>Note aux lecteurs</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 16:10:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A compter d’aujourd’hui, Bertrand Tavernier vous donne rendez-vous plus souvent. Il publiera à votre attention, fidèles lecteurs ou amateurs occasionnels, des regrets, des coups de gueule ou des découvertes plusieurs fois par mois et non plus une seule fois comme cela était jusqu’ici le cas. Tous les textes seront disponibles en ligne, sur le site [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A compter d’aujourd’hui, Bertrand Tavernier vous donne rendez-vous plus souvent. Il publiera à votre attention, fidèles lecteurs ou amateurs occasionnels, des regrets, des coups de gueule ou des découvertes plusieurs fois par mois et non plus une seule fois comme cela était jusqu’ici le cas. Tous les textes seront disponibles en ligne, sur le site de la SACD. Vous pourrez ainsi vous en délecter à souhait, selon votre temps et votre convenance. Le premier de cette nouvelle version du blog de Bertrand Tavernier : ses regrets. <a title="Regrets" href="http://www.tavernier.blog.sacd.fr/regrets/">Lire ci-dessus</a>. Bonne lecture.</p>
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